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Archives de Catégorie: expositions

Bamiyan, Babylone,Palmyre, Notre-Dame

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Dans son style ironique (voir ci-après son article dont nous reproduisons le titre sobre et explicite) le grand journaliste international Pepe Escobar prend heureusement de la distance avec la
clameur médiatique et politique déclenchée par l’incendie de Notre Dame de Paris et il souligne le danger de l’opération de manipulation de l’opinion en cours. En effet, l’émotion sincère de la population ne doit pas cacher :

1- Que l’Etat a failli en toute connaissance de cause à ses obligations légales Issues de la loi de séparation de l’église et de l’Etat de 1905.

2- Que les projets très dangereux et inquiétants de Macron de modifier cette loi ouvrent la porte à la privatisation du patrimoine architectural national.

3- Que le grand capital et les grandes fortunes françaises (Arnault et Pinault) étaient déjà en embuscade , la promptitude de leur réaction permet de le penser, pour mettre la main sur le pactole et ont donc mis dans l’instant sur la table de ce poker institutionnel 300 millions d’euros face au petit joueur Macron qui est en fait leur compère et perd toujours. (Dans ce jeu truqué l’Etat s’endette et les milliardaires s’enrichissent)

4- Que le rétablissement de l’ISF (environ 4 milliards par an) qu’Arnault et Pinault sont reconnaissants à Macron de ne pas payer aurait permis à l’Etat de remplir cette obligation de rénovation de Notre Dame de Paris (150 millions d’euros) et bien d’autres.

5- Qu’il est de la plus extrême urgence que cet argent qui n’est qu’une toute petite partie de l’immense patrimoine de ces donateurs soit versé dans un fonds public contrôlé par les représentants de la population. Ce fonds devrait s’inspirer du principe qui régit les coopératives : chaque donateur, qu’il ait versé un euro ou 100 000, dispose d’une voix. Dans la république cela s’appelle l’EGALITE.

6- Que la France soutient et arme l’Arabie Saoudite qui, dans sa guerre meurtrière contre le Yémen, s’emploie à détruire les trésors archéologiques du pays largement présents au patrimoine mondial de l’UNESCO.

COMAGUER
***

Bamiyan, Babylone, Palmyre, Notre-Dame
Par Pepe Escobar
Publié le 16 avril 2019 Information Clearing House  » –
Les Bouddhas de Bamiyan ont été détruits par une secte intolérante prétendant suivre l’Islam. Dans toute l’Asie le bouddhisme a été affligé. L’Occident n’y a guère prêté attention.

Les ruines restantes de Babylone, et le musée qui y était associé, ont été occupés, pillés et vandalisées par une base des marines US pendant l’opération « Shock and Awe » en 2003.
L’Occident n’y a pas prêté attention.

De vastes secteurs de Palmyre – oasis légendaire sur la route de la soie – ont été détruits par une autre secte intolérante qui prétendait suivre l’Islam avec ses arrières couverts par des couches de renseignement occidental. (ndt : il s’agit des arrières au sens militaire ce qui veut dire que les djihadistes qui n’avaient ni drones ni satellites d’observation recevaient des services de renseignement occidentaux des informations sur les mouvements de l’armée arabe syrienne). L’Occident n’y a pas prêté attention.

En Syrie des dizaines d’églises catholiques et orthodoxes ont été incendiées par la même secte intolérante qui prétendait suivre l’Islam avec ses arrières sponsorisés et armés, entre autres, par les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France. L’Occident n’y a prêté aucune attention.

Notre-Dame, qui à bien des égards peut être considérée comme la matrice de l’Occident, s’est partiellement consumée dans un feu théoriquement aveugle.

Surtout le toit : des centaines de poutres en chêne, dont certaines datent du XIIIe siècle.

Métaphoriquement, cela pourrait être interprété comme la combustion du toit sur les têtes collectives de l’Ouest.

Mauvais karma? Rien d’autre?

Revenons maintenant aux aspects concrets.

