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Archives de Catégorie: Europe

Le gestionnaire du Viaduc de Gênes très présent en France

Le gestionnaire du viaduc de Gênes, un géant italien très présent en France, et que dire dans le même esprit de la privatisation des barrages hydrauliques que veut créer Macron. Que dire également du choix de sacfier la SNCF, de lui substituer des autocars… (note de danielle Bleitrach)

 
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Atlantia a accéléré son essor en France depuis deux ans où il a notamment racheté l’aéroport de Nice, et les autoroutes Sanef. Et son nom circule pour racheter les Aéroports de Paris qui seront privatisés l’an prochain.

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Publié par le août 16, 2018 dans actualités, Europe, POLITIQUE

 

L’Afrique, et l’Europe la Chine, par François danjou

1er août 2018 –  François Danjou – Question Chine

Alors que l’Europe a dévasté, pillé le continent africain, l’Europe joue à s’inquiéter sur le fait que la Chine ne ferait pas aussi mal que les Européens… les condamnations, les conseil pleuvent..Toute cette sollicitude masque mal l’inquiétude de perdre une position dominante et qui rapporte gros. La Chine se donne les moyens de ses ambitions. .(note de Danielle Bleitrach)

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Le 24 juillet, avant le sommet des BRICS, Xi Jinping a effectué une visite officielle en Afrique du Sud. Ici à Prétoria avec le président Cyril Ramaphosa.

 

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Du 18 au 28 juillet Xi Jinping a inauguré la politique étrangère de son 2e mandat par un long voyage de 11 jours et 36 000 km aux Émirats Arabes Unis et dans 4 pays africains pour le terminer à Johanesbourg où, du 25 au 27 juillet, s’est tenu le 10e sommet des BRICS.

Accompagnant le voyage, la presse officielle du régime a largement développé les thèmes répétés par le n°1 du Parti depuis le 19e Congrès, présentant la Chine comme un modèle à suivre au milieu des changements dans les relations internationales inédits depuis un siècle « 百年未遇 – bai nian wei yu – ».

Dans ce contexte, dit une dépêche de Xinhua, la diplomatie aux “caractéristiques chinoises“ ouvre « une ère nouvelle des relations de la Chine avec le reste du monde, pour construire le destin commun de l’humanité dans la paix, la concorde, la coopération “gagnant – gagnant“ et le respect mutuel ».

Tout au long du périple, le Président a présenté son pays à la fois comme le parangon du libre échange, le champion de l’attention portée aux pays en développement et le modèle d’une nouvelle manière de conduire collectivement les affaires de la planète et d’affronter ses défis.

Alors que la guerre des taxes sino-américaine s’exacerbait vers les extrêmes, il a, dans son discours au sommet de BRICS, pris le contrepied de Washington.

Décrivant les bouleversements technologiques (intelligence artificielle, métadonnées, information et cryptage quantiques, biotechnologies) accompagnant les réajustements géopolitiques en cours où, a t-il dit, les pays émergents comptant pour 40% du PIB du monde, rééquilibrent les rapports de forces, il a prédit la refonte du système de gouvernance mondiale et la poursuite irrépressible de la globalisation, en dépit « des protectionnismes et des menaces terroristes. »

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Après un passage à Abu Dabi le 19 juillet ou les intérêts chinois [1], représentés d’abord par CNPC n°1 chinois des hydrocarbures, sont articulés

  • à l’exploitation pétrolière,
  • aux constructions d’infrastructures et immobilières soutenues par la présence de 200 000 travailleurs chinois du bâtiment expatriés,

Xi Jinping s’est successivement rendu au Sénégal, au Rwanda, en Afrique du sud et à l’île Maurice.

La Chine se donne les moyens de ses ambitions globales.

La contribution de la Chine et de ses grands groupes de construction au développement des infrastructures de transport en Afrique est importante. Avec ses actions humanitaires et médicales à quoi s’ajoutent les constructions de routes, de barrages et de voies ferrées, Pékin tente de contredire les critiques qui l’accusent de mener une politique « coloniale » fondée sur l’exploitation des ressources primaires constituant encore près de 60% de ses importations.

 

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Dans les anciens fiefs coloniaux africains et plus généralement dans les pays en développement le Président chinois met en œuvre avec insistance sa politique d’influence géopolitique articulée à l’idée que le grand projet des « nouvelles routes de la soie » est une entreprise « mise à la disposition du Monde par la Chine » et qu’il s’efforce aujourd’hui de démarquer des critiques l’accusant de répliquer le « schéma colonial d’exploitation des ressources primaires. »

Pékin affine cette image de puissance généreuse et désintéressée depuis le premier sommet Chine – Afrique à Pékin en 2000 suivi de 5 autres dont 2 à Pékin 2006 et 2012, un autre à Addis Abeba en 2003, puis en Egypte en 2009 et à Johannesburg en 2015 (le 7e sommet aura lieu en Chine en septembre prochain).

En 2014 et 2015, les voyages en Afrique du premier ministre et du Président marquèrent une accélération des promesses d’investissement. Accompagnant les stratégies chinoises, le nouveau discours de Pékin insistait sur l’aide humanitaire et médicale et l’appui à la création d’industries de transformations permettant d’augmenter la valeur ajoutée des exportations africaines et de créer des emplois.

Certes, en valeur, les ressources brutes (hydrocarbures, fer, cuivre, étain, platine, cobalt, manganèse, uranium)représentent toujours en moyenne les 2/3 des achats chinois en Afrique. Il reste qu’en 2015, Xi Jinping a promis de doubler en 5 ans les investissement sur le continent à 60 Mds de $. Les promesses faisaient suite à celles de Li Keqiang en 2014 qui, quant à lui, avait annoncé 30 Mds.

Lire article de 2015 : A Johannesburg, Xi Jinping parie sur l’Afrique.

Bien qu’il soit difficile de faire le tri entre les annonces et la réalité tout comme on distingue mal les crédits accordés de l’aide directe et des dettes annulées, si on compte les prêts sans intérêts, une estimation basse place le promesses chinoises à 150 Mds de $ qui s’ajoutent à l’aide directe annoncée estimée au total à 50% des 354 Mds de $ du total de l’aide directe distribuée par la Chine entre 2000 et 2014.

Essentiels pour un continent dont à peine 25% des routes sont bitumées et où plus de 600 millions personnes n’ont pas accès directs à l’électricité, 41 millions ont été investis par la Chine dans les infrastructures de transport et 33 millions de $ dans l’aide à l’industrialisation.

Alors qu’elle est déjà largement supérieure aux promesses du G.20 en 2016, il faut s’attendre à une amélioration de l’efficacité géopolitique de l’action chinoise grâce à la décision, rendue publique en mars dernier, de créer une agence de l’aide directe avec à sa tête Wang Xiatao, n°2 de la Commission de la réforme et développement [2].

Le Sénégal en phase avec le « rêve chinois ».

Le 21 juillet, Xi Jinping passant ici en revue le détachement d’honneur avec le Président Sall était sur les traces de la France qui reste toujours le 1er partenaire commercial du pays, talonné par la Chine. La puissance financière de Pékin séduit le président Sall engagé dans un vaste projet de rénovation socio-économique de son pays.

 

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Au Sénégal, le Président Macky Sall, arrivé aux affaires en 2012 en même temps que Xi Jinping, favorise d’autant plus les projets de la Chine devenue le 2e partenaire commercial derrière la France, qu’il est lui-même comme Xi Jinping animé d’une vision de renouveau national.

Articulé au « Plan Sénégal Emergent » dont l’épine dorsale réformatrice vise à régénérer le tissu industriel productif, l’infrastructure de transport, l’éducation, le système de santé, l’agriculture et le marché de l’emploi, le projet du Président Sall croise l’intention géopolitique chinoise.

« Les crédits chinois sont souples et pratiques » note Ba Demba Diallo, chercheur et conseiller du gouvernement qui considère que les mises en garde du FMI pointant l’accumulation des dettes sont alarmistes compte tenu de la bonne santé de l’économie.

Il est un fait que dans ce pays ayant basculé son allégeance politique de Taipei à Pékin en 2005, une appréciation exhaustive des créances chinoises est difficile compte tenu de l’opacité des comptes, écrit de Hong Kong, l’Italienne Ilaria Maria Sala ancienne étudiante à l’Institut des Études africaines et à l’École Normale de Pékin.

Mises en garde du FMI.

Mais Dakar dont Pékin espère qu’il sera le moteur des projets des nouvelles routes de la soie en Afrique de l’Ouest, n’est pas le seul pays africain entré dans les radars de l’investigation financière du FMI.

  • Au Kenya où 70% des créances sont chinoises,
  • s’ajoutent le Tchad,
  • le Sud Soudan,
  • le Mozambique,
  • la Zambie,
  • l’Éthiopie,
  • le Nigeria,
  • le Ghana,
  • la Côte d’Ivoire

dont beaucoup sont touchés par la baisse du prix des matières premières.

Nombre d’entre eux tournent leurs regards vers les finances et l’aide chinoises pour une aide que les institutions financières ne leur accordent qu’à la condition de réduire leur déficit budgétaire par l’augmentation d’impôts, politiquement difficile.

Kigali et Pretoria « sous le charme ».

Xi Jinping, le 22 juillet à Kigali avec Paul Kagame que le n°1 chinois avait déjà accueilli à Pékin en août 2017. 60% des routes asphaltées du pays ont été construites par la Chine.

 

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Au Rwanda dont le président Kagame, président en exercice de l’Union Africaine accuse la France d’avoir prêté main forte aux Hutus pour massacrer les Tutsis et où Xi Jinping est arrivé le 22 juillet, l’enthousiasme pour l’aide chinoise est la même. 14 ans après le génocide, le pays, dont Pékin est le premier partenaire commercial et où 70% des routes ont été construites par China State Construction Engineering Corporation, bénéficie de 400 millions d’aide chinoise finançant plus de 60 projets de développement.

A son passage, le président chinois a signé une quinzaine d’accords portant sur l’infrastructure, le commerce en ligne, l’éducation et la formation, les sciences et technologies, les mines, le droit, et – promesse importante dans le nouveau concept de l’aide chinoise destiné à démentir les accusations d’exploitation -, l’extension de l’hôpital du district de Masaka construit par la Chine à Kigali, ainsi que les concessions pour la construction d’une route de 66 km au sud du pays et du réseau de routes d’accès à l’aéroport internationale de Kigali.

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le Président Cyril Ramaphosa capture_decran_2018-02-15_a_15.34.57.png  le Président Cyril Ramaphosa

A Johannesburg, où le Président Cyril Ramaphosa a été élu en février dernier à la suite de la démission de Jacob Zuma accusé de corruption et d’agressions sexuelles, l’ambiance prochinoise est également favorisée par la quête financière de l’exécutif engagé dans un programme d’investissements de 100 Mds de $ pour les 5 ans à venir.

Dans ce contexte, Xi Jinping a à la fois promis 14,7 Mds d’investissements et l’augmentation des importations chinoises pour diminuer le déficit commercial de l’Afrique du sud, où le stock des investissements chinois n’est que de 11 Mds de $, alors que les entreprises sud-africaines ont nettement plus investi en Chine.

La remarque vient du ministre de l’Industrie Robert Haydn Davies, 70 ans, docteur en sciences politiques de l’Université du Sussex, dans sa jeunesse, membre du Parti communiste anti-apartheid et exilé pendant 11 ans en Grande Bretagne et au Mozambique. Pour lui qui se félicite de la fiabilité des promesses chinoises, l’aide de Pékin au développement du secteur productif sud-africain participe à la réduction du déficit commercial.

Parmi les accords passés, notons deux prêts directs dans deux secteurs stratégiques en difficulté. Le premier, par la Banque Nationale chinoise de développement à hauteur de 2,5 Mds de $ à la société de production d’énergie Eskom menacée de faillite pour mener à bien la construction d’une centrale thermique à Mpumalanga dans le nord du pays ; le 2e, par la Banque du Commerce et de l’industrie (ICBC) de 300 millions de $ à la société de logistique Transnet (transports ferrés, gestion portuaire, gestion de d’oléoducs et gazoduc).

