RSS

Archives de Catégorie: SOCIETE

Appel à soutien pour la libération immédiate de Maria, camarade de la Drôme abusivement incarcérée

Résultat de recherche d'images pour "gilets jaunes, gilets rouges..."

Cher·e camarade,

Comme tu le sais peut-être déjà, suite à un rassemblement le 8 décembre, une camarade de la Drôme, Maria Briand, ainsi que trois autres manifestants du plateau des Couleures ont été incarcérés et placés en détention préventive.

Tu trouveras ci-dessous une dépêche AFP et ci-joint un article du Dauphiné Libéré faisant suite à la conférence de presse initiée par Jean-Marc Durand, secrétaire départemental de la Drôme.

Les communistes du département sont, bien évidemment, toutes et tous très mobilisé·e·s pour s’élever contre ces décisions de justice abusives et pour exiger la libération de Maria et des trois autres détenus.

Localement, un rassemblement devant la préfecture est organisé pour ce mercredi après-midi.

A distance, nous pouvons aussi agir et je t’invite donc à relayer un appel en soutien à la libération immédiate de Maria,  à transmettre à la préfecture de la Drôme prefecture@drome.gouv.fr et au Tribunal de Valence tgi-valence@justice.fr

Sachant pouvoir compter sur l’expression de ta solidarité,

Bien fraternellement,

Yann Henzel
———————————————–

Le PCF a dénoncé mardi dans la Drôme le placement en détention d’une de ses militantes suspectée d’avoir agressé le directeur départemental de la police alors qu’il intervenait samedi sur un blocage de gilets jaunes.

L’agression du responsable policier a eu lieu samedi à la mi-journée dans une zone commerciale bloquée au nord de Valence. « Ordre a été donné de dégager les ronds-points et après les sommations, des gilets jaunes ont commencé à s’équiper pour l’affrontement », raconte une source policière.

Après des échanges de projectiles, le DDSP présent sur l’opération, en civil « mais avec un brassard de policier, comme son chauffeur », a ceinturé l’un des manifestants qui prenait la fuite et « une dizaine de gilets jaunes lui sont alors tombés dessus, des coups de pied et des coups de poing le faisant chuter au sol », ajoute cette source, précisant que la scène a été filmée par des caméras de vidéosurveillance.

Deux suspects ont été arrêtés dans un premier temps, puis deux autres – dont la militante – lors d’une marche pour le climat organisée dans la ville, à laquelle se sont mêlés des gilets jaunes. Ces trois hommes et une femme ont été déférés lundi au parquet de Valence en vue d’une comparution immédiate, finalement repoussée au 26 décembre. Dans l’attente de leur jugement pour des faits de violences volontaires, tous les quatre ont été placés en détention.

« Nous n’avons pas l’habitude de laisser incarcérer nos militants, d’autant plus que d’après les éléments en notre possession, les faits qui lui sont reprochés sont loin d’être avérés », a déclaré mardi le secrétaire départemental du PCF Jean-Marc Durand dans une vidéo diffusée par le quotidien Le Dauphiné Libéré. « Elle se défend d’avoir eu quelque acte violent vis-à-vis de quiconque, notamment le DDSP (…) Il nous semble que cette opération relève un petit peu du coup monté », a-t-il ajouté en réclamant sa libération.

La police, de son côté, affirme que ce n’est pas une arrestation « arbitraire ». « Elle a été formellement vue en train de porter des coups », insiste-t-on.

ppy/or

Yann HENZEL
Parti communiste français
Présidence du Conseil national

L’appel de la fédération de la Drôme qui apporte quelques précisions :
….. »Maria est une jeune adhérente et militante du Pcf de la Drôme. Elle vit à Die où elle exerce une profession de boulangère. Samedi 8 elle s’est retrouvée avec de nombreux autres militants et gilets jaunes sur le rond-point du plateau des Couleures à l’entrée Nord de Valence où est installée une vaste zone commerciale. Avec des camarades elle participait à un barrage filtrant. Cela a visiblement déplu au Préfet. Ordre a été donné aux forces de police de charger en fin de matinée pour faire sauter le barrage. Et c’est avec une grande violence que cette intervention a eu lieu occasionnant deux blessés parmi les manifestants conduits dans un mauvais état pour un d’entre eux au moins, à l’hôpital. Face à cette situation les manifestants ont opéré un repli vers les magasins de la zone commerciale, levant donc en totalité le barrage. Et c’est à cet instant que les forces de l’ordre ont redoublé de violence poursuivant les manifestants jusqu’aux magasins, une grande surface ayant d’ailleurs ouvert ses portes pour accueillir les manifestants pris entre les coups de matraques et les bombes lacrymogènes. En même temps des policiers en civil s’en prenaient physiquement à un petit groupe de manifestants. Maria fut une de leur cible. Elle s’est défendue et a ensuite quitté les lieux.

Ce n’est que vers 16 heures alors qu’elle était au centre-ville de Valence que 4 policiers sont venus l’interpeller sans ménagement et l’ont conduite au poste où elle fut placée en garde à vue, trois autres manifestants du matin ayant subi le même sort.

Comparaissant ce lundi à 14 heures devant le tribunal de Valence, le procureur malgré de réelles difficultés à caractériser et à prouver les faits reprochés à Maria, demanda et obtint que celle-ci soit condamnée à de la détention provisoire aux motifs qu’elle pouvait récidiver et qu’elle n’offrait pas les garanties suffisantes alors qu’elle réside depuis plusieurs années à Die, lieu qu’elle n’envisage pas de quitter sine die y exerçant en tant que boulangère connue et reconnue de tous. En fait tout cela n’est que prétexte et arguments fallacieux pour justifier un coup monté sur fond de violence organisée. Il faut préciser que Maria n’a jamais eu maille à partir avec la justice jusqu’à ce jour. Elle nie tout acte violent de sa part qui plus est, ayant mis en cause l’intégrité physique du Directeur Départemental de la Police et de son chauffeur. A cet instant elle n’apparait d’ailleurs pas sur les vidéos utilisées comme éléments de preuve. Les ordres venus de plus haut étaient-ils si pressants pour qu’un procureur de la République se livre à un tel numéro ?

Pour le Parti communiste de la Drôme, comme pour tout le parti communiste cette situation est intolérable et inadmissible. Maria n’a rien cassé, n’a pas été trouvée en possession d’un quelconque objet ayant pu présenter un caractère de dangerosité pour les policiers, ne s’est livrée à aucune agression physique contre le Directeur de la police et son chauffeur. La seule chose qu’elle a faite c’est de tenter d’échapper à la souricière tendue. Preuve que la justice était très sure d’elle, il nous a été interdit d’assister à l’audience sur ordre du procureur alors que cette audience était une audience publique, d’autres dossiers y étant traités. Enfin, cerise sur le gâteau de la provocation, M. Le procureur convoque à nouveau Maria et les trois autres manifestants incarcérés devant le tribunal le mercredi 26 à 14 heures… Pour toutes ces raisons Maria doit être libérée immédiatement. Nous ne lâcherons pas ! Toutes et tous devant la préfecture de Valence pour la libération de nos quatre camarades ».
Fédération du Pcf Drôme.

