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Discours de Maurice Thorez au peuple de France le 17 avril 1936

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prononcé te 17 avril 1936

Peuple de France,

Un vent de détresse souffle sur notre beau pays. Depuis cinq années déjà, la crise économique sévit dans l’industrie, l’agriculture, le commerce et les finances publiques et privées. Les conséquences en sont surtout douloureuses pour les travailleurs des villes et des champs.

Les 200 familles responsables de la crise

Nous pourrions cependant vivre heureux dans notre France que la nature et l’industrie de ses fils ont pourvue d’abondantes richesses.

Sur notre sol fertile lèvent de belles moissons. La production du vignoble français est la première du monde. L’élevage reste une des ressources essentielles de notre agriculture.

Pays traditionnel de riches cultures, la France est devenue un grand pays industriel qui dispose de puissantes entreprises ; houillères, centrales hydro-électriques, hauts fourneaux, aciéries, usines de construction mécanique, de produits chimiques ou de textile. La France fut le berceau de
l’aviation, ses appareils et ses moteurs restent parmi les plus réputés.

L’industrie parisienne, la couture et la mode font apprécier à travers le inonde les qualités et le goût de notre peuple.

Mais les usines ferment leurs portes, les machines tournent au ralenti. Les ateliers se vident. La classe ouvrière est condamnée au chômage et le peuple connaît la misère.

C’est que les richesses, fruit du travail accumulé de nombreuses générations sont devenues la  propriété d’une minorité parasite qui les exploite à son seul profit.

Les ouvriers n’ont pas la possibilité de se procurer les marchandises qu’ils fabriquent.

Les paysans ne peuvent obtenir en échange de leurs produits aux prix avilis, les objets manufacturés et les machines que les groupements capitalistes leur imposent au prix fort.

Obligation de produire, interdiction de consommer, de cette contradiction résultent la crise, le chômage et la misère généralisée.

Oui, les responsables de la crise et des souffrances qu’elle provoque, sont ces « 200 familles qui dominent l’économie et la politique » de la France.

Dans un de ses chefs-d’oeuvre « L’île des Pingouins » Anatole France observe ironiquement : « Après s’être soustraite à l’autorité des rois et des empereurs, après avoir proclamé trois fois sa liberté, la France s’est soumise à des compagnies financières qui disposent des richesses du pays et, par le
moyen d’une presse achetée, dirigent l’opinion.  »

La dictature des banques

Les représentants de cette oligarchie financière siègent au conseil de régence de la Banque de France depuis sa fondation par Bonaparte en 1803.

La France depuis 130 ans a connu trois révolutions, elle a changé cinq fois de régime politique. A travers ces vicissitudes diverses, ces naufragés et ces bouleversements, seuls les maîtres du pouvoir financier sont demeurés immuables, incarnant la domination constante du capital.

La Banque de France, voilà la puissance qui tient en échec le gouvernement légal et lui dicte ses volontés. C’est elle qui renverse les ministères, en violation du suffrage universel. C’est elle qui impose au peuple de  France des gouvernements chargés d’appliquer une politique favorable aux riches, dure aux pauvres et aux travailleurs.

On l’a vu à la suite du 06 février 1934. Les gouvernements nés de l’émeute fasciste n’ont pas inquiété les spéculateurs, les profiteurs, les voleurs ! Au mépris des engagements sacrés, ils ont prélevé 13 % sur les pensions des anciens combattants et des victimes de la guerre. A coups de décrets-lois, ils ont réduit les salaires, les traitements, les indemnités des petits fonctionnaires, les allocations aux nécessiteux, aux vieillards, aux infirmes, aux familles des soldats mobilisés. Ils ont réduit les crédits pour les hôpitaux et les laboratoires, les subventions pour les œuvres d’assistance maternelle et la protection de l’enfance.

Les conséquences de la crise

Les restrictions imposées ont aggravé la crise économique. Les petits commerçants, les artisans, ont vu diminuer un peu plus encore leur chiffre d’affaires. Les boutiques se ferment faute de clients. Certains quartiers de Paris et de nos grandes villes de province offrent le spectacle désolant de leurs magasins fermés et de leurs devantures sur lesquelles on lit :
« A vendre ou à louer ».
Les petites gens des classes moyennes, le fonctionnaire licencié, le commerçant en faillite, l’épargnant ruiné, l’ingénieur sans emploi, l’avocat sans cause, le médecin sans clients, l’étudiant sans avenir, toute une jeunesse inquiétée et déprimée. TOUS sont condamnés à une vie de misère et d’humiliation.

Nos campagnes sont ravagées par la crise agraire. Le paysan connaît les pires difficultés parce que son grenier regorge de blé et que le vin reste dans sa cave, tandis que des millions d’hommes, de femmes et d’enfants manquent du plus strict nécessaire.

La ruine des paysans

Les petits propriétaires, fermiers ou métayers peuvent payer leurs redevances ou leurs impôts. Le paysan ne peut payer les intérêts des sommes qu’il a parfois empruntées pour développer sa modeste exploitation. 11 est grevé de lourdes hypothèques. Il est la victime des usuriers et des grandes compagnies. Ayant obtenu une maigre nourriture pour lui et les siens, il ne peut renouveler son matériel, réparer une grange, drainer un champ, acheter des engrais pour sa terre et lui restituer, quand elle est épuisée, les éléments fertilisants. C’est la dégradation et la ruine de l’agriculture française.

Comme on l’a remarqué justement, l’histoire du paysan français est faite de plus de misère et de privations que de profit et de bonheur.

Et ce sont ces paysans misérables que M. André Tardieu apostrophait le 23 juin dernier à Blérancourt de la façon suivante :

«  Vous ne vous êtes préoccupés que de chiffres et de gros sous. Vous ne pensez qu’à savoir combien vous vendrez, vos veaux, vos cochons, votre blé. Cela n’a aucune importance. Tant que vous croirez que la vie est laite pour cela et que vous ne songerez pas à assurer l’unité spirituelle et morale de la nation, vous perdrez de l’argent et ce sera bien fait. »

  1. Tardieu, comme beaucoup d’ennemis du peuple affecte de parler de l’unité spirituelle et morale de la nation.

Or, le règne des 200 familles ne provoque pas seulement la ruine de notre pays, la détresse matérielle de notre peuple !

Dégradation morale

II conduit à une lamentable déchéance. Parallèlement à l’étalage de corruption des classes dominantes, éclaboussées par la boue et le sang de retentissants scandales financiers, la crise et la misère déterminent un fléchissement inquiétant de la moralité. On constate le développement de la prostitution.

La criminalité prend des proportions effrayantes. Voila que tendent à s’implanter chez nous les mœurs des gangsters de Chicago y compris cet aspect le plus odieux du banditisme, le
rapt des enfants.

Mais c’est tout le régime qui délaisse et condamne l’enfance, notre plus doux et notre plus bel espoir. La dénatalité est l’un des fléaux les plus redoutables qui menace l’avenir de notre pays.

Ce problème angoissant: retient  l’attention du Parti Communiste qui veille aux intérêts les plus immédiats et les plus modestes des travailleurs et qui a l’ambition de conduire le peuple de France vers de nouvelles et hautes destinées, vers un avenir radieux de prospérité et de bonheur.

Les familles nombreuses ne se trouvent d’ailleurs que dans les milieux ouvriers et parmi les paysans les plus pauvres. Mais les papas et les mamans ont beaucoup de peine à nourrir convenablement et à habiller décemment leur petit monde. Il faudrait aider réellement et efficacement les familles nombreuses, donner du travail et des salaires plus élevés aux pères. Il faudrait loger les grandes familles dans des appartements plus grands, mieux aérés et au loyer modeste au lieu de les enterrer dans les ruelles et les cours sans air, sans soleil et sans joie de nos quartiers ouvriers II faudrait veiller à la formation des jeunes apprentis et à l’instruction des enfants mieux doués qui devraient poursuivre leurs études avec la certitude pour eux et leurs parents qu’au sortir de nos grandes écoles et de nos universités ils pourront mettre leurs connaissances et leurs talents au service de la collectivité.

