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Archives de Catégorie: LITTERATURE et SPECTACLES

A Moscou, Soljenitsyne est devenu un « menteur »

23 juin 2019 10:04
A Moscou, Soljenitsyne est devenu un "menteur"

Une photo du monument de Moscou à l’écrivain Alexandre Soljenitsyne , on voit  l’inscription qui a été corrigée par des inconnus.

« Quelqu’un a spécialement frotté les lettres sur le monument … » , il est clair que quatre lettres du nom de l’écrivain sur le monument – elles forment le  mot «menteur» en russe – sont différentes des autres couleurs.

Le monument à Soljenitsyne à Moscou est situé dans la rue Tagansky, également nommée d’après l’écrivain. La cérémonie d’ouverture du monument, à laquelle assistait le président russe Vladimir Poutine, s’est tenue le 11 décembre dernier.

« Red Line » a tourné le film « Vivre n’est pas un mensonge. De gré à gré », dans laquelle il a soigneusement étudié la biographie d’Alexandre Soljénitsyne. Regardez sur le site et la chaîne YouTube  » Red Line « 

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Télérama; une bobo inculte s’attaque à Brecht sur le plan du courage politique

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vioici ce que l’on peut lire dans le téléram de cette semaine  du 22 au 28 juin 2019 sous la plume d’une  certaine Fabienne Pascaud à propos de la vie de galilée, un drame de Bertolt Brecht mise en scène par Eric Ruf à la comédie française:

« Visionnaire et réformateur  du théâtre et du regard critique qu’il offre sur le monde, Brecht brilla rarement  lui aussi par son courage politique. Avoir vu interdire et brûler ses oeuvres lors du grand autodafé de mai 1933 avait dû pour jamais le  terroriser. Emigré à Hollywood en 1941, il louvoya face aux commisions anticommunistes mises en place par le maccarthysme; il ne soutient pas non plus le grand mouvement ouvrier de 1953 à son retour en RDA. Tel gallilée, sa sagesse était autre: tenir , vivre, travailler dans l’ombre et le secret, le temps toujours trop bref qui reste ».

Ce texte immonde manifeste une telle méconnaissance de Brecht que l’on serait stupéfait qu’un comité de rédaction du pire des torchons ait osé le publier, alors Télérama..

Quel est pour cette ignare le symbole du coutage politique, Céline peut-être? Tout est à reprendre dans ves lignes elle n’a même pas perçu ce que Brecht dénonce et qui l’obsédera jusqu’à la fin de sa vie et qui le rend y compris injuste à l’égard d’Einstein, l’irresponsabilité des savants face à la bombe atomique … Oser dire devant le maccartysmequ’il louvoie alors que sa prestation est un chef d’oeuvre…sur 1953, elle n’a jamais entendu parler de la phrase de Brecht sur le comité central qui dissout le peuple? OUi mais elle incapable de comptrendre à quel point Brecht est antinazi et combien il lie Hiroshima et l’extermination nazie ( Comme Lang), c’est le prolongement… Et pour lui quel que soit ses défauts le socialisme reste pour lui comme pour Lukacs le grand rempart contre la violence destructrice du capitalisme…

Tout est à reprendre dans cette pochade qui se présente comme une « critique »… le travail de 5 ans que j’ai accompli pour écrire Brecht et Lang, lenazisme n’a jamais été éradiqué m’a permis un véritable travail sur Brecht à partir de son film avec Fritz lang les Bourreaux meurent aussi et me font  me révulser devant ce révisionnisme sans rivage qui désormais fleurit dans notre presse avec des gens qui osent tout c’est même à cela que l’on mesure à quel point ils sont cons (1)…et nuisibles, les « salauds » sartriens »

Quand l’anticommunisme, le négationnisme devient la ligne éditoriale du consensus d’une presse qui s’affirme de gauche voilà ce qui en résulte.

et bien éveidemment elle détruit la mise en scène d’Eric Ruf, j’ignore ce qu’elle vaut mais c’est positif quand la critique vient d’une Fabienne Pescaud.

Danielle Bleitrach

(1) Bertolt Brecht et fritz lang, le nazisme n’a jamais été éradique. Lettemotiv editeur, 2015

 

Picasso raconte la guerre au Musée de l’Armée

Picasso raconte la guerre au Musée de l’Armée

© Succession Picasso 2019
À VOIR
Le peintre espagnol, qui a habité en France de 1901 jusqu’à sa mort en 1973 , a vu sa vie rythmée par les guerres : Première Guerre mondiale, Guerre d’Espagne, Seconde Guerre mondiale, et Guerre Froide. Paradoxalement, l’artiste ne s’est jamais confronté frontalement à la guerre : il réussit à passer entre les mailles du service militaire.

