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Déclaration du Comité central du Parti Communiste de Grèce (KKE) sur le nouvel accord – mémorandum


Le KKE appelle les ouvriers, les employés, les couches populaires pauvres, les retraités, les chômeurs et les jeunes, à dire un véritable et inflexible, grand « NON » à l’accord – mémorandum, qui a été signé par le gouvernement de coalition de SYRIZA-ANEL avec l’UE-BCE-FMI et à lutter contre les mesures sauvages qu’il inclue dans les rues et sur les lieux de travail. Ces mesures vont s’ajouter à la barbarie des mesures des précédents mémorandums. Ils doivent organiser leur contre-attaque pour que les gens ne soient pas poussés à la faillite complète. Ils doivent renforcer le mouvement syndical, l’alliance populaire, afin de frayer la voie pour libérer le peuple une fois pour toute du pouvoir du capital et des unions impérialistes qui les conduisent à toujours plus de conditions barbares.
Pas un jour, pas une heure, ne doit être gaspillée. Maintenant, sans attendre, l’activité du peuple doit être intensifiée sur les lieux de travail, usines, hôpitaux, services, quartiers, par les syndicats, les Comités de Lutte, les comités populaires et les comités de solidarité et d’assistance sociale. L’accord conduira à une nouvelle réduction significative du revenu de la population et à l’écrasement des droits des travailleurs et du peuple. Il légitime et donne le feu vert aux licenciements, à l’extension du travail non rémunéré, au chômage technique et à d’autres mesures antitravailleurs, prises par les gros employeurs dans la période récente en utilisant les restrictions sur les opérations bancaires.
Le peuple ne doit pas permettre que prévale la complaisance, l’intimidation, le fatalisme, le climat d’ « unité nationale » frauduleuse et les faux espoirs, encouragée par le gouvernement, les autres partis bourgeois, les médias, divers autres centres de la classe dominante, ainsi que les organes de l’UE. Tous appellent le peuple à accepter le mémorandum Tsipras et à se sentir soulagé, parce que, prétendument, le pire scénario a été évité.
Le nouveau mémorandum Tsipras est composé d’une série de sévères mesures anti-populaires, qui vont aggraver ce qui déjà est insupportable dans les précédents mémorandums et dans l’application des lois qui ont été adoptées par les gouvernements ND-PASOK. Il porte déjà le cachet de ND, de POTAMI et du PASOK, parce que la déclaration conjointe qu’ils ont signée et leurs votes au Parlement ont donné mandat et carte blanche au gouvernement pour mettre au point de nouvelles mesures barbares accompagnant l’accord. L’attitude d’une grande partie des médias privés est aussi révélatrice, qui après avoir accusé SYRIZA de prétendument vouloir mettre la Grèce hors de la zone euro par le biais du référendum, applaudit aujourd’hui ses choix, le louant d’être « revenu » au réalisme.
Aujourd’hui, les partis du NON (SYRIZA-ANEL) et les partis du OUI (NDPOTAMI-PASOK) demandent au gens de dire OUI à un nouveau mémorandum, qui va faire peser de nouvelles charges sur la classe ouvrière et les pauvres et incluant des mesures anti-populaires comme celles qui avaient été rejetées par la grande partie du peuple grec au référendum.
Le gouvernement accable essentiellement la population avec un nouveau prêt d’une valeur de 86 milliards d’euros et des mesures sauvages qui l’accompagnent, comme la poursuite de la réduction du revenu de la population, des lourds impôts, le maintien de ENFIA (la nouvelle taxe sur la propriété), une importante augmentation de la TVA sur les articles de consommation des masses populaires et la taxe de solidarité, la réduction des pensions, la mise en œuvre d’un nouveau régime de sécurité sociale encore pire, la suppression graduelle de EKAS (pensions complémentaires pour les retraités pauvres), des privatisations, des mesures de la  » trousse à outils  » de l’OCDE etc.
Les mêmes chantages et dilemmes sont utilisés contre le peuple que ceux employés à plusieurs reprises depuis maintenant 5 ans, pour lui faire accepter ces mesures : un nouveau mémorandum encore plus dur ou la banqueroute de l’État, via un grexit? Le même dilemme était posé pour les mémorandums 1 et 2 et chaque fois répété avant qu’une tranche [des prêts] ne soit versée. Chaque fois le peuple a été sommé de choisir le « moindre mal », pour en définitive avoir un mal plus grand. Le gouvernement de coalition SYRIZA-ANEL utilise aujourd’hui la même tactique et la même rhétorique.
Le gouvernement a rendu de précieux services au système, comme celui dès le premier moment d’avoir « habillé » son compromis avec des slogans de gauche et sous le masque de la dignité. Il a posé de faux dilemmes contre le peuple, dans une période où l’opposition à l’UE devrait avoir acquis un contenu radical et conduire au rejet de la voie de développement capitaliste qui va de paire avec la participation de notre pays à des alliances inter-état impérialistes, qui sont toujours des alliances formées sur la base de l’inégalité des relations entre États. Il a organisé un référendum avec une fausse question puis transformé plus tard le « non » en « oui » à un mémorandum plus barbare.
SYRIZA a consciemment exploité l’aspiration du peuple à l’abolition des conséquences des deux mémorandums, ce qui signifie qu’il faudrait au moins une récupération des pertes subies par les couches populaires. Il a exploité la vision et les rêves des gens de gauche et radicaux qui aspiraient à un gouvernement de « gauche », « pro-populaire ». Il a utilisé l’inévitable dévaluation de la politique de ND et du PASOK afin de pouvoir former le gouvernement. Aujourd’hui, par l’intermédiaire du nouveau mémorandum, il fournit « l’absolution des péchés » pour les mémorandums de ND-PASOK.
Il a utilisé la démagogie populaire, ainsi que son engagement public pour le grand capital dont il appuie le rétablissement de la rentabilité et le mettra en mesure de restreindre le regroupement et le rétablissement du mouvement ouvrier – populaire. Il a gagné la tolérance et même l’appui de la composante de base de la classe bourgeoise en Grèce, aussi bien que des centres impérialistes étrangers, comme les États-Unis. Les alliances avec les USA, la France, l’Italie, dont le gouvernement est fier, ne sont en aucune manière un  » bouclier  » pour les intérêts du peuple. En réalité, il s’agit de « poids mort » qui fait glisser la classe ouvrière et les couches populaires dans les confrontations dangereuses et aigues entre impérialistes.
Le KKE dès le début a dénoncé et démontré que SYRIZA ne voulait pas et n’était pas en mesure de préparer le peuple à l’affrontement contre les mémorandums et les monopoles, grecs et européens, précisément parce qu’il n’a aucune orientation pour la résistance et les conflits. Au contraire, il a fait ce qu’il pouvait pour garder les gens passifs, pour qu’ils s’assoient et attendent de voter leur « vote de protestation » aux élections. Il a trompé le peuple en prétendant qu’il pourrait ouvrir la voie pour des changements pour les masses populaires, dans le cadre de l’alliance prédatrice de l’Union Européenne.
La plate-forme gauche de SYRIZA et tous ceux qui tentent de masquer leurs énormes responsabilités derrière leurs « abstention » ou « présence » au Parlement ont joué un rôle particulier dans la manipulation du mouvement, dans la prise au piège des radicaux. Ces forces essaient de se sauver elles-mêmes politiquement et jouer un nouveau rôle dans le confinement du radicalisme et dans l’intégration du peuple dans le système, préparant une nouvelle politique « d’amortisseur des chocs », rôle qu’a joué l’ancien parti « Synaspismos » dans le passé.
4. Aujourd’hui spécialement, certaines conclusions précieuses pour le peuple ne sauraient être oubliées:
La négociation « difficile » a été depuis le début un champ de mines pour les intérêts populaires, tout comme il a servi l’objectif du capital de rétablir sa rentabilité. La participation de la Grèce à l’UE et à la zone euro demeure le choix stratégique du capital grec et elle est caractérisée par des conditions inégales, qui existent objectivement dans de telles alliances impérialistes. Dans le cadre de ces alliances, l’État grec est obligé de faire des compromis avec les centres plus forts, comme l’Allemagne, rejetant les conséquences de ces relations inégales sur le dos des travailleurs.
Ces développements constituent l’expression la plus claire de l’échec de la soi-disant « gauche renouvelée » ou « gauche gouvernementale », de la théorie que l’Union européenne pourrait modifier son caractère monopoliste et anti-populaire. Ils soulignent l’échec de la soi-disant ligne « anti-mémorandum » promouvant l’objectif social-démocrate bourgeois de la reconstruction de la production, sans changements radicaux au niveau de l’économie et du pouvoir.
La ligne de combat du KKE et sa position solide et constante, rejetant la participation à de tels « gouvernements de gauche « , qui sont en réalité des gouvernements bourgeois de gestion, a été confirmée.
Dans l’ensemble, les processus de recomposition du système politique bourgeois se sont accélérés après les développements récents. Que ce soit par le biais d’un remaniement et d’un possible élargissement de la base du gouvernement ou par le biais d’élections et la création de nouveaux partis et des  » amortisseurs des chocs ». En tout état de cause, l’offensive contre le KKE est le choix cohérent du système, pour que l’indignation du peuple ne converge pas avec la ligne de lutte anticapitaliste et antimonopoliste. Une nouvelle alliance anti-populaire de « bonne volonté » a été dressée contre le peuple afin de faire obstacle à tout esprit de résistance et d’émancipation. Aujourd’hui, l’intensification de la répression de l’Etat et du patronat relève la tête férocement, tout comme augmente l’autoritarisme, afin d’empêcher l’organisation du mouvement ouvrier et de ses alliés et le développement de la lutte des classes.
