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Croquis d’ambiance : Macron et Hollande héros marseillais…

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j’arrive de la prison des Baumettes dont le public est fortement ethnicisé. Les temps d’attente sont très longs et tout le monde parle en particulier des élections. je puis vous assurer qu’il n’y a aucun problème pour le report sur macron, une bonne partie du monde « méditerranéen » disons a déjà voté Macron au premier tour, vu qu’ils sont déjà dans un statut d’autoexploitation tel que le rêve Macron… De surcroît la peur de marine le pen et de l’arbitraire qui en découlerait ,n’est pas simple fantasme, mais s’appuie également sur du vécu. D’ailleurs aux baumettes, alors que le personnel pénitentiaire est plutôt sympa on a une assez bonne vision de l’arbitraire non seulement pour le monde délinquant mais pour la famille qui est traitée comme eux. Bref que l’on soit dehors ou dedans Macron est devenu un héros et Hollande bénéficie d’un surcroit d’admiration :on le félicite de sa manoeuvre, on vante son intelligence puisqu’il a prévu de protéger la France de la droite et de l’extrême-droite par cette manoeuvre fantastique… Il me faudrait aller faire un tour dans le monde prolétarien, celui des salariés « méditerranééns » et voir si la volonté de battre non seulement Marine le pen, mais ses supporters marseillais qui sont beaucoup plus insupportables que ce que Marine le pen elle même le laisse supposer, écoeurants, fachos… a réussi à propulser Macron et Hollande au rang de héros national, j’espère que non… Mais nous sommes incontestablement dans un moment de recul en matière idéologique anticapitaliste

Cela dit par ailleurs, il semvle que ceux qui ont été radié des listes soient plus nombreux qu’on ne le croit… Y compris à Marseille… Dans la rue les gens discutent, c’est l’agora marseillaise partout où l’on attend, dans les commerces comme à la poste… l’idée est forte qu’on a trafiqué les élections… Là aucontraire c’est la tonalité antimacron qui domine: « D’où il sort celui-là, personne de ceux que je connais n’a voté pour lui… C’erst sur ils ont bourré les urnes! »L’élécteur déçu peut être un suppot de Fillon, de matine le pen ou de mélenchon, d’ailleurs à la limite il commence à ne plus se sentir concerné… la fine manoeuvre politique de Hollande ici est très peu apprécié… C’est sûr ils veulent une Révolution à force de nous prendre pour des imbéciles… macron d’où il sort celui-là… Il est vrai qu’à marseille melenchon est arrivé en tête, suivi par le pen, Macron touchait pas sa bille… donc c’est l’ère du soupçon dans lequel tout le monde se rassemble dans un mécontentement généralisé et idéologiquement complexe… dans le fond dit une jeune femme il aurait tous fallu voter melenchon ça aurait fait moins d’histoire que marine le pen… L’électorat m’étonnera toujours…

 danielle Bleitrach
 
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Publié par le avril 27, 2017 dans Uncategorized

 

En bref; les choses ne changent pas aussi vite qu’il y paraît

le texte de Pierre Alain Millet, publié ici présente de nombreux mérites, c’est une bonne base de discussion, mais je pense qu’il mérite discussion parce qu’il outre les facteurs de transformation du pouvoir politique. il a raison et je l’ai dit dès le départ de voir dans la résistible ascension de Macron la main de Hollande, Macron ne surgit pas du néant, mais bien de structures existant dans la société française fortement liées à l’Europe et à l’atlantisme et il bénéficie pour une part essentielle des partis y compris socialistes et ce n’est pas dans la région lyonnaise avec le soutien dès le départ de Collomb que nous pouvons ignorer ce phénomène. Le fait que même si le capitalisme est à l’offensive, il est contraint d’inaugurer des transformations profondes parce qu’il ne tient plus la colère des peuples avec les structures démocratiques existantes.

J’en tire deux conséquences rapides, premièrement effectivement nous sommes à la fin du cycle inauguré à Epinay autour de la prise en main du parti socialiste par François Mitterrand avec une union de la gauche soumettant le PCF et le transformant en force d’appoint. ce dont semble étonnement nostalgique Pierre laurent. Ce cycle mérite d’être analysé comme le suggère PAM comme celui d’une stratégie du PCF qui ne se comprend que dans sa rupture avec la conquête du pouvoir non pas d’un point de vue militaire mais insurrectionnel. Tout cela a besoin d’être analysé, compris. personnellement j’attribue un rôle central à ce que j’appelle « la destalinisation ratée » et donc la non résolution du caracctère original de la démocratie et du pouvoir politique dans le  socialisme en transition.

Mais si nous sommes à la fin d’un cycle, il ne faudrait pas croire non plus que la situation fait table rase de l’antérieur, le nouveau surgit sur le cadavre de l’ancien s’en nourrit. Et nous risquons de voir les législatives être l’occasion par exemple du renforcement des résistances locales autour des partis. De ce point de vue, la recommandation vaut aussi bien pour « En, marche » que pour les « Insoumis », plus gravement d’ailleurs pour les insoumis que pour En marche parce que le rapport de classe ne joue pas en leur faveur et un affrontement avec le PCF serait catastrophique pour tous. Pour le mouvement « Insoumis » comme d’ailleurs pour le PCF, ce dont semble ne pas se rendre compte la direction de ce parti.

