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Archives de Catégorie: Musique

Le secrétaire national du PCF Fabien Roussel était aujourd’hui au Printemps de Bourges

il a donné quelques précisions utiles sur les conséquences du vote aux européennes… (note de danielle Bleitrach)
Le secrétaire national du PCF Fabien Roussel était aujourd'hui au Printemps de Bourges

Delphine Piètu, Fabien Roussel et Jean-Michel Guérineau dans les allées du festival.

Le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, était aujourd’hui en visite sur le Printemps de Bourges à la rencontre des acteurs du festival, des syndicats et des militants.

La tradition fut respectée, aujourd’hui, avec la visite du secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, sur le Printemps de Bourges.

Cela fait en effet des années que pour chaque édition, les secrétaires nationaux communistes viennent se promener dans les allées du festival à la rencontre des festivaliers et des militants PCF du Cher. C’était en plus une première pour Fabien Roussel (également député du Nord) qui n’était jamais venu sur le Printemps de Bourges. Une belle découverte visiblement pour celui qui se dit « spécialiste des festivals du Nord », et tout particulièrement d’un festival d’accordéons qu’il a longtemps présidé.

Déambulation dans les allées du Printemps donc ponctuée d’une rencontre avec les responsables du festival en compagnie de Delphine Piétu (candidate sur la liste européenne), Magali Bessard (conseillère municipale de Bourges) et Jean-Michel Guérineau (secrétaire départemental du Cher). Direction ensuite le siège de la fédération à Bourges où Fabien Roussel avait souhaité une rencontre avec plusieurs syndicats départementaux. L’occasion de « prendre le pouls » des revendications syndicales et d’écouter leurs doléances.

Contre l’abstention

Mais c’est aux militants communistes que Fabien Roussel a réservé un discours offensif à la fois sur la politique du président Macron et surtout sur les prochaines échéances Européennes. Fabien Roussel veut que les citoyens se saisissent de cette élection « pour envoyer un message clair à Emmanuel Macron » et « dénoncer sa politique ultra-libérale en faveur des plus riches ». Il se bat également, avec tout autant de force, sur « le réflexe de s’abstenir au premier tour pour ensuite voter contre le Front national ». Fabien Roussel ne veut pas entendre cet argument de l’abstention. « Les élections Européennes sont un scrutin à un seul tour et il n’y aura donc pas d’autres chances de dénoncer la politique française ».

Le mode de scrutin accorde un député et plus suivant les résultats, aux listes dépassant les 5 %. « Si vous votez pour un parti proche des 8 % et qu’il progresse d’un point, il n’aura qu’un seul député en plus, tandis que si la liste PCF conduite par Ian Brossard atteint les 5 %, cela voudra dire quatre députés pour nous… » CQFD.

Le temps de la campagne s’écourte, les élections sont le 26 mai prochain, et Fabien Roussel exhorte les militants à convaincre ceux qui ne comptaient pas voter.

Frank Simon

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Rubén Velázquez : le chant de la mémoire et des racines meurtries…

écrit par Nicolas Coulaud 28 mars 2019 08:08

Grand interprète d’œuvres lyriques, le ténor toulousain Rubén Velázquez tisse aujourd’hui avec son association La Dame d’Aragon des liens culturels forts entre l’Occitanie et la province de Saragosse. Son histoire familiale, ses ascendances castillanes, nous tendent aussi le miroir d’une Espagne tourmentée, de ses mystères et de ses sortilèges.

Ruben Velasquez

La voix est suave, le timbre chaleureux. Attablé dans un café du Vieux Toulouse par une matinée froide et ensoleillée, Rubén Velázquez parle d’un ton posé, marque des silences comme pour mieux laisser vagabonder sa mémoire. Quelques semaines après la double représentation à la Halle aux grains de Hambre, Jota & Zarzuela, spectacle plastique et musical promu par son association La Dame d’Aragon, le ténor international, né dans la ville rose dans les années 50, semble reprendre le fil d’une longue discussion. L’histoire de sa famille (d’un côté des paysans sans terres du village de Navaluenga, dans les environs d’Ávila, et de l’autre les descendants de la noblesse d’épée d’une vieille lignée de Ségovie), son enfance et son adolescence passées en divers lieux de la rive gauche toulousaine, sa carrière de chanteur lyrique, de Barcelone à Milan en passant par Trieste, Madrid ou Venise : les grandes étapes, les faits indélébiles, mais aussi les détails et les anecdotes de sa vie et de son parcours passent tour à tour dans la voix et les mots du chanteur.

