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Archives de Catégorie: Europe

Frappes en Syrie : les fanfaronnades de Macron démenties par Washington et la Turquie

Le chef de guerre a des progrès à faire en diplomatie…

Le chef de guerre a des progrès à faire en diplomatie… – FRANCOIS GUILLOT / AFP / POOL
Diplomatie

Au cours de son interview dimanche soir, Emmanuel Macron s’est vanté d’avoir « convaincu » Donald Trump et « séparé » Russes et Turcs sur la question syrienne. Mais Ankara et Washington se sont empressé de contredire ces affirmations.

Emmanuel Macron en aurait-il trop fait ? Au début de son interview par Jean-Jacques Bourdin et Edwy Plenel ce dimanche 15 avril, le président de la République a livré sa version des coulisses et des conséquences des frappes aériennes ayant ciblé le programme d’armement chimique de la Syrie, se targuant d’avoir « séparé » la Turquie et la Russie ainsi que d’avoir « convaincu » Donald Trump de maintenir ses troupes sur le terrain. Deux affirmations qui ont suscité pas moins de trois démentis en moins de 24 heures, venant à la fois de Washington et d’Ankara.

« Il y a dix jours, le président Trump disait : les Etats-Unis d’Amérique ont vocation à se désengager de la Syrie, nous l’avons convaincu qu’il était nécessaire d’y rester (…) je vous rassure, nous l’avons convaincu qu’il fallait rester dans la durée« , a d’abord plastronné Emmanuel Macron. Piquant manifestement au vif la susceptibilité de son homologue américain, qui a fait apporter quelques heures plus tard cette précision par la Maison Blanche : « La mission américaine n’a pas changé : le président a dit clairement qu’il veut que les forces américaines rentrent dès que possible« . Et de rappeler que la présence des quelques 2.000 soldats américains sur le sol syrien n’ont qu’un seul objectif : combattre l’Etat islamique.

Il ne s’y attendait pas….

Voir la vidéo« Partout où l’homme apporte son travail, il laisse aussi quelque chose de son cœur. » Henryk Sienkiewicz

Emmanuel Macron a réagi ce lundi à la rebuffade, assurant que les deux pays ont la « même position » sur la durée de leur engagement militaire dans la région, ainsi que sur son but : « Je n’ai pas dit que ni les
Etats-Unis, ni la France allaient rester militairement engagés dans la durée en Syrie (…) La Maison Blanche a raison de rappeler que l’engagement militaire est contre Daech et s’arrêtera le jour où la guerre contre Daech sera parachevée »,
 a-t-il rectifié en marge d’une conférence de presse aux côtés de la Première ministre de Nouvelle-Zélande à l’Elysée.

« Nous attendons des déclarations dignes d’un chef d’Etat »

Mais après Washington, c’est à Ankara qu’on s’est étranglé en entendant les déclarations d’Emmanuel Macron. Vantant une démonstration de force faite au régime de Damas ainsi qu’à son allié Vladimir Poutine, il a brandi un deuxième succès diplomatique : « Ensuite, par ces frappes et cette intervention, nous avons séparé sur ce sujet les Russes des Turcs (…). Les Turcs ont condamné les frappes chimiques et ont soutenu l’opération que nous avons conduite« , quand la Russie s’est évidemment à l’opération, la dénonçant « avec la plus grande fermeté« . En effet, bien que Moscou et Ankara soient alliés sur le dossier syrien, Recep Tayyip Erdogan a bel et bien soutenu les frappes occidentales dans le pays, estimant qu’elles étaient une « réponse appropriée » aux « attaques inhumaines » de Damas.

Sauf que l’annonce fanfaronne du président français n’a pas plu pour autant à la diplomatie turque. Laquelle a mis un point d’honneur ce lundi à la démentir à deux reprises. « La politique de la Turquie en Syrie n’est pas d’être avec ou contre qui que ce soit« , a affirmé le porte-parole du gouvernement, Bekir Bozdag, avant d’expliquer que la Turquie s’opposait aussi bien « aux soutiens apportés au régime » qu’aux « soutiens apportés aux organisations terroristes« . La réaction de la tête de la diplomatie turque a ensuite été encore plus virulente : « Nous pourrons penser différemment mais nos relations ne sont pas faibles à tel point que le président français puisse les rompre », a cinglé le ministre des Affaires étrangères turc Mevlüt Cavusoglu. « Ceux qui défendent ce qui est juste peuvent avoir leurs divergences mais les principes de la Turquie sont clairs« , a-t-il ajouté, reprochant vertement à Emmanuel Macron ses propos : « Nous attendons des déclarations dignes d’un chef d’Etat. Nos relations avec la Russie ne sont pas une alternative à nos relations avec l’Otan ou avec nos alliés« .

