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Archives de Catégorie: Marseille

Macron met le feu à la Canebière

Loin d’un quelconque trêve, d’un relâchement dans l’action, les travailleurs des Bouches du Rhône mais aussi, les chômeurs ,les jeunes,  les retraités,tous unis et déterminés, gilets jaunes, rouges, roses et noirs, la CGT  mais aussi la FSU Sud et Solidaire,…. enfin ceux que j’oublie mais qui je sais ne m’en voudront pas trop tellement le spectacle de ces milliers de torches descendant la Canebière avait quelque chose de fort et de magique à la fois:

le discours de Macron a allumé les flambeaux de la Convergence !

 LES FLAMBEAUX DE LA CONVERGENCE 

https://twitter.com/i/status/1212795916459085826

 

 
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Publié par le janvier 3, 2020 dans Marseille

 

Municipales à Marseille : la France insoumise veut l’union sans tête de liste socialiste

Les municipales à Marseille offrent  un des spectacles politiques les plus navrants qui soit: une foire d’empoigne où l’ennemi c’est le partenaire, et la division  n’épargne aucun camp dans une ville où la pauvreté fait des ravages.

La droite offre un spectacle de lutte fratricide remarquable, Gaudin semble avoir tout fait pour démontrer que sans lui le système s’effondre, il contemple avec gourmandise la manière dont ses deux poulains Vassal et bruno Gilles s’acharpent. La direction nationale a tranché en faveur de vassal, mais Bruno Gilles maintient des listes partout. Après avoir hésité la République en marche  a misé sur Berland, apparement un départ en solo mais le profil de l’ex-président de l’université peut permettre des alliances au second tour avec la droite locale et plus si affinités avec l’éternelle menace du Front national.

On aurait pu espérer que la gauche et les communistes tirent partie de la situation, mais c’est mal connaître le clanisme marseillais et la manière dont il tient lieu de politique chez des gens qui ont le plus grand mal à sortir de là.  Pour le moment on a l’impression de voir un thermomètre cassé et les boules de mercure qui s’en échappent se diviser sans trève.

Mon opinion est que l’affaire a été mal conçue dès le départ et ne pouvait mener que là.L’idée des deux groupes, l’un citoyen, le pacte démocratique et l’autre de l’union de la gauche ne pouvait que se casser la figure quand l’on serait passé du stade des etreintes fraternelles et de la chaleureuse atmosphère des feux de camps, youkandie, youkandia, aux questions qui fâchent « les places’. mais dans les dexu cas le programme ne prenait non pas non plus nécessairement corps et le temps des candidats fut celui de l’effet centrifuges. Les premiers à lâcher l’affaire furent les verts, tablant sur leur score des européennes, ce en quoi ils ont d’ailleurs bien tort, ils se voyaient aussi en arbitres du second tour face à l’abominable ravier du FN, toujours lui. Puis le pacte démocratique partit sur sa démarche citoyenne en laissant plâner le doute sur la suite.

Melenchon s’interposa et proposa de réconcilier tout le monde, ce qui bien sur accéléra la décomposition. Les siens y virent l’occasion de feindre de se diviser entre ceux qui voulaient continuer et ceux qui décidement ne supportaient pas les socialistes.

C’est pourquoi la  dernière « inconnue » – pourtant prévisible- vient de la France insoumise qui constate tardivement que le PS marseillais n’est plus qu’une coquille vide et que son leader ne représente que lui-même, pas question de se laisser coiffer par lui.

Il est vrai que le pS est déconsidéré comme la droite à laquelle il est resté si longtemps lié, le siège a été vendu et l’appareil n’est plus que l’ombre de lui-même.  Ses « barons » comme samia Ghali, avec en toile de fond Tapie et Guerini en sont déjà sortis, on imagine que Menucci va en faire autant, avec une droite et en marche en embuscade déjà prêts à l’union sacrée face au FN.

Tout le monde sait ce qui se prépare.

Donc Melenchon, toujours fidèle à lui même, qui n »a même pas osé se présenter à Marseille tant il s’y sait peu apprécié y compris par les gens de sa circonscription, prend pretexte de cette situation pour faire des appels du pied aux verts qui ont été les premiers à quitter le navire, suivis de près par un regroupement citoyen très bobo qui s’est donné pour but d’écouter les pauvres et surtout d’éviter tout programme… Ils ne veulent plus oeuvrer avec le printemps marseillais, c’est le nom de « l’union de la gauche » qui se délite…

Quant aux communistes, des « refondateurs » ayant appliqué leur stratégie, le printemps marseillais ressemblant furieusement au printemps du communisme du Congrès,  on commence à se demander ce qu’ils ont exactement  recherché en dehors de l’élection de deux des leurs, au lieu d’arriver aux négociations avec un programme, des miltants en ordre de marche, ils se sont laissés prendre dans le pastis marseillais et tentent un peu tardivement de reprendre tout çaen main…  Leur seul atout c’est que tous les leaders sont si haissables qu’ils apparaissent presque nimbés d’innocence même si ce ne sont pas des perdreaux de l’année du marigot marseillais.

Si ça continue, ils vont se retrouver avec deux ou trois groupuscules et encore… Plus le pS tel qu’il est, ils auraient probablement dû commencer par là, enfin en bonne logique électoraliste c’est cela qu’ils auraient du faire à partir d’un programme pour le moins evanescent, sans tête de liste, tout cela est bien tardif…

Mais les élections ont des lois qui ont intérêt à être respectées, on ne refait pas un terrain, on l’utilise et  le grand problème est que quand une stratégie est erronée, le danger quand on prétend la corriger au milieu on risque de perdre sur tous les tableaux à la fois. Espérons qu’au moins, nous limiterons les dégâts en faisant un bilan de nos erreurs qui nous aidera dans les prochaines batailles. IL y a des élections qui exigent que l’on y aille seuls, parce que notre programme n’est conciliable avec une autre force et doit être exposé, c’était le cas des Européennes et ce sera encore plus le cas des présidentielles, mais il est des élections où l’union sur un programme limité s’impose, cela doit se faire dans la clareté, chaque force doit présenter son programme, le discuter, conserver son autonomie et négocier à partir de là avec l’aide de la population appelée à trancher.

 

La règle est toujours celle que Marx a défini, les communistes ne doivent jamais se confondre avec des partis « bourgeois » de manière permanente, en particulier quand ils s’agit du pouvoir d’Etat, mais ils peuvent et doivent le faire sur des sujets limités, et s’ils agissent comme ça, les premiers concernés, les citoyens l’imposeront. Mettre la charrue avant les boeufs ne mène nulle part mais  de toute manière le sort a voulu que je ne sois que spectatrice de ce qu’à Marseille nous appelons « une cagade ». Espérons que la puissance du mouvement social aidera à redonner corps à tout cela, parce que de ce point de vue Marseille ce n’est pas rien.et c’est tout de même dramatique qu’une ville manifestant une telle combativité ne soit pas capable de trouver une issue politique qui lui permette de renverser une bande d’affairistes et de speculateurs qui ruinent cette ville.  (note de danielle Bleitrach)

PAS DE CÔTÉ
BREF
le 14 Déc 2019

 0Kết quả hình ảnh cho Le Point, les élections à Marseille 2019, couverture

L’union, oui mais sans tête de liste socialiste. C’est la position adoptée par la France insoumise lors de son assemblée communale marseillaise vendredi 13 décembre. Dans un « avis à la population », la formation de Jean-Luc Mélenchon dit « tenir compte du rôle de ce parti dans le passé trop récent pour être oublié par le peuple de Marseille ». Cette sortie s’oppose clairement au président du groupe PS au conseil municipal Benoît Payan, favori au sein du Printemps marseillais pour représenter cette union de la gauche politique et associative.

