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Comment John Wayne est-il devenu réac… et Nous communistes…

Kết quả hình ảnh cho john Wayne et l'indien

Parfois je me demande pourquoi je me suis retrouvée dans cette histoire, celle d’une vie, d’un engagement, le plus souvent je me réponds qu’il était impossible de faire autrement… Les autres fois je me réfugie dans un cinéma et je deviens quelqu’un d’autre, mais je ne prends jamais pour John Wayne, toujours pour l’indien, Je suis sûre que c’est pareil pour vous, alors rendez-vous ce soir jeudi 12 décembre à l’hôtel de ville d’Avignon à 18 h30 pour discuter pourquoi le communisme est notre affaire. Entre nous le problème de John Wayne c’est qu’il s’est pris pour John Wayne pour oublier qu’il était un pauvre mec, Fidel Castro ne s’est jamais pris pour le leader maximo, au contraire il s’est désincarné dans son peuple… c’est ça que nos adversaires ne comprennent pas… Staline lui-même disait à son fils, tu n’es pas Staline, je ne suis pas Staline, Staline c’est le pouvoir des soviets… même lui ne se prenait pas pour John Wayne mais pour le moujik, a-t-il bien ou mal agi, ça c’est un autre problème, en tous les cas nous n’avons pas déserté, discutons de ce que nous espérions, de ce que nous avons réalisé… et de ce qu’il nous faut faire… (note de Danielle Bleitrach pour histoire et société)

Un documentaire consacré à John Wayne est d’ores et déjà disponible sur la plateforme de replay d’Arte. On s’attend à son regard acéré, sa collection de chapeaux de cow-boy, sa démarche chaloupée dans les déserts du Far West, l’icône du justicier, revenu d’à peu près tout, s’apprête à débarquer sur vos écrans. Mais le réalisateur Jean-Baptiste Pérétié n’avait pas l’intention de faire l’apologie de John Wayne, c’est sur les traces de l’obsession patriotique de l’acteur hollywoodien qu’il s’est lancé, histoire de comprendre comment la vedette s’était mué en un réactionnaire militant.

John Wayne était mal parti

Pour ses premiers pas au cinéma, on ne lui offre que des rôles de silhouettes muettes, son jeu est toujours un peu coincé et en plus il porte un prénom de fille « Marion », Marion Morrisson, même s’il se fait appeler « Duke » pour rétablir sa vérité. Mais il a un physique de jeune premier et l’affection de John Ford, l’espoir est permis. Il entre bientôt dans le radar de la Fox, toujours en quête de chair fraîche, et se laisse docilement rebaptiser John Wayne. Il enchaîne les westerns de série B au kilomètre, une chevauchée répétitive et sans fin qui s’achève grâce avec celle de Ford, La Chevauchée fantastique en 1939. John Wayne avance de quelques pas sur le chemin de la célébrité et reçoit un coup de main salutaire qui le sort définitivement de l’industrie du cinéma de seconde zone.

Le soldat américain par excellence… après la guerre

Les Etats-Unis entrent en guerre en 1941 et les stars d’Hollywood s’engagent, comme James Stewart ou Clark Gable, pour défendre leur patrie en danger. Tous sauf John Wayne, qui tergiverse et se trouve surtout très occupé en l’absence de ses congénères puisqu’il tourne treize films pendant ce temps-là. Il le regrette amèrement après-guerre. John Ford, toujours, qui a filmé le conflit de près, l’humilie sur les tournages en évoquant sa couardise. La blessure est profonde et pris de remords Wayne devient un « super patriote » à tel point qu’il devient le militaire par excellence, plus exactement le soldat américain par excellence. Les témoignages de vétérans sont à mourir de rire, qui décrivent comment mettre son casque à la John Wayne ou encore comment « faire une John Wayne », c’est à dire un acte de témérité totalement inutile mais très virile au combat. La star combat sans relâche à l’écran et participe pleinement à éliminer les supposés communistes du sol américain en devenant président de « l’Alliance cinématographie pour la préservation de l’idéal américain », il dénonce et incite à dénoncer, sa guerre est déclarée !

Un cow-boy déchu

Il déclare d’ailleurs publiquement sa flamme conservatrice, donne la fessée à répétition aux femmes dans les films et devient un parangon de machiste réactionnaire au fil des années 1960 avant de se planter lamentablement sur la guerre du Vietnam qu’il soutient corps et âmes jusqu’au déplorable film de propagande Les Bérets Verts, tourné en 1968. John Wayne a perdu une partie de ses fans qui ne peuvent plus le regarder qu’en cachette, lors de séance de régressions coupables. John Wayne n’est plus un dieu de la guerre, c’est un beauf. Toutefois Jean-Baptiste Pérétié ne cache pas une certaine tendresse pour le cow-boy déchu. John Wayne, c’est l’histoire d’une star d’Hollywood qui n’a jamais réussi à sortir d’une guerre qu’il n’a pourtant jamais faite.

par Anaïs Kien

Pour plus d’informations : John Wayne – L’Amérique à tout prix, de Jean-Baptiste Pérétié, disponible jusqu’au 14 décembre sur Arte.tv

 
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Publié par le décembre 12, 2019 dans CINEMA, mon journal

 

La stratégie de guerre non conventionnelle de l’empire et la violence «civile» organisée

Ce qui s'est passé en Bolivie démontre la stratégie défendue par Washington pour déstabiliser la région et imposer ses intérêts. photo: telesur
Ce qui s’est passé en Bolivie révèle la stratégie défendue par Washington pour déstabiliser la région et imposer ses intérêts. Photo: TELESUR

Alors que les forces répressives en Équateur faisaient face aux personnes qui manifestaient contre les mesures néolibérales du gouvernement Lénine Moreno, tandis que les forces de sécurité assassinaient, torturaient et kidnappaient les participants à la manifestation, la télévision équatorienne transmettaient un sujet sur les marionnettes  de Bob Esponja. Toute  tentative pour présenter la vérité a été censurée.

Des groupes violents apparemment désorganisés et spontanés agissaient. Leur objectif : semer le chaos, criminaliser les manifestations et justifier l’action meurtrière des forces de sécurité.

Au Chili, le peuple  s’est réveillé après la léthargie cultivée avec soin par les médias et obtenue durant des années de terreur. Les enfants de Lautaro, Caupolicán et Allende ont défié les forces de sécurité. Le 14 octobre 2019, des étudiants du secondaire et de l’université se sont organisés pour empêcher massivement le passage du métro de Santiago. La raison, une protestation devant  la hausse du ticket de transport, mais ce n’était que le début, ce n’était qu’une étincelle. Compte tenu de la véritable situation d’inégalité créée par le néolibéralisme dans ce pays, la protestation s’est radicalisée et généralisée.

Alors que les manifestants, pour la plupart jeunes, ont levé les bras pour ratifier la nature pacifique des marches, des événements violents se sont produits à plusieurs endroits. Des groupes sans relation apparente les uns avec les autres, en dehors des manifestants, étaient responsables de ces événements. Les plaintes déposées par plusieurs personnes les désignent dans des scénarios où les forces de l’ordre ont agi, certaines vidéos mises en ligne sur les réseaux sociaux les montrent même en train de participer au pillage ou de stimuler leurs auteurs.

Ici aussi, les médias choisissent le silence pour criminaliser la manifestation, tandis que les forces de l’ordre tuent, violent, frappent comme aux «meilleurs moments» de la dictature.

En Bolivie, un ensemble de facteurs se sont rassemblés pour favoriser la chute du gouvernement d’Evo Morales. Ce n’étaient pas seulement des éléments de la dynamique interne, des cyberattaques, des tâches d’espionnage et de propagande, des campagnes de déstabilisation, mais aussi des groupes criminels sans lien apparent entre eux, des alliés des forces militaires et de police impliquées dans le complot, avec l’action diplomatique extérieure et l’intervention d’agents déstabilisateurs de l’ambassade américaine.

Des bandes de criminels agissant sous le prétexte de « l’indignation populaire », pour fraude électorale présumée, ont pris le contrôle des villes, bloqué les voies publiques à la manière de ce qui s’est passé au Venezuela, ils ont incendié des institutions, proféré des menaces, commis des meurtres, torturé sur la voie publique et ont humilié les dirigeants sociaux et politiques.

Ces groupes criminels de droite, armés, invisibles par les médias, ont agi avec une coordination absolue et ont pris des points stratégiques de la capitale du pays, par exemple la prise de Bolivia TV, qui témoigne d’une grande préparation préalable. Ils n’agissaient pas au hasard: ils dirigeaient leurs coups avec précision, ils savaient contre qui procéder, qui devait être kidnappés, tués et détruits, sélectivement.

Ce ne sont pas les gens mécontents d’une fraude qui n’a jamais eu lieu, mais d’une agression bien planifiée. Le peuple du Venezuela et du Nicaragua, qui ont été victimes de ces actions de guerre non conventionnelle, le savent bien.

 

Pas seulement en Amérique latine

Le modus operandi n’est pas exclusif à notre région. En novembre, l’Iran a subi une vague de violence qui a détruit 730 banques, 70 stations-service, 140 bâtiments gouvernementaux et plus de 50 bases des forces de sécurité.

Des milliers de manifestants enragés se sont répandus  dans les rues pendant des jours et ils ont attaqué des stations-service, des banques et des bâtiments gouvernementaux à la suite de l’annonce du rationnement et d’une augmentation de 50% du prix du carburant.

La tactique utilisée en Bolivie se répète ici: des groupes armés, parfaitement coordonnés et entraînés agissent sur le terrain. En utilisant la technique de «l’essaim», les groupes ont communiqué entre eux et organisé les actions à l’aide de textos pour converger aux points d’attaque.

L’agression a été paralysée lorsque le gouvernement a coupé Internet et les réseaux sans fil. Les forces de sécurité iraniennes ont réussi à capturer plusieurs agents de la CIA agissant dans ces supposés groupes antigouvernementaux.

Les groupes d’action politique

Dans un livre de 2003, Special ops: America’s elite forces in 21st. siècle, l’auteur déclare:

«Extrêmement confidentielle, la Division des activités spéciales est considérée comme la principale unité d’opérations spéciales au monde. Leurs membres sont l’élite de l’élite. Cela est dû aux sources auprès desquelles l’organisation recrute ses membres: des unités de missions spéciales, telles que la Delta Force et le Special Naval War Development Group des États-Unis … ».

