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Archives de Catégorie: Marseille

Un dimanche ensoleillé dans le ciel et dans les coeurs

Hier j’ai passé la journée avec le secours populaire aux arènes de Port saint Louis du Rhône. Une journée magnifique grâce à la municipalité communiste qui l’avait préparée, grâce au secours populaire, départemental, municipal, mais aussi du centre ville de Marseille où ma fille Djaouida a réussi à rassembler des familles qui vivent dans les hôtels à la suite de l’effondrement de leur domicile. Elle s’occupe d’abord des enfants, organise les loisirs pour eux qui sont enfermés les jours de congé dans les chambres d’hôtel. Un car nous avait été offert gratuitement et un chauffeur, nous étions une cinquantaine de personnes et pas mal d’enfants qui n’ont posé aucun problème au contraire, ils ont créé la joie de la journée. Ces enfants sont devenus « des copains du monde » et désormais les plus grands accompagnent Djaouida dans ses « maraudes » dans le centre ville pour aider les SDF. L’un d’eux, Rayan, qui est allé à Paris témoigner de leur action est intervenu au micro pour expliquer que la solidarité ça se partageait, celle qu’ils avaient reçue il la rendait à ceux qui n’avaient même plus la force de parler mais dont le regard disait à quel point il était important qu’on s’occupe d’eux. Une estrade avec sono était là au milieu de l’esplanade et il y avait des stands qui vendaient à peu près n’importe quoi en matière de récup et qui nous invitaient à des voyages de solidarité, une buvette, partout des bénévoles amicaux. La pauvreté, ces rebuts devenaient la caverne d’Ali baba pour des enfants à qui l’on offrait de menus cadeaux.

Ces enfants étaient formidables, il faudrait décrire toute l’ambiance concrète de cette journée, les regards, les sourires, la dignité de tous. Ces adieux qui n’en finissaient pas et la promesse de s’inviter mutuellement à découvrir Marseille, à revenir l’été se baigner. Beaucoup travaillaient bien à l’école, l’un d’eux magnifique avec de grands yeux verts, un enfant qui mangeait à côté de la poubelle pour jeter aussitôt les assiettes en carton. Un jeune garçon d’une dizaine d’années dont la mère venait de trouver un logement sur la Canebière et dont elle me disait qu’il était le premier de sa classe et il ne voulait pas repartir en Algérie parce qu’il aimait l’école en France et sa sœur trouvait en France les soins qu’elle ne pouvait obtenir en Algérie. Toutes ces femmes me disaient à quel point elles approuvaient le mouvement qui avait lieu dans le pays, cela suffisait cette corruption qui détruisait l’Algérie, qui faisait que l’on devait verser des pots de vin pour être soignés, éduqués.

Il y avait l’inquiétude de ceux que l’on déplaçait à la Valentine, qui le matin devait faire des kilomètres pour rejoindre leur école du centre-ville qu’ils ne vouaient pas quitter comme tata Djaouida qui avait mobilisé des théâtres, des animateurs pour les aider.

Tous ceux qui s’étaient activés à Port saint Louis du Rhône pour nous accueillir, pour nous offrir des toilettes d’une propreté éblouissante, une gigantesque paella et même un chanteur adorable qui avait une belle voix mais surtout avait entrainé les enfants sur la scène. Même un délicieux petit bonhomme de 3 ans se dandinait avec rythme à ses côtés.

Samira qui organise le secours populaire à la mairie nous a accueilli avec des larmes de joie. J’ai discuté avec un camarade venu de la Somme qui aidait aux cuisines, il s’y retrouve dans le secours populaire mais a du mal à suivre ce qui se passe dans le parti. Nous avons parlé de Maxime Gremetz, il se souvenait de moi il y a quarante ans quand j’étais venue à une remise de carte et nous étions heureux de cette journée simplement en retrouvant notre parti.

Notre chauffeur était l’individu le plus humain le plus sympa qui se puisse imaginer, le moins raciste, il nous a dit tout le mal possible de Macron… et il s’apprête à voter pour Le Pen. Quand je lui ai parlé des communistes, il m’a dit que son père était gaulliste, qu’il était de droite depuis toujours et il a jouté, les communistes n’existent plus, ceux du temps de Marchais. je lui ai dit: « Mais ou croyez-vous être?  » je lui ai montré à l’entrée du stade une affiche dont les couleurs avaient blanchi mais qui n’avait pas été recouverte, celle de Iann Brossat. « Regardez cette affiche » c’est celle de notre candidat, qui est capable d’aider les pauvres? il m’a répondu « il n’y a que les pauvres pour aider les pauvres ». Mais il n’a pas changé d’opinion: « fallait pas voter macron, fallait voter le pen ». Tous ceux qui nous écoutaient étaient restés fixés sur la présidentielle, j’avais beau leur expliquer que l’élection européenne était différente de la présidentielle, cela paraissait trop compliqué le choix demeurait entre Macron et Le pen.

J’ai repensé à cet invraisemblable reportage sur Arte, autour de la défense du journal l’humanité. Cela se passait à Bourges, il y avait même un ancien député pour présenter la problématique. L’Humanité avait toujours été le journal des socialistes, celui de Jaurès, pendant un bref temps il avait été l’organe du parti communiste, mais maintenant c’était fini il était le journal de la gauche. On n’allait pas jusqu’à dire que les communistes n’existaient plus mais il n’y avait même plus à le dire, c’était devenu un fait. Au moment même où les communistes se dépensent pour sauver ce qu’ils croient être leur journal, où le secrétaire fédéral du parti communiste des Bouches du Rhône appelle à donner une journée de travail, la direction de l’humanité achève le parti sans état d’âme. Comment expliquer à ces braves gens qui animent cette journée ce qui se passe sans les écœurer un peu plus, sans les éloigner de la politique?

L’autre jour un camarade m’a demandé: « Est-ce que untel est un vendu? » Je lui ai répondu : « seul la mort transforme la vie en destin et donc PLH (et les autres) en coquin, mais c’est bien parti. Ils se sont approprié ce qui avait été gagné par les luttes, les supplices et la mort de dizaines de milliers de communistes et ils l’ont déshonoré et vendu pour s’assurer une bonne place en fin ils l’espèrent.

