RSS

Archives de Catégorie: pcf

9 février 1950 : Le maccarthysme à l’oeuvre, rétablir les faits

beaucoup de choses sont dites aujourd’hui à propos du Mac Carthysme et certaines (comme dans la page de la revue « historique »  Hérodote) visent à justifier ou presque cette infamie. On commence à présenter le maccarthysme comme le simple prolongement d’un réflexe d’autodéfense justifié ou presque des Etats-Unis et de Truman  On va jusqu’à accuser désormais Roosevelt d’avoir livré certains secrets à Staline  à Yalta (ce qui est une fable qui fait de yalta ce qu’il n’a jamais été), on va jusqu’à accuser e parti communiste des Etats-Unis (qui avait alors 17.000 membres) de préparer une révolution insurrectionnelle et de manipuler grâce à Hollywood les pensées des citoyens innocents Etats-Unis. Exactement le contraire de la réalité.  Lire ce qui ose s’écrire aujourd’hui sur le Maccarthysme montre bien que nous ne sommes pas loin de ce retour à la chasse aux sorcières et que la résolution votée par le parlement européen qui identifie Communisme et nazisme (pour mieux tolérer de fait ce dernier) témoigne avec les répressions de syndicalistes, des mouvements revendicatifs de vers quoi on nous mène, si nous continuons à nous montrer aussi peu combatif pour dénoncer cette ignominie (note de danielle Bleitrach)

Le 9 février 1950, dans une petite ville de Virginie-Occidentale, le sénateur Joseph McCarthy brandit une liste de fonctionnaires du département d’État (le ministère des Affaires étrangères) qu’il accuse d’être des « communistes notoires » coupables de collusion avec l’Union soviétique et les agents de Staline.

Le sénateur Joseph McCarthyCe sénateur républicain du Wisconsin, un alcoolique de 42 ans inconnu du grand public, a la surprise de voir son propos repris par la presse nationale.

Il est dès lors entraîné dans une campagne hystérique qui va bouleverser l’Amérique triomphante de l’après-guerre.

Non seulement la Chine est en train de devenir communiste mais il s’avère que ce que les USA estimaient leur arme absolue utilisée à Hiroshima et Nagasaki, la bombe atomique est également possédée par les Soviétiques.

En 1947, dans le contexte de la guerre froide et de la course à l’arme thermonucléaire,  le président Truman institue des commissions, les « loyalty boards », pour repérer et écarter les fonctionnaires fédéraux coupables de collusion avec l’Union soviétique. Ces commissions envoient quelques fonctionnaires devant un tribunal mais sans résultat spectaculaire.

« Chasse aux sorcières »

La campagne du sénateur McCarthy relance les soupçons, d’autant qu’elle survient au moment de l’arrestation par la police fédérale, le FBI, des époux Rosenberg, accusés d’avoir livré à l’URSS des secrets atomiques.

Après l’élection du général Dwight Eisenhower à la présidence et surtout le triomphe du parti républicain au Sénat, en 1952, McCarthy accède à la présidence d’un sous-comité sénatorial d’enquête permanent. Désormais, un fonctionnaire peut être soumis à une enquête policière et révoqué sur un simple soupçon de sympathie avec l’Union soviétique de Staline.

Voyant un espion communiste derrière chaque personnalité du pays, hauts fonctionnaires, journalistes, cinéastes d’Hollywood et intellectuels de la côte Est, le sénateur se lance dans une délirante « chasse aux sorcières » (…)

Hollywood est particulièrement visé parce que certains scénaristes

LE PASSE CONTINUE A NOUS TRAVAILLER

Voici un texte que j’écrivais en 2008 comme une méditation sur les élections américaines et l’influence de l’usine à rêve hollywoodienne sur la vie politique américaine, l’histoire de la mise au pas de l’industrie cinématographique américaine pour qu’elle devienne cette vente permanente d’une Amérique rêvée et accompagne son hégémonie sur le monde d’un système de valeur qui autorise tous les brigandages.

« Le passé n’est pas mort, il n’est même pas passé »*
images[5]

Ils sont peut-être 200 millions à voter, mais le reste de l’humanité est spectatrice de la politique sur grand et petit écran. Avoir un candidat à la Présidence-dictature mondiale qui soit « une page blanche » sur laquelle chacun inscrit ses illusions et qui nous la rejoue John Kennedy, comme une nouvelle vie secrète de Walter Mitty, tandis que l’autre, Mac Cain, s’ingénie à copier John Wayne, prouve à quel point la politique est désormais affaire de script hollywoodien. Comment tout cela a-t-il été monté ? Comment un peuple de vagabonds rebelles, des Charlot, a-t-ils été rangé, canalisé, dans le rêve américain, électroménager, grosses bagnoles, et domination mondiale style Apocalypse Now, avec ce cauchemar de série B de film catastrophe que fut le 11 septembre ? Il faut revenir peut-être à une de ces moments clés, celui où l’usine à rêve, Hollywood, fut mise au pas.

l’Europe et l’Union Soviétique, comme d’ailleurs la Chine et le Japon sortaient dévastés de la guerre, les Etats-Unis connaissaient une ère de prospérité. 1945, c’est l’utilisation de la bombe atomique sur Hiroshima et Nagasaki pour bloquer l’armée rouge qui avance vers l’armée japonaise. 1946, c’est l’année des premières campagnes de Joseph Mc Carthy et de Richard Nixon. Mais cette campagne hystérique anti-communiste prendra son véritable essor quand le 29 août 1949, l’URSS aura fait exploser sa première Bombe A dans le Kazakhstan. La paranoïa de l’ennemi intérieur culminera avec l’assassinat d’Etat en 1953 du couple Julius et Ethel Rosenberg. La guerre de Corée en 1950. Pourtant la purge a été entamée bien avant ce moment.

1946, l’année des grèves massives

Les syndicats avaient montré trop de puissance et de combativité : 1946 est l’année de la plus grande vague de grève de toute l’histoire américaine . 5000 grèves sont dénombrées, certaines paralysent des villes entières comme Pittsburg en Pennsylvanie, il y a jusqu’à 4.6 millions de travailleurs en grève.(1).. Ce conflit social va durer jusqu’au début de la guerre de Corée en 1950.

la Loi Taft-Hartley, parrainée par les milieux de la finance, sera une étape de la reconquête par le capital, elle bloquera effectivement la progression du syndicalisme américain. Elle exigeait en particulier que chaque dirigeant syndical déclare sur l’honneur sa non appartenance au parti Communiste sous peine pour son organisation de perdre son indispensable représentativité devant le National Labour Relations Board.(2) Des dirigeants tenus en laisse et mafieux, sous l’oeil bienveillant du FBI, prendront souvent la place des militants ouvriers grâce à cette loi. Mais son principal avantage pour le capital est qu’elle organise la coupure entre les communistes et le monde ouvrier.

La paix intérieure va être obtenue au moyen d’une répression intense, une répression politique mais aussi culturelle et c’est dans ce cadre là que Hollywood va être attaqué là encore sur pression directe des milieux d’affaires. Certains libéraux de gauche comme Arthur schlesinger qui sont pour que les communistes aient leurs droits civiques, et contre la liste noire, mais ne veulent pas d’eux comme fonctionnaires ou  » dans les lieux où leur activité présente une menace évidente et imminente », ce qui n’est pas le cas en 1949, puisque comme il le note « la demonstration est faite que les communistes peuvent être vaincus -dans le mouvement syndical, dans le mouvement libéral, dans le monde politique, dans celui des anciens combattants- par les moyens traditionnels: débat, identification et dénonciation » A partir de ce processus et en s’appuyant sur la loi Taft-Harley on pouvait chasser les militants communistes des syndicats, ou du moins des directions sans recourir aux excès de la liste noire et de la prison. (3) On imagine le soutien d’un tel courant qui est celui de revues intellectuelles libérales comme Commentary ou le New leader.

