RSS

Archives de Catégorie: Europe

Turquie : le candidat d’Erdogan concède sa défaite à l’élection d’Istanbul

Défaite historiue et véritable retournement de tendance.Hier très beau portrait d’un maire communiste en Turquie sur Arte qui montre à quel point le monde méditerranéen bouge. (note de Danielle Bleitrach)

Binali Yildrim. REUTERS/Kemal AslanBinali Yildrim. REUTERS/Kemal Aslan
AFP
23/06/2019

Le candidat du président turc Recep Tayyip Erdogan, Binali Yildirim, a concédé dimanche sa défaite aux élections municipales d’Istanbul après la publication de premiers résultats donnant une large avance au candidat de l’opposition Ekrem Imamoglu.

« Selon les résultats, mon rival Ekrem Imamoglu mène la course. Je le félicite et je lui souhaite bonne chance. J’espère qu’il servira bien Istanbul », a déclaré M. Yildirim à la presse.

Selon les résultats publiés par l’agence étatique Anadolu après le dépouillement de plus de 97% des bulletins de vote, M. Imamoglu a obtenu 53,86% des voix contre 45,23% pour M. Yildirim.

M. Imamoglu, 49 ans, confirme ainsi sa victoire obtenu lors du premier scrutin qui avait eu lieu le 31 mars avant d’être annulé sous la pressions du parti AKP de M. Erdogan, pour qui cette défait constitue un cinglant revers.

Cette victoire de l’opposition met fin à 25 ans de contrôle du camp islamo-conservateur à la mairie d’Istanbul, plus grande ville et capitale économique de la Turquie.

Le résultat du scrutin de mars avait été invalidé après des recours de l’AKP, arguant d' »irrégularités massives ». Rejetant ces accusations, l’opposition avait dénoncé un « putsch contre les urnes » et voyait le nouveau scrutin comme une « bataille pour la démocratie ».

M. Imamoglu, issu du parti kémaliste CHP (social-démocrate), a pu compter sur l’appui de la formation nationaliste Iyi et les pro-Kurdes du HDP, canalisant ainsi les principales forces hostiles à M. Erdogan.

Publicités
 
Poster un commentaire

Publié par le juin 23, 2019 dans Europe, Asie

 

L’appel à l’action contre l’interdiction du communisme en Pologne

comme pour julien Assange j’ai une seule question ? Que fait la direction du PCF, enfin la direction qui s’est arrogé les privilèges  de l’internationale, de la presse communiste, des question européennes (avec l’affaire mal éclairée du PGE et du fric ) , de la formation, de la culture, des gens qui pourtant ont été mis en minorité au précédent congrès et qui continuent à mener leur politique  qui est tout sauf communiste. Jusqu’où pousseront-ils le déshonneur de se taire quand nos camarades subissent une répression pour ne pas fâcher les bailleurs de fond européens ? Jusqu’à quand traineront nous ce « boulet »?  (note de Danielle Bleitrach)

Résultat de recherche d'images pour "communistes Polonais"

La persécution anticommuniste en Pologne s’intensifie alors que les autorités de l’État tentent de criminaliser l’activité communiste en modifiant le code pénal. C’est un élément de la campagne anti-communiste visant à interdire le Parti communiste de Pologne. Les changements légaux font également partie de la persécution, comme un procès des membres du CPP et du comité de rédaction du « Brzask », qui a duré environ 3,5 ans, malgré le fait que le tribunal l’a déclaré innocent en janvier. En même temps, les autorités polonaises dressent d’autres obstacles à l’activité communiste, falsifient l’histoire et détruisent tout ce qui a trait au communisme et à la Pologne Populaire.

Les amendements au code pénal, y compris l’interdiction de l’activité communiste (article 256), ont été apportés à peine 10 jours avant les élections au Parlement européen. Ils signifient des peines plus sévères et inacceptables aussi qu’un élargissement du champ des crimes punissables. Les changements sont nombreux et concernent 105 articles sur 360 du code. Le gouvernement a présenté les changements en réaction au scandale de la pédophilie parmi les prêtres catholiques et lié à ce crime. Cependant, seuls quelques amendements le concernent.

Les changements réactionnaires ont été promus très hâtivement. Le 14 mai, le projet a été envoyé au parlement par le gouvernement. Le lendemain, la Sejm (chambre basse) a entamé la procédure législative. Le 16 mai, celle-ci a été votée et adoptée par le Sejm. Plus tard, le projet de loi a été transmis à la chambre haute – le Sénat, qui a ajouté 43 autres amendements et qui doit maintenant être soumis au vote au Sejm. Le gouvernement a la majorité dans les deux chambres, de sorte qu’il n’aura aucun problème à adopter les amendements. Ensuite, la nouvelle loi devrait être signée par le président. Un grand nombre d’avocats estiment que les modifications du code constituent une violation de la Constitution et des droits de l’homme. Cependant, la Cour constitutionnelle est actuellement contrôlée par les juges nommés par le gouvernement.

L’article 256* amendé interdit le communisme et l’assimile au nazisme et au fascisme. Auparavant, il pénalisait la promotion des « systèmes fascistes ou autres systèmes totalitaires de l’État ». Il y a 10 ans déjà, on tentait d’interdire les symboles communistes avec le même article, des protestations internes et internationales ont été prononcées et en 2011, il a été annulé par la Cour constitutionnelle. Cependant, ces dernières années, la loi a été très largement utilisée, comme le montre l’histoire du procès du CPP et du « Brzask ». La nouvelle version de la loi interdit l’idéologie, les symboles ou tout autre contenu (impressions, enregistrements), ainsi que la présentation et la possession de tout symbole de ce contenu. Le nouveau code augmente également la peine de 2 à 3 ans d’emprisonnement.

Nous exigeons toutes les poursuites contre les communistes à cesser immédiatement.

