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Lavrov tente de briser l’alliance antirusse américano-européenne

L’Ukraine est devenue pour les « bonzes » du parti démocrate un lieu d’enrichissement personnel (avec l’exemple de Biden, mais aussi d’autres). Trump qui affrontait une campagne  sur ses liens avec la Russie, ne souhaitait pas en parler, mais la procédure d’impeachement ratée l’a libéré . L’article non sans humour analyse comment en finir avec les accords de Minsk et maintenir un système de sanction contre la Russie, sera la stratégie des deux camps de « l’élite » étatsunienne, en lutte interne. En revanche, les Européens, Merckel et Macron, voient bien que cela les prive d’un marché fructueux, a un coût militaire et Lavrov qui poursuit sa stratégie « soviétique », après ses « alliés » progressistes en Amérique latine tente d’ introduire un coin  entre les Etats-Unis et les Européens. Excellent article.(note et traduction de danielle Bleitrach)

En resserrant le libellé, Lavrov tente de sauver les accords de Minsk de l'influence destructrice des Américains

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11 février 2020, 08:40
Photo: Alexander Shcherbak / TASS
Texte: Dmitry Bavyrin

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Le ministre russe des Affaires étrangères a fait une déclaration ferme, dans laquelle il a directement accusé les États-Unis d’essayer de perturber le processus de paix dans le Donbass. Selon Sergey Lavrov, ce sont les Américains qui sont derrière la démarche de Kiev, qui a refusé de retirer des forces sur toute la ligne de contact. Le ministre russe des Affaires étrangères tente donc de creuser un fossé entre les États-Unis et l’UE – et en ce moment , une telle tactique pourrait fonctionner.

« Je ne révélerai pas un grand secret, mais nous savons que la délégation ukrainienne a pris une telle position lors du sommet de Normandie à Paris sur l’insistance de Washington, qui ne veut vraiment pas que les accords de Minsk soient mis en œuvre, ne veut vraiment pas que la ligne de contact devienne sûre des deux côtés. Apparemment, le maintien de ce conflit dans une certaine forme contrôlée est dans l’intérêt des États-Unis en termes de vues géopolitiques sur l’espace post-soviétique » , a déclaré Sergei Lavrov dans une interview à Rossiyskaya Gazeta .

Le ministre, bien sûr, n’a pas révélé le grand secret. Le fait que les Américains souhaitent saboter le processus de paix en Ukraine, a été dénoncé à plusieurs reprises par des responsables russes. Une certaine mythologie nationale s’est même développée autour de cette thèse, selon laquelle l’Ukraine instable et belligérante est nécessaire aux Américains pour «contenir la Russie», Lavrov y fait allusion en parlant de «vues géopolitiques».

La déclaration du ministre des Affaires étrangères est intéressante pour une autre raison: il est difficile de rappeler le cas où cette thèse et cette mythologie se seraient exprimées si directement et à un niveau aussi élevé. Habituellement, ce type d’analyse est faite  par des publicistes et d’autres commentateurs de rang inférieur, fournissant une bonne part des théories du complot. Dans le même temps, en donnant des interviews, Lavrov a parfaitement compris qu’en Occident, on ferait attention à ses paroles – le sujet et le statut sont tels qu’il est difficile de les ignorer.

Il convient également de noter que les accusations ne sont pas vagues («influence», persuasion, «sabotage»), mais tout à fait précises, bien que les Américains ne participent pas au processus de Minsk, ils bloquent ses initiatives les plus claires et les plus pratiques. Dans ce cas, il s’agit  de revoir les forces réparties sur toute la ligne de contact dans le Donbass pour qu’elle devienne sure.

Il peut sembler qu’en resserrant le libellé, Lavrov tente de sauver les accords de Minsk de l’influence destructrice des Américains. Mais il se peut que le jeu auquel il joue soit beaucoup plus compliqué et poursuive des objectifs plus globaux.

L’Ukraine est une colonie avec laquelle les Anglo-Saxons accroissent leur fortune personnelle. Le fils du favori du Parti démocrate, Joe Biden Hunter, a reçu d’énormes sommes d’argent sur son seul nom de famille dans l’entreprise locale Burisma . Adam Schiff, chef de la commission du renseignement de la Chambre et principal «moteur» de la tentative de destitution, a tenté d’empêcher l’ enquête contre les sociétés qui injectaient de l’argent en provenance d’Ukraine et dans lesquelles il avait ses propres intérêts d’investissement. L’envoyé spécial Kurt Walker s’est avéré être un lobbyiste pour les sociétés d’armement et son genre de travail diplomatique sur les livraisons d’armes à Kiev pourrait être généreusement récompensé.

En termes simples, derrière les tentatives des Américains d’influencer la politique ukrainienne, il est plus fréquent que ce ne soient pas les intérêts nationaux américains et les stratégies géopolitiques complexes, mais bien l’argent escomptés pour chacun et la peur pour leur carrière.

Avec l’avènement de la Maison Blanche de Trump, la situation des démocrates cultivant la parcelle de terre ukrainienne est devenue plus compliquée et un système parallèle de pouvoir a été créé pour l’Ukraine. Les relations nouée avec  Kiev et Moscou ont fait de Trump un sujet toxique, de sorte qu’il ne souhaitait pas qu’on les aborde, et des personnes clés sur le terrain (principalement l’ancienne ambassadrice Marie Jovanovic) ont poursuivi leur travail au profit des bonzes du Parti démocrate.

Maintenant,  tous les médias américains fidèles aux républicains en parlent , et Trump lui-même, ayant clos le dossier avec impeachment, a procédé à une deuxième étape du nettoyage des rangs du Département d’État en Ukraine (le premier Yovanovitch et Walker touchés). Un autre message selon lequel la «main droite» du président Zelensky, le chef du bureau présidentiel, Andrei Bogdan , a démissionné , pourrait faire partie de ce processus: l’administration Trump tente depuis longtemps de se débarrasser de Bogdan .

Toutes ces querelles, scandales de corruption et tentatives de pousser plus loin leurs « cadavres » dans le cabinet ukrainien pour les deux camps (et donc pour les États-Unis dans leur ensemble) sont actuellement beaucoup plus importants que les questions de guerre et de paix dans le Donbass. En d’autres termes, toutes ces ruptures du divorce des forces peuvent être un jeu pour ou contre Zelensky d’un côté ou de l’autre, et non de la géopolitique et non une confrontation avec la Russie dans sa forme la plus pure. Le processus de Minsk pourrait devenir une victime accidentelle de la lutte des Américains entre eux – et il ressemble vraiment à une victime, au moins Zelensky, qui a été initialement mis en place pour « des étapes décisives dans le Donbass » et qui a eu l’occasion de le faire, et qui a maintenant disparu.

Cela crée une situation favorable pour la Russie, dont Lavrov a profité, et  qui a formulé de manière inattendue l’ancien problème d’une nouvelle manière.

Il ne s’agit pas de se lamenter sur le processus de Minsk, ce n’est pas le moment de pleurer – ce temps est déjà passé: si vous regardez attentivement les points de l’accord de Minsk, il devient clair que sa mise en œuvre finale (comme le dit Lavrov) est pratiquement impossible. Parce qu’il est impossible, par exemple, d’imaginer la participation du parti Right Sector * (parti fasciste NDLT) aux élections du Donbass, et cet accord le prévoit finalement.

Autrement dit, le processus de paix a été initialement fait pour  être bloqué – avec ou sans l’aide des Américains.

Il faut se préparer au scénario le plus probable, mais le plus probable est celui selon lequel le conflit du Donbass sera gelé pour les années à venir, comme cela s’est produit avec la Transnistrie. Cela signifie automatiquement l’indéfini des sanctions américaines, mais même sans cela, il est évident que les Américains ne nous retireront pas les sanctions – elles sont un outil trop commode pour une concurrence sans scrupules sur le marché, au moins des hydrocarbures et des armes. Ces sanctions, dureront alors très longtemps, sinon pour toujours quel que soit le président dont le parti siège à la Maison Blanche.

Mais l’Europe est une autre affaire. La Russie souhaite avant tout mettre fin à la guerre contre les sanctions contre l’UE – ce qui est beaucoup plus pertinent, plus précieux et surtout – est au moins théoriquement possible.

Dans le contexte de ce qui précède (et ce qu’a dit Lavrov), il est facile d’imaginer à quoi ressemble la situation du côté de l’Union européenne, qui, contrairement aux États-Unis, est motivée à résoudre le conflit militaire à ses frontières et à rétablir un commerce normal avec la Russie. Il semble que les Américains, par leurs propres intérêts égoïstes, mettent des bâtons dans les roues de l’initiative européenne de rde établissement de la paix, processus qui est personnellement dirigée par les personnes les plus influentes de l’UE – Angela Merkel et Emmanuel Macron.

Les Européens voient leurs efforts ralentir en raison des efforts des Américains. Ils sont témoins d’une concurrence américaine déloyale sur leur marché (l’exemple le plus révélateur est Nord Stream 2). Ils comprennent qu’ils sont placés dans des conditions de conflit chronique, dans lesquelles l’Europe perd de l’argent et l’Amérique reçoit des bénéfices supplémentaires. Et ils n’aiment pas vraiment tout cela, à en juger par la réprimande que Berlin inflige à Washington et la mauvaise relation révélatrice qui s’est développée entre Macron et Trump au cours de la dernière année.

Soulignant dans le monde entier que les Américains nuisent aux efforts européens de maintien de la paix en Ukraine et – à travers cela – aux affaires européennes avec Moscou, le ministre russe des Affaires étrangères tente d’insérer un coin dans cet écart de méfiance et d’hostilité, qui a traversé l’Occident autrefois uni, il cherche à séparer les États-Unis de l’UE.

Jouer sur les contradictions et la destruction de l’alliance antirusse occidentale, qui s’est manifestée en 2014, est notre intérêt stratégique. C’est précisément dans ce domaine, et non dans la mise en œuvre des accords de Minsk, qui semblait toujours mort-né, mais qui sont maintenant devenus le pied-de-biche qui élargit la fissure.

* Une organisation à l’égard de laquelle le tribunal a adopté une décision définitive sur la liquidation ou l’interdiction d’activités pour les motifs prévus par la loi fédérale sur la lutte contre les activités extrémistes

 

9 février 1950 : Le maccarthysme à l’oeuvre, rétablir les faits

beaucoup de choses sont dites aujourd’hui à propos du Mac Carthysme et certaines (comme dans la page de la revue « historique »  Hérodote) visent à justifier ou presque cette infamie. On commence à présenter le maccarthysme comme le simple prolongement d’un réflexe d’autodéfense justifié ou presque des Etats-Unis et de Truman  On va jusqu’à accuser désormais Roosevelt d’avoir livré certains secrets à Staline  à Yalta (ce qui est une fable qui fait de yalta ce qu’il n’a jamais été), on va jusqu’à accuser e parti communiste des Etats-Unis (qui avait alors 17.000 membres) de préparer une révolution insurrectionnelle et de manipuler grâce à Hollywood les pensées des citoyens innocents Etats-Unis. Exactement le contraire de la réalité.  Lire ce qui ose s’écrire aujourd’hui sur le Maccarthysme montre bien que nous ne sommes pas loin de ce retour à la chasse aux sorcières et que la résolution votée par le parlement européen qui identifie Communisme et nazisme (pour mieux tolérer de fait ce dernier) témoigne avec les répressions de syndicalistes, des mouvements revendicatifs de vers quoi on nous mène, si nous continuons à nous montrer aussi peu combatif pour dénoncer cette ignominie (note de danielle Bleitrach)

Le 9 février 1950, dans une petite ville de Virginie-Occidentale, le sénateur Joseph McCarthy brandit une liste de fonctionnaires du département d’État (le ministère des Affaires étrangères) qu’il accuse d’être des « communistes notoires » coupables de collusion avec l’Union soviétique et les agents de Staline.

Le sénateur Joseph McCarthyCe sénateur républicain du Wisconsin, un alcoolique de 42 ans inconnu du grand public, a la surprise de voir son propos repris par la presse nationale.

Il est dès lors entraîné dans une campagne hystérique qui va bouleverser l’Amérique triomphante de l’après-guerre.

Non seulement la Chine est en train de devenir communiste mais il s’avère que ce que les USA estimaient leur arme absolue utilisée à Hiroshima et Nagasaki, la bombe atomique est également possédée par les Soviétiques.

En 1947, dans le contexte de la guerre froide et de la course à l’arme thermonucléaire,  le président Truman institue des commissions, les « loyalty boards », pour repérer et écarter les fonctionnaires fédéraux coupables de collusion avec l’Union soviétique. Ces commissions envoient quelques fonctionnaires devant un tribunal mais sans résultat spectaculaire.

« Chasse aux sorcières »

La campagne du sénateur McCarthy relance les soupçons, d’autant qu’elle survient au moment de l’arrestation par la police fédérale, le FBI, des époux Rosenberg, accusés d’avoir livré à l’URSS des secrets atomiques.

