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Brésil: les USA et les fascistes se réjouissent de voir les pauvres privés de médecins

BRÉSIL : Les USA félicitent Bolsonaro d’avoir laissé le peuple brésilien sans médecin. Alors que ce retrait aura des conséquences terribles pour le système de santé brésilien, les médecins cubains travaillant dans les zones les plus vulnérables.

Bien que laissant des millions de Brésiliens sans assistance médicale pour leurs déclarations méprisantes contre des professionnels cubains, le président élu Jair Bolsonaro reçoit les éloges des États-Unis.

La sous-secrétaire d’État américaine aux affaires de l’hémisphère occidental, Kimberly Breier, félicité la position du futur dirigeant brésilien, qui a forcé le retrait des médecins cubains du programme More Doctors. .

« Le gouvernement des États-Unis a salué la pression exercée par Bolsonaro sur les médecins cubains, dans un signe clair d’harmonie avec la politique étrangère américaine. »

Le ministère cubain de la Santé (MINSAP) a annoncé mercredi qu’il retirait les médecins cubains du programme initié en août 2013 par l’ex-présidente Dilma Rousseff , à la suite des modifications annoncées par Bolsonaro.

Le site brésilien 247 avertit qu’en raison du retrait des médecins cubains, au moins 24 millions de Brésiliens resteront sans assistance sanitaire et que la menace pèse sur d’autres initiatives telles que le programme de santé de la famille (PSF).

« Alors que ces professionnels (Cubains) portent l’attention dans les zones rurales, les petites villes et les villes éloignées des grands centres, les communautés autochtones et les zones en conflit, les États et les municipalités, le gouvernement fédéral a déjà subi des pressions pour trouver une solution urgente au problème ».

À cet égard, l’ancien ministre brésilien de la Santé, Alexandre Padilha, qui a participé à la mise en œuvre du programme, a déclaré à la presse que ce retrait aurait des conséquences terribles pour le système de santé, les médecins cubains travaillant dans les zones les plus vulnérables. « Ils sont en Amazonie, dans des villes rurales et des favelas ».

Il a ajouté que les professionnels de l’île travaillaient dans 2000 villes et villages et étaient « les seuls médecins dans 1 700 de ces villes ».

« Les médecins cubains ne sont pas seulement qualifiés, ils sont également des spécialistes de la médecine rurale, ce qui manque au système de santé brésilien », a déclaré Padilha.

PRENSA-LATINA.CU
Brasilia, 16 nov (PL) Pese a dejar a millones de brasileños sin asistencia médica por sus despectivas declaraciones contra profesionales cubanos, el presidente electo Jair Bolsonaro recibe elogios de Estados Unidos, denuncia hoy el portal digital Brasil 247.
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Comment les banquiers centraux assurent leurs arrières derrière les élections américaines et d’autres…

Résultat de recherche d'images pour "Trump et la crise mondiale"

 

En seconde partie nous vous présentons  l’analyse d’une société financière ultralibérale. Celle-ci qui s’adresse à des investisseurs de faible niveau, des « boursicoteurs »,  a l’avantage de mettre en perspective ce que l’on présente comme la réussite économique de Trump avec son formidable endettement qui repose encore sur le rôle du dollar dans les échanges mondiaux .  il est clair que non seulement « les banques centrales » croient de moins en moins à cette « réussite », mais plus généralement n’ont pas d’issue alternative.,Il existe une situation qui de fait ne peut continuer à reposer sur le service d’une dette financière qui accable la quasi totalité de l’humanité, cette dette le répérterons nous assez n’est pas dûe à un excès de bien vivre des travailleurs mais au cancer financier que l’endettement américain trduit assez bien. Tout le monde sait que cela ne pourra pas durer, mais on fait comme Trump, on crie à la victoire du système d’asphyxie généralisé. Cette réalité dont personne ne peut plus faire abstraction sauf en imagination, rend illusoire l’espèce d’équilibre instable dans lequel partout le système politique tente de perdurer, avant le grand écroulement, en tentant d’éciter la transformation nécessaire. C’est aussi une donnée de la période mais à ce titre un marxiste doit voir ce qui est derrière ces choix des banques centrales, essentiellement la conscience des menaces d’un krach mondial et l’impossibilité d’y faire face. Pourquoi ?

La première caractéristique de la situation est bien souvent énoncée: la crise financière de 2008 n’a pas été dépassée, en général comme DSK après ce constat on note que les banques ont poursuivi leurs pratiques nocives, mais cela va bien au-delà. Parce que 2008 a certes éclairé les pratiques financières et il a été admis que l’on ferait payer ces pratiques aux peuples, aux classes défavorisées, tout en poursuivant sur la même lancée.

mais dix ans après un marxiste peut et doit faire une autre analyse. Il s’agit d’une crise de celles qu’analysaient Marx quand il parlait de surproduction et pourtant ce n’est pas une crise cyclique ordinaire mais bien une crise organique du capital. Ce qui le démontre d’abord c’est le caractère poussif des reprises, alors que dans les crises cycliques y compris celle des années trente, la reprise a toujours été importante. En ce sens la comparaison avec les années trente est erronée, le capital se débat pour reconquérir un taux de profit.

Mais le phénomène le plus important est que le choix du capital d’imposer dans tous les pays des mesures pour faire payer leur crise par des mesures d’austérité ont constitué un terrain d’explosions sociales d’une ampleur inouÏe. Dans le contexte d’un développement des forces productives, le capitalisme s’avère incapable d’augmenter la productivité du travail humain dans les conditions matérielles imposée aux travailleurs et aux pays émergents. Nous sommes donc passés d’une crise cyclique à une crise systémique.

Deux phénomènes importants, chute de la productivité globale, croissance lente au meilleur des cas et parfois arrêt comme au Mexique. Chute qui correspond à des niveaux d’investissement historiquement bas.

la création brute de capital dans l’Union Européenne et aux Etats-Unis est tombée sous les 20 % du PIB pour la première fois depuis les années 60, tandis que la consommation et la dépréciation du capital sont en hausse. Dans les pays ex-coloniaux, le boom du prix des matières premières a déclenché une brève augmentation de l’investissement, mais il est retombé à nouveau ces dernières années. POurtant l’éconmie regorge de liquidités qui n’ont pas le champ d’investissement désiré. C’est comme si toute la plus value que le système n’arrête pas d’extraire jusqu’au sang n’avait plus d’usage productif. Ce qui se traduit par des reprises poussives qui loin de correspondre à l’amélioration de la situation des travailleurs ne cesse d’entraîner sa dégradation. Avec ce transfert continue d’énormes masses d’argent au profit de la classe capitaliste, déséquilibre qui ne cessé de s’aggraver.

La dette mondiale avec en son centre celle des Etats-UNis a atteint plus de 330% du PIB, suivi par les autres centres capitalistes japon; Royaume uni, Espagne, France, italie et Corée du sud. Cette dette dont nous venons de voir le mécanisme et qui consiste à reboucher sans cesse le gigantesque trou financier et bancaire alors même que les riches refusent de payer des impôts fait que les Etats n’ont plus d’argent et ne cessent d’inventer des moyens d’en extorquer. Tout le monde sait bien que la seule façon de sortir de ce cercle vicieux est de dénoncer cette dette, ce système fou qui ne cesse de creuser les inégalités. La recherche d’une issue politique qui permette de le maintenir est donc comme dirait lénine un concentré d’économie

Pour compléter cette analyse, il s’avère indispensable de la compléter par le cas de la Chine dans ce contexte. Disons brievement que la Chine n’échappe ni à la stagnation, ni à la bulle du crédit, mais qu’elle a un  atout fondamental c’est un fort secteur public en particulier en matière financière. C’est pour cela que le Manifeste s’avère le seul texte qui met le parti en état sinon de résoudre ces questions du moins à les aborder avec réalisme.

Danielle Bleitrach

Vous avez peut-être vu passer cela dans vos journaux : les banquiers centraux ont acheté de grandes quantités d’or au troisième trimestre 2018 (26,6 tonnes) – parmi ces acheteurs des nouveaux venus tels que l’Inde, la Pologne et la Hongrie. Les plus gros acheteurs restent la Russie, la Turquie et le Kazakhstan.

En réalité, le marché de l’or ne s’en ressent que peu car ces pays achètent la production de leurs propres mines ou passent leurs transactions sur le très opaque marché de Londres.

Durant ce même trimestre, les ETF (ou ETC ou trackers, produits financiers censés détenir en stock autant de métal jaune que de parts ou de certificats émis) ont été vendeurs de plus de 116 tonnes.

En fait, le plus impressionnant est que malgré la vente massive des ETF, l’or ait si peu baissé…

Finalement, si l’on examine tous les mouvements sur ce trimestre ,l’augmentation nette de la demande mondiale n’est que d’un montant modeste de 6,2 tonnes.

Cela n’empêche pas de s’interroger sur la motivation des banquiers centraux acheteurs. Banques centrales et or font plutôt mauvais ménage et l’or est censé sommeiller dans des chambres fortes sans attirer l’attention du public.

Pour comprendre les mobiles de ces banquiers centraux, il faut revenir sur le fonctionnement de la mondialisation.

