RSS

Archives de Catégorie: Europe

Rubén Velázquez : le chant de la mémoire et des racines meurtries…

écrit par Nicolas Coulaud 28 mars 2019 08:08

Grand interprète d’œuvres lyriques, le ténor toulousain Rubén Velázquez tisse aujourd’hui avec son association La Dame d’Aragon des liens culturels forts entre l’Occitanie et la province de Saragosse. Son histoire familiale, ses ascendances castillanes, nous tendent aussi le miroir d’une Espagne tourmentée, de ses mystères et de ses sortilèges.

Ruben Velasquez

La voix est suave, le timbre chaleureux. Attablé dans un café du Vieux Toulouse par une matinée froide et ensoleillée, Rubén Velázquez parle d’un ton posé, marque des silences comme pour mieux laisser vagabonder sa mémoire. Quelques semaines après la double représentation à la Halle aux grains de Hambre, Jota & Zarzuela, spectacle plastique et musical promu par son association La Dame d’Aragon, le ténor international, né dans la ville rose dans les années 50, semble reprendre le fil d’une longue discussion. L’histoire de sa famille (d’un côté des paysans sans terres du village de Navaluenga, dans les environs d’Ávila, et de l’autre les descendants de la noblesse d’épée d’une vieille lignée de Ségovie), son enfance et son adolescence passées en divers lieux de la rive gauche toulousaine, sa carrière de chanteur lyrique, de Barcelone à Milan en passant par Trieste, Madrid ou Venise : les grandes étapes, les faits indélébiles, mais aussi les détails et les anecdotes de sa vie et de son parcours passent tour à tour dans la voix et les mots du chanteur.

Des nombreux souvenirs qui remontent à sa mémoire, Rubén Velázquez évoque immédiatement des rues, des adresses, des numéros. Une façon de fixer sa géographie intime, sa topographie sentimentale, à la manière d’un Patrick Modiano… Naissance à Saint-Cyprien, au 76 rue Réclusane, dans ce quartier populaire peuplé d’exilés espagnols, de gitans, de familles pauvres qui vivent sans eau courante ni électricité dans des pièces souvent borgnes dont le sol n’est fait que de terre battue. « Je suis un enfant de Saint-Cyprien. Après la rue Réclusane, nous sommes allés vivre rue de Cugnaux, où j’ai passé l’essentiel de ma jeunesse, comme mon frère. Tous les jours ma mère partait travailler. Elle vendait notamment des beignets, des bonbons. D’abord de façon ambulante, avant d’ouvrir un stand aux halles de Saint-Cyprien. Quand j’étais petit, vers 4 ou 5 ans, je ne supportais pas que ma mère me laisse seul. Quand je n’étais pas à l’école, je l’accompagnais souvent au cours de ses tournées, dans les music-halls, les cafés, aux arènes du Soleil d’Or, tous les endroits où il y avait des animations» raconte Rubén Velázquez.

De bals en cabarets

Cantatrices, catcheurs, mimes, toreros, le tout jeune Rubén grandit dans un univers où se mêlent artistes et gens du spectacle. « Quand j’ai huit ou neuf ans, j’ai pris l’habitude d’aller tous les dimanches chez une sœur de ma mère qui avait la télévision. Nous regardions un programme de concerts classiques qui passait à 17 heures. Je pense que cela a été un éveil musical très important » poursuit-il. Les années passent. Rubén Velázquez fait la découverte des bals populaires. Aux halles de Saint-Cyprien, il donne parfois un coup de main aux membres d’un petit orchestre tenu par un caviste du marché. Le groupe se produit dans des messes, des apéros-concerts. Il faut transporter le matériel, le sortir, le ranger. Un beau jour, l’adolescent se voit proposer de monter sur scène pour pousser la chansonnette. Il accepte, se révèle doué, reproduit l’expérience dès que l’occasion se présente, écume les bals. La passion s’empare de lui. Le travail et la persévérance feront le reste.

Au début des années 70, il s’inscrit au Conservatoire. Un soir, une femme frappe à la porte de la maison familiale. C’est Caroline, sa tante paternelle, chanteuse émérite au Liban, qui a fui le pays du cèdre où s’abat la guerre civile. Durant tout le temps qu’elle passe à Toulouse, elle donne à son neveu des cours de chant, lui inculque le répertoire classique mais aussi celui du cabaret. En l’espace de quelques années, Rubén Velázquez se perfectionne au point de pouvoir se présenter à divers concours internationaux et de s’y distinguer. Vienne, Pampelune, Madrid, puis la consécration à La Scala de Milan, à Barcelone et à Venise, auprès de Jaime Francisco Puig et Aldo Danielli. A Trieste, il débute dans Mozart et Salieri, l’opéra de Rimski Korsakov, avant d’enchaîner les premiers rôles dans les œuvres de Beethoven, Verdi, Bizet, Offenbach…

Ruben

Vicente Pradal, Rubén Velázquez et Serge Guirao

L’Espagne, tableau tragique…

D’une telle carrière, accomplie pendant près de trente ans sur les plus grandes scènes du monde, ponctuée également d’œuvres personnelles telle YedraHispanias miticas ou encore La Nuit obscure avec Vicente Pradal et Serge Guirao, Rubén Velázquez évoque des épisodes qu’il relate sans aucune vanité. « Quand on sait d’où je viens, quand on y pense… » confie-t-il soudain au gré de la conversation, avec le regard voilé de ceux qui n’oublient pas leurs racines, ni les sacrifices consentis par leurs aïeux. Car l’histoire de cet « enfant de Saint-Cyprien », celle de sa famille, convoque peu ou prou tous les éléments du tableau tragique de l’Espagne du siècle écoulé. Côté maternel, c’est « l’exil de la famine » qui pousse dans les années 1910 le grand-père de Rubén Velázquez, Antonio de Pinto, à quitter les environs d’Ávila, l’immensité écrasante de la Vieille Castille, sa sécheresse et son aridité, pour s’installer à Trèbes, dans l’Aude, afin de travailler dans les vignes comme manœuvre dans l’espoir de nourrir enfin femme et enfants.

Vingt ans plus tard, dans une famille noble des alentours de Ségovie qui ne cachait pas ses sympathies franquistes et phalangistes, deux frères âgés de 16 et 17 ans, fascinés par Marx et Engels, décident en 1936 de prendre les armes pour défendre la cause républicaine. Luis et Antonio Velázquez montent au front. Le jeune Luis y sera blessé et une jambe broyée le laissera en partie invalide. En 1939, lors de la « Retirada » dont on commémore en ce moment-même les 80 ans, il connaît parmi tant d’autres l’internement dans les camps d’Argelès-sur-Mer, au sud de Perpignan, et de Noé, en Haute-Garonne. A Noé justement, durant l’hiver 39/40, une jeune femme depuis longtemps déracinée de sa Castille natale vient en aide aux Républicains vaincus et humiliés. C’est ainsi que Juliette de Pinto et Luis Velázquez, les futurs parents de Rubén, se rencontrent. Parti rejoindre son frère Antonio dans le maquis auvergnat où tous deux serviront en 1944 parmi les guerilleros espagnols engagés dans les Forces Françaises de l’Intérieur (FFI), Luis Velázquez ne reviendra à Toulouse qu’une fois la guerre terminée. Antonio restera quant à lui à Clermont-Ferrand, où il entrera chez Michelin avant de s’envoler un jour pour l’Argentine.

