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Archives de Catégorie: Europe

Ce que la politique de domination énergétique de Trump signifie pour le monde, par Alastair Crooke

par Les-crises.fr DT

Source : Strategic Culture, Alastair Crooke, 05-06-2018

Il y a deux semaines, nous avons écrit sur la façon dont la politique étrangère du président Trump s’était en quelque sorte « repliée sur elle-même » dans un « néo-américanisme ». Nous avons cité Russell-Mead, professeur de politique étrangère américaine, qui suggérait que la métamorphose du 8 mai de Trump (la sortie de la Joint Comprehensive Plan of Action, JCPOA [l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien, NdT]), représentait quelque chose de nouveau, un changement de direction (lui qui était un habile négociateur), vers « une ère néo-américaine de la politique mondiale – plutôt qu’une ère post-américaine [Obama-iste] ». « L’administration veut accroître le pouvoir des États-Unis, plutôt que de s’adapter à son déclin (comme l’aurait fait Obama). Pour l’instant, au moins, le Moyen-Orient est la pièce maîtresse de cette nouvelle affirmation », estime Russell-Mead, expliquant que cette nouvelle impulsion de Trump provient de ses instincts qui lui disent que la plupart des Américains sont tout sauf désireux d’un monde « post-américain ». Les partisans de M. Trump ne veulent pas de longues guerres, mais ils ne se résignent pas non plus au déclin national ».

Il y a là quelque chose de paradoxal : Trump et sa base déplorent le coût et l’engagement de l’immense parapluie défensif américain, disséminé à travers le monde par les internationalistes (sentiments aggravés par l’ingratitude supposée de ses bénéficiaires) – mais le Président veut « élargir le pouvoir américain, plutôt que de s’ajuster au déclin ». C’est-à-dire qu’il veut plus de pouvoir, mais moins d’empire. Comment pourrait-il résoudre la quadrature du cercle ?

En fait, un indice est apparu presque un an plus tôt, lorsque le 29 juin 2017, le Président a utilisé un mot tout à fait inattendu dans un discours lors d’un événement du Département de l’énergie : Libérer l’énergie américaine. Au lieu de parler de l’indépendance énergétique américaine, comme on pouvait s’y attendre, il a plutôt annoncé une nouvelle ère de « domination » de l’énergie américaine.

Dans un discours « qui cherchait à souligner une rupture avec les politiques de Barack Obama », note le Financial Times, M. Trump a lié l’énergie à son programme America First… Il a déclaré « La vérité est que nous avons maintenant des réserves d’énergie presque illimitées dans notre pays. Nous sommes vraiment aux commandes, et vous savez quoi ? Nous ne voulons pas que d’autres pays nous privent de notre souveraineté et nous disent quoi faire et comment le faire. Ça n’arrivera pas. Avec ces ressources incroyables, mon administration visera non seulement la tant attendue indépendance énergétique américaine, mais aussi la domination énergétique américaine ».

Il semble, comme l’explique Chris Cook, que Gary Cohn, qui était alors conseiller économique en chef du Président, ait joué un rôle dans la genèse de cette ambition. Cohn (alors chez Goldman Sachs), avec un collègue de Morgan Stanley, a conçu en 2000 un plan pour prendre le contrôle du marché mondial du pétrole par le biais d’une plateforme de négociation électronique basée à New York. En résumé, les grandes banques ont attiré d’énormes sommes « d’argent géré » des opérateurs financiers (des fonds spéculatifs, par exemple), vers le marché, pour parier sur les prix futurs (sans qu’elles ne prennent jamais réellement livraison de pétrole brut : le commerce du « pétrole papier », plutôt que du pétrole physique). Et, en même temps, ces banques travaillaient en collusion avec les principaux producteurs de pétrole (y compris, plus tard, l’Arabie Saoudite) pour préacheter du pétrole physique de telle manière que, en conservant, ou en déversant du brut physique sur le marché, les grandes banques de New York ont pu « influencer » les prix (en créant une pénurie ou une surabondance).

Pour donner une idée de la capacité de ces banquiers à « influer » sur les prix, mi-2008, on estimait que quelque 260 milliards de dollars d’investissements (spéculatifs) d’argent « géré » étaient en jeu sur les marchés de l’énergie, éclipsant complètement la valeur du pétrole qui est effectivement extrait en mer du Nord chaque mois, entre 4 et 5 milliards de dollars au plus. Ces jeux d’options pétrolières « papier » l’emporteraient donc souvent sur les « fondamentaux » de l’offre réelle et de la demande réelle de l’utilisateur final.

Pour Cohn, la « première étape » consistait donc, pour les États-Unis, à gérer le marché du négoce, à la fois en termes de prix et d’accès, les concurrents des américains, tels que l’Iran ou la Russie, pouvant accéder au marché à des conditions moins avantageuses, voire pas du tout. La « deuxième étape » présumée a été de soutenir la production américaine de pétrole de schiste, de construire de nouveaux terminaux américains d’exportation de GPL [Gaz de Pétrole Liquéfié, NdT] et de développer la prospection pétrolière et gazière américaine, tout en forçant le reste du monde, de l’Allemagne à la Corée du Sud et à la Chine, à acheter des exportations américaines de gaz. « Troisièmement », avec les exportations de pétrole du Golfe déjà sous l’égide des États-Unis, il y avait alors deux grands producteurs d’énergie du Moyen-Orient hors de la zone « d’influence » du cartel (tombant davantage dans le « cœur » stratégique de production d’énergie de la Russie) : L’Iran – qui est maintenant visé par une opération de changement de régime et dont les exportations de pétrole font l’objet d’un blocus, et l’Irak, qui fait l’objet d’intenses pressions politiques (douces, comme la menace de sanctions en vertu de la loi Countering America’s Adversaries Through Sanctions Act) pour forcer son adhésion à la sphère occidentale.

Comment reformuler simplement, cette notion de domination énergétique ? Les États-Unis – si la domination de l’énergie réussissait – contrôleraient simplement le robinet du développement économique – ou son absence – pour ses concurrents que sont la Chine et l’Asie. De cette manière, les États-Unis auraient également le pouvoir de réduire les revenus de la Russie. En bref, les États-Unis pourraient étrangler les plans de développement économique de la Chine et de la Russie. Est-ce la raison pour laquelle le JCPOA a été révoqué par le Président Trump ?

Voici donc la quadrature du cercle (plus de puissance américaine, mais moins d’empire) : Les objectifs américains de Trump pour « dominer », non pas par le biais de l’infrastructure permanente des mondialistes du parapluie de défense américain, mais en utilisant intelligemment le dollar américain et le monopole de la compensation financière, en protégeant et en contrôlant étroitement la technologie américaine et en dominant le marché de l’énergie, qui, à son tour, constitue pour les concurrents des USA un interrupteur marche/arrêt de la croissance économique. De cette façon, Trump pourra ‘ramener les soldats à la maison’, sans pour autant que l’Amérique perde sa position hégémonique. Le conflit militaire deviendrait un dernier recours.

Le conseiller principal Peter Navarro a déclaré sur NPR [la radio publique aux USA, NdT] cette semaine : « nous sommes en mesure de les empêcher [les Chinois] de mettre nos entreprises de haute technologie en faillite » et « d’acheter nos joyaux technologiques… Chaque fois que nous produisons une innovation, la Chine vient l’acheter ou la voler ».

Le plan de Trump serait-il le suivant : La domination du marché et la guerre commerciale pour prolonger la « suprématie » de l’Amérique en matière de technologie, de finance et d’énergie, au lieu d’être réduits à s’adapter au déclin ? Et, en agissant de la sorte, réduire – ou du moins retarder – l’émergence de rivaux ? Dans ce contexte, deux questions se profilent immédiatement : Cette formule est-elle l’adoption, par l’administration américaine, du néo-conservatisme tant haï par la base électorale de Trump ? Et, deuxièmement, l’approche peut-elle fonctionner ?

Il ne s’agit peut-être pas de néo-conservatisme, mais plutôt de retravailler un thème. Les néo-conservateurs américains voulaient, en majorité, porter des coups aux parties du monde qu’ils n’aimaient pas, pour y substituer quelque chose qui leur convenait. La méthode Trump est plus machiavélique.

