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Archives de Catégorie: femmes

Marseille : Zineb Redouane a été tuée par une grenade lacrymogène, son fils s’exprime

Zineb Redouane / © Sami Redouane
Zineb Redouane / © Sami Redouane

Le 1er décembre 2018, Zenib Redouane ferme ses volets alors que manifestants et policiers s’affrontent en bas de chez elle. Agée de 80 ans, elle reçoit une grenade lacrymogène en pleine face et meurt dans la nuit. Sami, son fils, décide maintenant de s’exprimer.

Par Nathalie Deumier 

Zenib Redouane habitait au 4ème étage, tout près de la Canebière. Elle a succombé à une blesssure au visage provoquée par une grenade lacrymogène. Deux mois plus tard, son fils Sami décide de raconter comment se déroulent les procédures, en France et en Algérie.

La mâchoire fracturée par la grenade

Le 1er décembre 2018, Zenib Redouane ferme ses volets pendant que policiers et gilets jaunes s’affrontent violemment en bas de chez elle. Agée de 80 ans, elle vit rue des Feuillants, tout près de la Canebière. Son fils Sami nous raconte :  » Les rues étaient bloquées tout autour, les pompiers ont eu du mal à la rejoindre. Ils l’ont transportée à l’hôpital de la Timone où on lui a fait 10 points de suture sur le visage. »

Zenib Redouane / © Sami Redouane
Zenib Redouane / © Sami Redouane

Dans la nuit, elle est transférée à l’hôpital de la Conception pour être opérée en urgence car sa mâchoire est fracturée. Mais Zenib Redouane décède avant l’intervention.

La « police des polices » ouvre une enquête

Une autopsie est ordonnée. Deux ou trois jours après le décès, l’IGPN, Inspection Générale de la Police Nationale, surnommée la « police des polices » contacte la famille de la victime. Sami Redouane sait que beaucoup de témoins étaient présents, et tout a été filmé. L’appartement est placé sous scellés. Des frangments de grenades sont retrouvés à l’intérieur.

Toujours selon Sami Redouane, le procureur d’Alger a également ouvert une enquête et demandé une deuxième autopsie.

Zenib et son fils Sami Redouane / © Photo de la famille Redouane
Zenib et son fils Sami Redouane / © Photo de la famille Redouane

« Il faut clore le dossier », réclame la famille

Sami Redouane, le fils de Zenib, est imprimeur à Alger. Il se rend régulièrement à Marseille pour l’enquête et a pris un avocat. Il souhaite que les responsables soient jugés, que la police reconnaisse ce tir. La famille a attendu le permis d’inhumer pendant plus de 20 jours avant de pouvoir enterrer leur mère en Algérie. Aujourd’hui, Sami Redouane souhaite que sa famille s’apaise « Il faut clore ce dossier, et que justice soit faîte ».

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Publié par le février 11, 2019 dans actualités, femmes, Marseille, SOCIETE

 

Et maintenant louons une grande femme : Pauline Lumumba

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Ce matin, une photo celle d’une vieille femme africains, le visage rond, marqué, des cernes sous les yeux, un corps lourd… avec la légende : mort de Pauline Lumumba. Elle est morte le 23 décembre à 71 ans et elle a vécu 47 ans dans le veuvage de son amour. Il s’agit bien sûr du grand Patrice Lumumba assassiné le 17 janvier 1961.

Après l’exécution de son mari par les puissance impérialistes et le colonialisme belge, elle a du s’exiler en Egypte où elle a élevé seule ses quatre enfants. Ils étaient mariés depuis quinze ans, en un jour tout s’est effondré mais silencieuse elle a assumé. Elle a d’abord été soignée à Paris mais est retournée mourir à Kinshasa.

Je la revois si belle, les cheveux ras, les seins nus comme dans le deuil africain, les reins ceints d’un pagne, elle était montée sur un camion aux côtés du cercueil. Elle était si belle, plus belle que vous ne pouvez l’imaginer.

Danielle Bleitrach

 
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Publié par le janvier 20, 2019 dans Afrique, femmes, HISTOIRE

 

Plus sauvage que Caravaggio: la femme qui s’est vengée dans la peinture à huile par jonathan Jones

traduit pour histoire et societe par danielle Bleitrach

Artemisia Gentileschi a transformé les horreurs de sa propre vie – répression, injustice, viol – en peintures bibliques brutales qui constituaient également un cri de guerre pour les femmes opprimées. Pourquoi son génie extraordinaire a-t-il été négligé?

Vengeance in oil… détail de Judith et Holopherne de Gentileschi.
 La vengeance est à moi… un détail de Judith et Holopherne, représentant Gentileschi et l’homme qui l’a violée. Cliquez ici pour voir l’image complète . Photographie: Rex / Museo Nazionale di Capodimonte, Naples

deux  femmes bloquent un homme sur un lit. L’une d’elle  presse son poing contre sa tête , il ne peut donc pas le lever du matelas, tandis que sa compagne bloque son torse. Elles sont  bien baties avec des bras puissants, mais malgré cela, il faut leur force combinée pour maintenir leur victime immobilisée, car l’une d’elle lui  coupe la gorge avec une épée brillante. Le sang jaillit des geysers d’un rouge profond il est encore en vie  Elle ne s’arrêtera pas tant que sa tête ne sera pas complètement coupée. Les yeux de sa victime sont grands ouverts. Il sait exactement ce qui lui arrive.

Le mourant est Holopherne, un ennemi des Israélites dans l’Ancien Testament, et la jeune femme qui le décapite est Judith, son assassin désigné de manière divine. En même temps, c’est aussi un peintre italien appelé Agostino Tassi, tandis que la femme avec l’épée est Artemisia Gentileschi,  celle qui a peint ce tableau. C’est effectivement un autoportrait.

Deux grandes peintures sanglantes de Judith et Holopherne de Gentileschi survivent, l’ une au Capodimonte à Naples, l’autre aux Uffizi à Florence. Elles sont presque identiques à l’exception de petits détails – à Naples, la robe de Judith est bleue, en jaune à Florence – comme si cette image était un cauchemar qu’elle gardait, l’acte final d’une tragédie qui se répète sans cesse dans sa tête.

«C’est la bague que vous m’avez offerte et ce sont vos promesses!» A hurlé Gentileschi alors qu’elle était torturée dans un tribunal de Rome en 1612. Des cordes étaient enroulées autour de ses doigts et resserrées. Le juge avait conseillé l’utilisation modérée de la sibille , comme on l’appelait torture, car elle avait tout de même 18 ans. De l’autre côté de la cour était assis l’homme qui l’avait violée. Personne n’a pensé à le torturer. En le défiant, Gentileschi lui disait que les vis serrant ses doigts  étaient la bague de mariage qu’il lui avait promise. Elle a répété à maintes reprises que son témoignage sur le viol était fiable: «C’est vrai, c’est vrai, c’est vrai, c’est vrai. »

Gentileschi était la plus grande artiste féminine de l’époque baroque et l’une des plus brillantes adeptes de l’artiste incendiaire Caravaggio, dont la peinture terrifiante de Judith et Holopherne a influencé la sienne. Elle est l’une des stars de Beyond Caravaggio, une enquête épique sur ses rivaux et ses disciples sur le point de s’ouvrir à la National Gallery de Londres. Avec des mots et des images, elle lutta contre la violence masculine qui dominait le monde dans lequel elle vivait.

