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L’inégalité met le système social français en danger

Tout à fait d’accord sur cette analyse, la vraie question est qui peut lutter contre cette tendance, aucun des partis qui ont été au pouvoir depuis l’ère Mitterrand qui a été le déclencheur en France de la dite tendance.. Seul un parti communiste qui retrouvera ses fondamentaux et ne se vivra pas dans un rafistolage permanent de la gauche plurielle,une subordination acceptée parce qu’on ne croit plus au socialisme et n’ose pas le défendre (ce qui est le cas actuellement) peut impulser un changement profond. Sans ce parti là, il n’y aura pas de gauche mais des gens prêts à nous installer des Macron sur ordre du grand patronat, des soutiens d’une UE belliciste, néo-libérale, anticommuniste et proche de fait des fascistes des syndicats vendus au patronat comme la CFDT, tout cela perdurera et avec cette situation l’abstention, l’extrême droite. La seule question est de savoir s’il est possible qu’un véritable parti communiste colonne vertébrale du changement réel pourra enfin apparaître? Un projet de société contre un autre projet de société, pas les petits arrangements , pas l’éternel constat mais le Que faire? … (note de danielle Bleitrach)

Quand on a reçu un « pognon de dingue » pour faire campagne, grâce aux généreux dons d’exilés fiscaux, on renvoi l’ascenseur ! Bernard Arnault (avec M. Levy de Publicis) a de quoi se réjouir. Le bouclier fiscal de Sarkozy a été blindé. Le Français le plus riche (60 milliards d’euros) est dispensé de solidarité nationale.
MARTIN BUREAU /AFP

En France, le modèle social est aussi « en danger », selon l’ONG« car notre fiscalité repose de manière croissante sur des impôts régressifs comme la TVA et la CSG, des impôts qui pèsent proportionnellement plus sur les citoyen.ne.s les plus pauvres ». A l »inverse, l’impôt sur les sociétés est en baisse de 23 % depuis 20 ans.

Oxfam dénonce clairement les mesures fiscales prises par le gouvernement de M. Macron : « L’instauration de la flat tax et la suppression de l’ISF [impôt de solidarité sur la fortune] ont accentué cette tendance en diminuant de nouveau la participation des plus riches à notre système de redistribution ». D’après un rapport du Sénat, le top 100 des contribuables qui payaient l’ISF a gagné en moyenne 1,7 millions d’euros chacun grâce à ces mesures, sans impact visible sur l’investissement, qui était pourtant la justification de la réforme.

L’ONG en tacle au passage le projet de réforme des retraites, qui « pourrait pénaliser les carrières hachées qui concernent le plus souvent des femmes »« Les grand.e.s gagnant.e.s de notre système actuel de retraite sont les plus riches puisqu’ils profitent en moyenne plus longtemps de leur retraite par répartition, avec une espérance de vie de treize ans supérieure à celle des plus pauvres, indique le rapport. Au lieu de les mettre plus à contribution, le projet de réforme actuel prévoit de baisser leurs cotisations au-delà de 10.000 euros de rémunération par mois. »

Pour Pauline Leclère porte-parole d’Oxfam France, « les inégalités indécentes sont au cœur de fractures et de conflits sociaux partout dans le monde car personne n’est dupe : la crise des inégalités traduit la complicité plus que l’impuissance des États à agir pour la combattre. Les inégalités ne sont pas une fatalité, elles sont le résultat de politiques sociales et fiscales qui réduisent la participation des plus riches – entreprises et particuliers – à l’effort de solidarité par l’impôt, et fragilisent le financement des services publics. Transports, éducation, santé, système de retraites…. sont sacrifiés alors qu’ils sont décisifs pour lutter contre la pauvreté. »

Pour lutter contre les inégalités, Oxfam recommande de :
- Reconnaître le travail de soin peu ou non rémunéré effectué principalement par les filles et les femmes comme une forme de travail ou de production apportant une vraie valeur.
- Rétablir une fiscalité plus équitable sur les plus aisé.e.s n, supprimer les niches fiscales qui bénéficient disproportionnément aux grandes entreprises sans bénéfice pour l’économie et lutter efficacement contre l’évasion fiscale.

 

Le chemin de l’honneur d’Ambroize Croizat

Lisez la biographie d’Ambroize Croizat et voyez à quel point cet homme fut ce qu’on appellerait aujourd’hui un stalinien, il fut condamné au bagne pour avoir refusé avec ses camarades de désavouer l’URSS, on appelait ça le chemin de l’honneur… Ils disaient eux et tous ceux qui moururent sous les balles allemandes que c’était Munich, la guerre et ils dénonçaient le refus de Blum et des socialistes d’intervenir en Espagne contre Franco… Aujourd’hui on prétend vous présenter un parti aseptisé et vous faire trahir ce glorieux passé, c’est ça que je ne puis tolérer… que des petits marquis crachent à la gueule de ces gens-là dans la célébration d’un PCF dont ils ne sont pas dignes… (note de Danielle Bleitrach).

