RSS

Archives de Catégorie: HISTOIRE

Notre histoire retrouvée : un livre de mémoire, d’histoire et de politique par Pierre Alain Millet

le premier compte-rendu sur mon livre et je suis si heureuse que ce soit celui de Pierre Alain Millet, l’ami de Venissieux que j’ai toujours trouvé là pour rendre concrets mes combats qui auraient pu sans lui et les amis de cette ville ouvrière paraître désespérés… (note de Danielle Bleitrach)

Le livre de Danielle Bleitrach paru cet été 2019, “le temps retrouvé d’une communiste”, est un livre de mémoire, un livre d’histoire, un livre politique, très personnel et très politique, comme cette vie extraordinaire d’une fille d’une vendeuse de prisunic féministe, un grand-père juif mort à Auschwitz, une arrière-grand mère qui avait connue la commune de Paris. Elle deviendra une intellectuelle formée à l’iconographie religieuse, une sociologue liée au prolétariat se consacrant à la vie de ceux qui souffrent, notamment dans cette grande ville de Marseille, une cinéphile qui peut illustrer chaque moment et situation d’une scène de cinéma, une dirigeante du PCF qui a rencontré tant de dirigeants du mouvement communiste international qu’on peut croire qu’elle porte en elle tout ce que nous avons perdu, une vie faite d’art de de luttes sociales, une vie de femme, de fille et de mère.

C’est une approche très personnelle de l’histoire, un livre de multiples rencontres ; Aragon, Alleg, Bourdieu, Juquin, Leroy, Ponomarev, Krasucky, Vovelle, Walesa, Ziouganov… mais aussi Valentina Terechkova, la première femme cosmonaute, un livre aussi de dialogues au long court, avec Marianne, Monika, les amies des voyages récents, son amie dirigeante du PCF Gisèle Moreau et Jorge l’amant d’un long séjour à Cuba… Le marxisme nous dit que l’universel n’est pas dans l’abstrait mais dans le concret du mouvement qui transforme le réel. L’expérience de Danielle dans cette longue période historique depuis la deuxième guerre mondiale qui voit, face au nazisme, l’affirmation communiste emplir la planète avec la construction du socialisme, jusqu’à sa défaite à l’Est, puis les résistances du Sud qui renaissent et cette nouvelle crise historique d’un capitalisme mondialisé destructeur, cette expérience nous aide à relire cette crise du communisme qui nous a frappé et qu’elle nous conduit à penser en quelque sorte comme une crise de jeunesse.

En ce sens, plus que beaucoup d’analyses économiques quantitatives sur la crise, la lecture très personnelle et très politique de l’histoire par danielle nous est indispensable. Comme elle le dit elle-même “je ne parle pas (…) pour passer le temps, petit, qu’il me reste à vivre, mais en poursuivant un but : celui que monte l’exigence collective d’une réflexion sur le passé pour libérer le présent et l’avenir”.

Un livre de mémoire

On naît d’une famille, d’un pays, d’un temps. Danielle est née dans le chaudron du siècle qui a vu naître le socialisme dans les violences des guerres et de la réponse fasciste, dans une tribu de juifs polonais allergiques à tout ce qui n’était pas eux, mais qui avaient quelques raisons de se montrer méfiants, une tapée de prolétaires niçois issus d’un curé défroqué tous plus révolutionnaires les uns que les autres, la fille d’un maître verrier de Baccarat fuyant le Boche et épousant un anarchiste aristocrate italien, n’étais-je pas prédestinée à devenir communiste ?

Sa famille est une famille juive prolétaire nous dit-elle, résumant ce qui fonde pour elle son engagement depuis son enfance : Face au double négationnisme de notre époque, celui qui nie ce que fut l’extermination et les chambres à gaz et celui qui nie la libé­ration par l’Armée rouge, la colère remonte en moi : celle de la petite fille quand elle découvrit le sort que lui réservaient les bourreaux. Ses origines juives ne sont pas une question religieuse, d’autant qu’elle a autant participé enfant aux éclaireuses israélites, aux fêtes du parti, qu’au cours Bastide tenu par les Clarisses. Mais la place qu’elle donne à cette histoire du Yiddishland, dans cette pologne de ses origines communes avec monika, là où nous dit-elle, tout s’est écroulé, nous situe l’antisémitisme comme une question de classe, nous décrit les juifs peuple artisan des villes, faisant face avec les paysans à la noblesse polonaise. On ne peut parler des luttes de classe dans quelque pays que ce soit sans prendre en compte les cultures, les peuples qui se mêlent dans l’histoire d’un pays, et c’est ce que nous permet danielle bleitrach en décrivant ce yiddishland, sa destruction et ses traces.

Elle adhère au PCF en 1956 après avoir vu dans Paris-Match une photographie de communistes hongrois dont les cadavres sont accrochés à des crocs de boucher.

Elle a une riche histoire de dirigeante du PCF au milieu des tentatives de l’eurocommunisme et des rapports avec le PCI qui allait devenir la “cosa” avant de disparaître, de la guerre d’Algérie, des rapports avec les pays de l’Est, de la décolonisation, des batailles idéologiques virulentes contre le PCF, contre Georges Marchais, jusqu’à la mutation de Robert Hue qui conduira à son départ lors de l’intervention de l’OTAN en Serbie en 1999.

Elle a fait depuis le tour de la planète à la recherche d’un mythe, d’une légende, d’une civilisation presque disparue et qui était plus avancée que celle de mes quatre-vingts ans, la civilisation communiste. 

Son cousin Jacques, psychologue lacanien prétend qu’elle est « Le chef-d’oeuvre de l’hystérie. ». Nous sommes nombreux à connaître ses coups de gueule, entre déprime et colère, qui provoquent parfois quelques indignations très sélectives et politiciennes. Mais tous ceux qui savent que la souffrance est humaine, tous les militants donc, reconnaissent la légitimité de celle qui se bat pour les autres, pour que vive son parti, la légitimité de la colère contre l’injustice indispensable à l’engagement, sur tous les plans, le refus du nazisme, des inégalités comme pour le respect des femmes : “Jamais surtout ne tolérer le moindre coup. Effectivement la première fois que mon mari Gérard a tenté de lever la main sur moi, j’ai empoigné une baïonnette, vestige de la guerre de 14-18 qui se trouvait là à titre d’ornement et je lui ai couru après avec tant de conviction, qu’il s’est enfui sans demander son reste. Mon père, lui, avait une longue cicatrice à l’avant-bras, elle témoignait de la manière dont ma mère l’avait empêché à jamais d’esquisser même un revers de main.”

Danielle nous dit comme Agnès Varda que la vieillesse est aussi une extraordinaire liberté d’oublier, de s’en foutre… “Je suis comme elle, une petite vieille rondouillarde qui continue à manifester avec sa pancarte personnelle « J’ai mal partout ». C’est l’idée de vivre jusqu’au bout en étant désormais libérée de bien des choses… 

Profitons de ce jeu de la mémoire qu’elle nous confie avec cette recommandation de Robespierre : « Nos raisons d’exister valent mieux que nos existences. »

Un livre d’histoire

Ce livre d’histoire du siècle du socialisme va de Cuba au Tadjikistan, du Bénin à Malte, rencontre des dirigeants du mouvement communiste international, des artistes et intellectuels. Non chronologique, il nous emmène dans les innombrables rencontres de l’auteur sur toute la planète pour tisser une leçon politique de cette histoire.

Il commence par les sources de l’engagement, la bataille contre le nazisme, le choix communiste, se poursuit par les soubresauts de ce monde socialiste qui semblait indestructible mais dont les failles et les contradictions conduiront à sa défaite, éclaire les tentatives de renouveau communiste, dont l’eurocommunisme, qui se transformeront en renoncement, nous montre l’impact de la chute du mur pour le tiers-monde avant le renouveau des luttes du Chiapas pour finir par Cuba, l’île qui résiste encore et toujours à l’impérialisme et montre que le choix communiste est possible dans les pires difficultés.

Cette longue épopée personnelle sur la planète ne nous dit pas tout de l’histoire, mais apprendra beaucoup à ses lecteurs, et lui donne un sens, illustré de très nombreuses anecdotes.

Saviez-vous qu’un général de l’armée polonaise en URSS obtient en 1939 de Staline le droit de transférer ses soldats en Iran, d’où les britanniques les transportent en Egypte, où un certain Begin organise les soldats juifs pour former les milices du Betjar qui imposeront une vision d’Israël d’extrême-droite ? Saviez-vous que Mitterrand fonda en 1952 « le Comité français pour l’Europe libre » et que son petit parti, l’UDSR réclame que soit déclarée « l’incompatibilité entre l’appartenance au PCF et l’exercice de fonction publique d’autorité et de sécurité » ?

