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je n’y résiste pas…

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Publié par le septembre 21, 2017 dans Uncategorized

 

IRMACRON… Cette tempête (médiatique) dans un coui d’eau !

A noter qu’après avoir relayé copieusement le déplacement de Macron aux Antilles le jour même des grandes manifestations contre la loi travail, les médias (France inter) commencent à faire état de l’accueil plutôt hostile des populations.

Notre camarade Philippe BELAIR fait état de ses réflexions à propos de ce déplacement :

___________

GUADELOUPE

Cà y est, sa sainteté néolibérale a posé les pieds en Guadeloupe – tremplin vers Saint-Martin et Saint-Barthélemy, habemus papam ! Branle-bas de courbettes dès 05 heures du matin à l’aéroport « Pôle Caraïbes », une exception pour un gros porteur venant d’Europe car l’idée première aurait été de passer une journée complète sur les trois iles et de repartir le soir pour présider le conseil des ministres du lendemain… Quel travailleur hein ? Prenez-en de la graine, fainéants !

L’autre idée première aurait été de zapper la presse (surtout locale), histoire d’éviter les questions de cyniques, et puis voilà qu’après une longue réunion filmée partiellement mais avec les mêmes images retransmises en boucle, nous avons eu droit à une conférence de presse dont l’unique but semble bien de marteler l’engagement sans faille de l’Etat dès le début et d’annoncer que finalement on campe à Saint-Martin… Quel comédien hein ?

Mais c’était sans compter sur l’acuité intellectuelle des extrêmes qui veillaient au grain et scrutaient le moindre mot prononcé et le moindre geste qui contredirai la pensée présidentielle sortie enfin de son hermétisme. Rien à faire, même avec l’appui des politiques locaux qui ont ravaler leur rancœur d’avoir été mis de côté dans la gestion de la crise pour avaler la couleuvre, personne n’a été dupe au point de croire un traître mot.

Malgré toute la mise en scène, sur du papier à musique, et le tapage d' »experts » autoproclamés dans les médias nationaux, deux actualités s’imposaient : l’organisation de la solidarité par des initiatives extra-gouvernementales et le mouvement social contre les ordonnances anti code du travail. La malhonnêteté des médias au service de la campagne de communication de Monsieur le Président vas jusqu’à nier le droit aux travailleurs de se mobiliser en pareille circonstance.

Oui ! La gestion de cette crise a été très mauvaise, en amont comme en aval, non pas par incompétence des fonctionnaires de l’Etat mais parce que ce dernier est tétanisé par l’idéologie néolibérale qui lui interdit l’initiative politique comme il se doit en République (Res publica – Chose publique) au nom d’une vision comptable de la société. Cette manière de toujours comptabiliser les moyens d’action, même l’aide d’urgence est déjà comptabilisée à 50 millions d’euros (Dixit Jupiter), et de faire des prévisions risquées jusqu’à la dernière minute afin d’éviter les pertes de journées par les entreprises, est à l’origine de ce chaos.

Le Vénézuela, prétendue Dictature (Dixit les mêmes médias il y a encore peu), a été le premier Etat a porter secours à toutes les îles touchées y compris Saint-Martin. Quelle frustration de se voir voler la vedette par un pays honni parce qu’il a opté radicalement pour une politique opposé : le partage de la richesse même avec les voisins ? Quelle autre frustration de constater qu’un autre pays socialiste, Cuba, ne dénombre que 10 morts sur près de 12 millions d’habitants alors que la France est incapable de certifier le nombre véritable de victimes à Saint-Martin… 35 000 habitants sans compter les non-recensés ? Cuba se permet même le luxe d’aider les autres malgré sa « pauvreté » et les effets d’Irma, sans aucune comptabilité infecte et inhumaine.

Non ! Monsieur Macron vous avez tort de nous appeler à l’unité nationale pour couvrir vos erreurs, après nous avoir honteusement traiter de fainéants – cyniques et extrêmes. Vous avez tort de vouloir éviter la controverse en la qualifiant de polémique inutile. Vous aurez, de vous même, constater que nul ne vous a attendu pour initier la solidarité nécessaire et si unité nationale il doit y avoir ce sera sans vous et vos communicants médiatiques qui ne faites pas honneur à la république.

Votre parti pris idéologique est la source même du chaos post-cyclonique, n’en déplaise à ceux qui vous soutiennent mordicus sans l’acuité intellectuelle des extrêmes. Quant aux fainéants, ils sauront s’entraider et les cyniques, eux, ils continueront à vous tenir rigueur d’aller au charbon pour vos maîtres financiers qui n’ont cure de la planète.

C’était bien joué, vous avez voulu transformer le malheur d’autrui en tremplin politique pour étrangler la contestation sociale mais elle monte, elle monte, elle monte ! A n’en point douter, vous saurez mettre les moyens musclés pour tenter de la mater mais en vain. Pendant votre cynique entreprise, 500.000 travailleurs et fainéants étaient dans les rues, même en Guadeloupe, et ce n’est que le début car l’extrême viendra à vous vaille que vaille.

Basse-Terre, le 12 Septembre 2017,

BELAIR Philippe

1)  Coui : Récipient pour recueillir de l’eau ou un aliment, fabriqué avec la moitié d’une calebasse.

