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Archives de Catégorie: SOCIETE

Le Monde ressuscite les morts pour mentir sur le Venezuela

 

Fanny Louise Troubiand De Villars (1775- 1837) et le Libertador Simon Bolivar (1783-1830)

Depuis plusieurs années, le journal Le Monde compte sur les habituels pamphlets antichavistes de ses collaborateurs Marie Delcas et Paolo Paranagua. La première est correspondante du journal pour couvrir les évènements au Venezuela. Petit détail, elle est en poste à Bogota, soit à 1400 kilomètres de Caracas. Ca peut paraître assez étrange. On imagine assez mal un correspondant en Espagne relatant les derniers évènements tragiques de Catalogne depuis Paris. Pourtant la distance entre les deux villes européennes est plus courte que celle qui sépare les deux capitales latinos. Pour remédier à l´éloignement, la dite correspondance relève plus du commentaire élogieux des opinions de l´opposition à la Révolution bolivarienne. Mais ça, le lecteur du Monde n´en saura rien.

La deuxième personne est un éditorialiste. Il s´agit de Paolo Paranagua, alias le Comandante Saúl, responsable de plusieurs attentats dans les années 70 comme le rappelait encore Jean Luc Mélenchon (1). Viscéralement opposé aux gouvernements populaires d´Amérique Latine, Mr. Paranagua confond, depuis maintenant de nombreuses années, propagande politique et journalisme, et massacre régulièrement la notion d´information honnête et équilibrée. Mais ca, le lecteur du Monde ne le sait pas.

A ces deux militants politiques qui, sous couvert de leur carte de presse, relaient les tracts les plus odieux de l´extrême droite vénézuélienne, s´ajoute désormais un troisième larron.

Depuis maintenant deux semaines une envoyée spéciale du Monde, Fanny Du Villars rédige des écrits à charge contre la Révolution Bolivarienne dans le plus grand mépris de toute déontologie et en claire violation de la Charte de Munich (au moins en ce qui concerne les articles 1,3,6,8,9 relatifs aux devoirs des journalistes). Or Fanny du Villars n´existe au Monde que depuis deux semaines, et n´a jamais rien écris auparavant pour ce journal, ni pour aucun autre média.

Articles de propagande écris par « l´envoyée spéciale » du journal Le Monde, Fanny Du Villars

Fanny De Villars n´est pourtant pas une inconnue au Venezuela. Née en 1775 en France, c´est une lointaine cousine du Libertador Simon Bolivar, avec qui celui-ci aurait entretenu une relation amoureuse et a correspondu jusqu´à la fin de sa vie. Fanny De Villars est décédée le 21 décembre 1837, prés de Lyon. Ce que l´on sait moins c´est que, visiblement, elle serait revenue à la vie, et travaillerait désormais pour le groupe de communication de messieurs Pigasse, Bergé et Niel.

Certaines mauvaises langues qui ne croiront pas un seul instant à cette histoire de réincarnation pencheront plutôt pour dire qu´il s´agit là d´un pseudonyme. Or le titre « d´envoyée spéciale » confère une certaine légitimité aux faits rapportés par une personne qui est sur place, et qui est censée nous proposer une vision fidèle des évènements. Mais si cette personne n´existe pas,  on peut se demander s´il y a vraiment un envoyé spécial du journal Le Monde au Venezuela ? Et si oui, pourquoi alors utiliser un pseudonyme ? Il y a, à Caracas, des dizaines de journalistes étrangers travaillant pour des médias ou des agences internationales, et à notre connaissance, aucun ne se cache derrière le masque de l´anonymat. Ce qui  nous amène à nous demander qui est derrière ce pseudonyme et surtout d´où vient l´information que Le Monde offre à ses lecteurs.

En effet, « Fanny du Villars » est-elle une personne directement lié aux franges les plus radicales de l´opposition vénézuélienne et dont la crédibilité ne résisterait pas à l´examen de son curriculum politique ? Est-ce un membre de la « Resistencia », ces groupes connus pour avoir bruler vif des afro-vénézuéliens parce qu´ils ressemblaient à des chavistes ? Qui écrit ? Qui nous informe ? Un journaliste qui nous rapporte des faits ou un mercenaire de l´information, payé pour tergiverser et mentir sur la réalité du Venezuela ?

Les articles du spectre Fanny du Villars sont tellement caricaturaux qu´on peut aussi légitimement se demander s´il ne s´agit pas de travaux élaborés par un bureau de diplomatie publique, et qui échoue dans les pages d´un journal qui se prêterait au jeu de la propagande.  Un grand classique qui nous renvoie aux actions menées par Otto Reich et à la Office of Public Diplomacy for Latin America and the Caribbean  du gouvernement des Etats-Unis lors de la guerre contre le Nicaragua Sandiniste (2).

Il ne s´agit là, évidemment, que d´hypothèses mais une chose est sûre: les articles de « l´envoyée spéciale » Fanny du Villars ne sont pas l´œuvre d´un journaliste honnête dont le but est d´informer ses lecteurs.

Le journal Le Monde est une nouvelle fois pris la main dans le sac de la propagande de guerre. Derrière « Fanny du Villars », c´est notre droit à être informé qui est piétiné par le quotidien de révérence au pouvoir dominant.

