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Archives de Catégorie: Marseille

Il n’y aura (peut-être) pas d’après-rue-d’Aubagne

beau billet qui met en évidence l’extraordinaire vitalité des marseillais à l’image de cette ville foutrarque qui est toujours trahie y compris par ceux qui l’aiment. Je me souviens d’un jour au local du parti qui était à l’époque rue saint Bazile, c’était u lendemain d’éléction qui avaient été décevante pour le pCF. Paul Cermolacce s’est mis tout à coup à crier, amoureux et exaspéré: « cette ville est une pute »… et j’ajoute qu’elle a pas mal de souteneurs amoureux de leur gagneuse… (note de danielle Bleitrach)

Billet de blog
Blaah
16 Nov 2018 13

Symbole ultime et tragique d’une incurie municipale que chacun constatait depuis 20 ans, l’effondrement des immeubles de Noailles précipite la colère de la ville. Mais dans cette fin de règne où transparaît l’impatience d’enfin tout reconstruire, la lutte oppose moins les Marseillais à leurs institutions qu’entre elles les multiples facettes d’une même ville.

On se serait surpris à imaginer, mercredi, Jean-Claude Gaudin reclus dans son bureau municipal, derrière les portes verrouillées d’un Hôtel de ville que des rangées de grilles et de policiers isolaient encore un peu plus de la colère. 53 ans de mandats électifs, dont 23 à la tête de la ville : une telle longévité ne s’obtient pas sans aimer Marseille, quoi qu’on en dise. C’est ce qui rend le gâchis encore plus cruel. Marseille était peut-être son Rosebud ; aussi assourdissantes soient les huées au moment de quitter la scène, jamais elles ne tortureront le chef déchu autant que son propre regard sur ce demi-siècle, et cet amour perdu de vue jusqu’à l’aveu fait à soi-même d’une trahison pure et simple.

 

Au rythme des perquisitions, rapports de la cour des comptes et tout simplement des lacunes constatées par tout un chacun depuis plusieurs années, l’incompétence municipale ne faisait plus guère de doute. Moqueries et commentaires acerbes aidaient les usagers à s’accommoder tant bien que mal de cette pétaudière si marseillaise. Puis il y eut Simona. Fabien. Niasse. Taher. Chérif. Ouloume. Marie-Emmanuelle. Julien. Huit noms jetés dans la médiocre cuisine phocéenne, qui rappellent que si l’incompétence fait rire, si l’incompétence exaspère, surtout : l’incompétence tue. « Huit vies sur la conscience », froid constat à jamais opposable à ceux qui n’ont de cesse, depuis dix jours, de se débattre dans leur médiocre irresponsabilité. Huit vies emportées brutalement, mais combien d’autres non comptabilisées, éteintes à petit feu dans les logements insalubres, au bord des routes et du port pollués comme jamais… « La mairie tue » : le raccourci est trop facile dans cet enchevêtrement de responsabilités, mais il en demeure pertinent. L’inaction, le mépris ont bien tué, et une telle faillite de la part de ses représentants paraît si inconcevable, si insupportable, qu’elle ne peut qu’en marquer un point de non-retour. Après le drame, plus rien ne sera comme avant, lit-on.

 

Et après ?

Et pourtant, il paraît bien incertain, cet « après-rue-d’Aubagne » auquel on voudrait tant croire. L’émotion proclame la fin imminente d’un système municipal délétère, en oubliant que si Marseille l’a perpétué si longtemps, c’est que Marseille y trouve aussi son compte. Le Marseille populaire et le Marseille militant ont ces derniers jours crié leur désarroi légitime. Mais le Marseille clientéliste cessera-t-il de voter pour qui lui promet un emploi ou un logement ? Cessera-t-il de récompenser les paniers garnis du troisième âge, les inaugurations de boulodromes, les soutiens aux communautés diverses, et tous ces renvois d’ascenseurs bâtis sur une réciprocité d’intérêts bien sentis, hormis l’intérêt général ? Le drame de la rue d’Aubagne changera-t-il quelque chose au Marseille du repli, celui qui voit se multiplier les lotissements clôturés, surprotégés, tandis qu’à un jet de pierre d’autres quartiers n’en finissent pas de se recroqueviller sur leur propre délabrement ?

 

Que des têtes tombent, c’est inéluctable, mais quid de l’après ? Un successeur qui utilisera les mêmes recettes électorales maquillées d’un peu de « changement dans la continuité » ? Un maire de transition, présentant bien et respectant les équilibres, mais qui n’aura pas l’once du commencement de la puissance nécessaire à faire évoluer une administration viciée ? Remettre celle-ci en ordre de marche nécessitera des efforts, voire des combats, longs et colossaux, quand bien même l’infamante mise sous tutelle des secteurs les plus vitaux viendrait alléger le fardeau.

 

« Je t’en foutrai, du vivre-ensemble »

Dans l’éditorial de ce jour, Libération évoque la fin d’un système. Ceci n’a rien d’une évidence, car le discrédit de l’équipe municipale ne représente que l’écume : ce ne sont pas contre ses politiques que Marseille devra se battre mais, comme toujours, contre ses propres démons. Artiste, étudiants venus grâce à l’ouverture européenne, immigrés africains, bénéficiaires d’aides sociales : malgré la récupération hypocrite de Stéphane Ravier, les victimes incarnent tout ce que l’extrême-droite méprise. Passé le temps du deuil, ses discours mortifères poursuivront leur œuvre de gangrène auprès d’un électorat toujours plus à l’écoute. En centre-ville, le fracas de l’effondrement s’est mêlé aux bruits de la Plaine, là où deux Marseille se toisent sans s’entendre car d’écoute la mairie n’a jamais voulu. Pour paraphraser Alessi Dell’Umbria, le Marseille qui habite tente de résister au Marseille qui réside, celui qui lutte contre les « usages déviants » de l’espace public, fait fermer les salles de concerts, et rêve sans doute d’imposer aux usagers de la ville de l' »occuper bourgeoisement », comme il est écrit dans les règlements d’immeubles. Certains dans ce Marseille-là s’attristent des vies perdues, en refusant de voir qu’elles sont aussi le prix de ce laisser-pourrir préludant aux grandes opérations d’urbanisme. Quel candidat aux municipales promettra de construire des HLM en lieu et place des bâtiments évacués ou détruits dans ce centre-ville empli de potentialités lucratives ? Quel électeur validerait une telle promesse ?

