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Archives de Catégorie: CINEMA

Tangui Perron : « La politique n’a pas disparu de la Croisette »

Encore une page de l’histoire méconnue des communistes : la lutte pour le cinéma français. (note de danielle Bleitrach)

Manifestation pour la sauvegarde du cinéma français et contre les accords Blum-Byrnes à Paris, le 4 janvier 1948. De gauche à droite : Jean Marais, Simone Signoret et Roger Pigaut. ©Pigiste/AFP

Avec « l’Écran rouge », Tangui Perron revient sur l’enfance méconnue du cinéma français. Du Front populaire à la Libération, une histoire à la fois artistique et militante, à laquelle le 7e art français, l’un des plus vivants au monde, doit beaucoup.

La photographie de couverture de votre livre montre, entre autres, Jean Marais et Madeleine Sologne manifestant pour le cinéma français. Quel est son contexte ?

Celui d’une manifestation syndicale, professionnelle et populaire, sur les grands boulevards à Paris, pour la défense du cinéma français, le 4 janvier 1948. Cette manifestation a rassemblé des milliers d’ouvriers du film, de techniciens, de réalisateurs et de producteurs, d’acteurs et de spectateurs rassemblé·es par les comités de défense du cinéma. Cette photo est restée longtemps dans les mémoires et symbolise encore l’unité de la profession et l’implication du public.

Qu’est-ce qui explique l’implication d’autant de protagonistes à tous les échelons du milieu du cinéma ?

Sans doute un sentiment d’urgence et une politique syndicale unitaire remarquable. Le cinéma français est alors en crise et se sent légitimement menacé par l’arrivée massive de films américains favorisée par une annexe des accords Blum-Byrnes de 1946, accords gouvernementaux qui renégociaient la dette de la France vis-à-vis des États-Unis, dans le cadre de la reconstruction du pays après la guerre.

La profession s’est regroupée avec la Fédération du spectacle CGT alors très implantée dans les milieux du cinéma. Le Parti communiste a mobilisé les spectateurs et les spectatrices. Cette manifestation n’a pas été le point d’orgue mais plutôt le point de départ d’une intense mobilisation dans les cinémas et les ciné-clubs et au sein du Parlement.

Cela a abouti à une révision des accords Blum-Byrnes dans un sens un peu plus favorable au cinéma français et surtout au vote, à l’unanimité du Parlement, d’une loi originale d’aide au cinéma. Cette loi votée en septembre 1948 et confirmée en 1953 puis pérennisée explique pour partie l’existence du cinéma français encore aujourd’hui. Une taxe prélevée sur l’achat de tous les billets de cinéma, quelle que soit l’origine des films, est ainsi réinvestie nationalement dans l’économie du cinéma. C’est un pilier, souvent envié dans les autres pays, de la diversité culturelle.

« La Bataille du rail » de René Clément (1946), « la Grande Illusion » de Jean Renoir (1937), « la Marseillaise » à la une de « Regards », fév. 1938. Source : gallica.bnf.fr/BNF

Qui sont les Joyeux grévistes des studios de Boulogne-Billancourt ?

Là, nous ne sommes plus après-guerre mais avant, au moment du Front populaire, en 1936, quand les ouvrières et les ouvriers, les employées et les employés ont occupé, pour la première fois dans l’histoire sociale, leur lieu de travail. Cette grève a aussi été une joie.

Quel rôle joue le mouvement syndical dans la défense du cinéma pendant cette période ?

Le syndicalisme s’implante réellement dans les milieux du cinéma durant le Front populaire. Les ouvrières et les ouvriers du film sont les premier·ères à arracher une convention collective, suite aux occupations des studios et des labos de cinéma, en juin 1936. La Fédération du spectacle CGT se définit également durant cette période, rejointe par le syndicat des acteurs et celui des techniciens, indépendants jusque-là.

Pour la fédération – ce point est d’ailleurs défendu par le cinéaste Jean Renoir – l’amélioration des conditions de travail des ouvrier·ères et des technicien·nes du film est un gage de qualité des films. Par ailleurs, la grande production cinématographique est en crise depuis le milieu des années 1930. Pour la CGT, l’aventure collective de « la Marseillaise » de Jean Renoir (1938), sur laquelle ne travaillent que des ouvrier·ères et des technicien·nes syndiqué·es, est déjà le début d’une réponse à cette crise économique. Parallèlement, le gouvernement et le Parlement envisagent une refonte complète de l’administration du cinéma.

La plupart de ces réformes aboutiront après-guerre : développement d’une école du cinéma [l’Idhec, intégrée à la Fémis en 1986, ndlr], création du Centre national de la cinématographie (CNC) et du Festival de Cannes, lois d’aide de 1948 et 1953…

Les réalisateur·rices des deux premiers tiers du XXe siècle sont souvent en butte à la censure. Est-elle un frein à leur créativité ?

Bien sûr. C’est aussi un facteur favorisant l’autocensure et l’aliénation des publics privés de sujets sociaux, sociétaux et politiques. Néanmoins, la nécessité de contourner la censure – en empruntant les sentes de l’allégorie ou de la polysémie – peut, paradoxalement, stimuler la créativité. On le voit par exemple aujourd’hui dans le cinéma iranien, de grande qualité.

