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Archives de Catégorie: COMPTE-RENDU de LIVRE

Des questions que l’on ne peut plus évacuer par la censure habituelle

le débat que j’espère aurour de mon livre – Le temps retrouvé d’une communiste- n’aura de sens que s’il permet à travers notre passé de poser les questions qui aujourd’hui me paraissent centrales pour avancer. Le témoignage de première main que j’apporte devrait permettre une véritable confrontation non pour le simple plaisir de l’affrontement mais pour enfin tirer bilan de l’expérience qui est la notre à nous communistes. Les idées que je pose ici brièvement n’ont rien de scandaleuse, le céritable scandale est qu’elles soient interdites, censurées dans le parti autant et plus que dans les médias bourgeois.Il ne s’agit pas de la censure d’une personne, il s’agit de la censure d’idées qui sont au centre des préoccupations actuelles(note de Danielle Bleitrach)

Ce livre apporte des précisions , des faits dont la plupart largement méconnsu sur les cinquante dernières années de la vie politique en France et dans le mouvement communiste international, il ne s’agit pas de « je » mais bien de « nous ». face au choix de Mitterrand, à la stratégie du programme commun, aux guerres coloniales, au rôle de la France, à l’eurocommunisme, à la chute du socialisme européen, à la résistance cubaine, etc…

D’abord disons que l’existence d’un parti communiste me parait essentielle. Tout a été essayé en le minimisant le détruisant et tout a conduit à une impasse
une social démocratie où avec ou sans participation gouvernmentale, il n’a aucun poids…
Une social démocratie à la Hollande ou Manuel Valls avec discours introfuctif pseudo révolutionnaire
Une social démocratie-mouvement type la FI ou Podemos qui se donne elle aussi l’objectif d’affaiblir le parti…

Alors parler d’union de la gauche sans poser la question d’un parti révolutionnaire qui en serait l’ossature, le vecteur du changement est une illusion. y compris quand l’on prétend comme Cohn Bendit et les autres lier anticommunisme et écologie.

On court à l’échec et prétendre à un sursaut national sans poser la même condition est un leurre qui débouche sur le fascisme alors qu’il est vrai qu’il ne peut y avoir de souveraineté populaire sans souveraineté nationale.

Que les masses françaises ne se soulèvent pas sur les questions internationales est une réalité qui à sa manière prouve l’état réel de notre peuple, puisque cela évacue une question aussi essentielle que la paix et le coût des expéditions militaires, la manière dont cela pèse y compris sur notre budget, sur le sacrifice exigé de nos services public. mais que des dirigeants communistes ignorent l’importance de ces questions internationales dans le perspective politique est la preuve de l’état réel de notre parti et la faible espérance de pouvoir le redresser si on accepte cette situation.parce que cela maintient l’adhérent dans la soumissio politique, fait de lui au meilleur des cas un militant désintéressé mais sans perspective.

Il faudrait un Fidel Castro et son équipe pour aller de l’avant, mais sans avoir une telle ambition il faut tout de même se rendre compte du degré d’alinéation dans lequel ce parti est.
S’il est clair que depuis 2014 il n’y a plus eu de représentation communiste électorale et que cela n’est pas le fruit du hasard.

S’il est clair que depuis le Congrès de Martigues l’organisation a été détruite systématiquement dans son rapport à la classe ouvrière ce qui fait qu’aux dernières européennes seul 1% de la dite classe a voté pour notre liste et que c »est la question principale à laquelle nous sommes confrontés alors que ceux qui ont liquidé le parti tentent de l »occulter, en profitant du fait qu’ils ont par suite de tricheries la majorité au Conseil national tanentent d’imposer la seule question de l’union de la gauche.

S’il est clair que l’effacement de notre parti a demultiples dimensions:
1) pas de candidature depuis des années
2) nous couper des préoccupations des couches populaires et de la classe ouvrière
3) transformer donc des questions aussi esseentielles que la nation et l’écologie en soumission au capital en gommant la dimension de classe. la souveraineté et la défense de l’environnement sans cette dimension de classe conduisent dans le premier ca à la subordination de fait à des fascistes comme Asselineau ou Chouard et dans le second cas aux intérêts des multinationales.
4) mais cette dimension de classe a besoin d’être pensée dans une contexte impérialiste qui est celui du capital aujourd’hui et là la coupure qui se poursuit est l’alignement sur la social démocratie qui elle même depuis la recomposition de 1974 agite ses grelots des droits de l’homme pour mieux suivre la politique de la CIA. la manière dont notre parti s’est divisé entre ceux qui voulaient s’aligner sur le PD et ceux qui voulaient s’aligner sur les traotskistes (ce qui revient au même) n’est que le mode de destruction d’un parti révolutionnaire dans son essence.

