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Archives de Catégorie: politique

LES ENJEUX DE LA VICTOIRE DES COMMUNISTES A VENISSIEUX par Danielle Bleitrach

Michèle Picard dans L’Autre Campagne, le 4 mars 2014 © Tim Douet

© Tim Douet
Michèle Picard dans l’émission L’Autre Campagne sur Lyoncapitale.fr, le 4 mars 2014.

Election municipale Vénissieux – Michèle Picard (PCF) conserve la mairie de Vénissieux. Elle arrive en tête des votes avec 42,85 %. Christophe Girard (UMP) est en seconde position avec 32,24 % des suffrages. Le PS est derrière le FN.

La liste de Michèle Picard (PCF) remporte l’élection municipale de Vénissieux, obtenant 42,85 % des suffrages. L’UMP reste en seconde position avec 32,24 % des voix .La véritable surprise aura eu lieu pour la troisième place. La liste FN menée par Damien Monchau obtient 12,63 % quand celle PS de Lotfi Ben Khelifa est à 12,28 %.

La liste de Michèle Picard aura six élus à la métropole de Lyon. Christophe Girard n’aura qu’un seul siège.

Dans un communiqué publié peu avant 21h30, la maire sortante Michèle Picard (PCF) revendique sa victoire alors que le dépouillement est quasi-terminé. Il est vrai que l’écart de voix est tel que le résultat du scrutin ne devrait plus varier.

Michèle Picard : « Je remercie très chaleureusement les électeurs qui viennent de faire gagner notre liste « Avec Michèle Picard, Rassembler les Vénissians, Tenir le cap à gauche ». Ils ont fait preuve de résistance et de ténacité, dans un contexte de désinformation et de mensonges sans précédent. Au nom de notre équipe, qui devient ou plutôt redevient votre majorité municipale, je tiens à dire à chacun de vous : vous avez grandi l’image de notre ville, quand beaucoup ne cherchent qu’à la salir, vous avez montré votre attachement à l’exercice démocratique, au respect de ses règles, à l’honnêteté, quand la droite locale se croit tout permis au point de bafouer le vote populaire des Vénissians. (…) Les petits calculs politiciens de la droite sarkozyste de Christophe Girard ont fait perdre du temps, beaucoup de temps à Vénissieux et aux Vénissians. Je peux vous certifier que notre majorité municipale va redoubler d’effort et reprendre sa marche en avant pour appliquer le contrat communal déjà légitimé en 2014, pour servir l’intérêt général et les services publics de proximité, pour défendre le pacte Républicain. »

Une élection municipale mais aussi la présence communiste au sein de la métropole lyonnaise
Ainsi, le PCF aura six conseillers communautaires, un pour la droite et aucun pour le FN et le PS dans la métropole de Lyon ou Grand Lyon. Il s’agit  d’une collectivité territoriale à statut particulier, située dans la circonscription départementale du Rhône, en région Rhône-Alpes. Créée le 1er janvier 2015, la métropole de Lyon remplace la communauté urbaine de Lyon et, dans le territoire de celle-ci, le département du Rhône. Elle exerce à la fois les compétences d’un département et celles d’une métropole. Ce qui fait qu’il n’y avait pas hier d’éléctions départementales simplement celle municipale de Venissieux.

Il s’agissait donc non seulement de la municipalité de Vénissieux, mais de son rôle dans la métropole lyonnaise, de la manière dont les élus communistes pèsent sur la politique du « socialiste »  Collomb, en refusant de livrer cette zone ouvrière et populaire à la spéculation. Ce qui explique l’acharnement de ceux qui ont choisi une toute autre politique pour le département du Rhône, sa capitale Lyon, une gentrification et une exclusion du monde ouvrier. Si une partie des socialistes qui reste attachés à la gauche historique a rejoint Michele Picard, le parti socialiste tel qu’il est mené par Gilbert Collomb cherche à faire opérer une mutation au PS, comparable à celle de Valls. Il s’agit de détruire la gauche telle qu’elle s’est constituée en France depuis la Révolution française pour lui substituer un parti démocrate à l’américaine. Les manoeuvres entre le PS et l’UMP entre les deux tours témoignent de leur volonté commune d’abattre cette municipalité ouvrière.
Vénissieux illustre à sa manière une donnée essentielle de l’ensemble du scrutin de dimanche, partout les communiste, Front de Gauche manifestent de fait une meilleure résistance que le PS non seulement au Front National mais à la droite. Parce que les communistes, les militants du Front de gauche impulsés par le PCF du Rhône se sont rassemblés et ont mené campagne en faveur de la municiaplité communiste de Vénissieux. IL y a eu là un pas important vers l’unité des communistes eux-mêmes symbolisé par la venue de Pierre Laurent. C’est une stratégie de rassemblement dans laquelle les communistes jouent un rôle essentiel celui de la défense de classe des intérêts populaires.

Comme il y a tout à parier que premièrement le congrès du PS va donner la majorité à la tendance qui approuve la politique gouvernementale, ne serait-ce que parce que les notables à la mode de Collomb l’ont déjà ficelé. Deuxièmement que Valls ne joue pas la présidentielle de 2017 mais celle de 2022, il a décidé d’aller jusqu’au bout de la destruction du vieux PS, de la vieille gauche en général et de sa base populaire. Il a choisi d’accélérer la mutation vers un parti démocrate à l’américaine dont il sera le candidat idéal. Collomb a la même stratégie pour la métropole lyonnaise. Dans un tel contexte Venissieux joue le village gaulois non seulement de la survie du parti communiste mais d’une gauche ancrée dans les couches populaires.

