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Colloque : Mutations de capital? Nature et valeur dans la crise écologique

MUTATIONS DE CAPITAL? NATURE ET VALEUR DANS LA CRISE ÉCOLOGIQUE

Séminaire de la chaire Ecologie, Travail, Emploi

Quel rôle la nature joue-t-elle et comment considérer les effets de la crise socio-écologique pour comprendre l’expansion capitaliste aujourd’hui?

Les approches éco-marxistes soulignent une contradiction structurelle dans le rapport du capitalisme à la nature, qui pourrait conduire à une crise de la reproduction sans retour, en raison des coûts sans cesse croissants que le capital doit supporter pour régénérer un environnement non entièrement renouvelable. Cette analyse semble d’autant plus appropriée si l’on considère l’importance que la question des limites écologiques à la croissance a acquise dans les luttes sociales, les revendications politiques et les stratégies de recomposition capitaliste. Cependant, cette dynamique révèle également la tentative de prise en charge des aspects critiques de l’environnement en les transformant en de nouvelles opportunités de marché. Dans ce cadre, le capitalisme semble s’orienter vers l’intégration complète de la nature grâce à la valorisation primaire des capacités de reproduction de la matière organique et inorganique, y compris des corps humains et animaux.

Explorer le lien nature-valeur nous permet d’aborder les mécanismes, les implications et les impacts d’un tel mouvement. Cela nous amène également à nous demander en quoi le fait de repenser le rôle de la reproduction et de la productivité non humaine et biologique peut être un moyen non seulement d’actualiser la pensée marxiste ou anthropocentrique, mais aussi de remettre en question les logiques qui sous-tendent l’accumulation capitaliste, ouvrant ainsi la voie à une compréhension posthumaine de production et à l’appréciation des formes de co-dépendance multi-espèces. Avons-nous besoin d’une compréhension plus que humaine de la valeur?

 

Programme 2019-2020

 

Séminaire organisé par Maura Benegiamo , stagiaire postdoctorale sous la chaire Sessions en français sur l’ écologie, le travail, l’emploi et la politique sociale

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Publié par le août 1, 2019 dans civilisation, sciences

 

Etre marxiste dans le monde d’aujjourd’hui est un titre de gloire par Atilio A. BORÓN

Les troglodytes de la droite argentine voulaient disqualifier Axel Kicillof en l’accusant de « marxisme ». Cette attaque ne fait que révéler le niveau culturel primitif de ses critiques, ignorant l’histoire des idées et théories scientifiques élaborées au cours des siècles.

Il est évident que, dans leur ineptie, ils ne savent pas que Karl Marx a produit une révolution théorique de grande envergure en histoire et en sciences sociales, équivalente, selon de nombreux spécialistes, à celle qui, à son époque, a produit Copernic dans le domaine de l’astronomie.C’est pourquoi aujourd’hui, que nous le sachions ou non (et beaucoup l’ignorent), nous sommes tous coperniciens et marxistes, et quiconque nie cette vérité se révèle être un survivant rustique des siècles passés et un dépossedé des catégories intellectuelles qui lui permettent de comprendre le monde d’aujourd’hui.Copernic a expliqué dans son grand ouvrage intitulé « La révolution des sphères célestes » que le soleil et non la Terre occupaient le centre de l’univers.Et d’autre part, contrairement à ce que l’Astronomie de Ptolémée pensait, il découvrit que notre planète n’était pas un centre immobile autour duquel tournaient tous les autres, mais qu’elle-même bougeait et tournait.

Rappelez-vous les paroles de Galilée lorsque les docteurs de l’Inquisition l’ont forcé à revenir sur son adhésion à la théorie copernicienne: Eppur si muove! (Et pourtant elle bouge!), Il a murmuré à ses censeurs qu’ils étaient encore instruits avec Copernic plus d’un siècle après avoir formulé sa théorie.

Découverte révolutionnaire, mais pas seulement dans le domaine de l’astronomie, car elle remettait en question les convictions politiques cruciales de son époque.

Comme Bertolt Brecht le rappelle dans sa splendide pièce: Galilée, la dignité et le caractère sacré des trônes et des pouvoirs, était irrémédiablement miné par la théorisation de l’astronome polonais.

Si, avec la théorie géocentrique de Ptolémée, le pape, les rois et les empereurs étaient d’excellents personnages qui se dressaient au sommet d’une hiérarchie sociale sur une planète qui n’était rien de moins que le centre de l’univers, avec la révolution copernicienne, ils étaient réduits à la condition de fragiles roitelets d’une planète minuscule, qui, comme tant d’autres, tournaient autour du soleil.

Quatre siècles après Copernic, Marx produirait une révolution théorique d’une  ampleur comparable en brisant les conceptions dominantes sur  la société et  sur les processus historiques.

Sa grande découverte peut se résumer comme suit: la manière dont les sociétés répondent à leurs besoins fondamentaux: se nourrir, se vêtir, se loger, se loger, promouvoir le bien-être, prend possible  la croissance spirituelle de la population et garantit la reproduction de l’espèce constitue la subsistance indispensable de toute vie sociale

Sur cet ensemble de conditions matérielles, chaque société constitue un immense réseau d’agents et de structures sociales, d’institutions politiques, de croyances morales et religieuses et de traditions culturelles qui varient au fur et à mesure de la modification du substrat matériel qui les soutient.

De son analyse, Marx a tiré deux grandes conclusions: premièrement, le sens profond du processus historique se dissimule dans la succession de façons dont hommes et femmes ont fait face à ces défis pendant des milliers d’années.

Deuxièmement, ces formations sociales sont intrinsèquement historiques et transitoires: elles apparaissent dans certaines conditions, se développent et se consolident, atteignent leur apogée puis commencent un déclin irréversible.

Par conséquent, aucune formation sociale ne peut aspirer à l’éternité et encore moins le capitalisme, compte tenu de la densité et de la rapidité avec lesquelles les contradictions qui lui sont propres se développent en son sein.

Mauvaise nouvelle pour Francis Fukuyama et ses disciples qui, à la fin du siècle dernier, annonçaient au monde la fin de l’histoire, le triomphe final du libre marché, la mondialisation néolibérale et la victoire finale de la démocratie libérale.