 

(1) Jean Luc Mélenchon est le seul homme politique à avoir dénoncé le passé obscur et le parti pris idéologique de Paolo Paranagua, voir http://www.jean-luc-melenchon.fr/2012/10/21/retour-de-voyage-dans-la-vie-en-morose/. Le leader de la France insoumise dénonce aussi les attentats commis par Paolo Paranagua et son groupe dans les années 70. A l´heure où les attentats endeuillent plusieurs pays d´Europe, des dirigeants historiques de l´ancienne LCR ont condamné…..Jean Luc Mélenchon et se sont solidarisés avec l´éditorialiste du Monde. Voir: https://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/191116/nous-nacceptons-pas-de-voir-notre-passe-commun-insulte-par-jean-luc-melench

(2) Voir sur le site du National Security Archive de l´Université George Washington:  http://nsarchive2.gwu.edu/NSAEBB/NSAEBB40/

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Publié par le août 22, 2017 dans Amérique latine, medias

 

Le Washington Post: À Seattle, les gens protestent contre les monuments de la Confédération – et contre ceux du communisme

Quel  bardak (bordel en russe!), on ne sait plus s’il faut en rire ou en pleurer? d’un côté, il y a peu de chance que les protestataires au nom « des morts de la guerre civile » s’interrogent sur le fait que 14 puissances se sont liguées contre la jeune République soviétique et qu’il y a eu 10 millions de morts, dont 9 millions de civils et aient de ce fait le moindre doute à qui on doit les attribuer. D’un autre côté j’ai une certaine sympathie pour ces gens qui célèbrent le solstice d’hiver nus et en vélo devant la statue sous prétexte que l’art survit à la politique, cinglés incultes pour cinglés je les préfère aux premiers.  (note  et traduction de Danielle Bleitrach
 19 août à 8h00.

Le maire démocrate de Seattle a rejoint d’autres maires, y compris de nombreux républicains, en appelant à retirer la statue de Vladimir Lénine de sa ville. (AP Photo / Gary Stewart)

Il y a une statue de 7 tonnes de Vladimir Lénine à Seattle. Elle a 16 pieds de haut, elle est en bronze et elle se trouve  dans le quartier éclectique et très fréquenté de Fremont depuis 1995. Les touristes affluent pour le voir.

Cette semaine, les manifestants ont afflué également

Dans la foulée des récents appels à l’élimination des monuments confédérés, la statue de Lénine à Seattle a été sous le feu des critiques cette semaine après une protestation improvisée par des militants qui soutenaient le président Trump, qui a subi des critiques violentes pour avoir insisté sur les «deux côtés» – c’est-à-dire les nationalistes blancs qui ont organisé leur rassemblement à Charlottesville et les manifestants qui s’y sont  opposés – en partageant également le blâme pour le chaos qui en a suivi. La violence et la réponse  de Trump ont accentué la division au sein des communautés à travers le pays.

Jeudi, le maire Ed Murray s’est joint aux critiques pour demander l’élimination d’un monument qui a longtemps été un sujet de curiosité et de controverse, en affirmant que la violence mortelle le week-end dernier à Charlottesville devrait inciter à supprimer tous les symboles du racisme et de la haine, « peu importe quelle est leur affiliation politique  « .

Murray, un démocrate, a également désigné un mémorial confédéré dans le cimetière du lac de la ville. Les deux sont de propriété privée.

« Nous ne devrions jamais oublier notre histoire », a-t-il écrit dans une déclaration préparée « , mais nous ne devrions pas non plus idolâtrer les personnages qui ont commis des atrocités violentes et cherché à nous diviser en fonction de qui nous sommes ou d’où nous venons ».

(vidéo ci-dessus) Les manifestants exigent l’élimination de la statue de Lénine
Des manifestants portant des chapeaux et des T-shirts « Make America Great Again » ont manifesté  le 16 août pour exiger l’enlèvement d’une statue de Vladimir Lénine à Seattle. (Twitter / Jack Posobiec)

Comme Kurt Schlosser  l’a écrit cette semaine pour Geek Wire, la manifestation contre  Lénine « a saisi l’opportunité de souligner l’hypocrisie supposée de Seattle » alors que des débats se déroulent dans d’autres villes américaines sur l’élimination des monuments commémoratifs de Confédération .

Lénine a mené la révolution bolchevique de Russie en 1917 avant de fonder le Parti communiste du pays. Il y eut d’innombrables blessés et morts pendant la guerre civile qui s’ensuivit, un fait souligné par ceux qui pensent que la statue devrait être détruite. Comme l’a déclaré un observateur sur Twitter , «il n’a tué que quelques millions de personnes. Pourquoi la gauche ne détruit-elle pas sa statue?

L’histoire de la sculpture àSeattle a peu à voir avec l’idéologie communiste de Lénine, selon les historiens locaux.

Elle a été découverte par Lewis Carpenter, un amateur  américain de l’État de Washington, qui était tellement amoureux de son talent artistique qu’il a détourné son prêt hypothécaire pour financer l’achat et l’expédier à Issaquah, à 20 milles à l’est de Seattle. Il a été déménagé à Fremont après la mort de Carpenter en 1994 (Venkov est mort en juin) et il a été installé là par les milieux d’affaires locaux .

La famille de Carpenter est toujours propriétaire de la statue et, selon Seattle Times, espère la vendre depuis de nombreuses années. Le prix demandé est de 250 000 $.

Quant à Fremont: en faire des léninistes c’est un peu abusif  – vu  qu’il s’agit d’une communauté diverse et unique connue pour célébrer le solstice avec un défilé de cyclistes nus. Beaucoup d’hippies et d’artistes vivent là-bas, et ils ont baptisé Fremont « centre de l’univers ».

Voici plus:

« Si l’art est censé nous faire sentir, pas simplement se sentir bien, cette sculpture est une œuvre d’art réussie. Le défi consiste à comprendre que cette pièce signifie différentes choses pour différentes personnes et à apprendre à se faire entendre et à respecter différentes opinions. Du point de vue d’un artiste, tous les points de vue sont valables et importants. « 

Alors, qu’est-ce qui va se passer ensuite?

Il est possible que le conseil municipal de Seattle aborde le problème dans les prochaines semaines, ne serait-ce que pour débattre si le corps législatif devrait être réuni  pour prendre position, a déclaré un membre du personnel de la ville qui a parlé avec The Washington Post sous  condition de l’anonymat.