Voilà comme je l’indiquais avant ce second tour l’enjeu réel de la recomposition de la politique française. Il est évident que les communistes constituent le meilleur facteur de résistance à cette mutation à l’Américaine dans une Europe elle même vassalisée. Un projet de souveraineté nationale et d’internationalisme, d’amitié entre les peuples tout autant que la défense acharnée de la classe ouvrière et des couches populaires, le meilleur rempart contre le fascisme et ses divisions au sein de la classe ouvrière et des couches populaires pour le seul profit des capitalistes.

Danielle Bleitrach

 
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Publié par le mars 30, 2015 dans femmes, politique, société

 

Petro Simonenko : En Ukraine a été instaurée une dictature de la bourgeoisie compradore

(1)

simonenko21da kprf.ru |

 Petro Simonenko est intervenu le 28 mars lors de l’Assemblée plénière du Comité Central du parti communiste d’Ukraine

Le premier secrétait du parti communiste ukrainien a émis un jugement sévère sur le régime fasciste, qui a été installé en Ukraine : « c’est une dictature terroriste de la bourgeoisie compradore (1)». Selon lui, la guerre en Ukraine est menée dans l’intérêt des oligarques. Simonenko croit qu’il est impossible de parvenir à la paix sans le changement de régime politique et sans la mise en place du pouvoir ouvrier. Dans les conditions actuelles, le dirigeant communiste estime que le parti devrait élaborer une approche théorique adaptée à la nouvelle situation, rassembler des forces et se préparer à de nouvelles batailles politiques. Et il ajoute que la lutte doit être menée conjointement avec le peuple russe.
Simonenko a lancé un appel à la création d’un front antifasciste. « La tâche des communistes dans les nouvelles conditions est de représenter l’avant-garde des forces révolutionnaires et du front anti-fasciste ».

(1) la bourgeoisie compradore : il s’agit d’un terme à l’origine portugais et qui qualifiait un chinois qui achète à bon compte des marchandises pour le compte des sociétés étrangères et cela a qualifié la bourgeoisie de certains pays (en particulier Amérique latine) qui vit en favorisant le pillage de leurs pays par les puissances étrangères capitalistes.

 
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Publié par le mars 29, 2015 dans politique

 

Allocution du Représentant Permanent de l’Association internationale des juristes démocrates lors du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies année 17 mars 2015

L’Association internationale des juristes démocrates signale la situation désastreuse des droits de l’homme en Ukraine après le soulèvement violent en 2013 et les années suivant le coup d’Etat.

En juillet 2014. le ministre de la Justice et chef de l’Etat, avec la participation de tierces parties, y compris le parti néo-nazi Svoboda, a déposé une plainte contre le parti communiste ukrainien, la principale force d’opposition, qui a obtenu aux  élections législatives en 2012,  13.2%,  afin de suspendre cette force politique. Parallèlement à cela, les membres du parti communiste et, personnellement, le premier Secrétaire du  parti communiste Petro Symonenko, ont subi l’ouverture de plus de 300 procédures pénales contre eux.

Ces actions, en elles-mêmes, sont des infractions graves à la liberté d’Association et liberté de parole des millions d’Ukrainiens, elles sont fondées  principalement sur les appels publics des députés communistes au Parlement de tenir un référendum sur les réformes constitutionnelles, notamment la question de la fédéralisation du pays.

Conformément au droit international et la Convention européenne pour la protection des droits de l’homme et des libertés fondamentales, l’interdiction des partis politiques est un geste lourd de conséquences graves, il devrait être aussi responsable et satisfaire pleinement les garanties du procès équitable.

Les 16 et 17 février 2015, les services répressifs ont attaqué le Bureau d’un juge qui examinait l’affaire contre le parti communiste, Kouzmenko, enlevant son ordinateur personnel, ainsi que les matériaux de l’affaire. L’action des forces de l’ordre était destiné à «intimider », les autres juges et les employés de la Cour administrative. En raison des perquisitions illégales, menaces de violence physique et d’autres formes illégales de pression, tous les 25 juges de la Cour Administrative ont décidé d’écrire une déclaration collective de refus de statuer. Actuellement l’affaire est reportée pour une durée indéterminée. Ces actions sont inacceptables et sans précédent contre l’indépendance du pouvoir judiciaire du gouvernement.

À la lumière de ce qui précède, l’Association internationale des juristes démocrates a exhorté le gouvernement ukrainien à respecter les principes fondamentaux de l’état de droit. Et ne pas oublier l’obligation de protéger les droits de l’homme conformément au droit international, en particulier le Pacte International sur les civils et les droits politiques et les lignes directrices de la Commission de Venise du Conseil de l’Europe.

Nous invitons également tous les rapporteurs spéciaux concernés, en particulier dans le domaine de la liberté d’expression, la liberté d’Association et l’indépendance de la magistrature, à venir d’urgence en Ukraine.

17 mars 2015

 
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Publié par le mars 24, 2015 dans politique

 

La guerre, le pouvoir et la corruption, une toile d’araignée de la situation ukrainienne

L’Ukraine est une marionnette des Etats-Unis mais affirmer cela est insuffisant si l’on ne comprend pas sur quoi se fonde un pouvoir politique qui se vend à l’étranger en entretenant dans son propre pays un ultranationalisme qui dirige la haine du peuple contre la Russie et la partie de la population qui a toujours vécu dans ce pays mais que l’on transforme en ennemis. Est-ce que ceux qui acceptent de croire à cette parodie sont des imbéciles? Il y a la propagande mais il y a aussi et surtout des intérêts, des réseaux qui se nourrissent de la guerre et du pillage qu’elle autorise. Une telle analyse permet également de comprendre les complicités chez nous qui feignent de ne pas voir ce qui se passe dans ce pays et qui en fait une poudrière.