L’auteur éclaire le choix de la stratégie de l’union de la gauche par le PCF, depuis la proposition de Maurice Thorez en 1959 au XVe Congrès, “à la recherche d’une stratégie de conquête de pouvoir comparable à celle qui avait tant apporté à la Libération (…)une échappatoire aux effets de la déstalinisation. Le Parti socialiste déconsidéré avait le choix : poursuivre l’alliance que Defferre nouait à Marseille contre les communistes ou un autre Front populaire, dont les communistes devaient être le fer de lance. En 1971, Mitterrand démontre qu’une autre voie était possible pour en finir avec de Gaulle, il suffisait de se déguiser en révolutionnaire pour mieux entrer dans la voie du néo-libéralisme en se débarrassant des communistes et en transformant totalement le parti socialiste.

Pourtant, les communistes connaissaient son rôle dans la guerre d’Algérie. L’auteur nous le rappelle “Notre lutte contre l’OAS n’était pas un jeu, on en mourait”Combien de fois sommes-nous montées en pleurs au sommet de la Sainte-Victoire pour dire adieu à un garçon de notre âge qui avait reçu ses papiers militaires.

D’ailleurs au début des années 80, lors d’un meeting qui eut lieu à Fabregoule dans la banlieue marseillaise. Marchais interrogea la foule après avoir mis en avant tous les arguments pour l’union de la gauche, « Alors faut-il, oui ou non, faire l’Union ? ». et l’assistance de clamer un « non » convaincu.

Mais les communistes cherchent et le modèle soviétique montre ses fragilités. En 1968 en Pologne, Gomułka a subi la campagne anti-juive orchestrée par Moczar. Il n’était pas antisémite, son pouvoir était sur sa fin. Il l’a d’ailleurs perdu, suite à cette affaire. Il ne se rendait pas compte que Moczar allait nettoyer la structure de l’État des meilleurs cadres communistes et socialistes qui s’avéraient des juifs fidèles à Gomułka.

Le philosophe marxiste hongrois Lukács qui, tout en dénonçant le dogmatisme stalinien, en protestant contre le fait que son pays, la Hongrie, s’était joint aux troupes du Pacte de Varsovie dans l’invasion de la Tchécoslovaquie, déclare en 1969 : « Dans un État socialiste, il n’y a aucune couche qui ait intérêt à la guerre. Ainsi il reste une possibilité de préserver la paix qui n’existe dans aucun État capitaliste. Cette crise tchécoslovaque en 68 “fut un drame personnel pour Waldeck Rochet, il fit tout ce qu’il pouvait pour empêcher l’intervention. On ne comprend pas l’attitude du parti en mai 68 en France si on ignore le contexte de ces tensions au sein de l’internationale. L’esprit de Waldeck n’y résista pas.”

Mais les communistes sont toujours dans la solidarité internationaliste “en 1970, j’aiderai des militants communistes à franchir les cols clandestinement, en les attendant au pied de la montagne. Ils transportaient Mundo Obrero, le journal du Parti communiste espagnol. “

Pourtant la guerre idéologique fait rage, celle que Gaston Defferre vint exposer à la télévision en 1973, les socialistes sont les garants des libertés. Si l’on veut que la gauche l’emporte, il faut que le PS domine et tienne les communistes qui n’auront droit qu’à des strapontins. Il utilise la Constitution mise en place par de Gaulle et qu’il a pourtant dénoncée. Mais il est puissamment aidé par la campagne lancée par les États-Unis sur les droits de l’homme dans les pays socialistes et qui prend une ampleur inusitée en France.

Les communistes innovent pourtant avec le Comité central d’Argenteuil en mars 1966, “les temps étaient au « nouveau », nouveau roman, nouvelle vague, etc. La France résistait aux offensives intellectuelles menées par la CIA et quelqu’un comme Jean-Paul Sartre était le chef de file de cette résistance. Mais le mouvement communiste se divise. Alors même que la polémique sur la réactualisation du programme commun est à son niveau le plus élevé entre le PCF et François Mitterrand, le 24 mars 1979, Berlinguer et Mitterrand se rencontrent à Strasbourg. La « dissidence » qui se développe à l’intérieur du PCF est encouragée par le Parti communiste italien et par l’espagnol.

Lors d’un voyage à Moscou en 1980, danielle rencontre le dirigeant soviétique Ponomarev il ressortait de ses propos que, vu que ce n’était pas demain la veille que nous ferions la révolution, notre rôle de communistes français était d’aider à ce qu’il y ait en Europe une attitude plus favorable à l’URSS. Donc s’il y avait une chance qu’un gouvernement socialiste plus amical que celui de Giscard, qui s’était acoquiné avec Helmut Schmidt pour retourner à l’atlantisme pur et dur, puisse arriver au pouvoir il fallait la jouer.

Quand en 1981 Wałęsa à Paris est reçu par la CGT. Krasucki m’avait invitée à cette rencontre (…) il s’est inquiété des visions médiévales dudit Wałęsa en ce qui concerne les femmes. Le matois Wałęsa lui a répondu en gros : « Vous avez eu votre chance. Comment se fait-il que le peuple polonais se reconnaisse plus en nous qu’en vous ? » 

L’expérience du gouvernement de gauche divise les communistes. Dès 1982, “La fissure entre ceux qui sont solidaires du gouvernement et doivent agir en souplesse pour obtenir un maximum et la direction du Parti qui prévoit où tout cela mène a commencé à poindre ira s’élargissant. Au-delà du désaccord tactique, il y a aussi le sentiment que ce que portait l’URSS était désormais épuisé et que le règne d’une véritable social-démocratie était venu.”

En 1985, Danielle rédige pour le XXVe Congrès la partie consacrée aux pays socialistes, évoquant la crise de l’URSS. « Une crise est là, la situation se durcit, les forces de la réaction et du capital s’enhardissent. Qu’est-ce qu’on fait ? On résiste ou on cède ? » Ainsi posée, la question a entraîné une seule réponse : on résiste. (…) Mais au congrès de Martígues, le nouveau secrétaire Robert Hue affirmait : « Le monde change, il faut s’y adapter. »

A l’Est, les remises en cause se multiplient. En 1988, Pozsgay n° 2 de l’État hongrois avait : « acquis la certitude qu’une réforme du système communiste était impossible et que la Hongrie devait adopter le multipartisme et une démocratie à l’occidentale. En novembre 1988, (…), j’ai déclaré que le soulèvement de 1956, à Budapest, avait bien été une insurrection populaire, et non une contre-révolution, comme l’affirmait l’orthodoxie communiste. En réalité, je testais Gorbatchev, afin de voir sa réaction. Il n’a pas bronché. Et j’ai compris que nous avions le champ libre. »

Les 2 et 3 décembre 1989, Danielle part au titre du PCF à Malte où Gorbatchev vendait l’Allemagne de l’Est pour quelques kopecks. La ‘‘ révolution roumaine ’’ avait fait quelque sept cents morts —. Le bilan de l’attaque américaine au Panamá, qui s’était déroulée au même moment dans l’indifférence générale, s’élevait à près de deux mille morts….

La chute du mur n’est pas la fin de l’histoire. Quand je me suis rendue au Chiapas, dans le quartier général du commandant Marcos, en 1995 (…) trois mouvements s’étaient inscrits en faux face à la « fin de l’Histoire » : en janvier 1994, la révolte des Chiapas ; toujours en 1994, une forte grève ouvrière en Corée du Sud et le mouvement contre le bradage des services publics en France en 1995.

En 1996, Danielle à la tribune du Comité national dit “ce que je pensais à propos de notre discours sur le refus de « corseter le mouvement populaire » : c’était du pipeau et signifiait simplement que le plat était trop chaud qu’il fallait attendre pour réaliser ce qui se tramait en coulisse, la négociation avec le PS d’une nouvelle participation gouvernementale.”

Il ne fallait pas aller au gouvernement, (…) nous aboutirions alors à une alternative entre la droite et Le Pen. (…) Robert Hue lui-même vint avec sa cordiale gentillesse me demander : « Que puis-je faire d’autre ? » J’ai rétorqué : « Si tu ne sais pas quoi faire d’autre, donne ta casquette de secrétaire national. (…) J’avais dit que j’étais contre la participation au gouvernement, mais que si nous choisissions d’y aller, il fallait dès maintenant préparer les militants à ce nouveau cap. C’est le contraire qui fut fait. Nous eûmes droit à un délire qui se poursuit encore aujourd’hui sur le fait que nous n’avions plus à penser à la place des « gens », « à corseter le mouvement populaire ». (…) les discussions de sommet se poursuivaient en coulisse avec le PS et tout était fait dans notre presse, dans les discours officiels pour canaliser les militants vers cette voie de garage. Pour la première fois de ma vie, j’étais en total désaccord, tant avec ce qui se tramait qu’avec l’hypocrisie de faire un Congrès sur la démocratie citoyenne.

En 2002, Daniel Cirera, en charge de la politique internationale du PCF affirmait dans un article que l’Europe empêcherait une guerre en Irak. Nous avons été une vingtaine à écrire pour protester. Pas le moindre droit de réponse ne fut accordé par ceux qui se proclamaient si volontiers ennemis de la censure… dans les « régimes socialistes ». L’Humanité apportait quelque temps après son soutien officiel à un dissident cubain présenté par… Robert Ménard (sic !), alors dirigeant de « Reporters sans frontières ». La rupture était consommée pour Danielle.

