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Archives de Catégorie: Europe

La Corse enregistre le taux de pauvreté le plus élevé de France métropolitaine

  •  et maintenant retournons à nos propres tentatives identitaires face à une crise que nous sommes désormais incapables de résoudre, parce que sur le fond nous cherchons ce qui nous permet de rien changer, sans nous apercevoir à quel point le monde s’est mis en branle. panique vers le passé mythifié. L’incapacité de la gauche et surtout du parti communiste à offrir une perspective révolutionnaire ne peut qu’entretenir les repliements, y compris vers les aspects les plus réactionnaires de l’utopie et la peur de l’autre. (note de Danielle Bleitrach)
ILLUSTRATION- Le parc de logement social, particulièrement peu important, apparaît inadapté aux demandes insulaires, d'après une étude réalisée par l'INSEE. / © FTViaStella
ILLUSTRATION- Le parc de logement social, particulièrement peu important, apparaît inadapté aux demandes insulaires, d’après une étude réalisée par l’INSEE. / © FTViaStella

Avec 20% de personnes vivant sous le seuil de pauvreté, la Corse enregistre le taux de pauvreté le plus élevé des régions métropolitaines, selon un rapport de l’INSEE, publié fin juillet.

Par France 3 Corse ViaStella 

La Corse enregistre le taux de pauvreté le plus élevé de toutes les régions métropolitaines d’après une enquête, réalisée par l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) en partenariat avec la Plate-forme régionale d’observation sanitaire et sociale de Corse (POSS) et conduite par la Direction régionale de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale (DRJSCS) de Corse.

L’étude révèle que 20% de la population corse vit sous le seuil de pauvreté. Les familles les plus touchées sont, comme au niveau national, les familles monoparentales et les jeunes, mais aussi spécifiquement en Corse, les personnes âgées.

Cette pauvreté s’inscrit dans un marché du travail dégradé avec un taux de chômage de 10,9 % en moyenne annuelle en 2015 (le 4e plus important de France métropolitaine).

Les modes de garde des enfants de moins de 3 ans restent en retrait et le taux de retard à l’entrée en sixième est le plus élevé des régions métropolitaines.

En matière de santé, les dispositifs d’aides aux complémentaires sont moins sollicités qu’au niveau national et l’offre d’accueil des personnes défavorisées encore en structuration.

Le parc de logement social, particulièrement peu important, apparaît de surcroît inadapté aux demandes insulaires. Pour autant, les expulsions locatives restent proportionnellement moins nombreuses qu’au niveau national et le recours au droit au logement opposable s’inscrit dans la moyenne.

Le président du Conseil exécutif de Corse, Gilles Simeoni, a réagi sur Twitter à la publication de cette étude :

Il a également annoncé « la mise en oeuvre dès octobre 2016 d’un grand plan de lutte contre la précarité et l’exclusion ».

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Les néo-nazis patrouillent dans les rues de l’Ukraine pour déjà y remplacer la police

MERCREDI 14 FÉVRIER 2018

Quand je pense aux combats qu’il a fallu mener contre ceux qui nous présentaient la révolution ukrainienne comme la revendication de la liberté contre la méchante Russie et les vestiges de l’URSS. Qu’il se soit trouvé des B.H.L des Glucksman pour un tel enfumage mais qu’ils aient été relayés par les Clémentine Autain et autres trotskistes, qu’ils aient entretenu le silence du parti et de l’Humanité montre bien à quelle pression le parti a été soumis sur toutes les questions internationales. Jusqu’à quand allons-nous relayer les expéditions libyennes, les pseudo libérateurs de la Syrie et ceux de l’Ukraine, pour partout favoriser l’implantation fasciste avec l’OTAN ? Oui le bilan est indispensable pour que nous puissions élaborer une politique en liaison avec d’autres partis communistes, dans le respect de nos positions mais dans la fraternité d’une lutte contre la guerre et le fascisme (note et traduction de Danielle Bleitrach).

Néonazis de la Druzhyna à travers les rues de Kiev

Depuis le coup d’État de 2014, nous avons à peine entendu parler de l’Ukraine. Pratiquement tout ce qui concerne la guerre civile qui ravage l’est du pays passe inaperçu.

Le 4 février, des groupes de citoyens sont descendus dans les rues de Kiev. Ils protestaient, ce qui n’a rien de nouveau, puisque  les citoyens mécontents de leur état et du gouvernement  ont augmenté, jusqu’à c’est devenu une habitude presque chaque semaine.

Des citoyens ont protesté contre la soi-disant «Druzhyna» , une organisation para-policière qui, dans certaines villes, se substitue au  travail de la police.

Ces volontaires sont légalisés « Sur la participation des citoyens à la protection de l’ordre public et à la frontière de l’Etat »cela permet aux organisations privées de patrouiller dans  les villes avec la police. Cette loi leur permet de réclamer papier d’identité   et des permis de conduire aux citoyens, d’assigner à comparaître pour des crimes mineurs, d’arrêter et de livrer les gens à la police, de pénétrer dans des stades ou des cinémas pour arrêter des individus. Ils jouissent d’autres priviléges spéciaux pour la défense des citoyens et dans bâtiments administratifs contre les troubles de masse.

Cependant, ils ont déjà déclaré qu’ils feraient cela même s’il n’y a pas de présence policière, puisqu’ils ne le voient pas formé pour assurer la loi et l’ordre, alors ils agissent déjà contre les graffeurs, les parieurs ou les salles de jeux illicites.

Le Druzhyna est une milice, généralement formée par des vétérans de l’ATO (Opération antiterroriste), qui soit après démobilisation, handicap ou autres , a cessé de servir sur le front, à l’est du pays, et sont retournés dans leurs foyers.

