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Ukraine : les Américains gardent deux fers au feu… Porochenko, Kolomoisky et les autres…

La question est comment peut on vendre au naïf occidental que nous sommes, de tels jeux mafieux comme l’essence de la vertu démocratique?

En fait tout est en germe dans la « Révolution orange », l’intervention directe des Etats-Unis ou plutôt les oligarques étatsuniens qui possèdent l’appareil d’Etat le plus puissant du monde et ont décidé de soumettre la Russie qui prétend se relever et avoir sa part du gâteau mondial… L’intervention orange c’est-à-dire le financement de « révolutions », des sortes de mai 68 d’une jeunesse qui rêve de modernité et de gens réellement excédés par le pillage… La « Révolution orange » invente également un retour de l’ultranationalisme comme moyen de faire face à la nostalgie de l’Union soviétique en particulier dans l’est du pays.

Mais la « Révolution orange » porte à son plus haut niveau la concurrence entre les oligarques, ainsi ceux qui ont joué le vainqueur Iouchtchenko ont reçu leur récompense, on leur a non seulement offert les biens de l’Etat mais aussi ceux des adversaires vaincus, ceux qui avaient choisi le mauvais camp. Les requins qui se sont développés dans le sillage dela dite « révolution orange » et parmi eux il y a Porochenko, Kolomoisky,M. Pintchouk et bien d’autres ont soutenu en 2005-2006, ceux que les américains intronisaient Iouchtchenko et Timochenko pour s’assurer une position financière, entrepreneuriale.

Ce n’était qu’un hors d’oeuvre et aussi une manière d’agir devenue méthode après le coup d’Etat dit de l’Euromaïdan en fait organisé par madame Nuland et entériné piteusement par la France, l’Allemagne et la Pologne… D’autres oligarques comme Ianoukovitch père et fils, Firtash et Akhmetov ont été à leur tour la proie du même dépeçage… Kolomoiski s’est positionné immédiatement à proximité du Donbass pour s’emparer, avec l’aide de ses complices néonazis, en s’inventant une lutte contre le séparatisme et la pseudo intervention russe. Akhmetov paraît le perdant pour avoir voulu rester entre deux sans vraiment choisir Poutine ou le nouveau pouvoir américain à Kiev.  Kolomoiski a récupéré toutes ses positions et d’autres dans tout l’espace considéré comme pro-russe après avoir tenté de faire assassiner le maire de Kharkov, un autre oligarque pro-russe, avec l’aide du ministre de l’intérieur.

Kolomoisky s’est affirmé comme le soutien de Poroshenko, son « employé » a-t-il dit récemment au Wahington post, tout en s’appuyant sur l’ultranationaliste, néo-nazi  Yarosh, le chef de pravy sektor, et en le lui jetant dans les pattes. Ce d’abord dans les combats de l’est où il n’était pas question que pravy sektor  respecte le cessez- le feu. Porochenko pouvait compter sur l’état-major général pour prétendre avoir le contrôle au moins partiel de l’armée. En juillet 2014, Porochenko avait nommé l’ancien général soviétique Muzhenko à la direction de l’Etat major, à charge pour lui de la maintenir loyale, ce qu’il fait tant bien que mal parce qu’il est complètement disqualifié à la fois par ses échecs sur le front et par les campagnes de l’extrême-droite et de Kolomoiski et d’autres oligarques contre lui. On n’est pas plus assuré d’ailleurs que les faucons des USA comme Victoria Nuland, Mac Cain et tous ceux qui aux Etats-Unis participent du pillage ukrainien soient réellement derrière Porochenko, qui couvre Muzhenko malgré toutes les catastrophes militaires.

Porochenko d’un côté avec les accords de Minsk 2 s’est assuré le soutien de  certains européens comme Merkel et Hollande, peut-être même celui de Poutine, mais si officiellement dans son récent affrontement avec Kolomoisky, les Etats-unis ont soutenu Porochenko, celui-ci a dû transiger au point de passer un compromis avec Kolomoisky qui l’avait défié en venant à Kiev avec sa bande de mercenaires néo-nazis mettre au pas la société pétrolière, il a obtenu d’autres avantages bancaires en particulier. Mais plus caractéristique encore est le compromis passé avec Yaroch et dont nous faisons état dans un autre article.
Kolomoiski a partiellement obtenu ce qu’il voulait http://lifenews.ru/news/151571 (en russe), Porochenko a dû accepter certaines des conditions de Kolomoisky, formant un compromis temporaire avec lui et a assuré une partie du butin.

