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Comment l’Histoire explique la crise coréenne, par William R. Polk

La connaissance de l’Histoire est un facteur de paix, l’ignorance derrière le bouclier de sa supériorité en armement est un facteur de guerre. (Danielle Bleitrach)

par Les-crises.fr DT

Source : William R. Polk, Consortium News, 28-08-2017

Beaucoup d’Américains considèrent tout simplement la Corée du Nord et ses dirigeants comme « cinglés », mais l’Histoire, derrière la crise d’aujourd’hui, révèle une réalité plus complexe qui pourrait changer ces impressions simplistes, comme l’explique l’historien William R. Polk.

Les États-Unis et la Corée du Nord sont proches d’un conflit qui, s’il débutait, conduirait presque certainement à un échange nucléaire. C’est l’opinion manifeste de la plupart des observateurs compétents. Ceux-ci ont des divergences sur les causes de cette confrontation ainsi que sur la taille, la portée et la puissance des armes qui pourraient être lancées, mais aucun ne peux douter qu’une confrontation nucléaire même « limitée » aurait des effets épouvantables sur une grande partie du monde, incluant les États-Unis.

Donc, comment en sommes-nous arrivés là, que faisons-nous maintenant et que pourrions-nous faire pour éviter les très probables conséquences dévastatrices d’une guerre nucléaire même « limitée » ?

Les médias regorgent de comptes rendus des dernières déclarations et événements, mais d’après mon expérience personnelle du cas le plus proche d’une catastrophe nucléaire, la crise des missiles cubains, et pour avoir étudié d’autres nombreux « moments critiques », j’ai appris que l’incapacité à apprécier l’arrière-plan et la séquence des événements rend incapable de comprendre le présent, et est donc susceptible de mener à des actes d’autodestruction. Avec cet avertissement à l’esprit, je raconterai dans la partie 1 comment nous et les Coréens en sommes arrivés là où nous sommes. Ensuite, dans la partie 2, j’aborderai la façon dont nous pourrions entrer en guerre, ce que cela signifie et ce que nous pouvons faire pour rester en vie.

Durant la majeure partie de son histoire, la Corée s’est considérée comme l’élève de la Chine. Elle a emprunté au confucianisme chinois ses concepts de droit, ses canons d’art et sa méthode d’écriture. Pour cela, elle a généralement rendu hommage à l’empereur chinois.

Avec le Japon, les relations étaient différentes. Équipé de l’arme de destruction massive de l’époque, le mousquet, le Japon a envahi la Corée en 1592 et l’a occupé avec plus d’un quart de million de soldats. Les Coréens, armés uniquement d’arcs et de flèches, ont été battus et soumis. Mais, en raison d’événements au Japon, en particulier la décision d’abandonner l’arme à feu, les Japonais se sont retirés en moins d’une décennie et ont quitté d’eux-mêmes la Corée.

Officiellement unifiée en un seul royaume, la société coréenne était déjà partagée entre les Pouk-in ou « Peuple du Nord » et les Nam-in ou « Peuple du Sud ». L’importance de cette division dans la politique pratique n’est pas claire, mais elle a apparemment joué un rôle dans la lutte contre les tentatives de réforme et dans l’isolement du pays des influences extérieures. Elle a également affaibli le pays et facilité la seconde intrusion des Japonais. À la recherche de minerai de fer pour leur industrie naissante, ils ont « ouvert » le pays en 1876. Sur les traces japonaises sont venus les Américains qui ont établi des relations diplomatiques avec la cour coréenne en 1882.

Les missionnaires américains, dont la plupart étaient également des marchands, ont suivi le drapeau. Le christianisme venait souvent sous le couvert du commerce. Les marchands missionnaires vivaient à l’écart des Coréens dans des villes de style américain, comme les Britanniques l’avaient fait en Inde au début du siècle. Ils rencontraient rarement les indigènes, sauf pour le commerce. Contrairement à leurs homologues au Moyen-Orient, les Américains n’étaient pas connus pour leurs « bonnes œuvres ». Ils ont consacré plus de temps à vendre de biens qu’à enseigner l’anglais, à exercer la médecine ou à faire du prosélytisme ; alors quand bien même les Coréens admiraient leurs marchandises, ils restaient en dehors d’une minorité, attachés aux mœurs confucéennes.

La protection de la Chine

C’est vers la Chine plus que vers l’Amérique que les Coréens se sont tournés pour se protéger du « soleil levant » japonais. Au fur et à mesure qu’ils devenaient plus puissants et commençaient leur expansion extérieure, les Japonais ont œuvré pour mettre fin à la relation entre la Corée et la Chine. En 1894, les Japonais ont envahi la Corée, capturé son roi et installé un gouvernement « ami ». Puis, comme une sorte de sous-produit de leur guerre de 1904-1905 avec la Russie, les Japonais ont pris le contrôle et, en accord avec les politiques de l’ensemble des gouvernements occidentaux, ils ont repris le « fardeau de l’homme blanc ». Les politiciens et les hommes d’État américains, dirigés par Théodore Roosevelt, ont trouvé à la fois inévitable et bénéfique que le Japon ait transformé la Corée en colonie. Durant les 35 années suivantes, les Japonais ont dominé la Corée tout comme les Britanniques ont dominé l’Inde et les Français ont régné sur l’Algérie.

Si les Japonais étaient brutaux, comme ils l’étaient certainement, et exploiteurs, comme ils l’étaient aussi, les autres puissances coloniales faisaient de même. Et comme d’autres peuples colonisés, alors qu’ils s’éveillaient peu à peu à la politique, les Coréens ont commencé à réagir. Au fil du temps, ils ont vu les intrus japonais non pas comme les porteurs de le « fardeau de l’homme blanc » mais comme étant eux-mêmes le fardeau. Certains Coréens ont réagi en fuyant.

Le plus connu parmi eux était Syngman Rhee. Converti au christianisme par les missionnaires américains, il est allé à l’Ouest. Après un parcours pénible d’exilé, les autorités militaires américaines l’ont autorisé, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, à devenir le premier Président de la Corée (du Sud).

Mais la plupart de ceux qui avaient fui les Japonais avaient trouvé asile en Mandchourie, influencée par la Russie. Le plus connu de ces exilés « orientaux », Kim Il-sung, a participé à la guérilla anti-japonaise et a rejoint le Parti communiste. Et pendant que Syngman Rhee arrivait dans le Sud contrôlé par les États-Unis, Kim Il-sung devenait le chef du Nord soutenu par les Soviétiques. Là, il a fondé la « dynastie » régnante dont son petit-fils Kim Jong-un est le leader actuel.

Au cours des 35 années d’occupation japonaise, personne en Occident n’a accordé beaucoup d’attention à Syngman Rhee ou à ses espoirs pour l’avenir de la Corée, mais le gouvernement soviétique était plus attentif à Kim Il-sung. Alors que la Grande-Bretagne, la France et l’Amérique, toutes éloignées, n’avaient aucun rôle actif, l’Union soviétique proche, avec sa longue frontière avec le territoire détenu par le Japon, devait se préoccuper de la Corée.

Ce n’est pas tant pour des considérations stratégiques ou suite à la perception d’un danger que la politique occidentale a évolué (et le consentement soviétique à celle-ci). Pour des raisons en partie sentimentales, l’Amérique a impulsé un changement dans le ton des relations avec le monde colonial pendant la Seconde Guerre mondiale ; entraînés par la nécessité d’apaiser l’Amérique, la Grande-Bretagne et la France ont accepté. C’est le reflux de la guerre, plus que tout plan préconçu, qui a placé la Corée dans le groupe très répandu et mal défini des nations « émergentes ».

Héritier des rêves de Woodrow Wilson, Franklin Roosevelt a proclamé que les peuples coloniaux méritaient d’être libres. La Corée devait bénéficier de la grande libération de la Seconde Guerre mondiale. Ainsi, le 1er décembre 1943, les États-Unis, la Grande-Bretagne et la Chine (alors nationaliste) ont convenu lors de la Conférence du Caire d’appliquer les termes révolutionnaires de la Charte de l’Atlantique de 1941 : « Conscients de l’asservissement des peuples de Corée », Roosevelt et un Churchill réticent ont-il proclamé, ils « sont déterminés à ce que, en temps voulu, la Corée devienne libre et indépendante ».

Lors de la conférence de San Francisco en avril-juin 1945, où les Nations Unies ont été fondées, la Corée a peu attiré l’attention, mais un vague arrangement était envisagé dans lequel la Corée serait soumise à une tutelle de quatre pouvoirs (américain, britannique, chinois et soviétique). Cette politique a ensuite été confirmée lors de la conférence de Potsdam le 26 juillet 1945 et a été acceptée par l’Union soviétique le 8 août quand elle a déclaré la guerre au Japon. Deux jours plus tard, les troupes russes se sont répandues dans la région du nord. Ce n’est que près d’un mois plus tard, le 8 septembre, que les premiers contingents de l’armée américaine sont arrivés.

Les conséquences de la guerre

Jusqu’à ce moment-là, la plupart des Coréens ne pouvaient pas faire grand-chose pour leur propre libération : ceux vivant en Corée soit étaient en prison, soit vivaient dans la peur d’être bientôt arrêtés, soit collaboraient avec les Japonais. Les quelques-uns qui avaient trouvé refuge à l’Ouest, comme Syngman Rhee, avaient réalisé qu’ils pouvaient s’exprimer, mais que personne qui pouvait les aider n’entendait leur voix. Il fallait les libérer, mais pas les aider à se libérer par eux-mêmes. Seuls les petits groupes d’exilés, dans les zones contrôlées par les Soviétiques, ont effectivement combattu leurs bourreaux japonais. C’est ainsi que le mouvement de guérilla coréen d’obédience communiste commença à jouer un rôle identique à celui des insurgés d’Indochine, des Philippines et d’Indonésie.

En se préparant à envahir la Corée, ni les Américains ni les Russes ne comprirent la différence entre les Pouk-in, c.à.d. « le Peuple du Nord » et les Nam-in, c.à.d. « le Peuple du Sud ». Ils étaient concernés dès le début, au moins dans leurs accords réciproques comme quand ils se trouvaient en Allemagne, par la nécessité de prévenir les accrochages lors de l’avance de leurs forces armées respectives. Les Japonais, cependant, traitaient séparément les deux zones qui avaient été créées par cette décision militaire improvisée.

