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Archives de Catégorie: Europe

Les élections allemandes, quels enseignements?

Le refus des partis dominant et de leur politique, seuls ou ensemble.

« Au pays joyeux des temps partiels et mini-jobs heureux »comme le dit un ami, les partis traditionnels CDU et SPD ont reçu le salaire de la politique de leur grande coalition : c’est leur pire résultat depuis 1949. Comme quoi le bon côté de la situation c’est que qu’ils soient ensemble, opposés sans que l’on puisse d’ailleurs saisir leurs divergences ou même supposés « dépassés » à la macron, le bon peuple ne veut plus ni de leur fausse alternance, ni de leur politique . Précarité et instabilité, petits boulots et travailleurs jetés comme des kleenex ne font pas bon ménage avec les discours sur l’accueil des immigrés, une générosité factice qui met tout le monde à la rue et prétend à une mise en concurrence des exploités de tous pays pour le seul bénéfice du Capital.

Le modèle allemand n’est pas la solution que voudrait nous vendre macron

40% des écoles ont besoin d’être rénovées, 17% des Allemands sont sous le seuil de pauvreté et les chômeurs n’ont plus aucun droit depuis Hartz IV.

La réalité du miracle allemand et du grand coeur de madame Merkel c’est cette réalité là auquel le SPD n’a rien à objecter. L’entente est totale également avec notre président français qui se refend d’un discours humaniste à la tribune de l’ONU, pendant qu’en France ceux qui fuient la guerre et la misère crée par l’impérialisme dans leur pays survivent dans des tentes, des conditions inhumaines, chassés par la police et dépendant de la générosité privée. 

Par parenthèse notre président français qui n’a décidément pas la baraka espérait beaucoup du triomphe annoncé de la chancelière, (maman trés aimée du peuple allemand comme les médias nous le serinaient). Toujours en porte à faux, il anticipait sur son triomphe pour proclamer le renforcement de m’alliance forte avec merkel et en présentant demain   à la Sorbonne son projet pour relancer le moteur franco-allemand.

la montée de l’extrême droite est favorisée comme un repoussoir en attendant d’être une solution

Dans ces conditions et avec un pilonnage idéologie systématique qui ne laisse des alternatives qu’à droite, organise une diffamation systématique contre toutes les expériences et les réalisations du socialisme, cache les regrets éprouvés par ceux qui l’ont vécu, va jusqu’à identifier nazisme et communisme, pour mieux laisser le champ libre à l’extrême-droite dans toute l’Europe, comment s’étonner des résultats de l’extrême droite qui gagne 7, 9, rentre en force au parlement.

Que faire? se mettre au service du mouvement social… 

Dans de telles conditions le discours généreux de ceux qui aspirent à une autre société mais n’ont rien à présenter pour défendre leur projet flou et souvent inconsistant passe pour être de l’ordre de l’utopie inefficace, du désordre sans perspective. Les gens qui souffrent ont besoin de résultats. Le score de die Linke n’est pas déshonorant, ce parti en effet à une petite augmentation de moins de 1%, ce n’est pas négligeable si l’on considère le silence qui a été fait sur lui, mais il témoigne bien de la difficulté à mordre sur le mécontentement populaire.

En revanche, il y a malheureusement la montée de l’extrême-droite, sciemment favorisée parce qu’on espère qu’elle sera un repoussoir pour maintenir le système en place et même comme toujours une garantie pour le capital quand il n’arrivera plus à maintenir la protestation populaire. Cette progression spectculaire et inquiétante témoigne du fait que la colère n’a pas d’exutoire, pas d’espérance véritable, la domination de la petite bourgeoisie tend à prendre la place des couches populaires muselées sans remise en cause véritable de l’exploitation capitaliste, c’est la base de tous les fascismes.

La seule chance serait pourtant en Allemagne comme en France dans le développement du mouvement populaire contestant cette politique dont pourrait naître une issue démocratique et une perspective politique autant qu’un renouvellement des forces politiques en présence. Il ne s’agit pas d’en rester à un jeu électoral désormais perverti mais de bien se retrouver derrière le monde du travail, sur le terrain des luttes? En disant cela je n’ignore pas  la nécessité de la perspective politique mais malheureusement je considère qu’aucune force politique n’est aujourd’hui en capacité de mobiliser la classe ouvrière, les exploités, les couches populaires, celle-ci doivent se mobiliser et l’on doit  puiser dans ce mouvement les véritables conditions d’un renouvellement des personnels politiques et de ses programmes dans un échange permanent avec les forces existantes. Ce qui reste encore dans les luttes syndicales telles qu’elles se développent aujourd’hui c’est ce lien maintenu avec le travail et qui malheureusement a été rompu au niveau des partis politiques.

Pour construire une alternative politique à partir de ce mouvement et de ses exigences. 

Ou l’on prétend renouveler partis politiques et alliances de sommet dans ces jeux électoraux ou l’on investit dans le mouvement social toutes nos forces unies pour faire monter une véritable transformation dont notre société a un urgent besoin, pour moi l’issue est dans la deuxième branche de l’alternative: nous sommes dans une de ces périodes qui faisait que Marx abandonnait la ligue des communistes qu’il venait pourtant de créer pour entrer dans le mouvement  de 1848, là où se trouvait le prolétariat en lutte. Sans retourner au contraire au syndicalisme révolutionnaire, il faut accepter le primat des luttes sociales sur les programmes et les regroupements politiques. le véritable travail politique serait de conserver le cap sur ce que signifie le changement de société, la fin du capitalisme, l’appropriation collective des moyens de production, un travail de formation et de réflexion, ce qui est le rôle d’un parti communiste ou devrait être son rôle.

Voici les résultats définitifs (les chiffres entre parenthèses indiquent l’évolution par rapport au précédent scrutin de 2013) : 

Conservateurs (CDU/CSU) : 33% (-8,5)
Sociaux-démocrates (SPD) : 20,5% (-5,2)
Alternative pour l’Allemagne (AfD) : 12,6% (+7,9)
Libéraux (FDP) : 10,7% (+5,9)
Gauche radicale (Die Linke) : 9,2% (+0,6)
Ecologistes (Verts) :8,9% (+0,5)

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Sénatoriales. Le PCF conserve un groupe « porte-voix des luttes » Déclaration du Parti Communiste français

Sénatoriales 2017 : Déclaration du Parti communiste français

Cette élection a une valeur nationale.

