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La Chine célèbre la Journée internationale de la paix

n’oubliez pas les défilés d’aujourd’hui. Cette célébration est une des rares nouvelles rassurantes de la période (note de danielle Bleitrach)

Publié le 23 septembre 2016 par anonyme

La Chine célèbre la Journée internationale de la paix

2016-09-22 14:12:38 xinhua

Plusieurs activités pour commémorer la Journée internationale de la paix ont été organisées mercredi à Yinchuan, capitale de la région autonome Hui du Ningxia (nord-ouest de la Chine).
Des responsables et des anciens hommes politiques de 33 pays, ainsi que des représentants d’ONG, de groupes de réflexion et des experts chinois ont participé à cet événement.

Le vice-président chinois Li Yuanchao a prononcé un discours liminaire, rappelant que la Journée internationale de la paix avait été décrétée par l’ONU il y a 35 ans, reflétant l’aspiration commune de la communauté internationale pour la paix et le développement.

Le président chinois, Xi Jinping, a indiqué que la société devenait une communauté mondiale au destin commun, dans laquelle tous les membres étaient interdépendants, alors que le développement pacifique et la prospérité commune constituent la bonne voie à suivre, a noté M. Li.

Il a espéré que tous les pays « résolvent les désaccords et les différends via le dialogue et la consultation », ajoutant que les pays devaient se respecter et s’adapter, organiser des consultations amicales, collaborer pour sauvegarder les objectifs et les principes de la Charte de l’ONU, et établir un environnement international pacifique et stable.

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a envoyé une lettre de félicitations à la cérémonie d’ouverture des activités.

source: http://french.cri.cn/621/2016/09/22/562s492927.htm

 
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Publié par le septembre 24, 2016 dans Uncategorized

 

Jacques Rancière : « L’élection, ce n’est pas la démocratie »

je vous recommande en particulier son analyse trés fine de Melenchon et du fait qu’il prétend occuper la place du Parti communiste alors qu’à l’inverse de ce dernier il est dans l’incapacité d’être autre chose qu’un moment électoraliste alors que le PCF de jadis par ce qu’il était et par son action excédait le seul moment électoral, ce qui est de moins en moins le cas.Même observation pour le FN qui caracature à la fois la nation et la lutte des classes pour les vider de leur contenu révolutionnaire.  Si je n’appuie pas melenchon alors que je n’ai rien contre l’individu (au contraire en tant su’individu j’éprouve beaucoup plus de suspicion envers les dirigeants du PCF qu’à son égard, mais il y a la question du parti et au-delà celle d’une définition du politique). Mon refus de voter pour lui tient au fait que melenchon symbolise cette dérive mitterrandienne destructrice à la fois de la nation, de la République et du parti de la lutte des classes et que la logique de son action est d’en finir y compris avec les élus communistes, dernier bastion (à la fois électoraliste et capables comme on l’a vu avec la Loi khomery d’agir avec le mouvement social). Plus généralement, il est à noter que monte de partout l’idée du droit à l’insurrection (même chez Juppé qui constate que si cela continue nous allons vers la guerre civile, manière réactionnaire de désigner le droit à l’insurrection)  (note de danielle Bleitrach)

Jacques Rancière : "L'élection, ce n'est pas la démocratie"
Les « indignés », qui réclament notamment une réforme de la loi électorale pour donner la parole aux petits partis exclus du Parlement. ((c) Afp)

LES ENTRETIENS DE L’OBS. A la veille de l’élection présidentielle, le philosophe s’interroge sur les limites de la démocratie représentative et s’insurge contre la confiscation du pouvoir du peuple.

Le Nouvel Observateur. L’élection présidentielle est généralement présentée comme le point culminant de la vie démocratique française. Ce n’est pas votre avis. Pourquoi?

Jacques Rancière. Dans son principe, comme dans son origine historique, la représentation est le contraire de la démocratie. La démocratie est fondée sur l’idée d’une compétence égale de tous. Et son mode normal de désignation est le tirage au sort, tel qu’il se pratiquait à Athènes, afin d’empêcher l’accaparement du pouvoir par ceux qui le désirent.

La représentation, elle, est un principe oligarchique: ceux qui sont ainsi associés au pouvoir représentent non pas une population mais le statut ou la compétence qui fondent leur autorité sur cette population: la naissance, la richesse, le savoir ou autres.

Notre système électoral est un compromis historique entre pouvoir oligarchique et pouvoir de tous: les représentants des puissances établies sont devenus les représentants du peuple, mais, inversement, le peuple démocratique délègue son pouvoir à une classe politique créditée d’une connaissance particulière des affaires communes et de l’exercice du pouvoir. Les types d’élection et les circonstances font pencher plus ou moins la balance entre les deux.

L’élection d’un président comme incarnation directe du peuple a été inventée en 1848 contre le peuple des barricades et des clubs populaires et réinventée par de Gaulle pour donner un «guide» à un peuple trop turbulent. Loin d’être le couronnement de la vie démocratique, elle est le point extrême de la dépossession électorale du pouvoir populaire au profit des représentants d’une classe de politiciens dont les fractions opposées partagent tour à tour le pouvoir des «compétents».

Lorsque François Hollande promet d’être un président «normal», lorsque Nicolas Sarkozy se propose de «rendre la parole au peuple», ne prennent-ils pas acte des insuffisances du système représentatif ?

Un président «normal» dans la Ve République, c’est un président qui concentre un nombre anormal de pouvoirs. Hollande sera peut-être un président modeste. Mais il sera l’incarnation suprême d’un pouvoir du peuple, légitimé pour appliquer les programmes définis par des petits groupes d’experts «compétents» et une Internationale de banquiers et de chefs d’Etat représentant les intérêts et la vision du monde des puissances financières dominantes.

Quant à Nicolas Sarkozy, sa déclaration est franchement comique: par principe, la fonction présidentielle est celle qui rend inutile la parole du peuple, puisque celui-ci n’a qu’à choisir silencieusement, une fois tous les cinq ans, celui qui va parler à sa place.

Mettez-vous la campagne de Jean-Luc Mélenchon dans le même sac?

L’opération Mélenchon consiste à occuper une position marginale qui est liée à la logique du système: celle du parti qui est à la fois dedans et dehors. Cette position a été longtemps celle du Parti communiste. Le Front nationals’en était emparé, et Mélenchon essaie de la reprendre à son tour. Mais dans le cas du PCF cette position s’appuyait sur un système effectif de contre-pouvoirs lui permettant d’avoir un agenda distinct des rendez-vous électoraux.

Chez Mélenchon, comme chez Le Pen, il ne s’agit que d’exploiter cette position dans le cadre du jeu électoral de l’opinion. Honnêtement, je ne pense pas qu’il y ait grand-chose à en attendre. Une vraie campagne de gauche serait une dénonciation de la fonction présidentielle elle-même. Et une gauche radicale, cela suppose la création d’un espace autonome, avec des institutions et des formes de discussion et d’action non dépendantes des agendas officiels.

Les commentateurs politiques rapprochent volontiers Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchonen les accusant de populisme. Le parallélisme est-il fondé?

La notion de populisme est faite pour amalgamer toutes les formes de politique qui s’opposent au pouvoir des compétences autoproclamées et pour ramener ces résistances à une même image: celle du peuple arriéré et ignorant, voire haineux et brutal. On invoque les pogroms, les grandes démonstrations nazies et la psychologie des foules à la Gustave Le Bon pour identifier pouvoir du peuple et déchaînement d’une meute raciste et xénophobe.

Mais où voit-on aujourd’hui des masses en colère détruire des commerces maghrébins ou pourchasser des Noirs? S’il existe une xénophobie en France, elle ne vient pas du peuple, mais bien de l’Etat lorsqu’il s’acharne à mettre les étrangers en situation de précarité. Nous avons affaire à un racisme d’en haut.

Il n’y a donc pas de dimension démocratique dans les élections générales qui scandent la vie des sociétés modernes?

Jacques Rancière
JACQUES RANCIERE, philosophe, a été l’élève de Louis Althusser. Publié en 1974, son livre de rupture, « la Leçon d’Althusser », vient de reparaître aux Editions La Fabrique. Parmi ses autres essais: « le Philosophe et ses pauvres » (Champs-Flammarion, 1981), « la Haine de la démocratie » (2006) et « le Spectateur émancipé » (2010), aux Editions La Fabrique. (Ibo/Sipa)

Le suffrage universel est un compromis entre les principes oligarchique et démocratique. Nos régimes oligarchiques ont malgré tout besoin d’une justification égalitaire. Fût-elle minimale, cette reconnaissance du pouvoir de tous fait que, parfois, le suffrage aboutit à des décisions qui vont à l’encontre de la logique des compétents.