Il a été créé par Ihor Kashka, Artem Klimin et Maksym Klymka, les trois vétérans de la guerre. L’organisation est déjà présente dans 18 régions du pays et dans plusieurs villes telles que Tcherkassy ou Lustk, et est déjà considérée comme une organisation civique pour la protection de l’ordre public. Il y a 600 activistes à Kiev où ils sont reconnus comme ONG, en attendant de légaliser leurs rôles. Ils ont plus de 1000 membres à travers le pays.

Les chefs exercent leurs fonctions d’administration de la milice, qui est la branche armée du parti politique Corps national fondé en 2016 par Andriy Biletsky, l’homme qui dirige vraiment les fils de discussion, parlementaire actuelle dans la Rada Suprême (Rada suprême) de l’ Ukraine , position obtenue en 2014 grâce au président Porochenko pour son travail au sein de l’ATO.

Depuis 1991, lorsque l’Ukraine est devenue indépendante, Biletsky a sauté d’un parti politique à l’autre en permanence à la recherche d’une occasion d’enraciner ses idées fascistes. Avant de fonder le Corps national en 2016, il a été dès le début des opérations dans la zone de l’ OAB dans le Bataillon Azov,  – organisation néo nazie reconnue.

Le monstre que l’ impérialisme a créé en Ukraine après le renversement de M. Ianoukovitch est  utilisé comme une arme contre la Russie,  et l’ OTAN comme but ultime.

http://www.descifrandolaguerra.es/el-nacional-socialismo-vuelve-a-patrullar-calles-en-europa/

Plus d’ informations: 

– Le coup d’ Etat fasciste en Ukraine se réunit 4 ans (Maidan 1) 
– Un tireur d’ élite géorgienne donne les noms de ceux qui regorgeait la foule sur la place Maidan 
– néo ukrainienne – nazis veulent un seconde Maidan

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Publié par le février 18, 2018 dans Europe, GUERRE et PAIX, Russie

 

BEYROUTH (Spoutnik) – Les milices kurdes et le gouvernement syrien ont conclu un accord sur le déploiement des forces armées syriennes dans le district syrien d’Afrin, ont rapporté jeudi les médias libanais.

 l n’y a pas c’est le moins que l’on puisse dire les mêmes échos sur la relation des Kurdes avec la Syrie vu du côté russe et du côté français. Ces contacts s’ils ont lieu et ils ont vraisemblablement lieu, comme on lieu les contacts entre israéliens et Russes, reposent non seulement sur l’intervention militaire russe mais aussi et surtout une intense activité diplomatique russe qui tente de créer un dialogue entre la Syrie et ses voisins, au-delà de la seule influence iranienne et en jouant l’équilibre des forces. La Russie connaît des succés relatifs, en effet les Etats-Unis pèsent de tout leur poids pour qu’une solution négociée dans laquelle les droits des kurdes, mais aussi des palestiniens seraient reconnus n’intervienne pas ayant choisi l’OTAN et les saoudiens. Alors que c’est ce que veut Moscou. Pour le moment, en empêchant les membres de leur coalition de participer aux négociations, les USA ont un pouvoir de nuisance, mais ce qui ne peut se réaliser officiellement existe en sous main.( traduction et note de danielle Bleitrach)

 

La décision a été prise dans le but de protéger le district et de contrer les attaques de la Turquie ou de ses alliés à Afrin, a rapporté le diffuseur Mayadeen, citant une source ayant une connaissance de la situation.

Une source familière avec la situation a déclaré jeudi à Spoutnik que les forces armées syriennes entreraient dans le territoire près de la frontière avec la Turquie dans le district d’ Afrin dans les prochains jours.

« L’accord a été conclu sur le déploiement des forces armées syriennes à la frontière syro-turque à Afrin dans le nord d’Alep dans les prochains jours, a conclu l’accord entre le gouvernement syrien et les Kurdes ».

Cependant, le département d’Etat américain n’est pas au courant d’un accord qui devrait voir les forces armées syriennes entrer dans l’enclave d’Afrin dans le nord de la Syrie, a déclaré un porte-parole à Spoutnik. »Non, je ne le sais pas », a déclaré jeudi le porte-parole du département d’Etat lorsqu’il a été invité à commenter un accord qui ouvre la voie à l’entrée des forces armées syriennes dans Afrin.

La Turquie a mené une campagne militaire rameau d’olivier  contre les forces kurdes à Afrin depuis janvier. L’enclave est contrôlée par les unités de protection du peuple (YPG) soutenues par les États-Unis, que Ankara considère comme une filiale du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), désigné comme une organisation terroriste en Turquie et dans plusieurs autres pays.

Damas a fermement condamné les actions d’Ankara, le ministère syrien des Affaires étrangères qualifiant la campagne de violation de la souveraineté du pays.

L’OTAN est satisfaite de l’opération militaire de la Turquie en Syrie

Jeudi, le ministre turc de la Défense, Nurettin Canikli, a déclaré lors de la session ministérielle de l’OTAN à Bruxelles que l’Alliance n’avait soulevé aucune objection à l’ opération militaire du rameau d’olivier , en cours à Ankara .

« Le secrétaire général de l’OTAN a toujours été l’un de ceux qui ont une position très positive sur notre lutte contre les menaces extérieures et je lui en suis reconnaissant. » Il n’y a pas d’attitude négative du secrétaire général à rameau d’olivier Les Etats acceptent également nos activités en Afrin de manière compréhensible, et il n’est pas question de la demande de l’OTAN de mettre fin à l’opération « , a déclaré Canikli aux journalistes turcs à Bruxelles, cité par le diffuseur NTV.