Alors qu’une armée soviétique avançait, les Japonais réalisèrent qu’ils ne pourraient pas résister, mais ils détruisirent autant qu’ils purent des infrastructures du Nord lors de leur fuite vers le Sud. Après avoir atteint le Sud, les soldats aussi bien que les fonctionnaires coopérèrent au moins au début avec l’arrivée des forces américaines. Ces actions divergentes convenaient à la fois aux Russes et aux Américains — les Russes voulaient expulser les Japonais alors que les Américains commençaient déjà à leur pardonner. Ce qui s’est passé dans cette période confuse a grandement modelé la Corée, jusqu’à nos jours.

Les Russes avaient apparemment une stratégie à long terme vis-à-vis de la Corée et les forces insurgées d’obédience communiste étaient là pour l’appliquer, mais c’est seulement lentement et avec réticence que les Américains développèrent un plan cohérent pour « leur Corée », et trouvèrent des autochtones qui pourraient l’appliquer. Ce qui arriva était à la fois idéologique et circonstanciel. Il est utile et peut-être important d’en souligner les principaux points.

Le premier point est que les étapes initiales de ce qui devint la guerre froide étaient déjà en place, et ont été rapidement renforcées. Bien que la Conférence de Yalta stipulait que le Japon devait se rendre à tous les Alliés, pas seulement aux États-Unis et à la Chine, le président Truman a mis en place une politique américaine différente sans avoir consulté Staline.

Porté par le succès de l’essai de la bombe atomique du 16 juillet 1945, Truman décida que l’Amérique fixerait unilatéralement les conditions de la guerre du Pacifique : Staline réagit en accélérant les attaques de son armée en Corée et en Mandchourie, tenues par les Japonais. Il voulait créer des « faits accomplis sur le terrain ». Ainsi les événements de juillet et août 1945 ont déterminé la politique — et l’interprétation de la guerre — de chaque grande puissance. Ils ont modelé la Corée d’aujourd’hui.

Depuis, les arguments se sont toujours appliqués à justifier la politique de chacune des grandes puissances. Pendant de nombreuses années, les Américains ont argumenté que c’étaient les bombes atomiques larguées sur Hiroshima le 6 août et sur Nagasaki le 9 août qui avaient forcé les Japonais à se rendre, et non la menace ou la réalité de l’invasion soviétique.

Le butin de la guerre

Selon le point de vue américain officiel, c’est l’Amérique qui a gagné la guerre du Pacifique. Île après île après Guadalcanal, les soldats américains ont marché, navigué et volé vers l’île finale qu’est le Japon. Depuis les îles alentours et depuis les porte-avions, l’aviation américaine a bombardé et incendié les villes et usines japonaises. Hiroshima et Nagasaki furent les derniers coups de cette longue, douloureuse et coûteuse entreprise.

Truman a soutenu que les Russes ne sont arrivés qu’après la défaite du Japon. Ainsi, il se sentait justifié — et habilité — à agir seul au Japon. De sorte que quand le général Douglas McArthur organisa la cérémonie de la capitulation le 2 septembre, il mit les Russes de côté. La cérémonie eut lieu sur un vaisseau de guerre américain et sous le drapeau américain. Il fallut dix années supplémentaires avant que l’URSS n’achève officiellement sa guerre contre le Japon.

Le second point crucial est ce qui se passait sur la péninsule coréenne. Là, une puissante armée russe était présente au Nord et une armée américaine avait le contrôle du Sud. Les décisions prises au Caire, à San Francisco et à Potsdam étaient aussi éloignées de la Corée que les discours ampoulés de ces hommes d’État l’étaient des réalités, des dangers et des opportunités du théâtre des opérations. C’est ce que l’Amérique et l’Union soviétique ont fait sur le terrain qui est crucial pour comprendre la Corée d’aujourd’hui.

Tout comme les Hollandais se préparaient à le faire en Indonésie, comme les Français le faisaient en Indochine et les Américains aux Philippines, les autorités militaires américaines, dans leur pré carré coréen, ont écarté les dirigeants nationalistes (que les Japonais venaient de libérer de prison), et ont insisté pour que tout le pouvoir reste à leur propre gouvernement (militaire). Ils ne savaient quasiment rien (mais étaient intrinsèquement pleins de soupçons) sur les Coréens anti-Japonais qui s’étaient autoproclamés « République Populaire ». Au nom des États-Unis, le général John Hodge a rejeté le gouvernement national autoproclamé et a déclaré que le gouvernement militaire était la seule autorité légitime dans la zone sous contrôle américain.

Hodge déclara aussi que « la présente administration japonaise resterait temporairement en place pour faciliter l’occupation », tout comme les Hollandais d’Indonésie continuaient à utiliser des troupes japonaises pour contrôler les populations indonésiennes. Mais les Américains réalisèrent rapidement l’impopularité de cet accord, et démantelèrent l’administration japonaise dès janvier 1946.

Dans le chaos qui s’ensuivit, des dizaines de groupes avec de réelles mais souvent vagues différences formèrent des partis, et demandèrent à jouer un rôle dans la conduite des affaires coréennes. Ce développement alarma le gouverneur militaire américain. L’objectif de Hodge, compréhensible en soi, était de maintenir l’ordre et la sécurité. Les politiques locaux semblèrent incapables de garantir ni l’un ni l’autre, et au cours de ces années, le gouvernement militaire américain fit emprisonner des dizaines de milliers de militants politiques.

La guerre froide in vitro

Bien que ce ne soit pas si évident dans les déclarations publiques, les Américains étaient déjà aiguillonnés par la peur des Russes et par leur sympathisants et communistes locaux, réels ou supposés. Une fois encore, la situation en Corée rappelle celle de l’Indochine, des Philippines et de l’Indonésie. Les alliés en temps de guerre deviennent des ennemis en temps de paix. La guerre froide avait déjà commencé au moins in vitro.

Juste au bon moment, à la manière d’un deus ex machina, Singman Rhee entra en scène. Fidèle et audible anticommuniste, pro-américain et, bien que complètement coupé des affaires coréennes, ethniquement coréen, il était juste celui que les autorités américaines voulaient. Il a rassemblé les groupes de droite dans un gouvernement virtuel qui devait devenir un gouvernement effectif sous l’égide des États-Unis.

Pendant ce temps, les autorités soviétiques ne se heurtaient à aucun problème politique ou administratif similaire. Ils avaient le prototype d’un gouvernement coréen disponible. Ce gouvernement en devenir avait déjà une histoire : des milliers de Coréens s’étaient enfuis en Mandchourie pour échapper à la domination japonaise et, lorsque le Japon leur a apporté la guerre en formant en 1932 l’État marionnette appelé Manchukuo, certains des réfugiés se sont regroupés pour lancer une guérilla. Le Parti communiste a inspiré et assumé le commandement de cette insurrection. Puis, comme tous les insurgés — de Tito à Ho Chi-minh et Sukarno — ils se sont proclamés gouvernement en exil.

Le groupe coréen était prêt, dès que l’invasion soviétique lui en a donné la possibilité, à devenir le noyau de la République populaire démocratique de Corée (RPDC). L’URSS l’a reconnu comme le seul gouvernement de la Corée (toute entière) en septembre 1948. Et, malgré ses méthodes de gouvernement frustes et souvent brutales, il avait acquis une patine de légitimité grâce à ses années de lutte armée contre les Japonais.

L’URSS et les États-Unis considéraient tous deux la Corée comme leur avant-poste. Ils ont d’abord essayé de conclure un accord pour diviser l’autorité entre eux. Mais ils ont constaté leur échec le 2 décembre 1945. Les Russes semblaient s’attendre à cet échec et n’ont guère réagi, mais les Américains ont cherché l’aide des Nations Unies pour formaliser leur position en Corée. Sur leur instigation, les Nations Unies ont formé la « Commission temporaire sur la Corée ». Elle était censée opérer en Corée, mais les Russes l’ont considérée comme une opération américaine et l’ont exclue du Nord. Après une campagne laborieuse, elle a réussi à superviser les élections mais seulement au Sud, en mai 1948.

Les élections ont abouti à la formation le 15 août d’un gouvernement dirigé par Syngman Rhee. En réponse, un mois plus tard, le 9 septembre, l’ancien chef de la guérilla, le communiste allié des Soviétiques Kim Il-sung, a proclamé l’État de Corée du Nord. Ainsi, l’arrangement ad hoc pour empêcher la collision de deux armées s’est transformé en deux États.

L’URSS avait une longue histoire avec Kim Il-sung et les dirigeants du Nord. Elle avait discrètement soutenu le mouvement de guérilla au Manchukuo (i.e. en Mandchourie), avait vraisemblablement éprouvé les dirigeants communistes au travers des purges des années 30 et les avait observés de près pendant la guerre. Les survivants étaient, selon des critères soviétiques, des hommes fiables. Il était donc possible pour les Russes de faire profil bas dans les affaires nord-coréennes. Contrairement aux Américains, ils se sont sentis aptes à retirer leur armée en 1946. En même temps, bien sûr, leur attention était centrée sur la montée beaucoup plus massive de la révolution en Chine. La Corée doit leur être apparue comme un spectacle secondaire.

La position des États-Unis était différente dans presque tous ses aspects. Premièrement, il n’y avait pas, dans le Sud, de cadres qui soient de longue date pro-américains ou idéologiquement démocrates.

L’ascension de Rhee

La figure principale, comme je l’ai mentionné, était Syngman Rhee. Alors que Kim Il-sung était un communiste dévoué, Rhee n’était certainement pas un apôtre de la démocratie. Mais idéologie à part, Rhee avait été profondément influencé par ses contacts avec les Américains. Les missionnaires avaient sauvé sa vue (après la variole), lui avaient donné une éducation basique de style occidental, l’avaient employé et  converti au christianisme. Probablement sous leur influence, il avait été impliqué, jeune homme, dans des manifestations contre le sous-développement de la Corée, sa corruption et son incapacité de résister au colonialisme japonais. Ses activités l’ont amené en prison à l’âge de 22 ans. Après quatre ans de ce qui semble avoir été un régime sévère, il a été libéré et en 1904 est parti en exil en Amérique.

De manière remarquable pour un jeune homme sans distinction particulière — bien qu’il fût fier d’une relation éloignée avec la famille royale coréenne — il était au moins reçu, sinon écouté, par le président Théodore Roosevelt. Des rencontres de cérémonie ou de routine avec d’autres dirigeants américains ont suivi au fil des ans. Les dirigeants américains qu’il a rencontrés ne considéraient pas la Corée comme de grande importance et, même s’ils l’avaient considéré, Rhee n’avait rien à offrir. J’en déduis donc que ses promenades durant 40 ans d’une université à l’autre (BA à l’Université George Washington, MA à Harvard et PhD à Princeton) et son travail au YMCA et dans d’autres organisations, ont été une litanie de frustrations.

