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Archives de Catégorie: SOCIETE

Télérama; une bobo inculte s’attaque à Brecht sur le plan du courage politique

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vioici ce que l’on peut lire dans le téléram de cette semaine  du 22 au 28 juin 2019 sous la plume d’une  certaine Fabienne Pascaud à propos de la vie de galilée, un drame de Bertolt Brecht mise en scène par Eric Ruf à la comédie française:

« Visionnaire et réformateur  du théâtre et du regard critique qu’il offre sur le monde, Brecht brilla rarement  lui aussi par son courage politique. Avoir vu interdire et brûler ses oeuvres lors du grand autodafé de mai 1933 avait dû pour jamais le  terroriser. Emigré à Hollywood en 1941, il louvoya face aux commisions anticommunistes mises en place par le maccarthysme; il ne soutient pas non plus le grand mouvement ouvrier de 1953 à son retour en RDA. Tel gallilée, sa sagesse était autre: tenir , vivre, travailler dans l’ombre et le secret, le temps toujours trop bref qui reste ».

Ce texte immonde manifeste une telle méconnaissance de Brecht que l’on serait stupéfait qu’un comité de rédaction du pire des torchons ait osé le publier, alors Télérama..

Quel est pour cette ignare le symbole du coutage politique, Céline peut-être? Tout est à reprendre dans ves lignes elle n’a même pas perçu ce que Brecht dénonce et qui l’obsédera jusqu’à la fin de sa vie et qui le rend y compris injuste à l’égard d’Einstein, l’irresponsabilité des savants face à la bombe atomique … Oser dire devant le maccartysmequ’il louvoie alors que sa prestation est un chef d’oeuvre…sur 1953, elle n’a jamais entendu parler de la phrase de Brecht sur le comité central qui dissout le peuple? OUi mais elle incapable de comptrendre à quel point Brecht est antinazi et combien il lie Hiroshima et l’extermination nazie ( Comme Lang), c’est le prolongement… Et pour lui quel que soit ses défauts le socialisme reste pour lui comme pour Lukacs le grand rempart contre la violence destructrice du capitalisme…

Tout est à reprendre dans cette pochade qui se présente comme une « critique »… le travail de 5 ans que j’ai accompli pour écrire Brecht et Lang, lenazisme n’a jamais été éradiqué m’a permis un véritable travail sur Brecht à partir de son film avec Fritz lang les Bourreaux meurent aussi et me font  me révulser devant ce révisionnisme sans rivage qui désormais fleurit dans notre presse avec des gens qui osent tout c’est même à cela que l’on mesure à quel point ils sont cons (1)…et nuisibles, les « salauds » sartriens »

Quand l’anticommunisme, le négationnisme devient la ligne éditoriale du consensus d’une presse qui s’affirme de gauche voilà ce qui en résulte.

et bien éveidemment elle détruit la mise en scène d’Eric Ruf, j’ignore ce qu’elle vaut mais c’est positif quand la critique vient d’une Fabienne Pescaud.

Danielle Bleitrach

(1) Bertolt Brecht et fritz lang, le nazisme n’a jamais été éradique. Lettemotiv editeur, 2015

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Quel écosystème numérique de confiance demain ?par Sylvain Delaitre

par  communistespopularité : 

Un excellent article de la revue progressiste, illustratif du défi que doivent relever les communistes pour être porteur d’une reconquête industrielle progressiste. C’est une question au coeur de la reconquête du monde du travail, et notamment de la classe ouvrière dans sa diversité, y compris des secteurs des technologies numériques. Sans doute faudrait-il le compléter par un état des lieux des coopérations possibles, hors GAFAM, ce qui pose évidemment la question de nos relations avec la Chine et la Russie.

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En écho à l’article de Serge Abiteboul [1] sur le rôle d’un Palantir dans notre l’écosystème, l’auteur [2] insiste sur l’absolue nécessité de reconstruire une filière industrielle maîtrisée et contrôlée – indépendante des intérêts marchands et protégée des prédateurs – en partant des composants de base, idéalement au niveau plurinational, pour rétablir la confiance dans notre modèle numérique.

Défaillances informatiques

Ce sont les virus informatiques, issus des logiciels de type Le jeu de la vie (1980), qui ont constitué les premiers perturbateurs de notre confiance numérique. Mais ça se limitait alors à l’utilisation de copies frelatées de disquettes informatiques, puis à la visite de sites internet peu recommandables. Cependant, cette vision de la cyber-menace, construite essentiellement autour des virus et autres vers et chevaux de Troie (dont Stuxnet, Frame, WannaCry…) et d’une mauvaise « hygiène » informatique (les comportements humains tels que le fait de répondre à un courriel de source inconnue, cliquer sur une pièce jointe d’un inconnu, télécharger sur des sites non sécurisés…) n’est que la partie émergée de l’iceberg, une vision « superficielle » des risques informatiques.

En effet, depuis les années 2010, avec les rapports du Gouvermment Accountability Office des États-Unis (sorte de Cour de comptes) qui pointaient le fort taux de contrefaçons et de défaillances, y compris dans les composants utilisés dans les industries de défense et de sécurité, et le rapport parlementaire français sous l’autorité d’Olivier Darrason concernant la confiance dans le numérique, il est apparu que le problème cyber n’était pas que « logiciel » mais qu’il s’enracinait aussi dans le matériel. Edward Snowden a confirmé les failles béantes de ce système (portes dérobées, fonctions cachées, mouchards, rapports vers des tiers, etc.). Le scandale Wikileaks a relancé, à juste titre, la polémique. Et aujourd’hui les révélations sur Netflix ou sur Cambridge Analytica entretiennent doutes et interrogations. Il y a une certaine prise de conscience de nos dirigeants, comme l’atteste le début du rapport Villani sur l’intelligence artificielle (mars 2018) qui donne un constat très cru de nos échecs et renoncements dans le domaine de l’écosystème de confiance, et de l’approche industrielle sous-jacente.

