RSS

Archives de Catégorie: POLITIQUE

Monika Karbowska : Quand le sort d’un homme se joue aux dés – Julian Assange jugé le 11 octobre 2019

 

Comme le 20 septembre 2019, son nom figurait en premier des jugés pour être extradés, mais c’est parce qu’il commence à la lettre A et que la liste des 21 hommes, majoritairement Polonais et Roumains et d’une femme azerbaïdjanaise, est alphabétique. A la Westminster Magistrate Court, ce 11 octobre 2019, le greffier et le secrétaire du greffe préparait la séance dans la petite salle numéro 3 alors que le public a vite rempli les dix chaises réservées derrière la vitre. Julian Assange figurait donc à la séance du jour parmi les migrants d’Europe de l’Est vivant en Grande Bretagne et réclamés par la justice de leur pays à grand renfort de Mandats d’Arrêt Européens. Comme sur la liste du 20 septembre, certains des prolétaires accusés de vols, escroqueries ou autre bagarres et délit de pauvres étaient aussi menacés d’être livrés aux USA. Et Julian Assange est sur la même liste. Étrange sensation de le savoir en compagnie du prolétariat européen le plus vulnérable, le moins conscient de ses droits, le moins politisé. Mais ce jour-là, après toutes les avanies de cette justice expéditive ou l’on juge les hommes en leur absence, les militants de l’Association Wikijustice, ne s’attendaient même pas à le voir comparaitre.

Notre souci était de savoir si un minimum de défense serai présent pour lui, contrairement au 20 septembre dernier. Les dix places du public ont été vite remplies par Wikijustice et par les membres du comité de soutien britannique. Andrej Hunko, député de die Linke, était également présent dans le public, lui le combattant de longue date pour la justice en Europe, notamment pour une enquête internationale indépendante sur l’assassinat de 100 personnes brûlées vives dans la Maison des Syndicat à Odessa le 2 mai 2014 au cours du Maidan ukrainien. Les familles des autres prévenus ont du hélas se contenter de places debout. Malheureusement, pour leurs hommes comme pour Julian Assange, la justice britannique fut rapide, sèche et dénuée de la moindre analyse.

Madame Emma Arbuthnot, juge et présidente du tribunal a pris place à l’estrade et nous nous sommes tous levés. Le greffier lui a présenté le plan de travail. Julian Assange figurait sur la liste comme le numéro 11, mais finalement c’est dans un ordre tout à fait différent que les « cas», les hommes, ont été présentés à la juge. Le secrétaire du greffe commença par le cas numéro 16, et après avoir dit son nom à haute voix, appela le prévenu polonais de la prison de Belmarsh après avoir actionné la vidéo. Sur l’écran apparait alors un gardien qui affirme que M. K. est trop malade pour comparaitre ce jour-là. Et c’est tout. Terrible justice dématérialisée ou l’étrange comparution en vidéo déporte le tribunal ipso facto en prison et nous ramène vers une forme d’ancien régime, tellement le détenu est devenu immatériel, caché, inaccessible. En effet, l’accusé ne sort plus jamais. Il ne voit pas sa famille et ses soutiens parce que la caméra ne lui montre pas le fond de la salle. Il ne sent pas l’air du temps. Il ne sent rien de la comédie humaine dans laquelle se joue son sort. Il n’est plus citoyen, mais un objet enfermé et trimballé d’avocat en juge et de juge en gardien. M. K. n’a même pas su ce qu’il était dit de lui à l’audience. Il n’est pas là. Sa famille doit croire le gardien sur parole qu’il est « trop malade » et elle est laissée à sa sourde inquiétude et ses interrogations.

Dans un tel système, où le citoyen a disparu au profit de l’objet enfermé, l’avocat devient le seul garant de l’humanité de l’humain physiquement disparu de la vue des autres humains. Certains avocats se battent comme des lions pour leur client. Celui du prévenu suivant, toujours un Polonais, récuse la demande d’extradition et demande une prolongation de la libération sous caution. En 5 minutes il a brossé le tableau d’un homme qui regrette ses actes, qui a purgé la moitié de sa peine, qui travaille, possède une petite entreprise, tenez Madame la juge, on a trouvé les preuves que son entreprise existe, elle a une adresse et des clients…. Le jeune avocat ne lâche pas le morceau, il n’assiste pas impuissant au processus, il se bat. Une seconde de répit. Madame la juge, si sévère, esquisse un sourire. Non, c’est refusé, les délits dont il est coupable, escroqueries et vols, sont trop sérieux pour elle. La morale de la société est atteinte. On passe au suivant. Il est Roumain, il n’est pas là, on ne sait pas pourquoi. Puis le duo juge-greffier évoque le cas de la H, la femme azerbaïdjanaise. Elle n’est pas là non plus et n’a pas d’avocat. On comprend cependant qu’elle est en prison accusée de choses graves. Son cas est reporté, mais que deviendra-t-elle si personne de proche ne se préoccupe d’elle au fond de sa prison ? Je pense aussi à elle, moi qui suis venue pour Julian Assange.

Le prisonnier suivant, encore un Polonais, comparait en vidéo de Belmarsh. Mais son avocat a 2 minutes pour expliquer qu’il « n’a pas pu entrer en contact avec son client à cause des conditions de visite dans la prison ». Cela n’étonne mais n’indigne personne. La juge fixe l’audience à début novembre. Il est encore question d’une autre femme, J., elle aussi « servant prisoner » comme l’a été Julian Assange -ça sonne comme prisonnier au service du système, en attente que le système décide de lui. Puis vint encore un Polonais, le numéro 22 dont le nom n’est pas sur la liste. Comme les autres, il s’accroche à cette Angleterre ingrate, refuse l’extradition en Pologne et demande une « application for bail », c’est-à-dire une libération sous caution. Toujours par la bouche de son avocat, car comme les autres, il est absent.

Madame la juge se lève alors et nous nous levons car elle sort de la salle. Nous croyons à une pause et nous apprêtons à discuter de ce que nous avons vu. Mais le greffier annonce que le cas de Julian Assange est discuté. Nous nous levons car un autre juge, un homme de 45 ans, arrive. Et la sinistre farce politique peut commencer. La vidéo s’anime et Julian Assange apparait devant nos yeux. Il s’assied sur une chaise dans une espèce de box ou un petit local avec des cadres derrière lui comme des miroirs sans tain. Cela pourrait être n’importe où puisque le secrétaire du greffe ne commente même pas à haute voix « Belmarsh » quand il établit la connexion alors qu’il le fait dans le cas des autres détenus.

Julian Assange parait amaigri, en s’asseyant il se crispe nerveusement sur la chaise, une jambe posée sur l’autre, les bras croisés, les mains cachées, repliées. Il porte une longue barbe et des cheveux longs gris et blancs, le même sweat-shirt bleu délavé et ce même pantalon gris que sur la vidéo de Wandsworth d’avril et fuitée en mai. J’ai l’impression qu’il a froid et il fait froid en cette matinée humide d’automne à Londres. Je ne peux m’empêcher de me demander si quelqu’un lui a quand même fourni des vêtements ou de l’argent pour en acheter à l’intérieur de la prison, des produits de première nécessité auxquels tout être humain a droit, même enfermé. Je me remémore mon voyage d’hier à la prison de Belmarsh ou les gardiens du « visitor center » ont refusé de certifier s’il avait bien reçu nos colis avec les chaussettes chaudes. C’est bouleversant de le voir ainsi et je pense alors que nos chaussettes envoyées ne sont pas superflues.

Julian Assange dit juste une phrase, «Paul Julian Assange » et sa date de naissance. Puis il garde jusqu’au bout un air absent. Il est légèrement penché en avant, le regard fixant le sol, comme s’il refusait de participer à cette mascarade. Nous ne savons pas exactement ce qu’il peut voir de la salle, probablement uniquement son avocate, l’accusation au premier rang, le greffier et le juge. Nous ne le voyons pas en entier, la caméra le coupant à la taille. Justement son avocate, Gareth Peirce est là, arrivée à 10h mais absente de la salle pendant la présentation des autres cas. Elle dialogue avec le juge, cela dure quelques minutes. Il me frappe qu’elle ne regarde pas Julian Assange. Elle ne se tourne pas une seule fois vers la vidéo et il n’y a entre eux aucun regard ni signe de connivence. On a l’impression d’assister à une pièce de théâtre dont tous les acteurs connaissent le jeu, les ficelles du jeu et naturellement le dénouement de l’intrigue. Normal, ils se connaissent tous car ils jouent dans la même troupe du système judiciaire alors que nous assistons à la comédie humaine en spectateurs impuissants. Mais il s’agit d’un homme dont le sort se joue à pile ou à face…

Nous comprenons que Gareth Peirce demande la comparution physique de Julian Assange au tribunal la semaine prochaine, le 21 octobre. Ce n’est pas une mauvaise idée, mais je pensais, suite à nos consultations juridiques avec les avocats spécialisés dans l’extradition, qu’à cette audience du 11 octobre seraient présentés les arguments de la défense et que le « management hearing » de la semaine suivante sert à lister les arguments des deux parties, défense et accusation. Puis le juge a 3 semaines pour trancher.

Justement l’accusation est bien présente à l’audience en la personne d’une femme élégante qui parle en dernier, assise juste à côté de Gareth Peirce. Après l’audience elle m’explique qu’elle est la « request barrister », l’avocate de la «partie adverse », c’est-à-dire, me dit-elle, qu’elle défend les intérêts américains. Obligeamment elle me donne son nom, Clair Dobbin. Son CV fourni apparait immédiatement sur internet, et je remarque que ses bureaux d’avocat sont situés dans le même bâtiment que ceux de Matrix Chambers, le cabinet de barristers (1) dont l’un, Mark Summers, avait lu la fameuse lettre d’excuses de Julian Assange lors de l’audience du 2 mai.

