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le temps (CH) : paix russe dans le Golan syrien

le termps le journal suisse nous présente une vision assez réaliste des relations entre nations au Moyen orient, la Russie est apparue dans ce conflit comme une garantie de stabilité et pas seulement pour les Syriens et Bachar el Assad. (note de danielle Bleitrach)
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Un soldat de la police militaire russe et un homme de l’armée syrienne en patrouille dans le Golan syrien.
© ANDREY BORODULIN/AFP

PROCHE-ORIENT

Paix russe dans le Golan syrien

Après l’offensive menée contre les rebelles syriens, la police militaire russe est à l’œuvre en tant que médiatrice entre Damas et Israël. Elle aide aussi l’ONU à reprendre ses missions d’observatio

L’armée russe s’affiche fièrement en pacificatrice dans la plaine syrienne bordant le Golan, repassé ces dernières semaines sous le contrôle des forces de Bachar el-Assad. Et ce, autant entre Israël et le pouvoir de Damas qu’entre la population locale et le gouvernement syrien.

Juché sur le toit d’un ancien poste d’observation de l’ONU, le lieutenant-général Sergueï Kouralenko définit sa mission: «Le drapeau russe est le garant de la paix et de la stabilité dans la région.»

Le poste de l’ONU est posé sur le faîte d’El-Kroum, une colline offrant un panorama complet de la vallée bordant le plateau du Golan. Au nord, la crête du mont Hermon délimite la frontière avec le Liban. En suivant sa crête vers l’ouest, on aperçoit deux postes d’observations de l’armée israélienne dominant toute la vallée.

Lire aussi: Bachar el-Assad écrase le berceau de la révolution

Fortement endommagé par l’assaut de l’armée régulière syrienne qui l’a repris le mois dernier aux rebelles de Fatah al-Cham, proches d’Al-Qaida, le poste d’El-Kroum servait depuis 1974 à surveiller la zone démilitarisée sur le territoire syrien pour assurer la sécurité d’Israël. Les forces de l’ordre syriennes n’y sont autorisées qu’à condition de ne porter que des armes à feu légères pour des missions de police. S’y ajoute la police militaire russe, chargée de patrouiller en long et en large la zone démilitarisée pour ouvrir la voie à la mission d’observation de l’ONU.

Présence temporaire

«Toute la DMZ (zone démilitarisée) est sous notre contrôle jusqu’au point sud, qui vient tout juste d’être repris lundi, poursuit le lieutenant-général Kouralenko. Nous inspectons tous les itinéraires des patrouilles de l’ONU, qui sont très contents de notre travail.» Lors de cette visite, organisée par Moscou et à laquelle ont participé des dizaines de journalistes, aucun représentant de l’ONU n’était sur place pour confirmer ses dires.

Israël abat nos avions et nous avons dû nous contenter de l’infanterie pour déloger les terroristes

Un militaire syrien

Le militaire russe détaille les étapes de la «sécurisation»: «D’abord, les sapeurs syriens doivent désamorcer les mines, ensuite vient la police militaire russe, et enfin seulement les patrouilles de l’ONU peuvent reprendre. Pour l’instant seuls quatre itinéraires sont rouverts, la décision pour les autres sera bientôt prise par le siège de l’ONU à New York.»

Un soldat de la police militaire russe près de Tal Kroum. ANDREY BORODULIN

L’armée russe dit former une centaine de démineurs syriens pour sécuriser la zone. «Les mines sont aujourd’hui le seul danger dans la DMZ», assure Kouralenko. Il précise que la présence de la police militaire russe est «temporaire». «Nous partirons quand l’ONU nous le demandera.» Car, en principe, elle doit rester hors de la DMZ. Les postes russes sont positionnés face à ceux de l’ONU mais en deçà de la ligne dite «bravo» [limite orientale de la DMZ]. Quatre postes fonctionnent à présent et les Russes en prévoient huit à terme.

Ville fantôme

Plus bas, dans la vallée, à un jet de pierre de la frontière israélienne, la petite ville d’Al-Ahmadiyah a été largement détruite avant sa conquête par l’armée régulière syrienne et ses alliés. La police militaire russe n’autorise pas à pénétrer dans cette ville, qui semble entièrement désertée. Depuis le pont détruit donnant accès à Al-Ahmadiyah, on aperçoit le dôme crevé de la mosquée. Un militaire syrien, qui refuse d’être nommé, assure au Temps que les combats avec les islamistes de Fatah al-Cham ont été très violents et que ces derniers avaient formé une brigade de kamikazes. «Nous les avons délogés sans négociations.»

Lire également: L’aide aux Syriens, une garantie pour Israël

En revanche, des pourparlers semblent avoir eu lieu avec le puissant voisin israélien, dont le poste avancé fut aux premières loges pour observer les combats. «Israël abat nos avions et nous avons dû nous contenter de l’infanterie pour déloger les terroristes», prétend le militaire syrien. Il suggère que Russes et Américains ont servi d’intermédiaires auprès d’Israël pour que l’armée régulière puisse utiliser son artillerie contre les rebelles positionnés dans Al-Ahmadiyah. «C’est humiliant pour nous de demander aux occupants israéliens l’autorisation de libérer notre territoire.»

Observant son village natal avec un groupe d’amis depuis le pont détruit, Hamid Khalifa, 59 ans, confie ses pensées à travers le filtre d’un interprète assermenté par le gouvernement. «Je suis certain que la paix s’est durablement installée ici», déclare ce sunnite en habit traditionnel. Il explique que sa maison a été partiellement détruite dans les combats et qu’il compte sur le gouvernement pour l’aider à la reconstruire. «Je sais qu’il va d’abord s’occuper de l’infrastructure, et seulement ensuite évaluer mon cas particulier. Je pense que j’aurai une aide, mais pour l’instant je ne sais pas», soupire-t-il. Eleveur de moutons et maraîcher, il raconte avoir vécu cinq années «sous l’occupation de bandes armées».

Famille kidnappée

Vêtu de la même tunique traditionnelle et également fermier, Abdo Ishaal, 68 ans, vient tout juste de découvrir que sa maison a été détruite, dans un hameau proche d’Al-Ahmadiyah. «Je suis arrivé ce matin de Damas par un bus affrété par le gouvernement. Je vis depuis cinq ans dans la capitale, où je me suis installé pour fuir les combats». Abdo Mishaal dit vivre aujourd’hui d’une retraite versée par le gouvernement, pour qui il a longtemps travaillé comme jardinier municipal. Ce soir, il rentrera à Damas. «Dieu seul sait si je pourrai reconstruire ma maison», lâche-t-il en souriant.

Son expression change quand il est interrogé sur le sort de ses proches. «La moitié de ma famille a été kidnappée [par les rebelles] et je n’ai aucune nouvelle d’eux depuis. Je ne sais ni où ils sont ni s’ils sont vivants.» Une réponse peut-être dictée par le désir de ne pas attirer les soupçons des services de sécurité syriens, qui passent au peigne fin les territoires reconquis.