Le responsable a ajouté que l’alliance militaire avait appelé Ankara à s’abstenir de tout recours disproportionné à la force lors de ses activités dans le nord de la Syrie.

Par ailleurs, le Premier ministre turc Binali Yildirim a déclaré jeudi qu’Ankara s’attendait à ce que ses alliés soutiennent plus activement la lutte contre le PKK et le Parti de l’Union démocratique du Kurdistan syrien (PYD) et YPG. »En fait, les YPG sont la branche syrienne du PYD / PKK, ce qui est confirmé par les services secrets britanniques et américains, dont le but principal est de violer la paix dans la région et de créer de nouveaux champs de bataille. Ankara espère un plus grand soutien des alliés « , a déclaré Yildirim lors d’une conférence conjointe avec la chancelière allemande Angela Merkel à Berlin, citée par l’agence de presse Anadolu.

Le Premier ministre a également exprimé l’ espoir que l’Occident montrerait la même détermination à éradiquer le PKK, le PYD et les YPG, comme il la démontré  dans la lutte contre Daech.

 

Le fascisme en Ukraine ou la destruction de la Libye? rien de tout cela, il n’y a que la menace russe!

  • nos camarades communistes portugais mènent une bataille au sein de l’union de Front populaire, non seulement contre le retour à l’austérité pour laquelle l’UE fait pression, mais également, cela va avec, pour qu’il ne soit pas répondu aux demandes pressantes de l’UE et de l’OTAN pour  augmenter leur participation au budget militaire. Nous subissons les mêmes pressions en France et une telle bataille serait importante pour les communistes en coordonnant les efforts contre l’austérité et contre l’augmentation du budget militaire de l’OTAN (note et traduction de Danielle Bleitrach)

Le Secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a parlé des «nombreux défis complexes» auxquels l’Alliance atlantique est confrontée, mais rien de l’expansionnisme militariste et des guerres de proies qu’elle promeut.

Dans une interview accordée à RTP, le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg, a déclaré, sans "mea culpa", que l'Alliance faisait face à "de nombreux défis complexes en même temps".

Dans une interview accordée à RTP, Jens Stoltenberg, Secrétaire général de l’ OTAN a déclaré, sans « mea culpa », l’Alliance est confrontée à « de nombreux défis complexes en même temps » crédits/ politico.eu

Quiconque a vu et entendu, l’interview Stoltenberg hier soir à RTP sont restés sur l’impression l’impression d’avoir vu et entendu seilement  le chevalier blanc d’une « sainte alliance » prêt à envisager fin du monde: le terrorisme ou Daesh appelé Etat islamique, les cyber-menaces, l’affirmation de soi de la Russie, la prolifération des armes en Corée du Nord, le conflit qui « là » en Afrique du Nord, au Moyen-Orient, l’Irak, la Syrie, l’Afghanistan.

Des conflits qui sont «là-bas», et ce à quoi l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord ( OTAN ou OTAN ) doit faire face.

Après avoir passé une bonne partie de l’interview à parler de la Russie, le secrétaire général de l’OTAN a d’abord rejeté l’idée que l’Alliance atlantique « accentue la tension avec la Russie en Europe de l’Est », soulignant que « le plus grand théâtre d »opération militaire en cours de l’OTAN se déroule en Afghanistan. Il ne mentionne cependant pas l’histoire plus récente ou lointaine de l’interventionnisme des «alliés de l’OTAN» dans le pays d’Asie centrale. Il n’était pas non plus censé parler de Reagan et des Talibans.

Se référant à l’action globale de l’Alliance atlantique, il a déclaré ce qui inclut « une coalition mondiale pour vaincre le Daesh » et que l’ OTAN « a fait un grand nombre de progrès dans cette coalition, défaisant Daesh en Irak et en Syrie . » Plus loin, il ne voulait pas trop compromettre, affirmant que l’OTAN n’est pas sur le terrain dans le nord de la Syrie: « Nous soutenons la coalition avec des avions radar, mais nous ne sommes pas sur le terrain ».

«  Aussi il ne devrait pas parler de Reagan et des talibans. »

pas la moindre mention sur le fait que la coalition internationale opérant en Syrie le fait sans l’autorisation du gouvernement de Damas et sans mandat de l’ONU. Et là encore, il n’y avait aucune mention de l’effort de la Russie – aux côtés de Damas.

« L’Otan est prête à défendre un allié contre toute menace, c’est le message principal, le principal idéal de l’OTAN », at-il dit, en soulignant que « la raison pour laquelle l’OTAN est forte et unie est de ne pas provoquer un conflit, mais oui pour éviter un conflit ». On ne peut que constater  l’indignation ressentie par ceux qui regardent le monde et voit les guerres d’agression et de pillage du capitalisme, les opérations de déstabilisation promues par les Etats-Unis dans l’arrière-cour mondiale – celles d’aujourd’hui  et d’autres plus encore  – avec l’OTAN bras armé

L’ancien premier ministre norvégien a également soulevé l’idée de « la paix en Europe depuis près de 70 ans, une des plus longues périodes de paix depuis des siècles en Europe » sans la moindre allusion  à la destruction de la Yougoslavie et au coup d’Etat 2014 en Ukraine, avec le soutien des États-Unis et de l’Union européenne (UE), avec la guerre qui a suivi dans le Donbass, où la population a rejeté la menace fasciste et s’est levée en armes.

