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Archives de Catégorie: histoire

Nouvelles de travail, actualité et projets

Les bourreaux meurent aussi, film de Fritz Lang, Bertolt Brecht et hanns Eisler

Marianne est en pleine correction de copies, avec l’épuisement lié à cette activité mais aussi les moments de cocasserie, comme cet étudiant qui place Moscou comme une des principales villes de Chine en gros dans la zone tibétaine. En outre notre infatigable Marianne est en train de préparer des interviews sur notre livre et des présences dans les fêtes du Pas de calais. Notre livre : URSS, vint ans après, retour de l’Ukraine en guerre est à l’imprimerie. Il sera sorti en mai…

Personnellement j’ai devant moi 400 pages de correction du second livre. Les corrections sont ce  que je déteste le plus. Le second livre, les tirés à part à corriger avant impression et le bon à tirer. : Brecht et Lang, le nazisme n’a jamais été éradiqué. L’éditeur a fait un énorme travail, je dois dire que c’est la première fois depuis Maspéro que je tombe sur deux éditeurs (Delga et Lettmotiv) qui prennent leur profession au sérieux à ce point. Lettmotiv travaille essentiellement avec les bibliothèques universitaires et il veut un livre parfaitement utile aux étudiants. A ce titre, il  me demande un index des films cités, titre, date de sortie et réalisateur. Rien que l’oeuvre de Fritz lang tient au minimum sur quatre pages. Puisque ce livre porte sur la collaboration entre Brecht et Lang dans une oeuvre antinazie pourquoi ne pas faire un index des oeuvres théâtrales? Et puisque le travail de sociologie du cinéma porte sur la relation entre champ artistique et Histoire, pourquoi se limiter au cinéma et au théâtre? Pour quelqu’un comme Lang la peinture et l’architecture sont essentiels, pour Brecht, la musique…

J’ai relu les 200 premières pages avec enthousiasme, puis à ce moment-là j’ai été de nouveau envahie par les contrariétés de la vie quotidienne et le plaisir est tombé avec des bouffées de l’auteur en crise d’infanticide…

Dans le fond c’est un peu pareil avec la politique. C’est au moment où la vie vous réserve des situations familiales ou autres les plus catastrophiques, qu’il se trouve toujours un abruti pour en rajouter. Alors on se dit, dans le fond je n’ai jamais rien attendu de la camaraderie, de mes engagements sociaux et politiques, ni solidarité, ni la moindre main tendue, mais ils ont le chic pour vous accabler aux moments les plus inopportuns. Il ne vous manque jamais un imbécile malotru qui vient gâcher tous vos choix les plus fondamentaux par une mesquinerie qui redouble celles de la vie. Il ignore me dit Marianne le contexte, certes mais comment fait-il ce crétin pour tomber aussi à pic?

Bref, la vue de ces deux manuscrits m’est apparue néanmoins comme une consolation. Quand je pense aux souffrances physiques et morales auxquelles j’ai arraché ces pages, les discussions avec mes co-auteurs, une thérapeutique essentielle. Comment j’ai pu rencontrer à cette occasion des gens formidables qui à travers ce travail en commun, ces voyages dans l’ex-URSS mais aussi dans l’Europe et les traces du nazisme, m’ont portée un temps hors du chagrin. J’ai l’impression d’une ascension, d’une cordée héroïque. Qu’ils soient remerciés ceux qui ont été là et même ces deux éditeurs.

Pour ce qui concerne la sociologie du cinéma, tout a commencé à la mort d’un ami très cher Armand Paillet. Je l’ai connu à vingt ans, ma culture était des plus classiques, il m’a initié à la modernité, au cinéma, au théâtre… Depuis qu’il est mort je n’ai plus réellement d’interlocuteur, je continue à la sortie d’un spectacle à en débattre avec lui. Il avait pratiquement achevé un travail sur Jean Grémillon et m’avait demandé d’en peaufiner la problématique. Comment vous expliquer à quel point elle est d’actualité, il s’agit d’une réflexion sur le parti communiste et le cinéma français. Il est au coeur de toutes les confusions actuelles contre lesquelles nous nous débattons. Je viens d’avoir plus ou moins l’autorisation d’accomplir le travail sur son manuscrit.