Comme l’explique Bill Bonner, le commerce mondial consiste pour les pays développés à acheter à crédit aux pays émergents – Chine en tête – des choses produites à bas coût.

Par conséquent, les Occidentaux importent et paient à crédit. Les pays développés exportent et souscrivent aux dettes publiques de leurs « riches » clients.

L’argent créé par les Occidentaux ne produit pas d’inflation puisqu’il est stocké par leurs fournisseurs low cost.

Bill Bonner l’explique :

 

« Les banques centrales étrangères étaient autrefois des acheteurs fidèles de bons du Trésor US… absorbant jusqu’à 90% des nouvelles émissions obligataires pendant une bonne partie du XXIème siècle. A présent, elles sont vendeuses.

La Chine, le Japon et l’Inde ont réduit leurs détentions d’obligations US. Le Wall Street Journal rapporte que la quantité de dette fédérale américaine détenue par des investisseurs étrangers a baissé de 50% en cinq ans.« 

Moins d’appétit pour la dette en dollar mais toujours besoin de dollar

Toutefois, ce n’est pas parce que la dette en dollar n’attire plus les foules que les pays excédentaires n’ont plus besoin de dollars.

Voici l’usage des plus grandes devises dans le commerce mondial. Vous constatez que le dollar reste très largement utilisé en tant que « réserves », en tant que support de dette internationale, mais aussi comme monnaie de facturation des importations et enfin pour les paiements. Vous constatez aussi que la monnaie chinoise est quasi-inexistante.

Monde : usage international des devises

Constatons aussi que l’abandon progressif de la dette en dollar n’est pas dû à la mauvaise rentabilité des bons du Trésor.

Voici les taux d’intérêt réels (taux d’intérêt diminués de l’inflation) des emprunts de différents pays. Finalement, les emprunts fédéraux américains font plutôt bonne figure. Mieux vaut, pour un banquier central, stocker un bon du Trésor US qui lui rapportera 1,1% qu’un bund allemand ou une OAT française qui ne rapportent pas assez pour conserver leur pouvoir d’achat en euro

yield

Par conséquent, si certains banquiers centraux se créent en ce moment un matelas d’or plutôt que de dollars, l’explication ne tient pas au rendement net de la dette en dollar.

L’explication est plutôt politique. Elle a deux volets : les menaces américaines et la crainte du défaut de la part des acteurs surendettés.

Si un pays se voit frapper d’embargo et exclu du commerce en dollar (notre regard se tourne, au hasard, vers l’Iran ou la Russie) que peut-il faire ? Si un pays qui commerce avec un pays paria du dollar se voit lui-même exclu du dollar (notre regard se tourne, au hasard, vers les partenaires commerciaux de l’Iran ou de la Russie) que peut-il faire ?

Par ailleurs, n’importe quel banquier central sait aussi que le monde est surendetté et qu’une partie de cette dette ne sera jamais payée. Les « riches » clients occidentaux tirent de plus en plus la langue sous le poids de leurs dettes alors que pourtant les taux d’intérêt sont encore très faibles.

Voici la part du PIB absorbé par le service de la dette publique dans un certain nombre de pays européens.

Le niveau déjà élevé du service de la dette en Europe va encore s'aggraver en raison du ralentissement de la croissance et de la normalisation monétaire de la BCE

Pour un banquier central raisonnable, pas de quoi penser que l’euro soit une alternative crédible. Au passage, remarquez que le service de la dette absorbe 15% du PIB de la France. Ne vous étonnez pas que le gouvernement Macron soit désespérément en recherche d’argent et taxe tout ce qui bouge encore.

Nous allons vers une grave crise monétaire internationale. Il faudra bien organiser un jubilé, une remise de dette. Dans ce processus une énorme quantité d’épargne se verra aussi détruite.

Les banquiers centraux s’en protègent en augmentant leurs stocks d’or par rapport à leur épargne en réserve de change.

 
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Publié par le novembre 7, 2018 dans Chine, Economie, Etats-Unis, Europe, INTERNATIONAL

 

Le Brésil de Bolsonaro et les relations internationales par Romain Mingus

Ca y est. «Ele fue eleito presidente». Il est élu. Lui, c’est Jair Messias Bolsonaro, le nouveau président du Brésil. Ces derniers jours, impossible d’échapper aux différents commentaires – généralement d’indignation – qui accompagnent le résultat des élections présidentielles dans la 8e puissance mondiale.

Cette effervescence médiatique autour du nouveau président brésilien s’explique par deux phénomènes. D’une part, elle est en partie motivée par la déferlante actuelle de nouveaux acteurs populistes conservateurs sur la scène politique occidentale. Jair Bolsonaro viendrait en effet confirmer une tendance actuelle à la contestation apparente d’un ordre politique qui allait de soi, il y a encore quelques années.

D’autre part, le retentissement de l’élection de cet homme politique, aux déclarations aussi violentes que controversées, est aussi dû au poids que représente ce pays-continent au niveau international. Or qu’en est-il vraiment ? La marche du monde va-t-elle être bouleversée par l’accession au pouvoir de Jair Bolsonaro ?

Que change l’arrivée de Jair Bolsonaro au pouvoir ?

Durant la première décennie du XXIe siècle, l’Amérique Latine s’était dotée d’organismes supranationaux dont le but était de renforcer l’intégration et la coopération entre les pays latino-américains. Une vision indépendante qui permettait de bâtir des solutions communes hors de l’ingérence de Washington. La construction d’un monde multipolaire, et l’édification d’une diplomatie Sud-Sud visant à l’élaboration de politiques conjointes en matière de finances, de développement, d’agriculture, d’énergie et de commerce, ont été l’horizon commun de la plupart des pays latino-américains durant la décennie précédente. Durant cette période, le Brésil de Lula a joué un rôle prépondérant dans la construction de l’Union des nations sud-américaines (Unasur), de la  Communauté d’Etats latino-américains et caribéens (Celac), ou encore du forum bi-régional Amérique du Sud-Afrique (ASA), qui regroupait 55 pays d’Afrique et 12 d’Amérique du Sud.

Ce panorama régional était déjà largement écorné avant l’élection de Jair Bolsonaro. Sous les coups de butoir d’une droite décomplexée, qui a rongé son frein pendant une décennie, l’Unasur traverse une crise sans précédent. Six pays sur les douze qui la composent (dont le Brésil) ont fait connaître leur souhait de suspendre leur participation à cet organisme (1). Quand au Forum ASA, il est au point mort et n’a plus tenu de réunion plénière depuis 2013.

Comment en est-on arrivé là ? Les raisons sont avant tout politiques. L’arrivée au pouvoir de plusieurs gouvernements de droite a changé la donne. Ces gouvernements, dont la ligne politico-économique renoue avec le néolibéralisme, préfèrent établir des traités économiques bilatéraux ou des accords commerciaux régionaux – comme l’Alliance du Pacifique rassemblant le Chili, le Pérou, la Colombie et le Mexique – plutôt que de parier sur la coopération comme moteur du développement régional. Jair Bolsonaro s’insère dans cette dynamique et il y a fort à parier que son élection mettra un coup d’arrêt aux organismes de coopération régionale, ainsi qu’à la dynamique des relations Sud-Sud.

Même s’il existe, pour l’instant, plus d’indices que de propositions programmatiques chez le nouveau président brésilien, on peut d’ores et déjà déceler une certaine cohérence entre son programme économique ultra-libéral et sa vision internationale. Tout comme il rejette toute régulation de l’économie par les secteurs étatiques, il n’acceptera aucune contrainte internationale qui pourrait aller à l’encontre de la réalisation de son projet politique.

Ce qui est choquant n’est pas tant la réaffirmation de la souveraineté brésilienne sur les 3/5e de la forêt amazonienne, que son projet politique et économique aux antipodes des préoccupations écologiques internationales

C’est dans cette optique qu’il faut comprendre sa position par rapport à l’Accord de Paris. Jair Bolsonaro a réaffirmé qu’il n’en sortirait pas à la condition qu’aucune contrainte écologique extérieure n’entrave son projet de développement de l’agro-industrie, de l’élevage intensif et de l’industrie minière dans la région amazonienne.

Ce qui est choquant n’est pas tant la réaffirmation de la souveraineté brésilienne sur les 3/5e de la forêt amazonienne, que son projet politique et économique aux antipodes des préoccupations écologiques internationales (2). Le futur nous dira qui gagnera ce bras de fer. L’Accord de Paris résistera-t-il à la sortie du Brésil après celle des Etats-Unis ? Ou tout sera-t-il fait pour éviter une sortie du géant sud-américain ? La réponse semble déjà faire partie de la question.

Les positions de Jair Bolsonaro nous rappellent surtout qu’aucun traité ou organisme international ne réussit à s’imposer aux choix politiques et économiques d’une nation souveraine, si détestables qu’ils puissent nous paraître.