Publicités
 

Le luxe d’une autre politique, de croire à ce que l’on dit et à ce que l’on fait… putain que c’est dur…

L’image contient peut-être : plein air

Cette magnifique photo de Willy Ronis. je me souviens encore de ce jour où il est venu au Colonel Fabien, pour proposer au parti d’hériter de son fonds de photos, le parti était la seule institution dans laquelle il avait confiance comme tant d’artistes, tant de poètes, parce que ce parti était celui de la classe ouvrière et aussi parce que Willy était juif, comme Francis Lemarque, Le Chanois et tant d’autres dont le nom ne le disait pas… Un petit prolétaire juif, d’une famille récemment immigrée, et il n’y avait eu en ce temps de la bataille du rail que les communistes, la classe ouvrière, la seule qui n’ait jamais trahi reconnaissait Mauriac… .

A ce titre j’ai eu la chance de rencontrer ce très grand photographe à plusieurs reprises et le voir travailler à Messine en Sicile. Les communistes à Stalingrad m’ont donné la vie, comme à Willy Ronis, mais il m’ont donné tout au long de cette vie la possibilité de combats justes aux côtés d’individus respectables, les meilleurs… Je ne cesse de payer cette dette même si parfois je me demande ce que je fiche là…

Sa photo dit ma ville dans l’épaisseur de la brume et les oiseaux de mauvaise augure…

Cette ville de la misère et de la révolte sans cesse étouffée par les « combinaisons » politiciennes.

A l’image de ce détournement de sens, ce viol de la souffrance humaine qui s’est passé à l’Assemblée nationale hier. Non je refuse de participer à cela… Au nom des morts comme en respect de tous mes engagements.

Oui je me sens solidaire de ceux qui souffrent, des huit morts enterrés sous les ruines d’immeubles insalubres, 60% de logements de luxe inoccupés, et 40% d’un habitat dans cet état dans lequel s’entassent les misérables, et dont l’on découvre que les notables de la municipalité, la bourgeoisie marseillaise en possèdent une bonne partie. On se croirait revenu à ce temps où la peste s’était répandue sur Marseille parce que les échevins de l’époque n’avaient pas voulu laisser un navire en quarantaine au Frioul, parce que la charge de tissu devait être vendue dans une foire proche. Il ne fallait pas en rater les profits escomptés. Ce furent des centaines de milliers de morts, les galériens à qui on avait promis la liberté les évacuaient, la plupart en moururent…

La bourgeoisie marseillaise n’a pas changé, de pauvres petites gens en sont morts sous les gravats sans qu’il y ait la moindre inculpation. Il y a de la colère dans la ville, mais elle ne soulève pas assez les véritables victimes, les pauvres en état d’assistanat qui ont peur de tout perdre s’ils bougent, s’ils sortent du clientélisme qui pourrit cette ville.

Il y a eu au marché de Noël de Strasbourg des morts, des gens qui tentaient de croire que l’esprit de Noël c’était ces lumières et les achats, une petite part de bonheur à date fixe comme on cesse de nous le répéter, le temps du meilleur chiffre d’affaire et ceux qui le 15 du mois n’ont plus rien à manger devraient le respecter…

Pauvres gens qui n’avaient rien demandé, que l’on a aussitôt utilisés pour monter une partie du prolétariat contre les assistés trop silencieux des cités, ce prolétariat qui depuis le 17 novembre découvre le collectif et a tant de mal à lui donner forme mais qui a créé dans le cœur de chacun l’idée que tout cela était faux archifaux, la prise de conscience qui avance à toute vitesse. Il faut retrouver le collectif, se battre les uns pour les autres, l’argent existe, il faut le prendre où il est et ce pouvoir ne le fera jamais… la montée vers une maturité de classe des gilets jaunes, au moment où la CGT qui en a fini avec les élections rentre dans la danse, au moment où le discours présidentiel a fait un bide.

Non il n’est pas nécessaire de donner dans le complot et d’imaginer que ce pouvoir est à l’origine du crime, ça c’est encore leur mode de pensée, celui de leur droite extrême. penser ainsi c’est encore se soumettre à ce qu’ils sont, à leur conception du pouvoir, il y a mieux à faire… il suffit d’en mesurer le profit, la manière dont l’idéologie dominante étant celle de la classe dominante ils essaient de nous faire tous devenir les sujets respectueux de leur pouvoir immonde. Le complot n’existe pas, il suffit bien qu’ils soient ce qu’ils sont et qu’ils nous fassent nous prosterner devant leur légitimité qu’ils osent dire républicaine… Comme les échevins criminels de la peste qui a ravagé ma ville, ils auront leur nom célébré : rue chevalier Roze, rue Estelle, et les pauvres morts, les galériens n’auront que l’anonymat… les échevins se sont repentis et ils ont fait la charité… c’est bien suffisant pour qu’on les loue, que leur nom soit à jamais encensé…

Nous en sommes toujours là…

Tout cela a donné lieu à l’assemblée nationale à d’indécents discours sur la république… Je le dis comme je le pense j’ai eu envie de vomir quand j’ai écouté le dialogue entre le premier ministre et Mélenchon, cette entente, ce music hall des âmes nobles… Mélenchon que je n’ai jamais insulté, mais à qui j’ai trouvé là une sale gueule, se levant après l’intervention d’Édouard Philippe. La complicité au sein de la bourgeoisie, c’est à l’assemblée que tout se règle et donc dans les urnes, pas dans les rues… Pouvait-on être plus clair. Les communistes qui avaient initié la demande de censure pour aussitôt s’en faire voler le mérite par cette outre remplie de vent et par les socialistes, ont eu la décence d’en demander le report.

Qui croît aux larmes de ces gens là, qui éprouve autre chose que du mépris face à tous ceux qui sur les plateaux de télé viennent en leur soutien? quand je pense que ces abominables hypocrites nous répétent que la france est en train de se perdre de réputation, alors que partout en Europe et dans le monde la France est redevenue « cet air de liberté qui donnait aux peuples le vertige ».

Avoir la force alors que la nausée vous prend devant ces gens-là de dire et répéter qu’il faut qu’on soit très nombreux à la manifestation du 13, durant ce week-end, diffuser la proposition de loi de Fabien Roussel : « Le groupe PCF à l’Assemblée nationale va déposer une proposition de loi visant à prélever à la source les bénéfices des multinationales afin qu’elles n’échappent pas au fisc en France, a annoncé dimanche le député communiste du Nord Fabien Roussel. » Parce qu’il n’y a rien d’autre à faire que de mener ces combats là…

Être communiste a été le luxe de ma vie, celui de ne jamais oublier la souffrance des petits, des sans voix, de ceux qui ont le courage de dire NON comme ceux qui se taisent écrasés par l’injustice. Non je ne participe d’aucun consensus. Les communistes je les ai rencontrés, parfois j’en côtoie encore, je suis encore au parti parce que c’est là où il y a le moins de fascistes et parce que le peu que je pourrais faire vaut mieux que telle une petite bourgeoise je me drape dans l’excellence de mes aspirations à un idéal impossible; mais putain que c’est dur…

Danielle Bleitrach

 
2 Commentaires

Publié par le décembre 13, 2018 dans Marseille, mon journal, POLITIQUE

 

L’Humanité : Élysée. Macron veut faire payer la collectivité à la place du CAC 40

cela fait plaisir de pouvoir relayer de plus en plus d’articles de l’humanité… (note de danielle Bleitrachà

Mardi, 11 Décembre, 2018

service politique de l’Humanité

Sortant d’un long silence, le chef de l’État s’est adressé au
pays pour tenter d’éteindre la colère sociale révélée par le
mouvement des gilets jaunes. En réussissant le tour de
force de
ne mettre à contribution ni les riches, ni le patronat.