La France insoumise indique rester partie prenante du Printemps marseillais pour militer pour « une alliance avec le Pacte démocratique [un mouvement regroupant notamment des militants associatifs et visant à une meilleure représentation des quartiers populaires, ndlr] et le choix d’une tête de liste non PS, en rupture avec le passé ». Une position qui viendra alimenter les tensions au sein de cette alliance lancée à l’automne.

Cependant, la France insoumise se ménage une porte de sortie en indiquant prendre « les contacts pour la formation éventuelle d’une liste alternative vraiment ouverte en vue du grand changement à Marseille ». Elle entend pour ce faire s’adresser d’abord au Parti communiste, puis à Europe écologie-les Verts, qui mène pour l’heure une campagne autonome, et au Pacte démocratique.

 
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Publié par le décembre 15, 2019 dans France, Marseille

 

Patricio Guzmán : l’exil et l’impossible retour comme d’ailleurs de s’intéresser à autre chose.

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Hier j’ai vu à la Baleine, un étrange café-restaurant- cinéma dans le quartier underground de Marseille, le dernier film de la trilogie de Patricio Guzmán .

C’était au moment où se rassemblaient et se préparaient à défiler ceux qui à Marseille célébraient l’anniversaire de l’effondrement des maisons dans le quartier Noailles. Rien n’est résolu, pas plus ici qu’au Chili.je me suis mêlée à cette foule dans le quartier où j’allais à l’école enfant en me disant que jamais je ne retrouverai Marseille, cette ville qui m’est devenue étrangère.

Le film a été tourné avant la Révolution actuellement en cours,et qui dit-il le laisse sans voix parce qu’il y a la peur et l’espérance de l’enfance retrouvée. Franchir la cordillère, cette muraille, nous parle de tas d’autres choses, du chant général de pablo neruda et aussi, il ne le dit pas, mais j’ai été constamment hantée par la vision de la fuite de don pablo, le communiste, à dos de cheval, porté comme un paquet . Ce rappel m’a hanté à chaque description de sommet, je voyais l’indien construisant des cités à une hauteur où l’air est totalement rarfié, et le poète chilien fuyant une dictature anti-communiste, une de plus…Cette vision s’imposait d’autant plus que  le film ne cesse de donner la paroles aux poètes et aux artistes qui rêvent de ces sommets et de leurs vallées dont l’herbe est veloutée. De qui parle celui qui explique que ce pays ne s’interesse pas à 80% de son territoire, à savoir la Cordillère, de cette montagne où de la population sacrifiée, massacrée…  Un artiste dit : » Nous venons de cette montagne parce que nous sommes l’indien et de la mer parce que nous sommes les envahisseurs européens » Un discours sur le viol, très familier en Amérique latine et sur la ré(appropriation de la totalité de l’être sud-américain. cela commence comme une rêverie sur des paysages, des mots, des vies passées à tenter de comprendre…

Patricio Guzmán lui-même dit que « Mes films ? C’est toujours la même chose… mais chaque fois différemment » C’est un documentaire qui peu à peu sort de l’autobiographie et de la confrontation avec des espaces fantasasmés par l’exil pour retrouver des bobine d’actualité sur la répression policière, ce que l’on voit, les militants frappés et entassés, femmes et hommes traités comme du bétail, mais cette violence là dit aussi ce qui ne peut être décrit: la torture systématique d’un Pinochet et dont les coupables sont encore là, sans avoir été le moins du monde inquiété.

Ils ont même repris le pouvoir et le cinéaste exilé à Paris mais pour qui, comme beaucoup de Chiliens, l’exil est un pays qui ne connait pas les frontières,et vous oblige à psalmodier jusqu’à l’hypnose ce traumatisme intial, celui de cet entassement dans les stades où l’on va couper les mains de Victor jara et assassiner Salvador Allende, l’horreur camouflée derière cette enigme géographique, un pays que dessine tout en longueur une cordillère et la mer. Il reste là devant son rêve éventré comme la maison de son enfance dont la façade est étrangement préservée. Il reste sans voix devant l’explosion tellurique qui secoue son pays aujourd’hui. Une vie passée à attendre, à espérer, à ne penser à rien d’autre qu’à ce lieu perdu et que l’on ne retrouve jamais sauf dans la révolution. Son nouveau documentaire revient, une fois de plus, sur ce Chili qui ne le quitte plus depuis qu’il l’a quitté, voilà quarante-six ans. L’exilé, je l’avais déjà constaté pour Brecht, lang, la famille Mann, ne retrouve jamais son pays, sauf si comme Brecht il accepte de voir le rêve devenir réalité de la dénazification, un rêve qui ne ressemble pas à l’idéal cultivé si longtemps.

Et je suis sortie, exilée moi aussi dans la ville de mon enfance, les cafés étaient emplis jusqu’à Noailles de manifestants dont certains tenaient les banderoles à la manière d’une héros d’Angelopoulos.

danielle Bleitrach

 

Danielle Bleitrach : ce qui se passe dans les Bouches du Rhône et à Marseille surtout en matière du droit des adhérents est immonde.

 

Il es

 

Il est difficile d’exposer son cas personnel, mais je vais le faire parce que le déni de droit touche ici au fonctionnement démocratique le plus élementaire de notre parti, au droit de l’adhérent et du militant.

La fédération des Bouches du Rhône perçoit sans état d’âme ma cotisation mensuelle mais ne semble pas décidé à me traiter comme un adhérent comme les autres.

deux exemples récents me permettront d’expliquer le traitement que je subis:

1) les lecteurs de ce blog savent que je viens de publier un livre intitulé « le temps retrouvé d’une communiste, mémoires ». Il connait un certain succès et ceux qui le lisent y voient légitimement plus qu’une autobiographie, un témoignage historique et politique qui défend le rôle des communistes, celèbre la nécessité de ce parti. On sait que l’Humanité a lancé une fatwah sur moi qui interdit tout compte-rendu positif sur mes écrits, le journal la marseillaise lui emboite le pas avec enthousiasme. J’ignore pourquoi mais c’est ainsi. Quand l’université d’été du PCF a eu lieu à Aix en provence, dans les locaux de l’université dont j’ai été enseignante et dans laquelle j’ai créé la première cellule comme l’UEC, mon livre a été interdit et il a fallu que la direction du PCF, en la personne de Fabien Roussel, autant que l’intervention du responsable de l’université d’été pour que 13 exemplaires de mon livre soient exposés. Ils ont été aussitôt vendus.
On sait que les responsables de la fête de l’humanité ont néanmoins réussi à me faire exclure des auteurs de la cité du livre à la fête de l’humanité, mais à leur décharge comme celle de la Marseillaise je ne suis pas obligée pour être membre du PCF de les lire puisqu’ils s’affirment désormais ne pas être des organes du PCF.

