RSS

Archives de Catégorie: INTERNATIONAL

Les Nord-Coréens dans les films sud-coréens : une dédiabolisation ?

JSA (2000) de Park Chan-wook
  • un intéressant article de la revue esprit qui non seulement s’intéresse à un des meilleurs cinémas du monde, dont la dimension politique pour le pire comme pour le meilleur est toujours affirmée et dont l’influence est grande sur la population, mais qui tente à travers celui-ci de voir au-delà de l’opposition entre droite conservatrice, dictature au sud et progressistes sud-Coréen, quelque chose que les Etats-Unis et nos médias tentent d’étouffer à propos de la Corée, à savoir la conscience d’un destin commun et le désir de se comprendre.Notons que l’amour du cinéma parait quelque chose qui réunit aussi le nord et le sud.  (note de Danielle Bleitrach)
09 FÉVRIER 2018

La réouverture des discussions intercoréennes à la veille des Jeux olympiques de Pyeongchang, en Corée du Sud, et la participation commune du Nord et du Sud à ces mêmes Jeux marquent un rapprochement orchestré par le nouveau gouvernement du Sud, né de la « Révolution des bougies » de l’hiver 2016. Ceci se fait au diapason de deux films sudistes récents et à succès, qui marquent un retour à une vision rénovée et plus positive des Nord-Coréens. Mais cette positivité retrouvée, de quoi est-elle réellement le nom ? Le cinéma sud-coréen lui a donné et lui donne encore des visages multiples et plus ambigus qu’il n’y paraît.

 

Un cinéma réactif à l’actualité politique

L’extrême réactivité du cinéma sud-coréen face à de nouvelles directives venues du gouvernement et de nouvelles tendances de l’opinion ne doit pas surprendre. Il existe, au départ, un potentiel de réaction issu de la structure de l’industrie : grâce à une organisation moins lourde et moins étalée dans le temps que celle que l’on connaît en France, les scénarios des films sud-coréens ont toujours été très réactifs à l’actualité. Les producteurs sud-coréens ont l’habitude de faire réécrire rapidement des scénarios qui s’accumulent dans les tiroirs depuis des années. Par comparaison, en France, il faut plusieurs années avant de voir un film se concrétiser, faisant souvent de son actualité un vieux souvenir. Cette réactualisation en fonction des affaires publiques du moment, qui a une visée commerciale avant d’être politique, est possible non seulement par la vitesse de mise en chantier d’une production mais aussi par le peu d’égard octroyé, en général, aux scénaristes. Ces derniers laissent très vite leur progéniture entre les mains des divers opérateurs sur un film. C’est donc au prix d’une certaine impersonnalité des scénarios que se fait cette réactivité presque en temps réel en fonction de l’actualité. En dehors des relations Nord-Sud, citons aussi, pour exemple, l’affrontement récent, par films interposés, entre les gouvernements nippons et coréens au sujet des esclaves sexuelles de la Seconde Guerre mondiale. Plusieurs films ont vu le jour très rapidement autour de ce sujet. Il en a été de même avec le retour au pouvoir durant l’hiver 2016 de la génération issue des mouvements démocratiques des années 1980, plusieurs films dont deux gros succès récents ont célébré cette génération à point nommé. Notons, enfin, que cette réactivité n’est pas gratuite. Ces films ont un impact considérable sur la population ; souvent, plusieurs millions de spectateurs ont vu ces films en salle et d’autres millions de visionnages s’ajoutent ensuite via les Vod et les chaînes de télévision.

Steel Rain de Yang Woo-seok

 

De la diabolisation au néonationalisme

Qu’en est-il pour les images des Nord-Coréens au cinéma ? Des personnages nordistes sont apparus sous de nouveaux habits neufs dans deux superproductions récentes et à succès : Confidential Assignment et Steel Rain. Mais soulignons, au préalable, qu’il s’agit là d’un retour d’une certaine image positive après une période de diabolisation qui correspond, à peu près, aux films sortis sous les gouvernements des derniers présidents conservateurs, Lee Myung-bak et Park Geun-hye. Après les régime dictatoriaux (1948-1988) qui ont imposé la réalisation de films anticommunistes, où les Nord-Coréens ne pouvaient être représentés autrement que sous les atours de dangereux criminels, moralement dévoyés, possédés magiquement par des démons et atteint d’une bêtise congénitale (version des manuels scolaires jusqu’au début des années 1990, incluant l’idée d’une misère permanente et généralisée dans le pays), les gouvernements civils suivants ont cantonné l’anticommunisme à une censure plus sélective et indirecte.

Dès lors, pendant plus de dix ans, une série de films a effectué une relecture de la guerre civile en ré-humanisant les Nord-Coréens. Le plus notoire de ces films est South Korean Partisans (1990) de Chon Ji-hyung car, en partant d’une histoire vraie mais restée taboue sous les dictatures, il politise le conflit en mettant en scène des partisans communistes combattants dans le Sud du pays. Autre films marquants, To The Starry Island (1993) et Spring in My Hometown (1998) reprennent l’idée de désaccords politiques intercoréens et acquièrent une grande renommée même si le box-office reste modeste. La fin de cette période correspond à des records d’audience, notamment avec la sortie du célèbre film Joint Security Area de Park Chan-wook. En mettant en scène l’amitié illicite entre soldats du Sud et du Nord, par-delà les idéologies hors celle de l’unité nationale, il annonce l’inflexion nationaliste et ethnocentriste du deuxième gouvernement progressiste, avant un retour en force des gouvernements conservateurs. Deux films qui ont connu un énorme succès marquent cette réorientation : Taegucki (2004) et Welcome to Dongmakeol (2005). Ces deux films continuent à humaniser les personnages nord-coréens mais sous la bannière d’un néonationalisme censé dépasser les idéologies étrangères. Les responsabilités de la guerre et de la division sont rejetées sur les puissances étrangères (Usa, Chine, Urss, Japon), les conflits socio-politiques intercoréens sont minimisés au profit d’une unité nationale donnée comme intangible, ontologique et irrémédiablement liée à l’idée de famille. Dans Taegucki, un invincible soldat, pour qui seule la famille compte, passe indifféremment des armées du Sud à celles du Nord. Dans Welcome To Dongmakeol, la famille se métaphorise en un village ancestral idéalisé où, tour à tour, Sudistes et Nordistes se retrouvent face à leurs racines communes. Il faut noter, cependant, que cette embellie ne s’accompagne d’aucun film mettant en scène une quelconque réunification.

Dès la reprise en main du pouvoir par des gouvernements conservateurs, l’idée d’une unité nationale du Nord au Sud de la demilitarized zone disparaît. Des blockbusters diabolisent les personnages nord-coréens (misère permanente comprise) revenant ainsi à la période des films anticommunistes des dictatures. L’industrie du cinéma est mise en coupe serrée par la censure officielle mais aussi l’autocensure que les distributeurs-producteurs s’administrent sans rechigner. Le scandale d’une liste noire des acteurs et cinéastes supposés d’opposition révèlera l’ampleur du contrôle effectué par les autorités sur un cinéma toujours plus populaire avec ses 200 millions d’entrées annuelles. 71: Into the Fire (2010), film spectaculaire sur la résistance d’une école militaire sudiste à l’invasion nordiste, ouvre le feu en coupant tout dialogue entre Sudistes et Nordistes, en dépolitisant le conflit, en revenant à l’idée de Nord-Coréens sanguinaires et fous, et en valorisant l’héroïsme des soldats du Sud. Deux autres blockbusters à succès, Northern Limit Line (2015), sur des accrochages récents à la très flottante frontière maritime, et Operation Chromite (2016) sur le débarquement d’Incheon en 1951, un hymne à la gloire du seul MacArthur et de l’armée sudiste enfoncent le clou. Avec la démonisation des nordistes, leur dépolitisation (il n’est pas vraiment question de politique), s’ajoute donc la glorification de l’armée sudiste qui, si on se fiait à ces films, n’aurait même pas eu besoin de l’intervention américaine pour gagner la guerre.

