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« On nous appelait les prisonniers politiques » : des gilets jaunes incarcérés racontent

PAR PIERRE BONNEAU

 

Plus de 400 gilets jaunes, condamnés à de la prison ferme, purgent ou ont purgé leurs peines. Certains ont accepté de raconter à Basta ! leur découverte de l’univers carcéral, une expérience qui marque les personnes et souvent déstabilise les familles. Tout en laissant une trace profonde sur le mouvement.

En plus d’un an près de 440 gilets jaunes ont été incarcérés pour des peines de un mois à trois ans. Cette répression, menée sur le plan judiciaire et carcéral, a bouleversé leurs vies et celles de leurs proches, et affecté l’ensemble du mouvement. À Montpellier, Perpignan, Narbonne, Le Mans et d’autres villes, Bastamag a rencontré plusieurs prisonniers et leurs soutiens, qui nous ont raconté leur expérience.

« Je n’aurais jamais cru aller en prison ! » Le 11 mars 2019, le verdict du tribunal de grande instance de Montpellier s’abat comme un coup de massue sur Victor*. « Quatre mois ferme avec mandat de dépôt, huit mois de sursis, 800 euros de dommages et intérêt » Arrêté lors de l’acte 16 pour avoir tiré un feu d’artifice en direction des forces de l’ordre, ce gilet jaune de Montpellier est jugé en comparution immédiate pour « violences contre les forces de l’ordre » et « participation à un groupement en vue de commettre des violences ». Les images de son jugement tournent en boucle dans sa tête.

« Ça n’a même pas duré dix minutes. Je n’ai rien compris à ce qui se passait. » À peine sorti de sa garde-à-vue, sidéré, ce plombier et père de famille est embarqué au centre pénitentiaire de Villeneuve-les-Maguelone. Placé pendant cinq jours dans le quartier des « arrivants », il y reçoit un petit kit avec le minimum nécessaire pour le couchage et l’hygiène. « Au début c’était terrible. Je ne voulais pas sortir de ma cellule, être confronté aux surveillants et aux détenus. » Il sortira de prison trois mois plus tard.

Plus de 2200 peines de prison prononcées, fermes ou avec sursis

Victor fait partie des 440 gilets jaunes condamnés à de la prison ferme avec mandat de dépôt, selon le dernier bilan du Ministère de la Justice en novembre, qui comptabilise 1000 peines de prison ferme allant d’un mois jusqu’à trois ans. Sur ce total, 600 peines ont été prononcées sans mandat [1], aménageables avec un bracelet électronique ou un régime de semi-liberté.

En plus de ces 1000 condamnations fermes, aménagées ou non, 1230 gilets jaunes ont été condamnés à de la prison avec sursis. Une telle répression judiciaire d’un mouvement social est inédite dans les dernières décennies. Seules les révoltes des banlieues en 2005 ont fait l’objet de plus d’incarcérations, avec 763 personnes écrouées sur 4402 garde-à-vue [2].

Comme Victor, la grande majorité d’entre eux n’avait pas de casier judiciaire ni de connaissance du monde carcéral. « À 40 ans, bientôt quatre enfants, je n’étais pas du tout préparé à aller en prison ! », souffle Abdelaziz, ancien brancardier à Perpignan. Cette figure associative locale de la Coordination contre le Racisme et l’Islamophobie se savait dans le collimateur de la BAC depuis le printemps 2017, où il avait diffusé une vidéo de violences policières. Le 5 janvier 2019, une manifestation s’échauffe devant le tribunal de Perpignan. Des manifestants rentrent dans l’enceinte, des vitres sont brisées, des affrontements éclatent. Quatre jours plus tard, à l’aube, Abdelaziz est perquisitionné. « Ils cherchaient mon gilet jaune et le mégaphone de mon association, pour me présenter comme le meneur. » Les policiers l’accusent d’avoir assené un coup de poing à un agent, ce qu’il conteste fermement.

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« En garde-à-vue, les policiers disaient entre eux : « Regardez, on a eu Abdelaziz ! ». J’étais comme un animal qu’on avait attrapé. » Placé en détention préventive, en attente de son procès en février, il est finalement condamné à trois mois fermes et cinq mois de sursis. « Deux autres gilets jaunes, Arnaud et André, interpellés au même moment, ont accepté la comparution immédiate en espérant que le juge soit plus clément. » Ils prendront huit et dix mois fermes avec mandat de dépôt.

« Les toilettes sont à 50 cm de l’endroit où l’on mange, sans cloison »

À Perpignan, Abdelaziz rejoint un deuxième détenu, dans une cellule conçue pour une seule personne. Au début, la cohabitation est respectueuse. Mais elle se détériore avec l’arrivée d’un troisième prisonnier qui dort sur un matelas à même le sol. « Les conditions de détention étaient horribles. Nos toilettes sont à 50 cm de l’endroit où on mange, sans cloison. Il y a des grillages derrière les barreaux de nos fenêtres alors que c’est interdit. La surpopulation est de plus de 200 %. Des femmes s’entassent à quatre dans certaines cellules. Récemment un détenu s’est suicidé dans sa cellule. J’ai porté plainte contre la prison. »

Émilie*, compagne d’un gilet jaune incarcéré depuis juin dernier en détention préventive dans une prison du sud-ouest de la France, évoque aussi des conditions très dures. « Ils sont trois dans 9 m2. Il doit régulièrement changer de cellule parce que la cohabitation se passe mal. »

Son compagnon a été interpellé avec 30 autres personnes dans le cadre de l’information judiciaire sur l’incendie du péage et de la gendarmerie de Narbonne Sud le 1er décembre 2018. Leurs demandes d’accès à une « unité de vie familiale » – un espace permettant aux couples et aux familles de se retrouver avec plus de temps et d’intimité que les parloirs [3] – sont restées sans réponse depuis trois mois. « On a fini par se faire un câlin dans le parloir. C’est interdit : l’administration nous l’a supprimé pendant deux mois. »

Entassés à cinq, dans une cellule insalubre de 14 m2

Bastamag a également reçu le témoignage anonyme d’un détenu purgeant une peine de plus de deux ans dans une prison du nord de la France. Entassé avec quatre autres personnes dans une cellule de 14 m2, il déplore des conditions insalubres : « Une table, quatre mini-placards, un WC dans un état lamentable, un lavabo sans eau chaude pour vaisselle et toilette, pas de frigo, des murs moisis, une prise électrique détériorée, des grilles à la fenêtre. Les promenades sont enclavées et grillagées. »

Il dénonce une « lenteur abusive » de l’administration pénitentiaire, provoquant des délais de « dix jours pour obtenir un sac de linge arrivant, trois semaines pour une plaque de cuisson, un mois pour un poste radio, et des courriers qui mettent jusqu’à une dizaine de jours pour nous parvenir. » Du côté des parloirs, il critique le « manque d’intimité en parloir collectif, des fouilles abusives et systématiques, et des problèmes informatiques récurrents pour la réservation des familles ».

