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Le programme du colloque de Saint-Pétersbourg auquel nous participons Marianne et moi

Saint-Pétersbourg 2017


30 mai
9.00-9.30– accueil

10.00. Ouverture

Discours de bienvenue :
Directeur de la BNR Visli, puis Directrice de la fondation Rosa Luxembourg en Russie Kerstin Kaiser [die Linke]

1) La révolution de 1917 dans le contexte historique russe
Docteur en hist. V.V. Kalachnikov (St-Pétersbourg)

2) Interprétation marxiste et libérale de la révolution : débat d’experts ou confrontation idéologique ?
Docteur en philosophie Chevtchenko (Moscou)

3) La révolution russe et l’Italie : historiographie russe et italienne
Docteur en hist. Lioubine (Moscou)

4) La révolution de 1917 en Russie – une révolution à la périphérie (au sujet d’un débat parmi les historiens allemands)
Docteur en philosophie Hedeler (Berlin)

5) Historical Significance and Enlightenment of the October Revolution
Docteur en philosophie Yin Qian (Nankai)

6) Le romantisme de la révolution et la logique de l’édification (réflexions pour l’année du centenaire)
Docteur en hist. Kosolapov (Moscou)

7) Le facteur ukrainien dans le processus révolutionnaire russe de 1917
Docteur en hist. Soldatenko (Kiev)

14.00-14.45– Repas

1) La révolution russe : de la dictature démocratique à la dictature du prolétariat et au socialisme ou au «système communautaire non-capitaliste»?
Docteur en hist. Kurenyshev (Moscou)

2) 1917: Actualité de l’expérience et de l’héritage politique de Lénine
Docteur en hist. Sakharov (Moscou)

3) Position politique de Plékhanov au cours de la révolution de 1917
Docteur en philosophie Sakamoto (Тоkyo)

4) Les causes de la défaite du libéralisme en1917  (les événements auraient-ils pu se dérouler autrement?)
Mordvinkova (Моscou)

5) Les démocrates radicaux et 1917 : occasions manquées de transformation de la Russie
Docteur en hist. Talerov (St-Pétersbourg)

6) L’assemblée constituante comme une voie possible pour réformer le système politique de l’URSS: à travers la presse des informels (1989-1991)
Docteur en histoire Stroukova (Моscou)

Discussion sur les rapports présentés
……………………………………………………………………………..

31 mai 10.00.

1) The October Revolution Opened Up a Bright Road For Human Development and Progress
Docteur en philosophie Kou Qingjie (Nankai)

2) Les pays de l’Entente et la révolution russe : l’aspect diplomatique
Docteur en philosophie Alonzi (Sienne)

3) La région de la Mer Noire dans la politique étrangère de la RSFSR et la position de la Grande-Bretagne (1918 – 1920)
Docteur en histoire Demtchenko (Оdessa)

4) L’intelligentsia d’avant la révolution et son influence sur l’évolution de la société soviétique pendant la NEP
Docteur en histoire Yerochkina (St Pétersbourg)

5) Le troisième front: les héritiers de «En avant» dans le système éducatif des années 20
Docteur en histoire Lapina (St Pétersbourg)

6) La politique éducative et culturelle de l’Etat dans les années 20-30 et son influence sur le développement des petits peuples du Nord, de la Sibérie et de l’Extrême-Orient
Docteur en philosophie Nabok (St Pétersbourg)

14.00-14.45– repas

1) L’influence de la révolutionde 1917 sur l’éducation et les sciences pédagogiques
Docteur en histoire Terentiéva (St Pétersbourg)

2) La révolutiond’octobre 1917 et l’art russe de l’époque du « communisme de guerre »
Docteur en histoire Yevseviev (St Pétersbourg)

3) Les aspects historiques de la formation de l’économie centralisée en URSS : la gestion forestière comme facteur de développement économique et écologique
Docteur en histoire Panioutine (St Pétersbourg)

4) The October Revolution as Heritage
Docteur en philosophie Du Zhun (Тianjin)

5) La «déstalinisation » et son influence sur le PCF: ce que nous pouvons réaliser?
Docteur en philosophie [sic] Bleitrach D. (Маrseille)
Docteur en philosophie [sic] Dunlop M. (Аrras)

6) L’énigme d’un parti révolutionnaire
Docteur en sciences politiques Kagarlitski (Moscou)

Discussion sur les rapports présentés

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1 juin 10.00.

1) Aperçu historique : «Terminologie des événements de 1917»
Docteur en histoire Izmozik (St Pétersbourg)

2) Marx’s Dialectics in the Horizon of Post-Metaphysics
Docteur en philosophie  Zhang Jianhua (Тianjin)

3) La catégorie de « Parti de type nouveau » et l’analyse de l’histoire du POSDR
Docteur en histoire Savelev (Moscou)

4) Fichte, Liszt, Witte, Staline : Etat isolé, protectionnisme, accumulation primitive socialiste et « socialisme dans un seul pays »
Docteur en histoire Kolerov (Moscou)

5) La bataille pour l’information: pourquoi la première guerre mondiale se poursuit au XXI s
Docteur en sciences politiques Tsatourian (Moscou)

6) L’importance d’une continuité entre le complexe militaro-industriel de la Russie et de l’URSS
Nersisian (Moscou)

