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et après on prend trois jours de vacances… par 35° à l’ombre

Librairie Provence
vous a mentionné.

Librairie Provence
@libprov
25 juin
Demain à 18h, #rencontre à la @libprov avec @BleitrachDaniel et Marianne Dunlop pour « Ukraine, 20 ans après » !
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Publié par le juin 25, 2015 dans Uncategorized

 

Lifenews : Valery Rachkine conseille aux autorités arméniennes d’expulser l’ambassadeur des États-Unis!

 

Le vice-président du Comité central du KPRF, premier vice-président du Comité de la Douma d’Etat pour les nationalités Valery Rachkine a conseillé aux dirigeants arméniens de renvoyer l’ambassadeur américain Richard Mills pour incitation au désordre.

http://kprf.ru/party-live/opinion/144152.html

25/06/2015

Cette déclaration a été faite après que les représentants de l’ambassade des Etats-Unis ont accusé les forces de l’ordre arméniennes d’utilisation démesurée de la force contre les manifestants.

– En fait, dans l’ex-Union soviétique, il n’y a que deux Etats qui sont les vrais amis de la Russie – l’Arménie et la Biélorussie. Voilà pourquoi les Américains essayent à toute force d’arracher les derniers alliés de l’ex-Union soviétique, en essayant de lancer un nouveau coup d’Etat « de couleur » aux portes de notre pays – a déclaré aux « Izvestia » Rashkine. – Je souhaite que les Etats-Unis ne réussissent pas, mais à la place des autorités arméniennes, j’aurais déjà renvoyé l’ambassadeur-instigateur des États-Unis et serais allé négocier avec les manifestants, parce que leur indignation due à la détérioration de la situation socio-économique dans le pays est plus que justifiée.

Il a été soutenu par un membre du Comité de la Douma pour les affaires internationales, Alexandre Babakov. Selon lui, la réaction de l’ambassade américaine interfère dans les affaires intérieures du pays.

– Il n’y a rien de nouveau dans ces actions de l’ambassade des États-Unis vu les circonstances. Cette manière de réagir à des événements qui sont liés à la déstabilisation dans le pays jette une ombre sur eux. Je suis sûr que leur position ne peut pas changer radicalement la situation. Mais des institutions comme les ambassades doivent rester dans le cadre de leur compétence, – a-il-dit aux « Izvestia ».

Les manifestations dans le centre d’Erevan, qui n’ont pas diminué depuis six jours, s’étendent à d’autres villes. Les manifestants exigent que la direction du pays abaisse le prix de l’électricité, dans le même temps ils refusent de former un groupe d’initiative pour rencontrer le président arménien Serge Sarkissian.

Les manifestants soulignent que l’analogie avec le Maidan ukrainien n’est pas juste, parce que leur objectif n’est de ne pas renverser le gouvernement mais de réduire le coût des services de logement.

Cependant, les experts notent que dans le cas d’Erevan, comme Kiev, on voit la main de Washington. Selon de nombreux analystes politiques, les Etats-Unis, à travers leurs ambassades, donnent le ton aux émeutes, et ne laissent pas s’instaurer un dialogue direct entre les parties en conflit. Ce scénario se répète successivement dans les pays post-soviétiques.

Dans ce contexte, le voyage du secrétaire d’État adjoint, Victoria Nuland, en février de cette année en Arménie ne semble pas fortuit. Elle qui a soutenu les manifestants pendant le Maidan ukrainien, distribuant des cookies sur la place de l’Indépendance.

Arrivée en Arménie, Nuland a rencontré des représentants de l’Etat et des ONG américaines.

– Nous pouvons supposer que ce genre de contacts n’avait pas pour but d’appeler à la coopération avec le gouvernement – a dit Babakov.