 

 

Son père, Antoine Croizat, est ouvrier  et sa mère, Louise Jeannette Piccino, employée dans un tissage de velours. Il travaille en usine dès l’âge de 13 ans lorsque son père est appelé sous les drapeaux en 1914. Apprenti métallurgiste, il suit en même temps des cours du soir et devient ouvrier ajusteur-outilleur dans la région lyonnaise.

Parcours syndical et politique

En 1917, il s’inscrit aux Jeunesses socialistes et adhère au Parti socialiste en 1918. Il se déclare partisan de l’affiliation de la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO) à l’Internationale communiste. Il anime les grandes grèves de la métallurgie lyonnaise. Ambroise Croizat entre lui-même au Parti communiste dès sa fondation en 1920 et il est l’un des dirigeants des Jeunesses communistes de 1920 à 1928. Il devient un permanent du Parti communiste en 1925. En 1928, il est nommé secrétaire de la Fédération unitaire des métaux. En 1929 — et jusqu’à sa mort en 1951 — il est membre du comité central, puis membre du bureau de la Fédération de la jeunesse. Il déploie une intense activité militante dans de multiples endroits en France En 1936, au moment où se réalise l’unité syndicale, il devient secrétaire général de la Fédération unique des métallurgistes CGT, qui regroupe alors 20 % des effectifs de la CGT

Aux élections législatives de 1936, il est élu dans la deuxième circonscription du 14e arrondissement de la Seine. Il est négociateur de la convention de la métallurgie parisienne, rapporteur sur la loi des conventions collectives à la Chambre. Il est également négociateur dans le secteur des grands magasins et membre à la Chambre de la commission sur les armements.

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A la suite de l’interdiction de leur parti survenue le 26 septembre 1939, parce que les communistes sont accusés par ceux là même qui ont signé Munich et refusé d’intervenir en Espagne d’approuver le pacte germano-soviétique,  les députés communistes présents à Paris se réunissent les 27 et 28, et décident la formation d’un nouveau groupe ; le 29, le Journal officiel (JO) annonce la création du Groupe ouvrier et paysan français (GOPF).  Accusé d’avoir, avec ses collègues communistes, « participé à la formation et au fonctionnement du Groupe ouvrier et paysan » il est arrêté dans la nuit du 7 au , déchu de son mandat le  et condamné le  par le 3e tribunal militaire de Paris à 5 ans de prison, 4 000 francs d’amende et 5 ans de privation de ses droits civiques et politiques. Ayant transité par 14 prisons, il finit par être transféré en  au bagne de Maison Carrée dans la banlieue d’Alger. Libéré le , trois mois après le débarquement allié en Afrique du Nord, il est nommé par la CGT clandestine à la commission consultative du gouvernement provisoire d’Alger. Au titre de la CGT, à partir de , il siège à l’Assemblée consultative provisoire et participe à ses délibérations. À la Libération, il est élu membre des deux Assemblées constituantes (scrutins du  et du ) puis de l’Assemblée nationale de 1946 à 1951.

Ambroise Croizat est ministre du Travail du général de Gaulle du  au , puis ministre du Travail et de la Sécurité sociale du  au  (gouvernements Gouin et Bidault) et du  au  (gouvernement Paul Ramadier, fin de la participation communiste au gouvernement). C’est à ce poste qu’il dirige la mise en place du système de protection sociale : assurance maladie, système de retraitesallocations familiales, et amélioration du droit du travail français, avec les comités d’entreprise, la médecine du travail, la réglementation des heures supplémentaires, le statut des mineurs5.

 
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Publié par le janvier 20, 2020 dans France, HISTOIRE

 

On voit très bien où ils veulent en venir.

Le journal   » L’Opinon  » se fend aujourd’hui d’un article intitulé « Des méthodes totalitaires « 

D’après Wikipedia

L’Opinion est un quotidien français lancé en mai 2013 par Nicolas Beytout, ancien président des Échos et ancien directeur des rédactions du Figaro. Le journal suit une ligne libérale, favorable à l’entreprise et europhile3,4. Il est édité en version imprimée et en version numérique1.

L’actionnariat est gardé secret, mais le journal serait contrôlé par son fondateur Nicolas Beytout (24,4 %), associé à Bernard Arnault (22,8 %), la famille Bettencourt (17,1 %) et Dow Jones and Company, maison mère du Wall Street Journal (7,6 %), et les 28,1 % restants seraient détenus par des plus petits actionnaires.

Tous les ingrédients colportés dans la plupart des médias système y sont présents :

  • le mouvement a perdu la bataille
  • du coup il quitte le terrain revendicatif et une minorité s’engage dans une pure action politique et la violence
  • les syndicalistes qui luttent contre la réforme empruntent la voie des gilets jaunes
  • il est insidieusement suggéré que l’incendie du restaurant La Retonde a quelque chose à voir avec le fait qu’il était fréquenté par MACRON.
  • enfin le qualificatif de RADICALISATION attribué ordinairement à ceux qui dérivent vers le terrorisme islamiste est à présent accolé aux militants et aux organisations qui poursuivent la lutte contre la réforme des retraites.