Des nombreux souvenirs qui remontent à sa mémoire, Rubén Velázquez évoque immédiatement des rues, des adresses, des numéros. Une façon de fixer sa géographie intime, sa topographie sentimentale, à la manière d’un Patrick Modiano… Naissance à Saint-Cyprien, au 76 rue Réclusane, dans ce quartier populaire peuplé d’exilés espagnols, de gitans, de familles pauvres qui vivent sans eau courante ni électricité dans des pièces souvent borgnes dont le sol n’est fait que de terre battue. « Je suis un enfant de Saint-Cyprien. Après la rue Réclusane, nous sommes allés vivre rue de Cugnaux, où j’ai passé l’essentiel de ma jeunesse, comme mon frère. Tous les jours ma mère partait travailler. Elle vendait notamment des beignets, des bonbons. D’abord de façon ambulante, avant d’ouvrir un stand aux halles de Saint-Cyprien. Quand j’étais petit, vers 4 ou 5 ans, je ne supportais pas que ma mère me laisse seul. Quand je n’étais pas à l’école, je l’accompagnais souvent au cours de ses tournées, dans les music-halls, les cafés, aux arènes du Soleil d’Or, tous les endroits où il y avait des animations» raconte Rubén Velázquez.

De bals en cabarets

Cantatrices, catcheurs, mimes, toreros, le tout jeune Rubén grandit dans un univers où se mêlent artistes et gens du spectacle. « Quand j’ai huit ou neuf ans, j’ai pris l’habitude d’aller tous les dimanches chez une sœur de ma mère qui avait la télévision. Nous regardions un programme de concerts classiques qui passait à 17 heures. Je pense que cela a été un éveil musical très important » poursuit-il. Les années passent. Rubén Velázquez fait la découverte des bals populaires. Aux halles de Saint-Cyprien, il donne parfois un coup de main aux membres d’un petit orchestre tenu par un caviste du marché. Le groupe se produit dans des messes, des apéros-concerts. Il faut transporter le matériel, le sortir, le ranger. Un beau jour, l’adolescent se voit proposer de monter sur scène pour pousser la chansonnette. Il accepte, se révèle doué, reproduit l’expérience dès que l’occasion se présente, écume les bals. La passion s’empare de lui. Le travail et la persévérance feront le reste.

Au début des années 70, il s’inscrit au Conservatoire. Un soir, une femme frappe à la porte de la maison familiale. C’est Caroline, sa tante paternelle, chanteuse émérite au Liban, qui a fui le pays du cèdre où s’abat la guerre civile. Durant tout le temps qu’elle passe à Toulouse, elle donne à son neveu des cours de chant, lui inculque le répertoire classique mais aussi celui du cabaret. En l’espace de quelques années, Rubén Velázquez se perfectionne au point de pouvoir se présenter à divers concours internationaux et de s’y distinguer. Vienne, Pampelune, Madrid, puis la consécration à La Scala de Milan, à Barcelone et à Venise, auprès de Jaime Francisco Puig et Aldo Danielli. A Trieste, il débute dans Mozart et Salieri, l’opéra de Rimski Korsakov, avant d’enchaîner les premiers rôles dans les œuvres de Beethoven, Verdi, Bizet, Offenbach…

Ruben

Vicente Pradal, Rubén Velázquez et Serge Guirao

L’Espagne, tableau tragique…

D’une telle carrière, accomplie pendant près de trente ans sur les plus grandes scènes du monde, ponctuée également d’œuvres personnelles telle YedraHispanias miticas ou encore La Nuit obscure avec Vicente Pradal et Serge Guirao, Rubén Velázquez évoque des épisodes qu’il relate sans aucune vanité. « Quand on sait d’où je viens, quand on y pense… » confie-t-il soudain au gré de la conversation, avec le regard voilé de ceux qui n’oublient pas leurs racines, ni les sacrifices consentis par leurs aïeux. Car l’histoire de cet « enfant de Saint-Cyprien », celle de sa famille, convoque peu ou prou tous les éléments du tableau tragique de l’Espagne du siècle écoulé. Côté maternel, c’est « l’exil de la famine » qui pousse dans les années 1910 le grand-père de Rubén Velázquez, Antonio de Pinto, à quitter les environs d’Ávila, l’immensité écrasante de la Vieille Castille, sa sécheresse et son aridité, pour s’installer à Trèbes, dans l’Aude, afin de travailler dans les vignes comme manœuvre dans l’espoir de nourrir enfin femme et enfants.

