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Archives de Catégorie: CINEMA

Benicio del Toro: « Je viendrais à Cuba même à vélo »

Ce que nous ont apporté les Cubains et que les gens de ma génération, ceux qui ont vécu toutes les trahisons de leur idéal communiste, n’oublieront jamais c’est le bonheur de participer à un combat de l’honneur, de la dignité, de rester debout quand tout le monde se couchait et se perdait dans la politicaillerie. La sympathie entre latinos en particulier les portoricains l’île jumelle selon Marti, mais aussi les espagnols qui reviennent toujours vers ce symbole de liberté est là (note et traduction de Danielle Bleitrach).

Dans la magie particulière de l’hôtel Nacional, celle qui ruisselle tous les mois de décembre, j’ai vu un homme grand, coiffé d’une casquette et avec une barbe, assiégé par des clients ou des participants du 40 Festival Internacional del Nuevo Cine Latinoamericano.

En embrassant du regard l’assistance j’ai découvert Benicio del Toro, sans y réfléchir je me suis approché de lui: « Je suis journaliste, je t’ai rencontré à l’Uneac, comment es-tu arrivé ici » … « En avion », fut la réponse à ma question idiote alors qu’il ratait un ascenseur et riait. Je n’ai pas bronché, j’ai ri avec lui et j’ai continué « mais qu’as-tu apporté? » Il sourit encore avec malice et me dit  » Sicario, que tu as vu dans el Paquete” « . Et il a grimpé dans  l’ascenseur.

Rien de ce que j’ai dit n’était un mensonge. Je l’avais rencontré il y a quelques années à l’Uneac quand ils lui avaient décerné un prix, et alors il s’était montré aussi moqueur que moi  lors de la conférence de presse dans la salle bondée de Sancti Spíritus où un collègue l’a interrogé sur son voyage à Cuba et là il a rapidement réagi. « Cuba J’y viendrais même en vélo.  » Plus en plaisantant, il avait ajouté: il ne faut pas rater l’occasion, car «avec les États-Unis, il n’est pas facile de venir ici, cela n’a rien de facile!» .

À propos de Sicario, il a expliqué pourquoi la saga avait été filmée et comment il avait assumé ce personnage plongé dans le trafic de drogue. Sur le point de savoir s’il y a un projet à réaliser à Cuba, il ne voulait rien avancer, mais il semble que quelque chose soit en préparation.

Ce dont il a parlé avec plaisir, c’est d’une série télévisée « qui, dit-il, est déjà visible dans el Paquete”  « , qui comporte sept chapitres et qui a été produite par le réseau de télévision payant Showtime.

Benicio Monserrate Rafael del Toro Sanchez, né à San Juan à Porto Rico, naturalisé espagnol, a remporté les Oscars, le Golden Globe, le SAG, le BAFTA et le prix du meilleur acteur au Festival de Cannes. Il est connu pour des rôles tels que Fred Fenster dans The Usual Suspects, Javier Rodríguez dans Traffic, et Che Guevara dans Che, l’Argentine , parmi d’autres films. Del Toro était le troisième Portoricain à remporter un Oscar.

En ce qui concerne Cuba, c’est un ami qui revient toujours et qui jouit de l’appréciation et du respect des acteurs, des critiques et du public car, entre autres raisons, il a le même langage que nous, par exemple lors de la réunion avec des journalistes alors qu’il était question d’un personnage « en note »… Rien  ne  ressemble plus à un Havanais qu’un Madrilène, et vous qui me lisez vous pourrez le rencontrer dans n’importe quel coin de la capitale en ces jours de festival.

(Extrait du portail de la télévision cubaine)

 

 

 

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Publié par le décembre 13, 2018 dans Amérique latine, CINEMA

 

Soutenir un jeune cinéma , contribuer à la formation des militants communistes, aller en Hongrie parler de notre Congrès

Un ami qui a su qu’une octogénaire avait été tuée dans la manif du premier décembre à Marseille m’a aussitôt dit son inquiétude et il est vrai que j’ai toujours rêvé de mourir d’une balle perdue dans une révolution victorieuse, mais il semble que comme nous tous j’ai encore certaines choses à accomplir…

Parfois l’envie me prend de prendre ma retraite mais toujours la vie me sollicite… Hier j’ai pris mon billet pour Budapest, un jour de l’an en toute amitié,avec cette cuisine hongroise que j’aime tant,  des discussions à n’en plus finir pour tenter d’expliquer notre congrès, mais aussi ce mouvement qui secoue la France à mes camarades hongrois… C’est un peu injustifié, mais nous Français jouissons d’un certain prestige en Europe centrale et en Russie… Si le parti communiste Français redevient lui-même et si le peuple français reprend la Bastille, l’Europe entière se sent rajeunir de cet air de liberté qui donne à tous le vertige, même et surtout dans le pays d’Orban… cela dit en ce moment, il est impossible d’atteindre l’aeroport de Marignanne, les routes sont coupées par des barrages des gilets jaunes… Comme les supermarchés sont vidés et les poste à essence ont des queues ininterrompues…

