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Archives de Catégorie: Asie

Monsanto : le Vietnam interdit le glyphosate, les États-Unis montent au créneau

Hors ce sujet très important de l’utilisation des pesticides dans l’agriculture soulignons l’ignominie de la position US quand on se souvient que durant la guerre du Vietnam le pesticide Agent orange, produit Monsanto, a été massivement utilisé contre les populations et la végétation.
Ave des conséquences dramatiques et monstrueuses qui ont encore des effets de nos jours avec des déformations génétiques.
 
Attitude d’autant plus scandaleuse que jamais les Etats-Unis n’ont formulé de regrets sur ces pratiques qui ressortent de la catégorie des crimes contre l’humanité, n’ont consenti à une réparation de ce qu’ils ont commis !
Leur arrogance présente à l’égard de la décision du Vietnam rend plus que jamais nécessaire la lutte pour une agriculture saine inséparable de la lutte contre le capitalisme et l’hégémonie impériale !
 
VOIR  cet article :
 
http://www.frontsyndical-classe.org/2016/11/agent-orange-au-vietnam-a-quand-le-tribunal-international-pour-les-dirigeants-des-usa.html
 Par latribune.fr  |   |  542  mots
Le glyphosate est commercialisé sous diverses marques, mais la plus connue reste le Roundup du groupe américain Monsanto, filiale depuis l'an dernier du géant allemand de la chimie Bayer.
Le glyphosate est commercialisé sous diverses marques, mais la plus connue reste le Roundup du groupe américain Monsanto, filiale depuis l’an dernier du géant allemand de la chimie Bayer. (Crédits : Reuters)
Le ministère vietnamien de l’Agriculture et du Développement rural a retiré la substance des listes de produits approuvés dans le pays invoquant sa « toxicité ». Le ministère de l’Agriculture américain se dit « déçu ».

Le débat autour du glyphosate tourne à la guerre diplomatique. Invoquant la « toxicité » des produits contenant cette substance et leur impact sur l’environnement et la santé, le ministère vietnamien de l’Agriculture et du Développement rural a officiellement annoncé mercredi 10 avril leur retrait des listes de produits approuvés dans le pays. Et les États-Unis n’ont pas tardé à monter au créneau : « Nous sommes déçus par cette décision qui va avoir des effets dévastateurs sur la production agricole mondiale », a déclaré le ministre américain de l’Agriculture, Sonny Perdue, dans un communiqué.

« Si nous voulons nourrir 10 milliards de personnes en 2050, les agriculteurs du monde entier doivent avoir accès à tous les outils et technologies à leur disposition », justifie-t-il.

« A de nombreuses reprises, le ministère américain de l’Agriculture a partagé (avec les autorités vietnamiennes) des études scientifiques de l’Agence américaine de protection de l’environnement et d’autres organisations internationalement reconnues concluant que le glyphosate ne posait probablement pas de risques cancérigènes pour les humains », ajoute Sonny Perdue dans le communiqué.

Le responsable affirme par ailleurs que le Vietnam n’aurait pas respecté l’obligation de notifier ce changement réglementaire à l’Organisation mondiale du commerce, suggérant ainsi un possible recours devant l’institution.

Débat scientifique sur le caractère cancérigène

Le glyphosate est commercialisé sous diverses marques, mais la plus connue reste le Roundup du groupe américain Monsanto, filiale depuis l’an dernier du géant allemand de la chimie Bayer. Désherbant le plus utilisé au monde, il est classé « cancérigène probable » depuis 2015 par le Centre international de recherche sur le cancer, une agence de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Mais Bayer, qui en 2018 a acquis Monsato, affirme que « la science confirme que les désherbants au glyphosate ne causent pas le cancer ».

Pour l’instant, seule une poignée de pays a limité l’utilisation du glyphosate. Le Sri Lanka, qui avait décidé de l’interdire totalement en 2015, est revenu partiellement sur cette décision en 2018. Le gouvernement français a promis que le glyphosate serait interdit d’ici fin 2020 pour les principaux usages quand des alternatives existent et d’ici fin 2022 pour l’ensemble des usages.

Bayer en difficulté

Depuis quelques mois, Monsanto a multiplié les revers concernant le glyphosate. Aux Etats-Unis, la filiale de Bayer vient de subir deux défaites judiciaires de taille le condamnant à verser des dizaines de millions de dollars à deux personnes atteintes d’un cancer qu’elles attribuent au Roundup et fait face à des milliers d’autres procédures similaires. En France, un agriculteur a remporté jeudi à Lyon une nouvelle bataille judiciaire dans le combat qu’il mène face à la société américaine depuis son intoxication en 2004 par le désherbant Lasso, désormais interdit.

Bayer, qui a racheté Monsanto l’an dernier pour 63 milliards de dollars (56 milliards d’euros), subit de plein fouet les conséquences de ces défaites. Depuis août, l’action Bayer a perdu plus d’un tiers de sa valeur, faisant chuter la capitalisation boursière du groupe d’environ 30 milliards d’euros. Le 11 avril, son président du directoire a d’ailleurs reconnu que le groupe chimique allemand était confronté à de grandes difficultés en raison de la multitude de poursuites judiciaires engagées contre Monsanto.

(Avec AFP et Reuters)

 

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Publié par le avril 13, 2019 dans Asie, INTERNATIONAL

 

Qui se présente et pour quoi faire ? Le guide TOI des 39 partis en lice

Capitalistes, socialistes, anarchistes, partisans d’un seul ou 2 États et les drogués rivalisent avec des propositions politiques sérieuses et stupides ; voici ce qu’il faut savoir. Maintenant si vous sortez de là avec les idées claires, faites-moi signe… Alors pour vous aider il n’y a qu’une liste qui soit crédible c’est La liste Hadash-Taal d’Ayman Odeh et Ahmad Tibi, ce sont les communistes et les arabes qui représentent une vraie force du côté de Nazareth, Haifa et même Tel aviv personnellement je me contente de suivre son score et la manière dont elle peut bloquer Netanayoun, bien que son challenger ne soit guère mieux que lui. (note de Danielle Bleitrach)

Des gens passent devant des affiches de la campagne électorale montrant le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, et les dirigeants de Kakhol lavan, de gauche à droite, Moshe Ya’alon, Benny Gantz, Yair Lapid et Gabi Ashkenazi, à Tel Aviv, le 3 avril 2019. Sur les affiches on peut lire, à gauche, "Un Likud fort, un Israël fort" et, à droite, "Chaque vote compte, victoire pour Kakhol lavan". (AP Photo/Oded Balilty)

Des gens passent devant des affiches de la campagne électorale montrant le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, et les dirigeants de Kakhol lavan, de gauche à droite, Moshe Ya’alon, Benny Gantz, Yair Lapid et Gabi Ashkenazi, à Tel Aviv, le 3 avril 2019. Sur les affiches on peut lire, à gauche, « Un Likud fort, un Israël fort » et, à droite, « Chaque vote compte, victoire pour Kakhol lavan ». (AP Photo/Oded Balilty)

Tout a commencé par des ruptures politiques teintées de trahison, des couplages controversés, des fréquentations vouées à l’échec et des alliances forcées. Ça s’est terminé par des attaques sans merci contre des sous-marins, des téléphones piratésla santé mentale et des trolls en ligne. Le mouvement messianique quasi-libertaire a connu une ascension inattendue, et tout au long du processus, il y a eu des sondages, des sondages et encore des sondages.

Mardi, les Israéliens se rendront aux urnes après une campagne électorale amère, marquée par des intrigues et des attaques personnelles et par des propositions politiques plus légères et globales.

Pour les électeurs et les observateurs perplexes au sujet de ce que les partis défendent réellement, après plusieurs semaines d’informations politiques, voici le Times of Israel qui jette un coup d’œil sur les 39 partis politiques en lice : les leaders, les partis bien établis qui risquent de tomber dans l’oubli, les inconnus sérieux mais sans espoir et les provocateurs bizarroïdes. Il examine leurs points de vue sur le conflit israélo-palestinien, l’économie, les questions sociales et les questions de religion et d’État, ainsi que la probabilité de leur entrée au Parlement, selon des sondages récents.

Pour couronner l’incertitude entourant le scrutin, une fois les bulletins dépouillés, un autre drame potentiellement rude attend dans les coulisses : La question de savoir à qui le Président Reuven Rivlin confiera la tâche de former le prochain gouvernement.

Que vous vouliez que Benjamin Netanyahu du Likud, Benny Gantz de Kakhol lavan, un capitaine de navire de Nazareth, ou le tout-puissant Internet (!) soit le prochain Premier ministre israélien, voici tout ce que vous devez savoir avant le 9 avril.

Vue des bulletins de vote à l’entrepôt de la commission centrale électorale à Shoham, le 25 mars 2019. (Noam Revkin Fenton/Flash90)

Le Likud de Benjamin Netanyahu

Programme : La dernière fois que le Likud au pouvoir a publié un programme détaillé du parti, c’était pendant la saison électorale 2009, qui a vu Benjamin Netanyahu installé comme Premier ministre pour la deuxième fois de sa carrière – un poste qu’il occupe depuis.

Aujourd’hui, à la veille du 9 avril, le parti de droite au pouvoir a de nouveau refusé d’exposer ses orientations, préférant plutôt se baser sur ses performances passées. C’est ainsi que Netanyahu a établi un lien entre la prospérité économique d’Israël au cours de la dernière décennie et les vues libérales sur le libre marché défendues par le parti ; insisté sur le retrait des États-Unis de l’accord nucléaire iranien, un accord contre lequel il a fait pression ; vanté les solides relations américano-israéliennes sous le président Donald Trump, notamment la reconnaissance de Jérusalem et du plateau du Golan ; et a insisté sur le soutien à la construction des implantations, l’avancement de la loi de l’État-nation juif, les liens secrets avec les États arabes, entre autres.

Une affiche de campagne du Likud représentant le président américain Donald Trump et le Premier ministre Benjamin Netanyahu se serrant la main, est visible à Tel Aviv, le 3 février 2019. (Roy Alima/Flash90)

Après avoir approuvé la création d’un État palestinien en 2009, M. Netanyahu s’est éloigné du soutien ouvert à cette idée et, ces dernières années, tant la Maison Blanche que certains de ses rivaux politiques ont semblé suivre son exemple.

A LIRE : État palestinien : L’évolution de la pensée de Benjamin Netanyahu

Son gouvernement a dit qu’il examinerait le plan de paix Trump, qui devrait être publié au cours des prochains mois, avec un esprit ouvert. (Le contenu du plan a été étroitement gardé secret, et on ne sait toujours pas s’il comprend un État palestinien). En fin de campagne, il a promis d’appliquer la souveraineté israélienne aux implantations en Cisjordanie.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu visite le marché Hatikva de Tel Aviv, le 2 avril 2019. (Crédit : Flash90)

En ce qui concerne la religion et l’État, le parti s’en tient au statu quo de longue date à la demande de ses partenaires de la coalition ultra-orthodoxe et n’a pas cherché à rompre l’équilibre existant sur des questions telles que Shabbat, le mariage et le divorce, et la conversion.

Netanyahu entre dans la course avec la perspective d’une inculpation criminelle imminente : Le procureur général a annoncé qu’il l’accusera de fraude et d’abus de confiance dans trois affaires, et de corruption dans l’une d’elles, en attendant une audience qui devrait avoir lieu en juillet. S’il gagne cette élection et continue à gouverner après le dépôt d’un acte d’accusation, Israël entrera en territoire inconnu, préviennent les autorités judiciaires, bien qu’en vertu de la loi, il ne soit pas obligé de démissionner à moins d’être condamné pour des accusations de turpitude morale et après avoir épuisé tous les recours.

A lire : Avec 6 millions de fans sur la Toile, Netanyahu est prêt pour les élections

Principales personnalités : Dans le top 10, après Netanyahu (qui a été réélu à la tête du parti lors d’un vote en 2016), se trouvent le président de la Knesset, Yuli Edelstein, le ministre des Transports, Yisrael Katz, le ministre de la Sécurité publique, Gilad Erdan, l’ancien ministre de l’Intérieur, Gideon Saar, Miri Regev, ministre de la Culture, Yariv Levin, ministre du Tourisme, Yoav Gallant, ministre de l’Immigration, Nir Barkat, ancien maire de Jérusalem, et Gila Gamliel ministre de l’Egalité sociale.

Une affiche géante de campagne électorale montrant le Premier ministre Benjamin Netanyahu à Jérusalem, le 31 mars 2019. (Noam Revkin)

A lire : Malgré sa campagne clivante, un village bédouin sera-t-il fidèle à Netanyahu ?

Quelque chose que vous ne savez peut-être pas : si Netanyahu est réélu et reste au pouvoir jusqu’à la mi-juillet, il détrônera David Ben Gurion, le Premier ministre fondateur, en tant que Premier ministre le plus longtemps au pouvoir en Israël.

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Kakhol lavan de Benny Gantz

Programme : Créé en février à la suite d’une fusion entre Hossen LeYisrael de l’ancien chef de Tsahal Benny Gantz, (qui comprend également la faction Telem dirigée par Moshe Yaalon) et Yesh Atid de Yair Lapid, le parti centriste Kakhol lavan est immédiatement devenu le principal et unique challenger viable du Likud, parti dirigeant.

Acceptant d’unir leurs forces pour tenter de remplacer M. Netanyahu au poste de Premier ministre, les deux dirigeants ont conclu un accord de rotation en vertu duquel M. Gantz serait Premier ministre pendant deux ans et demi, suivi de M. Lapid pendant les deux années restantes, s’ils remportent l’élection. Suivant dans un premier temps l’exemple de Hossen LeYisrael en gardant ses propositions politiques clés, Kakhol lavan a finalement publié un programme détaillé de 45 pages basé principalement sur la plate-forme de 200 pages déjà publiée par Yesh Atid.

A lire : Lapid se confie sur la campagne, le programme de Kakhol lavan et Israël

Le contenu du programme diplomatique énoncé dans le manifeste comprend le soutien en faveur d’une Jérusalem « unie » comme capitale d’Israël, le maintien du contrôle israélien sur la vallée du Jourdain, le maintien des blocs d’implantations en Cisjordanie, avec en parallèle une détermination à engager les négociations avec les Palestiniens. Tout en promettant qu’il n’y aura pas de « second désengagement », à l’instar de celui de Gaza en 2005, la plate-forme indique également que le parti va « initier une conférence régionale avec les pays arabes qui cherchent la stabilité et approfondissent le processus de séparation des Palestiniens tout en maintenant partout les intérêts sécuritaires sans compromis de l’Etat d’Israël et la liberté de Tsahal ».

Benny Gantz (à droite) et Yair Lapid du parti Kakhol lavan visitent un centre commercial dans la ville d’Ashdod, au sud d’Israël, le 8 mars 2019. (Flash90)

A lire : Benny Gantz au TOI : l’avenir de la démocratie est en jeu dans cette élection

Sur les questions sociales, le parti affirme qu’il « préservera l’identité juive de l’Etat parallèlement à la réalisation du droit de chaque personne et de chaque communauté à façonner leur mode de vie dans la liberté et la tolérance », soutenant les initiatives bloquées par les ultra-orthodoxes, comme les transports publics le Shabbat et la suppression de la loi « commerces à Shabbat » qui interdit certaines activités économiques le Shabbat.

S’attaquant à d’autres questions qui ont irrité les législateurs ultra-orthodoxes, la plateforme promet également d’adopter une législation autorisant les unions civiles homosexuelles et la gestation pour autrui (GPA) de couples homosexuels et inclut un engagement pour appliquer un accord actuellement gelé pour étendre la zone mixte au mur Occidental et créer un organisme unique en son genre composé de dirigeants juifs non orthodoxes pour gérer l’esplanade.

