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Archives de Catégorie: guerre et paix

Jeanne: quelles étranges convergences, à quelle urgence répondent-elles?

Jeanne , je publie ton texte avec lequel je suis en parfait accord, j’ai beaucoup de choses à dire là dessus, mais c’est le départ de Kazan, l’avion à prendre. Mais le centre de tes remarques est « guerre à la guerre ». Moi aussi j’ai lu et médité Anders, le seul à faire la relation entre Hitler et l’extermination des juifs mais aussi la guerre livrée aux soviétiques et Hiroshima, Nagasaki. pourtant c’est évident. Cela marque l’unité fondamentale d’un capitalisme en crise. Encore une idée centrale  du moment: le PCF est à deux doigts de disparaître. Pourtant une étrange conviction m’anime, ce que nous défendons ou plutôt défendions est juste, nous devons et pouvons triompher parce que nous sommes les seuls à être en capacité de comprendre la nature réelle de ce que nous devons affronter et jusqu’où ira le capitalisme… Il a commencé une guerre et masse ses troupes, ce qui se passe en Europe même, en Ukraine et ailleurs autant qu’au Moyen Orient illustre cette offensive. Il faut relire le début aussi du texte de PAM, comment ce gouvernement « nouveau » sitôt élu est déjà dans la crise, les démissions, ce système fait eau de toute part, il est dangereux. A cause de cela je ne crains aucun ennemi extérieur, celui émanant de ce système capitaliste à son stade sénile, mais notre propre faiblesse intérieure. Voilà je jette ça et je développerai bientôt (note de Danielle Bleitrach).
Quelle étrange chose un très grand nombre de mes lectures de ces jours-ci me ramènent à cet après-guerre et aux années 1950.
Années tout de suite happées par la conjoncture de la guerre froide et d’attaques frontales contre le communisme vainqueur de la guerre fasciste et de l’Axe partout en Europe, en Asie, sur mer, sur terre .
J’ai commencé par (re) lire allongée sur mon lit,”à la faveur” d’un mal de dos tenace, le livre acheté cet hiver d’Emmanuel Faye sur Heidegger et Arendt, puis j’ai vu la recension que tu en as mise ici sur le site, la réponse interpellante de” Lecca” ici dans les commentaires et enfin avant-hier j’ai lu le site “Greekcrisis” dans lequel le sociologue-ethnologue qui l’anime Panagiotis Grigoriou met une très longue citation absolument actuelle de Gunther Anders.
Comment d’un coup ces “rencontres” se sont liées dans mon esprit,au point de me faire me demander si toutes ces références étaient dues au hasard ou à un réel “esprit du temps” à une urgence intellectuelle posée pour penser notre conjoncture politique de désastre, à la lumière de cet après-guerre de la sortie du nazisme, de l’affrontement de classe dans la misère matérielle qui était la nôtre victimes directes du nazisme comme toi ou nouveau-né de la classe ouvrière comme moi ?
Je pense que cette liaison s’est faite sur plusieurs plans d’abord des “bouffées de souvenirs”, la mort des Rosemberg a été pour moi un “apprentissage politique” et pourtant je n’avais pas encore six ans, je me vois aller chercher mon père à son travail, il était mine défaite disant “ils les ont exécutés” et mes parents m’ont expliqué. C’est alors noué en moi quelque chose d’assez inexplicable de l’ordre” guerre à la guerre”, les gens qui se révoltaient contre leur pays qui avait osé lancer pour de vrai cette monstruosité de bombes atomiques et ce maudit pays capitaliste qui n’allait pas manquer d’en envoyer sur nous aussi d’après mon père me fichait une peur noire , heureusement qu’il y avait l’URSS disait-il.
Trois ans ou quatre ans après c’est Oppenheimer qui venait manger au restaurant où travaillait mon père (j’ai un menu signé par lui) et de nouveau on a reparlé de cette histoire de bombes atomiques.
Quel rapport avec Arendt, Heidegger et Anders ? Il se trouve que j’ai été chargée une année en terminale de faire les cours de la matière qui sous un sigle barbare ECJS était de l’éducation civique, et que j’ai pris comme thème de travail la “responsabilité”, j’ai donc fait lire ce grand livre de G.Anders qu’est “Nous, fils d’Eichman” qui est une lettre ouverte où il demande au fils de l’organisateur technicien, mais efficace, zélé de l’extermination des juifs de se désolidariser de son père. Il relie cela à la responsabilité du pilote qui a lancé la bombe sur Nagasaki avec lequel il a été en correspondance. Arriver à expliquer cela, d’abord de le faire lire à quelques lycéens m’a demandé un lourd travail (pour un assez piètre résultat pédagogique concret me semble-t-il) mais moi cela m’a secouée et je me suis lancée dans la lecture de Anders et d’Arendt dont il a été le mari, j’ai donc lu Arendt à partir de Anders.
Pendant mes études bien entendu j’avais lu Heidegger en français car je ne suis pas germaniste comme je te l’ai dit, j’ai eu beaucoup de mal, mais comme j’avais eu Aristote (in extenso à l’époque) au programme de l’agrégation, d’une certaine façon ,en faisant une petite tambouille intellectuelle perso.,et en utilisant mes connaissances de grec ancien (j’étais en A’ au lycée) j’avais réussi à l’appréhender, mais comment dire? comme je suis très matérialiste dogmatique et marxiste manichéenne par certains côtés je l’avais mis de côté car je le trouvais “macaronique” …
La question posée par Leca: “pourquoi s’intéresser à des philosophes manifestement nazis ou à ceux qui n’ont pas rompu avec eux”? est une question valide…
…Si, mais la condition est de taille , si on fait abstraction de l’histoire matérielle de la diffusion, de la réception des textes dans une société déterminée.
Oui Leca a raison : pourquoi s’intéresser à ces gens ?
Mais parce que Heidegger surtout en France a été donné comme le philosophe-phare de son temps, comme Descartes l’avait été au 17ème sicle pour des gens qui l’ont pourtant dépassé, critiqué comme Malebranche, Spinoza ou Leibniz, qui ne sont pas cartésiens, mais sont innervés par les concepts cartésiens. Ceci débouche sur la question historique:
Arendt est-elle la “disciple” de Heidegger, son élève et son amante ou est-elle la “Spinoza” de Heidegger qui rompt et produit autre chose? c’est une des questions posées.
L’autre question c’est “pourquoi en France surtout, a-t-on remis le pied à l’étrier de Heidegger? après la guerre” ?
En effet Heidegger a été soumis aux protocoles de dénazification : exclusion de l’université etc…
Sa réhabilitation va se faire en plusieurs points et étapes: d’abord on a dit que c’est pour des raisons factuelles, on ne pouvait diriger une université si on adhérait pas au NKPD, ensuite on a dit qu’Heidegger avait été gentil avec certains de ces étudiants juifs et ne les avait pas poussés de lui ^même dans les chambres à gaz (je force le trait ironiquement bien sûr) , mais chacun disait que 1- l’oeuvre elle même son contenu de H. était exempte de toute tache de pensée nazie, 2- que H.était resté sur l’Aventin et n’avait pas été un champion nazi dans l’arène politique. 3- qu’Hannah Arendt elle même après la guerre avait renoué (sur des bases non sexuelles ce coup ci) avec lui, et qu’intellectuellement bien quelle ne reprenne pas son contenu de philosophie et qu’elle se soit émancipée de lui elle n’avait jamais rien eu à redire de la place qu’il tenait dans la pensée européenne et occidentale au sens large.
C’est l’honneur d’Emmanuel Faye d’avoir montré par l’analyse des textes, de tous les textes, du vocabulaire qu’en fait Heidegger c’est le Nazisme DANS la philosophie. ceci dans son livre de 2005.
Dans ce livre de 2016 ce qu’il montre c’est que doit le concept de “totalitarisme” et aussi celui de “banalité du mal” forgés par Hannah Arendt, à la pensée de Heidegger.
Si on rejoint les deux thèses celle du livre de 2005 et celle du livre de 2016 c’est absolument angoissant.
Car si H. a été (et à mon avis est resté nazi) AH. elle, ne l’a pas été et ne saurait l’être ou y être associée.
Du coup (et c’est pour cela que la question se pose comme te le disait Danielle ,Lecca) on ne peut pas expédier le concept comme on ferme sa porte au facho de service… On se doit de s’interroger sur ce “contenu” des concepts Heidegerriens, mais aussi de ceux d’Arendt.
Moi, je dois dire qu’un abîme s’est ouvert devant moi.
D’autant que tout cela débouche sur la question du jour, pourquoi tout cela ressort-il actuellement, pourquoi nous sentons nous obligés de nous confronter à cette conjoncture de l’après-guerre quand la guerre atomique future était angoissante car on la voyait à l’horizon poindre, comme les “nuits bleues” des plasticages du siège du parti du 6ème arrondissement faisait peur à l’enfant que j’étais.
Pourquoi Anders nous aide-t-il à penser? Comment se débarrasser de l’Heideggerianisme qui traîne en nous? et dont on ne voit pas les origines nazies, pourquoi Arendt est-elle insatisfaisante ? alors qu’on avait tous les penchants spontanés de nos madeleines de Proust infantiles et intellectuelles qui nous poussaient à l’aduler ?
Bon j’arrête là car je ne tiens plus assise devant mon ordi… le dos !!
Je vais juste mettre, si j’y arrive en copier /coller la citation de Anders lue dans “greek-crisis” sur le commentaire suivant.
 

