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Archives de Catégorie: SOCIETE

Quelques articles que vous ne lirez nulle part ailleurs : Staline, touche pas à mon despote…

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Marianne vous prépare une série de traductions: en Russie le débat fait rage toujours autour de Staline. Pas de Staline d’ailleurs, le cas semble être jugé en ce qui le concerne: pour la plupart des Russes, vu ce qu’est le capitalisme, Staline a bien agi non seulement il a protégé la patrie russe de l’invasion nazie, sauvé le reste du monde par la même occasion, mais il a fait accéder la Russie et l’ancien empire de l’autocrate à la modernité dans l’amitié entre les peuples. En fait c’est l’opinion de 7O% des gens et au vu de ceux que nous avons interviewé dans les rues, les moyens de transport, il nous semble que l’opinion frise les 80%

Non le débat a été lancé sur Khrouchtchev qui l’a dénoncé. Un article dont vous allez bientôt avoir la traduction a expliqué qu’il n’avait pas démérité lui non plus et a énuméré ses bienfaits, une cascade d’intervenants est venu en dire tout le mal que l’on devait en penser vu qu’il a osé dire du mal de Staline.

Enfin, à ce que m’en a dit Marianne, un arrière petit-fils de Staline s’est mêlé au débat national sur la question. Il a bien sûr affirmé qu’il était fier de son grand-père, mais qu’il ne fallait pas pousser trop loin la démonstration et excuser ses brutalités au nom de la raison d’Etat parce qu’avec une telle logique on ne savait plus jusqu’où on allait y compris aujourd’hui. Personnellement j’aurais plutôt tendance à penser comme lui.

Vous allez donc avoir sur le blog quelques pièces de ce dossier mais avouez que c’est dommage que ce soit seulement notre blog qui fasse état d’un tel débat. Remarquez notre blog a plus de lecteurs que l’Humanité, mais il n’empêche à force d’être le journal de Jaurès celui-ci a perdu l’originalité d’être le journal des communistes. Un peu d’impertinence et un véritable écho sur ce qui se dit et se passe dans le vaste monde serait plus vendeur qu’un alignement sur les idées reçues de la social-démocratie, et la censure bien réelle sur les conquêtes du socialisme et ceux qui les défendent et réclament une analyse de l’Histoire qui ne soit pas inspirée par les généreux « donateurs », les marchands d’armes et la CIA. Je dis ça, je dis rien…

Surtout que par ailleurs vous êtes abreuvés de tous les « canards » lancés par la CIA ou quelques officines d’extrême-droite reprises par l’empire de presse du sieur Murdoch, puis par notre propre presse dominée par les marchands d’armes et autres grands capitalistes qui ne sont jamais en reste sur un bobard pourvu qu’il démontre l’inhumanité du socialisme et la vertu du capital philanthrope comme chacun sait…  Quand on a l’opinion de ceux qui ont pu faire la comparaison, ça peut être utile. Non ?

Peut-être parce que si vous lisiez ce genre d’article vous sauriez que pour des gens qui ont vécu le socialisme, tout vaut mieux que le capitalisme.

Danielle Bleitrach

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Une représentation des catégories socioprofessionnelles à la télévision loin de la réalité sociale. Par l’Observatoire des inégalités

par Les-crises.fr DT

Source : Observatoire des inégalités, 26-02-2019

Parmi les personnes que l’on voit apparaître et s’exprimer à la télévision, on compte 60 % de cadres supérieurs contre 4 % d’ouvriers. Cette représentation est en complet décalage avec la réalité sociale.

Alors qu’ils constituent seulement 9 % de la population totale, les cadres supérieurs représentent six personnes sur dix qui prennent la parole dans les programmes de la télévision (fictions, divertissements ou encore programmes d’information), selon le « Baromètre de la diversité de la société française à la télévision, vague 2018 », publié par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) [1]. Les ouvriers (12 % de la population totale toujours selon les données du CSA) ne représentent que 4 % des personnes entendues à la télévision. Les retraités forment 25 % de la population, mais seulement 2 % des personnages de la télévision. « Les catégories socioprofessionnelles supérieures (CSP+) sont surreprésentées (74 %) au détriment des catégories socioprofessionnelles inférieures (CSP-), représentées à hauteur de 12 %, et des inactifs (14 %) », comme le soulignent les auteurs de l’étude, qui indiquent également que seulement 0,7 % des personnes entendues à la télévision sont perçues comme étant en situation de précarité. Des personnes qui sont souvent des personnages secondaires à l’antenne.

L’écart de représentation est énorme à la télévision entre les catégories sociales. Les cadres y sont quinze fois plus présents que les ouvriers et sept fois plus souvent qu’ils ne le devraient si le temps d’antenne était réparti en fonction de leur part dans la population. Cette représentation des catégories socioprofessionnelles est en complet décalage avec la structure sociale réelle. Elle construit une image d’une société déformée, largement plus favorisée que ce qu’elle est en réalité. La télévision constituant d’abord un divertissement, il est vrai que l’on préfère toujours y observer une situation sous un jour plus favorable. Pour parler à la télévision, mieux vaut savoir maîtriser le discours en public. La parole est donc donnée, dans l’immense majorité des cas, à ceux qui la manient le mieux, c’est-à-dire aux plus diplômés et aux catégories favorisées.