Le fait que le départ d’un pays de la zone euro ait été posé pour lapremière fois avec une telle intensité et directement, est due à l’exacerbation des contradictions internes et à l’inégalité des économies de la zone euro, à la concurrence entre les anciens et les nouveaux centres impérialistes, qui sont apparus après la contre-révolution dans les pays socialistes. Ces problèmes se sont aiguisés dans le contexte de la prolongation de la crise économique en Grèce et ailleurs. Les tendances à la division se sont renforcées, soutenues par les forces politiques bourgeoises qui veulent une zone euro des pays ayant des économies plus fortes. C’est une tendance très forte en Allemagne, relayée par des forces dirigeantes au sein du FMI, pour leurs propres raisons et intérêts, qui conduit à l’exacerbation des contradictions à l’intérieur de la zone euro. Des contradictions inter-impérialistes se sont manifestées à l’intérieur de la zone euro, principalement entre l’Allemagne et la France, mais également entre les États-Unis et l’Allemagne et d’autres puissances impérialistes en ce qui concerne la question du maintien de la Grèce dans la zone euro. Les USA sont intervenus, souhaitant limiter l’hégémonie de l’Allemagne en Europe, sans pour le moment vouloir la dissolution de la zone euro.
Les contradictions et les développements dans la zone euro, dans l’UE dans son ensemble, n’ont pas été réglés par le compromis temporaire d’aujourd’hui et la ratification de l’accord entre la Grèce et la zone euroFMI. La tendance reste forte, qui laisse la possibilité d’un grexit ouvert, pour restructurer la zone euro, avec l’approfondissement des mécanismes pour une politique économique unifié, et aussi des règles plus strictes et des mécanismes de contrôle concernant le solde positif entre l’état des dépenses et des revenus. En tout cas, ce n’est pas par hasard que la France et l’Italie, qui ont résisté au choix de la sortie de la Grèce de la zone euro, sont des pays ayant des déficits élevés et des dettes et qui cherchent un assouplissement de l’application stricte des règles.
La confrontation sur la question de la dette est un résultat de ces contradictions. Le gouvernement, en accord avec le FMI et l’USA, a élevé l’ajustement de la dette comme objectif ultime de la population, à tous prix et au détriment des intérêts du peuple. Dans le même temps, il demande un nouveau prêt de 86 milliards d’euros qui fera augmenter la dette. Il veut que le peuple accepte les mesures anti-populaires au nom d’un nouveau système de gestion de la dette, ce qui, à chaque fois que cela s’est produit dans le passé, s’est accompagné par des attaques contre les droits des travailleurs et des masses populaires. Le capital sera le seul bénéficiaire du financement sous la forme d’un nouveau prêt – dette ou via son extension.
Pour une réelle solution en faveur du peuple il faut une véritablerupture, qui n’a aucun rapport avec la caricature de rupture invoquée par des forces à l’intérieur et à l’extérieur de SYRIZA qui promeuvent la Grèce capitaliste de la drachme comme le moyen de trouver une sortie. L’option de quitter l’euro et d’adopter une monnaie nationale, dans le cadre de la voie de développement capitaliste, est une option antipopulaire soutenue par d’importants secteurs de la classe bourgeoise en Allemagne, sur la base du « plan Schauble », ainsi que dans d’autres États membres de la zone euro, et par d’autres forces réactionnaires. Aujourd’hui, des secteurs du capital dans notre pays sont séduits par ce choix, espérant de plus grands profits immédiats.
Ceux qui prétendent que la sortie de la Grèce de la zone euro, avec une dévaluation de la monnaie, imprimerait un élan à la compétitivité et à la croissance avec des conséquences positives pour le peuple sont engagés dans une supercherie délibérée. Quelle que soit la croissance capitaliste qui sera atteinte dans l’avenir, elle ne sera pas accompagnée par le recouvrement des salaires, pensions, droits et pour cette raison elle ne profitera pas aux masses populaires. Elle mènera à de nouveaux sacrifices du peuple sur l’autel de la compétitivité des monopoles.
La Grèce capitaliste avec une monnaie nationale ne constitue pas une rupture en faveur du peuple. Les forces politiques qui favorisent un tel objectif comme une solution ou comme un objectif intermédiaire à des changements radicaux (plate-forme de gauche de SYRIZA, ANTARSYA, etc.) jouent objectivement le jeu de secteurs du capital.
Ce choix n’entraînera pas le niveau de vie relativement meilleur des années 1980 et 1990, comme certains le prétendent. Les lois de l’exploitation capitaliste, la concurrence monopoliste implacable « règnent ». Les engagements auprès de l’UE et de l’OTAN vont serrer la « vis ». Les lois barbares des prêts bénéficient véritablement sur tous les marchés monétaires, aux banques et aux fonds d’investissement tant dans l’actuelle alliance impérialiste que dans d’autres (comme BRICS). En tout état de cause les politiques anti-populaires sont mis en œuvre tant dans les pays de l’euro que dans les pays capitalistes avec des monnaies nationales, dans des pays puissants comme la Chine, la Grande-Bretagne, la Russie comme des plus faibles, comme la Bulgarie et la Roumanie.
Les slogans au sujet de la prétendue dignité pour la « pauvre mais fière Grèce qui résiste aux puissants » visent à cacher la vérité à la population et à la subjuguer à la barbarie. Les gens ne peuvent pas se sentir fiers, quand les richesses qu’ils produisent sont volées et quand ils sont ruinés afin de sauver le système capitaliste de la crise, dans l’euro comme en dehors.
C’est une chose que les gens choisissent eux-mêmes de quitter l’UE, consciemment et activement, en prenant entre leurs mains en même temps les clés de l’économie et le pouvoir, et une autre complètement différente, pour un pays de se retrouver en dehors de la zone euro, en raison des contradictions et de la concurrence des capitalistes. La première constitue une solution alternative en faveur de la population et chaque sacrifice en vaut la peine, la seconde mène à la faillite du peuple par un autre moyen.
7. La proposition politique du KKE — propriété sociale, désengagement de l’UE et l’OTAN, annulation unilatérale de la dette, avec le pouvoir des travailleurs et des masses populaires — s’adresse aux salariés et aux couches populaires, à la jeunesse et aux femmes des familles de la classe ouvrière et des couches populaires, aux pensionnés, parce que ces forces étaient et sont les véritables forces motrices de la société. La prospérité sociale peut être assurée sur la base de leur travail, sans chômage, sans faim, sans misère, sans exploitation. Ce qu’il faut, c’est qu’ils deviennent les protagonistes de l’évolution sociale et politique, qu’ils agissent pour leurs propres intérêts, pour leurs propres existences, avec le KKE contre le pouvoir de leurs exploiteurs.
Rien n’a jamais été accordé par les exploiteurs et leur État. Le pouvoir des travailleurs et des masses populaires ne sera pas octroyé par le système politique bourgeois ou par quelque parti  » de gauche « , il doit être conquis. Le chemin pour un réel changement dans le rapport des forces en faveur de la majorité des travailleurs et des masses populaires, demande que le peuple se rassemble autour du KKE et que le KKE se renforce partout, surtout sur les lieux de travail et dans les quartiers populaires.
Le renforcement global du KKE et des forces s’unissant à lui est un préalable au regroupement du mouvement ouvrier et à la formation d’une solide alliance populaire, qui mènera des luttes concernant tous les problèmes du peuple, demandant des mesures d’aide immédiates, la récupération des pertes, avec une orientation stable de lutte contre les monopoles et le capitalisme.
Sa formation et son renforcement dès aujourd’hui peuvent aider au changement du rapport des forces négatif, au renforcement de l’organisation, de la combativité, de l’esprit militant de la classe ouvrière et des autres couches populaires contre le fatalisme et la soumission du peuple aux anciens et aux nouveaux gestionnaires de la barbarie capitaliste.
Le CC du KKE 13 Juillet 2015
Non au nouveau mémorandum de “gauche”
Le gouvernement du parti de « gauche » SYRIZA et du parti nationaliste ANEL place le fardeau insupportable de nouvelles mesures antipopulaires sur le dos de la classe ouvrière et des autres couches du peuple, avec le soutien du parti de droite ND, du parti social-démocrate PASOK (les deux gouvernaient ensemble jusqu’en janvier 2015) et du parti centriste POTAMI.
Dans la nuit du 10 juillet, a été mise à l’ordre du jour de la séance plénière du Parlement la question d’autoriser ou non le gouvernement à négocier un nouveau mémorandum, le troisième, comprenant une série de mesures antipopulaires. L’alternative a été posée de la façon suivante : ou bien la continuation de la ligne politique antipopulaire, ou bien la banqueroute du pays et une sortie de la zone euro.
Le premier ministre, Alexis Tsipras a défendu son mémorandum, le « mémorandum-Tsipras », en expliquant en substance que les mesures antipopulaires devaient être prises pour regagner la confiance des investisseurs et des marchés.