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Sahara Occidental : Macron incite le Maroc à faire la guerre à l’Algérie

Il était difficile d’éviter les images de la réception du dirigeant Saoudien à Paris juste avant les frappes, mais il ne s’agissait pas de la seule initiative diplomatique auprès des potentats arabes particulièrement réactionnaire et navigant de plus en plus en accord avec la monarchie saoudienne, à la fois contre l’Iran et contre les Etats qui prétendent résister aux injonction impérialistes macrono-trumpiennes. En effet si Trump est en train de peser sur l’Europe pour que celle-ci assume toujours plus l’OTAN et la présence américaine, en Afrique on assiste aux mêmes pressions pour entrer dans des expéditions. L’Algérie ayant résisté aux propositions d’expédition hors de son territoire, selon ce journal, l’entreprise de dépeçage interne et celle de l’hostilité de ses voisins aurait commencé. (note de Danielle Bleitrach)

15 avril 201896396
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http://algerietouteheure.com/sahara-occidental-macron-incite-le-maroc-a-faire-la-guerre-a-lalgerie/

Selon le journal Essabah, la France ne s’opposerait pas à une intervention militaire du Maroc, dans la zone tampon, au Sahara Occidental. Le chef de la diplomatie algérienne, Abdelkader Messahel aurait été informé de cette éventualité, lors de sa rencontre à Paris avec son homologue français Jean-Yves Le Drian, une rencontre qualifiée de tendue, par certains observateurs. La position constante exprimée par Messahel, connu pour sa maîtrise des dossiers de la région, serait même à l’origine de cette campagne médiatique calomnieuse menée par certains lobbys du Makhzen, à son encontre. Sur ce registre, il faut noter que le jeu malsain d’Emmanuel Macron, s’inscrit dans le registre du marchandage, visant à impliquer l’Algérie dans le bourbier sahélien. La réponse sèche de Messahel, au sujet du refuge d’AG Aghali « Posez la question aux français et aux maliens » témoigne la maturité de la diplomatie algérienne, intéressée en premier lieu de la sécurité des frontières algériennes, que de s’impliquer dans des aventures servant les intérêts de la France et son hégémonie sur les richesses de ses anciennes colonies. L’implication à outrance de la France de Macron dans l’agression contre la Syrie, est un signe avant-coureur de la stratégie de la girouette sioniste de l’Elysée, d’ouvrir une tension au Maghreb entre l’Algérie et le Maroc, incitant l’inexpérimenté monarque ouvrir un conflit armé avec son voisin de l’Est, pour détourner l’opinion publique marocaine sur la crise socioéconomique qui secoue son pays et qui menace son fragile trône. La campagne haineuse menée par les réseaux sociaux à l’égard de l’ANP, suite au dernier crash de Boufarik, s’inscrit dans cette logique aventurière et suicidaire.

 

 

Robert Fisk : le chef de la clinique de Douma nie la réalité d’une attaque au gaz

Robert Fisk : le chef de la clinique de Douma nie la réalité d’une attaque au gaz

Robert Fisk : le chef de la clinique de Douma nie la réalité d’une attaque au gaz

ATTENTION : article exclusif et indispensable. Robert Fisk (The Independent) a pu visiter l’hôpital de Douma, au centre d’une crise mondiale. Sa conclusion : personne n’a vu d’attaque au gaz chimique à Douma !


C’est l’histoire d’une ville appelée Douma, un lieu ravagé et puant d’immeubles détruits – et d’une clinique souterraine dont les images de souffrance ont permis à trois des nations les plus puissantes du monde occidental de bombarder la Syrie la semaine dernière. Il y a même un gentil docteur en blouse verte qui, quand je l’accoste dans la même clinique, me dit gaiement que la vidéo “gaz” qui a horrifié le monde – malgré tous les sceptiques – est parfaitement authentique.

Les histoires de guerre, cependant, ont l’habitude de devenir plus sombres. Le même médecin syrien âgé de 58 ans ajoute une chose profondément surprenante : les victimes, dit-il, n’ont pas été tués par le gaz, mais par un manque d’oxygène dans les tunnels et les sous-sols où ils étaient réfugiés, de gros bombardements ayant provoqué une tempête de poussière.

Puisque le Dr Assim Rahaibanim m’annonce cette conclusion extraordinaire, il vaut la peine de faire remarquer que de son propre aveu, il n’est pas un témoin oculaire lui-même de la scène et, comme il parle bien anglais, il qualifie deux fois de « terroristes » – le mot du régime pour ses ennemis, et terme utilisé par beaucoup de gens en Syrie – les combattants djihadistes de Jaish el-Islam [l’Armée de l’Islam] à Douma. Ai-je bien entendu ? Quelle version des événements devons-nous croire ?

Par malchance aussi, les médecins qui étaient de service ce soir-là, le 7 avril, étaient tous à Damas pour témoigner dans l’enquête sur les armes chimiques qui tentera de donner une réponse définitive à cette question dans les semaines à venir.

La France, quant à elle, a déclaré avoir des « preuves » d’utilisation d’armes chimiques, et les médias américains ont cité des sources affirmant que des analyses d’urine et de sang le démontraient également. L’OMS a déclaré que ses partenaires sur le terrain traitaient 500 patients « présentant des signes et des symptômes compatibles avec l’exposition à des produits chimiques toxiques ».

Des personnes mortes par hypoxie (perte d’oxygène) et non victimes de gaz chimique

En même temps, les inspecteurs de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) sont actuellement empêchés de venir eux-mêmes sur le site de la prétendue attaque gazière, ostensiblement parce qu’ils n’ont pas les bons permis de l’ONU.

