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Archives de Catégorie: Economie

Fabien Roussel « La suppression de l’ISF, c’est nous qui la payons »

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR AURÉLIEN SOUCHEYRE
MERCREDI, 11 OCTOBRE, 2017
L’HUMANITÉ
«	Il faut supprimer le verrou de Bercy et, enfin, donner ces dossiers d’évasion fiscale à la justice.	» Guillaume Clément

« Il faut supprimer le verrou de Bercy et, enfin, donner ces dossiers d’évasion fiscale à la justice. » Guillaume Clément

La commission des Finances de l’Assemblée nationale a démarré hier l’examen du projet de loi de finances pour 2018. Le député PCF Fabien Roussel dénonce un allègement sans précédent de la fiscalité sur le capital.

Un premier budget est souvent une étape décisive, qui donne le ton d’un quinquennat. Que nous dit celui du gouvernement ?

Fabien Roussel C’est un budget au bonheur des riches, fait par les riches et pour les riches. Les cadeaux cumulés aux familles les plus fortunées et à ceux qui vivent de la financiarisation de l’économie atteignent 12 milliards d’euros. C’est la première fois qu’un gouvernement présente un budget qui allège autant la fiscalité sur le capital. L’idée défendue est que, plus les riches sont riches, plus il y a d’investissements. Sauf que cela ne s’est jamais vérifié. Le bouclier fiscal de Nicolas Sarkozy, en 2008, n’a créé ni emplois, ni investissements. Cette année, en allégeant la fiscalité sur les dividendes et sur la spéculation, le gouvernement va favoriser encore plus l’économie qui ne produit rien, qui détourne les richesses de l’économie réelle. Ce budget est, au final, l’inverse de ce dont le pays a besoin, alors que 15 % de la population, soit 9 millions de personnes, vivent en dessous du seuil de pauvreté, en France.

Le gouvernement estime qu’il s’agit d’un budget du pouvoir d’achat…

Fabien Roussel Le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, aime bien expliquer ce que chaque foyer va gagner. Mais ce qu’il ne dit pas, c’est ce que chaque citoyen va perdre avec le déremboursement des médicaments, avec la hausse de tarification des mutuelles, avec des soins dans des cliniques privées puisque 4,2 milliards d’euros seront économisés sur l’assurance-maladie et 1,5 milliard sur les hôpitaux publics. Il ne dit pas non plus, avec la baisse de 13 milliards d’euros sur cinq ans des dotations aux collectivités, ce que chaque citoyen va devoir payer en plus dans la vie de tous les jours et ce qu’il subira avec la casse des services publics. À tout cela s’ajoutent la baisse des APL, la hausse du diesel, le 1,8 milliard d’euros de crédit en moins pour le logement social, selon les bailleurs, la hausse de la CSG non compensée pour tous les retraités au-dessus de 1 200 euros de pension par mois… il y a une grande duperie derrière ce budget. Dans les mois qui viennent, chacun pourra juger que la suppression de l’ISF, c’est nous qui allons la payer.

L’ISF ne fait-il pas fuir les capitaux ?

Fabien Roussel Le gouvernement le prétend. Mais ce que veulent les propriétaires de ces capitaux, c’est payer zéro impôt. L’évasion fiscale existe même dans les pays à faible fiscalité. La question n’est pas là. Les ménages français détiennent d’ailleurs 300 milliards d’euros dans des paradis fiscaux, soit 15 % du PIB de la France. La seule solution pour dissuader les tricheurs, c’est de les condamner fermement et de respecter la loi, de la même manière que pour n’importe quel citoyen. Il faut supprimer le verrou de Bercy et, enfin, donner ces dossiers à la justice. Un contrôleur des impôts rapporte en moyenne 7 fois son salaire. Mais, au lieu d’embaucher des juges et des inspecteurs, l’exécutif supprime des postes aux douanes et à Bercy. Gérald Darmanin a même annoncé que la cellule de régularisation fiscale sera close au 31 décembre 2017. Je reste convaincu que tout le monde doit contribuer à l’impôt à hauteur de ses revenus, pour nos hôpitaux, nos écoles, nos routes… À l’inverse, le gouvernement propose un budget du chacun-pour-soi, qui incite à la compétition plutôt qu’à la coopération et à la solidarité.

Quelles sont vos propositions ?