En soi, l’égalité de présence des catégories sociales à la télévision n’a pas grand sens, mais l’ampleur du déséquilibre est marquante. On peut difficilement penser que ce phénomène n’a pas de conséquences, auprès de la population et des commentateurs, sur la construction de l’image des catégories sociales et notamment sur la représentation des intérêts de celles les moins favorisées. Enfin, il faut le noter, autant il existe un débat sur la présence des femmes et des minorités visibles à la télévision, autant la question des différences de représentation des milieux sociaux est quasi absente.

Photo / GFDL, via Wikimedia Commons


[1Baromètre annuel publié en décembre 2018. L’étude a été réalisée en observant les personnes qui prennent la parole – sauf dans les publicités et les bandes annonces – sur les principales chaînes entre 17 h et 23 h entre juin et septembre 2018. Les programmes d’information de mi-journée de TF1, France 2, France 3, M6, C8, TMC et France Ô ont également été inclus.

Source : Observatoire des inégalités, 26-02-2019

 
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Publié par le avril 15, 2019 dans medias

 

L’arrestation d’Assange est une mise en garde de l’histoire

L’image de Julian Assange traîné hors de l’ambassade de l’Equateur à Londres est emblématique de notre époque. La force contre le droit. La brutalité contre la loi. L’indécence contre le courage. Six policiers malmenant un journaliste malade, ses yeux plissés contre sa première lumière naturelle depuis près de sept ans.

Que ce scandale se soit produit au cœur de Londres, dans le pays de la Magna Carta, devrait faire honte et mettre en colère tous ceux qui se soucient pour les sociétés « démocratiques ». Assange est un réfugié politique protégé par le droit international, le bénéficiaire de l’asile en vertu d’un pacte strict dont la Grande-Bretagne est signataire.

L’Organisation des Nations Unies l’a clairement indiqué dans la décision juridique de son Groupe de travail sur les détentions arbitraires.

Mais au diable tout ça. Laissez entrer les voyous. Dirigée par les quasi-fascistes de l’administration Trump, en collaboration avec l’Équatorien Lenin Moreno, un Judas latino-américain et menteur qui cherche à camoufler l’état moribond de son régime, l’élite britannique a abandonné son dernier mythe impérial : celui d’équité et de justice.

Imaginez Tony Blair traîné hors de sa maison géorgienne de plusieurs millions de livres à Connaught Square, Londres, menotté, pour être ensuite expédié à La Haye. Selon l’exemple de Nuremberg, le « crime suprême » de Blair est la mort d’un million d’Irakiens. Le crime d’Assange est le journalisme : demander des comptes aux rapaces, dénoncer leurs mensonges et donner aux gens du monde entier les moyens d’agir avec la vérité.

L’arrestation choquante d’Assange est un avertissement pour tous ceux qui, comme l’écrivait Oscar Wilde, « sèment les graines du mécontentement [sans lesquels] il n’y aurait pas de progrès vers la civilisation« . L’avertissement est explicite à l’égard des journalistes. Ce qui est arrivé au fondateur et rédacteur en chef de WikiLeaks peut vous arriver dans un journal, ou à vous dans un studio de télévision, ou vous à la radio, ou vous qui diffusez un podcast.

Le principal bourreau médiatique d’Assange, The Guardian, collaborateur de l’État secret, a montré sa nervosité cette semaine avec un éditorial qui a atteint de nouveaux sommets en termes d’hypocrisie. The Guardian a exploité le travail d’Assange et de WikiLeaks dans ce que son précédent éditeur appelait « le plus grand scoop des 30 dernières années« . Le journal s’inspira des révélations de WikiLeaks et s’attira louanges et fortune.

Sans verser un sou pour Julian Assange ou WikiLeaks, un livre largement promu du Guardian donna lieu à un film hollywoodien lucratif. Les auteurs du livre, Luke Harding et David Leigh, se retournèrent contre leur source, le maltraitèrent et divulguèrent le mot de passe qu’Assange avait confié au journal en toute confidentialité, conçu pour protéger un fichier numérique contenant des câbles des ambassades des États-Unis.

Alors qu’Assange était piégé à l’ambassade de l’Équateur, Harding se joignit à la police à l’extérieur et se réjouit sur son blog que « Scotland Yard aura le dernier mot ». The Guardian a depuis publié une série de mensonges à propos d’Assange, notamment une affirmation discréditée selon laquelle un groupe de Russes et l’homme de Trump, Paul Manafort, avaient rendu visite à Assange à l’ambassade. Ces réunions n’ont jamais eu lieu ; c’était faux.

Mais le ton a maintenant changé. « L’affaire Assange est une toile moralement enchevêtrée« , estime le journal. « Il (Assange) croit en la publication de choses qui ne devraient pas être publiées… Mais il a toujours fait la lumière sur des choses qui n’auraient jamais dû être cachées. »

Ces « choses » sont la vérité sur la façon meurtrière dont l’Amérique mène ses guerres coloniales, les mensonges du Foreign Office britannique dans son déni des droits des personnes vulnérables, comme les habitants des îles Chagos, la dénonciation d’Hillary Clinton comme une partisane et bénéficiaire du jihadisme au Moyen-Orient, la description détaillée par des ambassadeurs américains sur la façon dont les gouvernements en Syrie et au Venezuela pourraient être renversés, et beaucoup plus. Tout cela est disponible sur le site de WikiLeaks.