À Montpellier, Victor a « ressenti la faim ». En prison, la nourriture fournie gratuitement n’est pas suffisante. L’image des détenus « nourris, logés, blanchis » est un leurre. Pour améliorer l’ordinaire, tous les détenus doivent « cantiner », c’est à dire acheter le surplus. Et tout se paie : nourriture supplémentaire, cigarettes, papier toilette, savon, location de télévision, journaux… Il est crucial d’obtenir de l’argent via des « mandats » envoyé par l’entourage, ou en travaillant en détention. « Je m’entendais bien avec mon co-détenu, au début il a cantiné pour moi. Une fois que j’ai eu mes cantinages, j’ai rendu la pareille à d’autres détenus en difficulté. »

Lire aussi notre enquête : « Une prison digne d’une dictature » : un rapport épingle l’enfer des Baumettes à Marseille

Pour Bruno, gilet jaune du Mans, « les conditions n’étaient pas trop mauvaises : il y avait même une douche dans la chambre ». Ce déménageur de 51 ans avait d’abord écopé de trois mois de sursis suite à un feu de poubelle, en janvier 2019. Interpellé à nouveau le 16 février pour « outrage », « rébellion » et jet de canette, il est incarcéré à la prison des Croisettes, un établissement plus récent. « Ce qui est fatigant, c’est la routine. Le réveil, le café, les infos, la promenade du matin, le repas du midi, la télé, la sieste, la promenade de l’après-midi, le repas du soir, etc. Toutes les journées se ressemblent. »

Pour tuer le temps et bénéficier de réductions de peine, Bruno s’est inscrit à certaines des activités proposées en prison : « J’ ai fait l’école des prisonniers, avec des cours d’anglais, de mathématiques, de français et d’histoire-géo. Et aussi des activités avec un groupe musical. » Le compagnon d’Émilie, lui, s’est « inscrit à toutes les activités et au travail. Il a aussi participé à un atelier d’écriture dans le journal de la prison… sauf que le mot « gilet jaune » y était interdit ! »

« Quand on sort, si le mouvement continue on sera avec vous ! »

Malgré ces conditions très difficiles, de nombreux gilets jaunes interrogés témoignent du respect exprimé par les autres détenus. « Mon nom c’était le « gilet jaune du B2 rez-de-chaussée », se souvient Victor. Pendant les promenades, certains prisonniers me posaient des questions sur le mouvement. Certains disaient « Quand on sort, si ça continue on sera avec vous ! » »

L’ambiance est similaire à Perpignan. « On nous appelait les « prisonniers politiques ». La majorité des détenus soutenaient les gilets jaunes. Ils savaient qu’on avait manifesté pour la justice et la dignité, témoigne Abdelaziz. Les prisonniers, majoritairement issus des quartiers populaires, y aspirent aussi. Ils sont souvent incarcérés parce qu’ils ont fait des actions illicites pour obtenir de l’argent et améliorer leur quotidien. »

Parfois, les manifestations de soutien sont allées jusqu’au personnel de la prison. « Une des surveillantes m’appelait « camarade » », se souvient Victor. Abdelaziz est encore plus affirmatif : « Les trois-quarts des gardiens nous soutenaient, et le reste ce sont des fachos. L’un d’entre eux participait même au mouvement au début. » Sourire aux lèvres, Victor évoque même des encouragements, à mots couverts, de la psychologue chargée de son suivi. « Elle a fini par me dire que j’avais raison d’aller aux manifestations. »

« Maintenant que l’image de « l’ultra-jaune » s’est imposée, il n’y a plus de bons traitements »

Ce respect diffus des gardiens est pourtant loin d’être généralisé. Dans la prison du sud-ouest de la France où son conjoint est placé en préventive, Émilie* évoque des « surveillants qui font tout pour [le] pousser à un geste de violence pour pouvoir le sanctionner ». Dans le nord de la France, le détenu anonyme dénonce des maltraitances, avec « des surveillants parfois irrespectueux. Certains nous prennent même pour des chiens, d’autres donnent des coups physiques ou verbaux ».

Dans cette même ville, un gilet jaune anonyme d’un collectif local analyse : « Au début il y avait encore des matons pro-mouvement. Mais maintenant l’image de « l’ultra-jaune » s’est imposée, et il n’y a plus de bons traitements : ceux qui sont encore en prison sont particulièrement ciblés. »

L’administration pénitentiaire ne fait aucun cadeau et cherche à saper le moral des gilets jaunes incarcérés. À son arrivée en janvier, Abdelaziz avait rencontré sept autres camarades au quartier des arrivants. Mais les retrouvailles ont été de courte durée. « L’administration nous a divisés dans les différents bâtiments de la prison pour casser les solidarités et éviter qu’on s’organise. À la fin, on ne se croisait plus, sauf par hasard à l’infirmerie. »

Pour résister à l’isolement, le lien avec la famille et les proches est indispensable. Chaque soir, à 21h, Victor avait son rituel, sa « bouffée d’oxygène »« J’appelais longuement ma femme et mes enfants. C’était mon seul lien avec l’extérieur, à part la télé. Heureusement qu’on avait un téléphone en cellule. » Normalement interdits, ils sont tolérés de fait. « Comme pour le cannabis : c’est comme ça qu’ils achètent la paix sociale entre les murs. »

Les familles déstabilisées

À l’extérieur, les familles sont profondément bousculées par l’incarcération, à commencer par les enfants. « Mon plus petit m’a vu partir menotté de la maison à 6h du matin. L’autre a refait pipi au lit pendant que je n’étais pas là », explique Abdelaziz. « À la rentrée, la maîtresse a demandé à mon fils ce que leurs parents faisaient comme métier. Il a répondu : « Mon père est prisonnier politique gilet jaune ! » »

En l’absence des prisonniers – surtout des hommes -, les femmes se retrouvent en première ligne pour tenir le foyer et assumer les démarches pour les détenus, au risque de l’étranglement financier. « Ma femme a été obligée d’emprunter 3000 euros pour payer le loyer et les factures avec un salaire en moins », explique Victor. Émilie, elle, « dépense toutes ses économies » dans des aller-retours coûteux pour les parloirs, le cantinage et les frais juridiques. « Normalement, on aurait du faire les marchés cet été. On a un énorme manque à gagner. »

Karine, assistante maternelle à Narbonne, « réfléchit à monter un dossier de surendettement ». Son compagnon, Hedi Martin, était un youtubeur influent au début du mouvement. « Il avait lâché son travail pour le mouvement. Il n’en a pas retrouvé depuis. On en a eu pour plus de 5000 euros de frais d’avocat : ça nous a tués. »

Interpellé lui aussi dans le coup de filet autour de l’incendie du péage de Narbonne Sud, Hedi a fait un mois de préventive en janvier 2019, suivi de six mois de bracelet électronique. Dans le viseur des autorités, il avait aussi été condamné en janvier 2019 à 6 mois de prison ferme sans mandat de dépôt, pour avoir relayé un appel à bloquer une raffinerie. Un symbole de la répression ciblée sur les « meneurs » locaux.

S’organiser pour soutenir les prisonniers

Mais tous les détenus n’ont pas la chance d’avoir des proches prêts à se mobiliser. Le soutien du mouvement est donc crucial. Candy*, gilet jaune à Saumur, en est l’une des chevilles ouvrières. Après la fin des manifestations dans sa région, cette mère au foyer s’est impliquée dans l’écriture de lettres aux prisonniers. En août dernier, elle a créé le groupe facebook « Un petit mot, un sourire : où écrire à nos condamnés ». Sans bouger de sa maison, derrière son ordinateur, elle a épluché jour et nuit articles et réseaux sociaux pour retrouver les identités des prisonniers et les diffuser avec l’accord de leurs proches.

De Toulouse à Reims, en passant par Caen, Lyon, Fleury-Mérogis mais aussi Dignes, Bourges, Marseille, Béziers ou encore Grenoble, une cinquantaine d’adresses de prisonniers dans dix-sept prisons ont été collectées. Le groupe, animé par trois modératrices, rassemble plus de 2500 personnes, « dont un noyau actif d’une centaine ».

Chaque semaine, ils écrivent aux prisonniers et publient leurs nouvelles et leurs besoins. « Les gens engagent une correspondance suivie, on ne les lâche pas : c’est le cœur qui parle !, explique Candy. On est devenus comme des parrains et des marraines, en recréant une grande toile de solidarité. »

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Les contours de cette toile ont rapidement dépassé la pointe du stylo. « On s’est vite rendus compte qu’il fallait aller plus loin que les lettres. Certaines personnes sont isolées, sans famille. On ne pouvait pas les laisser dans cette situation. À Toulouse, un jeune détenu est resté seul quatre mois, sans visite de sa famille, ni référent pour ouvrir un parloir et l’accès au cantinage. On s’en est occupés. » Certains assurent des cantinages pour les prisonniers que la famille ne peut pas soutenir. D’autres récoltent des vêtements. « Chaque geste compte. Récemment, on s’est organisés pour héberger ceux qui sortent et ont perdu leurs logements. »

« Maintenant, il faut mieux informer les gens pour se renforcer »

Au-delà des réseaux sociaux, dans certaines villes le mouvement local s’est fortement mobilisé. « Tous les dimanches matin, j’entendais des bruits de moteurs, de klaxon, de cornes de brume. Les gilets jaunes venaient faire du bruit », se remémore Abdelaziz en souriant. « Je faisais tournoyer mon pull orange fluo par les grilles, pour qu’ils nous voient. » Le gilet jaune a aussi reçu du cantinage.