Notre-Dame de Paris appartient à l’État Français, qui n’a pas beaucoup accordé d’attention à un joyau gothique qui traversa huit siècles.

Des fragments d’arcades, de chimères, de reliefs, de gargouilles tombaient toujours au sol et étaient conservés dans un dépôt improvisé à l’arrière de la cathédrale. Il a fallu attendre l’année dernière pour que Notre-Dame obtienne un chèque de 2 millions d’euros pour restaurer la flèche – qui a brûlé et est tombée hier.

Selon le meilleur expert du monde sur Notre-Dame, qui se trouve être un américain, Andrew Tallon, (ndt : décédé récemment cet universitaire avait mis au point un système de scanographie des monuments permettant leur reproduction en 3 D qu’il a appliqué à Notre-Dame de Paris dans sa totalité) la restauration de l’ensemble de la cathédrale aurait coûté 150 millions d’euros,

Récemment, les gardiens de la cathédrale et l’État Français étaient véritablement en guerre. L’État Français gagnait au moins 4 millions d’euros par an, en faisant payer aux touristes l’entrée aux tours mais reversait seulement 2 millions euros pour l’entretien de Notre-Dame. Le recteur de Notre-Dame a refusé de faire payer l’entrée à la cathédrale – comme cela se produit, par exemple, au Duomo (NDT la cathédrale) de Milan.

Notre-Dame survit essentiellement grâce aux dons – qui permettent de payer les salaires des 70 employés qui doivent non seulement superviser les masses de touristes, mais aussi organiser huit messes par jour.

La proposition de l’État Français pour alléger cette charge : organiser une loterie de bienfaisance. Ce qui veut dire : privatiser ce qui est un renoncement à l’engagement et aux
obligations de l’État. (NDT : en application de la loi de 1905)

Alors oui: Sarkozy et Macron, leurs gouvernements entiers sont directement et indirectement responsables de l’incendie.
Maintenant vient l’heure de la Notre-Dame des milliardaires.

Pinault (Gucci, Saint-Laurent) a promis 100 millions euros de sa fortune personnelle pour la restauration. Arnault (Louis Vuitton Moët Hennessy) a doublé, s’engageant à 200
millions euros.
Alors pourquoi ne pas privatiser ce sacré patrimoine immobilier- dans le style
« capitalisme désastre »?
Bienvenue à Notre-Dame, résidence de luxe, hôtel et centre commercial rattaché.
Pepe Escobar est correspondant régulier d’Asia Times. Son dernier livre est 2030.
Traduction COMAGUER

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Le mécénat ou la folie des grandeurs

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ALAIN SORAL EST UNE MERDE ANTISEMITE ET SES LECTEURS NE VALENT PAS MIEIX QUE LUI. Comme cette ordure qu’est le site Egalité et réconcialiation a repris cet article je dis ici ce que je pense de ces minables.  (danielle Bleitrach)

Cert ains ont pu s’étonner que je m’insurge contre ce vers quoi on tentait de canaliser l’émotion générale en notant que jusqu’à présent les seuls sauveurs de Notre dame avaient été les batisseurs des cathédrale du MOyen âge et le service public des pompiers…

c’est que je voyais venir les loustics, non seulement ces ignares qui confondent le Moyen âge avec son interprétation par Viollet leduc et la bourgeoisie triomphante et qui chargent des Stéphane Berne et des Lorent deutch de faire connaitre leur patrimoine aux Français pour leur inculquer une vision réactionnaire, mais notre président qui mélange les tares de la technocratie avec celles de la bourgeoisie provinciale le tout mis au service du grand capital. Parce qu’entre nous des gens qui peuvent aligner comme ça 100 millions d’euros et deux autres renchérir 200 millions, c’est pas normal… Parce qu’imaginez qu’il leur en reste un paquet et ça c’est un pourboire…

