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Grèce : pourquoi Syriza risque la défaite

Par Romaric Godin  |  03/09/2015, 11:55  |  2092  mots
Alexis Tsipras a-t-il surestimé sa popularité ?
Alexis Tsipras a-t-il surestimé sa popularité ? (Crédits : Reuters)


Un sondage a donné pour la première fois les Conservateurs de Nouvelle Démocratie devant Syriza. Le parti d’Alexis Tsipras voit sa popularité se réduire rapidement. C’est le fruit de plusieurs erreurs de l’ancien premier ministre.


Les élections grecques du 20 septembre pourraient déboucher sur une surprise de taille. Chacun croyait acquise une victoire du parti d’Alexis Tsipras, Syriza. Voici trois semaines, une majorité absolue semblait possible. Mais voici que, mercredi 2 septembre, un sondage réalisé par GPO donne le parti conservateur grec Nouvelle Démocratie (ND) en tête devant Syriza, avec 29 % des intentions de vote contre 28,7 %. L’avance est certes courte et les sondages helléniques n’ont jamais brillé par leur exactitude ni leur indépendance. Un sondage Alco du même jour donne Syriza légèrement en tête (29,2 % contre 28,7 % à ND). Il faut donc se montrer prudent. Mais enfin, cette enquête vient confirmer une tendance marquée dans la plupart des sondages depuis deux semaines : la cote de Syriza se réduit rapidement, celle de ND remontant plus progressivement.

Un gouvernement sous surveillance de la troïka

Ce mouvement, en réalité, ne saurait constituer une surprise. Car quel est l’enjeu de ces élections ? Le gouvernement d’Alexis Tsipras a signé le 11 août dernier un troisième protocole d’accord avec ses créanciers. Ce nouveau « mémorandum » place la démocratie grecque sous étroite surveillance. « Le gouvernement s’engage à consulter la Commission européenne, la BCE et le FMI, et à se mettre d’accord avec eux, en ce qui concerne toutes les actions liées à la réalisation des objectifs de ce protocole avant qu’elles soient finalisées et légalement adoptées », indique le texte. Compte tenu de l’importance des sujets concernés par ce mémorandum, ceci conduit à faire du gouvernement grec, quel qu’il soit, un fondé de pouvoir de la troïka.

La faiblesse du vote anti-mémorandum

Dans ce contexte, le choix des électeurs grecs est de deux ordres. Le premier consiste à utiliser l’élection du 20 septembre comme un nouveau « référendum » sur ce mémorandum. En votant pour les partis qui le rejettent, autrement dit pour le parti communiste (KKE), les néo-nazis d’Aube Dorée (XA) ou le parti issu des dissidents de Syriza, Unité Populaire (LE), on vote pour le rejet de ce texte. Ce choix n’est pas marginal, mais il est largement minoritaire. Selon GPO, ces trois partis totalisent 16,4 % des intentions de votes, selon Alco, 19,8 %. Ceci est assez compréhensible. Après six mois de discussions avec les créanciers, le gouvernement Tsipras n’est pas parvenu à tenir son pari d’en finir avec l’austérité dans la zone euro. L’économie grecque a été mise à rude épreuve à partir de fin juin lorsqu’a été établi le contrôle des capitaux. Le pays est épuisé et tente de retrouver une certaine normalité. Même si ce mémorandum va entretenir la récession, il est logique que les Grecs ne soient guère tentés par un nouveau bras de fer. Le moment historique est passé et beaucoup seront sans doute tentés par l’abstention ou le vote blanc plus que par le vote protestataire.

Du reste, en signant le troisième mémorandum, Alexis Tsipras a désarmé le vote anti-austéritaire qui avait été majoritaire trois fois depuis 2012. Les deux partis de sa coalition gouvernementale, Syriza et les Grecs Indépendants (ANEL), sont passés dans le camp d’en face. Dès lors, pour la première fois depuis 2012, les créanciers sont sereins avant les élections du 20 septembre, ils savent que le mémorandum sera, pour la première fois majoritaire. Aussi n’ont-ils pas, cette fois, à donner de consignes de vote. La démocratie grecque a été « neutralisée. »

Le manque de crédibilité du positionnement de Syriza

Pas totalement, il est vrai. Il reste aux Grecs la possibilité de choisir celui qui appliquera « le mieux » ce mémorandum. De ce point de vue, les électeurs helléniques n’ont que l’embarras du choix. Tous les partis de Syriza à ND, en passant par les Socialistes du Pasok et les centristes de To Potami, veulent l’appliquer au mieux, même si le discours peut être infléchi par des promesses électorales bien peu crédibles. Mais la situation de Syriza est particulièrement délicate. Alexis Tsipras doit maintenir un discours de façade contre l’austérité tout en défendant une politique d’austérité qu’il a accepté. Ce discours est logiquement fort peu audible et de moins en moins crédible. En face, Nouvelle Démocratie peut rappeler le fait qu’entre août 2014 et janvier 2015, l’ancien Premier Ministre Antonis Samaras avait refusé les conditions des créanciers. Mieux même, le nouveau leader du parti, Evangelos Meimarakis, prétend vouloir « renégocier » certains aspects du mémorandum. ND est donc en capacité de renverser les rôles par rapport à janvier dernier et de faire de Syriza le parti de l’austérité.

En réalité, ces promesses de ND sont peu crédibles. Mais elles n’ont que peu d’importance. L’essentiel est que, puisqu’il n’est plus question de défier les créanciers et que le mémorandum limite la capacité de résistance du gouvernement grec, le discours d’Alexis Tsipras selon lequel il est mieux pour le pays qu’un gouvernement « de gauche » gère le mémorandum ne peut guère convaincre. D’autant que le refus de s’associer avec les partis du centre et de la droite, affiché par Alexis Tsipras est peu crédible. ANEL pourrait ne pas passer les 3 % nécessaires à son entrée au parlement et, au sein du camp pro-mémorandum, il n’y a guère d’autres alliés possibles. Bref, Syriza semble vouloir payer le peuple grec de mots. Et ce peuple s’est trop longtemps payé de mots. Il est impossible de savoir si le nombre d’électeurs (et non la proportion) en faveur de Nouvelle Démocratie croîtra par rapport à janvier 2015, mais il est certain que la mobilisation ne pourra être que meilleure en faveur de ND qu’en faveur de Syriza.