Pour Hollywood c’est la grande période. 1946 sera une année jamais dépassée de fréquentation cinématographique, au plan intérieur mais aussi au marché étrangers (4). La télévision est déjà là mais ses effets sur la fréquentation ne se feront ressentir qu’en 1950. Pourtant Hollywood connaît comme le reste du pays une grande vague de grèves, avec les mêmes mises au pas. Le syndicat militant des ouvriers est remplacé par un organisme plus souple qui regroupe tous les métiers de la production.(5)

La représentation

Voici pour le contexte social, maintenant il faut analyser le contexte culturel. A Hollywood déjà durant la crise des années 30 avait surgi une critique du cinéma des années 20. Ce cinéma complétement illusoire et de divertissement présentaiit les Etats-Unis comme le paradis, sans distinction de classe, où personne ne travaille, ou s’il le fait il s’agit d’ un métier amusant. En 1929 non seulement il y a la crise et cette image ne correspond plus au vécu des spectateurs, mais également le parlant, ce qui contraint à une autre maillage de la réalité. Le genre le plus caractéristique c’est le film noir de gangsters (5), les communistes introduisent le film gris. Alors que dans le film noir ce sont les problèmes psychologique, le destin individuel qui dominent, les communistes introduisent un contexte social. . Cependant il ne faut pas exagérer ce qu’ils peuvent introduire, il existe en effet une étroite surveillance et une censure .

En 1934, les studios hollywoodiens avaient établis un bureau de censure (production Code Administration sous la direction de Joseph Breen) pour veiller à la stricte application d’un code régissant le contenu des films adopté en 1930 (7).

Après la guerre, il y a un véritable renouveau artistique, on tourne hors studio, c’est un mouvement très inspiré par le documentaire auxquels beaucoup de cinéaste ont participé durant la guerre. On assiste à une toute nouvelle écriture cinématographique dont le symbole est le plan séquence hitchcockien de la Corde. Il arrive du théâtre de New York des admirateurs d’Orson Wells et parmi eux des gens très à gauche, voir communistes comme Nicolas ray, Elia kazan, Johen Berry, Cy Endfield, Josph Losey. le renouveau artistique est considérable.

Tuer la contestation dans l’oeuf

Comment passe-t-on de cette situation d’essor à celle du début des années soixante où l’anticommunisme est devenu un pur réflexe de toute la société? Et plus tard au triomphe à Hollywood d’un cinéma qui est retourné à l’illusion des années 1920. C’est paradoxalement à ce moment là quand le communisme a été vaincu que les libéraux pourront dénoncer la chasse aux sorcières menée à Holliwood comme une stupidité inutile alors qu’ils ont été d’accord avec celle-ci dans les années 40 et 50. Parce qu’à cette époque-là il y avait de multiples dangers de contagion sociale.

Ce qu’il faut bien mesurer le fait que tout au long du 20 e siècle sous la pression directe des milieux d’affaire, l’Etats nord-américain a tué dans l’œuf toute tentative si minime soit-elle de contestation de son système capitaliste, elle à refusé toute légitimité idéologique et culturelle à ses adversaires. Et s’est employé aux Etats-Unis comme partout dans le monde à mener un combat où elle a investi beaucoup d’hommes et d’argent sur le contrôle culturel. Les communistes avaient bénéficié du répit du new deal, puis de l’alliance avec l’Union Soviétique, dès que la guerre froide fut déclenché leur tour était venu à la fois à cause de l’agitation syndicale et parce qu’ils représentaient une remise en cause culturelle et politique du système qui ne pouvait pas être toléré. En ce qui concerne les communistes, mais aussi les syndicalistes réellement combatifs, autant que les mouvements de minorités réclamant leurs droits, ils ont été l’objet d’une surveillance systématique. Sous la direction de J. Edgar Hoover, nommé le 10 mai 1924 et demeuré en poste jusqu’à sa mort en 1972, le FBI s’intéressa particulièrement aux activistes politiques non accusés de crimes. Il s’interressa infiniment plus à eux qu’au crime organisé auquel il laissa beaucoup de latitude. Ce fut avec l’OSS le seul grand service américain qui faisait du renseignement à l’étranger sur le terrain essentiellement grâce à ses bureaux en Amérique Latine. Avec la création de la CIA, cette fonction lui a été retirée mais le FBI resta tout autant actif pour traquer les activites politiques non accusés de crime. Les dix d’Hollywood et tous ceux de la liste noire continuèrent à être harcelés et ceux qui leur accordaient une aide également.

Les purges ont précédé le Mc carthysme auquel on a voulu les réduire, elles ont commencé par le syndicalisme, mais a été aussi effacé des bulletins de vote comme de la conscience sociale tout ce qui prétendait être plus à gauche que le parti démocrate (8).

Dalton Trumbo, le grand scénariste, lui-même un des dix appellera ce temps « le temps du crapaud », où il faut avaler sa ration quotidienne de chair de crapaud pour survivre. La chair de crapaud pour Dalton Trumbo c’est le conformisme imposé. Les communistes ont non seulement tenté de faire apparaître l’exploitation et la condition ouvrière, mais ils se sont surtout illustrés dans la dénonciation du sexisme et du racisme dans les films (9 ) .On les accusera dans une Amérique où l’on pratique encore le lynchage et la ségrégation d’être des « amants des noirs ». .

D. Trumbo, un des « dix », refuse de témoigner – 1947

Hollywood lâche dix noms

Hollywood avait tenu tête à une précédente enquête menée par une sous-commision du Sénat chargée d’enquêter sur la propagande de guerre en 1941. Lorsqu’il est annoncé que Le Committee on Un-Americain Activities ou HCUA que vont avoir lieu des auditions sur les activités anti-américaines, la communauté se mobilise et repousse l’accusation d’influence communiste sur les films et dénoncent les possibles mises à l’index de communistes. Il se forme un Comité de défense du premier amendement. Mais le HCUA va marquer des points en montrant qu’il a en sa possession dix cartes de membres du parti, qui deviendront les Dix d’Hollywood, cela suffit pour entraîner le repli des libéraux (la gauche non communiste) (10)

Il paraît acquis que l’Industrie du cinéma a négocié la paix en lâchant dix noms et ne faisant que l’on attaque pas le contenu des films ce qui risquait de nuire à l’industrie. La Commission ne voulait pas défier les studios et l’industrie, elle voulait simplement isoler au départ les militant syndicalistes qui avaient crée le syndicat combatif le Conférence of Studio Unions et les libéraux trop à gauche (soutien de Wallace). Le HCUA collaborait étroitement avec le FBI et avait à sa disposition ses fichiers, La liste noire fut ainsi établi et encouragea la délation et elle alla bien au-delà des dix noms initiaux (11) Nul ne sait ce qu’il en advint et la Liste noire n’a jamais été suspendu pour ceux qui parfois en sous main négocièrent le reniement de leur appartenance au parti, non seulement celle-ci n’a pas disparu mais on a récemment fait état d’une autre liste noire, celle des opposants à la guerre en Irak.

L’événement a été simple : En 1947, dix témoins refusent de répondre devant le HCUA à des questions touchant à leur affiliations politiques et purgeront plus tard à cause de cela des peines de prison, ils sont condamnés pour outrage au Congrès. Ce sont dans l’ordre de leur comparution : » John Howard lanson, Dalton trumbo, Albert Maaltz, Alvah Bessie , Samuel Ornitz, Hebert Biberman, Adrian Scott, Eward Dmytrick, Ring lander et lester Cole.

Le mois suivant, les dirigeants des « majors » annoncèrent que ceux qu’on appelait «témoins inamicaux » ne trouveront plus de travail dans l’industrie cinématographique.