Dialogue, oui, mais c’est la faute de la Russie

Sur la Russie, Jens Stoltenberg a déclaré qu ‘ »il est possible de combiner défense, dissuasion et dialogue ». -ET il  a continué le discours sur le  voisin qui harcèle l’ Europe en paix avec ses troupeaux de pirates et  leurs campagnes de propagande et de désinformation. Le secrétaire général de l’OTAN a même déclaré que la Russie était «plus affirmée». Tellement mauvaise qu’elle utilise  q « différents outils » et, par conséquent, l’OTAN non polluée  » doit réponde  par  le renforcement de cyberdefesas ». L’UE a déjà pris des précautions.

L’OTAN et l’Union européenne: le vieux jumelage évident

« Le partenariat stratégique » avec la Russie n’existe pas – non pas faute de tentative de l’OTAN, at-il souligné, mais parce que Moscou « a décidé d’essayer de rétablir des sphères d’influence et de contrôler dans une certaine mesure ses voisins, comme nous l’avons vu en  Ukraine ».

Et c’est quelque chose que l’OTAN, gardée par les États-Unis d’Amérique, chargée d’arsenaux pour la paix dans le monde et qui roule depuis des années sur les terres de l’Union soviétique et ses amis, ne peut pas tolérer. L’OTAN cherchera donc à dire qu’elle est «ferme», «forte», mais qu’elle tente de réduire les tensions, d’éviter les conflits et de maintenir le dialogue, a déclaré M. Stoltenberg.

La Russie, cependant, n’a rien à craindre d’être entourée de pays devenus membres de l’OTAN, car c’était une décision de «nations souveraines et indépendantes». Et si vous avez des inquiétudes quant à l’existence d’ un Front oriental de l’Alliance atlantique , c’est votre faute, « une conséquence directe de [vos] actions agressives contre l’Ukraine », a déclaré M. Stoltenberg, évoquant la situation dans le Donbass en Ukraine orientale. réintégration de la Crimée dans la Fédération de Russie.

Le secrétaire général de l’ OTAN insiste sur le fait que l’intégrité territoriale et la souveraineté de l’ Ukraine ont été violés en Crimée et le Donbass, par les forces soutenues par la Russie et le soutien militaire russe, mais, comme dans un univers parallèle, il n’a pas fait une allusion à la coup d’état de 2014 à Kiev, au fascisme en Ukraine– ou en Pologne ou en Lettonie. Ou appelé, en Juillet l’ année dernière, l’ OTAN a promu les Frères de la forêt, qui se sont battus « contre l’Armée rouge pour dans la Baltique , et que de nombreux membres intégrés des nazis SS ou des collaborateurs avec les forces d’ invasion nazie.

Les Etats-Unis renforcent leur présence militaire en Europe

Le secrétaire général de l’OTAN a déclaré que les Etats-Unis avaient montré qu’ils « étaient engagés dans des relations transatlantiques », ajoutant que Washington augmentait même sa présence militaire sur le continent européen après des années de déclin. « C’est un engagement que nous voyons non seulement dans les mots mais aussi dans les faits », a souligné M. Stoltenberg.

Sans aborder la question de l’ approfondissement de la militarisation de l’UE, la création de la coopération structurée permanente (CEP) et la complémentarité – qu’elle a déjà défendue – entre ce qu’elle appelle la Défense européenne et l’OTAN, le leader de l’Alliance atlantique a encore insisté sur  la nécessité de coopérer dans le domaine de la défense dans l’UE pour «résoudre la fragmentation de l’industrie européenne de la défense».

 
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Publié par le février 18, 2018 dans Europe, GUERRE et PAIX

 

L e vent se lève : L’Allemagne est le pays le plus souverainiste d’Europe – Entretien avec Coralie Delaume

L’Allemagne est le pays le plus souverainiste d’Europe – Entretien avec Coralie Delaume

Coralie Delaume est essayiste, co-auteur de La fin de l’Union européenne (Michalon, 2017) et animatrice du site L’arène nue où elle aborde régulièrement les problématiques liées à l’Allemagne.

 

Commençons par le fait marquant de l’élection. La CDU réalise son pire score depuis 1949. Le SPD tombe à 20%. Comment expliquer que leur « modèle », si parfait nous dit-on, déplaise tant aux Allemands ?

Je ne sais pas si c’est le « modèle » qui leur déplaît, ou la crainte que celui-ci ne finisse par être détruit qui les a mobilisés. Je pense qu’il y a des deux et que c’est difficile à démêler.

Le « modèle » ne convient sans doute plus à l’électorat de gauche, celui qui aurait dû voter SPD. On le sait, le pays est très inégalitaire. Il compte un nombre record de travailleurs pauvres, de personnes contraintes de cumuler plusieurs emplois, de salariés – surtout des femmes – contraints au temps partiel subi, etc. Par ailleurs, l’Allemagne souffre de sous-investissement chronique en raison d’une préférence marquée pour l’austérité budgétaire, et certaines infrastructures (routes, ponts) sont en piteux état. De nombreux articles sont récemment parus dans la presse française sur ces questions et c’est une très bonne chose. Il est temps qu’on atterisse et que l’on sorte de la fascination longtemps exercée par le « modèle allemand ». Le Monde lui même a fini par se réveiller avec un papier sur « L’envers du miracle allemand » paru au lendemain du scrutin.

Une partie de l’électorat social-démocrate s’est donc détournée du SPD, qui gouvernait main dans la main avec la droite depuis quatre ans, et n’a absolument rien fait pour infléchir la trajectoire. Ayant appartenu à la « Grande coalition » dirigée par Angela Merkel, le parti social-démocrate n’apparaît plus comme une alternative. D’où son score piteux et son choix d’aller se refaire une santé dans l’opposition, non sans avoir pris soin de placer à la tête de son groupe au Bundestag une représentante de l’aile gauche du parti, Andrea Nahles, ce qui semble indiquer une prise de conscience quant aux raisons de l’échec.