À Montpellier, Victor se souvient avec émotion des feux d’artifice qui résonnaient au-dessus de l’enceinte les dimanches soirs. « C’était mon moment de gloire. Je sortais un miroir pour voir les explosions par le petit trou de ma fenêtre. Tous les détenus hurlaient, c’était de la folie. » Le groupe anti-répression de Montpellier, « l’Assemblée contre les violences d’État », s’est largement impliqué dans l’appui financier aux frais juridiques ou l’organisation de petits déjeuners devant les prisons, à l’instar de beaucoup de grandes villes familières de la répression comme Paris ou Toulouse.

À l’inverse, dans d’autres villes la mobilisation a été très limitée. « À Narbonne, la vague d’arrestations pour l’incendie de Croix-Sud a tué le mouvement. Beaucoup ont eu peur. Le reste s’est divisé et ne s’occupait pas des inculpés parce que l’action n’était pas pacifiste. », se souvient Hedi. Karine complète : « Hedi était connu donc il a été privilégié, avec une cagnotte, des rassemblements. Mais il n’y a presque rien eu pour les autres. » En plus de ses longues semaines de travail, Karine a donc créé en juin dernier, avec sa mère et des amies, le « Cool-actif 11 vous soutient », pour soutenir les prisonniers isolés.

« Je regrette qu’on se soit fait avoir par la justice au début du mouvement. On ne connaissait rien à la répression et à la prison. Maintenant il faut mieux informer les gens pour se renforcer. » Peu à peu, leur collectif s’est rapproché de groupes « antirep » (pour anti-répression) expérimentés à Toulouse ou Montpellier. « On veut aller plus loin que l’appui aux incarcérés et promouvoir la défense collective : ne pas faire le tri entre « bons et mauvais manifestants », refuser de parler en garde à vue, se mettre en réseau avec les avocats. » explique l’assistante maternelle. À sa manière, la « famille gilet jaune » se réapproprie la lutte anti-répression.

Beaucoup de détenus « isolés, oubliés et démunis de soutien extérieur »

Mais la mobilisation reste cependant faible par rapport à l’ampleur des condamnations. Détenu en préventive pendant six mois à la prison de la Santé, le militant antifasciste Antonin Bernanos évoque, dans une lettre parue en octobre, « beaucoup de gilets jaunes croisés derrière les barreaux, souvent isolés, oubliés et démunis de tout soutien politique extérieur »« Sur près 400 personnes, on n’a pu contacter que 10% des prisonniers environ », constate Candy.

Karine, de son côté, n’a pas reçu de réponses à toutes ses lettres. « Certains détenus nous ont dit qu’ils ne voulaient plus entendre parler des gilets jaunes en attendant leur jugement. » Notamment le procès-fleuve du péage de Narbonne mi-décembre, où comparaissaient 31 prévenus, dont 21 ont écopé de prison ferme, avec deux mandats de dépôts et deux maintiens en détention. Isolés face au système judiciaire, ces détenus ont fait une croix sur le gilet.

C’est aussi le cas d’Hedi, qui avoue avoir « tout arrêté dés que les embrouilles judiciaires ont commencé ». Le débit rapide de ce passionné d’informatique masque une certaine amertume. « Tout ce qu’on avait est allé dans ce mouvement : notre argent, notre voiture, nos meubles. Mais on a raté le coche. Il a fallu revenir à la vie normale. C’est comme une descente : je suis mort intérieurement. »

Le coup dur est venu avec le bracelet électronique imposé de mars à fin novembre après sa détention provisoire. « J’étais en prison à domicile. Mon contrôle judiciaire m’interdisait d’aller sur les rond-points, en manifestation, de sortir du territoire national. J’étais assigné à résidence de 22h à 6h, avec un pointage une fois par semaine, une obligation de travail et de soin. »

« Ils te détruisent économiquement, psychologiquement. Beaucoup de couples explosent »

Cette répression « à emporter » l’a conduit à faire une dépression. « J’ai senti l’étau se refermer sur moi. Un psy m’a prescrit un arrêt. Pendant quatre mois et demi je ne suis pas sorti de ma maison. » Comme pour les blessés, les conséquences post-traumatiques de l’incarcération sont insidieuses et s’insinuent partout dans le quotidien, générant repli, amertume, colère. L’entourage et les compagnes sont les premières affectées. « Ils te détruisent économiquement, psychologiquement. Si en plus ils arrivent à casser le niveau familial on perd tout. Beaucoup de couples explosent », explique Karine.

Les nuits de Victor sont hantées par des cauchemars récurrents, peuplés de policiers qui le poursuivent et le perquisitionnent pour un meurtre qu’il ne sait plus s’il a commis. « Je me réveille le matin déboussolé. » Mais pas question de quitter le mouvement, malgré ses huit mois de sursis, deux ans de mise à l’épreuve, son obligation de travail et de suivi. « Je continue d’aller à toutes les manifestations. Toujours en première ligne, mais les mains dans les poches et à visage découvert ! Je ne peux pas lâcher le mouvement, après toute cette solidarité qu’il y a eu autour de moi. » Abdelaziz, lui, y va « un samedi sur deux, au plus loin des policiers. »

En plus de son incarcération, Bruno a écopé d’une peine d’interdiction de manifester de deux ans sur le territoire national. Une peine complémentaire qui, depuis le passage de la loi « anti-casseurs » en avril 2019, tend à se généraliser dans les condamnations pour « violences » ou « dégradations ». Il a donc littéralement arrêté de marcher dans les cortèges du samedi. Pas plus, pas moins. « Je reste 300 m plus loin, devant ou derrière en faisant très attention, mais je suis là. Je vais partout où je peux aller, aux piques-niques, aux assemblées populaires, aux tractages sur les marchés. » Il s’est aussi impliqué dans la « coordination anti-répression » du Mans.

« Le système ne sait plus comment contenir la colère sociale. Jusqu’au jour où ça explosera encore plus fort »

L’incarcération a profondément marqué les gilets jaunes interrogés. Tous ont changé de regard sur la prison. « Je croyais que c’était la guerre, que seuls les mauvais y allaient. Mes proches ont cru que j’allais me faire violer ou mourir. Mais j’ai surtout réalisé les conditions honteuses », explique Victor. Les rencontres entre les mondes, entamées sur les rond-points, se sont poursuivies entre quatre murs. « André, incarcéré avec moi, votait RN », confie Abdelaziz. « Maintenant c’est fini. Il a changé de regard sur les détenus, qui sont surtout des personnes racisées issues des quartiers populaires. Ce sont des gens comme tout le monde. »

Grâce au soutien sans failles de ses proches et du mouvement, la détermination de Victor est restée intacte. « Tous n’ont pas eu cette chance mais j’en suis sorti plus fort. Ils m’ont mis en prison pour me détruire, ça a produit l’inverse : j’ai encore plus ouvert les yeux. Le système ne sait plus comment faire pour contenir la colère sociale, alors il enferme même des gens avec un profil « intégré ». Jusqu’au jour où ça explosera encore plus fort. » Le gilet jaune ne regrette en aucun cas le geste qui a provoqué son arrestation. « J’en ai assumé les conséquences. J’ai encore la rage : pour l’instant, on n’a rien gagné. »

Pierre Bonneau

Photo : © Anne Paq pour Basta !

