RSS

Archives de Catégorie: GUERRE et PAIX

Trump et l’Iran : c’est aux Iraniens et à eux seuls de décider de l’avenir de l’Iran

/Déclaration du Mouvement de la Paix/ Après avoir retiré la signature des USA sur l’accord nucléaire iranien, le Président des USA a décidé d’accroître les sanctions de tous ordres et de déclarer une véritable guerre économique à l’encontre de l’Iran à laquelle il souhaite contraindre d’autres États à participer.
L’objectif affirmé par les USA, en Iran comme dans d’autres pays, est d’obtenir sinon d’imposer les changements politiques qu’ils souhaitent.
Personne n’est dupe du fait que les USA n’ont en vue que leurs intérêts économiques et Trump ses intérêts bassement électoraux.
Tous les témoignages de ceux qui reviennent d’Iran mais aussi les voix qui s’élèvent au sein de la population iranienne montrent que le peuple iranien aspire au changement mais n’entend pas que ce changement lui soit imposé de l’extérieur. Le mouvement des femmes contre l’obligation du port du voile, la vivacité du cinéma iranien et de la vie intellectuelle et littéraire ainsi que les mobilisations sociales montrent une société éduquée, politiquement consciente des enjeux, aspirant à des changements importants dans leur pays, tant pour sortir de la mainmise des religieux sur la société que pour lutter contre la corruption et entrer dans une société moderne et démocratique. Les idées de la révolution verte sont toujours présentes, la victoire des réformateurs aux élections iraniennes montre la direction dans lequel le peuple iranien veut aller.
Cependant, le peuple iranien fait corps avec l’État iranien pour s’opposer à toute ingérence extérieure visant à imposer de l’extérieur des changements en violation de la Charte des Nations Unies.
Le rejet de l’accord sur le nucléaire iranien et l’irruption violente, bien qu’indirecte des États-Unis dans les affaires nationales de l’Iran, mais aussi dans les affaires d’autres Etats – à travers les sanctions dirigées contre toute collaboration économique avec l’Iran – ne peuvent conduire qu’à ralentir le mouvement de démocratisation qui se développe dans toute la société iranienne depuis la base jusqu’aux sphères de la haute administration.
Si nous ne voulons pas connaître en Iran la situation qu’ont connu l’Irak, la Libye, la Syrie, c’est maintenant qu’il faut réaffirmer que c’est aux iraniens et à personne d’autre de choisir leur avenir.
Le processus que développent les USA actuellement, est lourd de dangers pour la paix dans cette région déjà bien meurtrie par les conflits.
C’est maintenant que la France et l’Union Européenne doivent prendre la parole pour dire leur opposition aux positions défendues par Trump, exiger l’application stricte de l’accord sur le nucléaire iranien, renouer le dialogue diplomatique avec l’Iran.
Par ailleurs, quelle que soit notre opinion sur le système politique iranien et la politique conduite par l’Iran, y inclus au plan régional et international, ce n’est pas aux USA, qui violent le Traité sur la Non-Prolifération nucléaire (TNP) comme la plupart des puissances nucléaires y compris la France, de donner des leçons et d’imposer des solutions. L’accord sur le nucléaire iranien était un bon compromis.
Il y a lieu d’être très inquiet, et le pire peut arriver quand on sait qu’un secrétaire d’État américain suggère qu’il serait bien de régler la question iranienne comme a été réglée la question libyenne.
Quand on connaît les résultats de la guerre en Irak et en Libye en termes de déstabilisation totale de la région, on ne peut que craindre le pire de l’intervention des USA ou de leurs alliés dans la région (Arabie Saoudite et Israël en particulier).
NON à l’escalade de la guerre économique et NON à toute intervention militaire. Priorité au dialogue !
La France et l’Union Européenne doivent faire entendre leurs voix pour le respect de l’accord sur le nucléaire iranien et des solutions apaisantes pour toute la région, y compris en agissant pour le respect des droits du peuple palestinien et en reconnaissant l’Etat de Palestine.
A Paris, le 13 août 2018
Le Mouvement de la Paix
Publicités
 