Un livre politique

Ce livre politique nous donne des clés pour comprendre ce qui s’est passé entre les conquêtes de l’après-guerre et la contre-offensive de l’impérialisme mettant à genoux l’URSS et le mouvement communiste.

Il nous propose une relecture d’une histoire que nous croyons connaître, les contradictions du socialisme, les révoltes en pologne, l’intervention en Tchécoslovaquie, la stagnation en URSS, et nous fait découvrir que les communistes à l’Est comme à l’Ouest faisait face à une même réalité, la domination du monde par un capitalisme en pleine restructuration. L’eurocommunisme n’est pas seulement une prise d’autonomie impulsée par le PCI mais aussi l’illusion soviétique d’un compromis avec l’Ouest pour sortir de la course aux armements. La conviction que le socialisme doit s’ancrer dans des réalités nationales, qui travaille aussi les communistes de l’Est, conduit malheureusement à l’Est comme à l’Ouest au renoncement, à la soumission à l’idéologie de la “démocratie” occidentale. Le mouvement communiste se met partout sur la défensive, perdant la guerre idéologique sur la question des libertés, mais aussi sur l’efficacité, sur la solidarité et finalement sur la paix.

Danielle nous montre comme dans son livre sur Staline le point de vue des peuples sur la chute de l’URSS. Gorbatchev, Kádár et Imre Pozsgay (…) ont présenté aux populations une réforme du socialisme qui en s’appuyant sur l’histoire nationale aboutirait à conserver les avantages du socialisme joints à ceux du libéralisme. Mais ils ont détruit le socialisme en important le capitalisme le plus sauvage. Et ils seront finalement supplantés par d’autres figures encore plus démagogues : Eltsine, Berlusconi et Orbán. De fait, les citoyens de l’Est ont été trompés par leurs élites et aussi par la communauté internationale, c’est-à-dire l’Occident, l’OCDE et même l’ONU. Donc ils ne sont pas nostalgiques, ils sont furieux et tristes de ce qu’ils et elles ont perdu et d’avoir été grugés.

Et c’est à Cuba que Danielle trouve une réponse communiste à cette crise, à la veille de la venue de Jean-Paul II. J’avais écouté le discours que Fidel adressait aux Cubains à cette occasion. Il leur disait en gros qu’ils devaient accueillir le mieux possible leur hôte, mais qu’ils devaient lui faire comprendre que si en Pologne le socialisme avait été imposé, à Cuba il était l’oeuvre des Cubains eux-mêmes. I

Danielle en tire une conclusion forte “Notre éthique historique, notre grand atout, s’est heurtée non à la force papale, ni même aux manoeuvres de la CIA, mais au fait que celles-ci ont pu être efficaces face à notre impossibilité d’être des révolutionnaires, face à la difficulté à penser une stratégie qui a été la nôtre.” Nous n’avons pas reculé à cause des difficultés du socialisme, ni de la contre-offensive du capitalisme, mais parce que nous n’avons pas construit une stratégie communiste à la hauteur du moment historique, avec la question décisive de l’intérêt populaire. Risquet me disait : « Il faut rester sur l’essentiel. Si un dirigeant chinois oublie qu’il a un milliard trois cents millions de personnes à nourrir, il est foutu, comme si nous, nous oublions que nous avons à notre porte le plus terrible des ennemis qui veut notre mort.

L’existence des partis communistes, du mouvement communiste est une question clé, qu’aucun stratégie électorale ou de rassemblement ne peut suppléer. “Je me souviens de ce que disait Fritz Lang des États-Unis : ils n’ont pas besoin du nazisme, ils ont réussi à transformer les esprits pour avoir un nazisme avec élections démocratiques. Cela se passe quand on élimine les communistes et l’alternative réelle qu’ils représentent, y compris quand le travail est fait par les directions dites communistes, comme cela s’est passé dans l’URSS de Gorbatchev, dans l’Italie d’Ochetto et ailleurs…”

Dans les transformations du PCF avant et après son 22ème congrès, rien n’était joué d’avance. Il y a eu débat sur la stratégie d’union, sur la participation gouvernementale en 1981. Mais les dirigeants de l’époque cherchaient comment permettre au parti d’accéder au pouvoir pour transformer la société. L’auteur nous dit par exemple que le ministre Fiterman a fait le maximum dans les limites de ce qu’il pouvait faire, (…). Non seulement, c’était un travailleur qui avait à coeur de maîtriser lui-même les dossiers, mais il était incontestablement doué pour le dialogue avec des secteurs qui ne lui étaient pas favorables. 

Mais quid de la révolution ? J’ai entendu à plusieurs reprises Gisèle Moreau, Charles Fiterman dire leur admiration pour Louis XI, ce roi obstiné, rusé qui fit la France. Les membres du Bureau politique étaient faits pour être de grands commis de l’État, plutôt que pour songer à le briser. C’était une pente sur laquelle les gens plus médiocres qui leur succédèrent glissèrent sans retenue

Mais la période était globalement aux reculs. Marchais était intelligent, il aurait pu poursuivre dans un approfondissement du socialisme à la française, il était capable de le faire sans s’identifier à la social-démocratie comme les Italiens et les Espagnols, sans rupture avec le camp socialiste, mais dans une autonomie héritée de Maurice Thorez. Malheureusement, il a été confronté à des temps défavorables, celui de l’effondrement de l’URSS annoncé à travers le gorbatchévisme. Il n’a pas su résister déjà à la première participation au gouvernement, tant la contestation à l’intérieur du parti le déstabilisait.

Et les communistes étaient profondément affaibli par le discours de la “modernité” qui leur était opposé et qu’ils tentaient de s’approprier “Ce que nous prenions pour le nouveau, ce qui paraissait la modernité à certains, celle à laquelle ils prétendaient qu’il fallait s’adapter m’apparaît aujourd’hui comme l’ancien, le pourrissement de ce monde en train de se décomposer.

Ce livre esquisse ainsi une leçon historique pour le mouvement communiste, le modèle né de la Résistance, une solide alliance entre les pays socialistes, les non alignés et les luttes sociales des pays capitalistes, ce modèle n’a pas résisté à la contre-offensive impérialiste. Le socialisme n’a pas trouvé comment faire évoluer son modèle de développement vers la réponse aux besoins nouveaux des personnes, a perdu la bataille idéologique sur la démocratie occidentale, les non alignés n’ont pas résisté aux dérives nationalistes attisées par l’impérialisme, les partis communistes des pays capitalistes n’ont pas su proposer une voie démocratique et révolutionnaire au socialisme, ne tirant aucune leçon de la violence du coup d’état au Chili.

C’est pourquoi le livre se termine sur une lettre d’amour à Cuba, qui est une lettre d’amour d’un cubain, Cuba qui de période sociale en ouverture économique inventé toujours le socialisme qui repond a sa situation concrète.

C’est pourquoi il faudrait que Danielle voyage en Chine pour développer son approche à partir des travaux de notre camarade Delaunay sur le socialisme de marché chinois

Ce livre nous appelle à dépasser les divisions qui ont marqué l’histoire communiste pour relever le défi. “il ne reste plus qu’à pousser là où demain existera une brèche. Là où il y a une volonté il y a un chemin !”, sachant que “jamais le capital et la bourgeoisie ne lâcheront le pouvoir sans avoir détruit un maximum de tout ce qui est vivant autour d’eux. Tout l’art politique consiste désormais à se prémunir de cette violence tout en sachant qu’elle est inévitable”.

Retrouver notre histoire

Ce livre interpelle les communistes pour leur dire : nous n’avons pas démérité, le capitalisme a conduit une contre offensive à la hauteur du défi historique d’un monde qui lui échappait, à la hauteur de la défaite que le socialisme soviétique avait infligé à la forme terrible que le capitalisme avait pris avec le nazisme, une contre offensive qui a commencé dès le coup du Chili et les travaux pratiques à grande échelle des “Chicago’s boys” qui s’est généralisé depuis 50 ans sous de multiples formes politiques.

Nous avons pressenti les transformations du capitalisme, et cherché à réinventer le socialisme, tous, sous de multiples formes, déstalinisation, eurocommunisme, mais les tentatives de rénovation se sont trop souvent transformées en leur contraire, leur soumission au capitalisme et la rupture avec le monde que le socialisme avait créé, de la cosa italienne à la mutation du PCF.

Danielle garde bien sûr de la colère contre quelques uns, et notamment ceux qui l’ont interdite de son parti et de son journal, mais elle nous propose de prendre du recul et de ne pas juger trop sévèrement ceux qui ont cherché des voies nouvelles. Elle nous montre que c’est bien la contre offensive capitaliste qui nous a tous dépassé, que le socialisme ne s’est pas effondré tout seul, même pas par les renoncements de ses dirigeants, mais bien parce qu’il avait en face un système resté dominant à l’échelle de la planète, un système qui se renouvellait et créait un monde nouveau assurant sa domination.

