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Archives de Catégorie: Europe

Les echos : Boris Johnson nationalise les lignes ferroviaires du nord de l’Angleterre

L’Etat va reprendre l’exploitation jusque-là assurée par Arriva, la filiale de Deutsche Bahn. C’est la deuxième nationalisation en deux ans, alors que le gouvernement prépare une remise à plat plus large du système de franchises mis en place au moment de la privatisation du secteur.

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Les trains opérés par Arriva dans le nord de l’Angleterre transportent 108 millions de passagers par an. (AFP)

Publié le 29 janv. 2020 à 19h38Mis à jour le 29 janv. 2020 à 20h01

L’Etat fait son grand retour dans le secteur ferroviaire outre-Manche. Alors que la privatisation du milieu des années 1990 est particulièrement critiquée , le gouvernement de Boris Johnson a annoncé mercredi la renationalisation des lignes ferroviaires du nord de l’Angleterre, que gérait jusque-là la filiale de Deutsche Bahn Arriva, et connues pour une qualité de service que le ministre britannique des Transports Grant Schapps a qualifiée de « cauchemardesque ».

C’est la deuxième nationalisation en deux ans, après celle des lignes de l’est de l’Angleterre à la mi-2018, jusque-là opérées par Virgin Trains East Coast. Et d’autres pourraient suivre, comme la South Western Railways, a prévenu le gouvernement.

La privatisation du secteur, qui a donné lieu à la création de 16 franchises régionales confiées à des opérateurs privés ou non (dont la SNCF), est loin d’avoir donné les résultats escomptés . Retards, annulations, surcoûts et autres inefficiences : beaucoup d’opérateurs peinent à atteindre les revenus auxquels ils se sont engagés pour décrocher leur franchise. Le matériel roulant tarde à être renouvelé, et le réseau ferré appartenant à la société publique National Rail, à être modernisé.

Geste politique fort

Le gouvernement se prépare ainsi à revoir tout le dispositif. L’ex-directeur général de British Airways, Keith Williams, doit bientôt rendre un rapport très attendu, qui devrait préconiser de mettre à bas le système de franchises, sans aller pour autant jusqu’à une complète renationalisation.

L’Etat jouera son rôle d’« opérateur en dernier ressort » sur les lignes du nord en reprenant la main sur leur exploitation au 1er mars, soit 5 ans avant la fin de la concession accordée en 2016 à Arriva. Il a déjà promis d’agrandir 30 gares pour qu’elles puissent accueillir des trains plus grands, de veiller à une meilleure propreté des wagons ou encore de continuer à remplacer le matériel roulant. Invoquant la vétusté des infrastructures et les grèves, mais reconnaissant qu’« un nouveau plan est nécessaire », Arriva a dit « comprendre la décision du gouvernement ».

Il s’agit d’un geste politique fort vis-à-vis des élus et des électeurs des anciens bastions travaillistes du nord de l’Angleterre qui ont largement voté conservateur aux élections législatives de la mi-décembre. Boris Johnson, qui leur a promis d’investir dans les infrastructures, joue sur du velours : les retards sont particulièrement nombreux sur ces lignes desservant des villes comme Manchester, Leeds, Liverpool et Newcastle (seuls 50,6 % des trains ont été à l’heure entre le 10 novembre et le 7 décembre, contre 62,2 % en moyenne au niveau national) et les annulations aussi (7,3 % des trains contre 4,7 %).

Alexandre Counis (Correspondant à Londres)

 

Un conseiller évangélique de Trump remettra le prix des « Amis de Sion » à Poutine

‘imagine la tête de Lavrov découvrant ces alliés inattendus, les évangélistes attendant impatiemment l’Apocalypse(1)  contre le négationnisme historique de l’UE inspiré par les Polonais et les lituaniens. Cette tête sera probablement la même que la mienne à l’idée que cette bande de cinglés apocalyptiques est plus soucieuse de vérité historique que les socialistes du parlement européen qui ont voté l’infâme résolution assimilant nazisme et communisme… Sans parler des Polonais de toutes obédiences que Churchill appelait « les hyènes de l’Europe à cause de la rapidité avec laquelle après le pacte de Munich, ils s’étaient jetés avec les nazis, et les hongrois sur la malheureuse Tchécoslovaquie. cela dit Lavrov dont la diplomatie a réussi à se faire des alliés de tout le moyen-orient, du Hamas à Netanayoun, en passant par l’Iran et les saoudiens serait moins surpris que moi. (note de danielle Bleitrach)

(1) Remarquez si Bernie Sanders qui bien que juif dénonce la politique de l’Etat d’Israêl comme une bonne partie des juifs américains qui sont tout à fait hostiles à Trump et encore plus aux évangélistes, l’équilibre n’en sera pas transformé. Dans le genre apocalyptique, Mahmoud Ahmadinejad, l’ancien président iranien qui avait la c^te auprès des anti-impérialistes appartenait lui même à une secte apocalyptique… Il m’arrivait quand je voyais ce crétin de Bush disciple des évangéliste et lui de me dire que le nombre de gens rêvant de la fin du monde était un peu excessif.

Mike Evans, conseiller de Trump sur Israël, dit vouloir notamment remercier le président russe pour le rôle des Soviétiques pendant la Seconde Guerre mondiale

Mike Evans au musée des Amis de Sion de Jérusalem, le 16 mai 2017 (Crédit : Nati Shohat/Flash90)

Mike Evans au musée des Amis de Sion de Jérusalem, le 16 mai 2017 (Crédit : Nati Shohat/Flash90)

Un responsable évangélique américain, conseiller du président Trump sur le dossier israélien, a annoncé qu’il remettrait un prix au président russe Vladimir Poutine.

Mike Evans, personnalité appartenant à un groupe informel de conseillers évangéliques auprès du président américain, a indiqué mercredi qu’il remettrait l’un de ses prix des « Amis de Sion » à Poutine pour rendre hommage au rôle tenu par l’Union soviétique dans le sauvetage de Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale.

Le conseiller se trouvait en Israël cette semaine à l’occasion du Forum mondial sur la Shoah.

« Nous voulons lui remettre cette récompense pour les raisons suivantes. Raison numéro un, l’Union soviétique a libéré Auschwitz. Raison numéro deux, 8 660 000 soldats soviétiques sont morts en combattant les nazis », a expliqué Mike Evans au Times of Israel.

« Raison numéro trois, si l’Union soviétique n’avait pas combattu les nazis alors Hitler se serait probablement emparé de toute l’Europe, ce qui aurait impliqué la mort de trois millions de Juifs supplémentaires », a-t-il ajouté.

« Enfin, l’Union soviétique a été le premier pays à reconnaître l’État d’Israël. Il y a de nombreuses raisons de remercier les Russes pour ce qu’ils ont fait », a continué Mike Evans.

Le président israélien Reuven Rivlin escorte son homologue russe Vladimir Poutine à son siège lors du cinquième Forum mondial sur la Shoah au musée mémorial de la Shoah de Yad Vashem à Jérusalem, le 23 janvier 2020. Derrière eux se trouve Moshe Kantor du Forum. (Abir SULTAN / POOL / AFP)

Au cours de son discours prononcé jeudi lors d’une cérémonie du Forum mondial de la Shoah 2020 organisée à Yad Vashem, à Jérusalem, Poutine a souligné le rôle central de l’Armée rouge dans la défaite des nazis ainsi que les pertes humaines colossales enregistrées par l’Union soviétique.

Il a également fustigé la collaboration avec les Allemands « dans de nombreux pays européens ». L’allocution du président russe a été critiquée par certains historiens qui ont déploré de mauvaises représentations de l’Histoire, revisitée en faveur du pays.

Les organisateurs du Forum, dans la matinée de jeudi, ont pour leur part démenti que l’événement ait pu être utilisé pour politiser la Shoah. Les présidents polonais et lituanien n’ont finalement pas participé à la cérémonie, le chef d’État polonais ayant affirmé – à tort – n’avoir pas été invité à s’exprimer à la tribune de Yad Vashem et le président ukrainien, venu à Jérusalem, a pour sa part décidé au dernier moment de ne pas assister à l’événement.

La Russie fait actuellement l’objet de sanctions internationales pour son invasion de l’Ukraine, et l’événement de Jérusalem, qui a été organisé par un oligarque russe proche du Kremlin, a été interprété par certains observateurs comme une tentative par les Russes d’utiliser le génocide pour redorer leur blason à l’international.