En fait tout dépend des États-Unis qui ont un contrôle total sur la politique et l’économie de l’Ukraine, du jour au lendemain il peuvent en finir avec la  « légitimité démocratique » de l’oligarque… Alors c’est l’élimination et elles ont été nombreuses ces derniers temps dans le milieu où les suicides (le mort s’est tiré deux balles dont la première était mortelle) sont fréquents et les assassinats couverts… Il est clair que dans l’affaire Kolomoiski celui ci n’a pas été exécuté et conserve d’importantes positions, les Etats-Unis ont donc choisi de laisser ouverts les possibles. Timochenko qui avait prétendu s’opposer à Porochenko a été bien vite éliminée du jeu. Bref nous n’en sommes qu’au premier round.

la vidéo  « Interview » de Kolomoisky accordée à la Radio Svoboda juste après qu’ils sortent d’un bâtiment de la compagnie pétrolière nationale. La transcription anglaise, qui est 18 +, on trouvera ci-dessous la vidéo. Nouveau ! La vidéo a maintenant des sous-titres anglais.

 
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Publié par le mars 29, 2015 dans Uncategorized

 

Dmytro Yarosh a obtenu un emploi au ministère de la défense de l’Ukraine mais Pravy sektor pose ses conditions

Le Président de l’Ukraine Petr Poroshenko a offert à Dmytro Yarosh, le leader du groupe radical ‘ Pravy Seltor’ et le disciple du nazi ukrainien Stepan Bandera, un emploi au ministère de la défense de l’Ukraine. Avant cette proposition l’administrateur du secteur M (région de Mariupol) a présenté aux bataillons de volontaires, en particulier à Secteur droit (Pravy sektor) un ultimatum l’enjoignant à quitter le village de Shirokino et de se retirer de la zone de l’opération spéciale du Donbass. Le groupe a alors déclaré qu’il ne respecterait pas l’ordre de se retirer du Donbass et a ajouté qu’il accepterait de se battre dans les rangs des formations officielles, mais seulement comme une entité militaire autonome et sous la direction de Dmytro Yarosh.

Il est à noter que l’idéologie de «  Pravy sektor » est caractérisée comme ultra-nationaliste, neo-fasciste. En janvier et février de 2014, les membres de ce groupe ont participé à des affrontements avec la police et des agressions dans les bureaux administratifs régionaux et en avril à l’écrasement des manifestations dans l’est du pays. En mai au meurtre de masse dans la maison des syndicats à Odessa. Cette proposition tentant de réintégrer Dmytro Yarosh et ses troupes dans l’armée officielle est à situer dans le cadre de l’affrontement entre l’oligarque Kolomoiski et l’oligarque Porochenko, président actuel de l’Ukraine. Elle témoigne du degré de pourrissement atteint par la vie politique en Ukraine. La plupart des commentateurs soulignent que la réussite de la manœuvre dépend du soutien des Etats-Unis. D’un soutien politique et financier mais aussi militaire parce que le pays est au bord de l’éclatement social; le chômage, la misère, la corruption et la violence dont l’Etat a perdu le monopole de la légitimité fait craindre le pire. Les propos de Dmytro Yarosh n’ont rien de rassurant dans un tel contexte, celui d’une poudrière au cœur de l’Europe.
27.03.2015 13:59
 « Le secteur droit » est prêt à rejoindre officiellement le ministère de la défense de l’Ukraine, mais seulement à condition que le groupe d’extrême-droite et ses forces armées conserve son indépendance vis-à-vis de l’état-major général.

La Position officielle de l’organisation, v.o. du 26 mars, a été présentée par le chef du service de presse de « secteur droit », Skoropadsky Artem.
Particulièrement Skoropadsky a noté que « Secteur droit » n’a pas l’intention de respecter l’ultimatum de l’Etat major et de quitter la zone du « ATO ». Cependant, l’organisation est prête à envisager de devenir une partie du Ministère de la Défense – sous certaines conditions. « secteur droit » ne quittera pas de postes de combat aux directives de l’Etat-major général. Nous ne sommes pas prêts à devenir une partie du Ministère de l’intérieur, alors qu’aucune lustration n’a été encore là-bas (la lustration est la chasse aux sorcières dans l’administration). En même temps nous pourrions faire partie du Ministère de la Défense ou du Service de sécurité de l’Ukraine, à la condition que nous restions un bataillon de volontaires et obéissions seulement au leader de l’organisation – Dmitry Yarosh, » selon Skoropadsky.