C’est l’entrée en guerre de l’Amérique en 1941 qui donna à Rhee l’occasion qu’il avait longtemps recherchée : il convainquit le président Franklin Roosevelt d’épouser au moins nominalement la cause de l’indépendance coréenne. Les paroles aimables de Roosevelt auraient probablement peu d’effet — comme l’avait compris apparemment Rhee. Pour leur donner de la consistance, il travailla en étroite collaboration avec l’OSS (l’ancêtre de la CIA) et développa des contacts avec les chefs militaires américains. Deux mois après la capitulation japonaise en 1945, il fut ramené en Corée sur l’ordre du général Douglas MacArthur.

S’établissant à Séoul, il conduisit des groupes de Coréens de droite à s’opposer à toute tentative de coopération avec l’Union soviétique et surtout à s’opposer à la création d’un État de la Corée du Nord. Pour ceux qui connaissent mieux l’histoire européenne, il pourrait être considéré comme ayant aspiré au rôle joué en Allemagne par Konrad Adenauer. Pour jouer un rôle similaire, Rhee s’est fait « l’homme de l’Amérique ». Mais il n’a pas été en mesure de faire ce qu’Adenauer pouvait faire en Allemagne et fournir à l’Amérique une société idéologiquement contrôlée et les éléments d’un état unifié, comme Kim Il-Sung pouvait l’apporter à l’Union Soviétique. Mais, soutenu par le gouvernement militaire américain et sous des formes ostensiblement démocratiques, Rhee a été élu, avec le résultat suspect de 92,3 pour cent des voix, comme Président de la république de Corée nouvellement proclamée.

La relative faiblesse de Rhee vis-à-vis de Kim eut deux conséquences : la première était que pendant que les forces soviétiques auraient pu se retirer du Nord en 1946, l’Amérique se sentait incapable de retirer ses forces du Sud. Elles y sont restées depuis lors. La deuxième conséquence était que pendant que Rhee tentait d’imposer un régime autoritaire à sa population, de manière identique à celle imposée au Nord, il se montra incapable de le faire réellement et à un coût acceptable.

L’administration dont il hérita en partie était largement dépendante des hommes qui avait servi les Japonais comme soldats et policiers. Il était trop compromis avec eux. Il écarta la demande positive du nationalisme par la peur négative du communisme. Au lieu de leadership, il fit confiance à la répression. En fait, il engagea une répression féroce, qui ressemblait à celle de Corée du Nord mais, à la différence de cette dernière, était très largement rendue publique. Le ressentiment en Corée du Sud contre Rhee et son régime monta bientôt au niveau de quasi-insurrection. Rhee pouvait être le chouchou de l’Amérique, il n’était pas aimé en Corée. Telle était la situation quand la guerre de Corée débuta.

Reprise de la guerre

La guerre de Corée débuta dans les faits le 25 juin 1950, mais bien évidemment avait commencé avant que les premiers coups de feu soient tirés. Et Syngman Rhee, et Kim Il-sung étaient déterminés à réunifier la Corée, chacun selon sa propre vision. Rhee avait officiellement mentionné la « nécessité » d’envahir le Nord pour réunifier la péninsule. Le gouvernement communiste n’avait pas besoin de faire des déclarations publiques, mais les événements sur le terrain avaient dû convaincre Kim Il-sung que la guerre avait déjà commencé. Sur la ligne de séparation, d’après un savant américain de Corée, le professeur John Merrill, de nombreux Coréens avaient déjà été blessés ou tués avant que la « guerre » n’ait commencé.

L’événement qui semble avoir précipité la guerre à grande échelle a été la déclaration émanant du gouvernement de Syngman Rhee annonçant l’indépendance du Sud. Si elle s’était réalisée, comme Kim Il-sung l’avait clairement compris, elle aurait empêché la réunification. Il a considéré que c’était une déclaration de guerre. Il était prêt pour la guerre. Il avait profité de ses années au pouvoir pour bâtir une des plus grandes armées au monde, sachant que l’armée du Sud avait été saignée par les dirigeants du Sud.

Kim Il-sung devait connaître en détail la corruption, la désorganisation et la faiblesse de l’administration Rhee. Comme l’a rapporté Max Hastings, journaliste anglais et chroniqueur sur la Corée, l’entourage de Rhee avait entrepris le pillage à grande échelle des fonds publics et des salaires. L’argent engagé par les bailleurs de fonds étrangers pour fonder un État moderne était détourné vers des comptes à l’étranger, des « soldats fantômes », l’équivalent militaire des Âmes mortes de Gogol, qui n’existaient que dans les comptes de l’armée, recevaient des soldes que les officiers supérieurs se mettaient dans les poches, tandis que les vrais soldats relativement peu nombreux n’étaient pas payés et n’avaient ni uniforme, ni armement, ni nourriture. Dit brutalement, Rhee a offert à Kim une occasion qu’il n’a pas pu refuser.

Nous savons à ce jour, mais pas à l’époque, que Staline n’était pas favorable à une attaque du Nord, et n’y consentit que si la Chine, à l’époque un État communiste, en prenait la responsabilité. Ce que « responsabilité » signifiait réellement n’était pas clair, mais cela a suffi pour que Kim bascule vers la guerre. Il ordonna à son armée d’envahir le Sud. Traversant rapidement la ligne de démarcation, ses soldats se ruèrent vers le Sud. Beaucoup plus disciplinés et motivés, ils s’emparèrent de Séoul en trois jours, le 28 juin.

Syngman Rhee décréta une lutte à mort, mais, en fait, lui et son premier cercle avaient déjà fui. Ils furent rapidement suivis par des milliers de soldats de l’armée du Sud. De nombreux soldats qui n’avaient pas déserté s’enfuirent au Nord.

A l’initiative des États-Unis, le Conseil de Sécurité des Nations-Unies — profitant de l’absence de la délégation soviétique — vota le 27 juin, c’est-à-dire juste avant la chute de Séoul, la création d’une force pour protéger le Sud. Quelques 23 pays conduits par les États-Unis fournirent environ trois millions de soldats pour défendre le Sud. Il y avait des pays comme la Thaïlande, le Sud-Vietnam et la Turquie avec leurs propres problèmes d’insurrection, mais la plupart des combats étaient livrés par les forces américaines. Ils étaient conduits au Sud et près de la péninsule coréenne par l’armée de Kim Il-sung. Les troupes américaines étaient mal équipées et presque toujours débordées en nombre. Le combat était acharné et les victimes nombreuses. A la fin du mois d’août, ils ne contrôlaient plus qu’un dixième de ce qu’était la République de Corée, seulement la province du Sud autour de la ville de Pusan.

En analysant sagement le déséquilibre réel entre les forces du Sud soutenues par les Américains et les forces apparemment victorieuses commandées par Kim Il-sung, le dirigeant chinois Zhou Enlai demanda à son état-major ce que les Américains pouvaient être amenés à faire : négocier, battre en retraite ou tenter une contre-attaque depuis leur bastion de Pusan. L’état-major fit savoir que les Américains mobiliseraient certainement leur potentiel supérieur pour contre-attaquer.

Pour se protéger des intrusions en Chine, Zhou convainquit ses alliés de déplacer des troupes plus au nord à la frontière sino-coréenne, et de même le gouvernement soviétique de fournir un appui aérien au Nord-Coréens. Ce qui était brillant, c’était que l’état-major de Zhou prédit exactement ce que les Américains feraient et où ils le feraient. Conduits par le général Douglas McArthur, les Américains lancèrent une contre-attaque habile et audacieuse. En arrivant à Inchon le 15 septembre, ils isolèrent le gros de l’armée du Nord de ses bases. L’opération fut un succès militaire remarquable.

Mais, comme de nombreux succès militaires, il développa sa propre évolution. MacArthur, soutenu par le Secrétaire d’État Dean Acheson et le général George Marshall — et sous le commandement du Président Truman — décida de faire route vers le Nord pour mettre en place le projet d’unification de la Corée de Syngman Rhee. Au début de l’offensive le 25 septembre, les forces américaines reconquirent Séoul, détruisant pratiquement l’armée nord-coréenne encerclée et franchirent le 38e parallèle le 1er octobre. Sans rencontrer de réelle opposition, ils poussèrent vers le fleuve Yalou à la frontière chinoise. Cette offensive effraya à la fois les gouvernements soviétique et chinois qui craignaient que la vague de la victoire porte les Américains sur leurs territoires.

En réponse, les Chinois utilisèrent un nouveau stratagème. Ils envoyèrent une immense force armée, environ 300 000 hommes pour arrêter les Américains mais, pour éviter au moins officiellement et directement une confrontation avec l’Amérique, ils la définirent comme un groupe de volontaires ne faisant pas partie des forces armées régulières — « l’Armée des Volontaires du Peuple Chinois ». Le 25 octobre, l’armée légère chinoise détruisit effectivement ce qui restait de l’armée sud-coréenne, et expulsa les Américains de Corée du Nord.

Estomaqué par l’effondrement de ce qui semblait une victoire définitive, le Président Truman annonça l’état d’urgence, et le général McArthur sollicita l’utilisation de 50 bombes nucléaires pour arrêter les Chinois. Ce qui se serait passé alors est de la pure spéculation, mais ce qui arriva vraiment fut que McArthur fut remplacé par le général Mathew Ridegeway qui rétablit l’équilibre des forces conventionnelles. Tristement, la guerre continuait.

Au cours de cette période et pour les deux années suivantes, l’armée de l’Air américaine a mené des bombardements massifs. Une partie était censée détruire la capacité chinoise et nord-coréenne de continuer à se battre, mais la Corée est un petit territoire et ce qui a commencé en « frappes chirurgicales » s’est transformé en tapis de bombes. (Un tel bombardement sera considéré comme un crime de guerre à partir du protocole I de 1977 des conventions de Genève.)

Les attaques étaient démesurées. Environ 635 000 tonnes d’explosifs et d’armes chimiques ont été larguées — ce qui était bien plus que ce qui a été utilisé contre les Japonais pendant la Seconde Guerre mondiale. Comme l’a souligné l’historien Bruce Cumings, l’armée de l’Air des États-Unis a constaté que « trois ans de pluie et de ruines » avaient infligé des dégâts plus importants aux villes coréennes « que les villes allemandes et japonaises incendiées pendant la Seconde Guerre mondiale ». La capitale nord-coréenne Pyongyang a été rasée et le général Curtis LeMay pense que les bombardements américains ont causé la mort d’environ 20 pour cent — un sur cinq — des Nord-Coréens.