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De Pyongyang à Vladivostok

un voyageur à travers le pays « ermite » cherche réellement à le découvrir, attentif à chaque détail, un vrai voyageur pas un idéologue (note et traduction de Danielle Bleitrach)

Mon voyage à travers la frontière secrète de la Corée du Nord avec la Russie

 

La Corée du Nord, où le tourisme est étroitement contrôlé et les visiteurs doivent toujours être accompagnés par deux guides employés par l’État, n’a presque jamais permis aux étrangers de prendre le train de Pyongyang en Russie. Sachant cela, c’est avec un certain enthousiasme que je monte à bord d’un train avec un petit groupe de voyageurs lors d’un matin glacial en mars, au début d’un voyage de plusieurs jours à destination de Vladivostok. Le train qui fait sporadiquement le trajet jusqu’à Moscou n’est qu’un seul wagon. Il est nettement meilleur que les 14 autres voitures auxquelles il est couplé à Pyongyang; Ces éléments de matériel roulant tombent seulement dans la ville de Chongjin, au nord du pays, et n’ont donc pas besoin d’être impressionnants – un rôle qu’ils remplissent avec brio. La voiture internationale solitaire est en revanche marquée « première classe »,

 
« Chaque station le long du chemin est presque identique, avec deux portraits géants de Kim Il Sung et Kim Jong Il accrochés à l’extérieur »

Le paysage enneigé surgit rapidement au-delà des limites de la ville et des villages, remarquablement similaires, ponctuent l’espace depuis le train. Chacune possède des maisons traditionnelles de style bas, partagées par deux familles et disposées en rangées soignées, le tout entouré par un grand mur de village. Les plus grandes agglomérations ont aussi quelques immeubles plats, peints de couleurs vives, mais désormais fanées et écaillées. On peut voir partout des affiches de propagande, des drapeaux rouges dans le sol gelé et d’immenses slogans sur des bannière. Les gens que nous dépassons ont des visages soufflés par le vent, rougis par tous les  jours occupés au travail manuel dans les champs et à faire face aux vents arctiques. L’un d’eux attire mon attention alors qu’il regarde le passage du train, il n’est pas moins étonné de voir un étranger dans ce pays ethniquement homogène. La plupart détournent les yeux immédiatement, même si de temps en temps quelqu’un sourit.

 
 

 

Quitter la grande architecture de Pyongyang, qui  met en valeur les avenues et les espaces publics impeccables pour faire face à la réalité sans faille de la campagne nord-coréenne est une expérience qui donne à réfléchir. Malgré des années de sanctions et un isolement international croissant, Pyongyang semble plus riche en 2018 que je ne l’ai jamais vu en 15 ans de voyages dans le Nord. Il y a suffisamment de voitures sur les routes pour justifier les feux de circulation, un nombre surprenant d’étal  de nourriture, les magasins sont bien approvisionnés et les gens ont l’air mieux habillés et en meilleure santé que jamais. Mais une fois que le train passe devant la zone industrielle autour de la capitale, on est confronté à l’ histoire de pauvreté qui contredit l’image officielle projetée à Pyongyang.

Après une journée à observer le paysage aride mais captivant qui passe devant nous, nous arrivons à Hamhung peu après la tombée de la nuit. C’est la deuxième ville de la Corée du Nord, mais sa gare est éclairée par une seule lampe. Le chef de train permet aux voyageurs de la voiture internationale de circuler uniquement à certains arrêts, et c’est l’un d’entre eux car nous avons un arrêt inhabituellement long de 10 minutes. Il est passionnant d’être dans l’obscurité, où, pour une fois, les habitants – j’imagine – ne regardent pas avec stupéfaction l’étranger qui se tient sur le quai. Dès que je m’éloigne de la faible lumière du wagon, je suis englouti par l’encre noire de la nuit et je m’imagine avec quelle facilité je pouvais simplement me promener dans la ville sans que personne ne le voie. C’est la nature du voyage dans un pays si fermé et si étroitement contrôlé que l’action la plus parfaite du monde – marcher dans une rue latérale, entrer dans un magasin – devient une perspective alléchante car il est essentiellement impossible. Mais au lieu de disparaître dans le noir, je retourne dans le train, au soulagement de mes guides, et nous continuons notre voyage , c’est déjà le lendemain..

 

Il n’y a pas de wagon-restaurant dans le train et les passagers du transport international passent une grande partie de leur temps à acheter les produits disponibles au grand magasin Kwangbok de Pyongyang, préparant des nouilles séchées d’un  côté et des morceaux de fruits de l’autre . L’équipe de bûcherons nord-coréens qui se rendait à Khabarovsk dans le comportiment à côté du mien me propose des kakis glacés, puis, découvrant à cause des propos  d’un autre voyageur que c’est mon anniversaire, ils m’offrent  collectivement un concombre. Les passagers voyageant dans des voitures normales ont une situation moins confortablr. Lorsque nous entrons dans la gare de Kyongsong le lendemain matin, des dizaines de voyageurs sortent du train, décoiffés et sales, et se précipitent vers des tas de neige,

 
 

À la fin du deuxième jour, nous atteignons Chongjin, une ville industrielle et sombre caractérisée par un cercle d’immenses usines qui enfument  l’atmosphère. Ici, notre voiture scellée est découplée du reste du train et attachée à une seule locomotive qui siffle vers Rason, la dernière grande ville de la Corée du Nord avant la frontière russe. Nous arrivons à Rason peu de temps avant la tombée de la nuit et nous restons deux nuits ici. L’unique wagon nous attendra – les infrastructures nord-coréennes sont tellement mauvaises que le train à destination de la Russie quitte Pyongyang 48 heures avant qu’il ne soit nécessaire pour s’assurer qu’il pourra rejoindre le chemin de fer transsibérien à temps, et les coupures de courant sont fréquentes. Alors que les bûcherons restent à bord du wagon, mon groupe et moi partons passer deux nuits en ville, qui fait partie d’une zone économique spéciale nord-coréenne.

 

Deux jours plus tard, nous rejoignons à nouveau le train pour atteindre la zone frontalière de Tumangang, qui semble être  la fin de la terre. Sa rue en terre battue est bordée de bâtiments en décomposition – seule la gare est dans un état décent – et le seul trafic est constitué de soldats à pied et d’agriculteurs conduisant des bœufs dans les champs. Les contrôles aux frontières sont longs et hostiles. Un ingénieur ferroviaire russe qui travaille en Corée du Nord depuis trois ans semble amusé de voir une entreprise franchir la frontière. En effet, il s’agit peut-être de la frontière ouverte la moins utilisée au monde, et le sentiment d’excitation se fait de plus en plus ressentir parmi les rares individus qui s’apprêtent  à la traverser.

 

Le train se dirige enfin vers l’avant; rampant doucement   vers le pont fortement sécurisé qui traverse la large rivière Tuman. Les soldats surveillent la piste, tandis que d’autres cherchent un passager clandestin dans le train du train. La rivière Tuman silencieuse, glacée et grise, glisse sous nous alors que le train se déplace en Russie, et après le visage renfrogné d’innombrables soldats et officiels nord-coréens, c’est une grande source de bonheur la gare dans la petite ville frontalière de Khasan. Ils avaient l’air intrigués de voir des étrangers traverser la rivière. « Pouvons-nous vous attendre beaucoup plus à l’avenir, alors? », Demande l’agent des douanes. C’est peut-être un espoir.