Macron ce n’est pas la nouveauté(1), c’est la permanence d’une politique à la recherche d’une nouvelle relation avec les citoyens, il va probablement être élu et la question de sa majorité (grande coalition ou et cohabitation) semble assurer une stabilité qui n’est que fictive donc il s’agit de lui assurer une majorité mais aussi une opposition et visiblement le choix est Marine Le pen. On aura noté que Hollande est intervenu en fin de campagne, non pas pour contrer marine le Pen, mais mélenchon(2). Ce dernier risquait en effet de rompre avec le piège tendu à l’éléctorat populaire : ou accepter la poursuite de la politique ou aller noyer sa colère dans le FN. C’est d’ailleurs la possibilité d’échapper au piège de devoir appprouver une politique soutenue par moins d’un quart de l’éléctorat au nom de la grande peur inspirée par l’autre quart qui m’a fait personnellement choisir mélenchon, ça et sa politique de paix.Malheureusement nous n’avons pas pu éviter la catastrophe présente mais il ne faut surtout pas partir du pège pour définir une issue.

D’où le caractère pour le moins étonnant de l’appel dramatique  de Pierre Laurent , appel grotesque qui non seulement prétend renforcer la légitimité de Macron en pesant sur l’abstention et en provoquant le vote et dans le même temps faisant de madame le pen le danger commun d’une opposition stigmatisée. exactement la stratégie de Hollande qui en fait ne vise qu’à se doinner une base avec les débris du PS pour tenter d’endiguer l’assaut des insoumis contre ses élus.cela dit ceux qui veulent absolument qu’on prenne position pour l’abstention ne sont pas plus malins et à leur manière renforcent la situation.  Non seilement le parti communiste n’a pas compris la rupture avec Epinay chosie par Hollande et ce qu’il représente, mais il entérine la poursuite de la dite stratégie en confortant le vote autour de Macron et la désignation d’un opposant iséal. Donc il est dangereux de croire que nous sommes en pleine rupture.

OUi pourtant nous sommes cependant en pleine transformation, à la fois avec l’ébranlement des forces productives, la contrerévolution capitaliste pour impulser à son profit cette révolution technologique, et bien sur les dangers de guerre et de fascisme,. mais le monde est un laboratoire que dans le cadre trop longtemps maintenu d’une stratégie dépassée, nous communistes avons refusé de voir, parce que l’acceptation de la domination du PS se faisait en lui déléguant la compréhension  de la situation internationale et de la mondialisation. Nous avons sous l’influence du PS, mais aussi des courants trotskistes, accepté par haine de l’URSS une adhésion totale  à une pseudo idéologie des droits de l’homme, véritable intervention néo-coloniale,  dominée par le capital des etats-Unis. Nous avons ce faisant perdu pied y compris dans un monde en pleine mutation.  La force de melenchon a été de vouloir s’extraire de cette gangue, ce qui lui permet de porter un discours sur la paix profondément original.

.Rien ne naît de rien et je crois reconnaître la stratégie  de l’Amérique latine, celle qui y compris comme Fidel lui-même et Chavez ont considéré que l’anticommunisme était trop fort et qu’il fallait construire un mouvement national, d’indépendance anti-colonialiste à côté.A la seule différence que Fidel était marxiste et a réussi de ce fait à lier constamment non alignés et communisme.  Je suis prête à discuter de tout cela et c’est un peu ce que nous avons tenté ici. Il est clair que la france n’est pas l’Amérique latine ne serait que parce que nous avons été un pays colonisateur et le sommes encore, le dernier même en Amérique latine autant qu’en Afrique selon les latinos eux-mêmes. le fait que nous sommes un pâys qui depuis l’ère Mitterrand a accentué à la fois son rôle de prêteur usurier et aussi de vendeur d’armes ce qui l’a lié inextricablement au capital américain.

En outre, le modèle spécifique de l’Amérique latine avec son leader charismatique s’adressant directement au peuple et privilégiant le rôle de l’armée, malgré notre passion pour les maréchaux et général n’est pas le même… Déjà, tout le continent sud américain a un problème avec ce modèle surtout lié à des économies de rente, c’est l’absence d’un parti. même à Cuba, si les syndicats, l’armée révolutionnaire, les organisations de masse jouent un rôle fondamental dans la formidable résistance du peuple cubain, le rôle du parti est toujours plus problématique, que dire alors du Vénézuela où le parti de Chavez est accusé de toutes les corruptions. Ailleurs le rôle du parti est beaucoup plus central comme dans l’ex-URSS qui au contraire s’est toujours méfié du militaire… Mais ce qui est sûr c’est que la société française a inventé les partis, la droite , la gauche et ce n’est pas demain la veille qu’elle pourra se passer d’une telle structuration. PAM a raison de poser la question du parti simple machine électorale ou en capacité de restructurer la société civile, la classe ouvriere, les intellectuels comme a pu le faire le PCF.

Je lance toutes ces questions en réponse au texte de PAM pour dire à quel point nous avons un grand chantier devant nous..

danielle Bleotrach

(1) Le Monde décrivait la manière dont il a emporté avec lui l’éqsuipe de son ministère: .auquel il faudrait ajouter l’Institut montaigne qu’il se partageait avec Fillon, au profit des mêmes, ou l’imbrication de la haute fonction publique, du monde des affaires, là encore un modèle développé tout au long de la (e et signulièrement sous Mitterrand.