Le constat est sévère : abandon de la filière Bull (fin du plan calcul, vers 1976, et d’une filière microprocesseurs [1990-2010]) ; chute et disparition des télécoms en Europe (Alcatel, Lucent, puis Nokia) ; abandon du système d’exploitation souverain ; abandon du cloud souverain (abandonné en France en 2012) ; absence de plate-forme européenne significative…

Est-il trop tard ?

Le débat n’est pas encore tranché, mais la volonté de quelques politiques pour reprendre la main sur une filière industrielle sécurisée des composants informatiques se heurte à l’énormité des investissements à mobiliser pour relancer l’initiative dans ce secteur et à la pression à très court terme des marchés. Financer une filière d’excellence française sur la cybersécurité et la cyberdéfense est bien plus médiatique, et plus économe en capital à investir, mais ce ne sera que château fort construit sur du sable si on ne s’appuie pas sur un écosystème industriel de composants sécurisés et de confiance.

Aujourd’hui, l’équation est simple. Soit on finance quelques chaires académiques spécialisées sur cyber (budget globalement inférieur à n’importe quel budget de com’ d’un grand groupe industriel), et l’on forme à terme 1.000 à 2.000 experts spécialisés du domaine ; mais là on ne traite qu’une partie de la problématique cyber, pas la base du problème : ce n’est pas qu’un problème de longueur de la clé de cryptographie ni de poliorcétique [3]. Soit on mobilise des milliards d’investissements, et ce sur vingt ans, afin de renforcer ce qu’il reste de points d’excellence en Europe sur les composants et les fondeurs (Soitec, STMicroélectronics, UMS, le CEALETI…) – il y a urgence, car ST-Microelectronics, 12ème groupe mondial pour les puces, a jeté l’éponge pour ce qui est des processeurs et se recentre essentiellement sur des composants pour l’Internet des objets. Mais cet effort est de nature politique.

Les États-Unis financent depuis les années 1960 l’écosystème de la Silicon Valley, via la Defense Advanced Research Agency (DARPA) et les autres agences gouvernementales. Les GAMAFI ne se sont pas créés « au fond d’un garage », ils sont subventionnés depuis des décennies. La Chine, depuis quinze ans, a également subventionné son propre écosystème, et aujourd’hui les BATX émergent. L’Europe, elle, n’a jamais eu de plan Calcul. Elle a certes partiellement réussi dans le spatial (le modèle est à bout de souffle) et partiellement en aéronautique (mais les États-Unis font énormément pression sur Airbus). Elle a échoué sur la stratégie de Lisbonne, l’Europe de la connaissance : l’objectif des 3% de PIB qui devaient lui être alloués n’a jamais été tenu. L’industrie européenne n’a toujours pas mené à terme le projet Galileo (un « GPS » indépendant) pourtant lancé en 1998. Si le CERN était en pointe il y a trente ans sur le « réseau des réseaux », Internet voit aujourd’hui sa gouvernance et sa neutralité menacées par les intérêts commerciaux et hégémoniques des États-Unis et de la Chine.

Les tentatives sympathiques d’architectures ou d’outils alternatifs, tels les logiciels libres, sont menacées par les politiques d’acquisitions de nos administrations [4], et les recherches de nouveaux outils de confiance, décentralisés comme les blockchains, se révèlent insuffisantes, et partiellement utilisables (problématiques en termes déploiement d’architecture et de consommation énergétique associée).

Et demain ?

Sous la pression des GAFAM, le modèle marchand est en train de migrer du monde des solutions propriétaires (les OEM – industriel manufacturiers – qui verrouillent encore leurs marchés historiques, les constructeurs d’avions qui structurent, encore, le monde du transport aérien) vers le monde des plate-formistes (mettre en relation des intermédiaires, en cassant la relation captive traditionnelle) et l’écosystème centré sur la donnée (nouveau modèle, où le fabricant du système qui produit la donnée n’est pas propriétaire de cette donnée !).

Les nouveaux maîtres du jeu seront les fournisseurs d’analyses de données (mise en évidence de corrélations), d’outils de visualisation des métadonnées (données complexes, non homogènes, massives, de volume exponentiel, dont la véracité doit être vérifiée), d’outils de prédiction de comportement ou de potentiel de vie, et de modèles numériques associés. Les nouvelles technologies à maîtriser sont :
– les big data analysis, la production d’analyses à base des métadonnées ;
– les architectures connectées (parmi lesquelles l’Internet des objets) et agiles (partiellement ou totalement décentralisées) ;
– la cybersécurité (garantir l’intégrité et la véracité des données, rétablir la confiance) ;
– l’intelligence artificielle (IA ; nous préférons le terme informatique avancée), en fait principalement les outils d’apprentissage informatique profond.