Comme dans Copernic en astronomie, la révolution théorique de Marx a jeté à la mer les connaissances conventionnelles qui prévalaient depuis des siècles.

Celle-ci a été conçue comme un défilé kaléidoscopique de personnalités notables (rois, princes, papes, présidents, différents chefs d’État, responsables politiques, etc.) ponctuées de grands événements (batailles, guerres, innovations scientifiques, découvertes géographiques).

Marx a mis de côté toutes ces apparences et a découvert que le fil conducteur qui permettait de déchiffrer le hiéroglyphe du processus historique était les changements survenus dans la manière dont hommes et femmes se nourrissaient, s’habillaient, s’abritaient et assuraient la continuité de leur espèce. qui l’a synthétisée sous le concept de « mode de production ».

Ces changements dans les conditions matérielles de la vie sociale ont donné naissance à de nouvelles structures sociales, institutions politiques, valeurs, croyances, traditions culturelles, tout en décrétant l’obsolescence des précédentes, bien qu’il n’y ait rien de mécanique ou de linéaire dans ce conditionnement  » dernier cas »du substrat matériel de la vie sociale.

Representan, en suma, una fuga a lo más oscuro del medioevo. Bien, pero ¿alcanza lo anterior para decir que “todos somos marxistas”?

Avec ce Marx déferlant dans l’histoire et les sciences sociales, une révolution théorique aussi profonde et transcendante que celle de Copernic et, presque simultanément, celle qui  découlait des révélations sensationnelles de Charles Darwin.

Et comme aujourd’hui deviendrait la risée du village  mondial qui revendiquerait la conception géocentrique de Ptolémée, aucune chance  ne sera laissée à ceux qui  augmenteraient en traintant quelqu’un   de «marxiste».

Car cela nierait le rôle fondamental que la vie économique joue dans la société et aussi dans la société. processus historiques (et que Marx a été le premier à placer au centre de la scène). Qui a proféré une telle « insulte » avouerait, à sa honte, son ignorance des deux derniers siècles dans le développement de la pensée sociale.

De tels personnages grotesques deviennent non seulement pré-coperniciens, mais aussi pré-darwiniens, pré-newtoniens et pré-freudiens.

 

El sutil y cauteloso énfasis que Marx le otorgara a las condiciones materiales (siempre mediatizadas por componentes no económicos como la cultura, la política y la ideología) alcanza en el pensamiento burgués extremos de vulgaridad que lindan con lo obsceno.

Ils représentent, en bref, une fuite vers le plus sombre du Moyen Âge. Bien, mais est-ce que ce qui précède revient  à dire que « nous sommes tous marxistes »?

Je pense que oui, et pour ces raisons: si quelque chose caractérise la pensée et l’idéologie de la société capitaliste, c’est la tendance à la commercialisation totale de la vie sociale.

Tout ce qui touche au capital devient une marchandise ou en un fait économique: depuis les plus excellentes croyances religieuses jusqu’aux anciens droits inscrits dans une tradition multiséculaire; de la santé à l’éducation; de la sécurité sociale aux prisons, au divertissement et à l’information.

Sous le régime du capitalisme, les nations sont dégradées au rang  de marchés et le bien et le mal sociaux sont mesurés exclusivement par les chiffres de l’économie, par le PIB, par le déficit budgétaire ou par la capacité d’exportation.

Si une empreinte a laissé le capitalisme dans son passage à travers l’histoire (transitoire, car en tant que système, elle est vouée à disparaître, comme cela s’est passé sans exception avec toutes les formes économiques qui l’ont précédée), c’est à élever l’économie en tant que paramètre suprême qui distingue la bonne de la mauvaise  société.

L’ordre du capital a érigé le marché en dieu, et les seules offres admises par ce Moloch moderne sont les marchandises et les bénéfices que son échange produit.

L’emphase subtile et prudente que Marx accorderait aux conditions matérielles (toujours médiatisées par des éléments non économiques tels que la culture, la politique et l’idéologie) atteint des extrêmes de vulgarité dans la pensée bourgeoise qui frise l’obscènité.

Écoutons ce que Bill Clinton pensait  de George Bush lors de la campagne présidentielle de 1992: « C’est l’économie, stupide! » Et il suffit de lire les rapports des gouvernements, des universitaires et des organisations internationales pour vérifier que ce qui distingue le bien du mal de la société capitaliste, c’est le progrès de l’économie.

Voulez-vous savoir comment est un pays? Voyez comment vos obligations du Trésor se négocient à Wall Street ou quel est l’indice de votre «risque pays»

Ou écoutez ce que les dirigeants de droite vous disent une fois et mille fois pour justifier l’holocauste social auxquels ils soumettent  leurs peuples par le biais d’ajustements budgétaires, ils affirment que « les chiffres gouvernent le monde ».

De tels personnages constituent une classe particulière et aberrante de «marxistes», car ils ont réduit la découverte radicale de son fondateur et toute la complexité de son appareil théorique à un économisme brutal.

Le « matérialisme économiste » est une version du marxisme avortée, incomplète et déformée, mais  quiconvient très bien aux besoins de la bourgeoisie et d’une société qui ne connaît que les prix et rien des valeurs.

Un marxisme déformé et avorté, car la bourgeoisie et ses représentants ne s’approprient qu’une partie de l’argument marxien: un argument qui souligne l’importance décisive des facteurs économiques dans la structuration de la vie sociale.

 

Avec un certain instinct, ils ont mis de côté l’autre moitié: celle qui a statué que la dialectique des contradictions sociales (le conflit incessant entre les forces productives et les rapports de production et la lutte de classe qui en résulterait) mènerait inexorablement à l’abolition du capitalisme et à la construction de la société. un type historique de la société post-capitaliste. Que cela ne soit pas imminent ne signifie pas que cela n’arrivera pas.

En d’autres termes: le « marxisme » que les classes dominantes du capitalisme s’appropriaient par le biais de leurs intellectuels organiques et de leurs réservoirs de pensée était réduit à un matérialisme économiste grossier.