Réalisée en partenariat avec le Musée national Picasso-Paris, cette exposition explore le rapport de Picasso aux conflits, qui ont nourri et influencé son œuvre. Celui qui a frappé les esprits avec Guernica, devenue aujourd’hui une icône universelle du pacifisme, se livre dans une sélection d’œuvres retraçant son ressenti face aux événements.

La création, Picasso l’envisage comme son « journal » : dès son plus jeune âge, il fait apparaître dans son travail des faits d’actualité. Au cœur de la guerre et de l’occupation, l’artiste réfugié en France se retrouve dans une période sombre, et son art est qualifié de « dégénéré ». A la libération, des symboles de paix viennent se mêler aux motifs de guerre qui jalonnaient jusqu’ici ses œuvres. Construite de manière chronologique, l’exposition présente des œuvres de Picasso qui n’hésitent pas à dialoguer avec des éléments de contexte : archives personnelles, presse, photographies, objets.

Des nombreuses animations sont prévues en parallèle de l’exposition. Le chef Alain Passard donnera notamment une masterclass culinaire toute particulière, puisque qu’elle nous apprendra la cuisine « en temps de guerre ». Alain Passard y réinterprétera une recette issue de l’ouvrage Cuisine et restrictions d’Édouard de Pomiane, livre emblématique de la Seconde Guerre mondiale.

Des séances de cinéma, des représentations théâtres, ainsi qu’un cycle de conférence viennent également agrémenter l’accrochage, visible jusqu’au 28 juillet 2019.

Picasso et la guerre
Musée de l’Armée
Jusqu’au 28 juillet 2019
https://www.musee-armee.fr/au-programme/expositions/detail/picasso-et-la-guerre.html

 

Cette semaine , il y avait trois événements à ne pas rater, le 12 juin:

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la délégation au Consulat Britannique de Marseille en soutien à Julien Assange: tandis que le choeur vertueux des habituels droits de l’hommistes médiatiques se taisent tandis qu’un homme à qui l’on peut seulement reprocher d’avoir alerté le monde sur les crimes commis en notre nom par de pseudos démocraties, il y a quelques irréductibles gaulois dont beaucoup étaient descendus des villages de haute Provence qui sont venus chanter là leur indignation.

Il y avait l’émission de radio galère dans laquelle j’exposais le contenu de mon livre. Certes le compliment vient de si près que vous pouvez avoir des doutes sur sa véracité, mais je n’étais pas mal du tout… Si vous avez raté ce moment important, il ne vous reste plus qu’à ronger votre frein en attendant la sortie du « temps retrouvé d’une communiste ». Comme je viens d’ajouter un cahier, je ne vous garantis pas la fin juin, mais c’est sur il sera là et moi aussi, au stand de Delga, à la fête de L’humanité.

Enfin il y a quelque chose que vous pouvez encore aller voir parce que ça joue c’est le film qui a remporté la palme d’or à Cannes, « Parasite ». J’avais déjà beaucoup aimé un de ses précédents: Memories of murders. Mais là c’est non seulement une formidable illustration de la lutte des classes, avec l’odeur des pauvres, mais un mélange explosif de tous les styles cinématographiques qui fait que rien ne fonctionne comme prévu… Bong Joon-KO le cinéaste et son acteur fétiche, Song Kang-ho qui lui aussi change à chaque instant et nous inquiète, nous émeut en un froncement de sourcil.

Danielle Bleitrach

PS. Bien sûr je plaisante : hier il y a eu la révolte des urgences, ce qui tranche d’une manière énorme sur le discours lénifiant médiatique sur « la réussite » du régime Macron qui maintenant juré c’est promis va se tourner vers le social, comment, « en réduisant les impôts », c’est-à-dire soyons clair en détruisant encore plus les services publics… Mais ces trois événements à ne pas rater y compris le film que je vous recommande disent aussi l’absurdité criminelle du capitalisme sans frein qui s’est emparé de nos destins…

 

Quelques reflexions à propos de l’avant-garde artistique et du rôle du parti

A propos du comité central d’Argenteuil, dans mon livre « Le temps retrouvé d’une communiste », je m’interroge sur les apories et les dévoiements de ce comité central qui a eu lieu en 1966… Si le nom d’Aragon reste attaché à ce comité central, je pense que ces travaux et le prolongement de ces travaux ont débouché sur du grand n’importe quoi, y compris la courtisanerie mitterrandienne et  précédé par les errances de Garaudy. Avec aujourd’hui la domination du marché. Tout cela me paraît étranger à ce que cherchait Aragon. Quelquefois, Brecht a abondement usé de la méthode, organiser la rupture dans l’espace avec la Chine permet d’entrevoir des questions que l’idéologie libérale-libertaire nous masque.

