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Archives de Catégorie: Musique

dans un tout autre genre que la kollontai: chanson nord coréenne, les femmes sont des fleurs

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Publié par le mars 8, 2018 dans Asie, femmes, Musique

 

Ce qui se passe en Espagne dans les milieux de la culture

Ces faits se passeraient dans les ex-pays socialistes, ils n’étonneraient pas tant la fascisation de ces pays fait partie du consensus européen de la lutte contre le communisme et de la présence de l’OTAN. Mais là nous sommes en Espagne, avec la crise, le désaveu des partis et dans le passé celui du compromis de 1978, qui a instauré la monarchie avec l’amnistie des crimes franquistes. La crise fait éclater l’unité nationale fondée sur cette tentative d’oubli des combats républicains sous couvert de ce qu’apporterait l’UE. Mais le fascisme de Franco n’a jamais été éradiqué, il est resté là, les Basques eux n’ont pas connu l’amnistie, et une nouvelle génération d’artistes crie ce refus de l’oubli. Il y a deux cas, celui d’un photographe de performance plastique radical très connu dans les milieux de l’art contemporain et surtout celui du rappeur de Majorque qui a déclaré que le fascisme ne se guérissait que par la mort et a été accusé de terrorisme, condamné à trois ans et demi de prison.

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photo performance: presos politiquos par santiago Sierra

Santiago Sierra (Madrid, 1966) est un artiste important, très politique, bien connu dans le milieu dans l’art contemporain international. Depuis hier il connait un succès qui a dépassé le milieu de l’art contemporain. Il y a eu la décision de Ifema d’exiger le retrait de son intervention photographique intitulé : « prisonnier politique dans l’Espagne contemporaine, dans l’exposition de la galería Helga de Alvear en Arco, et l’acceptation  de la part de la galeriste de cette acte de censure a transformé Sierra en personnage le plus recherché et cité du jour dans les journaux télévisés de la télévision publique comme des chaînes privées. Cette censure intervient sur un fond d’attaque généralisé contre le milieu de l’art et de la culture, ce qui a fait dire à Salio : que la régression démocratique du pays est due au fait que l’Etat est « pénétré par le crime organisé ».

Cette affaire a lieu alors qu’un rappeur vient d’être condamné par la Cour suprême pour les crimes de glorification du terrorisme, les insultes à la Couronne et les menaces pour le contenu de ses chansons

Le rappeur majorquin Josep Miquel Arenas, connu sous le nom de Valtonyc. - EUROPA PRESS

Le rappeur majorquin Josep Miquel Arenas, connu sous le nom de Valtonyc. – EUROPA PRESS

Le rappeur Valtonyc a été condamné par la Cour suprême à trois ans et demi de prison pour le contenu de ses chansons. De l’avis de la Haute Cour Nationale et de la Cour Suprême, une partie des paroles du chanteur glorifie les crimes de terrorisme, des insultes à la Couronne et des menaces à Jorge Campos, président de l’association Círculo Balear.

Des phrases de ses chansons qui violent la loi ont été mises en exergue par la justice. C’est, comme le souligne le texte, dix chansons de l’album Residus de un poeta, dix autres chansons sous le titre Mallorca es Ca nostra; et, enfin, deux autres chansons qui ont été téléchargées par le rappeur sur Youtube avec le titre de Marca España et le fascisme est guéri par la mort.

 

Allons au devant de la vie… A des dirigeants trentenaires…

Hier j’ai vu passer un prise de position collective dans l’humanité, il s’agissait de jeunes dirigeants et élus communistes qui prétendaient apporter un nouveau souffle à leur parti. Etre jeune ce n’est pas un métier, mais là il s’agissait d’un cri, ceux qui refusaient que leur parti s’enfonce dans la nuit de la vieillesse et de l’impuissance.

Cette prise de position était parfois confuse, il y avait une sorte de catalogue des bons sentiments et intentions, tout ce qui était énoncé ne faisait pas de vagues et relevait tout de même d’une recherche de consensus, mais il y avait aussi l’affirmation de l’essentiel, la volonté de rester communiste, donc pour moi d’assumer la totalité de ce que nous sommes et avons été. Cela change déjà du discours insupportable de l’actuel secrétaire du PCF et c’est un pas en avant que l’on ne saurait négliger. Cela va avec le refus de l’effacement de notre parti à chaque élection et ce depuis des années autant que cette revendication à la totalité de ce que nous sommes.

Je ne connais pas ceux qui ont signé ce texte, mais je suis sûre qu’il y a dans leur histoire, leurs parents, leurs grands parents quelqu’un qui les a convaincu d’être communiste et ils ont tous adhéré à un parti qui aujourd’hui leur paraît ne plus exister, dont il ne reste que des traces, mais ils savent à quel point on aurait besoin de ce parti là, à quel point elle est la vraie modernité.