Par conséquent, nous sommes tous aujourd’hui marxistes. Les marxistes les plus aberrants, de «cuisine incomplète», exaltent jusqu’au paroxysme l’importance des événements économiques et cachent que les dynamiques sociales conduiront, le plus tôt possible, à une transformation révolutionnaire de la société actuelle.

Cet économisme est le degré  zéro du marxisme, son point de départ mais pas le point d’arrivée. C’est un marxisme tronqué dans son développement théorique; Il contient les germes du matérialisme historique, mais il stagne dans ses premières hypothèses et ignore (ou cache sciemment) son issue révolutionnaire et la proposition de construire une société plus juste, libre et démocratique.

Mais voyons d’autres marxistes pour qui la révolution théorique de Marx non seulement corrobore  le caractère éphémère de la société actuelle, mais aussi des pistes sur les voies probables de son dépassement historique, que ce soit par différents moyens révolutionnaires ou par la dynamique imparable d’un processus de réforme radicalisé.

Contre les marxistes inachevés, de la «cuisine incomplète», apologistes de la société bourgeoise, nous défendons la thèse selon laquelle le mode de production capitaliste sera remplacé, au milieu de conflits sociaux bruyants (car aucune classe dominante n’abdique son pouvoir économique et politique. sans se battre jusqu’au bout) pour enfin donner naissance à une société post-capitaliste et, comme le disait Marx, mettre fin à la préhistoire de l’humanité.

Mais au-delà de ces différences, les unes et les autres, les unes comme les autres, les autres entièrement et bien, nous sommes tous des enfants du marxisme dans le monde d’aujourd’hui; De plus, nous ne pouvions pas être marxistes comme nous ne pouvions pas cesser d’être coperniciens.

Le capitalisme contemporain est beaucoup plus « marxiste » qu’il ne l’était quand, il y a presque deux siècles, Marx et Engels ont écrit le Manifeste du Parti communiste.

La diatribe contre Axel Kicillof est une sortie intempestive qui dépeint l’anachronisme brutal de vastes secteurs de la droite argentine et latino-américaine, de ses représentants politiques et intellectuels, avec  leurs réticences scandaleuses face aux  avancées produites par les grands révolutionnaires de la pensée contemporaine : Ils se méfient de Darwin et de Freud et croient que le marxisme est le délire d’un juif allemand.

Mais, comme le dit avec moqierie  Marx, certains sont des marxistes comme M. Jourdain, ce curieux personnage su bourgeois gentilhomme de Molière qui parlait  en prose sans le savoir. Ils babillent un marxisme rampant, transformé en un économisme grossier et sans la moindre conscience de l’origine de ces idées dans les travaux d’un des plus grands scientifiques du XIXe siècle.

Et d’autres, au contraire, savent que c’est la théorie qui nous enseigne le fonctionnement du capitalisme et qui, par conséquent, fournit les instruments qui nous permettront de laisser derrière nous ce système inhumain, prédateur et destructeur de la nature et des sociétés, qui se nourrit des guerres sans fin et sans fin qui menacent de mettre fin à toute vie sur cette planète.

Par conséquent, loin d’être une insulte, être un marxiste dans le monde d’aujourd’hui, dans le capitalisme de notre temps, c’est un titre de gloire et une tâche  indélébile pour ceux qui le profèrent comme s’il s’agissait d’une insulte.

22 juillet 2019

Source:
https://www.rebelion.org/ noticia.php? Id = 258506

 

 

 

 

 

 

 

 

22 de julio de 2019

Fuente:
https://www.rebelion.org/noticia.php?id=258506

 

Plus qu’un témoin: revisiter Primo Levi à 100 ans de sa date de naissance.

Le travail de l’écrivain italien est surtout connu pour son rôle relatant l’horreur des camps de concentration. Il était cet homme et bien plus encore cet article nous donne à voir la profondeur de son oeuvre, la manière dont il a tenté de concilier la littérature et la science pour échapper au mal absolu et personnellement je comprends mieux son suicide qui est inscrit dans ce à quoi il s’était voué, l’écriture autant que d’avoir cotoyé le mal absolu et savoir qu’il ne manquerait pas de revenir (note et traduction de Danielle Bleitrach).

TURIN – Primo Levi est actuellement l’auteur italien le plus lu et traduit au monde. Les œuvres complètes de Primo Levi , éditées aux États-Unis, ont considérablement accru la portée mondiale de l’auteur, ses enseignements continuant  à travailler  la conscience collective. Pourtant, il a fallu de nombreuses années pour comprendre que Levi était l’un des plus grands écrivainsdu monde du XXe siècle, et pas seulement en Italie.

Il était déjà écrivain avant de quitter le camp d’internement de Fossoli, dans le centre de l’Italie, dans le train de marchandises à destination d’Auschwitz. Il avait écrit des poèmes et des nouvelles, et avait caché l’idée de ce qui allait devenir la brillante histoire Carbon , qui scelle The Periodic Table (en 2006, The Guardian l’ appelait le plus beau livre de science de tous les temps).

C’est arrivé, donc ça pourrait se reproduire.

Il avait un œil sélectif d’écrivain , sachant choisir des détails révélateurs dans la confusion d’événements quotidiens, qui s’avéraient alors utiles pour donner un sens à ce qui n’a pas de sens du tout. Ayant échoué à ses examens d’enseignement secondaire en Italie, Levi avait pénétré  Dante en profondeur. En tant que lecteur omnivore, il avait construit un vocabulaire impressionnant, à la fois en termes d’extension et de variété (maintenant, avec l’aide de puissants médias numériques, le moment est venu de le cartographier dans son intégralité). Levi a pu créer – comme avec son frère littéraire Italo Calvino, qui était un peu plus jeune – ce lien parfait entre science et littérature, qui corrige la fracture qui, autrement, rendrait notre culture anémique.

C’est pourquoi l’étiquette de témoin , à laquelle son travail a été confiné, est trop étroite – à la fois pour lui et pour If This is a Man, qui reste un chef-d’œuvre littéraire. Il reste encore beaucoup à lire et à découvrir chez cet écrivain aux multiples facettes brillantes, variées, profondes, spirituelles, affables, amusantes, voire capables de récits fictifs à souffle symphonique ( Si pas maintenant, quand? ). Un polyèdre dont vous ne pouvez pas vous empêcher de compter les visages.