Il doit en être différemment en ce qui concerne le droit des adhérents, puisque je suis telle j’ai des droits et ceux-ci me sont niés sans que l’on m’explique pourquoi et en nuisant de ce fait à l’information-formation des autres adhérents-militants.

Dans ma fédération entièrement dominée par une alliance entre les soutiens de Pierre Laurent et les refondateurs la logique est la même que celle qui gouverne l’Humanité et la politique du livre.

Ainsi le 7 et le 8 décembre 2019 sont prévus à Marseille (je cite) ville vivante et ville d’avenir des expositions, débats, projections autour de films et des expositions sur les luttes des hommes pour exister à Marseille. Les débats prévus sont Ian Brossat et Anthony Gonçalves mais aussi Robert Mencherini – Histoire de Marseille, la classe ouvrière, son combat.
Je signale que je suis l’auteur de livres incontournables sur l’histoire de la classe ouvrière à Marseille, une rapide vision de ma biographie sur Wikipedia vous en convaincra.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Danielle_Bleitrach

Je viens de sortir mes mémoires dont une bonne partie a trait à l’histoire de Marseille, je ne suis bien sûr pas sollicitée, seul Pierre Dharréville est noté pour son dernier livre et il est sûr qu’il n’y aura aucun exemplaire des miens à la table de vente des livres, des écrivains sont annoncés mais bien sûr je ne suis pas sollicitée et jamais aucun de mes livres n’est sur la table de littérature des manifestations du parti communiste 13.

Voilà l’ostracisme auquel j’ai droit et dont j’ignore la raison  puisque la cause ne m’est jamais communiquée?

2) mais l’ostracisme va plus loin encore, quand j’ai proposé de contribuer à la formation des nouveaux adhérents, cela m’a été refusé alors que nous ne sommes pas si nombreux dans les Bouches du Rhône à avoir une bonne connaissance du marxisme et de l’histoire du communisme au plan international, national et local.

Là encore c’est systématique, hier un camarade m’écrit et m’envoie le courrier de Josiane Durrieu qui est la responsable fédérale des Bouches du Rhône aux questions internationales. Celle-ci appelle à l’aide pour renforcer ce secteur, son appel est assorti de trois propositions de tracts. Il y est bien sûr question des Kurdes, on ressort même Ocalan, ce qui est une bonne chose vu que j’ai l’impression que le dirigeant des forces armées kurdes en Syrie suit une politique qui n’a pas grand chose à voir avec celle d’Ocalan et renforce sa soumission aux USA. Pas un mot sur le viol par nos forces armées de la Syrie dans le sillage des Etats-Unis. Un tract sur l’Equateur dont la principale qualité est d’éliminer toute référence au Chili, et surtout à Cuba et au Venezuela. De l’art on le voit de limiter la critique de l’impérialisme américain et surtout de ne pas soutenir des pays qui revendiquent une position révolutionnaire avec des communistes.

Pourquoi quand on a quelqu’un ayant acquis quelque capacité dans le domaine international, ce que la plupart des gens me reconnaissent est-il exclu de cet appel d’offre ? je ne serais qu’un consultant parmi d’autres et la responsabilité demeurerait celle de Josiane Durrieu. Non le véritable problème est de créer un cordon de sécurité autour de moi, il faut empêcher tout contact entre moi et les autres militants des Bouches du Rhône et de Marseille en particulier.

Pour cela il s’agit de tabler non sur la réalité de ce que je suis, sur ce que j’écris et sur mes combats mais bien sur la rumeur, on laisse planer des doutes sur mon caractère, voire sur mon équilibre mental, on excite malheureusement les envies de ceux qui ont pu en éprouver et sur la base de diffamations sur ma personne avec le silence organisé sur ce que je dis réellement, on m’exclut tout en acceptant mon adhésion, ce qui est la grande nouveauté de la période. On utilise à fond les mécanismes les plus ignobles des « procès » sans même publier ce qui est sensé justifier pareille attitude, une régression de fait par rapport à ce qu’on appelait les « procès staliniens ».

Je défie ces gens-là de répondre officiellement et de dire en public pourquoi ils se conduisent comme ça envers moi, quel crime ils me reprochent et pourquoi ils m’accordent le titre de membre du parti en m’interdisant de l’exercer?

J’affirme en mon âme et conscience que je n’ai jamais rien accompli dans ma vie qui justifie un tel acharnement, un tel harcèlement contre moi et je leur propose si ils pensent que leur attitude est justifiée de dire ce qui leur permet d’agir ainsi.

J’ai bien réfléchi, je ne peux pas continuer à subir pareille injustice sans qu’aucun motif n’ait été avancé, sans que rien de politique ne le justifie, si ce n’est la médiocrité de ceux qui l’exercent dans le silence d’une complicité qui déshonore ceux qui l’acceptent. J’ai plus de 80 ans, déménager est une entreprise très fatigante mais je ne peux pas continuer à militer avec des gens qui se conduisent ainsi. Le mépris qu’ils m’inspirent m’est insupportable, c’est du temps perdu. Donc il faut que je trouve la force de ce nouveau départ ou alors je renonce à être membre du PCF, ce que je n’accepte pas parce que ces gens désormais minoritaires n’en sont vraiment pas les copropriétaires.

Danielle Bleitrach

 
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Publié par le novembre 8, 2019 dans Marseille, mon journal, pcf

 

Plaidoyer pour la reconstruction de valeurs collectives

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Hier nous avons enterré notre secrétaire de cellule, il y avait une foule qui avait souhaité l’accompagner. En rentrant j’ai acheté quelques légumes sur la place du marché devant chez moi. Mon marchand habituel dont je soupçonnais depuis longtemps les opinions m’a demandé « ce n’est pas votre heure habituelle », je lui ai répondu : « je suis allée à un enterrement. Il a hoché la tête: « c’est celui de ibba? et à partir de là il m’a raconté sa vie, celle d’un enfant du Canet qui ne supporte pas l’injustice, le communisme pour lui c’était Gilbert, toujours souriant, toujours un tract à la main. Il a ajouté en bon marseillais : « nous avons suivi n’importe qui, un Mélenchon, un socialiste, un arriviste, ce n’est pas nous ces gens-là… je préfère encore la droite avec eux au moins je sais… depuis que je suis tout petit c’est plus fort que moi dès que je vois un costaud qui frappe un petit je m’en mêle…  » Voilà de quoi est fait notre électorat ceux qui dans leur cœur portent encore le communisme et qui se reconnaissent dans le militant. Celui dont mon mari me disait « quand le secrétaire de cellule passe même le chien remue la queue »…   le marchand de légume m’a dit demain je les vois, je suis sur le marché du Canet, ils viendront tous m’acheter des légumes, c’est ma section, ma cellule, mon club de foot…

J »interviens rarement sur la politique française ayant choisi volontairement à travers le blog que nous animons avec Marianne de jeter sur les questions internationales un éclairage qui est pour le moins original vu l’état de nos médias et de nos forces politiques. On pourrait résumer notre point de vue par l’idée générale, « il faut comprendre les peuples pour éviter la guerre. » Le terme de peuple est encore trop général, nous choisissons d’aller à la rencontre de ceux que l’on condamne en France comme ailleurs au silence, les victimes de l’ordre capitaliste, impérialiste, néolibéral. Parce que nous savons qu’à l’inverse des marchands d’armes, des monopoles financiarisés qui pillent la planète, ils n’ont pas intérêt à la guerre.