Le juge finit en demandant d’une voix forte à Gareth Peirce : pas « d’application » aujourd’hui ? Pas de requête, de demande de libération sous caution ? Non. Gareth Peirce, l’avocate de Julian Assange ne demande rien. Elle veut que tout se joue le 21 octobre. Son client fixe le sol de la prison et on ne sait s’il entend et comprend, ni s’il est d’accord. C’est fini. Le juge sort, nous nous levons et nous sortons dans le couloir où se joue le reste de la comédie humaine et politique.

Le 21 octobre ou le 18 octobre sont évoqués à l’audience. Nous savons maintenant qu’il faut nous précipiter au secrétariat du tribunal pour demander la confirmation des dates. Revenez demain, nous ne les avons pas encore dans l’ordinateur. Gareth Peirce reste un moment seule dans le couloir, à l’écart des Anglais des comités de soutien et des journalistes. Je me présente et je lui demande si je peux lui demander des explications. Elle commence à me parler, mais déjà le secrétaire du greffe la sollicite. Elle me propose de parler avec son assistante et le suit.

Le 21 octobre une partie, où tous les dés seront jetés. Que faire pour renforcer la défense de Julian Assange avant qu’il ne soit trop tard ?

1. Dans le système anglais il existe une hiérarchie entre les avocats – les sollicitor sont les avocats en contact avec le clients qui peuvent plaider devant les tribunaux de première instance, les Magistrate Court. Mais pour aller à la Crown Court, tribunal de seconde instance il doivent louer les services d’avocats plus spécialisés, les barrister. Jennifer Robinson et Mark Summers ont été les barristers de Julian Assange alors que Gareth Peirce est son sollicitor

L’image contient peut-être : 1 personne, gros plan
Aucune description de photo disponible.
L’image contient peut-être : intérieur
Publicités
 

Portugal : Oui, nous sommes là  ! Avec la force que nous donne la lutte et avec notre projet et notre idéal

DÉCLARATION DE JERÓNIMO DE SOUSA, SECRÉTAIRE GÉNÉRAL, RASSEMBLEMENT, LUTTE, AVANCE

Le discours est offensif et le parti communiste portugais est un grand parti qui continue à avoir une présence militante dans les entreprises, il n’a pas subi l’eurocommunisme, ni la « mutation de Hue ». Le secrétaire a raison de ne pas minimiser l’offensive idéologique du capital et de ses médias, ses appareils idéologiques pour faire pencher la balance an faveur du PS et de le réduire à la portion congrue. Nous avons subi ça avec Mitterrand, quand celui-ci allait prendre le pouvoir tout a été fait pour changer le rapport des forces et quand nous avons voulu nous dégager d’une politique en faveur du capital et contre les travailleurs, là s’est déchaînée une opération contre Marchais, qui déstabilisait la direction et laissait la place à des liquidateurs. Les Portugais en sont là, il faut tenir, ce n’est pas le plus facile, leur choix politique de ne pas aller renforcer la droite et sa déstabilisation est juste mais il est complexe dans la mesure où ils doivent aussi alerter sur les dérives prévisibles du PS, sa manière de céder à l’UE, à l’OTAN exige un travail idéologique des militants tout à fait fondamental. Leur principal atour : le parti n’a pas été détruit (note et traduction de Danielle Bleitrach).

http://www.pcp.pt/sim-ca-estamos-com-forca-que-nos-da-luta-com-nosso-projecto-ideal?utm_source=dlvr.it&utm_medium=facebook

Oui, nous y sommes! Avec la force qui nous donne la lutte et avec notre projet et idéal

Nous venons de livrer la dernière bataille électorale de cette année. Une année particulièrement exigeante. Ce fut une année de nombreux combats et sur de nombreux fronts, face à la lutte de masse et sociale, dans les institutions, sur le front électoral, dans l’organisation du parti et avec la fête  du parti «Avante» que nous avons une fois encore tenue avec succès et tout cela a demandé une grande implication et des efforts considérables à des milliers de militants communistes et à l’ensemble de notre parti.

Plusieurs batailles ont eu lieu dans le cadre de l’une des campagnes politiques et idéologiques les plus féroces, les plus articulées et les plus méthodiques contre le PCP, un parti comme le nôtre avec un collectif militant trempé par des années et des années de lutte pour la défense des intérêts des travailleurs et de notre peuple. J’ai été capable de faire face, comme je l’ai fait.

À vous tous, salutations fraternelles!

Mes salutations également et notre gratitude à tous nos amis des Verts pour leur intervention démocratique, ainsi qu’aux milliers d’indépendants et d’activistes de la CDU qui rassemblés à nos côtés ont participé à chaque combat électoral.

Les élections à l’Assemblée de la République de dimanche dernier, comme nous l’avons toujours dit, revêtent une importance particulière et peuvent donc déterminer l’évolution de la vie nationale.

Elles ont défini les conditions d’un progrès immédiat dans les actions à entreprendre pour le développement du pays et pour les droits des travailleurs et des citoyens, en approfondissant la voie du remplacement et de la conquête des droits et en empêchant une autre option de s’affirmer, la reprise de l’ancienne politique que PS, PSD et CDS, seuls ou apparentés, ont toujours pratiquée.

Si le peuple portugais souhaite améliorer ses conditions de vie, les conditions pour assurer cette voie de progrès ne sont pas sûres.

Les résultats électoraux configurent une conjoncture différente de celle présente il y a quatre ans.

Un cadre parlementaire qui permet au Président de la République, comme on l’a déjà observé, de nommer le Premier ministre selon les procédures habituelles. Il forme un gouvernement et, par conséquent, prend naturellement ses fonctions.

Une situation différente de celle de 2015 et qui fait aujourd’hui l’objet de nombreuses spéculations et fausses déclarations en vue d’attaquer la PCP d’une manière ou d’une autre, de lui donner des positions qu’il n’a pas, de cacher sa détermination à assurer avec son intervention de nouvelles avancées et, inséparablement, se bat pour la politique alternative que le pays demande et pour la réponse complète à ses problèmes.

Il est écrit sur la nature de la solution trouvée il y a quatre ans et il est omis qu’une telle solution résultait d’une demande illégitime du président de la République de l’époque, Cavaco Silva, Ce choix avait été fait parce qu’il devenait impératif de mettre fin à un gouvernement qui menait le pays à la catastrophe et détruisait malheureusement la vie de la majorité de  notre peuple.

C’est ce cadre de pressions et de demandes qui a conduit le PS à insister sur la nécessité d’une formalisation écrite pour vaincre la résistance présidentielle.

Cette idée est en train de se répandre que quelqu’un veut mettre fin à ce qui n’a jamais été.

Parce qu’il n’y a jamais eu, autant que ce mensonge se répète depuis quatre ans, de gouvernement de gauche ou progressiste, pas de majorité parlementaire de gauche, mais seulement une solution à la création de conditions minimales et suffisantes pour les gouvernements PSD et CDS et de mettre un terme à la politique d’aggravation de l’exploitation et de l’appauvrissement qui était en cours et qui visait à se poursuivre.

Comme nous l’avons souvent dit, l’importante décision prise par la PCP nous a permis de renverser un gouvernement, qui était en train de lancer une offensive brutale contre les travailleurs et le peuple, ainsi que de défendre, restaurer et obtenir des droits. Cependant, il s’est avéré que le rapport de forces existant était insuffisant pour mettre un terme aux options politiques structurantes de droite avec lequel le gouvernement PS ne voulait pas rompre.

Il faut tout d’abord clarifier ce point afin de ne pas alimenter des convergence illusoires, détachés du contenu concret qui les explique, et de prendre les mesures qui s’imposent  pour dépasser ce qui fondamentalement limite voire empêche la réponse requise aux problèmes du pays.

De même qu’il est nécessaire de préciser que l’échec du PS à obtenir la majorité absolue lors de ces élections à l’Assemblée de la République, dans un cadre dans lequel le PSD et le CDS ont confirmé la condamnation de leur politique, n’est pas en soi une condition suffisante pour garantir une voie vers des avancées nouvelles et plus décisives, comme le demande la solution des problèmes nationaux, comme le fait valoir le PCP, cela  ne permet même pas d’éviter le risque de retour en arrière dans les résultats obtenus.

Pour ceux qui doutent des précautions du PCP quant à ce que signifierait une majorité absolue, exiger maintenant que le PCP renonce à son indépendance et à son engagement envers les travailleurs et le peuple, nous réaffirmons sans hésiter: un PS avec une majorité absolue aboutirait à un grave danger, ce serait un facteur d’instabilité pour la vie, les droits et le revenu du peuple portugais.

Soyons clairs, il n’y a pas de problème de stabilité dans la réponse aux problèmes nationaux, le gouvernement ne doit pas être déstabilisé. C’est à partir de la politique qu’il applique, de la réponse qu’il donne ou non aux aspirations et aux aspirations des travailleurs et des personnes, que résultera sa stabilité.

Le problème ne concerne pas la stabilité politique dans l’abstrait mais la stabilité ou l’instabilité qui résulte de l’action du gouvernement sur les conditions de vie et les droits des travailleurs et de la population.

Dans la situation actuelle, il convient de souligner que le PCP ne suivra pas et ne s’associera pas aux  manœuvres de déstabilisation artificielle prévues dans  la dynamique revanchiste des secteurs et des forces réactionnaires, tout en réaffirmant que tous ceux qui sont sincèrement préoccupés par la vie du pays peuvent avoir raison. Le PCP, honorant les engagements pris avec les travailleurs et le peuple, saura prendre des initiatives, être disponible et déterminé à faire avancer le pays et la vie des Portugais et à libérer le Portugal des contraintes qui, selon la logique du PS, limitent et empêchent la réponse aux problèmes nationaux et aux aspirations populaires.