La notion de « propriété de la donnée » étant difficile à définir (tous les composants, sous-systèmes et systèmes en produisent) et dépendant des liens contractuels, c’est donc plutôt la notion d’« accès à la donnée » qui va structurer empiriquement les relations commerciales sur les sujets de « valorisation des données » ; bref, la façon dont on monétise la donnée. (Cette relation est actuellement caricaturale, car pour bénéficier d’une application « gratuite », il faut impérativement « accepter les conditions générales d’utilisation ».)
Les plates-formes de type Palantir se positionnent en force sur le créneau du big data analysis. Elles présentent deux types de risques :
- 1. La captation en premier de la valeur ajoutée (position commerciale dominante) et l’accès en direct à tout type de données. Il serait alors préférable de ne leur fournir que des méta – données, déjà formatées, triées et pré-analysées ou prétraitées.
- 2. Leur porosité vis-à-vis de leurs mandants ou parties prenantes (tiers de non-confiance). Une des alternatives serait d’appliquer en amont des algorithmes d’anonymisation sur les bases de données fournies.
En tant qu’européens, nous sommes dans une position très asymétrique par rapport à ces nouveaux fournisseurs de services numériques, car tous les acteurs sont états-uniens… Le choix revient juste à définir la longueur de la cuiller que l’on va utiliser pour dîner avec le Diable. Mais, sur toutes ces briques techniques de pointe, la question du composant et du matériel associé est incontournable. Les logiciels grand public (systèmes d’exploitation, firmwares, applications bureautiques…) et les algorithmes spécifiques (plus sensibles dans la chaîne de valeur) ne sont jamais hors sol : ils se transforment en séries de macro-instructions qui s’implémentent dans les puces. Tout calcul informatique consiste finalement à commuter des électrons, et à les transférer dans des mémoires (qu’il faut régulièrement alimenter et rafraîchir).
C’est très contraignant pour l’efficacité énergétique de nos algorithmes. Il serait illusoire de progresser sur les sujets IA si on ne s’attache pas à réaliser des composants dédiés optimisés, sinon la consommation de ces circuits intégrés associés va rapidement rencontrer un mur thermique et énergétique. Le CNRS, notamment, développe déjà des composants neuromorphiques, où les réseaux de neurones sont prégravés dans le silicium. De nouvelles architectures à base de systèmes à memistors sont également testées.

Alors, que faire ?

- > 1. Voir loin et se donner une stratégie. Il faut mobiliser massivement les investissements, sur le long terme ; il faut une nouvelle politique fiscale par rapport aux investissements des entreprises (mise sous contrôle et sous exigence de résultats des subventions PCRD, CICE et CIR). Plus généralement, il faut construire une vision globale, qui parte des industriels du composant (microprocesseurs, microcalculateurs, capteurs, senseurs, routeurs, mémoires…), en passant par les créateurs de logiciels et les gestionnaires de plates-formes(pour les services numériques, dont le big data analysis), mais qui s’affranchisse des prédateurs GAFAM et BATX. Enfin, il est nécessaire de reposer des projets industriels en coopération, en partenaires égaux, non affiliés, et définir le statut de l’accès aux données.

- > 2. Commencer par du concret. D’abord, nous avons besoin de démarrer par un plan d’urgence de sauvetage de nos dernières pépites européennes (STMicroelectronics, Soitec…), mais aussi de faire un inventaire de notre écosystème des start-up sur logiciel libre, plates-formes libres et outils (solutions) participatifs. Il faudrait également organiser un « Woodstock » des chercheurs, universitaires, entrepreneurs indépendants, salariés du secteur, citoyens, avec pour thème « comment construire une alternative citoyenne et participative de notre écosystème de l’informatique avancée ? ». Il faut utiliser notre position unique en France dans le domaine des données de santé pour résister à la pression marchande des GAFAM, et en profiter pour développer une filière spécifique sur les dispositifs de santé, garantissant la sécurité de nos données personnelles, autour d’une filière maîtrisée de composants de santé [5].

Voir en ligne : Article de la revue progressistes

[1« Les liaisons dangereuses du renseignement français », Progressistes, n°18.

[2Sylvain Delaitre est ingénieur-chercheur, membre du Conseil supérieur de la réserve militaire et de la CGT Métallurgie.

[3Art d’assiéger, ou de défendre, les places fortes.

[4Nos administrations n’hésitent pas à se fournir auprès de l’états-unien Cisco (routeurs télécoms) et de Microsoft (systèmes d’exploitation et applications bureautiques), obérant leurs marges de manœuvre. Forts de ces exemples, les grands groupes industriels, tel Airbus, passent directement des accords avec Palantir.

[5La CGT de Thales a proposé un projet industriel complet sur ce sujet au CNI et CSF Santé.

 
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Publié par le juin 19, 2019 dans SOCIETE, THEORIE

 

7 ans de mensonges à propos d’Assange, et ce n’est pas fini. Par Jonathan Cook

Source : Consortium News, Jonathan Cook, 12-04-2019

Selon Jonathan Cook, l’une des rares grandes personnalités de notre époque a été réduite à rien de plus qu’un parasite sexuel qui n’a pas respecté les termes de sa libération conditionnelle.

Jonathan-Cook.net

Depuis sept ans que Julian Assange s’est réfugié à l’ambassade équatorienne de Londres, on nous répète que nous avons tort et que nous sommes des complotistes paranoïaques. On nous a dit qu’il n’y avait aucune menace réelle d’extradition d’Assange vers les États-Unis, que tout ça n’était que le fruit de notre imagination fiévreuse.

Depuis sept ans, nous avons dû écouter un chœur de journalistes, de politiciens et de soi-disant experts nous dire qu’Assange n’était qu’un homme fuyant la justice, et qu’on pouvait se fier aux systèmes judiciaires britannique et suédois pour traiter son cas de façon parfaitement légale. Pendant tout ce temps, c’est à peine si une seule voix du « courant dominant » s’est élevée pour prendre sa défense.

