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Archives de Catégorie: Amérique latine

JR colle à La Havane un enfant géant qui regarde les toits de la ville

Par Culturebox (avec AFP) @Culturebox

Mis à jour le 12/04/2019 à 10H46, publié le 12/04/2019 à 10H39

Un collage géant du street-artiste français JR à La Havane (11 avril 2019)© Yamil Lage / AFP

Deux semaines après son trompe-l’oeil monumental autour de la Pyramide du Louvre, l’artiste français JR frappe encore : pour la Biennale de La Havane qui ouvre ce vendredi 12 avril, il expose la photo géante d’un enfant cubain épiant les toits de la ville. Et il a prévu de revenir à Cuba pour réaliser une grande fresque avec les habitants de l’île.

Dans un entretien à l’AFP, JR, star mondiale du collage photographique, revendique « une relation directe à l’oeuvre et sans chichis » et raconte ce projet d’habiller un mur du quartier chinois de La Havane, à l’invitation de l’Italien Lorenzo Fiaschi, directeur de la galerie Continua.

L’idée de cette oeuvre – la photo d’un petit garçon pieds nus, collée à l’horizontale avec la tête qui dépasse pour regarder au-delà – lui est venue « très simplement », assure l’artiste de 36 ans aux lunettes noires, coiffé de son éternel chapeau.

Car derrière ce mur jaune incliné, ce sont les toits décrépits du centre de la capitale cubaine qu’on aperçoit. Donc il fallait forcément une photographie de « quelqu’un qui regarde ». « Il y avait cet enfant qui était sur le balcon (d’une maison voisine), et qui regardait. On l’a appelé, en lui demandant ‘Tu descends ?’. On lui a dit ‘fais comme si tu étais sur le mur’, il s’est mis sur la pointe des pieds et on a fait la photo comme ça. »

Le petit garçon cubain collé par JR regarde les toits de La Havane (11 avril 2019)Le petit garçon cubain collé par JR regarde les toits de La Havane (11 avril 2019)

 © Yamil Lage / AFP

A Cuba, pas de publicités sur les murs

Ce petit garçon, d’à peine 10 ans, est venu voir cette semaine le résultat final. Se découvrir en géant, « ça l’a fait rigoler, mais sans être tout excité… sa mère avait un téléphone et elle n’a pas pris une photo », note JR.

« La France, les Etats-Unis sont des pays où on a été habitués à l’autoproclamation de soi par l’image, par les selfies, par des célébrités en grandeur nature. » Mais rien de tout cela dans l’île, sous gouvernement communiste depuis 1959. « Quand on n’a pas grandi avec ça, l’impact est complètement différent. »

A Cuba, la notion d’espace public a une connotation particulière : pas de publicités sur les murs, mais des messages de défense de la révolution menée par Fidel Castro en 1959, ou des portraits de ses compagnons de combat, Ernesto « Che » Guevara et Camilo Cienfuegos.

L’artiste français dit y trouver un certain repos. « Quand je rentre à Paris ou à New York, on est tellement abreuvés de publicités partout. Ici notre esprit est laissé à penser, à rêver. »

Pour les Cubains, voir leurs murs ainsi rhabillés par de l’art contemporain, c’est encore assez nouveau.

En 2012, déjà à La Havane, JR avait collé des portraits de personnes âgées

« Quand j’étais venu faire un projet ici pour la Biennale de 2012, j’avais mis des portraits de personnes âgées sur 15 ou 20 murs dans la ville », se souvient JR. « C’était la première fois que d’autres portraits que ceux du Che, de Fidel ou Camilo étaient agrandis sur les murs et donc c’était fascinant parce que les gens demandaient : ‘Je ne reconnais pas qui c’est, Fidel ou Che ?’ Je leur disais : ‘Ben non c’est José, il habite à l’angle ici.' »

Une manière pour JR de continuer à jouer sur son terrain préféré : la rue. En 2008, il avait habillé les murs d’une favela de Rio de Janeiro avec des portraits de femmes.

« Coller dans les rues, ça permet d’avoir une relation directe avec les habitants, mais aussi d’avoir une conversation autour de l’art en dehors de tout cadre, tout musée, toute structure. »

A La Havane, son oeuvre appelle à « continuer au-delà du mur, à dépasser le mur » tout comme dépasse la tête du petit garçon. « Et cette image, quand on la retourne, c’est la ville qui est de côté et l’enfant se penche pour regarder toutes les strates. » Combien de temps durera-t-elle ? « Tout dépend du soleil et de la pluie. » Mais « moi, c’est toujours éphémère ».