Pour l’histoire du cinéma durant les premiers tiers du XXe siècle, on peut dire, très schématiquement, que la censure a d’abord voulu interdire une critique de l’armée et du colonialisme et qu’elle s’est opposée à une vision trop directe de la sexualité et de la question sociale. L’Église a aussi agi pour interdire des films ou des séquences et pour empêcher ses fidèles de voir tel ou tel film.

Vous écrivez : « Sous le sable de la Croisette et la vanité des paillettes, il y a toujours un cœur rouge qui bat. » Pourquoi ?

Dans ce livre collectif, deux articles sont consacrés à l’existence du Festival de Cannes. L’historien Olivier Loubes montre par exemple très bien les origines des antifascismes qui président à la création du festival en 1939 (complètement prêt mais annulé in extremis à cause de l’entrée en guerre de la France). Après la Libération, en 1946 et surtout en 1947, c’est le mouvement ouvrier – la CGT et le PCF, très influents à l’époque – qui contribuent à cette renaissance.

Si les mondanités, les pressions diplomatiques ou le pouvoir de l’argent ont tôt pesé sur la destinée du festival, la politique ou le goût populaire pour le cinéma n’ont pas totalement disparu, pour autant, de la Croisette. 1968 et les années 1970 ont été de grandes années politiques du festival. Encore aujourd’hui, la présence de la Fédération du spectacle CGT au sein du conseil d’administration du Festival de Cannes, l’existence des cheminots cinéphiles ou l’excellente programmation au festival Visions sociales de la CCAS sont des indices de cette cinéphilie et de cette histoire sociale et syndicale.


Pour aller plus loin

« L’Écran rouge, syndicalisme et cinéma de Gabin à Belmondo »
Sous la direction de Tangui Perron, Éditions de l’Atelier, 2018, 240 p., 30 euros.
Préface de Costa-Gavras, postface de Philippe Martinez.

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Publié par le août 5, 2018 dans CINEMA, HISTOIRE

 

mercredi 13 juin 2018 Sur ARTE diffusion du film : Un homme est mort

L’occasion en même temps de rendre hommage à René VAUTIER

mercredi 13 juin 2018

Sur ARTE diffusion du film : Un homme est mort

L’occasion de découvrir un très beau film d’animation sur les luttes ouvrières à Brest en 1950 et le documentaire que René Vautier en a fait… à voir absolument !
N’hésitez pas à partager cette bonne nouvelle !

L’HISTOIRE


Brest 1950. La ville est en pleine reconstruction après les bombardements de la guerre.
Lors d’une manifestation revendiquant de meilleures conditions salariales, la situation avec les forces de l’ordre dégénère et le jeune ouvrier Édouard Mazé est abattu d’une balle en pleine tête.
René Vautier, cinéaste militant communiste, vient alors filmer la situation des ouvriers avec la collaboration, pas toujours aisée, de P’tit Zef et Désiré, les amis d’enfance d’Édouard.
Une fois le film terminé, ils improvisent un cinéma ambulant et projettent les images sur les chantiers et les piquets de grèves dans toute la Bretagne.
Le film insufflera un nouvel élan dans la lutte.

POUR EN SAVOIR PLUS sur le grand René VAUTIER voir par exemple :

https://7our.wordpress.com/2015/01/12/10-choses-a-savoir-sur-le-cineaste-rene-vautier/

ET interview suivante :

https://www.youtube.com/watch?time_continue=39&v=SijlzHSheio

 
 
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Ce que J.L.G a attendu du cinéma… Lui au moins il l’a dit.

L’image contient peut-être : 3 personnes, personnes debout et foule

 
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Publié par le juin 6, 2018 dans CINEMA

 

La Mort de Staline et celle de l’Humanité sur le plan du débat d’idées…

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Ce matin, les actualités matinales de France 2, font de la publicité à la fête de l’Humanité, on nous annonce que cette fête va promouvoir le cinéma. Reveillez-vous Jean Grémillon, Louis Daquin, Leon Moussinac, Georges Sadoul, et tant d’autres, le journal jadis comme vous communiste nous présente cette pantalonnade, ce navet intitulé la mort de Staline.

L’Humanité, toujours plus trotskiste, interdit toute publicité à des livres sur Staline, ceux qui permettraient d’ouvrir un véritable débat sur le bilan de l’URSS qui ne se résume pas au seul stalinisme malgré ce qu’en pense Pierre Laurent, l’ineffable secrétaire du PCF pour qui l’URSS est une bonne idée mais qui a foiré à partir de Staline… Ce qui par parenthèse ne la victoire sur le nazisme et le rapports des forces qui a permis les décolonisations, nos conquêtes sociales aujourd’hui gravement remise en cause. Donc le journal l’humanité étouffe tout bilan, tout débat, mais va faire la fête autour du stupide »la mort de Staline »… Tout ça parce que les Russes n’en ont pas autorisé la diffusion en Russie, alors l’humanité se fait un devoir de surenchérir autour de ce navet…

En attendant, à l’inverse de Cause commune qui a daigné faire un compte-rendu intelligent de notre livre montrant qu’il appelait au débat nécessaire, l’Humanité , ce journal jadis communiste organise la censure sur tous les travaux autour du stalinisme, interdit le débat sous prétexte d’amour de la démocratie… A vomir et bien digne d’un Patrick Le hyarec qui a organisé la promotion des bonnes œuvres de Robert Ménard contre CUba…