La Russie et la Pologne sont actuellement au cœur d’une bataille autour de la Seconde Guerre mondiale et du récit de la Shoah qui ne cesse de s’intensifier. La Pologne accuse la Russie de glorifier des aspects positifs de l’histoire soviétique en effaçant d’autres événements tels que le pacte Molotov–Ribbentrop de 1939, conclu entre l’Union soviétique et l’Allemagne nazie.

Mike Evans a indiqué avoir fait savoir à l’ambassade russe en Israël que Poutine se verrait remettre le prix et que l’ambassade devait maintenant décider du lieu et de la date de la remise de la distinction.

Interrogé sur le message qu’il souhaitait transmettre à Poutine en lui octroyant le prix, Mike Evans a expliqué vouloir « remercier les Russes » et informer Poutine du rôle vital tenu par les Évangéliques américains dans l’élection de Trump.

« C’est notre base évangélique qui a élu le président des États-Unis », a-t-il clamé.

Mike Evans a également déclaré qu’il avait joué un rôle dans la formulation d’un décret signé par Trump, le mois dernier, pour lutter contre l’antisémitisme sur les campus universitaires.

« Quand le président a adopté sa législation sur l’antisémitisme contre les universités, j’étais à ses côtés avec Alan Dershowitz », rapporte-t-il. « Lorsqu’il l’a signée, il m’a donné le stylo qu’il avait utilisé pour le faire. Cela a été sa manière de me remercier ».

Le président Donald Trump signe une ordonnance visant ce que son administration qualifie d’antisémitisme croissant sur les campus des universités américaines, le 11 décembre 2019. Mike Evans est quatrième à droite (Crédit : AP/Manuel Balce Ceneta)

Mike Evans dirige une organisation appelée « Jerusalem Prayer Team », qui enregistre près de 70 millions d’abonnés sur Facebook. L’objectif poursuivi par cette organisation est d’encourager les chrétiens, dans le monde entier, à « prier pour la paix à Jérusalem » ainsi que de les informer sur l’actualité de la politique israélienne à travers un prisme chrétien.

Selon le site internet, Jérusalem est important parce que « presque toutes les prophéties se réfèrent à Jérusalem et à la fin des temps ; la construction du nouveau temple, l’antéchrist, la bataille d’Armageddon et les 144 000 évangélistes. Quand nous prions pour la paix à Jérusalem, nous prions pour la paix du Seigneur. ‘De même le Christ, qui s’est offert une seule fois pour porter les péchés de plusieurs, apparaîtra sans péché une seconde fois à ceux qui l’attendent pour leur salut’. »

C’est Mike Evans qui avait été à l’origine de dizaines d’affiches collées à Jérusalem, au mois de mai 2017, qui recommandaient vivement à Trump de « Rendre sa grandeur à Israël ».

L’objectif poursuivi par cette campagne était alors de rappeler au président américain sa promesse électorale faite aux évangéliques de transférer l’ambassade des États-Unis de Tel Aviv à Jérusalem, explique-t-il au Times of Israel. Trump avait annoncé cette relocalisation quelques mois plus tard, en décembre 2017.

Il est également responsable du centre du patrimoine des Amis de Sion, un musée multimédia du centre de Jérusalem consacré à l’histoire de l’amitié des non-Juifs pour les Juifs et Israël. Il indique que « 100 % » du financement pour le musée provient des évangéliques, et que le centre est en cours d’agrandissement : il comptera bientôt neuf bâtiments.

Ces nouvelles structures accueillent notamment un centre pour les médias, ouvert récemment, et dont l’objectif est d’enseigner aux journalistes l’histoire d’Israël ; un institut qui formera 100 000 « ambassadeurs » chrétiens qui défendront les intérêts d’Israël à l’étranger ainsi qu’un centre de communication qui apprendra aux militants, sur internet, à combattre le mouvement BDS et autres activités perçues comme anti-israéliennes sur les réseaux sociaux.

L’organisation « Jerusalem Prayer Team » a également annoncé, mercredi, de prochaines expositions en l’honneur de la Russie et de Trump.

« Le centre du patrimoine des Amis de Sion va organiser une exposition spéciale en hommage à la Russie pour son sauvetage de nombreux Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. Le centre est également en train de mettre en place une exposition en l’honneur du président Trump pour tout ce qu’il a fait en soutien à l’État d’Israël et à la lutte contre l’antisémitisme », a fait savoir Mike Evans dans un communiqué.

Il a expliqué au Times of Israel que le centre des Amis de Sion ne s’impliquait dans aucune activité prosélyte. Il avait, dans le passé, été critiqué pour son zèle à vouloir convertir des Juifs au christianisme.

« Ce n’est pas notre objectif, notre objectif est de combattre l’antisémitisme », martèle-t-il. « Tous les membres de notre personnel sont des Juifs. Je pense que l’antisémitisme est à la racine des problèmes que rencontre Israël avec ses ennemis. Si on peut éradiquer l’antisémitisme, alors on pourra résoudre le problème de l’Iran et celui des Palestiniens ».

Il a souligné que plus d’une dizaine de hauts responsables du monde entier avaient reçu le prix des « Amis de Sion » depuis 2015. Parmi les lauréats, Trump ; l’ancien président américain George W. Bush ; le prince de Monaco, Albert II ; l’ancien président de la Bulgarie, Rosen Plevneliev ; le président brésilien Jair Bolsonaro et la présidente géorgienne Salome Zourabichvili.

Alors qu’il lui était demandé s’il pensait que la remise du prix à Poutine pourrait tromper ses 70 millions d’abonnés en leur faisant penser que les Israéliens soutiennent le président russe – dans les faits, les points de vue des Israéliens à son égard sont plutôt mitigés – il a répondu : « je pense que la manière la plus avisée de créer des amitiés depuis Israël est de trouver les choses positives que font les individus. Notre position, ce n’est pas d’évaluer une personne sur la base d’une éventuelle perfection ».

« Nous ne faisons que dire merci pour les bonnes actions destinées à aider. Parce que si on y pense, si l’Union soviétique avait adopté le positionnement de Chamberlain et n’avait pas combattu les nazis, peut-être toute l’Europe aurait-elle été perdue, ainsi que tout le Moyen-Orient – et qu’il n’y aurait pas d’État juif », a-t-il ajouté.

Interrogé sur ce que la Russie a fait récemment pour afficher son amitié à l’égard d’Israël, Mike Evans a répondu : « cette semaine [au forum mondial de la Shoah] est consacrée à la lutte contre l’antisémitisme. Et le fait est que Poutine a pris le temps, dans son calendrier, de venir ici pour parler de l’antisémitisme – et en particulier parce qu’on peut être sûr que les Palestiniens en sont très mécontents. Le fait est que les Russes ont perdu un très grand nombre de soldats pendant la Seconde Guerre mondiale et qu’ils ont libéré Auschwitz. A notre avis, nous devons les en remercier ».

Le responsable évangélique est l’auteur de plus de cent livres, dont certains sont devenus des best-sellers. Au mois d’août 2016 encore, il critiquait la Russie dans un billet de blog consacré aux accusations de piratage par les Russes du Comité national démocrate dans le cadre des tentatives du Kremlin d’interférer dans les élections américaines.

« Il semble maintenant que les Russes tentent avec audace de mettre le doigt dans le gâteau électoral américain », avait-il écrit. « On verra qui remportera le morceau à la fermeture des urnes, le 8 novembre 2016 ».

Son point de vue sur la Russie a-t-il évolué depuis ? Mike Evans répond, « je ne suis pas impliqué dans les renseignements américains. Je ne sais rien de ce qui a pu filtrer. La seule mission que j’ai, c’est de combattre l’antisémitisme et de construire des passerelles entre les individus ».

La présidente de la Géorgie honorée

Salome Zourabichvili s’exprime lors d’une réception au musée des Amis de Sion de Jérusalem, le 21 janvier 2020 (Crédit : Simona Weinglass/Times of Israel)

Le 21 janvier, le musée des Amis de Sion a accueilli une réception en l’honneur de la présidente géorgienne Salome Zourabichvili, également lauréate du prix des Amis de Sion. Parmi les invités, l’ambassadeur géorgien en Israël Lasha Zhvania ainsi que la ministre israélienne de la Culture et des Sports Miri Regev. Deux autres éminents invités qui devaient s’exprimer lors de l’événement, l’ambassadeur américain David Friedman et l’homme d’affaires israélo-géorgien Mikhail Mirilashvili, ont annulé leur participation à la dernière minute.

Lors de la réception, un grand nombre d’intervenants ont clamé que la Géorgie était, d’une manière unique dans l’Histoire, un pays étonnamment exempt d’antisémitisme.