A ce souci fondamental, il faut encore ajouter en ce qui nous concerne une curiosité toujours en éveil disons anthropologique pour l’incroyable créativité des dits peuples, de leurs langues pour Marianne et de leurs modes de vie, histoire, science et arts pour nous deux.

Donc ce blog s’est fait une spécialité de la compréhension des cultures et des politiques de la planète, en rétablissant d’abord les faits souvent tronqués. Cela est notre conception aussi du communisme car nous affirmons notre engagement non comme une cécité mais au contraire comme une vision critique et pratique. Nous sommes toutes les deux des militantes du PCF, pleinement mais sans œillères.

Donc ce travail de notre blog qui peu à peu en a fait une référence en France et dans le monde privilégie l’analyse des faits au niveau international, le monde remue et malgré la domination du capital, cela bouge dans le bon sens. Partout on assiste au réveil des peuples que l’on aurait pu croire anesthésiés par la contre révolution, et par l’instauration d’un ordre néolibéral, creusant de monstrueuses injustices, détruisant partout les collectifs comme facteur de résistance, assortissant cette spoliation générale d’une idéologie libérale libertaire, celle du libre renard dans le libre poulailler.

Ce qui se passe dans le monde s’est passé en France, et l’affaiblissement de notre parti fait partie de cette vague que le capitalisme a imposée au monde quand il a cru l’avoir emporté. La manière dont les communistes ont résisté et leur choix de conserver un parti, de lui donner une nouvelle direction fait partie de cette résistance qui a donné lieu chez nous comme ailleurs à de grands mouvements qui pèchent encore aujourd’hui par l’absence d’une perspective politique qui permettrait de reconstruire un destin collectif. Un marxiste sait que l’individu est riche seulement de la multiplicité de ses relations sociales et la solitude, la concurrence, l’envie ne sont pas la voie du bonheur. Il y a des valeurs, une conception de ce que l’on doit aux siens et à notre planète commune qu’il faut reconstruire. C’est pour cela que nous avons besoin du communisme pas pour contribuer à l’individualisme général et à un monde de concurrence, d’isolement.

Pour nous, mais je parle essentiellement en mon nom, un espoir est né lors de notre dernier congrès, une nouvelle direction a pu être désignée avec Fabien Roussel et presque aussitôt nous nous sommes lancés dans une campagne des européennes pour la première fois depuis 14 ans sous notre drapeau, avec un représentant d’une grande qualité Ian Brossat, une liste qui nous faisait honneur. On dit que les résultats n’ont pas été au rendez-vous. C’est faux, après tant d’années d’effacement, alors que des générations entières n’ont plus entendu parler des communistes, le résultat fut positif et les communistes l’ont estimé comme tel. Une ombre au tableau notre faible impact dans la classe ouvrière et dans le monde du travail. 1% des ouvriers ont voté pour le parti.

Fabien Roussel, il me semble s’est alors préoccupé de cette question essentielle et d’une autre non moins essentielle l’état du parti. Il l’a fait en multipliant dans les médias une présence qui a offert son véritable visage au communisme français, celui d’un grand bon sens, proche justement de ce monde du travail, refusant les pièges et les dévoiements médiatiques pour rester sur le fond des revendications légitimes qu’il s’agisse des retraites, des pompiers, de la SNCF, des hôpitaux, il ne cesse de dénoncer les pièges tendus à l’opinion publique pour qu’il ne soit jamais question du fond. Il rassemble au lieu de diviser et les communistes s’y reconnaissent enfin.

Mais il faudra du temps pour remonter ces vingt années où notre parti sous l’influence de directions erratiques et inconséquentes qui ne croyaient plus elles-mêmes en ce qu’elles avaient prétendu diriger ne se sont plus préoccupées du parti que pour en détruire l’organisation et ont fait porter tous leurs efforts sur des unions de la gauche dans lesquelles nous étions vassalisés, humiliés, ignorés tout en étant les fantassins des campagnes électorales voire en assurant leur financement.

Il faudra du temps pour recréer un parti, pour construire ensemble une stratégie pour le socialisme mais nous ne pouvons que remercier Fabien Roussel, ceux qui le secondent dans sa tâche, les élus qui ont le courage d’affronter une telle tâche. Il faut que cette équipe mesure qu’en peu de temps elle a acquis la confiance du parti et que celui-ci ne veut plus de dévoiement d’aucune sorte. Plus de forces qui œuvrent en son sein pour poursuivre la liquidation, le parti appartient à tous et il n’est pas question de traquer les opinions, mais il faut tous que nous œuvrions dans le même sens parce que ce n’est pas simplement de nous qu’il est question, la France, le monde ont besoin de cette voix originale qui est en train de peu à peu redevenir audible.

Mais car il y a un mais, chacun mesure bien que partout sur la planète les peuples protestent comme le fait le peuple français, qu’ils reçoivent les mêmes réponses, la répression, l’organisation en leur sein de guerres civiles et les leurres médiatiques qui vont en ce sens, celui de diviser pour régner. La planète crie grâce, personne ne peut plus tolérer la destruction et le pillage capitaliste, nous avons besoin de dialogue, d’échange et de combats communs. La France, ses gouvernements successifs, partout ont choisi la vassalité, l’abandon de souveraineté pour notre peuple comme pour les autres, des sommes énormes sont déversées dans les armes et les expéditions néocoloniales, on attise les haines. Ce contexte-là ne peut être ignoré, trop de choses en dépendent, en Europe comme dans le monde.

C’est à ce titre que parce que nous soutenons la nouvelle direction de notre parti nous demandons à ce que soit mise en conformité avec l’effort entamé au 38ème congrès une politique internationale digne de ce nom, à commencer par un retour au dialogue avec les partis communistes du monde entier. Il ne s’agit pas d’une question secondaire même si nous approuvons le choix prioritaire du secrétariat de notre parti de recréer les liens avec les couches populaires, la classe ouvrière française.