De gauche à droite : Moshe Yaalon, Benny Gantz et Yair Lapid, les dirigeants de la coalition Kakhol lavan, lors de l’annonce de leur alliance à Tel Aviv, le 21 février 2019. (Ilia Yefimovich/Getty Images)

Principales personnalités : Outre Gantz, qui a été chef d’état-major de Tsahal de 2011 à 2015 et l’ancien présentateur de télévision Lapid, les ex-chefs d’état-major Yaalon et Gabi Ashkenazi forment la direction du parti. Ils sont suivis sur la liste du parti par Avi Nissenkorn, président du syndicat de la Histadrout, en cinquième position. Le top 10 est complété par les députés Yesh Atid Meir Cohen et Ofer Shelah ; Miki Haimovich, ancien journaliste et militant écologiste ; Orna Barbivai, la première et seule femme générale de Tsahal ; et Yoaz Hendel, chroniqueur et directeur de l’Institute for center-right Zionist Strategies think tank, qui occupait précédemment un rôle clé au service de Netanyahu.

A lire : Un meeting de Kakhol lavan avec les Arabes israéliens gâché par la sécurité

Quelque chose que vous ne savez peut-être pas : Lors de l’annonce de l’accord de fusion Hossen LeYisrael -Yesh Atid, Gantz a révélé (au public et à son nouveau partenaire politique) que sa mère et le père de Lapid, tous deux survivants de la Shoah, avaient « partagé un appartement » dans le ghetto juif à Budapest avant leur déportation dans des camps de concentration en 1944.

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Le Parti travailliste d’Avi Gabbay

Programme : « La sécurité avant tout », dit le premier point de la plate-forme du Parti travailliste, ainsi qu’un vœu de « se séparer » des Palestiniens.

Le plan décrit la « vision diplomatique » à long-terme des travaillistes comme « un accord régional avec les Palestiniens et les États arabes modérés, dans lequel un État palestinien démilitarisé sera créé à nos côtés ». Le plan en trois étapes comprend l’arrêt immédiat de la construction de blocs d’implantations, l’adoption d’une législation visant à indemniser les résidents vivant en dehors des blocs pour leur réinstallation, et un référendum sur le statut futur des quartiers palestiniens de la banlieue de Jérusalem. Mais en admettant les obstacles importants qui empêchent de sortir de l’impasse actuelle, le parti admet que « cette vision de l’avenir n’est pas réalisable » à court terme.

Le président du Parti travailliste Avi Gabbay (à droite) et Tal Russo, membre du parti, visitent le marché du Carmel à Tel Aviv, le 3 avril 2019, avant les élections à la Knesset. (Tomer Neuberg/Flash90)

Le parti de centre-gauche, dans son programme de 60 pages, s’engage également à amender la loi dite de l’Etat juif avec une clause sur « l’égalité » de tous ses citoyens ; légaliser le cannabis, mettre en œuvre l’accord du mur Occidental ; reconnaître le mariage homosexuel et promouvoir la gestation pour autrui pour les couples homosexuels ; autoriser les transports publics « limités et organisés » le jour du Shabbat ; proposer une loi pour limiter la candidature du Premier ministre à deux mandats ; augmenter le salaire minimum à 7 000 shekels (1 750 euros) ; faciliter les conversions au judaïsme ; réglementer le prix du gaz des réserves naturelles israéliennes ; augmenter les allocations de l’État pour personnes âgées et handicapées, parmi tant d’autres.

Principales personnalités : Chiffres principaux : Avi Gabbay, ancien PDG de l’entreprise de télécommunications Bezeq et ancien ministre de la Protection de l’environnement (avec son parti précédent, Koulanou), a été élu président du Parti travailliste en juillet 2017 et succède ainsi à Isaac Herzog. Il est suivi sur la liste par le général de Tsahal Tel Russo, le député Itzik Shmuli et le député Stav Shaffir, les anciens chefs du parti Shelly Yachimovich et Amir Peretz, les députés Merav Michaeli, Omer Bar Lev et Revital Swid, suivis des nouvelles recrues Yair Fink, la députée Michal Biran, et Gavri Bargil, une autre recrue.

Les dirigeants du Parti travailliste israélien participent à une campagne électorale à Tel Aviv, le 18 mars 2019. (Gili Yaari/Flash90)

Quelque chose que vous ne savez peut-être pas : Malgré le fait qu’il ait été en politique pendant quatre ans et qu’il ait été ministre dans le cabinet israélien jusqu’à sa démission en 2016, Avi Gabbay n’a jamais été élu à la Knesset. (Il a été nommé ministre de la Protection de l’environnement par le dirigeant de Koulanou Moshe Kahlon en tant que candidat externe.)

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Yisrael Beytenu d’Avigdor Liberman

Programme : Dans un monde de plus en plus peuplé de partis de droite, Yisrael Beytenu tente de se distinguer comme étant le seul d’entre eux à être laïc et sans complexe.

Le président Avigdor Liberman a critiqué ouvertement la « coercition religieuse », promouvant les transports publics et permettant aux supérettes de rester ouvertes le jour du Shabbat, en plus de mettre fin au contrôle du grand rabbinat sur le mariage et le divorce. En lançant sa campagne en janvier, Liberman s’est montré ferme devant plusieurs grandes affiches avec des slogans soulignant les individus et les groupes qu’il allait affronter.

Dans cette liste figuraient aussi bien l’organisation terroriste du Hamas, le mouvement BDS et le député arabe Ahmad Tibi, que les ultra-orthodoxes – un message destiné à sa base laïque d’Israéliens originaires de l’ex-Union soviétique qui a vu leur judaïsme contesté par les autorités religieuses de l’Etat.

Les députés de Yisrael Beytenu se sont souvent opposés aux députés ultra-orthodoxes lors de leurs efforts pour réglementer les exemptions répétées à la conscription militaire des étudiants ultra-orthodoxes, un combat que Liberman a promis de poursuivre à la Knesset, à l’avenir.

L’ancien ministre de la Défense Avigdor Liberman (se penchant en arrière), récemment démissionnaire, siège avec les députés de l’opposition lors d’une réunion de la Knesset, le 19 novembre 2018. (Hadas Parush/Flash90)

La question de la sécurité a été tout aussi importante dans la campagne de Yisrael Beytenu. Liberman se vante d’avoir fait en sorte qu’Israël ait connu l’une des périodes les plus calmes de son histoire pendant ses deux ans et demi en tant que ministre de la Défense. Il se dit fier de sa décision de démissionner de son poste en novembre dernier pour protester contre un cessez-le-feu négocié avec le Hamas afin de mettre fin aux combats dans la bande de Gaza, qui selon lui, équivaut à céder au terrorisme et à abandonner les résidents du Sud d’Israël.

A lire : Liberman se présente en tenant de la ligne dure dans sa nouvelle campagne

L’ex-ministre faucon a également critiqué avec virulence la décision d’Israël d’autoriser les paiements qataris à Gaza, affirmant que seule une politique sans compromis, notamment la peine de mort pour les terroristes palestiniens, la destruction de leurs maisons et l’expulsion de leurs familles, permettra de vaincre le terrorisme.

Alors que le parti soutient pleinement les implantations israéliennes et que Liberman, en sa qualité de ministre de la Défense, a supervisé l’approbation de dizaines de milliers de maisons israéliennes au-delà de la Ligne verte, son programme ne réclame pas l’annexion de la Cisjordanie. Au lieu de cela, le parti soutient un « accord régional » qui verrait l’échange de certaines agglomérations arabes israéliennes avec des blocs d’implantations.

Principales personnalités : L’image d’Yisrael Beytenu en tant que parti unipersonnel s’est encore renforcée avec le départ à la retraite de deux de ses représentants les plus expérimentés. Néanmoins, il convient de noter la présence d’Oded Forer, qui a grimpé de six places sur la liste de droite pour atteindre la deuxième place, le député druze Hamad Hamad Amar à la sixième place, et le président de l’ONG « Disabled is not a Half-Person » Alex Friedman à la douzième.

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman (au centre) rencontre le chef de l’armée israélienne Gadi Eizenkot, le chef des services de sécurité du Shin Bet et autres hauts responsables de la Défense au siège de l’armée à Tel Aviv, le 11 novembre 2018. (Crédit : Ariel Hermoni/Ministère de la Défense)

Quelque chose que vous ne savez peut-être pas : Avigdor Liberman a une piste d’hélicoptère personnelle à l’extérieur de sa maison dans l’implantation de Nokdim qui a été construite pour le transporter rapidement au siège de Tsahal, à Tel Aviv, quand il était ministre de la Défense.

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Koulanou de Moshe Kahlon

Programme : Alors que Kahlon a ouvert sa campagne de réélection en janvier en promettant d’être « la seule voix au sein du gouvernement » à lutter contre « une législation anti-démocratique et irresponsable », il a cherché à minimiser ce message ces dernières semaines par crainte de nuire gravement à sa réputation auprès des électeurs de droite. Koulanou s’est donc concentré presque exclusivement sur la politique socio-économique, évitant les questions brûlantes telles que l’Etat de droit, les implantations et le processus de paix.

Le programme du parti est principalement axé sur la réduction du coût de la vie élevé d’Israël, Kahlon affirmant que, en tant que ministre des Finances, il a mis en œuvre avec succès les réformes promises pour faire baisser le prix des logements et veut reprendre le travail afin de pouvoir alléger davantage le fardeau financier de la classe ouvrière et de la classe moyenne.

A lire : En campagne, Kahlon s’accroche à l’espoir de redevenir un faiseur de rois

L’une des propositions clés est sa « Loi sur l’éducation de la petite enfance », qui introduirait une réforme en profondeur de l’éducation préscolaire et subventionnerait les frais de garderie dès l’âge d’un an pour qu’aucun parent ne paie plus de 1 200 shekels par mois (une économie, selon Koulanou, de quelque 15 000 shekels, soit 3 750 euros par an par famille). D’autres propositions en matière d’aide sociale comprennent l’indexation du budget de la santé sur le PIB, l’affectation des budgets des programmes de santé et d’aide sociale à la périphérie et le développement de la formation professionnelle pour le secteur ultra-orthodoxe et les minorités.

Dans d’autres projets pour le marché du logement, le programme prévoit le regroupement de toutes les autorités nationales du logement et des terres en un seul bureau, l’“accélération” du long processus de demande de logement social, et la mise en place d’un programme de prêts pour aider les acheteurs primo-accédant avant l’obtention d’un prêt hypothécaire.

Principales personnalités : Que ce soit délibéré ou non, M. Kahlon a évité d’inscrire de grands noms sur la liste de son parti, choisissant plutôt de placer les législateurs en place dans les sept premières places.

Quelque chose que vous ne savez peut-être pas : Koulanou dont le nom signifie « nous tous », tiré d’une phrase que Netanyahu a utilisée pour décrire Kahlon après avoir adopté la réforme du téléphone cellulaire. Encourageant d’autres ministres du Likud à ressembler davantage au sien à l’époque, le Premier ministre a dit : « Koulanou Kahlonim », ce qui signifie « nous sommes tous des Kahlon ».

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HaYamin HaHadash de Ayelet Shaked et Naftali Bennett

Programme : Après les élections, Shaked veut continuer d’être ministre de la Justice, tandis que Bennett, qui est actuellement ministre de l’Éducation, veut diriger le ministère de la Défense. Par conséquent, les deux questions que la nouvelle liste a mises en évidence dans sa campagne ont été axées sur la législation et la sécurité. « Shaked vaincra la Haute Cour de justice et Bennett vaincra le Hamas », peut-on lire dans l’un des principaux slogans répétés avant le vote du 9 avril.

La co-présidente de HaYamin HaHadash et ministre de la Justice Ayelet Shaked dans un clip satirique de campagne diffusé le 18 mars 2019. (Capture d’écran : Twitter)

Mme Shaked s’est engagée à poursuivre ses efforts pour réformer le système judiciaire en donnant à la Knesset une plus grande influence sur la nomination des juges, en limitant le rôle des conseillers juridiques parlementaires et en adoptant une loi qui empêcherait la Haute Cour d’annuler les lois adoptées par la Knesset. Bennett a exprimé son insatisfaction extrême à l’égard de la politique du gouvernement vis-à-vis de Gaza, qui, selon lui, a entraîné la dissolution complète de la dissuasion d’Israël contre le Hamas.

L’ancien officier de l’unité de commando Sayeret Matkal a appelé à renoncer complètement au cessez-le-feu et s’est fixé pour objectif d’anéantir complètement le Hamas par une campagne aérienne acharnée au cours de laquelle les communautés israéliennes près de l’enclave côtière seraient évacuées.

A lire : HaBayit HaYehudi continuera sans Bennett et Shaked

Sur le papier, HaYamin HaHadash est à peu près identique au parti HaBayit HaYehudi que Bennett et Shaked ont quitté en décembre dernier : il soutient une économie de libre marché et l’annexion du secteur C de Cisjordanie, où se trouvent toutes les implantations israéliennes et est totalement contre un État palestinien. Là où les deux partis divergent, c’est sur les questions de religion et d’État. Shaked et Bennett s’engagent à maintenir un partenariat total entre les Israéliens religieux et laïcs, ce qui constitue un changement important par rapport à HaBayit HaYehudi, qui se présente comme un foyer religieux assumé. La signification exacte de ce « partenariat à part entière » n’est cependant pas claire : HaYamin HaHadash garde les cartes sur sa poitrine, jurant d’établir un comité public – seulement après les élections – afin de rechercher un large consensus sur ces questions.

Le ministre de l’Education Nafatli Bennett et la ministre de la Justice Ayelet Shaked du parti HaYamin Hahadash au cours de leur campagne électorale à Jérusalem, le 23 janvier 2019. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

Principales personnalités : En plus des deux dirigeants du parti, parmi les personnalités notables figurent la propriétaire de l’équipe de football Hapoel Beer Sheva, Alona Barkat, qui a juré de représenter les communautés israéliennes du sud en tant que candidate n°3 du parti, et Shirley Pinto, activiste défendant les droits des sourds. Alors que les chances de cette dernière d’être admise à la Knesset semblent plutôt minces, son classement à la dixième place sur la liste démontre l’engagement de HaYamin Hahadash à reconnaître et à travailler pour les personnes handicapées.

Quelque chose que vous ne savez peut-être pas : HaYamin Hahadash est la seule liste avec une chance réaliste d’entrer à la Knesset qui a un nombre égal d’hommes et de femmes dans ses dix premières places ; en plus, quatre de ses six premiers membres sont des femmes.

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L’Union des Partis de Droite de Rafi Peretz

Programme : En annonçant leur décision de quitter le parti HaBayit HaYehudi en décembre dernier, Bennett et Shaked avaient affirmé qu’ils avaient été enchaînés aux responsables rabbiniques du mouvement religieux national, dont Netanyahu avait le sentiment qu’ils étaient « dans sa poche ». Les deux ministres de droite avaient passé une bonne partie de leur temps à la tête du parti à essayer de minimiser l’idée que leur parti était principalement basé sur cette communauté. C’est alors que Rafi Peretz est arrivé en tant que nouveau président d’HaBayit HaYehudi. Il a alors enfilé sans complexe l’habit du camp national religieux.

A lire : Avant de s’allier à HaBayit HaYehudi, Otzma Yehudit a dû se désavouer

L’ancien rabbin en chef de l’armée israélienne a insisté pour dire que les valeurs du mouvement sioniste religieux sont pertinentes pour tous les Israéliens, et la création du mouvement « mi-religieux, mi laïc » de HaYamin HaHadash lui a permis de se distinguer plus clairement auprès des électeurs religieux. Mais il fallait déjà passer une alliance avec le parti de l’Union nationale. Alors que Bennett avait concouru avec des partis de droite dure lors de précédentes élections, le parti a vu arriver l’influence croissante d’un sous-groupe de plus en plus religieux et nationaliste, les Hardalim, qui penche vers l’ultra-orthodoxie. Ce groupe est le mieux incarné par le député Bezalel Smortich, le nouveau dirigeant de l’Union nationale.

En outre, avec la pression intense exercée de la part de Netanyahu, Peretz a aussi accepté de fusionner avec la liste du parti d’extrême droite Otzmah Yahudit, en formant maintenant le groupe que l’on appelle l’Union des partis de droite. Tandis que Peretz et Smotrich affirment que leur alliance avec Otzma Yehudit constitue un accord « purement » technique, qui finira le lendemain des élections, le fait qu’ils aient accepté de participer à une liste commune avec un parti de disciples auto-proclamés du rabbin ultra-nationaliste Meir Kahane montre dans quelle direction souffle le vent du parti représentant le camp religieux nationaliste.

