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Archives de Catégorie: GUERRE et PAIX

Les 75 ans de la libération du camp nazi d’Auschwitz-Birkenau par l’armée soviétique : un problème majeur dans ce monde atlantiste

Tout à fait d’accord avec ce texte… je hais le négationnisme, celui qui nie l’extermination des juifs et les chambres à gaz, mais je hais tout autant celui désormais majoritaire dans notre société qui prétend nier le rôle des soviétiques dans la fin du nazisme… Et je souffre d’autant plus qu’une partie de ceux qui se sont approprié le communisme et qui sont en fait au meilleur des cas des trotskistes contribuent à cette réécriture de l’histoire et que c’est cette « merde » négationniste qui va pour une grande part réécrire les cent ans du PCF pour justifier leur saloperie… on me dit qu’il faut attendre le 39ème congrès pour se débarrasser de ces gens-là, mais je ne supporte pas de voir mon passé celui qui a fondé mon existence être la proie de ces individus ne serait-ce que pour une célébration dont à cause d’eux plus personne de vraiment communiste n’attend rien… Ils peuvent compter au moins sur moi, il n’y aura pas un jour où je renoncerai à combattre leur œuvre de mort (note de Danielle Bleitrach).

Les 75 ans de la libération du camp d’extermination nazi d’Auschwitz-Birkenau par l’armée soviétique sont célébrés de manière surprenante. Pourtant, personne n’ose remettre en cause l’horreur de l’holocauste aujourd’hui. C’est même, en Europe, quasiment le seul thème traité lorsqu’il s’agit de la Seconde Guerre mondiale, tant il est vrai que l’aspect militaire ne fut pas très glorieux avant l’intervention de l’URSS et des Etats-Unis. Le problème vient d’ailleurs : à l’heure où le camp atlantiste tente une réécriture de l’histoire, faisant de l’Allemagne nazie et de l’Union soviétique les deux « agresseurs », comment laisser à l’armée soviétique un acte aussi symbolique ?

Différentes cérémonies sont organisées en mémoire de cet évènement hautement symbolique, la libération du camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau par l’Armée rouge, par les soldats soviétiques, en Pologne. Et des problèmes se posent alors que l’histoire doit être réécrite en fonction des intérêts politiques du moment.

Le 27 janvier 1945, lors de la campagne de libération de l’Europe en général et de la Pologne en particulier par l’Armée rouge, le camp de la mort d’Auschwitz a été libéré. A la fin de l’année 1944, quand l’armée soviétique s’approchait, une marche forcée a été organisée par les nazis pour envoyer en Allemagne des prisonniers. Les corps jonchaient la route, mais environ 60 000 personnes ont ainsi été convoyées. Le 24 janvier, comme l’Armée rouge était à proximité, les nazis ont tenté de détruire le camp, les infrastructures, les réserves de nourriture et les vêtements des prisonniers. L’accès au camp a été miné. Le 26 janvier, alors que les troupes soviétiques étaient à 60 km de Krakovie, des soldats munis d’une carte ont été envoyés en éclaireurs pour voir ce qu’il y avait en avant, dans la forêt. C’est ainsi qu’ils sont tombés sur ce camp de la mort. Le 27 janvier, le camp a pu être libéré. Il n’y restait qu’environ 7 500 personnes, les plus faibles. Des millions de personnes ont été tuées à Auschwitz. En 2010, le FSB a déclassifié des documents, selon lesquels 4 millions de personnes n’en seraient pas sorties vivantes. Surtout des Polonais, des Juifs, des Français, des Russes et des Hongrois, de tout âge. Le commandant nazi du camp, lors du procès de Nuremberg, a déclaré ne pas savoir combien de personnes ont été ainsi assassinées dans ce camp, n’avoir jamais eu connaissance des chiffres exacts.
Mais il est évident, à l’époque où l’histoire doit être reconstruite pour permettre aux pays européens d’oublier une collaboration étatique souvent très active, de justifier l’injustifiable, de faire allégeance aux Etats-Unis qui doivent, dans un monde global, être les seuls et uniques sauveurs de la planète,  que l’Armée rouge, soviétique, doit être discrètement écartée, oubliée. Ne peut plus être libératrice, puisqu’elle doit être agresseur.
Ainsi, la Pologne refuse de participer aux cérémonies organisées en Israël au sujet des 75 ans de la libération du camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau par l’Armée rouge. Car – par l’Armée rouge. Donc l’URSS. Dont la Russie est le pays continuateur sur la scène internationale, conformément au droit international. Or, évidemment, une place d’honneur sera réservée à Vladimir Poutine, en tant que Président de la Russie, donc du pays continuateur de l’URSS, dont l’armée a libéré la Pologne et le camp d’Auschwitz. La Pologne, qui a payé très cher pendant la guerre son pacte de non-agression avec l’Allemagne nazie en 1934 et sa politique de complaisance, avant d’être envahie et asservie par les nazis. Mais tous les pays ne retiennent pas les leçons de l’histoire. Quant à l’Ukraine bandériste, son Président ne sera pas invité à faire un discours.
L’on pourrait se dire qu’il s’agit des complexes issus des pays de l’Est envers leur puissant voisin, voisin qui se renforce dans sa souveraineté, quand eux ont du mal dans le cadre européen (pour la Pologne), ou des difficultés à courir derrière l’Europe (pour l’Ukraine) les Etats-Unis étant trop loin. Malheureusement le mal est plus profond. L’UNESCO organise à Paris une cérémonie, également pour ces 75 ans de la libération du camp d’Auschwitz. Vous pouvez lire et relire l’annonce, l’Armée rouge n’est absolument pas citée, il semblerait que l’URSS n’ait même pas existé. Auschwitz et la Pologne se sont manifestement libérés … tout seuls, par opération du Saint Esprit.
Bref, non seulement il n’est pas indiqué par qui le camp a été libéré, mais pas un spécialiste russe n’a été invité parmi les conférenciers (à la différence des Etats-Unis) et pas un représentant officiel de la Russie parmi les personnalités ouvrant la cérémonie (à la différence de l’Allemagne).
Il est regrettable que nos pays n’aient pas l’intelligence d’accepter leur passé. Ne serait-que pour ne pas répéter les mêmes erreurs.
 