 

Le Marseille qui s’exprime aujourd’hui, c’est celui de l’action, du mélange, celui du bruit, celui des rues et des places, le Marseille qui n’attend pas la permission pour vivre ensemble. Il évoque le mythe fondateur de la génération Chourmo, c’est aussi celui incarné dans les groupes de supporters ; il ne va pas sans débordements, sans contradictions, voire parfois sans compromissions, mais il demeure essentiel. Il n’y avait pas meilleur endroit pour faire ses humanités que les rues du centre, ce mélange permanent et forcé où il est impossible de trouver sa place sans faire l’effort de comprendre l’autre. Qu’on l’idéalise ou non, ce creuset méditerranéen et populaire est une réalité de Marseille, et c’est cette réalité qui dit aujourd’hui sa soif de changement. Mais l’émotion et le fracas ne doivent pas faire oublier la force – ne fût-ce qu’une force d’inertie – de l’autre Marseille, celui qui comme le reste du monde occidental a peur, s’isole et se dit « à quoi bon ». Plein de bonne volonté, Laurent Joffrin incitait le Marseille qui manifeste à transcrire cette mobilisation dans les urnes ; il semblait croire à un Grand Soir municipal comme si, par magie, ces immenses masses du Marseille conservateur et du Marseille désabusé avaient soudain cessé d’exister. Plus encore que les intrigues successorales, les choix de ces électorats ressemblent pourtant à un enjeu majeur.

 

« On n’oubliera jamais que le bonheur est dans l’action »

Qui occupera l’hôtel de ville, voici donc un futur incertain et peu propice à l’optimisme. Mais l’énergie des habitants, elle, demeure. Quoi qu’en disent ceux qui y voient une nouveauté, nombre de Marseillais n’ont jamais attendu que la ville s’écroule pour se prendre en main, tout simplement parce qu’il s’agissait de la seule alternative à l’invisibilité des pouvoirs publics. Pour ne parler que de l’année écoulée, ce sont ces militants qui vont, truelles et pinceaux en main, repeindre eux-mêmes une école délabrée. Ce sont ces parents qui, lassés d’attendre une réponse de la voirie, achètent et installent eux-mêmes un ralentisseur. Ce sont les associations parfois alliées de la tambouille municipale, mais aussi et parfois seuls actrices du lien social dans certains quartiers. C’est la débrouille et l’improvisation quotidiennes de part et d’autre de la ville, pas parce que ça fait bien, pas parce que c’est militant, mais tout simplement parce qu’ici, on n’a pas le choix. Imposée par des années de désintérêt réciproque entre les habitants et les institutions publiques, cette vie sociale parfois à la lisière de l’autogestion est une richesse paradoxale, et en tout cas un trésor que bien d’autres collectivités en manque de démocratie participative pourraient nous envier.

 

À l’heure où l’institution municipale paie le prix d’une éternité de délitement moral et fonctionnel, il serait tentant d’opposer la saine et unanime colère du peuple et sa volonté massive de faire table rase. Cette vision paraîtrait étrangement simple, tant la marseillologie est faite de paradoxes et de contradictions. La transition avec les années Gaudin sera-t-elle aussi brutale que l’émotion ambiante le laisse présager ? Et surtout, les électeurs marseillais soutiendront-ils cette volonté de justice envers ces classes populaires ignorées pendant des décennies ? L’enjeu ne se trouve même pas ici, serait-on tenté de dire ; au-delà de l’échéance électorale, c’est cette force d’agir ensemble et d’occuper l’espace public qui est à cultiver. Manifester et dénoncer quand l’actualité l’exige et en tous temps, partager, discuter, rire et vivre ensemble, car c’est dans ses rues que se fait la ville. Lieu de mélange et de dialogue pour les idéalistes, huis-clos aux protagonistes condamnés à s’insupporter éternellement pour les cyniques, toujours est-il que de cette tension, de ces crispations, naît cette vitalité foutraque qui irrigue Marseille. Cette énergie collective, c’est à peu près la seule digue qui protège la ville quand le monde entier nous incite au repli. C’est elle qui attirait l’auteur de ces lignes et qui maintient aujourd’hui, encore un paradoxe, un amour immodéré pour cette ville où il n’est pourtant jamais revenu vivre. C’est peut-être le même esprit qui fit venir Simona, Fabien, Niasse, Taher, Chérif, Ouloume, Marie-Emmanuelle, Julien, dans cette ville à qui il arrive de tuer ceux qu’elle aime. Pour eux surtout, les manifestants et plus largement ceux qui bougent, ceux qui crient, ceux qui font, ont montré que l’énergie des Marseillais ne s’éteignait pas.

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    Publié par le novembre 18, 2018 dans Marseille, mythe et légendes

     

    Comment Jean-Claude Gaudin a vendu Marseille aux promoteurs

     PAR  ET JEAN-FRANÇOIS POUPELIN (LE RAVI)

    À l’heure de faire son bilan et, peut-être, de rempiler pour six ans, le sénateur-maire UMP de Marseille peut se vanter d’avoir coulé sa ville dans le béton. Une histoire politique et de petits arrangements entre gens bien introduits. En partenariat avec le mensuel Le Ravi.

    Une enquête de Jean-François Poupelin (le Ravi) et Louise Fessard (Mediapart)« Je n’ai jamais été inquiété par la justice », se vante régulièrement Jean-Claude Gaudin, notamment en période électorale. Une rengaine écornée par l’ouverture début 2014 par le parquet de Marseille d’une enquête préliminaire pour des soupçons de favoritisme visant un des satellites de la ville suite à un signalement de la chambre régionale des comptes. Comme l’a révélé La Provence, les magistrats financiers se sont étonnés de la générosité de la société d’économie mixte Marseille Aménagement, bras armé immobilier de la ville, envers une famille d’entrepreneurs marseillais. Les faits se déroulent à la Capelette, un ancien quartier ouvrier de l’est de Marseille où le départ des industries a laissé des friches béantes. En 2003, Marseille Aménagement rachète sur cette zone d’aménagement concerté (ZAC) un terrain pour y construire un palais de la glisse. Le terrain est squatté par Laser Propreté, une société de nettoyage industriel appartenant à la famille Lasery, dont la convention d’occupation est pourtant résiliée depuis 1998. Jackpot : fin 2004, Marseille Aménagement indemnise Laser Propreté à hauteur de 2 millions d’euros, alors que le bail prévoyait une indemnité maximale de 193 000 euros (et même seulement 153 000 euros selon l’évaluation du service des domaines) !