 

le temps (CH) : paix russe dans le Golan syrien

le termps le journal suisse nous présente une vision assez réaliste des relations entre nations au Moyen orient, la Russie est apparue dans ce conflit comme une garantie de stabilité et pas seulement pour les Syriens et Bachar el Assad. (note de danielle Bleitrach)
Plus d’information sur l’image
Un soldat de la police militaire russe et un homme de l’armée syrienne en patrouille dans le Golan syrien.
© ANDREY BORODULIN/AFP

PROCHE-ORIENT

Paix russe dans le Golan syrien

Après l’offensive menée contre les rebelles syriens, la police militaire russe est à l’œuvre en tant que médiatrice entre Damas et Israël. Elle aide aussi l’ONU à reprendre ses missions d’observatio

L’armée russe s’affiche fièrement en pacificatrice dans la plaine syrienne bordant le Golan, repassé ces dernières semaines sous le contrôle des forces de Bachar el-Assad. Et ce, autant entre Israël et le pouvoir de Damas qu’entre la population locale et le gouvernement syrien.

Juché sur le toit d’un ancien poste d’observation de l’ONU, le lieutenant-général Sergueï Kouralenko définit sa mission: «Le drapeau russe est le garant de la paix et de la stabilité dans la région.»

Le poste de l’ONU est posé sur le faîte d’El-Kroum, une colline offrant un panorama complet de la vallée bordant le plateau du Golan. Au nord, la crête du mont Hermon délimite la frontière avec le Liban. En suivant sa crête vers l’ouest, on aperçoit deux postes d’observations de l’armée israélienne dominant toute la vallée.

Lire aussi: Bachar el-Assad écrase le berceau de la révolution

Fortement endommagé par l’assaut de l’armée régulière syrienne qui l’a repris le mois dernier aux rebelles de Fatah al-Cham, proches d’Al-Qaida, le poste d’El-Kroum servait depuis 1974 à surveiller la zone démilitarisée sur le territoire syrien pour assurer la sécurité d’Israël. Les forces de l’ordre syriennes n’y sont autorisées qu’à condition de ne porter que des armes à feu légères pour des missions de police. S’y ajoute la police militaire russe, chargée de patrouiller en long et en large la zone démilitarisée pour ouvrir la voie à la mission d’observation de l’ONU.

Présence temporaire

«Toute la DMZ (zone démilitarisée) est sous notre contrôle jusqu’au point sud, qui vient tout juste d’être repris lundi, poursuit le lieutenant-général Kouralenko. Nous inspectons tous les itinéraires des patrouilles de l’ONU, qui sont très contents de notre travail.» Lors de cette visite, organisée par Moscou et à laquelle ont participé des dizaines de journalistes, aucun représentant de l’ONU n’était sur place pour confirmer ses dires.

Israël abat nos avions et nous avons dû nous contenter de l’infanterie pour déloger les terroristes

Un militaire syrien

Le militaire russe détaille les étapes de la «sécurisation»: «D’abord, les sapeurs syriens doivent désamorcer les mines, ensuite vient la police militaire russe, et enfin seulement les patrouilles de l’ONU peuvent reprendre. Pour l’instant seuls quatre itinéraires sont rouverts, la décision pour les autres sera bientôt prise par le siège de l’ONU à New York.»

Un soldat de la police militaire russe près de Tal Kroum. ANDREY BORODULIN

L’armée russe dit former une centaine de démineurs syriens pour sécuriser la zone. «Les mines sont aujourd’hui le seul danger dans la DMZ», assure Kouralenko. Il précise que la présence de la police militaire russe est «temporaire». «Nous partirons quand l’ONU nous le demandera.» Car, en principe, elle doit rester hors de la DMZ. Les postes russes sont positionnés face à ceux de l’ONU mais en deçà de la ligne dite «bravo» [limite orientale de la DMZ]. Quatre postes fonctionnent à présent et les Russes en prévoient huit à terme.