Nous appelons aux partis communistes à s’opposer à la campagne anticommuniste et à la pénalisation des idées communistes en Pologne.

Nous vous demandons d’organiser les manifestations internationales devant les ambassades de Pologne ou d’envoyer des lettres de protestation, de préférence le 12 juin, au moment où la nouvelle loi doit être adoptée par le Parlement.

 

*Nous incluons la nouvelle version de l’article qui interdit l’activité communiste en Pologne:

« Art 256

  • 1. Qui promeut publiquement le système nazi, communiste, fasciste ou un autre système totalitaire ou appelle à la haine sur la base de différences nationales, ethniques, raciales ou confessionnelles, ou en raison de l’absence de dénomination religieuse, est passible de la liberté pour un maximum de 3 ans.
  • 1a. La même peine est infligée à ceux qui propagent publiquement des idéologies nazies, communistes et fascistes ou une idéologie appelant à l’usage de la violence pour influencer la vie politique ou sociale.
  • 2. La même peine est appliquée à quiconque, dans le but de diffuser, produit, enregistre ou importe, acquiert, vend, offre, stocke, conserve, présente, transporte ou transmet un objet imprimé, enregistrant ou autre contenant le contenu. spécifié au § 1 ou 1a ou qui est porteur du symbolisme totalitaire nazi, communiste, fasciste ou autre, utilisé de manière à propager le contenu spécifié au § 1 ou 1a « .
 

Ingérence en Algérie: les services secrets russes auraient averti la France

20 декабря 2018. Президент РФ Владимир Путин на четырнадцатой большой ежегодной пресс-конференции в Центре международной торговли на Красной Пресне.

© Sputnik . Aleksey Koudienko
INTERNATIONAL

URL courte
Fabien Buzzanca
7115014

Tout est parti d’un tweet de Georges Malbrunot, grand reporter du Figaro. Il relaie une source diplomatique qui avance que les services de renseignement russes ont averti leurs homologues français que Moscou ne souhaitait pas d’ingérence des Français dans les changements politiques en cours en Algérie. Sputnik France a tenté d’en savoir plus.

«Un confidentiel du Figaro nous apprend que les services de renseignements russes ont transmis le message suivant à leurs homologues français. « On ne veut pas d’une ingérence française dans le choix du nouveau régime algérien ».»

​Ce tweet daté du 9 avril a pour auteur Georges Malbrunot, grand reporter au Figaro. Le journaliste cite cette information qui aurait pour source un diplomate français. Ce dernier assure que les services secrets russes ont averti la France qu’ils ne souhaitaient aucune intervention de Paris visant à influencer le changement politique en cours en Algérie.

«Les services français ont répondu oui oui, mais ils n’ont tiendront pas compte, l’Algérie, c’est trop important pour nous», aurait ajouté le diplomate.

​Alain Rodier, ancien officier supérieur des services de renseignement extérieurs et directeur de recherche au sein du Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) a livré son analyse à Sputnik France. Selon lui, il n’y a rien d’étonnant à ce que les services russes parlent avec leurs homologues français: «Je rappelle que nous avons des relations diplomatiques avec la Russie. À ma connaissance, les ambassades respectives sont toujours actives dans les deux pays. Le rôle des services de renseignement est aussi de maintenir des contacts avec leurs homologues étrangers sur des sujets d’intérêt commun, comme la lutte contre le terrorisme ou le crime organisé. Tout ceci se fait a priori, en dehors de considérations géopolitiques et entre professionnels.» Ce qui surprend plus l’ancien officier de renseignement, c’est la méthode:

«Que les services russes aient dit aux services français de ne pas s’ingérer dans le changement de pouvoir en Algérie et que cette information sorte m’étonne. La première raison est que ce type d’échanges entre services doit rester secret. Un diplomate français aurait eu vent d’échanges entre les services russes et français. Or, à ma connaissance, les diplomates français n’ont pas accès à ce type d’échange. J’appelle donc à la prudence quant à cette source.»

Sputnik France a contacté le porte-parole du ministère algérien des Affaires étrangères. Ce dernier n’avait toujours pas donné suite à nos demandes de réaction au moment de la publication de cet article. Nous avons également sollicité les autorités russes afin de connaître leur point de vue et attendons leur retour.

La France sur le fil du rasoir

«Nous sommes sur une étroite ligne de crête: ni ingérence ni indifférence», disait le Quai d’Orsay au journal Le Monde en février dernier. Cette déclaration qui pourrait servir de maxime illustre parfaitement la position délicate de la France dans le dossier algérien. Ne pas intervenir pourrait être entendu comme un soutien à l’appareil d’État et au statu quo. A l’inverse, la position contraire pourrait être perçue comme une tentative d’ingérence. Alors, la diplomatie française joue la prudence, usant de propos «minimalistes et rares» selon France Inter. Quid de ses services de renseignements?

«Si l’information relayée par Georges Malbrunot était confirmée, cette fuite ne viendrait certainement pas du côté des Français, ce qui laisse les Russes. Pour quelle raison feraient-ils ça? Chercher à affaiblir la position de la France vis-à-vis de l’Algérie afin de renforcer la leur est une possibilité. Il faut se demander à qui profite le crime. Les relations entre la Russie et l’Algérie ne datent pas d’hier. Je rappelle que l’URSS a financé le Front de libération nationale (FLN). La Russie actuelle a hérité de ces relations et quelque part, la France dérange la position russe en Algérie», déclare Alain Rodier.

Lors d’un entretien donné à nos confrères d’Atlantico, l’ancien officier de renseignement s’interrogeait sur la possible origine russe de la fuite:

«Cela pose alors une autre question: provient-elle du Kremlin ou est-ce une initiative subalterne ou même privée? Des fouteurs de merde, cela ne manque pas aujourd’hui, surtout quand cela peut nourrir des polémiques dont sont avides les médias, question d’audience et de ventes en kiosques…»

Le chef d’état-major algérien met en garde

«L’action des services de renseignement français est en accord avec l’action politique du gouvernement. Il est très clair dans ses déclarations. Ils ne souhaitent intervenir en aucune façon sur la politique intérieure ou extérieure de l’Algérie», assure Alain Rodier. Même en marchant sur des œufs, Paris a provoqué de vives réactions ces dernières semaines de l’autre côté de la Méditerranée.

