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Archives de Catégorie: SOCIETE

L’inégalité met le système social français en danger

Tout à fait d’accord sur cette analyse, la vraie question est qui peut lutter contre cette tendance, aucun des partis qui ont été au pouvoir depuis l’ère Mitterrand qui a été le déclencheur en France de la dite tendance.. Seul un parti communiste qui retrouvera ses fondamentaux et ne se vivra pas dans un rafistolage permanent de la gauche plurielle,une subordination acceptée parce qu’on ne croit plus au socialisme et n’ose pas le défendre (ce qui est le cas actuellement) peut impulser un changement profond. Sans ce parti là, il n’y aura pas de gauche mais des gens prêts à nous installer des Macron sur ordre du grand patronat, des soutiens d’une UE belliciste, néo-libérale, anticommuniste et proche de fait des fascistes des syndicats vendus au patronat comme la CFDT, tout cela perdurera et avec cette situation l’abstention, l’extrême droite. La seule question est de savoir s’il est possible qu’un véritable parti communiste colonne vertébrale du changement réel pourra enfin apparaître? Un projet de société contre un autre projet de société, pas les petits arrangements , pas l’éternel constat mais le Que faire? … (note de danielle Bleitrach)

Quand on a reçu un « pognon de dingue » pour faire campagne, grâce aux généreux dons d’exilés fiscaux, on renvoi l’ascenseur ! Bernard Arnault (avec M. Levy de Publicis) a de quoi se réjouir. Le bouclier fiscal de Sarkozy a été blindé. Le Français le plus riche (60 milliards d’euros) est dispensé de solidarité nationale.
MARTIN BUREAU /AFP

En France, le modèle social est aussi « en danger », selon l’ONG« car notre fiscalité repose de manière croissante sur des impôts régressifs comme la TVA et la CSG, des impôts qui pèsent proportionnellement plus sur les citoyen.ne.s les plus pauvres ». A l »inverse, l’impôt sur les sociétés est en baisse de 23 % depuis 20 ans.

Oxfam dénonce clairement les mesures fiscales prises par le gouvernement de M. Macron : « L’instauration de la flat tax et la suppression de l’ISF [impôt de solidarité sur la fortune] ont accentué cette tendance en diminuant de nouveau la participation des plus riches à notre système de redistribution ». D’après un rapport du Sénat, le top 100 des contribuables qui payaient l’ISF a gagné en moyenne 1,7 millions d’euros chacun grâce à ces mesures, sans impact visible sur l’investissement, qui était pourtant la justification de la réforme.

L’ONG en tacle au passage le projet de réforme des retraites, qui « pourrait pénaliser les carrières hachées qui concernent le plus souvent des femmes »« Les grand.e.s gagnant.e.s de notre système actuel de retraite sont les plus riches puisqu’ils profitent en moyenne plus longtemps de leur retraite par répartition, avec une espérance de vie de treize ans supérieure à celle des plus pauvres, indique le rapport. Au lieu de les mettre plus à contribution, le projet de réforme actuel prévoit de baisser leurs cotisations au-delà de 10.000 euros de rémunération par mois. »

Pour Pauline Leclère porte-parole d’Oxfam France, « les inégalités indécentes sont au cœur de fractures et de conflits sociaux partout dans le monde car personne n’est dupe : la crise des inégalités traduit la complicité plus que l’impuissance des États à agir pour la combattre. Les inégalités ne sont pas une fatalité, elles sont le résultat de politiques sociales et fiscales qui réduisent la participation des plus riches – entreprises et particuliers – à l’effort de solidarité par l’impôt, et fragilisent le financement des services publics. Transports, éducation, santé, système de retraites…. sont sacrifiés alors qu’ils sont décisifs pour lutter contre la pauvreté. »

Pour lutter contre les inégalités, Oxfam recommande de :
- Reconnaître le travail de soin peu ou non rémunéré effectué principalement par les filles et les femmes comme une forme de travail ou de production apportant une vraie valeur.
- Rétablir une fiscalité plus équitable sur les plus aisé.e.s n, supprimer les niches fiscales qui bénéficient disproportionnément aux grandes entreprises sans bénéfice pour l’économie et lutter efficacement contre l’évasion fiscale.

 

Mexique: l’artiste et activiste féministe Isabel Cabanillas est assassinée à Ciudad Juárez

voilà le  féminicide sur la planète, parce qu’il y a des femmes qui se battent pour leurs droits comme pour ceux de l’humanité et dont nos médias ignorent jusqu’à l’existence, occupés comme ils le sont à surveiller si les gouvernements de gauche respectent bien leurs droits de l’homme à eux, ceux qui aident l’impérialisme à s’implanter. Il n’y a pratiquement aucun médias en France qui ne soit pas en proie à cette tare et qui daigne voir la réalité de l’horreur qu’est le monde tel qu’ils le rêvent. ..Des centaines de femmes torturées, violées qui ont servi de jouet à la classe dirigeante ont été retrouvées mortes dans cette terrible cité,celles qui luttent pour leur vie et pour celle des peuples indigènes ou la défense de l’environnement sont retrouvées mortes avec l’assentiment des Etats-Unis et de leurs valets.qui s’appuient sur des criminels pour tenir les peuples.  (note et traduction de danielle Bleitrach)

La membre du groupe des filles de la mère Maquilera, dédiée à l’art, au militantisme et à la défense des droits des femmes, était portée disparue depuis vendredi, lorsque ses proches ont porté plainte.

Dimanche matin, des proches, des amis, des militants et des voisins de Cabanillas de la Torre ont manifesté sur l’esplanade du monument à Benito Juarez pour exiger que les autorités arrêtent les responsables du crime et arrêtent le féminicide.

Isabel Cabanillas, 26 ans, qui était également créatrice de vêtements, est la quatrième femme tuée à Ciudad Juarez ce mois-ci et la sixième de l’État.

Vendredi, ses proches ont signalé sa disparition devant l’unité des personnes absentes du bureau du procureur général dans la zone nord.

Samedi vers 2 h 45, le personnel de l’unité des homicides pour femmes pour des raisons de genre a reçu un appel d’un opérateur radio au sujet de la découverte du corps d’une femme dans le centre-ville.

Le corps de la peintre et activiste a été retrouvé à côté de son vélo sur un trottoir au croisement des rues Inocente Ochoa et Francisco I. Madero; Il portait plusieurs coups de feu. La femme avait une veste bleue avec des décors noir, un chemisier et des collants noirs et des baskets blanches.

Le bureau du procureur spécial pour les femmes de Chihuahua a déclaré que la mort de la jeune femme était  due à la lacération du bulbe vertébral par un projectile d’arme à feu dans le crâne .

Des dizaines de membres de groupes féministes, des proches de femmes disparues et des proches de la victime se sont rassemblés sur l’esplanade du monument à Benito Juárez pour demander justice et rendre hommage à Cabanillas de la Torre.

