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Archives de Catégorie: LITTERATURE et SPECTACLES

l’impôt sur les feignants…

 

Difficile à classer celui-là : les socialistes le réclament comme étant un des leurs mais aussi les anarchistes, les juifs (et oui Leca, encore un) , les communistes, les antimilitaristes, les syndicalistes, les pro-choix, les anticléricaux, les radicaux, les gauchistes et tout le prolétariat. Il lui est ainsi arrivé de se faire crever les pneus de sa voiture par les ouvriers du quartier où il chantait, son public étant, ce soir-là, composé de bourgeois.

Ses chansons d’une lointaine actualité, de 1897 à circa 1928 sont presque toutes oubliées. La petite histoire a retenu « Gloire au 17e »« La grève des mères » et « La butte rouge ». – Il en écrit pourtant plusieurs autres : une bonne centaine sinon plus, en majeure partie mises en musique par son camarade Raoul Chantegrelet.

On sait qu’il est né à Paris, 10e, en 1872, le neuf juillet ; qu’il s’appelait Gaston Mordachée Brunschwig, qu’il était l’aîné d’une famille de 22 enfants, qu’il a débuté dans la chanson à 12 ans (sous le nom de Montéhus, déjà) ; qu’il fut tambour au 153e régiment de ligne à Toul, de 1892 à 1896,qu’il publia sa première chanson, « Au camarade du 153e », en 1897, à Châlons-sur-Marne ; qu’il se présenta aux élections législatives du 8 mars 1898, encore à Châlons-sur-Marne, sous l’étiquette « Républicain indépendant », qu’il fut engagé à la fin de l’année 1901 aux Ambassadeurs, (établissement du côté des Champs-Élysées) où son répertoire provoqua un scandale, que les hommes de Drumont distribuèrent des tracts contre « le juif Brunswick » qui « éructe des infamies à l’adresse des chefs de l’armée française », et provoquèrent des bagarres, que Montéhus dut retourner dans les faubourgs mais qu’il était lancé, qu’il fut admis à la S.A.C.E.M. en 1904 en soumettant « Du pain ou du plomb » (thème imposé : « L’heure de l’Angelus aux champs ») (sic) et qu’il devint presque mondialement connu en 1907 avec son « Gloire au 17e »suite à ce qui est aujourd’hui un fait divers, les soldats de ce régiment ayant refusé de tirer, en 1907, sur des vignerons en colère :

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Et c’est encore en 1907, qu’il ouvre Le Pilori, son théâtre sur le Boulevard de Strasbourg, 10e. Il y déclame son répertoire (chansons, monologues et pièces), devant un public nombreux.

Ce que l’on sait moins, c’est qu’il fut l’ami de Lénine – que l’on remarque au Pilori – lors de l’exil de ce dernier en France ; qu’il chantait en première partie de ses conférences, en 1911 et qu’il était franc-maçon.Lénine,ne tarissant pas d’éloges, lui demande de chanter pour les révolutionnaires russes. Montéhus décline.

Ce qu’on ne veut pas trop se rappeler, c’est qu’en 1914, lui, l’antimilitariste par excellence, composa des chansons pour l’emprunt de guerre, la victoire finale, l’union sacrée dont une célèbre « Lettre d’un socialo » sur – comble des combles –  l’air du  » Clairon«  de Déroulède :

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Pour ces chants patriotiques, il reçut, en 1918, la croix de guerre.

En 1919, il revient à ses premières convictions pour composer son chef-d’œuvre, « La butte rouge« , la seule chanson de lui qui nous soit vraiment restée – musique de Georges Krier – interprétée plus ou moins récemment par Yves Montand, Marc Ogeret, Renaud…

Chantre de toutes les revendications, de toutes les luttes sociales, « véritable polygraphe de la petite histoire » (Serge Dillaz – La chanson sous la IIIe république), sa popularité commença à décliner au début des années vingt : son costume, ses allusions à la Commune et aux conflits ouvriers d’avant-guerre  commencent à faire vieux jeu.

