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Archives de Catégorie: LITTERATURE et SPECTACLES

Le leader de la RPDC regarde le ballet interprété par des artistes chinois

Source: Xinhua | 2018-04-17 04:50:23 | Éditeur: Liangyu
 Un des effets de la frappe en Syrie a été le resserrement des alliances, entre la Chine et la Russie, mais aussi entre la Chine et la COrée du nord. sans parler d’une bonne partie du monde musulman, les chiites mais aussi des Etats comme l’Algérie, le monde est incontestablement devenu plus hostile et plus conscient de la dangerosité de « la pseudo communauté internationale » qui frappe un état souverain, sans mandat de l’ONU et sans être en capacité de présenter des preuves convaincantes.Comme l’a dit la Chine, une telle action ne donne pas les meileures conditions de négociation entre les USA et la Corée du Nord. C’est sans doute la raison qui a poussé la maison blanche furieuse à dénoncer les propos de Macron sur le non retrait des troupes américaines dela zone syrienne. (note de danielle Bleitrach)
DPRK-PYONGYANG-KIM JONG UN-CHINE-PERFORMANCE

Des danseurs d’une troupe artistique chinoise interprètent le ballet «Le détachement des femmes rouges» à Pyongyang, en République populaire démocratique de Corée, le 16 avril 2018. Kim Jong Un, haut dirigeant de la République populaire démocratique de Corée, et son épouse Ri Sol Ju a regardé le ballet « The Red Detachment of Women » interprété par une troupe d’art chinois en visite lundi soir. (Xinhua / Yao Dawei)

PYONGYANG, 16 avril (XINHUA) – Kim Jong Un, haut dirigeant de la République populaire démocratique de Corée (RPDC), a regardé le ballet « Le détachement rouge des femmes » interprété par une troupe artistique chinoise lundi soir.

Kim a fait l’éloge de la performance des artistes chinois et a pris une photo de groupe avec eux sur scène, après l’avoir regardé avec sa femme Ri Sol Ju au East Grand Pyongyang Grand Theatre.

Après la représentation, Kim a rencontré Song Tao, chef du département international du Comité central du Parti communiste chinois (PCC).

Song a dirigé la troupe d’art chinois lors de la visite en RPDC pour participer au Festival d’Art d’Amitié du printemps du 31 avril.

Le haut dirigeant de la RPDC a remercié le président chinois et le secrétaire général du Comité central du PCC, Xi Jinping, d’avoir envoyé la troupe d’art de haut niveau en RPDC afin de procéder à des échanges culturels et artistiques.

La troupe d’art chinois est arrivée ici vendredi et a donné des spectacles de ballet de « Giselle » et « The Red Detachment of Women » samedi et dimanche.

«Le détachement des femmes rouges», considéré comme l’un des ballets chinois modernes les plus populaires, raconte l’histoire d’un groupe de femmes pauvres de l’île de Hainan, au sud de la Chine, qui a rejoint l’armée rouge dans les années 1930.

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On n’est pas vieux quand on a 80 ans et qu’on est communiste… Tout mon programme…

Résultat de recherche d'images pour "les bourreaux meurent aussi"

A la veille de mes 80 ans (le 17 avril) je suis débordée, ce qui est inespéré, fatigant mais inespéré… Quand j’imagine tous les gens qui à cet âge là sont endormis devant leur teléviseur allumé sur le vide abyssal(1)… Je comprends mieux cette phrase que l’on m’a sériné aux temps lointains de mon adhésion : le communisme est la jeunesse du monde… Il y a certes l’engagement d’une vie, l’intérêt pour les autres, tout cela est roboratif, mais il y a aussi tout ce que ma génération doit aux luttes. Nous devons tout à  la saignée de l’URSS offerte pour nous débarrasser du nazisme, aux combats des travailleurs en grève lors du Front populaire, celle de la Résistance, la bataille du rail et plus largement celle de ces militants et dirigeants communistes qui ont pesé pour que la fonction publique soit ce qu’elle doit être, pour que la santé publique soit un droit. C’est à eux tous que je dois le fait que jeudi j’ai pu distribuer des tracts devant la gare de la blancarde, samedi devant la poste des cinq avenues, mardi prochain devant le Conseil général et entre temps vécu un débat passionné sur l’Europê dans ma cellule vendredi. Parce que j’ai été sauvée de la mort dans une chambre à gaz, parce que j’ai été bien soignée, éduquée, et parce que ma vie fut une aventure qui eut la planète pour décor et la cellule locale et surtout d’entreprise comme lieu de combat.