A 5 heures du matin, 251 députés ont voté pour la proposition du gouvernement. L’ensemble du groupe KKE a voté contre. Au final, il s’est trouvé 32 voix contre et 8 abstentions volontaires. 9 députés étaient absents.
Ces développements, qui révèlent une fois de plus le vrai visage du gouvernement « patriotique de gauche » de SYRIZA/ANEL, montrent la position inacceptable tenue ces derniers mois par différentes forces à l’étranger, y compris par certains partis communistes et ouvriers, qui ont soutenu le gouvernement au nom de la « solidarité avec la Grèce ».
Prenant la parole devant le Parlement pendant la discussion générale relative à « l’autorisation » au gouvernement d’approuver le nouveau, 3e, mémorandum, le secrétaire général du Comité central du KKE, Dimitris Koutsoumpas, a souligné en s’adressant au gouvernement :
« Vous avez toujours pratiqué l’absence de morale en politique, l’opportunisme, ce qui veut simplement dire littéralement, sans approfondir théoriquement, être opportuniste et aventuriste.
Il y a à peine 10 jours, ici même, pendant la discussion sur la proposition de référendum, le KKE a clairement expliqué devant vous que vous appeliez le peuple à voter sur un « oui » ou un « non » qui ne diffèrent que superficiellement, puisque tous les deux portaient l’acceptation d’un nouveau mémorandum, peut-être pire encore que les précédents. Vous avez transformé le « non » du peuple en un « oui » à un nouveau mémorandum.
Cela a été confirmé le lendemain même du référendum. Les autres partis politiques, aussi bien ceux qui soutenaient le «oui» que ceux qui soutenaient le «non», se sont mis d’accord sur un nouveau mémorandum qui sera encore plus dur.
Nous étions certains depuis le départ qu’il allait en être ainsi. Non parce que nous sommes devins, mais parce que votre stratégie, votre programme, votre position sur l’UE, l’euro et les alliances capitalistes en général, votre position sur le mode de développement et le système qui vous servez, vous menaient inévitablement du côté de l’UE, de la BCE, du FMI, du grand capital, des groupes monopolistes, quant à la façon dont le butin serait partagé, la façon de servir leurs rendements, la façon, en fin de compte, de diminuer le revenu du peuple, de réduire économiquement le prix de la force de travail, de sucer le peuple jusqu’à l’os pour que les parasites du système puissent prospérer ».
Le secrétaire général du CC du KKE, au sujet de l’alternative posée par le gouvernement, « accord antipopulaire, c’est-à-dire mémorandum, ou Grexit », a souligné les points suivants : « Le 3e mémorandum va se traduire par une véritable banqueroute pour le peuple, une voie qui, évidemment, d’une certaine façon, est mieux ordonnée. Nous allons connaître des mesures antipopulaires barbares. Avec le Grexit, nous connaîtrions un appauvrissement rapide, la faillite des ménages conjuguée avec la faillite de l’État, sans aucune voie de sortie, toujours pris au piège, emprisonnés dans le carcan de l’UE, dans le même vieux mode de développement capitaliste.
C’est pourquoi tous les autres partis portent une responsabilité historique, en particulier SYRIZA qui gouverne aujourd’hui et a bénéficié de la confiance du peuple.
La véritable voie pour sortir de la crise, pour un développement profitable aux intérêts des travailleurs et du peuple, passe par l’organisation du peuple lui-même, la mise au point de son intervention, un langage de vérité, des programmes et des positions clairs qui permettent au peuple lui-même de décider, de prendre le pouvoir et d’organiser l’économie et une nouvelle société, en dehors et bien loin des regroupements capitalistes, avec une planification centralisée, avec une propriété socialisée des richesses produites par la classe ouvrière et le peuple.
Toutes les autres options se ramènent aux expériences d’échec de la gestion social-démocrate, des soi-disant gouvernements de gauche qui ont géré le système dans le cadre du capitalisme. Les espoirs fugitifs qu’ils ont répandus, les fausses attentes ont conduit le peuple à une grande désillusion, le mouvement des travailleurs à un recul. Ils ont renforcé les tendances conservatrices et même extrêmement réactionnaires ». À propos de l’enchevêtrement entre la « question grecque » et les contradictions interimpérialistes, D. Koutsoumpas a fait remarquer :
« Vous présentez souvent le « cruel » Schaüble comme l’adversaire unique, ce Schaüble qui représente une part importante du capitalisme allemand, mais vous présentez aussi de temps en temps, comme des amis de la Grèce, les États-Unis et le FMI, maintenant la France, en concentrant l’attention sur la question de la restructuration de la dette publique.
Aucun des capitaux américain, français ou allemand ne sont les amis du peuple. Ils réclament tous aussi bien la mise à mort des droits et des revenus du peuple. La concurrence entre eux se déroule dans le contexte de la crise capitaliste et des profonds déséquilibres au sein du noyau dur de la zone euro. Les États-Unis et l’Allemagne sont en concurrence pour l’hégémonie en Europe, le FMI, la France et l’Allemagne pour l’avenir de la zone euro. Des sections du capital grec, industriels, banquiers, armateurs sont impliqués dans cette confrontation.
Tant que nous serons pris dans ce dangereux tissus de contradictions, tous les choix possibles seront un cauchemar pour le peuple : autant un nouvel accord/mémorandum, qu’un défaut de paiement ou même l’éventualité d’une guerre dans la région ».
Concernant les développements d’avenir, le Secrétaire général a souligné ceci :
« Malgré les compromis temporaires, la tendance reste forte à l’expulsion de certains pays. Cela ne concerne pas simplement la Grèce mais tous les pays endettés, même ceux qui sont candidats à rejoindre l’euro.
Le peuple ne doit pas avoir à choisir entre sa faillite avec l’euro ou sa faillite avec la drachme.
Une solution décisive en faveur du peuple nécessite une vraie rupture qui n’a rien à voir avec la fausse rupture que certains courants dans SYRIZA invoquent quand ils défendent une sortie de la Grèce de la zone euro uniquement.
Ceux qui prétendent – parmi eux, ces courants de SYRIZA, ainsi que d’autres forces nationalistes et réactionnaires partant d’un autre point de vue – que la sortie de la Grèce de la zone euro, avec une monnaie dévaluée, donnerait un coup de fouet à la compétitivité et à la croissance et aurait de bonnes répercussions pour le peuple, sont en train, délibérément, de tromper le peuple.
La perspective d’une Grèce capitaliste dotée d’une monnaie nationale, ne constitue pas une rupture en faveur du peuple. Ces forces politiques qui mettent en avant cet objectif comme une solution ou comme un objectif intermédiaire en vue de changements radicaux (comme la « plateforme de gauche » de SYRIZA, ANTARSYA, ou comme également des forces d’extrême-droite fascistes en Europe) jouent dans les faits le jeu de certaines sections du capital.
Alors nous ne choisirons pas si nous ferons faillite avec l’euro ou avec la drachme, sous l’effet d’une dévaluation interne ou externe.
Pour cette raison, nous ne choisissons pas entre un mémorandum ou un Grexit.
Parce qu’il y a une solution alternative si le peuple lutte pour une rupture avec l’UE, le capital et leur pouvoir.
Par exemple, nous pouvons abolir les directives de l’UE qui ont causé la stagnation de la production nationale, y compris le sucre et le viande jusqu’aux chantiers navals et beaucoup d’autres.
Nous pouvons utiliser les contradictions entre les centres impérialistes et gagner des accords internationaux avantageux pour la Grèce et le pouvoir populaire, dégagés de l’UE et de l’OTAN.
Nous pouvons préparer la voie à la satisfaction des besoins populaires en procédant à la socialisation des monopoles, des moyens de production avec une planification nationale scientifique de l’économie ».
En conclusion, D. Koutsoumpas a rappelé que le KKE appelle les travailleurs à organiser leur riposte dans les rues et les lieux de travail contre les nouvelles mesures de destruction.
Dans l’après-midi, ce même jour (vendredi 10 juillet), le PAME organisait un rassemblement de masse à Athènes et dans les principales villes du pays contre le 3e mémorandum (« de gauche ») regroupant des mesures antipopulaires. Les manifestations ont regroupé des syndicats, des comités populaires, des associations et groupes féminins, des organisations de masse, des comités de lutte de chômeurs, de travailleurs indépendants et d’artisans, comme d’étudiants, c’est-à-dire tous ceux qui sont frappés par les mesures du gouvernement de coalition. Tous ont crié : « assez ! – Une autre voie existe dans l’intérêt du peuple”.
D. Koutsoumpas, qui a participé au rassemblement de masse du PAME à Athènes a déclaré: « nous ne pouvons pas perdre plus de temps. Les travailleurs doivent organiser leur lutte, mettre en avant leurs revendications et organiser l’alliance populaire ».
Pas de reddition! La lutte ouvrière populaire est le chemin
Hier, 15 juillet, SYRIZA, qui avait promis de faire passer « une loi par un seul article » qui abrogerait le mémorandum et les mesures antipopulaires, a présenté devant le parlement et a fait passer avec des procédures rapides « une loi par un article » contenant les premières mesures antipopulaires préalables pour le troisième mémorandum et l’accord avec les organisations impérialistes UE-BCE-FMI. Au même moment, le Vice-président du gouvernement, Y.Dragasakis, parlant à la station de la radio de SYRIZA, avait remercié le gouvernement des ÉtatsUnis et le Président Obama pour leur contribution à la mise au point de l’accord.