Un projet de grande fresque avec les Cubains

Le collage de JR à la Pyramide du Louvre n’aura ainsi survécu que quelques heures, suscitant de nombreuses réactions en France. « C’était voulu : on a laissé 50.000 personnes marcher dessus pour récupérer les bouts, ça fait partie de l’oeuvre. Quand est-ce que dans votre vie vous aurez la chance d’aller marcher sur l’oeuvre d’un artiste et la déchirer ? »

Son histoire avec Cuba ne s’arrête pas là : JR prépare une grande fresque d’habitants de l’île, à l’image de son travail sur ceux de Montfermeil (en banlieue parisienne), exposé au Palais de Tokyo à Paris, et de San Francisco, présenté au SFMoma (Musée d’art moderne de San Francisco) le mois prochain.

« C’est un travail titanesque, ça prend deux ans donc je vais revenir travailler en profondeur à travers le pays. Ce serait pour le musée des Beaux-Arts de La Havane, l’idée c’est une fresque où l’on pourra aussi écouter les histoires de chaque personne. »

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Médias occidentaux: Assange n’intéresse plus personne

  • Vu par la presse russe (ici proche du président Poutine), le cas Assange témoigne de ce qu’il faut attendre des « défenseurs des droits de l’homme ». Ce que l’on décrivait : la torture auquel était soumis Assange au sein de l’ambassade par l’actuel président de l’Equateur, inféodé aux occidentaux était bien réelle malgré le silence des habituels défenseurs des droits de l’Homme. Il devient urgent que la direction du PCF prenne position et exige le droit d’asile pour Assange. Il est vrai que rien n’a changé ni à l’Humanité, ni à la direction de la politique extérieure du PCF. Et ceux-ci demeurent inféodés à la social-démocratie… (note et traduction de Danielle Bleitrach)
La presse occidentale prédit qu'Assange sera extradé aux États-Unis

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12 avril 2019, 08h20
Photo: Tolga Akmen / ZUMA / Presse Global Look
Texte: Vladimir Dobrynin

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L’arrestation de Julian Assange a été une surprise totale pour la presse européenne et les autorités des pays qui semblaient s’y intéresser directement, à savoir la Suède et les États-Unis. Les  médias mondiaux témoignent de points de vue différents sur l’affaire, de même que les évaluations de la personnalité d’Assange. Mais une autre chose est  à noter : on sait finalement pourquoi le fondateur de Wikileaks est tombé entre les mains de la police britannique.

Il semblerait que le pays où  l’arrestation de Julian Assange aurait dû  provoquer le plus d’émoi aurait dû être la Suède, où une affaire pénale a été ouverte contre lui il y a quelques années, quand il était soupçonné d’avoir commis un viol. Cependant, il n’y a pas de commentaires malveillants et d’analyses approfondies de ce qui s’est passé dans la presse du «pays des trois couronnes».

En gros, les éditions suédoises se bornent à énoncer le fait qu’il a été arrêté et à exprimer leur étonnement: à quel point, dit-on, l’aspect d’Assange, jadis imposant, a changé au cours des sept années de son séjour dans les quatre murs de l’ambassade équatorienne.

Aftonbladet, l’un des principaux journaux du pays, écrit: « Bien que la nouvelle soit inattendue, le procureur ne voit aucun obstacle à la réouverture de l’affaire contre Assange, qui a été clôturée en 2017 en raison  » du manque de certitude quant à un délai de livraison raisonnable pour Assange en Suède « .

Le nombre de viols théoriques a doublé

Moins de quelques heures après que le monde ait appris l’arrestation du cofondateur de Wikileaks, le nombre de femmes «violées» par lui a augmenté. Le journal affirme que « la deuxième victime de l’agresseur est connue et attendait depuis près de dix ans la possibilité de se venger », mais ne donne pas ni le nom ni le prénom de la victime.