 
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Publié par le septembre 13, 2017 dans Uncategorized

 

L’HOMME DE KIEV de Bernard Malamud*

L’HOMME DE KIEV de Bernard Malamud*

Yakov Bok, le héros du roman de Bernard Malamud ne semble pas être au départ un « mensch » – on appelle  « mensch » en yiddish un homme, un vrai,  mais une sorte de anti-héros qui va peu à peu se métamorphoser en héros, en personne d’un courage et d’une volonté exemplaires pour faire entendre et réclamer justice, lutter contre le mauvais sort qui l’accable,  contre un destin funeste, cesser d’être un « shlimazel », un malchanceux en yiddish. Courbé sous le joug, esclave jeté en pâture à un peuple avide de faire porter la responsabilité de ses malheurs à ces « Zhids », ces « youpins » pouilleux et infâmes, Yakov réussira à se redresser, et trouvera la force de résister.

Il  accèdera à cette conscience par différentes étapes, toutes plus douloureuses et inhumaines les unes que les autres. Ses maux accumulés vont le transformer et l’éclairer sur ce que l’être humain peut porter en lui de plus abject, mais aussi de plus noble.

Yakov Bok va accéder à la  conscience politique, à la conscience de classe, à la conscience de la nécessité de la lutte politique. Yacob serait donc un héros brechtien selon la logique de la lutte de classes, selon un point de vue marxiste.

Nous sommes en 1911 en Russie, sous le règne de Nicolas II, après la Révolution de 1905, la Révolution de 1917 se profile à l’horizon. La colère monte. La classe ouvrière vit dans la misère, particulièrement la classe ouvrière juive. Celle-ci est cantonnée dans des zones de résidence. Les ouvriers juifs sont entassés parfois à 10 dans une seule pièce, travaillent 15 à 18h heures par jour pour un salaire dérisoire. La caractéristique de l’antisémitisme dans ces pays fut marquée par les pogroms. Ces pogroms ont fait des centaines de milliers de victimes en Russie, Ukraine, Pologne, Lituanie,  en ce début du vingtième siècle.  La plupart des juifs habitaient les shtetls ou dans ces zones de résidence, régulièrement frappés par la violence antisémite, menée entre autres par les terrifiants « Cent-Noirs »** dont parle Bernard Malamud dans son livre.

L’homme de Kiev  débute donc en cette période où les Bolcheviks et les Mencheviks s’organisent et préparent le soulèvement et la Révolution d’Octobre 1917. La misère est à son comble, le peuple est affamé sous les monarchies successives,  le mouvement ouvrier juif, le Bund, est fortement implanté dans le prolétariat juif et connait une large audience. Les grèves organisées par les différents mouvements et partis révolutionnaires  sont nombreuses et réprimées dans le sang. C’est aussi la période où les pogroms atteignent leur point culminant de violence.

C’est à Kiev que se rend Yakov pour fuir la misère et tenter de trouver du travail. Là commence un long périple à travers la campagne désolée. Yakov conduit un chariot brinquebalant traîné par un vieux bourricot qui rechigne à avancer. Un voyage qui le verra se confronter de plein fouet à l’antisémitisme du peuple. A la haine la plus triviale en la personne d’un passeur qui accepte de lui faire traverser le Dniepr pour atteindre la ville.  Ce dernier méconnaît bien sûr les origines de Yacob, bien qu’il le devine bizarrement étranger,  et s’adresse à lui en ces termes, dans une diatribe qui préfigure dans toute son abomination la réalité de ce qu’il se passera 30 ans plus tard :

«Que Dieu nous préserve de ces salauds de Juifs avec leurs grands nez et leurs faces grêlées. Tous des parasites, des tricheurs et des suceurs de sang. S’ils le pouvaient, ils nous voleraient la lumière du jour. Ils empoisonnent la terre et l’air avec leur corps puant et leur haleine fétide, et la Russie crèvera des maladies qu’ils répandent  si on n’y met pas bon ordre. Un Juif est un démon (…) Jour après jour ils rongent la mère patrie. La seule façon de  nous en préserver, c’est de les supprimer.  Ca ne veut pas dire : tuer un « Zhid » par-ci par-là, mais les supprimer jusqu’au dernier, ce qu’on a bien essayé de faire déjà, mais jamais comme il aurait fallu. Moi je dis qu’on devrait rassembler tous nos hommes avec fusils, couteaux, fourches, gourdins – n’importe quoi pourvu que ça puisse tuer du Juif. Quand les cloches des églises se mettront à sonner on marchera tous sur le quartier juif pour les extirper de leurs cachettes, leur écrabouiller la cervelle, percer leurs boyaux farcis de harengs, faire sauter leurs nez pleins de morve, sans pitié pour les enfants ni les vieux, parce que, si on en épargne quelques-uns, ils se reproduiront comme des rats, et tout sera à recommencer.

Et une fois qu’on aura égorgé toute cette maudite engeance (…) on entassera leurs corps et après les avoir aspergés de pétrole on allumera des feux qui feront la joie du monde entier.

(…) Vous pouvez me croire, le jour n’est pas loin où on fera tout ce que je vous dis parce que Notre-Seigneur qu’ils ont crucifié veut sa juste vengeance. »

Mais cela n’empêche pas l’auteur de lancer des pointes d’humour tout le long de son récit, un humour typiquement yiddish,  comme il en a le secret, en plein milieu des ténèbres,  par exemple, concernant ce pauvre vieux cheval qu’il échange contre la traversée et doit abandonner sur la rive.

« Attaché à une palissade, le bidet les observait depuis la rive éclairée par la lune.

« Il a l’air d’un vieux juif, pensa le réparateur.

Le cheval hennit puis, vu l’absence de résultat, lâcha un pet sonore. »

Il y a chez Malamud  ce regard distancié qui permet des respirations dans un roman si chargé d’affects qui fait partie de la puissance de son écriture. Au cœur de ce noir récit il nous arrive de sourire sous ses traits d’humour  comme jetés distraitement  en un clin d’œil complice aux lecteurs.