Les racines de ces deux courants de pensée résident cependant – plus qu’en partie – dans l’influence de Carl Schmitt sur la pensée conservatrice américaine par l’intermédiaire de son ami Leo Strauss, à Chicago (que Trump ait, ou non, lu ces deux hommes, les idées circulent toujours dans la sphère américaine). Schmitt a soutenu que la politique (contrairement aux idées libérales et humanistes) n’a rien à voir avec la justice ou l’équité dans le monde – qui sont du ressort des moralistes et des théologiens. La politique, pour Schmitt, est une question de pouvoir et de survie politique, rien de plus.

Les progressistes (et les internationalistes), a suggéré Schmitt, ont du mal à utiliser le pouvoir pour écraser les forces alternatives qui émergent : leur vision optimiste de la nature humaine les amène à croire en la possibilité de médiations et de compromis. L’optique de Schmitt, se moquant bien de telles positions humanistes, privilégie le rôle du pouvoir, pur et simple, basé sur la compréhension de la nature véritable des « autres » et des rivaux. Ce point semble toucher aux fondamentaux du raisonnement de Trump : Obama et les « progressistes » étaient prêts à sacrifier les « joyaux de la couronne » de « notre culture » (expertise financière, technologique et énergétique) dans le cadre d’une « action positive » multilatérale qui aurait aidé les États moins développés (comme le rival Chinois, tout en en haut de l’échelle). C’est peut-être la raison pour laquelle Trump s’est retiré de l’accord sur le climat : Pourquoi aider des rivaux potentiels, tout en imposant des handicaps volontaires à sa propre civilisation ?

C’est sur cette base très étroite (l’impératif de garder le pouvoir américain intact), que les néo-conservateurs et les partisans de Trump se retrouvent. Ils partagent aussi le mépris pour les humanistes utopiques prêts à brader les joyaux de la civilisation occidentale pour d’autres idéaux humanistes afin d’aider les rivaux de l’Amérique à se développer et à dépasser l’Amérique et sa civilisation (dans cette optique).

Le terrain d’entente entre les deux courants s’exprime avec une candeur remarquable à travers le commentaire de Berlusconi selon lequel « nous devons être conscients de la supériorité de notre civilisation [occidentale] ». Steve Bannon dit à peu près la même chose, bien qu’exprimée en termes de bien-fondé de la sauvegarde d’une civilisation judéo-chrétienne occidentale (qui serait menacée).

Ce sens de l’avantage civilisationnel, qui doit à tout prix être recouvré et préservé, contribue peut-être en partie (mais pas entièrement) à expliquer le soutien inconditionnel que Trump apporte à Israël : S’adressant à Channel Two d’Israël, Richard Spencer, un des principaux dirigeants de l’Alt-Right américaine (qui est une des composantes de la base électorale de Trump), a souligné le sentiment profond de spoliation ressenti par les Blancs, dans leur propre pays [les États-Unis] :

« … un citoyen israélien, quelqu’un qui comprend votre identité, qui a le sentiment de l’appartenance à une nation et à un peuple, qui est marqué par l’histoire et l’expérience du peuple juif, vous devriez le respecter comme moi, qui ai des sentiments analogues à l’égard des Blancs. Vous pourriez dire que je suis un sioniste blanc – dans le sens où je me soucie de mon peuple, où je veux une patrie sûre pour nous et pour nos proches. Tout comme vous voulez une patrie sûre en Israël. »

En fait, la tentative de tirer parti de la culture des élites américaines, en leur fournissant les armes que sont le dollar et l’hégémonie énergétique supposée avec son emprise sur les transferts de technologie, peut-elle réussir à s’accrocher à la « culture » américaine (dans la conception réductionniste de la base de Trump) ? C’est la question à soixante-quatre mille dollars [Sorte de jeu des mille francs américain NdT], comme on dit. Cela pourrait aussi provoquer une réaction inverse, tout aussi puissante ; et beaucoup de choses peuvent se produire au niveau national aux États-Unis, d’ici aux élections de mi-mandat de novembre, qui pourront soit confirmer le président au pouvoir – soit le déstabiliser. Il serait risqué de tenter des analyses au-delà de cet échéance.

Mais il y a un point plus important. Tandis que Trump est obnubilé par la civilisation et l’hégémonie américaines, les dirigeants non-occidentaux d’aujourd’hui pensent de manière tout aussi passionnée qu’il est temps pour « le siècle américain » de céder le pas. Tout comme, après la Seconde Guerre mondiale, les anciens États coloniaux voulaient l’indépendance. Désormais, ces dirigeants veulent mettre fin au monopole du dollar, ils veulent se retirer de l’ordre mondial dirigé par les États-Unis avec leurs institutions dites « internationales » ; ils veulent « exister » à leur manière, avec leur culture propre – et ils veulent retrouver leur souveraineté. Il ne s’agit pas seulement d’un nationalisme culturel et économique, mais d’un point d’inflexion significatif – loin de l’économie néolibérale, de l’individualisme et du mercantilisme brut – vers une expérience humaine plus épanouie.

Le raz-de-marée, après la Seconde Guerre mondiale, était certainement irréversible. Je me souviens même que les anciennes puissances coloniales européennes ont par la suite déploré leur retrait forcé : « Ils vont [les anciennes colonies] le regretter », ont-elles prédit avec assurance. (En fait non, ils ne l’ont jamais fait.) La marée monte en force aujourd’hui et s’est même étendue à l’Europe, où, qui sait, les Européens auront peut-être le courage de repousser les manœuvres financières et commerciales de Trump : il s’agira là d’un test déterminant pour la suite des événements.

Mais ce qui est différent aujourd’hui (par rapport à l’époque), c’est que l’hégémonie monétaire, l’avance technologique et la « domination » énergétique ne sont pas du tout garanties pour les occidentaux. Elles ne leur appartiennent plus. Elles ont commencé à migrer, il y a quelque temps.

Source : Strategic Culture, Alastair Crooke, 05-06-2018

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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Le Figaro Entretien avec Diego Fusaro, l’homme qui murmure à l’oreille de Di Maio et Salvini

Entretien avec Diego Fusaro, l'homme qui murmure à l'oreille de Di Maio et Salvini

FIGAROVOX/ENTRETIEN – A trente-cinq ans, le philosophe spécialiste de Marx et de Gramsci est le théoricien qui a inspiré la campagne du Mouvement cinq étoiles. En exclusivité pour le Figarovox, il décrypte la recomposition politique italienne.


Né à Turin en 1983, Diego Fusaro est docteur en philosophie de l’histoire et enseigne à l’Université de Milan. Il puise dans sa lecture de Hegel, Marx, Gramsci ou encore Gentile pour construire une pensée politique dissonante, très hostile à l’euro et au capitalisme financier. Il publie régulièrement sur son blog personnel.

Le Figarovox a choisi de donner la parole à cette voix influente du débat italien pour mieux comprendre les ressorts des bouleversements politiques transalpins.


FIGAROVOX.- L’entente entre la Ligue et le Mouvement 5 Étoiles est-elle l’alliance de vos vœux pour remplacer le clivage gauche/droite?

Diego FUSARO.- Oui, absolument. Dans notre temps, celui du capitalisme financier, la vieille dichotomie droite-gauche a été remplacée par la nouvelle dichotomie haut-bas, maître-esclave (Hegel). Au-dessus, le maître a sa place, il veut plus de marché dérégulé, plus de globalisation, plus de libéralisations. Au-dessous, le serf «national-populaire» (Gramsci) veut moins de libre-échange et plus d’État national, moins de globalisation et une défense des salaires, moins d’Union européenne et plus de stabilité existentielle et professionnelle. Le 4 mars en Italie n’a pas été la victoire de la droite, ni de la gauche: le bas a gagné, le serf. Et il est représenté par le M5S et la Ligue, les partis que le maître global et ses intellectuels diffament comme «populistes», c’est-à-dire voisins du peuple et pas de l’aristocratie financière (Marx). Si ceux-ci sont populistes, il faut dire que les partis du maître sont carrément démophobes, ils haïssent le peuple.