Il y eut deux phases, la mise à l’index déferla en vague successive et elle emporta bien d’autres gens , on peut dire que jusqu’en 1951, les scénaristes et réalisateurs sont libres de poursuivre leur carrière. Et paradoxalement durant cette période ils vont donner des œuvres importantes. On leur interdit de travailler, ils le font en sous main jusqu’à ce que en 1950 on les envoie en prison. C’est Dalton Trumbo qui est le plus actif dans ce travail en sous main où il finira par ridiculiser ceux qui cachent que les scénarios sont de lui. Son meilleur canular n’est pas celui où il obtient l’oscar du meilleur scénariste sous un faux nom, mais le film qu’il écrit avec un autre proscrit Joseph Losey(12), « le rôdeur ». Le portrait d’un fasciste ordinaire, un supporter potentiel de MacCarthy, la fin sur un terril désolé sur lequel il glisse était pour Losey le rêve américain. Un autre grand cinéaste Nicolas Ray, qui avait appartenu à la même école celle qui tourne des films où le héros est pris dans un destin social, sera celui qui élévera la plus forte protestation contre le procès des dix dans Johnny Guitar (1954) , c’est la situation des anciens communistes sommés de comparaître devant le HCUA, le héros doit lâcher un femme libre Vienna.

Il faudrait reprendre un à un tous les films, tous les scénarios qu’ont tenté de produire les proscrits, John Berry par exemple qui raconte la grisaille corrosive du chômage dans From This Day Forward (1946) ou encore avec le dernier film hollywoodien Menaces dans la nuit (1951) situé dans un milieu ouvrier, son acteur Garfield qui va mourir à 38 ans miné par les mises en demeur de l’HCUA qui le harcèle pour qu’il dénonce ses amis. . Encore le chômage dans le film de Cy Endfield The sound of Fuyr –fureur sur la ville 1950) qui est le chef d’ œuvre de ce type de film. Dmytrich cède le premier il devient en 1951 « temoin amical » et il fera aussitôt le film psychologisant exigé par Holywood. Dans l’homme à l’affut (1952) il va plus loin, il dénonce les crimes sexuels et propose la détention préventive « Ceux qui pourront être guéri le seront, ceux qui ne le seront pas resteront enfermés, il faut créer un appareil thérapeutique d’Etat. Après ce manifeste, en récompense on lui confiera le tournage de Ouragan sur le Caine (1954), le message du film est celui de l’obéissance aveugle à toute forme d’autorité.

Temoignages

Voici leurs témoignages quelques années après sur les conséquence de la Liste Noire : Témoignage de Alvah Bessie, dans la revue Positif n°39 en mai 1961 :« La tragédie provoquée par l’enquête de Hollywood est plus difficile à évaluer. A sa suite,
et à la suite des enquêtes suivantes, plusieurs centaines de scénaristes, metteurs en scène,
producteurs, acteurs et techniciens se trouvèrent sans emploi, balayés par la vague
anti-rouge, et réduit dans leurs communautés à la situation de parias.Après ma libération de Texarkana, en 1951, il me fut impossible de trouver le moindre travail. Je parcourus Los Angeles pendant trois mois. J’écrivis à tous les éditeurs de New York qui pourraient réagir avec sympathie, mais ne reçut point de réponse. […]Un riche industriel offrit de m’engager en qualité d’apprenti tourneur à un dollar et demi de l’heure. […] Puis Harry Bridges, un grand bonhomme à qui les hommes au pouvoir n’ont pas pardonné son rôle dans la grève de 1934, me recueillit et me fit venir à San Francisco comme second-porte parole et rédacteur à l’International Longshoremen’s and Warehousemen’s Union (Syndicat International des docks et entrepôts)… » Ainsi que de nombreux autres exemples dont Adrian Scott (producteur), qui refusa de coopérer avec l’H.U.A.C, se vit jeter en prison ; puis à sa sortie, il ne put produire de films qu’en 1970, soit 21 ans de « censure », il se trouvait sur la liste noire.Alvah Bessie : Travailler sous un pseudonyme. Témoignage de Dalton Trumbo ( écrivain), dans la revue Positif, dans les n° 64 et 65 en 1964 :« J’ai signé sous des pseudonymes : Robert Rich, The Brave One, Sam Jackson, Spartacus, […]. La liste noire a arrangé les petits producteurs pour lesquels j’ai travaillé pendant une période de dix ans. Ils pouvaient se permettre d’avoir un scénariste ayant beaucoup de métier pour peu d’argent. Ils me payaient deux millions par film, alors qu’avant la liste noire je touchais quarante millions d’anciens francs. […] J’ai rompu cette période de silence grâce à Kirk Douglas et au directeur de sa compagnie Edward Lewis, qui m’ont demandé en 1958 d’écrire le scénario de Spartacus d’après le roman de Howard Fast. Kirk voulait que mon nom soit au générique, sauf si United Artist si opposait. Ils refusèrent. J’écrivis donc le premier script sous le nom de Sam Jackson, et ne mis jamais les pieds sur le plateau. Mais Peter Ustinov et Charles Laughton intrigués découvrirent la vérité et en informèrent les journalistes, ce qui fit scandale, obligeant de ce fait United Artist à mettre mon nom au générique […]..

L’usine à rêves

Dans de telles conditions les films à message fut-il aussi conservateurs que Ouragan sur le Caine ne sont plus à l’ordre du jour. Après les 10 d’Hollywood ce sont des centaines de réalisateurs et autres travailleurs du film situés à gauche qui sont interdits à Hollywood, tout comme le type de film qu’ils étaient arrivés à faire entre 1947 et 1952.

Les principaux fils en vogue seront de « divertissement », ce sera le règne du western, du film de guerre qui encense l’Amérique, l’épopée biblique et le mélodrame bourgeois. L’autre Amérique a été étouffée, interdite.

Ce qu’il faut bien mesurer c’est que le choix d’un certain cinéma, usine à rêve et diffusant l’american way of life, ne fait pas des dégâts seulement aux Etats-Unis, en France c’est tout une école du cinéma qui est victime de la diffusion massive de ce type de cinéma, et de la prudence des producteurs français. Par exemple Jean Grémillon, le grand cinéaste français a vécu avec une grande violence d’engagement la Résistance. Il se lance à corps perdu dans des projets de films historiques à visée didactique et révolutionnaire sur la Commune, la Guerre d’Espagne, la Révolution de 1848, les mutineries de 1917, dont les commanditaires se désisteront tous les uns après les autres parce qu’il y a la réalité économique, les difficultés aux sortie de la guerre, la concurrence du cinéma de divertissement hollywoodien qui envahit les écrans selon l’accord Blum- Byrnes et même l’influence de la Guerre froide. Sans parler de Louis Daquin qui fut quasiment interdit de travailler Son oeuvre la plus remarquée a été « Le Point du jour », en 1949, un film portant sur la condition des mineurs.(13)

Maintenant nous en sommes à la situation où ce n’est plus le film qui doit aider à comprendre la réalité, mais l’illusion née dans les studios hollywoodien, la manière de vendre la marchandise, le désir du consommateur qui est mobilisé comme système de gestion de la planète. Le candidat n’est pas réel, il est une image, même l’événement n’existe pas il n’est que stratégie de communication. Est-ce un hasard si le 11 septembre a ressemblé à un film catastrophe de série B ?

Danielle Bleitrach (14)

(1) Georges Lipsitz, class and cultue in Cold War America : » Rainbow at Midnight » (South Hadley Mass 1982) pp 37-86

(2) En 1946, les Républicains prennent le contrôle du Congrès et vont faire adopter en 1947 la Loi Taft-Hartley.