Gentileschi a réalisé quelque chose de si improbable, si proche de l’impossible, qu’elle mérite d’être l’un des artistes les plus célèbres au monde. Ce n’est pas simplement qu’elle est devenue une artiste très célèbre  à une époque où les guildes et les académies fermaient  leurs portes aux femmes. Elle a également fait ce qu’aucune des autres – rares – femmes de la Renaissance et du baroque qui oeuvraient comme  artiste en tentant de s’en sortir: elle a communiqué une vision personnelle puissante. Ses peintures sont évidemment autobiographiques. À l’instar de Frida Kahlo, de Louise Bourgeois ou de Tracey Emin , elle a consacré sa vie à son art.

Et quelle vie brutalement endommagée c’était. Dans le monde de l’art sauvage de la Rome du Caravage, les artistes étaient riches, arrogants et pouvaient faire presque tout ce qui leur plaisait tant qu’ils restaient dans les bons papiers du pape. Gentileschi a dû rencontrer le Caravage à plusieurs reprises lorsqu’elle était enfant: il l’a peut-être même encouragée à peindre. Son père, Orazio, également artiste talentueux, était l’ami intime de Caravaggio. En 1603, Orazio et Caravaggio ont comparu devant le tribunal après avoir griffonné des propos diffamatoires sur un artiste ennemi dans les rues de Rome. Dans son témoignage, Orazio a mentionné avec désinvolture que Caravaggio était venu chez lui pour emprunter une paire d’ailes d’ange.

Preuve de traumatisme… Susanna et les aînés de Gentileschi.
 Preuve de traumatisme… Susanna et les aînés de Gentileschi. Photographie: © Collection de la maison Burghley

Cela nous donne un bel instantané de l’enfance de Gentileschi: le grand Caravaggio qui défile pour ses accessoires. Née en 1593, elle avait 10 ans quand cela s’est passé. Quand elle avait 13 ans, le maljheur  a frappé le cercle de Caravaggio. Il était toujours au bord du danger – il portait une épée et était prêt à l’utiliser – mais en 1606, il tua un homme qui avait des amis à la cour papale. Il a fui. Orazio et sa fille ne verront plus jamais leur inspirateur.

Être la fille d’un artiste était le seul moyen pour une jeune femme d’espérer acquérir les compétences complexes nécessaires pour peindre de manière professionnelle à l’âge baroque. Il semble qu’Orazio avait de l’ambition pour sa fille – après tout, il lui a donné un nom saisissant et classique. Et au fur et à mesure que ses compétences se développaient, il engagea un élève artiste  Agostino Tassi, pour lui donner des leçons. Puis, en 1612, Orazio accusa Tassi d’avoir violé sa fille.

Le procès qui en a résulté a duré sept mois et a choqué Rome. Cela a fait de Gentileschi une célébrité – de la pire façon possible. Étonnamment, chaque mot de cette affaire judiciaire a survécu, dans une transcription qui ouvre une fenêtre sur la vie des artistes à l’ère du Caravage. Gentileschi nous parle de ce document vieux de 400 ans avec une voix éloquente, courageuse et convaincante. C’est un exemple rare de femme à l’ère pré-moderne qui prenait position contre l’oppression qui faisait partie de la vie quotidienne.

Elle a témoigné que Tassi se frayait un chemin dans sa chambre et commençait à faire des offres de sexe non souhaitées. «Il m’a ensuite jeté sur le bord du lit, me poussant avec une main sur ma poitrine et il a mis un genou entre mes cuisses pour m’empêcher de les fermer. Levant mes vêtements, il a placé une main avec un mouchoir sur ma bouche pour m’empêcher de crier.

Elle a riposté. «Je lui ai griffé le visage», a-t-elle déclaré à la cour, et je lui ai tiré les cheveux et, avant qu’il ne me pénètre à nouveau, j’ai saisi son pénis en le serrant de telle sorte  que je lui ‘ai même retiré un morceau de chair. «Mais elle ne pouvait pas l’arrêter. Ensuite, elle s’est précipitée vers un tiroir et a sorti un couteau. « J’aimerais te tuer avec ce couteau parce que tu m’as déshonoré », cria-t-elle. Il ouvrit son manteau et dit: «Je suis là.» Gentileschi jeta le couteau mais se protégea. «Sinon, dit-elle, je l’aurais peut-être tué. »

Le procès comportait également des mois d’interrogatoires sinistres. Des amis, des locataires, des artistes et des membres de leur famille ont construit une image du ménage de Gentileschi. Elle est décrite comme une adolescente qui a passé tout son temps à peindre et à sortir rarement. Son violeur, quant à lui, est apparu comme un personnage encore pire qu’il ne le semblait au début. Plusieurs témoins ont affirmé qu’il avait assassiné sa femme et qu’il ne pouvait offrir aucune défense valable.

Pourtant, Gentileschi a été torturé et Tassi a été libéré. Pourquoi? Il était protégé par le pape, car son art, oublié aujourd’hui, était coté à l’époque. Tout le monde savait qu’il était un méchant. «Tassi est le seul de ces artistes à ne jamais me décevoir», a déclaré le pape Innocent X. D’autres artistes ont prétendu être des hommes d’honneur, a-t-il expliqué, mais l’ont laissé tomber. Avec l’irremplaçable Tassi, il savait où il en était.

Gentileschi, encore adolescente à la fin du procès, était couverte de honte   dans une culture où l’honneur était tout. Mais cela lui a aussi fourni une sorte de publicité monstrueuse. Dans les années 1620, elle est une artiste célèbre qui travaille aussi loin que possible de Rome. Et elle se vengeait avec la seule arme dont elle disposait: un pinceau. Elle ne pouvait pas écrire son histoire car, comme elle l’avait révélé lors du procès, elle était plus ou moins analphabète. Elle pouvait cependant la peindre et en changer la fin, comme le montrent ses peintures de Judith et Holopherne.

Gentileschi, cependant, fait ressortir un élément de l’histoire biblique sur lequel aucun artiste masculin ne s’était jamais attardé. Dans la plupart des peintures, y compris le rendu hallucinatoire du Caravage, Judith a une servante qui attend de récupérer la tête coupée. Mais Gentileschi fait de la servante  une jeune femme forte qui participe activement au meurtre. Cela fait deux choses. Cela ajoute un réalisme farouche auquel même Caravage n’avait jamais pensé: il faudrait deux femmes pour tuer cette brute. Mais cela donne aussi à la scène une implication révolutionnaire. «Quoi, se demande Gentileschi, si les femmes se réunissent? Pourrions-nous nous battre contre un monde gouverné par des hommes?

Armé d'un pinceau… Autoportrait, allégorie de la peinture, de Gentileschi.
 Armé d’un pinceau… Autoportrait, allégorie de la peinture, de Gentileschi. Photographie: Royal Collection Trust

Beyond Caravaggio présentera une autre œuvre de Gentileschi, son tableau de Susannah  et les veillards de 1622. Ici encore, elle utilise une histoire biblique pour dramatiser ce qu’était une femme au 17ème siècle. Deux vieillards espionnent une jeune femme en train de se baigner, mais Gentileschi accentue encore plus la peur en plaçant les   hommes entrain de se regarder et de regarder, alors que d’autres artistes ont tendance à montrer qu’ils se cachent à distance. Pourquoi montre-t-elle les voyeurs comme totalement dénués de gêne, sans chercher à dissimuler leur désir et à s’introduire dans l’espace de Susanne?

C’est un effet troublant, rappelant étrangement sa propre persécution. Lors du procès, il est apparu que Tassi avait un complice qui la convoitait également. Ils restèrent tous les deux dans les parages, la regardant, comme les voyeurs qui troublaient Susannah. Le traumatisme provoqué par le viol de Gentileschi et le procès qui ne la rendit pas justice hantent son art. Pourtant, elle n’a pas été écrasée par ses souffrances. Au contraire, le pouvoir viscéral de ses peintures en fait l’une des artistes les plus célèbres d’Europe.