– LVMH : 200 millions
– Pinault : 100 millions
– Bettencourt : 200 millions

Et ce n’est pas fini, comme me disait une gourde bourgeoise de mes connaissances: « mais qui ferait la charité aux pauvres s’il n’y avait pas de riches! »

Mais écoutons plutôt la voix de ses maîtres… Notre président qui lm’est plus de certains Français que d’autres…

« Nous rebâtirons Notre-Dame parce que c’est ce que les Français attendent, parce que c’est ce que notre histoire mérite, parce que c’est notre destin profond […]. C’est notre histoire, notre littérature, notre imaginaire, le lieu où nous avons vécu tous nos grands moments […] Alors je vous le dis très solennellement ce soir : cette cathédrale nous la rebâtirons, tous ensemble et c’est sans doute une part du destin français et le projet que nous aurons pour les années à venir ».

le 4 février 2017, le même Macron déclarait : « il n’y a pas de culture française ». Lundi 15 avril au soir, le même sait ce que tous les Français pensent et éprouvent à propos de notre histoire, notre littérature, notre imaginaire. Mais avec Macron le lyrique a toujours un tintement de monnaie qui fait songer à la folie des grandeurs…

« Dès demain une souscription nationale sera lancée », précise Emmanuel Macron.

Sit$ot dit sitôt fait quatre collectes de fonds sont déjà ouvertes en ligne (Notre-Dame de Paris Je t’aime sur le site Dartagnans ; Financement des réparations de Notre-Dame sur Leetchi ; Souscription nationale pour Notre-Dame de Paris sous le patronage de l’Observatoire du patrimoine religieux et en ligne sur le site Lepotcommun ; enfin, la French Heritage Society, une fondation basée à New York, a mis en ligne une page web dédiée).

Côté mécénat, Pinault via son fond Artemis annonce débloquer 100 M€. Du coup LVMH et Arnault doublent la mise et mettent 200 M€ au pot.

Rappel de la petite cuisine fiscale

Pour mémoire, ces dons sont déductibles des revenus à hauteur de 66% dans la limite de 20% du revenu imposable et à 75% pour les « riches » qui paient l’impôt sur la fortune immobilière (dans la limite de 50 000 €).

L’ex-ministre de la Culture Jean-Jacques Aillagon souhaite cependant classer Notre-Dame « trésor national », ce qui permettrait de passer les déductions à 90%.

Résumons : les contribuables à l’impôt sur le revenu auront le choix entre donner 100 à l’Etat ou 66 à Notre-Dame et 34 à l’Etat (ou 75 et 25 à l’Etat ou même 90 et 10 à l’Etat). Voilà l’avenir hurlent les mécènes, dans le fond pourquoi payerons-nous des impôts puisqu’il suffit que nous choisissions là où nous souhaitons investir: la culture bien sur, tenir les rènes de la recherche et de la formation et le bon peuple lui devrait se débrouiller avec une baisse drastique des budgets concernant les hoîtaux, l’aménagement des territoires, les services publics.

Les mécènes qui ne perdent pas le nord expliquent que voilà la solution recherchée par le président: moins d’impôts pour eux qui déjà en payent un minimum et leur quote part à la dépense publique pourra relever de la totale liberté de choix.

 

JR colle à La Havane un enfant géant qui regarde les toits de la ville

Par Culturebox (avec AFP) @Culturebox

Mis à jour le 12/04/2019 à 10H46, publié le 12/04/2019 à 10H39

Un collage géant du street-artiste français JR à La Havane (11 avril 2019)© Yamil Lage / AFP

Deux semaines après son trompe-l’oeil monumental autour de la Pyramide du Louvre, l’artiste français JR frappe encore : pour la Biennale de La Havane qui ouvre ce vendredi 12 avril, il expose la photo géante d’un enfant cubain épiant les toits de la ville. Et il a prévu de revenir à Cuba pour réaliser une grande fresque avec les habitants de l’île.

Dans un entretien à l’AFP, JR, star mondiale du collage photographique, revendique « une relation directe à l’oeuvre et sans chichis » et raconte ce projet d’habiller un mur du quartier chinois de La Havane, à l’invitation de l’Italien Lorenzo Fiaschi, directeur de la galerie Continua.

