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Archives de Catégorie: femmes

Un musée décroche un tableau de femmes nues pour lutter contre le sexisme

  1. Comment à partit d’une revendication juste, celles de femmes qui ont besoin comme tout un chacun et plus que d’autres d’avoir un boulot de ne pas y subir les pressions du petit chef, les mises en demeure, ce qui peut aller jusqu’au renvoi, bref le viol légalisé par la position d’autorité et l’exploitation ordinaire en est-on arrivé à de telles niaiseries? On rejoint les pruderies victoriennes qui se combinent si bien avec l’usage du bordel, celle où on finissait par draper les guéridons pour ne pas voir leurs jambes? Il y a là un dévoiement qui interroge les canaux de la revendication émancipatrices dans notre société. (note de Danielle Bleitrach)

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/ Jeudi 1 février 2018 à 16:3328

Hylas et les nymphes de John William Waterhouse. Photo © TOM JERVIS via Flickr CC License by

Politiquement correct. A la place, le musée anglais invite ses visiteurs à écrire leur position sur des petits papiers.

La Manchester Art Gallery, un musée anglais, a décidé de décrocher le tableau « Hylas et les nymphes », peint par le Britannique John William Waterhouse au XIXème et représentant des femmes nues en train de se baigner, pour lancer un débat sur le sexisme, rapporte Slate.

A la place, une feuille explicative indique désormais : « Cette galerie présente le corps des femmes soit en tant que « forme passive décorative » soit en tant que « femme fatale ». Remettons en cause ce fantasme victorien ! Cette galerie existe dans un monde traversé par des questions de genre, de race, de sexualité et de classe qui nous affectent tous. Comment les œuvres d’art peuvent-elles nous parler d’une façon plus contemporaine et pertinente ? »

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Dans le cadre de ce débat, les visiteurs sont invités à rédiger leur opinion sur la représentation des femmes en peinture sur des petits papiers puis à les coller. Mais pour l’instant, ils en ont surtout profité pour exprimer leur mécontentement et accuser le musée de « censurer » sous prétexte de « contextualiser ». Une pétition a même été signée par plus de cent personnes, qui réclament le retour du tableau et dénoncent une « censure politiquement correcte ».

La peinture préraphaélite est exposée dans une salle intitulée « Recherche de la beauté », qui rassemble des œuvres représentant de nombreuses femmes dénudées. « Or pour Clare Gannaway, la conservatrice à l’origine de cette initiative, le titre est gênant car il s’agit seulement d’artistes hommes qui s’intéressent à des corps de femmes », précise Slate.

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La conservatrice militante explique même que le mouvement féminin #MeToo a influencé sa décision. Plus surréaliste encore, le retrait du tableau se veut une performance artistique. En attendant, les reproches fusent. Même le critique d’art du quotidien britannique progressiste The Guardian, Jonathan Jones, a raillé cette initiative, qualifiée de « geste stupide ».

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Publié par le février 3, 2018 dans femmes, humour, medias, mon journal, peinture, POLITIQUE

 

L’Inde «manque» de 63 millions de femmes

  • Ce que l’article du Figaro  ne dit pas c’est le combat des femmes communistes, que j’ai pu rencontrer, contre cette situation, l’existence d’un fort parti communiste joue un rôle essentiel dans ce combat, plus encore que la manière dont le parti du congrès a toujours eu des femmes à des postes clés, la plus célèbre étant Indira Ghandi. Loin d’entraîner un intérêt nouveau pour les femmes, cette situation de pénurie a créé une aggravation de leur statut de quasi objet non désiré parce que le poids de la dot qu’il faut verser à l’époux et le fait d’élever une fille pour une autre famille n’a d’intérêt que si elle constitue une monnaie d’échange pour avoir une épouse pour les hommes et le système des castes aggrave encore la situation. De ce point de vue la comparaison avec la Chine qui avec la politique de l’enfant unique connait également une pénurie de femmes est intéressante. la pénurie des femmes redouble la différence que nous avons déjà analysée entre ville et campagne, où avec la disparition du rôle social des entreprises, les rapports familiaux traditionnels ont du suppléer aux carences de l’Etat dans le domaine de la protection sociale. Mais on a assisté et on continue d’assister à une évolution qui tente de résoudre les problèmes nés de ces inégalités, comme dans le même temps il y a assouplissement de la politique de l’enfant unique. En outre dans les villes, il y a une incontestable évolution de la famille et du rôle des femmes, même si la représentation féminine au plus haut niveau politique demeure faible. Le combat entre modernité et tradition qui paraît bloquer l’Inde, est planifié en Chine, ce qui ne doit pas en minimiser les contradictions mais les donner à voir et à rechercher des solutions. A bien des égards, la comparaison Chine et Inde est très révélatrice des différences entre la démocratie formelle indienne et le modèle considéré comme autoritaire communiste de la Chine par rapport non seulement aux exploités mais aussi à ces prolétaires du prolétaire que sont les femmes (note de danielle Bleitrach)

Le pays, qui compte 1,3 milliard d’habitants, connaît un déséquilibre considérable du ratio hommes-femmes, révèle un rapport présenté lundi.