Voilà est-ce que j’aurai la force qui a été la mienne durant ces dernières années: mener de front deux projets. L’un sur l’espace post-soviétique en particulier la Sibérie mais aussi la route de la soie, le monde euroasiatique. L’autre sur cette sociologie du cinéma qui porte sur l’identité française avec un cinéaste que l’on a considéré comme « maudit ». Une déformation qui une fois de plus tente de transformer en malédiction ce qui est simplement la loi d’une classe dominante imposant à l’industrie du cinéma ses options. Ce n’est pas si éloigné du livre sur Brecht et Lang, sur le refus de la « shoah » comme relevant d’une malédiction pesant sur le peuple juif, mais au contraire de partir de la nature capitaliste du nazisme. Affirmer comme Klaus Mann, ce n’est pas parce qu’ils sont antisémites que les nazis sont pourris, mais parce qu’ils sont pourris qu’ils sont antisémites. Ce pourrissement est à rechercher dans la nature capitaliste. Bref, comme vous le voyez j’ai du travail sur la planche

Danielle Bleitrach

PS; je viens de découvrir que « l’infâme' »Nicolas Maury qui décidemment n’a aucun sens du ridicule vient de me faire suspendre de Facebook pour quatre jours… comme un quelconque joueur de foot…

 

Ma réflexion du jour : je n’oublie pas, qu’ils soient à jamais maudits…

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C’est étrange, moi qui après un long travail sur l’Histoire, mais aussi mon histoire non seulement ai pu pardonner au peuple allemand, mais ai pu écrire un livre sur deux exilés Lang et Brecht dans lesquels je me suis reconnue et qui m’ont aidée à comprendre que si le nazisme s’est installé c’est parce que ce peuple a été très proche de la Révolution, plus que beaucoup d’autres… Donc j’ai reconquis mon amour pour la culture allemande, pourtant je conserve une rancune tenace contre Günter Grass parce qu’il a menti tout au long de sa vie et à caché son engagement volontaire dans la Waffen SS… Il a feint l’antinazisme et est resté à mes yeux un hypocrite; une sorte de Heidegger donneur de leçon… je ne lui pardonne pas. Même son physique m’est odieux.

je pense autant de mal que lui, pire peut-être des dirigeants israéliens, je pense que le sionisme n’était pas la solution mais lui n’a pas le droit de parler, non pas parce qu’ils s’est engagé dans la Waffen SS mais parce qu’il l’a hypocritement caché pour mieux préserver la noirceur de sa plume peut-être… Tout bénéfice et en plus on s’érige en donneur de leçon… Que certains juifs soient pourris de chauvinisme mérite la dénonciation mais pas de cet individu.

Pourquoi cette rancune tenace qui en moi s’est rassemblée sur lui et sur certains Polonais dont je sais qu’ils n’ont pas changé et qu’ils ne changeront jamais ?…Sans parler de certains dirigeants actuels lituaniens… quand je les vois glorifier le nazisme, je vois en même temps le jeune frère de mon père qui avait 23 ans et a été fauché à la sortie du train de la déportation avec d’autres victimes de la Shoah par balle… il a été tué non par les nazis mais par leurs auxiliaires zélés… ils sont restés les mêmes et je ne pardonne pas à ceux qui refusent de changer. je sais que demain ils recommenceront, peut-être pas contre les juifs mais un quelconque peuple bouc émissaire… Et j’ai envie de crier que Günter Grass et ses pareils soient maudits pas pour avoir été waffen SS mais pour n’avoir pas reconnu ce fait. …

Danielle Bleitrach

 
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Publié par le avril 14, 2015 dans actualités, histoire

 

L’Asie centrale soviétique

 (1/2)http://novastan.org/articles/lasie-centrale-sovietique-12

Une statue de Lénine dans la ville de Sémipalatinsk, KazakhstanCrédit : Anatole Douaud

Plus de 70 ans d’URSS ont non seulement vu la création du Kirghizstan et du Kazakhstan modernes, mais ont aussi laissé leurs marques dans les esprits et sur le territoire. Première partie de notre reportage-photos sur l’Asie Centrale post-soviétique, dédiée à ses statues héritées du XXe siècle. 

A lire sur Novastan.org : Les frontières en Asie centrale : importation du système européen (1/2) et Les frontières en Asie centrale : importation du système européen (2/2)

C’est à ce moment-là que des villes entières ont été plantées dans la steppe, jusqu’alors déserte : les ressources qui s’y cachaient sont devenus le pilier de l’industrie soviétique.  L’Asie centrale majoritairement nomade a revêtu un nouveau visage en seulement quelques années, pour devenir celle que l’on connaît aujourd’hui.

L’urbanisme présent est toujours celui des temps passés, tant dans ses nombreux espaces verts que pour la grise uniformité de ses bâtiments.

