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Archives de Catégorie: histoire

«Estados Unidos vendrá a dialogar con nosotros cuando tenga un presidente negro y haya en el mundo un Papa latinoamericano»

Fidel Castro 1973

Photo de Partido Comunista De Cuba - PCC.
 Les Etats-Unis viendra dialoguer avec nous quand il aura un président noir et qu’il y aura dans le monde un papa latinoaméricain
Fidel Castro (1973)
Comme je l’écrivais dans notre livre avec J.F.Bonaldi (Cuba, Fidel et le Che ou l’aventure du socialisme)  , Fidel m’a toujours fait penser à cette analyse de Machiavel: le génie politique consiste à voir ce que personne ne voit, ainsi il peut agir avant que l’herbe ait pousée, parce que l’autre aspect du génie c’est sa capacité à convaincre les foules de ce qui leur est invisible. S’il manque l’une ou l’autre de ses qualités, il n’y a pas de génie politique. mais ne pas oublier ce que disait Castro lui-même du génie politique: « il est beaucoup plus courant que les autres formes de génie, parce que quand les masses se mettent en mouvement surgissent des milliers de capacités de gens jusqu’ici ignorés de tous. Il faudrait un mouvement de masse pour avoir un autre personnel politique, sans espérer le génie, il suffirait de gesn en qui on pourrait avoir confiance.
Danielle Bleitrach
 
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Publié par le juillet 25, 2015 dans histoire

 

L’UKRAINE S’INVENTE UNE NOUVELLE RÉALITÉ

Le négationnisme ubuesque ukrainien et toujours le silence des médias sur la situation réelle de ce nouveau protectorat américain avec l’assentiment de l’UE…

• La rencontre d’un peuple sans racines historiques propres et de l’extrême russophobie ukrainienne. L’Ukraine vote beaucoup de lois et semble vouloir régler tous ses problèmes avec des lois. Un exemple extrême est donné par le projet de loi 2276a évoqué dans le focus de la semaine dernière. Cette loi appellée « Projet de loi sur  l’interdiction de l’utilisation du nom historique du territoire de  l’Ukraine et de ses mots dérivés comme le nom ou le synonyme de la  Fédération de Russie, l’utilisation de ces noms pour le territoire actuel de la Fédération de Russie ou une partie de celui-ci. » a été déposé le 3 juillet et a passé tous les comités du parlement entre le 8 et le 10 juillet. Elle est donc prête à être votée (projet de loi 2276a : rada.gov.ua, texte de la loi : rada.gov.ua, note explicative : rada.gov.ua/)…

Globalement ce projet de loi vise à interdire l’emploi du mot Russie pour désigner la Russie (rusvesna.su, ukr-online.com, lenta.ru) ! Et prévoit une peine de prison de 12 ans pour les contrevenants (sputniknews, sputniknews)…

Pourquoi une telle loi apparemment absurde ? Il faut savoir tout d’abord que le peuple ukrainien n’a pas de racines historiques profondes qui lui soient propres. La notion de peuple ukrainien date du 19eme siècle et l’Ukraine en tant que pays n’apparait dans l’histoire qu’après la première guerre mondiale. Avant, il y a des tribus slaves éparses longtemps en guerre entre elles, puis la fameuse Rus de Kiev qui fut suivie de 8 siècles de domination polonaise, lituanienne, russe, austro-hongroise et enfin soviétique. Petit problème, la Rus de Kiev fait aussi partie de l’histoire russe en tant que Russie médiévale. Kiev étant à l’époque la capitale de la Russie. Partagée une histoire commune avec la Russie est intolérable pour les nationaliste ukrainiens d’où cette loi qui poursuit plusieurs buts :

  •     S’inventer des racines historiques profondes en s’accaparant pour l’Ukraine seule un passé commun avec la Russie,
  •     Flatter l’ultra nationalisme ukrainien en se comparant à la Rus de Kiev qui fut, au temps de son apogée, une grande puissance régionale (voir l’interview de l’idéologue d’Azov dans le focus de la semaine dernière et les cartes plus bas),
  • Justifier à partir de là une sorte de pan ukrainisme ou d’ascendant moral ukrainien sur la région du fait de la référence à la Rus de Kiev.

Pour donner une idée du délire de cette loi, prenons un exemple dans l’histoire de France. C’est à peu près comme si l’Allemagne votait une loi pour interdire d’appeler la France par le nom de « France » et d’utiliser « français » ou « Franc » ou un quelconque de ces noms dérivés pour désigner ce qui est français sous prétexte que la capitale de l’empire de Charlemagne était établie à Aix la Chapelle (Aachen), une ville située dans l’Allemagne actuelle…

Parlons un peu de cette Rus de Kiev (page wiki anglaise, page wiki française, page wiki russe, page wiki ukrainienne). Elle a existé entre 882 et 1240, date de sa conquête par les hordes mongoles de Genghis Khan. La Rus de Kiev atteint son apogée entre 1020 et 1050 environ et englobait des territoires aujourd’hui situés en Belarus, Estonie,  Letonnie,  Lituanie,  Moldavie,  Pologne, Roumanie,  Russie, Slovaquie et Ukraine.