(3) Schlesinger: The vital Center: The politic of freedom (Boston,1949), p.210 . On notera par ailleurs que Schlesinger dont une référence de wikipendia cité plus avant nous indique qu’il participa aux largesses de la CIA et qui reccommande l’utilisation de la dénonciation, Et bien sur ce libéral de gauche n’a pas de mots assez durs pour stigmatiser « la corruption morale et intellectuelle » des cinéastes et des scénaristes communistes qui acceptent de l’argent d’Hollywood et donc se méprisent eux-mêmes.
(4) L’accord Blum-Byrnes signé le 28 mai 1946 entre les Etats-Unis et la France liquide une partie de la dette Française (2 milliards de dollars) de la France aux Etats-Unis et offre même un nouveau prêt et une aide. En échange il impose une exigence cinématographique, culturelle autant que commerciale, toutes les salles doivent être ouvertes aux films étasuniens sauf une semaine par mois. C’est le Moyen pour les Américains de diffuser leurs valeurs autant qu’une industrie cinématographique.
(5) En 1947,Reagan était président du Screen Actors Guild, et a témoigné contre ses amis devant le H.U.A.C. de façon ignoble . Il a utilisé son poste de président au syndicat des acteurs pour épier ses amis. Il a d’ailleurs servi d’agent du F.B.I. (Féderal Bureau of Investigations), sous le nom de Agent T10. (Sa femme alias l’Agent T9).A eux deux, ils ont fourni des dossiers, des comptes-rendus, des informations divers sur tous les acteurs qu’ils soupçonnaient ou savaient communistes ou sympathisants. .Suite à cela, Reagan n’a jamais regagné la confiance des ses collègues dans le monde
d’Hollywood, qui le considérait comme un mauvais acteur et un être humain sans confiance.
Notons que Ronald Reagan devenait 33 ans plus tard, président des Etats-Unis …
(6) Quelqu’un comme John Howard Lanson, dramaturge et futur leader du Parti Communiste à Holywood adapte ses pièces à l’écran, il a des dialogues pénétrants et raffinés et d’une crudité sur les rapports de sexe, sur l’argent inconnus jusque là. Le capitalisme est dénoncé mais plutôt sous sa forme encore non aboutie, dans le sud avec le métayage du coton et les camps de travail (Curtiz et mervyn leroy). Un communiste Frank Tuttle se débrouille de créer des décors réalistes sur la misère ouvrière dans des films musicaux.
(7) Il y a une lecture des films à partir du jeu autour de ces interdits qui est tout à fait pertinente. Adorno et Horckeimer dans la dialectique de la raison dans le chapitre qui porte sur les industries culturelles décrivent le caractère incroyablement tatillon de cette censure. Alors que dans les années 1930, les cinéastes jouaient avec les interdits, dans les années 1940 il a débarqué un homme à poigne, Joseph Ignatius Breen, qui a obtenu l’appui décisif des ligues de décence et des catholiques tout-puissants. Lorsqu’il obtient qu’à la messe du dimanche les curés qualifient, désormais, de péché mortel la vision de films qu’il n’aurait pas approuvés,il a gagné.
(8) Il n’y a pas que le parti communiste, le parti socialiste tombera de 140.000 voix en 1948 à 2000 en 1956. Il ne doit rien y avoir au-delà du parti démocrate.
(9) Ce qu’il faut bien voir c’est que la grande répression qui se lance sur eux se double de divisions et de déchirement internes au sein de la gauche.
(10) Il s’agit de la gauche non communiste .Ils renoncent alors même que leur refus initial jouissait d’une grande popularité, puisqu’à cette époque 50 % de l’opinion refuse les auditions.
(11) Par exemple Charlie Chaplin. Victime du Maccarthisme (son nom figure sur la « liste noire »), il est harcelé par le FBI en raison de ses opinions de gauche, il se voit refuser le visa de retour lors de son séjour en Europe pour la présentation d’un film. Il renonce alors à sa résidence aux États-Unis et installe sa famille en Suisse jusqu’à la fin de ses jours. Après avoir reçu le Prix international de la paix en 1954, il tourne à Londres Un roi à New York (1957) où il ridiculise la “Chasse aux sorcières” menée dans l’Amérique de la Guerre froide. Il y eut d’autres victimes illustres, les frères Mann, Thomas et Heinrich. Berthold brecht qui réussit un numéro époustoufflant d’embrouille de la commission en contestant systématiquement la traduction.
(12) La carrière de Losey débute sous le signe d’un engagement politique au côté du Parti communiste américain. Sommé en 1952 de se présenter devant la H.U.A.C. alors qu’il tourne un film en Italie, il choisit de s’exiler en Grande-Bretagne. Son témoignage n’aurait sans doute pas amélioré son sort, sauf de le mener en prison. Après des études en Allemagne avec Bertolt Brecht, Losey retourne aux États-Unis, parvenant jusqu’à Hollywood.Durant le maccarthysme, il est interrogé pour ses liens supposés avec le Parti communiste et mis sur la liste noire d’Hollywood par les patrons de studio hollywoodiens. Sa carrière menacée, il déménagea à Londres où il continua à travailler comme réalisateur.Son film Le Messager (The Go-Between) a remporté la Palme d’Or au Festival de Cannes en 1971. Même au Royaume-Uni, il rencontra des problèmes : initialement proposé pour diriger la production de Hammer films de 1956 pour X the Unknown, Losey fut évincé du projet, car après quelques jours la star Dean Jagger refusa de travailler avec un sympathisant communiste présumé.

(13) Voici ce qu’en dit une brève référence aux auteurs cinématographiques « Ses idées radicales sur les problèmes sociaux l’ont fait mettre au ban de l’industrie française du cinéma. A la fin des années 50, Daquin travaille en Roumanie, en Autriche et en Allemagne de l’Ouest. Il terminera sa carrière, dans les années 60, comme directeur de production, notamment de René Clément pour Paris brûle-t-il ? » Si la france grâce à l’influence du parti communiste et de ses intellectuels prestigieux mais aussi de gens comme Sartre résista bien à l’influence des stipendiés de la CIA, il n’en fut pas de même en Angleterre . Pour connaitre tout cela voir le livred de Frances saunders, quand la CIA menait le bal dans la culture. Voir également cet article de wikipedia qui apporte des informations intéressantes.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Congr%C3%A8s_pour_la_libert%C3%A9_de_la_culture

Mais pour une industrie comme le cinéma, la réticence des producteurs à financer des films jouait plus encore que la bataille idéologique de la guerre froide, ou elle en accentuait les effets condamnant les cinéastes à ne plus pouvoir tourner du moins ce qu’ils désiraient, un cinéma didactique, tenant compte de la réalité.
(14) Entre autres sources je voudrais plus particulièrement citer Tom Andersen et Noël Burch. Les communistes de Hollywood, l’œil vivant, presse de la Sorbonne Nouvelle, 1994.

 

MACRON et un pouvoir de plus en plus rejetés !

très bon résumé du Front syndical de classe, texte auquel j’ajouterai que quand la situation est celle décrite ici, la réponse ne peut plus être autre chose que politique, malheureusement c’est là où le bât blesse il semble n’y avoir rien d’autre en magasin que des combinaisons usées, des rafistolages justes bon pour les élections locales mais qui ne posent jamais la question du pouvoir d’Etat face à ce qui apparaît de plus en plus aux « masses » populaires comme la « dictature de la bourgeoisie ». La solution qui peut convenir et encore à Bécon les Bruyères est totalement inadaptée à la crise mondiale d’hégémonie du capital dans laquelle la France est désormais prise. (note de Danielle Bleitrach)

Publié le par FSC

Le dernier sondage rendu public hier ne laisse pas de doute :

les français très majoritairement (61%) demandent le RETRAIT de la contre-réforme et manifestent méfiance et condamnation de la politique de MACRON et de son comportement.

Sur BFM-TV les commentateurs qui d’habitude s’évertuent à défendre sa politique ne cachaient pas leur étonnement de tels résultats et leur inquiétude.

Si bien que Bruno JEUDY d’habitude si prompt à justifier les choix du pouvoir pouvait s’exclamer : « on ne peut gouverner longtemps contre les classes populaires », classes qui massivement considèrent que le chef de l’état pratique une politique qui non seulement n’a pas changé leur sort, mais l’a aggravé.

Quelques résultats de ce sondage :

 

 

Des motifs d’encouragement pour contester la légitimé des contre-réformes qu’il veut mettre en oeuvre, exiger le  RETRAIT du contre-projet des retraites :

 
1 commentaire

Publié par le janvier 23, 2020 dans France, pcf, POLITIQUE

 

George Orwell, la lutte contre le « totalitarisme » de la CIA et quelques réflexions sur l’Humanité et les directions du PCF

.