– Il ne faut pas se leurrer, presque toutes les « révolutions de couleur » ont commencé avec ce genre d’événements, mais ont pris un tour politique. Je pense que l’Arménie n’est pas à l’abri d’un tel scénario. Nous connaissons depuis longtemps le nombre d’organisations non-gouvernementales étrangères travaillant en Arménie. Il y a des centaines d’organisations, et la plupart d’entre elles tentent par divers moyens de soulever l’opinion publique en Arménie contre la Russie, faire pencher la société civile en Arménie en faveur d’un choix pro-occidental, – a déclaré le président du Comité du Conseil de la Fédération sur les affaires internationales Konstantin Kossatchev. – Il s’agit encore une fois de proposer à un pays souverain de choisir entre l’Est et l’Ouest, le Nord et le Sud, la Fédération de Russie et l’Union européenne. Nous savons comment ce choix a fait éclater l’Ukraine et continue de la déchirer. C’est un jeu politique injuste et inapproprié. Bien sûr, nous sommes préoccupés par ce qui se passe là-bas.

Selon le politologue, directeur du Centre de services géopolitiques Valery Korovine, les «révolutions de couleur» dans l’ancienne Union soviétique ont toutes leur origine aux États-Unis.

Selon l’expert, l’Arménie est incluse dans l’Union douanière et occupe une position stratégique pour les Etats-Unis, comme « elle est située dans l’isthme du Caucase, grâce auquel les Etats-Unis coupent la Russie de l’Iran. Ainsi, ils ne permettent pas l’accès de la Russie aux mers chaudes. En l’occurrence, l’Arménie est cruciale pour bloquer la Russie et créer dans le Caucase une section du cordon sanitaire qui nous entoure de tous les côtés « .

Ayant déjà réussi à priver de leur souveraineté la Libye, l’Ukraine et d’autres pays, les ONG occidentales fonctionnent selon un scénario bien rodé. Leur but ultime – faire en sorte que les manifestations dégénèrent d’une manière radicale.

Selon les analystes politiques, la possibilité d’un coup d’Etat en Arménie dépend de la fermeté de la direction actuelle. Si Erevan commence à douter de la justesse du choix de la CEEA (Communauté économique eurasiatique), c’est la fin de l’actuel gouvernement.

Selon un sondage réalisé par Gallup International Association, environ 70% de la population de l’Arménie soutiennent la décision de se joindre à la CEEA, seulement 10% y sont opposés.

Les participants de l’action du mouvement civil « Non au pillage » soulignent qu’à ce jour, ils ont une seule demande – annuler le décret du gouvernement, selon lequel le prix de l’électricité pour les ménages à partir du 1er août devrait croître de 17%. Les habitants d’Erevan font remarquer que les services publics sont déjà trop chers.

Le mouvement de protestation, qui, selon les manifestants a été provoqué par la décision de la Commission de régulation des services publics en Arménie le 17 juin, a rapidement pris une couleur politique. A l’action pacifique sur la question sociale se sont joints des représentants de différents mouvements et partis d’opposition arméniens, en particulier, le Congrès national arménien, «patrimoine», «Arménie prospère» et d’autres. Et avec eux, sont apparus également des déclarations politiques contre le président sortant. Maintenant, dans la foule des manifestants on entend le slogan de démission du gouvernement.

Le 23 juin les manifestants ont bloqué l’avenue Bagramian. Cependant, ils ont été dispersés par la police à l’aide de canons à eau. Les forces de l’ordre ont arrêté 237 participants du « Non au pillage. » Lors de la dispersion de la foule ont été blessés 11 policiers et 7 manifestants.