En 2005, le Traité constitutionnel européen fut lu, commenté, analysé; une culture juridique partagée s’est déployée sur internet, les incompétents ont affirmé une certaine compétence et le texte a été rejeté. Mais on sait ce qu’il advint! Finalement, le traité a été ratifié sans être soumis au peuple, au nom de l’argument: l’Europe est une affaire pour les gens compétents dont on ne saurait confer la destinée aux aléas du suffrage universel.

Où se situe alors l’espace possible d’une «politique» au sens où vous l’entendez?

L’acte politique fondamental, c’est la manifestation du pouvoir de ceux qui n’ont aucun titre à exercer le pouvoir. Ces derniers temps, le mouvement des «indignés» et l’occupation de Wall Street en ont été, après le «printemps arabe», les exemples les plus intéressants.

Ces mouvements ont rappelé que la démocratie est vivante lorsqu’elle invente ses propres formes d’expression et qu’elle rassemble matériellement un peuple qui n’est plus découpé en opinions, groupes sociaux ou corporations, mais qui est le peuple de tout le monde et de n’importe qui. Là se trouve la différence entre la gestion – qui organise des rapports sociaux où chacun est à sa place – et la politique – qui reconfigure la distribution des places.

C’est pourquoi l’acte politique s’accompagne toujours de l’occupation d’un espace que l’on détourne de sa fonction sociale pour en faire un lieu politique: hier l’université ou l’usine, aujourd’hui la rue, la place ou le parvis. Bien sûr ces mouvements n’ont pas été jusqu’à donner à cette autonomie populaire des formes politiques capables de durer: des formes de vie, d’organisation et de pensée en rupture avec l’ordre dominant. Retrouver la confiance en une telle capacité est une oeuvre de longue haleine.

Irez-vous voter?

Je ne suis pas de ceux qui disent que l’élection n’est qu’un simulacre et qu’il ne faut jamais voter. Il y a des circonstances où cela a un sens de réaffirmer ce pouvoir «formel». Mais l’élection présidentielle est la forme extrême de la confiscation du pouvoir du peuple en son propre nom. Et j’appartiens à une génération née à lapolitique au temps de Guy Mollet et pour qui l’histoire de la gauche est celle d’une trahison perpétuelle. Alors non, je ne crois pas que j’irai voter.

Propos recueillis par Eric Aeschimann 

=> Tout sur la présidentielle 2012

 
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Publié par le septembre 24, 2016 dans Uncategorized

 

La réflexion du jour: illustration dans l’actualité du propos sur la transcendance du politique, la distanciation monothéiste

Voici ce que je partage avec des gens comme Jack Dion qui sont d’abord des Républicains, ce genre de remarque sur la conduite du débat politique:

« Un jour, ils visèrent le fils de Laurent Fabius pour cibler le père à travers son engeance. Une autre fois, ce fut le fils de Marisol Touraine. Aujourd’hui, c’est à Valérie Pécresse d’être sommée de rendre des comptes pour les écarts fumeux de son héritier. Attaquer des personnages publics non en raison de ce qu’ils font ou disent mais en fonction des agissements de leur progéniture, c’est une réhabilitation du droit du sang qui ne dit pas son nom.« 

On ne peut éprouver un tel écoeurement que si on a une conception non purement stratégique (rapports de forces et jeux de pouvoir) de ce qu’est la politique, cela ne signifie pas au contraire la négation de ce niveau stratégique mais simplement la conscience qu’il ne permet pas tout et qu’il existe une transcendance du politique qui permet d’opposer une LOI humaine, une espérance d’avenir qui transcende ce niveau de la foire d’empoigne. Ce sont ceux qui prétendent nier la lutte des classes autant que cette nécessaire distanciation « républicaine » qui sont prêts à transfdormer aujourd’hui le débat public en ce qu’il est, un marécage effrayant où tout serait permis. L’impression de sottise qui se dégage de  cette conception purement stratégique est lié à l’exhibition permanente d’intérêts individuels qui tentent de nous racoler au point d’aller voter alors qu’il n’y a plus aucun principe, aucune loi à se référer.

comme le dit la Constitution de l’an II à ce moment là le droit à l’insurrection devient la loi républicaine et celle du peuple opprimé et nié.

Danielle Bleitrach

 
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Publié par le septembre 24, 2016 dans Uncategorized

 

La vérité historique et l’idée de peuple selon Freud (1)

 

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Voici des notes prises à partir d’un article lu dans la revue des Annales (1), à propos du libre de Bruno Karsenti Moïse et l’idée d’un peuple. La vérité historique selon Freud. les éditions du Cerf.2012.229 pages. Cet article m’a passionné parce qu’il nous permet de mettre en perspective des concepts qui font problème aujourd’hui dans la manière de penser le fait politique. Par parenthèse, à côté de ce travail conceptuel combien un Shlomo Sand parait ce qu’il est : un sous produit d’internet. Enfin savez-vous pourquoi le Moïse de Michel Ange a des cornes? C’est à cause des représentations des mystères au Moyen âge où les anges portaient une couronne faite de faisceau de lumière alors que les prophètes n’avaient que deux faisceaux, ce qui chez Sluter et Michel Ange sont devenus des cornes, passant de l’iconographie à la représentation de la puissance.Mais l’essentiel est que pour nous cette réflexion fait partie d’un travail méthodologique sur la relation entre l’Histoire, la fiction et la possibilité d’accéder à une vérité, ses traces, la possibilité de reconstituer la mémoire des vaincus et en particulier celle de la première expérience socialiste. (note de danielle Bleitrach)

La notion essentielle en politique autour de laquelle tourne l’article est celle de peuple. Bruno Karsenti interroge à ce propos l’ouvrage qu’à la fin de sa vie (1939) Sigmund Freud consacre à Moïse, l’homme et le monothéisme. Il oppose « la vérité historique » à la transmission de la tradition.

Ce concept de peuple apparaît dans la Grèce antique par rapport au demos qui est une catégorie sociale. le peuple fait face aux élites gouvernantes (le populisme aujourd’hui). Mais le Moïse de freud donne à ce concept une autre origine que la lutte des classes, c’est le monoithéisme, mais comme nous le verrons la lutte des classes n’est pas absente.

Avec le monothéisme, il s’est produit dans l’Histoire un phénomène inusité dont les sociétés jusqu’ici avaient une pluralité de dieux. Une société qui allait devenir le peuple juif dans un contexte historique très particulier s’est mise à honorer l’idée unique d’un dieu qui aurait passé avec elle un contrat dont témoignerait pour l’éternité un texte écrit -une loi. Cette contractualisation écrite avec la divinité en a fait le premier peuple au sens fort, par le truchement d’une loi écrite qui l’a incité à se constituer et à persévérer sur un mode proprement politique, c’est-à-dire une promesse faite à soi-même de respecter un engagement, un projet politique opposable à son organisation.

Ce mode d’existence collectif original et même sqingulier est le legs du judaïsme antiqure selon B. Karsenti. C’est à travers sa reprise laïque autour des notions clés comme la Constitution, le législateur, le contrat social ou le « projet de société » qu’il s’actualise au coeur de nos institutions politiques en se combinant avec l’héritage grec de la démocratie. Un tel mode d’existence politique suppose une sorte d’extériorité dans la loi, dans la production de l’ordre institutionnel moderne. Ce pouvoir est spirituel. Les juifs définissent cette extériorité  comme celle d’un Dieu unique qui les a élus.

La politique moderne ne peut pas se résoudre dans l’immanence des rapports socio-politiques et des jeux de pouvoir institutionnels. Elle en appelle à une transcendance qui puisse être opposée à ces rapports et à ces jeux, une transcendance depuis laquelle on peut en critiquer les imperfections, les insuffisances au regard de l’engagement pris. C’est cet idéalisme qui alimente les idées de nation, de peuple, aussi bien que celle de droits de l’homme et j’ajouterai une vision messianique de la lutte des classes.

Transcendance et politique moderne

« Examiner l’acte qui fait que selon le propos de J.J. Rousseau, un peuple est un peuple recquiert de reconnaître dans la naissance du judaïsme antique un moment décisif (Karsenti? ouvrage cité. P.23) ou encore « les juifs ont imaginé une façon sans précédent de faire peuple qui continue d’alimenter l’inconscient de la politique moderne » (.31)

Voilà une affirmation qui n’a rien d’évident, ne serait-ce que répondre à la question: comment la formule née avec une religion particulière s’est géné&ralisée alors même que cette généralisation entre en contradiction avec le caractère non universel de la religion juive ?