Certes  le mot bilan n’était pas prononcé mais tout le texte en relevait ainsi que d’une demande de stratégie et il ne s’agissait pas toujours selon les méthodes de l’actuel secrétaire de cuisine électorale mais bien d’une intervention action des couches populaires, de la jeunesse sur une situation qui se dégrade de jour en jour parce que le capital fait ripaille.

Cela allait également avec un autre constat, le refus de la dispersion, l’épuisement dans des « chantiers » que personne ne mène jusqu’au bout qui était une autre ligne force de cette sympathique proclamation.

Ce genre de texte est peut-être de ceux qui ne me rend pas totalement pessimiste, ça et la conscience que les choses ne peuvent demeurer en état, que notre pays, que ses travailleurs, ses exploités, sa jeunesse, n’en peut plus et qu’il faudra bien trouver les voies d’une autre politique avec des communistes prêts à se battre.

Danielle Bleitrach

 
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Publié par le février 11, 2018 dans HISTOIRE, Musique

 

En souvenir de Paul Robeson

  • Ma petite enfance, j’avais 6 ans fut bercée par cette voix puissante, j’étais dans les bras d’Ousmane Sembène , le docker noir, le cinéaste, alors militant communiste à Marseille(1) en train de regarder un feu d’artifice pour le 14 juillet, à côté du local de la Marseillaise, ces grand géants me rassuraient comment aurais-je pu être raciste? Quand j’ai lu plus tard ce qui se passait en Alabama, je pensais ces américains sont des monstres stupides, mais pourquoi agissent -ils ainsi, je ne savais rien du colonialisme de mon pays, ni qu’aujourd’hui le racisme y refleurirait. Nous sortions de la guerre, moi petite juive apeurée, fuyant, avec le bruit des bombardements, le tremblement des maisons sous le choc, en disant plus jamais ça!!! La garantie c’était l’Union soviétique… Staline, heureusement eux aussi ils avaient la bombe atomique, grâce aux Rosenberg que ces monstres tuaient, il y avait écrit sur les arches en bronze du cours Lieutaud en grosse lettres blanches: « libérez les Rosenberg » et le jour de la mort d’Eluard mon prof de Français m’a expliqué qu’il était mort en demandant des nouvelles des Rosenberg et il nous a lu de sa belle voix chaude qui ressemblait à celle de Robeson, Liberté. Comment renier cette lumière noire comme un tableau de Soulage, ce diamant qu’était le communisme ? Non ce n’était pas une illusion, ils n’étaient pas le bien absolu mais ils portaient à eux tous force organisée dans tous les continents, toutes les villes, hameaux, la banalité du bien face à la banalité du mal absolu. Et ça ça reste vrai, quand ils sont forts, la situation est meilleure pour tous, les autres n’osent pas, les chiens ne plantent plus leur crocs dans les chairs noirs, les êtres humains ne sont plus des squelettes entassés, des montagnes de chaussures, des cheveux, et les ex-salariés de Goodyear clochardisés ne se tuent plus, déjà 17 rien que ça dans l’indifférence générale pendant que macron fait le clown avec une chechia. Mais les communistes ont renoncé à être forts
    (1) je suis allée longtemps après le revoir à Dakar, ce cinéaste , écrivain majeur avait un caractère de cochon, j’étais membre du Comité central du PCF, il m’a engueulé au nom d’une errance quelconque de mon parti et je n’ai pas osé lui dire que j’avais vu le feu d’artifice de la libération dans ses bras et que je me foutais complètement de ce qu’il me racontait, ej souriais stupidement. .Il devait se dire qu’on lui avait envoyé la reine des gourdes.
    .
ullstein bild / Getty ImagesPaul Robeson, Trafalgar Square, Londres, juin 1959

Aux éditeurs :

L’article de Simon Callow sur Paul Robeson [ NYR , 8 février], qui était un de mes héros de l’enfance (et au-delà), a constitué un puissant rappel de ce que fut Robeson et comment nous l’avons tous honteusement négligé. Cela m’a aussi rappelé deux souvenirs des seules fois où je l’ai vu en personne, chacun d’eux pouvant un peu apporter  à la liste de ses actes.

