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La connaissance de la situation internationale est indispensable à la lutte des communistes français.

L’image contient peut-être : 4 personnes, personnes assises, table et intérieur

 

Frédéric Boccara qui a témoigné souvent de son intérêt pour ce qui se passait en Chine, nous annonce ces Rencontres qui ont eu lieu  lundi dernier avec Song Tao, responsable de la section internationale du PC Chinois, à l’occasion de l’élection de Fabien Roussel comme secrétaire national du PCF.

il nous dit : » Outre des éléments sur la situation française actuelle, nous avons abordé, notamment, les questions d’une autre mondialisation, du dollar, de son impérialisme et de la nécessité d’une tout autre monnaie commune mondiale « , 

Nous attendons la suite parce que désormais nous espérons que les contacts entre nos partis donneront lieu à de véritables compte-rendus dont bénéficieront les communistes et qui les aidera à se ré-approprier la fierté pour leur parti, pour le passé, le présent et le futur du communisme, en ne laissant pas le soin à la classe dominante et à la social démocratie d’inventer ce que serait le communisme.

Cela n’a l’air de rien mais quand Fabien Roussel dans ses interventions offensives sur les revendications du monde du travail français truffe ses propos de « niet » et de « pas un kopeck », il fait plaisir à bien des communistes, il leur permet de renouer avec une identité glorieuse, cela ressemble assez à l’affiche de sa première élection « je suis communiste et je vous emmerde »… On en a besoin, mais il faut aller plus loin, nous avons un dialogue à instaurer, une écoute, un connaissance, loin des stéréotypes qui depuis plus de 20 ans nous sont imposés. C’est ce que  tente de le faire ce blog en particulier grâce aux traductions de Marianne, Je signale également l’excellent blog de Nicolas Maury 1) et PCF débat qui nous apportent faits et analyses indispensables.

Sur cette question comme bien d’autres, notre Congrès n’a fait qu’entrouvrir la porte… Ceux qui ont combattu cette connaissance en systématiquement supprimant les parties du Manifeste qui aidaient les communistes à prendre conscience du mouvement du monde, du rôle des communistes, ont fait la preuve de leur volonté de soumission à la social démocratie et d’en finir avec le communisme. Sur ce point aussi il faut poursuivre la réflexion du Congrès, les luttes qui se développent en France et dans le monde, les bouleversements dans la situation de l’impérialisme, les risques de guerre, tout cela pourtant exige des communistes toujours plus conscients.

Il ne s’agit pas de s’aligner sur tel ou tel modèle, mais de mieux se connaitre et de contribuer par nos échanges à s’enrichir mutuellement de nos expériences. .

Danielle Bleitrach

(1) Lire en particulier son dernier article sur les communistes en Inde, cet autre géant

. https://www.editoweb.eu/nicolas_maury/Rajasthan-Les-communistes-CPIM-font-un-retour-fracassant-a-l-Assemblee-legislative-de-l-Etat_a13782.html?fbclid=IwAR3_m6WRiadN8-of_eelgvHuLTLrv9Db5b-7mtk2EScd1pVTVkZtIneGthY

 

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« Bientôt Novossibirsk parlera français »: nouvelles manifestations contre la « réforme » des retraites

Lors de la Fête de la Constitution de la Fédération de Russie, le peuple de Novossibirsk a participé à la journée nationale de protestation contre la « réforme » des retraites. Selon les communistes et leurs partisans, le fait de relever l’âge de la retraite aggrave la situation des Russes, ce qui, d’après la Constitution du pays, ne devrait pas se produire. Dans la troisième grande ville du pays, qui se caractérise par un haut niveau culturel et scientifique et qui est dirigé par les communistes, nous avions déjà noté l’existence d’une reproduction de la fête de l’Humanité, voici que la lutte contre la réforme des retraites fait référence aux gilets jaunes et aux révolutionnaires français dont les bolcheviques se sont toujours affirmé les descendants, qu’il s’agisse de la Révolution française ou de la Commune de Paris, la France a toujours été pour eux l’élément déclencheur de la contestation sociale. Ce mouvement russe qui prend de plus en plus d’ampleur mérite d’être étudié. (traduction de Marianne Dunlop et note de Danielle Bleitrach)

 

Service de presse du Comité régional du parti communiste de Novossibirsk

12-12-2018

https://kprf.ru/actions/kprf/181071.html

 

En plein centre de Novossibirsk, sur la place du Premier Mai, les habitants de la ville se sont rassemblés pour manifester leur désaccord avec la politique du gouvernement russe, qui ne respecte pas la Constitution en vigueur de la Fédération de Russie.

Le deuxième secrétaire du comité régional du Parti communiste de la Fédération de Russie, Renat Suleymanov, a rappelé que selon la Constitution, la Russie est un État social, ce qui n’a pas empêché que soient prises des mesures antisociales comme la réforme des retraites, l’augmentation de la TVA, de nouvelles taxes sur les travailleurs indépendants, la hausse des prix de l’essence etc.

Il a également rappelé que récemment, à l’initiative de la faction du Parti communiste, les députés de la Douma d’Etat (à l’exception des membres de «ER» – Russie Unie) ont présenté une demande à la Cour constitutionnelle en vue d’abroger la loi sur le relèvement de l’âge de la retraite. Dans l’appel, les auteurs font valoir qu’aucun acte législatif ne peut aggraver la situation actuelle des citoyens et que la « réforme » des retraites met fin au principe fondamental du pays.

 

– Les sentiments de protestation continuent à monter, car la situation sociale de la majorité de la population ne cesse de se dégrader. Les revenus réels ont récemment diminué de 12%. Toutes ces actions du gouvernement russe ont des conséquences – cela se reflète dans les récentes élections. « Russie unie » a été défaite dans plusieurs régions et leur cote est tombée à 31% – ce sont toutes les conséquences de la politique antisociale. Les gens vont continuer à se battre pour leurs droits, et nous continuerons à les aider dans ce domaine, a déclaré Renat Suleymanov.

 

Comme l’a dit Andreï Jirnov, député de l’Assemblée législative, il y a douze ans, les communistes de Novossibirsk avaient publié le Livre blanc de la Constitution, dans lequel étaient soulignés les articles de la loi fondamentale existante du pays.