Résultat de recherche d'images pour "big brother is watching you"1920 × 1080

Paradoxalement les révélations de Julian Assange et le rôle de big brother joué par la CIA y compris grâce à nos objets de la vie quotidienne ont conduit certains commentateurs à  multiplier les références à l’œuvre de Georges Orwell: 1984. Pourtant le personnage fut lui-même par anticommunisme forcené un agent de ladite CIA. Il ne se contenta d’ailleurs pas d’établir des fiches sur les communistes mais également sur les homosexuels, sur des noirs, des juifs soupçonnés d’être sensibles à l’URSS et à son rôle dans la décolonisation comme dans la lutte contre le nazisme. La « liste d’Orwell » livrée à la CIA telle qu’elle est parvenue à notre connaissance est riche en remarques antisémites, anti-Noirs et antihomosexuelles (à une période où l’accusation d’homosexualité pouvait entraîner des poursuites judiciaires).

Le 11 juillet 1996, un article, publié dans le quotidien anglais The Guardian, explique que George Orwell, en 1949, a collaboré avec l’Information Research Department (une section du ministère des Affaires étrangères britannique liée aux services de renseignements) par l’intermédiaire d’une fonctionnaire de celui-ci : Celia Kirwan. Orwell aurait livré à cet agent une liste de noms de journalistes et d’intellectuels « cryptocommunistes », « compagnons de routes » ou « sympathisants » de l’Union soviétique. La réalité de cette collaboration est prouvée par un document déclassifié la veille par le Public Record Office.

L’information est relayée en France principalement par les quotidiens Le Monde (12 et 13 juillet 1996) et Libération (15 juillet 1996). Le public français apprend à cette occasion que l’auteur de 1984 « dénonçait au Foreign Office les « cryptocommunistes » » (Le Monde, 13 juillet 1996). Dans son numéro d’octobre 1996, le magazine L’Histoire va plus loin encore, expliquant qu’Orwell aurait « spontanément participé à la chasse aux sorcières » organisée contre les intellectuels communistes par le Foreign Office.

Mais c’est le livre de la Britannique Frances Stonor Saunders The CIA and the Cultural Cold War (Granta, 1999) (Qui mène la danse ? La CIA et la guerre froide culturelle, Denoël, 2003, épuisé mais que je possède et qui mériterait une réédition) qui va avec d’autres non traduits (1) révéler réellement qui était le personnage et pourquoi il est logiquement l’idole qui a accompagné la révolution conservatrice et certains trotskistes qui sont en fait les meilleurs alliés de Soros, même s’ils feignent un anti-impérialisme de bon aloi. On les retrouve partout où effectivement Soros mène ses bonnes œuvres, en Crimée, par exemple toujours prêt à dénoncer le nouveau big brother, celui que désigne la CIA qu’il s’agisse de quelques pays du Moyen orient ou de la Chine… ce sont les mêmes qui ne craignent pas de taxer Aragon d’être une crapule « stalinienne ». Bref les disciples d’Orwell… qui ont désormais leurs entrées à l’Humanité et dans la presse dite communiste…

Mais selon le livre très documenté de Frances Stonor Saunders celui avec qui va s’élaborer la théorie n’est pas Orwell mais Koestler : « la destruction du mythe communiste ne pouvait être accomplie qu’en mobilisant les personnalités aussi bien de gauche que non communistes dans une campagne de persuasion (…) Effectivement, pour la CIA, la stratégie de promotion de la gauche non communiste allait devenir le fondement théorique des opérations de l’Agence contre le communisme durant les deux décennies suivantes (2) »(cité par Frances Stonor saunders p.73-74)

L’Humanité et ceux qui depuis des décennies dirigent le PCF semblent incontestablement « agis » et il a fallu que je passe par Cuba où on est très attentif et pour cause à ce genre d’influence pour le découvrir, mais il est évident que le travail idéologique accompli depuis des décennies sur les communistes ont émoussé l’attention. Le fait est que la direction de l’Humanité et celles du PCF, voire syndicales, ont exactement suivi la tactique de la CIA: mobiliser contre le marxisme et contre l’histoire du parti des gens de gauche non communiste et même clairement anti-communiste et faire régner une censure impitoyable sur tous les intellectuels désignés comme « staliniens », en fait communistes.

La théorie fondatrice de la CIA qui permettait d’établir une forte convergence entre les membres recrutés fut présentée par Schlesinger dans The Vital center, l’un des trois livres les plus influents publiés en 1949 et dont la CIA assura la promotion (les deux autres étant Le Dieu des Ténèbres de Koestler et 1984 d’Orwell).

Le thème de Schlesinger est celui du ralliement possible de la gauche non communiste dont Frances Saunder décrit les importants moyens financiers, presse, revue dont ils vont jouir: il « dresse une carte du déclin de la gauche et son éventuelle paralysie morale à la suite de la Révolution corrompue de 1917, et définit « l’évolution de la gauche non communiste » comme l’étendard auquel il fallait se rallier pour tailler un « espace de liberté ». Il ne fallait laisser aucune « lampe à la fenêtre pour guider les communistes ».

Je reviendrai un de ces jours sur Orwell et sur la manière dont avec d’autres il va œuvrer à ce projet.

Quand un gouvernement européen qu’il s’agisse de la France du Programme commun sur laquelle Mitterrand a fait une OPA, sur le gouvernement portugais actuel et même sur l’espagnol, tout l’enjeu reste de minimiser la place des communistes et d’organiser une pression sur leur totalitarisme par rapport à une gauche elle considérée comme défendant les libertés. Il est évident comme je l’analyse dans mes mémoires qu’un certain nombre de dirigeants communistes ont participé dans ce projet et il faut analyser ses liens avec l’eurocommunisme.

Pour moi la censure de l’humanité et ce qui se prépare pour la célébration du centième anniversaire du PCF participe encore et toujours de cette visée de la CIA, que ceux qui en sont chargés soient conscients ou de simples marionnettes, le fait est.

 

Danielle Bleitrach

(1) Annie Lacroix dans un article au Monde Diplomatique cite un certain nombre des autres auteurs anglo-saxons qui ont éclairé ce rôle désormais bien connu de Georges Orwell, on citera en particulier : Richard J. Aldrich, The Hidden Hand : Britain, America, and Cold War Secret Intelligence (John Murray, 2001) ; James Smith, British Writers and MI5 Surveillance, 1930-1960 (Cambridge University Press, 2013), en particulier le chapitre sur Orwell et Arthur Koestler, p. 110-151 ; Andrew Defty, Britain, America and Anti-Communist Propaganda, 1945-1953 : The Information Research Department (Routledge, 2004). Orwell, idole des neocons de plus en plus vénérée depuis les années 1980 ? Il n’y a pas maldonne.

2) Michaël Warner « Origin of The Congress for cultural Freedom. studies in Intelligence , vol 38/5, été,1995. Historien travaillant pour la CIA, Michaël Warner, a pu consulter les dossiers classés inaccessibles aux autres chercheurs mais étant de la maison il commet inexactitudes et omissions dont il faut se méfier.

