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Archives de Catégorie: Amérique latine

Delcy Rodríguez: Le discours de Trump à l’ONU menace non seulement le Venezuela mais toute l’humanité

 la réponse du Venezuela au discours de Trump montre bien quelles devraient être les priorités des nations unies et des peuples, Trump est venu leur lancer un défi meurtrier y compris nucléaire et pendant que l’on nous amuse avec les exploits de la petite Corée du nord on oublie d’où vient la menace réelle. D’où l’urgence de manifester le 23 septembre pour le désarmement nucléaire (note et traduction de Danielle Bleitrach)

Le président de l’Assemblée nationale constituante (ANC), Delcy Rodriguez, a prévenu que le discours du président américain Donald Trump mardi à la 72e session de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York, aux États-Unis, menace non seulement le Venezuela mais à l’ensemble du monde.

« Ce n’était pas seulement le Venezuela qui a été menacé, c’était toute l’humanité, quand il a décidé de se retirer de l’accord sur le changement climatique et nous voyons déjà les effets ». Il a souligné que, face aux catastrophes naturelles récentes, la première main tendue avec solidarité  pour aider nos frères est le Venezuela, «pas la main impériale», at-il souligné.

En ce sens, il a déclaré que les Nations Unies sont face à ce discours menaçant du président américain devant un grand «défi» qui porte même sur le problème nucléaire. ,

« Le chef de l’empire est arrivé aux Nations Unies pour menacer la planète avec plus de guerres et de guerre nucléaire. C’est un grand défi pour les Nations Unies ce qui s’est passé aujourd’hui, l’organistion a été créée  pour garantir la paix et la stabilité internationales. Le discours du président américain aujourd’hui a montré de sérieuses menaces pour la paix, la sécurité nationale, qu’est-ce que  les Nations Unies ont à dire à ce sujet « , a-t-il déclaré.

Au cours de la journée  au Théâtre Teresa Carreño à Caracas, Rodríguez a déclaré que la patrie de Bolivar a été choisie comme un «objectif impérial» car elle représente un «mauvais exemple pour un monde inégal».

Enfin, il a critiqué que, avec tant de priorités et face  la pauvreté dans le monde, les États-Unis ont approuvé le plus haut budget militaire de son histoire (700 milliards de dollars) pour continuer à détruire. « Derrière ce budget il y a la souffrance des peuples entiers » et il a rappelé que sur les  240 guerres qui ont été perpétrées, les États-Unis ont été à l’origine de 201.

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Romain Mingus : Irma, la France et l´ALBA

L´ouragan Irma vient de passer sur les Antilles avec son cortège de tragédie, de vies humaines emportées, et de celles qui devront se reconstruire dans la douleur et dans les pertes matérielles.

Comme réponse politique à cette catastrophe naturelle, le président du Venezuela, Nicolas Maduro, ordonna, le 10 septembre 2017, l´envoi d´aide humanitaire à Cuba, à Antigua-et-Barbuda ainsi qu´à Saint Martin.

Le ministre de l´intérieur vénézuélien, Nestor Reverol, annonça, depuis l´aéroport de Caracas, que ce don de 10 tonnes de vêtements, de matelas, d´eau potable, et d´aliments non périssables á la collectivité d´outre mer française, s´inscrivait “dans le cadre du respect mais aussi de la solidarité avec le peuple de Saint Martin” (1). Il précisa que l´aide humanitaire serait acheminée via “un avion des Forces Armées vénézuéliennes et que cette incitative faisait partie de la coopération international dans le cadre de l´Alliance Bolivarienne des Peuples de notre Amérique (ALBA) » (2).

Depuis Paris, bien peu de médias ont souligné le geste de la République Bolivarienne du Venezuela. Et pourtant, cela soulève plusieurs questions qu´aucun de nos éditorialistes n´a daigné relever. Eux qui, il y a quelques semaines, étaient si prompts à dénoncer le Venezuela bolivarien à longueur d´émissions. En effet, cette aide précieuse, venant pourtant d´un pays qui connaît une crise économique, révèle de grandes incohérences dans la politique menée par le président Macron.

Il y a 15 jours à peine, Emmanuel Macron qualifiait le gouvernement de Nicolas Maduro de dictature. Par quel mystère de notre diplomatie le pouvoir français approuve-t-il désormais des liens de coopération, quels qu´ils soient, avec un régime non démocratique ? Y´a t-il une quelconque cohérence dans la diplomatie de notre pays ou bien l´ouragan Irma a-t-il déboussolé la girouette de notre politique extérieure? Pourquoi le gouvernement français autorise-t-il un avion militaire en provenance d´une dictature à atterrir sur notre territoire ? Car le pouvoir français a donné son aval au gouvernement vénézuélien puisqu’il reste souverain tant dans sa politique de gestion des risques que dans celle des désastres naturels.

Dans le cas contraire, il s´agirait alors d´une invasion et notre armée aurait l´obligation de « mener les opérations de résistances militaires » (Article R*1421-1 du Code de la Défense) pour bouter le bolivarien hors de France. Si l´avion militaire n´a pas été autorisé à acheminer l´aide humanitaire, cela révèlerait surtout l´incapacité de notre gouvernement à protéger l´intégrité de notre territoire et notre population. Les conséquences en termes de sécurité pour nos concitoyens seraient tellement désastreuses que nous préférons penser que le gouvernement français a finalement coopéré avec un pays que le président a lui même définit comme étant une dictature.