 
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Publié par le janvier 19, 2020 dans SOCIETE, Uncategorized

 

The Newyorker : Quinte flush royale du prince Harry et de Meghan Markle

Comme la CFDT vient de donner une nouvelle version du bien connu « le jour où on rétablira l’esclavage, la CFDT négociera le poids des chaînes », et que les commentateurs têtes à claques feignent de s’ébaudir devant la mansuétude gouvernementale, je pense que le mieux en attendant de reprendre la semaine prochaine est d’en rester au niveau de ces gens là, c’est-à-dire secrets d’histoire… Il y a des coups de tranchoirs qui se perdent et quelques bastilles restent à prendre…The Newyorker. C’est un hebdomadaire raffiné légèrement de gauche, très bobo de central park, très Woody Allen, à qui il arrive malgré un certain chauvinisme américain à l’œuvre ici face à l’ancêtre british d’adopter des positions plus gauchisantes, plus impertinentes. Quelque chose entre la tradition des pèlerins du May flower et l’humour yiddish… Voici la manière très « républicaine » dont ils abordent les heurs et malheurs de la famille royale britannique et de la presse (note et traduction de Danielle Bleitrach).

Par Rebecca Mead

Le prince Harry et Meghan Markle ont été clairs sur leur mécontentement face aux contraintes de leurs rôles – traditionnels, familiaux, liés aux médias – depuis que leur romance a été rendue publique pour la première fois.

Photographie de Richard Baker / En images / Getty

Il y a quelques semaines, une pétition a été soumise au conseil municipal de Brighton et Hove, dans le comté de Sussex, demandant le rejet des termes «duc et duchesse de Sussex». La pétition, lancée par un résident du nom de Charles Ross, caractérisait l’utilisation de ces titres par le prince Harry, le deuxième fils de l’héritier du trône, et sa femme, Meghan Markle, comme «moralement répréhensible et irrespectueux envers le comté d’East Sussex». Il a appelé les membres du conseil «à ne pas désigner ces personnes par des titres que nous estimons être entièrement non démocratiques et symboliques de l’oppression du grand public par l’élite riche « et il a exigé que le conseil n’invite pas ou n’offre pas de réjouissance au couple, » ni ne leur offre aucune hospitalité ou cérémonial au-delà de celui dont bénéficierait un membre ordinaire du public.  »

La pétition a recueilli près de quatre mille signataires et a été présentée à une réunion du conseil plénier à l’hôtel de ville de Hove le 19 décembre. Ross a déclaré qu’il n’avait pas l’intention de nuire au prince Harry – qu’il appelait Harry Windsor, son prénom – ou Meghan Markle, dont il respectait les réalisations personnelles, en tant que pilote d’hélicoptère et actrice. Il entendait plutôt attirer l’attention sur l’inégalité sociale bien ancrée que l’institution de la monarchie perpétue en Grande-Bretagne. « Sommes-nous toujours des serfs obéissants, ou sommes-nous prêts, en tant que ville avant-gardiste, à rejeter ces cérémonies et traditions perverses qui consacrent le système de classe et permettent à beaucoup de dormir dans les porches des magasins tandis que d’autres dorment dans des palais? », a demandé Ross, selon un rapport paru dans Brighton & Hove News. Ce serait un moment de fierté, a conclu Ross, si les conseillers de Brighton devaient mettre la ville sur la voie «d’être la première ville ouvertement républicaine du Royaume-Uni».

Brighton, une station balnéaire sur la côte sud, est bien connue comme un endroit raffiné et radical. La seule députée du Parti vert à la Chambre des communes, Caroline Lucas, représente la circonscription de Brighton Pavilion, un quartier du centre-ville. La ville a longtemps été un lieu accueillant pour les membres de la communauté LGBTQ et aussi, traditionnellement, pour les adultères des citadins en fuite au bord de la mer pour un week-end torride. Il a également une tradition célèbre d’accueillir, plutôt que de rejeter, les membres de la famille royale qui s’écartent de la voie prescrite. La ville est devenue à la mode à la fin du XVIIIe siècle, en grande partie grâce au patronage du fils aîné du roi George III, qui était alors le prince de Galles. Le prince, plus tard couronné George IV, a établi une résidence à Brighton alors qu’il avait une vingtaine d’années, le trouvant un endroit agréable pour entretenir une relation avec sa compagne de longue date, Maria Fitzherbert – qui, en tant que roturière catholique deux fois veuve, était triplement inappropriée en tant qu’épouse royale. Aux termes de la Loi sur les mariages royaux de 1772, le monarque était tenu de donner son accord à tout mariage de ses héritiers de moins de vingt-cinq ans; cette exigence persiste, sous une forme juridique différente.

Il faut reconnaître que le prince régent, comme il l’est devenu après l’incapacité de son père, en 1811, a offert un exemple éloquent des cérémonials et traditions perverses qui sous-tendent la monarchie britannique. Il était réputé dissolu et extravagant, brûlant l’allocation généreuse que le roi lui accordait et contractant tant de dettes à l’âge de vingt-cinq ans que le Parlement fut obligé de lui accorder ce qui serait aujourd’hui des dizaines de millions de livres. Le geste a à peine freiné les goûts somptuaires du prince. À partir de 1815, il a commencé la construction d’un somptueux palais en bord de mer, le Brighton Pavilion, conçu par John Nash, l’architecte le plus célèbre de l’époque. De l’extérieur, il ressemble à un temple moghol. A l’intérieur, il était décoré de chinoiseries décadentes, avec un lustre en verre de trente pieds agrippé aux griffes d’un dragon argenté suspendu au-dessus de la table à manger. Même les colonnes en fonte qui soutiennent le plafond de la cuisine ont été décorées de manière à ressembler à des palmiers, avec des feuilles de cuivre peintes poussant au sommet. La production prodigieuse de ces cuisines a contribué à l’obésité du prince, dissimulée de manière flatteuse par le tabard brodé et la cape doublée d’hermine qu’il portait pour son portrait officiel de couronnement, exécuté par Thomas Lawrence, en 1821. Au moment où le pavillon a finalement été achevé, en 1823, George IV était si gros qu’il ne pouvait plus monter les escaliers jusqu’aux étages supérieurs, ce qui nécessitait l’installation d’une chambre au rez-de-chaussée.

Comparé aux excès de l’ancêtre du prince Harry dans la construction du Brighton Pavilion, qui est maintenu aujourd’hui comme un musée, la rénovation tant décriée du duc et de la duchesse de Sussex de Frogmore Cottage – leur maison sur le domaine de la Reine à Windsor, qui a été rénové l’année dernière, à hauteur de 2,4 millions de livres sur les fonds des contribuables – semble être de la grenaille sans importance. Mais les Sussex – dont le titre leur a été décerné par la reine lors de leur mariage, en 2018, et qui n’ont aucun autre lien particulier avec Brighton et Hove si ce n’est d’avoir visité le comté à une occasion, pour se faire acclamer la foule – ils ont, pendant la courte durée de leur mariage, été décrits dans la presse populaire comme les membre les plus prodigues, le plus égoïstes de la famille royale. Ils ont été fustigés pour avoir pris des avions privés tout en prétendant enseigner aux autres les dangers du changement climatique; pour avoir caché des informations sur le lieu et l’heure de la naissance de leur fils, Archie ; et pour avoir refusé de nommer publiquement ses parrains et marraines. Ils ont été accusés de saper les choix reproductifs du prince William, le frère de Harry, et de son épouse, Catherine Middleton, la duchesse de Cambridge, qui ont accueilli leur troisième enfant, le prince Louis, en 2018. Le prince Harry ayant récemment fait savoir qu’en raison de la surpopulation mondiale, les Sussex restreindraient leur propre procréation à pas plus de deux descendants. Ils ont été sauvés d’être considérés comme les membres les plus désaccordés des Windsors uniquement par l’auto-immolation totale du prince Andrew, le deuxième fils de la reine, dont le manque de repentir dans une interview à la BBC au sujet de son amitié avec feu Jeffrey Epstein, le délinquant sexuel condamné puis décédé en prison, l’été dernier, qui a obligé Andrew à se retirer de toutes ses fonctions royales officielles. Lorsque l’Oncle Andy est la seule chose qui se tient entre vous et le dénigrement total de Fleet Street, vous savez que quelque chose s’est très mal passé.