Pour préciser ma pensée voici la dernière phrase de « mes mémoires »:

Ma conviction est que jamais il n’y aura de changement révolutionnaire sans violence et ce non pas parce que les révolutionnaires auront une stratégie violente et multiplieront les actes de destruction gratuits, comme des petits bourgeois, mais parce que jamais le capital et la bourgeoisie ne lâcheront le pouvoir sans avoir détruit un maximum de tout ce qui est vivant autour d’eux. Tout l’art politique consiste désormais à se prémunir de cette violence tout en sachant qu’elle est inévitable.

Il est clair que la guerre fait partie de cette violence et que se prémunir contre la guerre en dénonçant le bellicisme de Trump et de ses alliés est au premier rang des nécessités. Or je suis convaincue que le PCF avec la direction dont il est encombré au plan international, son alignement systématique sur les positions de la social démocratie, (y compris par le biais du trotskisme anti-soviétique d’abord et contre toute forme de socialisme réel) consiste depuis des années à aligner le PCF sur la position de la CIA. De la guerre de Yougoslavie en passant par la Libye et la Syrie, l’Iran , voir la Russie, la Chine et la Corée, et partout en Europe, partout le pCF n’est plus en situation de lutter pour la paix.

Il faut changer de responsables puisque les responsables ne veulent pas changer de politique.

danielle Bleitrach

je ne crois pas que nous puissions avancer longtemps en éludant ces questions.
danielle Bleitrach

(1) en avant-^remière l’émission que radio galère a consacré à ce livre, je conseille en particulier la dernière partie sur l’eurocommunisme

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Cette semaine , il y avait trois événements à ne pas rater, le 12 juin:

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la délégation au Consulat Britannique de Marseille en soutien à Julien Assange: tandis que le choeur vertueux des habituels droits de l’hommistes médiatiques se taisent tandis qu’un homme à qui l’on peut seulement reprocher d’avoir alerté le monde sur les crimes commis en notre nom par de pseudos démocraties, il y a quelques irréductibles gaulois dont beaucoup étaient descendus des villages de haute Provence qui sont venus chanter là leur indignation.

Il y avait l’émission de radio galère dans laquelle j’exposais le contenu de mon livre. Certes le compliment vient de si près que vous pouvez avoir des doutes sur sa véracité, mais je n’étais pas mal du tout… Si vous avez raté ce moment important, il ne vous reste plus qu’à ronger votre frein en attendant la sortie du « temps retrouvé d’une communiste ». Comme je viens d’ajouter un cahier, je ne vous garantis pas la fin juin, mais c’est sur il sera là et moi aussi, au stand de Delga, à la fête de L’humanité.

Enfin il y a quelque chose que vous pouvez encore aller voir parce que ça joue c’est le film qui a remporté la palme d’or à Cannes, « Parasite ». J’avais déjà beaucoup aimé un de ses précédents: Memories of murders. Mais là c’est non seulement une formidable illustration de la lutte des classes, avec l’odeur des pauvres, mais un mélange explosif de tous les styles cinématographiques qui fait que rien ne fonctionne comme prévu… Bong Joon-KO le cinéaste et son acteur fétiche, Song Kang-ho qui lui aussi change à chaque instant et nous inquiète, nous émeut en un froncement de sourcil.

Danielle Bleitrach

PS. Bien sûr je plaisante : hier il y a eu la révolte des urgences, ce qui tranche d’une manière énorme sur le discours lénifiant médiatique sur « la réussite » du régime Macron qui maintenant juré c’est promis va se tourner vers le social, comment, « en réduisant les impôts », c’est-à-dire soyons clair en détruisant encore plus les services publics… Mais ces trois événements à ne pas rater y compris le film que je vous recommande disent aussi l’absurdité criminelle du capitalisme sans frein qui s’est emparé de nos destins…

 

Le sens d’une vie de communiste: la liberté

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Le sens d’une vie de communiste: la liberté

Le  présentateur de mon livre  de Radio Galère a dit que l’unité de ma vie où j’ai été à la fois sociologue, universitaire, journaliste, écrivaine, blogueuse, globbetrotter, épouse, amante  et mère… c’est d’avoir été communiste. Oui et non, cela n’a été que le moyen… La recherche de la liberté est le fond. Mais la liberté c’est tout sauf le libéral libertaire auquel on prétend la limiter aujourd’hui. Le liberté se construit dans une relation exigeante à autrui et à soi-même et ce que j’ai trouvé de plus proche de mes exigences de souveraineté fut d’être communiste.