La Rus de Kiev n’a pas été fondée par des Ukrainiens, ni même par des tribus slaves, mais par des vikings suédois, aussi appelés Varègues (https://fr.wikipedia.org/wiki/Var%C3%A8gue). D’ailleurs, une des étymologies de Rus la plus communément admises est « Rameur » ou « Navigateur ». Ces Vikings ont créé des routes commerciales à partir de la Mer Baltique et sont descendus vers le sud en empruntant les voies navigables dont le Dniepr pour atteindre la Mer Noire et les comptoirs Turcs et Arabes. Ils ont d’abord fondé la ville de Novgorod (Russie), puis se sont implantés à Kiev avant de peu à peu se slaviser et se christianiser.

Cette loi fait écho à un article de Sputnik News : « Everything Russian Must Be ‘Eradicated’ From Ukraine – RFE Columnist » qui rapporte des propos d’un journaliste vedette de Radio Freedom Europe, Anatolij Streljanyj (sputniknews). Selon Streljanyj : « Ukrainization is not only complete breakaway from Russia, but also  complete withdrawal from Russianness. De-Russianization will become the  synonym of Ukrainization. The former must be eradicated, the latter —  forced into application. ». En somme pour que l’Ukraine existe, elle doit totalement éradiquer tout ce qui est russe sur son territoire. C’est le sens de cette loi et cela porte des noms pas très glorieux : la purification ethnique, culturelle, idéologique accompagnée d’une pincée de négationnisme et d’un bon lavage de cerveau des jeunes générations. On a déjà vu ce que  donnait ce mélange en Allemagne dans les années 1930-1940… Et comme à cette époque, l’Europe ne dit rien…

 

 

 

 

• L’ancrage idéologique nazi en Ukraine de l’Ouest. Les idées ultra-nationalistes ukrainiennes sont étroitement mêlées aux idéaux nazis de part la logique de pureté raciale et de haine de la Russie qui a conduit aux massacres de Volhynie (les-crises.fr, page wiki française, page wiki anglaise, page wiki polonaise, page wiki ukrainienne) et à l’Alliance avec l’Allemagne de Hitler lors de la seconde guerre mondiale.

Récemment, un ancien combattant de la division SS ukrainienne Galicie est mort. Yevhen Kutsyk était le chef de la Fraternité de la « première division ukrainienne de l’armée nationale ukrainienne », appellation ukrainienne plus euro-compatible de la division SS Galicie. Il a eu droit à un enterrement avec une garde d’honneur habillée et armée d’uniformes SS et d’armes d’époque (jpgazeta.ru via fortruss et russia-insider, colonelcassad). Et ce sans que personne dans les sphères de l’UE ne trouve rien à redire…

Ceci n’est pas un cas isolé. Les enterrements d’anciens combattants ou de dépouilles de SS ukrainiens retrouvées lors de travaux donnent lieu, depuis des années, à de telles cérémonies comme ici en 2013 (youtube).

12 aout 2013 : Nazis Glorified in Ukraine: SS uniforms on display at reburial service for Ukrainian WWII veterans  (youtube)

Cette glorification sans nuances des combattants SS donnent des réactions d’hostilité en Pologne, là où ces mêmes combattants ukrainiens ont massacré près de 100 000 personnes durant la dernière guerre mondiale. Des monuments érigés en commémoration des combattants de  l’UPA sont vandalisés comme ici fin juin (fortruss). Et déclenche des manifestations hostiles à l’Ukraine en Pologne (novorossia.today)

11 juillet 2015 : Poland: Anti-Bandera demo remembers UPA massacre of Poles in Volhynia  (youtube)

 

 
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Publié par le juillet 15, 2015 dans extrême-droite, histoire

 

Communiqué des étudiant communistes à propos du 14 juillet

le 14 juillet 2015
Les faits récents, nous obligent en tant qu’étudiants communistes à réagir. Nous nous saisissons de cette date symbolique qu’est le 14 juillet jour de fête nationale pour le faire, car la réponse au référendum grec nous montre qu’il reste encore bien des Bastilles à prendre.

 

Le 14 juillet 1789, nos pères prirent la Bastille des mains des monarchistes, cet « air de liberté » aller permettre la naissance de notre République. C’est ainsi que les opprimés de l’époque (paysans, artisans, bourgeois, militaires…) prirent les armes contre leurs oppresseurs (aristocrates, monarchistes et clercs). Or, même si nous savons que cette Révolution ne s’est pas toujours écrite à l’avantage des classes populaires notamment après l’installation au pouvoir de la bourgeoisie la plus aisée, qui n’a pas hésité à assassiner les amis et défenseurs du peuple qu’étaient Marat, Robespierre ou encore Saint-Just. Elle reste un des plus beaux exemples, de ce que le peuple peut réaliser : l’accomplissement de ce que certains ont considéré à l’époque comme une utopie.
Aujourd’hui, nous sommes donc le 14 Juillet 2015 et de tout cela que reste t-il à célébrer ?

Cette année, ce 14 juillet marque l’anniversaire d’un des symboles de la Libération, puisqu’il qu’il y a 70 ans après quatre ans d’occupation c’est en nation libre et souveraine que la France célébrait sa fête nationale. Libéré des armées allemandes, le peuple français pouvait de nouveau scander sa devise révolutionnaire : « Liberté, Egalité, Fraternité » et pouvait porter fièrement le drapeau bleu,blanc,rouge, symbole du pouvoir du peuple sur le pays.

Cette période devait graver la nécessité pour les peuples de disposer de leur souveraineté nationale et populaire. C’est du reste, aussi cette volonté portée par le Conseil National de la Résistance, qui étaient au cœur des réclamations des Algériens massacrés à Sétif.