Texte et image: Tom Masters

Tom a voyagé avec Koryo Tours . Vous pouvez suivre ses aventures de voyage sur  Instagram . 

 

 
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Publié par le août 11, 2018 dans Asie, civilisation

 

Irak : après recomptage, Moqtada Al-Sadr allié aux communistes remporte les législatives

Le vice-président irakien, le laïc Iyad Allaoui (à gauche) et le dirigeant chiite et nationaliste Moqtada Al-Sadr, à Njaf, le 7 juillet.

Le vice-président irakien, le laïc Iyad Allaoui (à gauche) et le dirigeant chiite et nationaliste Moqtada Al-Sadr, à Njaf, le 7 juillet.(photo du Monde) Prenez garde quand le Monde parle de laïc cela signifie que l’homme est des « nôtres ». L’homme a le profil de l’emploi : celui d’un gangster américain. La presse d’outre atlantique lui trouve une ressemblance frappante avec Tony Soprano, « Capo » de la Mafia régnant sur le district du New Jersey, héros d’une série télévisée à succès jouée par James Gandolfini, un acteur de série B. Un ancien de la CIA au Proche-Orient – Reuel Marc Gerecht – dresse de lui un portrait approchant dans le New Yorker : « Deux faits marquants, au sujet d’Allaoui »,dit-il, « Premièrement : il aime à se considérer comme un idéologue et, deuxièmement : sa principale qualité, c’est d’être un malfrat ! ». Il est passé du Baas à la CIA.  Donc cette photo qui illustre l’article du monde et qui nous présente une alternative, celle du laïc et celle du religieux obscurantiste, opposés l’un à l’autre est déjà une entourloupe.parce qu’il y a un travestissement de la laïcité, loin d’être la valeur progressiste qu’elle est en France, elle est dénaturée en collaboration avec l’envahisseur mais l’alliance nationale entre communiste et chiite des quartiers pauvres représentée par Moqtar-Al sadr cherche à dépasser l’adhésion religieuse théocratique sur des bases de classes et nationales. C’est un processus qui peut aller vers d’autres perspectives.

L’ article du Monde ci-dessous,  nous annonce que « Allié aux communistes, le chiite confirme sa première place, avec 54 sièges. En juin, la Cour suprême avait décidé de revoir les résultats en raison de soupçons de fraude. » Mais il ont été obligé de se ranger parce que ça remue sacrément dans la population irakienne et sur des bases de mécontentement qui n’est pas confessionnel. En fait l’Irak a une population majoritairement chiite, mais c’est aussi un pays qui a doublement été laïcisé, dans les limites du Bass, et dans celle du plus grand parti communiste du Moyen orient implanté d’ailleurs en majorité dans les zones industrielles et portuaires chiites. L’alliance du nationaliste Moqtada Al-Sadr et des communistes qui a donc   remporté les élections législatives irakiennes, après le recomptage manuel décidé en juin par la Cour suprême en raison de soupçons de fraude, a annoncé vendredi 10 août la commission électorale. Si vous savez bien lire cet article du Monde, vous remarquerez que la liste Moqtar Al-Sadr et communistes n’est pas la créature de l’Iran et du régime des Mollah. Elle cherche une stratégie de souveraineté populaire et d’indépendance nationale, elle est le résultat du mouvement populaire qui secoue l’Irak.

A cela il faut ajouter qu’avec ou sans le parrainage de l’Iran, ce qui est sûr c’est que du point de vue strictement américain, l’intervention américaine est un fiasco complet. Jugez-en plutôt :les Etats-Unis ont sacrifié un allié capable d’aller sur ordre attaquer l’Iran comme l’avait fait Saddam Hussein. Ils ont sacrifié un allié pourchassant férocement les communistes y compris avec des ministres au gouvernement, en détruisant au profit du capital, le plus grand parti du Moyen orient. C’est un formidable gâchis qui a déstabilisé durablement tout le Moyen orient, mais peut-être était-ce le but recherché?  Ils ont accompli cela sous le prétexte d’armes de destruction massive complètement bidon, après avoir inventé que saddam et son armée avait arraché la prise des bébés en couveuse et sous prétexte que Saddam Hussein et Al qaida c’était pareil (ce qui était complètement fou), il sont intervenus. Après donc avoir détruit ce pays, y avoir fait régner une guerre civile qui a causé la mort de centaines de milliers d’irakiens, détruit l’infrastructure de ce pays,  et donc présidé à la création de daech.les voici avec un régime populaire de coalition, nationale et à gauche, impulsé par un fort mouvement revendicatif.

cette magnifique intervention a été  du début à la fin et encore aujourd’hui accompagnée par  le coeur des vierges des tenants des droits de l’homme qui ont inauguré une figure qui a beaucoup servi: le nouvel Hitler. :

la persévérance dans l’erreur criminelle sous les prétextes les plus délirants n’ont visiblement calmé ni les Etats-Unis , ni leur vassaux occidentaux, ni le music hall des âmes nobles qui chante sur ordre de la CIA la mélodie des droits de l’homme à chaque intervention de l’OTAN ou des coalitions occidentales.

https://www.lemonde.fr/moyen-orient-irak/article/2018/08/10/irak-apres-recomptage-le-nationaliste-moqtada-al-sadr-remporte-les-legislatives_5340992_1667109.html

 

Voici donc l’article du monde qui ne vous dit pas tout mais prend acte…

 

Le dirigeant chiite a confirmé sa première place, avec 54 sièges, lors du premier scrutin organisé après la victoire sur le groupe djihadiste Etat Islamique (EI). L’EI avait fait trembler durant trois ans le pays en contrôlant un tiers du territoire, et notamment Mossoul, grande ville du nord, dont les terroristes avaient fait leur capitale.

Ce recomptage des bulletins, décidé en raison des failles supposées dans le décompte électronique et des soupçons de manipulation, n’a pas changé radicalement les résultats. L’unique gain concerne l’Alliance de la conquête, regroupement d’anciens combattants antidjihadistes proches de l’Iran, qui a remporté un siège supplémentaire au détriment d’une liste locale à Bagdad. Elle maintient sa seconde position, avec 48 sièges – au lieu de 47 –, a précisé la commission, composée de neuf juges.

Les six uniques changements sont intervenus parmi les candidats au sein des listes. La liste du premier ministre Haïder Al-Abadi reste en troisième position, avec 42 sièges, suivie de celle du laïc Iyad Allaoui (21 sièges), qui compte de nombreuses figures sunnites, et de celle de la liste Al-Hikma du dignitaire chiite Ammar Al-Hakim (19 sièges).

Des alliances à nouer
En raison du système électoral à la proportionnelle, aucune liste ne peut à elle seule obtenir la majorité absolue. Des alliances doivent donc se nouer pour obtenir la majorité des 329 sièges du nouveau Parlement.