La vie récente a montré les limites qui résultent de telles options et leurs conséquences, notamment en ce qui concerne le recul de l’investissement public, le financement des services publics et l’accroissement de la production, ce qui a des conséquences sur les perspectives de développement du pays.

Dans le cadre du PCP, nous considérons que d’autres options sont indispensables pour créer de manière décisive les conditions d’une réponse complète aux problèmes nationaux.

Nous avons notre programme et notre projet, nos propositions pour une politique patriotique et de gauche, et la force que les Portugais nous ont donnée servira toujours à construire des solutions qui matérialiseront cette politique alternative, ainsi qu’à lutter contre les options qui s’opposent ou reportent à plus tard leur réalisation.

Par conséquent, les voix que les travailleurs et les personnes confiées au PCP et à la CDU constitueront, avec la lutte des travailleurs et d’autres couches de la population, une force qui contribuera à l’avancement des conditions de vie et au développement du pays.

Avec le PCP, c’est la garantie que les travailleurs et les citoyens tiennent pour acquis.

Les résultats obtenus par la CDU – 329, 117 voix et 12 députés – ont été inférieurs à ce que nous voulions et ce qu’exigeait le développement et la nécessité de renforcer notre lutte pour la défense des intérêts des travailleurs et du peuple.

La réduction du nombre de voix et du nombre de députés élus vérifiés, identique à celle obtenue en 2002, est un facteur négatif pour l’avenir proche de la vie du pays.

Ces résultats ne peuvent toutefois pas être déconnectés du fonctionnement intense et prolongé du PCP et de la CDU, soutenus par des mensonges, la diffamation et la promotion de préjugés. Une offensive prolongée qui avait déjà été ressentie lors des précédentes élections au Parlement européen et qui visait à creuser une érosion électorale dramatique de la CDU, qu’ils avaient annoncée à l’avance comme certaine, et qui favorisait méthodiquement les autres forces politiques.

Une campagne qui non seulement a manipulé les positions des forces qui composent la CDU, mais a largement répandu les stéréotypes stigmatisants le PCP et la PEV, déformant leurs pratiques et leurs projets, faussant leur rôle et leur action politique au cours des quatre dernières années, notamment en omettant et en réduisant leurs effets, leur intervention décisive dans ce qui a été réalisé au cours de cette période.

Une campagne brutale qui n’atteignait pas les objectifs visés, car elle pèse sur un lien profond et l’enracinement des forces de la CDU avec les travailleurs et le peuple, mais aussi par l’importance de la campagne électorale construite avec l’engagement militant des militants de la CDU dans tout le pays.

Regarder cette réalité n’a pas pour but de trouver des boucs émissaires pour expliquer la baisse, ni pour cacher nos faiblesses de toute nature qui doivent être évaluées, corrigées et surmontées, mais il ne faut pas l’oublier et omettre le poids énorme de cette opération, cette manipulation qui a eu des effets dans les résultats électoraux, ni ce qu’il visait: réaliser précisément la force qui a joué un rôle décisif dans la récupération, la défense et la conquête des droits et celle qui se présente comme une véritable alternative à la voie imposée au pays par le capital monopoliste, dans les centres de laquelle une telle campagne a été conçue.

Oui, nous ne pouvons pas cacher ou omettre son rôle car nous devons trouver des moyens de l’analyser et d’y répondre.

Répondre également par notre initiative politique et notre détermination, en renforçant la lutte des travailleurs et du peuple, en comptant sur la mobilisation de tous, même de ceux qui ne comprenaient pas que ce qui était vraiment décisif lors de ces élections à l’Assemblée de la République qui était de renforcer la CDU, et ils comprendront bientôt que c’est après tout avec cette force qu’ils compteront sur la défense de leurs droits et sur l’amélioration de la vie.

Ce sera la lutte des travailleurs et du peuple pour déterminer et permettre de nouvelles avancées, pour contenir et prévenir les revers, une lutte indissociable du rôle du PCP, cette force sur laquelle ils peuvent toujours compter, qui est ici, avec leur intervention et leur lutte pour la défense des droits et contribuer à une vie meilleure.

Nous serons ici pour lutter contre toutes les injustices, comme l’annonce faite hier de nouvelles augmentations des commissions bancaires. Une pratique qui ne vient pas seulement de Caixa Geral de Depósitos, mais qui est inacceptable en tant que pratique de banque publique.

La divulgation des nouvelles augmentations des frais bancaires chez Caixa Geral de Depósitos, à partir du début de l’année prochaine, constitue un assaut sur les utilisateurs de la banque et confirme, une fois encore, que la banque publique est gérée comme une banque privée, avec un seul objectif : augmenter les profits sans regarder les moyens pour le réaliser.

Les décisions annoncées, en plus d’être abusives, sont injustes et douteuses en termes de recevabilité, car elles font simultanément payer le compte bancaire minimum gratuit et récompensent les clients à revenu élevé par une réduction des coûts.

Le PCP demande au gouvernement une position qui ne se limite pas à déclarer que la direction de la banque est responsable de son administration et qu’elle ne devrait pas interférer avec les actes de gestion en vigueur.

Oui, nous serons là, nous affirmons la nécessité de l’alternative patriotique et de gauche qu’un gouvernement PS ne garantit pas.
Les quatre dernières années de ce qu’on a appelé la «nouvelle phase de la vie politique nationale» n’ont pas été vaines.

Au cours de cette période, avec l’intervention décisive du PCP, une voie de défense, de remplacement et de conquête de droits jugés impossibles pour certains s’est ouverte, des dogmes se sont effondrés, des thèses et des motifs ont été maintes fois confirmés et des leçons tirées ; cela fera partie de l’héritage de lutte et d’intervention de notre parti.

Une période qui révélait, contrairement à ce qui avait été forcé dans la conscience et dans la vie du peuple, que l’amélioration des conditions de vie, l’extension des droits, l’augmentation des salaires et des pensions, l’augmentation du revenu disponible des familles, est une condition de la croissance économique, de la création d’emplois, de l’équilibre budgétaire et du développement du pays.

Mais si nous valorisons tout ce qui a été réalisé en le considérant comme un héritage auquel nous avons contribué, ainsi que tout ce qui a été évité par des mesures négatives censées avoir des conséquences graves sur la vie de notre peuple, nous savons également à quel point la réponse à cette situation a été insuffisante. La solution des problèmes structurels du pays nécessitait une politique alternative.

Surmonter les problèmes du pays reste la nécessité de paver la voie à une politique qui rompt avec les options de politique de droite essentielles que le PS n’a pas abandonnées.

Il reste nécessaire de mener une politique de gauche et patriotique dont l’axe essentiel est la libération du pays de la soumission à l’euro et aux impositions de l’Union européenne et la renégociation de la dette publique; la revalorisation du travail et des travailleurs, droits, salaires, pensions et pensions; la défense et la promotion de la production nationale et des secteurs de production; assurer le contrôle public des activités bancaires et de tous les secteurs essentiels et stratégiques de l’économie, ainsi que l’appui aux micro, petites et moyennes entreprises et au secteur coopératif; la garantie de l’administration publique et des services au service du peuple et du pays; une politique de justice fiscale; la défense du régime démocratique et l’application de la Constitution de la République portugaise, avec une justice accessible à tous et la lutte contre la corruption.

Des axes essentiels qui sont des lignes de réponse aux problèmes du pays et en même temps des engagements que le PCP a pris avec les travailleurs et la population.

C’est à partir de ces engagements, de son programme et de son projet, que le PCP développera son action, son initiative et sa proposition et se positionnera pour évaluer les options et les objectifs que le PS et son gouvernement incluront dans son action.

En ce sens, nous réaffirmons ici l’initiative du PCP, son action et son intervention sur des objectifs immédiats importants et correspondant aux engagements pris avec les travailleurs et le peuple: la lutte pour l’augmentation générale des salaires et le salaire minimum national à 850 euros ; lutter contre la précarité et la déréglementation du temps de travail, assurer la prévention et la protection du travail posté et exiger l’abrogation des règles strictes du droit du travail; l’augmentation générale et réelle des retraites, la gratuité des soins pour tous les enfants jusqu’à 3 ans, le droit au logement, un service national de santé renforcé et responsabilisé, des services publics réactifs, des investissements dans les transports par une politique fiscale juste,

Le maintien de l’initiative et de l’intervention du PCP, comme il l’a été au cours des dernières années, dépendra des options du PS, des instruments budgétaires qu’il présente et du contenu de la législation que le PCP déterminera, comme toujours, en toute indépendance politique, liée à ses engagements envers les travailleurs et le peuple.

L’avenir et l’adoption de mesures qui correspondent aux droits et aux aspirations des travailleurs et de la population compteront toujours sur l’intervention décisive du PCP. Le PCP s’opposera fermement à toute mesure contraire à leurs intérêts.

Avec le sérieux, la responsabilité et la rigueur reconnus par le PCP, nous interviendrons très prochainement dans le déroulement du processus politique, en liaison avec le premier et principal engagement que nous assumons vis-à-vis des travailleurs, des citoyens et du pays.

Nous vivons une époque qui exige beaucoup de fermeté idéologique, de force, de disponibilité révolutionnaire, de capacité organisationnelle et un parti communiste fort, déterminé et convaincu.

Les tâches que la situation actuelle impose au PCP sont grandes et exigeantes. Ce parti nécessaire et indispensable, qui doit être renforcé, dépend de la garantie de la défense des travailleurs, des intérêts populaires et du pays.