Ruben Velasquez

La faim, l’exil, les conflits armées, la famille déchirée, la diaspora, les ruptures, les adieux, les tabous, les aveux : il y a sans aucun doute dans l’histoire de Rubén Velázquez tout ce qu’une trajectoire individuelle peut révéler d’un destin collectif. Celui de l’Espagne contemporaine, ses racines meurtries, sa dictature, mais aussi sa transition démocratique symbolisée par la « movida » des années 70 et 80, que d’aucuns disent inachevée… « L’Espagne est une douleur énorme, profonde, diffuse » écrivait José Ortega y Gasset. Rubén Velázquez, dans l’évocation discrète de sa mémoire et de ses souvenirs ensevelis, pourrait entièrement faire sienne cette si belle phrase du philosophe madrilène…

Nicolas Coulaud

photos  ©  Pierre Beteille  /  Culture 31

Publicités
 

Ian Brossat explique sa proposition de « clause de non-régression sociale »

Si une telle mesure s’appliquait cela signifierait la fin de l’UE telle qu’elle est, comme d’ailleurs l’autre mesure : la dénonciation de l’OTAN. Au concret en finir avec l’UE, ce n’est pas seulement en sortir c’est aussi se battre pour la miner en tant que base des intérêts capitalistes et mise en concurrence des travailleurs. Aurons-nous les moyens d’une telle politique? sans un parti communiste certainement pas (note de Danielle Bleitrach).

Européennes : Ian Brossat, le "communiste 2.0" qui veut sauver la gauche

blob:https://www.dailymotion.com/0ba46ed0-257e-44fa-8b33-e8e4018f3aa3

Invité de l’émission Territoire d’Infos sur Public Sénat et les Indés Radios, Ian Brossat, chef de file du parti communiste aux élections européennes, explique sa proposition de « clause de non-régression sociale ».

Par Yann Quercia
3mn

C’était hier soir le premier grand débat entre les douze têtes de liste pour les élections européennes. Les échanges, parfois cacophoniques, ont vu émerger des propositions de la part des candidats. « On doit pouvoir dire non aux reculs sociaux » a affirmé Ian Brossat sur France 2 en évoquant l’idée d’une clause de non-régression sociale.

Ce matin, pour défendre cette idée, le candidat du PCF prend exemple sur la fermeture des petites lignes : « Depuis l’après seconde Guerre mondiale, la France s’est dotée d’un secteur public puissant avec des entreprises publiques qui disposaient d’un monopole dans un certain nombre de secteurs comme l’énergie ou le ferroviaire. L’Union européenne nous a forcés à les mettre en concurrence. C’est le cas du quatrième paquet ferroviaire qui fait que nous allons devoir fermer beaucoup de petites lignes non rentables. »

Ian Brossat pointe du doigt la mise en concurrence et voudrait pouvoir s’y opposer grâce à cette clause : « Notre système va se dégrader à cause de la mise en concurrence. Nous devrions pouvoir dire que nous avons un système qui marche, que nous ne voulons pas mettre en concurrence et opposer cette clause de non-régression sociale. »

Il conclut : « L’Union européenne doit accepter qu’il puisse y avoir, dans notre espace, des modèles économiques différents. L’Union européenne veut imposer un moule libéral qui ne correspond pas à la tradition de la France. »

 

La Hongrie, pays membre de l’Union Européenne par Judit Morva

Dans la première partie de mes mémoires, je consacre une part importante à la Hongrie non seulement parce que ce qui s’est passé dans ce pays joue un rôle important dans mon adhésion, mais parce qu’effectivement autant que la Pologne c’est un laboratoire dans la chute des pays de l’est et je participe en 1989 aux prémices de ce qui va se dérouler à Berlin, à la veille des événements de Tian An Men. Ce petit pays qui a été amputé de son hinterland et dont la tête Budapest reste une des cités les plus magnifiques de l’Europe centrale est encore aujourd’hui un laboratoire que Judit décrit ici très bien (note de Danielle Bleitrach).

Résultat de recherche d'images pour "budapest tourisme"

Après la chute du mur de Berlin, la bascule d’un régime socialisme en un système capitalisme dans les années 1988-1991, dans la zone de l’Europe de l’Est, a grandement surpris la majorité des populations, à l’Est comme à l’Ouest. Gorbatchev ayant accédé au pouvoir en 1985, les prémices au changement se sont manifestés dès cette époque.

En Hongrie, l’Open Society Fondation, le bras agissant de George Soros, a été autorisée à opérer en 1984. Ce qui signifia en pratique que les occidentaux ont commencé à former une nouvelle élite – à l’époque d’idéologie libérale – pour mettre sur la touche et plus tard, marginaliser, voire même exclure, les dirigeants marxistes. Bien sûr, à coté des institutions de Soros – donc des Américains – d’autres intervenants occidentaux ont également été actifs : nous pouvons à cet égard mentionner les fondations des partis politiques allemands qui, bien que plus discrètes que les américains, ont été non moins présentes et efficaces.

L’objectif a très clairement été de sélectionner et de former des nouveaux dirigeants politiques, économiques et administratifs. Le critère a été leur bon vouloir à coopérer avec les pays occidentaux. Ce projet a été mené à grande échelle, plusieurs dizaines, voire centaines de milliers de personnes ont participé à des programmes de formation plus ou moins longs, d’une journée à plusieurs années.  Viktor Orbán et son coéquipier de toujours, László Kövér – actuellement président de l’Assemblée Nationale – ont été sélectionnés, formés et mis sur orbite par la Fondation Soros.  En tant que boursier, Orbán a ainsi passé l’année scolaire 1989-90 en Angleterre, à Oxford. Il s’affiche alors comme un « libéral » – tout comme son parti, le FIDESZ – et il est même un des vice-présidents de l’Internationale Libérale.

Viktor Orbán ne s’est tourné vers la droite et vers le nationalisme qu’en 1992. A cette époque, il lui apparait clairement que les organisations et les partis politiques qui se revendiquent d’une filiation directe avec les années précédant la 2ème guerre mondiale sont devenus trop archaïques. Il y avait donc, aux yeux d’Orbán une place à prendre, sur la droite de l’échiquier politique, pour une formation nouvelle incarnant les valeurs de la classe moyenne traditionnelle, rassemblant élitisme, nationalisme et appartenance à la communauté religieux locale.

Ce virage idéologique va cependant ouvrir un espace assez étroit pour Orbán. Il doit apparaitre comme le courageux défenseur de la Nation, un souverainiste traditionnel, alors que la Hongrie est un pays économiquement dépendant. De ce fait, tout dirigeant politique qui veut se maintenir au pourvoir doit collaborer étroitement avec les occidentaux. La suite lui donnera raison. En effet, les dirigeants des multinationales installées en Hongrie sont, selon tous les sondages, absolument satisfaits du gouvernement d’Orbán. Bien qu’Orban, personnellement, avec la majorité de son équipe, ait été sélectionné par des américains, il semble qu’actuellement ce soit le soutien de l’Allemagne – il est en bons termes surtout avec les politiciens de la Bavière – qui l’aide à se maintenir au pouvoir.