14.00-14.45– Repas

1) Le mouvement anarchiste espagnol comme projet culturel alternatif 1920-1930
Fiodorov (Moscou)

2) Privatization of Awareness? The Kibbutz in the 21th century
Directeur financier du Kibboutz «ZIKIM» Ori Оphir. (Tel Aviv)

3) Les aspects sociaux de l’influence de la Grande Révolution socialiste d’octobre sur la Bulgarie sous le capitalisme et le socialisme
Docteur en philosophie Duranbek (Sofia),
Docteur en philosophie Khitov (Sofia)

4) L’économie de la Bulgarie socialiste dans le contexte des processus d’intégration du Comecon et du reste du monde
Docteur en philosophie Khitov (Sofia)

5) L’expérience de l’Etat soviétique et la Yougoslavie : de l’emprunt à la distanciation
Docteur en histoire Chakhine Youri (Sébastopol)

6) Comment surmonter la crise des mouvements socialistes et communistes
Docteur en sciences techniques Maslov (Nijni-Novgorod)

7) «Théorie synthétique de l’évolution» et problème des alternatives de développement historique
Docteur en philosophie Konachev (St Pétersbourg)

Discussion sur les rapports présentés

Clôture

 
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Publié par le mai 25, 2017 dans Uncategorized

 

Pourquoi la gauche occidentale n’arrive à rien? (Un point de vue russe sur la social-démocratie, NdT) par Pavel Volkov, publiciste

Ce qui rend ce texte encore plus passionnant c’est le fait qu’il n’émane pas d’un communiste… sans doute parce qu’il témoigne de l’empreinte laissée par la Révolution d’octobre sur la conception même de toute issue révolutionnaire sur les Russes et ce qu’ils peuvent de ce fait apporter dans un dialogue renouvelé. Il est de ce fait intéressant de noter son constat d’impuissance de la « gauche » occidentale parce que pour éviter de réclamer l’appropriation de la propriété collective, elle finit par entretenir des ambiguïtés qui la rapprochent souvent des apories du national-socialisme et peinent à convaincre les exploités. Il s’agit essentiellement de la social-démocratie, y compris dans ses formes les plus contestataires de Bernie Sanders à Mélenchon. Mais les partis communistes de l' »eurocommunisme » n’ont-ils pas ouvert la voie? (note de Danielle Bleitrach et traduction de Marianne Dunlop pour histoire et société)

https://vz.ru/opinions/2017/5/4/868866.htm

La crise mondiale économique, idéologique, spirituelle, existentielle, à laquelle la politique libérale ne peut offrir d’issue, fait émerger d’autres forces qui ont leurs propres solutions.

Des noms comme Donald Trump, Viktor Orban, Marine Le Pen, Nigel Farage, se sont durablement installés dans les éditions quotidiennes des médias du monde entier. Ils sont critiqués, haïs, admirés, adulés ou délaissés – selon le choix de chacun.

Ces politiciens sont étiquetés aujourd’hui populistes de droite, patriotes nationalistes, traditionalistes, peu importe. Mais l’essentiel est qu’ils sont là et qu’ils ont une existence indépendante. Que se passe-t-il sur l’autre flanc de la politique?

Pourquoi la gauche moderne, contrairement à ses prédécesseurs classiques de la première moitié du XX siècle, est-elle tellement passive, ne produisant plus de grands leaders avec des programmes révolutionnaires dans tous les sens du terme? Où sont-ils passés?

En fait, on observe un certain regain sur le flanc gauche, mais ces dirigeants semblent pour une certaine raison ne pas représenter une véritable alternative aux centristes, ni les qualités indispensables pour faire pièce aux populistes de droite.

Qui incarne aujourd’hui le mouvement de gauche dans les principaux pays de l’Occident?

Nous n’irons pas jusqu’à reprendre l’affirmation ridicule que Barack Obama serait à gauche, cependant le sénateur du Parti démocratique Bernie Sanders aux Etats-Unis a une réputation bien établie en tant que socialiste.

En même temps, il ne préconise pas la propriété collective des moyens de production, mais une propriété privée collective sous la forme de coopératives de travailleurs.
Il offre aux Américains une sorte de « socialisme à la suédoise » – un état social, où les travailleurs renonceront à la lutte des classes en échange des fortes garanties sociales qui leur seront fournies. Il ne précise pas où il compte obtenir les fonds pour cette récompense sociale.

Sanders croit que le capitalisme doit être surmonté non par la révolution, mais la réforme et l’évolution. Néanmoins, en bon social-démocrate, il ne dit pas pourquoi les capitalistes accepteraient volontairement les transformations sociales proposées par les classes populaires.

Et, bien sûr, dans la rhétorique de Sanders une place importante est dévolue à la communauté LGBT et à la dépénalisation de la marijuana.

Jean-Luc Mélenchon, politicien « gauche-vert » (comme il s’appelle lui-même), qui a tenté d’opposer quelque chose à Macron et Le Pen aux élections en cours en France, était dans sa jeunesse un trotskyste, passé ensuite à la social-démocratie et à l’écologie.