Avant d’aller plus loin, les lecteurs doivent savoir que ce n’est pas la seule histoire qui court à Douma. Il y a beaucoup de gens à qui j’ai parlé au milieu des ruines de la ville qui ont dit qu’ils n’avaient « jamais cru » aux histoires sur le gaz – généralement racontées, selon eux, par les groupes islamistes armés. Ces djihadistes survécurent au déluge des bombardements en vivant dans les maisons des autres et dans de vastes et larges tunnels creusés à même la roche par des prisonniers avec des pioches à trois niveaux sous la ville. J’ai parcouru trois d’entre eux hier, de vastes couloirs de roche qui contenaient encore des rockets russes – oui, russes – et des voitures incendiées.

Donc, l’histoire de Douma n’est pas seulement une histoire de gaz – ou d’absence de gaz, selon le cas. Il s’agit de milliers de personnes qui n’ont pas opté pour l’évacuation de Douma dans des bus emmenant la semaine dernière, les hommes armés avec lesquels ils ont dû vivre comme des troglodytes pendant des mois pour survivre. J’ai traversé cette ville assez librement hier sans soldat, policier ou gardien collés à mes pas, juste deux amis syriens, une caméra et un carnet de notes. Il m’arrivait parfois de grimper sur des remparts de 6 mètres de haut, montant ou descendant, sur des parois presque à pic. Heureux de voir des étrangers parmi eux, plus heureux encore que le siège soit enfin terminé, ils sourient, du moins ceux dont on peut voir les visages, bien sûr, parce qu’un nombre surprenant de femmes de Douma portent un hijab noir intégral.

J’ai d’abord été conduit à Douma dans le cadre d’un convoi de journalistes sous escorte. Mais lorsqu’un général ennuyeux annonça devant un HLM détruit qu’il n’avait « aucune information » – l’excuse favorite de la bureaucratie arabe – je me suis simplement éloigné. Plusieurs autres journalistes, principalement syriens, ont fait pareil. De même qu’un groupe de journalistes russes – tous en tenue militaire.

Le Dr Rahaibani se trouvait à quelques pas d’ici. Passé la porte de sa clinique souterraine – “Point 200”, comme on l’appelle, dans la géologie bizarre de cette ville en partie souterraine – je descendis par un couloir là où il me montra son humble hôpital et les quelques lits où une petite fille pleurait tandis que les infirmières soignaient une coupure au-dessus de son œil.

« J’étais avec ma famille dans le sous-sol de ma maison à trois cents mètres d’ici cette nuit-là, mais tous les médecins savent ce qui s’est passé. Il y avait beaucoup de bombardements nocturnes [par les forces gouvernementales] et les avions passaient toujours au-dessus de Douma la nuit durant – mais cette nuit-là, il y avait du vent et d’énormes nuages ​​de poussière ont commencé à entrer dans les sous-sols et les caves. Les gens ont commencé à arriver ici souffrant d’hypoxie, de manque d’oxygène. Puis quelqu’un à la porte, un “Casque blanc”, a crié : « Gaz ! » La panique a commencé. Les gens ont commencé à s’asperger d’eau. Oui, la vidéo a été filmée ici, c’est vrai, mais ce que vous voyez, ce sont des gens souffrant d’hypoxie – pas d’intoxication au gaz. »

Bizarrement, après avoir bavardé avec plus de vingt personnes, je n’ai pas pu en trouver une qui citait Douma comme cause des attaques aériennes occidentales. Deux m’ont dit qu’ils ne voyaient pas le rapport.

Mais c’était un monde étrange dans lequel je suis entré. Deux hommes, Hussam et Nazir Abu Aishe, ont dit qu’ils ignoraient combien de personnes avaient été tuées à Douma, bien que le dernier ait admis avoir un cousin « exécuté par Jaish el-Islam  » pour avoir été « un proche du régime ». Ils ont haussé les épaules quand je les ai interrogé sur les 43 personnes qui seraient mortes lors l’infâme attaque de Douma.

Les Casques blancs partis avec les combattants de Jaish el-Islam

Les Casques blancs – les premiers intervenants médicaux déjà légendaires en Occident, mais avec quelques zones d’ombre dans leur histoire – ont joué un rôle bien connu pendant les batailles. Ils sont en partie financés par le Foreign Office et la plupart de leurs bureaux locaux sont occupés par des hommes de Douma. J’ai trouvé leurs bureaux détruits non loin de la clinique du Dr Rahaibani. Un masque à gaz avec un verre de vision brisé avait été laissé à l’extérieur d’un conteneur de nourriture  et une pile d’uniformes de camouflage militaire sales se trouvait à l’intérieur d’une pièce. Dissimulé, me suis-je demandé ? J’en doute. L’endroit était rempli de capsules, de matériel médical cassé et de dossiers, de literie et de matelas.