Le Conseil supérieur de la fonction militaire critique la réforme des retraites

Non seulement l’armée avait été comme la police et d’autres exclus de ce merveilleux et si égalitaire régime que l’on veut nous vendre, mais ce qui leur est proposé ne les satisfait pas… on se demande qui en dehors des sociétés d’assurance et des fonds de pension est satisfait de cette « réforme »? (note de danielle Bleitrach)

 

Les partis communistes de Grèce et de Turquie publient une déclaration sur les développements régionaux

j’ai toujours considéré au vu de l’histoire de leur pays respectifs comme un miracle le fait que le parti communiste de Grèce et celui de Turquie puisse élaborer des politiques communes. Quand je l’ai découvert en 1984, lors d’un congrès du KKE, ça a été une véritable révélation et cela m’a aidé ultérieurement à comprendre le livre que Ponomarev avat consacré à la politique étrangère de l’URSS; la politique de Lavrov aujourd’hui étant encore au plan international totalement inspirée par Primakov et l’union soviétique. De même les propositions de la Chine sur un nouvel équilibre international.  la paix devenue une dimension de classe celle d’un prolétariat qui n’a pas intérêt à la guerre, mais je pense que les questions écologiques aujourd’hui nous obligent aussi à repenser les relations internationales, c’est un formidable chantier. (note de Danielle Bleitrach)

http://mouvementcommuniste.over-blog.com/2020/01/les-partis-communistes-de-grece-et-de-turquie-publient-une-declaration-sur-les-developpements-regionaux.html

 

Les partis communistes de Grèce et de Turquie publient une déclaration sur les développements régionaux
Le Parti communiste de Turquie (TKP) et le Parti communiste de Grèce (KKE) ont publié une déclaration commune, reflet de leur lutte commune, sur les développements régionaux et l’aggravation des conflits en mer Égée et en Méditerranée orientale.

Vendredi, 17 Janvier 2020 20:36

Une déclaration commune a été publiée par les partis communistes de Grèce et de Turquie sur les développements gréco-turcs, affirmant que les relations entre les deux pays sont définies par les intérêts des classes capitalistes et des forces impérialistes. Les communistes ont noté que les peuples de Turquie et de Grèce n’ont rien de positif à attendre de ces développements.

La déclaration complète est la suivante :

Le PC de Grèce et le PC de Turquie avec notre position commune cherchent à intervenir dans les développements dangereux et inquiétants qui ont lieu dans la mer Egée et la Méditerranée orientale, dans les relations gréco-turques et causés par des forces sociales, économiques et politiques qui veulent entraîner les deux peuples dans des aventures sanglantes pour leurs propres intérêts.

Les relations gréco-turques, définies aujourd’hui à la fois par les plans des classes bourgeoises dominantes des deux pays et par les intérêts d’autres classes bourgeoises et de puissantes forces impérialistes, ont atteint un point culminant. C’est parce qu’elles sont impliquées dans une lutte féroce pour le partage des richesses énergétiques, des routes de l’énergie et des marchandises de la région. Le résultat de ces compétitions féroces se traduit par des interventions et des guerres impérialistes dans notre région au sens large, comme en Syrie et en Libye, les développements très dangereux dans le golfe Persique alimentés par l’invasion américaine de l’Irak et le meurtre de responsables iraniens et irakiens.

Dans le cercle vicieux des compétitions pour les intérêts des monopoles, participent divers Etats capitalistes, dont la Turquie et la Grèce, dans le but de promouvoir les intérêts des classes bourgeoises. Des axes et des anti-axes sont créés, tandis que les syndicats impérialistes de l’OTAN et de l’UE cherchent à avoir un rôle séparé et autonome.

Les relations gréco-turques font également partie de ces développements. Les peuples de Turquie et de Grèce n’ont rien de positif à attendre des développements de leur engagement avec les États-Unis, l’OTAN, l’UE et d’autres puissances impérialistes.

Nos deux partis sont basés sur l’internationalisme prolétarien et la solidarité internationaliste, et avec ces principes, nous faisons face aux développements complexes dans notre région, en luttant pour les intérêts des travailleurs et des peuples.

Nous soulignons que tant la coopération que les compétitions des classes bourgeoises de Turquie et de Grèce, par exemple sur la question de savoir quel pays deviendra un « centre énergétique », servent leurs propres intérêts et n’ont rien à voir avec les intérêts du peuple.

Les peuples de Turquie et de Grèce n’ont rien pour les diviser. Ils ont intérêt à exiger de vivre en paix et de lutter pour leur propre avenir, contre l’exploitation capitaliste, les profits capitalistes, qui conduisent à la guerre et à la destruction de l’environnement. Pour l’abolition de l’exploitation de l’homme par l’homme et la satisfaction des besoins populaires contemporains, l’éradication des causes qui conduisent les peuples à la  » machine à viande  » de la guerre impérialiste.

Dans ce sens, les PC de Grèce et de Turquie :

-Sont opposés dans tous les cas d’incident chaud et d’implication dans la guerre.

-Expriment leur opposition aux violations des frontières et à la contestation des traités internationaux qui ont défini les frontières de la région.

-Soutiennent la position de ne pas changer les frontières et les Traités qui les définissent.

-Dénoncer les efforts déployés par une position de force militaire pour créer des faits accomplis dans la mer Égée et la Méditerranée orientale, ainsi que les énormes dépenses militaires des deux pays qui créent un contexte propice à la guerre.

-Dénoncent que les plans d’exploitation des hydrocarbures en mer Égée par les classes bourgeoises des deux pays visent à donner aux monopoles étrangers et locaux le contrôle des sources d’énergie afin d’augmenter leur rentabilité, en créant les conditions pour de plus grandes complications et l’aiguisement de la confrontation, des risques pour l’environnement. Les classes ouvrières, les peuples des deux pays n’ont rien à gagner de ces plans.