 
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Publié par le juin 25, 2015 dans Uncategorized

 

Arménie : lancement de l’opération « Maïdan tarifaire »

http://russiepolitics.blogspot.fr/2015/06/armenie-lancement-de-loperation-maidan.html

Акция протеста в Ереване
Une désagréable impression de déjà vu …
L’Arménie est aujourd’hui confrontée à la technologie du Maïdan. Des milliers de manifestants dans les rues, qui reviennent toujours, drapeaux européens en main avec le drapeau arménien, très bien organisés, avec des revendications illogiques. Mais peu importe, il faut occuper le terrain et déstabiliser le pouvoir. Retour sur évènement.
Le vendredi 19 juin, les manifestations ont commencé. Le motif officiel en fut l’augmentation des tarifs énergétiques de 16,7%. Quelques milliers de personnes étaient dans les rues et refusaient de se disperser. Et refusent de négocier avec le Président arménien. Car le but n’est pas la négociation politique et sociale qui implique la reconnaissance de la légitimité du pouvoir en place, mais le changement de pouvoir par la force mettant le pays aux mains d’une minorité qui ne peut prendre le pouvoir légitimement, étant justement minoritaire.
Lors de la manifestation, l’on voit essentiellement des drapeaux arméniens et européens. Comme vous pouvez le voir sur cette vidéo :
 https://www.youtube.com/watch?v=rQeX_JeIeaA&feature=player_embedded
Mais le politicien russe, Makarov, affirme qu’il existe également des drapeaux de Secteur droit. Comme sur cette photo :
Le 23, à 7h du matin, la police a utilisé les canons à eau pour disperser la foule. 200 personnes furent arrêtées, puis libérées. 18 personnes furent blessées, dont 11 policiers. Mais comme vous pouvez le voir sur cette vidéo, les manifestants sont très bien organisés, ils savent exactement comment réagir face à la police et face aux canons à eau. Avec beaucoup de calme… et d’entrainement.
Beaucoup d’éléments font penser à un Maïdan. Des revendications sociales, qui sont absurdes si elles sont suivies d’une volonté de rapprochement avec l’UE. Car si les Arméniens trouvent les tarifs élevés dans leurs pays, l’exemple grec leur montrera que l’UE a un modèle social particulièrement réduit. Sans oublier l’exemple ukrainien dont l’économie est exsangue et les tarifs augmentés. Les autres éléments sont évidemment l’apparition de drapeaux UE et la préparation manifestes des participants à la manifestation.
Enfin quelques éléments troublants. La visite de V. Nuland en février, qui, selon l’analyste américain non-aligné Paul Craig Roberts, s’interprète comme une préparation au futur coup d’Etat. Encore quelques chiffres montrant l’implication financière des Etats-Unis dans le soutien à la société civile arménienne, comme ce fut le cas de la société civile ukrainienne.
Selon les données du Département d’Etat américain, en 2013 les Etats-Unis ont dépensé 37 millions de dollars, 27,5 millions en 2014 et 25,7 millions sont prévus en 2015. Si seulement 2% de ces sommes sont à but humanitaire, 31% concernent le développement économique, 27% le soutien à la démocratie, 26% la sécurité et 14% l’investissement dans des individus concrets.
Espérons que ce beau pays qu’est encore l’Arménie tirera les leçons de la faiblesse politique de Yanukovitch pour ne pas répéter les mêmes erreurs.
PS: Saakachvilli vient de déclarer en off que, dans un contexte pacifié et favorable, il faudra au moins 20 ans à l’Ukraine pour retrouver le niveau de développement qu’elle avait sous … Yanukovitch. Ou des bénéfices des révolutions… sauf pour les populations concernées.
 
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Publié par le juin 24, 2015 dans Uncategorized

 

La réflexion du jour: l’âge ne fait rien à l’affaire…

c’est extraordinaire, alors même que l’on ne cesse de reculer l’âge de la retraite, un nouveau débat à la con a lieu sur l’interdiction à des fonctions éligibles au-delà d’un certain âge… Encore une manière de faire croire à la jeunesse que tout est la faute des vieux qui vivent désormais trop longtemps et qui mènent une politique au service du capital (ça c’est pas dit c’est vilain) … Et bien évidemment tous les politiques sautent à pieds joints sur cet intéressant sujet… La débilité n’a pas d’âge…

 
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Publié par le juin 23, 2015 dans Uncategorized

 

La Russie prête à bloquer toute saisie de ses biens après la décision du juge de la Haye sur Ioukos

Ancien bureau de Ioukos en Sibérie

La Russie se tient prête à protéger ses biens à l’étranger de toute saisie suite à la décision de la Cour de la Haye d’accorder 50 milliards d’euros de compensation au pétrolier Ioukos, a indiqué le ministre russe de la Justice Alexandre Konovalov.