« Il y a une histoire d’amitié longue de 27 siècles entre les Géorgiens et les Juifs », s’est exclamée la présidente Zourabichvili.

Elle a ajouté que des événements de commémoration de la Shoah comme celui qui a été organisé cette semaine à Jérusalem étaient nécessaires « parce que c’est seulement si les êtres humains peuvent se souvenir des choses intolérables qu’ils pourront en empêcher la répétition. Nous devons avoir la capacité de reconnaître là où nous avons échoué et de nous repentir ».

Un célèbre duo israélo-géorgien, Kolan, a interprété la chanson « Tbilisi. »

Dans une allocution en hommage à la cheffe de l’État, Mike Evans l’a comparée – favorablement – à Trump. Il a raconté une anecdote décrivant la soirée électorale américaine qu’il avait passée en 2016.

« J’étais au David Citadel Hotel, en train de dîner avec le grand rabbin de Moscou, le soir de la victoire de Donald Trump. Le rabbin m’a regardé et m’a dit : ‘Il va gagner’. J’ai répondu : ‘Vous croyez ?’ et il a rétorqué, ‘Je le sais’. ‘Pourquoi ?’, ai-je continué. ‘A cause de la lecture de nos écrits de cette semaine’. Et j’ai demandé ‘Quelle était-elle ?’ Et il m’a dit : ‘L’histoire d’Abraham, des bénédictions et des malédictions. Ce président veut apporter sa bénédiction à Israël, et Dieu va le bénir et lui donner la présidence », a-t-il raconté.

« Cela peut sembler très simpliste, mais je peux vous dire qu’en tant que leader évangélique parmi 25 autres, nous avons accordé la présidence à Donald Trump sous la forme d’un raz-de-marée – et nous le ferons encore en raison de sa clarté morale, de son soutien à l’État d’Israël et de son soutien à nos valeurs. Et c’est la même chose pour vous, Madame la présidente, et nous vous applaudissons. Dieu vous bénisse », a-t-il continué.

Le rabbin Aryeh Lightstone, haut conseiller auprès de l’ambassadeur David Friedman, a encouragé la présidente géorgienne à transférer l’ambassade de Géorgie à Jérusalem.

« Quand il sera temps de choisir les œuvres d’art pour votre ambassade à Jérusalem, Mme Friedman et l’ambassadeur seront impatients de vous y aider », a-t-il continué.

 

une excellente présentation de l’enjeu social de la nation et de la lutte des communistes

Un groupe de jeunes communistes a décidé d’éditer son propre matériel dans lequel il expose ses analyses,ici il s’agit de décrire le rôle de Blackrock, la multinationale financiarisée dans la destruction de notre système de protection sociale avec la complicité active de macron et de son gouvernement.

Mais ces jeunes-gens vont plus loin, ils interpellent la gauche et le parti communiste sur le rôle que doit jouer la souveraineté nationale dans la défense de la souveraineté populaire. C’est court, clair, précis.

Comme lepessimisme est un luxe que nous ne pouvons pas nous permettre, ce blog va être très attentif au point de vue des jeunes qui tentent de créer une issue politique.

Danielle Bleitrach

 

l’extrême droite espagnole est très agitée… et la presse espagnole pas plus crédible que la nôtre

Marianne me tranmet un article russe, qu’elle n’a pas le temps de traduire et qui coïncide étrangement avec la nouvelle du jour à savoir que selon El PaÏs, l’extrême droite espagnole serait financée par les iraniens. El PaÏs et ABC, deux journaux espagnols, le premier ayant renoncé officiellement à son passé franquiste, le second étant moins clair sur le sujet, nous parlent des Turpitudes de leur extrême-droite, le tout dans un contexte qui est celui d’un gouvernement espagnol avec à dose homéopathique de ministres communistes. Cela fait remonter les remugles,  entre l’Eglise espagnole dont certains membres en appellent à lutter contre le communisme impie  et la presse nostalgique du franquisme qui vante les exploits de la légion « Azul » au siège de léningrad,on peut dire que les source autochtones de l’extrême droite n’ont jamais été éradiquées… Pendant tout un temps la droite espagnole a tenu en son sein cette extrême-droite et le franquisme sous le masque de la monarchie « démocratique » avec un Aznar qui pourtant ne faisait pas mystère de son affiliation au franquisme et même menait un combat aux côtés des Etats-Uns contre les gouvernements « bolivariens » d’Amérique latine, et surtout contre Cuba. Le franquisme ne ressurgit pas, il était mêlé à la droite « honorable » , il a pu continuer à tenir l’appareil d’Etat. Mais aujourd’hui rongé par les scandales la droite s’est divisée et son aile franquiste remonte, les autres découvrent qu’elle est antisémite et financée par l’Iran. Que faut-il penser de tout cela?

 

 

Selon EL Païs : Le terrorisme iranien finance Vox le parti d’extrême-droite

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un scandale secoue l’Espagne, le journal El Païs vient de révéler que les chefs de l’extrême-droite Vox
Santiago Abascal, et l’un de ses poids lourds, Iván Espinosa de los Monteros ont reçu environ 65.000 euros du Conseil National de la Résistance Iranien. Vox a été fondée en 2013 avec un million d’euros de la CNRI avait déjà révélé El Païs . Le jour de son inscription au registre des partis politiques du ministère de l’Intérieur, le 17 décembre de la même année, il a reçu le premier transfert de l’étranger de partisans de l’exil iranien, 1 156,22 euros

Le salaire d’Abascal a été fixé à 3 570 euros nets par mois, environ 5 000 bruts, qu’il a perçus entre février et octobre 2014. Au total: 40 000 euros. L’Espinosa de los Monteros était de 2 300 euros net mensuel, soit environ 3 083 bruts. Le parlementaire a facturé par l’intermédiaire d’une société.

Abascal et Espinosa de los Monteros savaient que leur masse salariale provenait des fonds du CNRI. V, Vidal-Quadras a répondu à la question de savoir si les dirigeants Vox connaissaient l’origine de l’argent: «Abascal était au courant de tout, j’ai expliqué ma relation avec le CNRI et lui ai dit qu’ils allaient nous financer. Cela semblait bon. J’étais ravi. Il n’a commis aucune faute ».

La nouvelle ne me surprend pas et j’ai toujours sur mon blog refusé de diffuser les textes émanant des Iraniens parce que je savais qu’ils finançaient l’extrême droite antisémite en France, celle de Soral Dieudonné et bien d’autres.

Cela me met d’autant plus à l’aise pour refuser de cautionner l’amalgame que certains fond entre terroristes comme Daëch qui ont accompli des attentats en Europe et dans les pays musulmans et l’Iran dont je conteste l’Idéologie mais qui ne sont pas des « terroristes ». La guerre plus ou moins secrète qu’ils se livrent avec Israël relevant d’un côté comme de l’autre de méthodes que l’on peut déplorer mais qui ne mettent pas en cause le terrorisme tels que nous le subissons en Europe ou aux Etats-Unis. Celui-ci a toujours été le fait beaucoup plus d’alliés reconnus des Etats-Unis par les biais des saoudiens entre autres.

Donc il faut dénoncer la propagande antisémite qui s’appuie sur des réseaux d’extrême droite et qui le plus souvent diffuse des nouvelles fantaisistes que l’on peut effectivement qualifier de « complotiste » comme Egalité et réconciliation, alterinfo, réseaux international, et bien d’autres relais pourris dont le financement par l’Iran est souvent avéré,  mais il faut dénoncer également la propagande émanant cette fois de la CIA qui nous présente l’Iran comme l’équivalent de Daech,pour nous inciter à la guerre contre l’Iran.

Oui il faut lutter contre ceux qui feignent de découvrir ce genre de liens pour mieux nous faire oublier ce que les Etats-Unis et leurs « allié » occidentaux nouent avec les véritables promoteurs du terrorisme. Si ces pays découvrent qu’ils ont une extrême-droite et que celle-ci est prête à n’importe quelle alliance, ils sont singulièrement naifs (1)

Danielle Bleitrach

(1) Outre le fait qu’El Païs est un de ces miracles espagnols dont le propriétaire s’est reconverti du franquisme au centre gauche, Marianne  m’a signale le mêle jour cet article qu’elle n’avait pas le temps de traduire:

pourquoi l’Espagne se vante d’avoir participé au blocus de Leningrad

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Pourquoi l’Espagne se vante de participer au siège de Leningrad

Au total, environ 40 000 personnes ont transité par la "Division bleue". Il a obtenu son nom par la couleur des chemises phalanges qui sont devenues une partie de leur uniforme

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27 janvier 2020, 11:56
Photo: Scherl / Global Look Press
Text: Dmitry Bavyrin

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L’un des plus grands journaux d’Espagne a décidé de louer la célèbre division bleue pour la guerre contre l’URSS et pour sa participation au siège de Leningrad, lorsque « les soldats espagnols ont montré leurs meilleures qualités ». Qu’est-ce que c’est – une autre tentative de l’Europe pour reconsidérer les résultats de la Seconde Guerre mondiale ou la stupidité grossière des nationalistes espagnols?