On ne vieillit pas de la même manière quand on a eu la chance d’avoir un parti à 20% et je le crains aujourd’hui où il cherche à se mettre à la remorque de ceux qui ne le vallent pas.   Mais il ne sera pas dit que je n’aurai pas tout fait ce qui est dans mes moyens pour tenter de laisser les lieux aussi propres que quand je suis arrivée au monde… 1938, c’était pas terrible et il fallait avoir un optimisme inconsidéré pour faire naître une enfant juive à cette date, ou ne pas maîtriser les formes de contrôle de naissance en un temps où une femme pouvait être guillotinnée pour cause d’avortement. Pétain allait tenir dans son étau le ventre de ma mère et mon sort au Vel d’hiv… Après avoir laissé tomber les républicains espagnols, après avoir signé la capitulation de Munich, les dirigeants français allaient mettra en prison les communistes, pour cause de pacte germano-soviétique…

Bref, le monde que j’ai devant les yeux n’est pas pire que celui que j’ai trouvé en entrant, mais j’ai l’impression que le processus de fascisation est en marche.  Le nazisme n’a jamais été eradiqué puisque le ventre est toujours fécond d’où nait la bête immonde, le capitalisme.  Il a grossi, a dévoré beaucoup, nos forces sont affaiblies, il faut tout reconstruire, en  France une fois de plus ce qui peut l’écarter ce sont les luttes. Bien sûr chacun se bat pour ses revendications, mais elles touchent à la racine même de ce que la soif du profit attaque, la vie  de chacun, le droit à exister dans la dignité. Le capital et son petit personnel veut faire vite parce qu’il sait que montent les mécontentements, que l’Europe, l’UE, l’oTAN, leur état major est en train de se déliter. Ils savent que la France n’est pas un petit pays à qui l’on peut tout imposer, mais le socle de leur pouvoir avec l’Allemagne… Si la France refuse la privatisation, le démantélement, si cette France là s’arcboute et dit non comme elle sait le faire de 36 à 95 chandelles en passant par mai 68, c’est tout leur édifice qui s’écroule.

Quand on a 80 ans, parce qu’on a vécu chacune de ces étapes on sait tout cela et on a conservé la conscience de la nécessité des solidarités…

Brièvement alors je vous dis comment je sens les choses: Hier avec ma cellule, nous avons distribué des tracts en soutien aux manifestations, ce qui était frappant c’était la colère des retraités alors que chez les jeunes c’était plus contrasté, entre ceux qui soutiennent et ceux qui vous regardent d’un air vide et une absence totale de réflexe comme s’ils habitaient une autre planète, il y a un monde… En mais 68 peut-être auraient-ils été gauchistes, très anticommunistes comme Cohn-Bendit. Là, ils étaient  devenus apolitiques, des générations que l’on tente de rendre indifférentes, individualistes, le pire danger… Il n’y a pas de soutien au gouvernement, au contraire, soit un maximum de gens en colère soit l’apathie. Il  est clair que ce qui est le plus perceptible c’est l’injustice de s’attaquer aux vieux et à notre santé à travers l’hôpital public, Macron va tenter de refaire du terrain, mais il y a la pension, les médicaments qui ne sont plus remboursés. les faits sont têtus.  Cela dit en mai 68, dans ce type de quartier nous aurions eu les mêmes proportions de soutien à la grève et d’opposants. Simplement, alors, ces derniers étaient derrière De gaulle, ils étaient contre la chienlit, c’étaient les « vieux », ils avaient peur et croyaient en De gaulle qui était allé voir Massu en Allemagne. Cela s’est vu peu de temps après dans les urnes. Aujourd’hui, personne ne parait être derrière Macron, il est isolé, il n’a pour lui que cette force d’inertie, et ces gens désabusés. Il veut incarner l’ordre et la « nécessité de la réforme ».   Leur « determination sans faille » dont fait état le premier ministre est celle d’un bravache parce qu’elle n’a aucun parti,  elle est sur un socle gélatineux, comme d’ailleurs le vote face à l’Europe, ils étaient ridicules ces « marcheurs » qui tentaient de faire accroire à l’enthousiasme pour l’Europe, ce à quoi ils se heurtaient étaient une maussaderie.

Bref Macron ne survit que grâce à la division syndicale et l’absence de perspective politique… Et il table là-dessus, mais il ne pourra même pas compter sur les forces qui se sont réveillées autour du gaullisme en mai68. Seulement sur l’absentéisme et la fascisation. Le patronat le sait ici et au niveau européen, y compris dans les mobilisations bellcistes.

On n’est pas vieux quand on a 80 ans et qu’on est communiste… Mais si je vous écris tout ça ce n’est pas seulement pour vous faire bénéficier de mon expérience, mais aussi pour vous dire pourquoi je suis débordée. Vous aurez compris que je milite, mais il y a plus. Le 23 avril, je dois être à Paris pour une conférence. Le film sur lequel j’ai travaillé durant 5 ans, « les bourreaux meurent aussi » a été restauré et je dois présenter cette version restaurée puisqaue j’ai écris un livre : Brecht et Lang, le nazisme n’a jamais été éradiqué, editions Lettmotiv. Il est probable que je devrais faire d’autres présentations en province. Le sujet est tout à fait d’actualité, non seulement parce que le prix goncourt de cet année en a traité, l’assassinat d’heydrich, l’homme de la solution finale, mais parce que la question de l’Europe et du fascisme se retrouve d’actualité.

Le 2 juin, n’oubliez pas les marseillais que je fais une présentation de mon autre livre : 1917-2017, Staline un tyran sanguinaire ou une héros national; Delga éditeur. à la librairie Maupetit à 17h30.

Enfin, nous sommes Monica et moi en train d’écrire notre livre sur la Pologne, dont le titre est pour le moment Polonais et juifs, le noeud de vipères. Nous préparons un voyage du côté de Cracovie pour le 26 juin.