A peine rentré d’un séjour de six semaines aux États-Unis et au Canada, sautant les traditionnelles fêtes de Noël royal à Sandringham, le domaine de la Reine à Norfolk, et générant ainsi des commentaires encore plus négatifs de la presse, qui a utilement noté que la Reine, quatre-vingt-treize ans, et son mari, le prince Philip, quatre-vingt-dix-huit, ne sera pas là pour toujours — cette semaine, les Sussex ont encore fait monter la barre. Mercredi soir, ils ont publié une déclaration, figurant sur leur site Web et affichée sur leur page Instagram, dans laquelle ils ont affirmé leur intention d’ « ouvrir un nouveau rôle progressiste au sein de cette institution. » Ils avaient l’intention, toujours selon la déclaration de: « prendre du recul en tant que membres » supérieurs « de la famille royale » et « travailler pour devenir financièrement indépendants ». La déclaration affirmait leur intention de partager leur temps entre le Royaume-Uni et l’Amérique du Nord, la duchesse ayant vécu au Canada pendant cinq ans pendant le tournage de la série télévisée «Suits», le rôle pour lequel elle était surtout connue avant de devenir la petite amie du prince Harry, en 2016. «Cet équilibre géographique nous permettra d’élever notre fils à la fois selon la tradition royale dans laquelle il était né, tout en offrant à notre famille l’espace nécessaire pour se concentrer sur le chapitre suivant », poursuit le communiqué.

Le résultat a été un balayage des premières pages des journaux britanniques jeudi matin, avec le titre du tabloïd du Sun, « Megxit », disant le ton choqué de la couverture (le New York Post a emprunté le même néologisme irrésistible). Avant mercredi soir, le Palais avait publié une déclaration de deux phrases qui en disait long: «Les discussions avec le duc et la duchesse de Sussex sont à un stade précoce. Nous comprenons leur désir d’adopter une approche différente, mais ce sont des questions complexes qui prendront du temps à résoudre. » Il a été rapidement signalé que, malgré l’affirmation du communiqué selon laquelle les Sussex continueraient de « collaborer » avec la reine, le prince de Galles et le duc de Cambridge, la famille royale avait été stupéfaite par l’annonce. «Ils ne l’ont même pas dit à la reine» était le titre sur la première page du Daily Mirror de gauche. Le jugement du commentariat royal a été rapide et accablant. Piers Morgan, du Daily Mail, a écrit que «par pure arrogance, droit, avidité et manque de respect volontaire, rien n’a jamais vraiment correspondu au comportement du « duc et de la duchesse de Sussex »», ajoutant qu’il mettait leurs titres entre guillemets parce qu’il espérait sincèrement qu’ils seraient révoqués par Sa Majesté.

D’autres commentateurs se sont penchés sur les états financiers, notant que le mouvement déclaré des Sussex vers l’indépendance financière les engage à ne refuser que les fonds qu’ils ont jusqu’à présent reçus par le biais de la subvention souveraine – des deniers publics versés à la Couronne pour financer les fonctions publiques de la monarchie. Comme le notent les Sussex sur leur site Web, leur part de la subvention souveraine ne représente que 5% de leur revenu (cependant, des fonds publics supplémentaires considérables sont fournis pour payer leur sécurité et leurs frais de voyage officiels). La grande majorité du reste provient du père de Harry, le prince Charles, sur les revenus du duché de Cornwall, qui représentaient plus de vingt millions de livres l’an dernier. Renoncer à la contribution de la Reine sans renoncer également à celle du Prince, ont noté les commentateurs:

Le prince Harry, dont l’horreur de la presse à sensation est compréhensible, compte tenu de la mort de sa mère, a publié une critique inhabituelle et formulée avec force à l’automne 2016, avant l’annonce de ses fiançailles. Une déclaration du palais de Kensington a cité «une vague d’abus et de harcèlement», notant les «nuances raciales des articles de commentaire». L’indignation de Harry était justifiée, étant donné que la couverture de Markle trafiquée dans des stéréotypes raciaux s’est étendue sur des questions telles que son « ADN exotique ». Et sa belle garde-robe « Costumes ». Sa douleur était également évidente: le communiqué concluait: «Les commentateurs diront « c’est le prix qu’elle doit payer » et « tout cela fait partie du jeu ». Il est fortement en désaccord. Ce n’est pas un jeu, c’est sa vie et la sienne. »

Mais cette déclaration, aussi formulée et ressentie soit-elle, était également inefficace pour changer la dynamique de la presse. Il en va de même pour les tentatives répétées du couple de repousser les bêtes de Fleet Street, y compris, cet automne, la duchesse a intenté un procès contre le Mail dimanche pour réimpression et rapport sur une lettre privée qu’elle a envoyée à son père, Thomas Markle et le procès du Prince contre plusieurs journaux à sensation pour écoutes téléphoniques. «J’ai vu ce qui se passe quand quelqu’un que j’aime est banalisé au point qu’il n’est plus traité ou vu comme une personne réelle», a écrit le prince Harry, dans une autre déclaration extraordinaire publiée l’année dernière. Ces poursuites ont été lancées à la fin de la première tournée à l’étranger du couple avec leur fils en Afrique, au cours de laquelle ils ont également parlé à un correspondant d’ITV, Tom Bradby, de leurs frustrations. Dans une interview, le prince Harry a fait allusion au traumatisme de la perte de sa mère et à la façon dont elle est ravivée par chacune de ses rencontres avec les paparazzis – «chaque fois que je vois un appareil photo, chaque fois que j’entends un clic, chaque fois que je vois un flash, cela me ramène tout de suite à ce souvenir », a-t-il dit – tandis que la duchesse a expliqué à quel point elle n’était pas préparée à l’examen et aux commentaires. « Je n’ai jamais pensé que ce serait facile, mais je pensais que ce serait juste », a-t-elle déclaré à Bradby. «Il ne suffit pas de survivre à quelque chose. Ce n’est pas le but de la vie. Vous devez prospérer. Vous devez vous sentir heureux. « Elle avait essayé.

Le bien-être intérieur des membres de la famille royale, par opposition à leur conduite extérieure, a rarement été un sujet de préoccupation primordiale pour la presse britannique. Les soins personnels sont l’une de ces importations américaines, comme le studio de yoga que les Sussex auraient installé à Frogmore Cottage, auxquels les Britanniques sont réflexivement sceptiques. Il était inévitable que Markle, en tant qu’importation américaine elle-même, fasse l’objet de critiques flétrissantes. Une mesure de son adaptation à son nouveau pays serait, par nécessité, son acceptation des restrictions des devoirs auxquelles les royaux britanniques sont soumis, en particulier ceux aussi élevés dans la succession que le prince Harry, qui, jusqu’à la naissance de ses neveux et la nièce, a passé la majeure partie de sa vie à être troisième en ligne pour le trône – seulement une abdication et un accident loin de la Couronne elle-même. Markle n’est guère seule à penser que le devoir sonne alors comme une façon infernale de vivre; elle est seulement passée plus rapidement à l’expression de cette croyance que n’importe lequel de ses prédécesseurs tout aussi malheureux, y compris sa défunte belle-mère.

Dans les années qui ont précédé la rencontre avec Markle, Harry a déclaré publiquement qu’être roi ou reine était un travail dont personne ne voulait, mais il a ajouté que, parlant de la famille royale, « nous accomplirons nos tâches comme il le faudra ». Comment le couple compte-t-il concilier la poursuite de ses fonctions avec son indépendance nouvellement déclarée deviendra probablement plus clair au fil du temps, bien que vendredi matin, il ait été signalé que Meghan était déjà rentrée au Canada, laissant Harry gérer les retombées familiales. Les Sussex espéraient peut-être un découplage limité du reste des Windsors, mais le drame de la brèche a été immédiatement symbolisé par la suppression de leurs personnages de cire de l’exposition de la famille royale chez Madame Tussaud à Londres (le couple ne doit pas être fondu, juste posté ailleurs). Ce qui est déjà clair, c’est que les Sussex ont l’intention de redessiner immédiatement leurs lignes d’engagement avec la presse. Ils se retirent du Royal Rota, qui est la convention selon laquelle, pendant des décennies, les membres de la famille royale s’ouvrent à un journaliste du pool des journaux nationaux; au lieu de cela, ils créeront eux mêmes la couverture de médias sélectionnés personnellement «concentrés sur des reportages objectifs pour couvrir les moments et les événements clés» et ils utiliseront leurs propres comptes de médias sociaux, en particulier Instagram, pour communiquer directement avec le public. Après s’être insurgé contre la marchandisation de son épouse par les médias, le prince Harry semble maintenant prêt à prendre en main ladite marchandisation: il a été rapporté le mois dernier que lui et la duchesse ont récemment déposé une demande de marque pour des centaines d’articles , des vêtements aux imprimés, qui peut être émise avec la marque personnelle du couple, Sussex Royal.