Un tapis de bombes sur le Nord

L’estimation de LeMay, horrible telle qu’elle est formulée, doit être gardée en mémoire aujourd’hui. Commencez par la probabilité qu’elle soit sous-estimée. L’économiste canadien Michel Chossudovsky a écrit que l’estimation de 20 pour cent de LeMay devrait être révisée à près de 33 pour cent, soit environ un Coréen mort sur trois. Il poursuit en soulignant une comparaison significative : au cours de la Seconde Guerre mondiale, les Britanniques ont perdu moins de 1% de leur population, la France en a perdu 1,35%, la Chine en a perdu 1,89% et les États-Unis seulement le tiers de 1%. Autrement dit, la Corée a subi proportionnellement environ 30 fois plus de tués pendant les 37 mois du tapis de bombes américain que ces autres pays en ont perdu pendant la totalité de la Seconde Guerre mondiale.

Au total, 8 à 9 millions de Coréens ont été tués. Des familles entières ont été anéanties et pratiquement aucune famille vivant en Corée n’est aujourd’hui sans parents proches qui ont péri. Pratiquement tous les bâtiments du Nord ont été détruits. Ce que le général LeMay a dit dans un autre contexte — « les bombarder pour les ramener à l’âge de la pierre » — est littéralement ce qui s’est passé en Corée. Les seuls survivants étaient ceux qui se trouvaient dans des grottes et des tunnels.

Le souvenir de ces horribles jours, semaines et mois de peur, de douleur et de mort ont marqué la mémoire des survivants et, selon la plupart des observateurs, ils constituent l’état d’esprit sous-jacent de la haine et de la peur si évidentes aujourd’hui chez les Nord-Coréens. Ils conditionneront toutes les négociations que l’Amérique tentera avec le Nord.

Enfin, après des combats prolongés au sol et des assauts quotidiens et incessants venus du ciel, les Nord-Coréens ont accepté de négocier un cessez-le-feu. En réalité, il aura fallu deux ans.

Les points les plus importants de l’accord étaient que (premièrement) il y aurait deux Corées divisées par une zone démilitarisée essentiellement sur ce qui avait été tracé le long du 38e parallèle pour empêcher les armées d’invasion soviétiques et américaines de se heurter et (deuxièmement) l’article 13 (d) de l’accord stipulait qu’aucune nouvelle arme autre que les remplacements ne serait introduite dans la péninsule. Cela signifie que toutes les parties ont convenu de ne pas introduire d’armes nucléaires et autres armes « avancées ».

Ce qui doit être rappelé afin de comprendre les événements futurs, c’est que, en fait, le cessez-le-feu a créé non pas deux, mais trois Corées : le Nord, le Sud et les bases militaires américaines.

Le Nord a commencé à se remettre de sa dévastation. Il fallait dégager les décombres et il a choisi de continuer à être un État-garnison. C’était certainement une dictature, comme l’Union soviétique, la Chine, le Nord-Vietnam et l’Indonésie, mais des observateurs proches pensaient que le régime était soutenu par le peuple. La plupart des observateurs ont constaté que le souvenir de la guerre, et en particulier celui du bombardement continuel, a renforcé la cohésion qui a unifié le pays contre les Américains et le régime du Sud. Kim Il-sung a réussi à étouffer cette dissidence. Il l’a fait plutôt brutalement. Personne ne peut en juger avec certitude, mais il y a lieu de croire que le sentiment de patriotisme a été renforcé, et il est toujours vivant aujourd’hui.

Les dictatures militaires du Sud

Le Sud a été beaucoup moins détruit par la guerre que le Nord, et grâce à l’aide et les investissements du Japon et de l’Amérique, il a pris le chemin d’une prospérité remarquable. Peut-être en partie à cause de ces deux facteurs — relativement peu de dégâts de guerre et une prospérité croissante — sa politique était instable.

Pour maîtriser la situation et rester au pouvoir, le gouvernement de Syngman Rhee a imposé la loi martiale, modifié la constitution, truqué les élections, ouvert le feu sur les manifestants et même exécuté les dirigeants de l’opposition. Nous déplorons à juste titre l’oppression du Nord, mais les enquêtes sur les droits de l’homme ont montré peu de différence entre le Nord, communiste et confucéen, et le Sud, capitaliste et chrétien. Les tactiques de Syngman Rhee n’étaient pas moins brutales que celles de Kim Il-sung.

En employant ces moyens, Rhee a remporté une autre victoire électorale en 1952 et une troisième en 1960. Il a remporté les élections de 1960 avec un résultat officiel de 90 pour cent. Sans surprise il a été accusé de fraude. Les organisations étudiantes considéraient sa manœuvre comme la « goutte d’eau qui fait déborder le vase » et n’ayant aucun autre recours, elles sont descendues dans la rue. Juste devant une foule convergeant sur son palais — comme le dernier jour du gouvernement du Vietnam du Sud quelques années plus tard — il a été exfiltré de Séoul par la CIA et exilé à Honolulu.

La troisième Corée, la Corée « américaine », n’aurait été que théorique, sauf par le fait qu’elle occupait une partie du Sud (le périmètre sud de la zone démilitarisée et diverses bases ailleurs), elle avait le contrôle ultime des forces militaires du Sud. (Elle était autorisée à en prendre le commandement en cas de guerre) et comme les Britanniques l’avaient fait en Égypte, en Irak et en Inde, « elle guidait » le gouvernement local qu’elle avait mis en place. Ses forces militaires ont garanti l’indépendance du Sud et, au moins au début, les États-Unis ont payé environ la moitié des dépenses du gouvernement et soutenu son économie.

En même temps, les États-Unis cherchaient à affaiblir le Nord en imposant des embargos. Ils ont maintenu le Nord en état d’alerte en menant ce que celui-ci considérait comme des manœuvres menaçantes sur sa frontière, et de temps à autre, comme l’a fait le président Bill Clinton en 1994 (et comme le président Donald Trump le fait maintenant), ils l’ont menacé d’une frappe préventive dévastatrice. Le département de la Défense et l’état-major ont également développé l’OPLN 5015, l’un des plans secrets dont l’objectif, selon les mots du commentateur Michael Peck, était de « détruire la Corée du Nord ».

Et, à la lumière de l’inquiétude de l’Amérique concernant les armes nucléaires en Corée, nous devons affronter le fait que c’est l’Amérique qui les y a introduites. En juin 1957, les États-Unis ont informé les Nord-Coréens qu’ils ne respecteraient plus le paragraphe 13 (d) de l’accord d’armistice qui interdisait l’introduction de nouvelles armes. Quelques mois plus tard, en janvier 1958, ils mettaient en place des missiles nucléaires capables d’atteindre Moscou et Pékin. Les États-Unis les ont conservés jusqu’en 1991. Ils ont voulu les réintroduire en 2013, mais le Premier ministre sud-coréen Chung Hong-won a refusé.

Comme je le mentionnerai plus loin, la Corée du Sud a rejoint le Traité sur la non-prolifération nucléaire en 1975 et la Corée du Nord l’a rejoint en 1985. Mais la Corée du Sud l’a secrètement violé de 1982 à 2000 ; la Corée du Nord a violé ses dispositions pour la première fois en 1993 et s’en est ensuite retirée en 2003. La Corée du Nord a effectué son premier essai nucléaire souterrain en 2006.

Il n’y a guère de haut lieu de la morale pour aucune des « trois Corées ».

Park Chung-hee

De nouvelles élections se sont déroulées dans le Sud et ce que l’on appelait la Deuxième République a été créée en 1960 sur la base de ce qui avait été le parti d’opposition. Elle a abandonné la colère latente contre la tyrannie et la corruption du gouvernement de Syngman Rhee au profit d’une purge de l’armée et des forces de sécurité. Quelque 4 000 hommes ont perdu leur emploi et beaucoup ont été inculpés de crimes. Craignant pour leur travail et leur vie, ils ont trouvé un sauveur dans le général Park Chung-hee qui a mené un coup d’État militaire le 16 mai 1961.

Le général Park était surtout connu pour avoir combattu la guérilla dirigée par Kim Il-sung comme officier dans la « force de pacification » japonaise au Manchukuo. Pendant cette période de sa vie, il avait même troqué son nom coréen pour un nom japonais. En tant que Président, il a courtisé le Japon. Restaurant les relations diplomatiques, il a également promu les investissements japonais massifs qui ont lancé le développement économique coréen. Avec l’Amérique, il était encore plus proche. En contrepartie de son aide, et peut-être en raison de ses liens étroits avec l’armée américaine – il avait étudié à l’école des Officiers de l’état-major à Fort Sill – il a envoyé un quart de million de soldats sud-coréens se battre sous commandement américain au Vietnam.

Pas moins oppressif que le gouvernement de Rhee, le gouvernement de Park était une dictature. Pour se protéger, il a remplacé les fonctionnaires civils par des officiers militaires. En outre, il a formé un gouvernement secret au sein du gouvernement officiel, connu sous le nom de Korean Central Intelligence Agency, qui fonctionnait comme la Gestapo. Il a régulièrement fait arrêter, emprisonner et torturer des Coréens soupçonnés de contestation. Et, en octobre 1972, Park a réécrit la constitution pour s’octroyer pratiquement un pouvoir à vie. Il est resté au pouvoir pendant 16 ans. En réponse à l’oppression et malgré l’atmosphère de peur, des manifestations à grande échelle ont éclaté contre son règne. Cependant, ce n’est pas un soulèvement public qui a mis fin à son règne : son chef des Renseignements l’a assassiné en 1979.

Une tentative de retour à un gouvernement civil a été bloquée en une semaine par un nouveau coup d’État militaire. Les protestations qui ont suivi ont été rapidement étouffées et des milliers d’opposants ont été arrêtés. Une lutte confuse pour le pouvoir s’est ensuite produite en 1987, une Sixième République a été proclamée et l’un des membres de la junte militaire précédente est devenu Président.

Le nouveau Président Roh Tae-woo a entrepris une politique de conciliation avec le Nord, et sous le réchauffement des relations entre le Nord et le Sud, il a rejoint l’ONU en septembre 1991. Il a également accepté la dénucléarisation de la péninsule. Mais, comme cela arrive souvent, l’assouplissement de la répression a provoqué la chute du « réformateur ». Roh et un autre ancien Président ont été arrêtés, jugés et condamnés à la prison pour une série de délits — mais pas pour leur rôle dans la politique antidémocratique. Les Coréens sont restés peu motivés par ce qui n’était au mieux qu’une apparence de démocratie.