Le 11 mars, Abdelaziz Bouteflika annonçait par le biais d’une lettre renoncer à briguer un cinquième mandat. «Je salue la déclaration du président Bouteflika par laquelle il annonce ne pas solliciter un cinquième mandat et prendre des mesures pour rénover le système politique algérien», réagissait le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian dans un communiqué. Sofiane Djilali, président du parti Jil Jadid (Nouvelle génération), avait alors publié une vidéo le 12 mars sur Twitter appelant à «dénoncer le soutien de la France officielle au régime Bouteflika». «Elle ne veut pas de démocratie en Algérie, elle a besoin de serviteurs», tempêtait-il.

​Le même jour, Emmanuel Macron dégainait lui aussi son clavier et twittait ceci:

«La jeunesse algérienne a su exprimer son espoir de changement avec dignité. La décision du Président Bouteflika ouvre une nouvelle page pour la démocratie algérienne. Nous serons aux côtés des Algériens dans cette période nouvelle, avec amitié et avec respect.»

​Une réaction qui avait inspiré un dessein au caricaturiste Ali Dilem mettant en scène «Abdelaziz Macron». Le message est clair.

​Si certains internautes avaient appelé à la mesure, ce déchaînement sur les réseaux sociaux est très révélateur du caractère explosif de la situation pour Paris.

«La France fait extrêmement attention à ne surtout pas intervenir en Algérie. Paris connaît très bien le pouvoir actuel et la population. La France sait qu’ils sont aptes à gérer la situation. Elle cherche à éviter toute accusation d’ingérence», explique Alain Rodier.

En plus du fait que les deux pays soient liés historiquement et que de nombreux Français d’origine algérienne se trouvent dans l’Hexagone, l’Algérie est un pays très riche en énergies fossiles et l’un des principaux fournisseurs d’énergie de la France (10% du gaz importé). Avant même que le mouvement social anti-Bouteflika ne provoque ses premières secousses, un journaliste de L’Obs recueillait cette confidence d’un «haut responsable français»:

«Le cauchemar du Président de la République, c’est l’Algérie. C’était aussi celui de ses prédécesseurs. Les plus hautes autorités de l’État sont terrifiées par la perspective d’une grave déstabilisation de notre ancienne colonie après la mort de Bouteflika.»

Bouteflika n’est pas mort, mais il a renoncé au pouvoir. Une démission annoncée le 2 avril, qui n’a en rien réglé la situation. «La vigilance est de rigueur. On apprécie le moment, mais on n’oublie pas l’essentiel. Le système et ses tentacules mafieux doivent dégager. Donc les marches continueront», lançait le soir même une manifestante citée par l’AFP. Signe que la crise algérienne est loin d’être terminée.

Le 9 avril, les parlementaires de l’Assemblée populaire nationale et du Conseil de la Nation se sont réunis pour se trouver un Président par intérim. Et sans surprise, Abdelkader Bensalah, président du Conseil de la Nation, a été nommé. Une décision mal accueillie par une partie du peuple. De nombreux manifestants demandent que les «3 B», jugés trop proches du pouvoir, soient écartés du processus qui mènera à l’élection d’un nouveau Président. Le trio est composé d’Abdelkader Bensalah, du président du Conseil constitutionnel Tayeb Belaiz et du Premier ministre Noureddine Bedoui.

L’appel du quotidien El Moudjahid, proche du pouvoir, à écarter Abdelkader Bensalah n’aura donc pas suffi. «Cette personnalité […] n’est pas tolérée par le mouvement citoyen, qui exige son départ immédiat, mais aussi par l’opposition et une partie des représentants des formations politiques de la majorité des deux Chambres du Parlement», écrivait le journal avant la nomination d’Abdelkader Bensalah.

Il se trouve que le général Ahmed Gaïd Salah, chef d’état-major de l’armée et plus puissant que jamais, souhaite que la succession se déroule selon la Constitution. Et que prévoit-elle? Que le président du Conseil de la Nation, en l’occurrence Abdelkader Bensalah, prenne le pouvoir en attendant de passer le flambeau à un nouveau chef d’État élu lors d’un scrutin présidentiel, le tout dans un délai de 90 jours. Le souhait du militaire est désormais exaucé. Mais à quel prix?

​Le 9 avril, des milliers d’étudiants rassemblés devant la grande poste d’Alger ont crié «Dégage Bensalah!» et «Système dégage!». La police a fait usage de grenades lacrymogènes et d’un canon à eau pour disperser la foule. Rachid Grim, enseignant en Sciences politiques à l’Institut supérieur de gestion et de planification (ISGP) d’Alger s’est inquiété de la situation auprès de l’AFP:

«C’est là où il y a un vrai problème. L’armée tient à ce que cela [la transition Ndlr] se fasse à l’intérieur de la Constitution et la rue veut que cela se fasse à l’extérieur de la Constitution. Si l’armée n’assouplit pas sa position, on va vers la rupture.»