Et quand je dis trotskiste, bien sûr il n’est même pas question des troupes qui aujourd’hui tiennent dans une cabine téléphonique avec le sieur Besancenot et autre Filoche, voir les égarés du lambertisme avec Melenchon, mais bien de la tentatve de faire ressurgir les pires obsessions de ces diviseurs professsionnels, faute d’une social démocratie elle -même en crise.

le paradoxe est que je ne suis absolument pas « stalinienne », mais j’ai l’esprit critique et quand je vois les stupidités, le négationnisme historique qui est déployé pour des raisons idéologiques autour de ce personnage historique qui est mort il y a plus de 60 ans, cela me met hors de moi. Sentiment que j’éprouve dans bien des cas de manipulation historique (cela va de l’interprétation de Robespierre à l’apologie du féminisme de cette réactionnaire évaporée qu’est OLympe de Gouges, en passant par la résurrection actuelle de Proudhon). Je suis en général indignée par les falsifications historiques et peu à peu je découvre qu’elles ont toujours un sens, en finir avec l’hypothèse même de Révolution, nous infliger des « valeurs » libertaires qui en fait ont pour vocation de désarmer tout prolétariat.

Le fait que la fête de l’humanité organise une séance de cinéma autour de navet,indéfendable sur le plan historique et que soient interdits non seulement notre livre mais ceux de gens très compétents sur le sujet fait partie du crétinisme ambiant, de l’autodestruction du PCF, et je ne parle pas seulement du cas Staline mais de l’abrutissement intégral qui est organisé parmi les militants y compris avec l’invraisemblable politique des trois derniers secrétaires du PCF, l’antistalinisme étant un prétexte à l’autodestruction, ce suicide qui sera un jour étudié comme un cas d’école…

Danielle Bleitrach

 

Une journée « En guerre », VOUS et NOUS ?

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Hier une journée ordinaire essayée à tenter de comprendre mes contemporains. D’abord qu’est ce que le ramadan,est-ce aussi fatigant qu’on le dit? Je me réveille à 5 heures et je ne prend pas la moindre goutte d’eau, la moindre nourriture jusqu’à 12 h 30. Je suis en pleine forme et je descend à pied jusqu’aux réformés, toujours fascinée par ce boulevard de la Libération avec ses nombreuses friperies, ses magasins où l’on vend des choses que l’on ne trouve pas ailleurs, par exemple cette animalerie où pour le prix d’un bébé rat on en a un second. J’ai un hérissement de répugnance. Et une interrogation en passant devant le numéro 30, le portail brûlé, couvert de graffitis, et une cour pavée que je devine, me donne envie de le pousser pour retrouver ce lieu où toute petite j’ai dû partir avec mes parents parce qu’une main errante avait écrit: « Il y a des juifs cachés ici »… Il faudra qu’un jour je pousse ce portail.

Pour le moment je pense à a réunion de cellule de la veille, à la manière dont il m’a été reproché amicalement de dire VOUS et pas NOUS. Comme on m’a traité jadis de RACHA, le fils du repas du seder que l’éternel ne sauvera pas d’Egypte parce qu’il pose mal la question, il demande pourquoi VOUS avez été sauvé de l’esclavage. Sous entendu « pourquoi vous croyez à ces choses là? » et la réponse est : « toi tu ne seras pas sauvée puisque tu t’extrais de la communauté des croyants! »

J’ai dit VOUS parce que ma cellule, comme ma fédération des Bouches du Rhône, finit toujours par voter avec la direction. Et que moi je considère ne porter aucune responsabilité dans la destruction des cellules au Congrès de Martigues. Je n’ai aucune part dans la lâcheté mise par la direction à ne pas assumer notre histoire et celle de l’Union soviétique. Aucune responsabilité dans le choix de s’aligner à propos de cette histoire sur les trotskistes pour mieux reproduire les alliances avec une social démocratie que l’on ne peut que vomir, de Hollande à Benoit Hamon en passant par Faure, pas un poil de différence sur l’Europe et sur la vision internationale de Macron. je récuse  toute responsabilité dans la promotion de Melenchon et les querelles médiocres qui ne cessent d’émailler cette relation, etc… ET tout cela en occultant les questions internationales, de l’Europe à la Chine. J’aime beaucoup les membres de ma cellule, ce sont des êtres droits, humains, chaleureux, j’ai toujours apprécié la vie des cellules, vivante, amicales et je considère comme un privilège de pouvoir avoir encore une cellule, je le leur dois. Mais il n’empêche même si comme ils le disent ils sont à 90% d’accord avec moi, je sais qu’ils poursuivront sur leur ligne légitimiste et je n’ai pas envie de me disputer avec eux. Dois-je dire ma pensée jusqu’au bout,ils se sont mis dans cette mauvaise passe, qu’ils s’en sortent s’ils le peuvent. 

Mais il n’empêche qu’au-delà de ces bonnes raisons, il m’a toujours été difficile de dire NOUS, tant j’étais étonnée par les comportements que l’on croit humains et qui en sont souvent à un stade que Marx nomme animal. L’idée que la politique pourrait être ce dépassement vers l’émancipation et le constat que n’en remontent aujourd’hui que des puanteurs de charogne.