D’abord il faut bien comprendre quel pouvoir est issu du coup d’Etat du Maïdan. La quasi totalité des députés élus en novembre étaient déjà membres de la précédente assemblée, celle qu’avait chassé le Maïdan. Ensuite si les partis d’extrême-droite ont vu leur représentativité réduite c’est parce que la plupart des listes, en particulier Front populaire du premier ministre ou celle du maire de Lvov ont placé en tête et ont fait élire des individus tout aussi extrémistes et sympathisants nazis. Ceux qui ont été « nouvellement » élus sont ces gens d’extrême-droite, les héros des « punisseurs » des bataillons financés par les oligarques et qui développent partout les groupes militarisés (1). Ils n’ont pas de programme économique particulier, seulement la russophobie et l’ultranationalisme. En revanche le parti communiste anti-oligarque a été éliminé puisque ceux qui votaient pour lui soit étaient en guerre, soit refusaient ces élections jugées comme une mascarade, avec un maximum d’abstentions.

Ukrainian parliament deputies at a session.(RIA Novosti / Evgeny Kotenko)

Ils luttent entre eux mais ils sont d’accord sur l’essentiel: piller le pays….

Donc le système politique ukrainien est caractérisé par la permanence de traits qui avaient suscité la protestation des manifestants du Maïdan. Il s’agit du personnel politique mais cela va plus loin c’est tout l’appareil d’Etat qui a renforcé la corruption hérité de la période post-soviétique et des mafias qui s’y sont développées pour se créer des fortunes. Un trait que l’Ukraine partage avec tout le monde post-soviétique mais à un degré d’anarchie absolument extraordinaire comparable à celui de certaines républiques du Caucase. On sait que l’Azerbadjian est directement dirigée par BP et d’autre sociétés pétrolières sous le prétexte d’une dynastie d’hommes forts.

En Ukraine, pratiquement chaque ministère est impliqué. 80 % des agents et des responsables de ces ministères ont travaillé sous le régime précédent et ont survécu au coup d’Etat du Maïdan dont le mot d’ordre était la lutte contre leur corruption autant sinon plus que le choix de l’Europe. Ont subsisté les relations, les connexions entre ces individus qui les relaient entre eux et la police, les tribunaux. Mais un des lieux les plus important des profits est celui des douanes, non seulement le transit des produits matériels mais celui des   transferts d’argent de numéraire en espèces. On parle souvent des affrontements entre Porochenko et le premier ministre Iatseniouk, mais deux choses les unissent, d’abord le fait qu’ils sont les créatures obéissantes des Etats-Unis et ensuite qu’ils sont la garantie de la poursuite de ce système de corruption généralisé et les bénéficiaires depuis le début. La guerre a amplifié leurs gains et le triangle des bermudes de leur pouvoir réel mais elle est aussi une situation d’instabilité permanente avec la menace d’un coup d’Etat militaire, d’où leur intérêt à voir s’amplifier l’intervention directe des Etats-Unis sur le « front ukrainien » ouvert contre la Russie.

là encore : les mœurs des élus ukrainiens…

L’annonce de la nomination comme conseiller privé du président Porochenko du bouffon sanglant, l’ancien président géorgien chassé de son pays n’a rien d’étonnant. Le personnage ne dépare pas le tableau :

https://histoireetsociete.wordpress.com/2014/09/21/the-new-york-times-en-exil-a-new-york-un-oeil-sur-la-georgie/

Mais il faut se garder du simple mépris, si ce personnage déconsidéré reprend du service en Ukraine, ce n’est sans doute malheureusement pas un hasard. D’abord, il faut se souvenir qu’il y a déjà un géorgien de cette équipe qui a été nommé au ministère de la santé (chargé de la destruction du système de santé hérité de l’ère soviétique et opérant cette destruction pour le plus grand bénéfice du secteur privé) avec deux autres étrangers, dont la ministre des finances américaine chargée de faire accepter la politique du FMI qui vise à pratiquer l’austérité pour permettre les jeux de pillage monétaires, les transferts d’argent et de numéraires en espèce). C’est donc non seulement « l’étranger » que l’ultra nationalisme ukrainien installe au pouvoir mais un étranger chargé de garantir la poursuite du pillage.

Mais au-delà du cas ukrainien, il faut bien comprendre que c’est toute la région limitrophe de la Russie en Europe et dans le Caucase qui est visé par cette politique. Donc l’appel au conseiller géorgien, lui même recruté quand il faisait ses études aux Etats-Unis par des sociétés financières qui ont contribué à l’installer à la tête de la Géorgie pour y provoquer un conflit avec la Russie, n’est donc pas un hasard, pas plus que Soros soit à la fois un agent de la CIA et un spéculateur financier, jouant les philanthropes d’ONG des droits de l’homme.

Nous sommes devant une étape du mode de productions capitaliste, un impérialisme dans lequel se mêlent étroitement capital financier, complexe industrialo-militaire, système de propagande et dans lesquels le politique totalement corrompu produit des décisions qui correspondent à l’intérêt de ses agents et à l’accumulation démente du capital monopoliste financiarisé avec ses jeux concurrentiels.

Danielle Bleitrach

(1) dans un autre sujet  du même jour nous faisons état d’une récente délégation qui a apporté des photos falsifiées pour prouver l’intervention russe dans le Donbass. Cette délégation dont nous publions ici la composition est en majorité composée de députés « nouvellement élus » mais relevant de ces groupes militaires et fascistes de « punisseurs » dont on voit également les liens avec les « entrepreneurs ». Mais un détail supplémentaire éclairera les initiés: la présence d’un universitaire de Georgetown l’université de Washington, université jésuite de bonne réputation elle est également le lieu où l’on recrute les anciens dirigeants ayant œuvré en faveur de la CIA, Aznar, Uribe et elle joue en Amérique latine de ce fait un rôle de lien avec les équipes chargées de déstabiliser les gouvernements progressistes en Amérique latine, parmi ses soutiens, il y a l’ancien roi d’Espagne, et tous les franquistes y compris la banque Santander. Ce qui est clair c’est que les réseaux chargés de la lutte contre les gouvernements progressistes en Amérique latine ont fait jonction avec ceux de l’Ukraine et de l’Europe de l’est. Est-ce un hasard si au même moment, les pseudo fascistes anti-impérialistes apparaissent pour dévoyer les luttes pour la paix en Ukraine, je ne le crois pas.