Déclaration du gouvernement révolutionnaire de Cuba

 rien n’éclaire plus la mesquinerie odieuse de l’impérialisme des Etats-Unis que l’acharnement contre la petite île de Cuba et son farouche besoin d’indépendance…Qu’il se trouve parmi les journalistes, les politiciens français des gens capables de justifier cette ignominie prouve la dégénérescence de ceux qui ont entrepris de parler en notre nom et soutiennent le bouffon Trump… (note de Danielle Bleitrach pour histoire et société)

Le 16 juin 2017, Donald Trump, président des États-Unis, a prononcé dans un théâtre de Miami qui porte le nom d’un mercenaire de Playa Girón [Baie des cochons – NdR], un discours bourré d’une rhétorique hostile rappelant l’époque de la guerre déclarée contre notre pays, et dans lequel il a dévoilé la politique que son administration suivra contre Cuba et qui annule des progrès faits ces deux derniers années, après que les présidents Raúl Castro et Barack Obama eurent décidé, le 17 décembre 2014, de rétablir les relations diplomatiques et de s’engager sur la voie de la normalisation des liens entre les deux pays.

Dans ce discours, ainsi que dans un décret de politique intitulé : « Mémorandum présidentiel de sécurité nationale sur le renforcement de la politique des États-Unis envers Cuba » signé au même endroit, Trump inflige une régression aux relations entre les deux pays : il élimine les échanges éducationnels « interpersonnels » que pouvaient faire les individus, il instaure un plus grand contrôle de tous les voyageurs se rendant à Cuba et il prohibe les transactions économiques, commerciales et financières de sociétés étasuniennes avec différentes entreprises cubaines liées aux Forces armées révolutionnaires et aux service de renseignement et de sûreté, en vue de priver notre pays des revenus correspondants. Le président étasunien a, pour justifier cette nouvelle politique, avancé comme prétexte son inquiétude devant l’état des droits de l’homme à Cuba et son obligation d’appliquer rigoureusement les lois du blocus, dont la levée ainsi que toute amélioration des relations bilatérales seront conditionnées, selon lui, par les modifications que notre pays devra opérer dans son ordre constitutionnel.

Trump a aussi dérogé le décret de politique intitulé : « Normalisation des relations entre les États-Unis et Cuba”, émis par le président Obama le 14 octobre 2016. Ce décret, tout en n’occultant pas les visées interventionnistes de la politique étasunienne ni la volonté de la Maison-Blanche de fomenter des changements dans l’organisation économique, politique et sociale de notre pays, reconnaissait toutefois, d’une part, l’indépendance, la souveraineté et l’autodétermination de Cuba, d’autre part le gouvernement cubain comme un interlocuteur légitime sur un pied d’égalité, ainsi que les avantages qu’une coexistence civilisée procurerait aux deux pays et aux deux peuples, malgré les grandes différences existant entre leurs gouvernements. Le décret admettait aussi que le blocus devait être éliminé en tant que politique anachronique.

La nouvelle administration étasunienne en revient aux méthodes coercitives du passé et adopte des mesures qui renforcent le blocus toujours en vigueur depuis février 1962, lequel non seulement inflige des dommages et des privations au peuple cubain et constitue un obstacle indéniable au développement de notre économie, mais viole aussi la souveraineté et les intérêts de pays tiers, d’0ù son rejet par la communauté internationale.

Les mesures annoncées imposent des entraves supplémentaires aux occasions déjà fort limitées dont bénéficiait le secteur entrepreneurial étasunien pour faire du commerce et investir à Cuba.

