RSS

Archives de Catégorie: POLITIQUE

A propos de Marx : l’étrange permanence de la médiocrité du personnel politique

Résultat de recherche d'images pour "présidence de la république"

 

 » Lorsqu’on considère de tels bouleversements, il faut toujours distinguer entre
– le bouleversement matériel – qu’on peut constater d’une manière scientifiquement rigoureuse – des conditions de production économiques
– et les formes juridiques, politiques, religieuses, artistiques ou philosophiques,
bref, les formes idéologiques sous lesquelles les hommes prennent conscience de ce conflit et le mènent jusqu’au bout. »

Karl MARX : Préface de la Critique de l’économie politique 1859

marx ne se contente pas  de mettre en évidence une méthode pour une analyse scientifique rigoureuse, mais il est très attentif aux formes idéologique, politique, idéologiques sur lesquelles les hommes prennent conscience et là il exerce une critique sans pitié. Il y a Marx journaliste, mais toute l’oeuvre de Marx y compris l’austère Capital fourmille de formules assassines et drolatiques du type « L’agneau de dieu signale la nature moutonnière du Chrétien », Proudhon déchaîne sa verve et ce jusque dans ce qui aurait dû être un éloge funèbre et qui est le renouvellement de tous les éreintements. Marx est un grand lecteur, il aime particulièrement Balzac à qui il empruntera « l’opium du peuple ». Chez Balzac c’est la loterie, pour Marx on le sait c’est la religion. Il y a aussi Eschyle, Shakespeare dont il parodiera Hamlet avec son spectre qui hante l’Europe et surtout Timon d’Athènes et l’amour de l’argent. Mais son style est surtout parent de celui de son ami Heine, leurs communes origines juive en feront des maîtres du witz, la plaisanterie qui fuse et crée des évidences incontournables.

On ne peut qu’admirer l’ampleur de la pensée de Marx, son génie, mais personnellement ce qui m’attache à lui comme au compagnon de voyage d’une vie, ce sont deux approches. la première j’en ai parlé hier c’est la manière dont il unira toute sa vie une théorie avec une curiosité intellectuelle pour les civilisations et la manière dont partout, l’économie, la double relation de l’homme à la nature et des rapports de production, n’est déterminante qu’en « dernière instance » pour reprendre l’expression d’Engels.  La seconde est justement le style avec lequel il traque les illusions réactionnaires, la haine de l’emphase, des proclamations creuses et surtout son art de débusquer le caractère réactionnaire de certaines utopies, ce qui déclenche chez lui une ironie mordante qui lui vaudra un maximum d’ennemis. Ce sont ces traits, celui d’une curiosité insatiable et du goût du witz qui ont fait de lui un ami, nous partageons un intérêt sans cesse renouvelé pour la cocasserie humaine, la manière dont chacun se débat et la haine de l’hypocrisie. Cette manière dont le capital a l’art de transformer comme « Ricardo » les hommes en chapeaux, tandis que hegel les transforme en idées, ce goût pour l’individu concret dans sa trivialité opposé à toutes les marionnettes de l’invention religieuse et des faux humanismes creux.

Après avoir relu avec bonheur ses articles dans la Nouvelle gazette rhénane, je me suis demandé comment il jugerait de la situation française, ce pays qu’il considère à la fois comme celui de la lutte des classes et pourtant de la courte vue sur le plan politique et philosophique… Cette « nation d’émeutiers » sensible à tous les leurres et qui veut toujours aller à la conclusion sans s’encombrer de lourdes démonstrations … Comment aurait-il jugé de ce paradoxe qui a fait que la France qui venait durant une année de mener  un mouvement exemplaire contre le code travail a fini par élire pour président celui qui exprimait la volonté de pousser jusqu’au bout une politique dont personne ne voulait.

Comment aurait-il jugé l’impossibilité du personnel politique d’apporter la moindre perspective à ce mouvement et ce n’est pas la première fois en France.

 

A propos des dirigeants politiques, voici le constat que l’on peut faire devant leur permanence.

Quand les derniers tenants de la fonction l’ont déconsidérée à un point tel que se pose la question de la disparition de l’organisation elle-même, il devient quasiment obligatoire de renouveler les mêmes ou des clones pour préserver l’institution. A un tel niveau, les changements sont si périlleux pour elle et le vivier de recrutement si étroit qu’il ne reste plus qu’à introniser ceux qui ont manifestement produit la déchéance et l’inertie du collectif tant il s’est rétréci et a conscience de sa fragilité.

L’emphase, la pauvreté de pensée accompagnée de la répétition monotone du thème que l’on veut fondamental mais qui tourne sur lui-même pour être un morceau oratoire ou prétendre l’être n’est plus que mauvaise rhétorique et qui tombe dans le faux pathétique. Ce sont rêveries de jouvencelle sur la nécessité de tous les sacrifices pour sauver la France, c’est-à-dire le parti devenu bien de copropriétaires s’en partageant les dépouilles… Le tout accompagné de ragots sordides dont on fait l’aliment des médias pendant quelques jours. Tout semble fait pour occulter le fond et lui substituer querelles de personne, proclamations générales et opportunistes.

C’est un modèle de civilisation que le Capital tente d’imposer comme justification de la régression, l’appel à la « démocratie », la dénonciation de la « dictature communiste » face à toute alternative fait partie de l’accompagnement de l’accumulation, on justifie les invalides du capital par une vision « caritative » et « démocratique ».que l’on prétend opposer au danger sanglant des révolutions, à la famine qu’elles engendrent  Que dire quand ceux qui ont à charge de représenter les exploités, les victimes adhèrent plus ou moins à toutes les caricatures et illusions « religieuses » sur la démocratie-dictature de la bourgeoisie?

On attend les revendications précises face aux disposition qui tombent et toutes vont non seulement dans le sens du maintien de l’ancien, mais de la régression, du démantèlement des « conquis ». dans le même temps, l’opposition  réclame « tout », du communisme à la modernité, de l’Europe idéale à l’identité retrouvée, pour éviter l’exigence précise, le but et les moyens. On fait honte à ceux qui pratiquent l’excès dans l’exploitation, on dénonce les turpitudes, les sexuelles sont privilégies et là encore elles démontrent l’état des institutions, sans qu’il soit touche au Capital ou au profit. mais les buts et les moyens s’ils ne sont pas ceux du capital sont d’un flou qui ne convainc personne et certainement pas ceux sur qui tombe la rossée. A cette impuissance du style correspondent des hommes dont la seule fonction est de sauver les meubles pour des partis devenus groupusculaires, le nombre d’adhérents se réduit autant que celui d’électeurs, à la fonction agrégative succède celle de la division autour de combats de chefs..

dans cette absence, l’extrême droite peut même faire proliférer sa « révolution » haineuse pour que rien ne change.

Pourquoi en sont-ils arrivés là, c’est sans doute parce que dans « ces bouleversements » qui pour Marx sont essentiellement la manière dont le développement des forces productives se trouve entravé par l’état des rapports de production. Il y a alors des « besoins de la société » (dans la complexité des diverses formations sociales) non mis à jour, ne trouvant pas de solutions concrète, alors les partis politiques comme les autres institutions  participent de cet ébranlement selon leur propre mode d’organisation. et tentent d’y résister en s’accrochant à l’existant.

Il en est ainsi des partis politiques et de la suspicion dont ils font l’objet, la tentative même de profiter de cette déconsidération pour imposer un mouvement autour d’un chef connait rapidement le même désaveu d’ailleurs, les « nouveautés » s’épuisent dès qu’apparaît le caractère bien connu de ce dont on ne veut plus et plus la base de consensus se rétrécît encore plus rapidement…. Vous remarquerez le caractère quasi universel de cette loi dans une période historique où la quasi totalité des partis ont de fait renoncé à toute perspective de changement de société, toute stratégie transformatrice et sont donc la proie de cet ébranlement dont parle Marx à laquelle ils ne savent répondre que par le maintien de ceux qui sont en place.

Nul n’y échappe tant qu’une issue ne se dessine pas, et il s’agit d’un cercle vicieux qui entretient l’impossibilité d’une issue et l’inertie des masses, il faut probablement aller jusqu’au bout de cet effet et la seule solution est de coller au plus près du terrain tout en ne renonçant pas à une conscience de  la nature planétaire de l’ébranlement et les dangers dont il est porteur. ..