A lire sur Novastan.org : Parcs et espaces verts urbains dans la CEI : histoire, état des lieux et perspectives

Après les indépendances de 1991, les vestiges soviétiques ont été laissés de côté sans être détruits, contrairement à ce qui s’est passé en Europe de l’Est. Les statues de Lénine, symbole que l’on fait tomber en Ukraine, se tiennent encore bien debout au Kazakhstan comme au Kirghizstan. Les monuments à la Grande guerre patriotique, les marteaux et faucilles, ainsi que les mosaïques vantant le progrès et les exploits des soviets décorent les villes et la vie quotidienne.

Lénine, toujours debout

Décrié en Europe de l’Est et parfois en Russie, Lénine est resté debout dans les villes d’Asie centrale. A Bichkek, on le retrouve dans plusieurs parcs, parfois même dans le hall des universités. Au centre, toujours, des villages kirghiz, il est moins visible au Kazakhstan où les autorités l’ont parfois déplacé.

Asie centrale sovietique

Une statue de Lénine à Cholpon-Ata, au KirghizstanCrédit : Anatole Douaud

Une statue de Lénine à l’entrée d’un des plus célèbres complexes de vacances soviétiques dans la ville de Cholpon-Ata, sur les rives du lac Issyk-Koul, au Kirghizstan.

Asie centrale sovietique

A Bichkek.Crédit : Anatole Douaud

Autrefois située au centre de la place centrale de Bichkek, la capitale Kirghize, cette statue de Lénine a été bannie derrière la place en 2003. Elle trône aujourd’hui face au siège du gouvernement, pointant sa main ouverte vers le Nord et la Russie.

Asie centrale sovietique

Une autre statue de Lénine à Cholpon-AtaCrédit : Anatole Douaud

Dans un square de la ville balnéaire de Cholpon-Ata, Lénine regarde le lac Issyk-Kol, la perle du Kirghizstan, sans se laisser dérouter par les nuages menaçants.

Asie centrale sovietique

Kaji-Say, au sud du lac Issyk-KoulCrédit : Anatole Douaud

L’autre rive (Sud) du lac Issyk-Koul, dans l’ancienne ville minière (uranium) de Kaji-Say. Lénine trône devant la maison de la culture, héritage soviétique ayant couvé de grands écrivains kirghiz comme Tchingiz Aïtmatov.

Asie centrale sovietique

Terek-Say, ancienne ville minière du KirghizstanCrédit : Anatole Douaud

Dans Terek-Say, une ville minière kirghize, un autre Lénine, plus petit, est resté au coeur des montagnes riches en or et autre minerais rares. Malgré sa garde, les mines d’antan sont aujourd’hui délaissées ou exploitées individuellement et sans régulations.

A lire sur Novastan : «Vallée de Chatkal, le ‘Klondike Kirghiz’ : mines, isolement et corruption »

Asie centrale sovietique

A Petropavlosk, KazakhstanCrédit : Anatole Douaud

A  Pétropavlovsk, ville frontalière de la Russie à l’extrême Nord du Kazakhstan, Lénine n’est plus au centre. Il a tout de même été placé dans un parc, dépourvu de piédestal et d’écriteaux. Toutefois, les badauds déposent toujours des fleurs à ses pieds.

Asie centrale sovietique

Au Nord-Est du Kazakhstan, dans la ville de SémipalatinskCrédit : Anatole Douaud

Au Nord-Est du Kazakhstan, dans la ville de Sémipalatinsk, ancien centre des essais nucléaires soviétiques. Une statue imposante de Lénine a été reléguée dans un petit parc décentré, aux côtés de Marx, Engels et consorts.

Les statues soviétiques entre guerre, révolution et progrès

Asie centrale sovietique

Une statue d’Anna Prokoficheva, dans la ville désormais kazakhe de PétropavlovskCrédit : Anatole Douaud

Une statue d’Anna Prokoficheva, dans la ville désormais kazakhe de Pétropavlovsk (mais toujours à 80% peuplé par des russes). Figure féminine des premières heures du communisme, Anna Prokoficheva s’est battue contre l’armée blanche et a été fusillée en 1918. Ce symbole soviétique est désormais entre tuyaux et immeubles dans un passage reclus de la ville.

Asie centrale sovietique

Almaty, ancienne capitale du KazakhstanCrédit : Anatole Douaud

Au Sud du Kazakhstan dans l’ancienne capitale Almaty (nouveau nom d’Alma-Ata), l’impressionnant mémorial de la seconde guerre mondiale dans le parc Panfilov juste derrière l’église orthodoxe, reste une attraction et un lieu de célébration de la mémoire des morts pour la patrie.