Le Centre d’activités spéciales (SAC) est une division de la Central Intelligence Agency (CIA) des États-Unis, chargée de mener des opérations secrètes appelées «activités spéciales». Avant 2016, l’unité s’appelait Division des activités spéciales.

Il y a deux groupes distincts dans le sac: le Groupe des opérations spéciales (SOG) ou le Groupe des opérations spéciales pour les opérations paramilitaires tactiques et le Groupe d’action politique (PAG) ou le Groupe d’action politique pour les opérations politiques clandestines.

Le Groupe d’action politique (PAG) ou Groupe d’action politique est responsable des activités secrètes liées à l’influence politique, aux opérations psychologiques et à la guerre économique. Avec le développement rapide de la technologie, la cyber-guerre a été incluse dans ses missions.

Le sac offre ses services au président des États-Unis en option lorsque les actions militaires et diplomatiques ne sont pas viables ou politiquement réalisables.

Le Groupe d’action politique mène des opérations d’infiltration pour réaliser un changement politique. L’intervention secrète dans une élection étrangère est considérée par le sac comme la forme d’action politique la plus importante. Cela pourrait inclure un soutien financier pour des candidats « appropriés » aux États-Unis, un soutien avec des médias spécialisés, un soutien technique pour les relations publiques, des ressources pour influencer le vote, la participation à l’organisation politique, des conseils juridiques, des campagnes publicitaires et ce qu’ils appellent «d’autres moyens d’action directe».

Selon les spécialistes du SAC, les décisions politiques peuvent être influencées par des formes  actives, telles que le soulèvement des fonctionnaires du pays, la pression sur les fonctionnaires et les dirigeants politiques pour qu’ils prennent des décisions officielles, alignées sur la politique et les objectifs des États-Unis. En outre, développer des mécanismes pour la formation d’une opinion publique favorable aux intérêts américains, actions qui impliquent l’utilisation secrète de la propagande.

Ils peuvent employer des officiers pour travailler en tant que journalistes, recourir à des agents influents, exploiter des plateformes médiatiques, diffuser certaines histoires ou informations dans des secteurs où ils devraient être révélés « naturellement », ou essayer de nier et / ou discréditer des informations qui sont de notoriété publique.

La plupart des experts américains considèrent le SAC comme la force d’opérations spéciales actuelle, parfaite pour la guerre non conventionnelle.

Quelques exemples des programmes d’action politique de la CIA étaient des actions visant à empêcher le Parti communiste italien (PCI) de remporter les élections de 1948; déjà à la fin de 1960, le coup d’État iranien de 1953; Chili 1953; Guatemala 1954; L’Indonésie en 1957, ainsi que la fourniture de fonds et de soutien à l’Union de solidarité en Pologne 1981, tentative de coup d’État au Venezuela 2002; coup d’État au Honduras 2009, Nicaragua 2018, autoproclamation de Juan Guaidó au Venezuela, attaques contre le système électrique national vénézuélien (SEN) 2019, etc.

Aussi transparente que l’eau: la présence dénoncée plus d’une fois par des officiers et agents des services spéciaux américains sur le terrain lors de ces actions, ainsi que la reconnaissance dans des documents rendus publics de leurs actions interventionnistes contre des gouvernements qui ne sont pas leurs vassaux, prouve la l’ingérence directe des États-Unis dans ces coups, qui sont considérés comme « doux » mais n’en ont que le nom car partout dans le monde ils laissent des traînées de sang et des souffrances

Prévoir est le mot d’ordre, les forces progressistes, les dirigeants de gauche doivent être préparés et il faut préparer vos peuples. Vous devez être prêts à tout donner, à affronter les plans des Yankees avec intelligence et à gagner.

Sources:

Secrets exécutifs: Covert Action et la présidence. University of Kentucky Press. Daugherty, William J. (2004).

Un guide des unités d’opérations spéciales de l’Amérique: la force de combat la plus élite du monde. Da Capo Press, Southworth, Samuel A. & Tanner, Stephen. 2002. US Special Forces.

Au centre de la tempête: ma vie à la CIA. Harper Collins Tenet, George. 2007

 

 

Cuba dénonce l’unilatéralisme comme un obstacle au commerce mondial

Quand on sort le nez de l’Europe et que l’on décentre notre vision politique on s’aperçoit qu’un monde nouveau d’échange et coopération se met en place. Il peut être freiné, contrarié mais il avance irrésistiblement, Cuba et la Chine, David et Goliath qui jouent du lance-pierre contre les ex-grandes puissances impérialistes en plein effondrement, même pas, on continue à agir, à proposer (note et traduction de Danielle Bleitrach).

La Chine est le principal partenaire commercial de Cuba en Asie depuis plus de dix ans et le deuxième dans le monde.

La Chine est le principal partenaire commercial de Cuba en Asie depuis plus de dix ans et le deuxième dans le monde. | Photo: Latin

Cuba défend une politique d’inclusion et de bénéfice mutuel entre la Chine et les pays d’Amérique latine, qui offre des perspectives de développement économique.

Le vice-président de la Chambre de commerce de Cuba, Rubén Ramos, a dénoncé ce mercredi au Panama les obstacles qu’imposent aux chaînes productives et commerciales, l’unilatéralisme et le protectionnisme qui prévalent dans les relations mondiales.

LIRE AUSSI:

Début du sommet Chine-Amérique latine et Caraïbes au Panama

Lors du XIII sommet commercial Chine-ALC (Amérique latine et Caraïbes), le responsable a ajouté que les guerres commerciales créent de l’incertitude et de la peur dans le monde.

Ramos a déclaré que de nouveaux fronts de confrontation ont été ouverts qui menacent de ralentir la croissance économique et commerciale, ainsi que les investissements dans le monde entier, en particulier en Amérique latine et dans les Caraïbes.

Roberto Verrier Castro@CastroVerrier

Firman Convenio de Colaboración ProPanma y ProCuba en el marco de CHINALAC Se establecen lazos de colaboración en comercio e inversión ,intercambio de información y buenas prácticas @pro_cuba @MINCEX_CUBA @R_Malmierca

Video insertado

Pour contrer cette situation, il a déclaré que son pays partage les processus qui favorisent les échanges techniques, la coopération, l’innovation et l’investissement, ainsi que la recherche et le développement technologiques. Cependant, le blocus économique, commercial et financier imposé par les États-Unis  affecte le développement de l’île.

Il a également défendu une politique d’inclusion et de bénéfice mutuel entre la Chine et les pays d’Amérique latine, qui offre des perspectives de développement économique.

Roberto Verrier Castro@CastroVerrier

Vicepresidente de la Cámara de Comercio de Cuba interviene en Mesa Redonda de Centros de Promoción y Cámaras de Comercio en CHINALAC Remarcó lo negativo para el comercio y la Inversión para nuestro país del bloqueo de E.Unidos a Cuba @pro_cuba @MINCEX_CUBA

Video insertado

Pour sa part, le vice-président du Comité national de la Conférence consultative politique du peuple chinois (CCPPC), Liu Qibao, a déclaré lundi que la Chine était disposée à renforcer ses relations avec l’Amérique latine et à resserrer les liens à un niveau supérieur.

Un millier d’entreprises ont participé à l’événement: 600 latino-américaines et 400 chinoises, qui ont reconnu l’initiative de la route de la soie comme un guide pour renforcer les relations bilatérales, qui vise à construire un réseau de commerce et d’infrastructures qui relie L’Asie avec l’Europe, l’Afrique et d’autres régions de la planète.

La Chine est le principal partenaire commercial de Cuba en Asie depuis plus de dix ans et le deuxième dans le monde. Les deux pays maintiennent l’échange dans des secteurs tels que la biotechnologie, les énergies renouvelables, les transports, les technologies de l’information, les communications, la santé, entre autres.

 
 

Algérie : Le face à face hirak-pouvoir : La crise de la représentation

Informations sur cette image
Crédits : S. Belguidoum

ISBN 978-2-271-12971-0
Sous la direction de Thierry Desrues et Eric Gobe.
J’avais déjà signalé le remarquable numéro de la même revue sur la Chine en Afrique et dans le Maghreb, voici un autre numéro tout aussi remarquable sur l’Algérie. Face à ce mouvement, nous sommes confrontés à la difficulté d’en saisir la profonde originalité pour en rendre compte. Dire que ce mouvement est original ne signifie pas qu’il est unique, il est au contraire comparable avec ce qui se passe au Soudan, en France avec les gilets jaunes, au Chili, il y a certes une crise de représentativité grâce à laquelle le pouvoir en France peut feindre d’ignorer sa puissance, mais incontestablement il y a là un phénomène qu’il est dangereux pour lui de négliger. Ce travail de chercheurs doit être connu et je recommande ce numéro à tous ceux qui non seulement s’intéressent à l’Algérie, mais tentent d’analyser l’originalité d’un mouvement revendicatif généralisé qui témoigne partout de l’urgence d’un changement de société en refusant « les réformes » pour le maintien de ce qui est en place. Cet article témoigne également de l’incapacité dans laquelle se sont trouvés les partis d’opposition à offrir un relais quelconque, « la politisation » qu’ils prétendent offrir au mouvement sous les formes les plus traditionnelles étant repoussée. A méditer pour ceux qui veulent trop vite coiffer un mouvement populaire (note de Danielle Bleitrach).

Comment qualifier le mouvement de protestation algérien ? Est-ce une révolution, une révolte, une rébellion, un soulèvement ? Difficile de répondre à cette question, bien que l’on trouve toutes ces notions dans la plupart des contributions présentées dans ce dossier spécial portant sur les manifestions algériennes de 2019. L’incertitude propre à la dynamique actuelle de l’action collective en Algérie rend aléatoire tout pronostic quant à son issue politique. En revanche, ce mouvement offre l’occasion aux chercheurs en sciences sociales participant à ce numéro de L’Année du Maghreb de comparer l’expérience algérienne de la contestation aux mobilisations connues par la Tunisie et le Maroc depuis les « Printemps arabes » de 2011.
Les diverses contributions présentées dans ce dossier spécial éclairent, à leur manière, différents pans de la réalité des mouvements de protestation en Algérie, en particulier, et au Maghreb, de manière générale. Elles interpellent la sociologie politique des mobilisations quant à sa capacité à produire des schèmes interprétatifs des actions collectives. Elles constituent également un appel à la multiplication et à l’approfondissement des recherches sur l’Algérie qui demeure l’un des pays du Maghreb les moins étudiés par les sciences sociales.