Bon vous comprendrez que je sois très occupée y compris par rapport à ce blog.

Danielle Bleitrach

(1) ce n’est pas vrai que c’est toujours le vide abyssal, hier après midi- parès ma distribution de tracts du matin, des coquillages délicieux mangés aux cinq avenues, j’ai passé une après midi formidable avec « quand l’histoire fait dates », une série documentaires de Patrick Boucheron et Dénis van Waerebeke sur Arte; deux sujets apparement éloignés mais qui en fait nous menaient au coeur du métier d’historien. le premier était consacr’é à Pompéi, le seond à Hiroshima. La recherche de sources sures et pas seulement écrites, la déconstruction de légendes et de mythes y compris contemporains, tout cela était rassurant, je me suis dit qu’il y aurait un après toute la pression idéologique, le négationnisme dont nous étions victimes à propos d’ événements que j’avais vécus et que je voyais inventés pour justifier l’injustice du pouvoir en place. Juste après j’ai atterri sur une émission nettement moins satisafaisante sur le plan intellectuel mais qui elle aussi contribuait à la déconstruction d’un mythe, celui de Néron. Suetone, Tacite… en étaient à l’origine mais ils étaient aussi proches du sénat et de ses conservatismes. POur ceux qui ont lu mon livre sur Staline, je pars de cette expérience de jeune historienne mettant en cause à la suite de Charles parrain, Sutone et Tacite, et j’en appelle à une vigilance politique mais surtout historique, une déconstruction des légendes non pour réhabiliter mais pour comprendre… C’est dire si j’ai écouté ces émissions avec passion. Là encore la question de savoir si ma passion pour l’Histoire est à l’origine de mes engagements ou si c’est l’inverse. En tous les cas c’est aussi une passion individuelle qui a beaucoup de chances d’être mel comprise.

 

Anne Nivat : « Un Continent Derrière Poutine ? », 85 Minutes Pour Survoler Ce Continent – Et Les Faits ?

 

Zakhar Prilepine : «On demande aux Russes d’avoir honte de leur existence»

  • Oui je sais on va encore me reprocher (enfin leca va me reprocher) de publier cet interview de cet écrivain qui a eu sa période trouble y compris ultra-nationaliste et antisémite. Cela dit personne ne battra dans ces domaines Soljénistsyne. Prilepine a évolué à l’inverse de celui-ci qui démeurait l’oracle de l’occidrt alors qu’il en était à valider les « pacte des sages de Sion », ce faux tasriste qui connait une seconde jeunesse dans les pays arabes pour donner corps au complot juif. Prilepine n’en a jamais été là, il a quitté le sulfureux parti national bolchvique de Limonov et il parle lucidement de la Russie. (note de danielle BGleitrach)

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN – L’écrivain Zakhar Prilepine était invité au Salon du Livre à Paris, qui a mis la littérature russe à l’honneur. L’auteur de «Ceux du Donbass», un récit de sa guerre aux côtés des rebelles pro-russes en Ukraine, se livre à un examen de la situation politique, religieuse et internationale de la Russie.


Zakhar Prilepine est l’un des romanciers les plus en vogue de la Russie contemporaine. Ancien membre du part national-bolchévique de Limonov, il mène une double vie d’écriture et d’aventure politique. Son roman L’Archipel des Solovki (Actes Sud, 2017), une fresque de 800 pages intense et dostoïevskienne, raconte l’histoire du premier camp de rééducation mis en place par les bolchéviques dans les années 1920. Il publie aux éditions des Syrtes Ceux du Donbass, un récit de sa guerre aux côtés des rebelles pro-russes qui se sont insurgés contre le pouvoir ukrainien.


FIGAROVOX.- Que pensez-vous de la réélection triomphale de Vladimir Poutine?

Zakhar PRILEPINE.- Je respecte le choix du peuple. À l’heure actuelle il n’existe pas en Russie un membre de l’opposition qui puisse contrebalancer ce choix. Un ex-membre des services secrets français a dit un jour que Poutine était un animal politique. Apparemment, ça plaît au peuple russe. Mais je crois que la Russie reste un pays démocratique. On regarde toujours les quatre mandats de Poutine: mais Merkel aussi entame son quatrième mandat. Aux États-Unis, il y a des dynasties présidentielles: Bush père et fils, les Clinton!

«Je n’aime pas beaucoup le pouvoir soviétique. Simplement, ceux qui ne l’aiment pas du tout appartiennent à un type d’individus qui, en général, me révulsent» écrivez-vous dans L’Archipel des Solovki. Êtes-vous dans la nostalgie de l’URSS?

Ce n’est pas le pouvoir soviétique qui compte en ce moment pour les Russes, il est écrasé, pitoyable, renié. Les gens font leur choix en grande partie par nostalgie. Ils réagissent à un antisoviétisme qui a viré à la russophobie chez certains. Les Occidentaux ont tendance à penser que les Russes ne regrettent pas le pouvoir soviétique, mais c’est pourtant le cas. Dans les années 1990, nous avons détruit le pays, anéanti l’économie, supprimé l’idée de gauche. Nous avons écrit des centaines de livres, de films, où il était question de haine à l’égard de l’union soviétique. On nous demande de nous sentir coupables, honteux de ce passé, de notre existence.