Le président Mattarella a finalement permis la formation du nouveau gouvernement, Savona n’est plus à l’économie mais il fait encore partie de l’équipe. A-t-il eu peur que de nouvelles élections ne donnent encore plus de voix aux deux formations dissonantes?

Tout à fait. Il fallait ne prendre aucun risque. L’Italie, comme tous les pays d’Europe, vit sous une pérenne dictature financière des marchés. Cela veut dire un totalitarisme glamour, le totalitarisme du marché capitaliste. Les marchés demandent, les marchés se sentent nerveux: ils sont des divinités qui décident d’en haut, c’est l’aboutissement du fétichisme bien décrit par Marx. En 2011, l’Italie fut victime d’un coup d’État financier voulu par l’UE. Et encore maintenant cela s’est presque reproduit. Malgré tout, le gouvernement «jaune-vert» (les couleurs du M5S et de la Ligue, respectivement) a été formé, même s’il a souffert de fortes modifications (notamment le rôle de Savona), pour ne pas laisser les marchés trop insatisfaits…

Pourquoi Di Maio et Salvini regardent-ils vers la Russie?

Parce que la Russie de Poutine est aujourd’hui la seule résistance contre l’impérialisme du dollar, c’est-à-dire contre l’américanisation du monde, aussi connue sous le nom de mondialisation. Il vaut mieux un monde multipolaire, comme on dit ces jours-ci, à la place du cauchemar de la «monarchie universelle» (Kant), c’est-à-dire d’une seule puissance qui envahit la totalité du monde. L’Italie devrait sortir de l’OTAN, se libérer des plus de cent bases militaires américaines et chercher à retrouver sa souveraineté monétaire, culturelle et économique, s’ouvrant à la Russie et aux États non-alignés.

Il ne faut pas sauver l’euro, il faut se sauver de l’euro !

Peut-on dire que la crise de l’euro est de retour, concernant la situation en Italie mais aussi en Espagne?

Je crois que oui. Je ne connais pas la situation espagnole comme un expert, mais certainement l’Espagne, comme l’Italie et les autres pays méditerranéens, a beaucoup de souffrances causées par l’euro. L’euro n’est pas une monnaie mais une «méthode de gouvernement» (Foucault): une méthode de gouvernement néolibérale contre les classes travailleuses et les populistes, et créant des bénéfices seulement aux seigneurs du mondialisme capitalistique. Il ne faut pas sauver l’euro, il faut se sauver de l’euro! J’ai soutenu cela dans mon livre «Europe et capitalisme». J’espère que le gouvernement jaune-vert fera sortir l’Italie de l’euro et de l’Union Européenne: c’est la seule voie pour défendre les classes travailleuses et les personnes précaires, en faisant des dépenses publiques et une vraie politique sociale.

Vous dites souvent que la vieille bourgeoisie et le vieux prolétariat font maintenant partie du même groupe opprimé, n’est-ce pas un peu exagéré?

C’est exactement comme ça. Il est le nouveau «précariat»: la vieille souche moyenne bourgeoise et la vieille classe travailleuse, pendant un temps ennemies, sont aujourd’hui opprimées et précarisées, elles forment une nouvelle plèbe paupérisée et privée de droits compte tenu des prédations financières et de l’usure bancaire. La classe dominante est, cette fois-ci, l’aristocratie financière, une classe cosmopolite de banquiers et de délocalisateurs, seigneurs du big business et du dumping. Marx le dit très bien dans le troisième livre du Capital: le capitalisme surpasse sa phase bourgeoise et accède à celle financière, basée sur la rente financière et les vols de la bancocratie. C’est notre sort.

 

Comment Robert Hue a changé notre politique européenne sans en discuter…

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Pourquoi avons-nous tant de mal à avoir une positon claire sur l’Europe ?

Parce que la démocratie du parti n’a pas été respectée…

Parce qu’il y a eu un brutal changement de notre politique pour lequel l’assentiment des militants n’a jamais été sollicité.

Il n’y a pas eu discussion mais inflexion au jour le jour sans la moindre ligne directrice autre que de suivre le pS. Notons que la manière dont aujourd’hui, alors que les élections européennes s’approchent, notre secrétaire national affirme qu’il faut une liste qui regroupe la gauche (sauf le PS), en oubliant que sur cette question européenne, des gens comme les Verts et Benoit Hamon ont la même position que le PS de hollande et celle de Macron. On comprend que dans ce cas « les ambiguïtés », le mot est faible, de Robert Hue n’ont pas à être analysées pas plus d’ailleurs que le Congrès de Martigues et la destruction de notre parti , ce qui fait que cela vide le COngrès dit extraordinaire de son contenu. La dérive se poursuit alors qu’il faut un Congrès extraordinaire qui s’empare de cette question, comme d’autres.

L’actuelle proposition de base commune ne correspond pas à cette exigence.

Sur l’ensemble des questions internationales, le militant n’est pas plus sollicité et pour les mêmes raisons. Cette perte de souveraineté qui consiste à ne pas avoir de politique autonome du moins lisible pour ses militants a été initiée par Robert Hue.

c’est un ami Pascal Brula qui récemment reprenait dans une brève l’origine du changement à 180 ° de la politique du parti à l’égard de l’Europe. « Julian Mischi dans son livre « Le communisme désarmé(1) », écrivait-il, nous apprend que Hue a accepté de participer au gouvernement Jospin sur la base d’un changement de la politique européenne du PCF. On a vu ce que ça a donné, notamment avec Gayssot qui a mis en œuvre la directive qui ouvrait la voie à la privatisation de la SNCF. Je me souviens qu’après son arrivée à la direction du parti, Hue a changé le thème d’une manif qui avait été décidée par l’équipe Marchais et devait avoir lieu à Dunkerque, de manif contre l’euro en manif pour l’emploi ! Il faut relire les analyses de la bataille contre le traité de Maastricht (Casanova, Picard-Weyl…). Avec Hue, la seule décision sur laquelle les adhérents ont eu à se prononcer, est l’adhésion au PGE, objet d’un vote ; toutefois, l’argumentation pour voter oui, devant la résistance très forte du parti, avait été de dire  » cela ne nous engage en rien et nous permettra de toucher les subventions«  »

Il faut effectivement revoir ces questions des subventions de l’Europe et ce à quoi elles nous contraignent dans l’appréciation de notre propre passé. Là encore notons le tour de passe passe récent de Pierre Laurent et de son équipe à propos de l’exposition sur Georges Marchais, le livre confié à quelqu’un comme Gérard Streiff et la volonté de nous présenter Georges Marchais comme le chantre de l’Eurocommunisme. J’ai déjà écrit là-dessus en notant que c’est parce que nous nous opposions aux restructurations industrielles voulues par l’Europe et le plan Davignon que nous avons quitté le gouvernement. Comment Mitterrand furieux de nous voir échapper à son piège avait fait pression sur deux ministres communistes,Fitterman et Rigout avec l’aide de Berlinguer pour introduire la crise dans le parti et un assaut contre Marchais devenu en quelques jours un grotesque par ordre de Mitterrand à ses médias.

S’il existe encore un parti communiste à l’inverse de  ce qui se passe en Italie, c’est qu’il y a eu une résistance de Marchais et de la majorité du Comité central à la liquidation qui se développait en Italie. La question de l’Europe était bien sûr au centre de notre refus de nous aligner. On ne peut pas l’évviter et nouer des alliances sans avoir dégagé notre propre politique.

il y a des choses qu’il faut savoir dire: Hue a représenté une socia démocratisation accélérée du parti, une destruction de tout ce qui en faisait la capacité révolutionnaire. Il a détrut les cellules, d’entreprise en particulier. Et les deux secrétaires qui ont suivi qui ont été cooptés dans le groupe créé par Robert Hue dans un lien étroit avec le pS. Hue a , entre autres, changé notre politique vis-à-vis de l’UE à 180°, sans qu’il y ait eu de discussion, et à fortiori, de décision ; et il ne faut pas avoir peur de le dire clairement, c’est un élément de notre histoire.