L’Inde accuse un déficit de 63 millions de femmes, révèle un rapport concernant la situation économique du pays pour l’année 2017-2018 présenté lundi devant le Parlement: c’est l’équivalent de la population britannique. Le chapitre consacré à ce problème, intitulé «Genre et méta-préférence pour le fils: le développement est-il un antidote en soi?», met en avant un déséquilibre colossal du ratio hommes-femmes.

Ainsi, bien qu’il ne soit pas autorisé, en Inde, de révéler le sexe du futur bébé, il est courant qu’il soit annoncé lors de l’échographie, et qu’un avortement illégal le suive, quand il s’agit d’une fille. Selon l’Institut américain Guttmacher, 15,6 millions d’avortements auraient eu lieu en 2015 dans le pays. De même, nombre de familles décident de ne plus avoir d’enfants après la naissance d’un garçon.

21 millions de filles non désirées

Des données présentées dans ce document, il ressort par ailleurs que 21 millions de filles, sur une tranche d’âge de 0 à 25 ans, ne sont pas désirées par leurs parents, qui auraient préféré un garçon. Pour faire cette estimation, la différence a été calculée entre le sexe-ratio de référence et le sexe-ratio actuel des familles continuant à avoir des enfants.

Les filles bénéficient aussi de moins de soins et d’attention en matière de santé, d’alimentation et d’éducation, ce qui nuit à leur espérance de vie. Elles sont traditionnellement considérées comme un poids financier important, du fait de la dot dont les parents doivent s’acquitter lors du mariage. La préférence allant au fils est encore largement répandue dans le pays, se retrouve jusque dans les familles de la diaspora au Canada par exemple.

Alors que la croissance économique, évaluée à 7%, apporte une amélioration constante des conditions de vie des Indiens, la population féminine n’en bénéficie que partiellement. Bien que de nombreux points ont été améliorés, comme le recul de l’âge au premier enfant, l’écart se creuse quand il est question de l’accès à l’emploi.

Un combat inégal entre développement et tradition

Le rapport, supervisé par Arvind Subramanian, conseiller économique du gouvernement, préconise que «sur la question du genre, la société dans son ensemble – société civile, communautés, cadre familial – et non pas seulement le gouvernement, se reflète dans une préférence sociétale, voire une méta-préférence pour les garçons, inhérente à la croissance». Le rapport évoque «un combat inégal entre les forces irrésistibles du développement, et les objets immuables que sont les normes culturelles», et prône de se préoccuper autant de la croissance économique que des résultats liés à l’égalité entre les genres.

Il s’achève en insistant sur le fait que l’Inde devrait laisser ces pratiques qui appartiennent au passé dans le passé, et mettre un terme au mauvais traitement des filles non désirées.

L’Inde est par ailleurs le théâtre de graves violences exercées contre les femmes. Depuis le viol collectif d’une jeune fille de 23 ans dans un bus de New Delhi en 2012, morte de ses blessures quelques jours plus tard, le pays fait régulièrement la une à cause des violences pérennes envers les femmes. Dimanche, le viol d’une petite fille de huit mois par son cousin de 28 ans a déclenché l’ire des défenseurs des droits des femmes, appelant à la fin de la culture du viol. Lundi, la présentation de l’enquête entendait soutenir «le mouvement grandissant contribuant à éradiquer la violence envers les femmes, qui s’étend sur tous les continents».

 
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Publié par le février 2, 2018 dans Asie, femmes, INTERNATIONAL, SOCIETE

 

A propos de Tariq Ramadam, de la méthode théologique et de ma vision dite « stalinienne »

Tariq Ramadan est entendu par les enquêteurs de la police judiciaire à Paris.

 

je ne prendrai pas position sur la question du viol, puisque le procès est en cours et que je serais sans doute partiale puisque femme et pourquoi le cacher un tantinet anti-clériacale. Ce qui me conduit à avoir les plus grands doutes sur la manière dont ce sont des hommes qui disent à d’autres hommes ce que Dieu attend des femmes, mais je reconnais que cette suspocion ne me permet pas d’intervenir dans un procès en cours.

En revanche je peux donner mon adhésion à la critique d’amis sur la méthode théologique en ce domaine utilisée par tariq Ramadam (et il n’est pas le seul), cela déborde même les théologiens.

Dans une vidéo récente, T. Ramadan défendait  un imam américain chassé car il avait  pris parti pour l’excision. Les propos de Ramadan illustrent bien La Méthode.
La Méthode Dialectique Pour Neutraliser La Réforme En Islam.
1. Marquer son opposition de principe au phénomène controversé
2. Diviser le monde en 2 catégories : musulmans et islamophobes
3. Associer aux islamophobes la critique du phénomène à réformer
4. Rappeler que le phénomène à réformer est largement soutenu par « La Tradition » et « Les Textes » (à l’oral, faire ressentir les majuscules grâce à l’intonation)
5. Appeler au débat interne, en sachant que la controverse dure depuis des lustres sans rien produire
Lapidation des femmes
Excision

Cette méthode je le répète ne se limite pas à l’isalm, ni même à la religion, ni même aux conservateurs.

