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Archives de Catégorie: Amérique latine

La Chine et Cuba mettent en avant  les réflexions de Fidel Castro à l’occasion de son anniversaire.

Pékin, 13 août (PL) La communauté cubaine vivant en Chine, le corps diplomatique accrédité dans cette capitale et les amis chinois de Cuba ont rendu hommage aujourd’hui au 92e anniversaire du leader historique de la Révolution, Fidel Castro.

Lors d’une cérémonie au Jardin de la Paix de Pékin, les participants ont rappelé l’héritage de l’éternel commandant en chef, ainsi que la validité de sa pensée et de son action dans l’idéologie des peuples du géant asiatique.

Les Chinois et les Cubains ont rendu hommage au leader devant le monolithe qui a été placé dans ce même jardin l’année dernière à l’occasion du premier anniversaire de sa mort.

Dans des déclarations à Prensa Latina, la conseillère Lisbet Quesada, chargée d’affaires par intérim de la mission diplomatique de l’île, a déclaré que le peuple chinois se souvient avec affection de l’impulsion donnée par Fidel aux relations avec ce pays.

Cuba a été la première nation de l’hémisphère occidental à établir des relations diplomatiques avec la République populaire de Chine en 1960, ce qui nous honore profondément parce qu’il a ouvert la voie à des liens entre Pékin et l’Amérique latine, a-t-il dit.

En Septembre, il y avait une grande réunion d’un million de personnes sur la place de la Révolution, Fidel a donné un long discours et a demandé si le peuple a accepté de rompre les relations diplomatiques avec Taiwan et l’établir avec la Chine, ces millions de personnes ont dit oui, c’était impressionnant, a rappelé le correspondant de l’agence de presse Xinhua à La Havane, Pang Bingan.

D’autre part, Quesada a rappelé que dans les années 1960, le premier groupe de Chinois à voyager à l’étranger pour étudier l’espagnol l’a fait précisément à Cuba, et cela grâce à l’attention du commandant sur les échanges éducatifs entre les deux parties.

Maria Cheng, une de ces étudiantes chinoises d’il y a plus de 50 ans, a exprimé sa gratitude au peuple et au gouvernement cubains pour lui avoir permis d’étudier dans ce pays des Caraïbes.

Fidel est un grand leader de la Révolution cubaine, très cher et respecté par le peuple, il était aussi un grand ami de la Chine, a-t-il souligné.

Le Président de la Fondation chinoise pour la paix mondiale, Li Ruohong, a exprimé le souhait que la coopération entre les deux pays continue d’être renforcée en 2018, année du 58e anniversaire de l’établissement de liens diplomatiques.

Auparavant, Xu Yizhou, ancien ambassadeur de Chine à Cuba, a assuré Prensa Latina que les deux nations sont au meilleur moment de leurs relations bilatérales.

Cette amitié est représentée dans de nombreux aspects allant de la politique, de l’économie, de la culture et du sport. L’échange entre les deux pays est très important et permet de maintenir les relations bilatérales à un très bon niveau, a-t-il ajouté.

tgj/idm

source: http://www.prensa-latina.cu/index.php?o=rn&id=202340&SEO=china-y-cuba-resaltan-pensamiento-de-fidel-castro-en-su-natalicio

Tag(s) : #cuba#chine
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LA VOIX DISSONANTE DU FORUM DE SÃO PAULO, PAR MAURICE LEMOINE (MÉMOIRE DES LUTTES)

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La 24e édition du Forum de São Paulo (FSP), rencontre qui rassemble les partis et mouvements progressistes de l’Amérique latine et de la Caraïbe, s’est tenue à La Havane du 15 au 17 juillet. Fondé en 1990 par le président cubain Fidel Castro et celui qui n’était encore que le dirigeant au Brésil du Parti des travailleurs (PT), Luiz Inácio Lula da Silva, ce rassemblement accueillit d’emblée tant des partis de gauche modérés que des formations forgées dans la lutte armée, des partis communistes (dont le PCC cubain) et leurs différentes scissions. « Affronter le néolibéralisme en Amérique latine, nous expliquera bien plus tard Valter Pomar, membre de la direction nationale du PT, exigeait une attitude ouverte et plurielle, prenant en compte tant la crise traversée par le communisme que celle frappant la social-démocratie. »

Présent à La Havane et évoquant, lors de la journée de clôture de cette édition 2018, son prédécesseur à la présidence du Venezuela, Nicolás Maduro a rappelé avec émotion : « [Hugo] Chávez disait que quand toutes les lumières se sont éteintes dans le monde ; quand l’Union soviétique s’est effondrée et que son pouvoir s’est désintégré en mille morceaux ; quand l’ancien bloc des pays socialistes s’est écroulé et est tombé entre les mains du capitalisme ; quand il semblait que le monde unipolaire, le consensus de Washington et la fin de l’Histoire s’imposaient, il y a eu une lumière et un drapeau s’est levé en Amérique latine. Depuis Cuba, depuis le Brésil, depuis le Forum de São Paulo, cet espace de lumière et de lutte s’est dressé. »

A la naissance du FSP, un seul parti membre exerçait le pouvoir : le PCC de Fidel Castro. La droite, partout ailleurs, imposait son hégémonie. Depuis la fin des années 1990 et leur tournant historique, la majorité des autres partis, modérés ou radicaux, ont accédé à un moment ou à un autre, par les urnes, à la magistrature suprême – au Venezuela, en Uruguay, en Bolivie, au Chili, au Brésil, en Equateur, au Nicaragua, au Panamá, au Paraguay, au Salvador, pays auxquels s’ajoute, depuis le 1er juillet dernier, le Mexique, grâce à la victoire du Mouvement de régénération nationale (Morena) d’Andrés Manuel López Obrador (AMLO).

Cette victoire, elle aussi historique, ne peut néanmoins occulter le recul et les difficultés de gauches de gouvernement, en particulier les plus radicales, que les secteurs conservateurs – en bonne logique – n’ont jamais accepté. La gauche n’est tolérée que lorsque elle se soumet aux codes du monde dans lequel elle navigue. Pas lorsqu’elle s’attaque au néolibéralisme et bouscule (ne serait-ce qu’en partie) ses diktats.

Les gouvernements progressistes (ou « populistes », pour satisfaire les grincheux), comme tous les autres, commettent des erreurs, des impairs. Des fautes politiques parfois. Qu’ils les paient dans les urnes – comme en Argentine (2015) – est évidemment dommageable, mais n’a rien de scandaleux. En revanche, quand la nouvelle restauration conservatrice utilise le coup d’Etat « militaro-parlementaire » (Manuel Zelaya, Honduras, 2009), « parlementaire » (Fernando Lugo, Paraguay, 2012), « juridico-parlementaire » (Dilma Rousseff, Brésil, 2016), condamne sans preuves un ex-chef de l’Etat pour l’exclure de la vie politique (Lula, Brésil, 2018), tente d’en faire incarcérer d’autres, dans les mêmes conditions et pour les mêmes raisons (l’équatorien Rafael Correa ou même l’argentine Cristina Fernández de Kirchner), déstabilise une nation souveraine (le Venezuela depuis l’arrivée au pouvoir de Maduro), elle remet à l’ordre du jour le déni de démocratie et l’oppression. Avec la bénédiction d’un ordre médiatique globalement peu porté à reconnaître une infamie flagrante quand il l’a sous les yeux. En témoigne le traitement des deux crises les plus graves de la période, celle récurrente du Venezuela, et celle, actuellement en plein paroxysme, du Nicaragua.