« Il est possible qu’ils ne l’extradent pas aux Etats-Unis – alors la Suède a une chance, a déclaré une autre publication suédoise, Metro. – La procureure en chef, Ingrid Izgren, n’a pas encore décidé si elle devait reprendre l’enquête close il y a deux ans. Dans ses commentaires, elle admet que l’arrestation d’Assange est une nouvelle inattendue pour elle et qu’elle n’a pas assez d’informations pour décider de ce qu’elle devait faire.  »

«Mais il aurait pu laisser une bonne image», répond Aisin Cantwell, journaliste à Aftonbladet. – Par exemple, à propos des crimes de l’armée américaine pendant la guerre en Irak, y compris le meurtre de civils et de journalistes. Mais non, très probablement aux États-Unis, il sera envoyé en prison et tout le monde l’oubliera.  »

«Cette négligence du droit international»

El Confidencial attire l’attention sur le fait qu’Assange n’a pas quitté le territoire de l’ambassade équatorienne: une institution diplomatique a invité la police à venir arrêter une personne privée du statut de réfugié politique. Le correspondant britannique du portail Angel Martinez a souligné qu ‘ »une telle procédure d’action a été convenue à l’avance, comme le confirment les informations dont dispose Press Association, obtenues de sources confidentielles ».

L’auteur cite le commentaire indigné du site Web de Wikileaks concernant ce qui s’est passé. Le portail, co-fondé par Julian Assange, souligne que «cette action (admission de la police sur le territoire de l’ambassade) témoigne du mépris total du droit international par les États influents de l’Ouest». La publication cite également un tweet de Scotland Yard, dont il résulte que l’arrestation a été effectuée suite à  « une demande des autorités américaines selon laquelle une affaire concernant les crimes informatiques commis par Assange a été initiée ».

Le Figaro doute que Julian Assange soit extradé aux États-Unis. Les auteurs de l’article écrivent, se référant aux informations de l’agence France Presse: « Selon le président de l’Équateur, Lenin Moreno, les autorités britanniques l’ont assuré que Assange ne serait pas envoyé dans un pays où la peine de mort était autorisée ».

Ce que vaut la parole d’un homme politique occidental, et particulièrement anglais, est bien connu de tous. Sauf, apparemment, du principal dirigeant de l’Equateur.

« Très probablement, Assange sera livré aux Suédois », disent-ils dans l’édition française. – Et c’est le meilleur sort pour lui. Son complice, un soldat transgenre Chelsea Manning, a été condamné à 35 ans de prison pour avoir divulgué 700 000 documents confidentiels à Wikileaks. Certes, après avoir purgé sept ans de punition, Obama l’a libérée, mais tout le monde ne peut pas avoir autant de chance.  »

« Et vous devez vous comporter décemment »

« Pourquoi Assange a-t-il été tité de l’ambassade équatorienne avec tout ce fracas? », se demande le tabloïd allemand Bild dans le titre de l’article.

Le texte fournit deux réponses possibles. Peut-être à cause d’une demande d’extradition des États-Unis, mais peut-être aussi parce qu’il a violé la loi britannique, parce que le tribunal de Londres l’a libéré sous caution avec une comparution périodique obligatoire, mais Assange a choisi de se cacher.

« Maintenant, il est passible de 12 mois de prison pour avoir violé le régime de surveillance », a déclaré la publication.

Assange craint qu’il ne soit ramené aux États-Unis, où l’attend la chaise électrique ou une injection mortelle pour avoir divulgué de nombreux secrets d’État. « 

En passant, l’arrestation d’Assange a eu lieu à peine 24 heures après que les autorités équatoriennes l’aient inculpé.

« Selon lui, l’Australien a été auditionné et filmé pendant un an », note le quotidien britannique The Daily Mail. « Le président de l’Équateur, à son tour, a accusé Assange de gêner régulièrement les services de sécurité de l’ambassade – tantôt il bloquait les caméras de sécurité, tantôt il se comportait de manière hautaine avec ceux qui assuraient sa sécurité. »

« Il comparaîtra devant un tribunal britannique, puis sera extradé vers les États-Unis », assure le British Independent. – En affirmant qu’il n’attend pas de justice de la Cour de Westminster à Londres, Assange n’a fait que renforcer son image du narcissiste égoïste, qui lui est collée. Maintenant, il parait vraisemblable de penser qu’il sera condamné par un tribunal britannique, puis transféré aux États-Unis. La question de l’extradition sera tranchée le 2 mai, mais peu de gens ont des doutes sur la manière dont cette question sera résolue ».