Après l’élection du général Dwight Eisenhower à la présidence et surtout le triomphe du parti républicain au Sénat, en 1952, McCarthy accède à la présidence d’un sous-comité sénatorial d’enquête permanent. Désormais, un fonctionnaire peut être soumis à une enquête policière et révoqué sur un simple soupçon de sympathie avec l’Union soviétique de Staline.

Voyant un espion communiste derrière chaque personnalité du pays, hauts fonctionnaires, journalistes, cinéastes d’Hollywood et intellectuels de la côte Est, le sénateur se lance dans une délirante « chasse aux sorcières » (…)

Hollywood est particulièrement visé parce que certains scénaristes

LE PASSE CONTINUE A NOUS TRAVAILLER

Voici un texte que j’écrivais en 2008 comme une méditation sur les élections américaines et l’influence de l’usine à rêve hollywoodienne sur la vie politique américaine, l’histoire de la mise au pas de l’industrie cinématographique américaine pour qu’elle devienne cette vente permanente d’une Amérique rêvée et accompagne son hégémonie sur le monde d’un système de valeur qui autorise tous les brigandages.

« Le passé n’est pas mort, il n’est même pas passé »*
images[5]

Ils sont peut-être 200 millions à voter, mais le reste de l’humanité est spectatrice de la politique sur grand et petit écran. Avoir un candidat à la Présidence-dictature mondiale qui soit « une page blanche » sur laquelle chacun inscrit ses illusions et qui nous la rejoue John Kennedy, comme une nouvelle vie secrète de Walter Mitty, tandis que l’autre, Mac Cain, s’ingénie à copier John Wayne, prouve à quel point la politique est désormais affaire de script hollywoodien. Comment tout cela a-t-il été monté ? Comment un peuple de vagabonds rebelles, des Charlot, a-t-ils été rangé, canalisé, dans le rêve américain, électroménager, grosses bagnoles, et domination mondiale style Apocalypse Now, avec ce cauchemar de série B de film catastrophe que fut le 11 septembre ? Il faut revenir peut-être à une de ces moments clés, celui où l’usine à rêve, Hollywood, fut mise au pas.

l’Europe et l’Union Soviétique, comme d’ailleurs la Chine et le Japon sortaient dévastés de la guerre, les Etats-Unis connaissaient une ère de prospérité. 1945, c’est l’utilisation de la bombe atomique sur Hiroshima et Nagasaki pour bloquer l’armée rouge qui avance vers l’armée japonaise. 1946, c’est l’année des premières campagnes de Joseph Mc Carthy et de Richard Nixon. Mais cette campagne hystérique anti-communiste prendra son véritable essor quand le 29 août 1949, l’URSS aura fait exploser sa première Bombe A dans le Kazakhstan. La paranoïa de l’ennemi intérieur culminera avec l’assassinat d’Etat en 1953 du couple Julius et Ethel Rosenberg. La guerre de Corée en 1950. Pourtant la purge a été entamée bien avant ce moment.

1946, l’année des grèves massives

Les syndicats avaient montré trop de puissance et de combativité : 1946 est l’année de la plus grande vague de grève de toute l’histoire américaine . 5000 grèves sont dénombrées, certaines paralysent des villes entières comme Pittsburg en Pennsylvanie, il y a jusqu’à 4.6 millions de travailleurs en grève.(1).. Ce conflit social va durer jusqu’au début de la guerre de Corée en 1950.

la Loi Taft-Hartley, parrainée par les milieux de la finance, sera une étape de la reconquête par le capital, elle bloquera effectivement la progression du syndicalisme américain. Elle exigeait en particulier que chaque dirigeant syndical déclare sur l’honneur sa non appartenance au parti Communiste sous peine pour son organisation de perdre son indispensable représentativité devant le National Labour Relations Board.(2) Des dirigeants tenus en laisse et mafieux, sous l’oeil bienveillant du FBI, prendront souvent la place des militants ouvriers grâce à cette loi. Mais son principal avantage pour le capital est qu’elle organise la coupure entre les communistes et le monde ouvrier.

La paix intérieure va être obtenue au moyen d’une répression intense, une répression politique mais aussi culturelle et c’est dans ce cadre là que Hollywood va être attaqué là encore sur pression directe des milieux d’affaires. Certains libéraux de gauche comme Arthur schlesinger qui sont pour que les communistes aient leurs droits civiques, et contre la liste noire, mais ne veulent pas d’eux comme fonctionnaires ou  » dans les lieux où leur activité présente une menace évidente et imminente », ce qui n’est pas le cas en 1949, puisque comme il le note « la demonstration est faite que les communistes peuvent être vaincus -dans le mouvement syndical, dans le mouvement libéral, dans le monde politique, dans celui des anciens combattants- par les moyens traditionnels: débat, identification et dénonciation » A partir de ce processus et en s’appuyant sur la loi Taft-Harley on pouvait chasser les militants communistes des syndicats, ou du moins des directions sans recourir aux excès de la liste noire et de la prison. (3) On imagine le soutien d’un tel courant qui est celui de revues intellectuelles libérales comme Commentary ou le New leader.

Pour Hollywood c’est la grande période. 1946 sera une année jamais dépassée de fréquentation cinématographique, au plan intérieur mais aussi au marché étrangers (4). La télévision est déjà là mais ses effets sur la fréquentation ne se feront ressentir qu’en 1950. Pourtant Hollywood connaît comme le reste du pays une grande vague de grèves, avec les mêmes mises au pas. Le syndicat militant des ouvriers est remplacé par un organisme plus souple qui regroupe tous les métiers de la production.(5)

La représentation

Voici pour le contexte social, maintenant il faut analyser le contexte culturel. A Hollywood déjà durant la crise des années 30 avait surgi une critique du cinéma des années 20. Ce cinéma complétement illusoire et de divertissement présentaiit les Etats-Unis comme le paradis, sans distinction de classe, où personne ne travaille, ou s’il le fait il s’agit d’ un métier amusant. En 1929 non seulement il y a la crise et cette image ne correspond plus au vécu des spectateurs, mais également le parlant, ce qui contraint à une autre maillage de la réalité. Le genre le plus caractéristique c’est le film noir de gangsters (5), les communistes introduisent le film gris. Alors que dans le film noir ce sont les problèmes psychologique, le destin individuel qui dominent, les communistes introduisent un contexte social. . Cependant il ne faut pas exagérer ce qu’ils peuvent introduire, il existe en effet une étroite surveillance et une censure .

En 1934, les studios hollywoodiens avaient établis un bureau de censure (production Code Administration sous la direction de Joseph Breen) pour veiller à la stricte application d’un code régissant le contenu des films adopté en 1930 (7).

Après la guerre, il y a un véritable renouveau artistique, on tourne hors studio, c’est un mouvement très inspiré par le documentaire auxquels beaucoup de cinéaste ont participé durant la guerre. On assiste à une toute nouvelle écriture cinématographique dont le symbole est le plan séquence hitchcockien de la Corde. Il arrive du théâtre de New York des admirateurs d’Orson Wells et parmi eux des gens très à gauche, voir communistes comme Nicolas ray, Elia kazan, Johen Berry, Cy Endfield, Josph Losey. le renouveau artistique est considérable.

Tuer la contestation dans l’oeuf

Comment passe-t-on de cette situation d’essor à celle du début des années soixante où l’anticommunisme est devenu un pur réflexe de toute la société? Et plus tard au triomphe à Hollywood d’un cinéma qui est retourné à l’illusion des années 1920. C’est paradoxalement à ce moment là quand le communisme a été vaincu que les libéraux pourront dénoncer la chasse aux sorcières menée à Holliwood comme une stupidité inutile alors qu’ils ont été d’accord avec celle-ci dans les années 40 et 50. Parce qu’à cette époque-là il y avait de multiples dangers de contagion sociale.

Ce qu’il faut bien mesurer le fait que tout au long du 20 e siècle sous la pression directe des milieux d’affaire, l’Etats nord-américain a tué dans l’œuf toute tentative si minime soit-elle de contestation de son système capitaliste, elle à refusé toute légitimité idéologique et culturelle à ses adversaires. Et s’est employé aux Etats-Unis comme partout dans le monde à mener un combat où elle a investi beaucoup d’hommes et d’argent sur le contrôle culturel. Les communistes avaient bénéficié du répit du new deal, puis de l’alliance avec l’Union Soviétique, dès que la guerre froide fut déclenché leur tour était venu à la fois à cause de l’agitation syndicale et parce qu’ils représentaient une remise en cause culturelle et politique du système qui ne pouvait pas être toléré. En ce qui concerne les communistes, mais aussi les syndicalistes réellement combatifs, autant que les mouvements de minorités réclamant leurs droits, ils ont été l’objet d’une surveillance systématique. Sous la direction de J. Edgar Hoover, nommé le 10 mai 1924 et demeuré en poste jusqu’à sa mort en 1972, le FBI s’intéressa particulièrement aux activistes politiques non accusés de crimes. Il s’interressa infiniment plus à eux qu’au crime organisé auquel il laissa beaucoup de latitude. Ce fut avec l’OSS le seul grand service américain qui faisait du renseignement à l’étranger sur le terrain essentiellement grâce à ses bureaux en Amérique Latine. Avec la création de la CIA, cette fonction lui a été retirée mais le FBI resta tout autant actif pour traquer les activites politiques non accusés de crime. Les dix d’Hollywood et tous ceux de la liste noire continuèrent à être harcelés et ceux qui leur accordaient une aide également.

Les purges ont précédé le Mc carthysme auquel on a voulu les réduire, elles ont commencé par le syndicalisme, mais a été aussi effacé des bulletins de vote comme de la conscience sociale tout ce qui prétendait être plus à gauche que le parti démocrate (8).

Dalton Trumbo, le grand scénariste, lui-même un des dix appellera ce temps « le temps du crapaud », où il faut avaler sa ration quotidienne de chair de crapaud pour survivre. La chair de crapaud pour Dalton Trumbo c’est le conformisme imposé. Les communistes ont non seulement tenté de faire apparaître l’exploitation et la condition ouvrière, mais ils se sont surtout illustrés dans la dénonciation du sexisme et du racisme dans les films (9 ) .On les accusera dans une Amérique où l’on pratique encore le lynchage et la ségrégation d’être des « amants des noirs ». .

D. Trumbo, un des « dix », refuse de témoigner – 1947

Hollywood lâche dix noms

Hollywood avait tenu tête à une précédente enquête menée par une sous-commision du Sénat chargée d’enquêter sur la propagande de guerre en 1941. Lorsqu’il est annoncé que Le Committee on Un-Americain Activities ou HCUA que vont avoir lieu des auditions sur les activités anti-américaines, la communauté se mobilise et repousse l’accusation d’influence communiste sur les films et dénoncent les possibles mises à l’index de communistes. Il se forme un Comité de défense du premier amendement. Mais le HCUA va marquer des points en montrant qu’il a en sa possession dix cartes de membres du parti, qui deviendront les Dix d’Hollywood, cela suffit pour entraîner le repli des libéraux (la gauche non communiste) (10)

Il paraît acquis que l’Industrie du cinéma a négocié la paix en lâchant dix noms et ne faisant que l’on attaque pas le contenu des films ce qui risquait de nuire à l’industrie. La Commission ne voulait pas défier les studios et l’industrie, elle voulait simplement isoler au départ les militant syndicalistes qui avaient crée le syndicat combatif le Conférence of Studio Unions et les libéraux trop à gauche (soutien de Wallace). Le HCUA collaborait étroitement avec le FBI et avait à sa disposition ses fichiers, La liste noire fut ainsi établi et encouragea la délation et elle alla bien au-delà des dix noms initiaux (11) Nul ne sait ce qu’il en advint et la Liste noire n’a jamais été suspendu pour ceux qui parfois en sous main négocièrent le reniement de leur appartenance au parti, non seulement celle-ci n’a pas disparu mais on a récemment fait état d’une autre liste noire, celle des opposants à la guerre en Irak.

L’événement a été simple : En 1947, dix témoins refusent de répondre devant le HCUA à des questions touchant à leur affiliations politiques et purgeront plus tard à cause de cela des peines de prison, ils sont condamnés pour outrage au Congrès. Ce sont dans l’ordre de leur comparution : » John Howard lanson, Dalton trumbo, Albert Maaltz, Alvah Bessie , Samuel Ornitz, Hebert Biberman, Adrian Scott, Eward Dmytrick, Ring lander et lester Cole.

Le mois suivant, les dirigeants des « majors » annoncèrent que ceux qu’on appelait «témoins inamicaux » ne trouveront plus de travail dans l’industrie cinématographique.