La dépendance économique du pays se pose en termes très clairs : la Hongrie – comme toute la région des anciens pays socialistes de l’Europe de l’Est – est un pays de la semi-périphérie de l’Union Européenne, c’est à dire un réservoir de main d’œuvre bon marché pour l’Europe occidentale. L’appauvrissement est tellement marqué que ces pays ont perdu au moins 10% de leur population. Les jeunes émigrent massivement et des usines d’assemblage des multinationales occidentales s’installent dans la région pour profiter du bas niveau des salaires, qui est à peine le tiers à ce qui est pratiqué dans l’Ouest de l’Europe. C’est une situation structurelle stable qui n’offre aucune perspective d’évolution de rattrapage des salaires et donc de niveau de vie avec celui des voisins de l’Europe de l’Ouest.

Cette réalité crée une situation politique forcément instable. En effet, il est difficile de faire accepter par la population que, même à long terme, il faudra s’accommoder d’un niveau de vie fortement inférieur à celui des pays situés à seulement quelques kilomètres.
Pour maintenir cette situation, l’Union Européenne accorde à la Hongrie un financement annuel substantiel, de l’ordre de 4 % du budget de l’État. Ainsi, tandis qu’Orbán apparaît à l’intérieur du pays, voire dans toute l’Europe, comme un politicien qui tient tête, qui est téméraire et défend les intérêts de son pays contre la colonisation occidentale, contre la bureaucratie de Bruxelles et, depuis 2015, contre des migrants, dans la réalité il doit veiller à maintenir ce flux de financement une année sur l’autre. Il est très volontiers provocateur – comme l’a revélé Wikileaks – et a ouvertement annoncé aux diplomates en poste à Budapest en 2006 : „Ne faites pas attention à ce que je dis, la seule chose dont vous devez prendre en compte est ce que je fais”. Il y a donc un clivage très net entre les actions du gouvernement et la propagande politique destinée à maintenir sa popularité.

Un « ordre de pouvoir semi-féodal »

En dehors du financement régulier que lui accorde Bruxelles, Orbán et l’Union Européenne travaillent main dans la main sur le projet d’assouplissement du code du travail. L’appauvrissement d’une partie importante de la population exige que l’Etat s’occupe de son sort, car 10 à 12% des gens vivent dans une grande misère et dans l’ensemble 40% de la population vit autour du niveau du seuil de pauvreté.
Orbán a mis en place un système de travail dit « d’utilité publique », qui connait un succès indéniable et renforce la stabilité du gouvernement. L’État emploie dans ce cadre des centaines de milliers de personnes en chômage de longue durée, et remplace de fait l’indemnisation du chômage qui est limitée à trois mois. Les salaires de ces travaux ne sont pas uniformes et sont nettement inférieurs au salaire minimum. La tâche à réaliser peut être utile ou complètement inutile, et il arrive que le travailleur soit placé dans une entreprise privée où il ne recevra pas le salaire de ses collègues. Le système repose sur un traitement individuel et une dépendance personnelle importante. Ce qu’une sociologue de renom, Erzsébet Szalai, appelle un « ordre de pouvoir semi-féodal ». L’essence de ce système consiste à diluer le champ d’application du code du travail, à rendre les salaires, les horaires et autres conditions de travail, occasionnels et arbitraires. De plus, le gouvernement peut augmenter ou diminuer très rapidement le nombre de ces emplois d’utilité publique, ce qui constitue un outil d’influence politique immédiate. A la veille d’élections, l’État recrute plus largement. Dans les régions les plus pauvres, il s’agit souvent de la source de revenus la plus importante pour la population. Avec ce système de travail d’utilité publique, Orbán a réussi à obtenir le soutien des plus grands perdants du capitalisme : ceux qui  sont vulnérables et mènent une vie dans la  pauvreté. Paradoxe de cet état de fait : ces derniers votent massivement pour Orbán.

Depuis le mois de décembre 2018, des manifestations sont massives dans la Capitale, à Budapest et, fait nouveau, également dans les villes de la province. Tout cela ne semble pas trop inquiéter Orbán et son équipe. Car le soutien de l’Union Européenne est infaillible. Qualifiée hier de « baraque la plus gaie du camp socialiste », la Hongrie est devenu un des ateliers industriels de l’Europe capitaliste. Tandis que les gens battent le pavé dans le froid et sous la neige, l’UE a viré une forte somme, de près de 3 milliards d’euros au gouvernement d’Orbán.

Cette réponse à la colère des Hongrois a choqué bien des manifestants. Il est probable que les drapeaux européens, qui flottaient régulièrement dans les manifestations à Budapest, seront moins nombreux à l’avenir !

JM

 

 

 
Poster un commentaire

Publié par le avril 15, 2019 dans Europe

 

L’arrestation d’Assange est une mise en garde de l’histoire

L’image de Julian Assange traîné hors de l’ambassade de l’Equateur à Londres est emblématique de notre époque. La force contre le droit. La brutalité contre la loi. L’indécence contre le courage. Six policiers malmenant un journaliste malade, ses yeux plissés contre sa première lumière naturelle depuis près de sept ans.

Que ce scandale se soit produit au cœur de Londres, dans le pays de la Magna Carta, devrait faire honte et mettre en colère tous ceux qui se soucient pour les sociétés « démocratiques ». Assange est un réfugié politique protégé par le droit international, le bénéficiaire de l’asile en vertu d’un pacte strict dont la Grande-Bretagne est signataire.

L’Organisation des Nations Unies l’a clairement indiqué dans la décision juridique de son Groupe de travail sur les détentions arbitraires.

Mais au diable tout ça. Laissez entrer les voyous. Dirigée par les quasi-fascistes de l’administration Trump, en collaboration avec l’Équatorien Lenin Moreno, un Judas latino-américain et menteur qui cherche à camoufler l’état moribond de son régime, l’élite britannique a abandonné son dernier mythe impérial : celui d’équité et de justice.

Imaginez Tony Blair traîné hors de sa maison géorgienne de plusieurs millions de livres à Connaught Square, Londres, menotté, pour être ensuite expédié à La Haye. Selon l’exemple de Nuremberg, le « crime suprême » de Blair est la mort d’un million d’Irakiens. Le crime d’Assange est le journalisme : demander des comptes aux rapaces, dénoncer leurs mensonges et donner aux gens du monde entier les moyens d’agir avec la vérité.

L’arrestation choquante d’Assange est un avertissement pour tous ceux qui, comme l’écrivait Oscar Wilde, « sèment les graines du mécontentement [sans lesquels] il n’y aurait pas de progrès vers la civilisation« . L’avertissement est explicite à l’égard des journalistes. Ce qui est arrivé au fondateur et rédacteur en chef de WikiLeaks peut vous arriver dans un journal, ou à vous dans un studio de télévision, ou vous à la radio, ou vous qui diffusez un podcast.

Le principal bourreau médiatique d’Assange, The Guardian, collaborateur de l’État secret, a montré sa nervosité cette semaine avec un éditorial qui a atteint de nouveaux sommets en termes d’hypocrisie. The Guardian a exploité le travail d’Assange et de WikiLeaks dans ce que son précédent éditeur appelait « le plus grand scoop des 30 dernières années« . Le journal s’inspira des révélations de WikiLeaks et s’attira louanges et fortune.