Tous portaient des bannières avec des messages comme  Isabel Cabanillas, votre mort sera vengée ,  nous ne sommes pas de la chair à  canon ,  s’ils touchent une de nous répondons à tous!  et pas  une de plus! , ainsi que des photographies de l’activiste, peintre et designer, qui laisse dans le deuil un fils.

Où sont-elles? Nous voulons qu’elles reviennent. Il n’y a aucune raison de se taire ou d’oublier. Ce n’est pas un chiffre de plus; C’est ma sœur Isabel qui n’est plus avec moi , proclamait une autre pancarte..

Ils ont accusé le maire Armando Cabada d’avoir rompu sa promesse d’améliorer l’éclairage public à Ciudad Juarez, ce qui a contribué à l’augmentation des fémicides au cours des quatre dernières années.

Un homme avec un haut-parleur s’est exclamé: «Sa vie lui a été enlevée. Isabel Cabanillas était avec tous les groupes, avec tous les citoyens réunis; Elle l’ a exprimé dans  son art. Par conséquent, les militants, les pères et les mères qui ont une fille disparue ou assassinée sont totalement indignés.

Nous ne savons pas quoi faire pour arrêter cela, pour que les enquêteurs trouvent les criminels .

Cinquante éléments du SSP ont été envoyés pour  protéger l’intégrité des personnes rassemblées et, surtout, pour que la manifestation ne devienne pas incontrôlable , ont rapporté des policiers.

Les militants ont critiqué qu’au lieu de protéger les citoyens, principalement les femmes, les agents soient utilisés pour intimider les manifestants.

Dans le profil Facebook de l’organisation Filles de sa mère Maquilera, il est écrit:  Notre combat est pour vous, soeur, pour vous et pour les milliers de personnes que ce système féminicide assassine quotidiennement .

Lydia Graco, membre du groupe et administrateur du groupe, a déclaré  Je te pleure, Isa. Je te dois tellement, je te dois tout. Vous avez combattu le fémicide, le trafic, les disparitions. Vous avez toujours soutenu les causes. Vous nous avez demandé de vous informer sur la façon de soutenir, que faire. Vous nous avez étreints et nous avez embrassés. Tu étais si pure, tu étais si pleine de vie. Je ne t’ai pas protégée, nous ne t’avons pas protégée. Je ne cesserai jamais d’exiger la justice et de crier votre nom. J’ai perdu une fille. Je n’ai laissé que colère et souffrance. 

Dans la ville de Chihuahua, une femme non identifiée a été tuée alors qu’elle conduisait dans un véhicule à l’entrée du lotissement Senda Real. L’autorité a localisé plusieurs balles  de neuf millimètres.

https://jornada.com.mx/2020/01/20/estados/024n1est

 

Les milliardaires détiennent plus d’argent que 60% de l’humanité selon Oxfam

pendant que l’on invite les communistes à se battre la coulpe sur leur pseudos-crimes, ceux qui ont largement profité de la liquidation de leurs véritables opposants prospèrent à un point inimaginable, ils ont même réussi à convaincre une large part de la population que c’était par leur travail qu’ils accumulaient tant de richesses. Pourtant ça laisse rêveur que si à 8000 euros par jour depuis le 14 jullet 1789, on n’en serait encore à 1% de la fortune actuelle de Bernard Arnault. Que ces gens là aient réussi à nous convaincre de leur droit à une telle accumulation repose sur le dévoiement de l’analyse marxiste, la fin de l’analyse en terme de classe sociale au profit d’un sociétal qui ne gêne personne… Après avoir abattu l’URSS, ce qui était pour eux « un air de liberté » flottant sur la planète,  ces gens là ont imposé partout leur petit personnel y compris à la tête des partis communistes et des syndicats. On en aurait fait autant à leur place (note de danielle Bleitrach)

 Bernard Arnault, le patron de LVMH, lors de l’inauguration d'une usine Louis Vuitton à Alvarado (Texas), aux Etats-Unis, le 17 octobre 2019.

Bernard Arnault, le patron de LVMH, lors de l’inauguration d’une usine Louis Vuitton à Alvarado (Texas), aux Etats-Unis, le 17 octobre 2019.   –  

Tous droits réservés

Nicholas Kamm / AFP

Oxfam France

@oxfamfrance

📢EXCLUSIF | Oxfam publie son rapport annuel sur les inégalités, en amont du sommet de

Nous révélons que les 1% les plus riches possèdent plus de 2 fois les richesses de 6,9 milliards de personnes [+de 90% de la population mondiale]. INDECENT https://buff.ly/3akrlq9 

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« Le fossé entre riches et pauvres ne peut être résolu sans des politiques délibérées de lutte contre les inégalités. Les gouvernements doivent s’assurer que les entreprises et les riches paient leur juste part d’impôts » affirme Amitabh Behar, responsable d’Oxfam en Inde, et qui représentera l’ONG cette année au Forum de Davos, cité dans un communiqué.

Le rapport annuel d’Oxfam sur les inégalités mondiales est traditionnellement publié juste avant l’ouverture, mardi, du 50e World Economic Forum (WEF) à Davos, en Suisse, rendez-vous traditionnel de l’élite économique et politique du globe, et après une année 2019 marqué par de grands mouvements de contestation sociale du Chili au Moyen-Orient, en passant par la France.

« Les inégalités indécentes sont au cœur de fractures et de conflits sociaux partout dans le monde (…) Elles ne sont pas une fatalité (mais) le résultat de politiques (…) qui réduisent la participation des plus riches à l’effort de solidarité par l’impôt, et fragilisent le financement des services publics« , insiste de son côté Pauline Leclère, porte-parole d’Oxfam France.

Selon les chiffres de l’ONG, dont la méthodologie s’appuie sur les données publiée par la revue Forbes et la banque Crédit suisse mais reste contestée par certains économistes, 2 153 personnes disposent désormais de plus d’argent que les 4,6 milliards les plus pauvres de la planète.

Par ailleurs, la fortune des 1% les plus riches du monde « _correspond à plus du double des richesses cumulée_s » des 6,9 milliards les moins riches, soit 92% de la population du globe, une concentration qui « dépasse l’entendement », détaille le rapport.

La Banque mondiale, avait estimé en 2018, que près de la moitié de la population mondiale vivrait avec moins de 5,50 dollars par jour.

Les hommes détiennent 50% de richesse de plus que les femmes

« Les femmes sont en première ligne des inégalités à cause d’un système économique qui les discrimine et les cantonne dans les métiers les plus précaires et les moins rémunérés, à commencer par le secteur du soin« , insiste Pauline Leclère.

Selon les calculs d’Oxfam, 42% des femmes dans le monde ne peuvent avoir un travail rémunéré « en raison d’une charge trop importante du travail de soin qu’on leur fait porter dans le cadre privé/familial« , contre seulement 6% des hommes.

L’ONG ajoute également que la richesse des 22 hommes les plus fortunés du monde est supérieure à celle de l’ensemble de la population féminine d’Afrique.