Ce matin j’ai reçu un mail d’un camarade communiste qui médecin éternel adjoint à la culture de la municipalité de triffouilly les oies (c’est un pseudonyme) dans la banlieue marseillaise. Il m’envoie un sujet intitulé les enseignants (es) n’on aucun sens des réalités. C’était sa manière de me faire sentir son mépris pour mes errances bolcheviques, puisque je suis caramel dur et lui un caramel mou…et qu’il sent le vent d’un congrès qui n’aura d’extraordinaire que le nom tourner en sa faveur.

 

Donc

1) il s’affirmait réaliste, moderne, adapté quoi… un communiste même si le mot était un peu désuet…

2) il divisait le parti entre réalistes penchant du côté de la social démocratie et irréalistes nostalgiques comme moi,

3) tout le système d’éducation national auquel j’appartenais était la proie de bourgeoises irréalistes selon cet article du Figaro, alors que lui était la Municipalité de Trifouilly les oies, son adjoint à la culture.

c’était sa conception du débat interne, le Congrès était clos.

Tariq ramadam n’avait pas les diplômes pour enseigner à l’université mais le Qatar qui l’a lâché payait une chaire pour lui à Oxford, ce qui lui permettait de venir pontifier, porter la bonne parole paré de l’aura d’une chaire bidon d’oxford à la recherche de moyens financiers.

Mon médecin de Trifouilly les oies n’a aucune qualité pour juger de la rationalité de l’opposition communiste mais vu qu’il trône encore dans ce confetti de ce que fut l’influence communiste dans les quartiers nord conquis par ceux que le pontifiant camarade appelle les staliniens, il se l’attribue selon le principe théologique de l’infaillibilité pontificale..

Un jour pour compléter mon analyse de ces temps héroÎques, je vous offrirai un petit bijou, la manière dont Walter benjamin décrit la politisation des quartiers nord, de la rue de Lyon…

Quant à sa modernité vu les résultats de ce qui n’aura à affronter aucun bilan… ne nous faisons pas de mal…

La manière dont on traite les femmes disait Marx dans son texte dans les manuscrits de 1844 montre la manière dont dans une société on conçoit les relations à autrui et à soi-même… cf article écrit jadis dans changement de société: https://socio13.wordpress.com/2008/05/31/marx-les-femmes-et-le-communisme/

danielle bleitrach

PS ce matin hamid me dit son indignation, le policier qui a Marseille  tué avec une arme personnelle un type dans une boîte de nuit -où il faisait peut-être des heures supplémentaires- est déjà dehors alors qu’Adlane est dans la prison alors qu’on a pas le droit de rester plus de deux ans sans jugement et qu’il n’a pas d’antécédent et que sa victime est tout à fait en forme. Hamid me dit cet homme est en plus un supporter de Marine le pen, mais il s’appelle d’un nom français alors il a tous les droits; je lui dis: « mais non s’il s’était appelé Ibn saoud ou un quelconque fils d’emir, il serait également dehors, ce sont les pauvres ou ceux que les riches lachent quend ils deviennent compromettant pour que tout reste en état. Encore une interprétation que le camarade réaliste médecin trouverait « stalinienne ».

 

 

Panthéon : qui a peur de Martha Desrumaux ?

je n’ai pas vu passer la pétition donc je n’ai pas pu la signer, mais cet article dit assez l’adhésion de ce blog consacré à l’histoire du point de vue du prolétariat et des exploités à quel point il faut appuyer cette revendication qui n’est que justice. Ma colère fut grande contre le minable François hollande qui a de fait interdit le présence de communistes, mais aussi d’ouvriers au Panthéon. C’est une campagne qui a reçu l’appui de tout le nord au-delà des communistes de ces départements, il faut qu’elle soit reprise par la direction du PCF, par la CGT. La place de cette femme au destin si fort doit être au Panthéon comme d’ailleurs cet autre ouvrier qui a tant donné à la France que fut ambroise Croizat, le créateur de la sécurité sociale (note de Danielle Bleitrach)

(DR)

Figure majeure du mouvement ouvrier en France et de la résistance, cette féministe décédée en 1982 aura voué son existence au service des plus fragiles. Une nouvelle pétition demande son inhumation au Panthéon. Emmanuel Macron réserve sa réponse. Son destin extraordinaire plaide pour elle.