Vingt ans plus tard, dans une famille noble des alentours de Ségovie qui ne cachait pas ses sympathies franquistes et phalangistes, deux frères âgés de 16 et 17 ans, fascinés par Marx et Engels, décident en 1936 de prendre les armes pour défendre la cause républicaine. Luis et Antonio Velázquez montent au front. Le jeune Luis y sera blessé et une jambe broyée le laissera en partie invalide. En 1939, lors de la « Retirada » dont on commémore en ce moment-même les 80 ans, il connaît parmi tant d’autres l’internement dans les camps d’Argelès-sur-Mer, au sud de Perpignan, et de Noé, en Haute-Garonne. A Noé justement, durant l’hiver 39/40, une jeune femme depuis longtemps déracinée de sa Castille natale vient en aide aux Républicains vaincus et humiliés. C’est ainsi que Juliette de Pinto et Luis Velázquez, les futurs parents de Rubén, se rencontrent. Parti rejoindre son frère Antonio dans le maquis auvergnat où tous deux serviront en 1944 parmi les guerilleros espagnols engagés dans les Forces Françaises de l’Intérieur (FFI), Luis Velázquez ne reviendra à Toulouse qu’une fois la guerre terminée. Antonio restera quant à lui à Clermont-Ferrand, où il entrera chez Michelin avant de s’envoler un jour pour l’Argentine.

Ruben Velasquez

La faim, l’exil, les conflits armées, la famille déchirée, la diaspora, les ruptures, les adieux, les tabous, les aveux : il y a sans aucun doute dans l’histoire de Rubén Velázquez tout ce qu’une trajectoire individuelle peut révéler d’un destin collectif. Celui de l’Espagne contemporaine, ses racines meurtries, sa dictature, mais aussi sa transition démocratique symbolisée par la « movida » des années 70 et 80, que d’aucuns disent inachevée… « L’Espagne est une douleur énorme, profonde, diffuse » écrivait José Ortega y Gasset. Rubén Velázquez, dans l’évocation discrète de sa mémoire et de ses souvenirs ensevelis, pourrait entièrement faire sienne cette si belle phrase du philosophe madrilène…

Nicolas Coulaud

photos  ©  Pierre Beteille  /  Culture 31

 

Marilyn et pasolini le petit peuple et la beauté comme une poussière d’or disaparue…

Avec l’un de ses plus beaux poèmes, Pasolini revient aux racines du drame, la pauvreté initiale, l’immense vulnérabilité de la beauté. C’est un poème de Pasolini traduit par René de Ceccatty dans « La Persécution », éditions Poésie Points.

Marilyn dans un restaurant de la ville de New York, mars 1955.
Marilyn dans un restaurant de la ville de New York, mars 1955. Crédits : Ed Feingersh/Michael Ochs Archives – Getty

Du monde antique et du monde futur / n’était resté que la beauté, et toi, / pauvre petite sœur cadette, / celle qui court derrière ses frères aînés, (…) 

toi petite sœur la plus jeune de toutes, / cette beauté tu la portais humblement, / avec ton âme de fille du petit peuple, 

/ tu n’as jamais su que tu l’avais, / parce qu’autrement ça n’aurait pas été de la beauté. / Elle a disparu, comme une poussière d’or.

 

Pier Paolo Pasolini, « Marilyn », in La persécution. Une anthologie (1954-1970), préface et traduction René de Ceccatty, Editions Poésie Points, édition bilingue.

 

Waesaw Ghetto : Paul Robeson sang in yiddish

 

dans un tout autre genre que la kollontai: chanson nord coréenne, les femmes sont des fleurs

 
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Publié par le mars 8, 2018 dans Asie, femmes, Musique

 

Ce qui se passe en Espagne dans les milieux de la culture

Ces faits se passeraient dans les ex-pays socialistes, ils n’étonneraient pas tant la fascisation de ces pays fait partie du consensus européen de la lutte contre le communisme et de la présence de l’OTAN. Mais là nous sommes en Espagne, avec la crise, le désaveu des partis et dans le passé celui du compromis de 1978, qui a instauré la monarchie avec l’amnistie des crimes franquistes. La crise fait éclater l’unité nationale fondée sur cette tentative d’oubli des combats républicains sous couvert de ce qu’apporterait l’UE. Mais le fascisme de Franco n’a jamais été éradiqué, il est resté là, les Basques eux n’ont pas connu l’amnistie, et une nouvelle génération d’artistes crie ce refus de l’oubli. Il y a deux cas, celui d’un photographe de performance plastique radical très connu dans les milieux de l’art contemporain et surtout celui du rappeur de Majorque qui a déclaré que le fascisme ne se guérissait que par la mort et a été accusé de terrorisme, condamné à trois ans et demi de prison.