Fabien Roussel Nous allons proposer un contre-budget, avec une hausse de l’ISF, un impôt sur le revenu plus progressif avec plus de tranches et des moyens contre la fraude fiscale, qui coûte chaque année l’équivalent de notre déficit. Il est possible de rééquilibrer le budget sans austérité et nous allons en faire la démonstration. On change alors complètement de logique vis-à-vis de la dette et on peut relancer la machine économique. Nous allons nous appuyer sur l’exemple portugais, dont le gouvernement a refusé il y a deux ans l’austérité prônée par la Commission européenne. Ils ont fait le pari de la relance des services publics, de la hausse des pensions, d’un soutien réel au pouvoir d’achat, et ils sont sortis de la zone rouge. Notre contre-budget sera celui de la répartition des richesses.

Journaliste
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Publié par le octobre 17, 2017 dans actualités, Economie, POLITIQUE

 

The Economist : L’homme le plus puissant du monde Xi Jinping a plus de poids que Donald Trump. Le monde devrait être prudent

Encore une opinion des cercles capitalistes étasuniens qui s’interrogent sur la Chine et son leader, non seulement il y a le déclin interne mais aussi extérieur des Etats-Unis, mais nul ne sait si la Chine est une issue pour le Capital ou son ennemi le plus dangereux, un terrible cheval de Troie. C’est ce qui nous intéresse désormais en priorité dans ce blog (note et traduction pour histoire et société de Danielle Bleitrach)

Ne vous attendez pas à ce que M. Xi change la Chine, ou le monde, pour le meilleur

M. Trump a peut-être raison. Et s’il ne s’agissait pas d’un suicide politique pour un président américain, il aurait vraisemblablement ajouté: «Xi Jinping est le leader le plus puissant au monde.» Certes, l’économie chinoise est toujours derrière l’Amérique et son armée bien que se musclant, pâlit en comparaison. Mais le poids économique et le matériel militaire ne sont pas tout. Le leader du monde libre a une approche étroite et transactionnelle à l’égard des étrangers et il  semble incapable d’imposer son agenda à la maison. Les États-Unis sont toujours le pays le plus puissant au monde, mais leur chef est plus faible chez lui et moins efficace à l’étranger que ses prédécesseurs récents, notamment parce qu’il méprise les valeurs et les alliances qui sous-tendent l’influence américaine.

Le président du plus grand Etat autoritaire du monde, en revanche, marche avec fanfaronnade à l’étranger. Son emprise sur la Chine est plus étroite que celle de n’importe quel leader depuis Mao. Et tandis que la Chine de Mao était chaotique et misérablement pauvre, M. Xi est un moteur dominant de la croissance mondiale. Son influence sera bientôt pleinement visible. Le 18 octobre, le parti communiste au pouvoir de la Chine organisera un congrès quinquennal à Beijing (voir Briefing ). Ce sera le premier présidé par M. Xi. Ses 2 300 délégués chanteront ses louanges au ciel. Des observateurs plus sceptiques pourraient se demander si M. Xi utilisera son pouvoir extraordinaire pour le bien ou pour le mal.

Le Monde doit savoir

Lors de ses nombreuses tournées à l’étranger, M. Xi se présente comme un apôtre de la paix et de l’amitié, une voix de raison dans un monde confus et troublé. Les défauts de M. Trump ont rendu cela beaucoup plus facile. A Davos en janvier, M. Xi a promis à l’élite mondiale qu’il serait un champion de la mondialisation, du libre-échange et de l’accord de Paris sur le changement climatique. Les membres de son auditoire ont été ravis et soulagés. Au moins, pensaient-ils, un grand pouvoir était prêt à défendre ce qui était juste, même si M. Trump (alors président élu) ne le faisait  pas.

Les paroles de M. Xi sont écoutées en partie parce qu’il a le plus grand stock de devises étrangères au monde pour les soutenir. Son initiative «Ceinture et route» peut être observée avec perplexité, mais son message est clair: des centaines de milliards de dollars chinois seront investis à l’étranger dans les chemins de fer, les ports, les centrales électriques et d’autres infrastructures qui aideront de vastes parties du monde à prospérer. C’est le genre de leadership dont  l’Amérique n’a pas été capable depuis l’après-guerre du Plan Marshall en Europe occidentale (qui était considérablement plus petit).

M. Xi projette également ce que la Chine est une puissance militaire sans précédent à l’étranger. Cette année, il a ouvert la première base militaire étrangère du pays, à Djibouti. Il a envoyé la marine chinoise sur des manœuvres toujours plus loin, y compris en juillet sur le seuil de l’OTAN dans la mer Baltique, à côté de la flotte russe. La Chine affirme qu’elle n’exercera jamais sur d’autres pays sa volonté (à l’exception de Taiwan, qu’elle ne considère pas comme un pays). Ses efforts de construction de bases visent à soutenir les missions de maintien de la paix, de lutte contre la piraterie et d’aide humanitaire. Quant aux îles artificielles dotées de pistes militaires, elles sont construites dans la mer de Chine méridionale, elles sont purement défensives.