Sans verser un sou pour Julian Assange ou WikiLeaks, un livre largement promu du Guardian donna lieu à un film hollywoodien lucratif. Les auteurs du livre, Luke Harding et David Leigh, se retournèrent contre leur source, le maltraitèrent et divulguèrent le mot de passe qu’Assange avait confié au journal en toute confidentialité, conçu pour protéger un fichier numérique contenant des câbles des ambassades des États-Unis.

Alors qu’Assange était piégé à l’ambassade de l’Équateur, Harding se joignit à la police à l’extérieur et se réjouit sur son blog que « Scotland Yard aura le dernier mot ». The Guardian a depuis publié une série de mensonges à propos d’Assange, notamment une affirmation discréditée selon laquelle un groupe de Russes et l’homme de Trump, Paul Manafort, avaient rendu visite à Assange à l’ambassade. Ces réunions n’ont jamais eu lieu ; c’était faux.

Mais le ton a maintenant changé. « L’affaire Assange est une toile moralement enchevêtrée« , estime le journal. « Il (Assange) croit en la publication de choses qui ne devraient pas être publiées… Mais il a toujours fait la lumière sur des choses qui n’auraient jamais dû être cachées. »

Ces « choses » sont la vérité sur la façon meurtrière dont l’Amérique mène ses guerres coloniales, les mensonges du Foreign Office britannique dans son déni des droits des personnes vulnérables, comme les habitants des îles Chagos, la dénonciation d’Hillary Clinton comme une partisane et bénéficiaire du jihadisme au Moyen-Orient, la description détaillée par des ambassadeurs américains sur la façon dont les gouvernements en Syrie et au Venezuela pourraient être renversés, et beaucoup plus. Tout cela est disponible sur le site de WikiLeaks.

The Gardien est nerveux, et on le comprend. La police secrète a déjà rendu visite au journal et exigé et obtenu la destruction rituelle d’un disque dur. Sur ce point, le journal n’en est pas à sa première. En 1983, une commis du Foreign Office, Sarah Tisdall, a divulgué des documents du gouvernement britannique indiquant quand les armes nucléaires américaines de croisière arriveraient en Europe. Le Gardien fut couvert d’éloges.

Lorsqu’un tribunal a exigé de connaître la source, au lieu de laisser le rédacteur en chef aller en prison sur la base d’un principe fondamental de protection des sources, Tisdall fut trahie, poursuivie et condamnée à six mois de prison.

Si Assange est extradé vers les Etats-Unis pour avoir publié ce que The Guardian appelle des « choses » véridiques, qu’est-ce qui empêchera la rédactrice en chef actuelle, Katherine Viner, de le suivre ou l’ancien rédacteur en chef, Alan Rusbridger, ou le propagandiste prolifique Luke Harding ?

Qu’est-ce qui empêchera les rédacteurs en chef du New York Times et du Washington Post, qui ont également publié des bouts de vérité provenant de WikiLeaks, et le rédacteur en chef de El Pais en Espagne, de Der Spiegel en Allemagne et du Sydney Morning Herald en Australie. La liste est longue.

David McCraw, avocat principal du New York Times, a écrit : « Je pense que la poursuite [d’Assange] constituerait un très, très mauvais précédent pour les éditeurs… d’après ce que je sais, il est en quelque sorte dans la position classique d’un éditeur et la loi aurait beaucoup de mal à distinguer le New York Times de WilLeaks. »

Même si les journalistes qui ont publié les fuites de WikiLeaks ne sont pas convoqués par un grand jury américain, l’intimidation de Julian Assange et Chelsea Manning suffira. Le vrai journalisme est criminalisé par des voyous, au vu et au su de tous. La dissidence est devenue une indulgence.

En Australie, l’actuel gouvernement pro-américain poursuit deux dénonciateurs qui ont révélé que les espions de Canberra avaient mis sur écoute les réunions du cabinet du nouveau gouvernement du Timor oriental dans le but de priver ce petit pays pauvre de sa part des ressources en pétrole et en gaz de la mer du Timor. Leur procès se déroulera en secret. Le Premier ministre australien, Scott Morrison, est tristement célèbre pour son rôle dans la mise en place de camps de concentration pour les réfugiés dans les îles de Nauru et Manus, dans le Pacifique, où les enfants s’auto-mutilent et se suicident. En 2014, Morrison a proposé des camps de détention de masse pour 30 000 personnes.

Le vrai journalisme est l’ennemi de ces scandales. Il y a dix ans, le ministère de la Défense de Londres a publié un document secret qui décrivait les « principales menaces » à l’ordre public, au nombre de trois : les terroristes, les espions russes et les journalistes d’investigation. Ces sont ces derniers qui étaient désignés comme la principale menace.

Le document fut dûment divulgué à WikiLeaks, qui l’a publié. « Nous n’avions pas le choix« , m’a dit Assange. « C’est très simple. Les gens ont le droit de savoir et le droit de remettre en question et de contester le pouvoir. C’est ça la vraie démocratie. »

Et si Assange et Manning et les autres dans leur sillage – s’il y en a d’autres – étaient réduits au silence et « le droit de savoir, de questionner et de contester » était retiré ?

Dans les années 1970, j’ai rencontré Leni Reifenstahl, amie proche d’Adolf Hitler, dont les films ont contribué à jeter le sort nazi sur l’Allemagne.

Elle m’a dit que le message de ses films, la propagande, ne dépendait pas « d’ordres venus d’en haut » mais de ce qu’elle appelait le « vide apathique » du public.

« Ce vide apathique s’étendait-il à la bourgeoisie libérale et éduquée ? » lui ai-je demandé.

« Bien sûr, répondit-elle, surtout l’intelligentsia… Quand les gens ne posent plus de questions sérieuses, ils sont soumis et malléables. Tout peut arriver. »

Et arriva.

Le reste, aurait-t-elle pu ajouter, c’est de l’histoire.

 

 

Déclaration du Présidium du Comité central du Parti Communiste d’Ukraine – traduction Nicolas Maury

 

Le Parti Communiste d’Ukraine (KPU) appelle à battre le tyran Porochenko
La campagne pour l’élection présidentielle en Ukraine se déroule dans une situation de vive opposition entre oligarques, forces politiques progouvernementales, corruption totale d’électeurs et intimidations de formations nationalistes et néo-fascistes militarisées, violations flagrantes de la Constitution d’Ukraine et des lois électorales, contrôle et influence du système électoral.

Des millions de citoyen.ne.s ukrainien.ne.s vivant dans les régions du Donbass, où la guerre civile se poursuit depuis six ans, ou travaillant en Russie, sont officiellement privé.e.s de leur droit constitutionnel et de la possibilité réelle d’élire le chef de l’État. En violation de la Constitution, le Parti communiste a été à nouveau illégalement privé du droit de participer aux élections présidentielles.

Dans le même temps, le premier tour des élections a révélé des tendances importantes, indiquant que des changements importants sont en train de se produire dans la société ukrainienne. Une écrasante majorité des citoyen.ne.s ont montré qu’ils haïssaient, condamnaient et rejetaient le régime de Porochenko, qui promettait de « vivre d’une manière nouvelle », qui promettait de mettre fin à la guerre dans le Donbass, mais qui a fait des milliers de victimes, de centaines de milliers de réfugié.e.s, l’effondrement de l’économie nationale , perte effective de la souveraineté de l’Ukraine sur l’État et d’une partie importante de son territoire, imposition violente d’une idéologie nazie odieuse et de pratiques politiques fascistes.