 

Ce qui nous amène à la situation la plus probable. Si comme le déclarait le Quai d´Orsay le 30 août 2017, il convenait « d´évaluer les relations avec le Venezuela sur la base de l´Etat de droit et des libertés fondamentales » (3), alors les liens diplomatiques mis à jour dans les décombres du passage d´Irma semblent démontrer que Paris « évalue » de manière plutôt positive la situation politique vénézuélienne. Les récentes déclarations de notre ambassadeur à Caracas vont d´ailleurs dans le même sens (4).

Le gouvernement français sait donc très bien que le gouvernement vénézuélien n´a rien de dictatorial mais pour des raisons médiatico-politiciennes, le président a décidé de soumettre la diplomatie de notre pays à des tactiques politicardes contre la France Insoumise. Autrement dit, d´utiliser l´appareil d´Etat à des fins partisanes et électorales. Ce qui est extrêmement préoccupant.

Mais comment pourrait-il en être autrement ? Chaque jour qui passe semble donner raison aux propositions esquissées dans l´Avenir en Commun, le programme de la France Insoumise.

En effet, l´aide humanitaire envoyé par le Venezuela a été décidé dans le cadre de la solidarité régionale promue par l´ALBA, cette organisation de coopération qui regroupe plusieurs pays des Caraïbes. Cette fameuse ALBA à laquelle Jean-Luc Mélenchon voudrait faire adhérer la France, au même titre que d´autres processus de coopération régionale auxquels participe notre pays comme l’Organisation des Etats de la Caraïbe orientale (OEC), la communauté des Caraïbes (CARICOM), ou encore l’Association des Etats de la Caraïbe (AEC). A notre connaissance, aucune organisation supranationale régionale autre que l´ALBA n’a envoyé de l´aide aux sinistrés de Saint Martin.

Que vont donc faire Patrick Cohen et tous les membres de la caste politico-médiatique ? Vont-ils protester contre l´aide humanitaire envoyé par l´ALBA à nos compatriotes ? Oseront-ils, après Irma, reparler de l´adhésion de la France à l´ALBA, lorsqu´ils auront en face d´eux un des cadres de la France insoumise ?

Et que va faire le président Macron lors de son déplacement dans les Antilles françaises ? Remerciera-t-il publiquement la « dictature vénézuélienne » ? Lancera-t-il un processus d´adhésion de la France à l´ALBA ?

Décidemment, il semblerait que la queue du cyclone Irma ait considérablement dévasté ce qui reste de cohérence à la tête de l´Etat.

Notes :

(1) « Tras paso de Huracán Irma | Venezuela envió 10 toneladas de insumos como ayuda humanitaria a la isla de San Martín », Venezolana de Television, 10/09/2017, http://vtv.gob.ve/tras-paso-de-huracan-irma-venezuela-envio-insumos-como-ayuda-humanitaria-a-la-isla-de-san-martin/

(2) Ibid.

(3) « Venezuela : Extrait du point de presse », France Diplomatie, 30 août 2017, http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/venezuela/evenements/article/venezuela-question-reponse-30-08-17

(4) Voir https://twitter.com/NadalDiplo/status/897279727442026496

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La « guerre économique » pour les Nuls (et les journalistes) par Maurice Lemoine – Partie 3

par Les-crises.fr DT

Source : Mémoire des luttes, Maurice Lemoine, 13-08-2017

PARTIE 3

Des dirigeants de l’opposition aux prélats (bien nourris !) de la Conférence épiscopale vénézuélienne en passant par le secrétaire général de l’Organisation des Etats américains (OEA), le grand ami de Washington Luis Almagro, monte un même cri : il faut d’urgence ouvrir un « canal humanitaire » pour permettre l’approvisionnement du pays en matériel et en produits médicaux. D’après Freddy Ceballos, président de la Fédération pharmaceutique du Venezuela, la dette de l’Etat envers le secteur serait colossale : plus de 5 milliards de dollars. En conséquence, les stocks de médicaments disponibles ne correspondent qu’à 15 % des besoins.

En mai 2012, sous Chávez, les mêmes acteurs dénonçaient déjà une coupe de 42 % des devises dans le secteur de la santé ; en 2013, ils annonçaient un niveau de pénurie de 40 % ; en 2014 de 60 %, en 2015 de 70 %. Ce à quoi, après examen des chiffres et statistiques, Pasqualina Curcio répond : « Ils ne correspondent pas au niveau d’importations enregistrés (…) et encore moins aux rapports financiers annuels des grandes corporations transnationales responsables de l’importation de ces produits. »

Ces « grandes corporations » reçoivent des devises à taux préférentiel, achètent les produits à l’extérieur et les vendent en bolivars tant au Système public national de santé (SPNS) qu’aux établissements privés. Alors que, de 2003 à 2014, l’importation de produits pharmaceutiques a connu en dollars une augmentation de 463 %, Henry Ventura, ex-ministre de la santé et actuel directeur de l’Ecole de médecine Salvador Allende, chiffres lui aussi en main, signalait en janvier dernier : « En 2004, les laboratoires ont reçu 608 millions de dollars sans qu’on note de pénuries. » En revanche, plus rien ne va lorsqu’ils obtiennent « un total de 3,2 milliards de dollars en 2013 et 2,4 milliards de dollars en 2014 [1 ». Raison pour laquelle, un an auparavant, alors député, il avait déjà exhorté la Procureure de la République Luisa Ortega à enquêter, « vu qu’on ne trouve plus de médicaments nulle part ». Semblerait-il sans grand résultat.