« Nous avons fait face à des problèmes moins conséquents dans le passé », a déclaré le membre du personnel, notant que Seattle est une municipalité très consciente de son statut de «bastion progressif», et de l’exemple qu’il établit pour d’autres municipalités de l’état et à travers le pays.

En fin de compte, parce que ces mémoriaux résident sur la propriété privée, les deux devraient être enlevés par leurs propriétaires, volontairement. Alors Murray, le maire de Seattle, a quelques options autres que l’expression de son opinion.

« À ce stade, » le bureau de Murray a déclaré à The Post, « il n’y a pas de prochaines étapes prévues dans l’immédiat.

 

Natixis, la banque française qui craint une « révolte des salariés »

 18/08/2017 à 18h57 Mis à jour le 18/08/2017 à 21h29
Le chef économiste de Natixis s'inquiète d'une éventuelle révolte des salariés et de ses conséquences pour les investisseurs (image d'illustration).

Dans sa dernière note d’analyse, un économiste de Natixis constate les inégalités de revenus et le partage inégal des richesses dans l’OCDE. Il alerte les investisseurs sur les conséquences éventuelles d’une « révolte des salariés ».

 

Le président de la Banque mondiale félicite la Chine pour son combat contre la pauvreté

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La voie choisie par la Chine demeure encore une inconnue et pour l’éclairer il faut remonter aux débats qui ont lieu autour de la NEP, bien qu’ici l’enjeu ne soit déjà plus l’existence des koulaks et l’accumulation primitive sur l’agriculture pour développer un état socialiste, mais le développement d’abord par la manufacture et de là une transformation totale de la structure productive du pays vers plus de valeur ajoutée. Pour cela, la Chine a besoin de la paix. Cette phase, à l’inverse de l’accumulation primitive du capital décrit par Marx ou de la phase néolibérale que nous connaissons, ne se ferait pas au profit de la classe bourgeoise, mais de l’Etat socialiste dont le plan permet une répartition de développement des plus pauvres. Ce qui apparaît est ce qu’on trouve déjà dans la NEP est une lutte constante entre gauche et droite, suspendus à l’existence  d’ un niveau international dominé par le marché au profit du capital. Il faut considérer les résultats et ceux présentés ici sont fondamentaux pour juger de l’orientation réelle de la Chine et du rôle qu’elle joue par la masse de sa population (note de Danielle Bleitrach)

© Chine Nouvelle (Xinhua) – Huang Jian, le 18/08/2017 13:29

Le président de la Banque mondiale Jim Yong Kim a félicité jeudi la Chine pour ses mesures de lutte contre la pauvreté, qui ont permis de sortir des « centaines de millions » de personnes de la misère.

Beijing « s’est adapté aux nouvelles réalités » de notre temps pour mettre en oeuvre des politiques efficaces, a déclaré M. Kim, qui est arrivé jeudi à Buenos Aires pour une visite de deux jours afin de rencontrer le président argentin Mauricio Macri, avec qui il discutera du développement et des réformes économiques du pays.

« Depuis 1990, près de 1,1 milliard de personnes à travers le monde sont sorties de la pauvreté. Des centaines de millions d’entre elles vivent en Chine, un pays qui s’est adapté aux nouvelles réalités du marché et a promu la croissance », a déclaré M. Kim lors d’une conférence de presse conjointe tenue à l’issue de sa réunion avec M. Macri au palais présidentiel argentin.

Ces 30 dernières années, la Chine a mis en oeuvre des réformes et ouvert son économie, ce qui a permis de sortir 700 millions de personnes de la pauvreté. Ce chiffre représente plus de 70% de la baisse de la pauvreté dans le monde, selon un rapport annuel sur la lutte de la Chine contre la pauvreté publié en 2016 par l’Académie chinoise des sciences sociales et le Conseil des affaires d’Etat.

La Chine comptait 10,2% de pauvres en 2012. En 2016, ce chiffre est passé à 4,5%. Depuis 2013, 55,64 millions de Chinois sont sortis de la pauvreté, selon le rapport.

Les autorités chinoises visent à éliminer la pauvreté dans les zones rurales d’ici à 2020.

Au cours de leur rencontre, MM. Kim et Macri ont discuté de la conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du Commerce (OMC) qui se tiendra à Buenos Aires en décembre ainsi que de la présidence du G20 en 2018, qui sera assumée par l’Argentine à compter du 1er décembre.

« L’Argentine avance vers une direction prometteuse. Elle a entrepris des réformes difficiles pour stabiliser l’économie, ouvert l’Argentine au monde et amélioré la transparence, entre autres », a déclaré M. Kim.

« Ces réformes vont jeter les fondements qui permettront d’accroître durablement les investissements et la création d’emplois », a-t-il ajouté, estimant que l’Argentine « enregistrera une croissance de 2,7% cette année, ce qui constituera un progrès remarquable, en particulier en comparaison avec la contraction de l’année dernière ».

 
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Publié par le août 19, 2017 dans Chine, Economie, INTERNATIONAL, SOCIETE

 

Monika: Avoir vingt ans dans une démocratie populaire

Monika avec qui je poursuis un dialogue sur la Pologne populaire, l’antisémitisme, en vue d’un livre sur le sujet, m’écrit ce texte à propos de récents articles sur le blog. La grande réussite de ce blog, comme de nos voyages ce sont les collaborations qu’il suscite, les témoignages, les comptes-rendus, Monika n’est pas la seule, même si ses interventions sont parmi les plus riches et les plus documentées sur la réalité du socialisme (note de Danielle Bleitrach).

 

Merci pour tes derniers articles sur le blog, il y a énormément de choses justes et ils sont très riches, surtout l’article qui parle si justement de la vie quotidienne et de l’émancipation des femmes dans les démocraties populaires, j’aurais plein de choses à ajouter en commentaire…

Et le deuxième article c’est « pourquoi le PC a perdu les pauvres » et la reformulation de toute la vision – c’est un article simple et limpide qui peut être un super outil d’éducation populaire, il faut le diffuser.