Contrairement à Vladimir Poutine, le président russe, M. Xi n’est pas un fauteur de troubles mondial qui cherche à renverser la démocratie et à déstabiliser l’Occident. Pourtant, il est trop tolérant à l’égard des colères de son allié brandissant des armes nucléaires, la Corée du Nord (voir Schumpeter). Et certains comportements militaires de la Chine inquiètent ses voisins, non seulement en Asie du Sud-Est, mais aussi en Inde et au Japon.

À la maison, les instincts de M. Xi sont au moins aussi peu libéraux que ceux de son homologue russe. Il croit que même un peu de permissivité politique pourrait prouver non seulement sa propre défaite, mais celle de son régime. Le destin de l’Union soviétique le hante et cette insécurité a des conséquences. Il se méfie non seulement des ennemis que ses purges ont créés, mais aussi de la classe moyenne de la Chine qui connaît une croissance rapide et qui détient des smartphones, et les pousses de la société civile qui ont germé quand il a pris le pouvoir. Il semble déterminé à resserrer le contrôle sur la société chinoise, notamment en renforçant les pouvoirs de surveillance de l’État et en maintenant fermement les sommets de l’économie sous la pression du parti. Tout cela rendra la Chine moins riche qu’elle ne devrait l’être et un endroit plus étouffant à vivre. Les violations des droits de l’homme se sont aggravées sous M. Xi.

Les libéraux ont pleuré les «dix années perdues» de réforme sous le prédécesseur de M. Xi, Hu Jintao. Certains optimistes soutiennent que nous n’avons pas encore vu le vrai M. Xi – que le congrès l’aidera à consolider son pouvoir, et après cela il commencera sérieusement les réformes sociales et économiques, la poursuite de son succès relatif dans la lutte contre la corruption. S’il est un masque du pluralisme, cependant, il le déguise bien. Et alarmant pour ceux qui croient que tous les dirigeants ont une date de péremption, M. Xi serait réticent à démissionner en 2022, alors qu’il est reconnu par tous  les précédents  qu’il le devrait.

Les raisons d’avoir peur

M. Xi peut penser que concentrer le pouvoir plus ou moins incontrôlé sur 1,4 milliard de Chinois entre les mains d’un homme, c’est emprunter un de ses termes favoris, la «nouvelle normalité» de la politique chinoise. Mais ce n’est pas normal ; c’est dangereux. Personne ne devrait avoir autant de pouvoir. La règle d’un seul homme est finalement une recette pour l’instabilité en Chine, comme par le passé – pensez à Mao et à sa Révolution culturelle. C’est aussi une recette pour un comportement arbitraire à l’étranger, ce qui est particulièrement inquiétant à une époque où l’Amérique de M. Trump se retire et crée un vide de pouvoir. Le monde ne veut pas d’États-Unis isolationnistes ni de dictature en Chine. Hélas, il peut advenir les deux.

Cet article est paru dans la section Leaders de l’édition imprimée sous le titre « L’homme le plus puissant du monde »
 
 

The Wall street journal : Découvrez  les nouveaux régulateurs boursiers: Marx et Mao

Le dirigeant de la régulation des valeurs mobilières en Chine exhorte ses collègues régulateurs à relire les textes communistes classiques. Marianne est en train de traduire du chinois un texte tout à fait prometteur sur le rôle dirigeant non seulement du parti mais de la classe ouvrière qui nous a été transmis par un lecteur. Mais ce texte du Wall street journal corrobore d’une manière semi humoristique le renforcement du rôle de Xi Jimping et le consensus qu’il semble avoir obtenu autour de ce rôle à la fois révolutionnaire et orienté vers la stabilité de la gouvernance chinoise, l’affirmation d’une ligne qui insiste sur l’orientation communiste (note et traduction de Danielle Bleitrach).

Appliquer la discipline de marché.

Appliquer la discipline de marché. PHOTO: ASSOCIATED PRESS

Karl Marx et Mao Zedong ne sont normalement pas sur le haut de la pile des lectures pour les régulateurs boursiers. Mais en Chine si.