Du moment où il a demandé l’asile, Assange a été banni comme un hors-la-loi. On a effacé des registres son travail en tant que fondateur de Wikileaks – cette plate-forme numérique qui, pour la première fois dans l’Histoire, donnait aux gens ordinaires un aperçu des recoins les plus obscurs des coffres-forts les mieux gardés des plus protégés des États profonds.

Assange est passé du statut de personnage marquant de notre époque – un homme digne d’occuper une place centrale dans les livres d’histoire, si notre espèce vit assez longtemps pour écrire ces livres – à un simple parasite sexuel ayant bafoué les termes de sa libération conditionnelle.

Julian Assange, en 2006 ou avant. (Martina Haris via Wikimedia Commons)

Le récit par la classe politique et les médias est tissé de semi-vérités à propos des accusations sexuelles pour lesquelles Assange faisait l’objet d’une enquête en Suède. Le fait qu’Assange ait été autorisé à quitter la Suède par l’enquêteur initial a été négligé et pourtant, celui-ci a abandonné les charges, et c’est un autre enquêteur dont la couleur politique est bien connue qui a relancé l’enquête.

Ils se sont bien gardés de mentionner qu’Assange était tout à fait prêt à être interrogé par les procureurs suédois à Londres, comme cela avait été le cas dans des dizaines d’autres affaires impliquant des procédures d’extradition vers la Suède. C’était presque comme si les autorités suédoises ne voulaient pas présenter les preuves qu’elles prétendaient avoir en leur possession.

Les médias et les milieux politiques n’ont cessé d’insister sur la violation de liberté conditionnelle d’Assange au Royaume-Uni, négligeant le fait que les demandeurs d’asile fuyant la persécution légale et politique ne respectent généralement pas les conditions de libération conditionnelle imposées par les autorités de l’État à l’origine de leur demande d’asile.

Faire fi de l’accumulation de preuves

Les autorités politiques et les média ont ignoré les preuves grandissantes de l’existence d’un grand jury secret en Virginie qui formulait des accusations contre Assange, et tournait en ridicule les craintes de Wikileaks selon lesquelles l’affaire suédoise pourrait dissimuler une tentative plus inquiétante des États-Unis pour extrader Assange et l’enfermer dans une prison haute sécurité, comme cela s’était passé pour la lanceuse d’alerte Chelsea Manning.

Ils ont rejeté le verdict rendu en 2016 par un groupe de juristes des Nations Unies selon lequel le Royaume-Uni « détenait arbitrairement » Assange. Les médias étaient davantage intéressés par le bien-être de son chat.

Manifestation pro-Assange à l’Ambassade de l’Équateur à Londres, le 16 juin 2013. (Ricardo Patiño via Flickr)

Ils ont ignoré le fait qu’après le changement de président de l’Équateur – avec le nouveau président désireux de gagner la faveur de Washington – Assange a été placé sous des formes de plus en plus sévères d’isolement. Il s’est vu refuser le droit de recevoir des visiteurs et dénié les moyens de communication de base, en violation tant de son statut de réfugié politique que de ses droits humains, et mettant en péril son bien-être mental et physique.

De même, ils ont occulté le fait que l’Équateur avait accordé à Assange le statut diplomatique et la citoyenneté équatorienne. La Grande-Bretagne était ainsi obligée de lui permettre de quitter l’ambassade, du fait de son immunité diplomatique, afin de se rendre sans encombre en Équateur. Aucun journaliste ou politicien « grand public » n’a jugé cela digne d’attention.

Ils ont ignoré le fait qu’après avoir refusé d’interroger Assange au Royaume-Uni, les procureurs suédois avaient décidé d’abandonner discrètement les poursuites contre lui en 2015. La Suède a gardé cette décision secrète pendant plus de deux ans.

Suite à une demande d’un proche d’Assange et non d’un média, au titre de la liberté d’accès à l’information, des documents ont été mis au jour qui montrent que les enquêteurs suédois avaient en fait voulu classer l’affaire contre Assange en 2013. Le Royaume-Uni avait cependant insisté pour qu’ils continuent cette mascarade afin qu’Assange reste enfermé. Un fonctionnaire britannique a envoyé un courriel aux Suédois en ces termes : « Ne vous avisez pas de vous dégonfler !!! »

Destruction de documents

La plupart des autres documents relatifs à ces conversations sont restés inaccessibles. Ils avaient été détruits par le Crown Prosecution Service du Royaume-Uni [ministère public britannique NdT] en violation du procès verbal. Mais bien sûr, personne dans le milieu politique et les médias ne s’en est ému ou soucié.

De même, ils ont ignoré le fait qu’Assange a été contraint de se terrer pendant des années à l’ambassade, ce qui est la forme la plus extrême de l’assignation à domicile, alors même qu”il n’était plus poursuivi en Suède. Ils nous ont dit – le plus sérieusement du monde – qu’il devait être arrêté pour avoir enfreint les conditions de sa mise en liberté sous caution, ce qui normalement n’est sanctionné que d’une simple amende.

Stencil (OperationPaperStorm, CC by 2.0.)