 

Pour ma part, je t’envoie d’abord une photo que j’ai aussi envoyée à Judit.

 

C’est une photo prise fin mai 1989 en Lithuanie soviétique, au cours d’un voyage d’études que j’ai fait avec ma faculté.

Elle me représente moi avec ma meilleure amie Elzbieta Kozlowska.

J’avais 18 ans, je venais de quitter mes parents dans le fracas, d’où mon air triste. J’étais en fin de première année d’histoire à l’Université de Varsovie.

Elzbieta Kozlowska, une de mes meilleures copines de fac, était juive d’origine, d’où ses beaux cheveux noirs (qu’on ne voit pas sur la photo noir et blanc) alors que moi j’étais une rousse flamboyante…

A l’époque je ne savais même pas qu’elle était Juive, tellement on ne parlait pas de religion ou « d’origine ». Le père d’Elzbieta était un responsable communiste de la ville de Bialobrzegi, près de Varsovie. Elle avait les mêmes problèmes avec lui que moi avec le mien… ils étaient tous les deux très patriarcaux.

Je m’entendais très bien avec Elzbieta qui était une femme intelligente, honnête et très douce.

Elle m’a fait rencontrer sa famille à Varsovie : sa tante (qui à l’époque avait 35-40 ans) était mariée à un Irakien et toute la famille vivait à Varsovie. Leur fille de 11 ans fréquentait l’école arabe de Pologne. Oui, il y avait de telles institutions en « Pologne totalitaire » ! (et personne ne disait que les Juifs ne peuvent pas s’entendre avec les Arabes… on était en Pologne socialiste !)

 

Je me souviens qu’on avait parlé longuement avec le mari de la dame de la vie en Pologne, de l’Irak, et j’avais tellement envie d’y aller pour visiter les sites archéologiques et monuments. On était en novembre 1988.

(J’ai lu récemment un très bon livre sur l’Irak qui démontrait l’œuvre gigantesque accomplie par le Baas en Irak de 1968 à 1991, en terme d’industrialisation, de construction d’un Etat, de culture, d’éducation, de santé… on comprends mieux pourquoi les USA se sont acharnés à détruire cet Etat et j’ai appris même que ce qu’on a dit sur les Kurdes de Barzani n’était pas exactement vrai…).

 

En ce qui concerne Elzbieta sa mère a divorcé et elle a emmené Elzbieta aux Etats Unis en 1990. Mais Ela n’aimait pas du tout le matérialisme des USA et elle est rentrée en Pologne continuer ses études. On est restée amies jusqu’à janvier 1992, après elle s’est mariée avec un mec qui était un jeune loup libéral. J’ai ainsi perdu la trace de mon amie et je ne l’ai jamais retrouvée même par internet…

 

La photo a été prise vers le 20-30 mai 1989, donc après la table ronde et avant les élections du 4 juin, la période des grands changements de la Pologne. Moi j’ai quitté mes parents le 20 mai 1989 et j’ai crêché illégalement pendant 1 mois chez des amis de la fac en cité U. Entre le 20 et le 30 mai nous étions en voyage d’étude en Lithuanie soviétique. La photo a donc été prise en URSS, à Vilnius !

Quand on est rentrés avec notre année de fac, la Pologne entière était en grève et nous avons fait la grève avec occupation de l’université pour la légalisation de Solidarnosc…

Si j’avais su ce qui m’attendait…

 

Concernant maintenant l’article sur les femmes, la sexualité et la qualité de vie dans les démocraties populaires, j’ai les remarques suivantes à faire:

 

Lorsque j’ai cherché des photos de la Pologne Populaire pour illustrer le blog de Judit sur l’Europe de l’est, je me suis rendue compte que j’ai surtout des quantités de photos de soirées, ou avec des amis on ne fait que boire de la vodka, du vin hongrois et même du champagne russe ! (sur les années 1987-89 ou j’avais 16 à 18 ans)

Effectivement en relisant mon journal intime,  je me rends compte qu’à part les cours à la fac, on passait beaucoup de temps au cinéma, au théâtre, et dans les soirées, en discothèques, soirées privées ou au café à discuter,  s’amuser, et draguer !

 

Aujourd’hui, mon neveu qui a 20 ans à Varsovie, alors qu’il est issu d’une famille de bonne classe moyenne, passe 10 à 12 heures par jours au travail, week end compris ! Il n’a pas de vacances payées et quand il a quelques jours libres, il est sur les jeux vidéos.  Pourquoi fait-il cela ? Parce qu’il a tellement peur de l’avenir qu’il veut gagner et amasser un maximum d’argent.

Jamais un jeune de 20 ans n’aurait travaillé 10 heures par jours sous la Pologne Populaire !

 

Il y avait des choses bien plus importantes à faire ! Ma mère, jeune femme issue de la paysannerie, arrivée à Varsovie en 1958 à 18 ans, tout de suite après le travail dans un laboratoire, elle allait passait son temps au bal, au café avec ses amis, au cinéma très souvent et deux weeks end par mois dans des voyages organisés par l’entreprise pour découvrir la Pologne, les villes, la mer, la montagne, les lacs…

Et cela se voit sur les nombreuses photos alors même que très peu de gens possédaient des appareils photo… Ma mère souriante et resplendissante entourée de plein de beaux mecs jeunes…

 

Pour nous, c’était ça le « totalitarisme » ! Alors qui a ou a eu une vie meilleure  étant  jeune? Ma mère ou son petit fils ???

 

Voilà des réflexions pour alimenter ton texte.