Assange, 47 ans, a été arrêté jeudi à l'ambassade d'Équateur sur un mandat d'arrêt délivré le 29 juin 2012 pour ne pas avoir comparu devant le tribunal.  Assange a passé près de sept ans en détention volontaire

« Il voulait poser des problèmes à Mme Clinton. »

«Assange sera donc livré aux États-Unis», le New York Times n’a aucun doute. – Une seule accusation peut être portée contre lui ici – de piratage du mot de passe de l’ordinateur d’un des services les plus importants de l’État. Il y a un an, les autorités judiciaires du pays étaient prêtes à l’accuser d’espionnage. Maintenant, ils croient qu’il n’est coupable que d’un crime informatique, mais il n’est pas question d’espionnage. Il a eu de la chance, pour ce crime seul, il ne recevra pas plus de cinq ans de prison. Si l’espionnage était prouvé, tout serait bien pire.  »

Les auteurs d’un article commenté énumérant tous les actes d’Assange, poussant le lecteur à conclure que l’arrestation du fondateur de Wikileaks pourrait être une nouvelle tentative de frapper Donald Trump.

«Assange n’a pas caché le fait qu’il voulait créer de gros problèmes à madame Clinton pendant sa campagne électorale. Mais il a également insisté sur le fait qu’il ne recevait aucun courrier électronique de la part de la Russie avec des missions. Le procureur spécial Muller n’a trouvé aucune preuve de l’ingérence de la Russie dans les élections américaines et a par conséquent à la participation d’Assange à des actions contre les États-Unis. Donald Trump au cours de sa campagne électorale a félicité WikiLeaks d’avoir donné accès au courrier électronique des démocrates, écrivent les correspondants Eileen Sullivan et Richard Perez-Peña.

En se fondant sur le fait que les démocrates n’ont pas accepté le rapport Muller et qu’ils continuent à rechercher au moins certaines preuves établissant qu’il «existait une collusion entre Trump et le Kremlin», nous pouvons en conclure que l’on va utiliser Assange pour tenter de lui faire admettre ce qui n’existe pas.

 

Julian Assange traîné hors de l’ambassade équatorienne en criant « Le Royaume-Uni doit résister »

Par ailleurs on apprend (voir en fin de l’article) que L’Équateur obtient 10,2 milliards de dollars du FMI et de la Banque mondiale
Assange vendu par le président traître de service Lenin Moreno (note de Danielle Bleitrach)

REGARDER Julian Assange traîné hors de l'ambassade équatorienne en criant "Le Royaume-Uni doit résister"

La vidéo montre Julian Assange, cofondateur de Wikileaks et lanceur d’alerte, tiré de force hors de l’ambassade d’Équateur à Londres, avant d’être placé dans un véhicule de la police.

Dans des images exclusives de l’agence vidéo Ruptly de RT, on voit un Assange échevelé avec une longue  barbe blanche être conduit hors du bâtiment par plusieurs hommes le tenant par les membres.

On peut entendre Assange crier: «Le Royaume-Uni… doit résister…» avant que ses paroles ne soient étouffées alors qu’il est forcé de monter à bord d’un véhicule de police. Il va maintenant être conduit au Tribunal de Westminster.

Dans ses mains il tenait un exemplaire de l’ouvrage   » L’histoire de l’état de sécurité nationale « , écrit par l’intellectuel américain Gore Vidal, contenant les critiques de l’auteur sur l’appareil de sécurité des États-Unis.

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Jean Robin@JeanRobin54

Julian Assange was arrested while holding a book about the National Security State by Gore Vidal

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Le lanceur d’alerte vit dans l’ambassade depuis sept ans sous le couvert de l’asile politique, abandonné plus tôt dans la journée par l’Équateur

L’Équateur a obtenu 10,2 milliards de dollars de crédits de la part d’organismes internationaux, principalement le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale, avec lesquels le gouvernement précédent avait rompu, a annoncé mercredi le président Lenin Moreno.

« Nous allons recevoir plus de 10 milliards de dollars à des taux inférieurs à 5 % en moyenne et sur des durées de jusqu’à 30 ans », a déclaré le chef de l’État à la télévision.

Il a précisé que le FMI verserait 4,2 milliards, les 6 milliards restants étant pourvus par la Banque mondiale, l’Agence française de développement (AFD), la Banque européenne d’investissement (BEI), la Banque intéraméricaine de développement (BID), la Banque de développement d’Amérique latine et le Fonds de réserves latino-américain.