Et peut-être plus grave encore, la plupart des médias ont refusé de reconnaître qu’Assange était journaliste et éditeur, alors même qu’en procédant ainsi ils s’exposaient aux mêmes sanctions draconiennes s’ils devaient un jour être réduits au silence ou voir leurs publications bloquées. Ils ont reconnu le droit des autorités américaines à se saisir de tout journaliste étranger n’importe où dans le monde et l’enfermer à l’abri des regards. Ils ont ouvert la porte à une forme nouvelle, particulière de restitution de journalistes.[enlèvement et rapatriement NdT]

Il ne s’est jamais agi de la Suède ou de violation de la liberté sous caution, ni même du récit discrédité du Russiagate : n’importe qui aurait dû pouvoir s’en rendre compte, même en ne prêtant qu’une attention infime. Il s’agissait de l’État Profond américain faisant tout ce qui était en son pouvoir pour écraser Wikileaks et faire un exemple de son fondateur.

Il s’agissait de s’assurer qu’il n’y aurait plus jamais de fuite comme celle de « Collateral Murder », la vidéo militaire publiée par Wikileaks en 2007 qui montrait des soldats américains en train de fêter le meurtre de civils irakiens. Il s’agissait de s’assurer qu’il n’y aurait plus jamais de fuite de câbles diplomatiques américains, comme ceux rendus publics en 2010 qui ont révélé les machinations secrètes de l’empire américain pour dominer la planète, quel que soit le prix à payer en termes de violations des droits humains.

Désormais, les faux-semblants n’ont plus lieu d’être. La police britannique a fait intrusion sur le territoire diplomatique de l’Équateur – invitée par l’Équateur après que celui-ci ait violé le statut de réfugié politique d’Assange – pour le mettre discrètement en prison : deux États vassaux coopérant pour obéir aux ordres de l’empire américain. L’arrestation n’avait aucunement pour but d’aider deux femmes en Suède ou de sanctionner une infraction mineure à la liberté sous caution.

Non, les autorités britanniques agissaient sur la base d’un mandat d’extradition émis par les États-Unis. Et les accusations que les autorités américaines ont fournies concernent les travaux les plus anciens de Wikileaks qui avaient révélé les crimes de guerre de l’armée américaine en Irak – un sujet reconnu d’utilité publique par les journalistes et que les médias britanniques et américains s’étaient honorés de publier.

Et pourtant, les médias et la classe politique ferment les yeux. Où est l’indignation devant les mensonges qu’on nous sert depuis sept ans ? Où est le remord pour avoir accepté d’être trompés si longtemps ? Où est la fureur face à la négation de la liberté de la presse la plus élémentaire – le droit de publier – pour faire taire Assange ? Où est la volonté de prendre enfin la parole pour la défense d’Assange ?

Rien, il n’y a rien. Il n’y aura pas d’indignation à la BBC, ni au Guardian, ni à CNN. Juste un reportage curieux, impassible – voire gentiment moqueur – quant au sort d’Assange.

Et ça, c’est parce que ces journalistes, ces politiciens et ces experts n’ont jamais vraiment cru ce qu’ils racontaient. Ils savaient depuis le début que les États-Unis voulaient faire taire Assange et écraser Wikileaks. Ils le savaient depuis le début et ils s’en fichaient. En fait, ils sont volontiers entrés dans la conspiration pour paver la voie de l’enlèvement d’Assange aujourd’hui.

Et si ils l’ont fait, c’est parce qu’ils ne sont pas là pour dire la vérité, ni pour défendre les gens ordinaires, ni pour protéger une presse libre, ni même pour faire respecter la règle de droit. Ils se fichent de tout ça. Ils sont là pour protéger leur carrière et le système qui les récompense avec de l’argent et de l’influence. Ils ne veulent pas qu’un petit malin comme Assange vienne tout gâcher en donnant un coup de pied dans la fourmilière.

Maintenant ils vont nous servir tout une nouvelle série de tromperies et de manipulations au sujet d’Assange pour nous endormir, étouffer notre colère alors que nos droits sont bafoués et pour nous empêcher de réaliser que les droits d’Assange sont inséparables des nôtres. C’est ensemble que nous tiendrons bon ou que nous tomberons.

Jonathan Cook est un journaliste indépendant basé à Nazareth. Il tient un blog sur https://www.jonathan-cook.net/blog/.

Source : Consortium News, Jonathan Cook, 12-04-2019

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

 

Manifestation à Marseille le 12 juin pour Julien Assange

Photo de Stephen Chalk.
JUN12

Je tiens à vous informer que Mercredi 12 juin nous manifestons pour la libération de Julian Assange devant le consulat britannique à Marseille. Avec musique en live et une délégation des organisations pour protester au consul. (Collectif PCF pour la défense de Julian Assange, Ligue des Droits de l’Homme, Attac, PCF Riez.) Un membre du Conseil national du Parti communiste français a répondu présent à l’appel, pour venir à Marseille, et de nombreux camarades ont envoyé des messages de soutien. L’annonce de l’évènement a été publié sur Facebook, pour ceux qui s’en servent des réseaux sociaux : https://www.facebook.com/events/3280767898607447/

(Pour les camarades du 04, des covoiturages sont prévus à partir de Manosque.)

            Je tiens également à vous informer de la fondation du comité français de défense de Julian Assange : WikiJustice Julian Assange. Je vous encourage vivement à lire leur texte fondateur qui est d’une grande qualité pour s’informer de Wikileaks et de l’acharnement des pouvoirs impérialistes occidentaux à leur égard https://www.legrandsoir.info/wikijustice-julian-assange-declaration.html (également en pièce jointe en PDF). Vous pouvez signer ce texte et adhérer au Comité en envoyant un mail à wikijusticejulianassange@gmail.com

            Je vous informe également que j’ai travaillé sur la traduction anglaise de ce texte qui a été envoyé à Julian (à Belmarsh prison de haute sécurité en Angleterre) par le comité français. La situation devient de plus en plus urgente, Julian est dans l’hôpital de la prison et il paraît que sa santé est « critique » et se dégrade face à la torture qu’il subit en tout illégalité (selon l’ONU).