 

Au delà de ça, les acquis de la Révolution et de la Libération semblent bien loin. D’abord, l’aspect populaire de cette célébration  en est aujourd’hui gommé non pas par le défilé militaire comme certains pourrait le prétendre, mais bel et bien par la parade de nos dirigeants et de leurs invités. Cette année, notre président a ainsi convié son homologue mexicain, le président Enrique Peña Nieto, celui-la même qui sous la tutelle des réseaux mafieux et du gouvernement États-uniens viole les droits de son peuple, à l’image de la tragique disparition de 43 de nos camarades étudiants mexicains.

Il en va de même pour les acquis de la Libération, alors qu’il y a 70 ans le CNR proclamait la nécessité de rendre au peuple leur souveraineté, aujourd’hui on nous impose une Union Européenne, qui s’assure de son espace vitale par le canon -pensons à l’Ukraine ou a la Lybie-, par autoritarisme -n’oublions pas le non de 2005- et l’hégémonie intellectuelle du libéralisme. Le dossier brûlant de la Grèce en est encore la preuve, outre le fait que le parti progressiste Syriza avait déjà cédé à l’austérité qu’on lui sommer d’imposer à son peuple, voici que certains membres de l’Eurogroupe voulait faire payer les grecs de leur affront en ayant par la voie de la démocratie osé exercer leur souveraineté. Les dirigeants allemands en tête de file, ont-ils sans doute oublié bien vite que malgré leurs crimes de 1945, les grecques avaient eux accepter d’annuler la dette allemande en 1953, moins de dix ans après la fin de la guerre.

Mais la situation grecque a aussi pour mérite de ne plus laisser aucune place aux doutes: l’Union européenne est bel et bien intrinsèquement capitaliste, et ne prévoit aucune place pour la démocratie. En son sein, une politique au profit du peuple plutôt qu’à celui des entreprises semble dès alors impossible. Cette Union Européenne et cet Euro sont et resteront, jusqu’à ce que les peuples souverains les abattent comme jadis les privilèges et la monarchie, les armes du libéralisme financier.

 

Nous étudiants communistes engageons toutes nos forces dans la lutte contre le capitalisme, d’abord en s’opposant aux mesures austéritaires imposées aux étudiants européens, ces mesures ne visant juste qu’à renforcer une lutte des classes ou seul  « l’élite » aurait accès au savoir.

Mais aussi, nous exigeons des droits pour les étudiants, comme un salaire étudiant, afin de faciliter l’accès à des formations de qualité pour ceux qui seront les travailleurs de demain.

 

Bonne fête nationale à tous !

 
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Publié par le juillet 14, 2015 dans civilisation, Europe, histoire

 

The Guardian : Les pourparlers de juillet qui ont sauvé l’euro par Ian Tranor

Des Balkans à la Baltique les pourparlers marathon ont tracé de profondes divisions au sein de l’Union européenne et provoqué à   gauche un malaise intense sur la puissance de plus en plus brutale de l’Allemagne

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The Greek prime minister Alexis Tsipras
Le premier ministre grec, Alexis Tsipras, diffusés à la télévision à la bourse d’Amsterdam après que l’accord a été conclu. le titre se lit: « application de l’accord est difficile. » Photo : Jerry Lampen/EPA

http://www.theguardian.com/business/2015/jul/13/greece-crisis-talks-saved-euro-broke-eu?CMP=fb_gu
Ian Traynor  Éditeur européen de Bruxelles

Lundi 13 juillet 2015 06.42 EDT   Modifié le lundi 13 juillet 2015 08.25 EDT

Pour tous les dirigeants impliqués, ces deux derniers jours à Bruxelles seront proclamés comme   les 48 heures qui ont sauvé l’euro. Pour beaucoup d’autres des Balkans à la Baltique, les jeux de pouvoir brutaux opposant les dirigeants européens les uns contre les autres marquera   au lieu de cela le grand dommage fait à la monnaie unique. Et  les historiens lorsqu’ils écriront les Nécrologies de l’union monétaire de l’Europe, ils seront enclin à conclure que ce fut ce week-end de juillet 2015  que la grave maladie  affligeant l’euro entra en phase terminale.

Il n’y a  eu aucun signe de joie à Bruxelles après ce marathon du dimanche après-midi et toute la nuit  quand dans  la matinée de lundi, lorsque les dirigeants ont émergé frippés et épuisés par un sommet de 17 heures . Ce fut en vérité la plus longue séance en continue que l’on vit jamais dans  sommet , directement précédé par cinq heures de concertation entre des ministres des finances de la zone euro réunie le dimanche et neuf heures le samedi.

Tout le monde était censé  remporter la victoire. Mais ils  peuvent tous se retrouver perdants. Prévisible, Alexis Tsipras, le radical grec premier ministre depuis six mois seulement , a fait valoir qu’il avait obtenu son objectif central, un programme de réduction de la dette. Pas Encore. Il a obtenu une promesse de  discussion à l’avenir sur la dette, sur des mesures d’allégement. Et Tsipras a dû renoncer à une grande partie de la souveraineté économique et financière de son gouvernement, le plus grand abandon qui existât jamais dans l’UE, afin d’empêcher la Grèce de subir un effondrement et obtenir le maximum de 86bn € (£61bn) pour trois ans.