Asie centrale sovietique

Le village de Chelpek au KirghizstanCrédit : Anatole Douaud

Plus au sud encore, dans le village de Chelpek près de la ville de Karakol au Kirghizstan, un mémorial relate l’importance des pertes humaines de ce petit village pendant la Grande guerre patriotique. Aujourd’hui, il se retrouve à côté de la nouvelle mosquée du village.

Asie centrale sovietique

A Bichkek, devant l’ancien aéroportCrédit : Anatole Douaud

A Bichkek, devant l’ancien aéroport, la statue d’un aviateur russe sans nom accueille le visiteur dans le hall qui donne sur le tarmac désaffecté, transformé en bureau administratif pour enregistrement et documents officiels (passeport, cartes d’identités, etc).

Anatole Douaud

suite du reportage

http://novastan.org/articles/lasie-centrale-sovietique-22

 
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Publié par le avril 14, 2015 dans histoire

 

La réflexion du jour : Question de pédagogie…

Depuis hier nous avons une grande discussion avec marianne. Tout à démarré à cause du texte russe sur les camps de concentration. Si l’on en croit ce texte en dehors des russes et des juifs (de toutes nationalités) il n’y a pas grand monde de mort dans les camps de concentration nazis. Résultat, il a soulevé quelques protestations des lecteurs de mon blog. Et c’est là que surgit notre discussion, Marianne comprend les protestataires. Je dis à Marianne que si les gens n’ont pas compris qu’effectivement ceux qui ont payé l’essentiel de l’addition de la deuxième guerre mondiale ce sont les juifs et les soviétiques, ils ne sont vraiment pas très malins. Même si par ailleurs je me bats pour ne pas ethniciser la shoah et dénoncer le crime contre toute l’humanité… les statistiques sont là…

De là, je râle contre mon cher pays la France et son nombrilimse… je lui rappelle le Russe patriote et complètement beurré à l’aéroport de Simféropol en Crimée qui me défiait en m’expliquant que Napoléon avait reçu une tannée et que tandis que nous cédions devant l’armée allemande (il levait les bras au-dessus de la tête en signe de reddition) eux ils avaient vaincu la bête… Qu’est-ce que je devais faire: ignorer les faits historiques et me battre avec ce Russe qui, bien que pochard, ne disait que la stricte vérité ? le plus simple était de reconnaître le fait en défendant l’honneur français en prononçant le mot magique Normandie-Niemen… Franchement si on avait compté sur les seuls Français, on serait sous domination du IIIe Reich… mais il y a eu des Français, des communistes en particulier et c’est vrai pour bien des nations… La statistique des morts dans les camps d’extermination c’est pareil… et il serait temps que nos amateurs de cocorico national le réalisent…

Marianne ne me contredit pas, mais elle exige de ma part un peu plus de psychologie… Il y a des gens qui ne sont jamais sortis de chez eux… Ils sont intelligents mais ils sont un peu « étroits ». C’est comme ça, ils voient tout par leur bout de la lorgnette… C’est par ce biais là qu’ils ont fait leur éducation politique et peut-être faut-il le respecter. Ou alors faut-il réfléchir comme ces bouddhistes chinois qui s’interrogent sur la pédagogie. Tout apprentissage est un viol, il bouscule les certitudes antérieures, les bouddhistes chinois se divisent en deux écoles, l’une consiste à avancer à petites doses, l’autre à flanquer une bonne gifle à l’élève réticent en matière de rupture avec l’ignorance et les stéréotypes sur le sujet…Oui Adam et Eve et le péché originel c’est un mythe comme d’ailleurs la nature aryenne des allemands ou le fait qu’il vaut mieux remonter à Clovis pour être français et patriote parce que depuis les mérovingiens nous sommes les meilleurs…

Il n’est pas question de battre l’entêté mais à un certain moment, il serait juste de lui faire comprendre ce qui me met hors de moi: cette manie française de croire par exemple qu’il échappe, lui,aux yeux du reste de l’Humanité aux méfaits de ceux qui depuis des siècles le gouvernent et avec une certaine arrogance sont allés enquiquiner le reste de la planète… Qu’il y a certes des français d’exception… Mais notre classe dominante a beaucoup dominé et nous a fait faire beaucoup de bêtises… Il y a eu des héros et des enfants de Pétain… et ça continue. Parce qu’entre nous à quelques exceptions près, si aujourd’hui on comptait sur les Français, leur gouvernement, leurs « élites » pour éviter la troisième grande guerre mondiale on serait pas sortis de l’auberge… Mais il y a des gens qui agissent dont vous et moi faisons partie… VIVE LA FRANCE…