« Aucune des grandes corporations pharmaceutiques responsables de l’importation de 50 % des produits pharmaceutiques au Venezuela n’a enregistré des pertes, une diminution des bénéfices ou une chute des ventes durant 2015, note Curcio ; pas plus qu’en 2012, 2013 et 2014. » Des propos difficilement contestables car confirmés dans son ouvrage par la reproduction des rapports financiers des firmes en question – Abbott Laboratories C.A., Productos Roche, Novartis de Venezuela S.A., Bayer S.A., Pfizer Venezuela S.A., Sanofi-Aventis de Venezuela S.A., Merck S.A., etc [2].

Le 2 septembre 1973, neuf jours avant le coup d’Etat de Pinochet, les Chiliens pouvaient lire dans le quotidien Clarín : « “Grâce au travail volontaire, les samedis et dimanches, puis au travail de nuit, nous augmenterons la production du sérum dont notre pays a besoin”, affirment unanimement les 45 travailleurs du Laboratoire Sanderson, unique producteur de ce médicament vital au Chili », tandis que leur syndicat, se référant à la pénurie artificiellement créée par ce monopole, ajoutait : « Nous affirmons devant l’opinion publique que notre mouvement légitime (…) a pour objet la défense du pouvoir exécutif lorsqu’il entend réquisitionner les entreprises qui boycottent la production et qui sont vitales et stratégiques pour le pays [3]. »

Comparaison n’est pas raison ? En juin 2017, au Venezuela, les représentants de la Fédération des travailleurs de l’industrie chimique pharmaceutique (Fetrameco) accusaient les laboratoires Calox, Leti, Vargas, Behrens et Cofasa de diminuer leur production de médicaments prioritaires pour la population. De son côté, Richard Briceño, du syndicat des laboratoires Calox, dénonçait : « Ils utilisent la matière première pour fabriquer des produits vétérinaires et abandonnent l’élaboration des médicaments essentiels [4].  »

Au mois de février précédent, après une enquête des services de renseignements, plus de six tonnes de médicaments et de matériel chirurgical avaient été saisies dans deux habitations de Maracaibo (Etat de Zulia). Importés grâce aux dollars préférentiels, ils étaient destinés à partir en contrebande, comme le font d’énormes quantités détournées vers la Colombie.

Rien de plus démoralisant pour quiconque que d’être privé de ce qui rend la vie agréable – savon, déodorant, shampoing, dentifrice ou crème à raser. Quatre grandes entreprises contrôlent le marché des produits d’hygiène au Venezuela : Procter & Gamble, Colgate, Kimberly Clark et Johnson & Johnson. D’après leurs rapports financiers annuels, y compris ceux de 2105, aucune n’a enregistré de pertes ni de diminution des ventes. Entre 2004 et 2011, le firme Johnson & Johnson a reçu du gouvernement environ 2,8 millions de dollars par mois ; en 2014, elle en empoche 11,6 millions pour une même période, quatre fois plus que ce qu’elle recevait habituellement : tous ses produits manquent sur les lieux habituels d’écoulement.

En 2014 encore, Procter & Gamble s’est vu octroyer au taux préférentiel 58,7 millions de dollars, 5,3 fois plus que ce qu’elle recevait entre 2004 et 2011 (11 millions de dollars). S’ils mentionnent les difficultés et incertitudes dues aux taux de change évolutifs (et parfois erratiques), ses rapports annuels n’enregistrent ni diminution des ventes ni pertes opérationnelles au Venezuela [5]. En juillet 2015, en plein marasme affectant les consommateurs, la firme publie ce communiqué : « Ces dernières années, la compagnie a fait dans le pays d’importants investissements destinés à augmenter la capacité locale de production et à offrir des innovations dans nos produits. Il en résulte que notre capacité locale de production a augmenté de plus de 50 % et que nous jouissons aujourd’hui d’une absolue préférence des consommateurs vénézuéliens, qui ont fait de nos marques les leaders dans les catégories où elles sont en compétition [6].  »

En ce qui concerne le papier hygiénique, on offrira ici un sujet d’enquête aux journalistes que ce sujet fascine et qui ont du mal à se renouveler : en 2014, l’entreprise responsable de son importation et de sa distribution, Kimberley Clark de Venezuela, a reçu 958 % de devises de plus que celles qui lui ont été assignées entre 2004 et 2011. On pourrait même suggérer un titre : « Qui a piqué les rouleaux ? » Voire une autre investigation : comment se fait-il que dans tous les restaurants, de la plus modeste « cantina » à l’établissement le plus luxueux en passant par les innombrables « fast food », on trouve sur toutes les tables, à profusion, des serviettes en papier ?