En France, sept milliardaires possèdent plus que les 30% les plus pauvres

Les 10% les plus riches des Français concentrent la moitié des richesses du pays, relève par ailleurs Oxfam.

Pauline Leclère@pauline_leclere

Selon Oxfam, en France sept milliardaires possèdent plus que les 30% les plus pauvres.
La France n’échappe pas à la crise mondiale des . Le gouvernement doit prendre de toute urgence des mesures pour s’y attaquer. https://www.franceinter.fr/economie/selon-oxfam-en-france-7-milliardaires-possedent-autant-que-les-30-les-plus-pauvres 

Selon Oxfam, en France sept milliardaires possèdent autant que les 30% les plus pauvres

À la veille du 50ème Forum économique mondial de Davos (Suisse), Oxfam publie son rapport annuel sur les inégalités mondiales. Sans grande surprise, le décalage entre les plus pauvres et les plus…

franceinter.fr

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Par exemple la fortune du Français le plus riche, Bernard Arnault est évaluée à 116 milliards de dollars, soit plus de 104 milliards d’euros, selon le classement en temps réel de Forbes. Le patron de LVMH serait même en ce début d’année l’homme le plus riche de la planète, détrônant ainsi l’Américain Jeff Bezos, le dirigeant d’Amazon.

A titre de comparaison, Oxfam s’est livré à un petit calcul. L’ONG indique ainsi « que si quelqu’un avait pu économiser l’équivalent de 8 000 euros, par jour depuis la prise de la Bastille, il n’arriverait aujourd’hui qu’à 1 % de la fortune de Bernard Arnault« .

Enfin, l’Hexagone compte actuellement 41 milliardaires, soit quatre fois plus qu’après la crise financière de 2008. La richesse cumulée de ces derniers représente 329,9 milliards de dollars ( plus de 296 milliards d’euros), soit cinq fois plus qu’après la crise financière.

 
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Publié par le janvier 21, 2020 dans Economie, SOCIETE, THEORIE

 

Au Brésil, on peut tuer, mais il y a des limites au franc parler …

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Le ministre de la Culture brésilien Roberto Alvim, en prononçant un discours dans lequel il annonçait le nouveau « Prix national des Arts », s’est inspiré d’un discours de Goebbels, le bien connu ministre de la propagande nazie. Ce qui a provoqué l’indignation de la communauté artistique et politique.

Vu les mœurs du régime face à la dite communauté on se doute que ce n’est pas leur indignation dont tout le monde à commencer par Bolsanaro lui-même se tamponne, qui aurait pu changer quoi que ce soit, même si le marquis Mario Vargas Llosa avait daigné  protester dans Paris-Match, au lieu de vanter les coups d’Etat néo-nazis comme le fin du fin de la démocratie, les jeux sont faits et le monde de la culture n’est plus beaucoup entendu, ni à Brasilia,ni à Rio, ni à Paris où ceux qui ont accès aux médias bénissent les actes de leur police, les éborgneurs de Castaner…

Le président brésilien, a pu se hisser au poste par des manœuvres dignes du IIIème Reich, et de plus en plus il va y avoir ceux qui cautionnent et ceux que l’on met en prison… ceux qui pensent qu’il y a eu un coup d’Etat en Bolivie et ceux qui reprochent au Venezuela, à Cuba de ne pas être assez démocratiques… y compris dans les colonnes désormais ouvertes, voire béantes de l’Humanité… La question est pourquoi ce genre d’humanisme qui a si bien fonctionné durant vingt ans ne marche plus?

Bolsanaro qui est prêt – lui et son délicieux fiston qui en général dit clairement les état d’âme de papa en la matière – à tirer son revolver quand il entend le mot culture a dû se dire que ça faisait un peu désordre face à son soutien indéfectible israélien.  Le gouvernement israélien, les grandes démocrates du likoud, Liberman et les rabbins fondamentalistes et chez nous le CRIF, n’en sont plus à ça près depuis que partout de l’Amérique latine à l’Ukraine, ils font alliance avec les évangélistes et les Etats-Unis de Trump, celui dont la moitié du cerveau est un tiroir caisse et l’autre moitié le klux klux klan, ça devrait pourtant couiner un peu du côté du mémorial des déportés, mais non un silence de mort…

Si on a pu convaincre les juifs de soutenir les nazis sur toute la planète que ne peut-on réussir en matière de propagande?

Alors pourquoi Bolsonaro a-t-il dû libérer Lula, reconnaître le mensonge sur lequel repose son élection?  Pourquoi n’arrive-t-on plus à entretenir la fiction du miracle Pinochet ? ce n’est pas malheureusement parce que les intellectuels médiatiques ont beaucoup changé, à de rares exceptions prêts, mais parce que partout on commence à avoir des doutes sur le fondement de « leur » démocratie. Il y en a qui se révoltent parce que c’est ça ou crever, il suffit au Chili d’un ticket de métro… Et chez nous, c’est le début, on subodore  que l’on ne se contente plus de créer misère et sous-développement dans les terres de mission du tiers monde, mais que ces gens-là, les gros qui ne savent plus que faire de leur pognon, en ont après nous petites gens des pays occidentaux, qu’ils veulent nous priver de nos droits à la retraite, à la santé, à l’éducation… on se dit que ces gros-là devraient rendre gorge ici et là-bas et ils ont besoin du fascisme officiel où celui qui s’installe sous couvert de démocratie…

On apprenait vendredi après-midi le  limogeage de ce ministre de la culture.

Danielle Bleitrach

 

On voit très bien où ils veulent en venir.

Le journal   » L’Opinon  » se fend aujourd’hui d’un article intitulé « Des méthodes totalitaires « 

D’après Wikipedia

L’Opinion est un quotidien français lancé en mai 2013 par Nicolas Beytout, ancien président des Échos et ancien directeur des rédactions du Figaro. Le journal suit une ligne libérale, favorable à l’entreprise et europhile3,4. Il est édité en version imprimée et en version numérique1.

L’actionnariat est gardé secret, mais le journal serait contrôlé par son fondateur Nicolas Beytout (24,4 %), associé à Bernard Arnault (22,8 %), la famille Bettencourt (17,1 %) et Dow Jones and Company, maison mère du Wall Street Journal (7,6 %), et les 28,1 % restants seraient détenus par des plus petits actionnaires.

Tous les ingrédients colportés dans la plupart des médias système y sont présents :

  • le mouvement a perdu la bataille
  • du coup il quitte le terrain revendicatif et une minorité s’engage dans une pure action politique et la violence
  • les syndicalistes qui luttent contre la réforme empruntent la voie des gilets jaunes
  • il est insidieusement suggéré que l’incendie du restaurant La Retonde a quelque chose à voir avec le fait qu’il était fréquenté par MACRON.
  • enfin le qualificatif de RADICALISATION attribué ordinairement à ceux qui dérivent vers le terrorisme islamiste est à présent accolé aux militants et aux organisations qui poursuivent la lutte contre la réforme des retraites.