La république avancée de l’époque soviétique est devenue un pays européen désindustrialisé, arriéré, pauvre et mourant.

Plus d’un tiers des voix en faveur de Vladimir Zelensky, qui n’a aucune expérience des activités politiques et étatiques, montre qu’un grand nombre de citoyen.ne.s, en particulier les jeunes, demandent des changements radicaux et rejettent les politiciens actuels. Ils sont prêts à donner le pouvoir suprême dans l’État à de nouvelles personnes, si elles promettent de changer fondamentalement la situation dans le pays, de mettre fin à la corruption et à l’extorsion.

Les politiciens qui étaient déjà au pouvoir, impliqués personnellement dans de nombreuses violations et crimes n’ont pas reçu le soutien souhaité: ils représentaient le «parti de la guerre», mais des promesses bruyantes de diverses concessions pour la population, en particulier, pour baisser le prix de l’essence, n’ont pas trouvé d’échos. Dans le même temps, la réaction d’une partie des retraités aux compléments ponctuels de pensions en mars et avril et leur indexation aux élections indiquent que la société est très lentement libérée de la perception crédule de la démagogie sociale.

Il est important que dans des conditions de pression insensée, d’intimidation et de terreur, ainsi que de scission des forces de l’opposition sous l’influence de clans oligarchiques, un électeur sur six a voté pour des candidat.e.s qui, sous une forme ou une autre, préconisaient la fin de la guerre dans le Donbass, ce conflit fratricide dans cette région et la restauration des relations de bon voisinage avec la Russie, pour la fédéralisation de l’Ukraine tout en maintenant son intégrité territoriale et en revenant à la seule politique acceptable par le pays.

Les élections ont également montré que Porochenko avait créé une «nation ukrainienne politique unique», imposé une ukrainisation violente, l’idéologie nazie, créé la soi-disant Eglise orthodoxe de l’Ukraine contre la volonté de millions de compatriotes, placé l’Etat dans le giron de l’UE.

Il existe de nombreux groupes militarisés dans le pays, parmi lesquels des dizaines de milliers de personnes combattent dans l’est de l’Ukraine, professent l’idéologie du nationalisme intégral de Dontsov et recourent à des méthodes violentes et criminelles. La plupart d’entre eux sont subordonnés aux structures du pouvoir officiel – le ministère de l’Intérieur et le service de sécurité de l’Ukraine. Selon diverses estimations, il y a entre 5 et 7 millions d’armes à feu entre les mains de la population, il s’agit d’un grave danger.

Les élections montrent également que le régime anti-peuple a réussi à évincer les forces de gauche de l’arène politique. Dans le même temps, les forces ouvertement nationalistes-radicales ont voté pour la candidature de Porochenko.

Ces facteurs détermineront le contenu et la nature de la lutte politique au cours de la deuxième phase de la campagne pour l’élection présidentielle et des élections ultérieures à la Verkhovna Rada d’Ukraine, qui seront, ce qui est déjà évident, toutes aussi violentes, sales et corrompues que lors de la première phase.

Les déclarations de Porochenko après la sortie du second tour des élections montrent qu’il continuera à défendre la poursuite de sa politique de confrontation armée avec la Russie, jusqu’à une guerre totale avec elle, pour accélérer l’entrée de l’Ukraine au sein de l’OTAN et de l’UE, pour le renforcement du régime des oligarques. Il est une menace pour l’Ukraine, pour son peuple.

Dans ces conditions, le Présidium du Comité central du Parti Communiste d’Ukraine considère comme un devoir patriotique de toutes les forces progressistes, chères au destin de la Patrie, de pousser à la défaite, au second tour de l’élection présidentielle, des forces nationales radicales néo-fascistes, qui exécutent la volonté de l’Occident , maîtres, instigateurs de la guerre – Porochenko. Pour les atrocités commises contre le peuple, il doit être tenu pour responsable.

Dans le même temps, les communistes tiennent également compte du fait que le programme de l’autre candidat, sur de nombreuses questions, ne correspond pas à la position du parti, aux intérêts fondamentaux des travailleurs-travailleuses.

À cet égard, les Comités de partis régionaux et locaux, ainsi que les organisations de bases du parti, sont invités à utiliser activement toutes les opportunités disponibles pour expliquer aux masses les conclusions du Parti Communiste d’Ukraine sur les résultats du premier tour de l’élection présidentielle et sa position au second tour.

Le 20 avril 2019, le Présidium du Comité central a décidé de tenir une réunion du parti avec le seul agenda du «Léninisme aux barricades de la modernité».

Nicolas Maury

L’image contient peut-être : 1 personne
J’aimeAfficher plus de réactions

CommenterPartager

Commentaires
Votre commentaire…
 
Poster un commentaire

Publié par le avril 14, 2019 dans Europe, INTERNATIONAL

 

Médias occidentaux: Assange n’intéresse plus personne

  • Vu par la presse russe (ici proche du président Poutine), le cas Assange témoigne de ce qu’il faut attendre des « défenseurs des droits de l’homme ». Ce que l’on décrivait : la torture auquel était soumis Assange au sein de l’ambassade par l’actuel président de l’Equateur, inféodé aux occidentaux était bien réelle malgré le silence des habituels défenseurs des droits de l’Homme. Il devient urgent que la direction du PCF prenne position et exige le droit d’asile pour Assange. Il est vrai que rien n’a changé ni à l’Humanité, ni à la direction de la politique extérieure du PCF. Et ceux-ci demeurent inféodés à la social-démocratie… (note et traduction de Danielle Bleitrach)
La presse occidentale prédit qu'Assange sera extradé aux États-Unis

0
12 avril 2019, 08h20
Photo: Tolga Akmen / ZUMA / Presse Global Look
Texte: Vladimir Dobrynin

Version imprimée  •
Partager   •
Lien permanent   •

Signaler une erreur   •

L’arrestation de Julian Assange a été une surprise totale pour la presse européenne et les autorités des pays qui semblaient s’y intéresser directement, à savoir la Suède et les États-Unis. Les  médias mondiaux témoignent de points de vue différents sur l’affaire, de même que les évaluations de la personnalité d’Assange. Mais une autre chose est  à noter : on sait finalement pourquoi le fondateur de Wikileaks est tombé entre les mains de la police britannique.

Il semblerait que le pays où  l’arrestation de Julian Assange aurait dû  provoquer le plus d’émoi aurait dû être la Suède, où une affaire pénale a été ouverte contre lui il y a quelques années, quand il était soupçonné d’avoir commis un viol. Cependant, il n’y a pas de commentaires malveillants et d’analyses approfondies de ce qui s’est passé dans la presse du «pays des trois couronnes».

En gros, les éditions suédoises se bornent à énoncer le fait qu’il a été arrêté et à exprimer leur étonnement: à quel point, dit-on, l’aspect d’Assange, jadis imposant, a changé au cours des sept années de son séjour dans les quatre murs de l’ambassade équatorienne.

Aftonbladet, l’un des principaux journaux du pays, écrit: « Bien que la nouvelle soit inattendue, le procureur ne voit aucun obstacle à la réouverture de l’affaire contre Assange, qui a été clôturée en 2017 en raison  » du manque de certitude quant à un délai de livraison raisonnable pour Assange en Suède « .