C’était le discours de la Saint-Sylvestre avant l’heure.
Emmanuel Macron, dans son allocution à la nation hier soir,
pour
reprendre la main dans la crise des gilets jaunes, a voulu se
re-présidentialiser, lui qui est si malmené, subissant la
litanie
des « Macron démission » dans les cortèges et barrages qui
émaillent le pays depuis bientôt un mois. Il s’est d’abord
appesanti sur les violences dans le pays, qu’il veut
distinguer de
la colère profonde du pays. « Quand la violence se déchaîne,
la
liberté cesse », assène l’ex-étudiant en philosophie. Cette
colère profonde, il la ressent « comme juste à bien des égards
».
Il dit avoir pris conscience qu’il lui est « arrivé de blesser
»
certains par ses propos. Un mea culpa qui arrive après quatre
samedis de mobilisation tonitruante. Encore qu’Emmanuel Macron
n’assume-t-il pas tout à fait son action, en exprimant que
leur
détresse, à ces Français, « ne date pas d’hier ». En clair,
c’est la faute de ses prédécesseurs.

Pas à la hauteur des attentes

Un « tournant social » du quinquennat ? Pas en mettant le
patronat
à contribution, en tout cas. Car les mesures annoncées
écartent
soigneusement toute contribution directe des entreprises. «
C’est
d’abord l’état d’urgence économique et social que je veux
décréter aujourd’hui. » En annonçant que le salaire des
travailleurs au Smic augmenterait de « 100 euros par mois dès
2019
», il est loin de se montrer à la hauteur des attentes
formulées
sur les ronds-points. Emmanuel Macron ne compte en effet pas
donner
de coup de pouce au Smic comme espéré, mais augmenter la prime
d’activité, une aide sociale qui n’alourdira pas la facture
pour
les employeurs. C’est un premier cadeau aux riches, sur le
compte
de la communauté nationale. Une annonce doublée par la
possibilité
pour les entreprises de faire effectuer des « heures
supplémentaires
sans impôts ni charges dès 2019 ». Quant à la « prime de Noël
»
à laquelle postulent tant de gilets jaunes – et les Français
qui
les soutiennent –, le chef de l’État et ses amis du CAC 40
s’en
tirent à très bon compte : Emmanuel Macron demande « à tous
les
employeurs qui le peuvent » de donner à leurs salariés « une
prime de 1 000 euros sans charges ». Trois mesures, une
seule
recette : faire appel à la collectivité tout en épargnant le
capital.

Emmanuel Macron, qui a sermonné les ministres qui voulaient
revenir
sur la suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune
(ISF),
s’est montré hier soir intraitable sur cette question. Ce
cadeau
livré sans contrepartie aux riches, quand d’autres sont soumis
à
des efforts très difficiles, n’a pas été remis en cause. « Je
sais que certains voudraient que je revienne sur la réforme de
l’ISF
», déclare-t-il. Mais il s’y refuse, en s’interrogeant
faussement : « Pendant près de quarante ans, il a existé.
Vivions-nous mieux ? » « Les plus riches partaient et notre
pays
s’affaiblissait », se répond-il à lui-même, malgré les études
prouvant l’inverse. « Revenir en arrière nous affaiblirait »,
insiste-t-il. « Cet impôt a été supprimé pour ceux qui
investissent dans notre économie et donc aident à créer des
emplois », argumente-t-il. Sauf que c’est faux. Il a été
supprimé sans que rien n’oblige ses amis riches à investir
dans
l’économie…

Le président de la République, acculé comme jamais, a consenti
quelques gestes. En 2019, la hausse de la CSG subie en 2018
sur les
retraités touchant moins de 2 000 euros de pension mensuelle
sera
annulée. Cette mesure qui frappe des retraités très modestes,
et
que le président de la République n’avait pas hésité à vanter
sur le terrain lors de dialogues avec des retraités filmés par
les
caméras, a largement participé à son impopularité. « L’effort
qui leur a été demandé était trop important, et il n’était pas
juste », mesure aujourd’hui le chef de l’État, qui souhaite
réformer profondément notre système de retraite en 2019.

Les maires appelés à la rescousse

Le discours brille par de grands absents : pas de hausse des
APL
comme demandé par le secteur HLM, pas de remise en cause du
coûteux
Cice, que les entreprises toucheront deux fois cette année en
raison
du mécanisme retenu pour le pérenniser.

Il n’a pas échappé au président de la République que les
institutions sont aussi contestées. «Ma légitimité, je ne la
tire
que de vous », a-t-il affirmé. C’est oublier bien vite que son
élection n’est que le résultat d’une Ve République qui pourrit
sur pied. Alors Emmanuel Macron a dit vouloir faire un geste,
avec la
« prise en compte du vote blanc ». Il souhaite aussi pouvoir
« prendre le pouls vivant de notre pays, partout sur le
terrain ».
Les maires, qu’il a si souvent humiliés, sont rappelé à la
rescousse, car ils « portent la République sur le terrain ». À
voir. Celui qui voulait concentrer encore plus de pouvoirs à
l’Élysée en étouffant l’Assemblée nationale avec son projet
de réforme institutionnelle dit maintenant vouloir travailler
à un
« nouveau contrat avec la nation ».

D’un coup, sans transition, en fin de discours, Macron s’est
mis
à agiter les mêmes peurs que l’extrême droite. « Il faudra que
nous abordions la question de l’immigration. Il nous faut
l’affronter. » Affronter quoi ? La question ou l’immigration ?
Mystère. Surtout après avoir déjà fait voter la loi
immigration
la plus répressive de l’histoire de la Ve République cette
année.
Le chef de l’État se sent si requinqué à l’issue de cette
allocution que la campagne pour les européennes reprend ses
droits :
alors que le thème ne figure pas en tête de liste des
revendications des gilets jaunes, Emmanuel Macron l’introduit.
La
captation de l’héritage des gilets jaunes a déjà commencé.

Grégory Marin, Aurélien Soucheyre et Lionel Venturini



		
 

Quel parti communiste pour être en phase avec le mouvement ?

L’image contient peut-être : 1 personne, texte

Quand Fabien Roussel prend la parole dans les médias, chacun des communistes se sent représenté et s’en réjouit. Tous les communistes y compris ceux qui ont pourri le Congrès avec leur combat d’arrière garde, leurs manoeuvres pour écrémer les directions locales , le conseil national et décourager l’engagement. Pourquoi il ne passe pas plus souvent protestent-ils ?