Ville fantôme

Plus bas, dans la vallée, à un jet de pierre de la frontière israélienne, la petite ville d’Al-Ahmadiyah a été largement détruite avant sa conquête par l’armée régulière syrienne et ses alliés. La police militaire russe n’autorise pas à pénétrer dans cette ville, qui semble entièrement désertée. Depuis le pont détruit donnant accès à Al-Ahmadiyah, on aperçoit le dôme crevé de la mosquée. Un militaire syrien, qui refuse d’être nommé, assure au Temps que les combats avec les islamistes de Fatah al-Cham ont été très violents et que ces derniers avaient formé une brigade de kamikazes. «Nous les avons délogés sans négociations.»

Lire également: L’aide aux Syriens, une garantie pour Israël

En revanche, des pourparlers semblent avoir eu lieu avec le puissant voisin israélien, dont le poste avancé fut aux premières loges pour observer les combats. «Israël abat nos avions et nous avons dû nous contenter de l’infanterie pour déloger les terroristes», prétend le militaire syrien. Il suggère que Russes et Américains ont servi d’intermédiaires auprès d’Israël pour que l’armée régulière puisse utiliser son artillerie contre les rebelles positionnés dans Al-Ahmadiyah. «C’est humiliant pour nous de demander aux occupants israéliens l’autorisation de libérer notre territoire.»

Observant son village natal avec un groupe d’amis depuis le pont détruit, Hamid Khalifa, 59 ans, confie ses pensées à travers le filtre d’un interprète assermenté par le gouvernement. «Je suis certain que la paix s’est durablement installée ici», déclare ce sunnite en habit traditionnel. Il explique que sa maison a été partiellement détruite dans les combats et qu’il compte sur le gouvernement pour l’aider à la reconstruire. «Je sais qu’il va d’abord s’occuper de l’infrastructure, et seulement ensuite évaluer mon cas particulier. Je pense que j’aurai une aide, mais pour l’instant je ne sais pas», soupire-t-il. Eleveur de moutons et maraîcher, il raconte avoir vécu cinq années «sous l’occupation de bandes armées».

Famille kidnappée

Vêtu de la même tunique traditionnelle et également fermier, Abdo Ishaal, 68 ans, vient tout juste de découvrir que sa maison a été détruite, dans un hameau proche d’Al-Ahmadiyah. «Je suis arrivé ce matin de Damas par un bus affrété par le gouvernement. Je vis depuis cinq ans dans la capitale, où je me suis installé pour fuir les combats». Abdo Mishaal dit vivre aujourd’hui d’une retraite versée par le gouvernement, pour qui il a longtemps travaillé comme jardinier municipal. Ce soir, il rentrera à Damas. «Dieu seul sait si je pourrai reconstruire ma maison», lâche-t-il en souriant.

Son expression change quand il est interrogé sur le sort de ses proches. «La moitié de ma famille a été kidnappée [par les rebelles] et je n’ai aucune nouvelle d’eux depuis. Je ne sais ni où ils sont ni s’ils sont vivants.» Une réponse peut-être dictée par le désir de ne pas attirer les soupçons des services de sécurité syriens, qui passent au peigne fin les territoires reconquis.

 
 

La Chine et Cuba mettent en avant  les réflexions de Fidel Castro à l’occasion de son anniversaire.

Pékin, 13 août (PL) La communauté cubaine vivant en Chine, le corps diplomatique accrédité dans cette capitale et les amis chinois de Cuba ont rendu hommage aujourd’hui au 92e anniversaire du leader historique de la Révolution, Fidel Castro.

Lors d’une cérémonie au Jardin de la Paix de Pékin, les participants ont rappelé l’héritage de l’éternel commandant en chef, ainsi que la validité de sa pensée et de son action dans l’idéologie des peuples du géant asiatique.

Les Chinois et les Cubains ont rendu hommage au leader devant le monolithe qui a été placé dans ce même jardin l’année dernière à l’occasion du premier anniversaire de sa mort.