Elles restreignent encore plus le droit des Étasuniens à visiter notre pays, alors pourtant qu’ils doivent déjà demander des autorisations discriminatoires, au moment même où le Congrès du pays, reflétant la volonté de vastes secteurs de la société, réclame la levée non seulement de cette prohibition aux voyages, mais aussi des restrictions imposées au commerce avec Cuba.

Les mesures annoncées par le président Trump prennent le contrepied de l’opinion publique étasunienne, dont celle de l’émigration cubaine, qui soutient dans sa majorité la levée totale du blocus et l’instauration de relations normales entre Cuba et les États-Unis.

Au contraire, de nouveau mal conseillé, le président étasunien prend des décisions favorables aux intérêts politiques d’une minorité extrémiste d’origine cubaine implantée dans l’État de la Floride qui, poussée par des motifs misérables, s’entête à vouloir punir le peuple cubain d’exercer tout simplement son droit légitime et souverain d’être libre et de prendre en main ses propres destinées.

Nous analyserons ensuite plus en profondeur la portée et les implications de cette annonce.

Tout en dénonçant ces nouvelles mesures visant à durcir le blocus, le gouvernement cubain tient à signaler qu’elles sont toutefois vouées à l’échec, comme le passé l’a démontré à maintes reprises, et qu’elles ne parviendront pas à affaiblir la Révolution ni à faire plier le peuple cubain qui a fait la preuve, pendant presque soixante ans, de sa capacité de résistance aux agressions, de quelque type ou origine qu’elles soient.

Le gouvernement cubain refuse la manipulation à des fins politiques et selon un deux poids deux mesures de la question des droits de l’homme. Le peuple cubain jouit des droits et libertés fondamentales, et peut se vanter avec fierté d’acquis qui restent une chimère dans de nombreux pays du monde, y compris aux États-Unis, tels que le droit à la santé, à l’éducation, à la sécurité sociale, le droit à un salaire égal à travail égal, les droits de l’enfant, le droit à l’alimentation, à la paix et au développement. Cuba a aussi contribué à améliorer les droits de l’homme dans de nombreux endroits du monde, malgré ses modestes ressources et malgré les limitations que lui impose sa condition de pays soumis à un blocus.

Les États-Unis ne sont pas en droit de nous faire la leçon. Nous sommes sérieusement préoccupés, pour notre part, devant la façon dont les droits de l’homme sont respectés et garantis dans ce pays, qui connaît de nombreux cas d’assassinats, de brutalités et d’abus de la police, notamment contre la population afro-étasunienne ; où le droit à la vie est violé à cause de la prolifération d’armes à feu ; où l’on peut constater le travail des enfants et de graves manifestations de discrimination raciale ; où les services de santé sont menacés de nouvelles restrictions qui laisseraient vingt-trois millions de personnes sans assurance-maladie ; où la femme ne touche pas le même salaire que l’homme ; où les émigrants et les réfugiés, notamment ceux provenant de pays islamiques, sont marginalisés ; où l’on prétend ériger des murs conçus pour discriminer et dénigrer les voisins ; et où les dirigeants bafouent des engagements internationaux visant à préserver l’environnement et à faire face aux changements climatiques.

Nous sommes tout aussi inquiets devant les violations des droits de l’homme que les États-Unis commettent dans d’autres pays, y compris dans le nôtre où ils maintiennent en détention arbitraire et torturent des dizaines de personnes sur le territoire qu’ils occupent illégalement dans la base navale de Guantánamo ; devant les exécutions extrajudiciaires et les assassinats de civils par drones interposés ; et devant les guerres déclenchées contre des pays comme l’Irak, fondées sur des mensonges tels que l’existence d’armes de destruction massive, avec toutes les conséquences néfastes que l’on sait pour la paix, la sécurité et la stabilité du Moyen-Orient.

Nous rappelons que Cuba est partie à quarante-quatre instruments internationaux sur les droits de l’homme, alors que les États-Unis ne le sont qu’à dix-huit, de sorte que nous avons beaucoup à montrer, à dire et à défendre.

Quand ils ont décidé de renouer les relations diplomatiques, Cuba et les États-Unis ont ratifié leur intention de développer des liens de respect et de coopération entre leurs peuples et gouvernements, conformément aux buts et principes consacrés dans la Charte des Nations Unies. Dans sa Déclaration du 1er juillet 2015, le Gouvernement révolutionnaire de Cuba a réaffirmé : « Ces relations devront reposer sur le respect absolu de notre indépendance et de notre souveraineté, sur celui du droit inaliénable de tout État de choisir son système politique, économique, social et culturel, sans aucune ingérence de quelque nature qu’elle soit ; de l’égalité souveraine et de la réciprocité, tous principes incontournables du droit international », qui ont été d’ailleurs entérinés par les chefs d’État et de gouvernement de la Communauté des États latino-américains et caribéens (CELAC) quand ils ont signé à La Havane, à leur Deuxième Sommet, la Proclamation faisant de l’Amérique latine et des Caraïbes une Zone de paix. Cuba n’a pas renoncé à ces principes et elle n’y renoncera jamais !

Le gouvernement cubain réitère sa volonté de poursuivre un dialogue respectueux et une coopération dans des domaines intéressant les deux pays, ainsi que de négocier le contentieux bilatéral avec le gouvernement étasunien. Comme n’a cessé de le répéter Raúl Castro Ruz, président du Conseil d’État et du Conseil des ministres de Cuba, les deux pays ont prouvé ces deux dernières années qu’ils pouvaient coopérer et coexister d’une manière civilisée, à condition qu’ils sachent respecter leurs différences et promouvoir tout ce qui est bénéfique aux deux nations et aux deux peuples. Mais qu’on n’espère pas en échange que Cuba fasse des concessions sur des questions inhérentes à sa souveraineté et à son indépendance, ni qu’elle accepte des conditions, de quelque nature qu’elles soient.

N’importe quelle stratégie visant à modifier le système politique, économique et social de Cuba, que ce soit par des pressions et des diktats, que ce soit par des méthodes plus subtiles, est vouée à l’échec.

Car c’est le peuple cubain qui continuera de décider en toute souveraineté, comme il l’a fait depuis 1959, des changements qu’il conviendra d’apporter à Cuba, telle, en l’occurrence, l’Actualisation de notre modèle économique et social.

Comme nous l’avons fait depuis le triomphe du 1er janvier 1959, nous courrons tous les risques et continuerons résolument, sûrs de nous, de bâtir une nation souveraine, indépendante, socialiste, démocratique, prospère et écologiquement durable.