La question migratoire instrumentalisée par Nouvelle Démocratie

D’autant qu’un autre enjeu est au centre de l’élection, celui de la crise des migrants, dans laquelle la Grèce est en première ligne. Or, l’UE n’a guère aidé le pays dans ce domaine, alors même que le budget grec n’est pas capable de faire face à un tel défi. Si l’on doit prendre conscience de l’absurdité de la situation, on remarquera simplement qu’en juillet et août, alors que des milliers de migrants arrivaient par la mer sur les îles grecques, la Grèce a utilisé 6,7 milliards d’euros versés par l’UE pour rembourser sa propre banque centrale. Cette somme a été utilisée pour réduire le bilan d’une BCE qui a pour ambition affichée de l’augmenter… Et parallèlement, Bruxelles a débloqué 474 millions d’euros sur six ans pour la Grèce afin de la soutenir dans l’accueil des migrants. La Grèce est donc non seulement laissée à elle-même, mais les créanciers n’ont jamais pris en compte cet élément dans les négociations.

Nouvelle Démocratie, fidèle à son positionnement traditionnellement xénophobe et hostile à l’immigration, joue évidemment sur le phénomène. Nikitas Kaklamanis, député ND et ancien ministre de la santé de 2004 à 2006, a ainsi publié un tweet qui affirme : «  ce qui se passe dans nos îles n’est pas un phénomène migratoire, c’est une invasion islamiste qui sert Alexis Tsipras. »

Très clairement, ND joue donc sur le terrain d’Aube Dorée pour tenter de canaliser en sa faveur le mécontentement. Et là aussi, Alexis Tsipras est désarmé puisque l’Europe n’a guère montré de sollicitude envers le pays durant son mandat sur ce sujet.

Le désarroi des électeurs grecs

Ce que trahissent ces enquêtes d’opinion, c’est, en réalité, le grand désarroi des Grecs soumis à un mémorandum dont ils avaient rejeté l’essentiel lors du référendum du 5 juillet et à des phénomènes migratoires qui les dépassent. Le nombre d’abstentionnistes risque donc d’être très élevé et celui des indécis demeure important, entre 12,5 % et 15 %, selon les sondages cités. Citons deux preuves de ce désarroi. D’abord, l’absence de poussée du parti To Potami (« La Rivière »), donné en dessous même de son niveau de janvier dernier (6 %). Or, ce parti est clairement celui des institutions européennes. Son président, l’ancien journaliste Stavros Theodorakis, a été reçu en grande pompe à Bruxelles. Logiquement, pour s’attirer les bonnes grâces des institutions, les Grecs auraient dû se tourner vers ce parti. Ce n’est pas le cas, et ceci traduit une défiance profonde envers une Europe qui reste un choix pour les Grecs, mais un choix bien peu enthousiaste désormais.

Autre preuve de ce désarroi : la poussé de l’Union des centristes (EK), qui devrait entrer pour la première fois au parlement et qui est donné entre 3,5 % et 5 % des intentions de votes. Ce parti est celui d’un homme, Vassilis Leventis, ancien du Pasok et de ND, qui a fondé le parti en 1992 sur une ligne très anti-establishment. En janvier, son parti, qui n’avait obtenu jusqu’ici au mieux que 0,6 % des voix a gagné 1,7 % des suffrages. Il semble apparaître pour beaucoup comme une alternative au jeu politique et il devrait donc entrer cette fois à la Vouli, compliquant encore le jeu politique post-électoral.

Alexis Tsipras a surestimé sa propre popularité

Au final, Alexis Tsipras semble avoir commis plusieurs erreurs qui lui coûteront peut-être sa place à Maximou, le Matignon grec. D’abord, il a pensé que sa popularité était un socle sur lequel il pouvait compter après sa capitulation. Or, cette popularité n’a été forte que lorsqu’il a mené la résistance aux créanciers. Une fois cette résistance abandonnée, cette popularité n’avait aucune raison de persister. Son calcul qui a été de convoquer des élections rapides pour profiter du « soulagement » de l’opinion après la fin des négociations et ne pas être pénalisé par la hausse rétroactive des cotisations santé des retraités le 1er octobre a été une autre erreur. Les électeurs ne sont pas tombés dans le piège, sachant bien ce qui les attend.

Par ailleurs, Alexis Tsipras a souhaité se « débarrasser » de sa gauche pour avoir les mains libres. Son calcul était que sa gauche disparaîtrait si elle faisait sécession et serait écartée si elle restait au sein de Syriza. Là encore, l’erreur est patente : si Unité Populaire réalise un score modeste (entre 4,5 % et 5 % des intentions de vote), c’est suffisant pour peser sur l’élection et sur le score de Syriza. Si on additionne les intentions de vote de Syriza et Unité Populaire, on obtient 34 % environ, soit un niveau assez proche des 36 % de janvier. La scission de la gauche de Syriza est donc un désastre pour ce parti. Alexis Tsipras a, là encore, surestimé sa position personnelle, pensant qu’il rallierait sur son simple nom et sur son caractère affirmé de « gauche », l’essentiel des électeurs de Syriza.

Enfin, dernière erreur, l’ancien premier ministre grec a sous-estimé la déception de l’opinion, notamment après le référendum du 5 juillet. Beaucoup de Grecs refuseront de participer au vote, estimant non sans raisons que ce rituel démocratique est devenu caduc en Grèce. Et ce sera autant de voix qui manquera à Syriza.

Nouvelle crise politique

Au final, le parti d’Alexis Tsipras devrait payer un lourd tribut à ces erreurs tactiques. La première place signifie le gain de 50 des 300 députés de la Vouli. C’est un bonus qui permet souvent, sinon d’être majoritaire, du moins d’être en position de force pour négocier une coalition. En réalité, si la situation n’évolue pas, la Grèce risque de se retrouver sans réelle majorité, comme en mai 2012.