Enfin à son passage, Xi Jinping a assisté par vidéo à la cérémonie d’inauguration de l’usine d’automobile BAIC [3] installée dans la zone économique de Port Elisabeth qu’il avait lui-même initiée lors de son passage en 2015.

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Le 28 juillet Xi Jinping était à l’île Maurice, archipel du sud de l’océan indien où l’influence de l’Inde reste forte. Rival de la Chine et critique des routes de la soie dont la branche pakistanaise empiète sur un territoire contesté par l’Inde, New-Delhi verrait d’un mauvais œil que l’île se rapproche de Pékin au point d’endosser les projets chinois. C’est peut-être ce qui explique qu’au delà des discours d’amitié, aucun accord n’a été signé, en dehors de la confirmation des négociations commencées en mai dernier pour un accord de libre-échange.

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Au total, ce 3e périple africain de Xi Jinping s’est déroulé sous les visions contraires des Africains en quête des finances chinoises indispensables au développement de leurs infrastructures et plus généralement de leurs économies, et celles des experts du FMI dont les critiques relayées par nombre d’Occidentaux mettent en garde contre le risque d’une accumulation toxique des créances chinoises – évaluées à plus ou moins 100 Mds de $ -, principal adjuvant du projet d’influence géopolitique de Pékin dans une Afrique en mal de cash et de développement.

Prenant soin de mettre en œuvre des projets humanitaires en parallèle de ses projets d’infrastructures, compensant les importations toujours majoritaires de ressources primaires, la Direction chinoise repousse aujourd’hui les critiques qui l’accusent de reproduire les politiques coloniales exploiteuses.

En revanche, réussissant à polir son image de puissance ouverte œuvrant dans l’intérêt de tous, elle ne récuse plus les accusations de recherche d’influence qu’au contraire elle revendique, dans un contexte où les États-Unis, auteurs d’une féroce guerre douanière principalement dirigée contre la Chine, se rétractent dans une posture inverse.

A ce stade, connaissant la situation du Continent européen dont les aides à l’Afrique ont largement échoué – qui plus est placé dans la perspective inquiétante d’un mouvement migratoire déclenché par l’explosion démographique et le chaos économique et politique du Continent africain -, il faut s’interroger sur la pertinence réelle de l’aide chinoise – au-delà des critiques budgétaires récurrentes et des soupçons de recherche d’influence qu’au demeurant Pékin reconnaît –

Et si la méthode chinoise réussissait ?

Une équipe médicale chinoise en 2014 à l’hôpital de l’amitié de Sierra Leone pendant l’épidémie d’Ebola.

 

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Une récente étude de Harvard mise en ligne par le Département d’État reconnaît l’invasion des produits chinois, les bénéfices engrangés par les groupes de constructions employant une majorité de chinois, le non respect du droit du travail dans certaines régions minières comme la Zambie, en même temps que l’accumulation des prêts dangereux pour l’équilibre budgétaire de pays insolvables.

Mais s’appliquant à considérer l’autre face du problème, le travail met en lumière les bienfaits de l’aide chinoise réputée sans conditions politiques d’obédience à la démocratie ou aux droits humains et dont Wang Yi le MAE a répété lors de son passage au Kenya en 2015, qu’elle « se garderait absolument de suivre le même chemin que les anciennes puissances coloniales, ne sacrifierait pas l’environnement et se focaliserait sur les intérêts de long terme de la Chine et de l’Afrique. »

Citant Dirk Willem de Vilde, expert chercheur et Directeur des actions internationales à l’Institut américain du Développement d’Outre-mer de Londres, massivement engagé en Afrique, le rapport qui rejette les jugements « en noir et blanc », souligne les vastes bienfaits de la coopération chinoise dans les domaines des infrastructures de transports, des mines et des écoles. Dans l’aide sanitaire, le travail rappelle que, lors de l’épidémie d’Ebola en 2015, les médecins chinois avaient joué un rôle crucial.

Selon les auteurs, le développement des investissements chinois dans les services, la production industrielle et la formation contredit l’accusation d’une réplique coloniale d’une coopération chinoise qu’il dépeint comme bénéfiques pour les deux parties.

Plus encore, des initiatives comme le lancement en 2015 au Kenya d’une JV de fabrication de panneaux solaires assortie de la formation d’ingénieurs financée par un prêt de 100 millions de $, serait même de nature à modifier l’approche occidentale de la coopération.

La conclusion du rapport sonne comme une mise en garde.

« Si la Chine réussissait finalement à provoquer le réveil des économies africaines – ce que l’Occident tente en vain de faire depuis des décennies – le débat sur les conditions de l’aide au développement chinoise sera clos. En même temps, la Chine se sera rapprochée du statut de “grande puissance “, partie de son rêve. »

Il reste que le modèle politique prôné (ou diffusé par « osmose ») par la Chine en Afrique qui, à cet effet et à des fins d’influence géopolitique, y déverse d’importants moyens est politiquement à l’exact opposé des principes de séparation des pouvoirs et de liberté d’expression, fondements institutionnels du projet européen.

Un défi majeur pour l’Union européenne.

Le 18 juillet 2018, à Zhengzhou dans le Henan, Guo Lanfeng, Directeur adjoint à la Commission de la Réforme & développement s’exprime sur la coopération avec l’UE.

 

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Logiquement, l’introspection des Européens, en première ligne dans cette situation, devrait donc les conduire à imaginer les moyens d’une action commune à 27 au moins aussi efficace que celle de la Chine destinée à sortir l’Afrique de ses perspectives pessimistes et y créer les conditions de son développement dans des principes qui seraient plus en résonance avec les postulats politiques de l’Union.

Pour autant, alors même que les médias n’en font que rarement état, préférant rendre compte de l’action chinoise qu’ils jugent plus spectaculaire et commercialement plus efficace pour leurs publications, il serait excessif de considérer que l’Union Européenne est absente de l’Afrique.

Il y a peu JC–Juncker, faisant état des actions de la Commission, appelait à la solidarité des États membres pour« affronter les défis communs d’aujourd’hui, depuis le développement durable, jusqu’aux investissements en passant par la paix et la sécurité pour mieux contenir les migrations ».

Lors du 5e sommet UE – Afrique tenu en novembre 2017 à Abidjan une année avant le sommet Chine – Afrique et dont l’un des thèmes principaux était l’immigration, le Président Donald Tusk a rappelé que l’Union européenne était le partenaire le plus important de l’Afrique et son voisin le plus proche, le premier investisseur au monde pour l’Afrique, son principal partenaire commercial, le premier fournisseur d’aide au développement et d’assistance humanitaire à l’Afrique ainsi que le premier contributeur à la paix et à la sécurité sur ce continent. »

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Mais en comparant les chiffres des contributions à ceux de la Chine en progression rapide, force est de constater qu’ils ne sont pas à la hauteur des enjeux de développement et de sécurité que les médias s’appliquent à passer sous silence.

Dans un récent numéro « d’Afrique réelle » de juin 2018, Bernard Lugan débarrassé de la gangue politiquement correcte, livre un inquiétant constat :

« Avec un taux de croissance de 4% la population africaine double tous les 18-20 ans ; au Niger, pays désertique où le taux de fécondité est de 7 enfants par femme, la population était de 3 millions d’habitants en 1960 et elle sera de 40 millions en 2040, puis de 60 millions en 2050. En Somalie, le taux de reproduction est de 6,4 enfants par femme et en RDC, il est de 6,1. En Algérie le programme de planification familiale avait permis de faire baisser l’indice synthétique de fécondité de 4,5 enfants par femme en 1990, à 2,8 en 2008. Or, avec la réislamisation du pays, depuis 2014, il a rebondi à 3,03. » (…)

(…) « Résultat : d’ici à 2030, l’Afrique va voir sa population passer de 1,2 milliard à 1,7milliard, avec plus de 50 millions de naissances par an ; en 2100, avec plus de 3 milliards d’habitants, le continent africain abritera 1/3 de la population mondiale, dont les trois quarts au sud du Sahara ; pour des centaines de millions de jeunes africains, la seule issue pour tenter de survivre sera alors l’émigration vers l’Europe. »

Or dit Lugan, telles qu’elles sont conçues aujourd’hui, parcellaires, inégales, insuffisantes et souvent – pour les investissements privés – articulées à des espoirs de retours rapides, les politiques de développement fonctionnent mal.

« Début juin 2018, à la lecture du rapport sur les IED publié par la CNUCED (CNUCED, World Investment Report 2017), nous apprenons qu’en 2017, sur les 2000 milliards (mds) de dollars d’IED mondiaux, l’Afrique n’en recueillit en effet que 60 mds, un volume dérisoire en baisse de 3% par rapport à 2016 (Banque mondiale). L’Afrique, dans l’ensemble de la globalité de ses 54 pays et de son 1,2 milliard d’habitants a donc reçu presque autant d’IED que Singapour (61,6 mds pour 6 millions d’habitants), et moins que l’Irlande (79,2 mds pour 5 millions d’habitants)… »

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S’il est un sujet où, faisant preuve de solidarité, les 27 pays membres devraient secouer le fantasme économique des lois du marché et du libre-échange, dont certains croient qu’elles régulent des destinées humaines, c’est bien celui des relations avec l’Afrique dont la stabilisation relève plus d’un plan Marshall que d’investissements calculés.

Si l’Union voulait vraiment aider au développement de l’Afrique et stabiliser sa relation avec ce continent crucial pour sa sécurité, c’est le moins qu’elle pourrait faire.

Note de Contexte.
Sommet des BRICS.

La dernière réunion des BRICS à Johannesburg a montré une dilution de l’élan initial de 2009. Ici Xi Jinping, est entouré de Narendra Modi à sa droite et du Président Sud-africain Cyril Ramaphosa à gauche. A leur gauche Vladimir Poutine etMichel Temer, élu président du Brésil après la destitution de Dilma Roussef.

 

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Le 10e sommet des BRICS qui réunit la Chine, la Russie, l’Inde, l’Afrique du Sud et le Brésil s’est tenu à Johannesburg du 25 au 27 juillet derniers. Tous les commentateurs auront noté la dilution de la dynamique initiale de 2009, voulant créer un élan multipolaire qu’au moins le Russie et la Chine voyaient comme un contrepoids à l’Amérique et tous comme une marge de respiration par rapport aux rigidités de la Banque Mondiale et du FMI.

A l’époque, leur meilleur argument était leur poids économique et démographique (40% de la population mondiale). Toujours présents, ses atouts (les 5 comptent pour 23% du PIB mondial) sont aujourd’hui affaiblis par la somme des non-dits planant au-dessus de leurs relations.

Les 5 parviennent en effet de moins en moins à cacher les rivalités géopolitiques entre Pékin et New-Delhi, les contrastes entre leurs systèmes de gouvernement, leurs économies disparates aux besoins divergents et, par-dessus tout, les déséquilibre causé le poids de la Chine aujourd’hui d’envergure planétaire aux ambitions géopolitiques globales.

Le bilan de la solidarité des 5 BRICS est mince souligne un article du Monde. S’il est vrai que le commerce entre eux a augmenté de 30% – ce qu’a fait valoir V. Poutine -, aucun des projets et accords évoqués lors des précédents sommets n’a été discuté (accords de libre échange, élargissement – le site Russia Today a évoqué l’adhésion de la Turquie restée sans suite -, création d’une agence notation des BRICS).

Même la Banque des BRICS créée dans la ferveur en 2015 n’a octroyé que 7,5 Mds de $ de prêts. En revanche, (cf plus haut) ce sont les banques chinoises qui sont venues au secours des entreprises sud-africaines en difficulté.

Lire ARTICLE DE 2014  : Les BRICS jettent un pavé dans la mare des finances mondiales.

Enfin, la principale crainte implicite est peut-être que Pékin dont les ambitions globales sont aujourd’hui avérées se pose à cet effet en parangon du libre-échange alors ses groupes publics subventionnés, tirant profit de la quête de capitaux des pays en développement opérant souvent en dehors des lois du marché et sont réticents à participer aux appels d’offres.