Comme celui de Chávez, le gouvernement de Maduro se caractériserait par une violente hostilité envers le monde des affaires. Pour preuve : en faisant approuver en 2011 (Chávez) une loi organique sur « les prix juste », le pouvoir impose un plafond aux prix des produits de première nécessité et, en établissant en février 2014 (Maduro) une marge bénéficiaire maximum de 30 % sur les biens et services vendus, il ruine les commerçants. Plus personne ne produit ni ne travaille, les prix étant désormais inférieurs aux coûts de production.

Vue sous un autre angle, on ne jurerait pas que l’occupation de la chaîne Daka en novembre 2013 a été totalement injustifiée : après avoir obtenu plus de 400 millions de dollars d’argent public de 2004 à 2012 pour importer des biens électrodomestiques à bas prix, cette chaîne présente à Caracas, Punto Fijo, Barquisimeto et Valencia surfacturait jusqu’à 1000 % ses produits. Quant aux problèmes du magasin d’électronique et d’audio-visuel Pablo Electronica avec les autorités, ils ont commencé à la même époque lorsque a été découverte une augmentation injustifiée – de 400 % à 2 000 % des prix.

Création du chavisme en 2003, les contrôles ont été longtemps limités aux produits de première nécessité. Le pas supplémentaire effectué par Maduro a eu pour objectif, outre la lutte contre les usuriers et les spéculateurs, de limiter l’inflation (la plus haute d’Amérique latine).

Petites ou moyennes, certaines entreprises ont effectivement des problèmes parce qu’en compétition, dans un contexte hyper-spéculatif, avec de puissants concurrents. De véritables monopoles très souvent. Mais, plus globalement, l’analyse des données de n’importe quelle firme, où qu’elle opère dans le monde, permet de constater que le taux de marge moyen se situe non à 30 %, mais autour de 10 % ou 11 %. Pour tout capitaliste, il s’agit d’un bon résultat. Les économistes néolibéraux devant d’ailleurs reconnaître que les marges bénéficiaires sont élevées au Venezuela, ils objectent que « c’est à cause du risque » – l’argument théorique de la spéculation.

Sur les quarante-deux marchandises mises sur le marché par Polar, seules quatre ont un prix « régulé » : la farine de maïs, le riz, l’huile et les pâtes alimentaires. Cela n’a pas empêché que, avant l’élection présidentielle d’avril 2013, l’ensemble de sa production, et non ces seuls produits, ait reculé de 37 % ; au moment de « La Salida » (2014), de 34 % ; avant les législatives de décembre 2015 de 40 % [7].

Pour importer, on l’a vu, les négociants doivent acheter leurs dollars au gouvernement. Nul ne niera ici que le processus bureaucratique complexe ou les changements de règles permanents constituent un casse-tête pour un individu normalement constitué [8]. Ni que la masse globale des devises à octroyer a diminué. Ce qui a provoqué – ou plutôt accentué – un marché parallèle sur lequel la monnaie américaine se négocie bien au-dessus du cours officiel.

En décembre 2012, 1 dollar s’échangeait légalement contre 4,30 bolivars et, au taux parallèle, contre 10 bolivars. En 2013, on passait de 6,30 bolivars au cours légal à 20 dollars au marché noir. Durant les deux derniers mois de 2014, le dollar « libre » était 28 fois plus haut que le dollar « gouvernemental ». A la veille des élections législatives du 6 décembre 2015, il culmine à prés de 900 bolivars pour un dollar, soit une augmentation de 8 900 % en a peine deux ans ! A l’heure actuelle, il atteint 5 000 bolivars (contre 10 au cours officiel) !

Faute de devises obtenues à travers les mécanismes d’Etat, des particuliers, en quête de valeur refuge, achètent des dollars sur le marché noir. De leur côté, certains acteurs économiques – essentiellement les petites entreprises – se voient dans l’obligation de se tourner eux aussi vers ce monde parallèle. Une fois leur marchandise achetée à l’étranger, ils établissent leur prix de vente : salaires, frais généraux et montant de la facture en dollars reconvertie en bolivars, mais en fonction du taux de change prohibitif, ce qui fait exploser la valeur finale du produit. Dans ce cas précis, on peut légitimement attribuer une part de la responsabilité de l’explosion des prix « à la crise » et à un gouvernement dépassé par les événements.

Toutefois, le phénomène ne s’arrête pas là, ce qui en rendrait les effets relativement limités. Il s’aggrave lorsque les importateurs majeurs, bien qu’ayant reçu des devises au taux préférentiel, calculent leurs prix… en fonction du taux illégal. Pour l’explosion de leurs de profits illicites, pour le plus grand malheur du consommateur, qui voit s’écrouler son pouvoir d’achat. Sachant par ailleurs que nombre de corporations, lorsqu’elles reçoivent cinq dollars du pouvoir, n’en utilisent qu’un pour l’importation, et spéculent avec les quatre autres sur ce marché mafieux. Leur « business » n’est pas de pourvoir le pays en aliments, nous explique-t-on, mais « d’acheter et de vendre des dollars, sous prétexte d’acquérir des aliments ».

Les difficultés deviennent définitivement insolubles pour les autorités quand, par ailleurs, le taux de change parallèle explose parce que manipulé.