            Toutes les bonnes volontés sont donc les bienvenues pour venir manifester à Marseille avec nous le 12 juin. Il faut faire du bruit et en parler de Julian Assange et de WikiLeaks autour de nous.

            Recevez chères et chers camarades mes salutations révolutionnaires

Stephen CHALK

— 

https://soundcloud.com/stephen-chalk
http://www.proz.com/profile/811099

 

L’union à la base… toujours… seulement au sommet jamais… à la base et au sommet quelquefois …

L’image contient peut-être : 5 personnes, personnes debout

Marie-Helène Bourlard

7 h

🔴 De passage à Flixecourt, c’est toujours un plaisir d’échanger avec mon ami François Ruffin !

Hier une magnifique manifestation à Marseille sous un soleil éclatant… Les communistes sont ravis de leur candidat…

Autre impression, je discute en attendant la manif avec deux jeunes profs de fac… Ce que je constate c’est à quel point avec le retour du PCF, les électeurs de la France insoumise et ceux du PCF sont confondus, la discussion entre nous est directe, alors que je ne sais pourquoi un petit groupe proche de Mélenchon se montre de plus en plus agressif avec le PCF et son candidat, qui lui a choisi de garder le cap et de ne pas avoir d’ennemi à gauche. Et quand on écoute une Marie-Hélène Bourlard on est encore plus loin de toutes ces combinaisons politiciennes… Même attitude souriante et ferme de la part de Fabien Roussel, simplement les communistes disent ce qu’ils ont à dire,  une autre conception de la politique est en train de surgir.

Je me souviens de ce que me disaient les anciens: l’union à la base toujours, l’union seulement au sommet jamais… l’union à la base et au sommet quelquefois quand les conditions de réalisation de ce pourquoi on a été élu sont réunies et pas simplement pour la lutte des places, voire des strapontins.

Loin d’aboutir au rassemblement, l’effacement du PCF s’est traduit par une division de la gauche sans précédent, les reniements et des luttes pour l’hégémonie des petits chefs. Une méfiance justifiée des couches populaires, une abstention record. Mais la situation en est devenue intolérable. La fausse alternative Macron/Le Pen plafonne, chacune des forces représente un maximum de 20% et seule l’abstention leur donne des positions de tête. Un peu comme à Marseille où la droite, Gaudin est élu avec 15% des inscrits. La reconquête de ceux qui sont écœurés ne se fera pas en poursuivant dans les manœuvres de couloir pour imposer des alliances de circonstances auxquelles personne ne croit.

Incontestablement de manif en manif quelque chose est en train de se construire, il faut du temps, que les choses soient claires, que le parti communiste retrouve sa force et avec lui le monde du travail et la gauche pourra être reconstruite à la base toujours… d’ailleurs la volonté monte et le grand mérite des gilets jaunes c’est de nous avoir réveillé, d’avoir posé jour après jour avec ténacité des exigences… Ceux qui voient dans leur présence la mort du syndicat et feignent de ne pas voir que le PCF est de retour risquent d’être surpris dans leurs espérances. Lutter contre l’effacement du parti, le vouloir à la lumière, il a fallu la volonté de la base du PCF pour que leur parti survive et on ne les fera pas retourner en arrière.

Nous avons désormais avec Fabien Roussel une direction qui veut cette autonomie et ce rassemblement, sait que le rassemblement, l’union dépend de l’autonomie de notre parti, de sa capacité à ancrer politiquement les exigences populaires, celles des salariés dans des actes concrets… Sans cela toutes les combinaisons sont vouées à l’échec. Comme je le disais aux jeunes profs de fac, en leur parlant du temps où nous avions 4 cellules sur le seul campus d’Aix: « si aujourd’hui le PCF avait 19% d’électeurs, la France serait tout autre, les militants communistes sont capables de soulever le monde à cause de ce qu’ils sont mais aussi quand ils sont organisés et se battent sur des objectifs clairs. J’ajoutais, l’idée qui m’est chère: nous intellectuels on veut faire de nous des courtisans, des domestiques du pouvoir, le PCF est le seul parti qui nous a voulu comme combattants. Même s’il n’est pas toujours facile d’être communiste.

Après cette belle journée, je vais partir passer quelque jours sur la plage de La Ciotat… Me régénérer face à la mer, à mon retour « mes mémoires » seront en bonne voie de publication et je participerai mardi à une distribution de tracts devant chez moi, puis  je voterai pour Ian Brossat en me disant que les temps seront peut-être meilleurs qu’on le croit. Bien sûr je serais heureuse que nous fassions 5% que Ian et Marie-Hélène Bourlard soient au parlement européen, mais leur bataille est allée au-delà de ce résultat, elle a bâti un avenir, une espérance pour tous et il faut continuer, c’est le bon chemin.