Le Bureau de l’Inhofa a fourni une liste des noms de la délégation qui a fourni  les photographies falsifiées au sénateur  : le Lieutenant Colonel Semyon Semenchenko, commandant du bataillon de punisseurs volontaires, le  Donbass et nouvellement élu membre du Parlement ukrainien, Anatoly Pinchuk, Président de l’ONG « stratégie ukrainienne » — Yuriy , nouvellement élu membre du Parlement ukrainien, Andrei Teterûk, nouvellement élu membre du Parlement ukrainien, Andrei Semididko, Président du mouvement public « notre», le chef de l’Antirejderskogo l’Union des entrepreneurs de l’Ukraine, renouant avec la formation militaire, des citoyens volontaires comme Boris Boyko, Président du Conseil de surveillance de la Fondation pour les anciens combattants et membres de l’opération anti-terroriste  Sergei Mikhailenko, Président du Conseil d’administration des anciens combattants et membres de l’opération anti-terroriste, Rafael Lûkmanov, membre du Conseil d’administration des anciens combattants et membres de l’opération anti-terroriste est, Igor Lepša, membre du Conseil de la Fondation pour les anciens combattants et membres de l’opération anti-terroriste, Anatoly Drobaha, un expert militaire, un bénévole, qui a organisé la production de petits UAV-Philip Karber, professeur, Université de Georgetown, Président du Potomac, le chef américain de la délégation ukrainienne.

— подполковник Семен Семенченко, командир добровольческого штурмового батальона «Донбасс» и новоизбранный депутат украинского парламента
— Анатолий Пинчук, президент ВОО «Украинская стратегия»
— Юрий Береза, новоизбранный депутат украинского парламента
— Андрей Тетерюк, новоизбранный депутат украинского парламента
— Андрей Семидидько, председатель общественного движения «Свои», глава Антирейдерского союза предпринимателей Украины, доброволец, возрождающий военную подготовку граждан
— Борис Бойко, председатель наблюдательного совета благотворительного фонда ветеранов войны и участников антитеррористической операции
— Сергей Михайленко, председатель правления благотворительного фонда ветеранов войны и участников антитеррористической операции
— Рафаэль Люкманов, член правления благотворительного фонда ветеранов войны и участников антитеррористической операции
— Игорь Лепша, член правления благотворительного фонда ветеранов войны и участников антитеррористической операции
— Анатолий Дробаха, военный эксперт, доброволец, организовавший производство небольших БПЛА
— Филип Карбер, профессор Джорджтаунского университета, президент фонда «Потомак», американский руководитель украинской делегации.

Photo de Коммунистическая партия Украины.

 

Les communistes ukrainiens accusés d’empoisonner les puits, réponse d’Oleg Tsarov

 

Les troupes russes sont là, des avions abattus par les séparatistes grâce au soutien russe, l’invasion de la Crimée… la liste de canulars s’allonge pour  Noël.
Les services Ukrainiens ont diffusé la nouvelle qu’à Konstantinovka en (90 000 habitants, près de Donetsk) a été déjoué une attaque terroriste ourdie par un conseiller communal du parti communiste d’Ukraine, membre de l’Union des officiers soviétiques, agissant pour  les renseignements de la République populaire de Donetsk.
L’attentat aurait été  déjoué par les gardes agents du SBU il aurait permis l’empoisonnement de l’approvisionnement en eau à l’aide de cyanure et autres actions non moins  appropriées par rapport à l’opération dite de la « lutte contre le terrorisme ».
Sur sa page FB, Oleg Tsarov (qui parle de l’« Incendie du Reichstag en Ukraine ») hasarde  un calcul sur le cyanure pour empoisonner les conduites d’eau d’une ville comme Konstantinovka… et il déclare que cette « découverte » du coup d’État a été diffusée peu de temps après que l’enregistrement du projet de loi visant à interdire la « propagande de l’idéologie communiste ».

Il est à noter que de plus la direction communiste, puis le parti communiste d’Ukraine, est considérée comme appartenant  à l’Union des officiers soviétiques et bien sûr la SPR.
Gageons que bientôt il va être affirmé que l’ordre d’empoisonner l’eau provient en direct du Kremlin ?

http://www.SBU.gov.UA/SBU/Control/UK/Publish/article;jsessionid=9DBAA8347A7F7BA9988AC222D3DDFF94.App1? art_id = 135451 & cat_id = 39574

Je crois que les communistes français mesurent mal la nature de l’offensive qui est lancé contre eux en Europe et ailleurs…L’Ukraine, la manière dont les-Union soviétique mais aussi les pays de l’est regrettent le socialisme, parce que c’est de cela aussi qu’il est question en Ukraine… a déclenché partout les forces de répression contre l’histoire mais aussi la manière dont elle continue à travailler le présent.

Danielle Bleitrach

 

Une dynastie dictatoriale au pouvoir en Corée du sud, elle interdit le principal parti d’opposition, le PPU, proche des communistes : solidarité !

 

tandis que l’on nous amuse avec des caricatures de la dynastie dans la Corée du nord, qu’un président des Etats-Unis se couvre de ridicule en confondant paix dans le monde et scénario burlesque, l’actuelle dirigeante de la Corée du Sud Park Geun-Hye prétend interdire le PPU, parti de gauche proche des communistes.

Elle le fait au nom de la lutte contre le communisme, en hostilité ouverte soutenue par les Etats-Unis contre le peuple frère de la Corée du Nord.   En parlant de dynastie, il est bon de savoir que Park Geun-Hye est aussi la fille du dictateur Park Chung-Hee. La biographie de celui-ci est éloquente, l’homme a duré, même si son histoire doit être resituée dans la domination coloniale que les Etats-Unis et leur allié japonais ont infligé à la COrée du Sud, après son assassinat il y eut encore un régime militaire encore plus corrompu.