Et cette trame on la retrouve dans nombre d’articles ou d’interventions sur les plateaux de télé comme hier où les duettistes de la soit-disant confrontation entre Cohn-Bendit et l’ancien ministre Luc Ferry entonnent  la même ritournelle à propos de l’incendie de La Retonde.

image.gifReprise également sur France Inter ce matin par Thomas LEGRAND dans son éditoriél.

Ce type de suggestion s’apparentant, avant toute espèce d’enquête, à ce que d’ordinaire ils appellent le « complotisme » qu’ils attribuent de préférence à leurs adversaires.

De fait ce récit du mouvement est MENSONGER :

Comment parler de défaite quand l’affrontement est loin d’être clos et que pour y faire face, tenter de le diviser le pouvoir macronien a dû profondément modifier le projet initial en rétablissant près de 10 régimes spéciaux qu’ils prétendait supprimer ?

Comment parler de victoire du pouvoir quand le ministre de l’éducation la PDG de Radio France nommée par Macron doivent battre en retraite à l’occasion des voeux aux personnels, quand le président lui-même doit quitter un théâtre sous haute protection policière rameutée en urgence, quand la fronde monte contre la réforme du Bac et du lycée, quand l’Opéra affiche son opposition et se produit publiquement et gratuitement devant une foule, quand les avocats jettent leurs robes à la tête de la ministre de la justice, quand les personnels de l’hôpital en lutte depuis des mois jettent à terre leurs blouses blanches, quand les ports sont bloqués …?

De fait au-delà de la question des retraites c’est tout un pays qui se dresse contre les décisions politiques du macronisme, résistance de masse  que ce dernier croit pouvoir dissimuler sous des accusations outrancières et mensongères et qu’il doit recourir aux violences policières qu’il ne peut plus nier pour tenter de faire peur et de passer en force.

Comment donc continuer à parler d’un mouvement devenu minoritaire?

Comment attribuer la violence à ceux qui résistent à une politique de destruction systématique de toutes les garanties et conquis sociaux et travestir des actions spectaculaires en actions violentes?

L’opération actuelle relayée abondamment par les chiens de garde a donc pour objectif de masquer l’isolement et la fragilité du pouvoir, tout en préparant les conditions d’une répression élargie et aggravée.

En vue d’isoler, de faire refluer et de faire taire une résistance populaire certes encore dispersée, centrée cependant sur le REJET de la cotre-réforme des retraites MAIS qui dans l’action cherche les voies de l’unité contre l’oligarchie, sa politique et sa domination au service exclusif des riches et des puissants.

Nul doute que la semaine qui vient et les manifestations

du VENDREDI 24 JANVIER

vont constituer une première réplique cinglante à cette entreprise d’enfumage, de contre-vérités et d’accusations mensongères!

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image.gif

image.gifLa grève dans les transports vit ses derniers soubresauts. Les opposants à la réforme des retraites ont perdu, même s’ils ont poussé le gouvernement à ouvrir les vannes de la dépense et à multiplier les exceptions. Moins ces opposants restent nombreux et plus leur échec est patent, plus leurs actions s’éloignent de la revendication sociale pour aller vers la contestation politique teintée de violence. Un quarteron de syndicalistes en roue libre et d’activistes d’extrême gauche ravive la facette la plus exécrable des Gilets jaunes.

Il y a d’abord eu les blocages de dépôts de bus et les injures (homophobes, tant qu’à faire…) contre les machinistes reprenant le service. Il y a ensuite eu le harcèlement d’une conductrice de métro entamant son service. Il y a encore eu l’envahissement du siège de la CFDT, avec bousculades et insultes (« Berger traître », « syndicalistes pourris »…). Ce week-end sont venus l’attroupement organisé autour du chef de l’Etat lors d’une sortie privée au théâtre, puis l’appel à le « décapiter » tel Louis XVI, relayé notamment par l’ancienne porte-parole de La France insoumise Raquel Garrido. Et peut-être l’incendie criminel de La Rotonde, restaurant où Emmanuel Macron a ses habitudes.

Il est possible de s’interroger sur l’essoufflement de la démocratie représentative ou sur le rôle des réseaux sociaux, utile de débattre des erreurs du Président ou de sa condescendance réelle ou supposée, nécessaire de dénoncer les bavures de certains policiers. Mais en démocratie, le seul moyen légitime d’influencer la décision politique est le vote. Intimidations, menaces, agressions verbales et physiques sont des méthodes totalitaires par lesquelles quelques centaines, parfois quelques dizaines d’individus prétendent imposer leur loi à tous les autres. Rien ne permet de les cautionner.