De plus, Mélenchon, poursuivant la tradition de l’école de Francfort, à l’origine en mai 68 à Paris de la première révolution de couleur au monde, appelle ses partisans à une « révolution citoyenne », dont la locomotive ne sera pas, comme dans le marxisme-léninisme classique, la classe ouvrière, mais d’une manière abstraite « tous les citoyens concernés par leur pays. »

Même en laissant de côté le contenu idéologique de ces théories, il est impossible de ne pas prêter attention à leur éclectisme et leur incohérence. Pour soutenir quelque chose, vous devez d’abord comprendre en quoi consiste ce quelque chose. A en juger par le premier tour des élections, les Français n’ont pas compris précisément ce qu’on leur proposait.

Peut-être, la plus brillante étoile dans le ciel de gauche en Occident est le chef du Parti travailliste britannique Jeremy Corbin.

C’est un antifasciste conséquent, qui a fait campagne pour la mise en jugement de Pinochet, un adversaire de l’OTAN, partisan d’une Irlande unie, qui admirait Hugo Chavez et d’autres héros du panthéon socialiste.

Mais voilà le hic. Corbin participe également à Amnesty International, une organisation fondée par le Labour britannique, qui en son temps était particulièrement engagée dans la lutte contre l’Union soviétique. Non moins étrange pour un politicien de gauche est sa sympathie pour les nationalistes radicaux du groupe Sri lankais actuel « Tigres de libération de l’Eelam Tamoul », que l’UE considère à juste titre comme des terroristes.

N’est-ce pas une étrange dualité? Comment tout cela peut-il tenir ensemble?

Une illustration frappante de la crise qui frappe les idées de gauche est que le Parti communiste de la Grande-Bretagne, un parti marxiste classique, a pour la première fois depuis 1920 renoncé à son autonomie politique et exprimé son soutien lors les élections locales du 4 mai 2017 au candidat du parti travailliste Jeremy Corbyn.
Comment ne pas se souvenir ici du personnage des « Démons » Petr Verhovenski qui trois fois dans un court chapitre répète à Stavroguine: « Je suis un escroc, pas un socialiste ! »
Cette escroquerie, à laquelle, pour des raisons évidentes, le peuple ne se laisse pas tellement prendre, c’est le « socialisme démocratique » ou l’eurocommunisme, une arme utilisée par les Travaillistes et visant à améliorer la vie de la classe ouvrière de son pays grâce au pillage du Tiers-Monde et de l’espace post-soviétique. Cette solution socio-économique a été appelée la « troisième voie ».

Afin de comprendre les processus qui se déroulent aujourd’hui, il faut revenir à l’époque de l’apparition du parti travailliste.

A ses origines étaient des membres de la Fabian Society. Elle a été fondée en 1884, un an après la mort de Karl Marx, par des intellectuels avec le soutien de la bourgeoisie britannique, qui, après avoir étudié les œuvres de Marx, a décidé qu’il était préférable de limiter ses appétits, plutôt que de perdre le pouvoir suite à une révolution socialiste.

Leur idée de base était, à l’aide de programmes gouvernementaux, de transformer une partie du prolétariat en petits propriétaires, afin d’étouffer ainsi les sentiments révolutionnaires.

Fait intéressant, la société a été nommée en l’honneur du général romain Fabius MaximusCunctator, le « Temporisateur ». Il a été élu dictateur au moment où Hannibal était proche de la victoire sur Rome et il a réussi à écraser son adversaire en esquivant constamment le combat.

Autrement dit, au moment où la popularité du marxisme était croissante a été créé un concept extérieurement semblable au socialisme, destiné à « sauver Rome », mais en réalité à détruire le socialisme. Ce n’est pas pour rien si sur le premier emblème de la Fabian Society figurait un loup dans une peau de brebis faisant directement référence à l’Evangile de Matthieu: « Méfiez-vous des faux prophètes, qui viennent à vous en vêtements de brebis, mais au dedans sont des loups ravisseurs. »
Ainsi, la brebis bêlait sur l’amélioration de la vie des travailleurs et « l’édification du socialisme d’une manière évolutive, sans bouleversements révolutionnaires », tandis que le loup grondait sur l’économie contrôlée par l’élite capitaliste.

Parmi les plus célèbres politiciens travaillistes on trouve des fabiens comme Tony Blair, Gordon Brown et Ed Miliband. D’ailleurs, c’est au temps où Blair était Premier ministre, au début des années 90, que le mot « socialisme » a disparu des programmes électoraux du parti, ce qui était tout à fait logique. L’Union soviétique avait disparu, ainsi que la menace communiste, de sorte que le loup n’avait plus aucune raison de continuer à se déguiser en brebis.

La postérité de la Fabian Society ne se limite pas au parti travailliste. Le célèbre dramaturge et fabien Bernard Show, un peu comme Jeremy Corbin avec Chavez et Amnesty International, admiraient simultanément l’Union soviétique (où il s’était même rendu en visite), tout en étant ami de Lord et Lady Astor, des personnages politiques d’ultra-droite, membres du célèbre groupe de Cliveden. Permettez-moi de vous rappeler que cette fameuse clique de Cliveden était un groupe de l’élite britannique favorable à une alliance de la Grande-Bretagne et de l’Allemagne nazie contre l’Union soviétique.