Les USA dans la lutte qu’ils entament contre la Chine populaire ont récupéré les forces conservatrices qui avaient collaboré  au terrible pillage, à la mise en esclavage y compris sexuel de la population coréenne.  Sous l’occupation japonaise, alors que Park Chung Hee est membre du parti communiste la grande force de résistance à l’occupant,  il trahit ses compagnons. Puis logiquement il devient l’homme de la CIA et  accède au pouvoir, il y fait régner la terreur dans le pays, enferme les opposants, il finira assassiné par les services secrets coréens tant il s’avère incapable de contenir les révoltes populaires.

Il est très populaire auprès des milieux conservateurs pour avoir joué un rôle dans l’industrialisationn du pays, mais ce fut en priviligiant les exportations et en faisant pression sur les ouvriers qui n’ont jamais cessé de se rebeller. Sous son gouvernement, il y a eu le développement des chaebol (jaebeol), comme   Hyundai, LG et Samsung. Ce sont des trusts très proches de ceux du japon avec le même modèle d’intégration et la propriété familiale. Ses liens avec les Etats-Unis passèrent par l’hostilité active à la Corée du Nord et à la Chine, mais en revanche le rapprochement avec le japon.

Il normalisa les relations avec le Japon en 1965 avec le traité nippo-sud-coréen du 22 juin 1965 qui renonçait à toute réparation, renonçait même aux excuses. Ce traité fut très mal accueilli et causa une agitation généralisée car la Corée avait connu une occupation japonaise dramatique et échanger le droit aux réparations du peuple contre les investissements japonais et une pluie d’aide des USA fut imposé à la population coréenne. Ce fut une terrible dictature où toute opposition était sanctionnée par l’enfermement et l’assassinat.

C’est pour cela que l’opinion en Corée du Sud n’est pas aussi anti-Corée du nord que des années de propagande auraient pu l’inspirer, la COrée du Nord a choisi l’indépendance par rapport aux USA et au japon.
Après presque dix ans au pouvoir, dans un régime électoral qui vit Park remporter de justesse une élection présidentielle très serrée contre Kim Dae-Jung en 1971, Park instaura l’état d’urgence et adopta la constitution yusin en 1972, ce qui transforma effectivement la présidence en régime dictatorial légal : il devient alors président à vie. À partir de 1973, il lança un programme de conversion forcée des prisonniers politiques, auquel des détenus communistes comme Ri In-mo refusèrent de se soumettre. Il donne son accord au moins tacite à la tentative d’assassinat contre Kim Dae-jung, enlevé en août 1973 à Tokyo et libéré in extremis grâce à la pression de l’ambassadeur Philip Habib, qui agit de sa propre initiative, malgré le soutien de l’administration Nixon au régime du dictateur.

Ceux qui connaissent l’histoire de la Corée, le caractère atroce de l’occupation japonaise, la guerre sauvage menée par les Américains en Corée du Nord alors qu’ils imposaient de telles dictatures à la Corée du Sud, ne peuvent avoir la même vision que notre presse ou tous les internautes qui vont répétant les mêmes stupidités sur le caractère dynastique et autoritaire de la seule Corée du Nord.

Parce le fait est là et les faits sont tétus: pendant que l’on nous amuse avec des caricatures du dirigeant de la Corée du Nord, que l’on nous parle de dynastie… Il y a la fille d’un dictateur de la Corée du sud qui a succédé à son terrible papa,  qui interdit les communistes et au-delà toute revendication à l’indépendance du pays et aux droits des travailleurs.

la seule différence est que la Corée du sud est une colonie des USA et du japon…Park Geun-Hye est bien la fille du dictateur Park chung-Kee et elle apporte sa caution à l’encerclement de la Chine souhaité par les Etats-Unis, ce qui lui vaut la mansuétude de notre presse servile et des crétins qui se croient malins quand ils répètent ce qu’on leur dit de dire alors qu’ils ignorent tout.

En attendant ici comme en Ukraine, des partis communistes sont interdit et la répression se poursuit. lire article :

lire l’article suivant :

 Interdiction en Corée du sud du principal parti d’opposition, le PPU, force de gauche proche des communistes : solidarité !

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 
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Publié par le décembre 21, 2014 dans Amérique, Asie, politique

 

Pasolini, quelques heures avant sa mort…

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La rubrique MÉMENTO publie des textes rares, peu ou pas disponibles sur Internet.

http://www.revue-ballast.fr/pasolini-quelques-heures-avant-sa-mort/

On retrouva son corps le 2 novembre 1975 sur un terrain vague, à proximité d’une plage romaine. L’autopsie du poète, écrivain et cinéaste communiste vrille le ventre : doigts de la main droite cassés, nez écrasé, oreille gauche arrachée, côtes et sternum brisés, foie et cœur éclatés. Sa mort n’a jamais rendu son dernier mot : homicide lié à ses aventures homosexuelles nocturnes ou assassinat organisé pour faire taire celui qui assurait avoir beaucoup à dire sur les relations entre le pouvoir, la mafia, la CIA et une grande compagnie pétrolière ? Le journaliste Furio Colombo l’avait interviewé quelques heures avant qu’on ne le tuât. Pasolini, qui tenait à achever l’entretien par écrit, avait choisi de le titrer « Nous sommes tous en danger ». Voici enfin, sur Internet, les dernières paroles de celui qui, quinze années plus tôt, avait écrit : « J’aime la vie férocement, si éperdument qu’il ne peut rien m’arriver de bien ; comment cela finira, je ne  sais pas. » 