Danielle Bleitrach

Publicités
 

La complicité des Polonais dans la Shoah fortement sous-estimée – experts

dans le cadre du travail entamé avec Monika sur juifs et polonais, un noeud de vipères (titre provisoire) qui étudie en particulier l’influence du pogrom antisémite de mars 1968 sur mai 68 en france et sur le retournement réactionnaire de certains intellectuels juifs, cette controverse m’intéresse particulièrement. Simplement ce qui me gêne c’est la manière dont le gouvernement israélien, netanayoun en tête s’en est emparé. Cela me gène par rapport à la politique de ce gouvernement que je condamne, mais cela me gêne plus fondamentalement pour ce pourquoi je plaide systématiquement à savoir que la question de la shoah ne serve d’argument ni aux  israéliens, ni aux Palestiniens, que l’on foute la paix aux juifs qui n’ont jamais été sionistes et qui conservent le trauma de cette horreur qui fort heureusement n’a pas eu encore d’équivalent aujourd’hui. tant qu’il y aura d’un côté comme de l’autre la moindre allusion, voir dans certains cas des manipulations historiques pour instaurer le moindre signe d’équivalence je refuserai de participer à des combats qui toujours été les miens. Je souhaite que les forces progressistes  partout dans le monde se rassemblent pour imposer une issue de justice et de paix et je considère que nous devrions plus ouvrir le dialogue avec les partis communistes de la région au lieu de suivre la politique des frères musulmans et des indigènes de la République. En outre, ceux qui s’existent sur la négation de la shoah ne craignent pas de participer activement au négationnisme qui concerne l’URSS. Il faut une toute autre conception de l’histoire quel que soit le caractère douloureux des faits. Maintenant à propos de cette controverse, cet article me paraît équilibré, il est à noter que l’auteur sur lequel il s’appuie : zymon Datner (2 février 1902, Cracovie – 8 décembre 1989, Varsovie) est un historien polonais d’origine juive, plus connu pour ses études des crimes de guerre nazis commis en Pologne contre la population juive de Białystok (Bezirk Bialystok) après l’attaque allemande contre l’Union soviétique en juin 1941 est un auteur de la Pologne populaire et ce qui fera plaisir à marianne, un espérantiste militant. ce qui n’est pas non plus sans signification (note de danielle Bleitrach)
DÉNONCÉS ET MORTS POUR 2 KG DE SUCRE, OU UN MANTEAU

D’après un article datant de 1970, 200 000 Juifs sont morts aux mains de leurs voisins polonais. Une récente loi pourrait rendre difficile la publication de ces résultats

Des survivants de la Shoah et des militants à l'ambassade de Tel Aviv lors d'une manifestation organisée le 8 février 2018 (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Des survivants de la Shoah et des militants à l’ambassade de Tel Aviv lors d’une manifestation organisée le 8 février 2018 (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Dans un article datant de 1970, Szymon Datner, historien juif pionnier, estimait que 200 000 juifs étaient morts aux mains des Polonais durant la Seconde Guerre mondiale. En tentant de fuir les wagons à bestiaux et les camps de la mort, ils l’ont trouvé après avoir été remis aux autorités, informés qu’ils se cachaient ou ont été assassinés par leurs voisins polonais.

De 1942 à 1945, selon les calculs de Datner, sur les 250 000 Juifs qui ont tenté d’échapper aux Allemands en Pologne occupée, seuls 10 à 16 % ont survécu.

Lui-même survivant juif de l’Holocauste, Datner devint directeur de l’Institut historique juif de Varsovie et travailla comme historien pour l’Institut de la mémoire nationale de Pologne (IPN). Mais s’il était vivant aujourd’hui, il serait potentiellement poursuivi pour ses découvertes scientifiques.

Le président polonais Andrzej Duda annonce, durant une conférence de presse, qu’il signera la loi controversée sur la Shoah,à Varsovie, le 6 février 2018. (Crédit : AFP / JANEK SKARZYNSKI)

Le 6 février, le président polonais Andrzej Duda a promulgué des amendements à la loi de l’Institut de la mémoire nationale – Commission pour la poursuite des crimes contre la nation polonaise. Parmi ces amendements, figure cette section controversée du projet de loi : « Quiconque prétend, publiquement et contrairement aux faits, que la nation polonaise ou la République de Pologne est responsable ou coresponsable des crimes nazis commis par le Troisième Reich … ou pour d’autres crimes qui constituent des crimes contre la paix, des crimes contre l’humanité ou des crimes de guerre, ou quiconque diminue d’une manière flagrante la responsabilité des véritables auteurs desdits crimes – sera passible d’une amende ou d’une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à trois ans. »

Avec son langage flou, cet amendement pourrait envoyer Datner, un historien respecté qui a travaillé pour l’Institut de la mémoire nationale, directement en prison.

Dans une cinglante tribune publiée après l’annonce du président, l’historien Jan T. Gross a dénoncé la loi, déclarant que, plutôt que de protéger la réputation de la Pologne, son « but ultime est de falsifier l’histoire de l’Holocauste ». Gross a été interrogé à au moins trois reprises sur des déclarations factuelles peu complaisantes concernant les actions des Polonais pendant la Seconde Guerre mondiale.

L’auteur polonais Jan Tomasz Gross, auteur en 2001 du libre « Voisins » sur les meurtres des juifs de Jedwabne par leurs voisins polonais. (Crédit : East News)

Pour être précis, il n’y a pas de débat à avoir sur le fait que les Polonais ont contribué à sauver les Juifs. Plus de 6 700 Polonais – plus que n’importe quel autre pays – ont été honorés par le mémorial de Yad Vashem de Jérusalem en tant que Justes parmi les Nations : des individus qui ont mis en danger leur propre vie pour sauver des Juifs.

Cependant, au cours des dernières années, les chercheurs ont découvert des preuves de plus en plus sombres des interactions entre Juifs et Polonais au cours de la Seconde Guerre mondiale. Et leur travail a été violemment accueilli et totalement rejeté par de nombreux Polonais qui ont l’impression que leurs ancêtres ont agi de manière tout à fait honorable pendant la guerre.

Comme l’histoire de l’Holocauste se situe désormais sur le chemin dangereux de la politisation, le dialogue entre Juifs et Polonais devient de plus en plus difficile. C’est « un sujet qui défie la caractérisation simpliste et qui est chargé d’émotion », a déclaré le Dr Laurence Weinbaum, rédacteur en chef du Journal des affaires étrangères d’Israël. Il a applaudi le travail « courageux » des historiens polonais en découvrant des faits dérangeants.

Une photographie prise durant la déportation des Juifs d’Oswiecim vers les camps de la mort et les ghettos de la région durant l’occupation nazie de la Pologne (Crédit : Centre juif d’Auschwitz)

« Une certaine partie de l’université polonaise s’est distinguée de manière courageuse et franche dans sa façon de traiter la question complexe dont les Polonais confrontaient les desseins allemands pour anéantir ses Juifs.

« L’historiographie atroce qui a émergé de leurs recherches n’a aucun équivalent dans l’Europe post-communiste, et nous a donné un vaste aperçu de l’horrible tragédie qui s’est produite dans la Pologne en temps de guerre », a déclaré Weinbaum.

Les faits

Havi Dreifuss, chercheur à l’Université de Tel Aviv et directeur du centre de recherche de Yad Vashem sur l’Holocauste en Pologne, a récemment déclaré sans équivoque : « Nous savons que des Polonais ont été impliqués dans le meurtre de Juifs à plusieurs occasions.

Des survivants de la Shoah et des militants à l’ambassade de Tel Aviv lors d’une manifestation organisée le 8 février 2018 (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Selon le musée de l’Holocauste de Washington, Polonais en uniforme et citoyens individuels ont été complices dans la condamnation à mort de leurs voisins juifs.