Il en a été de même par le passé lorsque les gouvernements de gauche d’Amérique latine ont fait capoter l’Accord de libre-échange pour les Amériques (3) ou lorsque le Venezuela décida de se retirer de la Communauté andine des nations, sans que le ciel ne lui tombe sur la tête. En dernier lieu, le dépositaire de la souveraineté reste le peuple et son expression électorale. A moins de remettre en cause le principe de démocratie représentative, mais ceci est un autre sujet.

Relations ambiguës avec la Chine

Quelle peut être la marge de manœuvre du nouveau président brésilien face à la Chine ? Durant sa campagne, Jair Bolsonaro a multiplié les déclarations hostiles et provocantes contre la grande nation asiatique. Sa volonté de s’aligner sur la diplomatie de Washington pourrait laisser penser qu’un virage diplomatique drastique pourrait être opéré.

Les relations de Brasilia avec Beijing devront se faire sous l’angle du pragmatisme économique et non de l’idéologie

Néanmoins, la réalité des liens entre la Chine et le Brésil devrait pousser le nouveau chef d’Etat à une position plus pragmatique, surtout à court et moyen terme, le mandat présidentiel ne durant que quatre ans. En effet, 54 milliards de dollars ont été investis par les Chinois sur une centaine de projets de 2003 à 2018. Le gouvernement non élu de Michel Temer, peu suspect de sympathie pour le communisme ou le monde multipolaire a, sur la seule année 2017, porté les investissements du géant asiatique à 10,8 milliards de dollars. Ni les Etats-Unis, ni l’Europe n’étant en mesure de constituer une alternative crédible à cet investissement massif, les relations de Brasilia avec Beijing devront se faire sous l’angle du pragmatisme économique et non de l’idéologie.

Même si le Brésil pourra restreindre certains investissements chinois, tourner le dos aux Brics (4) ou à la Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures, dont le Brésil fait partie, reste peu probable sinon suicidaire pour son économie. De même, il ne semble pas vraisemblable que le Brésil s’isole du projet de Nouvelle route de la soie en Amérique Latine, négocié au sein du Forum Celac-Chine, laissant ainsi des concurrents régionaux profiter des avantages tirés de tels accords.

Qui plus est, si les exportations brésiliennes vers la Chine représentaient à peine 2% avant l’arrivée de Lula au pouvoir, elles totalisent en 2018, 26% du total des exportations, principalement dans le domaine de l’agro-business, l’un des piliers du soutien au nouveau président brésilien. Si le Brésil est en droit de diversifier les pays où il exporte, via l’accord Union européenne-Mercosur, par exemple, le marché chinois apporte un débouché bien plus sûr et stable pour ses produits que ne pourrait l’être l’Europe ou les Etats-Unis, régions du monde où commence à s’agiter l’étendard du protectionnisme économique.

Le Venezuela

L’un des thèmes récurrents de la campagne de Bolsonaro a été le Venezuela. Rien d’étonnant. Depuis quelques années, le pays bolivarien s’invite en guest-star de nombreux processus électoraux à travers le monde. Du Chili à l’Espagne en passant par l’Argentine, la France et même les Etats-Unis, une campagne électorale ne semble pas être aboutie sans qu’une référence au modèle chaviste soit utilisée par les candidats de droite pour stigmatiser leurs adversaires politiques.

Jair Bolsonaro n’a pas fait exception à cette règle, vociférant tout au long de la campagne qu’il mettrait tout en œuvre pour que «le Brésil ne devienne pas un autre Venezuela». Nul doute que le nouveau président brésilien augmentera la pression politique et diplomatique contre son voisin. L’échange téléphonique entre Mike Pompeo et le nouveau président du Brésil au lendemain de son élection va dans ce sens. Le secrétaire d’Etat étasunien ayant évoqué une nécessaire coordination entre les deux pays sur la question du Venezuela.

Le Venezuela deviendra un argument de change dans les relations qu’entretiendra Jair Bolsonaro et son équipe avec l’administration Trump, fervent opposant au gouvernement de Nicolas Maduro

Dans ce contexte, comment interpréter les déclarations de certains proches du nouveau président ? Son fils Eduardo, ainsi que le général Augusto Heleno y Luiz Philippe de Orleans, pressentis pour occuper respectivement le ministère de la Défense et celui des Affaires étrangères ont laissé entendre qu’une intervention militaire contre le pays bolivarien n’était pas à exclure. Si Jair Bolsonaro s’est lui même défendu de toute aventure guerrière, il paraît évident que le Venezuela deviendra un argument de change dans les relations qu’entretiendront Jair Bolsonaro et son équipe avec l’administration Trump, fervent opposant au gouvernement de Nicolas Maduro.

Il faut aussi se rappeler que l’Etat du Roraima, frontalier avec le Venezuela, est alimenté en électricité par le pays bolivarien. Dans un conflit aggravé, le Venezuela disposerait donc de la possibilité de rationner cet approvisionnement et de générer une situation chaotique dans un Etat désormais gouverné par Antonio Denarium, un partisan du président élu (5).

Une intervention du Brésil en terres bolivariennes aurait des répercussions sur tout le continent. Non seulement le Venezuela compte sur des soutiens diplomatiques ou militaires de poids (russes, chinois et cubains) mais la nouvelle doctrine militaire de ce pays, élaborée dès 2005, mise sur une stratégie adaptée aux conflits non conventionnels et à la guerre de quatrième génération.

Agresser le Venezuela reviendrait à créer une poudrière régionale et un bourbier militaire qui s’étendrait sur plusieurs années. Pas sûr que le Brésil sorte vainqueur d’un tel affrontement ni que Bolsonaro y gagne en popularité.

Israël et le Proche Orient

Jair Bolsonaro entretient des liens politiques et religieux très fort avec Israël et s’est même fait baptiser dans les eaux du Jourdain. Il a plusieurs fois rappelé son attachement à la «démocratie israélienne» qu’il considère comme un exemple à suivre. Ce faisant, il se démarque de la politique extérieure du PT qui avait reconnu l’Etat de Palestine et rappelé son ambassadeur en Israël pour protester contre l’opération Bordure Protectrice en 2014.

De la même manière, le gouvernement de Dilma Roussef s’était opposé à la nomination de Dani Dayan comme ambassadeur de Tel Aviv au Brésil. Motif invoqué : alors que le gouvernement brésilien dénonçait l’occupation de la Palestine, Dani Dayan, membre du parti extrémiste Foyer Juif, et ancien président du conseil de Yesha, qui représente les intérêts des colons israéliens, pouvait perturber les relations entre les deux pays. Une campagne de soutien au diplomate israélien avait été orchestré par la députée Geovania da Sé, membre du groupe parlementaire évangéliste à l’assemblée brésilienne, groupe parlementaire qui comptait parmi ses membres un certain Jair Bolsonaro (6).

Le « nationaliste » Bolsonaro au cours d’un discours

 

Suivant le mouvement initié par Donald Trump, ce dernier a annoncé le transfert de l’ambassade brésilienne à Jérusalem et a promis de fermer l’ambassade de l’Etat Palestinien, ouverte en 2016 en déclarant : «La Palestine est-elle un pays ? La Palestine n’est pas un pays, donc elle ne devrait pas avoir d’ambassade ici».

Le Brésil de Bolsonaro deviendra sans aucun doute l’un des soutiens majeurs de la politique israélienne au Proche-Orient et développera certainement des partenariats rapprochés avec l’Etat d’Israël.

Bolsonaro au-delà des maux

Le tournant géopolitique que représente l’élection de Jair Bolsonaro doit se comprendre dans son contexte régional. La direction géopolitique que prendra la nouvelle équipe dirigeante devrait peu différer de celle déjà en vigueur dans les pays latino-américains dirigés par des gouvernements néo-libéraux. En cela, il renforcera cette tendance, qui s’inscrit désormais comme un virage continental qui balaie les politiques et les avancées réalisées par les gouvernements post-libéraux du début du siècle.

Au-delà des mots et des maux, l’alignement sur les politiques de Washington dans la région, et un certain pragmatisme par rapport à la Chine, caractériseront surement le mandat du nouveau président brésilien, qui, pour mettre en œuvre sa politique autoritaire sur le plan intérieur ne pourra se payer le luxe d’être isolé diplomatiquement.

Article initialement paru sur le site de RT France 

Notes:

(1) Les pays suivants ont exprimé leur souhait de suspendre leur participation à Unasur: L’Argentine, le Brésil, le Chili, la Colombie, le Pérou, et le Paraguay. Notons que le président équatorien a décidé de porter un sérieux coup d’arrêt à l’organisme d’intégration en décidant de récupérer ses installations situées dans la banlieue de Quito.

(2) La France dispose du 2e espace maritime au monde (Zone économique exclusive). L’écosystème dans ce territoire français est aussi d’une richesse inestimable. Doit-on pour autant renoncer à notre souveraineté sur cette zone en raison des intérêts écologiques internationaux qui en découle?

