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Archives de Catégorie: guerre et paix

Sur le front ukrainien, blocus et corruption attisent la haine

 http://www.letemps.ch/Page/Uuid/00ce3656-19d6-11e5-9d4e-1dfb5906ea79/Sur_le_front_ukrainien_blocus_et_corruption_attisent_la_haine

Un barrage près de la ligne de front tenu par des soldats ukrainiens. (Boris Mabillard)

Un barrage près de la ligne de front tenu par des soldats ukrainiens. (Boris Mabillard)

La multiplication des check points pour filtrer le passage des personnes et des marchandises vers les «républiques» séparatistes provoque la colère des habitants et ternit l’image de Kiev. Durant six jours, «Le Temps» vous emmène le long de la ligne de front qui divise l’Ukraine à la rencontre des acteurs et des victimes de cette crise

Sous un soleil de plomb, la jeune femme en larmes remonte la colonne de voitures bloquées par le check point de l’armée ukrainienne. Le premier hôpital est à une trentaine de kilomètres. Mais avec la guerre et les barrages de sécurité, qui sait combien de temps il faudra pour le rejoindre. Proche du terme de sa grossesse, elle a demandé une faveur: quitter la file «rapide» de véhicules réservée aux malades et aux familles avec enfants pour passer en priorité. Refus sec.

– «Et si j’accouche ici?» Le soldat armé d’un fusil-mitrailleur a pointé du doigt une ambulance.

– Et si je meurs?

– Ici on ne meurt pas. C’est de l’autre côté qu’on meurt.» L’autre côté, d’où elle vient, ce sont les territoires gérés par les séparatistes pro-russes.

Sur la route qui relie Artemisk, ville ukrainienne sous contrôle gouvernemental, à Gorlivka, ville passée du côté de la «République populaire de Donetsk» (DNR, autoproclamée), l’attente aux check points peut durer des heures, et cela dans les deux sens. Une région où s’est instaurée une frontière, comme sur toute la ligne de front qui sépare le pays en deux. Une zone où l’arbitraire s’installe, où les humiliations sont fréquentes, où la corruption et les trafics fleurissent.

A l’est de l’Ukraine, l’heure est officiellement à l’armistice. Mais le cessez-le-feu est violé quotidiennement. Depuis mai, les échanges de tirs se multiplient, les armes se massent le long d’une ligne arrêtée par les accords de Minsk, faisant craindre une nouvelle flambée de violence cet été. Kiev accuse la Russie et les rebelles des territoires séparatistes de préparer une «guerre totale». Les séparatistes disent riposter aux provocations des combattants ukrainiens. Moscou dénonce la «mauvaise foi» de Kiev et de ses alliés occidentaux. L’Europe et les Etats-Unis pointent du doigt la Russie, qui déverse armes et combattants en Ukraine. Le climat est à la surenchère.

De Gorlivka à Marioupol, en passant par les faubourgs ouest de Donetsk, les troupes du génie creusent des tranchées à travers les champs dont la terre est fraîchement retournée. Rondins de bois, ciment, rails, blocs de béton antichars, les matériaux s’entassent aux côtés de pelleteuses traçant le sillon d’une ligne Maginot du Donbass qui pourrait s’étirer sur 500 kilomètres. Par endroits, les guérites de sacs de sable font place à de petits bunkers. Et les deux camps minent les terrains autour des axes stratégiques.

Dans ce conflit qui a déjà fait plus de 6400 morts, l’artillerie joue un rôle central. Mais bientôt, peut-être, c’est une guerre de tranchées qui pourrait s’installer dans les marges de l’Europe, un siècle après la Première Guerre mondiale.

Dans le langage officiel ukrainien, on parle de la zone d’opération antiterroriste, ou ATO. «Ce n’est pas une guerre civile ou une guerre contre les russophones comme l’affirme la propagande russe, mais une opération de police contre les terroristes», explique le colonel Valentyn Fedichev. C’est au nom de ce combat que Kiev a décidé en fin d’année dernière de stopper les paiements des retraites et de geler le système bancaire du côté séparatiste, ainsi que de limiter le commerce, afin de s’assurer que cet argent ne soit pas détourné au profit des leaders de la rébellion. Moscou et les séparatistes parlent de blocus économique pur et simple.