 

« Abords cliniques et psychopathologiques du sujet âgé »

http://olivierdouville.blogspot.fr/…/lecture-du-n-40-de-psy…

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je suis tout à fait d’accord pour soutenir la cause animale et me préoccuper de ce qu’on inflige à des « sujets sensibles », mais la même société qui se penche légitimement sur le sujet sensible animal est capable de grandes cruautés vers d’autres sujets sensibles appartenant à sa propre espèce, c’est vrai pour la vieillesse comme ça l’est pour tout ce que cette société ne veut pas voir dans leur exploitation, leur humiliation. (note de danielle Bleitrach)

Revue Psychologie Clinique, n°40, 2015/2

Editions EDK

Le numéro 40 de la revue Psychologie Clinique « Nouvelle série » nous propose un dossier sur la clinique du sujet âgé. La plupart des recherches sur le vieillissement  s’interroge sur la plainte mnésique comme nom d’une angoisse de perte, tandis que les situations institutionnelles et la construction sociale de la maladie restent peu explorées. Ici, les contributions tentent d’envisager, dans une dimension anthropologique, ce que certains dispositifs de soin proposent comme capacité subjectivante, chez un sujet qui insiste pour se faire entendre alors même que ses facultés de connaissance et de mémoire sont altérées. Dans cette perspective, Simon-Daniel Kipman, Président de l’Observatoire Francophone de la Médecine de la Personne, nous montre la place que peut avoir la psychanalyse dans l’approche du sujet âgé, en portant l’accent sur les particularités du transfert de ce sujet comme sur les modalités du contre-transfert : « On ne peut s’empêcher de projeter sur les personnes âgées que l’on rencontre un certain nombre d’associations toutes personnelles ou individuelles et des associations collectives quasi obligatoires », ce que l’auteur appelle des « fantasmes forcés ». François Villa prolonge ce questionnement en interrogeant les conditions de possibilité d’une interdisciplinarité dans l’approche du vieillir. Nous montrant que l’épreuve du vieillissement ne se réduit pas à une lente dégradation mais en appelle au contraire à des ressorts de création et d’invention, il insiste sur la nécessité de repenser les questions d’autonomie et de dépendance. De ce point de vue, vieillir serait alors l’occasion d’une entame salutaire du narcissisme, rencontre du mensonge que contient le narcissisme.

« La santé mentale des personnes âgées influence-t-elle la façon dont elles perçoivent leur passé et leur avenir ? », interrogent Dov Schmotkin et Ido Averbuch, tous deux psychologues à l’Université de Tel Aviv et dont l’étude s’appuie sur le modèle de Shmotkin. La façon dont chaque sujet gère le temps a des conséquences. Si le passé agrandi de tel sujet âgé contient une forte accumulation d’évènements potentiellement traumatiques et qu’il envisage l’avenir bouché, une telle perspective ne peut qu’activer les images d’une menace intense, ce qui peut entraîner une détérioration. A contrario du sujet résilient qui, tirant des conclusions positives de son passé, disposera de moyens pour transformer le futur anticipé en signification et en valeur. Pour sa part, Joël Birman approche le vieillissement en termes historiques et biopolitiques, nous montrant qu’une autre représentation du vieillissement est apparue dans l’imaginaire social de l’Occident depuis une trentaine d’années. On ne s’intéresse plus aujourd’hui à la figure monolithique et monotone du vieillard mais à des processus de vieillissement, dans la mesure où l’image de la vieillesse s’est multipliée en diverses possibilités d’être et d’exister. Ceci n’a été possible qu’à partir de la nette amélioration de la durée de la vie. L’auteur donne une place toute particulière au discours psychanalytique en tant qu’il a rendu sa positivité à la problématique de la vieillesse et de la mort en portant l’accent sur la constitution généalogique du sujet. Edwige Rude-Antoine propose quant à elle une réflexion éthique posé sur la protection juridique des personnes âgées atteintes d’une altération de leurs facultés mentales et corporelles et la nomination d’un représentant légal. L’article prend en compte de la réforme de 2007 de la protection juridique des majeurs et soulève les questions qui se posent, selon que la protection est exercée par un représentant familial ou par un représentant professionnel. « La réflexion morale doit toujours être en alerte lorsqu’il s’agit de la situation d’êtres humains, qui en tant qu’êtres biologiques, sont sensibles, et susceptibles de souffrance, de subir toutes sortes de pressions physiques et morales de la part de leur environnement. Autrement dit, il s’agit de savoir sous quelle forme et jusqu’à quel point, dans le cadre de la protection de la personne âgée, les considérations morales doivent-elles interférer » conclut l’auteure.

