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Archives de Catégorie: guerre et paix

MANŒUVRES MILITAIRES EN POLOGNE ;L’Otan montre ses muscles à la Russie

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// https://tpc.googlesyndication.com/pagead/js/r20160607/r20110914/abg.jshttps://googleads.g.doubleclick.net/pagead/drt/s?v=r20120211 Si vous ne vous occupez pas de la guerre, ceux qui préparent la guerre s’occupent de vous…Il faut prendre la mesure de ce qui se passe désormais en Europe de l’est, l’affrontement programmé, la manière dont les Etats-Unis ont vassalisé l’Europe et nous impliquent dans leurs dangereux agissements. La Possible élection de Clinton ne peut que renforcer les périls.  (note de danielle Bleitrach)

http://www.tsa-algerie.com/20160609/lotan-montre-musces-a-russie/

13:01  jeudi 9 juin 2016 | Par Nacereddine Benkharef | Actualité
C’est le plus grand exercice militaire organisé par la Pologne et l’Otan depuis la chute du bloc communiste en 1989. Depuis mardi 7 juin et pendant dix jours, 24 pays, dont 19 de l’Alliance atlantique, participent à cette opération d’envergure, à quelques encablures de la frontière russe.

Baptisées Anakonda, ces grandes manœuvres, qui rappellent celles des temps de la Guerre froide, ont rassemblé 31 000 soldats – dont 14 000 Américains -, 3 000 véhicules, 105 avions et 12 navires.E

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// https://tpc.googlesyndication.com/pagead/js/r20160607/r20110914/abg.jslles se déroulent à un mois du sommet de l’Otan qui aura lieu à Varsovie le 8 et 9 juillet et qui sera consacré au renfoncement de la présence de l’Alliance en Europe de l’Est.

Le scénario d’une guerre « hybride » avec la Russie

Anakonda est à la base un exercice militaire « polonais » organisé tous les deux ans. Sauf que cette année, l’armée américaine lui a attribué une dimension multinationale pour faire face à « la menace potentielle » russe. « Le but de l’exercice est de vérifier la capacité des pays de l’Alliance à défendre son flanc oriental », a déclaré, lundi, le ministre polonais de la Défense, Antoni Macierewicz.

Officiellement, le dispositif se veut défensif. Cependant, le scénario de la manœuvre ne laisse aucun doute sur l’identité du pays visé. Appelé « l’Union Rouge », l’agresseur imaginaire durant l’exercice est représenté par des « petits hommes verts » en référence à ces hommes aux uniformes verts qui ont participé à l’annexion de la Crimée en 2014.

Des tensions nourries par des positions divergentes

En dépit des assurances des pays impliqués, la Russie s’est sentie directement menacée par ces manœuvres militaires. Son ministre des Affaires étrangères, Serguei Lavrov, n’y est pas allé par quatre chemins pour le faire savoir. « Ici, nous invoquons le droit souverain de la Russie à assurer sa sécurité avec des mesures adéquates aux risques actuels », a-t-il déclaré, en marge d’une visite en Finlande.

Cette tension au parfum de Guerre froide, qui règne depuis quelques années sur les relations entre la Russie et l’Otan, ne cesse de s’exacerber. Et pour cause, les positions des deux camps sont diamétralement opposées sur plusieurs dossiers.

En effet, depuis l’annexion de la Crimée par la Russie, l’Alliance atlantique a trouvé le bon prétexte pour renforcer sa présence dans les pays ayant déjà été sous la souveraineté de l’ex-Union Soviétique, à travers l’installation de bases militaires permanentes. En réaction, la Russie a décidé, en mai 2016, de déployer trois nouvelles divisions pour contrer la présence de l’Otan à ses frontières.

En outre, la présence russe en Syrie au côté du régime de Bachar Al Assad a alimenté ces tensions, notamment après l’abattage d’un avion militaire russe par la Turquie en novembre 2015. L’Otan, qui a apporté son soutien à la Turquie, n’a jamais vu d’un bon œil cette intervention russe, qui a permis au régime syrien de regagner du terrain.

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Vous pensez que les gens vont supporter ça encore longtemps,  je suis bien certain que non!

Discours du député communiste Riabov à la session plénière de la Douma d’Etat le 7 juin 2016

https://kprf.ru/dep/gosduma/activities/155952.html

 

– Chers députés de la Douma d’Etat!

Voilà que se termine la Session de printemps de la 6e Douma, et avec elle se terminent aussi presque cinq années de travail des députés.

Comme d’habitude dans la vie d’un pays ou d’un individu: pour se développer davantage, et non pas stagner dans la misère, il est nécessaire d’évaluer ces années, de tirer des conclusions, voir si tout a été fait correctement ou si des erreurs ont été commises afin de les corriger et de progresser, mais sur une voie plus juste.

Si l’on regarde la dernière décennie, sous la direction du pouvoir oligarchique-bourgeois et de son exécuteur politique le parti «Russie unie», on aboutit à ce constat : tout ce que votre parti et le gouvernement a fait au cours des dix dernières années, a été fait en dépit du bon sens, au détriment de la Russie et de son peuple. On peut chercher autant qu’on veut des justifications à cette activité médiocre, mais le critère de vérité est la vie réelle des gens.

Que vous ne connaissiez pas les enseignements de Marx sur le communisme, ce n’est pas encore si grave. Vous ne connaissez même pas les rudiments du capitalisme.

Réfléchissez seulement! Vous avez créé d’excellentes conditions pour une armée de banquiers suceurs de sang, de commerçants, de spéculateurs de tous bords, de «cols blancs», des gestionnaires dont on ignore quels avantages ils procurent à la société et au pays, mais aucunes conditions pour le producteur, en particulier dans l’agriculture. Vous avez presque détruit la campagne, qui à la limite de la survie s’éteint peu à peu depuis toutes ces années.

A ce sujet, voici quelques statistiques. Si en 2015 dans la région de Nijny Novgorod le nombre de bovins a diminué de 5.000 têtes, au premier trimestre de 2016 il a diminué déjà de 6.000. Voilà pour la substitution des importations des produits laitiers dont on nous fait chaque jour la propagande. Dans ce domaine on constate de plus en plus vu la tendance pernicieuse à remplacer les produits naturels (comme d’ailleurs dans l’industrie de la viande) par des composants en poudre et de l’huile de palme. Et en fait, personne ne se pose la question de comment on nourrit notre peuple, et quelles sont les conséquences d’un tel « nourrissage ».

 

Vous avez réduit la campagne à un tel état que les habitants des villages ont cessé d’élever du bétail, de planter des pommes de terre, les champs sont envahis par les mauvaises herbes et la forêt, et les jeunes, sans plus de soucis pour leur terre natale, se réfugient dans les grandes villes à la recherche d’un meilleur sort. Pourquoi? Eh bien, parce qu’il n’y a pas de routes, pas d’emplois, pas de distractions, les clubs et les palais de la culture sont détruits ou dans un état si déplorable qu’aucun jeune ne restera au village, alors qu’en ville, comme ils disent, «c’est plus civilisé. » Donc, ils ont fui à Moscou, Léningrad et d’autres villes où sont les emplois et la «civilisation». Dans votre course au profit vous avez élargi de manière folle les frontières de Moscou et faites entrer en Russie tous les parasites qui ne souhaitent pas vivre et travailler dans leur pays.

Un jeune homme, en parlant de la situation actuelle, a commenté: « Je préfère aller à Moscou chercher du saucisson que du travail ».

L’ancien ministre des Finances, Alexeï Koudrine, et maintenant conseiller économique du président Poutine, parlant en mars 2016 à des journalistes après une rencontre avec les élèves de l’école №17 d’Archangelsk a déclaré:  » En Russie, on ne manque pas d’argent. Il y en a assez non seulement pour les réserves monétaires, mais aussi pour construire des routes et des ponts, pour mener à bien les Jeux Olympiques et les championnats du monde. »

Oui, eux, les oligarques, y compris M. Koudrine ont assez d’argent, ils vont très bien, merci. Seulement le peuple, lui,  n’a pas de routes ni de gaz, pas d’éclairage dans les rues et quantité d’autres problèmes non résolus, mais c’est à lui que l’on prend son dernier sou pour les réparations majeures, l’eau et l’assainissement, tandis que la qualité du service est très mauvaise.