 

Une réhabilitation des Nordistes, mais dépolitisés

Au lendemain de la mort imprévue de Kim Jong-il (2011), de l’ouverture d’une période de confusion dans le régime nordiste, et donc d’une possibilité de réunification, certains scénarios, encore au diapason de l’actualité, paraissent marqués par des hésitations, des retouches parfois incohérentes, donnant une vision mal définie des Nord-Coréens. Ils attestent de remaniements de dernière minute liés au changement de situation au Nord et à l’expectative des autorités sudistes et de leurs alliés. The Front Line (2011), par exemple, commence dans la lignée des films manichéens et conservateurs, mais se termine par un étrange final où les Sudistes et Nordistes semblent, soudain, avoir oublié pourquoi ils s’affrontaient. L’année 2013 voit plusieurs films hésitants de la même façon, mais qui réintroduisent une dimension disparue depuis les années 1990 : la possibilité d’une manipulation des hommes de base, qu’ils soient nordistes ou sudistes, par leurs dirigeants respectifs. C’est le cas dans Berlin File, où l’acteur Ha Jeong Woo joue un espion nordiste trahi par ses supérieurs ; les dirigeants sudistes et nordistes s’avèrent aussi pervers les uns que les autres, mais le film est si embrouillé dans son scénario remanié que le sens s’en trouve noyé, au final, sous l’action spectaculaire. Le résultat est une mise sous silence de la dimension politique représentée par les personnages.

A un autre niveau, Jiseul, film indépendant sélectionné au festival de Sundance, qui relate pour la première fois à l’écran les massacres anticommunistes perpétrés par les armées sudistes et de l’Onu sur l’île de Jeju, montre des dissensions entre soldats massacreurs et de « gentilles » victimes. Mais s’il humanise les victimes de l’armée, il les dépolitise également, comme si l’innocence allait de pair avec le non-engagement, comme si l’engagement communiste restait un tabou insurmontable, catalogué comme un crime qui mérite la mort. Les victimes sont donc avant tout innocentes de tout lien avec l’idéologie communiste. La période d’atermoiement des scénarios se termine avec The Long Way Home (2015), une comédie bancale car remaniée (le scénario original date probablement de l’époque antérieure) qui met en scène un tandem de soldats sudiste et nordiste (à la manière de Welcome to Dongmakeolou Jsa). Hésitant entre le manichéisme et l’humanisation, le film ne parvient pas à formuler de manière cohérente son point de vue sur les relations Nord-Sud. Alors que la présidente Park Geun-hye, fille du second dictature sudiste, et son gouvernement conservateur sont au pouvoir, et à la veille de la « Révolution des bougies » qui va les en évincer, la situation est la suivante : les films « de droite » diabolisent les Nordistes, relèvent l’aura de l’armée sudiste aux dépends des intervention étrangères et refusent tout rapprochement autre que celui de la destruction militaire du Nord. Les films « de gauche », ré-humanisent les Nordistes en incriminant les interventions étrangères, mais minimisent les aspects politiques et évoquent moins la réunification qu’une cohabitation pacifique. Dans les deux cas, il est presque donné comme normal que le point de vue des autorités se confonde avec celui de la population, au Nord comme au Sud. Le film de Kim Ki-duk, The Net, va tenter d’ouvrir une troisième voie.

The Net de Kim Ki-duk

 

Kim Ki-duk : les gouvernants et les gouvernés

A la veille de la « Révolution des bougies », le film qui ira le plus loin sera The Net (2016) de Kim Ki-duk. Malgré une distribution en salles a minima – comme souvent pour les films de ce cinéaste, adulé en Occident, mais controversé dans son pays –, le film va marquer les représentations des Nord-Coréens de l’après-« Révolution des bougies ».

Kim Ki-duk avait déjà abordé, en catimini, la question des relations Nord-Sud avec le film à petit budget indépendant Poonsan (Jun Jai-hong, 2011), dont il avait rédigé le scénario. Mais, à cause de dissensions avérées entre le scénariste réaliste provocateur et le jeune réalisateur soucieux de plaire à un grand public (le film le comblera en faisant 6 millions d’entrées), l’histoire tirait par trop vers le fantastique et la métaphore pour représenter une nouvelle vision du Sud et gardait une vision très négative (tortures, assassinats) pour les Nordistes. Un messager sautait les barbelés de la zone démilitarisée (mais des plus surveillées qui soient) pour porter des messages aux familles séparées du Nord et du Sud. Les autorités des deux côtés finissaient par l’éliminer. L’originalité du scénario portait sur l’idée d’une action personnelle d’un individu lambda du Sud (doté du pouvoir de sauter les frontières) et d’une critique des dirigeants égoïstes des deux côtés.

Avec The Net, Kim Ki-duk réintroduit encore plus clairement une distinction entre gouvernés et gouvernants de part et d’autre de la Dmz. Son antihéros est un pauvre pêcheur nordiste qui, par mégarde, traverse la frontière avec sa barque. Pris en charge par les services secrets sudistes, il est torturé, puis relâché et exploité pour la propagande anticommuniste, car il doit être forcément « libéré » de l’idéologie nordiste. Le film incrimine clairement, et comme rarement, l’anticommunisme idéologique des autorités sudistes. Rappelons que toute activité jugée sympathisante envers le Nord est considérée comme un crime par la loi de sécurité nationale, aujourd’hui encore (en 2014, les dirigeants d’un petit parti, le Unified Progressive Party, pour avoir évoqué une prise de contrôle du Sud par le Nord, ont été inculpé pour haute trahison et sont en prison pour 12 ans). « Lâché » dans Séoul, le pêcheur (qui ne cesse d’affirmer son attachement au communisme du Nord et refuse de se laisser leurrer par les attractions du capitalisme sudiste) découvre alors, à la suite d’une prostituée, la misère psychologique et matérielle derrière les néons des supermarchés du Sud capitaliste. Il découvre aussi la peur revancharde des anticommunistes actifs dans les services secrets et l’administration. Lavé de tout soupçon d’espionnage, il obtient enfin le droit de regagner le Nord, tout en affirmant sa fidélité à sa famille et au régime (notons que, dans la réalité aussi, nombre de ceux qui ont fait défection demandent rapidement à regagner le Nord). Mais, à son retour, il est à nouveau torturé par les autorités comme espion du Sud et traître. Il accepte tout pour pouvoir aider sa femme et sa fille, mais il finit par se faire volontairement abattre en refusant de renoncer à pêcher sur le fleuve qui sépare les deux Corées.

Avec la dimension familiale, on retrouve une certaine dépolitisation du Nordiste mais, cette fois, non pas expliquée par l’évidence de la « liberté » dans la société capitaliste, mais par la répression venues des autorités nordistes qui se compare et ne se distingue en rien de celles du Sud. Surtout, en restant rivé au point de vue du simple pêcheur, la pauvreté du Nordiste s’équilibre dialectiquement avec la condition des pauvres qu’il a croisé en Corée du Sud. Cette vision n’évoque plus les puissances étrangères, renvoie dos à dos les dirigeants locaux et les Etats (instigateurs du « filet » du titre du film) au profit d’un pauvre pêcheur qui s’avère doté d’une personnalité hors du commun. Il s’agit d’une version de l’humanisation vue précédemment, mais sur une base « haute », une sorte d’humanité qui n’est pas réduite à un minimal dénominateur commun (les « Nordistes sont des humains comme nous »), comme cela a déjà été le cas dans de nombreux films (Welcome to DongmakeolJsa, etc.) et va continuer à l’être jusqu’à aujourd’hui.