«Naturellement, nous nous préparons à cette éventualité, et notamment à prévenir ces agissements que nous considérons comme contraires à la loi», a dit le ministre en réponse à une question d’Interfaxtendant à clarifier si la Russie était prête à protéger ses biens à l’étranger des tentatives de saisie en vertu de la décision de la Cour Permanente d’Arbitrage de la Haye (ci-après – la Cour permanente) dans le cadre de l’affaire Ioukos.

Alexandre Konovalov a aussi répondu à la question de savoir si la partie russe allait élaborer un plan de paiement des pénalités. «C’est l’affaire du ministère des Finances». «Mais autant que je sache, non», a-t-il souligné.

L’exécution des décisions de la Cour Permanente est du ressort des juridictions nationales que les plaignants devront saisir par eux-mêmes, a indiqué le ministre de la Justice.

«Jusqu’à présent, de telles demandes ont été reçues en France et aux Etats-Unis. Chaque fois qu’une demande apparaîtra, il faudra prendre les mesures que la Fédération de Russie jugera nécessaires pour empêcher l’exécution de la décision», a noté le ministre, promettant que la Russie se défendra devant les juridictions locales. Il est à noter que les déclarations du ministre font suite à l’envoi récent d’une telle requête par les représentants de Ioukos à une juridiction parisienne.

En juillet dernier, le Cour d’arbitrage de la Haye a satisfait un recours en indemnisation des ex-actionnaires de Ioukos contre la Russie et sommé Moscou de payer 50 milliards d’euros de compensation pour la liquidation jugée irrégulière de la compagnie anciennement gérée par l’oligarque en exil Mikhaïl Khodorkovski. Le juge a réparti la somme entre plusieurs ex-filiales de Ioukos, y compris l’entreprise chypriote Hulley Enterprises (39,9 milliards), Yukos Universal (1,8 milliard) et Veteran Petroleum – (8,2 milliards).

Néanmoins, en février 2015, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), saisie par les ex-actionnaires s’estimant lésés dans leur droit de propriété sur les actifs liquidés, a reconnu que la société Ioukos s’était rendue coupable d’évasion fiscale massive en Russie et que le redressement fiscal qui a suivi était justifé au regard de la législation russe.

Les conclusions des avocats du géant pétrolier déchu tendant à démontrer qu’il s’agissait d’une manœuvre politique orchestrée par les autorités russes ont été rejetées par la Cour européenne.

Dans les faits, il ressort des arrêts de deux juridictions [CEDH et Cour Permanente] que les ex-actionnaires de Ioukos portent une responsabilité dans la liquidation de la compagnie causée par le redressement fiscal imposé au vu de l’ampleur de la fraude fiscale.

Au terme du redressement effectué en 2006 en parallèle au procès retentissant de l’oligarque Mikhaïl Khodorkovski, une partie des actifs de la compagnie avait été liquidée conformément à une procédure de faillite et une autre partie rachetée par Rosneft.

Source : RT France, le 4 juin 2015.