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Le Conseil supérieur de la fonction militaire critique la réforme des retraites

Non seulement l’armée avait été comme la police et d’autres exclus de ce merveilleux et si égalitaire régime que l’on veut nous vendre, mais ce qui leur est proposé ne les satisfait pas… on se demande qui en dehors des sociétés d’assurance et des fonds de pension est satisfait de cette « réforme »? (note de danielle Bleitrach)

 

Le fiasco diplomatique des médiations françaises – Par Jean Daspry

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par Les-crises.fr DT

l’incapacité est sans rivage et n’a d’égale que la volonté du personnage d’imposer à tous ses errances…

Source : Proche & Moyen-Orient, Jean Daspry, 06-01-2020

« Mal nommer les choses, c’est ajouter aux malheurs du monde » nous rappelle toujours avec autant de pertinence le prix Nobel de littérature, Albert Camus. Et, c’est en partie, pour cette raison, que la diplomatie française se fourvoie régulièrement sur des chemins de traverse, au mieux ; s’enferme dans des impasses, au pire. À titre d’exemple, elle semble ignorer la signification des principaux concepts que l’on enseigne aux étudiants dans leurs premiers enseignements de relations internationales. Un terme, celui de médiation vaut le détour diplomatique. « Entremise destiné à mettre d’accord, à concilier ou à réconcilier des personnes, des parties ». Telle est la définition du terme médiation que nous livre le petit Robert 1. Il précise qu’il renvoie à d’autres concepts tels ceux d’arbitrage, de conciliation, d’entremise, d’intermédiaire, d’intervention. Il poursuit par Offrirproposer une médiation. Il évoque ensuite la procédure de conciliation organisée par le pacte de la SDN, puis par la charte de l’ONU1.

De manière didactique, il renvoie au fait de servir d’intermédiaire. Depuis qu’Emmanuel Macron a pris en main la conduite de la diplomatie française – au passage, relevons que ce n’est pas son rôle qui devrait se cantonner à la détermination de la politique étrangère -, il s’est mis en tête de régler une multitude de différends internationaux du haut de ses quarante-deux ans. L’inspecteur des Finances de formation qu’il est, semble éprouver quelques difficultés à manier la langue diplomatique et à jongler avec ses subtilités. Il se voit en médiateur universel des crises de la planète. Force est de constater que ces entreprises – fort louables au demeurant dans l’absolu – font régulièrement flop. Lancées au rythme de la cavalerie, elles s’achèvent au pas de la Légion. Quatre exemples très concrets (Libye, Syrie, Liban, Iran) éclairent utilement notre lanterne de béotien de la diplomatie de la dentelle.

L’ÉCHEC DE LA MÉDIATION LIBYENNE : BRAVO EMMANUEL MACRON

Qui se souvient encore des deux happenings organisés par le président de la République lui-même pour mettre un terme à la guerre sans fin en Libye déclenchée par l’un de ses vibrionants prédécesseurs, Nicolas Sarkozy, inspiré par le philosophe-stratège, BHL2 ? Il nous expliquait avec force conviction que la présence à Paris des deux frères ennemis libyens qui avaient accepté le principe de la tenue d’élections avant la fin de l’année 2018 constituait le gage d’une fin imminente de la guerre civile dans ce pays. Tout va très bien madame la marquise mais à part cela, il n’y a jamais eu d’élections et le cauchemar se poursuit à l’échelle 10. Le pays se transforme en champ clos de règlements de comptes, non seulement entre multiples factions libyennes, mais aussi entre supergrands (États-Unis, Chine, Russie) et entre puissances régionales (Arabie saoudite, Egypte, Turquie récemment). Ne parlons pas de l’incapacité de l’ONU3 à y ramener la paix et à l’Union européenne4 d’y apporter sa pierre à l’édifice ! Le moins que l’on puisse dire est que l’on ne voit pas qui pourrait faire avancer la cause de la sécurité et de la paix dans le pays et dans son voisinage immédiat. Ce ne sera certainement pas la France arrogante et incompétente de nos diplomates amateurs.

Résultat : Où en est aujourd’hui la Libye après la médiation jupitérienne ? Au cœur d’un chaos aussi indescriptible qu’inextricable5. Emmanuel Macron en est contraint d’en appeler à la retenue d’Ankara qui envisage de dépêcher sur place un corps expéditionnaire pour mettre de l’ordre dans la pétaudière libyenne. Bravo Manu pour cette diplomatie de gribouille.

L’ÉCHEC DE LA MÉDIATION SYRIENNE : BRAVO FRANÇOIS SÉNÉMAUD

Qui se souvient encore de l’annonce jupitérienne en pleine conférence des ambassadeurs et des ambassadrices (parité oblige) en un beau mois d’août 2017) sur la Syrie ? Ce ne sont certainement pas les perroquets du service de la com’(édie) de l’Élysée qui s’en chargeront pour le bien de l’humanité. Emmanuel Macron déclarait à la face du monde qu’il voulait en finir, une bonne fois pour toutes, avec les errements coupables de ses deux prédécesseurs incompétents en Syrie. Nous allions voir ce que nous allions voir. La France allait redevenir la puissance médiatrice incontournable pour régler définitivement l’interminable conflit syrien. Pour cela, il disposait d’un joker auquel aucun diplomate n’avait pensé. Il désignait notre ex-ambassadeur à Téhéran, l’excellent François Sénémaud comme son représentant personnel pour le dossier syrien. Une sorte de missi dominici, de plénipotentiaire chargé de sillonner la planète pour porter la bonne parole jupitérienne, pour apaiser les maux du peuple syrien et causer d’égal à égal avec Russes, Turcs et iraniens qui monopolisaient la lumière dans ce pays martyrisé, outragé mais pas encore libéré. Finis les rigolos d’ambassadeur en charge de la Syrie du nom d’Éric Chevallier (recasé comme ambassadeur au Qatar puis au centre de crises) ou de Franck Gellet (recasé comme ambassadeur au Qatar). Les mouches allaient changer d’âne. Le perroquet du président allait faire bouger les lignes en Syrie. Depuis, François Sénémaud est aussi invisible qu’inaudible. Il doit s’activer dans l’ombre lui qui occupa d’importantes fonctions à la DGSE et tirer quelques ficelles derrière les rideaux. Or, nous en sommes toujours au même point, la France n’ayant toujours pas décidé de rouvrir son ambassade à Damas.