La Havane, le 16 juin 2017

URL de cet article 32009
https://www.legrandsoir.info/declaration-du-gouvernement-revolutionnaire-de-cuba.html

 

 

Les communistes grecs bloquent les forces de l’OTAN


Les communistes ont bloqué le mouvement des forces de l’OTAN en Grèce
Texte: Alexandre Gasyuk (Athènes)
http://www.kpu.ua/ru/87063/grecheskye_kommunysty_zablokyrovaly_peredvyzhenye_syl_nato

Les membres du Parti communiste de Grèce (KKE) ont arrêté vendredi le mouvement d’un convoi militaire de l’OTAN près de la ville grecque de Kozani, ont rapporté les médias locaux.

Plus de 20 véhicules militaires avec des soldats de l’OTAN étaient transportés de l’Albanie vers le nord de la Grèce afin de participer aux exercices de l’OTAN « Noble Jump 2017 », qui se tiendront en Roumanie du 6 au 14 juin. Cependant, s’étant heurté à la hauteur d’Egnatia à un poste de contrôle organisé par les communistes, les véhicules de l’alliance militaire ont été contraints de prendre à droite et de s’arrêter. Les organisateurs du blocus ont déployé des banderoles et des affiches avec des slogans comme « Assassins de l’OTAN, Go Home » et organisé un rassemblement spontané directement sur la chaussée, bloquant la route.

Sur les lieux ont été appelés la police grecque et les forces anti-émeute, mais le conflit a été évité – l’équipement de l’OTAN et les soldats, debout pendant quelques heures à cet endroit, ont été contraints à la fin de faire demi-tour et de repartir dans la direction opposée.

L’eurodéputé du KKE Sotiris Zorianopulos, qui participait au blocus a déclaré que « les communistes ont remporté la victoire. » Le député a déclaré aux journalistes grecs que le but des exercices de l’OTAN en cours est de tester « aussi rapidement et efficacement que possible la manière de transférer des troupes à la frontière de l’UE avec la Russie en cas d’une confrontation militaire. »

Le Député européen a appelé les Grecs à se battre pour que l’OTAN quitte la Grèce, et que toutes les bases de l’OTAN soient fermées.
Traduction MD pour H&S

 

Comment promouvoir la démocratie sans nuire aux intérêts américains

Cet article du National Interest montre une sorte de philosophie de la nouvelle administration Trump pour le refus de l’ingérence, en particulier celle qui prétend apporter la démocratie et le bien-être sans que les conditions soient requises pour imposer pareil modèle. Celui-ci a fait partie de la croisade contre le communisme puis il s’est reconverti en doctrine de la sécurité américaine. Le nombre considérable d’échecs essuyés devrait conduire à une sagesse qui ne lierait plus imposition de la démocratie et sécurité des Etats-Unis. Une sorte de bilan et de mode d’emploi tout à fait savoureux, parce qu’ils ont l’air d’y croire (note et traduction de Danielle Bleitrach pour Histoire et société).

A Corpsman Marine américaine donne des soins médicaux à un enfant irakien dans la province d'Al-Anbar. Wikimedia Commons / US Marine Corps

Confondre la démocratie avec la sécurité a été une stratégie vouée à l’échec.

22 décembre 2016

Pendant la campagne électorale 2016, Donald Trump a déclaré que bon nombre des problèmes de politique étrangère de l’Amérique ont commencé avec « l’idée dangereuse que nous pourrions établir des démocraties occidentales dans les pays qui n’ont aucune expérience ou intérêt à devenir une démocratie occidentale. » Comme un certain nombre d’autres questions, la déclaration dramatique du président élu rompait avec non seulement des vues de l’établissement au sein de son propre parti, mais la perspective dominante des élites politiques et de la politique étrangère de l’Amérique. Mais qu’est-ce que le scepticisme apparent de M. Trump en ce qui concerne la promotion de la démocratie dans la pratique? Faut-il que les États-Unis abandonnent la démocratie comme un élément de leur politique étrangère? Ou y a-t-il de meilleures façons de faire le travail?

Les origines modernes des efforts de la promotion de la démocratie par l’Amérique remontent à 1982 avec le discours de Ronald Reagan au Parlement britannique, dans lequel il a proposé un effort global pour «favoriser l’infrastructure de la démocratie, le système d’une presse libre, des syndicats, des partis politiques, des universités, qui permet à un peuple de choisir sa propre façon de développer sa propre culture, de concilier ses propres différences par des moyens pacifiques. « Un an plus tard, le Congrès a adopté une loi instituant la national Endowment for Democracy (NED) pour mettre en œuvre cette vision. Tout cela a eu lieu au cours d’une période de pointe dans la compétition américano-soviétique, alors la NED ne fut pas seulement un projet humanitaire, mais une arme dans la guerre des idées que l’Amérique menait contre le communisme.

Lorsque la guerre froide a pris fin, Francis Fukuyama et d’ autres ont fait valoir que la démocratie avait « gagné » la guerre des idées et semblait attendre une démocratisation progressive partout, le soi-disant «fin de l’ histoire. » Stimuler la démocratie a alors  rapidement évolué et est devenu  un instrument de la politique de sécurité américaine . Comme le président Bill Clinton l’a fait remarquer dans son discours de 1994 dans  l’adresse à l’état de l’ Union, « les démocraties n’attaquent pas.Elles sont les meilleurs partenaires commerciaux et des partenaires dans la diplomatie. »Son successeur, George W. Bush, est allé encore plus loin dans son second discours inaugural, en  affirmant :« La survie de la liberté dans notre pays dépend de plus en plus du succès de la liberté dans d’ autres pays. Le meilleur espoir pour la paix dans notre monde est dans  l’expansion de la liberté dans le monde entier « .

Ils se sont trompés. D’une part, amalgamer la démocratie avec la sécurité a été voué à l’échec parce que les Américains ordinaires n’ont jamais vu la promotion de la démocratie comme une priorité – un examen rapide des relevés annuels par le Conseil de Chicago sur les affaires mondiales le montre – et parce que le gouvernement des États-Unis ne pouvait pas et ne peut pas construire rapidement les démocraties étrangères. La construction des partis ou des médias de cette semaine ne prévient en rien les attaques terroristes de la semaine prochaine. Les politiciens et les experts qui ont fait ces déclarations exagérées ont rendu un mauvais service aux praticiens de la question, ceux-ci savent que la construction de la démocratie peut contribuer à la sécurité, mais cela prend des générations pour aboutir. Lorne Craner, qui a servi en tant que secrétaire d’État adjoint pour la démocratie, les droits de l’homme et du travail dans l’administration de George W. Bush et qui a été deux fois président de l’Institut républicain international, a observé que si un pays est si troublé intérieurement qu’il pose des problèmes de sécurité importants pour l’Amérique, il n’est probablement pas un bon candidat pour les programmes de renforcement de la démocratie.