Pour peu que l’on fasse preuve d’un minimum d’honnêteté intellectuelle ou simplement journalistique, en aucun cas l’explosion de violence nicaraguayenne ne peut être qualifiée de lutte du bien contre le mal, des « gentils étudiants » contre le méchant « caudillo » [1]. Lire : Daniel Ortega. Qu’un policier (ou un civil) tuant un manifestant soit un assassin est parfois ou souvent vrai. Tout dépend du contexte et des circonstances. Mais qu’un contestataire mâtiné de délinquant blesse un policier (ou un militant sandiniste), le tue, l’arrose d’essence, puis le brûle, n’en fait pas, même béni par les évêques, un membre pacifique de la « société civile ».

Il faut une certaine dose de naïveté, l’arrogance de ceux qui savent disposer à l’étranger de puissants appuis ou une totale méconnaissance du Nicaragua pour s’imaginer que, dans un pays où ils ont renversé au prix de milliers de morts la dictature de Somoza, puis ont résisté, les armes à la main, au prix d’autres milliers de morts, pendant dix ans, à l’agression américaine, puis ont accepté de rendre démocratiquement le pouvoir après avoir perdu les élections, puis les ont regagnées tout aussi démocratiquement et ont bénéficié de programmes sociaux, les sandinistes acceptent sans réagir de voir l’opposition se livrer à une tentative brutale de renversement du président qu’ils ont élu. D’où, aux côtés des forces de l’ordre, l’apparition de groupes de militants souvent « historiques » – rebaptisés « paramilitaires » par les médias – répondant parfois par les armes, pour le meilleur – la libération de populations prises en otage – et aussi le pire – une violence meurtrière incontrôlés –, à une situation insurrectionnelle également armée (ce qui ne signifie nullement qu’il n’existe pas d’opposants pacifiques, on l’aura compris).

Seulement, il est parfois très mal vu de se référer à un « réel » aussi complexe. Et la solidarité avec les « étudiants » dressés contre l’ « infernal couple sandiniste Ortega-Murillo [2] » (comme ceux du Venezuela s’opposant en 2014 à Maduro !) prend parfois de bien curieux chemins. Le 20 juillet, en France, en appelant à l’arrêt immédiat des violences (option que nous partageons), le Groupe d’amitié interparlementaire France – Mexique et pays d’Amérique centrale a « condamné l’aggravation des attaques visant ces derniers jours des groupes de religieux et d’étudiants qui manifestent contre le gouvernement » et déploré « l’intervention de groupes paramilitaires [« sandinistes »] lourdement armés. »

Pour arriver à cette conclusion sans nuance, qui ne met en cause que le pouvoir, ce groupe d’élus s’est contenté de recueillir le témoignage de trois étudiantes d’opposition en tournée de propagande européenne, qui lui ont été amenées sur un plateau, et de s’entretenir avec des représentants de la section française d’Amnesty International. Certes très respectée, cette organisation non gouvernementale (ONG) a une fâcheuse tendance à ne condamner « que » la violence des Etats et paraît considérer relevant de « la violence légitime », nous y revenons, la déstabilisation, l’organisation insurrectionnelle du chaos, la tentative assumée de renversement d’un président démocratiquement élu, l’utilisation des séquestrations et de la torture, ou l’usage d’armes létales contre les forces de sécurité. Toutes choses dûment constatées au Nicaragua (et en 2014 et 2017 au Venezuela).

Pourquoi ne pas prendre également en compte l’appel de l’Association des travailleurs ruraux (ATC), référent nicaraguayen de l’également très respectée (mais dans les milieux populaires et anticapitalistes) Vía Campesina, pour que « cesse la violence et la manipulation médiatique des classes dominantes avec l’appui des forces de l’Empire [lire : les Etats-Unis] [3 » ?

Cette suggestion passablement naïve ne tient évidemment pas compte de la composition politique de ce groupe parlementaire de supposés amis français du Nicaragua : huit de ses membres appartiennent au parti Les Républicains (LR) ; neuf à l’Union centriste (UC) ; quatre au Groupe socialiste et républicain (SOCR, socialiste et apparentés) ; un à La République en Marche (LREM) ; un au Rassemblement démocratique et social européen (RDSE, très majoritairement « macroniste »). Disons : du centre mou (pour être aimable) à la droite dure (pour être précis).

On retrouve là une configuration similaire à celle du Groupe parlementaire d’amitié France-Venezuela, dont la présidente Michèle Crouzet (LREM) a organisé le 5 juillet, au siège de l’Assemblée nationale, à l’occasion de la commémoration du jour de l’Indépendance vénézuélienne, un « débat » pour lequel elle n’a invité que des intervenants viscéralement « antichavistes » – dont (à titre d’anecdote significative) Paula Doumerg-Osorio, franco-vénézuélienne militante à Paris du très droitier parti Voluntad Popular et, en même temps, collaboratrice à l’Assemblée de Guillaume Gouffier-Cha, député LREM du Val-de-Marne.

A ces adversaires somme toute évidents, se joignent curieusement d’autres chevaliers de l’« axe du bien ». Le 18 juillet, un groupe latino-américain « d’intellectuels, de militants sociaux et d’universitaires », comme eux-mêmes se définissent, a émis une « déclaration urgente sur le Nicaragua » : « Nous voulons exprimer notre profond rejet face à la très grave situation de violence politique d’Etat et de violation des droits humains que traverse le Nicaragua, avec pour responsable l’actuel régime Ortega-Murillo ». Suit une dénonciation féroce du « dictateur, aveugle de pouvoir et aux mains tachées de jeune sang » et du « gouvernement illégitime et criminel qui, aujourd’hui, usurpe la mémoire sandiniste [4] ».Parmi les signataires, le ban et l’arrière-ban de l’ « anti-corréisme » équatorien dit « de gauche » emmené par Alberto Acosta, les détracteurs d’Evo Morales sous la conduite de Pablo Solón [/a] et, emmenés par l’inévitable Edgardo Lander, les contempteurs dits « progressistes » de Maduro.