Dans les années trente, il passe du côté de la politique, devient membre du SFIO (Section française de l’Internationale ouvrière) puis du Front populaire – on se souvient de son « Vas-y Léon » – avant, en 1942, âgé de 70 ans, d’être contraint de porter l’étoile jaune. Durant la Seconde Guerre mondiale, il connut une vie particulièrement difficile, la SACEM, du fait de ses origines, ne lui payant plus ses droits d’auteur.

À la Libération, il créa « Le chant des gaullistes » et plusieurs drames dont « L’évadé de Büchenwald ». En 1947, le ministre de la guerre, Paul Ramadier, lui remet la Légion d’honneur. – Pauvre, malade, oublié de tous, il s’éteint à Paris, 15e, en 1952.

Ses cendres reposent au Père Lachaise.

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JR : Pique-nique gigantesque à la clôture de la frontière américano-mexicaine

 JR qui s’est rendu célébre en plçant partout sur la planète des photos de personnes anonymes pour créer une chaîne humaine a choisi de dénoncer la politique de Trump par cette performance.
Pique-nique à Tecate

Le 8 octobre dernier, pour le dernier jour de son gigantesque installation d’échafaudages du côté mexicain de la frontière entre les États-Unis et le Mexique, JR a organisé un gigantesque pique-nique des deux côtés de la clôture. Kikito, sa famille et des centaines d’invités sont venus des États-Unis et du Mexique pour partager un repas ensemble. Les gens se sont rassemblés autour des yeux d’un Rêveur, mangeant la même nourriture, partageant la même eau, jouissant de la même musique (la moitié du groupe de chaque côté). Le mur a été oublié pendant quelques instants …

Plus sur le projet
dans le Washington Post
CNN:  http://www.cnn.com/2017/10/10/us/border-wall-picnic-trnd/ 
TIME Magazine:  http://time.com/4977283/artist-stages-picnic-on-us-mexico-border/

Pique-nique à Tecate
Pique-nique à Tecate
Pique-nique à Tecate
Pique-nique à Tecate
 

A Roger: la seconde fondation, l’âme communiste russe…

Il est des jours comme ça où tout à coup il y a des états de grâce, les temps s’emmêlent , on lit un livre (A distance de Carlo Ginzburg)  qui correspond exactement à cette confusion… Et puis à cause d’un sujet que vous avez jeté un peu comme une bouteille à la mer concernant Azimox, un lecteur vous dit exactement ce que vous ressentez de cette quête de l’humanité et des deux fondations, l’une rationnelle , techniciste, la Chine peut-être qui nous permettra de sortir de la barbarie dans laquelle nous a conduit l’empire, de conquérir les étoiles et l’autre qui est celle d’une âme ivre jamais assouvie que l’astronef ne trouvera peut-être jamais. Peut être l’âme est-elle russe et celle de ce chanteur Vladimir Vysotsky…

 

Selon la presse russe : la France a hérité d’un Russe déterminé, Piotr Pavlenski

L'artiste russe Piotr Pavlenski aurait été arrêté après avoir incendié la Banque de France (IMAGES)

Piotr Pavlenski aurait été arrêté hier en France après avoir incendié la Banque de France, pour le moment seuls les médias russes en parlent, la presse française se tait ce qui ne serait pas une mauvaise tactique pour cet Erostrate des temps modernes (on se souvient qu’Erostrate avait incendié une des 7 merveilles du monde pour faire parler de lui ; il avait été interdit de faire prononcer son nom). Est-ce qu’on peut considérer comme une des 7 merveilles du monde le siège du FSB (le successeur du KGB), la Banque de France ou les testicules de l’auteur puisque il a dirigé ces attaques contre ces trois choses? remarquez moi il ne me dérange pas… mais quand on pense à tous les pauvres gens qui attendent un statut de réfugié, en venant de pays où sévissent la guerre, les répressions féroces, la sélection par l’élite et en fonction de l’antipathie approuvée pour les pays d’origine n’est peut-être pas le meilleur critère de sélection pour l’accueil…

Ce Russe en tout les cas paraît un homme déterminé… et une fois de plus les français qui l’ont accueilli se sont complètement trompé sur ce que revendiquent les Russes qui soit font référence à la Révolution d’octobre, soit à comme ici à la tradition populiste  qui a joué un rôle certain dans les Révolution russes, l’intelligentzia, un mélange de référence à l’âme russe et à ses soufrfrances et à la Révolution française…  Il a donc souhaité éclairer les journalistes sur le sens politique de son action.