  • Éditorial

The face to face Hirak-power: the crisis of representation
Louisa Dris Aït-Hamadouche et Chérif Dris
p. 57-68

Résumés

Depuis le soulèvement populaire du 22 février, la question se rapportant à la représentativité du hirak algérien a été lancinante. Comment un mouvement de masse d’une telle ampleur avec toutes ses déclinaisons spatiale, humaine et même temporelle a-t-il pu se déployer de manière pacifique et s’inscrire dans la durée, malgré les périodes où la mobilisation a connu un reflux ? Comment un mouvement dont aucune force politique, syndicale ou sociale n’a pu en revendiquer la paternité a-t-il pu obliger un président de la République à renoncer à un cinquième mandat et se poursuivre dans la durée tout en radicalisant ses revendications ?

Face à une situation inédite où se mêlent contestation populaire et absence de médiation, quelles réponses les gouvernants ont-ils fourni ? Pour répondre à cette série de questions, nous proposons d’examiner l’hypothèse selon laquelle l’attachement des tenants du pouvoir au retour à un processus électoral contrôlé les pousse à chercher des acteurs ressources au sein de la contestation. Un choix facilité par une opposition partisane incapable de se transformer en médiatrice.

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Texte intégral

1Depuis le soulèvement populaire du 22 février, la question se rapportant à la représentativité de ce hirak a été lancinante. Comment un mouvement de masse d’une telle ampleur avec toutes ses déclinaisons spatiale, humaine et même temporelle a-t-il pu se déployer de manière pacifique et s’inscrire dans la durée, malgré les périodes où la mobilisation a connu un reflux ? Comment un mouvement dont aucune force politique, syndicale ou sociale n’a pu en revendiquer la paternité a-t-il pu obliger un président de la République à renoncer à un cinquième mandat et se poursuivre dans la durée tout en radicalisant ses revendications ?

  • 1 . Le Quartet était constitué de l’Union générale tunisienne du travail, de l’Union tunisienne de l’ (…)

2Le hirak algérien est caractérisé par son absence de leadership. Les journalistes, les analystes politiques le considèrent comme un mouvement organisé mais non structuré. Ni les acteurs civils ni les partis d’opposition n’ont pris part à l’organisation de ce soulèvement. Ce qui, au passage, incite à s’interroger sur ses causes et les forces qui en ont été initiatrices. Au-delà de ce questionnement qui mérite d’être affiné par une recherche sur les facteurs à l’origine de ce soulèvement, la problématique de l’absence d’une entité représentative pouvant assurer le statut d’interface entre le mouvement populaire et l’autorité politique s’est posée avec acuité. Les expériences de transitions démocratiques, à travers le monde, affirment, de manière générale, que les négociations entre les tenants du pouvoir et le mouvement de contestation nécessitent des médiateurs. Ceux-ci sont généralement des partis de l’opposition ou des acteurs de la société civile (syndicats, associations des droits de l’Homme, collectifs professionnels, etc.) (Bitar et Lowental, 2015). L’exemple le plus récent est donné par la Tunisie où le Quartet1 a joué un rôle primordial dans le processus de transition, notamment à travers la mise en place du processus constituant (Marks, 2017, Haugboll, Ghali, Youcefi, Limam, Molerup, 2017).

  • 2 . « Makanch intikhabat maa el-Issaba » : « pas d’élections avec le gang »

3En Algérie, l’absence de cette interface place le pouvoir politique, et notamment le commandement de l’armée, en position de force, lui permettant d’écarter toute possibilité de négociations. Cette posture est toutefois moins confortable qu’elle n’y parait à première vue. En rejetant les propositions émanant de certains acteurs du mouvement de protestation au motif qu’ils ne sont pas représentatifs, les tenants du pouvoir se heurtent au refus catégorique, exprimé par la masse des manifestants, de toute élection présidentielle menée par le « gang », el-Issaba2. À raison de deux mobilisations par semaine, (chaque vendredi et mardi), les manifestants battent le pavé des différentes villes d’Algérie, en réclamant un changement radical du système politique exprimé par la formule « Un État civil, pas d’État militaire » (Dawla madania, machi aaskaria).

  • 3 . Nous nous référons ici à des acteurs pouvant prendre part à l’exécution de la stratégie des gouve (…)

4Or, comme le note David Easton, l’absence de courroie de transmissions des attentes populaires (Dobry, 1992) est l’une des manifestations de la crise d’un système politique. C’est précisément la situation dans laquelle est l’Algérie depuis le 2 avril, autrement dit, depuis la démission forcée du président Bouteflika. Aussi la question ne peut-elle plus se résumer à une crise institutionnelle, liée à l’institution présidentielle. Si tel avait été le cas, les élections prévues le 4 juillet auraient eu lieu, et le hirak se serait arrêté, avec la disparition de son élément déclencheur. Or, non seulement le soulèvement ne s’est pas arrêté, mais ses revendications se sont aiguisées (justice indépendante, souveraineté populaire, transition démocratique…). Face à une situation inédite où se mêlent contestation populaire et absence de médiation, quelles réponses les gouvernants ont-ils fourni ? Nous proposons d’examiner l’hypothèse selon laquelle l’attachement des tenants du pouvoir au retour à un processus électoral contrôlé les pousse à chercher des acteurs ressources3 au sein de la contestation. Un choix facilité par une opposition partisane incapable de se transformer en médiatrice.

Le pouvoir politique et le contrôle de la représentation

5Pour les dirigeants en place, la solution à la crise est restée limitée au retour « dans les plus brefs délais » à l’élection présidentielle. Aussi s’est-il agi pour le pouvoir d’empêcher l’émergence d’une représentation forte et légitime susceptible de contester cette solution. Pour ce faire, il s’est efforcé, dans le même temps, de diviser le hirak pour l’affaiblir et de faire émerger de nouveaux acteurs relais.

Affaiblissement et fragmentation de la contestation

  • 4 . Pour tous les détails juridiques, voir l’article de Mouloud Boumghar dans ce présent numéro.

6Le rejet d’un cinquième mandat du président Abdelaziz Bouteflika a été le ciment du hirak. Avant que le chef d’état-major de l’armée et vice-ministre de la défense, le général de corps d’armée Ahmed Gaid Salah ne se prononce en faveur de l’application de l’article 102, suivie des articles 7 et 84, les revendications susceptibles de créer des clivages parmi la population (laïcité, droits des femmes, code de la famille, l’islam) étaient mises sous le boisseau. Dès lors que cette première exigence a été satisfaite, le répertoire des revendications s’est enrichi de demandes ayant trait au changement de système et à l’instauration de la démocratie et de l’État de droit. De leur côté, les tenants du pouvoir ont gardé un même mot d’ordre légèrement amendé : d’abord organiser l’élection présidentielle dans les délais constitutionnels, puis « dans les plus brefs délais ».

  • 5 . Voir l’article de Mohand Tilmatine dans le présent numéro.

7Au fil des semaines, les revendications se sont radicalisées, laissant apparaître des thématiques objet de discordes. Ainsi des groupes soutenant le retour de l’ex-Front Islamique du Salut, sont soudainement apparus au grand jour, suscitant quelques tensions qui sont, in fine, restées circonscrites. Puis, vint l’affaire de l’emblème amazigh5. En effet, dans son discours prononcé le 19 juin devant les cadres de la 3e région militaire à Bechar, le chef d’état-major a mis en garde contre ceux qui brandissent un autre emblème que le drapeau national (Brahimi, 2019) :

« Il m’appartient également en cette occasion d’attirer l’attention sur une question sensible, à savoir la tentative d’infiltrer les marches et porter d’autres emblèmes que notre emblème national par une infime minorité… l’Algérie ne possède qu’un seul drapeau, pour lequel des millions de chouhada sont tombés en martyrs », Ahmed Gaid Salah continuant son discours sur un ton menaçant devait ajouter :« des ordres et des instructions stricts ont été donnés aux forces de l’ordre pour une application rigoureuse des lois en vigueur et faire face à quiconque tente encore une fois d’affecter les sentiments des Algériens à propos de ce sujet sensible et délicat ».

8Mettant ces ordres en application, les forces de sécurité ont procédé le vendredi 22 juin à l’arrestation de manifestants brandissant l’emblème amazigh. Or, la criminalisation du port du drapeau amazigh par les forces de l’ordre n’a pas toujours été suivie par l’institution judiciaire.

  • 6 . La cour de Skikda a condamné Massaoud Laftissi à une peine de six mois de prison avec sursis et à (…)

9Dans certaines wilayas comme Sétif, Oran, Ouargla, Tamanghassat, Annaba, Mostaghanem et Batna6, les manifestants arrêtés pour avoir brandi cet emblème ont été libérés. A contrario, à Tizi-Ouzou, Bedjaia et Bouira aucune arrestation n’a été signalée, alors que les manifestants n’ont jamais cessé de brandir l’emblème amazigh. En revanche, à Alger cette interdiction a créé une situation ultra-sensible. Les dizaines de personnes arrêtées ont été déférées devant la justice et mises sous mandat de dépôt pour « atteinte à l’unité nationale ». En plus du fait qu’Alger, la capitale, soit le lieu du pouvoir politique, cette différence de traitement peut aussi s’expliquer par la volonté d’intimider et de dissuader les Algérois, mais aussi de diviser les « hirakistes » entre ceux soumis à une tension extrême et ceux bénéficiant d’un traitement « privilégié ».