Le nombre de viols théoriques a doublé

Moins de quelques heures après que le monde ait appris l’arrestation du cofondateur de Wikileaks, le nombre de femmes «violées» par lui a augmenté. Le journal affirme que « la deuxième victime de l’agresseur est connue et attendait depuis près de dix ans la possibilité de se venger », mais ne donne pas ni le nom ni le prénom de la victime.

« Il est possible qu’ils ne l’extradent pas aux Etats-Unis – alors la Suède a une chance, a déclaré une autre publication suédoise, Metro. – La procureure en chef, Ingrid Izgren, n’a pas encore décidé si elle devait reprendre l’enquête close il y a deux ans. Dans ses commentaires, elle admet que l’arrestation d’Assange est une nouvelle inattendue pour elle et qu’elle n’a pas assez d’informations pour décider de ce qu’elle devait faire.  »

«Mais il aurait pu laisser une bonne image», répond Aisin Cantwell, journaliste à Aftonbladet. – Par exemple, à propos des crimes de l’armée américaine pendant la guerre en Irak, y compris le meurtre de civils et de journalistes. Mais non, très probablement aux États-Unis, il sera envoyé en prison et tout le monde l’oubliera.  »

«Cette négligence du droit international»

El Confidencial attire l’attention sur le fait qu’Assange n’a pas quitté le territoire de l’ambassade équatorienne: une institution diplomatique a invité la police à venir arrêter une personne privée du statut de réfugié politique. Le correspondant britannique du portail Angel Martinez a souligné qu ‘ »une telle procédure d’action a été convenue à l’avance, comme le confirment les informations dont dispose Press Association, obtenues de sources confidentielles ».

L’auteur cite le commentaire indigné du site Web de Wikileaks concernant ce qui s’est passé. Le portail, co-fondé par Julian Assange, souligne que «cette action (admission de la police sur le territoire de l’ambassade) témoigne du mépris total du droit international par les États influents de l’Ouest». La publication cite également un tweet de Scotland Yard, dont il résulte que l’arrestation a été effectuée suite à  « une demande des autorités américaines selon laquelle une affaire concernant les crimes informatiques commis par Assange a été initiée ».

Le Figaro doute que Julian Assange soit extradé aux États-Unis. Les auteurs de l’article écrivent, se référant aux informations de l’agence France Presse: « Selon le président de l’Équateur, Lenin Moreno, les autorités britanniques l’ont assuré que Assange ne serait pas envoyé dans un pays où la peine de mort était autorisée ».

Ce que vaut la parole d’un homme politique occidental, et particulièrement anglais, est bien connu de tous. Sauf, apparemment, du principal dirigeant de l’Equateur.

« Très probablement, Assange sera livré aux Suédois », disent-ils dans l’édition française. – Et c’est le meilleur sort pour lui. Son complice, un soldat transgenre Chelsea Manning, a été condamné à 35 ans de prison pour avoir divulgué 700 000 documents confidentiels à Wikileaks. Certes, après avoir purgé sept ans de punition, Obama l’a libérée, mais tout le monde ne peut pas avoir autant de chance.  »

« Et vous devez vous comporter décemment »

« Pourquoi Assange a-t-il été tité de l’ambassade équatorienne avec tout ce fracas? », se demande le tabloïd allemand Bild dans le titre de l’article.

Le texte fournit deux réponses possibles. Peut-être à cause d’une demande d’extradition des États-Unis, mais peut-être aussi parce qu’il a violé la loi britannique, parce que le tribunal de Londres l’a libéré sous caution avec une comparution périodique obligatoire, mais Assange a choisi de se cacher.

« Maintenant, il est passible de 12 mois de prison pour avoir violé le régime de surveillance », a déclaré la publication.

Assange craint qu’il ne soit ramené aux États-Unis, où l’attend la chaise électrique ou une injection mortelle pour avoir divulgué de nombreux secrets d’État. « 

En passant, l’arrestation d’Assange a eu lieu à peine 24 heures après que les autorités équatoriennes l’aient inculpé.

« Selon lui, l’Australien a été auditionné et filmé pendant un an », note le quotidien britannique The Daily Mail. « Le président de l’Équateur, à son tour, a accusé Assange de gêner régulièrement les services de sécurité de l’ambassade – tantôt il bloquait les caméras de sécurité, tantôt il se comportait de manière hautaine avec ceux qui assuraient sa sécurité. »

« Il comparaîtra devant un tribunal britannique, puis sera extradé vers les États-Unis », assure le British Independent. – En affirmant qu’il n’attend pas de justice de la Cour de Westminster à Londres, Assange n’a fait que renforcer son image du narcissiste égoïste, qui lui est collée. Maintenant, il parait vraisemblable de penser qu’il sera condamné par un tribunal britannique, puis transféré aux États-Unis. La question de l’extradition sera tranchée le 2 mai, mais peu de gens ont des doutes sur la manière dont cette question sera résolue ».

Assange, 47 ans, a été arrêté jeudi à l'ambassade d'Équateur sur un mandat d'arrêt délivré le 29 juin 2012 pour ne pas avoir comparu devant le tribunal.  Assange a passé près de sept ans en détention volontaire

« Il voulait poser des problèmes à Mme Clinton. »

«Assange sera donc livré aux États-Unis», le New York Times n’a aucun doute. – Une seule accusation peut être portée contre lui ici – de piratage du mot de passe de l’ordinateur d’un des services les plus importants de l’État. Il y a un an, les autorités judiciaires du pays étaient prêtes à l’accuser d’espionnage. Maintenant, ils croient qu’il n’est coupable que d’un crime informatique, mais il n’est pas question d’espionnage. Il a eu de la chance, pour ce crime seul, il ne recevra pas plus de cinq ans de prison. Si l’espionnage était prouvé, tout serait bien pire.  »

Les auteurs d’un article commenté énumérant tous les actes d’Assange, poussant le lecteur à conclure que l’arrestation du fondateur de Wikileaks pourrait être une nouvelle tentative de frapper Donald Trump.

«Assange n’a pas caché le fait qu’il voulait créer de gros problèmes à madame Clinton pendant sa campagne électorale. Mais il a également insisté sur le fait qu’il ne recevait aucun courrier électronique de la part de la Russie avec des missions. Le procureur spécial Muller n’a trouvé aucune preuve de l’ingérence de la Russie dans les élections américaines et a par conséquent à la participation d’Assange à des actions contre les États-Unis. Donald Trump au cours de sa campagne électorale a félicité WikiLeaks d’avoir donné accès au courrier électronique des démocrates, écrivent les correspondants Eileen Sullivan et Richard Perez-Peña.

En se fondant sur le fait que les démocrates n’ont pas accepté le rapport Muller et qu’ils continuent à rechercher au moins certaines preuves établissant qu’il «existait une collusion entre Trump et le Kremlin», nous pouvons en conclure que l’on va utiliser Assange pour tenter de lui faire admettre ce qui n’existe pas.