Un texte du même type et émanant de la même mouvance avait circulé le 30 mai 2017 pendant la phase insurrectionnelle sanglante (125 morts) de la déstabilisation du Venezuela, sous le titre « Appel international urgent pour stopper la montée de la violence au Venezuela [5] ». Une formulation louable. Mais une escroquerie, par sa seule dénonciation d’un « gouvernement de plus en plus délégitimé, prenant un fort caractère autoritaire (…) principal responsable de la situation ». Par son parti pris évident, cet appel avait donné lieu à une réponse diffusée par le Réseau des intellectuels, artistes et mouvements sociaux en défense de l’humanité : « Qui accusera les accusateurs ? [6] »

Un malaise existe et il n’est pas forcément inutile d’en faire état. Avec ses faiblesses, mais aussi ses incontestables réussites, la gauche latino-américaine doit désormais se battre sur deux fronts. Contre la droite conservatrice, ce qui ne surprendra personne. Mais aussi contre certains secteurs de ce qu’on appelait autrefois l’extrême gauche, lesquels, « post-trotskistes », « anarcho-irresponsables », « académiques haut de gamme », « khmers verts » de l’écologie (sans parler du sous-courant des « marxistes narcissistes » qui, depuis Paris, Caracas, Buenos Aires ou Quito, inondent les réseaux sociaux), à l’instar de la gauche institutionnelle, ont perdu leurs repères et leurs fondamentaux. Localement ultra minoritaires, dépourvus de poids politique, mais exerçant une réelle influence grâce aux réseaux de leurs alliés, amis et groupuscules internationaux (en particulier européens), ils confortent l’offensive de la droite et de l’extrême droite en les rejoignant, non dans une critique nécessaire et légitime, mais dans des dénonciation outrancières et des analyses extravagantes. Celles d’un supposé « autoritarisme de Correa » pendant ses dix années de pouvoir, de la « régression nationale-stalinienne » de Maduro, du « retour de la dictature » au Nicaragua (sans par ailleurs avoir seulement l’idée de s’indigner dans une de leurs brillantes tribunes contre l’extermination silencieuse des dirigeants populaires et sociaux en Colombie – plus de 300 depuis 2016).

A l’abri du regard théorique, indifférents aux difficultés et aux contradictions de la pratique du pouvoir, que démultiplient par ailleurs les diverses techniques de déstabilisation employées par la réaction, ces faiseurs d’opinion estampillés « think tank », ONGs (et bailleurs de fonds), carrières universitaires, chapelles, clans et coteries, se comportent en alliés objectifs des présidents faucons Donald Trump (Etats-Unis), Juan Manuel Santos ou son successeur Ivan Duque (Colombie), Mauricio Macri (Argentine), de l’Organisation des Etats américains (OEA), des médias dominants (qui se pourlèchent les babines à chacun de leurs communiqués), quand bien même les plus « purement révolutionnaires » d’entre eux terminent religieusement chacun de leur article ou intervention par un vibrant et surtout très confortable « nous dénonçons autant la dérive autoritaire de Nicolás Maduro que la droite putschiste vénézuélienne et les menaces d’intervention militaire des Etats-Unis, parce que nous défendons l’intérêt des classes populaires face à tous leurs ennemis. » Magnifique ! Mais, en présentant (dans le moins pire des cas) une pièce désenchantée qui renvoie tout le monde dos à dos, ils génèrent la confusion. Alors qu’une agression féroce s’abat sur les forces post-néolibérales, ils cassent les solidarités au sein des secteurs progressistes européen, et en particulier chez les plus jeunes qui, peu connaisseurs de cette région du monde et de son histoire, tiraillés entre des versions contradictoires, ne savent plus que penser.

Sur la gauche du champ politique, deux thèses s’affrontent donc à fleurets de moins en moins mouchetés. Dans son appel « Nicaragua » et sa dénonciation de la répression, la noble Inquisition haut de gamme s’indigne : « Et cette indignation devient encore plus intense quand ce panorama de violence politique d’Etat s’accompagne du silence complice de leaders politiques et de référents intellectuels (auto)proclamés de gauche. » Dans la tranchée d’en face, beaucoup plus modeste, car émanant de paysans nicaraguayens, l’Association des travailleurs ruraux (ATC) avertit : « Nous informons [la Coordination latino-américaine des organisations rurales (CLOC) et la Vía Campesina] que certains réseaux sociaux, ONG internationales et analystes qui s’auto-définissent comme de gauche se font l’écho de l’appel des forces réactionnaires au Nicaragua et, à travers une communication permanente, tergiversent la réalité du pays en prétendant représenter la majorité du peuple et la vérité absolue ; en tant que partie prenante de la manipulation médiatique, ils vont jusqu’à favoriser des déclarations qui ne tiennent aucun compte des faits et de la souffrance du peuple de Sandino (…).  »

Qui croire ? On ne prétendra pas ici détenir « la vérité ». En revanche, pour éclairer la lanterne de ceux qui s’interrogent de bonne foi, on se penchera, en s’attachant aux faits, sur le récent Forum de São Paulo (que l’appareil médiatique, est-ce un hasard, a totalement occulté).

Dans une lettre envoyée à ce « Foro » depuis la prison de Curitiba où le pouvoir judiciaire brésilien le séquestre [7], Lula a évoqué les lointaines années 1990 : « Ce que nous ne prévoyions pas, c’était que le Forum de São Paulo prendrait l’importance qu’il a prise et qu’il continuera à avoir car il a été le plus important, le plus large et le plus durable des forums de débat de la gauche latino-américaine et caribéenne tout au long de ces vingt-huit années. »

Qu’on en juge… Du 15 au 17 juillet dernier, ont honoré le FSP de leur présence l’amphitryon et chef d’Etat Miguel Díaz Canel (Cuba), les présidents Nicolás Maduro (Venezuela), Evo Morales (Bolivie), Salvador Sánchez Cerén (El Salvador) ; le premier ministre de Saint-Vincent-et les-Grenadines, Ralphs Goncalves ; les ex-chefs d’Etats Dilma Rousseff (Brésil), Manuel Zelaya (Honduras), Martín Torrijos (Panamá), Kenny Anthony (Sainte-Lucie) ; l’ex-premier ministre Denzil Douglas (Saint-Christophe-et-Nieves) ; des figures de premier plan comme l’ex-sénatrice colombienne Piedad Córdoba ; Adán Chávez, frère de feu Hugo ; Oscar López Rivera, dirigeant indépendantiste portoricain emprisonné pendant plus de trente-cinq ans dans les geôles étatsuniennes, récemment libéré le 17 mai 2017, à 74 ans. Et, surtout, cœur battant du grand « remue-méninges », 625 délégués appartenant à 168 organisations, partis politiques, mouvements sociaux et intellectuels, des observateurs d’une vingtaine de pays non latinos ainsi que 60 parlementaires venus du monde entier.

Parlons cuisine ! Tout auteur ou journaliste (digne de ce nom), confronté à des listes interminables, soit les ignore, soit les résume – « les personnalités », « les mouvements sociaux » –, soit les colle dans une note de bas de page (que bien peu liront) pour ne pas infliger au lecteur un décryptage rébarbatif et fastidieux. Nous ne le ferons pas ici. « S’informer fatigue », écrivit en octobre 1993, dans Le Monde diplomatique, Ignacio Ramonet. Nous confirmons et demandons encore un effort à ceux qui ont eu la patience de nous suivre jusqu’ici. Puisqu’il s’agit d’une certaine manière de mesurer la « représentativité » de tel ou tel courant, il n’est pas inconvenant d’en connaître les acteurs.