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Confronté à une brutale offensive de Washington pour rééquilibrer son commerce avec la Chine, Xi Jinping a, dans son discours, habilement joué du thème de la multi polarité et des dangers du protectionnisme posant au monde, a t-il dit, une alternative entre « coopération » et « confrontation » et entre « bénéfices mutuels » et système clientéliste de suzerain à vassal. Dans la foulée, il a réitéré ses mises en garde sur les dangers pour tous d’une guerre commerciale.

Dans la dernière partie de son discours, il n’a pas manqué de faire la promotion des réformes en cours en Chine et des « Nouvelles routes de la soie » devenue l’emblème de la politique étrangère de Pékin.

Promettant une meilleure ouverture aux investissements, calibrée à l’aune « des standards internationaux », plus « transparente, conforme au droit et au marché, combattant les monopoles, respectant la propriété intellectuelle », il a annoncé la tenue à Shanghai, en novembre prochain, après le sommet des BRICS en septembre, de la première Exposition internationale Import – Export, dont il a dit qu’elle serait une « plateforme d’accès au marché chinois pour le monde ».

Il reste que par ces annonces, répertoires des manquements chinois à l’ouverture et au respect du droit des affaires, à quoi s’ajoute la captation de technologies le président chinois donne corps aux critiques de Washington et Bruxelles.

Quant à la « Belt and Road Initiative », (BRI) comme l’appellent les anglos-saxons, il a répété le discours de générosité qui, selon la propagande du Parti, en fait un projet « appartenant au monde ».

Il n’empêche qu’à Johannesburg, contredisant la solidarité entre les 5 membres des BRICS, ce qui a surtout dominé dit ce sont les rencontres bilatérales.

Au total, la longue déclaration finale en 101 points détaillant méthodiquement et de manière exhaustive les grands défis du monde, depuis les conflits ouverts jusqu’à la guerre commerciale en passant par la nécessaire promotion de la démocratie dont on voit bien qu’elle ne sonne pas juste, diffuse le sentiment que l’élan initial est en train de s’étioler et que le groupe n’a qu’une prise limitiée sur les grandes contradictions et antagonismes de la marche du monde.

Notes :

[1] Alors que le total des échanges entre les deux se monte à 50 Mds de $ – que les émirats espèrent doubler –, la visite a été marquée par l’annonce de la création de ce qui a été présenté comme le « plus grand “Chinatown“ du Moyen-Orient » sur une surface de 6 km2, à 10 minutes de l’aéroport international Dubai.

Aux Emirats, l’empreinte des compagnies de construction chinoises est déjà omniprésente le long de la Voie rapide Sheikh Zayed, principale artère de la ville de Dubai, partie d’une autoroute traversant les Emirats où la China State Construction Engineering Corporation (CSCEC – en Chinois 中国建筑工程总公司 -, 1er groupe de construction au monde et 14e pour la valeur de ses contrats à l’étrangers- ), a construit la plupart des ponts.

En février dernier, le groupe public a pour 160 millions de $, obtenu le contrat de construction d’une des 2 tours du complexe de résidences de luxe « d’Akyon City » à quoi s’ajoute un contrat de 19,6 millions de $ obtenu en juin pour la construction de routes et de voies rapides.

 

[2] Calquée sur l’agence américaine US AID, la création de l’agence chinoise inaugurée le 18 avril en présence de Yang Jiechi, ancien ambassadeur à Washington et ancien ministre des Affaires étrangères, membre du Bureau Politique et de Wang Yi, son successeur à la tête du Waijiaobu, marque la volonté de Pékin de rationaliser un secteur jusque là éclaté en plusieurs dizaines de décideurs et d’accorder sa stratégie d’aide directe à son projet politique global.

[3] 4e constructeur de Chine BAIC (北京汽车工业) a décidé en février dernier de monter une usine avec Daimler-Benz dont le location n’avait pas été rendue publique à la rédaction de cette note, pour un investissement conjoint de 1,9 Mds de $. En même temps, on apprenait que le constructeur chinois Geely avait acheté 9,7% des parts de Daimler, ce qui en fait l’investisseur majoritaire dans le groupe dont fait partie Mercedes-Benz.

BRICS index


source/ https://www.questionchine.net/l-afrique-la-chine-et-l-europe?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+questionchine+%28QuestionChine.net%29#nb1

 

Une réflexion au sujet de « 2936 – L’Afrique, la Chine et l’Europe »

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Assemblée Nationale : « un retour en force du secteur privé » -Entretien

Les députés de la République en marche sur les bancs de l’Assemblée nationale. ©DENIS/REA
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ENTRETIEN https://www.alternatives-economiques.fr/assemblee-nationale-un-retour-secteur-prive/00085117
Sébastien MichonChargé de recherche au CNRS et enseignant à l’IEP de Strasbourg, spécialiste de sociologie des élus et des questions de professionnalisation de la politique

Cet entretien est en lien avec notre article  « Assemblée nationale : une révolution de velours », publié le même jour

Sébastien Michon est chercheur au CNRS, spécialiste de sociologie des élus et du personnel politique. Il a réalisé, avec Etienne Ollion et Julien Boelaert, une enquête approfondie sur la véritable origine sociale des députés français, à publier cet été dans la Revue française de science politiqueAlternatives Economiquesa eu accès à ces données exclusives. Entretien.

Pour votre enquête vous avez dû reconstituer une imposante base de données en croisant des dizaines de sources, alors que ces informations existaient déjà dans les archives de l’Assemblée Nationale. Pourquoi était-il nécessaire de faire ce travail-là ?

Avec les données publiées par l’Assemblée Nationale, on s’est retrouvés confrontés à plusieurs insatisfactions. Pour commencer, les indicateurs manquaient de précision. Notre ambition était d’établir le temps passé par chaque député en mandat ou dans telle ou telle position de collaborateur politique, afin de pouvoir mesurer concrètement le temps passé en politique à différents échelons. Il nous fallait pour cela un certain nombre de données spécifiques. Or l’Assemblée Nationale ne donne qu’une information synthétique sur les mandats précédents. Il nous fallait une base plus détaillée.

« Être un professionnel de la politique, c’est devenu un véritable stigmate »

Deuxième source d’insatisfaction : il s’agit de données déclaratives. Sur les professions d’origine en particulier, on avait seulement accès à ce que les députés voulaient bien en dire. On ne sait jamais s’ils ont déclaré la première profession qu’ils ont exercée, la dernière, ou une profession plus ou moins ajustée pour éviter de passer pour quelqu’un qui n’a fait que de la politique toute sa vie. L’exemple typique, c’est celui qui indique, comme Manuel Valls, qu’il était « conseiller en communication ». Cette appellation masque souvent le fait il s’agissait d’un travail de conseiller en communication politique ou d’un auxiliaire politique. Et donc qu’on a affaire à quelqu’un qui a travaillé pour un ou plusieurs élus, pour un ministre, et qui finalement vivait déjà de la politique depuis plusieurs années. C’est bien le cas de Manuel Valls, puisqu’il a commencé conseiller en communication… au sein du cabinet de Michel Rocard.

Avoir travaillé dans la politique est-il si infâmant ?

Oui. Ce jeu sur les appellation des professions d’origine, l’activité antérieure… cela montre bien que vivre de la politique est devenu un véritable stigmate : on dira des professionnels de la politique que ce ne sont pas des « vrais gens », qu’ils vivent dans leur monde clos…

L’Assemblée Nationale elle-même participe de ce brouillage. Dans notre livre Métier : Député, nous avions donné cet exemple d’un élu qui, au moment de s’enregistrer dans les registres de l’Assemblée, déclare « je suis collaborateur parlementaire », parce que c’était son métier. On lui a répondu « Oui, mais vous avez fait quoi d’autre ? » Comme il avait fait une thèse, il a été enregistré dans la catégorie « profession scientifique ». On voit là à quel point l’institution, elle aussi, a intégré un certain nombre de stigmates, de limites, de codes.

« Il y a un décalage entre l’image d’une politique qui devrait être menée sur le mode de la vocation, en amateur, et une forte exigence de professionnalisme »

D’ailleurs on parle rarement de « métier » en politique, parce que dans ce monde on préfère parler de vocation. Et pourtant, c’est devenu un véritable métier. Le décalage est frappant entre une représentation de l’activité politique censée être menée sur le mode de la vocation, en amateur, et les exigences toujours plus fortes qui pèsent sur les élus. Ils doivent connaître parfaitement leur dossier, les enjeux, les personnes concernées. doivent s’informer très vite et exprimer clairement leur opinion en un temps réduit. C’est une tension qui est au cœur de la critique des professionnels de la politique.

À ces exigences contradictoires est venue s’ajouter la critique de l’entre-soi d’un monde politique réservé à une caste de professionnels. En 2014 déjà, Michèle Delaunay avait évoqué le « tunnel de la politique » dans lequel s’engouffrent des professionnels de la politique qui ne sont jamais passées par la case de la « vraie vie ». On entre dans ce tunnel jeune, par exemple en rejoignant des mouvements de jeunesse des partis politiques, avant d’y prendre goût, de devenir salarié du champ comme auxiliaire politique, d’enchaîner les postes de collaborateurs d’élus, puis de devenir élu à son tour. Et ce sont de plus en plus des personnes avec ce profil-là qui vont occuper l’espace politique, être élus notamment à l’Assemblée Nationale ou devenir membres du gouvernement.

Cette critique, Macron l’a reprise à son compte pour faire sa campagne en partie sur le nécessaire renouvellement des profils. On a retrouvé dans ses discours la rhétorique habituelle selon laquelle les personnes qui n’ont jamais fait autre chose que de la politique sont forcément éloignées des réalités des citoyens, du quotidien. Mais une telle rhétorique gagnerait à être interrogée : lorsqu’on est situé dans telle ou telle partie de l’espace social, est-ce qu’on n’est pas, par la force des choses, déconnecté d’autres parties de l’espace social ?

Vous avez travaillé sur cinq législatures différentes, jusqu’à 1978. Quelles tendances avez-vous pu dégager sur le temps long ?

Nous avons essayé de mesurer ces tendances en nous intéressant aux parcours des élus et nous avons observé, en effet, une forte augmentation au cours des quarante dernières années du nombre d’anciens auxiliaires politiques. Ces positions sont devenues de véritables marchepieds pour faire des carrières politiques au plus haut niveau.

Un phénomène encore plus large ressort de l’étude des données que nous avons collectées : celui de l’allongement des carrières en politique. Pour accéder au premier échelon de la politique nationale, l’Assemblée Nationale, il faut avoir passé de plus en plus de temps en tant qu’élu local ou en tant que collaborateur politique ou auxiliaire politique. Le nombre d’années à attendre dans ces positions était passé de 12 ans en moyenne en 1978 à 19 ans en 2012. Une file d’attente s’est en quelque sorte créée : un certain nombre de personnes étaient candidates pour accéder aux différents mandats, notamment les plus prestigieux, ce qui les a contraintes à se maintenir plus longtemps en politique pour pouvoir accéder, plus tard dans la carrière, à différents mandats.

Dans cette file d’attente vous aviez des personnes qui étaient dans le champ politique depuis plusieurs années, en tant qu’élu ou en tant qu’auxiliaire, à plein-temps. Ils ont ainsi développé un certain nombre de connaissances et de savoir-faire : répondre à des journalistes, prendre la parole en public, animer une réunion, diriger une fédération locale d’un parti… Par rapport à des personnes aux novices, qui avaient un autre emploi, ils se trouvaient nettement avantagés dans la compétition pour les positions les plus prestigieuses. Ce sont des personnes fortement investies et qui ont des coups d’avance par rapport à ceux qui n’ont pas le temps, parce qu’ils travaillent à côté.

Pour ce qui est des élections législatives de 2017, vos données racontent-elles une histoire très différente de ce qu’on a pu entendre dès la sortie des urnes, sur le renouvellement des élites politiques ?