Dans le même ordre d’idées, il est urgent de sauver le sport français. Nos équipes n’ont guère brillé dans les dernières compétitions internationales. C’est qu’il n’y a pas une large politique qui tende à favoriser le sport, a donner à nos jeunes gens les moyens de la pratiquer.

Décadence culturelle

La décadence culturelle s’ajoute à la dégradation morale. La France a été longtemps un centre de rayonnement dans le domaine de la pensée, de la littérature et des arts. Dans le pays qui donné Rabelais, Molière. Voltaire, Balzac, Victor Hugo, Zola, la production littéraire devient d’une platitude désespérante. La pornographie le dispute aux niaiseries. Il en est de même pour le théâtre el le cinéma, sauf rares exceptions. El pourtant les talents ne manquent pas.

Ainsi les 200 familles conduisent notre, pays à la ruine et à la catastrophe. Elles prétendent au surplus ravir à notre peuple les libertés qu’il a su conquérir par une lutte ardente et séculaire contre les forces d’oppression et de réaction.

De l’affranchissement des communes et des Jacqueries du moyen âge à la grande Révolution, puis aux soulèvements populaires de 1830 et de 1848 et de la Commune de Pans. c’est un même besoin de justice sociale et une même soif de liberté qui ont animé et dressé le peuple de France.

Or, pour rejeter tout le poids de la crise sur le peuple laborieux pour assurer leur domination ébranlée, les 200 familles rêvent d’instaurer dans notre pays un régime de dictature terroriste et sanglante dont le 06 février a donné un avant-goût. Les rois de la finance organisent, subventionnent et arment les ligues de guerre civile qui prétendent s’imposer au peuple par la violence et la démagogie. Des ouvriers sont assassinés, des républicains  sont  molestés, blessés grièvement. Les parlementaires honnêtes, les hommes d’Etat oucieux du salut de la République sont bassement outragés et désignés publiquement au « couteau » ou au « revolver » des assassins.

Les fascistes diviseurs de Français

Le peuple de France est excédé de ces manœuvres de guerre civile qui déforment à l’étranger le clair visage de notre pays,  qui font se détourner de Paris et de nos centres de tourisme les visiteurs qui autrefois affluaient chez nous de toutes parts. Au surplus, le peuple veut pouvoir vivre et travailler en toute tranquillité. Ceux qui divisent le peuple de France prétendent se présenter non sans impudence comme les champions de l’union nationale. Or ils sont profondément divisés entre eux-mêmes, surtout là où leur Comité d’arbitrage intervient en faveur de l’un ou de l’autre. Seules la haine du peuple, la haine de la démocratie établissent un lien entre ces hommes qui prennent modèle sur les dictateurs de Rome et de Berlin.

Les dirigeants des ligues factieuses méconnaissent et heurtent le sentiment de notre peuple épris de liberté et fier de son indépendance. Ce n’est ni à Rome, ni à Berlin, ni dans aucune autre capitale étrangère et pas même à Moscou pour laquelle nous ne dissimulons pas notre profond attachement que se déterminera le destin de notre peuple ; c’est à Pans !

Le peuple de France répugne à l’esclavage et à la servitude à la discipline du troupeau soumis à la dictature d’un seul qui parle au nom des maîtres capitalistes. Car le fascisme c’est en effet l’avilissement, l’anéantissement de l’individu, c’est l’impossibilité pour le savoir et le talent de donner leur pleine mesure dans le plein épanouissement de la liberté assurée à chacun et à tous, c’est le refoulement de tout .esprit d’initiative et de progrès.

Le fascisme, c’est la guerre

Le fascisme c’est aussi à l’extérieur, une politique d’aventure et de provocations. Le fascisme, c’est la guerre.

Nul honnête homme n’en peut douter. Après l’agression de Mussolini contre le peuple d’Abyssinie, après l’invasion par les militaristes japonais de la Chine du Nord, c’est Hitler qui fait peser une lourde menace sur le monde angoissé.

Nous communistes, qui n’avons jamais cessé de dénoncer la politique des dirigeants réactionnaires de notre pays à l’égard du peuple allemand, nous avons d’autant plus le droit de nous dresser avec indignation contre le dernier coup de force de Hitler. La rupture unilatérale du pacte de Locarno, la marche des bataillons hitlériens à travers l’ancienne zone rhénane démilitarisée constituent une grave menace contre la France, contre la Belgique, contre les petits peuples de l’Europe centrale et orientale.

C’est la menace contre la paix, le bien le plus précieux de l’humanité. Hitler se refuse à l’organisation de la sécurité collective. Il se prononce contre la paix indivisible. La leçon tragique de i914 doit pourtant suffire. Que la guerre éclate

sur un point quelconque de l’Europe et ce sera de nouveau le monde à feu et à sang, ce sera une guerre qui dépasserait en horreurs, eu deuils, en sang versé et en cadavres amoncelés, en dévastations et en ruines ce que nous avons connu de 1914 à 1918.

Avec une rare insolence Hitler insulte notre peuple qu’il considère comme un «  peuple abâtardi et négroïde ».

Dans ses dernières harangues Hitler prétend nous interdire à nous. Français, fils de plusieurs révolutions, le droit de proclamer notre amitié et notre admiration pour le peuple de l’Union soviétique qui construisent, la nouvelle cité du travail du bonheur et de la paix. Hitler prétend même qu’il doit prendre des précautions contre les changements possibles dans la politique intérieure de notre pays. Eh quoi ! Notre peuple va-t-il demander la permission à M. Hitler pour se donner un gouvernement attaché à la cause de la liberté et de la paix à la cause du travail et de la démocratie ?

Hitler veut partager le monde en deux zones, l’une comprenant la race élue qui doit dominer, l’autre où seraient reléguées les races abâtardies et inférieures destinées à subir le joug.

En vérité, les Etats apparaissent divisés en deux camps. Dans l’un sont les Etats du fascisme qui veulent déclencher une nouvelle guerre sous prétexte de manquer d’espace. Dans l’autre les Etats où subsistent des institutions parlementaires et démocratiques qui sont en général, et au moins, pour le moment, intéressés au statu quo, opposés à la guerre. Ce deuxième groupe est appuyé par l’Union soviétique. Il trouve aussi des appuis dans la classe ouvrière de tous les pays. Il possède des alliés parmi les populations malheureuses qui gémissent sous la dictature du fascisme.

Complices d’Hitler

En revanche Hitler peut se flatter du concours de ses agents, les chefs fascistes français.

Ne voyons-nous pas à l’œuvre les de La Rocque, les Taittinger, les Henriot et les Maurras ?

Nous les avons vus derrière M. Lavai, l’homme des accords de Rome, qui ont préludé au déclenchement de la guerre en Afrique. Nous les avons vus derrière M. Laval, s’élevant contre les décisions cependant toutes platoniques de la Société des Nations. Une telle attitude fut le plus bel encouragement a Hitler, assuré qu’il ne serait pas davantage inquiété que les agresseurs précédents.

Nous les avons vus déchaînés contre un pacte qui tend à organiser la sécurité collective et qui place au service de la Nous les voyons ces dignes rejetons des émigrés de Coblentz qui jadis combattaient au service du roi de Prusse contre nos arrières grands-pères, les soldats de la Première République. Nous les voyons ces Nadaillac que nos ancêtres de la Convention eussent condamnés promptement pour intrigue avec l’étranger dirigées contre la sécurité du pays.