Au vote par appel nominal que le KKE avait demandé, 229 députés ont voté « oui », 64 « non » et 6 « présent » sur un total de 299 députés qui étaient présents.

Les députés de SYRIZA (111 sur 149), ANEL, ND, POTAMI et PASOK ont voté pour l’accord et le projet de loi. 32 députés de SYRYZA ont voté « non » et 6 « présent ». Ces différences n’ont pas un caractère important. Le fait que des cadres de la soi-disant « Plate-forme de gauche » ont clairement déclaré qu’ils voteraient contre le projet de loi mais qu’ils soutient sans réserves le gouvernement et le Premier Ministre qui ont présenté la loi, est révélateur de l’étendue de la déception.

Au même moment, des milliers d’ouvriers manifestaient à l’extérieur du parlement et dans des dizaines de villes à travers tout le pays, au cours de vastes manifestations du PAME. Ces manifestations ont envoyé un message retentissant contre le gouvernement et les partis de l’opposition bourgeoise qui ont « servi » un mémorandum de plus au peuple, dans le but de continuer à le saigner pour les profits du capital. Le caractère de masse, le militantisme et la protection du PAME ont déjoué la provocation planifiée qui a suivi ayant pour objectif d’attaquer le magnifique rassemblement du PAME à Athènes.

Le Secrétaire général du CC du KKE, Dimitris Koutsoumpas, a noté dans son discours que la tentative consciente de décevoir le peuple a atteint ses limites et il a souligné que le peuple sera appelé à payer pour le mémorandum atroce de Tsipras, que le gouvernement SYRIZA-ANEL présente comme le seul choix, en utilisant les mêmes arguments que les précédents gouvernements avaient déployés. Il a aussi souligné que cet accord est extrêmement fragile, puisque la lutte entre la France et l’Allemagne s’intensifie sur l’avenir de la zone euro, comme celle entre les USA et l’Allemagne pour l’hégémonie en Europe. Les victimes de ces confrontations sont les Grecs. Pour cette raison et malgré l’accord temporaire, une sortie (Grexit) ne peut pas être exclue dans la prochaine période, et il a noté qu’une Grèce capitaliste avec le Drachme n’est pas une solution alternative pour le peuple.

Il a souligné que la véritable sortie signifie la rupture avec l’UE, le capital et son pouvoir. Pour paver cette voie, le peuple doit s’unir et s’organiser immédiatement, le mouvement ouvrier doit se regrouper avec une orientation anticapitaliste claire. Sur la base de ces exigences, le mouvement ouvrier doit développer son alliance sociale populaire avec les autres mouvements populaires qui ont une orientation contre les monopoles. Le peuple doit renforcer sa coopération avec le KKE, malgré les diverses réserves et différences qui peuvent exister.

 
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Publié par le août 3, 2015 dans Uncategorized

 

Un film polonais met en colère le gouvernement ukrainien

Comme je vous l’avais dit le néo-nazisme ukrainien, l’apologie de Bandera y compris par Porochenko, commence à irriter les Polonais, un film d’un auteur à succès irrite Kiev. Il est vrai que le gouvernement ukrainien a déjà déclaré 600 artistes persona non grata (dont Gérard Depardieu) et lancé une fatwa (menace d’arrestation s’ils mettent les pieds en Ukraine) des députés français ayant voyage en Crimée. Il nous a été conseillé Marianne et moi de ne plus passer par l’Ukraine… Bref ces gens sont fous et il faut toute la vassalisation aux Etats-Unis de l’Europe et du gouvernement français pour accepter sans mot dire ce règne des fascistes et l’interdiction des communistes (note de Danielle Bleitrach)

 
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Publié par le juillet 31, 2015 dans Uncategorized

 

La réflexion du jour: les chants de l’ordinaire

Je passe la journée à Marseille pour fêter l’anniversaire (97 ans) de ma mère. Je lui ai trouvé une maison de retraite dans son ancien quartier, avec sa docteresse, ses voisins, un décor de rêve, on se croirait dans un hôtel quatre étoiles… Elle a pris une partie de son mobilier et elle m’affirme être très heureuse avec ses nouvelles copines avec qui elle joue aux cartes et aux dominos.Elle veut se remettre à peindre bien que sa vue soit défaillante, comme déjà ses œuvres étaient assez redoutables, j’attends le pire, mais l’important est l’envie de créer…

Par ailleurs je suis en train de travailler un dossier sur la Chine et je vous en rendrai compte bientôt. Les corrections de mon second livre sont enfin terminées, il est annoncé pour le 20 août, il s’agit du livre sur la sociologie du cinéma, Brecht et Lang, le nazisme n’a jamais été éradiqué à paraître chez lettmotiv. C’est un livre que j’écris depuis 6 ans, un travail universitaire sur la relation entre Histoire et Cinéma qui a aussi engendré diverses collaborations ; j’aime les livres comparables aux atelier du moyen-âge et un jour on retrouvera j’en suis sûre le sens de ce travail collectif, on dépassera l’individualisme des auteurs… Autre chose est la relation qui perdure au-delà de l’œuvre commune, il y a le caractère de chacun, l’estime et celle-ci est souvent politique au sens le plus large.  .

Comme je vous l’ai expliqué, le livre sur l’URSS écrit avec Marianne va être réimprimé et il faut faire encore des corrections, j’attends vos remarques si vous en avez… Il y a la fête de l’Huma, notre présence dans divers stand amis et peut-être même à la Cité du livre… Et puis nous préparons Marianne et moi des conférences à la rentrée, un voyage témoignage dans le Donbass pour nous intégrer à la solidarité… Et surtout un voyage en Sibérie et dans le Kazaskhan comme prélude à notre travail sur « URSS et route de la soie »…

A 77 ans ce n’est pas si mal, le tout est de conserver le désir d’être, de lutter et d’accepter les souffrances et les joies comme la vie même… Hier je relisais quelques pages de Spinoza, savoir qu’il n’y a pas d’immortalité pour l’individu mais que néanmoins nous appartenons à l’éternité de la nature et que c’est l’unique prière… C’est ce que je vois dans ce magnifique film : les nuits blanches du facteur…. Le réalisme et la joie de cette appartenance mystérieuse, le chant lyrique de l’ordinaire, celui des petites gens qui ont si peu de colère dirait Aragon…

 
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Publié par le juillet 31, 2015 dans Uncategorized

 

Sortir de l’euro ? Il y a deux manières (de gérer la transition)

La tentative de sauver la monnaie unique à coups de déflation des salaires dans les pays périphériques de l’Union pourrait être vouée à l’échec. L’éventualité d’une désintégration de la zone euro n’est donc pas du tout évitée. Le problème est que les modalités de désarrimage de la monnaie unique sont multiples et chacune retomberait de différentes manières sur plusieurs groupes sociaux. Il existe en effet des modalités de « droite » et des modalités de « gauche » de gérer une éventuelle sortie de l’euro. Mais existe-t-il une gauche en mesure de diriger le processus ?

par Emiliano Brancaccio

(article publié pour la première fois le 3 juillet 2013, ndt)

La crise de l’Union monétaire européenne a été interprétée de plusieurs manières. Une clé de lecture particulièrement fructueuse analyse les difficultés de la zone euro à la lumière d’un conflit non résolu entre les capitaux des pays qui en font partie : en particulier, entre les capitaux solvables situés dans les pays « centraux » et les capitaux potentiellement insolvables situés dans les pays « périphériques » de l’Union. Parmi les nombreux indicateurs de cet affrontement il faut signaler l’accentuation des divergences entre les taux d’insolvabilité. Selon les données de Credit Reform, en 2011 en Allemagne les faillites d’entreprises ont diminué de 5,8% et aux Pays-Bas, elles ont diminué de 2,9%. Au contraire, en Italie, au Portugal, en Espagne et en Grèce nous constatons une augmentation continue des entreprises déclarées insolvables, avec des hausses respectivement de 17, 18, 19 et 27%. Ces divergences, sans précédent, trouvent d’ultérieures confirmations en 2012. À l’écart entre les données sur les défauts de paiement suit alors, logiquement, une accélération des processus d’acquisition des capitaux faibles par les plus forts. […]

 

[…] Ceux qui parlaient jadis d’un risque  de « mezzogiornificazione » européenne avait raison : au sens où le dualisme économique qu’on considérait comme un simple cas spécial, caractéristique des seuls rapports entre le Nord et le Sud de l’Italie, semble aujourd’hui s’être élevé au rang de cas général, représentatif des relations entre les pays centraux et les pays périphériques de l’Europe toute entière. Si on s’en tient donc aux dynamiques en cours, dans un arc de temps non particulièrement étendu les pays périphériques de l’Union pourraient être réduits au rang de fournisseurs de main-d’œuvre à bon marché ou, tout au plus, à de simples actionnaires minoritaires de capitaux dont la tête pensante aura tendance de plus en plus souvent à être située dans le centre du continent.

 

Bien sûr, considérer une issue de ce genre comme une certitude serait une naïveté téléologique. En effet, elle rencontre une forte résistance de la part des représentants politiques des capitaux périphériques. Les développements de l’affrontement qui en découle, tout intérieur aux structures capitalistes européennes, à l’état des faits actuels restent incertains. Ceux qui espèrent encore en une recomposition des intérêts avec les capitaux centraux de l’Union, appellent sans cesse à une réforme des structures institutionnelles européennes, qui re-équilibre les rapports entre les pays membres ou permette au moins d’atténuer les effets terribles de la « mezzogiornificazione » des périphéries. Jusqu’à présent, cependant, cela n’a consisté qu’en vains espoirs.

 

Certains avaient espéré que la crise européenne pusse être une occasion d’ouvrir un débat politique sur les déséquilibres structurels générés par le régime actuel d’accumulation entraîné par le financement privé, et sur la nécessité de le remplacer par une vision moderne de « plan », qui conférasse aux pouvoirs publiques le rôle de créateurs de première instance de nouvel emploi. Jusqu’à présent, cependant, ces questions n’ont presque pas pris racine dans le débat européen, même pas à gauche, et encore moins entre les institutions. À un niveau plus modeste, même l’espoir des partis progressistes de ressouder l’unité européenne par l’adoption de « standards » salariaux et du travail a immédiatement naufragé face à l’opportunisme de la social-démocratie allemande, hostile à toute idée d’une coordination européenne de la négociation. Et de plus, même l’espoir minimal des gouvernements périphériques, d’atténuer la crise financière par le biais d’une union bancaire et une assurance européenne connexe de dépôt, semble faillir devant l’opposition des Allemands, intentionnés à favoriser même dans le domaine bancaire des processus de centralisation du capital de type darwinien.