En outre, le socialiste Shaw ainsi que les époux Webb, fondateurs de la Société fabienne et un autre ami de l’Union soviétique HG Wells ont appuyé le « Programme pour la prospérité de la nation » proposé par l’instigateur de la guerre des Boers, Lord Alfred Milner. Le programme portait sur la création d’une « race impériale » face à la domination des Irlandais et des Juifs.

C’est ainsi que le colonialisme a été reconnu comme un outil permettant d’améliorer la vie des travailleurs britanniques sans une révolution socialiste. Cette idée a connu un grand succès.

C’est à la même époque que s’est constitué le club intellectuel « Coefficients », dont les participants réguliers étaient apparemment des gens idéologiquement incompatibles: le raciste Alfred Milner, les fondateurs de la géopolitique, partisans de l’idée de l’espace vital Halford Mackinder et Karl Haushofer, et les socialistes fabiens Sidney et Beatrice Webb ainsi que le socialiste-pacifiste Bertrand Russell.

L’exemple de l’un des poussins de la couvée Milner, le fondateur de l’empire du diamant De Beers, Cecil Rhodes, nous permettra de comprendre ce que faisaient dans un même club britannique des antifascistes socialistes avec des racistes et des impérialistes.

Cecil Rhodes était convaincu que la création d’un empire mondial par les Britanniques « rendrait la guerre impossible et aiderait à mettre en œuvre les meilleures aspirations de l’humanité. » Les contradictions de classe au sein de la société britannique s’effaceraient grâce au rassemblement de la société autour de l’appartenance à une race supérieure de seigneurs. En conséquence, les capitalistes et prolétaires blancs règneraient ensemble sur les indigènes des colonies.

Rhodes a aussi lancé le slogan: « L’Empire est une question d’estomac. Si vous voulez éviter la guerre civile, devenez impérialistes ». Ainsi, il fut proposé au travailleur anglais, pour améliorer son bien-être, de passer de la lutte sociale nationale à l’expansion coloniale et l’exploitation des « races inférieures » d’Asie et d’Afrique, et, comme l’histoire l’a montré, ce fut une grande réussite.

Les guerres se termineront, l’ouvrier anglais cessera de mener une existence misérable (le socialisme exclusivement pour sa propre nation, le national-socialisme) – voilà deux points qui expliquent l’union des fabiens avec les racistes à la Milner.

Au cours des dernières années l’expression paradoxale « fascisme libéral » est devenue assez répandue. Beaucoup en ont entendu parler, mais peu de gens savent qui l’a inventée. C’était en 1932, le socialiste-fabien Herbert Wells, et dans sa bouche cette expression n’avait pas de connotation négative. S’adressant à Oxford à des progressistes libéraux et des socialistes, il a dit: « Je veux voir des fascistes libéraux, des nazis éclairés. » Cette question a été analysée par le célèbre chercheur Manuel Sarkisyants dans son livre « Les racines anglaises du fascisme allemand »: « C’était un « socialisme » comme premier pas vers la démarcation d’une nouvelle race de seigneurs par rapport à la race des bestiaux ».

Par la suite, c’est ce groupe d’intellectuels de droite et de gauche, à travers le premier ministre Lloyd George, qui fit approuver les accords de Munich, point de départ de la Seconde Guerre mondiale.

Un autre disciple de Milner, Lord Halifax, a qualifié ainsi ces accords: « Grâce à l’élimination du communisme dans son pays, le Führer lui a barré le chemin vers l’Europe occidentale, et donc l’Allemagne peut être considérée comme un bastion de l’Occident contre le bolchevisme. » Mais l’antifasciste Churchill a dit à ce sujet une chose tout à fait différente: « Nous avons subi une complète défaite, nullement adoucie. La Grande – Bretagne avait le choix entre la guerre et le déshonneur. Elle a choisi le déshonneur, et elle aura la guerre ». Et aussi Churchill a dit quelque chose sur le cas qui nous intéresse, le fabien George Bernard Shaw: « Il est à la fois un capitaliste avide, et un communiste sincère en une seule personne … Lui-même trouvait cela drôle: il se moquait de toute cause qu’il défendait. Le monde observait longuement et patiemment les facéties et grimaces de cet étonnant caméléon à deux têtes, et lui aurait voulu être pris au sérieux ». Exactement comme Petenka Verkhovensky des « Démons » (« Je suis un escroc, pas un socialiste! »). Mais ce n’est pas un caméléon à deux têtes, mais bien un loup déguisé en mouton comme représenté sur l’emblème de la Fabian Society.
Pour une compréhension complète de ce que sont aujourd’hui les eurocommunistes il reste à faire la touche finale.

En 1939, après avoir salué l’accord de Munich, le membre du Club raciste gauche-droite «Coefficients », le socialiste Bertrand Russell a assimilé le communisme au fascisme dans son œuvre « Charybde et Scylla, ou le communisme et le fascisme. »

Cela, même un anti-communiste convaincu comme Churchill n’avait pu se le permettre, mais le « socialiste » Russell l’a fait.

La Fabian Society a fondé la London School of Economics (LSE), où plus tard sont venus travailler Karl Popper et Friedrich von Hayek, et où ils ont élaboré, dans le cadre de la guerre froide, la théorie dite des « deux totalitarismes », assimilant, après Russell, le communisme au fascisme.