Sur ce fameux marché, le taux de change a enregistré une tendance constante à la hausse de 1999 à juillet 2012. Mais, de 26 % en moyenne jusqu’à 2011, cette variation annuelle dérape de 2012 à 2015, passant à 223 % (423 % entre 2014 et 2015), affectant la consommation finale et les processus de production. « Les variations les plus importantes, note Curcio dans son ouvrage, ont été enregistrées en octobre 2012 (présidentielle de Chávez), décembre de la même année (élection des gouverneurs des 24 Etats du pays), avril 2013 (nouvelle présidentielle) et décembre 2013 (élections municipales). » A partir de la fin 2013, l’augmentation sera soutenue et disproportionnée jusqu’à janvier 2016 (les élections législatives perdues par le chavisme ayant eu lieu en décembre 2015).

« La valeur de la monnaie sur le marché illégal, dénonce Curcio, ne répond à aucun critère économique ni aux variables associées, ne correspond en rien à la réalité, mais obéit à une intention politique qui cherche la déstabilisation à travers la distorsion des marchés et de l’économie en général. »

L’instrument de cette guerre (pas vraiment) invisible s’appelle Dollar Today (DT).

 

Photographie : Maurice Lemoine

NOTES

[1]  El Universal, Caracas, 29 janvier 2017.

[2]  La Mano visible del Mercado. Guerra económica en Venezuela, op. cit (pages 101 à 106).

[3] Miguel González Pino et Arturo Fontaine, Los mil días de Allende, Centro de Estudios Públicos, Santiago, 1997.

[4]  Últimas Noticias, Caracas, 6 juin 2017.

[5] P & G, 2015, Annual Report.

[6] « Comunicado de P & G », La Patilla, Caracas, 30 juillet 2015.

[7]  El Telégrafo, Quito, 19 novembre 2016.

[8] On est ainsi passé en 2013 de deux taux de change (l’un officiel, l’autre au marché noir) à quatre taux de change (trois officiels et un au marché noir).

Source : Mémoire des luttes, Maurice Lemoine, 13-08-2017

 

Les-crises.fr DT | 25 août 2017 à 4 h 00 min | Étiquettes : guerre économiqueVenerzuela | Catégories : GéoPolitique | URL : http://wp.me/p17qr1-Mta
 
 

Images fortes : Ils brûlent deux hommes signalés comme chavistes lors d’une manifestation de l’opposition au Venezuela.

par Les-crises.fr DT

ATTENTION, IMAGES DIFFICILES

Source : RT Sepa Mas, 19-07-2017

La journée de violences de l’opposition s’est soldée par la mort de deux personnes brûlées et un blessé qui a failli être brûlé vif. Dans quelques villes du pays, à l’appel des dirigeants de l’opposition, des voies de communication ont été bloquées et la libre circulation entravée.

Andres Martinez Casares / Reuters

Un homme signalé comme chaviste a été assassiné puis brûlé dans l’État d’Anzoategui, à quelques 240 km de Caracas par un groupe d’opposants, selon les informations de médias locaux.

Le Ministère public vénézuélien a informé, par son compte twitter, qu’il avait missionné deux agents pour enquêter sur la mort d’Hector Anuel à Lecheria, ville prospère de l’Anzoategui, épicentre des manifestations de l’opposition.

Selon le quotidien « El Tiempo », la victime appartenait à un « collectif », organisation communautaire chaviste, qui a été fortement persécutée par les groupes les plus violents de l’opposition.

— El Tiempo (@Diario_ElTiempo) 18 de julio de 2017

(La résistance autoproclamée de Lecheria a tiré un obus qui a tué un membre supposé du collectif.)

Anuel aurait été assassiné avec un mortier par des groupes de choc inconnus et lorsque les fonctionnaires des corps de sécurité ont tenté d’emporter le cadavre, ils en ont été empêchés pour procéder à son incinération, selon « El Tiempo ».

Sur les réseaux sociaux a été publiée une vidéo où l’on voit la victime étendue au sol, encore fumante. Ses agresseurs continuent de lui lancer des bouteilles et des bâtons.

Avertissement : les images suivantes peuvent heurter la sensibilité.

— Érika Ortega Sanoja (@ErikaOSanoja) 18 de julio de 2017

(Dernière minute : le quotidien « El Tiempo » informe que les opposants ont brûlé vive une personne « chaviste » à Lecheria.)

Un autre homme brûlé à Caracas.

On a pris connaissance, ce mardi également, d’images montrant une personne immolée par le feu qui se trouvait aux abords de la station de métro de Caracas, à Altamira, zone où se concentrent les manifestations antigouvernementales.

Les caméras de sécurité du transport souterrain, qui indiquent la date d’aujourd’hui, ont filmé le moment où l’homme est incendié, en plein jour, une fois en dehors de la station.

— Zurda Konducta (@LaZurdaDeChavez) 18 de julio de 2017

(Regardez comme ils brûlent une personne en pleine station de métro ! Le terrorisme doit cesser.)

Une autre tentative d’immolation par le feu

Dans un clip circulant ce mardi sur les réseaux sociaux, on voit le moment où un groupe d’opposants cagoulés donne un coup de bouteille sur la tête du conducteur d’un camion, l’oblige à sortir du véhicule et le poursuit pour le brûler. Ceci s’est produit ce mardi à Chacao, municipalité de Caracas, épicentre des manifestations violentes de l’opposition vénézuélienne.