Le polythèisme et le totétémisme représentaient une formule universelle. Tous n’adoraient pas les mêmes dieux mais reconnaissaient  chez les autres les mêmes formulations religieuses. en inventant le monothéisme, le judaïsme se crée un sort particulier: la religion qui interdit à tout autre nation de s’y reconnaître. En revanche, le christianisme qui lui succèdez reprend du paganisme la prétention à l’universel par le dialogue ou la coercition. Au lieu de la « connivence » polythéiste, c’est la « bonne nouvelle » et l’obligation de devenir la religion de tous. Le judaïsme, lui refuse les deux formes d’universalité, celle du paganisme autant que celle du christianisme, ni connivence, ni prosélytisme.

Le judaïsme a rompu avec l’univers mental et pratique du totémisme et en affirmant qu’un seul peuple a été élu, il en fait la marque distinctive d’une nation et pas le destin de tous. Comment un tel modèle a-t-il pu se généraliser? (2)

Le christianisme offee-t-il aux nations modernes une formule universaliste plus viable que le totémisme? La religion monothéiste est vouée au prosélytisme et se sent potentiellement- c’est-à-dire théoriquement – égalitaire. Ce dont le christianisme hérite du judaïsme c’est une abstraction qui entraîne celle de non coïncidence avec les situations militaires et politiques des nations chrétiennes.

Si les juifs se conçoivent comme le peuple élus, quelles que soient les situations désastreuses réelles, les chrétiens ont un universel abstrait égalitariste combiné avec des situations de domination. ce qui fait que le christianisme au pouvoir s’est mué en une machibe anti-égalitariste, distinguant et hiérarchisant les individus et les nations, selon leur degré d’ignorance de la révélation chrétienne, leur fidélité au dogme, en déchaînant des violences impitoyables.

Le judaïsme de son côté aurait la particularité de ne pouvoir offrir auxu nations modernes aucune formule universelle. La seule religion sans universalité. sa valeur tient dès loçrs à l’exception qu’il représente, c’est-à-dire à sa capacité critique à faire apparaître, par contraste, tant le caractère historique de l’universalisme polythéiste que l’universalisme chrétien. Il imposerait méthodologiquement « la distanciation » monothéiste.

La distanciation monothéiste

Ce que le judaïsme rappelle aux autres monothéismes c’est que la distanciation qu’implique le monothéisme exige d’être déployée sur un tout autre plan que l’action politique.

L’arrachement de la distanciation monothéiste au réalisme politique apparaît comme l’exigence centrale, quoique mal respectée, de la tradition judéo-chrétienne. Raison pour laquelle les juifs n’ont nullement besoin de l’Etat d’Israêl, selon Karsenti (aussi justifié oit son existence ajoute-t-il) pour être un peuple, tandis que l’Etat d’israêl les expose désormais au risque objectif de mêler à la distanciation monothéite le réalisme politico-militaire et de les  confronter de ce fait  aux dilemnes déjà expérimentés par les Chrétiens.

il se pourrait que ce soit le principe de la laïcité républicaine, tel qu’il s’est développé tout particulièrement en France, que se lit le mieux l’héritagez juif de la dissociation recherchée, sinon atteinte, entre distanciation monothéiste et réalisme politique;En effet à la confusion des plans  théologiques et politique à laquelle les nations chrétiennes ont souvent cédé, les partisans de la laïcité n’opposent pas l’obligation de renoncer à toute spiritualité religieuse. Ils réclament au contraire que l’on développe une conception plus haute et plus abstraite, ou toujours plus indépendante de l’ordre politique.

C’est par ce biais que karsenti peut suggérer que le judaisme, la seule religion non universaliste puisse avoir fourni leur forme d’universalité aux nations modernes. Cette formule d’universalité proprement juive repose sur le fait que les juifs furent historiquement avec l’invention du monothéisme le premier peuple politique et que cette formule s’avère généralisable chaque fois que le législateur apparait dans une société donnée.

On reconnait le legs du judaïsme à la modernité dans le principe de la transformation de la politique en quelque chose d’opposable à l’ordre social. C’est la rupture avec le totémisme (une rechute est possible), ce n’est plus la vénération d’une divinité tutélaire de la nation mais le respect dû à un corpus de règles écrites, c’est-à-dire à une LOI que la nation s’est donnée à elle-même. Une telle religion civile n’est pas davantage assimilable à l’universalisme chrétien puisque sa prétention est de ne valoir que pour une seule nation.Sa généralisation passe par l’ère moderne des nations et de leur Constitution. Cette manière rappelle ce qu’était , avant l’apparition du judaïsme antique, l’universalité de la formule polythéiste.

Qu’apporte à la sociologie cette étude philosophique ? 

C’est une invitation à refuser de réduire la politique aux seuls rapports de force et jeux de pouvoir. Ceux-ci ne peuvent être niés mais ils sont insuffisants pour rendre compte de la tension, au coeur de l’activité politique moderne  c’est-à-dire la référence à une transcendance- qu’il s’agisse de l’universalisme des droits de l’homme ou de notions portées par les religions civiles comme celle de nation, de peuple, de République mais aussi de droit à l’insurrection comme fondement de la République.

Karsenti nous invite à voir que ce sont ces références à la transcendance, héritage sécularisé du judaïsme et du christianisme qui rendent possible la pratique politique au sens moderne, c’est-à-dire l’opposition à l’état actuel des rapports sociaux d’un idéal collexctif qui attend encore d’être accompli et qui déjà, permet de former sur l’état actuel de la société envisagée comme un tout un point de vue protique (la figure même du prophète).

Cela revient à se demander s’il est possible d’adopter sur la vie sociale un point de vue politique et pas seulement stratégique?

Les intérêts de classe structurent à leur insu les prises de position publiques des individus de sorte que celles-ci sont stratégiques et prennent leur sens dans l’immanence des luttes sociales.

Pourtan on ne saurait réduire le politique à ces effets stratégiques, l’effort de distanciation existe, il est observable, tant si l’on considère les expressions publiques de la critique que si l’on considère la capacité collective à se représenter la société en tant que totalité objective. Il n’est pas correct sociologiquement d’ignorer un tel effort.

Dans une seconde partie sera procédé à l’approfondissement de cette question par un retour à l’analyse de freud.

(à suivre)

 

(1) Cyril Lemieux. Les Annales N°1, soixante cinquième année. janvier mars 2014. Freud et la sociologie politique. p.167 à 183.

(2) le nazisme est la dernière tentative  de réhabilitation du paganisme au coeur de la modernité avec un projet de société visant à un monde fait de nations distinctes hiérachisées, soumises les unes aux autres dans un ordre impérial et tous adorant des dieux différents.

 

 
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Publié par le septembre 24, 2016 dans Uncategorized

 

Avis aux lecteurs comment retrouver le désir d’être?

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Chers lecteurs comme j’imagine que vous n’êtes pas loin d’éprouver ce que je ressens, je me permets de vous expliquer à la fois mon besoin de vacances et celui de vous transmettre d’autres textes que ceux habituels.

Marianne a besoin de repos, moi aussi mais dans un genre différent : j’ai besoin en fait de travailler en alimentant le désir et pas en l’épuisant par la routine et en perdant tout sens de mes actes en parlant de choses qui ne m’intéressent pas réellement. Peut-être est-ce parce que j’ai quitté ma mère enfin apaisée, convaincue d’être aimée, que j’éprouve cette aspiration à la plénitude. Je me souviens de la lecture des  mémoires de Simone de Beauvoir, à un âge presque aussi avancé que le mien, elle s’exclame « j’ai été flouée ». J’étais jeune en lisant ces mots, j’ai éprouvé un recul et je me suis jurée de ne jamais les prononcer.  Je n’en voulais pas, j’aurai été responsable de ma vie et il ne serait jamais question d’incriminer qui que ce soit par un aussi terrible bilan. Pourtant en ce moment, dois-je l’avouer, dès que je m’approche du « politique » en France et même des engagements qui ont gouverné ma vie, j’éprouve une espèce de nausée, un mépris global qui fait monter à mes lèvres la protestation du Castor: « j’ai été flouée ». Pourquoi ai-je perdu tant de temps avec des gens pareils? J’ai du mal à me souvenir du temps des évidences et j’hésite entre l’irritation et l’ennui pourtant je considère toujours comme indispensable le refus de l’injustice et pour l’intellectuel, l’artiste, la conscience de la vanité de ses efforts s’il n’y a pas derrière l’exercice de sa soif d’agir et de connaître une certaine conception de l’humanité qui ne peut s’accommoder du monde tel qu’il est. Cela je ne le renie point, l’urgence au contraire s’impose et c’est de ne savoir comment m’y conformer avec sincérité que j’éprouve ce vide. J’ai beau sélectionner pour ce blog ce que je crois être le meilleur ou le moins pire, demeure cette impression que tout cela ne mène nulle part. Je ne m’y résigne pas. Dans nos conversations avec Marianne, avec les gens que j’aime dans la vie quotidienne, je sais que c’est un mauvais moment à passer. Il n’empêche aujourd’hui,  quel moyen d’action ai-je? L’action collective ? Cette impuissance fait de nous tous des vieillards floués. Que faire?