Ceux qui ont fait la promotion de la démocratie pour justifier des raisons de sécurité ont également sapé le soutien aux programmes de la démocratie pacifique utile ailleurs en les reliant à des guerres infructueuses et donc impopulaires pour la liberté. Seuls 17 % des Américains interrogés par le Conseil de Chicago en 2014 considéraient la promotion de la démocratie comme un objectif «très important» de la politique américaine, une chute précipitée de 34 % par rapport à ceux qui ont exprimé cette opinion en 2002. Cette promotion de la démocratie est mise en quinzième place parmi les priorités de la politique étrangère.

Remarque non moins importante, la promotion de la démocratie dans le monde entier n’est, en fait, ni nécessaire ni suffisante pour la sécurité de l’Amérique, la prospérité ou la liberté.  C’est utile et préférable, mais pas essentiel, comme le démontrent plus de deux cents ans d’histoire du monde, depuis l’indépendance américaine. En outre, l’Amérique sera plus efficace à la promotion de la démocratie et à renforcer sa propre sécurité lorsque les autorités américaines ne lieront pas ces deux buts d’une manière trop étroite.

Les expériences récentes suggèrent que l’application considérable de ressources financières, militaires et politiques en vue d’accélérer le développement démocratique n’a pas réussi et peut contribuer à faire naître d’autres problèmes dangereux. L’occupation de l’Irak et la tenue des élections n’a pas produit les résultats glorieux que les défenseurs de l’expédition prédisaient. Au lieu de cela, elle a conduit sans surprise à ce que les chiites majoritaires cherchent à dominer la politique de l’Irak, et tout aussi évident la riposte sunnite.

Le soutien rhétorique et moral peut amplifier non seulement les risques de sécurité, mais aussi bien moraux. En Syrie, les États-Unis ont encouragé un petit groupe d’opposants au régime suffisamment nombreux pour déstabiliser le pays, mais pas pour renverser Bachar al-Assad, et beaucoup moins aptes à reconstruire un pays stable et démocratique après. Ce que beaucoup de membres de l’établissement de Washington ne semblent pas comprendre c’est que lorsque les régimes oppressifs se décomposent et retournent à un «état de nature» hobbesien, ce ne sont pas les démocrates pro-occidentaux éclairés qui s’élèvent dans le ciel, mais des types moins propres. Cela est particulièrement dangereux lorsque les institutions de la société civile font défaut.

Washington pourrait aussi en payer le prix si les dirigeants américains oublient que les démocraties ne sont pas automatiquement pacifiques ou, d’ailleurs, amicales envers les États-Unis. Le populisme anti-américain du président Rodrigo Duterte témoigne de ce dernier point. Compte tenu de la montée du populisme dans certaines des démocraties les plus fortes et les plus institutionnalisées de l’Ouest, y compris aux États-Unis, les décideurs peuvent s’attendre à ce que les nouvelles démocraties ou celles en transition ne seront pas à l’abri du sentiment nationaliste. Est- ce qu’un Pakistan plus démocratique sera un allié plus proche des États-Unis?

Une autre raison d’être très prudent dans la volonté de placer la démocratie au centre de la politique de sécurité des États-Unis, même pour la forme, est que les grandes puissances non démocratiques comme la Chine et la Russie prêtent beaucoup d’attention à ce que les dirigeants américains disent. En conséquence, ils considèrent les efforts américains pour promouvoir la démocratie non pas comme une oeuvre bienveillante envers le monde, mais comme un effort pour améliorer la sécurité américaine à travers l’encouragement et l’exploitation des tensions politiques à leurs dépens. Tout président américain qui affirme publiquement que les Etats-Unis assurent la promotion de la démocratie pour améliorer la sécurité des États-Unis est susceptible de créer chez ces pouvoirs une résistance accrue à la promotion de la démocratie exactement pour cette raison. Le « concept de Politique étrangère » de la Russie en 2016, une déclaration officielle concernant les objectifs internationaux de Moscou, le démontre.
Bien sûr, la défense de la démocratie est tout à fait différente de sa promotion. Plus particulièrement, l’effondrement des systèmes politiques démocratiques amicaux, en particulier dans les pays alliés, pourrait être très dommageable pour les intérêts américains. Washington devrait réagir en conséquence si elle voit de telles menaces. De même, l’établissement de la promotion de la démocratie comme un élément central de la stratégie américaine de sécurité nationale, ou une composante essentielle de la politique étrangère de l’Amérique, est tout à fait différente s’il s’agit de prendre des mesures concrètes pour promouvoir la gouvernance démocratique d’une manière compatible avec les grandes priorités politiques et les ressources disponibles. Cette dernière façon est tout à fait appropriée et justifiée.

Pourquoi l’Amérique devrait promouvoir la démocratie? L’une des raisons est morale: nombreux sont ceux qui en Occident croient que cela peut aider les autres à atteindre une vie meilleure. Même pour les Américains, la démocratie est un moyen, pas une fin en soi. Le préambule de la Constitution des Etats-Unis déclare explicitement que le but de ce document est « de former une union plus parfaite, d’établir la justice, assurer la tranquillité intérieure, pourvoir à la défense commune, promouvoir le bien-être général, et sécuriser les bienfaits de la liberté pour nous-mêmes et notre postérité. « Il y a de bonnes raisons de penser que la démocratie peut contribuer à la réalisation des mêmes aspirations ailleurs.

Une autre raison de la promotion de la démocratie est stratégique: alors que la démocratie mondiale ne garantit pas la sécurité, en particulier pas dans un sens absolu, certains éléments de la démocratie, surtout la primauté du droit, la séparation des pouvoirs et la responsabilisation peuvent limiter la capacité des gouvernements étrangers à utiliser la force et donc contribuer à la stabilité internationale. Dans les Etats, le consentement des gouvernés est une contrainte contre l’instinct dans les sociétés, en ce qu’il contient en général des sentiments antigouvernementaux au sein des paramètres légalement reconnus. Les « fragiles » processus politiques de la démocratie sont, dans cette perspective, plus contraignants qu’ils ne le paraissent; ils ne peuvent pas empêcher le terrorisme ou toute autre violence politique, mais ils limitent leur attrait en fournissant d’autres moyens d’exprimer des griefs et de demander réparation.