Résultat : On l’aura compris, la France ne pèse toujours rien dans le règlement du dossier syrien. Et, elle n’est prête de rejouer le rôle qui fut le sien en raison de son mandat de l’après première guerre mondiale. À défaut de faire de la diplomatie, de jouer dans la cour des grands, il faut sauver d’urgence le soldat Sénémaud, prisonnier derrière les lignes étrangères et dont l’électroencéphalogramme diplomatique est plat. Nous sommes à l’évidence dans l’urgence sanitaire et dans la farce jupitérienne. Pas très glorieux pour notre nouveau Pic de la Mirandole du XXIe siècle.

L’ÉCHEC DE LA MÉDIATION LIBANAISE : BRAVO CHRISTOPHE FARNAUD

En pleine crise de la rue arabe à Beyrouth, qui a conduit à la démission du premier ministre libanais, Saad Hariri, héritier d’une richissime famille de bienfaiteurs de feu l’économiquement faible, Jacques Chirac dont Emmanuel Macron chantait, il y a peu encore, les louanges dans la Cour de l’hôtel national des Invalides, la France éternelle s’active. Tout va mal à Beyrouth, on délègue un pompier de qualité pour éteindre le feu et ramener les hordes sauvages de manifestants à la raison. On y expédie séance tenante un grand homme par la taille (Cf. son personnage parfaitement croqué dans la bande dessinée Quai d’Orsay), par l’intelligence (énarque, normalien), par les réseaux (villepiniste), par la plume (dans la meilleure tradition des diplomates écrivains) … pour y conduire une brillante médiation entre les parties concernées… qui n’ont, du reste, rien demandé à la France. Un Talleyrand des temps modernes ne peut que réussir ce qu’il entreprend. Manque de chance, la rue arabe n’apprécie pas trop qu’on s’ingère dans ses affaires de famille. Elle le fait savoir en allant crier sa colère, sa réprobation devant les locaux de l’ambassade de France dirigée par un certain Foucher (cela ne s’invente pas !). Le grand homme prend ses jambes à son cou et reprend le chemin de Paris après avoir connu son chemin de Damas passant par Canossa. Exit la médiation bidon de la France au Liban !

Résultat : La médiation Farnaud a fait pschitt et le grand diplomate s’en est retourné, comme il était venu, à ses chères études, à savoir celle de directeur de la direction Afrique du Nord-Moyen-Orient, ANMO pour les connaisseurs. Comme en Syrie, la France ne pèse plus rien au pays du cèdre. Encore, un immense succès diplomatique à mettre au crédit de notre diplomatie d’influence, le « soft power » à la française. Mais, Christophe Farnaud n’a pas encore dit son dernier mot. On pourrait le renvoyer à Beyrouth pour tenter une délicate médiation entre le Liban et le Japon dans l’affaire Carlos Ghosn ! Qui sait, tout est possible dans une République en marche vers le chaos intérieur dont se moque Donald Trump.

L’ÉCHEC DE LA MÉDIATION IRANIENNE : BRAVO EMMANUEL BONNE

On connait les conditions dans lesquelles Donald Trump a déchiré l’accord nucléaire avec l’Iran du 14 juillet 2015, a décidé de sanctionner Téhéran pour le développement de son programme de missiles, pour son ingérence au Moyen-Orient (aucun de ses sujets ne figurant dans l’accord de Vienne). Après quelques borborygmes inaudibles, les Européens se sont allongés devant le maître de la Maison Blanche, reprenant à leur compte le nouveau Diktat de l’Oncle Sam en dépit d’un pseudo-mécanisme pour continuer à commercer avec l’Iran. Les entreprises européennes présentes sur le territoire iranien se sont empressées de plier armes et bagages pour ne pas subir les foudres de l’extraterritorialité du droit américain. Mais, heureusement, Zorro-Macron est arrivé avec sa médiation bidon entre Téhéran et Washington et son médiateur de haut vol, Emmanuel Bonne (ex-ambassadeur à Beyrouth, ex-directeur de cabinet du ministre des étranges affaires et, désormais, conseiller de Jupiter pour les affaires extérieures). Et, la machine médiatique tourne à plein régime. On fait venir le ministre iranien des Affaires étrangères à Biarritz en marge du G7 pour l’amener a quia. Il aurait compris qu’il n’avait d’autre choix que de plier. Quelques semaines plus tard, les barbouzes françaises s’activent à Manhattan, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU, pour tirer des lignes téléphoniques entre les hôtels – vraisemblablement truffés de micros de la CIA – des présidents américain et iranien. Mais rien n’y fait, il y a toujours de la friture sur la ligne et la conversation ne peut avoir lieu. Encore, une nouvelle médiation foireuse pour la diplomatie française. Alléluia. Mais, les Iraniens ne nous en veulent pas, considérant que nous sommes les paillassons de l’Amérique. Pour se rappeler à notre bon souvenir, ils continuent à retenir dans leurs geôles hospitalières un chercheur (français, Roland Marchal) et une chercheuse (franco-iranienne, Fariba Adelkhah) accusés d’espionnage6. On appuie où cela fait mal. La convocation de l’ambassadeur de Perse à Paris n’y change pas grand-chose, pas plus qu’un vulgaire éditorial du Monde7.