Lorsque Philip Roth commente dans Parlons travail (Gallimard, 2004) : « L’auteur me semblait avoir croqué ses juifs soli­taires et leur forme spécifique d’échec, juif, immigrant – ces malamudiens “en éternelle souffrance” – avec la même authen­ticité que Samuel Beckett dans des œuvres plus longues, Molloy et Malone, ses héros accablés de ­misères. , il faudrait  préciser cependant que ce « héros » là est déjà au départ quelqu’un qui s’interroge, est désireux de s’instruire, d’acquérir des  connaissances,  de se dégager de l’atmosphère religieuse étouffante du shtetl, car il est agnostique, et de se plonger quand il le peut dans la lecture de romanciers et de philosophes. Ce désir irrépressible de connaissances formera le socle de sa résistance.

L’histoire de Mendel Beilis et de Yakov Bok

L’histoire que narre Malamud lui fut inspirée par celle, réelle, de Mendel Beilis, contremaître dans une briqueterie, accusé faussement d’un crime rituel – l’assassinat au couteau d’un enfant dans le but de lui prendre son sang pour la cérémonie rituelle de la confection du pain  lors de Pessa’h (la Pâque juive)

L’affaire fit grand bruit non seulement en Russie, mais à travers le monde, et s’est soldée par l’acquittement de Beilis grâce à l’appui d’un grand avocat et à une enquête approfondie qui démonta les charges contre Beilis et prouva son innocence, à un mouvement d’opinion qui prit sa défense, à une grande grève générale organisé par le BUND***   et aussi à un puissant comité de soutien composé entre autres de  LéonTolstoï.

Cette affaire a des points de résonance avec l’affaire Dreyfus.

Yakov est « réparateur » de métier, « The fixer » est le titre original du livre,  c’est-à-dire en réalité menuisier, charpentier, maçon, peintre en bâtiment… Suite à maintes péripéties il est engagé comme contremaître dans une briqueterie. Il se trouve hors de la zone de résidence et n’a pas de papiers. Il se fait appeler sous un faux nom et vit dans la peur d’être découvert quand survient l’assassinat d’un enfant russe de 12 ans retrouvé lardé de coups de couteaux non loin de la briqueterie. Il est accusé de crime rituel et emprisonné. On accumule aussitôt le maximum de charges imaginaires contre lui avec entre autres de faux témoignages. Il subit l’acharnement d’un appareil judiciaire tout entier consacré à sa perte, qui veut faire de lui le coupable idéal, aidé en cela par une campagne de haine antisémite menée par les Cent-Noirs, et à un environnement totalement hostile.

En prison Yakov  subit toutes les turpitudes, harcelé, mis au cachot, privé de nourriture et de soins, soumis à d’incessants interrogatoires pour l’obliger à avouer un crime qu’il n’a pas commis. Ces trois années d’enfermement sont un calvaire qui le mènent aux portes de l’enfer, mais c’est sans compter sur le philosophe Spinoza qu’il a découvert lors de ses lectures au shtetl et dont il poursuit la lecture  à Kiev :

« Il se remémorait certains épisodes de la vie de Spinoza : comment les Juifs l’avaient maudit à la synagogue : comment, pour ses idées, un homme avait tenté de l’assassiner en pleine rue ; comment il vécut et mourut dans sa petite chambre, méditant, écrivant, et, pour gagner sa vie, taillant des lentilles jusqu’à en avoir les poumons rongés par la poudre de verre. Il était mort jeune, pauvre et persécuté, et néanmoins le plus libre des hommes ».

Le roman se termine au moment où Yakov est conduit au palais de justice pour y être jugé.

La solidarité s’est organisée entre temps. Un grand avocat va le défendre.

Des gens crient son nom au passage du fourgon.

Yakov a cette dernière réflexion :

« Une chose que j’aurai apprise, c’est que personne ne peut se permettre d’être apolitique, et surtout pas un Juif. Impossible d’être Juif et apolitique, c’est clair. On ne peut rester assis à se laisser tranquillement détruire. »

« Là où l’on ne se bat pour la liberté, elle n’existe pas. Que dit Spinoza ? Si l’Etat agit d’une façon que la nature humaine réprouve, le moindre mal est de le détruire. Mort aux antisémites ! Vive la révolution ! Vive la liberté ! »

Béatrice Courraud

L’HOMME DE KIEV, (The Fixer, 1966), Ed. Rivages poche, traduit de l’américain par Gérard et Solange de Lalène, janvier 2015, 428 pages, 10 €

*Bernard Malamud (26 avril 1914 à Brooklyn – 18 mars 1986 à New York) est un écrivain américain de parents juifs immigrants. L’homme de Kiev fut récompensé du Prix Pulitzer et du National Book Award en 1966.

Parmi ses nouvelles les plus connues, citons : The Magic Barrel (Le Tonneau magique) (1958), Pictures of Fidelman (Portraits de Fidelman) (1969), The People and Uncollected Stories (Le Peuple élu et Pluie de printemps) (1989)

L’homme de Kiev a été adapté au cinéma en 1968 par John Frankenheimer  avec dans les rôles principaux : Alan Bates et Dirk Bogarde.

** »Le tsarisme mit tout en œuvre pour endiguer la poussée révolutionnaire des masses juives. Le pouvoir créa une « Union du peuple russe » ou Cent-Noirs (…) Composés d’un ramassis de hooligans tirés des bas-fonds et de la tourbe populacière des grandes villes, leur mission consista à provoquer systématiquement des pogromes.