Les-Crises.fr Gr | 19 juin 2015 à 4 h 04 min | Tags: Europe, Oligarques, Russie | Catégories: Crise Politique | URL: http://wp.me/p17qr1-kKL
 
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Publié par le juin 20, 2015 dans Economie, Europe, Uncategorized

 

Quand Depardieu donne une leçon politique à Hollande et Valls Par Bruno Roger-Petit

Publié le 16-06-2015 à 13h27Mis à jour à 13h28

Puisqu’il est question de cinéma, je vais entamer le travail réclamé par un ami, Armand Paillet, sur son lit de mort: terminer le travail qu’il a consacré à ce cinéaste communiste un peu maudit que fut jean Grémillon. Ce que voulait mon ami et il m’a laissé son manuscrit à publier avec un petit travail préalable que je résumerai sans doute à une préface, le sujet en est exactement ce que dit Depardieu et qui est aussi le propos interdit de Grémillon, ce moment où l’héroïsme de la Résistance va être vendu au plan Marshall et aux accord Byrns-Blum, l’influence d’Hollywood, une autre manière de dire que la France médiocre, collabo, pétainiste et celle des petits accommodements va prendre le dessus… La France médiocre de Hollande qui a prétendu interdire la résistance communiste au panthéon celle de ces élites médiocres, des enflures dont rien aucun talent ne justifie le monopole médiatique et qui du haut de leur académisme et de leur candidature officielle pleurnichent et se prétendent des victimes.  Le contraire de Depardiue.  Il faut beaucoup de perspicacité à l’auteur de l’article pour voir que Depardieu , fils de communiste, prolétaire taiseux, découvrant lui-même le verbe,, appelle la France au nom de la Russie, celle qui comme le dit  Mikhalkov pose la question du pourquoi, ce pourquoi qui rend fou et que l’on prétendait interdire sur le fronton des camps de la mort (Danielle Bleitrach)

Dans Le Figaro, Gérard Depardieu dénonce une élite politique, médiatique et culturelle sans « distinction » ni ambition. Un message que le président normal devrait méditer ?

Gérard Depardieu, le 22 mai 2015 Thibault Camus/AP/SIPAGérard Depardieu, le 22 mai 2015 Thibault Camus/AP/SIPA

Les chemins de la désespérance mènent droit à la lucidité. Gérard Depardieu en administre un éclairant exemple, ce mardi 16 juin, dans un entretien publié par le Figaro. Depardieu n’est pas qu’un acteur énorme qui profite de son immense popularité pour multiplier les provocations. Il est bien plus que cela, pour qui veut bien aller au-delà des sentences que les médias qui le sollicitent s’empressent de populariser pour les besoins de leur renommée.

Si ce que dit Depardieu pèse aux yeux de ses contemporains, c’est bien parce qu’il fait écho avec les préoccupations du temps. Depardieu n’est pas Guillaume Canet, consensuel et émollient, bien dans l’air du temps, surfant jusqu’à l’indécence sur la vague des bons sentiments et les Petits mouchoirs de l’époque en veillant bien à ne déranger personne. Depardieu est authentiquement français à raison de ce qu’il n’est pas gros, mais énorme. Depardieu est là pour déranger, bousculer, casser.

On serait François Hollande et Manuel Valls, seuls et abandonnés par les forces vives d’un pays saisi par le déclinisme, gouvernants sans boussole en quête des moyens de raviver l’optimisme et l’espérance parmi les Français, on lirait et relirait Depardieu dans le Figaro. On y trouve en effet un diagnostic sur l’état de la société française à travers la représentation de ses élites, dans tous les domaines, d’une acuité exceptionnelle.

« Le verbe était de haute volée »

Depardieu éclaire le présent par le passé : « J’étais ami avec Michel Audiard, comme avec Jean Carmet, Jean Gabin… Le verbe était de haute volée. Ils avaient tout ce qui nous manque aujourd’hui. Pas de la distance, mais de la distinction. Maintenant, personne ne se distingue de rien, à commencer par les hommes politiques. Journalistes, acteurs pareil. On ne vit pas dans un monde où l’on peut se distinguer ».