 

« Les autorités disent que les manifestants ne respectent pas les exigences constitutionnelles, mais les autorités elles-mêmes ne les respectent pas », a noté le communiste. – Lorsque la Constitution a été adoptée, elle posait déjà des questions sur un modèle super-présidentiel, sur le fait que de nombreux droits des citoyens ne sont pas garantis. Aujourd’hui, c’est le malheur de notre État russe actuel et la douleur de la société russe.

 

Le meeting de Novossibirsk rassemblait des gens de différents âges, ceux qui devront supporter les conséquences désastreuses de la « réforme » des retraites et ceux qui ne sont touchés qu’indirectement – les retraités.

 

« Je suis un retraité, et je rendrais volontiers à Poutine le millier de roubles qu’on nous a « ajouté » à notre retraite, si seulement la jeune génération pouvait bénéficier des mêmes droits que nous », s’est indigné Vladimir Lebedev de Novossibirsk.

 

Des manifestants étaient venus avec des affiches en français. Dans la foule, on pouvait entendre des cris: «Bientôt Novossibirsk parlera français!». Selon le député du conseil municipal Sergei Sukhorukov, les événements en France devraient être un signe pour les autorités russes: « Ne serrez pas autant les boulons, car les Russes sont lents au démarrage, mais après on ne les arrête plus ».

 

Les héros et le salopard

Cet article magnifiquement traduit par Marianne, dénonce la manière dont l’actuel pouvoir russe, celui des oligarques contre lequel la révolte gronde à cause de la réforme des retraites et l’injustice sociale imposée au peuple russe, celui qui a détruit l’URSS prétend célébrer « le salopard ». Le « salopard » est  celui qui a accompagné le dépeçage de l’URSS, sa vente aux monopoles occidentaux d’une révision de l’Histoire digne de Goebbels qui a transformé la victoire sur le nazisme en dénonciation des crimes imaginaires des héros soviétiques : Alexandre Soljenitsyne. Il faut bien comprendre que cet article n’est pas l’illustration de ce que pensent les seuls communistes russes, mais bien de la majorité de la population qu’indigne la révision de l’histoire qu’il a permis. Il y a eu de nombreuses protestations contre la célébration de son centenaire, des spécialistes de la littérature russe ont protesté sur le fait que l’on ne célébrait pas Tourgueniev ni d’autres écrivains infiniment meilleurs qu’Alexandre Soljenitsyne et que cette célébration avait un caractère purement idéologique. N’ayant pas lu les plus grands livres de ce dernier et n’ayant lu de lui qu’une ignominie antisémite en deux volumes « Ensemble », je me suis interrogée sur son statut de grand écrivain, le livre que je lisais n’ayant pas plus de qualité littéraire qu’une production ordinaire de Stéphane Courtois. Il semble que y compris ce statut d’écrivain majeur soit remis en cause par les Russes, mais sur ce point il est difficile d’intervenir. En revanche, avec l’évolution actuelle de la Russie, la colère qui atteint désormais Poutine jusqu’ici préservé, c’est tout le sort réservé à l’URSS, à son histoire, à ses conquêtes sociales, au rôle bénéfique joué pour l’humanité qui est dénoncé et on accuse le régime actuel de faire le malheur du peuple russe et d’avoir transformé la prestigieuse URSS, en peuple « paria », d’avoir détruit l’immense prestige de la révolution bolchevique, de la victoire contre le nazisme et de la force avec laquelle il a tenu en respect le capitalisme et alors, comme ici, Alexandre Soljenitsyne, devient un propagandiste à la Goebbels. Ce qu’il faut également noter c’est que le parti communiste de la fédération de Russie n’échappe pas aux critiques, on l’accuse de ne pas être assez actif, révolutionnaire… (note de Danielle Bleitrach, traduction de Marianne Dunlop)

https://orlov-ivan-v.livejournal.com/41886.html?utm_source=vksharing&utm_medium=social

 

Le 11 décembre 2018

 

Au centre de la capitale allemande, dans le Parc de Treptow se dresse un magnifique monument au Soldat-libérateur. Jusqu’ici, nous pouvons honorer nos ancêtres qui se sont battus contre le nazisme allemand du nom de soldats-libérateurs, mais nous sommes désormais supposés célébrer celui qui croyait que nous n’avons pas libéré les peuples de l’Europe, mais que nous leur avons apporté un mal bien pire que le nazisme.

 

Un soldat soviétique vêtu d’une cape tient dans sa main droite une énorme épée à deux mains, abaissée sur une croix gammée nazie. Une petite fille est assise au creux de son bras gauche, étroitement accrochée à la tunique du soldat. Le monument est devenu un symbole de l’humanisme et de la noblesse du peuple soviétique, qui a sauvé le monde entier de la peste brune du XXe siècle tout en refusant de se venger du peuple qui avait généré le nazisme. Le guerrier-libérateur rappelle que l’épée abaissée peut être relevée si le mal misanthropique du fascisme tente de reprendre le contrôle du monde. Le monument est un symbole, mais derrière ce symbolisme se cache l’histoire d’un exploit concret, qui remonte au 30 avril 1945. Ce matin-là, des soldats du 220e régiment de la 79e division de la 8e armée de la Garde sous le commandement du colonel général Vassili Ivanovitch Tchouïkov, deux fois héros de l’Union soviétique, se préparaient à poursuivre l’attaque. Leur tâche consistait à défaire les Allemands concentrés dans le Tiergarten. Une heure avant le début de l’offensive, avant l’aube, le porte-drapeau du régiment, Nikolaï Ivanovitch Massalov, accompagné de deux assistants, a apporté le drapeau du régiment aux avant-postes. Le régiment se préparait à forcer le canal Landover. Dans le silence fragile de la courte trêve, les soldats soviétiques ont soudainement entendu le cri d’un enfant qui appelait sa mère. Laissant la bannière du régiment à ses assistants, Nikolaï Ivanovitch a demandé au commandant du régiment la permission de tenter une sortie pour sauver l’enfant. La permission a été obtenue et le sergent principal est allé vers le pont sur le canal, d’où les pleurs avaient été entendus. Il a rampé à travers la zone minée et balayée par des tirs, utilisant pour se cacher le moindre abri. Alors il a atteint son objectif.