C’est qu’Aragon dit en une phrase, « je n’ai appris qu’une choser à aimer ». Mais il donne un sens à ce choix d’aimer, celui d’une oeuvre à la recherche du merveilleux de l’existence, de l’évidence, de ces moments où tout est enfin sans mensonge, l’individu ne peut les atteindre seul.Ils sont deux, mais Aurélien ne peut être l’amour de Bérénice parce qu’il trahit ce qu’elle est, tel qu’il est quand ils se rencontrent il est destiné à collaborer avec le nazisme..

Si mes mémoires ont un sens il est là dans la lutte souvent victorieuse, en tous les cas jamais reniée, contre toutes les tyrannies; celles qui exigent qu’une femme soit soumise, qu’une juive soit stigmatisée condamnée être du gibier dans la petite enfance, et à partir de cette révolte initiale  refuser toutes les stigmatisations de ce que l’individu ne peut choisir et enfin apprendre  que toutes les conquêtes opérées dans ces divers domaines ne peuvent être durables. Elles ne le seront  que si la majorité des êtres humains s’en empare dans la lutte contre l’exploitation, les mises en concurrences dans cette exploitation, si le capitalisme, la propriété, le profit sont vaincus.

J’ai eu l’immense chance d’être une intellectuelle, d’exercer  mes « métiers » successifs comme une exigence de mon être. L’écriture fut un besoin comparable à celui de l’araignée tissant sa toile, le plaisir des sens, celui de la vision en particulier fut décuplé par toutes les connexions des voyages, des spectacles, des oeuvres dont on m’a nourrie, mais être communiste fut le choix de ne  mettre ce privilège au service d’aucun exploiteur, aucun salaud écrasant les autres et de participer- dans des difficultés immenses il est vrai- à une aventure collective d’émancipation, à une véritable civilisation.

Etre communiste quand mon parti s’est enfoncé dans la médiocrité ça a été de retrouver un peuple debout le peuple cubain et grâce à lui le monde entier est resté debout. Comme ce peuple héroïque, ses dirigeants exemplaires, tous unis et encore invaincus, je n’ai jamais renié l’épopée du 20 ème siècle, celle des soviétiques et de toutes les nations, de tous les peuples, des classes exploitées et des individus indomptablees qui dans son sillage ont poursuivi la course vers notre émancipatrion hier comme aujourd’hui.

J’ai eu la chance de participer à cette histoire là malgré ceux qui ont prétendu m’en priver et qui n’y sont jamais arrivé.

Danielle Bleitrach

 

LES MEMOIRES DE DANIELLE BLEITRACH

SUR RADIO GALERE

 

Sociologue, écrivain, journaliste, bloggeuse Danielle Bleitrach a été tout cela à la fois mais l’unité de sa personne  s’est construite autour de son militantisme communiste. Ce militantisme qui l’a conduite à des postes de responsabilité au sein du PCF et dans la presse du parti l’a également conduite à vivre au plus prés des évènements importants de l’histoire contemporaine. C’est pourquoi elle a intitulé ses mémoires à paraitre prochainement aux Editions Delga :

LE TEMPS RETROUVE D’UNE COMMUNISTE

Elle nous en parlera

MERCREDI 12 JUIN

DE 20H A 21H30

Sur www.radiogalere.org   88.4 mhz

 

 
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Publié par le juin 5, 2019 dans COMPTE-RENDU de LIVRE

 

En attendant la parution au début juillet voici la couverture

ça  y est le livre est terminé, on attend sa parution début juillet. En tous les cas il sera à la fête de l’Humanité, pas à la Cité du livre mais dans des stands amis dont je vous ferai la liste…

voici les premières phrase: l’incipit…  qui dit que le temps n’a pas été perdu mais néanmoins retrouvé…