ce matin en allant chercher mon pain, je rencontre la jeune épouse d’un policier du quartier… Elle me dit que son mari est très inquiet… on lui a changé ses horaires, il ne sait pas pourquoi… Il doit rester jusqu’à 23 heures… Elle me dit que son mari et ses copains disent qu’ils ne se laisseront pas massacrer, ils tireront s’il le faut… je l’incite au calme mais elle me dit qu’un policier est dans le coma, ce à quoi je lui signale que la seule morte l’a été par une grenade lacrymogène qui a été envoyé vers un 4e étage… Elle me répète ce que dit son mari et ses copains, ils n’ont aucune envie de se faire trouer la peau pour Macron et ce gouvernement d’irresponsables, qui sont pour les riches, mais il y a des gens qui cherchent à tuer des flics et même si c’est interdit il sont prêts à tirer pour se défendre… je la connais elle et son mari, ils ne sont pas d’extrême-droite au contraire, mais incontestablement ils ont peur et ils disent que tout cela va mal terminer.

Chacun sent bien que cela ne peut pas continuer comme ça… et l’urgence d’avoir un parti apte à faire face à cette situation s’vère tous les jours plus évidente… Comment ?

Dans le fond on a eu à temps, notre mouvement, nos cahiers de doléances, si on n’avait pas eu notre Congrès extraordinaire, l’ancienne direction du PCF serait en train de proposer une alliance au sommet aux partis de gauche, elle organiserait une « rencontre » qui ne déboucherait sur rien et nous couperait du mouvement populaire en paraissant occupée à des discussions politiciennes. heureusement le pCF issu de ce congrès colle aux revendications et développe l’unité à la base, sans pour autant renoncer à une motion de censure dont il est le maître d’oeuvre. Il est à l’avant-garde parce qu’à l’écoute de l’exigence des masses…

Chacun apporte ce qu’il peut… ici, dans mon département des Bouches du rhône, nous sommes quelques uns à réfléchir à un projet de contribution à la formation des militants communistes et autres que cela intéressera. C’est unembryin de réflexion et rien ne se fera sans un élargissment, mais déjà là encore il s’agit de créer des liens pour mieux faire connaître l’apport d’un marxisme en mouvement dans notre pays, comme au plan international. Actuellement je passe mes journées à la biblioth_qèe municipale pour voir ce qui se publie tant en matière de livres que de revues… Ey je me dis qu’il y a du grain à moudre… Est-ce que ce projet est intéressant qui peut et veut s’y investir… On va y réfléchir  jeudi 13 janvier dans la soirée.

Organiser en janvier quelques réunion tupperwar autour de la canidature de Ian Brossot…

En attendant ce jeudi 6 je vais à Aix soutenir une jeune cinéaste avec laquelle j’ai fait mon mémoire de cinéam il y a peu… Il n’y a pas à s’y tromper, quand la classe ouvrière, la jeunesse se rebellent cela donne à tous les autres le besoin de se parler, de se rencontrer, d’innover… je pense à Fritz Lang tournant son premier film en plein révolte spartakiste… et disant à quel point la Révolution lui paraissait moins importante que de planter une caméra au coin des rues alors qu’on entendait au loin le bruit des fusils…
Ce jeudi je vais aller voir le  film « Désir d’Autoroute » en compétition internationale du 36e festival Tous courts d’Aix en Provence
Jeudi 6 décembre à 11h00 au cinéma le Mazarin, Aix en Provence
Vendredi 7 décembre à 20h30 salle Lunel de la Cité du livre/Bibliothèque la Méjanes (parking tout près)
Ca a mis beaucoup de temps mais enfin, le voilà.
 
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Publié par le décembre 5, 2018 dans CINEMA, INTERNATIONAL

 

Cannes 2018 – “Nos batailles”, une touchante chronique entre intime et social par Cécile Mury

aujourd’hui j’aurai voulu aller voir au Gyptis à 19h 30, ce film « nos batailles », dont voici la critique dans Télérama,  malheureusement je n’ai pas trouve de cinépkile pour m’accompagner dans un quartier plus ou moins périlleux…. (le fameux 3 e le plus pauvre de France)…. ceux qui peuvent s’y rendre en voiture ou à plusieurs ont bien de la chance et je leur conseille d’en profiter … Je vais me contenter d’aller au César, place Castellane, un lieu sûr, ce matin à 10h30…voir silvio et les autres… la biographie flmaboyante de silvio Berlusconi… je n’en attends pas grand chose … je n’ai pas envie de voir Cold War , l’anticommunisme sous sa forme esthétique qui en assure l’aspect dit « modéré » pour social démocrate « anti-totalitaire », merci j’ai déjà donné avec Ida… En revanche lazzaro me tente… je vous ferai un petit compte-rendu. entre chaque séance, je m’assied à la terrasse d’un café et je rédige quelques feuillets de mémoire… L’actualité m’offree l’occsion de flask back, la passion est le véritable déclencheur de la mémoire, d’où mon titre : L’imparfait du subjectif. (note de Danielle Bleitrach)

Nos batailles avec Laetitia Dosch et Romain Duris

Le film de Guillaume Senez s’ouvre sur un drame : la femme, part, un beau jour, sans prévenir. Olivier (très beau rôle incarné par Romain Duris), seul avec son fils et préoccupé par les combats sociaux qu’il mène au travail, tente alors de trouver un nouvel équilibre… Un deuxième long métrage sensible qui sonne juste.