Cette théorie est devenue une sorte de bélier idéologique contre l’Union soviétique, utilisée d’abord par la propagande antisoviétique, tant des dissidents que de l’Occident, et aujourd’hui recyclée par les satellites est-européens de l’Occident pour la présentation de griefs historiques envers la Russie.

L’idée de piller d’autres pays et de résoudre les conflits sociaux chez soi en cédant une partie du butin aux travailleurs a été transmise par les impérialistes racistes britanniques de la fin du XIXe siècle, en passant par des groupes ouvertement pro-fascistes dans la première moitié du XXe siècle, aux socialistes fabiens anti-marxistes, qui ont créé le Parti travailliste, Popper et la gauche européenne moderne.

Ceux qui aujourd’hui se disent de gauche ne s’engagent pas la plupart du temps sur la lutte de classe du prolétariat, mais les questions de l’homosexualité, l’inégalité entre les sexes, la protection de l’environnement, les droits des minorités, etc, toutes choses qui peuvent être importantes, mais n’en sont pas moins secondaires.

Les grands courants politiques de gauche ne sont pas communistes, à savoir ne se prononcent pas en faveur d’une société sans classes où il n’y a pas d’exploitation de l’homme par l’homme et d’autres types d’exclusion sociale, ce qui ne peut être réalisé que par la socialisation des moyens de production sous la dictature de la classe ouvrière.
Quoi que l’on pense de l’idée elle-même, il est difficile de nier le fait qu’il s’agit de la doctrine la plus cohérente, logique et complète sur le plan théorique parmi l’ensemble du spectre de la gauche. Les tentatives de la désavouer, tout en restant formellement dans l’espace politique du socialisme, conduisent inévitablement à des compromis désastreux pour la gauche.

Par conséquent, ni le gauche-vert Jean-Luc Mélenchon, ni le membre d’Amnesty International Corbin, défaits aux élections, ne peuvent devenir une alternative aux soi-disant libéraux mondialistes : il n’y a rien de réellement alternatif dans leur programme.

Mais ces eurocommunistes ne sont pas non plus des adversaires conséquents pour la nouvelle droite. Qu’ont-ils de différent à proposer? Les uns et les autres ne sont pas contre améliorer les conditions de vie de leurs travailleurs. Et même le moyen qui est proposé pour y parvenir, en fait, est identique. Simplement ceux de droite le disent clairement, et ceux de gauche – non.

Or qui voudrait voter pour une telle confusion?

 
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Publié par le mai 25, 2017 dans Uncategorized

 

Cinq ans après la chute de Kadhafi, la Libye terre de conquête de l’EI

Si nous nous sentons totalement solidaires des habitants de Manchester et du peuple britannique, nous n’oublions pas à quel point Daech est le fruit vénéneux et fasciste des interventions occidentales en Libye comme en Irak. Par parenthèse, il y a des acteurs grotesques et secondaires comme BHL qui non seulement devraient être mis hors d’état de nuire pour leur action passée mais pour leur activité présente, puisque ce sinistre clown qui intervient toujours dans le sillage de la CIA est en train d’en appeler à la scission de la Kabylie en espérant provoquer une autre Syrie en Algérie, ce qui serait un drame pour ce pays mais aussi pour la France (note de Danielle Bleitrach)

la Libye, cinq ans après la chute de Mouammar Kadhafi.

Cinq ans après la chute de Kadhafi, la Libye terre de conquête de l’EI. La Libye, cinq ans après la chute de Mouammar Kadhafi. (Mehdi Benyezzar – L’Obs)
Profitant du vide politique et sécuritaire depuis la chute de Mouammar Kadhafi, l’Etat islamique s’est installé en Libye et a pris le contrôle total de quelques bouts de territoires.

Mehdi Benyezzar Mehdi BenyezzarPublié le 15 février 2016 à 16h14

Cinq ans après le début de la révolution libyenne, le 17 février 2011, et de l’intervention occidentale qui a conduit à la mort de Mouammar Kadhafi, la Libye a sombré chaque jour un peu plus dans le chaos. Dimanche 14 février, un petit vent d’espoir a soufflé : un gouvernement d’union nationale, souhaitée par la communauté internationale, a enfin été formé, bien que que déjà critiqué. Une maigre avancée face à l’ampleur des dégâts :

Deux autorités se disputaient, jusqu’alors, le pouvoir depuis la prise de Tripoli par des milices en partie islamistes à l’été 2014 : un gouvernement reconnu par la communauté internationale, installé dans l’est, à Tobrouk, près de la frontière égyptienne. Modéré, il compte le soutien des milices de Zintan, un bastion de la révolution, et celui du général Khalifa Haftar. Il a également l’appui de l’Egypte et des Emirats arabes unies.
L’autre gouvernement est basé à Tripoli, et est dominé par les islamistes proche des Frères musulmans. Il est soutenu par les milices de Misrata, autre ville martyre de la révolution. Il peut compter sur l’appui de la Turquie et du Qatar. L’accord conclu restait encore incertain lundi, tant le nouveau gouvernement annoncé et la manière dont il a été organisé ne fait pas tout à fait l’unanimité.
Profitant du chaos politique et sécuritaire, l’Etat islamique (EI) a conforté ses positions dans le pays, notamment à Syrte et ses alentours, ville natale du Mouammar Kadhafi, totalement contrôlée par l’EI depuis près d’un an. Pour les djihadistes, la Libye est le terrain idéal pour développer leur terrible dessein de califat : l’Etat est désintégré, le pays abrite les plus grandes réserves de pétrole du continent et la contrebande y est facile. Et l’anarchie politique qui y règne n’arrange pas les choses. Selon des responsables de l’administration américaine, l’EI compterait 5.000 combattants dans le pays.