« Dès le lancement d’En marche !, en avril 2016, M. Macron s’est entouré de jeunes technocrates, souvent d’anciens strauss-kahniens, issus pour la plupart de son cabinet au ministère de l’économie. Les plus importants, ceux qui disposent d’un bureau au 6e étage du QG, à côté du candidat, se comptent sur les doigts d’une main. On y trouve Ismaël Emelien, 30 ans, qui dissèque l’opinion publique et établit la stratégie, même si le dernier mot revient toujours à M. Macron. Barbe de trois jours et grosses lunettes, cet ancien d’Havas a été le premier à quitter Bercy, en avril 2016, pour structurer le mouvement.

Dans sa valise, il a emmené Julien Denormandie, 36 ans, alors directeur de cabinet adjoint. Discret, cet ingénieur agronome de formation, qui a vécu deux ans en Egypte, est devenu le secrétaire général adjoint du mouvement et a un œil sur tout. Lui aussi venu de Bercy après un passage au cabinet de Jean-Paul Huchon au conseil régional d’Ile-de-France, Stéphane Séjourné, 31 ans, s’occupe des relations avec les élus. Il assiste notamment Jean-Paul Delevoye à la commission d’investiture pour les législatives. »

(2) Melenchon, c’est au contraire le monde des capacités qui ne trouve pas d’emploi et dont on sait le rôle qu’il a joué dans la Révolution de …. 1848. Oui nous sommes dans un monde nouveau mais qui parfois fait furieusement songer à l’univers Balzacien… Macron ce serait rastignas organisant le raccord entre la vieille aristocratie et les nouveaux riches barons … avec le monde vendu des médias…

 

 
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Publié par le avril 27, 2017 dans Uncategorized

 

Quel avenir pour le parti communiste ?

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un début de réflexion de Pierre Alain  Millet qui est doublement intéressant, premièrement parce qu’il s’agit d’un langage de vérité qui ne se paye pas de mots sur la situation qui est la nôtre, Français mais aussi communistes face à une recomposition accélérée du paysage politique. Deuxièmement il ouvre un débat sans concession sur l’impossibilité de continuer comme avant  et il le fait essentiellement à partir d’un questionnement sur la nation. Il donne de l’air par rapport à la médiocrité des débats sur l’appel à voter ou non pour Macron dans lequel on tente de nous enfermer comme si nous ne savions plus que bégayer. C’est une piste mais il y en a bien d’autres et il existe de partout dans le monde des réflexions auxquelles nous aurions intérêt à nous confronter. JLM a par exemple complètement intégré la stratégie qui s’est développée en Amérique latine et qui repose sur une figure typique dans ce continent, l’alliance entre un leader charismatique et un peuple.La faiblesse de ce modèle tient, même à Cuba, au rôle réel du parti révolutionnaire.  Depuis pas mal d’années, je suis convaincue de la nécessité de ces confrontations non pour les copier, mais pour enrichir notre réflexion par rapport à une stratégie qui a fait son temps et qui vient d’exploser en plein vol, celle du programme commun avec le parti socialiste et communiste issus d’Epinay et de Mitterrand. Donc, il faut poursuivre et avancer sur des questions pour moi aussi importante que celle de la nation qui structure ce premier article (note de danielle Bleitrach pour histoire et societe)

Mercredi 26 avril 2017, par  pamillet, popularité : 5%

Le premier tour des élections présidentielles 2017 accélère la recomposition politique pour accompagner la transformation du capitalisme. Il n’était plus possible dans le cadre politique ancien d’organiser une alternance assurant une majorité. François Hollande l’avait parfaitement compris et a mis en oeuvre avec brio le mouvement « en marche ».

Certes, tout cela est une mascarade « tout change pour que rien ne change » pour que la mondialisation capitaliste et sa déclinaison européenne continuent de détruire les acquis de la république, du Front populaire, de la résistance, de mai 68… d’insérer toujours plus la France dans l’atlantisme et le partage du monde sous une domination US de plus en plus militaire et agressive…

Il reste que le coup est réussi. Comme beaucoup d’autres, je pensais que la bulle allait se dégonfler, que la droite historique n’avait pas dit son dernier mot…. Or le résultat accélère la recomposition politique, à droite avec la fin du gaullisme, à gauche avec la fin du PC et du PS du programme commun

Il faut donc ouvrir en grand la discussion de nos analyses et discours, s’interroger sur leurs limites, non pas pour renier notre engagement communiste, mais pour en comprendre les insuffisances. Elles peuvent être tactiques, elles peuvent aussi être plus profondes et reposer les questions que les communistes, notamment en France, se posaient dans les années 60 sur la nature d’une transition démocratique au socialisme.

Car visiblement, nous en sommes loin. Le capitalisme n’est pas sur sa fin. Il est bien vivant, détruit toujours et construit toujours, organise le monde qui lui permet de se reconstituer plus vite et plus fort… et il invente de nouvelles formes économiques et politiques qui correspondent à son développement. Nous aurions tort de considérer que la violence de sa crise contiendrait par elle-même ce qui permettrait de changer de société… Le peuple connait bien la réalité du rapport de forces, et il ne sert à rien de « positiver » pour tenter de lui faire croire qu’il serait possible d’éviter la dureté de la résistance, de l’affrontement avec ce système.