Les membres du groupe, dont les visages sont couverts, attaquent le chauffeur d’un camion de l’entreprise multinationale d’aliments Nestlé et ensuite détruisent le véhicule. Un des jeunes le poursuit avec ce qui paraît être un bidon d’essence et l’on entend les voix de personnes qui crient : « No, no » et un autre homme intervient pour qu’il ne soit pas brûlé.

Le conducteur, non identifié, roulait sur la voie fermée à l’appel des dirigeants de l’opposition de barrer les rues avec des poubelles et des encombrants afin d’empêcher la libre circulation dans plusieurs villes du pays.

(Vidéo. Ils brisent une bouteille sur la tête d’un chauffeur de Nestlé avant de le faire descendre du camion. Ainsi agissent les « libérateurs » de Chacao.)

Selon une autre vidéo diffusée sur les réseaux, le camion a ensuite été incendié en pleine rue.

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

Source : RT Sepa Mas, 19-07-2017

Les-crises.fr DT | 23 août 2017 à 6 h 00 min | Étiquettes : guerre médiatiqueVenezuela | Catégories : GéoPolitique | URL : http://wp.me/p17qr1-Mut
 

Le Monde ressuscite les morts pour mentir sur le Venezuela

 

Fanny Louise Troubiand De Villars (1775- 1837) et le Libertador Simon Bolivar (1783-1830)

Depuis plusieurs années, le journal Le Monde compte sur les habituels pamphlets antichavistes de ses collaborateurs Marie Delcas et Paolo Paranagua. La première est correspondante du journal pour couvrir les évènements au Venezuela. Petit détail, elle est en poste à Bogota, soit à 1400 kilomètres de Caracas. Ca peut paraître assez étrange. On imagine assez mal un correspondant en Espagne relatant les derniers évènements tragiques de Catalogne depuis Paris. Pourtant la distance entre les deux villes européennes est plus courte que celle qui sépare les deux capitales latinos. Pour remédier à l´éloignement, la dite correspondance relève plus du commentaire élogieux des opinions de l´opposition à la Révolution bolivarienne. Mais ça, le lecteur du Monde n´en saura rien.

La deuxième personne est un éditorialiste. Il s´agit de Paolo Paranagua, alias le Comandante Saúl, responsable de plusieurs attentats dans les années 70 comme le rappelait encore Jean Luc Mélenchon (1). Viscéralement opposé aux gouvernements populaires d´Amérique Latine, Mr. Paranagua confond, depuis maintenant de nombreuses années, propagande politique et journalisme, et massacre régulièrement la notion d´information honnête et équilibrée. Mais ca, le lecteur du Monde ne le sait pas.

A ces deux militants politiques qui, sous couvert de leur carte de presse, relaient les tracts les plus odieux de l´extrême droite vénézuélienne, s´ajoute désormais un troisième larron.

Depuis maintenant deux semaines une envoyée spéciale du Monde, Fanny Du Villars rédige des écrits à charge contre la Révolution Bolivarienne dans le plus grand mépris de toute déontologie et en claire violation de la Charte de Munich (au moins en ce qui concerne les articles 1,3,6,8,9 relatifs aux devoirs des journalistes). Or Fanny du Villars n´existe au Monde que depuis deux semaines, et n´a jamais rien écris auparavant pour ce journal, ni pour aucun autre média.

Articles de propagande écris par « l´envoyée spéciale » du journal Le Monde, Fanny Du Villars

Fanny De Villars n´est pourtant pas une inconnue au Venezuela. Née en 1775 en France, c´est une lointaine cousine du Libertador Simon Bolivar, avec qui celui-ci aurait entretenu une relation amoureuse et a correspondu jusqu´à la fin de sa vie. Fanny De Villars est décédée le 21 décembre 1837, prés de Lyon. Ce que l´on sait moins c´est que, visiblement, elle serait revenue à la vie, et travaillerait désormais pour le groupe de communication de messieurs Pigasse, Bergé et Niel.

Certaines mauvaises langues qui ne croiront pas un seul instant à cette histoire de réincarnation pencheront plutôt pour dire qu´il s´agit là d´un pseudonyme. Or le titre « d´envoyée spéciale » confère une certaine légitimité aux faits rapportés par une personne qui est sur place, et qui est censée nous proposer une vision fidèle des évènements. Mais si cette personne n´existe pas,  on peut se demander s´il y a vraiment un envoyé spécial du journal Le Monde au Venezuela ? Et si oui, pourquoi alors utiliser un pseudonyme ? Il y a, à Caracas, des dizaines de journalistes étrangers travaillant pour des médias ou des agences internationales, et à notre connaissance, aucun ne se cache derrière le masque de l´anonymat. Ce qui  nous amène à nous demander qui est derrière ce pseudonyme et surtout d´où vient l´information que Le Monde offre à ses lecteurs.

En effet, « Fanny du Villars » est-elle une personne directement lié aux franges les plus radicales de l´opposition vénézuélienne et dont la crédibilité ne résisterait pas à l´examen de son curriculum politique ? Est-ce un membre de la « Resistencia », ces groupes connus pour avoir bruler vif des afro-vénézuéliens parce qu´ils ressemblaient à des chavistes ? Qui écrit ? Qui nous informe ? Un journaliste qui nous rapporte des faits ou un mercenaire de l´information, payé pour tergiverser et mentir sur la réalité du Venezuela ?