« La France s’ennuie », dit en substance Depardieu. Elle s’ennuie parce que dans tous les secteurs de la vie publique, politique, médiatique, artistique, elle ne produit plus rien qui ait pour ambition de se distinguer. Qu’on ne s’y trompe pas, Depardieu ne fait pas dans le « C’était mieux avant » à la Zemmour. Il n’est pas question pour lui de tomber dans l’engourdissement d’une nostalgie identitaire qui précède le tombeau. Non. Si Depardieu évoque ce que fut le cinéma d’avant, celui des Audiard, Gabin ou Carmet (il a oublié son copain Blier -ce génie- au passage) c’est pour regretter que de tels monstres aient disparu, et que ce phénomène est aussi, à travers le cinéma, le révélateur d’une France qui s’ennuie à l’image d’un cinéma où rien en distingue.

Depardieu a raison. Le cinéma français a toujours été le reflet de la vitalité française. On a les films que l’époque mérite. Et les stars qui vont avec. Songeons à ce qu’est devenu, par exemple, le spectacle de la cérémonie des César. Les Morgan, Gabin, Noiret, Deneuve, Rochefort, Marielle, Léotard, Ventura, Coluche ou Depardieu des années 70/80 ont été remplacés par Manu Payet, Kev Adams et les anciennes Miss météos de Canal Plus. Le cinéma français n’est plus qu’une suite de téléfilms à sketchs, produits dérivés des amuseurs de Canal Plus, dont le dernier avatar, le film « Connasse » est l’emblème parfait. Jacques Audiard est un arbre qui cache la forêt du vide. Qui oserait aujourd’hui, produire un film comme le Corbeau de Clouzot, sur l’état de la société française ?

Une France tout à la fois pèpère et mèmère

Depardieu voit juste. Le cinéma français est le reflet d’une France sans héros à distinguer. Une France tout à la fois pèpère et mèmère. Une France normale. Une France désespérément normale. Or une France normale est une France qui s’endort. Une France de Bidochon. Sans ambition et sans dessein. De ce point de vue, François Hollande, qui a été élu en promettant de renoncer à toute distinction, en proclamant qu’il serait un « président normal », est bel et bien le pendant politique de ce qu’est le cinéma d’aujourd’hui. Depardieu a tout bon. Tout se tient. La France 2015 panthéonise les grandes figures du passé parce que ses contemporains ne se distinguent en rien. Et quand elle tient un Prix Nobel de littérature, la ministre de la Culture en charge avoue qu’elle ne l’a pas lu. Même ceux qui devraient être distingués ne le sont pas. Quel vertige…

Sous Mitterrand, le cinéma célébrait Noiret, Rochefort et Marielle, Signoret, Deneuve et Baye. Sous Hollande, on célèbre Kev Adams, Manu Payet et Guillaume Canet, les Miss météo et la « Connasse » de Canal Plus.

Sous Mitterrand, les ministres s’appelaient Mauroy, Joxe, Badinter, Defferre. Même un simple Secrétaire d’Etat pouvait se nommer Max Gallo. Sous Hollande, à trois ou quatre exceptions près, on ne connait même plus les noms des ministres. Qui sait aujourd’hui le patronyme du Secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur, de la Promotion du tourisme et des Français de l’étranger auprès du ministre des Affaires étrangères et du Développement international ?

Une partie de l’élite française moque Depardieu. Depardieu, le monstre. Depardieu, le copain de Poutine. Depardieu, l’autodestructeur. Depardieu, Chronos dévorant ses enfants. Depardieu qui se vend à n’importe qui, n’importe où. On même vu, en son temps, un Premier ministre, empreint de la « normalité » de l’époque, accuser Depardieu de trahison. « Minable » avait dit le premier chef de gouvernement de l’ère Hollande lorsque Depardieu avait annoncé son exil volontaire pour la Belgique, avant de choisir, in fine, la Russie. Surtout condamner Depardieu et refuser de la comprendre. Casser le miroir qu’il nous tend, à l’insupportable reflet.

Peut-on réveiller un peuple qui s’ennuie ?