Pendant ce temps, Kiev offre déjà à Yarosh un poste au ministère de la défense, a déclaré dans la soirée du 26 mars à « canal 5 » le conseiller du ministre de l’intérieur, Anton Gerashchenko. « Je peux confirmer que Dmitry Yarosh a reçu une proposition de la Présidence de Porochenko  qui est un poste au ministère de la défense, » a déclaré Gerashchenko.
Le politicien [dans un entretien avec « l’Observateur », sorti aujourd’hui, 27 mars], appelle aussi le système politique actuel en Ukraine « une occupation » et promet de se battre contre cela. Pour le moment, cependant il n’est pas question de lutte armée, mais par des moyens politiques.

Dmitry Yarosh dans une interview avec l’ « Observateur», publié aujourd’hui, 27 mars, a également confirmé les pourparlers sur l’obtention de postes au ministère de la défense. « Il y a une possibilité d’être conseiller auprès de l’état-major général sur une base volontaire. Il y a certains domaines qui m’intéressent. En fait, après avoir en discuté, la possibilité de continuer à diriger les « bataillons de volontaires » pour interagir avec l’état-major était plus acceptable qu’auparavant. Et  également l’éducation de la jeunesse sur une base national-patriotique, militaire. Ce thème est aussi de ceux qui m’intéressent , parce que sous le « nom de Trizub Bandera » j’ai consacré 20 ans de ma vie à l’éducation militaire et patriotique. Il faut voir ce que l’on pourra faire » a déclaré le leader du secteur droit.

« Le système n’a pas changé beaucoup de la façon dont nous avons été traités sous Yanoukovich. Le système est une sorte d’occupation interne. Et maintenant on peut clairement voir ceci. Les questions sociales sont devenues pour les gens, particulièrement pour le peuple, une question de survie. Donc cette situation, malheureusement, n’a pas été changée. Mais nous pouvons en faire une base, nous essayerons de le faire sans violence. … Les élections continueront à être tenues. Bien que nous n’ayons pas de bons résultats au niveau électoral, parce que nous rivalisons avec des partis oligarchiques, sans pratiquement un dixième de dollar, C’est très difficile. Cependant, il m’a maintenant été rapporté que les  sondages donnent   » Secteur droit » en pleine croissance. Et dans notre région [probablement dans la région Dnipropetrovsk] son score a même excédé 7 %. Donc, nous pouvons nous attendre à n’importe quel résultat, « -a dit Yarosh.
Cependant, Yarosh insiste sur le fonctionnement de secteur droit en rupture avec la volonté de l’état-major général. « Nous avons préparé un certain nombre de projets de loi qui permettrait, même si l’état-major général n’accepte pas nos conditions d’entrée » sur le statut de bénévole « dans la législation. Il y a aussi d’autres choses. Je pense que nous trouverons des solutions, parce que nos gars le méritent. Aussi, j’ai mentionné que l’autorisation n’est pas nécessaire pour défendre sa patrie, son intégrité territoriale, son indépendance. C’est le  devoir de chaque citoyen. Et nous constatons le non fonctionnement des structures étatiques. Ils ont été absolument perdre — si nous prenons le printemps, l’été. Et je pense que nous avons fait beaucoup d’avant maintenant était là où il est et pas quelque part près de Kiev ou Lviv. Sur le stand. Et ce qui va arriver, c’est, nous allons voir, dit-il.

La politique également ne va pas et le système politique actuel en Ukraine est une « occupation » et nous promettons de nous battre contre elle. Toutefois, jusqu’à présent elle n’est pas militaire, mais à travers des moyens politiques.

Pendant ce temps, l’état-major a déclaré qu’il n’y avait aucun ultimatum posé à « secteur droit »  cependant, il continue à insister sur la nécessité de légaliser le corps de volontaires.