Avec 13 sénatrices, sénateurs élu-e-s sur les listes soutenues ou présentées par le PCF, le groupe CRC devient au Sénat le principal groupe d’opposition de gauche à la politique Macron. Ont été élu-e-s:

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF à Paris, Eliane Assassi, présidente du groupe CRC (Seine-Saint-Denis), Eric Bocquet (Nord), Dominique Watrin (Pas-de-Calais), Cécile Cukierman (Loire), Laurence Cohen (Val-de-Marne), Pascal Savoldelli (Val-de-Marne), Guillaume Gontard (Isère, DVG), Fabien Gay (Seine-Saint-Denis), Pierre Ouzoulias (Haut-de-Seine), Michelle Greaume (Nord). Ils siégeront avec Christine Prunaud (Côtes D’Armor) et Thierry Foucaud (Seine-Maritime), dont les sièges n’étaient pas renouvelables.

Les candidat-e-s présenté-e-s et soutenu-e-s par le PCF ont rassemblé bien au-delà de leur rang, les grand-e-s électeurs, électrices, qui sont issus pour l’essentiel du rapport de force des élections municipales de 2014. Sans surprise malheureusement la droite conserve donc la majorité au Sénat. La République en Marche est stoppée dans ses ambitions. Le FN ne gagne aucun élu.

A gauche, Europe Ecologie les verts n’a pas suffisamment d’élus pour constituer un groupe. La France Insoumise ne présentait pas de candidat. Le parti socialiste va continuer de vivre avec de nombreuses contradictions, certains soutenant le gouvernement, d’autres s’y opposant. Dans ces conditions, le groupe Communiste Républicain et Citoyen est le seul groupe d’opposition de gauche à Macron au Sénat. Il travaillera à rassembler le maximum de parlementaires de gauche face aux mauvais coups du gouvernement. Seul le groupe communiste, républicain et citoyen oppose au gouvernement une voix cohérente et combative, défendant des choix alternatifs aux logiques d’austérité. Demain, seul ce groupe, qui pourrait s’élargir à tous ceux et toutes celles qui veulent une opposition claire et porteuse de choix nouveaux, portera une telle voix au Sénat. Sans lui, le Sénat ne serait plus qu’une chambre de négociations entre la droite et le Président. Négociations qui ont un objectif : déconstruire le modèle social français et chercher les 3/5ème des parlementaires pour changer la Constitution en faveur de l’ultra_libéralisme.

Les 13 élu-e-s auront à cœur de porter haut et fort les aspirations de celles et ceux qui luttent contre les réformes Macron, pour la qualité des services publics, pour la création d’une COP21 contre l’évasion fiscale, pour d’autres choix environnementaux et écologistes, pour promouvoir l’action des collectivités territoriales et leurs politiques publiques, faire vivre la démocratie, contre la loi de l’argent et pour d’autres modèles économiques prenant en compte le programme l’Humain d’abord et la France en commun.

Les sénatrices et sénateurs communistes se mettent sans attendre à la disposition des collectivités, des syndicats, des associations de solidarité, culturelles, sportives, d’élu-e-s, des citoyens pour faire barrage dans l’unité aux mauvais coups, préparer des amendements, des textes de lois… Les communistes et les citoyens peuvent s’appuyer sur leurs élu-e-s pour poursuivre et amplifier les mobilisations contre la politique libérale et droitière de Macron et ouvrir l’espoir.

Paris, le 24 septembre 2017

 
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Publié par le septembre 25, 2017 dans Europe, POLITIQUE

 

Bulgarie: les racines de la résistance au nazisme, anniversaire..

Le 23 septembre 1923, le soulèvement bulgare de septembre commence, un soulèvement armé de masse lancé par des communistes, des anarchistes et des agrariens bulgares.
Au cours du soulèvement, les communistes et les anarchistes ont réussi à prendre le contrôle de certaines régions de Bulgarie en battant les forces gouvernementales. La guerre urbaine a commencé dans la plupart des villes bulgares. Cependant, après la mobilisation des troupes gouvernementales et en formant des unités de volontaires paramilitaires nationalistes, le soulèvement a été brutalement réprimé.
Un rôle important dans sa suppression a également joué le émigrés blanc russe, qui s’était enfui en Bulgarie après la défaite de la guerre civile russe.
Après la répression, le gouvernement a lancé une répression massive contre les communistes et les anarchistes. De nombreux rebelles ont été capturés, torturés et décapité par les paramilitaires nationalistes. Quelque 10 000 personnes ont été tuées et 2 000 ont fui le pays.
Cependant, les autres forces des révolutionnaires se sont refugiées  dans les montagnes,  en menant une guérilla. Ils sont finalement devenus la base des forces bulgares de antifasciste durant la deuxième guerre mondiale guerre.
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Pire que le brexit: Référendum en Catalogne : « Les banques françaises sont les plus exposées »

 vu du point de vue des « intérêts »… (note de danielle Bleitrach)

 Par Sasha Mitchell  |   |  1279  motDes partisans de l'indépendance se pressent devant la Haute cour de justice catalane à Barcelone, jeudi 21 septembre.
Des partisans de l’indépendance se pressent devant la Haute cour de justice catalane à Barcelone, jeudi 21 septembre. (Crédits : REUTERS/Susana Vera)
Les dirigeants de la Catalogne l’ont assuré au début de l’été : en cas de victoire du « oui » lors du référendum organisé le 1er octobre, la région déclarera son indépendance dans la foulée. Cette situation inédite qu’aucun traité européen n’a prévu pourrait créer une confusion politique mais aussi économique encore plus importante qu’au moment du Brexit. Décryptage avec Eric Dor, directeur des études économiques à l’IESEG School of Management.

A dix jours du référendum sur l’indépendance, la tension monte d’un cran en Catalogne. Mercredi, quelques heures après l’arrestation du secrétaire d’Etat chargé de l’Economie du gouvernement autonome, le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy a appelé les dirigeants catalans à « revenir à la loi et à la démocratie », qualifiant le scrutin de « chimère ». En parallèle, la région se prépare. Le nouveau fisc catalan, installé dans un immeuble en verre avec vue sur le port de Barcelone, est prêt à entrer en fonction. Mais avant de prélever l’impôt dans une République de Catalogne indépendante, l’administration pourrait être confrontée à une importante période d’incertitude. Et en tant que partenaire commercial et créancière principale de l’Espagne, la France serait particulièrement affectée, explique Eric Dor, directeur des études économiques à l’IESEG.