Photo : Nikolaï Ivanovitch Massalov (à droite) avec ses camarades. Mai 1945.

 Vingt ans plus tard, Nikolaï Ivanovitch lui-même a raconté les faits: Sous le pont, j’ai vu une fille de trois ans assise à côté de sa mère tuée. L’enfant avait des cheveux blonds légèrement frisés au front. Elle tirait sa mère par la ceinture et appelait: « Mutter, Mutter! ». Il n’y a pas de temps à perdre. J’ai pris la fille à bras le corps et j’ai filé. Mais elle hurlait! Et moi tout en courant j’essayais de la raisonner: tais-toi, disais-je, sinon tu vas me faire repérer. C’est alors que les nazis ont commencé à tirer. Heureusement que les autres sont venus à la rescousse, faisant feu de partout. J’ai traversé la zone neutre. Je regarde dans une entrée d’immeuble, dans une autre – pour donner l’enfant à des Allemands, à des civils. Mais tout était vide, pas une âme. Alors je suis allé directement à mon quartier général. Les camarades m’ont entouré en riant: 

– Fais nous voir ton « prisonnier de guerre ». Et eux-mêmes, sortant qui des biscuits, qui des galettes en offrent à la petite fille, la rassurent. Je l’ai confiée au capitaine, enveloppée dans ma tente-manteau, et il lui a donné de l’eau à boire. Et puis je suis retourné à mon drapeau.

En sauvant cette petite fille allemande, comme l’a rappelé plus tard le commandant de régiment Ivan Paderine, Nikolaï Massalov a été blessé à la jambe, mais il n’a pas jugé nécessaire d’en parler avant l’offensive.

Après la guerre, Nikolaï Ivanovitch est retourné dans son pays natal, dans la région de Kemerovo. Il ne pouvait plus travailler comme mécanicien, les blessures de guerre se ressentaient. Après avoir déménagé dans le village de Tiajine, Nikolaï Ivanovitch a trouvé sa voie: il est devenu intendant dans un jardin d’enfants.

Photo : Enfants allemands sauvés par des soldats soviétiques dans un ancien camp de touristes à Ostrau, fin 1945.

Pourquoi son exploit n’a-t-il été connu que près de deux décennies plus tard? Même les voisins ne réalisaient pas qu’ils vivaient à côté d’un héros. Tout simplement parce qu’il était modeste. Nikolaï Ivanovitch lui-même ne considérait pas son acte comme un exploit. Il était convaincu qu’à sa place, n’importe quel soldat soviétique aurait fait de même. La célébrité est venue à Nikolaï Ivanovitch seulement lorsque Vassili Ivanovitch Tchouikov a relaté son exploits dans les pages du journal Krasnaya Zvezda [Etoile rouge, journal de l’Armée] en 1964 et cet exploit a été à l’origine du monument au Soldat-Libérateur. Peut-être que ce même article était la raison qui a poussé les journalistes allemands du journal «Junge Welt» à commencer la recherche de la petite fille sauvée par Nikolaï Ivanovitch. À la suite de leurs recherches, il apparut que l’acte de Nikolaï Ivanovitch n’était en réalité pas un phénomène unique dans le comportement des soldats soviétiques. Selon le témoignage du journaliste B. Zeiske, 198 personnes ont déclaré avoir été secourues par des soldats soviétiques. Le journaliste Rudy Pschel a publié une photo prise à la fin de 1945 dans une ancienne auberge de jeunesse à Ostrau. La photographie représente 45 enfants allemands, qui ont presque tous survécu grâce aux soldats de l’armée rouge.

 

«Ainsi, rien que dans ce petit coin de la RDA, j’ai trouvé confirmation de ce dont parlaient des dizaines de lettres. Il y avait beaucoup, beaucoup d’enfants qui devaient leur salut aux soldats russes », se souvient Rudy Pschel. Le maréchal de l’Union soviétique, Ivan Stepanovitch Konev, décrit dans ses «Notes du commandant du front» le soldat soviétique: La victoire n’a pas été obtenue facilement. L’ennemi était fort et rusé. D’autant plus grand est le mérite du soldat soviétique – le héros du miracle. Nous lui devons notre victoire. Le mot « soldat » est collectif: il s’agit à la fois d’un soldat du rang, d’un sergent, d’un officier, d’un général ou d’un maréchal – tous les combattants de première ligne et les partisans. La force morale du soldat soviétique manifestée dans la guerre est extraordinaire. Elle s’incarnait dans sa valeur, son courage et son héroïsme. Notre soldat a bravement attaqué l’ennemi, sans hésitation, il s’est engagé dans une bataille meurtrière, ouvrant la voie à la victoire, au nom de la vie sur terre. Il était courageux au combat, sévère et généreux. Et quel dévouement et quel humanisme notre soldat a montré dans la campagne de libération quand il a sauvé les peuples de Pologne, de Tchécoslovaquie, de Roumanie, de Hongrie, de Bulgarie, de Yougoslavie et d’Allemagne du joug fasciste! C’est là que la grandeur de son esprit s’est manifestée. Avec une force remarquable, la noblesse du soldat soviétique vainqueur a été reflétée dans le monument du sculpteur soviétique Evgueni Viktorovitch Voutchetitch au parc Treptow à Berlin.

Photo : Le Maréchal de l’Union soviétique Ivan Stepanovitch Konev

Le poète soviétique George Roublev a écrit un poème sur le monument au soldat-libérateur soviétique:

C’était en mai, à l’aube. La bataille faisait rage sous les murs du Reichstag.

 Une fillette allemande a été remarquée 

Par notre soldat sur le trottoir poussiéreux.  

Sous un pilier, frissonnant, elle se tenait 

Dans ses yeux bleus s’était figée la peur. 

Et les morceaux de métal sifflant 

La mort et le tourment semaient tout autour.  

Alors il se souvint que cet été 

Il a embrassé sa fille dans un adieu.

 Peut-être que le père de cette fille

 A tué la sienne là-bas.  

Et pourtant, à Berlin, sous les tirs

 Le guerrier rampa et la protégeant de son corps

 Cette fille dans sa courte robe blanche Il l’a soigneusement sortie du feu. 

 Et la caressant de la paume de la main Il l’a doucement posée au sol.