Peut-être est-ce cela la blessure dont on ne guérit jamais, celle dont parle Pierre Goldman. Je suis née juive en danger de mort. je n’avais pas l’âge de combattre, mais à peine née, j’eus l’âge de pouvoir périr dans les crématoires de Pologne, traquée par cet écriteau que l’on continue d’afficher sous moi au titre de tous les péchés d’Israël. Et je sais à quel point certains se foutent des Palestiniens, ignorent tout du monde arabe qu’ils prétendent soutenir, mais voudraient bien achever les boulot entamé par leurs parents collaborateurs ou qui auraient mérité l’être. Les Polonais sont devenus le symbole de cette traque et je ne supporte pas l’hypocrisie d’un Bruno Drewski et d’autres. Quand je vois un Bruno Guigue tout de même chassé par son emploi pour antisémitisme, ce qui n’est tout de même pas courant devenu le chantre exclusivement des Palestiniens à l’exclusion de tout autre cause, comme un Bricmont, je me dis que moi je ne peux une fois de plus que dire VOUS. VOUS à ces fanatiques qui tirent sur les habitants de Gaza qui sont rendus fous et n’ont plus que de l’eau croupie à boire. VOUS à ceux qui se réjouissent d’avoir une bonne raison de continuer à traquer les juifs, alors qu’ils sont nombreux à être dans le coup.

Ce NOUS impossible à propos du sionisme, je me souviens l’avoir dit à mon père. Je n’avais pas plus de 12 ans, je lui ai demandé: « Pourquoi aller là-bas dans ce petit coin de terre, nous enfermer alors que nous avons le monde à nous, que tous les frères de Grand père ont une nationalité différente et que Grand père lui même est Cubain? Mon père m’a répondu: « nous devons être comme les autres, y compris avoir nos fascistes! » Moi je refusais d’être « comme les autres ». J’ai retrouvé quelque chose de ce refus quand Fernandez a dit ses regrets de voir l’homosexualité considéré comme la norme. Il désignait quelque chose que je connaissais bien, le fait de devenir la norme rendait plus violentes les haines ordinaires et n’invitait pas à s’interroger sur son irréductible étrangeté et sur la nécessité que la tolérance soit celle d’une élite alors que la masse est contrainte de plus en plus aux drames quotidiens et à sa recherche de boucs émissaires. Accepter l’étrangeté comme un moyen de dépassement vers l’internationalisme à partir du refus d’être limité à une seule dimension de soi.

Le sionisme est une erreur tragique: devenir comme les autres est une hérésie quelle que soit ce qu’on vous reproche et cela me condamne à dire VOUS au lieu de NOUS. En attendant cela a permis un vrai débat au sein de la cellule, sur ce qu’on peut attendre du Congrès.

Je m’assied à la terrasse des danaïdes, et je note mes réflexions sur un petit cahier Moleskine. Le garçon se penche et s’exclame « Comme vous avez une belle écriture? » Je hoche la tête et je lui dis c’est comme le prénom Danielle, malheureusement cette écriture va avec le physique. Un jour il en sera ainsi des Kevin, c’est l’art de dater que d’être trop à la mode! » il est midi trente, le marche aux fleurs de termine, les pivoines flétris sont répandues autour de moi comme pour mon catalfaque. 80 ans, combien de jours d’années encore à vivre, moi qui aime chaque instant de cette vie qui fut si belle? Et je décide de rompre le jeune en me disant qu’il n’est pas malin à mon âge de jouer avec ses reins en ne buvant pas.

Après je vais voir le film aux Variétés En guerre.

Godard a dit quelque chose d’essentiel, le cinéma c’est l’art de montrer les faits, ceux que l’on voit et ceux qui ne sont pas accomplis et qui pèsent. Oui mais voilà la caméra débute par ce que l’on voit en boucle sur BMTV et tout de suite après d’autres faits qui ne sont jamais montrés, les conditions réelles de la guerre entre classe, celle qui fait le plus de morts au quotidien.

Vincent Lindon est le seul acteur professionnel et il introduit par sa performance l’essentiel « le mentir vrai ». Quand Brecht et Lang prétendent ensemble montrer l’assassinat de Heydrich, le nazi de la solution finale, ils inventen une fiction. Là dessus, ils sont totalement d’accord, il faut une fiction, une fable pour dire ce qu’est le nazisme, à savoir le capitalisme, mais aussi le mal pour Lang. Seule la fiction parle haut et dit l’essentiel. Lindon assume ce poids des sentiments, des contradictions de l’être humain pour donner sa vérité à la lutte des classes. Comment la loi d’airain de la rentabilité capitaliste au seul profit des actionnaires est devenu le Moloch que décrit Lang dans Metropolis, celui dans les flancs brulant duquel on jette les individus. La rencontre entre de véritables allégories du capital. Les cadres disent à la fois qu’il sont eux aussi des salariés, NOUS sommes comme VOUS proclament-ils. ET dans le même temps, ils énoncent la LOI, celle de la concurrence internationales pour attirer les capitaux, le fatalisme des chiffres et du marché auquel il serait vain de prétendre se souscrire. Les Ouvriers qui crient qu’ils s’en foutent et qu’eux ils veulent savoir comment répondre aux besoins élmentaires du prolétaire pour lui et ses enfants, habiter, se nourrir. Ils ne veulent pas d’argent, ils veulent un travail qui assure la vie.