The Gardien est nerveux, et on le comprend. La police secrète a déjà rendu visite au journal et exigé et obtenu la destruction rituelle d’un disque dur. Sur ce point, le journal n’en est pas à sa première. En 1983, une commis du Foreign Office, Sarah Tisdall, a divulgué des documents du gouvernement britannique indiquant quand les armes nucléaires américaines de croisière arriveraient en Europe. Le Gardien fut couvert d’éloges.

Lorsqu’un tribunal a exigé de connaître la source, au lieu de laisser le rédacteur en chef aller en prison sur la base d’un principe fondamental de protection des sources, Tisdall fut trahie, poursuivie et condamnée à six mois de prison.

Si Assange est extradé vers les Etats-Unis pour avoir publié ce que The Guardian appelle des « choses » véridiques, qu’est-ce qui empêchera la rédactrice en chef actuelle, Katherine Viner, de le suivre ou l’ancien rédacteur en chef, Alan Rusbridger, ou le propagandiste prolifique Luke Harding ?

Qu’est-ce qui empêchera les rédacteurs en chef du New York Times et du Washington Post, qui ont également publié des bouts de vérité provenant de WikiLeaks, et le rédacteur en chef de El Pais en Espagne, de Der Spiegel en Allemagne et du Sydney Morning Herald en Australie. La liste est longue.

David McCraw, avocat principal du New York Times, a écrit : « Je pense que la poursuite [d’Assange] constituerait un très, très mauvais précédent pour les éditeurs… d’après ce que je sais, il est en quelque sorte dans la position classique d’un éditeur et la loi aurait beaucoup de mal à distinguer le New York Times de WilLeaks. »

Même si les journalistes qui ont publié les fuites de WikiLeaks ne sont pas convoqués par un grand jury américain, l’intimidation de Julian Assange et Chelsea Manning suffira. Le vrai journalisme est criminalisé par des voyous, au vu et au su de tous. La dissidence est devenue une indulgence.

En Australie, l’actuel gouvernement pro-américain poursuit deux dénonciateurs qui ont révélé que les espions de Canberra avaient mis sur écoute les réunions du cabinet du nouveau gouvernement du Timor oriental dans le but de priver ce petit pays pauvre de sa part des ressources en pétrole et en gaz de la mer du Timor. Leur procès se déroulera en secret. Le Premier ministre australien, Scott Morrison, est tristement célèbre pour son rôle dans la mise en place de camps de concentration pour les réfugiés dans les îles de Nauru et Manus, dans le Pacifique, où les enfants s’auto-mutilent et se suicident. En 2014, Morrison a proposé des camps de détention de masse pour 30 000 personnes.

Le vrai journalisme est l’ennemi de ces scandales. Il y a dix ans, le ministère de la Défense de Londres a publié un document secret qui décrivait les « principales menaces » à l’ordre public, au nombre de trois : les terroristes, les espions russes et les journalistes d’investigation. Ces sont ces derniers qui étaient désignés comme la principale menace.

Le document fut dûment divulgué à WikiLeaks, qui l’a publié. « Nous n’avions pas le choix« , m’a dit Assange. « C’est très simple. Les gens ont le droit de savoir et le droit de remettre en question et de contester le pouvoir. C’est ça la vraie démocratie. »

Et si Assange et Manning et les autres dans leur sillage – s’il y en a d’autres – étaient réduits au silence et « le droit de savoir, de questionner et de contester » était retiré ?

Dans les années 1970, j’ai rencontré Leni Reifenstahl, amie proche d’Adolf Hitler, dont les films ont contribué à jeter le sort nazi sur l’Allemagne.

Elle m’a dit que le message de ses films, la propagande, ne dépendait pas « d’ordres venus d’en haut » mais de ce qu’elle appelait le « vide apathique » du public.

« Ce vide apathique s’étendait-il à la bourgeoisie libérale et éduquée ? » lui ai-je demandé.

« Bien sûr, répondit-elle, surtout l’intelligentsia… Quand les gens ne posent plus de questions sérieuses, ils sont soumis et malléables. Tout peut arriver. »

Et arriva.

Le reste, aurait-t-elle pu ajouter, c’est de l’histoire.

 

 

Soudan : une femme devient l’icône de la contestation et chante la «révolution»

10 avril 2019
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Cette image d'Ala'a Salah, chantant la «révolution» au milieu d'une foule de manifestants à Khartoum, lundi 8 avril, a fait le tour des réseaux sociaux. © Courtesy Lana H. Haroun/via REUTERS
Cette image d’Ala’a Salah, chantant la «révolution» au milieu d’une foule de manifestants à Khartoum, lundi 8 avril, a fait le tour des réseaux sociaux.
© Courtesy Lana H. Haroun/via REUTERS

Au Soudan, depuis samedi dernier, des dizaines de milliers de personnes sont rassemblées sur la place devant le quartier général militaire. Les manifestants ont installé des tentes, ils vivent là et fêtent la parole libérée. Parmi eux, une femme vêtue de blanc est devenue le symbole de cette révolution. Une vidéo la montrant juchée sur une voiture au milieu de la foule a été partagée des milliers de fois.