Подробности: http://www.regnum.ru/news/polit/1909565.html#ixzz3VlvogtTl
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Petro Simonenko : En Ukraine a été instaurée une dictature de la bourgeoisie compradore

(1)

simonenko21da kprf.ru |

 Petro Simonenko est intervenu le 28 mars lors de l’Assemblée plénière du Comité Central du parti communiste d’Ukraine

Le premier secrétait du parti communiste ukrainien a émis un jugement sévère sur le régime fasciste, qui a été installé en Ukraine : « c’est une dictature terroriste de la bourgeoisie compradore (1)». Selon lui, la guerre en Ukraine est menée dans l’intérêt des oligarques. Simonenko croit qu’il est impossible de parvenir à la paix sans le changement de régime politique et sans la mise en place du pouvoir ouvrier. Dans les conditions actuelles, le dirigeant communiste estime que le parti devrait élaborer une approche théorique adaptée à la nouvelle situation, rassembler des forces et se préparer à de nouvelles batailles politiques. Et il ajoute que la lutte doit être menée conjointement avec le peuple russe.
Simonenko a lancé un appel à la création d’un front antifasciste. « La tâche des communistes dans les nouvelles conditions est de représenter l’avant-garde des forces révolutionnaires et du front anti-fasciste ».

(1) la bourgeoisie compradore : il s’agit d’un terme à l’origine portugais et qui qualifiait un chinois qui achète à bon compte des marchandises pour le compte des sociétés étrangères et cela a qualifié la bourgeoisie de certains pays (en particulier Amérique latine) qui vit en favorisant le pillage de leurs pays par les puissances étrangères capitalistes.

 
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Publié par le mars 29, 2015 dans politique

 

L’avis d’un pilote russe sur le crash de l’Airbus A320

© Sputnik. Dmitri Korobeynikov

cet avis sous forme d’anecdote hilarante nous renvoie  à la fois aux aspects les plus intéressants de l’Union Soviétique en matière de sécurité humaine et  « la plaisanterie » de Kundera. Certains y verront donc le poids de la bureaucratie soviétique sur le destin individuel. Tout part d’une interrogation largement partagée par les Russes : comment les Occidentaux  peuvent-ils manifester une telle méticulosité  » dans la manière leurs experts savent travailler en enquêtant sur les catastrophes aériennes. D’autre part,  l’attitude franchement négligente vis-à-vis du contrôle des documents du personnel navigant », ce qui est au centre de « l’étonnement » n’est-il pas le profit des compagnies et des secteurs marchands qui font toujours plus pression sur le personnel ici et ailleurs alors que « les experts relèvent encore d’une autre logique….(Danielle Bleitrach)

16:00 27.03.2015(mis à jour 16:20 27.03.2015) URL courte

De nombreux experts ont exprimé leurs avis sur internet suite à la catastrophe aérienne survenue dans les Alpes françaises. Voici le commentaire d’un pilote russe – un avis personnel d’un spécialiste de l’aviation russe qui a travaillé dans ce secteur plus de six ans et partage ses impressions sur son blog.

La question que je me pose le plus souvent en apprenant de nouveaux détails sur le crash est la suivante: ne contrôle-t-on absolument pas la santé psychique des pilotes embauchés en Occident?

Par expérience, je sais qu’on prenait auparavant très sérieusement la sécurité des vols et, par conséquent, la santé des pilotes dont la sécurité dépend en premier lieu. Bien sûr, il y a eu des machinations en tout genre à cette époque également, mais certainement pas dans le domaine de la sécurité des vols…

Voici un exemple anecdotique.

Un pilote expérimenté de notre détachement aérien était dans une maison de convalescence. Il était suivi par une femme médecin très sympathique qu’il avait décidé de séduire. Lors d’un examen médical, en répondant à la question de savoir s’il avait des problèmes de santé, il a répondu en plaisantant:— Je me sens merveilleusement bien! Sauf la lumière qui se ternit parfois quand je vous vois, mais sinon tout va bien!

Le médecin méticuleux avait inscrit sur le carnet de santé du patient: « Se plaint de troubles de la vision périodiques et spontanés »…

Cette plaisanterie, puis l’inscription qui avait suivi dans le carnet de santé, avait tiré une croix sur sa carrière de pilote, alors qu’il n’avait qu’à peine trente ans. Toutes ses tentatives de prouver que c’était une mauvaise blague mal interprétée par le médecin furent vaines. Aucun membre de la commission médicale n’a pris la responsabilité d’autoriser cet homme à piloter. Comme peut-on confier la vie de dizaines de personnes à un individu qui reconnaît avoir des troubles de vision?