 

La déflation salariale est en train de se révéler inefficace

En l’état actuel, la tentative de résoudre le conflit entre capitaux européens reste confiée à un seul remède, bien défini ces derniers mois par la Banque centrale européenne : la crise des capitaux situés dans les pays périphériques, et la conséquente ‘mezzogiornificazione’ des périphéries européennes, pourraient être atténuées seulement par une réduction des coûts de main-d’oeuvre par unité de produit. C’est-à-dire que s’ils réduisaient le coût unitaire de main-d’œuvre, les pays périphériques pourraient récupérer la compétitivité et seraient donc en mesure de réduire leur déficit à l’extérieur sans avoir recours à des politiques d’austérité, ou tout au moins, avoir recours à un degré moindre de ce qu’ils font aujourd’hui. Cette proposition rencontre aujourd’hui de nombreux partisans dans les institutions européennes : Lorenzo Bini Smaghi, un ancien membre du Conseil des gouverneurs de la BCE, est l’un de ses partisans les plus explicites. Sans doute, elle a au moins le mérite de clarifier que les problèmes de la zone euro concernent principalement les comptes extérieurs des pays membres, et non pas les comptes publics.

 

Mais quelle est l’ordre de grandeur de la mutation que ce remède impliquerait ? Olivier Blanchard, économiste en chef du FMI, il y a quelques temps tenta d’estimer la réduction des coûts de main-d’œuvre qui serait nécessaire pour rétablir l’équilibre des comptes extérieurs des pays périphériques : dans les mêmes conditions, les salaires nominaux devraient connaître un effondrement de 20 à 30%. De plus sèchement, en uneseule fois : en substance, le travailleur portugais qui est payé aujourd’hui 1000 euros, dès demain devrait en prendre 700. En vérité, lorsqu’il la formula pour la première fois, en 2006, Blanchard appela cette option « exotique », considérant qu’elle était politiquement invraisemblable. Cependant, la crise a rendu praticables même les solutions les plus audacieuses et violentes.

 

Mais, sommes-nous certains que l’idée de restaurer l’unité de classe des capitaux européens tout en déchargeant le fardeau du rééquilibrage sur les salaires sera couronnée de succès ? Sommes-nous certains, autrement dit, que la réduction des coûts de main-d’œuvre dans les périphéries consentira de recomposer l’affrontement capitaliste en acte et permettra donc de sauvegarder la structure institutionnelle actuelle de l’Union ? Pour essayer de répondre prenons le cas de la Grèce, qui présente un certain nombre de particularités, mais qui a plusieurs fois anticipé les tendances de toutes les périphéries de la zone euro. Et bien, en Grèce entre 2008 et 2012 on enregistre une baisse moyenne des salaires monétaires (nominaux) de trois points de pourcentage, un effondrement des salaires réels de dix-huit points, et une chute de la part des salaires dans le revenu national sur quatre points. Il est également intéressant de noter que le salaire minimum fixé par la loi a chuté de 2011 à aujourd’hui de 44%, de 877 à 490 euros. Ce sont des chutes colossales. Pourtant, malgré de telles chutes, et en dépit d’une politique de dépression des revenus sans précédent historique, la Grèce a cependant fermé 2012 avec un déficit extérieur de 3 points de pourcentage par rapport au PIB. Le pays donc, continue à importer plus qu’il n’exporte.

 

La précipitation de la crise grecque enseigne que la féroce tentative de sauver l’Union à coups de déflation salariale pourrait elle aussi être vouée à l’échec. Si c’était le cas, le choix de sortir de l’euro et de dévaluer deviendrait la dernière carte pour tenter de rééquilibrer la balance vers l’extérieur des pays périphériques. 

 

Sur une « exit strategy » de l’euro la gauche est en retard

Dans un tel scénario, il est curieux que les gauches insistent encore aujourd’hui avec la litanie réductrice selon laquelle « sortir de l’euro serait l’enfer. » Comment fait-on, autrement dit, à ne pas comprendre que la confiance paresseuse en de telles expressions apodictiques rend vain tout effort de compréhension des réelles dynamiques en cours et accentue la marginalisation politique de tous les héritiers, plus ou moins dignes et directs, de la tradition du XXe siècle du mouvement ouvrier ? Bien entendu, une explication raffinée de la loyauté inébranlable de la gauche à la monnaie unique pourrait se situer dans la tendance historique des représentants des travailleurs à chercher leur propre antagoniste dialectique dans le grand capital, là où par contre avec les petits capitaux ils peinent même seulement à engager une lutte pour la reconnaissance.

 

Si les termes du discours étaient ceux-ci, on pourrait même approfondir la question. La vérité de notre temps, cependant, se situe à un niveau décidément plus bas : l’adhésion à outrance de la gauche à l’euro constitue aujourd’hui un simple reflet narcissique, un écho d’un temps qui fut, lorsque la mondialisation avançait sans obstacles apparents et on s’illusionnait de pouvoir recueillir résiduellement quelques fruits, ou même seulement quelques miettes. Avec le regard encore tourné vers cette phase dépassée, la gauche paraît aujourd’hui plus que jamais hors du temps historique. Même à cause de cela, son positionnement actuellement compte peu ou rien dans les évolutions de la crise de l’Union. La désintégration éventuelle de la monnaie unique et à la limite la remise en cause du même marché unique européen dépendront des résultats d’un match qui se jouera à l’intérieur des structures de la propriété du capital européen, à l’égard duquel le travail et ses représentations résiduelles apparaissent plus subordonnées que jamais. Le problème est que, au-delà de la caisse de résonance médiatique favorable à l’euro, malgré les engagements pris par la BCE dans la fourniture de liquidités, et étant donné l’évanescence des décisions prises jusqu’à présent au niveau européen pour le feu vert aux programmes d’investissements publics dans les régions plus en  difficulté, ce jeu-là continue à se développer le long d’un chemin qui à long terme rend l’Union monétaire insoutenable.

 

Dans ce scénario, possible que la gauche refuse même seulement d’engager une réflexion sur les décisions à prendre dans le cas d’un effondrement de l’Union ? Possible que jusqu’à aujourd’hui, manque un point de repère sur une stratégie de sortie de l’euro qui permette de protéger les intérêts du travail subordonné ? La question, prenons garde, est cruciale. Les modalités d’abandon d’un régime de taux de change fixe comme la zone euro sont en effet nombreux, et chacune peut avoir des conséquences différentes sur les différents groupes sociaux. En d’autres termes : il y a des façons « de droite » et des façons « de gauche » de gérer une éventuelle sortie de l’euro. Et la gauche est nettement en retard.

 

Depuis longtemps qui écrit a tenté d’insister sur ce point, pour la vérité avec peu de succès. Le débat italien de politique économique semble en effet désormais réductible à une simple dispute entre partisans du changement irrévocable et défenseurs des monnaies flottantes, comme si l’ordre du discours politique pouvait être reconduit en dernière instance à un choix de régime de value. Pourtant, il suffirait de jeter un oeil à la littérature des années 70 du siècle dernier pour comprendre que, au moins du point de vue des rapports sociaux de production, la question est beaucoup plus complexe.

 

Parmi les aspects fondamentaux qui devraient être examinés il y a par exemple les soi-disant « ventes au rabais » (« fire sales »), comme Paul Krugman les définit ; à savoir, la possibilité que le désengagement de l’euro et la dévaluation conséquente de la monnaie, puissent  déterminer une chute de la valeur des capitaux nationaux d’une telle ampleur qu’ils mettront les pouvoirs publics face au choix entre favoriser d’éventuelles acquisitions étrangères ou bien les contrer. En raison de ses implications sur les rapports de production, la première solution peut être décrite comme « de droite ». La deuxième option à l’opposé comme relevant des stratégies « de gauche ». Cette dernière option, cependant, exigerait une remise en cause, au moins partielle, non seulement de la monnaie unique mais aussi du marché unique européen, quoi que pensent les « libre-échangistes de gauche ». Les choses, comme on peut le constater, se compliquent.

 

Sortie de l’euro « de droite » ou « de gauche »: les effets sur les salaires

La question des « fire sales » est cruciale, mais ses implications ne relèvent pas d’une lecture immédiate. Pour essayer de saisir dans des termes plus immédiats les différences entre une option de sortie de l’euro « à droite » et une option de sortie « à gauche », dans ce contexte il peut être alors opportun d’attirer l’attention sur deux seules variables : le salaire réel et la part des salaires dans le revenu national. À cet égard, plusieurs études ont signalé que l’abandon d’un taux de change fixe et la dévaluation conséquente résultent souvent corrélés à une réduction du salaire réel, soit à une perte de pouvoir d’achat des rétributions. Parmi les recherches les plus influentes, il convient de mentionner une étude de Eichengreen et Sachs sur les effets des dévaluations qui eurent lieu durant les années 30, et une contribution de Lucas et Fallon sur les résultats des crises de la value qui eurent lieu dans les années 90.

 

Les résultats de recherches plus récentes, cependant, suggèrent une lecture plus articulée des données disponibles. Considérons neuf cas de désengagement d’un taux de change fixe ayant eu lieu dans les deux dernières décennies : la Finlande, Grande-Bretagne, Italie et Suède en 1992, la République tchèque et la Corée du Sud en 1997, l’Argentine et la Turquie en 2001. Nous notons que dans deux des neuf cas, à la dévaluation suit un salaire réel stationnaire dans l’année suivante, tandis que dans les sept autres cas, on enregistre une réduction. L’ampleur de la baisse peut être modeste, comme c’est arrivé en Italie (de moins d’un point de pourcentage), ou bien peut être énorme, comme dans le cas du Mexique (moins treize points) et de l’Argentine (moins trente points). Dans les années suivantes, les tendances sont plutôt diversifiées : dans certains cas, le déclin se poursuit, dans d’autres, la reprise est immédiate. Dans tous les cas sauf un, cependant, cinq ans après la dévaluation les salaires réels reviennent aux niveaux antérieurs à elle, et parfois les dépassent.