La révolte soudanaise a désormais son icône : elle s’appelle Ala’a Salah. Elle est devenue le symbole des milliers de femmes soudanaises qui réclament leurs droits en manifestant dans un pays où les femmes sont jugées pour le simple fait de mettre un pantalon.

Toute de blanc vêtue, avec ses bijoux à la manière traditionnelle soudanaise, Ala’a Salah reflète la culture et l’âme de la société soudanaise.

« Nous avons notre statue de la liberté », note un internaute sous la photo de cette étudiante de 22 ans, qui réaffirme le rôle clef joué par la femme dans la contestation. Les femmes participent activement aux manifestations depuis le 19 décembre.

Elle se tient fièrement, débout sur le toit d’une voiture au milieu du rassemblement et chante la révolte en poésie populaire avec spontanéité.

La foule répète derrière elle en refrain : « Thawra ! thawra » (« Révolution ! Révolution ! »).

« La balle ne tue pas, ce qui tue c’est le silence de l’homme », chante encore la jeune femme, avant de répéter : « Ma bien-aimée est une Kandaka ». Kandaka désigne la beauté et la lutte pour les droits des anciennes reines nubiennes.

Depuis le début du mouvement de protestation, les manifestantes sont désignées comme « Kandaka ». Pour beaucoup à Khartoum, « la révolution soudanaise est une femme ».

Source : Par RFI Publié le 10-04-2019 Modifié le 10-04-2019 à 22:53

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Le PCF doit soutenir Julian Assange

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Nous militants et adhérents du Parti communiste français, faisons part de notre vive inquiétude devant la situation de Julien Assange suite à son arrestation par la police britannique en violation de la Convention de Vienne et de son droit d’asile. En effet, suite à son arrestation le 11 avril, des experts indépendants des droits humains de l’ONU ont déclaré qu’il est désormais exposé au « risque de graves violations des droits humains » avec la menace de son extradition aux États-Unis.
Dans les heures suivant son arrestation nos camarades du Parti du travail de Belgique (PTB) ont énoncé la demande que la Belgique lui accord l’asile politique dans un communiqué consultable sur leur site web en disant notamment qu’il est « pourchassé pour avoir été à l’origine de révélations qui ont indisposé les puissants de ce monde comme les images des crimes de guerre américaine en Afghanistan et en Irak » et que « Ce n’est pas celui qui dévoile les crimes de guerre qui doit être jugé, mais celui qui les commet. »
Egalement le 11 avril, Maite Mola, Vice-présidente du Parti de la gauche européenne, a publié une déclaration où elle dit que l’action du président de l’Equateur Lénine Moreno, en retirant illégalement la protection de son pays du droit d’asile d’Assange, est « une attaque aux droits de l’homme et met en danger la vie des journalistes. Nous en tant que Parti de la gauche européenne condamnons cet acte et demandons à la communauté internationale de s’opposer à son extradition aux États-Unis ».

Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières (RSF) a déclaré, également le 11 avril que « Cibler Julian Assange en raison de la divulgation, par Wikileaks, d’informations d’intérêt général aux journalistes (telles la fuite des câbles diplomatiques américains) serait une mesure strictement punitive et créerait un dangereux précédent pour les journalistes, les lanceurs d’alerte et d’autres sources journalistiques qui peuvent être potentiellement poursuivis par les États-Unis. Face à toute demande éventuelle des États-Unis d’extrader Julian Assange, le Royaume-Uni doit s’en tenir à une position de principe et assurer sa protection en vertu des législations britannique et européenne pour sa contribution au travail journalistique ».

Toutefois, l’action de la gauche anglaise en faveur d’Assange ne paraît pas être à la hauteur et seule une mobilisation citoyenne internationale d’envergure pourra à notre avis faire obstacle à l’extradition d’Assange vers les États-Unis. En effet, comme John Pilger a observé :

« Diane Abbott [députée travailliste à la Chambre des communes] a fait un effort vif pour décrire les dilemmes de Julian Assange, sa santé, etc., mais qu’a dit le leader, qu’a dit Jeremy Corbyn? Il a simplement dit que le gouvernement devrait s’opposer à son extradition. Franchement, il serait mieux que Jeremy Corbyn ne dise rien au lieu de propos aussi tièdes que ceux-là. S’il y avait un chef de l’opposition capable de tenir tête aux Mays [Theresa May], aux Hunts [Jeremy Hunt, Secrétaire d’État des Affaires étrangères] et aux autres, alors nous aurions peut-être une idée de la vérité dans ce débat. Il ne suffit nullement de simplement dire que le gouvernement devrait s’opposer à l’extradition. Il faudrait énoncer clairement devant le Parlement ce que cette extradition pourrait signifier. Que cela menace la vie de Julian, qu’il pourrait finir par passer le reste de sa vie dans les conditions que le Rapporteur de l’ONU sur la torture a déjà décrites. Il a déjà dit que c’est cela à quoi il fait face. C’est cela que nous aurions besoin d’entendre de l’opposition politique en Grande Bretagne.”