Réponse 1 : Nous n’avons rien à attendre des médias, la ligne que développe aujourd’hui le PCF va a contrario de celles que leurs patrons capitalistes défendent heure après heure, nous devons compter sur nous mêmes.. Avec nous, c’est tout le monde du travail que l’on prétend comme l’a fait Macron remettre à sa place, celle de ceux qui n’ont pas la parole et qui sèment le « désordre » face à leur « ordre »…

Réponse 2, compter sur nous mêmes qu’est-ce que cela veut dire?

D’abord avancer sur la voie de notre  Congrès exttaordinaire… Parce que le Manifeste, dont est issue notre nouvelle direction a précédé et était en conformité avec ce qui s’est déclenché en France peu après. Mouvement, cahiers de doléances , nul besoin d’une tendance organisé, cela partait de la base en général comme un feu de broussaille.    Mais l’ancien était prêt à couper en deux le grouûscule qu’était devenu le parti, il s’est accroché et parfois comme chez moi l’a emporté,  le nouveau a tout juste été capable d’entrouvrir la porte. Il faut tirer la leçon de ce que nous vivons pour aller de l’avant. pour parachever cette démarche essentielle qui est simplement orientée vers la défense du monde du travail en priorité.

Bien mesurer la réalité de ce qui se passe dans ce monde du travail, cela fait des années que les combats de classe se multiplient contre la politique du grand capital, code du travail, SNCF, hôpitaux… une combativité qui a du mal à abattre le mur d’argent… Mais voici que sous la pression de l’impossibilité à vivre a surgi une jacquerie…  le mouvement dit des gilets jaunes, ils redécouvrent le collectif, l’appartenance de classe, cela va vite, très vite… le caractère hétéroclite des options idéologiques et politiques, le fatras qui sert de prétexte à certains communistes pour refuser de s’y mêler est celui de tout mouvement à potentialité insurrectionnelle, tout rassemblement de révolte, il est en quelque sorte le miroir dela combativité par temps de division et de destruction de la classe, devenus les « exclus »…

. la frilosité des communistes à le mesurer  fait partie de l’ancien, de ce qui les a affaibli, de leur incapacité à mesurer leur force.

A propos des gilets jaunes, Il va y avoir un test avec le discours de macron, s’y laisseront-ils prendre? Déjà chacun est là pour les inviter à aller dans son sens, pour affaiblir,  le « Rassemblement National » propose son racisme, sa haine des migrants, la France insoumise les jette dans des procédures institutionnelles qui devraient aboutir à élire le tribun…

Fabien Roussel part de ce que ce mouvement hétéroclite a en commun,  leur dimension de classe… .Ce qu’ils ont en commun c’est la conscience qu’il faut TOUT remettre à plat, que leurs revendications sont liées et que le fait que l’on a pas parlé des handicapés, des jeunes, des bas salaires, de tous est déjà une limite, comme le fait que l’ordre demeure celui de macron et qu’il est contre eux. Mais il y a plus encore, ils sont réalistes, ils savent que l’argent doit être pris quelque part et le refus du rétablissement de l’iSF est le symbole de ce qui ne change pas… ce qu’on leur donne d’une main on le reprend de l’autre et pire encore… Ils ont déjà la conscience du temps, près de vingt ans que ça dure….

Tiens comme l’affaiblissement du PCF… l’affaiblissement et la division de leur classe et leur méfiance face au pouvoir politique, à l’organisation, à la représentation qui les protège autant qu’elle les soumet. Fabien Roussel part de là…

L’enjeu est lde partir de à, seul le parti peut agir ainsi, mais quel parti, qui sera entendu? Quelle maturité, quelle compréhension de la situation réelle, de ce qui est l’obstacle à abattre… Il est clair qu’il nous manque un Lénine… .

Cela n’a l’air de rien, mais c’est aussi ce à quoi nous nous heurtons aujourd’hui et qui nous empêche de voir nos atouts rééls et ce qu’il faudrait faire.

Nous communistes, ne nous contentons pas de protester de la rareté de Fabien Roussel dans les médias ou alors allons y en manifestant., envoyons des milliers de lettres, ça s’organise… . N’oublions pas  notre atout principal, nous sommes le seul parti à avoir autant de militants, proches du terrain, à quoi servent-ils? peuvent-ils se contenter ce qui n’est pas si mal de distribuer des tracts justes sur les places ? Non, nous aurions du nous  mêler aux manifestations des gilets jaunes, comme celle de samedi dernier à Marseille qui regroupait les défenseurs du climat et les gilets jaunes. Ces derniers n’étaient pas dans leur majorité des gens jeunes, mais des prolos, des petites gens avec qui la discussion aurait été fructueuse. je le sais par expérience. Mais les communistes craignent de plus être écoutés, on les a incité à s’adapter… A quoi? On leur a raconté que la classe ouvrière n’existait plus, qu’il n’y avait plus que du sociétal et que la question sociale était hors sujet, cela est aussi ce qui les bloque, ce qui les empêche d’agir. on leur a raconté que partout le socialisme mené par des communistes était un échec… Ils sont pétrifiés.

Les communistes des Bouches du rhône n’ont que trop interiorisé leurs incapacités, ils se sentent vieux et ils se réjouissent de défiler avec les jeunes étudiants, spécialistes du socio-culturel en déshérence, c’est le renouveau et ce faisant ils se tiennent soigneusement éloignés de leurs alter-égo que sont les gilets jaunes. Lieu de rassemblement éloigné, départ différé et leur manifestation contre ce qui s’est passé à marseille, au départ juste est incapable de rallier tous les mal logés de la ville, tout au plus le public underground du cours julien, celui que sollicite un Ruffin.

Le parti de la classe ouvrière est le véritable défenseur de cette petite bourgeoisie, de ces couches moyennes qui on le voit bien avec la déclaration de Macron sont en fait condamné à payer jusqu’au déclassement pour elles et leurs enfants, tout ce que le président des riches concède au plus pauvres pour dépouiller tout le monde et engraisser le capital. mais pour cela il faut être’ conscient du rôle de classe, le seul capable de rassembler large et de ne pas laisser les couches moyennes enragées au fascisme..

ce n’est pas un hasard, ceux qui mènent la danse sont des refondateurs, qui ne pensent qu’aux élections municipales et sont en train de les perdre, de réduire un peu plus leur impact dans un ville rongée par la misère et l’abstention. des gens qui pensent que la classe ouvrière n’existe plus et que la seule chose à lui proposer est l’aumone de Friot pour avoir l’air moderne. Le recentrage sur le monde du travail est totalement ignoré et ce qui fait pourtant la force réelle du parti réduit à néant. Et la dirigeante  qu’ils ont mis à la tête de la formation dans les Bouches du rhône appartient à ce courant, c’est dire ce qu’on peut en attendre si quelque nouvel adhérent tombe dans ses filets. une force d’inertie de plus dans un département rongé par la misère, où la CGT est une des plus forte de france et où une classe ouvrière attend un parti capable d’unifier ses luttes. Quel paradoxe!