Le prolétaire, dit aussi NOUS. Et quand on a réussi à diviser ce NOUS, l’affaire est bouclée, ils ont perdu. ET face à l’enfant qui vient de naître, face à ce collectif qui a cru en lui, il ne reste plus au héros qu’à se suicider en devenant un brasier devant le siège du patron qui a obten la fermeture de l’Usine en jouant sur les nerfs et la souffrance des ouvriers. Vincent Lindon est non seulement le seul acteur professionnel mais celui qui échappe à ce terrible face à face de la guerre, divorcé, seul, devenu grand père. Une lutte devenue sens de sa vie, une sorte de luxe moral qu’il pousse jusqu’au bout c’est-à-dire jusqu’à la politique, la nécessité de changer ce système, alors que d’autres sont condamnés à l’immédiateté de la survie et le lui disent avec colère.

Nous sommes peu nombreux dans la salle et il n’y a pas le débat pourtant nécessaire après, celui qui rendrait tout son sens au film en proclamant le NOUS de ceux qui veulent changer le monde.

En sortant je suis prise dans le tourment de transports collectifs bloqués parce qu’il y a eu un attentat à la bombe à la gare saint Charles, une station de métro. Au vu de la foule marseillaise qui se presse vers les tramways, je me dis qu’un attentat ici ce serait comme  un attentat à Bagdad. Nous discutons de tout et de rien, je leur parle du film « En guerre »…

En rentrant je fais tomber mon portable dans l’évier. Me voici isolée jusqu’à l’achat d’un autre. L’illustration, la sanction divine pour avoir osé le défier? Nous sommes toujours devant le même problème, celui de la totale hétérogénéité entre la créature et le créateur même à supposer qu’il existe et donc la vanité de toute prière et la conscience de l’imbécillité qu’il y a à supposer une quelconque communauté d’intérêt entre lui et NOUS. Pire encore, le supposer revanchard et tatillon au point de s’en prendre à mon portable. Il n’est pas le patron d’une multinationale  et de sa loi du marché.

Toute la soirée je poursuis une méditation sur la possibilité d’être et la blessure historique qui, à la différence de ces blessures de l’esprit qu’évoque la phénoménologie de Hegel, ne peut guérir. Peut-être est-ce un bien même si cela incite l’individu à se précipiter tête baissée en avant en ignorant les conséquences de son geste et le poids de l’histoire réelle que l’on découvre quand il est trop tard, mais sans regrets si ce n’est celui d’une fin que l’on ne peut partager.

Danielle Bleitrach

 

 
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Publié par le mai 20, 2018 dans CINEMA, mon journal

 

Godard for ever… L’image…

Godard fait son cinéma en souvenir de mai 68, je n’y ai jamais cru mais il y a l’image et ça je ne peux m’y arracher! Mais quels temps épuisés, que ceux où des vieux comme Godard, comme certains d’entre nous, sommes plus jeunes et plus subversifs (même dans la frime) que ce que sont devenus tous ces  clowns usés comme Cohn Bendit, leur OPA sur le mouvement ouvrier de ce temps là. Ils jouent  à renverser le passé, ils se rangent derrière Macron,  ils se vantent de leurs « conspirations » dans les locaux que leur prêtent les sociétés d’assurance, les banques, avec le vieux Collomb totalement gâteux qui leur assure la franc maçonnerie. Leur coup d’Etat derrière Macron est bien digne de ce qu’ils n’ont jamais cessé d’être, des « petits bourgeois pris de rage », leurs  tremblements de terre finissant  toujours par renverser les poulaillers et, hier comme aujourd’hui, leur mai 68  n’a jamais abouti qu’à une chambre introuvable  à qui l’on confie le soin de  détruire tous les conquis ouvriers. Tous les miracles que nous annonçaient ces paillasses soixante-huitardes se résument alors au triomphe des marchands d’armes et des sociétés d’assurance, qui guettent la fin de la sécurité sociale imposée par le mouvement ouvrier et les héros de la résistance.

Oui mais en ce temps là, celui de main68,  il y eut le mouvement ouvrier, la grève massive , l’URSS existait encore même si son prestige était fortement remis en cause par les mêmes, ni le pCF, ni l’union soviétique n’étaient asse révolutionnaires.  Y compris à Cannes, où les réalisateurs exigeaient que leurs films ne passent pas, incompréhensible aujourd’hui un tel refus, dans le temps des ego et des carrières fragiles parce que dépendant des mondanités et du capital, le peuple évacué des salles obscures. Godard lui au moins avait cette prescience. Il refusèrent de passer leurs films en soutien à cette force qui paraissait tout balayer, c’était un mouvement romantique, parce que l’imaginaire de 1917 était là. On ne peut pas reprocher aux artistes, aux intellectuels ce qu’ils sont devenus, la manière dont le mitterrandisme a fait d’eux des courtisans et pas le prolétariat qu’ils proclamaient être à Cannes. Nous en sommes tous ou presque là.