-L’Union européenne lutte pour le désengagement des deux pays des plans impérialistes, pour le retour des forces militaires de l’OTAN et des autres missions impérialistes à l’étranger.

-Nous luttons pour que nos pays se détachent des unions impérialistes de l’OTAN et de l’UE, afin de fermer les bases américaines et de l’OTAN dans nos pays.

Les PC de Grèce et de Turquie appellent la classe ouvrière et les autres couches populaires à renforcer leur lutte contre les plans des classes bourgeoises et des syndicats impérialistes, contre le nationalisme et le racisme, afin de transmettre le message que les peuples voisins veulent et exigent pour vivre en paix !

Parti Communiste de Grèce

Parti Communiste de Turquie

source :  https://news.sol.org.tr/communist-parties-greece-and-turkey-issue-statement-regional-developments-176498

Tag(s) : #KKE#TKP
 
 

AFGHANISTAN / Les mirages de la démocratie, par Sergei KOJEMIAKINE, observateur politique de la Pravda

Résultat de recherche d'images pour "elections présidentielles en afghanistan"

No 1 (30933) 10-13 janvier 2020

 

http://kpu.life/ru/94949/myrazhy_demokratyy

 

L’annonce des résultats de l’élection présidentielle n’a pas stabilisé la situation politique intérieure en Afghanistan. Le pays reste l’otage des intérêts étrangers et est utilisé par les États-Unis pour perturber les projets de transport et d’infrastructure sous les auspices de la Chine.

 

Des voix disparues

 

Les élections en Afghanistan à n’importe quel niveau sont toujours synonymes de crise aiguë. Elles donnent lieu à de nombreux scandales, rassemblements et affrontements, sans compter les attaques des talibans qui tentent de perturber chaque campagne électorale. Sans surprise, le transfert automatique des procédures libérales-démocratiques, que l’on présentait comme une panacée, n’a pas été un succès. Les tentatives de correction de ce mécanisme sont également inutiles, comme l’ont prouvé les récentes élections présidentielles.

 

Elles se sont déroulées, rappelons-le, en septembre de l’année dernière. Leur nouveauté aurait dû être la transparence et l’ouverture. Du moins, selon les autorités afghanes, qui ont acheté en Allemagne des appareils pour l’enregistrement biométrique des électeurs. Mais le miracle ne s’est pas produit. La prouesse technique n’a pas pu arrêter la lutte des factions et des clans, ni les marchandages secrets, ni l’intervention d’acteurs extérieurs, qui sont les véritables leviers de la politique afghane.

 

Par conséquent, il est tout à fait compréhensible que 2.300 appareils se soient révélés défectueux le jour du scrutin, et que les employés de nombreux bureaux de vote n’avaient pas été formés pour travailler avec l’équipement. Environ deux cents appareils ont complètement disparu sans laisser de trace lors de leur livraison dans la capitale. En conséquence, avec un taux de participation officiel de 2,7 millions de personnes, seulement 1,9 million ont fait l’objet d’un enregistrement biométrique.

 

Mais ce n’était que le début d’un long feuilleton. Les représentants de la société allemande ayant fourni l’équipement ont révélé de nombreuses irrégularités dans la collecte des données. Les plus courantes étant l’utilisation de fausses photographies et l’inscription des électeurs avant ou après le jour du scrutin. Il y a eu près de 300 000 de ces votes douteux, mais la plupart ont finalement été comptés.

 

Cela a mis en colère les candidats de l’opposition qui ont accusé la Commission électorale indépendante (NEC) de travailler pour le président sortant Ashraf Ghani. Des milliers de manifestations ont eu lieu à Kaboul et dans d’autres villes. Les partisans de l’opposition ont également boycotté le recomptage annoncé dans un tiers des bureaux de vote. Selon eux, sous couvert de ce processus, le gouvernement entendait procéder à de nouvelles falsifications. Des incidents tels que la pénétration de forces spéciales dans le centre d’information de la NEC n’ont pas contribué à instaurer la confiance. Selon les explications des officiels, les combattants avaient été autorisés à entrer…  pour se réchauffer.

 

Par conséquent, les résultats des élections publiés fin décembre n’ont fait qu’aggraver la scission. Selon la NEC, Ashraf Ghani a gagné. Son résultat est de 50,6%, soit 924 000 voix. Le principal opposant au président en exercice – le chef de l’exécutif, Abdullah Abdullah – en a reçu 39,5%. «Félicitations à tout le monde! C’est une victoire nationale! », a déclaré Ghani lors d’une allocution télévisée aux citoyens. Selon lui, tout le monde devrait accepter les règles du jeu et se plier à la loi.

 

Ce dernier souhait était adressé aux autres candidats, dont beaucoup n’ont pas accepté les données officielles. « Notre équipe ne reconnaît pas les résultats de ce vote frauduleux », a déclaré Abdullah Abdullah. Il est soutenu par Gulbuddin Hekmatyar et Rahmatulla Nabil, qui ont respectivement occupé les troisième et quatrième places. Le siège du chef de l’exécutif a fait appel à la Cour suprême, exigeant d’admettre qu’au moins 300 000 voix avaient été volées au candidat.

 

Signes de décomposition

 

Mais même si ce recours n’est pas pris en compte, la légitimité de Ghani restera atteinte. Tant à cause des violations massives, que parce que le président exprime la volonté d’un petit nombre d’habitants. Avec une population de 37 millions d’habitants, seulement 9,6 millions, soit le quart des citoyens, sont inscrits sur les listes électorales. Parmi eux, moins de 19% sont venus dans les bureaux de vote, et seuls 9,6% ont voté pour Ghani. En d’autres termes, le président n’a obtenu le soutien que d’un citoyen sur quarante.