L’autre protagoniste clé, la chancelière allemande Angela Merkel, a fait valoir que  dans l’accord  « les avantages l’emportaient sur les inconvénients » et que son principal objectif avait été atteint. « Les principes fondamentaux [de la zone euro] ont été maintenues ».

Mais sa réussite est déjà contestée à la maison et provoquera de gros problèmes au Bundestag. Sa réputation a souffert, il y a inquiétude sur sa arrière-ban,  des problèmes dans sa grande coalition avec les sociaux-démocrates et une  méfiance aiguë dans le reste de la zone euro face au chancelier allemand.

Der Spiegel a appelé les exigences allemandes pour sauver la Grèce « un catalogue d’horreurs ». Paul De Grauwe, un éminent économiste belge, décrit le week-end qui a « sauvé » l’euro comme les jours de l’ouverture d’une nouvelle ère : le « modèle de la future gouvernance de la zone euro en cours d’écriture à Bruxelles : se soumettre à la domination allemande ou à partir. »

Pour l’autre personnage clé, le Président François Hollande de la France, son exploit  a été peut-être d’arrêter ce que beaucoup craignaient, et qui était le but véritable allemand : mettre la grèce hors de l’euro à coups de pied  en plaçant la barre des conditions à un niveau  tellement élevé qu’Athènes devrait refuser et également une tentative de soudoyer les Grecs pour qu’ils partent  en leur offrant une radiation importante de leur dette  mais qui interviendrait uniquement à l’extérieur du bloc monnétaire.

« Il y avait une forte pression de l’Allemagne et d’autres pays pour . J’ai refusé cette option, »a déclaré Hollande.

Si les revendications du leader Français de sa réussite étaient justifiées, cela fut au prix seulement du soutien à la plus stricte des conditions scénarisée par Berlin, bien que prise en charge par les finlandais, les hollandais, Slovaquie et les trois pays baltes.

 

Berlin a dicté les termes et l’a fait dans  un mélange de puissance brute et de forte duplicité. La manœuvre principale est venu samedi après-midi avec la fuite tactique d’une proposition du ministère allemand des Finances vers un journal de Francfort qui a électrifié la réunion des ministres des finances et a fait peser des menaces.
Tsipras rejetait les propositions pour le nouveau plan de sauvetage, concernant 50 milliards d’euros d’actifs grecs conservés dans un fonds d’affectation spéciale en dehors de la Grèce, affiché comme garantie pour les nouveaux prêts et privatisations dont les profits seraient mis au service de la dette. Si il n’y n’avait aucun accord, le document dit que Grèce devrait être éjectée de l’euro pendant au moins cinq ans.

Depuis la crise de la dette en 2010, c’était la première fois que l’Allemagne avait ouvertement et publiquement appelé à l’expulsion d’ Athènes  ou  l’avait suspendu du bloc monnètaire.

Samedi, dévastés les fonctionnaires ont été prompts à souligner que le document allemand n’avait pas été officiellement présenté à la réunion des ministres des Finances, ni discuté. Mais lorsque les ministres ont publié leur déclaration de quatre pages dimanche sur ce qu’il fallait faire au sujet de la Grèce, ils ont inclu tous les éléments principaux du document allemand.

Le Fonds de 50 milliards d’euros s’est avéré le plus gros problème pour Tsipras et le sommet a dû être interrompu trois fois alors qu’il négociait directement avec Merkel et Hollande, avec les allemands, refusant de céder.

En fin de compte, il y a eu un compromis. La somme a été laissée à 50 milliards d’euros, mais le fonds serait établi en Grèce, pas au Luxembourg qui avait été évoqué. Un quart du produit doit être investi en Grèce, un autre quart utilisé pour le service de la dette et  la moitié restante servira pour aider à recapitaliser la Grèce qui est frappée dans son secteur bancaire, avec les actifs bancaires du  fonds qui doit être gérée par des fonctionnaires grecs supervisés par les créanciers étrangers.

En effet, on dit de fonctionnaires de l’UE, des agents étrangers faciliteront la vente de banques grecques aux étrangers.

Si Tsipras devais manger son chapeau, cela a empiré. Les deux mots plus haïs dans le lexique de  Syriza sont « troïka » et « memorandum » – ce qui signifie le trio des créanciers de la commission européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire International, et en  petits  caractères les engagements d’austérité nécessaires pour se qualifier pour le plan de sauvetage.

Tsipras a été élu en janvier en déclarant la troïka et le memorandum mort.

Accord de lundi stipule que le nouveau plan de sauvetage seront assujettis à un nouveau memorandum et elle envisage des pouvoirs renforcés pour la troïka, avec des surveillants sur le terrain à Athènes ayant droit de veto sur toutes les lois pertinentes pour le plan de sauvetage et avec Tsipras promettant de revoir toutes les lois promulguées au cours des six mois.

La situation en Grèce  était devenus si critique de ce week-end historique que tous les principaux acteurs étaient face seulement de mauvais choix. Ça va aller bien pire en Grèce que cela s’améliore, tandis que l’ attitude impitoyable de Merkel en matière de pouvoir politique inquiète beaucoup sur la direction que prend l’Europe .

Il est difficile de discerner les gagnants d’une longue et triste saga de la mauvaise gestion et de perte de confiance qui empoisonne la politique européenne.

 
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Publié par le juillet 14, 2015 dans actualités, histoire

 

VAROUFAKIS: : Cet accord sonne comme UN NOUVEAU TRAITÉ DE VERSAILLES.