 

Turquie: les ratés du système – article de la Pravda

 

04/07/2019

http://kpu.life/ru/92570/turtsyja_sboj_systemy

Les élections locales en Turquie ont entraîné un affaiblissement de la position du parti au pouvoir. Avec l’aggravation des problèmes économiques, cela peut aggraver la situation politique interne. Les communistes offrent une solution à la crise, ayant obtenu de bons résultats et s’étant positionnés comme une force influente.

 

Récession contre ambition

 

Les citoyens turcs qui sont venus aux bureaux de vote le 31 mars, ont eu un choix difficile. En règle générale, ils ont reçu plusieurs bulletins contenant une liste de dizaines de candidats et de partis. Cela s’explique par le fait que le pays devait simultanément voter pour les chefs de province, de ville et de district, les députés des parlements régionaux et les conseils municipaux, ainsi que pour les chefs et les membres des conseils de village. En d’autres termes, la Turquie a connu des milliers de campagnes électorales à différents niveaux, et parmi elles figurent des campagnes de grande envergure telles que, par exemple, l’élection des maires d’Istanbul (15 millions ha) ou d’Ankara (5 millions ha).

 

Mais le degré d’intensité élevé de dimanche avait également une autre raison. C’étaient les premières élections après des réformes politiques à grande échelle qui avaient transformé la Turquie en un pays à système présidentiel avec les pouvoirs pratiquement illimités de Recep Tayyip Erdogan. Les changements ont été sanctionnés par référendum et sont finalement entrés en vigueur après l’élection du chef de l’Etat et du parlement l’année dernière. Le vote en cours aurait dû renforcer la position de la direction et garantir une période politique sans nuages ​​jusqu’au prochain cycle électoral. Cela est d’autant plus important qu’en 2023 sera célébré le centenaire de la République de Turquie. Selon Erdogan, cet anniversaire devra être un triomphe de ses nombreuses années de règne. C’est la raison pour laquelle le président a déclaré que l’élection était « une question vitale » et a admis: « Si nous ne pouvons obtenir le résultat souhaité, tous nos autres succès seront vains ».

 

L’inquiétude d’Erdogan n’est pas accidentelle. La vie elle-même a introduit un principe de réalité dans ses plans ambitieux. L’économie du pays connaît depuis plusieurs mois des difficultés qui se sont soldées par la première récession technique de la décennie. C’est ainsi que l’on nomme une récession sur deux trimestres consécutifs. Au troisième trimestre de l’année dernière, la baisse du PIB était de 1,6% et au quatrième trimestre, déjà de 3%.

 

La situation dans l’industrie manufacturière est encore pire, perdant respectivement 7,4% et 8,5%. La monnaie nationale, la lire, s’est dépréciée de près d’un tiers par rapport au dollar et l’inflation annuelle a dépassé les 20%. Cela se reflète directement dans les indicateurs sociaux. Le taux de chômage en Turquie a atteint 13,5%, produisant en un an un million de chômeurs. Les mises à pied massives se produisent dans la métallurgie, l’industrie du tourisme et en particulier dans la construction, où le niveau d’emploi en  seulement six mois a diminué d’un tiers, soit 550 000 personnes. Il est de plus en plus difficile aux jeunes de trouver un emploi. Un quart d’entre eux est au chômage.

 

Mais le simple fait d’avoir un emploi ne garantit pas des revenus suffisants. Plus de 2 millions de travailleurs gagnent moins que le salaire minimum officiel (2 000 lires ou 316 €), 7 millions supplémentaires doivent se satisfaire du salaire minimum ou à peine plus. Au total, cela représente 30% de la population active. Dans le même temps, les prix des produits alimentaires ont augmenté en moyenne de 25% sur un an, tandis que les tarifs de l’électricité et du gaz ont été multipliés par 1,5. La situation la plus critique est celle des légumes, dont le prix a été multiplié par deux ou trois. Les autorités ont été obligées d’ouvrir des points de vente municipaux à prix réduits. D’énormes files d’attente s’y forment et, afin de satisfaire au moins la demande, les lots sont limitées à trois kilogrammes par personne.

 

A sa manière habituelle, le président blâme « les ennemis de la Turquie », mais la raison est beaucoup plus prosaïque. Les réformes néolibérales menées depuis le début des années 2000 ont causé de graves dommages à l’agriculture. Privés de subventions, les agriculteurs ont commencé à faire faillite. Le nombre d’exploitations agricoles en dix ans est passé de 2,8 à 2,1 millions, et 3 millions d’hectares de terres agricoles ont cessé d’être cultivées. Ce pays qui exportait auparavant de la nourriture est devenu un importateur.

 

L’image de l’ennemi

 

Les problèmes économiques ont ébranlé la cote du parti au pouvoir, le Parti de la justice et du développement (AKP). Afin de remédier d’une manière ou d’une autre à la situation, les autorités ont pris des mesures urgentes. Premièrement, l’Alliance populaire, créée avant la dernière élection présidentielle, a fait sa réapparition. Elle comprend l’AKP et le Parti d’action nationaliste MHP classé à l’extrême-droite. Deuxièmement, des poids lourds ont été nommés comme candidats à des postes clés. Par exemple, le président du Parlement et ancien chef du gouvernement, Binali Yildirim, a quitté son poste pour participer à l’élection à la Mairie d’Istanbul.

 

Mais cela n’a pas été d’un grand secours, tant à cause des problèmes économiques et que de l’unification des principales forces de l’opposition – le Parti républicain du peuple (CHP), le Bon parti et un certain nombre d’autres – au sein de l’Alliance de la nation. Le Parti Démocratique des Peuples (HDP pro-Kurde) a exprimé son soutien à ses candidats dans les grandes villes, ce qui a ajouté à l’opposition quelques pourcentages indispensables.

 

Alors Erdogan et son entourage ont eu recours à un moyen éprouvé – et pas seulement en Turquie! -: détourner l’attention de la population des soucis domestiques. Le prétexte en a été l’attaque terroriste en Nouvelle-Zélande. Rappelons que le 15 mars, un homme d’extrême droite a tiré sur des paroissiens de deux mosquées. Malgré le fait que la Nouvelle-Zélande se trouve à l’autre bout du monde, Erdogan a déclaré que « le meurtrier visait notre pays, le peuple et moi-même personnellement ». Dès le lendemain de la tragédie, le président a pris la parole lors d’un rassemblement de masse dans la ville de Tekirdag. Sur un grand écran derrière lui, on voyait des images de l’attaque terroriste, prises par l’extrémiste lui-même. Ayant atteint la tension nécessaire de la foule, Erdogan a attaqué le chef du Parti républicain du peuple, Kemal Kilicdaroglu. Celui-ci avait eu l’imprudence de dire aux journalistes que des crimes religieux étaient commis dans le monde islamique. En conséquence, le président a qualifié son adversaire de « traître », « d’insolent » et l’a menacé de répondre à la police de ses paroles.

 

Le thème de la Nouvelle-Zélande et en général du « complot contre les musulmans » a été exploité sans pitié. Erdogan, qui assumait le rôle de principal agitateur de « l’Alliance du peuple », n’a pas craint de risquer un scandale diplomatique. S’exprimant à l’occasion du 104e anniversaire du début de l’opération des Dardanelles, au cours de laquelle les troupes de l’Entente ont été battues (parmi lesquelles des détachements d’Australie et de Nouvelle-Zélande), il a qualifié ces événements d’ ‘ »attaque chrétienne contre des musulmans ». « Vos grands-pères sont venus chez nous et sont rentrés chez eux dans des cercueils », tonna le président. « Si vous attaquez à nouveau, vous mourrez comme eux! » Après cela, l’ambassadeur de Turquie en Australie a été convoqué auprès du Premier ministre de ce pays pour clarification, et le ministère des Affaires étrangères de la Nouvelle-Zélande a protesté.