« Il ne fait aucun doute que l’acte le plus audacieux de la division bleue a été la défense de la ville russe de Krasny Bor près de Leningrad »,  écrit le journaliste Manuel Villatoro  dans l’un des plus grands journaux espagnols ABC.

Deux choses doivent être soulignées  Premièrement, les Espagnols ont «défendu» la ville russe contre les troupes soviétiques. Deuxièmement, l’offensive de l’Armée rouge faisait partie de l’opération Polar Star, conçue pour débloquer la capitale du Nord. Cette opération a échoué, notamment en raison des actions des Espagnols.

En d’autres termes, l’un des principaux journaux espagnols se vante que les assistants espagnols d’Hitler ont réussi à prolonger le blocus de Leningrad pendant près d’un an, un crime de guerre inhumain qui occupe une place spéciale dans notre mémoire nationale.

Mais d’un point de vue espagnol, tout semble différent. Mais en fait, c’est une démonstration égoïste des Pyrénées, mais pas une russophobie idéologique, comme dans la plupart des cas de ce genre.

C’est presque un axiome: si un pays européen commence à rendre héroïques les complices nazis parmi ses citoyens, ces actions sont finalement dirigées contre la Fédération de Russie. Un bon exemple est le  cabinet de la Pologne moderne , le premier gouvernement polonais à honorer ouvertement la brigade ентwiętokrzyskie. Même le gouvernement fortement anticommuniste en exil n’a pas permis une telle  chose , puisque les nationalistes radicaux qui composaient la brigade mentionnée ont activement collaboré avec la Wehrmacht, combattant moins « pour la Pologne » que contre les communistes. Varsovie les considère désormais comme des  synonymes .

Le pathétique des Espagnols, vantant les «exploits» de la «Division bleue» est  d’un genre différent. Ceci est une vantardise pour son propre moral sans référence à la politique actuelle. Le fait est que les commandants soviétiques ne considéraient pas les Espagnols comme un adversaire sérieux, et les Allemands décidèrent de ne leur confier qu’une section secondaire du front. Cependant, c’est la défense espagnole qui a finalement déterminé l’issue déplorable de l’étoile polaire. Ensuite, la «Division bleue» a subi les pertes les plus importantes de son histoire, c’est pourquoi la combinaison même des mots russes «Red Bor» en Espagne est reconnaissable.Autrement dit, c’est une  démonstration. Les Allemands auraient considéré  nos grands-pères pour golody et ivrognes licencieux, les ayant même parfois confondus avec les Juifs (fait historique: lorsque certains combattants de la division sont allés AWOL en Pologne, la Gestapo les a arrêtés tout comme les Juifs), et ils ont pu résister à la machine militaire stalinienne et Joukov.

Dans le même temps, les historiens espagnols ne pèchent pas contre la vérité lorsqu’ils affirment que la division bleue a rempli sa mission politique. De notre point de vue, ses combattants (et au total jusqu’à 40 000 personnes) sont bien sûr des envahisseurs et des criminels, dont les actions n’avaient aucun sens pratique. En 1941, Franco les a envoyés dans un hachoir à viande sur le front de l’Est, et en 1943, ils les a ramenés sous la pression de la Grande-Bretagne et des États-Unis (ici on doit rendre hommage aux Alliés ). C’est un succès moyen – se battre sans succès pour Hitler.

Mais Franco lui-même a vu la situation différemment. Premièrement, il a cherché à éviter une implication à grande échelle dans la guerre mondiale et a voulu payer son allié obsessionnel et exigeant – lBerlin nazi – avec une petite contribution, en d’autres termes, avec une seule division.

Deuxièmement, jusqu’à récemment, il avait peur que Hitler envahisse l’Espagne pour occuper Gibraltar,

par conséquent, il a jugé nécessaire de démontrer aux Allemands le courage et le dévouement des soldats espagnols.

Troisièmement, Caudillo a tenté de soulager les tensions politiques internes et de «se défouler» des cercles radicaux dans son propre camp. Parmi ses partisans (principalement dans la Phalange), nombreux étaient ceux qui ont appelé à rejoindre la guerre du côté de l’Allemagne afin de «répondre à l’URSS» pour avoir soutenu les républicains dans le massacre civil de 1936-1939.

Toutes ces tâches sont terminées. Et la participation personnelle de Franco à ce projet prouve l’importance qu’il attache à elle. Il suffit qu’Agustin Munoz Grandes ait été nommé commandant de la division. Au moment de sa création, il est l’un des chefs militaires les plus talentueux du pays, le ministre du gouvernement, le secrétaire général de la Phalange et le syndic de caudillo. Par la suite – le ministre de la Défense de l’Espagne et le successeur officiel de Franco.

Mais officiellement, la division était purement volontaire, et un nombre important de ses soldats étaient en effet personnellement motivés à rendre aux communistes une «visite de retour» et à venger leurs proches  civils. À tel point qu’une partie du personnel a ignoré le décret de retour dans leurs Pyrénées natales en 1943 et est restée au front, passant de la Wehrmacht aux troupes SS. Au final, plusieurs milliers d’Espagnols ont même participé à la défense de Berlin.

Il y avait juste la tendance inverse. Certains anciens républicains se sont également retrouvés dans la division bleue, tentant ainsi de détourner le volant de la répression franquiste de leurs proches. Certains d’entre eux se sont battus jusqu’en 1943, car cela rapportait le double salaire – de Madrid et de Berlin, nécessaire à leurs familles dans l’Espagne ravagée et appauvrie. Mais d’autres ont franchi la ligne de front et se sont rendus aux troupes soviétiques, ce qu’ils ont regretté plus tard.

Dans un premier temps, les soldats de la « Division bleue », quels que soient les motifs de leur reddition, n’ont pas été répartis sur le nombre total de prisonniers de guerre, mais ne les ont par la suite pas reconnus du tout, l’Espagne et l’URSS n’ayant pas officiellement combattu. En conséquence, les Espagnols ont pu retourner dans leur pays d’origine quelques années plus tard que les Allemands et les Italiens

Plusieurs dizaines de personnes sont restées vivre en URSS.

Le motif de vengeance de la participation soviétique à la guerre civile espagnole est toujours présent dans la conscience historique de certains des conservateurs de droite du royaume, d’où ces articles. Une autre partie de ceux qui glorifient les «exploits» de la «Division bleue» suit la mémoire familiale des ancêtres chez qui on veut voir au moins des hommes courageux.

Le fait que la «Division bleue» ait évité la «défrankation» qui se produit dans l’Espagne moderne contribue à la préservation de tels sentiments. Par ses principes, elle s’apparente à la «décommunisation» ukrainienne, mais ici elle est plus facile à expliquer par l’exemple. Si la «Division bleue» combattait dans une guerre civile, les rues nommées en son honneur ou en l’honneur de ses commandants seraient renommées, mais comme cela faisait partie de l’histoire d’une guerre complètement différente – la Seconde Guerre mondiale, il y a une rue avec ce nom même à Madrid.

En fin de compte, les souvenirs enthousiastes de la «Division bleue» dans les journaux espagnols sont le produit du travail soit des Franco-anticommunistes idéologiques, qui ne sont pas si nombreux dans le royaume et qui continuent d’être poussés dans le domaine marginal, soit d’une partie des souvenirs de famille avec le type de caractérisation des Pyrénées.

C’est impudent. Et c’est désagréable. Mais cela fait partie de processus complètement différents des tentatives de l’Ukraine, de la Pologne, des pays baltes et d’un certain nombre d’autres États de reconsidérer les résultats de la Seconde Guerre mondiale avec la diabolisation parallèle de la Russie moderne.

 
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Publié par le janvier 28, 2020 dans Asie, Europe, extrême-droite, GUERRE et PAIX

 

Moscou ouvre la voie de la paix en Libye

L’initiative diplomatique de Poutine et sa capacité à comprendre Erdogan révèlent que « la Russie et la Turquie sont sur le point de jouer un rôle énorme pour influencer l’avenir de la Libye », disent les experts.