(3) La Zone de Libre Échange entre les Amériques était un projet de libéralisation des économies et de dollarisation du continent. Principalement porté par les Etats-Unis, il fut mis en déroute grâce à l’action conjointe des gouvernements progressistes dans la région. Voir Telesur, “América Latina, a 12 años de la derrota del Alca”, 05/11/2017, https://www.telesurtv.net/news/10-anos-del-NO-al-ALCA-20151102-0028.html

(4) Le siège pour les Amériques de la Banque de Développement des Brics a récemment été ouverte à Brasilia par le gouvernement de droite –non élu- de Michel Temer

(5) Une intrusion armée, sous le prétexte d’une guerre humanitaire, pourrait être le prétexte pour prendre le contrôle des centrales hydro-électriques vénézuéliennes, situées juste de l’autre coté de la frontière.

(6) Voir Romain Migus, “La agenda secreta de Israel en América Latina”, Venezuela en Vivo, 30/04/2016,  https://www.romainmigus.info/2017/11/la-agenda-secreta-de-israel-en-america.html

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Bernie Sanders lance un appel salutaire (discours intégralement traduit)

Quoi que l’on pense de la perspective offerte aujourd’hui par Bernie Sanders, ce qui est clair c’est qu’une partie grandissante des américains et les jeunes en particulier ne voient plus dans le socialisme le diable incarné, ils s’intéressent au contraire à ce système alternatif du capitalisme, qu’ils dénoncent (note de Danielle Bleitrach).

Nous reproduisons ici, pour la première fois en France, le discours intégralement traduit de Bernie Sanders, principal opposant à Donald Trump prononçait le 9 octobre à la Johns Hopkins University school of Advanced International Studies. L’appel lancé par Bernie Sanders en faveur de la construction « d’un mouvement démocratique mondial pour contrer l’autoritarisme » met chacun et chacune de nous devant ses responsabilités : oui ou non sommes-nous disposés à unir urgemment nos forces pour nous battre contre la peste autoritaire, raciste et d’extrême droite avant qu’il ne soit trop tard ?

Bernie Sanders : Lancer un mouvement démocratique mondial pour faire front contre les régimes autoritaires.

Le Sénateur Sanders parle ici en direct à la Johns Hopkins University school of Advanced International Studies des problèmes que le nationalisme autoritaire pose aux sociétés démocratiques, et de la nécessité de lancer un mouvement progressiste mondial basé sur des principes de démocratie, d’égalité et de justice économique et environnementale.

Aux USA, nous faisons grand cas de tout ce qui a des effets sur l’économie, les services médicaux, l’éducation, l’environnement, la justice pénale, l’immigration et, tout récemment, les candidats à la Cour Suprême. Ces enjeux revêtent tous une énorme importance.

Exception faite des crises immédiates et dramatiques, la politique étrangère n’est pourtant pas ce qui suscite le plus d’attention ou de débats. En fait, certains analystes sont d’avis qu’en général, nous avons la politique étrangère d’un seul parti, dans laquelle les différents points de notre approche sont rarement débattus ou contestés.

Les dépenses militaires se montent à 700 milliards de dollars par an, plus que le total des 10 nations suivantes. Nous sommes en guerre en Afghanistan depuis 17 ans, en Irak depuis 15 ans, et engagés militairement au Yémen — qui connaît actuellement une crise humanitaire.

Fs0QQaH7Pendant ce temps, 30 millions de personnes sont privées d’assurance maladie, notre infrastructure s’effondre et, chaque année, des centaines de milliers de jeunes gens brillants n’ont pas les moyens de faire des études supérieures.

Il est grand temps, dans le contexte actuel, qu’un débat vigoureux aboutisse aux changements qui s’imposent dans notre politique étrangère.

Je veux aujourd’hui dire quelques mots de cette tendance inquiétante qui, dans les affaires mondiales, suscite trop peu d’intérêt. Une bataille lourde de conséquences est actuellement en cours aux USA et dans le monde entier.  Deux conceptions s’affrontent. Nous avons d’une part un mouvement mondial en pleine expansion en faveur de régimes autoritaires, d’oligarchies, de kleptocraties. D’autre part un mouvement visant à renforcer la démocratie, l’égalité et la justice économique, sociale, raciale et environnementale.

De l’issue de cette bataille dépend tout l’avenir de la planète — dans les domaines économique, social et environnemental.

millenium-development-goals-reussite-amelioration-vie-pauvreteSi l’on se penche sur l’économie mondiale, on constate aujourd’hui un accroissement massif de la richesse et une inégalité des revenus, où 1% des plus riches possèdent plus que les 99% restants, où un petit nombre d’énormes institutions financières exercent un impact énorme sur la vie de milliards de gens.

De plus, nombreux sont ceux qui, dans les pays industrialisés, doutent que la démocratie puisse tenir ses promesses. Ils travaillent plus pour gagner moins qu’avant. Ils voient les élections gagnées à coup de millions, une élite politique et économique s’enrichir, alors que l’avenir de leurs enfants est de plus en plus incertain.

Les dirigeants politiques de ces pays exploitent souvent ces peurs en exagérant ces mécontentements, attisant l’intolérance et les haines ethniques et raciales chez ceux qui peinent. Notre pays en est un parfait exemple. Ce phénomène émane des plus hautes sphères de notre gouvernement.

Il ne fait actuellement aucun doute que Donald Trump et le mouvement d’extrême droite qui le soutient ne concernent pas seulement les Etats Unis. Dans le monde entier, en Europe, en Russie, au Moyen Orient, en Asie, en Amérique Latine, des mouvements menés par des démagogues exploitent les peurs, les préjugés et les revendications des peuples pour accéder au pouvoir et s’y maintenir.

BRAZIL-ELECTION-CANDIDATES-BOLSONARO

Pas plus tard que le weekend dernier au Brésil, pendant l’élection présidentielle, le leader d’extrême droite Jair Bolsonaro, qu’on appelle « Le Donald Trump brésilien » a réalisé une performance en frôlant l’élection au premier tour. Bolsonaro est connu depuis longtemps pour ses attaques à l’encontre des immigrants, des minorités, des femmes, et des associations LGBT. Bolsonaro, qui a déclaré aimer Donald Trump, a fait l’éloge de la précédente dictature militaire ; il a également déclaré que, dans sa lutte contre le crime, la police devrait tout simplement avoir le droit de tuer plus de criminels. Voilà la personne qui va peut-être se trouver à la tête du cinquième pays le plus peuplé du monde, avec sa neuvième économie.

Pendant ce temps, l’homme politique le plus populaire du pays, l’ex-président Lula da Silva, emprisonné pour des motifs hautement contestables, n’a pas le droit de se représenter.

Bolsonaro n’est qu’un exemple parmi d’autres dont je parlerai. Mais je crois qu’il est important de bien comprendre que ce dont nous sommes actuellement les témoins, c’est la montée d’un nouvel axe autoritaire mondial.

Alors que les hommes politiques qui constituent cet axe présentent quelques différences, ils ont cependant certains attributs en commun : intolérance envers les minorités ethniques ou religieuses, hostilité envers les principes démocratiques, hostilité envers la liberté de la presse, adhésion à la théorie du complot qui tourne constamment à la paranoïa, et croyance que les chefs de gouvernement devraient avoir le droit de profiter de leur position pour servir leurs propres intérêts financiers.

Il n’est pas sans intérêt de noter que ces hommes politiques sont aussi totalement connectés à un réseau d’oligarques milliardaires qui voient le monde comme leur terrain de jeu économique.

Ceux d’entre nous qui croient à la démocratie, qui croient qu’un gouvernement est responsable devant son peuple et pas l’inverse, doivent comprendre l’ampleur de l’enjeu pour pouvoir l’affronter avec quelque chance de succès. Seul un mouvement mondial progressiste pourra tenir tête à l’autoritarisme oligarchique, mouvement qui répondra aux besoins des travailleurs, qui reconnaîtra que la plupart des problèmes auxquels nous sommes confrontés proviennent de la faillite de l’état actuel des choses. Il nous faut un mouvement qui fédère ceux qui, dans le monde entier, n’ont pas pour seule ambition le retour à un passé fantasmé, passé qui n’a pas fonctionné pour beaucoup, mais qui aspirent à un monde meilleur.

104630007-GettyImages-825587596-donald-trump.1910x1000Bien que Donald Trump ne soit pas à l’origine de cette tendance autoritaire, il ne fait aucun doute que d’autres hommes politiques à poigne ailleurs dans le monde se sont inspirés du fait que le président de la plus vieille et de la plus puissante démocratie bafoue les principes démocratiques, se livre à de violentes attaques contre l’indépendance des médias et de la justice, et désigne comme boucs émissaires les membres les plus faibles et les plus vulnérables de notre société.

L’Arabie Saoudite est un exemple de ces pays qui s’inspirent de Trump. Nous avons là une dictature tyrannique qui ne tolère aucune opposition, qui traite les femmes comme des citoyens de troisième classe, et qui, depuis plusieurs décennies, exporte une forme extrême de l’Islam dans le monde entier. L’Arabie Saoudite est actuellement en train de mener au Yémen une guerre dévastatrice avec l’aide des Etats-Unis.