 

L’inégalité met le système social français en danger

Tout à fait d’accord sur cette analyse, la vraie question est qui peut lutter contre cette tendance, aucun des partis qui ont été au pouvoir depuis l’ère Mitterrand qui a été le déclencheur en France de la dite tendance.. Seul un parti communiste qui retrouvera ses fondamentaux et ne se vivra pas dans un rafistolage permanent de la gauche plurielle,une subordination acceptée parce qu’on ne croit plus au socialisme et n’ose pas le défendre (ce qui est le cas actuellement) peut impulser un changement profond. Sans ce parti là, il n’y aura pas de gauche mais des gens prêts à nous installer des Macron sur ordre du grand patronat, des soutiens d’une UE belliciste, néo-libérale, anticommuniste et proche de fait des fascistes des syndicats vendus au patronat comme la CFDT, tout cela perdurera et avec cette situation l’abstention, l’extrême droite. La seule question est de savoir s’il est possible qu’un véritable parti communiste colonne vertébrale du changement réel pourra enfin apparaître? Un projet de société contre un autre projet de société, pas les petits arrangements , pas l’éternel constat mais le Que faire? … (note de danielle Bleitrach)

Quand on a reçu un « pognon de dingue » pour faire campagne, grâce aux généreux dons d’exilés fiscaux, on renvoi l’ascenseur ! Bernard Arnault (avec M. Levy de Publicis) a de quoi se réjouir. Le bouclier fiscal de Sarkozy a été blindé. Le Français le plus riche (60 milliards d’euros) est dispensé de solidarité nationale.
MARTIN BUREAU /AFP

En France, le modèle social est aussi « en danger », selon l’ONG« car notre fiscalité repose de manière croissante sur des impôts régressifs comme la TVA et la CSG, des impôts qui pèsent proportionnellement plus sur les citoyen.ne.s les plus pauvres ». A l »inverse, l’impôt sur les sociétés est en baisse de 23 % depuis 20 ans.

Oxfam dénonce clairement les mesures fiscales prises par le gouvernement de M. Macron : « L’instauration de la flat tax et la suppression de l’ISF [impôt de solidarité sur la fortune] ont accentué cette tendance en diminuant de nouveau la participation des plus riches à notre système de redistribution ». D’après un rapport du Sénat, le top 100 des contribuables qui payaient l’ISF a gagné en moyenne 1,7 millions d’euros chacun grâce à ces mesures, sans impact visible sur l’investissement, qui était pourtant la justification de la réforme.

L’ONG en tacle au passage le projet de réforme des retraites, qui « pourrait pénaliser les carrières hachées qui concernent le plus souvent des femmes »« Les grand.e.s gagnant.e.s de notre système actuel de retraite sont les plus riches puisqu’ils profitent en moyenne plus longtemps de leur retraite par répartition, avec une espérance de vie de treize ans supérieure à celle des plus pauvres, indique le rapport. Au lieu de les mettre plus à contribution, le projet de réforme actuel prévoit de baisser leurs cotisations au-delà de 10.000 euros de rémunération par mois. »

Pour Pauline Leclère porte-parole d’Oxfam France, « les inégalités indécentes sont au cœur de fractures et de conflits sociaux partout dans le monde car personne n’est dupe : la crise des inégalités traduit la complicité plus que l’impuissance des États à agir pour la combattre. Les inégalités ne sont pas une fatalité, elles sont le résultat de politiques sociales et fiscales qui réduisent la participation des plus riches – entreprises et particuliers – à l’effort de solidarité par l’impôt, et fragilisent le financement des services publics. Transports, éducation, santé, système de retraites…. sont sacrifiés alors qu’ils sont décisifs pour lutter contre la pauvreté. »

Pour lutter contre les inégalités, Oxfam recommande de :
- Reconnaître le travail de soin peu ou non rémunéré effectué principalement par les filles et les femmes comme une forme de travail ou de production apportant une vraie valeur.
- Rétablir une fiscalité plus équitable sur les plus aisé.e.s n, supprimer les niches fiscales qui bénéficient disproportionnément aux grandes entreprises sans bénéfice pour l’économie et lutter efficacement contre l’évasion fiscale.

 

Quand on me demande pourquoi à 83 ans je manifeste pour un système de retraite qui ne me concernerait pas, je réponds:

  • Être communiste mode d’emploi . Il me semble que j’ai l’air d’être un peu plus jeune que la photo, mais vu le nombre de jeunes qui m’interpellent dans les manifs ça doit pas être loin…

1) après la réforme des retraites, le système sera encore moins pérennisé qu’avant et nous irons de plus en plus vers un système à l’américaine, comme ça va très vite, les dommages collatéraux risquent de m’atteindre…
2) après la réforme des retraites, ils ne s’arrêteront pas en si bon chemin, ce sera la sécurité sociale leur prochain objectif de réforme.
Et là, non seulement ça me concerne mais je suis en première ligne parce que si à 83 ans je peux manifester, analyser ce qui se passe je le dois à l’excellent système de soin dont j’ai bénéficié et là:
3) ils vont vite rattraper le temps « gagné » et me le piquer pour me transformer en grabataire candidate à l’euthanasie pour ma dignité bien sûr…
4) et puis dans le peu de temps qui me reste je n’ai pas envie d’un Etat policier dans lequel comme aujourd’hui grâce à Castaner j’ai 8 fois plus de chance d’être tuée par un policier que par un terroriste, alors comme j’ai du mal à courir, euthanasie pour euthanasie, j’espère au moins en tombant freiner la charge… et comme je manie assez bien la canne, je peux aider…

 

5) en tant que communiste, enfin de ma génération, j’ai conscience de participer à un grand mouvement… Comme le disait le pape François, ce n’est pas une période de changement, c’est un changement d’époque et y participer pour moi c’est conquérir une manière d’éternité… Mais peut-êtere est-ce là quelque chose que les moins de vingt an ne peuvent pas connaitre mais le communisme ce fut et ça est encore une civilisation, un devenir de l’humanité, et il me semble que là c’est projet contre projet…

Danielle Bleitrach

 

 
1 commentaire

Publié par le janvier 11, 2020 dans France, pcf, SYNDICATS et LUTTES SOCIALES

 

Une opération de « com » qui a fait un bide…

A imagem pode conter: 1 pessoa, texto
Nenhuma descrição de foto disponível.
A imagem pode conter: 1 pessoa, texto
A imagem pode conter: 1 pessoa, texto
A imagem pode conter: 1 pessoa

 

Après l’énorme manif de Marseille, un défilé d’une taille impressionnante mais surtout avec une densité telle que nous avancions au pas, alors que toute la largeur du cours Lieutaud (une belle avenue) était occupée par cette foule… Beaucoup de jeunes…  et comme vous tous j’ai découvert que les médias répétaient que la mobilisation était en baisse… ou alors Marseille est un cas particulier ou ces gens-là mentent effrontément…

Le soir, j’ai écouté le débat sur la 2 et puis le débat sur le débat.

Soyons clairs, le débat était organisé pour nous vendre la réforme, pour isoler le méchant, Philippe Martinez, intransigeant alors qu’il fallait se parler, s’entendre entre Français, blablabla…

Mais non seulement l’enseignante tenait bon comme la non syndiquée de la RATP, mais les réponses tardaient à venir sur les questions précises que posaient les autres…

Les ministres en gros expliquaient qu‘on avait mal compris et peu à peu on se disait que l’on avait bien compris, mais qu’on n’en voulait pas en l’état et qu’ils devaient remballer leurs clous. Il est vrai qu’il y avait un gars particulièrement efficace, un taiseux, couvreur sur les toits… « Est-ce que vous croyez que même si je m’en vais à soixante ans je pourrai faire mon métier jusque-là! »  Et quand le ministre a tenté de lui vanter une reconversion, en trois mots il a démonté le discours… Ce qui était étonnant c’est que les intervenants que l’on tentait de canaliser vers la seule retraite pivot et contre les régimes spéciaux « injustes » de la SNCF, finissaient par ne plus très bien comprendre pourquoi on faisait tout ce bordel et qui y trouvait réellement avantage… Philippe Martinez avec beaucoup de perspicacité intervenait peu mais chaque fois assénait quelques faits qui déstabilisaient les arguments du ministre sans insister sur ce qui l’opposait à son collègue réformiste. 

Pourtant une place incroyable dans les reportages avait été accordée à la France profonde qui n’en pouvait plus des grèves. Par exemple, le temps consacré à l’époux de la maire d’un secteur parisien passé à la République en marche. Avant que les réseaux sociaux s’en mêlent, il s’était présenté comme un restaurateur bougnat venant nous faire pleurer sur le coût de la grève pour lui petit entrepreneur si bon pour son personnel, non seulement le reportage mais lui avait plus de temps sur le plateau que Philippe Martinez, la CGT. Après nous avons eu droit à un village de la Nièvre dans lequel tout le monde y compris le cheminot était pour la retraite à point. Il n’y avait guère que la question du pivot qui posait problème.