Danielle Bleitrach

 

A ne pas rater, la Chine : nouvel acteur méditerranéen

Voici de  l’institut de recherche et d’études, avec en particulier un article de notre ami et cher camarade saïd Bel Guidoun… je ne voudrais pas avoir l’air de dire mais quand je suis allée à Oran en 2006  à l’institut de recherche expliquer que la CHine allait devenir un acteur incontournable des relations sud-sud, j’annonçais ce qui devient aujourd’hui une évidence.e n’avais aucun mérite car toute mon hypothèse était patie de la lecture d’un texte de Fidel Castro de 1983 (une sacrée avance sur les événements). il faut inviter saïd à Venissieux… . (note de danielle Bleitrach)

La Chine : nouvel acteur méditerranéen

N° 109 – Été 2019

Initié à l’automne 2013 par le Président chinois Xi Jinping, le mégaprojet OBOR (« One belt, One road »), devenu la BRI (Belt and Road Initiative) avec pour objectif la promotion des relations transcontinentales à une ampleur inédite, suscite bien des attentions et des spéculations. S’il est impressionnant par sa dimension, les dynamiques qu’il implique ne sont pourtant pas forcément nouvelles. La renaissance des routes de la soie était déjà avancée comme hypothèse quelques années auparavant par des économistes. Elle se traduisait par de multiples initiatives, souvent discrètes, mais efficaces, développées en grande partie par des acteurs du bas, et ce depuis l’adhésion de la Chine à l’OMC en 2001. Avec l’annonce de la BRI, la présence de la Chine dans le monde prend un nouvel essor. Ce qui était une hypothèse se confirme : les routes de la soie renaissent.

Dirigé par : Saïd Belguidoum et Farida Souiah

 

Dossier :

Saïd Belguidoum et Farida SouiahLes nouvelles routes de la soie en Méditerranée

Paul Tourret, Les nouvelles routes de la soie en Méditerranée, construction d’un mythe contemporain ou réalité préoccupante ?

Émilie Tran, Marseille : bientôt un comptoir chinois ?

Jean-Marc Chaumet, Les routes de la soie agricoles : quelle place pour la Méditerranée ?

Saïd Belguidoum et Olivier Pliez, La géographie discrète des réseaux transnationaux entre l’Algérie et la Chine

Jean-Pierre Taing, Les nouvelles routes de la soie au prisme des migrations : les visages de la présence chinoise au Maroc

Yahia H. Zoubir, Les relations de la Chine avec les pays du Maghreb : la place prépondérante de l’Algérie

Elena Aoun et Thierry Kellner, Les relations sino-égyptiennes à l’ère ‘Xi-al-Sissi’ ou la cristallisation d’une forte convergence géopolitique

Mario Esteban et Ugo Armanini, L’Espagne : le chemin vers la Chine passe par l’Europe

Christophe Chiclet, Les Balkans et la Chine : les intermittences d’une longue histoire

Guy Burton, China and the Palestinian-Israeli Conflict

Variations :

Mohammad-Reza Djalili, Politique étrangère de l’Iran : entre religion, révolution et pragmatisme

Dominique Vidal, Israël : la radicalisation s’accélère

Serge Airoldi, « La lumière du futur ne saurait cesser un seul instant de nous blesser »

 

 
 

Un dimanche ensoleillé dans le ciel et dans les coeurs

Hier j’ai passé la journée avec le secours populaire aux arènes de Port saint Louis du Rhône. Une journée magnifique grâce à la municipalité communiste qui l’avait préparée, grâce au secours populaire, départemental, municipal, mais aussi du centre ville de Marseille où ma fille Djaouida a réussi à rassembler des familles qui vivent dans les hôtels à la suite de l’effondrement de leur domicile. Elle s’occupe d’abord des enfants, organise les loisirs pour eux qui sont enfermés les jours de congé dans les chambres d’hôtel. Un car nous avait été offert gratuitement et un chauffeur, nous étions une cinquantaine de personnes et pas mal d’enfants qui n’ont posé aucun problème au contraire, ils ont créé la joie de la journée. Ces enfants sont devenus « des copains du monde » et désormais les plus grands accompagnent Djaouida dans ses « maraudes » dans le centre ville pour aider les SDF. L’un d’eux, Rayan, qui est allé à Paris témoigner de leur action est intervenu au micro pour expliquer que la solidarité ça se partageait, celle qu’ils avaient reçue il la rendait à ceux qui n’avaient même plus la force de parler mais dont le regard disait à quel point il était important qu’on s’occupe d’eux. Une estrade avec sono était là au milieu de l’esplanade et il y avait des stands qui vendaient à peu près n’importe quoi en matière de récup et qui nous invitaient à des voyages de solidarité, une buvette, partout des bénévoles amicaux. La pauvreté, ces rebuts devenaient la caverne d’Ali baba pour des enfants à qui l’on offrait de menus cadeaux.

Ces enfants étaient formidables, il faudrait décrire toute l’ambiance concrète de cette journée, les regards, les sourires, la dignité de tous. Ces adieux qui n’en finissaient pas et la promesse de s’inviter mutuellement à découvrir Marseille, à revenir l’été se baigner. Beaucoup travaillaient bien à l’école, l’un d’eux magnifique avec de grands yeux verts, un enfant qui mangeait à côté de la poubelle pour jeter aussitôt les assiettes en carton. Un jeune garçon d’une dizaine d’années dont la mère venait de trouver un logement sur la Canebière et dont elle me disait qu’il était le premier de sa classe et il ne voulait pas repartir en Algérie parce qu’il aimait l’école en France et sa sœur trouvait en France les soins qu’elle ne pouvait obtenir en Algérie. Toutes ces femmes me disaient à quel point elles approuvaient le mouvement qui avait lieu dans le pays, cela suffisait cette corruption qui détruisait l’Algérie, qui faisait que l’on devait verser des pots de vin pour être soignés, éduqués.

Il y avait l’inquiétude de ceux que l’on déplaçait à la Valentine, qui le matin devait faire des kilomètres pour rejoindre leur école du centre-ville qu’ils ne vouaient pas quitter comme tata Djaouida qui avait mobilisé des théâtres, des animateurs pour les aider.

Tous ceux qui s’étaient activés à Port saint Louis du Rhône pour nous accueillir, pour nous offrir des toilettes d’une propreté éblouissante, une gigantesque paella et même un chanteur adorable qui avait une belle voix mais surtout avait entrainé les enfants sur la scène. Même un délicieux petit bonhomme de 3 ans se dandinait avec rythme à ses côtés.

Samira qui organise le secours populaire à la mairie nous a accueilli avec des larmes de joie. J’ai discuté avec un camarade venu de la Somme qui aidait aux cuisines, il s’y retrouve dans le secours populaire mais a du mal à suivre ce qui se passe dans le parti. Nous avons parlé de Maxime Gremetz, il se souvenait de moi il y a quarante ans quand j’étais venue à une remise de carte et nous étions heureux de cette journée simplement en retrouvant notre parti.