Il y eut deux phases, la mise à l’index déferla en vague successive et elle emporta bien d’autres gens , on peut dire que jusqu’en 1951, les scénaristes et réalisateurs sont libres de poursuivre leur carrière. Et paradoxalement durant cette période ils vont donner des œuvres importantes. On leur interdit de travailler, ils le font en sous main jusqu’à ce que en 1950 on les envoie en prison. C’est Dalton Trumbo qui est le plus actif dans ce travail en sous main où il finira par ridiculiser ceux qui cachent que les scénarios sont de lui. Son meilleur canular n’est pas celui où il obtient l’oscar du meilleur scénariste sous un faux nom, mais le film qu’il écrit avec un autre proscrit Joseph Losey(12), « le rôdeur ». Le portrait d’un fasciste ordinaire, un supporter potentiel de MacCarthy, la fin sur un terril désolé sur lequel il glisse était pour Losey le rêve américain. Un autre grand cinéaste Nicolas Ray, qui avait appartenu à la même école celle qui tourne des films où le héros est pris dans un destin social, sera celui qui élévera la plus forte protestation contre le procès des dix dans Johnny Guitar (1954) , c’est la situation des anciens communistes sommés de comparaître devant le HCUA, le héros doit lâcher un femme libre Vienna.

Il faudrait reprendre un à un tous les films, tous les scénarios qu’ont tenté de produire les proscrits, John Berry par exemple qui raconte la grisaille corrosive du chômage dans From This Day Forward (1946) ou encore avec le dernier film hollywoodien Menaces dans la nuit (1951) situé dans un milieu ouvrier, son acteur Garfield qui va mourir à 38 ans miné par les mises en demeur de l’HCUA qui le harcèle pour qu’il dénonce ses amis. . Encore le chômage dans le film de Cy Endfield The sound of Fuyr –fureur sur la ville 1950) qui est le chef d’ œuvre de ce type de film. Dmytrich cède le premier il devient en 1951 « temoin amical » et il fera aussitôt le film psychologisant exigé par Holywood. Dans l’homme à l’affut (1952) il va plus loin, il dénonce les crimes sexuels et propose la détention préventive « Ceux qui pourront être guéri le seront, ceux qui ne le seront pas resteront enfermés, il faut créer un appareil thérapeutique d’Etat. Après ce manifeste, en récompense on lui confiera le tournage de Ouragan sur le Caine (1954), le message du film est celui de l’obéissance aveugle à toute forme d’autorité.

Temoignages

Voici leurs témoignages quelques années après sur les conséquence de la Liste Noire : Témoignage de Alvah Bessie, dans la revue Positif n°39 en mai 1961 :« La tragédie provoquée par l’enquête de Hollywood est plus difficile à évaluer. A sa suite,
et à la suite des enquêtes suivantes, plusieurs centaines de scénaristes, metteurs en scène,
producteurs, acteurs et techniciens se trouvèrent sans emploi, balayés par la vague
anti-rouge, et réduit dans leurs communautés à la situation de parias.Après ma libération de Texarkana, en 1951, il me fut impossible de trouver le moindre travail. Je parcourus Los Angeles pendant trois mois. J’écrivis à tous les éditeurs de New York qui pourraient réagir avec sympathie, mais ne reçut point de réponse. […]Un riche industriel offrit de m’engager en qualité d’apprenti tourneur à un dollar et demi de l’heure. […] Puis Harry Bridges, un grand bonhomme à qui les hommes au pouvoir n’ont pas pardonné son rôle dans la grève de 1934, me recueillit et me fit venir à San Francisco comme second-porte parole et rédacteur à l’International Longshoremen’s and Warehousemen’s Union (Syndicat International des docks et entrepôts)… » Ainsi que de nombreux autres exemples dont Adrian Scott (producteur), qui refusa de coopérer avec l’H.U.A.C, se vit jeter en prison ; puis à sa sortie, il ne put produire de films qu’en 1970, soit 21 ans de « censure », il se trouvait sur la liste noire.Alvah Bessie : Travailler sous un pseudonyme. Témoignage de Dalton Trumbo ( écrivain), dans la revue Positif, dans les n° 64 et 65 en 1964 :« J’ai signé sous des pseudonymes : Robert Rich, The Brave One, Sam Jackson, Spartacus, […]. La liste noire a arrangé les petits producteurs pour lesquels j’ai travaillé pendant une période de dix ans. Ils pouvaient se permettre d’avoir un scénariste ayant beaucoup de métier pour peu d’argent. Ils me payaient deux millions par film, alors qu’avant la liste noire je touchais quarante millions d’anciens francs. […] J’ai rompu cette période de silence grâce à Kirk Douglas et au directeur de sa compagnie Edward Lewis, qui m’ont demandé en 1958 d’écrire le scénario de Spartacus d’après le roman de Howard Fast. Kirk voulait que mon nom soit au générique, sauf si United Artist si opposait. Ils refusèrent. J’écrivis donc le premier script sous le nom de Sam Jackson, et ne mis jamais les pieds sur le plateau. Mais Peter Ustinov et Charles Laughton intrigués découvrirent la vérité et en informèrent les journalistes, ce qui fit scandale, obligeant de ce fait United Artist à mettre mon nom au générique […]..

L’usine à rêves

Dans de telles conditions les films à message fut-il aussi conservateurs que Ouragan sur le Caine ne sont plus à l’ordre du jour. Après les 10 d’Hollywood ce sont des centaines de réalisateurs et autres travailleurs du film situés à gauche qui sont interdits à Hollywood, tout comme le type de film qu’ils étaient arrivés à faire entre 1947 et 1952.

Les principaux fils en vogue seront de « divertissement », ce sera le règne du western, du film de guerre qui encense l’Amérique, l’épopée biblique et le mélodrame bourgeois. L’autre Amérique a été étouffée, interdite.

Ce qu’il faut bien mesurer c’est que le choix d’un certain cinéma, usine à rêve et diffusant l’american way of life, ne fait pas des dégâts seulement aux Etats-Unis, en France c’est tout une école du cinéma qui est victime de la diffusion massive de ce type de cinéma, et de la prudence des producteurs français. Par exemple Jean Grémillon, le grand cinéaste français a vécu avec une grande violence d’engagement la Résistance. Il se lance à corps perdu dans des projets de films historiques à visée didactique et révolutionnaire sur la Commune, la Guerre d’Espagne, la Révolution de 1848, les mutineries de 1917, dont les commanditaires se désisteront tous les uns après les autres parce qu’il y a la réalité économique, les difficultés aux sortie de la guerre, la concurrence du cinéma de divertissement hollywoodien qui envahit les écrans selon l’accord Blum- Byrnes et même l’influence de la Guerre froide. Sans parler de Louis Daquin qui fut quasiment interdit de travailler Son oeuvre la plus remarquée a été « Le Point du jour », en 1949, un film portant sur la condition des mineurs.(13)

Maintenant nous en sommes à la situation où ce n’est plus le film qui doit aider à comprendre la réalité, mais l’illusion née dans les studios hollywoodien, la manière de vendre la marchandise, le désir du consommateur qui est mobilisé comme système de gestion de la planète. Le candidat n’est pas réel, il est une image, même l’événement n’existe pas il n’est que stratégie de communication. Est-ce un hasard si le 11 septembre a ressemblé à un film catastrophe de série B ?

Danielle Bleitrach (14)

(1) Georges Lipsitz, class and cultue in Cold War America : » Rainbow at Midnight » (South Hadley Mass 1982) pp 37-86

(2) En 1946, les Républicains prennent le contrôle du Congrès et vont faire adopter en 1947 la Loi Taft-Hartley.

(3) Schlesinger: The vital Center: The politic of freedom (Boston,1949), p.210 . On notera par ailleurs que Schlesinger dont une référence de wikipendia cité plus avant nous indique qu’il participa aux largesses de la CIA et qui reccommande l’utilisation de la dénonciation, Et bien sur ce libéral de gauche n’a pas de mots assez durs pour stigmatiser « la corruption morale et intellectuelle » des cinéastes et des scénaristes communistes qui acceptent de l’argent d’Hollywood et donc se méprisent eux-mêmes.
(4) L’accord Blum-Byrnes signé le 28 mai 1946 entre les Etats-Unis et la France liquide une partie de la dette Française (2 milliards de dollars) de la France aux Etats-Unis et offre même un nouveau prêt et une aide. En échange il impose une exigence cinématographique, culturelle autant que commerciale, toutes les salles doivent être ouvertes aux films étasuniens sauf une semaine par mois. C’est le Moyen pour les Américains de diffuser leurs valeurs autant qu’une industrie cinématographique.
(5) En 1947,Reagan était président du Screen Actors Guild, et a témoigné contre ses amis devant le H.U.A.C. de façon ignoble . Il a utilisé son poste de président au syndicat des acteurs pour épier ses amis. Il a d’ailleurs servi d’agent du F.B.I. (Féderal Bureau of Investigations), sous le nom de Agent T10. (Sa femme alias l’Agent T9).A eux deux, ils ont fourni des dossiers, des comptes-rendus, des informations divers sur tous les acteurs qu’ils soupçonnaient ou savaient communistes ou sympathisants. .Suite à cela, Reagan n’a jamais regagné la confiance des ses collègues dans le monde
d’Hollywood, qui le considérait comme un mauvais acteur et un être humain sans confiance.
Notons que Ronald Reagan devenait 33 ans plus tard, président des Etats-Unis …
(6) Quelqu’un comme John Howard Lanson, dramaturge et futur leader du Parti Communiste à Holywood adapte ses pièces à l’écran, il a des dialogues pénétrants et raffinés et d’une crudité sur les rapports de sexe, sur l’argent inconnus jusque là. Le capitalisme est dénoncé mais plutôt sous sa forme encore non aboutie, dans le sud avec le métayage du coton et les camps de travail (Curtiz et mervyn leroy). Un communiste Frank Tuttle se débrouille de créer des décors réalistes sur la misère ouvrière dans des films musicaux.
(7) Il y a une lecture des films à partir du jeu autour de ces interdits qui est tout à fait pertinente. Adorno et Horckeimer dans la dialectique de la raison dans le chapitre qui porte sur les industries culturelles décrivent le caractère incroyablement tatillon de cette censure. Alors que dans les années 1930, les cinéastes jouaient avec les interdits, dans les années 1940 il a débarqué un homme à poigne, Joseph Ignatius Breen, qui a obtenu l’appui décisif des ligues de décence et des catholiques tout-puissants. Lorsqu’il obtient qu’à la messe du dimanche les curés qualifient, désormais, de péché mortel la vision de films qu’il n’aurait pas approuvés,il a gagné.
(8) Il n’y a pas que le parti communiste, le parti socialiste tombera de 140.000 voix en 1948 à 2000 en 1956. Il ne doit rien y avoir au-delà du parti démocrate.
(9) Ce qu’il faut bien voir c’est que la grande répression qui se lance sur eux se double de divisions et de déchirement internes au sein de la gauche.
(10) Il s’agit de la gauche non communiste .Ils renoncent alors même que leur refus initial jouissait d’une grande popularité, puisqu’à cette époque 50 % de l’opinion refuse les auditions.
(11) Par exemple Charlie Chaplin. Victime du Maccarthisme (son nom figure sur la « liste noire »), il est harcelé par le FBI en raison de ses opinions de gauche, il se voit refuser le visa de retour lors de son séjour en Europe pour la présentation d’un film. Il renonce alors à sa résidence aux États-Unis et installe sa famille en Suisse jusqu’à la fin de ses jours. Après avoir reçu le Prix international de la paix en 1954, il tourne à Londres Un roi à New York (1957) où il ridiculise la “Chasse aux sorcières” menée dans l’Amérique de la Guerre froide. Il y eut d’autres victimes illustres, les frères Mann, Thomas et Heinrich. Berthold brecht qui réussit un numéro époustoufflant d’embrouille de la commission en contestant systématiquement la traduction.
(12) La carrière de Losey débute sous le signe d’un engagement politique au côté du Parti communiste américain. Sommé en 1952 de se présenter devant la H.U.A.C. alors qu’il tourne un film en Italie, il choisit de s’exiler en Grande-Bretagne. Son témoignage n’aurait sans doute pas amélioré son sort, sauf de le mener en prison. Après des études en Allemagne avec Bertolt Brecht, Losey retourne aux États-Unis, parvenant jusqu’à Hollywood.Durant le maccarthysme, il est interrogé pour ses liens supposés avec le Parti communiste et mis sur la liste noire d’Hollywood par les patrons de studio hollywoodiens. Sa carrière menacée, il déménagea à Londres où il continua à travailler comme réalisateur.Son film Le Messager (The Go-Between) a remporté la Palme d’Or au Festival de Cannes en 1971. Même au Royaume-Uni, il rencontra des problèmes : initialement proposé pour diriger la production de Hammer films de 1956 pour X the Unknown, Losey fut évincé du projet, car après quelques jours la star Dean Jagger refusa de travailler avec un sympathisant communiste présumé.