 

Cela signifie un nouvel effondrement de l’élite politique, dont les signes sont visibles à l’œil nu. En décembre, une opération militaire à grande échelle a eu lieu à Mazar-e-Sharif, le centre administratif de la province septentrionale de Balkh, avec la participation des forces spéciales de l’armée et de l’aviation. La cible de l’attaque n’était pas les islamistes, mais les partisans de Nizamuddin Kaisari. Ancien chef de police de l’un des comtés, selon les autorités, il a créé sa propre mini-armée, est coupable de meurtres et de corruption. Pendant l’opération, des dizaines de personnes ont été tuées, mais Kaisari lui-même a disparu. Cet incident est particulièrement spectaculaire, mais il n’est pas le seul signe des profondes divisions. Kaysari est l’associé le plus proche du vice-président Abdul Rashid Dostum, qui, à son tour, a échappé de justesse à son arrestation et est passé dans l’opposition.

 

Avec l’effondrement probable du soi-disant gouvernement d’unité nationale, dirigé par le président et Abdullah Abdullah, il y aura davantage de tels conflits. Au milieu de l’assaut continu des talibans *, ils peuvent avoir des conséquences fatales. Les positions rebelles au cours de l’année écoulée se sont encore renforcées. Des provinces jadis considérées comme relativement calmes (par exemple, Balkh ou Herat), sont désormais plongées dans la violence, des affrontements ont lieu dans la banlieue sud de Kaboul Chahar Asyab. Des sites à première vue fortement sécurisés comme le quartier des ambassades dans la capitale ou les bases militaires américaines sont attaqués.

 

Ces menaces forcent Kaboul à des manœuvres désespérées, parfois mutuellement exclusives. D’une part, les autorités revendiquent une lutte impitoyable contre l’extrémisme jusqu’à ce qu’il soit complètement vaincu. Il n’y a pas si longtemps, Ghani a annoncé une «victoire complète» sur «l’État islamique» *. C’était après la reddition aux forces de sécurité de 800 personnes dans la province de Nangarhar. Seulement les deux tiers d’entre eux étaient des épouses et des enfants de combattants, alors que l’effectif total de l’Etat islamique en Afghanistan est estimé de trois à cinq mille.

 

D’un autre côté, Kaboul appelle les talibans à négocier. L’entourage de Ghani a dévoilé une feuille de route en sept points, comprenant un large dialogue pacifique impliquant le gouvernement, les rebelles, les États-Unis et les pays de la région, ainsi que la lutte contre la corruption, le renforcement des structures du pouvoir, etc. Ce document controversé a été rejeté par Abdullah Abdullah, sans parler des Américains qui jouent leur propre jeu.

 

Washington est motivé par deux facteurs. Le premier est lié à la prochaine élection présidentielle et au désir de Donald Trump d’apparaître sous la forme d’un politicien qui tient ses promesses. Parmi celles-ci, rappelons-le, la cessation de la participation aux campagnes militaires étrangères. En décembre, les États-Unis ont repris les négociations avec les talibans, interrompues trois mois plus tôt. Cela a été précédé par la visite inattendue de Trump en Afghanistan. Le président a rencontré Ashraf Ghani et a visité la base de Bagram, afin de souhaiter aux militaires une bonne fête de Thanksgiving. «Nous nous replions de l’Afghanistan», a annoncé Trump.

 

Cependant, il existe de grands doutes quant à sa sincérité. Comme l’a reconnu le secrétaire américain à la Défense, Mark Esper, le Pentagone n’a pas encore l’intention de réduire le contingent. Et, a-t-il ajouté, le retrait des troupes n’aura lieu que lorsque l’Afghanistan cessera d’être « un refuge pour les terroristes qui peuvent frapper les Etats-Unis ». Le maximum auquel la Maison Blanche se résoudra est une réduction partielle de sa présence. Le dialogue avec les talibans, qui appellent au retrait complet des troupes étrangères comme condition préalable à un accord de paix, sonne comme un faux prétexte.

 

Des obstacles au corridor

 

Trump jouera la montre par tous les moyens, abreuvant les rebelles et son propre électorat de promesses, tout en gardant le contrôle de l’Afghanistan. Il a une autre raison à cela. Sa présence dans le pays est nécessaire pour contrecarrer la stratégie de la Chine «La Ceinture et la Route». Le volet clé de ce projet est le corridor économique sino-pakistanais (CPEC), qui comprend la pose de milliers de kilomètres de routes et de voies ferrées, de pipelines, la construction de centrales électriques, ainsi que la création du port en eau profonde de Gwadar, qui deviendra le plus grand point de transbordement de la région.

 

En octobre de l’année dernière, Pékin et Islamabad ont annoncé le passage à la deuxième phase du CPEC. Si le premier était axé sur les infrastructures – une sorte de squelette de développement économique, l’accent sera désormais mis sur des projets communs dans l’industrie, l’agriculture et la sphère socio-économique. Pour cela, neuf zones économiques spéciales sont en cours de création. La première – « Allah Iqbal » dans la province du Punjab – a été inaugurée le 3 janvier. Le lancement de deux autres est prévu pour avril.

 

Chacune des zones économiques deviendra un puissant complexe de production territoriale. Allama Iqbal, par exemple, comprendra des entreprises des secteurs léger, alimentaire, pharmaceutique, chimique et métallurgique avec 290 000 emplois. La grande majorité des personnes employées seront des Pakistanais, pour lesquels le système d’enseignement professionnel est en cours d’amélioration. Le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Shah Mehmud Qureshi, a qualifié le CPEC de «priorité absolue du Pakistan».

 

Ces perspectives effrayent visiblement les États-Unis, qui sont habitués à considérer Islamabad comme un satellite obéissant et observent avec inquiétude la transformation de la Chine en puissance économique mondiale. Pour perturber le CPEC, la méthode habituelle pour semer la zizanie a été choisie. La sous-secrétaire d’État américaine pour l’Asie du Sud et l’Asie centrale, Alice Wells, a fait une déclaration claire. Selon elle, Pékin entraîne Islamabad dans une boucle de la dette, et les projets conjoints n’aident pas le Pakistan, mais, interférant avec les réformes, ont un impact négatif sur la croissance économique et le niveau de vie. Ne se limitant pas à la critique, Wells a exigé qu’Islamabad crée les conditions les plus favorables pour les investisseurs américains.