Dans des déclarations à Prensa Latina, la conseillère Lisbet Quesada, chargée d’affaires par intérim de la mission diplomatique de l’île, a déclaré que le peuple chinois se souvient avec affection de l’impulsion donnée par Fidel aux relations avec ce pays.

Cuba a été la première nation de l’hémisphère occidental à établir des relations diplomatiques avec la République populaire de Chine en 1960, ce qui nous honore profondément parce qu’il a ouvert la voie à des liens entre Pékin et l’Amérique latine, a-t-il dit.

En Septembre, il y avait une grande réunion d’un million de personnes sur la place de la Révolution, Fidel a donné un long discours et a demandé si le peuple a accepté de rompre les relations diplomatiques avec Taiwan et l’établir avec la Chine, ces millions de personnes ont dit oui, c’était impressionnant, a rappelé le correspondant de l’agence de presse Xinhua à La Havane, Pang Bingan.

D’autre part, Quesada a rappelé que dans les années 1960, le premier groupe de Chinois à voyager à l’étranger pour étudier l’espagnol l’a fait précisément à Cuba, et cela grâce à l’attention du commandant sur les échanges éducatifs entre les deux parties.

Maria Cheng, une de ces étudiantes chinoises d’il y a plus de 50 ans, a exprimé sa gratitude au peuple et au gouvernement cubains pour lui avoir permis d’étudier dans ce pays des Caraïbes.

Fidel est un grand leader de la Révolution cubaine, très cher et respecté par le peuple, il était aussi un grand ami de la Chine, a-t-il souligné.

Le Président de la Fondation chinoise pour la paix mondiale, Li Ruohong, a exprimé le souhait que la coopération entre les deux pays continue d’être renforcée en 2018, année du 58e anniversaire de l’établissement de liens diplomatiques.

Auparavant, Xu Yizhou, ancien ambassadeur de Chine à Cuba, a assuré Prensa Latina que les deux nations sont au meilleur moment de leurs relations bilatérales.

Cette amitié est représentée dans de nombreux aspects allant de la politique, de l’économie, de la culture et du sport. L’échange entre les deux pays est très important et permet de maintenir les relations bilatérales à un très bon niveau, a-t-il ajouté.

tgj/idm

source: http://www.prensa-latina.cu/index.php?o=rn&id=202340&SEO=china-y-cuba-resaltan-pensamiento-de-fidel-castro-en-su-natalicio

Tag(s) : #cuba#chine
 

Faites tourner …

Partager !!! Je l’ai reçu d’Alain Bocquet , je transmets donc en confiance.

Aucun texte alternatif disponible.
 

1. Conférence de paix dans l’éco-village de Cloughjordan, Tipperary, Irlande: Gouvernance mondiale: la force du droit ou le droit de la force? 

1. Conférence de paix dans l’éco-village de Cloughjordan, Tipperary, Irlande: Gouvernance mondiale: la force du droit ou le droit de la force? 
World BEYOND War, en collaboration avec Shannonwatch, organisera une conférence sur la paix dans l’éco-village de Cloughjordan, à Tipperary, samedi 8 septembre, pour enquêter sur de nombreux aspects de la guerre et du militarisme liés au droit et aux conventions internationales.

At ?? Gouvernance globale: la force de la loi, ou la loi de la force, ?? des conférenciers et des panélistes experts aborderont des sujets essentiels tels que: les protestations pratiques et les actions en justice; Le rôle des femmes dans la paix; Transformer le rôle des militaires de la guerre à la paix; Les dangers d’un super-Etat de l’UE, et doivent démanteler le nouveau rideau de fer; Le rôle de l’Irlande dans les affaires internationales; Irlande, Europe et neutralité; Shannon et la loi; et enfin Law vs War.

De nombreuses opportunités de réseautage et de collaboration entre les organisations anti-guerre, les activistes et les experts seront offertes tout au long de l’événement pour faire avancer la discussion.