« La Pologne a été brutalement occupée par les Allemands … Dans leur plan meurtrier d’exécutions, les forces allemandes ont fait appel à des agences polonaises, telles que les forces de police et les chemins de fer polonais, pour la surveillance des ghettos et la déportation des Juifs. Les Polonais ont souvent contribué à l’identification, à la dénonciation et à la traque des Juifs dans la clandestinité, profitant souvent du chantage associé, et ont participé activement au pillage des biens juifs. »

Il y eut en particulier le massacre notoire de centaines de Juifs enfermés dans une grange en feu à Jedwabne, ainsi que des actes similaires dans d’autres parties du comté de Łomża durant l’été 1941. Dans ces endroits, les Polonais locaux étaient « très impliqués dans le meurtre de leurs voisins juifs », a déclaré Dreifuss.

Plus tard, après la fin de la guerre, dans le cadre de la vague antisémite d’après-guerre qui a balayé l’Europe, il y a eu quelques pogroms en Pologne, dont celui de Kielce, le plus connu. En 1946, les Polonais ont massacré 40 survivants de la Shoah à Kielce et en ont blessé 40 autres. Des centaines ont été tués dans d’autres endroits après la libération de la Pologne, a déclaré Dreifuss.

Mémorial aux victimes du pogrom de Kielce. (Crédit : capture d’écran/autorisation)

« Ces deux événements – des pogroms comme celui de Kielce et les événements du comté de Łomża – ont été perpétrés à des moments et dans des lieux spécifiques », a déclaré Dreifuss. « Les dernières études concernent autre chose : ces dernières années, des chercheurs polonais ont essayé de comprendre ce qui est arrivé aux Juifs qui fuyaient les nazis entre 1942 et 1945 ».

Dreifuss a dit que le premier à se référer à ce phénomène était l’historien polonais-juif Datner, qui a porté à 200 000 le nombre de Juifs ayant péri aux mains des Polonais.

« La recherche actuelle montre qu’ils sont morts non seulement à cause des Allemands mais également en raison de l’implication profonde des Polonais de toutes les franges de la société. Parfois, les Juifs ont été capturés et remis aux Allemands, ou ont été capturés et remis à la police bleue [police polonaise dans la Pologne occupée allemande]. Et certains ont été tués par des Polonais », a déclaré Dreifuss.

 

Parmi les dizaines de milliers de personnes qui ont tenté de fuir, la plupart ont été tuées et les Polonais étaient très impliqués

« Parmi les dizaines de milliers de personnes qui ont tenté de fuir, la plupart ont été tuées et les Polonais étaient très impliqués », a souligné Dreifuss.

Pourquoi ?

Les motivations des Polonais dans la mort en série ou la dénonciation de leurs voisins juifs étaient variées, a déclaré Dreifuss.

« Ce n’était pas toujours de l’antisémitisme. En de nombreuses occasions, c’était la cupidité, la peur, les querelles, la vengeance. Il y avait beaucoup de raisons différentes », a-t-elle dit. « Vous ne pouvez pas limiter ou résumer les actes des communautés dans les statistiques. Il y avait beaucoup de raisons de nuire aux Juifs ou d’y contribuer. »

L’historien Jan Grabowski découvre que de nombreux Juifs qui s’étaient cachés pour échapper aux nazis ont été massacrés par leurs voisins polonais (Autorisation)

Pour les chercheurs, le spectre intégral des interactions entre Juifs et Polonais est intéressant. La Chasse aux Juifs: trahison et meurtre en Pologne occupée par les Allemands [Hunt for the Jews] de Jan Grabowski en 2013 et Une belle journée ensoleillée de Barbara Engelking en 2016, décrient l’accueil fait aux juifs en quête de refuge dans la campagne polonaise 1942-1945 par leurs voisins polonais.

Tous deux consacrent aussi des chapitres aux Polonais qui ont sauvé les Juifs. Dans son étude, Grabowski relate des documents glaçants sur un résident polonais de Bagienica appelé Przędział, qui a découvert deux Juifs cachés dans la forêt près de chez lui. Basé sur le livre, un article de Guardian dénonçant la nouvelle législation a décrit cette scène : « Après les avoir trahis, Przędział a exigé sa récompense auprès de l’occupant allemand : 2 kg de sucre. Le taux variait. Dans certains endroits, c’était 500 złoty pour chaque juif. Ailleurs, c’était deux manteaux, autrefois portés par les Juifs, pour chaque Juif apporté. » Une description peu flatteuse des efforts de guerre d’un Polonais.

Le livre de Jan Grabowski ‘Hunt for the Jews’ a été publié en anglais en 2013. (Crédit: Autorisation )

M. Grabowski, professeur d’histoire à l’Université d’Ottawa, a déclaré au Times of Israël que son travail avait fait l’objet de nombreuses critiques, « bien que généralement fondées sur le rejet des connaissances et non sur la remise en question des faits ».

Parmi d’autres sujets, l’historien a enquêté sur le nombre de Juifs morts aux mains des Polonais.

Grabowski a expliqué que les calculs de Szymon Datner étaient basés sur une « intuition » qu’en 1942, 2,5 millions de Juifs polonais étaient encore en vie en Pologne, dont 10 % tentaient de fuir les ghettos. Seulement 50 000 personnes ont vécu jusqu’à la libération.

Ces chiffres, a déclaré Grabowski, « étaient intuitifs, sans autre recherche que sa propre spéculation. » Des décennies après les calculs de Datner, cependant, une grande équipe de recherche dirigée par Grabowski et Engelking « ont pu confirmer les estimations de Datner », a déclaré Grabowski.

« Ayant étudié, au cours des cinq dernières années, neuf comtés en Pologne, nous avons été en mesure de confirmer que Datner n’était pas loin du compte », a déclaré Grabowski.

La recherche de l’équipe sera publiée en mars dans le recueil en deux volumes, « NUIT sans fin: le sort des Juifs dans certains comtés de Pologne occupée. » Écrit par un groupe de chercheurs du Centre polonais de recherche sur l’Holocauste, il s’agira d’un compte-rendu beaucoup plus détaillé du sort des Juifs dans ces années.

Comme une page web pour le livre le déclare, « Les chiffres parlent d’eux-mêmes : deux Juifs sur trois qui ont tenté de chercher un abri parmi les gentils, sont morts. »

« Les études incluses dans les deux volumes présentés fournissent de nombreuses preuves des niveaux importants et sous-estimés de l’ampleur de la complicité de certains segments de la société polonaise dans l’extermination de leurs voisins juifs et de leurs concitoyens. »

Mais le travail global des savants polonais sera-t-il accepté par leurs propres compatriotes ?

Quand le fait devient « opinion »

En 2001, le président polonais s’est excusé pour le massacre notoire et bien documenté de Juifs à Jedwabne par leurs voisins polonais. Le président Aleksander Kwaśniewski s’est excusé en son nom et au nom du peuple polonais, « dont la conscience est touchée » par ce crime, a-t-il dit.

La ministre polonaise de l’Education Anna Zalewska. (Crédit : CC BY-SA 3.0 Adrian Grycuk/Wikipedia)

En 2014 cependant, interrogée par un journaliste de télévision sur le fait que des Polonais ont brûlé des Juifs dans une grange à Jedwabne, l’actuelle ministre de l’Education, Anna Zalewska, a semblé croire qu’il s’agissait d’ « opinion ». Dreifuss a déclaré que l’un des résultats malheureux du dernier débat sur la nouvelle législation avancée par le parti Droit et Justice de Zalewska est la montée de certaines voix antisémites, qui sont maintenant entendues en Pologne après une période de silence.

« Ce que cette querelle ou discussion sur la loi, a éveillé dans certaines parties de la population polonaise est troublant », a déclaré Dreifuss.

Weinbaum, qui a été décoré en mai 2008 par l’ancien président Lech Kaczyński avec la Złoty Krzyż Zasługi (Croix d’or du mérite) pour sa contribution continue au dialogue entre juifs et polonais, s’est dit attristé par l’atmosphère rhétorique d’aujourd’hui.

« Nous assistons aujourd’hui à une recrudescence généralisée de la rhétorique brutale qui caractérisait les pires jours de 1968, lorsque la plupart des juifs restés en Pologne furent obligés de partir. Ceux qui dirigent cette loi controversée, ostensiblement anti-communistes, cherchent paradoxalement à restreindre les droits civils durement gagnés pour lesquels les Polonais ont combattu et sont morts dans la lutte contre la tyrannie communiste », dit-il.