Par ailleurs, dans la région de Nijni Novgorod, non seulement de nombreuses villes et villages n’ont pas de traitement des eaux usées ni même d’eau potable. Sans parler des canalisations. De nombreux puits ont été détruits. Les étangs et les lacs sont envasés ou transformés en marais, et de nombreuses digues ont disparu, et le village est divisé, et il n’y a aucune possibilité de traverser la rivière ou le ravin. C’est ainsi, sans canalisations et sans assainissement de l’eau que vivent les habitants de Navashino, dans la région de Nijni Novgorod. D’ailleurs, sans aller jusqu’à Navashino, dans l’agglomération même de Nijny Novgorod, il n’y a pas l’eau partout. Par exemple, les villages Strigino, Gnilitsy, Gavrilovka, qui font partie du district Avtozavodsky, n’ont pas l’approvisionnement central en eau ni l’assainissement. Ils tirent l’eau des puits et les eaux usées sont déversées dans des fosses septiques, près des puits.

Et cette publicité idiote à la télévision, « Gazprom – richesse nationale. » Si la propriété appartient au «peuple», alors pourquoi la moitié de la région n’est-elle pas raccordée au gaz? Pourquoi les villageois de Mukhtolovo vivant dans la rue Zavodskoï, avec leur argent durement gagné ont dû faire installer eux-mêmes des tuyaux le long de cette rue, mais près d’un an ne peuvent pas obtenir la fourniture du gaz chez eux, bien que tout le travail ait été effectué? Tout cela c’est le fruit de votre économie prédatrice,économie de marché et de voleurs, qui méprise les gens!

En mai de cette année Le Premier ministre russe Dmitri Medvedev a adressé au président une résolution pointant l’inefficacité du gouvernement. C’est vrai, Dmitri Anatolyevich, il n’y a aucune efficacité, et il n’y en aura pas! Est-il possible d’être un gestionnaire efficace, je ne parle pas de l’éducation, des connaissances, de l’expérience de vos ministres, ceci est une autre question.

Comment vous gérez la production industrielle dans le pays? Vous avez une immense administration – le ministère de l’Industrie et du Commerce, dirigé par M. Denis Valentinovich Manturov. Il dirige seul un tel secteur que même Kozma Proutkov [sorte de La Palisse russe] n’oserait prononcer cette phrase «Il est impossible d’embrasser l’immensité! » Apparemment pour vous c’est possible.

Dmitri Anatolyevich et vous messieurs de « Russie unie », pour vous aider à comprendre: ce secteur de l’économie à l’époque soviétique était composé d’une douzaine de ministères, dirigés par des ministres très expérimentés, qui ont commencé en règle générale à partir de zéro, comme ouvriers sur les lieux de production. Il y avait : l’industrie de l’aviation, la construction navale, les machines-outils, l’automobile, etc., et, bien sûr, un puissant ministère distinct du Commerce. Et prenez par exemple le ministère de la moyenne industrie de machines-outils, qui employait des centaines d’entreprises du complexe militaro-industriel, c’était presque un pays à soi tout seul. Et aujourd’hui, comme nous le voyons, tout est dans le même « flacon ».

Oui, messieurs les bourgeois, il n’y a pas que l’agriculture que vous avez menée dans une impasse.

Vous avez presque ruiné aussi la production industrielle, qui crée la richesse du pays.

Exemple: l’aviation civile. De nombreuses compagnies aériennes ont opté pour des modèles étrangers. Cela signifie que notre pays développe l’industrie de l’aviation aux États-Unis, en Europe et d’autres pays, étouffant la nôtre. Et ne me rétorquez pas que nous avons commencé à fabriquer et à livrer le Super Jet-100. C’est parfait, si nous avons commencé à produire quelque chose nous-mêmes. Néanmoins, le ministre Manturov, répondant à la question de savoir pourquoi 50% de cet avion comprend des composants produits en Occident, a déclaré: «Nous n’aurions pas reçu le certificat international, si nous n’avions pas pris cette décision ».

Pourquoi, à l’époque soviétique, ces problèmes étaient résolus sans chantage, et maintenant ce sont de pseudo-partenaires occidentaux qui nous dictent leurs conditions. La réponse est évidente: une direction, une ligne politique correcte et, en conséquence, un pays fort, qui était craint, respecté, et qui dictait lui-même les conditions.

Mais revenons à ces avions Super Jet-100, leur commercialisation dans les compagnies d’aviation, même dans l’ancien espace soviétique n’est pas gagnée. En effet, le Conseil économique eurasien a décidé de supprimer les droits de douane sur les importations d’avions de passagers dans sa catégorie.

Comment s’organise la production de biens et de produits dans d’autres branches de la production industrielle, on peut le voir sur les biens de consommation, qui sont en majeure partie achetés à l’étranger. Et si une chose est produite à l’intérieur du pays, elle peut être considérée souvent comme étrangère, mais avec l’inscription « Made in Russia ». Je vous explique. Cela arrive lorsque le produit est assemblé dans notre pays avec des composants, des assemblages et des matériaux produits dans d’autres pays. Et le plus insidieux, même cette production en général ne nous appartient pas. Et en exploitant le travail de nos travailleurs, les profits, bien sûr, vont à l’étranger.

Et c’est la même chose pour chaque secteur de l’industrie. Et pas seulement l’industrie, vous réussissez même à acheter l’or au prix du marché à des entreprises privées à la place des mines nationalisées.

Avec cette organisation de l’industrie et de l’économie nationale, ni le pays, ni les gens ne vivront jamais bien.

Au lieu d’une organisation claire de la production industrielle et agricole, vous n’avez rien trouvé de plus intelligent pour gagner de l’argent que d’imposer des prélèvements supplémentaires à des gens qui sont déjà dans la précarité. Vous inventez des nouveaux impôts supplémentaires, des taxes d’accise, relevez l’âge de la retraite, supprimez l’indexation des pensions et des salaires, réduisez les dépenses de l’état pour la santé, cessez pratiquement de financer l’entretien et la réparation des écoles, des maisons de la culture, etc. Le niveau de vie n’augmente pas, mais les impôts et taxes suivent le chemin inverse.

La médecine. Vous l’avez mise dans un tel état que quand un patient vient voir un médecin pour un examen ou une intervention chirurgicale, il se voit répondre : «Ce n’est pas compris dans votre forfait d’assurance, vous devez payer. » Et si le patient n’a pas d’argent, comme c’est le cas dans notre pays pour la grande majorité, on lui dit : «Prenez un crédit, on vous soignera. » «Docteur, comment rembourserai-je le crédit, je n’ai rien?» «Vous n’aurez pas besoin de le rembourser. » Mais ce n’est pas drôle, c’est une tragédie!

J’aborderai encore un problème parmi des milliers : c’est l’incurie des autorités. Je ne peux m’empêcher d’être en colère en lisant les réponses idiotes des fonctionnaires aux demandes élémentaires de réparer un pont dans un village ou refaire une route qui s’est effondrée. La réponse du gouvernement régional est généralement une fin de non-recevoir : « Le pont et la route sont du ressort de la municipalité. Contactez-les » Mais le fait que la municipalité n’ait pas d’argent, et que la question des subventions soit résolue par les mêmes fonctionnaires qui se renvoient les responsabilités, personne ne s’en soucie. Alors, à quoi servent tous ces fonctionnaires de l’Etat, incapables de vraiment résoudre les problèmes de la population, mais capables seulement de « pondre » de tels courriers. Oui, à quoi sont-ils bons, je vous le demande?

 

Vous avez conduit la machine d’état à l’absurde. Vous rendez-vous compte que les gens n’ont nulle part où aller? Ils ne trouvent nulle part soutien ou assistance ni à l’administration du district, ni dans les organismes régionaux ou fédéraux, et même devant les tribunaux.

Quelle conclusion tirer de cette brève analyse? Eh bien, messieurs, vous devez vous retirer et permettre de former un gouvernement prolétarien-patriotique où le Parti communiste de la Fédération de Russie aura la responsabilité de diriger ce gouvernement pour résoudre les problèmes et améliorer la vie des gens dans les cinq prochaines années.

Et bien non, vous ne voulez pas. Vous êtes au service, comme toujours des intérêts de la bourgeoisie, des gardes loyaux de la richesse volée au peuple.

Pendant ce temps, la tragédie s’étend sur le pays comme de lourds nuages de pluie, d’abord imperceptiblement, puis viendront la foudre et le tonnerre.

Et, malgré les recommandations du président Poutine de mener une campagne électorale franche et honnête, vous avez continué vos simagrées. Les primaires de « Russie unie » le 22 mai ont été préparées depuis janvier à entraîner les gens de force dans votre tripatouillage interne? Quelle frayeur continue de vous pousser à hurler avec tous les médias que les communistes sont des vauriens, il n’y a que nous, « Russie unie » qui sommes des vrais russes [mot-à-mot, des ours, symbole de la Russie]? Quelle frayeur vous a fait dépenser des millions en publicité pour ce spectacle inutile?