Etaient donc présents à ce FSP les partis de gauche de l’Argentine, d’Aruba, des Barbades, de la Bolivie, du Brésil, du Chili, de la Colombie, du Costa Rica, de Cuba, de Curaçao, d’Equateur, du Salvador, du Guatemala, de Haití, du Honduras, de la Martinique, du Mexique, du Nicaragua, de Panamá, du Paraguay, du Pérou, de Porto Rico, de la République dominicaine, de Trinidad et Tobago, d’Uruguay et du Venezuela.

Au nom du mouvement populaire, se sont également exprimés : l’ALBA Mouvements, l’Assemblée internationale des peuples, le Groupe de travail pour la démocratie et contre le néolibéralisme, le Réseau en défense de l’humanité, l’Assemblée des peuples de la Caraïbe, la Coordination latino-américaine des organisations rurales (CLOC), Vía Campesina, la Marche mondiale des femmes, la Rencontre syndicale de notre Amérique, le Front continental des organisations communales, les Amis de la terre, Latindad, le Mouvement des affectés par les barrages, etc. Toutes organisations difficilement assimilables à des « intellectuels de cour », pour reprendre une expression qui fait flores dans certains milieux.

S’il fallait résumer : un « collectif politique » aussi représentatif que le permet la nature humaine des gouvernants et des gouvernés.

Le lieu de ce rassemblement avait valeur de fort symbole. La Cuba « post Castro », toujours debout et en train de préparer, sous l’autorité du président Díaz Canel, une nouvelle Constitution adaptée aux temps nouveaux [8]. Sans renier en rien les anciens. Toujours premier secrétaire du PCC, Raúl fut particulièrement ovationné lors de l’ouverture et encore davantage lors de l’hommage général, rendu en clôture, à son frère Fidel. Non que l’ensemble des participants ait comme référence ou projet une décalque du système politique cubain, mais en témoignage d’admiration pour la résistance de la « génération historique » et d’un peuple qui n’ont jamais plié malgré les vicissitudes, plus de soixante années d’attaques permanentes et d’embargo étatsunien. Un exemple pour ceux qui aujourd’hui se battent contre les mêmes ennemis et le même type d’agression.

Comme il se doit dans ce type d’événement, qui fonctionnent aussi à l’« affectif », les « leaders » ont été attentivement écoutés. Pour ne pas dire avec ferveur. Victime d’un coup d’Etat en 2009, six mois après avoir rejoint l’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA) [9], le Hondurien Manuel Zelaya, sous les acclamations, a persisté et signé : « Si je devais aujourd’hui à nouveau demander mon entrée dans l’ALBA, une organisation à vocation anti-impérialiste et anticapitaliste, démocratique et solidaire, je le ferais avec encore plus d’orgueil, plus de dignité, de conviction et de responsabilité. »

Lors de leurs diverses interventions, en dénonçant l’obscène condamnation et incarcération de Lula, l’ex-présidente Dilma Rousseff, elle aussi défenestrée illégalement, et la présidente du Parti des travailleurs Gleisi Hoffmann ont et commenté la peur de la droite brésilienne de le voir remporter l’élection présidentielle d’octobre prochain si elle le laisse se représenter.

Lula lui-même, dans sa lettre, a synthétisé ce qui se révèlera pendant quatre jours être la philosophie générale du FSP : « Je l’ai toujours dit : s’ils veulent nous affronter, qu’ils le fassent politiquement, qu’ils soient candidats et qu’ils nous battent démocratiquement. Nous n’en avons pas peur et nous saurons les affronter et discuter avec le peuple de l’avenir qu’il veut (…) Ils veulent m’empêcher de participer aux élections de cette année mais jamais ils ne me feront taire ni ne m’empêcheront de lutter pour les droits du peuple brésilien, latino-américain et caribéen. » Avant de terminer « à la latina » par « une grande accolade de Lula ».

Du géant brésilien au confetti de Saint-Vincent-et-les-Grenadines, au-delà des apparences, il n’y a eu qu’un pas. Lorsque vint son tour de s’exprimer, le premier ministre Ralph Gonsalves appela à appuyer le peuple brésilien, mais aussi à défendre Caracas et Managua : « Un jour c’est le Venezuela, un autre le Brésil, maintenant le Nicaragua, ce qui nous rappelle en permanence le coup d’Etat contre Zelaya (…).  »

On grincera sans doute, ici où là, que le discours du « despote » Maduro, dénonçant lors de la session de clôture « tous les types de guerre non conventionnelle » qu’affronte son pays, était cousu de fil blanc : « Tant qu’existera l’impérialisme, il y aura lutte. Tant qu’il y aura l’impérialisme des Etats-Unis, bien qu’il soit en pleine décadence, il y aura des intrigues contre les gouvernements progressistes ». Ou que celui de son ami Evo Morales était convenu  : « L’ennemi de ce temps est le président des Etats-Unis Donald Trump. C’est l’ennemi de l’Humanité et de la planète terre. » Mais constatons au passage que, dans la fameuse lettre de Lula, celui-ci écrit : « Nous condamnons les sanctions appliquées au Venezuela et les menaces d’intervention armée du président des Etats-Unis que, malheureusement, la droite, sur notre continent, ne condamne pas. Au contraire, dans la pratique, elle cherche à exclure le Venezuela des forums auxquels il a le droit de participer comme l’OEA ou le Mercosur [marché commun du sud].  » Quant à « Dilma », réputée encore plus modérée que son mentor, elle n’a pu s’empêcher de manifester son admiration : « Le Venezuela a démontré une immense capacité de résistance face à une force absolument disproportionnée mise en place par les Etats-Unis, et maintenant, avec le gouvernement de Trump, les menaces d’une intervention militaire. » Moyennant quoi la colombienne Piedad Córdoba, une autre femme qui, loin du monde des « idéologues », sait ce que lutter veut dire, a appelé à la résistance : « Tout est le produit d’un blocus inhumain [10] qui, non seulement affecte les présidents, mais le peuple vénézuélien ».

De cette revue de détail de la situation continentale, un authentique naufrage, lui, a émergé : la Colombie « post-conflit » se noie dans le sang. Parlant de sa propre nation, Córdoba a fait un constat hélas connu de tous : « Rien [de ce qui avait été signé avec la guérilla des FARC] n’a encore été respecté par l’Etat et, évidemment, cela menace gravement l’Accord de paix. La situation est extrêmement difficile du fait de l’assassinat de dirigeants et dirigeantes du mouvement social, 324 en tout, un fait extrêmement douloureux. » Tournant les Accords, les enfreignant, y contrevenant, la justice colombiennea été jusqu’à interdire de quitter le pays aux ex-commandants de l’opposition armée, Rodrigo Londoño et Rodrigo Granda, invités au FSP pour y parler de leurs perspectives de réintégration politique dans le cadre du nouveau parti Forces alternatives révolutionnaires du commun (également FARC), créé après le désarmement.