Betzalel Smotrich (à gauche) et Rafi Peretz après avoir accepté de former une liste commune de candidats pour la Knesset, entre HaBayit HaYehudi et l’Union nationale, Ie 14 février 2019. (Autorisation)

En adoptant une rhétorique partagée par plusieurs partis en cette période d’élections, l’Union des partis de droite se vend comme le véritable représentant de la droite israélienne. En plus de défendre une économie de marché libre, le parti est fermement opposé à la création d’un État palestinien et soutient l’annexion totale de la Cisjordanie tout en interdisant de voter aux non-Juifs qui vivent au-delà de la Ligne verte.

Au moment où les spéculations vont bon train que l’administration Trump va présenter son plan de paix après les élections, l’Union des partis de droite a défendu l’idée que sa présence dans la coalition, en grand nombre, serait essentielle pour restreindre Netanyahu qui autrement accepterait la proposition américaine. Les dirigeants du parti ont également appelé le gouvernement à ordonner à Tsahal de prendre des mesures punitives contre les Palestiniens en réponse au terrorisme. Cela comprend les démolitions de maisons, les expulsions des familles de terroristes et des assassinats ciblés de chefs du Hamas à Gaza.

Itamar Ben Gvir (G), de Otzma Yehudit, se dispute avec le candidat arabe israélien Ata Abu Madighem après une audience à la Cour suprême à Jérusalem, le 14 mars 2019. (Photo par GIL COHEN-MAGEN / AFP)

Alors qu’HaYamin HaHadash se focalise principalement sur la modification du système judiciaire d’Israël, cette question encore plus personnelle pour l’Union des partis de droite, qui a vu la Cour suprême disqualifier son candidat en 5ème position, le président d’Otzma Yahudit Michael Ben Ari, pour incitation au racisme.

Les dirigeants de l’Unions des partis de droite ont dit qu’ils demanderont. lors de négociations de coalition, qu’Itamar Ben Gvir, en 7ème place sur la liste et unique représentant restant d’Otzmah Yahudit, soit dans la commission parlementaire qui nomme les juges. Ils souhaitent faire entrer dans la Cour suprême des juges plus conservateurs qui, selon eux, sont plus en adéquation avec l’opinion générale.

Quelque chose que vous ne savez peut-être pas : Le président du parti Rafi Peretz a 12 enfants.

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La liste Hadash-Taal d’Ayman Odeh et Ahmad Tibi

Programme : Hadash-Taal est une alliance entre un parti communiste mettant en exergue une coopération entre Juifs et Arabes (Hadash) et une faction exclusivement arabe (Taal). Son programme politique défend la fin du contrôle militaire israélien sur les Palestiniens, l’établissement d’un Etat palestinien selon les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est pour capitale, et une « solution juste » à la question des réfugiés palestiniens qui puisse leur garantir de revenir sur les terres relevant aujourd’hui d’Israël.

Les députés Ayman Odeh et Ahmad Tibi se réjouissent après avoir soumis une liste commune de candidats de leurs partis Hadash et Taal à la commission centrale électorale de la Knesset, le 21 février 2019. (Crédit : Hadash)

Hadash-Taal soutient également l’abrogation de la loi quasi-constitutionnelle de l’État-nation et toutes les lois entravant la liberté, la reconnaissance des Arabes-Israéliens comme minorité nationale jouissant de droit personnels et collectifs, ainsi que l’égalité hommes-femmes complète.

D’après son programme, le parti soutient les intérêts des plus faibles et s’oppose aux politiques néo-libérales qui rendent « les pauvres plus pauvres » et les « riches plus riches ».

Principales personnalités : C’est Ayman Odeh qui fait figure de tête de liste pour Hadash-Taal. C’est un ancien membre de la municipalité de Haïfa qui a fait son entrée dans la politique nationale en 2015. Ahmad Tibi occupe, lui, la 2e place de la liste d’union. Député de longue date de la Knesset, il a officié comme conseiller du président de l’OLP Yasser Arafat.

Le mois dernier, La Haute Cour de Justice avait invalidé une décision de la commission centrale électorale qui avait disqualifié un candidat juif d’extrême gauche du parti, Ofer Kasif (n° 5) de la course électorale. La requête déposée à son encontre, par le parti Yisrael Beytenu, était liée à des propos qu’il avait tenus à l’égard de la ministre de la Justice Ayelet Shaked qu’il avait traitée de « pourriture néo-nazie », à sa comparaison d’Israël et son armée au régime nazi, à son appel à l’annulation de la Loi sur le retour et à la modification de l’hymne national. Il avait également accusé Israël de perpétrer un « génocide silencieux » des Palestiniens.

Ce que vous ne savez peut-être pas : Ayman Odeh parle le roumain, qu’il a appris lorsqu’il étudiait le droit dans le pays.

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Zehut de Moshe Feiglin

Programme : Alors que le parti pro-marijuana Aleh HaYarok ne se présente plus aux élections nationales pour la première fois en 20 ans, les partisans de la légalisation se sont tournés en masse vers le parti nationaliste et quasi-libertaire Zehut, dirigé par Moshe Feiglin, ancien député du Likud et idéologue de droite, qui a fait de la légalisation de la marijuana un élément de son programme radical et iconoclaste.

Le parti présente un vaste plan pour « mettre fin à la persécution des consommateurs de cannabis » par « la légalisation complète et réglementée du cannabis, fondée sur les restrictions à la vente d’alcool et sur les restrictions déjà en vigueur là où le cannabis est légal ».

Le dirigeant de Zehut, Moshe Feiglin, rencontre des électeurs potentiels à Jérusalem, le 13 mars 2019. (Noam Revkin Fenton/Flash90)

Au-delà de la légalisation de la marijuana, le programme Zehut de 344 pages présente un vaste ensemble de politiques libertaires comprenant des promesses de réorganisation du système éducatif israélien pour ressembler au programme américain de chèques scolaires, l’introduction de politiques économiques agressives et d’un impôt fixe (entre 12 % et 17 %) et l’élimination des cartes d’identité biométriques récemment introduites.

A lire : La légalisation du pot rencontre le nationalisme juif : Le Zehut de Moshe Feiglin n’est pas une blague

Elle comprend également toute une série de politiques nationalistes de droite extrémistes, appelant spécifiquement à des mesures visant à annexer toute la Cisjordanie, à encourager les Palestiniens à quitter les territoires, à déplacer les installations gouvernementales vers le Mont du Temple à Jérusalem et à limiter l’autorité de la Cour suprême et du procureur général.

A LIRE : Comment l’extrémisme du pro-cannabis Feiglin a disparu dans un nuage de fumée

Principales personnalités : Dans un effort pour renforcer le soutien de l’opinion publique en augmentant la participation au processus démocratique, Zehut a introduit la toute première élection primaire israélienne ouverte à tous les membres du public. Les candidats choisis pour les places en haut de l’affiche semblent s’unir pour rejeter les opinions dominantes et embrasser diverses questions en marge de la vie politique : l’économiste libertaire Gilad Alpher, la défenseur des droits de l’homme Ronit Dror (une femme) et Libby Molad, une avocate pour une éducation axée sur les enfants. Au numéro deux de la liste, Feiglin a nommé l’ancien député Shas Haim Amsalem, une figure dissidente de la communauté ultra-orthodoxe, connue pour ses opinions modérées sur la religion et l’État.

A lire : Qui figure sur la liste Zehut pro-cannabis de Feiglin ?

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et Moshe Feiglin à la Knesset, le 2 juillet 2013. (Crédit : Flash90)

Quelque chose que vous ne savez peut-être pas : Feiglin s’est vu interdire l’entrée au Royaume-Uni en raison d’une décision de Jacqui Smith, alors ministre britannique de l’intérieur, rendue publique en mars 2008. Citant un certain nombre de commentaires anti-arabes, y compris un appel à une « guerre sainte », le Royaume-Uni a déclaré qu’il ne pouvait pas autoriser l’entrée d’une personne « cherchant à provoquer d’autres personnes à commettre des actes criminels graves et à encourager la haine qui pourrait conduire à la violence intercommunautaire au Royaume-Uni ».

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Le Raam-Balad de Mansour Abbas

Programme : Le programme politique de Raam-Balad soutient la formation d’un lobby pour exiger l’abrogation de la loi sur l’État-nation, la création d’une commission parlementaire pour suivre le travail de la police dans les communautés arabes et la création d’une campagne visant à mettre fin à l’incitation à la haine.

Le programme soutient également l’annulation des ordres de démolition de maisons, l’élaboration de programmes d’études en fonction de l’évolution du marché du travail et la facilitation des investissements dans les communautés arabes.

Principales personnalités : Le premier candidat sur la liste de Raam-Balad est Mansour Abbas (Raam), un dentiste de Galilée. Mtanes Shihadeh, originaire de Nazareth, est le deuxième candidat le mieux classé sur la liste. Une requête de la Haute Cour de justice visant à interdire au parti de se présenter aux élections a été rejetée par les juges.

Quelque chose que vous ne savez peut-être pas : Shihadeh a écrit sa thèse de doctorat à l’Université hébraïque de Jérusalem sur l’impact de la mondialisation sur le mode de scrutin israélo-juif.

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YaHadout HaTorah de Yaakov Litzman

Le parti dirigé par le vice-ministre de la Santé, Yaakov Litzman, vise en grande partie à conserver sa position de partenaire principal de la coalition du Premier ministre Netanyahu et d’arbitre en matière de religion et d’Etat.

Selon un document interne d’un comité conseillant le parti, YaHadout HaTorah pourrait exiger un prix plus élevé pour entrer dans le prochain gouvernement, en mettant l’accent sur la réduction des opérations de transport public le jour du Shabbat et une application plus stricte contre les entreprises actives pendant le Shabbat.

Une autre priorité du parti est de faire avancer une loi assouplie pour réglementer l’enrôlement des hommes ultra-orthodoxes dans l’armée israélienne et faire obstacle à l’adoption d’un projet de loi du ministère de la Défense.

Principales personnalités : Litzman, Moshe Gafni, président de la Commission des finances de la Knesset, Meir Porush, vice-ministre de l’Education, les députés Uri Maklev, Yaakov Tessler, Yaakov Asher, Yisrael Eichler.

Aryeh Deri, chef du parti Shas, et ministre de l’Intérieur, (à droite), avec Yaakov Litzman, vice-ministre de la Santé du parti Yahadout HaTorah, lors d’une réunion conjointe de parti à la Knesset, à Jérusalem, le 19 juin 2017. (Yonatan Sindel/Flash90)

A lire : Les partis ultra-orthodoxes perdent des électeurs – au profit de Netanyahu

Quelque chose que vous ne savez peut-être pas : Selon les chiffres de l’Institut israélien de la démocratie à partir de 2018, les députés de Yahadout HaTorah ont les meilleurs taux de participation à la Knesset, avec une moyenne de 1 013 heures par an de présence. Ils sont suivis par HaBayit HaYehudi (975 heures/an) et Koulanou (948 heures/an). Les partis en dernière position sont le Meretz de l’opposition (705 heures/an) et la Liste arabe unie (707 heures/an). Selon l’étude, les villes natales des législateurs pourraient expliquer combien de temps ils passent à la Knesset, car la plupart des députés arabes, par exemple, vivent dans le nord.

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Le Shas d’Aryeh Deri

Programme : L’identité mizrahie (séfarade) et des promesses socio-économiques en toile de fond, Shas s’est attiré historiquement un soutien fort des Juifs traditionnels d’origine orientale. Mais le parti dirigé par Aryeh Deri semble aujourd’hui plus préoccupé par la conservation de son poste au sein du gouvernement. « Bibi [Netanyahu] a besoin d’un Aryeh puissant », affirme l’un des slogans de campagne du parti. Un autre appelle les électeurs à choisir Shas pour honorer la mémoire de son chef spirituel disparu, le rabbin Ovadia Yosef.

Passé par la case prison et de nouveau sous le coup d’une enquête criminelle qui pourrait donner lieu à une inculpation, Aryeh Deri a fait savoir qu’il aimerait bien garder son poste de ministre de l’Intérieur, qu’il occupe aujourd’hui.

Un ouvrier imprime des affiches de campagne électorale du parti politique Shas montrant une photo du Premier ministre Benjamin Netanyahu et du chef du parti Shas, le ministre de l’Intérieur Aryeh Deri, à la Canaan Maxi Media Printing House au centre d’Israël, le 7 mars 2019. (Yossi Zeliger/Flash90)

Principales personnalités : Aryeh Deri et les députés Yitzhak Cohen, Meshulam Nahari, Yaakov Margi, Yoav Ben-Tzur, Michael Malkieli et Moshe Abutbul.

Ce que vous ne savez peut-être pas : Cette élection représente le premier scrutin national depuis la création du journal du Shas, Haderech, en 2017. Avec ses milliers d’abonnés, sa diffusion et son électoralisme effréné séduiront-ils suffisamment d’électeurs pour que Shas conserve son influence ? Pas sur, si Netanyahu continue à lui siphonner des voix, comme Deri l’a accusé lundi soir.

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Le Meretz de Tamar Zandberg

Programme : Meretz est le seul parti traditionnel se définissant de gauche, il défend sans frein l’établissement d’un Etat palestinien ainsi que les droits des minorités et le pluralisme religieux au sein d’Israël.

« Certains dans cette élection se félicitent qu’il n’y ait ni gauche ni droite. Nous nous félicitons qu’il y ait une gauche, elle est nécessaire, et c’est le Meretz », avait déclaré sa dirigeante Tamar Zandberg lors du lancement de la campagne électorale du parti en janvier.

En plus d’appeler à des négociations immédiates avec l’Autorité palestinienne et à l’allégement des restrictions pesant sur la bande de Gaza et les Palestiniens vivant en Cisjordanie, le parti propose un vaste programme de progrès social. Seul parti à appeler ouvertement à la hausse des impôts des plus aisés, le Meretz souhaite également accroître les budgets de l’éducation et de la santé pour en améliorer les infrastructures et augmenter les salaires des enseignants et du personnel infirmier. Plus précisément, il veut introduire l’éducation gratuite dès l’âge de 1 an et recalibrer le budget de la santé afin d’accroître les investissements dans la santé publique plutôt que de développer le nombre de prestataires privés.

Défenseur de la séparation de l’Église et de l’État, le programme de Meretz demande la mise en place du mariage civil pour les Juifs et les non-Juifs, les religieux et les laïcs, les Orthodoxes et les Progressistes et les couples homosexuels comme hétérosexuels. Consacrant la plus grande section de son programme aux droits des LGBT, Meretz souhaite également allouer des fonds aux activités des associations LGBT, à la GPA, et aux services d’adoption pour la communauté transgenre.

Principales personnalités : Le Meretz a organisé ses premières primaires cette année, lesquelles ont désigné le député de longue date Ilan Gilon comme tête de liste (derrière Tamar Zandberg, qui a été élue présidente du parti l’année dernière). Les députés Michal Rozin et Issawi Frej occupent les 3e et 4e places de la liste, et le nouveau venu Ali Shalalha, un éducateur druze originaire du village de Beit Jann, la 5e.

Vidéo intégrée

מיכל רוזין

@Michal_Rozin

זכיתי לחתן את יו »ר מרצ @tamarzandberg עם בן זוגה @urizaki כדת מרצ וישראל החופשית, מחוץ לבניין הרבנות. רק מרצ מתחייבת לפרק את המונופול האורתודוכסי ולאפשר לכל איש ואישה להתחתן עם בחיר ליבו/ה ללא הבדל דת, גזע, מגדר ונטייה מינית

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Ce que vous ne savez peut-être pas : Tamar Zandberg a épousé son compagnon depuis 20 ans, le cadre du Meretz Uri Zaki, la semaine dernière pour appeler à la fin du monopole du Rabbinat sur les cérémonies de mariage. C’est leur colistière Michal Rozin qui a célébré l’union, qui n’a pas été reconnue par le Rabbinat ou l’État d’Israël.