Un manifeste fut rédigé. On y lisait : « Maintenant, une nouvelle ère arrivera quand il n’y aura plus de Juifs. Les racines de tous nos malheurs, les racines de toutes nos infortunes, ce sont les Juifs. »

*** « Camarades, travailleurs !

Nous menons depuis des années le combat contre la réaction qui nous gouverne. Nous avons déjà versé tant de sang pour notre libération (…) Le 25 septembre début à Kiev le procès Beilis. Dès l’ouverture de ce procès, nous réagirons par une grève générale de protestation. Cela sera la réponse de la classe ouvrière juive. Que les fabriques s’arrêtent, que les ateliers ferment,  que soient désertés les boutiques et les bureaux. ! Tous les ouvriers juifs doivent cesser le travail ! Notre grève montrera au monde que nous protestons, que nous sommes prêts au combat.  Dénoncez l’accusation moyenâgeuse de meurtre rituel ! A bas l’injustice ! A bas l’oppression nationale ! Que vive l’égalité de tous les peuples en Russie ! Vive la solidarité internationale des travailleurs ! Vive le socialisme !. »

« Dans 17 villes, 50 000 travailleurs juifs et non juifs cessèrent le travail. »

In : Histoire générale du BUND, un mouvement révolutionnaire juif, Henri Minczeles, Ed. Austral,  1995, p. 221

 
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Publié par le septembre 12, 2017 dans Uncategorized

 

Tout vas très bien Madame IRMA… Le capitalisme, Jupiter et la propagande feront le reste !

Notre camarade Philippe BELAIR de la CGT Guadeloupe nous fait part de ses réflexions à propos de l’Ouragan IRMA :

 » Quelle sorte de vie publique est celle où la communication c’est-à-dire la manipulation ou la propagande remplace la controverse ?  » Philippe MEYER

Nous aurons peine à les entendre jubiler en secret de l’arrivée de l’ouragan IRMA sur Saint-Martin et Saint-Barthélemy. Pilepoil pour faire oublier la grogne sociale qui monte contre l’arrogance et les prétentions de la classe possédante via des élus soumis. La plus grande victoire idéologique du néolibéralisme, jusqu’à nouvel ordre social, est d’avoir réussi à « déprogrammer » les expériences humaines pour les remplacer par le bourrage de crane permanent qu’est la propagande.

Mais d’abord et avant d’aller plus loin posons nous la question : A qui veut-on faire croire que les populations des Caraïbes ne connaissent pas ce qu’est un ouragan ? Il fût une époque où, tout comme les populations de l’hémisphère nord avant l’hiver, celles des Caraïbes savaient se préparer dès le mois de juin à ce que nous appelons l’hivernage – la saison des pluies qui est aussi celle des cyclones devenus ouragans depuis peu.

Ouragan est plus « globish » que cyclone puisqu’il dérive de l’anglais « Hurricane » qui lui même est un emprunt à la langue des Calinago, les anciens habitants éliminés par la « découverte » des Amériques, « Ou Ri Can » qui était une divinité sensée nettoyer la terre de ses impuretés… Drôle de coïncidence dirait l’observateur.

A l’époque des cyclones, il y a encore trois décennies, il y avait une échelle chiffrée d’alertes nous préparant à l’arrivée certaine du phénomène. Mais les familles étaient déjà prêtes en ayant déjà un stock d’aliments et nettoyer les alentours immédiats des maisons. Il faut dire que ces maisons étaient petites mais bien faites car construites sur l’expérience et l’observation des ainés, elles étaient bousculés mais résistaient car les clefs de charpentes, en acacia pays, en étaient pour quelque chose en leur donnant souplesse et endurance. Les petits secrets de construction résultaient, singulièrement, de l’expérience du cyclone le plus dévastateur qu’est connu la Caraïbe en 1928 : 1270 victimes rien que pour la Guadeloupe.

La question « économique » ne se posait pas car d’abord les Hommes devaient être sauvés. Après le cyclone, la solidarité et le partage étaient les maitre-mots et nul ne s’inquiétait du lendemain. C’est seulement après s’être assuré que la famille et le quartier étaient en sécurité, physique et alimentaire, que les travailleurs rejoignaient leur lieu de travail pour en faire de même… Et le patron ne perdait pourtant pas en journée de travail.

Ce temps est révolu, puisque le néolibéralisme a tout modifier, de la sémantique aux postures en passant par les constructions. Tout comme cette idéologie mondialiste, tout doit désormais venir des Etats-Unis pour être certifié de qualité et sûr. Et, parallèlement, il faut s’assurer de la création ou du renouvellement de marchés (de préférence juteux) et pour ce faire il faut imposer des normes prétendument anticyclonique et parasismique, histoire de faire vivre seules les entreprises agrées par les assurances, tout en pratiquant l’obsolescence programmée, histoire de pérenniser ces entreprises.

L’expérience locale et la méthodologie de l’époque gênaient, tout comme bon nombre d’autres choses singulièrement d’émanation sociale, il fallait déconstruire pour reconstruire. Les charpentes sont désormais sur le modèle « fermette américaine » et la consommation a remplacer les préparatifs du mois de juin. Ainsi, à quoi bon stocker quand on a tout à portée de main et à tout moment ? A quoi bon construire solide quand çà coute cher et qu’il faille attendre alors que la fermette est réalisée en moins de deux à bon prix ? Et c’est bien là, deux exemples de la responsabilité systémique du néolibéralisme dans les conséquences (en aval) d’IRMA, mais il y a aussi et bien-sûr sa responsabilité dans le désordre climatique (en amont).