Mémoire des survivants de Primo Levi: Si c’est un homme

Tout ce qu’il a écrit n’était jamais mineur ni improvisé. Ses nouvelles « fantabiologiques » (comme Calvino les appelait) sont prophétiques, ses entretiens imaginaires avec des animaux ou des articles dans le journal La Stampa , un pur délice. C’était un humoriste, comme l’appelait à juste titre Massimo Mila dans sa notice nécrologique, qui aimait écouter et raconter des histoires. Mais il était aussi un anthropologue, un essayiste, un poète, un traducteur, un éthologue , un linguiste.

Primo savait tout, mais cachait son immense connaissance, peut-être pour ne pas embarrasser ceux à qui il parlait. Ses intérêts vont des trous noirs aux ingénieuses mini-hélices qui permettent à la bactérie Escherichia coli de se déplacer dans nos intestins. Cet homme qui, par excès de modestie, s’est présenté comme un écrivain du dimanche , un chimiste spécialisé en écriture (comme si la chimie était un léger handicap et non un excellent instrument d’apprentissage) était un artiste qui maîtrisait les mots avec la même compétence avec laquelle il manipulait des flacons au laboratoire . Il avait à côté de son bureau une batterie de dictionnaires étymologiques et dialectaux et souriait à la véritable signification du mot « madamin »: « jeune épouse dont la belle-mère est toujours en vie ». C’est-à-dire une femme coupée en deux sans véritable pouvoir.

Les problèmes ont stimulé sa créativité.

« C’est arrivé, donc ça peut se reproduire: c’est le cœur de ce que nous avons à dire », prévient-il. En fait, cela continue. « Vortex érudit », il ne voulait pas susciter des émotions et ne se présentait jamais comme une victime. Il voulait comprendre comment fonctionnaient les esprits des Allemands et les nôtres – en particulier pour ceux qui peuvent s’accroupir confortablement dans la « zone grise » de ceux qui prétendent ne pas voir et ne pas savoir et qui, par leur silence, permettent la prolifération de régimes autoritaires. Ce n’est pas par hasard que Claude Lévi-Strauss avait accueilli Levi dans le groupe des ethnologues.

Il portait l’e mal absolu imprimé sur sa peau mais n’était ni nihiliste ni catastrophique. C’était un homme d’espoir empirique et durable. Bon technicien de laboratoire, il faisait toujours confiance à l’ homo faber , qui crée certes des catastrophes, mais est en mesure d’y remédier. Les problèmes à résoudre, en particulier les plus pénibles, ont stimulé sa créativité.

The Guardian l’appelle: « le plus beau livre scientifique de tous les temps ».

Cent ans après sa naissance (31 juillet 1919), que pouvons-nous apprendre de ses œuvres? Qu’a-t-il à dire à notre époque où le savoir semble être devenu une faiblesse et que la pauvreté linguistique se gonfle dans la misère morale et civile? Tout d’abord, nous pouvons apprendre la beauté et la signification du mot nécessaire. Et puis la capacité à distinguer, à reconnaître les différences, la rigueur, la précision, la capacité à apprendre des erreurs, la ténacité, la planification. En bref, les bases d’un bon chimiste qui « pèse et divise, mesure et juge sur la base de preuves et s’efforce de comprendre pourquoi ».

Sur son bureau, les tests ne se terminaient jamais. Il a appliqué à lui-même le maximum de scrupule critique, comme l’a démontré The Drowned and the Saved , un livre de clés qui devrait être remis à chaque Italien à l’âge de 18 ans, avec une copie de notre Constitution.

En italien, son nom signifie « premier »: il était le premier parmi les écrivains, un patrimoine de l’humanité à nous aider à défendre ce qui reste de l’être humain dans ce crépuscule de l’Occident.


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Seul un « changement de système » peut éviter un changement climatique catastrophique, nous disent les scientifiques. Par Nafeez Ahmed

Voilà des idées que je suis tentée de partager en totalité à la seule différence près -et elle est de taille- que je ne parle pas de « système », mais bien de capitalisme, un mode de production avec son rapport aux forces productives et ses rapports de classe. Cela évite bien des fausses solutions et des ambiguités qui ne mèenent nulle part. Un langage clair est nécessaire et pas une fausse entente qui laisse la porte ouverte à toutes les réactions (note de Danielle Bleitrach)

par Les-crises.fr DT

Source : Medium, Nafeez Ahmed, 12-10-2017

Source : Flickr (kris krug)

Si on veut que le monde ait une chance sérieuse de limiter le réchauffement de la planète à 2°C pendant ce siècle, limite convenue au niveau international, la transition vers les énergies renouvelables devrait se faire beaucoup plus rapidement que ce qui est prévu par les efforts actuels, selon une nouvelle étude dans la revue Science.

Cette étude, réalisée par des scientifiques des universités de Manchester, Sussex et Oxford, et publiée le 22 septembre, conclut que pour respecter les engagements pris en matière d’émissions de carbone en vertu de l’Accord de Paris, les gouvernements du monde entier doivent initier des changements rapides et simultanés dans des secteurs clés comme l’électricité, les transports, le chauffage, l’industrie, les forêts et l’agriculture.

Sans cette « sortie rapide et radicale des énergies fossiles », conclut l’article, nous ne pourrons pas maîtriser assez rapidement l’augmentation prévue des émissions mondiales de carbone. Les scientifiques s’accordent à dire que cela ferait inévitablement basculer le système climatique de la planète dans un dangereux réchauffement planétaire.

L’enjeu est de taille.

Un scénario de business-as-usual [maintien du statu quo, NdT] verrait une accélération des phénomènes météorologiques extrêmes; la perte de la majorité des récifs coralliens du monde, la disparition des grands glaciers de montagne; la perte totale de la banquise d’été de l’Arctique, de la majeure partie de la banquise du Groenland et la dislocation de l’Antarctique occidental ; l’acidification et le réchauffement des océans; la montée catastrophique du niveau des mers qui submergeraient alors les grandes villes de Londres à New York; l’effondrement de la forêt amazonienne et l’érosion du permafrost arctique; pour ne mentionner que quelques-unes des conséquences.