« Etre une femme, une ouvrière et venir du Nord, c’est une triple pénalité ! s’enflamme Laurence Dubois, la présidente  des ami.es de Martha Desrumaux. En faisant entrer Martha au Panthéon c’est toute la classe ouvrière que l’on honore ! »

Parmi les ouvriers qui ont participé au chantier du Panthéon, au 18ème siècle, beaucoup venaient de la Creuse. Mais aucun ouvrier, à ce jour, homme ou femme,  ne repose dans le prestigieux monument

Parmi les ouvriers qui ont participé au chantier du Panthéon, au 18ème siècle, beaucoup venaient de la Creuse. Mais aucun ouvrier, à ce jour, homme ou femme,  ne repose dans le prestigieux monument
(DR)

De fait, en examinant le profil des résidents du Panthéon, qui compte cinq femmes (avec Simone Veil) contre 76 « grands hommes », force est de constater qu’il n’y a aucune personnalité issue de la classe ouvrière. On trouve des militaires, des artistes, des politiques, des scientifiques mais aucun prolétaire.
La France aurait-elle honte de ces ouvriers qui l’ont construite ? « Certes, insiste Laurence Dubois, Martha était cégétiste, communiste , féministe d’avant garde mais aujourd’hui, elle dépasse les clivages ! Elle aura consacré ses forces à défendre et valoriser les anonymes, ceux dont le militantisme et le travail ont aussi contribué au développement des valeurs de notre société. «  .
La pétition instruite par cette présidente passionnée dépasse désormais les 4000 signatures. Et le compteur continue de s’emballer…

Martha Desrumaux, autodidacte de choc

Née le 18 octobre 1897 à Comines (Nord), orpheline de son père à neuf ans, elle devient une « petite bonne » dans une famille bourgeoise avant d’intégrer une entreprise textile, dès l’année suivante. Son enfance est confisquée par le monde du travail. Martha Desrumaux  a dix ans. Elle découvre l’extrême dureté du quotidien ouvrier. A 13 ans, elle se syndique à la CGTU, la toute jeune Confédération Générale des Travailleurs qui, devenue CGT, comptera près de 4 millions d’adhérents au début des années 30.

Carte postale de 1910

Carte postale de 1910

En 1917, cette autodidacte de choc organise sa première grève aux usines Hassebroucq. Une victoire. Elle n’a que 20 ans, ne sait ni lire ni écrire, mais cela ne l’empêche pas de signer le protocole d’accord qui signifie l’arrêt du mouvement… et lui construit une solide réputation.

En 1928, à la suite de son action lors des grèves très dures d’Halluin où l’on refuse  aux ouvriers du textile une augmentation de 50 cts, elle est inculpée, en novembre 1929, de « complot contre la sécurité intérieure de l’État ».
Le tribunal correctionnel de Lille la condamne le 15 février 1930 à huit jours de prison avec sursis.

Martha Desrumaux, à droite sur la photo, dans un groupe du textile à Lyon, en 1919.

Martha Desrumaux, à droite sur la photo, dans un groupe du textile à Lyon, en 1919.
(DR)

La rencontre Martha Desrumaux avec Clara Zetkin

En 1921, elle adhère au Parti Communiste et apprend à lire et à écrire. En 1927, elle part, seize mois durant, à Moscou à l’Ecole léniniste internationale où l’accueillent les instances féminines du parti bolchevik, les jetnodel. Avant son départ, le comité régional communiste notait à son sujet : «  Excellente militante. Dévouée active, excellente agitatrice. Avec une éducation politique plus complète, pourrait rendre de grands services au Parti. Approuve et défend la politique du Parti. Remplit ses fonctions avec conscience et dévouement. ». 

Clara Zetkin (1857-1933)<em>" Le droit de vote sans liberté économique n'est ni plus ni moins qu'un chèque sans provision."</em>

Clara Zetkin (1857-1933) » Le droit de vote sans liberté économique n’est ni plus ni moins qu’un chèque sans provision. »

Outre son futur mari, Louis Manguine,ouvrier métallurgiste, elle y rencontre Clara Zetkin qui a lancé quelques années plus tôt, en 1910, l’idée d’une journée internationale des femmes.
On peut lire sur son rapport d’évaluation qui conclut son long  séjour :  » L’école lui a fait découvrir et lui a révélé le mouvement ouvrier, son histoire et le fond de notre doctrine et tactique de lutte. Elle est enthousiaste et d’un dévouement illimité pour le parti.  » et un autre document précise :  » Pas bonne pour l’organisation. Bonne pour le travail de masse dans les milieux du textile du Nord. Peut faire du travail dans l’illégalité. Pas de travail spécial. Confiance absolue. « 
A son retour en France, elle devient  la première femme élue au comité central et à la commission féminine du PC . Elle continue d’être de tous les combats sociaux.
A Paris, on a beau moquer son accent ch’ti et sa grande taille (1,75m), la voici désormais devenue une personnalité solide et respectée au sein de la classe ouvrière.
En septembre-octobre 1928, elle travaille à l’usine Tiberghien à Tourcoing, où elle organise et dirige avec succès la grève des  » dix sous  » contre la baisse des salaires décrétée par le patronat du Textile.