Bien sûr, nous devrions écouter leur version de l’histoire, mais cela n’arrivera pas ici : une femme nous a dit que tous les membres des Casques blancs de Douma avaient abandonné leur quartier général principal une fois le cessez-le-feu final conclu et choisi de prendre les bus affrétés par le gouvernement et protégés par la Russie jusqu’à province rebelle d’Idlib avec les groupes armés.

Il y avait des boutiques de nourriture ouvertes, une patrouille de policiers militaires russes – une option supplémentaire pour chaque cessez-le-feu syrien – et personne qui n’ait pris d’assaut la prison islamiste interdite près de la place des Martyrs où des victimes étaient censées avoir été décapitées dans les sous-sols. L’effectif de la police civile syrienne du ministère de l’Intérieur – qui porte étrangement des vêtements militaires – est surveillé par les Russes qui peuvent eux-mêmes être surveillés ou non par les civils. Là encore, mes questions très sérieuses sur l’attaque au gaz ont été reçues avec une perplexité qui semblait non feinte.

La vérité des habitants de Douma

Comment des réfugiés de Douma arrivés dans des camps en Turquie pouvaient-ils décrire une attaque au gaz que personne aujourd’hui à Douma ne semblait se rappeler ? Il m’est apparu, après avoir marché pendant plus d’un kilomètre et demi dans ces tunnels pour misérables prisonniers, que les citoyens de Douma avaient vécu si isolés les uns des autres pendant si longtemps que les « informations » telles que nous les envisageons ne signifiaient rien pour eux. La Syrie n’a rien d’une démocratie jeffersonienne – comme je le dis cyniquement à mes collègues arabes. C’est effectivement une dictature impitoyable. Mais elle ne peut pas empêcher ces gens, heureux de voir des étrangers parmi eux, de réagir en livrant leur vérité. Or qu’est-ce qu’ils me disaient ?

Ils ont parlé des islamistes sous le joug desquels ils avaient vécu. Ils ont parlé de la façon dont les groupes armés avaient volé des maisons civiles pour échapper au gouvernement syrien et aux bombardements russes. Ceux de Jaish el-Islam avaient brûlé leurs bureaux avant leur départ, mais les bâtiments massifs à l’intérieur des zones de sécurité qu’ils avaient créées avaient presque tous été détruits par des frappes aériennes. Un colonel syrien que j’ai rencontré derrière l’un de ces bâtiments m’a demandé si je voulais voir à quel point les tunnels étaient profonds. Je me suis arrêté au bout d’un kilomètre de marche quand il m’a fait remarquer de façon énigmatique que « ce tunnel pourrait bien mener jusqu’en Grande-Bretagne ». Ah oui, je me souvenais de Mme May, dont les frappes aériennes avaient été si intimement liées à ce lieu de tunnels et de poussière. Et de gaz ?

=> Source : Robert Fisk, The Independent (traduction, titre et intertitre : Pierrick Tillet) – Photo : Robert Fisk, correspondant de The Independent, dans l’un de tunnels creusés sous Douma par les prisonniers des rebelles syriens (photo : Yara Ismail)

 
1 commentaire

Publié par le avril 18, 2018 dans Asie, Etats-Unis, Europe, GUERRE et PAIX, Russie

 

Confronter Macron à un principe de réalité…

Aucun texte alternatif disponible.

Pour bombarder plusieurs sites en Syrie dans la nuit de vendredi à samedi, l’armée française a utilisé 6 navires, 17 avions et 12 missiles de croisière. Ces missiles, dont 3 tirés depuis un navire – une première pour la France – auront coûté un peu moins de 20 millions d’euros. c’est un pet de coq disent les Syriens dans la rue, à 20 millions d’euros le pet foireux du coq français, cela revient cher… Chacun s’interroge sur les raisons d’une telle expédition, s’agit-il simplement de dire nous sommes là! Ce qui est sûr que sur cette lancée il y a peu de chances que ces trois irresponsables s’arrêtent en si bon chemin… prochain but : l’Iran, la Russie…

Ce qui est stupéfiant est de voir la bande de cireurs de pompes dont Macron peut bénéficier. Non seulement ils ne se souviennent plus de ce qu’ils ont déversé sur le « danger » Trump, mais ils ne mettent en doute ni les « raisons » d’un tel baroud d’honneur qui ne change rien mais rend la situation internationale un peu plus périlleuse, ni les conséquences possibles d’une tel affrnchissement de toute légalité….

Imaginez que la Russie flanquée de la Chine,des membres du conseil de sécurité, après veto des Etats-Unis aille mener une telle expédition contre l’Arabie saoudite sous le prétexte bien réel lui du financement du terrorisme international et du martyre du Yémen. Que dirait ce chœur des vierges effarouchées prêtes à cautionner n’importe quel acte des Etats-Unis…Fort heureusement qu’on le veuille ou non, ien Syrie la Russie agit en toute légalité sans qu’on puisse l’éaccuser de nulle ingérence, ce qui n’est pas le cas ni de cette frappe, ni de la présence au sol de forces spéciales et le prétexte du terrorisme pour installer des bases en territoire kurde.