Chaque fois que j’ai été confrontée aux contradictions de l’époque, j’ai compris les choix du PCF et je les ai partagés, comme le faisaient Juquin, Lucien Sève et tant d’autres. Nous n’étions pas des dieux de l’Olympe mais nous n’avons pas à rougir de notre histoire de communistes français.

Sans doute faut-il pour cela de l’humour, “Cela dit j’ai beaucoup ri quand Raúl Sangla (réalisateur de télé communiste) est venu dire à la direction du Parti : « Maxime Gremetz est sans doute un excellent camarade, mais celui qui l’expédie à la télévision est, lui, incontestablement un traître qu’il faut impérativement dénoncer. »”

Ce livre de danielle est une contribution historique pour les communistes français au service de la réorientation décidée par le 38eme congrès. Oui, l’enjeu est d’unir les communistes pour reconstruire le parti communiste du XXième siècle.

La nostalgie ne nous suffira pas à lui faire face, les solutions ne seront pas dans le retour en arrière, la reconstruction de ce qui a été défait tel que nous l’avons connu. Mais la leçon décisive de ce siècle passé pour le siècle encours est bien qu’aucune révolution ne peut se faire sans une organisation politique du peuple face au capitalisme, un parti donc et qu’aucun parti ne peut grandir sans une stratégie à la hauteur de la violence d’un capitalisme mondialisé qui ne peut subsister que par la guerre, à la hauteur du défi historique d’une nouvelle période communiste, une stratégie en lien étroit avec sa pratique…

Souhaitons que le temps retrouvé de danielle bleitrach soit l’occasion pour de très nombreux communistes de retrouver leur histoire, pour reconstruire un temps de l’engagement et de la fraternité communiste, retrouvant les raisons d’exister qu’elle expose dans l’introduction :

  • le communisme est une civilisation avec des oeuvres, des réalisations concrètes.
  • l’épopée soviétique joue un rôle fondateur, loin d’être le socialisme dans un seul pays, elle libère les énergies sur toute la planète et rend concrète l’utopie généreuse.
  • avec la chute de l’Union soviétique le capitalisme a perdu ce qui freinait sa capacité de destruction des êtres humains et de leur planète.
  • cette civilisation, combat pour la paix et la justice sociale, a aussi instauré pour la première fois l’alliance entre les exploités et les artistes, les scientifiques..

Être communiste a été le luxe de ma vie, celui de ne jamais oublier la souffrance des petits, des sans voix, de ceux qui ont le courage de dire non, comme ceux qui se taisent écrasés par l’injustice. Je suis encore au parti parce que c’est là où il y a le moins de fascistes et parce que le peu que je pourrais faire vaut mieux que telle une petite bourgeoise, je me drape dans l’excellence de mes aspirations à un idéal impossible ; mais putain, que c’est dur…

_

L

Publicités
 

Point de vue Russe : Macron a témoigné face à  Poutine d’un malentendu éternel  sur la Russie

voici un texte russe d’une infinie subtilité et qui donc aurait mérité un meilleur traducteur que moi… Mais à défaut de maîtriser la langue je crois que je perçois un peu le « mystère russe », Marianne m’a beaucoup aidé, mais dès que j’ai écouté la conférence de presse comme en témoigne le texte écrit ce matin j’ai été stupéfaite par l’incapacité de Macron de dépasser l’étroitesse de sa pensée et la vanité de sa « diplomatie », la geopolitique touche à la philosophie et les technocrates à la Macron y sont des petits joueurs (note et traduction de danielle Bleitrach)

Deux présidents ont parlé de l'éternel et inévitable

2
20 août 2019, 08:38 
Photo: Gerard Julien / Reuters 
Texte: Petr Akopov

Version imprimée  • 
Signet   • 
Permalien   • 
  • 
Signaler un bug   •

La visite de Vladimir Poutine en France a confirmé la tendance actuelle et éternelle – comme cela se passe toujours dans les moments difficiles, l’Europe a besoin de la Russie. Mais elle ne comprend pas bien la différence qui existe entre nous, notre perception de l’Europe et elle-même – pensant en même temps qu’elle nous connaît presque mieux que nous-mêmes. Cependant, le désir d’indépendance des Européens peut contribuer au rapprochement tactique de Moscou et de Paris.

Emmanuel Macron devient progressivement le principal interlocuteur occidental de Poutine,  il y attache une grande importance. En ce moment, Trump ne peut pas communiquer régulièrement avec Poutine, Merkel se transforme peu à peu en « canard boiteux », la Grande-Bretagne est complètement enlisée dans le Brexit. Le président français veut devenir le principal modérateur des relations avec la Russie, du moins en Europe et dans l’ensemble de l’Occident – et l’invitation de Poutine à Bregancon a précisément servi à cela. En même temps, Vladimir Poutine  surveillait depuis deux ans l’ exercice présidentiel de Macron – évaluant moins son humeur que ses capacités. De quoi Macron sera-t-il capable – est-il prêt à passer des paroles aux actes?

La réunion s’est déroulée dans un format inhabituel – les déclarations de deux dirigeants et leurs réponses aux questions des journalistes ont été faites avant le début des négociations (qui ont ensuiteduré  2,5 heures de conversation et se sont poursuivies au dîner). On ignore pourquoi les Français estimaient cela nécessaire  (ils ont insisté sur cet ordre), mais il s’est avéré que les parties s’e sont exprimées publiquement sur les principaux sujets avant même de pouvoir échanger leurs points de vue.

Cependant, étant donné que de réels accords, même s’ils sont conclus, restent en général secrets face à la presse, le format des remarques liminaires s’est avéré intéressant .Surtout dans cette partie, qui concernait des sujets idéologiques, presque philosophiques, qui sont en fait à la base de toute géopolitique.

Par exemple, la question du G8, il  n’est pas un secret pour nous que Macron a spécialement organisé une réunion avec Poutine quelques jours seulement avant le sommet du G7 à Bregancon. Pour arriver en position de force lors d’une réunion avec Trump, Merkel, Johnson, Abe et d’autres, pour pouvoir informer le collectif Occidental de leurs conversations ou même de leurs accords avec Poutine – sur l’Ukraine, l’Iran, la Syrie et plus généralement sur le conflit entre la Russie et l’Occident.

L’année dernière, l’Italie a plaidé publiquement en faveur du retour de la Russie dans le club occidental, mais son poids est bien inférieur à celui des Français.

Macron espère également beaucoup que la Russie pourra être persuadée de revenir à l’ancien ordre des choses de l’interaction avec l’Occident.

Naturellement, après que la crise ukrainienne  soit au moins quelque peu résolue. De l’avis de Macron, la restauration du «Big Eight» est une telle carotte. On peut l’encourager à devenir plus accommodant sur le sujet ukrainien, car il croit sincèrement que Moscou souhaite redevenir membre du club.

Naïf, erroné, complètement faux? Oui, mais Macron le pense. Après tout, voici ce qu’il a dit en réponse à une question posée par des journalistes français à Poutine («Adhésion au club du G8, ça vous manque? Voulez-vous revenir au G8?):

«Il y a un seul obstacle – c’est la situation en Ukraine. Autrement dit, la résolution de ce conflit est également la baguette magique qui ouvrira la porte à la Russie dans le club des « sept grands », qui pourrait devenir le « huit ».

En outre, Macron a  fait cette déclaration  après que Vladimir Poutine ait déclaré clairement et clairement que le G8 était mort:

«Quant au G8 que vous avez mentionné, il n’existe pas. Comment puis-je revenir à une organisation qui n’existe pas? C’est les sept, aujourd’hui c’est les sept. En ce qui concerne un format possible dans le cadre de huit États, nous ne refusons jamais rien. C’était au tour de la Russie de tenir le G8 en même temps, et nos partenaires ne sont pas venus. Alors libre à vous, à tout moment, nous attendons la visite de nos partenaires dans le cadre du «sept».

Mais en général, d’autres organisations internationales jouent un rôle important dans les affaires internationales. Par exemple,  » le Gvingt ». Et ainsi, aujourd’hui, des acteurs économiques aussi importants sont représentés comme la Chine, l’Inde et bien d’autres… « 

Mais le G8 ne peut pas être – à la fois parce que le G20 est devenu la principale plate-forme mondiale, dans laquelle la Russie et la Chine sont représentées avec l’Inde, et parce que la nature des relations entre la Russie et l’Occident a changé. Nous ne voulons pas faire partie du monde occidental – même sous condition, même avec des réserves – parce que nous ne nous considérons pas en faire partie. Dans le même temps, nous voulons rétablir et améliorer les relations avec l’Europe, car nous sommes aussi, dans une certaine mesure, un pays européen.

C’est pourquoi Poutine a soutenu lundi Macron, qui a parlé de l’Europe de Lisbonne et de Vladivostok, tout en rappelant qu’il s’agissait d’une idée européenne qui appartient à de Gaulle de « de Lisbonne à l’Oural ». Poutine a déclaré qu’il était stratégiquement important pour la Russie et l’Europe – « si elle veut survivre en tant que centre de civilisation ». En parlant de cela, Poutine a dit la phrase la plus importante et la plus mémorable de son discours:

«Le fait n’est pas qu’aujourd’hui, cela semble impossible. Ce qui semble impossible aujourd’hui peut devenir inévitable demain.