Une sphère non négligeable de l’élite politique, médiatique et artistique de l’époque se refuse à comprendre que Depardieu se donne à Poutine parce que la France le désespère. Poutine n’est pas un président normal. Poutine se distingue parce qu’il a de l’ambition pour son pays et son peuple. Depardieu choisit Poutine comme on lance un ultime appel au secours. Paradoxalement, c’est par patriotisme que Depardieu brandit l’étendard de Poutine. Pour réveiller un peuple en proie au déclinisme sur fond de mésestime de lui-même. Quand Depardieu proclame que « Les Français sont plus malheureux que les Russes », il constate une évidence que l’élite française persiste à nier.

Depardieu pose la bonne question : peut-on réveiller un peuple qui s’ennuie, doute, avec une élite anesthésiante et conformiste ? Peut-on plaider pour le retour de l’optimisme et de l’ambition quand on se prétend président normal ? Ou se poser en Premier ministre avocat d’une réforme du collège qui promeut un enseignement de l’histoire qui ne distingue pas la France dans ce qu’elle emporte de plus exaltant auprès de jeunes consciences ?

Depardieu sera-t-il enfin entendu ? Ecouté ? Lui-même en doute. On lui laissera le mot de la fin, tout en souhaitant qu’il se trompe : « Moi, je suis au-delà de la révolte. C’est fini ça. J’adorerais donner des coups à condition que j’en prenne. Je parle de vrais coups, qui font saigner. Pas de petites polémiques sur le fait que je ne veuille pas payer mes impôts. La masse est bête. Et ceux qui font la masse, c’est-à-dire les journalistes, encore plus bêtes ».

 
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Publié par le juin 18, 2015 dans Uncategorized

 

Les derniers enfants soviétiques

 

17 Juin 2015

Le 10 juin 2015, le blog du Club d’Izborsk sur le réseau Live Journal a repris un texte d’un bloggeur de Sibérie, relativement anonyme. Ce texte paraît tout à fait caractéristique d’un phénomène de plus en plus répandu en Russie et dans le Monde Russe depuis un an : il s’agit de se réapproprier un pan de l’histoire, un pan d’ identité. Ce pan occulté/oublié, c’est l’Union Soviétique.

Enfants

Je fais partie de la génération des personnes qui naquirent encore en Union Soviétique, mais dont l’enfance et les premiers souvenirs relèvent déjà de la période postsoviétique. En prenant de l’âge, nous avons découvert que notre enfance postsoviétique se déroulait dans les ruines d’une certaine civilisation qui s’en était allée.
Cela se manifestait dans le monde matériel, par de gigantesques constructions inachevées dans lesquelles nous aimions jouer, par des bâtiments d’usines fermées, tellement séduisantes aux yeux de toute la marmaille des environs, et par toute une symbolique incomprise que le temps effaçait des murs des immeubles.

 

Dans le monde immatériel, le monde de la culture, les reliques de cette époque passées s’exprimaient avec tout autant de force. Sur les étagères de livres d’enfants, Pavka Kortchaguine tenait compagnie à d’Artagnan et au Capitaine Blood. Au premier abord, il semblait représenter un monde étranger et très lointain, comme le mousquetaire français et le pirate britannique. Mais la réalité communiquée à travers Kortchaguine se voyait confirmée dans d’autres livres et s’avérait être toute proche, nôtre. Partout on découvrait des traces de l’époque révolue. « Grattez le russe et par dessous vous trouverez du tatare » ? Je n’en suis pas convaincu. Par contre il est évident que si on gratte le russe, on découvrira obligatoirement par dessous du soviétique.
La Russie postsoviétique a renoncé a sa propre expérience de développement pour pouvoir entrer dans la civilisation occidentale. Et cet emballage civilisationnel fut grossièrement tendu sur nos fondements historiques. Mais il se déchira, incapable de supporter la tension, n’ayant pas reçu le soutien créatif des masses, qui affirment leur préférence pour une dimension plus immuable, pour leurs racines.
A travers cette déchirure apparut le noyau demeuré intact de la civilisation déchue. Et nous nous sommes mis a étudier l’URSS comme les archéologues étudient les civilisations antiques. On ne peut dire que les enfants postsoviétiques furent livrés à leurs facultés autodidactes pour ce qui concerne cette époque soviétique. Au contraire, de nombreux amateurs narraient les «horreurs du soviétisme» à ceux qui étaient trop jeunes pour les avoir connues personnellement. On nous expliqua l’horreur de l’égalitarisme de la vie communautaire. Comme si aujourd’hui, la question du logement avait été résolue. Quant à la «grisaille» du peuple soviétique, à l’assortiment modique de ses vêtements, en face de quoi, bien entendu, une foule de gens habillés de mêmes équipements de sport forme un tableau beaucoup plus pittoresque, on dira juste que ce n’est pas l’habit qui embellit la personne. Ils racontaient les biographies cauchemardesques des acteurs de la révolution (Il est vrai que même à travers toutes les saletés qui ont été déversées sur Dzerjinski apparaît le portrait d’un homme fort qui a réellement consacré toute sa vie à lutter pour ce qu’il considérait être juste).