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Gesher d’Orly Levy-Abekasis

Après avoir rompu avec Yisrael Beytenu en 2016 et avoir volé en solo en tant qu’indépendant dans l’opposition de la Knesset pendant les trois dernières années, la députée Orly Levy-Abekasis a fondé Gesher. Son parti centriste fait l’apologie des politiques économiques à caractère social, notamment des investissements publics plus importants dans le logement social, la santé, l’éducation et le bien-être, en particulier à l’extérieur du centre économique du pays. Elle s’engage également à réduire l’écart de rémunération entre les sexes en Israël, à lutter contre la violence domestique et à développer les services aux personnes âgées, les services aux handicapés et les refuges, en mettant l’accent sur le renforcement des segments défavorisés de la société.

La présidente du parti politique Gesher, la députée Orly Levy-Abekasis, fait inscrire la liste de son parti pour les prochaines élections, le 21 février 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

« Beaucoup se demandent d’où viendra l’argent pour améliorer nos vies ici et maintenant dans les domaines de la santé, du logement et de l’éducation. Ils nous accusent d’être irresponsables, d’avoir l’intention d’augmenter le déficit, de conspirer pour augmenter les impôts. C’est absurde. L’argent est là, sous notre nez », a-t-elle écrit, faisant valoir qu’une grande partie du financement gouvernemental est gaspillée ou n’est pas transférée aux projets pour lesquels il est prévu.

Dans son programme, Mme Levy-Abekasis s’élève contre toute forme d’annexion, affirmant qu’elle est en faveur d’un accord de paix avec les Palestiniens, à condition qu’il maintienne les blocs d’implantations, ne divise pas Jérusalem, reconnaisse les besoins en sécurité d’Israël et soit basé sur sa reconnaissance comme État juif. En matière de religion et d’Etat, elle s’engage à adopter le modèle Gavison-Medan.

Lorsqu’elle a lancé sa campagne en décembre, Gesher était considérée comme une force montante dans la politique israélienne et Levy-Abekasis comme une futur faiseuse de rois. Cependant, après une tentative de fusion avec le parti Hossen LeYisrael de Benny Gantz (Gantz a finalement fusionné avec Yesh Atid pour former Kakhol lavan), le soutien au parti s’est effondré. On ne s’attend pas à ce qu’il franchisse le seuil, selon de récents sondages.

Principales personnalités : L’ancien vice-président d’Intel, David « Dadi » Perlmutter, le professeur de droit Yifat Biton, l’ancien directeur général du ministère du Logement, Haggai Reznik, et d’autres personnes se sont joints à Levy-Abekasis sur sa liste de parti.

Quelque chose que vous ne savez peut-être pas : Gesher doit son nom au parti fondé par l’ancien député David Levy, le père de Levy-Abekasis, en 1995. Le parti a rejoint une alliance entre le Likud et Tzomet en 1996, pour finalement disparaître en 2003.

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Les partis « qui sont aussi en lice »

Le Bouclier d’Israël de Gal Hirsch : Le général de brigade de Tsahal à la retraite Gal Hirsch, ancien candidat controversé au poste de chef de la police d’Israël, est le chef de ce parti.

Au cours des dernières années, M. Hirsch a été confronté à de nombreuses controverses liées à ses intérêts commerciaux – des préoccupations qui ont torpillé sa nomination au poste de chef de la police en 2015.

Aujourd’hui, il espère devenir le prochain ministre israélien de la Sécurité publique (qui supervise la police israélienne). La police et l’administration fiscale israélienne devraient recommander de l’inculper pour évasion fiscale, ont rapporté les médias israéliens en décembre, deux jours après avoir annoncé son intention de se présenter à la Knesset.

Gal Hirsch, un ancien général de Tsahal pressenti pour être le prochain chef de la police israélienne, arrive pour témoigner devant la Commission Turkel qui doit se prononcer sur sa nomination, à Jérusalem le 1er septembre 2015 (Crédit photo: Yonatan Sindel / Flash90)

Dans le cadre de son programme, M. Hirsch s’engage à unir les Israéliens, à rétablir la confiance dans le système d’application de la loi et à lutter contre les inégalités et la discrimination contre les minorités israéliennes.

Donald Trump et Oren Hazan, le 22 mai 2017 (Crédit : Twitter/Oren Hazan)

Tzomet : Après que le député du Likud Oren Hazan a subi une défaiteaux primaires du parti, le législateur sulfureux a formé son propre parti et l’a appelé Tzomet (jonction), le nom d’un petit parti de droite qui était entré à la Knesset en1988 mais qui avait été oublié après avoir échoué à remporter des sièges aux élections de 1999.

Hazan, qui est entré à la Knesset à l’élection de 2015, est devenu l’enfant (vraiment) terrible du Parlement israélien, étant temporaire exclu de la Knesset à de multiples reprises pour avoir insulté d’autres élus. Peu après être entré en politique, un reportage de la chaîne d’information Hadashot a affirmé qu’il avait auparavant géré un casino en Bulgarie où les drogues dures et la prostitution étaient autorisées. Il a poursuivi en justice pour calomnie le journaliste de la chaîne Amit Segal, mais la cour a rejeté sa plainte. La campagne de Tzomet a joué sur le caractère haut en couleur de Hazan mais aussi sur des attaques contre le Likud avec le slogan « Tzomet, parce que Netanyahu est de gauche ».

Semion Grafman au Comité central des élections, le 20 février 2019. (Photo personnelle).

Betah – Bitahon Hevrati : Connu pour sa chaîne virale YouTube avec plus de 30 000 abonnés et près de 5 millions de visionnages, où il met en ligne des vidéos de ses vociférations sur l’état des services publics et de la politique, Semion Grafman espère maintenant porter son succès à la Knesset avec son parti nommé « sécurité sociale ».

Lors de sa première élection, le programme du parti met l’accent sur « l’éducation, la protection sociale, l’égalité du fardeau, l’infrastructure, la santé, la rationalisation de l’application de la loi et, ce qui est peut-être ironique, la lutte contre la corruption ». Avant d’être connu sur Internet, Grafman a été arrêté en 2009 aux États-Unis pour fraude et blanchiment d’argent, puis incarcéré pendant un an et demi dans une prison fédérale avant de retourner en Israël en 2015, où il a lancé sa chaîne YouTube. Soumettant officiellement sa liste à la commission centrale électorale, Grafman a demandé que son parti soit représenté sur les bulletins de vote par les lettres hébraïques פק, qui se lit phonétiquement comme « fuck ». On lui a attribué la lettre ן.

A lire : Votez « FK » : rencontre avec l’ex-détenu russophile candidat à la Knesset

Ahrayut Lameyasdim : L’ancien membre de la Knesset Haim Dayan (Tzomet, 1992-1999) n’a que 59 ans et n’a aucune intention de prendre sa retraite prochainement. Mais le commandant de police, devenu politicien, devenu fondateur de l’association caritative, a néanmoins créé un parti centré uniquement sur les droits des retraités. Le parti est soutenu par le chimiste Dan Shechtman, lauréat du prix Nobel, mais on ne s’attend même pas à ce qu’il s’approche du seuil électoral.

Au cours de son mandat, Dayan s’est fait entendre dans la sensibilisation à la violence domestique en Israël – et a été accusé, au cours de son mandat, par son épouse de violence. Bien qu’elle ait finalement retiré sa plainte, le couple a divorcé. En 2005, sa deuxième femme a accusé Dayan de violence, bien que l’affaire n’ait jamais été instruite après qu’il a présenté à la police des enregistrements suggérant qu’elle avait attaqué un parent non identifié.

(Les partis d’intérêt particulier et de nouveauté existent depuis des décennies, ajoutant souvent de l’humour et du surréalisme à la publicité télévisée et radiophonique préélectorale – sauf pour le parti des Gil Pensioners en 2006. Pour une cause perdue type, Gil a défié toutes les prédictions et remporté sept sièges de manière spectaculaire cette année-là, avec un fort soutien à Tel Aviv où les électeurs désillusionnés par la politique ont voté pour un parti dirigé par des gens qui leur ont rappelé leurs grands-parents. Comme on pouvait s’y attendre, Gil s’est effondré dans une orgie de luttes intestines amères au cours de la législature suivante).

Un deuxième Parti des retraités se porte également candidat aux sièges de la Knesset, dirigé par Amit Saar Shalom. Dans ses publicités électorales, il accuse le gouvernement d’ignorer les personnes âgées et de se préoccuper de ses propres affaires de corruption. « Ils sont occupés, bla bla bla », dit sa publicité de campagne sur les politiciens, juxtaposée à des images de personnes âgées et de pauvres.

Un troisième parti, Justice sociale, promet d’augmenter les prestations pour les personnes âgées et les subventions pour les personnes handicapées, à la suite d’une protestation d’une durée d’un an par des militants handicapés de tout le pays.

Le parti Shavim, qui signifie « égaux », est composé d’avocats des droits civiques qui affirment que leur objectif est de lutter pour l’égalité d’un éventail de « groupes minoritaires sous-représentés », dont les handicapées, les aînés, les victimes de la Shoah, les personnes âgées, etc. Plus précisément, le parti, dirigé par deux avocates, appelle à un « recalibrage » de la place des hommes dans la société, arguant que l’agenda féministe moderne a privé les hommes de droits clés.

Justice Pour Tous est un autre parti qui dit qu’il se battra pour le droit des personnes sous-représentées, mais dans son cas, pas des humains. Le parti dit qu’il est le premier d’Israël à se lancer dans un programme « entièrement consacré aux droits des animaux et à placer la question cruciale au centre du discours public ». Selon le programme du parti, « la Terre d’Israël a été donnée en cadeau à tous ses habitants, quelle que soit leur détermination biologique », et le gouvernement a donc une responsabilité envers les animaux aussi bien que les personnes.

Kol Yisrael Achim et Peula Leyisrael est un parti commun composé du Kol Yisrael Achim éthiopien-israélien (Tous les Israéliens sont frères), dirigé par l’ancien député Likud Aleli Admasu et Peula Leyisrael, un parti demandant des réparations en faveur des juifs ayant quitté les pays arabes pour Israël après 1948.

Zechuyoteinu Bekoleinu (« Nos droits sont dans notre vote/voix ») est un parti spécifiquement créé pour représenter les travailleurs contractuels, qui se battra pour les droits de négociation collective pour les professions des travailleurs indépendants et des entrepreneurs non permanents.

Les Pirates, dirigés par Internet, un bulletin de vote pour la diarrhée (signifie aussi un bulletin de vote à glisser à travers une fente) : Les dirigeants de la branche israélienne du parti Pirate définissent leurs objectifs comme la promotion de la liberté d’expression, de la science, de l’individu et du droit d’utiliser des œuvres protégées par des droits d’auteur, ainsi que le « développement et la promotion du secteur pirate », et une démocratie directe.

L’un des candidats sur la liste, Ohad Shem Tov, incarne la sottise exquise de certains des partis de la nouveauté israélienne. De même, Shem Tov a commencé sa vie politique au sein du parti Aleh Hayarok, qui milite pour la légalisation du cannabis, puis a lancé son propre parti pro-cannabis après ne pas avoir réussi à réunir suffisamment de voix avec Aleh Hayarok pour être élu à la Knesset. En 2009, espérant augmenter ses chances de franchir le seuil électoral (qui était de 2 % à l’époque), Shem Tov s’est associé à un autre parti sans espoir représentant les survivants de la Shoah. Et pourtant seulement 2 346 personnes ont voté pour l’improbable liste fusionnée, qui s’appelait « Holocaust Survivors and Green Leaf (Aleh Hayarok) Alumni ».

Ohad Shem Tov of the Pirate party wears a fake hook as he poses for a photograph outside the Israeli parliament. New political parties running for a spot in the upcoming Israeli elections arrived to an electoral committee inside the Israeli parliament, to claim a letter which will represent them in the January 2013 elections. December 05, 2012. (photo credit: Miriam Alster/Flash90)

Ohad Shem Tov du parti Pirate porte un faux crochet alors qu’il pose pour une photo devant le Parlement israélien, le 5 décembre 2012. (Miriam Alster/Flash90)

Yashar, un autre parti de démocratie directe, a développé une application qui modélise sa vision de la manière dont les Israéliens, à l’avenir, seront en mesure d’influer sur les votes législatifs de la Knesset directement par téléphone. « La loi sur l’enrôlement dans l’armée israélienne : Pour ou contre ? » lit-on dans un sondage en ligne. « Devrions-nous limiter le temps consacré aux enquêtes policières ? » s’interroge un autre. Le parti est dirigé par Yigal Tamir, qui travaillait auparavant pour la division du budget du ministère des Finances et a été cadre à la compagnie des eaux de Mekorot.

Le parti a fait la une des journaux grâce à ses panneaux d’affichage provocateurs montrant des politiciens de premier plan faisant un doigt d’honneur aux passants.

Une photo prise le 11 mars 2019 montre des Israéliens passant devant une affiche de campagne pour le parti politique Yashar, montrant le Premier ministre Benjamin Netanyahu, (au centre), le chef du Parti travailliste Avi Gabbay, la présidente de Meretz Tamar Zandberg, Benny Gantz et Yair Lapid faisant un doigt d’honneur, à Jérusalem. (AHMAD GHARABLI / AFP)

Le parti Ani VeAta (Moi et toi) appelle également à la création d’une plateforme pour que le public puisse contribuer plus directement au processus démocratique, « afin de briser le lien illicite entre la politique et l’argent qui a pris le dessus sur notre démocratie ». Le parti reproche à la fois à la « gouvernance d’extrême droite » et à la « faible opposition » d’avoir permis à Israël de devenir une « ploutocratie » et affirme qu’il rendra le pouvoir au peuple.

Le parti de Direction sociale, dirigé par Ilan Meshicha, candidat vétéran de la Knesset, dit qu’il s’est engagé à « prendre soin de tout le peuple d’Israël sur la base d’un engagement envers les idéaux de nos ancêtres ». Lors des élections de 2015, le parti a battu un record pour avoir reçu le moins de sièges jamais obtenus par une faction quelconque lors d’élections israéliennes – il a obtenu 223 voix. Étonnamment, le record précédent était également détenu par Mechicha qui, lors des élections de 2013, a remporté 461 voix – le plus bas jamais atteint à l’époque – avec son défunt parti, la Tradition des Pères.

Brit Olam (Alliance éternelle) est le seul parti sur les 39 en lice avec un seul candidat sur sa liste, le chef du parti Ofer Lifshitz. Si le parti, qui appelle à la création d’une « société harmonieuse qui peut être forte face à nos ennemis », passait le seuil électoral, il ne se verrait accorder qu’un seul siège alors qu’il en aurait en théorie obtenu au moins quatre.

Le parti Bretslev Na Nach a déclaré au site d’information Ynet en février que son président n’est autre que… Rabbi Nachman de Bretslev, mort au début du XIXe siècle. Le parti demande la construction d’un aéroport à Ouman, en Ukraine, le lieu de pèlerinage où le rabbi Nachman est enterré, ainsi que de permettre aux prisonniers de prier sur la tombe sous la surveillance de la police, a rapporté le site web ultra-orthodoxe Kikar HaShabat.

Dans son programme, il dit qu’il cherche à répandre la parole de Rabbi Nachman, ainsi que « la foi, la confiance en Dieu, la joie, la paix et l’unité ». Il s’oppose à la « culture de la drogue » mais appelle aussi à la dépénalisation, et s’engage à « combattre le vrai terrorisme : le désespoir ».

Des membres juifs ultra-orthodoxes de la communauté hassidique Breslev, dansent dans une rue de Jérusalem, en novembre 2009 (crédit photo : Miriam Alster/Flash90)

L’Union des Bnei Habrith est un parti chrétien israélien présidé par le capitaine du navire Bachara Shalian de Nazareth, qui vise une meilleure intégration des minorités dans la société israélienne, l’égalité et la fin de la discrimination.

Le Bloc de la Bible, ou Gush Hatanachi, se présente comme la première liste judéo-chrétienne à se présenter à la Knesset. La liste comprend des représentants des deux confessions, y compris un juif messianique, David Friedman (pas l’ambassadeur). Le parti cherche à préserver les « valeurs judéo-chrétiennes » qui, selon lui, sont menacées par l’islam radical et s’engage à lutter pour la population chrétienne sous-représentée en Israël, y compris les immigrants russes non-juifs de l’ex-Union soviétique.