 

En ce qui concerne par contre la part des salaires – c’est-à-dire la part de revenu national à laquelle les travailleurs ont droit – la tendance est plus univoque et moins rassurante. Dans tous les cas examinés, un an après la dévaluation la part des salaires se réduit. Et dans tous les cas, sauf un, cinq ans après la chute de la part des salaires est encore plus importante: en Suède, la baisse de deux points de pourcentage, en Grande-Bretagne de cinq points, en Finlande de neuf points, et en Turquie jusqu’à douze points. Le lien vers le désengagement du taux de change fixe est évident dans de nombreux cas : en Italie, par exemple, dans les cinq années précédant la dévaluation la part des salaires reste à peu près stationnaire, tandis que dans les cinq années successives il chutes jusqu’à cinq points de pourcentage.

 

Les résultats obtenus sont confirmés ultérieurement si on élargit l’ensemble des pays qui font l’objet de l’analyse. Dans tous les cas, il se dégage une gamme de tendances, en fonction d’une multiplicité de facteurs qui ne sont pas tous facilement déchiffrables. Ces résultats aident à clarifier, cependant, un point essentiel: l’effet d’une explosion possible de la monnaie unique européenne sur les rapports entre les classes sociales n’est pas déterminable de manière univoque. Autant doit être considérée risible l’idée, très répandue à gauche, selon laquelle l’abandon de l’euro conduirait inexorablement à une dévaluation d’une ampleur telle à générer un effondrement vertical des salaires réels, autant résulte non fondé l’argument de ceux qui excluent la possibilité d’un impact négatif sur les salaires et la distribution du revenu. Cependant, il est certain qu’un élément subsiste : la sortie d’un régime de taux de change fixe peut avoir un impact plus ou moins négatif sur le pouvoir d’achat des travailleurs et sur la répartition du revenu national, selon qu’il existe des mécanismes institutionnels – échelle mobile, contrats nationaux, prix administrés , etc. – capables de fixer les salaires à la dynamique des prix et de la productivité. Exclure ces mécanismes implique, substantiellement, une sortie de l’euro « de droite ». Les prendre en compte signifie prédisposer une sortie « de gauche ».

 

La question des salaires et de la distribution est seulement une partie des énormes problèmes découlant de l’insoutenabilité de la structure actuelle de l’Union européenne. Essayer de l’affronter de manière factuelle nous aide cependant à sortir d’une lecture manichéenne et extrémiste de la phase. Les données nous disent que à l’extérieur de l’euro il n’est pas du tout certain qu’il y ait un enfer pire que celui qui nous entoure déjà, mais il n’est pas non plus acquis que l’on puisse même seulement entrevoir le soleil d’un nouvel avenir. Quoi qu’il en soit, le processus historique est en évolution rapide : dans l’un comme dans l’autre cas, le pire que les représentants résiduels du travail puissent faire est de rester à regarder passivement.

 

Bibliographie

 

Brancaccio, E. (2012).“Current account imbalances, the Eurozone crisis and a proposal for a European wage standard”. International Journal of Political Economy, vol. 41, Numéro 1.

Brancaccio, E. (2013). Discussioni con Lorenzo Bini Smaghi, Faculté des sciences économiques « G. Fua « , Ancône, le 15 mai.

Brancaccio, E., Passarella, M. (2012). L’austerità è di destra. E sta distruggendo l’Europa, Basic Books, New.

Eichengreen, B., Sachs, J. (1984). « Exchange rates and economic in recovery in the 1930s », NBER Working Paper Series, n ° 1498.

Fallon, P., Lucas, RE (2002) « The impact of financial crises on labor markets, household incomes and poverty : a review of evidence », The Wolrd Banck Research Observer, vol. 17, n. 1.

 

Extrait d’un article publié dans Alternative per il socialismo, n. 27, juillet-août 2013. La reproduction est autorisée en précisant l’extrait et la source.

 

 

source

http://www.emilianobrancaccio.it/2013/07/03/uscire-dalleuro-ce-modo-e-modo-3/

 

 
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Publié par le juillet 31, 2015 dans Uncategorized

 

L’Islande dit adieu à l’Union européenne, sans même un référendum par Romain Godin

Par Romaric Godin  |  24/02/2014, 15:59  |  807  mots
L'Islande va sans doute se passer de référendum pour mettre fin aux négociations avec l'UE
L’Islande va sans doute se passer de référendum pour mettre fin aux négociations avec l’UE (Crédits : © 2010 Thomson Reuters)


Reykjavik devrait retirer officiellement sa candidature à l’UE déposée en 2009 sans en passer par une consultation populaire, contrairement aux promesses du gouvernement.


Adieu l’UE. Comme la Suisse et la Norvège en 1994, l’Islande devrait refuser officiellement son adhésion à l’Union européenne. Vendredi, les deux partis de centre-droit de la coalition au pouvoir, le parti du Progrès et le parti de l’Indépendance se sont mis d’accord sur une proposition de loi qui sera soumise à l’Althing, la chambre unique du parlement islandais. Ce texte prévoit de retirer la candidature du pays à l’UE sans passer par la voie du référendum comme l’avait promis le gouvernement lors de son entrée en fonction en avril dernier.

Négociations au point mort

En réalité, les négociations avec l’UE entamée en juillet 2009 sont au point mort depuis un vote de l’Althing de janvier 2013, précédant donc les dernières élections parlementaires, qui demandait le gel des discussions. En avril, le centre-droit au pouvoir avait confirmé la suspension de toutes les négociations en attendant un référendum. C’est le gouvernement de centre-gauche issu de la crise violente qu’a connu le pays en 2009 qui avait décidé de lancer l’Islande dans une procédure d’adhésion. Cette adhésion devait être suivie d’une adoption rapide de l’euro afin de donner au pays une « stabilité » dont elle rêvait alors. Mais ces négociations qui ne devaient être qu’une formalité ont achoppé sur trois sujets principaux.

Le problème de la pêche

Le premier, le plus essentiel, est le problème de la pêche. Avec l’effondrement de son système financier, la pêche est redevenue un secteur essentiel de l’économie islandaise. Son poids dans le PIB est passé de 4,7 % en 2008 à 7,1 % en 2012 et 42 % des exportations islandaises sont des produits de la pêche. Or, l’entrée dans l’UE signifierait l’adoption de quotas de pêche plus restreints. Or, compte tenu du poids économique de ce secteur, Reykjavik veut continuer à disposer de cette liberté. L’embargo imposé par l’UE aux harengs et maquereaux des îles Féroé en août dernier a inquiété beaucoup en Islande. Et puis, il y a cette épineuse question de la chasse à la baleine, toujours pratiquée en Islande à la grande indignation de Bruxelles et qui est un sujet fort sensible dans l’île nordique.

L’euro peu attirant

Le deuxième écueil est celui de l’euro. Sans doute pouvait-on voir la zone euro en juillet 2009 comme un « havre de stabilité. » Ce n’est plus guère le cas après quatre ans de crise profonde de l’UEM. Sans compter que, parallèlement, l’Islande a beaucoup profité (au prix d’une très forte inflation) de la dépréciation de la couronne qui a atteint jusqu’à un quart de sa valeur. Beaucoup d’Islandais doutent donc qu’il soit utile de perdre la maîtrise de sa politique monétaire. L’Islande, avec un PIB d’une dizaine de milliards d’euros et 380.000 habitants, sera certaine de voir ses intérêts ignorés par la BCE. Or, les avantages de l’euro sont assez limités puisque les importations en provenance de la zone euro ne représentent que 27 % du total (32 % avec le Danemark dont la monnaie est ancrée sur l’euro). Le jeu pourrait ne pas en valoir la chandelle. Mais enfin, l’Islande pourrait entrer dans l’UE en conservant la couronne.

Un intérêt limité

Troisième raison de l’échec des négociations, c’est la gestion de l’UE. L’Islande est sortie de la crise en tentant de préserver les intérêts de ses nationaux, notamment en pratiquant un défaut sur les investisseurs étrangers et en renonçant de facto à l’indépendance de sa banque centrale. C’eût été évidemment impossible en cas d’adhésion à l’UE. Les partis opposés à l’UE soulignent aussi combien la technocratie bruxelloise serait négative pour la démocratie islandaise. D’autant que, ajoute-t-il, l’Islande, membre de l’accord de libre-échange avec l’UE et de l’espace Schengen, bénéficie déjà d’une bonne intégration dans l’espace européen. Une adhésion à l’UE n’apporterait rien de plus à un pays qui compterait bien peu à Bruxelles.

Des sondages peu favorables à l’adhésion

Les derniers sondages laissaient peu de chances à l’adhésion à Bruxelles. Celui paru dans le quotidien Frettabladid du 3 février indiquait que 49 % des Islandais refusaient l’adhésion, 26 % l’acceptaient.

#Iceland – Fréttablaðið 2 poll: 74.6% want to hold a referendum on membership talks with the EU. 49% oppose EU membership, 26% are in favour

– electionista (@electionista) 3 Février 2014

Néanmoins, ce chiffre semblait en recul par rapport à l’an dernier. Le gouvernement a donc préférer clore le débat plutôt que de faire campagne et prendre un risque. C’est sans doute un oubli des promesses. Et la question est de savoir si les électeurs en tiendront rigueur au gouvernement. Car selon le même sujet, trois quarts des Islandais voulaient un référendum sur la question.