« En fin de compte, cependant, c’est aux Polonais eux-mêmes de déterminer l’ambiance dans leur propre pays. On ne peut nier que la situation actuelle constitue un grand, peut-être même le plus grand, défi au dialogue polonais-juif qui a été lancé dans les années 1980. Malheureusement, de nombreux « vétérans » de cette rencontre se sentent profondément déçus et sont désillusionnés.

Le ministre de l’Education Naftali Bennett (2e-G), le rabbin Meir Lau (2e-D) et le chef d’état-major de Tsahal Gadi Eizenkot (D) participent à la Marche des Vivants au camp d’Auschwitz-Birkenau en Pologne le 24 avril 2017. (Yossi Zeliger/Flash90)

Cependant, la Pologne n’agit pas dans une bulle. Weinbaum a déclaré: « Les assertions sauvages de certains des Israéliens qui ont pesé lourdement sur les accusations de culpabilité polonaise dans l’Holocauste, et les déclarations erronées et désobligeantes sur l’origine d’Auschwitz ont également contribué à attiser les passions ».

Faits alternatifs ?

Fait : 90 % de la communauté juive de Pologne a été exterminée pendant l’Holocauste. Opinion polonaise actuelle : Les Polonais ont connu pire pendant la Seconde Guerre mondiale.

« La majorité de la société polonaise croit aujourd’hui que la souffrance des Polonais au moment de la guerre était égale ou supérieure à la souffrance des Juifs », a déclaré l’historien Grabowski. Je n’essaie pas d’être facétieux; Ce sont des sondages récents. »

Dans ce contexte, il est peut-être compréhensible que la législation anti-diffamation révisée reçoive un accueil chaleureux en Pologne aujourd’hui.

Il est louable d’être précis dans son vocabulaire lors de la description de la Shoah. Un effort pour reconnaître qu’Auschwitz était un camp d’extermination allemand en Pologne occupée et non un « camp de la mort polonais » bénéficie d’un soutien général sur le front diplomatique et parmi les spécialistes de l’Holocauste.

Mais les conséquences de la législation sur le vocabulaire est également potentiellement important.

« Cette loi va geler le débat et la recherche sur l’histoire de la Shoah, j’en suis certain », a déclaré M. Grabowski.

Dans son éditorial, l’historien Gross a déclaré : « Les autorités polonaises veulent bâillonner tout débat sur la complicité des Polonais dans la persécution des citoyens juifs, rendant illégal de discuter de la question« publiquement et contre les faits »

Le Centre polonais pour la recherche sur l’Holocauste a publié une déclaration exprimant sa « profonde préoccupation » à propos de la loi, qu’il appelle « un outil destiné à faciliter la manipulation idéologique et l’imposition de la politique d’histoire de l’Etat polonais ».

A Yad Vashem aussi, on s’inquiète des effets secondaires possibles de la formulation vague de la nouvelle législation et de ses répercussions dans les domaines de la recherche sur l’Holocauste, de l’éducation et de la mémoire.

Selon Dreifuss, les chercheurs polonais qui mènent la charge de la vérité factuelle sont «à la pointe de la recherche sur l’Holocauste, non seulement en Pologne, mais dans le monde entier». Weinbaum ajoute: «Malheureusement, ces érudits sont vilipendés et remis en question.  »

Ce qui est en jeu, c’est le principe démocratique de la liberté académique.

« Dans les endroits normaux, la recherche n’est pas acceptée ou rejetée par les gouvernements », a déclaré Dreifuss. « S’il y a des changements qui se produisent en Pologne, ou dans n’importe quel pays, où le travail d’un chercheur aura besoin de l’approbation du gouvernement, c’est un très mauvais signe. »

 
1 commentaire

Publié par le février 20, 2018 dans extrême-droite, HISTOIRE

 

Le mépris des communistes ou l’opération Buffet et Mélenchon par danielle Bleitrach

voici le texte que j’écrivais le 19 novembre 2008, et vous pouvez constater qu’il n’est pas à courte vue.  pour préciser ma pensée, j’ajouterai que je ne suis pas contre des alliances électorales hier comme aujourd’hui, mais que l’essentiel reste pour moi l’expression propre du parti, la stratégie qu’il se donne pour impulser ces unions, ensuite tout aussi important, il ne doit pas s’agir de manœuvres de sommet, mais bien d’aider les militants à impulser ces rassemblements autour d’objectifs clairs, Ce que font nos camarades portugais en maintenant la pression sur leurs alliés du PS contre le refus de l’austérité voulu par l’ UE et le refus de l’augmentation de la participation au budget de l’otan, enfin que l’on s’interroge sur ce parti communiste capable de favoriser l’intervention populaire, c’est certainement pas celui de la « mutation » du congrès de martigues, qui a détruit nos cellules d’entreprise et certainement pas en nous effaçant aux présidentielles ce que je disais d’andré gérin, je pourrais le dire de chassaigne, je suis loin de partager toutes ses idées mais il représente le nom effacement du parti qui est la question la plus évidente (note de danielle bleitrach)

buffet-gayssot-hueVoici plusieurs jours que je prévenais : le Congrès du PCf n’intéresse plus la direction de ce parti, leur problème est de mettre en place une architecture politicienne de sommet, des alliances pour les élections européennes. Il s’agit d’imposer aux militants des choix, des contenus, en particulier d’évacuer ce qui aurait pu être une question de congrès, à savoir la bataille pour la sortie de la zone euro, voire de l’union européenne (et en tout cas certainement de l’OTAN auquel est intégré la défense européenne et française). Alors même que comme on l’a vu au G20, et ces derniers temps, face à la crise du capitalisme la seule parade efficace se situe au niveau des nations, nationalisations, intervention des travailleurs, est-ce un hasard si ces questions ont été évacuées du congrès. L’alliance annoncée par le Monde du 18 novembre entre Melenchon et Marie georges Buffet, ce front dont l’ambition minable est seuelement « d’arriver avant le PS », pourquoi faire, pour obtenir des places, pour quelle politique? Pour quelle manière de poursuivre en fait l’intégration européenne, accepter la politique de l’Union européenne qui nous a conduit à la crise?

Sur le fond, et je le dis avec d’autant plus de colère que j’ai par ailleurs de la sympathie pour certaines positions internationales de Melenchon: voilà vers quoi on nous conduit vers un contenu qui n’a jamais été discuté et ceci à la veille d’un congrès, sans même soumettre aux militants les choix. Sur la forme donc on conduit le PCFnon seulement vers une marche vers le link parti, l’intégration à une « gauche européenne » envisagée depuis longtemps, mais on le fait en accélérant l’éclatement du PCF par mépris des communistes et de leur congrès souverain.

Je n’arrive même plus à comprendre comment fonctionne la secrétaire nationale du PCF sans parler de sa garde rapprochée… Et Melenchon ? Est-ce qu’il ne se rend pas compte qu’un vent de fronde souffle dans le parti, que tout le monde en a assez de ces moeurs, il quitte le PS à cause des manipulations et vient contribuer à une manip digne du PS.

Nous sommes à la veille d’un congrès, la secrétaire du PCf, dont personne ne sait si elle était d’accord ou non avec sa garde rapprochée en pleine “métamorphose”, vu qu’elle est intervenue “courageusement” avant la publication du texte des métamorphosés dont elle avait connaissance depuis pas mal de temps. Ce qui lui permet une fois de plus de cultiver l’ambiguité. Non seulement on peut extraire comme l’a fait l’huma une phrase claire d’un galimatias ordinaire, mais les autres peuvent dire “elle est d’accord puisqu’elle ne répond pas” et ça fait des années que ça dure… Nicolas marchand a posé avec pertinence la question de l’intervention des « métamorphosés » et la « sortie » de Melenchon du PS. Ce qu’il faut mesurer c’est que tout cela ne date pas d’aujourd’hui et « les grandes manoeuvres » ont débuté avant l’été, la concordance ne peut pas être un hasard.