J’aimerais maintenant consacrer quelques instants à la disparition de Jamal Khashoggi, ce journaliste critique du gouvernement saoudien, vu pour la dernière fois alors qu’il entrait au consulat de son pays à İstanbul mardi dernier. Pendant le weekend, les autorités turques annoncèrent à la presse qu’elles étaient convaincues que Khashoggi avait été assassiné à l’intérieur du consulat, et qu’on se serait débarrassé ailleurs de son corps. Nous devons savoir ce qui s’est passé. Si l’information est vérifiée, si le régime saoudien a bien assassiné dans son propre consulat un journaliste critique de sa politique, sa responsabilité est engagée et les Etats-Unis doivent le condamner sans équivoque. Mais il ne fait apparemment aucun doute que le Prince de la Couronne Mohammed Ben Salman se sent encouragé par le soutien sans réserve de l’administration Trump.

On imagine mal, d’ailleurs, qu’un pays comme l’Arabie Saoudite ait choisi l’été dernier d’entrer en conflit avec le Canada au sujet d’une critique relativement bénigne concernant les droits humains, si MBS — qui est un proche de Jared Kushner, le gendre du Président — n’avait pas été convaincu que les Etats-Unis garderaient le silence. Qui aurait imaginé il y a trois ans que les Etats-Unis refuseraient de prendre position dans un conflit entre notre voisin le Canada, qui est une démocratie, et notre deuxième partenaire commercial, et l’Arabie Saoudite pour une question de droits humains — mais c’est exactement ce qui s’est passé.

Il nous est tout aussi difficile d’imaginer qu’en Israël le gouvernement aurait pu prendre toute une série de mesures si Netanyahou n’avait pas été certain que Trump le soutiendrait. L’une de ces mesures étant le vote tout récent de la « loi de l’Etat Nation, » qui codifie en fait le statut de seconde classe des citoyens non juifs de ce pays, compromettant de ce fait de manière agressive la vieille ambition d’une solution à deux états, et oubliant la catastrophe économique de Gaza.

Nous avons également la relation chaleureuse que Trump entretient avec le Président Russe Vladimir Poutine, dont l’intervention dans notre élection présidentielle de 2016 continue à être niée par Trump. Nous sommes en présence d’une situation inédite, celle d’un président américain qui, pour une raison quelconque, refuse  de reconnaître cette attaque contre la démocratie américaine. Pourquoi ? Je ne suis pas sûr de connaître la réponse. Soit il ne sait vraiment pas ce qu’il s’est passé, ou bien les Russes ont peut-être des informations compromettantes le concernant, qui le placent sous leur influence ; ou alors il a plus de sympathie pour la forme de gouvernement de l’homme fort du Kremlin qu’il n’en a pour la démocratie américaine.

A mesure qu’il se rapproche d’hommes politiques à poigne tels que Poutine, Orban en Hongrie, Erdogan en Turquie, Duterte aux Philippines et Kim Jong Un en Corée du Nord, Trump ne fait qu’inutilement attiser les tensions avec nos alliées les démocraties européennes, sur des sujets tels que le commerce, l’OTAN, l’accord sur le nucléaire iranien. Ces questions sont importantes, c’est clair. Mais la manière dont Trump a, de façon tout à fait gratuite, manqué de respect envers ces alliés n’est pas seulement un manque d’efficacité diplomatique. Elle aura, à long terme, d’énormes conséquences négatives sur l’alliance transatlantique.

De plus, Richard Grenell, l’ambassadeur de Trump en Allemagne n’a, il y quelques mois de cela, laissé planer aucun doute sur le soutien de l’administration aux partis européens extrémistes d’extrême droite. Ce qui revient à dire que l’administration U.S. prend ouvertement parti pour ces mêmes forces qui mettent en danger les bases de la démocratie chez nos alliés de longue date.

Nous ne devons pas perdre de vue que le combat pour la démocratie est lié au combat contre la kleptocratie et la corruption. Ce qui est vrai ici aux Etats-Unis l’est aussi ailleurs. En plus de l’hostilité de Trump envers les institutions démocratiques dans notre pays, nous avons un président milliardaire qui, d’après un rapport récent publié dans le New York Times, a acquis sa fortune par des moyens frauduleux, et qui maintenant, en tant que président a, c’est inouï, fusionné sans vergogne ses propres intérêts et ceux de ses copains avec les politiques du gouvernement.

Un des thèmes récurrents des rapports sur l’enquête concernant la campagne de Trump sont les efforts déployés par les riches intérêts étrangers pour rechercher l’influence de Trump et de son organisation, ainsi que ceux des proches associés de Trump cherchant à négocier cette proximité pour la promesse d’un accroissement de leur richesse. Bien que les personnes concernées par ces rapports se comportent de façon particulièrement éhontée et maladroite, les informations contenues dans ces rapports n’ont rien d’original.

Nous n’avons jamais dans le passé aussi bien constaté le pouvoir que l’argent roi exerce sur la politique gouvernementale. Que nous parlions des frères Koch dépensant des centaines de millions de dollars pour démanteler les lois environnementales qui protègent la richesse des Américains, ou que nous parlions des monarchies autoritaires comme l’Arabie Saoudite, les Emirats Arabes Unis et le Qatar qui dépensent des millions de pétrodollars à Washington pour promouvoir les intérêts de leurs régimes non démocratiques, ou bien des sociétés géantes qui soutiennent des groupes de réflexion dont les recommandations serviront leurs intérêts financiers, le thème est récurrent. De puissants intérêts particuliers se servent de leur richesse pour influencer le gouvernement en faveur de leurs propres intérêts.

Pendant le combat au Congrès autour des réductions massives d’impôts accordées par les Républicains aux plus riches, certains de mes collègues se sont exprimés ouvertement à ce sujet. Le Sénateur de Caroline du Sud Lindsey Graham n’a pas mâché ses mots : il a déclaré que si les Républicains ne parvenaient pas à faire voter la loi, « ce serait la fin des contributions financières. » Ce qui « sera la fin de notre parti. » Je félicite le Sénateur Graham pour son honnêteté.

Cette corruption est si manifeste qu’on finit par s’y habituer. Il y a quelques jours, dans un article sur Sheldon Adelson, le méga donateur républicain, le New York Times titrait : « Parmi les mécènes politiques les plus importants, nombreux sont ceux dont le retour sur investissement est loin d’être impressionnant cette année. »

Je le répète : « Le retour sur investissement a été loin d’être impressionnant. » L’idée que les donateurs des partis politiques s’attendent à une politique spécifique en échange de leur contribution — la définition même de la corruption, un quiproquo — apparaît en plein jour. On ne voit même plus cela comme scandaleux.

Cette sorte de corruption est pratique courante chez les régimes autoritaires. Il est impossible en Russie de dire où finissent les décisions du gouvernement et où commencent les intérêts de Poutine et de son cercle d’oligarques  multi-milliardaires. Ils agissent de concert. De même, en Arabie Saoudite, la séparation ne se discute pas, les ressources naturelles de l’Etat, évaluées en billions de dollars, appartenant à la famille royale saoudienne.

En Hongrie, l’homme fort d’extrême droite , le leader nationaliste Victor Orban calque son action sur celle de Poutine en Russie, allant jusqu’à dire dans une interview, « Poutine a redonné sa grandeur à son pays. » Comme Poutine, Orban s’est hissé au pouvoir en exploitant la paranoïa et l’intolérance envers les minorités, lançant d’odieuses attaques antisémites contre Georges Soros, mais en même temps réussissant à s’enrichir, lui et ses alliés politiques. En Février, l’Index de Perception de la Corruption établi par Transparency  International à classé la Hongrie deuxième pays le plus corrompu de l’Union Européenne.

Il ne faut pas perdre de vue que ces partisans de la manière forte font partie d’un front commun. Ils entretiennent des liens étroits, partagent des stratégies et, comme c’est le cas en Europe et en Amérique pour les mouvements d’extrême droite, ont les mêmes bailleurs de fonds. La famille Mercer, par exemple, qui soutient l’ignoble Cambridge Analytica, a également été un des principaux donateurs de Donald Trump et de Breibart news, qui opère en Europe, aux Etats-Unis et en Israël pour promouvoir la même stratégie anti-migratoire et islamophobe. Sheldon Adelson finance généreusement le Parti Républicain et les causes d’extrême droite aux Etats-Unis et en Israël, partageant avec eux une stratégie d’intolérance et de bigoterie dans ces deux pays.

En fait, une attitude défensive ne suffit pas pour contrer efficacement l’autoritarisme d’extrême droite. Une attitude volontariste s’impose pour comprendre que nous ne pouvons pas nous contenter de défendre l’immobilisme inefficace de ces dernières décennies. Il nous faut reconnaître que les défis auxquels nous sommes aujourd’hui confrontés résultent de cet immobilisme.

Je m’explique.

Ici aux Etats-Unis, au Royaume Uni, en France, et dans de nombreux autres pays, les gens travaillent plus pour des salaires qui stagnent, et craignent que leurs enfants n’aient un niveau de vie inférieur au leur.

En-France-la-pauvrete-s-aggrave_width1024Il est de notre devoir de ne pas accepter cette stagnation, de ne pas accepter ces énormes différences de richesse et de revenu qui font que 1% de la population mondiale possède la moitié des richesses de la planète, alors que 70% de la population en âge de travailler ne représentent que 2,7% de cette richesse. Notre devoir est également de ne pas accepter que baisse le niveau de vie d’un grand nombre d’ouvriers, de ne pas accepter cette réalité : 1,4 milliard de gens vivent dans une extrême pauvreté, des millions d’enfants meurent de maladies aisément évitables.