Tout cela pèse sur les organisations de classe telles qu’elles sont, épuisées de devoir tirer, encline depuis tant d’années au compromis, tout est fait pour contraindre à rentrer à la niche, à négocier aux côtés des autres.Parce que ce que pose ce mouvement c’est bien le rôle réel d’un parti communiste et ce n’est certainement pas celui que les dirigeants communistes de mon département  ont dans la tête et qui commande leur action. faute d’avoir mené le congrès jusqu’au bout,  Ils sont à la remorque d’une petite bourgeoisie agitée et pour le reste sont satisfaits quand ils ont organisé le loto et le repas des vétérans dans une salle municipale; Ils ne pensent qu’aux élections municipales et pourtant depuis qu’ils mènent cette politique, il y a de moins en moins d’élus communistes.

le Congrès a vu cette droite du parti  dénoncer avec conviction la notion d’avant garde comme étrangère au rassemblement. le refus du parti guide, identifié au « stalinisme » et au « totalitarisme » soviétique, leur idéologie de base a créé une incapacité à penser le rôle du parti dans un tel mouvement.

Il va y avoir trois jours de lutte de la CGT départementale forte de ses bons résultats… Nous devons tous nous y impliquer… Il est possible de balayer tout le système corrompu et clientéliste qui règne sur la ville, mais c’est le monde du travail qui le fera, Marseille propre comme après un coup de minstral…

Est-ce que les gilets jaunes y verront une opportunité, ils ont été capables de venir la semaine dernière avec les défenseurs du climat, seront-ils là, le dialogue aura-t-il lieu? Je l’espère. Sinon ne vous étonnez pas si les troupes de Soral et Dieudonné s’occupent d’eux, si un chouard est leur prophète, bref si tout cela tombe aux élections dans l’escarcelle de l’extrême-droite y compris aux européennes, élections  qui semblent faites exprès pour un tel débouché, à la fois à cause de l’abstention et surtout parce que l’Europe nous conduit à ce dévoiement, il est inscrit dans sa crise globale, dans le renforcement de l’OTAN, dans tout ce que le parti communiste doit combattre. . .Là encore il faut poursuivre les réflexions du congrès… arrêter de « visser les boulons »…

Ce que représente fabien Roussel et que tout le monde se réjouit de voir dans les médias c’est une autre conception du parti à laquelle il faudrait laisser les  chance d’exister. Alors qu’il y aurait eu avec le congrès la possibilité d’avoir des militants prêts à mener un combat qui aille dans ce sens là.

danielle Bleitrach

 

Après les heurts de samedi, Jean-Claude Gaudin annule le conseil municipal de lundi

 Les collectifs d’habitant.es, associations et syndicats avaient appelés tous les quartiers de Marseille à un grand rassemblement pour le logement et une ville pour tou.tes ses habitant.es face au conseil municipal, nul doute que la crainte de cette manifestation ait joué un rôle, mais il faut voir que le maire Marseille que tout le monde lâche dans sa majorité dans son parti, prend prétextes de quelques échaufourrées pour refuser de voir la réalité d’un pouvoir municipal en train d’être contesté de toutes parts. Le coups le plus rude à ce système clientéliste et corrompu a sans doute été porté par la fin de la majorité absolue’ du syndicat FO chez les employés municipaux.  Tout le monde commence à avoir peur des révélations derrière l’écroulement du patrimoine immobilier et des alliances  derrière l’immobilisme et les passe-droits, chacun à son niveau devant quelque chose à celui dont ses proches disent qu’il a fait un mandat de trop, en espérant pouvcoir conserver le système en transformant le maire en bouc émissaire… mais celui-ci a décidé sans doute d’aller jusqu’au bout, ce qui promet une ambiance bien nauséabonde.(note de danielle Bleitrach)
Jean-Marie Leforestier
9 Déc 2018 0

Le conseil municipal de ce lundi était un rendez-vous très attendu, un peu plus d’un mois après le drame de la rue d’Aubagne qui a mis Jean-Claude Gaudin sur la sellette. Il n’aura finalement pas lieu. Le maire de Marseille l’annonce ce dimanche alors que de nouveaux heurts se sont déroulés à Marseille et dans le pays en marge des manifestations des gilets jaunes.

“La tension que connaît notre pays actuellement nous impose la décence et la prudence nécessaires, pour ne pas aggraver encore cette situation. […] Il est de notre responsabilité d’élus de la République de contribuer, au contraire, à l’apaisement et de permettre à la vie municipale de se dérouler dans des conditions démocratiques normales”, estime dans un communiqué Jean-Claude Gaudin. Il prévoit de reconvoquer le conseil municipal avant la fin de l’année.

 
1 commentaire

Publié par le décembre 9, 2018 dans Marseille

 

Je vous avais promis un bilan sur le PCF à Marseille, en voici quelques données

 

Cette amorce de bilan tient à l’observation du fonctionnement du PCF par rapport à divers événements que sont les bons résultats de la CGT aux élections, la participation du parti communiste au diverses manifestations qui ont eu lieu à Marseille autant que les débuts de la mise en mouvement du parti. Nous sommes dans une période où la lutte des classes s’intensifie et où l’urgence d’un parti en phase avec le monde du travail, un parti révolutionnaire c’est-à-dire qui vise à la fin de la domination d’une classe qui a fait son temps, est nécessaire. Un parti qui s’appuie sur le rôle révolutionnaire de ceux qui sont exploités et qui ont toujours représenté le mouvement de l’histoire, un parti  qui en marque l’autonomie y compris par rapport à la petite bourgeoisie dont le discours tend à devenir de plus en plus hargneux à défaut d’être révolutionnaire. Dans une telle période  que se passe-t-il dans ce haut lieu de la lutte des classes que sont les bouches du rhône et cette ville prolétarienne qu’est Marseille?

Je mets ces quelques remarques sous le haut parrainage de Karl Marx qui considérait que nous étions une nation d’émeutiers, incapables de mesurer les conséquences politiques et idéologiques d’une situation mais qui nous donnait en exemple aux Allemands à cause du refus du prolétariat français de se mettre sous la direction de la bourgeoisie, petite ou grande. Nous avons les défauts de nos qualités et les capacités de rébellion de notre peuple sont grandes, notre égalitarisme irréductible. Le mouvement français dit des « gilets jaunes » mais qui ne se limite pas à ce mouvement et qui secoue notre pays depuis pas mal de temps est très suivi en Europe et partout dans le monde. Le renouveau du PCF est également apprécié.

D’abord qu’il soit  affirmé hautement que je me réjouis des changements qu’a apporté le Congrès aux orientations du PCF, comme je me réjouis des interventions -entre autres- de Fabien Roussel et de Ian Brossat dans les médias, enfin des gens qui ont l’air convaincus de ce qu’ils disent et qui recentrent le discours du parti sur l’essentiel, loin de la politique politicienne. Voilà des gens fiers d’être communistes et qui le revendiquent au lieu de périodiquement nous inviter à changer de nom. Je partage également le souci qu’a eu cette nouvelle direction de ne pas diviser le parti. Comme bien sûr je partage leur volonté de non effacement du parti, de leur capacité à marquer l’autonomie pour mieux inviter tous ceux qui le veulent à frapper ensemble contre les adversaires du monde du travail.