Même la cour britannique lointaine avait entendu parler d’elle. En 1638, Charles Ier l’invita personnellement à Londres pour travailler pour lui. Gentileschi y a peint ce qui est peut-être son œuvre la plus originale et la plus importante. Dans son autoportrait en tant qu’allégorie de la peinture – exposée le mois prochain à la galerie Queen’s à Buckingham Palace dans le cadre de l’exposition intitulée Portrait of the Artist – elle se présente comme un personnage musclé, dynamique et énergique, à l’instar des femmes qui tiennent Holopherne . Au lieu d’une épée, elle est armée d’un pinceau. Des siècles avant le féminisme, Gentileschi se déplace dans l’espace avec une fluidité extraordinaire, le créateur de sa propre image, le héros de sa propre vie.

 

Ce mercredi 09 janvier 2019 Annie Lacroix-Riz a été visée par une attaque nominale émanant de la direction de la CGT.

Chacun sait à quel point j’ai peu de complaisance pour les rouge-bruns, les antisémites patentés comme le sieur Bricmont, mais je trouve inimaginable que l’on puisse confondre quelqu’un comme Annie Lacroix-Riz avec pareils individus. Qu’il se trouve des spécialistes de ce genre d’amalgame n’a rien d’étonnant tant tout est fait depuis des années pour confondre les « deux totalitarismes », avec l’assentiment de ceux qui auraient dû protester, à commencer par la direction du PCF et de la CGT. Mais ce genre d’amalgame leur permettait de se soumettre toujours plus à la social-démocratie, et cela continue… Donc je voudrais d’abord dire ma solidarité pleine et entière à Annie Lacroix-Riz. Une telle ignominie frappant une historienne de haut niveau et une femme d’un courage exceptionnel qui depuis des années démonte avec une compétence que chacun lui reconnait dans les milieux « académiques » les montages négationnistes d’une histoire devenue terrain de falsification. Trop c’est trop, un jour on retrouvera ces dossiers et chacun s’étonnera du temps où certains « camarades » se jetaient comme des chiens haineux contre ceux qui parmi les intellectuels n’avaient jamais trahi. Heureusement un tract ne représente pas la totalité de la CGT, c’est pourquoi la direction de la CGT doit présenter ses excuses à Annie Lacroix-Riz et demander à ses adhérents d’en faire autant (note de Danielle Bleitrach).

Tous les éléments de ce dossier ainsi que sa réponse se trouvent ici :

http://www.historiographie.info/calomnies.html

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Les documents de référence se trouvent aussi joints à ce mail.

dans une fiche CGT interne anonyme consacrée à la lutte contre l’extrême droite notre camarade Annie Lacroix-Riz est directement mise en cause et accusée de naviguer dans les mouvances conspirationnistes
Extrait :

Ce qui est effectivement une accusation infamante.

Dans le texte suivant Annie Lacroix-Riz elle même fait part de son émotion et de son indignation.

Nous entendons lui témoigner en ces circonstances toute notre solidarité et faire part de l’écœurement qu’une telle accusation suscite en nous.

Cette manière accusatrice procédant par amalgames injustifiés est devenue l’attitude commune de forces diverses, le plus souvent au service de l’ordre existant et qui se servent de la lutte contre l’extrême-droite, lutte au demeurant nécessaire, pour permettre l’exclusion du débat, des médias, du cercle prétendu de la respectabilité ceux qu’ils considèrent comme leurs adversaires.

Ainsi procèdent les forces qui à l’intérieur de la CGT s’accrochent au « dialogue social », à la CES, à la CFDT et freinent des 4 fers pour empêcher la convergence avec l’actuel mouvement populaire.

Se préservant ainsi d’avoir à se battre loyalement sur le terrain de la confrontation des idées.

Aveu de faiblesse et de lâcheté !

Face à une telle ignominie nous attendons comme Annie, une prise de position de la direction confédérale et de Philippe Martinez .

Le Front Syndical de Classe
*****************
La réponse d’Annie Lacroix-Riz

Réponse à une attaque inqualifiable de la direction de la CGT,

Annie Lacroix-Riz, professeur émérite d’histoire contemporaine, université Paris 7
Le Pecq, le 10 janvier 2019

 

J’ai été avisée, le 9 janvier 2019 d’une attaque nominale lancée contre moi par une fiche anonyme, à l’en-tête officiel de la CGT, intitulée Fiche n° 17 / Extrême droite et médias — Campagne contre l’extrême droite. Extrême droite et médias (texte ci-joint).

A la fin d’un paragraphe intitulé « Plusieurs exemples de publications liées à l’extrême droite », je suis ainsi désignée, pour avoir été interviewée ‑‑ comme mon excellente et vaillante collègue belge Anne Morelli, qui a lutté contre les guerres impérialistes contre la Yougoslavie et l’Irak et s’est rendue sur place en pleins bombardements ‑‑ par « Béatrice Pignède, qui a travaillé pendant quinze ans pour la télévision (France 3, Arte) avant de se rapprocher de Soral, Dieudonné et Thierry Meyssan, auteur d’un livre complotiste sur le 11 septembre et lui aussi favorable à la liberté d’expression des négationnistes. En 2004 elle réalise un documentaire, “Propagande de guerre, propagande de paix”, où interviennent notamment Annie Lacroix-Riz et Jean Bricmont. Tous deux naviguent dans des mouvances conspirationnistes et ont participé en 2005 à la conférence anti-impérialiste “Axis for Peace » organisée par Thierry Meyssan. »

Notons que même Wikipédia (voir ci-dessous) rend compte de façon factuelle de ce documentaire de 2004 de Béatrice Pignède, décédée en 2015, dans les termes suivants : « Son documentaire Propagande de guerre, propagande de paix en 2004 fait intervenir notamment deux historiennes Anne Morelli et Annie Lacroix-Riz, comparant les thèmes de propagande lors de la guerre en Irak avec ceux développées lors d’autres conflits. »

https://fr.wikipedia.org/wiki/B%C3%A9atrice_Pign%C3%A8de

Naturellement, je n’ai rien à retrancher de ce que j’ai déclaré dans cette interview, et je ne suis responsable à aucun titre de l’évolution politique de cette journaliste, qui avait été exclue de la télévision pour esprit critique, que je ne connaissais que comme telle, et que je n’ai pas revue depuis 2005.

Le document accusateur de la CGT semble avoir été établi à l’usage de la formation de ses cadres, supposés conduire, grâce aux préceptes ainsi dispensés, une efficace lutte idéologique « contre l’extrême droite ».

Je serais donc « rouge brune », ainsi qu’il ressort de mon compagnonnage de septembre 2018 avec nombre d’amis et camarades qui sont l’honneur du mouvement ouvrier et des intellectuels progressistes?

https://www.youtube.com/watch?v=CRvwFM8A1-4

L’amalgame

Le texte de la CGT est inspiré par le même esprit de terrorisme intellectuel que celui du Decodex du Monde, des Check News (en anglais, naturellement, langue maternelle des intéressés) de Libération et de leurs surgeons multiples de divers organes de « grande presse ». Il fleure également bon,d’une part, la détestable fiche Wikipédia, cas fréquent, la mienne comprise (voir lien ci-dessus), rédigée par des scripteurs d’extrême droite.

Ceux-ci ont définitivement interdit de séjour tout « discutant » de bonne foi qui osait contester ma mutation en fascisto- négationniste (les amateurs de « discussion » sur ce site peuvent essayer de contester le contenu de ma fiche, ils en comprendront d’emblée les méthodes), et d’autre part, la littérature de la mouvance prétendument « antifasciste ».