    Jean-Claude Gaudin, maire UMP de Marseille depuis 1995 © Rémi LerouxJean-Claude Gaudin, maire UMP de Marseille depuis 1995 © Rémi Leroux

    En décembre 2011, Marseille Aménagement revend de gré à gré le terrain voisin et une partie de celui indemnisé (dépollué et en partie aménagé à ses frais en 2013) à un groupe de promoteurs qui souhaite y construire le centre commercial Bleu Capelette. Il s’agit d’Icade (filiale de la Caisse des dépôts et des consignations) et de Sifer, une société dirigée par Éric Lasery, l’un des associés de Laser Propreté, qui n’a pourtant aucune expérience dans le domaine. À en croire les déclarations d’un cadre d’Icade, les deux affaires semblent avoir été négociées à peu près à la même période. « Il y a dix ans maintenant, nous avons imaginé un centre commercial avec une composante loisirs importante à l’entrée est de Marseille », a indiqué Antoine Nougarède, directeur de l’immobilier commercial chez Icade, dans La Provence en avril 2013. D’où les soupçons de favoritisme. Contacté, Éric Lasery parle d’« extrapolations ». « Le seul reproche de la CRC [qui concerne Sifer, ndlr] est de ne pas avoir mis en concurrence, mais ça il faut demander à Marseille Aménagement », rectifie-t-il. Avant de lâcher : « Tous les terrains sont vendus à Marseille sans concurrence, donc il n’y a pas eu d’exception pour nous. »

    Le projet Bleu capelette, un des futurs centres commerciaux àl'entrée est de la ville. © Belu capeletteLe projet Bleu capelette, un des futurs centres commerciaux àl’entrée est de la ville. © Belu capelette

    L’entourage du candidat Jean-Claude Gaudin a aussitôt ouvert le parapluie. « La mairie nʼa rien à voir, directement, avec cette affaire, nous a répondu Claude Bertrand, son directeur de cabinet (voir l’intégralité de sa réponse sous l’onglet Prolonger). En 2013, la Chambre régionale des comptes est intervenue sur Marseille Aménagement et non sur la Ville. En tant que société d’économie mixte, elle assumait la maîtrise d’ouvrage de ses opérations. » C’est oublier que ce sont des élus UMP, dont Gaudin, qui ont présidé la SEM, récemment absorbée par une nouvelle SPL (Société publique locale). Ancien conseiller de Jean-Claude Gaudin, « Boumendil, le directeur de Marseille aménagement (de 1998 à 2013, ndlr) prenait ses ordres chez Loisel (directeur de cabinet adjoint du sénateur et maire UMP, décédé en 2011, ndlr) et Bertrand », précise d’ailleurs un observateur avisé.

    L’affaire est symptomatique du fonctionnement opaque de la ville lorsqu’il s’agit d’immobilier. Dans son rapport sur Marseille Aménagement, la CRC a également épinglé la réhabilitation du centre-ville, confiée au privé à travers trois périmètres de rénovation immobilière (PRI) créés entre 1993 et 1995. Près de vingt ans et 60 millions d’euros de dépense communale plus tard, « 40 % des logements qui devaient être réhabilités dans les PRI Centre-ville et Thubaneau, n’avaient toujours pas fait l’objet de travaux à la date du 31 décembre 2009 », manque de s’étouffer la juridiction financière. Qui dresse un panorama aussi prévisible que désastreux de ces opérations : préemption des immeubles et revente à des investisseurs de gré à gré sans aucune transparence, défiscalisations massives et subventions à gogo sans contrôle de la réalité des travaux de rénovation.

    Dès 2000, l’association « Un centre-ville pour tous » avait documenté ces dérives de façon très étayée. Sans effet. Devant l’atonie des élus (majorité comme opposition), des citoyens, proches de l’association, ont décidé de se saisir de ce rapport explosif de la CRC. Sept courriers recommandés ont atterri mi-février 2014 dans la boîte aux lettres de Jean-Claude Gaudin pour lui demander de recouvrer les « sommes indûment versées »signalées par les magistrats. Dans le viseur : des dépenses engagées par Boumendil (pour sponsoriser un congrès de vieilles voitures ou encore une réception lors de la remise de sa Légion d’honneur), un code des marchés publics malmené, des employés licenciés avec de fortes indemnités et repris comme consultants, etc.

     

    La fin du chantier du Mucem, juste avant son ouverture en juin 2013. © LFLa fin du chantier du Mucem, juste avant son ouverture en juin 2013. © LF

    Depuis 1995, Marseille s’est certes embellie : le Vieux-Port a été en partie rendu aux piétons, une nouvelle façade maritime a surgi autour du Mucem, prolongée par le quartier d’affaires de la Joliette, ses docks rénovés et la tour CMA CGM. Mais en réalité, toute une partie de son territoire échappe à la Ville, qui n’est pas pour grand-chose dans la plupart de ces métamorphoses. Le chantier géant d’Euroméditerranée ? Une opération d’intérêt national, lancée en 1995 par Vigouroux et en majeure partie pilotée par l’État. Avec des urbanistes désignés par des concours internationaux, hors de toute emprise de la mairie, qui reconstruisent « la ville sur la ville » sur un terrain de jeu de 480 hectares ! « C’est le préfet qui délivre les permis de construire », précise le promoteur Marc Pietri. L’autre plus grand aménageur de la ville est l’Anru (agence nationale de rénovation urbaine). Via un groupement d’intérêt public, l’agence nationale pilote 14 opérations dans les cités marseillaises avec un investissement total d’un milliard d’euros, un record en France.

    Et là où la Ville a les mains libres, le bilan est souvent catastrophique.

    Autre exemple, les ZAC. On n’y envisage souvent la création des réseaux nécessaires, des transports en commun et des équipements publics qu’après coup, une fois les programmes commercialisés. « En gros ils construisent, puis ils viennent nous voir pour les réseaux, se plaint un cadre de MPM. Derrière on a des pressions pour assurer le pluvial, l’assainissement, la gestion de la voirie, les espaces publics. C’est une sorte de rouleau compresseur qui nous met devant le fait accompli. » Les seules infrastructures de transport construites depuis 1995 l’ont été dans le centre-ville (12,5 km de tramway et quatre nouvelles stations de métro), en évitant soigneusement les quartiers nord

    « Le problème de fond à Marseille est qu’il n’y a ni vision, ni projet, regrette Valérie Décot, nouvelle présidente du syndicat des architectes des Bouches-du-Rhône. Lyon, Bordeaux, Lille ont pris en main leur destin. Les maires se sont entourés de professionnels compétents pour retisser des liens entre les centres-villes et les quartiers défavorisés. Pas ici. » La ville a, par exemple, attendu janvier 2014 pour se doter d’un architecte conseil et n’a pas d’adjoint à l’urbanisme (mais un simple conseiller municipal délégué). Elle a également usé cinq directeurs de l’urbanisme depuis 1995 et a beaucoup tardé à se constituer une réserve foncière. « Quand je m’occupais du foncier à la ville, il ne restait presque plus rien à vendre, se souvient Jean Canton, directeur de l’urbanisme de Gaudin de 2002 à 2009, qui roule désormais pour Pape Diouf. Si une entreprise recherchait 5 ou 10 hectares, ça n’existait pas, en dehors des friches dont il faut s’occuper. Et l’absence de planification coûte cher à la ville : les prix ont doublé en 10-12 ans (de 2000 à 4000 euros le mètre carré). »