Qu’en est-il pour Marseille, même si le congrès y a été mené dans des mœurs de spadassins visant à donner la majorité à Pierre Laurent et aux refondateurs et à nier de fait tout espace de direction aux militants du manifeste, le parti dans sa masse a cru au discours sur l’unité et se conduit aujourd’hui comme tel. Disons qu’à la base, les communistes se sont mis à distribuer des tracts et qu’ils apprécient à la fois que le parti n’ait pas été divisé et la combativité de la nouvelle direction nationale. Le légitimisme marseillais crée des conditions favorables et le dévouement des militants existe. Les tracts qui sont distribués sont bons qu’il s’agisse des propositions du candidat Ian Brossat ou de ceux sur le pouvoir d’achat. Il n’y a aucune autre force qui bénéficie de cette capacité obstinée d’être présents partout et quel que soit son état de faiblesse le PCF demeure sans équivalent en capacité militante. Tout cela n’a fait que renforcer ma conviction que si l’on veut éviter une situation à l’italienne, il n’y a pas d’autre issue que d’œuvrer dans le sens de la transformation du parti avec tous les militants.

Mais car il y a un mais,  je pense que nous avons hérité de la préparation du Congrès de situation inégales suivant les départements. Dans les bouches du Rhône, nous avons une combativité prolétarienne et du monde du travail indéniable et une direction fédérale qui est incapable de profiter de toutes ces opportunités, c’est du moins mon diagnostic. Elle va perdre beaucoup de temps alors qu’il y a urgence dans la survie, il y a un certain ébranlement lié à ce potentiel mais il manque de prendre la mesure politique de l’urgence, en particulier celle de renouer avec le monde du travail, l’entreprise mais aussi ce qui s’est désagrégé avec la transformation du port et d’autres centres industriels. Il est bon que les communistes soient là, prêts à distribuer des tracts, voire à coller des affiches, mais il faudrait un véritable effort pour qu’ils s’approprient une stratégie, y participent, tous les communistes cela signifie que l’action et le débat se poursuive avec la conscience du but recherché. Nous en sommes loin.

Je redis que quand je parle de la direction locale du PCF je parle de la fédération des Bouches du Rhône, et en particulier de Marseille et pas de la direction nationale que je soutiens pleinement.

D’abord cette direction fédérale est incapable de mesurer l’état réel du parti et le fait que les communistes ont littéralement disparu des références de l’immense majorité du prolétariat tel qu’il existe aujourd’hui à Marseille et dans notre département. Le communisme est une idée que la plupart des moins de 20 ans ne peuvent pas connaître sauf s’ils ont des grands-parents communistes. Ce n’est pas plus mal parce que ceux qui se souviennent de leurs cours d’histoire en gardent l’idée que nazisme et communisme c’est la même chose.

Nous avons eu depuis Robert Hue des gens qui loin de combattre ces idées les ont entretenues y compris chez les militants, ont adopté au plan international des visions social-démocrates et qui ont renié successivement Cuba, l’ex-URSS et maintenant la Chine, identifiés à l’impérialisme, celui-ci n’a cessé d’être excusé au nom de la lutte nécessaire contre des dictatures. Au plan intérieur, non seulement le marxisme a été abandonné au profit de vagues références sociologiques mal maîtrisées, mais tout a été fait pour que depuis plus de 15 ans nous nous effacions derrière des sociaux-démocrates. Ces idées sont majoritaires au niveau de la direction fédérale, la responsable à la formation est à la pointe de ces inepties.

Il est clair que nous n’allons pas mener les combats qui sont les nôtres dans l’immédiat en tentant de refaire le terrain, mais pourtant il y a urgence à le refaire chez les communistes eux-mêmes, comme d’ailleurs si l’on considère la question de l’Europe, et de l’attitude des communistes.

Comme ma fédération n’a qu’une obsession l’électoralisme, ce qui ne l’a pas empêché d’ailleurs de perdre position après position, la soumission à toutes ces « idées » y a été plus forte qu’ailleurs. Tandis que la combativité réelle du monde du travail était partiellement récupérée par l’anarchosyndicalisme. Tout une partie de la classe ouvrière s’auto-exploitant ou vivant chez de petits artisans a été abandonnée à son sort, et c’est elle que l’on retrouve chez les gilets jaunes.

On reste enfermé entre soi dans un milieu vieillissant ou on se réjouit d’enfin avoir touché la jeunesse quand on rencontre celle qui vit du socio-culturel dans les quartiers du cours julien. Etudiants, animateurs en voie de suspension de subventions, tous ces gens sont dynamiques et on peut se réjouir que le PCF les rencontre, mais ils ne mordent pas plus sur le prolétariat même s’ils en partagent le faible niveau de ressources. C’est le public de nuit debout. Il ne faut pas négliger le rôle de caisse de résonance qu’il peut y avoir face au crime impuni de ces pauvres gens enfouis sous les décombres de l’habitat insalubre. Le système municipal, clientéliste et corrompu est en train de s’effondrer et le maire Gaudin devient le bouc émissaire d’un système qui espère perdurer. La question du logement, l’habitat insalubre est une des plus sensibles et pourtant là encore on peine à y rallier toutes les principales victimes. Comment là encore avancer, tenir compte de cette forme spontanée qui a surgi, des atouts existants pour bousculer le clientélisme marseillais, l’apparente inertie de ce monde en souffrance.

Le paradoxe qui veut qu’un maire de droite et son clientélisme soit élu avec 15% des inscrits, est-il réellement mis en cause? Comme au plan national, les notables expliquent à Macron qu’il a eu tort de les négliger pour faire appliquer ses réformes et donc que le capital a encore besoin d’eux, est-ce que le PCF est en situation de dénoncer ce compromis que la droite est toujours disposée à passer pour que la révolte passée rien ne change ? Il faut un parti communiste capable de bousculer le système d’offrir d’autres perspectives.

Ce que je constate donc c’est que cette fédération du PCF en particulier à Marseille demeure dans les ornières de l’ancienne stratégie et va poursuivre dans l’effacement à la fois idéologique et sur le terrain, se contentant d’un rapprochement avec le milieu des animateurs et socio-culturels plus proches d’ailleurs de Ruffin et de ses coups de gueule, que des rassemblement prolétariens tentés dans les Hauts de France. Non pour renoncer à combattre avec eux mais pour élargir le combat.