Aujourd’hui , à ce propos, alors que montent les colères, que l’amertume de l’injustice emplit les cœurs, que des travailleurs affirment la nécessité du combat,  il est fascinant  que ce que défend Marx, le communisme comme conscience politique du prolétariat, n’a à se mettre sous la dent que les pourris de la social démocratie et  ces canada dry du communisme que sont Pierre Laurent et Mélenchon. le dernier s’est donné comme mission d’en extirper jusqu’au souvenir, comme Mitterrand il ne veut plus qu’un spectre hante l’Europe, mais celui qui réalise son projet est le secrétaire du PCF, le troisième liquidateur de la série. Hier je lisais un texte de Marx qui m’a fait penser à eux: et que j’ai quelque peu parodié, étant bien entendu que les individus, les leaders ne sont que les porteurs momentanés mais bien encombrants de la faiblesse générale.

Ce ne sont pas des raisons personnelles qui les divisaient. Mais il serait tout aussi faux de parler d’un divergence de principes. Ces gens-là, qu’il s’agisse de Melenchon ou de Pierre Laurent, n’ont jamais revendiqué l’honneur d’avoir des idées originales. Ce qui leur appartient en propre, c’est l’incompréhension particulière des idées d’autrui qu’ils érigent en acte de foi, du républicanisme à la sauce bolivarienne de l’un à un « communisme » débarrassé de toute théorie comme de toute perspective révolutionnaire à l’autre, ils croient se les être appropriées en les réduisant à des phrases. Il serait de ce fait inexact de leur attribuer la moindre action, subversive pour l’un, communiste pour l’autre, sauf à entendre par « action » une oisiveté dissimulée sous des tapages de cirque, des simulacres de conspiration et pour l’autre de futiles alliances qui ne servent qu’à transformer le parti en maison de retraite pour vieux fidèles cacochymes et jeune gauchistes égarés(1).

Voilà où nous en sommes, sans la moindre espérance d’une force collective, individualisés, mais je suis convaincue qu’il suffit d’attendre que surgisse d’autres temps, ils viendront, même si je me demande s’il me sera donné de les voir, ce que je sais est qu’il existe les prémices d’un bouleversement, qu’il est déjà entamé et qu’il faut être bien aveugle pour croire que nous en sommes toujours à la grande contre révolution de 1991..

Godard n’a jamais été autre chose qu’un enfant de la grande bourgeoisie suisse, celle qui n’a jamais craint d’aller jusqu’au bout,jusqu’au meurtre, mais aussi des calvinistes… L’esprit du capitalisme et l’éthique protestante, mais il en reflète aussi le désespoir, la fin d’une classe sociale encore aristocrate, méritante,  une sorte de Guépard que la Nouvelle vague a laissé sur la grève,  et à ce titre, comme ses aieuxs, il ne supporte pas l’idée même de progrès, d’un au-delà de la fin de leur propre classe… L’avenir ne peut être que dans la régression. Mais il est aussi convaincu de la fin, au point d’envisager l’apocalypse,  au point de se conduire comme une bombe cinématographique que l’on jette au milieu des marchands du temple , à Hollywood, comme à Cannes. Pour avoir un langage commun avec Godard, Il faut parler cinéma, la politique chez lui parle ce langage, Fritz Lang et lui s’entendant et citant Brecht dans le mépris, pour dénoncer la marchandisation hollywoodienne, mais Fritz Lang l’accusant aussi de refuser l’Histoire, le scénario, d’être aussi orgueilleux que le « dieu des juifs », lui qu’on a considéré comme aussi antisémite que ses ancêtres protestants, ce que je ne crois pas, il faut être très bête pour être antisémite aujourd’hui et Godard ne l’est pas… Référence complexe à tout cela comme au communisme à partir d’Eisenstein et de la résistance russe aux chevaliers teutoniques dans Alexandre Newski, chaque phrase, chaque image est une citation, un maquis, une image dialectique..

Il pourrait reprendre de ce fait à son compte cette phrase de Marx (encore) : « vous ne direz pas que je surestime le présent,et si pourtant je ne désespère pas de lui, c’est uniquement parce que sa situation désespérée me remplit d’espoir. «  Simplement il n’y a plus de principe espérance pour cette classe qui est la sienne et qui a failli, et il aimerait bien un rédempteur qui en partage quelques valeurs.

La différence entre Marx et lui c’est que le premier quoiqu’il arrive est resté un révolutionnaire et Godard n’a jamais été qu’un saltimbanque qui nous donne de grands plaisirs des sens, un professionnel du cinéma qui prend au moins cela au sérieux ce qui est son privilège, son honnêteté.   Par rapport à ces gens de « l’action » que sont les Macronistes, les minables qui s’y sont ralliés par haine toujours du « populaire », ou ces gens de l’inaction, de l’oisiveté dissimulée derrière des agitations stériles, que sont ceux qui refusent de faire ce qui ne se fait justement pas.