Il y avait dans cette journée toute la force et la faiblesse actuelle des communistes. Il étaient toujours là avec leur générosité, leurs valeurs de partage mais tous ces gens y compris les algériennes et leurs enfants étaient désormais loin de la politique, de la nécessité première du parti comme architecture fondamentale de cette vision du monde. Sans ce parti le bénévolat, l’humanisme concret est condamné à agir à la marge. Mais ils sont toujours là.

Danielle Bleitrach

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Publié par le mars 31, 2019 dans Marseille, SOCIETE

 

Marseille : Zineb Redouane a été tuée par une grenade lacrymogène, son fils s’exprime

Zineb Redouane / © Sami Redouane
Zineb Redouane / © Sami Redouane

Le 1er décembre 2018, Zenib Redouane ferme ses volets alors que manifestants et policiers s’affrontent en bas de chez elle. Agée de 80 ans, elle reçoit une grenade lacrymogène en pleine face et meurt dans la nuit. Sami, son fils, décide maintenant de s’exprimer.

Par Nathalie Deumier 

Zenib Redouane habitait au 4ème étage, tout près de la Canebière. Elle a succombé à une blesssure au visage provoquée par une grenade lacrymogène. Deux mois plus tard, son fils Sami décide de raconter comment se déroulent les procédures, en France et en Algérie.

La mâchoire fracturée par la grenade

Le 1er décembre 2018, Zenib Redouane ferme ses volets pendant que policiers et gilets jaunes s’affrontent violemment en bas de chez elle. Agée de 80 ans, elle vit rue des Feuillants, tout près de la Canebière. Son fils Sami nous raconte :  » Les rues étaient bloquées tout autour, les pompiers ont eu du mal à la rejoindre. Ils l’ont transportée à l’hôpital de la Timone où on lui a fait 10 points de suture sur le visage. »

Zenib Redouane / © Sami Redouane
Zenib Redouane / © Sami Redouane

Dans la nuit, elle est transférée à l’hôpital de la Conception pour être opérée en urgence car sa mâchoire est fracturée. Mais Zenib Redouane décède avant l’intervention.

La « police des polices » ouvre une enquête

Une autopsie est ordonnée. Deux ou trois jours après le décès, l’IGPN, Inspection Générale de la Police Nationale, surnommée la « police des polices » contacte la famille de la victime. Sami Redouane sait que beaucoup de témoins étaient présents, et tout a été filmé. L’appartement est placé sous scellés. Des frangments de grenades sont retrouvés à l’intérieur.

Toujours selon Sami Redouane, le procureur d’Alger a également ouvert une enquête et demandé une deuxième autopsie.

Zenib et son fils Sami Redouane / © Photo de la famille Redouane
Zenib et son fils Sami Redouane / © Photo de la famille Redouane

« Il faut clore le dossier », réclame la famille

Sami Redouane, le fils de Zenib, est imprimeur à Alger. Il se rend régulièrement à Marseille pour l’enquête et a pris un avocat. Il souhaite que les responsables soient jugés, que la police reconnaisse ce tir. La famille a attendu le permis d’inhumer pendant plus de 20 jours avant de pouvoir enterrer leur mère en Algérie. Aujourd’hui, Sami Redouane souhaite que sa famille s’apaise « Il faut clore ce dossier, et que justice soit faîte ».

 
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Publié par le février 11, 2019 dans actualités, femmes, Marseille, SOCIETE

 

RETOUR DE MANIFESTATION… ON FAIT COMME ON PEUT A MARSEILLE

Forte mobilisation à Marseille pour ce 9e samedi d'action des gilets jaunes. / © Pauline Guigou France 3 Provence Alpes

Hier je suis allée à la magnifique manif des gilets jaunes de Marseille,le soleil la foule qui s’ébranle le long du quai de Rive neuve sur le Vieux Port. Le long des murs, une haie de gladiateurs nous surveille…  De gentilles jeunes filles s’approchent de moi pour me féliciter de ne pas avoir peur, moi qui marche avec une canne… Je leur souris et je leur explique qu’un jour à mon âge, elles manifesteront aussi s’il le faut. Elles  penseront à moi parce qu’il n’y a pas d’âge pour revendiquer sa dignité, son engagement dans la vie pour soi et pour les autres. Des camarades que je n’avais pas vu depuis plus de vingt ans m’embrassent, l’un d’eux me raconte que pour le Congrès, il a voté pour moi, sans hésiter… L’autre n’est plus au parti: je n’aime pas à me battre contre les camarades dit-il..Je le comprends, c’est pénible surtout quand on fait systématiquement les frais de la bataille ce qui est mon cas depuis plus de 20ans et qui visiblement ne change pas… Il est temps d’en tirer les conclusions qui s’imposent.. .

Quand nous nous retrouvons nous sommes contents d’être là…Ensemble… Cette manif est un fourre-tout, mais aussi une agora… il s’y dit à peu près n’importe quoi, ceux qui vantent le RIC sont neuf, on sent les trucs distrribués à des « militants » qui ne disent pas d’où ils viennent… alors que ceux qui portent des cartons usagés se plaignent de ne manger que des pates et du riz…

Nous sommes venus à titre individuel mais nous sommes de ce fait moins  visibles que lutte ouvrière qui formait un cortège avec banderole d’une vingtaine de militants. J’étais avec une camarade de ma cellule, Nicole… Elle a voté pour le texte de la direction mais   elle fait partie de ceux  avec qui je suis devenue amie. D’ailleurs depuis que j’ai décidé de ne plus participer aux réunions de cellules, ni à aucune autre réunion du parti,  j’ai d’excellentes relations individuelles avec mes camarades. C’est mieux comme ça !