(interview ABC radio australienne)

Dans sa première interview depuis sa démission plus tôt ce mois-ci, l’ancien ministre des Finances grec Yanis Varoufakis a décrit l’ accord a 86 milliards de sauvetage approuvé par le Premier ministre Alexis Tsipras comme «un nouveau traité de Versailles».

Dans le coup d’état du choix de l’arme utilisée pour faire baisser la démocratie était alors les tanks. Eh bien, cette fois, ce sont les banques.

YANIS Varoufakis:

‘Ceci est la politique de l’humiliation, dit-il a Late Night Live. ‘La troïka a fait en sorte de lui faire manger chaque mot qu’il prononçait dans la critique de la troïka au cours des cinq dernières années. Non seulement pendant ces six mois, nous avons été dans le gouvernement, mais dans les années avant cela.

«Cela n’a rien à voir avec l’économie. Il n’a rien à voir avec la mise de la Grèce sur la voie de la reprise. Ceci est un nouveau traité de Versailles qui hante à nouveau l’Europe, et le premier ministre le sait. Il sait qu’il est damné s »il le fait et il est damné s’ il ne le fait pas ».

L’accord, a accepté de lundi après 17 heures de discussions avec les dirigeants de la zone euro, contient des conditions difficiles, y compris la réduction des retraites, des augmentations d’impôt et le mouvement des biens publics dans un fonds fiduciaire pour la recapitalisation des banques grecques.

M. Varoufakis rejeté l’accord dans les termes les plus forts possibles, la comparant au coup d’Etat de 1967 qui a installé une dictature militaire dans la nation méditerranéenne.

«Dans le coup d’état le choix de l’arme utilisée pour faire baisser la démocratie était alors les tank. Eh bien, cette fois, ce sont les banques. Les banques ont été utilisés par des puissances étrangères de prendre le contrôle du gouvernement. La différence est que cette fois ils prennent plus de tous les biens publics ».

M. Varoufakis a suggéré que M. Tsipras puisse appeler des élections anticipées plutôt que de présenter l’affaire devant le parlement grec, en disant qu’il serait «très surpris» si M. Tsipras voulait rester  Premier ministre.

Il a insisté, cependant, sur le fait que lui et M. Tsipras restait en bons termes, et qu’il a gardé un profil bas la semaine dernière afin de soutenir M. Tsipras et son successeur au ministère des finances, Euclide Tsakolotos.

«J’ai sauté plus qu’on ma poussé, dit M. Varoufakis, décrivant sa démission au lendemain du« non »lors du référendum sur 6 Juillet sur des conditions similaires à celles acceptées lundi.

«Je suis entré dans le bureau du premier ministre exalté. Je voyageais sur un beau nuage poussé par les vents du belle enthousiasme du public pour la victoire de la démocratie grecque au référendum. Le moment ou je suis entré dans le bureau du premier ministre, je sentais immédiatement un certain sentiment de résignation-une atmosphère chargée négativement. Je fus confronté à un air de défaite, qui était complètement en désaccord avec ce qui se passait à l’extérieur.

«À ce point j’ai du dire au premier ministre:« Si vous voulez utiliser le buzz de la démocratie à l’extérieur des portes de ce bâtiment, vous pouvez compter sur moi. Mais si, d’autre part vous vous sentez comme si vous ne pouvez pas gérer ce majestueux «non» face à une proposition irrationnelle de nos partenaires européens, je vais tout simplement m’envoler dans la nuit. « ‘

L’ancien ministre des Finances a également décrit les préparations secrètes du gouvernement grec pour imprimer drachmes dans le cas du pays serait contraints de quitter l’euro.

«En tant que gouvernement responsable, sachant très bien qu’il y avait une alliance très importante au sein de l’Eurogroupe dont le but était de nous jeter dehors de l’euro, nous avons dû faire face à l’éventualités, dit-il. «Nous devions avoir une petite équipe de personnes dans le secret qui créerait le plan au cas où nous aurons été obligés de quitter l’union monétaire connue sous le nom de la zone euro. »

«Bien sûr, il y a une énigme ici. Une fois ce plan commence à être mis en œuvre, une fois que vous commencez à partir de cinq personnes travaillant dessus- vous sautez vite à 500  personnes ce qui est le minimum dont vous avez besoin pour mettre en œuvre ce-qui devient donc de notoriété publique. Le moment où il devient de notoriété publique, le pouvoir de la prophétie crée une dynamique qui lui est propre … On n’a jamais fait la transition de cinq à 500. On n’a jamais senti que nous avions un mandat pour le faire. On n’a jamais prévu de le faire. Nous avons eu la conception sur papier mais cela n’a jamais été activé.

M. Varoufakis dit qu’il restera comme un simple député dans le parlement grec, où il a «beaucoup plus de marge de manœuvre et de dire la vérité». Il a toutefois averti que l’austérité va encore enhardir l’extrême droite du pays.

«Au Parlement, je dois rester en regardant le côté droit de l’auditorium, où siègent 10 nazis, représentant la l’aube dorée. Si notre parti, Syriza, qui a cultivé tant d’espoir en Grèce … si nous trahissons cette espérance et inclinons nos têtes à cette nouvelle forme d’occupation postmoderne, alors je ne vois pas d’autre issue possible que la poursuite du renforcement de l’aube dorée. Ils hériteront le manteau de la campagne anti-austérité, tragiquement.