Le « crime » d’Assange a été de publier la vérité sur la duplicité des gouvernements qui se disent démocratiques. WikiLeaks, qu’Assange a fondé et dont il est rédacteur-en-chef, a un bilan impeccable en termes de précision et de véracité. Il s’agit du journalisme d’une qualité dont toute démocratie véritable devrait être fier, qui pour la première fois dans l’histoire, donnait aux gens ordinaires un aperçu des recoins les plus sombres des secrets les mieux gardés des crimes de guerre de leurs États.
Pourtant, les médias et la classe politique ferment les yeux. Où est la fureur contre la liberté de la presse la plus élémentaire – le droit de publier – piétinée pour faire taire Assange ? Où est la volonté de prendre enfin la parole pour défendre Assange ? Il n’y a rien. Comme dit le journaliste britannique Jonathan Cook « Maintenant, ils vont nous submerger avec une nouvelle vague de mensonges et de distractions à propos d’Assange pour nous maintenir anesthésiés, pour nous empêcher d’être en colère alors que nos droits sont réduits à néant, et pour nous empêcher de réaliser que les droits d’Assange et les nôtres sont indivisibles. Nous résisterons ensemble, ou nous tomberons ensemble. »

Plus de 48 heures sont maintenant passées depuis l’arrestation illégale d’Assange par les autorités britanniques. Il devient urgent que la direction du Parti Communiste Français prenne position et exige le droit d’asile pour Assange.

Comme souligne le texte adopté par notre 38ème congrès : « Notre bataille pour la sortie de la France de l’OTAN et sa dissolution est une priorité car cette alliance politico-militaire prolonge une logique éculée, attise les tensions et a relancé une course au surarmement. » Les informations révélées par WikiLeaks et la protection d’Assange devraient être partie intégrante de notre campagne contre l’OTAN et les communistes devraient en parler dans le cadre de notre campagne pour les élections européennes. C’est pourquoi nous demandons que le PCF prenne rapidement position en exigeant la protection du droit d’asile d’Assange.

Le 13 avril 2019

Premiers signataires : (pour signer envoyer vos nom prénom et section du PCF à chalkstephen@gmail.com)

Stephen CHALK (section de Riez 04), traducteur et musicien, chalkstephen@gmail.com
Antoine PES (section de Riez 04), ouvrier syndicaliste retraité, conseiller municipal de Montagnac 04
Jacquy Jacquy Rivoalan PCF 35

Stéphane Bailanger PCF 33 (Mérignac)
Philippe Brunet PCF 19 section tulle (corrèze)

Danielle Bleitrach PCF 13

 
 

Médias occidentaux: Assange n’intéresse plus personne

  • Vu par la presse russe (ici proche du président Poutine), le cas Assange témoigne de ce qu’il faut attendre des « défenseurs des droits de l’homme ». Ce que l’on décrivait : la torture auquel était soumis Assange au sein de l’ambassade par l’actuel président de l’Equateur, inféodé aux occidentaux était bien réelle malgré le silence des habituels défenseurs des droits de l’Homme. Il devient urgent que la direction du PCF prenne position et exige le droit d’asile pour Assange. Il est vrai que rien n’a changé ni à l’Humanité, ni à la direction de la politique extérieure du PCF. Et ceux-ci demeurent inféodés à la social-démocratie… (note et traduction de Danielle Bleitrach)
La presse occidentale prédit qu'Assange sera extradé aux États-Unis

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12 avril 2019, 08h20
Photo: Tolga Akmen / ZUMA / Presse Global Look
Texte: Vladimir Dobrynin

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L’arrestation de Julian Assange a été une surprise totale pour la presse européenne et les autorités des pays qui semblaient s’y intéresser directement, à savoir la Suède et les États-Unis. Les  médias mondiaux témoignent de points de vue différents sur l’affaire, de même que les évaluations de la personnalité d’Assange. Mais une autre chose est  à noter : on sait finalement pourquoi le fondateur de Wikileaks est tombé entre les mains de la police britannique.

Il semblerait que le pays où  l’arrestation de Julian Assange aurait dû  provoquer le plus d’émoi aurait dû être la Suède, où une affaire pénale a été ouverte contre lui il y a quelques années, quand il était soupçonné d’avoir commis un viol. Cependant, il n’y a pas de commentaires malveillants et d’analyses approfondies de ce qui s’est passé dans la presse du «pays des trois couronnes».

En gros, les éditions suédoises se bornent à énoncer le fait qu’il a été arrêté et à exprimer leur étonnement: à quel point, dit-on, l’aspect d’Assange, jadis imposant, a changé au cours des sept années de son séjour dans les quatre murs de l’ambassade équatorienne.

Aftonbladet, l’un des principaux journaux du pays, écrit: « Bien que la nouvelle soit inattendue, le procureur ne voit aucun obstacle à la réouverture de l’affaire contre Assange, qui a été clôturée en 2017 en raison  » du manque de certitude quant à un délai de livraison raisonnable pour Assange en Suède « .

Le nombre de viols théoriques a doublé

Moins de quelques heures après que le monde ait appris l’arrestation du cofondateur de Wikileaks, le nombre de femmes «violées» par lui a augmenté. Le journal affirme que « la deuxième victime de l’agresseur est connue et attendait depuis près de dix ans la possibilité de se venger », mais ne donne pas ni le nom ni le prénom de la victime.