Ce dragueur raté a donc dû abandonner la carrière de pilote et se reconvertir pour devenir contrôleur aérien. Il a travaillé dans cette spécialité jusqu’à sa retraite…

Et quelle est la situation en Europe et aux USA?

Les médias ont déjà commencé à écrire que le pilote de l’A320 qui s’est écrasé était suivi depuis un an et demi par un psychiatre! Et ce n’est pas tout! Son dossier à la Direction générale de l’aviation civile comportait une note indiquant qu’il avait besoin d’un « suivi médical particulier et régulier ». Cette même phrase était reproduite dans la licence du pilote.J’aime bien regarder, sur National Geographic, l’émission Dangers dans le ciel. D’une part, elles me surprennent par la méticulosité avec laquelle les spécialistes occidentaux savent travailler en enquêtant sur les catastrophes aériennes. D’autre part, je suis stupéfait par l’attitude franchement négligente vis-à-vis du contrôle des documents.

Ainsi, un pilote d’une compagnie aérienne occidentale n’avait pas de diplôme de pilote, ce qu’on a réalisé seulement après l’enquête sur le crash de son appareil et la mort de plusieurs dizaines de personnes…

Rappelons également la révélation récente sur le professeur américain John Corcoran qui enseignait pendant 17 ans (!) dans un lycée californien sans savoir ni lire ni écrire. Il devient alors clair que quelque chose ne tourne pas rond dans l’éducation occidentale, aussi bien humanitaire que technique.

Alors que nous continuons de chercher à prendre exemple sur eux…

Lire la suite: http://fr.sputniknews.com/analyse/20150327/1015370925.html#ixzz3VlO1Ocmn

 
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Publié par le mars 29, 2015 dans Uncategorized

 

Camps, extermination de masse… Ils ont photographié l’inimaginable par Yasmina Youssi

Voilà ce qui me rend malade dans le mode de pensée actuel, celui qui en fait prétend limiter aux seuls juifs, même s’ils en furent les principales victimes, cette indicible horreur, comme si elle ne concernait pas l’ensemble de l’Humanité… Je ne supporte plus les malades qui la nient, ceux qui pensent que « les juifs en font trop avec leur shoah » ou les juifs qui se l’approprient pour développer un chauvinisme insupportable… Tous ces gens sont indignes du travail que l’humanité devrait accomplir sur elle-même… j’éprouve pour eux un mépris presque aussi grand que pour les bourreaux d’un tel crime (Danielle Bleitrach)

Publié le 29/03/2015.

Bergen-Belsen, le 20 avril 1945.<br />
Bergen-Belsen, le 20 avril 1945.

Photo : George Rodger / Time Life Pictures / Getty Images

 

En découvrant la réalité des camps en 1945, les photoreporters sont confrontés à l’horreur : comment photographier l’extermination de masse ? Quatre d’entre eux ont témoigné à l’époque.

Il a garé sa Jeep à l’entrée de Bergen-Belsen, s’est soumis à la corvée de DDT (traitement contre les insectes porteurs du typhus, de la malaria, etc.), avant de filer vers les bois du camp. Avec l’idée de prendre une photo des quelques personnes aperçues au loin, faisant paisiblement la sieste sous des pins caressés par le soleil froid de ce 20 avril 1945. Une jolie scène, pour changer. Life, dont il est le correspondant, saura quoi en faire. La première image est dans la boîte. Une deuxième de plus près et le sujet sera bouclé.

Mais plus il s’approche, plus les corps se transforment en cadavres et se déclinent désormais par milliers. Combien ? Le Britannique George Rodger (1908-1995) ne peut plus, ne sait plus compter face à l’ampleur du crime qui se matérialise sous ses yeux. « Comment absorber ça ? C’était tout simplement impossible, trop affreux », se souvenait-il des années plus tard (1).

Transmettre l’horreur inconcevable

Cette question, tous les photoreporters qui ont couvert l’ouverture des camps d’extermination se la sont posée. La mort, dans les conflits, se donnait pourtant à voir dans la presse depuis la guerre de Sécession (1861-1865). Et la mise sur le marché d’appareils maniables et silencieux a permis aux photographes d’être au plus près des combats de la guerre d’Espagne (1936-1939). Ils se sont ainsi peu à peu émancipés des rédacteurs, offrant à travers leurs images des informations absentes des papiers, passant du reportage au photojournalisme.