Il est peu probable que cette étape plaise aux critiques qui insistent sur le fait que Sussex est un titre, pas un nom de marque, et que ce n’est pas plus Harry et Meghan à exploiter que Buckingham Palace n’est le Queen’s à vendre. C’est une position dans laquelle les pétitionnaires républicains de Brighton et Hove se retrouvent dans une unité improbable avec les royalistes et ceux qui demandent l’annulation du titre de Sussex, Piers Morgan. Que la monarchie soit une institution intolérable peut être largement accepté; le duc et la duchesse de Sussex ne sont que les derniers et les plus bruyants à le dire, tout comme George IV, avec sa trappe d’évasion paralysée au bord de la mer, fut l’un des plus flamboyants à l’exprimer. Il y a de nombreuses raisons de plaider pour l’abolition de la monarchie;

Rebecca Mead a rejoint The New Yorker en tant que rédactrice en 1997. Elle est l’auteur, plus récemment, de « My Life in Middlemarch ».

 
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Publié par le janvier 12, 2020 dans Uncategorized

 

Envoi de jeunes camarades de la Jeunesse communiste

Voici quelques mois que je suis en relation avec de jeunes communistes. Le combat que nous menons dans ce blog avec Marianne pour empêcher le trafic qui s’opère sur nos mémoires et la paralysie de l’action qui en est le résultat a trouvé chez ces jeunes gens un écho. Voici la vidéo qu’ils ont faite et qu’ils m’expédient, je dois dire que j’avais besoin de cet encouragement tant je m’interroge sans cesse sur la nature de notre combat à Marianne et moi avec celui prioritaire des grévistes. Et voici que ces jeunes engagés dans l’action m’envoient le témoignage de ce lien fondamental entre ce qui se déroule sous nos yeux et l’obstacle que constitue le trafic de nos mémoires qui donne son aliment à l’anticommunisme.

Je parlais récemment du film de Terrence Malik « une vie cachée », l’histoire de ce paysan autrichien qui dit NON au nazisme alors que tous autour de lui s’y rallient parce qu’il n’y a pas d’autre solution ou par conviction qu’effectivement c’est l’issue. Il est complètement seul et comme on ne cesse de le lui répéter: « A quoi ça sert ce que tu fais, tu es seul, personne ne t’entend, fais semblant ». Il sera guillotiné après avoir été emprisonné, torturé, mais IL NE PEUT PAS FAIRE AUTREMENT… que dire de son refus ?… Sinon qu’il est celui d’un catholique et que pourtant je m’y reconnais pleinement, comme beaucoup de communistes, enfin ceux qui se souviennent de ce qu’étaient jadis les communistes. Ne pas pouvoir faire autrement et crier à l’officier allemand qui vous exécute « imbécile c’est pour toi que je meurs! » Voici sur quoi, sur quel sang le plus souvent des humbles et d’intellectuels ralliés à eux que s’est construit ce modèle social.

Je ne peux pas trahir leur mémoire, ce à quoi ils croyaient… Ambroise Croizat qui était alors député a été invité à désavouer le pacte germano-soviétique, il a refusé. Oui il était ce que l’on appelle « un stalinien », sorti de l’école à treize ans et entré à l’usine, il a créé notre modèle social français, il a participé à la résistance et il est mort d’épuisement sur ses dossiers. J’ai connu ces hommes-là, j’ai aimé deux d’entre eux qui avaient résisté sans parler à la torture et je n’accepte pas que des gens légers, superficiels trahissent cette histoire-là. Pour eux mais aussi pour ce qui attend ces jeunes qui m’envoient cette vidéo.

Un combat terrible est lancé, celui qui est mené aujourd’hui autour de notre modèle français est une des tranchées d’un gigantesque front planétaire, on ne vaincra pas avec des bleuettes, en confondant le socialisme avec un vague humanisme pour se faire accepter par n’importe qui mais bien en prenant conscience de la nature de la bataille qui doit être livrée et qui est partout entamée.

Je vais vous dire deux convictions: premièrement, la lutte sera d’abord politique. En voyant la force du combat de la classe ouvrière et d’autres travailleurs aujourd’hui je ne puis que me dire à quel point les soutenir est prioritaire, mais l’action émancipatrice du prolétariat est politique et elle a besoin d’un parti révolutionnaire qui pose la question du pouvoir, de l’Etat… C’est pour cela que je crois que le « mouvement » théorisé est illusoire et qu’à la puissance de l’Etat du capital de sa force répressive mais aussi « spirituelle », il faut opposer une force de même nature, le parti révolutionnaire est de ce fait d’une autre essence que les partis bourgeois qui font partis de l’appareil d’Etat.

Je vous l’avoue je ne vois rien qui puisse remplacer le PCF, mais je suis aussi effrayée par l’état idéologique, organisationnel dans lequel il est aujourd’hui. Ce qui s’y dit, les illusions de fait sur la nature du pouvoir, sur la « démocratie » et sur la nature du combat qui s’annonce y compris au niveau planétaire.

L’âge m’interdit de penser pouvoir intervenir efficacement mais je ne peux que me réjouir de voir une jeunesse en train de penser l’avenir en sachant que pour cela il faut refuser tous les négationnismes, ne pas s’enfermer dans ce passé mais au contraire « entendre l’herbe pousser », le nouveau, cela passe par la remise en cause de tout ce que l’idéologie dominante fabrique pour nous paralyser et oser affronter nos combats, mais aussi nos échecs est une nécessité.

Bon courage mes jeunes camarades.

Danielle Bleitrach

 

 

 
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Publié par le janvier 8, 2020 dans Uncategorized

 

Romain Mingus : la page Guaido est bien tournée…

 

Dans la vidéo suivante, nous revenons sur l’élection du député d’opposition Luis Parra comme nouveau président de l’Assemblée Nationale du Venezuela. Nous vous proposons quelques clés pour comprendre ce qui s’est passé dimanche 5 janvier 2020 à Caracas.
Malgré les gesticulations de l’autoproclamé, des USA et du système médiatique, il semble bien que la page Guaido soit en train d’être progressivement tournée au Venezuela.
CONTRE LA DÉSINFORMATION, PARTAGEZ CETTE ANALYSE AVEC TOUS VOS CONTACTS 👊
Pour voir la vidéo, cliquez sur l’image ou ici

Romain Migus

@romainmigus
https://youtu.be/12h3DBq4fWo
 
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Publié par le janvier 7, 2020 dans Uncategorized

 

The New York Times : L’Iran défie Trump et annonce la fin des restrictions nucléaires

Voilà le scénario absolument apocalyptique, celui de l’usage de la force nucléaire préventive, qui est en train de se mettre en marche et auquel Macron a souscrit inconditionnellement et a même « mis en garde l’Iran contre toute escalade », ce qui implique de souscrire aux conséquences du processus déclenché par Trump (note et traduction de Danielle Bleitrach)

Le président Trump a estimé que l’accord sur le nucléaire était vicié car les restrictions à l’Iran prendraient fin après 15 ans. Maintenant, en réponse à une frappe américaine, l’Iran a déclaré les limites dépassées après moins de cinq ans.

Crédit …Eric Thayer pour le New York Times

Lorsque le président Trump a retiré les États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien en mai 2018, il a justifié son action unilatérale en disant que l’accord était vicié, en partie parce que les principales restrictions imposées à l’Iran prendraient fin dans  15 ans, après Téhéran serait libre de produire autant combustible nucléaire comme il le voulait.