Un autre article dans Science Advances mentionne également que notre trajectoire actuelle d’émissions de carbone pourrait déclencher une extinction planétaire massive après 2100, qui se poursuivrait au cours des siècles et des millénaires suivants.

Mais ce n’est pas forcément la fin du jeu. Dans le cadre de l’Accord de Paris, les pays ont accepté de « poursuivre leurs efforts » pour limiter le réchauffement climatique à environ 1,5°C, ce que les scientifiques considèrent comme un objectif plus sûr. Une étudeantérieure de Nature Geoscience précise que nous avons encore le temps d’empêcher une augmentation de 1,5°C – un délai allant peut-être jusqu’à 20 ans aux taux d’émissions actuels.

Certains, dont Breitbart, affirment que le document de Nature veut dire que le réchauffement de la planète ne se produit pas aussi rapidement qu’on le pensait jusque là, ce qui donne l’impression que nous n’avons pas besoin de limiter les émissions aussi rapidement. C’est faux. En réalité, la conclusion du document est que si rester à 1,5°C « n’est pas encore une impossibilité géophysique », il faudra encore beaucoup plus de volonté politique et des efforts de modération plus soutenus. Le document recommandeune diminution drastique des émissions et ce, immédiatement pour atteindre zéro d’ici 2080.

La nouvelle étude de Science étaye cette conclusion avec plus de précisions sur ce qu’il convient de faire exactement pour réussir ce type de décroissance : partout dans le monde, nous devrons tripler le taux annuel d’amélioration de l’efficacité énergétique, rénover des bâtiments entiers, passer presque exclusivement à la voiture électrique, et finalement produire 95 % de toute l’électricité à partir de sources à bas carbone. Tout cela d’ici 2050.

C’est une tâche herculéenne, quelle que soit la méthode. Et pourtant, la nouvelle étude soutient que non seulement une transition aussi rapide est techniquement réalisable, mais qu’elle pourrait améliorer la qualité de vie de millions de personnes.

Les auteurs mettent en garde, les progrès actuels sont beaucoup trop lents. Ils soutiennent que les chercheurs en climatologie, les décideurs politiques et les modèles actuels de transition ont tendance à adopter une approche beaucoup trop fragmentaire, se concentrant « sur une seule pièce du puzzle de la transition vers des émissions bas carbone, tout en évitant bon nombre des points cruciaux du monde réel qui permettraient d’accélérer les transitions. »

Cette approche incohérente nous conduit vers la catastrophe. Le professeur Benjamin K. Sovacool de l’Université du Sussex, coauteur de l’étude, a déclaré : « Les taux de changement actuels ne sont tout simplement pas suffisants. Nous devons accélérer les transitions, augmenter leur rythme et élargir leur portée. »

Cela ne peut se faire qu’avec de nouvelles approches de la décarbonatation, que les auteurs définissent comme quatre étapes clés.

Étape 1 : Changer le système dans sa globalité, pas seulement ses composantes

L’étude exhorte les décideurs politiques, les investisseurs et les scientifiques à se focaliser sur les « systèmes socio-techniques », définis comme « la combinaison interdépendante de technologies, d’infrastructures, d’organisations, de marchés, de réglementations et de pratiques des utilisateurs ». Tout cela fonctionne ensemble pour répondre à des besoins sociaux importants, tels que la mobilité personnelle.

Le défi majeur est que cela fait plusieurs décennies que les « systèmes socio-techniques » dépendants des combustibles fossiles se développent. Ils sont maintenant devenus résistants au changement parce que leurs composants eux-mêmes ont « co-évolué » d’une manière conduisant à l’auto-renforcement.

Selon les auteurs, pour dépasser ce problème, il faut des changements simultanés à plusieurs niveaux. Les innovations technologiques de niche dans des secteurs spécifiques, qui diffèrent radicalement du « système dominant existant », doivent être encouragées par un soutien politique plus substantiel. Cela devrait s’accompagner d’efforts visant à affaiblir le système existant, à faire converger les innovations avec d’autres technologies clés et à favoriser les « processus sociaux, politiques et culturels » qui facilitent leur adoption rapide.

Le point essentiel de cet argumentaire n’est cependant pas d’amener les gouvernements à travailler ensemble. Il s’agit plutôt d’essayer de faire comprendre aux gouvernements qui ont déjà signé l’Accord de Paris qu’ils ont besoin d’une approche beaucoup plus « globale ». Bien que cela n’augure rien de bon si un pays comme les États-Unis se retirede l’Accord de Paris, cela n’empêche pas les États locaux comme la Californie d’adopter la démarche proposée par l’étude pour favoriser des changements rapides à leur propre niveau.

Étape 2 : Associer les technologies pour les renforcer

En s’appuyant sur cette argumentation, l’étude montre que lorsque différentes innovations technologiques sont associées pour créer une nouvelle façon de faire les choses, chacune des technologies distinctes s’en trouve renforcée. Les auteurs préconisent un rapprochement plus efficace des technologies qui produisent de l’électricité à partir de sources d’énergie renouvelables, comme l’énergie solaire photovoltaïque (PV) et les éoliennes, sans oublier les technologies complémentaires de stockage de l’énergie, de gestion de la demande, de réseaux intelligents, etc.

Des configurations permettant de relier les véhicules au réseau, par exemple, pourraient permettre aux batteries de véhicules électriques (VE) de se connecter directement au réseau, de lui envoyer la charge électrique et d’adapter le taux de charge en fonction de la demande. Cela pourrait compenser le problème d’intermittence du vent et du soleil (le vent ne souffle pas toujours et le soleil ne brille pas toujours) grâce à l’« équilibrage de charge » : pendant que les VE sont connectés au réseau, ils stockent l’électricité excédentaire pendant les périodes de faible demande et la libèrent lorsque la demande augmente.

En mai 2016, Nissan et Enel ont lancé au Royaume-Uni un projet pilote de véhicule connecté prouvant que même si le concept n’existe encore qu’à petite échelle, l’intérêt commercial existe. L’étude estime que des projets comme celui-là pourraient rapidement prendre de l’ampleur si les gouvernements, les entreprises et la société civile collaboraient plus étroitement pour surmonter les freins à l’adoption.