Le pêcheur dépasse par sa force de caractère la grande majorité des personnages du Nord ou du Sud qui apparaissent contraints et soumis aux situations pour s’en lamenter au final. Sûr de lui, il fait même la morale aux agents sudistes qu’ils soient en faveur du gouvernement (protéger les Etats en place) ou, avant tout, anticommunistes. Intègre et d’une franchise à toute épreuve, il annonce un autre type d’homme « futur » bien plus que le retour à l’état originel ethno-centré recherché par les films néo-nationalistes (de droite et de gauche) symbolisé, notamment, par le village de Dongmakeol. Le dépassement que le pêcheur incarne lui donne conscience de son incompatibilité avec le monde qui l’entoure, la résignation des peuples, au Sud comme au Nord, d’où son ultime provocation suicidaire et son exécution. Kim Ki-duk insiste dans le dernier plan pour ne donner aucune préférence aux deux pays : la petite fille du pêcheur qui étreint son ourson électronique rapporté du Sud par son père retourne chercher son vieil ourson nordiste et les serre tous deux contre elle en souriant. A noter que si le thème familial que nous avons vu utiliser par la tendance néo-nationaliste, apparaît dans le film, il est subverti par l’attitude plus symbolique que réelle du pêcheur envers sa femme et sa fille. Son attachement à ces derniers n’empêche en rien son suicide provocateur de dissident politique.

Confidential Assignment de Kim Sung-hoon

 

Alliance objective des États Nord-Sud et starisation des Nord-Coréens

Au lendemain de la chute du gouvernement conservateur des suites de la « Révolution des bougies », la version nationaliste et étatiste « de gauche » d’une coexistence pacifique reprend de la vigueur tout en maintenant à distance l’idée d’une réunification. Le blockbuster Confidential Assignment (2017), par son scénario retoqué sur le modèle des tandems d’amis nordiste-sudiste (Jsa, etc.), et en attribuant le rôle principal du militaire d’élite nord-coréen à la star Hyun Bin marque une étape importante.

L’histoire commence par des dissensions au sein des autorités nordistes : un trafic de faux billets est malencontreusement découvert par un couple d’officiers intègres ; la femme est tuée, l’homme (Hyun Bin), laissé pour mort, est alors envoyé à la recherche des corrompus et de sa vengeance personnelle. Valorisé par le physique de playboy asiatique de Hyun Bin, le personnage du Nordiste ne semble pas avoir de position critique vis-à-vis du régime dictatorial (à la différence du pêcheur de Kim Ki-duk). Même si certains, en haut lieu, sont de toutes évidences corrompus (et s’opposent même à un vieil officier supérieur stalinien bardé de décorations, pilier du régime, qui sympathise avec la douleur du héros), la restauration de l’Etat est la priorité du héros nordiste. Le final souligne ce respect des institutions nord-coréennes en place quand on voit le héros, sa mission accomplie, retourner tranquillement au Nord et y accueillir le policier sudiste – un agent de l’Etat comme lui – qui est devenu son ami. L’entente cordiale est manifeste dans un respect des Etats en place et du statu quo politique et social ; rien n’est dit sur la réalité dictatoriale du régime.

A la différence du film de Kim Ki-duk et de sa recherche d’hommes du dépassement assumant l’héritage idéologique qui a abouti à la division coréenne, l’humanisation des nordistes se fait négationniste en niant tout problème politique passé ou présent. L’humanisation est aussi passéiste en faisant écho à la communauté originelle ethno-centrée coréenne. Le Nordiste est beau, gentil, larmoyant, plein d’attentions pour la veuve et l’orphelin ; il est un futur gendre idéal. Les seules nouveautés dans ce schéma sont de faire du Nord-Coréen un militaire et un fonctionnaire d’élite invincible, et de faire le portrait d’un fonctionnaire sudiste en homme bon enfant – loin des terribles contre-espions anticommunistes du passé – presque admiratif devant les qualités humaines et professionnelles du Nordiste.

Le message va être réitéré quelques mois plus tard dans le blockbuster Steel Rain et ses stars. Notons qu’interpréter des rôles de Nord-Coréens est alors devenu un challenge recherché par tous les acteurs sudistes ; cela devient une sorte de signe de maturité du jeu d’acteur. Et il faut, en effet, une grande maîtrise pour endosser de si complexes variations idéologiques.

Peu de temps après la sortie à succès (8 millions d’entrées) de Confidential Assignment, les élections sud-coréennes anticipées se sont retrouvées sous la pression d’un regain d’animosité entre les Etats-Unis et la Corée du Nord autour de la question des essais nucléaires. Si les émissions télévisées se sont succédées sur cette question (beaucoup plus en Occident qu’en Corée du Sud, d’ailleurs), il est vite apparu que l’un des véritables enjeux des Etats impliqués était d’endiguer le mouvement populaire démocratique de la « Révolution des bougies » sous un flot de menaces de guerre, pourtant peu convaincantes pour des Sud-Coréens habitués à ces joutes venues des hautes sphères. Chiens qui aboient ne mordent pas.

Le scénario de Steel Rain va pourtant être adapté pour faire écho à la situation tout en réitérant la nouvelle optique mise en place par Confidential Assignment, anticipant ainsi de peu la réouverture du dialogue entre le Sud et le Nord. Là aussi, un espion nordiste joué par une star (Jung Woo-sung) se lie avec un fonctionnaire du Sud. En préparation de sa future sympathie pour le Nordiste, le fonctionnaire expose clairement, dans une scène, la vision de la gauche nationaliste sud-coréenne : les responsabilités de la division et de la guerre fratricide sont rejetées sur les étrangers et leurs idéologies ; ces mêmes étrangers menaçant toujours de contrôler la Corée tout entière si une entente intercoréenne n’intervenait pas rapidement.

Si, historiquement, le rôle de la guerre froide est indéniable, cette position idéologique permet, sous la bannière de l’unité traditionnelle, de passer sous silence des dynamiques et dissensions locales elles aussi indéniables : l’émergence d’une bourgeoisie coréenne ouverte à l’international et bridée par l’ancienne monarchie durant la colonisation japonaise à la veille de la guerre civile, la militarisation nationaliste de la gauche coréenne « stalinisée », et en particulier, la série de massacres anticommunistes perpétrés par la première dictature sudiste dès 1948. Dans Steel Rain aussi, l’humanisation du Nordiste se fait sur l’étalon de la communauté ancestrale : les deux compères mangent les mêmes nouilles, ils prennent soins de la veuve et de l’orphelin, ils ont même la même langue puisqu’ils ont le même prénom. Ces aspects, plutôt simplistes, devenus clichés depuis au moins Welcome to Dongmakeol, passent relativement vite pour laisser un nouveau message complémentaire s’exprimer pleinement : car les deux compères n’ont rien moins, pour mission, que de sauver le numéro un du Nord qui a été victime d’un coup d’État manigancé par des militaires favorables à la guerre avec le Sud.

Pourquoi des Sudistes en viendraient à protéger le numéro un nordiste (son identité est soigneusement escamotée afin d’en faire un symbole plus qu’une personnalité véritable) ? La réponse est simple et compliquée à la fois car sous sa simplicité, elle réoriente les relations Nord-Sud : le but est de rétablir la coexistence pacifique entre les deux Etats affirme le haut fonctionnaire Sudiste. Il n’est donc plus question de réunification des peuples (forcée ou accidentelle comme dans le film) mais d’entente au niveau des gouvernements et des institutions étatiques. Là encore, rien n’est dit sur la réalité dictatoriale du régime nord-coréen ; au contraire, un duo de jeunes filles nordistes, protégé par le héros, est là pour montrer un sincère attachement du peuple à son gouvernement. Il faut ici noter que les militaires du Sud sont tenus à l’écart (dans Confidential Assignment, il ne s’agissait déjà que d’un simple policier sudiste ; dans Steel Rain, il s’agit d’un fonctionnaire des affaires étrangères du Sud), longtemps tenus depuis les dictatures comme des fers de lance de la tendance conservatrice et belliqueuse sudiste.