Comme il faut avoir présent à la mémoire la ridicule opération « Bouge l’Europe », une liste pour les élections européennes de 1999,  composée par moitié de gens qui voulaient envoyer au sol une armée avec les Américains et les Allemands contre la Yougoslavie et la Serbie et d’autres qui refusaient l’intervention. Sous prétexte d’ouverture, nous avions mis en position d’être élus des gens envoyés par le PS. C’est de cette liste et de la confusion totale qu’elle entretenait que date mon opposition à la Politique de Robert Hue. Je me souviens lui avoir écrit après qu’il ait déclaré à propos de cette liste et de la position contradictoire de ses membres sur le soutien à l’intervention en Yougoslavie : »c’est comme une famille, les uns sont pour, les autres sont contre, et ils sont de la même famille ». Je lui avais écrit: « Ma tante Berthe est une abominable réactionnaire, j’aime bien cette femme, mais il ne me viendrait pas à l’idée de la mettre sur une liste du PCF ». J’ai écrit alors dans la Pensée un article intitulé « La troisième guerre mondiale a commencé à Sarajevo ».

J’étais tout à fait consciente que la fin de l’URSS ne signifiait pas la paix mais un nouveau type de guerre, un pillage au nom des droits de l’homme, la fin des souverainetés sous couvert de combattre des tyrans. Il est vrai que j’avais découvert Cuba, sa résistance héroïques aux USA, alors même que certains et non des moindres dénonçaient déjà la tyrannie de Castro comme Marie Georges Buffet et Patrick le Hyarec, qui lui poussera l’abandon des principes jusqu’à faire parrainer un « dissident »présenté par Rober Ménard et publiera des articles de Régine Desforges qui ne parleront que des putes cubaines. Il est vrai qu’à cette époque là si la majorité des femmes cubaines se bat avec un courage exemplaire pour survivre, la misère est telle que l’on trouve des gamines de 15 ans pour un euro. Comme dans les autres îles, mais de ce combat là aussi les Cubains sortiront vainqueurs. Il y eut encore l’article d’un Bernard Lavilliers que publia l’humanité alors que le cyclone Michelle ravageait l’île martyre, cet article décrivait Castro comme un vieillard nauséabond, un tyran, et pour cela il l’identifiait à l’automne du patriarche, le livre de Gabriel Garcia Marquez consacré à dépeindre Trujillo, le tyran pro-USA, anticommuniste de Saint Domingue dans l’île voisine. C’était d’autant plus immonde que « Gabo », l’écrivain lui restait fidèle à son ami Fidel jusqu’au bout. Que l’humanité ait accepté d’inscrire cette tâche sur  Bernard Lavilliers et sur d’autres artistes que l’on encourageait en ce sens est incroyable. J’avais honte, je me sentais coupable devant cette trahison d’un journal que je considérais comme le mien. Parce que j’ai résisté à cette débâcle morale j’ai été interdite dans l’humanité et la censure tient toujours. Pour l’article de la Pensée sur la Yougoslavie, j’ai eu droit aux interdits de jacques Fath, le même qui nous invita à participer à la guerre en Libye et qui dirigeait alors. le secteur international du PCF. La seule différence entre eux et moi, c’est que je peux dire aujourd’hui ma position de hier, celle qui m’a valu la haine dont ils me poursuivent encore aujourd’hui.

Tous ceux qui comme moi ont prétendu résister à cette déchéance programmée ont été écartés, humiliés, diffamés, certains ne sont plus au parti, mais tous sont restés communistes. Si j’écris mes mémoires ce sera un hommage que je leur consacrerai, l’histoire d’une résistance au coeur même d’un parti qui avait pris l’habitude de croire en ses dirigeants quels qu’ils soient.

Danielle Bleitrach

(1) Julian Mischi, Le Communisme désarmé, Le PCF et les classes populaires depuis les années 1970, Agone 2014
Julian Mischi,dans  « le communisme désarmé »(1),  explique comment le communisme a certes été attaqué sans ménagement par ses adversaires de droite, et autant et plus par ses partenaires socialistes, mais qu’il s’est surtout désarmé lui-même en renonçant à représenter prioritairement les classes populaires. Cela commence avec Robert Hue et cela s’amplifie encore aujourd’hui avec Pierre Laurent qui est hanté par l’idée d’être entouré d’intellectuels, enfin de gens connus dans les médias qui arrivent aisément à le convaincre que son destin , son aura, est liée à sa capacité à reconstruire la gauche à défaut de se préoccuper de son parti et chercher à construire une élite issue des couches populaires comme cela a toujours été la force du pCF. mais il s’agit bien d’une dérive collective.

 

PORTUGAL, 4 JUIN 2018 : LA GRÈVE POUR LA SÉCURITÉ ET L’EMPLOI A PARALYSÉ LE TRANSPORT FERROVIAIRE. CONTRE LA NOUVELLE ÉTAPE

DE LIVRAISON AU PRIVÉ DES CHEMINS DE FER.

olidarite-internationale-pcf.fr/2018/06/portugal-4-juin-2018-la-greve-pour-la-securite-et-l-emploi-a-paralyse-le-transport-ferroviaire.contre-la-nouvelle-etape-de-livraison?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

Portugal, 4 juin 2018 : la grève pour la sécurité et l’emploi a paralysé le transport ferroviaire. Contre la nouvelle étape de livraison au privé des chemins de fer.

Article de l’hebdomadaire « Avante », organe du Parti communiste portugais, édition du 7 juin 2018, traduction MlJ pour « Cahiers communistes – vivelepcf ».

Les cheminots des compagnies « Comboios de Portugal » [CP, « Trains du Portugal », société publique], Medway et Takargo  ont fait grève massivement, lundi 4 juin 2018, pour exiger que le règlement de sécurité ferroviaire fixe clairement la présence d’au moins deux agents par train.

Le niveau de la grève constitue « une leçon importante pour le gouvernement » selon la déclaration de lundi soir de la Fédération des syndicats des transports et des communications (FECTRANS). Elle dénonce « la politique générale actuelle dans le ferroviaire de suppression de trains, de marchandises comme de voyageurs (CP, Medway et Tabarko), de fermeture des guichets (CP) et d’autres services de ces entreprises ».

La FECTRANS et la CGTP-IN [Intersyndicale nationale de la CGTP] ont également fait constater que si « exceptionnellement, quelques trains ont circulé, c’est suite à la pratique illégale, par la direction des CP, de la substitution de grévistes sur leur poste ».

Dans ces circonstances, la grève de 24 heures, à l’appel de la Fédération et de son syndicat de cheminots (SNTSF) ainsi que de quatre autres organisations (Assifeco, Sinafe, Sinfa et SFRCI) a causé la suppression de « plus de 90%  des trains de passagers et de marchandises », et enregistré un «haut niveau de participation dans toutes les catégories de personnel ».

Se félicitant de la détermination et la combativité des travailleurs, la FECTRANS a souligné que cette lutte est dirigée contre le gouvernement. Celui-ci « est responsable de la réglementation sur la sécurité ». « C’est à lui de trouver une sortie de crise en imposant la circulation des trains avec deux agents, aujourd’hui comme à l’avenir, indépendamment du bon vouloir des patrons des entreprises ».
Les organisations qui ont appelé à la grève du 4 juin avaient déjà appelé à une grève le 30 novembre 2017. Le préavis avait alors été levé à la dernière minute suite à un accord reportant l’entrée en vigueur de l’autorisation de circulation des trains avec un seul agent à bord. Elles exigent aujourd’hui, dans le cadre de la révision de la réglementation sur la sécurité des chemins de fer (RGS1), que les mêmes dispositions soient imposées à tous les opérateurs. Le gouvernement ne doit pas laisser aux entreprises la libre fixation du nombre d’agents présents par train. « Il faut que le gouvernement fasse le choix de la sécurité », souligne le communiqué de la FECTRANS.
La fédération insiste en outre sur le fait qu’il s’agit de « défendre des centaines d’emplois dans les chemins de fer qui seront menacés si les opérateurs ont la possibilité demain de faire une règle de ce qui doit rester une exception. L’opérateur privé Takargo pratique déjà ces exceptions sans, à notre avis, remplir toutes les conditions requises ».
Au secrétaire d’Etat aux infrastructures, la fédération a conseillé de « prendre un peu de son temps pour comprendre les motivations de la grève et les raisons des travailleurs. Ensuite, s’il ne veut pas de nouvelles luttes, il devra montrer qu’il a entendu le message et adopter les orientations nécessaires.