Ni Syriza, ni l’alliance ND-Pasok-Potami ne pourront alors se retrouver capables de former une coalition. Alexis Tsipras devra alors choisir entre une « grande coalition » qui finira de détruire son dernier argument, celui d’un « gouvernement de gauche » ou de nouvelles élections, les cinquièmes en trois ans et demi. Et il est peu probable qu’alors, Syriza n’en sorte victorieuse.

En voulant appliquer tranquillement « son » mémorandum, Alexis Tsipras a sans doute signé outre l’affaiblissement de son parti, l’ouverture d’une nouvelle crise politique en Grèce. Quant aux créanciers, ils seront payés de la monnaie de leur pièce : en voulant ignorer le résultat des élections de janvier, ils ont semé les graines d’un désaveu du politique dans un pays qui n’en a guère besoin.

 
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Publié par le septembre 4, 2015 dans Uncategorized

 

L’alliance russo-chinoise va changer la face du monde

http://www.vz.ru/politics/2015/9/2/764525.html

un article passionnant traduit du russe par Marianne Dunlop pour histoire et société… l’histoire et l’avenir de deux géants qui sont une garantie de paix, notre nouveau champ d’investigation… ..

Le voyage de Vladimir Poutine à Pékin pour célébrer le 70e anniversaire de la victoire dans la Seconde Guerre mondiale sera sa 14e visite en Chine. Les relations entre les deux pays n’ont cessé de s’améliorer au cours des 15 ans de gouvernance de Poutine, mais dans les deux dernières années, la convergence de nos nations est de plus un événement majeur dans la géopolitique. L’histoire même de nos deux pays les destine à devenir les garants de la paix en Eurasie, et donc dans le monde.

Au regard de l’histoire, Russes et Hans se sont rencontrés sur les vastes espaces de l’Eurasie il n’y a pas si longtemps que ça. Les Chinois, le plus ancien peuple à avoir conservé son statut d’Etat, ont commencé à entrer en contact avec la Russie à un moment difficile pour la civilisation Han.

Si l’on excepte la courte période où ils se sont retrouvés dans un seul Etat (à la fin du 13ème siècle, Russes et Chinois faisaient partie d’une entité, qui a été d’abord été appelée le gouvernement mongol – la Horde – puis l’empire Yuan) les premiers contacts ont eu lieu il y a seulement quatre siècles, lorsque la Russie a commencé sa conquête de la Sibérie. Le premier traité a été signé il y a 325 ans, et des contacts plus ou moins réguliers ont commencé après la visite à Pékin d’une mission spirituelle de Russie en 1712.

A cette époque, la Russie s’était déjà considérablement développée vers l’est, sans aller, toutefois, jusqu’à l’océan Pacifique, et nos pays étaient devenus voisins. Cependant, seuls les confins de l’empire, où ne vivaient généralement pas les représentants de la nation titulaire, étaient en contact. Mais cela n’a pas été le principal obstacle à un rapprochement mutuel, pas plus que le caractère fermé et autosuffisant de l’Etat chinois. Il y avait deux raisons subjectives, liées aux particularités du développement de nos propres pays.

L’un d’eux était le fait qu’à cette époque, l’attention principale de la puissance russe était concentrée sur les frontières ouest et sud du pays. La partie orientale du pays, lointaine et peu développée, était vraiment difficile d’accès, et puis le choix en faveur de l’européanisation du pays, à partir de Pierre le Grand, a été décisif. Et la deuxième raison était que la Chine approchait déjà la période de crise de son histoire. Dès la fin du 18e siècle, la Chine commence à faiblir, et sa richesse est convoitée par l’Occident qui a déjà réussi à maîtriser et à soumettre quasiment le monde entier. Au 19ème siècle, la Chine a été contrainte manu militari à s’ouvrir au commerce et à l’exploitation, y compris en répandant l’opium parmi la population locale. Les principaux «découvreurs» étaient, bien sûr, les Anglais, mais les autres pays occidentaux ne sont pas fait prier pour prendre leur part.

Ce fut le début d’un siècle d’humiliation et de chaos national. La Chine avait perdu le contrôle sur le commerce, le pouvoir était affaibli, ont commencé troubles internes et rébellions. La Russie au 19e siècle s’est étendue jusqu’aux rives du Pacifique, signant avec la Chine le même genre de traité inégal que les pays occidentaux. Nous avons obtenu Primorié [connu autrefois sous le nom de Mandchourie extérieure], qui, cependant, à cette époque n’était pour ainsi dire pas habité et était plutôt considéré comme un territoire vassal de la Chine que faisant partie de l’empire. Et puis, nous avons « loué » un certain nombre de villes en Mandchourie, sur le territoire de laquelle a commencé à se construire un chemin de fer allant vers Vladivostok et vers la base navale de Port Arthur reçue des Chinois en concession.

En 1900, lorsqu’en Chine a éclaté une révolte contre les étrangers, les troupes russes, dans le cadre d’une coalition de puissances occidentales, ont pris Pékin. Il semblait que la Chine s’était définitivement transformée en une énorme semi-colonie de l’Occident et de la Russie. A vrai dire, si la Russie pénétrait en Chine, voyant les pays occidentaux y régner en maîtres – ce n’était pas tant par peur d’arriver en retard que par volonté de créer un contrepoids à la présence militaire et géopolitique des Européens sur leurs frontières orientales.

Mais bientôt, tout a changé. Après la révolution bolchevique, la Russie a commencé à se rapprocher de la Chine, qui venait de plonger pour 30 ans dans une suite d’épisodes de guerres civiles et de troubles.

Les idées d’égalité sociale et l’anti-impérialisme de l’Union soviétique ont fait de nous un pays attractif pour les Chinois – à la fois sur le plan idéologique et géopolitique. Tout d’abord, le Kuomintang nationaliste avec Sun Yat-sen, puis le Parti communiste de Mao Zedong qui combattait son successeur Chiang Kai-shek, tenaient Moscou comme un allié important. De plus, la Russie fournissait à la Chine une assistance militaire, pas pour la guerre civile, mais pour protéger sa souveraineté.