Le tout sur une fond de liquidation qui ne date pas d’aujourd’hui, avec le primat d’une union de la gauche, d’une gauche plurielle, qui ruine le parti de militant en leur substituant un parti « d’élus », d’employés de cette gauche comme à Paris, des années qu’est appliquée partout la stratégie qui a donné les résultats que l’on sait en Seine saint denis et avec l’huma, des frères laurent, la démolition du parti, l’ambiguité, la censure de ceux qui ne sont pas d’accord, la parole donnée à la droite du parti exclusivement et l’invitation à ceux qui ne sont pas d’accord à quitter le parti.

Au niveau de la secrétaire nationale non seulement on laisse faire, on ne prend pas parti, on parle d’autre chose,mais désormais le mépris des militants grandit puisqu’on ne prend même plus la peine de respecter la procédure de leur consultation formelle et souvent manipulée. Puisque le congrès n’a pas tranché et on choisit pour eux une stratégie sur laquelle ils n’ont pas été consultés. On leur impose l’alliance M.G.Buffet et melenchon, un front livré clé en main sans débat. Cette prise de position commune de M.G.Buffet et de mélenchon est non seulement d’une rare indécence par rapport à ce que devrait être le respect du congrès souverain, mais elle éclaire l’opération des métamorphosés. Ces deniers sont apparus complétement incohérents, après s’être ingénié à faire voter la base commune y compris par fraude, ils la font voler en éclat le même jour où elle est adoptée. Pourquoi les principaux dirigeants du parti, le président du groupe communiste se lancent-ils dans pareille opération, si ce n’est parce que celle de mélenchon exige une accélération du calendrier et la déclaration commune de MGB et J.L.M n’en est que le prolongement.

En fait on renouvelle sur le fond et sur la forme la stratégie menée avec les collectifs anti-libéraux. C’était au dernier congrès qui s’était prononcé pour la candidature communiste aux présidentielles. Le lendemain Marie georges Buffet réunit quelques intellectuels et lance son affaire des collectifs. De deux solutions ou l’on mentait aux militants du congrès ou l’on mentait aux gens des collectifs qui ne voulaient pas d’une candidature communiste et on a vu le résultat, la division, la haine, l’affaiblissement du parti. Il est clair que la stratégie des collectifs anti-libéraux a été décidée par la direction du PS, elle était destinée à rassembler une extrême-gauche pour le premier tour en évitant les mécomptes de la candidature Jospin.

Et on remet ça.. A tel point que l’on  peut s’interroger sur qui est derrière Melenchon aujourd’hui ? Pourquoi melenchon et Dollez ne rentrent-ils pas au PCF ? Pourquoi au contraire prétendent-ils tirer celui-ci vers une « gauche européenne », alors même que les militants communistes ne cessent de manifester leur volonté de conserver leur parti communiste ? Sans doute justement parce qu’il s’agit de ne pas tenir compte de cette volonté… Pourquoi une telle hate ?

Alors là tout prend un autre sens, l’intervention apparement inattendue, incongrue des « métamorphosés, qui ont le culot d’en appeler à la « démocratie » comme pour mettre un baillon sur la bouche de qui subit le viol. L’art de ne pas répondre de la secrétaire national et enfin la déclaration commune de MGB et J.L.M. Avec en toile de fond un mépris du parti et des adhérents encore plus caricatural  que dans le cas des collectifs, puisqu’on s’est permis de faire approuver une “base commune” incroyable, un galimatias à partir de laquelle il est impossible de dégager la moindre stratégie, on a entretenu la confusion. Pour la faire voter on a joué sur tous les légitimisme, dans certains endroits comme les Bouches du Rhône on a fait “voter les morts”, et les mêmes avant même d’attendre les résultats on fait paraître l’incroyable texte dit de la métamorphose, tandis que la secrétaire du parti menait ses propres embrouilles avec mélenchon.

On ne peut pas continuer comme ça…

Je crois que l’appel que j’ai publié ici des secrétaires du PCF réclamant un texte clair, l’unité du parti est plein de bon sens. Ce qui se passe est trés dangereux cela risque d’être l’acte final à travers lequel on achève le parti. On ne peut pas continuer avec une direction qui est soit irresponsable, soit liquidatrice. Quel que soit le dévouement, l’activité, la volonté des militants, ils ne peuvent suppléer à une telle carence à leur tête.

Comme le disent les secrétaires dans leur texte, c’est d’autant plus fou que jamais on a eu autant besoin d’un parti communiste. C’est fou mais aussi caractéristique, l’accélération de la liquidation alors que l’on a un besoin urgent des communistes montre bien d’où vient la manoeuvre, c’est le capital et ses organisations qui ont choisi d’en finir avec le PCF. Allons nous laisser faire?

L’idéal serait comme le soulignent une fois encore les secrétaires de cellules et de section du nord, que des gens respectés dans le PCF et qui ont récemmment témoigné de leur inquiétude légitime prennent la tête de tous ceux qui veulent l’unité du parti, et cela passe par un véritable congrès où les choix seraient exposés clairement, débattus, les arguments sur le fond échangés. Qu’il en soit terminé avec la confusion, les manoeuvres politiciennes, les divisions de personne faute d’enjeux clairs sur lesquels échanger les arguments.

Est-ce trop demander à tous les gens pressés d’imposer leur stratégie, leurs unions, de respecter la démocratie du parti ? Ce respect est pourtant le gage d’unité. Si la diversité, le débat qui témoigne de cette diversité est une richesse, la diversité ne doit pas être l’éclectisme, il faut que nous apprenions à construire ensemble. le rôle des directions devrait être d’aider à mener le congrès selon cet objectif. Le congrès devrait donc dégager quelques grands enjeux face à la crise terrible qui est là devant nous, à reconstruire un PCF capable de l’affronter et ce en recréant des organisations de base, en recréant les liens avec le monde du travail et les cités populaires, en recréant la formation des adhérents, en favorisant de nouvelles directions dans lesquelles on trouverait des gens en prise avec les classes populaires. C’est un énorme et enthousiasmant travail, il a besoin de tous :

le choix est là où le PCf choisit cette orientation comme le proposent André gérin et d’autres, ou on poursuit dans cette voie liquidatrice.

Danielle Bleitrach

 
1 commentaire

Publié par le février 19, 2018 dans Congrès du parti 2018

 

Gaston Bachelard – Apprendre de ses erreurs par Thomas Lepeltier

  • j’ai toujours plaidé pour cette démarche et en tous domaines, encore faut-il avoir le courage d’organiser cette rupture avec ses propres préjugés ou encore l’illusion d’un savoir immédiat..C’est en ce sens que voyager dans le vaste monde, écouter ce qu’il a à dire est l’acceptation d’une déstabilisation totalement étrangère à l’esprit français marqué par tant de siècles de colonialisme.  Apprendre de ses erreurs mais encore faut-il les reconnaître, mais ce n’est pas la démarche habituelle, on peut le regretter aujourd’hui plus que jamais et pas seulement dans l’apprentissage scolaire. je dois avouer que ce qui me rend le plus pessimiste sur les actuels résultats du Congrès du PCF, c’est cette incapacité non seulement à assumer ses erreurs mais à en tirer leçon pour avancer. les dirigeants communistes trouveront toujours quel que soit leur bilan et celui-ci est calamiteux, des gens prêts à les conforter sous prétexte de préserver l’unité du parti. C’est mortifère. J’en suis à me demander s’il est même utile que je me rende à la réunion fédérale de mardi sur « le bilan », je sais déjà comment ils vont tenter de prendre le virage pour que tout reste en place.   (note de Danielle Bleitrach)

Article issu du numéro

Philosophe des sciences épris de poésie, Gaston Bachelard affirme que la connaissance progresse par rupture. Du coup, apprendre consiste à bien identifier ses erreurs pour mieux les dépasser.