L’élection présidentielle algérienne est fixée au 4 juillet. Abdelkader Bensalah a signé le décret le 10 avril. De son côté, Ahmed Gaïd Salah a d’ores et déjà averti les manifestants et a parlé de «slogans irréalistes visant à […] détruire les institutions de l’État» dans les cortèges. Alors qu’il était en déplacement à Oran, le chef d’état-major est allé plus loin. Comme d’autres responsables algériens avant lui, il a parlé de «tentatives de la part de certaines parties étrangères» de «déstabiliser le pays»

 

Quelques reflexions à propos de l’avant-garde artistique et du rôle du parti

A propos du comité central d’Argenteuil, dans mon livre « Le temps retrouvé d’une communiste », je m’interroge sur les apories et les dévoiements de ce comité central qui a eu lieu en 1966… Si le nom d’Aragon reste attaché à ce comité central, je pense que ces travaux et le prolongement de ces travaux ont débouché sur du grand n’importe quoi, y compris la courtisanerie mitterrandienne et  précédé par les errances de Garaudy. Avec aujourd’hui la domination du marché. Tout cela me paraît étranger à ce que cherchait Aragon. Quelquefois, Brecht a abondement usé de la méthode, organiser la rupture dans l’espace avec la Chine permet d’entrevoir des questions que l’idéologie libérale-libertaire nous masque.

Récemment je lisais l’importante thèse d’Anny Lazarus sur la critique d’art chinoise contemporaine et j’ai été frappée par la manière dont un critique important Lu Hong souligne ce qui s’est passé en Chine une dizaine d’années plus tard et qui pose les problèmes d’une manière assez semblable à celle du comité central d’Argenteuil. Son livre date de 2006, il s’intitule « dépasser les limites : art avant-gardiste chinois 1979-2004 »

Lu Hong est né en 1954, célèbre pour ses peintures à l’encre, il se tourne peu à peu vers la théorie de l’art. Son ambition est de questionner, comprendre et illustrer l’art en partant de la genèse des œuvres. Il privilégie comme Lü Peng le contexte politique et social. S’il commence son « histoire » en 1979 c’est en référence au III ème plénum du XIème Comité central (15-18 décembre 1978) qui a orienté vers le développement économique et non vers la lutte des classes, ce qui selon lui a permis d’ouvrir rapidement une brèche dans une situation « rigide, fossilisée, encroutée ».

Lu Hong admet la difficulté de sa démarche, rester objectif et serein face à des pratiques artistiques trop proches et de percevoir ce qui naît dans un moment où se multiplient les discordances, les campagnes politiques et donc les ajustements. Lu s’efforce de reconstruire les situations problématiques auxquelles les artistes ont été confrontés.

Résultat de recherche d'images pour "luo zhongli father"

Luo Zhongli father

Chaque illustration est interprétée et commentée en restituant le sujet dans le contexte de l’époque assorti d’une biographie de l’auteur, il y a quatre grands chapitres selon quatre périodes: 1979-1984, 1985-1989, 1990-1999, 2000-2004, 1979 s’ouvre sur Père, la peinture emblématique de Luo Zhongli, emblématique en ce qu’elle rompt avec les codes de la Révolution culturelle (rouge clair lumineux) avec interdiction de représenter des personnages en costumes traditionnels. Mais il y a de multiples courants qui surgissent.

Parce que la fameuse rupture que décrit Lu Hong est comme celle d’Argenteuil, elle revendique la liberté de l’artiste mais dans un contexte qui est celui de la commande publique, des grands commis de l’Etat et pas la toute puissance du marché.

En quoi le Parti communiste conçu comme un parti d’avant-garde a-t-il avoir avec une avant-garde esthétique ?

Ce qui est intéressant c’est la reprise du terme d’avant-garde et la référence à Saint Simon par Lu Hong. Argenteuil pour Aragon, c’est Saint Simon plus Hegel comme base de la réflexion marxiste sur l’art, on en fera Garaudy en particulier de l’anti-marxisme et on l’utilisera pour abolir tout les acquis et ils sont nombreux du réalisme socialiste.

Claude Henri de Rouvroy, comte de Saint-Simon (1760-1825) est un des inventeurs de l’idée socialiste, consistant à abolir la propriété naturelle au profit d’un despotisme des savants. C’est dans son ouvrage Opinions littéraires, philosophiques et industrielles publié à Paris en 1825 qu’il est le premier, semble-t-il, à avoir utilisé le terme d' »avant-garde » dans un sens dépassant la simple portée militaire pour lui donner un contenu plus large, surtout révolutionnaire. Dans une vision donnant la conduite du nouvel ordre social aux artistes, hommes de sciences et industriels, il imagine un dialogue entre un artiste et un scientifique et fait dire par le premier : « C’est nous, artistes, qui vous servirons d’avant-garde : la puissance des arts est en effet la plus immédiate et la plus rapide. Nous avons des armes de toute espèce : quand nous voulons répandre des idées neuves parmi les hommes, nous les inscrivons sur le marbre ou sur la toile… Quelle plus belle destinée pour les arts, que d’exercer sur la société une pression, un véritable sacerdoce et de s’élancer en avant de toutes les facultés intellectuelles, à l’époque de leur plus grand développement ! »
Gabriel Laverdant (1845)

Le même sens révolutionnaire sera repris un peu plus tard dans un texte du critique d’art Gabriel-Désiré Laverdant (1802-1884) De la mission de l’art et du rôle des artistes qui est paru en 1845 :

« L’Art, expression de la Société, exprime, dans son essor le plus élevé, les tendances sociales les plus avancées ; il est le précurseur et le révélateur. Or, pour savoir si l’art remplit dignement son rôle d’initiateur, si l’artiste est bien à avant-garde, il est nécessaire de savoir où va l’Humanité, quelle est la destinée de l’Espèce. »

Notons que Badiou qui est un platonicien combat cette conception et dénonce très logiquement le tournant de 1978, en effet Platon est hostile aux poètes et à cette conception de l’avant-garde.

À partir de cette époque, le terme avant-garde se charge d’un contenu sociologique et artistique. Il est repris par les tenants de la « dialectique » de Hegel (1770-1831), avec ses passages de thèse, vers antithèse et ensuite synthèse. L’avant-garde y est donné pour la vision antithétique d’un groupe d’artistes à un moment donné de l’évolution artistique. Celle-ci est ensuite absorbée par le corps social dans son moment de synthèse, jusqu’à ce qu’un déséquilibre apparaisse à nouveau, qui sera également réduit par l’« évolution dialectique ».