Déconstruire pour reconstruire, changer de paradigme en martelant que l’individualisme est l’expérience ultime face à toutes autres expériences sociales. En consommant au jour le jour, on se libère de la contrainte de « dépendre » de l’autre voire de partager avec lui. Les pillages qui ont suivi ne sont que l’expression de ce paradigme. Il est frustrant de perdre la capacité d’avoir alors même qu’il est possible d’avoir sans payer. Il y a trente ans et plus, ce n’était pas un comportement premier après une catastrophe. Et ce n’est pas justifier ces actes mais en dénoncer les véritables causes : l’individualisme et le consommationisme glorifiés par ce système.

Mais toute la force de cette idéologie est dans son culot. Non seulement, de par les normes qu’elle impose, elle génère les conditions des catastrophes mais elle est en capacité d’user du drame qui suit pour se remettre en selle. C’est toujours de la faute des individus inconscients et/ou indisciplinés ou mieux, on n’as jamais vu çà – on ne pouvait le prévoir. La responsabilité systémique est balayée au profit des responsabilités individuelle ou collective voire de la fatalité.

Mais comment se fait-il que Cuba, avec moins de moyens parce qu’étranglée par le blocus capitaliste, puisse avoir une gestion aussi humaine et complète de ce genre de phénomène quelque soit leur puissance ? Non seulement c’est un pays où le collectif prime sur l’individuel mais de surcroit elle a fait de son malheur une force. L’écologie stricto sensu y est développé et la connaissance scientifique est mise à la disposition de tous. Ainsi, l’éducation – la connaissance et la prévention pour tous fait de Cuba un pays exemplaire en terme de catastrophe cyclonique. Mais cela reste invisible car cela gène.

Il fallait entendre les inepties médiatiques sur la pauvreté des pays de la Caraibe et la « maitrise » des américains quant à la gestion de ce genre de catastrophe. Si Catherina et Harvey n’étaient pas passé par là pour infirmer ces inepties, les simples d’esprits que nous sommes s’y laisseraient prendre. En vérité, les Etats-Unis, tout comme la France, ont fanfaronné pour cacher leur impuissance n’ayant plus aucune ressource empirique sur le sujet, néolibéralisme oblige. Alors que Cuba et tous les autres Etats de la Caraïbe avaient déjà circonscrit les événements (en amont) et porté les réponses adéquats (en aval), avec les moyens du bord, les pays « riches » étaient encore dans l’incantation du catastrophisme (en amont) et la communication (en aval).

Il faut se rappeler le cyclone Hugo, en Guadeloupe en 1989, où pendant plus de dix jours seules les îles voisines ont été en mesure de venir en aide à l’ile. Les collectivités locales ont rapidement pris l’affaire en main et le gouvernement Français n’est apparu qu’après coup. Cela signifie bien que nous avions la culture de ce risque et savions quoi faire avant et après. Trente ans plus-tard c’est l’oubli organisé qui fait paniquer le citoyen dès qu’il entends parler d’un cyclone.

L »ile de Saint-Barthélémy a été aussi détruite que celle de Saint-Martin mais toutes les problématiques post catastrophes sont répertoriées seulement sur la dernière. Cela mérite une petite explication de texte quant on sait que la première est le fleuron de la défiscalisation et de la présence milliardaire. Un Saint-bath de naissance n’a presque plus la possibilité de jouir de son île et les travailleurs sont dans une précarité telle qu’ils ne peuvent se loger convenablement. Même les fonctionnaires ont du mal à trouvé un logement correct au vu du prix des loyers. Il est plus rentable pour certains Saint-barths de mettre en location leur maison et d’aller louer une chambrée. Cette catastrophe met à nu l’échec de cette dépendance aux milliardaires mais pas question d’en parler.

Quant à Saint-Martin, son indécence est peut-être dans son choix d’un système un peu plus social (mais encore loin de l’être vraiment) avec un service publique s’occupant des personnes âgées et des personnes handicapées. A Saint-Barthélemy, ce sont souvent les milliardaires qui financent à leur bon cœur des infrastructures sanitaires. Les mauvaises langues disent même que Saint-Barthélemy se « débarrasserai » des individus douteux socialement en les déposant discrètement sur les plages de Saint-Martin.

Cette façon de traiter l’information au regard des intérêts idéologiques à défendre est incongrue quant on sait, à quel point, les mêmes qui la font peuvent s’ériger en donneur de leçon d’objectivité journalistique lorsque d’autres se font franchement partisan de ce qu’ils détestent. Et ce qu’ils détestent le plus c’est qu’on leur fasse la démonstration qu’ils ont tort. Mais IRMA a fait la démonstration de l’impréparation systémique, pour des raisons financières et idéologiques, et de la duperie des tenants du système.

Cette catastrophe est déjà et sera encore une bonne occasion pour plus d’un de parader sur le malheur d’autrui, de faire des promesses qui ne seront jamais tenues, de faire croire que la responsabilité incombe à l’incivisme mais surtout de tenter de renaître. Les visites politiciennes qui viennent seront là pour la « com » et non pour engager une véritable et nouvelle politique tenant compte de cette expérience. Les mises à l’écart de la presse locale en disent long.