Et cette trame on la retrouve dans nombre d’articles ou d’interventions sur les plateaux de télé comme hier où les duettistes de la soit-disant confrontation entre Cohn-Bendit et l’ancien ministre Luc Ferry entonnent  la même ritournelle à propos de l’incendie de La Retonde.

image.gifReprise également sur France Inter ce matin par Thomas LEGRAND dans son éditoriél.

Ce type de suggestion s’apparentant, avant toute espèce d’enquête, à ce que d’ordinaire ils appellent le « complotisme » qu’ils attribuent de préférence à leurs adversaires.

De fait ce récit du mouvement est MENSONGER :

Comment parler de défaite quand l’affrontement est loin d’être clos et que pour y faire face, tenter de le diviser le pouvoir macronien a dû profondément modifier le projet initial en rétablissant près de 10 régimes spéciaux qu’ils prétendait supprimer ?

Comment parler de victoire du pouvoir quand le ministre de l’éducation la PDG de Radio France nommée par Macron doivent battre en retraite à l’occasion des voeux aux personnels, quand le président lui-même doit quitter un théâtre sous haute protection policière rameutée en urgence, quand la fronde monte contre la réforme du Bac et du lycée, quand l’Opéra affiche son opposition et se produit publiquement et gratuitement devant une foule, quand les avocats jettent leurs robes à la tête de la ministre de la justice, quand les personnels de l’hôpital en lutte depuis des mois jettent à terre leurs blouses blanches, quand les ports sont bloqués …?

De fait au-delà de la question des retraites c’est tout un pays qui se dresse contre les décisions politiques du macronisme, résistance de masse  que ce dernier croit pouvoir dissimuler sous des accusations outrancières et mensongères et qu’il doit recourir aux violences policières qu’il ne peut plus nier pour tenter de faire peur et de passer en force.

Comment donc continuer à parler d’un mouvement devenu minoritaire?

Comment attribuer la violence à ceux qui résistent à une politique de destruction systématique de toutes les garanties et conquis sociaux et travestir des actions spectaculaires en actions violentes?

L’opération actuelle relayée abondamment par les chiens de garde a donc pour objectif de masquer l’isolement et la fragilité du pouvoir, tout en préparant les conditions d’une répression élargie et aggravée.

En vue d’isoler, de faire refluer et de faire taire une résistance populaire certes encore dispersée, centrée cependant sur le REJET de la cotre-réforme des retraites MAIS qui dans l’action cherche les voies de l’unité contre l’oligarchie, sa politique et sa domination au service exclusif des riches et des puissants.

Nul doute que la semaine qui vient et les manifestations

du VENDREDI 24 JANVIER

vont constituer une première réplique cinglante à cette entreprise d’enfumage, de contre-vérités et d’accusations mensongères!

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image.gif

image.gifLa grève dans les transports vit ses derniers soubresauts. Les opposants à la réforme des retraites ont perdu, même s’ils ont poussé le gouvernement à ouvrir les vannes de la dépense et à multiplier les exceptions. Moins ces opposants restent nombreux et plus leur échec est patent, plus leurs actions s’éloignent de la revendication sociale pour aller vers la contestation politique teintée de violence. Un quarteron de syndicalistes en roue libre et d’activistes d’extrême gauche ravive la facette la plus exécrable des Gilets jaunes.

Il y a d’abord eu les blocages de dépôts de bus et les injures (homophobes, tant qu’à faire…) contre les machinistes reprenant le service. Il y a ensuite eu le harcèlement d’une conductrice de métro entamant son service. Il y a encore eu l’envahissement du siège de la CFDT, avec bousculades et insultes (« Berger traître », « syndicalistes pourris »…). Ce week-end sont venus l’attroupement organisé autour du chef de l’Etat lors d’une sortie privée au théâtre, puis l’appel à le « décapiter » tel Louis XVI, relayé notamment par l’ancienne porte-parole de La France insoumise Raquel Garrido. Et peut-être l’incendie criminel de La Rotonde, restaurant où Emmanuel Macron a ses habitudes.

Il est possible de s’interroger sur l’essoufflement de la démocratie représentative ou sur le rôle des réseaux sociaux, utile de débattre des erreurs du Président ou de sa condescendance réelle ou supposée, nécessaire de dénoncer les bavures de certains policiers. Mais en démocratie, le seul moyen légitime d’influencer la décision politique est le vote. Intimidations, menaces, agressions verbales et physiques sont des méthodes totalitaires par lesquelles quelques centaines, parfois quelques dizaines d’individus prétendent imposer leur loi à tous les autres. Rien ne permet de les cautionner.

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« On nous appelait les prisonniers politiques » : des gilets jaunes incarcérés racontent

PAR PIERRE BONNEAU

 

Plus de 400 gilets jaunes, condamnés à de la prison ferme, purgent ou ont purgé leurs peines. Certains ont accepté de raconter à Basta ! leur découverte de l’univers carcéral, une expérience qui marque les personnes et souvent déstabilise les familles. Tout en laissant une trace profonde sur le mouvement.

En plus d’un an près de 440 gilets jaunes ont été incarcérés pour des peines de un mois à trois ans. Cette répression, menée sur le plan judiciaire et carcéral, a bouleversé leurs vies et celles de leurs proches, et affecté l’ensemble du mouvement. À Montpellier, Perpignan, Narbonne, Le Mans et d’autres villes, Bastamag a rencontré plusieurs prisonniers et leurs soutiens, qui nous ont raconté leur expérience.

« Je n’aurais jamais cru aller en prison ! » Le 11 mars 2019, le verdict du tribunal de grande instance de Montpellier s’abat comme un coup de massue sur Victor*. « Quatre mois ferme avec mandat de dépôt, huit mois de sursis, 800 euros de dommages et intérêt » Arrêté lors de l’acte 16 pour avoir tiré un feu d’artifice en direction des forces de l’ordre, ce gilet jaune de Montpellier est jugé en comparution immédiate pour « violences contre les forces de l’ordre » et « participation à un groupement en vue de commettre des violences ». Les images de son jugement tournent en boucle dans sa tête.

« Ça n’a même pas duré dix minutes. Je n’ai rien compris à ce qui se passait. » À peine sorti de sa garde-à-vue, sidéré, ce plombier et père de famille est embarqué au centre pénitentiaire de Villeneuve-les-Maguelone. Placé pendant cinq jours dans le quartier des « arrivants », il y reçoit un petit kit avec le minimum nécessaire pour le couchage et l’hygiène. « Au début c’était terrible. Je ne voulais pas sortir de ma cellule, être confronté aux surveillants et aux détenus. » Il sortira de prison trois mois plus tard.