La Cour suprême doit désormais proclamer les résultats définitifs, puis le président de la République sortant dispose de quinze jours pour convoquer le nouveau Parlement, qui doit élire un nouveau chef de l’Etat. Ce dernier doit alors choisir un premier ministre au sein de la coalition majoritaire.

Les tractations vont bon train et les rencontres se multiplient alors que les mouvements de contestation sont toujours vivaces, notamment dans le sud du pays. La colère gronde contre la corruption, le chômage ou l’absence de services publics, malgré les sommes colossales investies, dont une partie s’est retrouvée dans les poches de politiciens et de hauts fonctionnaires. Pour tenter de calmer les esprits, et surtout de garder son poste, le premier ministre a suspendu le ministre de l’électricité et démis quatre directeurs généraux de ce ministère emblématique, car les coupures de courant sont endémiques alors que la température atteint en été les 50 degrés.

L’Iran à la manœuvre
Moqtada Al-Sadr, qui avait fait campagne contre la corruption et organisé chaque semaine des manifestations contre ce fléau, a présenté aux autres partis une liste de 40 propositions, notamment sociales, et déclaré qu’il siégerait dans l’opposition si elles étaient refusées.

Pour la première fois depuis l’instauration du multipartisme en 2005, après la chute du dictateur Saddam Hussein et la conquête du pouvoir par les chiites, majoritaires en Irak, les partis de cette communauté se sont présentés en ordre dispersé aux législatives du 12 mai.

En outre, Moqtada Al-Sadr avait multiplié les signes d’indépendance face à l’Iran, allant même jusqu’à effectuer une visite en Arabie saoudite, grand rival de Téhéran. Depuis, la République islamique chiite est à la manœuvre. L’influent général Ghassem Soleimani, émissaire iranien régulièrement impliqué dans les affaires irakiennes, a tout d’abord tenté de constituer une coalition sans M. Sadr. Mais, ayant réalisé que celui-ci était difficile à écarter, Téhéran cherche désormais à l’inclure dans une vaste alliance, afin de le neutraliser.

 

Inde : des centaines de milliers d’ouvriers du thé en grève pour gagner 50 cents de plus par jour

« Plus de 400 000 ouvriers de quelque 370 plantations participent à cette grève de trois jours » dans l’Etat du Bengale Occidental, a précisé le président du comité central du syndicat des ouvriers du thé.

Des ouvriers du thé, le 27 avril 2017, en Inde.
Des ouvriers du thé, le 27 avril 2017, en Inde. (STRINGER / DPA / AFP)

Grève générale dans les plantations de thé. Mardi 7 août, des centaines de milliers d’ouvriers dans l’est de l’Inde ont entamé une grève pour obtenir une augmentation de 50 cents par jour. « Plus de 400 000 ouvriers de quelque 370 plantations participent à cette grève de trois jours » dans l’Etat du Bengale Occidental, a précisé le président du comité central du syndicat des ouvriers du thé.

« Le salaire minimum journalier d’un ouvrier à la plantation est de 169 roupies (2,46 dollars). Nous avons demandé une augmentation de 20% à 203 roupies (2,96 dollars) », a-t-il ajouté. Les grévistes n’ont pour l’instant pas perturbé le travail dans les plantations de Darjeeling, célèbres pour leur thé exporté à travers le monde.

Une vingtaine de syndicats locaux soutiennent la grève

Selon les médias, une vingtaine de syndicats locaux soutiennent la grève. Les syndicats espèrent exercer la pression maximale sur les propriétaires pendant la période de mousson quand la production atteint des sommets et les pertes financières seraient les plus importantes.

« Nous sommes sensibles à la question et essayons de trouver une solution pour augmenter le salaire minimum des ouvriers », a déclaré à la presse un ministre régional, Gautam Dev. Vestiges de la période coloniale britannique, les plantations de thé font régulièrement les gros titres de la presse indienne en raison des conflits salariaux et des mauvaises conditions du travail.

 

La Chine et l’ASEAN s’engagent pour une communauté d’avenir partagé plus étroite sur la base de leur partenariat de 15 ans

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© Chine Nouvelle (Xinhua) – Xinhua, le 05/08/2018

Envoyé par Jean-Claude Delaunay qui réside en Chine et a écrit un livre important sur ce pays, livre dont nous vous parlerons prochainement. Il est prêt à organiser pour le printemps 2019 une série de débats (note de Danielle Bleitrach)

 

Banya, planteur de durian en Thaïlande, cultive ce fruit tropical depuis 30 ans. Son revenu a triplé au cours de la dernière décennie après sa rencontre avec des commerçants chinois.

« Notre coopération avec les hommes d’affaire chinois est bonne. Ils ont créé des opportunités d’emplois pour les locaux et augmenté nos revenus », a-t-il déclaré.

RENFORCEMENT DU COMMERCE

Le commerce des fruits n’est qu’un exemple des résultats atteints par le partenariat stratégique entre la Chine et l’Association des nations de l’Asie du sud-est (ASEAN), qui célèbre actuellement ses 15 ans.

Bénéficiant de politiques d’échanges privilégiées et d’une collaboration commerciale toujours plus étroite, les exportations de durian de Thaïlande vers la Chine ont fortement augmenté pendant la dernière décennie. La Chine est actuellement le plus grand importateur de durian de Thaïlande.

Banya vend chaque année à la Chine pour quatre millions de baht thaïlandais (environ 120.413 dollars) de durians.

Les entreprises thaïlandaises apprennent également auprès des e-commerçants chinois pour aider les agriculteurs à vendre plus de produits.

En avril, Jack Ma, fondateur de la société chinoise Alibaba, a surpris les Thaïlandais en vendant en seulement une minute 80.000 durians « golden pillow » (Mon Thong), espèce exportée la plus connue de Thaïlande, sur sa plate-forme de commerce en ligne T-Mall.

« La Chine est sur le point de devenir le plus grand consommateur du monde, sous l’effet de la hausse des salaires et de la croissance de sa classe moyenne à 300 millions de personnes. C’est le moment ou jamais pour les pays axés sur le commerce de saisir l’occasion d’exporter (leurs produits) vers la Chine, car le pays continue d’ouvrir ses portes au commerce mondial », a indiqué M. Ma lors de sa visite en Thaïlande.

Grâce aux ventes en ligne, le volume des exportations des durians thaïlandais vers la Chine a connu en avril une croissance annuelle de 700%, selon le ministère thaïlandais du Commerce.

L’essor des ventes de durians thaïlandais à l’étranger est intervenu alors que les dirigeants des pays de l’ASEAN ont convenu de travailler cette année à une conclusion rapide du Partenariat économique global régional, un projet d’accord de libre-échange entre les dix pays membres de l’ASEAN et ses partenaires, dont la Chine, l’Australie, l’Inde, le Japon, la Corée du Sud et la Nouvelle-Zélande.

« Nous partagerons les opportunités et relèverons les défis ensemble pour bâtir une communauté plus étroitement liée avec un avenir partagé », a déclaré jeudi Wang Yi, conseiller d’Etat et chef de la diplomatie chinoise lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères Chine-ASEAN.

UN PAS EN AVANT

La Chine attache toujours une grande importance à l’ASEAN, les deux parties ayant élevé leurs relations au niveau de partenariat stratégique pour la paix et la prospérité en 2003.