RSVP .


2. LA JOURNÉE INTERNATIONALE DE LA PAIX
Le 21 septembre est la Journée internationale de la paix. Des événements sont prévus partout dans le monde. Trouvez-en un près de chez vous . Ou obtenez de l’aide pour en créer un près de chez vous .

La conférence annuelle de World BEYOND War aura lieu du 21 au 22 septembre à Toronto, au Canada. Aujourd’hui est le dernier jour pours’inscrire avec des tarifs anticipés . Vous pouvez regarder le livestream ou la vidéo enregistrée et créer un événement local à regarder – nous serons heureux de vous aider à le promouvoir. Il y aura un événement de visualisation de livestream àCafé anti-guerre Coop, Berlin, Allemagne .

3. JOUR DE L’ARMISTICE / JOUR DU SOUVENIR
Le 11 novembre est le jour de l’armistice en l’an 100. Le 10 novembre, Donald Trump espère organiser un défilé d’armes de glorification à Washington. Aidez-nous à empêcher ce défilé endroits partout dans le monde.

4. PREMIERE CONFERENCE INTERNATIONALE CONTRE LES BASES MILITAIRES USA / OTAN
Cet événement d’une importance capitale se tiendra du 16 au 18 novembre à Dublin, en Irlande.
Inscrivez – vous ici .

Il y a des milliers d’autres événements en préparation et vous pouvez aider à planifier davantage.

Trouvez ou créez un événement près de chez vous .


 
Poster un commentaire

Publié par le août 9, 2018 dans GUERRE et PAIX

 

La honte de ce que des hommes ont pu faire à d’autres hommes….

Résultat de recherche d'images pour "Hiroshima et Auschwitz"

chapitre de : « l’homme sur le pont » de Gunther Anders, texte écrit en Août 1958 lors de son voyage au Japon,

Hiroshima:
La honte d’aujourd’hui: la honte de ce que les hommes ont pu [souligné] faire à d’autres hommes; la honte aussi,donc, de ce qu’ils peuvent ENCORE AUJOURD’HUI se faire,donc aussi ce que nous pouvons nous faire les uns aux autres, donc la honte d’être AUSSI un homme.
Cette honte doit être assumée. Etant donné que ceux qui ont « fait ça », les fautifs, les coupables ne s’acquittent pas du montant de la honte qui est dû, ne reconnaissent même pas qu’il est dû, il faut qu’interviennent des représentants, d’autres qui a leur place, assument la honte requise.
Quelle répartition du travail ! LES UNS COMMETTENT, ET LES AUTRES EN ROUGISSENT ! Et en plus ils rougissent d’être contraints d’intervenir.

De ce point de vue là on comprend aussi ce qu’il dit dans « Nous fils d’EIchmann » des camps et de l’extermination industrielle des Juifs(selon son expression) et le rapport qu’il fait entre cette expérience et les bombes d’Hiroshima et Nagasaki et aussi que je me sens obligée de rougir de cela et d’Auschwitz puisque tant et tant ne reconnaissent pas la « honte due ».

 

 
Poster un commentaire

Publié par le août 7, 2018 dans GUERRE et PAIX, HISTOIRE

 

La condition atomique : Hiroshima est partout disait Gunther Anders

Dossier : Le sens des catastrophesGunther Anders est celui qui a eu le mérite de lier l’extermination nazie et Hiroshima, d’oser le parallélisme… peu de monde semblait se douter que l’on entrait dans une nouvelle ère, de celle-ci ne seraient pas exclues les passions et avec le retour de « la guerre dite juste », avec sa référence perpétuelle à Hitler, « un nouvel Hitler justifiant toutes les croisades même les plus infâmes.. Ces guerres n’étant que pillage impérialiste, quelque chose qui s’inaugurait à Hiroshima, le massacre de civils, un monde incandescent, pour empêcher l’avancée des armées soviétiques, le premier acte de la guerre froide (note de danielle Bleitrach)

À propos de : G. Anders, Hiroshima est partout, Seuil.


par Antoine Grandjean , le 18 décembre 2008

Résultat de recherche d'images pour "hiroshima"

Pour Günther Anders, Hiroshima avait marqué la naissance d’une nouvelle ère de l’espèce humaine : l’ère atomique. Ce n’est plus désormais l’homme qui est mortel, mais l’humanité tout entière, et de son propre fait. De cette lourde responsabilité, le philosophe n’a cessé d’approfondir la conscience.