Plus de 2200 peines de prison prononcées, fermes ou avec sursis

Victor fait partie des 440 gilets jaunes condamnés à de la prison ferme avec mandat de dépôt, selon le dernier bilan du Ministère de la Justice en novembre, qui comptabilise 1000 peines de prison ferme allant d’un mois jusqu’à trois ans. Sur ce total, 600 peines ont été prononcées sans mandat [1], aménageables avec un bracelet électronique ou un régime de semi-liberté.

En plus de ces 1000 condamnations fermes, aménagées ou non, 1230 gilets jaunes ont été condamnés à de la prison avec sursis. Une telle répression judiciaire d’un mouvement social est inédite dans les dernières décennies. Seules les révoltes des banlieues en 2005 ont fait l’objet de plus d’incarcérations, avec 763 personnes écrouées sur 4402 garde-à-vue [2].

Comme Victor, la grande majorité d’entre eux n’avait pas de casier judiciaire ni de connaissance du monde carcéral. « À 40 ans, bientôt quatre enfants, je n’étais pas du tout préparé à aller en prison ! », souffle Abdelaziz, ancien brancardier à Perpignan. Cette figure associative locale de la Coordination contre le Racisme et l’Islamophobie se savait dans le collimateur de la BAC depuis le printemps 2017, où il avait diffusé une vidéo de violences policières. Le 5 janvier 2019, une manifestation s’échauffe devant le tribunal de Perpignan. Des manifestants rentrent dans l’enceinte, des vitres sont brisées, des affrontements éclatent. Quatre jours plus tard, à l’aube, Abdelaziz est perquisitionné. « Ils cherchaient mon gilet jaune et le mégaphone de mon association, pour me présenter comme le meneur. » Les policiers l’accusent d’avoir assené un coup de poing à un agent, ce qu’il conteste fermement.

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« En garde-à-vue, les policiers disaient entre eux : « Regardez, on a eu Abdelaziz ! ». J’étais comme un animal qu’on avait attrapé. » Placé en détention préventive, en attente de son procès en février, il est finalement condamné à trois mois fermes et cinq mois de sursis. « Deux autres gilets jaunes, Arnaud et André, interpellés au même moment, ont accepté la comparution immédiate en espérant que le juge soit plus clément. » Ils prendront huit et dix mois fermes avec mandat de dépôt.

« Les toilettes sont à 50 cm de l’endroit où l’on mange, sans cloison »

À Perpignan, Abdelaziz rejoint un deuxième détenu, dans une cellule conçue pour une seule personne. Au début, la cohabitation est respectueuse. Mais elle se détériore avec l’arrivée d’un troisième prisonnier qui dort sur un matelas à même le sol. « Les conditions de détention étaient horribles. Nos toilettes sont à 50 cm de l’endroit où on mange, sans cloison. Il y a des grillages derrière les barreaux de nos fenêtres alors que c’est interdit. La surpopulation est de plus de 200 %. Des femmes s’entassent à quatre dans certaines cellules. Récemment un détenu s’est suicidé dans sa cellule. J’ai porté plainte contre la prison. »

Émilie*, compagne d’un gilet jaune incarcéré depuis juin dernier en détention préventive dans une prison du sud-ouest de la France, évoque aussi des conditions très dures. « Ils sont trois dans 9 m2. Il doit régulièrement changer de cellule parce que la cohabitation se passe mal. »

Son compagnon a été interpellé avec 30 autres personnes dans le cadre de l’information judiciaire sur l’incendie du péage et de la gendarmerie de Narbonne Sud le 1er décembre 2018. Leurs demandes d’accès à une « unité de vie familiale » – un espace permettant aux couples et aux familles de se retrouver avec plus de temps et d’intimité que les parloirs [3] – sont restées sans réponse depuis trois mois. « On a fini par se faire un câlin dans le parloir. C’est interdit : l’administration nous l’a supprimé pendant deux mois. »

Entassés à cinq, dans une cellule insalubre de 14 m2

Bastamag a également reçu le témoignage anonyme d’un détenu purgeant une peine de plus de deux ans dans une prison du nord de la France. Entassé avec quatre autres personnes dans une cellule de 14 m2, il déplore des conditions insalubres : « Une table, quatre mini-placards, un WC dans un état lamentable, un lavabo sans eau chaude pour vaisselle et toilette, pas de frigo, des murs moisis, une prise électrique détériorée, des grilles à la fenêtre. Les promenades sont enclavées et grillagées. »

Il dénonce une « lenteur abusive » de l’administration pénitentiaire, provoquant des délais de « dix jours pour obtenir un sac de linge arrivant, trois semaines pour une plaque de cuisson, un mois pour un poste radio, et des courriers qui mettent jusqu’à une dizaine de jours pour nous parvenir. » Du côté des parloirs, il critique le « manque d’intimité en parloir collectif, des fouilles abusives et systématiques, et des problèmes informatiques récurrents pour la réservation des familles ».

À Montpellier, Victor a « ressenti la faim ». En prison, la nourriture fournie gratuitement n’est pas suffisante. L’image des détenus « nourris, logés, blanchis » est un leurre. Pour améliorer l’ordinaire, tous les détenus doivent « cantiner », c’est à dire acheter le surplus. Et tout se paie : nourriture supplémentaire, cigarettes, papier toilette, savon, location de télévision, journaux… Il est crucial d’obtenir de l’argent via des « mandats » envoyé par l’entourage, ou en travaillant en détention. « Je m’entendais bien avec mon co-détenu, au début il a cantiné pour moi. Une fois que j’ai eu mes cantinages, j’ai rendu la pareille à d’autres détenus en difficulté. »

Lire aussi notre enquête : « Une prison digne d’une dictature » : un rapport épingle l’enfer des Baumettes à Marseille

Pour Bruno, gilet jaune du Mans, « les conditions n’étaient pas trop mauvaises : il y avait même une douche dans la chambre ». Ce déménageur de 51 ans avait d’abord écopé de trois mois de sursis suite à un feu de poubelle, en janvier 2019. Interpellé à nouveau le 16 février pour « outrage », « rébellion » et jet de canette, il est incarcéré à la prison des Croisettes, un établissement plus récent. « Ce qui est fatigant, c’est la routine. Le réveil, le café, les infos, la promenade du matin, le repas du midi, la télé, la sieste, la promenade de l’après-midi, le repas du soir, etc. Toutes les journées se ressemblent. »

Pour tuer le temps et bénéficier de réductions de peine, Bruno s’est inscrit à certaines des activités proposées en prison : « J’ ai fait l’école des prisonniers, avec des cours d’anglais, de mathématiques, de français et d’histoire-géo. Et aussi des activités avec un groupe musical. » Le compagnon d’Émilie, lui, s’est « inscrit à toutes les activités et au travail. Il a aussi participé à un atelier d’écriture dans le journal de la prison… sauf que le mot « gilet jaune » y était interdit ! »

« Quand on sort, si le mouvement continue on sera avec vous ! »