  • 7 . La Badissia fait référence au Cheik Abdelhamid Benbadis (1889-1940) fondateur de l’association de (…)

10Par ailleurs, à cette question de l’emblème est venue se greffer d’autres problématiques dont celles relatives à l’État civil versus État militaire et la Badissia-novembria7 versus plateforme de la Soummam. S’agissant de la première problématique, l’instauration d’un État civil démocratique et non d’un État militaire (Dawla madania machi askaria) est soulevée avec acuité et constance. En effet, depuis le début du mois du Ramadhan, ce slogan s’est imposé comme l’un des principaux leitmotiv mobilisateur. De grandes banderoles ont été brandies avec des contenus dénonçant les prises de position médiatiques du chef d’état-major de l’armée et mettant en garde contre la réédition du scénario égyptien en Algérie. Or, ce slogan mobilisateur a créé à son tour un clivage entre les partisans du vice-ministre de la Défense et ses opposants. Ce clivage s’est matérialisé lors des manifestations, notamment celle de la wilaya de Bordj Bouariredj, mais a surtout trouvé toute son expression sur les plateaux de télévisions publiques et privées. Au fur et à mesure que le vice-ministre de la Défense s’imposait comme le détenteur du pouvoir décisionnel, les médias audiovisuels se sont complètement rangés derrière lui.

  • 8 . Voir l’article de Giulia Fabbiano dans le présent numéro.

11L’opposition entre la Soummam et la badissia-novembria est, à son tour, devenue l’une des problématiques clivantes. Ainsi, depuis que l’option du cinquième mandat est tombée, l’exhumation de référentiels historiques, aux fins d’une relégitimation de la temporalité politique présente, s’impose dans le débat actuel. Que ce soit lors des manifestations ou sur les plateaux de télévisions, le retour à l’histoire vient à la rescousse de stratégies discursives aux arrière-pensées idéologiques ou politiques8. Des universitaires, des journalistes, des acteurs politiques, voire des acteurs de la société civile se sont mobilisés pour imposer « novembre » et l’héritage des oulémas comme unique référentiel en opposition à la charte de la Soummam qui a posé les jalons de la primauté du politique sur le militaire. À telle enseigne que même les partis politiques et certains acteurs de la société civile se sont vu obliger d’indexer leur démarche politique sur la déclaration du 1er novembre.

12Les gouvernants ont donc alimenté et encouragé l’émergence des divergences idéologiques et politiques au sein du mouvement populaire. Le deuxième instrument utilisé pour conforter la démarche du pouvoir a consisté à trouver les interlocuteurs susceptibles de mettre en œuvre sa feuille de route.

De l’échec des partis de l’allégeance à la recherche d’opposants loyaux

  • 9 . Arrêté le 11 septembre et mis sous mandat de dépôt, Karim Tabou est accusé d’atteinte au moral de (…)
  • 10 . La Coordination des acteurs de la société civile de la conférence du 15 juin est le rassemblement (…)
  • 11 . Les plus connus sont le RND (Rassemblement nationale pour la démocratie), le FLN (Front de libéra (…)

13Après l’échec de l’organisation de l’élection présidentielle le 4 juillet, le pouvoir politique a annoncé l’ouverture d’un dialogue avec le mouvement populaire. Or si en Tunisie, le dialogue a été une démarche ascendante, entamé et piloté par des acteurs de la société civile, représenté par le Quartet (Marks, 2017), en Algérie, c’est l’approche descendante qui a été privilégiée. Les gouvernants avaient en face d’eux deux possibilités. La première consistait à dialoguer avec des opposants non loyaux, à l’image de certains partis de l’opposition comme le FFS (Front des Forces socialistes) et le RCD (Rassemblement pour la culture et la démocratie) ou encore Jil el Djadid (nouvelle génération) et certains acteurs politiques très présents dans le hirak à l’image de Karim Tabou9 et de Mustapha Bouchachi, mais aussi des acteurs la société civile, structurés dans le cadre de la Coordination des acteurs de la société civile de la conférence du 15 juin10. La seconde possibilité consiste à remettre en selle les partis et organisations nationales, clients traditionnels qui ont fait les beaux jours de l’alliance présidentielle11.

14Les deux options ont très vite révélé des risques inacceptables pour les successeurs du président déchu. La première option impliquait de devoir négocier des concessions pouvant remettre en cause le statut politique de l’institution militaire. Quant à la seconde, elle risquait d’aggraver la fracture entre gouvernants (commandement militaire) et gouvernés (manifestants) tant l’image des militaires étaient ternie par la révélation de scandales de corruption à répétition.

15Aussi les gouvernants ont-ils préféré la posture de l’initiateur. Autrement dit, la tactique utilisée consistait à initier un dialogue au contenu et aux modalités définis exclusivement par leurs soins. Ainsi le contenu s’est-il limité à l’élection présidentielle et aux modalités de la création d’une instance indépendante d’organisation et de supervision des élections, ainsi que la révision de la loi électorale.

  • 12 . Un dialogue national inclusif pour réunir les conditions d’une élection présidentielle crédible ( (…)

16Pour mener à bien ce dialogue, les tenants du pouvoir ont opté pour la constitution d’un panel de personnalités médiatrices placée sous contrôle. Ainsi le forum NADA, pour la protection de l’enfance, a proposé une liste de treize personnes dont la plupart, universitaires, syndicalistes, ancien ministres et Premiers ministres qui n’étaient guère susceptibles de faire valoir une capacité d’indépendance et d’autonomie vis-à-vis du pouvoir. La démarche a très vite révélé son caractère biaisé dans la mesure où il n’était pas envisagé que des personnalités, jugées incontrôlables, puissent y figurer. Pis, certaines de ses personnalités pressentis avaient soutenu le cinquième mandat. Comme l’avait annoncé le secrétaire général à la présidence de la république, Nouredine Ayadi12, ce panel de dialogue et de médiation était dénué de toute dimension politique.

17Le mode opératoire a simplement consisté à organiser des réunions avec 23 partis politiques et 5 676 associations en près deux mois de consultations. Durant cette période, les déplacement du panel ont été chahutés et rejetés par la population locale. Les principales figures de l’opposition et du hirak ont refusé de le rencontrer. À l’issue de ces consultations, un rapport validant les propositions annoncées au tout début du processus a été publié : changement de la loi électorale et création d’une commission indépendante d’organisation des élections. Mais in fine, l’absence de légitimité de ce panel a finalement été confirmée par le chef d’état-major lui-même lorsqu’il a annoncé la convocation du corps électoral et en a fixé la date (le 15 septembre), avant même que ledit panel n’ait achevé sa mission.

18Toutefois la non-émergence d’une instance représentative légitime au sein du hirak n’est pas imputable aux seuls dirigeants du pays. La faiblesse de l’opposition est également une des explications du manque d’un leadership légitime à la tête du mouvement.

La problématique de la représentation du hirak par l’opposition partisane  

19Pourquoi les partis de l’opposition ne parviennent-ils pas à devenir une interface médiatrice ? Pourquoi ne réussirent-ils pas à représenter le hirak ? Deux types de raisons peuvent expliquer cet état de fait.

Aux sources structurelles d’une difficile représentation

  • 13 . Certains leaders de partis politiques ont dénoncé des manipulations visant à ternir volontairemen (…)

20Bien qu’ils n’aient eu de cesse de déclarer leur soutien total au soulèvement populaire et d’insister sur la légitimité de ses revendications, les partis de l’opposition ont rencontré toutes les difficultés du monde à y trouver leur place et encore plus à se positionner en tant que représentant du hirak. Durant les premières semaines, des chefs de partis ont pris part aux manifestations, mais ont été repoussés par des manifestants, les accusant de vouloir récupérer le mouvement populaire13. Filmés et relayés sur les réseaux sociaux à très large échelle dans une posture très désavantageuse, certains d’entre eux ont totalement renoncé à sortir, tandis que d’autres ont continué de le faire, entourés de leurs militants.

  • 14 . Cette notion de personnalités politiques (ou nationales) s’est imposée dans le vocabulaire politi (…)
  • 15 . Conclusion tirée à la suite de très nombreux débats et rencontres avec les partis politiques, les (…)

21La raison la plus évidente du fossé existant entre les partis de l’opposition et les manifestants réside dans le fait qu’ils n’étaient absolument pas préparés à affronter un événement majeur de ce type. Le 22 février a été une onde de choc comparable à un séisme. Les partis politiques, à l’instar des organisations de la société civile et des personnalités politiques14, ont tous reconnu avoir été pris de cours par le soulèvement populaire. Tous, ont reconnu que le 22 février était certes une bonne surprise, mais une surprise qui les avait pris au dépourvu15.

  • 16 . Selon un sondage commandé en 2017 par Rassemblement Actions Jeunesse (RAJ, organisation de la soc (…)
  • 17 . APS, « Le RCD préconise une période de transition préalable à l’élection présidentielle », 06/07/ (…)
  • 18 . L’état d’urgence a été levé en 2012, dans le sillage du « printemps arabe », mais le droit de man (…)
  • 19 . Le chantage aux recettes publicitaires concerne en premier lieu la presse écrite, tandis que l’au (…)

22En fait, l’opposition a abordé la phase du déclanchement du mouvement de protestation avec un capital de confiance extrêmement bas, ne serait-ce qu’en raison de leur incapacité à représenter une alternative dans le cadre d’un « champ politique désamorcé » et d’un multipartisme faire-valoir (Addi, 2006 ; Dris-Ait-Hamadouche et Dris, 2017 ; Tozy, 1991). D’ailleurs, les sondages relatifs à ce sujet s’accordent à montrer que les partis politiques avec les institutions élues, parlement compris, jouissent d’une faible crédibilité16. Les partis eux-mêmes ont bien conscience de cette réalité : c’est la raison pour laquelle certains d’entre eux, comme le RCD, ont proposé une feuille de route pour une période de transition dans laquelle les formations politiques sont totalement exclues, privilégiant l’implication de la société civile17. Deux raisons sont à l’origine de cette disjonction entre la classe politique et l’opinion publique : en premier lieu, le contexte politique objectif ; en second lieu et dans une moindre mesure, le parcours interne des partis. Sans revenir sur la décennie particulière de terrorisme, ces vingt dernières années ont eu un impact incroyablement négatif sur le fonctionnement des partis politiques de l’opposition. Les lois liberticides sur les partis, les associations, les médias et les rassemblements18, ainsi que des médias publics fermés à l’opposition et des médias privés assujettis par le chantage à la publicité ont contribué à dévitaliser l’opposition19. À cela s’ajoute une Constitution révisée en 2008 et 2016 qui, remettant en cause les équilibres des pouvoirs reconnus en 1996, a permis la soumission de l’administration à la volonté politique et, last but not least, une justice victime des injonctions d’un exécutif présidentialiste.