Pasolini, dans tes articles et tes écrits, tu as donné de nombreuses versions de ce que tu détestes. Tu as engagé un combat solitaire contre un si grand nombre de choses, d’institutions, de convictions, de personnes, de pouvoirs. Pour ne pas compliquer ce que je veux dire, je parlerai de « la situation », et tu sais que j’entends par là la scène contre laquelle, de manière générale, tu te bats. Maintenant je te fais cette objection. La « situation », qui comprend tous les maux dont tu parles, contient aussi tout ce qui te permet d’être Pasolini. À savoir : tout ton mérite et ton talent. Mais les instruments ? Les instruments appartiennent à la « situation ». Édition, cinéma, organisation, jusqu’aux objets mêmes. Imaginons que tu possèdes un pouvoir magique. Tu fais un geste et tout disparaît. Tout ce que tu détestes. Et toi ? Est-ce que tu ne resterais pas seul et sans moyens ? Je veux dire sans moyens d’expression…

« Je sais qu’en tapant toujours sur le même clou, on peut faire s’écrouler une maison. »

Oui, j’ai bien compris. Mais je ne me contente pas d’expérimenter ce pouvoir magique, j’y crois. Pas au sens médiumnique. Mais parce que je sais qu’en tapant toujours sur le même clou, on peut faire s’écrouler une maison. À petite échelle, les radicaux nous en donnent un bon exemple, quatre chats qui parviennent à déplacer la conscience d’un pays (et tu sais que je ne suis pas toujours d’accord avec eux, mais il se trouve que je suis sur le point de me rendre à leur congrès). À grande échelle, l’Histoire nous fournit le même exemple. Le refus y a toujours joué un rôle essentiel. Les saints, les ermites, mais aussi les intellectuels. Les quelques personnes qui ont fait l’Histoire sont celles qui ont dit non, et non les courtisans et les valets des cardinaux. Pour être efficace, le refus doit être grand, et non petit, total, et non pas porter sur tel ou tel point, « absurde », contraire au bon sens.

Eichmann, mon cher, avait énormément de bon sens. Qu’est-ce qui lui a fait défaut ? La capacité de dire non tout en haut, au sommet, dès le début, tandis qu’il accomplissait une tâche purement et ordinairement administrative, bureaucratique. Peut-être qu’il aura dit à ses amis que ce Himmler ne lui plaisait pas tant que ça. Il aura murmuré, comme on murmure dans les maisons d’édition, les journaux, chez les sous-dirigeants politiques et à la télévision. Ou bien il aura protesté parce que tel ou tel train s’arrêtait une fois par jour pour laisser les déportés faire leurs besoins et avaler un peu de pain et d’eau, alors qu’il aurait été plus fonctionnel ou économique de prévoir deux arrêts. Il n’a jamais enrayé la machine. Alors, trois questions se posent. Quelle est, comme tu dis, « la situation », et pour quelle raison devrait-on l’arrêter ou la détruire ? Et de quelle façon ?

Nous y voilà. Décris-nous « la situation ». Tu sais très bien que tes interventions et ton langage ont un peu l’effet du soleil qui traverse la poussière. L’image est belle mais elle ne permet pas de voir (ou de comprendre) grand-chose.

Merci pour l’image du soleil, mais mon ambition est bien moindre. Je voudrais que tu regardes autour de toi et que tu prennes conscience de la tragédie. En quoi consiste la tragédie ? La tragédie est qu’il n’y a plus d’êtres humains, mais d’étranges machines qui se cognent les unes contre les autres. Et nous, les intellectuels, nous consultons l’horaire des trains de l’année passée, où d’il y a dix ans, puis nous disons : comme c’est étrange, mais ces deux trains ne passent pas là, et comment se fait-il qu’ils se soient fracassés de cette manière ? Soit le conducteur est devenu fou, ou bien c’est un criminel isolé, ou bien il s’agit d’un complot. C’est surtout le complot qui nous fait délirer. Il nous libère de la lourde tâche consistant à nous confronter en solitaires avec la vérité. Quelle merveille si, pendant que nous sommes ici à discuter, quelqu’un, dans la cave, est en train d’échafauder un plan pour se débarrasser de nous. C’est facile, c’est simple, c’est la résistance. Nous perdrons certains compagnons puis nous nous organiserons pour nous débarrasser de nos ennemis à notre tour, ou bien nous les tuerons les uns après les autres, qu’en penses-tu ?

« Il n’y a plus d’êtres humains, mais d’étranges machines qui se cognent les unes contre les autres. »

Je sais bien que lorsque Paris brûle-t-il ? passe à la télévision, ils sont tous là à verser des larmes, avec une envie folle que l’histoire se répète, une histoire bien belle, bien propre (l’un des avantages du temps est qu’il « lave » les choses, comme la façade des maisons). Comme c’est simple, quand moi je suis d’un côté, et toi de l’autre. Je ne suis pas en train de plaisanter avec le sang, la douleur, l’effort qu’à cette époque-là aussi les gens ont dû payer pour pouvoir « choisir ». Quand tu as la tête écrasée contre telle heure, telle minute de l’histoire, faire un choix est toujours tragique. Cependant, il faut bien l’admettre, les choses étaient plus simples à l’époque. L’homme normal, avec l’aide de son courage et de sa conscience, réussit à repousser le fasciste de Salò, le nazi membre des SS, y compris de la sphère de sa vie intérieure (où, toujours, la révolution commence). Mais aujourd’hui les choses ont changé. Quelqu’un vient vers toi, déguisé en ami, il est gentil, poli, et il « collabore » (à la télévision, disons) soit pour gagner sa vie, soit parce que ce n’est quand même pas un crime. L’autre – ou les autres, les groupes – viennent vers toi ou t’affrontent – avec leurs chantages idéologiques, avec leurs avertissements, leurs prêches, leurs anathèmes, et tu ressens qu’ils constituent aussi une menace. Ils défilent avec des banderoles et des slogans, mais qu’est-ce qui les sépare du « pouvoir » ?