LA TRIBUNE – En cas de « oui » au référendum du 1er octobre et de déclaration unilatérale d’indépendance, quelles règles régiraient ce tout nouveau pays, notamment d’un point de vue économique ?

ERIC DOR – C’est la bouteille à encre totale. Nous serions dans l’incertitude juridique la plus complète. Dans ce contexte, nous retrouvons d’ailleurs ce qui avait été dit aux Ecossais au moment de la tenue de leur propre référendum (en 2014, ndlr). La thèse officielle de la Commission européenne est d’affirmer que puisque les traités ne disent absolument rien sur le cas du territoire d’un Etat membre qui ferait sécession et accéderait à l’indépendance, alors celle-ci en conclut que cet Etat nouvellement indépendant sortirait d’emblée de l’UE. Ce territoire se retrouverait dans la position de n’importe quel autre pays tiers et devrait poser sa candidature pour une admission éventuelle dans l’Union. Entre temps, ce pays devrait donc commercer selon les règles qui s’appliquent aux pays non-membres de l’UE. Nous assisterions à un retour des droits de douane, qui s’élèvent à 5% en moyenne – sachant que pour l’automobile, c’est 10%. C’est particulièrement important pour la Catalogne, une région productrice d’automobiles.

Cette thèse est celle qui a bien sûr toujours été soutenue par l’Espagne, qui brandit le spectre d’une disruption du commerce international. Mais il existe une autre position. Des experts juridiques expliquent au contraire que puisque les traités n’abordent pas la question, les Etats membres ont tout à fait la possibilité de décider politiquement de ce qu’ils veulent. Le Conseil européen pourrait alors très bien décider, à l’unanimité, que la Catalogne reste membre de plein droit de l’Union européenne. Techniquement, cela ne pose aucun problème puisque de facto le territoire satisfait déjà pleinement toutes les conditions d’appartenance à l’UE.

Le Brexit peut-il contribuer à rendre cette option plus crédible, étant donné que le spectre d’une indépendance écossaise ne pourra plus être brandi ?

Ce n’est pas évident, car certains grands pays ont peur qu’un tel événement donne des idées à leurs propres régions autonomistes. Les Italiens craignent encore des mouvements autonomistes dans le Nord, en Lombardie, par exemple. Nous pouvons également citer le cas de la Flandre belge. Sans compter d’autres régions, notamment en Europe de l’Est. Personne n’a envie d’ouvrir la boîte de Pandore.

Mais, évidemment, une chose est d’avoir une position avant un référendum pour faire peur aux autonomistes et une autre chose de considérer avec réalisme la situation après le scrutin. Ni l’Espagne, ni le reste de l’Union européenne n’auraient intérêt à créer une sorte de disruption du commerce international avec la Catalogne, d’affaiblir l’Espagne, de risquer d’y provoquer une grave récession et une nouvelle crise des dettes souveraines dont toute l’Europe souffrirait. C’est d’ailleurs sur cela que comptent les diplomates catalans.

Référendum Catalogne

Un graphique de notre partenaire Satista

Peut-on imaginer l’instauration d’une période transitoire, similaire à celle qui semble se profiler dans le cas de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne ?

A titre personnel, je pense que c’est une évidence. Le Conseil européen serait au minimum obligé de prévoir une telle période. Même s’il devait s’en tenir à la position affichée, à savoir « Vous devez quitter l’UE », il serait obligé de dire « Ce sera dans deux ou trois ans » car mettre en œuvre immédiatement cette sortie serait très compliqué. Le risque est que cela provoque une importante période d’incertitude, une fuite des investisseurs et une spéculation sur la dette espagnole. Celle-ci étant très lourde et la Catalogne étant une région riche, qui transfère entre 4,5% et 8% de son PIB à Madrid, on ne peut pas exclure un retour de la crise des dettes souveraines en Espagne, car les gens remettraient en question la solvabilité de la dette du pays.

La France est un partenaire commercial important de l’Espagne. Or 20% de ses exportations et 28% de ses importations se font avec la seule Catalogne. Quelles seraient les conséquences en cas d’indépendance ?

A court terme, il y a le risque d’une confusion totale causée par la sortie immédiate de la région de l’Union européenne et la réinstauration de droits de douane. Le pire des cas, et il ne doit pas être écarté si l’on en juge par la position actuelle du gouvernement central, serait que Madrid s’oppose par la force à une indépendance jugée inconstitutionnelle. Dans ce cas-là, on pourrait même connaître une interruption physique du commerce. L’impact serait important sur les exportations françaises vers la Catalogne, voire le reste de l’Espagne.

Sur le long terme, le risque est que le retour des droits de douane entraîne une diminution des échanges commerciaux entre l’Espagne, la France et la Catalogne.

N’y a-t-il pas aussi un risque pour les banques françaises exposées à la dette souveraine espagnole ?

Il est clair qu’il existe des risques financiers importants en cas d’éclatement, en premier lieu pour les Catalans et puis pour le reste de l’Espagne. En effet, plusieurs grandes banques disposent d’un siège en Catalogne et le fait que l’Union bancaire européenne soit imparfaite conduit les systèmes nationaux à rester responsables en cas de problème. Or, la Catalogne se retrouverait exactement dans le cas de figure observé lors de la grande crise financière en 2007-2008, à savoir celui d’un pays avec un système bancaire trop gros pour lui, par rapport à son PIB. Il est possible de citer des cas extrêmes comme l’Islande, dont le secteur bancaire a grossi démesurément en allant chercher des clients à l’étranger. Justement, en Catalogne, il existe des banques très volumineuses parce qu’elles ont des clients dans toute l’Espagne. Et il faut rappeler que les banques y demeurent fragiles, comme nous l’avons vu avec l’exemple du Banco Popular. L’incertitude concernerait alors la capacité de l’Etat catalan à soutenir ses banques.

Quant aux banques françaises, qui détiennent 108 milliards d’euros de créances espagnoles, elles sont les plus exposées au monde au risque encouru par la dette souveraine, les banques et le secteur privé du pays. Par conséquent, le système bancaire français serait le premier touché par une déstabilisation financière et l’augmentation du risque de défaut de l’Etat, des banques et des entreprises. C’est la raison pour laquelle la France a tout intérêt à ce que la situation évolue dans un bon sens. C’est-à-dire, soit que la Catalogne reste rattachée à l’Espagne soit dans le cas contraire que les négociations permettent de trouver le moyen de maintenir la Catalogne dans l’UE et dans la zone euro.