Les relations entre le Nord et le Sud au cours des quelques années suivantes sont passées du doigt sur la gâchette à la main tendue. La tentative finale de remettre en ordre le Sud est venue lorsque Park Geun-hye a été élue en 2013. C’était la fille du général Park Chung-hee qui, comme nous l’avons vu, avait pris le pouvoir dans un coup d’état en 1963 et était resté président de la Corée du Sud pendant 16 ans. Park Geun-hye a été la première femme chef d’État en Asie de l’Est. Vraie fille de son père, elle a gouverné d’une main de fer, mais, comme d’autres membres du groupe dirigeant, elle a trop forcé sa main, a été reconnue coupable de malversations et expulsée du gouvernement en mars 2017.

La dynastie des Kim

Pendant ce temps, dans le Nord, en tant que chef du Parti communiste, Premier ministre de 1948 à 1972 et Président de 1972 à sa mort en 1994, Kim Il-sung a gouverné la Corée du Nord pendant près d’un demi-siècle. Sa politique pour son pays était une sorte de retour à l’ancien idéal coréen d’isolement. Connue sous le nom de juche, elle a mis l’accent sur l’autosuffisance. Le Nord était essentiellement une société agraire et, contrairement au Sud, qui, à partir des années 80, accueillait l’investissement et l’aide étrangers, il est resté fermé. Initialement, cette politique a bien fonctionné : jusqu’à la fin des années 70, la Corée du Nord était relativement plus riche que le Sud, mais le Sud a pris la tête avec sa révolution industrielle.

Étonnamment, Kim Il-sung partage avec Syngman Rhee une jeunesse chrétienne protestante ; en effet, Kim a déclaré que son grand-père était un ministre presbytérien. Mais l’influence la plus importante sur sa vie a été la brutalité de l’occupation japonaise. Les informations que nous avons sont façonnées par des déclarations officielles et équivalent à un hymne de gloire. Mais, probablement, comme beaucoup de nationalistes asiatiques, en tant que jeune homme, il a participé à des manifestations contre la puissance occupante. Selon le récit officiel, à l’âge de 17 ans, il avait passé du temps dans une prison japonaise.

À 19 ans, en 1931, il a rejoint le Parti communiste chinois et quelques années plus tard est devenu membre de son groupe de combat mandchou. Chassé par les Japonais et leurs collaborateurs coréens comme Park Chung-hee, Kim est passé en territoire russe et a été incorporé dans l’armée soviétique, dans laquelle il a servi jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Puis, comme les Américains l’ont fait avec Syngman Rhee, les Russes l’ont installé en tant que chef du gouvernement provisoire.

Dès les premiers jours de son arrivée au pouvoir, Kim Il-Sung s’est concentré sur l’acquisition du pouvoir militaire. De manière logique suite à sa propre expérience, il a poussé l’Armée à s’entraîner à des tactiques informelles ; mais lorsque l’Union soviétique a commencé à fournir du matériel lourd, il a orienté ses officiers vers une formation militaire conventionnelle sous l’égide de conseillers russes. Lorsqu’il a décidé d’envahir la Corée du Sud, son armée était imposante, avec des armements aux normes européennes et bien organisée. Presque tous les adultes coréens en faisaient ou en avaient fait partie.

L’armée était pratiquement devenue l’État. Cette répartition des ressources, comme l’a montré la guerre de Corée, a mené à une puissante force de frappe, mais à une économie affaiblie. Cela a également amené les partisans chinois de Kim à décider de le mettre sur la touche. On ne sait pas comment il a fait pour survivre à cette rétrogradation temporaire, mais au lendemain du cessez-le-feu, on l’a revu de nouveau fermement au contrôle du Parti communiste et de l’État nord-coréen.

L’État nord-coréen, comme nous l’avons vu, avait pratiquement cessé d’exister suite aux bombardements. Kim pourrait espérer peu d’aide étrangère pour la reconstruction, et l’a d’autant moins sollicitée. Sa politique d’autosuffisance et de militarisation a été imposée au pays. Sur le modèle soviétique des années 30, il a lancé un plan quinquennal draconien dans lequel pratiquement toutes les ressources économiques ont été nationalisées. Lors de la très médiatisée rupture sino-soviétique, il s’est d’abord rangé auprès des Chinois mais, perturbé par la Révolution culturelle chinoise, il a repris ses relations avec l’Union soviétique.

En effet, il ne pouvait avoir pour pôles que les deux puissances voisines. Sa politique d’indépendance a été influente mais pas décisive. Pour affermir son gouvernement, et vraisemblablement en partie pour renforcer le sentiment d’indépendance de son peuple, il a développé un culte de la personnalité élaboré. Cette propagande lui a survécu. Quand il est mort en 1994 à l’âge de 82 ans, son corps a été conservé dans une vitrine où il est devenu l’objet d’une sorte de pèlerinage.

De manière insolite pour un régime communiste, c’est son fils Kim Jong-Il qui a pris la succession de Kim Il-sung. Kim Jong-Il a poursuivi en grande partie la politique de son père qui, vers la fin de sa vie, a évolué vers un accord partiel avec la Corée du Sud et les États-Unis. Il a été confronté à une sécheresse dévastatrice en 2001 et à une famine consécutive qui aurait affamé quelque 3 millions de personnes. Cherchant peut-être à dissimuler l’impact de cette famine, il a abrogé l’armistice et envoyé des troupes dans la zone démilitarisée. Cependant, des changements intermittents, dont la création d’une enclave industrielle partiellement extra-territorialisée pour le commerce extérieur, ont été accomplis pour améliorer les relations avec le Sud.

Puis, en janvier 2002, le président George Bush a fait son discours sur « l’Axe du mal » dans lequel il diabolisait la Corée du Nord. Par la suite, la Corée du Nord s’est retirée de l’accord de 1992 avec le Sud interdisant les armes nucléaires et a annoncé qu’elle avait suffisamment de plutonium de qualité militaire pour fabriquer environ 5 ou 6 armes nucléaires. Bien qu’il soit probablement resté invalide suite à un accident vasculaire cérébral en août 2008, son état a été caché le plus longtemps possible pendant que les préparatifs étaient faits pour sa succession. Il est décédé en décembre 2011 et son fils Kim Jong-un lui a succédé.

Avec cet aperçu des événements jusqu’à l’arrivée au pouvoir de Kim Jong-un et de Donald Trump, j’aborderai dans la partie 2 de cet article la situation dangereuse dans laquelle nos gouvernements — et nous tous individuellement — nous retrouvons aujourd’hui.

William R. Polk est un consultant confirmé, auteur et professeur en politique étrangère, il a enseigné à Harvard sur le Moyen-Orient. Le président John F. Kennedy a nommé Polk au Conseil de planification des politiques du Département d’État, où il officiait pendant la crise des missiles cubains.

Source : William R. Polk, Consortium News, 28-08-2017

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

Les-crises.fr DT | 20 septembre 2017 à 5 h 45 min | Étiquettes : Corée du nord | Catégories : Histoirepolitique | URL : http://wp.me/p17qr1-NLb
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Publié par le septembre 20, 2017 dans Asie, GUERRE et PAIX, HISTOIRE

 

“Le Viol” sur France 3 : “Aujourd’hui, le droit des femmes recule”

hier soir j’ai vu ce télefilm qui m’a beaucoup émue, parce que j’ai vécu à nouveau cette période, nos combats, notre solidarité. Une remarque cependant par rapport à ce qu’en dit l’héroïne dans l’interview: oui elle a raison, le droit des femmes recule, elle a raison. La réaction emplit de nouveaux les mentalités, oui mais pourquoi? Parce que le combat des femmes ne saurait être détaché de celui de la justice sociale, de la revendication à la fin de l’exploitation. Oui nous avons eu raison de nous battre pour que nos corps soient à nous, mais la dépossession est générale et avec l’extension du chômage, de la misère, les femmes sont parmi les premières touchées. La bataille pour les droits, pour le code du travail, contre la précarité généralisée fait partie de notre condition, tout doit être conquis ensemble. Quand au combat pour la paix, contre la violence on sait à quel point il a toujours été en priorité celui des femmes, en leur nom et celui de leurs enfants.  (note de Danielle Bleitrach)

Le viol, de Alain Tasma.

Féministe ardente, Anne Tonglet est l’une des victimes du viol de 1974 qui a inspiré le film d’Alain Tasma, “Le Viol”, diffusé ce mardi soir sur France 3. Selon elle, le droit des femmes recule, et la lutte doit continuer.

Elle était l’une des deux victimes du viol qui a inspiré le téléfilm d’Alain Tasma. Aujourd’hui âgée de 68 ans, Anne Tonglet reste une militante féministe convaincue et n’a rien oublié. Elle livre son point de vue sur le film et l’évolution de la société à l’égard du viol.

Qu’avez-vous pensé du téléfilm réalisé par Alain Tasma, inspiré de votre histoire, quarante-trois ans après les faits ?

L’histoire est dans l’ensemble rendue fidèlement, si ce n’est que certains détails ont été modifiés, comme nos noms. Le film reste très proche de ce qu’Araceli et moi avons vécu à différents niveaux : personnel, politique et juridique. Le procès, par exemple, n’était effectivement qu’une parodie de justice où, suspectées, nous devions constamment nous justifier et prouver qu’il n’y avait jamais eu consentement de notre part. C’était une période atroce, peuplée de cauchemars et d’envies de suicide. Je dois avouer que je ne me suis reconnue que partiellement dans mon personnage car j’ai évolué depuis. Le temps y est pour beaucoup. J’avais 24 ans au moment des faits. Depuis, je suis devenue une lesbienne radicale, politiquement incorrecte, engagée dans la lutte pour le droit des femmes. Je ne lâche pas l’os tant que je ne l’ai pas rongé jusqu’à la moelle. Le film est très important par la puissance de son sujet, et j’espère de tout cœur qu’il fera l’effet d’une bombe.
Le téléfilm a-t-il omis de relater des faits essentiels de votre histoire ?

Le film ne dit pas tout, mais il est impossible de tout relater en une heure et demie. On ne saurait transcrire quatre ans de procès dans leur totalité. Et d’ailleurs, cela serait inutile. Le seul élément sur lequel j’aurais voulu qu’il insiste est la formidable solidarité des femmes dans les années 1970, le combat exemplaire qu’elles ont mené. Cette entraide était magnifique : le président de la cour d’assises ne s’en sortait plus tellement il croulait sous le poids des télégrammes nous soutenant dans notre lutte. L’association Choisir a été d’une grande aide, sans oublier le rôle déterminant de Gisèle Halimi, la plus grande avocate féministe du XXe siècle. Je n’ai jamais rencontré une personnalité aussi lumineuse et passionnée.