Dans le même registre « mesquineries, provocations et trahison », il a évidemment beaucoup été question à La Havane du président équatorien Lenin Moreno. Elu sous la bannière d’Alianza País (AP), parti de son prédécesseur Rafael Correa, dont il a été pendant six années vice-président, il a entrepris de détruire l’héritage de ce dernier et, dans le cadre d’une « chasse aux sorcières » digne de Torquemada, qui affecte tous les proches et partisans de l’ancien chef de l’Etat, va jusqu’à tenter de le faire condamner et emprisonner [11]. Tandis que Correa, dans un vidéo-message enregistré en Belgique détaillait la croisade menée contre lui, son ancien ministre de l’Economie, puis des Affaires étrangères, puis de la Défense, Ricardo Patiño, présent à La Havane, a appelé le FSP à se solidariser avec les dirigeants persécutés par la justice – Lula, Cristina Fernández de Kirchner, Correa et un autre de ses vice-présidents, Jorge Glas, déjà condamné et incarcéré au terme d’un procès sujet à caution.

Cassé en deux par Moreno et les opportunistes qui l’ont suivi, Alianza País était également représenté par son ex-secrétaire générale, présidente de l’Assemblée nationale de 2013 à 2017, la députée Gabriela Rivadeneira. Au-delà du cas Correa, celle-ci a mis en évidence le dramatique retour en arrière promu par Moreno : « Nous avons maintenant comme ministre de l’Economie le représentant des Chambres de commerce, nous avons reçu le vice-président des Etats-Unis et signé des accords de coopération militaire, nous revenons à nouveau aux traités bilatéraux d’investissement(…) En outre, depuis la rupture, nous avons perdu l’organisation politique qu’a fondé Rafael Correa, Alianza País. Depuis décembre [2017], nous avons commencé à travailler à la création d’une nouvelle organisation, mais nous nous heurtons à un blocage absolu : on ne nous permet pas de la légaliser, bien qu’elle soit la principale force du pays. »

Aux antipodes des thèses de la « gauche régressive », les manifestations de soutien à Correa se sont multipliées. Toujours sans existence légale dans son propre pays, le nouveau parti, Révolution citoyenne, a été accepté comme membre du FSP. Lequel, inquiet des rumeurs qui circulent avec de plus en plus d’insistance, a publié le 17 juillet un communiqué exhortant Quito à garantir les droits de Julian Assange, réfugié depuis six années dans l’ambassade équatorienne à Londres. Dans sa dérive, le président Moreno a clairement laissé entendre que ce locataire encombrant lui pose problème et qu’il aimerait s’en débarrasser. Au risque que l’homme qui a révélé leurs vilains petits secrets à travers Wikileaks soit ensuite extradé aux Etats-Unis.

Sans contact aucun avec les classes populaires, ce rassemblement de dirigeants et de partis prêterait légitimement le flanc à la critique. Raison pour laquelle a été portée une attention toute particulière à l’articulation des différents niveaux d’action politique. « Pour des raisons logiques et leurs formes différentes, tant les partis que les mouvements sociaux ont des façons distinctes de s’organiser et de fonctionner, constata d’emblée, sans fioritures, Mónica Valente, la secrétaire exécutive du FSP. Toutefois, nous qui sommes représentés ici partageons les mêmes objectifs et horizons, raison pour laquelle nous souhaitons stimuler un lien profond, dans nos pays, entre les partis et les mouvements sociaux, syndicaux et populaires. Nous connaissons la complexité de ces relations, mais également le potentiel dont nous disposons. »

On connaît les réussites de la vague post-néolibérale : selon la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (Cepalc), près de 94 millions de personnes sont sorties de la pauvreté au cours de la dernière décennie. On en connaît aussi les difficultés, les insuffisances, les échecs, les contradictions. « Les partis ne parviennent pas toujours à lire toutes les sensibilités des groupes et communautés locales, a estimé le syndicaliste costaricain Jorge Coronado. Il faut promouvoir le dialogue, non que les mouvements sociaux aient la lecture intégrale correcte, mais afin d’analyser comment nous devons faire pour agir de façon complémentaire. Et nous devons avoir une discussion fondamentale, celle de la démocratie, vu que l’institutionnalité bourgeoise a avalé un courant important de la gauche, qui a adopté sa logique [12]. »

A rebrousse-poil des sentiers battus, ce FSP n’a, on le voit, en rien ressemblé à une assemblée de « béni-oui-oui ». Bureaucratisation des processus, verticalité excessive, erreurs économiques, fiscalité insuffisamment réformée, perte de l’éthique, corruption, extractivisme, modèle économique… Aucun thème n’a été éludé par cette gauche qui connaît elle aussi l’impérieuse nécessité de la critique. Mais ne se retourne pas contre les siens pour autant. Et qui a annoncé, entre bien d’autres proclamations, l’entame de conversations entre dix plateformes régionales de syndicats, mouvements de femmes, jeunes, militants LGTB, avec les partis, pour une meilleure coordination. Nul ne parie qu’il y aura forcément des miracles, mais, comme disait on ne sait trop qui [13], « là où il y a une volonté, il y a un chemin ».

De quatre jours d’embrassades, de poignées de mains et de claques dans le dos – l’Amérique latine n’est jamais triste, même lorsqu’elle affronte des difficultés – , mais surtout de discours, de conférences, de rencontres, d’échanges et de débats, est sorti un mot d’ordre : « Unité ! » Au-delà de leurs sensibilités différentes, inspirés par « l’offensive multiforme, réactionnaire et conservatrice de la restauration néolibérale », tous ces délégués de la gauche latino-américaine se sont retrouvés sur l’essentiel, exprimé à travers les Conclusions finales (et une quarantaine de « résolutions »). En voici, résumés, quelques éléments :

« Nous dénonçons l’ingérence de l’OEA, qui continue à être considérée par le gouvernement des Etats-Unis comme son ministère des Colonies. Les agissements de son secrétaire général [Luis Amlagro], marqués par une méprisable soumission aux intérêts de la Maison-Blanche, le prouvent tous les jours. L’OEA et le Groupe de Lima [14] constituent les chevaux de Troie contre l’unité latino-américaine et caraïbe. »

« Nous condamnons la guerre non conventionnelle et de large spectre imposée par l’impérialisme “yanki” et ses alliés européens, latino-américains et caraïbes contre la Révolution bolivarienne. (…) Comme il y a un an à Managua, le FSP reste en état d’alerte et en session permanente de solidarité internationaliste contre l’intervention au Venezuela. »