Piotr Pavlenski a distribué aux journalistes présents un communiqué de quelques lignes, censé expliquer cette action baptisée Eclairage :

« La Bastille a été détruite par le peuple révolté ; le peuple l’a détruite comme symbole du despotisme et du pouvoir. Sur ce même lieu, un nouveau foyer d’esclavage a été bâti. (…) La Banque de France a pris la place de la Bastille, les banquiers ont pris la place des monarques. (…) La renaissance de la France révolutionnaire déclenchera l’incendie mondial des révolutions. »

Les photos prises sur les lieux rappellent fortement la dernière action d’envergure menée en Russie par l’artiste : l’incendie, en novembre 2015, de la porte principale de la Loubianka, le siège historique des services de sécurité russes. Cette action lui avait valu de passer sept mois en détention préventive, avant d’être finalement condamné à une simple amende. L’artiste, qui se revendique de « l’art politique », avait transformé son procès en performance en invitant des prostituées à y témoigner, pour moquer la soumission de la justice russe au pouvoir politique.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/culture/article/2017/10/16/l-artiste-russe-pavlenski-arrete-a-paris-apres-avoir-mis-le-feu-a-la-banque-de-france_5201602_3246.html#x7q86mpOEW0CH00R.99

Le Russe Piotr Pavlenski, que ses performances «extrêmes» ont rendu célèbre, avait  obtenu le 4 mai l’asile politique en France, a annoncé son avocate à l’AFP. L’artiste et sa compagne ont obtenu le statut de réfugiés politiques auprès de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), a déclaré Dominique Beyreuther Minkov. «La France reste une terre d’asile pour les opposants politiques. C’est là notre honneur», s’est-elle félicitée.

Piotr Pavlenski et Oksana Chaliguina sont arrivés en France en janvier dernier. Ils ont quitté la Russie où ils risquent une peine de 10 ans d’emprisonnement, après qu’une actrice de théâtre a porté plainte contre eux pour agression sexuelle.

Le performeur conteste ces accusations et assure que les autorités russes en ont après lui pour des raisons politiques. «Je ne dirais pas que je représente une menace [pour le pouvoir], plutôt un gros inconvénient […] Je mène diverses actions et cela gène la machine de propagande [des autorités]», confiait-il à l’agence de presse Reuters en janvier dernier.

L’artiste s’est rendu célèbre en réalisant des performances, ci-dessus il s’est cloué les testicules sur la place rouge… En 2012, il s’était cousu les lèvres en soutien aux Pussy Riot, un groupe de punk rock féministe dont les membres, cagoulées, s’étaient produites sans autorisation dans la cathédrale du Christ-Sauveur de Moscou. Parmi ces autres coups d’éclat, il avait arrosé d’essence et incendié les portes du siège du FSB et s’était cloué la peau des testicules sur les pavés de la place Rouge (voir photo ci-dessus).

 

 

 

 
 

The New Yorker : la notion de race mise à mal par la découverte de gènes pour la couleur de la peau, par Carl Zimmer

Il est clair – c’est le cas de le dire – que les Cubains qui ont une palette très variée de couleurs pour désigner la peau humaine sont plus proches de la réalité des bizarreries des gènes associées à l’évolution que les crétins suprématistes blancs, mais ça nous le savions déjà…  En revanche, je suis assez contente d’avoir toujours constaté la grande diversité des êtres humains indépendamment de la couleur de leur peau, mon ami Semou Pathé Gueye m’accusait injustement de ne pas voir la différence. Non, mais elle me semblait y compris sur le plan formel très secondaire par rapport à d’autres critères qui à la taille par exemple me faisait reconnaître un peuple du sud ou du nord ou des individus entre eux. Il n’y a pas d’ailleurs que les blancs pour imaginer que tous les noirs sont pareils, les enfants noirs en Afrique qui voyaient rarement des blancs pleuraient en me voyant, pour eux j’étais un fantôme, Semou me répondait que les enfants bretons venaient avec un doigt mouillé pour lui nettoyer la peau. Le caractère discriminant excessif accordé à la couleur de la peau est bel et bien une construction sociale, une base inventée à l’origine du racisme ( note et traduction de Danielle Bleitrach pour histoire et societe).