Notre chauffeur était l’individu le plus humain le plus sympa qui se puisse imaginer, le moins raciste, il nous a dit tout le mal possible de Macron… et il s’apprête à voter pour Le Pen. Quand je lui ai parlé des communistes, il m’a dit que son père était gaulliste, qu’il était de droite depuis toujours et il a jouté, les communistes n’existent plus, ceux du temps de Marchais. je lui ai dit: « Mais ou croyez-vous être?  » je lui ai montré à l’entrée du stade une affiche dont les couleurs avaient blanchi mais qui n’avait pas été recouverte, celle de Iann Brossat. « Regardez cette affiche » c’est celle de notre candidat, qui est capable d’aider les pauvres? il m’a répondu « il n’y a que les pauvres pour aider les pauvres ». Mais il n’a pas changé d’opinion: « fallait pas voter macron, fallait voter le pen ». Tous ceux qui nous écoutaient étaient restés fixés sur la présidentielle, j’avais beau leur expliquer que l’élection européenne était différente de la présidentielle, cela paraissait trop compliqué le choix demeurait entre Macron et Le pen.

J’ai repensé à cet invraisemblable reportage sur Arte, autour de la défense du journal l’humanité. Cela se passait à Bourges, il y avait même un ancien député pour présenter la problématique. L’Humanité avait toujours été le journal des socialistes, celui de Jaurès, pendant un bref temps il avait été l’organe du parti communiste, mais maintenant c’était fini il était le journal de la gauche. On n’allait pas jusqu’à dire que les communistes n’existaient plus mais il n’y avait même plus à le dire, c’était devenu un fait. Au moment même où les communistes se dépensent pour sauver ce qu’ils croient être leur journal, où le secrétaire fédéral du parti communiste des Bouches du Rhône appelle à donner une journée de travail, la direction de l’humanité achève le parti sans état d’âme. Comment expliquer à ces braves gens qui animent cette journée ce qui se passe sans les écœurer un peu plus, sans les éloigner de la politique?

L’autre jour un camarade m’a demandé: « Est-ce que untel est un vendu? » Je lui ai répondu : « seul la mort transforme la vie en destin et donc PLH (et les autres) en coquin, mais c’est bien parti. Ils se sont approprié ce qui avait été gagné par les luttes, les supplices et la mort de dizaines de milliers de communistes et ils l’ont déshonoré et vendu pour s’assurer une bonne place en fin ils l’espèrent.

Il y avait dans cette journée toute la force et la faiblesse actuelle des communistes. Il étaient toujours là avec leur générosité, leurs valeurs de partage mais tous ces gens y compris les algériennes et leurs enfants étaient désormais loin de la politique, de la nécessité première du parti comme architecture fondamentale de cette vision du monde. Sans ce parti le bénévolat, l’humanisme concret est condamné à agir à la marge. Mais ils sont toujours là.

Danielle Bleitrach

 
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Publié par le mars 31, 2019 dans Marseille, SOCIETE

 

Marseille : Zineb Redouane a été tuée par une grenade lacrymogène, son fils s’exprime

Zineb Redouane / © Sami Redouane
Zineb Redouane / © Sami Redouane

Le 1er décembre 2018, Zenib Redouane ferme ses volets alors que manifestants et policiers s’affrontent en bas de chez elle. Agée de 80 ans, elle reçoit une grenade lacrymogène en pleine face et meurt dans la nuit. Sami, son fils, décide maintenant de s’exprimer.

Par Nathalie Deumier 

Zenib Redouane habitait au 4ème étage, tout près de la Canebière. Elle a succombé à une blesssure au visage provoquée par une grenade lacrymogène. Deux mois plus tard, son fils Sami décide de raconter comment se déroulent les procédures, en France et en Algérie.

La mâchoire fracturée par la grenade

Le 1er décembre 2018, Zenib Redouane ferme ses volets pendant que policiers et gilets jaunes s’affrontent violemment en bas de chez elle. Agée de 80 ans, elle vit rue des Feuillants, tout près de la Canebière. Son fils Sami nous raconte :  » Les rues étaient bloquées tout autour, les pompiers ont eu du mal à la rejoindre. Ils l’ont transportée à l’hôpital de la Timone où on lui a fait 10 points de suture sur le visage. »

Zenib Redouane / © Sami Redouane
Zenib Redouane / © Sami Redouane

Dans la nuit, elle est transférée à l’hôpital de la Conception pour être opérée en urgence car sa mâchoire est fracturée. Mais Zenib Redouane décède avant l’intervention.

La « police des polices » ouvre une enquête

Une autopsie est ordonnée. Deux ou trois jours après le décès, l’IGPN, Inspection Générale de la Police Nationale, surnommée la « police des polices » contacte la famille de la victime. Sami Redouane sait que beaucoup de témoins étaient présents, et tout a été filmé. L’appartement est placé sous scellés. Des frangments de grenades sont retrouvés à l’intérieur.

Toujours selon Sami Redouane, le procureur d’Alger a également ouvert une enquête et demandé une deuxième autopsie.

Zenib et son fils Sami Redouane / © Photo de la famille Redouane
Zenib et son fils Sami Redouane / © Photo de la famille Redouane

« Il faut clore le dossier », réclame la famille

Sami Redouane, le fils de Zenib, est imprimeur à Alger. Il se rend régulièrement à Marseille pour l’enquête et a pris un avocat. Il souhaite que les responsables soient jugés, que la police reconnaisse ce tir. La famille a attendu le permis d’inhumer pendant plus de 20 jours avant de pouvoir enterrer leur mère en Algérie. Aujourd’hui, Sami Redouane souhaite que sa famille s’apaise « Il faut clore ce dossier, et que justice soit faîte ».

 
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Publié par le février 11, 2019 dans actualités, femmes, Marseille, SOCIETE

 

RETOUR DE MANIFESTATION… ON FAIT COMME ON PEUT A MARSEILLE

Forte mobilisation à Marseille pour ce 9e samedi d'action des gilets jaunes. / © Pauline Guigou France 3 Provence Alpes

Hier je suis allée à la magnifique manif des gilets jaunes de Marseille,le soleil la foule qui s’ébranle le long du quai de Rive neuve sur le Vieux Port. Le long des murs, une haie de gladiateurs nous surveille…  De gentilles jeunes filles s’approchent de moi pour me féliciter de ne pas avoir peur, moi qui marche avec une canne… Je leur souris et je leur explique qu’un jour à mon âge, elles manifesteront aussi s’il le faut. Elles  penseront à moi parce qu’il n’y a pas d’âge pour revendiquer sa dignité, son engagement dans la vie pour soi et pour les autres. Des camarades que je n’avais pas vu depuis plus de vingt ans m’embrassent, l’un d’eux me raconte que pour le Congrès, il a voté pour moi, sans hésiter… L’autre n’est plus au parti: je n’aime pas à me battre contre les camarades dit-il..Je le comprends, c’est pénible surtout quand on fait systématiquement les frais de la bataille ce qui est mon cas depuis plus de 20ans et qui visiblement ne change pas… Il est temps d’en tirer les conclusions qui s’imposent.. .