Mais maintenant, au lieu de céder aux pressions américaines, l’Iran a déclaré dimanche que ces restrictions étaient dépassées – une décennie d’avance. Le gambit de M. Trump s’est effectivement retourné contre lui.

L’annonce de l’Iran a essentiellement sonné le glas de l’accord nucléaire de 2015. Et cela recrée en grande partie les conditions qui ont conduit Israël et les États-Unis à envisager de détruire les installations de l’Iran il y a une décennie, les rapprochant de nouveau du potentiel de conflit ouvert avec Téhéran qui avait été évité par l’accord.

Dimanche, l’Iran n’a pas abandonné l’intégralité de l’accord, officiellement connu sous le nom de Plan d’action global commun, et son ministre des Affaires étrangères a laissé ouverte la possibilité que son pays revienne à ses dispositions à l’avenir – si M. Trump inversait le cap et levait les sanctions qu’il a imposées depuis son retrait de l’accord.

Cela, au moins, semblait ouvrir la possibilité d’une sortie diplomatique de l’escalade majeure des hostilités depuis que les États-Unis ont tué le major-général Qassim Suleimani , le deuxième responsable le plus puissant d’Iran et chef de la Force Quds.

Mais certains experts de premier plan ont déclaré que l’effort de contenir les ambitions nucléaires de l’Iran par la diplomatie était terminé. « C’est fini », a déclaré David Albright, président de l’Institute for Science and International Security, un groupe privé à Washington qui suit la prolifération nucléaire, dans une interview. « S’il n’y a pas de limitation de production, alors il n’y a pas d’accord. »

Pour certains des critiques les plus bruyants de l’accord avec l’Iran, l’annonce a permis une évolution favorable Parmi eux, John R. Bolton, l’ancien conseiller à la sécurité nationale qui a été évincé par M. Trump l’été dernier parce que, selon le président, il craignait que M. Bolton ne le force à entrer en conflit avec l’Iran.

« Encore une bonne journée », a écrit M. Bolton sur Twitter . «L’Iran arrache le masque de l’idée qu’il ait jamais pleinement respecté l’accord sur le nucléaire, ou qu’il a pris une décision stratégique de renoncer aux armes nucléaires. Maintenant, c’est le vrai travail: empêcher efficacement les ayatollahs d’obtenir une telle capacité. »

Mais pour une grande partie du monde – en particulier les Européens, les Russes et les Chinois, qui étaient partenaires de l’accord sur le nucléaire – la décision de M. Trump de se retirer de l’accord a conduit à la crise.

L’action unilatérale du président a déclenché une série d’événements – la réimposition de sanctions américaines, le retour progressif de l’Iran à l’activité nucléaire au cours de l’année écoulée, des actions qui ont conduit au ciblage du général Suleimani – qui pourraient accélérer les deux pays vers un conflit.

L’annonce de l’Iran signifie qu’il n’observera plus aucune limite quant au nombre de centrifugeuses qu’il peut installer pour enrichir l’uranium ou au niveau auquel il l’enrichit.

L’Iran n’a pas dit s’il reprendrait la production à 20%, un bond en avant vers l’uranium de qualité bombe, ou au-delà. Mais en autorisant les inspecteurs à rester dans le pays, comme l’a dit le ministre des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, Téhéran, l’Iran aura des témoins de sa propre campagne de « pression maximale » contre l’Occident.

Le principal objectif américain dans l’accord de 2015 était d’empêcher l’Iran d’au moins un an de se procurer suffisamment de carburant pour fabriquer une ogive.

Même avant l’annonce de dimanche, une série de mesures prises par Téhéran pour rejeter des éléments de l’accord avait réduit ce délai d’avertissement à quelques mois. Le risque est maintenant que les incertitudes quant à la proximité des Iraniens avec leur première arme grandissent et deviennent peut-être un aliment pour amener les États-Unis et  Israël à prendre des mesures militaires.

En substance, l’Iran dit qu’il peut maintenant produire tout type de combustible nucléaire qu’il souhaite, y compris des matériaux de qualité bombe.

Maintenant, les États-Unis et Israël doivent affronter la grande question: prendront-ils des mesures militaires ou de cyberguerre pour tenter de paralyser ces installations de production?

Il y a plus de dix ans, les États-Unis et Israël ont coopéré à une mission nommée Jeux Olympiques , la cyberattaque la plus sophistiquée de l’histoire, pour entrer dans le code informatique de conduite des centrifugeuses du site d’enrichissement nucléaire de Natanz et les faire exploser.

Les Iraniens ont récupéré et reconstruit l’installation, triplant le nombre de centrifugeuses qui existaient avant la cyberattaque et ouvrant un nouveau centre de centrifugation au fond d’une montagne appelée Fordow, qui est beaucoup plus difficile à bombarder. Israël a envisagé à plusieurs reprises de bombarder les installations, mais a été stoppé par les États-Unis et des avertissements internes concernant le déclenchement d’une guerre.

Maintenant, après le meurtre du général Suleimani, ces restrictions pourraient s’évaporer.

L’ accord sur le nucléaire prévoyait également un examen particulièrement rigoureux de toutes les principales installations nucléaires de l’Iran – «y compris l’accès quotidien» si les inspecteurs atomiques internationaux le demandaient.

L’annonce de dimanche n’a pas permis de savoir si Téhéran a l’intention d’obéir à cet examen approfondi ou d’abaisser son adhésion au niveau standard. Dans un message sur Twitter , M. Zarif, le ministre des Affaires étrangères, a déclaré que « la pleine coopération de l’Iran » avec les inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique « se poursuivra ».

M. Albright, de l’Institut pour la science et la sécurité internationale, a déclaré qu’une visibilité réduite sur le programme nucléaire iranien pourrait faire augmenter les craintes des pires scénarios – et, peut-être, des erreurs de calcul – liées aux frappes militaires et à la guerre.

« Ils ont été ajoutés pour plus de confort », a déclaré M. Albright à propos des inspections renforcées. « L’accès quotidien a réduit les soupçons et les chances que les théories du complot prennent racine. »

Par exemple, a déclaré M. Albright, une nouvelle ambiguïté pourrait obscurcir les vues de l’Occident sur le temps qu’il faudrait à l’Iran pour produire suffisamment de carburant pour une seule bombe atomique – ce que les experts nucléaires appellent «éclatement». Ces estimations sont basées sur le nombre et l’efficacité des machines tourbillonnantes qui concentrent un isotope rare de l’uranium à des niveaux suffisamment élevés pour fabriquer du carburant d’arme.

L’accord avec l’Iran a été conçu pour empêcher Téhéran d’un an ou plus d’obtenir suffisamment d’uranium hautement enrichi pour fabriquer une seule ogive – ce que les inspecteurs internationaux appellent «une quantité importante».

M. Albright a déclaré que l’estimation la plus défavorable de son groupe pour une création iranienne est de quatre à cinq mois. Mais certains experts, a-t-il ajouté, ne l’ont estimé que deux mois.

Il a noté que les inspecteurs internationaux auraient toujours un accès régulier aux installations nucléaires iraniennes dans le cadre des accords de sauvegarde des nations nucléaires.

Mais si «le haut niveau de transparence fourni par l’accord sur le nucléaire» devait prendre fin, a ajouté M. Albright, «cela pourrait saper la confiance» dans les évaluations par l’Occident des actes et des intentions nucléaires de l’Iran.