La vraie question est: Comment les États-Unis peuvent promouvoir efficacement la démocratie? Je propose les principes suivants pour examen. Tout d’abord, pour des raisons morales et pragmatiques, la promotion de la démocratie de l’Amérique devrait concentrer les efforts là où le succès est le plus probable. Les implications morales inhérentes à l’intrusion du gouvernement américain dans les affaires intérieures, les processus et les conflits d’une autre société signifient que l’Amérique ne peut justifier une telle action que si elle fonctionne ou, au moins, si les dommages sont peu probables. Les coûts et les conséquences des efforts qui ont échoué à la promotion de la démocratie plaident également contre les efforts chimériques. A l’inverse, la livraison assurée de ce que les dirigeants américains assurent à leurs propres citoyens aux sociétés concernées et la concordance entre les paroles et les actions américaines vont renforcer le leadership international de l’Amérique et son autorité morale.

Il faut se concentrer sur les pays où la démocratie est le plus susceptible d’avoir des conséquences politiques pertinentes. Parmi celles-ci il y a un deuxième principe: si l’on veut assurer la promotion de la démocratie sans la coopération active des gouvernements nationaux dans les pays que les États-Unis cherchent à démocratiser, cela a intrinsèquement moins de chances de réussir et, par conséquent, ils doivent représenter généralement une priorité inférieure à celle pour laquelle des efforts similaires sont engagés dans les endroits où les gouvernements accueillent la participation des États-Unis.

Dans la pratique, les gouvernements faibles peuvent tolérer le soutien américain pour juguler les forces internes qui cherchent leur éviction éventuelle, ce qui représente la promotion de la démocratie pour les régimes les plus autoritaires. Ils sont les plus susceptibles de s’y engager si les forces d’opposition sont également faibles et les investissements des États-Unis sont insuffisants pour mettre en danger la survie du régime. Les gouvernements plus forts ne seront pas prêts à accepter les ingérences externes, cependant, et ils vont les voir comme des actes hostiles. En conséquence, ils trouveront généralement des moyens d’exercer des représailles contre des adversaires intérieurs (c’est quelque chose d’assez fréquent), des États-Unis ou d’autres groupes internationaux qui effectuent ce travail (comme en Egypte, par exemple) et plus largement contre les intérêts américains (ce qui est habituellement seulement une option pour les puissances régionales ou majeures, comme l’Iran ou la Russie), en fonction de leurs capacités.

En conservant à l’esprit tout ce que nous venons d’énoncer, le troisième principe consiste à faire preuve de retenue notamment dans la promotion de la démocratie à l’intérieur d’autres grandes puissances, en particulier sans le consentement du gouvernement. Les avocats notent que les militants politiques dans les pays autoritaires, dont la Chine et la Russie, veulent le soutien américain dans la promotion de la démocratie, malgré les risques personnels encourus. Cela semble souvent être le cas, mais cela ne crée pas une identité d’intérêts entre ces individus courageux et le gouvernement des États-Unis. Parce que les États-Unis sont le pays le plus puissant du monde, presque tous ceux qui cherchent à renverser leur propre gouvernement voudraient l’aide américaine – en particulier lorsque qu’ils bénéficient de peu de soutien politique interne, une limite qui concerne à la fois la Chine et la Russie, les deux plus puissants pays non démocratiques…

Les activistes qui cherchent à éliminer les gouvernements non démocratiques ont le droit de risquer leur propre vie dans leur cause; ils peuvent envisager un changement de régime comme leur plus haute priorité non seulement politiquement, mais aussi personnellement. Les décideurs américains n’ont pas un tel luxe et doivent peser les conséquences de ces politiques contre les intérêts nationaux des États-Unis. Dans ces circonstances, il est difficile de justifier les résultats probables si l’on tente de renverser le gouvernement d’une autre puissance majeure, sauf si les Etats-Unis risquent d’être impliqués dans une confrontation majeure. Seulement dans ce cas, les avantages possibles de ce qui équivaut à une politique manifeste de changement de régime pourrait compenser les coûts probables. Puis à nouveau, dans une situation aussi désastreuse, les décideurs seraient probablement en train d’envisager leurs espoirs en faveur de la démocratie parmi les gains auxiliaires potentiels plutôt que comme un objectif déterminant de la politique américaine. L’objectif principal de Washington serait d’affaiblir un ennemi dangereux.
Limiter le soutien américain actif pour la promotion de la démocratie ne signifie pas que les militants abandonnent le travail pour réformer les gouvernements oppressifs. Washington devrait continuer à faire ce qu’il peut pour protéger leur bien-être et leur accorder leur soutien contre l’emprisonnement injustifié ou d’autres abus en tant que cela fait partie de leur engagement de longue date pour les droits humains. Les États-Unis devraient également continuer à être clairs pour exprimer leur point de vue sur le fait que la démocratie offre la voie la plus prometteuse à la liberté, la prospérité et la sécurité.

Au-delà de cela, les décideurs devraient reconnaître que ceux que nous aidons dans le développement de la démocratie ont aussi leurs propres normes de réussite, en général ils voudront une vie meilleure et nous espérons que la démocratie sera la réponse. Par conséquent, le quatrième principe est que les efforts de promotion de la démocratie des États-Unis doivent produire de manière fiable des avantages sociaux démontrables, ce qui signifie non seulement de nouveaux droits, mais la paix, la justice et la prospérité, en conformité avec ce que les fondateurs de l’Amérique ont cherché. Si la démocratie n’aboutit pas à cela, elle est moins susceptible d’être recherchée. L’application de ce principe signifie que l’on doit évaluer soigneusement les bases économiques et sociales de la démocratie dans les pays et espérer les aider à veiller à ce qu’ils respectent certaines normes, notamment en ce qui concerne la primauté du droit. Le Millennium Challenge Corporation a déjà appliqué ce modèle dans une certaine aide au développement des États-Unis. Alors que Washington offre de l’aide à tous ceux qui la recherchent, les États-Unis devraient concentrer leurs efforts lorsque ces normes sont satisfaites.

Enfin, en tant que le président élu Trump a affirmé vouloir discuter des alliances, les États-Unis pourraient tirer bénéfice à encourager les autres à faire plus. Plusieurs des alliés de l’Amérique travaillent déjà activement à la promotion de la gouvernance démocratique. Des organisations telles que la Communauté des démocraties peuvent jouer un rôle utile dans la promotion des éléments pratiques de la démocratie au jour le jour. Faciliter des efforts supplémentaires par les démocraties non occidentales peut être particulièrement utile dans la démonstration à la fois de l’agnosticisme culturel de la démocratie et de sa compatibilité avec les systèmes de valeurs sociales non occidentales.