Ce renouvellement était un enjeu fort pour le groupe désormais majoritaire à l’assemblée. La République en Marche avait d’ailleurs annoncé dans sa campagne la présence de plus de 50 % de « novices » sur leurs listes. Nous avons voulu mesurer avec justesse si tous les élus qui étaient annoncés comme des novices en étaient véritablement.

Ce que nous montrons, c’est que s’ils étaient des « novices » dans la carrière élective, ils étaient loin d’être sans passé politique ! Prenons par exemple Marie Guévenoux : cette députée LREM a certes été élue pour la première fois en 2017. Mais en réalité elle est dans l’espace politique depuis presque vingt ans : c’est une ancienne attachée parlementaire d’Alain Madelin, qui a aussi été membre de plusieurs cabinets ministériels. On pourrait multiplier les exemples de ce type.

« Chez les députés de la République en Marche on ne compte finalement que 44% de novices »

Nos données permettent de repréciser cette définition de novices : ce sont des personnes qui n’ont jamais été élues auparavant, et qui n’ont jamais été collaborateurs ou auxiliaires. Il n’y a finalement que 44 % de véritables novices parmi les députés LREM.

Quelle rupture le groupe LREM a-t-il donc induit à l’assemblée ?

On peut identifier quatre catégories au sein des députés LREM. Il y a d’abord les députés sortants, transfuges d’autres partis, tels François de Rugy, Barbara Pompilli, Christophe Castaner… Ces ancien(ne)s député(e)s ont rejoint la République en Marche juste avant les élections. Ils représentent 11 % du groupe.

Ensuite, on a tous ceux qui n’avaient pas été élus au niveau national mais qui avaient déjà fréquenté les coulisses du pouvoir, en particulier les cabinets ministériels – à  l’instar de Benjamin Griveaux, qui faisaient en quelque sorte partie de la garde rapprochée de Macron et qui a trouvé là un premier mandat d’importance. Ils sont aussi à peu près 10 %.

« Il y a des députés qui, de manière assez décomplexée, ont dit que le travail de circonscription ne les intéressait pas »

On a également un bloc d’environ un tiers d’élus locaux, qui pour la plupart n’avaient pas une longévité importante dans le champ. Je pense qu’au moment des attributions de l’étiquette « En marche ! », la commission de sélection des candidats a souhaité obtenir un certain équilibre (?) tout en trouvant des candidats un peu partout. Ils ont donc sélectionné des élus locaux souvent avec une courte expérience : quatre ans, cinq ans, ou un mandat tout au plus. On n’a donc pas de « vieux routiers » de la politique. Le fait qu’ils étaient aussi à la recherche de candidates femmes les a aidés, car en moyenne, au local, les femmes ont moins d’expérience. La part des élus locaux est donc importante, mais ils ont une expérience politique beaucoup plus faible que les élus locaux qu’on retrouve au PS ou chez Les Républicains.

Pour finir la dernière catégorie identifiée est celle des novices — ceux qui n’ont jamais été élus, même au local et qui n’ont jamais été auxiliaires politiques. C’est tout de même la catégorie la plus importante (44 % des députés LREM).

Le renouvellement est donc fort, malgré tout. Mais on constate, paradoxalement, que ces candidats qui durant leur campagne critiquaient la « distance au terrain » et arguaient de leur ancrage dans la « vraie vie » ne font pas vraiment de travail de circonscription. Certains ont affirmé de manière assez décomplexée que ça ne les intéressait pas. Je pense notamment au député de la région lyonnaise, Bruno Bonnell, qui a fait cette sortie dans la presse : « moi, je suis un élu de la nation, ce qu’on pense en circonscription, je n’en ai rien à foutre ». Certains n’ont même pas ouvert de permanence !

Or ce travail de circonscription, c’est un peu le symbole de la politique du XXè siècle. La permanence est un lieu où on accueille les citoyens, où se développe une forme d’assistance sociale : les citoyens, ne sachant pas trop où frapper, vont voir l’élu, le député ou la maire pour demander une recommandation, un avis, de l’aide, pour trouver un logement, un emploi… etc.

« Le renouvellement ne s’est pas du tout fait au profit des catégories les plus populaires »

Un autre élément à mettre en perspective est que ce renouvellement est fortement situé socialement, avec des élus provenant souvent de l’élite économique. Nombre de députés novices ont été cadres supérieurs dans le privé, dirigeants ou associés dans des entreprises. Beaucoup ont monté des entreprises à côté de leur activité principale, ont été autoentrepreneurs à un moment… Les catégories populaires sont toujours quasi-absentes de la représentation nationale.

Pourtant, les catégories sociales supérieures et les profils de notables notamment ont longtemps dominé de façon écrasante à l’Assemblée nationale. Qu’est-ce qui change avec les législatures précédentes ?

Pendant une période dans la Ve République, l’Assemblée a pu compter de nombreuses personnes issues du monde intellectuel. En 1981, avec l’arrivée de la gauche au pouvoir, des enseignants du supérieur et du secondaire, des cadres de la fonction publique… ont fait une entrée massive. C’était aussi le cas à droite : beaucoup de hauts fonctionnaires figuraient parmi les proches de Jacques Chirac, un certain nombre de personnes étaient passées par l’ENA, par exemple. et il y avait aussi des avocats et des médecins… Au fil du temps, les hauts fonctionnaires ont été remplacés par des fonctionnaires venant plutôt de la fonction publique territoriale. Et puis progressivement, de plus en plus de personnes qui n’étaient ni vraiment du public ni vraiment du privé, mais qui étaient des collaborateurs, des auxiliaires politiques de métier, ont investi les bancs de l’Assemblée…

« 2017 apporte une rupture, avec le retour en force de personnes issues du secteur privé »

C’est là que 2017 apporte une rupture, avec ce retour en force d’individus issus du secteur privé. Reviennent dans l’hémicycle certains profils de notables, semblables à ce qu’on pouvait observer il y a plusieurs décennies : des avocats, des médecins, ce qui avait été considéré comme des professions propices à la politique. Mais la différence réside dans le fait que les nouveaux députés ont surtout des profils très ancrés dans le monde de l’entreprise : ce sont finalement moins des professions libérales que des cadres du privé. Ce qui signe un véritable renouvellement par rapport aux périodes antérieures.

On compare souvent la rupture de 2017 avec celle de 1958. Après l’élection de 2017, 72 % des élus étaient nouveaux à l’assemblée. En 1958, la proportion de nouvelles têtes était de l’ordre de 65 %. Mais cette période était quand même extrêmement particulière. C’est le début de la Ve République, qui s’accompagne d’un changement de mode de scrutin… Le seul vrai point commun entre ces deux dates, c’est la forte volonté de changer, de passer d’un ancien système à un nouveau. 1958 a porté cette idée de moderniser la république en se reposant sur un ensemble de technocrates, de personnes très diplômées, passées par les grandes écoles notamment par l’ENA, avec une certaine vision de l’Etat, d’où le développement de la planification.

« Le premier questeur proposait de casser des cloisons dans le palais Bourbon pour créer des espaces de coworking »

En 2017 en revanche, ces élites ne revendiquent plus un savoir technocratique. Dotées de compétences managériales, elles mettent l’accent sur leur expérience du monde de l’entreprise et souhaitent appliquer ces méthodes au champ politique et à l’Assemblée nationale. Un certain nombre de discours et de prises de position d’élus mobilisent ces savoirs, ce que nous avons l’habitude d’appeler le « nouvel esprit du capitalisme ». Nos nouveaux élus nous disent : « nous, on multiplie les réunions, on fait des to-do lists », comme si les réunions et les listes de tâche étaient seulement l’apanage des entreprises.

Ces députés surjouent ce rôle : « on importe des bonnes pratiques du monde de l’entreprise pour réformer, pour renouveler le champ politique ». Au-delà de ces déclarations, se profile une volonté d’appliquer un nouveau management public, de rationaliser les institutions politiques, de réduire le nombre d’élus, mais aussi celui des fonctionnaires à l’Assemblée nationale et dans la plupart des institutions publiques, de réduire les coûts jusque sur le papier, en travaillant sur des tablettes numériques… In fine, il s’agit de rendre les institutions politiques plus « efficaces », plus proches d’une certaine vision de l’entreprise. Ce phénomène trouve quelques illustrations assez savoureuses : à commencer par le premier questeur, qui proposait de casser des cloisons dans le palais Bourbon pour créer des espaces de coworking…

Vos données montrent à la fois une relative ouverture politique et une certaine fermeture sociale du champ politique. Doit-on interpréter cela comme un phénomène ponctuel, dû à une campagne législative très particulière ?

C’est difficile à dire. Avec les élections partielles qui ont eu lieu récemment, certains partis ont interprété les élections de 2017 comme un message de la part des des électeurs. Ils l’ont entendu comme une demande de renouvellement qu’il fallait prendre en compte. Pour les municipales partielles, des listes ont été constituées avec, par exemple, une moitié de la liste sans étiquette, des personnes qui n’étaient adhérentes à aucun parti, des listes plus « citoyennes »… Ce phénomène a été constaté à gauche notamment.

Il y a une vraie inconnue : ces élus « novices » vont-ils ressortir du champ politique à la fin du mandat ?

Quant aux législatives, il est clair que l’ouverture du champ politique à des personnes novices a été un thème de campagne central en 2017, et que La République en Marche a beaucoup surfé là dessus. Pourtant il y a une vraie inconnue : ces candidats, qui aujourd’hui sont députés et qui font de la politique à temps plein, vont-ils ressortir du champ politique à la fin du mandat ?

Avec la forte réduction programmée du nombre de parlementaires, plusieurs d’entre eux ne pourront pas se maintenir. On pourrait alors voir se multiplier des poursuites de carrières dans le conseil, les relations publiques, la représentation d’intérêts, des secteurs dans lesquels les députés revendent de plus en plus leur expérience et leur carnet d’adresse.

Il n’empêche : un certain nombre des nouveaux députés LREM vont débuter de véritables carrières politiques et rester dans le champ relativement longtemps. L’argument sur la professionnalisation de la politique et la distance au terrain pourrait alors être retourné contre eux.

 
 

Réorienter l’Europe dans un monde en mutation

Par Fabio Massimo Parenti Source: Global Times Publié: 2018/8/5 21:28:39 Le Global Times est une expression quasi officielle du gouvernement chinois en langue anglaise. L’analyse sur les fragilités de l’Europe dans sa dépendance aux Etats-Unis, dans les expéditions dans son sillage qui violent les souverainetés; autant que d’une Union monétaire au bénéfice des Allemands, est pertinente, mais elle ne fait pas assez état d’un autre facteur qui est le creusement des inégalités, le démantèlement des droits sociaux et la mise en concurrence des forces de travail. Ce qui est vrai est que si la politique de Trump sert de révélateur, la crise européenne n’a pas attendu sa venue pour se développer et ses facteurs structurels rendent illusoire une armée européenne apte à se débarrasser de l’OTAN pour une politique de paix (note et traduction de Danielle Bleitrach).

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Illustration: Liu Rui / GT

L’article de Krastev dans le magazine FP « 3 versions de l’Europe s’effondrent au même moment » mérite l’attention. Son analyse fait partie d’un large débat sur la fragilité européenne et occidentale au cours des 20 dernières années.

Les problèmes européens, sous l’apparition de nouvelles forces politiques et de faiblesses de l’union monétaire, ont suscité des revendications de réforme de l’Union européenne ou d’abandon du bloc. Malgré la volonté officielle de maintenir en vie l’espace euro et l’expérience de l’UE, il est urgent de faire face sérieusement aux problèmes structurels prolongés, qui ont été largement débattus dans les articles et les livres ces dernières années.

Cependant, l’élite politique et la bureaucratie européenne ne l’ont pas compris, en  défendant idéologiquement l’UE, indépendamment de la réalité. Beaucoup ont attribué les problèmes actuels de l’UE aux nouvelles politiques du président américain Donald Trump sur l’OTAN et les questions commerciales. Cependant, de nombreux problèmes sont apparus des années avant que Trump ne prenne le pouvoir.