Si l’Europe et la Russie fixent de tels objectifs, nous les réaliserons tôt ou tard, a déclaré Poutine. En d’autres termes, l’ancien monde et la Russie ne font peut-être pas partie d’un tout, mais  sont des partenaires stratégiques. Si, bien sûr, l’Europe cesse d’être atlantique, cesse d’être une partie dirigée de l’Occident, devient indépendante, se souvient qu’elle fait partie de l’Eurasie – et se tourne vers l’Est.

Et ici commence le plus subtil et le plus important. Il semblerait que Macron souhaite plus d’indépendance européenne, plus d’eurocentrisme, en parle même directement et ne cache pas que l’établissement de relations avec la Russie est précisément conçu pour aider l’Europe à atteindre ces objectifs:

«L’Europe n’est probablement pas, pour ainsi dire, le monde occidental en pure réfraction. Nous en faisons partie. L’Europe devrait simplement revoir le concept de sa souveraineté. Elle a ses propres alliés et, dans le monde, l’hégémonie occidentale est constamment remise en question et l’Europe doit jouer son rôle. Et par conséquent, le dialogue entre l’Union européenne et la Russie est absolument nécessaire pour que l’UE puisse tout aussi bien reprendre son poids, son rôle. « 

En même temps, Macron n’est pas cohérent. Il veut voir la Russie comme un partenaire dans l’obtention de l’indépendance de l’Europe, mais il pense que les relations avec l’Occident collectif et le retour du G8 sont importants pour notre pays. Mais nous avons besoin d’une Europe plus indépendante, rien que pour nous assurer qu’il n’y a pas de projet atlantique, pour fermer complètement l’ère où les « Big Seven » (et en fait les atlantistes) dictaient au monde leur volonté et leurs conditions de la mondialisation.

L’incohérence de Macron est compréhensible: la France souhaite en même temps revenir au temps de sa gloire et ne croit pas en sa force. Il est impossible de recouvrer la souveraineté française pure (du moins selon  Macron qui ne voit d’issue que dans l’intégration européenne) – il est nécessaire de lutter pour renforcer la nouvelle souveraineté paneuropéenne, en s’affranchissant progressivement de la laisse anglo-saxonne. Mais cela doit être fait avec précaution, progressivement, afin de ne pas donner aux mêmes atlantistes une raison pour effondrer toute la construction fragile de l’Union européenne.

La Russie considère cela avec compréhension – et avec regret pour les grandes ambitions et les petites opportunités des dirigeants européens. 

Mais le problème de Macron – ainsi que de nombreux dirigeants européens – est d’accepter l’intérêt de la Russie dans des relations normales, bonnes, profitables et à long terme avec l’Europe, de susciter une certaine volonté des Russes de devenir des Européens, une partie de notre complexe d’infériorité nationale (inhérente aux seuls Occidentaux) c’est pourquoi nous pouvons être manipulés. Cela a été clairement démontré lorsque Macron a déclaré qu’il savait que «la Russie est un pays européen au centre», et en particulier lorsqu’il a cité Dostoïevski:

«Un grand écrivain russe, Dostoïevski, a déclaré (de mémoire):« Les Russes ont cette particularité par rapport aux autres nations européennes. Le russe devient le plus russe quand il est le plus européen « . C’est-à-dire qu’il est nécessaire que les citoyens russes fusionnent avec le monde européen. « 

Mais Fedor Mikhailovich a parlé de quelque chose de complètement différent. La citation correcte de « Teen » est:

«Étrange: chaque Français peut servir non seulement sa France, mais même l’humanité, à condition qu’il reste le plus français; également – anglais et allemand. Un seul le Russe … a déjà la capacité de devenir le plus russe au moment où il est le plus européen. C’est notre différence nationale la plus significative parmi tout le monde … Je suis en France – française, avec allemand – allemand, avec ancien grec – grec, et donc presque russe. Ainsi, je suis un vrai Russe et la  Russie sert le plus, parce qu’il est ce qu’il est d’abord. « 

De quoi parle Dostoïevski? À propos de ce qu’il appellera plus tard la réactivité totale des Russes, leur « instinct pour l’humanité universelle ». Il ne dit pas que le Russe doit devenir Européen – mais qu’il doit révèler la profondeur de son âme à travers la sympathie et la compréhension des Français ou des Grecs. Dostoïevski n’a pas seulement souligné des dizaines, des centaines de fois que les Russes n’étaient pas des Européens – « il n’y a pas d’angularité européenne, d’impénétrabilité, d’intransigeance chez le peuple russe » – mais il a également été étonné de constater à quel point les Européens ne comprennent pas la Russie. Et comment ils pensant en même temps, ils croient qu’ils savent tout de nous:

«Ils savent à propos de la Russie que des personnes et même des Russes y vivent, mais quel genre de personnes? Cela reste un mystère, même si, en passant, les Européens sont certains de leur existence depuis longtemps ».

Un siècle et demi a passé – et la révolution russe qui a changé le monde – mais la compréhension des Russes par les Européens a peu changé. Mais comme nous sommes tous réactifs, Poutine peut comprendre à la fois les intentions de Macron et la nature de son point de vue erroné sur les Russes – tout en restant «mystérieux» pour les Européens.

 

Abonnez-vous à LOOK sur Yandex News

 
1 commentaire

Publié par le août 20, 2019 dans civilisation, HISTOIRE, Russie

 

La responsabilité de Tsipras dans le désastre grec. Par LVSL

Pour faire accepter l’évidence des faits combien faudra-t-il encore de combats au sein du PCF, avec ceux qui de la direction de l’humanité à l’ancienne direction s’accrochent à la défense de Tsipras pour mieux salir l’Union soviétique et toutes les expériences socialistes du siècle dernier et d’aujourd’hui ? il me reste trop peu de temps pour m’épuiser dans de tels batailles d’arrière garde et je félicite les camarades qui les mènent pour retrouver un parti communiste digne de ce nom.  (note de Danielle Bleitrach)

Source : LVSL, 19-07-2019

 
 

PCdu brésil : Hong Kong, lutte géopolitique et souveraineté de la Chine

ytès bonne analyse du parti communiste du Brésil sur les événements de Hong Kong. (note et traduction de Danielle Bleitrach)

19/08/2019

Le dirigeant communiste brésilien   José Reinaldo Carvalho (*) commente les événements survenus sur le territoire chinois de Hong Kong

Les dernières semaines ont été marquées par des manifestations de plus en plus massives et violentes à Hong Kong.

Les événements survenus dans l’ancienne colonie britannique – depuis 1997, une région administrative spéciale de la Chine, intégrée au territoire et à la structure juridique et politique souveraine de la République populaire – ont attiré l’attention de l’opinion publique internationale et des gouvernements de tous les horizons.

Ce qui avait commencé parune protestation  contre le projet de loi sur l’extradition, projet qui avait déjà été retiré par le gouvernement local, s’est transformé en un épisode de dimensions géopolitiques et est instrumentalisé en vue de réaliser un bouleversement social anti-chinois.

L’interférence britannique et américaine dans les événements à Hong Kong révèle que les forces impérialistes ont l’intention d’utiliser l’épisode comme une autre expression de la « nouvelle guerre froide ».

C’est dans un environnement international déjà tendu, avec une guerre commerciale acharnée menée par les États-Unis contre le géant asiatique et une ingérence dans les affaires intérieures de la Chine. Les ventes d’armes américaines à Taiwan malgré la protestation de la Chine et la navigation de navires de guerre autour de la mer de Chine méridionale sous le prétexte américain de protéger la liberté de navigation ont augmenté.

Le soutien des puissances impérialistes et des médias au service des manifestations de Hong Kong montre également qu’une nouvelle tentative de « révolution des couleurs » est en cours, comme tant d’autres au cours des deux dernières décennies sous l’influence des chancelleries occidentale. et des organisations non gouvernementales. ce qui a déjà eu lieu  à Hong Kong  en 2014, également sous la bannière de la «démocratisation».

Les «révolutions de couleur» sont généralement fondées sur les revendications populaires, exploitent l’insatisfaction, les plaintes légitimes et les aspirations démocratiques. Les chancelleries des pays impérialistes manipulent ces sentiments et fomentent des actions violentes au nom de la justice, de la démocratie et des droits de l’homme.

Les actes de la semaine dernière à Hong Kong ont trait à la violence dans les rues, au blocus de l’aéroport, aux incendies criminels, aux bus et autres moyens de transport, à l’invasion du parlement   local, à la profanation de symboles nationaux chinois et à la levée du drapeau britannique sur le Parlement.

En ce qui concerne les pratiques  symboliques, les drapeaux des États-Unis et de la Grande-Bretagne sont nombreux lors des manifestations, de même que des affiches appelant Hong Kong à se replacer sous  le contrôle de son ancienne autorité coloniale, à la séparation de la Chine et à l’adoption du Modèle occidental de «démocratie».