 On dit que dans la matinée, le maréchal Konev A rapporté cette histoire à Staline.  

Combien d’enfants ont retrouvé l’enfance

 La joie et le printemps Grâce à l’Armée Soviétique

 L’armée qui a gagné la guerre!  

Et à Berlin, un jour de Fête, Il a été construit pour l’éternité, 

Un Monument au soldat soviétique Avec la fille sauvée dans ses bras.

  Il est un symbole de notre gloire, 

Comme un phare qui brille dans la brume. 

C’est lui, le soldat de mon pays, 

Qui protège la paix sur la Terre.

 

Tout ce qui est écrit ci-dessus peut encore être raconté à la jeune génération en tant que ligne directrice morale dans un monde où nos ancêtres étaient clairement du côté du bien et se sont battus pour un monde lumineux. Ce n’est que lorsque le nom de Staline est mentionné qu’il est nécessaire de faire la réserve invariable que, dans notre pays, tout n’était pas parfait et même non seulement pas bon, mais très mauvais.

 

En regardant la pompe avec laquelle les autorités russes actuelles célèbrent le centenaire d’Alexandre Soljenitsyne, il devient évident que nos enfants se verront bientôt proposer de vénérer d’autres héros. Ceux qui ont combattu sous les bannières nazies et qui sur leurs vestes militaires portaient des insignes aux couleurs du drapeau russe moderne (1). Notre élite dirigeante aussitôt après la mort de Soljenitsyne, par la bouche de ses représentants de haut rang, a déclaré que l’écrivain avait laissé une idéologie conservatrice sur laquelle la Russie se tient et qui est celle du parti au pouvoir, Russie unie. Alors, quelle est cette idéologie, comment notre passé récent se présente-t-il?

Il n’y a pas place ici pour la Victoire du peuple soviétique dans la Grande Guerre patriotique. Comme il ne peut y avoir aucune place pour honorer la victoire contre le mal.

Pour Soljenitsyne, le communisme était le mal ultime et final. Le fascisme, selon Soljenitsyne, n’était rien par rapport à lui.

«Sur toute la planète et dans toute l’histoire, il n’y a pas eu de régime aussi pervers, sanglant et aussi trompeur que le régime bolchevik, qui se faisait appeler « soviétique ».

Ni par le nombre de personnes torturées, ni par l’enracinement dans le temps, ni par la visée historique, ni par le totalitarisme unifié, aucun autre système terrestre ne peut lui être comparé, ni même l’amateurisme d’Hitler, qui a si longtemps obnubilé l’Occident », écrit Soljenitsyne dans l’Archipel du Goulag.

De l’avis du lauréat du prix Nobel, le peuple russe n’était pas seulement asservi par des forces maléfiques venues de l’extérieur, mais il était lui-même prêt à se rendre au « monstre ».

«Si le communisme a pu s’implanter en Russie, à Cuba ou en Abyssinie, cela signifie qu’il y avait suffisamment de gens parmi le peuple de ces pays pour mener à bien ses cruautés, et le reste du peuple ne pouvait pas résister. Et tous (souligné par Soljenitsyne) sont à blâmer à ​​l’exception de ceux qui sont morts en résistant  » (extrait d’un article du magazine l’Express du 15 janvier 1982, »La leçon principale »).

Le peuple russe et les autres peuples de l’URSS, courbés dans la souffrance et dénaturés sous le joug du communisme, dans le « monde » de Soljenitsyne,  ont été victorieux par manque de choix. « Hitler n’a pas combattu le communisme comme un fléau idéologique, mais pour capturer et soumettre les peuples de l’URSS – et le peuple a été contraint de se protéger, de défendre et de sauver le communisme », écrit Soljenitsyne dans l’article « Le communisme à la fin de l’ère Brejnev » pour le journal japonais Yomiuri en septembre 1982.

Si nous prenons comme argent comptant tout ce que l’auteur écrit dans «l’archipel du Goulag», il devient alors absolument incompréhensible que le peuple ait pu vaincre un ennemi puissant. Dans le monde de Soljenitsyne, le peuple russe était impatient de se libérer du communisme, ce que les Allemands étaient censés apporter. Ils ont en effet effectué cette «libération»: le Dr Goebbels ne disait pas mieux.

Photo : Propagande de Goebbels pendant la Grande Guerre patriotique

 

À la suite de ses « recherches », Soljenitsyne en vient naturellement à la conclusion: les héros ne sont pas les esclaves qui ont honteusement préféré le Goulag à Auschwitz, mais ceux qui ont pris les armes et « combattu le communisme »: Vlassov, Krasnov, les polizai, les formations de Bandera, les nazis baltes, etc.

«Je me ferai un devoir de dire: notre peuple ne vaudrait rien, il serait resté un peuple d’esclaves sans espoir, s’il avait manqué dans cette guerre de secouer le gouvernement stalinien même de loin avec un fusil, s’il avait raté l’occasion de jurer contre le vénéré Père» – écrit Soljenitsyne sur le rôle des pro-nazis dans son « impérissable » « Archipel du Goulag. »

Dans le monde de Soljenitsyne, nos ancêtres qui ont combattu le nazisme ont dévasté et violé l’Europe, ils n’ont pas apporté la libération du fascisme avec leurs baïonnettes, mais un mal différent – «l’esclavage du communisme».

Une place. Amoncellement de voitures. 

Ils vivaient richement, ces diables!

 La voilà la FETE DU SOLDAT INCONNU! 

On boit le schnaps au goulot, On bourre les smokings dans des colis

 Que demander à la piétaille?

 Quelqu’un monte une pouliche, Un autre baptise le ciel avec un brandon. 

On rôde, on festoie, on pille. Les visages suent, les visages brillent. 

Dans le feu d’or brûlé, S’écroule le toit de la grange. 

De sous d’autres toits sombres 

Roule de la fumée noire – Ce que nous avons conquis par le sang Nous ne le laisserons à personne! 

Quelqu’un, les mains écartées, 

En courant, attrape des poules, – 

Et partout la pioche élève

Son ajouré gothique. 

Qu’il fait chaud et qu’il fait clair, Comme au soleil 

Comme en plein jour! 

Comment glisser une pioche sous la voûte, Là, sous la fenêtre du haut ?