L’ organisation des marches de la faim

Un peu partout en Europe, les mouvements ouvriers organisent  des « marches de la faim ». En novembre 1933, entre Lille et Paris, une centaine de sans-emploi font le

Marthe Desrumaux dans le film "La vie est à nous"

Marthe Desrumaux dans le film « La vie est à nous »

déplacement. Le parcours se fait en une quinzaine de jours, conduit par Martha Desrumaux et Charles Tillon.
Elle apparait dans le film de Jean Renoir « La vie est à nous  » (1936) et sera la seule femme membre de la délégation ouvrière chargée de négocier les « accords de Matignon » qui, placés sous l’arbitrage du Président du Conseil Léon Blum, entérinent les conquêtes du Front populaire ( les congés payés, la réduction du temps de travail et l’établissement des conventions collectives.)
Pour appuyer sur les négociations, Martha est venue avec les fiches de paye des ouvrières du textile du Nord, indicateurs précieux des salaires de misère alors en vigueur.Rentrée dans la clandestinité en automne 1939, Martha, qui reste fidèle au Parti Communiste, a perdu tous ses mandats syndicaux après avoir refusé de dénoncer le pacte germano-soviétique, ce traité de non-agression entre l’Allemagne et l’Union  soviétique.
Réfugiée un temps à Bruxelles, elle réorganise le PCF et revient à Lille le 6 juin 1940 où, à la mi-juillet, avec l’aide de jeunes communistes, elle saccage l’office de la propagande nazie. La voici devenue l’une des principales organisatrices de la Résistance dans le Nord-Pas-de-Calais.

Martha Desrumaux (première personne à gauche sur la photo) à la tribune de l'Union des Jeunes Filles de France)

Martha Desrumaux (première personne à gauche sur la photo) à la tribune de l’Union des Jeunes Filles de France)
DR

L’ héroisme des mineurs en juin 1941

La région est l’enjeu de toutes les attentions allemandes.
Riche en réserve de charbon, sa production doit impérativement alimenter l’effort de guerre.  Avec le soutien d’autres

militants,  dont Auguste Lecoeur et un grand nombre  de femmes, Marthe lance une  grève générale et patriotique fin mai-début juin 1941 et, le 3 juin, l’ensemble du bassin minier est touché.
Sur les 143 000 mineurs recensés, 100 000 cessent le travail. La répression qui s’ensuit est particulièrement violente. Des dizaines de personnes sont fusillées, 450 sont arrêtées et parmi elles, 244 mineurs sont déportés en Allemagne.
Cette fronde aura coûté près de 500 000 tonnes tonnes de guerre à l’économie allemande. Mais on traque les meneurs de ce mouvement. Parmi eux, Emilienne Mopty et Martha Desrumeau.  Toutes deux faisaient parties d’une liste d’otages dressée par le préfet Fernand Carles.

Un « <em>block</em> » d'internement du camp de Ravensbrück.

Un « block » d’internement du camp de Ravensbrück.
Privatarchiv Norbert Radtke (Wikipédia)

Ravensbrück

En fait, Martha est victime d’une mesure mise en place par le régime nazi, la détention de sécurité (Schutzhaft). Elle permet la détention arbitraire d’une personne considérée comme dangereuse pour la sécurité du Reich.
Elle est arrêtée le 27 août 1941 et déportée, sans jugement, le 28 mars 1942 à Ravensbrück, le camp de concentration réservé aux femmes. Elle se lie avec les déportées antifascistes des pays de l’Est et organise une résistance clandestine dans le camp. Son extême humanité constitue un oxygène vital pour les prisonnières et les enfants internés.

Martha après sa libération par la Croix Rouge Danoise

Martha après sa libération par la Croix Rouge Danoise

Lili Leignel alors âgée de 11 ans,  se souvient:  »  Martha disait : C’est nin possible, des gosses comme ça dans les camps ! Elle négociait auprès de celles qui pouvaient recevoir des colis quelques friandises pour mes petits frères.  « .

Martha Desrumaux est chargée de vérifier, aux douches, que les détenues n’ont ni poux, ni gale.
Marie-Claude Vaillant-Couturier se souviendra : « Elle arrivait à parler aux femmes, en dépit de la présence des SS, essayait de les aider à supporter le premier choc et de les avertir de ce qu’il fallait faire pour éviter l’extermination : ne pas se déclarer malade, ne pas montrer ses infirmités pour ne pas recevoir la carte rose, ne pas se dire juive« .
Martha Desrumaux fait la connaissance de Geneviève de Gaulle-Anthonioz, et de
Germaine Tillion, grande résistante internée dans le camp, qui constatera que les Françaises sont  » les plus détestées et les plus maltraitées dans les usines et dans les ateliers  » et qu’elles se trouvent  » écartées des postes avantageux et des travaux les moins pénibles « . 