Nous devons ouvrir ces chantiers dans un contexte défavorable d’affaiblissement de notre organisation, de notre capacité à mobiliser, unir, construire des convergences. Ceux qui ont participé à diverses tentatives de rapprocher des groupes communistes divers dans et en dehors du parti le savent, mais aussi les communistes qui constatent l’émiettement de la direction du PCF qu’a révélé le dernier congrès. Cette situation freine ce qui est pourtant indispensable, la réflexion collective, partagée, confrontée à l’expérience, au réel, sans lequel trop de déclarations ne sont que des mots…

Si l’urgence est la bataille des législatives où des points d’appuis de députés communistes de combat peuvent être gagnés, l’enjeu du 2eme semestre 2017 portera sur la capacité ou non d’engager une réflexion de fonds sur le changement de société et la place d’un parti communiste. Sous forme interrogative souvent, voici une première liste de questions…

Le capitalisme a-t-il « fait son temps » ?

Quand on constate la destruction du tissu industriel, l’arrogance des oligarchies et des couches aisées qui se concentrent dans le coeur des métropoles, l’impuissance des systèmes sociaux à faire reculer la pauvreté, le mal logement, le délitement de la vie citoyenne au plan, associatif, syndical, de la vie locale… on peut penser que cela révèle l’incapacité du capitalisme à être porteur d’un avenir, d’un développement de l’humanité, qu’il nous emmène à la guerre de tous contre tous, et donc à la guerre tout court. Nous en tirons souvent la conclusion que « le capitalisme a fait son temps »…

Pourtant, nous voyons bien à l’échelle de la planète qu’il a aussi produit sur les deux dernières décennies un développement extraordinaire, tiré notamment par le développement de la Chine, mais aussi par la révolution numérique, une nouvelle étape de mondialisation qui ne concerne pas que l’accès aux matières premières mais qui organise une chaine de production intégrée à grande échelle…

Le capitalisme est bien à la manœuvre sur la planète, et s’il produit des guerres, il produit aussi des milliers d’investissements, de production, de services, d’infrastructures qui sont d’ailleurs souvent des enjeux dans le (re)partage permanent du monde…

Est-il dépassé dans les pays développé ? Le capitalisme du siècle dernier, qui, dans la confrontation avec le socialisme, se présentait comme vertueux, installé dans le compromis social, est effectivement dépassé. Il n’a plus besoin des oripeaux sociaux et démocratiques dont il s’était fait l’étendard. Le monde libre peut avec violence se présenter pour ce qu’il est, fondé sur la concurrence, la domination, la guerre.

Le compromis social, la promesse de l’égalité des chances, la démocratie même, sont des formes politiques historiques qui ne lui sont plus nécessaires. Mais pas parce qu’il dépérit, au contraire ! Il innerve de larges couches sociales qui sont bénéficiaires de son développement, et qu’il peut rassembler pour reconstruire sa capacité à gouverner… ce que confirme l’élection de Trump comme la réussite de Macron… Il redéfinit la place de l’état au service de la domination de la bourgeoisie, se recentre sur l’usage de la force, et redonne au marché, un rôle beaucoup plus large d’organisation sociale.

Il semble que les promesses d’une situation prérévolutionnaire, où ceux d’en haut ne peuvent plus diriger et ceux d’en bas ne veulent plus être dirigé étaient largement prématurées…

La transition pacifique au socialisme ? révolution, étapes ?

Dans ce cadre, la question fondamentale de la nature d’une « révolution » dans un pays capitaliste développé est ré-ouverte. Il y a 60 ans, le PCF a longuement étudié et discuté de ce qui allait devenir la « voie pacifique au socialisme » du 22eme congrès. Les débats ont été vifs entre l’idée qu’il ne manquait que quelques voix chrétiennes pour faire basculer électoralement la France, et les inquiétudes devant les risques de faire passer l’intervention populaire au second plan… En 1976, les communistes font de la bataille électorale du programme commun le cœur de leur stratégie. La leçon historique est amère. C’est un échec couteux.

Peut-on revenir alors sur la conception de la révolution d’avant 1976 ? Personne ne peut sérieusement justifier une voie « militaire ». Elle est historiquement liée aux situations de guerre, mondiale ou d’indépendance nationale. Personne ne peut choisir la guerre quand elle n’est pas imposée par le capitalisme. Le rapport entre luttes et élections, légalité et dissidence, organisation populaire et institutions doit cependant être réinterrogé, y compris en tenant compte des expériences latino-américaines qui montrent à quel point la bourgeoisie a toujours la violence à sa disposition.