Le premier, au milieu des années 1940, cela se passait à Brookline (Massachusetts) chez mes parents (je devais avoir dix ans) il était là  pour amasser des fonds pour les vétérans américains de la Lincoln Brigade, une unité républicaine de la guerre civile espagnole. . Il y avait peut-être une quarantaine de personnes pour l’entendre. Mon jeune frère et moi étions en haut de l’escalier, interdits de descendre mais autorisés à rester là où nous pouvions l’apercevoir et l’entendre. Il parlait bien et avec émotion, avec sa merveilleuse voix et son expressivité. Et il a chanté quelques chansons (il y avait un piano), y compris, bien sûr, « Les Quatre Généraux Insurgés. » Nous étions hypnotisés, comme je pense que les adultes l’étaient, encore plus par son chant émouvant que par sa voix puissante.

La seconde date d’avril 1959. Je faisais de l’auto-stop dans l’Angleterre et dans la boue. Je suis venu à Stratford-upon-Avon, j’ai vu que Robeson y jouait Othello, et j’ai immédiatement su que c’était un événement que je regretterais toujours d’avoir  manqué, même si j’avais froid et même je ne savais pas que ça allait être un de ses dernières apparitions dans ce rôle. Le théâtre était complet, mais j’étais capable de me frayer un chemin  vers un endroit à l’arrière.

La performance de Robeson était hypnotique. Mais je n’en ai jamais vu un seul aspect, sauf cette fois-ci,  mentionné. Comme Shakespeare l’a créé, Othello n’était pas seulement noir, il vieillissait; le temps de la jeunessse était passé et il ne pourrait jamais le retrouver; et il était conscient de cette situation,  triste et en rage. Robeson a intégré cet aspect d’Othello dans sa performance. Son discours a trébuché une ou deux fois, a perdu un peu de force. Il semblait avoir de brèves périodes d’inattention. Et tout cela était clairement, à l’époque et dans ma mémoire, Othello et non Robeson, intentionnellement  dans le cadre du rôle, acteur unificateur et dans un rôle et en tant qu’ homme.

Mark A. Michelson
Raanana, Israël

 

Aux éditeurs :

Dans son admirable essai sur Paul Robeson, Simon Callow note la longue éclipse de la réputation mondiale de Robeson, depuis les années 1960 jusqu’à nos jours. Aujourd’hui, écrit Callow, «il est difficile de trouver quelqu’un de moins de cinquante ans qui a la moindre idée de qui il est.» Notons cependant que certains des admirateurs britanniques de Robeson ont gardé la foi. En 2006, le trentième anniversaire de sa mort, j’ai assisté à la dédicace d’un mémorial à Robeson à l’École d’études orientales et africaines à Londres, organisée par l’ouest-africain Philip Jaggar. (Comme le note Callow, Robeson a étudié le kiswahili et la phonétique à la SOAS dans les années 1930.) Un groupe d’étudiants et d’autres personnes ont écouté le politicien travailliste Tony Benn parler de la vie de Robeson en tant qu’interprète et activiste politique. Le baryton-basse jamaïcain Sir Willard White a chanté des versions a cappella de « Ol ‘Man River » et « Deep River » – ils avaient été chantés lors des funérailles de Robeson à Harlem en 1976. Le plus mémorable, fut un conférencier  qui a décrit une campagne pour le désarmement nucléaire à Trafalgar Square en 1959, lorsque Robeson jouait Othello à Stratford, un an après la restauration de son passeport par le gouvernement américain. Alors que la circulation londonienne grondait autour de la place, raconta l’orateur, une succession de notables s’adressa à la foule depuis les marches de la Colonne de Nelson. « Alors, » conclut-il, « Paul Robeson a chanté … un an après la restauration de son passeport par le gouvernement américain. Alors que la circulation londonienne grondait autour de la place, raconta l’orateur,  il  s’adressa à la foule depuis les marches de la Colonne de Nelson. « Alors, » conclut-il, « Paul Robeson a chanté .et les bus se sont  arrêtés .  »

Collège John Ryle Bard
Annandale-on-Hudson, New York

https://youtu.be/6UsarGHjXhk

 

l’impôt sur les feignants…

 

Difficile à classer celui-là : les socialistes le réclament comme étant un des leurs mais aussi les anarchistes, les juifs (et oui Leca, encore un) , les communistes, les antimilitaristes, les syndicalistes, les pro-choix, les anticléricaux, les radicaux, les gauchistes et tout le prolétariat. Il lui est ainsi arrivé de se faire crever les pneus de sa voiture par les ouvriers du quartier où il chantait, son public étant, ce soir-là, composé de bourgeois.

Ses chansons d’une lointaine actualité, de 1897 à circa 1928 sont presque toutes oubliées. La petite histoire a retenu « Gloire au 17e »« La grève des mères » et « La butte rouge ». – Il en écrit pourtant plusieurs autres : une bonne centaine sinon plus, en majeure partie mises en musique par son camarade Raoul Chantegrelet.