 
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Publié par le juillet 31, 2015 dans Uncategorized

 

Poutine à Netanyahu : l’accord des 5 + 1 offre des Garanties Paix sur le programme nucléaire iranien

Russian President Vladimir Putin

© Sputnik / Alexei Nikolsky

http://sputniknews.com/politics/20150730/1025220558.html
Vladimir Poutine a dit à Benjamin Netanyahu que l’accord avec l’Iran avait mis en place des mesures de protection efficaces sur la nature pacifique du programme nucléaire de Téhéran.

Moscou (Spoutnik anglais) — Le Président russe Vladimir Poutine a souligné lors d’un appel téléphonique ce jeudi avec le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu que l’accord entre Téhéran et le groupe 5 + 1 de négociateurs internationaux, atteint plus tôt en juillet, contient des garanties de la nature pacifique des activités nucléaires de l’Iran, dit le service de presse du Kremlin.

Le 14 juillet, l’Iran et le groupe 5 + 1, comprenant Chine, France, Russie, États-Unis, Royaume-Uni et Allemagne, ont conclu un accord pour assurer le caractère pacifique du programme nucléaire de l’Iran en échange de l’assouplissement des sanctions contre le pays. Aux termes de cet accord, Téhéran s’est engagé à ne jamais tenter d’acquérir des armes nucléaires.

Israël, toutefois, s’est longtemps opposé aux négociations avec l’Iran, affirmant que toute concession à Téhéran menace la sécurité régionale.

« Poutine a souligné que les accords qui ont été signés… ont mis en place des garanties efficaces sur le caractère exclusivement pacifique du programme nucléaire iranien, » .

Poutine a exprimé également la certitude que la mise en œuvre réussie du Plan d’Action conjoint de l’accord va « renforcer le régime de non-prolifération nucléaire et avoir un impact positif sur la sécurité et la stabilité de la région du Moyen-Orient ».

Poutine,a proposé à Netanyahu de discuter la nécessité d’efforts conjoints contre ISIL

Vladimir Poutine et Benjamin Netanyahu ont également discuté de l’importance des efforts conjoints dans la lutte contre les militants de l’État islamique.

La conversation téléphonique a été initiée par la partie israélienne, précise le service de presse du Kremlin.

« Le Président russe a souligné la nécessité d’efforts conjoints de toutes les parties concernées pour lutter contre les menaces du groupe terroriste État islamique, » indique le communiqué.

Les dirigeants ont également discuté des questions concernant le Moyen-Orient et ont décidé de développer davantage les relations bilatérales.

ISIL est une organisation intégriste violente qui s’est emparée de grands territoires en Irak et en Syrie, en commettant de nombreuses atrocités et atteintes aux droits de l’homme. Une coalition de plus de 60 pays dirigée par les États-Unis a mené des frappes aériennes contre des positions de ISIL depuis août 2014.

La Russie a estimé que les efforts de la coalition internationale sont « inefficaces ».

Les deux dirigeants ont convenu de poursuivre leurs contacts bilatéraux.

 
 

Le temps est venu d’une rupture par Rémy Herrera

« Un grand merci pour l’organisation de cette rencontre. Je suis vraiment très heureux d’être avec vous à Vénissieux et je voulais vous dire, peut-être que vous ne le savez pas assez, que de nombreux camarades dans toute la France et même au-delà, regardent avec beaucoup d’attention ce que vous écrivez et ce que vous dites, votre manière de vous positionner, et sont en total accord avec vous. On ne peut pas toujours le faire comme vous le faites aussi bien pour des raisons locales, disons, mais de très nombreux camarades sont solidaires avec vous à Vénissieux et dans le Rhône en général. Ce que vous produisez sert à alimenter nos débats en beaucoup d’endroits, c’est très important que vous continuiez comme ça, y compris en manifestant cette solidarité internationaliste aujourd’hui à l’égard de nos camarades grecs. C’est absolument fondamental à l’intérieur du parti et au-delà.

Crise systémique et illusion réformiste :
La crise qui frappe l’Europe participe d’une crise généralisée, d’une crise systémique qui est une crise, comme l’a dit le camarade grec, une crise qui peut s’interpréter, qui doit s’interpréter, à mon avis, en terme marxiste comme une crise de sur-accumulation. Cette crise ne trouvera pas de solution interne, à l’intérieur du capitalisme. On ne peut pas rêver ni d’un capitalisme civilisé, ni d’un capitalisme sans crise. Et les crises du capitalisme sont de plus en plus violentes. Donc nous devons impérativement, que nous le voulions ou pas, nous poser la question des alternatives, la question des stratégies de rupture avec cet ordre là, de rupture post-capitaliste, socialiste évidemment, mais on peut déjà parler d’anticapitalisme, de rupture post-capitaliste pour arriver progressivement aux conditions qui permettront de reparler de transition socialiste. Mais c’est vers ça que l’on va.
Les politiques d’austérité qui sont imposées, on l’a vu très clairement, ne vont qu’aggraver la crise, et nous pousser encore un peu plus vite vers le gouffre. Les grands gagnants sont pour l’instant les extrêmes-droites, en France, en Europe et partout ailleurs. Donc c’est vraiment le grand danger pour nous. Mais cette crise de l’euro évidemment a des spécificités. On a cru, on nous a fait croire que l’on pouvait créer une monnaie sans état, sans Europe politique. On nous a fait croire qu’on pouvait faire converger de force sous hégémonie allemande des économies extrêmement différentes, sans développer les institutions politiques européennes adéquates, budgétaires, fiscales, d’harmonisation sociale par le haut. C’est exactement le contraire qui a été fait, c’est un échec. C’est absolument dans la logique des choses. Cette Europe-là, cette mauvaise Europe-là, ne pouvait qu’être rejetée et elle est rejetée, pas seulement en France, mais dans beaucoup d’autres pays européens.
Face à cela, il y a une grande illusion. L’illusion du réformisme, l’illusion du keynésianisme, l’illusion d’un nouveau compromis keynésien : ça je crois que c’est un leurre. Hélas, on peut rêver d’un réformisme, d’un capitalisme régulé, à visage humain. On ne va pas critiquer ceux qui rêvent, et nos amis sociaux-démocrates qui rêvent de ça évidemment, on ne peut pas les blâmer. Mais ce projet social-démocrate n’a ni réalité, ni futur. Aujourd’hui, c’est la haute finance qui commande, qui impose ses diktats aux états et cette haute finance n’a absolument pas l’intention de négocier et de faire des concessions. Donc la situation est radicalement différente par rapport à celle qui caractérisait le compromis keynésien de l’après guerre, où l’Union soviétique existait, où les peuples du sud se libéraient, où les partis communistes, les syndicats ouvriers étaient très puissants et imposaient au capital, arrachaient au capital des concessions. Aujourd’hui, on est dans une configuration qui est totalement différente. Les grands propriétaires du capital ne feront aucune concession. Ils nous mènent la guerre et ils la mèneront jusqu’au bout. Il faut être tout-à-fait clair là-dessus, tout-à-fait conscient de ça : guerre contre le sud et guerre contre les travailleurs au nord, guerre de la haute finance contre tous ceux qui résisteront.

Rupture et sortie de l’euro :
Donc le temps est venu d’une rupture, de penser, de discuter, d’ouvrir des espaces de discussion démocratique sur les possibles post-capitalismes. Au nombre de ces discussions, bien sûr, figure la nécessité de sortie de l’euro, tout spécialement pour les pays de l’Europe du sud, tout spécialement pour ceux qui sont les plus exposés comme c’est le cas de la Grèce. Ce serait mentir que de dire que ça se passera sans difficultés. Mais ce serait mentir, c’est mentir encore plus que de dire que sortir de l’euro serait condamner à la catastrophe. Ca c’est totalement faux. Ça c’est pour étouffer toute velléité, tout esprit de résistance, tout espoir d’alternative en nous. Donc il faut absolument résister à ce catastrophisme-là, à cette propagande catastrophiste. D’abord, parce que des pays, de grands pays européens ne sont pas dans l’euro. A ma connaissance, le Royaume-Uni n’est pas dans l’euro et c’est même de là qu’est organisée la spéculation contre l’euro, la place de la City a un rôle déstabilisant. Ensuite, des pays qui ont été très violemment frappés par la crise sont en voie de récupération en dehors de l’euro, comme l’Islande, et puis je crois que les exemples ne manquent pas de pays du sud, hors du continent européen, qui ont expérimenté des voies de rupture sans chaos, sans catastrophe. C’est même très précisément l’inverse. Ce sont des gouvernements qui ne sont pas tous révolutionnaires, loin de là, des gouvernements de pays du sud qui se sont ouverts des marges de manoeuvres en rompant avec les règles du diktat du système monétaire international, extraordinairement injustes, inacceptables, presque tout le monde est d’accord avec ça. Donc, c’est en se réappropriant, par l’État, son pouvoir de décision politique sur l’économie, en réimposant la décision, la souveraineté et le volontarisme politique de l’État, pas de l’État seul, de l’État et de la société civile, sur l’économie, que nous pourrons espérer dompter la haute finance.