 

Habitués comme ils sont à mentir et à manipuler les chiffres, les États-Unis sont restés fidèles à eux-mêmes. Comme l’a souligné le gouvernement pakistanais, les prêts représentent moins de 20% du financement du CPEC par Pékin. Tout le reste est un investissement direct et des subventions. Dans le même temps, Islamabad devra restituer les fonds dans 20 ans, ce qui, très probablement, ne constituera pas un problème, car la coopération avec la Chine est axée sur le développement du secteur réel de l’économie. Il faut y ajouter des conditions préférentielles pour les exportations pakistanaises. Le 1er décembre, un accord de libre-échange est entré en vigueur. Aujourd’hui, Islamabad fournit à la Chine plus d’un millier d’articles sans droits de douane.

 

La politique des investisseurs occidentaux est fondamentalement différente. Un prêt du FMI (autant dire, les États-Unis) a été conclu l’an dernier pour un montant de 6 milliards de dollars. Le Pakistan doit le rembourser dans les trois ans. De plus, selon les termes des financiers, le pays est contraint de réduire les dépenses budgétaires, d’augmenter les taxes et les prix du carburant. Ce n’est pas la première fois que l’Occident essaie d’accuser la Chine de ses propres péchés. Par exemple, au Sri Lanka, qui est souvent considéré comme une «victime de l’expansion chinoise», Pékin ne représente que 10% de la dette extérieure.

 

Washington ne s’inquiète pas seulement du CPEC, mais aussi de la possibilité que des pays voisins le rejoignent. Par exemple, l’Iran, avec qui les relations sont au plus mal. Téhéran a invité la Chine et le Pakistan à développer conjointement le port de Chabahar, en le reliant à Gwadar par rail et par ferry. L’Afghanistan a également signé un accord avec Pékin dans le cadre de la «Ceinture et la route». L’automne dernier, le troisième cycle de négociations entre Pékin, Islamabad et Kaboul sur l’adhésion du pays au CPEC a eu lieu. Le premier projet à grande échelle pourrait être la construction de l’autoroute Peshawar-Kaboul. Soit dit en passant, la liaison ferroviaire de fret entre l’Afghanistan et la Chine a déjà été établie. Le 30 décembre, le Tadjikistan a signé un accord sur la pose d’un chemin de fer avec Kaboul. Comme indiqué, il pourrait faire partie de la route de la Chine à l’Iran.

 

Il n’est pas surprenant que les États-Unis se soient fixé pour objectif non seulement d’éloigner Kaboul de Pékin, mais aussi de l’utiliser pour des activités subversives. Avec l’intervention de Washington, les négociations inter-afghanes sous l’égide de la RPC  ont été interrompues. Le Mouvement islamique du Turkestan oriental (MITO), un groupe qui plaide pour la séparation de la région autonome ouïgoure du Xinjiang de la Chine, refait surface à point nommé pour les États-Unis. Ses bases sont situées dans la province afghane de Badakhshan, à la frontière de la RPC. Au cours des dernières semaines, des proclamations ont fait leur apparition sur Internet dans lesquels des militants menaçaient de multiplier les activités terroristes. Pour sa part, le Congrès américain et le Parlement européen ont adopté presque simultanément des résolutions menaçant Pékin de sanctions pour violation des droits de l’homme au Xinjiang.

 

Washington ne se permettra pas de perdre une ressource géopolitique aussi précieuse que l’Afghanistan. Par conséquent, le pays est destiné à rester longtemps parmi les «points chauds».

Traduction MD pour H&S

 

La Russie et l’Allemagne plaident pour la préservation de l’accord nucléaire avec l’Iran

C’est également la position de la Chine qui attribue la crise ouverte entre les Etats-Unis et l’Iran à la dénonciation par Trump de l’accord nucléaire (note et traduction de Danielle Bleitrach).

Poutine et Merkel ont examiné le transit du gaz russe à travers l'Ukraine.

Poutine et Merkel ont examiné le transit du gaz russe à travers l’Ukraine. | Photo: Al Mayadeen

Publié le 11 janvier 2020

« Tous les moyens diplomatiques doivent être utilisés pour que cet accord international […] soit maintenu et que toutes les parties qui y participent s’acquittent de leurs obligations », a déclaré le chef de l’Etat russe.

Le président russe Vladimir Poutine a tenu une réunion à Moscou avec la chancelière allemande Angela Merkel, où ils ont convenu de la nécessité de préserver l’accord signé en 2015 par tous les moyens nécessaires.

 

« Tous les moyens diplomatiques doivent être utilisés pour garantir le maintien de cet accord international […] et le respect par toutes les parties impliquées », a déclaré le chef de l’Etat russe lors d’une conférence de presse conjointe avec Angela Merkel.

Merkel a déclaré qu’il était nécessaire de faire tout son possible pour maintenir l’accord entre l’Iran et le groupe 5 + 1. L’Allemagne a promis d’utiliser tous les outils diplomatiques possibles pour atteindre cet objectif.

Valeria A. Rodriguez@varodri19

Putin y Merkel se conocieron

Presidente ruso: Rusia y Alemania quieren una adhesión continua al acuerdo nuclear de Irán.
El canciller alemán insistió en que su país utilizaría todos los medios diplomáticos para preservar el mundo.

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Pour sa part, le président russe a déclaré que l’Iran avait réduit ses engagements envers l’accord à cause de son abandon par le gouvernement des États-Unis (US) et l’inaction de l’Europe à cet égard. Il a également insisté sur le fait que les mesures prises par Téhéran dans le Plan d’action conjoint global (PIAC ou JCPOA) sont réversibles, comme les autorités perses l’ont assuré.

La visite de Merkel en Russie se déroule dans un contexte de tension entre la Maison Blanche et l’Iran, l’envoi de troupes turques en Libye et la réduction du pays perse de ses engagements envers le pacte nucléaire.