Récemment je lisais l’importante thèse d’Anny Lazarus sur la critique d’art chinoise contemporaine et j’ai été frappée par la manière dont un critique important Lu Hong souligne ce qui s’est passé en Chine une dizaine d’années plus tard et qui pose les problèmes d’une manière assez semblable à celle du comité central d’Argenteuil. Son livre date de 2006, il s’intitule « dépasser les limites : art avant-gardiste chinois 1979-2004 »

Lu Hong est né en 1954, célèbre pour ses peintures à l’encre, il se tourne peu à peu vers la théorie de l’art. Son ambition est de questionner, comprendre et illustrer l’art en partant de la genèse des œuvres. Il privilégie comme Lü Peng le contexte politique et social. S’il commence son « histoire » en 1979 c’est en référence au III ème plénum du XIème Comité central (15-18 décembre 1978) qui a orienté vers le développement économique et non vers la lutte des classes, ce qui selon lui a permis d’ouvrir rapidement une brèche dans une situation « rigide, fossilisée, encroutée ».

Lu Hong admet la difficulté de sa démarche, rester objectif et serein face à des pratiques artistiques trop proches et de percevoir ce qui naît dans un moment où se multiplient les discordances, les campagnes politiques et donc les ajustements. Lu s’efforce de reconstruire les situations problématiques auxquelles les artistes ont été confrontés.

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Luo Zhongli father

Chaque illustration est interprétée et commentée en restituant le sujet dans le contexte de l’époque assorti d’une biographie de l’auteur, il y a quatre grands chapitres selon quatre périodes: 1979-1984, 1985-1989, 1990-1999, 2000-2004, 1979 s’ouvre sur Père, la peinture emblématique de Luo Zhongli, emblématique en ce qu’elle rompt avec les codes de la Révolution culturelle (rouge clair lumineux) avec interdiction de représenter des personnages en costumes traditionnels. Mais il y a de multiples courants qui surgissent.

Parce que la fameuse rupture que décrit Lu Hong est comme celle d’Argenteuil, elle revendique la liberté de l’artiste mais dans un contexte qui est celui de la commande publique, des grands commis de l’Etat et pas la toute puissance du marché.

En quoi le Parti communiste conçu comme un parti d’avant-garde a-t-il avoir avec une avant-garde esthétique ?

Ce qui est intéressant c’est la reprise du terme d’avant-garde et la référence à Saint Simon par Lu Hong. Argenteuil pour Aragon, c’est Saint Simon plus Hegel comme base de la réflexion marxiste sur l’art, on en fera Garaudy en particulier de l’anti-marxisme et on l’utilisera pour abolir tout les acquis et ils sont nombreux du réalisme socialiste.

Claude Henri de Rouvroy, comte de Saint-Simon (1760-1825) est un des inventeurs de l’idée socialiste, consistant à abolir la propriété naturelle au profit d’un despotisme des savants. C’est dans son ouvrage Opinions littéraires, philosophiques et industrielles publié à Paris en 1825 qu’il est le premier, semble-t-il, à avoir utilisé le terme d' »avant-garde » dans un sens dépassant la simple portée militaire pour lui donner un contenu plus large, surtout révolutionnaire. Dans une vision donnant la conduite du nouvel ordre social aux artistes, hommes de sciences et industriels, il imagine un dialogue entre un artiste et un scientifique et fait dire par le premier : « C’est nous, artistes, qui vous servirons d’avant-garde : la puissance des arts est en effet la plus immédiate et la plus rapide. Nous avons des armes de toute espèce : quand nous voulons répandre des idées neuves parmi les hommes, nous les inscrivons sur le marbre ou sur la toile… Quelle plus belle destinée pour les arts, que d’exercer sur la société une pression, un véritable sacerdoce et de s’élancer en avant de toutes les facultés intellectuelles, à l’époque de leur plus grand développement ! »
Gabriel Laverdant (1845)

Le même sens révolutionnaire sera repris un peu plus tard dans un texte du critique d’art Gabriel-Désiré Laverdant (1802-1884) De la mission de l’art et du rôle des artistes qui est paru en 1845 :

« L’Art, expression de la Société, exprime, dans son essor le plus élevé, les tendances sociales les plus avancées ; il est le précurseur et le révélateur. Or, pour savoir si l’art remplit dignement son rôle d’initiateur, si l’artiste est bien à avant-garde, il est nécessaire de savoir où va l’Humanité, quelle est la destinée de l’Espèce. »

Notons que Badiou qui est un platonicien combat cette conception et dénonce très logiquement le tournant de 1978, en effet Platon est hostile aux poètes et à cette conception de l’avant-garde.