 Festin et pouvoir! Chaos exultant!

 Rien ne chagrine l’âme! Quelqu’un a enfoncé la porte d’une auberge.

 Et que voit-on–un piano !! Il ne passe pas dans la porte

– et que je Te tape avec une pelle sur les cordes: «Oh, saloperie!

Donc nous Ne t’aurons pas, nous les combattants? Je ne le laisserai pas à Voentorg,

 Au quartier-général et aux intendants! » 

Quelqu’un erre nonchalant, Plein comme un sac et excité,

 Et à grands coups de bâton Casse les vitres bruyamment 

«Où je suis passé, je ne reviendrai pas! Cassez le cristal, émiettez la vaisselle, Que l’on se rappelle le fier jeune homme! 

Bon ou mauvais, Yankee Doodle, Lam-tsa-dritsa! lam-tsa-tsa!

Il tire et tire comme un entrepôt de cartouches,

Les tuiles sur son passage. 

Le long du village brûlé, 

Eclairé par la lumière rouge, Vanka, content de lui

Fait gueuler son accordéon: « Chaaangez-moi quarante millions Et achetez-moi un billet pour Sergatch !! »

Ses doigts courent sur les frettes, Et les vaches meurent 

Gémissant lamentablement. « Mon frère a payé de sa vie, J’aurais pu payer aussi …

“En voiture! Arrêtez les gars! Il y en a encore plus loin !! ..

C’est un extrait du poème Nuits de Prusse orientale de Soljenitsyne. Plus loin, Soljenitsyne décrit comment, au titre de vainqueur, il sollicita les faveurs charnelles d’une femme allemande. Dans le même style, il dépeint tous les soldats soviétiques: «Cela faisait déjà trois semaines que la guerre se déroulait sur le territoire de l’Allemagne et nous le savions tous bien: si les filles étaient allemandes, elles pouvaient être violées, puis fusillées, ce qui représentait presque un exploit guerrier ; s’il s’avérait qu’elles étaient polonaises ou des russes en captivité – on pouvait dans tous les cas les faire se promener nues dans le jardin et leur donner une claque sur les cuisses – une plaisanterie amusante, pas plus « , déclare Soljenitsyne dans l’archipel du Goulag.

Comme notre lauréat du prix Nobel présente une ressemblance touchante avec un autre propagandiste – Joseph Goebbels! «Dans les villages et les villes, toutes les femmes âgées de dix à soixante-dix ans ont été victimes d’innombrables viols. Il semble que cela se fasse par ordre supérieur, car à travers le comportement d’un soldat soviétique on peut entrevoir un système explicite », écrivait Goebbels dans son journal le 2 mars 1945.

Les deux mentent. À la fin du mois de janvier 1945, les commandants du front, Joukov, Rokossovsky et Konev, ont ordonné que le recours à la violence contre la population civile soit interdit. Le comportement que le propagandiste nazi et le flambeau de l’élite russe ont attribué à nos soldats est considéré comme un crime passible de sanctions appropriées. En fait, il y a deux mondes opposés: le monde dans lequel Nikolaï Massalov a vécu et le monde que dépeint Alexandre Soljenitsyne. Dans le monde de Nikolaï Massalov, les Soviétiques se sont portés volontaires pour le front, se sont battus et sont morts pour leur patrie. Dans le monde de Soljenitsyne, ils ont rencontré l’ennemi avec du pain et du sel, se sont volontairement engagés pour la police, ont retourné leurs armes contre leur gouvernement. Lorsque Nikolaï Massalov s’est libéré de l’encerclement pour reprendre le combat, Soljenitsyne a cherché un emploi dans une école d’officier, craignant d’être sur la ligne de front. Lorsque Nikolaï Massalov s’est battu à Mamayev Kurgan à Stalingrad, Soljénitsyne, à l’école des officiers, s’est « exercé à une démarche de tigre» et toléré toutes sortes d’ «humiliations» des instructeurs, juste pour éviter d’être à Stalingrad. Lorsque Nikolaï Massalov s’est battu sur la ligne de front, au sein du régiment de gardes libérant l’Ukraine, Soljenitsyne a apprécié la compagnie de son épouse, qui est arrivée sur les lieux de l’unité militaire avec de faux documents. Lorsque Nikolaï Massalov parcourait la ligne de front avec la bannière du régiment, Soljenitsyne, en Prusse-Orientale, se livrait à ce qu’il a décrit de manière odieuse dans ses poèmes. Nous vivions dans le même monde que Nikolaï Massalov, mais une intelligentsia soviétique, ou plutôt – antisoviétique, nous a transportés dans le monde d’Alexandre Soljénitsyne. Nous avons cru que ce monde n’était pas le fruit de l’imagination malade d’un bâtard haïssant le communisme, mais la réalité. Le gouvernement actuel a besoin de Soljenitsyne comme de l’air. Non seulement pour justifier les actions de ses prédécesseurs, visant à la destruction de l’URSS, mais aussi, et surtout, pour empêcher le renouveau des idées communistes parmi le peuple, ce qui enlèvera inévitablement le pouvoir et la propriété aux nouveaux riches. Par conséquent, il est possible le 9 mai de parler hypocritement de la Victoire, de héros qui ont défendu la liberté et l’indépendance de notre patrie, et de propager tous les autres jours les idées de repentance pour les réalisations de nos ancêtres et d’honorer d’autres « héros » dans la conscience publique.

(1) On ne le sait pas trop, mais le drapeau russe actuel était utilisé par l’armée de Vlassov

 

 

Annonce pour les mobilisations en France


du Parti Communiste Grec (KKE)

Le KKE exprime sa solidarité avec les mobilisations massives des travailleurs, élèves, étudiants et autres forces populaires des dernières semaines, en France, contre la politique des carburants ultra chers et leur imposition très lourde.

Il s’agit d’une partie seulement de la politique anti-populaire de classe du « visionnaire » Macron – partenaire étroit du gouvernement SYRIZA-ANEL – qui constitue le dernier mot des soi-disant réformes de l’UE, qui s’appliquent à toute l’Europe. Il s’avère que, quel que soit le gestionnaire d’une économie qui a comme stratégie de servir le capital et comme critère le profit capitaliste, il promeut des mesures dures contre les travailleurs et au nom de l’« économie verte ».