Le Daam : Économie verte – Un État est un parti judéo-arabe présidé par Yoav Gal Tamir qui prône un État binational et le socialisme.

Le parti Mehatkhala (Depuis le début), dirigé par David Erez, un  » lobbyiste parlementaire autoproclamé au nom du public », promet de réorganiser le système gouvernemental pour maximiser l’allocation des ressources publiques à la santé, à l’éducation, entre autres.

Hinoukh (éducation) est un parti composé d’enseignants et d’éducateurs informels issus de divers cadres éducatifs. Le parti veut « augmenter considérablement » le financement des écoles et encourager les options d’éducation centrées sur l’enfant.

Simply Love est un parti judéo-arabe récemment créé. Selon son programme politique, la faction estime que « le moment est venu [pour Israël] de prendre des mesures qui permettront d’investir dans les intérêts des peuples de la région et de promouvoir un accord de paix global et permanent » avec les Palestiniens et les États arabes. Il promet également de faire des efforts pour établir un ministère des Affaires de la paix qui travaillera à soutenir un accord de paix. Le programme dit que Simply Love entreprendra des efforts pour réaliser l’égalité des sexes dans tous les domaines de la vie et pour renforcer la tolérance. Il souligne également que le parti s’efforcera de faire progresser les politiques économiques qui comblent le fossé entre le centre et la périphérie d’Israël. La candidate principale de Simply Love est Ruth Lillian Weisberger.

La Liste arabe a déclaré qu’elle soutient l’égalité des arabes israéliens et la création d’un État palestinien. Le principal candidat de la liste arabe est Knaan Mohammed, qui a servi à la Knesset entre 1999 et 2003 en tant que membre de Raam et du Parti national arabe.

Espoir pour le changement est un parti arabe israélien dirigé par Sheikh Aataf Krinoway, qui dirige l’ONG Social Justice And National Service basée au Néguev. Le parti dit qu’il vise à « apporter la pleine égalité aux Arabes d’Israël et à les intégrer pleinement dans la société et les institutions de l’Etat ».

On sait peu de choses du parti Kevod Haadam, qui s’est inscrit avec les objectifs vagues de faire progresser Israël en tant qu’État juif et démocratique, de protéger Israël, de promouvoir les droits civils, sociaux et culturels, d’encourager l’immigration et un libre marché, de combler les lacunes socioéconomiques.

 
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Publié par le avril 9, 2019 dans Asie, POLITIQUE

 

Turquie: les ratés du système – article de la Pravda

 

04/07/2019

http://kpu.life/ru/92570/turtsyja_sboj_systemy

Les élections locales en Turquie ont entraîné un affaiblissement de la position du parti au pouvoir. Avec l’aggravation des problèmes économiques, cela peut aggraver la situation politique interne. Les communistes offrent une solution à la crise, ayant obtenu de bons résultats et s’étant positionnés comme une force influente.

 

Récession contre ambition

 

Les citoyens turcs qui sont venus aux bureaux de vote le 31 mars, ont eu un choix difficile. En règle générale, ils ont reçu plusieurs bulletins contenant une liste de dizaines de candidats et de partis. Cela s’explique par le fait que le pays devait simultanément voter pour les chefs de province, de ville et de district, les députés des parlements régionaux et les conseils municipaux, ainsi que pour les chefs et les membres des conseils de village. En d’autres termes, la Turquie a connu des milliers de campagnes électorales à différents niveaux, et parmi elles figurent des campagnes de grande envergure telles que, par exemple, l’élection des maires d’Istanbul (15 millions ha) ou d’Ankara (5 millions ha).

 

Mais le degré d’intensité élevé de dimanche avait également une autre raison. C’étaient les premières élections après des réformes politiques à grande échelle qui avaient transformé la Turquie en un pays à système présidentiel avec les pouvoirs pratiquement illimités de Recep Tayyip Erdogan. Les changements ont été sanctionnés par référendum et sont finalement entrés en vigueur après l’élection du chef de l’Etat et du parlement l’année dernière. Le vote en cours aurait dû renforcer la position de la direction et garantir une période politique sans nuages ​​jusqu’au prochain cycle électoral. Cela est d’autant plus important qu’en 2023 sera célébré le centenaire de la République de Turquie. Selon Erdogan, cet anniversaire devra être un triomphe de ses nombreuses années de règne. C’est la raison pour laquelle le président a déclaré que l’élection était « une question vitale » et a admis: « Si nous ne pouvons obtenir le résultat souhaité, tous nos autres succès seront vains ».

 

L’inquiétude d’Erdogan n’est pas accidentelle. La vie elle-même a introduit un principe de réalité dans ses plans ambitieux. L’économie du pays connaît depuis plusieurs mois des difficultés qui se sont soldées par la première récession technique de la décennie. C’est ainsi que l’on nomme une récession sur deux trimestres consécutifs. Au troisième trimestre de l’année dernière, la baisse du PIB était de 1,6% et au quatrième trimestre, déjà de 3%.

 

La situation dans l’industrie manufacturière est encore pire, perdant respectivement 7,4% et 8,5%. La monnaie nationale, la lire, s’est dépréciée de près d’un tiers par rapport au dollar et l’inflation annuelle a dépassé les 20%. Cela se reflète directement dans les indicateurs sociaux. Le taux de chômage en Turquie a atteint 13,5%, produisant en un an un million de chômeurs. Les mises à pied massives se produisent dans la métallurgie, l’industrie du tourisme et en particulier dans la construction, où le niveau d’emploi en  seulement six mois a diminué d’un tiers, soit 550 000 personnes. Il est de plus en plus difficile aux jeunes de trouver un emploi. Un quart d’entre eux est au chômage.

 

Mais le simple fait d’avoir un emploi ne garantit pas des revenus suffisants. Plus de 2 millions de travailleurs gagnent moins que le salaire minimum officiel (2 000 lires ou 316 €), 7 millions supplémentaires doivent se satisfaire du salaire minimum ou à peine plus. Au total, cela représente 30% de la population active. Dans le même temps, les prix des produits alimentaires ont augmenté en moyenne de 25% sur un an, tandis que les tarifs de l’électricité et du gaz ont été multipliés par 1,5. La situation la plus critique est celle des légumes, dont le prix a été multiplié par deux ou trois. Les autorités ont été obligées d’ouvrir des points de vente municipaux à prix réduits. D’énormes files d’attente s’y forment et, afin de satisfaire au moins la demande, les lots sont limitées à trois kilogrammes par personne.

 

A sa manière habituelle, le président blâme « les ennemis de la Turquie », mais la raison est beaucoup plus prosaïque. Les réformes néolibérales menées depuis le début des années 2000 ont causé de graves dommages à l’agriculture. Privés de subventions, les agriculteurs ont commencé à faire faillite. Le nombre d’exploitations agricoles en dix ans est passé de 2,8 à 2,1 millions, et 3 millions d’hectares de terres agricoles ont cessé d’être cultivées. Ce pays qui exportait auparavant de la nourriture est devenu un importateur.

 

L’image de l’ennemi

 

Les problèmes économiques ont ébranlé la cote du parti au pouvoir, le Parti de la justice et du développement (AKP). Afin de remédier d’une manière ou d’une autre à la situation, les autorités ont pris des mesures urgentes. Premièrement, l’Alliance populaire, créée avant la dernière élection présidentielle, a fait sa réapparition. Elle comprend l’AKP et le Parti d’action nationaliste MHP classé à l’extrême-droite. Deuxièmement, des poids lourds ont été nommés comme candidats à des postes clés. Par exemple, le président du Parlement et ancien chef du gouvernement, Binali Yildirim, a quitté son poste pour participer à l’élection à la Mairie d’Istanbul.

 

Mais cela n’a pas été d’un grand secours, tant à cause des problèmes économiques et que de l’unification des principales forces de l’opposition – le Parti républicain du peuple (CHP), le Bon parti et un certain nombre d’autres – au sein de l’Alliance de la nation. Le Parti Démocratique des Peuples (HDP pro-Kurde) a exprimé son soutien à ses candidats dans les grandes villes, ce qui a ajouté à l’opposition quelques pourcentages indispensables.

 

Alors Erdogan et son entourage ont eu recours à un moyen éprouvé – et pas seulement en Turquie! -: détourner l’attention de la population des soucis domestiques. Le prétexte en a été l’attaque terroriste en Nouvelle-Zélande. Rappelons que le 15 mars, un homme d’extrême droite a tiré sur des paroissiens de deux mosquées. Malgré le fait que la Nouvelle-Zélande se trouve à l’autre bout du monde, Erdogan a déclaré que « le meurtrier visait notre pays, le peuple et moi-même personnellement ». Dès le lendemain de la tragédie, le président a pris la parole lors d’un rassemblement de masse dans la ville de Tekirdag. Sur un grand écran derrière lui, on voyait des images de l’attaque terroriste, prises par l’extrémiste lui-même. Ayant atteint la tension nécessaire de la foule, Erdogan a attaqué le chef du Parti républicain du peuple, Kemal Kilicdaroglu. Celui-ci avait eu l’imprudence de dire aux journalistes que des crimes religieux étaient commis dans le monde islamique. En conséquence, le président a qualifié son adversaire de « traître », « d’insolent » et l’a menacé de répondre à la police de ses paroles.

 

Le thème de la Nouvelle-Zélande et en général du « complot contre les musulmans » a été exploité sans pitié. Erdogan, qui assumait le rôle de principal agitateur de « l’Alliance du peuple », n’a pas craint de risquer un scandale diplomatique. S’exprimant à l’occasion du 104e anniversaire du début de l’opération des Dardanelles, au cours de laquelle les troupes de l’Entente ont été battues (parmi lesquelles des détachements d’Australie et de Nouvelle-Zélande), il a qualifié ces événements d’ ‘ »attaque chrétienne contre des musulmans ». « Vos grands-pères sont venus chez nous et sont rentrés chez eux dans des cercueils », tonna le président. « Si vous attaquez à nouveau, vous mourrez comme eux! » Après cela, l’ambassadeur de Turquie en Australie a été convoqué auprès du Premier ministre de ce pays pour clarification, et le ministère des Affaires étrangères de la Nouvelle-Zélande a protesté.

 

Mais c’était justement ce que voulait Erdogan. L’image de l’ennemi omnipotent et rusé créé par lui a commencé à revêtir de nouvelles couleurs, ce qui a permis d’insuffler une nouvelle vie à la campagne anti-Gülen. Rappelons que Gülen Fethullah et son mouvement Hizmet aux États-Unis sont accusés d’avoir organisé une tentative de coup d’Etat en 2016. Depuis lors, les arrestations et les licenciements de personnes soupçonnées d’avoir des liens avec le théologien déchu n’ont pas cessé en Turquie. Le nombre total d’affaires pénales dépasse un demi-million et près de 80 000 personnes ont été jetées en prison. Et maintenant, Erdogan a appelé à « ne pas gaspiller d’argent en nourriture pour les conspirateurs » et à rétablir la peine de mort.

 

Le 31 mars, cependant, il s’est produit une panne logique du système. L’opposition, qui avait axé sa campagne principalement sur les problèmes socio-économiques, a été couronnée de succès. L’Alliance populaire a perdu des villes clés, notamment Istanbul et Ankara, détenues depuis plus de vingt ans par le parti au pouvoir. Dans le premier d’entre eux, Ekrem Imamoglu a été élu maire, dans le second, Mansur Yavas.

 

De toute évidence, les dirigeants turcs n’accepteront pas l’échec. Même à la veille du vote, Erdogan a déclaré qu’il ne faisait pas confiance aux urnes et qu’il contesterait les résultats des élections. « Le pays sera au courant de tous ses crimes, et non seulement il paiera un lourd tribut, mais également les habitants d’Ankara! » – a prévenu le président, menaçant d’emprisonner le candidat de l’opposition Yavas. Il existe de nombreux outils et expériences pour ignorer la volonté populaire. Au cours des cinq dernières années, près de 100 maires et chefs de district ont perdu leur poste sous l’inculpation de sympathie pour Gülen ou les « terroristes » kurdes. Dans tous ces cas, une administration directe a été introduite et des « substituts » – des fonctionnaires de la capitale ont été envoyés. Il n’est donc pas surprenant que l’AKP ait interjeté appel le 2 avril auprès de la Commission électorale centrale pour protester contre les résultats du vote dans tous les districts d’Istanbul.

 

Le pouvoir  aux travailleurs!

 

Dans des conditions d’aggravation de la situation économique et politique, les forces de gauche deviennent une alternative de plus en plus puissante au système existant. Le Parti communiste turc (TKP) figurait parmi les 12 organisations admises aux élections et a présenté des centaines de candidats, y compris aux postes de dirigeants des grandes villes. Selon Kemal Okuyan, secrétaire général du Comité central du TKP, les partis bourgeois – partisans du gouvernement et opposants – ne peuvent répondre aux problèmes les plus importants du développement du pays et surmonter la crise. « La crise est basée sur l’organisation capitaliste de la société », a déclaré K. Okuyan lors d’un rassemblement réunissant des milliers de personnes à Istanbul le 10 mars. « Le capitalisme enlève tout espoir aux gens, suscite la peur de la pauvreté, du chômage, de la perte du logement. Il sépare les travailleurs et provoque la haine interethnique et interreligieuse. Les communistes veulent briser ce système impitoyable, qui génère inégalités, chômage, crises et guerres « .

 

La campagne électorale des communistes s’est déroulée sous le slogan « Contre le règne du capital! » et « Nous ne sommes pas dans le même bateau! », en rapport avec la déclaration d’Erdogan, qui appelait à s’unir pour surmonter ensemble la crise. Le Parti communiste souligne que les travailleurs ne peuvent pas être en accord avec les exploiteurs et les ennemis de la classe ouvrière.

 

La même idée est contenue dans le manifeste « Principes communistes pour les administrations locales ». Rappelons ses points les plus importants. Premièrement, les communistes voient la tâche principale des autorités locales dans la participation des larges masses au gouvernement. « Pas le pouvoir sur le peuple, mais le pouvoir du peuple » – c’est ainsi que leurs demandes sont formulées dans le TKP. Deuxièmement, les municipalités ne devraient pas être guidées par le profit, mais par l’amélioration du niveau de vie des citoyens. Cela implique une interdiction de la sous-traitance, un contrôle strict des offres et la lutte contre la corruption. Troisièmement, tous les fonds disponibles devraient être utilisés pour élargir l’accès aux soins de santé, à l’éducation, au logement décent, aux transports et à la culture. Les communistes disent que tous ces droits sont des droits de l’homme inaliénables et qu’ils ne peuvent être vendus ni achetés. Quatrièmement, le TKP vise la création d’un environnement propice au plein épanouissement de l’individu: réseau de bibliothèques, théâtres, institutions sportives, centres de recherche, etc. Cinquièmement, toutes les forces doivent être mobilisées pour assurer l’égalité et la liberté des femmes, ce qui nécessite la construction de crèches et de jardins d’enfants, une aide à l’emploi et une protection contre la violence. Des points distincts du manifeste sont consacrés à la protection des jeunes contre la drogue, à la création de coopératives de consommation et de production et à la lutte contre le racisme et le fondamentalisme religieux.

 

Dans le même temps, les communistes ne considèrent pas l’augmentation de la représentation dans les instances gouvernementales comme une fin en soi. «Les élections font partie de la lutte des classes», a expliqué la candidate à la mairie d’Istanbul, Zehrah Güner Karaоglu. Nous avons beaucoup de nouveaux camarades, nous avons renforcé les barricades que le prolétariat construit contre la bourgeoisie. Quel que soit le nombre de voix obtenues, nous avons gagné!  »

 

Les candidats ont acquis de l’expérience et de l’inspiration grâce aux succès de l’administration du district d’Ovacık (province de Tunceli). En 2014, le communiste Fatih Mehmet Maçoğlu en a pris la tête – pour la première fois de l’histoire du pays. Avec ses collègues, cet homme, qui a travaillé toute sa vie comme médecin ambulancier, a obtenu des résultats tangibles. Les services de santé, l’éducation, les transports et l’approvisionnement en eau sont devenus gratuits, les autorités ont étendu les cultures sur les terres de l’État, orientant les récoltes au profit des personnes dans le besoin.