Ce sont en tous les cas ces barrières qui nourrissent la corruption et la contrebande. Sergueï, un homme d’affaires, raconte le passage d’un camion transportant cinq tonnes de poulet à un check point ukrainien. Après négociation avec leur commandant, les trois militaires en faction se mettent d’accord pour prélever chacun une taxe de trois hrivnas par kilo de poulet, soit un total de 45 000 hrivnas (environ 2250 francs). «Au début, c’était les bataillons de volontaires qui faisaient du pillage, ils n’étaient pas très disciplinés. A présent, on ne sait plus très bien qui c’est, explique cet ancien habitant de Marinka ayant fui à Donetsk après la destruction de sa maison et qui demande à rester anonyme. Les gens sont furieux. Nous sommes pris en otage. La seule façon d’arrêter cette corruption, c’est de chasser ce gouvernement de Kiev qui fonctionne comme celui de Ianoukovitch.»

Valentyn Fedichev ne nie pas le problème. «La police traque les éléments pourris et sanctionne ceux qui se sont rendus coupables d’infractions. Mais la corruption est liée à quelques individus, c’est loin d’être la règle dans l’armée, ni un système.» Deux officiers ont été arrêtés.

A Semenivka, à moins de dix kilomètres de la ligne de front, non loin d’Avdiivka, Tania, une jeune retraitée, vend des fraises au bord de la route. «Nous vivons avec 23 hrivnas par jour. C’est rien. Pour le pain et le beurre, je dépense la moitié de la somme», explique-t-elle. Sa retraite mensuelle est de 1000 hrivnas (50 francs). Mais désormais, avec les laissez-passer, il lui en coûte 100 hrivnas en frais de transport pour la percevoir. «Comment voulez-vous qu’on se déplace? On ne demandait rien, tout allait bien. Depuis que l’armée ukrainienne est arrivée, nous avons des problèmes.»

Oleksander Kikhtenko, gouverneur de l’oblast de Donetsk, n’est pas loin de lui donner raison. «Les problèmes de livraison de nourriture et de médicaments, ainsi que du paiement des retraites travaillent contre l’Ukraine», explique-t-il. Ce général à la retraite nommé par le président Petro Porochenko l’été dernier explique que «plus on multiplie les postes de contrôle, plus on les rend imperméables, et plus les risques de corruption sont grands. Un blocus est impossible, ou alors autant jouer cartes sur table et abandonner les territoires. Si cela ne tenait qu’à moi, j’abandonnerais le système des laissez-passer.»

Oleksander Kikhtenko estime que 20% des gens des régions séparatistes sont avec l’Ukraine. «On ne peut pas les lâcher.» Economiquement, les régions de l’est sous contrôle gouvernemental ne pourraient pas survivre sans les liens qui les unissent au Donbass séparatiste, en raison notamment de l’approvisionnement énergétique. «La Russie a su très bien utiliser ces arguments à son profit contre nous.»

Quelques jours après cet entretien, le gouverneur était limogé en raison de positions jugées trop molles à l’égard des rebelles. Son successeur, Pavel Zhebirvsky, appelle au vote d’une loi pour établir un blocus économique complet. C’est ce à quoi semble se résoudre le gouvernement, décidé à asphyxier les «terroristes».

Au check point de Horlivka, les militaires vérifient le nombre de cigarettes et les montants d’argent (10 000 hrivnas maximum par personne). A l’adresse des étrangers, ils ajoutent: «Dites la vérité, il y a des Russes qui combattent de l’autre côté. Il faut plus de sanctions contre Poutine.»

 
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Publié par le juillet 1, 2015 dans Europe, guerre et paix

 

L’ex-président du SPD : «L’impérialisme américain n’a qu’à aller se faire f**tre»

Oskar Lafontaine © Alex Domanski Source: Reuters
Oskar Lafontaine

Un homme politique allemand, Oskar Lafontaine a dénoncé les actions des Etats-Unis en Ukraine. Il a qualifié le secrétaire américain de la Défense Ashton Carter de «ministre militaire» sur sa page Facebook.

«Les Etats-Unis ont délibérément déstabilisé la situation en Ukraine, et l’Europe subit des pertes économiques et des pertes d’emploi», a écrit sur sa page Facebook l’homme politique de gauche et l’ancien président du SPD (Parti social-démocrate allemand) Oskar Lafontaine.