Mouvance extrêmement hétéroclite, puisque s’y retrouvent des conservateurs ou réactionnaires de la « Nouvelle » ou de l’« Ancienne » droite, tel Pierre-André Taguieff, aux côtés de  membres du parti socialiste ou directement utilisés par ses organisations, tel Rudy Reichstadt, « lancé » par le ministère de l’éducation nationale sous la présidence Hollande, et qui a déjà mené contre moi une campagne ignominieuse me taxant de « conspirationniste », au motif que j’aurais inventé une « synarchie » qui n’existe pas, comme l’écrit mon collègue Olivier Dard, professeur à Paris 4, et conférencier favori de l’Action française (voir le document ci-joint « Lettre ouverte à mes amis de l’UJRE sur une curieuse invitation, samedi 10 mars 2018 »).

Je signale pour mémoire que la « fiche n°17 » fustige Maurras, « Maître » dont Olivier Dard vante les mérites en tout lieu, manifestement sans choquer l’historiographie dominante issue de l’Institut d’études politiques, qui a cautionné sa fiche de commémoration du centenaire de Maurras et a été fort fâchée de la renonciation à la publication, devant l’ampleur du scandale.

Mes camarades du PRCF savent d’ailleurs que cet universitaire avait été invité (mais pas moi) il y a quelques mois à Montreuil, municipalité dirigée par le PCF, à un « débat » sur l’extrême droite, à laquelle il appartient : c’est un Montreuillois qui m’en a informée, information qui nous a permis de réagir à cette invitation unilatérale.

L’épisode de la tentative de commémoration de Maurras est conté ici : « Apparences et réalités de la commémoration de Charles Maurras », paru les 15-17 mai 2018 sur le site Lescrises.fr,

https://www.les-crises.fr/de-charles-maurras-a-son-biographe-olivier-dard/

https://www.les-crises.fr/apparences-et-realites-de-la-commemoration-de-charles-maurras-2e-partie-une-commemoration-celebration-par-un-biographe-faisant-lunanimite-des-historiens-du-consensus/

https://www.les-crises.fr/de-lurgence-de-la-reedition-des-collabos-au-role-du-haut-comite-aux-commemorations-nationales-de-2011-a-2018/

La littérature qui me qualifie de « rouge brune », à l’exemple de la « fiche n° 17 » de la CGT, est toujours caractérisée par l’amalgame entre, d’une part, la droite et l’extrême droite, et, d’autre part, la vraie « gauche », c’est-à-dire celle qui se bat pour la suppression du capitalisme, but officiel initial, à ma connaissance, de la CGT, longtemps maintenu.

La fraction « européiste » de la Confédération ne supporte plus la gauche qui récuse l’orientation de la Confédération européenne des syndicats, à laquelle elle appartient depuis l’ère Thibault. Elle juge aussi intolérable la mise en cause de l’orientation « occidentale », adhésion à l’OTAN incluse, qui viole pareillement toutes les traditions de lutte et d’analyse de la CGT-CGTU.

Il s’agit du même amalgame que celui qui a eu cours dans l’entre-deux-guerres, et qui a conduit ses initiateurs à la collaboration (de classe puis tout court), alors que ses victimes ont compté parmi les héros, français et étrangers, de la Résistance : je renvoie pour cette comparaison à mon ouvrage « De Munich à Vichy, l’assassinat de la 3e République, 1938-1940 »,  Paris, Armand Colin, 2008, 408 p.,

et à la contribution « La défaite de 1940 : l’interprétation de Marc Bloch et ses suites », au colloque Marc Bloch, Rouen, 8-10 février 2012 ».

Cette dernière figure dans le récent ouvrage de 2015, « Scissions syndicales, réformisme et impérialismes dominants, 1939-1949 », Montreuil, Le Temps des cerises, 2015, 250 p., épuisé, mais qui sera réédité chez Delga.

Ces travaux montrent, pièces d’archives à l’appui, l’opposition entre syndicalisme de lutte et syndicalisme de collaboration de classe, opposition particulièrement nette à la fin des années 1930 préludant à la guerre générale.

La russophobie

Notons avec intérêt que la CGT, dans ses documents de « formation » des cadres, désigne à la vindicte les ennemis russes de la France , ce qui nous ramène au temps où René Belin, second de Jouhaux et promis à sa succession, et futur « ministre du Travail et de la Production industrielle » dissolvant la CGT par décret, le 10 novembre 1940, hurlait « Sus aux Russes » et « À bas les Sénégalais de Staline » avec les siens.

Ceux-ci le suivirent sous l’Occupation et bénéficièrent d’énormes prébendes étatiques et patronales après l’interdiction de la CGT (voir mes ouvrages Industriels et banquiers français sous l’Occupation, Paris, Armand Colin, 2013, 816 p., et « Les élites françaises, 1940-1944 ». « De la collaboration avec l’Allemagne à l’alliance américaine », Paris, Dunod-Armand Colin, 2016, 496 p., index Belin).

La Russie de Poutine offrirait l’exemple-type de la distribution d’argent étranger irriguant une information malhonnête et tronquée.

La CGT n’a, à ma connaissance, jamais protesté contre ce qui caractérise l’information d’aujourd’hui, c’est-à-dire la gigantesque influence, financière et idéologique, dont disposent les États-Unis et toutes les institutions qu’ils contrôlent pour corrompre l’information en général et nos « élites » journalistiques en particulier.

Il est parmi elle nombre de spécimens des French-American Young Leaders, qui ont remplacé la grossière propagande de Guerre froide d’après-guerre du Reader’s Digest par une intoxication « française » à flots continus. Ne manquez pas, je vous prie, d’en consulter la liste instructive,

https://frenchamerican.org/young-leaders/earlier-classes/

Alors, par exemple, je suis également nazie parce que j’ai été accueillie plusieurs fois sur le site Les.crises, dont le responsable, Olivier Berruyer, est harcelé par les chouchous des médias – telle Cécile Vaissié, dont l’ahurissant ouvrage Les réseaux de Poutine en France (2016), a bénéficié d’un écho énorme, de la gauche « Médiapart » à l’extrême droite ‑‑ et qui est accusé par ces mêmes médias de répandre des « fausses nouvelles » (Fake News, c’est mieux) et de se soumettre aux diktats d’un Poutine prêt à fondre sur la France?

Alors, par exemple, je suis également nazie parce que, jamais invitée sur le service public de télévision quand Frédéric Taddeï y animait une émission, j’ai été invitée par lui à participer à une émission de « débat » (d’indéniable débat) sur l’extrême droite, sur RT, le 17 octobre 2017 :

https://francais.rt.com/magazines/interdit-d-interdire/54680-interdit-dinterdire-montee-nationalismes-droites-extremes-retour-annees-30

https://www.youtube.com/watch?v=Csu-lbTum8k .

J’y ai figuré aux côtés de Thomas Guénolé, aujourd’hui traité par LREM en délinquant,*
Après la saisie gouvernementale de tous fichiers et adresses de LFI, démarche exorbitante des droits et libertés des citoyens qu’on avait peu vue mise en œuvre depuis la répression anticommuniste 1° de 1939-1940, sous la pression explicite de Berlin (voir De Munich à Vichy) et 2° des années 1950, sous la pression explicite de Washington, on passe à la case prison pour subversion? Avec les approbations et encouragements de la CGT contre ces « rouges-bruns »? J’assure ce politiste de toute ma solidarité.

https://francais.rt.com/france/57708-il-y-a-pire-que-ceux-qui-tabassent-aurore-berge-saisit-justice-contre-cadres-insoumis

Je profite aussi de l’occasion pour rendre hommage au grand politiste-historien progressiste américain, William Blum, ancien du Département d’État et honnête homme, qui a, à partir de 1967, mis sa vie (en ruinant sa carrière) au service de la vérité sur l’impérialisme américain, et qui vient de mourir. Je recommande vivement à mes correspondants la lecture des Guerres scélérates, Lyon, Parangon,‎ 2004 (Killing Hope: U.S. Military and CIA interventions since World War II, Monroe, Maine, Common Courage Press, 2003, édition complétée de son ouvrage essentiel, The CIA: A Forgotten History, Londres et New Jersey, Zed Books, 1986). Ils connaîtront ainsi mieux le principal corrupteur de la planète de l’après-Deuxième Guerre mondiale. Rouge-brun, aussi, feu William Blum?