L’idée de cette oeuvre – la photo d’un petit garçon pieds nus, collée à l’horizontale avec la tête qui dépasse pour regarder au-delà – lui est venue « très simplement », assure l’artiste de 36 ans aux lunettes noires, coiffé de son éternel chapeau.

Car derrière ce mur jaune incliné, ce sont les toits décrépits du centre de la capitale cubaine qu’on aperçoit. Donc il fallait forcément une photographie de « quelqu’un qui regarde ». « Il y avait cet enfant qui était sur le balcon (d’une maison voisine), et qui regardait. On l’a appelé, en lui demandant ‘Tu descends ?’. On lui a dit ‘fais comme si tu étais sur le mur’, il s’est mis sur la pointe des pieds et on a fait la photo comme ça. »

Le petit garçon cubain collé par JR regarde les toits de La Havane (11 avril 2019)Le petit garçon cubain collé par JR regarde les toits de La Havane (11 avril 2019)

 © Yamil Lage / AFP

A Cuba, pas de publicités sur les murs

Ce petit garçon, d’à peine 10 ans, est venu voir cette semaine le résultat final. Se découvrir en géant, « ça l’a fait rigoler, mais sans être tout excité… sa mère avait un téléphone et elle n’a pas pris une photo », note JR.

« La France, les Etats-Unis sont des pays où on a été habitués à l’autoproclamation de soi par l’image, par les selfies, par des célébrités en grandeur nature. » Mais rien de tout cela dans l’île, sous gouvernement communiste depuis 1959. « Quand on n’a pas grandi avec ça, l’impact est complètement différent. »

A Cuba, la notion d’espace public a une connotation particulière : pas de publicités sur les murs, mais des messages de défense de la révolution menée par Fidel Castro en 1959, ou des portraits de ses compagnons de combat, Ernesto « Che » Guevara et Camilo Cienfuegos.

L’artiste français dit y trouver un certain repos. « Quand je rentre à Paris ou à New York, on est tellement abreuvés de publicités partout. Ici notre esprit est laissé à penser, à rêver. »

Pour les Cubains, voir leurs murs ainsi rhabillés par de l’art contemporain, c’est encore assez nouveau.

En 2012, déjà à La Havane, JR avait collé des portraits de personnes âgées

« Quand j’étais venu faire un projet ici pour la Biennale de 2012, j’avais mis des portraits de personnes âgées sur 15 ou 20 murs dans la ville », se souvient JR. « C’était la première fois que d’autres portraits que ceux du Che, de Fidel ou Camilo étaient agrandis sur les murs et donc c’était fascinant parce que les gens demandaient : ‘Je ne reconnais pas qui c’est, Fidel ou Che ?’ Je leur disais : ‘Ben non c’est José, il habite à l’angle ici.' »

Une manière pour JR de continuer à jouer sur son terrain préféré : la rue. En 2008, il avait habillé les murs d’une favela de Rio de Janeiro avec des portraits de femmes.

« Coller dans les rues, ça permet d’avoir une relation directe avec les habitants, mais aussi d’avoir une conversation autour de l’art en dehors de tout cadre, tout musée, toute structure. »

A La Havane, son oeuvre appelle à « continuer au-delà du mur, à dépasser le mur » tout comme dépasse la tête du petit garçon. « Et cette image, quand on la retourne, c’est la ville qui est de côté et l’enfant se penche pour regarder toutes les strates. » Combien de temps durera-t-elle ? « Tout dépend du soleil et de la pluie. » Mais « moi, c’est toujours éphémère ».