On accuse les Russes d’être partout, de truquer les élections. Pensez-vous qu’il existe une russophobie en Occident?

Je pense que la russophobie existe dans l’élite politique, mais qu’elle ne touche pas la plupart de la population. Je suis venue en France au moins 25 fois, et je n’ai jamais eu de conflits avec les lecteurs. La France est le seul pays européen à avoir accepté d’éditer mon livre «Ceux du Donbass». En revanche, les récits de ceux qui combattent côté ukrainien sont édités partout.

Boycotter la littérature russe, c’est boycotter ce qu’il y a de plus européen en Russie.

Que pensez-vous de la décision d’Emmanuel Macron de boycotter le pavillon russe au Salon du Livre de Paris où vous étiez présent?

Poutine n’aurait jamais fait ça en Russie. Ce n’est pas un geste contre la Russie de Poutine, mais un geste contre la littérature russe, qui est peut-être ce qu’il y a de plus européen en Russie. La littérature reste, tandis que les présidents passent.

Dans Ceux du Donbass (éd. des Syrtes, 2018), vous racontez les chroniques de votre guerre en Ukraine. Pourquoi vous êtes-vous engagé dans le Donbass?

Parce que je suis pour la démocratie. Les gens qui expriment le désir de vivre dans un espace culturel et politique souverain en ont parfaitement le droit. Les ambassadeurs occidentaux se sont déplacés place Maïdan où il y avait 300.000 personnes qui manifestaient contre le régime de Ianoukovitch (NDLR: président renversé par un mouvement anti-corruption et pro-UE en 2014), mais ils auraient dû aussi se déplacer dans le Donbass où des centaines de milliers de personnes manifestaient contre le régime de Porochenko [NDLR: président ukrainien depuis 2014]. Que les Européens m’expliquent quelle est la différence entre la liberté revendiquée à Kiev et celle revendiquée dans le Donbass? Pourquoi n’auraient-ils pas les mêmes droits?

Comment jugez-vous la manière dont les médias occidentaux ont traité le conflit?

La presse européenne ne s’intéresse pas à présenter les événements de manière objective. Le 2 mai 2014 a lieu à Odessa un incendie criminel de la Maison des syndicats par des rebelles pro-Maïdan, qui a coûté la vie à 42 manifestants anti-Maïdan. Ce massacre a été sous-traité par les médias occidentaux. Et ce n’est qu’un exemple parmi d’autres.

Que les Européens m’expliquent quelle est la différence entre la liberté revendiquée à Kiev et celle revendiquée dans le Donbass ? Pourquoi n’auraient-ils pas les mêmes droits ?

Nous allons fêter cette année le centenaire de la naissance de Soljenitsyne. VotreArchipel des Solovki s’inspire de L’Archipel du Goulag. Quelle place tient-il dans votre filiation littéraire?

Soljenitsyne est une figure immense, qui est à mon avis beaucoup plus politique que littéraire. Le texte de L’Archipel du goulag comporte énormément d’imprécisions et d’erreurs, ce qui peut se comprendre étant donné que Soljenitsyne n’a jamais eu la possibilité de consulter les archives à l’époque. Dans les années 1980, Soljenitsyne a écrit des textes assez nombreux qui parlaient de la perestroïka comme d’une énorme catastrophe pour la Russie. Ce ne sont pas les plus connus.

Vous situez-vous comme lui dans une tradition slavophile?

Non, car Soljenitsyne, à la différence de moi, avait l’idée d’une union des trois pays slaves: la Russie, l’Ukraine, et la Biélorussie. Je pense pour ma part que la Russie est un pays beaucoup plus complexe. Il y a une population musulmane, une population bouddhiste. Nous sommes plus proches aujourd’hui de certains pays asiatiques, comme la Chine, que d’autres pays slaves, comme l’Ukraine. Comme le disait Poutine, «si l’Europe ne veut pas entamer de dialogue avec nous, nous allons nous tourner vers la Chine et l’Inde».

La Russie ne fait pas partie de l’Europe?

C’est un espace eurasien, c’est à la fois l’Europe et l’Asie. Mais notre culture, elle, reste européenne. Dans une certaine mesure, la Russie garde la tradition européenne.

Nous sommes plus proches aujourd’hui de certains pays asiatiques, comme la Chine, que d’autres pays slaves, comme l’Ukraine.

Pourquoi la Russie sécrète-t-elle de si grands écrivains?

C’est un pays très vaste à l’histoire complexe. Sans vouloir vous flatter, vous avez une littérature aussi bonne que la nôtre! Je pense que la francophilie russe qui existe depuis longtemps a eu un impact important sur la littérature russe. Lorsque la Russie est critiquée en France, les Français devraient se rendre compte que c’est eux-mêmes qui ont apporté beaucoup de choses à la Russie. Moi par exemple, on me reproche mon militarisme, mais je prends exemple sur Guillaume Apollinaire, Romain Gary et Antoine de Saint-Exupéry, avec qui j’ai

L'Archipel des Solovki, roman magistral traduit chez Actes Sud

grandi!