(13) Voici ce qu’en dit une brève référence aux auteurs cinématographiques « Ses idées radicales sur les problèmes sociaux l’ont fait mettre au ban de l’industrie française du cinéma. A la fin des années 50, Daquin travaille en Roumanie, en Autriche et en Allemagne de l’Ouest. Il terminera sa carrière, dans les années 60, comme directeur de production, notamment de René Clément pour Paris brûle-t-il ? » Si la france grâce à l’influence du parti communiste et de ses intellectuels prestigieux mais aussi de gens comme Sartre résista bien à l’influence des stipendiés de la CIA, il n’en fut pas de même en Angleterre . Pour connaitre tout cela voir le livred de Frances saunders, quand la CIA menait le bal dans la culture. Voir également cet article de wikipedia qui apporte des informations intéressantes.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Congr%C3%A8s_pour_la_libert%C3%A9_de_la_culture

Mais pour une industrie comme le cinéma, la réticence des producteurs à financer des films jouait plus encore que la bataille idéologique de la guerre froide, ou elle en accentuait les effets condamnant les cinéastes à ne plus pouvoir tourner du moins ce qu’ils désiraient, un cinéma didactique, tenant compte de la réalité.
(14) Entre autres sources je voudrais plus particulièrement citer Tom Andersen et Noël Burch. Les communistes de Hollywood, l’œil vivant, presse de la Sorbonne Nouvelle, 1994.

 

L’Occident se tait sur ses fautes alors que la Russie se bat la coulpe…

Selon l’auteur de l’article, visiblement un supporter de Poutine, à l’inverse des Russes qui ne cessent de critiquer le pouvoir y compris pour des vétilles, les médias. occidentaux au contraire cachent ce qui ne va pas du côté de leurs dirigeants. Ceci appelle deux remarques, la première est qu’il est vrai que nous voyons dans tout incident en Russie et plus encore en Chine la faiblesse espérée du pouvoir, à ce titre j’ai publié ici l’article du très officiel GlobalTimes sur le médecin mort à Wuhan et la manière dont le gouvernement central prônait la transparence et dénonçait la police locale, cela devient depuis plusieurs jours dans nos médias l’occasion de ne cesser de décrire la contestation dont souffrirait XI jinping. La seconde remarque est la manière dont l’image est ici inversée, ce sont les médias occidentaux qui sont de serviles lêche-bottes tandis que la presse russe serait impitoyable. A méditer (Note et traduction de danielle Bleitrach)

La même scène honteuse lors du défilé à Paris - les motards se sont heurtés à droite lors d'un événement officiel

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9 février 2020, 20:04
Photo: GONZALO FUENTES / Reuters
Texte: Victoria Nikiforova

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La société russe a maintes fois démontré une tendance à l’auto-flagellation – car toute catastrophe ou même simplement une erreur devient aussitôt  l’objet de blagues et d’intimidation de masse. Pendant ce temps, l’opinion publique occidentale est organisée différemment. Même des événements et des phénomènes extrêmement honteux sont interprétés en Europe et aux États-Unis d’une manière complètement différente.

Les médias occidentaux écrivent depuis longtemps sur notre pays en partant du  principe que  «la Russie est mauvaise ou rnulle». la moindre panne, le lancement infructueux d’une fusée, un défilé avec des couacs – et aussitôt les gros titres dans les tabloïds sont prêts, et les publications commencent plus intelligemment à expliquer pourquoi dans la Russie de Poutine, tout va toujours mal.

Cet agenda, comme une copie conforme, est cosplayé par de nombreux médias nationaux et réseaux sociaux. Toute crevaison est envahie de mèmes et de hashtags, et en tout cas, les autorités nationales pernicieuses sont à blâmer. Quel plaisir était quand, en 2016, le général Shevchenko, montrant à Poutine le nouveau Patriote UAZ, a arraché la poignée de la portière de la voiture. Et en 2015, presque toute la presse mondiale a réimprimé une photo du char Armata qui était tombé en panne  sur la Place Rouge.

Pendant ce temps, alors cette simple technique de propagande n’est jamais appliquée à ses dirigeants.en  Occident, tout peut se briser, exploser et brûler, mais les journalistes avisés arrêteront l’incident, ou (s’il est déjà impossible de le faire taire), ils lui trouveront les excuses les plus flatteuses.

La honte épique des gendarmes français qui ont réussi à entrer en collision  avec leurs motos lors du défilé du 14 juillet 2018 est passée totalement inaperçue  . Au lieu de manœuvrer magnifiquement, des officiers intelligents en leggings blancs sont tombés de leurs motos et ont ensuite essayé de les éloigner pendant longtemps pour faire rire le public. C’est arrivé juste devant le président du pays. Cela n’avait pas l’air dangereux, mais ridicule – dans l’esprit des comédies sur les gendarmes avec Louis de Funes. Cependant, il n’y avait pas de mèmes et une vague d’éditoriaux accusateurs dans les médias n’en avait pas.

Personne n’a prêté beaucoup d’attention à l’état des anciens chars, avec l’aide desquels ils ont célébré le jour de l’indépendance à Washington l’été dernier. Quelques « Abrams » installés dans le centre de la ville se sont révélés recouverts de rouille et  avaient l’air  complètement usés. Cependant, les masses ont pris des photos avec plaisir sur le fond des voitures minables. Et même les critiques les plus féroces du « défilé » militaire de Trump ont protesté contre l’esprit du militarisme, mais ils n’ont pas vu à quel point des vieux chars, clairement non lavés, représentaient le pouvoir de l’armée américaine.

Même lorsqu’une panne prend le chef de l’État par surprise, les journalistes n’essaient pas de faire preuve d’esprit ou de savoir ce qui est vraiment arrivé au leader et s’il a été exposé à un danger. Juste l’autre jour, lors d’une visite en Pologne, le président français Emmanuel Macron est monté dans sa limousine blindée, mais celle-ci a  calé . on a  dû transférer le chef de l’Etat à dans une Citroën, rapidement conduite par l’ambassadeur de France à Varsovie.

Les médias occidentaux se sont déclarés satisfaits d’une déclaration sèche  à ce sujet, bien qu’il y ait en fait un riche sujet d’investigation. Il serait intéressant de savoir ce qui est arrivé à la voiture présidentielle, si la panne ne se reproduit plus et si elle ne sera pas dangereuse à notre époque d’attaques massives et soudaines. Mais la presse démocratique est restée muette sur ce sujet.

De même, personne n’a remarqué une panne de la limousine blindée de Barack Obama en 2013. La voiture, surnommée « The Beast », a calé sur l’autoroute entre Tel Aviv et Jérusalem. Bien sûr, une limousine d’un million de dollars était protégée contre toutes les menaces apparentes – à la fois contre une attaque chimique et contre les missiles de croisière. Et pourtant, son échec dans l’un des pays les plus turbulents de la planète semblait très alarmant. Et encore – pas d’enquêtes, pas de commentaires sur les réseaux sociaux, pas de vagues

Cependant, il n’a pas été possible de taire un incident récent avec l’appareil numéro un, sur lequel la chancelière allemande Angela Merkel s’est envolée pour l’Argentine.

En novembre 2018, juste au début du vol transatlantique en Airbus, Konrad Adenauer a été   immédiatement refusé par tous les systèmes de communication. En plus de Merkel, son entourage  journalistique était à bord – environ 40 personnes. Les pilotes ont réussi à faire demi-tour et à poser l’engin de toute urgence à Cologne. Le Konrad Adenauer a atterri avec des réservoirs de carburant pleins et, sur le terrain, il se préparait sérieusement à la lutte contre le feu. Le commandant de bord a gardé des passagers de haut rang dans la cabine pendant plus d’une heure avant de s’assurer que tout était en sécurité et qu’il pouvait partir. De Cologne, la chancelière allemande  s’est rendu  en Argentine sur un vol de passagers régulier.

Merkel s’est envolée pour le sommet du G-20, et cet incident étrange a été largement médiatisé. Jusqu’à présent, cependant, les journalistes n’ont même pas essayé de savoir ce qui s’est réellement passé avec l’avion  numéro un, ce qui a provoqué une panne aussi dangereuse, qui miraculeusement n’a pas conduit au désastre.

Le ministère de la défense de l’Allemagne (et les vols de l’avion du chancelier sont le domaine d’activité de la Luftwaffe) a donné des réponses vagues et peu convaincantes à toutes les questions. La seule chose sur laquelle les dirigeants de l’armée de l’air allemande ont insisté, c’est qu’il n’y a pas eu de crime ou de sabotage dans l’organisation du vol, et dans une situation presque catastrophique, un seul petit équipement était à blâmer – la « boîte de jonction ». Selon une porte-parole du ministère de la Défense, elle s’est régulièrement écrasée sur d’autres avions, et rien d’autre.

En Allemagne, des rumeurs couraient selon lesquelles certains terroristes qui s’étaient infiltrés dans la Bundeswehr auraient pu être à l’origine de la panne. On soupçonnait que l’incident avec l’avion de Merkel était en quelque sorte lié à une attaque de pirates contre le gouvernement allemand, qui avait eu lieu peu de temps auparavant. Ils craignaient que tout cela ne ressemble à une tentative de tentative d’assassinat ratée contre la première personne du pays.

Pendant ce temps, les principaux journalistes ont consacré tous leurs efforts pour calmer le public agité. Démontrer que tout est en ordre et déconnecter les communications à bord du numéro un est un incident ordinaire, les journaux mélancoliques ont rappelé d’autres problèmes avec les avions du gouvernement. Il s’est avéré que l’avion, qui vole dans les rangs les plus élevés d’Allemagne, tombe en panne presque tous les mois.

Un mois avant l’incident de Merkel, le ministre des Finances Olaf Scholz n’a pas été en mesure de voler hors d’Indonésie – des rats indonésiens ont rongé des câbles à bord du numéro un. Peu de temps avant, le président Frank-Walter Steinmeier s’est retrouvé coincé en Afrique – le Konrad Adenauer est tombé en panne si souvent qu’il a bouleversé  tout le calendrier de sa visite officielle. En janvier 2018, le ministre allemand du Développement, Gerd Müller, a été contraint d’annuler son vol vers la Namibie – l’Airbus du gouvernement n’a pas pu être réparé.

La ministre des Affaires étrangères Heiko Maas, contrainte de voyager constamment, souffre le plus de cette situation. En 2019, il s’est retrouvé coincé à plusieurs reprises dans divers aéroports du monde et était en retard pour des réunions officielles, alors que son avion était en réparation à la hâte. Dans la capitale du Mali, Maas a attendu le départ des vingt heures entières – les techniciens ne pouvaient en aucune façon réparer le moteur.

Le triste état des avions du gouvernement allemand correspond exactement à la situation générale dans la Bundeswehr.

En 2017-2018, des rapports ont été publiés sur l’état des chars, hélicoptères et armes à feu allemands. Il s’est avéré que seulement 39% des armes lourdes peuvent être utilisées sans réparation préalable.

Dans la même tendance, le célèbre aéroport Willy Brandt de Berlin. Ce bâtiment inachevé a été érigé depuis 2006, il a été dépensé 3,5 fois plus que l’estimation initiale, et il est toujours debout et ne fonctionne pas, car presque toutes les normes qui pourraient être violées ont été violées pendant le processus de construction.

En général, la flotte civile allemande et la Luftwaffe sont confrontées à des problèmes systémiques. Cependant, aucune panique dans les médias, aucune hystérie sur les réseaux sociaux à ce sujet n’a éclaté. Et les journalistes américains de croyances démocratiques ont même trouvé l’occasion de flatter subtilement Frau Chancellor après l’incident avec le malheureux Conrad Adenauer.

« Peut-être que Merkel a secrètement apprécié cette situation », a écrit le journaliste du  Politico. – Bien sûr, l’Allemagne est puissante. Cependant, profitant de ces faiblesses lorsque cela est nécessaire, Berlin fait tout son possible pour cacher son pouvoir. Par conséquent, toutes les manifestations extérieures du pouvoir pour les Allemands sont tabous … Ce pays utilise toutes les occasions pour montrer au monde combien il est stupide.  »

Selon cette logique, la première personne en Allemagne en compagnie de journalistes éminents du pays a failli mourir juste pour un jeu politique subtil afin de jeter de la poudre aux yeux de ses concurrents et de se rendre plus faible qu’ils ne le sont vraiment. C’est ce qui ne doit être dit  en aucun cas – c’est une machine de propagande. Il vous permet d’imaginer sous un jour romantique  l’échec le plus médiocre de la direction politique.

 

 
 

Serie(7) L’homme qui plaide contre Dieu

Série : L’Amérique m’inquiète. Chronique de l’Amérique profonde, vue par l’écrivain Jean-Paul Dubois, Prix Goncourt.

publié le 27/10/2006 | par JEAN-PAUL DUBOIS

Serie(7) L’homme qui plaide contre Dieu

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Avant de devenir l’emblématique antéchrist de l’Amérique, d’incarner le cauchemar de la droite chrétienne, de déchaîner la fureur du Congrès, le mépris des sénateurs, l’acrimonie du président des Etats-Unis, Michael Newdow était simplement un homme de 49ans fraîchement divorcé et exerçant, au bénéfice de ses semblables, l’ingrate profession de médecin urgentiste dans un petit hôpital de Sacramento, Californie.