 
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Publié par le avril 13, 2015 dans histoire, humour, mon journal

 

La Russie accuse l’Ukraine d’user de méthodes « totalitaires » contre l’héritage soviétique

AFP Publié le vendredi 10 avril 2015 à 21h43 – Mis à jour le vendredi 10 avril 2015 à 22h56

International La Russie a accusé vendredi Kiev d’avoir recours à des méthodes « totalitaires » en adoptant des lois mémorielles pour « désoviétiser » l’Ukraine, au profit d’une idéologie nationaliste qui, selon elle, va pousser le pays « dans l’abîme ».Les députés ukrainiens ont voté jeudi plusieurs lois mettant sur le même plan les régimes soviétique et nazi et interdisant toute négation publique de leur caractère « criminel » ainsi que la production et l’utilisation publique de leur symboles.

Le ministère russe des Affaires étrangères a réagi vendredi soir dans un communiqué : « Kiev utilise des méthodes véritablement totalitaires, qui portent atteinte à la liberté de pensée, d’opinion ou de conscience ».

« En mettant au même niveau les agresseurs fascistes et les soldats ayant combattu le fascisme (…), les autorités ukrainiennes (…) tentent d’effacer de la mémoire collective des millions d’Ukrainiens », poursuit le communiqué.

Moscou estime que Kiev viole même ses obligations internationales en « glorifiant » les combattants de l’Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA) controversée, qui se voient accorder le statut de « combattants pour l’indépendance de l’Ukraine ».

L’UPA, qui avait affronté l’Armée rouge mais aussi collaboré avec les nazis avant de les combattre, est honnie dans l’Est prorusse ainsi qu’en Russie.

Aux termes des lois votées jeudi en Ukraine, les monuments à la gloire des responsables soviétiques doivent être démontés, de même que doivent être rebaptisées les localités, rues ou entreprises dont les noms font référence au communisme.

En cas de violation de cette loi, qui doit encore être promulguée par le président Petro Porochenko, les organisations ou partis concernés seront interdits, ce qui remet en cause l’existence du Parti communiste ukrainien.

Les personnes reconnues coupables de production ou diffusion de symboles soviétiques et nazi, en particulier de l’exécution publique de l’hymne soviétique, risqueront jusqu’à dix ans de prison, selon la nouvelle loi.

Beaucoup ont salué en Ukraine le vote des députés, estimant que des lois mémorielles sur les symboles soviétiques auraient dû être adoptées juste après l’indépendance de l’Ukraine de l’URSS en 1991, à l’instar des pays Baltes – d’autres anciennes républiques soviétiques – et de la Pologne, ex-membre du bloc socialiste où des lois similaires existent aussi.

Bien que des monuments soviétiques aient été déboulonnés au moment de la chute du régime soviétique en 1991, comme celui dédié au fondateur de la Tchéka (ancêtre du KGB) Felix Dzerjinski, qui trônait face au siège de l’actuel FSB Place de la Loubianka à Moscou, la Russie n’a pas adopté de lois équivalentes sur l’héritage soviétique. Le président Vladimir Poutine, lui-même ancien officier du KGB, a même réintroduit après son arrivée au pouvoir en 2000 l’ancien hymne soviétique – désormais interdit par l’Ukraine – avec des paroles adaptées.

La Russie, notamment par sa télévision publique – n’a eu de cesse de présenter la nouvelle direction pro-occidentale ukrainienne, portée au pouvoir par un mouvement populaire qui avait chassé il y a un an son protégé Viktor Ianoukovitch, comme majoritairement composée de « fascistes ».

Selon Vadim Karassiov, directeur de l’Institut des stratégies globales à Kiev, c’est notamment pour répondre « à la campagne de propagande du Kremlin », que les lois mémorielles ont été adoptées.

Mais d’autres analystes en Ukraine mettent cependant en garde contre les conséquences d’une lecture politique de l’histoire et de l’identité complexe du pays, au moment où il est ravagé par un an de guerre qui a fait plus de 6.000 morts dans les régions de l’Est prorusse, dont une bonne partie de la population reste attachée à l’héritage communiste.