Lors du sommet Chine-ASEAN de Manille en novembre 2017, la Chine a proposé un partenariat stratégique avec ce bloc régional de 10 membres à l’horizon 2030.

L’ASEAN, créée en 1967, réunit Brunei, le Cambodge, l’Indonésie, le Laos, la Malaisie, le Myanmar, les Philippines, Singapour, la Thaïlande et le Vietnam.

La vision chinoise vise à faire évoluer le cadre de la coopération Chine-ASEAN du format 2+7 au format 3+X.

Le format « 2+7 » fait référence à un cadre de coopération proposé par la Chine en 2013, qui met l’accent sur un consensus politique en deux points : le renforcement de la confiance stratégique et la promotion de la coopération économique, et sur sept domaines de coopération, notamment la promotion du commerce, .

Le format « 3+X », implique que la Chine et les pays de l’ASEAN travailleront dans de nombreux domaines tout en se concentrant sur trois piliers : la sécurité politique, l’économie et le commerce, ainsi que les échanges entre les peuples.

L’importance de la coopération entre la Chine et l’ASEAN a dépassé la sphère bilatérale et est devenue le moteur du maintien de la paix, de la stabilité régionale et de la prospérité commune régionale.

La question de la mer de Chine méridionale, sur laquelle les deux parties travaillent ensemble en est la meilleure preuve.

La situation en mer de Chine méridionale s’est stabilisée et a connu un élan positif grâce aux efforts conjoints de la Chine et des pays de l’ASEAN.

L’année dernière, les deux parties ont décidé d’entamer des consultations sur le texte du Code de conduite en mer de Chine méridionale à Manille, démontrant la confiance, la sagesse et la capacité des pays de la région à régler la question concernée afin de créer une mer de Chine méridionale pacifique dans l’amitié et la coopération.

Les dernières réussites ont été atteintes jeudi lorsque les deux camps sont parvenus à un projet de texte unique pour les négociations sur le Code de conduite (COC) en mer de Chine méridionale à Singapour, à l’occasion de la réunion des ministres des affaires étrangères de la Chine et des pays de l’ASEAN.

Les faits prouveront que Beijing et les Etats membres de l’ASEAN sont capables de maintenir la paix et la stabilité en mer de Chine méridionale et d’atteindre des règlements régionaux consensuels par la négociation, a déclaré M. Wang à l’issue de la réunion.

« Le fait que nous soyons parvenus au texte unique pour les négociations du COC constitue un pas en avant important », a déclaré le ministre malaisien des Affaires étrangères Saifuddin Abdullah, faisant écho aux remarques de M. Wang.

AIDE HUMANITAIRE

Le complexe du temple d’Angkor, à Siem Reap, est l’un des principaux sites touristiques d’Asie du Sud-Est.

« Notre projet de restauration de huit ans devrait s’achever en août », a indiqué Jin Zhaoyu, qui a travaillé sur le projet de conservation et de restauration du temple et de la montagne de Ta Keo en tant que membre chinois engagé pour la protection d’Angkor.

« Je suis reconnaissante envers le gouvernement chinois, que je remercie de soutenir le Cambodge dans la préservation de son patrimoine national », a déclaré Phoeurng Sackona, ministre cambodgienne de la Culture et des beaux-arts.

La ministre a annoncé que la rénovation du temple de Phimeanakas, également situé dans le complexe d’Angkor, commencerait bientôt avec l’aide financière de la Chine.

Lors de la rencontre des ministres des Affaires étrangères de la Chine et de l’ASEAN, M. Wang a appelé toutes les parties à élever leur coopération dans des domaines tels que la prévention des catastrophes, le secours et l’aide humanitaire.

Lorsque l’effondrement d’un barrage a déclenché des inondations massives frappant 13 villages du sud du Laos fin juillet, la Chine a été parmi les premiers à prêter main forte.

« Notre contingent compte 32 membres et certains d’entre nous traitent les patients ici dans l’hôpital de district », a expliqué Chen Zhang, membre du contingent médical de l’Armée populaire de libération chinoise déployé dans le district inondé de Sanamxay, dans la province d’Attapeu.

« Nous nous sommes rendus dans un village appelé Ban Boc et nous nous sommes occupés de 100 villageois en un seul jour », raconte pour sa part Liu Zhenxiong, l’un des premiers médecins à avoir rejoint les villages inondés du district.

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Publié par le août 6, 2018 dans Asie, Chine, INTERNATIONAL

 

10 – 12 septembre 1969 – Funérailles d’Ho Chi Minh : un répit inespéré dans la confrontation sino-soviétique.

Fidel Castro voyait dans la rupture sino-soviétique une des causes principales de la chute de l’URSS. Elle a incontestablement pesé sur tous les pays et tous les partis communistes, ici le Vietnam, engendrant des luttes de personnes plus qu’idéologiques au sein des dirigeants. Paradoxalement, pour qui ignore l’histoire, le poids de Staline sur les partis frères fut beaucoup plus léger que celui de Khrouchtchev. L’indépendance de Mao face aux recommandations de Staline faisait sourire ce dernier, en 1948, il déclarait approbateur et faisant son autocritique: « Les Chinois n’ont pas suivi quand nous leur avons dit brutalement qu’à notre avis le soulèvement de la Chine n’avait aucune chance de réussir et qu’ils devaient par conséquent chercher un modus vivendi avec Tchang KaÏ -chek. » Attitude dont Khrouchtchev s’avérait incapable comme on l’a vu en Indonésie. En septembre 1963 le Parti Communiste chinois avait promulgué un texte célèbre sur ses divergences avec le PCUS, parmi lesquelles l’appréciation sur Staline autant que la coexistence pacifique, alors même que peu de temps après, en 1972, ils noueront des relations avec Nixon. Une des preuves de la perspicacité du parti communiste cubain mais aussi du PCF a été le rôle que ces deux partis ont voulu jouer pour tenter d’apaiser la querelle, querelle qui est à l’origine de la crise du communisme dans le monde (note de Danielle Bleitrach).

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Que montre la photo ?

On peut voir la dépouille d’Ho Chi Minh reposant dans un cercueil de verre alors qu’il est entouré des quatre hommes forts du Politburo du Parti des Travailleurs Vietnamiens (nom du parti communiste vietnamien à partir de 1960), de gauche à droite on trouve : Le Duan, premier secrétaire du Parti ; Ton Duc Thang, vice-président ; Truong Chinh, membre éminent du Politburo et idéologue majeur et Pham Van Dong, premier ministre.

Bien que le défunt ait rendu l’âme le 2 septembre, soit 24 ans jour pour jour après la déclaration d’indépendance sur la place Ba Dinh[1], la nouvelle du décès de l’oncle Ho ne fut rendue publique que le lendemain pour ne pas perturber les festivités de circonstance[2].

Dans quel contexte la photo a-t-elle été prise ?

1969 est une année particulièrement critique pour le Nord Vietnam pour au moins 3 raisons.