Elle est partie. Comme ça, sans prévenir. Elle n’est pas allée chercher les enfants à l’école, elle a pris ses affaires, et n’a rien laissé, pas un mot, pas une lettre, juste du vide et des questions. Olivier, son mari, n’a rien vu venir, débordé par son boulot de contremaître, plus préoccupé par le mal-être de son équipe et les pressions de ses supérieurs que par le spleen de sa femme.
Ce beau film sensible et vibrant, sélectionné à la Semaine de la critique, s’ouvre d’ailleurs sur le cas de l’un des collègues d’Olivier, jugé trop vieux, trop faible, plus assez performant. L’entreprise n’a pas le temps de le licencier : l’homme se suicide avant.

Ce drame inaugural, comme une blessure ouverte d’emblée, avant même de faire véritablement la connaissance des personnages qui le peuplent si bien, donne le ton du film : un équilibre fragile, mais dignement tenu, entre les grandes douleurs et la grisaille quotidienne, entre la chaleur des liens affectifs et les froides rigueurs des vies ordinaires, tout un maillage de contraires et de contraintes, d’injustices, de colères, de tendresses et d’usure. Ce suicide, autour duquel tous se rassemblent, tentent de se soutenir, a-t-il joué son rôle dans le départ de la femme d’Olivier ? Partir, pour ne pas mourir là, dévorée par le murmure insistant de la dépression, était peut-être le seul choix possible. Guillaume Senez (dont on avait aimé le premier film, Keeper, en 2015) laisse l’explication en suspense, et se contente de quelques scènes douces ou dures avec elle, au tout début du récit : l’optimisme naïf d’un conte, au chevet de ses deux enfants – touchants et justes, comme on en voit peu au cinéma – mais aussi une crise de larmes, dans l’intimité de la salle de bains, ou encore un évanouissement brutal, dans la boutique où elle travaille.

Héros faillible

Quelques indices, et puis s’en va, en nous laissant seuls avec Olivier et sa progéniture, dont il ne sait trop quoi faire, au début, comme une version un peu prolo du Dustin Hoffman de Kramer contre Kramer. Olivier, c’est Romain Duris, dans l’un de ses plus beaux rôles à ce jour. Il habite avec ferveur ce héros faillible, pivot essentiel, profondément attachant, au croisement de l’intime et du social.

Rares sont les films qui mêlent si bien les mondes, le dedans et le dehors, la chronique d’une famille ébranlée, mais aussi les solidarités et les violences de la vie au sein d’une entreprise.
Tout sonne juste : l’affection électrique entre Olivier et sa sœur comédienne (Laetitia Dosch, lumineuse), la détresse rêveuse des bambins, autant que les violences sournoises du management moderne. Toutes les « batailles » de la vie.


on aime beaucoup Nos batailles, de Guillaume Senez (France, 1h38). Avec Romain Duris, Lætitia Dosch, Laure Calamy. Sortie le 10 octobre 2018.

 
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Publié par le novembre 13, 2018 dans CINEMA

 

La nuit marseillaise dans une ville que l’on finira bien par mettre sous tutelle et où la grogne monte.

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Hier après des jours et des jours de fièvre, de maladie, j’ai tenté une sortie nocturne. Mon coiffeur un personnage original, avec lequel j’ai des conversations passionnantes parce que c’est un amateur de poésie et de littérature, un homme détestant la bourgeoisie marseillaise, un anarchiste, a décidé de ne coiffer qu’à la nuit. J’ai tenté d’arriver une heure plus tôt, mais rien n’y a fait. Donc je suis allée dans le quartier (le premier arrondissement), du côté de la Canebière et l’Opéra, avant la fermeture des magasins tenter de résoudre mon problème : comment concilier l’usage de la canne avec la protection de la pluie, les déluges marseillais. J’ai fini par trouver la solution avec une cape K way et son capuchon. Dans la boutique, il y avait un homme charmant, retraité depuis 8 mois, amateur de cinéma et nous avons longuement disserté d’abord sur la nécessité de s’adapter à la vieillesse, d’en vaincre les encombrements comme l’usage simultané d’un parapluie et d’une canne.

Puis de là, nous sommes passés à la coupe des arbres de la plaine et l’éboulement de la rue d’Aubagne. De Marseille dont il m’a demandé pourquoi je n’en avais pas l’accent et nous avons échangé nos origines multiples, il était grec et nous avons parlé du KKE, de la résistance grecque, de Yannis Ritsos et de Mikis Theodorakis. Bref de ce qui faisait Marseille, cet afflux méditerranéen… Nous avons discuté de l’effondrement des maisons à proximité. Tout à coup je lui décris cette scène, Gaudin venu contempler l’étendue du désastre, et de ses propos immondes, cette gifle envoyée à un élu marseillais, sur le terrain depuis le début qui partage l’affliction des pauvres gens. Gaudin, lui demandant  s’il n’est pas sous les décombres, mort avec le parti communiste. En bons cinéphiles nous nous voyons tous les deux la même scène, celle de Main basse sur la ville avec Rod Steiger et l’élu communiste napolitain dans son propre rôle. A la seule différence que Rod Steiger représentait la puissance du capital et Gaudin se traine comme un mort vivant. Il se moque de la mort du communisme mais offre le spectacle de sa propre agonie, celle d’un système qui perdure depuis Deferre dont il a été l’adjoint à l’urbanisme sur le seul anticommunisme, l’hostilité aux couches populaires… et l’alliance aujourd’hui entre promoteurs et marchands de sommeil. Les abcès de fixation de la drogue que l’on entretient ailleurs, pas très loin, pour nettoyer un autre quartier que l’on espère ainsi offert à la spéculation. Une population misérable obligée d’accepter les espaces qu’on lui réserve. Nous décidons de nous revoir et peut-être d’aller au cinéma ensemble.