Et ce que font vos protégés sur le terrain, les cheveux se dressent sur la tête. Ils sont persuadés, comme les grands oligarques, que tout autour d’eux leur appartient. Et dans ce cas, tous les moyens sont bons pour garder le pouvoir dans leurs mains.

En bref, Marx et Lénine avaient raison de dire : la bourgeoisie ne cède pas volontairement le pouvoir, il faut le lui prendre.

Voilà, messieurs les bourgeois et vous de « Russie unie », vous conduisez le pays à l’effusion de sang. Tôt ou tard, le peuple se soulèvera contre le pouvoir des exploiteurs, et il sera, comme dans toute rébellion, – impitoyable.

Je ne cherche pas à vous effrayer, loin de moi cette pensée. Je vous explique, si vous voulez que les gens aient confiance dans le gouvernement et le soutiennent, il faut leur parler sur un pied d’égalité, mais vous ne les considérez pas comme des gens. Vous les jetez, les humiliez, les contraignez, les menacez, les exploitez, et quand vous avez besoin de leurs voix, vous les soudoyez pour »30 pièces d’argent », et vous moquez en plus de leur désespoir.

« Russie unie » fait tout pour que le peuple reste abattu, reste toujours dépendant de l’employeur, reçoive un salaire de misère pour un dur labeur, paye toutes sortes de «contributions», et n’ose pas exprimer son mécontentement.

 

Je terminerai mon discours avec les mots de votre patron Dmitri Medvedev: « Nous ne sommes pas encore habitués au fait que les politiciens se comportent comme pendant les primaires aux États-Unis. Si nous réalisions tout dans ce style, alors les gens diraient, ce sont des pantins, nous ne les croyons pas, c’est un spectacle … En fait c’est un peu la réalité…  »

Je dirais, Dmitri Anatolievich, pas qu’un peu, ce sont de vrais « pantins ».

Puis Medvedev a poursuivi: «Notre style de primaires devrait être différent – une discussion spécifique sur les problèmes existants et les moyens de les résoudre. Tout cela devra être perfectionné à l’avenir lors des primaires. Je suis sûr que nous réussirons « .

C’est à quoi nous assistons depuis cinq mois, comment améliorer les techniques pour voler des voix, et ne pas laisser « les bonnes places » aux autres, au lieu d’organiser le travail pour améliorer la vie de nos citoyens.

Vous pensez que les gens vont supporter ça encore longtemps cela,  je suis bien certain que non! Ressaisissez-vous !

 

Vu de Russie : Les tanks d’Assad marchent sur Raqqa ou quelles sont les chances pour Damas et Moscou d’infliger à Washington une défaite politique majeure par Anton Mardasov

Танки Асада идут на Ракку

Quelles sont les chances pourDamas et Moscou d’infliger à Washington une défaite politique majeure, voilà une question qui a le mérite de poser les problèmes de fond… Mais l’article traduit par Marianne démontre surtout le caractère inextricable d’une situation où périodiquement des alliances conjoncturelles peuvent apparaître sur un fond d’antagonisme (note de Danielle Bleitrach)

Anton Mardasov

Photo: AP / TASS

http://svpressa.ru/war21/article/150054/

Chaque jour, la confrontation entre les deux coalitions autour de la « capitale » de l’ « Etat islamique » * Raqqa devient de plus en plus imprévisible. Ce n’est pas pour rien qu’est apparue dans les médias une comparaison avec le  « Berlin de 45 » lorsque l’Allemagne était également attaquée des deux côtés. Mais à l’époque, il y avait une alliance au moins formelle entre l’Union soviétique et les Anglo-Saxons, alors qu’en Syrie il n’y a en pour le moment pas.

Le 5 juin, après une tempête de sable, les troupes gouvernementales syriennes ont repris leur offensive dans l’ouest de la province de Raqqa, frappant immédiatement les positions de l ‘ «Etat islamique». La nature a contraint à des ajustements dans le plan d’opération, qui a dû être arrêté le 4 juin. Actuellement, les troupes syriennes sont à environ 30 kilomètres à l’ouest de la base aérienne stratégique Tabka – c’est la première fois qu’elle s’approche à une telle distance de cette installation militaire depuis sa capture par les rebelles en août 2014.

« SP » a déjà donné la nouvelle que le 30 mai à la frontière entre les provinces de Raqqa et Hama  le groupe des troupes gouvernementales a reçu des renforts pour la préparation de l’offensive. Il s’agit d’environ 4.500hommes de la 4ème Division d’élite mécanisée, que, selon certains rapports, supervise personnellement le frère du président Maher al-Assad, la Syrie et de l’infanterie de marine syrienne, ainsi que la division commandée par le général à la retraite Mohammed Jaber « les faucons du désert »,  des forces de défense nationale, le parti social nationaliste syrien (PSNS), ainsi que des milices palestiniennes. Selon certains rapports, il y a aussi des conseillers militaires russes.

 

Dans la nuit du 3 juin, ces forces ont lancé une offensive dans la direction de Raqqa, dont la capitale est déclarée par des militants de Daesh «capitale du Califat ». Ayant repris un carrefour de route près du village Zakia, les troupes syriennes sont entrées sur le territoire de la province et avancé en profondeur le long de la route Salaam-Raqqah (Route 42), malgré la présence de bombes et engins explosifs artisanaux.

 

Les médias syriens et russes se sont précipités pour gonfler l’importance de ce fait, au moment où, disent-ils, les «forces pro-américaines kurdes-arabes démocratiques de la Syrie» (FDS) sont au point mort dans la province du nord de Raqqa. Par souci d’équité, nous notons que, d’une part, la coalition pro-américaine, en dépit de la résistance rebelle, continue lentement mais sûrement à «grignoter» les zones habitées. Malgré le fait qu’une partie des forces de la coalition soit occupée à l’assaut de Manbij dans la province d’Alep – un couloir de transit pour les militants de Turquie en Syrie, – et au transfert de renforts sur le fleuve Euphrate.

 

Deuxièmement, les Syriens en février de cette année étaient déjà environ 40 kilomètres de la base aérienne de Tabka (le 16 février l’armée syrienne est fière d’annoncer qu’ils avaient réussi à prendre une autre hauteur dans la province de Raqqa – la hauteur numéro 7 à Jebel Ahed près de Zakii). Déjà alors, les Syriens avaient annoncé la prise imminente de cette installation militaire, mais plus tard y avaient renoncé prétendument en raison de l’accord sur le cessez-le-feu de la fin février. Ce qui est peu probable, car la trêve n’a pas empêché à la fin de mars avec le soutien des forces russes et étrangères de chasser Daesh de Palmyre – plus important du point de vue médiatique, même si c’est aussi une position stratégique (située au carrefour dans le centre du désert syrien). La prise de contrôle de la ville a ouvert la voie pour l’armée syrienne à Deir ez-Zor, où depuis plusieurs années reste bloqué un groupe de l’armée syrienne. Cependant, l’attaque annoncée n’a pas eu lieu. Au lieu de cela, les troupes syriennes ont intensifié à nouveau les combats dans la direction de Raqqa, en dépit de la nécessité de se regrouper dans le sud d’Alep, où les militants de la coalition djihadiste continuent de mener des raids réussis dans le secteur de Tuman Khan.

 

Paradoxalement, les manœuvres des troupes de Bachar al-Assad à Raqqa dans cette situation sont moins dangereuses que les opérations à Alep. Sans parler de l’attaque sur le nord de la province, où le couloir entre la frontière avec la Turquie et les villes de Azaz Jarabulus les rebelles continuent de recevoir des renforts. En outre, il est peu probable que les Syriens et leurs alliés prennent d’assaut directement Raqqa. Au contraire, leur objectif –est de reprendre la base aérienne de Tabka,un objectif réaliste, étant donné le relief plat et la faible densité de population.

Fait intéressant, la direction du FDS a modifié à deux reprises ses plans pour l’attaque de Raqqa, qui a commencé le 24 mai: d’abord, a été décidée une offensive supplémentaire sur la quatrième direction dans la zone de la base aérienne Tabka qui, par une étrange coïncidence, est attaquée aussi par les Syriens, et ensuite seulement se lancer à l’assaut de Minbej.