Et puis, sans doute par habitude de prodiguer des soins, l’envie lui vint de guérir son pays de ses penchants théocratiques. Par le canal de la justice des hommes, il s’attaqua donc à Dieu. Ou plutôt aux innombrables incantations qu’en toutes circonstances lui adresse l’Amérique présumée laïque.

Ainsi, au nom d’un athéisme procédurier, Michael Newdow décida d’intenter une action en justice au motif que sa fille, âgée de 8ans, était obligée chaque matin, à l’école publique, lorsqu’elle récitait son «Pledge of Allegiance», sorte de serment civique, de faire une claire référence à Dieu, cela en dépit des principes constitutionnels consacrant la séparation des intérêts de l’Eglise et de l’Etat: «Je serai fidèle à mon drapeau et à la République qu’il représente, une nation respectueuse de Dieu, unie, avec pour tous, la liberté et la justice.»

En «temps de paix», une telle démarche serait sans doute passée inaperçue et aurait été classée sans suite dans les hangars de la justice. Mais après les événements du 11 septembre, détonateurs de nouveaux sentiments patriotiques et d’irréductibles actes de foi, il devenait impensable qu’un tribunal accède à la patiente requête de l’urgentiste et déclare inconstitutionnelle cette allusion religieuse dans les salles de classe. C’est pourtant ce que firent, le 26 juin dernier, les juges du «9e circuit», cour qui regroupe les neuf principaux Etats de l’ouest.

Sitôt le verdict rendu, Newdow devint pour l’Amérique conservatrice une sorte de Rosenberg méphitique, un communiste endiablé. Au lendemain du jugement, le pays jaillit de son bénitier: un sondage affirma que 88% des Américains voulaient garder la référence à Dieu dans le corps du serment. Le président Bush trouva ce jugement «ridicule» et ajouta que «la Déclaration d’indépendance se référait à Dieu à quatre reprises». Les membres du Congrès rappelèrent qu’ils commençaient chacune de leurs sessions par une prière. Les sénateurs, face aux caméras de télévision, récitèrent debout, la main sur le coeur, «The Pledge of Allegiance» pour réaffirmer que les Etats-Unis étaient une «nation under God». Sur quoi, d’honorables parlementaires se mirent à chanter haut et fort «God bless America» et un élu de l’Ohio insista pour préciser que la devise de son Etat était «With God all things are possible». Dans ce concert des anges, le porte-parole de la Maison-Blanche rappela que la devise de la monnaie américaine était «In God we trust» et que le serment prêté par les nouveaux présidents se terminait par «So help me God».

Michael Newdow, modeste athée, n’en espérait pas tant. Lui qui voulait seulement faire respecter la Constitution et préserver son droit à élever ses enfants dans un monde sans Dieu venait, en réveillant les volcans de la foi, de dévoiler les innombrables annexes divines qui, au fil du temps, s’étaient incrustées dans le corps laïque de l’Etat. Par exemple, cette fameuse référence à Dieu n’existait pas dans le texte original du «Pledge of Allegiance», écrit par Francis Bellamy en 1892. Ce n’est qu’en 1954, sous l’influence du maccarthysme, qu’on rajouta les mots «under God» pour bien se démarquer des «godless communists».

Aujourd’hui, Michael Newdow s’apprête à quitter la médecine pour entamer une nouvelle carrière de juriste. Assis dans l’herbe d’un parc public qui jouxte sa maison, il songe à son aventure: «J’avais intenté mon procès bien avant les attentats. Mais les gens m’ont jugé à la lumière de ce qui s’est passé le 11 septembre, faisant de moi un antiaméricain alors que mon action n’avait pour but que de pouvoir envoyer ma fille à l’école publique sans qu’elle soit endoctrinée par une foi quelconque.»

Scandalisée par une telle attitude, Marta Carrera, qui habite à deux pas de chez Newdow, a donné consigne à ses enfants d’éviter leur voisin. Nuit et jour, l’urgentiste reçoit des appels insultants et des menaces de mort. Il vit en permanence avec un petit émetteur que lui a remis la police et qu’il doit actionner en cas d’agression. «On ne peut plus être athée en Amérique depuis le 11 septembre. Rendez-vous compte: un sondage vient de révéler qu’aujourd’hui, un Américain sur deux refuserait de voter pour un homme politique qui ne croirait pas en Dieu. Les lobbyistes de la foi sont devenus plus puissants que jamais. Sur 534membres du Congrès et du Sénat, 531 ont condamné mon action et 3 seulement se sont abstenus.» Le lendemain de notre rencontre, Sandra Banning, l’ex-femme de Newdow, militante de la droite chrétienne, vint à Sacramento en avion spécial affrété par ses amis politiques pour tenir une conférence de presse et affirmer que leur fille, désormais confiée à sa garde, se désolidarisait des actions de son père et se réjouissait de réciter le « Pledge ».

Pendant ce temps, Newdow, homme sans Dieu, cohérent, fidèle à ses convictions, mais infiniment seul, attend le verdict final de la Cour suprême. Il prépare aussi son premier combat de juriste: s’attaquer à la formule «In God we trust» imprimée sur chaque billet de banque américain et qu’il juge également inconstitutionnelle, pour les mêmes motifs. On imagine déjà les saillies des bedeaux de Wall Street, les remontrances des cardinaux de la finance et les anathèmes des faux moines du 11 septembre. Aussi, sur le point de quitter Newdow, considérant l’ampleur de sa tâche, on lui souhaite bonne chance en le réconfortant de ces quelques mots si chers à l’Ohio: «With God all things are possible.»

JEAN-PAUL DUBOIS

 

Cuban network , l’épopée et le bon film d’aventure…

Hier j’ai vu le film Cuban network alors que la veille j’avais lu dans le numéro de Positif de février l’interview de son auteur sur les conditions du tournage dont il parle comme d’un quasi cauchemar, tant il a été suspendu jusqu’à la dernière minute  aux autorisations.  Quand elles lui ont été données,  il a eu  une totale aide du pays malgré son manque de moyens (pas d’hélicoptères pour le tournage) et le fait qu’il était impossible alors de tourner les scènes de Floride en Floride. Malgré ce cela lui a permis un petit budget parce que tout dans l’île est à moindre prix.

Comment le même Olivier Assayas dont de surcroît en général le cinéma est plutôt intimiste est-il arrivé à réaliser ce film qui nous tient en haleine et qui ne trahit pas trop ce que fut cette odyssée des cinq? Sans doute parce qu’il part d’un livre qu’il dit brouillon et très pro-castriste de Fernando Morales (Les derniers soldats de la guerre froide), mais surtout soyons réalistes parce que son producteur brésilien Rodrigo Teixera, lui a mis le livre et le sujet en main. Financièrement il était un peu cerné et ses acteurs étaient des latinos, plutôt du bon côté. Même le montage réalisé à toute vitesse puisqu’il devait être présenté le 4 juillet à la sélection de Venise a été déterminé par le tournage terminé le 4 mai. Assayas dit n’avoir rien coupé, il s’est contenté d’ajuster .Donc disons que son film a été pris financièrement et techniquement  dans une ambiance générale moins anti-castriste qu’il aurait pu l’être.

Le scénario autour d’un couple fidèle…

Le film,  a pour héros principal un homme fidèle par excellence, à son pays, au communisme mais aussi à sa femme et à ses enfants, René Gonzales, un ancien militaire qui a servi en Angola, ce qui n’est pas non plus une mince et banale histoire,. Il feint de déserter pour aller infiltrer les terroristes qui attaquent l’île pour empêcher le tourisme de se développer. Les terroristes sont en Floride, à 200 km, ce sont d’Infâmes salopards, trafiquants de drogue, parrains mafieux qui ont des liens avec la CIA et le FBI . L’URSS est en train d’être rayée de la carte, l’île est asphyxiée, faute de nourriture, des biens les plus élémentaires les gens fuient sur des bateaux de fortune. René Gonzalvés vole un avion cubain pour atterrir à Miami. Peu à peu d’autres compagnons viennent le rejoindre  par divers moyens et ils infiltrent les différents groupes,préviennent les attentats. Mais le réseau est découvert, ils sont condamnés à de lourdes peines de prison s’ils refusent de collaborer, et sur la dizaine cinq refusent dont René.. Le film s’arrête là et il y manque non seulement ce qu’ont été pour eux pour leur famille, pour le peuple cubain cette incarcération. Il n’est donc pas question de ce qui a suivi leur longue incarcération,  c’est-à-dire la manière dont a été obtenu leur libération, cette lutte de tout un peuple qui s’élargit à l’Amérique latine puis au monde entier… Un autre sujet qui devrait être traité par un Eisenstein…ou même par l’auteur du superbe « Soy Cuba ».(1)..

Résumons le diagnostic en quelques mots: Cuba est une épopée, Cuban network un bon film d’aventure.

Ce peuple de l’épopée cubaine,  réclamant inlassablement la libération de leur cinq héros, a pour moi un visage, celui d’un française, Marie Dominique. Elle a été emportée par un cancer foudroyant et a fait don de son corps à la science cubaine, effectivement il n’y avait pas un millimètre de son âme et de son corps que Marie Do n’avait pas donné à Cuba, à sa Révolution. Elle était mon amie. En regardant le film, Marie-do, l’immense peuple cubain dont les dirigeants sont le reflet, tous m’ont manqué, mais ils n’ont pas été totalement absents. La principale qualité du film est la sincérité, le fait qu’il n’a pas de sous entendu, il est direct. comme dans les films d’aventure classique. C’est renforcé par une bande son efficace et avec des trouvailles remarquables, par exemple quand les explosions ont lieu dans les hôtels, on voit le terroristes payé par les fascistes de Miami qui dépose ses engins pour empêcher le tourisme de se développer et le fracas de la bombe est couvert mais aussi exprimé par le bruit des vagues tapant sur la rambarde de Malecon, ce bruit familier et si fréquent symbole de l’île mais aussi du siège qu’elle subit.

la guerre comme un jeu ? certainement pas…

Assayas est efficace  parce qu’il s’engouffre dans les codes les plus établis du cinéma d’aventure et il utilise une voix off pour nous aider à accélérer la lecture d’un film qui aurait pu être trop bavard.. La plupart des critiques que j’ai entrevu sur le sujet déduisent de ce choix quelque chose qui est à la fois vrai et faux. Il y aurait une sorte de plaisir comme dans un James Bond entre les deux adversaires,les Etats-Unis et Cuba, ils jouent à cache-cache comme dans la scène où la chasse cubaine abat les avions des terroristes de Miami. C’est vrai, dans la manière dont les Cubains défient la principale puissance du monde il y a un côté sportif, parfois cela va jusqu’au rire comme quand on a gagné dans une partie de pelota (le base ball); Cela s’accompagne d’une absence de chauvinisme stupéfiant, une sympathie pour le peuple américain qui désarçonne. On retrouve cela dans le film, ce n’est pas simplement du à la volonté d’Assayas de ne pas faire un film trop pro-castriste, cela existe réellement. Mais c’est aussi de l’intelligence politique et il faut un sacré niveau pour tenir une telle attitude, ne jamais donner dans la paranoïa.

Parce que ce n’est pas un jeu que de subir ce qu’ils subissent depuis 1959, pour avoir refusé de rester une colonie des Etats-Unis, d’en être le bordel et le lieu préféré de la mafia… Pour avoir nationalisé les biens des magnats en réponse aux attentats déjà… ce serait  abominablement erroné de l’imaginer un seul instant , parce que le courage qu’a du déployer Cuba face à ce monstrueux adversaire est surhumain.  Ils ont payé et continuent à payer le prix fort d’une véritable torture, la plus injuste qui soit. Autre qualité du film, il était difficile de comprendre comment fonctionne le réseau d’organisations « anti-castristes » de Miami,les armés, ceux qui pratiquent le trafic de drogue, ceux qui ont une couverture humanitaire et leurs liens avec le FBI hérité de Hoover ce grand paranoïaque anti-communiste. On en retire une impression générale de corruption, d’impunité de véritables gangsters, qui n’est pas inexacte. Mais cette description de la mafia anticastriste et sa haine tranche avec les habitants ordinaires de Miami, le désir profond des familles d’être réunies, ce qui est également vrai..

Face à un tel ennemi on ne doit pas baisser la garde un seul instant. ,On ne peut pas faire confiance à un ennemi qui jamais ne tiendra sa parole.