Oui mais voilà malgré cette mise en scène le sondage final auprès des téléspectateurs montrait que les deux ministres n’avaient pas convaincu, mais qu’en revanche l’idée que l’on demandait à chacun de signer un chèque en blanc alors que personne ne paraissait gagner quoi que ce soit à l’affaire faisait son chemin comme depuis plus d’un mois il le fait dans l’esprit des Français. Les Français sont un peuple épris de clarté, le couvreur qui était plutôt un taiseux a lancé la flèche finale: « si c’était si bien que ça, ça serait moins emberlificoté » ou quelque chose d’équivalent.

Effectivement, Il y a des moments où le langage des technocrates rappelle celui de l’escholier limousin chez Rabelais qui prétendait parler latin, et qui en lui frottait les oreilles finissait par dire en patois des choses très triviales. Pendant des heures, y compris dans le débat qui a suivi, on a entendu parler de « l’âge pivot », puis « du point d’équilibre » et à la fin quelqu’un dit ça veut dire « travailler plus longtemps ». Le fond étant lâché, aussitôt une tête à claque, économiste, ultra-libéral explique que Macron ne peut pas lâcher là-dessus non seulement à cause des économies mais surtout à cause de sa « volonté de valoriser le travail »… Et tout à l’avenant, il fallait trouver le mot abscons destiné à créer l’enfumage…

Ce qui me frappe autour de moi correspond bien à l’émission, chacun fait ses comptes et s’aperçoit que tout ça n’est pas clair et que sous prétexte d’en finir avec les régimes spéciaux – dont en pleine incohérence le ministre n’a pas craint de dire qu’ils représentaient 1% des retraites-et pensaient que Macron, ce banquier, ce président des riches n’étaient pas de ceux à qui l’on fait spontanément confiance.

Question qui avait participé aux manifestations pour prétendre comme Gisbert reprenant simplement l’intoxication médiatique que celle-ci était en baisse?

Tout cela n’est pas sérieux ou alors il y a un loup, type les sociétés d’assurance ou les fonds de pension en embuscade pour expliquer que des gens qui ont l’air de bien connaitre leurs dossiers soient incapables de répondre à des questions simples concernant des cas concrets…

Étonnez-vous après cela que non seulement samedi soit encore un jour de mobilisation, mais que le 14-15 et 16 on annonce de nouvelles mobilisations, dans le sondage au sortir de la discussion, les Français eux aussi à 71 % pensaient que ça allait continuer…

Danielle Bleitrach

A Marseille , l’ambiance:
 
 

J’accuse: Toujours à propos du vent de liberté qui souffla sur l’URSS

Description de cette image, également commentée ci-après

Phtographie: quand Elstine en 1993 fit tirer sur la douma et massacrer les députés révoltés, incendier le bâtiment, pendant qu’en Occident on taisait ce qui se passait

Sur une ligne de discussion sur un réseau social, un camarade m’interpelle :

  • tu ne peux pas nier que les peuples ont vécu la chute du mur de Berlin comme un vent de liberté même si ce fut une illusion…
  • tu as  d’autant plus raison, que je n’ai jamais dit cela. Si tu as l’occasion de lire mes mémoires malgré la censure qu’organise la presse dite communiste et les liquidateurs encore à l’oeuvre dans notre parti (1), mémoires  dans lesquelles je raconte comment envoyée par le parti je me suis trouvée dans divers lieux (à Malte, en Hongrie,etc..) où paraissait souffler ce vent de liberté, je témoigne du fait que jamais ces peuples qui se sont incontestablement engouffré dans le « gorbatchévisme » croyaient à la fin du socialisme… Il pensaient avoir le socialisme au couleur de la Pologne, de la Hongrie,etc… Avoir leur mot à dire face à des bureaucrates, voyager, il n’y aurait plus de censure…

En Russie, ce fut pareil mais aussi un peu  différent… Il y eut un référendum en 1991, partout ils  ont voté pour le maintien du socialisme et de l’URSS, sauf les pays baltes. Mais peu de temps après,  trois « ivrognes, les responsables du parti communiste de la fédération de Russie, de l’ukraine et de la Biolorussie décidèrent la fin de l’URSS après une nuit arrosée, le premier à qui ils téléphonèrent pour dire « c’est fait! » fut le président des USA et le second celui du Kazakhstan… Encore aujourd’hui en Russie, le caractère profondément illégal de la fin de l’URSS est dénoncé.(2)

Il y eut partout des révoltes des morts que l’on nous cacha soigneusement en occident, y compris les mille morts quand Elstine fit tirer au canon en 1993 sur la Douma.

Cet épisode avait été précédé par un processus de dislocation venu du sommet mais qui prétendait répondre à des problèmes réels qui se posaient en Union soviétique, de cela aussi je parle.  la désorganisation avait été créée au plus haut niveau pour mieux livrer les ressources aux capitaux américains, toute l’organisation de la production, les relations entre secteurs avaient été bouleversées, l’ère Gorbatchev fut un gigantesque foutoirs où les unités de production, les Républiques durent survivre en créant les conditions d’une autarcie parfois… Chacun bricolait pour survivre dans cette désorganisation programmée, certains s’emparaient des unités de production, des terres… mais les Chinois font remonter l’erreur plus haut encore, dans les années autour de la fin de Staline quand il n’y eut pas de réformes nécessaires mais fuite en avant à la Khrouchtchev.

En 1991, après une brève période d’euphorie, tous ces malheureux virent fondre sur eux la politique de madame Thatcher, ce fut terrible au point que les Russes ne faisaient plus d’enfants.

Mêmes les Polonais d’où tout était parti s’obstinèrent à voter communiste, mais leurs communistes étaient devenus sociaux démocrates et privatisèrent à tour de bras.

Parce que le vrai problème de l’URSS et des pays socialistes dont il faudra bien parler un jour même si les mêmes liquidateurs que ceux qui ont vendu l’URSS sont à la tête de l’humanité et s’apprêtent à organiser la plus ignoble des célébration du parti qui se puisse imaginer avec le lâche assentiment des communistes français, c’est que jamais les peuples n’ont voulu la fin du socialisme . Ils ont cru avoir un meilleur socialisme avec les conquis mais aussi la liberté, voir une possibilité d’autogestion. Avec les privatisation on leur a vendu des parts de leur entreprise, certain y ont cru, on les a dupé comme ceux qui ont pris la tête du parti vous ont dupé depuis plus de 25 ans.

Le vrai problème est qu’i n’avait plus d’organisation collective, plus de syndicat et le parti qui était censé les défendre était passé à l’ennemi… Ne croyez pas que les communistes français n’ont pas eu le même phénomène, regardez ce que sont devenus ceux qui nous ont dirigé, Robert Hue passé à Macron, MGB faisant campagne pour Mélenchon contre son propre parti et aujourd’hui les liquidateurs de l’humanité, les prévaricateurs trotskistes rassemblés autour de Pierre Laurent continuent leur destruction en prétendant coller à la nouvelle direction en s’étant emparé de l’humanité, des finances,  du secteur international… et des festivités autour de la célébration des 100 ans du parti.

Quand je dis que ce sont des trotskistes, croyez bien que je ne suis même pas « anti-trotskiste », ils ont eu des intellectuels intéressants, mais leur vrai problème est leur stratégie, l’entrisme, la manipulation et la dénonciation surtout de tous les socialismes existant en affirmant que tout n’a été que répression, dictature, et qu’eux seuls porteront le vrai communisme. Personne ne les croit et partout ils ne représentent plus que 1% des voix, nous y sommes et nous leur laissons le soin de diffuser seul marxisme encore toléré dans nos rangs ou alors c’est une pensée niaise et social démocrate, un vague humanisme de boy scouts alors que la situation se tend de plus en plus tant pour les couches populaires, qu’au plan international.