«Notre différence tient dans le fait que nous nous punissons très vite et de nos propres mains – nous n’avons pas besoin pour cela des autres peuples.» écrivez-vous dans L’Archipel

Il existe un masochisme russe, c’est vrai. Nous nous donnons nous-mêmes le fouet, mais parfois nous aimons que d’autres y participent. Prenons l’exemple de la Seconde Guerre mondiale: les pertes subies ont été énormes, 19 millions de personnes. Elles sont mortes en majeure partie en 1941-1942, tuées par l’Allemagne et ses alliés. Personne ne parle de ces millions de Russes sacrifiés pour vaincre le nazisme. Cette ingratitude et cet oubli blessent les Russes.

Vous vous êtes rapproché récemment de l’Église orthodoxe. L’orthodoxie est-elle un pilier de l’identité russe?

J’ai été baptisé en 1975, à l’époque soviétique. Nous avions des icônes et la Bible à la maison. Je ne suis pas un fervent croyant, toutefois je crois que Dieu existe, et que la religion orthodoxe fait partie de notre tradition culturelle. Mais en Europe, les gens exagèrent l’impact de l’église orthodoxe sur la politique russe et la population. Il y a plus de pratiquants dans les pays scandinaves ou en Grande-Bretagne qu’en Russie!

 

Salon Livre Paris : la jeune littérature russe fait sa révolution sans l’Occident, et sans Poutine

Laurence Houot
Par Laurence Houot @LaurenceHouot
Journaliste, responsable de la rubrique Livres de Culturebox

Publié le 16/03/2018 à 17H32

Librairie russe Salon Livre Paris / Le Globe mars 2018 Librairie russe Salon Livre Paris / Le Globe mars 2018

 © Laurence Houot / Culturebox

La Russie est cette année invitée d’honneur du salon Livre Paris, avec 38 auteurs invités, des rencontres, des débats, et un contexte un brin tendu. Rencontre avec Anne Coldefy-Faucart, traductrice, éditrice et spécialiste de littérature russe, qui nous éclaire sur les grandes tendances de cette jeune littérature « en pleine mutation » et nous glisse quelques précieux conseils de lecture.

Elle n’avait pas été invitée depuis 2005. Dans une ambiance de Guerre Froide après l’empoisonnement d’un agent double sur le sol britannique, la présence de la Russie au Salon Livre Paris cette année a pris une dimension inattendue. Le président Emmanuel Macron a ostensiblement boudé le pavillon officiel russe froissant les auteurs et les artisans de la présence russe au salon.

Pavillon russe Salon Livre Paris 2018Pavillon russe Salon Livre Paris 2018

 © Laurence Houot / Culturebox

38 auteurs invités, des rencontres, des débats, il y a pourtant mille raisons de se réjouir de cette présence, en premier lieu celle de découvrir la riche littérature russe contemporaine, qui plonge dans le passé et imagine le futur pour mieux comprendre le présent.

Anne Coldefy-Faucart, traductrice des plus grands auteurs russes (Soljenitsyne, Krzyzanowski, Pilniak, Youri Mamleev ou Svetlana Alexievitch), éditrice, elle est la patronne des éditions de L’inventaire, s’occupe pour la France de la maison russe Nouveaux Angles et dirige la collection Poustiaki chez Verdier. Elle a enseigné la traduction russe à la Sorbonne pendant de nombreuses années. On la cueille au salon Livre Paris tout juste rentrée de Moscou. Elle a son stand, « le plus petit stand du salon, mais on est contents », sourit-elle. Elle dresse pour nous les grandes lignes de cette littérature qui vit depuis quelques années, dit-elle, un véritable renouveau.

INTERVIEW ANNE COLDEFY-FAUCART

Anne Codalfy-Faucard, traductrice, éditrice, spécialiste de la littérature russe au Salon Livre Paris, mars 2018Anne Codalfy-Faucard, traductrice, éditrice, spécialiste de la littérature russe au Salon Livre Paris, mars 2018

 © Laurence Houot / Culturebox

Une littérature « plus calme », qui démarre sa reconstruction de l’après 1991

« Il me semble qu’on entre dans une nouvelle phase dans l’histoire de la littérature post 91 (fin de l’ère soviétique). Ce qui me frappe d’abord, en regardant la production des auteurs de la délégation russe présents à Paris, et d’autres, c’est que par rapport à 2005 (la dernière invitation de la Russie au salon du livre), c’est beaucoup plus calme. En 2005, c’était tonitruant. Il y avait beaucoup de vedettes. Après 1991, les écrivains russes imitaient l’occident. On a vu une invasion de polars plus ou moins bons, de romans de gare plus ou moins glauques, du porno. Aujourd’hui Il n’y a plus cette tendance à l’imitation de l’Occident, qui était très présente encore en 2005. On avait l’impression que les Russes se disaient « nous aussi on est libre et nous aussi on peut le faire. Je caricature un peu mais pas tant que ça !