    Du coup, les promoteurs, à l’affût des opportunités, ont souvent un coup d’avance et débarquent dans les services avec des projets clés en main. « Ils ont rempli toutes les dents creuses », reconnaît le promoteur Marc Pietri, qui ajoute cependant que Claude Gaudin a été « le pape de la paix sociale ». « Cette ville en 1995 aurait dû exploser, rappelle le PDG de Constructa.  Quand il arrive, il faut absolument produire du logement car il n’y a rien. Peut-être qu’on a un peu trop construit ici ou là… » Le sénateur et maire UMP leur a également offert en pâture les dernières réserves foncières de la ville, comme les 350 hectares du domaine bastidaire de Sainte-Marthe (14e arrondissement). Mais c’est un ancien cadre de la Ville qui résume le mieux la philosophie de l’équipe Gaudin : « Il faut construire beaucoup de logements, ne mettre aucun obstacle, tout cela fera du mouvement et Dieu reconnaîtra les siens. »

    « La porte ouverte à tous les arrangements »

    Mirabilis, une des futures «centralités» de l'«écoquartier» Sainte-Marthe, janvier 2014. © LFMirabilis, une des futures «centralités» de l’«écoquartier» Sainte-Marthe, janvier 2014. © LF

    L’objectif politique est plus ou moins avoué : maintenir un électorat ou changer celui d’un secteur. Longtemps l’obsession de Jean-Claude Gaudin fut de ramener « les habitants qui paient des impôts » dans un « centre envahi par la population étrangère ».Et donc faire du logement haut de gamme. « Puis ils se sont rendu compte qu’une partie de leur électorat, la petite classe moyenne, ne pouvait plus se loger, donc ils ont essayé de faire baisser la fièvre », décrypte William Allaire, journaliste spécialiste du BTP. Avec une confiance dans le privé qui laisse pantois certains professionnels. « À Montpellier à partir de dix logements, il faut faire 25 % de logements sociaux, compare Nicolas Masson. À Marseille, rien ! » Enfin si, depuis juin 2013, le PLU impose 25 % de logements sociaux aux promoteurs, mais à partir de 120 logements. Résultat : seulement 3,7 % de HLM dans le très chic 6e arrondissement, quand le 14e et le 15e en comptent plus de 40 % ! « Du fait que Marseille est une ville pauvre, on est prêt à faire beaucoup de concessions, sur la qualité architecturale, les logements sociaux, les espaces publics, etc. », estime un architecte du cru. « Le directeur régional d’un groupe national, qui a fait de beaux projets à Bordeaux, m’a expliqué qu’on ne lui demande rien à Marseille,confirme Jean Canton. Donc on construit les mêmes logements qu’il y a vingt ans. »

    « On » est aussi prêt à quelques libéralités. Comme celle qui vaut à Marseille Aménagement son enquête préliminaire. Lancer des appels à projet avant de céder des terrains à des promoteurs ? Une « complexification parfaitement inutile », balaie Dominique Vlasto, adjointe au maire Jean-Claude Gaudin qui lui a succédé à la tête de Marseille Aménagement. « Mettre les terrains aux enchères, ce serait dramatique car le coût des logements exploserait », prétend de son côté Yves Moraine, porte-parole de campagne de Jean-Claude Gaudin et président de la Soleam, la SPL qui a remplacé Marseille Aménagement. « Cette façon de faire, sans mise en concurrence sur la qualité du projet et sans contrepartie en création d’espaces publics, c’est la porte ouverte à tous les arrangements », critique Valérie Décot.

    La ville s’est d’ailleurs fait taper plusieurs fois sur les doigts par le tribunal administratif pour sa générosité avec des promoteurs. Les plus récentes : une ristourne de 300 000 euros à Kaufman & Broad sur la vente d’un terrain (2011) et une aide économique de 2,5 millions d’euros à Axa pour la transformation de l’hôtel Dieu en un cinq-étoiles (2012). Sans que cela n’affole l’hôtel de Ville. Le 7 octobre 2013, Jean-Claude Gaudin a fait voter la cession du seul espace public du quartier Corderie (7e arrondissement) pour 3,4 millions d’euros à une filiale de Vinci, qui veut y construire 109 logements depuis dix ans. Avec une discrète ristourne d’un million d’euros pour racheter le volume nécessaire à l‘édification une sortie d’école supprimée par le projet. Le projet est attaqué au tribunal administratif par le CIQ (Comité d’intérêt de quartier) du coin et une poignée de riverains. Le même jour, le sénateur-maire UMP a glissé dans les derniers rapports de la séance l’acquisition au groupe Eiffage de neuf étages d’un bâtiment à construire. Coût : 37,6 millions d’euros. « Un soutien au démarrage d’Euroméditerranée 2 », s’est à l’époque justifié l’adjoint aux finances, qui rappelle le geste d’Eugène Caselli, président PS de la communauté urbaine Marseille Provence Métropole (MPM), envers la tour La Marseillaise de Marc Pietri.

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    Il y a aussi plus subtil. « Une petite poignée d’architectes se partagent le marché local », dénoncent des gens du métier. Parmi les heureux élus, qui se tapent régulièrement le haut de l’affiche dans les programmes privés comme sur les marchés publics, Didier Rogeon, Tangram, Roland Carta, etc. Le premier, qui a coréalisé L’Alcazar (bibliothèque municipale à vocation régionale), la nouvelle station d’épuration Géolide et nombre de programmes résidentiels à Marseille, est ainsi l’un des architectes associés à la rénovation du stade Vélodrome, un PPP (partenariat public-privé) attribué en 2010 par Jean-Claude Gaudin à Arema (Bouygues). Avec, à la clef, la réalisation d’un quartier entier autour du stade : 100 000 m2 de bureaux, hôtels, commerces et habitations ! « De quoi faire travailler son cabinet dix ans », note un confrère envieux. Didier Rogeon avait également fait une très belle affaire en juin 2011 : la Ville lui avait cédé, à l’issue d’une consultation très restreinte, un immeuble proche de l’Hôtel Dieu (rénové par Tangram) pour y installer son cabinet. « Mesquineries entre architectes, balaie Claude Bertrand, directeur de cabinet de Gaudin. Les exemples des cabinets marseillais que vous citez sont parmi les plus gros de Marseille, voire de France. Il est donc probablement assez normal que ces agences soient plus visibles dans notre Ville. »« Lorsqu’un promoteur veut construire, on lui demande le nom de l’architecte », accuse pourtant un « mesquin ». « S’il ne convient pas, on lui donne une liste de 5 ou 6 noms. »Comme lui, plusieurs architectes installés à Marseille ont même carrément renoncé à y travailler et préfèrent faire des projets ailleurs dans la région. Claude Bertrand dément et assure ne jamais intervenir sur les permis de construire. « Il n’y a pas de short list », assure également Roland Carta, architecte bien en cours à droite comme à gauche (qui dit faire 40 % de son chiffre d’affaires en région Paca). En 2012-2013, son cabinet a enchaîné les (co)réalisations à Marseille : Musée d’histoire de Marseille, Mucem, Silo, Fort Saint-Jean, Hôpital européen, rue de la République, siège de la SNCM, etc. L’architecte, grand copain de Marc Pietri, reconnaît quand même à demi-mot que « le promoteur cherche un architecte avec qui il va pouvoir s’entendre et concomitamment il va faire valider le nom. Voir s’il n’y a pas de difficultés ».