Les épisodes survenus à Hong Kong ont déjà débouché sur une confrontation diplomatique entre la Chine et les États-Unis, dont le président, dans un autre acte d’ingérence, s’est prononcé pour dire ce que la Chine devrait faire ou ne pas faire et mettre en garde sur le fait que  la superpuissance américaine réagira si le pays asiatique entrave vigoureusement la tentative de sécession.

Mais Trump et le monde entier doivent concevoir la notion élémentaire que la Chine a le droit, en effet, de prendre les mesures qu’elle jugera appropriées pour empêcher l’irrédentisme et la séparation du territoire de Hong Kong.

Pour une raison simple: Hong Kong est une affaire intérieure chinoise, car de jure et de facto, il fait partie intégrante inaliénable de la République populaire de Chine, qui a la pleine souveraineté sur ce territoire. La demande de séparation de Hong Kong de la Chine constitue une attaque ouverte et directe contre sa souveraineté nationale.

Le gouvernement chinois a d’ores et déjà annoncé qu’il interviendrait militairement pour défendre la souveraineté de la Chine sur Hong Kong, a qualifié les actes de violence les plus extrêmes d’actes terroristes et a averti qu’il ne tolérerait ni ne soutiendrait la sécession provoquée par  les États-Unis. ou un autre pays

Hong Kong fait partie du territoire chinois. L’île fut envahie et occupée par les Britanniques lors de la première guerre de l’opium en 1840. Le traité de Nanjing imposé par la couronne britannique au gouvernement de la dynastie Qing chinoise établit la livraison de Hong Kong par la Chine à la Grande-Bretagne. Au cours de la deuxième guerre de l’opium, la Grande-Bretagne et la France ont obligé le gouvernement chinois à signer la Convention de Beijing de 1860, qui a entraîné la séparation de la péninsule de Kowloon, dans le sud du pays.

Plus tard, après la guerre sino-japonaise de 1894-1895, la Grande-Bretagne a forcé le gouvernement chinois à signer la Convention d’extension de Hong Kong de 1898. Selon ce document, les nouveaux territoires et 262 îles voisines ont été loués. en Grande-Bretagne pendant 99 ans, le bail expirant le 30 juin 1997.

La main mise de la Grande-Bretagne sur Hong Kong a été l’un des épisodes les plus humiliants de l’histoire chinoise.

Peu de temps après le début de la politique de réforme et d’ouverture (1978), le dirigeant chinois Deng Xiao Ping a formulé le principe «un pays, deux systèmes», d’abord proposé pour résoudre le problème de Taiwan.

Ce concept signifie que, partant du principe qu’il n’y a qu’une seule Chine, le continent conserve le système socialiste, tandis que Hong Kong (ainsi que Macao et Taiwan) maintiennent le système capitaliste pendant longtemps et deviennent gouvernés comme une région administrative spéciale. dans le cadre de la souveraineté nationale et de l’intégrité territoriale de la Chine.

La formule intelligente et innovante visait à résoudre le problème de la réunification pacifique du pays.

En décembre 1984, les gouvernements de la Chine et de la Grande-Bretagne ont signé la déclaration commune sur le problème de Hong Kong. En 1985, l’Assemblée populaire nationale de Chine (parlement) a décidé de créer un comité de rédaction de la loi fondamentale pour la région administrative spéciale de Hong Kong, approuvé en 1990.

Le 30 juin 1997, la Chine a définitivement assumé l’exercice de la souveraineté sur Hong Kong, mettant ainsi fin à son histoire de régime colonial dans le pays.

La mise en œuvre réussie de la politique «un pays, deux systèmes» a également assuré le retour de Macao (ancienne colonie portugaise) en Chine en 1999 et a ouvert la voie à la résolution du problème en suspens à Taiwan et à l’achèvement du la réunification de la nation.

Dans un monde semé de conflits, la défense de la paix et la démocratisation des relations internationales sont indissociables du respect scrupuleux du principe de la souveraineté nationale et de la décision expresse du gouvernement chinois et de son peuple de créer une seule Chine.

(*) Journaliste, éditeur du site Résistance, membre de la Direction nationale du Parti communiste du Brésil

 
1 commentaire

Publié par le août 20, 2019 dans Chine, HISTOIRE, INTERNATIONAL

 

KPRF : Gennady Zyuganov: Nous devons changer de cap, renforcer la composition du gouvernement et assurer le dialogue

19 août 2019 13h25 – CPRF mise à jour
Gennady Zyuganov: Nous devons changer de cap, renforcer la composition du gouvernement et assurer le dialogue

Le 19 août, Gennady Zyuganov, président du Comité central du Parti communiste de la Fédération de Russie, a tenu un briefing à l’issue d’une réunion du Conseil de la Douma d’Etat. Le contexte est celui des élections proches et des mouvements de protestation. Le leader du KPRF a durci le ton et a interpellé Poutine en lui disant qu’il ne pouvait plus recourir à la triche systématique parce que ce refus de la légalité soviétique en 1991 ont détruit l’URSS et ouvert la porte aux menées des Etats-UNis avec la complicité de Gorbatchev et d’Eltsine, c’est ce qui a débuté en 1991 qui est en train de se poursuivre :. la tentation est grande chez les communistes français de faire croire que les communistes russes seraient contre Poutine en osmose avec le pseudo mouvement démocratique, c’est un contresens sur l’analyse du KPRF. Au contraire le KPRF considère que ce moument est destiné à démanteletr la fédération de Russie sur ordre de l’étranger mais que sa seule risposte est dans le respect de la légalité et le changement de cap par rapport aux politiques capitalistes au profit des oligarques. (note et traduction de Danielle Bleitrach)

1-Le scénario de 1991 se poursuit, le non respect de la loi conduit à la main mise de l’étranger et la destruction du pays

Trois lois ont été proposées. Elles n’étaient pas inscrites dans notre territoire . Il y a eu la Déclaration selon laquelle la souveraineté russe était supérieure à l’Union. Et deux lois – sur la liberté des prix et la liberté des échanges. Ces lois ont piraté tous les liens commerciaux. Ils ont conduit à une paralysie de l’économie. Et ils ont détruit quatre-vingt mille entreprises, créant une grave crise. »

Aujourd’hui, à l’extérieur, tout semble plus ou moins sûr, mais en fait est mis en oeuvre  la troisième partie de ce plan. Cela s’appelle « achèvement ». Je l’appellerais «Liquidation». Ils n’ont pas besoin d’une Russie forte, confiante, éduquée et compétitive.

2-Que faut-il penser du mouvement de revendication actuel ? Il conduira à la destruction de la fédération de Russie comme avec les mêmes slogans Eltsine a conduit à la destruction de l’URSS .

« Par conséquent, lorsque la jeunesse a été sollicitée  dans le but présumé de protéger les intérêts des électeurs spoliés, j’ai officiellement envoyé mes représentants. Et nous avons examiné tous les slogans, tous les appels, l’essence et le contenu des discours. Il n’y avait pas un mot sur les enfants, les femmes, les personnes âgées, les enfants de la guerre qui meurent de faim. À propos des jeunes familles qui n’arrivent pas à joindre les deux bouts. Non D’autres slogans ont résonné: «Nous allons prendre le pouvoir. Nous allons les donner au tribunal. Nous allons mettre les nôtres. Exactement ce qu’Eltsine avait défendu alors. La répétition est absolument inacceptable. Cela conduira à la destruction de la Fédération de Russie.

3- Les conditions politiques électorales actuelles sont inacceptables :

Nous sommes également mécontents de la préparation et de la nature des élections. Nous sommes mécontents de la poursuite de la meilleure entreprise du pays, celle de Grudinin (ferme d’État nommée d’après V.I. Lénine). Nous sommes mécontents que 100 histoires aient discrédité le travail de Levchenko, l’un des gouverneurs les plus performants. Celui qui en trois ans a doublé le budget de la région. Il était de 97 milliards, il est aujourd’hui191. Levchenko a mis tous les fraudeurs à l’amende. Ils payaient 1,5 milliard d’impôts, maintenant ils en paient 10 milliards.

Mais je veux que tout soit dans les limites de la loi. Par conséquent, il n’ya rien  à attendre de ce mouvement qui trompe la jeunesse. Et leurs conducteurs qui avancent sous la bannière étoilée  étoilé tentent de nous imposer le même stratagème que lors de la 91e année. Le choix paraissait  alors entre le traitre Gorbatchev ou l’ivrogne Eltsine.

Nous avons une autre option. Nous avons proposé un programme patriotique d’État. Une vraie équipe. Le budget de développement de 25 milliards de dollars, 12 lois qui peuvent améliorer la situation. Et tout ce qui a trait au soutien de la jeunesse, à commencer par la loi « Éducation pour tous », puis par la loi « Sur le premier lieu de travail » et  des technologies de pointe ».

4- Le temps nous manque, il faut prendre des mesures d’urgence, changer d’équipe et faire face aux tentatives de démantélement

J’ai vu sur le site de l’ambassade américaine tout le déploiement des forces et comment tout était contrôlé et mené. Avant cela, j’ai vu et entendu comment cela s’organisait en Tchécoslovaquie, en Roumanie et en Yougoslavie. Bien étudié toute la technologie de Sharpe, qui a travaillé à l’Université de Boston.