 

 Publié: lundi 20 janvier 2020 | 19h49h17.

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Leonel Nodal

 
Arrêter l'embargo sur les incendies et les armes, tels sont les maîtres mots de l'accord conclu hier à Berlin lors de la conférence internationale sur la Libye

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Le président Vladimir Poutine vient d’ouvrir une voie encourageante vers un règlement politique de la crise libyenne, déclenchée par l’intervention militaire des États-Unis et de l’OTAN en 2011.

Au début d’une année mouvementée, marquée par l’escalade du conflit de Washington avec l’Iran, Poutine a effectué un voyage surprise en Syrie et en Turquie, où il a obtenu le soutien de son homologue Recep Tayyip Erdogan pour parvenir à un cessez-le-feu en Libye.

Plus d’une douzaine de nations ont été impliquées dans la guerre – en violation d’un embargo sur les armes de l’ONU – qui a fait exploser le gouvernement et les institutions, fait des milliers de victimes et déplacé plus de 300 000 personnes.

La trêve fragile créée par Poutine et Erdogan, la première des neuf derniers mois de violents combats, a permis le dernier dimanche d’organiser un sommet des nations les plus influentes sur la situation libyenne, afin de rechercher un règlement négocié dans le pays pétrolier du Afrique du Nord

Qui est présent dans le conflit?

L’intervention militaire étrangère a divisé le pays. D’une part, la région orientale, siège de la ville de Tobrouk et de riches gisements de pétrole. D’autre part, la zone nord-ouest, où se trouve Tripoli, capitale du pays et principal port d’entrée.

Une vaste région du sud a été influencée par divers groupes armés et groupes tribaux, mais avec peu de contrôle sur la richesse.

Le maréchal éponyme Khalifa Haftar, fondateur et chef de la soi-disant armée nationale libyenne, a pris le contrôle de Tobrouk, avec le soutien ou la sympathie de certaines nations arabes et occidentales.

Haftar était l’un des officiers qui, avec Muamar Khadafi, a renversé la monarchie en 1969. Il s’est ensuite mis au service de la Central Intelligence Agency (CIA) et a vécu 20 ans à Langley, en Virginie, siège de l’agence d’espionnage et de subversion. Il est retourné en Libye en 2011 pour participer au coup d’État contre Khadafi.

En 2014, la Chambre des représentants de la Libye a été installée en tant que gouvernement dans la ville de Tobrouk, bastion de Haftar.

Selon le Washington Post, les Émirats arabes unis (EAU), l’Égypte, l’Arabie saoudite, la Jordanie et la France soutiennent Haftar. Il déclare également qu’il y aurait des paramilitaires russes du groupe Wagner, mais le président russe a nié cette version et encore moins qu’ils soient payés par le Kremlin. Ceux qui le soutiennent le perçoivent comme un « homme fort » capable de contrer les islamistes.

Cependant, son principal soutien ces derniers temps a été le président Donald Trump, qui lors d’une conversation téléphonique en mars dernier « a reconnu le rôle important … dans la lutte contre le terrorisme et la sécurité des ressources pétrolières de la Libye, et les deux ont discuté d’une vision commune de la transition de la Libye vers un système politique stable et démocratique », selon une note de la Maison Blanche.

La légitimité du gouvernement de Tripoli

Le gouvernement de l’Accord national (GNA), créé en 2015 en tant qu’organe de transition et soutenu par l’ONU, a Tripoli et certaines parties du nord-ouest du pays sous son contrôle.

La Turquie, le Qatar, l’Italie et d’autres pays européens soutiennent le GNA. Le Washington Post lui-même a souligné que « les États-Unis le soutiennent apparemment également, mais les contacts continus de l’administration Trump avec Haftar, un sujet à double nationalité libyenne-américaine, un ancien agent de la CIA, ont envoyé des signaux mitigés ».

À la fin de l’année dernière, le président turc Recep Tayyip Erdogan a signé un accord maritime avec le gouvernement de Tripoli sur les droits des forages pétroliers et gaziers en mer Méditerranée et a proposé d’envoyer des troupes de soutien, cherchant une plus grande influence en Libye . Le Parlement turc a autorisé l’envoi de troupes au début de l’année, après avoir fourni des drones et des véhicules blindés.

Poutine déploie le pouvoir de la diplomatie russe

En avril dernier, Haftar est parti en guerre contre la capitale pour achever le règne de la Chambre des représentants de la Libye.

La trêve intervient à un moment crucial. La semaine dernière, Haftar a pris le contrôle de Syrte, une ville côtière stratégique située à 230 miles à l’est de Tripoli, dominée par de puissantes tribus, et lieu de naissance de Khadafi.

L’initiative diplomatique de Poutine et sa capacité à comprendre Erdogan révèlent que « la Russie et la Turquie sont sur le point de jouer un rôle énorme pour influencer l’avenir de la Libye », disent les experts.

L’un d’eux, Emadeddin Badi, analyste à l’Institut du Moyen-Orient, a déclaré que « la guerre civile en Libye aurait pu être résolue par des Américains et / ou des Européens il y a des mois avec un minimum d’efforts ».

Il n’est pas rare que ce soit les États-Unis et leurs alliés de l’OTAN qui déclenchent la déstabilisation de la Libye, cherchant à saisir son immense richesse pétrolière.

Suite à l’accord de cessez-le-feu garanti par la Russie et la Turquie le 12 janvier, Poutine a reçu au Kremlin la chef du gouvernement allemand, Angela Merkel, à qui elle a apporté tout son soutien au sommet dimanche dernier à Berlin.

Malgré leurs divergences, les puissances occidentales et arabes ont signé un large accord qui vise à respecter l’embargo sur les armes imposé par l’ONU et à cesser de fournir un soutien militaire aux factions en guerre.

« Nous nous sommes mis d’accord sur un plan global pour l’avenir », a déclaré la chancelière allemande Angela Merkel.

Le Premier ministre Fayez Serraj, chef du gouvernement installé à l’ONU à Tripoli, et le maréchal Khalifa Haftar, chef du pôle électrique de Tobrouk, étaient à Berlin dimanche, mais ils ne se sont pas rencontrés.

Les États-Unis, dégoûtés par l’implication croissante de Moscou en Libye, ont accueilli l’appel de Merkel avec une froideur visible et étaient représentés par le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo.

Parmi les signataires du communiqué final figuraient les présidents de la France, Emmanuel Macron; de Russie, Vladimir Poutine; de Turquie, Recep Erdogan, et d’autres hauts dirigeants européens, des Emirats Arabes Unis et d’Egypte.

Le communiqué appelle « toutes les parties impliquées à redoubler d’efforts pour une suspension durable des hostilités, une escalade réduite et un cessez-le-feu permanent ».

Il a également appelé les pays qui soutiennent les factions belligérantes à « s’abstenir de toute activité qui exacerbe le conflit ou est incompatible » avec l’embargo ou le cessez-le-feu de l’ONU « , y compris le financement des capacités militaires ou le recrutement de mercenaires. ». Les nations qui brisent l’embargo sur les armes doivent faire face à des sanctions, ont convenu les signataires.

Le ministre russe des Affaires étrangères par intérim, Sergueï Lavrov, a déclaré que le document convenu à Berlin confirme que ce conflit n’a pas de solution militaire et que seul le peuple libyen décide du sort du pays.

Lavrov a déclaré que « Dans le vaste plan de règlement du conflit libyen, la nécessité d’un cessez-le-feu durable est soulignée ».

Au-delà des évaluations ponctuelles, le sommet de Berlin a placé Poutine et la Russie non seulement comme une autre force militaire dans la carte complexe du Moyen-Orient, mais comme une puissance de médiation florissante capable de dialoguer, d’influencer et de conclure des accords pertinents, inspirés par la commodité de toutes les parties.