Mensonges et raison de fond.

Au démarrage de la grève, dimanche soir, une délégation du Parti communiste portugais (PCP) était présente à la gare du Rossio [à Lisbonne]. Elle comprenait le député Bruno Dias. Dans une déclaration publiée sur le site Internet de la direction régionale de Lisbonne, le Parti demande au gouvernement d’arrêter de mentir. Il s’en prend à la personne du secrétaire d’Etat qui, « dans déclarations publiques, fait référence aux règlements de 1999, alors que ce qui est en cause, ce sont les modifications entrées en vigueur le 1er mai dernier ».
Répondant aux arguments du gouvernement – et dénonçant les pratiques illégales des CP pour tenter de réduire l’impact de la grève -, la FECTRANS a posé publiquement, lundi matin, une série de questions, telles que:

– Si la règle générale doit rester de garder deux agents dans chaque train, pourquoi y a-t-il cette réticence à l’inscrire clairement et sans ambiguïté dans les documents en discussion et qui sont, entre-temps, entrés en vigueur?
– Pourquoi rien n’a été fait pour sanctionner la situation de l’opérateur privé qui a fait usage des exceptions prévues avant même que le règlement entre en vigueur, en faisant rouler des trains sous le régime de «l’agent unique» dans des sections qui ne répondent pas, en outre, aux exigences requises?
– De quels moyens le gouvernement compte-t-il se doter pour créer une entité dotée des pouvoirs et des moyens de surveillance?
– Où est l’analyse des risques qui assure qu’un train est aussi sûr avec un agent qu’avec deux?
– Comment justifier que figurent dans les tronçons approuvés pour une circulation avec un  «agent unique», des lignes où des déraillements ont fréquemment été enregistrés?

Comme l’explique la fédération, autoriser la circulation d’un train avec un «agent unique» répond aux  «plans de libéralisation du transport ferroviaire, prévus pour 2020», ouvrant la voie à «l’entrée de nouveaux opérateurs privés dans des conditions plus favorables pour eux».

 

Blâmer la Chine ne guérira pas les ennuis internes du G7

Par Ai Jun Source: Global Times Publié le: 2018/6/7 23:18:41,http://www.globaltimes.cn/content/1106085.shtml#
Autre article de Global Times qui dresse encore un tableau pessimiste du monde occidental: le diagnostic est clair, ce qui arrive à ces pays riches occidentaux n’est pas du fait de la Chine, mais de l’impossible gouvernance de pays divisés par les intérêts individuels et l’impossible coopération à un bien collectif, ce que Hegel décrivait déjà comme « la bête sauvage » des intérêts particuliers. Il voyait dans l’Etat le seul dépassement possible, mais Marx déjà renversait la démonstration en faisant de l’Etat de la société bourgeoise, le résultat de ces contradictions de classe . La « gouvernance » des Etats occidentaux, leur système hégémonique est arrivé à sa propre destruction. A mettre en lien avec le précédent article de Global Times. On peut aisément arriver à l’idée sous-jacente que la fin de l’Union Soviétique (vendue par Gorbatchev) a signifié la fin de l’hégémonie occidentale puisque celle-ci a perdu toute régulation, personnellement j’en suis là. (note et traduction de Danielle Bleitrach)
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Le sommet du G7, vendredi et samedi, devrait être témoin de frictions. 

Des indices de ce qui va se passer peuvent être observés en prenant en compte   la réunion des ministres des Finances du G7 qui vient de s’achever,  une réunion emplie de colère et d’accusations. Étant pris dans le différend tarifaire, les nations européennes ont fustigé  Washington. Certains n’ont pas oublié de mentionner la Chine. « Le G7 devrait collectivement dire à la Chine de suivre les règles mondiales », a déclaré le ministre des Finances japonais Taro Aso. 

Jetez un coup d’œil sur le chaos dans les Etats membres du G7: Cela a-t-il quelque chose à voir avec la Chine?

Prenez l’Italie. Le nouveau gouvernement populiste a proposé une feuille de route ambitieuse pour stimuler l’économie stagnante du pays, mais Bruxelles le considère comme un plan horrible. Les observateurs estiment que la mise en œuvre du programme entraînera d’énormes dépenses budgétaires, il menacerait la stabilité financière de la zone euro et déclencherait une nouvelle série de crises de la dette, compte tenu de la récession économique de l’Italie qui atteint 132% de son PIB. . 

L’Italie est-elle en attente? Rome voulait de toute façon quitter l’UE depuis longtemps. Quitter le bloc ne va pas aider à résoudre les problèmes tels que le chômage croissant, le ralentissement économique et la montée du populisme. Ceux-ci ont été créés par la baisse de la compétitivité et de la capacité de gouvernance de la nation, un problème qui affecte non seulement l’Italie mais aussi quelques pays occidentaux.

Les frictions progressent entre Washington et Bruxelles. Le plus ennuyeux pour l’UE a été le retrait américain de l’accord nucléaire iranien et son ultimatum à ses alliés européens d’avoir à cesser les affaires avec Téhéran. Par rapport aux tarifs américains d’importation de métaux, le G7 sera divisé. « Ce sera un G6 plus un », a déclaré le ministre des Finances français Bruno Le Maire. 

Les contradictions entre les États-Unis et le Japon ne sont pas plus minces. Après que la Maison-Blanche ait annoncé en mars des tarifs mondiaux sur l’acier et l’aluminium, elle a offert des exemptions temporaires à certaines économies comme l’UE, le Canada et la Corée du Sud. Le Japon n’était pas inclus. 

Le G7, le club des pays riches qui est censé mieux promouvoir le développement des économies occidentales, est maintenant entrain de ressembler à une bataille de chiens. 

Pourquoi? La Grande Désorganisation: la Nature Humaine et la Reconstitution de l’Ordre Social par Francis Fukuyama peuvent fournir une réponse. Le livre suggère que les pays occidentaux souffrent d’une pénurie de capital social, ce qui signifie «un ensemble de valeurs ou de normes informelles partagées entre les membres d’un groupe qui permet la coopération entre eux». 

Ce sont ces normes partagées qui facilitent la confiance que l’autre agira de manière fiable et honnête. Ceci est lié à la question de la gouvernance en Occident. 

Dans le monde occidental d’aujourd’hui, l’individualisme a triomphé de la communauté. Face aux crises et aux divergences, les gens et les nations ont tendance à ne se soucier que de leurs propres intérêts.

Le journal Yomiuri Shinbun a récemment publié un article suggérant que le monde est entré dans une compétition entre le « système libre et démocratique » et le « nouveau système chinois », appelant le Japon, les Etats-Unis et l’UE à s’unir contre  Pékin. Les défis n’ont pas été créés par la Chine, mais tout ce qu’ils ont tendance à faire, c’est détourner l’attention vers Pékin. 

Mais les démocraties occidentales devraient d’abord résoudre leurs propres problèmes, au lieu de parler de la concurrence avec la Chine.

 

Après le G 7 : quelle est la carte jouée par l’impérialisme américain?

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Quelques questions essentielles se posent après ce G7,  que les militants communistes, en particulier, devraient avoir à coeur de poser dans leur Congrès. Ces questions, en effet, conditionnent la situation politique et économique et interfèrent donc sur les tâches d’un parti « révolutionnaire ». Certes ce G 7 n’a pas été autre chose qu’une mise en scène à effets nuls, les dissensions, gesticulations, querelles entre puissances impérialistes, ont été bien vite étouffées. Dans ce consensus se jouait la survie du système.   Il y a eu à ce G7 une véritable mise en scène autant des désaccords (y compris sur le lièvre jeté en pâture pour diversion comme la réintégration de la Russie) que sur l’accord final dont la teneur de fait n’a pas été divulguée.

Ce qui est apparu de ce fait c’est l’impossibilité d’échapper à la vassalité aux Etats-Unis de la part du système d’hégémonie mondiale du capitalisme, pourtant en pleine crise.