Un projet de grande fresque avec les Cubains

Le collage de JR à la Pyramide du Louvre n’aura ainsi survécu que quelques heures, suscitant de nombreuses réactions en France. « C’était voulu : on a laissé 50.000 personnes marcher dessus pour récupérer les bouts, ça fait partie de l’oeuvre. Quand est-ce que dans votre vie vous aurez la chance d’aller marcher sur l’oeuvre d’un artiste et la déchirer ? »

Son histoire avec Cuba ne s’arrête pas là : JR prépare une grande fresque d’habitants de l’île, à l’image de son travail sur ceux de Montfermeil (en banlieue parisienne), exposé au Palais de Tokyo à Paris, et de San Francisco, présenté au SFMoma (Musée d’art moderne de San Francisco) le mois prochain.

« C’est un travail titanesque, ça prend deux ans donc je vais revenir travailler en profondeur à travers le pays. Ce serait pour le musée des Beaux-Arts de La Havane, l’idée c’est une fresque où l’on pourra aussi écouter les histoires de chaque personne. »

 

LETTRE OUVERTE AU MONDE DE L’ART

« Leur complète désertion du mouvement actuel des gilets jaunes ne fait que renforcer le profond mépris que j’éprouve à leur endroit. »

paru dans lundimatin#186, le 8 avril 2019

Chère X,
J’aurais préféré décliner pour la première fois une invitation à participer à une exposition à quelqu’un d’autre qu’à vous et Y. À vrai dire, vous êtes ceux à qui il me coûte le plus de le faire connaissant votre engagement et compte tenu de la sympathie que j’ai pour vous. Et pourtant, voici un bon moment (deux ans déjà) que j’ai laissé tomber toute activité artistique. D’une part, il ne fait plus aucun sens pour moi de poursuivre un travail artistique étant donné l’urgence de la situation (ou alors peut-être des œuvres anonymes et éphémères comme des ciné-tracts ou des tags). D’autre part, je refuse d’œuvrer davantage depuis cet inconsistant milieu qu’on appelle « art contemporain » (quelle idiotie, comment l’art pourrait-il être autre chose que contemporain).

Cela fait un moment déjà que je me sens en divorce complet avec les artistes, commissaires et autres galeristes. Disons que leur désengagement total (quand ce n’était une réelle animosité) à l’égard du mouvement de Nuit Debout m’avait déjà mis la puce à l’oreille, mais leur complète désertion du mouvement actuel des gilets jaunes ne fait que renforcer le profond mépris que j’éprouve à leur endroit. Voilà des gens à qui l’on dit depuis des années (15000 scientifiques encore cet été, je ne sais pas ce qui leur faut) que nous avons tué 60% du vivant sur terre durant les 40 dernières années d’un néolibéralisme en roue libre et que ce qui s’annonce est tout simplement catastrophique mais qui continuent malgré tout à penser à leur misérable carrière et leur mesquin confort. Et comment pourrait-il en être autrement quand c’est l’ennemi même qui les nourrit ?

Qu’on vote une loi sur le secret des affaires, sur les fake news ? Qu’on vote une loi Collomb ? Qu’on supprime l’ISF ? Qu’on fasse passer pour mesure écologique la taxation des plus démunis ? Qu’on détruise un à un les services publics ? Qu’on fasse entrer l’état d’urgence dans le droit commun ? Qu’on touche à la liberté de manifester ? Qu’on réprime le peuple en le mutilant ? Qu’on mette derrière les barreaux des gens pour activisme écologique ou pour « délit de solidarité » ? Qu’on transforme la Méditerranée en tombeau ? Ces bons artistes n’y trouvent rien à redire si ce n’est à aller signer des pétitions pour épargner leur bonne conscience. Et les voici qui rejoignent la cohorte des inutiles « marcheurs pour le climat » et continuent de produire de volumineuses et polluantes œuvres qu’il faudra stocker pendant des années avant de les envoyer par avion pour je ne sais quelle exposition à l’autre bout du monde. Ce seront les mêmes qui, quand ils crèveront la gueule ouverte, diront : « si seulement on avait su ». Personnellement, j’ai mieux à faire avec le peuple, les opprimés, qu’avec cette nuisible petite bourgeoisie.
Les seules œuvres d’art qui me touchent aujourd’hui sont ces sublimes tags qui fleurissent à chaque printemps comme ce récent « Vous ne nous attraperez pas, nous n’existons pas », ou encore cette banderole nantaise aujourd’hui même qui dit : « Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s’annonce ». Je n’ai jamais fais de tags et il est un peu tard pour s’y mettre (déjà 40 ans) mais il me démange tout de même d’aller décorer Beaubourg d’un « On refera des œuvres d’art quand on aura renversé le pouvoir ».