La souveraineté monétaire pour la souveraineté des nations et des peuples – Des exemples dans le monde :
Quels exemples ? Où ? Mais il y en a plein ! On n’en parle jamais, mais il y en a plein ! Et très différents ! Alors on peut commencer par exemple, par Cuba. Je ne suis pas en train de chercher des modèles. Je ne suis pas en train de dire que ce qu’ont fait untel ou d’autres va nous servir de modèle. Il ne s’agit pas de chercher des solutions miracles : il n’y en a pas. Ça dépend des luttes dans chaque pays, des conditions spécifiques de chaque pays. Mais il y a des expériences de résistance et d’alternatives. Cuba a dollarisé et dédollarisé ; il y a eu un processus de dédollarisation, d’affrontement contre la monnaie internationale, la plus importante. Il y a le Venezuela qui a pris ses distances avec le FMI ; je ne dis pas que c’est parfait, il y a beaucoup de problèmes au Venezuela, mais dans un processus révolutionnaire, une décision a été prise d’affronter la haute finance. Il y a l’expérience de banques du sud, de Bancosur autour des pays de l’ALBA, l’Alternative Bolivarienne pour les Amériques, avec un tout petit pays comme la Bolivie mais aussi un grand pays comme le Brésil dont le gouvernement n’est pas du tout révolutionnaire, progressiste, mais pas révolutionnaire. Ils ont décidé d’ouvrir une brèche, de reprendre possession de leur souveraineté nationale autour de la souveraineté monétaire régionale en proposant une banque du sud. C’est tout petit, mais c’est fondamental pour rompre avec cette propagande d’absence d’alternative. Il y en a des alternatives. Il y a un pays comme l’Équateur qui est tout petit aussi, qui est pétrolier, mais qui est dollarisé, qui a décidé d’affronter le problème de la dette. Ils ont lancé un audit de la dette. Ils ont utilisé les mécanismes de suspension de la dette et les mécanismes de marché pour réduire progressivement la dette qui est passée en dix ans de 100 % du PIB à 10-15 % aujourd’hui. Il y a des pays beaucoup moins progressistes qui ne sont pas en révolution comme c’est le cas de ceux que j’ai cité. L’Argentine, avec un gouvernement de droite, de centre-droit, péroniste évidemment – ils le sont pratiquement tous là-bas -, l’Argentine après les mouvements insurrectionnels de 2000, les convulsions depuis le milieu des années 90, a décidé de se déclarer en cessation de paiement, fin 2001. Est-ce que ça a été le chaos ? Non. Le chaos, c’était avant. L’Argentine était dans le chaos. Le peuple était plongé dans la misère. 55 % de pauvres en Argentine, 30 % de taux de chômage à cette époque. L’Argentine a décidé de cesser de rembourser sa dette, a proposé un plan de conversion de la dette, a dévalué sa monnaie, ce qui a été très difficile, surtout pour le peuple, car le gouvernement était de droite. Mais est-ce que le pays a plongé ? Non, le taux de croissance a récupéré et est reparti à la hausse. Est-ce que le pays a été bloqué, a été isolé dans les échanges internationaux ? Absolument pas, les échanges internationaux sont repartis.

Pour la Grèce aussi :
Évidemment, ce serait beaucoup plus difficile pour la Grèce, mais c’est nécessaire. Ce serait beaucoup plus difficile parce que la Grèce n’a pas la base productive et exportatrice de l’Argentine, qui a une base agro-industrielle exportatrice très puissante, avec du pétrole et donc une base énergétique aussi. L’économie est plus limitée en Grèce, mais cela ne veut pas dire qu’il n’y a rien et le camarade grec pourra le développer. Évidemment qu’il y a des richesses, évidemment qu’il y a des énergies qui pourraient permettre de faire face aux difficultés dans ce cas là. Mais avant que l’Allemagne n’exclue la Grèce, il faut que la Grèce sorte de l’euro. J’appuie en cela ce qui a été dit par Jacques Nikonoff et les autres intervenants. C’est tout-à-fait clair, sinon la classe ouvrière se retrouvera en position totalement défensive, c’est-à-dire vraiment dans la pire situation, avec une sortie de l’euro par expulsion décidée par l’Allemagne, et des plans d’ajustement qui seraient comparables à ce que subissent les pays africains ou d’autres par le FMI. Ce serait la pire situation pour la gauche dans ce pays, ouvrant évidemment la voie pour l’extrême droite. Comment tenir un pays dans ces conditions, avec une expérience historique de dictature que l’on connait. Tant de nos camarades grecs ont passé, certains des décennies en prison. Donc, il y a aussi cette mémoire là. Il y a même des gouvernements de droite qui ont rompu. Par exemple, pendant la crise asiatique, qui n’est pas autre chose qu’un épisode de cette série de convulsions « financières » entre guillemets, dans la crise systémique, dans la crise de sur-accumulation du capitalisme. En 1997-98, cette crise « financière » a touché plusieurs pays asiatiques et le FMI a imposé ses méthodes, à savoir les dogmes que l’on connait : libéralisation, flexibilisation, mise sous tutelle, perte de souveraineté nationale. La Malaisie avec un gouvernement de droite, à ma connaissance, qui, même sous certains aspects sociétaux comme on dit maintenant, notamment le rôle de la femme, était un gouvernement réactionnaire, mais un gouvernement nationaliste, a décidé d’imposer des limites aux injonctions du FMI et de mener la politique qui correspondait à ses intérêts propres. Le résultat, c’est que la Malaisie a relativement mieux résisté à cette crise qui a balayé les marchés financiers de l’Asie dans la période 97-98 jusqu’en 99 avant de s’exporter ailleurs.
« Le temps est venu d’une rupture » Alors pourquoi pas nous ? Cuba, le Venezuela, la Bolivie, l’Equateur avec des processus révolutionnaires, des gouvernements révolutionnaires plus ou moins radicaux, Cuba beaucoup plus avancé sur la voie socialiste que d’autres, se sont clairement engagés dans cette voie. Mais aussi d’autres : l’Argentine, par exemple, était dans un chaos social. Les gens dormaient dans la rue, ils ne pouvaient même pas se faire soigner et dormaient devant l’hôpital, parfois des médecins sortaient pour les soigner sur le trottoir, je l’ai vu ! Mais le gouvernement argentin a considéré que la réappropriation de la souveraineté nationale était quelque chose d’important. On n’est plus dans la souveraineté populaire comme avec les processus révolutionnaires, on est simplement en termes de souveraineté monétaire, de souveraineté nationale. Et il y a même eu des gouvernements avec des orientations plutôt droitières. Ces gouvernements nous ont donné la preuve que ce n’était pas le chaos après la rupture, que ce n’était pas nécessairement la catastrophe après que le peuple ait décidé de reprendre en main son devenir collectif. C’est très important de comprendre ça ! Donc, pour nous, il y a urgence à rouvrir des espaces de débat démocratique comme sur la sortie maîtrisée de l’euro. Je ne vais même pas vous dire qu’il faut sortir de l’euro, je vais vous dire qu’il faut en discuter. Il faut que les camarades, que le peuple français en général, aient la possibilité de discuter des possibles pour lui, pour choisir la meilleure solution qu’il décidera, mais qu’on ne décidera pas à sa place. C’est ce que je tiens à vous dire au lieu de dire « Il faut faire çà, çà et çà ». J’ai bien sûr ma propre opinion, mais le plus important est de reconquérir cet espace de débat démocratique. On a reculé, on a trop pris l’habitude de reculer.

Soumettre un projet socialiste au débat démocratique :
Comme thèmes de débat, il y a le thème de la sortie de l’euro, le thème de la dévaluation, soit d’une monnaie nationale, soit d’une monnaie commune, pourquoi pas si plusieurs pays décrochent, c’est-à-dire décident de sortir de l’euro, pourquoi ne pourraient-ils pas constituer une nouvelle monnaie commune ? Il y a eu l’expérience du serpent monétaire, il y a quelque temps en Europe même. Ces mécanismes pourraient explorer des conditions différenciées, des spécificités selon les lieux de rupture. Il y a besoin de discuter de la redéfinition du rôle politique de la banque centrale, c’est fondamental. Cela est lié au traité de Lisbonne, car il y a nécessité de sortir le traité de Lisbonne de notre bloc de constitutionnalité. Le traité de Lisbonne est actuellement prépondérant sur les principes des droits de l’homme de l’An I : le préambule de la constitution française n’est rien à côté du traité de Lisbonne. Il faut remettre les choses à leur place. Pour nous, l’An I, c’est plus important que le traité de Lisbonne, nettement plus important, et tellement plus qu’il faut rejeter le traité de Lisbonne. Autre thème fondamental, la nationalisation du système bancaire : c’est indispensable. Tout ou pas, cela se discute. Il y a des expériences à avancer dans les discussions. Mais l’important est de comprendre que l’on ne pourra pas engager – je ne parle même pas d’une transition socialiste – de projet social, démocratique et populaire, si l’on ne nationalise pas le système bancaire. Cela ne suffira pas, évidemment, car il faudra également nationaliser, renationaliser des pans de secteurs stratégiques de l’économie française. Par exemple EDF, car même en Californie, les ultra libéraux la citent comme meilleur exemple de système de production et de distribution d’électricité. Contre ces méthodes de guerre contre le peuple que nous imposent les capitalistes, il faut absolument réagir et cesser de reculer. Dans notre projet, il faut reconstruire les services publiques, il faut pousser au maximum la distribution des richesses, il faut ouvrir au maximum les espaces de participation populaire dans tous les domaines, dans les entreprises, les associations, dans les écoles, partout. Évidemment, il faut tout remettre sur pied, et on le fera, parce que sans cela, ce sera la catastrophe. Nous devons reconstruire un projet socialiste articulé avec une solidarité internationaliste, avec les peuples du sud en lutte – et on voit que la frontière entre nord et sud est en train de s’estomper, on ne sait plus si la Grèce est du nord ou du sud… – et ce projet socialiste doit être notre cap pour l’avenir.

Rémy Herrera, le jeudi 15 mars 2012

Copyright © Faire Vivre le PCF ! « Le temps est venu d’une rupture »

 
4 Commentaires

Publié par le juillet 30, 2015 dans Economie

 
 
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