Aujourd’hui à l’Assemblée nationale Macron va expliquer son acte et selon l’article 35 de la Constitution il n’y aura pas de vote, est-ce qu’il va faire comme Colin Powell et il exhibera une vidéo où des gens se lavent à l’eau courante pour preuve? Est-qu’il va expliquer comment on peut détruire un stock d’armes chimiques sans la moindre victime et sans la moindre émanation, le tout en milieu urbain. On peut compter sur le groupe communiste (honnêtement c’est plus sûr que la direction actuelle du PCF) et j’espère qu’avec leur bon sens habituel ils n’oublieront pas de réclamer des informations sur le coût d’un acte aussi piteux.

Macron dira n’importa quoi comme sur la SNCF, comme sur les retraites, il paraît qu’il n’a même pas parlé des EPAD et des hôpitaux, médiocre…

Ce soir je vais à la permanence du mouvement de la paix parce que je suis convaincue qu’ils ne s’arrêteront pas en si bon chemin… A moins qu’en France même Macron soit confronté par les luttes à un principe de réalité face à son ivresse stupide et criminelle de toute puissance.

Danielle Bleitrach

 

Trump et Macron : la filiation …

"Nous allons prendre une décision ce soir ou très bientôt", a ajouté Donald Trump.

 

jamais nous aurions imaginé avoir l’équivalent de Trump à l’Elysée… Quel rapport y avait-il avec ce jeune arrogant que l’on nous présentait comme un surdoué et ce gros clown inculte entré par effraction à la maison blanche. Le fait d’abord qu’ils étaient tous deux entrés par effraction, sans réellement avoir un parti derrière eux, simplement une adversaire dont personne ne voulait. Mais le plus fort chez ces deux parvenus était le lien affirmé et décomplexé avec « le fric », à ce stade là, le capital devient effectivement « le fric », sa nature mafieuse éclate au grand jour et la servilité de ceux qui se prosternent est sans limite.

Il y a l’impossibilité de penser que l’autre existe, celui qui est un has been à leurs yeux… C’est fantastique, cette manière de nier la réalité de ce que vit tout ce qui n’est pas eux et le mépris profond pour tout avis qui n’est pas le leur, le côté enfantin, incapable de vivre la moindre frustration. Il y a un tel narcissisme dans l’exercice du pouvoir que l’on en reste désarçonné. Jusqu’ici le narcissisme était manifeste, chez Sarkozy comme chez Hollande, mais encore masqué par la fiction d’un parti Hollande privé de ce qu’il a détruit le dispute à  son poulain, il se vautre dans la médiocrité du vaudeville, le cocu qui s’est fait piquer la place par un « inexpérimenté ». De sarkozy, Maxcron a les sympathies non seulement atlantistes, mais celle de la réaction jusqu’à s’aligner sur l’Europe chrétienne, flatter le communautarismes et au nom de l’Europe chretinne chasse sans état d’âme sur les terres de l’extrême-droite… Avec la destruction du service public, il y a le recours au conservatisme moral, Trump trace le sillage derrière le klux klux klan.  A quand la charité pour remplacer le droit et l’émancipation des conquêtes sociales? … L’ancien élève des jésuites fait l’union avec la banque d’affaire et le compliexe militaro-industriel.

Que ces individus et ceux qui les entourent n’en soit pas revenus de leur accession au pouvoir derrière le clown est caractéristique de la situation. Ca et le fait que tous ceux qui parfois issus de mai 68 et de l’ère Mitterrand s’en saoulent à la manière d’un Placé – caricature d’un époque- insultant une jeune femme et proférant des menaces racistes au nom de son passage dans un ministère, si proche dans sa déchéance d’un francçois de Rugy, issu de la même portée, méprisant l’assemblée nationale qu’il a en charge… dit tout sur la période. Tout est foireux chez ces gens-là, partout où on met les pied ils ont des copains mis en examen, ça fleurit dans le sillage des funérailles nationales de Johonny Halliday, organisée directement par celui qui prétend « avoir fait » Macron, son beau-frère, manager et dans le même temps on fait monter la colère contre le petit délinquant, on viole les droits de la défense… C’est un marais dans lequel « l’élite » autoproclamée s’enfonce elle-même…

Que Macron en train de recevoir le boucher saoudien du Yemen avec tapis rouge, nous fasse le coup de la vertu au nom du peuple syrien, qu’au moment où les racine troubles de la catastrophe libyenne, sans parler des conséquences des pesudos armes de destruction massive en Irak, ose nous conduire jusqu’à la guerre y compris avec des dangers nucléaires, sans plus de preuves que pour l’espion russo britannique est une provocation qui n’a d’égale que celles menées contre la fonction publique, contre le service public en France.