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Nikita Khrouvtchev (1894-1971)

D’abord c’est l’année de l’acmé des tensions sino-soviétiques. En effet, suite à la mort de Staline en 1953, son successeur au poste de secrétaire général du PCUS Nikita Khrouchtchev lance la déstalinisation du régime soviétique lors du XXème Congrès du PCUS. Sur le plan intérieur il s’agit de rompre avec les méthodes brutales de gouvernement de « l’Homme de Fer », ce qui se traduit sur le plan extérieur par une accalmie sur le plan diplomatique en période de guerre froide soutenu par l’idée selon laquelle les blocs communiste et capitaliste peuvent vivre côte à côte sans conflit frontal : c’est la « coexistence pacifique ». Sur le plan idéologique et dogmatique, cette modération apportée à la « Révolution Prolétarienne », établie comme nécessairement violente et absolue par les marxistes « orthodoxes », devait valoir au nouvel homme fort d’URSS d’être taxé de « révisionnisme bourgeois».

 

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Eduard Bernstein (1850-1932)

Comme il ne s’agit pas ici de faire un cours traitant de l’histoire des idées marxistes, on notera seulement que ce terme fait référence à une controverse ancienne : à la fin du XIX siècle, un social-démocrate allemand répondant au nom d’Eduard Bernstein avait dans Présupposé du Socialisme pris le contrepied des thèses de Marx dans le Manifeste du Parti Communiste s’agissant de l’évolution du capitalisme et en avait déduit qu’avec plusieurs lois sociales fortes, la Révolution s’avérait non nécessaire. Cet abandon de la logique révolutionnaire fut violemment attaqué par les « orthodoxes » comme Rosa Luxembourg, Klara Zetkin et Karl Kautsky. Ce dernier, ayant développé la critique la plus « solide » de Bernstein, vit ses thèses reprises par Lénine qui s’en servit en 1918 pour justifier la suppression des libertés individuelles type Déclaration des Droits de l’Homme de 1789, considérées comme un héritage « bourgeois » contrevenant aux nécessités de la «Révolution Prolétarienne »[3].

 

Si coté soviétique cette position se justifie par des besoins de réformes intérieures et de désescalade nucléaire, Mao compte utiliser ce prétexte pour prendre la tête du mouvement communiste mondial et évincer un Khrouchtchev déconsidéré pour son statut d’apparatchik, jugé inférieur à celui de meneur d’homme et de chef de guerre du n°1 chinois. Pour se départager, les rivaux marxistes vont choisir un des points les plus « chauds » de la guerre  froide : l’Indochine, au sein de laquelle le Vietnam et le Laos[4] connaissent un regain de tension continu. Après la crise des missiles de Cuba en 1962 (à la suite de laquelle le retrait des missiles soviétiques fut conspué par le PCC), l’entrée en guerre de Washington contre la guérilla communiste vietnamienne en 1964 entrainera le soutien de Moscou mais la méfiance de Pékin vis-à-vis de Hanoï. Comme nous le verrons plus loin, cette situation poussera les « camarades » vietnamiens à vouloir « vietnamiser » la guerre en diminuant l’influence chinoise sur le cours de la guerre.

Des litiges frontaliers viennent mettre le feu à la poudrière idéologique et personnelle : en mars des troupes sont déployées de chaque côté de la frontière commune et l’armée soviétique prend une position contestée en tuant 30 soldats chinois. Peu après Moscou réfléchit à des frappes ciblées au cœur même de la Chine populaire, en réponse Pékin se rapproche rapidement mais officieusement de Washington (le rapprochement officiel aura lieu en 1972 avec la visite de Nixon à Pékin)[5].

Ensuite, par extension, c’est également l’année du conflit durant laquelle les relations entre Hanoï et Pékin seront les plus exécrables, préparant en cela le terreau sur lequel prospèrera la guerre sino-vietnamienne de 1979.

S’il ne s’agit pas de refaire l’historique des relations entre le PCC et le PCV, il faut néanmoins poser quelques jalons permettant d’éclairer la situation. Grossièrement, la Chine voyait dans la partition du Vietnam par les Accords de Genève de 1954, sur lesquels ils ont lourdement pesé, un moyen de gérer le départ des Français sans voir les armées « impérialistes » américaines au contact direct de leur frontière. Comme la Corée du Nord, dont le sort fut réglé lors des mêmes conférences à Genève en 1954, la République Socialiste du Vietnam est considérée comme une zone tampon dans un contexte de Guerre Froide.

Aussi lorsqu’en décembre 1960 fut créé le Front National pour la Libération du Sud Vietnam afin de reprendre la guérilla communiste au sud du 16ème parallèle, « Hô à la volonté éclairée » avait dû arracher des deux grands frères socialistes un soutien de principe et matériel pour ses combattants, ménageant par là le chou soviétique adepte de « la coexistence pacifique » avec la chèvre chinoise partisane de la « guerre révolutionnaire contre les réactionnaires ».

Seulement, une fois passée l’escalade du conflit avec l’intervention direct de l’US Army à partir de 1964 et le paroxysme de la brutalité guerrière de l’offensive du Têt 1968 (que Pékin avait ouvertement désapprouvé), Washington entend négocier et des pourparlers de paix sont organisés à Paris dès février 1968.

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Ouverture de la conférence de Paris en février 1968. Les négociations resteront au point mort jusqu’en 1972, chaque parti voulant signer un accord en position de force.

Dans cette situation la volonté d’autonomie vietnamienne se heurte au problème diamétralement inverse à celui de 1960 : alors que les Soviétiques soutiennent la stratégie conciliatrice de Hanoï, les Chinois fustigent cette approche « diplomatique », craignant de voir son allié vietnamien en position de faiblesse lors des tractations et donc les frontières chinoises compromises par des concessions trop importantes. Si en apparence Mao accepte le compromis « négociation-combat » de Hanoï, sur le terrain les soldats chinois affectés à la logistique ou à la défense anti-aérienne des positions stratégiques du Nord Vietnam (1707 avions américains abattus, 1608 endommagés, 42 aviateurs capturés en 4 ans) sont démobilisés à partir de novembre 1968, en 1969 toutes les batteries de DCA chinoises ont évacué et en juillet 1970, il n’y a plus aucun soldat chinois au Nord Vietnam. Dans le même temps l’aide chinoise de 1969 diminue de 20% par rapport à son niveau de 1968 et de 50% en 1970. En face, c’est le début du « retrait tactique » des « boys » : la « vietnamisation de la guerre » est en marche, les « parrains » sino-soviétique d’une part et américain d’autre part se mettent en retrait, laissant Sud et Nord Vietnam face-à-face[6].