Résultat : le clergé médiatique en est contraint de sonner l’halali, de constater le piteux échec de ce qui nous était annoncé depuis Biarritz comme un coup de maître diplomatique Jupitérien8. On avait oublié, du côté du château de l’Élysée, qu’il ne fallait jamais vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué. La médiation française a fait flop pour une raison simple qui est la suivante : l’agitation française brouillonne sur le dossier iranien ne remplissait aucune des conditions d’une médiation stricto sensu. Quant au camarade syndiqué République qui marche sur la tête et en arrière, Emmanuel Bonne, il va très bien. Il continue de diriger d’une main de fer la cellule diplomatique de la présidence de la République. Une grande ambassade lui est promise à l’issue de son séjour à l’Élysée. Il l’a méritée de la patrie toujours très reconnaissante pour ses zélés serviteurs.

Ce festival de fiascos des médiations françaises qui affecte Emmanuel Macron et sa cohorte de diplomates courtisans ne l’interpelle pas. Il est vrai que « le macronisme es une politique de l’insensible »9. On pourrait même ajouter que le macronisme pratique avec maestria la diplomatie du vibrionisme. Plus spécifiquement, nos grands esprits ne savent manifestement de quoi ils parlent lorsqu’ils utilisent le terme de « médiation »10. C’est une pratique qui vise à définir l’intervention d’un tiers pour faciliter la circulation d’information, éclaircir ou rétablir des relations. Ce tiers neutre, indépendant et impartial, est appelé médiateur. La définition de cette activité varie selon les contextes d’application. Néanmoins, des constantes existent à chaque fois qu’un tiers intervient pour faciliter une relation ou la compréhension d’une situation et des éléments de pédagogie et de qualité relationnelle se retrouvent dans les pratiques de la médiation11. Dans le domaine des relations internationales, elle a pour objectif de mettre fin à un différend entre deux ou plusieurs États grâce à l’intervention d’un État tiers qui tente de rapprocher des points de vue antagonistes. À titre d’exemple récent, on peut citer la médiation particulièrement discrète du Saint-Siège, durant plusieurs années, qui a conduit au rétablissement des relations diplomatiques entre Cuba et les États-Unis. Quelles sont les conditions objectives d’une bonne médiation ? Pour être promise à quelque chance de succès, une médiation internationale obéit à plusieurs règles : la discrétion si ce n’est le secret pour permettre aux différentes parties de ne pas perdre la face en cas d’échec et aussi le plus grand silence sur les pensées personnelles du médiateur ; la confiance absolue des parties en conflit au médiateur ; et par voie de conséquence, l’impartialité absolue du médiateur dans le traitement du litige et des parties ; la grande habileté du médiateur en termes de méthode qu’il entend adopter et d’objectif qu’il entend poursuivre pour parvenir à ses fins ; la persévérance et la ténacité pour ne pas céder au risque d’abattement consécutif aux critiques croisées des parties au conflit… Tels sont les ingrédients indispensables au succès du cocktail nommé médiation ! La vaste opération française tous azimuts peut-elle être qualifiée de médiation ? La réponse est clairement négative. Ceci explique parfaitement la diplomatie du fiasco des médiations françaises. Dans un monde où règne l’irrationnel, il faut savoir rester modéré avec passion.

Jean Daspry
6 janvier 2020

1CHAPITRE VI : RÈGLEMENT PACIFIQUE DES DIFFÉRENDS

Article 33 1. Les parties à tout différend dont la prolongation est susceptible de menacer le maintien de la paix et de la sécurité internationales doivent en rechercher la solution, avant tout, par voie de négociation, d’enquête, de médiation, de conciliation, d’arbitrage, de règlement judiciaire, de recours aux organismes ou accords régionaux, ou par d’autres moyens pacifiques de leur choix. 2.Le Conseil de sécurité, s’il le juge nécessaire, invite les parties à régler leur différend par de tels moyens.
2Bernard-Henri Lévy, La guerre sans l’aimer. Journal d’un écrivain au cœur du printemps libyen, Grasset, 2011.
3Frédéric Bobin (propos recueillis par), Ghassan Salamé : « La crédibilité des Nations unies est en jeu en Libye », Le Monde, 31 décembre 2019, p. 4.
4Éditorial, En Libye, un échec européen, Le Monde, 31 décembre 2019, p. 25.
5René Backmann, Libye : en violation de l’embargo de l’ONU, les alliés des deux camps alimentent la guerrewww.mediapart.fr , 21 décembre 2019.
6D.J., Les perses murailles, Le Canard enchaîné, 31 décembre 2019, p. 8.
7Éditorial, L’Iran doit libérer les chercheurs étrangers, Le Monde, 1er – 2 janvier 2019, p. 24.
8Allan Kaval/Piotr Smolar, Iran : échec de la médiation française, Le Monde, 22-23 décembre 2019, p. 2.
9Myriam Revault d’Allonnes, « Le macronisme est une politique de l’insensible », Le Monde, 17 décembre 2019, p. 32.
10Jean Daspry, Médiation : de quoi parle-t-on ?, www.prochetmoyen-orient.ch , 27 novembre 2017.
11www.wikipedia.org/wiki/Mediation