La presse locale a eu un mal fou pour avoir des informations de la préfecture de Guadeloupe, malgré la présence de la ministre de l’outre-mer, alors que les presses nationales et internationales en savaient déjà long. Il est vrai que la presse nationale peut permettre à Jupiter de redorer son blason puisqu’il doit être en Guadeloupe ce mardi 12, jour de grève générale contre sa politique antisociale. Il a prévenu qu’il ne cédera ni aux fainéants – ni aux extrêmes, alors ce sera silence radio sur les grandes chaînes nationales, ou plutôt un seul et unique sujet du jour : « Jupiter aux Antilles » pour sauver ces français du bout du monde.

Jupiter ne vient pas sauver les quidam qui souffrent le martyre mais, en faisant d’une pierre deux coups, se refaire une santé médiatique et sauver le capitalisme. Ce sont les entreprises de construction qui se frottent déjà les mains, des réunions se tiennent quotidiennement en Guadeloupe, et le service de communication de Jupiter qui voit là l’occasion ultime de présenter au peuple un Jupiter à visage humain alors que les fainéants et les extrêmes manifestent pour des « privilèges ».

Basse-Terre, le 10 Septembre 2017

BELAIR Philippe

 
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Publié par le septembre 11, 2017 dans Uncategorized

 

LE PRÉSIDENT COLOMBIEN SANTOS QUALIFIE LE MOUVEMENT D’ALVARO URIBE DE ¨NÉO-NAZI¨ET ¨NÉO-FASCISTE¨

Le Président colombien Juan Manuel Santos

Juan Manuel Santos

Ce n’est plus un secret pour personne (même si des médias comme Le Monde (France) croient encore pouvoir le cacher à leurs lecteurs) : l’insurrection de l’extrême-droite au Venezuela, déguisée en ¨révolte étudiante¨, est en grande partie soutenue, formée, financée, armée par le paramilitarisme colombien. Certains des assassins professionnels ont été arrêtés au Venezuela en train de diriger les opérations en compagnie de relais vénézuéliens tels que Gabriel Alejandro Reyes, d’ailleurs sous le coup d’un mandat d’arrêt d’Interpol pour… narcotrafic.

Le style est facile à reconnaître : campagne de terreur et assassinats sélectifs contre des organisations populaires, attentats contre des services publics, assortie d’une guerre psychologique quotidienne sur les réseaux sociaux.

L’ex-rédacteur en chef du Monde Diplomatique Maurice Lemoine rappelle dans sa récente analyse de la désinformation du Monde (1), qu’¨un des leaders ¨étudiants¨ vénézuéliens, Lorent Saleh, (bien qu’il a terminé ses études depuis longtemps !), a assisté, le 6 juillet 2013, à Bogotá, en tant que représentant de l’ « opposition vénézuélienne », à une réunion politique organisée par un mouvement fascisant, l’Alliance nationaliste pour la liberté, en présence de Diego Cubillos, comandante de Troisième force, une organisation néo-nazie opérant dans toute la Colombie (El Espectador, Bogota, 21 juillet 2013). Saleh a déclaré à cette occasion : « Je viens vous dire que nous avons besoin de votre appui et que vous avez le nôtre ».

Le leader de la droite vénézuélienne Leopoldo Lopez et son principal soutien régional : l’ex-président colombien Alvaro Uribe. Bogota, décembre 2011.

Le leader de l’extrême-droite vénézuélienne Leopoldo Lopez et son principal soutien régional : l’ex-président colombien Uribe. Bogota, décembre 2011.

L’ ex-président colombien Álvaro Uribe, impliqué dans le trafic de drogue et dans d’innombrables crimes contre l’humanité, reçoit régulièrement les leaders de la droite dure vénézuélienne (comme Leopoldo Lopez) et n’a jamais caché le but de ces réunions : renverser le gouvernement bolivarien par la violence faute de pouvoir le faire par la voie électorale.

C’est dans ce contexte que prennent tout leur poids les déclarations faites à la BBC par le président (conservateur) colombien Juan Manuel Santos à propos des méthodes du réseau Uribe, alors que la campagne présidentielle bat son plein en Colombie.

Le mandataire colombien a dénoncé les attaques qu’il subit de la part du ¨Centro Democrático¨, le nouveau parti d’Álvaro Uribe, qui se sont intensifiées durant la campagne pour la réélection présidentielle.

Ce Centro Democrático, qui au fond est une extrême-droite, retourne à quelque chose que je n’osais imaginer : des jeunes en chemise noire essayant de saboter mes apparitions durant la campagne. C’est une sorte de néo-nazisme, de néo-fascisme, qui ne provoque que la polarisation et la haine”.

Santos a rappelé que lors des dernières élections législatives “Uribe ambitionnait de remporter 40% du Congrès. Il n’a atteint que 12 %. Avec ce résultat il n’ont pas la capacité de bloquer une loi, ni de rejeter une politique. Ils vont donc faire du bruit, et qu’ils en fassent, très bien, c’est leur droit en démocratie. À condition qu’ils le fassent par les voies démocratiques”.

Le président a indiqué qu’en plus des actions menées contre lui durant cette campagne pour le scrutin du 25 mai, l’uribisme attaque le processus de paix en cours avec la guérilla des FARC à la Havane, CubaIls tentent de manipuler de nombreux secteurs avec des mensonges. Avec des rumeurs fausses : par exemple ils disent aux militaires qu’on va les réduire à leur plus simple expression. Aux policiers ils disent qu’on va leur enlever leur pension pour la donner aux guérilleros. Certaines personnes tombent dans le piège de cette guerre sale et cela fait du mal” a expliqué le président Santos.