Entre le « grand soir » d’une révolution qui renverserait d’un coup le capitalisme, et l’insertion électorale dans les institutions avec l’illusion de gagner quelques pas, quelle conception avons-nous du processus révolutionnaire dans l’optique d’une transition socialiste dont nous savons en 2017, bien mieux qu’en 1917, qu’elle sera de longue durée. [1]

Le choix du programme commun correspondait à l’idée d’une « étape intermédiaire » entre capitalisme et socialisme, d’une « démocratie avancée » qui ressemble sans doute à ce que certains comprennent aujourd’hui comme la « 6eme république ». Pourtant, tout confirme qu’il n’y a pas de « marges » dans ce capitalisme décomplexé, fortement mondialisé et dont la dématérialisation est largement plus forte que ce qu’analyse Lénine dans l’impérialisme… Sommes-nous dans un stade nouveau du capitalisme ? Avec quelles couches sociales qui ne font pas le choix du socialisme peut-on passer des alliances ?

Les conditions de l’unité du peuple..

Les communistes ont eu dans l’histoire la capacité d’organiser de fantastiques outils sociaux de solidarité, d’éducation populaire, et les militants n’étaient pas connus d’abord pour les campagnes électorales, mais pour leur rôle multi-forme dans des réponses concrètes à des urgences sociales, au travail ou dans la cité, locales comme de solidarité internationales. L’unité du peuple s’est construit dans la résistance, les luttes sociales, les luttes anti-coloniales d’abord dans cette « contre-société » que représentait le parti communiste, ses militants et ses élus.

Or, au moment ou la pauvreté, la précarité, les violences minent le tissu social dans tant que quartiers populaires, ce sont d’autres réseaux, souvent religieux, salafistes comme évangélistes ou d’autres, qui construisent une « contre-société » à partir des questions sociales, pour développer une idéologie souvent communautaire, toujours réactionnaire.

Peut-on réellement redonner de la force au peuple en ne lui parlant que d’élections ? Bien sûr que non, mais quelles conclusions faut-il en tirer pour les communistes sur le lien avec l’activité syndicale, associative, de solidarité ?

Le patriotisme contre la fin des nations ?

Pour poser la question d’une transition au socialisme, quelle que soit sa durée et son rythme, il faut savoir à quelle échelle on pense pouvoir réaliser cette transition. A l’origine, les communistes pensaient que la révolution ne pouvait être que mondiale. La révolution russe a placé les communistes devant l’obligation d’assumer une révolution « dans un seul pays », et le siècle entier, de Cuba au Vietnam, d’Angola au Venezuela, n’a montré que des ruptures politiques dans un cadre national. Le lien entre luttes nationales et transition socialiste a été fort dans le contexte de la décolonisation. La mondialisation change-t-elle la donne ?

Cette question est au cœur du débat sur l’Union Européenne et il faut noter que le succès de Jean-Luc Mélenchon repose aussi sur son discours affirmé sur la sortie des traités européens et la possibilité d’un plan B sans lequel le discours de l’Europe sociale est vide… discours bien loin de la répétition paralysante du slogan par le PCF…

Surprise, c’est Macron qui veut être le « président des patriotes » pour le 2eme tour, bien entendu pour des raisons marketing comme tous ces discours. Mais il confirme ainsi ce que la direction du PCF refuse de voir en face. Laisser la nation et ses patriotes de Valmy et de la résistance au Front National est suicidaire pour les communistes !

Ce n’est pas qu’une question idéologique, mais bien une question fondamentale de toute stratégie de changement de société. Soit on le renvoie plus loin et donc plus tard, et on se retrouve dans l’idée que la révolution n’est pas possible, qu’il faut faire avec le système pour le changer graduellement… soit on reconnait qu’il ne peut exister de souveraineté populaire que dans un cadre géographique, historique, et donc en un mot, « national ». Or le stade atteint par la mondialisation capitaliste met clairement en cause les nations, autant dans les pays du Sud que l’impérialisme détruit parfois militairement pour continuer à exploiter des ressources en pleine guerre, comme en Libye, que dans les pays du Nord ou l’état « social » est appelé à disparaitre au profit de technocraties administrant de grandes zones géographiques mondialisées à des échelles le plus éloignées possible de toute intervention populaire majoritaire…

Comment réouvrir le chantier d’un patriotisme révolutionnaire ?

La fin de l’union de la gauche

Toutes ces questions confirment que la situation historique est radicalement nouvelle. La stratégie de l’union de la gauche inventée par le PCF des années 60 [2] était liée à l’idée d’une « étape » avant le socialisme, d’un compromis possible avec des forces sociales non engagées pour le changement de société, d’une voie électorale à la rupture politique. Tout cela est derrière nous.

D’ailleurs au plan politique, la recomposition est en marche… et elle s’accélère. Certains espèrent que les législatives vont redonner un peu de force à ce qui a été bousculé ce 23 avril, mais derrière les personnes et les générations, ne faut-il pas reconnaitre que le résultat traduit une réorganisation sociale et politique déjà ancienne, que montrait l’affaiblissement des organisations historiques, associatives, syndicales, politiques, comme le développement accéléré de nouveaux modes de communication et de rapports entre les citoyens et la vie économique et politique. L’incroyable développement de « l’économie collaborative » ou des auto-entrepreneurs a des conséquences dans les rapports sociaux et les consciences qui ne peuvent être sous-estimées.