  • 20 . Le front du boycott de l’élection présidentielle de 2014 a donné naissance à la CNLTD (Coordinati (…)

23Mis bout à bout, ces éléments ont conduit l’opposition à faire face à un choix cornélien : participer ou ne pas participer aux rendez-vous électoraux. La première option consistait à accepter des règles du jeu non transparentes ou la manipulation des résultats était la règle. En échange, la campagne électorale, les dividendes financiers, la présence dans les instances élues donnaient aux partis une visibilité indispensable à leur survie et une connaissance concrète de la pratique de la gestion, tant au niveau local que national. La seconde option consistait à refuser de prendre part aux élections. Le parti y gagne alors en crédibilité, puisqu’il refuse de cautionner un scrutin participant à la pérennisation du régime politique, et perd sur tous les autres plans (visibilité, contact avec la population, défense de son programme, dividendes, etc.). C’est aussi parce qu’aucune des deux options n’a été satisfaisante que les partisans respectifs de ces deux stratégies ont finalement fait front en 2014, pour s’opposer ensemble au quatrième mandat20. L’autre point faible de l’opposition concerne la gestion interne des conflits au sein des partis : leur leadership se renouvelle peu, aussi les divergences internes débouchent sur des ruptures qui se traduisent en scissions (Dris, Dris-Aït Hamadouche, 2017). Aucune formation politique n’a échappé aux scénarios des redressements internes qui conduisent à la création de partis jumeau, mais ennemi.

Les causes factuelles : 22 février, un défi à l’opposition

  • 21 . La présidence de Mohcene Belabas s’est illustrée par la révision de la ligne politique et idéolog (…)
  • 22 . Certains députés ont refusé la décision de la direction et ont continué de siéger à l’Assemblée n (…)

24L’opposition est donc mise au défi de jouer un rôle central dans un soulèvement populaire qu’elle n’a ni prédit ni contribué à déclencher et sur lequel elle n’a aucune prise. Ce nouveau défi produit un effet amplificateur sur les fragilités internes aux partis. En effet, le hirak pousse à faire des choix politiques qui deviennent des sources de tensions internes supplémentaires au sein de certaines formations politiques. À titre d’exemple, la direction du RCD a fait face à une fronde interne, dès lors que la direction du parti a choisi de sortir des clivages idéologiques et des postures manichéennes traditionnels. Ciblant le leadership du moment, représenté par Mohcene Belabas, cette fronde a été, selon toute vraisemblance, menée par la direction précédente, personnifiée par Saïd Saadi21. D’autres partis ont fait face à des difficultés internes exacerbées durant le soulèvement populaire. C’est le cas du FFS qui s’est totalement fractionné, à travers une présidence collégiale divisée, dont certains des membres n’ont pas hésité à recourir à la violence. Cette fracture a eu un impact direct sur la décision du FFS de se retirer du parlement, en signe de refus de reconnaitre la légitimité des instances élues durant les mandats exercés par le président déchu22.

  • 23 . Amine I. M., « Noureddine Nahnah lance de graves accusations contre les cadres du parti », Le Cou (…)
  • 24 . Abdel Rezzak Mokri a dénoncé le fait que les chefs de parti étaient menacés, au moment où des rum (…)

25La direction du Mouvement de la société pour la paix (MSP), quant à elle, a dû gérer les tentations participationnistes d’un courant considéré comme plus ou moins proche des cercles du pouvoir. Elles se sont traduites par des attaques en provenance du courant d’Aboudjerra Soltani, ainsi que de graves accusations proférées par le fils de Mahfoud Nahnah23. Fait aggravant, cette même direction a subi les pressions/intimidations lancées par le chef d’état-major contre ses détracteurs qu’il a pris l’habitude d’assimiler à des « comploteurs » complices de la « bande ».24 Enfin, le parti des travailleurs (PT) s’est retrouvé décapité lorsque sa secrétaire générale Louisa Hanoun, a été placée sous mandat de dépôt. Dirigeant son parti depuis 1989, députée et plusieurs fois candidate à l’élection présidentielle, elle s’est retrouvée poursuivie par la justice militaire pour complot et atteinte à la sécurité nationale, à la suite de réunions tenues avec les responsables des services de renseignements et le frère conseiller du président Bouteflika.

Représentation et coalitions partisanes

26Rendue difficile en raison de la fragilité des partis pris individuellement, la représentation du hirak aurait pu passer par des alliances ou, tout au moins, des coalitions. Là encore, les difficultés se sont immédiatement imposées. La première difficulté est liée à un contexte qui n’offre quasiment pas de lisibilité. Face à un soulèvement populaire dont ils évaluent la force et les faiblesses au fur et à mesure, les partis de l’opposition sont impuissants quand il s’agit d’en prévoir l’évolution, même à court terme. Cette impuissance a considérablement compliqué la prise de décision et a rendu certains partis prudents, pour ne pas dire pusillanimes dans leurs choix.

  • 25 . À titre d’exemple, Ali Benflis a retiré les formulaires de sa candidature le 19 septembre, dans u (…)

27Le deuxième point d’incertitude est le système de gouvernement mis en place après le 2 avril : une configuration bicéphale avec, d’une part, un chef d’État intérimaire affaibli physiquement et politiquement, et d’autre part, un vice-ministre de la Défense et néanmoins chef d’état-major omniprésent, n’hésitant pas à s’arroger les prérogatives de l’ensemble de l’exécutif, allant même jusqu’à contredire le chef de l’État. Provoquée ou subie, complémentaire ou antagonique, cette bicéphalie a, en tous cas, grandement contribué à priver l’opposition de grilles d’analyses fixes, la dissuadant de tracer une stratégie d’alliance pérenne. Ces incertitudes ont contribué à maintenir chez certains partis conservateurs la tentation d’aller concourir, dans un climat politique délétère, à une élection présidentielle dénuée de garanties de transparence25.

  • 26 . Cette classification approximative vise à faciliter l’analyse. Elle fait référence à une coalitio (…)

28À l’échelle des alliances, ce manque de visibilité a constitué l’une des contraintes rendant difficile un rapprochement entre l’opposition dite conservatrice et celle du pôle dit progressiste26. Engagé dans une posture plus tranchée à l’égard des offres politiques que les gouvernants ont faites, ledit pôle a eu du mal à envisager ne serait-ce que la possibilité d’un rapprochement tactique. D’ailleurs la proximité passée de certains partis conservateurs avec les cercles décisionnels (Ali Benflis, ancien ministre, ancien Premier ministre et directeur de campagne du président Bouteflika ; le MSP, membre de l’alliance présidentielle jusqu’en 2012), a été un facteur de distanciation. C’est le cas par exemple du MDS (Mouvement pour la démocratie sociale) qui a refusé toute coopération avec Talai el Houriyates, le parti dirigé par Ali Benflis, considérant que ce dernier faisait toujours partie du « système ».

29Le troisième frein à la constitution d’un front uni de l’opposition est d’ordre idéologique. Les deux pôles se sont ainsi recroquevillés sur leurs socles dogmatiques et manichéens, nouveaux et anciens, réducteurs et exclusifs, y compris sur des points de détails. À titre d’illustration, le référentiel historique supposé être commun et consensuel est devenu le centre d’une polémique avec l’apparition du courant appelé « novembriste-badissiste », affichant son soutien à l’autorité de l’institution militaire (Naddir, 2019) en opposition aux « soummamistes » qui se disent progressistes et se réfèrent au congrès de la Soummam, organisant l’action libératrice et stipulant la primauté du politique sur le militaire.

  • 27 . Lors de la convention tenue le 9/9/2019 à Alger, le représentant du PLD a violemment apostrophé c (…)

30L’autre clivage idéologique, structurel celui-là, concerne la posture à l’égard de l’islamisme. Là encore, le pôle conservateur assume une alliance nationalo-islamiste sans complexe, alors que les progressistes affichent une vision dans laquelle le politique doit être séparé du religieux. Cette posture explique pourquoi des partis politiques comme le MDS et le Parti pour la laïcité et la démocratie (PLD) ont catégoriquement et définitivement rejeté l’idée de s’assoir autour d’une même table que les islamistes. L’animosité peut atteindre des proportions importantes, comme le démontre l’incident survenu lors de la convention des forces de l’Alternative démocratique27.

  • 28 . Ce dialogue fait référence à l’initiative politique que certains partis politiques ont menée au m (…)

31Malgré ces clivages d’ordre tactique, stratégique et idéologique, des partis politiques tentent de s’inscrire dans une logique alternative. Le symbole le plus parlant de cette révision est le président du RCD, Mohcine Belabbas. Acteur clé des conférences de Mazafran I et II, il a, dès 2014, brisé le tabou de la frontière idéologique imperméable et a amorcé l’ouverture de son parti vers de nouveaux espaces. Le FFS, quant à lui, a toujours été un point de jonction idéologique, ainsi que l’atteste le rôle clé qu’il a joué déjà dans les années 1990 avec notamment le dialogue de Sant’Egidio28. L’existence de telles passerelles a permis, le 24 août 2019, durant le hirak, la rencontre de quasiment toutes les figures de l’opposition. Menée à l’initiative de la conférence de la société civile du 15 juin, cette rencontre avait pour objectif de créer un large front politique capable de produire une proposition de solution politique consensuelle.

Conclusion

32Alors que le mouvement populaire continue sur sa lancée, il est difficile d’aboutir à une conclusion qui permette de comprendre tous les tenants et les aboutissants de sa dynamique complexe. Nous nous sommes efforcés, tout au long de ces lignes, d’offrir des éléments d’explication à la difficulté du mouvement de s’adosser à des instances ou à un leadership représentatifs du hirak.