    Encore plus discrètes, les relations d’affaires entre l’équipe Gaudin et les promoteurs. À commencer par l’ex-directeur de Marseille aménagement Charles Boumendil, ancien du groupe Bouygues, qui a présidé en 2011 l’association « Architecture et maîtres d’ouvrage ». Un « cercle restreint de professionnels et de responsables régionaux » qui rassemble, pour des visites de chantier ou des cocktails en catamaran, donneurs d’ordre, industriel du bâtiment et architectes, dans le but vertueux de « favoriser la qualité architecturale ». Et plus si affinités…

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    Autre exemple, en mai 2013, La Marseillaise révèle par exemple que Philippe Berger, ancien adjoint au sénateur-maire UMP de Marseille, délégué à la prévention des risques et qui « a vu défiler les demandes de permis de construire déposées par le promoteur Progéréal », a créé en 2011 une entreprise qui travaille notamment pour… Progéréal. Promoteur dont les programmes marseillais connaissent bien des soucis : éboulis, glissements de terrain et malfaçons rendent plusieurs de ses bâtiments inhabitables.De son côté, Roland Blum, premier adjoint et député jusqu’en 2012, spécialisé dans le droit de la construction, a beaucoup plaidé à l’Assemblée nationale contre « les recours abusifs »contre les permis de construire. Encore mieux, José Allegrini, successeur de Philippe Berger à la prévention des risques, intervient dans un contentieux immobilier à 3,2 millions d’euros entre la ville de Marseille et la Deutsche Bank, garant d’un promoteur poursuivi pour escroquerie (Le Canard enchaîné, 26/02). Il assure n’être qu’une « simple boîte aux lettres pour un confrère parisien ».

    Tout aussi désintéressé, Yves Moraine. Le cabinet du nouveau dauphin de Gaudin apparaît dans la même affaire. Mais aussi dans celle qui a opposé Vinci et Eiffage à Marseille Provence Métropole (MPM) à propos du tunnel Prado Sud, comme l’a révélé le mensuel Bons baisers de Marseille. Les deux géants du BTP ont obtenu une rallonge de 24 millions d’euros – ils demandaient 81 millions d’euros – pour des travaux non prévus au contrat. La rallonge fait l’objet d’un recours amiable. À sa décharge, Yves Moraine n’a pas voté la délibération concernée. « Je m’occupe de contentieux commercial et de droit social, je n’ai pas de clientèle avec mon activité politique », se défend le maire des 6e et 8e arrondissements. Et de jurer la main sur le cœur : « Mon associé est avocat de la fédération du BTP et de grands groupes (du BTP, ndlr), mais il pâtit de mon activité politique. » Ce qui n’est pas visible à première vue…

    « Les grands groupes ont pris des habitudes », se désespère un cadre de MPM, qui voit revenir Vinci par la fenêtre. La multinationale a obtenu en début d’année le droit de défendre son projet de prolongement du très lucratif tunnel Prado Sud – estimé à une quarantaine de millions d’euros –, alors que deux études des services de la collectivité ont conclu à son inutilité…

    Demain, suite de notre série avec un éclairage sur Sainte-Marthe (14e), l’ancien domaine bastidaire de Marseille, où les promoteurs ont longtemps eu carte blanche.

    Si vous avez des informations à nous communiquer, vous pouvez nous contacter à l’adresse enquete@mediapart.fr. Si vous souhaitez adresser des documents en passant par une plateforme hautement sécurisée, vous pouvez vous connecter au site frenchleaks.fr.

     

    Hier à Marseille, l’enjeu du débat des communistes et cette foule encolère, et la haine de la bourgeoisie

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    Ce parti communiste est le votre, vous avez le droit de savoir nos enjeux, ce qui nous agite prouve à quel point nous sommes encore et toujours différents des autres, une chace pour tous…

    Hier soir, j’ai participé à la manif à Marseille, j’ai pu voir la colère, en particulier des jeunes, mais aussi des urbanistes, architectes que je connais et qui disent leur refus d’être la caution d’un système mafieux et criminel. présence des communistes, de la jeunesse communiste en particulier…Les banderoles dénoncent le temps des assassins… Nous nous asseyons à proximité de la mairie pour boire une bière, nous sommes aux premières loges pour voir le déchaînement de la violence, des policiers qui envoient des gaz lacrymogène, ne craignent pas de pousser la foule alors que nous sommes proches des quais. L’amie qui est avec nous reçoit un espèce de coktail molotov du caoutchouc compressé, nous quittons les terrasses pour nous réfugier dans la salle… Entre ça et ce qui se prépare pour le 17 novembre, je pense à l’interview de Fabien Roussel dans l’Humanité d’aujourd’hui: une espèce de course de vitesse est engagée soit le parti est capable de rassembler parce qu’il a les idées claires , est uni dans une stratégie cohérente, organisée vers quelques grandes priorités, soit c’est le fascisme… J’espère que la conférence fédérale saura raison garder…

    tandis que la manifestation devenait violente. Nous étions avec une amie gaulliste, qui affirmait sa prévention contre les communistes, se demandait ce qui se passait exactement dans le parti. Malgré les protestations de l’amie communiste, je lui ai dis exactement les enjeux dans le parti, les résistances, les manoeuvres, mais aussi le désintéressement, l’engagement des communistes, leur présence partout comme nul autre parti.

    L’amie communiste protestait de plus en plus faiblement parce que je disais à la gaulliste: « cette affaire te concerne autant que nous, parce que ce qui se joue c’est soit d’organiser la bataille contre des criminels, soit les laisser organiser le fascisme… Alors ce parti qui est en train de naître, c’est le notre mais c’est aussi le tien et tu as le droit de savoir, de connaitre la nature des débats, nous ne sommes pas parfaits… Loin de là et il faut être lucides, ne pas gober tout ce que « le chef » veut nous faire avaler en jouant sur notre « légitimisme ». OUi nous sommes légitimistes, je suis légitimiste, c’est-à-dire que je revendique ma part de responsabilité, de souveraineté dans les orientations, les choix y compris quand ils sont erronés.