Au final, il s’agit d’une reconnaissance et d’une légitimation du régime nordiste tel qu’il est, mais aussi du Sud en tant qu’Etat souverain. En effet, le protecteur historique américain (qui apparaît dans le film de manière consultative et menaçante pour la paix intercoréenne sous les traits de l’ambassadeur et de pilotes de bombardiers fonçant sur Pyongyang) est tenu à distance, et ses pilotes obtempéreront à la décision du Sud ; celle de se limiter à une frappe « chirurgicale » distinguant les « mauvais » dirigeants nordistes des « bons ».

***

La représentation des Nord-Coréens dans les films du Sud est un enjeu majeur et ausculté de près par les autorités, comme le montre leur évolution contrastée et mouvementée depuis la fin du régime dictatorial. La simple opposition entre la vision négative des conservateurs et une vision plus positive issue des gouvernements progressistes est insuffisante pour cerner les réelles modifications qui sont survenues récemment. La nouvelle image positive des Nord-Coréens n’est ni monolithique, ni sans arrière-pensées. Après de courtes années 1990, où quelques films ont osé donner une image politisée des Nordistes (South Korean Partisans, par exemple), la tendance a été à la dépolitisation de ces derniers comme une excuse cherchant à réhabiliter leur attitude pendant la guerre et sous la dictature actuelle. Si les conservateurs dépolitisaient pour accentuer la peur du Nordiste en tant que « Mal » absolu, la nouvelle tendance dépolitise pour ré-humaniser et pacifier sans toutefois rien changer. Cette tendance reste, également, dans l’anticommunisme en niant tout choix politiques de la part des Nordistes (a contrario, par exemple, The Net de Kim Ki-duk, introduit une scène rare où un jeune officier sudiste demande à son chef de respecter le choix politique du pêcheur nordiste). Nous avons vu que, même pour un film dénonciateur de massacres restés tabous comme Jiseul, un bon communiste est un communiste mort. Si l’on pleure les victimes de l’île de Jeju, c’est parce qu’elles ont été massacré par « erreur ». La dépolitisation a été le corollaire d’une ré-humanisation des Nordistes dans une direction précise (largement dominante malgré le film The Net qui est resté confidentiel avec 60 000 entrées) : celle d’un retour passéiste à la communauté idéale originelle des Coréens. Les dernières variations de la tendance positive autour, de deux gros succès de box-office, cherchent à unifier les visions nationalistes, conservatrice et de gauche autour des valeurs étatiques, au risque, calculé, de fermer les yeux sur le système dictatorial, et aux dépends d’une réunification par l’entremise directe des peuples.

Antoine Coppola

Publicités
 
Poster un commentaire

Publié par le février 20, 2018 dans Asie, CINEMA, HISTOIRE

 

Les gouvernements de Suárez et González ont récompensé les membres de la dictature chilienne pour leurs «mérites»

http://www.publico.es/espana/premios-dictadura-chilena-gobiernos-suarez-gonzalez-premiaron-miembros-dictadura-chilena-meritos.html

Les militaires Fernando Matthei et Jorge Zincke, deux éminents membres du régime Augusto Pinochet, ont été décorés en 1981 et en 1984 de la Grande Croix du Mérite militaire avec un insigne blanc. La médaille est destinée à  reconnaître les «performances distinguées en temps de paix».Cet article d’un quotidien espagnol reflète bien la colère de tous ceux qui en Espagne ont vécu l’amnistie des crimes du franquisme en 1978 et la permanence de celui-ci. Il dénonce le rôle joué par Juan carlos et les gouvernements espagnols dans la caution aux tortionnaires du plan Condor. la manière dont il a cautionné en Amérique latine la même opération d’amnistie des pires crimes, il n’y a pas eu que PPe, mais le parti socialiste a contribué à valider la torture.. Aujourd’hui dans l’offensive des USA en Amérique latine ce sont les criminels  de ce temps là, leurs disciples qui sont mobilisés dans la lutte à mort contre les régimes progressistes du bolivarisme  (note de danielle Bleitrach)

Augusto Pinochet.

Augusto Pinochet.

C’est la lettre d’une mère désespérée. « Ma fille María Isabel Beltrán Sánchez est née le 2 mai 1952 à Santiago du Chili. Elle a été le seul enfant pendant 10 ans, puis Roberto et Felipe sont nés. Il a grandi dans une maison modeste, de travailleurs. Depuis l’enfance, María Isabel était une fille agitée et rêveuse, mais très responsable « . Quelques paragraphes plus tard, Oriana Sánchez révèle la fin dramatique: sa fille a été kidnappée, torturée et assassinée par la dictature d’Augusto Pinochet .

L’horreur prend une dimension particulière dans ce cas: Oriana a réussi à voir sa fille à l’école d’artillerie de Linares, l’un des principaux centres de détention de la dictature chilienne. « Mamita, ils vont me tuer, » la jeune femme a réussi à lui dire. Ensuite, ils les ont séparés. Pour toujours. « J’ai tranquillement quitté cet endroit. Son coeur était déchiré. Depuis cette date, je n’ai plus revu ma chère fille. Je n’ai plus jamais eu de ses nouvelles », écrit sa mère plusieurs années plus tard.

Lorsque Maria Isabel est descendu en enfer, le responsable du « Département de recherche » au camp de torture était le brigadier Jorge Zincke, l’ un des nombreux militaires qui ont suivi strictement les instructions du régime Pinochet après le coup d’ Etat sanglant contre le gouvernement légitime de Salvador Allende. Onze ans après l’instauration de la dictature, alors que pratiquement toute la planète connaissait les très graves violations des droits de l’homme enregistrées au Chili, Zincke a reçu une récompense inattendue. Ce ne serait pas Pinochet qui l’aurait décoré, ni aucun autre dictateur de la région. Cette fois, la médaille viendrait de loin. De loin.

Comme en témoigne Público , le gouvernement de Felipe González a remis le 26 avril 1984 à l’armée chilienne la Grande Croix de l’Ordre Militaire du Mérite avec un insigne blanc. Le décret signé par le roi Juan Carlos et ensuite ministre de la Défense, Narcís Serra, ne se penche pas sur les motivations que le bureau exécutif du PSOE a eues pour offrir une telle distinction à une personne formidable. Le texte officiel ne parle que des «mérites et circonstances» de Zincke, qui devint commandant en chef adjoint de l’armée sous la dictature de Pinochet.

Médailles données à Fernando Matthei (ci-dessus) et Jorge Zincke (ci-dessous).

Médailles données à Fernando Matthei (ci-dessus) et Jorge Zincke (ci-dessous).

Pour trouver leurs raisons, il faut revenir à la législation qui, à l’époque, qqui réglait ce genre de distinctions. Selon les dispositions de la loi 15/1970, qui avait promu le régime de Franco, ce type de décorations cherchait à « récompenser les mérites, les emplois, les services ou les actions distinguées en temps de paix ». Dans cette catégorie a été encadrée, selon la logique du gouvernement Gonzalez, la médaille décernée à l’armée de Pinochet.