Au sujets de ces années d’épouvante, Marthe laissera un témoignage  :  «  Pour ceux qui ont connu la véritable Résistance du maquis (…) il peut paraître vain de parler de “résistance” dans un camp de concentration. Il est vrai que l’immense masse des détenues (…) était amorphe, affaiblie par la sous-alimentation, usée par le travail, minée par la maladie (…). Mais il est certain aussi que de cette masse se dégageait (…) une sorte de bouée qui surnageait et à laquelle les faibles se raccrochaient. Chacune était déjà un embryon de résistance, et c’est leur réunion qui constitua une véritable organisation de résistance.  »

En avril 1945, par l’intermédiaire de la Croix-Rouge, elle est échangée avec 299 autres détenues de Ravensbrück contre 300 femmes SS détenues en France. Elle est  élue maire-adjointe de Lille le 13 mai puis est députée, pour deux mois, à la première Assemblée constituante, le 3 octobre 1945.  Elle décède le mardi 30 novembre 1982, quelques heures après la mort de son mari.

Martha Desrumaux au Panthéon ? En septembre 2013, le Président Hollande avait reçu le dossier, examiné l’affaire…. sans jamais donner aucune suite à cette demande pourtant soutenue par toute la région Nord.
Pourquoi un tel mépris silencieux concernant cette femme hors du commun ? L’historien Pierre Outerryck avance une explication : »Elle était femme, ouvrière et n’a pas produit d’écrit. Elle venait elle de province et elle est restée dans l’ombre des médias. Pourtant, ce pays a été bati par des mains d’ouvrier et une partie de notre législation et en particulier ce qu’on appelle « le pacte républicain » a été construit  grâce au concours d’ouvriers. »
Le président Macron, originaire des mêmes terres, saura-t-il s’en souvenir ?

Martha Desrumaux et son mari vers la fin de leur vie, à Evenos (Var)<br />  

Martha Desrumaux et son mari vers la fin de leur vie, à Evenos (Var)
(DR)
 

Macha Brouskina, héroïne de Minsk, pendue à 17 ans le 26 octobre 1941.

L’image contient peut-être : 3 personnes, personnes debout, foule et plein air

Jeanne Malmont

Lorsque la Wehrmacht arrive en juillet 1941 à Minsk, la jeune fille de confession juive est forcée de vivre dans le ghetto de Minsk avec sa famille. Elle va s’engager dans la résistance, militante convaincue du parti communiste. Elle s’engage comme infirmière à l’hôpital de l’Institut de polytechnique, mis en place pour soigner les victimes de l’Armée rouge. En plus de son rôle d’infirmière, elle va aussi aider de nombreux soviétiques à fuir en utilisant de faux papiers d’identité. Elle est arrêtée le 14 octobre, suite à une dénonciation. Dix résistants sont condamnés à la pendaison et devront défiler en ville comme Macha sur la photo avec une pancarte : « Je suis une terroriste et j’ai tiré sur des soldats allemands ». Je n’ai pas voulu mettre les photos des pendus. Ces photos ont fait le tour du monde et ceux qui le veulent les trouveront sur le net. Les corps resteront exposés plusieurs jours pour marquer les esprits. Quelques jours avant sa mort, Macha réussit à écrire à sa mère :
« Je suis tourmentée par la pensée que je t’ai causé de grands soucis. Pardonne moi. Rien de mauvais ne m’est arrivé. Je te jure que vous n’aurez pas de désagréments supplémentaires à cause de moi. Si tu peux, fais-moi parvenir ma robe, ma blouse verte, et des chaussettes blanches. Je veux partir d’ici en uniforme scolaire…  »
A ses côtés seront pendus ses camarades Volodia Chtcherbatsevitch 16 ans et Kiril Trus, vétéran de la guerre 14-18

 

A propos de l’affaire Weinstein, retour sur le jeune Marx

Résultat de recherche d'images pour "le jeune Marx"

Je n’en finis pas d’être stupéfaite par les dérives de la société des Etats-Unis, stupéfaite non par leur étrangeté mais par ce qu’elles sont si proches des nôtres, de nos dérives actuelles. Ce producteur dont on disait qu’il exerçait une influence plus grande sur Hollywood que la scientologie (sic), totalise une soixantaine de statuettes, quatre oscars pour le meilleur film, dont « The Artist ». « C’est un distributeur », dit Michel Hazanavicius, le réalisateur de « The Artist » et de cette pauvre chose sur Godard intitulé « le redoutable », c’est dire si le cinéma français a joué le jeu et s’est plié aux caprices de celui qui faisait la fortune ou non d’un réalisateur, si tout le monde s’est empressé à lui offrir du bétail comme s’ils étaient un quelconque dodo la saumure, ce métier-là chacun l’a fait sans parler d’Hilary Clinton et les Obama et tous les élus démocrates qui ont accepté ses financements quitte après à donner des leçons de vertu sans rien changer sur le fond. Cet hollywood qui vit de ce type d’individu et écarte un Eric Von Stroheim pour immoralité.

Disons le tout de suite ce type, une sorte de DSK, est un malade, un obsédé sexuel qui mérite un traitement comme bien d’autres que l’on met en prison sans autre forme de procès… Mais ce n’est pas de cela dont il est question mais bien de ce que le mal paraît en parfaite concordance avec le type d’individu qui sont les vainqueurs de ce monde. Hollywood étant la représentation et aussi la caricature de cette violence sociale que certains dans leur soif de possession jamais assouvie ont le droit d’exercer sur d’autres.