L’approche clinique de ce dossier est précisée notamment par une recherche transculturelle sur le vieillissement dans le contexte d’un processus migratoire. Chaque sujet appréhende sa propre mort selon sa culture. Qu’en est-il alors pour le sujet migrant qui, du fait de sa double appartenance culturelle, doit se référer à des univers symboliques différents ? L J Ondoua et Yolande Govindama explorent cette question par une étude s’intéressant au devenir de sujets âgés d’origine sénégalaise, vivant leur retraite entre leur pays d’accueil et celui d’origine. Partant des raisons premières de la migration, cette étude, très riche (notamment par l’articulation qu’elle repère entre psychisme et culture), met l’accent sur la façon dont chaque sujet envisage le vieillir alors qu’il avait pu longtemps rester dans le mythe du retour au pays, qui contrebalançait sa difficulté à trouver une place dans sa culture d’accueil. « Si la culture lie les générations entre elles et permet de gérer l’angoisse de mort, soutient la pulsion de vie qui introduit celle de mort (…), nous pouvons voir ici que la culture d’accueil du sujet ne parvient pas à le contenir face à l’épreuve du vieillir, tout comme le pays natal tel qu’il est évoqué par le sujet ne semble pas non plus lui fournir de repères aptes à l’accompagner dans son travail du vieillir ». Si l’écoute clinique invite à ne pas réduire toute incidence psychique aux seules expressions culturelles du sujet, cette clinique elle-même appelle cependant dans de tels cas une double écoute, prenant en compte le rapport du sujet à la filiation, à son histoire et à son identité. C’est dans cette optique que Régine Waintrater aborde le cas du vieillissement des survivants d’un génocide. Pour un tel sujet, dresser un bilan de sa vie, comme le convoque le vieillir, le confronte à un paradoxe douloureux : « Pour lui ressenti est un danger, car tous ses affects sont entachés du vécu de la persécution ». Toute tentative de réaffectation court le risque d’approuver à nouveau la honte, la culpabilité et l’effroi, dans des proportions insoutenables, et donc, en tentant de lier ce qui est resté délié par auto-conservation, court le risque de confronter de nouveau le sujet à l’effraction traumatique. L’auteur illustre son propos par deux exemples : l’analyse de l’œuvre de Jean Amery, ainsi que son expérience clinique de sujets poussés par le vieillir à tenter de relier des fils que le génocide avait brutalement rompus. Monique Letang et Drina Candilis-Huisman se penchent pour leur part sur l’étrange renversement qui peut s’opérer quand la mère devient fille de sa propre fille, situation qui peut se produire lors du vieillissement de la mère et qui est à même de réveiller la haine que la fille vouait à la mère. Le rapport au corps maternel se trouve particulièrement mis en jeu dans une telle situation, des affects d’envie et d’horreur pouvant se trouver réveillés.

Dans son texte « Demain ! Quand je serais…petit » et à partir de son expérience de ceux qu’il appelle « les cumulards du temps », Serge G. Raymond interroge tant les approches contemporaines dominantes qui tendent à s’en tenir au traitement de la mémoire (« Combien de détériorations mentales pathologiques certifiées ont pu manquer d’arguments, au risque d’attrister les psychométriciens et d’enfermer les âgés dans un habit qui n’était pas le leur » ?) que les psychologues cliniciens confrontés à cette clinique particulière (« Que savent les psychologues du retentissement psychologiques des affections somatiques dues à l’âge ? Et que savent-ils (…) du retentissement somatique des affections psychologiques et de ce raisonnement bien éloigné de la démarche médicale » ?). Rappelant que l’examen médical est bien différent de l’examen psychologique, l’auteur explore de nombreuses facettes de ces problématiques, se demandant comment envisager l’évolution des involutions,  interrogeant le remaniement des paramètres du fait de l’âge, qui conduisent à des attitudes inattendues, dénommés là « syndrome de Diogène », ici « syndrome de glissement », ou encore questionnant la place du fameux stade du miroir dans la clinique du sujet âgé. C’est dans la prise en compte d’un certain rapport au temps et à la durée que cette clinique est à appréhender pour pouvoir reconsidérer nos dispositifs d’accompagnement et de partage. Emilie Guibert nous le montre bien en témoignant de son vécu clinique à travers la prise en charge institutionnelle du sujet âgé : elle examine, dans un contexte de maltraitance par négligence en gériatrie, la répétition quotidienne d’un acte mettant en évidence combien une institution peut précipiter ses sujets dans une compulsion organisée, témoignage d’un désaveu lourd de conséquences car entravant la construction du souvenir et donc empêchant une mise au passé de la maltraitance. L’auteure nous indique le bénéfice que peuvent apporter les espaces de parole, notamment en permettant une nomination du rapport transférentiel aux sujets dont les soignants ont la charge. Elle nous propose d’instaurer « un cadre clinique, à savoir un espace de parole entendu comme chemin vers une clinique où une élaboration de la relation de soins ainsi qu’une parole sur la maltraitance deviennent possibles ».Si les recherches sur le vieillissement ont eu un effet positif sur la santé publique, elles gardent une tendance à se tourner essentiellement vers les questions relatives à la mémoire, note Olivier Douville, qui conclut ce dossier. La plainte mnésique est d’ailleurs devenue le nom d’une angoisse de perte propre au vieillissement et qui n’est pas le plus souvent motivée par un tableau significatif ou inquiétant, précise-t-il, tandis que sont souvent mésestimées les bouleversements du narcissisme dans le processus psychique du vieillir, parfois jusqu’à la dissolution des repères imaginaires qui font tenir l’image du corps. Les approches reposant sur une conception de la personne réduite à ses capacités cognitives peuvent tendre à oublier que les réalités institutionnelles, le cadre, le temps, l’espace sont aussi, dans chaque cas, à interroger. L’auteur prend pour thème de travail la dimension du sujet qui insiste et se fait entendre, en détaillant l’observation d’une patiente âgée rencontrée dans le champ de la psychiatrie et qui présentait un état mélancolique et des hallucinations verbales. Rappelant les repères nosologiques et psychopathologiques nécessaires au clinicien, Douville attire notre attention sur le fait  que, sous des apparences ou des allures de démence, se nichent parfois des mélancolies résiduelles, discrètes, qui nous obligent à explorer trois points : les possibles antécédents de cotardisation, ou même simplement d’états de mélancolisation ; le rapport du sujet dit « dément » à sa langue maternelle, celle des premiers soins et des premières séparations ; les éventuels phénomènes élémentaires que le sujet aurait pu présenter dans l’enfance.
Ce dossier explore donc diverses aspects des approches cliniques du vieillissement et de la personne âgé, nous invitant à y reconnaître, au-delà des altérations neurologiques, un sujet qui parle et continue à se faire entendre, aux prises avec la finitude, avec sa façon particulière d’envisager celle-ci, de faire avec cette figure extrême de la castration qu’est la mort, comme le disait Freud, et pour un être vivant dont il nous rappelait que le premier devoir est de supporter la vie.