Malgré ces conditions très difficiles, de nombreux gilets jaunes interrogés témoignent du respect exprimé par les autres détenus. « Mon nom c’était le « gilet jaune du B2 rez-de-chaussée », se souvient Victor. Pendant les promenades, certains prisonniers me posaient des questions sur le mouvement. Certains disaient « Quand on sort, si ça continue on sera avec vous ! » »

L’ambiance est similaire à Perpignan. « On nous appelait les « prisonniers politiques ». La majorité des détenus soutenaient les gilets jaunes. Ils savaient qu’on avait manifesté pour la justice et la dignité, témoigne Abdelaziz. Les prisonniers, majoritairement issus des quartiers populaires, y aspirent aussi. Ils sont souvent incarcérés parce qu’ils ont fait des actions illicites pour obtenir de l’argent et améliorer leur quotidien. »

Parfois, les manifestations de soutien sont allées jusqu’au personnel de la prison. « Une des surveillantes m’appelait « camarade » », se souvient Victor. Abdelaziz est encore plus affirmatif : « Les trois-quarts des gardiens nous soutenaient, et le reste ce sont des fachos. L’un d’entre eux participait même au mouvement au début. » Sourire aux lèvres, Victor évoque même des encouragements, à mots couverts, de la psychologue chargée de son suivi. « Elle a fini par me dire que j’avais raison d’aller aux manifestations. »

« Maintenant que l’image de « l’ultra-jaune » s’est imposée, il n’y a plus de bons traitements »

Ce respect diffus des gardiens est pourtant loin d’être généralisé. Dans la prison du sud-ouest de la France où son conjoint est placé en préventive, Émilie* évoque des « surveillants qui font tout pour [le] pousser à un geste de violence pour pouvoir le sanctionner ». Dans le nord de la France, le détenu anonyme dénonce des maltraitances, avec « des surveillants parfois irrespectueux. Certains nous prennent même pour des chiens, d’autres donnent des coups physiques ou verbaux ».

Dans cette même ville, un gilet jaune anonyme d’un collectif local analyse : « Au début il y avait encore des matons pro-mouvement. Mais maintenant l’image de « l’ultra-jaune » s’est imposée, et il n’y a plus de bons traitements : ceux qui sont encore en prison sont particulièrement ciblés. »

L’administration pénitentiaire ne fait aucun cadeau et cherche à saper le moral des gilets jaunes incarcérés. À son arrivée en janvier, Abdelaziz avait rencontré sept autres camarades au quartier des arrivants. Mais les retrouvailles ont été de courte durée. « L’administration nous a divisés dans les différents bâtiments de la prison pour casser les solidarités et éviter qu’on s’organise. À la fin, on ne se croisait plus, sauf par hasard à l’infirmerie. »

Pour résister à l’isolement, le lien avec la famille et les proches est indispensable. Chaque soir, à 21h, Victor avait son rituel, sa « bouffée d’oxygène »« J’appelais longuement ma femme et mes enfants. C’était mon seul lien avec l’extérieur, à part la télé. Heureusement qu’on avait un téléphone en cellule. » Normalement interdits, ils sont tolérés de fait. « Comme pour le cannabis : c’est comme ça qu’ils achètent la paix sociale entre les murs. »

Les familles déstabilisées

À l’extérieur, les familles sont profondément bousculées par l’incarcération, à commencer par les enfants. « Mon plus petit m’a vu partir menotté de la maison à 6h du matin. L’autre a refait pipi au lit pendant que je n’étais pas là », explique Abdelaziz. « À la rentrée, la maîtresse a demandé à mon fils ce que leurs parents faisaient comme métier. Il a répondu : « Mon père est prisonnier politique gilet jaune ! » »

En l’absence des prisonniers – surtout des hommes -, les femmes se retrouvent en première ligne pour tenir le foyer et assumer les démarches pour les détenus, au risque de l’étranglement financier. « Ma femme a été obligée d’emprunter 3000 euros pour payer le loyer et les factures avec un salaire en moins », explique Victor. Émilie, elle, « dépense toutes ses économies » dans des aller-retours coûteux pour les parloirs, le cantinage et les frais juridiques. « Normalement, on aurait du faire les marchés cet été. On a un énorme manque à gagner. »

Karine, assistante maternelle à Narbonne, « réfléchit à monter un dossier de surendettement ». Son compagnon, Hedi Martin, était un youtubeur influent au début du mouvement. « Il avait lâché son travail pour le mouvement. Il n’en a pas retrouvé depuis. On en a eu pour plus de 5000 euros de frais d’avocat : ça nous a tués. »

Interpellé lui aussi dans le coup de filet autour de l’incendie du péage de Narbonne Sud, Hedi a fait un mois de préventive en janvier 2019, suivi de six mois de bracelet électronique. Dans le viseur des autorités, il avait aussi été condamné en janvier 2019 à 6 mois de prison ferme sans mandat de dépôt, pour avoir relayé un appel à bloquer une raffinerie. Un symbole de la répression ciblée sur les « meneurs » locaux.

S’organiser pour soutenir les prisonniers

Mais tous les détenus n’ont pas la chance d’avoir des proches prêts à se mobiliser. Le soutien du mouvement est donc crucial. Candy*, gilet jaune à Saumur, en est l’une des chevilles ouvrières. Après la fin des manifestations dans sa région, cette mère au foyer s’est impliquée dans l’écriture de lettres aux prisonniers. En août dernier, elle a créé le groupe facebook « Un petit mot, un sourire : où écrire à nos condamnés ». Sans bouger de sa maison, derrière son ordinateur, elle a épluché jour et nuit articles et réseaux sociaux pour retrouver les identités des prisonniers et les diffuser avec l’accord de leurs proches.

De Toulouse à Reims, en passant par Caen, Lyon, Fleury-Mérogis mais aussi Dignes, Bourges, Marseille, Béziers ou encore Grenoble, une cinquantaine d’adresses de prisonniers dans dix-sept prisons ont été collectées. Le groupe, animé par trois modératrices, rassemble plus de 2500 personnes, « dont un noyau actif d’une centaine ».

Chaque semaine, ils écrivent aux prisonniers et publient leurs nouvelles et leurs besoins. « Les gens engagent une correspondance suivie, on ne les lâche pas : c’est le cœur qui parle !, explique Candy. On est devenus comme des parrains et des marraines, en recréant une grande toile de solidarité. »

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Les contours de cette toile ont rapidement dépassé la pointe du stylo. « On s’est vite rendus compte qu’il fallait aller plus loin que les lettres. Certaines personnes sont isolées, sans famille. On ne pouvait pas les laisser dans cette situation. À Toulouse, un jeune détenu est resté seul quatre mois, sans visite de sa famille, ni référent pour ouvrir un parloir et l’accès au cantinage. On s’en est occupés. » Certains assurent des cantinages pour les prisonniers que la famille ne peut pas soutenir. D’autres récoltent des vêtements. « Chaque geste compte. Récemment, on s’est organisés pour héberger ceux qui sortent et ont perdu leurs logements. »

« Maintenant, il faut mieux informer les gens pour se renforcer »

Au-delà des réseaux sociaux, dans certaines villes le mouvement local s’est fortement mobilisé. « Tous les dimanches matin, j’entendais des bruits de moteurs, de klaxon, de cornes de brume. Les gilets jaunes venaient faire du bruit », se remémore Abdelaziz en souriant. « Je faisais tournoyer mon pull orange fluo par les grilles, pour qu’ils nous voient. » Le gilet jaune a aussi reçu du cantinage.