Les deux dirigeants prévoient de discuter de la situation en Syrie et en Ukraine. L’Allemagne et la Russie ont eu des liens économiques profonds, désormais renforcés par le développement du projet Nord Stream 2 qui acheminera le gaz russe dans les foyers allemands et d’Europe occidentale.

 

Les justes colères de Zakhar Prilépine face à la célébration de la grande guerre patriotique

Publié le par Boyer Jakline

Voici un texte que nous avons emprunté au blog de Jakeline Boyer  qui dit à ce propos : « J’inaugure avec cet article  une nouvelle  rubrique  : Grande Guerre  Patriotique. Pour les nouveaux dans ce blog,  c’est  ainsi  que s’appelle en Russie  la deuxième guerre mondiale,  en référence à  la Guerre Patriotique,  celle  menée  contre Napoléon. » Aujourd’hui les deux  appellations  cohabitent. » En effet, il ne s’agit pas seulement d’un enjeu historique mais bien de l’actualité elle-même comme l’a prouvé l’ignoble résolution du Parlement européen, face à laquelle la réaction des communistes français a été plus que modérée, comme l’est en général leur  appréciation de l’URSS, le PCF étant depuis longtemps totalement imprégné de l’idéologie trotskiste et d’une faiblesse insigne dans la formation de ses adhérents à l’histoire (note de Danielle Bleitrach)

http://bordeaux-moscou.over-blog.com/2020/01/les-justes-coleres-de-zakhar-prilepine.html?fbclid=IwAR107UlW3w74lG3XKRnnnnukVYk2D3HfTqPHZ4nfxwqPIm-iElojHNsSD9E

Ses « leçons de russe » sur la chaîne privée et populaire parmi la jeunesse se fixent pour objectif clair d’informer et ainsi  former les nouvelles générations passées à la moulinette de l’idéologie libérale qui sévit dans le pays. Lui explique dans un des nombreux entretiens  qu’il  accorde à  des radios ou tv russes qu’il a eu la chance  d’être  éduqué  par un père,  professeur d’histoire ce qui lui a permis  de ne pas être noyé  dans le maelstrom de la chute de l’URSS

C’est un homme très  présent dans de nombreuses  capitales occidentales où son activité littéraire est appréciée.  Il connait les milieux intellectuels des  » grandes  démocraties « . Il a donc un point de vue très argumenté sur les idées,  les « valeurs  » dominantes dans nos sociétés.

Très   » conservateur  » sur des sujets  dits sociétaux, où je ne partage pas sa vision, il ne décolère pas contre les campagnes permanentes menées  d’Occident  pour  « abaisser » le 9 mai. Nombreuses sont ses leçons  autour de ce thème central.

Je partage  cette part là de ses colères.  Cette   » leçon  » a été diffusée  autour du 9 mai dernier.  Ici, « en Occident « , le discours sur  la responsabilité  de l’URSS dans la guerre ne faiblit pas.  Que se joue t t’il donc?

La question  de la victoire sur le  nazisme est un enjeu en Europe,  en Russie aussi,  de façon  moindre.  Il est des voix parmi les  » libéraux « , qui demandent aux Russes de faire amende honorable,  de se repentir, de rester chez eux le 9 mai… Il fait de nombreuses  citations, de Oulitskaya, vantant  la sagesse  du pouvoir français  qui a  su  » protéger son peuple « , à  des journalistes  appelant franchement à rester à la maison le 9 mai, fustigeant  le  » régiment immortel « . Or comme le souligne ZP cette initiative est née  dans le  peuple, une ville  sibérienne, qui a voulu  se réemparer de la victoire  dont on tente de  le déposséder..

ZP note comment dans le même temps  Hollywood glorifie à travers toute la planète  l’engagement pour la victoire  des Alliés et des Américains. Il cite les films  les plus connus,  mondialement  diffusés,  Pearl Harbor,  Il faut  sauver le soldat Ryan, Dunkerque,  le jour le plus long..etc, etc…

Il ne s’agit pas pour lui de nier la participation,  mais de rendre justice  à  l’exploit soviétique,  alors que tout est fait  « pour  rabaisser  le 9 mai »…

Il constate qu’actuellement quelques 42 guerres se déroulent dans le monde.  La guerre est menée,  par les USA le plus souvent,  qui attaquent  « avec Dieu  à  leurs côtés  » comme  chantait Bob Dylan ( c’est moi qui cite), en toute bonne  conscience  ces peuples  qui n’ont « même pas su se doter de la démocratie,  des Arabes « abstraits « , des Russes  sauvages…. » ( citations.  Tout ce qui sera entre guillemets  sera des citations).

Permanence de ce sentiment : Trump vient  d’employer  l’expression,  Dieu est à nos côtés,  pour justifier l’agression  contre l’Iran, la dernière  agression, il y. a quelques jours. (J.B)

Là,  il développe son idée essentielle, profonde   grave :

Pendant la guerre  les Soviétiques  envisageaient leur propre mort et  l’anticipaient en montant au front  pour « protéger  l’aimée, l’enfant qui dort en paix, ne pas  permettre  que s’éteigne la petite bougie sur la fenêtre « ( citations de chansons de la guerre). Il évoque le  destin du samouraï.

Alors que,  à  travers  le  cinéma,  les jeux vidéo ,  le public occidental envisage la mort  d’autres,  pas  la sienne. C’est ce contrat moral entre citoyens responsables  qui fut signé  lors de l’engagement dans la terrible guerre,  » où  seuls les Soviétiques  ont brisé l’échine du nazisme » . Winston  Churchill  cité par ZP.

Pour  souligner cette réalité,  il cite la poétesse  Anna Akhmatova  dans son fameux poème « Courage ». Cette Akhmatova, adulée par les libéraux,  dont le mari, le grand poète  Nikokai Goumiliov  fut fusillé  et le fils « trimballé de goulag en goulag »,  a écrit ces vers en  1941:

Nous savons ce qui désormais est posé sur la balance

Et ce qui désormais  s’accomplit 

L’heure du courage sonné à nos montres 

Et le courage ne nous  quittera pas. 