33Si par définition une crise politique est une rupture entre gouvernants et gouvernés, le maintien du soulèvement populaire comme une immense vague de contestation sans leadership, ni acteurs médiateurs est à la fois un avantage et un inconvénient. Il s’agit d’un avantage dans la mesure où il traduit la leçon apprise à la suite de la crise de 2001 (cooptation et récupération du leadership), et un inconvénient puisqu’il empêche l’émergence de médiateurs dotés de la légitimité nécessaire pour négocier, comme cela a été le cas en Tunisie et au Soudan.

34Par ailleurs, si cette absence de représentation peut permettre aux tenants du pouvoir politique de créer ou de privilégier l’émergence de représentants dociles, cette stratégie risque, elle aussi, de porter les germes de ses inconvénients. En effet, la crise de confiance est tellement grande, les revendications populaires tellement aiguisées, que l’imposition d’une représentation factice peut, au contraire, aggraver la crise politique et réduire la marge de manœuvre des protagonistes.

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Bibliographie

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Brahimi, N., 2019, « Emblèmes autres que le drapeau national : Gaïd Salah déploie la mise en garde », <http:/www.reporters.dz/2019/06/20/emblemes-autres-que-le-drapeau-national-gaid-salah-deploie-la-mise-en-garde/>, consulté le 12/09/2019 à 19h00.

Dobry M., 1992, Sociologie des Crises Politiques. La dynamique des mobilisations multisectorielles, Presses de la Fondations Nationale des Sciences Politiques, Paris.

Dris-Ait Hamadouche L. 2018, « Au cœur de la résilience algérienne : un jeu calculé d’alliances », Confluences Méditerranée, n° 106, p. 195-210.

Dris. Ch. und AïtHamadouche, L., 2017, « PolitischeParteien In Algerien : PLURALISM US IN EINEM DOMINANTEN PRÄSIDIAL SYSTEM », in Sigrid Faath (dir.) POLITISCHE PARTEIEN IN NORDAFRIKA IdeologischeVielfalt – Aktivitäten – Einfluss, 2017, Konrad-Adenauer-Stiftunge.V., Sankt Augustin/Berlin, p.147-201.

Haugboll R.H, Ghali, A., Limam M., Mollerup N.G, Youcefi H., 2017, Tunisia Nadional Dialogue. Political Crisis Management, <www.berghof-foundation.org/publications/national-dialogue-handbook>. 49 p.

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Nadir I., 2019, « Ses promoteurs veulent faire main basse sur le hirak : “Badissia-Novembria” : l’imposture », El Watan, 20 juin.

Tozy M., « Représentation/Intercession. Les enjeux du pouvoir dans les “champs politiques désamorcés” au Maroc », in Camau M. (dir.), Changements politiques au Maghreb, Paris CNRS Éditions, p. 153-168.

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Notes

1 . Le Quartet était constitué de l’Union générale tunisienne du travail, de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat, de l’Ordre national des avocats de Tunisie et de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme. En 2013-2014, il a joué le rôle de médiateur entre les diverses forces politiques tunisiennes pour sortir le pays la crise institutionnelle.

2 . « Makanch intikhabat maa el-Issaba » : « pas d’élections avec le gang »

3 . Nous nous référons ici à des acteurs pouvant prendre part à l’exécution de la stratégie des gouvernants, grâce à leur savoir-faire, leur capital social ou leurs capacités d’influence.

4 . Pour tous les détails juridiques, voir l’article de Mouloud Boumghar dans ce présent numéro.

5 . Voir l’article de Mohand Tilmatine dans le présent numéro.

6 . La cour de Skikda a condamné Massaoud Laftissi à une peine de six mois de prison avec sursis et à 100 000 dinars algériens (700 euros) d’amende pour « incitation à attroupement armé ».

7 . La Badissia fait référence au Cheik Abdelhamid Benbadis (1889-1940) fondateur de l’association des Oulémas musulmans pendant la colonisation française. Novembria fait référence à la déclaration du 1er novembre 1954, annonçant le début de la guerre de libération nationale.

8 . Voir l’article de Giulia Fabbiano dans le présent numéro.

9 . Arrêté le 11 septembre et mis sous mandat de dépôt, Karim Tabou est accusé d’atteinte au moral de l’armée. Selon l’article 75 du code pénal, il encourt une peine de prison, qui varie entre 5 et 10 ans.

10 . La Coordination des acteurs de la société civile de la conférence du 15 juin est le rassemblement de 3 collectifs, en l’occurrence : la CSA (Coordination des syndicats autonomes comprenant 13 syndicats) ; le Collectif de la société civile pour la transition démocratique comprenant près d’une vingtaine des associations et organisations diverses (Ligues des droits de l’homme, SOS Disparus, Rassemblement action jeunesse,…) et AMEL, un réseau d’associations actif dans le secteur de la bienfaisance.

11 . Les plus connus sont le RND (Rassemblement nationale pour la démocratie), le FLN (Front de libération nationale), le MPA (Mouvement populaire algérien), TAJ (Rassemblement pour l’espoir en Algérie), UGTA (Union générale des travailleurs algériens).

12 . Un dialogue national inclusif pour réunir les conditions d’une élection présidentielle crédible (Secrétariat général de la présidence de la République), <http://www.aps.dz/algerie/92378-un-dialogue-national-inclusif-pour-reunir-les-conditions-d-une-election-presidentielle-credible-sg-presidence-de-la-republique>. 24/07/2019 consulté le 20/09/2019 à 11h44.

13 . Certains leaders de partis politiques ont dénoncé des manipulations visant à ternir volontairement leur image auprès des manifestants.

14 . Cette notion de personnalités politiques (ou nationales) s’est imposée dans le vocabulaire politique algérien pour faire référence à des personnes ressources, dotées d’une certaine légitimité sans pour autant être rattachées à un parti politique. À titre d’exemple, nous citerons des personnalités comme Ali Yahia Abdennour, Mohammed Taleb Ibrahimi, Rachid Ben Yelles, Mohamed Benbitour, Mouloud Hamrouche, Abdelaziz Rahabi Djamila Bouhired, Mohamed Benbitour, Mouloud Hamrouche, Abdelaziz Rahabi, et des personnes dont l’aura a considérablement augmenté durant le soulèvement : Mustapha Bouchachi, Karim Tabbou, Samir Belarbi, Said Salhi, Lyes Merabet, Nacer Djabi, Islam Attiya, Smail Lalmas, etc.

15 . Conclusion tirée à la suite de très nombreux débats et rencontres avec les partis politiques, les syndicats, les associations et les personnalités politiques.

16 . Selon un sondage commandé en 2017 par Rassemblement Actions Jeunesse (RAJ, organisation de la société civile), 1 % des jeunes déclarent avoir adhéré à un parti politique et 3 % avoir déjà participé à une activité partisane, tandis que 41 % des jeunes n’attendent rien du Parlement. Rencontre débat, Alger 20/08/2017.

17 . APS, « Le RCD préconise une période de transition préalable à l’élection présidentielle », 06/07/2019.

18 . L’état d’urgence a été levé en 2012, dans le sillage du « printemps arabe », mais le droit de manifester dans les espaces publics de la capitale n’a jamais été rétabli. Par ailleurs, les partis politiques ne pouvaient organiser aucune manifestation, y compris dans un espace clos, sans une autorisation délivrée de façon sélective.

19 . Le chantage aux recettes publicitaires concerne en premier lieu la presse écrite, tandis que l’audiovisuel souffre de l’absence de législation débouchant sur la création de chaines de télévision satellitaires de droit étranger qui ne bénéficient pas d’accréditations.

20 . Le front du boycott de l’élection présidentielle de 2014 a donné naissance à la CNLTD (Coordination nationale pour les libertés et la transition démocratique), constituée, entre autres, d’un parti « entriste », le MSP, et d’un parti plutôt abstentionniste, le RCD. Regroupant plusieurs partis d’opposition de diverses obédiences idéologiques, la CNLTD s’est disloquée à l’approche des élections législatives de 2017.

21 . La présidence de Mohcene Belabas s’est illustrée par la révision de la ligne politique et idéologique du parti, puis par une prise de distance vis-à-vis des gouvernants et un rapprochement avec les autres courants de l’opposition, notamment avec le MSP en 2014 et avec le FFS en 2019.

22 . Certains députés ont refusé la décision de la direction et ont continué de siéger à l’Assemblée nationale.

23 . Amine I. M., « Noureddine Nahnah lance de graves accusations contre les cadres du parti », Le Courrier d’Algérie, <http://lecourrier-dalgerie.com/noureddine-nahnah-lance-de-graves-accusations-contre-les-cadres-du-parti-des-ministres-se-servaient-du-msp-pour-leurs-propres-interets/>.

24 . Abdel Rezzak Mokri a dénoncé le fait que les chefs de parti étaient menacés, au moment où des rumeurs circulaient sur sa possible arrestation, en raison des contacts qu’ils avaient eus avec le frère du président, quelques mois avant l’élection présidentielle d’avril 2019.

25 . À titre d’exemple, Ali Benflis a retiré les formulaires de sa candidature le 19 septembre, dans un contexte marqué par la radicalisation du discours du vice-ministre de la Défense, annonçant la mise en place de barrages de la gendarmerie sur les routes menant vers la capitale, afin d’empêcher les habitants en dehors de cette wilaya de s’y rendre, menaçant d’amendes et de saisie de leur véhicules les contrevenants à cette instruction. Cette mesure est intervenue au moment où les arrestations massives, ciblées et non, se sont multipliées avec mises sous mandat de dépôt de quasiment toutes les personnes arrêtées, accusées de graves délits (atteinte à l’unité nationale, atteinte au morale de l’armée).

26 . Cette classification approximative vise à faciliter l’analyse. Elle fait référence à une coalition ad hoc constituée en deux pôles. Le pôle conservateur regroupe les partis dissidents du FLN et du RND qui constituent le courant nationaliste (Talai el Houriat, El Fadjr el djadid, El Moustakbal ?…), ainsi que différents partis islamistes (MSP, Binaa, El Adala, etc.). Quant au pôle progressiste, il regroupe des partis qui se définissent comme modernistes et libéraux (RCD, FFS, PT, MDS, PST, etc.).