En effet, en 1931, en plus de la guerre civile, la Chine a été frappée par un agresseur extérieur : le Japon a envahi et annexé le nord-est du pays, formant l’état vassal du Mandchoukouo dirigé par l’ancien empereur chinois. La guerre civile a cependant continué et s’est arrêtée seulement en 1937, mais dans la même année, les Japonais ont pénétré plus avant dans l’intérieur de la Chine, prenant Pékin. L’URSS apportait son aide dans la guerre contre les Japonais tant au Kuomintang qu’au Parti communiste, mais les Chinois n’ont pas réussi à vaincre les samouraïs. Après l’entrée de l’URSS dans la guerre et l’offensive de notre armée en Mandchourie, le Japon a capitulé, et la Chine a été libérée.

Bien qu’en vertu du nouvel ordre mondial établi suite à la Seconde Guerre mondiale, la Chine ait été reconnue comme une grande puissance et soit devenue l’un des membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, le pays n’était pas encore sorti de sa période de chaos : la guerre civile a repris, jusqu’à la victoire du Parti communiste quatre ans plus tard. L’URSS durant tout ce temps aidait les communistes, mais en secret, car elle avait besoin de maintenir des liens avec les autorités, qui, même si elles étaient ouvertement pro-occidentales, nous ont permis de louer à nouveau la base navale de Port Arthur et les Chemins de fer de Chine orientale. La victoire du PCC fut un tournant aussi bien pour l’histoire de la Chine que pour l’équilibre des forces dans le monde.

Mao Zedong a non seulement gagné la guerre, il réunifié la Chine, s’élevant au rang de Qin Shi Huang et Kubilai, le petit-fils de Gengis Khan. Pour l’Occident, la révolution communiste en Chine, que les Américains trop sûrs d’eux croyaient déjà posséder, du fait que Chiang Kai-shek était leur allié, a été un choc. Durant quelques années aux États-Unis n’ont pas tari les débats sur qui des politiciens américains avait « perdu la Chine. » L’Occident ne savait déjà que faire de l’Union soviétique sortie gagnante de la guerre et devenue une superpuissance contrôlant la moitié de l’Europe, et maintenant un énorme empire rouge occupait la majeure partie de l’Eurasie. Qui contrôle l’Eurasie contrôle le monde – c’est la première loi de la géopolitique, formulée par les Anglo-saxons, et que les stratèges atlantistes n’oublient jamais.

En outre, le bloc sino-soviétique était non seulement géo-politique, mais aussi à dimension idéologique : l’idée communiste gagnait de plus en plus de partisans, non seulement en Europe occidentale, mais aussi dans le Tiers Monde que l’Occident était forcé de libérer de l’emprise coloniale. Les appels anti-impérialistes de Moscou et Pékin trouvaient un écho en Afrique, en Asie et même en Amérique latine.

Affronter le bloc sino-russe semblait impossible : ni la guerre américano-chinoise, sous couvert de la guerre de Corée de 1950 à 1953, ni la privation du siège de Pékin à l’Organisation des Nations Unies (les USA ont bloqué le transfert de la représentation de Taiwan à la RPC jusqu’en 1972) ne pouvaient arrêter la montée de la Chine. L’URSS a apporté une aide considérable à l’équipement de l’armée chinoise et à la construction de la nouvelle économie, la première industrialisation chinoise. En outre, toutes les acquisitions injustes du temps de l’ »humiliation nationale », comme les Chemins de fer et Port Arthur, ont été rendus à Pékin dans les plus brefs délais. Il semble que l’amitié éternelle était puissante et inébranlable, mais c’était sans compter avec le facteur personnel.

Les relations entre Mao Zedong et Nikita Khrouchtchev, surtout depuis que ce dernier était devenu en 1957 le seul dirigeant de l’Union soviétique, étaient, pour employer un euphémisme, peu satisfaisantes – il n’y avait pas de compréhension mutuelle. Mao jugeait erroné son combat contre le «culte de la personnalité» de Staline, que les Chinois appréciaient comme marxiste et géopoliticien, et aussi comme allié, en particulier quand ce combat s’est avéré franchement destructeur pour le camp socialiste et la théorie communiste.

Mao était décidé à mener une lutte acharnée contre l’impérialisme et le capitalisme mondial et appelait à accentuer la pression sur les Etats-Unis à travers le monde, entraînant avec lui tous les Partis communistes et les forces de gauche dans le Tiers Monde. De son côté, Khrouchtchev balançait entre confrontation directe contre les États-Unis et provocations d’une part, dialogue et compromis de l’autre, ce qui a engendré chez Mao des doutes quant à son idéologie et ses principes. Mao s’est alarmé aussi de la visite de Khrouchtchev aux États-Unis en 1959, en raison de laquelle le Premier ministre (sic) est arrivé un jour plus tard à Pékin pour célébrer le 10e anniversaire de la République populaire de Chine, et plus encore de sa proposition de disposer la flotte soviétique dans les ports chinois.

Khrouchtchev justifiait cela sincèrement par la nécessité de protéger la Chine contre les Américains avec leurs bases à Taiwan, au Japon et en Corée, mais en même temps il proposait à Mao de transférer aux marins soviétiques le commandement opérationnel de la nouvelle marine chinoise qui serait créée avec son aide. Mao a vu cela comme un signe de la pensée coloniale, une tentative pour subjuguer la Chine, qui contrastait avec la position de Staline, et l’a convaincu du «révisionnisme» (c.-à-d. la trahison du marxisme-léninisme avec sa lutte anti-impérialiste) de Khrouchtchev.

L’insatisfaction réciproque et les désaccords sur les questions concrètes et théoriques du monde communiste se sont accumulés. Le résultat fut le rappel de la plupart des experts soviétiques, puis un conflit idéologique sérieux, d’abord non-public, puis déclaré à partir de 1961, amenant progressivement à la rupture de toutes les relations interétatiques. Khrouchtchev est devenu pour les Chinois un révisionniste, et même son retrait de son poste à l’automne 1964 n’a pas remédié à la situation, même si le conflit avec la Chine était l’une des principales raisons de politique étrangère invoquées pour la démission forcée du « volontariste » impénitent.