Suarez aussi

Cependant, l’exécutif du PSOE n’a pas été le premier à décerner un membre de la dictature sauvage chilienne. Trois ans plus tôt, le 6 octobre 1981, le gouvernement d’Adolfo Suárez a fait de même avec le général Fernando Matthei , un membre éminent de la Junte militaire qui gouvernait les destinées du Chili sur la base du sang et du feu. Dans son cas, le décret par lequel il obtint la Grande Croix de l’Ordre Militaire du Mérite avec un insigne blanc fut signé par le Roi Juan Carlos et par le Ministre de la Défense, Alberto Oliart.

Quelques années plus tard, l’Association des parents de prisonniers politiques Exécuté du Chili a pris tribunal Matthei comme présumé responsable de la mort du général Alberto Bachelet  père de Michelle Bachelet ancien président en 1984. Sa mort est survenue suite à la Les souffrances ont souffert pendant la période où il est resté entre les mains de ses anciens collègues des forces armées, qui ne lui ont pas pardonné son attachement à la démocratie. Bachelet a été torturé à l’Air War Academy qui dirigeait alors Matthei. Cependant, la Cour suprême du Chili a refusé à deux reprises d’être jugée pour ce crime.

Selon d’autres témoignages, le général distingué par le  le gouvernement de Suárez a «dirigé et sélectionné ceux qui devaient être torturés et interrogés» . C’est ce qu’a déclaré le premier caporal Sergio Lontano Trureo, qui a même affirmé qu’il l’avait vu battre à côté d’un autre officier «deux prisonniers debout et les yeux bandés». Matthei est décédé le 19 novembre 2017 à l’Hôpital de la Fuerza Aérea du Chili. Il avait 92 ans.

Plus de prix pour l’horreur

Ces distinctions aux Pinochetistas militaires s’ajoutent aux prix accordés par les gouvernements de Suárez et González à plusieurs membres de l’autre grand régime de l’horreur qu’a souffert l’Amérique latine: la dictature argentine de Jorge Rafael Videla. Comme l’a révélé le public à travers différents rapports publiés en 2014, l’État espagnol a accordé des distinctions à cinquante militaires et civils qui faisaient partie de ce régime.

Dans ce contexte, le gouvernement González a même maintenu la politique d ‘ «échange de soutien diplomatique» avec la dictature argentine , facilitant son accès à différents forums internationaux. D’ici là, leurs dirigeants étaient déjà responsables de 30 000 disparitions.

 

Thez National interestL’ancien Empire soviétique contre-attaque

  • L’Empire soviétique (ancien) contre-attaque ou l’obsession anticommuniste des conservateurs américains qui lisent la réalité d’aujourd’hui avec les lunettes de la guerre froide. L’obsession de Staline s’interroge.Même caricature d’ailleurs à propos de la Chine, cet imaginaire pourrait être ridicule, il est inquiétant tant il est puéril, mais il signifie aussi que c’est tout une manière de répondre à tous les besoins d’une société contradictoire avec le capitalisme que représentait le communisme et que celle-ci perdure comme une éternelle alternative.l (note et traduction de danielle Bleitrach)
Le président russe Vladimir Poutine assiste à une cérémonie de dépôt de fleurs au cimetière commémoratif de Piskaryovskoye à l'occasion du 75e anniversaire de la percée du siège nazi de Leningrad pendant la Seconde Guerre mondiale, à Saint-Pétersbourg

L’ingérence de la Russie dans le système politique américain fait partie d’une campagne mondiale plus large visant à saper ce que le Kremlin considère comme un ordre international dominé par l’Occident.

Il a fallu beaucoup de temps, mais l’administration Trump, dans la Stratégie de sécurité nationale et la Stratégie de défense nationale récemment publiée, parle enfin de la Russie en tant que concurrent stratégique. Mais avant que la bureaucratie de la sécurité nationale ne prenne la tête de la guerre froide, Washington devrait prendre son souffle et relever ce défi avec patience, réalisme, prudence et retenue pour éviter de dépasser les attentes en protégeant les intérêts américains.

Depuis 2012, la Russie mène une campagne sophistiquée, bien financée et généralement couronnée de succès pour réaffirmer son influence mondiale aux dépens de l’Occident . Cependant, il n’est nullement évident, comme le prétend la nouvelle stratégie de défense nationale, que la Russie veut façonner un monde conforme à son modèle autoritaire et obtenir un droit de veto sur les décisions économiques, diplomatiques et sécuritaires des autres nations. On ne sait pas non plus si l’administration a la volonté ou la capacité de réagir de manière efficace et durable à la Russie globale, étant donné l’instinct surnaturel de Trump de donner à Poutine un comportement agressif en Russie et un processus de décision interorganisationnel désorganisé.

Mais en supposant que la Maison Blanche puisse mettre ses agences de sécurité nationale sur la même longueur d’onde, comment les Etats-Unis devraient-ils faire face au défi posé par l’activisme mondial de la Russie? La première étape consiste à comprendre les sources de la conduite russe et le défi qu’elle présente. La seconde est de déterminer quand, si et comment répondre aux activités mondiales de la Russie.

Les Russes arrivent, les Russes arrivent

L’ingérence de la Russie dans le système politique américain fait partie d’une campagne mondiale plus large visant à saper ce que le Kremlin considère comme un ordre international dominé par l’Occident et à rogner sur les normes libérales et les institutions qui le sous-tendent. Comme le personnage du film Zelig de Woody Allen en 1983 , Poutine et ses sbires se sont manifestés dans presque tous les coins du globe pour contester l’influence américaine et sa direction de cet ordre.

En Europe, il existe des preuves de tentatives russes d’influencer le vote du Brexit 2016 et de promouvoir des candidats d’ extrême droite et marginauxayant des liens avec le Kremlin lors des élections en France, en Allemagne et en Italie. Moscou a également cherché à attiser le séparatisme catalan avant le référendum sur l’indépendance d’octobre 2017 et a soutenu un coup d’État au Monténégro pour l’empêcher d’adhérer à l’OTAN. Le Kremlin a jalonné la voie de l’intégration des pays balkaniques à l’Ouest avec de nombreux obstacles. Le ministre bosniaque de la sécurité a récemment averti que des mercenaires formés par la Russie avaient mis en place une unité paramilitaire pour soutenir Milorad Dodik, le chef séparatiste serbe du pays.

Au Moyen-Orient et en Afrique, Moscou est maintenant aux commandes en essayant de naviguer dans une transition pacifique du pouvoir vers un ordre politique post-Assad. La Russie a récemment signé un important contrat d’armement avec la Turquie, alliée de l’OTAN, et collabore avec Ankara pour empêcher un nouvel expansionnisme kurde en Syrie. conclu un accord avec l’Egypte qui permettrait aux avions russes d’opérer hors des bases égyptiennes; et a augmenté son soutien à un chef de guerre libyen qui contrôle maintenant la moitié du pays. En Afrique du Sud, la Russie est au plus profond des scandales de corruption qui ont secoué le gouvernement Zuma

Plus près de nous, la Russie espère réaffirmer ses anciens liens commerciaux avec Cuba et reprendre les opérations militaires et de renseignement sur l’île. Le conseiller américain à la sécurité nationale, HR McMaster, a récemment mis en garde contre l’ingérence de la Russie dans les prochaines élections présidentielles mexicaines, en faveur d’un candidat populiste qui fait campagne sur des thèmes anti-américains . Les responsables canadiens ont mis en garde contre les opérations d’ influence russe dans le pays. Le Kremlin utilise des prêts pour soutenir le régime autoritaire de Maduro au Venezuela, engloutissant une grande partie des actifs pétroliers et gaziers du pays à des prix défiant toute concurrence.

Que veut la Russie?