Il est de notre devoir de nous battre pour un avenir dans lequel tout le monde, et pas seulement quelques-uns, bénéficiera d’une politique publique qui tiendra compte des innovations et des avancées technologiques.

Il est de notre devoir d’aider les gouvernements du monde entier à mettre  un terme à cette absurdité que sont les riches compagnies multinationales qui pratiquent l’évasion fiscale en cachant plus de 21 billions de dollars sur des comptes bancaires offshore, et qui exigent de leurs gouvernements respectifs qu’ils infligent une politique d’austérité à leurs classes laborieuses.

Il est de notre devoir de demander à toute la planète de faire front commun contre l’industrie des énergies fossiles qui réalisent d’énormes profits, alors que les émissions de carbone détruisent cette planète que nous lèguerons à nos enfants et petits enfants.

Les scientifiques nous disent pratiquement tous que le changement climatique est une réalité, qu’il résulte de l’activité humaine, qu’il cause des dommages dévastateurs dans le monde entier.  Ils nous disent en outre que, à défaut de mesures radicales pour aborder la crise climatique, cette planète connaîtra plus de sécheresses, plus de phénomènes météorologiques extrêmes, une acidification accélérée des océans, une élévation de leur niveau et, du fait des migrations de masse, plus de menaces sur la stabilité et la sécurité mondiales.

Un nouveau rapport du GIEC paru hier nous prévient qu’il ne nous reste qu’une douzaine d’années pour prendre des mesures urgentes et inédites si l’on veut éviter une hausse de la température de la planète qui causerait des dommages irréversibles.

La menace du changement climatique est un bon exemple du pouvoir entre les mains de nos responsables politiques. L’Europe n’y arrivera pas toute seule, pas plus que la Chine, ni même les Etats-Unis. Il s’agit là d’une crise qui nécessite une forte coopération internationale si nous voulons laisser à nos enfants et petits enfants une planète habitable et en bon état. Le leadership américain — les avantages et mesures incitatives que seule l’Amérique peut offrir — est d’une extrême importance pour permettre cet effort.

Dans le combat pour étendre et promouvoir la démocratie, il est de notre devoir de résister à l’effort concerté, fortement soutenu par le président et financé par des oligarques tels que les frères Koch, visant à rendre plus difficile pour les citoyens américains — souvent des gens de couleur, des pauvres et des jeunes — d’aller voter. Les oligarques ne se contentent pas d’acheter les élections, le découragement des votants est un élément clé de leur technique pour se maintenir au pouvoir.

Il est de notre devoir de combattre des politiques commerciales qui ne profitent qu’à de puissantes compagnies multinationales et nuisent aux classes défavorisées qui, partout dans le monde, tombent dans l’oubli.

Il est de notre devoir de refuser les politiques migratoires brutales qui séparent les familles appréhendées à la frontière et placent leurs enfants dans des cages.  Les migrants et les réfugiés devraient être traités avec compassion et respect quant ils arrivent en Europe ou aux Etats Unis. Oui, il nous faut une meilleure coopération internationale pour répondre au flux de migrants qui passent nos frontières. Mais la solution qui consiste à construire des murs comme moyen de dissuasion ne fait qu’augmenter la cruauté envers ceux qui fuient des conditions de vie insupportables.

Il est de notre devoir de mettre plus de moyens au service de ces gens que nous n’en mettons pour fabriquer des armes destinées à les tuer. Il est inacceptable que, la guerre froide appartenant à un passé lointain, certains pays dépensent plus d’un billion de dollars par an pour des engins de destruction, alors que des millions d’enfants meurent de maladies facilement guérissables.

Selon l’Institut International de Recherche sur la Paix de Stockholm, le monde consacre un total de 1,7 billion de dollars en équipements militaires. 1,7 billion. Imaginez ce que nous pourrions accomplir si seulement une infime partie de cette somme était réaffectée à des fins plus pacifiques. Le président de l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture a déclaré qu’une somme annuelle de 30 milliards de dollars pourrait mettre un terme au problème de la faim dans le monde. Moins de deux pour cent de nos dépenses militaires.

Jeffrey Sachs, de l’Université Columbia, un des experts mondiaux les plus connus dans le domaine du développement économique et de la lutte contre la pauvreté, estime que le coût pour mettre fin à la pauvreté dans le monde est de 175 milliards de dollars par an pendant 20 ans, environ dix pour cent des dépenses globales d’armement.

Donald Trump pense que ce n’est pas assez. Je pense, moi, que c’est trop.

Souvenons-nous de ce que le Président Dwight Eisenhower a dit en 1953, quelques mois seulement après son entrée en fonction. « Chaque canon que nous fabriquons, chaque navire de guerre que nous mettons à l’eau, chaque fusée que nous lançons se traduit, en fin de compte, par un vol envers ceux qui ont faim et ne peuvent se nourrir, envers ceux qui ont froid et ne peuvent se vêtir. Ce monde en armes ne repose pas seulement sur l’argent. Il repose sur la sueur de ses travailleurs, le génie de ses scientifiques, les espoirs de ses enfants. »

Et juste avant de quitter ses fonctions en 1961, Eisenhower était si préoccupé par le pouvoir croissant de l’industrie de l’armement qu’il lança ce cri d’alarme : « Nous devons nous garder de l’entrée d’influences abusives dans les conseils de gouvernement, qu’elles soient désirées ou pas, émanant du complexe militaro-industriel. La menace de la montée désastreuse d’un pouvoir illégitime existe et va persister. » Cette menace n’a fait que se préciser au cours des dernières décennies. Il est grand temps pour nous de résister et de proclamer qu’il existe une meilleure façon d’employer notre richesse.

Pour terminer, je déclare que seul un mouvement international nous permettra de combattre efficacement les forces de l’oligarchie et de l’autoritarisme mondiaux. Un mouvement mobilisateur ayant une vision de partage des richesses, de sécurité et de dignité pour tous, un mouvement qui aborde les énormes inégalités. Pas seulement les inégalités des richesses, mais celles du pouvoir politique.

Un tel mouvement va devoir faire preuve de créativité et d’audace dans ses ambitions. Alors que l’axe totalitaire s’efforce d’anéantir l’ordre mondial de l’après-guerre, qu’ils voient comme un frein à leur accession au pouvoir et à la richesse, nous ne devons pas nous contenter de défendre l’ordre existant.

Bernie-Sanders_4Nous devons jeter un regard honnête sur cet ordre qui n’a pas su tenir nombre de ses promesses, et sur ces régimes totalitaires qui ont adroitement exploité ces échecs pour arriver à leurs fins. Nous avons là l’occasion de repenser un ordre mondial basé sur la solidarité humaine, sur la certitude que chacun d’entre nous sur cette planète détient sa part d’humanité, sur la volonté que nos enfants puissent avoir une vie saine, une bonne éducation, des métiers convenables ; qu’ils aient accès à l’eau potable, respirent un air pur et connaissent la paix. Il est de notre devoir de tendre la main à tous ceux qui, dans tous les coins du monde où l’on partage ces valeurs, se battent pour un monde meilleur.

Le totalitarisme veut accéder au pouvoir en encourageant la division et la haine. Nous encouragerons l’union et l’intégration.

En notre ère de richesse et de technologie triomphantes, donner à tout le monde une vie décente est à notre portée. Il est de notre devoir de tirer parti de l’humanité que nous avons en commun et de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour nous opposer à toutes les forces, gouvernements ou entreprises irresponsables, qui s’évertuent à nous diviser, à nous dresser les uns contre les autres. Nous savons bien que ces forces font front commun et dépassent les frontières. Nous devons faire de même.

Je vous remercie.

 

La danse macabre des provocations

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Robert Ménard est allé jusqu’à légitimer la torture en Irak sans perdre ses alliés de gauche et sa réputation de troskiste, au point que l’Humanité n’a pas craint de le soutenir en parrainant un « dissident » cubain, vrai espion de la CIA sur une île qui résistait avec courage;  il a fallu qu’il rejoigne Marine Le Pen pour que le doute s’insinue.

J’ai des doutes ou plutôt quelques connaissances des pays et gens concernés: quand on connait l’histoire tragique du Honduras (1) qui non seulement en tant que colonie des USA a abrité l’endroit où la CIA formait des tortionnaires avant de les rapatrier, l’endroit où sont intervenus d’ailleurs des spécialistes français aguerris par les guerres coloniales, l’endroit où récemment malgré les protestations de la population à coup de répression par l’armée on a éliminé un dirigeant progressiste pour lui substituer un fasciste, en recommençant tortures et meurtres d’opposants politiques, quand on sait qu’aux élections de la mi-mandat des caravanes de migrants partent pour affronter l’armée de Trump aux Etats-Unis, le doute vous prend sur la nature spontanée du phénomène migratoire et qui l’a provoqué et surtout sur le fait que les pays fuis y compris en risquant la mort sont des pays capitalistes où règne un régime proche de celui que veut étendre Trump au reste de l’Amérique latine et… au monde.