Recensé : Günther ANDERSHiroshima est partout, Traduction collective, préface de Jean-Pierre Dupuy. Paris, Seuil, 2008. 526 p., 26 €.

Günther Anders (1902-1992), qui fut en même temps que Hans Jonas et Hannah Arendt l’élève de Husserl et Heidegger, pensait toutefois que se tourner résolument vers la philosophie demandait que l’on se détourne de son exercice académique. Il fit constamment effort pour développer une pensée du monde, qui soit à la fois requise par celui-ci et adressée à lui. Pensée qui est tout particulièrement à l’œuvre dans les trois textes qui composent le recueil Hiroshima est partout, tentant de décrire et d’interpeller un monde que la menace d’une guerre nucléaire a fait entrer dans l’ère de sa propre fin [1].

Énormité de la dernière ère

Le recueil vise d’abord à convaincre de sa propre datation. Il s’ouvre sur un journal écrit « en l’an treize de l’âge atomique » (HP, p. 212), c’est-à-dire en 1958 : « le 6 août 1945 fut le jour zéro. Le jour où il a été démontré que l’histoire universelle ne continuera peut-être pas, que nous sommes en tout cas capables de couper son fil, ce jour a inauguré un nouvel âge de l’histoire du monde. […] Nous vivons en l’an 13 du désastre » (p. 146). Nouvelle ère, qui voit l’humanité disposer des moyens techniques de se détruire, au point qu’il leur revient de qualifier leur temps. Car les armes atomiques sont la menace de fin du monde, dont elles définissent désormais l’état, en même temps qu’elles circonscrivent l’horizon de toute politique. Cette condition atomique sera d’ailleurs celle de toute humanité éventuellement à venir. L’ère atomique est effectivement la dernière, quelle que soit l’issue du combat contre le spectre de la guerre nucléaire, puisque si les armes peuvent être détruites, le savoir qui permet de les produire ne saurait l’être.

Or cette dernière ère est proprement é-norme, car son horizon monstrueux bouleverse tous les concepts en usage, qui sont ceux de la rationalité tant théorique-technique que politique : les instruments de destruction massive ne sont plus des moyens, dès lors que leur utilisation interdirait toute réalisation de but ; les bombes atomiques ne sont plus des armes, qui obéissent à cette logique instrumentale périmée ; elles ne sauraient même être utilisées à des fins de menace, puisque le menaçant suppose que ce dont il menace n’est pas absurde ; un conflit nucléaire ne serait plus une guerre, qui n’a de sens qu’à se projeter dans un après-guerre ; les adversaires ne peuvent apparaître comme ennemis, puisque l’explosion intégralement destructrice exclut la possibilité même du choc des forces.

Un cosmopolitisme de détresse

La condition atomique est celle d’une humanité affectée d’une précarité radicale (mortalité de l’humanité même, et ce de son fait), indépassable (les moyens de la destruction ne s’oublient pas) et universelle. La mise en cause de l’existence du monde humain en son tout fait advenir la conscience de ce tout d’êtres mortellement voisins, dont l’éventuelle mise à mort instantanée sera sans frontière. Par son fait, « l’humanité commune est une réalité évidente et massive » (p. 75), qui peuple « un unique pays  », « la Terre » (p. 112).