Trois questions à partir de la comédie du G7: le privilège  des USA  est celui de se faire obéir par le Capital

Première question: Si l’on considère la comédie du G7, la mise en scène de l’opposition des vassaux (Canada,Europe,Japon) aux USA et leur incapacité de fait à s’opposer à la puissance américaine on doit s’interroger sur la nature de cette puissance. Sur la capacité qu’ont les Etats-Unis à imposer leurs décisions par exemple celle de « blocus » ou  de sanction, mais aussi la pression douanière unilatérale sur  l’Europe en ce qui concerne l’acier et l’aluminium (UE et Grande Bretagne) . On le voit avec l’IRAN, dans le même temps où Macron joue les opposants farouches et fait des discours, les entreprises françaises, Total et PSA en tête replient bagage.

Deuxième question :Pourquoi une telle peur de la part des entreprises ? La première réponse est que ne pas se plier au diktat américain leur interdirait le marché américain. Si PSA, pourtant fortement installé sur le marché iranien cède c’est qu’il n’y a aucune comparaison entre la part de marché que lui réserve l’Iran et celle de l’une de ses filiales qui assure un quart des ressources du groupe installée aux Etats-Unis. Mais comme nous allons le voir les formes de domination et de possibilité d’action extraterritoriale des USA sont bien plus importantes, parce que la domination US sur l’actuelle mondialisation capitaliste est bien plus forte que la simple peur de perdre le marché américain.

Troisième question qui intéresse selon nous au premier chef les militants communistes ou devrait les intéresser. Pourquoi et comment le minuscule Cuba résiste-t-il depuis des années là où les puissantes UE et japon plient? Cette première question est renforcée par celle de la Chine. Non seulement celle-ci s’installe en Iran à la place des entreprises françaises qui désertent, mais paradoxalement Trump semble favoriser la montée en puissance de la Chine? Nous n’aborderons pas ici cette question d’une manière exhaustive, mais nous lui consacrerons une série d’articles dans la poursuite de tous ceux que nous avons déjà publiés.

I -La puissance américaine et ses privilèges exorbitants.

Ce qui apparaît dans ce G7 et à partir des dispositions prises par Trump tant en Iran qu’en matière d’augmentation de tarifs douaniers sur l’acier et d’autres productions c’est l’extra-territorialité de la « légalité » américaine autant que son économie, sa capacité à casser y compris la fragile reprise qui s’amorçait. Son rôle dirigeant sur des nations comme la France qui est d’abord emprise sur le Capital.

La réponse est connue, il y a trois piliers à cette puissance:

1) longtemps la totalité de l’information a été maîtrisée par les USA et ses alliés européens et asiatiques. On peut dire que 99% des nouvelles émanaient de cette unique source. Elle est battue en brèche et toute l’activité de nos médias autour des fake-news, sans parler des rumeurs concernant la manière dont le Russie tenterait de gouverner nos élections n’est qu’une tentative de répondre à ce changement de situation qui n’en est pourtant qu’à ses débuts alors que le système de domination US reste largement majoritaire. On perçoit la domination politique mais celle concernant l’économie, l’influence sur « les marchés » est encore plus importante.

2) La puissance militaire. Sans compter l’oTAN, les Etats-Unis ont a eux seuls une puissance militaire équivalente à celle de tout le reste des pays. Ce chapitre très important mérite à lui seul un traitement particulier à la fois en ce qui concerne les formes de vassalisation et le rôle nouveau de la Chine alliée avec la Russie. Cette question est bien sur politique, mais elle est également économique et constitue le principal poste budgétaire des Etats. Notons la pression qu’exerce Trump sur ses « alliés » pour qu’ils augmentent leur autofinancement y compris dans le cadre vassalisé de l’OTAN.

3) Le dollar qui joue le rôle de monnaie internationale. Ce qui a été renforcé par l’entente entre les USA et les Saoudiens de la nécessité de l’achat du pétrole en dollars (pétrodollars). Sur cette question on peut entre autres se référer au livre  » Le dollar et le système monétaire international (La Découverte, collection repères 2014) de Michel Aglietta et Virginie Coudert, économistes au Centre d’études prospectives et d’information internationales (CEPII).

II- Le dollar est LA monnaie internationale: Historique jusqu’à aujourd’hui

« Le dollar, est encore en 2014, la seule devise capable d’assumer le rôle de monnaie internationale
La position dominante que le dollar occupe aujourd’hui est le fruit d’une montée en puissance progressive qui a commencé en 1913 avec la création de la Réserve Fédérale à la suite de la panique bancaire de 1907. A l’époque, le système monétaire international (SMI) reposait sur l’étalon or, dont les accords lors de la conférence de Gênes en 1922 signent l’abandon au profit de l’étalon change or en donnant au dollar (ainsi qu’à la livre sterling) une place centrale dans le système monétaire international par sa convertibilité en or. »

La signature des accords de Bretton Woods en 1944 fait du dollar la seule monnaie convertible en or dans le SMI. La suspension de la convertibilité annoncée par Richard Nixon en 1971 débouche sur les accords de Jamaïque, qui entérinent 1976 le nouveau fonctionnement d’un système de changes bilatéraux flottants.

Le dollar demeure aujourd’hui encore la monnaie dominante pour plusieurs raisons.

« Une monnaie internationale doit remplir plusieurs conditions. Elle doit être pleinement convertible, afin de répondre à sa fonction de moyen d’échanges. Son pays émetteur, les Etats-Unis en l’occurrence, doit être de grande taille afin de fournir une quantité de liquidités suffisante et son taux d’ouverture doit être faible afin de limiter les conséquences des chocs extérieurs sur son économie. Son système financier doit être très développé pour remplir sa fonction de réserve de valeurs pour les investisseurs privés, en proposant des marchés profonds de titres liquides. C’est sur ce point que le dollar se démarque de ses deux principales concurrentes, l’euro et le yen. Grâce à son statut de monnaie dominante, le dollar est devenu une monnaie de facturation sur les marchés mondiaux de matières premières, les marchés financiers et les marchés de biens et services. »

Le « privilège exorbitant » des Etats-Unis

Si le dollar est la monnaie qui remplit le mieux ces critères, la baisse progressive du poids de l’économie américaine dans le PIB mondial et la persistance de ses déficits courants et publics auraient pu altérer sa dominance dans le SMI.

« La présence de fortes externalités sur les marchés des changes expliquent que cette situation à l’avantage des Etats-Unis ait duré dans le temps, ainsi que la polarisation très forte autour du dollar. Le dollar est la monnaie la plus utilisée dans les transactions de change (87% des transactions de change concernent le dollar, contre 33% pour l’euro et 23% pour le yen), ainsi que la constitution de réserves de changes (61% pour le dollar, contre 24% pour l’euro, et 4% pour le yen), les prêts bancaires (57% pour le dollar, contre 20% pour l’euro, et 3% pour le yen). C’est aussi la principale référence pour les ancrages monétaires (72 monnaies sont ancrées au dollar, contre 26 pour l’euro et 1 pour le yen). »

Début 2014, la position extérieure nette des Etats-Unis était débitrice de 5 400 milliards de dollars. Les investissements en obligations privées et titres du trésor US sont les principaux postes de débit des Etats-Unis. Ils répondent aux caractéristiques de liquidité et de profondeur (les avoirs aux Etats-Unis des étrangers étaient de près de 26 000 milliards de dollars fin 2013) qui rendent le dollar éligible à la fonction de monnaie internationale dominante. Cette situation fait bénéficier les Etats-Unis d’un financement facile de ses déficits courants et publics : les réserves des étrangers aux Etats-Unis impactent à la baisse les rendements des bons du Trésor, et la détention de billets par des étrangers qui atteint près de 500 milliards de dollars a permis de financer d’autant les déficits extérieurs américains, sans intérêts de surcroit. Cette situation possède toutefois l’inconvénient de maintenir à un niveau élevé les flux de demande de capitaux en dollars contribuant significativement à sa surévaluation, ce qui pénalise le commerce extérieur des Etats-Unis. » (…)

« Sur le point des ancrages monétaires, la situation de polarisation a des conséquences importantes ; en effet, les pays qui ont des changes ancrés au dollar (une large majorité des économies émergentes préfère fonctionner avec des changes fixes, ce que l’économiste américaine Carmen Reinhart appelle la « peur du flottement »), pour des raisons de stabilité de leur compétitivité-prix par exemple, n’ont pas nécessairement des cycles conjoncturels qui correspondent aux cycles américains. Ainsi, leurs politiques monétaires sont contraintes par celle de la Réserve Fédérale dans la défense du change et peut aller à l’encontre des besoins de leur économie. Par exemple, si un pays ancré au dollar est en proie à l’inflation alors que la Fed mène une politique accommodante, sa banque centrale sera contrainte de suivre une politique accommodante également afin de ne pas subir d’afflux de capitaux qui seraient attirés par la hausse du différentiel de taux d’intérêt et ferait monter son taux de change, ce qui l’empêchera de contrecarrer la dynamique de hausse de l’inflation. »

III-La remise en cause de la domination du dollar, mais au-delà : quel système économique et politique pour assurer la pérennité du capitalisme ?