Il m’accompagne chez le coiffeur, ils se connaissent, ils appartiennent à la même tribu, celle des gens curieux, encore indignés, mais qui ne supportent pas Mélenchon, les socialistes et pensent que le communisme c’est foutu… A cause de la nature humaine… Quand je quitte le coiffeur, il me dit le bonheur de parler avec moi, le sentiment qu’il a de se sentir plus intelligent après cet échange et il s’inquiète tout à coup de me voir partir vacillante dans la nuit marseillaise toute seule. Il serait temps qu’il se rende compte de ce qu’il exige de moi avec ses volontés de prima donna… Mais il sait aussi que le  COMPRENDS, que je sais que ce fils du peuple italien, artisan, très macho, parce qu’il rêve d’aimer follement une femme comme de croire en quelque chose, n’a plus que le caprice pour dire son mécontentement, encore une victime de l’eurocommunisme… Un artisan qui sait qu’il a des capacités, un art, un métier et qu’il ne lui reste plus que le caprice…  je me moque de sa sollicitude, et je sens dans son regard qu’il est prêt à laisser tomber le salon… mais je me laisse habiller par les gentilles coiffeuses qui m’ont traitée comme une mamie royale et, comme on dit à Marseille, un peu « empotée ». Je suis comme un gros bébé que l’on enveloppe pour le voyage.

Il est 21 heures et effectivement le quartier de l’opéra, le Vieux port même sont déserts, on croirait être au milieu de la nuit… Y compris sur la place du général De Gaulle, en revanche partout des paquets sur lesquels dorment des SDF. Le métro est plein d’hommes de type syrien, des réfugiés qui reviennent sans doute de travailler au black.

Mon coiffeur lui-même d’origine italienne m’a confié: vous vous rendez compte cette petite italienne venue des Pouilles pour chercher un travail, elle était venue se présenter, une gamine et son corps a été enfoui sous les gravats de ces criminels. Il me conseille un livre essentiel D’Acier, le premier roman de la jeune italienne Silvia Avallone, publié en 2010, il m’explique que cela se passe à Piombino que cela dit tout… de cette lolita déchirée par les pierres, étouffée, de ce monde incroyable… Il aime que je sois communiste même s’il se moque de ma croyance… Il va falloir que je lui parle de la simultanéité de l’apparition de l’art sur la planète… 

je vais aller demain par mes propres moyens au Foyer du peuple à Menpenti pour le Congrès… Ils me prendraient pour une folle si je leur disais que dans le fond si je supporte ces indignes empoignades, c’est à cause de la bonne volonté des membres de ma cellule et la manière dont ils renforcent ma conviction qu’il existe un destin humain, et que partout j’en rencontre des pépites d’insatisfaction par rapport à ce qui est… La discussion entre une vieille dame vacillante et ces petites révoltes passant par notre confiance en l’art quand la politique écœure tout le monde.  Il ne s’agit pas de ces bobos avec leurs philosophes à la mode, creux comme une dent creuse, il s’agit d’honnêtes artisans, ayant encore le goût du métier et à qui il ne reste plus que le caprice pour affirmer leur étrangeté par rapport à ce monde.  Mon argument : vous pouvez dire tout ce que vous voulez, nous les communistes sommes les seuls à concilier lutte pour la sécurité sociale et à faire de la poésie un besoin populaire. En URSS, ils remplissaient des stades avec des amateurs de poésie. Je n’ose m’aventurer sur le terrain glissant de la nécessité d’en finir avec la voyoucratie capitaliste….

Danielle Bleitrach

PS, je veux absomument voir ce film mais pour cela il faut aller la nuit dans le 3 e arrondissement qui est pire que le premier….. Croyez moi l’accès à la culture dans une ville comme Marseille cela devient un sport de combat pour une octogénaire.  Il joue mardi à 19 heures au Gyptis, y at-il des amateurs audacieux?