Nous les voyons les de Wendel, régent de la Banque France et croix de feu n° 13, qui expédie à Hitler le minerai de fer destiné à fondre les canons. Nous les voyons les Neukolm du Comité des Forges, les comtes de Douhet de Villosande, les M. de Chaffray, les Bucard, les Louis Bertrand académicien de son métier qui adressent de dégradants témoignages d’admiration à celui qui parle ouvertement d’anéantir la France.

Aussi comprend-on, que nous, communistes, dans notre lutte pour la paix, fidèles à l’esprit des grands Jacobins qui assuraient le salut du pays et de la République en mettant les aristocrates et les ci-devant hors d’état de nuire : fidèles au vers de Pottier « Paix entre nous, guerre aux tyrans » : fidèles à la doctrine de Lénine, admirateur et continuateur des Jacobins : nous combattions à la fois contre Hitler ci contre ses complices dans notre propre pays.

Nous réclamons ie désarmement et la dissolution des ligues factieuses, succursales de la Gestapo, agences de propagande et de renseignements de la Wilhelmstrasse

Nous combattons pour l’avenir de notre peuple

Oui, nous communistes, qui aimons notre pays, nous voulons faire une France forte, libre et heureuse, une France dont le gouvernement ouvrier et paysan sera le plus fort que le pays ait jamais connu, une France qui ne craindra plus les menaces de Hiller, lequel spécule sur les divisions entre Français provoquées et entretenues par les deux cents familles et leurs mercenaires.

Oui nous voulons et nous ferons une France, dont les fils unis et libérés du joug du Capital pourront dire « Nous ne convoitons pas un pouce de territoire étranger, mais nous ne laisserons pas toucher à un pouce de notre sol », une France ayant retrouvé dans le monde, par l’effort pacifique de notre peuple, une place digne de son rayonnement au cours des siècles écoulés. Il n’est pas vrai que notre histoire appartienne au passé.

Nous combattons pour l’avenir de notre peuple, pour son bonheur et pour sa grandeur matérielle, intellectuelle et morale. Nous croyons que la République française des Conseils ouvriers et paysans assurera à jamais à notre peuple le travail de bien-être, le bonheur, la liberté et la paix.

Les riches doivent payer

Dans l’immédiat nous voulons que les riches paient afin de soulager la misère des pauvres, de donner du travail et du pain aux chômeurs, de rajuster las salaires ouvriers, de rétablir les traitements et indemnités   des   petits fonctionnaires, les retraites des anciens serviteurs de l’Etat, les pensions des anciens combattants et des victimes de la guerre, afin de venir en aide aux artisans, aux petits commerçants et d’assurer la revalorisation des produits agricoles.

Nous sommes résolument pour la défense du franc, contre la dévaluation, méthode hypocrite pour faire payer les pauvres.

Pour assurer la défense du franc et protéger l’épargne pour équilibrer le budget de l’Etat il faut également faire payer les riches. Le parti communiste propose un prélèvement extraordinaire et progressif sur les grosses fortunes au-dessus de 500 000 francs, soit :

– 3 % de 500 000 à 1 million de francs

– 5 % de 1 a 2 millions

– 7 % de ‘2 à 5 millions

– 9 % de 5 a 10 millions

– 12 % de 10 à 20 millions

– 16 % de 20 à 50 millions

– Et 20 % au-dessus de 50 millions de francs
Cette mesure parfaitement réalisable proposée autrefois par M. Louis Marin, n’a pu être jusqu’alors l’objet d’aucune réfutation sérieuse. Le président Doumergue l’avait trouvée trop modeste. En effet ce n’est pas une mesure révolutionnaire qui vise à l’expropriation. Les possédants ne seraient pas mis sur la paille, parce qu’un peu de leur superflu serait attribué aux malheureux. Le peuple de France peut et doit faire payer les riches. Dans ce but comme pour défendre la liberté et la paix, le peuple doit être uni.

Unir

Le Parti communiste s’honore de n’obéir qu’à une préoccupation exclusive : servir la cause du peuple. Le Parti communiste s’honore de ne connaître qu’un seul mot d’ordre : UNIR.

Nous avons travaillé avec passion a l’unité de la classe ouvrière, proposant et faisant heureusement accepter le pacte d’unité d’action qui nous lie à nos frères socialistes et nous conduit au parti unique de la classe ouvrière. Nous avons soutenu les efforts des syndicats et des militants unitaires et confédérés qui ont abouti à la reconstitution d’une seule CGT.

Nous avons œuvré à l’unité entre les travailleurs des villes et des champs, entre les travailleurs manuels et intellectuels. Nous sommes heureux d’avoir propagé l’idée du Front populaire du travail de la liberté et de la paix et de collaborer loyalement à une action commune avec les radicaux, les républicains el les démocrates. Nous avons travaillé à l’union de la jeunesse de France.

Pour la réconciliation du peuple de France

Et maintenant nous travaillons à l’union de la nation française contre les 200 familles et leurs mercenaires. Nous travaillons à la véritable réconciliation du peuple de France.

Nous te tendons la main, catholique, ouvrier, employé, artisan, paysan, nous qui sommes des laïques parce que tu es notre frère et que lu es comme nous accablé par les mêmes soucis.

 

Nous te tendons la main, volontaire national, ancien combattant devenu croix de feu parce que tu es un fils de notre peuple que tu souffres comme nous du désordre et de la corruption, parce que tu veux comme nous éviter que le pays ne glisse à la ruine et à la catastrophe.

Nous sommes le Grand Parti communiste, aux militants dévoués et pauvres, dont les noms n’ont jamais été mêlés à aucun scandale et que la corruption ne peut atteindre. Nous sommes les partisans du plus pur et du plus noble idéal que puissent se proposer les hommes.

Nous communistes, qui avons réconcilié le drapeau tricolore de nos pères et le drapeau rouge de nos espérances, nous vous appelons tous, ouvriers, paysans et intellectuels, jeunes et vieux, hommes et femmes, vous tous, peuple de France, à lutter avec nous et à vous prononcer le 26 avril.

Pour le bien-être, contre la misère, pour la liberté. Contre l’esclavage, pour la paix, contre la guerre. Nous vous appelons avec confiance à voter communiste. A voter pour la France forte, libre et heureuse que veulent et que feront les communistes !

 

 

 

 
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Publié par le février 22, 2017 dans Uncategorized

 

« Laissez le monde en paix » : vie et mort de Vitali Tchourkine

Vitali Tchourkine, ambassadeur de Russie à l’ONU, est mort à New York d’une crise cardiaque, le 20 février, à son poste de travail, à la veille de son 65e anniversaire.


, publié le mardi 21 février 2017

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« Cessez de vous mêler des affaires des autres États souverains, renoncez donc à vos habitudes coloniales, laissez le monde en paix – et la situation s’assainira dans de très nombreuses régions de notre planète. » C’est ainsi que Vitali Tchourkine, ambassadeur de Russie à l’ONU, s’est adressé le 8 octobre dernier à son collègue britannique. Et c’est le message que le diplomate russe s’est efforcé de transmettre à ses homologues américains et européens dix ans durant, tout au long de son service aux Nations Unies. A-t-il été entendu ? Rien n’est moins sûr.