Étape 3 : Réveiller les gens et les entreprises

L’étude reconnaît qu’une accélération de la transition n’ira pas sans une acceptation sociale sans réserve. Cela signifie qu’il faut sensibiliser les gens aux avantages sociaux, économiques et culturels considérables qui découleraient d’une transition bas carbone.

Malheureusement, dans la pratique, il s’agit d’un domaine où les progrès semblent presque inexistants. L’an dernier, un sondage Pew a révélé que le nombre d’Américains qui croient que l’activité humaine est à l’origine des changements climatiques était minoritaire, soit 48 %, niveau pratiquement inchangé par rapport à il y a six ans.

L’étude ne présente que peu de recommandations politiques spécifiques sur la façon dont les décideurs politiques ou d’autres parties prenantes peuvent améliorer cette situation désastreuse. L’une des idées concrètes prônée par l’étude est de faire travailler les nouvelles industries « vertes » émergentes de manière plus cohérente pour former des coalitions politiques qui pourraient alors servir de contrepoids face aux intérêts du pétrole, du gaz et du charbon.

Dans sa conclusion, l’étude précise également qu’une transition rapide exige des entreprises qu’elles prennent conscience des risques financiers énormes qu’elles encourent en refusant d’assainir leurs chaînes d’approvisionnement dépendant des combustibles fossiles. On aura peut-être plus de chance sur ce plan là. Les compagnies de pétrole, de gaz et de charbon sont déjà poursuivies en justice pour leur rôle dans la dénégation et l’aggravation des dommages considérables causés par le changement climatique.

Comme l’a fait remarquer récemment le professeur Jeffrey Sachs, directeur du Center for Sustainable Development de l’Université Columbia, il ne s’agit là que d’un avant-goût de ce qui les attend, et les géants pétroliers pourraient bien subir le même sort que les géants du tabac.

Étape 4 : Éliminer progressivement le vieux système

La conclusion majeure de l’étude est la nécessité d’intensifier des efforts des décideurs politiques tant au niveau local, qu’étatique et national. Les gouvernements devraient être plus volontaristes en soutenant leurs engagements par une législation concrète.

Les décideurs peuvent, par des mesures politiques intransigeantes, imposer par la contrainte que les technologies obsolètes et dangereuses soient progressivement abandonnées. Au Royaume-Uni, par exemple, le Clean Air Act de 1956 a conduit les villes à créer des zones sans émission de fumée où l’utilisation du charbon a été interdite.

L’étude a vanté des récentes annonces faites par les gouvernements français et britannique pour éliminer progressivement les voitures à essence et diesel d’ici 2040 – un exemple convaincant quant à la rapidité avec laquelle ces changements pourraient se produire.

Le constat ultime est qu’il est encore possible d’éviter un réchauffement climatique dangereux. Si l’humanité relève le défi, nous pourrions tout en même temps éviter les catastrophes et créer un monde meilleur pour tous.

Pourtant, il ne suffit pas de signer des engagements ambitieux en matière d’émissions pour y parvenir. Pour tenir ces engagements, les gouvernements, les investisseurs, les entreprises et les communautés qui prendront conscience de l’ampleur du défi devront travailler ensemble pour changer le mode de fonctionnement de l’ensemble de nos « systèmes socio-techniques ».

Nafeez Ahmed est journaliste d’investigation, primé depuis 16 ans et créateur d’INSURGE Intelligence, un projet de journalisme d’investigation d’intérêt public financé par le public. Il est chroniqueur ‘Changement de Sytème’ à Motherboard de Vice. [ Lancé par Vice, Motherboard est une référence aux Etats-Unis dès lors qu’il s’agit de parler technologie et de son impact sur la société NdT]

Son travail a été publié dans The Guardian, VICE, Independent on Sunday, The Independent, The Scotsman, Sydney Morning Herald, The Age, Foreign Policy, The Atlantic, Quartz, New York Observer, The New Statesman, Prospect, Le Monde diplomatique, Raw Story, New Internationalist, Huffington Post UK, Al-Arabiya English, AlterNet, The Ecologist, Asia Times, entre autres.

Par deux fois Nafeez a figuré sur la liste de l’Evening Standard de Londres des 1000 personnalités les plus influentes et s’est vu décerner le prix Project Censored Award for Outstanding Investigative Journalism en 2015, le prix Routledge-GCSP en 2010 et le Premio Napoli (prix de Naples – le prix littéraire italien le plus prestigieux créé par décret du Président) en 2003

Son dernier ouvrage Failing States, Collapsing Systems : BioPhysical Triggers of Political Violence (Springer, 2017) est une étude scientifique sur la façon dont les crises climatique, énergétique, alimentaire et économique sont à l’origine des échecs des États dans le monde.

Source : Medium, Nafeez Ahmed, 12-10-2017

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

Les-crises.fr DT | 16 juillet 2019 à 7 h 00 min | Étiquettes : Changement climatique | Catégories : Climat | URL : https://wp.me/p17qr1-XTD
 

Gennady Zyuganov: Nous devons combiner science, technologie, révolution numérique et qualité de vie des citoyens

Après  la description par le PDG d’Huawei de ce qui fait la force de la Chine et qui est sur le fond une économie de marché complétement soumise à un gouvernement communiste qui possède les leviers de propriété collective apte à concilier innovation technologique et scientifique avec bien être des populations et leur éducation, nous avons ici les maux de l’oligarchie qui freine de plus en plus le développement, organise la fuite des cerveaux, l’évasion fiscale et la perte de la souverainet » (on s’y croirait, nous en France, y compris en matière de fuite des mathématiciens). (Traduction et note par Danielle Bleitrach)

9 juillet 2019 12h00 – le parti communiste

Gennady Zyuganov: Nous devons combiner science, technologie, révolution numérique et qualité de vie des citoyens

Le 8 juillet, la Douma d’Etat a tenu des séances d’audition parlementaires sur le thème « Les enjeux du développement de l’économie numérique ». Le Président du Comité central du Parti communiste, chef de la faction du Parti communiste à la Douma d’Etat, Gennady Zyuganov a présenté son bilan de la situation dans le domaine numérique. “Red Line publie le texte du discours.