Note :
(1) https://venezuelainfos.wordpress.com/2014/04/19/lettre-au-mediateur-du-monde-par-maurice-lemoine/

Source : http://www.avn.info.ve/contenido/santos-califica-neonazista-y-neofacista-partido-uribe

Traduction de l’espagnol : Thierry Deronne

URL de cet article : https://venezuelainfos.wordpress.com/2014/04/23/le-president-colombien-santos-qualifie-le-mouvement-dalvaro-uribe-de-¨neo-nazi¨et-¨neo-fasciste¨/

 

Pourquoi fondamentalement remplacent-ils la cotisation sociale par la CSG ?

NON , le transfert du financement de la protection sociale de la cotisation sociale à la CSG ce n’est pas seulement le creusement des inégalités mais vise à la modification fondamentale du caractère révolutionnaire de ce financement conquis à la Libération avec des hommes comme Ambroise Croizat adossé à un mouvement de masse puissant et à une CGT forte de 5 millions d’adhérents.

Et c’est donc l’extension de ce système qu’il faut exiger en même temps comme à son origine que la gestion des centaines de milliards en jeu par les travailleurs eux mêmes.

Se reporter à cet égard aux interventions de Bernard Friot  et son interview à l’Humanité du 14 août 2013 :

http://www.frontsyndical-classe.org/article-retraites-b-friot-renouer-avec-et-prolonger-le-caractere-revolutionnaire-des-conquetes-de-la-lib-119554776.html

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SOURCE : LA MARSEILLAISE

Plus de CSG pour la sécu, l’idée qui creuse les inégalités

La Sécurité sociale est déficitaire et le gouvernement Macron propose de remplacer le système de cotisation sociale pour son financement par un impôt.

La déconnecter ainsi du monde du travail et exonérer les entreprises de leur responsabilité conduira à un droit à la santé à deux vitesses, avec des soins pour les riches et d’autres les pour pauvres. Le point avec Jean-Marie Angeli, secrétaire CGT CPAM 13.

Jusqu’à la mobilisation à laquelle la CGT appelle le 12 septembre, « la Marseillaise  » se propose de porter un éclairage sur les multiples conséquences de la réforme du code du travail et plus généralement par les positions plus que libérales du nouveau président de la République sur tous les aspects de l’activité des services publics et privés. Dans le domaine de la santé comme de l’éducation Premier axe de cette série d’articles, les atteintes à la démocratie sociale, notamment dans les entreprises.

Avec la reforme du code du travail, côté Sécurité sociale, les problématiques se cumulent, et pour le pire. Il y a d’une part son financement qui est remis en question dans un monde du travail de plus en plus précarisé. Et d’autre part, parler d’austérité concernant des prestations sociales pose un véritable problème de fond.

La refonte qui ressemble à s’y méprendre à une casse du code du travail amène les travailleurs vers plus de difficultés, où les contrats à durée indéterminée se raréfient. Parmi les 24 millions de salariés en France, 7 millions sont précaires aujourd’hui. « Ce qui a un impact sur les cotisations et menace encore plus qu’il ne l’est déjà le système de protection social. Car avec des Smics, les cotisations sont plombées, explique Jean-Marie Angeli, d’autant plus que le choix du gouvernement va à l’exonération dite de charges des patrons ».

Aujourd’hui au pot commun de ce système de solidarité nationale, abondent pour 58% les cotisations salariales et à hauteur de 23% la cotisation sociale généralisée (CSG), le reste correspondant à diverses taxes. Au fur et à mesure des années, la part de la CSG a augmenté. Et c’est sur cette pente que le gouvernement Macron a mis le cap.

Or « supprimer les cotisations ne peut pas faire gagner du pouvoir d’achat puisqu’on se retrouvera à payer plus d’impôts sans avoir de salaires augmentés », recadre le syndicaliste qui note par ailleurs que le pays « n’a jamais autant redistribué de dividendes et on nous dit vous devez être compétitifs. La protection sociale est maintenant toujours affiliée à la notion de coût dans une gestion administrative et comptable. Mais ça ne peut pas être le fil directeur. Les patrons réclament la gestion des maladies professionnelles. Si tel était le cas, on pourrait encore attendre les indemnisations pour l’amiante. »

Bricoler des bouts de ficelles

On fonctionnait avec le système de solidarité nationale où chacun recevait selon ses besoins. On va vers un système universaliste où on a tous droit à sa part, sans pour autant que le trou de la sécu ne se renfloue. Pour les salariés des organismes sociaux, cette démarche se traduit par « faire plus. Quand on faisait 20 dossiers, on nous en demande aujourd’hui 50. On est sur un mode statistique. Il y a forcément des cas qui nous échappent à ce rythme. Et du coup la qualité se dilue dans la quantité.» Pour l’assuré, « moins il y a de rentrée d’argent, plus cela joue sur sa prise en charge ». Il faudra donc une bonne complémentaire. « On coupe le monde de la santé en deux en creusant les inégalités: ceux qui ont les moyens de se soigner, ceux qui ne les ont pas »

Non pas qu’il ne faut pas réformer le code du travail, mais « dans le sens d’un renforcement, avec plus de moyens pour l’inspection du travail, plus de représentativité dans les conseils d’administration…» propose au contraire la CGT. Encore faudrait-il pouvoir en débattre. Mais le dialogue n’est pas inscrit au menu de ce président-là.