Dans ces cas là rien de tel qu’un stage dans le silence des bibliothèques après une activité physique, nager marcher. L’activité physique ne doit pas être négligée, en classant les papiers de ma mère, je tombe sur des tranches de ma vie que j’avais oubliées et qu’elle avait conservées. Des photos de moi en train de skier avec une coiffe de chasseur alpin et ma carte de « coureur » parce que j’ai été monitrice et j’ai été inscrite dans des courses. J’étais sensée préparer mon bac de philosophie au lycée de Barcelonnette, je n’y ai jamais mis les pieds et suis restée au Sauze à me livrer au sport d’hiver. A la fonte des neiges, en avril je suis redescendue et me suis enfermée dans la bibliothèque de la place Carli pour me gorger de philosophie et j’ai réussi. J’avais oublié cet épisode au cours duquel je me suis initiée à Lucrèce, à Kant et à Sartre soi-même. Spinoza ce fut quelques années après dans un petit village de Kabylie où j’ai découvert au galerie de Tizi Ozou le traité théologico politique. Si le corps a sa part,  dans une bibliothèque depuis ma plus tendre enfance je retrouve quelque chose de la joie de Spinoza, les passions sont éliminées pour mieux attiser le désir de connaître, de comprendre, le dialogue avec ceux qui ont fait l’effort de penser, de travailler, loin du vide médiatique et surtout celui abyssal de l’aréopage politique. Pour Spinoza, le Désir n’est pas une quête de l’impossible ni un manque indépassable, mais un dynamisme qui est la source de ses propres valeurs et qui peut accéder à la plénitude, c’est-à-dire à la satisfaction. Et chacun de nous à ses propres chemins pour entretenir cette dynamique qui est la vie même. Il faut sortir du « flottement de l’âme » et restaurer, toujours selon Baruch, l’amour de soi et le commerce avec des esprits libres et il est un temps où on ne le trouve que dans la lecture, dans une bibliothèque pleine de gravité et de lumière dont les rayonnages sont promesse de liberté d’expression, dans cette république là chacun est libre, il peut penser et dire ce qu’il veut dire et dire ce qu’il pense. On se sent libre dans la joie d’être et d’agir avec des compagnons qui ne trahissent pas à cause de quelque passion indigne pour le pouvoir, pour des choses qui ne nous mènent nulle part.

Je ne connais qu’une manière de lire et je ne puis l’exercer avec les textes d’internet: copier en le résumant le texte qui est ainsi capable de vous ouvrir les portes de ce désir d’être. J’ai à l’index une bosse due à ces efforts de copiste, chaque stage en bibliothèque avec un cahier et un stylo la fait repousser comme une sorte de verrue studieuse. Voilà tout cela pour vous dire que je me suis lancée dans la lecture de certains articles des annales et que si j’en trouve le courage, je vous recopierai mes notes au moins pour le week end, ce qui ne m’empêchera pas d’aller à la manifestation pour la paix samedi.

Danielle Bleitrach

 

 
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Publié par le septembre 23, 2016 dans Uncategorized

 

« La France est en danger d’implosion réactionnaire et/ou de fascisation accélérée ! » – entretien avec Georges Gastaud

entretien-gastaud-sept-2016Fascisation et intensification des guerres, montée des tensions, au plan national et internationale, rentrée sociale et rentrée politique, après la fête de l’Humanité et le retour réussi dans la rue du mouvement social pour le retrait de la Loi Travail… la rédaction d’Initiative Communiste s’est entretenu avec avec , secrétaire national du PRCF pour faire le point sur la situation en France

« La France est en danger d’implosion réactionnaire et/ou de fascisation accélérée »

Initiative Communiste :  La situation nationale est-elle si grave que cela ?

LR fascisme FNGeorges Gastaud – Oui, hélas. La France est bel et bien en danger d’implosion réactionnaire et/ou de fascisation accélérée. Sans parler ici des graves menaces sur la paix mondiale que fait peser le déploiement militaire agressif de l’UE/OTAN aux frontières de la Russie, la France est actuellement broyée, « malaxée » dirai-je même, par plusieurs « tenailles » politico-idéologiques. La tenaille politique principale, que le PRCF fut longtemps bien seul à dénoncer, prend le peuple français en étau entre les euro-désintégrateurs de nation du « Parti Maastrichtien Unique », le PMU (c’est-à-dire PS, LR, UDI et leurs satellites) et l’ultra-réaction de ce que nous appelions il y a peu l’UM’ Pen : nous entendons par là le bloc qu’alimentent les surenchères entre le FN et les LR, de plus en plus fascisants. Ce broyeur idéologique veut forcer le pays à « choisir » entre deux formes de mort déshonorante : ou bien la dissolution sans restes dans l’Empire euro-atlantique du capital (substitution des euro-Länder à la République une et indivisible, arrachage du français au profit de l’anglais « transatlantique », éradication des conquêtes de 1936 et du CNR, éradication du produire en France industriel et agricole, démantèlement des services publics et de la loi de 1905 séparant l’État des Églises…), ou bien le repli chauvin, raciste et grossièrement anti-Musulmans sans pour autant quitter réellement l’UE puisque Mme Le hollande sarkozy le pen UE UMPENPen, comme ses amis V. Orban (Hongrie), J. Kaczynski (Pologne) et autres réactionnaires à la tête des pays baltes, de la Croatie, etc., veut seulement se « concerter » avec Berlin sur la sortie de l’UE : bref, agir à l’instar de Cameron qui, que l’on sache, est le perdant, et non le gagnant du référendum sur le BREXIT. Dans les deux cas, PMU « classique » ou UM’ Pen, le processus de fascisation se poursuivrait : car pour dissoudre le pays de 1789, de la Commune et du CNR dans l’Europe germano-américaine du capital, et pour le faire au seul profit de l’oligarchie capitaliste « française » et au détriment de 90% des Français, Hollande, Sarko ou Le Pen devront demain gouverner par ordonnances, interdire les manifs ouvrières, étrangler le droit de grève, museler la CGT, mettre au pas la jeunesse, resserrer la dictature médiatique : et avec Hollande et Valls, cette ligne liberticide est déjà sur les rails comme on l’a vu à l’encontre de la CGT et de ses alliés syndicaux !

« le prétendu « suicide français » en cours est un assassinat de classe «

Front antifasciste FRAPPEImaginons que la nation française termine son histoire, contradictoire mais non moins porteuse d’avancées universalistes (l’humanisme de Rabelais, l’Édit de Tolérance d’Henri IV, les Lumières et Rousseau, la Grande Révolution, les insurrections ouvrières et républicaines du 19ème, sans parler de Jaurès, du Congrès de Tours, de 36, de la Résistance antifasciste, des conquêtes communistes de 1945, de la grève de masse de Mai 68…) par une guerre civile inter-communautariste sur fond de xénophobie et d’intégrisme islamiste, quelle terrible victoire MONDIALE ce serait alors pour la réaction qui, dans les trois dernières décennies s’est déjà acharnée sur la Révolution d’Octobre (restauration contre-révolutionnaire du capitalisme à l’Est) et à la Grèce, berceau de la pensée libre depuis Thalès et Socrate… En réalité, le prétendu « suicide français » en cours est un assassinat de classe : pour écraser la classe travailleuse française, pour « thatchériser » nos acquis, en finir avec l’ « esprit frondeur » ancré dans notre pays depuis le Moyen Âge et surtout, pour asseoir en bonne place l’impérialisme français à la table du profit mondialisé, le MEDEF, le CAC-40 et leurs commis politiques ont largement engagé les travaux pratiques de la liquidation nationale. Il suffit pour s’en convaincre de lire le Manifeste du MEDEF intitulé « Besoin d’aire » (déc. 2011) et d’examiner les ACTES des grands capitalistes « français » sur les scènes industrielle (dépeçage d’EDF et d’Alstom par ex.), agricole (mise à mort de la petite et moyenne paysannerie au moyen des orientations européennes et des pratiques de la distribution capitaliste), linguistique (combien d’émissions sont désormais intitulées en anglais par l’audiovisuel public ?) et proprement politique (les « primaires » importées des USA et admirées par P. Laurent, tirent le pays vers la pire réaction !).