Il y a quelque chose d’extraordinaire dans ce petit monde démocrate qui prend ses distances avec le « prédateur » par pure hypocrisie puritaine sans jamais s’interroger sur ce qui est à la base de ce viol systématique de la « partenaire ».

Alors voilà, j’ai retrouvé un texte que j’avais écrit sur ce blog à propos du jeune Marx (celui des manuscrits de 1844) et du rapport entre les hommes et les femmes. N’oubliez pas qu’à cette époque-là Proudhon écrit des choses invraisemblables sur les femmes, sur leur infériorité naturelle comme il est violemment antisémite.

Les manuscrits de 1844 sont une œuvre de jeunesse, Marx y aborde l’économie politique, le communisme en humaniste, il pose à chaque détour de phrase la question : qu’est-ce que le capitalisme et sa science de l’enrichissement fait-elle de l’être humain? Sa pensée est d’une grande actualité puisqu’elle s’interroge sur la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1793, qui portent une vision de l’être humain comme une « monade isolée repliée sur elle-même » et son fondement est donc le bellum omnium contra omnes, la guerre de tous contre tous, la concurrence. L’économie politique nie l’aliénation dans le travail, elle achète pour un temps déterminé, par contrat des hommes « libres », la vie humaine est un capital qui se vend, l’être humain est une machine à consommer… Cette aliénation teinte de son éther tous les rapports sociaux et parmi eux les plus génériques, celui de l’homme et de la femme…

Danielle Bleitrach

« C’est dans le rapport à l’égard de la femme, proie et servante de la volupté collective, que s’exprime l’infinie dégradation dans laquelle se trouve l’homme vis-à-vis de lui-même. En effet, le secret de ce rapport entre l’homme et lui-même trouve son expression non équivoque, nette, manifeste, dévoilée dans le rapport de l’homme à la femme et dans la manière dont est compris le rapport générique naturel et immédiat (1). Le rapport immédiat, naturel, nécessaire, de l’homme à l’homme se confond avec le rapport de l’homme à la femme. Dans ce rapport générique naturel, le rapport de l’homme à la nature est immédiatement son propre rapport à l’homme, de même que le rapport à l’homme est directement son propre rapport à la nature, sa propre détermination naturelle. Dans ce rapport apparaît donc de façon sensible, comme un fait concret, à quel point l’essence humaine est devenue naturelle pour l’homme, à quel point la nature est devenue essence humaine de l’homme (2). En partant de ce rapport, on peut donc juger le niveau culturel de l’homme. Du caractère de ce rapport résulte la mesure dans laquelle l’homme est devenu pour lui-même être générique, homme, et c’est compris comme tel ; le rapport de l’homme à la femme est le rapport le plus naturel de l’homme à l’homme. On y voit donc jusqu’à quel point le comportement naturel de l’homme est devenu humain, jusqu’à quel point l’essence humaine est devenue pour lui essence naturelle, jusqu’à quel point sa nature humaine est devenue pour lui essence naturelle, jusqu’à quel point sa nature humaine est devenue pour lui-même nature. Dans ce rapport apparaît aussi dans quelle mesure le besoin de l’homme est devenu un besoin humain, donc dans quelle mesure l’autre homme en tant que tel est devenu un besoin pour l’homme, dans quelle mesure l’homme dans son existence la plus individuelle est en même temps un être social. »(3)

Quand il est question des femmes et de la politique il faut toujours en revenir aux catégories fondatrices d’Aristote (dans la Politique), il y distingue deux types de relations : la relation entre les propriétaires de la circonscription administrative appelé Demos (d’où la démocratie) qui sont des relations politiques entre égaux et la relation despotique celle qui unit le propriétaire-citoyen aux femmes, aux enfants et aux esclaves. Sur ces êtres inférieurs à des degrés divers, il a tous les droits, ils font partie de sa propriété. Ils ont une valeur d’usage, celle de la nécessité de la production et de la reproduction. C’est le monde du silence et celui des sans droits, celui dont la parole est inutile, babillage, récriminations, et vaines plaintes. Alors que le monde politique est celui de la loi, du contrat d’égalité, une relation abstraite et largement fictive puisqu’il y a des riches et des pauvres, mais même ce que l’on appellera un jour les « petits blancs » sont plus que les femmes et les esclaves.