 
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Publié par le novembre 9, 2018 dans CINEMA, Marseille, POLITIQUE

 

MR. TURNER DE MIKE LEIGH et « mi corazon »

MI CORAZON,LE BAROMETRE ET TURNER…. je ne sais si je finirai par écrire ces foutus mémoires mais elles s’inscrivent au quotidien…. J’en ai tellement assez des imbécilités de ce Congrès que je n’ai plus la force d’en apprécier la nouveauté, c’est ça l’académisme, une sorte de vieillissement, un encombrement des sens….  Depuis 4 ou 5 jours je dors sans arrêt…. je me demandais si c’était un des effets de mes problèmes cardiaques… Ce matin, je mets le nez dehors et je découvre la tempête, un vent très violent et un fond à la Turner, et là je sais… D’abord parce que hier j’ai interrompu cet état de somnolence pour me régaler d’un film dont voici le compte-rendu, sur Turner et que la tempête que j’accueille avec joie me dit le fond de l’affaire et je me vois assez bien comme le peintre attaché à un mat et attrapant une bronchite chronique….  Je m’endors dès que le vent va souffler en tempête et ce depuis le berceau… Trait qui faisait la stupéfaction de toute ma famille considérant mon berceau comme une météo et moi comme une sorte de grenouille… Il est clair que le berceau est loin mais la grenouille dort en temps utile pour dire aux marins de rester à quai… Voilà une performance qui me garantit une utilité jusqu’à un âge avancé… Baromètre dans un EHPAD… parce que bien sûr je ne prends pas au sérieux les dits problèmes cardiaques, pour deux raisons: la première est que je n’arrive pas à me voir comme « le lys de la vallée », en train d’être menacée d’effondrement comme cette créature romantique balzacienne… la seconde est que j’ai eu une grand mère qui ne parlait correctement que le yiddish ou l’espagnol (sa dernière nationalité étant cubaine) et qui passait son temps la main sur le coeur en suppliant « mi corazon! ». Elle est morte du cancer et son foutu coeur ne cédait pas c’était même un problème… cela dit j’ai décidé d’utiliser à plein l’excuse médicale pour éviter les emmerdeurs et les atrabilaires, ceux que j’appelle les cons et leur redoutable efficacité imbécile à vous pourrir la vie…. (note de Danielle Bleitrach) 

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Dans le cadre d’un cycle consacré aux peintres au cinéma  ARTE a  diffuse Mr. Turner (2014) de Mike Leigh hier 5 novembre 1918.

Mike Leigh retrace les 25 dernières années de J. M. W. Turner, de son statut d’artiste admiré jusqu’à son déclin et son isolement progressifs. D’abord loué par la critique, membre puis président de la Royal Academy, Turner deviendra un sujet de moqueries et d’incompréhension lorsque sa peinture s’approchera de l’abstraction, en rupture avec l’académisme et l’art apprécié des salons.

Le cinéaste s’intéresse à la vie quotidienne de Turner, personnalité excentrique et incommode, mais aussi à sa perception de son temps. Comme souvent chez Mike Leigh, le trivial côtoie le cérébral. Le peintre fut un témoin lucide de l’avènement de l’ère industrielle comme en témoignent l’évolution de sa peinture et des tableaux de la dernière partie de son oeuvre sur la vapeur et la vitesse (notamment Pluie, vapeur et vitesse qui représente une locomotive, peint en 1844), et qui en font un précurseur de l’impressionnisme.

Mike Leigh signe une biographie en forme d’autoportrait et de profession de foi. En nous montrant les recherches de Turner, le cinéaste propose une réflexion sur l’image et ses rapports avec la science, la technologie et la magie. Mike Leigh rappelle également l’engagement politique de Turner, qui évoqua la traite des esclaves dans l’une de ses œuvres les plus célèbres (Le Négrier, 1840). Le caractère malcommode de Turner, mais aussi son intransigeance morale n’est pas sans rappeler ceux du hérisson Mike Leigh, cinéaste mal léché dont l’humanisme n’est jamais lénifiant. Le cinéma de Mike Leigh se distingue, entre autres qualités, par un attachement fidèle et amoureux à une troupe d’acteurs et d’actrices que le cinéaste regarde vieillir de films en films.

Timothy Spall, visage familier des films de Mike Leigh, campe un Turner taciturne et bougon, qui a l’habitude de grogner et parvient mal à exprimer ses sentiments, notamment dans ses relations avec les femmes. Entre désertion, humiliation ou mépris, Mike Leigh montre un Turner inapte à assumer ses devoirs de fils, père ou amant. Discréditant une mère folle, une génitrice abandonnée ou une servante soumise, Turner trouvera une forme de rédemption tardive dans son amour sincère pour Mrs. Booth, la propriétaire d’une pension en bord de mer qu’il avait l’habitude de fréquenter pour préparer ses marines. Mrs. Booth deviendra sa maîtresse officielle en fin de vie, au détriment de sa fidèle gouvernante qui sombrera dans le désespoir, gravement atteinte par une maladie de peau. Mike Leigh n’a pas l’habitude de faire des bons films avec des bons sentiments. Sans chercher à provoquer l’empathie du spectateur envers Turner, artiste aussi génial qu’impossible à vivre, Mike Leigh poursuit dans cette production ambitieuse son travail d’introspection et d’auscultation de l’âme humaine dans un contexte social défini. La reconstitution historique n’éloigne pas Leigh du réalisme ontologique de son cinéma. Mr. Turner ne sombre pas dans l’écueil d’un cinéma illustratif et benoitement pictural. Leigh ne cherche pas à reproduire des toiles de Turner à l’écran, mais à saisir l’intériorité du peintre, et donc quelque chose de son regard sur le monde. Mr. Turner, au-delà de sa splendeur visuelle, avec ce mélange de méticulosité maniaque et de violence contrariée typiquement britannique, se révèle un film-cerveau. Souvent comparé à Jean Renoir, Mike Leigh rejoint de manière inattendue un autre cinéaste avec ce film aussi fascinant que mystérieux, et faussement classique : Stanley Kubrick.