    Nous sommes responsables, nous rêvons d’un monde nouveau en nous attaquant à la merde de l’ancien. Comme l’a dit Fabien Roussel, nous avons la tête dans les étoiles mais les pieds dans la glaise. Tout ce qu’a été ta vie à été déterminé par nos combats, ce que nous avons réussi à créer à la résitance, notre affaiblissement a été ton affaiblissement. Donc ce parti est le nôtre mais il est le tien, tu as le droit de savoir ce que nous tentons parce qu’il faudra bien que tu t’engages et tu seras contente de le faire avec des gens capable de s’organiser de manière désintéressée, sur tes bases à toi et pas les leurs… . Et je le pensais pleinement….

    L’amie communiste a alors osé, elle qui avait voté pour la base 1 et qui n’aurait jamais envisagé voter pour autre chose, disait ce qui s’est passé à ce congrès a été vraiment extraordinaire, pour la première fois nous avons pu parler, dire ce que nous taisions depuis tant de temps et qui nous faisait mal…

    Comme l’a dit Fabien Roussel, le manifeste a été un cri, il faut avancer dans l’action, choisir des priorités, les mettre en oeuvre avec des équipes pleinement engagées dans cette ré-orientation difficile, mais que l’on ne peut pas éluder… est-ce qu’on veut nous étouffer en prétendant asphyxier ce cri, nous le faire rentrer dans la gorge? pourquoi et au service de qui?

    Oui ai-je repris et la preuve par moment a été faite que nous pouvions penser ensemble pour agir… Alors on avance ou on détruit le parti, on scinde le « groupuscule » en deux, trois quatre groupuscules ?

     

    Marseille : « On est à 13% » (de logements insalubres) contre « 6% au niveau national », révèle l’urbaniste Philippe Méjean

    Spécialiste des politiques de la Ville, Philippe Méjean a rappelé, samedi sur franceinfo, que la quantité de logements insalubres à Marseille est supérieure à la moyenne nationale.

    Une vue du quartier où des immeubles se sont effondrés à Marseille le 5 novembre 2018.

    Philippe Méjean, urbaniste, spécialiste des politiques de la Ville, a rappelé, samedi 10 novembre sur franceinfo, que la quantité de logements insalubres à Marseille est supérieure à la moyenne nationale : 13% dans la cité phocéenne contre 6% sur le territoire national. Après la chute lundi dernier de trois immeubles dans le quartier de Noailles à Marseille, qui a fait huit morts, plusieurs questions demeurent sur la politique d’urbanisation de la municipalité. Selon Philippe Méjean, la vétusté de certains immeubles dans le centre-ville de Marseille s’explique par le fait que des « propriétaires peu scrupuleux » ont logé depuis le XIXe siècle des vagues d’immigration successives dans « un parc vieillot ». Mais la vraie question est, selon lui, « est-ce que l’électorat de monsieur Gaudin est prêt a accepter qu’on mette beaucoup d’énergie et beaucoup d’argent dans un logement qui est destiné à des catégories populaires ».

    Franceinfo : L’habitat est-il particulièrement vétuste à Marseille ?

    Philippe Méjean : Oui, on peut le dire. On est sur une estimation nationale qui est de 400 000 logements, le parc privé potentiellement indigne, des logements insalubres et inhabitables. Cela représente 6% au niveau national. À Marseille, on est à 13% et dans le centre-ville, on peut monter jusqu’à 35%.

    Pour quelles raisons Marseille est-elle la mauvaise élève ?

    Marseille a accueilli depuis le XIXe siècle des vagues d’immigration successives. Beaucoup de ménages pauvres sont arrivés venant de différents pays. Il fallait les loger et ils n’étaient pas regardant sur la qualité des logements et ils n’avaient pas beaucoup de moyens. Ils ont trouvé à se loger dans un parc vieillot, pas complètement insalubre à l’époque, mais vieillot, pas cher, avec des propriétaires assez peu regardants. Cela arrangeait bien des propriétaires peu scrupuleux. Ils ont gagné beaucoup d’argent. Ca arrangeait tout le monde. Le parc HLM n’était pas capable de les recevoir, il n’était pas assez important.

    Le maire de Marseille se défend en évoquant la lenteur des procédures. Est-ce un bon argument ?

    La polémique qui enfle sur les procédures est une mauvaise polémique. Les procédures, ce sont des outils au service de quelque chose. Elles ne sont ni bêtes ni intelligentes. C’est vrai, les procédures sont compliquées mais elles sont d’autant plus compliquées quand on ne sait pas au service de quoi on veut les mettre. Ce centre-ville accueille, dans des pans entiers, des ménages pauvres et précaires. La question est : accepte-t-on dans un centre-ville comme Marseille que vivent, dans des conditions normales, des ménages pauvres et précaires ? La question est posée. Depuis 23 ans Jean-Claude Gaudin est au pouvoir [à la mairie]. (…) Dans un premier temps, ils ont cru en 1995 qu’il fallait changer radicalement la population du centre-ville, faire partir les pauvres et requalifier les logements au profit des classes plus aisées. Cette politique n’a pas réussi. Dans une certaine mesure, c’est une chance parce que les ménages ont pu rester mais c’est en même temps préoccupant dans la mesure où ils restent dans des conditions d’inconfort voire de dangerosité.

    Est-il possible de rénover ces immeubles vétustes dans le centre-ville de Marseille ?

    Bien sûr que c’est possible. Cela s’inscrit dans une opération d’ensemble. En urbanisme, on a l’habitude de faire des opérations compliquées sur du tissu ancien qui, selon la qualité des immeubles, est appelé à être démoli ou requalifié. Ce sont des choses qu’on sait faire. La question est : est-ce que l’électorat de monsieur Gaudin est prêt a accepter qu’on mette beaucoup d’énergie et beaucoup d’argent dans un logement qui est destiné à des catégories populaires, voire des ménages précaires ? Ce débat n’a pas démarré à Marseille et il est temps qu’il démarre.

     
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    Publié par le novembre 13, 2018 dans Marseille

     

    L’enjeu de la conférence fédérale : Marseille et un département propres

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    Le week end prochain, il va y avoir la conférence fédérale de Bouches du rhône, chaque communiste doit prendre ses responsabilités.