On dit que le Marx des manuscrits de 1844 est le jeune Marx encore plein de Hegel, en fait le Marx du Capital est en gestation et singulièrement toute la section I du livre I du Capital qui porte justement sur la valeur, sur le contrat qui unit le propriétaire des moyens de production au salarié. C’est l’élaboration d’une nouvelle ère politique, celle de la révolution française, mais aussi celle du Capital une véritable schizophrénie où l’être humain est déchiré entre les aspirations idéalistes des droits de l’homme et la trivialité despotique de l’exploitation. Nous en sommes encore là. Et la dualité du traitement réservé aux femmes, la maman et la putain, le galant caballero hispanique violant avec une rare brutalité ou comme au Mexique, à Juarez multipliant les morts impunies, toutes ces figures de l’insupportable dualité de l’être humain de la « modernité »… C’est pour cela que le mythe de la virginité n’est pas simple voile : tiens le voile, la membrane, le refus de voir, la méduse, le sexe de la femme peint par Courbet, il s’agit toujours du refus de voir sa propre aliénation dont Marx montre le lien avec la religion. Les chiffres officiels montrent que 74% des femmes boliviennes subissent des relations de violence. Une des gloires des communistes qu’il s’agisse des Cubains, des FARC, des Népalais a toujours été de faire avancer l’émancipation de la femme, de les intégrer en tant qu’êtres politiques et combattants, ayant droit à la parole, même si les communistes en tant qu’individus ne sont pas abstraits de l’aliénation du monde qu’ils combattent. Il faut des lois très sévères, ainsi Cuba a hérité du temps de la guérilla une loi qui punit de mort le viol.

(1) Marx considère avec Fourier que le degré d’émancipation est indiqué dans le degré d’émancipation de la femme (cf. La sainte famille).
(2) « l’essence humaine n’est pas une abstraction inhérente à l’individu pris à part. Dans sa réalité c’est l’ensemble des rapports sociaux. Sixième thèse à Feurbach.

Troisième manuscrit, p.145

 

quand la nuit, la télévision offre un chef d’oeuvre et permet de reparler des scénaristes en lutte contre le maccartysme

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hier soir au cinéma de minuit sur FR3, vu un très beau Max Ophuls, « pris au piège », c’était un max Ophuls que je n’avais pas vu.Max Ophuls, né allemand , réfugié parce que juif en France en 1933, puis aux Etats-Unis en 1940 est bien sûr considéré comme un « maître », il y a ses travelling,  mais rien de besogneux, tout est fluide et élégant comme ses personnages féminins, s’es valses et ses « ronde ».  Effectivement  ce film est un véritable bijou, une mise en scène raffinée au point que la caméra paraît se faire oublier et pourtant approfondit la description des stéréotypes féminin sur la réussite sociale. Ainsi la midinette ayant épousé un richissime puéril et sadique.individu, l’autre pôle de l’aliénation au prince charmant de la femme enfant, est prise dans le décor, dans ce luxe qui la broie, elle se blottit sur un lit dans une encoignure pour lui échapper. Il y a des audaces invraisemblables pour l’époque, en particulier comment une fausse couche peut être une libération de cette femme qui a cédé au piège d’un mariage, réussi selon le point de vue socialement inculqué aux femmes. Le travail, l’indépendance économique des femmes, mais aussi le droit au divorce, à refaire sa vie, à échapper à tous les pièges de la condition féminine sont exposés comme une évidence. C’est la lutte d’une femme pour ne pas être simplement un objet dans les mains des hommes, et à ce titre il fait partie du combat mené par les scénaristes communistes d’Hollywood tout autant qu’à max Ophuls l’auteur du splendide Lola Montes ou lettre d’une inconnue, madame de et tant d’autres, mais chez max Ophuls, elles rentrent dans le rang alors qu’ici, elles échappent au piège… Et ça c’est le scénario… . 

Il  est d’Abraham Polonsky. On ne se souvient que très rarement à quel point les scénaristes d’Hollywood formèrent la corporation la plus progressiste et Abraham Polonsky fut une victime du Mac carthysme. Ces scénaristes ont tenté d’imposer une autre conception des femmes, des relations inter-raciales Avant « pris au piège » qui date de 1949, Polonsky participe à « L’Enfer de la corruption » (1948) dont il rédige également le scénario. A l’aube du maccarthysme, ce film, qui dénonce les dérives du capitalisme, est l’occasion d’une campagne des bien pensants. Convoqué devant la Commission des activités antiaméricaines, le cinéaste se retrouve sur la liste noire des artistes soupçonnés d’être communistes.Ainsi le scénario  de I Can Get it for You Wholesale (vendeur pou dame, 1951) est la dernière fois où le nom d’Abraham Polonsky paraît sur l’écran ,il disparaît pendant 20 ans.   Indésirable aux Etats-Unis, Abraham Polonsky s’installe en Europe où il écrit plusieurs livres puis il retournera aux Etats-Unis, il y sera un de ces cinéastes de l’ombre écrivant sous des prête-noms, ce qui permet de les sous payer.

Danielle Bleitrach

PS. En début de soirée j’avais vu que Arte le film de Robert Altman : « Gosford Park ». Une sorte de remake de la  « Règle du jeu » de Renoir avec  une partie de chasse dans l’aristocratie permettant une plongée subtile dans  les relations complexes entre le monde de l’aristocratie et des serviteurs. OUi mais au bout des deux tiers, il bifurque vers une sorte de pastiche des dix petits nègres d’Agatha Christie. Une mise en appétit en somme pour le chef d’oeuvre de max Ophuls au cinéma de minuit.

 
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Publié par le octobre 2, 2017 dans CINEMA, femmes, HISTOIRE