Nous n’avons pas peur de nous coucher morts sous les balles, 

Ce n’est pas  dur de rester sans demeure,

Et nous te conserverons,  parler russe,

Grande parole russe, 

Libre et pur nous te porterons, 

Et te donnerons à nos petits enfants 

Te sauverons de la cage,

Pour  toujours. 

Ce poème est incontournable dans le panthéon russe.

Sait-on , je sais qu’on ne sait pas,  omerta totale,  tandis qu’on  glose  sur  les  résistances,  européenne et soviétique,  comparaison qui ne sont pas  raison,  sait-on donc que le plan Barbarossa  prévoyait  l’élimination  des Slaves… comme celle des Juifs ?  Un génocide.  Voir mon article, traduction de sa  » leçon de russe », cinglante du 9 mai 2018. Toujours sa colère où les chiffres  se succèdent  comme autant  de balles.

 

Écrivant  ce texte,  j’ai conscience de la  difficulté pour  nous à  comprendre  cette histoire. En tout cas,  quand vous  rencontrez une, un russe, vous  avez 8 chances sur  10 de parler avec quelqu’un qui est fait à cette histoire là.

Efficace, fond et forme. Pour les russophones.

 

The National Interest : Taïwan ne doit pas donner quatre ans de plus à Tsai Ing-wen

Le plan de Tsai d’utiliser le pouvoir politique pour réduire la dépendance de l’économie taïwanaise à l’égard de la Chine ne pourra jamais réussir. L’approche pragmatique consiste à gérer correctement les relations entre les deux rives du détroit, sans jamais permettre à l’économie d’être affectée par des relations négatives entre les deux rives. Cet article est absolument passionnant tant il illustre d’une manière originale la situation de la Chine en Asie et les contradictions d’un nationalisme qui s’allie aux Etats-Unis et restreint de plus en plus les libertés démocratiques qu’il prétend défendre, ce qui selon l’auteur fait le lit de la Chine, parce que le vrai problème est que les économies chinoise et taïwanaise sont  interdépendantes, que Taïwan a tout à perdre alors que la Chine n’est pas affectée. A lire l’auteur de l’article, il y a toute chance que Tsaï soit réélue mais c’est reculer pour mieux sauter. Lire cet article en lien avec celui que nous proposons par ailleurs sur universalisme et nation à propos de la Chine (note et traduction de Danielle Bleitrach).

En janvier 2020, Taiwan organisera des élections pour son président et sa législature. La campagne pour la présidence a commencé depuis longtemps, et la prospérité de l’économie taïwanaise et le maintien des libertés démocratiques peuvent dépendre du fait que les électeurs accorderont à la présidente Tsai Ing-wen quatre ans de plus ou éliront le candidat du Kuomintang (KMT) Han Kuo-yu. L’article a une vision originale, il montre que le nationalisme anti-chinois  de l’actuelle présidente, le contrôle total qu’elle a pris sur les médias, sur tous les pouvoirs aboutit à une dictature autant qu’à la destruction de l’économie taïwanaise fortement liée à la Chine. Donc cette politique aboutit à la fin des libertés démocratiques dont se pare Taïwan et à la misère économique, ce qui dans les deux cas finira par ouvrir un boulevard à la Chine. A méditer également à propos de Hong Kong (note et traduction de Danielle Bleitrach).

La campagne électorale est entrée dans un moment crucial ; les développements de la farce de l’affaire d’espionnage communiste sont devenus le sujet de discussion de la ville de Taiwan. Ses développements dramatiques ont dépassé la tension d’une « farce d’espionnage », faisant que les gens l’associent au cas de l’incident de tir de Bullet Gate de 2004.

Le gouvernement Tsai joue en effet avec force la carte anti-Chine. Avec la catalyse des protestations et des manifestations autour du projet de loi sur l’extradition, l’ordonnance sur les délinquants fugitifs, à Hong Kong, il a d’autant plus favorisé «le sentiment de perdre son pays», tout en utilisant ici et là la question de Hong Kong. Ainsi, Tsai est considérée de  l’autre côté du détroit comme relevant  des «forces extérieures» au même titre que les États-Unis. Les relations entre les deux rives seront vouées à se détériorer davantage, et l’économie et la démocratie de Taïwan seront en conséquence dans le marasme.

Tout d’abord, examinons les relations économiques de Taiwan avec la Chine. Depuis que le gouvernement Tsai est arrivé au pouvoir, il a restreint les investissements trans-détroit, couplé à la nouvelle politique vers le sud, en proclamant nécessaire de réduire la dépendance économique à l’égard de la Chine, mais après avoir mis en œuvre ces politiques pendant près de quatre ans, l’effet est nul, car la dépendance des exportations de Taïwan vers la Chine a inversement augmenté pour atteindre 41%. Au vu de cela, le plan de Tsai  qui est d’utiliser la force politique pour réduire la dépendance de l’économie taïwanaise à l’égard de la Chine ne peut jamais réussir. L’approche pragmatique consiste à gérer correctement les relations entre les deux rives du détroit, sans jamais permettre à l’économie d’être affectée par des relations négatives entre les deux rives.

Certains membres de factions fondamentalistes pensent que la guerre commerciale internationale va dévaster l’économie chinoise, dissociant ainsi l’économie de Taiwan avec celle de la Chine. Cependant, ce genre de chose ne se produira pas parce que la structure de l’économie chinoise a changé, les exportations occupant moins de 20% du PIB et les exportations vers les États-Unis occupant 20% du volume total des exportations, associées au fait que sur cette grande échelle les économies elles-mêmes disposent d’une plus grande marge de manœuvre. Par conséquent, bien que la guerre commerciale ait un impact, elle ne dévastera pas l’économie chinoise.

Inversement, dans le cas peu probable où l’économie chinoise s’effondrerait réellement, ce serait vraiment un désastre pour l’économie taïwanaise, car l’économie taïwanaise est destinée à dépendre de l’économie chinoise. Les échelles des économies trans-détroit sont de 20 à 1; Le marché chinois occupe 40% des exportations de Taïwan, tandis que Taïwan bénéficie d’un excédent commercial de plus de 80 milliards de dollars américains. Si une guerre commerciale similaire devait se produire à travers le détroit, il ne fait aucun doute que l’économie de Taïwan serait immédiatement embourbée, alors que l’effet sur la Chine serait minime.