Dans ce cadre, la campagne de JLM est une réussite avec la création de son nouveau parti, le contrôle étroit qu’il en a notamment par son rapport direct aux individus, avec les réseaux sociaux, contournant le besoin d’organisation locale autonome, menant une campagne efficace mais avec un niveau de mobilisation de terrain incroyablement faible en dehors des grands meetings. Il a clairement pris de l’avance sur une direction du PCF empêtrée dans sa recherche éperdue d’accords de sommets, son entêtement aveugle à « refaire la gauche », sans jamais tirer les leçons des échecs de ces dernières années, et sans jamais tirer les leçons du temps long de la stratégie, et notamment de cette fin de la période historique ouverte par le programme commun.

Sur ce point, le temps n’est plus aux questions, mais au réalisme…

La direction du PS a compris depuis longtemps que l’union de la gauche était derrière nous. Emmanuel Macron est le retour du PS d’avant Epinay, quand JLM est la reconstruction d’une gauche qui efface 1920, celle dans laquelle le parti communiste n’a plus d’utilité.

Le parti communiste peut-il être utile ?

C’est la question que Pierre Laurent n’évoque jamais et sa déclaration au soir du premier tour est désespérante, une fuite en avant électoraliste, terrible au moment où il est important de dire aux électeurs de JLM qu’il faut se préparer à la lutte dans la longue durée, qu’il n’y aura pas d’issue en dehors de luttes massives et organisées… et que c’est pour ces luttes qu’il faut gagner le maximum de députés, donc de députés communistes, et non pas pour « sauver la gauche », au moment ou il faut dire aux communistes qu’il est possible et urgent de faire vivre leur parti.

Se cacher ainsi derrière l’électoralisme pour appeler à voter Macron, sans rien dire du besoin du parti est terrible pour lui, pour les communistes

Comment peut-on dire que ces élections permettent de « déverrouiller le système politique et la démocratie » justement quand le piège construit depuis des mois pour le verrouiller a fonctionné parfaitement ?

Comment parler de « NOUVELLE PAGE DE LA GAUCHE FRANÇAISE  » sans dire ce qui est fini dans cette ancienne page de la gauche, la démarche du programme commun, celle qui a conduit à effacer le PCF derrière le PS, puis derrière le Front de Gauche… avant que les insoumis ne prennent la place que nous avons délaissé …sans dire qu’il n’y aura pas de réponse à la droite sans retrouver un grand parti communiste ?

Comment dénoncer Le Pen sur les thèmes utilisés par les médias, et notamment la critique de ce dangereux Poutine sans dire que le plus dangereux est bien la mondialisation capitaliste qui détruit toute souveraineté populaire… Comment abandonner ainsi la nation et le peuple de Valmy ?

Comment parler de députés de résistance, sans jamais dire qu’il faut des députés communistes ?

Si le parti communiste peut être utile, ce n’est pas en écoutant Pierre Laurent, totalement engagé dans la recomposition politique d’une nouvelle gauche dans laquelle parti communiste est inutile, et dont la place est déjà prise par JLM.

Si nous sommes d’accord pour rejeter la délégation de pouvoir, l’illusion du sauveur suprême, si nous pensons qu’il faut un peuple organisé, conscient, mobilisé, uni pour imposer une rupture politique, interdire les renoncements ou trahisons à la Tsipras, alors il faut réaffirmer que ce peuple se construit d’abord dans la résistance et la lutte, et donc dans une capacité du parti communiste à être le cœur d’une contre-société. Il faut alors définitivement rejeter les illusions du rassemblement électoral de sommet et construire un rassemblement populaire tourné vers le changement de société, et donc dans lequel les communistes jouent un rôle central.

[1Les chinois parlent d’un siècle pour construire un socialisme de marché dans une société de « moyenne aisance »…

[2comme le rappelle utilement JLM dans son discours bilan raisonné de 1981

 
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Publié par le avril 26, 2017 dans Uncategorized

 

l’élection présidentielle et le combat pour la paix

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Emmanuel MACRON candidat à la présidentielle française a tenu les propos suivants à la Chambre de Commerce d’Amiens ce mercredi :

« J’ai été très clair sur le sujet depuis le début. Je condamne avec la plus grande fermeté l’utilisation d’armes chimiques par le régime de Bachar el-Assad. Cela contrevient d’une part au Droit International et d’autre part aux accords de 2013. Et donc si je suis élu président de la République, je prendrais les dispositions en lien avec la coalition et, si possible sous mandat de l’ONU mais même sans mandat de l’ONU pour neutraliser ses capacités chimiques du régime de Bachar el-Assad ».

Une fois de plus les médias occupés à commenter la vosote des deux candidats en lice à Whirpol a oublié de s’intéresser à une déclaration très grtave et aux conséquences incommensurables de Macron qui s’afforme prêt à intervenir dans un pays étranger sans mandat de l’ONU. Non seulement en l’état l’accusation reste sans préuve mais cela témoigne d’une conception du droit international et de la position fiture de la France trés dangereuse.