Ajoutons à ce sombre tableau que l’euro-séparatisme régionaliste monte doucereusement en puissance dans notre pays : en Catalogne, le pseudo-indépendantisme de la bourgeoisie barcelonaise (avec pour slogan : « Catalunya a new nation in Europe » : sans commentaire !) lorgne sur les Pyrénées-Orientales et cet irrédentisme est alimenté par le retrait de l’État-nation français qui coupe les subventions aux collectivités territoriales. En Corse, le sécessionniste Talamoni refuse illégalement de parler français au Conseil régional et, même si tous les autonomistes ne sont pas à mettre dans le même sac, le « On est chez nous ! » clamé à Sisco ne peut se dissocier des honteux slogans racistes « IFF » (I Francesi fora, « les Français dehors », qu’on voit à Bastia) et « Arabi fora » (« Arabes dehors ! », sic) qui déshonorent la langue corse. Combien de temps les « Bonnets rouges » bretons resteront-ils en sommeil, cette décomposition nationale étant favorisée par la contre-réforme territoriale qui démolit les départements, les communes et l’État-nation au profit des métropoles et d’une Europe des régions chapeautée par l’OTAN et par le Affiche UE casse FRANCETraité transatlantique : car on peut parier gros que les négociations sur le TIPE reprendront de plus belle après les élections françaises et allemandes, lesquelles forcent très provisoirement les gouvernants « nationaux » à adopter des postures patriotiques…

Du point de vue marxiste, c’est-à-dire d’un point de vue de classe intégrant la référence à l’anti-impérialisme et la revendication universaliste du droit égal de tous les peuples à disposer d’eux-mêmes, il n’y a rien de paradoxal à constater que l’euro-dissolution fascisante de la France avance du même pas que les ingérences néocoloniales au Mali, en Syrie, en Libye ou en Ukraine. Comme disait Engels, « un peuple qui en opprime un autre ne saurait être libre ». Il faut donc conjuguer le patriotisme républicain à l’internationalisme prolétarien, le drapeau rouge au drapeau tricolore, l’Internationale à sa sœur aînée, la Marseillaise, pour combattre le racisme et les ingérences néocoloniales, et pour dénoncer l’auto-phobie nationale – ce cosmopolitisme bobo qui enduit de rose la casse de la nation, de sa langue, de sa production et, in fine, de sa classe ouvrière, de sa paysannerie laborieuse et de ses intellectuels progressistes.

« il y a en France un noyau révolutionnaire indestructible » Marcel Paul ministre communiste nationalisant l’energie et créateur d’EDF-GDF

I.C. – Cette vision n’est-elle pas trop pessimiste ? Existe-t-il des moyens de contre-attaquer ?

Georges Gastaud – Comme le disaient Romain Rolland, et après lui, Gramsci, « pessimisme de l’intelligence, optimisme de la volonté ! ». Cassandre n’avait pas tort d’annoncer la prise imminente de Troie, ce sont les Troyens qui eurent tort de ne pas prendre les dispositions nécessaires pour interdire à l’ennemi d’introduire son Cheval dans la loi travail retrait grève générale manif nationaleCité. Quand on voit les périls, on peut les combattre, et c’est ce que faisait le jeune PCF des années trente qui préparait ainsi, éditoriaux d’Aragon et de Gabriel Péri en tête, la Résistance et la Renaissance patriotiques, antifascistes et populaires. D’autant que le peuple de France est riche d’une incroyable tradition rebelle ; rappelons la phrase du déporté-résistant, syndicaliste CGT et ministre communiste que fut le grand Marcel Paul, créateur d’EDF à la Libération : « il y a en France un noyau révolutionnaire indestructible » ! Et surtout, le printemps 2016 a vu le réveil prometteur du syndicalisme de classe et de masse avec l’émergence d’une avant-garde de militants syndicaux aspirant au tous ensemble, résistant à la violence antisyndicale (l’État policier mais aussi, celle bien souvent, des casseurs instrumentalisés) et avide de contre-attaquer sur l’ensemble des contre-réformes…

impossible de nationaliser franchement Alstom, d’exproprier les actionnaires prédateurs qui le dirigent, de diriger vers Alstom les commandes de la SNCF et de la RATP, sans sortir du carcan européen

Hollande et Vals loi Travail 2016 UE._01Sur la base de cet élan de classe, il faut briser plusieurs verrous qui bloquent la convergence des luttes. D’abord, faisons sauter le tabou de l’euro-béatitude syndicale. Non seulement la CES n’est pas un allié potentiel pour fédérer les luttes en Europe, mais c’est une courroie de transmission de Bruxelles, d’où est venue la Loi dite El Khomri. Non seulement le Parti de la Gauche Européenne présidé par M. Laurent n’est pas un outil permettant de fédérer les progressistes d’Europe, mais il est un satellite « rose vif » de cette social-eurocratie dont le seul but est de sauver la « construction » européenne tout en feignant de critiquer la seule « austérité », qui n’est qu’une conséquence. Tous SAVENT pourtant qu’une réorientation progressiste de l’UE est impossible puisque le soclede l’UE est la supranationalité libre-échangiste et néolibérale qui définit l’Union comme « une économie de marché ouverte sur le monde dans laquelle la concurrence est libre et non faussée ». Non seulement ce cadre totalitaire prohibe le socialisme révolutionnaire (les partis communistes sont pourchassés dans nombre de pays européens !), mais il est conçu comme une assurance-vie du capital contre toute forme de nationalisation démocratique : impossible de nationaliser franchement Alstom, d’exproprier les actionnaires prédateurs qui le dirigent, de diriger vers Alstom les commandes de la SNCF et de la RATP, sans sortir du carcan européen : toutes les jérémiades des « eurocommunistes » du PGE (communistes en paroles, sociaux-maastrichtiens en fait) sur l’introuvable « Europe sociale » ne pourront pas éternellement cacher cette évidence.

« briser les verrous qui bloquent la convergence des luttes «

PRCF affiche départementales UE vallsEn réalité, si l’on veut vraiment fédérer les luttes des services publics, de l’industrie privée, des éleveurs en lutte ou des taxis écrasés par l’ubérisation, l’UE doit en quelque sorte servir de « critères de convergence au négatif » car, sans que cela ne dédouane Hollande et les autres gouvernements (anti-)nationaux d’Europe, ce sont Bruxelles et Francfort qui orchestrent la casse nationale, sociale et démocratique à l’échelle continentale, en témoigne la volonté la volonté de créer une « armée européenne » intégrée à l’OTAN dont la tâche n°1 sera de briser les insurrections populaires inévitables qui vont surgir en Europe contre l’UE. Sans retomber dans le mortifère « syndicalisme rassemblé » derrière la CFDT jaune, il faut aussi relancer le front intersyndical sur une plate-forme et sur un calendrier militant qui permettent de lutter à la fois pour l’emploi, les salaires, les services publics et la protection sociale. Sans se subordonner aux échéances électorales politiques ou professionnelles et en évitant si possible que le temps fort des manifs centrales de combat à Paris ne coïncide systématiquement avec la veille des vacances scolaires, car l’alliance de combat des travailleurs et de la jeunesse populaire est stratégique pour le front anticapitaliste.