Nous nous sommes arrêtées à la terrasse d’un café près du pharo, Nicole et moi, là nous avons commencé une discussion sur ce qui se passait dans le monde… Je lui ai parlé de la Hongrie, de cet ultime dirigeant communiste qui prétendait avoir deux ennemis Maxime Gremetz et Ceausescu, et il ajoutait « Maxime Gremetz lui n’a pas d’armée »… Une vieille histoire entre les Hongrois et les Roumains…  Quand j’ai prononcé  le nom de Ceausescu, le garçon que nous n’avions pas remarqué mais qui était derrière nous depuis pas mal de temps, est intervenu et il nous a dit qu’il était roumain, qu’il aimait Ceausescu, qu’il regrettait le temps du communisme.Il avait 43 ans, il parlait 4 langues avait reçu une excellente éducation comme dans tous les pays socialistes. Il était chaleureux et passionné. « Nous avions un travail, une maison correcte, des fêtes, des amis, nous avons tout perdu, nous sommes dispersés dans le monde…  » Depuis la fin du socialisme dans son pays c’était le malheurselon lui. Devant nous la grande manifestation s’étirait… Elle n’en finissait pas…

Pendant une demi heure, le garçon de café roumain  a dit à Nicole ce que je m’évertue à répéter et qu’il est interdit de dire… A savoir que pour lui et tant d’autres: en Russie et dans les ex pays socialistes,  le communisme c’est la plus belle chose du monde, l’égalité, le bonheur en famille, sur les lieux de travail… Il n’arrêtait pas, il disait « vous les occidentaux vous voulez la guerre, mais Poutine devra se défendre et il vous détruira… ce ne sera pas de sa faute, vous l’aurez cherché…  » Encore une chose dont on a pas idée ici, la conviction qui monte partout que les pays de l’OTAN dont la France veulent la guerre, qu’ils la préparent et qu’elle devient inéluctable…  Comment expliquer à un communiste français, que partout dans le monde ils ont peur de nous, de nos bombes, de notre mentalité de pillards assortis de bons sentiments et de’ prtoclamation de liberté… Ils ont peur de nous de ce dont nous sommes capables… Pour une bonne part c’est ce qui explique en Russie le vote pour Poutine, il faut un homme capable de faire face à ce qui se prpéare ici à coup de désinformation… Les gilets jaunes ont leur sympathie non seulement parce qu’ils ont les mêmes revendications qu’eux, vivre, simplement vivre dans la dignité comme l’avait écrit sur un carton une manifestante, mais parce que peut-être y a-t-il là un terrain d’entente pour la paix…

Cet homme un humaniste, un homme cultivé, il écrivait des scénarios de films policiers, il était acteur… Il aimait la France, il avait appris enfant la Révolution française, l’admiration pour notre pays et il se sentait avec les gilets jaunes, il partageait leur colère, celle des petites gens ballottés par une Histoire qu’ils n’ont pas voulu, gorgés de mensonges… .

Nicole lui a demandé: « et la dictature?  » Quelle dictature? Vous savez ce qui était fait, comme il y avait du travail pour tout le monde, celui qui ne travaillait pas on le punissait de prison… Vous de quel droit jugez vous de la liberté ? A côté d’ici il y a des vieux qui dorment la nuit par terre enveloppés dans des couvertures… Les jeunes cela a de la ressource, mais des vieux, est-ce que vous n’avez pas honte de les traiter comme ça vous qui donnez des leçons aux autres… L’autre jour j’ai fait une collecte auprès de mes collegues de travail, « Ne les laissez pas comme ça, ce sont des Français comme vous, ils pourraient être vos parents, assurons le tous les jours un café chaud et un morceau de pain… j’ai dit au cuisinierce que tu as en trop donne le leur! des vieux qui ne peuvent pas se défendre, vous les traitez pire que des chiens, vous et votre macron dont je souhaite qu’il aille en enfer…

Je lui ai dit que j’arrivai de Hongrie et que j’avais été frappée par l’indignation des camarades qui me recevaient, indignation devant les mendiants, un homme d’une soixantaine d’année qui avait l’air d’avoir perdu l’esprit. Judit répétait « mais comment peut-on tolérer de laisser un être humain dans un tel état? Cela n’existait pas du temps du socialisme, cela devrait être une priorité de l’Etat  » Le garçon de café roumain et elle avaient la colère pour les mêmes raisons: les vieux en train de mendier dans le froid et le fait qu’une grande partie de la population était contrainte de s’exiler puisque désormais il n’y avait plus de travail pour tout le monde… « je ne serais pas mieux chez moi en famille, comme jadis répétait le roumain.

Nous avohs pris son numéro de téléphone et lundi nous allons nous rendre Nicole et moi à la réunion des gilets jaunes de notre arrondissement, au 53 de la rue esperandieu

Comme je l’ai expliqué plusieurs fois, je n’en veux à personne mais il s’avère que les résultats du dernier Congrès m’empêchent de militer au parti communiste français. Je n’ai plus ma place nulle part…  ma fédération a triché. Tous les domaines dans lesquels j’aurais pu apporter quelque chose me sont encore et toujours  interdits, j’y suis a priori censuré. Je reste au parti, je paye mes cotisations. je garde de bonnes relations avec mes camarades mais à partir du moment où ils ont laissé le secteur international à des gens qui ne savent que suivre la social démocratie et jouer les touristes de luxe avec l’argent de l’Union européenne et des fondations allemandes qui exigent que l’on mente sur ce qui se passe dans le monde et sur notre histoire. Tout ce qui a trait à la culture, à la formation, à l’idéologie est entre leurs mains. Ils tiennent TOUTES les publications du parti et y pratiquent la même censure. J’étouffe, j’ai besoin d’air…

A mon âge, on ne peut pas continuer à subir de telles humiliations. On attend plus rien, ni poste, ni gloire, mais pouvoir dire SA vérité, celle qui vous a été tant de fois transmise de part le monde, ne’ pas trahir c’est l’ultime revendication sur laquelle je ne transigerai pas. Et si cela s’avère impossible,  j’attendrais donc la suite en agissant là où je le peux, en communiste et il ne manque pas de lieux pour cela.

Danielle Bleitrach

 
 

Le luxe d’une autre politique, de croire à ce que l’on dit et à ce que l’on fait… putain que c’est dur…

L’image contient peut-être : plein air

Cette magnifique photo de Willy Ronis. je me souviens encore de ce jour où il est venu au Colonel Fabien, pour proposer au parti d’hériter de son fonds de photos, le parti était la seule institution dans laquelle il avait confiance comme tant d’artistes, tant de poètes, parce que ce parti était celui de la classe ouvrière et aussi parce que Willy était juif, comme Francis Lemarque, Le Chanois et tant d’autres dont le nom ne le disait pas… Un petit prolétaire juif, d’une famille récemment immigrée, et il n’y avait eu en ce temps de la bataille du rail que les communistes, la classe ouvrière, la seule qui n’ait jamais trahi reconnaissait Mauriac… .