En bref, la situation nous rappelle la 91e année tragique. Et cela me rappelle la place Tiananmen. J’ai vu un film secret sur ce sujet. Je sais comment ils ont agi là-bas.  Gorbatchev était là-bas  en embuscade  avec son équipe, dans l’espoir que «la démocratie et la liberté» y règnent. Dieu merci, Deng Xiaoping et deux autres avaient la volonté politique de prendre des décisions très difficiles, mais justes.

Maintenant, le pouvoir doit être le pouvoir. Les législateurs peuvent débattre de diverses questions, mais nous avons un État, la Fédération de Russie. Ici, nous devons organiser des élections justes, une nouvelle politique sociale. Nous sommes pour la formation d’un gouvernement de salut  national et  défenseurs des intérêts nationaux.

Mais nous agissons dans le respect de la loi. Samedi, nous avons organisé 700 actions de Vladivostok à Kaliningrad et nous poursuivrons notre politique de manière agressive pendant la campagne électorale.

Ziuganov énumère tous lesd manquements potentiels de Moscou à Vladivostok.

« Nous allons imobiliser  toutes nos structures. Nous n’avons que 53 organisations au siège des actions de protestation. Les  représentants syndicaux sont des femmes, des vétérans, des étudiants, des industriels et des patriotes militaires. Nous n’avons pas le droit de répéter la tragédie de 1991. Personne n’a le droit. »

« Et faire appel aux médias. Aujourd’hui, mentir est devenu extrêmement dangereux. Les gens descendent  dans la rue, surtout parce qu’ils n’ont pas la possibilité de faire connaître leur point de vue et leur vérité. Je ne sais pas qui conseille Poutine, mais il n’y a aucun moyen de le joindre. Trois fois adressé nous nous sommes adressés directement  alors qu’il rencontre toujours  les chefs des factions. Il invoque toujours  le manque de temps.

Nous devons maintenant nous occuper de la politique intérieure avec fermeté et autorité. Nous avons des problèmes extrêmement préoccupants. Il a promis que le rythme de développement sera supérieur à celui du monde. Et si nous regardons juillet à juin, alors moins 1% dans l’industrie. C’est inacceptable.

Il promis qu’ils soutiendraient les enfants de la guerre. Dans le village, ils obtiennent 7-8 mille, dans la ville de 10-12, 14 maximum. Cent quarante milliards n’ont pas été retrouvés, et deux mille milliards ont été cachés dans les banques étrangères. C’est absolument inacceptable.

Ils ont promis un verre de lait aux enfants. Notre pays est en train de disparaître. Cette année, 200 000 personnes ont déjà disparu. Les régions russes meurent à un rythme accéléré. Les régions russes ont perdu un individu sur six au cours de cette expérience libérale. Le capitalisme soi-disant des voleurs gangsters. IL ne gardera le pays dans l’unité demain.

En 1989 , il y avait 120 millions de Russes et, en politique actuelle, il y en aurait 22 millions de moins. Cela s’applique à tout le monde.

Par conséquent, nous insistons sur une politique fondamentalement différente. Nous ferons tout pour la rendre pacifique et démocratique.  »

Tags: Zyuganov
Catégories: Parti communiste
 

Les Etats-Unis restaurent pour leur mondialisation une ancienne manière de régner…

chez Trump, la Chine n’est jamais bien loin…mais l’auteur de l’article un Russe va au-delà du grotesque de la proposition d’achat du Groenland, il nous décrit un processus de mise en faillite et d’appropriation d’Etats défaillants qui est déjà à l’oeuvre et dans lequel Trump tente à la fois d’empêcher la Chine et ses alliés de construire un système comparable au sien et pour cela il ne s’embarasse plus des fictions démocratiques de souveraineté..  l’auteur a renoncé à poser la question de la souveraineté en fonction du rapport au peuple que pose le fait d’être capitaliste ou socialiste et pourtant c’est peut-être la grande alternative comme le dénomntre le combat cubain autant que celui de la CHine .le processus décrit ici est celui de l’élargissement croissant de la marchandisation sous domination du profit, du capital et de son bellicisme concurrentiel. (note et traduction de Danielle Bleitrach)

Acquis territoriaux américains ainsi décrits à la fin du 19ème siècle

2
17 août 2019 09:20
Photo: domaine public
Texte: Petr Akopov

L’idée de Donald Trump d’acheter le Groenland au Danemark n’a aucune chance de succès. Cependant, cette idée ne vient pas de Trump par hasard: les États-Unis ont acquis presque la moitié de leur territoire pour de l’argent. Le président américain agit comme un homme d’affaires: si quelque chose peut apporter des avantages, il faut l’acheter. Par conséquent, au XXIe siècle, la pratique de l’achat et de la vente de territoires pourrait revenir.

Les États-Unis ne pourront pas acheter le Groenland – cette terre autonome  du Danemark est sur la voie de l’indépendance et faire  le commerce sur les territoires est à présent démodé. Tout au long de l’histoire de l’humanité, la vente d’une partie de son propre territoire a été pratiqué par ceux qui en étaient propriétaires: un monarque (c’est-à-dire un État), une entreprise ou une tribu. Ce n’est qu’au siècle dernier, lorsque le concept de souveraineté étatique s’est séparé de la personnalité du souverain et est devenu associé à la démocratie représentative, que le commerce sur le territoire est devenu indécent.

Mais certains parmi les érusits se souviennent de quelque chose – les États-Unis ont acquis presque la moitié de leur territoire pour de l’argent.

Il est clair qu’au début il ne s’agissait que d’achats effectués auprès des Indiens par les colons anglais, néerlandais et autres (à commencer par l’achat légendaire de Manhattan contre des perles pour un prix total de 24 $). Mais même lorsque les États-Unis ont obtenu leur indépendance du Royaume-Uni, la pratique d’achat n’a fait que grandir: de 1803 à 1917, ils ont acheté des millions de kilomètres carrés.

Le plus important a été le premier achat – la Louisiane achetée à la France. Ce territoire est maintenant occupé par 13 États. La terre a ensuite été vendue à des Américains par les Espagnols (deux fois), les Russes, les Mexicains (également deux fois) et les Danois. Il est clair que tout le monde n’a pas vendu de son plein gré. Les Mexicains ont perdu la guerre avec les États-Unis et les 25 millions de dollars versés au milieu du 19e siècle visaient uniquement à adoucir la pilule amère. Et en 1898, l’Espagne vendit les Philippines aux États-Unis mais pas Porto Rico et Guam (que les Américains s’approprièrent immédiatement) non pas par troc équilibré, mais à la suite de la perte des opérations militaires .

La vente de l’Alaska par la Russie était volontaire, de même que le dernier accord important conclu en 1917 avec Copenhague. Washington a ensuite acheté les Antilles danoises pour 25 millions d’euros. À présent, ce sont les Îles Vierges – «le territoire organisé non constitué des États-Unis» (comme Porto Rico ou Guam), c’est-à-dire qu’il ne semble pas faire partie des États-Unis, mais est une possession américaine.

Il est clair qu’aujourd’hui, il n’est pas possible d’acheter le Groenland au Danemark, même pour la moitié de son budget (c’est-à-dire l’équivalent de ce qu’ils ont payé en 1917 pour les Antilles): même les 162 milliards de dollars ne séduiront pas le gouvernement de Copenhague. De plus, ces dernières années, le Groenland a sérieusement pris le cap de l’indépendance. La vaste majorité des 57 000 habitants de la plus grande île du monde est déjà mécontente de l’autonomie élargie accordée au Danemark et soutient les partis en faveur de la sécession. En fait, c’est l’inquiétude suscitée par l’avenir du Groenland, si elle quitte l’OTAN et demande à supprimer la base américaine, voire même à se rapprocher des Chinois, qui est la principale préoccupation des États-Unis.

Il est impossible d’acheter une île sur la voie de l’indépendance. Mais en réalité, environ un millier d’îles sont vendues chaque année dans le monde. Une autre chose est qu’ils ne peuvent pas être comparés au Groenland: Elles  sont toutes très petites, inhabitées et achetées par leurs particuliers. Et les États qui les vendent n’abandonnent pas leur souveraineté sur eux.

Nous parlons de petites îles autour du monde – du Pacifique à l’Amérique. sont vendues  les îles de Tonga et Fidji, celles du  Costa Rica et Belize, les Seychelles et l’Australie, la Grèce et Panama, le Brésil et le Canada. Vous pouvez acheter une île dans les îles Vierges américaines et même en Floride. Véritable grande île, une superficie de 0,1 mètre carré. un kilomètre y passera pour 100 millions de dollars.

Ces îles sont le refuge  de milliardaires et de stars hollywoodiennes (les Américains, en passant, représentent plus de 70% des acheteurs d’îles dans le monde), comme Johnny Depp ou le récent suicide dans la prison de Jeffrey Epstein. Il est clair que le président américain ne rêve pas d’une telle transaction et il n’est pas seul. De nombreux États sérieux ne refuseraient pas d’acheter des terres pour eux-mêmes. Mais pour le moment, nous devons agir conformément aux normes du XXe siècle, à savoir prendre le territoire que nous voulons en  location.