Initiative Communiste : Et sur le plan politique proprement dit ?

affiche-serpent-sortie-de-lue-prcf-fond-sombreGeorges Gastaud :  La réponse originale du PRCF reçoit un écho grandissant dans les avant-gardes politiques, syndicales et populaires parce qu’elle est objectivement la seule, face à l’union de la gauche en faillite, à pouvoir fédérer la majorité du peuple autour de la classe ouvrière pour sauver la nation en la réinscrivant dans la marche vers ce que Marx appelait « l’humanité sociale » : ce sont les quatre sorties, dont le principe a été adopté mais pas encore vraiment mis en œuvre par les Assises du communisme : sortie par la voie progressiste de l’euro, de l’UE, de l’OTAN dans la perspective d’une rupture révolutionnaire avec le capitalisme, c’est-à-dire – pour répondre aux ineptes procès d’intention gauchistes – de la révolution socialiste pour la France. Dans la période électorale qui vient, le PRCF a pris la décision de diffuser au moins 100 000 tracts aux manifs populaires et aux entreprises pour présenter, non seulement ses « quatre sorties », mais ses « dix entrées » programmatiques pour une rupture progressiste. Il s’agit de dessiner la voie à emprunter pour amorcer DANS LES FAITS la rupture avec la domination du grand capital sur notre pays : nationalisation démocratique des secteurs-clés de l’économie et reconstruction planifiée, à partir du secteur public (banque, grande industrie, grandes surfaces et infrastructures essentielles), du « produire en France », de la protection sociale, des services publics, du logement social, d’une Éducation nationale de qualité pour tous, tout cela dans la perspective d’une coopération internationale affranchie de l’UE (pour desserrer l’étau germano-américain, tournons-nous vers la coopération mutuellement avantageuse et d’État à État avec l’Europe du Sud et de l’Est étouffée par Berlin, avec les BRICS, avec l’Afrique francophone débarrassée de la tutelle néocoloniale, avec Cuba et l’ALBA latino-américain…

« Défendre les 4 sorties (UE, Euro, OTAN, Capitalisme) en proposant 10 entrées programmatiques »

COP21 environnement écologie PRCFQuant à la question environnementale, si l’on me permet pour une fois un aparté philosophique, il faut considérer que la future production communiste mondiale ne devra pas seulement être « éco-compatible », comme si le souci environnemental venait, du dehors, limiter le souci productif. Par une gigantesque négation de la négation historique, la production communiste de l’avenir ne devra ni s’agenouiller devant la nature (comme à l’époque du communisme primitif et des « religions de la nature »), ni traiter la nature en ennemi : la continuité du progrès historique imposera de reproduire scientifiquement, techniquement, j’allais dire : artificiellement – les conditions naturelles indispensable au déploiement de la culture humaine et de la liberté. C’est un paradoxe, mais quand tant de cycles naturels ont été brisés par le mode de production capitaliste en phase impérialiste et exterministe, il reviendra à l’homme – de plus en plus savant et technicien – de ne plus se contenter d’habiter la terre en la pillant, ou au mieux, en la réparant, mais d’utiliser sa science pour que l’humanité REDEVIENNE viable. Si je puis risquer ce paradoxe, c’est désormais sur terre, et pas sur on ne sait quelle exo-planète (on n’en est pas là !) qu’il faudra faire ce que certains récits de science-fiction appellent la « Terra-formation ». Mais pour y parvenir, le communisme est plus vital que jamais car la « guerre de tous contre tous » que porte le capitalisme agonisant conduit déjà à la non-viabilité radicale de l’humanité. Il faut en un mot combattre le primat de la nature au sein de la culture (la survie du capitalisme signifie la sauvagerie dans la civilisation même !), donc effectuer une révolution « sociale », pour civiliser notre rapport à la nature elle-même : on est aux antipodes de ce que l’éco-capitalisme appelle, en anglais naturellement, le « green washing ».

« lancer la contre offensive progressiste avec une manifestation progressiste pour un FREXIT progressiste »

frexit-frecsitPour nourrir la contre-offensive progressiste, le PRCF a soumis à ses partenaires nordistes l’idée d’une manifestation départementale, voire régionale Nord-Pas-de-Calais-Picardie pour la rupture progressiste avec l’UE, avec l’idée d’ancrer en bas, au plus près des revendications, l’idée du « FREXIT progressiste » (nous disons parfois le « FRECSIT », Franche Rupture avec l’Europe Capitaliste Supranationale à l’Initiative des Travailleurs), rien n’interdisant a priori de nationaliser cette idée en descendant de Lille-Lens-Amiens (le Nord ouvrier et paysan de la France a le plus voté Non à Maastricht et au TCE) vers Paris. C’est sur du concret, pas sur d’interminables discussions stratosphériques, qu’il faut fédérer les communistes indépendamment de l’état-major euro- et socialo-dépendant du PCF-PGE, qu’il faut aider les syndicalistes de classe à s’affranchir de l’illusion euro-constructive, qu’il faut rassembler les antifascistes en cassant la scandaleuse équation « patriotisme=fascisme » (une équation qui fait bondir les anciens Résistants et qui réjouit tous les anciens Kollabos !). A cette fin, notre Pôle fera tout ce qu’il peut à son échelle pour diffuser un programme communiste de transition révolutionnaire que le PCF officiel est incapable de proposer (à la Fête de l’Huma dominaient d’une part, une « consultation citoyenne » remarquable de vacuité, et une affiche extrêmement « politique » : « je suis communiste, ça fait du bien » !). Et bien nous, militants FRANCHEMENT communistes, nous militons pour les quatre sorties sous les deux drapeaux révolutionnaires inventés par notre peuple, le rouge et le tricolore. Et notre but est clairement de reconstruire notre pays cassé, de stopper la fascisation et la mondialisation des guerres impérialistes (lourdes menaces de l’OTAN contre la Russie) et de rouvrir à notre combative classe ouvrière la perspective concrète du socialisme et du communisme !

Et nous opposons si peu nos idéaux révolutionnaires à notre stratégie d’union anti-monopoliste contre l’UE atlantique que nous engageons concrètement dès à présent l’action pour fêter dignement, et en relation avec les luttes actuelles, le 100ème anniversaire de la Révolution prolétarienne d’Octobre 1917. (cliquez ici pour participer à la souscription)

Initiative Communiste : Et sur le plan électoral. Que penser de la « France insoumise », des propositions de la gauche de gauche, d’une candidature PCF aux présidentielles ?

hue laurent hollandeGeorges Gastaud.- Le PRCF débat actuellement de son positionnement, c’est son Comité central qui en décidera démocratiquement début novembre après discussion dans nos organisations locales et départementales. Je ne puis que redire ce que j’ai dit à la Fête de l’Huma lors de notre débat politique pluriel avec les Clubs Penser la France, le Front syndical de classe, le réseau Faire vivre et développer le PCF et les camarades du Mouvement pour le socialisme du 21ème siècle.

Concernant les propositions de Pierre Laurent, leur crédibilité est devenue voisine de zéro. Le revenant Montebourg, que P. Laurent a tenté de courtiser, s’inscrira dans la primaire du PS : en clair il soutiendra Hollande si ce dernier gagne la primaire, ce que ne rend pas improbable le soutien déclaré de Cambadélis et de l’appareil PS au président sortant. Les écolos auront leur propre primaire. La candidature Mélenchon ira jusqu’au bout, sauf si certains appareils organisent « démocratiquement » le blocus des parrainages. On a surtout l’impression que P. Laurent, plus occupé par la lutte des places que par celle des classes, est prêt à tout pour sauver le groupe parlementaire du PCF, y compris à obtenir un appui du PS (des candidatures uniques de la gauche au 1er tour des législatives ?) en échange d’un torpillage de élections présidentielles 2017tout ce qui pourrait sérieusement menacer Hollande sur sa gauche. Ce n’est plus seulement de l’opportunisme, c’est de l’illusion pure et simple car toute l’histoire montre que le PS ne renvoie jamais l’ascenseur et qu’il est d’autant plus tenté de « plumer la volaille communiste » qu’il risque fort de se faire étriller par les LR et le FN. Ne doutons pas une seconde qu’il tentera de prendre sur sa gauche ce qu’il aura perdu sur sa droite !

Concernant l’idée d’une candidature communiste aux présidentielles, elle est tout-à-fait recevable dans son principe et nous, PRCF, avons trois soucis par rapport à cette élection : a) qu’elle ne mette pas le combat social sous l’éteignoir pendant des mois : primat absolu en toutes circonstances au mouvement populaire ! b) qu’elle n’écrase pas l’espace de la future renaissance d’un vrai parti communiste, et c) qu’elle laisse ouverte à la gauche de la gauche l’espace politique, le « vivier progressiste » indispensable pour construire ce que nous appelons le FRAPPE(FRont Antifasciste, Patriotique, Populaire et Écologique), qu’elle ne se traduise pas par la catastrophe intégrale que serait, outre le cauchemardesque second tour thatchéro-fascisant que nous promettent les LR et le FN, le laminage définitif de la gauche populaire et républicaine.

Splan A plan B sortie de l'UE europe PRCFi donc une candidature « communiste » doit émerger au premier tour, ce ne peut pas être une candidature « de témoignage » issue de la direction déboussolée du PCF et objectivement située… sur la droite de Mélenchon ! Au moins ce dernier proclame-t-il que « l’UE, on la change ou on la quitte », alors que la simple idée d’une rupture avec l’UE donne des boutons à MM. Laurent, Chassaigne, Dartigolles, etc. Si une candidature communiste émerge, quitte à risquer le score de « témoignage », ce doit être au moins sur un contenu franchement communiste, 100% anti-UE et de classe, autrement elle ne serait qu’un leurre politique et ne ferait que diviser encore davantage l’espace communiste et l’espace progressiste en bénéficiant uniquement à Hollande.