J’ose affirmer que c’est cette fédération, les Marseillais surtout, qui a mené le congrès pour aboutir aux pires résultats dans l’immobilisme, puisque c’est la seule à avoir envoyé uniquement des représentants de l’ancienne équipe et des refondateurs au CN, alors que le manifeste avait 38% des exprimés (malgré le bourrage d’urnes)… Sous prétexte de « préserver l’unité du parti et refuser les tendances » (alors qu’ils s’étaient constitués en tendance contre le manifeste), ces tricheurs ont accompli ce qui ne s’est accompli dans aucune autre fédération, même pas la Seine saint Denis, il n’y a pas un seul représentant du manifeste des bouches du Rhône au CN, ce sont tous des bons petits soldats de l’ancienne stratégie. Il ne faudrait d’ailleurs pas que la référence à l’ancien secrétaire masque la réalité de ce qui est entretenu, à savoir l’adhésion de fait à un certain nombre d’idées: la dénonciation de fait de tous les communismes confondus avec le totalitarisme, le refuge dans un communisme idéal n’ayant existé nulle part ce qui économise sous la vague visée communiste toute mesure concrète du socialisme réel et nous aligne derrière la social démocratie, voire un retour au congrès de Tours, le tout avec l’idée que la classe ouvrière n’existe plus. C’est cette idéologie là qui est à l’oeuvre non seulement dans les membres du CN des Bouches du rhône, mais dans la direction. Et il ne s’agit en aucun cas de laisser naître une réflexion qui la contredise… L’activisme militant, la formation, tout doit entretenir des idées pourtant battues au Congrès, mais pas suffisamment débattues. Recréer une relation avec le monde du travail, l’entreprise, le prolétariat devrait être au centre de cette démarche.

Pourtant il existe encore des liens avec le monde du travail, les gens de la fonction publique mais ce sont chez des retraités qui voient encore leurs anciens collègues, comme il y a dans la JC une exigence de marxisme, une connaissance réelle de l’histoire et du communisme vivant, mais je vois mal comment cette fédération va y répondre telle qu’elle est.

De même au Comité départemental, n’y sont présents à de rares exceptions près que de fait que ceux qui acceptent l’union sacrée autour des suppôts de l’ancienne stratégie et les refondateurs. La formation des militants est confiée à l’une d’entre eux. Donc je parle d’une situation particulière, celle d’un département ouvrier, combatif, avec d’excellents résultats de la CGT et dont le parti est dirigé, animé, dans sa quasi totalité par ceux qui viennent de l’ancienne stratégie et selon moi continuent à être incapables de mener autre chose.

Cela n’est pas inspiré par le ressentiment mais par le regret de la perte de temps alors que nous en avons peu pour reconquérir une population qui a besoin de nous mais dont les jeunes ont perdu jusqu’à la mémoire de notre existence.

Autant je partage la prudence de l’actuelle direction nationale, le refus de diviser autant je suis pessimiste sur ce que cette nécessité entretient, la force d’inertie qui est encouragée et le découragement de tous ceux qui aspirent à la mise en oeuvre du Manifeste tel qu’il a été soutenu dans la préparation du congrès. Pour faire simple disons que la principale question à savoir la nécessité d’un parti révolutionnaire qui était derrière celle du refus de l’effacement a peu de chance d’être murie, pensée… Il faudrait une prise de conscience de cette nécessité d’un parti révolutionnaire dont nous sommes loin.

Je suis convaincue que cette fédération telle qu’elle est du moins à Marseille est incapable d’être en capacité d’utiliser le renouveau du parti et le mouvement qui se déploie sous nos yeux.

Personnellement j’ai renoncé à aller expliquer cela à ma cellule, à ma section, la préparation du congrès m’ayant montré le peu d’audience et de compréhension que je peux attendre de gens qui n’ont cessé d’affirmer des contre-vérités sur le simple plan de la connaissance de la société française pour maintenir en place des gens qui pourtant n’avaient cessé de faire la preuve de leur nocivité. Je n’ai plus la force de guerroyer telle une don quichotte octogénaire. Je crains que nous soyons quelques uns à être découragés.

On me dira que ce sera pour le prochain congrès, c’est possible mais je n’ai pas l’âge, ni la patience de supporter cette force d’inertie alors je vais continuer à agir parallèlement dans ce que j’estime être le bon sens… sans perdre plus de temps et d’énergie que la situation ne l’exige. Si des forces se lèvent dans le sens du renouvellement du congrès je m’y associerai dans la mesure de mes moyens, mais prétendre autre chose dans le cadre des structures existantes est vain. Il faudrait des adhésions massives pour transformer la situation et pour recréer un parti qui correspondrait aux exigences de l’heure alors que celui-ci ne pense qu’aux municipales.

deux propositions constructives : un pour la prochaine manif les communistes se mêlent aux gilets jaunes dés le début, et le député des Bouches du rhone vient comme d’autres se méler à eux… Enfin la formation des militants s’ouvre à des gens qui ont autre chose à raconter que la messe des refondateurs … sans exlure, ouvrir à d’autres ce qui n’est pas dans les moeurs de la fédération…

Je suis par ailleurs plus que jamais convaincue qu’il n’y a pas d’autres voies que celle d’une reconquête du parti communiste et plus que jamais hostile aux égarements groupusculaires, ne serait-ce que parce que j’ai vu la plupart d’entre eux vicieusement opposés à tous mes efforts durant cette préparation du congrès et pesant de tous leurs poids de fait pour renforcer à la fois l’ancienne direction et Jean Luc Mélenchon comme unique issue à laquelle s’associerait leurs militants.

Danielle Bleitrach

 

Impressions marseillaises du 8 décembre

Résultat de recherche d'images pour "Manifestation marseillaise du 8 décembre"

Le matin, la Canebière, les réformés, son petit marché biologique, ses sardines grillées et ses étals de fleurs sont au rendez-vous, visiblement les Marseillais se moquent des mises en garde, je vais déjeuner en haut du cours Gambetta, un burger vegan de choux fleur au oignons et fromage de brebis. J’aime bien cet endroit très bobo mais dont les prix sont modérés et  la patronne est authentique, chez elle on lit le Monde diplomatique et la Marseillaise. Elle déplore la garde à vue depuis plusieurs jours d’un copain qui a ramassé une grenade dégoupillée et qui aussitôt a été alpagué par la police, garde à vue, pas de jugement immédiat, trop d’encombrement, il est en prison. C’est vraiment une erreur de casting, c’est tout sauf un casseur… La patronne rigole et déclare: la prochaine fois ou il évitera de ramasser une grenade ou il la lancera sur les flics.

A propos de la Marseillaise, Amid est arrivé en me tendant le journal, fier comme artaban, il y a une vente de masse et visiblement ça marche vu le nombre de gens qui se baladent avec le journal. Les discussions vont toutes dans le même sens, plutôt favorables aux gilets jaunes et à leurs revendications, certaines femmes plaident pour une entente, j’interviens avec fougue sur le thème: pour le dialogue il faut être deux. Mais là où j’emporte la conviction c’est sur une démonstration venue du fond des âges : « l’ouvrier dépense tout ce qu’il a, c’est grâce à lui que le commerce marche, ces grands capitalistes eux ne peuvent pas dépenser tout ce qu’ils ont ils le planquent hors de France, ils asphyxient le commerce et le pays. Tout le monde doit être solidaire des gens qui réclament de quoi vivre à commencer par les commerçants, mais aussi les autres dont le salaire dépend d’eux. » Là c’est l’unanimité, ça bloque un peu sur les capitalistes, une femme corrige: « le pire ce sont les technocrates, ces gens qui ne vivent pas dans la réalité ». Je lui réponds ça c’est le petit personnel à leur botte, vous vous rendez compte des gens comme le patron de Renault 45.000 euros par jour et il fraude ou encore la famille Mulliez, ils ont tous les supermarchés et ils se planquent en Belgique pour nous refuser la sécurité sociale, le paiement d’une bonne éducation pour les enfants. Personne n’ose contredire ma véhémence mais je sens bien que la dame en a après la technocratie et Macron qui en est le plus beau fleuron.