«Le ministre militaire américain appelle les Européens à s’opposer à «l’agression» russe. Mais les Européens ont toutes les raisons de s’opposer à l’agression américaine. Le grand maître de la diplomatie américaine George Kennan a qualifié l’élargissement de l’OTAN vers l’est de la plus grande faute de politique étrangère américaine depuis la guerre froide, parce que cela entraîne une nouvelle guerre froide. La diplomate américaine Victoria Nuland a avoué que les Etats-Unis ont dépensé plus de cinq milliards d’euros pour déstabiliser la situation en Ukraine. Ils vont même plus loin et l’Europe en a payé le prix avec la baisse du commerce avec la Russie et les pertes d’emplois. «L’Europe n’a qu’à aller se faire f**tre», a dit la diplomate américaine Nuland. Nous avons besoin d’une politique étrangère européenne qui limite l’impérialisme belliciste américain ! L’impérialisme américain n’a qu’à aller se faire f**tre !», a posté Oskar Lafontaine.

C’est la réaction de l’ancien président du SPD aux appels du ministre de la Défense Ashton Carter de se réunir pour s’opposer à la Russie. L’homme politique allemand s’est rappelé l’enregistrement de l’entretien téléphonique scandaleux de la représentante officielle du Département d’Etat Victoria Nuland avec l’ambassadeur américain à Kiev diffusé sur YouTube. Dans sa conversation, elle avait directement offensé l’UE.

 
 

Je résume pour ceux qui n’auraient pas compris et je vous invite à en débattre

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Le coup d’état néo-nazi en Ukraine, mis en œuvre avec le soutien des Usa, a conduit à la formation aux frontières de l’Union européenne d’une zone de permanente tension. L’économie de l’Ukraine est au fond du gouffre, tandis que Washington prétend que l’Europe débourse de l’argent en appui de la « démocratie » dans le pays où il a été instauré un régime néonazi. En essayant d’effrayer les européens en ce qui concerne la « menace russe », les Etats-unis renforcent en Europe leur arsenal militaire et déjà ils proposent l’installation de missiles nucléaires dans les pays de l’OTAN et demandent à leurs alliés une augmentation des dépenses militaires. Ce qui conduit à un affaiblissement de l’économie de l’Union européenne, en renforçant l’influence des Etats-unis sur les pays européens.

Je signale aux amis des Bouches-du-Rhône et plus généralement à ceux de PACA, que vendredi 26 juin à 18 heures, Marianne et moi sommes à la Librairie de Provence, Cours Mirabeau. Autour de notre livre: URSS, vingt ans après, retour de l’Ukraine en guerre. Nous vous attendons. Parce que notre livre montre à quel point les peuples ukrainien, russe, moldave, Gagaouze, ne voulaient pas la guerre et que le sang a coulé comme prétexte à cette stratégie des USA

Danielle Bleitrach.

PS. nous nous félicitons de la multiplication des initiatives qui vont dans le sens de la paix, nous apprenons à l’instant celle-ci

http://mouvementcommuniste.over-blog.com/2015/06/26-juin-conference-sur-l-ukraine-organisee-par-le-mouvement-de-la-paix-19-et-amitie-droujba-19.html

 

Les Etats-Unis confirment l’installation « temporaire » d’armes lourdes dans sept pays européens

Le Monde.fr avec AFP et Reuters | 23.06.2015 à 16h36 • Mis à jour le 23.06.2015 à 16h4

Lundi 22 juin, le ministre de la défense américain, Ashton Carter, et son homologue allemande, Ursula von der Leyen, se sont rencontrés sur fond de crise persistante avec la Russie.

Lundi 22 juin, le ministre de la défense américain, Ashton Carter, et son homologue allemande, Ursula von der Leyen, se sont rencontrés sur fond de crise persistante avec la Russie. Michael Sohn / AP

Le ministre de la défense américain, Ashton Carter, a confirmé mardi 23 juin à Tallinn, capitale de l’Estonie, que les Etats-Unis allaient « faire stationner temporairement des armements (…) dans des pays d’Europe centrale et orientale », principalement des chars et des équipements d’artillerie mobile.

Sept Etats sont concernés : l’Estonie, la Lituanie, la Lettonie, la Bulgarie, la Roumanie et la Pologne. « Le matériel tournera dans la région pour entraînements et exercices », a ajouté Ashton Carter, et une partie serait également envoyée en Allemagne afin de renforcer l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN).