Propos recueillis par Sasha Mitchell

 

 
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Publié par le septembre 24, 2017 dans Europe

 

Portugal : une fin de l’austérité en trompe-l’oeil – Entretien avec Cristina Semblano

http://lvsl.fr/lausterite-a-ravage-portugal-entretien-cristina-semblano

Portugal : une fin de l’austérité en trompe-l’oeil – Entretien avec Cristina Semblano

Cristina Semblano est Docteur ès Sciences de Gestion par l’Université de Paris I, Panthéon-Sorbonne et membre du Bureau National du Bloco de Esquerda, un des partis de la gauche radicale portugaise. Elle est chef du Service Etudes et Planification à la succursale de France de la Caixa Geral de Depósitos, banque publique portugaise. Elle a enseigné l’économie portugaise à l’Université de Paris IV- Sorbonne.

Depuis un an et demi environ, le Bloco de Esquerda, parti de gauche radicale dont vous êtes membre, et le Parti Communiste Portugais, qui ont totalisé près de 20% des voix aux dernières élections législatives, soutiennent de façon critique le gouvernement d’António Costa, issu du PS Portugais. Quel bilan faites-vous de cette année de soutien sans participation au gouvernement ?

C’est, en effet, depuis environ dix huit mois qu’un gouvernement minoritaire socialiste soutenu, au  Parlement, par les partis à sa gauche, Bloco de Esquerda, Parti Communiste et Verts, gouverne le Portugal et ceci contre la volonté du président de la République d’alors, la droite en général et une bonne partie du parti socialiste lui-même qui aurait préféré avoir donné son soutien à un gouvernement de droite. Acteur essentiel du processus qui a mené à la situation actuelle, le Bloco de Esquerda ne peut que se réjouir du bilan de cette longue d’année de « coopération critique », moins par l’ampleur des conquêtes que celle-ci a permis d’obtenir que par les catastrophes supplémentaires qu’elle a su éviter. En effet, la poursuite au gouvernement de la coalition de droite qui pendant quatre années avait  appliqué au pays un programme de destruction massive, allant au-delà du dur mémorandum de la Troïka, signifierait la poursuite de la destruction du pays, de sa vente aux enchères, de l’appauvrissement de sa population qui est déjà l’une des plus pauvres de l’UE et de la zone euro. Cela aurait aussi conduit à la poursuite de la dérégulation du droit du travail, déjà fortement déréglementé par les quatre années de gouvernance de la droite radicale et au creusement des inégalités…

En nous proposant de soutenir le gouvernement, moyennant un accord de principe préalable portant sur certains thèmes qui nous tenaient à cœur –  et des négociations au coup par coup –   nous avons pu faire en sorte que soient rétablis les salaires des fonctionnaires amputés par la Troïka, les 35 heures dans la fonction publique, les  quatre jours fériés qui avaient été supprimés. Cela a également permis l’augmentation graduelle du salaire minimum – lequel, de 505 euros alors, est monté à 557 euros depuis le 1er janvier  et doit poursuivre son augmentation pour atteindre 600 euros à la fin de la législature. Nous avons pu revaloriser certaines pensions, élargir les critères d’attribution des minima sociaux et des allocations familiales et de chômage, ce qui a touché des milliers de personnes que le gouvernement de droite avait fait sortir du périmètre des bénéficiaires. Nous avons, par ailleurs, pu contribuer à faire marche arrière sur certaines privatisations (comme les concessions au privé des transports collectifs de Lisbonne et Porto) ou à réduire leur ampleur (avec, par exemple, l’accroissement à 50%  de la part détenue par  l’Etat dans la Compagnie nationale aérienne, qui venait d’être privatisée en catimini par le gouvernement de gestion de la droite). Des milliers de familles ont pu bénéficier du tarif social de l’énergie et une taxe a été instaurée sur l’énergie et les banques. En ce moment, nous nous battons pour que les travailleurs qui exercent une activité permanente pour l’Etat soient intégrés dans la fonction publique.

Enfin, du point de vue sociétal, nous avons pu rétablir le statut quo en ce qui concerne l’interruption volontaire de grossesse que la droite avait remis en cause en instituant un ticket modérateur et l’obligation pour la femme qui désirait avorter  de suivre un parcours psychologique. Nous avons légalisé l’adoption pleine pour les couples homosexuels et fait voter la loi sur la procréation médicalement assistée pour toutes les femmes, indépendamment de leur état civil ou de leur orientation sexuelle.

Le chemin parcouru est bien timide eu égard à ce que nous aurions souhaité, mais il faut tenir compte du fait qu’en barrant le chemin à la droite radicale, nous l’avons empêché de poursuivre sa politique de paupérisation/destruction, menée de concert avec les institutions européennes et le FMI,  tout en inversant certaines dispositions relatives aux revenus et en permettant l’adoption d’autres mesures au bénéfice de la population et du pays. Cette situation n’a été possible que grâce au score des partis de la gauche de la gauche aux élections législatives, lesquels, forts de 20%, ont pu proposer au parti socialiste, sorti minoritaire des élections face à la droite, un soutien parlementaire moyennant l’acceptation par ce dernier d’accords a minima. On ne peut, en effet, comprendre la possibilité de la naissance de la « geringonça »[1] au Portugal qu’à la lumière du  contexte spécifique dans lequel  elle a vu le jour :   celui, d’une part, d’un parti socialiste sorti minoritaire des élections, après quatre années d’austérité, et qu’un soutien à la coalition minoritaire, mais gagnante, de la droite, n’aurait pu que pasokifier ; et celui, d’autre part, de l’important score obtenu par la gauche de la gauche. En effet, si le parti socialiste avait eu la majorité absolue aux élections, il gouvernerait avec le programme le plus néolibéral de son histoire ; mais, en l’occurrence, les rapports de force n’étaient pas en sa faveur et il jouait sa survie s’il n’acceptait pas de répondre à l’offre de sa gauche qui a saisi là une occasion historique pour barrer le chemin à la droite et contraindre le parti socialiste à des mesures qu’il n’était pas prêt d’embrasser.