Une galerie de bustes du XIXème siècle montrant la diversité humaine exposée au Musée de l’Homme à Paris. Les scientifiques ont constaté que les variations génétiques qui déterminent la couleur de la peau sont largement partagées. CréditRomuald Meigneux / SIPA, via Associated Press

Pendant des siècles, la couleur de la peau a eu une signification sociale puissante –  elle a représenté une caractéristique déterminante de la race et un point de départ pour le racisme.

« Si vous demandez à quelqu’un dans la rue, » Quelles sont les principales différences entre les races ?, « ils vont dire la couleur de la peau », a déclaré Sarah A. Tishkoff, un généticien à l’Université de Pennsylvanie.

Jeudi, le Dr Tishkoff et ses collègues ont montré qu’il s’agissait d’une erreur profonde. Dans la revue Science, les chercheurs ont publié la première étude à grande échelle de la génétique de la couleur de la peau chez les Africains.

Les chercheurs ont identifié huit variantes génétiques dans quatre régions proches du génome humain qui influencent fortement la pigmentation – certaines rendant la peau plus foncée et d’autres la rendant plus claire.

Ces gènes sont partagés à travers le monde, comme il s’avère ; l’un d’eux, par exemple, blanchit la peau des Européens et des chasseurs-cueilleurs au Botswana. Les variantes géniques étaient présentes chez les lointains ancêtres de l’humanité, avant même que notre espèce ait évolué en Afrique il y a 300 000 ans.

La distribution répandue de ces gènes et leur persistance au cours des millénaires montrent que les vieilles lignes de couleur sont sans signification essentielle, ont dit les scientifiques. La recherche « met à mal le concept biologique de la race », a déclaré le Dr Tishkoff.

Les humains développent la couleur essentiellement comme les autres mammifères. Des cellules spéciales dans la peau contiennent des poches, appelées mélanosomes, remplies de molécules pigmentaires. Plus il y a de pigments, plus la peau est foncée.

La couleur de la peau varie également avec le type de pigments : les mélanosomes peuvent contenir des mélanges d’un brun-noir appelé eumélanine et un jaune-rouge appelé phéomélanine.

Pour trouver les gènes qui aident à produire des pigments, les scientifiques ont commencé par étudier les personnes d’ascendance européenne et ont découvert que les mutations d’un gène appelé SLC24A5 ont amené les cellules à produire moins de pigments, conduisant à une peau plus claire. Sans surprise, presque tous les Européens ont cette variante.

«Nous savions beaucoup de choses sur la raison pour laquelle les gens ont la peau pâle s’ils ont une ascendance européenne», a déclaré Nicholas G. Crawford, chercheur postdoctoral à l’Université de Pennsylvanie et co-auteur de la nouvelle étude. « Mais on savait très peu pourquoi les gens ont la peau foncée. »

Depuis le début des années 2000, le Dr Tishkoff a étudié les gènes en Afrique, découvrant des variantes importantes pour tout, de la résistance au paludisme à la taille.

Les populations africaines varient énormément dans la couleur de la peau, et le Dr Tishkoff a estimé que les variantes génétiques puissantes doivent en  être responsables.

Étudiant 1 570 personnes en Ethiopie, en Tanzanie et au Botswana, elle et ses collègues ont découvert un ensemble de variantes génétiques qui représentent 29% de la variation de la couleur de la peau. (La variation restante semble liée à des gènes encore à découvrir.)

Une variante, MFSD12, était particulièrement mystérieuse : personne ne savait à quoi elle aboutissait  dans le corps. Pour étudier sa fonction, les chercheurs ont modifié le gène chez des souris de laboratoire rougeâtres. En leur donnant la variante trouvée chez les Africains à la peau plus foncée, les souris grisonnaient.