« Il est possible qu’ils ne l’extradent pas aux Etats-Unis – alors la Suède a une chance, a déclaré une autre publication suédoise, Metro. – La procureure en chef, Ingrid Izgren, n’a pas encore décidé si elle devait reprendre l’enquête close il y a deux ans. Dans ses commentaires, elle admet que l’arrestation d’Assange est une nouvelle inattendue pour elle et qu’elle n’a pas assez d’informations pour décider de ce qu’elle devait faire.  »

«Mais il aurait pu laisser une bonne image», répond Aisin Cantwell, journaliste à Aftonbladet. – Par exemple, à propos des crimes de l’armée américaine pendant la guerre en Irak, y compris le meurtre de civils et de journalistes. Mais non, très probablement aux États-Unis, il sera envoyé en prison et tout le monde l’oubliera.  »

«Cette négligence du droit international»

El Confidencial attire l’attention sur le fait qu’Assange n’a pas quitté le territoire de l’ambassade équatorienne: une institution diplomatique a invité la police à venir arrêter une personne privée du statut de réfugié politique. Le correspondant britannique du portail Angel Martinez a souligné qu ‘ »une telle procédure d’action a été convenue à l’avance, comme le confirment les informations dont dispose Press Association, obtenues de sources confidentielles ».

L’auteur cite le commentaire indigné du site Web de Wikileaks concernant ce qui s’est passé. Le portail, co-fondé par Julian Assange, souligne que «cette action (admission de la police sur le territoire de l’ambassade) témoigne du mépris total du droit international par les États influents de l’Ouest». La publication cite également un tweet de Scotland Yard, dont il résulte que l’arrestation a été effectuée suite à  « une demande des autorités américaines selon laquelle une affaire concernant les crimes informatiques commis par Assange a été initiée ».

Le Figaro doute que Julian Assange soit extradé aux États-Unis. Les auteurs de l’article écrivent, se référant aux informations de l’agence France Presse: « Selon le président de l’Équateur, Lenin Moreno, les autorités britanniques l’ont assuré que Assange ne serait pas envoyé dans un pays où la peine de mort était autorisée ».

Ce que vaut la parole d’un homme politique occidental, et particulièrement anglais, est bien connu de tous. Sauf, apparemment, du principal dirigeant de l’Equateur.

« Très probablement, Assange sera livré aux Suédois », disent-ils dans l’édition française. – Et c’est le meilleur sort pour lui. Son complice, un soldat transgenre Chelsea Manning, a été condamné à 35 ans de prison pour avoir divulgué 700 000 documents confidentiels à Wikileaks. Certes, après avoir purgé sept ans de punition, Obama l’a libérée, mais tout le monde ne peut pas avoir autant de chance.  »

« Et vous devez vous comporter décemment »

« Pourquoi Assange a-t-il été tité de l’ambassade équatorienne avec tout ce fracas? », se demande le tabloïd allemand Bild dans le titre de l’article.

Le texte fournit deux réponses possibles. Peut-être à cause d’une demande d’extradition des États-Unis, mais peut-être aussi parce qu’il a violé la loi britannique, parce que le tribunal de Londres l’a libéré sous caution avec une comparution périodique obligatoire, mais Assange a choisi de se cacher.

« Maintenant, il est passible de 12 mois de prison pour avoir violé le régime de surveillance », a déclaré la publication.

Assange craint qu’il ne soit ramené aux États-Unis, où l’attend la chaise électrique ou une injection mortelle pour avoir divulgué de nombreux secrets d’État. « 

En passant, l’arrestation d’Assange a eu lieu à peine 24 heures après que les autorités équatoriennes l’aient inculpé.

« Selon lui, l’Australien a été auditionné et filmé pendant un an », note le quotidien britannique The Daily Mail. « Le président de l’Équateur, à son tour, a accusé Assange de gêner régulièrement les services de sécurité de l’ambassade – tantôt il bloquait les caméras de sécurité, tantôt il se comportait de manière hautaine avec ceux qui assuraient sa sécurité. »

« Il comparaîtra devant un tribunal britannique, puis sera extradé vers les États-Unis », assure le British Independent. – En affirmant qu’il n’attend pas de justice de la Cour de Westminster à Londres, Assange n’a fait que renforcer son image du narcissiste égoïste, qui lui est collée. Maintenant, il parait vraisemblable de penser qu’il sera condamné par un tribunal britannique, puis transféré aux États-Unis. La question de l’extradition sera tranchée le 2 mai, mais peu de gens ont des doutes sur la manière dont cette question sera résolue ».

Assange, 47 ans, a été arrêté jeudi à l'ambassade d'Équateur sur un mandat d'arrêt délivré le 29 juin 2012 pour ne pas avoir comparu devant le tribunal.  Assange a passé près de sept ans en détention volontaire

« Il voulait poser des problèmes à Mme Clinton. »

«Assange sera donc livré aux États-Unis», le New York Times n’a aucun doute. – Une seule accusation peut être portée contre lui ici – de piratage du mot de passe de l’ordinateur d’un des services les plus importants de l’État. Il y a un an, les autorités judiciaires du pays étaient prêtes à l’accuser d’espionnage. Maintenant, ils croient qu’il n’est coupable que d’un crime informatique, mais il n’est pas question d’espionnage. Il a eu de la chance, pour ce crime seul, il ne recevra pas plus de cinq ans de prison. Si l’espionnage était prouvé, tout serait bien pire.  »

Les auteurs d’un article commenté énumérant tous les actes d’Assange, poussant le lecteur à conclure que l’arrestation du fondateur de Wikileaks pourrait être une nouvelle tentative de frapper Donald Trump.