En nous concentrant sur les nouveaux  problèmes dits culturels, nous risquons de perdre l’occasion d’améliorer l’expérience européenne en fonction de ses phases historiques mouvementées. Nous devons nous attaquer aux problèmes structurels européens.

Un exemple: l’Italie, le père du rêve de l’intégration européenne, connaît la plus longue crise socioéconomique de l’histoire républicaine. Alberto Bagnai, sénateur de Lega, a clairement indiqué comment réorienter la voie européenne: « Les règles ne sont pas des totems mais des instruments pour s’adapter à l’époque. L’application rigide de règles souvent irrationnelles est incompatible avec la solidarité comme alibi de la classe politique « , a conclu Bagnai.

L’Occident perd son attractivité. Pas depuis que Trump est arrivé au pouvoir, mais depuis des années. L' »impératif d’imitation » du modèle occidental s’est avéré erroné par rapport à la catastrophe économique et géopolitique d’un projet européen intégré dans une alliance militaire et économique consolidée avec les États-Unis. Un projet européen, tombé depuis les années 1980 dans le piège néolibéral, a déjà échoué dans de nombreuses régions du monde et dans les pays du centre..

Dans son article, Krastev suggère que l’UE doit forger sa propre puissance militaire. Cependant, Washington n’accepterait pas une Europe purement indépendante, militairement et stratégiquement. Les États-Unis veulent une Europe militairement inféodée à l’OTAN dirigée par les États-Unis, un marché économiquement fort, mais géopolitiquement faible.

Surtout, pendant une période historique au cours de laquelle l’Europe recrée des ponts avec la Chine, les États-Unis ont peur de perdre leur influence. Les États-Unis ne veulent pas de la désintégration de l’UE, mais ils ne souhaitent pas non plus une UE forte, une entité géopolitiquement indépendante.

Permettez-moi de rappeler une citation d’un article de 2005 de Robert Kaplan publié par The Atlantic et intitulé de manière significative « Comment nous combattrions la Chine ». Dans l’article, l’influence néo-néo-conservatrice exprimait la position structurelle des États-Unis vis-à-vis de l’Europe: «L’OTAN et une force de défense européenne autonome ne peuvent prospérer toutes les deux, pas une responsabilité, comme nous le faisons face à la Chine.  »

Les frictions commerciales transatlantiques créent de graves tensions entre les deux côtés de l’océan, même si des signes d’amélioration sont apparus lors de la dernière réunion aux États-Unis. L’approche de Trump vis-à-vis de l’OTAN et de la Russie pourrait potentiellement repenser la posture impérialiste du système américano-américain. Par ailleurs, l’annonce récente par le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, de l’intention des États-Unis d’investir dans le développement de la région indo-pacifique est une forme plus faible de maintien de la concurrence face à la montée pacifique de la Chine.

Je pense qu’il est historiquement impossible de dissocier les phases européennes de l’intégration avec l’expansionnisme américain, par le biais des entreprises et de la puissance militaire. Les médias traditionnels omettent souvent cette partie historique. Au sujet des fragilités européennes, des crises passées et actuelles, nous devons souligner les transformations internationales du monde entier au cours des dernières décennies, financièrement, commercialement, géopolitiquement.

Par conséquent, les crises européennes ont émergé en raison d’une combinaison d’erreurs politiques et économiques internes et internationales, liées à un groupe de coresponsabilité. Par exemple, le déséquilibre structurel en Europe a à voir avec les erreurs internes: « La désarticulation de l’Union européenne a commencé lorsque le potentiel destructeur de l’architecture communautaire a émergé, centré sur un pays exportateur structurel comme l’Allemagne, de ce point de vue, la monnaie unique a accentué les écarts de compétitivité entre les pays », a déclaré Giacomo Gabellini, chercheur indépendant et auteur du livre Eurocrack, 2015.

À l’échelle géographique mondiale, mener des guerres contre des États souverains, tels que la Serbie, la Libye ou la Syrie, pour n’en citer que quelques-uns, ne peut être interprété comme un facteur marginal des crises migratoires et des problèmes régionaux en Europe. En outre, soutenir le coup d’État en Ukraine, comme l’ont fait les États-Unis sous l’administration Obama, a signifié le soutien aux forces néo-nazies, un « gouvernement démocratique » légitimé par les États-Unis et leurs partenaires (absurdement en Europe). des forces d’inspiration nazie d’extrême-droite.

Ce point est complètement négligé par le discours général américain, qui a créé un brouhaha sur l’ouverture de Trump au président russe Vladimir Poutine, une approche coopérative, et des mensonges sur l’ingérence constante dans des pays souverains par des méthodes non démocratiques et violentes.

L’UE se rend compte qu’elle peut se réformer en prenant au sérieux les critiques nombreuses et bien fondées, tout en repensant son rôle international. Soutenir le multilatéralisme, comme le prétend toujours l’UE, l’oblige à renforcer la coopération avec la Chine, qui offre une opportunité au monde entier grâce à une approche coopérative ouverte, clairement résumée par l’initiative Belt and Road.

L’auteur est professeur agrégé d’études internationales à l’Institut Lorenzo de ‘Medici, Florence, membre du groupe de réflexion CCERRI, Zhengzhou, et membre d’EURISPES, Laboratorio BRICS, Rome. Son dernier livre est Geofinance and Geopolitics, Egea. opinion@globaltimes.com.cn

Publié dans: POINT DE VUE
 

« Médias: LA GUERRE FROIDE CULTURELLE: LES INTELLECTUELS AU SERVICE DE LA CIA

http://cubasifranceprovence.over-blog.com/2015/03/medias-la-guerre-froide-culturelle-les-intellectuels-au-service-de-la-cia.html

Par Ernesto Carmona

traduction Françoise Lopez

La guerre froide a repris si elle a jamais cessé et on trouve toujours les mêmes belles âmes, en général « ennemis officiels du stalinisme » pour prétendre attaquer les ennemis désignés par la CIA sous couvert de défense des droits de l’homme, que ces gens-là aient appuyé les pires expéditions néo-coloniales, celle qui ont dévasté tout le moyen orient et l’Afrique, l’Asie centrale ne leur a pas servi de leçon, ils remettent ça et se lancent dans des campagnes contre les dirigeants progressistes d’Amérique latine pour appuyer les tortionnaires du plan Condor et les Pinochet, que ces gens-là aient été la masse de manœuvre d’un Robert Ménard ne change rien à leur crétinisme droit de l’hommiste, anti-totalitarisme, stalinien… Jusqu’où pousseront-ils leur stupidité collaborationniste avec les tortionnaires de la CIA, je l’ignore, mais je commence réellement à ne plus pouvoir les supporter. Sans parler de ceux qui nous ressortent périodiquement cette fripouille intégrale d’Orwell qui a dénoncé à la CIA non seulement les communistes, mais les homosexuels surtout s’il s’agissait de « nègres ». (note de Danielle Bleitrach)

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22 mars 2015

Les 600 pages de « La CIA et la Guerre Froide Culturelle » de Frances Stonor Saunders, rapportent les millions d’efforts des Etats-Unis pour s’imposer sur la culture et sur l’art du camp socialiste.

Saunders caractérise la Guerre Froide comme la lutte pour le contrôle des esprits dans les blocs politiques – socialisme contre capitalisme – qui se sont affrontés jusqu’à la fin des années 80. L’efficacité du lavage de cerveau mis en place par la CIA expliquerait la soumission européenne d’aujourd’hui à la politique impériale de George W. Bush.

« … Et la vérité vous rendra libres (Juan 8:32)” dit-on sur les murs de la CIA à Langley, Virginia. Cependant, l’agence a élevé le mensonge au niveau d’un idéal philosophique. Elle a forgé la doctrine du « mensonge nécessaire », mis les dollars et a amené la rhétorique sur les thèmes de la « liberté » et de la « culture ».

Ce prêche libertaire a inondé l’Europe et l’Amérique Latine tandis que les Etats-Unis appliquaient encore l’apartheid et expérimentaient des médicaments de « contrôle mental » sur des patients psychiatriques. Dans ces années-là, le FBI conduisit à la chaise électrique Ethel et Julius Rosenberg, lors d’un procès truqué tandis que le maccarthysme ruinait la vie de milliers de citoyens accusés d’être pro communistes.

La CIA soutenait que l’Union Soviétique persécutait les artistes et les intellectuels dissidents, juste quand aux Etats-Unis la même chose se passait sous l’empire de la délation et de la chasse aux sorcières. Le passé qu’a abordé l’auteur est pratiquement identique au présent. Sauf que maintenant, le « communisme » est remplacé par le « terrorisme ».

Le Congrès pour la Liberté de la Culture (CLC) a été l’instrument central de l’opération idéologique de la CIA, constitué comme une organisation située à Paris avec le soutien des services de renseignement français et britanniques. Washington « a payé la musique »… sans regarder aux dépenses. Parmi les crimes et les coups d’Etat, la CIA s’est donné le temps de fonctionner aussi comme ministère de la Culture.

Sartre n’a pas été contaminé

La revue Encounter – Rencontre – fut le « cuirassé enseigne » de cette opération. Ou mieux, le transatlantique de luxe du Congrès nord-américain parce qu’elle a payé des voyages, des hôtels, des bourses, des articles, des éditions, des concerts et des expositions. Peu d’artistes et d’intellectuels ont résisté à apparaître dans les 50 revues « culturelles » de la CIA et du CLC, à publier leurs livres avec de grands tirages, à ce que leurs morceaux de musique soient exécutés par l’Orchestre Symphonique de Boston ou que leurs oeuvres soient montrées dans des expositions itinérantes du Musée d’Art Moderne de New York.

La CIA a dupé ou a utilisé sciemment les intellectuels européens et latino-américains pendant plus de 20 ans. Quand The New York Times dévoila le pot au rose, en mai 1967, tous ont dit: « Je ne savais pas ». Encounter fit naufrage, lentement, cette même année, comme le Titanic mais… en 1996, elle fut remise à flot en Espagne sous le nom d' »Encuentro. »

Sauf Jean Paul Sartre, Albert Camus et quelques autres, l’Europe pensante est tombée dans les rets de la façade culturelle de la CIA, ourdie par l’agent Michael Josselson. Les intellectuels se montrèrent disposés à avaler le discours de « liberté culturelle » et à repousser tout ce qui sentait l’Union Soviétique. L' »anarchiste » anglais George Orwell, qui fit office de militant actif recrutant des intellectuels qui hésitaient à intégrer cette mafia, mérite une mention spéciale dans ce livre.

Depuis le philosophe pacifiste britannique Bertrand Russell à l’idéologue démocrate chrétien Jacques Maritain, les esprits les plus brillants du Vieux Monde se sont mis au service des Etats-Unis. La croisade culturelle fut financée avec des parties secrètes du Plan Marshall et de l’argent blanchi par la CIA à travers une douzaine de fondations étasuniennes.

Bertrand Russell présida la toile d’araignée du CLC international. Il démissionna quatre fois jusqu’à ce qu’en 1956, il s’éloigne pour toujours. Le centre, à Paris, eut aussi des succursales dans d’autres pays d’Europe, d’Amérique Latine et en Inde, en plus de l’American Committee for Cultural Freedom, qui fut dissout à New York en 1957 après de grandes luttes internes entre « durs » et « doux ».

Le CLC accueillit comme directeurs, membres actifs ou sympathisants Igor Stravinsky, Benedetto Croce, T.S. Elliot, Karl Jaspers, André Malraux, Ignacio Silone, Jean Cocteau, Isaiah Berlin, Ezra Pound, Claude Debussy, Laurence Oliver, Salvador de Madariaga et beaucoup d’autres. Le leader du CLC au Chili fut Jaime Castillo Velasco, idéologue de la DC et courageux défenseur des droits de l’homme pendant la dictature.