Comme cela s’est avéré, le  MFSD12 peut affecter la production d’eumélanine brun-noir, produisant une couleur de peau plus foncée.

Les huit variantes de gènes que le Dr Tishkoff et ses collègues ont découvert chez les Africains se sont avérés être présents dans de nombreuses populations à l’extérieur du continent. En comparant l’ADN de ces personnes, les chercheurs ont pu estimer depuis combien de temps les gènes sont apparus.

Ils se sont révélés immensément vieux. Par exemple, une variante de la peau claire – que l’on trouve aussi bien chez les Européens que chez les chasseurs-cueilleurs de San du Botswana – est apparue il y a environ 900 000 ans.

Même avant Homo sapiens, nos lointains ancêtres avaient un mélange de gènes pour la peau claire et foncée. Certaines populations peuvent avoir eu la peau foncée et d’autres  la peau claire; ou peut-être qu’ils étaient tous de la même couleur, produite par un mélange de variantes.

Les Néandertaliens se sont séparés de nos ancêtres il y a environ 600 000 ans et se sont répandus en Europe et en Asie orientale. Alors qu’ils ont disparu il y a environ 40 000 ans, une partie de leur ADN a survécu.

Ces hominidés ont hérité de la même combinaison de variantes déterminant la couleur de la peau, ont également découvert le Dr Tishkoff et ses collègues. Il est possible que certaines populations de Néandertal, aussi, aient une peau claire et d’autres une peau foncée.

Les humains vivants se sont retrouvés avec un large éventail de teintes – de pâle et freckly en Irlande à brun foncé dans le sud de l’Inde, en Australie et en Nouvelle-Guinée. Les chercheurs ont soutenu que ces différentes couleurs ont évolué en partie en réponse à la lumière du soleil.

L’idée est que les personnes qui vivent avec une intense lumière ultraviolette ont bénéficié de la couleur sombre, des pigments qui ont protégé des molécules importantes dans leur peau. Dans les endroits moins ensoleillés, les gens avaient besoin d’une peau plus claire car ils étaient capables d’absorber plus de lumière du soleil pour fabriquer de la vitamine D.

Les nouvelles preuves génétiques appuient cette explication, mais ajoutent une complexité inattendue. Les populations à peau foncée du sud de l’Inde, de l’Australie et de la Nouvelle-Guinée, par exemple, n’ont pas évolué de façon indépendante simplement parce que l’évolution l’a favorisé.

Ils ont hérité des variantes sombres ancestrales que l’équipe du Dr Tishkoff a trouvées chez les Africains. « Ils devaient avoir pour origine une population africaine », a déclaré le Dr Tishkoff.

Pourtant, il en est de même pour certains gènes qui produisent une peau claire en Asie et en Europe. Ils sont également originaires d’Afrique et ont été transportés sur le continent par des migrants.

Comme les Africains ont déménagé en Europe et en Asie, ils se sont mélangés avec des Néandertaliens à plusieurs reprises. La semaine dernière, Michael Dannemann et Janet Kelso de l’Institut Max Planck pour l’anthropologie évolutionniste en Allemagne ont rapporté que les Britanniques portent encore un certain nombre de variantes néandertaliennes qui colorent la peau.

Certains des gènes récemment découverts sont apparus relativement récemment dans notre évolution.

La variante de la peau pâle de SLC24A5, très répandue en Europe, par exemple, est une addition récente au génome, apparue il y a seulement 29 000 ans, selon la nouvelle étude. Il s’est répandu seulement dans les quelques derniers milliers d’années.

Le Dr Tishkoff et ses collègues l’ont trouvé fréquemment non seulement en Europe, mais aussi dans certaines populations d’Africains à la peau claire en Afrique de l’Est et en Tanzanie. Des études d’ADN ancien récemment découvertes en Afrique suggèrent une explication.