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photo performance: presos politiquos par santiago Sierra

Santiago Sierra (Madrid, 1966) est un artiste important, très politique, bien connu dans le milieu dans l’art contemporain international. Depuis hier il connait un succès qui a dépassé le milieu de l’art contemporain. Il y a eu la décision de Ifema d’exiger le retrait de son intervention photographique intitulé : « prisonnier politique dans l’Espagne contemporaine, dans l’exposition de la galería Helga de Alvear en Arco, et l’acceptation  de la part de la galeriste de cette acte de censure a transformé Sierra en personnage le plus recherché et cité du jour dans les journaux télévisés de la télévision publique comme des chaînes privées. Cette censure intervient sur un fond d’attaque généralisé contre le milieu de l’art et de la culture, ce qui a fait dire à Salio : que la régression démocratique du pays est due au fait que l’Etat est « pénétré par le crime organisé ».

Cette affaire a lieu alors qu’un rappeur vient d’être condamné par la Cour suprême pour les crimes de glorification du terrorisme, les insultes à la Couronne et les menaces pour le contenu de ses chansons

Le rappeur majorquin Josep Miquel Arenas, connu sous le nom de Valtonyc. - EUROPA PRESS

Le rappeur majorquin Josep Miquel Arenas, connu sous le nom de Valtonyc. – EUROPA PRESS

Le rappeur Valtonyc a été condamné par la Cour suprême à trois ans et demi de prison pour le contenu de ses chansons. De l’avis de la Haute Cour Nationale et de la Cour Suprême, une partie des paroles du chanteur glorifie les crimes de terrorisme, des insultes à la Couronne et des menaces à Jorge Campos, président de l’association Círculo Balear.

Des phrases de ses chansons qui violent la loi ont été mises en exergue par la justice. C’est, comme le souligne le texte, dix chansons de l’album Residus de un poeta, dix autres chansons sous le titre Mallorca es Ca nostra; et, enfin, deux autres chansons qui ont été téléchargées par le rappeur sur Youtube avec le titre de Marca España et le fascisme est guéri par la mort.

 

Allons au devant de la vie… A des dirigeants trentenaires…

Hier j’ai vu passer un prise de position collective dans l’humanité, il s’agissait de jeunes dirigeants et élus communistes qui prétendaient apporter un nouveau souffle à leur parti. Etre jeune ce n’est pas un métier, mais là il s’agissait d’un cri, ceux qui refusaient que leur parti s’enfonce dans la nuit de la vieillesse et de l’impuissance.

Cette prise de position était parfois confuse, il y avait une sorte de catalogue des bons sentiments et intentions, tout ce qui était énoncé ne faisait pas de vagues et relevait tout de même d’une recherche de consensus, mais il y avait aussi l’affirmation de l’essentiel, la volonté de rester communiste, donc pour moi d’assumer la totalité de ce que nous sommes et avons été. Cela change déjà du discours insupportable de l’actuel secrétaire du PCF et c’est un pas en avant que l’on ne saurait négliger. Cela va avec le refus de l’effacement de notre parti à chaque élection et ce depuis des années autant que cette revendication à la totalité de ce que nous sommes.

Je ne connais pas ceux qui ont signé ce texte, mais je suis sûre qu’il y a dans leur histoire, leurs parents, leurs grands parents quelqu’un qui les a convaincu d’être communiste et ils ont tous adhéré à un parti qui aujourd’hui leur paraît ne plus exister, dont il ne reste que des traces, mais ils savent à quel point on aurait besoin de ce parti là, à quel point elle est la vraie modernité.

Certes  le mot bilan n’était pas prononcé mais tout le texte en relevait ainsi que d’une demande de stratégie et il ne s’agissait pas toujours selon les méthodes de l’actuel secrétaire de cuisine électorale mais bien d’une intervention action des couches populaires, de la jeunesse sur une situation qui se dégrade de jour en jour parce que le capital fait ripaille.

Cela allait également avec un autre constat, le refus de la dispersion, l’épuisement dans des « chantiers » que personne ne mène jusqu’au bout qui était une autre ligne force de cette sympathique proclamation.

Ce genre de texte est peut-être de ceux qui ne me rend pas totalement pessimiste, ça et la conscience que les choses ne peuvent demeurer en état, que notre pays, que ses travailleurs, ses exploités, sa jeunesse, n’en peut plus et qu’il faudra bien trouver les voies d’une autre politique avec des communistes prêts à se battre.

Danielle Bleitrach

 
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Publié par le février 11, 2018 dans HISTOIRE, Musique