Vitali Tchourkine

L’ambassadeur de la Russie à l’ONU, Vitali Tchourkine, en 2015. Crédits : Xinhua/Niu Xiaolei/ZUMA Wire

Non, le monde n’est pas un mécanisme prévisible et facile à manier, martelait Tchourkine. Interférer dans ses processus est dangereux : guidés par la volonté d’en améliorer le fonctionnement, nous risquons, au lieu d’en réparer les éléments défaillants, de les briser définitivement, de semer des guerres et des catastrophes humanitaires. « Pourquoi pensez-vous qu’un coup d’État armé dans un pays entraîne nécessairement l’arrivée au pouvoir de forces démocratiques ?, demandait-il à ses collègues en avril 2014, après le changement de pouvoir en Ukraine. Pourquoi imaginez-vous toujours Thomas Jefferson se battant contre les oppresseurs ? Avez-vous vu ceux que vous appelez les représentants des forces démocratiques en Ukraine ? Avez-vous la moindre idée de leur réputation ? Il y a seulement un an, vous ne leur auriez même pas serré la main ! »

Non, renverser le chef d’un État n’améliore pas toujours la situation de ses citoyens, et non – ce ne sont souvent pas d’authentiques démocrates qui viennent remplacer le gouvernant déchu, mais des éléments radicaux, peu aptes au dialogue et au compromis. C’est ce que Tchourkine a tenté de faire comprendre à ses collègues lors de l’intervention occidentale en Libye et en Irak. En vain. Lors de la guerre de Géorgie, en 2008, il l’a dit franchement : « Les forces géorgiennes ont frappé l’Ossétie du Sud. Ils ont eu recours à des systèmes d’artillerie Grad, causant des victimes très lourdes parmi les civils. Comment caractériser ces actes ? Certains refusent que l’on parle de nettoyage ethnique. Mais en quelques jours, sur les 120 000 habitants que compte l’Ossétie du Sud, 30 000 ont fui vers la Russie – comment doit-on appeler cela ? Certains doutent encore que l’on puisse parler de génocide. 2 000 civils ossètes ont péri dès le premier jour de l’attaque géorgienne : n’est-ce pas un génocide ? Combien faudra-t-il encore de morts pour que l’on ose le mot ? »

Ces propos ont été raillés. Quelques années plus tard, les dépêches diplomatiques dévoilées par Wikileaks et les enquêtes internationales ont révélé que Tchourkine avait raison. C’est bien la Géorgie qui a attaqué l’Ossétie du Sud la première – et pas la Russie qui a lancé une attaque contre la Géorgie, comme l’affirmait Tbilissi à l’époque. Et comme le reprenaient en chœur la plupart des responsables politiques occidentaux.

Tchourkine défendait une vérité que certains ne peuvent – ne veulent ? – toujours pas admettre. Dans un monde où l’Occident se prétend seul détenteur des valeurs universelles et croit de son devoir de les imposer – par la force s’il le faut – à la terre entière, il existe en réalité d’autres pôles d’attraction, d’autres modèles de civilisations. Et la Russie en fait partie. Malgré tous les efforts de Washington pour détacher les pays de l’ex-URSS de la Russie, leurs habitants, en grand nombre, continuent d’éprouver de l’amitié envers l’ancien puissant allié. Pour certains, tels les Ossètes, les Abkhazes ou encore les Criméens, la Russie est aujourd’hui un havre de paix, un bastion à même de les protéger de voisins belliqueux. La Russie les a mis à l’abri de la guerre et leur a offert la possibilité de vivre dans le respect de leur identité, de leur religion et de leurs traditions. En Russie, personne ne demande – et encore moins n’impose ! – aux Abkhazes de devenir géorgiens, ni aux Criméens de délaisser le russe pour apprendre l’ukrainien.

Et c’est précisément pour rester qui ils sont que les habitants du Donbass ont voté leur rattachement à la Russie en mai 2014. C’est pour réaffirmer leur identité russe qu’ils se battent en ce moment contre l’armée ukrainienne. « Des dizaines des milliers d’hommes ont pris les armes pour défendre leurs droits à l’est de l’Ukraine. Et non, la Russie ne les y a pas forcés. Il est impossible de forcer quiconque à aller se battre », affirmait Tchourkine en mars 2015. Encore un fragment de réalité que l’Occident a tant de peine à admettre…

Malgré ses contradictions internes, la Russie offre toujours un modèle de cohabitation aux représentants des ethnies et religions les plus diverses. C’est en Russie que vivent en paix des musulmans, des bouddhistes, des païens du Nord et des chrétiens, en Russie que le fameux « vivre-ensemble » n’est pas un fade slogan mais une réalité quotidienne. Et le monde n’est ni sourd ni aveugle. La capacité des Russes à écouter l’autre et à le respecter dans son adversité est remarquée et saluée au Proche-Orient, en Afrique, en Amérique latine.

C’est un monde aux multiples facettes, aux goûts et aux couleurs divers, un monde à l’image de la Russie elle-même que Vitali Tchourkine défendait aux Nations Unies. Il a mené de rudes batailles – et son cœur a lâché. Vitali Tchourkine est mort à New York d’une crise cardiaque, le 20 février, à son poste de travail, à la veille de son 65e anniversaire. Ses efforts ont été appréciés à leur juste valeur. Son décès a provoqué un profond chagrin au sein de la population russe. Nous pleurons aujourd’hui un ambassadeur brillant, un homme qui incarnait le meilleur de l’école diplomatique russe et soviétique : des connaissances encyclopédiques en politique internationale, la maîtrise de plusieurs langues étrangères, le charme, la délicatesse, la classe mais aussi le courage, la force, le franc-parler. Nous pleurons un grand professionnel, mais aussi et surtout un homme qui a transformé sa vie en la plaçant au service de quelque chose qui le dépassait. De son peuple et de sa patrie.

 
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Publié par le février 22, 2017 dans Uncategorized

 

Dans les ténèbres, Sergei Chargounov au sujet de ses électeurs laissés sans électricité

Жизнь в российской глубинке

 

La vie dans la province russe (Photo: DmitryFeoktistov / TASS)

http://svpressa.ru/society/article/166462/

 

Sergei Chargounov est un jeune écrivain russe, membre du comité de rédaction de « Svobodnaia pressa », récemment élu à la Douma au nom du Parti communiste [note et traduction de Marianne Dunlop pour H & S]

– Le soleil se couche derrière l’horizon, et la vie dans les villages s’arrête. Au milieu des montagnes, les kichlaks* sont plongés dans l’obscurité… Quelle image négative! Où sont passés les bienfaits de la civilisation!

C’est ce que me racontait un jour d’une voix indignée un homme d’âge moyen, un concierge. Il m’a parlé de l’Afghanistan, que l’on pouvait voir depuis son village natal tadjik.

– Chez nous on construisait des routes, les villages étincelaient de leurs feux, et là-bas… ils étaient en plein Moyen Age! C’étaient les années quatre-vingt. Et nous ne pensions pas que nous connaîtrions le même sort… Et puis ça a commencé …

Ces paroles ont produit sur moi une grande impression.

Le fait est que la réalité de l’Afghanistan des années 80 se reproduit aujourd’hui dans notre pays. Au milieu des montagnes, des villages privés d’électricité sont plongés dans le noir dès que le soleil se couche.

Des habitants de la région de Tchemal dans l’Altaï se sont adressés à moi. Les gens se sont plaints que la distribution de l’électricité était très irrégulière, on observe en particulier une « situation critique » dans le village d’Uznezya. Critique, cela signifie qu’on a droit à de la lumière pendant 2-3 heures, puis elle est coupée.

Essaie d’imaginer une minute, toi, habitant des villes: pas de télévision, pas d’internet, pas de téléphone. Mais c’est encore un moindre mal. A cause des pannes de courant, il y a également pénurie d’eau. Tu n’as plus qu’à rester là, t’asseoir, te coucher, ou pourquoi pas danser sans lumière et sans eau. Et comme ça tout le temps. Jusqu’à ce que tu commences à la lueur d’un tison à écrire des lettres à tous les ministères, sans beaucoup d’espoir d’être secouru…

Bien sûr, je suis intervenu en tant que député auprès du président de région. La réponse est venue du ministère du Développement régional de la République de l’Altaï. Et, franchement, j’ai été frappé par sa franchise.

Il se trouve que, en mai l’année dernière à une certaine réunion de travail avec le directeur général de la Société « IDGC de Sibérie » (société de distribution), il a été décidé de réduire les réseaux électriques du segment Elikmanar de la région Chebalinsky.