 « Quand vous croyez que votre passé a disparu, quand tout est fragmenté, dissocié, quand est aboli ce qui permet la remontée de ce passé vers la conscience, subsistent encore l’odeur et la saveur d’une petite conque chaude, une madeleine, dit Proust dans sa recherche du temps perdu. Pour moi, il y a plus souvent un flash. L’image allume une mèche. Je reconnais le passé mais en ce qu’il demeure ouvert, inachevé. C’est l’aujourd’hui qui convoque le passé, c’est la recherche de sens dans le présent qui détermine ce rappel instantané; sa lisibilité est dans les angoisses de notre époque, elle m’informe d’avoir à me réveiller. Quelque chose ne tourne pas rond. C’est déjà arrivé et nous nous en sommes sortis. »
 
 

Une mémoire ouvrière: Pierrot de Nanterre

 

En attendant en juin-juillet mes mémoires, nous ne serons jamais trop à dire ce que nous avons été, ouvriers, intellectuels, tous unis dans un combat désintéressé et juste. Comme je le dis à propos de mes mémoires, celle-ci ne sont pas nécessairement l’Histoire, celle du métier d’historien, elles sont néanmoins un passé source d’action pour aujourd’hui et de perspectives pour le futur. (note de Danielle Bleitrach)

 

Pierrot, militant politique et syndical très connu à Nanterre, dans les Hauts-de-Seine … et au-delà, vient de coucher sur le papier les angles essentiels de sa vie militante … et de sa vie tout court.
C’est un acte pas banal et courageux pour celui qui en toute franchise dit ses difficultés scolaires et son rapport distancié à l’écriture.
Mais c’est un témoignage direct et sans fard d’un militant ouvrier engagé dans le combat de classe non pas à partir du contact livresque des grands classiques du socialisme mais de l’expérience directe de l’injustice et de la répression.
Ce qui n’empêche pas – au contraire –  sa rencontre avec la culture universelle issue en particulier de la création des intellectuels et artistes progressistes et donc la fréquentation des salles de théâtres, de concert …
C’est après  avoir subi le matraquage policier à Charonne en février 1962 alors qu’il se trouvait là par hasard qu’il prend la décision d’adhérer au PCF.
Hasard  pur?
Ou rencontre en quelque sorte programmée d’un jeune ouvrier dans les années 60 qui connaît le sort des siens, mais aussi pétri d’humanisme et de refus profond des inégalités et des injustices d’une société de classe.
Et qui sur son trajet ne pouvait que croiser les organisations de sa propre classe : la CGT et le PCF.
Et y inscrire profondément son destin personnel par un engagement peu commun!
A l’heure du véritable négationnisme historique que nous connaissons qui vise à effacer de la mémoire collective et du débat public toute trace de cet itinéraire là et des immenses conquis qui en portent la marque : statut de la fonction publique, sécurité sociale, nationalisations de la Libération, droits des travailleurs … le témoignage de « Pierrot » contribue au combat commun contre cet oubli et cette volonté d’en finir avec l’espoir de véritables changements !
Oui le récit national des temps modernes passe inéluctablement par cette présence politique et populaire qu’il nous faut réinscrire avec force dans l’imaginaire de nos concitoyens!
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Aujourd’hui j’ai 81 ans et mon manuscrit est parti chez l’éditeur

Aucune description de photo disponible.

Danielle Bleitrach
Mémoires d’une communiste
du passé pour le futur

Il devrait paraître en juin chez Delga,qui m’a assuré une édition soignée,, je suis contente parce que quoiqu’il arrive vu mon état de santé j’aurai rempli mon programme: le premier volume qui concerne mes origines familiales et mon engagement communiste, mes responsabilités de dirigeante et aussi et surtout cette aventure collective que fut l’appartenance au PCF sera publié et j’aurais le temps dans une année de rédiger le second volume celui de « l’internationaliste » et j’espère le publier pour mon quatre vingt deuxième anniversaire. . Il s’agira à la fois de mon engagement communiste dans des combats internationaux de l’Algérie à Cuba, mais aussi de mes expériences sur le terrain avec mes étudiants, de mon métier aimé d’enseignant checheur.

Parce qu’il s’agisse de mes mémoires ou de ce travail envisagé, je revendique le fait d’avoir été une femme, une intellectuelle et une communiste et le princxipal mérite que je reconnais à mon engagement communiste c’est qu’il m’a aidé à vivre pleinement les autres dimensions de ma personnalité comme il a réussi à concilier mes origines juives et prolétariennes, rendant toutes les contradictions de toutes ces appartenances dynamiques et orientées vers les autres.