Philippe Martinez avait bien raison de dire que Macron lui rappelait Tapie, même esbrouffe, même culot… Ce qui est frappant chez tous ces gens-là c’est la vanité, le caractère factice de leurs prétextes et le caractère insupportable des conséquences de leurs actes…

Comme la plupart des militants communistes je suis sur le terrain en train d’organiser la solidarité en distribuant des tracts tous les deux jours et je confirme, Macron n’a d’autre soutien qu’une force d’inertie. Ce sur quoi repose la République en marche, comme une bonne partie des socialistes est « le parfum excitant » de la victoire et des places à se partager, la défaite consacrera la débâcle.  L’acceptation d’une « modernité » et d’une « réforme nécessaire » est un vernis pour ceux qui tentent de se mettre dans le sillage de la baraka de ce nouveau riche avec en prime la vulgarité des technocrates, c’est une sorte de méritocratie au jour le jour.  Mais pour l’immense majorité de ceux qui passent il ya la conscience que ces gens là sont pourris, mais l’idée que les autres, c’est-à-dire la gauche ne valent pas mieux, la démonstration d’un quinquenat. Il y a aussi de la colère, beaucoup de colère. Ceux chez qui monte cette conlère voient ces déploiement de flics devant les universités, plus de forces de répression que des médecins et infirmières dans les hopitaux, demain encore plus de bombes sur les Syriens (au nom de leur peuple), chacune à 100.000 euros, plus de réfugiés, plus de capitaux consacrés à l’OTAN qu’à l’éducation et la santé. Ils veulent un casus belli, je l’ai dit à propos des kurdes, ils ont préféré inventer une attaque choimique après avoir taté de l’espion qui n’intéressait personne, c’est bon pour leurs marchands d’arme et ça créé l’union sacrée autour du chef de guerre… Déjà expérimenté par Hollande au mali…

Une note prise sur le vif: hier matin, j’étais à la gare Saint Charles à marseille, les cheminots distribuaient des tracts, j’en connaissais pas mal. Quand j’ai achezté mon billet, j’ai dit ma solidarité à l’employée en commentant « vous vous battezz pour nous tous ». Elle m’a dit « merci! Les gens sont rares à avoir conscience que nous nous battons pour tous, ils croient que nous défendons des privilèges! » Ma réponse a été immédiate: « Voyez les collectes, elles sont fantastiques, cela prouve bien que la conscience est là! » Elle a approuvé et dit qu’ils tiendraient bon…

Le soir même, nous étions les militants de la cellule au Conseil général en train de distribuer des tracts avec une boite de solidarité pour la collecte organisée au niveau de la section. je suis très contente parce que c’est la première fois depuis 1996 qu’une de mes propositions est retenue par une direction. Nous faisons comme tous les autres, nous organisons une collecte, j’espère que vous en faite autant. Du 21 avril au 25 , je serai à Paris, je pense rencontrer plein d’amis …

7 syndicats de la fonction publique appellent à une journée de grève et de manifestation le 22 mai.

Comment résumer la situation peut-être avec ce fait qui illustre la période : les 4 gendarmes blessés à Notre dame des Landes l’ont été à la suite du renvoi par les zadistes d’une grenade qui leur avait été expédiée. Je crois que plus généralement ces clowns criminels ne mesurent pas le nombre de grenades qu’ils sont en train de dégoupillées que nous pourrions leur renvoyer.

Danielle Bleitrach

L’image contient peut-être : plein air

11 cars devant la Sorbonne… et des menaces de frappe sur la Syrie…

 

Bloomberg buisness : Les contremeusures de la Chine face à celles de Trump enflamment le marché mondial

cela ne serait pas étonnant que trump se détourne vers le MOyen orient, tant sa première passe d’arme avec la Chine est un fiasco financier, il s’est d’ailleurs montré convaincu ce dimanche qu’un accord allait être trouvé avec la Chine pour éviter la guerre commerciale et au même moment lui et Macron, soutenus par une hypothèqtique « opinion internationale unanime »(sic) inventent une guerre en Syrie…  (note et traduction de Danielle Bleitrach)

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Bloomberg Nouvelles

 Mis à jour le 
  • Pékin répond aux tarifs américains visant à récupérer les pertes de propriété intellectuelle
  • Le président américain dit sur Twitter qu’il n’y a pas de guerre commerciale
Emma O’Brien de Bloomberg rapporte de Beijing sur la réponse de la Chine aux tarifs américains.

Des menaces tarifaires de la part des Etats-Unis et de la Chine ont fait flamber les craintes qu’une guerre commerciale commence entre les deux plus grandes économies du monde , en faisant chuter les contrats à terme sur actions américaines et en coulant les actions européennes et asiatiques.

Le président Donald Trump a déclaré qu’il n’y aurait pas une escalade avec la superpuissance asiatique, en disant sur Twitter  « nous ne sommes pas dans une guerre commerciale avec la Chine, vu que la guerre a été perdue il ya plusieurs années par les gens stupides ou incompétents qui représentaient les Etats-Unis ».

Donald J. Trump

@realDonaldTrump

We are not in a trade war with China, that war was lost many years ago by the foolish, or incompetent, people who represented the U.S. Now we have a Trade Deficit of $500 Billion a year, with Intellectual Property Theft of another $300 Billion. We cannot let this continue!

La Chine a annoncé mercredi qu’elle opérerait un prélèvement additionnel de 25% sur environ 50 milliards de dollars d’ importations américaines, y compris le soja, les automobiles, les produits chimiques et les avions.