A ce titre j’ai eu la chance de rencontrer ce très grand photographe à plusieurs reprises et le voir travailler à Messine en Sicile. Les communistes à Stalingrad m’ont donné la vie, comme à Willy Ronis, mais il m’ont donné tout au long de cette vie la possibilité de combats justes aux côtés d’individus respectables, les meilleurs… Je ne cesse de payer cette dette même si parfois je me demande ce que je fiche là…

Sa photo dit ma ville dans l’épaisseur de la brume et les oiseaux de mauvaise augure…

Cette ville de la misère et de la révolte sans cesse étouffée par les « combinaisons » politiciennes.

A l’image de ce détournement de sens, ce viol de la souffrance humaine qui s’est passé à l’Assemblée nationale hier. Non je refuse de participer à cela… Au nom des morts comme en respect de tous mes engagements.

Oui je me sens solidaire de ceux qui souffrent, des huit morts enterrés sous les ruines d’immeubles insalubres, 60% de logements de luxe inoccupés, et 40% d’un habitat dans cet état dans lequel s’entassent les misérables, et dont l’on découvre que les notables de la municipalité, la bourgeoisie marseillaise en possèdent une bonne partie. On se croirait revenu à ce temps où la peste s’était répandue sur Marseille parce que les échevins de l’époque n’avaient pas voulu laisser un navire en quarantaine au Frioul, parce que la charge de tissu devait être vendue dans une foire proche. Il ne fallait pas en rater les profits escomptés. Ce furent des centaines de milliers de morts, les galériens à qui on avait promis la liberté les évacuaient, la plupart en moururent…

La bourgeoisie marseillaise n’a pas changé, de pauvres petites gens en sont morts sous les gravats sans qu’il y ait la moindre inculpation. Il y a de la colère dans la ville, mais elle ne soulève pas assez les véritables victimes, les pauvres en état d’assistanat qui ont peur de tout perdre s’ils bougent, s’ils sortent du clientélisme qui pourrit cette ville.

Il y a eu au marché de Noël de Strasbourg des morts, des gens qui tentaient de croire que l’esprit de Noël c’était ces lumières et les achats, une petite part de bonheur à date fixe comme on cesse de nous le répéter, le temps du meilleur chiffre d’affaire et ceux qui le 15 du mois n’ont plus rien à manger devraient le respecter…

Pauvres gens qui n’avaient rien demandé, que l’on a aussitôt utilisés pour monter une partie du prolétariat contre les assistés trop silencieux des cités, ce prolétariat qui depuis le 17 novembre découvre le collectif et a tant de mal à lui donner forme mais qui a créé dans le cœur de chacun l’idée que tout cela était faux archifaux, la prise de conscience qui avance à toute vitesse. Il faut retrouver le collectif, se battre les uns pour les autres, l’argent existe, il faut le prendre où il est et ce pouvoir ne le fera jamais… la montée vers une maturité de classe des gilets jaunes, au moment où la CGT qui en a fini avec les élections rentre dans la danse, au moment où le discours présidentiel a fait un bide.

Non il n’est pas nécessaire de donner dans le complot et d’imaginer que ce pouvoir est à l’origine du crime, ça c’est encore leur mode de pensée, celui de leur droite extrême. penser ainsi c’est encore se soumettre à ce qu’ils sont, à leur conception du pouvoir, il y a mieux à faire… il suffit d’en mesurer le profit, la manière dont l’idéologie dominante étant celle de la classe dominante ils essaient de nous faire tous devenir les sujets respectueux de leur pouvoir immonde. Le complot n’existe pas, il suffit bien qu’ils soient ce qu’ils sont et qu’ils nous fassent nous prosterner devant leur légitimité qu’ils osent dire républicaine… Comme les échevins criminels de la peste qui a ravagé ma ville, ils auront leur nom célébré : rue chevalier Roze, rue Estelle, et les pauvres morts, les galériens n’auront que l’anonymat… les échevins se sont repentis et ils ont fait la charité… c’est bien suffisant pour qu’on les loue, que leur nom soit à jamais encensé…

Nous en sommes toujours là…

Tout cela a donné lieu à l’assemblée nationale à d’indécents discours sur la république… Je le dis comme je le pense j’ai eu envie de vomir quand j’ai écouté le dialogue entre le premier ministre et Mélenchon, cette entente, ce music hall des âmes nobles… Mélenchon que je n’ai jamais insulté, mais à qui j’ai trouvé là une sale gueule, se levant après l’intervention d’Édouard Philippe. La complicité au sein de la bourgeoisie, c’est à l’assemblée que tout se règle et donc dans les urnes, pas dans les rues… Pouvait-on être plus clair. Les communistes qui avaient initié la demande de censure pour aussitôt s’en faire voler le mérite par cette outre remplie de vent et par les socialistes, ont eu la décence d’en demander le report.

Qui croît aux larmes de ces gens là, qui éprouve autre chose que du mépris face à tous ceux qui sur les plateaux de télé viennent en leur soutien? quand je pense que ces abominables hypocrites nous répétent que la france est en train de se perdre de réputation, alors que partout en Europe et dans le monde la France est redevenue « cet air de liberté qui donnait aux peuples le vertige ».

Avoir la force alors que la nausée vous prend devant ces gens-là de dire et répéter qu’il faut qu’on soit très nombreux à la manifestation du 13, durant ce week-end, diffuser la proposition de loi de Fabien Roussel : « Le groupe PCF à l’Assemblée nationale va déposer une proposition de loi visant à prélever à la source les bénéfices des multinationales afin qu’elles n’échappent pas au fisc en France, a annoncé dimanche le député communiste du Nord Fabien Roussel. » Parce qu’il n’y a rien d’autre à faire que de mener ces combats là…

Être communiste a été le luxe de ma vie, celui de ne jamais oublier la souffrance des petits, des sans voix, de ceux qui ont le courage de dire NON comme ceux qui se taisent écrasés par l’injustice. Non je ne participe d’aucun consensus. Les communistes je les ai rencontrés, parfois j’en côtoie encore, je suis encore au parti parce que c’est là où il y a le moins de fascistes et parce que le peu que je pourrais faire vaut mieux que telle une petite bourgeoise je me drape dans l’excellence de mes aspirations à un idéal impossible; mais putain que c’est dur…

Danielle Bleitrach

 
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Publié par le décembre 13, 2018 dans Marseille, mon journal, POLITIQUE

 

Après les heurts de samedi, Jean-Claude Gaudin annule le conseil municipal de lundi