Quand nous nous retrouvons nous sommes contents d’être là…Ensemble… Cette manif est un fourre-tout, mais aussi une agora… il s’y dit à peu près n’importe quoi, ceux qui vantent le RIC sont neuf, on sent les trucs distrribués à des « militants » qui ne disent pas d’où ils viennent… alors que ceux qui portent des cartons usagés se plaignent de ne manger que des pates et du riz…

Nous sommes venus à titre individuel mais nous sommes de ce fait moins  visibles que lutte ouvrière qui formait un cortège avec banderole d’une vingtaine de militants. J’étais avec une camarade de ma cellule, Nicole… Elle a voté pour le texte de la direction mais   elle fait partie de ceux  avec qui je suis devenue amie. D’ailleurs depuis que j’ai décidé de ne plus participer aux réunions de cellules, ni à aucune autre réunion du parti,  j’ai d’excellentes relations individuelles avec mes camarades. C’est mieux comme ça !

Nous nous sommes arrêtées à la terrasse d’un café près du pharo, Nicole et moi, là nous avons commencé une discussion sur ce qui se passait dans le monde… Je lui ai parlé de la Hongrie, de cet ultime dirigeant communiste qui prétendait avoir deux ennemis Maxime Gremetz et Ceausescu, et il ajoutait « Maxime Gremetz lui n’a pas d’armée »… Une vieille histoire entre les Hongrois et les Roumains…  Quand j’ai prononcé  le nom de Ceausescu, le garçon que nous n’avions pas remarqué mais qui était derrière nous depuis pas mal de temps, est intervenu et il nous a dit qu’il était roumain, qu’il aimait Ceausescu, qu’il regrettait le temps du communisme.Il avait 43 ans, il parlait 4 langues avait reçu une excellente éducation comme dans tous les pays socialistes. Il était chaleureux et passionné. « Nous avions un travail, une maison correcte, des fêtes, des amis, nous avons tout perdu, nous sommes dispersés dans le monde…  » Depuis la fin du socialisme dans son pays c’était le malheurselon lui. Devant nous la grande manifestation s’étirait… Elle n’en finissait pas…

Pendant une demi heure, le garçon de café roumain  a dit à Nicole ce que je m’évertue à répéter et qu’il est interdit de dire… A savoir que pour lui et tant d’autres: en Russie et dans les ex pays socialistes,  le communisme c’est la plus belle chose du monde, l’égalité, le bonheur en famille, sur les lieux de travail… Il n’arrêtait pas, il disait « vous les occidentaux vous voulez la guerre, mais Poutine devra se défendre et il vous détruira… ce ne sera pas de sa faute, vous l’aurez cherché…  » Encore une chose dont on a pas idée ici, la conviction qui monte partout que les pays de l’OTAN dont la France veulent la guerre, qu’ils la préparent et qu’elle devient inéluctable…  Comment expliquer à un communiste français, que partout dans le monde ils ont peur de nous, de nos bombes, de notre mentalité de pillards assortis de bons sentiments et de’ prtoclamation de liberté… Ils ont peur de nous de ce dont nous sommes capables… Pour une bonne part c’est ce qui explique en Russie le vote pour Poutine, il faut un homme capable de faire face à ce qui se prpéare ici à coup de désinformation… Les gilets jaunes ont leur sympathie non seulement parce qu’ils ont les mêmes revendications qu’eux, vivre, simplement vivre dans la dignité comme l’avait écrit sur un carton une manifestante, mais parce que peut-être y a-t-il là un terrain d’entente pour la paix…

Cet homme un humaniste, un homme cultivé, il écrivait des scénarios de films policiers, il était acteur… Il aimait la France, il avait appris enfant la Révolution française, l’admiration pour notre pays et il se sentait avec les gilets jaunes, il partageait leur colère, celle des petites gens ballottés par une Histoire qu’ils n’ont pas voulu, gorgés de mensonges… .

Nicole lui a demandé: « et la dictature?  » Quelle dictature? Vous savez ce qui était fait, comme il y avait du travail pour tout le monde, celui qui ne travaillait pas on le punissait de prison… Vous de quel droit jugez vous de la liberté ? A côté d’ici il y a des vieux qui dorment la nuit par terre enveloppés dans des couvertures… Les jeunes cela a de la ressource, mais des vieux, est-ce que vous n’avez pas honte de les traiter comme ça vous qui donnez des leçons aux autres… L’autre jour j’ai fait une collecte auprès de mes collegues de travail, « Ne les laissez pas comme ça, ce sont des Français comme vous, ils pourraient être vos parents, assurons le tous les jours un café chaud et un morceau de pain… j’ai dit au cuisinierce que tu as en trop donne le leur! des vieux qui ne peuvent pas se défendre, vous les traitez pire que des chiens, vous et votre macron dont je souhaite qu’il aille en enfer…

Je lui ai dit que j’arrivai de Hongrie et que j’avais été frappée par l’indignation des camarades qui me recevaient, indignation devant les mendiants, un homme d’une soixantaine d’année qui avait l’air d’avoir perdu l’esprit. Judit répétait « mais comment peut-on tolérer de laisser un être humain dans un tel état? Cela n’existait pas du temps du socialisme, cela devrait être une priorité de l’Etat  » Le garçon de café roumain et elle avaient la colère pour les mêmes raisons: les vieux en train de mendier dans le froid et le fait qu’une grande partie de la population était contrainte de s’exiler puisque désormais il n’y avait plus de travail pour tout le monde… « je ne serais pas mieux chez moi en famille, comme jadis répétait le roumain.

Nous avohs pris son numéro de téléphone et lundi nous allons nous rendre Nicole et moi à la réunion des gilets jaunes de notre arrondissement, au 53 de la rue esperandieu

Comme je l’ai expliqué plusieurs fois, je n’en veux à personne mais il s’avère que les résultats du dernier Congrès m’empêchent de militer au parti communiste français. Je n’ai plus ma place nulle part…  ma fédération a triché. Tous les domaines dans lesquels j’aurais pu apporter quelque chose me sont encore et toujours  interdits, j’y suis a priori censuré. Je reste au parti, je paye mes cotisations. je garde de bonnes relations avec mes camarades mais à partir du moment où ils ont laissé le secteur international à des gens qui ne savent que suivre la social démocratie et jouer les touristes de luxe avec l’argent de l’Union européenne et des fondations allemandes qui exigent que l’on mente sur ce qui se passe dans le monde et sur notre histoire. Tout ce qui a trait à la culture, à la formation, à l’idéologie est entre leurs mains. Ils tiennent TOUTES les publications du parti et y pratiquent la même censure. J’étouffe, j’ai besoin d’air…

A mon âge, on ne peut pas continuer à subir de telles humiliations. On attend plus rien, ni poste, ni gloire, mais pouvoir dire SA vérité, celle qui vous a été tant de fois transmise de part le monde, ne’ pas trahir c’est l’ultime revendication sur laquelle je ne transigerai pas. Et si cela s’avère impossible,  j’attendrais donc la suite en agissant là où je le peux, en communiste et il ne manque pas de lieux pour cela.