Pierrick Brient

Publié il y a 21st December 2015 par Olivier Douville

 
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Publié par le août 16, 2017 dans COMPTE-RENDU de LIVRE, SOCIETE

 

New York Times : Pourquoi les femmes avaient-elles une meilleure  sexualité sous le socialisme?

 non dénué de certaine naïvetés mais certainement jouissif! Et surtout cela correspond parfaitement au discours quasi unanime entendu dans l’ex-URSS et dans les ex-pays socialistes. Bref faisons l’amour pas la guerre. Vive le socialisme. y compris venu d’en « haut »… (note et traduction de Danielle Bleitrach pour histoireet societe)

Siècle rouge
Par KRISTEN R. GHODSEE

Lorsque les Américains pensent au communisme en Europe de l’Est, ils imaginent des restrictions de voyage, des paysages sombres de béton gris, des hommes et des femmes misérables qui stationnent dans de longues files pour acheter devant des vitrines   vides et des services de sécurité en train d’espionner sur la vie privée des citoyens. Bien que cela soit vrai, notre stéréotype collectif de la vie communiste ne raconte pas toute l’histoire.

Certains pourraient se rappeler que les femmes du bloc de l’Est jouissaient de nombreux droits et privilèges inconnus dans les démocraties libérales à l’époque, y compris les investissements majeurs de l’État dans leur éducation et leur formation, leur incorporation intégrale dans la population active, des indemnités généreuses de congé de maternité et des garderies gratuites garanties. Mais il y a un avantage qui a reçu peu d’attention: les femmes sous le communisme ont eu plus de plaisir sexuel.

Une étude sociologique comparative des Allemands de l’Est et de l’Ouest menée après la réunification en 1990 a révélé que les femmes de l’Est avaient deux fois plus d’orgasmes que les femmes occidentales. Les chercheurs se sont émerveillés de cette disparité dans la satisfaction sexuelle , d’autant plus que les femmes d’Allemagne de l’Est souffraient du double fardeau notoire de l’emploi  et des tâches ménagères. En revanche, les femmes de l’Allemagne de l’Ouest de l’après-guerre étaient restées à la maison et jouissaient de tous les dispositifs d’économie de main-d’œuvre produits par l’économie capitaliste développée. Mais ils avaient moins de sexe et moins de sexe satisfaisant que les femmes qui devaient aller dans de longues files d’attente pour le papier toilette.

Comment expliquer cette facette de la vie derrière le rideau de fer?

prenons comme exemple, Ana Durcheva de Bulgarie, âgé de 65 ans que j’ai rencontrée pour la première fois en 2011. Ayant vécu ses 43 dernières années sous le communisme, elle se plaignait souvent que le nouveau marché libre entravait la capacité des Bulgares à développer des relations amoureuses et saines.

 « Bien sûr, certaines choses étaient mauvaises pendant ce temps, mais ma vie était pleine de romance », at-elle dit. « Après mon divorce, j’ai eu mon travail et mon salaire, et je n’avais pas besoin d’un homme pour me soutenir. Je pourrais faire ce que je voulais. « 
Mme Durcheva était une mère célibataire depuis de nombreuses années, mais elle a insisté sur le fait que sa vie avant 1989 soit plus gratifiante que l’existence stressante de sa fille, née à la fin des années 1970.

« Tout ce qu’elle fait, c’est travailler et travailler », m’a dit Mme Durcheva en 2013, « et quand elle rentre la nuit, elle est trop fatiguée pour être avec son mari. Mais ce n’est pas grave, car il est fatigué aussi. Ils s’assoient devant la télévision comme des zombies. Quand j’avais son âge, nous nous sommes beaucoup  plus amusés. « 

L’année dernière, à Jena, une ville universitaire de l’ancienne Allemagne de l’Est, j’ai parlé avec une jeune femme de 30 ans récemment mariée, Daniela Gruber. Sa mère née et élevée sous le système communiste exerçait une pression sur Mme Gruber pour qu’elle ait  un bébé.

« Elle ne comprend pas combien c’est plus difficile aujourd’hui, c’ était si facile pour les femmes avant que le mur ne tombe », m’a-t-elle dit en se référant au démantèlement du mur de Berlin en 1989. « Elles avaient des jardins d’enfants et des crèches, et elles pouvaient prendre un congé de maternité et conserver leur travail pour eux. Je travaille  contrat sur contrat et je n’ai pas le temps de tomber enceinte. « 

 Cette division générationnelle entre les filles et les mères qui ont atteint l’âge adulte autour  de 1989 soutient l’idée que les femmes ont eu des vies plus épanouies pendant l’ère communiste. Et elles devaient cette qualité de vie, en partie, au fait que ces régimes considéraient l’émancipation des femmes comme un élément central des sociétés «scientifiques socialistes» avancées, comme elles se voyaient elles-mêmes.

Bien que les États communistes de l’Europe de l’Est aient besoin du travail des femmes pour réaliser leurs programmes d’industrialisation rapide après la Seconde Guerre mondiale, August Rhein Bebel et Friedrich Engels au 19ème siècle ont batti  le fondement idéologique de l’égalité des femmes avec les hommes. Après la prise de contrôle bolchevique, Vladimir Lénine et Aleksandra Kollontai ont permis une révolution sexuelle dans les premières années de l’Union soviétique, avec Kollontai arguant que l’amour devrait être libéré des considérations économiques.

La Russie a étendu le suffrage complet aux femmes en 1917, trois ans avant les États-Unis. Les bolcheviks ont également libéralisé les lois sur le divorce, ont garanti les droits de reproduction et ont tenté de socialiser le travail domestique en investissant dans les laveries publiques et les cantines populaires. Les femmes ont été mobilisées dans la main-d’œuvre et sont devenues financièrement les égales des hommes.

 En Asie centrale dans les années 1920, les femmes russes se sont battues pour la libération des femmes musulmanes. Cette campagne menée par le  haut  s’est heurtée à une violente réaction des patriarches locaux qui ne voulaient pas voir leurs sœurs, leurs épouses et leurs filles libérées des entraves de la tradition.