Danielle Bleitrach

 

France Telecom : « Mon père s’est immolé par le feu et les responsables ne risquent presque rien »

A la fin des années 2000, des dizaines de salariés s’étaient donné la mort à la suite de la restructuration brutale de France Telecom. Le fils de l’un d’entre eux témoigne à la veille du procès de l’entreprise et d’une partie de ses anciens hauts dirigeants pour « harcèlement moral ». ce procés nous rapelle opportunément dans ces temps d »hypocrisie où il n’est question que de violences des manifestants, à quellle torture massive ont été soumise les salariés et le sont toujours, sans parler de tous ces suicidés et vie détruites par des licenciements massifs dans des entreprises qui avaient reçu l’argent de nos impots et encore aujourd’hui par exemple chez Auchan. Le seul parti qui s’oppose réellement depuis toujours à cet état de chose est le parti communiste, son affaiblissment est celui de la voix de toutes ces victimes. Tirez en les conséquences pour votre vote. (note de Danielle Bleitrach)

Par Lucas Burel

Le matin du 26 avril 2011, Rémy Louvradoux, un fonctionnaire de 56 ans entré chez France Telecom en 1979, se donnait la mort sur le parking d’un local de l’entreprise posé au milieu d’une zone industrielle à Mérignac, en Gironde. Un suicide par le feu, d’une violence extrême, sans témoin. Au pied d’un immeuble austère dont la façade dessine une étrange forme de croix. Comme lui, à la fin des années 2000, une soixantaine de salariés de l’opérateur de téléphonie se tueront, à la suite de la mise en place d’un plan de restructuration brutal baptisé « NeXT » qui devait permettre la suppression de 22 000 postes. « Le résultat du sentiment d’impunité totale des dirigeants », témoigne aujourd’hui pour « l’Obs », Raphaël Louvradoux, l’aîné de la fratrie de quatre enfants, parfaitement lucide sur la mécanique infernale mise en place par l’ancienne direction pour pousser à bout son père et l’ensemble des salariés. Et qui vaut à partir de ce lundi 6 mai à la personne morale France Telecom et à sept de ses cadres et dirigeants, dont Didier Lombard, l’ancien PDG, d’être jugés pour « harcèlement moral » et complicité de ce délit. Ils risquent un an d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende.

« J’ai du mal à me réjouir de ça »

Une maigre consolation après dix ans de procédure, juge le jeune homme de 30 ans, développeur dans le secteur du tourisme. Les poursuites pour « homicide involontaire » et « mise en danger de la vie d’autrui » – sanctionnée plus lourdement – que visait la plainte déposée par la famille en décembre 2011 n’ont pas été retenues par la justice. Seuls les cas de 39 salariés, dont 19 suicidés, ont été étudiés par la justice.

« Il faudrait presque se féliciter qu’on ait réussi à mettre en examen le patron de France Telecom parce qu’il a planifié de supprimer 22 000 postes, quitte à pousser 22 000 personnes au suicide ? J’ai du mal à me réjouir de ça. […] Mon père s’est immolé par le feu et les responsables ne risquent presque rien. […] La vérité est qu’ils vont arriver et partir libre de ce procès sans passer par la case prison, même s’ils sont condamnés. Peut-être aurait-il fallu que les dirigeants de France Telecom tiennent le briquet qui a mis le feu à mon père pour être véritablement mis face à leurs responsabilités. »Rémy Louvradoux avait pourtant donné l’alerte dans un courrier de six pages adressé à la direction dès septembre 2009. Il y expliquait ses difficultés professionnelles au quotidien et le sentiment d’avoir été mis « à la poubelle ». « C’est une machine à fabriquer des déséquilibrés, ensuite il suffira d’agiter un peu […] le suicide reste comme étant LA SOLUTION ! », écrivait-il. Délégué du personnel, il dénonçait plus largement dans sa « lettre ouverte » le sentiment d’être « de trop » ressenti par sa génération chez France Telecom, celle des quinquagénaires, des « techniciens », contrainte par le plan de restructuration à se reconvertir ou à quitter l’entreprise. Les techniques de management odieuses pour les dégoûter.

Au cours des dernières années de sa carrière, il avait lui aussi dû accepter des missions à l’opposé de ses qualifications et aspirations, puis enfin un « faux poste », sans aucun véritable moyen pour atteindre ses objectifs.

« Quand les policiers se sont rendus sur son lieu de travail pour récupérer ses affaires, ils nous ont expliqué n’avoir presque rien trouvé. Avant de mourir, mon père n’avait même pas un téléphone sur son bureau pour travailler correctement. »

Déni de responsabilité de la direction

Interrogé par les juges d’instruction sur le cas de Rémy Louvradoux, Didier Lombard avait semblé balayer le dossier d’un revers de main, indiquant que les faits étaient « survenus quatorze mois après son départ [Didier Lombard avait cédé les rênes du groupe à Stéphane Richard en 2010, NDLR], vingt-sept mois après la fin du plan NeXT ». L’ancien numéro deux de l’entreprise, Louis-Pierre Wenes, et l’ex-DRH, Olivier Barberot, n’ont pas eu beaucoup plus d’égards et ont refusé de lier le suicide au plan de restructuration. France Telecom a estimé que les postes proposés à Rémy Louvradoux pendant les dernières années de sa carrière étaient d’ailleurs « parfaitement » cohérents avec son profil.

De leur côté, les magistrats ont relevé que « la détérioration de ses conditions de travail est ainsi exposée avec clarté dans le courrier qu’il adresse en mars 2009 à sa hiérarchie directe. Sa souffrance et sa détresse aussi… Il n’aura pas de réponse ». Et de noter : « On cherche en vain avant 2010 l’accompagnement “continu et vigilant” dont fait état le conseil de France Telecom. » Immédiatement après le suicide, la famille avait été la cible de rumeurs dans le but de dissocier l’acte du père de sa souffrance au travail. « Ils avaient laissé courir le bruit que mes parents allaient divorcer. Qu’on avait des problèmes d’argent », raconte Raphaël Louvradoux. Hélène, sa mère, avait dû intervenir afin d’y mettre un terme. Lors des obsèques, il se souvient aussi avoir vu arriver une foule d’inconnus venus de toute la France, dont beaucoup de salariés de France Telecom. La plupart n’étaient pas des collègues directs.