Pensez-vous que le procès a eu un véritable impact sur la société ?

L’effervescence autour de la question des femmes a duré quelques années après un procès très médiatisé. S’en est suivi un black-out complet, aussi bien en France qu’en Belgique. J’en reste toujours très étonnée et je ne comprends pas pourquoi. C’était un procès hors norme, qui a osé radicalement remettre en question une vision patriarcale de la société. Il a fallu une énergie inouïe pour affronter ce long chemin de croix. C’était une souffrance de tous les instants. Aujourd’hui, le combat est relancé car le droit des femmes recule. Il y a péril en la demeure. Peu de choses ont véritablement changé. Nous vivons dans une société phallocrate qui met l’homme au pinacle. C’est pourquoi la lutte doit continuer. Ce film en est un des moyens.

 
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Publié par le septembre 20, 2017 dans CINEMA, femmes, HISTOIRE

 

Juliette Morillot, spécialiste de la Corée du Nord : « Les Kim ne sont pas fous »

la stupidité de certaines réactions françaises en particulier celles de gauche est effrayante, en effet tandis qu’on invente un bouffon on oublie qu’il y en a un autre dont la menace permanente incite la Corée du nord a agir ainsi, et que la seule solution c’est de considérer que la crainte de la Corée du  nord est rationnelle  et qu’il faut désamorcer la mèche des deux côtés, comme le proposent la Chine et la Russie. (note de danielle Bleitrach)

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Juliette Morillot, spécialiste de la Corée du Nord, assure que les Kim, qui dirigent le pays depuis trois générations, « sont parfaitement rationnels ».

INTERVIEWLes Kim sont-ils fous ? Dans l’imaginaire collectif, les dirigeants de la dynastie Kim, à la tête de la Corée du Nord depuis 1948, sont en tout cas perçus comme tels. Une idée reçue que Juliette Morillot, spécialiste de la Corée du Nord, est venue battre en brèche dans l’émission Hondelatte Raconte, sur Europe 1, mardi.

« Ils sont parfaitement rationnels. » « Ils ne sont pas fous du tout. Ils sont parfaitement rationnels, ils sont éduqués, ils sont cultivés et Madeleine Albright (secrétaire d’État des États-Unis de 1997 à 2001) avait rencontré Kim Jong-il dans les années 2000 et avait été étonnée de voir ce monsieur, qu’elle trouvait intelligent, bosseur et plutôt agréable », assure-t-elle avant de tempérer son propos : « Quand je dis qu’ils ne sont pas fous, ça ne veut pas dire qu’ils ne représentent pas un danger. »

« Ce pays est facile à caricaturer. » Pourquoi la dynastie Kim est-elle alors perçue ainsi ? « Tout ça, ça fait partie de ce côté mythologie de la Corée du Nord qu’on caricature. Ce pays est facile à caricaturer. Ce qui fait qu’aujourd’hui, à force d’avoir caricaturé ce pays, on s’est mis la tête dans le sable. (…) Aujourd’hui, on découvre que pendant des années ils ont réussi à mettre sur pied un programme nucléaire », répond Juliette Morillot.

« Trump apparaît presque comme irrationnel par rapport à Kim Jong-un. » Et la journaliste va plus loin en faisant un comparatif entre l’actuel dirigeant nord-coréen et Donald Trump, le président des États-Unis : « Aujourd’hui, on découvre finalement un Donald Trump qui apparaît presque comme irrationnel par rapport à un Kim Jong-un qui poursuit toujours la même politique de façon implacable. Ils ne se seraient pas maintenus au régime pendant aussi longtemps s’ils avaient véritablement été fous. Ils n’ont aucune intention suicidaire, je le répète, ils sont rationnels. »

Mardi, Donald Trump a réitéré ses attaques, toujours plus poussées, en direction de la Corée du Nord, menaçant de « détruire totalement » le pays et qualifiant Kim Jong-un de « Rocket man ». « Les Nord-Coréens se sentent véritablement sous menace américaine et Kim Jong-un, le dirigeant, est considéré comme un héros qui va les défendre », confie Juliette Morillot. Les dernières menaces du président américain ne feront sans doute que renforcer ce sentiment.

 
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Publié par le septembre 20, 2017 dans Asie, Etats-Unis, GUERRE et PAIX

 

Pour la Chine : Les pourparlers à six représentent une « plate-forme efficace » pour traiter le dossier nucléaire de la péninsule coréenne

© Chine Nouvelle (Xinhua) – Xu Yongchun, le 19/09/2017 14:43

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La Chine a annoncé mardi que les pourparlers à six représentaient toujours une plate-forme efficace pour traiter le dossier nucléaire de la péninsule coréenne.

Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Lu Kang, s’est ainsi exprimé lors d’une conférence de presse régulière, indiquant que la Chine était ouverte à tous les efforts favorables à la résolution pacifique de la question par le biais de moyens politiques et diplomatiques.

M. Lu a affirmé que la déclaration conjointe signée le 19 septembre 2005 était la progression la plus importante dans le traitement du dossier nucléaire de la péninsule coréenne par le biais de négociations, et qu’elle représentait un jalon significatif.

Cette déclaration a été validée par la Chine, la République populaire démocratique de Corée (RPDC), les Etats-Unis, la République de Corée, la Russie et le Japon lors du quatrième cycle de pourparlers à six.

Dans cette déclaration, la RPDC a réaffirmé son engagement à renoncer aux armes nucléaires et aux programmes nucléaires existants. En revanche, les Etats-Unis se sont engagés à ne pas utiliser d’armes nucléaires ou d’armes conventionnelles pour attaquer ou envahir la RPDC.

M. Lu a indiqué que les parties concernées devaient tirer des leçons des expériences de la conclusion de cet accord, qui inclut le fait que le coeur de la question nucléaire de la péninsule coréenne était un dossier lié à la sécurité, que la clé était détenue par les Etats-Unis et la RPDC et que les préoccupations de toutes les parties devaient être résolues de manière équilibrée.

« Nous sommes convaincus que si les parties concernées peuvent adhérer à ce consensus, respecter l’esprit de la déclaration conjointe et rechercher des moyens pour traiter les préoccupations raisonnables des parties concernées, nous pourrons trouver une solution », a affirmé le porte-parole.

La Chine a avancé la proposition de « double suspension », qui appelle la RPDC à suspendre ses activités de missiles et nucléaires en échange de la suspension des manoeuvres militaires de grande ampleur des Etats-Unis et de la République de Corée.

La Chine a aussi proposé une approche à double voie pour réaliser, d’une part, la dénucléarisation dans la péninsule et d’autre part, instaurer un mécanisme pacifique.

Lancés en 2003, les pourparlers à six ont été suspendus en décembre 2008. La RPDCs’est retirée des pourparlers en avril 2009 pour protester contre des sanctions de l’ONU.

 
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Publié par le septembre 20, 2017 dans Chine, GUERRE et PAIX

 

Delcy Rodríguez: Le discours de Trump à l’ONU menace non seulement le Venezuela mais toute l’humanité

 la réponse du Venezuela au discours de Trump montre bien quelles devraient être les priorités des nations unies et des peuples, Trump est venu leur lancer un défi meurtrier y compris nucléaire et pendant que l’on nous amuse avec les exploits de la petite Corée du nord on oublie d’où vient la menace réelle. D’où l’urgence de manifester le 23 septembre pour le désarmement nucléaire (note et traduction de Danielle Bleitrach)

Le président de l’Assemblée nationale constituante (ANC), Delcy Rodriguez, a prévenu que le discours du président américain Donald Trump mardi à la 72e session de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York, aux États-Unis, menace non seulement le Venezuela mais à l’ensemble du monde.

« Ce n’était pas seulement le Venezuela qui a été menacé, c’était toute l’humanité, quand il a décidé de se retirer de l’accord sur le changement climatique et nous voyons déjà les effets ». Il a souligné que, face aux catastrophes naturelles récentes, la première main tendue avec solidarité  pour aider nos frères est le Venezuela, «pas la main impériale», at-il souligné.

En ce sens, il a déclaré que les Nations Unies sont face à ce discours menaçant du président américain devant un grand «défi» qui porte même sur le problème nucléaire. ,

« Le chef de l’empire est arrivé aux Nations Unies pour menacer la planète avec plus de guerres et de guerre nucléaire. C’est un grand défi pour les Nations Unies ce qui s’est passé aujourd’hui, l’organistion a été créée  pour garantir la paix et la stabilité internationales. Le discours du président américain aujourd’hui a montré de sérieuses menaces pour la paix, la sécurité nationale, qu’est-ce que  les Nations Unies ont à dire à ce sujet « , a-t-il déclaré.

Au cours de la journée  au Théâtre Teresa Carreño à Caracas, Rodríguez a déclaré que la patrie de Bolivar a été choisie comme un «objectif impérial» car elle représente un «mauvais exemple pour un monde inégal».

Enfin, il a critiqué que, avec tant de priorités et face  la pauvreté dans le monde, les États-Unis ont approuvé le plus haut budget militaire de son histoire (700 milliards de dollars) pour continuer à détruire. « Derrière ce budget il y a la souffrance des peuples entiers » et il a rappelé que sur les  240 guerres qui ont été perpétrées, les États-Unis ont été à l’origine de 201.

 
 

les Echos, la CFDT et l’Unsa lachent Macron: Réforme du travail : le compte n’y est pas

Réforme du travail : le compte n’y est pas

PHILIPPE LOUIS / président de la CFTCLUC BERILLE / secrétaire général de l’Unsa Le 19/09 à 12:41

LE CERCLE/TRIBUNE – Le gouvernement avait toute légitimité de légiférer par ordonnances pour réformer le marché du travail. Mais il l’a fait au détriment des salariés. Il peut encore – et il doit – changer de trajectoire.

La CFDT, la CFTC et l’Unsa portent une vision réformiste du syndicalisme. Elles militent pour que la négociation et le contrat soient au coeur de la régulation des relations de travail, à tous les niveaux et notamment dans l’entreprise, au plus près des salariés.

Face  aux mutations du travail et de l’économie, face aux transitions numérique et écologique, notre rôle est de sécuriser l’emploi, les conditions de vie et de travail, les parcours professionnels en construisant de nouvelles protections et de nouveaux droits pour les salariés.