Timothy Spall dans Mr. Turner de Mike Leigh

 

Catégories : Sur ARTE

 

Message du créateur de  « The Wire » au ministre israélien en visite après l’attentat de Pittsburgh: « Rentrez chez vous! »

David Simon est connu pour être l’auteur de Baltimore, qui a notamment inspiré la série HBO Sur écoute (The Wire).

  twitte Naftali Bennett sur le fait que les interventions de Netanyahu dans la politique américaine ont contribué à l’élection de Donald Trump et que la communauté juive « saigne aux mains » du Premier ministre israélien. je me sens si proche de la colère du réalisateur américain. Putain qu’est-ce que tout cela a avoir avec un juif qui prie dans une banlieue de Pittsburg ? (note de danielle Nleitrach)

Le co-créateur de "The Duece", David Simon, sur le tournage de "The Wire" en 2002.
AP

David Simon, créateur de « The Wire » et de « The Deuce », a réagi avec colère à la  visite prévue par le ministre israélien dans les Affaires de la diaspora, Naftali Bennett, dans la communauté juive de Pittsburgh, à la suite du tir de masse de 11 personnes à la synagogue Tree of Life de samedi .

En réponse à un tweet de Bennett dans lequel il annonçait son intention « d’être avec nos sœurs et nos frères à l’heure la plus sombre », Simon répondit: « Rentrez chez vous. Les interventions du Premier ministre Benjamin dans la politique américaine ont aidé à l’élection de Donald. Trump et sa validation crue et implacable du nationalisme blanc et du fascisme. La communauté juive américaine saigne maintenant aux mains du Premier ministre israélien. Et beaucoup d’entre nous le savent. « 

sauter – David Simon tweet

L’attentat présumé armé Robert Bowers à Pittsburgh a suscité condamnations de la part de Bennett et de Netanyahu, ce dernier déclarant qu’Israël «se tenait aux côtés de la communauté juive de Pittsburgh.fac à la brutalité, et nous prions tous pour le prompt rétablissement des blessés « . Annonçant sa décision de se rendre aux États-Unis, Bennett a également tweeté: « Lorsque des Juifs sont assassinés à Pittsburgh, le peuple israélien en ressent le chagrin. Notre cœur est avec nos frères et soeurs et avec l’ensemble du peuple américain ».

Le ministre des Affaires de la diaspora, Naftali Bennett, à Jérusalem, en mai 2018.
Alex Kolomoisky

Simon n’a pas répondu au commentaire de Netanyahu, mais il a eu à coeur de  répondre (et à bloquer) les personnes qui l’avaient tweeté à propos de l’attaque de samedi – la pire cible pour la communauté juive de l’histoire des États-Unis.

« Vous êtes un shitmuzzle anti-spirituel. Qu’est-ce que les Juifs qui assistent à un service religieux dans une banlieue de Pittsburgh ont à voir avec la politique d’un État du Moyen-Orient, politique  autre que celle qui pratique la religion juive? Je Bloque et baise votre âme malade, « a-t-il  répondu au commentaire de Claudio Almeida selon lequel » Que se passe-t-il? Des prières pour la #FreePalestine également! « 

sauter – David Simon tweet

« Musette explosive » a été  une expression populaire pour Simon alors qu’il se lançait contre  des tweeters cherchant à défendre de quelque manière que ce soit les actions du tireur. Lorsque l’AJB a tweeté « Inonder un pays d’étrangers a des conséquences réelles. Peut-être auraient-ils dû penser cela avant de promouvoir une migration illimitée », la réponse de Simon s’est faite plus violente . « Les seuls Blancs qui s’inquiètent à ce sujet sont les subalternes, les lâches et les incompétents qui craignent les interactions, les fiançailles et la concurrence avec le reste de l’humanité. Oh salut, AJB, vous êtes un putain de fouineur Internet anonyme. »

sauter – David Simon tweet

Présentant une gamme d’explosifs que le casting de « The Wire » reconnaîtrait sûrement, Simon a ensuite répondu à un tweet qui affirmait s’être identifié aux défenseurs communistes de l’Espagne dans les années 1930 dans un commentaire précédent sur le fascisme. « Vous êtes un connard historique. Simon a en fait lu quelque chose et il a identifié la coalition de républicains espagnols, de démocrates libéraux, de socialistes et de communistes qui ont mis de côté leurs arguments pour combattre Franco, Hitler et Mussolini. Vous avez entendu parler d’Hitler, n’est-ce pas putain? » Simon a écrit.

sauter – David Simon tweet

Cependant, un tweeter a été épargné par une réponse X-rated: Ivanka Trump – bien que Simon ne l’ait pas vraiment laissée filer non plus.