 

Que peut la « faction Poutine » au Parlement européen

  • Marianne est actuellement indisponible et la situation risque de durer jusqu’à la rentrée de septembre, il faut donc que je me débrouille en vous communiquant des textes qui nous paraissent importants et qui proviennent de Russie, non pas du parti communiste qui se méfie comme de la peste de l’extrême-droite européenne mais de journalistes « indépendants » qui s’intéressent surtout à l’évolution de l’UE face à la Russie et à l’OTAN, aux Etats-UNis. Voici le diagnostic qu’ils établissent sur l’évolution de l’Union européenne ; apparement les forces qui veulent toujours plus d’Europe sont majoritaires, mais les votes ont témoigné du rejet des populations et celui-ci ne peut que s’accroître..Que l’Europe ne se raconte pas d’histoire, ce n’est pas à cause de Trump et encore moins de Poutine qu’elle va éclater à terme mais à cause des politiques menées par l’UE et leur impopularité. (note et traduction de Danielle Bleitrach)
Marine Le Pen et Matteo Salvini ont raison d'être heureux.

4
28 mai 2019, 08h30 
Photo: Alessandro Garofalo / Reuters 
Texte: Peter Akopov

Version imprimée  • 
Partager   • 
Lien permanent   • 
  • 
Signaler une erreur   •

Selon les résultats des élections au Parlement européen, il y aura une « faction Poutine ». Ce ne sont pas des inventions de la «propagande russe», mais un pronostic officiel des intégrateurs européens avec lesquels ils ont tenté d’intimider les électeurs avant les élections. A ce jour, cette faction ne sera pas en mesure de changer radicalement la politique de l’Union européenne – mais lors des prochaines élections de 2024, elle peut, selon tous ces mêmes bâtisseurs d’une Europe unie, détruire l’Union européenne.

Pour la Russie, les élections au Parlement européen présentaient un intérêt principalement pour poser un diagnostic sur l’état d’esprit de notre voisin occidental. Plus de 200 millions d’Européens ont exprimé leur opinion, en soutenant certains partis – et il appartient maintenant à l’Europe de décider quoi faire à ce sujet. Plus précisément, les élites européennes, qui sont favorables à la poursuite du processus actuel d’intégration européenne dans un esprit de « moins de souveraineté nationale, davantage de pouvoirs pour l’UE ».

La mosaïque hétéroclite du multipartisme européen, multipliée par 28 pays participants, ne permet pas de changements cardinaux rapides. Mais les résultats des élections auront toujours un impact considérable sur les processus européens et sur les rapports de force dans les différents pays européens. Qu’est-ce qui est devenu le plus important?

La tendance à la baisse de popularité des élites dirigeantes a été confirmée. Les deux plus grandes forces paneuropéennes unies au sein du « Parti populaire européen » (le représentant le plus important est la CDU allemande) et de « L’Alliance progressiste des socialistes et démocrates » (sociaux-démocrates de toute l’Europe, de la Scandinavie à l’Espagne), a perdu  la majorité . Si après les élections de 2014, ils avaient ensemble 401 sièges sur 750, ils seront aujourd’hui 330. Pour former une majorité et, en conséquence, une nouvelle composition du gouvernement européen, la Commission européenne, ils devront chercher des alliés. Celle-ci est toute trouvée : il s’agit de l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe, avec 115 sièges, et des Verts, avec 70.

Oui, cela nécessitera des combinaisons et des compromis plus complexes, mais en principe, toutes ces forces ne font qu’un en ce qui concerne  le point principal: plus d’Europe est nécessaire. Les votes de ceux qui préconisent de modifier les règles de la construction européenne (du moins en les corrigeant pour renforcer le rôle des gouvernements nationaux) ne suffiront en aucun cas à bloquer le renforcement du rôle des instances paneuropéennes. Néanmoins, c’est les euro-sceptiques, les nationalistes et les populistes, et d’autres «mauvaises» forces du point de vue des élites européennes, qui sont devenus les principaux gagnants de ces élections.

Formellement, leur nombre n’est pas particulièrement impressionnant – au total, tous les sceptiques européens européens compteront environ 170 députés.

«Alliance européenne des nations et des nations» (Le Pen et Salvini) avec 63 sièges, «L’Europe pour la liberté et la démocratie directe» (Brechzit Faraj et Alternative for Germany) avec 61 sièges et plus centriste, mais encore «conservateurs et réformistes européens» euro-soviétiques avec 56 places. Ils seront regroupés en trois factions et au mieux, ils pourront réduire leur nombre à deux.

De plus, il y a environ 40 vrais représentants de gauche, sur lesquels les intégrateurs européens ne peuvent compter. Il existe toutes sortes de forces régionales non alignées, par exemple les séparatistes catalans – environ 30 personnes de plus. Et le parti du Premier ministre hongrois Orabana « Fidesz », qui a remporté la plupart des sièges de la Hongrie, compte 13 sièges et n’entre officiellement que dans le « Parti populaire européen » de Merkel (son adhésion a d’ailleurs été suspendue) et beaucoup plus proche des sceptiques européens. Quoi qu’il en soit, 250 députés « hors système » représentent un tiers de la composition du Parlement européen. Il semblerait donc que les intégrateurs européens puissent dormir paisiblement. Mais ce n’est pas certain. De plus, il y a une très grande nervosité. Il est lié à deux facteurs – avec une tendance désagréable pour eux et avec les résultats du vote dans les principaux pays de l’UE.  