Il n’est qu’un fabriquant de films, qui  ne s’intéresse qu’à ce qui se fait et ne se fait pas à travers la camera. Il y a ce qui se fait la politique réelle que nous imposent encore les maîtres, ces descendants déshonorants d’un capitalisme éthique des banquiers genevois, il hait leur vulgarité à la Cohn Bendit, Glucksman, et autres BHL, son honneur c’est de ne se souvenir plus que de l’assassinat de Pierre Overney, de croire aux zadistes, le socialisme est-il un progrès ou un retour aux temps d’une pureté imaginaire? .  Il y a quelque chose en ce temps là qui ne s’est pas fait, sans doute la Révolution ou à tout le moins une action qui ait un sens de changement, d’urgence, et tout cela aboutit à une catastrophe.. .A cause de ce qui se fait mais aussi à cause de ce que nous ne faisons pas. dans le film,il s’agit du monde arabe qui paraît le lieu de tous les paroxysmes, mais il n’est que la caricature de nos apories, ce qu’il avait déjà montré dans Méditerranée et socialisme, laissez les se débrouiller sans nous, dit-il, je crois qu’il a raison.

danielle Bleitrach

(1) Révélations sur le procès des communistes. La Pléiade, écrits politiques. p.588

 
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Publié par le mai 13, 2018 dans CINEMA

 

Nul homme est une île, mais Cuba est une île, sur fond de NDL, mais aussi de combat pour le service public et de révolte estudiantine

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Dans le cadre de la célébration de mes 80 ans, je suis partie à la rencontre d’une ville, mais aussi de films, en jouissant de l’humeur rebelle du temps, une sorte de bilan d’une vie en forme d’avenir…

« Nul homme est une île, un tout complet en soi » c’est le début d’un poème d’un anglais du XVIIe siècle JOhn Donne que le cinéaste Dominique Marchais a choisi comme titre de son film sur l’importance du savoir vivre ensemble. Le cinéaste y  décrit trois expériences de solidarités collectives . D’abord en Sicile avec une coopérative de producteurs d’agrumes en lutte contre la grande distribution mais qui sont aussi des éleveurs de poules en liberté. En Autriche, des architectes et des artisans recréent les conditions d’un habitat écologique avec une réflexion sur les matériaux, enfin en Suisse, c’est le développement du patrimoine local. Bien sur on retrouve là des thèmes bien connus, circuits courts, méfiance à l’égard des pouvoirs corrompus voir mafieux, démocratie collective et à ce titre on est plus ou moins convaincus par les discours. Mais le cinéaste va plus loin que les expériences, il leur donne un sens  politique d’intelligence collective et c’est dû à la maîtrise de l’espace dont il fait preuve.Le cinéma est affaire d’espace et de temps.

Le discours de ceux qui se sont lancés dans l’expérimentation sociale a comme contrepoint sa manière de montrer l’aménagement d’un territoire; IL y a cette autoroute qui isole les champs les uns des autres, infranchissable, il stérilise  la production agricole. La multiplication de supermarchés fruits de la corruption des notables locaux , crée aussi sa forme de stérilité.  Les grandes surfaces imposent des produits empoisonnés et asphyxient la production locale. Le bois qui vient d’ailleurs ne travaille plus, ne vit plus et il contraint l’artisanat local à perdre de sa créativité. Pourtant nous ne sommes pas seulement dans un petit groupe de résistants à « la modernité » parfois sur des bases archaïques, mais bien au contraire dans une prospective grâce à cette manière de filmer inspirée par tous les grands paysagistes, on pense à Straub et huillet, mais aussi à Nicolas Ray. le sujet devient politique et s’élargit à sa dimension de classe. la question est politique elle est celle de l’aménagement d’un territoire, voire de continents.

Et là l’utopie est confrontée à d’autres enjeux. Regardez ce qui ce passe à  NDL, où nicolas Hulot fait la démonstration de son appartenance à un camp, celui du capital… L’écologie ce n’est pas « l’anarchie », c’est  » l’ordre » comme sous Pétain? de quoi est-il exactement question désormais?

Le cinéaste ne donne pas de leçon, il écoute, mais sa caméra s’évade.Il nous est beaucoup parlé des liens européens entre ces divers groupes… Encore un effort pour aller vers le monde, l’Europe n’est pas en soi ni un remède, ni le mal absolu, l’UE n’est pas contestable en tant qu’espace mais  elle l’est en tant que pouvoir du capital, Macron, Hulot utilisent l’Europe comme une forme d’oppression, mais la nation aussi,le brexit est là pour démontrer que si l’exploitation capitaliste demeure rien ne change… La patrie a besoin du socialisme et l’utopie continentale devra un jour ou l’autre considérer son adversaire;

Ce que cherche la caméra c’est un espace de coopération, à quelles conditions.cet espace de coopération pourrat-il exister?

Et tout commence d’ailleurs dans le film par une caméra respectueuse qui découvre  la magnifique fresque de Sienne: » les effets du bon et mauvais gouvernement de Lorenzetti ». Ce choix est excellent, Sienne est alors en pleine dénonciation d’un pouvoir féoda, celui-ci est remis en cause par un pouvoir citoyen. La paix ou la violence  résulte de cette capacité ou non de repousser la tyrannie ou de gérer collectivement la ville et son environnement rural pour le bien commun.. Cette fresque fait partie de mes fondamentaux du temps où je faisais le tour des églises, des musées et des palais pour étudier la naissance urbaine dans le cadre d’une maîtrise d’Histoire médiévale.