À Montpellier, Victor se souvient avec émotion des feux d’artifice qui résonnaient au-dessus de l’enceinte les dimanches soirs. « C’était mon moment de gloire. Je sortais un miroir pour voir les explosions par le petit trou de ma fenêtre. Tous les détenus hurlaient, c’était de la folie. » Le groupe anti-répression de Montpellier, « l’Assemblée contre les violences d’État », s’est largement impliqué dans l’appui financier aux frais juridiques ou l’organisation de petits déjeuners devant les prisons, à l’instar de beaucoup de grandes villes familières de la répression comme Paris ou Toulouse.

À l’inverse, dans d’autres villes la mobilisation a été très limitée. « À Narbonne, la vague d’arrestations pour l’incendie de Croix-Sud a tué le mouvement. Beaucoup ont eu peur. Le reste s’est divisé et ne s’occupait pas des inculpés parce que l’action n’était pas pacifiste. », se souvient Hedi. Karine complète : « Hedi était connu donc il a été privilégié, avec une cagnotte, des rassemblements. Mais il n’y a presque rien eu pour les autres. » En plus de ses longues semaines de travail, Karine a donc créé en juin dernier, avec sa mère et des amies, le « Cool-actif 11 vous soutient », pour soutenir les prisonniers isolés.

« Je regrette qu’on se soit fait avoir par la justice au début du mouvement. On ne connaissait rien à la répression et à la prison. Maintenant il faut mieux informer les gens pour se renforcer. » Peu à peu, leur collectif s’est rapproché de groupes « antirep » (pour anti-répression) expérimentés à Toulouse ou Montpellier. « On veut aller plus loin que l’appui aux incarcérés et promouvoir la défense collective : ne pas faire le tri entre « bons et mauvais manifestants », refuser de parler en garde à vue, se mettre en réseau avec les avocats. » explique l’assistante maternelle. À sa manière, la « famille gilet jaune » se réapproprie la lutte anti-répression.

Beaucoup de détenus « isolés, oubliés et démunis de soutien extérieur »

Mais la mobilisation reste cependant faible par rapport à l’ampleur des condamnations. Détenu en préventive pendant six mois à la prison de la Santé, le militant antifasciste Antonin Bernanos évoque, dans une lettre parue en octobre, « beaucoup de gilets jaunes croisés derrière les barreaux, souvent isolés, oubliés et démunis de tout soutien politique extérieur »« Sur près 400 personnes, on n’a pu contacter que 10% des prisonniers environ », constate Candy.

Karine, de son côté, n’a pas reçu de réponses à toutes ses lettres. « Certains détenus nous ont dit qu’ils ne voulaient plus entendre parler des gilets jaunes en attendant leur jugement. » Notamment le procès-fleuve du péage de Narbonne mi-décembre, où comparaissaient 31 prévenus, dont 21 ont écopé de prison ferme, avec deux mandats de dépôts et deux maintiens en détention. Isolés face au système judiciaire, ces détenus ont fait une croix sur le gilet.

C’est aussi le cas d’Hedi, qui avoue avoir « tout arrêté dés que les embrouilles judiciaires ont commencé ». Le débit rapide de ce passionné d’informatique masque une certaine amertume. « Tout ce qu’on avait est allé dans ce mouvement : notre argent, notre voiture, nos meubles. Mais on a raté le coche. Il a fallu revenir à la vie normale. C’est comme une descente : je suis mort intérieurement. »

Le coup dur est venu avec le bracelet électronique imposé de mars à fin novembre après sa détention provisoire. « J’étais en prison à domicile. Mon contrôle judiciaire m’interdisait d’aller sur les rond-points, en manifestation, de sortir du territoire national. J’étais assigné à résidence de 22h à 6h, avec un pointage une fois par semaine, une obligation de travail et de soin. »

« Ils te détruisent économiquement, psychologiquement. Beaucoup de couples explosent »

Cette répression « à emporter » l’a conduit à faire une dépression. « J’ai senti l’étau se refermer sur moi. Un psy m’a prescrit un arrêt. Pendant quatre mois et demi je ne suis pas sorti de ma maison. » Comme pour les blessés, les conséquences post-traumatiques de l’incarcération sont insidieuses et s’insinuent partout dans le quotidien, générant repli, amertume, colère. L’entourage et les compagnes sont les premières affectées. « Ils te détruisent économiquement, psychologiquement. Si en plus ils arrivent à casser le niveau familial on perd tout. Beaucoup de couples explosent », explique Karine.

Les nuits de Victor sont hantées par des cauchemars récurrents, peuplés de policiers qui le poursuivent et le perquisitionnent pour un meurtre qu’il ne sait plus s’il a commis. « Je me réveille le matin déboussolé. » Mais pas question de quitter le mouvement, malgré ses huit mois de sursis, deux ans de mise à l’épreuve, son obligation de travail et de suivi. « Je continue d’aller à toutes les manifestations. Toujours en première ligne, mais les mains dans les poches et à visage découvert ! Je ne peux pas lâcher le mouvement, après toute cette solidarité qu’il y a eu autour de moi. » Abdelaziz, lui, y va « un samedi sur deux, au plus loin des policiers. »

En plus de son incarcération, Bruno a écopé d’une peine d’interdiction de manifester de deux ans sur le territoire national. Une peine complémentaire qui, depuis le passage de la loi « anti-casseurs » en avril 2019, tend à se généraliser dans les condamnations pour « violences » ou « dégradations ». Il a donc littéralement arrêté de marcher dans les cortèges du samedi. Pas plus, pas moins. « Je reste 300 m plus loin, devant ou derrière en faisant très attention, mais je suis là. Je vais partout où je peux aller, aux piques-niques, aux assemblées populaires, aux tractages sur les marchés. » Il s’est aussi impliqué dans la « coordination anti-répression » du Mans.