Quand le CLC s’est constitué à Berlin, en 1950, la CIA a payé les frais de 200 délégués et de 4 000 assistants reçus par le maire Ernest Reuter, un ex communiste qui avait connu Lenine. Entre autres, accoururent Arthur Koestler, Arthur Schlesinger Jr. (ensuite conseiller de J.F. Kennedy), Sydney Hook (ex membre de la gauche radicale), James T. Farrel, Tennessee Williams, l’acteur Robert Montgomery, David Lilienthal (chef de la Commission de l’Energie Atomique des Etats-Unis), Sol Levitas (éditeur de New Leader), George Schuyler (éditeur du Pittsburg Courier) et le journaliste noir Max Yergan. La présence de « gens de couleur » arrêtait les critiques européennes sur la ségrégation raciale.

Y ont aussi participé:

– les britanniques : Hugh Trevor-Roper (qui resta critique et dès le début suspecta l’ingérence de la CIA) Julian Amery, A.J. Ayer, Herbert Read, Harold Davis, Christopher Hollis, Peter de Mendelssohn.

– les Français: Malraux, Jules Romain, Raymond Aron, David Rousset, Rémy Roure, Ander Phillip, Claude Mauriac et George Altman.

– les Italiens: Ignacio Silone, Guido Piovene, Altiero Spinelli, Franco Lombardi, Muzzio Mazzochi et Bonaventura Tecchi.

Au festival Berliner Festwochen, organisé en 1964 par le maire de Berlin, Willy Brand, le CLC a financé la participation de Günther Grass, Jorge Luis Borges, Langston Hughes, Roger Caillois, Woly Soyinka, Cleant Brooks, Robie Macauley, Robert Penn, Warren James Merrill, John Thompson, Ted Hughes, Herbert Read, Peter Russel, Stephen Spender, Pierre Emmanuel, Derek Walcott et beaucoup d’autres parmi lesquels Keith Botsford, chargé de la CIA-CLC pour l’Amérique Latine.

La Fondation Fairfield fut la principale couverture de la CIA pour couvrir les frais. Dans la rubrique « Voyages et études », il y eut une multitude de bénéficiaires, parmi lesquels Mary McCarthy, le peintre chilien Víctor Sánchez Orgaz, le poète Derek Walcott, Patricia Blake, Margerita Buber-Neumann, Lionel Trilling et Alfred Sherman, collaborateur de The Spectator.

Les leaders du Comité Americano furent Hook, Irving Kristol – ensuite fervent partisan de Reagan- et Sol Stein, un trio d’ex membres de la gauche. Parmi les « doux » ont figuré Schlesinger, Koestler, Reinhold Niebuhr, Henry Luce, patron de Time-Life, James T. Farrel, Richard Rovere, de The New Yorker, Norman Thomas, ex président du Parti Socialiste et 6 fois candidat à la Maison Blanche et Phillip Rahv, directeur de Partisan Review.

Le CLC préférait des intellectuels de gauche non communistes ou, au moins, anticommunistes modérés comme Bertrand Russell. Mais à New York se sont imposés les « durs » comme Lionel et Diana Trilling, et les relations sionistes de Jason Epstein, James Burnham, Arnold Beichmann, Peter Viereck, Clement Greenberg, Elliot Cohen, directeur de Commentary, et les membres de la gauche Mark Rothko et Adolph Gottlieb. Peu d’écrivains et d’artistes n’ont pas écouté les appels du CLC, parmi eux Arthur Miller, Norman Mailer, Erskine Caldwell, Upton Sinclair, Howard Fast, Ben Shahn, Ad Reinhart, Paul Robeson, George Padmore et John Steinbeck, qui a succombé, à la fin de sa vie, en soutenant la guerre au Vietnam.

La CIA a payé la musique

Les Etats-Unis ont estimé que la musique muselle l’esprit et la sensibilité plus rapidement que d’autres arts. C’est pourquoi le lavage de cerveaux a commencé avec de grands concerts organisés par l’agent Nicolas Nabokov, un compositeur russe médiocre et raté – cousin de l’auteur de Lolita – qui a organisé des concerts et des festivals en recrutant des musiciens allemands sans être gêné par leur passé nazi. Bien payés, l’Orchestre Symphonique de Boston et la soprano noire Leontine Pryce ont joué. Yehudi Menuhin, son maître roumain Georges Enesco et les deux ex nazis Herbert Von Karajan et Wilhelm Furtwängler ont reçu des bourses et de l’argent.

Après son premier festival musical de 1951, Nabokov a obtenu des oeuvres ou des actions de Stravinsky, Aaron Copland, Samuel Barber, du New York City Ballet, de l’orchestre Symphonique de Boston, de James T. Farell, W.H. Auden, Gertrude Stein, Virgil Thompson, Allen Tate, Glenway Westcott, la participation du Musée d’Art Moderne de New York et de beaucoup d’autres.

Eux non plus n’ont pas refusé leur collaboration: Cocteau, Malraux, De Madariaga, Oliver, William Walton, Benjamin Britten, l’Opéra de Vienne, l’Opéra de Covent Garden, la Troupe Balanchine, Czeslaw Milosz, Ignacio Silone, Denis de Rougemont et Guido Piovene. L’ensemble de 70 artistes noirs de l’opéra Porgy and Bess a été à l’affiche pendant presque 10 ans. Ont également joué Dizzy Gillespie, Marian Anderson, William Walfield et de nombreux artistes sélectionnés par un comité secret de représentations culturelles en coordination avec le Département d’Etat.

La promotion du livre et de la lecture

La CIA n’a pas détruit les livres. elle a publié des millions d’exemplaires en plus de lancer derrière le « rideau de fer » des milliers de bibles. « Les livres sont différents de tous les autres moyens de propagande – a écrit un des chefs de l’Equipe d’Actions Secrètes de la CIA – essentiellement parce qu’un seul livre peut changer de manière significative les idées et l’attitude du lecteur jusqu’à un degré qui n’est pas comparable à l’effet des autres moyens c’est pourquoi la publication de livres est l’arme de propagande stratégique (à longue portée) la plus importante. »

« Faire que soient publiés et distribués des livres à l’étranger sans qu’apparaisse l’influence des Etats-Unis en subventionnant secrètement les publications étrangères ou les libraires » fut l’un des objectifs de la CIA. « Faire que soient publiés des livres qui ne soient « contaminés » par aucun lien public avec le gouvernement des Etats-Unis, en particulier si la situation de l’auteur est « délicate ».

L’oeuvre de T.S. Elliot, « Les Quatre quatuors » a été lancée comme du riz sur les pays socialistes alors que « la Terre Vaine » est reproduite encore et encore. Il y eut des versions cinématographiques des livres de George Orwell et on a réédité « Retour d’Union Soviétique » et « Le Zéro et l’Infini »1 et le « Livre Blanc de la révolution bulgare » de Melvin Lasky, un ex marxiste qui a maraudé dans le Cominform, la contrepartie soviétique du CLC. En fin de compte, les soviétiques n’ont rien fait de plus que répondre à ce que faisait la CIA.

Ont également été publiés des ouvrages de: Herbert Lüthy, Patricia Blake, Max Hayward, Leopoldo Labedz, Bertrand de Jouvenel, Nicolo Tucci, Luigi Berzini, Boris Pasternak, Nicolas Machiavel, André Gide, Louis Fischer, Richard Wright, et… Anton Tchekhov, traduit et publié par la Tchekhov Publishing Co., une maison d’édition secrètement subventionnée. La CIA a aussi publié des agents faisant partie de ses rangs comme John Hunt, James Michener et William Buckley, à qui l’agence commanda « d’aider un autre intellectuel, le marxiste péruvien Eudocio Ravines, à terminer son livre influent  » El camino de Yenán. »

Les éditions de la CIA-CLC éditèrent aussi « La nouvelle classe » de Milovan Djilas, une étude sur la nomenklatura et d’autres textes « significatifs » édités par Frederick A. Prager Inc. Les « intellectuels eux-mêmes » publiaient des articles dans tous les médias influencés ou contrôlés par la CIA.

Compagnons de route

La CIA appelait « compagnons de route » les amis des communistes mais aussi a recruté les siens pour la CLC, de préférence des intellectuels progressistes bien vaccinés contre le virus du communisme. William Donovan, un des fondateurs de la CIA, se lia d’amitié en Europe avec Antoine de Saint-Exupéry et Ernest Hemingway. Hemingway, cependant, ne s’intéressa jamais au CLC et a fini par être espionné par le FBI pendant 25 ans jusqu’à sa mort, en 1961. Quand le Prix Nobel fut hospitalisé dans une clinique sous un faux nom pour soigner une dépression qui le conduisit au suicide, Edgard J. Hoover le sut.

Hanna Arendt, ex amie du philosophe allemand Martin Heidegger – qui ne s’ entendait pas mal avec les nazis – et son amie intime, Mary McCarthy, furent des compagnes de route notoires.

Se sont également impliqués, ont participé ou ont bénéficié (de ses largesses), d’autres notables comme Alberto Moravia, qui a assisté à un événement « culturel » organisé par Nabokov en 1960 sur l’île vénitienne de San Giorgio, avec John Dos Passos, Julian Huxley, Mircea Eliade, Thornton Wilder, Guido Piovene, Herbert Read, Lionel Trilling, Robert Pen Warren, Stephen Spender, Isak Dinesen, Naum Gabo, Martha Graham, Robert Lowell, Robert Richman, Franco Venturi, Iris Murdoch, Daniel Bell, Armand Gaspard, Anthony Hartley, Richard Hoggart et l’ Indien Jaya Praksash Narayan, parmi beaucoup d’autres. La Fondation Ford fut l’organisation qui blanchit le plus d’argent pour les activités « culturelles » bien que la CIA ait aussi mis en place ses propres couvertures sûres comme la Fondation Farfield dont le « bâton blanc » fut “Junkie” Fleischmann, un millionnaire folklorique qui finit par se croire « mécène » aux dépends de l’argent d’autrui.

Ont également été utilisés les fondations et/ou les fonds Andrew Hamilton, Bacon, Beacon, Borden Trust, Carnegie, Colt, Chase Manhattan, Edsel, Florence, Gotham, Hobby, Hoblitzelle, Kentfield, Josephine and Winfield Baird, J.M. Kaplan, Lucious N. Littauer, M.D. Anderson, Michigan, Rockefeller, Ronthelyn Charibable Trust, Shelter Rock, Price, etc.

L’argent a circulé dans un enchevêtrement de sociétés culturelles dans les conseils desquelles revenaient les noms de directeurs de fonds, de fondations, de banques et même d’agents de la CIA. L’agence devint maître dans l’art de l’évasion fiscale pour ses « donations » secrètes et rendit difficiles les investigations que fit dans les années 60 la congressiste Wright Patman et le sénateur Frank Church dans les années 80.

Les revues

Les revues financées par le CLC-CIA ont donné du travail à une multitude de collaborateurs médiocres et inconnus. Le plan était « faire naviguer en première classe des figures de seconde » en compagnie d’intellectuels importants qui savaient ou non pour qui ils travaillaient. L’agence de presse Forum World Features et les radios Europa Libre et Liberty ont employé une multitude de journalistes et d’intellectuels. La première revue fut Der Monat, fondée à Berlin en 1949 comme « pont idéologique » avec les écrivains européens, dirigée par Lasky qui faisait partie du trio qui créa ces réseaux (avec Nabokov et Joselsson).

« Encounter » parvint à être la plus importante, aussi dirigée par Lasky, grand censeur des articles critiques envers les Etats-Unis écrits par des auteurs qui, de bonne foi, croyaient faire « du journalisme libre d’opinion ».  » Preuves » a été fondée à Paris en 1951 pour s’opposer à la revue « Les Temps Modernes » de Sartre et Simone de Beauvoir. « Paris Review » apparut en 1953, animée par George Plimpton et l’agent de la CIA Peter Matthiessen. Là, travaillait Frances Fitzgerald, la fille du chef de la CIA chargé de planifier l’assassinat de Fidel Castro.