En fin de compte, le choix auxquels les dirigeants américains sont confrontés est entre ce que George F. Kennan décrit comme « les attitudes, les poses et la rhétorique qui nous font paraître nobles et altruistes dans le miroir de notre propre vanité » et les politiques qui fonctionnent réellement. « C’est une caractéristique triste de la condition humaine, » a poursuivi Kennan, « en personnel comme dans la vie publique, que chaque fois que l’on a la sensation agréable d’être impressionnant moralement, on ne l’est probablement pas. » L’Amérique aura l’occasion de promouvoir la démocratie et sera plus fidèle à ses valeurs si elle adopte un autre cours.

Paul J. Saunders, éditeur associé de National Intérêt

Photo : A Corpsman US Navy donne des soins médicaux à un enfant irakien dans la province d’ Al-Anbar. Wikimedia Commons / US Marine Corps

 
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Publié par le janvier 23, 2017 dans Amérique, civilisation, guerre et paix

 

TRUMP: UNE CROISADE SANS INGÉRENCE

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L’élection de Donald Trump à la Maison-Blanche a provoqué la stupéfaction dans le monde entier. Comment celui que tous les médias nous ont présenté comme un aventurier semi-débile a-t-il pu battre Sainte Hillary Clinton ? Le traumatisme a obscurci les esprits et il était très difficile, sans un travail assez fastidieux de recherche, de savoir ce qui nous attendait avec l’arrivée au pouvoir de cet homme politique atypique et des équipes qui l’entourent depuis déjà un bon moment. Pour appréhender les enjeux de cette élection, il faut faire l’effort d’échapper aux considérations morales et à l’impasse cognitive dans laquelle nous plongent des médias inconsolables du départ de Barack Obama.

Dissidents “made in” Goldman Sachs

Dans l’histoire récente des Etats-Unis, la conquête du pouvoir par les Républicains a toujours marqué une volonté de changement de l’ordre mondial. L’abandon des accords de Bretton-Woods par Nixon pour financer la guerre du Vietnam, la mondialisation néolibérale de Reagan pour financer la course aux armements contre l’URSS, les croisades de George W. Bush pour confirmer l’hégémonie mondiale des Etats-Unis, sont autant d’illustrations de cette vision des choses. L’alternance démocrate ne faisant que poursuivre le nouveau dispositif mis en place quitte à l’amender à la marge. Les déceptions des mandats Obama trouvent leur origine dans ce constat : Guantanamo est toujours ouvert, en Afghanistan rien n’est réglé, le Moyen-Orient est à feu et à sang.

Donald Trump a surpris avec la nomination prématurée de son équipe destinée à gouverner. Celle-ci laisse apparaître une vraie rupture avec les idées jusqu’alors dominantes dans les sphères militaires, financières, énergétiques et même religieuses. Le dénominateur commun de ces nominations hétérodoxes est tout d’abord une proximité ancienne avec le nouveau président, et l’originalité dissidente de ces personnages dans leur sphère d’influence habituelle.

Avec l’avènement du capitalisme financier au début du mandat Reagan, toutes les administrations successives ont eu recours à des figures de Wall Street. Obama n’a pas fait exception en nommant Hank Paulson pour sauver le système lors de la crise des subprimes. Sous les quolibets des commentateurs français ignares, Donald Trump a donné l’impression de poursuivre cette tradition en s’entourant d’anciens de Goldman Sachs tels que Gary Cohn, Steven Mnuchin, ou encore Steve Bannon. Sauf que, Goldman Sachs, contrairement à ce que l’on pourrait penser, ne représente pas l’archétype de l’élite financière américaine. Celle-ci est incarnée par les banques de dépôts traditionnelles (Merrill Lynch, Morgan Stanley, Bank of America) et non par la banque de financement et d’investissement qu’est Goldman. Ce groupe d’intellectuels (car ils le sont tous) veut promouvoir un capitalisme ultralibéral au niveau national, un marché du travail non régulé, l’abandon de l’Obamacare, l’annulation du Dodd Franck Act qui prévoyait la régulation du système financier.

Dans le domaine international, ce sera en revanche un dirigisme éventuellement coercitif. A priori, la nouvelle administration n’a pas l’intention de réduire la dette publique, dont l’ampleur équivaut à l’épargne mondiale soit vingt mille milliards de dollars. Sa stratégie semble s’orienter vers une augmentation nominale de la dette avec une inflation supérieure à l’augmentation des taux et des salaires.

Quant à la dette externe, d’environ huit mille milliards de dollars, l’objectif est de la convertir en dette interne en rapatriant les capitaux de l’étranger, dont le tiers est détenu par les firmes transnationales américaines. Il n’est pas sûr que cela leur soit demandé gentiment.

Une haine assumée de l’islam

Autre particularité de cette nouvelle administration, la présence de nombreux hauts gradés de l’armée pour le moins atypiques. Tous sont des dissidents très politisés de l’establishment militaire. On les a connus exaspérés par les frustrations générées par la présidence Obama.

Passons brièvement en revue les profils de ceux qui viennent d’arriver aux commandes : James Mattis, secrétaire général de la Défense, surnommé le « chien fou » ou encore le « moine soldat », en raison de sa rigueur morale, de son célibat sacerdotal et de son mépris pour le Pentagone et sa bureaucratie. Michael Flynn, contraint de démissionner de l’armée en raison de critique émises à l’encontre de ses supérieurs, qui réclamait de mettre Hillary Clinton en prison et dont la préoccupation principale est la guerre contre l’islam. John Kelly qui refuse de fermer Guantanamo ; Mike Pompeo, niveau directeur de la CIA, favorable à la collecte massive des données de communications des citoyens ; sans oublier le retour en grâce de David Petraeus, ex-patron de la CIA (en désaccord total avec la stratégie d’Obama) dont la carrière s’était brutalement interrompue à cause d’un scandale en partie sexuel.

Le dénominateur commun de ces militaires est une haine assumée de l’islam. Ils ne sont pas interventionnistes et il est probable que leur volonté de domination se dispensera d’interventions militaires directes, chat échaudé craignant l’eau froide. Cela laisse présager l’utilisation de dissuasions par intimidation, et de rodomontades à connotation nucléaire. Comme l’a déjà fait Donald Trump pendant sa campagne.

En matière énergétique, la nouvelle administration baserait sa politique sur un concept simple : être autosuffisant en quelques années. Ce qui signifie produire 12 ou 13 millions de barils par jour. Pour ce faire, elle vise trois objectifs :

a) Poursuivre l’extraction du gaz de schiste en faisant table rase des normes antipollution de l’air et de l’eau (d’où la présence de climato-sceptiques dans cette Administration).

b) Laisser passer le pipeline Keystone de l’Alberta vers le sud des Etats-Unis.

c) Subventionner les producteurs pétroliers aux dépens des autres énergies.