 

Mais le plus important, c’est que nous avons constaté que la réalité postsoviétique était en tout point inférieure à la réalité soviétique. Dans le monde matériel, les nombreuses affiches publicitaires ne pouvaient se substituer aux grands chantiers du passé et à la conquête du cosmos. Mais l’essentiel se situe dans le domaine immatériel. Nous avons vu ce qu’était la culture postsoviétique, les livres et films que ce monde produisait. Et nous avons comparé cela avec la culture soviétique qu’on nous disait étouffée par la censure et caractérisée par les persécutions encourues par de nombreux auteurs et créateurs. Nous voulions chanter des chansons et lire des livres. «L’humanité veut chanter. Un monde sans chanson est inintéressant». Nous voulions une vie plein de sens et de valeurs, et ne pas être réduits à une existence animale.
La réalité postsoviétique offrait un impressionnant assortiment destiné à la consommation, mais elle était incapable de nous offrir quoi que ce soit dans le menu du sens et de la valeur. Et nous sentions que la réalité soviétique comportait quelque chose de volontaire et chargé de sens. Dès lors nous ne prêtions guère foi aux histoires concernant «l’horreur du soviétisme».
Aujourd’hui, ceux qui nous racontaient que la vie en URSS était un cauchemar, racontent que la Fédération de Russie se dirige tout droit vers l’Union Soviétique et aurait même parcouru tout le chemin qui y mène. Quelle amertume éprouvons-nous, à entendre des choses aussi ridicules ! Nous voyons bien l’énorme différence entre la réalité socialiste de l’Union Soviétique et la réalité capitaliste et criminelle de la Fédération de Russie. Et nous comprenons pourquoi ceux qui insistaient sur les horreurs du stalinisme nous parlent maintenant des horreurs du poutinisme. Consciemment ou non, tout ces beaux parleurs travaillent en faveur de ceux qui veulent faire subir à la réalité postsoviétique le même sort que celui qui fut infligé à la réalité soviétique. Mais ce petit numéro n’aboutira pas. Vous nous avez appris la haine. La haine de notre pays, de notre histoire, de nos ancêtres. Mais vous nous avez aussi appris la méfiance. Il me semble que celle-ci représente l’avantage principal de la Fédération de Russie.
Ceux qui grandirent dans la Russie postsoviétique sont différents de la société naïve de la fin de l’ère soviétique. Vous êtes parvenus à tromper nos parents pendant les années de la perestroïka. Mais nous, nous ne vous croyons pas, et nous ferons tout pour que votre entreprise échoue une seconde fois. Nous allons soigner et transformer l’État russien malade et inachevé, en quelque chose de bon, juste et orienté vers son développement. J’espère qu’il s’agira d’une Union Soviétique renouvelée, et que vos clameurs selon lesquelles « la Russie glisse vers l’URSS » soient finalement bien fondées.

 
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Publié par le juin 17, 2015 dans Uncategorized

 
 
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