 
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Publié par le mai 24, 2017 dans Uncategorized

 

Comment Pékin serait parvenu à démanteler la CIA en Chine, par Anaïs Cherif


| 23/05/2017, 16:12

http://www.latribune.fr/economie/international/comment-pekin-serait-parvenu-a-demanteler-la-cia-en-chine-720936.html?utm_campaign=Echobox&utm_medium=Social&utm_source=Facebook#link_time=1495556344
« L’une des pires brèches dans le travail du renseignement [américain] des dernières décennies », selon des sources anonymes interrogées par le New York Times. (Crédits : Reuters/Kevin Lamarque)
Pékin aurait éliminé « au moins une douzaine d’agents de la CIA » entre 2010 et 2012, selon une enquête du New York Times. Objectif : démanteler systématiquement les effectifs déployés par les services secrets américains.
Une secousse pour Washington. Entre 2010 et 2012, la Chine aurait tué « au moins une douzaine d’agents de la CIA », rapporte une enquête du New York Times publiée ce week-end. L’un d’entre eux aurait été exécuté dans la cour d’un bâtiment gouvernemental pour adresser un message à ses collègues. En parallèle, entre six à huit autres recrues de l’agence de renseignement américain auraient été emprisonnées. Le mot d’ordre donné par Pékin : démanteler sur le sol chinois le réseau des services secrets américains au cours d’une opération de contre-espionnage.

C’est « l’une des pires brèches dans le travail du renseignement [américain] des dernières décennies », ont confié au quotidien américain d’anciens ou actuels officiers Américains cités par le journal. « Certains étaient persuadés qu’une taupe était à l’œuvre et avaient trahi les Etats-Unis – quand d’autres pensaient à un piratage du système de communication par les sources chinoises. Des années plus tard, le doute n’a toujours pas été levé », affirme le New York Times.

Une « grande victoire » pour la Chine
Selon une enquête du FBI, des informateurs de la CIA auraient été trop imprudents, empruntant toujours les mêmes routes pour rejoindre leurs sources ou fixant des points de rendez-vous identiques… Facilitant ainsi le travail des espions chinois. « Certains officiers rencontraient leurs sources dans un restaurant truffé de micros par des agents chinois. Même les serveurs travaillaient pour l’espionnage chinois », rapporte au journal des anciens agents américains. Alors que le nombre d’informateurs en poste diminuait de fait, l’administration Obama en poste s’inquiétait du manque d’informations en provenance de Pékin.

« Si cet article dit la vérité, nous aimerions applaudir les activités de contre-espionnage de la Chine, s’est félicité mardi un éditorial du Global Times, quotidien nationaliste proche du parti communiste chinois. « Non seulement le réseau d’espions de la CIA a été démantelé, mais Washington n’a aucune idée de ce qui s’est passé. Cela peut être considéré comme une grande victoire. »

 
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Publié par le mai 24, 2017 dans Uncategorized

 

Une erreur aux conséquences durables…

Ceux qui tablent sur un mouvement autour d’un leader, en l’occurrence Mélenchon, et qui à se titre applaudissent à la démolition programmée des partis existants en imaginant que là est l’avenir, se trompent vraiment. Je n’insisterai pas sur l’utilité des partis, leur caractère plus démocratique que ce type de mouvement ce serait peine perdue… Ceux qui s’engouffrent là-dedans font fi de toute expérience, en particulier celle de la Grèce toute récente.

Je voudrais simplement leur faire mesurer à quoi ils s’exposent dans le moyen terme… Il est clair que Mélenchon ne veut pas l’emporter et imposer une « cohabitation », il veut construire son propre parti social-démocrate à la place de celui qui existe et en finir avec le PCF. L’homme a certes tendance à prendre les vessies pour des lanternes et à se croire beaucoup plus fort qu’il ne l’est mais pas au point d’imaginer que son splendide isolement peut avoir une autre issue que de déblayer le terrain devant le dit parti (1). On voit déjà la manière d’occuper les places là où il y a quelques chances de l’emporter qui obéit à cette finalité et pas à celle d’une résistance quelconque aux visées de Macron, flanqué d’une droite plus ou moins forte.

Qu’ils ne nous fassent pas le coup du danger du FN, ce n’est pas leur ennemi principal, loin de là…
Oui mais voilà ce beau projet autour d’un leader talentueux se heurte au fait que Mélenchon sera trop vieux, vu l’air du temps pour se présenter à la présidentielle dans cinq ans et que sans lui son parti ne sera qu’un sac de chats sauvages luttant pour les places entraînant le désenchantement des « insoumis » qui y ont cru.
C’est une histoire pleine de bruit et de fureur qui ne mène nulle part… sinon à désarmer totalement ceux qui vont être conduits à l’abattoir de la « modernité » du capital…

Danielle Bleitrach
(1) Le parti de gauche qui existe toujours et squatte 99% des postes de direction de la FI est toujours adhérent du PGE… Le vrai point commun est la construction dans toute l’Europe de mouvement tel que Syriza, Podemos, Block de gauche… Qui pour l’instant n’ont absolument rien donné a part le gouvernement Tsipras.