L’union des deux grandes puissances eurasiennes s’est effondrée, et les conséquences de cet effondrement du bloc sino-soviétique ont été négatives pour les deux pays.

Bientôt, en 1966, la Chine est entrée dans une période de luttes internes au parti et de luttes de classe, « la révolution culturelle », et le pays s’est totalement isolé du reste du monde, limitant ses contacts à différents pays d’Afrique et d’Asie et aux révolutionnaires sympathisants du maoïsme. La Chine se posait elle-même comme le pilier de la révolution mondiale, s’adressant cette fois non seulement au tiers monde mais aussi aux pays occidentaux. Mao est devenu l’idole des émeutes de gauche en 1968 en Europe et des « Black Panther » aux Etats-Unis, mais en 1971, Kissinger a volé à Pékin et dans le triangle URSS – États-Unis – Chine se sont produits des changements révolutionnaires. Mao craignait encore l’Union soviétique, considérant à tort les successeurs de Khrouchtchev, Brejnev et Kossyguine comme des « hégémonistes soviétiques » (un synonyme marxiste allégé du terme «impérialiste»), et a décidé de se réconcilier avec Washington, avec qui il n’avait pas de contacts depuis plus de deux décennies.

C’était là l’occasion pour les Etats-Unis de jouer la « carte chinoise » contre l’Union soviétique et la « carte soviétique » contre la Chine, et de profiter de l’absence de communication et de la querelle entre Moscou et Pékin, pour construire ses relations avec les deux pays et prendre une position géopolitique gagnante. Au moment où l’Union soviétique et la Chine étaient prêtes pour rechercher la voie de la réconciliation – et cela s’est produit dans le milieu des années 80, avant même l’arrivée au pouvoir de Gorbatchev – il était trop tard pour restaurer les anciennes relations ou en construire de nouvelles.

La Chine s’était déjà lancée dans les réformes économiques pour attirer l’investissement étranger (initialement, d’ailleurs, d’origine chinoise – provenant des Huaqiao, Chinois d’Outre-mer), et en URSS, les réformes maladroites et la politique étrangère naïve de Gorbatchev avaient plongé le pays dans la crise. La visite de Gorbatchev à Pékin en mai 1989 n’a pas été un franc succès : la première rencontre au sommet depuis trente ans s’est terminée par une réplique de Deng Xiaoping, qui dans une conversation avec son secrétaire général adjoint, a traité son homologue russe d’ »imbécile. » Pas à cause de son «chauvinisme – han – de grande puissance», mais après avoir entendu le Secrétaire général disserter sur les réformes de l’Union soviétique et sa « nouvelle pensée pour le monde entier. »

Toujours en 1989, la Chine a été frappée par les sanctions américaines, et l’Union soviétique a commencé à perdre l’Europe orientale et deux ans plus tard s’est disloquée. Tout au long des années 90 la Chine a gagné en force – sans défier les États-Unis mais en renforçant sa puissance interne et en débutant son expansion économique dans les pays en développement (à la recherche de matières premières). Les élites russes tentaient de faire partie du monde occidental, tandis que la Chine voyait notre pays seulement comme un partenaire commercial, en essayant de tirer pour elle-même des leçons de l’effondrement rapide du communisme dans son ancien bastion.

Même si nous avions un intérêt commun à empêcher la pénétration des USA en Asie centrale, nos pays ne pouvaient pas être alliés : la défiance de Pékin vis-à-vis du manque d’indépendance des autorités russes en matière géopolitique et l’orientation de la classe dirigeante russe vers l’Ouest, ne laissaient aucune place pour des relations stratégiques. Par conséquent, même Evgueni Primakov, avec son concept de l’axe Moscou – Delhi – Pékin, et Boris Eltsine, avec son célèbre  » il en sera comme nous auront dit Jiang Zemin et moi, ce n’est pas Bill Clinton qui va décider », lancé à Pékin trois semaines avant sa démission du poste de président, tout cela n’était que des allusions au fait que les relations entre les deux pays pourraient se développer tout à fait différemment.

Vladimir Poutine a construit durant les premières années une relation purement économique avec la Chine. Celle-ci d’ailleurs n’était pas encore mûre à ce moment pour annoncer ouvertement ses ambitions mondiales. Hu Qingtao, à la tête du pays dans les années 2000, était un dirigeant prudent et effacé, comme l’exigeait cette époque d’accumulation des forces. Parvenu au pouvoir en 2012, Xi Jinping est d’un tout autre type – c’est le plus puissant dirigeant chinois depuis Mao et Deng. Et, plus important encore, la Chine elle-même est entrée dans une phase ascendante vers l’apogée de sa puissance – l’année du « rêve chinois » est depuis longtemps fixé à 2020. Le retour de Poutine au Kremlin et l’élection du président de la Chine Xi ont par hasard coïncidé dans le temps, mais l’aggravation des relations de la Russie et de la Chine avec les Etats-Unis était tout à fait naturelle.

Poutine a annoncé officiellement un virage à l’Est après le début du conflit avec l’Occident à cause de l’Ukraine, mais les relations stratégiques avec la Chine et la priorité au développement de l’Extrême-Orient avaient déjà été annoncées dans ses articles pré-électoraux début 2012. L’instauration d’un partenariat stratégique était prédéterminé par les objectifs géopolitiques communs des deux Etats – la nécessité non seulement de résister à la politique d’endiguement, que les Etats-Unis appliquent aussi bien envers la Chine (jusqu’à présent dans une forme légère) qu’envers la Russie (plus brutale), mais aussi de commencer à travailler sur la création d’une nouvelle architecture mondiale – financière, économique, et géopolitique. Et qui a pour vocation de remplacer le monde à l’américaine qui s’écroule sous nos yeux, et dont la démolition, que l’on espère la plus en douceur possible, est essentielle pour la poursuite du développement de la Russie et de la Chine.