Il est inquiétant non seulement que les eurosceptiques aient accru leur représentation au Parlement européen, mais qu’il y ait une tendance à la résistance croissante à la construction européenne de la part des Européens ordinaires. Et chaque année, le soutien des eurosceptiques ne fera que croître: les intégrateurs européens ne peuvent pas ralentir, car ils ne peuvent offrir une nouvelle image attrayante de l’Europe de demain. Sans compter que volontairement (c’est-à-dire influencé par l’opinion publique) pour corriger le projet lui-même en vue de la construction future de l’Union européenne. La première raison: ils ne sont pas configurés pour faire des compromis.

Par conséquent, ils ne peuvent qu’intimider les électeurs avec la « terrible menace » des nationalistes eurosceptiques – les exposant en tant que « serviteurs du diable ». Poutine est habitué à jouer ce rôle.

Ce n’est donc pas un hasard si la déclaration faite à la veille des élections par Guy Verhofstadt, ancien Premier ministre belge et actuel dirigeant de l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe (la troisième plus grande faction du PE) a récemment déclaré dans le Times: ensemble ”est la Russie:

« Si les dirigeants européens n’arrêtent pas la tendance populiste, l’Union européenne sera détruite à la suite du coup d’État nationaliste soutenu par la Russie lors des élections de 2024. »

C’est à présent le succès relatif des eurosceptiques aux élections, puis au Brexit d’automne, et au bout de cinq ans, les partisans de la destruction de l’Union européenne gagneront les prochaines élections au Parlement européen et Poutine se réjouira. Ce n’est pas une exagération – c’est à peu près la même chose que disait  Natalie Loiseau, la responsable de la liste «En avant, la République!», ce avec quoi elle avait prétendu terrifier les électeurs avant l’élection . Dans une interview au Monde, elle a déclaré que l’Europe était sur le point de revenir au fascisme, citant Le Pen comme exemple et l’appelant une victoire possible en France « une véritable catastrophe pour l’Europe »:

«Si l’Unité nationale fait alliance avec d’autres nationalistes convaincus d’être anti-européens, leur seule tâche sera de bloquer le projet européen. Marine Le Pen et ses amis adorent la Russie de Vladimir Poutine. La faction parlementaire que l’extrême droite veut créer sera la faction de Poutine au Parlement européen. « 

Dans le même temps, Le Pen était désignée comme  « un idiot utile, un cheval de Troie pour Trump et pour  les plans de Poutine pour affaiblir l’Europe ».

«Une Europe forte est une condition nécessaire pour préserver notre souveraineté, et je comprends que ni M. Bannon ni M. Trump n’aiment cela. Ce que je ne comprends pas, ce sont les Français qui, prétendant protéger le peuple et le pays, défendent les intérêts de ceux qui veulent affaiblir l’Europe », adéclaré le Premier ministre français Edouard Phillip, par exemple.

C’est-à-dire que le chef des patriotes nationalistes français, qui prônent le retour de la pleine souveraineté en France et la reconstruction de l’Union européenne sur la base du principe de «l’union d’États forts», est accusé de non-patriotisme et de relations étrangères par des personnes qui voient l’avenir de leur pays dans une Union européenne supranationale et sans visage. Paradoxe? Non, car la plupart des élites européennes actuelles ont fait le choix de l’intégration européenne à tout prix, et elles n’ont  plus qu’à diffamer un adversaire.

Mais finalement, en France, le parti Macron aest passé derrière  Le Pen, remportant 22% des suffrages aux élections européennes, ce qui a non seulement confirmé son statut de politicien la plus populaire du pays, mais aussi que Macron avait  fait tourner  les élections européennes. Ils les avait transformé dans un référendum sur la confiance qui lui était portée et en lui et en son propre chemin, dont une partie importante est précisément la revendication du nouveau leadership de la France en matière d’intégration européenne. Et cette défaite prend ce sens , et pas seulement symbolique.

Parce que, et c’est la deuxième cause d’inquiétude pour les élites européennes, les partisans de l’intégration européenne ont perdu non seulement en France, mais également dans trois des quatre pays clés de l’UE.

En Grande-Bretagne, le parti Faraj Brexit a remporté 31,6% des voix. Et même si, avec le décompte total des partis, plaidant sans équivoque pour que le Royaume-Uni reste dans l’UE et obtienne plus de voix (environ 40), il est clair que même les Britanniques qui veulent arrêter le Brexit ne peuvent pas être considérés comme des partisans de l’actuelle politique d’intégration européenne (ils sont plus susceptibles de craindre une incompréhensible conséquences de la sortie). Le parti conservateur au pouvoir a reçu 10%, ce qui ne peut s’appeler que par un vote de censure (bien que les travaillistes n’en aient reçu que 14).

Ainsi, bien que le Royaume-Uni soit suspendu entre le Brexit et son abolition, il reste que les intégrateurs européens de Bruxelles  perdent. Même si Londres reste dans l’UE, des sceptiques européens radicaux défendront les intérêts britanniques au Parlement européen.

Le vote en France affaiblit également les ambitions de son président de devenir ule nouvel  « unificateur de l’Europe », même si le pays ne tombe pas dans la crise politique interne (la mauvaise note du chef de l’Etat est devenue une tradition négative française), la possibilité de Macron de s’imposer a diminué. 

En Italie – la victoire complète des eurosceptiques. Le parti de la Liga, Matteo Salvini, en a obtenu 34%, et son principal partenaire dans la coalition, un peu moins radical pour l’UE, est Five Stars, 17. L’Italie est maintenant le moteur de la révision des principes de la construction européenne et restera à court terme. Oui, sa force ne suffit pas à renverser la tendance, mais que se passera-t-il si la France l’a rejoint dans quelques années?