La guerre en Libye a fait des milliers de sans-abri et de déplacés. Photo: AFP

 

« Aujourd’hui, il y a moins d’espoir et plus de résignation que sous Tito »

cet interview est intéressant à plus d’un titre: alors que l’intervieweur s’obstine à vouloir faire de Bora Ćosić ce qui lui a valu son succès en occident à savoir un dissident critique du titisme, celui-ci proteste et dit que le capitalisme est bien pire, il n’est pas loin d’Ernst Bloch qui ayant fui la RDA continuait à affirmer que le pire des régimes socialistes valait mieux que le meilleur des régimes capitalistes parce qu’il y demeurait l’espérance. Autre aspect intéressant de son interview, après être revenu du capitalisme, l’auteur conserve l’idéologie titiste concernant l’URSS. Alors qu’il décrit la liberté Yougoslave opposée au soviétisme pour qui connait un peu la production soviétique on peut constater à la même époque la même créativité impertinente, comme dans beaucoup de pays ex-socialistes. Quant à la « nostalgie » dont est empreint ce texte elle est également partagée par ceux dans ces pays qui n’ont jamais voulu de la fin du socialisme mais simplement ont cru ceux qui leur ont vendu le capitalisme comme le meilleur des socialismes (note de Danielle Bleitrach)

« Aujourd’hui, il y a moins d’espoir et plus de résignation que sous Tito »

 

© Guillaume Narguet

© Guillaume Narguet

Bora Ćosić, écrivain serbo-croate né à Zagreb en 1932, a passé la plus grande partie de sa vie à Belgrade, qu’il quitte en 1992 pour protester contre les dérives du régime de Slobodan Milosevic. Auteur prolifique, il a écrit une quarantaine de romans, d’essais et de recueils de poèmes ; or, seul un roman a été traduit en français : le Rôle de ma famille dans la révolution mondiale[1], critique satirique du socialisme yougoslave et du régime de Tito. Sa publication lui a alors valu les foudres du pouvoir, ce qui n’a pas empêché l’ouvrage d’obtenir un franc succès et de remporter le prix NIN, lui octroyant de fait un statut d’œuvre culte. Zone critique est partie à la rencontre de cet auteur encore trop méconnu en France, dont l’œuvre colossale ne demande qu’à être traduite, publiée et découverte.  

– Zone Critique adresse ses chaleureux remerciements à Mme Ivana Velimirac pour la traduction lors de l’entretien ainsi que la Librairie Polonaise pour la mise à disposition de ses locaux – 

000351919Votre roman est une chronique familiale satirique qui fait une critique acerbe du socialisme yougoslave et pour lequel vous montrez une grande liberté de ton. Ecrit en 1969 au moment du dégel politique en Yougoslavie, comment a-t-il été reçu par les autorités ?

Je n’ai pas conçu ce roman comme une œuvre satirique mais plutôt une œuvre joyeuse, une sotie au sujet d’une famille dans un contexte historique, politique et social particulier. Je suis ainsi parti de l’histoire d’un foyer classique de trois générations (le grand-père, les parents, oncle et tantes et le petit garçon, qui est en même temps le narrateur) qui évolue dans la Belgrade de la Seconde Guerre mondiale puis de la dictature. On peut dire que la petite histoire est finalement révélatrice de la grande Histoire, avec ses drames et tragédies.

Imaginez cela comme une moquerie, celle d’une classe moyenne bourgeoise et de leurs valeurs dans un environnement difficile. De ce fait, mon roman a acquis involontairement, par la suite, une dimension satirique que je ne recherchais pas au départ.

Vous avez évoqué la notion de liberté. Mais il faut savoir qu’il ne s’agissait pas d’une liberté que je m’octroyais, pour moi-même. Après la guerre, il était permis, en Yougoslavie, d’écrire dans un style moderne, contrairement aux pays du bloc soviétique (Roumanie, Albanie etc.). On pouvait donc produire ce qu’on voulait, les interdictions étant rares et très ponctuelles. Il n’y avait pas d’autodafés et les écrivains ne risquaient pas la prison pour leur littérature. J’ai ainsi pu publier trois romans surréalistes dans les années cinquante ainsi que de la poésie, dite futuriste, sans rien craindre de la part des autorités. On peut affirmer que le vent de la modernité a soufflé sur la Yougoslavie de ces années-là.

D’où la possibilité dont vous avez bénéficié d’adapter dans les années 60 la comédie musicale américaine Hair pour la scène de Belgrade, ce qui était osé.

Il y avait à l’époque, à Belgrade, deux grands festivals : BITEF (le Festival international de théâtre de Belgrade, créé en 1967), et FEST (le Festival international du film de Belgrade, créé en 1971), et qui existent toujours. C’étaient des événements culturels majeurs pour l’époque et auxquels se rendaient des metteurs en scène et des acteurs de toute l’Europe et du monde. Ces manifestations étaient emblématiques de la volonté d’ouverture du régime et de la liberté qu’il souhaitait infuser.

C’est d’ailleurs grâce au festival BITEF, et sous la direction de la grande dramaturge Mira Trailović, que Bob Wilson, pratiquement inconnu à ce moment-là, a pu acquérir une renommée mondiale en étant récompensé du grand prix du festival en 1977 pour Einstein on the Beach. Idem pour Peter Handke qui, alors qu’il n’était qu’un jeune dramaturge autrichien inconnu, y a présenté ses pièces Le Pupille veut être tuteur (1969) et La Chevauchée sur le lac de Constance (1971). La scène belgradoise constituait finalement une sorte de tremplin permettant à des débutants de rayonner ensuite sur la scène mondiale.

La parution de votre roman précède de deux ans le début du Printemps croate, en 1971, et les grandes manifestations étudiantes qui ont eu lieu. Peut-on voir un lien de cause à effet entre ce contexte particulier et la parution de votre roman ?

Je ne vois pas de lien, sauf à considérer ce souhait très marqué de pouvoir s’exprimer de façon plus libre, plus ludique et presque plus provocatrice ou irrévérencieuse. J’ai écrit de nombreux essais et textes théoriques sur les manifestations qui ont eu lieu durant cette période (1968 notamment), comme mon Esthétique temporaire des manifestations. D’un côté, vous avez un véritable engagement politique et de l’autre, une appréhension par la littérature de ces mouvements sociaux. Par conséquent, cette littérature, qui fictionnalise la réalité objective brute, acquiert une dimension politique et engagée.

Mes premiers écrits, tout comme ceux de mon confrère Radomir Konstantinović, étaient surréalistes ; ils interprétaient la réalité du quotidien d’une façon originale et très différente du réalisme soviétique qui était la norme dans les arts de cette époque. Le régime titiste n’a pas réagi comme on aurait pu le craindre dans une dictature soviétique classique et s’est senti moins provoqué par notre littérature abstraite que par des écrits réalistes à dimension sociale et à vocation critique qui étaient, par définition, plus abordables par la population et donc plus dangereux. Paradoxalement, la liberté n’avait rien à craindre là où elle s’exprimait le plus et là où elle laissait libre cours à son inspiration et son imagination les plus folles.

Le roman raconte l’histoire, sur quelques années, sans que la chronologie soit très précise, d’une famille haute en couleurs, partagée entre un père alcoolique, une mère dévouée mais désespérée, un grand-père, un oncle, des tantes, et au milieu un jeune narrateur d’une dizaine d’années, faux naïf, qui observe son environnement. Y a-t-il une part d’autofiction dans ce roman ou cette famille est-elle un archétype ?

Il y a bien sûr un fond autobiographique que je ne peux pas nier. Mais il s’agit plutôt d’une vision archétypale, de lieux communs ou de topoï concernant une classe moyenne en laquelle il est possible de s’identifier ou de reconnaître certains traits de caractère. Des personnes de mon entourage m’avaient d’ailleurs fait savoir, au moment de la publication du roman, qu’elles se trouvaient des points communs avec les personnages de l’oncle ou des tantes, par exemple.

Plus qu’une autofiction réfléchie et assumée, il s’agit avec mon roman d’une envie de jouer avec les clichés.

Le titre est assez ironique : il s’avère que la famille, plutôt dysfonctionnelle, assiste passivement aux événements qui se déroulent sous ses yeux, de l’occupation allemande et le gouvernement de Milan Nedić, à l’instauration du régime communiste de Tito. Pensez-vous que ce rôle passif puisse être généralisé à l’ensemble de la population yougoslave, durant les périodes décrites mais aussi durant les dernières guerres des années 90 ?

Il est vrai qu’on peut faire ce rapprochement et affirmer que cette famille, ce nucleus, reflète bien l’attitude d’une entité beaucoup plus vaste, telle que la société ou l’Etat yougoslave de ces années-là. Dans le même temps, il est aussi possible de considérer qu’un petit Etat se comporte parfois comme une famille. Un parallélisme peut donc s’opérer entre ces deux niveaux.