 
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Publié par le mai 23, 2017 dans Uncategorized

 

Spectaculaire. Des communistes prennent d’assaut une scène russe dans une émission qui recrute les talents…

Le programme se développait dans la monotonie, il s’agissait d’un programme de recherche de talents « la voix », c’était à la télévision russe et d’un coup à l’étonnement général tout a changé quand un groupe de communistes a pris d’assaut la scène mais écoutez plutôt, les sous-titres sont en espagnol… le titre de la chanson est Et Lénine est jeune à nouveau…

 
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Publié par le mai 22, 2017 dans Uncategorized

 

A Athènes, mourir dans le dénuement

Vendredi 19 mai 2017 – Benjamin Keller
Hier j’ai entendu sur BMTV l’interview de François Baroin interviewé par une de ces petites nullités dont la télé semble avoir le secret, comme il disait ne pas être d’accord avec la mesure visant à imposer plus les retraités, elle lui a dit « quelle importance ce ne sont pas les forces vives? » ce à quoi il lui a répondu qu’ils consommaient beaucoup. Le tout suivi d’une impertinence dans laquelle elle lui faisait remarquer qu’il n’était plus jeune et qu’il devait céder la place… A quand l’euthanasie… En tous les cas le programme Macron c’est ça, l’Europe tu l’aimes ou tu la quittes… Quand il ne nous reste plus que le choix entre ces gens-là et les groupies de Tsipras, d’abord anticommuniste comme les mélenchoniens, on meure ce qu’on peut attendre… (note de Danielle Bleitrach)
Les allocations de retraite ont déjà été réduites de 40% en moyenne depuis le début de la crise.
MAËLLE GROSS
Près de la moitié des retraités grecs vivent déjà sous le seuil de pauvreté. Les nouvelles mesures d’austérité les ciblent pourtant une nouvelle fois. Reportage.

Un vieillard en survêtement s’approche d’un pas mal assuré d’une benne à ordures. D’un bras, il soulève avec peine le couvercle bleu. De l’autre, il sonde les détritus autant qu’il peut. Son butin: une boîte à chaussures et un cintre en plastique. Il referme le conteneur, se retourne et traverse lentement la route, en direction de la poubelle d’en face. La scène se passe à Athènes, dans un quartier résidentiel. Elle est presque devenue banale dans la capitale grecque.

Les 2,7 millions de retraités que compte la Grèce – sur 11 millions d’habitants – sont en première ligne des mesures d’austérité mises en œuvre dans le pays depuis 2010 pour tenter de réduire le déficit budgétaire. Les nouvelles coupes dans les pensions imposées au parlement hellénique par les créanciers internationaux s’ajoutent à treize autres réformes en sept ans. Ces dernières, appliquées de manière graduelle, ont notamment rehaussé l’âge de la retraite, relevé les cotisations et supprimé certaines aides.

Sous le seuil de pauvreté
Les allocations, qui avec la nouvelle loi devraient diminuer de 9% à l’horizon 2019 pour économiser 1,8 milliard d’euros, ont déjà été réduites de 40% en moyenne. A l’heure actuelle, la retraite standard est d’un peu plus de 800 euros par mois, selon les autorités, et 43% des pensionnaires reçoivent moins de 660 euros, un montant inférieur au seuil de pauvreté. Or la plupart ne perçoivent aucun autre argent et les pensions constituent le revenu principal d’un ménage sur deux. Elles se substituent en outre à d’autres prestations sociales, faibles en Grèce. Enfin, les retraités doivent faire face comme tout le monde à la hausse des taxes en tous genres.

«Que vont-ils enlever à ceux qui n’ont déjà plus rien?» s’inquiète Teresa, une rousse de 67 ans active dans le réseau de solidarité Mirmigi («la fourmi»), situé à Kypseli, un quartier central d’Athènes qui s’est paupérisé ces dernières années. L’association fondée en 2012 fournit des vivres et des produits de base à environ 400 familles nécessiteuses, grecques et étrangères, deux fois par mois. Un bénéficiaire sur dix est retraité, indique Kostas, 26 ans, l’un des piliers de Mirmigi. «Ils sont toujours plus nombreux, observe-t-il. Certains touchent 500, 300 euros, voire rien du tout si ce n’est l’assistance sociale. Comment voulez-vous qu’ils vivent?»

Retraite divisée par deux
Au sein même de Mirmigi, environ la moitié de la trentaine de bénévoles actifs sont des retraités. Il y a par exemple Margarita, 69 ans, une ex-fonctionnaire qui percevait 900 euros ainsi qu’une aide de 100 euros en 2010 et qui n’en reçoit plus que 700 aujourd’hui. Il y a aussi Ioannis, 71 ans, qui travaillait dans les télécommunications et qui a vu sa pension être coupée en deux. De 2600 euros versés quatorze fois par an, elle est passée à 1500 fois douze, les 13e et 14e «salaires» ayant été supprimés.