«Le projet d’une démocratie européenne, d’une union démocratique européenne unie, vient de subir une catastrophe majeure.»

(traduction vite fait bien fait gillou garou)
source:

In his first interview since resigning as Greek finance minister, Yanis Varoufakis took aim at Greece’s creditors, revealed the extent of the country’s preparations…
abc.net.au
 
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Publié par le juillet 13, 2015 dans Europe, histoire

 

L’anticommunisme, le gouvernement ukrainien et l’origine de l’oligarchie

 http://slavyangrad.es/2015/07/07/anticomunismo-ucraniano-oligarquia/

Lugansk, 2010. “¿Así que os gusta vivir bajo el capitalismo?

Article original : Révolution Journal Marxiste


Des lois récentes qui interdisent non seulement les symboles historiques du communisme (approuvé par le Parlement de l’Ukraine le 9 avril) sont un cadeau pour l’extrême-droite, ils ont ouvert une nouvelle étape dans la tentative de l’oligarchie d’asseoir sa légitimité. Les déclarations affirmant que « le communisme est mort en Ukraine » n’ont pas démarré lorsque les activistes de droite ont abattu la statue de Lénine à Kiev sur le marché Bessarabsky lors des premières semaines du mouvement Euromaidan. En réalité dès la chute de l’URSS, au début des années 1990 il y a eu une première interdiction du parti communiste de l’Ukraine en 1991. L’histoire racontée  par les médias ukrainiennes et de l’occident nous a expliqué alors la « satisfaction supposée du peuple ukrainien – qui avait souffert si longtemps l’oppression soviétique – et peut maintenant profiter de la liberté offerte par la démocratie capitaliste ». Les activistes de cette action ont ajouté qu’une nouvelle classe capitaliste serait capable de revitaliser l’économie post-soviétique, apportant la modernité et l’efficacité... A cette époque, cet enthousiasme pour l’économie de marché emplissait tous les segments de la société ukrainienne, en particulier parmi l’élite intellectuelle et les agents libéraux de la bureaucratie. Cet optimisme – pour mal avisé qu’il était – au moins pouvait être justifié par le fait que l’économie soviétique avait stagné pendant de nombreuses années en comparaison avec les pays capitalistes avancés. Cette stagnation et, en particulier, les efforts voués à l’échec de la bureaucratie pour faire face, avait touché en profondeur la société soviétique, conduisant à une augmentation de l’alcoolisme, des crimes violents et des tensions intérieures. Tout cela avait fait avancer la promesse d’une « approche de l’ouest » en termes de niveau de vie (bien que l’URSS n’ait pas dérivé d’un point de vue global, en particulier dans le cas des catégories plus modestes de la population). En ce qui concerne l’élite intellectuelle, il y avait l’attirance du mode de vie de leurs homologues occidentaux jouissant d’une richesse assez inimaginable dans leur existence de « Soviétique ».

La naissance violente de l’oligarchie

Le résultat final des « réformes » et de la dissolution de l’Union soviétique a conduit à un effondrement économique et social que l’histoire n’avait jamais connu et que l’on n’a pas connu depuis. En Ukraine, cela a entraîné un effondrement de 60 % du PIB et une réduction de quatre ans dans l’espérance de vie entre 1991 et 1999. Ces chiffres sont tout de même effrayants. Et ils ont été, bien sûr, accompagnés d’une baisse de l’emploi et du pouvoir d’achat ; une dégradation importante des infrastructures rurales et urbaines ainsi que des systèmes éducatifs et de santé ; une dépréciation parallèle des droits des travailleurs ; une migration forcée de millions de personnes et le naufrage de beaucoup d’autres dans les limbes de l’abus d’alcool et de drogues.

Alors que certaines républiques ex-soviétiques ont été capables de générer une croissance économique (en grande partie au profit de leurs oligarchies) vers la fin des années 1990, dans le contexte de la croissance économique mondiale et la stabilité qui l’accompagne, l’Ukraine n’a jamais récupéré la totalité de ce qu’elle avait perdu lors de son effondrement post-soviétique.

L’oligarchie s’est formé à partir de la partie la plus libérale de la bureaucratie et des différentes mafias qui sont apparues pendant les émeutes des années 1980. Ces forces se sont souvent constituées dans le seul but de conforter leurs profits. Une bureaucratie moyenne – liée à la gestion des industries d’Etat et des ressources naturelles – a utilisé sa position comme un levier pour l’ascension sociale. Elle a saisi l’occasion qui lui était offerte de prendre le contrôle des institutions en charge de la gestion. Le plan de privatisation par un système de coupons, qui avait été regardé avec optimisme, même par la gauche, a été un désastre. Alors qu’il été présenté  comme une occasion pour le peuple soviétique de contrôler sa propre industrie, la distribution des obligations, parmi une population ignorante en matière d’économie de marché et un système judiciaire totalement inefficace, a conduit à une situation similaire à l’anarchie de l’américain « Wild West », du XIXe siècle. Il n’y eut que quelques cas rares dans lesquels les obligations furent honorées par les nouveaux cadres de l’industrie, ce qui a conduit à leur concentration dans toutes sortes de circuits de type mafieux. Les Investisseurs occidentaux étaient rares, puisque la législation du travail soviétique était plus stricte avec les investisseurs étrangers que celles qui existaient en Asie, par exemple. En outre, les industries légères plus modernes, considérées comme moins compétitives que la production capitaliste des marchandises, ont été massivement privatisés et délaissées. Cela a eu un effet boule de neige sur l’ensemble de l’URSS, avec une économie très solidaire et une production se déplaçant constamment entre les différentes républiques. Les industries lourdes et  de matières premières ont subsisté en grande partie en raison de leur rentabilité, mais elles n’étaient désormais que l’ombre d’elles-mêmes. Les oligarques qui sont nés de ces industries ont sacrifié les normes de sécurité afin d’accroître leurs profits, menaçant les travailleurs de  licenciement pour parvenir à leurs fins. L’industrie minière de l’Ukraine est devenue l’une des plus dangereuses au monde, avec des centaines de mineurs qui meurent chaque année dans des accidents évitables. Le secteur financier a également été privatisé, et de nombreuses banques ont été créées dans la décennie des années 90 grâce au pillage des biens publics. Certains ont eu recours à des stratégies de type « Ponzi », proposant de grands bénéfices aux naïfs en investissant leur épargne pour fermer le robinet peu après. Le système judiciaire n’a rien fait pour éviter cette dérive des situations.