Elle a tweeté: « L’Amérique est plus forte que les actes d’un bigot dépravé et antisémite. Tous les bons Américains se tiennent aux côtés du peuple juif pour s’opposer aux actes de terreur et partager l’horreur, le dégoût et l’indignation provoqués par le massacre de Pittsburgh. Nous devons nous unir contre la haine et le mal. « 

Simon a répondu: « Nous sommes d’accord. Finalement, après beaucoup trop de tragédies et de dégradation nationale, ce pays retrouvera finalement son sens de lui-même, se battra pour restaurer son éthique et s’avérera finalement plus fort que nos père. »

sauter – David Simon tweet

L’écrivain primé est connu pour ses représentations incendiaires de la vie en marge des États-Unis, qu’il s’agisse des rues de Baltimore (« The wire »), de l’après-ouragan Katrina New Orleans (« Treme ») ou de l’industrie du porno dans les années 1970. Nouveau York, au moment où la grosse pomme était la plus pourrie.

James Franco décrivant les jumeaux Vincent et Frankie Martino dans "The Deuce", une série de la chaîne HBO consacrée à Times Square au début des années 1970.
, AP
 
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Publié par le octobre 29, 2018 dans CINEMA

 

Pike Lee au «Soir»: «Les Etats-Unis sont construits sur le génocide et l’esclavage»

MIS EN LIGNE LE 19/09/2018 À 07:19

« J’espère que le public se rendra compte qu’on ne décrit pas un simple épisode de l’histoire américaine mais quelque chose d’universel. La montée des populismes est mondiale.»

« J’espère que le public se rendra compte qu’on ne décrit pas un simple épisode de l’histoire américaine mais quelque chose d’universel. La montée des populismes est mondiale.» – D.R.

Spike Lee est unique. Il fut le premier à montrer les Noirs en colère au cinéma. Du jamais vu à Hollywood. Depuis, on le dit rebelle parce qu’il se révolte contre les injustices.

S’il a déçu ces dernières années après avoir réalisé des films percutants comme Do the right Thing ou Malcolm X, cette fois, il convainc. Son nouveau film est un pamphlet efficace contre le racisme et contre la politique de Trump.

Lors de l’ovation cannoise de BlacKkKlansman, qui, selon ses propres dires, concerne le choix entre l’amour et la haine, le réalisateur activiste a dressé les poings face caméra, arborant deux bagues avec inscription en lettres d’or : d’un côté « Love », de l’autre « Hate », comme le héros de Do the right Thing, en référence à Robert Mitchum dans La nuit du chasseur.

Qu’est-ce qui vous conduit à raconter cette histoire basée sur le livre de Ron Stallworth ?

Je suis un raconteur d’histoires. Quand on m’a proposé cette histoire – celle d’un Noir ayant infiltré le KKK –, je me suis dit : « ce n’est pas possible que cela soit arrivé ». Une fois convaincu qu’effectivement, cela s’était passé ainsi, j’ai embarqué immédiatement dans l’aventure. Les droits du livre de Ron Stallworth avaient déjà été acquis et, en fait, un premier scénario déjà écrit. J’ai lu celui-ci en premier, le livre ensuite. Avec mon coscénariste, on a réécrit cette histoire et si on peut parler d’un film historique, il nous semblait indispensable de l’emballer avec des mots, des références – comme « America First » – qui résonnaient et résonnent encore avec ce qui se passe actuellement. On a rencontré Ron Stallworth et on lui a soumis le scénario.

La résonance est encore accentuée avec la montée des populismes en Europe ?

Mais la montée des populismes n’est pas seulement à noter en Europe : elle est globale, mondiale. Et j’espère que le public se rendra compte qu’on ne décrit pas un simple épisode de l’histoire américaine mais quelque chose d’universel, toujours bien présent. On a tourné cette histoire avant la tragédie de Charlotesville. À l’époque, on était sur une île au large du Massachusetts. Je ne suis pas trop fan de baseball mais je suis certaines équipes de très près. J’étais donc sur CNC et j’ai vu ce qui s’est passé lors de ce massacre. J’ai compris qu’il y avait des parallèles avec mon film.

Vous n’avez pas eu envie d’élargir cette histoire, d’ajouter des éléments extérieurs ?

Non, car rendez-vous compte : Ron Stallworth fut le premier Noir à intégrer la police de Colorado Springs, un exploit en soi, et au sein de cette police, il a infiltré le Ku Klux Klan ! Que montrer de plus dans une histoire en soi déjà exceptionnelle ? On a tourné non pas en numérique mais de façon tout à fait classique. On recherchait avant tout une reproduction des films des années 70, avec un écran souvent divisé en deux comme à cette époque-là.

Peut-on parler de film politique ?

De toute façon, si, dès le départ, vous clamez ne pas vouloir tourner un film politique, c’est déjà un geste politique. Et puis, comment ne pas faire un film qui parle du Ku Klux Klan en excluant toute allusion politique ? Là, je ne suis pas assez bon réalisateur pour y parvenir ! Et donc, comme j’imagine que vous voulez parler de la fin du film, il faut savoir que le film était en montage, presque terminé, quand les événements de Charlottesville sont arrivés. À l’origine, je voulais terminer sur l’interview de la mère d’un Noir abattu par le Klan qui, rejetant l’idée d’un assassinat, parlait, elle, d’un acte terroriste. C’est différent. Et vrai : le KKK, comme d’autres organisations, sont des associations néonazies, des groupes terroristes. C’est ce que je crois aussi. Et ce qui est arrivé à Charlottesville, avec cette voiture fonçant dans la foule, était un acte terroriste…

Vous pensez qu’on pourrait, un jour, concilier les inconciliables ?