Moins d’une semaine avant une grande réunion du Parti communiste chinois à Pékin, le haut responsable du marché du comté a exhorté ses collègues à dépoussiérer leurs collections d’œuvres des grands penseurs de gauche.

Liu Shiyu, directeur de la China Securities Regulatory Commission, a déclaré cette semaine aux autres régulateurs qu’ils devraient relire fréquemment les textes communistes classiques afin de comprendre et de mettre en œuvre la «force spéciale» de la philosophie marxiste, selon un communiqué publié sur le site du CSRC mercredi soir.

Le discours de M. Liu, mardi, ne dit pas clairement comment « Das Kapital » est censé aider les responsables à surveiller les marchés boursiers parfois indisciplinés de la Chine. En effet, ce n’était pas parfaitement clair. « Le marché des capitaux a formé des contradictions externes avec les politiques monétaires et budgétaires », a-t-il déclaré dans un passage typique, « tandis que divers organes à l’intérieur du système de marché ont créé de multiples contradictions internes ».

Peut-être plus important que le contenu du discours de M. Liu est son timing. Ses commentaires idéologiquement chargés sont venus juste quelques jours avant le 19ème Congrès national chinois, où le président chinois Xi Jinping devrait largement consolider son pouvoir et définir les priorités économiques et financières pour les années à venir.

Lors de la réunion de cette semaine, M. Liu a exhorté ses collègues à approfondir leur compréhension de l’éthique des instructions passées de M. Xi sur le marché des capitaux et à les utiliser pour «guider la surveillance du marché».

De nombreux analystes s’attendent à ce que la doctrine de «la stricte gouvernance du parti» de M. Xi soit inscrite dans la constitution du Parti communiste lors de la réunion de la semaine prochaine, un honneur qui le mettra symboliquement au même niveau que Mao.

Ancien banquier central, M. Liu, âgé de 56 ans, a été appelé à diriger le CSRC à la suite d’un krach boursier tumultueux en 2015 qui a entraîné des pertes pour des millions d’investisseurs particuliers.

M. Liu a déjà fait des commentaires publics qui montrent que sa priorité est la stabilité du marché plutôt que les réformes.

« De nos jours, le secteur financier ne peut pas survivre sans mettre l’accent sur la politique, alors qu’il n’y a pas de politique qui n’accorde pas une attention particulière à la finance », a-t-il déclaré aux membres de la Bourse de Shenzhen en avril.

Cette année, le marché boursier chinois a connu une période de calme prolongée, l’indice de référence de Shanghai augmentant ou diminuant de plus de 1% en seulement 10 sessions.

«Il est très rare que le régulateur des valeurs mobilières cite le marxisme comme guide», a déclaré Zhang Gang, analyste chez Central China Securities. « L’alignement  du régulateur boursier sur les plus hautes autorités montre l’influence croissante de la politique sur les marchés ».

-Yifan Xie

 
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Publié par le octobre 15, 2017 dans Chine, Economie

 

Le Figaro : La menace d’une nouvelle taxe plane sur les propriétaires

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Il y a quelque chose dans le capitalisme à son stade sénile qui paraît destiné à créer les conditions de possibilité d’un collectivisme des plus radicaux, depuis le magasin sans employé qui  pourrait aisément passer dans le domaine du service public jusqu’à comme ici une réduction de la propriété privée dans ce que ne remet pas en cause le socialisme, la propriété du logement, tout ça par le biais d’une étatisation par la fiscalité de plus en plus démente pour ne pas toucher aux profits. Nul n’échappe à cet assaut, Macron en est la caricature, le capitalisme crée les conditions de sa propre disparition, dirait Marx  (note de Danielle Bleitrach).

Le think tank France Stratégie, rattaché à Matignon, a publié un rapport mettant en avant des solutions chocs pour résorber la dette des pays de la zone euro. Parmi elles, un nouvel impôt exceptionnel sur le capital immobilier résidentiel.

La transformation de l’ISF en impôt sur la fortune immobilière (IFI) ou l’appel d’Emmanuel Macron à baisser les loyers de 5 euros sont déjà mal digérés par les propriétaires. Mais la nouvelle piste explosive qu’évoque ce mercredi France Stratégie, le think tank proche de Matigon, risque de les faire hurler. Dans une note présentant plusieurs solutions pour résorber les dettes des États membres de la zone euro, ce dernier présente en effet un nouvel impôt exceptionnel sur le capital immobilier résidentiel.