 Cette étape augmente le risque d’une guerre commerciale entre les deux plus grandes nations commerçantes du monde, avec la dernière offensive de l’administration Trump basée sur de prétendues violations de la propriété intellectuelle en Chine. Alors que le différend porte sur un déséquilibre commercial de 375 milliards de dollars en faveur de la Chine, les États-Unis ciblent désormais des secteurs de haute technologie que Pékin considère comme l’avenir de son économie, suscitant une réaction de colère.

« La réponse de la Chine a été plus sévère que ce que le marché attendait – les investisseurs n’ont pas prévu que le pays imposerait des droits supplémentaires sur des produits sensibles et importants tels que le soja et les avions », a déclaré Gao Qi, stratège basé à Singapour. « Les investisseurs pensent qu’une guerre commerciale nuira à la fois aux deux pays et à leurs économies ».

Pour en savoir plus sur le différend tarifaire entre les États-Unis et la Chine

Les tarifs prévus en Chine: En
savoir plus sur l’  impact potentiel sur Boeing Quel 25%  droits de douane sur le soja  signifie pour les producteurs américains américains tarifs prévus: En savoir plus sur pourquoi Trump  vise la technologie de la Chine  sur  la façon dont le producteur américain pourrait subir un lien vers la liste complète de l’USTR

Les contrats à terme sur le Dow Jones Industrial Average ont chuté de près de 2,5% à 11h56 à Londres alors que les premiers échanges sur le S & P 500 ont chuté de près de 2%. L’indice MSCI Asia Pacific a chuté de 0,6% au plus bas en près de huit semaines.

Les objectifs proposés par Pékin touchent au cœur des relations commerciales entre les deux pays et à certains des biens les plus sensibles sur le plan politique dans les circonscriptions de Trump. Par exemple, la Chine est le plus gros importateur de soja au monde et le plus gros acheteur de soja des États-Unis dans le commerce d’une valeur d’environ 14 milliards de dollars l’année dernière.

Les deux parties ont calibré leurs actions actuelles autour du chiffre de 50 milliards de dollars d’importations – l’estimation américaine des dommages annuels à l’économie nationale causés par les violations de propriété intellectuelle de la Chine. Ce chiffre représente environ un tiers des importations chinoises en provenance des États-Unis l’an dernier, contre moins d’un dixième des exportations chinoises vers les États-Unis, selon les données du Fonds monétaire international.

La date de mise en œuvre des tarifs de représailles de la Chine dépend des résultats des négociations bilatérales et des décisions américaines, a déclaré le vice-ministre des Finances, Zhu Guangyao, à l’issue d’une conférence de presse à Beijing. « Maintenant, les deux parties ont mis en place leurs listes. Nous croyons que les deux pays ont la capacité et la sagesse de résoudre le problème « , a déclaré M. Zhu.

La liste américaine des charges prévues sur plus de 1 300 catégories de produits portait sur les exportations chinoises de machines industrielles et de technologies. L’envoyé de la Chine auprès de l’Organisation mondiale du commerce, Zhang Xiangchen, l’a qualifié de « violation flagrante et intentionnelle des principes fondamentaux de non-discrimination et de droits de douane consolidés de l’OMC ».

Des industries telles que l’aérospatiale, les technologies de l’information et de la communication, la robotique et les machines figuraient parmi celles ciblées par le représentant américain du commerce mardi. L’agence a déclaré qu’elle a choisi des produits pour minimiser l’impact sur l’économie américaine et les consommateurs.

En plus des technologies de pointe telles que les satellites de communication, la liste américaine comprend des articles allant de divers types d’acier aux composants de télévision, aux appareils médicaux, aux lave-vaisselle, aux souffleuses à neige et même aux lance-flammes.

Tarification factice

Les catégories de technologie industrielle dominent la liste prévue par l’USTR de 1 333 numéros tarifaires

Source: Bloomberg, Bureau du représentant américain au commerce

Note: Les catégories HTS excluent certains produits énumérés dans les descriptions complètes des chapitres sur le site Web de la US International Trade Commission

« La liste américaine suggère que le gouvernement cible l’initiative » Made in China 2025 « , tandis que les représailles de la Chine visent à ramener les Américains à la table des négociations », a déclaré Zhou Hao, économiste chez Commerzbank AG à Singapour.

David Lipton du FMI déclare que les Etats-Unis ne sont pas seuls préoccupés par les pratiques commerciales de la Chine

David Lipton du Fonds monétaire international discute des tensions commerciales mondiales et de la volatilité des marchés.

(Source: Bloomberg)

Ce que disent nos économistes …

« La proposition américaine sur les tarifs vise à atteindre les ambitions industrielles de la Chine sans nuire aux consommateurs américains », a déclaré Tom Orlik, économiste en chef pour l’Asie chez Bloomberg Economics à Beijing. « Sur les deux objectifs, il sera probablement court. En résumé, nous pensons que l’impact macro sera limité et que les objectifs stratégiques seront difficiles à atteindre. « 

La publication de la liste par le représentant américain au commerce, Robert Lighthizer, débouche sur une période d’environ 60 jours où le public peut fournir des commentaires et le gouvernement tient des audiences sur les tarifs. Les tarifs de 25 pour cent s’ajoutent aux prélèvements existants.