Mais ce ne sont pas seulement les intérêts pragmatiques qui ont cimenté l’union des deux grands voisins – nous sommes unis aussi par des attitudes éthiques semblables qui sont à la base des codes spirituels de notre civilisation (qui, incidemment, se manifestent à travers l’engouement des Chinois pour les films de guerre soviétiques, comme « Les Aubes ici sont calmes « ). Bien sûr, pour que la plupart, et des Russes, et des Chinois soient convaincus qu’il en est ainsi, il est nécessaire de surmonter les stéréotypes imposés par la matrice globale, redoubler d’efforts pour la reconnaissance mutuelle. En ce qui concerne les relations entre les deux dirigeants, non seulement leurs qualités personnelles, mais aussi leur compréhension de l’expérience de l’union des années 50, y compris les raisons à la fois objectives et subjectives de son effondrement, va leur permettre de construire une meilleure base pour les relations entre les deux pays.

Si Poutine et Xi réussissent à renforcer l’alliance géopolitique par un élan de sympathie mutuelle entre les deux civilisations qui mettent les valeurs spirituelles au-dessus des valeurs matérielles, une telle alliance peut être non seulement durable, mais aussi beaucoup plus forte que celle des années 50. Autrement dit, un point d’appui qui modifiera réellement le monde.

Texte: Piotr Akopov

 

 
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Publié par le septembre 3, 2015 dans Asie, Europe

 

De Marianne et des communistes espérantistes

Danielle,
Voici un petit message reçu de la communauté espérantiste communiste (voir photo):
Dans le ville de Szeged, au sud de la Hongrie, le Maire de la ville (à majorité de droite) a dû renoncer à faire appliquer un décret municipal visant à débaptiser la place Joukov (en application des lois de « décommunisation »). La population s’opposait énergiquement au changement de nom.
—– Mail transféré —–
De: János Petik kitepsonaj@gmail.com [ikek] <ikek@yahoogroups.com>
À: ikek <ikek@yahoogroups.com>
Envoyé: Tue, 01 Sep 2015 06:09:38 +0200 (CEST)
Objet: [ikek] ghojiga novajho
Lakossági tiltakozás miatt nem cserélte le korábban a jobboldali többségű közgyűlés a Zsukov tér nevét.
 
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Publié par le septembre 2, 2015 dans Uncategorized

 

Réflexion rapide entre deux colis à propos des « Fronts »

Je viens de lire : la logique des fronts de Jacques Sapir, il a au moins le mérite de dire l’essentiel, à savoir que l’on choisit entre le socialisme ou une union des contraires en vue de l’émancipation nationale et il oppose de fait les illusions trotskistes à la nécessité historique représentée par diverses expériences historiques dans lesquelles on retrouve les partis communistes. C’est séduisant mais complétement erroné… Il n’a pas tort en ce qui concerne les illusions trotskistes qui justement actuellement se combinent très bien avec les expériences anti-impérialistes les plus suspectes… Mais il reste lui aussi marqué par la période qui privilégie les hommes providentiels pour éviter la question de la démocratie, c’est-à-dire une organisation capable de donner toute sa force aux victimes de cette crise du capital.
Je n’ai pas le temps de développer tant je suis débordée mais je crois que l’on gonfle les dites expériences, par exemple celle du gaullisme et des communistes. Le gaullisme a été à l’origine de tous les problèmes rencontrés aujourd’hui y compris l’abominable constitution, l’alliance franco-allemande et atlantique… Son seul but a été la réduction du PCF, la fin de toute hypothèse socialiste pour la France… Dans un temps où la bourgeoisie nationale cherchait à se refaire une vertu…
Autre chose dite rapidement : Syriza et la Grèce sont la dernière expérience en date d’un Front tel que l’entend Sapir : sauver la nation sans recourir à des choix socialistes… Quand je serai sortie de ce foutu déménagement je pourrai coucher sinon sur le papier au moins sir la page du blog quelques réflexions favorisées par cet harassant travail manuel, mais disons qu’il faut se garder comme la peste des fausses solutions qui ne cherchent qu’à poursuivre l’idée de destruction d’une force réellement communiste c’est-à-dire capable d’unir internationalisme et souveraineté sur des bases de classe antimonopoliste.
L’électoralisme ambiant autant que l’incapacité à construire cette force donne son seul crédit à cette manière d’aller dans le mur… Aussi révolutionnaire que les pitreries d’un Montebourg…
Danielle Bleitrach
Il est vrai que toute la réflexion actuelle tente d’éliminer cette dimension de classe. Mais si on note que la migration qui grandit est actuellement celle des « élites », par exemple les Syriens, des gens formés dans leur pays avec de hauts niveaux de qualification, qui dit que c’est un drame pour la Syrie que cet exode, drame qui ne fait que prolonger et accroître la destruction du pays et son sous-développement, une stratégie qui est celle des pays occidentaux et de leurs alliés saoudiens.
 
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Publié par le septembre 2, 2015 dans Uncategorized

 

Pékin a appelé les médias de la Russie et de la Chine à briser le monopole de l’Occident

 

28 août 2015 Photo: Michael Pochuev / TASS

http://www.vz.ru/news/2015/8/28/763658.html

Les médias russes et chinois doivent «briser le monopole de l’Occident au droit de parole dans les affaires internationales », a déclaré l’ambassadeur de Chine en Russie Li Hui.

Selon lui, les médias « de nos deux pays devraient élaborer un plan stratégique pour l’avenir, enrichir le contenu de leur coopération », rapporte Tass.

Dans le même temps, les médias de masse de la Russie et la Chine doivent « promouvoir à tous les niveaux le dialogue et l’échange de produits de presse, l’échange d’experts, partager les progrès technologiques, mener conjointement des interviews, prévoir ensemble la préparation et la diffusion de documentaires, » a-t-il dit.