Fort de ce point de vue réformiste, mis en pratique par nos militants depuis des décennies dans les branches et les entreprises, nous prenons ensemble la parole aujourd’hui.

Macron n’a pas tiré les leçons du passé

Emmanuel Macron avait annoncé dans son programme une réforme  du Code du travail par ordonnances. Les Français, en l’élisant comme président de la République, lui ont donné la légitimité et les moyens pour le faire. Nous respectons, évidemment, ce choix démocratique.

Mais nos organisations n’étaient pas demandeuses d’une nouvelle modification du Code du travail, alors même qu’aucun bilan n’a été tiré des quatre lois précédentes qui, dans les trois dernières années, l’ont bougé en profondeur. Elles n’y voient pas non plus la solution au besoin de création d’emploi : plus que le Code du travail, c’est l’activité économique qui génère les embauches.

Pendant tout l’été, dans la concertation menée par le gouvernement, nous nous sommes investis dans les concertations en faisant valoir, nos propositions, mais en pointant aussi les lignes rouges inacceptables. Nous avions dit qu’au final, nous jugerions sur pièces, c’est-à-dire sur les textes des projets d’ordonnance : nous y sommes.

Projet déséquilibré

En facilitant les licenciements – au point d’imposer à la justice prud’homale  une limitation des indemnités versées aux victimes de licenciements illégaux -, en imposant une instance unique de représentation des personnels dans les entreprises sans garantir les moyens qu’elle et ses élus auront pour exercer leurs missions, en ouvrant la voie à des négociations sans organisation syndicale dans l’entreprise jusqu’à 50 salariés, les projets d’ordonnance déséquilibrent le texte au détriment des salariés.

Ce déséquilibre détourne la loi d’une de ses fonctions protectrices : rétablir des conditions de justice, d’autant plus essentielles en matière de droit du travail. Car, de par le lien de subordination qui les relie, salarié et employeur ne sont pas dans une relation d’égalité et il revient à la loi et aux organisations syndicales, par leur présence dans les entreprises, de le compenser.

Nous le disons avec force : équilibrer les relations de travail est une question de justice sociale autant que d’efficacité économique. C’est aussi un élément de la confiance et du respect sans lesquels le dialogue social ne peut se développer.

Non, le dialogue social, la négociation collective ne sont ni un « coût à réduire » ni « du temps perdu », malgré ce qu’en pense une fraction rétrograde du patronat. Nous sommes persuadés que le dialogue social est un constituant essentiel du bien-être des salariés et de la performance économique d’une entreprise. C’est ce que nos équipes démontrent chaque jour dans les entreprises. C’est aussi ce qui fait que le syndicalisme réformiste a la confiance des salariés.

Le gouvernement doit le comprendre et ajuster les ordonnances et les décrets d’application qui viendront afin de donner les moyens à ce dialogue social.

Laurent Berger est secrétaire général de la CFDT. Luc Bérille est secrétaire général de l’Unsa. Philippe Louis est président de la CFTC.

 
 

Du mouvement de la paix cubain : Le conflit nucléaire de Corée du Nord et les principaux acteurs impliqués par Leyde Rodriguez Hernandez

 Voici un article très clair et documenté de notre ami cubain Leyde E.Rodriguez Hernandez qui intervient ici au nom du mouvement de la paix cubain, analyse la situation et préconise des solutions qui ont besoin d’être soutenues par les peuples; comme nous le ferons en France le 23 septembre. (note et traduction de Danielle Bleitrach pour Histoire et société)

Le conflit nucléaire de Corée du Nord et les principaux acteurs impliqués
Par Leyde E. Rodríguez Hernández
Collaborateur du Mouvement cubain pour la paix et la souveraineté des peuples

 

Dimanche dernier, le 3 Septembre, le république populaire démocratique  de Corée (RPDC) a procédé à son sixième essai nucléaire, probablement une bombe à hydrogène- qui selon les autorités nord coréenne-  a été conçu pour être porté par  des missiles balilistiques  intercontinentaux.  Quelques jours avant, le 29 août, un des projectiles de la RPDC a survolé l’île japonaise de Hokkaido et a atterri dans l’océan Pacifique.

Le dirigeant nord – coréen Kim Jong-un, a effectué  plus de 80 lancers au cours de son mandat, un montant bien supérieur au nombre total de tests effectués par ses prédécesseurs depuis 1984, lorsque Pyongyang a lancé son premier missile balistique. Seulement dans le mois d’ août 2017, la Corée du Nord a effectué quatre tests de missiles.

L’essai  de la bombe à l’hydrogène par la RPDC a encore augmenté les tensions sur la péninsule coréenne, provoquant une forte condamnation des grandes puissances. Le président russe Vladimir Poutine, le Premier ministre britannique Theresa May, le président français Emmanuel Macron, entre autres, ainsi que le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, ont critiqué les actions de la RPDC.

Le conflit sur le programme nucléaire et de missiles de la RPDC est considéré comme l’un des plus dangereux du système international actuel. Pour votre compréhension, il est nécessaire de revenir aux origines de la guerre froide; à  l’émergence de la stratégie nucléaire; à l’armistice qui a scellé les hostilités militaires de la guerre de Corée (1950-1953), mais a laissé les deux côtés techniquement en guerre avec la péninsule divisée; la mise en place de bases militaires avec des armes nucléaires en Corée du Sud; les exercices militaires effectués  chaque année  par les  États-Unis et ses alliés a proximité  du territoire de la RPDC; au moment mêle où la RPDC était décrite comme un « Etat voyou » ou d’une partie d’un inexistant  « axe du mal » dans les stratégies de « sécurité nationale » des Américains.

La vérité est qu’il y a eu  certains efforts diplomatiques pour éviter le conflit . Les principaux acteurs, la RPDC, la Corée du Sud, le Japon, les États-Unis, la Chine et la Russie, ont essayé sans succès depuis 2009 de trouver une solution dans des  négociations directes ou multilatérales avec Pyongyang, ce qui a servi de prétexte pour que les États-Unis  affirment  l’impossibilité de nouvelles discussions et exigent que le Conseil de sécurité de l’ONU prenne les mesures les plus contraignants  possibles contre la RPDC, puisqu’il apparaît qu’avec, avec son missile et ses essais nucléaires, il « en appelle à une guerre», selon l’interprétation de l’ambassadeur des États-Unis devant  Les Nations Unies.

Dans ce contexte, il est important d’examiner les arguments et les positions des principaux acteurs du conflit:

La RPDC:

Pour le leader, Kim Jong-un, le développement de bombes nucléaires et de missiles est une garantie de survie face à la possibilité d’un bombardement américain dans le style de l’ex-Yougoslavie, de l’Afghanistan, de la Libye et de la coalition dirigée par États-Unis en Syrie. Bien que son père et son prédécesseur, Kim Jong-il, décédé en 2011, se soient engagés à négocier, Kim Jong-un refuse de le faire. La RPDC se sent menacée par les États-Unis et la Corée du Sud, les tenant responsables des causes de ce conflit et il défie ainsi les États-Unis de procéder à d’éventuelles attaques nucléaires.

Pyongyang a accusé les États-Unis d’essayer de «diffamer» la Corée du Nord en l’accusant de vouloir commencer une guerre, et il a affirmé que   «les commentaires disparates et belligérants » de« feu et fureur »du  président américain Donald Trump montrent que ce sont les États-Unis qui  » appellent à une guerre.  » « Avec l’émergence de l’administration Trump, les États-Unis sont devenus plus imprudents » avec la Corée du Nord « et il ne leur reste d’autre choix que de redoubler d’efforts pour renforcer la force nucléaire de l’Etat », a déclaré le ministère norvégien des Affaires étrangères

LA COREE DU SUD :

Eklle hésite  entre la réconciliation avec le nord et une politique stricte imposée à son voisin. Séoul, avec ses 25 millions de personnes, se trouve à seulement 50 kilomètres de la frontière et face à l’artillerie nord-coréenne, une guerre serait dévastatrice pour la Corée du Sud. L’alliance avec la superpuissance nucléaire des États-Unis, qui compte 28 500 soldats déployés en Corée du Sud, vise à intimider Pyongyang. Bien que Séoul veuille  perfectionner ses propres missiles, le nouveau président, Moon Jae-in, a également tenté de réduire les tensions avec le Nord  par le dialogue.

 

Cependant, le chemin du dialogue avec Pyongyang semble disparaître La Corée du Sud a décidé de s’armer militairement après le sixième essai nucléaire nord-coréen avec de nouvelles manœuvres dissuasives et avec un déploiement d’armes plus puissantes avec les  États-Unis. Dans  cette conjoncture  complexe, l’armée sud-coréenne a fait  des exercices militaires avec des tirs à balles réelles et elle prévoit d’autres manœuvres conjointes avec les États-Unis, ce qui pourrait inclure le déploiement d’aéronefs à propulsion nucléaire dans les eaux situées au large de la péninsule coréenne.

Le président sud-coréen Moon Jae-in et son homologue américain Donald Trump se sont mis d’accord sur des mesures de dissuasion efficaces et une pression internationale accrue sur le gouvernement nord-coréen. Les deux ont convenu que les forces sud-coréennes augmenteraient la charge  de leurs missiles jusqu’alors limité par l’accord de sécurité bilatéral et ils ont  envisagé l’introduction d’armes avancées et de technologies de défense en Corée du Sud. Tout cela combiné à une  pression maximale possible exercé sur le  gouvernement de Kim Jong-un, grâce à un nouveau paquet de sanctions du Conseil de sécurité de l’ONU qui comprend un blocage total du pétrole à Pyongyang, dans le but de briser sa résistance.

En dépit de tout cela, le leader sud-coréen Moon Jae-in a réaffirmé qu’il défendrait toujours la dénucléarisation de la Corée par des moyens pacifiques et que son offre de dialogue au Nord est encore sur la table, bien que son discours se soit refroidi après qu’il n’ait reçu aucune réponse officielle du pays voisin et face aux   appels croissants d’abandon de cette voie  par des membres de son gouvernement et les différents secteurs de la droite  sud-coréenne.

ETATS-UNIS

Le président des États-Unis, Donald Trump, a terminé la phase de sa «patience stratégique». Le Pentagone a répondu que le régime de Pyongyang  s’expose à une «grande réponse militaire», «efficace» et «écrasante», contre toute menace contre les États-Unis, ses territoires dans le Pacifique ou ses alliés. Trump a été le premier président américain à menacer clairement  d’une attaque militaire, ce qui n’a eu aucune conséquence à ce jour. Pendant ce temps, il s’efforce de faire pression sur la RPDC politiquement et économiquement et il cherche à  recruter à cet effet  la Chine et la Russie.