En quoi consiste le pouvoir, selon toi, où se trouve-t-il, à quel endroit, comment le débusques-tu?

Le pouvoir est un système d’éducation qui nous divise en dominés et dominants. Mais attention. Un système d’éducation identique pour tous, depuis ce qu’on appelle les classes dirigeantes jusqu’aux pauvres. Voilà pourquoi tout le monde désire les mêmes choses et se comporte de la même manière. Si j’ai entre les mains un conseil d’administration ou bien une manœuvre boursière, je l’utilise. Ou sinon je prends une barre de fer. Et quand j’utilise une barre de fer, j’ai recours à la violence pour obtenir ce que je veux. Pourquoi est-ce que je le veux ? Parce qu’ils m’ont dit que c’est bien de le vouloir. J’exerce mon droit-vertu. Je suis à la fois un assassin et un homme de bien.

Ils t’ont accusé de ne plus faire de distinction entre ce qui relève de la politique et de l’idéologie, d’avoir perdu le sens de la différence profonde qui doit quand même exister entre fascistes et non fascistes, par exemple chez les jeunes.

C’est pour cette raison que je te parlais de l’horaire des trains de l’année passée. Tu as déjà vu ces marionnettes qui font tellement rire les enfants parce qu’elles ont le corps tourné d’un côté, et la tête de l’autre ? Il me semble que Totò parvenait à faire un tour de ce genre. Voilà comment je vois la belle troupe d’intellectuels, sociologues, experts et journalistes pourvus des intentions les plus nobles : les choses se passent d’un côté et leur tête regardent de l’autre. Je ne dis pas que le fascisme n’existe pas. Je dis : arrêtez de me parler de la mer alors que nous sommes dans la montagne. Il s’agit d’un paysage différent. Ici on ressent le désir de tuer. Et ce désir nous relie comme les frères sinistres de l’échec sinistre d’un système social dans son ensemble. Moi aussi j’aimerais tout résoudre en isolant la brebis galeuse. Je les vois aussi les brebis galeuses. J’en vois tellement. Je les vois toutes. C’est ça l’ennui, comme je l’ai déjà dit à [Alberto] Moravia : pour la vie que je mène, il y a un prix à payer… C’est comme quelqu’un qui descend aux Enfers. Mais à mon retour – si je parviens à rentrer, j’ai vu des choses différentes, et en plus grand nombre. Je ne dis pas que vous devez me croire. Je dis que vous devez constamment changer de sujet pour éviter d’affronter la vérité.

Et quelle est la vérité ?

« Une éducation commune, obligatoire et erronée, qui nous pousse tous dans l’arène du tout avoir à tout prix. »

Je regrette d’avoir employé ce mot. Je voulais dire la « preuve ». Permets-moi de remettre les choses dans l’ordre. Première tragédie : une éducation commune, obligatoire et erronée, qui nous pousse tous dans l’arène du tout avoir à tout prix. Nous sommes poussés dans cette arène, telle une étrange et sombre armée où certains détiennent les canons, et les autres les barres de fer. Alors une première division, classique, consiste à « rester avec les faibles ». Mais moi je dis qu’en un certain sens, tous sont faibles, parce que tous sont victimes. Et tous sont coupables, parce que tous sont prêts au jeu de massacre. À condition d’avoir. L’éducation reçue se décline en ces termes : avoir, posséder, détruire.

J’en reviens alors à la question par laquelle j’ai commencé. Toi, magiquement, tu supprimes tout. Mais tu vis de livres, et tu as besoin d’intelligences qui aiment lire. Autrement dit, de consommateurs éduqués du produit intellectuel. Tu fais du cinéma et tu as besoin non seulement de grands publics disponibles (de fait, tu as généralement beaucoup de succès populaire, autrement dit tu es « consommé » avidement par ton public), mais aussi d’une grande machinerie technique, organisationnelle, industrielle, qui tienne l’ensemble. Si tu enlèves tout cela, avec une espèce de monachisme magique de type paléocatholique et néochinois, qu’est-ce qui te reste ?

Tout. C’est-à-dire moi-même, être en vie, être au monde, voir, travailler, comprendre. Il existe cent manières de raconter les histoires, d’écouter les langues, de reproduire les dialectes, de faire le théâtre de marionnettes. Aux autres, il reste bien davantage. Ils peuvent me tenir tête, qu’ils soient cultivés comme moi ou bien ignorants comme moi. Le monde s’agrandit, tout se met à nous appartenir et nous n’avons besoin ni de la Bourse, ni d’un conseil d’administration, ni d’une barre de fer, pour nous dépouiller. Tu sais, dans le monde que beaucoup d’entre nous rêvaient (je répète : lire l’horaire des trains de l’année passée, mais dans ce cas précis, on peut même parler d’un horaire remontant à de nombreuses années), il y avait un patron ignoble avec un haut-de-forme et des dollars qui lui tombaient des poches, et une veuve émaciée qui réclamait justice avec ses enfants. Le beau monde de Brecht, en somme.

Tu sembles dire que tu as la nostalgie de ce monde.

Non ! J’ai la nostalgie des gens pauvres et vrais qui se battaient pour abattre ce patron, sans pour autant devenir ce patron. Puisqu’ils étaient exclus de tout, personne ne les avait colonisés. J’ai peur de ces Noirs qui se révoltent, et qui sont identiques au patron, autant de brigands qui veulent tout à n’importe quel prix. Cette sombre obstination dirigée vers la violence totale ne permet plus de savoir « de quel signe tu es ». Toute personne que l’on emmène mourante à l’hôpital est plus intéressée – s’il lui reste un souffle de vie – par ce que lui diront les médecins sur ses chances de survie, que parce que que lui diront les policiers sur les mécanismes du crime. Comprends-moi bien : je ne fais aucun procès d’intention, et j’ai cessé de m’intéresser à la chaîne causale, d’abord eux, d’abord lui, ou qui est le coupable en chef. Il me semble que nous avons défini ce que tu nommes la « situation ». C’est comme quand il pleut dans une ville, et que les bouches d’égout se sont engorgées. L’eau monte, c’est une eau innocente, une eau de pluie, elle ne possède ni la furie de la mer ni la méchanceté des courants d’un fleuve. Néanmoins pour une raison quelconque, elle ne descends plus mais monte. C’est la même eau de pluie célébrée par tant de poésies enfantines et « chantons sous la pluie ». Mais elle monte et te noie. Si nous en sommes arrivés à ce point, je dis : ne perdons pas notre temps à mettre une étiquette ici et une autre là. Voyons plutôt comment déboucher ce maudit égout, avant de nous retrouver tous noyés.