C’est comme au Brésil, le juge qui a organisé le maintien de Lula en prison se retrouve bizarrement ministre de la justice. Et les juifs progressistes de Pittsburg ont beau manifester contre la politique de Trump, son soutien au Klux klux klan à laquelle sa famille a toujours appartenu, en disant qu’ils n’ont rien à voir avec la politique de Netanayou, ce dernier plus le brésilien et Trump sont copains comme cochons et Netanayoun va avoir avec lui tous les vrais antisémites et racistes du monde.

La lutte des classes est là plus violente que jamais mais on tente de la canaliser vers le fascisme pour sauver les meubles. C’est un scénario bien connu et dont on sait où il mène?

Dans notre pays, la France, les forces se liguent pour que disparaisse du paysage le PCF. Hier je ne dormais pas j’ai écouté « stupéfiant » sur la 2, de Léa Salomé, sur Johnny Halliday et ses relations difficiles avec « l’élite », j’ai guetté la reconnaissance du rôle d’Aragon dans les lettres Françaises de la qualité du chanteur et l’influence que cette prise de position avait eu sur des gens comme Godard qui à l’époque dans une de ses boutades célèbres disait « avec les communistes j’irai jusqu’à la mort mais pas au-delà », pas un mot, sur cette position d’Aragon si sensible à ce qui est typiquement français tout en s’ouvrant sur le monde. Pas plus d’ailleurs que sur le paradoxe de la célébration d’un des évadés fiscaux les plus célèbres, il est vrai que s’acharner sur lui permet de ne pas parler de la famille Mulliez, de Carrefour, dont on apprend qu’un des actionnaires a financé le fasciste brésilien. Mais je parlais d’Aragon!, oublié, au placard le plus grand écrivain du siècle dernier, l’immonde Céline ne cesse d’être réhabilité, alors qu’Aragon est nié… jamais il ne sera question de lui à la télévision, pour éviter tout ce qui peut fâcher. Le parti est effacé du présent comme il l’est du passé. Le pire est sans doute que cela se fait  avec l’assentiment d’une direction qui nous mène sans plus se cacher vers un destin à l’italienne. L’antichambre du fascisme et de la résurrection des monstres.

Alors même que les statuts votés au 36e congrès disent que les dirigeants ne peuvent excéder 9 ans et que Pierre Laurent est là depuis dix ans, ils tentent de dévoyer le congrès autour d’un légitimisme mortifère, le culte du chef et le mensonge habituel sur les bolchéviques qui veulent prendre le pouvoir.

Nous sommes entrés dans la danse macabre qui préside les grands massacres et partout le forces qui tendent vers l’affrontement tentent de le créer pour conserver leur pouvoir, c’est la classe dominante qui mène le bal et ceux qui ne croient plus à l »offensive contre la monstruosité qui nous menace laissent croire que le statu quo est un moindre mal, parce que le reste serait le retour vers une URSS dont il ont fait l’équivalent de la monstruosité nazie d’une manière folle et irresponsable, en utilisant simplement le fait que les communistes veulent une mise à plat de leur histoire faite par eux avec des historiens qui ne soient pas des idéologues haïssant les Révolutions.

Dans une société qui meurt et qui ne trouve pas d’issue prolifèrent les monstres disait à peu près Gramsci. Je ne sais où tout cela ira mais nul ne peut continuer ainsi sans aller vers le désastre. Ma réflexion se situe hors congrès du PCF parce qu’elle ne prétend pas identifier ce qui se passe dans ce Congrès terme à terme avec les convulsions impérialistes mondiaux. Ma réflexion part simplement de quelqu’un qui a beaucoup vécu et voyagé dans les pays où le néolibéralisme a été imposé par des dictatures sanglantes et prétend l’être à nouveau, alors que chez nous ce sont des gouvernements socialistes dont les communistes ont dû se dégager des pièges une première fois qui ont promu cette phase du capital caractérisée par la concurrences féroce intermonopoliste financiarisée et s’imposant par leur puissance aux Etats et nations. Le temps où l’Europe, alliée privilégiée croyait pouvoir y échapper est révolu et ceux qui militant pour un statu quo pour eux, pour leurs places nous mènent au désastre.

Danielle Bleitrach

(1) la CIA a contribué à la formation de centaines d’officiers de police des dictatures latino-américaines via ses fameux manuels de formation et l’École des Amériques, désormais renommée Institut de coopération pour la sécurité de l’hémisphère occidental (WHINSEC). [5]

Caballero a décrit le rôle de la CIA comme ambigu. « Caballero a déclaré que ses supérieurs avaient ordonné aux conseillers de la CIA de dissimuler leur participation aux escadrons de la mort, ainsi que d’autres membres des unités du renseignement de l’armée. Il a été envoyé à Houston pendant six mois en 1979 pour y être formé par les instructeurs de la CIA aux techniques d’ interrogatoire.

« Au cours de mon interrogatoire, ils m’ont préparé à mettre fin à l’utilisation de la torture physique au Honduras – ils ont enseigné les méthodes psychologiques », a déclaré M. Caballero à propos de sa formation américaine. « Alors quand nous avions quelqu’un d’important, nous l’avons caché des Américains, interrogé nous-mêmes et ensuite lui avons donné la mort à un escadron de la mort. »

« La CIA avait accès à des prisons secrètes de l’armée et à des rapports écrits résumant l’interrogatoire de présumés gauchistes, selon M. Caballero et deux responsables américains. Les Américains ont également déclaré que la CIA savait que l’armée hondurienne était en train de tuer des prisonniers. La CIA a demandé un arrêt des massacres à un moment donné en 1983. En 1984, un agent de la CIA a été rappelé du Honduras après qu’un parent du prisonnier l’ait identifié comme ayant visité une prison secrète, ont déclaré deux responsables américain et un hondurien. Il existait un contact régulier entre les interrogateurs et la CIA. Il semble donc probable que la CIA était au courant du fait que les meurtres se poursuivaient.

 

La folie impérialiste.

Ce qui caractérise notre époque est la folie (ce que j’appelle la connerie capable de détruire le monde plutôt que de céder le pouvoir), cette fin de règne produit ses effets partout elle donne à notre monde l’aspect sinistre d’une mascarade morbide. Dans mon livre un bouquet d’orties, je racontais un rêve… c’était la nuit dans la ville de Bruges que je venais de visiter et qui m’avait fait peur à cause de son musée, j’ai rêvé que j’étais dans une barque avec des enfants dans un des canaux qui allaient vers la mer, je protégeais ces enfants du nazisme, et puis tout au coup au loin on entendait une bruit de fanfare, c’étaient une bande de clowns affreux, sinistres dansant avec leurs bombes atomiques, ceux qui se voulaient les maîtres du monde. Mon cauchemar est là, partout (note de Danielle Bleitrach).

ÉTATS-UNIS : La folie impérialiste étasunienne se déchaîne contre Cuba, le Venezuela et le Nicaragua, accusés d’être la « troïka de la tyrannie »

Les salauds au pouvoir aux USA enragent. Après avoir essuyé un nouveau et cinglant échec contre Cuba à l’ONU, Trump, par la voix de son sinistre conseiller à la sécurité, John Bolton, aggrave les sanctions contre ces pays qui osent défendre leur souveraineté et leur indépendance.

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Michel Taupin à Cuba Si France Infos

ÉTATS-UNIS : La folie impérialiste étasunienne se déchaîne contre Cuba, le Venezuela et le Nicaragua, accusés d’être la « troïka de la tyrannie »

Les salauds au pouvoir aux USA enragent. Après avoir essuyé un nouveau et cinglant échec contre Cuba à l’ONU, Trump, par la voix de son sinistre conseiller à la sécurité, John Bolton, aggrave les sanctions contre ces pays qui osent défendre leur souveraineté et leur indépendance.

Les mots employés à Miami par cet immonde personnage sont d’une incroyable brutalité. Voilà comment il traite ces pays et leurs dirigeants : « Ce triangle de la terreur qui va de La Havane à Caracas en passant par Managua » et à ses trois « tyrans qui pensent être des hommes forts et des révolutionnaires » mais qui ne sont en fait que « des figures clownesques et pitoyables ».

Après les 70 personnes ou entités ciblées au Venezuela (dont le Président Maduro et son épouse), de nouvelles sanctions visent les réseaux qui interviennent dans les secteurs économiques que Trump estime « corrompus », comme le secteur de l’or. Cela confirme la peur de Trump face au Pétro et à sa volonté d’indépendance face au dollar.

Selon Washington, Nicolas Maduro aurait recours aux « mêmes tactiques oppressives que celles utilisées par Cuba depuis des décennies », et que « la dictature cubaine permet au régime vénézuélien de mettre en œuvre sa répression », John Bolton a fait savoir que les sanctions contre La Havane vont être durcies. « Aujourd’hui, le département d’Etat a ajouté plus d’une vingtaine d’entités appartenant à l’armée ou aux services de renseignement cubains, ou contrôlées par eux, à la liste des entités qui n’ont pas le droit de faire de transactions financières avec des Américains »

 
 

Bellicisme tous azimuts : Trump veut reprendre le contrôle de l’Amérique latine Une analyse du travailliste Ken Livingstone

Trump intensifie ses efforts pour provoquer des changements de régime dans les pays d’Amérique latine qui refusent de se plier à ses desideratas, tout en gardant un silence hypocrite sur les violations des droits humains commises par des alliés américains comme l’Arabie saoudite.