L’aggravation du conflit avec l’Iran
En savoir plus sur les troubles qui ont suivi une frappe américaine qui a tué un général iranien.
L’Iran met fin aux limites nucléaires alors que le meurtre du général iranien remet en cause le Moyen-Orient

Pompeo avertit les dirigeants iraniens que les États-Unis pourraient les attaquer s’ils ripostaient

Une coalition dirigée par les États-Unis met fin à la lutte de Daesh alors qu’elle se prépare aux attaques iraniennes

David E. Sanger est correspondant pour la sécurité nationale. Au cours d’une carrière de 36 ans dans le reportage pour The Times, il a fait partie de trois équipes qui ont remporté des prix Pulitzer, plus récemment en 2017 pour des reportages internationaux. Son dernier livre est «L’arme parfaite: guerre, sabotage et peur à l’ère du cyber». @SangerNYTFacebook 

William J. Broad est journaliste scientifique et écrivain principal. Il a rejoint The Times en 1983 et a partagé deux prix Pulitzer avec ses collègues, ainsi qu’un Emmy Award et un DuPont Award. @WilliamJBroad

 
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Publié par le janvier 6, 2020 dans Uncategorized

 

La Russie et la Chine décident de prendre des mesures conjointes pour assurer la paix au Moyen-Orient

la situation au MOyen Orient après l’assassinat du général de division Qassem Soleimani, par les Etats-Unis, acte qui a été décrit comme un bâton de dynamite envoyé dans une poudrière continue à susciter des réactions. Une des hypothèses concernant cet acte des USA est qu’il s’agit de rendre impossible l’approvisionnement de la Chine en énergie en créant une zone d’instabilité et de destruction programmée des ressources et le blocage du détroit d’Ormuz, le prétexte du terrorisme n’en est pas un pour donner corps à cet acte d’agression c’un cynisme criminel et qui touche non seulement l’Iran mais l’Irak. Etre dans une alliance militaire avec les USA est accepter de se faire conduire vers le brasier (note et traduction de Danielle Bleitrach)

Moscou, 4 janvier (RHC) La Russie et la Chine prendront des mesures conjointes pour résoudre pacifiquement les conflits au Moyen-Orient après le récent assassinat du général de division Qassem Soleimani, chef de la Force Quds des corps des gardiens de la révolution islamique d’Iran, qui a perdu vie avec plusieurs responsables d’une milice irakienne à la suite d’une attaque aérienne des États-Unis à Bagdad.

Cela a été convenu samedi par le ministre russe des Affaires étrangères; Sergey Lavrov et son homologue chinois Wang Yi, dans une conversation téléphonique qui a abordé l’escalade des tensions au Moyen-Orient après l’attaque de Washington, approuvée par le président américain Donald Trump.

« Les ministres ont souligné que cette action illégale des États-Unis avait sérieusement aggravé la situation dans la région », indique le communiqué du ministère russe. Depuis Moscou, ils ont souligné que dans de telles circonstances, la Russie et la Chine « souhaitaient réduire les tensions et prendraient des mesures conjointes pour créer les conditions d’une résolution pacifique des situations de conflit ». (Source / RT)

Sous la direction de Maite González Martínez
 
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Publié par le janvier 5, 2020 dans Uncategorized

 

30 janvier 1933, Hitler n’est pas tombé du ciel, il a été porté au pouvoir par les magnats de l’industrie et de la finance … On en connaît les résultats…

Publié par nivate  – Catégories :  #HISTOIRE

Ce que nos médias veulent cacher

 

30 janvier 1933 :

Les Krupp, les Thyssen,

les financiers imposent la dictature brune en Allemagne

 

par Jean LEVY.

30 janvier 1933, Hitler n'est pas tombé du ciel, il a été porté au pouvoir par les magnats de l'industrie et de la finance ... On en connaît les résultats...
30 janvier 1933, Hitler n'est pas tombé du ciel, il a été porté au pouvoir par les magnats de l'industrie et de la finance ... On en connaît les résultats...

Il est de bon ton, de nos jours, de présenter Hitler et le nazisme, comme un accident de l’histoire. Un  « incident «fortuit  sans rapport avec la situation économique et sociale allemande. Les dix ans de sanglante dictature gammée sont présentés comme une période qu’il faut mettre entre parenthèse, hors du temps, et de générer l’idée qu’un mauvais génie serait tombé par hasard sur l’Allemagne

 

 

Rien n’est plus contraire à la vérité.

 

Le futur chancelier du Reich n’est pas tombé du ciel.

 

Si Hitler accède à la chancellerie le 30 janvier 1933, c’est à la suite de tractations entre lui et la fine fleur du capital allemand. Déjà celui-ci, subventionne le NSDAP, le parti d’Hitler, qui n’obtenait que 4% des voix  aux élections de 1928 et 33% cinq ans plus tard. Par cet investissement, le capital d’outre Rhin veut se refaire une santé en préparant la revanche de novembre 1918.

 

Cette perspective nécessite un réarmement intensif, donc un juteux commerce des armes, ce qui lui était interdit par les vainqueurs de la Première guerre mondiale, et  la mise hors combat de l’opposition allemande, les communistes en premier, qui dénoncent  cette politique.

 

N’étaient ce pas les spartakistes, les premiers communistes allemands, qui en octobre-novembre 1918 ont mis crosse en l’air et retourné leurs armes contre leurs officiers, obligeant les dirigeants allemands, empereur, gouvernement, responsables politiques,  à cesser le combat contre les Alliés en signant l’armistice le 11 novembre ?

 

Cet épisode de l’histoire allemande pèsera lourd sur la politique menée ultérieurement par les cercles dirigeants du Reich. Ceux-ci ont veulent la revanche d’une défaite, ressentie comme une trahison imputée aux communistes et aux pacifistes. Ce qui conduira les konzerns allemands à se constituer une milice privée, les Chemises brunes, les fameux SA , pour s’en faire d’abord un bouclier, puis à préparer une nouvelle guerre en se servant du parti de Hitler comme du bras séculier de leur propre pouvoir.

 

C’est pourquoi ils ont financé les nazis et  misé sur eux pour imposer leur politique.

 

C’est à quoi ont abouti les entretiens entre Krupp, Thyssen et autres représentants du capital allemand et Hitler en janvier 1933.

 

La nomination de celui-ci à la tête du gouvernement par le Président Hindenbourg ouvre donc la voie aux douze ans de dictature brune en Allemagne et à la Seconde Guerre mondiale.

 

Ces événements sont suivis d’une manière positive par la presse d’argent française, qui appelait alors Adolf Hitler « Monsieur Hitler ». Et une partie du capital français voit en lui un sauveur,  reprenant le slogan « plutôt Hitler que le Front populaire ».

On connaît la suite : la trahison des « élites » économiques et politiques  françaises, les liens de celles-ci, dès avant guerre, avec les dirigeants nazis, puis en 1940, la « collaboration pour l’Europe nouvelle », la lutte commune contre le « bolchévisme ». ..

 

Mais, grâce aux victoires historiques du peuple soviétique et de son Armée rouge , l’Allemagne capitule, entraînant la libération des Etats européens, qui retrouvent ainsi leur souveraineté.

 

La « parenthèse »  de « l’Europe allemande »  est-elle alors refermée ?

 

Non pas. L’Allemagne avec le soutien des Etats-Unis retrouve très vite sa puissance économique et sa domination financière et industrielle en Europe. Et son souci de placer celle-ci à son service pour ses objectifs. D’où la construction européenne, l’UE et l’euro. Et aussi la nouvelle « collaboration » des milieux économiques français à cette politique…

 

Certes, il n’y a plus de SS, de Gestapo, ni de dictature sanglante en Allemagne.

 

Les moyens ont changé. L’époque aussi.

 

Nous sommes aujourd’hui dans une autre ère, celle du pouvoir accaparé par l’oligarchie financière. La mise en tutelle des peuples se construit par d’autres moyens : la liquidation les nations, et d’abord celle de leur souveraineté tout en imposant aux peuples l’austérité généralisée.  Cette stratégie conduit à réduire les procédures parlementaires pour imposer sans délais la politique exigée par les donneurs d’ordre, les financiers et les transnationales.

 

L’oligarchisme a succédé au fascisme.

 

En Europe, c’est à nouveau la puissante Allemagne qui commande. Et la France, le monde économique et ses fondés de pouvoir politiques, s’alignent comme en 1940.

 

Et le Président de la République veut substituer la « souveraineté européenne » à celle de la France…

 

C’est pourquoi il est nécessaire de disculper notre voisin d’outre Rhin d’un passé brun, pour le rendre fréquentable. C’est la tâche dévolue aux médias, les  chiens de garde du capital.

 
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Publié par le janvier 3, 2020 dans Uncategorized