« Nous avons vécu des temps difficiles, mais le fait que le monde ait confiance en nous et nous croie démontre que nous sommes sur la bonne voie », s’est félicité le président.

Après son élection en 2017, M. Moreno avait renoué les relations avec le FMI, avec lequel son prédécesseur socialiste Rafael Correa (2007-2017) avait rompu.

M. Moreno accuse M. Correa, réclamé par la justice équatorienne et qui se trouve actuellement en Belgique, d’avoir plongé le pays dans une grave crise économique et financière. Pour réduire les dépenses de l’État, le gouvernement actuel a décidé de supprimer 25 000 postes restés vacants dans la fonction publique et de réduire de 5 % la rémunération des fonctionnaires les mieux payés.

 

Maradona sanctionné pour avoir apporté son soutien à Maduro à la fin d’un match?

FOOTBALL Diego Maradona a aussi durement taclé Donald Trump, deux poids deux mesures, je n’ai pas entendu parler de sanctions pour les débiles qui ont soutenu le fasciste brésilien (note de Danielle Bleitrach)

W.P.

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Diego Maradona
Diego Maradona — Ulises Ruiz / AFP

On le connaît, Diego Maradona. Pas du genre à garder la langue dans la poche. Et, une fois n’est pas coutume, ça pourrait bien lui jouer des tours : l’Argentin risque une sanction pour avoir soutenu publiquement Nicolas Maduro à l’issue de la victoire de son équipe mexicaine, les Dorados de Sinaloa, dimanche.

« Cette victoire je veux la dédier à Nicolas Maduro et à tout le Venezuela qui souffre », a déclaré l’Argentin. Et d’enchaîner. « Les shérifs du monde, que sont ces Yankees, croient que parce qu’ils ont la plus grande bombe au monde peuvent nous diriger. Mais non, pas nous. Cette marionnette qu’ils ont comme président ne peut pas nous acheter nous. » Donald Trump​ appréciera.

Enquête de la fédération mexicaine

La fédération mexicaine a précisé dans un communiqué que ces propos pouvaient constituer une violation « des articles 6, 7, 9,10 et 11 » de son code d’éthique qui prévoit notamment que les membres affiliés doivent « maintenir une position neutre sur les sujets religieux ou politiques ». Du coup, el Pibe de Oro va faire l’objet d’une enquête pour infraction au code éthique, a annoncé mercredi la Fédération mexicaine.

 
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Publié par le avril 10, 2019 dans Amérique latine, INTERNATIONAL

 

Interview de Juan Grillo, directeur de l’Agence Nationale Antidrogues du Venezuela par Romain Mingus

Par Romain Migus
Malgré le fait que le système médiatique accuse le gouvernement du Venezuela d’être en collusion avec le narcotrafic, aucun journaliste n’a pris la peine d’aller écouter le point de vue des acteurs de la lutte antidrogue dans le pays de Bolivar. C’est ce que nous avons fait. Nous sommes allés interviewer le général Juan Grillo, directeur de l’Agence Nationale Antidrogues du Venezuela . Il nous offre un autre son de cloche, qui a toujours été ignoré par les médias dominants. Des chiffres et des arguments exclusifs.
 
Lire l’interview 👉
 
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Romain Migus

@romainmigus
 

La vie (et la mort) ne s’arrêtent pas pour une coupure d’électricité Par Romain Migus 

(publié sur romainmigus.info)

Caracas, Mercredi 13 mars 2019.

 

Le service d’électricité a été rétabli sur l’ensemble du territoire national. Celui de l’eau potable est encore en cours mais de très nombreux endroits ont enfin accès de nouveau au précieux liquide.

Au moment où l’électricité commençait à revenir, les habitants du Venezuela, ainsi que l’opinion publique internationale, ont été soumis à une intense campagne psychologique.

Face aux défaites successives de Trump et de ses serviteurs vénézuéliens, le sabotage de l’industrie électrique a été l’occasion de consolider l’image d’un pays en proie à un désastre humanitaire.

En premier lieu, rappelons que la coupure d’électricité est dû à un arrêt de plusieurs turbines sur plusieurs barrages en même temps. Le mythe de la déficience gouvernemental ne tient pas la route face à une attaque de cette magnitude.