Il y a plusieurs milliers d’années, semble-t-il, une migration des premiers agriculteurs du Proche-Orient a balayé l’Afrique de l’Est. Au cours de plusieurs générations de métissage, la variante pâle de SLC24A5 est devenue courante dans certaines populations africaines.

Dans l’ensemble, la nouvelle étude fournit « une appréciation plus profonde de la palette génétique qui a été mélangée et adaptée par l’évolution », a déclaré Nina Jablonski, un expert sur la couleur de la peau à l’Université de Pennsylvanie.

 
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Publié par le octobre 13, 2017 dans civilisation, mythe et légendes

 

Le salon du livre Russkaya Literatura 2017 sera consacré au centenaire de la révolution d’Octobre

L’objectif du salon Russkaya Literatura, qui se tient tous les ans à Paris, est de présenter au public français la vie littéraire russe et russophone d’aujourd’hui.


La troisième édition du rendez-vous littéraire russe de l’année 2017 aura lieu du 6 au 8 octobre dans le tout nouveau Centre culturel russe du quai Branly.

Affiche du salon du livre Russkaya Literatura. Crédits : Russkaya Literatura.
Affiche du salon du livre Russkaya Literatura. Crédits : Russkaya Literatura.

Comme les années précédentes, rencontres, débats, expositions, projections seront proposés tout au long des trois jours de ce salon qui accueille les plus grands auteurs russes contemporains du moment et de nombreux auteurs français inspirés par la Russie.

La troisième édition du salon Russkaya Literatura se tiendra cette année dans le tout nouveau Centre spirituel et culturel orthodoxe russe du quai Branly. Elle commémorera le centenaire de la révolution russe d’octobre 1917, un événement qui a marqué l’histoire du XXe siècle.

De nombreux livres traitant de ce sujet sont sortis cette année, tant du côté russe que français. Leurs auteurs viendront en parler. L’idéologie qui prévalait encore dans les dernière décennies a désormais marqué le pas, laissant place à une approche plus historique et transversale de la révolution.

Cette année verra la naissance du Prix du salon Russkaya Literatura qui viendra récompenser un livre édité en France sur la période 2016-2017 et inspiré par la sphère russophone.

L’objectif du salon Russkaya Literatura, qui se tient tous les ans à Paris, est de présenter au public français la vie littéraire russe et russophone d’aujourd’hui, dans sa diversité géographique et stylistique en réunissant dans un même lieu des éditeurs, des auteurs, des libraires et des traducteurs, soucieux d’ouvrir un dialogue direct, libre et continu entre nos deux pays.

Comme lors des années précédentes l’entrée du salon qui accueille en moyenne 8 000 visiteurs, sera gratuite.

HORAIRES D’OUVERTURE

Vendredi 6 octobre 2017: 15h-20h

Samedi 7 octobre 2017: 10h30-20 h

Dimanche 8 octobre 2017: 10h30-20h

ADRESSE

Centre Spirituel et Culturel Orthodoxe russe de Paris

1-5 Quai Branly, 75007 Paris

Entrée libre

 

On a les courtisans que l’on peut…

Lorànt Deutsch prend la défense de Stéphane Bern©Wochit

Les rapports entre les intellectuels, les artistes et le pouvoir ne sont pas toujours dignes de ce que l’on peut espérer des « élites », qu’elles soient politiques ou de la création. Mitterrand a développé autour de lui une cour servile, son ministre jack lang a plus joué paillette et strass que démocratisation culturelle, mais il restait encore des grands commis de l’Etat soucieux de la qualité et de la diffusion la plus large, de l’intérêt national, tout un monde issu d’une génération avec les hautes ambitions de la résistance et il faut bien le dire d’un parti communiste intervenant pour affirmer le droit de la classe ouvrière et des couches populaires à être « élitaires » pour tous.  Pourtant la situation n’a cessé de se dégrader avec l’abandon de plus en plus dramatique des efforts en ce domaine, la pression sur le service public, le recours au seul mécénat et avec lui à la spéculation sur l’art. Cela s’est accompagné d’une baisse d’exigence en matière de vulgarisation médiatique, en particulier en ce qui concerne la télévision qui avait été au départ le lieu d’une ambition forte en matière d’éducation populaire, d’accès à l’histoire, aux œuvres et au patrimoine.