J’espère que ces mémoires d’une communiste contribueront au retour du Parti communiste qui s’amorce, je décris la réalité de ce que fut le combat des communistes, la manière aussi dont celui-ci a été étouffé, les aspects héroïques mais aussi les trahisons. Je ne règle pas de compte, j’essaye d’abord de dire l’essentiel, le positif mais je ne cache rien non plus. Je propose des interprétations de l’Histoire.

je n’attends de la part de la presse aucune publicité y compris de cette presse qui se dit encore communiste quand il s’agit de la sauver de la faillite mais qui depuis des années pratique censure et diffamation sur les communistes comme moi. Ils ne changeront pas mais j’ai survécu à leur censure et je survivrai. je voudrais que chaque communiste, chaque progressiste, chaque jeune à la recherche d’un sens à donner à sa vie sache à quel point ces médiocrités, ces vilénies ne sont rien par rapport à ce que peut représenter un choix de vie qui ne vous appartient qu’à vous et qui se donne à chaque moment les moyens d’agir sur le monde autant que sur vous même.

danielle Bleitrach

 
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Publié par le avril 17, 2019 dans COMPTE-RENDU de LIVRE

 

La gauche hongroise résiste et célèbre le 100-ème anniversaire de la République des Conseils par Monika Karbowska

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affiche de la République des conseils de ho,ngrie

Je devais me rendre en hongrie pour assister à cette conférence sur la République des Conseils, autour d’un livre auquel Monila et moi avons contribué, malheureusement comme vous le savez j’ai été épuisée par l’écriture de mes « mémoires », mùais heureusement Monika nous envoie un compte-rendu et Judit viendra pour les prochaines rencontres internationales de vénissieux au début octobre. (note de danielle Bleitrach)

Alors qu’en France le soulèvement populaire actuel entre dans son 5ème mois d’action, la gauche hongroise continue de manifester contre les mesures anti-sociales et racistes de Orban. Elle commémore également et sauvegarde la mémoire de son glorieux passé révolutionnaire communiste : du 21 au 23 mars une série d’événements a marqué le 100ème anniversaire de la proclamation de la République Hongroise des Conseils connue sous le nomde« République Soviétique de Bela Kun ».

La dissolution de l’empire Austro-hongrois a abouti à l’indépendance des peuples et la création des Etats nations tchécoslovaque, yougoslave et polonais. Mais les puissances occidentales rendent la Hongrie autant responsable de la défaites des Etats Centraux que l’Autriche et l’Allemagne : les vainqueurs imposent alors une sévère amputation des territoires de l’Est, du Nord et du Sud habités par des populations hongroises au profits des Etats voisins qui formeront l’alliance avec la France appelée la Petite Entente. La nouvelle Hongrie née en novembre 1918 d’une Révolution bourgeoise ne peut contenir mécontentement à la fois national et social du peuple. La voie est ouverte à la Révolution bolchévique et une République des Conseils qui durera de mars à août 1919. La République des Conseils de Hongrie constitue une période très importante de l’histoire des peuples de l’Europe de l’Est. En peu de mois, des dirigeants issus de nulle part, tel le journaliste Bela Kun, prennent le pouvoir à la faveur de grève et de soulèvements populaires. Ils expérimententun nouveau système social et politique rompant avec le capitalisme et la féodalité : des nationalisations à grande échelle des moyens de production et des biens de la bourgeoisie,  y compris des œuvres d’art, une économie de planification, une réforme agraire, une politique sociale et éducative donnant naissance à une sécurité sociale gratuite et une système scolaire laïque et obligatoire, sans oublier le droits des vote des femmes. La période est également un moment intense de création et de recherche de nouvelles formes d’expression artistique, dans le cinéma, la littérature, la poésie, la peinture et l’art graphique comme en témoignent les magnifiques affiches pleines de vigueur et d’optimisme qui sont dupliquées dans les locaux de la salle à Budapest ou se tient la conférence de commémoration. Ces affiches illustrent également le livre publié par le Monde Diplomatique Hongrie qui mêle des contributions hongroises et internationales. Des militants éminents de gauche hongroise comme Tamas Krauz côtoient des diplomates et des historiens (Tibor Hajdu, JanosHajdu, Pal Pritz, György Tverdota, Gyula Hegyi, Robert Zsofia, György Szende, IstvanneSzöllössi).Côté Internationaliste, Danielle Bleitrach, militante communiste française et spécialiste du cinéma présente l’importance du développement du 7 art au cours de Révolution hongroise et pour la civilisation occidentale une fois la République réprimée et les cinéastes hongrois émigrés. Julien Papp, historien franco-hongrois, Peter Pastor, historien franco-américain et Marin Nadea, historien et militant de la gauche communiste roumaine analysent les implications internationales de la République des Conseils qui fait partie d’un soulèvement révolutionnaire général en Europe. L’espoir suscité par la Révolution bolchévique se répand partout en Europe de l’Est et du Centre sous des expériences multiformes comma la République paysanne autogérée de Tarnobrzeg au Sud de la Pologne – décrite dans le livre- ou la République de Bavière ou de Strasbourg.