Renforcer votre organisation est une priorité clé, en liaison avec votre initiative et votre intervention politiques.

Un renfort qui est la clé des batailles exigeantes à venir. Il est donc nécessaire de poursuivre les actions en cours visant à améliorer le travail de gestion aux différents niveaux, à responsabiliser le nouveau personnel et les militants pour les tâches et responsabilités permanentes, à renforcer le militantisme actif et plus actif dans les entreprises et les lieux de travail, en particulier l’action des 5 000 contacts avec les travailleurs. Cette action implique déjà plus de 3500 contacts et l’adhésion de plus de 1000 travailleurs au Parti, permettant la création et le renforcement de cellules et l’intervention dans de nombreuses entreprises où elle n’a pas eu lieu, renforçant ainsi le Parti avec les travailleurs. C’est la manière dont nous devons aller plus en profondeur, en assurant une action qui a pour préoccupation fondamentale la connaissance des problèmes.

Comme cela doit être poursuivi dans la mise en œuvre des autres directives pour le renforcement du Parti, à savoir la délivrance de la nouvelle carte, la stimulation de l’intervention auprès de groupes et de secteurs sociaux spécifiques, le renforcement des organisations locales, la propagande et la presse du Parti, garantissant l’indépendance financière du Parti, organisant des réunions d’organisations.

Nous avons un parti unique, avec une histoire, des forces, des valeurs et un projet uniques. Un parti qui est ferme dans son idéal qui nous guide. Un parti qui affirme et réaffirme sa nature et son identité communistes dans la réalisation d’une politique patriotique et de gauche, en violation de la politique de droite, de la démocratie avancée, d’une nouvelle société, à l’abri de l’exploitation et de l’oppression – socialisme et communisme

Oui, nous y sommes! Avec la force qui nous donne la lutte et avec notre projet et notre idéal, avec notre organisation, intervenant là où la vie bat son plein, où règnent l’injustice et l’exploitation, prenant l’initiative qui correspond aux aspirations et aspirations des travailleurs et du peuple !

 
Poster un commentaire

Publié par le octobre 13, 2019 dans actualités, Europe, POLITIQUE

 

L’Ukraine attire la populace nazie de toute la planète

Les liens étroits entre le « terrorisme » étasunien, le suprématisme blanc et l’Ukraine montre à quel point on ne sait plus très bien qui génère l’autre… Quand est-ce que les Etats-Unis arrêteront d’attribuer à d’autres pays ce qui relève bel et bien de leur propre société. Par parenthèse ce passionnant article traduit par Marianne nous apprend à quel point les terroristes made in America prétendent agir non seulement en Ukraine ou au Moyen orient mais en Amérique latine. Non seulement les États-Unis partout mettent au pouvoir des gouvernements corrompus en s’appuyant sur les fascistes locaux avec lesquels ils ont des liens anciens, mais ils accusent les pays qui subissent ce terrorisme doublement exporté d’être l’origine de tout ce qui ne va pas chez eux. Notez le parallélisme avec la politique de macron chez nous (traduction de Marianne Dunlop et note de Danielle Bleitrach).

Oleg Khavich, analyste politique

11 octobre 2019

https://vz.ru/opinions/2019/10/11/1001887.html

Image associée

Les Américains ont fini par remarquer la montée du sentiment néo-nazi en Ukraine, qui est devenue un terrain d’entraînement et une base de recrutement pour les extrémistes d’extrême droite du monde entier, y compris les États-Unis.

 

Il y a quelques jours, le Centre Soufan, basé à New York, a publié une étude à grande échelle sur la montée de l’extrémisme raciste et néonazi dans le monde. Dans le résumé du rapport, il est dit directement que « l’Ukraine est en train de devenir la plaque tournante d’un vaste réseau d’extrémisme transnational néo-nazi, attirant des recrues étrangères du monde entier ». Les analystes américains ont conclu que l’Ukraine était devenue pour les néo-nazis de tous les pays un véritable terrain d’entraînement comme la Syrie pour les djihadistes, et que le bataillon Azov avait le même rôle que la structure islamiste Maktab al-Khidamat, qui recrutait des terroristes pour Al-Qaïda dans le monde entier.

 

Il est clair que The Soufan Center (TSC) a son propre point de vue sur les islamistes, car le fondateur de cette structure analytique, Ali Sufan, est devenu célèbre après les attentats du 11 septembre 2000 en tant qu’agent du FBI chargé de détruire les attaquants du destroyer américain Cole jusqu’à ce qu’il découvre que la CIA lui avait caché des preuves importantes. Après cela, Sufan a démissionné du FBI et a fondé un centre non gouvernemental chargé d’étudier des questions liées à la sécurité mondiale, au terrorisme et à d’autres menaces émergentes. Cependant, le rapport mentionné intéresse les médias américains (notamment Voice of America et Esquire), et pas seulement en relation avec des attaques d’Al-Qaida. Le fait est qu’il y a chaque année davantage de citoyens américains parmi les terroristes qui défendent des opinions néo-nazies. Le 20 septembre 2019, le Département américain de la sécurité intérieure a reconnu pour la première fois le terrorisme néo-nazi comme l’une des principales menaces à la sécurité nationale, une menace émanant également de leur propre pays.

 

Le rapport TSC décrit en particulier le voyage du dirigeant de l’organisation raciste américaine «Rise Above Movement» («Mouvement vers le haut», allusion au salut nazi) Robert Rando à Kiev au printemps 2018 et sa rencontre avec des membres du bataillon Azov, notamment avec l’ambassadeur non officiel d’Azov en Europe, Denis Nikitine, qui, en août 2019, s’est vu refuser l’entrée dans les pays de l’espace Schengen à la demande des autorités allemandes. Cependant, il existe des informations plus récentes sur les liens des néo-nazis américains avec leurs homologues ukrainiens.

 

Le 23 septembre 2019, le FBI a arrêté un soldat de l’armée américaine Jarrett Smith, accusé d’avoir préparé une attaque sur le siège d’une importante chaîne de télévision américaine au moyen d’une voiture remplie d’explosifs, à la manière des terroristes du Moyen-Orient. En fait, Smith via Facebook avait contacté un Américain qui s’était déjà rendu en Ukraine « pour combattre dans le Donbass en tant que membre d’un groupe armé similaire au bataillon Azov ». Selon le FBI, cet homme était le mentor de Smith et l’aidait à se préparer pour un voyage en Ukraine, car il avait exprimé le désir de se battre là-bas « pour des groupes d’extrême droite ».

 

Ce mentor est l’ancien militaire américain Craig Lang, qui, en 2015-2016, a été instructeur pour le Corps des volontaires ukrainiens créé par Pravy Sektor * (organisation interdite en Russie). Cependant, lors d’un de ses voyages dans son pays natal en avril 2018, Lang, avec un autre ancien soldat américain qui était allé en Ukraine, a tué un couple en Floride. Ces « Soldats de la Fortune » souhaitaient collecter des fonds pour un voyage au Venezuela, où tous deux projetaient d’aller se battre contre Nicolas Maduro. Bien que figurant sur la liste des personnes recherchées, fin mai 2019, Craig Lang a accordé une interview à un « Journal en ukrainien », mais il n’a été arrêté à la demande de la justice américaine qu’en septembre. Il est actuellement en détention à Vinnitsa, où le tribunal examine son extradition vers les États-Unis.

 

Toutefois, de telles informations négatives sur l’Ukraine dans les médias américains ne semblent nullement gêner l’ambassade de ce pays aux États-Unis. Le jour même où la Voix de l’Amérique publiait un résumé du rapport sur les néo-nazis, l’illustrant par une photo des militants d’Azov sur fond de drapeau avec le « croc du loup », un message intitulé « Ukraine » – pas « the Ukraine » est apparu sur le Twitt officiel de l’ambassade ukrainienne à Washington. Dans ce tweet, l’article précédant le nom Ukraine était fustigé comme un «cliché soviétique», et son absence s’appelait «une marque de respect pour le pays et sa nation». En fait, le message était adressé à Donald Trump, qui utilise souvent la tournure «the Ukraine» dans sa communication. C’est-à-dire qu’il s’agit d’un analogue des tentatives visant à contraindre les médias de langue russe, contrairement aux règles de la langue russe, à écrire «dans l’Ukraine» [в Украине] au lieu de «en Ukraine» [на Украине].

 

Et d’ailleurs, après cela, le président américain a supprimé l’article dans l’un de ses tweets sur l’Ukraine. Certes, son opinion sur l’Ukraine en tant que pays totalement corrompu, qui de plus intervient dans les élections américaines, n’a pas dû changer.

Par conséquent, personne ne sera surpris si un de ces jours, Donald Trump se souvient que l’Ukraine est devenue la nouvelle Mecque des néonazis qui par la suite se rendent aux États-Unis commettre des crimes.

 

* Une organisation à l’égard de laquelle le tribunal a adopté une décision finale concernant la liquidation ou l’interdiction d’activités pour les motifs prévus par la loi fédérale « sur la lutte contre les activités extrémistes »

Traduction MD pour H&S

 

Revue Esprit: Comprendre le système de crédit social en Chine


OCTOBRE 2019

Système de systèmes, couteau suisse de la gouvernance, couvrant la plupart des aspects de la société, le crédit social est un objet plus complexe que le simple outil de surveillance qu’on tend à en faire. On parle beaucoup de la société de surveillance que représenterait la Chine, mais c’est pure hypocrisie occidentale par rapport à ce qui se pratique déjà du côté américain et comme en témoigne cet article bien documenté, il s’agit pour la Chine de revoir la relation entre pouvoir central et pouvoirs locaux, ensuite dans un socialisme de marché avoir un mode de contrôle et de sanction approprié face aux pratiques délinquantes des entreprises encore plus que des individus. Enfin comment donner un « esprit public » à un pays continent, ce qui a été le propre de la constitution de toute république constituant une méritocratie et qui mêle ici l’héritage de Confucius à celui des « légistes », caractéristique du communisme à la chinoise que cette synthèse (note de Danielle Bleitrach).