 

Pour ces élections en cours, Maçoğlu avait été désigné candidat au poste de dirigeant de la province et il a remporté la victoire malgré une concurrence acharnée. « En trois mois, nous avons fait du porte à porte, malgré la neige et la pluie. Les gens nous ont crus et nous allons gérer la province ensemble! » – dit-il, appelant à la coopération de toutes les forces amies.

 

À présent qu’une «région rouge» est apparue sur la carte de la Turquie et que le nombre de votes des communistes a augmenté considérablement, ils seront en mesure de défendre avec plus de confiance les droits des travailleurs et de rallier les peuples au socialisme.

Traduit du russe par Marianne Dunlop pour Histoire et Société

 

Sergey Kozhemyakin

 
 

Alexandre Matsegora: La visite de Kim Jong-un en Russie est le point numéro 1 de notre agenda 

 

https://ria.ru/20190209/1550609121.html

Посол России в КНДР Александр Мацегора

La question du désarmement nucléaire de la péninsule coréenne se pose à nouveau dans le contexte des préparatifs du sommet nord-coréen/ américain prévus pour la fin février. A la veille de la rencontre entre Kim Jong Yun et Donald Trump, l’ambassadeur de Russie à Pyongyang Alexander Matsegora a déclaré à RIA Novosti dans un entretien quel rôle Moscou pouvait jouer dans le processus de dénucléarisation, quels sont les points à l’ordre du jour des relations bilatérales entre la Russie et la RPDC, et comment il envisage l’avenir des projets de la Russie avec les pays de la péninsule coréenne.

– Kim Jong-un prévoit-il de se rendre en Russie cette année? Quand cela pourrait-il avoir lieu et à quel point Pyongyang est-il intéressé par cette visite? Quelle ville Kim Jong-un visitera-t-il?

– Il existe une compréhension de base commune concernant la tenue d’une réunion des dirigeants de la Russie et de la RPDC. L’intérêt d’un tel sommet est réciproque. De nombreuses questions nécessitent un examen et une prise de décision au plus haut niveau. À cet égard, la visite en Russie du président du Conseil des Affaires d’Etat de la RPDC, Kim Jong-un, est au premier rang de notre agenda bilatéral.

La date et le lieu précis de la réunion, ainsi que le programme de la visite n’ont pas encore été fixés.

– Le journal Washington Post a annoncé que Moscou avait proposé à la RPDC de construire une centrale nucléaire dans le pays à l’automne 2018 en échange du refus de Pyongyang de mener des programmes nucléaires et de missiles. Est-ce vrai et comment a réagi la partie nord-coréenne?

Le message du Washington Post ne correspond pas à la réalité. Les raisons pour lesquelles une telle chose est à la base impossible sont nombreuses. L’une d’entre elles est que les Nord-Coréens développent leur programme de missiles nucléaires non parce qu’ils manquent d’électricité (bien qu’il y ait une grave pénurie dans ce domaine) et qu’ils souhaitent par conséquent résoudre le problème par cet échange. Le fait est que Pyongyang ne se sent pas en sécurité et entend pouvoir se défendre contre une attaque militaire et une ingérence des États-Unis dans les affaires intérieures de la république, grâce à la maîtrise d’un potentiel de légitime défense suffisant. Par conséquent, l’hypothèse qu’ils accepteraient de recevoir des centrales nucléaires et resteraient ainsi totalement sans défense face à la menace américaine est, à mon avis, absolument dénuée de fondement.

Steven Bigan, représentant spécial du département d’État américain pour la RPDC, a déclaré que Washington avait un plan B concernant la Corée du Nord si la diplomatie ne fonctionnait pas. Comment pouvez-vous commenter une telle déclaration? Existe-t-il une possibilité d’escalade de tension dans la péninsule coréenne cette année?

– Le plan B concerne non seulement Stephen Bigan, mais également son partenaire de négociation du côté nord-coréen, Kim Hyok Chol. Dans les médias de la RPDC, qui publient des documents reflétant la position officielle, plusieurs articles ont paru l’autre jour, indiquant que si les États-Unis ne proposaient rien de leur côté en réponse aux mesures déjà prises par Pyongyang (renonciation à fabriquer, à tester, à utiliser et à propager des armes nucléaires, fermeture d’un site d’essais nucléaires, etc.), on sera forcé de rechercher « d’autres options ». Quelles sont ces options, c’est facile à deviner. L’escalade de la situation dans la péninsule coréenne est donc tout à fait possible, même si nous espérons que les parties à la négociation auront le sens commun, qu’elles souhaitent trouver un compromis et que le pire des cas soit exclu.

– Pensez-vous que Pyongyang soit prêt à autoriser les observateurs de l’AIEA à se rendre dans leurs locaux?

– Je tiens à souligner que le principal problème concerne les installations nucléaires nord-coréennes liées au programme militaire de Pyongyang. Quant aux observateurs de l’AIEA, le mandat de cette organisation se limite à vérifier le caractère pacifique des programmes nucléaires civils. Le temps pour cela viendra plus tard. Ces inspections et autres travaux devraient être effectués par des experts d’États dotés d’armes nucléaires, notamment des États-Unis, de la Russie et de la Chine.

– Et quel rôle Moscou peut-elle jouer dans le processus de dénucléarisation de la RPDC? La Russie envisage-t-elle la possibilité d’importer des matières radioactives de la RPDC afin de dénucléariser la république? Est-ce que Pyongyang a besoin de services intermédiaires de Moscou dans le dialogue avec l’Occident?

– La dénucléarisation de la RPDC en tant que terme ne révèle pas tout le problème. Nous devrions parler de la dénucléarisation de la péninsule coréenne, élément essentiel de la tâche générale qui consiste à créer un système de maintien de la paix et de la sécurité dans la région de l’Asie du Nord-Est. De toute évidence, sans la participation la plus active de la Russie, il n’est pas possible de construire un tel mécanisme. Autant que je sache, même les Américains et les Nord-Coréens ne parlent pas entre eux d’exportation de matières radioactives de la RPDC – c’est trop tôt. En ce qui concerne la possibilité d’importer des matières radioactives nord-coréennes sur le territoire de la Russie, j’imagine mal une situation dans laquelle nous serions d’accord.

– Le projet Hasan – Rajin a-t-il un avenir?

– Je suis absolument sûr que le projet rencontrera un accueil favorable. Déjà au 19ème siècle, la Russie envisageait d’utiliser la baie de Rajin libre de glaces : à l’époque soviétique, des millions de tonnes de notre fret d’import-export passaient par le port de Rajin. Je ne doute pas que le projet fonctionnera le plus tôt possible. De plus, il ne faut pas oublier que Hassan – Rajin fait partie intégrante d’un programme beaucoup plus vaste d’organisation du trafic ferroviaire transcontinental de la Corée du Sud via la RPDC et le Transsibérien vers l’Europe. Il sera certainement mis en œuvre.

– Le projet de construction d’un gazoduc reliant la Russie à la Corée du Sud à travers le territoire de la RPDC est-il discuté? Quand en RPDC pourra-t-on installer les lignes électriques pour la fourniture d’électricité? Quelles sont les perspectives?

– Le transfert de gaz et d’électricité de la Russie vers la Corée du Sud à travers le territoire de la RPDC constitue deux projets tripartites prometteurs. Des accords fondamentaux à ce sujet entre tous ses membres existent déjà. Le problème réside dans la situation politique: une fois la sécurité et la paix garanties, les sanctions internationales imposées à la RPDC levées, la vie elle-même obligera à construire des ponts pour les hydrocarbures et l’énergie. Jusqu’à présent, il n’y a pas de telles conditions. Et, soit dit en passant, la Russie est également le défenseur le plus actif de la normalisation intercoréenne et souhaite sincèrement que le dialogue américano-nord-coréen soit couronné de succès: la mise en service de ces deux voies non seulement garantit la sécurité de nos frontières extrême-orientales, mais nous apporte également des avantages économiques tangibles.

Traduit par Marianne Dunlop pour Histoire & Société

 
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Publié par le février 14, 2019 dans Asie, Russie

 

Seule une économie réelle peut assurer le progrès durable de la Chine

Cet article montre à la fois les faiblesses d’un pays émergent et la nécessité de rattraper les retards technologiques, ainsi que la capacité de l’Etat socialiste à maîtriser les orientations économiques.

bonne année du cochon…

Par Xiang Songzuo Source: Global Times Publié: 2018/8/16 20:53:40

http://www.globaltimes.cn/content/1115729.shtml

Au cours du développement économique des 40 dernières années, la Chine a vu l’émergence d’un certain nombre de marques célèbres telles que les géants de la technologie connus sous le nom de BAT (Baidu, Alibaba et Tencent). Mais derrière le record, il y a des faiblesses et des risques. Il y a eu beaucoup de zèle pour la spéculation, en particulier sur le marché immobilier, et l’économie réelle a été quelque peu négligée en raison de ses faibles rendements perçus.

Les politiques immobilières de la dernière décennie ont faussé le marché en transformant les maisons en outils de placement. Les jeunes des grandes villes comme Beijing, Shanghai et Shenzhen peuvent à peine se permettre un appartement sans l’aide financière des parents des deux côtés. Avec une telle pression, il n’est pas surprenant que les jeunes deviennent plus axés sur le profit et se lancent dans la spéculation à court terme.

Avec des coûts de vie aussi élevés, les jeunes ne se sentent pas attirés par l’économie réelle, dans laquelle les entreprises ont souvent besoin de plus d’une décennie pour réussir. La transformation structurelle de la Chine et l’économie axée sur l’innovation ne seront que des slogans si l’économie réelle est laissée pour compte.

Mais la véritable économie chinoise est confrontée à divers problèmes.

Un inconvénient est que la Chine manque de technologie de base. La Chine est forte en termes de logiciels, mais elle doit encore changer les règles du jeu pour pouvoir se rapprocher du niveau technologique de la plupart des pays développés.

La deuxième lacune réside dans la fabrication de pointe. La Chine n’est toujours pas en mesure de produire des pièces et des équipements essentiels, tels que des moteurs et des puces d’aviation. Les matériaux, le savoir-faire et l’équipement sont toujours à la traîne dans ces zones.

Troisièmement, la Chine n’a pas de marques capables de concurrencer les plus grands noms mondiaux. La Chine est fière de ses milliers d’années d’histoire, mais des secteurs tels que les produits de luxe sont dominés par les marques européennes. Les marques chinoises sont moins susceptibles d’être des noms familiers et sont souvent considérées comme abordables plutôt que d’offrir une qualité élevée. Il faudra du temps et des efforts pour que les marques chinoises défient leurs rivaux occidentaux.

La Chine doit travailler sur quatre aspects pour réussir sa transformation économique.

Avant tout, le marché doit jouer un rôle décisif dans la répartition des ressources. Les entrepreneurs, plutôt que les bureaucrates, doivent avoir plus de voix et de respect. Cela nécessitera un système juridique plus développé et indépendant pour protéger les droits de propriété des entrepreneurs et des sociétés.

Deuxièmement, le système d’éducation et de recherche doit vraiment encourager la réflexion indépendante et la recherche innovante.

Troisièmement, l’économie réelle doit devenir plus importante. En 2017, les sociétés bancaires et immobilières ont réalisé la majeure partie du bénéfice net total de plus de 3 000 sociétés cotées sur le marché des actions A. Les entreprises et les investisseurs individuels ont investi de l’argent dans la spéculation immobilière. La politique gouvernementale est nécessaire pour ajuster cette situation.

Enfin, les entrepreneurs doivent être plus patients. La plupart des entrepreneurs chinois sont obsédés par la création de nouveaux modèles économiques et par le fait de devenir des acteurs de l’économie virtuelle. C’est comme mettre la charrue avant les bœufs. Certains d’entre eux sont tombés dans le pétrin en mettant sur pied des projets soi-disant novateurs, en stimulant les évaluations de leurs entreprises et en finissant par les encaisser. Pas assez d’entre eux se sont concentrés sur la mise en place de technologies de base, de fabrication de pointe et de marques puissantes.

La réforme et la transformation économiques sont une tâche ardue. Les frictions commerciales sino-américaines de cette année ont montré les avantages et la force sous-jacente de l’économie chinoise. Mais il a également révélé certaines lacunes. Les Chinois doivent se rendre compte des dangers de la spéculation à court terme surchauffée. Le secteur immobilier a généré des profits exorbitants, mais il est temps de mettre un terme à cette distorsion et de donner plus de poids à l’économie réelle. Ce qui importera le plus à long terme, c’est l’amélioration des moyens de subsistance des populations afin qu’elles puissent consacrer leur énergie à l’économie réelle.

L’auteur est directeur adjoint de l’Institut monétaire international de l’Université Renmin de Chine. bizopinion@globaltimes.com.cn

 
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Publié par le février 14, 2019 dans Asie, Chine, Economie

 

Les événements en Amérique latine et le repartage impérialiste du monde

 

Dans une interview accordée à la Pravda, Dmitry Novikov, vice-président du Comité central du Parti communiste de la Fédération de Russie, a répondu aux questions sur le bilan de son voyage au Venezuela et au Nicaragua et sur la nature des processus en cours en Amérique latine.

 

La Pravda, n ° 12, les 5 et 6 février 2019

https://kprf.ru/party-live/cknews/182376.html

Le Venezuela au centre des contradictions mondiales

– Dmitry Georgievich, nous parlons à un moment où l’attention de la planète entière est fixée sur le Venezuela. Ce pays a été l’objet d’une tentative de coup d’État. Vous étiez récemment au Venezuela, vous avez participé à un événement politique important: l’investiture du président Maduro. Cet événement peut-il être considéré comme une revue des forces internes qui soutiennent les autorités légitimes et des forces internationales du point de vue de leur attitude envers la République bolivarienne?

– Bien sûr que oui. De ce point de vue, la première chose à noter est le lieu où l’inauguration a eu lieu. Elle s’est déroulée dans les locaux de la Cour suprême, ce qui reflète bien déjà les particularités de la situation politique intérieure actuelle au Venezuela. La Constitution actuelle de cet État désigne clairement deux plates-formes politiques sur lesquelles la procédure de prise de fonction de président peut être tenue. Il s’agit de l’Assemblée nationale du pays et de la Cour suprême.

En ce qui concerne l’Assemblée nationale, de nombreux événements récents qui suscitent l’attention des médias dans le monde y sont associés. La majorité lors des dernières élections a été remportée par les représentants de l’opposition. Et personne ne conteste la légitimité du vote, y compris les chavistes. Mais d’autres actions du parlement liées au non-respect des prescriptions de la plus haute instance judiciaire ont invalidé la composition actuelle de l’Assemblée nationale. La Cour suprême elle-même a acté le fait. À la suite de cela, ni la majorité des soi-disant députés, ni Nicolas Maduro lui-même ne souhaitaient l’investiture au sein de ce parlement illégal.

La procédure d’entrée en fonction du président s’est déroulée devant la Cour suprême. Avec d’ailleurs la participation de tous les juges sans exception. De nombreux invités étrangers, des délégations très prestigieuses, ont assisté à la cérémonie. Par leur composition, on peut évaluer avec assez de précision l’attitude des autorités des différents États à l’égard du Venezuela. Cuba, le Nicaragua, la Bolivie et le Salvador étaient représentés par leurs chefs d’Etat. Les présidents de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud sont également ont également fait le voyage à Caracas. Le Mexique, la Turquie, l’Iran, l’Afrique du Sud, la Chine, la Russie et la Biélorussie étaient bien représentés. Ce sont ces États qui se sont ensuite prononcés en faveur de la souveraineté du Venezuela, contre l’ingérence des États-Unis dans ses affaires intérieures afin de procéder à un coup d’État. Ils n’ont pas reconnu Juan Guaido qui s’est proclamé président.

Le côté opposé s’est affiché tout aussi clairement. En plus des États-Unis, le Brésil, la Colombie et d’autres alliés de Washington n’ont pas participé à l’inauguration. Quelques jours plus tard, Trump a salué Guaido pour son « accession à la présidence ». Et cela a été fait rapidement, immédiatement après la déclaration de l’imposteur pour la prise de direction du pays.