Et toi, pour y parvenir, tu voudrais tous nous transformer en petits bergers dépourvus d’école obligatoire, ignorants et heureux.

« J’ai la nostalgie des gens qui se battaient pour abattre ce patron, sans pour autant devenir ce patron. »

Formulée en ces termes, l’idée est stupide. Mais la fameuse école obligatoire fabrique nécessairement des gladiateurs désespérés. La masse ne cesse de s’accroître, tout comme le désespoir, tout comme la rage. Disons que j’ai fait une boutade (mais je ne crois pas). Mais vous, dites-moi autre chose. On entend dire que je regrette la révolution pure et directe faite par les opprimés, dans le seul but de devenir libres et patrons d’eux-mêmes. On entend dire que je m’imagine qu’un pareil moment pourrait encore advenir dans l’histoire de l’Italie et du monde. Le meilleur de ma pensée pourra peut-être inspirer l’une de mes futures poésies. Mais pas ce que je sais et ce que je vois. Je vais le dire carrément : je descends dans l’enfer et je sais des choses qui ne dérangent pas la paix des autres. Mais faites attention. L’enfer est en train de descendre chez vous. Il est vrai qu’il s’invente un uniforme et une justification (quelquefois). Mais il est également vrai que son désir, son besoin de violence, d’agression, de meurtre, est fort partagé par tous. Cela ne restera pas longtemps l’expérience privée et périlleuse de celui qui a, disons, expérimenté « la vie violente ». Ne vous faites pas d’illusions. Et c’est vous qui êtes, avec l’école, la télévision, le calme de vos journaux, c’est vous les grands conservateurs de cet ordre horrible fondé sur l’idée de posséder et sur l’idée de détruire. Heureux, vous qui vous réjouissez quand vous pouvez mettre sur un crime sa belle étiquette. Pour moi cela ressemble à l’une des opérations parmi tant d’autres de la culture de masse. Ne pouvant empêcher que certaines choses se produisent, on trouve la paix en fabriquant des étagères où on les range.

Mais abolir signifie nécessairement créer, si tu n’es pas toi aussi un destructeur. Les livres, par exemple, que deviennent-ils ? Je ne veux pas tenir le rôle de celui qui s’angoisse davantage pour le sort de la culture que pour celui des individus. Mais ces gens que tu sauves, dans ta vision d’un monde différent, ne peuvent pas être plus primitifs (c’est une accusation que l’on t’adresse souvent), et si nous ne voulons pas utiliser la répression « plus avancée »…

… Qui me fait frémir.

Si nous ne voulons pas employer de phrases toutes faites, il faut quand même être plus précis. Par exemple, dans la science-fiction comme dans le nazisme, le fait de brûler des livres constitue toujours le geste initial d’extermination. Une fois fermées les écoles, et une fois la télévision éteinte, comment animes-tu la crèche ?

« J’écoute les hommes politiques avec leurs petites formules, tous les hommes politiques, et cela me rend fou. »

Je croyais m’être déjà expliqué avec Moravia. Fermer, dans mon langage, signifie changer. Mais changer d’une manière aussi drastique et désespérée que l’est la situation elle-même. Ce qui empêche d’avoir un véritable débat avec Moravia, mais surtout avec Firpo, par exemple, est que nous ressemblons à des gens qui ne voient pas la même scène, qui n’écoutent pas les mêmes voix. Pour vous un événement a lieu lorsqu’il fait l’objet d’un article, beau, bien fait, mis en page, relu, avec un titre. Mais qu’est-ce qu’il y a là-dessous ? Il manque ici le chirurgien qui a le courage d’examiner le tissu et de dire : messieurs, il s’agit d’un cancer, pas d’une maladie bénigne. Qu’est-ce que le cancer ? Une chose qui modifie toutes les cellules, qui les fait toutes s’accroître de manière folle, en dehors de la logique qui les animait précédemment. Est-il un nostalgique, le malade qui rêve de la santé qu’il avait avant, même si avant il était stupide et malheureux ? Avant le cancer, je veux dire ? Voilà, avant tout il faudra faire je ne sais quel effort afin que tous, nous regardions la même image. Moi j’écoute les hommes politiques avec leurs petites formules, tous les hommes politiques, et cela me rend fou. Ils ne savent pas de quel pays ils sont en train de parler, ils sont aussi éloignés que la lune. Et les lettrés. Et les sociologues. Et les experts en tout genre.

Pourquoi penses-tu que pour toi, certaines choses sont tellement plus claires ?

Je voudrais arrêter de parler de moi, peut-être en ai-je déjà trop dit. Tout le monde sait que mes expériences, je les paie personnellement. Mais il y a aussi mes livres et mes films. Peut-être est-ce moi qui me trompe. Mais je continue à dire que nous sommes tous en danger.

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Corps de Pier Paolo Pasolini
Entretien original paru en 1975 dans le quotidien La Stampa puis en 2005,
sous le titre L’Ultima intervista di Pasolini (éditions Avagliano).
Les éditions Allia l’ont également publié, en français, en 2010 (sous le même titre).
 
 
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