«Assange n’a pas caché le fait qu’il voulait créer de gros problèmes à madame Clinton pendant sa campagne électorale. Mais il a également insisté sur le fait qu’il ne recevait aucun courrier électronique de la part de la Russie avec des missions. Le procureur spécial Muller n’a trouvé aucune preuve de l’ingérence de la Russie dans les élections américaines et a par conséquent à la participation d’Assange à des actions contre les États-Unis. Donald Trump au cours de sa campagne électorale a félicité WikiLeaks d’avoir donné accès au courrier électronique des démocrates, écrivent les correspondants Eileen Sullivan et Richard Perez-Peña.

En se fondant sur le fait que les démocrates n’ont pas accepté le rapport Muller et qu’ils continuent à rechercher au moins certaines preuves établissant qu’il «existait une collusion entre Trump et le Kremlin», nous pouvons en conclure que l’on va utiliser Assange pour tenter de lui faire admettre ce qui n’existe pas.

 

Ce que révèle le VRAI débat

Le débat officiel bien sûr, O hasard! valide les objectifs politiques gouvernementaux comme la baisse des impôts accompagnée de la nécessité de réduire les dépenses publiques donc les services publics, validant dans la foulée les privatisations déjà envisagées.
A l’inverse le vrai débat organisé avec la même plate-forme logicielle (44.000 participants) MAIS non corseté dans des thèmes comme dans  la consultation macronienne, comportant lui des questions ouvertes livre de tout autres résultats.
d’un côté des questions fermées avec des choix binaires, allez devinez de quel côté, et un public participant très différent des milieux populaires ?
de l’autre des questions ouvertes qui utilisent donc l’outil logiciel comme un outil d’intelligence collective.
Comme le révèle ce matin sur France Inter, par exemple l’intervention du professeur émérite de Lyon Jean-Claude Zancarini , il ressort du vrai débat, 4 grands blocs de revendications importantes et massives :

  1. Transformation profonde du système politique français : mise en place du Referendum d’Initiative Citoyenne (RIC), la prise en compte du vote blanc, fin des privilèges des élus. par contraste dans la restitution officielle massivement diffusée la revendication du RIC n’est attribuée qu’à 2,3 % des demandes.
  2. Renforcement du service public, demande de biens communs, de services publics de proximité avec égalité d’accès, renforcement qui sont à NOUS TOUS, qui sont notre bien commun (santé, infrastructures de santé, de transport …).
    Cette demande étant accompagnée dune demande massive de NATIONALISATIONS.
  3. Demande de justice sociale et fiscale résumée sous le slogan :
     » Les gros doivent payer GROS, les petits doivent payer petit « complétée par l’exigence de sanction envers les fraudeurs, plus retour de l’ISF.
  4. Présence massive des revendications écologiques et la préservation de l’environnement considéré lui aussi comme un bien commun de toute l’humanité.

Cela venant donc contredire catégoriquement les campagnes désignant les gilets jaunes comme exclusivement préoccupés du pouvoir d’achat et indifférents aux préoccupations écologiques.

Conclusion du professeur : Il n’y a pas comme l’a dit le 1er ministre « ceux qui cassent tout le samedi » et de l’autre ceux qui sont constructifs et font des propositions.

Distinction binaire pour justifier ET la répression et les mesures qui ne vont rien changer de la politique mise en oeuvre jusqu’ici!

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L’interview du professeur  Zancarini  à ECOUTER :
https://www.franceinter.fr/emissions/le-5-7/le-5-7-09-avril-2019
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La prise en compte des revendications majeures qui ont émergé du puissant mouvement social des gilets jaunes est donc un enjeu MAJEUR pour ce qui va suivre :
Le pouvoir va s’évertuer de prouver qu’il a entendu ce qui monte d’en bas (nécessité oblige) TOUT EN s’efforçant de travestir les véritables revendications, cela afin de poursuivre et d’aggraver sa politique au service des riches, des privilégiés.
C’est d’ailleurs pourquoi il a un intérêt majeur à disqualifier le mouvement et à laisser faire les violences urbaines afin de l’assimiler aux casseurs!
 
La bataille est donc engagée pour contraindre le pouvoir à de vrais reculs en développant les luttes, en renforçant l’indispensable unité populaire contre l’oligarchie et ses privilèges !

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Autre lecture du vrai débat,
SOURCE : Le Parisien

Le « Vrai débat », lancé fin janvier, a permis à des dizaines de milliers de participants de proposer leurs idées et de voter pour celles des autres.
Il n’y a pas que le grand débat lancé par le gouvernement. Les gilets jaunes ont aussi organisé leur propre consultation citoyenne, le « Vrai débat ». Si les résultats du
Moins médiatisée que le plan gouvernemental, l’initiative a quand même recueilli entre le 30 janvier et le 3 mars 25 229 propositions de la part de 44 576 contributeurs. Comme le soulignent les chercheurs du Laboratoire d’études et de recherches appliquées en sciences sociales (Lerass) de Toulouse dans leur rapport d’analyse, « la communication [autour du Vrai débat] s’est principalement effectuée via les pages Facebook des Gilets jaunes », qui constituent sans doute la majorité des répondants.