Mais les morts – dont le plus célèbre, un républicain tombant sous une balle franquiste, a été immortalisé par Robert Capa en 1936 – ont jusque-là toujours été représentés de manière individualisée. Comment photographier la destruction de masse ? Faut-il cadrer dans les montagnes de corps entassés par les nazis ou isoler les visages pour rendre aux victimes leur dignité ? Et que photographier pour transmettre l’horreur inconcevable à laquelle ils sont pour la première fois confrontés ?

Bergen-Belsen, mi-avril 1945. Les soldats britanniques exigent des ex-gardiennes du camp qu'elle déplacent les corps, afin d'endiguer une épidémie de typhus.<br />
Bergen-Belsen, mi-avril 1945. Les soldats britanniques exigent des ex-gardiennes du camp qu’elle déplacent les corps, afin d’endiguer une épidémie de typhus.

Photo : George Rodger / Time Life Pictures / Getty Images

Tous les photoreporters présents en Allemagne choisissent au final de marquer les esprits. Quand ils photographient les charniers, George Rodger, Margaret Bourke-White ou Lee Miller veulent qu’on pressente les enchevêtrements de cadavres qui débordent du cadre. Ils font également des gros plans sur les dépouilles amoncelées, pour leur redonner une identité. Margaret Bourke-White photographie les restes de corps dans les fours crématoires et des morceaux de peau tatouée, prélevés par les nazis.

Laisser transparaître la haine

La plupart de ces grands photographes, comme Germaine Krull, s’effacent derrière leur sujet. Sauf lorsque Lee Miller photographie les bourreaux morts ou vifs dans des poses avilissantes, laissant transparaître dans ses tirages la haine qu’ils lui inspirent. A l’opposé, elle montre des survivants actifs, qui reprennent leur destin en main.

Ces clichés ont été largement publiés dans les presses française et anglo-saxonne en ce printemps 1945, contrairement aux photos de Majdanek et d’Auschwitz (libérés par les Soviétiques en juillet 1944 et janvier 1945), peu distribuées à l’Ouest. L’armée américaine, qui encourage leur diffusion, veut faire connaître au plus grand nombre les crimes des nazis — et justifier ainsi l’envoi des troupes américaines à l’étranger. En instaurant une « pédagogie de l’horreur », elle prépare également la dénazification de l’Allemagne.

Ces épreuves ont eu un impact non négligeable sur l’histoire de la photographie documentaire. « La photographie humaniste, emmenée par Henri Cartier-Bresson, Willy Ronis ou Robert Doisneau au lendemain du conflit, a souvent pour thème l’homme debout, la figure du marcheur, les enfants, analyse le commissaire de l’exposition « Mémoires des camps », Clément Chéroux, aujourd’hui à la tête du cabinet de la photographie du musée national d’Art moderne au Centre Pompidou. J’y vois comme une réponse aux images des charniers. ».


George Rodger 1908-1995

Photo : George Rodger / Time Life Pictures / Getty Images

Accrédité auprès de l’armée britannique, il a couvert les campagnes de France, de Belgique et de Hollande, en 1944. Il fut le premier photographe à pénétrer dans le camp de Bergen-Belsen. « Cela ne m’intéressait pas particulièrement de photographier l’horreur de la guerre. Je n’avais pas le moindre goût pour […] le sang, les entrailles répandues et tout le reste. Sur le moment, on ne pense pas aux effets que cela peut avoir sur vous. […] Lorsque je me suis rendu compte que je pouvais contempler l’horreur de Belsen – quatre mille morts affamés étendus un peu partout – et ne penser qu’à une bonne composition photographique, j’ai su que quelque chose m’était arrivé et que cela devait cesser. J’avais l’impression d’être comme ceux qui dirigeaient les camps – cela n’avait aucun sens. »
Extrait de Dialogue with photography, de Paul Hill et Thomas Cooper, Manchester, Cornerhouse Publications, 1979.


Margaret Bourke-White 1904-1971

Buchenwald le 13 avril 1945. Un soldat américain tient un morceau de peau humaine. La femme du directeur du camp les faisait découper car elle aimait les tatouages.<br />
Buchenwald le 13 avril 1945. Un soldat américain tient un morceau de peau humaine. La femme du directeur du camp les faisait découper car elle aimait les tatouages.