« Les élections Présidentielles ? nul ne se trompera s’il rejoint notre organisation franchement communiste et 100% anti-UE … »

Quant à Jean-Luc Mélenchon, il ne serait pas plus sérieux de nier ses avancées politiques (sur l’OTAN, la Syrie, l’Ukraine, Cuba, sur la laïcité républicaine, les luttes sociales, l’Éducation nationale, la nationalisation d’Alstom, etc., nos positions sont objectivement proches, et ce n’est pas nous qui avons bougé !), que de d’ignorer certains blocages persistants, notamment sur la nécessaire rupture franche avec la dictature européenne : militants de la Renaissance communiste, nous nous prononçons pour sortir d’emblée, voire unilatéralement, de l’UE et nous jugeons risqué de négocier on ne sait quel accord futur avec A. Merkel au risque de reporter à plus tard les réformes urgentes attendues par le peuple français, de nourrir la déception populaire, de faciliter la contre-attaque réactionnaire et de sembler négocier ce qui est par définition non négociable : la souveraineté nationale ! Toutefois nous regardons cette candidature dans un esprit d’ouverture et de débat ; car si la gauche de la gauche indéfiniment fractionnée par ses micro-appareils obtient 4%, et cela au moment même où la fascisation et la criminalisation du communisme venue de l’Est se déploient sur toute l’Europe, ce ne sera pas « le même prix » à payer pour le mouvement populaire, face à Sarko-Le Pen qui rappliquent au galop, que dans l’hypothèse inverse où la gauche populaire et euro-critique talonnerait, voire dépasserait le PS en plongeant cette organisation globalement néfaste au mouvement populaire dans une crise existentielle bien méritée. En l’occurrence, ce sont nos camarades qui décideront librement et collectivement à partir des éléments fournis par la direction élue du PRCF.

rejoins-le-prcf-jrcfCela dit, le PRCF n’aura cure de se diviser sur une élection bourgeoise dont le peuple ne contrôle pas les attendus : quel que soit son positionnement final, le Pôle demeurera strictement indépendant de tout dispositif non communiste, soucieux à la fois de défendre l’espace de la renaissance communiste, de placer les luttes au premier plan et de favoriser la dynamique unitaire d’affrontement progressiste avec l’UE et avec l’ensemble des forces de fascisation. En réalité, nul ne se trompera s’il rejoint notre organisation franchement communiste et 100% anti-UE pour l’aider à diffuser massivement dans la population travailleuse et dans la jeunesse ce qui fait actuellement le plus défaut pour ouvrir la perspective : un programme communiste de transition révolutionnaire.  

 
2 Commentaires

Publié par le septembre 21, 2016 dans Uncategorized

 

Emigration au XXIe siècle par Par Rafael Poch

Mardi, 20 Septembre, 2016

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http://leyderodriguez.blogspot.fr/2016/09/la-emigracion-en-el-siglo-xxi.html?utm_source=twitterfeed&utm_medium=twitter
Il s’agit d’un excellent article qui a le mérite de poser toutes les convulsions actuelles et toutes les manoeuvres politiciennes sur l’immigration dans une perspective raisonnable, qui n’ignore pas les problèmes, mais en souligne les causes et nous invite à y faire face pour éviter que l’humanité sombre dans la folie. Même si l’article ne suggère pas de forme politique apte à répondre au défi, on songe à la phrase prémonitoire de Rosa Luxembourg: »socialisme ou barbarie » (note et traduction de Danielle Bleitrach).

 

le Vanguardia.com

La guerre, les inégalités et le réchauffement climatique poussent à la multiplication des flux aujourd’hui

  
L’émigration caractérise l’ humanité depuis qu’elle existe. La plus grande vague de l’histoire de l’émigration a été celle des Européens vers les «nouveaux mondes » à la fin du XIXe siècle. A la fin du XXe, les  flux migratoires se sont accélérés, alimentés par une inégalité territoriale et sociale croissante, des crises et des conflits, ainsi que la circulation de l’information qui a stimulé la comparaison et le désir de partir. Au début du vingt et unième siècle l’émigration est celle de la mondialisation. A la place de ces nouveaux mondes qui ont agi dans le passé comme une soupape de sécurité, aujourd’hui dans un monde intégré, unifié dans ses drames et ses défis, en  posant plus durement que jamais les questions de la coexistence, de la justice et de la survie.

Le  grand « triple bond » dans l’économie mondiale (de l’URSS et du bloc de l’ Est, de la Chine et l’Inde -un  total de 1470 millions de travailleurs) a doublé dans les années quatre vingt dix le nombre total des travailleurs et a modifié la corrélation forces mondiales entre le capital et le travail en faveur du premier. L’augmentation des inégalités: plus de 75% de la population mondiale vit aujourd’hui dans des sociétés où les différences dans la répartition des revenus sont les plus élevées depuis deux décennies. Un cinquième de la population mondiale correspond à 2% seulement du revenu mondial, tandis que les 20% plus riches s’attribuent 74% des revenus. Plus de 1,2 milliard de personnes vivent dans l’extrême pauvreté.

Les crises politiques, les guerres, les persécutions et la violence politique nourrissent des mouvements migratoires importants. Les populations qui dans ce contexte ne peuvent rester dans leurs pays deviennent «déplacées». Le passage de la frontière signifie  demander l’asile dans un autre pays. Une petite partie obtient le statut officiel de «réfugié» telle que définie par la Convention de Genève de 1951, qui place les individus concernés sous la protection du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés. Tel est le contexte de l’élargissement des migrations qui augmentent et plus encore puisque que les conséquences du réchauffement climatique se multiplient.

Dans le monde d’aujourd’hui, il y a 230 millions de migrants internationaux, soit environ 3% de la population mondiale, par rapport à l’estimation de 174 millions en 2000. La dernière crise économique a réduit de 10% la migration vers les pays G-20, dont la plupart ont une population vieillissante et des armées de travailleurs en déclin.

Dans les économies avancées un cinquième de la population a 60 ans ou plus et il est prévu qu’au milieu du siècle ce groupe sera supérieur à 30%. Face à cela, la migration des pays en développement, avec seulement 10% de population âgée de plus de 60 ans, maintient  dans les pays «vieux» le flux des travailleurs et comble les lacunes et le financement de la sécurité sociale. Une enquête menée en 2014 par l’OIT dans 150 pays, suggère que plus d’un quart des jeunes dans la plupart des régions du monde veut résider de façon permanente dans un autre pays.

Certains flux sont fortement déterminés par la proximité géographique, comme dans le cas du détroit de Gibraltar, du canal entre l’Italie et l’Afrique du Nord ou de la frontière entre le Mexique et les États-Unis. D’autres sont marqués par l’histoire, comme liant l’ancien colonisé à l’ancienne métropole coloniale. A la fin du siècle, seulement 40% de la migration mondiale allait du sud au nord. Moins connue, le mouvement  «interne» entre les pays du Sud, les flux sont de plus en plus importants.

 

La création de l’Union européenne a créé la libre circulation des Européens, mais aussi contribué à renforcer les frontières extérieures de son espace. A partir de la crise pétrolière de 1973 les grandes immigrations vers les nations européennes (France, Royaume-Uni et Allemagne) ont cessé de délivrer des permis de travail automatiquement. Depuis lors, il n’est plus possible de s’installer sans avoir obtenu un contrat de travail préalable. Les aspirants à  l’émigration devaient se diriger vers les deux seules portes d’accès qui restent: le regroupement familial ou l’asile politique. Ceux qui n’ont pas accès à ces canaux utilisent des réseaux clandestins. Ce durcissement datant de 1973, ainsi que le renforcement de la frontière extérieure de l’UE, a accru l’utilisation de franchissement illégal.

Rien de nouveau

L examen historique de la réaction que provoque l’émigration dans les pays récepteurs, suggère que, au – delà de la mondialisation et la diversification du phénomène, il n’y a rien de nouveau dans la xénophobie européenne actuelle. A chaque époque, l’opinion publique réinvente la figure de l’étranger inassimilable. A la fin du XIXe, il enracine la peur ancestrale de ce qui vient de l’extérieur. Le discours de la presse et des élites, nourrit la stigmatisation à l’étranger, par opposition au «national». Les stéréotypes qui sont  lancés ensuite ont marqué depuis de nombreuses années l’image des migrants : trop nombreux, porteurs de maladies, consommateurs du pain des locaux, criminels potentiels,  et politiquement menaçants. Ce rejet est également alimenté par des anti-sémitismes et des racismes dans le cas des migrants coloniaux. A chaque vague d’émigration, les mêmes plaintes. A chaque crise, les mêmes tensions exacerbées. La cause de la solidarité, l’humanisme internationaliste et l’acceptation de la diversité devraient être affirmés par toutes les générations.