Beaucoup de ces activités apparemment disparates reflètent la quête de la Russie pour un monde multipolaire. Ce principe d’organisation de la politique étrangère russe a été énoncé pour la première fois au milieu des années 1990 par le ministre russe des Affaires étrangères, Yvegeny Primakov. Il a été repris dans tous les principaux discours de politique étrangère de Sergueï Lavrov depuis 1994, d’abord en tant qu’ambassadeur de la Russie à l’ONU et depuis quatorze ans en tant que ministre russe des Affaires étrangères. Poutine a ponctué ce thème dans sa complainte en 2005 selon laquelle « l’éclatement de l’URSS était la plus grande tragédie géopolitique du 20ème siècle » et lors de son discours à la conférence de sécurité de Munich en 2007, quand il a dénoncé « la domination monopolistique des Etats-Unis rapports. »

 

Au cours de la dernière décennie, Poutine a parlé de « l’anarchie de l’exceptionnalisme américain » et de sa mauvaise gestion de l’ordre international libéral. Les expositions AF, dans son mémoire, sont l’invasion américaine de l’Irak par l’administration Bush en 2003 et la mauvaise gestion de l’économie nationale; la décision de l’administration Obama de renverser le régime de Kadhafi en 2011 et de s’éloigner des débris qu’elle a laissés derrière elle; Les efforts d’Obama pour soutenir le renversement du régime d’Assad; La promotion par les États-Unis de la démocratie et des «révolutions colorées» dans l’ex-Union soviétique; et une décennie d’échec de la politique en Afghanistan . Dans l’esprit de Poutine, nombre de ces actions ont contribué à engendrer l’état actuel de désordre global, la montée de l’extrémisme islamique et la tourmente qui a englouti le Moyen-Orient.

Ainsi, l’activisme mondial de la Russie est profondément enraciné dans la vision de Poutine de ce à quoi il veut que le monde ressemble et du rôle et de la position globaux de la Russie dans ce monde. En outre, Moscou ne le fait pas, simplement parce qu’elle est hostile au pouvoir de l’Occident et veut miner les institutions démocratiques, sécuritaires et économiques occidentales, bien qu’elle le fasse certainement. La Russie se mondialise également en raison de son économie atone au pays et de son désir de faire davantage d’affaires à l’étranger – et parce que le fait d’être considérée comme l’égale des États-Unis sur la scène mondiale et de défendre les États-Unis est une bonne politique.

Que ferait George Kennan?

George Kennan a un jour comparé les Etats-Unis à un dragon géant et endormi: lent à se réveiller mais une fois éveillé, il se débat violemment pour tuer ceux qui ont troublé sa tranquillité. Maintenant que l’administration Trump a reconnu la Russie comme une priorité majeure de sécurité nationale, elle ne devrait pas chercher à détruire les dragons, mais commencer par poser les questions suivantes: quels intérêts américains sont menacés par les actions russes et quelle est la probabilité La Russie peut atteindre ses objectifs; quel est l’objectif que Washington espère atteindre en repoussant ces activités et pourquoi nous attendons-nous que les mesures proposées l’atteignent; Quels sont les coûts et les conséquences probables de ces mesures et comment pourraient-elles être gérées ou atténuées? et que devrions-nous faire si nos mesures ne parviennent pas à faire progresser nos résultats préférés.

En répondant à ces questions, il est important de se rappeler que le Kremlin ne fonctionne pas à partir d’un plan directeur et que nous ne regardons pas Cold War, la suite. Le Kremlin ne veut pas diriger le monde. Poutine comprend les limites de la puissance russe et les coûts et les risques d’être le gros chien sur le bloc; il veut plutôt accélérer la transition du monde unipolaire de l’après-guerre froide dirigé par Washington vers un monde à plusieurs pôles dans lequel la Russie a une place sûre à la table. Le Kremlin n’offre aucune alternative viable à la commande existante.

La Russie n’a pas non plus créé les problèmes qu’elle exploite; Au contraire, il profite des opportunités pour combler les vides créés par la doctrine «America First» de Trump et les faux pas américains et occidentaux. En effet, les activités russes sont moins de feu et de fureur et plus pour le spectacle et pour renverser l’oiseau aux États-Unis. La Russie continuera à se retirer de la Chine dans la région Asie-Pacifique. La Russie n’est pas près de dominer l’Europe, ses activités en Afrique et dans cet hémisphère ont une valeur nuisible mais ne sont pas des changeurs de jeu, et le Kremlin n’a aucun intérêt à réparer un Moyen-Orient brisé, en colère et dysfonctionnel.

En outre, la Russie n’est pas à l’abri de la surenchère ou du retour de flamme. Le Kremlin a réussi à limiter les efforts d’intégration et de réforme intérieure de l’Ukraine, et il a également exacerbé les tensions dans l’unité transatlantique. Mais pour la première fois en une génération, l’agression russe en Ukraine et les menaces contre d’autres États européens ont déclenché un véritable débat au sein de l’OTAN sur l’amélioration des défenses de l’Alliance et certaines augmentations nécessaires des dépenses de défense alliées. L’agression de la Russie contre l’Ukraine a cimenté l’orientation occidentale de cette dernière et a suscité un intérêt au cœur des rêves de Moscou d’intégrer l’Ukraine dans l’Union économique eurasienne (EEU), pièce maîtresse de l’objectif de Poutine de créer un contrepoids dirigé par la Russie.

Bien que l’intervention de la Russie à l’élection présidentielle américaine de 2016 ait alimenté le dysfonctionnement politique, elle a également provoqué une tempête politique qui a affaibli la capacité de Trump à rétablir les relations avec Moscou et renforcé les sanctions contre la Russie. et une empreinte politique et économique croissante dans plusieurs pays de l’UE ou de l’OTAN. Le soutien de Moscou à la candidate à l’élection présidentielle française d’extrême droite, Marine Le Pen, s’est également retourné contre lui. Il a non seulement souligné les tentatives de la Russie d’intervenir dans la politique française, mais a également renforcé la sensibilisation du public européen aux efforts d’influence de Moscou et a renforcé la résilience européenne face à l’ingérence russe. Les efforts antérieurs de la Russie pour montrer son leadership mondial ou régional – à travers les BRICS, l’OTSC et l’UEE – ont tous échoué.

Ainsi, les Etats-Unis ne devraient pas confondre les activités russes avec succès – toutes leurs actions ne donneront pas les résultats souhaités par Moscou ou nuisent à d’importants intérêts occidentaux. Lorsque cela est le cas, l’Occident devrait veiller à ne pas réagir de manière excessive, car cela ne ferait que renforcer Poutine aux yeux du public russe et lui conférerait le statut mondial dont il a besoin, lui donnant des victoires peu coûteuses.

Le Kremlin n’abandonnera pas sa stratégie globale et lorsque les activités russes menaceront les intérêts et les valeurs occidentaux, tels que ses tentatives de saper les processus démocratiques et les institutions économiques et de sécurité transatlantiques, les Etats-Unis et leurs alliés devraient chercher à réduire, contenir ou minimiser impact sur ces intérêts. Mais le cœur de la réponse américaine aux activités mondiales de la Russie devrait s’articuler autour de sanctions plus ciblées et d’informations sur ce que fait la Russie dans les pays alliés et amis et échanger les meilleures pratiques pour renforcer la résilience de leurs sociétés, institutions politiques, secteur financier et cyber Infrastructure. Cela mettrait également en évidence les échecs russes et les coûts énormes pour l’Etat russe de ses activités. C’est l’approche large que l’Occident a adoptée pour des activités soviétiques similaires pendant la guerre froide. Cela a fonctionné à l’époque et cela peut fonctionner à nouveau tant que les États-Unis et leurs partenaires se rappellent forces et valeurs fondamentales.