Le KKE condamne la répression féroce, l’état policier contre les manifestants, la réduction de l’action syndicale, et plus généralement des libertés populaires du gouvernement Macron. Le peuple français, les peuples européens ont la possibilité aujourd’hui de tirer des conclusions. La classe ouvrière, le peuple, peuvent dans chaque pays renforcer l’orientation anticapitaliste et antimonopoliste de leur lutte, et avec leur propre alliance sociale dépasser les manœuvres gouvernementales, ainsi que les forces qui tentent de qualifier le mécontentement populaire de décompression temporaire, anodine pour le système capitaliste. Qu’ils isolent les mécanismes réactionnaires qui incubent « l’œuf du serpent » et préparent le terrain pour tout type de provocation ou de calomnie du mouvement.

Le cheminement de reconstitution et d’émancipation du mouvement ouvrier, le renforcement de la syndicalisation des travailleurs, le renforcement de leur orientation de classe, sont la garantie que la voix des travailleurs et des autres couches populaires peut se renforcer et affronter tout type de distorsion et de verre déformant du système d’exploitation, ouvrant la voie à la lutte pour le pouvoir et l’économie qui serve leurs propres intérêts.

 
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Publié par le décembre 13, 2018 dans Europe, INTERNATIONAL

 

Appel à soutien pour la libération immédiate de Maria, camarade de la Drôme abusivement incarcérée

Résultat de recherche d'images pour "gilets jaunes, gilets rouges..."

Cher·e camarade,

Comme tu le sais peut-être déjà, suite à un rassemblement le 8 décembre, une camarade de la Drôme, Maria Briand, ainsi que trois autres manifestants du plateau des Couleures ont été incarcérés et placés en détention préventive.

Tu trouveras ci-dessous une dépêche AFP et ci-joint un article du Dauphiné Libéré faisant suite à la conférence de presse initiée par Jean-Marc Durand, secrétaire départemental de la Drôme.

Les communistes du département sont, bien évidemment, toutes et tous très mobilisé·e·s pour s’élever contre ces décisions de justice abusives et pour exiger la libération de Maria et des trois autres détenus.

Localement, un rassemblement devant la préfecture est organisé pour ce mercredi après-midi.

A distance, nous pouvons aussi agir et je t’invite donc à relayer un appel en soutien à la libération immédiate de Maria,  à transmettre à la préfecture de la Drôme prefecture@drome.gouv.fr et au Tribunal de Valence tgi-valence@justice.fr

Sachant pouvoir compter sur l’expression de ta solidarité,

Bien fraternellement,

Yann Henzel
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Le PCF a dénoncé mardi dans la Drôme le placement en détention d’une de ses militantes suspectée d’avoir agressé le directeur départemental de la police alors qu’il intervenait samedi sur un blocage de gilets jaunes.

L’agression du responsable policier a eu lieu samedi à la mi-journée dans une zone commerciale bloquée au nord de Valence. « Ordre a été donné de dégager les ronds-points et après les sommations, des gilets jaunes ont commencé à s’équiper pour l’affrontement », raconte une source policière.

Après des échanges de projectiles, le DDSP présent sur l’opération, en civil « mais avec un brassard de policier, comme son chauffeur », a ceinturé l’un des manifestants qui prenait la fuite et « une dizaine de gilets jaunes lui sont alors tombés dessus, des coups de pied et des coups de poing le faisant chuter au sol », ajoute cette source, précisant que la scène a été filmée par des caméras de vidéosurveillance.

Deux suspects ont été arrêtés dans un premier temps, puis deux autres – dont la militante – lors d’une marche pour le climat organisée dans la ville, à laquelle se sont mêlés des gilets jaunes. Ces trois hommes et une femme ont été déférés lundi au parquet de Valence en vue d’une comparution immédiate, finalement repoussée au 26 décembre. Dans l’attente de leur jugement pour des faits de violences volontaires, tous les quatre ont été placés en détention.

« Nous n’avons pas l’habitude de laisser incarcérer nos militants, d’autant plus que d’après les éléments en notre possession, les faits qui lui sont reprochés sont loin d’être avérés », a déclaré mardi le secrétaire départemental du PCF Jean-Marc Durand dans une vidéo diffusée par le quotidien Le Dauphiné Libéré. « Elle se défend d’avoir eu quelque acte violent vis-à-vis de quiconque, notamment le DDSP (…) Il nous semble que cette opération relève un petit peu du coup monté », a-t-il ajouté en réclamant sa libération.

La police, de son côté, affirme que ce n’est pas une arrestation « arbitraire ». « Elle a été formellement vue en train de porter des coups », insiste-t-on.

ppy/or

Yann HENZEL
Parti communiste français
Présidence du Conseil national

L’appel de la fédération de la Drôme qui apporte quelques précisions :
….. »Maria est une jeune adhérente et militante du Pcf de la Drôme. Elle vit à Die où elle exerce une profession de boulangère. Samedi 8 elle s’est retrouvée avec de nombreux autres militants et gilets jaunes sur le rond-point du plateau des Couleures à l’entrée Nord de Valence où est installée une vaste zone commerciale. Avec des camarades elle participait à un barrage filtrant. Cela a visiblement déplu au Préfet. Ordre a été donné aux forces de police de charger en fin de matinée pour faire sauter le barrage. Et c’est avec une grande violence que cette intervention a eu lieu occasionnant deux blessés parmi les manifestants conduits dans un mauvais état pour un d’entre eux au moins, à l’hôpital. Face à cette situation les manifestants ont opéré un repli vers les magasins de la zone commerciale, levant donc en totalité le barrage. Et c’est à cet instant que les forces de l’ordre ont redoublé de violence poursuivant les manifestants jusqu’aux magasins, une grande surface ayant d’ailleurs ouvert ses portes pour accueillir les manifestants pris entre les coups de matraques et les bombes lacrymogènes. En même temps des policiers en civil s’en prenaient physiquement à un petit groupe de manifestants. Maria fut une de leur cible. Elle s’est défendue et a ensuite quitté les lieux.

Ce n’est que vers 16 heures alors qu’elle était au centre-ville de Valence que 4 policiers sont venus l’interpeller sans ménagement et l’ont conduite au poste où elle fut placée en garde à vue, trois autres manifestants du matin ayant subi le même sort.