Depuis un peu plus de deux ans donc, je mets toute l’énergie en mon pouvoir pour participer à ce magnifique combat qui s’intensifie et qui sera nécessairement victorieux (quand ? où ? comment ?) et qui a pour objet la mort du capitalisme.

Nous avons du pain sur la planche.

Amicalement,
Julien Crépieux

 

 

L’émission d’Arte qu’il faut voir. « Rouge, l’art au pays des soviets »

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parce qu’elle est faite par des gens compétents qui ne sont pas seulement des idéologues anticommunistes.
Cette émission a l’immense mérite de nous présenter l’UNion soviétique à la fois comme une unité de civilisation, mais avec des périodes dans lesquelles la relation entre les artistes et le pouvoir politique connait des fortune diverses.

Ce que montre cette émission c’est que l’URSS a bouleversé non seulement les données sociales d’une époque mais aussi celles de la création esthétique et de la peinture en particulier. Si c’est dans la première période celle de l’élan bolchevique que cette empreinte est la plus incontournable, loin d’être une totale rupture tous les acquis continuent à fructifier la représentation autant que la production architecturale, industrielle, cinématographique.

Pour une fois la question n’est pas posée seulement à travers Staline, mais à travers la relation avant-garde et « goûts populaires » ou supposés tel, ce qui est une manière d’interroger le rôle de l’art dans la création d’une nouvelle société.

Il reste à reprendre cette réflexion dans le cadre d’une recherche sur le cinéma, la poèsie, la musique, l’éducation des masses, mais c’est une bonne base.

https://www.arte.tv/fr/videos/083289-000-A/rouge-l-art-au-pays-des-soviets/

 

Csontváry un peintre que j’ai découvert en 1989 en Hongrie

Csontváry est né le 4 juillet 1853  à Hisszebezn alors dans le royaume de hongrie, aujourd’hui en Slovaquie, il est mort le 20 juin 1919 à Busapest. Quand ke k’ai découvert en 1989 au musée de Budapest j’ai été à la fois éblouie et déchirée parce qu’il était shizophrène.

Durant une après-midi ensoleillée, le 13 octobre 1880 – alors qu’il n’avait que 27 ans –, il eut une vision mystique. Il entendit une voix lui dire : « Tu seras le plus grand des peintres de l’écliptique, encore plus grand que Raphaël l ! » (« Te leszel a világ legnagyobb napút festője, nagyobb Raffaelnél! ») ”Il passa des journées entières en Europe, visitant les galeries d’art de la cité du Vatican Dès 1890, il voyagea à travers le monde. Il visita Paris les pays méditerranéens ( Dalmatie, Grènce, italie)  l’Afrique du Nord et le Moyen Orient,

Il réalisa ses plus grandes Oeuvres entre 1903 et 1909. Certaines de ces œuvres ont été exposées à Paris (1907) et en Europe de l’Ouest. De nos jours, un musée lui est consacré à Pecs.

ce qui est proprement stupéfiant chez lui est sa couleur qui n’a rien à voir avec celle des peintres de son époque sans doute parce qu’il n’utilise pas l’huile. IL mélange  de la teinture pour les textiles, avec de la poudre d’argile blanche du kaolin, cela donne une pate brillante qui s’élève en relief. Il part de trois couleurs de base ‘jaune, vleu et rouge) et les deux unités de contraste ‘noir et blanc)il recherche la lumière du soleil germe pour lui de la vie.