À partir de cette époque, le terme avant-garde se charge d’un contenu sociologique et artistique. Il est repris par les tenants de la « dialectique » de Hegel (1770-1831), avec ses passages de thèse, vers antithèse et ensuite synthèse. L’avant-garde y est donné pour la vision antithétique d’un groupe d’artistes à un moment donné de l’évolution artistique. Celle-ci est ensuite absorbée par le corps social dans son moment de synthèse, jusqu’à ce qu’un déséquilibre apparaisse à nouveau, qui sera également réduit par l’« évolution dialectique ».

 

LE RYTHME DES MARÉES, un livre de Françoise Larouge

  • j’aime énormément les photos de Françoise Larouge et je m’en suis servi souvent pour illustrer ce blog, ne serait-ce qu’une splendide photo sur la fête de l’humanité avec son reflet dans une flaque, parce que Françoise est une communiste mais ai-je besoin de le dire quand on voit l’attention qu’elle porte aux gestes du travail, à ceux qui peuplent nos rues, nos champs et que l’on ne voit pas… Il n’est pas de photographie sans un temps qui trouve son cadrage au point de nous  le faire sentir s’écouler et Françoise sait cela, ce moment où l’imitation et l’abstraction, l’invention formelle crée quelque chose de juste et de vrai dans lequel paysage et travailforment unité. Bref, non seulement vous aurez une oeuvre mais elle parlera de nous, de ceux que l’on condamne au silence et auquel la photographie a su donner la parole, celle du « faire » qui se confond avec le paysage…je sauis fauchée mais je souscris… (note de danielle Bleitrach)
Visuel du projet LE RYTHME DES MARÉES, un livre de Françoise Larouge
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LE RYTHME DES MARÉES, un livre de Françoise Larouge

Corridor Eléphant propose une collection de livres papier en édition limitée, numérotée et signée. Ces livres sont disponibles dans sa librairie en ligne.
La maquette, l’impression et le choix du papier sont réfléchis avec l’artiste afin que l’ouvrage corresponde avec le plus de justesse possible au travail du photographe.
Le livre de Françoise Larouge sera imprimé sur un papier semi-mat 170 g.
Édition limitée, numérotée, signée par l’auteur et certifiée par un cachet à froid. Format 15×21 cm (format cahier), 72 pages. 33 photographies.
Les photographies de Françoise Larouge dévoilent « la main de l’homme », son travail comme le fruit qu’il en retire. La photographe fige en noir et blanc des gestes répétés aux saisons qui passent. Bien plus qu’un témoignage, ce travail invite à travers ces « autres champs » à retrouver le rythme du temps.

À quoi servira la collecte

CORRIDOR ÉLÉPHANT est une structure associative qui met son savoir-faire et son expertise au service des artistes et des lecteurs. Association loi 1901 sans subventions et autogérée. Nous réalisons des ouvrages voulus et désirés par tous.
Il n’y a pas de salariés au sein de CORRIDOR ÉLÉPHANT, la plus grande partie du travail est faite de façon bénévole. 80 % des sommes versées nous permettent de couvrir les frais de maquettes, d’impression, de communication et d’envoi du livre ainsi que la rémunération dl’auteur. Les sommes restantes permettent d’imprimer des ouvrages supplémentaires qui seront disponibles dans la librairie en ligne.
Les bénéfices des dons et de la vente des livres sont destinés à entretenir la plateforme en ligne, et depuis février 2018 à couvrir les frais du local de la rédaction.
Depuis sa création en 2012, plus de 1000 artistes provenant du monde entier ont été exposés (www.corridorelephant.com) et plus d’une soixantaine d’entre eux ont été édités en livre numérique (ebook), une quinzaine ont été publié en édition papier (Accès librairie). Notre volonté est de faire découvrir les talents d’aujourd’hui et de demain boudés par l’édition « classique » parce que perçus comme « trop jeunes » ou « non vendeurs ».
 