27 . Lors de la convention tenue le 9/9/2019 à Alger, le représentant du PLD a violemment apostrophé celui de SOS Disparus, lui reprochant de « revenir sur le passé », alors que le débat porte sur l’avenir. Durant son intervention, Hassen Ferhati, représentant de SOS Disparus, réclamait la vérité sur les milliers de disparus des années 1990.

28 . Ce dialogue fait référence à l’initiative politique que certains partis politiques ont menée au milieu des années 1990 pour solutionner la crise politique par la négociation. Elle a regroupé le FLN, le FFS, le PT et les dirigeants du FIS (Front islamique du Salut), <https://www.monde-diplomatique.fr/1995/03/A/6228>.

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Pour citer cet article

Référence papier

Louisa Dris Aït-Hamadouche et Chérif Dris, « Le face à face hirak-pouvoir : La crise de la représentation », L’Année du Maghreb, 21 | 2019, 57-68.

Référence électronique

Louisa Dris Aït-Hamadouche et Chérif Dris, « Le face à face hirak-pouvoir : La crise de la représentation », L’Année du Maghreb [En ligne], 21 | 2019, mis en ligne le 05 décembre 2019, consulté le 11 décembre 2019. URL : http://journals.openedition.org/anneemaghreb/5129

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Auteurs

Louisa Dris Aït-Hamadouche

Professeure à la Faculté des sciences politiques et des relations internationales, Alger 3.

Chérif Dris

Professeur à l’Ecole nationale supérieure de journalisme et des sciences de l’information, Alger.

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Guennadi Ziouganov: Les Chinois n’ont pas oublié l’aide de l’Union soviétique. Merci et avançons dans l’action

Le KPRF, ici son président tient une conférence de presse dans laquelle il expose aux journalistes les lignes directrices de son parti et souligne également les relations qui unissent son parti à celui de la Chine, les initiatives qu’ils prévoient de prendre ensemble. On peut espérer que la nouvelle direction du PCF va être présente et active dans ces initiatives. Les relations internationales sont une nécessité parce qu’elles permettent d’échanger des expériences et aussi parce que l’on mesure à quel point partout les peuples sont entrés en lutte contre le capitalisme, d’où la nécessité du trafic des mémoires. Savoir ce qu’a été réellement le communisme, ce qu’il est aujourd’hui est un danger mortel pour le capitalisme (note et traduction de Danielle Bleitrach pour histoire et société).

10 décembre 2019 19:30 – Parti communiste
Gennady Zyuganov: Les Chinois n'ont pas oublié l'aide de l'Union soviétique, merci et avancons activement

Le 10 décembre, avant la réunion plénière de la Douma d’État, le président du Comité central du Parti communiste de la Fédération de Russie, Guennadi Ziouganov, s’est adressé aux journalistes. Il a commenté les pourparlers de Paris entre les dirigeants de la Russie et de l’Ukraine et parlé de sa récente visite en Chine, à la tête d’une délégation du Parti communiste.

https://kprf.ru/party-live/cknews/190183.html

«Poutine a eu des entretiens avec Zelensky à Paris sur l’Ukraine. Nous avons salué ces pourparlers. Nous considérons qu’il est extrêmement important d’aller de l’avant. Bien qu’aucune réponse à de nombreuses questions n’ait encore été trouvée. Mais la nature même des négociations, la communication directe entre les partenaires et Zelensky auront certainement un effet positif », a déclaré Guennadi Ziouganov.

«Je comprends que Zelensky est un prisonnier de Bandera, des nationalistes et nazis. Mais, néanmoins, ce problème devrait être résolu, – a-t-il noté. – Près de 40% des citoyens ukrainiens sont russophones. La défense de nos intérêts, en commençant par le Donbass et en terminant par les régions profondes de l’Ukraine, est une question de principe. Le président l’a souligné deux reprises en réponse à de nombreuses questions. » «Nous avons salué cette réunion. Et nous amplifierons sa mise en œuvre. La semaine prochaine, nous enverrons le 83e convoi humanitaire au Donbass. Plus de 100 000 cadeaux pour les enfants. Nous avons continué le programme pour aider les enfants du Donbass. 2 000 enfants sont déjà venus en convalescence, ont fait la connaissance du Kremlin et de la cathédrale du Christ-Sauveur, de l’Exposition des Réalisations de l’Economie Nationale (VDNKh). Nous avons visité les lieux militaro-patriotiques les plus emblématiques. C’est notre ligne de principe. La politique du Parti communiste », a souligné le chef du Parti communiste.

« Mais pendant que nous défendions nos intérêts face à l’Occident, notre délégation, huit dirigeants du Parti communiste faisant autorité, des députés, étaient en visite officielle en Chine », a déclaré le président du Comité central du Parti communiste. « Lorsque le président chinois Xi Jinping a effectué une visite officielle ici à Moscou en juin, présentant un rapport intéressant lors du forum économique de Saint-Pétersbourg, nous avons discuté avec lui et convenu de faire le bilan de la mise en œuvre du mémorandum précédent à la fin de l’année. »

«Nous avons également convenu de préparer un nouveau document pour la prochaine période de cinq ans. Il a été donné des instructions pertinentes aux chefs de départements et de services. Un tel document a été préparé. Et nous l’avons signé lors des négociations et des réunions. Un programme exceptionnel pour développer les relations entre le Parti communiste russe et le Parti communiste chinois est prévu pour les cinq prochaines années », a déclaré Guennadi Ziouganov.

«Tout d’abord, je l’ai remercié parce que nous avons pu célébrer ensemble le centenaire de la grande révolution d’octobre. Un excellent album en russe et en chinois est sorti à propos de cette célébration : «Vent d’Octobre». Il est très populaire. Ensemble, nous avons eu une grande conférence consacrée au 200e anniversaire de Karl Marx. Et nous avons programmé dans un proche avenir un certain nombre d’actions internationales majeures. Tout d’abord, un événement interviendra pour le 150e anniversaire de la naissance de V.I. Lénine », a déclaré le chef du Parti communiste.

«Les camarades chinois et la délégation participeront activement à ces événements. En avril, nous tiendrons une réunion de 150 délégations du monde entier, au cours de laquelle nous examinerons la question : «Défis du 21e siècle et socialisme renouvelé», a-t-il poursuivi. – Au fait, mon adjoint Dmitri Novikov a récemment participé à un grand forum en Chine. Un forum qui a lieu chaque année. Sur les problèmes du «socialisme et du 21e siècle». Il y a présenté un rapport introductif »

«Mon troisième livre, La mondialisation et le destin de l’humanité, est publié en Chine. C’est le produit d’un travail de près 20 ans », a déclaré Guennadi Ziouganov. – Personnellement lors de ma rencontre avec les dirigeants du Parti communiste chinois, j’ai répondu à leurs nombreuses questions. La conversation a duré près de 6 heures. Sur quoi ils nous ont officiellement fait part des raisons de la défaite du PCUS et de l’URSS selon eux. »

«Et les camarades chinois ont fait beaucoup pour échapper aux mêmes problèmes et difficultés. Ils ont également tiré des leçons en ce qui concerne leur propre attitude, nous l’avons vu sur la place Tian An Men en 1989. Mais la direction chinoise, menée par Deng Xiaoping, a pris des mesures énergiques et strictes, pour défendre le socialisme et les conquêtes des travailleurs. Et Deng Xiaoping a proposé la modernisation – les quatre réformes: l’industrie, l’agriculture, les ressources humaines et la science. Le pays a bougé à pas de géant. Ensuite, ils ont soigneusement étudié nos propositions pour le développement des forces patriotiques. Et ils ont traduit mon dernier ouvrage, «La Russie sous le regard du mondialisme», a noté le chef du Parti communiste.

«Lorsque la Chine était encore 11e en termes de PIB, j’ai écrit le chapitre « La Chine en tant que superpuissance ». Certains se sont moqués de moi. La Chine produisait alors environ 2% de la production industrielle mondiale. Et nous produisions plus de 15% des produits industriels. Aujourd’hui, la Chine produit plus de 15%, tandis que nous produisons 2%. Au cours des 70 ans de son histoire récente, la Chine a eu un rythme de développement de plus de 8%. Pendant les réformes de Deng Xiaoping – plus de 9% », a déclaré Guennadi Ziouganov.

«Mais en Chine, il existe des aspects particuliers. Aujourd’hui, 109 millions de personnes vivent au Henan. 20 millions de plus que dans le plus grand État d’Europe, l’Allemagne. C’était  la troisième fois que je m’y rendais. Mes voyages étaient séparés de dix ans. J’ai été très intéressé par l’exemple de cette province pour voir la dynamique du développement du pays. Cette gigantesque province possède un grand potentiel industriel. Elle fournit annuellement un cinquième du blé produit dans le pays. C’est dans cette province que l’Union soviétique, par une décision conjointe de Staline et de Mao Zedong, a construit sept grosses entreprises », a déclaré Guennadi Ziouganov.

«Après les pourparlers entre Staline et Mao Zedong, un accord d’amitié a été signé. Le deuxième jour après la création de la RPC, l’URSS l’a reconnue. Deux jours plus tard, une société d’amitié sino-soviétique est créée. Encore aujourd’hui, elle fonctionne activement. Mais aujourd’hui, en Russie, cette société est dirigée par mon premier adjoint et premier vice-président de la Douma d’État Ivan Melnikov. Nous avons des dialogues très intensifs le long de cette ligne. Un certain nombre de projets intéressants ont été préparés », a déclaré le chef du Parti communiste.

«Dans cette province, nous avons construit la première usine de tracteurs. Et aujourd’hui, en visitant cette usine, j’ai particulièrement souligné: il y a un tracteur DT-54 à l’exposition. Sur la plaque figurent 38 noms d’ingénieurs qui ont conçu cette usine du côté soviétique. Cette usine fournit aujourd’hui des équipements à 100 pays du monde. Elle a produit plus de trois millions de tracteurs. C’est ce tracteur qui a élevé la Chine au sommet de la civilisation industrielle qu’ils ont aujourd’hui. Là, nous avons construit la première usine automobile à Harbin. Là, nous avons construit la première usine de radio. Les Chinois s’en souviennent, nous remercient et avancent activement », a déclaré Guennadi Ziouganov.