« Cette loi est trop radicale. (…) Il y a beaucoup d’excès » qui risquent d’exacerber les « tensions surtout dans l’est et le sud » où la nostalgie pour l’URSS est la plus forte, avertit ainsi l’analyste politique indépendant Volodymyr Fessenko.

C’est « une grosse erreur, voire une manière de signer son arrêt de mort vis-à-vis » de l’Est du pays « où une version tout à fait différente du XXe siècle prévaut », renchérit dans un blogDavid Marples, directeur d’un programme d’études sur l’Ukraine à l’université canadienne d’Alberta.

« Les autorités ukrainiennes ont lancé un processus irréversible qui va aboutir à la désintégration complète du pays », a d’ores et déjà lancé un dirigeant séparatiste de l’Est du pays Alexandre Zakhartchenko, cité par un média local.

 
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Publié par le avril 12, 2015 dans histoire

 

Depuis la Russie : 11 avril, jour international de la libération des camps

Photo d’un utilisateur.
Traduction

11 avril est la journée internationale de la libération des camps de concentration nazis. Cette date est établie à l’initiative des Nations Unies à la mémoire de la rébellion internationale qui s’est passé il y a exactement 70 ans dans le camp de Buchenwald.

Sur les 18 millions de citoyens de l’Europe qui sont passés par les camps de diverses sortes, y compris les camps de concentration,  plus de 11 millions de personnes sont mortes Parmi les morts figurent 5 millions de citoyens de l’URSS, ainsi que 6 millions de Juifs de divers pays. Selon les historiens, le nombre d’enfants de moins de 14 ans dans des camps de concentration a été de 12 à 15 %. Un prisonnier sur cinq était un enfant.

Aujourd’hui il nous est difficile d’imaginer ce qu’éprouvaient ceux qui avait travaillé jusqu’à l’épuisement, affamés, devant les yeux desquels on brûlait, asphyxiait dans des chambres à gaz, torturait, violait des prisonniers comme eux. Leurs noms et leur destin, pour la plupart, ne sont pas connus. La plupart d’entre eux ont été tués, mais ils méritent tous notre profond respect et hommage à leurs souffrances. Nous saluons la résilience des survivants dans cet enfer. Mémoire éternelle aux victimes des camps de concentration du fascisme!

Dans le contexte de l’évolution de la situation en Ukraine, où les bandéristes sont  arrivés au pouvoir, la junte fasciste, nous devrions plus souvent évoquer le fascisme et toutes ses manifestations. L’une des pires horreurs de l’humanité ont été ces camps ! La Russie ne permettra pas la répétition de telles tragédies.

 
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Publié par le avril 11, 2015 dans histoire

 

Le nombre de monuments à Lénine abattus est directement proportionnel à la chute du niveau de vie des Ukrainiens.

 

http://www.kpu.ua/ru/80948/polytolog_poka_merzavtsy_pyljat_bjudzhet_durachky__pyljat_nogy_pamjatnykam

Cette opinion a été exprimée par le directeur du Centre « troisième secteur » Andrei Zolotarev au correspondant de GolosUA.

Par exemple, il a noté que les auteurs de la loi interdisant la promotion des régimes communistes et nazis appellent cette folie « décommunisation. »

«Je tiens à rappeler aux nationalistes qui prétendent trouver en cela l’expression d’un sentiment patriotique, une vieille vérité toute simple, qui a été confirmée à plusieurs reprises par l’histoire : « Ceux qui ne peuvent rien faire pour les vivants se battent contre les morts « . Nous en voyons la confirmation dans cette espèce de guerre aux statues de Lénine, « – dit l’expert.

Selon lui, le nombre de monuments à Lénine qui ont été abattus est directement proportionnel à la chute du niveau de vie des Ukrainiens.

« Maintenant, il y a une tendance claire : les monuments sont mis à bas, mais le prix des tarifs grimpe, les pensions et les salaires baissent, mais la corruption est en hausse », – a dit l’analyste.

Ainsi, Zolotarev estime qu’en Ukraine il y a une division claire du travail.

« Pendant que des salauds massacrent le budget, des imbéciles scient les jambes des monuments. Bien sûr, maintenant le pouvoir stimulera ce genre de choses pour détourner l’attention, « – dit A.Zolotarev.

Il est plus facile, dit l’analyste, de créer l’apparence d’avoir obtenu au moins certains résultats de ses activités, en décrétant la décommunisation et se battant avec le passé.

« Mais le résultat est maigre et se traduira par de grands malheurs et de graves problèmes pour le pays », – a conclu l’analyste.

 
 
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