En Italie apparurent « Liberta della Cultura » et « Tiempo Presente » (1956), animées par Silone et Nicola Chiaromonte, un défi à « Nuovi Argumenti » (1954), d’Alberto Moravia. « Nuova Italia », dirigée par Michael Goodwin, a seule reçu des subventions. « Otro grupo », dans lequel était aussi Silone, a aussi animé à Londres Censorship (1964-67), qui, en 1972, réapparut comme « Index on Censorship », financée cette fois par la Fondation Ford. Le périodique de gauche français  » Franc-Tireur » reçut des subventions du CLC quand George Altman, ainsi que « Le Figaro Littéraire ». En arabe apparut « Hiwar », en 1962. « Transition », en Uganda, 1968, « Quadrant », en Australie – existe toujours – , « Quest » en Inde, 1955; et Jiyu, au Japon. Il y en eut 4 autres qui firent partie de ce vaste écheveau : « Forum », « National Review », « Science and Freedom » et « Soviet Survey ».

Aux Etats-Unis, il y eut des publications propres et d’autres subventionnées par l’achat d’exemplaires que la CIA-CLC distribuait en Europe et dans le reste du monde:

« Partizan Review », « Daedalus », « Hudson », « Kenyon », « Poetry », « Sewanee » et « The Journal of the History of Ideas ». La CIA amenait les plumes de Kostler, Chiaromonte, Mary McCarthy, Alfred Kazin et d’autres pour le compte de l’American Committee. « New Leader », à la charge de Levitas, recevait des subventions de Times Inc. en échange « d’informations sur les tactiques et les personnalités du communisme dans le monde entier ».

Un livre à fin ouverte

« Cuadernos » fut lancé à Paris en 1953 pour pénétrer le monde intellectuel de l’Amérique Latine. Son premier directeur fut Julian Gorkin, dramaturge et romancier espagnol, co-fondateur, en 1921, du Parti Communiste de Valence (Espagne) et ex activiste du Cominform. Après que Cuba ait popularisé la revue « Casa de las Américas », « Cuadernos » devint dans les années 60 « Mundo Nuevo », sous la conduite de l’Uruguayen Emir Rodríguez Monegal. Les grands de la littérature régionale, comme l’Argentin Julio Cortázar, refusèrent de publier dans ses pages.

Le CLC n’existe plus mais la CIA n’a pas abandonné sa mission. En 1996, elle a lancé à Madrid la revue « Encuentro », dirigée par le Cubain Jesús Díaz, avec un financement de la Fondation Ford et du Fonds National pour la Démocratie, « une organisation privée sans but lucratif » créée en 1983 « pour promouvoir la démocratie à travers le monde ». Elle finance aussi au Venezuela les organisations patronales qui conspirent contre le gouvernement d’Hugo Chavez ».

« Il y a toujours la possibilité qu’un livre de fiction projette une certaine lumière sur les choses qui auparavant ont été racontées comme des faits » écrivait Hemingway dans le prologue de « Paris est une fête ». Saunders a fait le contraire: elle a relaté des faits véridiques pour démonter une fiction qui concerne aussi le présent. Une fois de plus, la réalité dépasse la fiction. Comme le sale jeu n’est pas terminé, l’histoire a une fin ouverte.

L’Espagnol Javier Ortiz se pose une question inévitable: Quels sont les professionnels espagnols de la communication qui travaillaient pour la CIA? Je ne parle pas des gens qui l’ont fait sans en avoir conscience – de ceux-là, il peut y en avoir des tonnes – mais de ceux qui le font en pleine connaissance de cause parce qu’ils sont sur la liste du personnel ». Les doutes d’Ortiz sont valables sur toute la planète et pour toutes les professions liées à la culture.

Source: La Haine

1 Naturellement, le Zéro et l’Infini n’est pas d’André Gide comme il est dit dans le texte original mais d’Arthur Koestler. J’ai rectifié dans ma traduction. C’est bien « Retour d’Union soviétique » qui est de Gide. »

 

« DEAL » JUNCKER-TRUMP : UN TRIPLE SCANDALE ! par Francis Wurtz

 

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An coeur de l’été et en pleine « affaire Benalla », le « deal » très trumpien conclu entre le Président de la Commission européenne et le locataire de la Maison blanche, le 25 juillet dernier, n’a pas suffisamment retenu l’attention en France. Il représente pourtant un triple scandale.

D’abord en raison des objectifs conjoints consignés dans le communiqué commun et rappelés comme autant d’engagements réciproques par le Président américain à l’issue de la rencontre. Il est question de « Zéro subvention » sur de nombreux biens industriels -ce qui peut viser le financement public de secteurs chargés de « services d’intérêt économique général » (les services publics) !- et de « Zéro barrière non tarifaire », autrement dit de la disparition de toute forme de règlementation du commerce extérieur telle que les licences ou les quotas destinée à maîtriser un tant soit peu les échanges ! Quelles normes environnementales, sanitaires, phytosanitaires , techniques, sont-elles censées faire partie de ces « barrières » à supprimer ? Veut-on ressusciter, en l’aggravant, feu le traité de libre-échange transatlantique, un TAFTA-bis en pire ? !

Ensuite, cet accord pose un grave problème de démocratie. La Commission se veut la « gardienne des traités européens ». Or, ceux-ci n’autorisent nullement le Président de la Commission à prendre ce type d’initiative unilatérale sans disposer d’un mandat explicite du Conseil -c’est-à-dire des représentants des 28 gouvernements- (article 207 du traité sur le fonctionnement de l’UE). Sans doute encouragé par Angela Merkel à obtenir par tous les moyens de Donald Trump qu’il renonce à taxer les importations de voitures européennes -dont 60 % sont allemandes-, M. Juncker s’est accordé des pouvoirs qu’il n’a pas. Ce n’est pas acceptable !

Enfin, en s’inscrivant servilement dans la ligne du « America first » de Trump, le « compromis » signé par le Président de la Commission constitue un fiasco stratégique pour l’Union européenne. Les exemples de cette soumission sont légion. Ainsi, l’UE avait-elle fixé un préalable à tout accord futur : Washington devait d’abord annuler la hausse punitive des droits de douane sur l’acier et l’aluminium européens. « Nous n’allons pas à ces négociations avec un pistolet braqué sur la poitrine » avait fièrement annoncé le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas. Résultat : Juncker a finalement accepté que ces sanctions ne soient levées qu’en cas de succès des négociations à venir. Autre exemple : il aura suffi que le Président des Etats-Unis élève la voix contre les achats jugés excessifs de gaz russe plutôt qu’américain pour que Juncker s’engage, aux dires de Trump, à ce que l’UE achète « massivement » du gaz (deux fois plus cher) aux producteurs d’outre-Atlantique ! Pire : Trump était en grande difficulté auprès de ses électeurs influents du Midwest, dont les grandes exploitations agricoles étaient directement touchées par les mesures de rétorsion de la Chine à la guerre commerciale déclenchée par le leader de l’Occident. Juncker lui sauve la mise -sur le dos des Chinois- en promettant que l’UE importera plus de soja des Etats-Unis…Trump : 1; UE : zéro ! Ces compromissions honteuses doivent être dénoncées et mises en échec

 
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Publié par le août 3, 2018 dans Etats-Unis, Europe, INTERNATIONAL

 

Proclamation polonaise sur leur échec démocratique et le fascisme polonais

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Ce texte m’a été transmis par un ami polonais. La gauche polonaise n’en finit pas de méditer sur sa propre histoire, effectivement celle-ci est riche d’enseignement, qu’il s’agisse de cette étrange nation qui n’a jamais existé. République féodale basée sur la démocratie entre féodaux et l’asservissement d’une paysannerie qui n’accède pas à des droits et haine des juifs qui remplissent les services d’artisanat, de gestion, d’échange de l’urbain pour les dits féodaux. Il n’y a pas à proprement parler de langue unifiée, dans les villes on parle autant le Yiddish que le Polonais et dans les campagne des patois locaux. Quelles sont les frontières de ce conglomérat? La limlite c’est l’empire tsrariste, l’austrohongrois, la prusse qui eux  aussi fluctuent. Au XIX e siècle la Pologne effacée de la carte joue une rôle mythique pour les jacobins et autres révolutionnaires européens, c’est en quelque sorte la Palestine de l’époque… Une bourgeoisie surgit toujours sous la dépendance des féodalités, la seule véritable figure nationale qu’ait vécu la Pologne a été la Pologne populaire des communistes, installée par l’ennemi russe. Mais ici il est question de ce que la POlogne tente de nier ses propres racines fascistes, la manière dont son gouvernement celui de Pidulski était fasciste, comment il a mis en place un camp de concentration bien avant l’invasion de la Pologne par les nazis. Comment toutes les tentatives de la Pologne pour se ranger derrière un leader populaire mais d’abord anti-communiste ont abouti hier comme aujourd’hui à la fascisation. Il est vrai qu’on a du mal à comprendre l’Europe sans affronter les racines du fascisme d’un continent qui se présente abusivement comme celui des droits de l’homme. La Pologne ce sont aussi ces voix que rien n’arrive à faire taire. (note de danielle Bleitrach)

Quand la démocratie échoue, quand les principaux symptômes sont l’égoïsme et la corruption des partis, les gens s’impatientent, puis un leader puissant, le maréchal Piłsudski surgit des rangs et fait un coup d’état pour entreprendre le processus d’assainissement . Jaroslaw Kaczynski est-il un tel personnage apte à ce rôle. Le problème est qu’un tel pouvoir fort hier  et aujourd’hui n’est pas favorable aux travailleurs en grève ou aux fermiers protestataires. Le pouvoir fort se tient toujours du côté des riches et des puissants de ce monde contre les petits.

Par conséquent, dans le cadre du programme Mieszkanie +, il n’y aura pas d’appartements locatifs pour tous les budgets, seulement des cadeaux pour les promoteurs, des prix élevés et l’éviction sur le trottoir, qui a déjà été décrété dans la réglementation des baux institutionnels. Par conséquent, le non-paiement des salaires n’est toujours pas punissable, et toute tentative de grève, comme dans l’Institution d’assurance sociale ou LOT, se termine par le licenciement des militants syndicaux.

Et s’il devait y avoir une rébellion sociale, ce qui est tout à fait possible, quand il y a une bonne situation économique, qui ne s’accompagne pas d’augmentations salariales significatives, alors on inventera toujours un camp de  Bereza Kartuska ‘1)  pour ceux qui sont rebelles: .:

UNE PUISSANCE TENEBREUSE, UN LEADERSHIP  VICIEUX

Quand il y a une mauvaise situation dans l’état, quand ceux qui sont au sommet volent trop, et ceux qui sont au-dessous ne peuvent rien faire, il y a une tentation  vers une dictature éclairée. La tentation du pouvoir fort, qui grâce au caractère du chef réparera les torts. Cependant, il y a toujours un grand risque que les autorités se révèlent ténébreuses et que le leadership ne tienne pas ses promesses. Les citoyens écriront seulement des lettres au roi.

En 1980, les travailleurs ont entamé le processus de changement du système. Et ils ne s’en sont pas bien sortis. Aujourd’hui, 16 millions de personnes n’ont pas de parti et doivent voter pour ceux qui les oppriment et les méprisent. Pour changer cela, nous avons établi le Mouvement pour la justice sociale. Nous voulons sauver la société polonaise de cette alternative diabolique.

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(1)Lieu d’isolement à Bereza Kartuska

Bereza prison Kartuska (appelé. Camp de prisonniers politiques polonais, la place de l’ isolement à Bereza Kartuska) est un camp de travail  pour la réhabilitation des prisonniers politiques dans les années consécutives 1934-1939 à Bereza Kartuska, dans l’ancienne province de Polésie. Le camp a été fondé dans les bâtiments de l’ancienne prison tsariste et des casernes militaires. L’inspiration des autorités pour créer un centre de détention pour les prisonniers politiques en Pologne a été la visite de Hermann Göring en Pologne en 1934, et la manière dont il leur a vendu l’expérience réussie selon lui de   Dachau.