 

Mon éditeur, ami et camarade Aymeric Monville serait aussi un « rouge-brun » pour avoir sur RT Royaume-Uni exposé clairement et honnêtement depuis octobre 2018 la transformation du présent régime en dictature de droite, puis les développements du mouvement social en cours? Qu’il soit également assuré de mon soutien :

https://www.initiative-communiste.fr/articles/prcf/giletsjaunes-notre-camarade-aymeric-monville-explique-la-situation-sur-russia-today-international/
https://www.initiative-communiste.fr/articles/luttes/video-prcf-russia-today-francais-attaches-aux-refus-de-lamericanisation-aymeric-monville/

https://www.initiative-communiste.fr/articles/culture-debats/le-bilan-de-lannee-macronique-par-a-monville-et-rt-video/

Historienne marxiste et communiste

Je rappelle à mes lecteurs et correspondants que je compte parmi les rarissimes historiens marxistes de France, et, horresco referens, communistes en sus. Nul n’a jamais pu trouver dans un mes écrits ou une mes interventions la moindre complaisance pour le fascisme et le racisme. Je me permets à cet égard de renvoyer à la liste de mes travaux, qu’ils trouveront sur

http://www.historiographie.info/cv.html

et sur le texte ci-joint (CV de mes travaux).

Y figure notamment mon ouvrage en relecture, consacré à La non-épuration, particulièrement éclairant, je crois, sur l’appareil d’État, notamment policier et judiciaire, qui, après la Libération, a été chargé de rétablir un total statu quo, de gommer la Collaboration des plus grands coupables, et de bafouer, à un degré qu’il est difficile d’imaginer, les anciens résistants, morts ou survivants.

Lesquels avaient été en majorité des militants, français et étrangers, du PCF et de la CGTU, puis de la CGT réunifiée, puis de la CGT clandestine de Frachon et Costes. Cet ouvrage sera dédié aux FTP-MOI (et je pense particulièrement à mon cher ami et camarade Léon Landini, lutteur infatigable) et au grand magistrat Paul Didier, honneur unique d’une « Magistrature déshonorée », pour reprendre le titre d’un ouvrage de Virginie Sansico (La justice déshonorée 1940-1944, Paris, Tallandier, 2015).

J’ai par ailleurs, par mes travaux sur la CGT dans l’après-guerre, objet d’une thèse d’État, seule thèse d’État consacrée à ce sujet, et par de nombreux autres travaux, relatifs aux années 1930-1950, montré mon attachement au mouvement syndical et mon admiration pour la CGT combative des Frachon, des Costes et des Croizat : « CGT et revendications ouvrières face à l’État, de la Libération aux débuts du Plan Marshall (septembre 1944-décembre 1947).

« Deux stratégies de la Reconstruction », 4 vol. (2 de texte: 1215 p., 2 de notes: 978 p. + table des matières, index et errata), thèse d’État soutenue à l’Université de Paris I, le 7 novembre 1981. Jury: J. Bouvier, J.-M. Mayeur, A. Prost, R. Trempé, C. Willard.

Cette thèse a été publiée en deux ouvrages: « La CGT de la Libération à la scission (1944-1947) », Paris, Éditions Sociales, 1983, 400 p., et Le choix de Marianne: les relations franco-américaines de 1944 à 1948, Paris, Éditions Sociales, 1986, 222 p., qui va faire l’objet, en 2019, d’une réédition chez Delga.

Sans oublier, et il est d’autres contributions, « Scissions syndicales  » déjà mentionné, et « Aux origines du carcan européen, 1900-1960 ».

« La France sous influence allemande et américaine », Paris, Delga-Le temps des cerises, réédition augmentée, 2016, 165 p., où j’évoque les prestations comparées, dans les années 1950, du syndicalisme de connivence, sous stricte tutelle patronale, étatique et américaine, et de la CGT de Frachon alors résolument anti-« européiste ».

 

La direction de la CGT s’est, à cette date, sa position sur le mouvement social en cours le démontre avec éclat, ralliée à une conception du syndicalisme que ses refondateurs de la Libération, les lutteurs de la CGTU, ont combattue pendant leurs longues décennies d’honneur (pas d’honneurs) : elle a abdiqué ses traditions, et classerait aujourd’hui ses anciens chefs, héros de la Résistance intérieure, parmi les communistes qu’elle ose qualifier de « rouges-bruns ». Léon Landini aussi ?

Il ne s’agit évidemment pas la première attaque contre moi : mes correspondants et les habitués de mon site ont été informés de nombreux autres assauts, et ont eu à plusieurs reprises, je les en remercie à nouveau, l’occasion de me soutenir contre d’autres assaillants, de fausse gauche, de droite et d’extrême droite (« Ukrainiens » cléricaux compris).

Je ne cache pas cependant ma sidération et mon indignation de ce que la direction de la CGT, Confédération au service de laquelle j’ai encore récemment, contre les insupportables prétentions des héritiers de Louis Renault (2011-2014), mis mon travail d’historienne, ait eu l’audace de me classer à l’extrême droite. Témoignent de ce travail au service de la science historique et du mouvement ouvrier les articles

http://www.historiographie.info/renaultcharst.pdf

et

http://www.historiographie.info/mediapart0711.pdf

(sans oublier « Industriels et banquiers français sous l’Occupation », Paris, Armand Colin, 2013, 816 p., où Renault occupe une place notable, et les luttes ouvrières un chapitre entier, le 10).

La CGT, dont j’ai été membre précoce de l’Institut d’histoire sociale, m’en a chassée sans tambours ni trompettes, à la fin des années 1990, dans la discrétion nécessaire à l’arrivée, prévue en vue d’adhésion imminente à la Confédération européenne des syndicats, de Bernard Thibault : non pas parce qu’elle me trouvait « brune », mais parce qu’elle me trouvait beaucoup trop « rouge ».

Sollicitant avec succès d’autres historiens plus conformes à ses nouvelles conceptions de l’histoire socio-économique (et qui apprécient légitimement de se voir reconnus et honorés par les représentants les plus éminents de la classe ouvrière et des salariés de France), elle m’a systématiquement effacée, dans des conditions qui seraient comiques si elles n’étaient honteuses, de ses bibliographies et de ses colloques : notamment, en 2013, d’un colloque sur Croizat, pour lequel elle a invité des historiens dont aucun n’avait jamais travaillé sur Croizat, un des personnages importants de ma thèse sur la CGT, scandale étendu à Michel Étiévent, auquel j’ai réagi, en vain (texte joint sur la réplique piteuse de l’IHS à propos de ce seul dernier, sans réponse à ma propre protestation).

La CGT est désormais passée, avec ce document censé « former » ses militants responsables, à la charge ouverte, absolument inqualifiable.

J’ai naturellement l’intention d’interroger Philippe Martinez, ancien militant et responsable CGT de Renault, sur les raisons de cet affront anonyme, et de mettre au défi la direction de la Confédération de trouver une déclaration ou un écrit de ma part qui ait pu donner lieu à cette accusation infamante.