Avec sa barbe fournie, son œil rieur et son accent provincial, Gaston Bachelard (1884-1962) incarne la figure du professeur chaleureux et affable. Mais derrière son air bonhomme se cache un philosophe qui peut être très critique envers l’éducation. De sa conception des grands bouleversements de la physique et de la chimie au cours des siècles, il tire en effet des principes éducatifs qui peuvent entrer en conflit avec les pratiques classiques d’enseignement. Par exemple, il se dit « frappé du fait que les professeurs de science, plus encore que les autres si c’est possible, ne comprennent pas qu’on ne comprenne pas ». La raison de cette incompréhension pédagogique est que les professeurs sont peu nombreux à avoir « creusé la psychologie de l’erreur, de l’ignorance et de l’irréflexion. (…) Les professeurs de science imaginent que l’esprit commence comme une leçon, qu’on peut toujours refaire une culture nonchalante en redoublant une classe, qu’on peut faire comprendre une démonstration en la répétant point par point (1) ». Cette erreur pédagogique des professeurs est, selon Bachelard, liée à une mauvaise conception de l’activité scientifique.

L’obstacle pédagogique

De fait, pour Bachelard, la recherche scientifique ne consiste pas à approfondir ce que l’on sait déjà, mais à rejeter le savoir acquis pour laisser place à une nouvelle façon d’appréhender la réalité. Cette recherche incite ainsi à se déprendre de ce que l’on connaît, ou croit connaître ; elle pousse à dépasser les façons de réfléchir associées au sens commun ou aux anciens modes de pensée ; elle apprend à dire non aux idées spontanées. Autrement dit, la science progresse par rupture. Comme l’écrit Bachelard, « on connaît contre une connaissance antérieure, en détruisant des connaissances mal faites ». Ces dernières sont ce que Bachelard appelle des « obstacles épistémologiques ». Par exemple, avec son analyse du mouvement, Galilée s’en prend aux représentations issues de la physique d’Aristote. Ou encore, avec ses travaux sur la pression atmosphérique, Pascal marque une rupture avec toute la tradition qui estime que la nature a horreur du vide.

Or Bachelard considère que ce qui est vrai de la démarche scientifique l’est aussi de l’enseignement des sciences, au sens où la notion « d’obstacle épistémologique » renvoie directement à celle « d’obstacle pédagogique ». Dans cet enseignement, il faut aller contre l’opinion des élèves pour la simple raison qu’ils ne sont pas des esprits vierges. Bachelard écrit ainsi : « Quand il se présente à la culture scientifique, l’esprit n’est jamais jeune. Il est même très vieux, car il a l’âge de ses préjugés. » Autrement dit, les élèves sont imprégnés d’idées fausses ; ils sont porteurs de représentations et de préjugés formés au cours de leur vie quotidienne. La nature spontanée et familière de ces images et conceptions rend ces dernières bien souvent attachantes ; elles deviennent donc autant d’obstacles pédagogiques pour la compréhension des idées nouvelles que l’enseignant veut transmettre. Comme personne ne rompt facilement avec ses habitudes de pensée, il faut que les professeurs réfléchissent sérieusement à ces obstacles pour mieux les surmonter. Inversement, s’ils méconnaissent les préjugés des élèves, il leur est difficile de leur apprendre à les dépasser. Ils pourront répéter leurs leçons, le contenu de leur enseignement ne passera pas. Bref, pour Bachelard, la formation de l’esprit scientifique ne s’apparente pas à une accumulation de connaissances, mais à une mutation, à une transformation fondamentale qui encourage l’élève à rompre avec le passé et à réfléchir autrement.

Se confronter à l’erreur

Pour Bachelard, le dépassement des obstacles pédagogiques doit donc être au cœur de l’enseignement des sciences. Mais dépassement ne veut pas dire délaissement ou mépris. Bachelard estime en effet qu’on ne peut pas connaître sans passer par l’erreur. Il faut s’y confronter pour la dépasser. L’obstacle est ainsi une étape de la connaissance, un passage obligé. D’où la nécessité de bien connaître ces obstacles pour ne pas en être prisonnier. Cela explique l’intérêt que Bachelard porte, en tant que philosophe, à l’histoire des sciences et aux idées fausses, allant jusqu’à développer une philosophie historique des sciences qui se concentre sur les erreurs passées et les décrit avec considération. Toutefois, si la pédagogie scientifique de Bachelard consiste ainsi à combattre un imaginaire poétique, notamment celui qui s’est formé dans l’enfance et qui nourrit ces erreurs, toute son œuvre sur le monde onirique qu’il a développée en parallèle à celle sur les sciences consiste à retrouver et à revivifier ces séductions de l’enfance. Cette tension dans l’œuvre de Bachelard n’a pas été sans dérouter certains lecteurs. Elle est aussi un signe de sa richesse…

Bref, par l’attention bienveillante qu’il porte à tout ce qui égare la pensée scientifique, Bachelard apparaît finalement comme un professeur qui n’est jamais hautain à l’égard de ce qu’il critique. Pas étonnant qu’il incarne encore de nos jours cette figure du professeur chaleureux et affable.

 

L e vent se lève : L’Allemagne est le pays le plus souverainiste d’Europe – Entretien avec Coralie Delaume

L’Allemagne est le pays le plus souverainiste d’Europe – Entretien avec Coralie Delaume

Coralie Delaume est essayiste, co-auteur de La fin de l’Union européenne (Michalon, 2017) et animatrice du site L’arène nue où elle aborde régulièrement les problématiques liées à l’Allemagne.

 

Commençons par le fait marquant de l’élection. La CDU réalise son pire score depuis 1949. Le SPD tombe à 20%. Comment expliquer que leur « modèle », si parfait nous dit-on, déplaise tant aux Allemands ?

Je ne sais pas si c’est le « modèle » qui leur déplaît, ou la crainte que celui-ci ne finisse par être détruit qui les a mobilisés. Je pense qu’il y a des deux et que c’est difficile à démêler.

Le « modèle » ne convient sans doute plus à l’électorat de gauche, celui qui aurait dû voter SPD. On le sait, le pays est très inégalitaire. Il compte un nombre record de travailleurs pauvres, de personnes contraintes de cumuler plusieurs emplois, de salariés – surtout des femmes – contraints au temps partiel subi, etc. Par ailleurs, l’Allemagne souffre de sous-investissement chronique en raison d’une préférence marquée pour l’austérité budgétaire, et certaines infrastructures (routes, ponts) sont en piteux état. De nombreux articles sont récemment parus dans la presse française sur ces questions et c’est une très bonne chose. Il est temps qu’on atterisse et que l’on sorte de la fascination longtemps exercée par le « modèle allemand ». Le Monde lui même a fini par se réveiller avec un papier sur « L’envers du miracle allemand » paru au lendemain du scrutin.

Une partie de l’électorat social-démocrate s’est donc détournée du SPD, qui gouvernait main dans la main avec la droite depuis quatre ans, et n’a absolument rien fait pour infléchir la trajectoire. Ayant appartenu à la « Grande coalition » dirigée par Angela Merkel, le parti social-démocrate n’apparaît plus comme une alternative. D’où son score piteux et son choix d’aller se refaire une santé dans l’opposition, non sans avoir pris soin de placer à la tête de son groupe au Bundestag une représentante de l’aile gauche du parti, Andrea Nahles, ce qui semble indiquer une prise de conscience quant aux raisons de l’échec.

Mais si les électeurs de gauche ont jugé le SPD insuffisamment à gauche, les électeurs de droite ont vraisemblablement jugé, eux aussi, le bilan de la CDU insuffisamment à droite. Eux sont satisfaits du « modèle allemand » excédentaire, austéritaire, idéal pour préserver l’épargne d’une population qui vieillit.  Ils ne veulent en aucun cas partager les fruits de la politique actuelle avec les autres pays européens, souvent jugés dispendieux. D’où une dimension « souverainiste » marquée dans le vote de droite, qu’il s’agisse du vote AfD, ou du vote FDP. Les libéraux allemands du FDP, avec lesquels Merkel va devoir négocier (ainsi qu’avec les Verts) pour former une coalition, sont en effets devenus des souverainistes ombrageux. Ils ne veulent en aucun cas que l’Europe se transforme en « union de transferts », et militent pour que les pays déficitaires soient mis au ban de la zone euro.

L’autre fait majeur de cette élection, c’est la percée de l’AfD qui se situe à 13%. Elle a repris un million d’électeurs à la CDU. Pourtant, l’AfD reste un parti libéral. Pourquoi cette percée dans une Allemagne fracturée par les inégalités ?