Ce qu’annonçaient ces deux économistes en 2014, à savoir que la domination du dollar ne pourra par durer éternellement est en train de se réaliser, non pas avec le yen et l’euro mais à travers la dynamique impulsée par la Chine. la demande de liquidité ne cesse de croître avec des dynamiques régionales particulièrement fortes en Asie (et à un degré moindre en Europe) et se développent des relations financières internationales parallèles à celles que domine le dollar. C’est toute la tentative mise en place par la Chine et qui attaque sur plusieurs plans à la fois: échanges bi-latéraux par exemple avec la Russie, mise en place d’un marché financier de grande ampleur y compris avec la city de Londres et paiement de l’énergie en yuan.

Dans le même temps, la baisse du poids de l’économie américaine pourrait mener lentement à un rééquilibrage du système autour de plusieurs devises, dans lequel la taille des marchés de dettes de l’union économique et monétaire européenne aurait pu permettre à l’euro de prendre une plus grande place. L’euro qui aujourd’hui est en crise n’a pas voulu jouer ce rôle de monnaie alternative et a au contraire accru sa vassalité aux Etats-Unis, mais le processus est amorcé.

Trump qui est présenté par nos médias comme un fou intégral, qui met en péril la bonne alliance capitaliste traditionnelle entre les anciennes puissances coloniales et leur rejeton américain, a un projet face à cette situation de remise en cause du dollar. Il a été beaucoup gaussé sur le fait que c’est au moment où apparaît la plus grande faiblesse de l’hégémonie américaine que l’actuel président des Etats-Unis rompte ou prétend rompre avec ses alliés. C’est une interprétation erronée. Trump agit justement parce que la situation est celle d’une perte d’hégémonie, il dit à ses vassaux qu’ils doivent obéir face à la menace chinoise et celle des pays émergents. C’est bien le capitalisme tel qu’il a fonctionné jusqu’ici qui est en cause. Il va falloir s’ils veulent continuer à bénéficier du bras américain qu’ils aident à le renforcer et à verser au bassinet.

Après avoir attribué à Trump la volonté de détruire l’UE, les commentateurs se sont interrogés sur l’absence de traitement de faveur qu’il réservait à la grande Bretagne post-brexit. C’est pourtant évident l’objectif de Trump n’est pas de détruire l’UE mais de renforcer sa domination et de les faire contribuer aux renforcement des Etats-Unis. L’Amérique d’abord n’est pas un simple slogan de campagne.

On a beaucoup insisté sur son protectionnisme, c’est vrai mais celui-ci a une vocation:

face à la remise en cause du dollar comme monnaie internationale, il s’agit pour lui de prouver que les Etats-Unis demeurent la seule économie dans le monde capable de répondre aux espérances des investisseurs et donc de renforcer la demande en dollar. Pour cela il ne craint pas d’affaiblir les monnaies concurrentes de ses vassaux qu’il s’agisse de l’Euro. Il s’agit de répondre contradictoirement à la pénalisation du commerce américain par le fait que la demande en dollars maintient celui-ci à un taux élevé et donc rend sa production non concurrentielle par rapport à celle de monnaies plus faibles, d’une manière qu’il juge injustifiées.

Si les Chinois ne se font guère d’illusions (à l’inverse de ce qui se passe en Asie et en Asie centrale (et même au MOyen orient) où la situation est beaucoup plus contradictoire) sur la capacité de l’Europe à s’opposer aux Etats-Unis, c’est bien à cause de la nature du capitalisme et il est nécessaire de pousser plus avant l’analyse sur ces questions concernant en particulier l’UE.

C’est un véritable désarroi qui frappe non pas tous les milieux d’affaire mais une partie d’entre eux. Sur le site Atlantico  on pouvait lire hier/

IV-Trump favorise-t-il la Chine?

Aujourd’hui, samedi 9 juin,Trump  quittera le Canada, quelques heures avant les autres dirigeants pour rallier Singapour où se déroulera le 12 juin son sommet historique avec Kim Jong-un, sa priorité affichée depuis des semaines, ce qui redouble l’impression de peu de cas qu’il fait de ses alliés traditionnels.

« En quelques semaines, le climat optimiste sur la croissance mondiale s’est évaporé. Dès maintenant, l’impression se répand que l’on a franchi un cap, que l’expansion était au zénith et que le ralentissement est en marche.  Les craintes concernent surtout l’Europe, comme si Donald Trump avait décidé de miser désormais sur l’Asie et d’abandonner l’Europe à son sort. Un vieux continent qui ne peut pourtant se passer de l’Amérique qui assure sa défense avec ses porte-avions et la force indispensable du dollar et qui risque d’être broyée à la fois par son manque de cohésion et surtout l’émergence de nouvelles puissances qui ne lui feront pas de cadeau.

Tout se passe aujourd’hui comme si Donald Trump poussait la Chine en avant, faisant ainsi volte-face avec son comportement d’il y a un an.   Car les mesures prises à l’encontre de l’Iran par exemple vont donner le marché de ce pays à Pékin. Les voitures chinoises vont remplacer les célèbres Peugeot. Et ceci au moment où la Chine démontre les exploits de sa technologie. La France vient ainsi d’enregistrer l’humiliation de voir que le premier EPR, conçu au départ par EDF est désormais chinois, alors que l’entreprise publique continue d’enregistrer des retards dans son programme de fabrication. »

Alors que le G7 se tient ce week-end au Canada, la guerre menée par Donald Trump pourrait avoir des effets surprenant. Comme le fait de constater que le président américain soigne plus ses relations avec ses ennemis chinois qu’avec ses amis occidentaux. »(1)

Cet article témoigne du véritable désarroi qui s’est emparé des « alliés » qui continuent à mettre la politique de Trump sur le compte d’un tempérament  erratique autant qu’atrabilaire, en refusant de voir les soutiens dont il bénéficie non seulement de sa base électorale (avec un chômage à 3%), mais des milieux d’affaire… C’est si vrai que non seulement TRump a dynamité le camp républicain mais que les démocrates n’arrivent pas à faire monter face à lui un candidat . Ce qui mérite une analyse de fond sur la crise d’une fausse alternance pour faire la même politique. Répondre à cette situation en tentant de perpétuer – à travers les questions sociétales et en ignorant la question sociale- une « gauche libérale libertaire et l’union avec celle-ci de ceux qui se prétendent révolutionnaire, c’est prétendre comme le dit Marx assurer la survie d’un cheval crevé. Le capitalisme en crise ne peut plus se contenter de cette alternance. NI pour tenir le mécontentement populaire, ni pour assurer son hégémonie mondiale.