Richard Sokolsky, actuellement boursier non résident de la Fondation Carnegie pour la paix internationale, a servi dans le département d’État pendant trente-sept ans.

Paul Stronski est senior fellow chez Carnegie et ancien directeur de NSC pour la Russie et l’Asie centrale.

 

La Turquie promet de continuer l’opération Afrin si l’armée syrienne aide YPG

  • la situation ne s’éclaire pas et il est évident que les déclarations ne reflètent certainement pas la réalité des négociations sur le terrain. Sans parler des rapports de forces. Les déclarations et démentis successifs reflètent la complexité de « la question kurde » et la manière dont il faut éviter que la coalition occidentale s’en empare pour poursuivre son offensive privilégiée contre le gouvernement syrien. Notons que Macron en emboité le pas sur « le terrorisme kurde », il n’est pas question de ne pas privilégier l’OTAN donc la Turquie. (Note et traduction de danielle Bleitrach)

0
Le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu s’adresse aux journalistes à Ankara, le 27 janvier 2018 (Photo par l’agence de presse Anadolu)

Le ministre turc des Affaires étrangères a commenté les récents rapports de la télévision d’Etat syrienne selon lesquels les forces gouvernementales pro-syriennes entreraient dans l’Afrin syrien « dans quelques heures ».

« Nous avons commencé une opération à Afrin afin de se débarrasser de la menace à notre sécurité nationale. Nous insistons toujours là-dessus. Maintenant, la question est: est-ce que les forces du régime [du président syrien Bashar Assad] entreront ou non dans Afrin? Et s’ils entrent, alors dans quel but? S’ils viennent pour le nettoyer des YPG, il n’y a pas de problèmes. S’ils soutiennent les terroristes, personne ne nous arrêtera. Cela s’applique à Afrin, Manbij et à l’est de l’Euphrate « , a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu, diffusé par le diffuseur NTV.

 La déclaration a été faite plus tôt dans la journée, Badran Jia Kurd, haut responsable kurde, a déclaré à Reuters que les forces kurdes syriennes et le gouvernement du pays avaient convenu du déploiement des troupes de l’armée syrienne le long de la frontière pour  freiner l’opération militaire turque, et que l’armée entrerait dans l’Afrin assiégée dans les deux prochains jours.

Cependant, l’information a été réfutée par un représentant de YPG à Afrin Brusk Haseke, qui les avait taxé de fausses nouvelles dans son interview à Spoutnik, en disant que les forces gouvernementales syriennes n’entreraient pas dans Afrin.

Comme il l’a expliqué, en raison de la fausse information circulant, les civils d’Afrin et d’Alep croient à tort que l’armée syrienne est entrée dans la ville, alors qu’il s’agissait simplement d’autobus civils.

Comme l’a précisé Haseke, les YPG feraient une annonce si les forces syriennes entraient dans Afrin ou si un accord avait été conclu sur la question ou si «la situation changeait de quelque façon que ce soit».

Source: Spoutnik

 
1 commentaire

Publié par le février 19, 2018 dans Asie, GUERRE et PAIX

 

Pyonyang: États-Unis sabote le rapprochement avec Séoul aux Jeux Olympiques

 Résultat de recherche d'images pour "les deux Corées aux jeux olympiques"
ce que chacun devrait avoir découvert à l’occasion de ces jeux olympiques, c’est la volonté des deux Corées de leur réunification. La proposition du nord, un seul pays, deux systèmes serait la porte ouverte, selon le modèle chinois encore plus adapté à la réalité coréenne, à cette réunification. L’obstacle n’est pas comme on nous l’a raconté le belliciesme du nord mais la volonté des Etats-Unis d’entretenir toutes les déstabilisations possibles autour de la Chine. ceux qui continuent donc à créer un signe d’équivalence entre trump et le dirigeant de la Corée du nord, sous prétexte de leur « irrationalité » commune se trompent et nous trompent. Ils refusent de voir qui veut la guerre et qui tente de s’en préserver. Ils n’aident personne et contribuent à la propagande impérialiste une fois de plus (note et traduction de danielle Bleitrach)

Les Coréens ont conclu des accords en janvier qui ont permis aux athlètes nord-coréens de participer aux Jeux Olympiques. | Photo: AP

Publié le 19 février 2018 (il y a 1 heure)
 « Les Etats-Unis ont pour objectif de mettre fin au dégel dans les relations inter-coréennes immédiatement après l’extinction de la flamme olympique », ont-ils déclaré à propos de la Corée du Nord.

La République populaire démocratique de Corée a demandé aux États-Unis s’arrêter de faire pression sur la Corée du sus, en reprenant les exercices militaires avec la Corée du Sud à la fin des Jeux olympiques de 2018 à Pyeongchang et de saboter ce faisant  le rapprochement entre les Corées.

« Les Etats-Unis visent à mettre fin au dégel des relations inter-coréennes immédiatement après l’extinction de la flamme olympique, et les Etats-Unis s’agitent  pour reprendre leurs exercices militaires avec Séoul juste après la clôture des Jeux », a déclaré lundi. un éditorial de la Corée du Nord Rodong .

La Corée du Sud et Washington ont reporté les manoeuvres militaires annuelles, effectuées entre mars et avril et celles-ci sont  considérées par Piongyang comme des tests pour envahir leur territoire.

Les Coréens ont conclu des accords en janvier qui ont permis aux athlètes nord-coréens de participer aux Jeux Olympiques. après trois années de mauvaises relations bilatérales. La visite de la délégation nord-coréenne à Séoul a marqué le premier voyage d’un membre de la dynastie Kim, Kim Yojong, sur le sol sud-coréen.

>> La  Chine fait confiance au dialogue pour résoudre la crise coréenne. 

« Le risque de montée de la tension dans la péninsule coréenne augmente, avec des moyens stratégiques et d’énormes troupes américaines s’approchant de la péninsule et de ses zones adjacentes », a ajouté l’éditorial.

Le président nord-coréen Kim Yojong a invité son homologue sud-coréen, Moon Jae-in, à visiter Piongyang et à participer au premier sommet inter – coréen des dirigeants en plus de 10 ans, le leader sud-coréen a montré sa volonté de se rencontrer mais a assuré que « les conditions nécessaires » doivent être créées pour que cela se produise.

 
3 Commentaires

Publié par le février 19, 2018 dans GUERRE et PAIX, Asie, Etats-Unis

 

Noam Chomsky explique ce que « l’aide humanitaire » cache

 en provenance de Cubadete… Là aussi un bilan s’impose, quelle a été dans tous ces cas de figure, la position de la France, de la gauche et qu’elle a été celle des directions successives du PCF depuis Robert hue du PCF ?

 1 |

Le linguiste, philosophe, politologue et activiste américain Noam Chomsky. Photo: Reuters.

Le concept d’aide humanitaire est presque toujours un  acte agressif mené par un pouvoir qui, du point de vue de l’agresseur, se présente comme  une aide humanitaire, mais pas du point de vue des victimes , explique le philosophe Noam Chomsky . Selon le linguiste et politologue, les Etats-Unis le reconnaissent publiquement et ses actes participent  du domaine de l’empire traditionnel.

Premier exemple d’aide humanitaire: le bombardement de la Serbie en 1999

Les forces de l’ Albanie ont perpétré des attaques terroristes sur le territoire serbe pour obtenir une réponse de son gouvernement ce qui  servirait de justification à l’ OTAN (alliance militaire intergouvernementale Organisation du Traité de l’ Atlantique Nord), pour entrer dans le pays, à savoir, une intervention du États-Unis . Les pertes estimées étaient élevées des deux côtés: deux mille victimes.