 

Pourquoi la ville Tabka et la base aérienne située à côté est-elle si importante, à la fois pour les Syriens, et SDF? Tout d’abord, il est important de saisir ces objets à partir d’un point de vue politique – en termes de qui se bat mieux contre le terrorisme dans la région. Deuxièmement, le contrôle de la ville de Tabka par les forces gouvernementales est un avertissement à la coalition d’opposition SDF, en premier lieu aux Kurdes et aux Américains qui sont derrière eux. Troisièmement, Tabka est un tremplin commode pour l’attaque future sur Raqqa. Quatrièmement, dans la région sur le fleuve Euphrate se trouve le plus grand barrage hydroélectrique de Syrie(construit en 1968-73, avec l’aide active de l’Union soviétique), le barrage qui forme un grand réservoir. Et l’eau est connue pour être une ressource importante dans le climat aride de la Syrie …

 

Dans ce contexte, dans la communauté des experts et les médias se sont multipliées les discussions sur le fait que la présence militaire russe en Syrie peut être augmentée. Tout d’abord, le groupe mixte de la base aérienne Hmeymim peut être complété par un certain nombre de bombardiers Su-24M et Su-34. Deuxièmement, des détachements supplémentaires de forces spéciales peuvent être déployés dans la RAS, ainsi que la formation des volontaires, ou comme on les appelle, «pèlerins». Pour rappel, le 25 mai a expiré l’ultimatum du ministre de la Défense Sergueï Choïgou pour la démarcation de l’opposition syrienne par rapport aux troupes de l’organisation terroriste « Al-NusraDzhebhat » **. Plus tard, le porte-parole du département militaire Igor Konashenkov a dit que le Ministère de la Défense a décidé de reporter les frappes–jusqu’à la démarcation des formations armées face à « an-Nusra ».

 

– Les forces gouvernementales en l’absence d’un front continu doivent combattre sur plusieurs fronts à la fois. Mais une offensive en profondeur dans la province de Raqqa est maintenant considéré évidemment comme prioritaire, – a déclaré le directeur adjoint de l’Institut d’analyse politique et militaire Alexandre Khramtchikhine.

 

– Et puis, la comparaison avec la bataille de Berlin est vraiment appropriée, car on observe une volonté de chacune des parties de dépasser l’autre dans le rapprochement du centre administratif, puis dans l’assaut final. Ainsi, on voit une situation paradoxale – tous en Syrie se battent contre tous, bien que souvent les rivaux s’aident indirectement.

 

Les Américains et les Kurdes ont apparemment surestimé leurs forces, c’est pourquoi ils ont dû changer leurs plans et maintenant faire valoir que l’attaque sur Minbej est plus importante. En ce qui concerne l’armée gouvernementale, il est clair qu’elle n’est pas assez forte pour s’attaquer à Raqqa. En ce sens, un renforcement de la présence militaire russe en Syrie aurait l’air logique. Si nous nous sommes engagés dans cette guerre, il est nécessaire de la terminer plus ou moins de succès. Cependant, à notre époque, il est difficile de dire quels sont les critères de succès, parce que maintenant les guerres sont de type postmoderniste. Beaucoup croient qu’il est plus important de se déclarer le vainqueur, que de gagner vraiment. Cependant, à côté des images médiatiques, il existe quand même une sorte de réalité qui doit être observée, et qui dicte le renforcement de l’aide russe « sur le terrain ». Encore une fois, puisque nous avons été entraînés dans la guerre, il est nécessaire de la mener à bien, sinon il sera difficile de la présenter comme victorieuse, malgré tous les efforts des professionnels de la communication.

 

– La chose principale maintenant, c’est qui seront les premiers à parvenir au centre administratif de la province de Raqqa. À ce jour, les positions avancées des troupes d’Assad sont à moins de 100 km de la ville, tandis que le FDS est à environ 30 km, – remarque le directeur du Centre pour l’étude du Moyen – Orient et Asie centrale Semen Bagdasarov.

 

– Mais le problème est que les Kurdes ne sont pas désireux de prendre Raqqa, de subir des pertes pour cela, dans la mesure où il faudra de toute façon en partir pour la laisser aux Arabes laisser aux Arabes. Par conséquent, ils tentent de ralentir le rythme de l’offensive. Un objectif beaucoup plus important pour eux est Minbej, qui ouvre la voie à Jarabulus, qui est important pour les Kurdes en termes de connexions des trois cantons.

 

Par conséquent, avec notre soutien les Syriens ont encore une chance de prendre Raqqa, car il est clair que si elle prise par l’autre coalition, Damas aura peu de chances de récupérer ces territoires. J’imagine aussi que nos diplomates et conseillers ont clairement fait savoir aux Kurdes que s’ils prennent Raqqa, la force aérienne russe ne mènera pas d’opérations dans le couloir entre Azaz et Jarabulus–dans la mesure où c’est, pour ainsi dire, notre espace aérien de responsabilité, et non un secteur américain. En général, la situation est difficile avec beaucoup de courants souterrains. En effet, nous n’avons pas accepté le cessez-le-feu de gaîté de cœur – Moscou, apparemment, a décidé de ne pas risqué une grande guerre régionale. Mais tôt ou tard, le couloir à la frontière syro-turque devra être fermé.

 

* « Etat islamique » (IG LIH), reconnu par la Cour suprême de la Fédération de Russie du 29 Décembre 2014 comme une organisation terroriste, ses activités sur le territoire de la Russie sont interdites.

 

** « Dzhebhat en-Nusra » reconnu par la Cour suprême de la Fédération de Russie du 29 Décembre 2014 comme une organisation terroriste, ses activités sur le territoire de la Russie sont interdites***.

*** Mentions obligatoires dans toute la presse russe [NdT]

 Traduit du russe par Marianne Dunlop pour histoire et societe

 
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Publié par le juin 6, 2016 dans Amérique, Asie, Europe, guerre et paix

 

Les coups d’État de velours par Jacques Lancière

Les coups d'État de velours

Ecrit par Jacques Lanctôt

Je délaisse aujourd’hui momentanément la politique québécoise pour parler d’une série d’événements qui sont en train de se produire en Amérique latine et qui risquent de mettre un terme au progrès social qu’on observait depuis quelques dizaines d’années sur ce continent.

Après l’Argentine, où le gouvernement progressiste de Cristina Kirchner a perdu le pouvoir à la suite de campagnes de salissage comme on en a rarement vu, puis le Brésil où un autre coup d’État de velours vient de se produire, c’est maintenant au tour du Venezuela de subir des attaques de toutes sortes dans le but de renverser un gouvernement progressiste dûment élu. Faudrait être aveugle pour ne pas voir derrière ces tentatives concertées de déstabilisation, la main du gouvernement américain qui veut reprendre le contrôle de son arrière-cour. Ces mêmes tactiques ont déjà été éprouvées au Chili dans les années soixante-dix et ont mené au renversement sanglant du gouvernement légitime de Salvador Allende. Même le pape s’est récemment montré préoccupé de cette situation, mais tout se passe comme si, dans nos médias, y compris ceux de gauche, il n’y avait rien à signaler de ce côté.

De quoi s’agit-il? De susciter un climat de mécontentement général au sein de la population, en créant artificiellement des pénuries de toutes sortes. Plus de sucre, plus de farine, plus de lait, plus de pain, de moins en moins de viande, etc. Pénuries de pétrole qui entraînent des coupures d’électricité et de longues files d’attente dans les stations-service. Dans le pays qui possède les plus grandes réserves pétrolières au monde, comme le Venezuela, avouez que cela a de quoi étonner. Vous imaginez une telle chose au Québec?

Pourtant ces produits existent bel et bien, ils sont stockés dans des entrepôts, bien à l’abri de la population qui n’en peut plus de souffrir et de perdre son pouvoir d’achat. De guerre lasse, elle descend dans la rue pour réclamer la chute du gouvernement. Parfois ces manifestations tournent à la violence, tel que prévu dans les plans de ceux qui conspirent contre les gouvernements légitimes. Les journaux se mettent de la partie. Ici comme ailleurs, les médias ne sont certes pas sous le contrôle des gens qui pensent en faveur des gagne-petit, des sans voix, du 99 %. Ils organisent, eux aussi, d’énormes campagnes publicitaires pour réclamer la chute du gouvernement en argumentant que les libertés fondamentales sont systématiquement violées. La situation devient rapidement explosive et propice à une intervention extérieure.

Au Brésil récemment, cela a pris des proportions grotesques où ce sont des voleurs, des corrompus notoires qui ont obtenu momentanément le départ de la présidente Dilma Rousseff. Le Brésil est un gros morceau dans l’échiquier latino-américain. C’est la première économie et, tout comme au Venezuela, on a empêché le gouvernement progressiste de fonctionner normalement depuis des mois, pour susciter le mécontentement populaire, alors qu’aucune accusation de corruption ne pèse contre la présidente du pays.

Au Vénézuela, les forces militaires américaines ne cachent plus leur désir d’intervenir dans le pays pour rétablir «l’ordre démocratique», comme ils l’ont fait ailleurs, au Guatémala, en République dominicaine, ou en Irak, pour ne mentionner que ces trois pays. Elles ont même publié un document , «Opération Venezuela Freedom 2», où elles expliquent les différentes étapes pour parvenir au renversement du gouvernement de Nicolas Maduro. Ce plan est déjà en marche.