Et la conclusion est contenue dans la phrase suivante: « En fait, cette réduction des capacités a conduit à une détérioration de l’approvisionnement en électricité des habitants de l’arrondissement de Tchemal ».

Les gens vivaient tranquilles, se considéraient comme citoyens à part entière de la Fédération de Russie, et tout d’un coup a été prise une décision conduisant en fait à les plonger dans l’obscurité.

Qui a-t-il derrière tout cela? Peut-être le manque de professionnalisme de ceux qui auraient dû soigneusement calculer les conséquences. Comme on le sait, la technique aime la précision. Ou bien c’est le désir d’économiser de l’argent? Laisser tomber l’entretien du réseau de cet immense territoire (environ comme quatre fois Moscou), où vit juste un peu plus de 13.000 habitants… Et donc, selon cette logique déficiente, le nombre de personnes touchées par une telle décision n’est pas tellement grand, si on raisonne à l’échelle du pays.

Seulement voilà nos citoyens, où qu’ils habitent, ne doivent pas vivre comme au temps jadis. À une époque on a trouvé le moyen d’équiper les zones reculées, d’y apporter la lumière. Qu’est-ce que c’est que ces raisonnements selon lesquels il est impossible d’entretenir l’infrastructure existante?

Actuellement, comme il est dit dans la réponse à ma réclamation, « est initié un processus pour la restauration des réseaux électriques dans la zone qui a subi une réduction. »

Je veux espérer que l’électricité et l’eau seront distribuées aux gens sans à-coups. C’est une bonne chose que l’on ait apparemment réussi à accélérer cette décision vraiment vitale.

Mais qui répondra des préjudices subis? Et c’est partout pareil, on réduit les hôpitaux, les écoles, l’électricité. La vie.

On voudrait voir apparaître un antonyme à ce mot destructeur « réduire. »

Promouvoir, développer, améliorer, créer.

 

* hameau, mot d’origine turque signifiant « quartier d’hiver des nomades »

 
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Publié par le février 22, 2017 dans Uncategorized

 

BERRUYER/BERGÉ: LE MONDE BIG BROTHER

Olivier Berruyer est un personnage étonnant. Tout d’abord, à le voir et en comptant large, on lui donnerait 16 ou 17 ans. Mais attention, sur ses compétences le gars est un costaud et il est en plus doté d’une puissance de travail assez phénoménale. Il a un boulot qui le fait vivre, et histoire de se distraire il a monté un site Internet absolument remarquable, qui affiche près de 8 millions et demi de connexions annuelles ! Ceux qui le fréquentent y trouvent une information équilibrée et pluraliste, souvent en provenance de l’étranger, que les grands médias ont renoncé depuis longtemps à nous proposer.

Le problème, c’est que s’il a des idées et surtout des principes, Olivier Berruyer n’est pas politisé et pense que la probité est essentielle dans le travail d’information. Et c’est la raison pour laquelle il est aujourd’hui la cible de ceux qui considèrent que leur mission relève de la propagande au service de leurs propriétaires. À commencer par le journal le Monde, qui fut dans mon jeune temps indiscutablement un quotidien de référence, mais qui depuis la destruction opérée dans les duettistes Colombani et Plenel  il y a plus de 20 ans est devenu l’expression grossière et sans nuance de l’oligarchie.

Avec des compères comme Libération, Radio France, l’AFP, et face à un monde dont ils sentent bien qu’il leur échappe, ils ont décidé de tenter la censure. D’abord et avant tout contre les sites numériques dont la liberté leur fait horreur. Au-delà du fait que l’on apprend, chose absolument sidérante, que ce qui leur tient lieu de journalistes serait invité dans les écoles de la république à enseigner la « vérité », ils auraient passé un accord avec Facebook pour y faire la chasse aux fausses nouvelles ! Leparmentier expliquer ce que doit être la vérité sur l’UE, au secours!

Ce qui nous intéresse aujourd’hui c’est l’installation de leur système «Décodex » qui prenant la suite des pitoyables « décodeurs » a décidé de mettre des notes à leurs concurrents. Ne rentrons pas dans le détail du système, une petite visite du site est assez édifiante.

Olivier Berruyer est une de leurs cibles anciennes, il semble qu’ils aient décidé de lui faire la peau. Alors, clairement défendre le site « les crises » est un impératif, à la fois pour le défendre contre cette agression, mais aussi pour mener un combat pour une liberté d’expression qui a rarement été aussi attaquée.

Par ailleurs l’initiative du Monde pose de sacrés problèmes juridiques, et il faut envisager et engager les ripostes judiciaires que tout cela exige. Concurrence déloyale et dénigrement ne sont pas des méthodes acceptées par le droit français.

En attendant, prendre connaissance des éléments de l’agression dont Olivier Berruyer est la victime. Et le soutenir contre cette tentative de le faire taire.

 

Quelques liens pour gagner du temps.

http://www.les-crises.fr/quand-le-monde-ressuscite-l-index-de-l-eglise-catholique/

http://www.les-crises.fr/le-decodex-du-monde-decode-du-travail-de-pro/

http://www.les-crises.fr/les-decodeurs-du-monde-naufrage-sur-les-resultats-de-lelection-americaine/

[Scandale] Un FAKE était la source du Monde pour pourrir ma réputation ! (Fake inventé par Bruno Zeni sur LeMonde.fr !)

 
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Publié par le février 22, 2017 dans Uncategorized

 

Adresse du Parti communiste au peuple de France

MARDI, 21 FÉVRIER, 2017
HUMANITE.FR

Déclaration du PCF. Pour le changement, un pacte pour une nouvelle majorité de gauche.

Vous êtes des millions à vouloir tourner la page d’un système politique réduit à l’impuissance et rongé par les forces de l’argent. Vous êtes des millions à être en colère contre des politiques dures pour les faibles et faibles contre les puissants, contre toutes les discriminations, contre une finance qui détruit tout dans notre pays, de l’emploi aux relations humains les plus précieuses.

Vous voulez pouvoir intervenir et décider sur tout ce qui concerne votre vie, votre travail. Une victoire de la droite ou de l’extrême droite aux élections de 2017 précipiterait le pays vers plus de misère, d’arbitraire et de division. Marine Le Pen veut faire régresser la France en l’entraînant dans le sillage du sinistre Donald Trump. François Fillon veut liquider la Sécurité sociale et tous nos services publics. Emmanuel Macron veut étendre la logique de l’ubérisation libérale à tous les domaines de la vie et du travail. Nous ne voulons pas de ces années noires pour notre pays.

C’est pour éviter ce désastre que nous les communistes, nous voulons lors des élections présidentielle et législatives de mai et juin prochains, faire gagner la gauche : une gauche qui reconstruise une grande politique de justice, d’égalité et de paix. Une gauche qui engage une politique de lutte efficace contre le chômage, les inégalités et la pauvreté, de sécurisation de nos vies, de droits nouveaux pour les salariés et les citoyens.

Nous ne voulons pas la politique qui nous a tourné le dos ces cinq dernières années en emboîtant le pas aux forces libérales. La gauche que nous voulons, c’est celle qui s’est battue contre la loi Travail, contre le projet de déchéance de nationalité, qui se bat pour l’avenir des services publics, qui peut ouvrir un nouvel avenir de progrès à la jeunesse.

Il y a quelques mois, cela paraissait irréaliste. Aujourd’hui, la présence au second tour de l’élection présidentielle d’une candidature porteuse de ces combats et la constitution en juin d’une majorité de gauche et écologiste paraissent à nouveau possibles. C’est ce pourquoi nous nous battons depuis un an : nous n’avons pas présenté de candidat communiste à l’élection présidentielle pour le permettre. Nous soutenons Jean-Luc Mélenchon, dont le programme est le plus proche du nôtre, avec cet objectif.