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Affiche de propagande nord-vietnamienne. On peut y voir la tête de Nixon sur une bombe et le slogan « Nixon doit payer la dette du sang »

Pour autant, Washington ne compte pas laisser le Vietnam se réunifier sous la bannière communiste et, troisième point marquant de 1969, reprend sa campagne de bombardement massif du nord du 16ème parallèle à partir du 5 juin. L’armée américaine se prépare également à intervenir au Cambodge pour déloger les « sanctuaires » des guérilleros communistes malgré les premiers retraits de troupe à partir du 8 juin. Le Nord Vietnam, déjà durement touché par 3ans de pilonnage intense (1965-1968), subit un déluge de feu et vit essentiellement des désormais maigres ravitaillements chinois et de ceux envoyés par Moscou mais qui rencontrent parfois des problèmes de transits à travers le territoire chinois. Rappelons qu’entre 1964 et 1972, l’aviation américaine aura déversé 7,4 millions de tonnes de bombes sur le Nord Vietnam alors que l’ensemble des bombardements de la deuxième guerre mondiale (1941-1945) n’avait vu « que » 3,3 millions de tonnes de bombes larguées par l’oncle Sam sur les théâtres européen et asiatique[7]. Autant dire que le choc est brutal pour la République Démocratique du Vietnam et sa population…

 

En quoi cette photo montre-t-elle l’évolution du conflit vietnamien ?

Etant donné la richesse des éléments de contexte cités plus haut ainsi que ceux du prochain paragraphe, cette partie sera volontairement réduite au fait que, dans ce balai d’alliances idéologiques/pratiques, la direction du Parti Communiste Vietnamien connut diverses orientations politiques et militaires, faisant et défaisant les carrières des cadres et officiers supérieurs. 1969 est une année charnière en ce que, même si la mort d’Ho Chi Minh aura offert une accalmie dans les tensions sino-soviétiques, la direction du Parti bascula lentement mais sûrement en faveur des Soviétiques. Il faudra attendre 1989 pour que le Vietnam normalise ses relations avec son grand voisin du nord, après une guerre-éclair (17 février-16 mars) ayant fait environ 200 000 morts dans les deux camps.

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Mao Zedong rencontre Richard Nixon en juin 1972 à Pékin. Les Vietnamiens, venant de subir une ultime campagne de bombardement intensif avant le départ des troupes américaines, nourriront une rancune certaine à l’égard du PCC pour ce qu’ils jugent être une trahison. 

Tout Ho Chi Minh qu’il fut, le père de la révolution lui même dut subir les conséquences de ces divers renversements d’alliance et de pouvoir, au point de n’avoir plus qu’une influence symbolique à partir de 1955. En effet, en 1955 le Parti, via les « conseillers » militaires et politiques envoyés par Pékin dès 1949, étaient sous la direction d’une classe de meneurs maoïstes « durs » recrutés sous impulsion chinoise davantage pour leur disposition au fanatisme idéologique du fait de leur extraction paysanne (forcément signe d’honnêteté et de légitimité pour les communistes chinois) et à la brutalité que pour leurs capacités réelles. Ainsi en 1955, le chef de la police politique vietnamienne, un certain Tran Quoc Hoan, aurait fait assassiner la maîtresse cachée d’Ho Chi Minh à la fois parce que celui-ci était jugé trop pro-soviétique et pour maintenir l’aura de sainteté du leader. Depuis le triste sire à disparu de l’histoire officielle[8]. On notera que le général Vo Nguyen Giap connaîtra la même forme d’isolement, son prestige militaire suite à Dien Bien Phu et à la chute de Saïgon ainsi que ses positions pro-soviétiques étant jugés trop importants par les caciques du Parti.

Quel a été son impact ?

La mort du père de la Révolution Vietnamienne est quasiment un non événement en terme d’influence sur le cours de la guerre. En effet, les services de renseignement américain était parfaitement au fait qu’Ho était un gros fumeur[9] (pour l’anecdote, il avait la réputation de ne fumer que des cigarettes américaines, une prouesse dans un Vietnam sous embargo) et qu’il connaissait des complications respiratoires depuis plusieurs années puisque, très malade et sentant sa fin proche, ce fils de mandarin s’était rendu en « pèlerinage » sur la tombe de Confucius en 1965[10].

Par ailleurs et dans la même veine, alliés et ennemis du Nord Vietnam savaient que l’oncle Ho, bien qu’occupant une fonction symbolique dans son pays, n’avaient quasiment plus aucune influence sur les décisions du Parti au moment de sa mort. Comme nous venons de le voir les diverses orientations des dirigeants vietnamiens, et les purges qui s’en suivirent, avaient déjà fini de transférer le pouvoir de Ho dans les mains du Politburo.

C’est donc d’un point de vue purement symbolique que la mort d’Ho Chi Minh eu un impact.

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Le jeune Ho Chi Minh lors du Congrès de Tours de 1920 qui vit la naissance du Parti Communiste Français.

Sur le plan extérieur d’abord et comme le titre de l’article le laisse entendre, la figure du vieux révolutionnaire était suffisamment prestigieuse et respectée pour mettre en sourdine les rivalités entre frères ennemis marxistes. Lui le révolutionnaire « Rouge » pur et dur, témoin et participant à la fondation du parti communiste français, l’homme du Komintern ayant survécu aux purges staliniennes des années 30, l’exilé durant plus de 30 ans, le chef de guerre contre les Français ayant pris le maquis à 55 ans, l’infatigable diplomate tentant (en vain) de mettre en sourdine les divisions entre « camarades » dans l’intérêt de son peuple, le vénérable « oncle » dans la plus pur tradition du gentilhomme confucéen, incarnait une vision quasi religieuse et romantique du communisme moderne avec tout ce que cette vision implique de sacrifice, de gloire, d’ascèse ou d’épreuve. Ainsi, malgré les tensions, maoïstes et soviétiques firent le déplacement pour lui rendre hommage.

 

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Alexis Kossyguine (1904-1980)
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Chou En Lai  (1898-1976)

Même si les représentants chinois, menés par le premier ministre chinois Chou En Lai et le maréchal Ye Jianying (principal artisan du rapprochement sino-américain), ne restèrent qu’une journée à Hanoï, les Vietnamiens réussirent à organiser une rencontre secrète entre ceux-ci et la délégation soviétique, emmenée par Alexis Kossyguine, Président du conseil des ministres d’URSS, le 11 septembre à l’aéroport de Pékin[11]. Dernier service rendu par Ho, les relations sino-soviétiques et sino-vietnamienne en sortiront nettement améliorées[12] jusqu’à ce que le rapprochement Pékin-Washington de 1972 viennent détruire l’ensemble…

 

Sur le plan intérieur, la mémoire du défunt fut évidemment au centre de tous les jeux de pouvoirs du moment. Ainsi, comme le culte de Lénine fut principalement le fait d’un Staline en quête de légitimité et au mépris des dernières volontés du père de la Révolution bolchevique, les cadres du Parti des Travailleurs Vietnamiens organisèrent le culte d’Ho Chi Minh en publiant une version tronquée de son testament. Il fallut attendre 1986 et la politique du « Doi Moi » (ou « Renouveau ») pour voir d’autres versions émerger. On trouve d’abord celle publiée par le journal Tîen Phong le 9 mai 1989 et datée du 10 mai 1968 dans laquelle les Vietnamiens apprirent notamment que l’oncle Ho voulait être incinéré et était tout à fait opposé à l’idée d’un culte posthume et d’un mausolée « à la Lénine ». Cinq jours après c’est le journal Nhan Dan, quotidien du Parti, qui publie une version datant de 1965 et complétant le texte précédemment publié. Le Parti lui-même publiera une version définitive des testaments en y ajoutant les photographies d’origines des textes écrits de la main de Ho lui même[13]. Depuis, comme chacun le sait, la figure du révolutionnaire vietnamien est omniprésente dans son pays et il est en passe de devenir un génie tutélaire du Vietnam pour son rôle pionnier de libérateur et d’unificateur du pays. Pour ce faire, un temple lui est dédié sur une haute colline de Ba Vi, près de Hanoï.