En Bolivie, la défaite du président Morales, qui tentait d’obtenir, par référendum, la possibilité de gouverner pour un quatrième mandat, est essentiellement due à la campagne médiatique mensongère orchestrée par l’ambassade américaine à La Paz. On s’est attaqué à sa vie privée durant les cent jours qui ont précédé le référendum, en alléguant qu’il entretenait une relation secrète avec une actrice blonde bien connue, qu’elle aurait obtenu des contrats du gouvernement, qu’il avait eu un enfant avec cette femme, etc. Tout cela s’est avéré faux, mais le mal était fait.

Tous ces coups d’État de velours procèdent de la même façon: ingérence américaine dans la gouverne du pays et manipulation médiatique. Et cela ne risque certainement pas de changer, avec l’élection de l’un ou de l’autre des candidats aux élections présidentielles américaines.

Jacques Lanctôt

 

Koudrine propose d’échanger la souveraineté contre l’économie

Si l’immense majorité des Russes dénonce l’attitude de l’Occident à l’égard de la Russie, un débat a lieu qui remet en question la tendance à l’oligarchie (avec ses figures politiques comme ici Koudrine) à céder à la pression sous couvert de défendre la prospérité  de  l’économie. Le parti communiste de la Fédération de Russie est à la tête de ceux qui refusent l’abandon de la souveraineté pour les profits de quelques-uns. Le débat a lieu dans le cadre des futures élections. Si Poutine paraît au-dessus de ce débat, son parti et certains de ses proches sont en ligne de mire (note de Danielle Bleitrach)

La réduction des tensions géopolitiques conduirait-elle à la prospérité?

par Andreï Polounine

http://svpressa.ru/economy/article/149623/?cbt=1

Алексей Кудрин

Alexeï Koudrine (Photo par Artem Korotaev / TASS)

 

Le Président du Centre pour la recherche stratégique (CSR), Alexeï Koudrine, a suggéré au président Vladimir Poutine de réduire les tensions géopolitiques. Selon Koudrine, il est nécessaire de le faire pour que la Russie puisse échapper au retard technologique, et intégrer, au moins à la marge, les chaînes de production internationales. Sinon, il est impossible de remplir la condition clé pour la stimulation de l’économie russe – attirer les investissements étrangers. C’est ce que Koudrine a déclaré lors d’une réunion à huis clos du Présidium du Conseil économique, tenue le 25 mai, d’après les nouvelles communiquées par « Vedomosti ».

Poutine a répondu à Koudrine dans son discours de clôture. Il a noté que ce n’était pas nous qui avions déclenché les hostilités avec l’Occident. Et que même si la Russie connaît quelques retards, c’est un pays avec une histoire millénaire, et elle ne vendra pas sa souveraineté. Le président a également promis de protéger la souveraineté de la Fédération de Russie « jusqu’à la fin de ses jours. » Cependant, le chef de l’Etat a ajouté sur un ton conciliant que, bien sûr, il ne fallait pas aggraver les tensions et céder aux provocations.

 

Le porte-parole présidentiel Dmitri Peskov a refusé de commenter, arguant du fait que le discours de clôture était une partie non publique de l’intervention de Poutine. Koudrine non plus n’a pas fait de commentaires sur le débat. Après la réunion du conseil, il a seulement dit qu’il avait soulevé la question de la réduction des risques politiques.

Selon « Vedomosti », Koudrine met Poutine devant un choix crucial: soit les ambitions politiques et la stagnation, soit la modestie politique et une croissance économique modérée. D’un côté, parler de retard, manquer d’optimisme, affirmer que la Russie ne peut pas compter sur une croissance du PIB de 4% dans les prochaines années –c’est une position défaitiste, et il est peu probable qu’elle puisse plaire au Chef de l’Etat. Mais par ailleurs, Koudrine est en position de force dans la mesure où sa conception implique le maintien des fonds de réserves garantissant la sécurité, ce qui pour le président est extrêmement important.

Il est vrai que le club Stolypine, ainsi que le médiateur d’affaires Boris Titov ont appelé le président à augmenter sérieusement la masse monétaire –en donnant  le feu vert à une émission contrôlée, à des incitations fiscales et d’investissement. Le problème, cependant, est que les mécanismes actuels de financement de projets par la Banque centrale ne fonctionnent pas vraiment : le conseil des ministres ne peut pas identifier les projets prioritaires, et les banques refusent de travailler sur ces projets, parce qu’elles voient en eux une énorme quantité de risque. Voilà pourquoi les critiques des « Stolypiniens » estiment qu’au lieu de soutenir des projets d’investissement on obtiendra seulement une montée de l’inflation.

Comme l’indique l’article cité, habituellement à ces réunions, Poutine insiste toujours sur le fait qu’il faut maintenir la stabilité, mais cette fois il n’en a pratiquement pas fait mention. Le président, en fait, n’a pas commenté les interventions des participants. Et cela montre que le choix du chef de l’Etat est vraiment difficile.

 

Que choisira Vladimir Poutine, est-il possible de relever l’économie russe, sans compromettre la souveraineté du pays?

 

– Les déclarations de Koudrine prouvent qu’il est un représentant de la «cinquième colonne» et relaie les pensées et les recommandations de l’Occident – a déclaré Valentin Katasonov, président de la Société économique russe, Professeur de Finance Internationale (MGIMO).- Je n’exclus pas que le personnage de Koudrine ait reparu dans l’entourage du président à la suite d’accords en coulisses, et que le président du CSR – soit, en fait, l’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de l’Occident en Russie.

Je dois dire que dans le message transmis à Poutine par l’intermédiaire de Koudrine, il n’y a rien de fondamentalement nouveau. L’Occident ne sera satisfait de nos politiques – et donc de la réduction des tensions géopolitiques – que lorsque la Russie n’existera plus. Par conséquent la question n’est pas de savoir quel plan nous devons choisir pour notre développement. La question est beaucoup plus large: allons-nous exister ou non.

L’Occident pose le problème sans compromis: la Russie doit rester seulement comme un territoire, mais pas comme un état. Croyez-moi, je n’exagère pas – c’est le même positionnement géopolitique de l’Ouest depuis l’époque d’Alexandre Nevsky et la bataille sur la glace.

Moi, bien sûr, je suis un ardent partisan de ce que la Russie reste un Etat souverain à part entière. Cela signifie que notre pays ne devrait pas faire des compromis, tels que ceux que formule aujourd’hui Alexeï Koudrine.

Et, d’ailleurs, la Fédération de Russie est obligée d’être forte. Actuellement, nous sommes faibles – c’est déjà arrivé dans notre histoire. Mais les épreuves actuelles, j’en suis sûr, conduiront finalement à ce que la Russie se mobilisera à nouveau. Aujourd’hui, c’est difficile à croire, mais je crois non seulement à la mobilisation économique, mais à celle des esprits.

 

– Nous pouvons nous adapter à toutes sortes de chaînes de production internationales, – a déclaré l’ancien ministre de l’économie, directeur scientifique de l’Université nationale de recherche – École supérieure d’économie, Evgueni Yasin. La Chine même est Dieu sait combien différente de la Russie, mais de nombreuses entreprises chinoises ont réalisé cette intégration. Oui, les autorités chinoises ont largement compté sur le faible coût de la main-d’œuvre en Chine. Mais, quoi qu’il en soit, la participation de capitaux étrangers a joué un rôle très important dans le développement de l’économie chinoise.

Cependant, la situation russe est radicalement différente du fait que la méfiance est alimentée des deux côtés – la Russie et l’Occident. Lorsque la «guerre froide» a pris fin, beaucoup en Occident ont considéré que Moscou ayant été vaincue dans cette confrontation, ce devrait être à elle d’en payer les frais en quelque sorte. Un tel point de vue, par exemple, était celui de George HW Bush, qui a remplacé les démocrates au pouvoir en 1989. On a répété à Moscou maintes et maintes fois: puisque vous avez perdu, adoptez d’autres positions, plus pacifiques.

Mais la Russie ne se considérait pas comme un perdant. Tout d’abord, parce qu’elle s’était débarrassée de formes économiques et politiques qui ne lui permettaient pas de se développer pleinement. Et nous ne pensions pas que nous devrions subir de nouvelles pertes.

En fait, l’attitude de l’Ouest était extrêmement à courte vue. Tous les arguments sur qui doit payer pour les dommages, ont joué un rôle négatif dans le choix de la voie sur laquelle s’est finalement engagée la Russie. Mais un rôle non moins important, à mon avis, a été joué par Vladimir Poutine dès le début de sa présidence, du fait qu’il a abandonné de nombreuses initiatives que nous aurions dû, je crois, continuer pour que les réformes des années 1990 atteignent leurs objectifs.