Une scène du film passe très vite sur la manière dont le réseau de lutte antiterroristes infiltré à Miami a été découvert et les cinq condamnés pour avoir refusé de « coopérer ».  Pourtant c’est révélateur. De cela je ne parlerai pas plus que le film, parce que c’est aux Cubains de dire comment cela s’est passé et qui a été assez naïf pour tenter de coopérer avec les autorités américaines pour qu’ils mettent hors d’état de nuire  les terroristes et trafiquants comme Posado Carriles qui sévissent sur leur sol. C’est à partir d’un échange de documentation entre le gouvernement cubain et celui des Etats-Unis, que le FBI loin de mettre hors d’état de nuire ceux qui portaient la mort contre Cuba et toute l’Amérique latine, a arrêté puis condamné les cinq pour espionnage sur  le sol américain. Ce que Fidel explique dans un cours interview d’une manière très claire: « le pays le plus espionné accusé d’espionnage et celui qui ne fait que se défendre pour tenter d’arrêter les terroristes qui tuent sur son sol, condamné pour terrorisme! » Parce que quelqu’un a cru en la bonne foi des USA, le réseau a été démantelé et les 5 héros ont payé.

Il l’ont fait avec une dignité, un courage dont le personnage de René Gonzales donne une vision intimiste  mais forte.

Oui le peuple cubain manquait et pourtant le choix de René Gonzales comme héros principal d’un certain côté permettait d’en exprimer beaucoup de qualités. ce choix ne paraissait pas évident pour qui avait suivi l’affaire des 5. Sans doute parce qu’il avait justement le tempérament secret alors que Gerardo (dans le film sous son nom d’emprunt Manuel Viramontes) est le Cubain type, joyeux, extraverti, à la manière d’un Raoul Castro avait souvent la vedette.  il  était le porte-parole du groupe. René, joué par Edgar Ramirez avec qui Assayas avait déjà tourné Carlos, beaucoup plus introverti fait du film une énigme . En même temps, ce personnage secret  rend justice au sens moral, à l’esprit de sacrifice, à l’humanité du héros cubain, comme l’amour avec sa femme (jouée d’une manière magnifique Penélope Cruz) témoigne d’une sorte de fidélité à l’engagement, cette dépendance amoureuse que les Cubains à l’inverse des français ne craignent pas d’exprimer.

Sans toutefois négliger  aussi ceux qui les entourent y compris l’invraisemblable Juan Pablo Roque qui est lui un véritable aventurier, Je dois dire que les scènes de son mariage, qui est sensée décrire  « miami vice » comme elle ont  été tournées à Cuba font un peu miteux par rapport au luxe flamboyant des mafieux de Floride.  Les personnages principaux , ceux du réseau et les mafieux, les épouses,  sont peints dans des scènes d’action menées tambour battant avec d’autres personnages qui traversent l ‘écran, des figurants qui lui imposent son rythme rapide, celui des truands, mercenaires en Amérique latine,..  Tous les trucs d’un récit alerte, palpitants sont utilisés pour que le rythme ne retombe jamais, mais peut-être ceux qui n’ont pas vécu de l’intérieur ces vingt années, celles de la chute de l’URSS dans laquelle faute d’engrais, la récolte de la canne ne cessait de baisser et où il a fallu installer un tourisme dans une île assiégée, où l’on crevait littéralement de faim, je peux en témoigner et où il a fallu faire face au sabotage n’ont-ils pas toutes les clés que le film ne donne pas…

Mais où est passé le peuple cubain? 

Le peuple de Cuba est filmé d’une manière assez passive dans laquelle est privilégié l’effet esthétique, par exemple quand les tracts  des anticastristes tombent comme de la neige dans les coursives d’un immeuble. Puis dans les assassinats où l’on suit le terroriste salvadorien effrayé, au bord de l’évanouissement d’hôtel en hôtel, des mercenaires et des chauffeurs de taxi… Les anticastristes ont cru que l’île allait tomber, les foules protestaient, d’autres tentaient de les empêcher de s’enfuir… Fidel est arrivé et  a dit « laissez les partir! » et tout s’est retourné la foule a crié « Vive Fidel! » cela n’est pas montré. Seulement des uniformes, mais aussi la solidarité familiale… Autour de la femme du « Gusano » (ver de terre traduit par traître). A disparu tant de choses, tant d’héroïsme anonyme…

Et le film est juste dans les eaux de ce que l’on peut montrer pour rester crédible dans ce petit monde médiatique, il est même mieux que ça, parce que ne serait-ce dans le personnage de René passe quelque chose d’un engagement humaniste, de l’incapacité de rompre avec sa morale jusque dans le combat le plus âpre… 3Eux ils sont comme ça, moi je ne peux pas! »… je l’ignore chacun sans doute le lit à sa manière… L’intervention de Fidel me parait tout dire sur le fond, elle sera interprétée par d’autres comme la paranoïa d’un régime, mais oui… Il y a beaucoup de gens comme ça…même chez les communistes ou qui se disent tels. Il y a un effet Koulechov (2) non seulement entre plans, mais aussi entre les plans et les stéréotypes des spectateurs.  Incontestablement , en France tout a été fait pour que se dégrade l’image du communisme. Les motivations du héros en deviennent obscures, renforcé par le silence de René et les non-dits de son épouse. Pourquoi laisse-t-elle leur dernière fille à Miami?

S’il suivait de plus près encore la vérité, serait-il crédible en Occident, en France ? 

Je serais curieuse de savoir comment perçoivent ce film  ceux qui ne connaissent pas Cuba, ceux qui ont été irradiés par la propagande anticommunistes, il en existe même à l’intérieur du PCF. Au passage remonte en moi la colère qui me hante, celle de l’Humanité, mon journal, dans ces années-là, appuyant sur invitation de Robert Ménard alors dirigeant de reporter sans frontière « un dissident » cubain. Robert Ménard qui a reconnu lui -même être appointé par les Etats-Uns.Les bobos parisiens se réunissant aux champs Elysées pour dénoncer « la dictature de Castro », à l’appel de Ménard, avec affiches de Publicis grand format, un grand portrait de Fidel « Cuba si , Castro no »… l’ambassade de Cuba prise d’assaut par une bande de nervis le tout avec l’appui de  Laurent Fabius qui pour cette occasion en appelle aux mannes de …Salvador Allende… Qui comme lui seul et les bobos le savaient avait été assassiné par… Castro toujours lui…  Oui on entendu tout cela au sein de la gauche… Quand on a vécu ces moments-là en tentant en vain de faire partager l’héroïsme cubain, on se dit que le film d’Assayas est ce qui pouvait sortir de mieux de la France

Donc allez voir ce film et dites vous bien que les héros furent encore plus nombreux, plus exemplaires que ce qu’ils apparaissent ici et que ce peuple à la fois héroïque, joyeux, d’une immense culture et passionné vous attends…

Danielle bleitrach

(1) Soy Cuba (en russe : Я — Куба) est un film soviéto-cubain en noir et blanc réalisé par Mikhaïl Kalatozov, sorti en 1964.

(2) Au cinéma, l’effet Koulechov est un effet de montage par lequel les spectateurs tirent plus de sens de l’interaction d’un plan (prise de vue) avec un autre plan auquel il est associé, que d’un plan isolé.

 

Bernie Sanders : comment la gauche authentique perce dans un climat de droite

cet article de nos camarades du PTB exprime un enthousiasme pour Bernie Sanders « gauche authentique ». Ce qui me semble le plus juste dans leur analyse est l’idée que le candidat ne sera rien sans un mouvement et sans des forces organisées y compris syndicales. Le parti démocrate dont il est le candidat ne représente en rien cette force qui demande à naître et c’est la principale leçon que nous devrions en tirer partout dans le monde où l’on assiste à des mouvements radicalisés, « que faire? aurait dit Lénine alors que nous avons laissé détruire les partis dont les temps nouveaux ont un urgent besoin ?

Les États-Unis connaissent un regain d’activisme syndical. Et trois quarts des nouveaux adhérents dans les syndicats aux USA ont moins de 35 ans (Photo FF15).Les États-Unis connaissent un regain d’activisme syndical. Et trois quarts des nouveaux adhérents dans les syndicats aux USA ont moins de 35 ans (Photo FF15).
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ELECTIONS USA

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Le ministre russe des Affaires étrangères arrive à Cuba en visite officielle

Lavrov qui poursuit obstinément une politique étrangère héritée de Primakov et de l’Union soviétique a choisi de faire débuter sa tournée en Amérique latine par Cuba, suit le Mexique e après le Venezuela. Cette politique étrangère qui fait l’unanimité en Russie repose à la fois sur une diplomatie tout terrain où l’on cherche quelque soit le partenaire et même l’adversaire un terrain de compromis favorable aux deux, ne néglige pas les alliances et sait soutenir les alliés face à l’impérialisme belliciste. Alors que Trump établit un pacte immonde contre lequel s’élève une bonne partie y compris des Israéliens, un pacte provocation, alors que comme Macron il reçoit l’autoprclamé, déconsidéré y compris au sein de son propre camp Guaido, la Russie vient dire son soutien, mais va certainement mettre en oeuvre sa capacité de conciliation. Est-ce un hasard si au même molent Lula rencontre le pape?  (note et traductin de Danielle Bleitrach

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a entamé une tournée en Amérique latine à Cuba

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a entamé une tournée en Amérique latine à Cuba | Photo: @CubaMINREX

Publié le 6 février 2020 (il y a 1 heure 57 minutes)
 Newsletters

 

Lavrov se rendra le même jeudi en direction de Caracas, où il sera reçu la nuit par le ministre vénézuélien des Affaires étrangères Jorge Arreaza.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, est arrivé à Cuba mercredi soir au début d’une tournée en Amérique latine qui le conduira également au Mexique et au Venezuela dans le but de consolider les relations avec la région. 

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Visite du ministre russe des Affaires étrangères en Amérique latine

Dans un message publié sur le réseau social de Twitter, le ministère cubain des Affaires étrangères a expliqué que Lavrov est arrivé dans la ville de Santiago de Cuba, où il a été reçu par le ministre des Affaires étrangères de la République de Cuba, Bruno Rodríguez.

Lavrov et Rodríguez passeront en revue l’état de la coopération bilatérale et analyseront également la question des sanctions américaines contre les Grandes Antilles.

Bruno Rodríguez P

@BrunoRguezP

Sostuve encuentro con el ministro de Asuntos Exteriores de , Serguei Lavrov. Ratificamos el excelente estado de los vínculos bilaterales y la voluntad de continuar profundizándolos en todas las esferas. Canciller ruso rindió también tributo a nuestro líder .

Ver imagen en Twitter
Le ministre russe se rendra jeudi au Mexique, où il poursuivra sa tournée dans la région. Dans la nation mexicaine, il prévoit de rencontrer son collègue Marcelo Ebrard.

Lavrov se rendra le même jeudi en direction de Caracas, où il sera reçu la nuit par le ministre vénézuélien des Affaires étrangères Jorge Arreaza.

Vendredi, le ministre russe des Affaires étrangères développera son programme à Caracas avec des entretiens avec Arreaza et le vice-président Delcy Rodríguez. Plus tard, il sera reçu par le président vénézuélien Nicolás Maduro.

Dans une interview à l’agence de presse cubaine Prensa Latina, Lavrov a déclaré que les sanctions appliquées par Washington contre Cuba « montrent que dans l’empressement à étrangler l’économie de l’île, les États-Unis violent consciemment les droits de l’homme, car dans ce cas, les blessés ce sont des citoyens ordinaires. « 

« Nous sommes catégoriquement contre ces mesures et exprimons notre solidarité avec nos amis cubains. Nous insistons sur l’élimination totale du blocus économique et financier des États-Unis pour garantir un développement socio-économique complet du pays et la mise en œuvre du principe de l’égalité de souveraineté entre les Etats et les garanties et droits des citoyens cubains « , a-t-il dit.

En ce qui concerne la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes (Celac), Lavrov a estimé que cette initiative était « un espace régional unique pour promouvoir un programme unificateur, sans confrontations ».

<< Nous espérons qu’avec les efforts de la présidence mexicaine au Celac, les Latino-Américains surmonteront les divergences internes sur la base du programme de travail approuvé en janvier de cette année au Mexique. Surmonter ces contradictions permettrait de restaurer les mécanismes de dialogue Celac-Russie. de la manière la plus confortable pour nos partenaires « , a déclaré Lavrov.

 

Vu de Russie : Les adversaires de Trump totalement déshonorés en Amérique

vu de Russie on se moque de ceux qui prétendent donner des leçons au monde entier : « L’intégrité des procédures de vote et de dépouillement est fortement remise en question. Compte tenu des «astuces» d’il y a quatre ans, cela renforce l’image du Parti démocrate (le parti même qui accuse la Russie d’intervenir dans les élections américaines depuis trois années consécutives) est celle en tant que force politique où les fraudeurs règnent. » Et comble de malchance ce qui était prévisible à savoir que l’invraisemblable procédure d’impeachement serait un total fiasco, ce qui n’a pas manqué. alors que la direction du parti démocrate étai suspecté de tricherie comme le candidat parvenu en tête qui en fait semble avoir la main sur les nouvelles procédures et qui s’est auto-proclamé. « Mais même si ce n’est soudainement pas le cas, même si les théoriciens du complot mentent, que les «langues perverses» exagèrent et que le système de dépouillement des votes a vraiment un dysfonctionnement purement technique, il s’avère que les personnes qui n’arrivent même pas à gérer un vote dans  l’Iowa prétendant être les dirigeants de la superpuissance américaine. . » oui il est vrrai qu’is ne sont même pas capables de dépouiller les votes de l’iOwa dans le temps où le Chine construit un hôpital de plus de mille lits…on peut sourire mais moins si le résultat est la réélection de Trump.note et traduction de Danielle Bleitrach

Joe Biden, Bernie Sanders et Pete Buttigic

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5 février 2020, 10h58
Photo: Patrick Semansky / AP / TASS
Texte: Dmitry Bavyrin

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Le début de la course présidentielle aux États-Unis a été marqué par un scandale. Le problème n’est pas que les gagnants du caucus intra-parti dans l’Iowa soient des candidats très inattendus et exotiques. Le problème est un plantage du système lors du comptage des votes. Les partisans du socialiste Bernie Sanders sont convaincus que les résultats ont été effrontément falsifiés par la direction du Parti démocrate.