La République populaire de Chine fait l’objet nombreux fantasmes. Autrefois perçue à travers le prisme orientaliste, on la perçoit aujourd’hui comme un géant économique couplé à un monstre politique, pays de la censure et de la répression. La difficulté de dépasser ces biais analytiques est illustrée par le traitement accordé au «système de crédit social», présenté dans la presse comme «un outil de notation du comportement des individus». Fin avril, France 2 diffusait dans un reportage les images de citoyens brandissant leur «score de crédit social», qui leur octroie des réductions dans les transports ou, à l’inverse, leur interdit l’accès au train. Le crédit social est comparé à un épisode de la série britannique Black Mirror, dans lequel le comportement des individus fait l’objet d’une note définissant leur place dans la société. Cette couverture médiatique est néanmoins problématique, en ce qu’elle induit en erreur sur les réalités de ce «système».

De la finance à la morale

Dans les années 1990, une décennie après le début des politiques de réforme et d’ouverture, le développement du capitalisme d’État a eu un effet profond sur les structures éco­nomiques et sociales. En quelques années, il a fallu adapter le secteur bancaire et financier, améliorer les capacités de régulation de l’économie, combattre les fraudes et les excès ­d’entreprises peu scrupuleuses. En 1999, ­l’Académie des sciences sociales établit un groupe de travail chargé d’élaborer «un système national de gestion de crédit», à partir de l’exemple des pays développés, les États-Unis en tête. L’idée est alors de fonder une infrastructure nationale disposant d’un historique de crédit autant des individus que des entreprises, de méthodes pour évaluer les risques financiers et, plus largement, de développer une industrie financière moderne, à même d’accompagner l’essor économique et le capitalisme d’État. Mais très vite, ce projet dépasse le cadre de la finance pour devenir un projet «kaléidoscopique», englobant tant l’économique que la politique et le civisme.

En mandarin, «crédit» (信用 – xinyong) est composé du caractère « xin – 信 » qui renvoie aux notions de confiance, d’intégrité (诚信 – chengxin), d’honnêteté (守信 – shouxin) ou à ­l’inverse «être indigne de confiance» (失信 – shixin). Ces termes sont liés les uns aux autres, mais aussi à différentes philosophies et discours politiques chinois : «l’intégrité» est une valeur clé tant de la doctrine confucéenne «classique» que des «douze valeurs du socialisme», telles que définies par le Parti communiste. Dans les documents de travail du Parti, les références au «crédit» vont de pair avec des concepts politiques comme «la civilisation spirituelle»«construire des citoyens dotés de qualités morales» ou encore «promouvoir l’éducation morale». C’est de ce mariage entre politique et économie que naît le «système de crédit social».

Accroître la confiance

Dès lors, le développement théorique du «système de crédit social» est fixé. Lin Junyue, alors membre du groupe de travail de l’Académie des sciences sociales, revient sur les deux caractéristiques qui font l’originalité du système. La première est ce «sens élargi» donné au «crédit» ; la seconde est l’expérimentation d’un «bras armé», appelé «mécanisme de punition et récompenses». Ce mécanisme, composé de listes noires et rouges traitées par les agences de l’État, vise à disposer d’un outil disciplinaire permettant de récompenser ou punir les entreprises, organisations et individus en fonction de leur respect des lois et réglementations.

Loin d’être monolithique, le système de crédit social est en fait un «système de systèmes», à l’échelle centrale et locale. Pour simplifier, il est possible de distinguer une «composante publique», construite et gérée par les agences de l’État, d’une «composante privée», regroupant les initiatives émanant du secteur privé. Chaque province, voire municipalité, établit ses propres bases de données, ainsi que ses propres listes noires ou rouges, tandis que le secteur privé fournit aux agences de l’État des informations financières sur les entreprises ou les individus, jusqu’à aider à la construction des bases de données (par exemple Baidu, qui a mis au point celle du site http://www.creditchina.gov.cn). Les sanctions et récompenses sont, elles aussi, décidées au niveau local et varient selon qu’elles concernent individus ou entreprises. À titre d’exemple, nous pouvons citer l’interdiction temporaire d’exercer dans un certain domaine d’activité, la restriction d’accès au crédit ou encore, dans certains cas, la «limite sur les hautes dépenses» (billets de Tgv, avion, achats dits «de luxe»).

Le gouvernement semble considérer que la transparence permet d’accroître la confiance au sein de la société.

Pour appliquer efficacement sanctions et récompenses, certaines agences de l’État, entreprises et organisations concernées signent des «accords de ­coopération». Ces derniers prévoient que lorsqu’une agence ajoute une entreprise ou un individu sur une liste noire (ou rouge), les signataires ­s’engagent à appliquer leurs parts des sanctions contre la personne physique ou morale signalée. De plus, elles s’engagent à rendre partiellement publique, dans les bases de données en ligne, l’identité des personnes et des entreprises «indignes de confiance». Selon Lin Junyue, cette «dénonciation» des «indignes de confiance» permet de réduire l’asymétrie de l’information. Autrement dit, le gouvernement semble considérer que la transparence (forcée), l’utilisation politique de la «réputation», permet d’accroître la confiance au sein de la société. Ce pari est l’une des caractéristiques centrales du système de crédit social.

Couteau suisse de la gouvernance

Le système de crédit social est souvent considéré à travers le prisme de la surveillance et des méthodes de contrôle toujours plus envahissantes et avancées mises en place par le Parti communiste chinois. Le rôle politique, donné au crédit social, de «promotion de la confiance» peut très bien servir de prétexte pour s’assurer qu’aucun citoyen ne critique le Parti sur les réseaux sociaux (à ce sujet, des lois existent bel et bien) ; mais ce n’est là qu’une partie de l’utilisation de ce système. Étudier le crédit social à l’unique prisme de la surveillance revient à se focaliser sur un seul des aspects de son utilisation, aspect qui n’est pas nécessairement le plus important.

Ainsi, bien plus qu’un «simple» outil de répression, le système de crédit social est un véritable couteau suisse de la gouvernance. À cet égard, le gouvernement central semble vouloir s’attaquer à un problème historique et structurel de la Chine : la faiblesse des administrations locales. Tout au long de l’histoire chinoise, s’assurer que les gouvernements locaux remplissent les missions confiées par le gouvernement central relève de la gageure. La prolifération de listes noires et rouges et des «accords de coopérations» forme une tentative de réponse. En liant les actions des agences de l’État les unes aux autres, les sanctions imposées «conjointement» permettraient de disposer d’un outil pour renforcer leurs «capacités de gouvernance». Plus généralement, en cherchant à numériser les données et l’action administrative, le système de crédit social est un embryon de réforme en profondeur du mode d’action des administrations locales.

Le discours politique sur la confiance enveloppant la mise en place du système de crédit social n’est pas non plus anodin. Les autorités font régulièrement face à des poussées de mécontentement de la population liées à l’incivisme des uns, à la corruption des autres et aux différents scandales touchant des institutions dans lesquelles les citoyens sont censés avoir confiance (écoles, hôpitaux). En ce sens, le Parti a conscience que le pays traverse une certaine crise morale, à laquelle s’ajoute l’impératif de réformer le modèle de développement économique. Conscient des limites d’un modèle de développement fondé sur la quantité et la croissance brute, le Parti tente de réorienter ce modèle vers un développement plus «qualitatif». Ce virage est matérialisé par le changement de la «principale contradiction au sein du peuple», lors du XIXe congrès du Parti communiste chinois, qui désormais exprime ­«l’incompatibilité entre un développement non équilibré et inadéquat et des besoins de plus en plus qualitatifs». En ce sens, le système de crédit social peut apparaître comme un outil pour reconstituer un ordre civique et moral. Ce n’est pas un hasard si, pour l’instant, les principaux individus visés sont ceux qui ne remboursent pas leurs dettes, les laolai – principales cibles des sanctions qui limitent des hautes dépenses – ou encore ceux qui commettent des incivilités.

Système de systèmes, couteau suisse de la gouvernance, couvrant la plupart des aspects de la société, le crédit social est un objet plus complexe que le simple outil de surveillance qu’on tend à en faire. Il ne fait aucun doute que ce système est et continuera à être employé à des fins politiques, comme un moyen de coopter la population dans l’agenda politique du Parti. Mais au-delà de cette utilisation répressive, le système de crédit de social est une tentative de moderniser le mode d’action administratif de l’État-parti. À ce titre, le système étant encore en phase de déploiement, il est trop tôt pour apporter des réponses définitives sur les conséquences du crédit social en termes politiques, administratifs et, bien sûr, de surveillance.

 

L’Ukraine comme cas exemplaire de corruption politique occidentale

José Goulão

José Goulão

Les pratiques corrompues de Biden en Ukraine, dans l’ombre du système créé par le coup d’État « démocratisant » basé sur l’émergence de forces nazies nostalgiques du temps de Hitler, ne sont plus un secret.pour personne et quand en 2014, nous nous sommes rendues Marianne et moi dans ce malheureux pays, nous avons découvert jusqu’où dans le sillage de la démocratie occidentale proliféraient les néo-nazis qui étaient les hommes de main des hommes d’affaires occidentaux et des « oligarques » locaux (ce sont les mêmes mais ils portent un nom différent). Nous avons pu organiser une tournée de mères ukrainiennes et de dirigeants du parti communiste, mais les médias ont refusé d’entendre, ils ne se sont même pas déplacés y compris un journal comme la Marseillaise, c’est-dire l’estime que l’on peut avoir pour ces gens-là. Partout ils agissent de la même manière, nous fabriquant des faux libérateurs pour mieux détruire un pays et y installer des tyrans à leur solde, au Venezuela ils espèrent mettre un Pinochet sans doute, en Syrie, en Libye, ils ont créé le terrorisme, partout ces sangsues sont à l’œuvre. Le vrai problème est qu’en France ils jouissent de l’omerta des gens dits de gauche (comme un Rafael Glucksmann) et même d’une partie des dirigeants communistes qui sont inféodés à cette social démocratie et qui refusent de dénoncer la réalité de l’impérialisme et s’en font complices (note et traduction de Danielle Bleitrach).