Je remercie par avance tous mes correspondants de diffuser au maximum cette adresse de protestation. J’ai besoin de leur soutien contre une initiative qui s’inscrit dans une entreprise de destruction et de criminalisation de la gauche, la vraie, et de l’histoire scientifique et indépendante des financements des puissants, français ou étrangers.

Cette dernière sera assurément sévère sur le changement de camp (que nous savons tous momentané, si durable qu’il ait été) de la vieille Confédération.

Amitiés et remerciements anticipés à tous,

Annie Lacroix-Riz, historienne et syndicaliste (Snes, 1967-1985, Snesup, 1985 jusqu’à cette date).

S’il est des fautes de frappe, vous les imputerez à mon émotion.

 
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Publié par le janvier 11, 2019 dans actualités, femmes, POLITIQUE

 

Livre. Christian Bromberger, L’extraordinaire destin de Milda Bulle, une pasionaria rouge

NICOLAS AUZANNEAU*PUBLIÉ
LE08/01/2019CULTURERésultat de recherche d'images pour "Christian Bromberger, L’extraordinaire destin de Milda Bulle, une pasionaria rouge"
« Si Milda Bulle m’a d’abord intrigué, c’est par sa présence surprenante, incongrue, dans le nord de l’Iran en 1920. J’ai étudié, pendant de longues années, la société du Gilân, une province iranienne qui longe la mer Caspienne. Cette province, couverte de rizières et de forêts, fut le théâtre, de 1915 à 1921, d’un mouvement révolutionnaire original, le mouvement jangali (forestier) qui aboutit, appuyé par des bolcheviks venus de la proche Russie, à une éphémère République socialiste soviétique (de juillet 1920 à septembre 1921) dont la capitale était Rasht, la principale ville du Gilân. C’est en consultant archives et textes sur cette révolution que j’ai découvert ce personnage qui a aussitôt piqué ma curiosité : une Lettone, Milda Bulle (prononcez Boulé), pasionaria de ce mouvement révolutionnaire. […] Ma première réaction fut naïve : que faisait donc une Lettone au Gilân, dans cette province marginale dans l’espace iranien, en 1920 ? »

Les quelques lignes de cet extrait condensent le propos du singulier petit livre que vient de livrer chez Créaphis Éditions l’anthropologue Christian Bromberger. Singulier par son projet, car rien à première vue ne semblait conduire cet éminent chercheur – professeur émérite à l’université d’Aix-Marseille, ancien directeur de l’Institut français de recherche en Iran, spécialiste du Gilân iranien, de l’anthropologie comparée des mondes méditerranéen et proche-oriental, de l’anthropologie du sport et de thématiques qu’on peut qualifier d’« atypiques » telle que la pilosité masculine – à s’aventurer dans les histoires lettones, si ce n’est d’être quelqu’un qui, de toute évidence, est pourvu d’une curiosité à fleur de peau, assez disponible pour se laisser dériver vers les marges de l’histoire. Notons aussi, cela nous mettra peut-être un peu sur la voie, qu’il a cosigné avec Tzvetan Todorov une biographie de Germaine Tillion(1), qu’il lit le russe et connaît fort bien son histoire de l’URSS.

Rien non plus dans le champ universitaire des études baltes contemporaines ne semblait appeler la composition d’un essai dédié à cette personnalité, certes intrigante, mais marginale s’il faut la comparer à d’autres contemporains ou contemporaines tout aussi injustement absents des bibliographies en langue française – ce que, d’ailleurs, on n’aura pas manqué de faire observer à l’auteur lors de ses recherches à Riga. Il s’agira donc pour lui d’autre chose que d’un sage projet de recherche mais d’un projet de livre se situant en lisière de littérature, d’une tentative d’élucidation d’un étonnement face à l’histoire individuelle atypique d’une femme, de l’exploration et du déploiement d’un savoir historique et géopolitique permettant d’en mesurer la pesanteur existentielle, loin de toute perspective idéologique, civilisationnelle voire familiale. Un questionnement venu d’ailleurs, issu du hasard d’une rencontre dans des archives iraniennes.

L’auteur de ces lignes peine à le confesser, mais son chemin n’avait pas encore, jusqu’au livre de Christian Bromberger, croisé celui de cette flamboyante révolutionnaire lettone Milda Bulle, mais il trouvera, le lisant, quelques excuses à cette lacune, la principale tenant à la dimension strictement soviétique de sa carrière, et à une bibliographie la concernant presque exclusivement disponible en langue russe, qu’il ne lit pas couramment.

Le nom de Milda Bulle figure bien dans la Latvijas padomju enciklopēdija (a Grande encyclopédie de la Lettonie soviétique en dix volumes de 1982), mais l’article qui lui est consacré est des plus concis, muet bien entendu sur les conditions de sa mort (il faudrait dire de son exécution).

À propos de cette bolchévique lettone qui guerroyait en Iran en 1920

Née en 1892 (ou plutôt en 1891 découvrira l’enquête) dans une famille lettone éduquée de Courlande établie dans le petit village de Cēre, non loin de Kandava, Milda Bulle est marquée par la révolution de 1905. Enseignante en Lettonie et en Ukraine, elle partage en 1915 l’exode des réfugiés vers l’intérieur de l’Empire, consécutif à l’invasion par les troupes allemandes du tiers sud-ouest de l’actuelle Lettonie ; elle se réfugie avec son jeune époux à Petrograd avant que l’élan de la révolution de 1917 ne l’emporte.

On la retrouve guerroyant contre les Blancs dans le Nord Caucase puis en Azerbaïdjan avec une fougue combattante et des talents militaires de meneuse d’hommes tels que le jeune pouvoir révolutionnaire l’envoie en 1920 appuyer le soulèvement bolchévique qui est en cours au Gilân, dans le nord de l’Iran. Cette dernière aventure se solde par un échec, mais on juge la Lettone suffisamment méritante et prometteuse pour l’inviter à poursuivre ses études à l’Académie militaire de Moscou d’où elle sort avec le grade de général de brigade – l’ouvrage reproduit d’ailleurs cette incroyable photographie, où on la voit posant parmi les membres de sa promotion, Trotski siégeant en position centrale, à la place de l’instituteur. Elle exerce alors diverses responsabilités de rang intermédiaire au sein du Commissariat du peuple aux Affaires étrangères puis du Komintern.

Apparatchik dévouée, elle s’illustre par son engagement pour les droits des femmes et par son attachement au rôle de la culture dans l’édification de « l’homme nouveau ».

En 1933, elle s’éloigne de la bureaucratie moscovite pour repartir sur le terrain, suivant Batirbek Aboukov son second mari, un fils de bonne famille kabarde passé à la Révolution, lequel est muté en Bachkirie – république du sud-est de la Russie européenne, limitrophe du Kazakhstan –, avec pour mission de remettre en marche une agriculture dévastée par des années de guerre civile et de politique économique désastreuse. « Le poste d’Aboukov est stratégique : 1931, 1932, 1933 sont des années de famine : on estime à six ou huit millions le nombre de ceux qui seraient morts et le rationnement qui avait durement sévi du temps du « communisme de guerre » est rétabli de 1931 à 1935 ».

Très rapidement, le couple s’impose dans les instances dirigeantes locales, agents énergiques de la mise en place du système soviétique, intervenant dans tous les domaines et sur tous les plans – agriculture, économie, éducation, hygiène, culture, situation des femmes.