Pour la même raison que je viens de donner concernant le FDP : c’est un vote de droite qui juge la CDU insuffisamment à droite. Je pense d’ailleurs qu’il faut regarder le phénomène AfD et FDP avec les mêmes lunettes. Car le second est la version fréquentable et propre sur elle de la première. En Allemagne, les partis les plus souverainistes sont extrêmement libéraux. C’est une particularité logique. Elle tient à la position de pays excédentaire de la République fédérale, à sa situation de créancier des autres pays européens.

L’autre raison pour laquelle l’AfD a fait un très bon score est évidemment l’importance prise par la question migratoire pendant la campagne. Et pour cause ! L’Allemagne, dont le solde migratoire était négatif jusqu’en 2010, a accueilli près de trois millions et demi de personnes en cinq ans (2011-2016), dont plus d’un million sur la seule année 2015, celle de la « crise des migrants ».

Ces immigrés ont d’abord été des Européens, dont l’installation en Allemagne a été favorisée par le principe de la libre circulation des personnes dans le Marché unique et qui, pour les ressortissants des pays d’Europe du Sud, se sont décidés à quitter leur pays en raison du chômage. La République fédérale, qui investit peu dans son propre avenir, aime en effet à ponctionner la main d’œuvre qualifiée disponible chez ses voisins.

Aux flux intra-européens se sont ensuite ajoutés les « migrants », auxquels Angela Merkel a ouvert les bras sans restriction en 2015 pour des raisons ambivalentes, que le sociologue Wolfgang Streeck décrit dans Le Débat comme nées d’un désir conjoint d’expier la « crise grecque » et de fournir des travailleurs bon marché au patronat du pays : « il appartiendra aux historiens d’expliquer les mobiles qui se cachent derrière l’ouverture des frontières allemandes à la fin de l’été 2015. Il semble y a voir eu un désir de détourner l’attention du massacre du gouvernement grec Syriza inspiré par l’Allemagne et de regagner une certaine hauteur morale (…) [En même temps] l’économie allemande souffrait d’une pénurie chronique de main d’œuvre avec la crainte, au sein du patronat, que des goulets d’étranglement ne fassent monter les salaires ». Les motivations d’Angela Merkel furent donc probablement multiples. En tout état de cause, une société ne peut absorber un tel choc démographique en un temps aussi court sans en être profondément secouée.

Die Linke peine à dépasser la barre des 10%. Le parti est divisé entre la ligne de Sarah Wagenknecht et celle de son aile modérée. Die Linke est marginalisé par une sociale-démocratie et des Verts alignés sur la CDU, et semble dans une impasse stratégique. Comment expliquer l’échec du Front de Gauche allemand ?

D’abord, dans le contexte allemand, je pense que le vieillissement de la population joue un rôle. Il n’est pas illogique que le « dégagisme » d’une population âgée se traduise par un vote protestataire de droite, davantage que par un vote révolutionnaire de gauche. En plus, les Linke n’apparaissent pas forcément toujours comme une force nouvelle, puisqu’ils exercent actuellement le pouvoir en Thuringe (où il dirigent une coalition « rouge-rouge-verte »), et dans le Brandebourg (au sein d’une coalition dirigée par le SPD).

Ensuite, je pense que Die Linke partage les mêmes difficultés que d’autres partis de gauche en Europe. D’une part, nombre de formations de gauche « radicale » investissent la seule question sociale, ce qui ne fait souvent que les positionner à la gauche de la social-démocratie et ne suffit pas à leur conférer un vrai statut de force alternative. Leur logiciel peut apparaître comme insuffisant au regard des questions soulevées par la mondialisation. Les électeurs potentiels des « gauches alternatives » attendent probablement un discours protecteur plus global que celui – même s’il est juste – sur les inégalités. Même leur vision de l’économie – pourtant leur point fort – relève parfois plus d’une dénonciation de l’ordre établi que de la formulation de véritable propositions. Comme le dit ici Aurélien Bernier, « la gauche radicale passe trop de temps à contrecarrer [le] modèle actuel et pas assez à promouvoir le sien (…) Quel est le modèle alternatif ? Leur contre-projet est un nouveau keynésianisme mais est-ce suffisant ? Peut-on revenir à un système de régulation de la mondialisation sans passer par des nationalisations massives, ni un protectionnisme assumé ? ». Bref, il reste à Die Linke comme à d’autres (de la France insoumise à Podemos) à formuler un projet global, qui soit à la hauteur des enjeux du moment.

Une alliance de la CDU d’Angela Merkel avec le FDP, de retour au Parlement, semble se profiler. Est-ce que cela ne condamne pas les velléités fédéralistes d’E.Macron et toute idée de réconciliation entre l’Allemagne et les pays du Sud ? Un autre résultat aurait-il changé la donné de ce point de vue ?

La coalition future (si elle voit le jour) sera une coalition tripartite, avec le FDP certes, mais également avec les Verts. Elle sera difficile à former, et rien que cela contrarie les plans d’Emmanuel Macron. Tant qu’il n’y a pas de gouvernement définitif en Allemagne, on ne peut pas faire grand chose en Europe. Or ce sera long tant sont grandes les divergences de vues entre les partis concernés.

Pour répondre à votre question, il est évident que la présence du FDP dans la coalition va jouer à plein. Le chef de ce parti, Christian Lindner, a d’ailleurs déclaré que les projets d’union de transfert portés par le Président français étaient pour lui une « ligne rouge ». «Un budget de la zone euro – M. Macron parle de plusieurs points de PIB et cela représenterait plus de 60 milliards d’euros pour l’Allemagne – où l’argent atterrirait en France pour les dépenses publiques ou en Italie pour réparer les erreurs de Berlusconi, serait impensable pour nous et représenterait une ligne rouge», a-t-il dit en substance. Les choses pourraient même aller plus loin qu’un simple refus des propositions d’Emmanuel Macron, et l’on pourrait s’orienter vers l’expression d’une volonté de « rigidifier » la gestion actuelle de la zone euro. Lindner a en effet invité Mario Draghi à « corriger » la politique monétaire de la Banque centrale européenne, jugée elle aussi trop souple, trop généreuse. Notons que les Libéraux briguent actuellement le ministère allemand des Finances. Or celui-ci se libère puisque Wolfgang Schäuble va diriger le Bundestag.

Il faut ajouter que le statut de premier parti d’opposition conquis de l’AfD va contribuer à droitiser le paysage politique du pays. L’AfD est un parti anti-immigration, libéral et eurosceptique. Si son discours porte principalement, désormais, sur les questions identitaires, cette formation s’est originellement constituée autour de l’économiste Bernd Lucke, et en tant que parti anti-euro. Or la CSU bavaroise et une partie de la CDU sont furieuses de s’être laissées dépasser à droite. Elles vont se raidir, que ce soit sur les sujets identitaires ou sur la question de l’euro.

En Europe de l’Est, on constate une montée des discours hostiles à l’UE et à l’Allemagne. C’est le cas en Pologne, en Hongrie et en Slovaquie. Peut-on assister à des changements géopolitiques dans une zone jusque-là cantonnée à un rôle d’Hinterland allemand ?

Les discours hostiles à l’UE, l’eurodivergence, les tensions centrifuges, sont à l’œuvre dans tous les États membres. Ce mélange d’identitarisme et de souverainisme que l’on appelle « populisme » par commodité progresse partout, y compris chez les gagnants de l’intégration européenne comme l’Allemagne. Les Pays d’Europe centrale et orientale sont spécialement touchés, et les gouvernements polonais ou hongrois semblent plus frondeurs que la moyenne. Mais il est possible aussi que ce soit une façon pour eux de gérer une souveraineté limitée, qui l’a d’ailleurs presque toujours été. Comme vous le dites, ils forment « l’Hinterland » de la République fédérale. Leurs économies sont des bases arrières de l’espace productif allemand, et ils ne peuvent pas tout se permettre.