Cela dit, la « geringonça »n’est pas un gouvernement d’union de la gauche, mais un gouvernement du parti socialiste soutenu par les partis à sa gauche. Ce soutien est critique et le Bloco de Esquerda a déjà pu le refuser en votant contre des propositions du gouvernement. Pour pouvoir intégrer un gouvernement du PS – ce que ce dernier avait initialement proposé aux partis à sa gauche, mais que ces derniers n’ont pas accepté  – il aurait fallu négocier  des mesures bien plus audacieuses que celles qu’il a été possible de négocier. Ces mesures impliqueraient, au niveau du Bloco,  une remise en cause des traités européens et l’exigence de renégociation de la dette, toutes choses difficilement envisageables pour un parti qui a fait du respect des traités européens et de ses règles, la condition préalable à l’ouverture de négociations avec les partis à sa gauche.

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Le Portugal a été menacé de sanctions pour déficit excessif par la Commission Européenne il y a un an environ. Malgré l’abandon des sanctions, le gouvernement portugais a du annuler certains investissements publics pour être dans les clous fixés par Bruxelles. Peut-on se débarrasser de l’austérité en agissant dans le cadre des institutions européennes ?

Au-delà du principe aberrant des sanctions qui consiste à fragiliser davantage un pays qui est déjà en situation financière fragile, au-delà de la géométrie variable qui préside aux décisions d’appliquer ces  sanctions – laquelle aboutit à épargner  un pays comme la  France, par exemple, « parce que c’est la France » (dixit Junker), au détriment d’un pays périphérique au déficit somme toute inférieur – il y a dans cette menace de sanctions qui a pesé, de façon humiliante,  sur le Portugal un aspect très curieux. En effet, la période visée par les sanctions concernait les années  2014 et 2015, soit une période où le Portugal, bon élève, a appliqué avec zèle les politiques de la Troïka et ses recommandations – notamment dans le cadre du programme d’ajustement (2011-2014). C’est dire qu’en sanctionnant le Portugal comme elle menaçait de le faire, la Commission Européenne s’apprêtait en fait à sanctionner le résultat des politiques d’austérité qu’elle avait préconisées,  et ce faisant, à se sanctionner elle-même. La volonté d’appliquer des sanctions au Portugal ne peut cependant être comprise si l’on ne se réfère pas au contexte  politique nouveau  qui la sous-tend, à savoir celui d’un parti socialiste minoritaire porté au pouvoir par la gauche de la gauche et bénéficiant de son soutien.  Or, c’est bien cette alliance jugée contre nature du  parti socialiste qu’il s’agissait de sanctionner. Comment admettre en effet que des partis qui mettent en cause les Traités européens puissent influencer un gouvernement, quand bien même celui-ci se dit être leur garant ? Surtout si ce dernier a pu, même dans le cadre strict de ces traités montrer qu’il était possible, malgré tout, de revenir sur les salaires coupés, la baisse de la durée du temps de travail, qu’il était possible d’augmenter le salaire minimum et instituer, finalement, des mesures en faveur des plus démunis ?  En effet, il faut avoir présent à l’esprit que si la droite était restée au pouvoir, il y aurait eu un approfondissement des mesures d’austérité dans la droite ligne des desiderata de la CE et du FMI…

Cela étant, une fois précisé  le contexte politique des sanctions et pour répondre  maintenant de façon directe à votre question, je dirai très fermement  non, on ne peut pas se débarrasser de l’austérité en agissant dans le cadre des institutions européennes, car les traités européens – Traité de Maastricht, Pacte de Stabilité et à un degré supérieur dans l’escalade, le TSCG –, en  soumettant les politiques publiques des pays à l’atteinte d’objectifs financiers de déficit et de dette, ont figé l’austérité en lui donnant un caractère perpétuel. Si un Etat veut procéder à des investissements et que leur financement met en cause le respect du  ratio dette publique/PIB, il ne pourra le faire sans enfreindre les traités et s’exposer à des sanctions. De même, la décision d’embauche de nouveaux fonctionnaires, en pesant sur les dépenses publiques, se heurte sans cesse à l’obligation de respecter la barrière des 3% de déficit public et ce d’autant plus que l’on sera en période de crise ou de faible croissance, caractérisées par la chute des  recettes fiscales…

Vous pouvez trouver contradictoire – et je vous l’accorde volontiers- que ce que je viens de dire – à savoir que l’on ne peut se débarrasser de l’austérité dans le cadre des institutions européennes – n’est pas en phase  avec ce que j’ai soutenu par ailleurs, à savoir que le nouveau gouvernement portugais, soutenu par la gauche de la gauche,  a pu, malgré tout, prendre des mesures en faveur de la population, sans mettre en cause les engagements européens. Il faut dire, à ce propos, que  le travail accompli a été essentiellement de rétablir des revenus qui avaient été coupés. Mais il reste presque tout à faire. Les inégalités très importantes qui préexistaient à l’application du mémorandum et qui se sont creusées  avec ce dernier persistent, la pauvreté et l’extrême pauvreté sont parmi les  plus importantes des pays de l’OCDE, le chômage, même s’il a décru  de façon significative, est encore important (+ de 10%) et le travail est de plus en plus précaire. L’émigration se poursuit, alors qu’elle a atteint les dernières années des flux semblables  à ceux observés pendant  la dictature  et de la guerre coloniale. Il reste à  « détroikiser » le Code du travail des mesures ayant facilité les licenciements et changé les règles de leur indemnisation, à revenir sur les règles de rémunération des heures supplémentaires et à faire rentrer des milliers de salariés dans le cadre de conventions collectives du travail desquelles ils ont été exclus…

C’est pourquoi si l’atteinte en 2016 du plus petit déficit public de l’histoire de la démocratie portugaise (2.0%)[2] constitue un motif d’orgueil pour le gouvernement socialiste portugais, il n’en va pas de même pour le Bloco de Esquerda.  Au-delà des facteurs conjoncturels, l’histoire de ce faible déficit est davantage un motif de tristesse pour notre mouvement : car, c’est l’histoire d’un pays qui – même s’il a pu redynamiser quelque peu la consommation intérieure –  n’investit pas, d’écoles qui s’écroulent, d’universités qui sont au bord de la faillite, d’hôpitaux qui manquent cruellement de personnel… C’est l’histoire d’un pays où la qualification de la main d’œuvre est très faible,  les salaires sont très bas et les écarts de salaires, de revenus et de fortune obscènes.