Ces dernières années, la droite a refait surface en Amérique latine. La première étape de l’élection du prochain président du Brésil a vu le candidat de droite Jair Bolsonaro remporter 46 % des voix. À deux semaines du scrutin final, il mène de 16 %.

Même si les gouvernements progressistes qui placent l’égalité, l’éducation, les soins de santé et la lutte contre la pauvreté au premier plan de leur politique, sont toujours puissants dans la région, la dernière période a été difficile, y compris au Venezuela.

Mais il est également vital, en temps de crise, de se rappeler pour quoi se battent ceux qui, comme nous, participent à des campagnes de solidarité. Le décès d’Hugo Chavez en 2013 nous a tous bouleversés, mais les idéaux et les progrès sociaux pour lesquels il s’est battu ne sont pas morts avec lui. Ceux qui écoutent les médias de droite, ne voient en Chavez qu’un dictateur brutal, et refusent d’admettre qu’il a changé le Venezuela en mieux. Chavez ne s’intéressait d’ailleurs pas uniquement à son propre pays : il voulait remodeler le continent tout entier. Il a été une inspiration pour ceux qui, comme lui, voulaient s’attaquer aux énormes inégalités et sortir du système néo-libéral qui nuit à la population.

J’ai eu l’honneur de le rencontrer lorsqu’il est venu à Londres en 2006 et de travailler avec lui par la suite. Ce qui m’a le plus frappé chez lui, c’est que contrairement à tant d’autres présidents et premiers ministres, c’était un homme simple, complètement dépourvu de la vanité ou de l’obsession de célébrité qui défigure tant de nos dirigeants. Il n’était pas issu d’un milieu politique et il avait passé sa carrière militaire à mener la lutte contre les guérillas qui tentaient de renverser le gouvernement réactionnaire du Venezuela. J’ai été très ému quand il m’a dit ce qui l’avait fait changer. C’est au cours d’une escarmouche où l’un de ses hommes, un de ses bons amis, a été abattu. Chavez l’a tenu dans ses bras pendant son agonie, et c’est à ce moment que Chavez a décidé que lui-même et son pays devaient changer.

J’ai pris la parole le week-end dernier lors de la campagne de solidarité avec le Venezuela, organisée pour commémorer le vingtième anniversaire de la première victoire électorale de Chavez. J’ai dit que nous devions faire connaître son vrai bilan.

Malgré les campagnes de diffamation des États-Unis et des médias, la tentative de coup d’État et les efforts incessants de l’opposition pour le chasser par des moyens antidémocratiques, Chavez est resté fidèle à son objectif de sauver le Venezuela. Comme on peut le voir par ses actes politiques :

– Il a mis en place le Programme Mission Miracle qui a sauvé plus de 3,5 millions de personnes de la cécité en Amérique latine.

– Il a fourni 1,2 million de logements bons marchés aux plus démunis du Venezuela, et ce nombre ne cesse de croître depuis 2010.

– Ses programmes d’éducation ont éradiqué l’analphabétisme au Venezuela, 1,5 million d’adultes ont appris à lire et à écrire.

– Le nombre de vénézuéliens bénéficiant d’une pension d’État a sextuplé.

– Il a également mis en place un service national de santé qui a permis de sauver la vie de millions de personnes.

Malheureusement, l’économie vénézuélienne est aujourd’hui confrontée à de réels défis, la chute massive des prix du pétrole a sapé l’économie, les exportations de pétrole étant la principale source de revenu du pays. Mais ce qui a causé le plus de dégâts, ce sont les sanctions américaines contre le Venezuela, qui ont commencé sous l’administration Obama, et qui ont été considérablement aggravées par Trump. Il s’agit notamment de l’interdiction pour les États-Unis d’acheter toute dette ou créance du gouvernement vénézuélien et du géant pétrolier public PDVSA.

Il n’est pas surprenant que les sanctions économiques aient accru les pénuries de nourriture, de médicaments et d’autres biens essentiels tout en limitant la capacité du gouvernement à résoudre les problèmes économiques du pays. Ce sont les vénézuéliens à faible revenu qui souffrent le plus. Les sanctions ont également accru la polarisation politique, rendant le dialogue indispensable plus difficile au moment où des voix internationales viennent soutenir les efforts du pays pour sortir de la crise.

Pendant sa campagne présidentielle, Trump a clairement indiqué qu’il voulait provoquer un changement de régime au Venezuela et on ne peut pas l’accuser de ne pas tenir sa promesse. Les sanctions contre le Venezuela, en sont la preuve d’autant qu’elles s’accompagnent de menaces d’une intervention armée.

On a appris le mois dernier, grâce au New York Times, que des officiers vénézuéliens dissidents avaient tenu une réunion secrète avec des responsables de l’administration Trump pour discuter du renversement de l’actuel président Nicolas Maduro. L’article expliquait que l’administration Trump avait refusé de les soutenir, mais les sanctions continuent. La Maison-Blanche a refusé de répondre aux questions sur ces entretiens mais a admis « dialoguer avec tous les vénézuéliens qui manifestent un désir de démocratie afin d’apporter un changement positif à un pays qui a tant souffert ».

Il y a déjà eu deux tentatives ratées pour renverser le gouvernement de Maduro, dont une en août pendant un rassemblement à Caracas, où deux drones ont explosé sans toucher leur cible.

Ce n’est pas la première fois que Trump menace publiquement d’intervenir militairement. En août 2017, il a dit « nous avons le choix entre plusieurs options pour le Venezuela, y compris une option militaire si nécessaire ».

Cela fait des décennies que les Etats-Unis s’efforcent de renverser des gouvernements progressistes ou parfois même des gouvernements qui affirment simplement leur souveraineté nationale, en utilisant toutes sortes de méthodes qui vont des coups d’État par des moyens détournés et discrets, aux coups militaires, des sanctions, aux blocus et de l’isolement international aux interventions militaires.

Les manifestations de belligérance tous azimuts de Trump, y compris sa volonté de construire un mur le long de la frontière avec le Mexique, sont accompagnées du versement de millions de dollars à des organisations qui œuvrent contre des gouvernements qui refusent d’obéir aux Etats-Unis, pour réaffirmer le contrôle américain dans la région.

Il n’y a pas que le Venezuela qui subit des sanctions, la République du Nicaragua et Cuba en subissent depuis près de soixante ans. Ce qui n’est jamais dit dans les médias, c’est que ces sanctions sont illégales en vertu du droit international. Mais l’Amérique a un droit de veto aux Nations-Unies et domine les principales institutions financières internationales comme le Fonds monétaire international et la Banque mondiale.

Des investissements dans son économie et une diversification qui lui éviterait de dépendre totalement du pétrole permettraient au Venezuela de résister à la politique de Trump. Espérons que le processus de dialogue qui se déroule au Venezuela et le succès des récentes élections régionales permettront de revenir à la normale et de relever les défis auxquels le pays est confronté.

Mais Trump n’a pas que le Venezuela en ligne de mire. Après la réélection des Sandinistes (FSLN) en 2016, la dernière attaque des États-Unis contre le Nicaragua est le Nicaraguan Investment Conditionality Act qui vise à bloquer les prêts de la Banque mondiale, de la Banque internationale de développement et d’autres institutions au Nicaragua. Le Nicaragua reçoit chaque année des millions de dollars de prêts pour investir dans les infrastructures et les programmes éducatifs et sociaux. Cette loi a été largement condamnée, notamment par les représentants des entreprises, le parlement et les syndicats.

Trump reprend l’attitude hostile de George W Bush vis à vis de Cuba. En juin de l’année dernière, Trump a promis de revenir sur les modestes progrès réalisés sous Obama et de renforcer le blocus étasunien de l’île, malgré l’opposition de la plupart des Cubano-américains. Trump a aussi expulsé 60% des diplomates cubains pour satisfaire les partisans de la ligne dure.

Il faut savoir qu’il y a une alternative à l’agenda de Trump. L’opposition à Trump se renforce aux Etats-Unis, en Amérique latine et dans le monde entier, y compris ici en Grande-Bretagne, où le dirigeant travailliste Jeremy Corbyn a fait preuve d’une réelle intégrité en étant la première personnalité politique nationale à demander à Theresa May de renoncer à recevoir Trump. Corbyn a dit : « Soyez sûrs que je m’opposerai et que le parti travailliste s’opposera à tous ceux qui attisent les peurs chez nous et à l’étranger, et le parti travailliste se tiendra sans équivoque aux côtés de ceux qui manifestent contre Trump et il le fera jusqu’à notre victoire ».

Ken Livingstone

Traduction : Dominique Muselet

https://www.rt.com/op-ed/441282-latin-america-regime-change/