Il y a là pas seulement l’influence de l’extrême-droite, l’idée que les « élites » auraient pris la place du capital et de son profit mais pas mal d’illusion. L’idée que la France est gouvernée par des gens coupés des réalités, ils ne savent pas ce qu’est la vraie vie. Il faut s’ils comprennent, qu’ils entendent. C’est le reflet de ce monde médiatique qui leur parait à côté de la plaque. L’idée du profit, du cancer financier, de la politique émanant de cette classe impitoyable ne les a pas encore réellement atteint. Même l’idée des 45.000 euros par jour est abstraite, incompréhensible alors qu’un salaire de 7000 euros par mois est excessif. Toute une conception de ce qu’est le capital, sa violence est à reconstruire mais les esprits s’ouvrent devant l’entêtement, le mépris.

Tout est calme, sur la Canebière à côté les gilets jaunes ont tenté une première manif, encore regroupée. Parce que ces gilets jaunes ont une manie, ils se dispersent dans la ville, errent en petits groupes. A 14 heures manifestation pour le climat, se mélangent des gilets jaunes et des écolos déguisés en clowns. Je discute sur le vieux port avec les gilets jaunes, une dame d’une soixantaine d’années qui me dit résider dans le 7e commente: « il y a des minots qui foutent le bordel, ils ne savent même pas ce qu’ils foutent là, ce sont des cons qui n’ont pas de cervelle, on les a écartés et les flics les ont parqués ». Il y a beaucoup de retraités, elle m’explique qu’elle s’en sortirait bien si ce n’était ses enfants. L’aîné est maître d’hôtel, ça va pour lui. Le second est au chômage et sa fille est architecte d’intérieur sans clients, ils vivent chez eux, impossible de payer un loyer. Nous parlons politique, elle n’a rien contre les communistes au contraire, elle avait un beau-frère, un « vrai » communiste me dit-elle, un homme bien… Elle a vu Fabien Roussel et l’a apprécié. Je lui parle des Européennes, de Ian Brossat et du fait que quand les communistes sont forts la vie est meilleure. Tous les gilets jaunes avec qui je parle ressemblent à cette dame, une obsession : on peut pas vivre avec 800 euros, c’est impossible. Je regrette que les communistes ne se mêlent pas plus à eux, ils sont regroupés à partir de 15 heures au Cours julien, pour la manif de Noailles et du logement. Alors que la manif du climat et des gilets jaunes a déjà défilé sur le canebière.

Autre remarque, il me semble qu’il y a moins de gens du département, ils sont restés sur leurs point de rencontre, ceux de la Ciotat ont continué à offrir un péage gratuit. Pour l’essentiel ce sont des marseillais.

Tout à coup, des jeunes gens dont les plus jeunes n’ont pas 12 ans déferlent et commencent à jeter des poubelles, cela part du Vieux port déjà déserté par les manifestants. Je suis sur la canebière quand tous ces jeunes remontent  et la fumée des gaz lacrymogènes commence à envahir l’avenue. Etrange c’est comme la dernière fois quand la jonction devrait se faire entre les deux ou trois manifs, ces jeunes venus des cités sont-ils ceux qui paraissent habitués à la gestion du trafic de drogue, depuis les enfants qui surveillent jusqu’aux grands qui sont beaucoup plus dangereux, mais on ne sait d’où ils déferlent. Quand on sait le rôle que les dealers ont joué à Marseille contre les lycéens, allant jusqu’à les menacer s’ils manifestent, on peut s’étonner de voir ces individus sortis de nulle part qui donnent l’occasion à la police de disperser défenseurs du climat et gilets jaunes (dont par parenthèse deux des leaders sont des africains) avant que la manif sur le logement et les morts de Noailles ait atteint la canebière, on la devine simplement massive dans le cours Lieutaud. Mais pas moyen de l’atteindre l’air devient irrespirable à côté de l’hôtel de police. Des jeunes me disent qu’il faut que je rentre chez moi, cela devient dangereux. Ils m’énervent d’abord parce que pour prendre le métro, celui du Vieux port étant clos, il faut bien que je remonte la canebière et que d’autre part quand ils auront fait autant de manifs que moi, ils pourront me donner des conseils. Avec ma bronchite, je ne suis pas fanatique des gaz mais enfin cette cavalcade de jeunes cons ne me paraît pas de l’ordre de ce qui provoque les grands massacres.

Sur la canebière, je commence à rencontrer des communistes en rupture de ban, ce sont les premiers de la journée en dehors des vendeurs de la Marseillaise du matin. Je suppose qu’ils sont tous à la manif de Noailles comme la semaine dernière. Franchement, je trouve qu’ils devraient discuter avec les gilets jaunes, ils ne demandent que ça. Même s’ils sont en colère contre les « minots » qui n’ont pas de cervelle et fournissent des prétextes aux flics, je ne les ai pas entendus vraiment en colère, bien plutôt indignés devant le déploiement policier, des tanks (voir ci-dessous) pour affronter ce qui ressemble plus à un monôme qu’à une insurrection. Tout le monde ricane sur le moment où cela a lieu, comme la dernière fois pour empêcher la rencontre. Peut-être faudrait-il songer à organiser cette rencontre, un mélange plus tôt dans la journée.

Je rentre épuisée, je n’ai pas arrêté de marcher et j’ai malgré tout un peu avalé des lacrymos. Jje tombe sur le lit toute habillée et je me réveille à une heure du matin, pour écouter Ian Brossat sur LCI. Excellent, direct, pugnace, il est tout à fait en phase avec ce que j’ai entendu toute la journée et il a raison de noter que la dissolution n’est pas l’objectif premier, même si les gilets jaunes criaient avec conviction « Macron démission » et en privé affirmaient « Si Macron ne nous entend pas, c’est que c’est un vrai enc…  »

C’est vrai que macron est devenu la figure qui rassemble toute leur colère, mais ce qui monte est l’impossibilité de vivre… Ian Brossat est tout à fait proche de cette colère, il tranche sur le politicien. Un député LREM qui en fait une tonne dans les bons sentiments et la plaidoirie pour sa catégorie, tente de l’attaquer sur ce qu’il gagne à la mairie de paris et enfin sur l’échec des régimes communistes. Ian a raison de ne pas répondre et de rester sur le sujet, mais on ne m’ôtera pas de l’idée qu’il faut mener un combat résolu contre cette idée de « l’échec » des « régimes communistes », une contre-offensive idéologique s’impose, permanente et sur le fond. Même si ce n’est ni le temps, ni le lieu pour Ian de s’embarquer là-dedans.

Danielle Bleitrach

L’image contient peut-être : une personne ou plus, ciel et plein air