« Sur la dernière étape de la vie de Milda, les documents sont particulièrement prolixes »,observe Bromberger qui a pisté une à une les traces laissées par la révolutionnaire courlandaise de son Cēre natal à Riga puis à Moscou, jusqu’à l’actuel Bachkortostan, au fil d’une enquête qui s’étale sur plus de sept années. Milda Bulle parle beaucoup, publie abondamment et « le ton, l’argumentation de ses articles publiés dans la presse sont stéréotypés (mais pouvait-il en être autrement ?) ». Dans la masse documentaire réunie et analysée, presque rien n’affleure de sa vie personnelle et sentimentale, la sphère privée semblant s’être dissoute dans la frénésie révolutionnaire puis dans cette tâche insensée mais phénoménale de mise en place au quotidien de la mécanique totalitaire stalinienne, laquelle allait, comme des millions d’autres, la broyer. En effet, ainsi que la majorité des révolutionnaires lettons restés en Russie après le traité letto-soviétique de 1920, elle disparut dans les purges, fusillée le 13 juillet 1938, sans avoir jamais exprimé la moindre réserve vis-à-vis d’un régime auquel elle avait donné sans compter – brûlé – sa jeune vie.

Héroïne, bourreau ou victime ?

Le récit de Bromberger est alerte, minutieux et net ; il parvient à démarquer finement, avec une élégante distance, ce qui le sépare d’une recherche académique au sens strict, en intégrant sans coquetterie des notes personnelles qui semblent extraites d’un journal de bord. Car si l’on comprend que l’auteur s’est laissé séduire par la silhouette singulière de cette amazone rouge chevauchant l’arme au poing sur les crêtes iraniennes, on mesure aussi au fil des pages qu’il ne savait pas bien lui-même où il s’embarquait, ce qu’il allait chercher dans cette affaire : une histoire, un mythe ou une fascination intime ? Et, par l’hésitation même qui s’en dégage, les derniers chapitres de l’ouvrage sont passionnants, l’auteur s’efforçant à tâtons d’y décrypter la possible signification, pour l’histoire européenne et pour nous-mêmes, d’une carrière telle que celle de Milda Bulle à la fois héroïne, bourreau et victime – résolument les trois à la fois ?

Il s’agit sans doute pour partie de cela, mais Bromberger lui-même n’ignore pas que le mystère d’une telle existence ne se résout pas dans une unique formule. D’autres pistes se seraient sans doute encore ouvertes à lui si l’auteur avait pu intégrer à son portrait les travaux de la recherche lettone actuelle sur la période – hélas insuffisamment disponibles en d’autres langues que le letton. Ceux-ci lui auraient permis, notamment, de replacer le destin de son héroïne dans le contexte beaucoup plus vaste et foisonnant de l’émancipation nationale balte au sens large et du « maximalisme letton », comme l’on disait alors, sachant que, durant la période concernée, les personnages de langue et de culture lettones de la trempe de Milda Bulle, et au destin comparable, furent tout sauf « statistiquement infréquents ». Ce que l’on sait assez bien, notamment depuis le classique d’Andrew Ezergailis The Latvian impact on the Bolshevik Revolution; The first phase September 1917 to April 1918 (1983), que sont venus depuis enrichir et affiner les travaux d’auteurs lettons de première importance comme Jānis Šiliņš ou Ēriks Jēkabsons, c’est le caractère massif et décisif de l’action des bolchéviks lettons à plusieurs moments clés de la révolution d’Octobre et de la guerre civile russe, mais aussi leur importance numérique dans l’appareil soviétique aux premières heures de la dictature léniniste. Une histoire d’abord célébrée, puis cachée et enfin réarrangée à des fins de propagande sous l’occupation soviétique, puis autant que possible dissimulée comme une maladie honteuse depuis le rétablissement de la république démocratique indépendante de Lettonie en 1991. Or, au même titre que le Courlande de Jean-Paul Kauffmann ou que Les âmes baltes de Jan Brokken qui ont accompagné Bromberger tout au long de sa quête, voici un essai qui devrait susciter la curiosité et partager la fascination singulière qu’exerce ce pays – celle qui naît face à un finistère où sont venus, au fil des siècles, échouer certains des rêves les plus inavouables de l’Europe, un lieu où se trouve peut-être enfouie une part de l’énigme irrésolue des tragédies du XXe siècle, un territoire qui reste à explorer pour les artistes et les historiens.

Note :

(1) Germaine Tillion : une ethnologue dans le siècle, Actes Sud, Arles, 2002, 96 p.

Christian Bromberger, L’extraordinaire destin de Milda Bulle, une pasionaria rouge, Créaphis Éditions, décembre 2018, 127 p.

* Traducteur du letton.

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Procès de Maria et de ses trois autres co-accusés : un verdict pour l’exemple !

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transmis par Jean marc Durand

 

Trois mois de prison ferme pour Maria, puis respectivement quatre mois, six mois et un an pour les trois autres co-accusés, le tout assorti pour chacun d’eux de trois ans d’interdiction de manifester et du versement de dommages et intérêts, voilà le verdict prononcé par le tribunal de Valence à leur encontre. Ils étaient accusés de violence en réunion contre le directeur départemental de la sécurité et son chauffeur lors d’échauffourées en date du 8 décembre au plateau des «Couleures» de Valence au cours d’un rassemblement de gilets jaunes. Ce jugement d’une grande sévérité appelle quatre remarques.

A l’évidence, la logique qui avait prévalu pour mettre en détention préventive ces quatre manifestants, à savoir faire un exemple, a continué à être la ligne suivie par le Procureur de la République. La dureté de ses réquisitions dont le jugement final est fortement empreint en atteste. Si l’objectif poursuivi est d’endiguer la mobilisation sociale face aux politiques actuelles et de dissuader de manifestations futures, il risque de ne pas être atteint. D’une part, ce n’est jamais par plaisir que les gens manifestent leur mécontentement dans la rue mais par nécessité quand toutes les autres voies de négociations sont bloquées. De l’autre, l’utilisation de la force n’a jamais supprimé la misère et les mauvaises conditions de vie. Elle étouffe momentanément le mécontentement jusqu’à ce qu’il ressurgisse plus fort.

Les preuves des coups portés contre les policiers par les quatre condamnés si elles semblent évidentes pour le parquet, ne le sont néanmoins pas totalement pour le commun des mortels. Par exemple pour Maria, rien sur la vidéo ne permet d’affirmer qu’elle a frappé un des policiers, elle a d’ailleurs toujours démenti ses accusations. C’est donc une question d’interprétation, les images ne permettant pas d’élucider ce point. Son seul fait est d’avoir tiré le bonnet du policier dans un geste de désarroi face à ce dernier entrain de dégainer. Trois mois de prison ferme pour ce geste alors qu’elle n’a jamais eu affaire à la justice, alors que régnait sur place une grande confusion et qu’autour des policiers était présente une quinzaine d’autres manifestants en rien inquiétés, qui auraient aussi pu porter des coups… Cela fait beaucoup d’éléments de contexte à décharge auxquels il faut ajouter qu’un des deux policiers reconnait ne pouvoir affirmer que Maria a frappé son collègue !

Sur le terrain de la violence, pourquoi ne parle-t-on pas également des conditions d’arrestation de Maria -là aussi il y a une vidéo- interpellée par quatre policiers, gazée, alors qu’elle disait bonjour à une autre personne et jetée à terre. S’il n’est pas question de justifier la violence contre les policiers l’inverse n’est pas plus tolérable ! Aujourd’hui, les policiers gagneraient à réfléchir aux conditions d’exercice de leurs missions face à un pouvoir les transformant en boucs-émissaires d’une situation politique et sociale très dégradée.