Le think tank propose qu’en cas de crise économique grave, l’État décrète qu’il devient copropriétaire de tous les terrains construits résidentiels «à hauteur d’une fraction fixée de leur valeur», ce nouveau droit de propriété étant incessible. Résultat: tous les propriétaires lui seraient redevables d’une somme annuelle correspondant à la partie possédée par l’État. «Tout propriétaire, désormais redevable de cette somme à l’État, pourrait choisir de ne pas la payer. Dans ce cas, la fraction du terrain possédée par l’État augmenterait d’autant d’année en année», expliquent les auteurs. L’État récupérerait alors la somme qui lui est due lors de la première transaction qui interviendrait sur le bien immobilier, lors de la vente ou de la transmission à un héritier.

» Lire aussi – Le nouvel ISF immobilier pourrait coûter cher à l’État

» Lire aussi – ISF: comment Macron compte taxer la «rente immobilière»

Pourquoi l’immobilier? Parce que d’après les auteurs de cette note, «ces vingt dernières années ont été marquées par une forte progression des dettes publiques, mais aussi par une hausse encore plus forte du patrimoine net des ménages, en particulier de leur patrimoine immobilier». Ils citent en exemple le cas de la France où le patrimoine net des ménages français est passé de 285% du PIB au milieu des années 1990 à 485% aujourd’hui alors que sur la même période, la dette publique passait de 56% du PIB à près de 100%.

«Dans un scenario de crise, cela toucherait les ménages de la façon la plus équitable possible tout en préservant les perspectives de croissance du pays»

Fabrice Lenglart, commissaire général adjoint de France Stratégie

Cette mesure, que France Stratégie qualifie lui-même d’«inédit et radical», correspond donc à un alourdissement de la fiscalité sur l’immobilier ou sur les transmissions patrimoniales. Mais d’après le think tank, la pilule serait d’autant plus facile à avaler pour les propriétaires que les fiscalités préexistantes (taxe foncière notamment) s’appliqueraient à des montants imposables diminués par le fait que l’État soit copropriétaire d’une partie du terrain. «Cette mesure toucherait les ménages à due proportion de leur patrimoine immobilier, et elle toucherait même plus les ménages aisés car elle concerne le seul terrain, dont on sait qu’il porte les plus-values en cas de forte progression des prix de l’immobilier dans les quartiers les plus prisés. Dans un scénario de crise, cela toucherait les ménages de la façon la plus équitable possible tout en préservant les perspectives de croissance du pays», explique Fabrice Lenglart, commissaire général adjoint de France Stratégie. «La somme annuelle due étant différée, cela n’impacterait pas le revenu courant des ménages. La demande n’en serait donc pas ou peu affectée, évitant tout risque de récession», ajoute ce dernier.

La mesure est aussi présentée comme un moyen de détendre le marché immobilier. Elle entraînerait une baisse de la valeur des biens puisque les transactions ne se feront plus que sur la construction et sur une partie du terrain. «Cette baisse du prix des biens immobiliers serait d’autant plus prononcée que les marchés locaux sont tendus», précisent les auteurs. Enfin, pour l’État, les sommes récoltées permettraient de payer les intérêts de la dette. Mais surtout, en se décrétant copropriétaires de tous les terrains résidentiels, il crédibiliserait sa capacité à rembourser cette dette publique, ce qui aurait pour impact d’améliorer la qualité de ses émissions sur les marchés financiers et donc de baisser les taux de ses obligations.

«Les États sont aujourd’hui engagés dans des procédures de résorption de leur dette, qu’il faut soutenir. Mais elles ne porteront leurs fruits que d’ici 10 ou 20 ans. L’objet de la note est d’imaginer des solutions qui pourraient être mises en place rapidement en cas de choc économique», précise Fabrice Lenglart . «Soit l’État fait défaut, ce qui peut avoir des conséquences graves, soit il donne un signal crédible aux investisseurs pour leur montrer qu’il pourra faire face à sa dette. Si l’on exclut les deux autres pistes du type solidarité en zone euro ou action de la BCE, la première solution est de sabrer les dépenses publiques et augmenter les impôts brutalement. Mais cela peut entraîner une récession donc échouer, car la capacité à rembourser la dette n’en serait pas rétablie. L’autre solution possible sans remettre en cause la trajectoire de croissance, c’est celle de l’impôt sur le patrimoine immobilier», explique Fabrice Lenglart. «Je ne dis pas qu’il faut la mettre en place tout de suite, ni même qu’il faudra la mettre en place en cas de choc d’envergure affectant un pays de la zone euro fortement endetté. Je décris l’univers des possibles, dont il vaut mieux débattre à froid, plutôt que de devoir agir à chaud de façon non préparée en cas de crise soudaine. C’est un sujet très délicat, qui pose des problèmes juridiques et politiques. Mais nous décrivons ce qui est envisageable et qui tient la route économiquement».Contacté par Le Figaro, le ministère de l’Economie n’était pas disponible ce matin pour réagir à cette éventualité. «Cette note n’engage que ses auteurs et pas le gouvernement», a tenu à préciser France Stratégie.