Dans les années 1930, Joseph Stalin a renversé une grande partie des premiers progrès de l’Union soviétique dans les droits des femmes – interdisant l’avortement et la promotion de la famille nucléaire. Cependant, la pénurie de main-d’œuvre masculine aiguë qui a suivi la Seconde Guerre mondiale a incité d’autres gouvernements communistes à faire avancer de nombreux programmes d’émancipation des femmes, y compris des recherches parrainées par l’État sur les mystères de la sexualité féminine. La plupart des femmes d’Europe de l’Est ne pouvaient pas se rendre en Occident ou lire une presse gratuite, mais le socialisme scientifique a eu des avantages.

« Dès 1952, les sexologues tchécoslovaques ont commencé à faire des recherches sur l’orgasme féminin et, en 1961, ils ont tenu des conférences exclusivement consacrée au sujet », a déclaré Katerina Liskova, professeur à l’Université Masaryk en République tchèque. « Ils se sont concentrés sur l’importance de l’égalité entre les hommes et les femmes en tant que composante essentielle du plaisir féminin. Certains ont même soutenu que les hommes doivent partager les tâches ménagères et l’éducation des enfants, sinon il n’y aurait pas de bonnes relations sexuelles.

Agnieszka Koscianska, professeur agrégé d’anthropologie à l’Université de Varsovie, m’a dit que les sexologues polonais d’avant 1989 ne «limitaient pas le sexe aux expériences corporelles et soulignaient l’importance des contextes sociaux et culturels pour le plaisir sexuel». C’était la réponse du socialisme d’Etat À l’équilibre travail-vie personnelle: « Même la meilleure stimulation, ont-ils soutenu, ne contribuera pas à faire du plaisir si une femme est stressée ou surmenée, s’inquiétée de son avenir et de sa stabilité financière ».

 Dans tous les pays du Pacte de Varsovie, l’imposition d’une règle de parti unique a précipité une révision générale des lois concernant la famille. Les communistes ont investi des ressources importantes dans l’éducation et la formation des femmes et pour garantir leur emploi. Les comités de femmes dirigés par l’État ont cherché à rééduquer les garçons pour accepter les filles en tant que camarades complets, et ils ont tenté de convaincre leurs compatriotes que le chauvinisme masculin était un reste du passé pré-socialiste.

Bien que les disparités salariales entre les sexes et la ségrégation du travail persistaient, et bien que les communistes n’aient jamais réformé complètement le patriarcat domestique, les femmes communistes jouissaient d’un degré d’autosuffisance que peu de femmes occidentales auraient pu imaginer. Les femmes du bloc de l’Est n’avaient pas besoin de se marier ou vendre leur sexe pour de l’argent. L’État socialiste a répondu à ses besoins fondamentaux et des pays tels que la Bulgarie, la Pologne, la Hongrie, la Tchécoslovaquie et l’Allemagne de l’Est ont consacré des ressources supplémentaires pour soutenir les mères célibataires, divorcées et veuves. Avec les exceptions notées de la Roumanie, de l’Albanie et de l’Union soviétique de Staline, la plupart des pays d’Europe de l’Est ont garanti l’accès à l’éducation sexuelle et à l’avortement. Cela a réduit les coûts sociaux de la grossesse accidentelle et réduit les coûts d’opportunité de devenir mère.

 Certaines féministes libérales à l’Ouest reconnaissaient à contrecoeur ces réalisations mais critiquaient les réalisations du socialisme d’Etat parce qu’elles ne partaient pas des mouvements de femmes indépendants, mais représentaient une sorte d’émancipation  venue d’en haut. Beaucoup de féministes universitaires célèbrent aujourd’hui le choix mais embrassent aussi un relativisme culturel dicté par les impératifs de l’intersectionnalité. Tout programme politique venu du hazut qui cherche à imposer un ensemble de valeurs universaliste comme l’égalité des droits pour les femmes est vraiment hors de la mode.

Le résultat, malheureusement, a été que de nombreuses avancées de la libération des femmes dans les anciens pays du Pacte de Varsovie ont été perdues ou inversées. La fille adulte de Mme Durcheva et la jeune Mme Gruber ont maintenant du mal à résoudre les problèmes de vie professionnelle que les gouvernements communistes avaient déjà résolus pour leur mère.

« La République m’a donné ma liberté », me dit Mme Durcheva en me référant à la République populaire de Bulgarie. « La démocratie a retiré une partie de cette liberté ».

Quant à Mme Gruber, elle n’a aucune illusion sur les brutalités du communisme de l’Allemagne de l’Est; Elle souligne simplement que « les choses n’étaient pas beaucoup plus difficiles que maintenant ».

Parce qu’ils ont défendu l’égalité sexuelle – au travail, à la maison et dans la chambre – et étaient disposés à l’appliquer, les femmes communistes qui occupaient des postes dans l’appareil d’Etat pourraient être appelées des  impérialistes culturelles. Mais la libération qu’ielles ont imposée a transformé radicalement des millions de personnes à travers le monde, y compris celles de nombreuses femmes qui continuent à marcher parmi nous en tant que mères et grand-mères d’adultes dans les États membres maintenant démocratiques de l’Union européenne. L’insistance de ces camarades pour une intervention du gouvernement peut sembler lourde à notre sensibilité postmoderne, mais le changement social parfois nécessaire – qui vient bientôt être considéré comme l’ordre naturel des choses – nécessite une proclamation d’émancipation venue d’en haut.

Correction: le 14 août 2017

Une version antérieure de cet essai a misattribué la responsabilité d’adopter le suffrage féminin en Russie en 1917. Il a été réalisé sous le gouvernement provisoire en juillet et non par les bolcheviks qui n’ont pris le pouvoir qu’en novembre.