Mais c’est surtout l’histoire d’un pays qui reste amarré à un modèle de développement qui ne peut que le pousser inexorablement vers le fond : un modèle basé sur des productions à faible valeur ajoutée et bas salaires, qui dans le cadre de la division internationale du travail voulue par la mondialisation et de la dépossession de la politique monétaire découlant de son appartenance à la zone euro, le lancent dans une course poursuite prix-salaires sans merci. Revoir ce modèle de développement, notamment en améliorant la formation de sa population, est indispensable pour le Portugal. Cela ne peut se faire néanmoins en l’absence de gros investissements publics rendus impossibles dans le cadre des traités européens et d’une renégociation de la dette. Absorbant des sommes équivalentes au budget de l’éducation et supérieures à celles du budget de la santé,  le seul service de la dette consomme des ressources qui étranglent le pays et l’empêchent de se restructurer. Notons, pour conclure,  qu’il ne s’agit pas de la dette d’un peuple qui aurait vécu au-dessus de ses moyens, car – rappelons-nous –  il s’agit d’un des peuples les plus pauvres de l’UE, mais d’une dette à l’augmentation de laquelle le processus même de construction européenne n’est pas étranger et qui a explosé lors de la crise financière et du sauvetage des banques par l’Etat voulue par l’Union Européenne…

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Des petits porteurs du BES
manifestent à l’entrée du Ministère des Finances (27/08/2015), un an
après l’effondrement de la deuxième banque privée du Portugal

En Italie, l’État met actuellement en place un plan de sauvetage des banques italiennes, et notamment de Monte Dei Paschi di Siena, la plus vieille banque européenne, du fait d’un excès de titres pourris dans leur bilan après cinq an de crise économique. On sait que les banques portugaises sont elles aussi très fragiles et que les épargnants portugais sont exposés à une faillite de ces banques. Craignez-vous un effondrement du système bancaire ? L’État portugais peut-il encore sauver les banques portugaises ?

Pour comprendre la situation actuelle des banques portugaises, nous devons faire un bref retour en arrière, aux années 1990 : en premier lieu, la libéralisation des marchés financiers et leur déréglementation se sont traduites par un essor vertigineux du crédit distribué par les banques au Portugal ; deuxièmement, ce crédit s’est dirigé majoritairement vers les secteurs protégés de l’économie et, au premier chef, le bâtiment  et l’immobilier qui bénéficiaient de perspectives de rentabilité plus importantes dans le cadre du processus de déflation asymétrique induit par les critères de Maastricht ;  troisièmement, le Portugal a connu depuis le début du siècle une quasi-stagnation économique, conséquence de son haut niveau  d’endettement mais aussi  de son adhésion à  l’euro, avec la perte de compétitivité qui en a été le corollaire. C’est dans ce contexte d’une économie stagnante coexistant avec un  secteur financier omniprésent où les bilans des banques portugaises regorgeaient de crédits financés par leurs congénères françaises, allemandes, italiennes, que survient la crise qui a fini par déboucher sur  l’intervention de la Troïka. Les politiques pro-cycliques [NDLR : qui renforcent le cycle, à la baisse ou à la hausse] imposées par le mémorandum, en faisant peser une austérité brutale sur une économie déjà à bout de souffle, ont aggravé la situation des agents économiques  et fait exploser  les créances douteuses dans les bilans des banques[3].

Cela étant, les banques portugaises ont bénéficié d’importantes aides publiques[4] : ces dernières représentaient déjà- sans compter les garanties accordées par l’Etat – plus de 10% du PIB fin 2015 et expliquaient près de 20% de l’accroissement de la dette publique dans la seule période 2008-2014.

Est-ce à dire, pour répondre directement à votre question,  qu’avec toutes les  aides dont elles ont  bénéficié, les banques ne représentent  plus un danger pour le système financier et donc les contribuables et les épargnants ? On ne saurait l’affirmer, les fragilités des banques portugaises tenant essentiellement à deux  facteurs : un niveau encore très élevé de créances douteuses (les NPL représentent environ  20%  des encours de crédit, notre pays n’étant dépassé à ce titre que par la Grèce et l’Italie au sein des PIIGS)  et un niveau d’endettement extérieur  très important. Dans ces circonstances et, compte tenu des transferts très substantiels  déjà réalisés  vers le  secteur bancaire d’une part (auxquels il faut ajouter  un nouveau renforcement de capitaux propres dans la banque publique en 2017) et des responsabilités qui pèsent sur l’Etat dans ce domaine (garanties, participation au Fonds de résolution des banques) il n’est pas exclu que l’Etat ait encore à intervenir.  Cela poserait de véritables problèmes, compte tenu de la dette  publique qui, à plus de 130% du PIB, est déjà l’une des plus élevées de la zone (la troisième  après la Grèce et l’Italie) et dans un contexte où la dette privée et la dette extérieure sont parmi les plus élevées au monde. Ceci en dehors du fait que l’on voit mal comment on pourrait encore faire peser de nouvelles mesures d’austérité, sur un peuple qui a déjà été saigné à blanc….

Pour conclure, je dois dire que le gouvernement de la droite qui a exécuté le mémorandum n’a pas pris les mesures qu’il fallait, ayant laissé au nouveau gouvernement la résolution des problèmes de certaines banques qu’il avait dissimulés, en ayant compté, à cet égard, sur la  complicité de la Banque du Portugal, ceci pour pouvoir faire, en mai 2014, une  sortie sèche du programme du mémorandum, en honorant sa réputation de bon élève de la Troïka. Cependant et, malgré les problèmes bancaires hérités, nous considérons que le  gouvernement actuel n’a pas pris les bonnes décisions, ayant obtempéré,  sans sourciller, à la volonté de la BCE et de la Commission européenne (DGComp) qui a imposé à notre pays des solutions qu’elle n’a pas imposées ailleurs et dont certaines ont d’ailleurs été testées pour la première fois au Portugal (comme c’est le cas de la mesure de résolution appliquée à la deuxième banque privée du pays qui s’est effondrée en août 2014). En fait les banques portugaises ont servi la stratégie de renforcement des grands groupes bancaires privés européens (cas du Banif vendue sur injonction de la DGCom à Santander Totta ou de la BPI passé sous le drapeau du catalan La Caixa[5]),  ou du capital international (comme c’est le cas récent du Novo Banco[6] en cours de vente, à hauteur de 75%, à un fonds immobilier spéculatif étasunien et où l’Etat conserve 25% du capital par le biais du fonds de résolution).