 

Mais c’était justement ce que voulait Erdogan. L’image de l’ennemi omnipotent et rusé créé par lui a commencé à revêtir de nouvelles couleurs, ce qui a permis d’insuffler une nouvelle vie à la campagne anti-Gülen. Rappelons que Gülen Fethullah et son mouvement Hizmet aux États-Unis sont accusés d’avoir organisé une tentative de coup d’Etat en 2016. Depuis lors, les arrestations et les licenciements de personnes soupçonnées d’avoir des liens avec le théologien déchu n’ont pas cessé en Turquie. Le nombre total d’affaires pénales dépasse un demi-million et près de 80 000 personnes ont été jetées en prison. Et maintenant, Erdogan a appelé à « ne pas gaspiller d’argent en nourriture pour les conspirateurs » et à rétablir la peine de mort.

 

Le 31 mars, cependant, il s’est produit une panne logique du système. L’opposition, qui avait axé sa campagne principalement sur les problèmes socio-économiques, a été couronnée de succès. L’Alliance populaire a perdu des villes clés, notamment Istanbul et Ankara, détenues depuis plus de vingt ans par le parti au pouvoir. Dans le premier d’entre eux, Ekrem Imamoglu a été élu maire, dans le second, Mansur Yavas.

 

De toute évidence, les dirigeants turcs n’accepteront pas l’échec. Même à la veille du vote, Erdogan a déclaré qu’il ne faisait pas confiance aux urnes et qu’il contesterait les résultats des élections. « Le pays sera au courant de tous ses crimes, et non seulement il paiera un lourd tribut, mais également les habitants d’Ankara! » – a prévenu le président, menaçant d’emprisonner le candidat de l’opposition Yavas. Il existe de nombreux outils et expériences pour ignorer la volonté populaire. Au cours des cinq dernières années, près de 100 maires et chefs de district ont perdu leur poste sous l’inculpation de sympathie pour Gülen ou les « terroristes » kurdes. Dans tous ces cas, une administration directe a été introduite et des « substituts » – des fonctionnaires de la capitale ont été envoyés. Il n’est donc pas surprenant que l’AKP ait interjeté appel le 2 avril auprès de la Commission électorale centrale pour protester contre les résultats du vote dans tous les districts d’Istanbul.

 

Le pouvoir  aux travailleurs!

 

Dans des conditions d’aggravation de la situation économique et politique, les forces de gauche deviennent une alternative de plus en plus puissante au système existant. Le Parti communiste turc (TKP) figurait parmi les 12 organisations admises aux élections et a présenté des centaines de candidats, y compris aux postes de dirigeants des grandes villes. Selon Kemal Okuyan, secrétaire général du Comité central du TKP, les partis bourgeois – partisans du gouvernement et opposants – ne peuvent répondre aux problèmes les plus importants du développement du pays et surmonter la crise. « La crise est basée sur l’organisation capitaliste de la société », a déclaré K. Okuyan lors d’un rassemblement réunissant des milliers de personnes à Istanbul le 10 mars. « Le capitalisme enlève tout espoir aux gens, suscite la peur de la pauvreté, du chômage, de la perte du logement. Il sépare les travailleurs et provoque la haine interethnique et interreligieuse. Les communistes veulent briser ce système impitoyable, qui génère inégalités, chômage, crises et guerres « .

 

La campagne électorale des communistes s’est déroulée sous le slogan « Contre le règne du capital! » et « Nous ne sommes pas dans le même bateau! », en rapport avec la déclaration d’Erdogan, qui appelait à s’unir pour surmonter ensemble la crise. Le Parti communiste souligne que les travailleurs ne peuvent pas être en accord avec les exploiteurs et les ennemis de la classe ouvrière.

 

La même idée est contenue dans le manifeste « Principes communistes pour les administrations locales ». Rappelons ses points les plus importants. Premièrement, les communistes voient la tâche principale des autorités locales dans la participation des larges masses au gouvernement. « Pas le pouvoir sur le peuple, mais le pouvoir du peuple » – c’est ainsi que leurs demandes sont formulées dans le TKP. Deuxièmement, les municipalités ne devraient pas être guidées par le profit, mais par l’amélioration du niveau de vie des citoyens. Cela implique une interdiction de la sous-traitance, un contrôle strict des offres et la lutte contre la corruption. Troisièmement, tous les fonds disponibles devraient être utilisés pour élargir l’accès aux soins de santé, à l’éducation, au logement décent, aux transports et à la culture. Les communistes disent que tous ces droits sont des droits de l’homme inaliénables et qu’ils ne peuvent être vendus ni achetés. Quatrièmement, le TKP vise la création d’un environnement propice au plein épanouissement de l’individu: réseau de bibliothèques, théâtres, institutions sportives, centres de recherche, etc. Cinquièmement, toutes les forces doivent être mobilisées pour assurer l’égalité et la liberté des femmes, ce qui nécessite la construction de crèches et de jardins d’enfants, une aide à l’emploi et une protection contre la violence. Des points distincts du manifeste sont consacrés à la protection des jeunes contre la drogue, à la création de coopératives de consommation et de production et à la lutte contre le racisme et le fondamentalisme religieux.

 

Dans le même temps, les communistes ne considèrent pas l’augmentation de la représentation dans les instances gouvernementales comme une fin en soi. «Les élections font partie de la lutte des classes», a expliqué la candidate à la mairie d’Istanbul, Zehrah Güner Karaоglu. Nous avons beaucoup de nouveaux camarades, nous avons renforcé les barricades que le prolétariat construit contre la bourgeoisie. Quel que soit le nombre de voix obtenues, nous avons gagné!  »

 

Les candidats ont acquis de l’expérience et de l’inspiration grâce aux succès de l’administration du district d’Ovacık (province de Tunceli). En 2014, le communiste Fatih Mehmet Maçoğlu en a pris la tête – pour la première fois de l’histoire du pays. Avec ses collègues, cet homme, qui a travaillé toute sa vie comme médecin ambulancier, a obtenu des résultats tangibles. Les services de santé, l’éducation, les transports et l’approvisionnement en eau sont devenus gratuits, les autorités ont étendu les cultures sur les terres de l’État, orientant les récoltes au profit des personnes dans le besoin.

 

Pour ces élections en cours, Maçoğlu avait été désigné candidat au poste de dirigeant de la province et il a remporté la victoire malgré une concurrence acharnée. « En trois mois, nous avons fait du porte à porte, malgré la neige et la pluie. Les gens nous ont crus et nous allons gérer la province ensemble! » – dit-il, appelant à la coopération de toutes les forces amies.

 

À présent qu’une «région rouge» est apparue sur la carte de la Turquie et que le nombre de votes des communistes a augmenté considérablement, ils seront en mesure de défendre avec plus de confiance les droits des travailleurs et de rallier les peuples au socialisme.

Traduit du russe par Marianne Dunlop pour Histoire et Société

 

Sergey Kozhemyakin