Le plan Made in China 2025 de la Chine a été annoncé en 2015 et a mis en évidence 10 secteurs d’aide sur le chemin de la Chine pour devenir une puissance de fabrication avancée, de la technologie de l’information à la robotique et à l’aérospatiale. La Chine a également une stratégie de développement distincte pour l’intelligence artificielle, publiée l’année dernière.

« Les mesures tarifaires actuelles des deux parties sont très peu susceptibles d’être mises en œuvre », a déclaré Ren Qing, un partenaire de Global Law à Beijing qui a conseillé le gouvernement chinois sur sa réponse à l’enquête sur la propriété intellectuelle. « Les gens des industries américaines peuvent exercer une pression sur le gouvernement américain et influencer la mise en œuvre finale de la politique. »

– Avec l’aide de Miao Han, de Kevin Hamlin, d’Eric Martin, de Katia Dmitrieva, de Henry Hoenig, de Tian Chen, de Xiaoqing Pi, de Bryce Baschuk, d’Andrew Mayeda, de Keith Zhai et de Matt Turner

 

La privatisation du rail allemand est aujourd’hui en accusation

Non seulement la Grande Bretagne remet en cause la provatisation du rail, mais en Allemagne aussi, et pourtant la logique européenne est de l’imposer. (note de danielle Bleitrach)

TRANSPORTS

La privatisation du rail allemand est aujourd’hui en accusation

Deutsche Bahn a fermé partiellement la gare de Mayence. Les réductions de personnel sont en cause

Pourrait-on imaginer la gare de Genève fermée à la circulation des trains jusqu’à fin août parce que la moitié des aiguilleurs du poste de contrôle sont malades ou bien partis en vacances? C’est ce qui se passe actuellement à Mayence. Faute de main-d’œuvre aux postes d’aiguillage, la capitale de Rhénanie-Palatinat, une ville de 200 000 habitants, doit vivre avec une gare fermée en soirée aux trains grandes lignes. Les trains ICE doivent donc contourner Mayence pour se rendre à destination. La situation est si grave que le trafic régional a été réduit lui aussi en début de semaine. Tout devrait se normaliser à la fin du mois, a promis hier Deutsche Bahn (DB).

A la fin du mois? La nouvelle a fait l’effet d’une bombe dans un pays si fier de sa technologie et de son organisation du travail. Les Allemands, qui entretiennent une relation quasi passionnelle avec leur compagnie ferroviaire, ont découvert à Mayence qu’elle était incapable de trouver une équipe de remplacement pour un poste d’aiguillage. Mayence n’est pas une exception, a expliqué le chef du réseau ferroviaire (BD Netz AG). «La situation pourrait avoir lieu n’importe où en Allemagne», a avoué Frank Sennhenn.

Face à ce «désastre» qui occupe la une des journaux allemands depuis plus d’une semaine, le président de la DB, Rüdiger Grube, a dû interrompre ses vacances. Il a rencontré les syndicats hier pour leur confirmer que 600 aiguilleurs seraient embauchés pour les situations d’urgence.

Cet aveu d’échec a été l’occasion pour les syndicats de dénoncer les réductions de personnel. Pour les seuls employés du réseau (DB Netz), dont les aiguilleurs, le nombre de postes est passé de 52 000 à 35 000 en dix ans. Les autres catégories de personnels ont également dénoncé une pénurie de main-d’œuvre. «Il nous manque 800 conducteurs de train», a expliqué Claus Weselsky, le chef du syndicat des conducteurs de train.

Les experts estiment que cette situation est une conséquence directe de la privatisation de la DB et de sa tentative d’entrée en bourse. L’ancien patron, Hartmut Mehdorn, est accusé d’avoir mené un programme d’austérité dans le seul objectif d’ouvrir le capital aux investisseurs. Pour que l’action DB se vende à bon prix, il fallait rentabiliser au maximum. «La compagnie n’avait qu’un objectif en tête: économiser. Cette stratégie l’a menée dans le mur», explique Heiner Monheim, professeur à l’Université de Trèves.

En réduisant la masse salariale, DB a d’ailleurs renoué avec les bénéfices (2,7 milliards d’euros avant impôt en 2012). Mais les dividendes ne sont pas réinvestis dans le réseau ou les matériels, critiquent les experts.

Par ailleurs, la DB ne remplit plus son rôle de service public, ajoutent les écologistes. «La Deutsche Bahn est devenue un groupe logistique mondial actif dans 140 pays de la planète», constate Anton Hofreiter, président vert de la Commission parlementaire chargée des transports. «Pourquoi devons-nous au­jour­d’hui être le premier trans­porteur de vin en Australie? C’est absurde», peste-t-il.

Le gouvernement Schröder avait engagé cette restructuration de la DB il y a dix ans. L’entrée en bourse avait échoué en 2008 en raison de la crise bancaire. Transformée en société privée dans les années 90, la DB est donc toujours aux mains de l’Etat. Une nouvelle tentative d’introduction en bourse n’est pas à l’ordre du jour.

«Pourquoi devons-nous aujourd’hui être le premier transporteur de vin en Australie? C’est absurde»

 
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Publié par le avril 4, 2018 dans Europe