 Les collectifs d’habitant.es, associations et syndicats avaient appelés tous les quartiers de Marseille à un grand rassemblement pour le logement et une ville pour tou.tes ses habitant.es face au conseil municipal, nul doute que la crainte de cette manifestation ait joué un rôle, mais il faut voir que le maire Marseille que tout le monde lâche dans sa majorité dans son parti, prend prétextes de quelques échaufourrées pour refuser de voir la réalité d’un pouvoir municipal en train d’être contesté de toutes parts. Le coups le plus rude à ce système clientéliste et corrompu a sans doute été porté par la fin de la majorité absolue’ du syndicat FO chez les employés municipaux.  Tout le monde commence à avoir peur des révélations derrière l’écroulement du patrimoine immobilier et des alliances  derrière l’immobilisme et les passe-droits, chacun à son niveau devant quelque chose à celui dont ses proches disent qu’il a fait un mandat de trop, en espérant pouvcoir conserver le système en transformant le maire en bouc émissaire… mais celui-ci a décidé sans doute d’aller jusqu’au bout, ce qui promet une ambiance bien nauséabonde.(note de danielle Bleitrach)
Jean-Marie Leforestier
9 Déc 2018 0

Le conseil municipal de ce lundi était un rendez-vous très attendu, un peu plus d’un mois après le drame de la rue d’Aubagne qui a mis Jean-Claude Gaudin sur la sellette. Il n’aura finalement pas lieu. Le maire de Marseille l’annonce ce dimanche alors que de nouveaux heurts se sont déroulés à Marseille et dans le pays en marge des manifestations des gilets jaunes.

“La tension que connaît notre pays actuellement nous impose la décence et la prudence nécessaires, pour ne pas aggraver encore cette situation. […] Il est de notre responsabilité d’élus de la République de contribuer, au contraire, à l’apaisement et de permettre à la vie municipale de se dérouler dans des conditions démocratiques normales”, estime dans un communiqué Jean-Claude Gaudin. Il prévoit de reconvoquer le conseil municipal avant la fin de l’année.

 
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Publié par le décembre 9, 2018 dans Marseille

 

Je vous avais promis un bilan sur le PCF à Marseille, en voici quelques données

 

Cette amorce de bilan tient à l’observation du fonctionnement du PCF par rapport à divers événements que sont les bons résultats de la CGT aux élections, la participation du parti communiste au diverses manifestations qui ont eu lieu à Marseille autant que les débuts de la mise en mouvement du parti. Nous sommes dans une période où la lutte des classes s’intensifie et où l’urgence d’un parti en phase avec le monde du travail, un parti révolutionnaire c’est-à-dire qui vise à la fin de la domination d’une classe qui a fait son temps, est nécessaire. Un parti qui s’appuie sur le rôle révolutionnaire de ceux qui sont exploités et qui ont toujours représenté le mouvement de l’histoire, un parti  qui en marque l’autonomie y compris par rapport à la petite bourgeoisie dont le discours tend à devenir de plus en plus hargneux à défaut d’être révolutionnaire. Dans une telle période  que se passe-t-il dans ce haut lieu de la lutte des classes que sont les bouches du rhône et cette ville prolétarienne qu’est Marseille?

Je mets ces quelques remarques sous le haut parrainage de Karl Marx qui considérait que nous étions une nation d’émeutiers, incapables de mesurer les conséquences politiques et idéologiques d’une situation mais qui nous donnait en exemple aux Allemands à cause du refus du prolétariat français de se mettre sous la direction de la bourgeoisie, petite ou grande. Nous avons les défauts de nos qualités et les capacités de rébellion de notre peuple sont grandes, notre égalitarisme irréductible. Le mouvement français dit des « gilets jaunes » mais qui ne se limite pas à ce mouvement et qui secoue notre pays depuis pas mal de temps est très suivi en Europe et partout dans le monde. Le renouveau du PCF est également apprécié.

D’abord qu’il soit  affirmé hautement que je me réjouis des changements qu’a apporté le Congrès aux orientations du PCF, comme je me réjouis des interventions -entre autres- de Fabien Roussel et de Ian Brossat dans les médias, enfin des gens qui ont l’air convaincus de ce qu’ils disent et qui recentrent le discours du parti sur l’essentiel, loin de la politique politicienne. Voilà des gens fiers d’être communistes et qui le revendiquent au lieu de périodiquement nous inviter à changer de nom. Je partage également le souci qu’a eu cette nouvelle direction de ne pas diviser le parti. Comme bien sûr je partage leur volonté de non effacement du parti, de leur capacité à marquer l’autonomie pour mieux inviter tous ceux qui le veulent à frapper ensemble contre les adversaires du monde du travail.

Qu’en est-il pour Marseille, même si le congrès y a été mené dans des mœurs de spadassins visant à donner la majorité à Pierre Laurent et aux refondateurs et à nier de fait tout espace de direction aux militants du manifeste, le parti dans sa masse a cru au discours sur l’unité et se conduit aujourd’hui comme tel. Disons qu’à la base, les communistes se sont mis à distribuer des tracts et qu’ils apprécient à la fois que le parti n’ait pas été divisé et la combativité de la nouvelle direction nationale. Le légitimisme marseillais crée des conditions favorables et le dévouement des militants existe. Les tracts qui sont distribués sont bons qu’il s’agisse des propositions du candidat Ian Brossat ou de ceux sur le pouvoir d’achat. Il n’y a aucune autre force qui bénéficie de cette capacité obstinée d’être présents partout et quel que soit son état de faiblesse le PCF demeure sans équivalent en capacité militante. Tout cela n’a fait que renforcer ma conviction que si l’on veut éviter une situation à l’italienne, il n’y a pas d’autre issue que d’œuvrer dans le sens de la transformation du parti avec tous les militants.

Mais car il y a un mais,  je pense que nous avons hérité de la préparation du Congrès de situation inégales suivant les départements. Dans les bouches du Rhône, nous avons une combativité prolétarienne et du monde du travail indéniable et une direction fédérale qui est incapable de profiter de toutes ces opportunités, c’est du moins mon diagnostic. Elle va perdre beaucoup de temps alors qu’il y a urgence dans la survie, il y a un certain ébranlement lié à ce potentiel mais il manque de prendre la mesure politique de l’urgence, en particulier celle de renouer avec le monde du travail, l’entreprise mais aussi ce qui s’est désagrégé avec la transformation du port et d’autres centres industriels. Il est bon que les communistes soient là, prêts à distribuer des tracts, voire à coller des affiches, mais il faudrait un véritable effort pour qu’ils s’approprient une stratégie, y participent, tous les communistes cela signifie que l’action et le débat se poursuive avec la conscience du but recherché. Nous en sommes loin.