Mais si les électeurs de gauche ont jugé le SPD insuffisamment à gauche, les électeurs de droite ont vraisemblablement jugé, eux aussi, le bilan de la CDU insuffisamment à droite. Eux sont satisfaits du « modèle allemand » excédentaire, austéritaire, idéal pour préserver l’épargne d’une population qui vieillit.  Ils ne veulent en aucun cas partager les fruits de la politique actuelle avec les autres pays européens, souvent jugés dispendieux. D’où une dimension « souverainiste » marquée dans le vote de droite, qu’il s’agisse du vote AfD, ou du vote FDP. Les libéraux allemands du FDP, avec lesquels Merkel va devoir négocier (ainsi qu’avec les Verts) pour former une coalition, sont en effets devenus des souverainistes ombrageux. Ils ne veulent en aucun cas que l’Europe se transforme en « union de transferts », et militent pour que les pays déficitaires soient mis au ban de la zone euro.

L’autre fait majeur de cette élection, c’est la percée de l’AfD qui se situe à 13%. Elle a repris un million d’électeurs à la CDU. Pourtant, l’AfD reste un parti libéral. Pourquoi cette percée dans une Allemagne fracturée par les inégalités ?

Pour la même raison que je viens de donner concernant le FDP : c’est un vote de droite qui juge la CDU insuffisamment à droite. Je pense d’ailleurs qu’il faut regarder le phénomène AfD et FDP avec les mêmes lunettes. Car le second est la version fréquentable et propre sur elle de la première. En Allemagne, les partis les plus souverainistes sont extrêmement libéraux. C’est une particularité logique. Elle tient à la position de pays excédentaire de la République fédérale, à sa situation de créancier des autres pays européens.

L’autre raison pour laquelle l’AfD a fait un très bon score est évidemment l’importance prise par la question migratoire pendant la campagne. Et pour cause ! L’Allemagne, dont le solde migratoire était négatif jusqu’en 2010, a accueilli près de trois millions et demi de personnes en cinq ans (2011-2016), dont plus d’un million sur la seule année 2015, celle de la « crise des migrants ».

Ces immigrés ont d’abord été des Européens, dont l’installation en Allemagne a été favorisée par le principe de la libre circulation des personnes dans le Marché unique et qui, pour les ressortissants des pays d’Europe du Sud, se sont décidés à quitter leur pays en raison du chômage. La République fédérale, qui investit peu dans son propre avenir, aime en effet à ponctionner la main d’œuvre qualifiée disponible chez ses voisins.

Aux flux intra-européens se sont ensuite ajoutés les « migrants », auxquels Angela Merkel a ouvert les bras sans restriction en 2015 pour des raisons ambivalentes, que le sociologue Wolfgang Streeck décrit dans Le Débat comme nées d’un désir conjoint d’expier la « crise grecque » et de fournir des travailleurs bon marché au patronat du pays : « il appartiendra aux historiens d’expliquer les mobiles qui se cachent derrière l’ouverture des frontières allemandes à la fin de l’été 2015. Il semble y a voir eu un désir de détourner l’attention du massacre du gouvernement grec Syriza inspiré par l’Allemagne et de regagner une certaine hauteur morale (…) [En même temps] l’économie allemande souffrait d’une pénurie chronique de main d’œuvre avec la crainte, au sein du patronat, que des goulets d’étranglement ne fassent monter les salaires ». Les motivations d’Angela Merkel furent donc probablement multiples. En tout état de cause, une société ne peut absorber un tel choc démographique en un temps aussi court sans en être profondément secouée.

Die Linke peine à dépasser la barre des 10%. Le parti est divisé entre la ligne de Sarah Wagenknecht et celle de son aile modérée. Die Linke est marginalisé par une sociale-démocratie et des Verts alignés sur la CDU, et semble dans une impasse stratégique. Comment expliquer l’échec du Front de Gauche allemand ?

D’abord, dans le contexte allemand, je pense que le vieillissement de la population joue un rôle. Il n’est pas illogique que le « dégagisme » d’une population âgée se traduise par un vote protestataire de droite, davantage que par un vote révolutionnaire de gauche. En plus, les Linke n’apparaissent pas forcément toujours comme une force nouvelle, puisqu’ils exercent actuellement le pouvoir en Thuringe (où il dirigent une coalition « rouge-rouge-verte »), et dans le Brandebourg (au sein d’une coalition dirigée par le SPD).

Ensuite, je pense que Die Linke partage les mêmes difficultés que d’autres partis de gauche en Europe. D’une part, nombre de formations de gauche « radicale » investissent la seule question sociale, ce qui ne fait souvent que les positionner à la gauche de la social-démocratie et ne suffit pas à leur conférer un vrai statut de force alternative. Leur logiciel peut apparaître comme insuffisant au regard des questions soulevées par la mondialisation. Les électeurs potentiels des « gauches alternatives » attendent probablement un discours protecteur plus global que celui – même s’il est juste – sur les inégalités. Même leur vision de l’économie – pourtant leur point fort – relève parfois plus d’une dénonciation de l’ordre établi que de la formulation de véritable propositions. Comme le dit ici Aurélien Bernier, « la gauche radicale passe trop de temps à contrecarrer [le] modèle actuel et pas assez à promouvoir le sien (…) Quel est le modèle alternatif ? Leur contre-projet est un nouveau keynésianisme mais est-ce suffisant ? Peut-on revenir à un système de régulation de la mondialisation sans passer par des nationalisations massives, ni un protectionnisme assumé ? ». Bref, il reste à Die Linke comme à d’autres (de la France insoumise à Podemos) à formuler un projet global, qui soit à la hauteur des enjeux du moment.