Danielle Bleitrach

 
 

Le luxe d’une autre politique, de croire à ce que l’on dit et à ce que l’on fait… putain que c’est dur…

L’image contient peut-être : plein air

Cette magnifique photo de Willy Ronis. je me souviens encore de ce jour où il est venu au Colonel Fabien, pour proposer au parti d’hériter de son fonds de photos, le parti était la seule institution dans laquelle il avait confiance comme tant d’artistes, tant de poètes, parce que ce parti était celui de la classe ouvrière et aussi parce que Willy était juif, comme Francis Lemarque, Le Chanois et tant d’autres dont le nom ne le disait pas… Un petit prolétaire juif, d’une famille récemment immigrée, et il n’y avait eu en ce temps de la bataille du rail que les communistes, la classe ouvrière, la seule qui n’ait jamais trahi reconnaissait Mauriac… .

A ce titre j’ai eu la chance de rencontrer ce très grand photographe à plusieurs reprises et le voir travailler à Messine en Sicile. Les communistes à Stalingrad m’ont donné la vie, comme à Willy Ronis, mais il m’ont donné tout au long de cette vie la possibilité de combats justes aux côtés d’individus respectables, les meilleurs… Je ne cesse de payer cette dette même si parfois je me demande ce que je fiche là…

Sa photo dit ma ville dans l’épaisseur de la brume et les oiseaux de mauvaise augure…

Cette ville de la misère et de la révolte sans cesse étouffée par les « combinaisons » politiciennes.

A l’image de ce détournement de sens, ce viol de la souffrance humaine qui s’est passé à l’Assemblée nationale hier. Non je refuse de participer à cela… Au nom des morts comme en respect de tous mes engagements.

Oui je me sens solidaire de ceux qui souffrent, des huit morts enterrés sous les ruines d’immeubles insalubres, 60% de logements de luxe inoccupés, et 40% d’un habitat dans cet état dans lequel s’entassent les misérables, et dont l’on découvre que les notables de la municipalité, la bourgeoisie marseillaise en possèdent une bonne partie. On se croirait revenu à ce temps où la peste s’était répandue sur Marseille parce que les échevins de l’époque n’avaient pas voulu laisser un navire en quarantaine au Frioul, parce que la charge de tissu devait être vendue dans une foire proche. Il ne fallait pas en rater les profits escomptés. Ce furent des centaines de milliers de morts, les galériens à qui on avait promis la liberté les évacuaient, la plupart en moururent…

La bourgeoisie marseillaise n’a pas changé, de pauvres petites gens en sont morts sous les gravats sans qu’il y ait la moindre inculpation. Il y a de la colère dans la ville, mais elle ne soulève pas assez les véritables victimes, les pauvres en état d’assistanat qui ont peur de tout perdre s’ils bougent, s’ils sortent du clientélisme qui pourrit cette ville.

Il y a eu au marché de Noël de Strasbourg des morts, des gens qui tentaient de croire que l’esprit de Noël c’était ces lumières et les achats, une petite part de bonheur à date fixe comme on cesse de nous le répéter, le temps du meilleur chiffre d’affaire et ceux qui le 15 du mois n’ont plus rien à manger devraient le respecter…

Pauvres gens qui n’avaient rien demandé, que l’on a aussitôt utilisés pour monter une partie du prolétariat contre les assistés trop silencieux des cités, ce prolétariat qui depuis le 17 novembre découvre le collectif et a tant de mal à lui donner forme mais qui a créé dans le cœur de chacun l’idée que tout cela était faux archifaux, la prise de conscience qui avance à toute vitesse. Il faut retrouver le collectif, se battre les uns pour les autres, l’argent existe, il faut le prendre où il est et ce pouvoir ne le fera jamais… la montée vers une maturité de classe des gilets jaunes, au moment où la CGT qui en a fini avec les élections rentre dans la danse, au moment où le discours présidentiel a fait un bide.

Non il n’est pas nécessaire de donner dans le complot et d’imaginer que ce pouvoir est à l’origine du crime, ça c’est encore leur mode de pensée, celui de leur droite extrême. penser ainsi c’est encore se soumettre à ce qu’ils sont, à leur conception du pouvoir, il y a mieux à faire… il suffit d’en mesurer le profit, la manière dont l’idéologie dominante étant celle de la classe dominante ils essaient de nous faire tous devenir les sujets respectueux de leur pouvoir immonde. Le complot n’existe pas, il suffit bien qu’ils soient ce qu’ils sont et qu’ils nous fassent nous prosterner devant leur légitimité qu’ils osent dire républicaine… Comme les échevins criminels de la peste qui a ravagé ma ville, ils auront leur nom célébré : rue chevalier Roze, rue Estelle, et les pauvres morts, les galériens n’auront que l’anonymat… les échevins se sont repentis et ils ont fait la charité… c’est bien suffisant pour qu’on les loue, que leur nom soit à jamais encensé…

Nous en sommes toujours là…

Tout cela a donné lieu à l’assemblée nationale à d’indécents discours sur la république… Je le dis comme je le pense j’ai eu envie de vomir quand j’ai écouté le dialogue entre le premier ministre et Mélenchon, cette entente, ce music hall des âmes nobles… Mélenchon que je n’ai jamais insulté, mais à qui j’ai trouvé là une sale gueule, se levant après l’intervention d’Édouard Philippe. La complicité au sein de la bourgeoisie, c’est à l’assemblée que tout se règle et donc dans les urnes, pas dans les rues… Pouvait-on être plus clair. Les communistes qui avaient initié la demande de censure pour aussitôt s’en faire voler le mérite par cette outre remplie de vent et par les socialistes, ont eu la décence d’en demander le report.

Qui croît aux larmes de ces gens là, qui éprouve autre chose que du mépris face à tous ceux qui sur les plateaux de télé viennent en leur soutien? quand je pense que ces abominables hypocrites nous répétent que la france est en train de se perdre de réputation, alors que partout en Europe et dans le monde la France est redevenue « cet air de liberté qui donnait aux peuples le vertige ».

Avoir la force alors que la nausée vous prend devant ces gens-là de dire et répéter qu’il faut qu’on soit très nombreux à la manifestation du 13, durant ce week-end, diffuser la proposition de loi de Fabien Roussel : « Le groupe PCF à l’Assemblée nationale va déposer une proposition de loi visant à prélever à la source les bénéfices des multinationales afin qu’elles n’échappent pas au fisc en France, a annoncé dimanche le député communiste du Nord Fabien Roussel. » Parce qu’il n’y a rien d’autre à faire que de mener ces combats là…

Être communiste a été le luxe de ma vie, celui de ne jamais oublier la souffrance des petits, des sans voix, de ceux qui ont le courage de dire NON comme ceux qui se taisent écrasés par l’injustice. Non je ne participe d’aucun consensus. Les communistes je les ai rencontrés, parfois j’en côtoie encore, je suis encore au parti parce que c’est là où il y a le moins de fascistes et parce que le peu que je pourrais faire vaut mieux que telle une petite bourgeoise je me drape dans l’excellence de mes aspirations à un idéal impossible; mais putain que c’est dur…

Danielle Bleitrach

 
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Publié par le décembre 13, 2018 dans Marseille, mon journal, POLITIQUE