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La gauche hongroise résiste et célèbre le 100-ème anniversaire de la République des Conseils par Monika Karbowska

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affiche de la République des conseils de ho,ngrie

Je devais me rendre en hongrie pour assister à cette conférence sur la République des Conseils, autour d’un livre auquel Monila et moi avons contribué, malheureusement comme vous le savez j’ai été épuisée par l’écriture de mes « mémoires », mùais heureusement Monika nous envoie un compte-rendu et Judit viendra pour les prochaines rencontres internationales de vénissieux au début octobre. (note de danielle Bleitrach)

Alors qu’en France le soulèvement populaire actuel entre dans son 5ème mois d’action, la gauche hongroise continue de manifester contre les mesures anti-sociales et racistes de Orban. Elle commémore également et sauvegarde la mémoire de son glorieux passé révolutionnaire communiste : du 21 au 23 mars une série d’événements a marqué le 100ème anniversaire de la proclamation de la République Hongroise des Conseils connue sous le nomde« République Soviétique de Bela Kun ».

La dissolution de l’empire Austro-hongrois a abouti à l’indépendance des peuples et la création des Etats nations tchécoslovaque, yougoslave et polonais. Mais les puissances occidentales rendent la Hongrie autant responsable de la défaites des Etats Centraux que l’Autriche et l’Allemagne : les vainqueurs imposent alors une sévère amputation des territoires de l’Est, du Nord et du Sud habités par des populations hongroises au profits des Etats voisins qui formeront l’alliance avec la France appelée la Petite Entente. La nouvelle Hongrie née en novembre 1918 d’une Révolution bourgeoise ne peut contenir mécontentement à la fois national et social du peuple. La voie est ouverte à la Révolution bolchévique et une République des Conseils qui durera de mars à août 1919. La République des Conseils de Hongrie constitue une période très importante de l’histoire des peuples de l’Europe de l’Est. En peu de mois, des dirigeants issus de nulle part, tel le journaliste Bela Kun, prennent le pouvoir à la faveur de grève et de soulèvements populaires. Ils expérimententun nouveau système social et politique rompant avec le capitalisme et la féodalité : des nationalisations à grande échelle des moyens de production et des biens de la bourgeoisie,  y compris des œuvres d’art, une économie de planification, une réforme agraire, une politique sociale et éducative donnant naissance à une sécurité sociale gratuite et une système scolaire laïque et obligatoire, sans oublier le droits des vote des femmes. La période est également un moment intense de création et de recherche de nouvelles formes d’expression artistique, dans le cinéma, la littérature, la poésie, la peinture et l’art graphique comme en témoignent les magnifiques affiches pleines de vigueur et d’optimisme qui sont dupliquées dans les locaux de la salle à Budapest ou se tient la conférence de commémoration. Ces affiches illustrent également le livre publié par le Monde Diplomatique Hongrie qui mêle des contributions hongroises et internationales. Des militants éminents de gauche hongroise comme Tamas Krauz côtoient des diplomates et des historiens (Tibor Hajdu, JanosHajdu, Pal Pritz, György Tverdota, Gyula Hegyi, Robert Zsofia, György Szende, IstvanneSzöllössi).Côté Internationaliste, Danielle Bleitrach, militante communiste française et spécialiste du cinéma présente l’importance du développement du 7 art au cours de Révolution hongroise et pour la civilisation occidentale une fois la République réprimée et les cinéastes hongrois émigrés. Julien Papp, historien franco-hongrois, Peter Pastor, historien franco-américain et Marin Nadea, historien et militant de la gauche communiste roumaine analysent les implications internationales de la République des Conseils qui fait partie d’un soulèvement révolutionnaire général en Europe. L’espoir suscité par la Révolution bolchévique se répand partout en Europe de l’Est et du Centre sous des expériences multiformes comma la République paysanne autogérée de Tarnobrzeg au Sud de la Pologne – décrite dans le livre- ou la République de Bavière ou de Strasbourg.