L’intrigue du roman forme une sorte de boucle : elle commence par la rédaction que le jeune narrateur doit écrire pour son école et qui consiste à raconter le quotidien de sa famille, et s’achève par un rapport que le même narrateur, qui a grandi de quelques années, doit rédiger sur ses proches sur ordre des autorités. Peut-on voir dans ce cercle vicieux une sorte de désespoir, de fatalisme relatifs à la situation du peuple yougoslave ?

Je dirais, au contraire, que malgré toutes ces mésaventures, c’est un roman optimiste. La vitalité de cette famille, les moyens qu’elle trouve pour survivre et s’adapter à cet environnement met en évidence un paradoxe de la vie, qui est de toujours voir le bon côté des choses, y compris dans les situations les plus noires et les plus difficiles. Cette famille, tour à tour ridicule, burlesque et pétrie de clichés, est finalement attendrissante de par ses défauts et sa candeur.

Elle semble être d’ailleurs la seule à croire que les choses puissent prendre une tournure plus favorable. Comme le dit mon jeune narrateur « : « Nous avions une confiance illimitée en la vie, nous considérions l’existence comme un conte de fées, tout ce que nous entreprenions était magnifique ». Bien sûr, l’ironie est de mise ici mais elle s’impose presque par hasard. Cela n’était pas mon intention, je n’ai pas décidé de rédiger un texte ironique à la Voltaire ; j’ai obéi aux circonstances, ce qui en a fait un texte comique. Même des scientifiques très sérieux et d’austères professeurs de littérature germanique m’ont avoué avoir ri aux éclats en lisant mon roman.

La force de votre ouvrage réside dans le fait qu’il est en effet très drôle dans les deux premiers tiers et qu’il devient très triste dans le dernier où le sort s’acharne : le rire devient jaune et l’on finit par se demander si la famille ne va pas connaître un destin funeste. Peut-on dire que la comédie, plus que son rôle d’exutoire, de catharsis, met en évidence l’aspect tragique de l’intrigue mais aussi de la vie en général ?

Tout à fait, surtout dans les situations difficiles. Par exemple, la mère parle, à un moment donné « des gens merveilleux et des tragédies encore plus merveilleuses ».

On peut évoquer ce passage dans mon roman où l’oncle raconte l’histoire d’un fou qui entre dans un café et qui déclare : « Vous allez voir un homme qui est venu à bout de tout, même de lui-même » avant de se tirer une balle dans la tête. Le geste, bien que tragique dans l’absolu, est également comique par son côté absurde.

On note une critique de la déshumanisation imposée par le régime dictatorial : « Nous nous affairions à longueur de journée, quoique cela ne se remarquât guère, et ensuite nous nous couchions et rêvions de la même chose, à savoir que nous continuions à nous activer, telle des machines.» Est-ce un constat qu’on pourrait toujours tenir de nos jours, sur la société de consommation, le capitalisme, la mécanisation des rapports sociaux ?

Peu importe le progrès social, auquel je ne crois pas fortement soit dit en passant. On peut même dire que les circonstances sont encore plus difficiles et féroces actuellement qu’elles ne le furent par le passé. Sans entrer dans la critique superficielle du capitalisme libéral, j’ai l’impression que de nos jours, des ombres oppressantes et une véritable chape de plomb menacent les gens, davantage encore que durant la Seconde Guerre mondiale où, malgré les conditions difficiles et la souffrance, une certaine insouciance, voire la joie et l’espoir, persistaient. Il semble qu’aujourd’hui, cet espoir n’est plus permis.

Une des phrases les plus importantes de votre ouvrage me semble être la suivante : « Notre plus grande richesse, c’est la liberté d’expression, fût-ce pour formuler des pensées stupides.» Quel constat dresseriez-vous de l’état actuel de la liberté d’expression, en Europe centrale ou plus généralement en Occident ?

On peut noter un paradoxe. Aujourd’hui, il est possible de tout dire ; par exemple, en Croatie, certains écrivains critiquent sévèrement le régime et pourtant, rien ne se passe. Aucune sanction ne leur est infligée. Mais la portée même de leurs paroles est nulle, elles n’ont aucune influence, aucun effet, car la population en Croatie ou en Serbie est résignée et passive. Il n’y a ni terreur ni répression car tout acte de violence de cette nature serait inutile. La liberté n’a plus d’importance.

Vous êtes installé à Berlin depuis 1995 et êtes retourné en ex-Yougoslavie en 2005, voyage dont vous avez tiré un livre : Voyage en Alaska. Du point de vue français, il est assez difficile d’appréhender ce pays qui n’en est plus un. Quelles clefs donneriez-vous pour le comprendre ?  

Tout d’abord, je ne me considère pas personnellement comme apatride car je ne me suis jamais senti en exil. Il est vrai que j’ai quitté l’ex-Yougoslavie en 1992 mais je l’ai fait volontairement, sans en avoir été chassé. Je n’étais pas en danger et n’ai subi aucune contrainte. Je l’ai plutôt fait par choix et conviction personnelle, pour protester contre la dérive du gouvernement Milosevic. En fait, le seul vestige de cette vie antérieure que j’aie conservé est la langue, que je n’ai jamais quittée, et je n’ai jamais écrit dans une autre langue que le serbo-croate, bien que je vive en Allemagne. C’est le souvenir que j’ai emporté avec moi. J’y ai toujours été attaché et c’est la raison pour laquelle j’ai signé en 2017, avec d’autres intellectuels, la Déclaration pour une langue commune, qui a pour objectif de mettre fin aux querelles linguistiques entre les quatre anciennes républiques yougoslaves, à savoir la Bosnie-Herzégovine, la Croatie, le Monténégro et la Serbie, et de reconnaître au serbo-croate son unicité, qui fonde également un socle culturel commun à ces entités géographiques. Pour la petite histoire, je trouve toujours curieux et assez drôle que la génération postérieure à la mienne, celle qui est née dans les années 70, s’obstine à considérer que j’écris en « yougoslave », alors que la langue yougoslave n’a jamais existé en tant que telle. Miljenko Jergović, écrivain croate de Bosnie parmi les meilleurs, utilise encore le terme serbo-croate pour évoquer la population alors que pour nous, qui sommes de la génération d’avant, il s’agit de la langue.

Comment qualifieriez-vous la situation de la littérature ex-yougoslave actuellement ? Que vous inspirent les nouvelles générations d’écrivains ?

On y trouve des écrivains très intéressants, dont l’esprit est, bien sûr, tout à fait différent par rapport aux anciens et dont les horizons sont encore très nouveaux. Mais permettez-moi de revenir à ma génération et celle qui la suit, c’est-à-dire celles qui cultivent encore l’idée de langue commune. Je voudrais citer par exemple le poète croate Danijel Dragojević ou le romancier Radomir Konstantinović, peut-être le dernier grand romancier serbe de notre temps, une figure majeure, une pierre de touche. Citons aussi Slobodan Šnajder, qui a été traduit en français, et celui que je considère comme mon successeur et que j’ai déjà évoqué, Miljenko Jergović. Ce qui est rassurant, c’est qu’on peut toujours se trouver des disciples pour perpétuer la voie que vous avez empruntée en votre temps.

Vous êtes l’auteur d’une quarantaine de romans, d’essais et de recueils de poèmes. Pourtant, un seul de vos ouvrages est traduit en français. La traduction de vos autres livres peut-elle être envisagée dans un futur plus ou moins proche ?

Cette question tombe à pic, car j’ai un roman dont l’intrigue se déroule en Bretagne et qui s’intitule Propast (« désastre »). Or, il est traduit en allemand et non en français, ce qui paradoxal. Je lance donc un appel aux maisons d’édition françaises qui pourraient être intéressées. Il a fallu vingt ans (en 1989) pour que Le Rôle de ma famille soit édité en allemand ; ensuite, les droits d’auteur ont été vendus dans de nombreux pays, y compris la France qui a publié le livre une première fois en 1995. Je ne perds donc pas espoir.

Mon histoire avec la France et le lectorat français a commencé pendant la guerre, dans les années 90. L’écrivain et universitaire Antonin Liehm, qui vit à Paris, y a fondé en 1984 la revue allemande “Lettre International”. Cette revue, qui paraît dans huit pays et qui comprenait un supplément français, a publié de longs extraits de mon livre Journal d’un apatride, qui a eu un certain retentissement durant la période des guerres de Yougoslavie. Cela a permis à mon œuvre d’être diffusée par ce biais en France. Malheureusement, ce supplément n’existe plus mais je suis devenu, entre-temps, un collaborateur régulier de la revue et cela fait 25 ans que j’écris pour elle.