«Chers collègues, chers  camarades! La semaine dernière, à l’initiative du président de la Douma d’État, le deuxième Forum international sur le développement du parlementarisme s’est tenu. qui a déploré une sorte d’isolement de la Russie sur la scène internationale. Des représentants de 132 pays ont également assisté au forum, dont 43 présidents de parlement. Ce qui m’a le plus frappé, c’est qu’un quatrième sujets  est venu s’ajouté aux trois sujets qui dominaient auparavant. Habituellement, ils parlaient de la menace terroriste, de la préservation de la nature, de la lutte contre la pauvreté. Et tout à coup, presque tout le monde a commencé à parler de souveraineté numérique.

À mon avis, ce n’est pas un hasard si nous tenons aujourd’hui ces auditions parlementaires sur ce sujet. Je tiens à dire en premier lieu que cela a été peu étudié. Tout le monde  ressent, y compris son importance  et son grand danger. Aujourd’hui, la « maison intelligente » reprendra toutes vos habitudes de base.Le  « Réfrigérateur intelligent » relatera vos dépendances. L’aspirateur robot donnera une image complète de votre appartement. Et votre téléphone vous signalera où vous vous trouvez, à qui vous parlez et  ceà quoi vous pensez. En résumé, cela crée un nouveau type de comportement et une nouvelle forme d’exploitation. Si  vos capacités physiques et intellectuelles ont déjà été exploitées, ils exploiteront maintenant votre nature comportementale, celle-ci sera programmée. Nous sommes donc confrontés à une réalité fondamentalement différente elle est de celles que nous ignorons..

Toute la question est de savoir qui déterminera la technologie, formulera le programme. Et qui va gérer ce processus. Quiconque répondra à ces tâches plus rapidement dominera. Et vous ne ne pourrez rien lui opposer  par aucune loi et aucune interdiction.

Nous sommes confrontés à un grand défi. Les termes en ont déjà été posées dans les années 20 du 20ème siècle, lorsque nous avons dû rattraper les pays développés. Nous avons ensuite résolu ce problème. Avant la guerre, nous avions créé le meilleur parc de machines-outils. Éduqué les meilleurs commandants et nos soldats ont été également brillamment éduqués. Cela a été  la base de la victoire.

Nous avons remporté trois victoires avant la guerre: au fil du temps, de l’espace et dans la lutte pour l’unité du pays. Si, sur ce front, nous ne sommes pas obsédés par une autre victoire, nous serons gouvernés par d’autres. Et ils sont déjà là pour le faire. .

Je lance un appel aux chefs de gouvernement avec la question suivante.  La Douma à la veille de la désignation d’un nouveau budget pour les trois prochaines années. On vous dit maintenant très intelligemment qu’il y a des progrès,s. Oui, en partie, il y a. Mais regardons la réalité: selon vos programmes en 2014, des tâches clés ont été formulées. Comment ont-elles été  mise en œuvre? En fait, il n’ya pas eu de progrès en R & D, mais abandon. Depuis 2014, la réduction des articles «Développement économique» et «Une économie innovante» est de moins 16%. « Activités spatiales » – moins 20%. Même l’usine clé qui porte le nom de Khrunichev est endettée, pour plus de 80 milliards et vous n’osez pas les supprimer pour préparer des cadres super modernes.

Aujourd’hui, presque tous nos avions sont achetés à l’étranger et la ligne budgétaire  «Développement de l’industrie aéronautique» a été réduit de 40%. «Complexe atomique» – moins 66%. « Améliorer la compétitivité de l’industrie » – moins 95%. Une image similaire dans l’industrie médicale – moins 36%.

Soit nous prenons des décisions fondamentales et investissons dans les industries de base qui déterminent l’innovation, soit nous ignorons complètement le message présidentiel, et nous ne serons pas le cinquième, mais le quinzième. Nous sommes maintenant le onzième, mais trois autres pays nous manqueront.

C’est une question de notre survie historique. Et la question, y compris la participation à la révolution numérique.

Le président dans son message définit parfaitement les tâches. Il me semblait que nous allions ensuite nous échapper dans le secteur des machines-outils, de la robotique, de l’intelligence artificielle. Nous avons cette opportunité. Nous avons des mathématiques intelligentes et je déclare encore une fois que Bill Gates a alimenté avec les notres  sa meilleure école de mathématiques. Beaucoup d’entre eux aimeraient revenir, mais où? Pour la cinquième fois, je fais une proposition: adoptons une loi en vertu de laquelle ces personnes jouiront avec leur famille des conditions super favorables . Et ils viendront à nous. Ils apporteront de nouvelles technologies, d’excellents programmes et nous aideront à progresser de manière spectaculaire. Les Chinois ont déjà tranché en ce sens, en particulier dans les industries de la fusée et du nucléaire.

Si nous prenons la robotique, c’est la base de tout, sans laquelle nous ne pouvons pas avancer. Mais je tiens à vous informer que la Corée du Sud compte près de 500 robots pour 10 000 travailleurs, que la Chine en a 40 et que nous n’en avons que 2! Et nous continuons à stagner.

Il existe une solution et nous devons la mettre en œuvre. Mais ici une triple tâche se pose: croissance économique, bien-être des citoyens et percée technologique. Ils doivent tous être résolus ensemble. Vous pouvez avoir un passeport électronique ou un classeur électronique, mais si vous n’avez pas d’emploi, si le salaire moyen est de 20 000 roubles, quel type de consommateur êtes-vous, où et où pouvez-vous déménager?

Je tiens à dire à M. Oreshkin: le président vous a confié la tâche d’atteindre le taux de croissance mondial de 3,5%.  pour le semestre: 0,7%. Si nous éliminons le composant de matière première, l’industrie sera de moins 1%. Alors résolvons ce problème! Nous vous avons proposé 12 lois, un budget de développement de 25 000 milliards de roubles. Il est également nécessaire de planifier le mouvement des flux financiers. Ainsi, au moins 2% du PIB devrait être consacré à la science. Sur les soins de santé – au moins 7%. Pour l’éducation – à peu près la même chose. Mais aujourd’hui le chiffre est deux fois inférieur!