Deuxièmement, nous devons reconnaître que la démocratie de Taiwan mérite d’être défendue. Aujourd’hui, les États communistes existants dans le monde sont la Chine,  Cuba et la Corée du Nord. Souvent, ces États communistes ne prétendent pas avoir atteint le communisme dans leur pays – ils prétendent plutôt construire une étape celle de l’instauration du socialisme dans leur pays et utiliser les tactiques perverses de la démocratie pour atteindre des objectifs politiques. Si le peuple taïwanais se soumettait aux  approches politiques méprisables du gouvernement Tsai, il deviendrait rapidement le sujet des États communistes existants, regrettant à la fin, mais trop tard.

Les gens pourraient douter que Taiwan d’aujourd’hui, sous le règne du gouvernement Tsai, bien qu’avec un patronage politique corrompus et des abus de pouvoir,  soit toujours une société démocratique, qui après tout pourrait être similaire aux États communistes. En fait, un système démocratique repose sur l’estime des participants et la retenue; sinon, divers types de distorsions et d’abus éroderaient l’esprit démocratique, le laissant se perdre dans une coquille vide. L’esprit originel du système démocratique évolutif de Taïwan a longtemps été évidé, étape par étape, par le gouvernement Tsai, dépourvu de culture démocratique.

Le système démocratique repose sur la séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, avec des freins et contrepoids entre eux, plus  la garantie  représenté par la surveillance des médias et de l’opinion publique. Cependant, au cours de ses trois ans et demi de gouvernance, Tsai a néanmoins, de manière flagrante, fait peser son pouvoir sur  la Cour suprême,  sur les Grands Juges et sur  la Commission électorale centrale, elle a  fermement tenu le «pouvoir judiciaire» dans sa main. En outre, par le biais de divers types de moyens monétaires, la majorité absolue des médias importants a été unilatéralement soumis au parti au pouvoir, jour après jour, scrutant et critiquant les partis d’opposition en violation de l’état normal de la démocratie,

Parce que les pratiques électorales massives du gouvernement Tsai en émettant des «politiques attractives» ont brouillé la vision du peuple taiwanais – tout comme la marche des États communistes vers la dictature – le grand public peut être acheté par ces politiques à courte vue et élire un président et une majorité de législateurs affiliés  au Parti progressiste démocratique (DPP). Si cela se produit, alors Tsai fera un pas de plus pour saisir fermement le Yuan exécutif et le pouvoir législatif, ce qui signifie que les soi-disant «quatre pouvoirs de la démocratie» appartiendront entièrement à Tsai. Selon les expériences des dernières années, Tsai mettra fin de manière substantielle au système démocratique de Taiwan.

Pour la campagne électorale, le gouvernement Tsai a annoncé que l’économie de Taïwan se comportait extrêmement bien, mais en réalité, la situation n’est absolument pas comme le gouvernement Tsai l’a dit. Cette année, le taux de croissance des exportations de Taïwan est négatif et les  investissements du secteur privé sont dans le marasme, avec un taux de croissance d’un peu plus de 2%  de la croissance inférieure. Dans la course économique inter-détroit, Taiwan a perdu; afin de soutenir la croissance, elle devrait rechercher la complémentarité avec l’économie chinoise. Pour gagner l’élection, Tsai utilise les relations inter-détroit comme une offrande sacrificielle; en fait, il utilise l’avenir de l’économie de Taiwan comme un sacrifice funéraire.

Depuis que Tsai a pris le contrôle total du gouvernement, elle a utilisé à fond ses pouvoirs à l’extrême, concentrant le pouvoir au nom de la démocratie. Lors des prochaines élections générales, elle a épuisé tous les moyens pour sauvegarder ses pouvoirs politiques. Sous l’atmosphère de «haïr le DPP» qui a imprégné la société l’année dernière, le DPP a subi de lourds revers; cependant, face à la défaite électorale, elle n’a pas cessé d’utiliser la rhétorique anti-chinoise, mais à l’inverse, elle l’a utilisé comme le médicament le plus puissant, distribuant même la dose maximale au moment crucial de la campagne électorale, catalysant les sentiments sinophobes du public afin de contribuer à préserver lsa toute puissance politique.

Au cours des derniers mois, les agences de sécurité nationale ont publié à plusieurs reprises des informations sur « l’ingérence de la Chine dans les élections »; maintenant le moment est venu, vraiment un véritable espion humain est apparu sous nos yeux, et ce grâce à un format de connexion international. Comme c’est fantastique! «Couper la gorge de son ennemi politique jusqu’à la fin» a toujours été l’approche du DPP à la campagne électorale et à travers ces approches, il a accumulé de nombreux succès. Cependant, cette fois, en jetant en pâture un espion communiste fraudeur, s’il pourrait récolter le effet choquant et intimidant prévu, tout dépend si le public mordra à l’appât.

Taïwan est maintenant situé dans un moment critique: allons-nous permettre à Tsai de mieux saisir les pouvoirs exécutif et législatif, puis, à travers divers effets effrayants, permettre au devoir naturel de surveillance des partis d’opposition d’obtenir leur destruction , en créant une règle de parti unique, ou devrions-nous faire reculer Tsai, permettant des échanges et une réconciliation entre les deux rives, gagnant ainsi l’opportunité de respect mutuel et de développement commun? Les électeurs ne doivent pas accorder quatre ans de plus à Tsai.

Kent Wang est chercheur à l’Institute for Taiwan-America Studies. Il écrit sur la sécurité et les affaires stratégiques en Asie-Pacifique avec un accent particulier sur la question de Taiwan dans les équations trilatérales États-Unis-Taiwan-Chine, ainsi que sur d’autres sujets sur la politique internationale et la sécurité régionale en Asie de l’Est.

Image: Reuters.