Joe Biden

Joe Biden CJ Gunther /CréditsEPA

Il y a de nombreux épisodes dont les circonstances les unes après les autres illustrent le bourbier dans lequel la politique qui nous sert de norme dans la démocratie aujourd’hui patauge. Mais aucune n’est peut-être aussi complète et révélatrice que celle évoquée par le récent appel du président américain au président ukrainien lui demandant de mener une enquête sur les activités ukrainiennes de l’ancien vice-président américain.

Il existe bien entendu des cas où absurdité, complicité et coup d’Etat se conjuguent au nom de la démocratie. Il suffit de regarder le Venezuela, la façon dont la Libye saigne, l’agression persistante et multiforme contre la Syrie; nous pourrions même nous attarder sur la manière indescriptible de « légitimer » des « observateurs » de l’Union européenne lors des élections au Honduras, au cours desquelles le narcoprésident fasciste Juan Orlando Hernandez est passé miraculeusement du dernier rang au premier rang des votes suite à une panne générale d’électricité, et a finalement été « réélu » – sous la bénédiction des États-Unis, voici ce qui est considéré comme légitime par les normes démocratiques régionales.

Le crime parfait

Le cas de l’Ukraine, cependant, est parfait. Il combine un peu de tout ce qui est la corruption des valeurs, principes et normes politiques élémentaires – et de l’éthique humaniste, bien sûr.

En bref, le président des États-Unis, Donald Trump, a appelé le Président de l’Ukraine, Volodymyr Zelensky qui venait d’être élu, en lui demandant d’enquêter sur les activités en Ukraine de l’ancien vice-président des Etats-Unis, Joseph (Joe) Biden, à la suite du coup d’État qui a contribué à mettre en place, en 2013/2014, la fameuse «révolution de couleur» de la place Maïdan à Kiev.

Jusqu’à présent, Biden est le candidat le mieux placé du Parti démocrate, le principal rival de Trump lors de la prochaine élection présidentielle. Il y a eu l’histoire  durant lequel la compétition entre un candidat bien placé au détriment de l’autre a pris fin avec la démission d’un président, comme cela est arrivé à Richard Nixon suite à l’affaire d’espionnage du Watergate.

« Donald Trump tente maintenant d’utiliser ces données de manière institutionnelle dans sa campagne. C’est-à-dire qu’il utilise les méthodes impériales sales pour obtenir un accès officiel aux conséquences des méthodes impériales sales de l’administration précédente. »

Il est vrai que Trump semble faire l’objet d’un processus de destitution, non pas essentiellement à cause de ce cas mais pour des raisons de politique en train de s’effondrer tant  pour les démocrates que les républicains, c’est-à-dire tout le système. Trump savait ce qu’il faisait en téléphonant à Zelensky, la marionnette récemment installée par Washington et Bruxelles à la tête du régime ukrainien.

Les pratiques de corruption de Biden en Ukraine, l’ombre du système créé par le coup d’Etat visant à «démocratiser», en se basant sur des forces nazies nostalgiques des temps d’Hitler ne sont pas secrètes. L’ancien vice-président américain n’a fait aucun effort pour les cacher.

Il s’est vanté d’avoir contribué à l’expulsion du dernier président ukrainien élu démocratiquement – les élections postérieures au coup d’État ne concernant pas tout le pays dans les mêmes conditions en raison de la guerre menée par le régime dans les régions du Donbass – et il a ensuite installé son fils, Hunter Biden, en tant que locomotive chez le plus grand exportateur de gaz naturel d’Ukraine.

Quand un procureur général ukrainien a voulu enquêter sur ces comportements, Biden a exhorté le président par intérim, Petro Porochenko, à le renvoyer. Sinon, il annulerait le transfert d’équipements militaires d’une valeur d’un milliard de dollars au régime de Kiev.

Donald Trump essaie maintenant d’utiliser ces données de manière institutionnelle pour s’en servir dans sa campagne. C’est-à-dire qu’il utilise les méthodes impériales sales pour obtenir un accès officiel aux conséquences des méthodes impériales sales de l’administration précédente. Pour mettre en évidence le bourbier politique, le président ukrainien n’a même pas procédé à un chantage comparable menaçant de couper une aide militaire de 250 millions de dollars à Kiev si ses ordres à Zelensky n’étaient pas suivis.

miroir parfait

L’Ukraine d’aujourd’hui reflète le comportement intérieur et extérieur du régime de Washington, entraînant souvent ses alliés dans ces pratiques. C’est aussi pourquoi cette affaire est si exemplaire.

Le coup d’État de 2014, organisé par les États-Unis, l’OTAN et l’Union européenne pour instaurer une « démocratie » en Ukraine, s’inscrit dans une stratégie plus large contre la « menace russe ». A Kiev, pour endiguer les « mauvaises intentions » de Moscou, des organisations nazies ont été catapultées au pouvoir, principalement dans les forces armées et militarisées et dans la guerre menée contre les populations russophones de l’est du pays.

Néanmoins, le coup d’Etat n’en était pas moins une « révolution démocratique », comme le dira toujours la dirigeante socialiste et ancienne eurodéputée Ana Gomes, présente sur la place Maidan lors des événements.

Il y avait aussi les leaders du coup d’Etat tels que Victoria Nuland, adjointe au département d’État américain, le défunt sénateur républicain et fasciste John McCain et l’ambassadeur à Kiev, Geoffrey R. Piatt. Nous retrouverons plus tard ce diplomate à l’ambassade américaine à Athènes pour organiser un schisme au sein de l’Église chrétienne orthodoxe – isoler la composante russe – et organiser diverses falsifications politiques, telles que des élections dans les pays des Balkans, notamment la Bosnie-Herzégovine, et le processus de réforme, la création de la Macédoine du Nord, qui a depuis impliqué des escroqueries par référendum sur l’achat ostensible de députés à Skopje.

Pour se faire une idée de l’étendue de l’arc de la corruption, il convient de noter que l’affaire de la Macédoine a été déclenchée par l’ambassadeur des États-Unis, M. Piatt, en coopération avec le gouvernement grec, alors dirigé par Alexis Tsipras.

Joe Biden, bien que plus dans l’ombre, se trouvait également au Maidan, scellant ainsi le coup d’État de l’administration Obama et rejoignant le meilleur des deux mondes, anticipant ainsi l’entreprise familiale dans le secteur prometteur du gaz naturel.

marais nauséabond

L’histoire de l’Ukraine « démocratique » n’a que cinq ans, mais elle regorge de circonstances qui alimentent la prétendue « politique occidentale », toujours inspirée par l’exemple américain : la montée des forces nazies, la persécution des forces démocratiques, notamment le Parti communiste, des attentats terroristes tels que les assassinats dans le bâtiment des syndicats à Odessa le 2 mai 2014, la guerre contre le Donbass qui sévit principalement parmi les populations civiles, les provocations criminelles d’assassinat de l’avion Malaysian Airlines MH17 et depuis l’incident naval dans le détroit de Kertch, l’administration désastreuse et corrompue du président milliardaire et fasciste Porochenko, la dégradation économique du pays à des niveaux sans comparaison en Europe, une corruption généralisée.

« Joe Biden, bien que plus dans l’ombre, était également au Maidan, scellant le coup d’État de l’administration Obama et réunissant le meilleur des deux mondes, anticipant les activités de la famille dans le secteur prometteur du gaz naturel. »

Une situation qui cadre parfaitement avec les actions de Donald Trump contre son rival Biden et ses activités en Ukraine, qu’ils considèrent comme une colonie. Une situation qui illustre également l’entraînement de l’Union européenne et de l’OTAN dans les sagas «démocratisantes» de Washington, en Ukraine comme en Libye, en Afghanistan comme en Irak, au Venezuela et au Yémen. La politique «occidentale», auto-proclamée phare de la démocratie et des droits de l’homme, est devenue un marais nauséabond.

C’est la norme politique et démocratique recommandée – imposée sera le mot le plus juste – au monde entier, si nécessaire avec des canons et le recours à divers types de terrorisme, qui peuvent être à la fois de façade islamique et nazie.

Ceux qui ne se soumettent pas savent déjà à quoi s’attendre: la justice de Washington et son bras armé, l’OTAN, ne peuvent pas pardonner. Une justice légitimée par des comportements tels que celui de Trump ou de Biden, des clics républicains et démocratiques américains, des eurocrates de Bruxelles.

 

Féminisme : bats-toi comme une équatorienne…

L’image contient peut-être : 1 personne, debout, chaussures et plein air

Feminismo revolucionario

El pueblo ecuatoriano sale masivamente a las calles contra las medidas del FMI, medidas de empobrecimiento contra el pueblo (que golpean particularmente a la pa

Le peuple équatorien sort massivement dans les rues contre les mesures du FMI, des mesures d’appauvrissement contre le peuple (qui frappent particulièrement la partie la plus appauvrie de la classe exploitée), des mesures de montée du prix des transports, l’élévation de l’âge de départ à la retraite, un ensemble de mesures que tente de mettre en œuvre le gouvernement de Lenin Moreno, au service du capitalisme transnational.