Photo : Margaret Bourke-White / Time Life Picture / Getty Images

Photographe à Life depuis 1936, accréditée auprès de l’armée américaine, elle accompagne le général Patton pendant la campagne d’Allemagne, en 1945. Elle a photographié Buchenwald. « L’usage de l’appareil photo était un soulagement. Il intercalait une mince barrière entre moi et l’horreur devant moi. Les gens me demandent souvent comment il est possible de photographier de telles atrocités. Je devais couvrir mon esprit d’un voile pour travailler. Lorsque je photographiais les camps d’extermination, ce voile protecteur était si solidement tendu que je savais à peine ce que j’avais pris jusqu’à ce que j’aie vu les tirages de mes photographies. C’était comme si je voyais ces horreurs pour la première fois. Je crois que beaucoup de correspondants travaillaient dans cet état de stupeur imposée. On est obligé, autrement c’est impossible à supporter. »
Margaret Bourke-White, Portrait of myself, paru aux Etats-Unis en 1963.


Germaine Krull (1897-1985)

11 avril 1945, un légionnaire français dans le camp de Vaihingen.<br />
11 avril 1945, un légionnaire français dans le camp de Vaihingen.

Estate of Germaine Krull / Israel Museum / Don de Gérard Lévy en mémoire du Docteur Jo Lévy

Photographe allemande installée à Paris en 1925, Germaine Krull rejoint la France libre en 1940, débarque avec les alliés en Provence en août 1944 et suit la première armée française jusqu’à la fin du conflit. Elle a photographié le camp vide du Struthof et le camp de Vaihingen. «  Je n’ai jamais pensé qu’il serait possible de réduire la condition humaine à un état aussi bas que celui-là. Partout des formes squelettiques, dont les yeux ne semblaient être que des trous noirs, recroquevillés par terre, dans des coins. Quelques-unes respirant, d’autres déjà morts. Plus loin, une masse vivante, humaine, qui semblait avoir perdu la forme individuelle de l’homme, arrivait à nous expliquer qu’ils avaient faim et qu’ils voulaient dormir. […] J’avais beaucoup de peine à faire des photos. Ces pauvres mains qui pouvaient à peine tenir une gamelle de soupe, les mots de ceux qui espéraient pouvoir repartir quelque part en Amérique. Ces yeux qui racontaient plus les horreurs que les mots qui sortaient de leur bouche… »
Germaine Krull, La vie mène la danse, éd. Textuel. Publié en mai à l’occasion de l’exposition du Jeu de paume. 


Lee Miller (1907-1977)

Les habitants des environs de Buchenwald sont forcés par les alliées de visiter le camps lors de son ouverture.<br />
Les habitants des environs de Buchenwald sont forcés par les alliées de visiter le camp lors de son ouverture.

Lee Miller Archives, England 2013 / All rights reserved

Correspondante de guerre pour les éditions américaines et britanniques de Vogue, elle est accréditée auprès de l’armée américaine de 1942 à la fin du conflit. Elle a photographié les camps de Dachau et Buchenwald. «  Bien sûr que les civils allemands savaient ce qui se passait dans les camps de concentration. L’embranchement des voies ferrées pour Dachau passait devant des villas, avec des trains remplis de cadavres ou de déportés à moitié morts. Je n’ai pas pour habitude de photographier l’horreur. Mais ne croyez pas que chaque ville, chaque région en soit dépourvue. J’espère que Vogue publiera ces photos. »
Texte de Lee Miller paru dans l’édition du Vogue américain de juin 1945. 

Retrouvez notre numéro spécial « Ils ont raconté la Shoah », en kiosque jusqu’au 31 mars 2015.

 
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Publié par le mars 29, 2015 dans expositions, histoire

 

Moscou-Kiev : échange de lettres en mode Street art

Echange de correspondances factices entre Kiev et Moscou.


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 Le jeune street artiste Timofeï Radya, originaire de Ekaterinbourg, a réalisé courant mars un projet d’écriture murale entre Moscou et Kiev.

Baptisé Orientir, il représente un échange de correspondances factices, écrites à la peinture sur le mur, entre les deux capitales. Ces dernières se demandent comment sortir de la crise qu’elles rencontrent actuellement.