Ce qui doit être au cœur de tout, c’est un pacte de majorité, clair et transparent qui se donne les moyens du changement.

Voilà pourquoi nous appelons les candidats et les forces de gauche à intensifier leurs discussions jusqu’à conclure ensemble un pacte de majorité pour gouverner la France.

Nous voulons élire en mai un président de gauche, en juin une majorité de députés de gauche à l’Assemblée nationale, qui appliquera une politique de rupture avec l’austérité. Au sein de cette majorité, élire des députés communistes et du Front de gauche bien plus nombreux qu’en 2012. Et surtout, il faudra rester mobilisés et vigilants avant, pendant et après les élections, comme lors du Front populaire face au grand patronat, à la droite et à l’extrême droite.

Nous communistes, nous proposons que ce pacte comporte :

► une 6e République qui nous sorte du régime présidentiel, avec notamment la proportionnelle à toutes les élections et un statut de l’élu-e, des droits nouveaux pour les salariés dans les entreprises, le droit de vote des étrangers résidant en France, le récépissé contre les contrôles de police au faciès ; la constitutionnalisation du droit à l’avortement.

► un programme de relance sociale avec l’abrogation de la loi El Khomri et son remplacement par une loi de sécurité de l’emploi et de la formation, l’augmentation des salaires, des minimas sociaux et des pensions, la diminution du temps de travail, la retraite à 60 ans, une nouvelle ambition pour la Sécurité sociale, avec un retour progressif vers un remboursement de tous les soins à 100 %.

► un plan global d’action pour l’autonomie et l’émancipation de la jeunesse dans tous les domaines : petite enfance, éducation, culture, sports, santé, logement, emploi.

► la création d’un ministère de plein droit pour l’égalité femmes-hommes et le renforcement des dispositifs contraignants pour l’égalité salariale et professionnelle.

► la lutte contre toutes les discriminations, qu’elles soient liées à l’origine, à la confession, à l’orientation ou l’identité sexuelle, la maladie ou le handicap.

► la lutte contre la finance avec un plan d’action contre l’évasion fiscale, une COP fiscale mondiale, la création d’un pôle public bancaire pour changer le rôle du crédit, avec la nationalisation de BNP-Paribas et de la Société générale.

► un plan de bataille pour la France en Europe avec la remise en cause du traité budgétaire européen et un plan d’investissement financé par la BCE. Il servirait en France à la lutte contre l’exclusion et la pauvreté, à l’investissement massif pour les services publics, au logement pour tous et aux collectivités locales.

► un plan cohérent de nouvelle industrialisation créant un million d’emplois dans toutes les filières utiles au développement humain s’appuyant sur un effort recherche développement conséquent, de transition écologique avec un mix énergétique renouvelables-nucléaire sous contrôle public, de développement d’un nouveau modèle agricole.

Nous proposons à tous les candidats et toutes les forces de gauche de discuter ces propositions. Le Parti communiste demande pour cela à les rencontrer.

Dans le même mouvement, nous vous proposons donc à tous, sans attendre le jour ultime du vote, de multiplier les luttes sociales, les rencontres publiques de terrain, les débats sur les réseaux sociaux, de lever un immense forum citoyen pour faire entendre de toutes les manières possibles cette exigence d’union et d’engagement autour d’un pacte capable de changer vraiment la vie.

Nous ouvrirons à toutes les forces de gauche notre prochaine rencontre nationale le 28 février à la Bellevilloise à Paris sur le thème : « L’ennemi, c’est toujours la finance ».

Nous proposons que se tienne dans les plus brefs délais une grande rencontre de débat public pour un pacte de majorité à gauche avec les candidats et les forces qui les soutiennent. De nombreux citoyens le souhaitent. Pour notre part nous y sommes prêts.

À l’heure du dépôt des parrainages pour l’élection présidentielle, il faut avancer vite. Nous appelons également tous nos concitoyens à se mêler sans attendre des élections législatives. L’heure est à la mobilisation partout. Là aussi, les communistes et leurs candidats appellent au rassemblement pour garantir les moyens du changement espéré par nos concitoyens.

Parti communiste français, Paris, le 21 février 2017.

 
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Publié par le février 22, 2017 dans Uncategorized

 

Le véritable crime de Robespierre : avoir défié la toute-puissance des riches

Le véritable crime de Robespierre : avoir défié la toute-puissance des riches

L’écrivain Mme de Staël, fille du richissime banquier Necker et farouchement hostile à la Révolution française, écrivait à propos de Robespierre : « ses traits étaient ignobles, ses veines d’une couleur verdâtre ». Ce portrait correspond à l’image que l’on se fait généralement de Robespierre : celle d’un pâle sanguinaire, d’un guillotineur cadavérique. Mme de Staël ajoute une précision intéressante : « Sur l’inégalité des fortunes et des rangs, Robespierre professait les idées les plus absurdes ». Quelles étaient ces idées ?

Declaration des Droits de l' Homme et du citoyen (la monarchie tient les chaines brisees de la tyrannie , le genie de la nation tient le sceptre du pouvoir). Peinture attribue a Jean Jacques Francois Barbier dit l'Aine ( 1738-1826 ), 1789. Huile sur bois. Dim : 0,71 x 0,56m. Paris, Musee Carnavalet.

En 1789, la France est ravagée par une terrible crise sociale ; la ville de Paris compte 70,000 indigents pour 600,000 habitants. La grande Révolution qui a bouleversé le monde contemporain vient tout juste de commencer ; bénéfique pour les riches, cruelle pour les pauvres. L’Assemblée Nationale abolit les corporations, ce qui permet aux propriétaires de fixer librement les salaires de leurs employés et les prix de leurs marchandises ; le prix du pain monte en flèche… Lorsque les travailleurs pauvres protestent, durement frappés par ces lois, on leur impose le silence à coups de fusil. Les rassemblements de travailleurs sont interdits ; « interdiction est faite aux ouvriers de se coaliser pour enchérir leur travail » (c’est-à-dire défendre leur salaire), précise la loi Le Chapelier de 1791.

Robespierre, le grain de sable dans l’engrenage

AN
L’Assemblée Nationale française. Dessin anonyme.

L’Assemblée Nationale rencontre l’opposition quasiment systématique d’un député assis à la gauche de l’hémicycle. Il s’agit de Robespierre, que l’on surnomme « l’Incorruptible », entouré de ses compagnons jacobins. À chaque fois qu’il prend la parole, c’est pour rappeler aux députés la contradiction entre les Droits de l’Homme qu’ils prétendent défendre et les lois qu’ils mettent en place. L’Assemblée accorde le droit de vote aux citoyens ; mais seulement à condition qu’ils ne soient pas pauvres. « Sois riche à quelque prix que ce soit ou tu ne seras rien dans la cité ! », résume laconiquement Robespierre. Face aux troubles publics, l’Assemblée crée une Garde Nationale chargée de réprimer les protestations ; elle n’est ouverte qu’aux citoyens assez riches pour acheter leur équipement. « C’est aux castes fortunées que vous voulez transférer la puissance », commente Robespierre ; il ajoute : « vous voulez diviser la nation en deux classes, dont l’une ne sera armée que pour contenir l’autre ». Désagréables vérités, difficiles à entendre.

Champ de mars, fusillade
La Garde Nationale ouvrant le feu sur le peuple le 17 juillet 1791.

L’Assemblée Nationale prétend avoir aboli les privilèges et le régime aristocratique ; en réalité, elle a seulement permis aux riches de racheter les terres des nobles et de l’Eglise, et aux paysans pauvres de conserver leurs chaînes. « Le peuple n’a-t-il brisé le joug de l’aristocratie féodale que pour retomber sous le joug de l’aristocratie des riches ? », questionne Robespierre. Il amuse les députés par son intransigeance, puis les irrite. Le journal de Paris rapporte, à propos de la séance du 27 octobre 1789 : « Hier, Robespierre est monté à la tribune. On s’est rapidement aperçu qu’il voulait encore parler en faveur des pauvres, et on lui a coupé la parole ».