« Nous réaffirmons notre absolue volonté de parier pour la paix, en concordance avec la Celac [Communauté des Etats latino-américains et Caraïbes] qui, en janvier 2014 a déclaré l’Amérique latine zone de paix. Pour cette raison, nous appuyons la demande des forces politiques et sociales de Colombie pour que le gouvernement de ce pays mette en œuvre les Accords de La Havane, maintienne ouvert le dialogue avec l’ELN [Armée de libération nationale] et fasse des pas authentiques pour en finir avec l’assassinat d’ex-combattants, de dirigeants sociaux, politiques, écologistes et défenseurs des droits humains. »

« Nous rejetons de manière énergique la politique interventionniste des Etats-Unis dans les affaires internes du Nicaragua sandiniste, pays dans lequel est mise en œuvre la méthode appliquée par l’impérialisme nord-américain aux pays qui ne répondent pas à ses intérêts hégémoniques, causant la violence, la destruction et la mort à travers la manipulation et l’action déstabilisatrice des groupes terroristes de la droite “golpista”.  »

« Nous exigeons que soit rendu au peuple de Cuba le territoire occupé illégalement par la base navale étatsunienne à Guantánamo. »

« Nous exigeons l’élimination de toutes les bases militaires étatsuniennes existant dans la région (77 au total qui, avec la IVe Flotte, couvrent tout l’espace régional), et de toutes les bases militaires de n’importe quel pays, où qu’il se trouve [15]. »

« Nous exprimons notre solidarité au “compañero” Rafael Correa Delgado, dirigeant populaire et progressiste de notre région. En raison de la rupture de l’Etat de droit et de la procédure régulière, le “compañero” Rafael est lui aussi victime d’une persécution politique et de l’utilisation de la justice comme instrument de vengeance et d’intimidation. »

« Nous exigeons la libération immédiate de Lula après une condamnation et une incarcération sans preuves, et soutenons son droit à être candidat présidentiel lors des élections d’octobre au Brésil, respectant ainsi la volonté de la majorité du peuple brésilien. Lula est vivant ! Lula Innocent ! Lula président ! »

Cuba, Brésil, Equateur, Venezuela, Nicaragua… Tous les « sujets qui fâchent ». Il ne s’agit pas là des déclarations d’un groupuscule, d’une secte, d’un clan, d’une chapelle, d’une tendance, d’une sous-tendance, d’une faction. Rappelons-le : elles émanent de 625 délégués appartenant à 168 organisations, partis politiques et mouvements sociaux… La gauche latina.

 

Notes

[1] Lire : http://www.medelu.org/Washington-FMI-patronat et http://www.medelu.org/Le-Nicaragua-sous-dictature-du

[2] Daniel Ortega, dirigeant du Front sandiniste de libération nationale (FSLN), réélu à la présidence le 6 novembre 2016, avec 72,5% des suffrages (abstention : 31,8 %) ; Rosario Murillo (son épouse), vice-présidente.

[3http://www.cloc-viacampesina.net/noticias/nicaragua-comunicado-de-la-asociacion-de-trabajadores-del-campo-0

[4http://www.rebelion.org/noticia.php?id=244304&titular=%22como-intelectuales-queremos-manifestar-nuestro-profundo-rechazo-frente-a-la-violencia-pol%EDtica-estatal

[/a] Ambassadeur de la Bolivie aux Nations unies depuis 2009, Pablo Solón a démissionné en 2011 pour marquer son désaccord avec la répression de manifestations radicales de groupes indigènes du parc Tipnis, mobilisés contre la construction d’une route traversant leur territoire.

[5http://llamadointernacionalvenezuela.blogspot.com/2017/05/appelinternational-urgent-pour-stopper.html

[6https://www.aporrea.org/ideologia/a247063.html

[7] Pour comprendre la crise brésilienne : http://www.medelu.org/Crise-democratique-et-condamnation

[8] Cuba avait déjà accueilli le FSP en 1993 et 2001.

[9] Née à l’initiative de Hugo Chávez et Fidel Castro, cette initiative d’intégration régionale innovante regroupe aujourd’hui neuf pays : la Bolivie, l’Equateur, le Venezuela, le Nicaragua, Cuba, Antigua-et-Barbuda, La Dominique, Sainte-Lucie, -Saint-Vincent-et-les-Grenadines. Les « golpistas » honduriens s’en sont retirés une fois leur coup d’Etat réussi.

[10] Référence aux sanctions américaines et à la « guerre économique » dont est victime le Venezuela.

[11] Vivant actuellement en Belgique, d’où est originaire son épouse, Correa est sous le coup d’un ordre de « prison préventive » qui a été notifié à Interpol – pour l’heure sans résultat. Mais il ne peut plus rentrer en Equateur pour y exercer une quelconque activité politique.

[12https://www.alainet.org/es/articulo/194151

[13] La phrase est attribuée à Lénine, Winston Churchill, Jaurès et même Lao Tseu.

[14] Alliance de quatorze pays néolibéraux latino-américains, dont le Brésil, l’Argentine, la Colombie, le Pérou et le Canada, agissant en supplétifs des Etats-Unis contre le Venezuela. La récente victoire d’Andrés Manuel López Obrador au Mexique devrait priver la coalition d’un poids lourd de la région.

[15] Référence à l’occupation des îles Malouines argentines par les Britanniques.

 

URL de cet article : http://www.medelu.org/La-voix-dissonante-du-Forum-de-Sao

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Venezuela : Le drone médiatique explose en plein vol

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Le 5 août 2018, lors de la commémoration du 81e anniversaire de la Garde Nationale Bolivarienne, deux drones chargés de C4 furent interceptés par les services de sécurité vénézuéliens. L’objectif de cet attentat: éliminer le président Nicolas Maduro et de hauts fonctionnaires de l´Etat. La tentative de magnicide échoua et provoqua l´ire de tout le système médiatique.

Pour parler de l’attentat, tous les médias français utilisèrent le conditionnel, comme si cela relevait d´une invention du gouvernement bolivarien. Le premier jour, certains mirent même en doute l´existence des drones explosifs au prétexte qu’il n’y avait aucune image disponible.

Argument curieux s’il en est, puisque le lendemain de l´attentat au Venezuela, un autre drone fut empêché de survoler le Fort de Brégançon, lieu de villégiature du président Macron. Malgré le fait qu´il n´existe pas d’image du drone en question, aucun média ne questionnera, cette fois-ci, la communication de l´Elysée.

De la même façon, durant l´investiture d´Ivan Duque à la présidence de la Colombie, prévue le surlendemain, les autorités de ce pays avaient formellement interdit le survol de drone dans toute la zone, sans que cela ne soulève aucun questionnement médiatique.

Dès le lendemain de l’attentat, plusieurs images amateurs envahissaient les réseaux sociaux. Certaines vidéos furent diffusées par des chaines vénézuéliennes, rendant complètement obsolètes les suspicions médiatiques.

Les témoignages des voisins de l’immeuble où le deuxième drone chargé de C4 s’est écrasé, sont sans équivoque. Oui, ils ont vu un drone, dont le pilote avait perdu le contrôle –grâce aux techniques de brouillage de la sécurité-, exploser au premier étage de l’immeuble San Bernardo, non loin de la scène où se trouvait le président Maduro.