Depuis la crise, le Portugal n’a cessé de nationaliser les pertes des banques pour ensuite les renflouer et les vendre enfin en solde ou même les offrir (voire payer pour les offrir) au privé. Et, dans cette nouvelle configuration, on peut de moins en moins parler de banques portugaises, le secteur bancaire étant, dorénavant,  à 60% dans les mains du capital étranger.  A ce jour,  il ne reste seulement en effet que trois banques portugaises : le groupe public, Caixa Geral de Depósitos, et deux petites banques mutualistes, le Montepio Geral et la Caixa Agrícola[7]. Ce qui reste de  la banque portugaise des PME est actuellement sous le coup d’un processus de vente à un  hedge funds immobilier américain. C’est lui qui va décider du crédit des PME portugaises. Selon quels critères cette décision sera-t-elle prise ?  De même, comment seront traités, et selon quel ordre de préférence, les besoins des clients des anciennes banques portugaises appartenant maintenant à des grands groupes bancaires privés espagnols dont les centres de décision se trouvent à Madrid  ou à Barcelone ?

Pour le Bloco de Esquerda, il ne fait  aucun doute : le secteur financier doit être nationalisé. Seul un secteur bancaire public peut être le garant de la sauvegarde de la souveraineté nationale et de l’intérêt collectif. Les décisions concernant les banques ne peuvent être laissées dans les mains de la BCE et de la CE.

 

Des élections locales vont avoir lieu le 1er octobre  2017. Les positions politiques respectives du PCP et du Bloco de Esquerda semblent s’être rapprochées depuis la crise grecque, notamment sur la critique des institutions européennes. Assisterons-nous à un front des gauches au cours de ces élections ?

Notre critique des  institutions européennes ne date pas de la crise grecque, elle a pu, tout au plus, monter en puissance après cette crise. Une chose est sûre : s’il devait être confronté à une situation semblable à ce qui fut celle du gouvernement grec à l’été 2015, le Bloco de Esquerda ne capitulerait pas : plutôt que de céder au chantage de l’Europe, il quitterait l’EuropeNotre mot d’ordre est d’ailleurs « plus aucun sacrifice pour l’euro ». Mais la vérité est que nous n’en sommes pas là, nous ne sommes pas (pas encore !) au pouvoir, nous limitant à soutenir de façon critique un gouvernement socialiste minoritaire qui, tout en ne voulant pas affronter l’Europe,  est lui-même la cible d’attaques des institutions européennes qui auraient préféré la poursuite de la politique de destruction de notre Etat social menée par le gouvernement qui a exécuté le mémorandum.

Cela étant et, pour répondre maintenant à votre question concernant les élections locales du 1er octobre prochain au Portugal : il  n’y a pas de listes d’union de la gauche.  Le Bloco participera  à ces élections, soit en présentant ses propres candidats, soit en soutenant des candidatures de la société civile. Une fois les élections réalisées, le Bloco pourra faire des alliances avec d’autres partis, à l’exclusion, bien entendu des partis de la droite et à condition qu’il n’y ait pas d’incompatibilité avec les principes fondamentaux de son agenda politique au niveau local.

Notre participation à ces élections prétend, en effet, contribuer, de façon décisive,  à l’ouverture d’un nouveau cycle politique au niveau local, en projetant les villes vers un nouveau rôle social et écologique, une capacité à garantir des droits essentiels à tous, à promouvoir l’inclusion, la participation citoyenne et la démocratie.

Le succès de la gouvernance locale ne doit pas, dès lors – et contrairement à ce qui se passe jusqu’ici –  être mesuré par la quantité de commandes de béton passées, mais par la satisfaction des droits des citoyens, les indicateurs d’égalité et de cohésion sociale, le développement écologique, et la participation citoyenne aux  décisions et à la vie des communautés humaines.

[1] Dans son sens original, geringonça désigne une invention « mal foutue », peu solide et destinée à se désagréger ; utilisée par un ex-député social-démocrate (PSD), pour désigner la solution de gouvernement du PS soutenu par les partis à sa gauche – jugée précaire et artificielle – la « geringonça » a été rapidement adoptée par tous, ayant été sacrée mot de l’année 2016 au Portugal. Dans la dimension politique qu’elle a acquise, la « geringonça » contredit son sens étymologique, résistant déjà depuis environ dix-huit mois à la désagrégation promise aux inventions brinquebalantes qu’elle désigne

[2] En  mai 2017, la Commission Européenne a décidé la sortie du Portugal de la Procédure pour Déficit Excessif , dans laquelle  le pays se trouvait depuis huit ans

[3] A ces facteurs, il faut ajouter un autre, spécifique, à savoir la gestion abusive  des banques  qui trouve sa  source dans les défaillances de la supervision bancaire.

[4] Et ceci même si, seule une faible partie (eu égard aux besoins)  des prêts internationaux (UE et FMI), soit 12/78 milliards d’euros  a été réservée à la capitalisation des banques privées portugaises dans le cadre du mémorandum  (à noter que la banque publique était exclue de la possibilité d’utilisation de cette ligne de crédit –entièrement dédiée aux banques privées –devant, en cas de besoin,  se capitaliser par ses propres moyens)

[5] Ici, la main de la BCE – en exigeant à la BPI d’abandonner le gros de la participation qu’elle détenait dans sa  filiale  angolaise, d’où provenaient  80%  de ses résultats –  a forcé à la recomposition de l’actionnariat de la banque qui a abouti en fin de compte à la prise de contrôle total de son capital par La Caixa

[6] Banque de transition regroupant les actifs jugés sains du BES (deuxième banque privée du pays, ayant fait l’objet d’une mesure de résolution en août 2014).

[7] En effet, la première banque privée du pays (BCP), est dominée par les capitaux chinois et angolais, même si son siège est au Portugal.

Propos recueillis par Lenny Benbara pour LVSL

Crédits photos :

Paulo Pimenta, in Portugal é isto, Público.

Daniel Rocha,  in  Público.

Tiago Petinga,  Lusa

 
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Publié par le septembre 23, 2017 dans Economie, Europe

 

Nos amis d’Odessa nous alertent

Marianne a reçu un signal d’alerte d’un de nos amis odessites et elle me demande de vous prévenir, il nous annonce de bonnes et mauvaises nouvelles et a donc besoin que publicité soit faite sur les agissements des fascistes à Odessa.

D’abord une bonne nouvelle, le procès des anti-maïdans qui se tenait depuis 3 ans a connu un épilogue heureux.