L’Iowa est un «grenier» américain dont le principal profil économique a toujours été l’agriculture. C’est la terre des fermiers blancs – la très « bonne vieille Amérique », qui est maintenant nostalgique des conservateurs, et d’un point de vue politique – l’outback le plus ennuyeux, là où les républicains gagnent toujours.

Cependant, depuis le début des années 1970, la lutte pour la présidence commence traditionnellement précisément dans l’Iowa – les premiers objectifs se forment ici. Le sens du caucus est le même que celui des primaires les plus courantes aux États-Unis: déterminer quel candidat à la présidence parmi les membres d’un parti est soutenu par la population de l’État. Cependant, dans la forme, ces activités interchangeables sont très différentes les unes des autres.

Lorsque les citoyens déposent un bulletin de vote portant le nom de «leur» candidat dans l’urne, ce sont les primaires. Dans le cas du caucus, les militants du parti se réunissent, se divisent en groupes en fonction de leurs sympathies personnelles et commencent à s’agiter les uns les autres pour leurs favoris. Qui a finalement plus de supporters –  a gagné.

Dans ce cas, nous parlons de milliers, la région – des dizaines de milliers de votes. Mais ces votes au Parti démocrate ne pouvaient pas être comptabilisés en  plus d’une journée. Pour l’histoire américaine moderne, il s’agit d’un retard sans précédent.

Sa cause officiellement annoncée est des problèmes techniques. Le système de vote électronique mobile a soudainement été suspendu, il y a eu un échec, et dans de nombreuses régions, ils ont été contraints de revenir au dépouillement manuel des votes. Les premiers résultats sont apparus un jour plus tard: selon les données de 62% des votes dépouillés , Pete Buttidzhich (26,9%) est arrivé en tête, Bernie Sanders en deuxième (25,1%), Elizabeth Warren en troisième (18,3%).

Le scandale local avec « problèmes techniques » est donc devenu un scandale national, car Sanders devait gagner. Il était le leader des sondages d’opinion et des sondages de sortie. Selon les estimations de son siège, l’homme politique de 78 ans a remporté 28,6% des voix contre 25,7% de Buttigic. Et maintenant, beaucoup de ses partisans ont le sentiment de suspendre des nouilles à leurs oreilles. En d’autres termes, ils pensent que les résultats du vote sont falsifiés.

Tous ceux qui s’intéressent à la politique aux États-Unis savent que Sanders n’a pas la faveur  du parti des démocrates – il est le candidat le plus inconfortable pour eux. Premièrement, les dirigeants de l’âne (ce n’est pas un mot d’injure ; l’âne est le symbole officiel du Parti démocrate) ne croient tout simplement pas qu’un   Sanders trop gauche et radical ait une chance contre Trump en finale de la course présidentielle. Deuxièmement, les succès du candidat socialiste  ont choqué les   nombreux sponsors des démocrates parmi les magnats du marché financier – leur programme avec des surtaxes pour les riches ne peut pas être apprécié simplement par définition.Pour cette raison, il y a quatre ans, Sanders ile parti a commencé à mettre des bâtons sur roues au caucus et aux primaires, essayant de le pousser sur le côté de la route et de dégager la voie pour Hillary Clinton. Comment cela s’est terminé pour elle, tout le monde s’en souvient.

Trompez-moi une fois – vous êtes un escroc, trompez-moi une deuxième fois – je suis un imbécile. Tel est le refrain de ces messages indignés que les partisans de Sanders gribouillent maintenant, promettant à leurs électeurs des avantages sociaux et une «politique progressiste» jusqu’à la légalisation de la marijuana aux États-Unis.

Mais une indignation particulière est causée par le fait que le système gagnant-gagnant du dépouillement mobile des votes a été créé par la société informatique Shadow, et l’un des investisseurs et sponsors du projet de vote mobile réside au  siège électoral de Buttigic. Comme dit le proverbe, voici une manière de se servir soi-même.

L’Iowa, nous le répétons, est encore un désert. Lors de la conférence nationale des démocrates du parti, qui finira par désigner un seul candidat à la présidentielle, cet État n’envoie qu’un délégué sur cent (et il y en a plus de 4000 en tout). Cependant, la victoire dans l’Iowa a une signification psychologique importante: les vainqueurs des primaires et des caucus dans les premiers états du scrutin s’ajoutent invariablement au classement, car ils commencent à être perçus comme les favoris de la course.

Dans le pays dans son ensemble, Biden est toujours le leader – un favori de la direction du parti. Mais dans l’Iowa, son score est très mauvais – une quatrième place. Déjà à partir de ce point, sa campagne pourrait déraper.

Les choses ne se sont pas bien passées avec lui dès le début. Il a  dû faire campagne parmi des centaines de supporters, tandis que les supporters de Sanders se sont rassemblés par milliers et que Trump, qui a reçu des résultats  à la Brejnev dans les caucus de l’Iowa, occupait  les stades. Selon l’ancien vice-président, «l’étincelle» l’a quitté,  les scandales (principalement  ukrainiens ) l’ont sévèrement atteint. Le candidat, qui était censé faire le tour des concurrents avec un «tank» uniquement nostalgique de l’époque d’Obama, semblait de plus en plus être ailleurs chaque jour.

Le leadership de Buttidzic auprès des démocrates est considéré comme un «repli» – le dernier obstacle aux insupportables socialistes Sanders et Warren. Il est assez fidèle à l’appareil central du parti et, en outre, on pense qu’il est gérable en raison de son âge relativement jeune et de son inexpérience. Le candidat n’a que 38 ans, alors qu’il n’est pas un retraité de haut rang, ni un gouverneur, ni un sénateur ni même un membre du Congrès, mais – jusqu’à récemment – le maire de la ville de South Bend, la quatrième plus grande d’Indiana.

Les médias russes ne sont toujours pas parvenus à un accord sur la manière de transcrire son nom de famille: les médias font désormais le choix entre «Buttajaj» et «Buttigeg».

Dans le contexte de ses concurrents, il ressemble à un mouton noir et pas seulement à cause de son nom. Du point de vue du programme électoral, Buttigic, comme Biden, est classé comme démocrate modéré, mais du point de vue des qualités personnelles, il est très particulier. Un lieutenant de la marine américaine, un vétéran de la campagne en Afghanistan et un ex-catholique dévot, connaît huit langues, dont le persan iranien, joue de plusieurs instruments de musique et il a noué un mariage homosexuel ce qui démontre son ouverture   d’esprit.

Sa valeur absolue pour la direction du Parti démocrate n’est pas dans l’orientation ou le mérite militaire, mais dans le fait qu’il n’est pas socialiste, e t pourtant qu’il n’est pas Biden. Buttidzhich lui-même, bien sûr, est conscient des alignements intra-élites, alors il s’est payé d’audace et s’est lui- mêle déclaré vainqueur du caucus, sans attendre le décompte final des voix.

Parce que le scandale  – à l’échelle nationale.menace de couler la campagne présidentielle démocrate dès le début.

L’intégrité des procédures de vote et de dépouillement est fortement remise en question. Compte tenu des «astuces» d’il y a quatre ans, cela renforce l’image du Parti démocrate (le parti même qui accuse la Russie d’intervenir dans les élections américaines depuis trois années consécutives) est celle en tant que force politique où les fraudeurs règnent.

Mais même si ce n’est soudainement pas le cas, même si les théoriciens du complot mentent, que les «langues perverses» exagèrent et que le système de dépouillement des votes a vraiment un dysfonctionnement purement technique, il s’avère que les personnes qui n’arrivent même pas à gérer un vote dans  l’Iowa prétendant être les dirigeants de la superpuissance américaine. .

Quel que soit le décompte final des votes, le républicain Trump est le vainqueur de cette étape de la course démocrate. Et s’il y en aura plus.

 
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Publié par le février 5, 2020 dans Etats-Unis, INTERNATIONAL

 

Vu de Russie : L’Occident ravive la peur et la haine des Chinois

voici la manière dont notre commentateur favori, Akopov – qui écrit dans un journal pro-Poutine- analyse l’attitude des occidentaux face à la Chine, il prend de la hauteur pour expliquer l’irrationnel de l’occident, négation de la valeur des autres civilisations, et peur confuse à l’idée qu’il devra payer pour la manière injuste dont il a traité les peuples soumis. La peur de l’asiatique, « le péril jaune », pour mieux nier le péril occidental s’est encore accru quand la Chine est devenue communiste et plus encore quand elle a accédé au statut de grande puissance et a refusé de se partager le monde en tant qu’alliée des Américains.  Mais la peur de l’épidémie que l’on utilise contre la Chie risque de se retourner à terme contre ses promoteurs quand la Chine aura vaincu l’épidémie, cela risque de déboucher sur de l’admiration après que l’on eut exagéré les dangers. (Danielle Bleitrach)

Les couvertures des magazines européens sont consacrées à la menace chinoise

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4 février 2020, 08:30
Photo: Antonio Pisacreta / Ropi / Global Look Press
Text: Petr Akopov

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Alors que les scientifiques et les gens ordinaires se disputent sur la vitesse de propagation et les dangers potentiels du coronavirus, la peur d’une épidémie a déjà conduit à la propagation généralisée du monstre du péril jaune. L’hystérie de masse est le médium optimal pour la résurrection de ce survivant, qui de toute façon entretient les  sentiments de peur et de haine des Chinois. De plus, en Occident, la sinophobie a beaucoup de points communs avec la russophobie.

L’épidémie de coronavirus fait peur au monde, surtout après que la Chine elle-même a pris des mesures sévères pour lutter contre le danger. Mais si les Chinois sont contraints d’imposer  la quarantaine dans la province de Wuhan et du Hubei, c’est-à-dire à l’épicentre de son émergence et de sa propagation, et s’ils  luttent de toutes les manières possibles contre  la panique et les rumeurs qui circulent, le reste du monde lui a la possibilité de choisir.

Il peut choisir de faire confiance à Pékin et prendre des mesures de précaution ou d’essayer de s’ isoler de la Chine comme source de danger inconnu. Personne ne choisit officiellement la deuxième option, mais c’est précisément l’hystérie de masse qui fonctionne à la fois sur les réseaux sociaux et les médias jaunes. Et cette hystérie exploite l’une des phobies les plus courantes – la référence au péril jaune. La peur et la haine des Chinois renaissent sous nos yeux.

« En raison du fait que certaines personnes en Chine mangent des aliments étranges comme les chauves-souris, les rats et les serpents, le monde entier peut souffrir de la peste », cite un tweet populaire dans son article « La peur alimente le racisme et la xénophobie à mesure que le coronavirus se propage. » « CNN américain:

«Maintenant, nous ne voyons que les premiers signes d’une vague xénophobe contre la diaspora est-asiatique: des blagues vulgaires sur Internet, des posts sans intérêt, des gens qui se comportent de façon effrayante dans les lieux publics. Mais si l’épidémie de SRAS de 2003 peut servir d’exemple, ces rudiments de xénophobie sont susceptibles de dégénérer en formes manifestes de racisme plus dangereuses.

Au plus fort de l’épidémie de 2003, les personnes d’origine asiatique en Occident étaient traitées comme des parias. Il a été signalé que des blancs se couvraient le visage en présence d’employés asiatiques, et les agents immobiliers ont reçu pour instruction de ne pas servir les clients asiatiques.

Les Asiatiques ont été menacés d’expulsion, privés d’emploi sans justification et des discours de haine ont été adressés à certaines organisations canado-asiatiques.

Tout cela s’est produit il y a 17 ans lorsque la Chine se dirigeait lentement vers l’Occident. Maintenant, elle est devenue une superpuissance en développement, et son rôle dans un certain nombre de conflits récents (la guerre commerciale en cours entre les États-Unis et la Chine, les inquiétudes concernant la société de télécommunications Huawei, les allégations d’espions chinois en Amérique et en Australie)  signifie que beaucoup en Occident sont déjà en train d’être considéré avec plus de suspicion et de tension qu’auparavant.