Le livre « La République des Conseils 1919-2019 » sera présenté à une conférence de presse le jeudi 21 mars à l’Association des journalistes en présence des auteurs et d’un public assez nombreux. L’événement est suivi par une soirée buffet au local du Parti des Travailleurs Hongrois dans une ambiance chaleureuse et décontractée. Les locaux du parti garde la mémoire de l’histoire communiste de la Hongrie par les drapeaux, les portraits de Lénine, ceux des héros communistes et résistants hongrois, ainsi qu’avec les reproductions des affiches de 1919. La vendredi 22 nous nous retrouvons au cinéma d’un centre culturel pour le lancement de la Conférence Internationale «100 ans de la République des Conseils Hongroise – mémoire historique et conséquences » organisée par la fondation de gauche Eszmelet. Le film d’ouverture est un document unique de 1969, « le Dimanche des Rameaux » » de Imre Gyöngyössy reconstituant la lutte émancipatrice d’un village pour la terre du seigneur et pour la dignité des paysans. La terrible répression qui s’abat sur les villageois est également montrée dans ce qu’elle préfigure de plus hideux, le fascisme européen. Les corps nus des paysans suppliciés par la milice aristocratique de Horthy, armée et soutenue par la France bourgeoise, sont une métaphore des camps de concentrations fascistes qu’annoncent la terreur du régime violemment anticommuniste de Horthy.

Le lendemain 23 mars la Conférence se déroule à la Faculté des Lettres. Une vingtaine d’interventions chercheurs hongrois, roumains, français, et slovène font le point sur les réalisations économiques (Ana Maria Artner), politiques (le rôle des conseils ouvriers dans la gestion des usines par Lajos Csomas) ; la politique sociale, la politique vis à vis des intellectuels, des artistes (Viktor Arslanov), l’importance de cette expérience pour toute l’histoire de la gauche européenne enfin. SavasMatsas, philosophe et leader du Parti Ouvrier Grec EEK, Raquel Varela, chercheuse au Portugal et Roberto Della Santo, chercheur brésilien analysent les leçons que nous pouvons apprendre pour la lutte révolutionnaire actuelle. RastkoMocnik décrit la République de la vallée de Mura, une vallée du sud du pays peuplée majoritairement par des paysans slovènes, qui au lieu de rejoindre une nouvelle Yougoslavie vite monarchiste, préfèrent faire partie d’une une République soviétique hongroise. La Conférence est clôturée par des contributions de jeunes chercheurs et militants de gauche, Gaspard Roland et Peter Csunderlik qui nous rendent vivants les personnalités des créateurs de la République des Conseils comme Bela Kun, journaliste idéaliste dont la propagande fasciste a tellement dressé un portrait noir, que les traces en sont encore restée dans l’idéologie officielle des Etats du réalisme socialiste : en Pologne Populaire, la République Hongroise a été enseignée dans les écoles, mais d’une façon presque honteuse, comme une flambée de violence aussi soudaine que brève. Tout au long de cette rencontre il est question d’une autre « flambée de violence soudaine » – du soulèvement populaire français dont nous suivons la manifestation du samedi avec inquiétude et tension. Il n’y a pas de Révolution sans détermination et colère du peuple, et il n’y a pas de Révolution réussie sans Solidarité Internationale, telle est aussi la leçon du 20ème siècle. Le 21ème ne fait que commencer….

 

Article de Danielle Bleitrach en Français

https://histoireetsociete.wordpress.com/2019/02/06/la-republique-des-conseils-et-la-reconciliation-avec-la-realite-par-danielle-bleitrach/

 

Monde Diplomatique Hongrie

https://www.magyardiplo.hu/68-le-monde-diplomatique/kozeleti-programajanlo/2657-a-magyar-tanacskoztarsasag-kikialtasanak-szazadik-evforduloja-megemlekezes-es-vita-konferencia-iii-22

Fondation Eszmelet

https://www.facebook.com/eszmelet/

www.eszmelet.hu/elofizetes/