Les peuples se lèvent, contre le capitalisme et sa barbarie. La bourgeoisie refoule pour perpétuer ses privilèges, pour perpétuer l’accumulation capitaliste qu’elle commet sur la base de l’exploitation de celles et des travailleurs et sur la base du pillage de la planète. La lutte des classes continue jusqu’à ce que nous parvenions à construire une société

sans classe d’exploitant ni classe exploitée, jusqu’à ce que nous parvenions à abattre la classe exploitante et son système criminel, pour construire une société libre de toute exploitation.

Photo :  » Bats-toi comme une équatorienne ! »

 

Les embrouilles idéologiques de l’extrême droite par Evelyne Pieiller 

Alain Soral tisse sa Toile, un excellent article du Monde Diplomatique, les réseaux sociaux sont un lieu où la confusion entre les thèmes de l’extrême-droite et ceux de gauche devient de plus en plus catastrophique. Je me suis fait un principe de supprimer de ma liste d’amis facebook ceux qui diffusent les sites d’extrême-droite, c’est une hécatombe qui prouve la faiblesse politique et la manière dont les esprits sont contaminés. A lire avec attention (Danielle Bleitrach)

L’absence d’ambitions de la gauche, ou son incapacité à les réaliser, encourage l’extrême droite à la détrousser de ses idées les plus porteuses. Quitte pour celle-ci à y injecter sa véhémence, son acrimonie, ses obsessions nationales ou religieuses. Dans ce registre qui entremêle sans relâche « gauche du travail et droite des valeurs », Alain Soral est devenu une vedette du Net.

Les embrouilles idéologiques de l’extrême droite

 

Ensemble, ils accueillent le visiteur. A gauche de l’écran, Hugo Chávez, Ernesto Guevara, Mouammar Kadhafi, Patrice Lumumba et Thomas Sankara, ainsi que MM. Mahmoud Ahmadinejad, Fidel Castro et Vladimir Poutine. A droite, Jeanne d’Arc et le créateur de ces rencontres du troisième type, Alain Soral. Sur fond noir, ils encadrent le nom du site Internet, Egalité & Réconciliation (E&R), et sa devise : « Gauche du travail et droite des valeurs ». Ce dernier est 269e au classement Alexa (réputé fiable) qui hiérarchise les sites français en fonction du trafic qu’ils génèrent. Celui de Télérama occupe la 260e place…

Guevara et M. Poutine ? Chávez et la « droite des valeurs » ? Il y a du brouillage des repères dans l’air politique du temps. Ou, pour le dire autrement, de l’embrouille idéologique. Qui est quoi, c’est la grande question. Qu’implique être à droite, qu’implique être à gauche ?

Le Mouvement des entreprises de France (Medef) applaudit chaleureusement le ministre de l’économie et des finances, M. Pierre Moscovici, venu à l’université d’été du patronat affirmer : « Nous devons être au combat ensemble. » Alain de Benoist, cofondateur du Groupement de recherche et d’études pour la civilisation européenne (Grece), animateur de ce qui fut appelé la « Nouvelle Droite », se déclare favorable à la nationalisation des banques, à la création d’un système de crédit socialisé, au refus de payer la dette, et s’appuie sur les intellectuels progressistes Emmanuel Todd, Perry Anderson, ou les Economistes atterrés (1). Le Front national (FN) défend le protectionnisme, de concert avec une partie de la gauche radicale, et parle, comme le Front de gauche (FG), de « souveraineté populaire ».

Alors, quand des militants syndicalistes apparentés à la gauche, quand une communiste, candidate sous étiquette FG aux élections législatives à Marseille en 2012, choisissent de se présenter sous la bannière du FN, il est peut-être paresseux de considérer que ce sont là des démarches saisissantes, mais anecdotiques. Tout comme le serait le report sur le FN d’un pourcentage non négligeable de voix socialistes aux législatives partielles de la deuxième circonscription de l’Oise, et à celles de Villeneuve-sur-Lot. C’est bien plutôt le signe d’une sérieuse confusion.

Mais alors, que signifie cet amalgame ? Faut-il, avec Jacques Julliard, y voir le mystère d’un basculement émotif, sur fond de « scepticisme à l’égard des milieux dirigeants, gauche et droite confondues » (2), ou le choix de transcender les clivages, parce que les « extrêmes » pourraient enfin, salutairement, se rejoindre ? Définies d’emblée comme « transcourants » et comme des outils de résistance au « système », les vidéos mensuelles de Soral sur son site, dont l’audience n’est, elle, assurément pas anecdotique, en particulier chez les jeunes (quinze millions de vues pour trois cent quatre-vingt-deux vidéos), permettent d’éclairer ce qui se joue.

Soral s’adresse, en son seul nom, aux citoyens de bonne volonté qui essaient de comprendre quelque chose à tout ce « bordel » — terme « soralien ». En tee-shirt, sur un canapé, désinvolte et concentré, il explique la situation : l’actualité, et le sens de l’histoire. Son passé témoigne de sa sensibilité d’artiste : plusieurs films, un roman. Mais également de son courage intellectuel, car son parcours politique correspond aux tentations de bien des inquiets. De l’adhésion au Parti communiste (brève, semble-t-il) dans les années 1990 à la Liste antisioniste fondée avec l’humoriste Dieudonné pour les élections européennes de 2009, en passant par deux années au Front national (2007 à 2009), il l’a accompli sans peur des paradoxes et des ruptures. Il affiche sereinement son « mauvais esprit », tout comme le fit l’avocat Jacques Vergès, qu’il salua en étant présent lors de ses obsèques (20 août 2013), aux côtés de l’ancien ministre socialiste Roland Dumas, de l’ancien ministre du gouvernement Balladur Michel Roussin, et de Dieudonné…

Adepte de surcroît des sports de combat (boxes, et française et anglaise), il se présente, discrètement mais fermement, comme la symbiose d’un adolescent prolongé — caractérisé comme il se doit par l’intensité de son questionnement, le non-conformisme de ses engagements (et dégagements) — et d’un individu presque moyen, confronté à la solitude héroïque mais musclée de celui qui, sans parti, sans appui, contre tous, tente d’y voir clair. On est loin de l’image du penseur universitaire ou du cadre politique. Ce qui facilite d’autant le butinage idéologique, pratiqué par de nombreux internautes, souvent dépourvus de la formation que dispensaient hier partis ou syndicats et qui structurait la réflexion.

C’est autour de quelques émotions et notions-clés que le propos s’organise : le sentiment d’impuissance face à la mondialisation et à la perte d’autonomie d’un pays soumis aux lois européennes ; l’inquiétude devant les régressions économiques et sociales ; le malaise à l’encontre des valeurs de la modernité autoproclamée progressiste ; la difficulté d’envisager un avenir différent. Sous le parrainage intrépidement conjoint d’une sainte guerrière et de dirigeants politiques peu portés sur le consensus, Soral donne son analyse et ses réponses.

L’obsession de la morale et de la nation

Tout d’abord, il importe de lutter contre le « mondialisme », un « projet idéologique visant à instaurer un gouvernement mondial et à dissoudre en conséquence les nations, sous prétexte de paix universelle », le tout passant par la « marchandisation intégrale de l’humanité » (3). Ce mondialisme se traduit par une « domination oligarchique », qui bafoue la souveraineté populaire et entretient le mythe de la toute-puissance du marché, « comme si ce n’était pas politique, pas un rapport de forces et un rapport de classes » (vidéo, janvier 2013). L’attribution de droits spécifiques aux « minorités opprimées » vient alors se substituer aux acquis sociaux collectifs, et conduit à une balkanisation qui risque de mener à la guerre civile : le témoignage le plus vif de cette dérive serait la « lecture racialiste des rapports sociaux », « “souchiens” contre “Arabes”, tous en bas de l’échelle, plutôt que travail contre capital », et qui fait des musulmans des « boucs émissaires ».

En résumé, le Nouvel Ordre mondial, également nommé l’Empire, veut faire triompher une démocratie formelle, simple « pouvoir du plus riche » (vidéo, mai 2013), tenante d’un égalitarisme abstrait qui substitue des « questions sociétales » à celles de « la question de l’inégalité sociale, de l’exploitation de classes » (vidéo, mai-juin 2013) : brandir les droits de l’homme la justifie.

Soral propose donc de « sortir de l’Union européenne, sortir de l’OTAN [Organisation du traité de l’Atlantique nord], et reprendre le contrôle de notre monnaie (…) pour rendre à la France sa souveraineté et à la démocratie un peu de son sens ». Lutter contre l’« obsolescence des Etats face à l’économie mondialisée ». Et instaurer le protectionnisme.

On voit bien comment cette lecture de la situation générale peut ne pas choquer ceux qui, comme lui, veulent en finir avec l’« oligarchie de la rente sur le travail humain ». Soral pourrait même donner à croire qu’il est, non pas, comme il le prétend, « marxiste » — il faudrait être distrait de façon persévérante —, mais à la recherche d’une « gauche authentique ». Surtout si on ajoute qu’il condamne la colonisation, « trahison de gauche de l’universalisme français » ainsi que le néocolonialisme, insiste sur le fait que l’« instrumentalisation des tensions ethno-confessionnelles » sert à dévoyer la lutte de classes, et souhaite un monde multipolaire. Pourtant, il évoque bien peu les mouvements sociaux, la socialisation des moyens de production…, semblant davantage inspiré par la dénonciation de l’« alliance croisée de la droite financière et de la gauche libertaire », que légitiment élites et médias…

C’est que sa véritable obsession est bien moins la justice sociale que le sauvetage de la France — « Je veux sauver la France, voilà » (vidéo rentrée 2012, 3e partie) — et ce qu’elle lui paraît représenter. En d’autres termes, la politique lui importe moins que la morale, la révolution moins que la nation. La morale, pour le sens qu’on peut donner à sa vie personnelle ; la nation, pour le sens qu’on peut donner à la vie collective.