« Beaucoup de gens se sont reconnus dans ce qui est arrivé à notre famille. Ils sont venus pour témoigner de leur solidarité mais aussi, peut-être, pour se rassembler et se prouver qu’ils n’étaient pas seuls. La responsabilité de ce procès, c’est aussi d’amener une réponse à la hauteur de cette souffrance silencieuse. Il faut une véritable condamnation pour que la peur change de camp. »

Lucas Burel

 

La censure ne porte pas sur un individu mais sur ses combats

 

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Dernièrement, un « bon » camarade s’est étonné de ma protestation contre la censure dont je suis victime depuis plus de 20 ans dans la presse communiste. Dans l’Humanité dont son directeur me poursuit d’une haine personnelle, mais pas seulement. Deux exemples, j’ai essuyé la même censure dans la Marseillaise en avril 2018, j’ai voulu leur présenter un court sujet sur la Chine et l’intelligence artificielle, comme mon nom est interdit je leur ai proposé d’écrire sous un pseudonyme, je n’ai même pas eu droit à une réponse. Autre exemple, récemment en janvier 2019, j’ai proposé un article sur la République des Conseils de Hongrie  (c’était le centenaire) et le cinéma, article qui venait d’être traduit en hongrois pour les éditions du Monde diplomatique. Je l’ai proposé à Cause Commune qui s’était honoré en faisant une critique honnête et non caricaturale de mon dernier livre. Son directeur embarrassé a allégué que l’article était trop long et il  m’a proposé de le couper. J’ai refusé et je l’ai réduit moi-même, cela ne faisait pas leur affaire parce que j’avais conservé ce dont ils ne voulaient pas : le positionnement de Lukacs sur l’Union soviétique et son rôle dans la paix mondiale. Ce n’était pas moi mais Lukacs, c’est dire…

La presse communiste, comme le secteur international, la culture, sont restés aux mains de l’ancienne équipe rejetée par le Congrès. Nous sommes à la croisée des chemins entre poursuite  de l’effacement et reconquête de notre autonomie. Il faudra du temps, mais il ne faut pas non plus ne pas voir la réalité des handicaps. Dans une France où la droite, l’extrême-droite, toutes les forces vassalisées au capitalisme ne laissent que peu d’espace aux forces progressistes et encore moins à ceux qui œuvrent pour une transformation en profondeur. Décourager de l’idée même de Révolution est la ligne générale.

Donc pour revenir à ce « bon » camarade qui m’accusait de me rebeller contre une censure qu’il considérait comme légitime et qui me demandait au nom de quoi j’avais de telles exigences…  il ne voyait dans mon attitude que l’orgueil d’une intellectuelle qui tenait à ce que sa production soit honorée. L’exemple de ma proposition à la Marseillaise dit assez à quel point cela m’importe peu et si j’avais voulu les honneurs et la gloire j’aurais choisi un autre positionnement politique.

Je lui ai répondu par ce que vous trouverez dans mes mémoires (1), à savoir le combat que nous sommes un certain nombre à avoir mené pour Cuba socialiste alors que la direction de l’Humanité entre autres soutenait un « dissident » de Robert Ménard contre Fidel Castro. Cela parait indigne aujourd’hui, mais ne croyez pas que cela soit terminé.

Mais l’article que je viens de publier sur le Donbass, l’article traduit par Marianne sur Odessa prouve à quel point ce qui est censuré ce n’est pas un individu mais bien des informations, on étouffe la voix des communistes. Ce qui se passe aujourd’hui en France est caractéristique, quand on parle de la libération et du rôle de la Résistance de l’intérieur, le nom de communiste ne doit pas être prononcé. Il en est de même de tout ce que nous avons réalisé et à quoi nous avons contribué.

J’ose affirmer que dans notre presse il y a encore aujourd’hui la même tentative de falsifier ce qui s’est passé hier même si parfois on assiste à quelques articles timides et on étouffe ce qui est plus grave ce qui se passe dans le monde, en Europe même.

Et à ce titre ce n’est pas moi qui suis censurée mais tous ceux qui comme moi dénoncent cette volonté de nous effacer nous communistes. Il ne s’agit plus seulement d’ailleurs dans cette société de défendre l’histoire d’un engagement, du marxisme, ou du socialisme tel qu’il s’est réalisé et se réalise, ce sont les fait qui sont niés, on peut parler d’un véritable négationnisme historique.

Et cela s’étend, ce sont les communistes que l’on efface, puis le syndicat qui ose lutter, les associations, les recherches universitaires, tout ce qui est rationnel et qui pousse à réfléchir pour agir.

Mes mémoires qui vont être publiées au début de l’été et qui seront à la fête de l’Humanité (mais pas dans la cité du livre) vont non pas régler des comptes mais restituer cette mémoire, ce positionnement dans le temps, dans l’espace sans lequel il n’y a pas d’action aujourd’hui et pour le futur. L’effacement est la stratégie du capital mais il a trouvé des complices dans nos rangs.

Danielle Bleitrach

(1) Danielle Bleitrach: mémoires d’une communiste, du passé pour le futur. éditions Delga à paraître en juin 2019.