.Nous sommes incontestablement devant une nouvelle étape du capitalisme, non seulement quand « reprise » il ya celle-ci est poussive, mais elle est aussitôt cassée par les tentatives de poursuite d’une hégémonie politique en crise et ses convulsions. C’est cela qu’il faut analyser dans la nouvelle phase de développement scientifique et technique que l’on résume sous le terme de « révolution informationnelle », il ne s’agit pas de la baptiser « révolution », mais de bien voir en quoi le capitalisme à ce stade sénile des monopoles financiarisés est une entrave à la mutation des forces productives. Qu’est-ce qui se joue alors réellement dans la rivalité Chine-USA, dans la tentative de tenir les mouvements populaires, et dans les recompositions hégémoniques?

c’est ce qui est apparu lors de ce G7 qui a démontré les conditions de sa survie dans la vassalisation et l’absence d’alternative. Tout cela mérite une analyse qui tienne compte de la montée des luttes, de la difficulté à concevoir un système politique capable d’assurer la stabilité et des conditions d’accumulation satisfaisantes au capitalisme.

Nous devons donc tenter de comprendre d’autres questions posées en introduction y compris celle centrale de la Chine. S’agit-il simplement de l’apparition d’un capitalisme multipolaire et Trump essaie-t-il d’opérer un partage ou s’agit-il d’autre chose y compris en terme de dépassement du capitalisme? Pouvons-nous éviter certains faits: pourquoi les entreprises chinoises peuvent-elles s’installer en Iran alors que malgré les discours de Bruno Lemaire, les entreprises françaises obéissent à l’injonction des USA ? Y a-t-il une relation originale entre la Chine et ses entreprises? Laquelle ? Pourquoi la Chine peut-elle négocier en cas de « guerre commerciale » avec les USA, alors que l’UE et le Japon paraissent incapables de le faire (au point que ce dernier comme d’autres puissances asiatiques revoient leurs relations avec la Chine?). Comment se fait-il que la Chine que l’on a longtemps présenté comme l’usine bas de gamme du monde est en train d’accomplir une révolution scientifique et technique y compris dans le domaine de l’intelligence artificielle? Pourquoi la Chine représente-t-elle à elle seule la puissance qui a pesé statistiquement sur la réduction de la pauvreté dans le monde? Dire que Trump comme certains milieux d’affaire US sont disposés à une entente avec la Chine ou plutôt qu’il a deux fers aux feux, ne suffit pas à épuiser les questionnements.

V-Nation et internationalisme

Enfin, cette vassalisation qui a caractérisé le G7 pose la question de la Nation qu’il est impossible de traiter ici. Notons que les résistances aux Etats-Unis et son extra-territorialité se sont appuyées sur une politique qu apparaît comme un facteur de progrès ou du moins de soutien à la population (rôle de l’éducation et la santé y compris sous blocus à CUba) et que ce progrès a aussi un ancrage dans une défense de la souveraineté nationale, le refus de se voir imposé les « solutions » libérales. Qu’il s’agisse de Cuba ou de la Chine, l’impossible résistance de la France et d’autres pays aux diktats américains ne peut pas être isolé de la manière dont le capitalisme met à mal les souverainetés nationales. Alors que l’on nous invite à ne pas nous enfermer dans des « protections » considérées comme archaïques, voir xénophobes, on semble oublier que l’internationalisme est de fait la solidarité entre nations et que nous avons aujourd’hui un sérieux manque dans ce domaine.

Mais honnêtement est-ce qu’on peut imaginer un Congrès extraordinaire du PCF, qui ignorerait comme le fait la proposition de base commune tout ce questionnement et ses effets difficilement contestables sur la situation mondiale, européenne et nationale, la perspective de nos luttes?

Danielle Bleitrach

(1)Publié le 

 

 

« Liberté pour Oleg Horzhan! Ne touchez pas au Parti Communiste Transnistrien! « 

Marianne m’envoie cette traduction d’une annonce émanant du parti communiste de la fédération de Russie. Avant de le traduire, elle m’a demandé ce que j’en pensais, deux choses essentielles: 1) la première est que nous devons absolument faire savoir et manifester notre solidarité aux camarades communistes qui subissent des répressions, même si peu de gens en France savent où se trouve la Transnistrie (à l’est de la Moldavie). D’ailleurs Marianne et Monika sont en ce moment dans le Pas de Calais, en train de recevoir nos camarades du parti communiste polonais eux-mêmes réprimés en Pologne.  Ceux qui ne sont pas capables de soutenir des amis dans le malheur ne méritent pas d’avoir des amis. Rien ne m’écœure plus que la manière dont les dirigeants français actuels, fils de hiérarques communistes, qui ont passé des vacances dans l’ex-URSS méprisent aujourd’hui le combat des communistes russes. 2) la seconde, c’est que Marianne et moi avons été reçues dans notre voyage en Moldavie et en Ukraine par ce dirigeant, nous avons passé plus dune heure avec lui et il nous a adressé un message pour les communistes et pour le peuple français. Les communistes de Transnistrie, un jeune garçon en particulier se sont montrés curieux et amicaux à l’égard des communistes français. (note de Danielle Bleitrach)

https://kprf.ru/party-live/cknews/176374.html

Le 6 juin 2018, les autorités de la Pridnestrovskaïa Moldavskaïa Respublika ont arrêté le secrétaire du Conseil central de l’UPC-PCUS, le chef des communistes de Transnistrie Oleg Olegovitch Horzhan. Cela s’est passé après que plusieurs de nos camarades aient déjà été arrêtés.

Service de presse du Comité central du Parti communiste de la Fédération de Russie

06-06-2018

Zyuganov Gennady Andreevich

Président du Comité central du Parti communiste, chef de la faction du Parti communiste à la Douma d’Etat de la Fédération de Russie

 

Contre le président du Comité central du Parti communiste de Transnistrie, député au Conseil suprême de la RMP, une accusation absurde a été avancée. O.O. Horzhan, qui est connu pour sa lutte courageuse et intransigeante pour le respect de la loi, est accusé d’avoir attaqué les forces de l’ordre. De cette façon, les autorités tentent d’intimider tous les citoyens qui pensent par eux-mêmes et d’éteindre le mécontentement qui monte dans la société avec la croissance des problèmes sociaux.

 

Le régime politique de la Transnistrie, qui se dit démocratique, organise la persécution honteuse des politiciens de l’opposition dans l’intérêt de l’oligarchie. En fait, il y a une attaque contre toute la famille Horzhan. Poursuivant les communistes, le régime politique suit la voie des nazis, des «frères de la forêt» et bandérovites.

 

L’année dernière, toute la planète a célébré le centième anniversaire du grand Octobre. 132 délégations sont venues en Russie des quatre coins du monde. Il a été décidé de lutter collectivement et vigoureusement contre les partisans de Stepan Bandera et toutes les manifestations du néo-nazisme. Et la direction de la Transnistrie se permet des bouffonneries dans l’esprit de ceux dont les idées et les actions ont depuis longtemps été condamnées par la communauté mondiale.

 

L’Union des partis communistes, les forces patriotiques du peuple sont indignés de la pression sur nos frères de combat. Les communistes ont été à l’avant-garde des défenseurs de la liberté et de l’indépendance du jeune Etat transnistrien. Beaucoup de nos camarades et amis ont donné leur vie pour la paix et la tranquillité, pour une véritable démocratie et la justice sociale sur la terre de Transnistrie.

 

Nous exprimons notre forte protestation contre les provocations politiques et déclarons notre solidarité avec les communistes transnistriens. Nous exigeons la libération immédiate d’Oleg Horzhan et de tous les détenus illégalement!

 

Nous appelons nos amis et sympathisants de différents pays à s’opposer à l’arbitraire. Nous pensons que le Conseil de sécurité et le Ministère des affaires étrangères de la Russie doivent se prononcer sur la situation inacceptable.

 

Nous mettons officiellement en garde: le président de Transnistrie Krasnoselskii et le président du Conseil suprême de la République Shcherba sont personnellement responsables de la vie et de la santé des prisonniers politiques. Nous prendrons toutes les mesures pour libérer nos camarades et arrêter l’arbitraire. Nous utiliserons à cet effet toutes les mesures de protection juridique nécessaires et nous pourrons compter sur le large soutien des forces progressistes de l’Europe.

 

Nous demandons d’arrêter la violation cynique des droits de l’homme!

 

Liberté pour Oleg Horzhan!

 

Ne touchez pas au Parti communiste transnistrien!

 

G.A. Zyuganov,

Président du Conseil de l’UPC-PCUS,

Président du Comité central du Parti communiste.

 

06 juin 2018

Moscou.