Les tailles n’ont épargné aucune catégorie de retraités mais les pensions les plus hautes ont été les plus fortement élaguées.

Anthi Nikiforakis, une architecte, s’est retirée de la vie active en 2012. Elle aurait dû obtenir 2000 euros. Elle doit finalement se contenter de 1300. «J’ai travaillé dur et je touche 40% de moins que prévu», se plaint-elle. Une fois à la retraite, elle prévoyait de construire une maison et d’aider son fils. Désormais, elle parvient tout juste à régler ses factures: «Une fois, je suis allée au tribunal parce que je ne pouvais pas payer. On m’a répondu que je n’avais pas le choix!»

Indispensable ou impasse?
Les retraités sont descendus dans la rue pour protester contre cet énième tour de vis et une cour étatique l’a déclaré anticonstitutionnel. Rien n’y a fait. «Ces coupes étaient inévitables, juge Yannis Koutsomitis, un économiste indépendant. Il y a un vrai problème au niveau du système de pension grec, qui n’est pas du tout soutenable.» La Grèce est le pays d’Europe qui consacre la plus grande part de son budget aux retraites, indique le spécialiste de la zone euro, qui enchaîne: «Le salaire moyen est plus bas que la pension moyenne.

Trop de gens ont aussi pu recevoir des retraites confortables sans avoir payé l’entier de leurs contributions.» Des salaires de plus en plus bas, un chômage élevé (50% chez les jeunes) et une population vieillissante complètent le tableau. Pour l’économiste, «il faut entièrement repenser le filet social, pour pouvoir venir en aide à ceux qui ont été durement affectés par la crise».

Plus confiance en Tsipras

Le premier ministre Alexis Tsipras, du parti de gauche Syriza, a promis aux Grecs que cet effort serait le dernier avant un redémarrage de l’économie. Mais beaucoup ont perdu foi en sa parole. Kostas, de Mirmigi, en fait partie. Lui a arrêté de voter pour ce qu’il considère comme un «parti libéral» après le référendum de 2015 sur la poursuite des programmes de rigueur dictés par la troïka (Commission européenne, Banque centrale européenne, Fonds monétaire international), auquel il avait dit «non» comme 61,3% des Grecs.

«Tsipras et les autres ont tourné ce ‘non’ en ‘oui’ et maintenant nous vivons la même chose qu’auparavant, dénonce-t-il. Il faut une nouvelle gouvernance car ce chemin est toxique. La dépression dure depuis sept ans et les gens continuent de souffrir. Nous sommes dans une impasse.»

>>> Lire notre édito «Perseverare diabolicum» sur l’emprise de l’idéologie libérale sur l’Europe

L’austérité votée
Le Parlement grec a adopté jeudi soir de nouvelles mesures d’austérité, réclamées par les créanciers, UE et FMI. Elles sont censées permettre le versement d’une nouvelle tranche des prêts internationaux au pays, qui espère aussi un allégement de sa dette.

Les principaux articles de la loi comprennent de nouvelles coupes dans les retraites et des hausses des impôts. Ils ont été approuvés par la faible majorité de la coalition gouvernementale, soit 153 députés de la gauche Syriza d’Alexis Tsipras et du petit parti souverainiste Anel, tandis que 128 députés ont voté contre, selon un vice-président du Parlement.

Le gouvernement grec dominé par Syriza espère que l’adoption de ces mesures, quatre jours avant une réunion des ministres des finances de la zone euro à Bruxelles, convaincra les créanciers qu’Athènes peut obtenir une tranche de 7,5 milliards d’euros d’aide et un nouvel allégement de sa dette.

En début de soirée, des milliers de manifestants s’étaient rassemblés aux abords du Parlement avec des banderoles frappées des mots « Non aux plans d’aide! Non à l’austérité! ». Selon la police, plus de 10 000 personnes ont manifesté pour protester contre un projet de loi comprenant de nouvelles coupes dans les retraites et des hausses des impôts.

Des échauffourées se sont produites entre les policiers et de petits groupes d’individus cagoulés qui lançaient des cocktails Molotov. La police a tiré des gaz lacrymogènes pour les disperser. ATS

Pas tous égaux devant l’austérité
Tous les Grecs doivent faire des efforts pour réparer les erreurs du passé. L’antienne est connue: elle ne correspond pourtant aucunement à la réalité. Une étude de l’institut Hans Böckler a démontré que les hausses d’impôts subies par les Grecs entre 2008 et 2013 touchaient très diversement les citoyens. Ainsi, les catégories les plus modestes ont vu leurs prélèvements augmenter de 337% tandis que les riches ne paient que 9% de plus qu’auparavant.

Du côté des revenus, le constat est similaire. Selon les chercheurs, les 10% des Grecs les plus pauvres auraient perdu durant ce laps de temps 86% de leur revenu! Les 30% les plus riches, eux, n’auraient subi qu’une chute de 17% à 20% de leurs entrées. Des chiffres que les derniers plans d’austérité n’ont certainement fait qu’aggraver. BPZ

 
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Publié par le mai 22, 2017 dans Uncategorized