A l’heure où la recherche de rendement reste particulièrement ardue pour les épargnants, dans un contexte de bas taux d’intérêt persistants, les investisseurs en actions, qui doivent se contenter d’un rendement des dividendes de près de 3% sur les valeurs françaises, seraient bien inspirés de regarder vers l’Est s’ils souhaitent doper leur rémunération. En effet, les actions d’Europe de l’Est “se traitent le plus souvent (…) à des rendements du dividende supérieurs à 5%”, rapporte Arrash Zafari, gérant de Quaero New Europe, un fonds dédié aux pays de l’Europe émergente au sens large, lancé en juin 2017.

Ces marchés trop souvent méconnus (ils ne sont que peu couverts par les intervenants, et leur liquidité laissent parfois à désirer) – à tort – comptent parmi les moins chers de la planète, avec des multiples de valorisation globalement moins élevés que ceux des Bourses d’Europe de l’Ouest et des autres marchés émergents. Et ce, alors que de nombreux pays de la zone affichent une croissance soutenue (Hongrie, Pologne, République tchèque, Roumanie…) ou en nette amélioration (Russie, Grèce, Ukraine…), avec une dynamique de croissance des bénéfices attractive à la clé. Enfin, la région bénéficie de l’important soutien consenti par l’Union européenne. Des éléments qui devraient inciter les investisseurs à diversifier leurs avoirs en s’exposant à la zone…

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Des marchés oubliés, délaissés à tort…

“Il y a un grand nombre de petites sociétés de haute qualité en Europe de l’Est. Parmi elles, on en trouve qui offrent tous les avantages que l’on retrouve dans les entreprises de marchés plus développés, mais qui sont tout simplement ignorées par ceux qui préfèrent se tourner vers les grands noms (les poids lourds de la cote, NDLR)”, estime Arrash Zafari. La Nouvelle Europe – et l’Europe de l’Est en particulier – reste largement sous le radar de la majorité des investisseurs, selon lui.

“Elle a connu la plus forte proportion de fermetures de fonds de toutes les régions du monde. Depuis 2008, le nombre total de fonds a ainsi diminué de quelque 35% et jusqu’à récemment, l’activité des marchés financiers était restée atone. Si l’Europe occidentale connaît quelques titres oubliés, en Europe de l’Est, ce sont des marchés entiers qui sont oubliés”, ajoute-t-il.

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… et souvent bon marché !

Or, marché délaissé rime souvent avec actions peu onéreuses… Outre un rendement des dividendes souvent supérieur à 5%, “les actions d’Europe de l’Est se traitent fréquemment à des PER (capitalisation boursière rapportée aux bénéfices) à un chiffre”, souligne Arrash Zafari. Ainsi, selon des données de StarCapital à fin septembre, les marchés russe, tchèque, slovaque, roumain et lituanien affichent des rendements des dividendes respectifs de 4,8%, 5,9%, 5,2%, 4,9% et 4,8% – bien plus élevés que ceux des actions françaises…

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Et à l’aune du PER de Shiller (ou PER ajusté du cycle économique, qui vise à s’affranchir de l’impact du cycle économique en rapportant la capitalisation boursière des sociétés à la moyenne de leurs bénéfices des 10 dernières années, avec une prise en compte de l’inflation), ces marchés sont relativement peu chers, puisque la Bourse de Moscou affiche un multiple de 5,6 – ce qui en fait le marché d’actions le moins cher du monde -, celle de Prague 9,3, celle d’Istanbul 11,1 et celle de Varsovie 13. Des multiples bien moins élevés que ceux de la France (20,9) et de l’Allemagne (20,4), ou même de pays émergents clés tels que l’Inde (20,9) ou la Chine (17,3), toujours selon des données StarCapital.

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Un soutien massif en provenance de l’Union européenne

“La région est un des grands bénéficiaires du soutien financier de l’Union européenne, une situation qui devrait perdurer au moins encore cinq ans”, estime Arrash Zafari. L’UE y a consenti des investissements significatifs, “notamment en Pologne, qui reçoit un soutien de plus de 70 milliards d’euros pour les exercices budgétaires 2014 à 2020. Des pays plus petits, comme l’Estonie, la Hongrie, la République Tchèque et la Bulgarie, reçoivent également un support important de la part de l’Union européenne afin de soutenir leur croissance”, souligne-t-il.

Des économies affichant souvent une croissance soutenue ou un net redressement de la conjoncture

Enfin, la conjoncture est globalement favorable, sur l’ensemble de la région. Alors que la Russie, sa principale économie, était tombée en récession en 2015, la croissance de son PIB réel a atteint près de 2,5% en glissement annuel, rapporte State Street Global Advisors. Mieux, Nikolay Markov, économiste chez Pictet Asset Management, voit “des signes précurseurs d’une reprise vigoureuse, (…) au niveau des ventes de véhicules neufs, de la construction, des conditions du marché du travail et du sentiment des entrepreneurs du secteur manufacturier”, tandis que la remontée des prix du pétrole profite à cet important exportateur d’or noir.

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Les autres grandes économies de la région sont aussi bien orientées, à l’image de la Turquie, dont le PIB devrait augmenter de 2,7% en 2017, la Pologne (+3,6%), ou encore la Tchéquie (+2,7%) selon des prévisions de la Coface. Et en Grèce, le Premier ministre Alexis Tsipras a indiqué tabler sur une croissance de 2% cette année, sur fond de nette embellie sur le front de l’emploi.

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Comment miser sur les marchés d’actions de l’Europe émergente ?

Pour investir simplement et de façon accessible sur les marchés d’actions de la région, vous pouvez vous intéresser à des fonds tels que Quaero New Europe (code ISIN LU1377519092), qui met l’accent sur les petites ou moyennes entreprises et est bien diversifié, avec un poids de 22% pour les valeurs grecques, 17% pour les russes, 16% pour les turques, 11% pour les polonaises, et 6% pour les roumaines comme pour les ukrainiennes… Ou encore Pictet Emerging Europe (de code ISIN LU0130728842), qui fait la part belle aux actions russes (48%), polonaises (20%) et turques (18%).

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Alternativement, il existe des trackers, comme que le Lyxor Eastern Europe ETF (de code ISIN FR0010204073), avec une part prépondérante des actions polonaises, qui représentent 55% du panier, contre 18% pour les hongroises, 16% pour les autrichiennes et 11% pour les tchèques.

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