 

La côte de l’étranger a connu des hauts et des bas, en alternant les radicalisations par temps de crise et des périodes d’ouverture lorsque le travail était nécessaire. La Première Guerre mondiale marque une étape importante avec la création de documents d’ identité nationale et le début de la conscription générale organisée dans les pays les plus avancés. En France, se sont créés les premiers organismes destinés à gérer un afflux massif de travailleurs étrangers pour alimenter la chaudière industrielle que la mobilisation de guerre avait vidé. La crise des années trente a stimulé la xénophobie et l’antisémitisme dans un contexte de chômage. Au cours de la Seconde Guerre mondiale ces traits ont acquis des  dimensions criminelles, avec l’ Allemagne nazie à l’avant-garde. Pour faire face à l’effondrement démographique après la guerre, les politiques d’immigration  ont été libéralisées. Dans les trente glorieuses, elles ont été soumises aux besoins du secteur privé. Actuellement, la tendance est la réduction et détermine la politique des gouvernements.

La situation en Europe

La crise actuelle de l’immigration en Europe réunit beaucoup de ces aspects mais  est encore compliquée par deux facteurs. Le premier est sa relation directe avec l’état déclaré de guerre dans le Moyen-Orient, de l’Afghanistan à l’Afrique du Nord, avec son épicentre en Syrie et en Irak. Une « guerre civile généralisée, en partie créée et constamment aggravée par des interventions extérieures, cruelle et de destruction sans analogue depuis la Seconde Guerre mondiale », selon les mots du philosophe français Étienne Balibar. Rappelons qu’en Afghanistan 15 ans de guerre ont créé 220.000 morts, en Irak 12 années de guerre ont produit un million de morts et la division du pays en trois morceaux, qu’en Libye, 40.000 décès sont enregistrés après cinq années de chaos et la division du pays en trois morceaux, et en Syrie cinq années de guerre ont généré 300.000 morts et la fragmentation du pays. Dans tous ces pays l’intervention occidentale a clairement aggravé la situation antérieur.

Le deuxième aspect est le processus de désintégration que l’Union européenne vit depuis la crise financière de 2008 et qui  témoigne dans son  fonctionnement de ses défauts de construction et de contradictions évidentes entre  la souveraineté nationale et la démocratie.

Le flux migratoire vers l’Union européenne n’est pas très important pour un ensemble de 28 (27) Etats et 500 millions de personnes. L’Allemagne (82 millions), s’est déclarée prête à recevoir 800.000 réfugiés, alors que chaque année environ un demi-million d’étrangers quittent le pays: -5400000 au cours des dix dernières années, selon les statistiques fédérales. En France (66 millions), si le pays est représenté comme un pays occupé par 10.000 personnes, les émigrations de ces dernières années ont apporté 30 personnes par an, dont; 10 sont des étudiants, 13 conjoints ou enfants, moins de 3 migrants ayant un statut d’asile et moins de 3 migrants de travailleurs, sans compter ceux qui sont rentrés chez eux ou sont morts dans l’année, selon la description illustrative du démographe François Héran. Bien qu’en termes absolus, le phénomène représente une très faible proportion de la population européenne, la crise européenne actuelle la convertit en crise. La raison en est que, depuis que l’Allemagne a ouvert la boîte de Pandore de l’égoïsme national, avec l’égoïsme de sa stratégie nationale d’exportation basée sur les bas salaires, qui a exporté le chômage et a sapé la compétitivité de ses associés, puis avec une politique de mesure d’austérité dans laquelle la Grèce a été engloutie, avec la possibilité d’expulser et de piller un partenaire de l’euro, la solidarité et le consensus n’ont plus leur place dans l’UE. Le résultat est une masse de contradictions et embardées ; de la part des partenaires européens qui ne supportent pas qu’on leur inflige des quotas de réfugiés, les pays qui hier critiquaient leurs voisins adoptant des mesures d’urgence à leurs frontières, les États qui formulent des discriminations sur les conditions d’accueil fondées sur la religion, et élaborent des plans en faveur des entreprises les incitant à accepter sélectivement comme réfugiés collectifs en vertu de leur âge et niveau d’éducation, sont en fait  intéressants pour maintenir les salaires bas.

La thèse du manque de main-d’œuvre en Allemagne, et plus généralement dans toute l’Europe où le vieillissement de la population crée des problèmes et des goulots d’étranglement inévitables dans la pension de retraite et la sécurité sociale, ignore certains aspects tels que le taux d’activité et la productivité en croissance. Comment le comprendre sinon en voyant que la plus grande attraction économique et la création de l’État-providence a eu lieu en Europe, et maintenant il se réalise en Chine dans un contexte dramatique d’une population vieillissante et une augmentation de l’espérance de vie moyenne sans pareil sur le plan  historique ?

 

Les termes du débat dans l’Union européenne cachent une politique qui accueillera, d’une manière ou d’une autre, certains «réfugiés», une catégorie couverte par le droit international, en échange de l’expulsion de beaucoup plus de «migrants», y compris beaucoup de demandeurs de statut de réfugié, même si les différences entre eux ne sont pas toujours claires. En France et en Allemagne, le président Hollande et la chancelière Merkel ont annoncé plus d’expulsions et des mesures préventives contre l’immigration économique, en échange de contingents modestes  de réfugiés.

Ce sera bien pire et nous devons nous y préparer

Actuellement on  estime à environ 60 millions dans le monde, le groupe de réfugiés  destiné à augmenter comme un résultat du réchauffement climatique. Au milieu du siècle, le Groupe intergouvernemental sur l’ évolution du climat (GIEC) prévoit une chute de plus de 25% dans les cultures de maïs, riz et blé.  » La nature nous fera payer la facture bientôt ,  » dit le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. « Le changement climatique est déjà l’une des causes d’un nouveau phénomène de migration et le climat présentera un nouveau défi ,  » dit – il. Les réfugiés forcés de quitter leurs maisons comme conséquences du réchauffement climatique global, « ne sont pas reconnus comme réfugiés par les conventions internationales ,  » rappelle le pape François. Les notions de consensus international sur la question viennent d’être mises au point dans des groupes tels que l’Initiative Nansen créée en 2012. À partir de l’état-île de Kiribati, dans le Pacifique jusqu’à la côte surpeuplée des populations du Bangladesh, l’Erythrée et la Somalie ou les prévisible atteintes en Chine et en Inde, la fonte des glaciers de l’Himalaya qui alimentent les rivières qui soutiennent l’irrigation en Asie dans la région la plus peuplée au monde, le siècle promet de donner une nouvelle dimension à la question des migrations. « Ils peuvent penser que l’émigration est maintenant un défi pour l’Europe, mais qu’ils  attendent de voir ce qui se passera quand l’humanité sera en manque d’eau ou de nourriture et un combat de tribu contre l’autre pour leur survie ,  »  a déclaré en septembre 2005, John Kerry, le.secrétaire d’Etat américain

 

 

L’internationalisation de la solidarité, l’anti-guerre, la diminution de l’injustice dans les  relations commerciales et l’économie d’énergie durable sont les principaux défis du siècle. De toute évidence, en termes généraux, le Nord ne peut pas ouvrir les portes au sud sans être exposé à d’importantes convulsions, mais c’est seulement quand les nations du Nord – ou blocs de nations dans le Nord et l’UE – pourront mettre en œuvre des politiques qui répondent à ces quatre caractéristiques ciblées, qu’elles seront autorisés moralement à fermer leurs portes aux pauvres. Aujourd’hui, personne ne répond à ce critère, de sorte que personne n’en a la possibilité.

En 1952, l’ Allemagne d’après-guerre a créé une loi de compensation pour les Allemands ayant subi des dommages de guerre et leurs conséquences ; depuis les bombardements, jusqu’aux expulsions ou l’exode de l’Allemagne communiste. Inspirée par une loi antérieure finlandaise appliquée à ceux expulsés de Carélie, qui établi une taxe de solidarité Lastenausgleichsgesetz allant jusqu’à 50% des actifs et payables à trente ans, ce qui pourrait être porté à 1,67% par an. Les défis du siècle exigent maintenant une action à cette échelle internationale pour faire face au nouveau monde qui soit intégré dans une  perspective de viabilité civilisationnelle.

(Sources: PNUD, OCDE, UNDESA, la Banque mondiale, Musée Emigrant à Paris)

 

 

 

 

 

 

 

 
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Publié par le septembre 21, 2016 dans Uncategorized