Je redis que quand je parle de la direction locale du PCF je parle de la fédération des Bouches du Rhône, et en particulier de Marseille et pas de la direction nationale que je soutiens pleinement.

D’abord cette direction fédérale est incapable de mesurer l’état réel du parti et le fait que les communistes ont littéralement disparu des références de l’immense majorité du prolétariat tel qu’il existe aujourd’hui à Marseille et dans notre département. Le communisme est une idée que la plupart des moins de 20 ans ne peuvent pas connaître sauf s’ils ont des grands-parents communistes. Ce n’est pas plus mal parce que ceux qui se souviennent de leurs cours d’histoire en gardent l’idée que nazisme et communisme c’est la même chose.

Nous avons eu depuis Robert Hue des gens qui loin de combattre ces idées les ont entretenues y compris chez les militants, ont adopté au plan international des visions social-démocrates et qui ont renié successivement Cuba, l’ex-URSS et maintenant la Chine, identifiés à l’impérialisme, celui-ci n’a cessé d’être excusé au nom de la lutte nécessaire contre des dictatures. Au plan intérieur, non seulement le marxisme a été abandonné au profit de vagues références sociologiques mal maîtrisées, mais tout a été fait pour que depuis plus de 15 ans nous nous effacions derrière des sociaux-démocrates. Ces idées sont majoritaires au niveau de la direction fédérale, la responsable à la formation est à la pointe de ces inepties.

Il est clair que nous n’allons pas mener les combats qui sont les nôtres dans l’immédiat en tentant de refaire le terrain, mais pourtant il y a urgence à le refaire chez les communistes eux-mêmes, comme d’ailleurs si l’on considère la question de l’Europe, et de l’attitude des communistes.

Comme ma fédération n’a qu’une obsession l’électoralisme, ce qui ne l’a pas empêché d’ailleurs de perdre position après position, la soumission à toutes ces « idées » y a été plus forte qu’ailleurs. Tandis que la combativité réelle du monde du travail était partiellement récupérée par l’anarchosyndicalisme. Tout une partie de la classe ouvrière s’auto-exploitant ou vivant chez de petits artisans a été abandonnée à son sort, et c’est elle que l’on retrouve chez les gilets jaunes.

On reste enfermé entre soi dans un milieu vieillissant ou on se réjouit d’enfin avoir touché la jeunesse quand on rencontre celle qui vit du socio-culturel dans les quartiers du cours julien. Etudiants, animateurs en voie de suspension de subventions, tous ces gens sont dynamiques et on peut se réjouir que le PCF les rencontre, mais ils ne mordent pas plus sur le prolétariat même s’ils en partagent le faible niveau de ressources. C’est le public de nuit debout. Il ne faut pas négliger le rôle de caisse de résonance qu’il peut y avoir face au crime impuni de ces pauvres gens enfouis sous les décombres de l’habitat insalubre. Le système municipal, clientéliste et corrompu est en train de s’effondrer et le maire Gaudin devient le bouc émissaire d’un système qui espère perdurer. La question du logement, l’habitat insalubre est une des plus sensibles et pourtant là encore on peine à y rallier toutes les principales victimes. Comment là encore avancer, tenir compte de cette forme spontanée qui a surgi, des atouts existants pour bousculer le clientélisme marseillais, l’apparente inertie de ce monde en souffrance.

Le paradoxe qui veut qu’un maire de droite et son clientélisme soit élu avec 15% des inscrits, est-il réellement mis en cause? Comme au plan national, les notables expliquent à Macron qu’il a eu tort de les négliger pour faire appliquer ses réformes et donc que le capital a encore besoin d’eux, est-ce que le PCF est en situation de dénoncer ce compromis que la droite est toujours disposée à passer pour que la révolte passée rien ne change ? Il faut un parti communiste capable de bousculer le système d’offrir d’autres perspectives.

Ce que je constate donc c’est que cette fédération du PCF en particulier à Marseille demeure dans les ornières de l’ancienne stratégie et va poursuivre dans l’effacement à la fois idéologique et sur le terrain, se contentant d’un rapprochement avec le milieu des animateurs et socio-culturels plus proches d’ailleurs de Ruffin et de ses coups de gueule, que des rassemblement prolétariens tentés dans les Hauts de France. Non pour renoncer à combattre avec eux mais pour élargir le combat.

J’ose affirmer que c’est cette fédération, les Marseillais surtout, qui a mené le congrès pour aboutir aux pires résultats dans l’immobilisme, puisque c’est la seule à avoir envoyé uniquement des représentants de l’ancienne équipe et des refondateurs au CN, alors que le manifeste avait 38% des exprimés (malgré le bourrage d’urnes)… Sous prétexte de « préserver l’unité du parti et refuser les tendances » (alors qu’ils s’étaient constitués en tendance contre le manifeste), ces tricheurs ont accompli ce qui ne s’est accompli dans aucune autre fédération, même pas la Seine saint Denis, il n’y a pas un seul représentant du manifeste des bouches du Rhône au CN, ce sont tous des bons petits soldats de l’ancienne stratégie. Il ne faudrait d’ailleurs pas que la référence à l’ancien secrétaire masque la réalité de ce qui est entretenu, à savoir l’adhésion de fait à un certain nombre d’idées: la dénonciation de fait de tous les communismes confondus avec le totalitarisme, le refuge dans un communisme idéal n’ayant existé nulle part ce qui économise sous la vague visée communiste toute mesure concrète du socialisme réel et nous aligne derrière la social démocratie, voire un retour au congrès de Tours, le tout avec l’idée que la classe ouvrière n’existe plus. C’est cette idéologie là qui est à l’oeuvre non seulement dans les membres du CN des Bouches du rhône, mais dans la direction. Et il ne s’agit en aucun cas de laisser naître une réflexion qui la contredise… L’activisme militant, la formation, tout doit entretenir des idées pourtant battues au Congrès, mais pas suffisamment débattues. Recréer une relation avec le monde du travail, l’entreprise, le prolétariat devrait être au centre de cette démarche.

Pourtant il existe encore des liens avec le monde du travail, les gens de la fonction publique mais ce sont chez des retraités qui voient encore leurs anciens collègues, comme il y a dans la JC une exigence de marxisme, une connaissance réelle de l’histoire et du communisme vivant, mais je vois mal comment cette fédération va y répondre telle qu’elle est.