Pour aider le site Proche & Moyen-Orient c’est ici

Source : Proche & Moyen-Orient, Jean Daspry, 06-01-2020

 
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Publié par le janvier 19, 2020 dans France, INTERNATIONAL

 

TRIBUNE. « Municipales : Emmanuel Macron manipule le scrutin »

non content de créer les conditions de « l’insurrection » de la société, il casse le baromètre des élections…Tous les mécanismes de régulation « démocratique » sont totalement abolis avec une morgue  digne d’une monarchie finissante… Il y a le personnage mais il y a aussi l’usure d’une constitution avec le présidentialisme dans des mains inexpérimentées et un esprit capricieux. (note de danielle Bleitrach)
Les sénateurs Patrick Kanner, Jérôme Durain, Eric Kerrouche et Didier Marie estiment dans cette tribune que la majorité "s’attelle à rendre illisibles les résultats" des municipales.© ReutersLes sénateurs Patrick Kanner, Jérôme Durain, Eric Kerrouche et Didier Marie estiment dans cette tribune que la majorité « s’attelle à rendre illisibles les résultats » des municipales.

Voici leur tribune : « Alors que les sondages décourageants s’enchaînent, le gouvernement et les dirigeants de La République En Marche ont décidé d’enjamber le scrutin des municipales : depuis plusieurs semaines ils s’attèlent à rendre illisibles les résultats de mars, en changeant les règles de comptabilisation des candidatures, des votes et donc les scores de chaque parti politique. A défaut de pouvoir revendiquer une victoire, tachons que personne ne le puisse, telle semble être la stratégie mise en œuvre par le président de la République et le parti au pouvoir. Il s’agit ni plus ni moins que d’organiser la disparition des oppositions, d’installer artificiellement une parole unique et de dissimuler une éventuelle sanction électorale.

Devant l’impossibilité manifeste d’investir en nombre suffisant des candidats aptes à mener une campagne et à bâtir des majorités municipales, LREM a d’abord introduit une subtilité sémantique distinguant « investitures » et « soutiens ». Ainsi, la stratégie du « coucou » a été privilégiée en multipliant ces soutiens à des maires sortants ; le plus souvent de droite. Ces choix opportunistes sont avant tout destinés à brouiller les cartes, et si possible, à pouvoir revendiquer d’éventuelles victoires acquises par d’autres. L’objectif est donc bien d’obtenir un résultat électoral par tous les moyens et non pas de porter une vision, des valeurs, ou un programme proposé aux citoyens pour les six années à venir.

« Avec 484 candidats LREM officialisés à ce stade, atteindre l’objectif des 10.000 élus locaux fixés par le parti présidentiel s’annonce ardu

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Cette stratégie ne s’encombre pas de principes. Tous les jours nous découvrons que figurent parmi les candidats investis par LREM des élus qui hier défilaient dans les cortèges de la Manif pour tous. Avec 484 candidats LREM officialisés à ce stade (240 investitures et 244 soutiens), atteindre l’objectif des 10.000 élus locaux fixés par le parti présidentiel s’annonce ardu. Une nouvelle étape vient donc d’être franchie par une circulaire du ministre de l’Intérieur. Elle donne instruction aux préfets de n’attribuer de nuances politiques qu’aux candidats des communes de plus de 9.000 habitants et non plus à partir de 1.000 habitants, quand bien même ils auraient déclaré une étiquette lors de leur candidature.

En présentant les résultats électoraux sur la base qui l’avantage le plus, le gouvernement surévalue volontairement et de façon artificielle les votes qu’aura obtenus LREM. Les 8.754 communes de France qui comptent entre 1.000 et 9.000 habitants seraient ainsi dépourvues d’enjeux électoraux. Elles disparaissent littéralement. Tout comme leurs 23 millions d’habitants. On le voit, ce ne sont pas ici quelques communes rurales qui seront gommées! Ce sont désormais 96% des 35.000 communes de France et 50% des électeurs qui échapperont aux résultats électoraux. Leur tort? Appartenir à des territoires dans lesquels LREM n’a pas ou si peu d’existence et qui sont les perdants de la politique menée par le gouvernement.