Si les rapports de classe sont une thématique omniprésente dans son propos, leur étude y demeure fluette. Car l’essentiel de son analyse est porté par une conception de l’homme que le libéralisme, devenu synonyme de modernité, chercherait à détruire. L’ennemi fondamental, c’est ce qui incite « à la consommation compulsive et à l’individualisme » (charte d’E&R), c’est-à-dire l’« idéologie du monde marchand ». Bien davantage que l’exploitation, ce qui est à condamner dans le néolibéralisme, c’est qu’il produit « une société vouée à ses pulsions » (vidéo, mai 2013), entraînant ainsi un affaiblissement du sens du collectif, et donc de la conscience politique, via l’épanouissement sollicité de l’égoïsme, de l’esprit de compétition, de la recherche du plaisir. Or seule la nation est « apte à protéger les peuples des profits cosmopolites qui n’ont ni patrie ni morale », et pervertissent les valeurs qui dépassent la seule satisfaction personnelle. Le saut est brutal.

De quoi la nation est-elle donc ici le nom ?

A l’évidence, pour « protéger les peuples », elle devrait être l’incarnation du refus de l’égoïsme et des « profits cosmopolites ». Ce qui suppose, d’une part, qu’elle est une essence singulière, le génie propre à une culture particulière. Et, d’autre part, qu’elle doit exclure le cosmopolite amoral.

Sacré dévoiement. De la demande de souveraineté face, entre autres, aux lois supranationales, on en vient à recourir à une notion quasi mystique, censée permettre, si on la revendique, de créer un « front du travail, patriote et populaire, contre tous les réseaux de la finance et l’ultralibéralisme mondialisé (4) ». « Communauté nationale fraternelle, consciente de son histoire et de sa culture », où se retrouvent « ceux qui veulent un plus juste partage du travail et des richesses », et « ceux qui veulent conserver ce qu’il y avait de bon, de mesuré et d’humain dans la tradition », cette tradition helléno-chrétienne qui aurait conduit à l’exigence d’égalité réelle. Pour en finir avec le matérialisme, il faut, selon Soral, retrouver la force spirituelle qui lui faisait autrefois contrepoids, représentée tant par la religion que par le communisme ou l’universalisme français : le sens de la fraternité, le respect de soi et de l’autre, la conscience d’être un individu lié à un ensemble.

La nation serait donc une entité par nature anticapitaliste, dont s’excluent de fait tous les agents, conscients ou non, du néolibéralisme : à gauche, ceux pour qui le combat se réduit à l’« égalité en droit » ; à droite, ceux qui « veulent conserver leurs privilèges ». Ce qui importe, c’est la possibilité de rassemblement dans le partage de valeurs communes, plus grandes que les appétits et caractéristiques individuels. Peu importe donc la laïcité, devenue « une religion, la plus fanatique de toutes », peu importe l’origine du citoyen — les Français musulmans intégrés « sont une chance pour la France » au contraire de « cette nouvelle génération de paumés, issus des ghettos de la relégation (…) porteurs d’une idéologie délinquante américaine libérale ». L’ennemi de la fraternité, c’est aussi bien le communautariste, au nom de l’égalité « victimaire », que l’improductif, l’avide, le jouisseur — l’individualiste. Tous les « progressistes » et tous les « réactionnaires » ne composent donc pas deux groupes homogènes.

Il importe de définir les authentiques contributeurs à une société désaliénée de la représentation du monde néolibérale : le vrai peuple, porteur de l’esprit de la nation. Loin des faux antagonismes, loin des clivages-clichés, il inclut la petite bourgeoisie qui peut être proche du prolétariat, le petit patron qui n’a pas les mêmes pratiques que le Medef. Tous ensemble, paysans, ouvriers, petits entrepreneurs… pourront aller vers une « société mutualiste de petits producteurs citoyens », car, pour chacun, « la responsabilité économique et sociale — donc politique — résulte de la propriété de ses moyens de production ». Soral n’est pas loin de Pierre-Joseph Proudhon, ni de Pierre Poujade. Mais il est très loin de Karl Marx.

Un facilitateur de dévoiement

Cette société « réconciliée », digne, pourrait constituer un objectif commun pour la droite antilibérale et la gauche radicale. « Il existe une droite morale qui est, si on y réfléchit bien, l’alliée de la gauche économique et sociale. Et, à l’inverse, une gauche amorale qui s’est révélée comme la condition idéologique de la droite économique dans sa version la plus récente et la plus brutale. » « Gauche du travail, droite des valeurs » : le slogan d’E&R prend tout son sens. La gauche sociale intègre le sens de la transcendance porté par les valeurs de la nation, et la lutte des classes s’abolit dans une société diverse et unie.

Reste à expliquer la victoire du néolibéralisme, y compris dans son emprise idéologique sur la gauche amorale. C’est assez simple : elle est due au complot américano-sioniste.

Si la démocratie est factice, si les thèses en faveur du néolibéralisme sont aussi fortement propagées, si l’opposition est si souvent affaiblie, c’est parce que des réseaux occultes infiltreraient l’ensemble des organes de décision de… l’Empire, neutralisant ou corrompant l’action politique : des dîners du Siècle (5) aux « nouvelles maçonneries pour l’hyperclasse que sont les think tanks, style Bilderberg et Trilatérale », l’oligarchie prépare et ses manœuvres et l’opinion, tandis que, de complot en complot, elle crée la menace terroriste avec les Twin Towers ou la guerre civile en Syrie. Ce qui justifie le soutien de Soral à l’« islam de résistance » et à ses alliés, qui, seuls, s’opposeraient à la domination mondiale de cette caste…

Au cœur de ces conspirations se tiendraient, liés à l’Amérique rapace, les « Juifs », sinon errants, du moins par nature étrangers à la nation, et de surcroît portés sur l’accumulation de capital. La banque est juive, la presse est juive, le destructeur de l’unité nationale est juif… Soral a pour eux une haine positivement fascinée. Il les voit partout. Evidemment, il lui est facile de préférer parler d’antisionisme ou d’opposition à la politique d’Israël. Mais c’est tout bonnement de l’antisémitisme, et non l’expression d’un soutien au peuple palestinien ou d’un goût marqué pour la provocation supposée libératrice. S’il réédite des classiques de l’antisémitisme dans Kontre Kulture, sa maison d’édition (Edouard Drumont, La France juive, etc.), c’est par ardente conviction. Aucune ambiguïté.

Pourtant, ce déchaînement maniaque ne suffit pas à le discréditer auprès de ses fidèles. C’est que les théories du complot, franc-maçon, juif, Illuminati et autres, renvoient à ce grand sentiment d’impuissance aujourd’hui répandu, que n’atténuent guère les attaques, elles aussi fréquentes, contre les élites et l’oligarchie. C’est sans doute aussi que, parfois, existent des arrangements effectivement tenus secrets (qu’en fut-il, pour rester sobre, des rapports entre les Etats-Unis et certains éléments du patronat chilien dans la préparation du coup d’Etat qui renversa Salvador Allende ?). Mais il importe quand même de se demander si ce type de réflexion, qui se veut avant tout morale, au-dessus des partis, anticapitaliste et nationaliste, ne conduit pas assez fréquemment à un populisme « rouge-brun », fort peu anticapitaliste mais fort teinté de xénophobie, sinon de fascisme. A en croire l’histoire, la réponse est oui.

Il serait néanmoins frivole de considérer que les habitués de Soral sont tous de la graine de fascistes. Il le serait tout autant de ne pas prêter attention à ce qui, dans son discours, est un « embrayeur » d’équivoque, un facilitateur de dévoiement. C’est autour de la mise en parallèle des valeurs sociétales et des questions sociales, ainsi que du retour à la nation, que se joue l’essentiel de ses développements et de leurs conséquences : une vue apparemment cohérente des ravages sociaux et intimes de la modernité libérale, qui délivre les internautes de leur propre soupçon d’être de tristes réactionnaires, tout en les confortant dans le sentiment d’appartenir à une minorité enfin éclairée. Il n’est donc peut-être pas sans intérêt, pour la gauche déterminée à créer les conditions d’une véritable justice sociale, de rappeler que rien dans ses propos et objectifs ne saurait être confondu avec ceux d’une droite extrême. Pour ce faire, mieux vaudrait préciser sa propre analyse sur ces questions, quand bien même elle serait conflictuelle dans son propre camp.

Evelyne Pieiller

(1Eléments, no 146, Paris, janvier-mars 2013.

(2Marianne, Paris, 29 juin 2013.

(3Alain Soral, Comprendre l’Empire. Demain la gouvernance globale ou la révolte des nations ?, Blanche, Paris, 2011. Toutes les citations, sauf indication contraire, y renvoient.

(4Charte d’E&R. Les autres citations du paragraphe sont également issues de cette charte.

(5Lire François Denord, Paul Lagneau-Ymonet et Sylvain Thine, « Aux dîners du Siècle, l’élite du pouvoir se restaure », Le Monde diplomatique, février 2011.

Dans « Le Monde diplomatique » :

Lire aussi le courrier des lecteurs dans notre édition de décembre 2013.

en perspective

  • Dix principes de la mécanique conspirationniste

    Benoît Bréville, juin 2015
    Bien que visant des cibles très diverses, les discours conspirationnistes présentent une grande constance. Ils résultent d’une mécanique intellectuelle dont il est possible de dégager les principaux fondements.