    Si Gaudin, l’homme désormais le plus détesté de Marseille est élu avec 15% des inscrits, c’est que c’est tout le système politique qui est discrédité. Gaudin est issu d’un vieux système qui a perduré depuis peu après la libération et sous Deferre (dont il fut l’adjoint à l’urbanisme), une alliance entre la social démocratie et la bourgeoisie marseillaise qui fut intronisé sous l’égide de la CIA, d’un syndicalisme mafieux américain,  un système corrompu, clientéliste et surtout fondamentalement anti-communiste et anti-classe ouvrière (1). Nous avons étudié la manière dont dans ce vaste territoire marseillais, l’installation le plus loin possible des cités HLM permettait de viabiliser des routes sur lesquelles se développait la spéculation immobilière, comme le centre ville fut le lieu dans lequel se déversèrent des populations laborieuses et encore aujourd’hui on peut constater la manière dont la municipalité laisse s’organiser les lieux de délinquance, de trafic de drogue pour tenter des opérations immobilières dans un coin proche mais que l’on espère souvent en vain plus vivable. Le vrai problème étant la haine, le mépris de cette bourgeoisie marseillaise pour la population des travailleurs. Cette même municipalité a vidé Marseille de son potentiel industriel, tablé sur un tourisme aux résultats plus que décevants et déjà inauguré à sa manière le fin du fin de la politique de Macron, transformer en « propriétaires » des chomeurs et des travailleurs sous payés qui ne peuvent pas entretenir le patrimoine immobilier, ce qui donne des taudis comme le parc Corot.

    On peut dire que tous les partis sauf le parti communiste ont contribué à cette politique, et pour avoir durant des années travaillé avec pascal Posado, l’élu du 15-16, un des meilleurs connaisseurs en urbanisme, j’ai pu voir tous les combats pied à pied menés par le parti communiste du moins tant qu’il a été implanté dans les quartiers nord.

    Chaque parti est en proie à la lutte des places, chacun se hait cordialement, mais l’ensemble de la gauche à l’extrême-droite survit dans la corruption généralisé, le clientélisme, l’écoeurement de la population qui a trop de problèmes pour s’intéresser à ces jeux politiciens sordides. de nombreux scandales ces dernières années ont témoigné de ce système de corruption proche du gangstérisme, on connaît les affaires de Guerini et celles de l’élue du 13e siégeant à l’assemblée nationale avec un bracelet électronique.

    Aujourd’hui la colère soulève la population, mais elle n’a pas encore de débouchés politiques. C’est pourquoi je pense que l’enjeu réel de notre conférence fédérale devrait être un parti capable d’apporter une expression politique à cette colère, capable de virer cette alliance entre politiciens corrompus et loin des problèmes des marseillais, cautionnant de fait l’alliance entre promoteurs et marchands de sommeil.

    Un parti qui soit à nouveau présent dans l’entreprise, ce qui exige la réflexion et l’effort de tous, ce parti a existé et pour avoir la voie dans ce domaine je puis dire qu’il était reconnu chez les urbanistes et architectes comme un intelocuteur respecté. Tout n’a pas disparu et il est possible de reconstruire des liens actifs non seulement avec les victimes de ce système mais également avec les urbanistes, les architectes, tous ceux qui aujourd’hui n’en peuvent plus d’être au service de voyous de tout acabit… La Conférence fédérale aurait un véritable travail à mettre en chantier.

    mais ne nous faisons pas d’illusio,n, les délgués sélectionnés par la fédération ne l’ont pas été sur cette base et on peut encore espérer que lcertaines  sections ont échappé à ces petits jeux malsains de divvision du parti. . Mais le problème est plus fondamental, tant qu’il y aura des manoeuvriers de la pire espèce pour gérer cette fédération, on a toute chance de voir la situation se diriger vers des conflits internes comme dans les autres partis.

    Il y a une place politique qui s’ouvre devant nous, c’est vrai à Marseille, mais le mouvement est plus général, c’est d’ailleurs pour cela que tout est fait pour favoriser l’extrême-droite… Ce qu’ils appellent le populisme pour mieux confondre le fascisme et le communisme c’est leur incapacité à trouver un système politique qui contraigne cette colère des masses sur toute le planète.

    Seuls les communistes sont aptes à répondre à se hisser jusqu’à une expression politique à la hauteur des coups portés.

    La conférence fédérale participera à un congrés historique si elle est consciente de cet enjeu, mais on ne peut pas jouer à la fois les parrains tout puissants à la tête du clan à l’interne, à la marseillaise, et réfléchir à un parti qui soit représentant des intérêts des couches populaires et aptes à s’adresser à tous pour le bien de cette ville que l’on assassine…

    C’est aux communistes à trancher, veulent-ils continuer les jeux de pouvoir et d’exclusion ou penser l’avenir? C’est d’abord penser d’abord en terme de ligne, et du parti qu’il nous faut, de l’équipe assez consciente et capable pour mener ce combat difficile ?

    Ceux qui connaisssent l’histoire de cette ville savent que c’est à dessein que j’emploie le terme Marseille prepre. Quand au niveau national il y a eu un Congrès fondateur celui où Maurice Thorez a ré_orienté un parti devenu une secte avec seulement 30.000 adhérents; il a déclaré que les bouches s’ouvrent pas de mannequin dans le parti, pour construire un parti ayant sa voie propre à la fois le socialisme mais sur les traditions révolutionnaires de notre pays. L’équipe issue de ce Congrès historique envoya François Billoux pour prendre la tête d’un parti communiste qui au plan local avait du mal à sortir de ses propres divisions et d’affronter la pègre fascisante instrument de la droite autant que de la vieille SFIO. François Billoux, comme Thorez au plan national construisit un parti et à sa tête nettoya le port et la ville de ses voyous.

    Moi j’ai assez joué avec les faux durs et vrais diviseurs, s’ils veulent former une tendance autour de leur chef déconsidéré, faire réélire Pierre laurent et poursuivre la social démocratisation sous une forme ou une autre, ce sera sans moi, s’ils veulent redevenir le parti communiste, j’y suis prête mais depuis ce à quoi j’ai assisté dans ma conférence de section j’ai les plus grands doutes sur la capacité de certains à être autre chose que des minables parrains de clans sociaux démocrates. .

    Danielle Bleitrach

    (1) cf notre livre avec Lojkine / Classe ouvrière et social démocratie, Lille Marseille aux éditions sociales.on peut lire également l’Usine et la vie écrit avec Alain chenu publié chez Maspero et l’exclusion ou la défaite ouvrière écrit avec mustapha el miri paru à l’harmattan qui étdie la population bénéficiaire du RMI dans Marseille.