Les États-Unis préconisent  que  Pyongyang  ne puisse avoir accès aux devises étrangères et il exerce également une pression sur les pays qui accueillent les travailleurs nord-coréens. L’existence de cet ennemi extérieur et les essais nucléaires et antimissiles de la Corée du Nord servent à justifier pour  Trump le militarisme américain dans la région asiatique, à poursuivre la course aux armements nucléaires et à maintenir la présence militaire en Corée du Sud et au Japon.

 

CHINE 

La Chine a combattu aux côtés de la Corée du Nord contre la Corée du Sud et les Etats-Unis dans la guerre de Corée, mais l’alliance fait déjà partie du passé depuis longtemps et les relations avec Pyongyang n’ont jamais été aussi mauvaises que maintenant. La Chine tente de faire réussir  des négociations entre la Corée du Nord et les États-Unis. Environ 90 pour cent du commerce de la Corée du Nord se fait par la Chine, qui est impliqué dans des sanctions contre Pyongyang. Cependant, Pékin ne contrôle pas complètement la contrebande et les craintes d’un effondrement du pays voisin où un conflit pourrait se traduire par des milliers de réfugiés à la frontière. En outre, dans le cas où un scénario possible de l’effondrement de la RPDC conduira à une réunification avec la Corée du Sud, les troupes américaines pourraient être mis en place aux  frontières de la Chine. C’est pour cela que le gouvernement chinois est favorable à l’actuel stratu quo dans la peninsule coréenne.

JAPON

Comme la Corée du Sud, le Japon est un allié militaire des États-Unis et considère la RPDC comme une menace majeure. Les missiles nord-coréens de moyenne portée  sont tombées  plusieurs fois dans les eaux japonaises ou ont survolé ce pays. Le Japon veut se protéger contre un système anti-missile et le Premier ministre conservateur Shinzo Abe utilise la RPDC comme excuse pour s’écarter de la doctrine militaire essentiellement défensive du pays. Au milieu de cette tension, le gouvernement japonais a annoncé qu’il développe un plan d’évacuation massif pour les 60 000 ressortissants japonais résidant en Corée du Sud dans le cas où le pays voisin est impliqué dans un conflit de guerre et recommande de ne pas voyager là-bas, sauf extrême necessité.

RUSSIE

La RPDC y Rusia comparten una frontera de apenas 20 kilómetros y una línea de ferrocarril conecta ambos países. Moscú condena el rearme nuclear norcoreano y aplica las sanciones de la ONU. Sin embargo, rechaza cualquier solución violenta al conflicto y exige que Estados Unidos y la RPDC negocien. La presencia del ejército estadounidense en Corea del Sur también incomoda a Rusia, pues la instalación de un sistema antimisiles contra la RPDC debilita la posición estratégica rusa. Como ha sido tradición, Rusia no se inmiscuye en los asuntos internos de la RPDC, uno de los países perjudicados con el desbalance de poder internacional que significó la desintegración de la superpotencia soviética en 1991.

La RPDC  et la Russie ont une frontière commune de 20Km et une ligne de chemin de fer  commune aux deux pays.  Moscou condamne le réarmement nucléaire nordcoréen et applique les sanctions de l’oNU. Néanmoins elle refuse toute solution violente au conflit et exige que les Etats-Unis et la RPDC négocient.  La présence de l’armée étatsunienne en Corée du Sud incommode ma Russie, l’installation d’un système antimissile contre la RDCP fragilise la position stratégique russe . Comme elle en a l’habitude, la Russie ne se mêle pas  dans les affaires internes de la RPDC .l’un des pays abandonné par la perte d’influence liée à la nuis avec le  désintégration de la superpuissance soviétique en 1991.

La Russie admet  les arguments de la RPDC quand celle-ci affirme que  seule la dissuasion nucléaire peut la protéger, et que les sanctions pour ses programmes nucléaire et des missiles  ne vont pas l’arrêter. La Russie condamne les essais nucléaires nord-coréens, parce qu’elle considère qu’ils sont provocateurs; mais, en même temps, elle  a expliqué que la position nord-coréenne est basée sur les exemples de l’Irak et de la Libye, accusés  sans fondement de la fabrication et la possession d’armes de destruction massive et maintenant  qui sont  littéralement ruinés. Pour la Russie, les exemples de l’Irak et de la Libye sont probants, et la Corée du Nord sera la dernière à les oublier.   .

Le SECRETAIRE DE L’ONU 

Un autre acteur important, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a déclaré aux journalistes au siège de l’ONU que «la solution doit être politique. Les conséquences potentielles de l’action militaire sont trop effrayantes.  » « Une rhétorique de la confrontation peut entraîner des conséquences inattendues », a insisté le chef des Nations Unies.

Dans ses remarques aux journalistes, Guterres a  réitéré à plusieurs reprises la nécessité de réduire les tensions à la suite de ces essais nucléaires, qu’il a fermement condamnés, tout en exprimant la nécessité de réduire la dialectique belliqueuse et de promouvoir des solutions politiques. « Les guerres ne commencent généralement pas avec les décisions prises par les différentes parties pour entrer en guerre », a déclaré Guterres, qui a rappelé comment la Première Guerre mondiale a éclaté et a noté que ce sont souvent des conflagrations « étape par étape ».

Donc Guterres a insisté pour que les négociations diplomatiques conservent leur  chance et il a appelé à l’unité au Conseil de sécurité pour s’attaquer ensemble à cette crise. « Ce qui est crucial aujourd’hui, c’est d’assurer l’unité du Conseil de sécurité de l’ONU. Ce n’est qu’avec une unité totale qu’une forte pression « sur la Corée du Nord » est capable de créer les conditions d’une action diplomatique, a-t-il insisté.

Le 5 août, le Conseil de sécurité a approuvé de nouvelles sanctions économiques contre le gouvernement de Pyongyang, qui interdisaient notamment à  la Corée du Nord d’exporter, directement ou indirectement, du charbon, du fer, du plomb, du poisson ou fruits de mer Un certain nombre de médias ont fait écho aux commentaires dans les salles des Nations Unies qui mentionnent la possibilité que l’interdiction de vendre du pétrole à la Corée du Nord soit maintenant approuvée, mais cela affecterait la population de ce pays.

Non mois important a été le  positionnement des leaders des cinq puissances émergentes de Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) ,réunies dans un sommet de la ville chinoise du sud-est de Xiamen, où ils ont condamné « énergiquement » dimanche  la Corée du Nord et se sont dits profondément préoccupés par la tension actuelle et le conflit nucléaire prolongé dans la péninsule coréenne.

 

 

 

 

 

 

EN CONCLUSION

En conclusion, au lieu de reconnaître la RPDC en tant qu’État souverain et aller  vers une coexistence pacifique, les États-Unis se sont engagés dans des provocations  que l’on doit mettre en relation avec le   but d’une attaque nucléaire préventive et à la politique de «changement de régime» en Corée du Nord .

Le sixième et le plus puissant essai  atomique de Pyongyang menace de déclencher une course aux armements dans la région, après que la Corée du Sud et les États-Unis aient répondu avec des manifestations de leur   puissance militaire et des avertissements de belliciste . Une guerre nucléaire aurait des conséquences catastrophiques pour la RPDC, la Corée du Sud, le Japon, l’île de Guam, la Chine et une partie des États-Unis.

Maintenant, la RPDC est plus proche de l’achèvement d’une force nucléaire stratégique et il est très probable que presque toutes les mesures prises à son encontre  aient peu de chances de l’arrêter. Toutes les dispositions militaires adoptées par Pyongyang constituent un exercice légitime et juste de la légitime défense de son État souverain, afin de faire face à la menace nucléaire croissante et à la politique hostile tentant de l’isoler et de la déstabiliser, qui a duré une décennie.

Mais dans un mode optimal , il serait préférable que le Conseil de sécurité antidémocratique et exclusif de l’ONU, composé des principaux pouvoirs qui régissent le système international actuel, propose le désarmement d’une péninsule coréenne sans armes  nucléaire et un véritable processus de désarmement général et complet comme l’a réclamé dans de nombreuses occasions  la politique étrangère cubaine, ainsi que l’utilisation de ces énormes ressources pour le développement économique et social de tous les peuples.

En conclusion, l’affaire coréenne est un signe que l’action militariste des puissances impérialistes a engendré la prolifération des armements conventionnels  et les armes d’ extermination massive. Et non seulement elle développent l’armement , comme base de leur pouvoir au niveau international, mais elles font de grandes affaires en fournissant des armes et des technologies militaires à d’autres États, contribuant ainsi aux tensions et aux conflits dans divers domaines du système international. La prolifération des armes nucléaires conduit à la propagation du pouvoir aux  États moyens et petits et a augmenté les risques de guerre nucléaire.

Tout cela est dû au mauvais exemple des grandes puissances nucléaires, qui ne remplissent pas l’engagement de travailler au désarmement et ignorent les efforts de la grande majorité des États pour proscrire les armes nucléaires, comme cela s’est produit le 7 juillet 2017 avec l’adoption à l’ONU d’un traité interdisant les armes nucléaires.

Cet instrument multilatéral a reçu le soutien de 122 pays, le rejet de la Hollande et l’abstention de Singapour. Les neuf pays dotés d’armes nucléaires – les États-Unis, la Russie, la Chine, le Royaume-Uni, la France, l’Inde, le Pakistan, la Corée du Nord et Israël – ont décidé de ne pas faire partie des négociations entre le 15 et le 7 juin de juillet 2017, ainsi que d’autres adhérant à la doctrine de la dissuasion nucléaire ou qui ont cédé la place aux pressions et ont choisi de s’absenter.

Dans ce moment crucial pour l’humanité, la haute valeur symbolique que l’Amérique latine et les Caraïbes accordent au Second Sommet de CELAC dans sa Proclamation de la paix et qui  a préconisé «l’intégration qui renforce la vision d’un ordre international juste , affirmé dans la loi et dans une culture de la paix qui exclut le recours à la force et aux moyens illégaux de défense, y compris les armes de destruction massive et, en particulier, les armes nucléaires « . [1]

Remarques:

[1] Voir Proclamation de l’Amérique latine et des Caraïbes comme zone de paix. II CELAC Summit,
La Havane, 28 et 29 janvier 2014. Brochure imprimée.

Sources: Bureaux DPA (Allemagne); AFP (France); EFE
(Espagne).

 
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Publié par le septembre 19, 2017 dans Asie, Chine, Etats-Unis, GUERRE et PAIX