Or, s’il est vrai que « la politique a lieu au sein de la situation atomique » (p. 73), cette situation exige une configuration politique singulière. Et Anders ne se contente pas de promouvoir une lutte tous azimuts contre la production d’armes atomiques, en encourageant une grève de tous ceux dont la contribution lui est nécessaire (M, p. 504). Il en conclut qu’une révision du concept de souveraineté s’impose, qui soit à la mesure de son urgente restriction : sachant que les explosions nucléaires, y compris lorsqu’il s’agit de prétendus essais (notion dont l’auteur récuse la pertinence, en vertu de l’impossible isolation d’un dispositif qui ne saurait, par suite, prétendre être expérimental), ne connaissent pas les frontières, l’inscription territoriale des actes ne saurait plus garantir leur caractère souverain. L’illimitation spatiale de leurs effets exigerait donc la limitation politique des attributs de souveraineté : « aucun État ne doit avoir de droit souverain sur des actions qui entraînent des conséquences néfastes pour d’autres États » (HP, p. 129), ce qui exige l’instauration de « la souveraineté relative, garantie par le contrôle réciproque » (p. 238). On notera la modération du propos, qui se contente d’énoncer les conditions d’une compossibilité des souverainetés à l’ère atomique. Cette limitation de la souveraineté ne signifierait aucunement la péremption de la notion. Par ailleurs, comme Kant avant lui, Anders rejette l’idéal d’un État mondial, que la tendance à la centralisation du pouvoir condamnerait à être une « dictature planétaire » (HL, p. 394).

Un impératif d’imaginaire

L’auteur note toutefois que les solutions politiques sont insuffisantes, là où il y va d’une nécessité absolue de s’abstenir de faire ce que l’on peut faire. Ce passage à l’acte doit devenir un authentique tabou, qui ressortit à la morale. Or l’éthique de l’âge atomique doit d’abord être une éthique de l’imagination. À l’ère atomique, le risque est celui d’un blocage de la représentation, devant un faisable qui excède les dimensions de l’imaginable, et Anders note que cette déficience en imagination serait aussi perceptive et affective. Or comment être responsable de ce qui nous est irreprésentable ? Comment se sentir coupable là où un mal invisible est fait sans inimitié à des victimes qui n’en ressentent pas de haine ? Comment éviter la stricte bonne conscience, lorsqu’un acte affectivement neutralisé produit des effets irreprésentables, de sorte que les mécanismes d’inhibition s’en trouvent eux-mêmes inhibés ? D’où l’apparition d’une catégorie éthique inédite, les « innocents coupables » ou les coupables-victimes. Les Commandements de l’âge atomique [2] s’ouvrent donc sur l’exigence d’un élargissement des limites de l’imaginable aux dimensions des actes monstrueux qui sont désormais possibles.

Anti-Eichmann

C’est dans cette perspective qu’il faut lire la Correspondance avec Eatherly. Ce « héros » de guerre déchu, dont la dépression le fit juger aux parages de la folie, et interner, est d’abord matière à imaginer, en ce qu’il dit le caractère inimaginable du possible, et la souffrance que cela peut produire chez celui qui a ouvert la voie au bombardier d’Hiroshima. Il est en outre une figure heuristique, car celui qui fut en quelque sorte l’éclaireur de l’Enola Gay est également le « pionnier » de la nouvelle culpabilité innocente, donc un « symbole du futur ». Il est enfin motif d’espérer, en tant qu’il revendique la culpabilité qui lui est retirée : se sachant et se voulant coupable, il commet des délits qui, en tant qu’actes sanctionnés comme lui étant imputables, lui permettraient de s’approprier cette culpabilité. Renversement dialectique de la relation de rétribution : la culpabilité doit renvoyer à une faute, dont la sanction est la peine, qu’il faut donc obtenir.