Comment justifier le vol massif

Bien que cela ne correspondent à aucun développement, ni modernisation de l’économie ukrainienne, la privatisation de la grande industrie d’État a donné aux oligarques une puissance économique qui leur a permis de devenir la nouvelle classe dominante. Cela a conduit à la formation de partis politiques représentant les intérêts des différents clans des oligarques, avec des alliances entre eux qui fluctuent souvent. De cette façon, ils ont réussi à renforcer leur contrôle sur l’économie de l’appareil d’État. Dans le même temps, des chaînes de télévision, des stations de radio et des journaux ont été créés pour représenter les intérêts des différents clans oligarchiques. Les journalistes indépendants informant sur la corruption des oligarques ont été menacés ou tués. Cela a permis l’émergence d’une génération de journalistes soumis à n’importe quel type de puissance sous condition d’un accès suffisant aux ressources financières. Le résultat a été un certain nombre de reportages, dans différents moyens de communication,  dont l’objectif était de réduire l’expérience soviétique de l’Ukraine à une longue  famine. Les motivations de cette propagande anti-communiste n’avaient rien à voir avec la sympathie pour les victimes de ces purges ou famines des années 1930. Au contraire, ces tragédies ont été cyniquement utilisées pour faire oublier aux gens (et éviter que les générations futures puissent connaître la réalité) les crimes qui avaient permis que les actuels dirigeants prennent le pouvoir. En raison de l’absence de développement économique, la grande majorité des actifs sous le contrôle des oligarques est équivalente au potentiel industriel qui s’était développé au cours de la période soviétique.

Pouvoir oligarchique dans la guerre civile

La crise de 2008 a frappé très durement la fragile économie ukrainienne, déclenchant une crise économique intense qui a culminé avec le renversement du Président Yanukovich au début de 2014, lors du mouvement Euromaidan. Son régime oligarchique a été remplacé par un autre encore plus brutal livré aux groupes d’extrême-droite pour écraser toute rébellion, en particulier de toutes les forces militantes de la gauche. Il est intéressant de noter que même les fractions de l’oligarchie dans le Donbass, qui avaient constitué le principal support de Ianoukovitch, ont semblé l’abandonner  très vite durant la tempête. Akhmetov et ses acolytes aussi se sont opposés radicalement au mouvement anti-Maidan ainsi qu’à la rébellion anti-Kiev qui a suivi. En fait, les empires financiers de ces oligarques ont longtemps souffert de la perte de cette région qui représentait 40 % du PIB de l’Ukraine avant la guerre. Malgré cela, les oligarques propulsés à la tête de  l’Euromaidan font des bénéfices records, à l’aide de la guerre civile, les privatisations et les difficiles mesures d’austérité pour exploiter au maximum le peuple ukrainien. Ils essaient maintenant de renforcer leur pouvoir, en alimentant le nationalisme et l’attaque sans pitié de toute opposition. Ils espèrent ainsi détourner l’attention des masses en ce qui concerne la pauvreté et les inégalités qui atteignent un niveau sans précédent depuis l’indépendance. Toutefois, le fait est que, même un quart de siècle après la chute de l’URSS, la mémoire des crimes d’où est née l’oligarchie est actuellement toujours vivace dans l’esprit de tous les Ukrainiens dans tout le pays. Plusieurs enquêtes ont montré que la réclamation de l’expropriation des richesses volées par les oligarques est une idée qui est populaire dans l’ensemble de l’ex-URSS. La lutte contre l’oligarchie – et, par là -, le capitalisme est la seule lutte susceptible d’unifier la classe ouvrière de l’Ukraine des clivages nationaux. Les organisations qui soutiennent cette lutte sont encore petites et sont soumises à la répression du gouvernement et des groupes d’extrême droite, mais elles sont les seules à pouvoir  fournir une solution pour sortir de la crise actuelle. .

 
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Publié par le juillet 9, 2015 dans Europe, histoire, société

 

Ces courriels d’Hillary Clinton qui accablent l’action de Nicolas Sarkozy en Libye

Nicolas Sarkoy accompagné de Bernard-Henry Lévy visitant un centre médical à Tripoli en septembre 2011 (Reuters)

Nicolas Sarkoy accompagné de Bernard-Henry Lévy visitant un centre médical à Tripoli en septembre 2011 (Reuters)

Les intentions de la France en Libye auraient été bien au-delà de l’humanitaire

La France visait-elle vraiment à extraire les civils de Benghazi des griffes du dictateur Mouammar Kadhafi au printemps 2011? C’est le message qu’ont fait passer à l’époque le président français, Nicolas Sarkozy, et son conseiller improvisé, le philosophe Bernard-Henri Lévy, pour justifier une intervention de l’OTAN. Des courriels reçus par Hillary Clinton quand elle était encore secrétaire d’Etat américaine semblent raconter une autre histoire, à en croire le média en ligne de Washington Al-Monitor.