Même si cela est une fake news, attribuer la coupure d’électricité au président Maduro est cependant nécessaire pour le rendre responsable de dizaines (voire de centaines) de morts dans les hôpitaux vénézuéliens faute d’électricité. Précisons encore une fois que les hôpitaux vénézuéliens disposent de groupes électrogènes. En revanche, la mort n’attend pas le rétablissement du courant pour frapper et emmener avec elle celles et ceux qu’elle a déjà frappé de son sceau. Des morts dans les hôpitaux, il y en a eu la semaine avant le sabotage électrique, et il y en aura malheureusement cette semaine et celles qui suivront. Les décès font partie de la vie tragique d’un hôpital, au Venezuela ou ailleurs.

Tout comme la mort, la vie non plus ne s’arrête pas. Les vénézuéliens ont dû faire face au manque d’eau. Des chaines de solidarité se sont crées. A Caracas, le gouvernement a déployé de nombreux camions citernes, et les citoyens ont pris d’assaut les flancs de la montagne Avila, qui entoure la capitale, et d’où coulent de nombreuses sources d’eau potable. Absolument personne n’a été boire ou se baigner dans les eaux ultra-polluées du Guaire, le cours d’eau qui sépare la vallée de Caracas en deux. Dans le cas contraire, nous assisterions ces jours-ci à une épidémie de grande ampleur. Ce n’est pas le cas. Si des eaux usées s’écoulent bien dans le rio Guaire, de nombreux cours d’eau, qui naissent dans les montagnes qui entourent la ville, s’y déversent aussi. C’est cette eau de source que les gens sont venus chercher. Il n’y a pas de doute que ces opérations psychologiques avaient été soigneusement préparées pour tenter de recréer l’image d’un pays vivant une crise humanitaire, et d’un Etat failli qui ne protège plus sa population.

Les médias ont montré des citoyens avec des bidons sur les berges du rio Guaire, sauf que…..

…ils venaient s’approvisionner dans un des nombreux conduits qui acheminent les cours d’eau de la montagne Avila vers le rio Guaire.

En ce qui nous concerne, durant quatre jours, nous avions deux ou trois heures d’électricité, et un accès à l’eau d’une demi heure à l’aube. Un laps de temps suffisant pour remplir absolument tout ce qui ressemblait à un récipient pouvant contenir et retenir ce liquide devenu or, et rechargé tous nos appareils électroniques. Nous avons été privilégiés. De nombreuses zones de Caracas et du pays entier n’ont pas eu la même chance, et sont restés dans le noir et sans eau durant quatre jours.

Mais la vie ne s’arrête pas avec le courant, même si la dynamique change. De nombreux vénézuéliens sont descendus dans la rue afin de trouver un commerce dont le terminal bancaire fonctionnait et faire leurs courses. Les congélateurs ne marchant plus, les produits stockés se décongelant, il n’y avait pas d’autres choix que de cuisiner, chercher le voisin qui dispose d’une cuisine à gaz, partager les victuailles, mutualiser les denrées alimentaires, privilégier les anciens et les enfants. Et peu importe d’ailleurs l’opinion politique des voisins. Dans ce cas de gravité extrême, la solidarité l’emportait sur le reste. Et la vie pouvait suivre son cours, dans une situation extrêmement difficile, et malgré les cris d’orfraie d’une opposition frustrée qui voyait, de nouveau, son plan mis en déroute.

Cela, répétons le jusqu’à ne plus avoir de salive, nous ne l’avons pas inventé : nous l’avons vu et vécu. Oui, nous avons vu des centaines de personnes, le vendredi soir, dehors, aux pieds de leurs immeubles ou de leurs maisons, partager un moment avec les voisins ; à San Agustin ou sur l’Avenue Libertador, sur l’avenue Urdaneta ou dans le centre de la capitale, dans des quartiers populaires ou de petite classe moyenne. Face à l’adversité de la situation, et face à l’ennui qui guète lorsqu’on est seul chez soi sans lumière, la chaleur du collectif est le meilleur des remparts.

Lorsque la lumière est revenue, nous avons enfin pu nous communiquer avec les nôtres:

« J’étais inquiet. Tout va bien ? »

Et les histoires commencent à pleuvoir. Toute sont chargées d’émotions et de cette capacité de résistance qui caractérise le Peuple vénézuélien.