C’est la première fois que des armes lourdes américaines seront ainsi déployées sur le flanc est de l’OTAN, dans des pays membres de l’Alliance mais ayant longtemps appartenu à la sphère d’influence de l’Union soviétique. Le ministre de la défense américain rencontrait mardi ses trois homologues baltes sur fond de crise persistante avec la Russie.

Lire aussi : Veillée d’armes en Europe

« Des réponses aux provocations russes »

Le projet des Etats-Unis d’entreposer des armes lourdes en Europe de l’Est avait été révélé le 14 juin par le New York Times et confirmé le lendemain par les autorités américaines, qui n’avaient pas précisé où le matériel serait entreposé.

L’action de Washington entre dans le cadre des mesures destinées à rassurer les Etats membres de l’OTAN inquiets des intentions de la Russie depuis l’éclatement du conflit ukrainien et l’annexion de la Crimée. Mais un tel déploiement risque d’être en contradiction avec l’acte fondateur signé par l’OTAN et par la Russie postcommuniste pour « construire ensemble une paix durable ».

La semaine dernière, Moscou a dénoncé l’initiative américaine, regrettant dans un communiqué que « les Etats-Unis encouragent soigneusement la peur de la Russie chez leurs alliés européens ».

Vladimir Poutine a par ailleurs annoncé mardi 16 juin que quarante missiles intercontinentaux viendraient s’ajouter d’ici à la fin de l’année à l’arsenal nucléaire russe. Une mesure qualifiée de « déstabilisant[e] » et « dangereu[se] » par le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg. « Il y a des réponses aux provocations russes », a renchéri mardi Ashton Carter sur la chaîne de télévision CBS.

 
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Publié par le juin 24, 2015 dans Amérique, guerre et paix

 

La sortie des USA du traité ABM est destinée à pousser la Russie vers une nouvelle course aux armements

Russian President Vladimir Putin speaks during a session of the St. Petersburg International Economic Forum 2015

Poutine : la sortie des USA du traité ABM est destinée à pousser la Russie vers une course aux armements

 
Les décisions globales, telles que la sortie US du traité ABM, sont faites pour pousser la Russie dans le nouveau cycle de course aux armements, a déclaré le président russe Vladimir Poutine lors du Forum économique International de Saint-Pétersbourg, déclaré vendredi.

Moscou (Spoutnik en langue anglaise(1)) — Le traité ABM entre les Etats-Unis et la Russie visait à éviter un déséquilibre stratégique, cependant, Washington s’est retiré du traité sur les missiles antibalistiques (ABM), signé avec l’ex-Union soviétique en 1972 qui visait à limiter le nombre et les capacités des sites ABM des deux pays.

Après la fin de l’URSS, Washington a considérablement élargi la mise au point et le nombre de ses systèmes de défense antimissile en Europe centrale et orientale.

La Russie considère ces plans comme  une menace pour sa sécurité nationale, et met en garde sur le fait qu’ils présentent aussi des menaces pour la sécurité régionale.

« Les conflits militaires locaux ne conduisent pas à la guerre froide, mais font parties  de décisions globales, telles que la sortie unilatérale américaine du traité anti-Ballistic Missile [ABM]. C’est vraiment un pas qui nous pousse vers de nouveaux affrontements, car il modifie le système de sécurité mondial. »

Selon le vice-président du USJoint Chiefs of Staff amiral James Winnefeld, les États-Unis installera le système Aegis à terre Ballistic Missile Defense (BMD) en Roumanie, ce qui  complétera la Phase 2 de l’approche européenne adaptative progressive avant la fin de 2015.

Les systèmes BMD étaient jusque-là limités en vertu du traité de missiles antibalistiques (ABM).

En avril, au cours de la Conférence de sécurité internationale de Moscou, les hauts  responsables militaires et diplomates russes, y compris le ministre de la défense Sergei Shoigu et ministre des affaires étrangères Sergei Lavrov, ont déclaré que les systèmes américain et ceux de  l’OTAN ABM et l’activité de l’OTAN en Europe de l’est  a sapé la stabilité stratégique.