Je veux parler, en premier lieu, des réformes politiques et juridiques qui auraient conduit la Russie non pas vers plus d’autoritarisme mais vers le renforcement de la démocratie. Boris Eltsine n’y avait pas très bien réussi, et, mais pour Poutine son mode de pensée en lui-même était complètement différent.

Cela a été clairement démontré dans son discours en 2004, au sujet des événements tragiques de Beslan. Parlant des raisons pour lesquelles nous vivons dans une économie de transition, de contradictions internes exacerbées et de conflits ethniques, sans aucune protection, que ce soit de l’Ouest ou de l’Est, le président a dit, « Nous avons fait preuve de faiblesse. Et les faibles reçoivent des coups. Certains veulent nous arracher un morceau qui suscite leur convoitise, d’autres les aident. La Russie, en tant qu’une des grandes puissances nucléaires, représente encore une menace pour eux. Par conséquent, il est nécessaire d’éliminer cette menace « .

Ce moment, à mon avis, a été le début du renoncement à nos objectifs des années 1990. Avant cela, je crois, la Russie avait la possibilité de maintenir sa position de leader dans les anciens pays de la CEI, y compris en Géorgie et en Ukraine – pays qui voulaient continuer à évoluer vers la démocratisation. En conséquence, nous avons assisté à la première grave scission de l’espace ex-soviétique.

 

« SP »: – Que se passera-t-il si le président ne change pas de cap?

 

– Je pense que la Russie se retrouvera à peu près dans la même position qu’elle occupait après la guerre de Crimée de 1853-1856. La Russie avait déjà laissé derrière elle l’époque de son apogée, atteinte grâce à une armée forte, créée par Pierre I, et aux grandes opportunités pour l’exportation de la fourrure et des produits que venait de créer la métallurgie russe. Le pic de son apogée se situe lors de la guerre avec Napoléon, et la victoire qu’elle a remportée alors. Mais ensuite, l’industrie et les nouveaux moyens de transport ont acquis un rôle de plus en plus important en Occident, donnant un avantage toujours plus grand à l’Occident par rapport à la Russie.

Nous avons maintenant, je pense, une situation similaire. Nous avons également dépassé l’apogée qui était due à l’augmentation des prix du pétrole – quand en 2006 nous sommes entrés dans les BRICS, et beaucoup pensaient que demain nous serions au niveau des pays occidentaux.

L’expérience a montré la vanité de ces attentes: aujourd’hui nos avantages dans l’industrie pétrolière ont disparu. Et la situation qui prévaut en Occident montre clairement: les changements technologiques sont devenus les facteurs principaux de la croissance de l’économie mondiale, et ces mouvements sont beaucoup plus lents que les processus d’industrialisation, comme le développement des ressources minérales, qui a conditionné la révolution industrielle des XVIII-XIX siècles.

 

« SP »: – Que faut-il faire concrètement pour réduire les tensions géopolitiques, comme le conseille Koudrine?

 

– La question est, avant tout, de rétablir des relations plus ou moins normales avec l’Ukraine. Pour l’Occident, je pense qu’il s’agit de la question principale –je ne parle pas, bien sûr, de la Crimée. En outre, nous ne devrions pas continuer la guerre des sanctions.

Je comprends le désir des dirigeants russes de répondre coup pour coup – mais seulement au niveau des émotions. Mais je ne crois pas que cela soit une action correcte du point de vue politique pragmatique …

– La proposition de Koudrine est à la limite d’une trahison politique de Vladimir Poutine – estime le politologue et directeur de l’Institut d’études politiques, Sergueï Markov. – Bien sûr, c’est au Président de décider si le chef du CSR a passé cette limite, ou s’est arrêté juste avant. Mais en tout cas, la situation pose problème.

Le fait est que l’Occident ne veut qu’un seul prix pour la réduction des tensions géopolitiques – la tête de Poutine. En vertu de cette logique, Koudrine lui-même, et les gens qui partagent sa position, appartiennent à cette même «cinquième colonne», qui, bien que ne réclamant pas un coup d’Etat immédiat en Russie, proposent à la direction politique actuelle une capitulation immédiate. En fait, ces gens sont bien conscients: cette capitulation conduirait inévitablement à l’effondrement de la cote du chef de l’Etat, ouvrant la voie à l’opposition pro-occidentale, qui tentera d’organiser un Maidan russe.

 

En fait, derrière Koudrine se tiennent les représentants de l’oligarchie financière internationale. Et dans cette situation, le président du CSR est un homme sur lequel ils comptent. Autrement dit, il doit convaincre Poutine de capituler. Et après une telle capitulation, les événements se dérouleront vraisemblablement sur le même modèle que dans le cas de Viktor Ianoukovitch.

Permettez – moi de vous rappeler que M. Ianoukovitch a cru aux assurances des représentants de l’Union européenne – en particulier, les ministres des Affaires étrangères de l’Allemagne et de la Pologne, Frank-Walter Steinmeier et Radoslaw Sikorski, – et le 21 février 2014 il a en fait capitulé: il a signé avec l’opposition un accord sur le règlement de la crise. Il a fait tout ce qui était exigé de lui par l’Occident: l’accord, rappelez-vous, comprenait un retour immédiat – sous deux jours – à la Constitution de 2004, une réforme constitutionnelle et une élection présidentielle anticipée au plus tard en décembre 2014. Mais après que Ianoukovitch a retiré du centre-ville de Kiev les troupes qui lui étaient restées fidèles, son renversement a été immédiat.

Sans doute, ceux qui se tiennent derrière Alexeï Koudrine préparent le même scénario pour Poutine.

« SP »: – L’économie russe pourra-t-elle revivre, si nous sommes inclus dans les chaînes technologiques internationales, dont parle Koudrine?

 

– Je ne pense pas. Koudrine continue la ligne qui a été la sienne pendant les 25 dernières années. Remarquez, je ne dirais pas que cette ligne est stupide. Le même genre de modèle présidait aux réformes économiques russes de Pierre Ier et Joseph Staline. Il implique un développement rapide du pays grâce à la technologie et aux investissements occidentaux.

Mais pour Pierre Ier c’était plus facile: il  combattait les Suédois, mais s’appuyait sur les Néerlandais et les Britanniques, qui n’étaient pas alliés des Suédois. Staline aussi a habilement joué sur les contradictions de l’Occident: il a acheté de la technologie américaine et des entreprises entières pendant la Grande Dépression – la grave crise de 1929-1933, lorsque le même gouvernement américain avait d’autres soucis que la Russie soviétique.

Mais maintenant, la situation est complètement différente. L’accès russe à la technologie et aux investissements occidentaux est bloqué pour des raisons purement politiques. En conséquence, la voie de la modernisation choisie par Pierre I-Staline-Gaïdar est impossible. En fait, Alexeï Koudrine continue d’insister sur une telle voie dans une situation où il n’y a pas les conditions politiques pour sa mise en œuvre.

 

« SP »: – Qu’est-ce qui, du point de vue de l’Occident, serait le signal d’une réduction des tensions géopolitiques de part de la Russie?

 

– Peut-être, le transfert des plusieurs millions de nos gens du Donbass sous l’autorité de l’organisation terroriste, qu’est devenu, à mon avis, à bien des égards le gouvernement ukrainien actuel. Mais ici, il convient de rappeler l’aphorisme de Winston Churchill: « Si un pays devant choisir entre la guerre et le déshonneur, choisit le déshonneur, il reçoit à la fois la guerre et le déshonneur. » Aujourd’hui, à mon avis, cette formule est plus pertinente que jamais …

 
 

Chine: « Nous ne sommes pas intéressés à jouer un rôle dans un film hollywoodien, dirigé par l’armée américaine »

Nous sommes dans un monde où les tensions ne cessent de croître, partout les Etats-Unis comme en Europe jouent la carte de la tension, de l’encerclement et du retour à la guerre froide contre des pays qui se sont prononcés pour un monde multipolaire, contre la suprématie du dollar. C’est vrai également pour la Russie et le Brésil. Partout à travers l’Europe et la complicité de notre gouvernement nous avons choisi d’accroître les tensions dans le sillage des Etats-Unis. La question essentielle du combat contre les politiques d’austérité ne doit pas être isolée de cette course aux armements et ce danger permanent de guerre y compris nucléaire. (note de  Danielle Bleitrach)
Publié: 31 mai 2016 01:38 GMT | Dernière mise à jour: 31 mai 2016 01:41 GMT
Pékin a réagi aux déclarations du secrétaire à la Défense Ashton Carter, qui a dit que la Chine courait le risque de créer une « Grande Muraille de l’auto-isolement. »

https://actualidad.rt.com/actualidad/208865-eeuu-guerra-fria-china-papel-hollywood
La Chine prétend être prête si les États-Unis « provoquent un conflit » dans la mer de Chine méridionale
Pékin a accusé le secrétaire américain de la Défense, Ashton Carter, d’avoir une «mentalité de guerre froide», à la suite de sa déclaration sur le fait que la Chine court le risque de créer une «Grande Muraille de l’auto-isolement » avec ses actions dans la mer de Chine méridionale..