Ils disent qu’il n’y a pas d’argent dans le pays. À cet égard, j’ai examiné les revenus de l’oligarchie russe, sur lesquels la Douma se refuse à imposer le moindre impôt juste. Les Trois oligarques principaux ont accumulé 840 milliards cette année en raison de la conjoncture des prix. Pendant ce temps, les coûts de la science et de l’éducation dans le cadre des programmes du président sont beaucoup moins élevés.C’est cela qui nous interdit d’adopter  une décision raisonnable?

C’est ce qui semble les satisfaire. Parce que le fossé dans la société s’agrandit. La qualité du personnel se dégrade. Bien-être social aussi. Et aucune «personnalité» ne nous sauvera de cette rélité là. La «personnalisation» ne devrait que nous aider à résoudre ces problèmes.

Par conséquent, USE doit être immédiatement expulsé de l’école avec un bâton. Notre école primaire est dans le top cinq, comme celle de huit ans. Et depuis la neuvième année, nous sommes tombés à la 50-60ème place. Oleg Nikolayevich Smolin ici même nous a tenu des discours fleuves pour tenter de l’expliquer.

Nous avons une loi “Education pour tous”. Zhores Ivanovich Alferov à Saint-Pétersbourg a créé un établissement d’enseignement unique, alliant école, science et industrie. Mais je ne peux en aucune façon fonder sur cette université, de sorte qu’après la mort d’un génie, elle ne soit pas épuisée.

Nous communistes avons créé des entreprises f. Le 13 juillet, nous organisons une action nationale pour la défense de la ferme d’État de Lénine, devenue la meilleure ferme du pays, malgré tous les racontars!

Nous devons donc combiner science, technologie, révolution numérique et qualité de vie des citoyens. Ensuite, nous obtenons le résultat souhaité. Merci de vous battre pour cela!  »

 

Réchauffement : les Français accusent le nucléaire et c’est du n’importe quoi

Article du POint.

  • Selon un sondage BVA, une large majorité de Français pense que le nucléaire contribue à l’émission de gaz à effet de serre. Sa part est pourtant minime. IL n’y a pas que cette idée reçue, comment expliquer qu’alors que c’est dans le secteur des transports que la polution est la plus élevée et que la seule réponse possible soit le train et pas la voiture, l’avion, le car, les mêmes français ne soutiennent pas massivement les employés de la SNCF qui se battent aussi pour le territoire, qu’ils soient prêts à croire des gens qui ont soutenu Macron dans ce domaine comme dans d’autres. Pourquoi nous communistes sommes-nous dans l' »incapacité de dénoncer le vrai danger de l’arme nucléaire, de la politique d’armement et que nous n’arrivions pas à combattre tous les obscurantismes et ceux qui les véhiculent ? et de ce point de vue l’article dit une imbécilité, l’URSS n’a jamais dénoncé le nucléaire civil mais bien les bombes et missiles qui la menaçaient et c’est peut-être dans la confusion des deux qu’il faut chercher l’origine de la mauvaise impression alors que paradoxalement les écolos se désintéressent du nuclaire militaire. (note de danielle Bleitrach)

Par 

Modifié le  – Publié le  | Le Point.fr
La centrale nucleaire de Fessenheim, pres du canal du Rhin. Les deux reacteurs devraient fermer en 2020 et 2022.
La centrale nucléaire de Fessenheim, près du canal du Rhin. Les deux réacteurs devraient fermer en 2020 et 2022.© JEAN ISENMANN / ONLY FRANCE
 
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Publié par le juin 26, 2019 dans civilisation, sciences

 

Un très grand personnage est mort, un prix Nobel russe et un communiste, un article de lui.

Le scientifique russe Jaurès Alferov, co-lauréat du prix Nobel de physique en 2000 pour ses travaux sur les semi-conducteurs et les technologies liées au laser, est mort à l’âge de 88 ans, ont annoncé aujourd’hui les agences russes.

Jaurès Alferov avait été récompensé par le jury Nobel pour ses travaux dans les années 1970 sur les technologies de l’information, qui avaient ouvert la voie aux ordinateurs, aux lecteurs de CD et aux téléphones portables. Il avait partagé son Nobel de physique 2000 avec deux scientifiques américains, Herbert Kroemer et Jack Kilby.

Engagé au Parti communiste, Alferov était né en 1930 en Biélorussie, alors partie intégrante de l’Union soviétique. Il était membre du groupe communiste à la Douma d’Etat, la chambre basse du parlement russe.

Dans son discours d’acceptation du Nobel, Jaurès Alferov avait fait remarquer que la physique avait apporté à la fois des bénéfices et des catastrophes à l’humanité au XXe siècle et il avait mis en garde contre le risque de voir tomber les mass médias en de mauvaises mains.

« La connaissance est un pouvoir, mais le pouvoir doit se fonder sur la connaissance », déclarait-il alors.

Jaurès Alferov avait été le premier Russe à recevoir la prestigieuse récompense, avec les Américains Herbert Kroemer et Jack Kilby, c’est le seul prix Nobel post-soviétique depuis l’attribution du prix Nobel de la paix au dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev en 1990. Ce prix avait donné une impulsion à la science russe post-soviétique.

« Jaurès Alferov est mort aujourd’hui », a déclaré son épouse, citée par les médias russes. Le physicien était également député communiste à la Douma. Ses travaux de pionnier ont permis des applications pratiques, utilisées aujourd’hui aussi bien pour les satellites que pour les téléphones portables ou encore les scanners de code-barres.

Ça on vous le dira, mais ce que notre blog peut vous offrir pour saluer cette vie magnifique est un texte que nous avons publié grâce à une traduction de Marianne. Le voici, nous pouvons le lire et voir à quel point ce grand personnage croyait que le communisme avait un passé glorieux et était aussi l’avenir.

Voici donc le lien avec l’article dans lequel ce grand physicien affirmait que l’URSS avait créé une société de justice et de paix. Ce dont je suis moi aussi convaincue.

https://histoireetsociete.wordpress.com/2016/01/25/jaures-alferov-nous-avons-ete-les-premiers-createurs-dun-etat-de-justice-sociale/