« J’ai fait des puzzles, me dit Paola, cela faisait des années que je n’en avais pas fait ». Même son de cloche chez Tania « j’ai lu des vieux contes avec les enfants, et puis on a fait des jeux de société ». Toutes les histoires nous ramènent à notre propre expérience de ces jours passés, et nous rappelle que nous avions aussi une belle vie avant, sans internet ni les réseaux sociaux.

« Mon père était à l’hôpital public Perez Carreño. Il devait être opéré de l’estomac » nous raconte Charilin avant de poursuivre « et avant que tu me le demandes, non il n’est pas mort pour la coupure d’électricité. Il est convalescent mais il va bien ».

Depuis Barquisimeto, la troisième ville du pays, la tia Salma nous dit en riant « tous les voisins ont ramené un peu d’eau, des légumes ou du poulet, et nous avons fait une grande soupe communautaire pour tous ». Son propos illustre ce que nous avions déjà vu à Caracas. Salma est la seule chaviste de son pâté de maison. Ces témoignages sont peut être la meilleure preuve que la guerre civile, exigée par Guaido et les secteurs extrémistes de l’opposition vénézuélienne, ne prenne pas au sein de la population. C’est aussi une illustration de pourquoi la demande de Guaido de descendre dans la rue et d’organiser des pillages n’a pas été suivi dans les faits. La vie ne s’arrête pas pour une coupure de courant. La vie est comme la végétation qui recouvre des ruines. Elle s’impose à la destruction et à la mort. Et cela, les vénézuéliens viennent de nous le rappeler, encore une fois.

— 

Romain Migus

@romainmigus

www.romainmigus.info

 
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Publié par le mars 13, 2019 dans Amérique latine, Etats-Unis

 

Brésil : les fantômes du nazisme hantent le gouvernement de Bolsonaro

Voici ceux que le gouvernement d’extrême-droite israélien soutient y compris militairement. (note de Danielle Bleitrach)

A l’heure où des membres du gouvernement brésilien ne cachent pas un alignement idéologique avec le nationalisme des années 1930, un article évoque la protection accordée à d’anciens nazis par le père de l’actuel ministre des affaires étrangères.

Par Claire Gatinois Publié le 14 février 2019 à 05h45 – Mis à jour le 14 février 2019 à 12h57

LETTRE DE SAO PAULO

Les opposants au gouvernement de Jair Bolsonaro parlent d’une « dynastie du mal », les autres s’offusquent qu’on exhume les péchés d’un père pour attaquer le fils. Reste la gêne, au lendemain de la publication de l’article du quotidien Folha de Sao Paulo, mardi 12 février, révélant qu’Henrique Araujo, père du ministre brésilien des affaires étrangères Ernesto Araujo, a contribué à empêcher l’extradition du criminel nazi Gustav Franz Wagner dans les années 1970 à l’époque de la dictature militaire (1964-1985).

L’ancien sous-commandant du camp d’extermination de Sobibor en Pologne était, à l’instar de divers ex-SS, parvenu à fuir l’Europe, trouvant refuge au Brésil après un passage par la Syrie. Devenu gardien d’une propriété dans l’Etat de Sao Paulo, celui dont le sadisme et la brutalité lui valurent le surnom de « la bête », tentait alors d’y faire oublier son passé.

Né à Vienne en 1911, Gustav Wagner adhère au parti nazi à vingt ans et s’illustre tout d’abord, en 1940, pour sa participation au génocide des malades mentaux dans le centre de mise à mort de Hartheim en Autriche. Loué dans les rangs SS pour son efficacité et son expertise dans l’usage criminel du monoxyde de carbone il est, deux ans plus tard, affecté au camp de Sobibor où, bras droit de Franz Stangl, il est chargé du tri des déportés, destinés tantôt à la chambre à gaz tantôt au travail forcé.

Décrit comme une brute prompte à fouetter les prisonniers sans raison il aurait, entre autres barbaries, frappé à mort deux détenus qui ne parlaient pas allemand, sous prétexte qu’ils n’obéissaient pas à ses ordres, tiré une balle dans la tête du jeune Abraham âgé d’une quinzaine d’années, sous les yeux de ses frères, car l’adolescent s’était montré incapable de se lever de sa paillasse, et abattu un nouveau-né dans les bras de sa mère.