Enfin quel est le but poursuivi par l’interdiction de manifester pendant trois ans ? Maria avait déjà manifesté, par exemple à l’appel de la CGT quelques jours avant l’épisode des «Couleures». Elle n’y a eu aucune attitude violente. Ce qui s’est passé le 8 décembre relève d’un contexte particulier où un climat de violence rôdait, le pouvoir médiatico-politique n’ayant cessé pendant une semaine de faire monter la pression. On peut deviner pourquoi ! Comment dès lors ne pas interpréter la décision du Tribunal de Valence comme la volonté de porter atteinte au droit de manifester ? De Vigipirate en Vigipirate bis, les libertés individuelles et collectives sont mises en cause. Un nouveau pallier s’apprêterait-t-il à être franchi ?
Fédération du Pcf Drôme

 

Appel à soutien pour la libération immédiate de Maria, camarade de la Drôme abusivement incarcérée

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Cher·e camarade,

Comme tu le sais peut-être déjà, suite à un rassemblement le 8 décembre, une camarade de la Drôme, Maria Briand, ainsi que trois autres manifestants du plateau des Couleures ont été incarcérés et placés en détention préventive.

Tu trouveras ci-dessous une dépêche AFP et ci-joint un article du Dauphiné Libéré faisant suite à la conférence de presse initiée par Jean-Marc Durand, secrétaire départemental de la Drôme.

Les communistes du département sont, bien évidemment, toutes et tous très mobilisé·e·s pour s’élever contre ces décisions de justice abusives et pour exiger la libération de Maria et des trois autres détenus.

Localement, un rassemblement devant la préfecture est organisé pour ce mercredi après-midi.

A distance, nous pouvons aussi agir et je t’invite donc à relayer un appel en soutien à la libération immédiate de Maria,  à transmettre à la préfecture de la Drôme prefecture@drome.gouv.fr et au Tribunal de Valence tgi-valence@justice.fr

Sachant pouvoir compter sur l’expression de ta solidarité,

Bien fraternellement,

Yann Henzel
———————————————–

Le PCF a dénoncé mardi dans la Drôme le placement en détention d’une de ses militantes suspectée d’avoir agressé le directeur départemental de la police alors qu’il intervenait samedi sur un blocage de gilets jaunes.

L’agression du responsable policier a eu lieu samedi à la mi-journée dans une zone commerciale bloquée au nord de Valence. « Ordre a été donné de dégager les ronds-points et après les sommations, des gilets jaunes ont commencé à s’équiper pour l’affrontement », raconte une source policière.

Après des échanges de projectiles, le DDSP présent sur l’opération, en civil « mais avec un brassard de policier, comme son chauffeur », a ceinturé l’un des manifestants qui prenait la fuite et « une dizaine de gilets jaunes lui sont alors tombés dessus, des coups de pied et des coups de poing le faisant chuter au sol », ajoute cette source, précisant que la scène a été filmée par des caméras de vidéosurveillance.

Deux suspects ont été arrêtés dans un premier temps, puis deux autres – dont la militante – lors d’une marche pour le climat organisée dans la ville, à laquelle se sont mêlés des gilets jaunes. Ces trois hommes et une femme ont été déférés lundi au parquet de Valence en vue d’une comparution immédiate, finalement repoussée au 26 décembre. Dans l’attente de leur jugement pour des faits de violences volontaires, tous les quatre ont été placés en détention.

« Nous n’avons pas l’habitude de laisser incarcérer nos militants, d’autant plus que d’après les éléments en notre possession, les faits qui lui sont reprochés sont loin d’être avérés », a déclaré mardi le secrétaire départemental du PCF Jean-Marc Durand dans une vidéo diffusée par le quotidien Le Dauphiné Libéré. « Elle se défend d’avoir eu quelque acte violent vis-à-vis de quiconque, notamment le DDSP (…) Il nous semble que cette opération relève un petit peu du coup monté », a-t-il ajouté en réclamant sa libération.

La police, de son côté, affirme que ce n’est pas une arrestation « arbitraire ». « Elle a été formellement vue en train de porter des coups », insiste-t-on.

ppy/or

Yann HENZEL
Parti communiste français
Présidence du Conseil national

L’appel de la fédération de la Drôme qui apporte quelques précisions :
….. »Maria est une jeune adhérente et militante du Pcf de la Drôme. Elle vit à Die où elle exerce une profession de boulangère. Samedi 8 elle s’est retrouvée avec de nombreux autres militants et gilets jaunes sur le rond-point du plateau des Couleures à l’entrée Nord de Valence où est installée une vaste zone commerciale. Avec des camarades elle participait à un barrage filtrant. Cela a visiblement déplu au Préfet. Ordre a été donné aux forces de police de charger en fin de matinée pour faire sauter le barrage. Et c’est avec une grande violence que cette intervention a eu lieu occasionnant deux blessés parmi les manifestants conduits dans un mauvais état pour un d’entre eux au moins, à l’hôpital. Face à cette situation les manifestants ont opéré un repli vers les magasins de la zone commerciale, levant donc en totalité le barrage. Et c’est à cet instant que les forces de l’ordre ont redoublé de violence poursuivant les manifestants jusqu’aux magasins, une grande surface ayant d’ailleurs ouvert ses portes pour accueillir les manifestants pris entre les coups de matraques et les bombes lacrymogènes. En même temps des policiers en civil s’en prenaient physiquement à un petit groupe de manifestants. Maria fut une de leur cible. Elle s’est défendue et a ensuite quitté les lieux.

Ce n’est que vers 16 heures alors qu’elle était au centre-ville de Valence que 4 policiers sont venus l’interpeller sans ménagement et l’ont conduite au poste où elle fut placée en garde à vue, trois autres manifestants du matin ayant subi le même sort.

Comparaissant ce lundi à 14 heures devant le tribunal de Valence, le procureur malgré de réelles difficultés à caractériser et à prouver les faits reprochés à Maria, demanda et obtint que celle-ci soit condamnée à de la détention provisoire aux motifs qu’elle pouvait récidiver et qu’elle n’offrait pas les garanties suffisantes alors qu’elle réside depuis plusieurs années à Die, lieu qu’elle n’envisage pas de quitter sine die y exerçant en tant que boulangère connue et reconnue de tous. En fait tout cela n’est que prétexte et arguments fallacieux pour justifier un coup monté sur fond de violence organisée. Il faut préciser que Maria n’a jamais eu maille à partir avec la justice jusqu’à ce jour. Elle nie tout acte violent de sa part qui plus est, ayant mis en cause l’intégrité physique du Directeur Départemental de la Police et de son chauffeur. A cet instant elle n’apparait d’ailleurs pas sur les vidéos utilisées comme éléments de preuve. Les ordres venus de plus haut étaient-ils si pressants pour qu’un procureur de la République se livre à un tel numéro ?

Pour le Parti communiste de la Drôme, comme pour tout le parti communiste cette situation est intolérable et inadmissible. Maria n’a rien cassé, n’a pas été trouvée en possession d’un quelconque objet ayant pu présenter un caractère de dangerosité pour les policiers, ne s’est livrée à aucune agression physique contre le Directeur de la police et son chauffeur. La seule chose qu’elle a faite c’est de tenter d’échapper à la souricière tendue. Preuve que la justice était très sure d’elle, il nous a été interdit d’assister à l’audience sur ordre du procureur alors que cette audience était une audience publique, d’autres dossiers y étant traités. Enfin, cerise sur le gâteau de la provocation, M. Le procureur convoque à nouveau Maria et les trois autres manifestants incarcérés devant le tribunal le mercredi 26 à 14 heures… Pour toutes ces raisons Maria doit être libérée immédiatement. Nous ne lâcherons pas ! Toutes et tous devant la préfecture de Valence pour la libération de nos quatre camarades ».
Fédération du Pcf Drôme.