 

– La liste des États exprimant leur soutien au Venezuela bolivarien dirigé par Maduro est globalement compréhensible. Mais peut-être existe-t-il des questions concernant la Fédération de Russie, dont les autorités poursuivent une politique ouvertement antisocialiste qui n’a rien de commun avec les idées bolivariennes. Le gouvernement russe actuel, le Kremlin, a simplement une nature de classe différente. Comment expliquez-vous le soutien de Maduro par les autorités de la Fédération de Russie?

– Je pense qu’il y a deux raisons. Premièrement, nous devrions être de bien piètres politiciens si nous ne comprenions pas que, dans la politique étrangère des États-Unis vis-à-vis du Venezuela, le monde a affaire à une réincarnation de la doctrine Monroe. L’idée de proclamer le continent américain zone interdite à l’intervention des puissances européennes a été proclamée dès la présidence de Monroe dans les années 1840. L’objectif des États-Unis était de transformer l’Amérique latine en son arrière-cour. Washington n’a pas renoncé à cette doctrine au XXe siècle, tout en se faisant plus discret. Mais au tournant des 20e et 21e siècles, l’Amérique latine s’est teinte de couleurs politiques désagréables pour les États-Unis: de nombreux gouvernements étaient dirigés par des gouvernements de gauche. Leur liste ne se limitait pas à Cuba, au Venezuela et au Nicaragua. Dans la même rang se trouvaient non seulement des États comme le Salvador ou la Bolivie dirigée par Evo Morales, mais également l’Argentine dirigée par Cristina Kirchner, le Brésil dirigé par Lula da Silva. En outre, un certain nombre de structures d’intégration entre États sont apparues sur le continent dans le but de contrer les diktats de Washington.

Tout cela dans son ensemble a démontré les sérieuses possibilités des forces de gauche sur le continent. Cela ne pouvait qu’alarmer les États-Unis. Entre autres choses, le mythe selon lequel l’effondrement de l’URSS avec le socialisme avait pris fin à jamais s’est effondré. face à ce défi, Washington a décidé de réagir. Et nous assistons aujourd’hui à une revanche en Amérique latine. En Argentine, la droite est arrivée au pouvoir et le nouveau président du Brésil, selon certains hommes politiques, experts et personnalités publiques du continent, est un homme d’orientation carrément fasciste.

Mais l’opposition en Amérique latine n’est qu’une partie d’un processus mondial. Les États-Unis ont déjà évalué les principales tendances du 21e siècle. Ils considèrent que leurs principaux rivaux sont la Chine avec sa puissance économique et aussi la Russie qui malgré son affaiblissement économique, poursuit une ligne en politique internationale qui déplaît souvent à Washington. À leur tour, la Chine et la Russie ne peuvent que réagir aux actions dirigées contre elles. Je pense que c’est la première raison qui pousse le Kremlin à soutenir le président légitime du Venezuela. Et cette position est pleinement conforme aux intérêts nationaux de notre pays, elle répond à la tâche de former un monde multipolaire.

La seconde raison est l’intérêt économique des entreprises russes. Le Venezuela est l’un des pays producteurs de pétrole les plus prometteurs. La Russie a investi des fonds importants là-bas. Cela représente environ 17 milliards de dollars, pouvant générer un bon rendement. Il existe d’autres projets économiques au stade de la mise en œuvre. En Russie, certains milieux d’affaires sont donc intéressés à maintenir leurs positions au Venezuela. Et cela détermine également la position active de Moscou vis-à-vis de ce pays sur la scène internationale. Et renforcer la coopération économique est dans l’intérêt de nos deux peuples.

 

Tentative de coup d’Etat

 

– Mais revenons à l’inauguration. Elle s’est déroulée à la Cour suprême du pays. Mais les députés de l’Assemblée nationale y étaient représentés?

 

– La salle n’était pas remplie que d’ambassadeurs d’États étrangers et de membres de la Cour suprême,des ministres, des chefs de missions diplomatiques, des gradés importants de l’armée et des préfets ont assisté à l’inauguration. Il y avait des maires de nombreuses grandes villes du Venezuela. Les dirigeants du Parti de l’unité socialiste et du Parti communiste du Venezuela étaient présents. Quant aux députés de l’Assemblée nationale, je pense qu’ils étaient peu nombreux.

 

– Dans quelle mesure la procédure d’inauguration pouvait-elle laisser prévoir la transformation de l’opposition existante dans le pays en un coup d’État? Y avait-il des signes visibles d’un tel tour des événements?

 

– Pour commencer, les difficultés économiques au Venezuela ne sont nouvelles pour personne. Une situation difficile a été observée ces dernières années. Lorsque nous sommes arrivés à Caracas, on a appris que deux jours auparavant, la monnaie nationale s’était dépréciée de 20%. Les rayons dans les magasins laissent beaucoup à désirer. Le taux de chômage est important. On assiste à une réduction du pouvoir d’achat de la population. Ces problèmes sont activement utilisés par l’opposition à ses propres fins.

Mais nous devons aussi nous rappeler les causes de ces problèmes économiques : ce sont les mesures systématiques prises par les États-Unis pour saper les positions du gouvernement actuel de la République bolivarienne. Des difficultés ont été créées dans la fourniture des biens et technologies nécessaires au Venezuela. Cela a conduit à une réduction de la production de pétrole – principale source de financement national. Bien sûr, le pays extrait encore de l’or, par exemple, mais son rôle dans l’économie est beaucoup moins important.

Les États-Unis ont créé une situation économique difficile pour pouvoir en tirer parti. Déjà l’année dernière, ils ont en fait annoncé qu’ils étaient prêts à renverser le gouvernement de Maduro. En mai dernier, Washington n’a pas reconnu les résultats de l’élection présidentielle au Venezuela, sans aucun fondement, mais de façon radicale. Et en novembre, le célèbre conseiller en sécurité nationale de Trump en Russie, Bolton, a annoncé l’existence d’un «triumvirat de la tyrannie», une «troïka de la terreur». Il a désigné ainsi Cuba, le Venezuela et le Nicaragua.

Lorsque des constructions telles que «l’axe du mal», «le triumvirat de la tyrannie», etc., sont inventées, cela signifie le début d’une nouvelle étape dans la lutte contre les gouvernements qui déplaisent aux États-Unis. Il y a une pression plus sévère sur ceux que Washington considère comme ses adversaires. Mais la tentative de déstabilisation de la situation au Nicaragua, l’an dernier, s’est soldée par un échec pour les États-Unis. Et il est impossible de bouleverser la situation à Cuba, car il existe une solide unité du pouvoir et du peuple fondée sur la voie de la construction socialiste. Dans ces conditions, le Venezuela est devenu la cible principale de Washington en Amérique latine.

 

– À propos, Dmitry Georgievich, qu’est-ce qui explique que les élections présidentielles au Venezuela se soient tenues en mai et que l’inauguration n’ait eu lieu qu’en janvier de l’année suivante?

 

– Ici, bien sûr, il n’y a pas de malentendu, mais il y a une règle de la Constitution. Il est indiqué que l’investiture du président a lieu le premier mois de l’année suivant l’année des élections présidentielles. En d’autres termes, que les élections aient lieu en mai, en février ou, par exemple, en novembre, l’inauguration doit avoir lieu en janvier suivant.

Au fait, il faut garder à l’esprit que Nicolas Maduro a été soutenu par 68% des votants ayant participé au vote. Vous ne pouvez donc mettre en doute la régularité des élections qu’avec un très grand parti pris. Et le Venezuela n’appartient pas aux États où il est possible de falsifier les résultats du vote: l’opposition dans ce pays, bien que divisée, exerce une grande influence.

Je remarque que la création d’un front politique interne uni contre Maduro est longtemps restée sans succès. Maintenant, Washington est en train d’un forger un de manière agressive autour de Guaido. Les dollars américains et une intervention politique déclarée sont les piliers de ce front.

En plus de cette ligne d’attaque, d’autres ont été utilisées. Par exemple, les tensions entre le Venezuela et la Colombie se sont intensifiées à tous les niveaux. Une mention spéciale doit être faite au sujet de l’Organisation des États américains (OEA). Elle comprend les pays d’Amérique latine, les États-Unis et le Canada. Les médias russes ont perdu de vue les vicissitudes des dernières années au sein de cette organisation. En 2017, des tentatives ont été faites pour en exclure le Venezuela. En réponse, la République bolivarienne a elle-même déclaré son retrait de l’OEA, démontrant ainsi qu’elle était disposée à s’opposer à toute tentative d’ingérence dans ses affaires intérieures. Les opposants à Maduro avaient besoin de l’idée d’exclure le Venezuela de l’organisation pour pouvoir lancer une campagne bruyante contre le système politique et les dirigeants de l’État américain indocile. Toutes ces actions « sur le périmètre extérieur » étaient des éléments de la préparation d’un coup d’État.

 

– Est-il possible de considérer l’inauguration de Maduro comme un motif du coup d’État?

 

– Oui, l’inauguration a été utilisée comme un événement et un prétexte médiatique. Elle a été une sorte de déclencheur pour le passage de l’étape préparatoire à la phase de mise en œuvre des plans élaborés depuis longtemps.

Le cynisme des actions de Washington et de ses satellites est frappant. Cette fois, ils sont encore plus débridés que lors de la tragédie chilienne de 1973.

 

 

Protéger la révolution bolivarienne

 

– Les médias russes soulignent constamment que le soutien du président Maduro est l’armée. Bien entendu, en Amérique latine, il s’agit d’un facteur important, notamment en cas de coup d’État. Mais l’inauguration a eu lieu avant le coup d’État. Quelle est votre opinion sur le rôle de l’armée dans la vie politique du Venezuela?

 

– Au Venezuela, il y a une bonne armée – selon les normes de l’Amérique latine, mais pas seulement. Elle est importante en nombre. Elle est bien armée et bien entraînée. Son rôle dans la vie de la société peut être jugé à travers la procédure d’investiture du président du pays, qui comprenait deux parties. Comme nous l’avons déjà mentionné, la première partie s’est déroulée devant la Cour suprême de la République. Son événement principal a été la prestation de serment du nouveau président, la signature de documents par les personnes autorisées et le discours public de Nicolas Maduro.

Mais il y avait une deuxième partie. Elle a eu lieu à l’Académie militaire de Caracas. C’est l’un des lieux centraux des forces armées du Venezuela, leur symbole. Ici, ce n’est plus le président qui a prêté serment, mais l’armée qui prêtait serment au président lui-même. Tout cela combiné avec un défilé. Toute la procédure était menée par le ministre de la Défense, Vladimir Padrino Lopez.

Après la cérémonie, nous avons pu communiquer avec le général Lopez. C’est l’une des personnes les plus populaires et les plus influentes du Venezuela. Avec tout son comportement, il fait preuve de loyauté envers le peuple, la loi et le président.

 

– Mais pour un fonctionnement stable du système politique, quelle que soit l’importance de l’armée, sa loyauté ne suffit pas. Quelles forces soutiennent le président légitime aujourd’hui?

 

– Eh bien, parcourons la liste.

Je tiens à vous rappeler qu’après avoir été élu président, Hugo Chavez, politicien exceptionnellement populaire, a considéré pendant un certain temps son autorité personnelle, étayée par un statut officiel, comme suffisante pour la direction effective du pays. Mais il s’est ensuite rendu compte que le processus politique nécessitait une interaction durable avec le peuple, avec la société. Alors il a décidé de créer un parti qui soutenait les idées du « socialisme du XXIe siècle ».

Le parti unifié socialiste du Venezuela est aujourd’hui une structure politique de masse. Il est dynamique par lui-même et a de bonnes occasions de mobiliser les citoyens. Cela a été clairement démontré dans les derniers temps par les milliers de manifestants en faveur de Maduro. Le parti est monolithique, il n’est pas déchiré par des contradictions internes. Il est clair qu’il y a des discussions au sein de l’organisation, car il est nécessaire, par exemple, de rechercher collectivement des moyens de résoudre les problèmes économiques. Mais cela n’entraîne pas de conflits détruisant l’unité du parti.

Un certain nombre d’autres organisations de gauche n’ont pas rejoint le parti uni socialiste. Par exemple le Parti communiste du Venezuela. Il a sa propre histoire, sa propre idéologie. Ayant dans certains cas leur propre vision des problèmes urgents, les communistes et d’autres organisations de gauche soutiennent la révolution bolivarienne, le régime anti-impérialiste progressiste actuel et le président Maduro. Cela contribue également à la consolidation des travailleurs autour du président.

Au niveau municipal, des conseils publics ont été créés, qui constituent une forme de représentation populaire. Cela crée des conditions favorables à l’activité de ceux qui comprennent ce qu’ils peuvent perdre si les partisans d’une politique libérale pro-américaine étouffent les réformes initiées par Hugo Chavez. C’est la raison pour laquelle, le 10 janvier, nous avons vu dans les rues de Caracas une foule de gens venus saluer l’investiture de Maduro à la présidence. Leur comportement a clairement démontré qu’ils sont descendus dans la rue de leur plein gré et non à cause de pressions.

J’ai eu l’impression que les travailleurs au Venezuela sont conscients de leurs intérêts de classe, évaluent correctement la situation, déterminent assez précisément l’équilibre des forces. Et tout cela malgré la propagande bourgeoise libérale massive. Il ne faut pas oublier que nombre des principaux médias du pays sont aux mains des libéraux bourgeois, pas des socialistes. Mais les gens n’ont pas la mémoire courte.

Après le début des réformes de Chavez, qui ont vraiment amélioré la vie du peuple, 20 ans ont passé. Et bien que ces dernières années, le niveau de bien-être social n’ait pas augmenté et que les problèmes économiques se soient aggravés, les gens n’ont pas oublié tout ce qui avait été fait dans leur intérêt. Ils se souviennent que des quartiers entiers de logements pour les pauvres ont été construits. En fait, ils sont passés des bidonvilles à des maisons de bonne qualité. Ils se souviennent comment ils ont commencé à être éduqués et soignés. À propos, cela a été fait avec l’aide active de Cuba, qui dispose d’une médecine moderne très développée. Des milliers de médecins cubains sont venus aider le peuple et le gouvernement du Venezuela à créer des soins de santé efficaces. Et les gens n’ont pas oublié cela. Leur mémoire fournit un soutien populaire à la ligne Chávez, que Maduro personnifie aujourd’hui.

En niant cette thèse, les libéraux, y compris les Russes, poussent les hauts cris au sujet des deux, trois ou quatre millions de citoyens du Venezuela qui ont émigré de leur pays au cours des dernières années. Il n’existe pas de statistiques exactes sur la migration, mais les partisans de Maduro sont d’accord avec le fait que près d’un million et demi de personnes sont partis. Cependant, ses adversaires sont silencieux sur autre chose. Lorsque les transformations de Chavez ont élevé le niveau de vie des larges masses, environ 5 700 000 Colombiens sont venus de Colombie au Venezuela. Ils ont migré vers le pays voisin à la recherche d’un sort meilleur. Ici, ils ont trouvé du travail, se sont installés et ont obtenu la citoyenneté. Et maintenant, lorsque des difficultés économiques sont apparues au Venezuela, certains d’entre eux, utilisant des liens de parenté, ont commencé à quitter le pays qui les abritait. Donc, une proportion importante des personnes qui ont émigré du Venezuela sont des Colombiens,retournés dans leur pays d’origine. Ce détail important doit être pris en compte si nous voulons comprendre les événements dans toute leur polyvalence.

 

– Je voudrais que vous précisiez l’influence du Parti communiste du Venezuela. Quelle est son attitude vis-à-vis du cours social et politique poursuivi par les héritiers de Chavez? Comment la classe ouvrière exprime-t-elle ses positions?

 

– Selon son influence politique, il est nettement inférieur au Parti socialiste unifié du Venezuela. Dans les organismes gouvernementaux, le PCV est représenté sur une base limitée. Mais le parti protège activement les intérêts des travailleurs. Et parfois, cette mission est très risquée. On m’a donc dit que, dans les zones frontalières avec la Colombie, il y a eu des cas d’assassinats de militants paysans qui défendaient les transformations du territoire entamées sous Chavez. Parmi les victimes de cette lutte, il y a des communistes.