Il n’y a qu’en Allemagne, où  les eurosceptiques ne célèbrent pas la victoire. Même s’ils avaient gagné là-bas, cela signifierait automatiquement leur victoire à l’échelle paneuropéenne: non pas par le nombre de voix mais par la position occupée par l’État allemand dans l’UE. « Alternative for Germany » n’a reçu que 11%. Et bien que ce soit sensiblement plus qu’en 2014, mais loin de la limite de leurs rêves. Mais il n’ya pas lieu de se réjouir des autorités allemandes, car la CDU-CSU a enregistré le pire résultat de toute l’histoire, gagnant moins de 29%. Et leur partenaire dans la coalition au pouvoir du SPD n’a pas atteint 16%. Autrement dit, les partis au pouvoir à Berlin ont obtenu 45% des voix, contre 62 lors des dernières élections au Parlement européen.

Mais ce n’est pas tout: au même moment, le SPD avait perdu Brême lors des dernières élections législatives – pour la première fois de l’histoire de la République fédérale d’Allemagne. Tout cela peut être une raison de l’effondrement de la coalition au pouvoir: les sociaux-démocrates rétrécissent à une vitesse ultra-rapide et de plus en plus de membres du parti considèrent que la rupture urgente avec Merkel est le seul salut. Si cela se produisait, la crise politique interne en Allemagne aurait un impact considérable sur la situation dans l’Union européenne – la CDU devrait réunir une nouvelle coalition. Et si, pour bloquer avec des démocrates «verts» et libres, vous devez sacrifier Merkel, vous pouvez y aller. L’influence du nouveau gouvernement allemand sur les affaires paneuropéennes diminuera inévitablement et, au moment des turbulences accrues associées à la fois au Brexit et à la formation des nouveaux organes directeurs de l’UE, les intégrateurs européens ne seront plus à sa place.

Le fait que les quatre piliers de l’Union européenne se trouvent dans un état extrêmement désavantageux pour les intégrateurs européens constitue, bien entendu, un défi de taille pour l’ensemble du projet de création d’une Europe unie. Mais un défi encore plus grand pour lui est d’essayer de rendre Poutine et Trump responsables de leurs problèmes.

Oui, Trump n’a pas besoin d’une Union européenne forte. En général, cela ne le dérangerait pas qu’elle disparaisse, de sorte qu’il serait plus facile de « rendre l’Amérique grande à nouveau ». Oui, Poutine n’aime pas le fait que Allemands, Français, Italiens et autres Européens, qui préconisent le développement de liens avec la Russie, se transforment en otages forcés de la « solidarité atlantique », qui n’a rien de commun avec les intérêts européens.

Mais ni Poutine ni Trump n’ont une fraction de cette influence sur les processus paneuropéens ni sur la situation dans les principaux pays européens, ce que les élites européennes actuelles, favorables à l’intégration européenne et à l’élimination des États-nations, ont. Et c’est leur propre politique, tant au niveau national qu’européen, qui a conduit à la fois à une augmentation du mécontentement des électeurs et à une augmentation de la popularité des politiciens – nationalistes, des politiciens – eurosceptiques. Ignorant leurs revendications, les qualifiant de « fascistes » et d ‘ »idiots utiles de Poutine », le pouvoir en place ne fait qu’exacerber les problèmes – les leurs et ceux communs à l’Europe. Et dans ces conditions, la fraction des nationalistes européens ne fera que croître d’une élection à l’autre.

 
Poster un commentaire

Publié par le mai 28, 2019 dans Europe, POLITIQUE, Russie

 

Visite de la caravane antifasciste dans le Donbass

Nos camarades italiens et espagnols continuent à manifester leur solidarité, ce qui nous permet de vous donner des nouvelles de nos amis et en particulier de Tatiana Desiatova que certains d’entre nous ont eu la joie de rencontrer lors des journées internationales de Vénissieux (note de Danielle Bleitrach et traduction de Marianne Dunlop)

http://antimaydan.info/2019/05/anton_saenko_zavershilsya_vizit_antifashistskogo_karavana_na_donbass.html

Du 7 au 11 mai, une délégation de la caravane antifasciste dirigée par le responsable du groupe rock Banda Bassotti, David Cacchione, était dans le Donbass.Les communistes d’Italie et d’Espagne ont apporté avec eux l’argent récolté dans le cadre de l’action « Enfants du Donbass », des médicaments et des fournitures scolaires.

Au cours de leur séjour en République populaire de Donetsk, les membres de la caravane antifasciste ont visité des institutions à Gorlovka, Chakhtiorsk, Donetsk, ainsi que le club pour enfants et jeunes « Gaydarovets » à Makeyevka.

Les pionniers ont interprété plusieurs chansons, remis des objets d’artisanat aux invités, montré des photos prises lors de la dernière visite de la caravane au club de jeunes. À son tour, Anton Saenko, deuxième secrétaire du Comité central des Jeunesses communistes de DNR, a parlé des activités des Gaydarovtsy [organisation de Pionniers].

Tout au long du voyage dans les villes de la République populaire de Donetsk, la caravane antifasciste était accompagnée du premier secrétaire du Comité central du PCDNR, Boris Litvinov, et de la chef de la brigade internationale du comité municipal du Parti communiste, Tatiana Desiatova.

Dans la soirée du 8 mai, les communistes italiens et espagnols se sont rendus en LNR [République populaire de Lougansk], où ils ont pris part aux célébrations du Jour de la victoire, rendu hommage à la mémoire des mineurs décédés, visité la tombe du commandant de la brigade « Prizrak », Alexei Mozgovoy, à Altchevsk, et ont fait don d’argent et d’aide humanitaire à un orphelinat local.

«Au nom de tous ceux qui font des dons, donnent des médicaments, des vêtements pour enfants, nous remercions les habitants du Donbass pour leur combat contre le fascisme.Nous faisons notre part du travail, qui n’est rien comparé au prix payé par les habitants du Donbass », a résumé David Cacchione.