Une alliance de la CDU d’Angela Merkel avec le FDP, de retour au Parlement, semble se profiler. Est-ce que cela ne condamne pas les velléités fédéralistes d’E.Macron et toute idée de réconciliation entre l’Allemagne et les pays du Sud ? Un autre résultat aurait-il changé la donné de ce point de vue ?

La coalition future (si elle voit le jour) sera une coalition tripartite, avec le FDP certes, mais également avec les Verts. Elle sera difficile à former, et rien que cela contrarie les plans d’Emmanuel Macron. Tant qu’il n’y a pas de gouvernement définitif en Allemagne, on ne peut pas faire grand chose en Europe. Or ce sera long tant sont grandes les divergences de vues entre les partis concernés.

Pour répondre à votre question, il est évident que la présence du FDP dans la coalition va jouer à plein. Le chef de ce parti, Christian Lindner, a d’ailleurs déclaré que les projets d’union de transfert portés par le Président français étaient pour lui une « ligne rouge ». «Un budget de la zone euro – M. Macron parle de plusieurs points de PIB et cela représenterait plus de 60 milliards d’euros pour l’Allemagne – où l’argent atterrirait en France pour les dépenses publiques ou en Italie pour réparer les erreurs de Berlusconi, serait impensable pour nous et représenterait une ligne rouge», a-t-il dit en substance. Les choses pourraient même aller plus loin qu’un simple refus des propositions d’Emmanuel Macron, et l’on pourrait s’orienter vers l’expression d’une volonté de « rigidifier » la gestion actuelle de la zone euro. Lindner a en effet invité Mario Draghi à « corriger » la politique monétaire de la Banque centrale européenne, jugée elle aussi trop souple, trop généreuse. Notons que les Libéraux briguent actuellement le ministère allemand des Finances. Or celui-ci se libère puisque Wolfgang Schäuble va diriger le Bundestag.

Il faut ajouter que le statut de premier parti d’opposition conquis de l’AfD va contribuer à droitiser le paysage politique du pays. L’AfD est un parti anti-immigration, libéral et eurosceptique. Si son discours porte principalement, désormais, sur les questions identitaires, cette formation s’est originellement constituée autour de l’économiste Bernd Lucke, et en tant que parti anti-euro. Or la CSU bavaroise et une partie de la CDU sont furieuses de s’être laissées dépasser à droite. Elles vont se raidir, que ce soit sur les sujets identitaires ou sur la question de l’euro.

En Europe de l’Est, on constate une montée des discours hostiles à l’UE et à l’Allemagne. C’est le cas en Pologne, en Hongrie et en Slovaquie. Peut-on assister à des changements géopolitiques dans une zone jusque-là cantonnée à un rôle d’Hinterland allemand ?

Les discours hostiles à l’UE, l’eurodivergence, les tensions centrifuges, sont à l’œuvre dans tous les États membres. Ce mélange d’identitarisme et de souverainisme que l’on appelle « populisme » par commodité progresse partout, y compris chez les gagnants de l’intégration européenne comme l’Allemagne. Les Pays d’Europe centrale et orientale sont spécialement touchés, et les gouvernements polonais ou hongrois semblent plus frondeurs que la moyenne. Mais il est possible aussi que ce soit une façon pour eux de gérer une souveraineté limitée, qui l’a d’ailleurs presque toujours été. Comme vous le dites, ils forment « l’Hinterland » de la République fédérale. Leurs économies sont des bases arrières de l’espace productif allemand, et ils ne peuvent pas tout se permettre.

Pour autant, sans doute faut-il commencer à questionner la manière dont on ont été « réunies» les deux Europe après la chute du mur de Berlin. Quand on analyse le scrutin législatif allemand du 24 septembre et qu’on voit comment a voté l’ancienne Allemagne de l’Est (où l’AfD est désormais le second parti), quand on voit ce qui se passe dans les « pays de l’Est », on  s’interroge. Dans son livre intitulé Le second Anschluss, le sociologue italien Vladimiro Giacché qualifie « d’annexion » la manière dont l’ex-RDA a été incluse dans « la famille occidentale », et décrit un processus particulièrement brutal, tant économiquement que politiquement. Quant à Emmanuel Todd, il note dans son tout dernier livre : « le système médiatique européen s’inquiète de la montée des forces conservatrices et xénophobes en Pologne et en Hongrie, de la persistance de la corruption en Roumanie et en Bulgarie, mais il se refuse à analyser, jour après jour, le processus de destruction sociale et humaine qu’a amorcé pour ces nations l’intégration à l’Union (…). La cruelle réalité est que loin d’être de nouveaux eldorados, la Pologne, la Hongrie et les autres pays sont les lieux d’une angoisse fondamentale face à l’avenir ». Nous en sommes là.

 

Entretien réalisé par Jan Bediat

Crédits photo : Margot l’hermite

 
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Publié par le février 18, 2018 dans Economie, Europe, POLITIQUE

 

Le Portugal ne devrait pas suivre la course de l’OTAN

Avril Avril

Le Conseil portugais pour la paix et la coopération « rejette toute augmentation des dépenses militaires du Portugal dans le cadre de l’OTAN » et « réaffirme son attachement aux objectifs constitutionnels de paix, de désarmement et de dissolution des blocs politico-militaires ».