De même au Comité départemental, n’y sont présents à de rares exceptions près que de fait que ceux qui acceptent l’union sacrée autour des suppôts de l’ancienne stratégie et les refondateurs. La formation des militants est confiée à l’une d’entre eux. Donc je parle d’une situation particulière, celle d’un département ouvrier, combatif, avec d’excellents résultats de la CGT et dont le parti est dirigé, animé, dans sa quasi totalité par ceux qui viennent de l’ancienne stratégie et selon moi continuent à être incapables de mener autre chose.

Cela n’est pas inspiré par le ressentiment mais par le regret de la perte de temps alors que nous en avons peu pour reconquérir une population qui a besoin de nous mais dont les jeunes ont perdu jusqu’à la mémoire de notre existence.

Autant je partage la prudence de l’actuelle direction nationale, le refus de diviser autant je suis pessimiste sur ce que cette nécessité entretient, la force d’inertie qui est encouragée et le découragement de tous ceux qui aspirent à la mise en oeuvre du Manifeste tel qu’il a été soutenu dans la préparation du congrès. Pour faire simple disons que la principale question à savoir la nécessité d’un parti révolutionnaire qui était derrière celle du refus de l’effacement a peu de chance d’être murie, pensée… Il faudrait une prise de conscience de cette nécessité d’un parti révolutionnaire dont nous sommes loin.

Je suis convaincue que cette fédération telle qu’elle est du moins à Marseille est incapable d’être en capacité d’utiliser le renouveau du parti et le mouvement qui se déploie sous nos yeux.

Personnellement j’ai renoncé à aller expliquer cela à ma cellule, à ma section, la préparation du congrès m’ayant montré le peu d’audience et de compréhension que je peux attendre de gens qui n’ont cessé d’affirmer des contre-vérités sur le simple plan de la connaissance de la société française pour maintenir en place des gens qui pourtant n’avaient cessé de faire la preuve de leur nocivité. Je n’ai plus la force de guerroyer telle une don quichotte octogénaire. Je crains que nous soyons quelques uns à être découragés.

On me dira que ce sera pour le prochain congrès, c’est possible mais je n’ai pas l’âge, ni la patience de supporter cette force d’inertie alors je vais continuer à agir parallèlement dans ce que j’estime être le bon sens… sans perdre plus de temps et d’énergie que la situation ne l’exige. Si des forces se lèvent dans le sens du renouvellement du congrès je m’y associerai dans la mesure de mes moyens, mais prétendre autre chose dans le cadre des structures existantes est vain. Il faudrait des adhésions massives pour transformer la situation et pour recréer un parti qui correspondrait aux exigences de l’heure alors que celui-ci ne pense qu’aux municipales.

deux propositions constructives : un pour la prochaine manif les communistes se mêlent aux gilets jaunes dés le début, et le député des Bouches du rhone vient comme d’autres se méler à eux… Enfin la formation des militants s’ouvre à des gens qui ont autre chose à raconter que la messe des refondateurs … sans exlure, ouvrir à d’autres ce qui n’est pas dans les moeurs de la fédération…

Je suis par ailleurs plus que jamais convaincue qu’il n’y a pas d’autres voies que celle d’une reconquête du parti communiste et plus que jamais hostile aux égarements groupusculaires, ne serait-ce que parce que j’ai vu la plupart d’entre eux vicieusement opposés à tous mes efforts durant cette préparation du congrès et pesant de tous leurs poids de fait pour renforcer à la fois l’ancienne direction et Jean Luc Mélenchon comme unique issue à laquelle s’associerait leurs militants.

Danielle Bleitrach

 

Impressions marseillaises du 8 décembre

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Le matin, la Canebière, les réformés, son petit marché biologique, ses sardines grillées et ses étals de fleurs sont au rendez-vous, visiblement les Marseillais se moquent des mises en garde, je vais déjeuner en haut du cours Gambetta, un burger vegan de choux fleur au oignons et fromage de brebis. J’aime bien cet endroit très bobo mais dont les prix sont modérés et  la patronne est authentique, chez elle on lit le Monde diplomatique et la Marseillaise. Elle déplore la garde à vue depuis plusieurs jours d’un copain qui a ramassé une grenade dégoupillée et qui aussitôt a été alpagué par la police, garde à vue, pas de jugement immédiat, trop d’encombrement, il est en prison. C’est vraiment une erreur de casting, c’est tout sauf un casseur… La patronne rigole et déclare: la prochaine fois ou il évitera de ramasser une grenade ou il la lancera sur les flics.

A propos de la Marseillaise, Amid est arrivé en me tendant le journal, fier comme artaban, il y a une vente de masse et visiblement ça marche vu le nombre de gens qui se baladent avec le journal. Les discussions vont toutes dans le même sens, plutôt favorables aux gilets jaunes et à leurs revendications, certaines femmes plaident pour une entente, j’interviens avec fougue sur le thème: pour le dialogue il faut être deux. Mais là où j’emporte la conviction c’est sur une démonstration venue du fond des âges : « l’ouvrier dépense tout ce qu’il a, c’est grâce à lui que le commerce marche, ces grands capitalistes eux ne peuvent pas dépenser tout ce qu’ils ont ils le planquent hors de France, ils asphyxient le commerce et le pays. Tout le monde doit être solidaire des gens qui réclament de quoi vivre à commencer par les commerçants, mais aussi les autres dont le salaire dépend d’eux. » Là c’est l’unanimité, ça bloque un peu sur les capitalistes, une femme corrige: « le pire ce sont les technocrates, ces gens qui ne vivent pas dans la réalité ». Je lui réponds ça c’est le petit personnel à leur botte, vous vous rendez compte des gens comme le patron de Renault 45.000 euros par jour et il fraude ou encore la famille Mulliez, ils ont tous les supermarchés et ils se planquent en Belgique pour nous refuser la sécurité sociale, le paiement d’une bonne éducation pour les enfants. Personne n’ose contredire ma véhémence mais je sens bien que la dame en a après la technocratie et Macron qui en est le plus beau fleuron.