Nous craignons madame le Pen comme la peste, mais pouvons ignorer l’alternative et faire comme si le vote barrage était une évidence. Je crois qu’effectivement la seule position posxwsible est :
1) de refuser que la moindre voix s’égare sur la candidate fasciste et xénophobe
2) Etre conscient de la nature de « l’alternative » et de la catastrophe devant laquelle les électeurs français se retrouvent, par parenthèse il faudra en tirer les responsabilités, mais ne pas pétendre faire la leçon à l’électeur comme si son choix était évident.
3) l’important est en effet ce que nous pourrons construire ensemble pour combattre le fascisme ret le candidat du capital qui va appliquer toutes les « solutions » qui sont à l’progone de la crise dans laquelle nous sommes plongés et qui nous mène aujourd’hui aux portes du fascisme et de la guerre.
4) Avoir un parti communiste digne de ce nom capapble de mener une luttte résolue pour la paix, contre le fascisme et les politiques du capital, un parti de classe mais capable de rassembler largement est absoluement indispensable. Toite notre axction toutes nos déclarations doivent être subordonnée à cette nécessité.

Danielle Blditrach

 
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Publié par le avril 26, 2017 dans Uncategorized

 

En bref: soyons sérieux…

regardez la réalité en face, ce n’est pas la gauche sous ses différentes formes et encore moins les communistes qui pourront faire élire Marine le Pen, ils ont en général l’antifascisme cheville au corps, L’immense majorité d’entre eux a déjà le bulletin Macron sans qu’on le lui dise… Et surtout,  ils n’ont pas la majorité. En revanche, la droite soit parce qu’elle est enragée de s’être vu voler la victoire, soit parce qu’elle est restée plus ou moins gaullienne Europé des nations, soit parce qu’elle a une réelle parenté avec le fascisme – probablement une synthèse des trois-  qui peut faire réussir Marine le pen. Macron le sait bien et le poulain de hollande est en train de préparer si faire ce peut les conditions d’une coalition cohabitation. les seuls qui peuvent organiser ça c’est le patronat, donc à nos dépends.. Et que pouvons-nous organiser nous face à ça? Nous diviser dans la lutte des places, nous invectiver ?

Que peut un individu tout seul quand tout le monde a choisi le suicide, prendre des vacances, préparer mon voyage… je suis de plus en plus convaincue de mes incapacités à convaincre, ce qui est en matière politique le plus lourd des handicaps. Je pense à Jean Jacques Rousseau et la prostituée excédée de le voir incapable de conclure et qui lui  »  » Mon petit Jeannot, laisse les femmes et retourne aux mathématiques « … .Peut-être dois-je me mettre à;, l’astrophysique et quitter la politique

, cordialement votre.

Danielle Bleitrach

 
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Publié par le avril 26, 2017 dans Uncategorized

 

EN BREF: la catastrophe imminente et les moyens de la conjurer…

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Donc, la question est que pouvons nous construire pour faire face à cela ? Si au lieu de s’invectiver entre ceux qui veulent faire barrage au fascisme et aller voter Macron et ceux qui préférent voter blanc, on s’entendait sur un slogan qui nous évitait ce déchirement inutilde « PAS UNE VOIX AU FRONT NATIONAL » et on voyait pour une fois un peu plus loin que le bout de son nez? Aussi étrange que cela puisse paraître pour une situation qui tient de la catastrophe imminente sans moyen de la conjurer dans laquelle nous nous retrouvons entre Trump et le candidat officiel du capital, le premier jouant la lutte des classes dont le second tel warren Buffet est convaincu que sa caste l’a déjà gagnée et le fête à la Rotonde, Bernie Sanders ayant été écarté,que reste-t-il à faire, pas seulement fairte barrage au Front National, mais aller attaquer le fascisme dans son ventre toujours fécvond…  la France n’est pas les Etats-Unis. Comme dirait Marx ce vieux pays de la lutte des classes ou « cette nation d’émeuties » peut encore réserver des suprises, encore faut-il que nos politiciens n’oublient pas  qu’ils ne sont pas proprétaires des votes et que nos vies ne tiennent pas dans leurs urnes. Que les couches populaires n’ont pas besoin de profs mais de camarades pour mener le combat ensemble. Celui qui à l' »instar de Macron croira par des manoeuvres d’appareil répondre à la situation se trompera lourdement, parce que tout reste à construire et qu’il faut mettre à profit ces 5 ans. Déjà chacun parait la proie de ses démons, Le PS cherche la grande coalition, la direction du PCF court derrière le PS pour tenter d’endiguer l’appétit des petits chefs des insoumis, c’est la route de l’échec.

« Dans les pays fascistes, le capitalisme n’existe plus que comme fascisme, et le fascisme ne peut être combattu que comme la forme la plus éhontée, la plus impudente, la plus oppressive, la plus menteuse du capitalisme » (1)

Avant que nous soyons contraints par les mêmes au fascisme peut-être faut-il songer à combattre le capitalisme. Et pour combattre fascisme et capitalisme, je ne connais rien de mieux qu’un parti communiste, mais le seul vrai problème est que nous ne l’avons pas (encore) à notre disposition. 

danielle Bleitrach

(1) Brecht repris de Dimitro, l’homme qui mena le procès contre Hitler… et lança une ligne de rassemblement antifasciste

 
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Publié par le avril 26, 2017 dans Uncategorized

 

Arnault soutient Macron, apporte Dior à LVMH et anticipe une crise

Arnault soutient Macron, apporte Dior à LVMH et anticipe une crise
Bernard Arnault, le 6 février 2015 à Chartres. (Guillaume Souvant/AFP)

L’homme le plus riche de France va dépenser 12 milliards pour renforcer son pouvoir sur LVMH. S’il agit maintenant, c’est qu’il pronostique une crise financière qui mettra fin à l’argent facile et aux taux bas.