Le CPPC soutient que la croissance économique devrait servir à améliorer les conditions de vie du peuple portugais et non à renforcer la participation du Portugal à l'action belliqueuse de l'OTAN

Le CPPC défend que la croissance de l’économie devrait servir à améliorer les conditions de vie du peuple portugais et non le renforcement de la participation du Portugal à l’action belliciste de l’OTAN Credits/ theissue.com

Le secrétaire général de l’OTAN Jens Stoltenberg a défendu mardi dernier le fait que le Portugal devrait profiter de  sa croissance économique pour dépenser davantage dans la défense, notant que les pays membres de l’OTAN se sont engagés à 2% du produit intérieur brut ( PIB) aux dépenses militaires.

De telles déclarations constituent « une pression inacceptable, contraire aux intérêts du pays », indique le Conseil portugais pour la paix et la coopération (CPPC) dans une note publiée jeudi, qui rejette également les déclarations faites par le ministre de la Défense, Azeredo Lopes, en réponse à Stoltenberg, « assurer que le Portugal augmentera ses dépenses militaires, comme requis par l’OTAN, au seuil de 2% du PIB » d’ici 2024.

La « croissance économique devrait servir à améliorer les conditions de vie du peuple portugais et développer le pays, » défend la SCLC, alors que cette croissance ne devrait pas « contribuer au renforcement de la participation du Portugal à l’ une action belliqueuse et agressive par l’ OTAN ou processus de militarisation de l’Union européenne , complémentaire au renforcement de ce bloc politico-militaire ».

Sachant que « l’un des principaux défis auxquels l’humanité est confrontée est l’apaisement des tensions internationales », l’organisation portugaise souligne en outre que « toute dépense avec les forces armées nationales doit être décidée par les autorités portugaises » et  » de la défense de la souveraineté nationale et de l’indépendance, de l’intégrité du territoire national « , lit-on dans la note.

 
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Publié par le février 17, 2018 dans Europe, GUERRE et PAIX

 

L’Italie face aux pires élections de son histoire

L’Italie face aux pires élections de son histoire

Le 4 mars 2018 auront lieu les élections législatives italiennes. Alors que le pays est fracturé par de profondes divisions sociales et 20 ans de stagnation économique, le champ politique semble toujours incapable de fournir une solution à la crise profonde que traversent nos voisins méditerréanéens.

Qui conserve encore un minimum de mémoire historique n’aura aucun mal à reconnaître que les prochaines élections qui auront lieu le 4 mars en Italie peuvent être légitimement considérées comme les pires que le pays ait connues. Bien que victime depuis plusieurs décennies d’une dérive oligarchique, le « Belpaese » n’avait jamais vu une campagne électorale aussi fade, rustre et dépourvue de repères. Dans les talk-shows télévisés, des marées de promesses et d’âpres saillies entre les prétendants masquent une absence d’idées déconcertante, quand ce n’est pas le relatif consensus entre eux qui trouble l’observateur.

Les perspectives sont désolantes. Un magnat octogénaire aux multiples casseroles – tant politiques que judiciaires – s’apprête à remporter de nouveau les élections, même s’il ne pourra pas être élu au Parlement car une loi le rend inapte à se présenter directement. Silvio Berlusconi est comme un phénix : il renaît de ses cendres à chaque fois qu’il est donné pour mort. Il est allié au lepéniste Matteo Salvini (qui hier encore voulait diviser l’Italie en deux et brocardait les méridionaux), et quelques autres excroissances post-fascistes. Pourtant, ces forces n’ont jamais eu de programmes aussi divergents, ce qui provoque des tensions dans l’alliance de « centre-droit ».

De l’autre côté, le centre gauche est acculé. Le Parti Démocrate paie la faible clairvoyance d’un leader qui, alors qu’il n’a même pas quarante-cinq ans, est déjà grillé à cause d’une fougue et d’une insolence qui l’ont rendu insupportable aux yeux d’une grande partie des électeurs. Si Emmanuel Macron a montré un talent hors du commun pour incorporer les critiques de ses adversaires et les retourner à son avantage, Matteo Renzi a réussi à s’aliéner tout le monde. Quant aux ramifications du PD – Piu Europa, Insieme e Civica popolare –, qui constituent de petits cartels électoraux formellement indépendants, elles ne cumulent que peu de points dans les sondages.

Il faut prendre au sérieux les retournements d’alliance post-électoraux, qui ont permis à l’Italie, au cours des dernières années, d’obtenir une stabilité politique à coup de trahisons et de scissions dans les groupes parlementaires. (…) Ce type de scénario pourrait se produire de nouveau, quelle que soit la coalition qui parviendra à la majorité relative.

Le Mouvement Cinq Étoiles, de son côté, fluctue autour de 30%. Un tel résultat lui assurerait la position de premier parti italien, mais il ne serait que deuxième par rapport au centre droit coalisé et loin de la possibilité de former un gouvernement. Le mouvement se retrouve orphelin de son fondateur : la vedette comique Beppe Grillo, désormais manifestement en retrait. Celui-ci a choisi comme figure de proue Luigi Di Maio, un jeune loup de l’aile droite du mouvement qui n’a pas manqué de diluer les rares bonnes choses que proposaient naguère les « grillini ». Il reprend désormais à son compte la rhétorique sur la nécessaire austérité et la réduction des dépenses de l’État italien.

Le moment de vérité sera la période post-électorale. Les bookmakers parient, au cas où le centre droit n’aurait pas la majorité, sur une grande coalition entre l’octogénaire Berlusconi et Renzi – dont l’avenir semble compromis. De façon moins probable, il pourrait y avoir une alliance entre le lepéniste Salvini et Di Maio du M5S. Il faut prendre au sérieux les retournements d’alliance post-électoraux, qui ont permis à l’Italie, au cours des dernières années, d’obtenir une stabilité politique à coup de trahisons et de scissions dans les groupes parlementaires. La classe politique est notoirement habituée à se précipiter pour soutenir le vainqueur. Ce type de scénario pourrait se produire de nouveau, quelle que soit la coalition qui parviendra à la majorité relative.