L’ambassadeur chinois a noté que le forum des médias sino-russes qui a eu lieu en juin de cette année à Saint-Pétersbourg « a jeté une bonne base pour la tenue d’Années croisées entre les médias russes et chinois. »

« Renforcer la coopération et les échanges médiatiques entre les deux pays est extrêmement important et nécessaire, c’est une partie importante de la coopération humanitaire sino-russe », – a dit Li Hui.

L’ambassadeur a déclaré que les médias russes et chinois peuvent travailler ensemble »pour donner leur interprétation des événements mondiaux importants et des problèmes d’actualité régionaux» qui aideront à « briser le monopole absolu de la parole de l’Occident dans les affaires internationales. »

Il a rappelé que « la Chine et l’Union soviétique ont joué un rôle décisif dans la Seconde Guerre mondiale, ont apporté une contribution exceptionnelle à cet événement historique immortel que représente la Victoire sur le fascisme. »

Le diplomate a souligné qu’il est « inacceptable de falsifier l’histoire, de fausser la justice, d’oublier les héros. » La Chine, a dit Li Hui, est fermement opposée « à toute tentative de falsifier l’histoire de la Seconde Guerre mondiale, avec pour but de remettre en cause l’ordre mondial d’après-guerre. »

Le diplomate a noté que «certains États… tentent vainement de brouiller les lignes entre le bien et le mal, quand le noir est appelé blanc, l’agression appelée lutte pour la justice, et que les criminels de guerre se font passer pour des héros. »

« La Victoire dans la Seconde Guerre mondiale fut une victoire de la justice sur le mal, de la lumière sur les ténèbres et du progrès sur la réaction, c’est pourquoi cette guerre peut vraiment être appelée la Grande guerre, » – a déclaré Li Hui.

« La Chine est prête à travailler avec toutes les parties pour montrer au monde notre détermination à défendre les résultats de la Seconde Guerre mondiale et de la justice internationale », – a déclaré le diplomate, se référant à la tenue à Pékin de la parade à l’occasion du 70e anniversaire de la Victoire.

Selon lui, « cette parade a pour vocation de démontrer la détermination et les possibilités du peuple chinois pour la protection de la paix, et n’est pas une démonstration « pure» de sa force militaire. »

« En outre, il ne peut être question d’une quelconque menace pour l’Asie et le monde », – a ajouté le diplomate.

Li Hui a souligné que le but de la parade sur la Place Tiananmen est d’ « évoquer une fois de plus les héros qui ont sacrifié leur vie pendant la guerre, rappeler la résistance du peuple chinois au Japon et commémorer tous ceux qui ont contribué à la victoire dans cette guerre. »

Les activités commémoratives permettront « d’exprimer la ferme volonté du peuple chinois de protéger la souveraineté de l’Etat, l’intégrité territoriale et la paix dans le monde. »

« 70 ans après, le peuple chinois chérit encore plus la paix et la stabilité qui ont été obtenues avec tant de mal, et en collaboration avec la communauté internationale défend toujours l’ordre mondial d’après-guerre, » – a déclaré l’ambassadeur, ajoutant que l’ordre du monde est fondé sur «le rôle central de l’Organisation des Nations Unies, les buts et principes de la Charte» de l’organisation.

« La partie chinoise, guidée par des sentiments sincères, a envoyé des invitations aux organisations internationales et aux dirigeants des pays concernés – a dit Li Hui. – À la fin, (elle) a reçu une réponse positive de la part de nombreux dirigeants de pays et organisations internationales « .

En 2015, la Chine marque avec éclat le 70e anniversaire de la victoire du peuple chinois dans la guerre de résistance contre le Japon, ainsi que le 70e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale. Sur la place centrale de Tiananmen à Beijing le 3 Septembre aura lieu un défilé militaire à grande échelle, ainsi qu’un certain nombre d’autres célébrations. Le défilé sera formé par environ 12 000 soldats et 700 pièces d’équipement.

Le Vice-ministre chinois Cheng Guoping a déclaré que lors de ces célébrations à Beijing l’hôte le plus honorable et distingué sera le président de Russie Vladimir Poutine.

 
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Publié par le septembre 2, 2015 dans Asie, Europe, medias

 

Dernière minute

Je suis en plein déménagement, peintures et travaux dans mon nouveau logis… La rentrée scolaire des petits-enfants, les problèmes amoureux de l’aîné qui a terminé aux urgences dans le coma parce qu’il ne supporte plus la pression de sa copine, des conneries d’ado mais que j’ai du mal à pardonner à ce garçon pourtant intelligent… Ma mère toujours heureuse dans sa maison de retraite mais pour qui des problèmes buco-dentaires prennent des allures d’apocalypse qu’il faut régler dans l’instant. Hamid mon seul soutien, l’adulte responsable et efficace, un des rares que je connaisse, qui doit d’urgence se soigner à cause d’un ganglion… le tout tandis que je remplis des cartons… Je suis prête à tout jeter c’est d’ailleurs ce que j’ai fait pour bon nombre de revue et de papiers, je passe aux meubles usagés vers la déchetterie… La terrasse qu’il faut continuer à arroser pour lui conserver sa luxuriance et le chat qui vit ses derniers instants de bonheur avec sa grasse et poilue amoureuse.
L’idée d’aller à la fête de l’Humanité dans un tel contexte me parait de l’ordre de l’onirique… J’ai à peine le temps de me tenir au courant et j’attends de voir les réactions à cette fête, les militants présents vont-ils se faire avoir par cette danse du ventre devant les élections régionales? En filigrane cet exode terrible et provoqué par l’inconséquence occidentale, la vision atroce de ce camion bourré de femmes, d’enfants, d’hommes étouffés me fait penser  à ces camions dans lesquels les nazis gazaient leurs victimes juives sur les routes de l’Ukraine… Je me dis jusqu’où irons- nous dans le retour à l’horreur?
Mais j’y serai et j »espère que cela inaugurera d’autre temps.
Danielle
Il existe à jamais en moi (et c’est pour cela que j’ai écrit ce livre sur le nazisme jamais éradiqué) de ce temps où personne ne voulait de moi… Alors que chacun savait que la mort était la seule issue pour les miens, mes grands parents trouvèrent néanmoins refuge à Cuba et ils finirent leur jours comme Cubains… On les appelait les « Polaks »…

En 1939, quasiment au moment de ma naissance l’Amérique fermait ses frontières à 937 réfugiés juifs, non seulement l’Amérique mais sa colonie qu’était alors Cuba… gouverné par des dictateurs à sa solde, la mafia y tenant son quartier général…

À l’heure où l’Europe ferme ses frontières aux réfugiés, il est bon de se rappeler cet épisode de 1939 où un bateau de plus de 900 réfugiés juifs fut prié de retourner en Europe, sous le régime nazi.