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L’homme le plus riche de France a fait son choix, et il ne surprendra pas : Bernard Arnault, onzième fortune mondiale selon « Forbes« , avec 38 milliards d’euros, a choisi de faire savoir publiquement qu’il soutenait Emmanuel Macron pour le second tour.

Ses motivations sont essentiellement économiques : le programme de Marine le Pen, avec la remise en cause de l’adhésion à l’Union européenne et à l’euro, lui semble très dangereux pour la santé des entreprises, et au-delà, pour tous les salariés. Il prédit une hausse du chômage en cas de victoire du FN. Et au contraire, il pense que Macron est le mieux placé pour créer des emplois : « Si l’économie française veut se développer et sortir du chômage, il faut motiver les entrepreneurs », dit-il. Une qualité pour laquelle Macron est, selon lui, doué.

Ce que contient le programme « ni de droite ni de gauche » de Macron

Bien entendu, en cas de victoire de Le Pen, Bernard Arnault paierait lui aussi un prix élevé : comme l’avait montré la chute des cours quand le suspense était à son comble la semaine précédant le premier tour, la Bourse reculerait violemment, et en tant que principal actionnaire de LVMH, le numéro un du luxe dans le monde, et également actionnaire influent de Carrefour, Bernard Arnault serait durement frappé au portefeuille.

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Une crise financière majeure

Toutefois, il ne semble pas s’inquiéter outre mesure, parce qu’il a profité de cet entre-deux-tours pour annoncer une réorganisation financière majeure de son groupe qui va lui coûter la bagatelle de 12 milliards d’euros, avec une justification qui pourra donner froid dans le dos aux citoyens lambda que nous sommes : Bernard Arnault prévoit une crise financière majeure.

S’il a choisi d’agir maintenant, c’est parce que « la période est particulière et on en tire avantage. L’argent est très facile à trouver, distribué à flots par toutes les banques centrales dans le monde entier, à des taux parfois négatifs. Ça pousse d’ailleurs certains à faire des bêtises », explique-t-il, pointant du doigt la nouvelle déréglementation en cours des établissements financiers qui démarre aux Etats-Unis, sous la houlette de Donald Trump… mais sans dire s’il a osé faire cette remarque directement au président américain  lorsqu’il a été reçu dans sa tour juste après son élection.

De droite ou de gauche, les appels à voter Macron affluent

« On peut donc s’attendre à une nouvelle crise financière dans quelques années », pronostique-t-il. L’abondance d’argent facile à emprunter « c’est quelque chose qui aura une fin », et donc, il emprunte massivement aujourd’hui, pour faire plus de profits demain.

« Poulies bretonnes »

La réorganisation de son groupe lui permet d’abord de faire passer la maison Christian Dior Couture, actuellement détenue par une de ses holdings familiales, Christian Dior SE, directement à LVMH, qui détient toutes les autres marques de luxe du groupe, et notamment Dior parfums « Marcel Boussac les avait séparées il y a très longtemps de cela. Il sera plus pratique de les réunir à nouveau », justifie-t-il. Dior Couture est en pleine forme : son chiffre d’affaires a doublé depuis 2011 et ses ventes dépassent 2 milliards d’euros par an.

LVMH va payer ce transfert 6,5 milliards à sa société sœur, qui est par ailleurs son principal actionnaire puisque Christian Dior SE détient 41% de son capital : Bernard Arnault avait construit sa prise de pouvoir sur LVMH à partir des années 1980 en empilant des holdings, qui détenaient des participations les unes dans les autres, avec, à chaque niveau, le soutien d’actionnaires minoritaires.

Ce système, mis au point par le grand banquier Antoine Bernheim, était surnommé les « poulies bretonnes ». Ces poulies permettaient in fine de contrôler une société sans avoir à mettre beaucoup d’argent dans le système. Aujourd’hui, LVMH est devenue une des entreprises les plus puissantes du monde, et Bernard Arnault un des hommes les plus riches, il peut donc défaire petit à petit ces « poulies » en faisant partir les minoritaires qui l’avaient aidé pour sa prise de pouvoir.

« On fait souvent de bonnes affaires pendant les crises… »

Sa société  personnelle, Groupe familial Arnault, rachètera pour une douzaine de milliards d’euros les actions des minoritaires de Christian Dior SE, soit un quart du capital. Elle en profitera au passage pour se débarrasser des actions Hermès qu’elle détient depuis le raid raté sur cette autre maison de luxe, en proposant aux minoritaires de les payer avec ces titres. Grace à l’absorption de Christian Dior, Groupe familial Arnault sera directement actionnaire de 47% de LVMH, en s’endettant à un coût financier ridiculement bas, grâce aux taux d’intérêt quasi nuls, voire négatifs, qu’elle va négocier.

« Pourquoi est-ce que je me lance dans cette opération si je crois qu’une crise se profile ? Je vise le long terme dans mes affaires. On subit une crise tous les dix ans, et j’attends la suivante avec sérénité. On fait souvent de bonnes affaires pendant les crises… »

Claude Soula

 
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Publié par le avril 26, 2017 dans Uncategorized