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Autel dédié à Ho Chi Minh dans le temple de Ba Vi. Le message sur le fronton rappelle une phrase du révolutionnaire « Rien n’est plus précieux que l’indépendance et la liberté ».

En guise de conclusion, intéressons-nous au contenu de ces testaments qui permettent d’éclairer la vision qu’avait Nguyen Le Patriote de son œuvre passée et des mots qu’ils voulaient léguer à la postérité.

Fidèle à sa réputation de militant chevronné n’ayant jamais voulu être doctrinaire ou idéologue (fonction dévolu à Truong Chinh depuis la création du Parti Communiste Indochinois), l’Oncle Ho s’est adonné à un style plutôt plat, sans sensibleries, ni envolées lyriques (pourtant assez souvent répandues dans les textes marxistes) et faisant ressortir les deux caractéristiques principales qui formèrent l’originalité de son combat : le national-communisme[14].

En effet, si cette contradiction absolue peut s’avérer confuse pour un observateur occidental des choses vietnamiennes calfeutré dans des catégories inconciliables, Ho Chi Minh a réussi à la tenir tout au long de sa vie. Comment ? Par la primauté accordée à l’action prochaine, à la situation vécue, à la « praxis », pour jargonner selon l’école de pensée marxiste, qualité que même ses plus féroces détracteurs ne sauraient lui nier. On en veut d’ailleurs pour preuve la rapidité de l’attaque : « Dans la lutte patriotique contre l’agresseur américain… ».

A l’écrit cela se traduit à la fois par un constant rappel aux idées de la IIIème Internationale bolchevique, à la volonté de voir le mouvement ouvrier international prospérer, à la recherche de filiation avec Lénine et Marx, à sa vision du Parti tel qu’il le souhaite mais aussi par une familiarité et une bonhomie dans le ton ainsi que par des références culturelles quasi folkloriques ou tenant à la beauté des paysages vietnamiens.

Le texte prend ainsi la tournure d’une dernière leçon (les termes revenant le plus souvent étant ceux de « moralité révolutionnaire ») délivrée par un aïeul respectable à une famille étendue que serait le peuple vietnamien.

Si ce type de relation filiale dans la vie publique peut faire sourire en prenant des airs de coquetterie de vieillard ou crier à la supercherie d’un paternalisme héroïque dérivant d’un culte de la personnalité longtemps caractéristique d’un fanatisme marxiste-léniniste produit d’un lavage de cerveau dès l’enfance, il n’en est rien. Cette conception du pouvoir est profondément ancrée dans la société vietnamienne de par ses traditions multiséculaires. Malgré les ruptures qu’avait provoquées la colonisation française puis la révolution marxiste, la famille et le village restait et reste encore aujourd’hui les deux foyers d’une vie publique conçue comme un principe d’association hiérarchisé selon les préceptes de Confucius. Aussi l’appellation « oncle » ou « bac » en vietnamien (désigne l’oncle plus vieux que son propre père), auquel Ho Chi Minh tenait beaucoup, créait un lien de solidarité tellement fort au sein de la population vietnamienne que même le déluge de bombes américaines ne put le briser. Elle constituait également le sceau de la réussite et de la légitimité populaire du vieux leader alors même que son influence disparaissait peu à peu du processus de décision au sein du Parti.

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L’oncle Ho en visite dans un village de la proche de Hai Duong, 1964.

La perte de vitesse de l’idéologie marxiste-léniniste orthodoxe dans le Vietnam d’aujourd’hui a conduit le gouvernement d’Hanoï à faire la promotion de la « Pensée Ho Chi Minh[15] » pour la direction des affaires publiques. Si les contours de cette idéologie restent flous, on peut supposer que son usage légitime et permet de résoudre par voie de « praxis » et de pragmatisme le paradoxe (un autre) qui caractérise le régime vietnamien actuel : « l’économie de marché à orientation socialiste[16] » inaugurée lors des réformes du Doi Moi.

[1] https://vinageoblog.wordpress.com/2017/09/02/actualite-declaration-dindependance-vietnamienne-que-sest-il-passe-le-2-septembre-1945/

[2] http://www.nydailynews.com/news/world/minh-north-vietnam-president-dies-79-1969-article-1.2345741

[3] Céline Marangé, Le Communisme Vietnamien (1919-1991). Construction d’un Etat Nation entre Moscou et Pékin, les Presses de Science Po, 2012, p.290 et 291

[4] https://vinageoblog.wordpress.com/2018/01/14/guerre-des-images-2-20-septembre-1965-le-pilote-et-la-milicienne-le-laos-au-centre-de-la-deuxieme-guerre-dindochine-le-nord-vietnam-sous-les-bombes-et-le-prisonnier-le/

[5] Céline Marangé, Le Communisme Vietnamien (1919-1991). Construction d’un Etat Nation entre Moscou et Pékin, les Presses de Science Po, 2012, p.337

[6] Idem, p.314 à 336

[7] voir http://www.landscaper.net/timelin.htm#VIETNAM%20WAR%20STATISTICS et http://www.angelfire.com/ct/ww2europe/stats.html

[8] Céline Marangé, Le Communisme Vietnamien (1919-1991). Construction d’un Etat Nation entre Moscou et Pékin, les Presses de Science Po, 2012, p.267 à 278.

[9] http://www.nydailynews.com/news/world/minh-north-vietnam-president-dies-79-1969-article-1.2345741

[10] Claude Gendre, La Franc-maçonnerie mère du colonialisme – Le cas du Vietnam, L’Harmattan, 2011, p.122

[11] Céline Marangé, Le Communisme Vietnamien (1919-1991). Construction d’un Etat Nation entre Moscou et Pékin, les Presses de Science Po, 2012, p.338

[12] Idem, p.338 à 341.

[13] Alain Ruscio, Ho Chi Minh – Textes 1914-1969, L’Harmattan, p.209 à 217

[14] Jean Lacouture, Sur le testament d’Ho Chi Minh. In: Tiers-Monde, tome 11, n°42-43, 1970. Le Vietnam entre la guerre et la paix. pp. 265-268. https://www.persee.fr/doc/tiers_0040-7356_1970_num_11_42_1701

[15] http://vovworld.vn/fr-CH/chronique-du-jour/la-pensee-de-ho-chi-minh-base-et-ferment-de-toute-vie-sociale-440121.vov

[16] https://www.lecourrier.vn/perfectionner-leconomie-de-marche-a-orientation-socialiste/116831.html

 

QU’EST-IL ARRIVÉ AUX MILLIARDS QUE LA CHINE A PROMIS AUX PHILIPPINES? PAS CE QU’ON EN PENSE

 
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Publié par le août 6, 2018 dans Asie, Chine, Economie