Les autres solutions envisagées

En plus de l’impôt sur le capital immobilier, France Stratégie présente deux autres solutions pour aider les États à faire face à leur dette astronomique. La première est basée sur un principe de solidarité en cas de crise avec le Mécanisme européen de stabilité comme moyen d’action. «Il agirait comme une forme d’assurance collective sur la dette. La solidarité serait circonscrite et conditionnée aux engagements de l’État aidé. C’est un pacte de confiance. Politiquement, cette solution pourrait choquer certains états qui ne sont pas prêts du tout à accepter cette option», explique Fabrice Lenglart. L’autre piste détaillée dans cette note est plus technique. Elle fait entrer en jeu la BCE. Celle-ci agit déjà avec son programme de rachats d’actifs. Au 1er septembre 2017, elle possédait d’ailleurs dans son bilan 17% de la dette publique totale des pays membres. «La BCE rachèterait une partie de ces titres et les garderait dans son bilan en les transformant en obligations perpétuelles non porteuses d’intérêt. C’est une solution pour re-solvabiliser la dette d’un État en allégeant son fardeau», détaille Fabrice Lenglart. Une option pour l’instant juridiquement et politiquement inenvisageable…

 
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Publié par le octobre 15, 2017 dans Economie

 

La dette grecque, poule aux euros d’or de la Banque centrale européenne

le capitalisme dans le fond c’est ce matin cet article sur la Grèce et on songe à la masse des souffrances de ce peuple, ce sang qu’il faut tirer des pierres, mais c’est aussi cette terrible nouvelle du nouveau suicide d’un ancien salarié de goodyear. Et on tente encore et toujours de nous apeurer avec « la violence » révolutionnaire pour mieux tenter de nous faire oublier le véritable sens de la Révolution, la conquête de droit à l’emploi, à la culture, à la santé à tout ce que nous détricote jusqu’à la mort le capitalisme aujourd’hui (note de danielle Bleitrach)

© Louisa Gouliamaki, AFP | Une frise murale à Athènes représentant le poids de la dette grecque

Texte par Sébastian SEIBT 

Dernière modification : 11/10/2017

La Banque centrale européenne a révélé que les sommes prêtées à la Grèce entre 2012 et 2016 lui ont rapporté 7,8 milliards d’euros en versements d’intérêts.

Sauver la Grèce n’est pas facile, ça coûte cher mais ça peut rapporter gros. La Banque centrale européenne (BCE) a révélé, mardi 10 octobre, qu’elle avait gagné 7,8 milliards d’euros grâce aux bons du Trésor grec qu’elle détient depuis 2012.

L’institution financière européenne a commencé à acheter de la dette grecque, après avoir mis en place le mécanisme de SMP (Securities market purchase) en 2010, qui lui permet d’acquérir directement des titres de pays en difficulté. Elle prête ainsi de l’argent à l’État qui en a besoin – près de 30 milliards d’euros à la Grèce -, qui est censé le rembourser à échéance.

Pactole

Un système gagnant-gagnant… mais un peu plus pour les banques centrales européennes. Car le pays émetteur de ces bons du Trésor doit s’acquitter, chaque année, des intérêts. Les profits ainsi accumulés sont ensuite reversés aux banques centrales des différents pays de la zone euro.

La BCE n’est pas la seule à s’être constituée un tel pactole sur le dos de la Grèce. Le Fonds monétaire international (FMI) touche aussi, année après année, les intérêts pour les milliards prêtés à Athènes. L’institution, présidée par la Française Christine Lagarde, a gagné 2,5 milliards d’euros, d’après une analyse menée en 2015 par le Jubilee Debt Campaign, une association britannique qui milite pour l’allègement du fardeau financier des pays les plus endettés.

Le versement d’intérêts sur la dette est, en théorie, la norme. Mais l’annonce du montant risque d’alimenter le débat sur les bénéficiaires de cette manne. Athènes a longtemps espéré que ses créanciers lui reverseraient l’argent. En 2013, la BCE et le FMI avaient, en effet, mis au point un mécanisme pour que les sommes soient redistribuées à la Grèce. Le système, qui reposait sur la bonne volonté des États européens à reverser in fine les profits sur la dette grecque, que la Banque centrale européenne leur faisait parvenir, n’a jamais été appliqué.