Churchill disait quelque chose comme : « Il ne faut avoir peur de rien, si ce n’est de la peur elle-même. » Trump, lui, a eu l’occasion de dénoncer les groupes néonazis. Il n’a pas osé le faire. Il aurait pu dire au monde entier que nous méritons mieux que ça. Il avait la chance de parler d’amour à la place de la haine. Il ne l’a pas fait. L’histoire s’en souviendra. Parmi de nombreuses autres choses. Avec la tragédie de Charlottesville, il avait l’occasion de réunir le pays, et il ne l’a pas fait. C’est du pain bénit pour les organisations néonazies qui se sentent investies du sceau présidentiel, comme si leur action était dès lors approuvée. On parle de démocratie mais c’est de la foutaise. Les Etats-Unis sont construits sur le génocide des peuples premiers et l’esclavage. Ce sont des faits qu’on ne peut nier. Il faut réécrire l’histoire avec ce film. Notre responsabilité en tant que conteur, de réalisateur, est de raconter ces événements historiques du début des années 70 en créant un lien avec ce qui se passe sous nos yeux aujourd’hui. À partir de la Seconde Guerre mondiale, toute entrée en guerre fut un mauvais choix ! Il faut réagir et jouer son rôle de témoin. Quand j’ai eu l’autorisation d’inclure des images d’archives, je n’avais qu’une envie : foncer. Je pense que mon film fera date. On y raconte des choses très laides et ce sont des choses qui se passent aux Etas-Unis d’Amérique.

Votre film parle aussi du cinéma. Vous montrez « Naissance d’une nation » et de l’impact négatif que ce film a eu. Vous, cinéaste engagé, pensez-vous que votre propre cinéma a une influence ?

J’aimerais simplement dire que je me vois comme un cinéaste américain et un citoyen du monde. Mes films sont projetés dans le monde entier.

Avez-vous l’impression d’œuvrer dans un système fondamentalement raciste ?

Et comment ! Cela dit, dans ce système, j’ai cette fierté de n’avoir jamais fait aucun compromis… Je suis porteur d’espoir. Mon film ouvre la voie à l’espoir. Sans être aveugle ou sourd, j’espère tout en étant conscient de ce qui se passe. J’espère que mon film va secouer les gens, les réveiller. L’objectif de mon film n’est pas d’apporter des réponses mais de créer une discussion autour du problème du racisme. Il y a trop de gens qui sont inconscients de ce problème de société ou se sentent perdus par rapport à la situation actuelle. Il ne faut pas laisser passer les choses, ne rien dire. On connaît la différence entre le bien et le mal. Mais quand on voit le mal en face, il faut agir, élever la voix !

Pour le rôle principal, vous avez engagé le fils de Denzel Washington, un de vos acteurs fétiches…

Vous connaissez les expressions « la pomme ne tombe jamais loin de l’arbre » ou mieux, « les chiens ne font pas des chats » ? Cela s’applique parfaitement dans ce cas-ci. John David Washington est dans une série pour HBO, pour quatre saisons. Mais c’est quelqu’un de très humble, qui ne veut absolument pas capitaliser sur un nom célèbre. Il fait tout pour qu’on ne dise pas : « je vais engager le fils de Denzel Washington ». Mais il a le feu sacré, c’est sûr. Il n’a pas fait d’audition, je lui ai offert le rôle. Je l’avais vu dans un film pour HBO que ma femme produisait où il jouait un psychopathe très convaincant. C’est bien le fils de son père. Il a son ADN.

En quoi « BlacKkKlansman » résonne-t-il avec vos autres œuvres ?

J’ai beaucoup tourné mais je crois que si vous preniez « Inside Man », « Mo Better Blues », « Do the Right Thing », etc, tous renvoient à «  Malcolm X » et ce qu’il questionne, à savoir : où en sommes-nous, en Amérique ?

Filmographie

Nola Darling n’en fait qu’à sa tête

1986. Portrait de la jeunesse noire US à partir de Nola, la vingtaine libérée, vivant à Brooklyn. Un premier film novateur qui fait mouche. Avec cette comédie au budget mini, Spike Lee est vu comme le Woody Allen noir. Trente ans plus tard, il en fera une série pour Netflix.

Do the right thing

1989. Inspiré de l’événement tragique le « Howard Beach incident », qui s’est produit à New York, en 1986, le film met en scène les conflits raciaux entre Noirs et Italo-Américains avec une pizzeria comme théâtre du drame et la mort du jeune Noir.

Jungle fever

1991. Harlem début des années 90. Une relation interraciale prend de front les barrières à la fois raciales, sociales et sexistes. En compétition à Cannes, le film décrochera le Prix d’interprétation masculine du meilleur second rôle pour Samuel L. Jackson.

Malcolm X

1993. Evocation de la vie de Malcolm X, figure phare du mouvement noir américain, ex-leader de la « Nation of Islam », de son enfance difficile à Omaha jusqu’à son assassinat le 21 février 1965 au cours d’un meeting. Avec Denzel Washington dans le rôle-titre.