« Lorsque Xi Jinping a présenté les réalisations de son pays à l’Exposition universelle de Shanghai, il a souligné: » Oui, il est difficile de fabriquer une voiture aussi cool qu’une Mercedes ou une Toyota. Mais nous irons de l’avant. » Et nous étions en Chine dans l’une des plus grandes entreprises produisant des bus modernes », a-t-il poursuivi. – Elle livre des bus à tous les principaux pays du monde. Ils apportent toutes sortes de modifications, y compris un bus à impériale qui fonctionne à Londres. La culture de production est de niveau très élevé. Une grande technologie. Mais ils ont fait un autre pas en avant dans le domaine du développement spirituel et environnemental. »

«J’ai remarqué que les routes étaient en parfait état. Le territoire est aménagé pour la beauté des paysages. Toutes les terres agricoles ont fière allure. Par exemple, nous avons visité un village où l’on nous a montré non seulement des plantes à fleurs et de beaux champs, mais qui se développe encore spirituellement. J’ai vu leur opéra local, un magnifique ensemble et un centre culturel. Le week-end, la salle était bondée. Il y a des enseignants qui enseignent le russe », a déclaré Guennadi Ziouganov.

«Je tiens particulièrement à souligner que nous, avec la direction de la Chine, avons défini un programme pour soutenir les entreprises nationales. Ils ont regardé avec enthousiasme et écouté comment ils avaient obtenu un succès exceptionnel au Sovkhoze Lénine. Qui est attaqué aujourd’hui par un promoteur immobilier. À mon avis, téléguidé par des procureurs vénaux, des juges et toutes sortes d’autres escrocs. Ils ont écouté avec enthousiasme comment nous avons obtenu de bons résultats à la ferme Zvenigovsky. Comment se développe le plan quinquennal de Levtchenko. Comment la nouvelle ferme «Ousolye-Sibirsky» est née dans la région d’Irkoutsk. Où aujourd’hui les salaires montent jusqu’à 109 000 roubles. Ils ont soutenu avec enthousiasme l’idée de «Jardin de la victoire» », a déclaré le chef des communistes russes.

 

L’expérience de l’URSS et du socialisme et sa connaissance par la classe ouvrière moderne est mortellement dangereuse pour le capital

Dans un récent article nous avons présenté aux lecteurs de ce blog l’importante réunion des partis communistes européens en réponse à la résolution du Parlement européen, visant à assimiler le communisme et le nazisme.

https://histoireetsociete.wordpress.com/wp-admin/post.php?post=77138&action=edit

Nous avons souligné le peu d’écho que l’actuel secteur international du PCF a cru bon de donner à cette réunion. Une fois de plus Pierre Laurent et sa fraction préfèrent s’occuper du PGE qui est de plus en plus soumis à des réformistes anti-soviétiques qui suivent la même politique anticommuniste négationniste que l’UE et qui reçoivent à ce titre des subventions qu’ils dépensent dans des colloques sans objet et pratiquent un tourisme de luxe. Donc le compte-rendu de cette initiative importante de la part d’un membre du KPRF faisait état de l’importante intervention de Piotr Simonenko, le dirigeant du parti communiste d’Ukraine. Marianne a traduit cette importante intervention et la voici.

Je dois dire que cela ne peut plus durer que notre blog soit le seul media associé à d’autres (comme celui de Nicolas Maury ou les informations toujours précieuses du PRCF) à travers lequel il est possible de corriger l’entreprise d’isolement international  menée par Pierre Laurent et sa fraction, aujourd’hui comme celle des diverses directions depuis plus de 20 ans. Parce que nous assurons Marianne et moi cette indispensable information qui est refusée à la masse des communistes, nous sommes en droit de demander au PCF, jusqu’à quand cela va-t-il durer? la censure qui nous frappe de leur part est celle dont sont victimes les communistes (note de Danielle Bleitrach et traduction de Marianne Dunlop)

12/09/2019

http://kpu.life/ru/94735/petr_symonenko_osmyslenye_opyta_sssr_y_sotsyalyzma_sovremennym_rabochym_klassom_smertelno_opasno_dlja_kapytala

Петр Симоненко: Осмысление опыта СССР и социализма современным рабочим классом смертельно опасно для капитала

Петр Симоненко: Осмысление опыта СССР и социализма современным рабочим классом смертельно опасно для капитала

 

 

La compréhension de l’expérience de l’URSS et du socialisme par la classe ouvrière moderne est mortellement dangereuse pour le capital. C’est ce qu’a déclaré dans son discours lors de la réunion communiste européenne annuelle à Bruxelles, le chef du Parti communiste d’Ukraine Piotr Simonenko.

 

Selon lui, l’Union soviétique et le système socialiste mondial, formés après la Seconde Guerre mondiale, ont donné une énorme impulsion positive aux travailleurs des pays capitalistes pour défendre leurs droits et libertés, et ont conduit à la libération des peuples de l’oppression coloniale.

 

«Sur la base de l’expérience des pionniers bolcheviks et de la pratique de la construction socialiste, malgré les difficultés, les erreurs fatales, les hauts et les bas, les communistes ont prouvé la réalité des transformations fondamentales dans l’intérêt des travailleurs: l’élimination du chômage et la garantie de l’emploi, la médecine et l’éducation gratuites et de haute qualité, le logement et la culture abordables, l’égalité devant la loi, indépendamment de la situation financière et du statut social, l’aide de l’État à ceux qui en ont besoin. Ils ont prouvé que lorsque le pouvoir et la propriété appartiennent aux travailleurs, il est possible de résoudre les problèmes sociaux, de développer l’économie, d’élever le niveau de vie des gens, non par l’exploitation de l’homme par l’homme, non par l’asservissement et la destruction du voisin, mais sur la base des principes de liberté, d’égalité et de fraternité. La connaissance de cette expérience par la classe ouvrière moderne est mortellement dangereuse pour le capital », a déclaré Piotr Simonenko.

 

Le chef du Parti communiste d’Ukraine a noté qu’après la destruction tragique de l’URSS et la ruine du système socialiste mondial, le capital international, par le contrôle total des médias et du système éducatif, par la primitivisation de la culture et l’anti-communisme effréné, poursuit une politique de débilitation de la conscience de masse, arrachant de la mémoire des gens les réalisations sociales devenues possibles grâce à la victoire de la Grande Révolution socialiste d’octobre et l’émergence du premier état socialiste des ouvriers et des paysans au monde, fondé sur la propriété sociale et le pouvoir des travailleurs sous la forme de soviets.

 

«Aujourd’hui, il y a une distorsion cynique de l’histoire lorsque l’Union soviétique et les communistes sont dits coupables d’avoir déclenché la Seconde Guerre mondiale, transformant les libérateurs du joug nazi des peuples d’Europe en envahisseurs. Et le but ici, comme je l’ai dit, est un : neutraliser toute possibilité de diffuser l’expérience colossale et les réalisations du socialisme, son avantage historique sur le système capitaliste », a poursuivi le chef des communistes ukrainiens.

 

«Ce n’est pas un hasard si le Parlement européen et l’APCE, où les représentants de la bourgeoisie dominent le bal, adoptent des résolutions identifiant l’hitlérisme et le communisme, ce qui va complètement à l’encontre de la vérité historique et du bon sens. En effet, contrairement aux principes communistes (socialistes) fondés sur l’égalité des personnes (de chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins / son travail), le principe clé de l’idéologie fasciste est le principe de diviser l’humanité en groupes naturellement inégaux. Le fascisme est avant tout un anti-communisme », a souligné Piotr Simonenko.

 

Bureau de presse

 

 

Marche  pour les yeux du Chili : 352 personnes ont perdu la vision totale ou partielle durant les manifestations

Nous Français, n’oublions pas que notre gouvernement, Macron et Castaner envoyons des spécialistes en répression urbaine pour enseigner aux Chiliens l’art d’énucléer que nous maîtrisons si bien… Comme nous avons envoyé jadis des tortionnaires formés dans les guerres coloniales pour soutenir des dictatures et nous l’avons fait aux côtés d’anciens nazis recrutés par les USA. Et aujourd’hui encore on voudrait nous faire croire que nous sommes dans le monde un symbole de démocratie… Non, notre honneur ce sont les luttes comme pour le peuple chilien et tant d’autres (note et traduction de Danielle Bleitrach).

Les participants sont venus avec des signes qui avaient un œil dessiné pour rappeler aux 352 personnes souffrant de blessures aux yeux après la répression.

Les participants sont venus avec des pancartes sur lesquelles était dessiné un œil pour rappeler les 352 personnes souffrant de blessures aux yeux après la répression. | Photo: teleSUR

Publié le 10 décembre 2019 (il y a 8 heures 1 minute)

Dans le cadre de la Journée internationale des droits de l’homme, des organisations de défense des droits des peuples ont appelé à se mobiliser lors d’une tournée, à partir de 15h00 (heure locale), de la place Santa Ana à la Plaza Italia, baptisée par les manifestants  « Plaza de la Dignidad ».

L’objectif principal de la marche est de dénoncer les violentes répressions des Carabineros (police militaire) qui, jusqu’au 6 décembre dernier, ont fait 3 449 blessés, dont 2 767 hommes, 397 femmes et 254 garçons, filles et adolescents, selon le rapport de l’Institut national des droits de l’homme.

Paola Dragnic@PaoladrateleSUR

Estremece. 352 chilenos y chilenas han perdido la visión total o parcialmente por la represión del Estado de Chile

Video insertado

Les participants à la manifestation sont venus avec des pancartes avec un œil dessiné pour rappeler les 352 personnes qui ont des blessures aux yeux, dont 331 sont dues à une blessure ou un traumatisme et 21 à un éclatement et une perte totale.

Les affiches portaient également un message qui dénonçait « les yeux du peuple accusent l’État terroriste ». Pour sa part, le directeur de l’INDH, Sergio Micco, a déclaré que son organisation avait vérifié que de graves violations des droits de l’homme avaient eu lieu lors des manifestations (DD.HH.).

« Nous sommes confrontés à une situation de multiplication de  plaintes concernant de graves violations des droits de l’homme. (…) Nous convenons également qu’il existe des comportements répétitifs comme, par exemple, l’utilisation et l’abus des armes anti-émeute », a-t-il déclaré.