Paris en 1793 : « sans-culottes » contre « culottes dorées »

sans-culottes
Les classes populaires parisiennes revendiquaient fièrement le fait de ne pas porter de culotte par-dessus leur pantalon, vêtement aristocratique.

La question du droit de propriété devient bientôt un enjeu crucial. Les députés défendent dans leur écrasante majorité le droit illimité de propriété. Robespierre dénonce ce droit comme étant « le droit de dépouiller et d’assassiner ses semblables »:  »nul homme n’a le droit d’entasser des monceaux de blé à côté de son semblable qui meurt de faim ». Selon lui, le droit de propriété doit nécessairement être limité; sinon il mène tout droit à une justification de l’esclavage : « demandez à ce marchand de chair humaine ce que c’est que la propriété ; il vous dira, en vous montrant ce long navire où il a encaissé et serré des hommes qui paraissent vivants : « voilà mes propriétés, je les ai achetées tant par tête » ». Il réclame la limitation du droit de propriété au nom de la dignité humaine, de la redistribution des richesses et de l’abolition de l’esclavage. Robespierre résume sa philosophie sociale à travers cette phrase : « la première loi sociale est celle qui permet à tout être humain d’exister ; toutes les autres lois sont subordonnées à celle-là ». Aux yeux de Robespierre la question de la répartition des richesses n’est pas dissociable de la question de la répartition du pouvoir. C’est pourquoi il prône la mise en place d’une démocratie semi-directe qui permettrait au peuple de contrôler et de révoquer ses élus, ou de voter lui-même directement ses lois sans passer systématiquement par ses représentants.

Robespierre Jacobins
Robespierre au Club des Jacobins.

Les années passent et le soutien grandit autour de Robespierre. Au Club des Jacobins, qui compte de 100,000 à 200,000 membres, on se presse pour l’écouter. Les revendications égalitaires de Robespierre rencontrent un large écho au sein des classes populaires ; à en croire le député girondin Meillant : « Robespierre était devenu l’idole de la populace, comme le deviendra tout homme qui, par ses déclamations contre les riches, fera naître dans l’âme du pauvre l’espoir de s’emparer de leurs dépouilles ».

En parallèle, les tensions sociales explosent ; la pauvreté progresse, le prix du pain augmente, et les ouvriers réclament la mise en place d’un « Maximum », c’est-à-dire une loi qui fixe le prix du pain à un seuil raisonnable ; l’Assemblée Nationale les ignore. Le ministre de l’intérieur girondin Roland se contente d’un commentaire désarmant : « tout ce que l’Assemblée peut faire en matière d’économie, c’est déclarer qu’elle n’interviendra jamais ».

C'est ainsi que l'on se venge des traîtres
« C’est ainsi que l’on se venge des traîtres », dessin anonyme datant de 1789, détail.

Dans la rue, les manifestations violentes se multiplient. Les députés girondins, représentants des classes les plus fortunées, commencent à prendre peur. Ils organisent la répression brutale des manifestations, emprisonnent les protestataires et punissent de mort ceux qui proposeraient une loi agraire. « La liberté illimitée du commerce et les baïonnettes pour calmer la faim », résume Robespierre. Il soutient sans réserve ces révoltes. C’est l’une des caractéristiques de son parcours politique : jusqu’à sa mort en 1794, il s’est toujours trouvé du côté des mouvements populaires. Il les a constamment justifiés, même dans ce qu’ils ont pu avoir de violent ou de cruel. C’est, après tout, la révolte désespérée des « gens de rien » contre les « gens de bien », la vengeance des « sans-culottes » contre les « culottes dorées ».

La révolution sociale des robespierristes

Saint-Just
Saint-Just. Il est surnommé par ses ennemis « l’archange de Robespierre », dont il est l’un des amis les plus proches.

Excédés, les sans-culottes finissent par prendre d’assaut l’Assemblée Nationale et par en expulser 31 députés girondins. Robespierre a désormais assez d’influence sur l’Assemblée pour la contraindre à voter les lois sociales qu’il réclame depuis des années. Terrifiée par la perspective d’une insurrection, l’Assemblée accepte de voter le Maximum du prix du pain et des denrées de première nécessité ; elle vote la création d’une armée de sans-culottes chargée de surveiller la distribution du pain et l’application du Maximum. Élu par l’Assemblée au Comité de Salut Public, Robespierre prépare avec Saint-Just les Décrets de Ventôse. Ils prévoient la redistribution des biens des nobles émigrés aux citoyens les plus pauvres. En mars 1794, une loi dite de « bienfaisance nationale » est votée : elle met en place un système de soins procurés gratuitement à domicile et une retraite pour les travailleurs pauvres à l’âge de 60 ans.

Sous l’impulsion de Robespierre et de Saint-Just l’abolition des privilèges devient effective, les terres sont progressivement divisées et redistribuées aux paysans. Le 11 février 1794, l’abolition de l’esclavage est votée.

Avec Saint-Just, Robespierre impose également le vote de la Constitution de juin 1793, la constitution de l’An I. Elle prévoit la mise en place d’une démocratie semi-directe, dans laquelle le peuple, réuni en assemblées, aurait notamment le pouvoir de révoquer une loi votée par l’Assemblée Nationale. Elle n’a jamais été appliquée à cause du contexte de guerre qui opposait la République aux nobles français et aux armées autrichiennes.

La chute de Robespierre : silence aux pauvres

Les mesures sociales imposées par Robespierre indisposent la grande bourgeoisie financière et industrielle. Robespierre le sait plus que tout autre. « Quand donc les intérêts des riches et du peuple seront-ils compatibles ? Jamais », peut-on lire dans ses notes. Malade, Robespierre se retire de Paris pendant quarante jours. Ses ennemis en profitent pour annuler une à une les mesures populaires qu’il avait imposées, alors qu’elles commençaient à connaître un début d’application. Lorsqu’il revient à Paris, Robespierre comprend qu’il n’en a plus pour longtemps. Il prononce un discours incendiaire à l’Assemblée Nationale puis au Club des Jacobins : « mes mains sont liées, mais je n’ai pas encore un bâillon sur la bouche », déclare-t-il. Il s’en prend directement au Comité des Finances dirigée par l’un de ses ennemis : « la contre-révolution est dans l’administration des finances », elle a pour but de « fomenter l’agiotage (la spéculation), de favoriser les riches créanciers et de ruiner et de désespérer les pauvres ». Le lendemain, il est arrêté par les députés de l’Assemblée Nationale en compagnie de Saint-Just et de ses alliés. Un complot avait été fomenté par l’aile droite de l’Assemblée, la plaine et une partie de l’extrême-gauche hébertiste – notamment Fouché, futur ministre de la police de Napoléon. Fouché, comme d’autres, s’était senti menacé parce que Robespierre l’avait fait rappeler du fait des crimes qu’il avait commis à Lyon en tant qu’émissaire de la Convention. C’est pourquoi une alliance de circonstances s’est constituée afin de faire tomber Robespierre, perçu comme une menace par de nombreux députés.

L'arrestation de Robespierre à l'Assemblée Nationale.
« Robespierre à la Convention le 9 Thermidor », tableau de Max Adamo (1860).