Les articles du spectre Fanny du Villars sont tellement caricaturaux qu´on peut aussi légitimement se demander s´il ne s´agit pas de travaux élaborés par un bureau de diplomatie publique, et qui échoue dans les pages d´un journal qui se prêterait au jeu de la propagande.  Un grand classique qui nous renvoie aux actions menées par Otto Reich et à la Office of Public Diplomacy for Latin America and the Caribbean  du gouvernement des Etats-Unis lors de la guerre contre le Nicaragua Sandiniste (2).

Il ne s´agit là, évidemment, que d´hypothèses mais une chose est sûre: les articles de « l´envoyée spéciale » Fanny du Villars ne sont pas l´œuvre d´un journaliste honnête dont le but est d´informer ses lecteurs.

Le journal Le Monde est une nouvelle fois pris la main dans le sac de la propagande de guerre. Derrière « Fanny du Villars », c´est notre droit à être informé qui est piétiné par le quotidien de révérence au pouvoir dominant.

 

(1) Jean Luc Mélenchon est le seul homme politique à avoir dénoncé le passé obscur et le parti pris idéologique de Paolo Paranagua, voir http://www.jean-luc-melenchon.fr/2012/10/21/retour-de-voyage-dans-la-vie-en-morose/. Le leader de la France insoumise dénonce aussi les attentats commis par Paolo Paranagua et son groupe dans les années 70. A l´heure où les attentats endeuillent plusieurs pays d´Europe, des dirigeants historiques de l´ancienne LCR ont condamné…..Jean Luc Mélenchon et se sont solidarisés avec l´éditorialiste du Monde. Voir: https://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/191116/nous-nacceptons-pas-de-voir-notre-passe-commun-insulte-par-jean-luc-melench

(2) Voir sur le site du National Security Archive de l´Université George Washington:  http://nsarchive2.gwu.edu/NSAEBB/NSAEBB40/

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Publié par le août 22, 2017 dans Amérique latine, medias

 

Quelques lectures de Fidel, par Pedro de la Hoz

Ce qui caractérise non seulement Fidel, mais la plupart des dirigeants communistes c’est leur amour de la culture, leur passion pour la lecture. Ce sont véritablement des « intellectuels » d’un type nouveau, il y a bien sûr la presse, mais aussi les livres, le cinéma. Mon travail sur Staline m’a fait découvrir à quel point celui-ci et son entourage étaient des boulimiques de lecture et pas seulement politique. Les dirigeants communistes de cette époque sont convaincus de créer une nouvelle civilisation et ils cherchaient dans la littérature à mieux connaître les êtres humains. On note également leur intérêt pour les biographies, pour le passé de leur propre aire culturelle autant que celles d’autres civilisations. (note et traduction de Danielle Bleitrach)

Fidel était un lecteur avide et a stimulé l'habitude de la littérature sur le peuple cubain. L'image est de 1957 dans la Sierra Maestra. Source. Fidel soldat des idées.

Lire a été l’une des grandes passions de Fidel Castro. Une habitude acquise depuis sa scolarité, l’imprimé faisait partie intégrante de ses habitudes quotidiennes, mêmes dans les circonstances les plus difficiles ou au milieu des tâches ardues et colossales. On sait que l’une de ses routines en tant qu’ homme d’État consistait à dévorer tous les jours, souvent dès la première heure et après de longues séances de travail de nuit, des dizaines d’informations contenues dans les dépêches de presse et périodiques.

Sa collaboratrice depuis la fin des années 90 à la fin de son existence, l’écrivain et journaliste Katiuska Blanco en 2007 a apporté ce commentaire sur l’importance de la lecture dans la formation intellectuelle du leader révolutionnaire:

« Il a toujours dit qu’il avait été fasciné d’abord par les grands héros de l’antiquité, par les grands mythes de l’histoire du monde: Hannibal, Alexandre, César, Napoléon…  auquel il ajouta un intérêt pour les héros de notre région comme Simón Bolívar, José Artigas, San Martin, Sucre, Benito Juárez, et ce sentiment d’admiration passé pour les hommes de notre histoire: Carlos Manuel de Cespedes, Maximo Gomez, Antonio Maceo et José Martí. Il a certainement été  influencé par les écrits de Gomez, Maceo, les chroniques de Argenter et admirait l’œuvre de Marti. En prison, il a eu le temps de lire et l’a fait infatigablement. Parmi ses livres préférés est toujours mentionné le roman Jean-Christophe de Romain Rolland, et les biographies de Stefan Zweig, Balzac… Je pense qu’il peut avoir reçu une certaine influence de Balzac dans les méthodes et le rythme de travail, les horaires, la dynamique de son travail, et surtout l’obsession du paragraphe parfait, la ligne parfaite, le mot exact.

Gabriel García Márquez, un ami très proche, a révélé dans la préface qu’il a faite en 1988 pour le livre du journaliste italien Gianni Miná sur Fidel, que « dans leurs voitures, des Oldsmobile préhistoriques et successives Zil soviétiques, jusqu’à des Mercedes aujourd’hui, il avait toujours une lumière pour lire la nuit: souvent il a commencé un livre le matin et le lendemain matin il le commentait ».