Voici le contenu du message lisible rue Trubnaïa à Moscou (Photo) :

Dans la figure

Comment sommes-nous supposés nous sauver, K [Kiev] ? La guerre séduit, et elle a toujours été à la mode. Est-il possible que la guerre rassemble les gens ? Oui, mais juste pour un instant, avant une mort imminente. Est-ce un honneur ou un déshonneur ? La vérité ou un oubli ? Est-ce que cela ressemble davantage à de la liberté ou à la mort ? Avec le temps, la sale guerre des morts deviendra un belle histoire des vivants. Je pense que ce sera la plus grosse arnaque de toutes.

Dans la face

Un pays est comme du cristal, il cache parfois quelque chose, d’autres fois rien. L’esclavage donne naissance au vide. Fais attention à ta précieuse patrie, pour ne pas être vidé. Le gouvernement se comporte durement, et tu te retrouves entre le marteau et l’enclume. Tournicote au son des coups, danse, utilise ce cercle vicieux, agis avec précaution mais courageusement, et tu n’auras plus de points faibles. Moins la liberté se ressent de l’extérieur, plus elle est forte à l’intérieur. Cette liberté est inattaquable, sa source est bien cachée, il est impossible de la prendre. On peut seulement la vendre plus cher, mais ce n’est pas pour ça que nous avons commencé, si ? Ce n’est pas pour devenir des prostitués de luxe, si ?

Dans les yeux

Nous sommes tous assis autour d’une table. Un des plats est empoisonné, c’est un piège. Tout le monde le sait mais continue à manger. Le pain et les jeux sont empoisonnés, ils contiennent la plus ancienne des pestes. Ce type de banquet a toujours servi les intérêts des riches. On sort de table. Sois prudent, ne te fais pas attraper par les paroles contaminées et cassantes. Et quand le brouillard froid envahira les rues et enveloppera nos têtes, n’oublie pas que l’antidote est caché en nous.

Nous nous sauverons, K., si nous restons nous-mêmes.

Crédits photographiques : Radya/t-radya.com/

 
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Publié par le mars 29, 2015 dans Uncategorized

 

Aviation civile, les eaux glacées du calcul égoïste

Publié le 28 Mars 2015

Portent

leurs solutions

provocatrices

Aviation civile, les eaux glacées du calcul égoïste

Coincé par la mise sur la place publique des conséquences de leurs choix tournés vers le profit

Relire la p@ge d’hierhttp://canaille-le-rouge.over-blog.com/2015/03/l-airbus-lowcost-crash-humain-et-crash-social-et-crack-systemique.html

Les compagnies aériennes lowcost (quasiment toutes détenues maintenant par une maison mère au petit soin pour les clients fortunés) poussent en catastrophe (c’est le cas de le dire) des solutions révélatrices de leur schéma de pensée.

« Toujours deux en cabine » ne veut pas, et ne voudra pas pour elles, dire trois dans l’équipement des cockpits mais appeler et faire venir un(e) non professionnel(le) du pilotage utilisé(e) ailleurs (où sa présence va manquer) pour permettre au professionnel (à la ?) d’aller pisser.

A ceux qui diront que c’est mieux que rien, proposons la même chose dans une salle d’opération ( que l’aide infirmier(e) viennent vérifier les monitorings et fasse les sutures pendant que le chirurgien(ne) opère, son assistant partant pour une urgence, ce qui s’appellerait de la chirurgie lowcost (déjà en vigueur dans certains abattoirs appelés cliniques privées).

La question de fond, c’est celle de ces « coûts salariaux » qui freinent la maximalisation des profits.

Pour qui en douterait, la courbe boursière du 27 mars de deux des majors du lowcost en témoignent : les paliers et reprises de chute des cours coïncident avec l’avancée de l’enquête et l’allumage des contre feux par les états majors des Cie.

Aviation civile, les eaux glacées du calcul égoïsteAviation civile, les eaux glacées du calcul égoïste
Relisons Brecht. C’est bon pour le cerveau, les zygomatiques et la vision à long terme.

Voici ce qu’il lançait à la face du monde en 1945 en reprenant dans son œuvre la phrase de Marx qui dénonçait dans le Manifeste le marigot du Capital comme étant « les eaux glacées du calcul égoïste » :

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Rédigé par Canaille Lerouge

 
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Publié par le mars 29, 2015 dans Uncategorized

 
 
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