La logique était simple, et beaucoup plus libre que pour la plateforme officielle. Ici, les contributions pouvaient porter sur neuf thèmes ou sections, dont l’une « Expression libre », et pas seulement sur les quatre thèmes fixés par le gouvernement. « C’était moins cloisonné dans l’expression des internautes. Il n’y avait pas de questions fermées », précise au Parisien Pascal Marchand, directeur du Lerass.

Seul point commun avec le site du grand débat : c’est la même plateforme, fournie par la société Cap Collectif, qui a été utilisée. Sur le « Vrai débat », chacun pouvait voter sur les idées des autres et argumenter s’il le souhaitait. En somme, la même logique que sur les réseaux sociaux prisés par les Gilets jaunes, comme Facebook. Au total, il y a eu près de 900 000 votes sur l’ensemble des propositions.

Le RIC en tête des demandes

C’est là la principale différence avec les résultats de la consultation lancée par le gouvernement. Alors que le référendum d’initiative citoyenne (RIC) n’a été que très peu cité par les participants au grand débat national, il est largement approuvé par ceux du « Vrai débat », avec 91 % de « pour ». C’est même la proposition à avoir recueilli le plus de votes (6 163).

Dans cette même catégorie des institutions, la prise en compte du vote blanc a aussi été très approuvée (89 % des 5 398 votants sont pour).

Plus de justice fiscale

Oui aux impôts, mais mieux répartis. Voilà comment on peut résumer les attentes des répondants en matière de fiscalité. « Faire payer les impôts et les taxes à ceux qui y échappent », résume l’un d’eux dans son argumentation.

Le rétablissement de l’ISF est approuvé par 90 % des 4000 votants, un pourcentage qui grimpe à 95 % pour la renationalisation des autoroutes. « Il y a une réflexion en profondeur sur la fiscalité. Ils se demandent notamment pourquoi l’Etat privilégie les intérêts du privé pour certaines industries », pointe Pascal Marchand.

La section « économie, finances, fiscalité » a été la plus alimentée, avec 27 % des propositions et 17 % du nombre total de participants. « Le souhait d’une vie décente pour tous apparaît de manière centrale », note le rapport. Via, notamment, la fin des « privilèges » des élus.

L’environnement pas oublié

L’écologie est également un thème qui a suscité de nombreuses propositions et argumentations. Car les Gilets jaunes sont loin d’être insensibles à l’environnement et sont même prêts à mettre en place uns fiscalité écologique.

Mais, là aussi, « ils veulent une fiscalité plus juste. Il y a des propositions très précises de mesures fiscales différentes en fonction du caractère durable ou écologique des produits », précise le directeur du Lerass. Comme, par exemple, la mise en place d’aides ciblées pour les agriculteurs bio, une taxation des entreprises et transports pollueurs, ou davantage de subventions pour des transports en commun à la campagne.

Des Gilets jaunes révolutionnaires ?

Les Gilets jaunes ne sont-ils que de violents révolutionnaires, comme le soupçonnent certains ? « Entre réformistes et révolutionnaires, on n’arrivait pas à trancher, et on s’aperçoit que ceux qui ont répondu ne veulent pas abolir le système actuel ni passer à la VIe République. Ils veulent reprendre confiance dans le système, mais il faut l’assainir », indique Pascal Marchand.

D’où leurs demandes en faveur d’une plus grande représentativité (vote blanc), d’une meilleure prise de décision (RIC), et d’une fiscalité plus juste. Des souhaits à relier au manque de confiance envers les responsables politiques actuels, dont « la légitimité est remise en question », note le rapport.

Au niveau européen, la défiance est aussi très importante et le Frexit (la sortie de la France de l’UE) obtient un score assez favorable. « Mais c’est dans une logique de dernier recours « Soit on change l’Europe, soit on s’en va ». Ils considèrent que l’Europe apporte plutôt de bonnes choses, mais qu’elle est trop dirigée par les élites », précise le chercheur.

« Même si l’union européenne est à réformer et faire évoluer, merci à la construction européenne qui a contribué à notre développement économique », écrit par exemple l’un des internautes.

Technicité de l’argumentation

Les Français, et donc les Gilets jaunes, ne connaîtraient rien à l’économie ? Certaines argumentations des contributeurs au Vrai débat laissent plutôt penser le contraire. L’un d’eux a par exemple proposé, de façon très pointue et précise, une « TVA fluctuante ». Un autre a dénoncé des « banques privées qui ont emprunté de l’argent à la BCE (Banque centrale européenne, NDLR) à taux zéro et exigent des intérêts en prêtant à l’Etat ».

« On a dû googliser certains thèmes qu’on a vu passer, comme Gopé (Grandes orientations des politiques économiques au niveau européen, NDLR), car on ne connaissait pas ! », s’amuse Pascal Marchand. Ce dernier pensait au départ qu’il y avait eu une faute d’orthographe, car elles sont par ailleurs très nombreuses dans les argumentations.