Dans le même texte, García Márquez fait remarquer un fait intéressant: la maîtrise de l’anglais par Fidel. Il dit qu’il lit, mais ne le parle pas. Le romancier savait que le chef avait donné plusieurs interviews à des journalistes américains, au moins pendant la première moitié de la Révolution au pouvoir, qu’il répondait à toutes les questions couramment. Un programme de télévision cubain a récupéré dans les derniers mois l’un de ces morceaux mémorables: un dialogue soutenu avec Lisa Howard, ABC, en Février 1964 .

Une photo de 1959 est également révélatrice. Il est un  jeune commandant plongé dans la lecture de Mount Vernon: L’histoire d’un sanctuaire (1953), un livre qui relate les efforts d’une association de femmes pour sauver et réhabiliter un séjour qui appartenait à George Washington, en Virginie.

Son auteur, Johnson Gerald White (1890-1980), était un écrivain libéral qui aux États-Unis durant la guerre froide a osé écrire en 1950 un article intitulé Pourquoi les communistes sont précieux, contre le McCarthyisme et a contrario de l’air ambiant. Il se considérait comme un  défenseur des valeurs patriotiques du peuple américain, sans glisser sur la pente du chauvinisme..

La sympathie de Fidel pour Ernest Hemingway est bien connue et les témoignages abondent sur leurs relations cordiales entre 1959 et 1960, avant que le nord américain ne quitte l’île vers son pays où il a terminé sa vie. Comme pour dissiper tous les doutes sur les liens  de l’homme d’État avec l’écrivain, en juin dernier,  Valerie Hemingway, fille du narrateur et qui vivait avec lui pendant cette période, a dit à La Havane: il n’a jamais caché son admiration pour Fidel Castro.

« Ce fut son ami et était heureux de l’être et il espérait que la révolution serait bénéfique pour les Cubains. (…) Le fait de devoir quitter Cuba en 1960, suite à la détérioration des relations entre les deux pays et la pression des autorités américaines, l’a attristé jusqu’à la dépression. Nous nous sommes quittés définitivement à Madrid, où je suis allée à Dublin et Hemingway à son domicile à Ketchum, aux États-Unis « .

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Avant de le connaître personnellement, Fidel avait mis dans ses lectures préférées le roman Pour qui sonne le glas. Il a été souvent cité la confession qu’il a faite en 1975 aux nord-américains Jones Kirby et Frank Mankiewicz: « J’ai lu  Pour qui sonne le glas quand j’étais étudiant. Hemingway a décrit la différencie entre un groupe de guérilla en lutte et une armée conventionnelle. Ce roman a été l’une des œuvres qui m’a aidé à élaborer des stratégies pour lutter contre l’armée de Batista  »

Il n’a pas été insisté sur Fidel, le lecteur de fiction, mu par le simple plaisir d’assister à une aventure de l’imagination. Un autre grand ami, le commandant maintenant défunt sandiniste Tomás Borge et poète dans l’interview intitulé un grain de maïs (1992), a recueilli cette confession:

« Je suis à court de livres, puis je dois aller trouver. La nuit dernière, je lisais un roman de fiction appelé  Le Parfum, de Patrick Süskind. c’est un sujet inhabituel très agréable, très intéressant. (…) J’ai des livres, certains sont plus lourds, d’autres sont moins lourds. Je lis un autre intitulé « La  mort est une entreprise solitaire, de Bradbury, également une fiction. Tout dépend du travail que vous avez, des activités dans lesquelles vous êtes impliqué « .

Il est alors possible de repérer un homme, surchargé par les responsabilités et traqué par le passage implacable d’un temps humain qu’il sait insuffisant pour faire face à de nombreuses réalités à transformer et les nombreux défis à relever, tout en déchiffrant, les curieux et savoureux secrets de l’âme du parfumeur Jean Baptiste Grenouille, qui vole les beaux fluides corporels des victimes pour la préparation des essences troublantes ou se demander comment est arrivé dans le roman de Bradbury, le corps d’un vieil homme enfermé dans une cage aux lions qui apparaît la nuit à un endroit sur la côte californienne.

 

 
 

Julian Assange demande pourquoi les États-Unis n’ont rien dit lorsque Obama a soutenu les néo-nazis ukrainiens

Bonne Question et elle ne devrait pas se limiter à la seule Ukraine? C’est toute la politique des Etats-Unis et de leurs alliés, toute la manière dont notre presse en rend compte.

Le fondateur de Wikileaks, Julian Assange, a envoyé une série de Tweets très pertinents au sujet de la récente manifestation de droite contre les protestations de gauche à Charlottesville qui ont entraîné une mort et des blessures multiples. Il demande pourquoi il y aurait deux poids et deux mesures face à l’extrême-droite quand elle défile à Charlotteville ou en Ukraine et que les Etats-Unis la soutienne. la même très pertinente question pourrait être posée à nos belles âmes de la presse française, des politiciens et de tous ceux qui continuent à feindre de ne rien voir pour soutenir les menées de l’OTAN. Ou pire encore qui ont choisi de présenter les mêmes au Venezuela comme l’image d’un peuple se révoltant contre un tyran…