Après 1991, il y a eu un grand désarroi en Russie, dans toute la société, et particulièrement chez les écrivains. C’est devenu compliqué pour tout le monde. Tout à coup les écrivains dissidents n’étaient plus dissidents, ils n’avaient plus de raisons de l’être, et les non-dissidents n’avaient plus d’idéologie à suivre. Tout le monde était désorienté. »

« Une volonté de comprendre la période soviétique »

« On a beaucoup reproché aux écrivains russes de ne pas avoir comme les Allemands de l’Est, réglé les comptes avec le passé soviétique. C’était vrai, mais j’ai l’impression que cela se fait maintenant. Aujourd’hui il me semble qu’il y a une volonté de comprendre la période soviétique, et même ce qui l’a précédé. Cette tendance existe en littérature mais aussi au niveau du pouvoir. Il y a eu la période où la tendance était de rejeter complètement la période soviétique, et à se tourner vers ce  qu’il y avait eu avant. Il y a des exemples frappants comme Stolypine, ministre de Nicolas II, assassiné en 1911 qui avait mené d’une main de fer la réforme agraire. Aujourd’hui il est devenu un modèle dans la société alors qu’il était brandi autrefois comme un épouvantail. De nombreux jeunes auteurs d’aujourd’hui n’ont pas connu, ou peu, la période soviétique. Et ils s’y intéressent et essaient de comprendre ce qui s’est passé. »

« Le passé, et le futur pour écrire le présent »

« Ce qui me frappe, c’est que tous ces auteurs s’intéressent au passé, et au futur, mais pas au présent. Comme s’il fallait faire un retour sur le passé avec une (pré)vision de l’avenir. J’ai l’impression qu’ils doivent passer par hier, et par demain et même après-demain, pour comprendre aujourd’hui. On note par exemple une résurgence de la science-fiction, avec de nombreuse dystopies. On peut par exemple lire « Telluria », de Vladimir Sorokine (Actes Sud). Le romancier imagine en 2050 l’état de toute l’Europe, après qu’elle a connu toutes sortes de guerres de religions. »

"Telluria", Vladimir Sorikine, Salon Livre Paris 2018« Telluria », Vladimir Sorikine, Salon Livre Paris 2018

 © Laurence Houot / Culturebox

« Démystification salutaire de l’Occident »

« La réflexion engagée sur le temps est également rendue possible par une redécouverte de l’espace géographique. Les écrivains de la nouvelle génération ont voyagé en Europe, aux Etats-Unis, en Asie. Contrairement aux écrivains du XIXe qui voyageaient aussi beaucoup en Europe, les écrivains de la jeune génération ne font pas seulement du tourisme mais ils sont souvent obligés de travailler, de faire des petits boulots, ce qui leur donne une vision concrète, pratique de l’Europe occidentale. Il en découle une démystification salutaire de l’Occident.

Jusqu’ici il y avait une idéalisation folle de l’Occident, ou une diabolisation. C’était soit l’enfer, soit le paradis. En voyageant, ils ont pu voir que ce n’était ni l’un ni l’autre. C’est ce qui a permis de repositionner la Russie dans l’esprit des Russes. Tout cela a apporté aussi une réflexion qui me parait très saine sur les relations avec l’Occident. Car il faut rappeler que c’est une grande tendance de la littérature russe, qui est née dans un rapport positif ou négatif avec l’Occident. Il y a toujours eu ce « Je t’aime moi non plus », avec des périodes où c’était un peu plus je t’aime et d’autres un peu plus ‘moi non plus' ».

« La redécouverte de l’espace géographique russe »

« Il me semble que l’on est dans un temps de redécouverte de l’espace géographique partout en Europe, mais qui a en Russie une dimension particulière. J’ai été frappée par exemple de constater que plusieurs auteurs de la délégation sont des géologues, ou des archéologues, qui en sont venus à l’histoire et à une réflexion sur le passé, puis au roman.

Ce qui me frappe, c’est que les écrivains aujourd’hui s’ils naissent dans une région, ont tendance à y rester, ou à vivre dans d’autres régions mais ils ne viennent plus systématiquement vivre à Moscou. C’était vrai autrefois pour les écrivains de Saint-Pétersbourg, qui ne quittaient pas leur ville, mais cela était dû à la rivalité historique entre les deux villes. Aujourd’hui les écrivains restent dans leur région par choix. Aujourd’hui on écrit depuis Ekaterinbourg (Oural), de Nijni-Nogorod (sur la Volga) pour même de la campagne, comme Zakhar Prilepine, qui vit carrément à la campagne dans cette région. Cette appropriation du territoire par les écrivains les amène à réfléchir sur leur histoire, sur leur passé, proche ou lointain. »

« L’histoire individuelle et familiale compte beaucoup »

« L’histoire individuelle compte énormément dans la littérature russe aujourd’hui. C’est très nouveau. « Zouleikha ouvre les yeux », de Gouzel Iakhina (Editions Noir sur Blanc pour la traduction en France), en est un exemple. Ce premier roman est un best-seller en Russie. L’auteure y raconte la vie de sa grand-mère au Tatarstan, une région qui fait partie de la fédération russe, mais quand même, à part. Elle raconte l’histoire de sa grand-mère, déportée comme de nombreux koulaks (paysans considérés comme riches, au moment de la collectivisation). Elle raconte cet épisode de l’histoire à travers la vie de sa grand-mère. Cela avait déjà été abordé dans les livres après l’ouverture des archives mais de manière documentaire. J’ai publié par exemple des lettres de déportés. Mais cela prend une dimension particulière avec cette réappropriation de l’histoire familiale et personnelle. »