Dans une conférence de presse officielle, lundi, le  porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Hua Chunying, a déclaré aux journalistes que les déclarations de Carter « exposent la pensée stéréotypée et la volonté d’hégémonie américaine. »

« En fait, il y a aux  Etats-Unis ceux qui vivent physiquement dans le XXI e siècle, mais dont l’esprit est resté pris au piège dans l’ère de la guerre froide ,  » a déclaré le porte-parole, cité par AP .

« La Chine n’a aucun intérêt à toute forme de guerre froide, nous ne sommes pas non plus intéressés à jouer un rôle dans un film d’Hollywood, écrit et réalisé par certains responsables militaires américains », a déclaré Hua Chunying.

Cependant, il a averti que son pays « n’a pas peur et contrecarrera toute action qui menace et viole la souveraineté et la sécurité de la Chine ».

 

Les déclarations faites par le représentant du ministère des Affaires étrangères interviennent quelques jours après que le secrétaire américain de la Défense Ashton Carter ait affirmé que la Chine court le risque de créer une « Grande Muraille de l’auto-isolement » à la suite de son expansion militaire dans la mer de Chine du Sud.

Dans un discours prononcé vendredi à l’Académie navale des Etats-Unis, Carter a déclaré que « les pays de la région – alliés, partenaires et non-alignés ont exprimé leurs préoccupations publiquement et en privé au plus haut niveau. »

Il a également affirmé que les actions de la Chine dans la mer de Chine méridionale « défient les principes fondamentaux, et nous ne pouvons pas détourner le regard. »

 

Hua, à son tour, a répondu ce vendredi que les déclarations de Carter étaient destinées à couvrir les plans de Washington visant à déployer des forces militaires supplémentaires dans la région Asie-Pacifique.

Une tension croissante

Les paroles du secrétaire à la Défense des États-Unis  étaient les derniers d’une série de déclarations critiques de Washington en ce qui concerne les actions de Pékin en mer de Chine du Sud.
Les tensions entre les deux pays se sont intensifies la semaine dernière après que les Etats-Unis aient annoncé la levée de l’embargo sur les armes au Vietnam, dans un esprit  qui, selon au journal d’Etat China Daily, vise à « mettre fin à l’expansion de la Chine « .

Bien que la Chine ait maintes fois mis en garde contre l’ingérence américaine dans la région, les navires de guerre américains sont entrés plusieurs fois dans les eaux contestées, et ses avions ont effectué de nombreuses missions de surveillance sur la zone.

En outre, Washington a annoncé qu’il va ignorer la zone d’identification de défense aérienne de Pékin (ADIZ, pour son sigle en anglais) au cours de ses missions militaires dans la région.

 

Quels pays maintiennent le différend territorial?

                  
Plusieurs pays ont des revendications territoriales dans la région. La Chine vise à contrôler 80% de la mer, près de 3 millions de kilomètres carrés, alors que le Vietnam, la Malaisie, les Philippines ne veulent pas renoncer à un territoire qu’ils considèrent comme le leur. Brunei ne revendique pas le territoire, mais veut continuer à pêcher dans ces îles qu’il occupe de facto.

Les États-Unis ont également été impliqués dans le conflit, en exprimant ouvertement leur soutien aux Philippines et au Vietnam, ses alliés. En outre, États-Unis exhortent le Japon à prendre les armes pour contrer la puissance croissante de la Chine, bien que Tokyo ait renoncé à ses revendications territoriales dans la mer de Chine méridionale en 1945 et actuellement seulement maintient un différend territorial avec la Chine dans une autre mer, celle de l’Est de la Chine.

 

 
 

Kiev fait la leçon à Berlin: L’ambassadeur d’Ukraine réprimande l’Allemagne pour  » oubli des objectifs » par Svetlana Gomzikova

Nous discutons avec Marianne de ce qui se dit dans la presse russe. Elle me décrit une presse parfois moqueuse par rapport aux actuels dirigeants ukrainiens et me cite une idée lue récemment. Pour les Européens, les ukrainiens sont comme le « cochon » pour les évadés du bagne tsariste de Sibérie. Ils emportaient avec eux un détenu pour le manger quand ils traverseraient les forêts hostiles.Visiblement « le cochon » se  prend très au sérieux.mais c’est tout simplement parce qu’il se sait un protectorat américain dans une Europe vassalisée (note de Danielle Bleitrach)

Франк-Вальтер Штайнмайер,Зигмар Габриэль

Frank-Walter Steinmeier, Sigmar Gabriel (Photo: AP / TASS)

http://svpressa.ru/politic/article/149509/

 

Les autorités ukrainiennes ont exigé des explications du ministère allemand des Affaires étrangères au sujet des paroles du vice-chancelier Sigmar Gabriel, qui au cours d’un forum à Rostock a suggéré une levée progressive des sanctions économiques contre la Russie. A Kiev, cette déclaration d’un haut fonctionnaire allemand, comme l’a noté dans un entretien avec Tagesspiegel l’ambassadeur ukrainien en Allemagne Andrei Melnik, « a été reçue avec amertume et déception. »

Le diplomate ukrainien a demandé au ministère si l’avis du vice-chancelier reflétait la position du gouvernement fédéral. Il a également reproché à l’Allemagne de « dévier de l’objectif. » En effet, « dans le cas de la Russie, la communauté internationale a besoin de patience stratégique, d’unité et de fermeté. » Seulement alors « les sanctions seront efficaces. »

L’ambassadeur n’a pas aimé non plus que Gabriel qualifie le conflit au Donbass de « guerre civile » et non « d’intervention russe. » Selon le chef de la mission diplomatique, « cette expression a été perçue par de nombreux Ukrainiens comme insultante et injuste. »

En fait, ce fonctionnaire sous les ordres de Pavel Klimkin [Ministre des AE] a présenté un ultimatum à l’Allemagne: « Personne n’est intéressé par votre avis, alors gardez-le par devers vous à l’avenir! ».

Mais depuis quand Kiev a définit-il les objectifs pour le pays à la tête de l’UE? Et que peut répondre Frank-Walter Steinmeier [Ministre des AE allemand] ?

 

– Très probablement, il ne répondra pas, – a commenté Vadim Trukhachev, Maître de conférences au Département des études régionales étrangères et de politique étrangère à Moscou.

– Parce que les politiciens ukrainiens ont depuis longtemps habitué les Européens au fait qu’il est impossible de les prendre au sérieux. Juste il est parfois nécessaire de les recadrer, pour éviter des dégâts dont on paiera les conséquences pendant des décennies.

Donc, toutes ces attaques verbales et ces contorsions ne sont que du vent. M. Steinmeier ne répondra en aucune façon. D’autant plus que Gabriel est son camarade de parti et collègue membre du Parti social-démocrate (SPD). Et d’ailleurs il a lui-même souvent exprimé ces mêmes idées.

« SP »: – Alors dans quelle mesure ces remontrances de l’ambassadeur de l’Ukraine sont-elles tolérables?

– Je vous rappellerai simplement que la politique étrangère ukrainienne est devenue hystérique au cours des deux dernières années. Ceci n’est qu’un exemple de plus. Du genre, « si vous n’êtes pas avec nous, vous êtes contre nous», «Si vous n’allez pas à la guerre contre les Moscals», c’est que «vous avez trahi la cause commune.» Cela signifie que « vous avez abandonné dans le malheur un pays, qui est le gardien de l’Europe, et la protégent contre les terribles hordes asiatiques sauvages et barbares qui viennent de l’Est. »

 

C’est dans cet esprit que doit être interprétée la déclaration de l’ambassadeur d’Ukraine.

 

En outre, si l’ambassadeur d’Ukraine n’avait pas dit ce qu’il a dit, il aurait cessé d’être ambassadeur. Parce qu’on lui aurait immédiatement tombé dessus à bras raccourcis, et aussi sur Klimkin, et, en fait, sur Porochenko – « qu’est-ce que c’est que cet ambassadeur qui ne défend pas nos intérêts? »

Ils sont tous à l’affut. Dans la politique ukrainienne on ne manque pas de « grandes personnalités » – Lyashko, par exemple, Yarosh, Parasyuk. Et maintenant Savtchenko [la pilote ukrainienne condamné en Russie pour la mort de 2 journalistes russes, puis échangée] par-dessus le marché.