Les e-mails en question ont été publiés le 22 juin dernier par une commission ad hoc du Congrès enquêtant sur la tragédie de Benghazi du 11 septembre 2012 dans laquelle quatre Américains trouvèrent la mort à la suite d’une attaque de djihadistes. Provenant de Sidney Blumenthal, un ex-conseiller et ami des Clinton, ils contiennent des notes de renseignements rédigées, dit-il, par un ancien agent de la CIA, Tyler Drumheller.

Retour d’ascenseur

L’authenticité des notes que Le Temps a lues n’a pu être vérifiée. Mais celles-ci soulignent un contexte que la presse internationale avait déjà en partie mis en lumière. En plein Printemps arabe en 2011, la Libye du colonel Kadhafi et son pétrole devenaient l’enjeu de luttes économiques souterraines majeures.

Selon l’un de ces «mémos», daté du 22 mars 2011, des officiers de la DGSE, le renseignement français, ont eu des réunions secrètes avec le chef de file du Conseil national de transition libyen (CNT), Mustafa Abdul Jalil. Bernard-Henri Lévy le rencontra le 4 mars et téléphona à Nicolas Sarkozy, qui l’invita à l’Elysée afin de reconnaître le Conseil national en tant que gouvernement officiel libyen le 10 mars. Selon la note, «les officiers de la DGSE ont fourni de l’argent et des conseils pour aider à la formation du CNT. Ces officiers expliquaient à Jalil […] qu’ils parlaient sur ordre du président français, Nicolas Sarkozy, et qu’ils promettaient que, dès que le CNT serait en place, la France le reconnaîtrait comme nouveau gouvernement de Libye.»

La note relève que les officiers de la DGSE n’ont pas agi par pur altruisme. «Ils s’attendaient à ce que le nouveau gouvernement libyen favorise les entreprises et les intérêts nationaux français, en particulier en lien à l’industrie pétrolière.» Mustafa Abdul Jalil accepte l’offre. Dans ce contexte, le fait qu’un Mirage 2000 français ait bombardé le convoi où se trouvait Mouammar Kadhafi ne relève, dit-on, pas du hasard.

Dans une autre note datée du 5 mai 2011, il apparaît que la France a organisé des vols humanitaires vers Benghazi à partir du 13 avril 2011. Dans les Airbus, il n’y avait pas que des humanitaires, selon le document, mais aussi des responsables de Total, la major française du pétrole, de Vinci et d’EADS.

Présent sur place le 22 avril, Bernard-Henri Lévy n’a pas, selon la note, assisté à la signature proprement dite de contrats, mais il a clairement fait savoir aux responsables du CNT qu’ils «avaient une dette envers la France au vu de son soutien précoce et que Sarkozy avait besoin de quelque chose de tangible à présenter aux leaders politiques et économiques français». Enfin, selon une note de septembre 2011, Nicolas Sarkozy aurait exhorté les Libyens à réserver 35% de leur industrie pétrolière à des entreprises françaises, surtout Total.

L’affaire Hughes de Samie

La guerre économique autour de la Libye ne se limite pas à la France. Dans un courriel du même Sidney Blumenthal, une note laisse entendre que des officiers du MI6, le renseignement britannique, conservaient des canaux de communication avec le camp Kadhafi, en particulier le fils Saïf, au cas où la rébellion contre le régime libyen échoue. Le Daily Telegraph souligne toutefois que Londres n’était pas le seul à agir ainsi. La CIA avait aussi, selon le quotidien, gardé ses contacts avec le régime.

L’auteur des courriels envoyés à Hillary Clinton est entouré d’un halo de mystère. Sidney Blumenthal, qui n’avait aucune fonction au Département d’Etat, avait des intérêts en Libye. Il conseillait la société américaine Constallations Group avec deux associés dont Tyler Drum­heller, l’agent de la CIA et présumé auteur des notes envoyées à Hillary Clinton. Devant la commission du Congrès, Sidney Blumenthal a toutefois minimisé son rôle en Libye, relevant qu’il était avant tout de nature humanitaire et que le projet de construire des hôpitaux mobiles et des logements provisoires n’a jamais vu le jour.

Quant au rôle joué par la France de Sarkozy en Libye, il reste aussi flou que l’affaire Hughes de Samie. Comme le révèle une enquête de M, le magazine du Monde, cet ex-colonel de la Légion reconverti dans la vente d’armes et le renseignement a été mystérieusement abattu de six balles à son domicile à Tripoli en janvier 2012. Un travail de professionnel. Or les enquêteurs libyens arrêtent un suspect, un toxicomane de 28 ans, qui n’a même pas emporté la mallette de l’ex-colonel qui contenait beaucoup d’argent et cinq cartes de crédit. Pour l’épouse de la victime, cela ne fait aucun doute. Son mari a été victime d’un règlement de comptes «entre entreprises française et étrangère, peut-être même entre deux sociétés françaises».

 
 
 
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