"Zouleikha ouvre les yeux", Gouzel Iakhina (Editions Noir sur Blanc)« Zouleikha ouvre les yeux », Gouzel Iakhina (Editions Noir sur Blanc)

 © Laurence Houot / Culturebox

« Des auteurs engagés contre Poutine, mais pas dans leurs livres »

« Même si la plupart des écrivains n’écrivent pas directement contre le régime de Poutine, il y a des auteurs engagés, comme Zahar Prilepine,  partisan du parti National Bolchevique d’Edward Limonov. Politiquement on peut dire que c’est du grand n’importe quoi, mais on peut lire ses livres, il a beaucoup de talent. Il y a un autre auteur dans la délégation qui est très impliqué politiquement, c’est Sergueï Chargounov. Fils d’un prêtre orthodoxe, après 1991, il est un peu paumé et part vivre dans le Caucase, puis il rentre à Moscou et devient député de la Douma, lui aussi, dans la tendance National-Bolchevique. Politiquement c’est un excité, mais il ne va pas directement exprimer ses idées politiques dans ses livres. Il écrit des récits, de la poésie, des romans. Il est peu traduit en France. »

Zakhar Prilepine en 2012Zakhar Prilepine en 2012

 © Ulf Andersen / Aurimages / Ulf Andersen / Aurimages / AFP

« Il faut savoir qu’en Russie de tout temps la littérature a tout englobé la philosophie, la pensée, l’histoire, et aussi la politique. Mais on ne va pas forcément trouver dans la littérature d’aujourd’hui des romans ou des essais qui se positionnent ouvertement contre le pouvoir de Poutine. Chargounov ou Prilepine n’ont pas leur langue dans leur poche, mais ils ne vont pas exprimer leurs positions politiques dans leurs livres.

A l’autre bord, on a Ludmila  Oulitskaïa,  (traduite en France chez Gallimard), qui a écrit beaucoup de choses sur l’histoire de la période soviétique, et qui défend quand elle répond aux interviews des idées démocratiques à l’occidentale. Mais dans ce qu’elle écrit, il y a une recherche plus large, plus profonde qui va plus loin. Tous ces écrivains peuvent écrire des pamphlets, des articles, mais dans leur travail d’écrivain, ils sont engagés dans un travail plus profond, même Ludmila Oulitskaïa, qui est perçue comme une conscience intellectuelle. »

« Aujourd’hui on peut tout écrire en Russie »

« Il y a une forme d’incohérence dans la censure imposée par le régime de Poutine. La télévision est très surveillée, mais des amis me disaient encore récemment qu’on peut dire à peu près ce que l’on veut à la radio. Pour la littérature, aujourd’hui en Russie, on peut tout écrire. Mais il ne faut pas négliger l’auto-censure. Mais cette volonté chez les plus jeunes de creuser les couches géologiques de l’histoire peut apporter une réflexionpar rapport à cette auto-censure. Il y a eu 1991, qui a marqué la libération, mais c’est aujourd’hui il me semble, qu’a lieu la  vraie libération, une libération réfléchie. Je suis une pessimiste de nature, mais là je suis plutôt optimiste ! »

Encore un ou deux conseils de lecture

« Je recommande « La limite de l’oubli », de Sergueï Lebedev (Verdier). Il n’a pas pu venir pour le salon mais pour moi c’est un des plus grands. Il y a chez lui une puissance et un niveau d’écriture rarissime. Dans ce roman, il raconte l’histoire d’un jeune type qui cherche des informations sur son grand-père. Il a toujours pensé qu’il y avait quelque chose qui ne collait pas par rapport à son grand-père et il va aller enquêter du côté des mines du Nord et de la Sibérie. Il part sur les traces et non-traces des camps dans l’extrême Nord-Est et petit à petit il va retrouver des traces de la vie de ce grand-père, et de sa famille et à travers ça aussi bien sûr de l’histoire russe.

Son histoire commence en Pologne, à la limite occidentale, et s’achève à l’extrême Est. C’est une réflexion sur la Russie, mais aussi une réflexion plus large. C’est la première fois depuis très longtemps que les écrivains russes expriment un point de vue sur l’Europe, la première fois qu’ils se sentent légitimes pour parler du continent européen et pas seulement par rapport à la pensée occidentale. La première fois qu’ils disent : « J’ai mon mot à dire et ma pensée est aussi légitime qu’une autre ». Je recommande aussi « Les quatre vies d’Arsemi » (Fayard), d’Evgueni Vodolazkine, un roman sur la Russie du Moyen-Age. On pourra aussi lire « L’aviateur », un nouveau roman du même auteur, à paraître prochainement en France qui évoque les Iles Solovki, intéressant à lire en parallèle de « L’archipel Solovski », de Prilepine (Actes Sud). »

"L'archipel des Solovki", Zakhar Prilepine« L’archipel des Solovki », Zakhar Prilepine