Au début des années 1930, la Pologne, tout comme en Europe, peut observer un processus d’exacerbation contre l’opposition. Il est évident que ce processus dans la deuxième République de Pologne était lié à la personne du chef Józef Piłsudski qui exerçait un réel pouvoir totalitaire dans le pays, mais pas aussi dictatorial que Mussolini en Italie.  La décision de créer un camp a été prise après l’assassinat du ministre de l’Intérieur, Bronisław Pieracki, en juin 1934. Bereza Kartuska, une petite ville de Polésie, a été choisie comme lieu de création du camp, bien qu’il y ait eu beaucoup d’autres endroits appropriés et utilisés.

 Sans aucun doute, l’initiateur de la création du lieu de retraite était prof. Leon Kozłowski , qui était alors le premier ministre. Ce n’est pas un secret que Leon Kozłowski a été influencé par la popularité croissante du fascisme allemand et italien, et en particulier l’une des lectures de J. Goebbels sur le rôle éducatif des camps de concentration en Allemagne. Józef Piłsudski a accepté d’établir le camp formellement pour une période d’un an, cependant, il faut se rappeler qu’il est mort en 1934, et les premiers ministres suivants n’ont pas décidé de dissoudre Bereza – il a fonctionné jusqu’en 1939.

Selon certaines sources, Bereza Kartuska s’inspirait du camp de concentration nazi de Dachau en Bavière, fondé en mars 1933, également pour des prisonniers politiques. Les camps de prisonniersexistaient depuis le début de la Deuxième République de Pologne, en tant que vestige des envahisseurs, y compris à Strzałków, Dąbiu, Pikulice, Wadowice et Tuchola . Ces camps ont été pris en charge par les envahisseurs qui les ont construits pendant la Première Guerre mondiale. Dans les années 1919-1922, ils ont regroupé environ 80-85 mille prisonniers de l’armée soviétique, dont au moins 15-20 mille sont morts. Leur destin ultérieur n’est pas clair, et certaines sources, y compris  russes, suggèrent qu’iols ont été utilisés, entre autres comme prison des ennemis du régime, y compris les communistes, mais il n’y a pas de documentation claire.

Polesie avait un réseau de communication relativement faible – assez bon pour apporter des prisonniers et des fournitures sur les lieux, mais trop faible pour créer un problème pour les gens curieux potentiels, qui étaient nombreux au début. Il convient également d’ajouter que la zone de Polésie était densément boisée et que ces forêts étaient très négligées – il en est résulté, entre autres, de la barrière naturelle qu’ils représentaient en cas d’attaque inattendue de l’est. En conséquence, les décisions sur la construction de routes ou l’abattage ont été prises par les militaires, ils étaient les administrateurs réels de Polésie. Un facteur important était également la population locale, c’est-à-dire une société peu éduquée, très peu consciente politiquement, intéressée uniquement à ses propres affaires et vivant dans l’une des régions les plus pauvres de Pologne. Dans cette situation, ils n’étaient pas intéressés par le camp de réeducation situé à la périphérie de la ville. On pouvait être assuré que les prisonniers seraient réellement dans un «lieu de réclusion» et que personne ne s’intéresserait à eux. Un autre facteur important de l’établissement du camp de travail à Bereza était les bâtiments qui sont les restes des vieilles casernes russes – il n’était pas nécessaire de tout construire à partir de zéro, et l’espace était suffisant pour les prisonniers et le personnel du camp.

Le processus d’envoi d’un suspect dans un lieu de détention à Bereza était intéressant. Le staroste s’est appliqué au voïvode local avec une demande pour renvoyer une personne spécifique au lieu de détention ou au ghetto. Si le voïvode a exprimé une opinion positive, la demande a été envoyée au ministère de l’Intérieur, au département I Politique, où le directeur a recueilli tous les jours les noms soumis et les a présentés au ministre. Lorsque la demande de placement d’une personne a été considérée positivement, le voïvode en a été informé par lettre, et la deuxième copie du document a été envoyée au juge d’instruction de la localité. Formellement, il devait accepter le renvoi d’une personne vers un lieu de détention, mais il n’a jamais rejeté une telle proposition, acceptant les décisions du ministère de l’Intérieur. Il a également décidé de prolonger le séjour d’un prisonnier à Bereza, à la demande du commandant du camp. Il arrivait souvent qu’une telle demande soit faite par le voïvode de la région d’où venait le prisonnier. Dans les moments oùFelicjan Sławoj-Składkowski était le ministre des Affaires intérieures, souvent les actes et documents étaient automatiquement signés par lui, sans lecture – il semblait aux sous-ministres qui avaient paraphé le document signé par le ministre. Et ainsi il était possible de devenir un gitan dans sa patrie.

Histoire du camp de concentration polonais

Créé 12 Juillet 1934 à Bereza Kartuska en vertu du décret du Président Ignacy Moscicki du 17 Juin 1934 personnes menaçant la sécurité, la paix et l’ ordre public. L’initiateur de la création du camp a été le premier ministre Leon Kozlowski a accepté l’idée et son chef Jozef Pilsudski. Leon Kozlowski(1892-944) dans sa jeunesse , il était informateur inwigilującym Grande Loge maçonnique du polonais national, et plus tard à l’été 1938 a été l’ un des plus fort dans l’histoire de la Seconde République politique campagne antymasońskich . Kozlowski de 1941 jusqu’à sa mort en 1944, était un collaborateur de la Gestapo en Allemagne, condamné à mort par contumace par un tribunal gen. Anders, cependant, en 1943, impliqué dans la découverte des tombes à Katyn.

L’ordonnance permettait la création de beaucoup de ces lieux de détention, mais une seul  a été officiellement établi – à Bereza, ou plutôt, seul ce camp est ouvertement reconnu. Cet objet a été officiellement nommé  » Lieu de la retraite  » et était destiné aux personnes « dont l’activité ou le comportement laisse supposer qu’ils ont menacé  la sécurité, à la paix ou à l’ordre public ». Il a été désigné comme « non destiné aux personnes condamnées ou arrêté pour des crimes ». La construction du règlement légal du 17 juin ressemble à l’institution  » Schutzhaft  » établie en Allemagne , c’est-à-dire un système de détention préventive (en fait préventif) introduit par l’ordonnance du 28 février 1933 pour la protection de la nation et de l’Etat.

ce qui a incité le leader Jozef Pilsudski à prendre une décision sur la mise en place du camp a été l’assassinat du ministre de l’intérieur Bronisław Pieracki – assassinat accompli  par les militants de l’Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN) .  En plus de suspects de subversion et les opposants politiques emprisonnés ce camp était conçu pour la réhabilitation des criminels  économiques ou soupçonnés de ces crimes et parmi eux une grande partie des Juifs.,

Le camp a officiellement commencé le 6 juillet 1934. Ce jour-là, les cinq premiers prisonniers ont été admis: à 20 deux Endeków de Cracovie ont été amenés, et à 21 trois communistes de Nowogródek. Les premiers détenus militants ONR (Camp national radical) ont été Zygmunt Dziarmaga, Chackiewicz Wladyslaw Jan Jodzewicz Edward Kemnitz, Piasecki, Mieczyslaw Prószyński, Henry Rossman, Vladimir Sznarbachowski et Boleslaw Swiderski. Plus tard, ils ont été envoyés dans un camp de travail Bereza principalement les communistes, les nationalistes ukrainiens et les représentants de l’extrême droite, dans une moindre membres de mesure de l’opposition à Pilsudski – le Parti paysan et le Parti national, beaucoup d’anti-fascistes et pacifistes, et peuvent parfois activistes menaçant la sécurité en effet national, par exemple Spies. chose de l’Allemagne nazie, ou plutôt soupçonné d’espionnage.

Parmi les quelque 16 000 personnes qui sont passés par le camp à Bereza Kartuska étaient des militants considérés comme illégaux l’Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN), le Parti communiste polonais (KPP), le Camp national radical (ONR), mais aussi des gens du Parti paysan (SL) et le Parti socialiste polonais (PPS). Ils ont été détenus là-bas, entre autres Piasecki et chroniqueur pendant plusieurs jours Stanislaw Mackiewicz, qui était assis là pour critiquer la politique étrangère du pays. Le camp a fonctionné jusqu’à la fin de la deuxième République polonaise en 1939, les prisonniers ont été libérés par l’Armée rouge , qu’ils ont accueillis comme le salut et la bénédiction. Peu de temps après sa création, il a été appelé un camp de concentration et son existence est souvent utilisée à des fins de propagande pour montrer qu’il y avait des camps de concentration polonais indigènes, ce qui est vrai.

Initialement, seules quelques douzaines de policiers travaillaient à Bereza Kartuska. Avant le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, ce nombre était passé à 300, car on s’attendait à ce que le camp devienne un camp d’internement et que davantage de personnel soit nécessaire. La personne qui devait être placée à Bereza a été détenue dans les 48 heures suivant la décision d’être détenue par la police, dont la tâche consistait également à fournir cette personne à un lieu de détention. Le prisonnier a été remis au personnel du camp devant la porte, et le policier qui livrait le prisonnier a reçu la confirmation de la livraison à la porte. Une telle procédure signifie qu’aucun des policiers livrant des prisonniers n’est entré dans le camp. Après l’enregistrement, les prisonniers ont été maintenus en détention à plusieurs reprises, puis ils ont été envoyés dans les cellules des conditions d’.étouffement et puanteur . Les planchers de béton étaient remplis d’eau froide, de sorte que les prisonniers ne pouvaient pas s’asseoir ou s’allonger, car il y avait 15 endroits dans des cellules, mais même 70 détenus. Il n’y avait pas de tables ou de tabourets dans les cellules. Les prisonniers renvoyés de Bereza souffraient souvent de troubles mentaux, d’épilepsies, de psychoses et mouraient rapidement, ce qui peut indiquer à la fois un traitement inique et un empoisonnement.

Chaque nouveau prisonnier avait sa carte personnelle , qui était ensuite placée dans les archives du camp. La carte comprenait: le prénom et le nom du détenu, le nom des parents, la religion, la date et le lieu de naissance, la profession, le lieu de résidence et la nationalité. La raison de leur placement dans le camp, l’autre activité pour laquelle les peines ont été infligées, la date du placement dans le camp et la date du licenciement (prévu ou réel) ont été indiquées. Immédiatement après son arrivée dans le camp, le prisonnier a été dirigé vers le commandant du camp, puis une perquisition a été effectuée, la plupart des objets personnels ont été confisqués pendant le séjour dans le camp. Ce camp de Bereza n’était pas un lieu d’extermination massive, qui était la majorité des camps nazis, mais était un centre de terreur sophistiquéAvec l’aide de passages à tabac sans précédent, d’un travail acharné, d’exercices physiques au-delà de la force humaine, de mauvais traitements constants tant physiques que moraux, c’est tout à fait certain.

Les historiens de la PRL ont soutenu que la majorité, 80-90% des prisonniers détenus à Bereza étaient des communistes et des socialistes de différentes nationalités. Au début de 1938 , plus de 4,5 millenationalistes ukrainiens ont été arrêtés à Bereza Kartuska pour détention politique , ce qui indique que le camp était en cours de développement. Dès le printemps 1939, les femmes ont commencé à s’installer dans le camp. En septembre 1939, il y en avait 7 000 dans le campinternés sur la détention du gouvernement: 4.5 mille Ukrainiens et 2.000 Allemands, dont 360 femmes. Il y avait aussi des criminels parmi les prisonniers, non seulement des communistes et des socialistes ou des extrémistes, des nationalistes radicaux et des nationalistes ukrainiens. Tout cela témoigne du fait d’une très grande capacité du camp et lieu de supposer que le nombre de prisonniers des années précédentes a été sous-estimé, et les rapports officiels donnent uniquement par exemple. Le nombre de ceux qui ont été licenciés ou recrutés pour travailler ou étaient sans danger pour la réhabilitation du système, tandis que le reste formellement, les «personnes disparues» pourraient être tuées et enterrées dans la région. Le problème est que les Polonais connaissent autant Bereza que les Russes à propos de Katyn, ou presque rien.

 

 

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