« Le gouvernement a créé sur mesure pour les partis de la majorité présidentielle une nouvelle catégorie politique : les listes « Divers centre »

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Le moins que l’on puisse dire c’est que la circulaire constitue une vraie volonté de dépolitiser les élections municipales, ou, plus exactement de nier la diversité des opinions locales pour masquer la faiblesse du parti présidentiel dans les territoires. C’est organiser sciemment l’assèchement du débat démocratique. Les choses vont encore plus loin. Ce qui s’opère est inédit. Il s’agit ni plus ni moins d’une violation alarmante de nos principes démocratiques pour une raison simple : les nouvelles règles édictées par le ministère de l’Intérieur permettront de comptabiliser au profit de LREM des votes qui ne leur sont pas directement destinés!

Pour cela, le gouvernement a créé sur mesure pour les partis de la majorité présidentielle une nouvelle catégorie politique : les listes « Divers centre ». Cette étiquette sera attribuée aux listes officiellement investies par LREM et ses alliés, mais surtout, – et c’est là que réside le scandale de cette circulaire – elle pourra l’être aussi aux listes qui n’ont pas été investies par la majorité présidentielle mais qui auront reçu son simple soutien, ou celui du Modem. Une règle qui bénéficie au seul parti au pouvoir et qui explique pourquoi la République en marche multiplie les déclarations de soutien.

Il suffit en effet à la direction de LREM d’affirmer son soutien à une liste pour que celle-ci soit demain enregistrée comme « divers centre » et peu importe qu’elle ne compte aucun candidat LREM. Et l’électeur dans tout ça? Ce n’est ni plus ni moins que le sens véritable de son vote qui pourra être détourné au profit de la majorité présidentielle. C’est un piétinement de l’expression du suffrage des électeurs. »

 
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Publié par le janvier 19, 2020 dans actualités, France, POLITIQUE

 

Le Conseil de l’Europe réclame « plus de transparence » entre l’exécutif français et les lobbys

Le Greco a estimé qu’il y avait encore des « zones grises » et a jugé nécessaire que « le président de la République » ainsi que les membres du gouvernement rendent compte publiquement de leurs rencontres avec les lobbyistes.

POOL NEW / REUTERS
Le Conseil de l’Europe réclame « plus de transparence » entre l’exécutif français – « y compris le président de la République- et les lobbys (photo d’illustration d’Emmanuel Macron et Édouard Philippe le 11 novembre 2019 à Paris)

POLITIQUE – Le Groupe d’États contre la Corruption (Greco) du Conseil de l’Europe a pointé jeudi 9 janvier la persistance en France de “zones grises” dans la lutte contre la corruption et appelé Paris à plus d’efforts pour prévenir la corruption “au sein de l’exécutif”.

“L’attente croissante des citoyens quant à l’exemplarité des membres de l’exécutif (…) est palpable en France”, insiste dans son dernier rapport de 71 pages l’organe anti-corruption du Conseil de l’Europe, basé à Strasbourg.

Selon un sondage YouGov pour Le HuffPost réalisé en septembre 2018 après la démission fracassante de Nicolas Hulot qui avait pointé du doigt le rôle des lobbys, près de 4 Français sur 5 estimaient que ces derniers avaient trop d’influence dans la politique française.

Pourtant, des “zones grises où des efforts supplémentaires sont nécessaires” demeurent, en dépit d’évolutions “positives”, comme les créations de l’Agence française anticorruption (AFA), de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) ou encore celle du parquet national financier, relève le rapport.

“Une plus grande transparence s’impose”, notamment en ce qui concerne les “contacts entre l’exécutif et les groupes d’intérêts afin que leur influence” sur les décisions “soit plus claire”, estime le Greco, qui préconise que “les membres de l’exécutif, y compris le président de la République”, fassent ”état publiquement et à intervalles réguliers des lobbyistes rencontrés et des questions abordées”.

Le Greco salue l’adoption récente d’un plan de détection et de prévention des risques de corruption “au sein des ministères” mais recommande son extension “au cabinet du Président de la République (…), pas exempt de risques de corruption”.

Les déclarations de patrimoine et d’intérêts du président de la République devraient également être “examinées à son entrée en fonction afin de désamorcer tout éventuel conflit d’intérêts”, suggère le rapport, selon lequel les ministres soupçonnés de corruption ne devraient plus être jugés par la Cour de justice de la République, “composée pour moitié de parlementaires”, mais par “une autre juridiction (…) indépendante et impartiale”.

Le Greco appelle ”à l’élaboration d’une stratégie globale de prévention de la corruption” au sein de la police et de la gendarmerie, avec des “contrôles de sécurité” organisés tout au long des carrières afin d’évaluer la “situation personnelle” des agents, susceptible de les rendre “plus vulnérables” à la corruption.

Selon le rapport, la législation française sur la protection des lanceurs d’alerte devrait également être améliorée, la pratique ayant montré que sa mise en œuvre était “complexe” et “pas entièrement efficace”.

Composé de 48 États européens plus les États-Unis, le Greco a été créé en 1999 pour améliorer la capacité de ses membres à lutter contre la corruption.

À voir également sur Le HuffPost: Les méthodes utilisées par les lobbies agroalimentaires similaires à celles de l’industrie du tabac

 
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Publié par le janvier 13, 2020 dans actualités, France, POLITIQUE