« Le système ne sait plus comment contenir la colère sociale. Jusqu’au jour où ça explosera encore plus fort »

L’incarcération a profondément marqué les gilets jaunes interrogés. Tous ont changé de regard sur la prison. « Je croyais que c’était la guerre, que seuls les mauvais y allaient. Mes proches ont cru que j’allais me faire violer ou mourir. Mais j’ai surtout réalisé les conditions honteuses », explique Victor. Les rencontres entre les mondes, entamées sur les rond-points, se sont poursuivies entre quatre murs. « André, incarcéré avec moi, votait RN », confie Abdelaziz. « Maintenant c’est fini. Il a changé de regard sur les détenus, qui sont surtout des personnes racisées issues des quartiers populaires. Ce sont des gens comme tout le monde. »

Grâce au soutien sans failles de ses proches et du mouvement, la détermination de Victor est restée intacte. « Tous n’ont pas eu cette chance mais j’en suis sorti plus fort. Ils m’ont mis en prison pour me détruire, ça a produit l’inverse : j’ai encore plus ouvert les yeux. Le système ne sait plus comment faire pour contenir la colère sociale, alors il enferme même des gens avec un profil « intégré ». Jusqu’au jour où ça explosera encore plus fort. » Le gilet jaune ne regrette en aucun cas le geste qui a provoqué son arrestation. « J’en ai assumé les conséquences. J’ai encore la rage : pour l’instant, on n’a rien gagné. »

Pierre Bonneau

Photo : © Anne Paq pour Basta !

 
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Publié par le janvier 19, 2020 dans SOCIETE, Uncategorized

 

Morning star : il n’y a pas de contradiction entre patriotisme et socialisme

  • Nous devons articuler le patriotisme socialiste un véritable amour de notre pays et de son peuple – en opposition au militarisme et à l’impérialisme, écrit MATT WIDDOWSON. C’est une question qui monte de partout et qui est battue actuellement en brèche, quitte à en faire les frais comme on l’a vu récemment à propos du brexit, par une certaine gauche qu’il s’agisse des lubies trotskistes ou de la social démocratie pro-UE. Le Morning star, le journal des communistes britanniques dit une tout autre position qui concerne un autre pays colonialiste comme la France et qui comme nous l’avons vu à propos de la Chine tente d’élaborer partout à partir justement de la décolonisation et de la classe ouvrière un destin commun pour l’humanité (note et traduction de Danielle Bleitrach).

Les médias sociaux étaient inondés d’un mélange de dédain libéral (principalement de ceux qui ont des drapeaux de l’UE dans leurs tiroirs Twitter – apparemment, tous les drapeaux ne sont pas mauvais) et des plaintes ultra-gauchistes typiques sur le «socialisme dans un seul pays».

La vérité est que le patriotisme peut être compatible avec le socialisme et l’internationalisme – en fait, à l’ère actuelle des États-nations, il est nécessaire de parvenir au socialisme. Rejeter complètement toute forme de patriotisme, c’est rejeter toute l’histoire de la libération nationale qui a lutté (et, dans certains cas, lutte toujours) pour renverser la domination coloniale par des puissances impérialistes telles que la Grande-Bretagne.

Le rejet pur et simple du patriotisme découle également d’un manque d’analyse de classe qui ne parvient pas à discerner la différence entre le nationalisme de la classe dirigeante et l’histoire et les aspirations cachées de la classe ouvrière.

Peut-être que certains des critiques de Long Bailey sur les médias sociaux rejettent le patriotisme en raison d’un engagement à la place du «socialisme international». Autant l’idéal du socialisme mondial est souhaitable et une nécessité éventuelle, autant nous vivons toujours à une époque où l’État-nation reste le seul véhicule réaliste des premiers pas vers le socialisme: il n’existe aucune autre communauté politique existante capable d’apporter la transformation nécessaire à l’instauration du socialisme; il n’y a pas de meilleur moyen de défendre le socialisme.

Et, alors que certains peuvent se tourner vers des forums internationaux tels que l’ONU pour réformer ou défendre certains droits, le fait est que la lutte spécifique pour le socialisme et la démocratie ne se déroule que dans le cadre de l’État – elle reste le «seul jeu réel».

Peut-être existe-t-il également une crainte parmi les opposants au «patriotisme progressiste» de céder du terrain au nationalisme réactionnaire (en particulier l’ethno-nationalisme de l’extrême droite). Cela est peut-être compréhensible car il y a eu un changement notable et troublant vers la droite dure dans le monde. Mais encore une fois, cela marque la différence entre le nationalisme «officiel» promu par la classe dirigeante et le potentiel d’un patriotisme socialiste basé sur la souveraineté populaire et la solidarité internationale.

C’est peut-être parce que nous connaissons tous de l’intérieur les nationalismes officiels de la classe dirigeante. C’est soit le nationalisme de droite – les histoires de grands Britanniques, les grandes batailles et les «réalisations» de l’Empire; ou le nationalisme de style «Cool Britannia» plus doux, libéral – plus favorable aux affaires – cultivé pendant la période du New Labour.

Ces deux nationalismes s’appuient sur la nostalgie d’un soi-disant âge d’or – que ce soit une version fantasmée des années 1950 (pensez Heartbeat) ou un simulacre de Carnaby Street des années 60 (pensez à Austin Powers). Ces deux nationalismes ont tendance à ignorer les horreurs de l’Empire – avec la version de droite célébrant le passé impérial de la Grande-Bretagne et la version «Cool Britannia» tentant de désinfecter les symboles de l’Empire – une Spice Girl portant une minijupe en tablier de boucher.

Le sentiment nationaliste repose sur des histoires et des symboles et, une vision progressiste doit s’appuyer sur le contre-récit des peuples à l’histoire officielle de la Grande-Bretagne. C’est l’histoire radicale de la Grande-Bretagne. C’est l’histoire des niveleurs, des martyrs de Tolpuddle, des suffragettes, de Red Clydeside, des camps de Greenham Common et des grèves des mineurs.

Il s’agit d’une histoire nationale propre, alors que les luttes des groupes minoritaires s’entremêlent et deviennent une partie importante de l’histoire de la Grande-Bretagne radicale – le boycott du bus de Bristol; la grève des machines à écrire impériales; la bataille de Cable Street. C’est aussi une histoire internationaliste qui comprend une pléthore de mouvements de solidarité et une forte tradition d’activisme pour la paix.

Avec un gouvernement de gauche au pouvoir, un patriotisme alternatif devrait s’appuyer sur ce passé radical pour regarder vers l’avenir: quelle sorte de société devrions-nous construire? Comment devons-nous tendre vers un monde plus pacifique et plus coopératif?

Le patriotisme devient alors un engagement dans un projet national; un patriotisme inclusif car il ne dépendrait pas de l’ethnicité ou du pays de naissance, mais de l’engagement envers l’objectif collectif. Qu’est-ce que le NHS, sinon un projet national collectif impliquant des gens du monde entier qui ont été galvanisés par un engagement envers ses principes fondateurs?

Pour que la gauche réussisse, nous devons commencer à parler de concepts tels que le patriotisme et le nationalisme sans simplement réaffirmer un dogme inflexible ou recourir à l’hystérie. Dans un monde où l’État-nation demeure une réalité et la seule voie réaliste vers le socialisme, la gauche britannique doit articuler son propre patriotisme socialiste en contraste avec le chauvinisme, le conservatisme et le militarisme qui caractérisent le nationalisme de droite.