La nomination de Stéphane Bern en monsieur patrimoine par Emmanuel Macron, est en quelque sorte le signe de ce déclin de cette double faillite, celle de ce qu’on peut attendre des grands commis de l’Etat comme de la pédagogie de l’histoire à la télévision. Comme Macron est un poulet gavé au médias, Stéphane Bern est la révélation de la nature du produit dont on gave les français pour qu’ils finissent par élire un tel président. Cela provoque un tollé légitime et je suis sûre qu’il est des gens de droite comme de gauche, des communistes comme des libéraux pour avoir le même rejet d’un tel choix.

Le choix de macron en faveur de Stéphane berne a du mal à passer parce que chacun se doute bien que cette conception de l’histoire accompagne un abandon des missions, mais il a aussi des défenseurs comme  comme le comédien Lorànt Deutsch. Il estime Stephane Berne victime comme  lui d’un complot. Que Lorant Deutsch présente la double caractéristique d’être un vulgarisateur très approximatif et monarchiste comme Stephane Berne a créé les bases d’une solidarité évidente. Par parenthèse  on se demande pourquoi les socialistes, la mairie de paris ont cru devoir assurer la promotion de pareilles nullités réactionnaires? Mystère!

Le comble c’est quand ces « historiens » s’en prennent à ceux qui légitimement dénoncent leur incompétence. Lorant Deutsch « on est face à des militants » dit-il en désignant une historienne qui appartiendrait à la France insoumise  Mathilde Larrère, une proche d’ Alexis Corbière . »Regardez qui font(sic) les reproches. Vous verrez qu’eux font une histoire qui fait partie d’un objectif idéologique, une histoire qui flatte et doit servir leur orientation politique », déclare Lorànt Deutsch que l’on pourrait bientôt retrouver sur France 2 avec Stéphane Bern dans « Suivez le guide ». Deux nouvelles stars de l’histoire telles que l’époque les promeut. Le drame c’est quand  ce qui devrait relever d’un large rassemblement non nécessairement partisan semble la proie d’un crêpage de chignon entre coterie.  Je sais avoir appuyé Alexis Corbière dans ses protestation contre le fait que l’histoire de Paris racontée non seulement aux touristes mais aux élevés était confiée à un Lorant Deutsch, je ne me suis pas interrogée sur le fait qu’il était un des dirigeants du parti de gauche, ce qu’il dénonçait était une triste réalité infligée dans les écoles à nos enfants.

Il me semble qu’il existe des batailles, pour la culture, pour l’éducation qui doivent pouvoir rassembler largement. J’ai été jadis responsable pour le PCF à la commission culturelle du Conseil Régional PACA, j’avais des alliés à droite, des gaullistes qui en étaient arrivés à prendre position qu’après m’avoir consultée parce que nous étions quelques uns à avoir une certaine conception de la relation nécessaire entre culture, intérêt général et qualité, nous avions nos différences mais aussi des exigences communes. Chacun se souvient de la manière dont les communistes ont soutenu le mouvement de décentralisation, les moyens de la création cinématographique,  le rôle de la création et des créateurs dans la diffusion culturelle, l’exigence du 1% du budget consacré à la culture, ces batailles ont rassemblé largement.

Il serait temps d’élargir les rangs de ceux qui ont  encore cette exigence de démocratie et de défense de la création, mais est-ce possible dans un tel contexte politique où la classe ouvrière, les couches populaires sont attaquées, le service public démantelé, et le profit règne en maître avec le divertissement, l’abêtissement ? Les relations entre l’art et le pouvoir ne sont pas toujours morales mais là on atteint quelque chose de totalement dégradé, cela va avec l’offensive contre le service public et les couches populaires, le primat du profit, macron peut jouer à l’intellectuel de choc, être peint par un courtisan en héros de roman, il n’y a pas de culture sans un minimum d’ambition morale pour les autres, sans la conscience qu’il y a quelque chose de plus important que soi-même.

Danielle Bleitrach