Quand ils ont repris l’invasion, le général américain en charge, Wesley Clark , a informé Washington du résultat de l’attaque américaine. Cela intensifierait les atrocités, car la Serbie n’étant pas capable de répondre militairement en bombardant les États-Unis,  a répondu par la terre, en expulsant les terroristes albanais du Kosovo , juste après les bombardements américains.

Mais la grande couverture médiatique fut celle de la criminalisation de Slobodan Milošević (ancien président serbe) envoyé devant la Cour pénale internationale pour une accusation de crimes de masse, qui couvrirent  les bombardements  perpétrés par les États-Unis contre sa population.

Tout ceci a déjà été décrit et fut présenté  comme une intervention humanitaire, dit Chomsky.

L’intervention militaire des États-Unis en Serbie a causé des milliers de morts. Photo: Archive

Les interventions pour l’aide humanitaire sont-elles légales?

L’ Assemblée générale des Nations Unies a adopté une résolution sur la responsabilité de protéger les populations civiles, qui stipule explicitement qu’un acte militaire ne peut être exécuté sans l’autorisation du Conseil de sécurité de l’ ONU .cette disposition est destinée à  s’assurer que les gouvernements ne répriment pas leurs propres populations.

Cependant, l’activiste américaine explique qu’il y avait une autre commission, présidée par l’ancien Premier ministre australien, Garreth Evans , qui a discuté de la « responsabilité de protéger », tout comme la version de l’ONU, mais avec une différence, « le Conseil de sécurité n’est  pas d’accord pour autoriser une intervention, les groupements régionaux peuvent intervenir par eux-mêmes, quel groupement régional est capable d’intervenir? Il n’y en a qu’un seul et il s’appelle l’OTAN.  »

La «responsabilité de protéger» est légale parce que l’Assemblée générale des Nations Unies l’a autorisée, mais ce qui gouverne actuellement, c’est la version autorisée d’Evans, un bon exemple de la façon dont la propagande fonctionne dans un système puissant, ajoute Chomsky. voir dans les médias.

Un autre exemple d’aide humanitaire: le bombardement de la Libye en 2011

Image d’un bombardement des États-Unis en Libye. Photo prise de Diario El Día.

Une résolution de l’ ONU en 2011 a appelé à la création d’un e zone d’exclusion aérienne en Libye, à l’ exception des vols  dont les buts sont « humanitaire », cette autorisation est devenue diplomatiquement la manière de  résoudre le problème et  Mouammar Kadhafi al’ accepté, en déclarant un cessez-le-feu contre les forces opposées à son gouvernement.

Finalement, Washington a choisi de soutenir une résolution beaucoup plus large que la simple zone d’exclusion aérienne, et a opté pour une occupation militaire du pays.

« Le Royaume-Uni, la France et les Etats-Unis sont devenus la force aérienne de l’opposition. L’une de ses attaques a fini par enterrer Kadhafi et tuer 10 000 personnes, laissant la Libye dans ce qui est aujourd’hui entre les mains des milices », se souvient Noam Chomsky.

A partir de ce moment, il y eut un grand flux de djihadistes armés en Asie occidentale et en Afrique de l’Ouest, qui devint la principale source de terrorisme radical dans le monde, « conséquence de la soi-disant intervention humanitaire en Libye » .

La puissance des Etats-Unis maintenant, avec Donald Trump en tant que président

Noam Chomsky lors d’une visite au Chili. Photo: EFE.

Chomsky a également expliqué que la société doit repenser ce que signifie le pouvoir. Les Etats-Unis, à son avis, restent l’impérialisme. Leur pouvoir est nuisible, mais du point de vue de l’oligarchie, ce pouvoir leur donne tout ce qu’ils demandent, affirme le philosophe. Seulement en termes militaires, cette nation gère 25% de l’économie mondiale, et elle est aussi beaucoup plus avancée dans la technologie que le reste du monde.

Il ajoute que même si, en économie, ils sont en déclin, ce serait une erreur de penser qu’ils ont perdu leur domination.

« Les multinationales américaines possèdent la moitié du monde, elles sont intégrées à l’Etat, elles ont tous les secteurs: industrie, vente, commerce, finance ».

Il explique que depuis son élection en tant que président, est non seulement Trump qui représente le danger, mais l’ensemble de la direction républicaine, qui nient le phénomène du réchauffement climatique, pour ne citer que problème.

« Le Parti républicain est l’ une des organisations les plus dangereuses de l’histoire de l’ humanité, cela  semble scandaleux, mais si on les compare à Hitler , celui-ci ne voulait pas de détruire l’avenir de l’ existence humaine » Ce ne sont pas des ignorants ou des fondamentalistes religieux, mais les mieux éduqués et les mieux soutenus dans le monde, qui mettent la société en danger.

Selon Chomsky, les politiques les plus dangereuses, nous venons de parler sont des menaces existentielles auxquelles nous sommes confrontés, cette génération doit décider si l’existence humaine continuera, ce n’est pas une blague, il est le réchauffement climatique ou la guerre nucléaire et les actions de Trump aggrave les deux.

 

 

La Corse enregistre le taux de pauvreté le plus élevé de France métropolitaine

  •  et maintenant retournons à nos propres tentatives identitaires face à une crise que nous sommes désormais incapables de résoudre, parce que sur le fond nous cherchons ce qui nous permet de rien changer, sans nous apercevoir à quel point le monde s’est mis en branle. panique vers le passé mythifié. L’incapacité de la gauche et surtout du parti communiste à offrir une perspective révolutionnaire ne peut qu’entretenir les repliements, y compris vers les aspects les plus réactionnaires de l’utopie et la peur de l’autre. (note de Danielle Bleitrach)
ILLUSTRATION- Le parc de logement social, particulièrement peu important, apparaît inadapté aux demandes insulaires, d'après une étude réalisée par l'INSEE. / © FTViaStella
ILLUSTRATION- Le parc de logement social, particulièrement peu important, apparaît inadapté aux demandes insulaires, d’après une étude réalisée par l’INSEE. / © FTViaStella

Avec 20% de personnes vivant sous le seuil de pauvreté, la Corse enregistre le taux de pauvreté le plus élevé des régions métropolitaines, selon un rapport de l’INSEE, publié fin juillet.

Par France 3 Corse ViaStella 

La Corse enregistre le taux de pauvreté le plus élevé de toutes les régions métropolitaines d’après une enquête, réalisée par l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) en partenariat avec la Plate-forme régionale d’observation sanitaire et sociale de Corse (POSS) et conduite par la Direction régionale de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale (DRJSCS) de Corse.

L’étude révèle que 20% de la population corse vit sous le seuil de pauvreté. Les familles les plus touchées sont, comme au niveau national, les familles monoparentales et les jeunes, mais aussi spécifiquement en Corse, les personnes âgées.

Cette pauvreté s’inscrit dans un marché du travail dégradé avec un taux de chômage de 10,9 % en moyenne annuelle en 2015 (le 4e plus important de France métropolitaine).

Les modes de garde des enfants de moins de 3 ans restent en retrait et le taux de retard à l’entrée en sixième est le plus élevé des régions métropolitaines.

En matière de santé, les dispositifs d’aides aux complémentaires sont moins sollicités qu’au niveau national et l’offre d’accueil des personnes défavorisées encore en structuration.

Le parc de logement social, particulièrement peu important, apparaît de surcroît inadapté aux demandes insulaires. Pour autant, les expulsions locatives restent proportionnellement moins nombreuses qu’au niveau national et le recours au droit au logement opposable s’inscrit dans la moyenne.

Le président du Conseil exécutif de Corse, Gilles Simeoni, a réagi sur Twitter à la publication de cette étude :

Il a également annoncé « la mise en oeuvre dès octobre 2016 d’un grand plan de lutte contre la précarité et l’exclusion ».