 © Laurence Houot / Culturebox

Bonus : un libraire croisé sur le stand d’Actes Sud recommande « La soif », d’Andreï Guelassimov

Tout le programme de la Russie au Salon Lire Paris.
Du 16 au 19 mars 2018, Porte de Versailles

 

Aragon récite ce poème de la Résistance: la présence inaccessible et l’incantation poètique…

Il y a quelque chose de stupéfiant à entendre les poètes réciter leur poèmes… C’était pareil avec  Néruda, rien à voir avec la mélodie de ferrat et même Léo ferré, une mélopée scandés,   un hennissement, dans la voix une possession comparable à celle de la pythie devant les portes de l’enfer, un chaman, comme si remontait des entrailles de la terre une incantation venue du fond des âges pour dire la peine des être humains d’aujourd’hui.

C’est  la représentation, l’image dans l’art. Jean Pierre Vernant a tenté de nous initier à un autre mode de pensée,  à propos des KolossoÏ, ces statues grecques, représentation archaïque de la figure humaine. Vernant tente de renouer avec l’origine du signe religieux. Il ne s’agit pas seulement d’évoquer une présence sacrée, mais bien d’établir une communication avec elle, marquer à la fois la présence et une distance incommensurable avec ce qui est représenté… Il s’agit de représenter et d’établir en même temps ce qu la mort représente pour le vivant d’inaccessible, de mystérieux, de fondamentalement autre.  il n’y a oeuvre d’art que dans cette incantation à l’éternité aussi bien qu’à ceux qui sont morts pour la survie de ce qui nous unit… La voix du poète crée cet archaïsme qui s’introduit dans l’histoire des hommes de notre temps face à la barbarie nazie et dit la diversité, l’unité de la dame.france et de ses artisans ..

L’amour chez Aragon qu’il s’agisse d’Elsa, de sa patrie, de son parti (qui lui a restitué sa patrie) est toujours cette présence sacrée qui échappe alors mêmes qu’on l’invoque, l’inaccessible, le mystérieux, l’inassouvi, le menestrel comme dans « le fou d’Elsa » évoque cette présence absence, ce mystère, cette manière d’atteindre l’éternité.

danielle Bleitrach

 

La Russie invitée à Paris, vive la culture !

  1.  Quel cuistre que cet Emmanuel Macron… Staline pourrait lui donner des leçons . Voici ce qu’il écrit : 1) j’estime erroné le fait même de poser la question d’éléments « de droite » et « de gauche » en littérature (et donc aussi au théâtre). Le concept « de droite » ou « de gauche » aujourd’hui dans notre pays est un concept du parti, et plus précisément interne au parti. Les éléments « de gauche » ou « de droite » sont des gens qui s’écartent dans un sens ou dans l’autre de ce qui est purement la ligne du parti. C’est pourquoi il serait étrange d’appliquer ces concepts à un domaine incomparablement  plus large et aussi extérieur au parti que la littérature, le théâtre,etc. » J’ai toujours rêvé de publier en entier ce texte de Staline dans lequel il défend Boulkagov.  En fait ce que Macron est incapable de comprendre quand il refuse de visiter la Russie invitée d’honneur au salon du livre, c’est que la littérature est l’occasion d’une rencontre non pas entre dirigeants ayant une vision politique mais bien entre deux peuples, deux civilisations, un domaine « incomparablement plus large et extérieur » aux basses manoeuvres par lesquelles des dirigeants occidentaux se créent un ennemi pour résoudre leurs problèmes internes et y compris ceux qu’ils ont entre eux. Mais voici du blog Moscou-Bordaux de notre amie Jacqueline Boyer une autre vision de la relation entre la france et la Russie. je vous recommande en particulier l’interview d’Andrei makine.

Publié le par Boyer Jakline

http://bordeaux-moscou.over-blog.com/2018/03/la-russie-invitee-du-salon-du-livre-a-paris.html

 https://youtu.be/2MM7dbCOr5I

À l’attention de ceux qui boycottent la Russie au Salon du livre.

 https://youtu.be/UiE7vphTdCU

Le Salon du Livre de Paris a une invitée : la Russie.

Dont la contribution à la littérature universelle n’est plus à souligner.

 » Tout porte à croire que la Russie … ». Avec cette appréciation le Président de la Republique Française a rejoint la cohorte des dirigeants occidentaux derrière Teresa May. Les 24 heures de réflexion du gouvernement français avaient laissé entrevoir une autre décision… Et pour parachever l’édifice, inaugurant le Salon du Livre, ce personnage a boycotter le pavillon de l’invité…. Petit et stupide.

En attendant, sur les plateaux TV, à la radio, Lioudmila Oulitskaya est présente. Les questions tendent toutes à la faire parler mal du président russe et de son pays.
Les journalistes se rendent-ils combien ils sont  » has been » avec cette approche ? Savent-ils que Lioudmila Oulitskaya a un très grand public dans son pays ? Quel que soit son rapport au pouvoir ?

 

Prenez le temps d’écouter Andreï Makine sur Radio Classique  : politiquement incorrect et réjouissant .

Cinq minutes d’interview. Si vous n’avez pas le temps pour les 49 minutes de Radio Classique.