 

« SP »: – Gabriel est un des poids lourds de la coalition au pouvoir en Allemagne. Et on peut dire qu’il s’est fait passer un savon. N’est-ce pas étrange?

 

– Ils peuvent passer un savon à qui ils veulent, personne n’y prêtera attention. Un roquet qui aboie … Peut-être pas sur un Eléphant, mais du moins sur un Boeuf.

Tel est le niveau de la diplomatie ukrainienne. Il s’est montré lui-même dans toute sa gloire.

Et avant cela, il y a eu plusieurs scandales, avec leur ambassadeur en Grande-Bretagne, puis aux Pays-Bas. On voit là le niveau des diplômés sortant de l’Institut des relations internationales de Kiev, Kyiv-Mohyla, et ainsi de suite.

Comment le pays peut-il  être pris au sérieux après ces paroles?

Naturellement, le pays reste une monnaie d’échange dans les relations entre l’Union européenne, les États-Unis et la Russie. Rien de plus.

Le Professeur Sergueï Tcherniakhovski, de la Faculté de science politique (Université Etat de Moscou) estime que la réaction à la réprimande de l’ambassadeur de l’Ukraine sera « diplomatique »:

– En ce qui concerne ce qui est permis ou non, voyez-vous … Comment considérons-nous le régime ukrainien actuel? Un gouvernement légitime agissant dans un cadre juridique civilisé? Ou une dictature criminelle, autrement dit la même chose que DAESH.

Vous comprenez, si DAESH lance un défi à quelqu’un, il est clair quelle sera la réaction. Mais dans la mesure où le régime de Kiev n’est pas assimilé à DAESH – même si, en fait, cela serait nécessaire – bien sûr, il peut exiger quelque chose, faire des critiques. Et sa situation dans une certaine mesure est plus solide que celle de la Russie. Parce que l’Ukraine est soutenue. Tandis que la Russie est soumise à des sanctions.

Pourquoi au fond? Parce que la position de l’Ukraine –même si, bien sûr, elle repose sur des mensonges, – est cohérente. Parce que l’ «Ukraine démocratique libre», qui a fait le choix européen, « se bat contre un agresseur totalitaire» … Cette position est parfaitement logique.

La Russie n’a pas une position parfaitement logique.

 

« SP »: – Expliquez-vous?

 

– Par exemple, si la Russie avait déclaré que le régime de l’Ukraine était un régime criminel, que nous ne le reconnaissons pas et défendrons le peuple ukrainien en libérant le territoire de l’Ukraine, ce serait une position cohérente et logique. Si la Russie avait déclaré: «En Ukraine, il y a une guerre civile entre ceux qui ont fait le coup d’Etat et ceux qui lui résistent. Et nous aiderons ceux qui représentent les restes d’un cadre constitutionnel démocratique de l’Ukraine pour vaincre les usurpateurs » . Ce serait une position cohérente.

Et quelle est maintenant la position de la Russie?

 

« SP »: – Selon toute vraisemblance, elle se fonde sur les points des accords de Minsk, que sabote si obstinément Kiev. Et dont la non observation nous est tout le temps reprochée par l’Occident …

 

– Les accords de Minsk ne constituent pas une position cohérente. Parce qu’ils contiennent toujours cette même contradiction. Du point de vue des accords de Minsk, il faut un dialogue inter-ukrainien entre le Donbass et le régime de Kiev. N’est-ce pas? Donc, nous mettons sur le même plan le Donbass et le régime de Kiev. Ce sont deux protagonistes, dont nous ne comprenons pas qui est bon et qui est mauvais. Mais il y a un conflit – nous allons les aider à faire la paix.

Autrement dit, si vous permettez cette comparaison, un voleur, quelque part dans un transport en commun tente d’enlever votre sac avec votre argent. Vous appelez la police, et la police déclare: «Les gars! Nous ne nous soucions pas de savoir qui a volé quoi. Ce qui est important c’est qu’il n’y ait pas de scandale. Alors partez chacun de votre côté. La moitié du contenu du porte-monnaie à l’un, et la moitié à l’autre ».

Que penseriez-vous de ce policier?

Eh bien les accords de Minsk sont écrits à partir de ce point de vue. Ils ont joué leur rôle pour arrêter l’effusion de sang …

 

« SP »: – C’était justement leur fonction principale …

 

– Vous voyez, il n’y a pas de plus grande folie, en principe, que d’essayer de résoudre un conflit en arrêtant l’effusion de sang. Parce que l’effusion de sang n’est pas la cause. C’est le résultat. Toutefois, lorsqu’ils ont été signés, il y avait une logique.

Seulement, cela n’a pas été bénéfique pour le Donbass et la Russie, et c’est le régime de Kiev qui en a tiré avantage. Parce que quand une paix est signée entre ceux qui perdent et ceux qui gagnent, c’est toujours celui qui est en train de perdre qui en bénéficie.

Une autre question est la logique diplomatique, en particulier pour montrer que le régime de Kiev sera incapable de mettre en pratique même ces accords.

Simplement le groupe politique qui est au pouvoir en Ukraine, jamais il n’a respecté aucun accord. Et chaque fois l’Occident a fermé les yeux.

 

« SP »: – D’ailleurs l’Occident avant garanti à Ianoukovitch une issue pacifique au Maidan, et puis il s’est tout simplement « lavé les mains » …

 

– Et avant cela, il y avait en fait encore plusieurs accords en cours. Ensuite, la réunion de Genève en avril …

L’Ukraine n’a honoré aucun accord. Et l’Occident s’est tu.

Ainsi, la position de l’Ukraine sur la scène internationale aujourd’hui est plus efficace que la position de la Russie. Et ce n’est pas absurde. Parce que la coalition occidentale et la civilisation occidentale, elle perçoit l’audace comme une chose avec laquelle il faut compter. Et les tentatives de faire des concessions, comme une base pour de nouvelles exigences.

Les dirigeants des 7 ont proclamé hier la nécessité de nouvelles sanctions contre la Russie, ainsi que l’extension des anciennes. Alors qu’il y avait des indécis – en particulier en Italie, et en France … Savez-vous pourquoi ils ont pris la position des autres?

 

« SP »: – Pourquoi?

 

– Parce qu’on a libéré Savtchenko. Ils en ont conclu que l’on peut « faire pression » sur la Russie. S’ils ne pensaient pas ainsi, ils n’auraient rien fait.

Le voleur, s’il a attrapé votre sac, ne partagera pas avec vous. Vous avez cédé? Donc, vous pouvez céder encore.

 

« SP »: – Il est clair que la reconnaissance du pouvoir post-maïdan en Ukraine a été une erreur. Mais maintenant on ne peut pas retourner en arrière …

 

– Il y a beaucoup de formules que nous aurions pu utiliser par rapport à cette question. Par exemple, il existe une formule qu’affectionnent nos adversaires – « ce dirigeant a perdu sa légitimité. »

Encore une fois, je ne suis pas en train de dire qu’il faudrait monter une opération contre Kiev. Mais honnêtement, si la Russie dès le début après le coup d’Etat, avait envoyé des troupes au moins sur le Dniepr, il n’y aurait pas eu davantage de sanctions. Peut-être moins. Et les parties au conflit seraient en train de négocier la façon de résoudre la situation en Ukraine.

Mais ces concessions constantes, ce pacifisme permanente de la Russie, ne fait qu’encourager l’agresseur.

 

« SP »: – Et comment pouvons-nous « couper ce nœud gordien»?

 

– Cela dépend de chaque situation concrète. Je n’exclue pas qu’il faille organiser des élections dans le Donbass et reconnaître les républiques de Donetsk et de Lougansk. Reconnaître leur indépendance.

Et il est temps de changer de rhétorique, au moins. Je pense qu’il faudrait affirmer que l’Ukraine a été victime d’une agression de la part de la coalition occidentale. Que le gouvernement ukrainien légitime et l’ordre constitutionnel est représenté par les DNR et LNR. Que le reste du territoire est occupé. Nous soutenons pleinement la lutte de libération du peuple ukrainien contre la dictature de marionnettes étrangères.

La question est la suivante : qui est prêt à résister au bras de fer. Ils ne déclencheront pas une guerre nucléaire contre nous. Je vous assure que nous allons gagner de plus en plus de partisans. Parce que les États-Unis oppriment de nombreux pays européens. Mais quand il s’agit de se tourner clairement vers la Russie, ils ne le font pas pour une raison simple: nos partisans potentiels ne savent pas si la Russie se battra jusqu’à la victoire finale. Ou si à chaque fois elle trouvera quelque chose à négocier et à concéder.

Trad. MD pour H & S

 
 
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