Comme il n´était, désormais, plus possible de nier l´attentat, de nombreux “experts” et “journalistes” ont tenté de le minimiser. Il aurait été, selon eux, le fait de pieds nickelés sans expérience. Nous pourrions demander à ces « intellectuels » quel est leur critère pour différencier un bon d´un mauvais attentat. Car, si seuls les attentats qui réussissent sont organisés par des professionnels, rappelons que la CIA planifia, sans aucun succès, plus de 600 attentats contre Fidel Castro.

Parallèlement, les enquêteurs vénézuéliens révélèrent que les autorités colombiennes avaient participé à l´élaboration de cette tentative de magnicide. En réponse, la caste académico-médiatique se gaussa de rire: “Sacré Maduro, il ne sait plus quoi inventer. Il cherche à se fabriquer un ennemi extérieur”.

Pourtant, les exemples de la participation de la Colombie à la déstabilisation politique de ces voisins ne manquent pas. De l´assassinat du Maréchal Sucre au bombardement de l´Equateur en passant par l´envoi de paramilitaires pour tuer Hugo Chávez, ou à l´enlèvement de Rodrigo Granda, nombreux sont les faits pour prendre au sérieux le rôle néfaste joué par Bogota contre la stabilité régionale. Sans même parler de l’extrême passivité des autorités colombiennes dans le contrôle de l’exportation de cocaïne à travers le monde.

Mais là encore la réalité rattrapa les propagandistes. Le 8 août, l’agence Reuters publie une interview de Salvatore Lucchese. Cet ancien policier municipal de la ville de San Diego avait déjà été condamné pour sa participation active à la tentative de coup d´Etat de l´année 2014 (1). Lucchese, depuis Bogota, la capitale de la Colombie, affirmera avoir participé à l´organisation de l´attentat (2). Que faisait Lucchese à Bogota? Il était invité à la cérémonie d´investiture du nouveau président Ivan Duque.

Face à cette confession, quelles furent les réactions des autorités colombiennes? Aucune.

Imaginons un seul instant que la Belgique ait protégé les terroristes du Bataclan au soir du 13 novembre 2015. Que ceux-ci, retranchés à Molenbeek, aient pu donner librement une interview à la RTBF dans laquelle ils auraient menacé de nouveau le peuple français. Il y a fort à parier que nombre de ces mêmes intellectuels et journalistes n´auraient pas hésité à accuser le pouvoir belge de complicité dans les actes qui ont endeuillé notre pays. Pourquoi donc, ce qui va de soi dans un contexte français est systématiquement nié dès lors que l´on parle du Venezuela ?

De la même façon, le prédicateur de la droite radicale, Jaime Baily, depuis son talk show de Miami a lui aussi affirmé avoir été mis au courant de la préparation de l´attentat, quelques jours avant le 5 août. Y aura-t-il une enquête ouverte aux Etats-Unis pour déterminer la participation du présentateur télé à cet acte terroriste? Le président Trump, dont la lutte contre le terrorisme était un des piliers de sa campagne, ne bougera pas le petit doigt, pas plus que son administration judiciaire.

Un à un, les mensonges du système médiatique sont dévoilés. En revanche, on pourra noter le silence absolu de toute les ONGs de défense des droits de l’Homme et de la démocratie. Ces mêmes organisations si promptes à dénoncer la « crise humanitaire » qui, selon elles, touche le Venezuela sont, de fait, parties prenantes des desseins putschistes d’une opposition en perdition.

En ne condamnant pas l’attentat survenu le 5 août, elles montrent clairement que le but est de préparer l’opinion publique à une altercation de l’ordre démocratique dans le pays bolivarien.

En effet, une des rengaines actuelles de l’opposition vénézuélienne est de refaire les élections qu’elle a pourtant perdues il y a seulement deux mois. Comme le pouvoir électoral ne cède pas à ce caprice politique, il ne leur reste plus qu’à les provoquer en éliminant physiquement celui que le peuple vénézuélien a choisi dans les urnes le 20 mai dernier.

 

Notes:

(1) Voir Romain Migus, « La fabrique de la terreur », Venezuela en Vivo, 25/03/2014, https://www.romainmigus.info/2014/03/la-fabrique-de-la-terreur.html

(2)  Voir « Expolicía venezolano admite participación en atentado contra Nicolás Maduro », Telesur, 7 août 2018, https://www.telesurtv.net/news/salvatore-lucchese-atentado-fallido-nicolas-maduro-venezuela-20180807-0049.html

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Publié par le août 9, 2018 dans Amérique latine, INTERNATIONAL

 

VENEZUELA : LE CONDITIONNEL DE L’INFORMATION Par Jean ORTIZ

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Ils se réclament de la liberté d’information… au conditionnel. Les agences de presse ne connaissent pas l’indicatif. La victime devient le bourreau.
Le président MADURO « aurait été victime » d’un attentat, d’une « tentative d’assassinat », ce samedi 04 août 2018, vers 17h. C’est Maduro qui le dit. Lui, un président si diabolisé. Alors, c’est douteux, et l’on donne du conditionnel : « aurait », « aurait », « aurait »… On n’en est pas sûr, malgré les images… IL Y A UN DOUTE… au moment même où les vidéos tournent en boucle

Le pervers président Maduro « aurait » organisé un auto-attentat… pour tuer Maduro, et assurer ainsi sa réélection. En France, cela donnerait : un conseiller du président Macron « aurait » outrepassé ses prérogatives… alors qu’on le voit tabasser des manifestants. Vite, la loi sur les fausses nouvelles… Macron avait promis une « république exemplaire»… La voilà. Le président « aurait », « aurait couvert » ce monsieur Benalla…

Avec nos médias chiens de garde du système, la guerre idéologique permanente, le monde tourne à l’envers. Ce qui est sûr ne l’est pas si « l’occident », l’impérialisme, n’y trouvent pas leur compte. Par contre, ce qui est sûr devient « fausse nouvelle » ou hypothèse s’il en va des intérêts des peuples. La liberté d’informer n’est en fait que celle du marché pour mieux enchaîner, désinformer, conditionner, endormir les citoyens. Désormais, l’opposition vénézuélienne ultra a dépassé toutes les limites.

L’attentat, lors d’une cérémonie militaire, réalisé à l’aide de deux drones chargés d’explosifs C4, est revendiqué par un groupe « mouvement national des soldats en tee-shirt ». Tous soldats ! La foule, civils et militaires, était rassemblée pour célébrer l’anniversaire de la création de la Garde nationale. Il y a, et non « aurait », sept blessés, hospitalisés, mais les auteurs de l’attentat voulaient provoquer un carnage, et l’utiliser politiquement. Nous avons souvent écrit que l’objectif de Washington était de renverser par tous les moyens le processus révolutionnaire, oui, révolutionnaire, en cours au Venezuela. On nous a accusé d’excès, d’aveuglement… Que nous opposera-t-on aujourd’hui ?