 
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Publié par le juin 20, 2015 dans Amérique, Asie, Europe, guerre et paix

 

Simonenko : le pouvoir de Kiev cherche à provoquer la guerre en Europe

Site officiel du Comité central du Parti communiste – KPRF.RU

 

19/06/2015 http://kprf.ru/history/party/143901.html

Les autorités ukrainiennes continuent à aggraver l’humeur belliqueuse dans la société, créant une menace très réelle d’escalade avec la possibilité de son développement dans une guerre continentale à grande échelle, a déclaré le président du groupe communiste à la Verkhovna Rada d’Ukraine Petro Simonenko, parlant jeudi en marge de la 29e session du Conseil des Nations Unies sur les droits de l’homme, ouvert le 15 Juin à Genève.

«Chaque jour, les médias ukrainiens entièrement contrôlées et dirigées par le pouvoir développent dans la société une véritable hystérie militariste. La menace de provoquer une nouvelle escalade du conflit, très dangereuse, avec la possibilité de son développement dans une guerre continentale à grande échelle, qui peut couvrir l’ensemble de l’Europe, semble très réelle « – a-t-il dit.

Selon Simonenko, le niveau de vie des Ukrainiens dans la dernière année a considérablement baissé – plus de 60% des habitants sont sous le seuil de la pauvreté, les médicaments sont devenus inaccessibles à la plupart des gens en raison des prix très élevés, et dans certaines régions de l’Est du pays on observe un « génocide social. » Les autorités mènent également des politiques répressives, en particulier en essayant d’interdire les activités du Parti communiste de l’Ukraine et de soutenir les activités des néo-nazis.

« La situation des droits humains dans le pays a été considérablement détériorée après que, par la faute de la politique criminelle et incompétente du gouvernement nous ayons perdu la Crimée et provoqué des conflits armés dans l’est de l’Ukraine, et en fait, déclenché une guerre civile fratricide, déguisée sous un verbiage sur le terrorisme » – a dit il.

Dans le même temps, le gouvernement actuel ne respecte pas non seulement l’accord de Minsk conclu le 12 février 2015 ni les accords atteints le 17 avril 2014 à Genève, tandis que la rhétorique militante de Kiev est en croissance partout dans les médias contrôlés par les autorités, a déclaré Simonenko.

Le député a souligné que « jamais depuis la proclamation de l’indépendance de l’Ukraine » les citoyens « ne se sentent aussi désespérés qu’après le coup d’Etat commis en février de l’année dernière. »

 
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Publié par le juin 19, 2015 dans Europe, guerre et paix

 

LA TRANSNISTRIE

Pour les lecteurs de notre livre Marianne et moi, vous remarquerez que nous avons suivi les lignes de faille d’une guerre possible en Europe, une guerre qui chaque jour prend malheureusement plus de vraisemblance alors même que tout est fait pour nous endormir. Allons-nous transformer le continent européen en nouvelle Syrie pour accueillir les menées stratégique de l’impérialisme US, ou les peuples européens se réveilleront-ils?  (Danielle Bleitrach)

• La Transnistrie. La Transnistrie appelée aussi République Moldave du Dniestr ou  encore Pridniestrovie est un état indépendant de fait non reconnu internationalement à part par d’autres états sécessionnistes issus de l’ex URSS : l’Ossétie du Sud (sécession avec la Géorgie), l’Abkhazie (sécession avec la Géorgie) et le Haut-Karabagh (sécession avec l’Azerbaïdjan). Le pays compte environ 500 000 habitants. Les langues officielles sont le moldave, le russe et l’ukrainien (wikipedia, wikipedia).

cliquer pour visionner la carte

La région de Transnistrie a une histoire récente sanglante. Elle a été le cadre de déportations et de massacres lors de la seconde guerre mondiale de la part des roumains alors alliés à l’Allemagne nazie (wikipedia). Plus tard, en 1990, alors que l’URSS existe toujours, la république socialiste de Moldavie se rapproche de la Roumanie en adoptant le roumain comme seule langue officielle, ce qui crée des tensions avec la minorité russophone.  Il y a des affrontements militaires fin 1990 entre les troupes moldaves et les milices transnistriennes appuyées par la XIVe armée russe stationnée en permanence sur le territoire. Puis, après la dislocation de l’URSS, de nouveaux affrontements opposent la Moldavie et la Transnistrie en 1992 qui font plusieurs milliers de morts et gèlent les frontières entre Moldavie et Transnistrie (wikipedia). Depuis ce temps, des troupes russes d’interposition fortes d’environ 1200 hommes sont déployées en Transnistrie avec, jusqu’au 21 mai 2015, des accords de survol de l’Ukraine pour l’approvisionnement et la rotation des troupes. Pour la petite histoire, le président actuel de Transnistrie, Yevgeny Shevchuk, rappelle que les affrontements de 1990-1992 opposaient la majorité roumaine de Moldavie à la minorité russe et ukrainienne (russia-insider). Yevgeny Shevchuk, lui même, est un Transnistrien d’origine ukrainienne comme environ le tiers des Transnistriens.