On sait qu’il est né à Paris, 10e, en 1872, le neuf juillet ; qu’il s’appelait Gaston Mordachée Brunschwig, qu’il était l’aîné d’une famille de 22 enfants, qu’il a débuté dans la chanson à 12 ans (sous le nom de Montéhus, déjà) ; qu’il fut tambour au 153e régiment de ligne à Toul, de 1892 à 1896,qu’il publia sa première chanson, « Au camarade du 153e », en 1897, à Châlons-sur-Marne ; qu’il se présenta aux élections législatives du 8 mars 1898, encore à Châlons-sur-Marne, sous l’étiquette « Républicain indépendant », qu’il fut engagé à la fin de l’année 1901 aux Ambassadeurs, (établissement du côté des Champs-Élysées) où son répertoire provoqua un scandale, que les hommes de Drumont distribuèrent des tracts contre « le juif Brunswick » qui « éructe des infamies à l’adresse des chefs de l’armée française », et provoquèrent des bagarres, que Montéhus dut retourner dans les faubourgs mais qu’il était lancé, qu’il fut admis à la S.A.C.E.M. en 1904 en soumettant « Du pain ou du plomb » (thème imposé : « L’heure de l’Angelus aux champs ») (sic) et qu’il devint presque mondialement connu en 1907 avec son « Gloire au 17e »suite à ce qui est aujourd’hui un fait divers, les soldats de ce régiment ayant refusé de tirer, en 1907, sur des vignerons en colère :

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Et c’est encore en 1907, qu’il ouvre Le Pilori, son théâtre sur le Boulevard de Strasbourg, 10e. Il y déclame son répertoire (chansons, monologues et pièces), devant un public nombreux.

Ce que l’on sait moins, c’est qu’il fut l’ami de Lénine – que l’on remarque au Pilori – lors de l’exil de ce dernier en France ; qu’il chantait en première partie de ses conférences, en 1911 et qu’il était franc-maçon.Lénine,ne tarissant pas d’éloges, lui demande de chanter pour les révolutionnaires russes. Montéhus décline.

Ce qu’on ne veut pas trop se rappeler, c’est qu’en 1914, lui, l’antimilitariste par excellence, composa des chansons pour l’emprunt de guerre, la victoire finale, l’union sacrée dont une célèbre « Lettre d’un socialo » sur – comble des combles –  l’air du  » Clairon«  de Déroulède :

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Pour ces chants patriotiques, il reçut, en 1918, la croix de guerre.

En 1919, il revient à ses premières convictions pour composer son chef-d’œuvre, « La butte rouge« , la seule chanson de lui qui nous soit vraiment restée – musique de Georges Krier – interprétée plus ou moins récemment par Yves Montand, Marc Ogeret, Renaud…

Chantre de toutes les revendications, de toutes les luttes sociales, « véritable polygraphe de la petite histoire » (Serge Dillaz – La chanson sous la IIIe république), sa popularité commença à décliner au début des années vingt : son costume, ses allusions à la Commune et aux conflits ouvriers d’avant-guerre  commencent à faire vieux jeu.

Dans les années trente, il passe du côté de la politique, devient membre du SFIO (Section française de l’Internationale ouvrière) puis du Front populaire – on se souvient de son « Vas-y Léon » – avant, en 1942, âgé de 70 ans, d’être contraint de porter l’étoile jaune. Durant la Seconde Guerre mondiale, il connut une vie particulièrement difficile, la SACEM, du fait de ses origines, ne lui payant plus ses droits d’auteur.

À la Libération, il créa « Le chant des gaullistes » et plusieurs drames dont « L’évadé de Büchenwald ». En 1947, le ministre de la guerre, Paul Ramadier, lui remet la Légion d’honneur. – Pauvre, malade, oublié de tous, il s’éteint à Paris, 15e, en 1952.

Ses cendres reposent au Père Lachaise.

 

A Roger: la seconde fondation, l’âme communiste russe…

Il est des jours comme ça où tout à coup il y a des états de grâce, les temps s’emmêlent , on lit un livre (A distance de Carlo Ginzburg)  qui correspond exactement à cette confusion… Et puis à cause d’un sujet que vous avez jeté un peu comme une bouteille à la mer concernant Azimox, un lecteur vous dit exactement ce que vous ressentez de cette quête de l’humanité et des deux fondations, l’une rationnelle , techniciste, la Chine peut-être qui nous permettra de sortir de la barbarie dans laquelle nous a conduit l’empire, de conquérir les étoiles et l’autre qui est celle d’une âme ivre jamais assouvie que l’astronef ne trouvera peut-être jamais. Peut être l’âme est-elle russe et celle de ce chanteur Vladimir Vysotsky…

 

Pour le 12 septembre: que Macron et les siens prennent de la boldochévique…