Pour autant, sans doute faut-il commencer à questionner la manière dont on ont été « réunies» les deux Europe après la chute du mur de Berlin. Quand on analyse le scrutin législatif allemand du 24 septembre et qu’on voit comment a voté l’ancienne Allemagne de l’Est (où l’AfD est désormais le second parti), quand on voit ce qui se passe dans les « pays de l’Est », on  s’interroge. Dans son livre intitulé Le second Anschluss, le sociologue italien Vladimiro Giacché qualifie « d’annexion » la manière dont l’ex-RDA a été incluse dans « la famille occidentale », et décrit un processus particulièrement brutal, tant économiquement que politiquement. Quant à Emmanuel Todd, il note dans son tout dernier livre : « le système médiatique européen s’inquiète de la montée des forces conservatrices et xénophobes en Pologne et en Hongrie, de la persistance de la corruption en Roumanie et en Bulgarie, mais il se refuse à analyser, jour après jour, le processus de destruction sociale et humaine qu’a amorcé pour ces nations l’intégration à l’Union (…). La cruelle réalité est que loin d’être de nouveaux eldorados, la Pologne, la Hongrie et les autres pays sont les lieux d’une angoisse fondamentale face à l’avenir ». Nous en sommes là.

 

Entretien réalisé par Jan Bediat

Crédits photo : Margot l’hermite

 
1 commentaire

Publié par le février 18, 2018 dans Economie, Europe, POLITIQUE

 

Congrès : le « bilan » au plan international s’impose pour ouvrir une autre perspective

les communistes français se félicitent comme nous de la victoire des communistes népalais… mais ils ont beaucoup plus de mal à entendre ceux qui les interpellent sur leurs errances. Il y a eu la honte jamais réniée, le fait que l’humanité a soutenu un dissident cubain pour complaire à Robert Ménard alors au fait de sa gloire humanitaire dans reporter sans frontières. Celui qui invitairt toute la gentry au Champs Elysées pour crier Cuba si Castro no, celui qui organisait le boycott du passage de la flamme olympique à Paris, en nous couvrant de ridicule déguisé en Tibétain… Quelle complaisance et combien ceux qui luttaient pour défendre Cuba étaient isolés.

De même, encore aujourd’hui, ils ont beaucoup de mal à s’intéresser à l’Ukraine, eux qui ont suivi une fois de plus les errances d’un Fabius, d’un BHL, déjà à l’oeuvre contre Cuba… Là encore il a fallu faire venir les mères d’odessa, leur faire faire une tournée pour qu’un  journaliste de l’humanité finisse par s’intéresser à la réalité de ce qui se passait en ukraine, alors encore aujourd’hui ils ont du mal à s’intéresser aux communistes du Donbass, qui portant posent, comme les communistes polonais, dont on ignore superbement la répression, la question essentielle de l’Otan et du danger d’une guerre nucléaire avec la Russie.

Comme ils renvoient dos à dos, au meilleur des cas Trump et le dirigeant nord Coréen. En ayant contribué à toutes les caricatures de ce dernier et comme le reste de la presse, ils sont obligés de  s’interroger devant l’évidence à savoir que nord Coréen et sud Coréen veulent l’unification et le dialogue, que l’obstacle étaient les USA . Peut-être iront-il jusqu’à découvrir ce que nous cessons d’affirmer à savoir que  la propagande sur « Ubu » nord Coréen participait de cette pression contre les deux Corée.

Pourquoi faut-il que toujours, l’humanité, la direction du PCF aient un train de retard dans l’appréciation de l’impérialisme, de ceux qui cherchent la guerre? Est-ce que cela à avoir avec la dérive du Congrès de Martigues, notre rupture de fait avec les lieux de la lutte de classe, l’abandon total d’un parti révolutionnaire, l’alignement sur tout et en particulier au niveau européen avec un positionnement de classe, qu’a trés bien symbolisé l’élection dite « bouge l’Europe » et le soutien de fait à l’intervention US en Yougoslavie?

Tous ceux qui se sont opposés à ces dérives ont été stigmatisés, interdits, censurés et jamais il n’a été question du moindre débat de fond, alors même qu’on les interdisait comme « ennemi de la démocratie » à la mode des socialistes devenus nos maîtres à penser au plan international.

Aujourd’hui, nous publions également un autre sujet,   celui des réfugiés libyens en Tunisie.

Ici aussi, les communistes français auront-ils le courage de faire le bilan de la manière dont ils ont accompagné la pression médiatique en faveur d’une « ingérence humanitaire » face à la dictaure, leur soutien à Benghazi pourtant aux mains des islamistes. Ll’humanité et le responsable d’alors aux questions internationales jacques fath seront-ils à jamais cautionnés ?   comment les mêmes  prétendent parfois contrebalancer cela en s’alignant sur la politique des frères musulmans ?

Là aussi la question du bilan s »‘impose, le bilan de ce suivisme de la social démocratie alliée à l’impérialisme américain, à l’OTAN, avec ses enflures dans le sensationnalisme et l’absence de revendications politiques qui nous a mené à rompre avec la plupart des partis communistes dans le monde? une perspective renouer ces liens, non seulement au sommet en répondant aux invitations, mais en faisant connaître dans leur presse et dans les compte-rendus aux militants l’état des échanges. 

Il ne s’agit pas de chercher un alignement, une nouvelle mecque à suivre mais bien d’échanger sur la base de nos propres exigences, de nos propres appréciations à partir de nos luttes.

Nous sommes dans un monde mondialisé, la plupart des questions que pose un capitalisme en crise mais entré dans une capacité de nuisance et de régression formidable doivent être combattu au plan national en priorité, mais avec toujours la conscience de leur dimension internationale.

j’entends bien ce qui se dit, faisons avancer une ligne plus offensive, dans laquelle le pcf ne s’effacerait plus derrière un socialiste ou son avatar mélenchonien, évitons les questions qui fâchent inutilement en collant bien au « terrain », et bien sût parmi elles les questions internationales il n’ a pas que du faux dans cette optique, il est clair que si les français se mettent en mouvement leur prise de conscience internationaliste évoluera plus aisément et c’est ce qui doit nous faire choisir le rassemblement dans les luttes. On peut même en subodorer que pour ne pas être viré au prochain Congrès, nos directions finiront par adopter un point de vue révolutionnaire…

c’est une courte vue pour plusieurs raisons, la première est qu’elle est destinée à laisser en place ceux qui nous ont toujours conduit dans le mur et qui sont de plus en plus déconsidérés, la seconde est qu’actuellement ce qui fait défaut est la perspective politique qui unifiera les luttes éparses, les amplifiera, et que ce rôle du parti politique ne peut exister sans élargissement du champ de la vision; une question aussi centrale que la paix et le coût de la guerre, y compris les priorités budgétaires a besoin de cette vision internationaliste

danielle Bleitrach

 

La Syrie et Cuba signent un programme exécutif d’accord de coopération culturelle

 Comme le dit très pertinemment jack Dion : « Le Président de la République a déclaré que la France mènerait des frappes en Syrie si elle avait « des preuves avérées » que le régime avait utilisé des armes chimiques. On peut donc en conclure qu’en l’état actuel des informations, il n’y en a pas de preuves. Ce détail a dû échapper à tous les médias ayant expliqué que la soldatesque de Bachar al-Assad avait eu recours à des armes chimiques dans l’enclave de la Ghouta, aux portes de Damas. Comment dit-on « fake news » en français? » Il semble qu’une bonne partie de la planète ne soit pas de leur avis. (note de danielle Bleitrach)

La Havane, SANA-Syrie et Cuba ont signé un programme exécutif pour un accord de coopération culturelle entre les ministères de l’enseignement supérieur des deux pays.

L’accord a été signé par le ministre de l’enseignement supérieur, Dr. Atef al-Naddaf, et son homologue cubain, José Ramon Saborido, dans la capitale cubaine de La Havane.

Après la signature de l’accord, le ministre al-Naddaf a déclaré aux journalistes que l’accord renforcerait la coopération scientifique et culturelle entre les deux pays.

Il a ajouté que le programme comprend l’échange de visites entre professeurs, experts et spécialistes et la participation à des symposiums et à des conférences organisés par les universités et les centres de recherche scientifique des deux pays.

Pour sa part, le ministre cubain a indiqué que l’accord donnera une grande impulsion à la coopération scientifique entre la Syrie et Cuba dans les domaines scientifiques et culturels.

R. Jazaeri / Ghossoun