Vous avez dit dans un entretien que l’Europe est une très belle utopie mais que nous vivons dans un monde laid. Pensez-vous que l’Europe pèche par excès d’optimisme ? Cette vision découle-t-elle de l’échec de l’Europe centrale, ou du moins de l’ex-Yougoslavie, à se rassembler autour d’une identité commune et unificatrice ?

Je ne sais pas si l’Europe est une utopie d’une grande beauté mais elle est certainement une utopie car elle n’est pas uniforme. Elle s’est nourrie d’apports divers, venus de civilisations étrangères et qu’elle a incorporés, qu’il s’agisse de l’héritage chinois, arabe etc. Et cela remonte à la Grèce antique.

Elle est en proie actuellement à une crise de l’immigration très grave. Mais il faut que l’Europe reconnaisse qu’elle est redevable d’une certaine manière à ces étrangers qui ont participé au façonnage de sa culture et que leur accueil en son sein pourrait être facilité au nom de la dette que nous avons contractée. Mais bien qu’elle soit, de mon point de vue, une utopie, je crois en l’Europe et je veux promouvoir fortement l’esprit européen qui doit nous animer.

[1] Ecrit en 1969, traduit une première fois en 1995 et réédité en 2019 aux éditions Robert Laffont.*

Entretien réalisé par Guillaume Narguet et traduit du serbe par Ivana Velimirac

 

Guerre commerciale et représailles vu par un ultralibéral : c’est la Bérézina…

ces gens d’une société d’investissement qui s’obstinent à m’envoyer leurs conseils de placement de capitaux que je n’ai pas, conseils inspirés par la géopolitique,sont parfois bien réjouissants. A la seule réserve près que cette bande de salopards nocifs qu’ils dénoncent avec une véhémence que je partage volontiers, ne se contentent pas de limiter les possibilités d’investissement mais ils entraînent les pauvres soldats de la Grande arme dans la débâcle. Je vous fait partager quelquefois les dernières analyses souvent apocalyptiques  de ces économistes indignés mais notez bien que  c’est en général pour me proposer une « valeur refuge » qui échapperait aux mauvais coups de Trump et autres grands de ce monde qui sont leurs têtes de turc… je résume le propos: la guerre économique de Trump et celles de Macron, c’est la Bérezina…(note de Danielle Bleitrach)

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La Chine et les Etats-Unis ont signé une trêve dans la guerre commerciale mercredi dernier. Presque. En quelque sorte.

CNBC :

 

« Certes, l’accord ne supprime pas les taxes douanières US existantes sur les importations chinoises, et laisse en suspens des questions sur la manière dont les termes de l’accord seront appliqués. L’accord est également considéré comme ‘fragile’ par certains analystes, selon qui des taxes supplémentaires pourraient encore être mises en place.« 

Mais « presque » et « en quelque sorte » – plus 142 Mds$ supplémentaires de la part de la Réserve fédérale lundi et mardi derniers – c’est tout ce dont les investisseurs avaient besoin pour faire grimper le Dow Jones au-delà des 29 000 points.

Comme prévu, Le Donald n’est pas allé jusqu’à la guerre commerciale totale… il y avait trop en jeu – et notamment le plus important de tout : une élection.

Et comme attendu, après le bruit et la fureur, pas grand’chose ne change vraiment – sinon que l‘économie s’affaiblit et que le marigot (maintenant que les autorités gèrent le commerce en plus de tout le reste) se fait plus profond.

Retournement de situation

Selon les estimations de Moody’s Analytics en septembre 2019, le total des pertes d’emplois US dues à la guerre douanière se monte à 300 000. Et selon les conclusions d’un rapport de la Fed, la guerre commerciale s’est retournée contre ses instigateurs :

 

« Une caractéristique-clé de notre analyse est de comptabiliser les multiples façons dont les taxes douanières peuvent affecter le secteur manufacturier, notamment la protection des secteurs nationaux, l’augmentation des coûts pour les produits importés et les dommages à la compétitivité sur les marchés étrangers suite à des représailles douanières.

Il apparaît que les secteurs manufacturiers US plus exposés à une augmentation des taxes douanières subissent des réductions de l’emploi […]. Les hausses des taxes douanières sont également associées à des augmentations des prix à la production par le biais de la hausse des coûts d’intrants.« 

Mais il faut le reconnaître : peu importe combien une idée est crétine, M. Trump s’y accroche comme un chien à un os….

La fin d’un empire

Un article du Wall Street Journal la semaine dernière indiquait que Trump envisageait encore des taxes douanières de 100% sur les vins et les produits de luxe français, en représailles contre le gouvernement Macron, qui menace de taxer de 3% les grandes sociétés d’e-commerce travaillant en France. (Ces menaces sont suspendues depuis hier, après une discussion entre Donald Trump et Emmanuel Macron.)

Un autre article encore nous dit que l’équipe Trump a menacé d’imposer une taxe douanière de 25% sur les automobiles européennes, histoire de punir l’Union européenne parce qu’elle fait commerce avec l’Iran.

En d’autres termes, les guerriers commerciaux US n’ont pas seulement pour objectif d’empêcher les Américains de faire affaire comme ils le souhaitent – mais aussi les Allemands et les Italiens.

Dans le même temps, Peter Navarro, l’économiste fêlé du président, affirme – là encore dans le Wall Street Journal – que les taxes douanières sont un excellent ajout à l’arsenal de petite brute assemblé par les Etats-Unis… et qu’elles ont besoin d’être « équitablement mises à l’épreuve » :

 

« L’économie reste solide, les salaires continuent de grimper et l’inflation reste modérée. Pourquoi les prévisionnistes pessimistes se sont-ils autant trompés ?« 

Les Français ont dû poser la même question en 1812, lorsque les troupes de Napoléon sont arrivées à Moscou. Bonaparte tentait de gagner une guerre commerciale en forçant la Russie à cesser de faire affaire avec l’Angleterre. Et tout semblait aller si bien !

Nous ne prenons pas cela personnellement, ceci dit. Mais les problèmes ne débarquent pas exactement de l’avion de 16h15 en provenance de Montréal, cherchant quelqu’un qui tient à la main une pancarte « pessimiste ». Ils se glissent plutôt discrètement aux frontières.

Et les pessimistes ont toujours tort… jusqu’à ce qu’ils aient soudain raison.

La Grande armée a traversé le Niémen et envahi la Russie. Ses 400 000 soldats astiqués de frais ont défilé en bon ordre – jusqu’à Moscou.

Mais lorsque les survivants ont enfin traversé la Bérézina lors de leur retraite vers la France, ils n’étaient plus que 27 000 – frissonnants, affamés et mourant rapidement. L’empire napoléonien est mort avec eux.

Mais revenons-en à notre propre situation…

Prochain arrêt : Moscou

Hier, nous avons exploré les raisons pour lesquelles l’inflation est inévitable. Nous avons terminé en reprenant les économistes grand public et autres idiots qui pensent que la Fed a fait le bon choix le 17 septembre 2019.

A cette date, la Fed a traversé son propre Niémen, mettant fin à son programme de « normalisation » modérée, timide et hésitante… et envahissant les marchés avec près d’un demi-million de nouveaux dollars fraîchement équipés.

L’argent est allé sur le marché des repos, pour y financer les excès de dépenses du gouvernement fédéral américain.

Nous avons également constaté que les autorités vont devoir refinancer – « rouler » – 6 000 Mds$ de financement de court terme sur les six prochains mois.

Maintenant que les étrangers ne sont plus vraiment partants pour acheter des obligations d’Etat US, il n’y aucun moyen de financer honnêtement une telle somme. La Fed va devoir « imprimer » plus d’argent. Pour marquer le rythme, lundi et mardi dernier, elle a rajouté les 142 Mds$ mentionnés précédemment à la masse monétaire américaine.

Comme l’a expliqué Luke Gromen – cité dans la Chronique d’hier –, il n’y a pas d’autre choix acceptable. Si la Fed n’était pas montée au créneau quand elle l’a fait… la ligne de défense, clairsemée et affaiblie, aurait cédé.

Les actions se seraient alors effondrées. Le marché obligataire et l’économie mondiale se seraient désintégrés. Le secteur immobilier aurait été laminé. Cela aurait été comme en 2008, en d’autres termes – en bien pire.

Les investisseurs boursiers américains, par exemple, ont gagné quelque 20 000 Mds$ sur les 10 dernières années. Supprimez le soutien de la Fed, et la majeure partie de cet argent disparaîtrait en quelques minutes.

Une fois encore, les pessimistes prédisent un désastre… et votre correspondant en fait partie.

A Moscou !