La faute à l’Allemagne, rappelle Les Échos. En 2015, le puissant ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble a décidé que son pays ne reverserait pas sa part des profits tirés de la dette grecque. À l’époque, les tensions étaient à leur comble entre la Grèce et l’Union européenne. Le Premier ministre grec Alexis Tsipras, dont le parti de gauche radicale Syriza venait de remporter les élections, essayait de renégocier le montant de la dette grecque… au grand dam de Berlin. Les autres pays semblent avoir, ensuite, suivi l’exemple germanique.

Efforts grecs

Rien n’a changé depuis du côté des banques centrales, alors même que la Grèce a mis de l’eau dans son vin pour amadouer Bruxelles et Berlin. Alexis Tsipras a, ainsi, laissé partir, en juillet 2015, son tonitruant ministre des Finances Yanis Varoufakis, qui faisait figure d’épouvantail aux yeux de Wolfgang Schäuble. Il a aussi accepté de mener la plupart des réformes économiques demandées par ses créanciers au prix d’une forte baisse de popularité.

Seul espoir financier pour Athènes : l’Eurogroupe – la réunion des ministres européens des Finances – a de nouveau évoqué en juin 2017 le reversement de ces profits à la Grèce. Il serait temps. Car si les banques centrales européennes ont profité de la crise grecque, Athènes peine à sentir les bienfaits de l’aide internationale octroyée depuis sept ans. Le montant de sa dette n’a quasiment pas reculé depuis le début de la crise en 2010 et il est même passé d’un peu moins de 150 % du PIB à 185 % de son PIB.

Première publication : 11/10/2017

 
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Publié par le octobre 13, 2017 dans Economie, Europe

 

300 MILLIARDS D’EUROS À L’ÉTRANGER : LA FRANCE BIEN PLUS PÉNALISÉE QUE LES AUTRES PAR L’ÉVASION FISCALE

https://www.capital.fr/economie-politique/300-milliards-deuros-a-letranger-la-france-bien-plus-penalisee-que-les-autres-par-levasion-fiscale-1247378

Tandis que Macron tente de convaincre la grande masse des Français que tout est de leur faute parce qu’ils sont feignants, une minorité de Français dont il est le véritable représentant  est celle  qui pratique plus la destruction de l’économie de leur pays et du notre par la même occasion ( note de Danielle Bleitrac

300 milliards d'euros à l'étranger : la France bien plus pénalisée que les autres par l'évasion fiscale
Paul van Riel/HH-REA

15% du PIB français est actuellement détenu dans des paradis fiscaux selon une étude.

Les Français savent cacher leurs deniers. C’est en tout cas ce laisse penser une étude du Bureau national des recherches économiques (NBER). Selon ce document, les ménages français détiennent environ 300 milliards d’euros dans des paradis fiscaux, soit 15% du PIB de la France ! Parmi ces 300 milliards d’évasion fiscale, près de la moitié sont détenus par 0,01% des ménages les plus aisés. Soit 3.250 ménages. En Suisse, les capitaux tricolores représentent plus de 8% de l’argent détenu dans les banques ! Ce sont les premiers capitaux étrangers détenus dans le pays, devant l’Arabie Saoudite et l’Allemagne. Une première place que la France conserve au delà des frontières helvètes : environ 6,5% des capitaux concentrés dans les paradis fiscaux sont français !

Avec 15% de sa richesse intérieure détenue en offshore, la France se classe ainsi largement au dessus de la moyenne mondiale, estimée à 9,8%. La pression fiscale française serait-elle la cause d’une telle fuite d’argent ? Pas certain au regard de nations comme le Danemark, la Finlande ou la Norvège. Dans ces pays, la richesse stockée dans les paradis fiscaux s’élève à seulement 3% du PIB, alors que leurs taux d’imposition respectifs sont les plus forts d’Europe selon une étude de l’OCDE datant de 2011. Au contraire, le Royaume-Uni ou encore la Belgique, connus pour leurs faibles impositions, voient leurs capitaux fuir davantage. Un manque à gagner qui s’élève respectivement à 16% et 17% du PIB environ. Des taux cependant bien éloignés de ceux affichés par la Grèce (36%), l’Argentine (37%), la Russie (47%), ou encore le Venezuela (64%)

Bureau national des recherches économiques (NBER) Part des capitaux placés dans les paradis fiscaux rapportée au Produit intérieur brut.