Emprisonné, il est libéré par une insurrection de sans-culottes et emmené à l’Hôtel de Ville; pendant des heures, Robespierre refuse de les appeler à l’assaut contre l’Assemblée. Tétanisé par la toute-puissance de « l’aristocratie des riches », il estime que le combat est perdu d’avance. Il avait déclaré la veille, au Club des Jacobins:  »frères et amis, c’est mon testament de mort que vous venez d’entendre. Les ennemis de la République sont tellement puissants que je ne puis me flatter d’échapper longtemps à leurs coups ». Lorsqu’il se décide à signer l’appel à l’insurrection, il est trop tard : Robespierre est de nouveau arrêté. Le 10 Thermidor an II, il est guillotiné en compagnie de Saint-Just et d’une centaine de ses alliés.

10 thermidor
Robespierre, Saint-Just et leurs alliés marchant vers la guillotine. « Le 10 Thermidor », de Jean-Joseph Weerts (1870).

Les « Thermidoriens » révoquent le Maximum, mettent fin aux mesures sociales imposées par Robespierre et rétablissent le suffrage censitaire. Le prix des aliments monte en flèche ; en 1795, le taux de mortalité double dans Paris par rapport à l’année 1794. Une nouvelle Terreur, une « terreur blanche » est mise en place ; elle a pour fonction d’écraser les insurrections populaires. Quelques années plus tard, Napoléon Bonaparte rétablit l’esclavage… L’ère du libéralisme triomphant , appuyé par l’Etat, pouvait enfin commencer.

On comprend maintenant quelles étaient ces « idées absurdes » sur « l’inégalité des fortunes et des rangs » qui terrifiaient tant Mme de Staël. Après avoir guillotiné Robespierre, les Thermidoriens ont bâti sa légende noire ; pour discréditer ses idées, ils ont noirci son action politique en lui attribuant tous les crimes commis sous la Terreur. Il fallait que l’homme qui s’attaquait au pouvoir des riches et à l’inégalité sociale soit transformé en monstre afin que ses idées n’aient pas d’imitateurs.

 

Pour aller plus loin :

  • Henri Guillemin, Silence aux pauvres. Historien catholique de gauche, Guillemin replace l’action de Robespierre dans le contexte d’une lutte entre les travailleurs et la nouvelle classe dominante. Ce livre est issu d’une conférence disponible ici : https://www.youtube.com/watch?v=XiM74n8I2Gc
  • Albert Mathiez, Girondins et Montagnards (chapitre « la politique sociale des robespierristes) et Jean-Paul Bertaud, La révolution française (chapitres « les décrets de Ventôse », « la bienfaisance nationale » et « l’application de la bienfaisance nationale »). Ces chapitres détaillent lois sociales mises en place par Robespierre et Saint-Just, les limites de leur application et celles qu’ils projetaient de mettre en œuvre.
  • Florence Gauthier, Pour le bonheur et pour la liberté et Georges Labica, Robespierre, une politique de la philosophie. Ces livres sont consacrés à l’analyse de la pensée politique et sociale de Robespierre.
  • Eric Hazan, Histoire de la Révolution Française. Synthèse critique à l’égard de Robespierre qui s’intéresse aux révolutionnaires les plus radicaux, ceux qui le débordaient sur sa gauche (les Exagérés et les Enragés).

 

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Publié par le février 22, 2017 dans Uncategorized

 

Un baromètre poétique de l’histoire: Marlen Khoutsiev, retrospective à la cinémathèque du 10 au 28 mai

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L’activité de Marlen Khoutsiev , né à Tiblissi (Géorgie) en 1925, commence en 1956, donc avec ce qu’on appelle la « déstalinisation » et dont j’ai commencé à dire le 11 février au séminaire de Jean Salem à quel point elle avait été totalement ratée, une faute politique. Et Marlen Khoutsiev, sa filmographie (dix films seulement en 50 ans) en est à sa manière l’illustration. Son prénom, acronyme de Marx et Lénine et sa biographie: douze ans quand son père disparait, un vieux bolchevique, victime des purges de 1937, seize ans quand éclate la guerre à laquelle à laquelle malade, il ne peut participer, son premier films réalisé l’année dite du « rapport Khroutchev » sur le culte de la personnalité. Ses deux premiers films tournés à Odessa une vision critique de la reconstruction du civisme après la victoire. C’est à Moscou qu’il réalise son film le plus célèbre en 1961-62: Le faubourg d’Ilytch, film phare sur les attentes de la jeunesse et les questions morales qu’elle se pose. Le tournage en extérieur, un rythme qui fait songer à la dolce vita témoigne d’une nouvelle période du cinéma soviétique où l’influence du cinéma italien est forte.

En 1963, Nikita Khrouchtchev, qui est beaucoup plus rustre et répressif que ce qu’on ne l’imagine et dont on ne dit pas à quel point il a largement participé à ce qu’il dénonce et comment il poursuit…  lance un oukaze contre la peinture abstraite et critique les intellectuels qui prétendent pourtant donner du corps à sa dénonciation, s’acharne publiquement sur Le faubourg d’Ilytch, en déclarant que les « jeunes qu’il montre sont « moralement infirmes, dépourvus d’idéaux », leurs pères n’ont pas de voies à leur montrer et affirme « Non, la société ne peut pas se fier à de tels personnages ». Khoutsiev est obligé de retourner le film et le remonter dans une version – qu’il assume- sous le titre « j’ai vingt ans », après la chute de Khrouchtchev, il ne sera restauré dans sa première version qu’en 1988.

En fait Khoutsiev et son héros croient bien au socialisme, ils s’opposent aux cyniques (joué par Andrei Tartkovski), aux égoïstes, aux délateurs. Il énumère les choses qu’il prend au sérieux: « La Révolution, l’internationale, l’année 1937 et ses purges, la guerre, les soldats, le fait que presque aucun d’entre nous n’a de père ». Le sien est tombé au combat, et un peu plus tard, le dialogue entre le fils de 23 ans  et le père mort à 21 ans, est un des grands moments polémiques et poétiques du Faubourg d’llytch.

C’est Bernard Eisenchitz qui nous présente ces films, il interrogera Marlen Khoutsiev et cela se passera à la cinémathèque de Paris du 10 au 28 mai.

Je ne raterai certainement pas cet événement. Ceci me permet également de vous dire deux mots sur la bonheur vécu lors de ce séjour parisien, d’abord le séminaire de Jean Salem à la Sorbonne autour de notre présentation à Marianne et moi. Je pense qu’il y aura une vidéo qui permettra aux lecteurs de ce blog de participer à cette rencontre. Déjà, ils étaient nombreux dans cet amphithéâtre. Le dimanche 20 février à Montreuil, il y a eu une séance d’échange que j’ai trouvé passionnante autour de la représentation du nazisme dans le film de Brecht et Lang, les Bourreaux meurent aussi et la présentation de mon livre. Pas une conférence, un échange avec des spectateurs attentifs et cinéphiles. Ce long séjour, toutes les rencontres, il y a eu une sorte de perfection dans ce séjour, peut-être parce que j’ai pu retrouver les plaisirs fondamentaux de ma vie: des journées entières passées à la cinémathèque, les films vus et revus dans des box individuels et après un travail sur la presse et les livres… Je n’ai pas écouté les actualités, je me suis totalement désintéressée de cette campagne, je n’ai aucune tentation d’alimenter ce blog. Pourtant jamais l’histoire et la politique dans sa « poétique »n’ont été plus présentes. Je sais ce qui me rend heureuse parce que cela me lave des miasmes du moment, de ces querelles et ragots sans intérêt pour mieux où comme dans un film de Khoutsiev retrouver grâce à la magie du cinéma la façon dont nous avons vécu, parlé les uns avec les autres, au hasard d’une rencontre avec un inconnu ou quelqu’un que nous imaginions connaître.

Je vais recommencer le plus souvent possible et je pense que ce blog va refléter ces nouvelles exigences et s’échapper des contingences d’un temps sans perspective.

DANIELLE BLEITRACH

 
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Publié par le février 21, 2017 dans Uncategorized