Démasqué par le chasseur de nazis Simon Wiesenthal

La scène a été immortalisée dans le film Les Rescapés de Sobibor, de Jack Golf, sorti en 1987, qui relate également la mutinerie de 1943 et la fuite de près de 300 détenus, dont une centaine seront repris. A Sobibor, partie intégrante de l’« opération Reinhard » – l’extermination systématique des juifs de Pologne – quelque 250 000 personnes ont été assassinées.

L’Amérique latine, paradis pour les nazis au XXe siècle

L’Amérique latine, paradis pour les nazis au XXe siècle

Après la défaite de l’Allemagne nazie, les fascistes ont été poursuivis partout dans le monde ou presque. Il y avait cependant les endroits où l’on était très ravi de leur donner refuge. Les pays d’Amérique latine ont accueilli à bras ouverts des dizaines de milliers de criminels nazis ayant fui l’Europe. Les anciens responsables de l’Allemagne fasciste ont créé une centaine de sociétés en Argentine et plus de 250 au Chili, en Uruguay, au Venezuela, en Bolivie et en Equateur.

Ce n’est pas un hasard si la « route des rats », comme on appelait les réseaux d’exfiltration nazis, menait en Amérique du Sud. Celle-ci avait des liens économiques très étroits avec l’Allemagne, établis avant la Première guerre mondiale dans laquelle de nombreux pays de cette partie du globe avaient gardé leur neutralité. Les économies argentine, brésilienne, chilienne et autres étaient toujours fortement dépendantes des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne. Ces derniers préparaient d’ailleurs une nouvelle guerre contre l’URSS par les mains des « anciens » fascistes. Beaucoup de Latino-américains voyaient donc en Allemagne nazie un contrepoids à l’omnipuissance de Londres et de Washington sur l’arène internationale, dit le directeur du Centre de recherche et d’information de l’Institut de l’Amérique latine de l’Académie des sciences de Russie Alexandre Kharlamenko.

« Les opinions +anti-yankee+ sont fortement répandues en Amérique latine. Je n’ai pas dit +antiaméricaines+, parce que les Latino-américains se positionnent aussi en Américains. Les dictateurs latino-américains sympathisaient avec les nazis et les fascistes pour des motifs idéologiques. Des sous-marins nazis et japonais s’avitaillaient au Nicaragua et dans les pays voisins ».

Il y avait deux principales filières de la « route des rats » : la première exfiltrait les nazis munis de faux papiers d’Allemagne vers l’Argentine via l’Espagne ; la deuxième, de l’Allemagne vers Rome et Gênes et ensuite vers l’Amérique du Sud. Les autorités argentines ont même mis en place leurs propres filières à travers la Scandinavie, la Suisse et la Belgique, explique l’écrivain, spécialiste de l’Amérique latine Nil Nikandrov.

« Juan Perón a pris pitié des nazis. Il considérait qu’ils étaient utiles pour son pays, pour le développement de celui-ci. Il y en a également qui sont allés aux Etats-Unis. On en avait besoin pour développer des conflits avec l’URSS. En fait la Suède y a aussi participé, poussée par des considérations « humanitaires ». Quant à la filière espagnole, le dictateur Francisco Franco n’a pas oublié sa coopération avec l’Allemagne nazie. La filière bien connue, celle du Vatican, permettait d’avoir des papiers et de partir. Il y a maintenant au maximum deux centaines de ceux qui sont encore en vie, qui ont plus de 80 ans. Ce n’est qu’aujourd’hui que certains sont extradés vers l’Allemagne pour y être jugés. C’est peut-être pour qu’ils ne puissent pas vivre tranquillement jusqu’à la fin de leurs jours parce qu’ils sont tous dans un très mauvais état ».

Les services secrets nord-américains ont directement participé au recrutement et à l’exfiltration des criminels nazis, comme en atteste un rapport du service de renseignement de l’armée américaine établi en 1950. Des agents des services secrets nazis, des spécialistes de systèmes d’armements nucléaires et de systèmes de missiles ont ainsi été exfiltrés. Plus tard ils ont continué la guerre contre l’URSS, avec l’appui des Etats-Unis les finançant. D’ailleurs on peut même aujourd’hui rencontrer en Amérique latine des personnes prénommées Hitler – c’est le prénom qui leur a été donné par leurs parents… Mais c’est déjà une autre question, celle de l’attitude des Sud-américains à l’égard de ce voisinage douteux avec les nazis. /N