Les 5 personnes qui étaient détenues pour s’être affrontées dans la rue Grecque (le même jour où l’on brûlait dans la maison des syndicats) avec les fascistes se revendiquant du maïdan  avaient été arrêtés, alors qu’il n’y a toujours eu aucun fasciste arrêté.

Le procès s’est soldé heureusement par un acquittement vu qu’aucun témoignage contre eux n’était crédible. Tout le procès s’était déroulé y compris la dernière séance avec des hordes dehors qui faisaient pression sur le tribunal. Mais le dossier était tellement vide que le tribunal l’a reconnu. Voilà pour la bonne nouvelle.

Mais aussitôt deux d’entre eux ont été incarcérés sous le chef d’accusation de séparatisme. Parmi les trois qui ont été libéré, l’un a été suivi jusque chez lui par les fascistes et frappé, littéralement massacré. Comme le déclare la presse russe aujourd’hui.

Il faut rester vigilant sur ce qui se passe à odessa, en Ukraine, en Pologne avec la montée du fascisme encouragé par nos propres gouvernements et dans le silence de nos médias.

 
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Publié par le septembre 19, 2017 dans Europe, extrême-droite, GUERRE et PAIX

 

La révolte des ouvriers serbes face à leurs patrons étrangers

Dans une usine du groupe sud-coréen Yura à Raca en Serbie, le 25 août 2017 / © AFP / Nebojsa Raus

Qualifiés, bon marché, peu protégés par la loi, les ouvriers serbes ont tout pour plaire aux multinationales étrangères. Mais la grogne monte parmi les travailleurs du plus grand pays des Balkans, candidat à l’Union européenne.

La grève des ouvriers de Fiat fin juin a marqué les esprits. Les 2.400 ouvriers de l’usine de Kragujevac dans le centre du pays demandaient une hausse de leur salaire de plus de 18%. Une demande qui peut sembler exorbitante pour qui ignore que cela aurait fait passer leur traitement à… 370 euros mensuels. Soit 30 euros en dessous du salaire moyen de ce pays, qui négocie son adhésion à l’Union européenne.

Ce fut la première crise qu’eut à gérer la Première ministre Ana Brnabic, une jeune technocrate de 41 ans. Elle l’a gérée en prévenant les syndicats que Fiat ne négocierait pas tant que la grève continuerait. De son côté, le constructeur italien choisissait le silence, laissant se répandre les rumeurs de départ du pays où il est installé depuis les années 1950.

Une perspective inquiétante pour un pays où le taux de chômage avoisine les 15% et où les exportations de Fiat (382,2 millions d’euros au premier quadrimestre 2017) pèsent pour 3% du PIB, selon l’institut national des statistiques. L’été passé, les négociations ont abouti à un accord sur une augmentation des salaires indexée sur le taux d’inflation projeté, soit 4,5% pour 2018.

Malgré cette issue, Ranka Savic, une dirigeante du syndicat ASNS, ne décolère pas: l’Etat « laisse les multinationales faire ce qu’elles veulent, pour pouvoir se targuer d’un taux d’embauche historique », dit cette dirigeante d’un des principaux syndicats serbes.

Pour les attirer, les investisseurs étrangers se voient offrir aides à l’emploi et exonérations fiscales. Sollicité, le Conseil des investisseurs étrangers en Serbie s’est refusé à commenter.

– Un ouvrier se pend –

Emblématique, la grève de Fiat ne fut pas le seul signe de la grogne qui monte. Salaires payés en retard, charges sociales « oubliées », heures supplémentaires non rémunérées, conditions de travail désastreuses: la presse rapporte régulièrement de tels abus.

Le groupe sud-coréen Yura, spécialisé dans l’équipement électronique automobile, avait ainsi été au centre d’une tempête médiatique en 2016, avec des récits d’abus, de harcèlement, ou de refus de laisser les ouvriers se rendre aux toilettes dans l’usine de Leskovac (sud). L’histoire d’une mère célibataire atteinte d’une tumeur, dont le contrat n’avait pas été prolongé, avait suscité une vive émotion en Serbie.

Yura, sollicitée par l’AFP par courriel, n’a pas réagi. De son côté, l’inspection du travail n’avait pas trouvé trace de « comportement contraire aux règles ».

Mais les ouvriers « ont trop peur pour confirmer publiquement » ces accusations, affirme la rédactrice en chef de Nova Ekonomija, Biljana Stepanovic. Pour Ranka Savic, les ouvriers craignent « de perdre le peu de salaire qu’ils gagnent » dans un pays où l’assurance chômage est ridiculement faible. Notamment dans le sud déshérité du pays.

Mais les 300 ouvriers de l’usine de wagons de Smederevska Palanka (80 km au sud de Belgrade) n’ont plus rien à perdre. Ils ne sont plus payés depuis le début de l’année et sont en grève depuis le printemps. Ils viennent d’organiser une manifestation à Belgrade pour supplier le gouvernement de les aider. En mars, un de leurs collègues, Dragan Mladenovic, 56 ans, s’est pendu dans l’usine.

– Calculs politiques –

Après avoir acquis Gosa en 2007, ZOS l’a revendu à une société chypriote en avril 2017. Interrogée, la compagnie slovaque a indiqué qu’elle ne répondrait pas aux questions sur Gosa, qui ne lui appartient plus. Quant à la société chypriote, ses locaux se résument à un simple bureau à Nicosie, où on ne commente pas plus.

« Au début c’était correct, mais d’année en année nos salaires ont diminué, jusqu’au strict minimum, et nos obligations se sont multipliées (…) Au final, ils ont cessé de payer nos salaires », raconte l’ouvrier Dobrica Stevanovic, 60 ans, qui ne peut prendre sa retraite, les charges patronales n’ayant pas été payées par ZOS Tranava, selon les syndicats.

Ces ouvriers de Gosa « sont le symbole d’une classe ouvrière écrasée », a déclaré Bosko Obradovic, leader du parti de droite traditionaliste, Dveri. « Le problème c’est l’Etat qui laisse faire ».

« Si le président » Aleksandar Vucic « vante lui même une main d’oeuvre bon marché, pourquoi l’investisseur ferait-il un effort ? Les gens sont à bout. Ils acceptent ce qu’on leur propose », regrette Biljana Stepanovic.

(©AFP / 17 septembre 2017 14h33)

 
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Publié par le septembre 18, 2017 dans Europe, SYNDICATS et LUTTES SOCIALES