Il y a là pas seulement l’influence de l’extrême-droite, l’idée que les « élites » auraient pris la place du capital et de son profit mais pas mal d’illusion. L’idée que la France est gouvernée par des gens coupés des réalités, ils ne savent pas ce qu’est la vraie vie. Il faut s’ils comprennent, qu’ils entendent. C’est le reflet de ce monde médiatique qui leur parait à côté de la plaque. L’idée du profit, du cancer financier, de la politique émanant de cette classe impitoyable ne les a pas encore réellement atteint. Même l’idée des 45.000 euros par jour est abstraite, incompréhensible alors qu’un salaire de 7000 euros par mois est excessif. Toute une conception de ce qu’est le capital, sa violence est à reconstruire mais les esprits s’ouvrent devant l’entêtement, le mépris.

Tout est calme, sur la Canebière à côté les gilets jaunes ont tenté une première manif, encore regroupée. Parce que ces gilets jaunes ont une manie, ils se dispersent dans la ville, errent en petits groupes. A 14 heures manifestation pour le climat, se mélangent des gilets jaunes et des écolos déguisés en clowns. Je discute sur le vieux port avec les gilets jaunes, une dame d’une soixantaine d’années qui me dit résider dans le 7e commente: « il y a des minots qui foutent le bordel, ils ne savent même pas ce qu’ils foutent là, ce sont des cons qui n’ont pas de cervelle, on les a écartés et les flics les ont parqués ». Il y a beaucoup de retraités, elle m’explique qu’elle s’en sortirait bien si ce n’était ses enfants. L’aîné est maître d’hôtel, ça va pour lui. Le second est au chômage et sa fille est architecte d’intérieur sans clients, ils vivent chez eux, impossible de payer un loyer. Nous parlons politique, elle n’a rien contre les communistes au contraire, elle avait un beau-frère, un « vrai » communiste me dit-elle, un homme bien… Elle a vu Fabien Roussel et l’a apprécié. Je lui parle des Européennes, de Ian Brossat et du fait que quand les communistes sont forts la vie est meilleure. Tous les gilets jaunes avec qui je parle ressemblent à cette dame, une obsession : on peut pas vivre avec 800 euros, c’est impossible. Je regrette que les communistes ne se mêlent pas plus à eux, ils sont regroupés à partir de 15 heures au Cours julien, pour la manif de Noailles et du logement. Alors que la manif du climat et des gilets jaunes a déjà défilé sur le canebière.

Autre remarque, il me semble qu’il y a moins de gens du département, ils sont restés sur leurs point de rencontre, ceux de la Ciotat ont continué à offrir un péage gratuit. Pour l’essentiel ce sont des marseillais.

Tout à coup, des jeunes gens dont les plus jeunes n’ont pas 12 ans déferlent et commencent à jeter des poubelles, cela part du Vieux port déjà déserté par les manifestants. Je suis sur la canebière quand tous ces jeunes remontent  et la fumée des gaz lacrymogènes commence à envahir l’avenue. Etrange c’est comme la dernière fois quand la jonction devrait se faire entre les deux ou trois manifs, ces jeunes venus des cités sont-ils ceux qui paraissent habitués à la gestion du trafic de drogue, depuis les enfants qui surveillent jusqu’aux grands qui sont beaucoup plus dangereux, mais on ne sait d’où ils déferlent. Quand on sait le rôle que les dealers ont joué à Marseille contre les lycéens, allant jusqu’à les menacer s’ils manifestent, on peut s’étonner de voir ces individus sortis de nulle part qui donnent l’occasion à la police de disperser défenseurs du climat et gilets jaunes (dont par parenthèse deux des leaders sont des africains) avant que la manif sur le logement et les morts de Noailles ait atteint la canebière, on la devine simplement massive dans le cours Lieutaud. Mais pas moyen de l’atteindre l’air devient irrespirable à côté de l’hôtel de police. Des jeunes me disent qu’il faut que je rentre chez moi, cela devient dangereux. Ils m’énervent d’abord parce que pour prendre le métro, celui du Vieux port étant clos, il faut bien que je remonte la canebière et que d’autre part quand ils auront fait autant de manifs que moi, ils pourront me donner des conseils. Avec ma bronchite, je ne suis pas fanatique des gaz mais enfin cette cavalcade de jeunes cons ne me paraît pas de l’ordre de ce qui provoque les grands massacres.

Sur la canebière, je commence à rencontrer des communistes en rupture de ban, ce sont les premiers de la journée en dehors des vendeurs de la Marseillaise du matin. Je suppose qu’ils sont tous à la manif de Noailles comme la semaine dernière. Franchement, je trouve qu’ils devraient discuter avec les gilets jaunes, ils ne demandent que ça. Même s’ils sont en colère contre les « minots » qui n’ont pas de cervelle et fournissent des prétextes aux flics, je ne les ai pas entendus vraiment en colère, bien plutôt indignés devant le déploiement policier, des tanks (voir ci-dessous) pour affronter ce qui ressemble plus à un monôme qu’à une insurrection. Tout le monde ricane sur le moment où cela a lieu, comme la dernière fois pour empêcher la rencontre. Peut-être faudrait-il songer à organiser cette rencontre, un mélange plus tôt dans la journée.

Je rentre épuisée, je n’ai pas arrêté de marcher et j’ai malgré tout un peu avalé des lacrymos. Jje tombe sur le lit toute habillée et je me réveille à une heure du matin, pour écouter Ian Brossat sur LCI. Excellent, direct, pugnace, il est tout à fait en phase avec ce que j’ai entendu toute la journée et il a raison de noter que la dissolution n’est pas l’objectif premier, même si les gilets jaunes criaient avec conviction « Macron démission » et en privé affirmaient « Si Macron ne nous entend pas, c’est que c’est un vrai enc…  »

C’est vrai que macron est devenu la figure qui rassemble toute leur colère, mais ce qui monte est l’impossibilité de vivre… Ian Brossat est tout à fait proche de cette colère, il tranche sur le politicien. Un député LREM qui en fait une tonne dans les bons sentiments et la plaidoirie pour sa catégorie, tente de l’attaquer sur ce qu’il gagne à la mairie de paris et enfin sur l’échec des régimes communistes. Ian a raison de ne pas répondre et de rester sur le sujet, mais on ne m’ôtera pas de l’idée qu’il faut mener un combat résolu contre cette idée de « l’échec » des « régimes communistes », une contre-offensive idéologique s’impose, permanente et sur le fond. Même si ce n’est ni le temps, ni le lieu pour Ian de s’embarquer là-dedans.

Danielle Bleitrach

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