     

    Tout Marseille déteste J.-C. Gaudin ! et pas que lui…

    • Si Gaudin, l’homme désormais le plus détesté de Marseille est élu avec 15% des inscrits, c’est que c’est tout le système politique qui est discrédité. Chaque parti est en proie à la lutte des places, chacun se hait cordialement, mais l’ensemble de la gauche à l’extrême-droite survit dans la corruption généralisé, le clientélisme, l’écoeurement de la population qui a trop de problèmes pour s’intéresser à ces jeux politiciens sordides. Aujourd’hui la colère soulève la population, mais comme ic,i elle n’a pas encore de débouchés politiques. C’est pourquoi je pense que l’enjeu réel de notre conférence fédérale aurait du être un parti capable d’apporter une expression politique à cette colère, capable de virer cette alliance entre politiciens corrompus et loin des problèmes des marseillais, cautionnant de fait l’alliance entre promoteurs et marchands de sommeil. Un parti qui soit à nouveau présent dans l’entreprise, mais tant qu’il y aura des manoeuvriers de la pire espèce pour gérer cette fédératio,n on a toute chance de voir la situation se diriger vers des manoeuvres internes comme dans  les autres partis. Il y a une place à prendre mais on ne peut pas jouer à la fois les parrains tout puissants à la tête du clan  à l’interne, à  la marseillaise, et réfléchir à un parti qui soit représentant des intérêts des couches populaires et aptes à s’adresser à tous pour le bien de cette ville que l’on assassine… C’est aux communistes à trancher, veulent-ils continuer les jeux de pouvoir et d’exclusion ou penser l’avenir? Moi j’ai assez joué avec les faux durs et vrais diviseurs, s’ils veulent former une tendance autour de leur chef déconsidéré, faire réélire Pierre laurent et poursuivre la social démocratisation sous une forme ou une autre,  ce sera sans moi, s’ils veulent redevenir le parti communiste, j’y suis prête.   (note de danielle Bleitrach)
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    Depuis des années, le mépris de la mairie pour le peuple de Marseille attisait, lentement, une colère silencieuse. Les travaux de la Plaine et le drame de la rue d’Aubagne ont libéré les coeurs et les langues. Car si tout le centre ville prend la rue pour exiger leurs démissions et de l’argent pour des logements décents, ça aura une toute autre gueule encore !

     
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    Publié par le novembre 12, 2018 dans Marseille

     

    Dans le cadre des Etats généraux des migrations, un collectif d’associatio, organise le mois de la fraternité à Marseille

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    >un collectif d’associations organise sur Marseille,

    du 20 novembre au 20 décembre prochain : et nous demande d’en assurer la publication ici

     

    LE MOIS DE LA FRATERNITE ET DES DROITS

     

    Ce thème a été retenu pour fêter une victoire face à la banalisation des atteintes aux droits fondamentaux, particulièrement des personnes exilées : le 6 juillet 2018, le Conseil Constitutionnel a reconnu comme principe constitutionnel le troisième terme du triptyque républicain : la fraternité. Il l’a défini comme « la liberté d’aider autrui dans un but humanitaire et ce, sans considération de la régularité de son séjour sur le territoire national ». Nous aurons sans aucun doute à l’utiliser pour biens d’autres causes, car la notion de fraternité humaine est un horizon dans un monde en perte de sens et qui bascule.

    C’est sûrement une belle façon de célébrer les 70 ans de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme -DDUH- que tant de gouvernements aimeraient aujourd’hui mettre sous le boisseau, ainsi que la « convention internationale des droits de l’enfant » et celle relative aux « droits des travailleurs migrants et des membres de leur famille » qu’aucun pays occidental ne veut signer, car trop protectrice. Mais, c’est sans compter sur les associations qui, notamment dans le manifeste des EGM, continuent à affirmer la DUDH comme fondement de leurs engagements.

     

    PROGRAMME PREVISIONNEL

    A DIFFUSER LARGEMENT

    Mardi 20 novembre Anniversaire de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant(ONU, 1989)

    ü  Rassemblement syndical et associatif devant le Conseil Départemental pour un accueil digne et respectueux des mineurs non-accompagnés.

    ü  à 11h30, au Métro Saint Just.

     

    Mercredi 21 novembre « Pauvre à Marseille : un besoin urgent de solidarité ! », conférence organisée par le Comité Chrétien de Réflexion.

    ü  Avec Philippe Langevin, économiste, auteur d’un rapport sur la question.

    ü  de 18 à 21h30, au Centre le Mistral, 11 impasse Flammarion 13001 Marseille.

     

    Jeudi 22 novembre Massilia Festisol, organisé par un collectif d’associations (Migration et Développement, RITIMO, AdM, CCFD, France Volontaires, …)

    ü  Stands, projection, animations, débats, dégustation, …

    ü  de 10h à 17h, au Centre Régional d’Information de la Jeunesse (CRIJ), 96 La Canebière.

     

    Samedi 08 décembre « Mes racines sont d’ailleurs, mais c’est ici que je fleuris », dans le cadre du Festival Migrant ‘scène de La Cimade.

    ü  Un moment de partage et de convivialité entre migrants et accompagnants autour de productions artistiques et musicales.

    ü  de 16 à 20h, au Théâtre de l’œuvre, 1 rue mission de France, 13001.

     

    Lundi 10 décembre Déclaration Universelle des Droits de l’Homme : 70 ans.

    ü  Table ronde sur les fondements, la portée, les limites et l’avenir de l’un des grands textes de l’humanité.

    ü  de 19 à 22h, à la mairie du 1°-7°arrond., 61 La Canebière (A confirmer).

     

    Les conditions d’accueil des demandeurs d’asile à Marseille.

    ü  Publication d’un livre collectif à l’initiative de l’Observatoire Asile (Réseau Hospitalité et association Espace).

    ü  Conférence de presse et action. (A confirmer).

     

    Mardi 18 décembre La convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille (ONU 1990).

    Cette date est devenue la « journée internationale des migrants » et l’anniversaire de la « Charte mondiale des migrants ».

    ü  Des spécialistes nous aiderons à débattre et y voir plus clair sur le lien entre les réalités du chômage et des migrations.

    ü  de 18h30 à 21h, à la Bourse du Travail, 23 Bd Charles Nedelec, 13003.

     

    Jeudi 20 décembre Cercle du silence exceptionnel associant l’ensemble des partenaires des EGM.

    ü  Les cercles de silence sont nés en 2007 pour protester contre toutes les atteintes à la dignité et aux droits des personnes migrantes.

    ü  de 17h30 à 18h30, à l’angle Cours Saint Louis /La Canebière.

     

     

     

    Pour la réalisation de ce programme, le principe de l’engagement des partenaires est d’annoncer et, le plus possible, de préparer ensemble des initiatives autour de grandes dates qui font sens. Ils donnent ainsi plus d’écho et de lisibilité au socle commun de valeurs qu’ils portent et défendent. Chaque association ou collectif gardent, bien entendu, la possibilité d’initiatives propres.

     

    Membres du groupe de préparation :

    La Cimade, La Ligue des Droits de l’Homme, RESF, RUSF, CCFD Terre Solidaire,Espace…   La plupart se retrouvent au sein du Réseau Hospitalité.

    Synpac-CGT, Sgen CFDT, Génération.S, PCF, …

     

     

     

    CONTACTS :

    Bernardldhsectionmarseille@gmail.com

    Jacques jacques.blanc986@orange.fr

    Jean Pierre cavaliero@wanadoo.fr

     


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    Publié par le novembre 12, 2018 dans civilisation, Marseille