En ce qui concerne la profondeur des transformations au Venezuela, le gouvernement doit, selon le Parti communiste, aller plus loin, en défendant les intérêts des travailleurs et en revendiquant la démocratie. Mais il sera possible de revenir à la solution de ce problème lorsque la vie reprendra un cours normal. Maintenant, l’essentiel est de surmonter la crise et de sauver la révolution bolivarienne.

 

Le Nicaragua sur la carte politique

 

– Les événements vénézuéliens peuvent difficilement être isolés des derniers changements survenus en Amérique latine. Le balancier politique a basculé vers la droite. Vous étiez au Nicaragua. C’est une sorte de test décisif qui montre l’influence du vecteur de changement socialiste en Amérique latine. Quelles sont vos impressions sur le Nicaragua?

 

– En effet, après le Venezuela, je suis immédiatement allé au Nicaragua, où se tenait un Forum pour la paix et la solidarité. Des représentants de nombreux pays y participaient. Immédiatement après le forum, j’ai rencontré le président du Nicaragua, Daniel Ortega, et la vice-présidente, Rosalia Murillo. Nous avons discuté en détail des problèmes les plus importants. Daniel Ortega a transmis au président du Comité central du parti communiste de la Fédération de Russie, Guennadi Ziouganov des paroles de remerciement pour la remise de l’Ordre de l’amitié entre les peuples, et une invitation à se rendre au Nicaragua. Il y a eu également une conversation intéressante avec le président de l’Assemblée nationale, Gustav Cortes, le ministre des Affaires étrangères, Denis Moncade, le ministre des Finances et le coprésident de la Commission intergouvernementale russo-nicaraguayenne, Ivan Acosta, et le représentant spécial du président pour les affaires économiques, Laureano Ortega.

Soit dit en passant, le ministre des Affaires étrangères Moncada a d’abord été un militaire important, puis il a été envoyé à la tête du ministère des Affaires étrangères, qu’il dirige à un haut niveau professionnel. Lors de notre rencontre, il rentrait d’un voyage dans plusieurs pays d’Amérique latine, et d’une réunion de l’Organisation des États américains. Le président de l’OEA, Almagro, tente de soulever la question de l’exclusion du Nicaragua, mais jusqu’à présent, il a échoué.

Ainsi, les sandinistes résistent avec confiance aux pressions croissantes de l’extérieur. L’année dernière, ils ont très efficacement mis un terme à une tentative d’organiser une révolution «de couleur» au Nicaragua. Les troubles à Managua et dans d’autres villes ont duré d’avril à juillet. Cela a provoqué de graves dommages, mais la situation a été rectifiée et la situation économique s’est stabilisée à l’automne.

En ce qui concerne la situation sur le continent. Nous avons beaucoup parlé avec les participants du Forum de la paix et de la solidarité avec le Nicaragua, venus de différents pays. À en juger par la composition des présidents des États d’Amérique latine, il existe un glissement à droite dans la région. La situation de la gauche sur le continent s’est détériorée. Et ce n’est pas la conséquence d’échecs fondamentaux en politique, bien que tout le monde puisse avoir des erreurs. Le facteur le plus important dans l’affaiblissement du mouvement de gauche dans le monde a été la destruction de l’Union soviétique. Des succès locaux de forces socialistes dans des pays petits et pas très riches sont possibles, mais, comme le montre la pratique, ils peuvent être réduits à néant par le grand capital. Les événements de ces dernières années ont montré que l’impérialisme pouvait changer la situation en sa faveur. Lorsque les États-Unis ont compris qu’ils avaient affaibli leur attention sur l’Amérique latine, ils se sont davantage concentrés sur cette région et ont obtenu certains résultats.

Mais il est faux de supposer qu’il s’agit d’une tendance unidirectionnelle. Tandis que les représentants des forces de droite remplaçaient les présidents de gauche dans un certain nombre de pays, des changements opposés se sont produits au Mexique. Et c’est le plus grand État d’Amérique latine en termes de population. Plus de 133 millions de personnes y vivent. En Europe occidentale, il n’existe pas un seul pays comptant autant de citoyens. L’année dernière, le représentant du bloc de gauche, López Obrador, a été élu président du Mexique. De plus, sa victoire n’était pas inattendue, elle avait été annoncée par presque tous les analystes objectifs.

Il est important de comprendre que le basculement à droite des gouvernements ne signifie pas des changements fondamentaux dans l’humeur des travailleurs, des masses latino-américaines. Leurs positions restent les mêmes. Et la cause de la gauche n’est pas perdue ici.

 

– Il y a un autre aspect. En discutant avec des représentants des partis communistes et de gauche des pays latino-américains qui participaient en tant qu’invités aux travaux de congrès du KPRF, lors de «tables rondes» organisées par le Comité central de notre parti, nous avons remarqué une chose : même lorsque, en réalité, seuls le président et deux ou trois ministres du gouvernement représentent l’idéologie de gauche et que le reste de ses membres est ouvertement bourgeois, ils nous disent souvent que le pouvoir dans le pays appartient à la gauche. L’exemple du Brésil est étonnant: le gouvernement de gauche était plus une légende qu’une réalité. Et dès qu’il a été possible de renvoyer le président du Parti travailliste, Dilma Rousseff a été automatiquement remplacée au poste présidentiel par un représentant des forces de droite. Ces coalitions, même si elles sont dirigées par des présidents de gauche, sont trop limitées pour mettre en œuvre des politiques de gauche. Leur alliance avec la bourgeoisie ne permet pas un parcours indépendant.

 

– Dans les situations politiques difficiles, la tactique des actions joue un rôle important. Prenez le Nicaragua. Comme prétexte à manifester, l’opposition a invoqué la décision du gouvernement de limiter le financement de certains programmes sociaux. Immédiatement, l’ambassade des États-Unis s’est déchaînée. Leur soutien aux organisations à but non lucratif ayant une position anti-gouvernementale s’est considérablement accru. Des pressions ont été exercées sur les entreprises, menacées d’interdiction de commercer avec les États-Unis. En bref, les classiques du genre. L’étape suivante a été les barricades dans les rues. La capitale Managua a été livrée au pillage, bien que le Nicaragua soit considéré comme l’un des pays les plus sûrs de la région. Le gouvernement Ortega avait jugulé depuis longtemps la criminalité, vaincu la mafia de la drogue. Aux Etats-Unis, où ils affichent une lutte sans compromis contre la drogue, ils sont extrêmement mécontents du fait que Daniel Ortega ait réussi à mettre fin au trafic.

Managua est une ville avec des immeubles de faible hauteur. Les immeubles de grande hauteur ont été détruits lors d’un tremblement de terre. Pour donner à la ville un aspect plus élégant, à l’initiative de la vice-présidente du pays, Rosario Murillo, on a installé des arbres décoratifs en métal dans les rues, symbolisant l’arbre de vie. Leur aspect diurne et leur illumination la nuit embellissait la ville. Ces structures décoratives étaient un symbole non seulement de la ville, mais aussi de la préoccupation du gouvernement à l’égard de la population. L’opposition a décidé de détruire ce symbole. Les arbres ont été abattus, détruits. Le vandalisme se développait.

L’armée et la police sont restées du côté du parti sandiniste au pouvoir. Mais l’intervention de l’armée n’était pas requise. La réponse calme du gouvernement aux manifestations a été l’occasion de « relâcher la vapeur ». Quelques semaines plus tard, il n’y avait plus de femmes dans les rues de quartiers riches pour manifester avec des casseroles vides en soutien aux émeutiers. Ces « actes de solidarité » avec les manifestants ont été remplacés par l’indignation des citadins devant les barricades qui paralysaient les plus importantes artères du pays. En conséquence, l’humeur du public a changé. La tentative d’organiser un coup d’État a échoué.

Mais ici, bien sûr, il est important de savoir qu’il existe un gouvernement homogène au Nicaragua. Il est complètement contrôlé par le front sandiniste. Il n’est pas difficile d’imaginer ce qui se passerait si les ministres bourgeois dominaient sa composition. Il est à noter que dans le « triumvirat de la tyrannie » selon Bolton, les gouvernements n’ont pas de représentants des forces de droite. Ainsi, à Cuba, le parti communiste est à la tête, les sandinistes gouvernent le Nicaragua et le Venezuela n’a pas non plus de coalition gouvernementale avec des organisations bourgeoises.

 

Offensive du capital et forces de gauche

 

– Passons des problèmes relativement locaux aux problèmes généraux. Selon Lénine, la planète est entrée dans une nouvelle phase du capitalisme, non pacifique. Elle est basée sur la nécessité pour le système mondial d’exploitation d’un repartage du monde. Toutes les ressources dont l’impérialisme s’est emparé suite à la restauration du capitalisme dans les républiques de l’URSS et les pays de l’Europe de l’Est ont été détruites en un quart de siècle. Les événements du Brésil et du Venezuela peuvent-ils être considérés comme le signe d’une nouvelle offensive de la réaction mondiale, comme une des facettes de la redistribution impériale du monde?

 

– Les événements de ces dernières années en Amérique latine font certainement partie intégrante de la redistribution du monde qui a commencé. Et au Venezuela, il y a une menace directe d’intervention étrangère. Les États-Unis n’excluent pas une invasion militaire directe. Mais bien que la richesse pétrolière du Venezuela attire les capitaux nord-américains, ce serait une entreprise très risquée pour eux.

 

– Et la dernière question. Au sein de chaque pays d’Amérique latine, il existe une expérience de formation de gouvernements sur la base d’un «front large» fondé sur l’idéologie de l’antiaméricanisme. Par exemple, certains camarades qui se sont exprimés il y a un an et demi à la 19e réunion internationale des partis communistes et ouvriers à Saint-Pétersbourg ont déclaré que les formations regroupant un large éventail de partis étaient un succès politique. La question se pose: est-il possible sur cette base d’assurer l’unité des exploités et des exploiteurs? Ou, au contraire, cela témoigne-t-il de l’inefficacité de telles coalitions?

 

– Probablement, dans certaines conditions, de larges coalitions ont été un succès. Mais chaque succès a besoin de développement. Il y a des situations où les positions ne peuvent être tenues que lorsque vous avancez. Et dans le cadre d’un «front trop large», les partis sont liés par des accords de coalition.

Mais examinons les choses. Cuba a eu du succès et a suivi la voie socialiste lorsqu’il existait dans le monde une avant-garde de la construction socialiste en la personne de l’Union soviétique. Il serait difficile aujourd’hui à des pays d’Amérique latine comme le Honduras, le Panama et le Salvador de se lancer indépendamment dans une construction socialiste sans une avant-garde aussi puissante mondialement que l’URSS. La gauche est au contraire en train de résoudre une autre tâche aujourd’hui: procéder à des transformations politiques et économiques progressives, résister à l’offensive de l’impérialisme. Et de tels succès sont possibles dans l’environnement actuel. C’est dans ce but les forces de gauche entrent dans des blocs de coalition.

Pour aller plus loin, un regroupement des forces est nécessaire. En conséquence, les coalitions temporaires ont deux résultats. Soit la droite prend le contrôle de la situation entre ses mains, soit la gauche parvient à limiter considérablement les forces exprimant les intérêts du capital. Présente au pouvoir, la gauche a plus de possibilités pour organiser les masses ouvrières. Les organiser de manière à ce qu’elles soient plus résolues, plus audacieuses et plus claires dans leurs revendications. C’est cette activité des masses, le fait de s’appuyer sur elle, qui permet de réviser les accords de coalition antérieurs en faveur de la majorité des citoyens et de suivre de plus en plus vigoureusement une ligne de gauche.

Sur la photo: Dmitry Novikov, vice-président du Comité central du Parti communiste de la Fédération de Russie, et Vladimir Padrino Lopez, ministre de la Défense du Venezuela.

Traduit par Marianne Dunlop pour Histoire et Société

 

 

António Guterres : L’ONU ne reconnaît que Maduro comme président légitime du Venezuela

L’appui de l’ONU au gouvernement légitime du Venezuela est un camouflet pour Trump et pour le parlement européen. Sur le terrain, il semble que la manifestation de l’opposition ait été un bide alors que celle en soutien à Maduro a été trés suivie. Pour le moment l’opération destinée à faire basculer les forces armées vénézuéliennes est en échec. Mais il faut rester vigilants parce que les USA et leurs alliés se sont trop engagés dans le soutien au putschistes pour reculer. Tout est possible y compris leur volonté de faire du venezuela une nouvelle Syrie et par là d’aboutir à un affrontement généralisé dans le continent latino-américain. Il faudrait de la part des forces progressistes un soutien réel, en particulier une manifestation de soutien devant l’ambassade du Venezuela s’impose. (note de Danielle Bleitrach)

http://mouvementcommuniste.over-blog.com/2019/02/antonio-guterres-l-onu-ne-reconnait-que-maduro-comme-president-legitime-du-venezuela.html

Écrit par jennifer matheus le 01/02/2019. Publié dans Actualités

L’ONU refuse de prendre position en faveur du putschiste Juan Guaidó et affirme qu’au Venezuela elle agit en coordination avec le gouvernement reconnu par les pays membres.

Stéphane Dujarric, porte-parole du secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a confirmé jeudi que les Etats de l’Assemblée générale des Nations Unies (AGNU) et du Conseil de sécurité des Nations Unies (CSNU) reconnaissent Nicolás Maduro comme président constitutionnel et légitime du Venezuela.

Pour cette raison, le fonctionnaire a refusé de se positionner en faveur des intérêts du député de l’Assemblée nationale (AN) -en desacato-, Juan Guaidó, qui s’est proclamé le 23 janvier dernier « président en charge » de manière inconstitutionnelle.

Le chef de l’opposition a écrit à António Guterres samedi dernier, le 26 janvier, demandant la mise en place de « mécanismes de soutien » pour faire face à ce qu’il a appelé la « crise humanitaire » en République bolivarienne.

Dans sa réponse, M. Dujarric a déclaré jeudi que l’ONU est prête à continuer à coopérer aux activités de développement au Venezuela, en comptant sur l’approbation du gouvernement du président Nicolas Maduro, le seul gouvernement qui reconnaît.

Le porte-parole a souligné que la reconnaissance des gouvernements n’est pas une fonction du Secrétaire général de l’ONU, mais des États membres, et que dans ses relations avec les États membres, elle respecte « les décisions » de l’Assemblée générale et du Conseil de sécurité.

Quant à la détention au Venezuela de trois journalistes de l’agence de presse espagnole Efe, M. Dujarric a estimé qu’il était « crucial » que les journalistes « puissent reporter librement et que leurs droits soient pleinement respectés », au Venezuela comme dans tout autre pays.

Le ministre vénézuélien des Affaires étrangères, Jorge Arreaza, a blâmé jeudi les médias pour ces arrestations, les accusant d’avoir envoyé leurs employés sans se conformer à la loi et d’avoir « fait un scandale » contre le gouvernement. Le directeur de l’agence Efe a informé dans son compte Twitter de la libération des détenus.

Le porte-parole de l’ONU s’est également félicité de l’initiative du Mexique et de l’Uruguay d’organiser une réunion internationale dans le but de lancer un dialogue politique au Venezuela.

« De toute évidence, la communauté internationale peut jouer un rôle clé pour faciliter la conclusion d’accords inclusifs « , a déclaré le porte-parole, qui a déclaré qu’il s’attendait à recevoir des détails sur la réunion que António Guterres tiendra avec des représentants du Mexique et de l’Uruguay.

Le Venezuela connaît des jours de grande turbulence en raison de l’autoproclamation de Guaidó en tant que président par intérim, avec le soutien des États-Unis, malgré le fait que Maduro, légalement élu aux dernières élections présidentielles en 2018, a commencé son second mandat le 10 janvier.

Bien que certains pays occidentaux et latino-américains alliés à Washington aient reconnu Guaidó, d’autres comme la Bolivie, Cuba, le Mexique, la Russie, l’Iran, la Chine, la Turquie et la Syrie ont annoncé leur soutien total au gouvernement vénézuélien.

source : http://mppre.gob.ve/2019/02/01/guterres-onu-reconoce-maduro-presidente-legitimo-venezuela/

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