Comparaissant ce lundi à 14 heures devant le tribunal de Valence, le procureur malgré de réelles difficultés à caractériser et à prouver les faits reprochés à Maria, demanda et obtint que celle-ci soit condamnée à de la détention provisoire aux motifs qu’elle pouvait récidiver et qu’elle n’offrait pas les garanties suffisantes alors qu’elle réside depuis plusieurs années à Die, lieu qu’elle n’envisage pas de quitter sine die y exerçant en tant que boulangère connue et reconnue de tous. En fait tout cela n’est que prétexte et arguments fallacieux pour justifier un coup monté sur fond de violence organisée. Il faut préciser que Maria n’a jamais eu maille à partir avec la justice jusqu’à ce jour. Elle nie tout acte violent de sa part qui plus est, ayant mis en cause l’intégrité physique du Directeur Départemental de la Police et de son chauffeur. A cet instant elle n’apparait d’ailleurs pas sur les vidéos utilisées comme éléments de preuve. Les ordres venus de plus haut étaient-ils si pressants pour qu’un procureur de la République se livre à un tel numéro ?

Pour le Parti communiste de la Drôme, comme pour tout le parti communiste cette situation est intolérable et inadmissible. Maria n’a rien cassé, n’a pas été trouvée en possession d’un quelconque objet ayant pu présenter un caractère de dangerosité pour les policiers, ne s’est livrée à aucune agression physique contre le Directeur de la police et son chauffeur. La seule chose qu’elle a faite c’est de tenter d’échapper à la souricière tendue. Preuve que la justice était très sure d’elle, il nous a été interdit d’assister à l’audience sur ordre du procureur alors que cette audience était une audience publique, d’autres dossiers y étant traités. Enfin, cerise sur le gâteau de la provocation, M. Le procureur convoque à nouveau Maria et les trois autres manifestants incarcérés devant le tribunal le mercredi 26 à 14 heures… Pour toutes ces raisons Maria doit être libérée immédiatement. Nous ne lâcherons pas ! Toutes et tous devant la préfecture de Valence pour la libération de nos quatre camarades ».
Fédération du Pcf Drôme.

 

Le luxe d’une autre politique, de croire à ce que l’on dit et à ce que l’on fait… putain que c’est dur…

L’image contient peut-être : plein air

Cette magnifique photo de Willy Ronis. je me souviens encore de ce jour où il est venu au Colonel Fabien, pour proposer au parti d’hériter de son fonds de photos, le parti était la seule institution dans laquelle il avait confiance comme tant d’artistes, tant de poètes, parce que ce parti était celui de la classe ouvrière et aussi parce que Willy était juif, comme Francis Lemarque, Le Chanois et tant d’autres dont le nom ne le disait pas… Un petit prolétaire juif, d’une famille récemment immigrée, et il n’y avait eu en ce temps de la bataille du rail que les communistes, la classe ouvrière, la seule qui n’ait jamais trahi reconnaissait Mauriac… .

A ce titre j’ai eu la chance de rencontrer ce très grand photographe à plusieurs reprises et le voir travailler à Messine en Sicile. Les communistes à Stalingrad m’ont donné la vie, comme à Willy Ronis, mais il m’ont donné tout au long de cette vie la possibilité de combats justes aux côtés d’individus respectables, les meilleurs… Je ne cesse de payer cette dette même si parfois je me demande ce que je fiche là…

Sa photo dit ma ville dans l’épaisseur de la brume et les oiseaux de mauvaise augure…

Cette ville de la misère et de la révolte sans cesse étouffée par les « combinaisons » politiciennes.

A l’image de ce détournement de sens, ce viol de la souffrance humaine qui s’est passé à l’Assemblée nationale hier. Non je refuse de participer à cela… Au nom des morts comme en respect de tous mes engagements.

Oui je me sens solidaire de ceux qui souffrent, des huit morts enterrés sous les ruines d’immeubles insalubres, 60% de logements de luxe inoccupés, et 40% d’un habitat dans cet état dans lequel s’entassent les misérables, et dont l’on découvre que les notables de la municipalité, la bourgeoisie marseillaise en possèdent une bonne partie. On se croirait revenu à ce temps où la peste s’était répandue sur Marseille parce que les échevins de l’époque n’avaient pas voulu laisser un navire en quarantaine au Frioul, parce que la charge de tissu devait être vendue dans une foire proche. Il ne fallait pas en rater les profits escomptés. Ce furent des centaines de milliers de morts, les galériens à qui on avait promis la liberté les évacuaient, la plupart en moururent…

La bourgeoisie marseillaise n’a pas changé, de pauvres petites gens en sont morts sous les gravats sans qu’il y ait la moindre inculpation. Il y a de la colère dans la ville, mais elle ne soulève pas assez les véritables victimes, les pauvres en état d’assistanat qui ont peur de tout perdre s’ils bougent, s’ils sortent du clientélisme qui pourrit cette ville.

Il y a eu au marché de Noël de Strasbourg des morts, des gens qui tentaient de croire que l’esprit de Noël c’était ces lumières et les achats, une petite part de bonheur à date fixe comme on cesse de nous le répéter, le temps du meilleur chiffre d’affaire et ceux qui le 15 du mois n’ont plus rien à manger devraient le respecter…

Pauvres gens qui n’avaient rien demandé, que l’on a aussitôt utilisés pour monter une partie du prolétariat contre les assistés trop silencieux des cités, ce prolétariat qui depuis le 17 novembre découvre le collectif et a tant de mal à lui donner forme mais qui a créé dans le cœur de chacun l’idée que tout cela était faux archifaux, la prise de conscience qui avance à toute vitesse. Il faut retrouver le collectif, se battre les uns pour les autres, l’argent existe, il faut le prendre où il est et ce pouvoir ne le fera jamais… la montée vers une maturité de classe des gilets jaunes, au moment où la CGT qui en a fini avec les élections rentre dans la danse, au moment où le discours présidentiel a fait un bide.