Or ce comportement, motivé par le sentiment d’une culpabilité redoublée d’être impunie, fait d’Eatherly la « contre-figure d’Eichmann » (I, p. 46). Si la « technicisation de notre être », par laquelle nous devenons simples rouages d’une machine, au service d’une action dont les conséquences nous sont irreprésentables, nous prive également de toute réaction affective contre l’action en question, le cas Eichmann est l’incarnation extrême, effrayante et scandaleuse (par ce qu’elle comporte de mauvaise foi) d’un possible de l’époque. Or, si Eichmann tente de se dédouaner en invoquant son statut de simple rouage, Eatherly s’accuse, et ceci contre les célébrations que le système lui réserve, de n’avoir été qu’un rouage. Il donne à voir que l’instrumentalisation, loin d’oblitérer la responsabilité, peut être elle-même imputable, et que ceux qui ne se sont pas départis de toute humanité l’assument.

Une éthique infondée

Ces analyses sont toujours d’actualité, et devraient le rester, en vertu même de l’indestructibilité du savoir atomique qu’elles soulignent. Le « club » est plus ouvert, et ne manque pas de nouveaux candidats à l’adhésion. Ajoutons que l’autosuppression de l’humanité compte désormais d’autres possibles que la seule « destruction mutuelle assurée ». On regrette toutefois que l’urgence éthique de la sauvegarde de l’humanité ne donne pas lieu à une réflexion sur ses fondements. En effet, la question de savoir ce qui fait de l’existence même de l’humanité une valeur inconditionnée, et donc de sa conservation l’impératif absolu, ne reçoit pas de réponse. Il ne s’agit certes pas d’un oubli. Cette absence de fondation est thématisée et assumée. Mais elle l’est au nom de cette urgence, qui fait qu’au moment de se jeter à l’eau pour sauver un homme qui se noie, il ne saurait être question de débattre du fondement de la nécessité de son sauvetage. L’argument vaut-il pour un texte appelé à être (enfin) lu en l’an 63 (2008) ? D’autant que l’on peut se demander si cette fondation ne contribuerait pas elle-même à la puissance de conviction d’une part, et à l’extension de la réflexion à d’autres mises en question du monde humain d’autre part. Déterminer ce qui, de l’humain, ne saurait à aucun prix être détruit, permettrait en effet de formuler un discours normatif condamnant l’ensemble des pratiques ou configurations susceptibles d’y porter atteinte, ce qui donnerait davantage d’extension au propos. Si l’urgence dure longtemps, et si la radicalité des analyses est elle-même efficiente et féconde, il serait bon que la question des fondements soit frontalement posée.

La « désuétude de l’hostilité » ?

Sur un point, les analyses de l’auteur nous semblent toutefois prises en défaut. La technicisation croissante de la guerre n’a pas généralisé ce qu’il nomme la « désuétude de l’hostilité », caractéristique d’une guerre qui serait devenue sans passion, parce qu’elle ne rendrait plus possible la représentation d’un ennemi ou d’une victime. On peut douter que le monde soit désormais le lieu d’une guerre sans passion. La neutralisation d’actions de guerre devenues purement techniques et la disqualification axiologique de la force font que le recours à cette dernière exige désormais d’être justifié par une fin dont l’importance soit à même d’effacer le caractère négatif du moyen. L’usage de ce qui n’est plus qu’un instrument décrié n’est lui-même légitime que s’il en vaut la peine. Il exige donc que ce qui est en jeu soit présenté comme absolument essentiel. Mais cette surenchère téléologique ne va pas sans une montée en puissance des passions. Les croisades ne sont guère apathiques. De sorte que le retour du paradigme de la guerre juste ne va pas sans une intensification affective des conflits. Ajoutons encore que l’on peut s’habituer à tout, y compris à la « situation apocalyptique », et que « l’évidence de l’humanité commune » n’est peut-être pas demeurée aussi massive qu’elle l’était pour Anders.

Pour citer cet article :

Antoine Grandjean, « La condition atomique », La Vie des idées , 18 décembre 2008. ISSN : 2105-3030. URL : http://www.laviedesidees.fr/La-condition-atomique.html

Nota bene :

Si vous souhaitez critiquer ou développer cet article, vous êtes invité à proposer un texte au comité de rédaction. Nous vous répondrons dans les meilleurs délais.

 
6 Commentaires

Publié par le août 6, 2018 dans GUERRE et PAIX