Les démocrates, quels que soient leur positionnement politique sur la situation au Venezuela, doivent exiger que toute la lumière soit faite sur cet attentat, que les responsables en soient châtiés, que les institutions internationales jouent vraiment leur rôle, et que ce soient les Vénézuéliens qui déterminent, en paix, leur avenir. Nous sommes, bien entendu, plus que jamais solidaires.

Dimanche, 5 Août 2018

11

 

PCdoB et PT forment une coalition pour l’élection présidentielle

La direction du PCdoB (Parti communiste du Brésil) a décidé dimanche soir 5 août 2018, que le parti rejoindra le parti des travailleurs pour la présidence de la République.

Photo: Rodrigo Positivo

 

La Commission politique nationale du PCdoB a approuvé la coalition avec le Parti des travailleurs lors d’une réunion tenue dimanche soir. Selon l’entente entre les deux parties, Manuela D’Avila jouera un rôle de premier plan dans la campagne électorale avec Lula et Fernando Haddad et pourra occuper le poste de candidat à la vice-présidence.
 

Une attaque ratée contre Nicolás Maduro à Caracas a été perpétrée, c’est confirmé.

On attend un tweet de Macron à défaut de l’indispensable position officielle pour condamner un tel acte, vu la manière dont ledit Macron toujours derrière les USA a jusqu’ici appuyé les terroristes contre-révolutionnaires en faisant d’eux de grands démocrates et les USA le pays phare dans ce domaine, parce que la Colombie est traditionnellement la base armée des USA (note et traduction Danielle Bleitrach)

Publié: 4 août 2018 23:07 GMT | Dernière mise à jour: 5 août 2018 09:21 GMT

Le président s’est échappé indemne de l’attaque, qui s’est déroulée en plein discours lors d’une célébration militaire dans la capitale vénézuélienne.

Le ministre de la Communication et de l’Information du Venezuela, Jorge Rodríguez, a confirmé l’exécution d’une attaque contre le président vénézuélien Nicolás Maduro, dont ce dernier est sorti indemne.

Il a dit que deux explosions se sont produites à 17h41 (heure locale), alors que le chef de l’Etat inaugurait une cérémonie commémorant 81 ans de la création de la Garde nationale bolivarienne (GNB), l’avenue Bolivar à Caracas, à quelques rues du palais présidentiel.

À la suite des explosions, 8 membres du GNB ont été blessés et traités dans des hôpitaux à Caracas, tandis que le dirigeant vénézuélien, comme son cabinet, n’a pas été blessé.

Le ministre a indiqué que  deux drones chargés d’engins explosifs avaient été abattus par des militaires qualifiés.

Rodriguez a décrit l’incident comme une  tentative ratée contre le leader vénézuélien et a assuré que Nicolás  Maduro était en sécurité, en parfaite santé et reviendra bientôt en ville.

« Tout le travail qui a été fait par la suite a permis d’établir avec certitude qu’il s’agit d’une attaque contre le président constitutionnel de la République bolivarienne du Venezuela, Nicolás Maduro Moros », a déclaré le ministre. « Ils ont échoué, ils ont encore échoué », a conclu Rodríguez, faisant référence aux attaquants.

Le discours du président était diffusé par le réseau national. « Je demande à l’honnête et travailleur peuple du Venezuela. Allons-y pour le bien de notre pays lorsque la reprise économique est là » dit Maduro, c’est alors qu’on a entendu  le son d’une explosion, après quoi les images ont quitté le président et ont  montré les soldats qui participaient au défilé.

Quelques instants plus tard, nous voyons comment les troupes brisent les rangs et commencent à s’éloigner des autorités. Comme plus tard le président a commenté dans son message à la nation, ils l’ont fait à cause des effets de « vague explosive ».

Aurelio Martínez@AurelioMartine

nuestra corresponsal en Caracas capturó estas imágenes en Alrededores de la Ave Bolívar donde estaba al parecer se reportó una explosión. pic.twitter.com/IvtuXJPfRc@VOANoticias

Le président est en sécurité

Le ministre des Communications et de l’Information du Venezuela, Jorge Rodríguez, dans une intervention liée à l’incident, a confirmé que deux drones chargés d’engins explosifs avaient été abattus par des militaires .

Il a été précisé que 8 cadets du GNB ont été blessés à la suite de l’explosion, alors que le dirigeant vénézuélien, tout comme son cabinet, n’a pas été blessé. Le ministre a décrit l’incident comme une tentative ratée contre le dirigeant vénézuélien et a assuré que Nicolás Maduro était en sécurité, en parfaite santé.

Plus tard, le dirigeant vénézuélien a adressé un message à la nation, dans lequel il a accusé son homologue colombien, Juan Manuel Santos, d’être l’un des responsables de l’attentat manqué, en complicité avec l’ultra-droite vénézuélienne.

« Je suis sûr que tout le confirmera, mais les premiers éléments pointent vers Bogota.. Il est clair que Juan Manuel Santo est en fin de régime, le 7 Août, il quitte la présidence (Colombie), et il ne pouvait pas partir sans faire une mauvaise blague au Venezuela « , a déclaré Maduro.

Après l’attaque, des informations ont été publiées sur les réseaux sociaux après l’incident sur l’Avenue Bolivar, un incendie s’est déclaré dans l’un des bâtiments situés au centre de la capitale. Il n’est pas spécifié si les deux incidents sont liés l’un à l’autre.

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Lohena Reverón@lareveron10

Posterior a las explosiones en acto de Nicolás Maduro se registra incendio de edificio en el centro de Caracas. Fotos: Cortesía.

Condamnation internationale de l’attaque

Le président de la Bolivie, Evo Morales, à travers son compte Twitter, a exprimé son profond rejet de l’attaque contre son homologue vénézuélien.

« Nous répudions énergiquement une nouvelle agression et une lâche attaque contre le président Nicolás Maduro et le peuple bolivarien », a écrit Morales. « Après l’échec de sa tentative de le renverser démocratiquement, économiquement, politiquement et militairement, l’empire et ses serviteurs attentent maintenant à sa vie », a-t-il ajouté.

Evo Morales Ayma

@evoespueblo

Repudiamos enérgicamente una nueva agresión y cobarde atentado contra el Hno. Pdte. @NicolasMaduro y el pueblo bolivariano. Después del fracaso en su intento por derrocarlo democrática, económica, política y militarmente, ahora el imperio y sus sirvientes atentan contra su vida.

Selon Morales, il s’agit d’un « crime contre l’humanité » qui « ne fait que montrer le désespoir d’un empire vaincu par un peuple courageux ».

 
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Publié par le août 5, 2018 dans Amérique latine

 

LE CANDIDAT LULA  A DECLARE QU’ILS VEULENT LA DÉMOCRATIE SANS LE  PEUPLE ET IL PROMET DE REVENIR