Sont-ils des traîtres, des vendus? Il y en a eu incontestablement, mais le phénomène est beaucoup plus complexe que ça. Dans toutes sociétés nous a expliqué Marx, les idées dominantes sont celles de la classe dominante et il est difficile d’y résister. Si il y a eu besoin d’organisation et d’un parti communiste c’est non seulement pour conquérir des droits, mais aussi pour résister au plan « spirituel » aux idées reçues, à ce qui parait logique, par exemple qu’il y a eu toujours des riches et des pauvres ou que le communisme est une belle idée mais qu’il a échoué partout… Plus le parti s’affaiblit, plus les idées dominantes y reprennent de la force et les faits mille fois interprétés deviennent des évidences. Nous avons subi cela et c’est ce que je montre dans mes mémoires. je ne règle pas de compte, mais rend hommage à la plupart, beaucoup se sont débattus pour trouver une issue et les choix se font parfois différents en ayant des analyses proches.

mais rien ne justifie la répression menée au sein du parti contre des communistes comme moi qui pensions autrement et souhaitions le dire. Rien si ce n’est que ceux qui agissaient ainsi étaient à leur manière des combattants de l’adversaire. Rien ne justifie qu’un dirigeant de l’humanité toujours en place et continuant à exercer la censure soutienne Robert ménard contre fidel castro dans sa résistance héroïque.Cela a eu lieu et n’a toujours pas reçu explication, ni autocritique.Et depuis plus de 20 ans au plan international, les communistes ont été plus moins embarqués dans la politique de la CIA. cette forfaiture, c’est le mot qui convient, a été dépassée aujourd’hui avec la condamnation du meurtre du dirigeant iranien.

Je n’ai jamais vu pareille errance de la part de nos camarades russes, ni les Cubains, ni les Portuguais, ni les Grecs… Et nous continuons à ignorer le dialogue avec eux.

Etait-il juste d’ignorer leurs combats, leur résistance, d’en faire des caricatures « staliniennes »? Il sont restés la principale force d’opposition et encore aujourd’hui mènent des combats exemplaires dont nous ignorons tout parce que notre presse raconte n’importe quoi.Nous qui avons tant reçu y compris sur le plan financier de la part des soviétiques devons-nous abandonner les amis dans le malheur , voilà la honte de ce parti à mes yeux…

Cette tragique histoire mérite de la part d’un dirigeant dans lequel nous avons placé notre dernier espoir autre chose qu’une appréciation que certains accablés eurent il y a trente ans devant l’événement. Si un instant ils baissèrent les bras, toute leur vie mérite meilleure appréciation. Un peu de réflexion s’impose ou alors cela veut dire que les liquidateurs, les négationnistes de notre histoire ont gagné parce qu’on va leur laisser notre mémoire et avec elle notre capacité de lutte. Sous cette double influence « théorique », en ayant toujours pas la moindre stratégie pour construire le socialisme au couleur de la France, simplement un kit de survie électoraliste, nous sommes condamnés à disparaître quel que soit le dévouement de nos militants et d’un part de nos dirigeants.

Fort heureusement partout dans le monde, les communistes ne sont pas tombé au niveau idéologique qui est le nôtre. Quelquefois c’est pire, mais le plus souvent sous l’influence des luttes actuelles contre le néo-libéralisme et la contre-révolution que vit le monde, partout on voit resurgir des partis que l’on croyait éteints, la plupart sont à l’aise dans ces luttes… D’autres partis ont poursuivi la réflexion, le parti communiste chinois a consacré d’importants moyens à l’analyse de ce qui s’est passé en URSS, des travaux ont été publiés, traduits en russe, les archives russes elles-mêmes ont commencé à être exploitées et c’est infiniment plus intéressants que les stupidités anti-communistes et indigentes qui font les beaux jours de l’humanité et d’autres publications.

IL EST CERTES DIFFICILE POUR UN DIRIGEANT COMMUNISTE FRANCAIS DE REMONTER LE COURANT ANTI-SOVIETIQUE CREE DEPUIS PLUS DE 20 ANS DANS UN DEBAT SUR L’ACTUALITE, MAIS IL Y A UNE IDEE SIMPLE : QU’EST-CE QUE NOUS FRANCAIS, QU’EST-CE QUE LES PEUPLES DU MONDE ONT GAGNE A LA CHUTE DE L’URSS, A L’AFFAIBLISSEMENT DES COMMUNISTES? LE CAPITALISME SE CROIT TOUT PERMIS.

Alors quand il est question de la célébration des 100 ans du parti on peut peut-être avoir d’autres ambitions politiques et théoriques que dans un débat à la télé?

Parce qu’il reste une vraie question à laquelle je ne me déroberais pas: dans un parti déjà affaibli, est-ce qu’il ne vaut pas mieux tenter de recréer l’unité et éviter la scission de gens qui bien qu’ayant porté une ligne désastreuse seraient prêts à travailler collectivement? Les communistes ne le souhaitent pas.. et ça a plus ou moins été le sens du 38 ème congrès: changer d’équipe dirigeante, de ligne, affirmer le rôle du parti, ne plus le soumettre à la social démocratie, mais sans pour autant exclure ceux qui pensent différemment. Nul ne remet en cause ce mandat, mais quand loin de travailler ensemble, ceux qui représentent l’ancienne équipe prétendent eux exclure, censurer, continuer à manipuler l’histoire du parti, quand ce n’est pas marquer des buts contre leur propre camp, la question se pose à l’inverse. La Célébration des cent ans du parti je l’affirme va être telle qu’elle se met en place par cette équipe de censeurs une insulte à la mémoire de notre parti et de l’histoire des communistes.

Je suis peut-être la seule à pouvoir vous dire cela parce que j’ai vécu tout cela, parce qu’à la chute de l’URSS j’ai fait le tour de la planète, parce que je ne me suis pas contenté de suivre ce qui se disait sur Tintin au pays des soviets, mais je suis allée à la rencontre des communistes partout, et parce que je n’ai rien à perdre, je n’ai ni poste, ni gloire à défendre, simplement ceux qui ont donné leur vie pour le communisme et dont je défend la mémoire. Maintenant ne croyez pas qu’il y ait dans ce que je vous dis tristesse, amertume, déception… Au contraire, j’ai plus de joie et d’enthousiasme que les gens de mon âge en ont, mais je suis un peu dans l’esprit de Marx quand il a vigoureusement dénoncé quelques turpitudes dans l’internationale,il se contente d’affirmer : « j’ai dit maintenant me voilà soulagé, vous vous en faites un peu ce que vous voulez! » la phrase est dites de mémoire mais le sens est là… et l’humour aussi…

Danielle Bleitrach

(1) Danielle Bleitrach. le temps retrouvé d’une communiste, mémoires, Delga, 2019 Il y a aussi tous les livres écrits sur Cuba, l’Amérique latine, celui avec Marianne Dulop, URSS, vingt ans après retour de l’Ukraine en guerre, Delga, 2015, le travail de ce blog qui est lu par entre 5000 et 67.000 lecteurs journaliers… Ce qui fait que malgré la censure ils ne peuvent pas tout à fait nous imposer le même silence que les médias bourgeois organisent autour de gens comme nous.

(2)Le 8 décembre, les dirigeants de la Russie, de l’Ukraine et de la Biélorussie se réunirent en secret à Belavejskaïa Pouchtcha, dans l’ouest de la Biélorussie, et signèrent les accords de Belaveja, proclamant la disparition de l’Union soviétique et annonçant la formation de la Communauté d’États indépendants (CEI) comme une association plus lâche à prendre sa place. Ils invitèrent également invité d’autres républiques à rejoindre la CEI. Gorbatchev le qualifia de coup d’État inconstitutionnel. Cependant, à ce moment-là comme le dit le préambule des Accords, « l’URSS, en tant que sujet de droit international et de réalité géopolitique, cesse d’exister ».