Un retour à l’esprit originel du capitalisme

À moins que la Russie ne fasse du dumping, cette stratégie devra s’accompagner d’une hausse du prix du baril à 70 dollars ou plus. La volonté d’intimidation de Trump ne pourra se faire qu’en réalisant cet objectif d’indépendance énergétique car depuis la guerre du Vietnam, les Etats-Unis savent qu’ils dépendent des autres pays producteurs. L’expérience cuisante du Moyen-Orient leur a fait mesurer encore un peu plus cette faiblesse.

Le désordre et la confusion que provoqueront ces changements, notamment la très probable baisse des salaires des plus modestes, dont la partie blanche a massivement voté pour Trump, devront être compensés par un retour du discours religieux, moyen d’assurer la cohésion sociale.

La religion et le conservatisme sont des éléments structurant du discours républicain (et même parfois démocrate) aux Etats-Unis. Cette dynamique fut poussé à l’extrême sous George W. Bush qui revendiquait un conservatisme moral. Cependant, jamais cette rhétorique n’a désigné d’autres religions. Or, le discours de cette nouvelle administration, mis en musique par Steve Bannon a des accents mystiques, une liturgie médiévale à peine voilée et prône une guerre des civilisations judéochrétiennes contre les autres. Autrement dit, chrétiens capitalistes contre islam fascisant.

Un retour aux fondements de l’éthique protestante et de l’esprit originel du capitalisme est donc à prévoir aux USA dans les années à venir, délaissant les opérations militaires à l’extérieur pour se concentrer dans une guerre interne contre l’islam et les athées.

Le nouveau pouvoir qui s’apprête à prendre les rênes de la Maison blanche possède incontestablement des traits claniques : il est familial (tous se connaissent et partagent la même « dissidence »), religieux et puissant dans un pays très endetté. Misant sur la coercition, pas nécessairement militaire, de l’ensemble du monde, cette administration laisse présager des années de pressions psychologiques afin qu’elle puisse assurer l’hégémonie américaine en imposant un nouvel ordre mondial sans intervenir. Jouant sur son imprévisibilité, Trump et ses hommes pensent gagner cette partie à moindre coût. La phase de la mondialisation néolibérale lancée dans les années 80 avec la présidence de Ronald Reagan est bel et bien terminée. La démondialisation que veulent initier Donald Trump et ses amis risque d’être assez rock ‘n’ roll.

 

Personne ne «vole» votre travail, vous dépensez trop en guerres : le fondateur d’Alibaba aux USA

 Arrêtez d’accuser les autres et faites votre auto-critique, les remarques d’un milliardaire chinois à un autre milliardaire qui a pris les affaires de son pays en main. Si vous aviez dépensé pour votre pays l’argent des 13 guerres que vous venez de livrer à l’humanité, vous n’en seriez pas là. Le dialogue qui s’établit actuellement au sein d’un monde multipolaire prend des aspects réjouissants. (note de Danielle Bleitrach)

Personne ne «vole» votre travail, vous dépensez trop en guerres : le fondateur d’Alibaba aux USA© Ruben Sprich / Reuters

Le milliardaire chinois Jack Ma, fondateur du site de commerce en ligne, a accusé les Etats-Unis d’être responsables de leur propre déclin économique en raison d’une mauvaise gestion de leur budget et de dépenses militaires exorbitantes.

«Dans le passé, les Américains ont eu 13 guerres qui ont coûté 40,2 trillions de dollars […] Que se serait-il passé s’ils avaient dépensé une partie de cet argent pour développer les infrastructures, pour aider les fonctionnaires et les ouvriers ? Peu importe si cela était ou non bien stratégiquement, vous êtes supposés utiliser l’argent pour votre propre peuple», a lancé Jack Ma lors du Forum économique, qui se déroulé à Davos, en Suisse.

Il a ensuite poursuivi sur sa lancée : «Quand j’étais jeune, tout ce dont j’entendais parler sur l’Amérique c’était Ford et Boeing et toutes ces entreprises de fabrication. Les dix à 20 dernières années, tout ce dont j’entends parler c’est la Silicon Valley et Wall Street […] Que s’est-il passé ? [Durant] l’année 2008, la crise financière a balayé 19,2 trillions de dollars rien qu’aux Etats-Unis et a détruit 34 millions d’emplois dans le monde. Donc que se passerait-il si les dépenses pour Wall Street et le Moyen-Orient avaient été réservées au Midwest des Etats-Unis, pour développer l’industrie là-bas ? Cela aurait pu changer beaucoup.»

 

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«Donc ce n’est pas que les autres pays volent vos emplois, les gars, c’est votre stratégie !», a-t-il conclu.

En 1999, Jack Ma a fondé Alibaba, l’une des plus grandes plateformes de e-commerce au monde. Selon le magazine économique américain Forbes, la fortune nette du Chinois s’élèverait à environ 27,7 milliards de dollars, ce qui ferait de lui le deuxième homme le plus riche de son pays.

Auteur: Ruptly TV

En janvier 2017, il avait rencontré le président élu américain Donald Trump, qui a souvent blâmé des pays comme le Mexique et la Chine d’être responsables de délocalisations qui causeraient la perte d’industries et d’emplois outre-Atlantique. Jack Ma avait fait part de sa volonté d’investir aux Etats-Unis.

Lire aussi : Jack Ma, le patron d’Alibaba : «Ne vous inquiétez pas à propos de la Chine»

 
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Publié par le janvier 22, 2017 dans Asie, Economie, guerre et paix

 

L’Allemagne que j’aime: les spartakistes… Brecht…

Cette Allemagne a dû être vaincue grâce à la social-démocratie qui a tué Rosa et Karl pour que le nazisme puisse se répandre sur toute l’Europe et être vaincu par l’armée rouge…

A ceux qui nous disent que le communisme est une réalité dépassée, je réponds : ce n’est pas l’Allemagne qui est coupable, mais ceux qui l’ont livrée aux nazis, comme ils livreront toujours tous les pays: plutôt Hitler que le Front populaire… S’ils sont encore et toujours à l’ordre du jour, le communisme lui aussi est d’actualité, plus que jamais.

Ce sont les paroles de Brecht sur le vieux chant de la gauche allemande:

… Ce sont les paroles de Brecht :

Nous ne nous font pas peur, pas peur, le tonnerre des canons!

Nous ne font pas peur, pas peur, le vert uniforme de la police!

Karl Liebknecht nous avons perdu, Rosa Luxemburg est tombée par la main d’un assassin!

Karl Liebknecht nous avons perdu, Rosa Luxemburg est tombée par la main d’un assassin!

 
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Publié par le janvier 21, 2017 dans guerre et paix, histoire