Le livre « La République des Conseils 1919-2019 » sera présenté à une conférence de presse le jeudi 21 mars à l’Association des journalistes en présence des auteurs et d’un public assez nombreux. L’événement est suivi par une soirée buffet au local du Parti des Travailleurs Hongrois dans une ambiance chaleureuse et décontractée. Les locaux du parti garde la mémoire de l’histoire communiste de la Hongrie par les drapeaux, les portraits de Lénine, ceux des héros communistes et résistants hongrois, ainsi qu’avec les reproductions des affiches de 1919. La vendredi 22 nous nous retrouvons au cinéma d’un centre culturel pour le lancement de la Conférence Internationale «100 ans de la République des Conseils Hongroise – mémoire historique et conséquences » organisée par la fondation de gauche Eszmelet. Le film d’ouverture est un document unique de 1969, « le Dimanche des Rameaux » » de Imre Gyöngyössy reconstituant la lutte émancipatrice d’un village pour la terre du seigneur et pour la dignité des paysans. La terrible répression qui s’abat sur les villageois est également montrée dans ce qu’elle préfigure de plus hideux, le fascisme européen. Les corps nus des paysans suppliciés par la milice aristocratique de Horthy, armée et soutenue par la France bourgeoise, sont une métaphore des camps de concentrations fascistes qu’annoncent la terreur du régime violemment anticommuniste de Horthy.

Le lendemain 23 mars la Conférence se déroule à la Faculté des Lettres. Une vingtaine d’interventions chercheurs hongrois, roumains, français, et slovène font le point sur les réalisations économiques (Ana Maria Artner), politiques (le rôle des conseils ouvriers dans la gestion des usines par Lajos Csomas) ; la politique sociale, la politique vis à vis des intellectuels, des artistes (Viktor Arslanov), l’importance de cette expérience pour toute l’histoire de la gauche européenne enfin. SavasMatsas, philosophe et leader du Parti Ouvrier Grec EEK, Raquel Varela, chercheuse au Portugal et Roberto Della Santo, chercheur brésilien analysent les leçons que nous pouvons apprendre pour la lutte révolutionnaire actuelle. RastkoMocnik décrit la République de la vallée de Mura, une vallée du sud du pays peuplée majoritairement par des paysans slovènes, qui au lieu de rejoindre une nouvelle Yougoslavie vite monarchiste, préfèrent faire partie d’une une République soviétique hongroise. La Conférence est clôturée par des contributions de jeunes chercheurs et militants de gauche, Gaspard Roland et Peter Csunderlik qui nous rendent vivants les personnalités des créateurs de la République des Conseils comme Bela Kun, journaliste idéaliste dont la propagande fasciste a tellement dressé un portrait noir, que les traces en sont encore restée dans l’idéologie officielle des Etats du réalisme socialiste : en Pologne Populaire, la République Hongroise a été enseignée dans les écoles, mais d’une façon presque honteuse, comme une flambée de violence aussi soudaine que brève. Tout au long de cette rencontre il est question d’une autre « flambée de violence soudaine » – du soulèvement populaire français dont nous suivons la manifestation du samedi avec inquiétude et tension. Il n’y a pas de Révolution sans détermination et colère du peuple, et il n’y a pas de Révolution réussie sans Solidarité Internationale, telle est aussi la leçon du 20ème siècle. Le 21ème ne fait que commencer….

 

Article de Danielle Bleitrach en Français

https://histoireetsociete.wordpress.com/2019/02/06/la-republique-des-conseils-et-la-reconciliation-avec-la-realite-par-danielle-bleitrach/

 

Monde Diplomatique Hongrie

https://www.magyardiplo.hu/68-le-monde-diplomatique/kozeleti-programajanlo/2657-a-magyar-tanacskoztarsasag-kikialtasanak-szazadik-evforduloja-megemlekezes-es-vita-konferencia-iii-22

Fondation Eszmelet

https://www.facebook.com/eszmelet/

www.eszmelet.hu/elofizetes/