Non il n’est pas nécessaire de donner dans le complot et d’imaginer que ce pouvoir est à l’origine du crime, ça c’est encore leur mode de pensée, celui de leur droite extrême. penser ainsi c’est encore se soumettre à ce qu’ils sont, à leur conception du pouvoir, il y a mieux à faire… il suffit d’en mesurer le profit, la manière dont l’idéologie dominante étant celle de la classe dominante ils essaient de nous faire tous devenir les sujets respectueux de leur pouvoir immonde. Le complot n’existe pas, il suffit bien qu’ils soient ce qu’ils sont et qu’ils nous fassent nous prosterner devant leur légitimité qu’ils osent dire républicaine… Comme les échevins criminels de la peste qui a ravagé ma ville, ils auront leur nom célébré : rue chevalier Roze, rue Estelle, et les pauvres morts, les galériens n’auront que l’anonymat… les échevins se sont repentis et ils ont fait la charité… c’est bien suffisant pour qu’on les loue, que leur nom soit à jamais encensé…

Nous en sommes toujours là…

Tout cela a donné lieu à l’assemblée nationale à d’indécents discours sur la république… Je le dis comme je le pense j’ai eu envie de vomir quand j’ai écouté le dialogue entre le premier ministre et Mélenchon, cette entente, ce music hall des âmes nobles… Mélenchon que je n’ai jamais insulté, mais à qui j’ai trouvé là une sale gueule, se levant après l’intervention d’Édouard Philippe. La complicité au sein de la bourgeoisie, c’est à l’assemblée que tout se règle et donc dans les urnes, pas dans les rues… Pouvait-on être plus clair. Les communistes qui avaient initié la demande de censure pour aussitôt s’en faire voler le mérite par cette outre remplie de vent et par les socialistes, ont eu la décence d’en demander le report.

Qui croît aux larmes de ces gens là, qui éprouve autre chose que du mépris face à tous ceux qui sur les plateaux de télé viennent en leur soutien? quand je pense que ces abominables hypocrites nous répétent que la france est en train de se perdre de réputation, alors que partout en Europe et dans le monde la France est redevenue « cet air de liberté qui donnait aux peuples le vertige ».

Avoir la force alors que la nausée vous prend devant ces gens-là de dire et répéter qu’il faut qu’on soit très nombreux à la manifestation du 13, durant ce week-end, diffuser la proposition de loi de Fabien Roussel : « Le groupe PCF à l’Assemblée nationale va déposer une proposition de loi visant à prélever à la source les bénéfices des multinationales afin qu’elles n’échappent pas au fisc en France, a annoncé dimanche le député communiste du Nord Fabien Roussel. » Parce qu’il n’y a rien d’autre à faire que de mener ces combats là…

Être communiste a été le luxe de ma vie, celui de ne jamais oublier la souffrance des petits, des sans voix, de ceux qui ont le courage de dire NON comme ceux qui se taisent écrasés par l’injustice. Non je ne participe d’aucun consensus. Les communistes je les ai rencontrés, parfois j’en côtoie encore, je suis encore au parti parce que c’est là où il y a le moins de fascistes et parce que le peu que je pourrais faire vaut mieux que telle une petite bourgeoise je me drape dans l’excellence de mes aspirations à un idéal impossible; mais putain que c’est dur…

Danielle Bleitrach

 
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Publié par le décembre 13, 2018 dans Marseille, mon journal, POLITIQUE

 

Marianne : « Les grèves en semaine, il faut les faire » : la CGT de Martinez envisage des actions locales avec les gilets jaunes

Philippe Martinez préfère la grève aux manifestations des gilets jaunes.

Philippe Martinez préfère la grève aux manifestations des gilets jaunes. – BERTRAND GUAY / AFP
Syndicat

Puisque qu’on ne peut avoir l’impossible, il faut au moins avoir le courage de faire ce que ceux qui se battent toujours nous invitent à accomplir. (note de danielle Bleitrach)

Avant la mobilisation de ce samedi 8 décembre, Philippe Martinez, le patron de la CGT, garde ses distances avec les gilets jaunes mais soutient tout de même certaines revendications du mouvement en appelant à la grève, le 14 décembre.

« Oui, mais… » S’il est loin de signer un chèque en blanc aux gilets jaunes, dont la quatrième journée de mobilisation prévue samedi suscite une vive inquiétude au sommet de l’Etat, le secrétaire général de la CGT apporte, ce vendredi 7 décembre dans Le Monde, un soutien de fait à la mobilisation en appelant à la grève. »Les ronds-points, c’est bien mais les grèves en semaine, il faut les faire, c’est ça que l’on construit. (…) Il faut faire grève. Il faut que les ‘gilets jaunes’ se rassemblent« , explique Philippe Martinez, dont l’organisation, comme tous les autres syndicats, a été court-circuité par les gilets jaunes.

Philippe Martinez tente de maintenir son syndicat sur une étroite ligne de crête entre soutien aux gilets jaunes et condamnation de la violence. La CGT appelle-t-elle à manifester samedi ? « Non« , répond clairement et nettement le secrétaire général : « Nous n’appelons pas à marcher sur l’Elysée, ni à la démission d’Emmanuel Macron ni à la dissolution de l’Assemblée nationale. » A l’instar de six autres syndicats, la CGT a signé une déclaration commune appelant une au dialogue et au calme avant l’acte IV samedi, bien que « ce ne[soit] pas à la CGT de les empêcher d’aller manifester« .

Convergences locales

L’exercice d’équilibrisme ne s’arrête pas là : Philippe Martinez tend une main prudente aux gilets jaunes, et l’autre au gouvernement. S’il estime la convergence des luttes « impossible au niveau national » faute de « coordination » et en raison de la nature « infréquentable » de certains porte-parole, Philippe Martinez parle de « discussions » au niveau local. « Ça réfléchit« , assure-t-il.

Parallèlement, le leader de la CGT laisse sa porte ouverte au pouvoir. « Il faut que l’exécutif réponde sur les salaires, la justice fiscale, le rétablissement de l’ISF, la suppression de la hausse de la CSG et le relèvement des minimas sociaux. Soit on s’assied autour d’une table et on discute, soit le gouvernement continue d’essayer d’éteindre le feu avec un verre d’eau« , explique Martinez. « Si l’exécutif veut des interlocuteurs sociaux, nous sommes bien placés pour remplir ce rôle mais la CGT ne veut pas servir d’alibi. »