Rappelons qu’en 2016, le déficit public de la France s’élevait à 3,4% du PIB, soit 76 milliards d’euros. Or 300 milliards d’euros soumis à l’imposition française permettraient d’engranger plusieurs dizaines de milliards d’euros de rentrées fiscales, et ainsi résorber une grosse partie du déficit. Le ministre de l’Action et des comptes publics, Gérald Darmanin, a d’ailleurs récemment annoncé que la cellule de régularisation fiscale, mise en place pour accueillir les fraudeurs fiscaux repentis, fermera le 31 décembre 2017.

 
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Publié par le octobre 8, 2017 dans Economie

 

les Echos : Les millionnaires toujours plus nombreux, et plus riches

AGATHE MERCANTE Le 28/09 à 14:34

+ VIDEO. Selon une étude de Capgemini, la France dépasse la Grande-Bretagne et entre dans le top 5 des pays avec le plus grand nombre de millionnaires.

Après avoir stagné lors des années 2010-2011 (crise oblige),  le nombre de millionnaires à travers le monde a augmenté de près de 8% en 2016. Ils sont désormais 16,5 millions à se partager une fortune totale de 63.500 milliards de dollars, selon une étude publiée ce jeudi par Capgemini.

Vidéo : Les millionnaires, toujours plus nombreux et plus riches

https://www.ultimedia.com/deliver/generic/iframe/mdtk/01870326/zone/1/showtitle/1/src/rfz3svLa richesse des détenteurs de grandes fortunes, désignés par l’acronyme HNWI pour « high net worth individuals » et que Capgemini définit comme les détenteurs d’un patrimoine d’au moins un million de dollars (850.000 euros) hors résidence principale, objets d’art et de collection et biens courants, a progressé de 8,2% en 2016 et semble bien partie pour dépasser les 100.000 milliards de dollars d’ici 2025.

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Evolution du nombre de HNWI dans le monde (en milliers). - Capgemini Financial Services Analysis, 2017

Evolution du nombre de HNWI dans le monde (en milliers). – Capgemini Financial Services Analysis, 2017

En 1996,  cette même richesse s’élevait à 16,6 milliards de dollars.

Près de 5 millions de millionaires aux Etats-Unis

La tribu des millionnaires a accueilli 1,15 million de nouveaux venus l’année dernière, selon l’étude.

Les Etats-Unis, le Japon, l’Allemagne et la Chine comptent le plus grand nombre des millionnaires dont près des deux tiers résident dans l’un de ces quatre pays.

La France arrive en cinquième position avec 579.000 millionnaires, passant de justesse devant la Grande-Bretagne qui en compte 568.300.

Aux Etats-Unis leur nombre s’est accru à 4,8 millions contre 4,46 millions un an auparavant et en Chine il est passé de 1 million à 1,13 million.

image: https://www.lesechos.fr/medias/2017/09/28/2117957_les-millionnaires-toujours-plus-nombreux-et-plus-riches-web-030632177151.jpg

Total des richesses détenues par les HNWI (en milliards).  - Capgemini Financial Services Analysis, 2017

Total des richesses détenues par les HNWI (en milliards).  – Capgemini Financial Services Analysis, 2017

L’Asie-Pacifique, l’Europe et l’Amérique du Nord ont contribué dans les mêmes proportions à l’augmentation de la richesse totale des millionnaires tandis qu’en Russie, au Brésil et au Canada ils ont renoué avec l’enrichissement après le recul de l’année précédente, selon l’étude.

En Russie, le nombre et la richesse des millionnaires ont augmenté de 20% à la faveur de la sortie du pays de la récession et du rebond de son marché boursier.

Hausse des avoirs financiers et des liquidités

Les avoirs financiers des millionnaires étaient composés à hauteur de 31,1% d’actions au deuxième trimestre 2017 contre 24,8% en 2016. La part des obligations était stable à 18% tandis que les liquidités étaient passées de 23,5% à 27,3%. Les actifs alternatifs comme des fonds spéculatifs, les dérivés, les devises, les matières premières ou le private equity ont en revanche vu leur part reculer de 15,7% à 9,7% des avoirs.

L’étude ne précise pas les raisons de ces réallocations au sein des avoirs financiers des millionnaires mais l’accélération de la croissance mondiale et l’abondance des liquidités liée aux politiques monétaires ultra-accommodantes des grandes banques centrales ont favorisé la hausse des marchés boursiers.

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Publié par le octobre 2, 2017 dans Economie