Au milieu de la mer, un bâtiment qui attend le vent pour s’éloigner…

visite d’un fabricant de moquette et tapis au Tadjikistan en 1986.

Hier Bernard Genet m’a interviewée pour son émission mensuelle de Radio Galère, une heure et demie, il avait lu le manuscrit de mes mémoires  et bien lu… Il m’a dit c’est une trame l’Histoire et une chaîne Danielle, ses émotions, ses joies et ses souffrances et cela donne un tissage étonnant, bouleversant… L’émission passera le 12 juin, je ne sais pas si le livre sera sorti de l’imprimeur à cette date, en tous les cas ce sera proche. Mais il y a eu un véritable échange dans cette émission…

Je ne sais pas si le 12 juin, le livre sera publié, parce qu’encore durant ce week-end je termine les corrections de mes mémoires, il y a à peine une heure j’ai clôt la conclusion… Ce ne fut pas facile,  j’en suis ébranlée jusqu’aux tréfonds, je n’arrive même plus à aligner deux idées cohérentes pourtant, allez savoir pourquoi, peut-être à cause du fait qu’Orphée ne peut ramener Eurydice des enfers s’il ose la regarder et alors découvrir qu’elle n’est plus.

La mémoire n’est pas l’Histoire, elle est l’imparfait du subjectif et elle est le cri de l’Histoire, celle qui porte l’histoire des vaincus jusqu’à la prochaine bataille… qui se gonflera de leurs espérances inassouvies…

Puisqu’il est question de rites funéraires, l’art s’impose comme la résurrection et le travail de deuil. Je voudrais vous parler du sens d’une exposition de peinture que je viens de voir à Aix à L’hôtel de Caumont. Il s’agit de la collection Tanhauser du musée Gugenheim à New York, un éblouissement et en même temps une époque qui ne passe pas… Celle de la fuite devant le nazisme et sa conception de l’art dégénéré, que Goering pille… Une exposition qui rompt avec toutes celles à thèmes pour restituer la chronologie et la relation des artistes à leur temps, enfin… C’est de la même nature que cette magnifique ébauche de Manet, cette femme en violet que l’on a débarrassée de tous ses vernis crasseux. Mais comme rien n’est parfait le catalogue de reproduction sabote littéralement le plus pur des Picasso en substituant au rose pâle de la chair un parme abominable qui empêche de voir la pureté des lignes, le dessin digne de Raphaël.

Quand je suis dans cet état-là il m’est impossible de dire clairement ce que je ressens et construire pour vous une vision qui unisse sensible et raison. Ce qui a toujours été ma conception de la critique… Je suis si énervée que j’en tremble et que les mots ne portent plus rien… pourtant je voudrais mettre en relation tout ce que j’ai tellement apprécié dans cette exposition avec les débats en Chine sur la question de l’art… Comme un prolongement au fil conducteur de mes mémoires…

Je vais aller me promener peut-être me baigner, en attendant le vote de demain, là aussi une porte s’est entrouverte, là où il y a une volonté, il y a un chemin… Une espérance pour le futur comme ce que j’ai voulu faire de ces mémoires… C’est une espérance, un passé pour le futur et en même temps un chemin de croix parce qu’en parlant j’ai le sentiment de les ensevelir à jamais alors que je leur appartiens. Tant que je suis demeurée silencieuse je pouvais feindre qu’ils soient là vivants flottant autour de moi … Leur taille est gigantesque, leur envergure sont celles de voiles qui s’éloignent à jamais au-delà de l’horizon en feu. Est-ce que ne restent sur le rivage que des cendres où des jeunes gens sont-ils déjà en train d’inventer leur futur ? Refuser le conformisme et l’impossible comme un destin…

Danielle Bleitrach

dès que je peux je reprends ce blog en attendant je vais marcher dans l’eau de mer…

un COURAGEUX INCONNU COMMENTE UN DE MES TEXTES DANS CE NLO: Ne t’inquiète pas bleitrach un jour tu auras un humain qui te détruira comme le mal que tu as fait aux gens. T’es écrits ne sont que tes vérités, mais ne semblent pas être la réalité…. PAUVRE TYPE, je n’ai pas eu dans mes mémoires à régler des comptes j’ai trop à dire sur le communisme, sur ce qu’il a représenté, représente encore pour m’encombrer avec des gens de cette espèce, mais parfois me manquent comme une écharde dans le cœur les vrais compagnons, camarades…