Le champion ici est le petit pays africain de Djibouti (habité d’ailleurs par les mêmes Somaliens que l’Etat voisin, qui s’était effondré il y a près de trente ans). Alors qu’auparavant seuls les militaires français étaient présents (y compris la Légion étrangère), les Américains, Chinois, Japonais et Italiens se sont installés ces dernières années, les Turcs et les Saoudiens s’en approchent,il est question des Indiens et, bien sûr, de la Russie. L’emplacement stratégique du détroit de Bab el Mandeb, qui relie la mer Rouge au golfe d’Aden, rend Djibouti extrêmement attrayant pour tous les acteurs sérieux du monde. Les autorités de Djibouti ne négocient pas officiellement leur patrie, mais en font le lieu de rassemblement de presque toutes les grandes puissances militaires du monde.

Presque chacun d’entre eux aurai à payer cher pour être situé non loin de Djibouti, déjà avant d’entrer de l’océan Indien au golfe d’Aden, l’île de Socotra. L’île est proche de la Somalie, mais appartient au Yémen, qui, à son tour, est plongé dans une grave guerre civile pendant huit ans, largement déclenchée par une invasion extérieure saoudienne. Socotra est un lieu idéal pour une base navale. Le Qatar et les Émirats arabes unis (qui sont déjà accusés d’avoir presque envahi l’île) s’y intéressent beaucoup. Plus la situation au Yémen empire, plus l’appétit des acteurs extérieurs est grand, ce qui n’est limité que par le fait que tous les autres candidats ne garderont pasle  silence face aux  tentatives des concurrents de s’implanter à Socotra.

Mais le concept de souveraineté d’État dans sa conception actuelle ne peut durer très longtemps. Par exemple, si la guerre au Yémen dure encore cinq ans et s’aggrave, c’est-à-dire que l’effondrement d’un pays juridiquement unifié va encore plus loin, alors qu’est-ce qui pourrait empêcher le gouvernement fantoche de vendre Socotra Qatar ou les Emirats dans un avenir proche? Oui, cet Etat ne sera pas officiellement en train de perdre sa souveraineté, mais il en transferera le contrôle entre de mauvaises mains. Seul le mécontentement des grandes puissances mondiales freine la tendance. Eh bien, si on loue à la Chine, la Russie ou les États-Unis,  l’indignation de leurs concurrents est garantie.

Le concept de souveraineté des États s’érodera de plus en plus, et pas seulement dans les pays en déclin. Le processus de mondialisation lui-même stimule la transition du gouvernement de l’État au niveau supranational – le niveau des unions régionales et des associations entre États.

Même la résistance à la mondialisation occidentale sape la souveraineté nationale des petits États.

Seuls, ils ne peuvent pas survivre et doivent donc transférer les pouvoirs économiques, puis politiques, au niveau des unions. Lorsque ce processus sera achevé et qu’il y aura environ une douzaine de grandes associations supranationales dans le monde (comprenant des États de civilisation tels que la Chine, la Russie et l’Inde), le processus d’achat de territoires appartenant à de petits États indécis et défaillants deviendra plus organisé.

Et à ce moment là, ce ne sera pas le droit international qui interviendra, mais la concurrence entre superpuissances. Dans le même temps, les Anglo-saxons et les Français n’ont besoin de rien acheter à qui que ce soit – après la dissolution des empires coloniaux français et britanniques, ils sont restés en possession d’une masse d’îles stratégiquement avantageuses. Et les Américains, depuis plus de cent ans, se les sont créés en capturant, achetant ou louant un vaste réseau de bases, de Guantanamo à Okinawa. Et ils n’ont pas l’intention de permettre à leurs adversaires géopolitiques de créer quelque chose qui ressemble au moins à un réseau américain.

En gros, la Chine aurait acheté il y a longtemps deux ou trois atolls dans l’océan Indien (des mêmes Seychelles ou des Maldives) et aurait aménagé des îles avec des pistes d’atterrissage, à l’instar de celles qu’elle avait déjà créées dans la mer de Chine méridionale. Sans l’opposition de l’Inde, des États-Unis et de la Grande-Bretagne. Une autre chose est combien de temps ils seront capables de retenir la Chine. Et le fait n’est pas que les Chinois aient déjà beaucoup plus d’argent que les Américains. L’argent ne résout rien en géopolitique: avec l’aide de celui-ci, vous ne pouvez que réparer une victoire militaire ou un rapport de force en déséquilibre.

En passant, tout le monde se souvient pourquoi, en 1721, la Russie avait acheté les États baltes à la Suède? Suite aux résultats de la guerre du Nord.

Regardez encore plus de vidéos sur la chaîne YouTube

 
3 Commentaires

Publié par le août 17, 2019 dans Chine, Etats-Unis, HISTOIRE, Russie

 

Leonardo Padura a rendu visite à l’ancien président Lula da Silva en prison

Par solidarité et à titre personnel, l’écrivain cubain a déclaré avoir trouvé un Lula « vivant, un combattant convaincu de son bon droit ».Si vous ne connaissez pas Padura et son inimitable flic Mario Conde,alcoolique, macho-stalienien qui erre dans la havane, désabusé, dénonçant les manquements du socialisme et ne renonce ni à sa patrie ni à se prendre pour le partisan des petits et des faibles contre les bureaucrates et les corrompus qui abondent sans parler de ceux qui tentent de survivre en pratiquant le cannibalisme à tous les sens du propre au figuré, dites vous bien que je le trouve exécrable à toujours saper le moral au coeur de la résistance, mais il témoigne aussi à sa manière du patriotisme cubain et du talent incroyable des habitants de cette petite île… Dont les habitants ont un niveau d’éducation supérieur au notre et dans le même temps sont condamnés à vivre le sous développement par l’étranglement du puissant voisin. Aimer Cuba c’est l’aimer dans sa réalité, son héroïsme et son humanité y compris avec les limites de celle-ci. Comme la plupart des écrivains, Padura a un narcissisme phénoménal, il tuerait père et mère pour sortir le fil de sa narration, il en témoigne ici: non seulement il dénonce l’injustice mais d’un chef d’état qui a eu le bon goût de distinguer son oeuvre et de la lire. C’est comme ça, puiser en soi des univers suppose d’alimenter sans cesse le puits, l’abime de l’être jusqu’au ridicule. (note et traduction de danielle Bleitrach) 

«Je ne représente aucune organisation politique cubaine. Je suis venu seul en tant qu’ami du président Lula », a déclaré Padura dans un mégaphone aux militants rassemblés à la sortie de la prison.

Lors de cette visite de solidarité, il était accompagné de Mónica Benicio, architecte, militante et veuve de Marielle Franco , conseillère municipale de Rio de Janeiro, également tuée en 2018.

Le régime pénitentiaire auquel Lula da Silva est soumis ne permet de recevoir que deux amis par semaine pendant une heure.

Padura, qui entretient depuis plusieurs années une amitié personnelle avec le dirigeant brésilien, a déclaré que la visite visait à montrer « la solidarité et la gratitude pour avoir selectionné et lu mes livres ».

À la fin de la réunion, l’écrivain cubain a diffusé une déclaration dénonçant le fait que « Lula a été criminalisé pour des raisons politiques ».

Déclaration de Leonardo Padura

Dès le début de la procédure pénale contre l’ancien président Lula, nous soupçonnions qu’il s’agissait d’une stratégie visant à empêcher l’accès au scrutin au candidat le plus sûr à la présidence du Brésil lors des élections de 2018.

Les révélations par la suite, en particulier ces derniers mois, ont confirmé le fait que Lula avait été criminalisée pour des raisons politiques plutôt que purement juridiques.

L’emprisonnement du président et son séjour actuel en prison révèkent qu’il est clair qu’au Brésil, un système d’État véritablement démocratique s’est effondré.

Je crois fermement que dans aucun pays ni sous aucun système, une personne ne devrait être poursuivie, criminalisée, attaquée par ses positions politiques. L’homme a le droit universel de jouir de la liberté d’opinion politique tant que ces actions, idées et positions ne génèrent pas de manifestations de haine, de xénophobie, de discrimination ou de persécution d’autres personnes.

De par ma position personnelle modeste et me considérant comme un ami du président Lula da Silva, je sympathise avec lui et avec tous les hommes et toutes les femmes qui, dans le monde, ont souffert et sont persécutés et harcelés pour avoir défendu leurs idées sur la société et le monde sans violence.

À l’occasion de la visite que j’ai pu faire dans la prison de la police fédérale de Curitiba, j’ai trouvé un combattant vivant et dynamique, Lula, convaincu de ses raisons, désireux de rester en prison jusqu’à ce qu’il puisse partir en liberté. Et confiant que, tôt ou tard, la justice jouera le rôle qu’elle doit jouer.

Leonardo Padura, écrivain.

Curitiba, le 15 août 2019