La population de la Transnistrie enfin est très majoritairement (plus de 95%) favorable à un rattachement avec la Russie.

• Un cauchemar militaire. La Transnistrie est un micro état étendu le long de la rive gauche du Dniestr et qui n’a, au mieux, que 20 km de profondeur. Il est de plus enclavé entre la Moldavie à l’Ouest et l’Ukraine à l’Est. Côté défense du pays, ceci donne des lignes de front très étendues, sans profondeur stratégique ni repli possible et une impossibilité de ravitaillement ou d’intervention de la part de la Russie… sans entrer en conflit avec l’Ukraine. Côté invasion du pays, ceci donne une première phase aisée de percement des lignes de front, suivi par des combats meurtriers en milieu urbain au milieu de la population qui n’a nulle part où fuir et qui sera hostile aux envahisseurs. Bref, aucun militaire sensé ne voudrait défendre ou attaquer un pays qui pourrait se transformer en un Stalingrad, un Grozny ou un Beyrouth.

• L’armée transnistrienne.  Outre les 1200 soldats russes, l’armée transnistrienne est formée de 4 500 à 7 500 hommes, d’une vingtaine de tanks T-64BV, une centaine de véhicules d’infanterie BTR-60, BTR-70, MT-LB et BRDM-2, 173 chasseurs de chars, une cinquantaine de batteries de DCA et une quinzaine d’hélicoptères (wikipedia). De plus, la Transnistrie pourrait compter sur 50 000 réservistes pouvant être opérationnels en une semaine (rusvesna.su via fortruss). Autrement dit, elle est incapable de défendre les frontières et sera réduite à des combats de guérilla. Le seul élement qui maintient le statu quo et empêche une autre aventure militaire moldave est la présence de soldats russes et donc l’intervention automatique de la Russie en cas d’attaque de ses troupes. Paradoxalement, ce sont ces mêmes troupes russes qui attisent les rêves ukrainiens de soutien voire d’intervention de l’OTAN…

• Le rêve ukrainien d’une guerre ouverte avec la Russie. La Transnistrie présente quatre avantages pour l’Ukraine. Tout d’abord le pays compte des arsenaux immenses datant du temps de l’URSS dont la capture serait très utile pour l’armée ukrainienne encore équipée de matériel soviétique. Ensuite, depuis la dénonciation des accords russo ukrainiens et les restrictions moldaves de transit via Chisinau (sputniknews), les troupes russes présentes en Transnistrie sont quasiments encerclées. ce qui fait que la Russie ne peut plus les approvisionner ou les secourir en cas de conflit. A moins bien sûr d’intervenir militairement contre l’Ukraine. Donc si l’Ukraine attaquait la Transnistrie, cela pousserait la Russie à attaquer l’Ukraine. Par jeu de domino, l’OTAN, dont la Roumanie fait partie et que la Moldavie veut intégrer (nato.int), réagirait forcément de manière pavlovienne. C’était tout le calcul de l’Ukraine quand Porochenko discutait, il y a quelques semaines, de la Transnistrie, non pas avec la Moldavie mais avec la Roumanie, donc avec l’OTAN. Enfin, dernier avantage. Une guerre contre la Russie ne manquerait pas d’ouvrir grandes les vannes des financements et des fournitures d’armes américains.

Suite à sa décision de dénonciation des accords de transit, l’Ukraine a positionné des unités de missiles anti-aériens S300 près d’Odessa afin d’abattre d’éventuels avions russes (vzgliad.ru), ce qui, paradoxalement,  inquiètent les américains (sputniknews), mais n’alarme pas les experts qui pensent que la Russie pourrait facilement neutraliser électroniquement les batteries de missiles ukrainiens… qui sont de fabrication russe (fortruss) ! D’ailleurs, la Russie a déployé récemment, malgré le blocus ukrainien, des troupes spéciales de reconnaissance en Transnistrie (fortruss).

 
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Publié par le juin 19, 2015 dans Europe, guerre et paix

 
 
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