En ce sens, Dominique Marchais fait le lien sans peut-être en être réellement conscient entre les inquiétudes, les potentialités d’aujourd’hui autour de cette question, à l’isolat de l’expérimentation solidaire, il substitue à la description de ces expériences isolées, contenues volontairement dans des échelles limitées, l’amorce d’une réflexion sur l’aménagement du territoire. Pour lui cela tient à un nouveau rapport ville-campagne où celle-ci retrouverait son potentiel de bien commun, essentiellement dans l’utilisation des ressources, mais la fresque nous invite à un approfondissement puisqu’elle pose la question des effets du bon et mauvais gouvernement. Comment ne pas s’interroger aujourd’hui sur le démantélement du service public et la manière dont il est ce facteur de « bonne gouvernance » que ce soit la SNCF ou l’énergie mais aussi les hôpitaux, les postes ?

Comment ne pas penser à la manière dont partout dans le monde y compris en Russie, en Chine autant qu’en Afrique et en Amérique latine se posent non seulement l’expérimentation sociale de ces petits groupes qui sont déjà en lien les uns avec les autres, mais également l’quilibre ville campagne, les formes non de concurrence mais de coopération.C’est déjà à partir de la que Marx commençait à poser les problèmes, ville-campagne le premier rapport de classe dans l’idéologie allemande, la coopération sous l’égide du campital pour le seul profit dans le livre I du capital, déjà le vol des bois morts comme résistance parce que les êtres humains ne peuvent pas vivre ainsi. le capital ce n’est pas l’argent, mais un rapport social d’exploitation. Les hommes ne produisent pas pour eux mais pour ce qui peut se vendre et s’acheter, pour le marchandise, avec sa plus value. Il n’y a aucun Robinson Crusoe, chaque individu est porteur de tous les rapports de son temps et quand Robinson Crusoe découvre vendredi, comme il a un fusil il lui dit « toi esclave, moi maître ». Nul homme n’est une île, mais de quoi est-il le fragment?

est-ce que  comme le disent le poème et le film, chaque être homme  est fragment d’un continent européen? Oui mais il est aussi femme, fragment d’un continent qui ne s’arrête pas à l’Oural, le continent eura-asiatique. Le bassin méditerranéen est aussi africain. Nous sommes les habitants d’une planète à qui se pose le problème d’une destruction possible, d’un avenir incertain su nous poursuivons sur notre lancée, quelle est le bonne gouvernance, le bien commun?

La rébelion et les résistances sont nécessaires par rapport à un système qui ne porte que destruction, violence, misère et guerre. Mais elles font partie de la mentalité de l’avenir, de ce que ne pourra pas digérer et dépasser l’intelligence artificielle. La conscience de la beauté de ce qui nous entoure fait peut-être partie de cette éducation qui doit être mise en place dès aujourd’hui. Comme au moment de la Renaissance, les citoyens de Sienne ont obligé les pillards féodaux à s’installer en ville et à y devenir producteurs pour assurer la sécurité des campagnes. Aujourd’hui il n’y aura pas de sécurité des villes et des campagnes sans service public, de la santé mais aussi du transport ferroviaire, de la poste, de l’énergie… En tous les cas, il est insupportable que l’on prétende imposer des choix aussi fondamentaux par ordonnance, en imaginant qu’il y a ceux qui savent et les autres, ce temps est dépassé…

Peut-être que c’est ce que sentent confusément ces étudiants de Sciences Po qui occupent symboliquement sciences Po pour dire qu’ils ne veulent pas que l’école forme des Macron, les métiers d’avenir ont besoin d’autres hommes et d’autres femmes.

Nul hommes est une île, mais aujourd’hui où Raoul quitte le pouvoir, pour mieux se consacrer au parti communiste,  Cuba symbole de toute les résistance, de la défense de la santé, de l’éducation, des arts visuels autant que musicaux, cette île, malgré le blocus a développé un des meilleurs indices de développement humain. Et l’ île assiègée par le maître du monde, a assumé l’identité de l’humanité pour mieux être cubains, elle est restée collectivement debout, et l’humanité est restée debout… L’ile dans laquelle la culture biologique permet aux abeilles de survivre, l’île qui donne non seulement ce qu’elle a en trop mais le peu qu’elle a aux enfants de Tchernobyl, la formation de médecin pour les ghettos noirs des Etats Unis… Merci pourrait-on dire aux frères Castro mais comme le disent le Cubains, sans nous ils n’auraient rien pu faire…

Cuba, la fresque du palais de Sienne, l’aménagement du territoire, l’avenir de l’humanité se joue aussi en Chine et ce sera un parti communiste qui contribuera à réunir ce que l’on croit trop souvent opposé… Tout cela fait partie aujourd’hui de mes 80 ans, comme toutes les révoltes qui secouent ma belle France. Mas France nation d’émeutiers disait Marx quand il critiquait le pays qu’il considérait comme celui de la lutte des classes…

Que de temps perdu en incapacité à comprendre que les changements ne sont pas seulement technologique, que le défi est là dans la capacité que nous aurons à ne pas nous concevoir comme de îles d’arrivisme, de narcissisme, de jouissance du pouvoir, le communisme a beaucoup à apporter.

Danielle Bleitrach