Le 13 mai 1939, le Saint-Louis, paquebot transatlantique allemand, quitte le port de Hambourg. À son bord, 937 passagers. La grande majorité d’entre eux sont des juifs allemands fuyant le Troisième Reich.

Persécutés–quelques mois auparavant avait lieu la Nuit de Cristal, pogrom où une centaine de juifs furent assassinés–, ils ont réuni l’argent nécessaire pour un visa et un aller simple sur le Saint-Louis dans l’espoir de trouver refuge en Amérique.

Réfugiés d’Allemagne nazie embarqués sur le Saint-Louis | US Holocaust Memorial Museum

Mais, alors que leur paquebot appareille dans le port de la Havane, les autorités cubaines ne les autorisent pas à débarquer. Hostile envers les juifs, «le pays souffrait en plus d’une dépression économique et beaucoup de Cubains n’appréciaient pas du tout le nombre relativement grand de réfugiés […], qui étaient perçus comme des concurrents pour les rares emplois», rapporte l’Encyclopédie multimédia de la Shoah. Seuls vingt-neuf d’entre eux sont autorisés à rester sur le sol cubain.

Quotas de réfugiés

Un câble est envoyé au président Franklin D. Roosevelt, lui demandant de leur accorder l’asile. Il ne reçut jamais de réponse

Après Cuba, le Saint-Louis tente sa chance aux États-Unis. Le bateau navigue si près des côtes de la Floride que les passagers aperçoivent les lumières de Miami. Un câble est envoyé au président Franklin D. Roosevelt, lui demandant de leur accorder l’asile. Il ne reçut jamais de réponse.

Passagers bloqués au port de La Havane | via Wikimedia Common (domaine public)

À l’époque, la presse américaine s’est largement fait l’écho de la situation critique des passagers du Saint-Louis. Mais l’Acte d’immigration de 1924, mis en place aux États-Unis, limitait le nombre de réfugiés pouvant être admis chaque année. À l’été 1939, le quota était déjà atteint.

Les Américains, quoique compatissants vis-à-vis des réfugiés et indignés par la politique du régime nazi, soutiennent ces restrictions à l’immigration. La crise économique de 1929 venait de passer par là, laissant des millions d’Américains au chômage, et l’arrivée d’immigrés était vue comme une menace sur les derniers emplois disponibles.

Souvenir honteux

Le Saint-Louis a dû faire demi-tour pour l’Europe, alors sous la botte nazie. Beaucoup de ses passagers furent victimes des camps, comme les membres de cette famille, tous tués à Auschwitz, rapporte le site News:

Le Saint-Louis a dû faire demi-tour pour l’Europe, alors sous la botte nazie. Beaucoup de ses passagers furent victimes des camps

Une famille pose sur le pont du Saint-Louis | United States Holocaust Memorial Museum

Le souvenir honteux du paquebot Saint-Louis, désormais immortalisé dans les musées de l’holocauste à travers le monde, n’est pas sans rappeler la situation critique de l’Europe.

La Méditerranée est devenue un cimetière marin, avec plus de 30.000 migrants morts depuis 2000 lors du naufrage de leur embarcation, tandis qu’à Calais les réfugiés tentent de forcer l’entrée du tunnel sous la Manche au péril de leur vie. Pendant ce temps, les pays européens hésitent sur la marche à suivre pour gérer cet afflux de migrants et de réfugiés fuyant la guerre dans leur pays.

Faut-il leur ouvrir toutes grandes les portes de l’Europe? Faut-il se protéger avec encore plus de barbelés? L’opinion oscille entre bonne volonté utopique et xénophobie voilée. Il n’existe aucune solution simple, mais conclut le site Project Syndicate, «se rappeler du sort des juifs d’Europe dans les années 1930 devrait au moins nous obliger à ne pas faire preuve d’indifférence envers le sort de ceux qui n’ont nulle part où aller».

 
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Publié par le septembre 1, 2015 dans Uncategorized

 

Nouvelles

ce blog est entré en silence temporaire non que les auteurs ne soient sollicitées par l’actualité mais il s’avère que Danielle Bleitrach est en plein déménagement, elle quitte pour des raisons de famille Aix pour Marseille… L’installation définitive aura lieu le premier octobre, date à la quelle Marianne et elle se rendront d’abord à Nimes puis à Béziers pour assurer des débats autour de leur livre URSS, vingt ans après, qui en est à sa deuxième édition avec carte , nouvelles photos et corrections.

Entre temps nous nous rendrons à la fête de l’Humanité où nous serons présentes à la cité& du livre mais aussi à d’autres stands qui nous ont invitées. Nous laisserons à la table des auteurs nos lieux de rendez-vous. Nous espérons de nombreuses rencontres.

Dansielle Bleitrach signera également son nouveau livre sur Fritz Lang et Bertolt Brecht: le nazisme n’a jamais été éradiqué.

Nous avons prévu pour novembre un voyage dans le Donbass, mais nous sommes en train de préparer pour le début de l’année 2016, un grand voyage dans le nord de la Chine jusqu’à la frontière coréenne dont le thème est : « qu’Est-ce que signifie le communisme pour le peuple chinois?  » Marianne bien sur parle chinois et nous poursuivrons nos interview…  C’est dire si les événements actuels  concernant la Bourse chinoise nous passionnent, nous travaillons beaucoup…

Danielle Bleitrach

 
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Publié par le août 26, 2015 dans actualités, mon journal

 
 
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