Myriam Guillaume

 

François Ruffin l’insoumis des « Insoumis »

Où l’on apprend que non content de ne pas signer la charte des Insoumis, François Ruffin verse ses indemnités d’élu au PCF. Mais il est clair que ce député-là n’appartient à personne et qu’il veut l’union qui a permis son élection. Nous sommes au début d’un processus et il est bon que chacun à la veille du Congrès du PCF réagisse en son âme de conscience (note de Danielle Bleitrach)

Paris Match| Publié le 06/07/2017 à 07h00 |Mis à jour le 06/07/2017 à 09h41

Dimanche 25 juin, match de foot à Naours (80). A l’affiche : Whirlpool contre Picardie debout !, l’équipe de François Ruffin.
Dimanche 25 juin, match de foot à Naours (80). A l’affiche : Whirlpool contre Picardie debout !, l’équipe de François Ruffin.Eric Hadj / Paris Match

Avec sa rentrée tonitruante à l’Assemblée, le réalisateur militant s’annonce déjà, auprès de Jean-Luc Mélenchon, comme un député incontrôlable. Rencontre.

«Qui veut des crampons ? » lance à la cantonade François Ruffin. En ce dimanche matin, la pelouse du petit terrain de foot de Naours (Somme) est un peu humide pour accueillir le match du jour : les Whirlpool face à Picardie debout !, l’équipe de celui qu’on appelle ici François. En caleçon et torse nu, le nouveau député de la Somme enfile ses protège-tibias. Par précaution. Il n’est pas question de risquer le mauvais coup : l’auteur du documentaire à succès « Merci patron ! » n’entend pas jouer les remplaçants lors de cette législature.

Lire aussi :Tout le monde se lève pour de Rugy… sauf Ruffin

« Les bourrins, derrière ! » : dernières consignes de l’« insoumis » avant le coup d’envoi. Ruffin joue, lui, au milieu du terrain. « Il ne faut pas le dire, je ne suis pas centriste », ironise-t-il, prêt à mouiller le maillot. Celui du « Réveil des betteraves », à la fois cri de révolte et symbole de ralliement dans ce morceau de France laminé par la désindustrialisation. Accoudé à la rambarde, un ex de l’usine Goodyear, trente-deux ans à la production, le regarde : « François ? C’est un électron libre et il doit rester comme il est, député ou pas », dit l’ouvrier entre deux photos. N’en déplaise à Jean-Luc Mélenchon, le patron du groupe des 17 députés « insoumis » de ­l’Assemblée.

Certes, l’ex-journaliste est à l’unisson de ses collègues unis par la même volonté d’en découdre avec Emmanuel Macron. Lundi, dans la salle des séances du château de Versailles où le Parlement est réuni en Congrès, Ruffin ne siège pas, désireux lui aussi de dénoncer la dérive de celui qu’il surnomme « le Roi-Soleil ». Mais lors de la rentrée parlementaire, il a ajouté sa petite « provoc » personnelle au refus de ses amis de porter la cravate : lui a débarqué dans l’hémicycle… en baskets. Ses (rares) apparitions aux Quatre Colonnes, où se croisent journalistes et députés, ne passent pas inaperçues. « Mélenchon a parfaitement conscience que c’est un bâton de dynamite », confie l’un des fidèles du député de Marseille. La discipline, les consignes de vote ? « C’est pas mon truc, je préfère qu’on cherche à me convaincre », affirme le Picard.

Fort de sa notoriété, Ruffin a refusé de signer la charte imposée par les « insoumis »

Formé loin des appareils politiques, il veut faire ses choix « en [son] âme et conscience ». Ses velléités d’indépendance transparaissent. En annonçant être un député « payé au smic », promesse de sa campagne, Ruffin n’a pas seulement renoncé à une partie de ses 7 000 euros brut d’indemnités mensuelles, il a aussi pris de court les « insoumis ». « C’est une décision individuelle », souligne ainsi Martine Billard qui chapeaute les élections. Quitte à faire peser le soupçon de démagogie. « Je ne donne pas de leçons aux députés, ­souligne-t-il. Les autres font ce qu’ils veulent, ce n’est pas mon problème. » Avec le succès commercial de « Merci patron ! », Ruffin n’est, il est vrai, pas un smicard comme les autres… Par ailleurs, le nouveau député ne doit rien à Mélenchon. Son élection ? Le fruit d’un travail d’implantation.

Formé loin des appareils, le picard veut faire ses choix « en [son] âme et conscience »

« Il est avec nous depuis le début », confirme Christophe, chez Whirlpool depuis vingt-sept ans, qui reprend son souffle sur le banc de touche. Fort de sa notoriété, Ruffin a refusé de signer la charte imposée par les « insoumis » pour bénéficier de leur soutien aux législatives. Elu avec l’appui du PCF, d’EELV, ­d’Ensemble (une composante de l’ex-Front de gauche), le candidat incarne une union de la gauche « new look », débarrassée du PS. « Je suis un point de jonction », dit-il. Ruffin a d’ailleurs décidé de verser les 37 000 euros de dotations publiques données à tout député pendant cinq ans au titre du financement des partis politiques… au PCF. Au nez et à la barbe de Mélenchon. « Ça fait longtemps qu’il ne m’a pas engueulé », ironise-t-il.

C’est à ses électeurs que Ruffin entend rendre des comptes. « Ma ­première lettre écrite à un ministre ­portera sur le comportement de la famille Mulliez (fondateur du groupe Auchan) et le licenciement de 70 personnes au Simply Market d’Amiens », annonce-t-il. Un mélange de démocratie directe façon Nuit debout et de troisième mi-temps autour d’une Kronenbourg pour célébrer la victoire : 5 buts à 1 pour Picardie debout ! Avec un but de Ruffin. D’une frappe du gauche, évidemment.

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Publié par le juillet 7, 2017 dans Uncategorized