Traduction MD pour H&S

 

 
 

« La République populaire de Donetsk est l’œuvre du soulèvement populaire »

 

La Pravda №50 (30837) 16 mai 2019

Auteur: Stanislav RETINSKY, secrétaire du Comité central du Parti communiste de la République populaire de Donetsk.

http://wpered.su/2019/05/16/dnr-rezultat-tvorchestva-mass/

 

À Donetsk, des manifestations solennelles ont été organisées pour célébrer le Jour de la République.Il y a exactement cinq ans, le 11 mai 2014, lors d’un référendum, l’écrasante majorité des habitants de la région de Donetsk s’était prononcée en faveur de la création d’un État souverain. En l’honneur de cet événement dans la capitale de la DNR, un concert de gala a été organisé, auquel environ 40 000 personnes ont participé.Un rôle de premier plan dans ce festival revenait aux représentants du Parti communiste de la République populaire de Donetsk.

RAPPELANT LES ÉVÉNEMENTS d’il y a cinq ans, Boris Litvinov, premier secrétaire du Comité central du Parti communiste de la République populaire de Donetsk, a déclaré: «Lorsque le coup d’État a eu lieu à Kiev en février 2014, la patience du peuple du Donbass a débordé. Le 7 avril, le Congrès des représentants des collectivités territoriales, des partis politiques et des organisations publiques de la région de Donetsk a adopté la loi sur la proclamation de l’indépendance de la République populaire de Donetsk et la Déclaration sur la souveraineté de la République populaire de Donetsk. Après cela, un gouvernement provisoire a été formé avec 8 coprésidents. J’étais chargé de superviser l’organisation du référendum. Aujourd’hui, ils essaient de nous imposer l’opinion qu’il y aurait eu une sorte de «main de Moscou» dans les événements du Donbass. Je déclare en toute responsabilité: il n’y avait pas de Moscou ici. C’était le travail des masses de la région de Donetsk.  »

Le guerrier et internationaliste letton Benes Ayo, installé à Donetsk depuis 2014, note que les événements survenus il y a cinq ans dans le Donbass avaient une signification sociale profonde. Selon lui, le référendum prévoyait l’instauration d’un système social plus progressiste dans la RPD. Il raconte:

«À la tête de notre révolution, comme dans beaucoup de mouvements de libération nationale et de révolutions démocratiques populaires du passé, se trouvaient les communistes. Ils ont fabriqué des tracts pour soutenir la tenue d’un référendum sur l’indépendance, organisé des rassemblements et des piquets de grève sous la bannière rouge de la fédéralisation de l’Ukraine et de la séparation du Donbass de l’Ukraine. Ils étaient en poste sur la place Lénine, faisant de la propagande politique. Puis beaucoup d’entre nous ont rejoint les rangs de la milice nationale.

Les slogans importants des communistes étaient: « Vive la nationalisation! », « A bas les oligarques! », « Restaurons l’URSS! ». La Déclaration d’indépendance de la RPD, adoptée le 7 avril 2014, a déclaré que les citoyens de la RPD sont les détenteurs de la souveraineté et la source du pouvoir de l’État, que les problèmes les plus importants liés au développement de la république, ses relations avec les autres États, doiventêtre soumis à un débat public ou à un référendum. La République crée les conditions nécessaires au libre développement et à la protection des formes de propriété reconnues par la Constitution, qui excluent l’appropriation des résultats du travail d’autrui, et la priorité est donnée aux formes collectives. Il a été souligné que les habitants de la République populaire de Donetsk avaient la propriété exclusive de la terre, de son sous-sol, de son espace aérien, de l’eau et des autres ressources naturelles se trouvant sur le territoire de la république.

En d’autres termes, la Déclaration de souveraineté proclamait le pouvoir du peuple et la priorité des formes sociales de propriété des moyens de production. Cela signifie que notre révolution de libération nationale avait une signification sociale profonde et prévoyait l’instauration d’un système social plus progressiste dans la RPD. »

Les communistes du monde entier déclarent leur solidarité avec le Donbass. Ainsi, le Parti communiste de la Fédération de Russie a reconnu les résultats des référendums dans les régions de Donetsk et de Lougansk. Depuis cinq ans, il envoie des convois humanitaires dans le Donbass et demande que soient fournis des documents russes aux résidents des RPD et des RPL. Le Parti communiste de la Fédération de Russie jouit d’un grand prestige parmi les dirigeants des deux républiques et parmi la population de la région de Donetsk. Cela est confirmé par la participation de la délégation du Parti communiste aux célébrations organisées à l’occasion de la Journée de la République.

Lors des célébrations à Donetsk, il n’y avait pas que les communistes, mais aussi des représentants des partis de droite. Dans le Donbass, non seulement les forces de gauche, mais également les forces de droite luttent contre le nationalisme ukrainien. Ceci est confirmé par la participation aux festivités de Gunnar Lindemann, membre du parti « Alternative for Germany » (AFD).Il est un invité fréquent à Donetsk. L’année dernière, il était observateur aux élections en RPD. Il est reçu au plus haut niveau. En même temps, Lindeman, comme son parti, est connu pour ses déclarations contre les migrants et les musulmans.

Voici comment les communistes allemands expliquent ce comportement de droite. «Le soutien imaginaire du Donbass par des membres individuels de l’AFD est dû, d’une part, à l’intérêt de certains représentants du capital allemand, qui ont bénéficié des relations économiques avec la Russie. D’autre part, la population allemande, malgré la propagande officielle antirusse, est dominée par des sentiments opposés à la guerre et, comme le montrent les sondages, elle ne considère pas la Russie comme une menace pour l’Allemagne. AFD spécule sur ces sentiments. Elle est également hypocrite dans le domaine social, car elle poursuit une politique néolibérale », a déclaré Renate Kopp, membre du comité central du parti communiste allemand.

Elle pense qu’en réalité, «l’alternative pour l’Allemagne» n’a rien à voir avec l’antifascisme ni avec la solidarité avec les républiques du Donbass. La solidarité avec les travailleurs de cette région doit être renforcée par les communistes et les autres forces de gauche du monde entier.

Traduction MD pour H&S