Ajoutez à cela la menace d’une pandémie mondiale, et il deviendra clair que nous pouvons nous attendre à une vague encore plus dégoûtante de discrimination aiguë. »

Xénophobie et racisme sont des mots courants. En outre, ils incluent souvent une attitude prudente envers les étrangers en général, ce qui est tout à fait naturel pour toutes les civilisations (bien que le degré de prudence, bien sûr, diffère considérablement entre les différents peuples), et la conviction que les gens d’une race différente sont très différents de vous et de votre race ( une telle attitude n’est pas nécessairement raciste au sens habituel du terme – la conscience des différences naturelles ne signifie pas automatiquement un sentiment de supériorité). De plus, à l’ère du multiculturalisme en Occident, les accusations de xénophobie et de racisme sont de plus en plus utilisées pour marginaliser l’inquiétude tout à fait naturelle d’un peuple quant à son avenir.

Ce qui est plus important, c’est pourquoi la « menace chinoise » a été ressuscitée si facilement. Surtout en Occident, où ils ont rencontré les Chinois selon des critères historiques assez récemment.

La Chine n’est pas seulement la civilisation la plus ancienne, mais aussi une civilisation absolument unique. Pendant la majeure partie de ses 3000 ans d’histoire, le peuple Han n’a été confronté qu’à ses voisins asiatiques, principalement d’Asie du Sud-Est et d’Asie de l’Est. L’Occident a commencé à croiser les Chinois il y a seulement quelques siècles, quand il a commencé à mettre à genoux  l’Empire céleste affaibli. L’échelle et l’autosuffisance de la Chine attiraient non seulement alors, mais effrayaient également l’Occident, qui à ce moment-là avait déjà écrasé presque la totalité du reste du monde. Trois grandes forces non occidentales subsistent – la Chine, la Russie et l’Empire ottoman, qui unissent une grande partie du monde islamique. Il n’est pas surprenant que tous les trois aient été perçus simultanément comme des friandises à dévorer et comme une menace mortelle pour l’Occident, appelé à tondre  les peuples.

L’Europe est entrée en contact étroit avec les Turcs depuis le XVe siècle (lorsque Constantinople est tombée), les Russes ont pleinement pénétré la scène européenne au début du XVIIIe siècle et sont devenus un épouvantail constant pour l’Ancien Monde. Les barbares orientaux – peu importe que certains musulmans et le deuxième orthodoxe, ces deux civilisations bordent directement l’Europe, et sont donc tout à fait adaptées à la diabolisation. Peu importe qu’au 19e siècle, l’Europe ait déjà conquis la majeure partie du monde – il est important que deux empires existent  à ses frontières orientales, indépendants et incompréhensibles.

Cependant, la Chine n’est entrée en contact avec l’Europe que lorsque celle-ci l’a envahie. Tout d’abord, prendre pied dans le ventre sud-est de l’Empire céleste, puis, au 19ème siècle, ayant déjà commencé son expansion en Chine elle-même. En conséquence, au début du XXe siècle, la Chine était dans un état semi-colonial et des millions de Chinois étaient utilisés comme main-d’œuvre bon marché dans les colonies européennes d’Asie et des États-Unis. À cette époque, les Européens et les Américains ont commencé à avoir du mépris pour la Chine, dont ils connaissaient la grande culture et ne la comprenaient pas encore , et la peur de celle-ci. Plus précisément, à ce qui se passera quand la Chine  se réveillera et se lèvera à la hauteur associée à la compréhension que l’occident devra tôt ou tard payer pour tant d’injustice.

La «menace jaune» a effrayé les Européens et les Américains (ainsi que les Russes) à la fin du XIXe siècle. Mais lorsque la Chine a été vaincue également par le Japon, dans la conscience occidentale, c’est la monarchie insulaire qui est devenue l’incarnation principale du «danger jaune». La guerre avec l’Amérique n’a fait que renforcer cette peur, mais après 1945, l’Occident a vassalisé  le Japon, ce qui l’a apprivoisé à leurs yeux. La Chine, en revanche, est devenue «rouge», combinant ainsi les deux principales menaces qui pèsent sur le projet anglo-saxon et l’Occident dans son ensemble: communiste et oriental.

Oriental, c’est-à-dire autre que occidental: cela regroupait aussi les russes, les musulmans (anciennement turcs) et les chinois. Et la menace rouge communiste jusqu’à la fin des années 40 était complètement associée à l’URSS, c’est-à-dire à la Russie. Et puis apparaît la «Chine rouge», alliée et frère de la «Russie rouge». Depuis les années 1950, la phobie chinoise a repris, mais elle ne peut être comparée à la russophobie déguisée en anti-communisme et anti-soviétisme.

Parce que l’URSS était une superpuissance, et que la Chine, un pays pauvre et affaibli depuis des décennies, a mené une querelle contre l’URSS dont elle était un frère cadet, mais avec un grand potentiel. La querelle entre Moscou et Pékin dans les années 60 a conduit l’Occident  sinon à aimer, du moins à ne pas diaboliser la Chine. Et dans les années 70, le rapprochement entre l’Occident et la Chine a commencé, et il y a quarante ans, l’Empire céleste a entamé une marche vers le statut de première puissance mondiale.

La Chine est sortie de la crise. Avant cela, un siècle et demi, le pays était soit un objet d’exploitation et de manipulation pour l’Occident, soit plongé dans la tourmente et un pays faible. La croissance de la Chine a changé sa politique séculaire. Si auparavant (avant la collision avec l’Occident au 19e siècle), la Chine était une puissance autosuffisante, croyant qu’elle avait tout et tous les peuples du monde, tôt ou tard, reconnaissaient la sagesse et le pouvoir de l’Empire céleste, maintenant elle a commencé à jouer dans le monde occidental mondial selon les règles occidentales. C’est-à-dire projeter le pouvoir à l’extérieur et réaliser une expansion mondiale: pas militaire, mais commerciale et économique. Et avec tant de succès qu’aujourd’hui, elle est devenue la première économie au monde, et son armée peut être considérée comme la troisième au pouvoir.

Maintenant, la Chine représente vraiment une menace pour l’Occident, mais pas comme la force qui la conquiert physiquement (comme les Turcs puis les Russes l’ont dépeinte), mais comme celle qui la force à sortir du sommet de la domination mondiale et la soumet à sa volonté et à ses plans.

Il est clair que la Chine est désormais la plus détestée par les États-Unis et la Grande-Bretagne. C’est le projet anglo-saxon de domination mondiale qui menacé avec le renouveau chinois. La Chine forte ne peut pas être manipulée, mais Pékin rejette même les tentatives des Anglo-Saxons de l’attirer dans ses alliés, c’est-à-dire de s’entendre avec eux sur la division du monde (entreprise il y a dix ans). Il n’y a qu’une seule façon d’arrêter la Chine, de la saper de l’intérieur. C’est sa similitude avec la Russie, mais les Chinois ont tiré des conclusions de l’effondrement de l’URSS.

Il ne reste plus qu’à essayer d’isoler la Chine. Mais même avec la Russie, cela n’a pas fonctionné. Malgré le fait que notre pays est beaucoup moins intégré dans l’économie mondiale. La Chine occupe une place énorme dans l’économie mondiale et il est impossible de la bloquer, sans parler du fait qu’elle frappera les États eux-mêmes, car la guerre commerciale entre les deux puissances dure depuis trois ans maintenant.

Vous devez donc essayer de restreindre la Chine de toutes les manières – de l’armée (mais ici, les États perdront leur avantage au cours des deux prochaines décennies) à la géopolitique (en utilisant la peur de la Chine pour ses voisins d’Asie de l’Est et du Sud), du financier au idéologique.

Dans le contexte d’une guerre commerciale avec la Chine, l’administration Trump a déjà essayé de jouer la carte de Taiwan ou de jouer avec les protestations de Hong Kong. Et le secrétaire d’État Pompeo a répété ces derniers mois, comme un mantra, l’oracle   «le Parti communiste chinois est la principale menace pour notre temps», non seulement pour l’Occident, mais pour le monde entier. Autrement dit, les Chinois sont désormais désignés pour le rôle des principaux ennemis de l’humanité, pires que les terroristes ou les Russes.

Et ici, le coronavirus est une bonne aubainei, ce qui ressuscite automatiquement toutes les craintes du «danger chinois», de «l’invasion chinoise», de la «menace chinoise». Ils, les Chinois, sont différents, dangereux et il faut les craindre. Limitez-les, isolez-les et, finalement, empêchez-les d’acheter nos usines et de ne pas leur permettre d’atteindre nos ports ou réseaux cellulaires.

Il est clair que de telles craintes doivent être diffusées en Europe, en Russie, en Asie – partout où se trouve le « One Belt, One Way » chinois, qui n’est pas seulement un projet d’infrastructure et de commerce, mais le cœur d’une nouvelle réalité géopolitique, d’un nouvel ordre mondial eurasien. Exploiter les peurs humaines est le jeu de manipulateurs le plus primitif et le plus utilisé. Mais est-ce efficace?

Le problème des Anglo-Saxons est que la crainte des Chinois ne peut se maintenir plus longtemps que l’épidémie ne dure. Et si les autorités chinoises parviennent à le maîtriser et à l’empêcher de se transformer en une pandémie mondiale (et cela se produira presque certainement dans les prochains mois), alors le pendule de l’opinion publique peut basculer de la périlophobie dans la direction opposée. Si ce n’est pas pour l’amour des Chinois – après tout, l’amour pour les autres races n’est pas courant dans l’humanité – alors pour la reconnaissance de leur capacité à s’unir et à surmonter la terrible menace. C’est-à-dire qu’en exagérant l’ampleur de la menace maintenant et en la déclarant «chinoise», les diffuseurs de panique peuvent finalement jouer pour renforcer la réputation de la Chine en tant que pays fort et grand.

Soit dit en passant, tout comme le développement par l’Occident de la « menace russe » ces dernières années ne fonctionne pas pour la croissance de la russophobie, il ne fait qu’aider le processus de restauration de l’influence de la Russie sur les affaires mondiales: vous devez compter avec eux, car ils ont même élu le président en Amérique.

 

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TRUMP et les USA poursuivent une guerre commerciale dangereuse pour tous à travers leur propagande sur le coronavirus

La Chine accuse Trump de diffuser de fausses nouvelles sur le coronavirus et de n’apporter aucune aide réelle, de mener de fait ce faisant une guerre commerciale cachée qui risque d’avoir des effets catastrophiques non seulement sur la Chine mais sur toute la planète parce que c’est la Chine qui tire l’économie asiatique qui elle même tire l’économie mondiale.

Elle dénonce l’alarmisme propagée par Trump à partir des mesures énergiques prises contre l’épidémie. Les chiffres exacts de cette épidémie sont les suivants: concernent une population chinoise de un milliard trois cent mille personnes.

 

Coronavirus en Chine: comment traque-t-on l'origine de la maladie?

voici ce que communique l’AFP

Washington interdit l’entrée sur le territoire américain de tous les non-résidents arrivant de Chine et recommande à ses ressortissants de ne pas se rendre dans le pays asiatique ou de le quitter s’ils s’y trouvent.

Mais la Chine accuse  Trump de vouloir propager des nouvelles plus alarmistes que nécessaire pour poursuivre la guerre économique . En effet, ce qui peut désormais plus alarmer la Chine et le monde est la chute de la Bourse de ShangaÏ (- 7,8%), vu le rôle joué par ce pays dans la stabilité et dans la lutte contre l’écroulement et une faillite plus ou moins généralisée.

 » Un scorpion voulait traverser une rivière. Alors il demande à une grenouille de l’aider. Non, dit la grenouille, non merci, car si je te porte sur mon dos tu me piqueras et le dard d’un scorpion c’est fatal. Il n’y a, dit le scorpion, aucune logique dans tout cela – car les scorpions ont toujours été bons logiciens. Si je te pique, tu mourras et je me noierai. Alors la grenouille convaincue autorisa le scorpion à monter, mais juste au milieu de la rivière elle ressentit une terrible souffrance et elle comprit qu’en fin de compte le scorpion l’avait piquée. Logique ! cria la grenouille affolée en entraînant le scorpion dans les profondeurs de l’abîme. Où est la logique dans tout ça ? Je sais, dit le scorpion, mais je n’y suis pour rien. C’est mon caractère. »

Celui qui combat le capitalisme doit garder en mémoire cette histoire, s’il baisse la garde un seul instant en oubliant la nature de l’adversaire et pense qu’il tiendra sa parole puisque c’est leur intérêt réciproque est déjà un impuissant. Je suis persuadée que les Chinois le savent autrement ils n’en seraient pas où ils en sont, mais je crains que les Français qu’ils s’estiment dans le camp du scorpion ou dans celui de la grenouille se fassent beaucoup d’illusion et n’aient aucun parti capable de mesurer cela.

Danielle Bleitrach

P.S J’en dirai autant des Israéliens et des palestiniens, et mêmes des kurdes qui ont cru chacun à leur manière pouvoir diner avec le scorpion sans en être piqué et en reconnaissant leur impuissance face à la puissance.