Et à gauche ? Son absence dans le jeu politique et les scénarios post-électoraux en disent long sur l’insignifiance des héritiers d’une page glorieuse de l’histoire italienne. Jadis la plus influente du continent, la gauche italienne est quasiment inexistante. À la gauche du PD, un cartel électoral baptisé « Libres et Égaux » s’est formé, dont l’initiateur est Massimo D’Alema. Le D’Alema des privatisations, de la flexibilité du travail et des traités européens… À force de traîner les lambeaux du Parti Communiste Italien de plus en plus vers le néolibéralisme, D’Alema et les siens ont buté sur plus habile qu’eux et, marginalisés au sein du parti, ils en sont sortis en essayant de se construire une image de progressistes. Cependant, leur l’horizon demeure celui d’un centre gauche traditionnel, voué à un credo néolibéral mal déguisé : tout le monde sait qu’un PD épuré de l’influence de Renzi les ferait revenir au bercail.

Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si les LeE ont choisi comme chef de file Pietro Grasso, président du Sénat, qui a un profil hyperinstitutionnel et dépourvu de la moindre veine charismatique. Ce qui s’avère néanmoins difficilement compréhensible, si ce n’est par opportunisme, c’est l’adhésion de Sinistra Italiana (Gauche Italienne) à cette coalition, menée par Nicola Fratoianni. Bien qu’elle ne soit jamais apparue comme un objet particulièrement original, Sinistra Italiana semblait avoir acté une nette distanciation à l’égard de la pratique et de la culture politique incarnée par les ex du PD. Cette incompatibilité s’est d’ailleurs constatée avec l’apparition de tensions internes qui se sont exacerbées au moment de la présentation des candidatures. On peut légitimement anticiper une nouvelle division après les élections.

Le tableau est complété par un attirail de phrases velléitaires, de poings levés, de radicalisme mal pavoisé, de pureté idéologique étalée aux quatre vents.

Que dire alors de Potere al Popolo [Pouvoir au Peuple] ? Si l’on souhaite être objectif, tout ce qu’on peut reconnaître à cette nouvelle formation est d’avoir été mise sur pied par un groupe de jeunes napolitains à qui l’on doit de louables actions de mutualisme et de luttes sociales locales. Cependant, les mérites de cette formation s’arrêtent là. Malgré l’insertion du mot peuple dans leur nom, nous sommes bien loin de la stratégie populiste qui est à la base du succès de Podemos et de La France Insoumise. La perspective demeure celle d’une simple convergence des luttes par le bas, bien que l’Italie ne connaisse aucun mouvement digne de ce nom depuis fort longtemps. L’appel aux luttes relève donc largement de l’incantation. Potere al popolo reproduit les erreurs systématiques de la gauche italienne : à chaque timide manifestation syndicale le refrain « Nous devons redémarrer de cette place » est entonné ; sans que jamais une direction ne soit définie ni le périmètre de ces rassemblements établi. Potere al popolo est marqué par la culture minoritaire, qui affleure à chaque coin de rue : le mouvement clame qu’il n’est pas important d’atteindre les 3% nécessaires pour entrer au parlement (et on en est très loin pour le moment, puisque Potere al Popolo semblerait stagner en-dessous de 1%) ; et les actions initiées restent celles des militants traditionnels, dont le nombre est désormais plutôt clairsemé, et dont les perspectives sont faiblement séduisantes pour un électorat hétérogène. Le tableau est complété par un attirail de phrases velléitaires, de poings levés, de radicalisme mal pavoisé, de pureté idéologique étalée aux quatre vents.

Potere al popolo en est encore à revendiquer le monopole de la « vraie gauche » à ses concurrents. Sur les réseaux sociaux, la campagne se limite souvent à expliquer que la « vraie gauche » ce n’est pas « Libere e uguali » mais Potere al popolo ». Comme si une telle lutte pour l’étiquette pouvait intéresser qui que ce soit et mobiliser les Italiens… Potere al popolo n’est pas capable de proposer un horizon alternatif et un projet global. Le mouvement est d’ailleurs désincarné et n’admet toujours pas l’importance du fait d’avoir un leader qui exerce la fonction de tribun, et l’importance des moyens de communication modernes dans l’élaboration d’une stratégie politique : Viola Carofalo n’est ni Pablo Iglesias, ni Jean-Luc Mélenchon. Au-delà des bonnes intentions donc, le langage et l’esthétique déployés rendent le mouvement incapable d’élargir sa base. Sur le thème européen, enfin, Potere al Popolo maintient une ambiguïté de fond, puisqu’ils sont bloqués par la possibilité de l’alliance en vue avec le maire de Naples De Magistris, lequel de son côté a déjà rallié Yannis Varoufakis dans la perspective des élections européennes de 2019.

L’Italie ne semble donc toujours pas mure pour l’apparition d’une force politique progressiste capable de coaliser des aspirations transversales et capable de vivre hors du spectre du PCI, tout en déjouant la stratégie populiste du Mouvement Cinq Etoiles, qui a réussi à articuler un certain nombre d’aspirations et qui séduit bon nombre d’électeurs issus de la gauche. Le paradoxe est que ces élections dévoilent à quel point le champ politique italien est un cadavre à la renverse, et qu’il existe donc une fenêtre d’opportunité pour élaborer un tel projet. L’Italie en a urgemment besoin.

 
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Publié par le février 15, 2018 dans actualités, Europe, POLITIQUE