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Archives de Catégorie: URSS. Révolution d’octobre

Quelques articles que vous ne lirez nulle part ailleurs : Staline, touche pas à mon despote…

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Marianne vous prépare une série de traductions: en Russie le débat fait rage toujours autour de Staline. Pas de Staline d’ailleurs, le cas semble être jugé en ce qui le concerne: pour la plupart des Russes, vu ce qu’est le capitalisme, Staline a bien agi non seulement il a protégé la patrie russe de l’invasion nazie, sauvé le reste du monde par la même occasion, mais il a fait accéder la Russie et l’ancien empire de l’autocrate à la modernité dans l’amitié entre les peuples. En fait c’est l’opinion de 7O% des gens et au vu de ceux que nous avons interviewé dans les rues, les moyens de transport, il nous semble que l’opinion frise les 80%

Non le débat a été lancé sur Khrouchtchev qui l’a dénoncé. Un article dont vous allez bientôt avoir la traduction a expliqué qu’il n’avait pas démérité lui non plus et a énuméré ses bienfaits, une cascade d’intervenants est venu en dire tout le mal que l’on devait en penser vu qu’il a osé dire du mal de Staline.

Enfin, à ce que m’en a dit Marianne, un arrière petit-fils de Staline s’est mêlé au débat national sur la question. Il a bien sûr affirmé qu’il était fier de son grand-père, mais qu’il ne fallait pas pousser trop loin la démonstration et excuser ses brutalités au nom de la raison d’Etat parce qu’avec une telle logique on ne savait plus jusqu’où on allait y compris aujourd’hui. Personnellement j’aurais plutôt tendance à penser comme lui.

Vous allez donc avoir sur le blog quelques pièces de ce dossier mais avouez que c’est dommage que ce soit seulement notre blog qui fasse état d’un tel débat. Remarquez notre blog a plus de lecteurs que l’Humanité, mais il n’empêche à force d’être le journal de Jaurès celui-ci a perdu l’originalité d’être le journal des communistes. Un peu d’impertinence et un véritable écho sur ce qui se dit et se passe dans le vaste monde serait plus vendeur qu’un alignement sur les idées reçues de la social-démocratie, et la censure bien réelle sur les conquêtes du socialisme et ceux qui les défendent et réclament une analyse de l’Histoire qui ne soit pas inspirée par les généreux « donateurs », les marchands d’armes et la CIA. Je dis ça, je dis rien…

Surtout que par ailleurs vous êtes abreuvés de tous les « canards » lancés par la CIA ou quelques officines d’extrême-droite reprises par l’empire de presse du sieur Murdoch, puis par notre propre presse dominée par les marchands d’armes et autres grands capitalistes qui ne sont jamais en reste sur un bobard pourvu qu’il démontre l’inhumanité du socialisme et la vertu du capital philanthrope comme chacun sait…  Quand on a l’opinion de ceux qui ont pu faire la comparaison, ça peut être utile. Non ?

Peut-être parce que si vous lisiez ce genre d’article vous sauriez que pour des gens qui ont vécu le socialisme, tout vaut mieux que le capitalisme.

Danielle Bleitrach

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« Soif inextinguible pour la justice sociale. » Le niveau d’approbation de Staline a atteint un record historique

Ou on se dit que les Russes sont complètement masochistes ou on réflichit à notre propre regard sur eux… et sur leur histoire et alors on se dit que pour les gens qui ont connu le socialisme, le capitalisme est vraiment insupportable.  faites votre choix (note de Danielle Bleitrach)

16 avril 2019 15h00
"Soif inextinguible pour la justice sociale." Le niveau d'approbation de Staline a atteint un record historique

Le niveau d’approbation de Staline a atteint un maximum au cours des 20 dernières années. Ceci est démontré par les données de l’enquête « Levada Center », rapporte RBC

https://www.rline.tv/news/2019-04-16-neutolennaya-zhazhda-sotsialnoy-spravedlivosti-uroven-odobreniya-stalina-dostig-istoricheskogo-maksi/?fbclid=IwAR0CeFp5QQ56UtvgXTu9ItFI2MCBgECGNcccudJkTIi

Le rôle de Staline dans l’histoire du pays a été évalué de manière positive par 70% des répondants du Levada Center: 52% étaient plutôt positifs et 18% étaient complètement positifs. Ceci est un record pour tous les sondages ; en 2006-2009, ce chiffre était de 39 à 49%.Seulement 19% des répondants ont une relation négative avec le dirigeant soviétique (14% – plutôt négative, 5% – complètement négative). Seul un petit nombre de répondants dans l’ensemble des enquêtes – 11% – ont eu du mal à répondre. La publication souligne que l’étude a révélé un indicateur record d’une attitude positive à l’égard de Staline depuis toutes les années où il est procédé à de telles enquêtes.

Quarante et un pour cent des personnes interrogées ont déclaré respecter Staline, 6% ont dit leur  sympathie et 4% leur admiration (2% en 2018). La personnalité de Iosif Dzhugashvili est une cause d’hostilité et d’irritation chez 6% des Russes, de peur (3%) et de dégoût et de haine (3%). 26% sont indifférents , 7% sont sans opinion.

A la question « Les sacrifices humains subis par le peuple soviétique à l’époque stalinienne sont-ils justifiés par les grands objectifs et les résultats obtenus dans les plus brefs délais? » 46% des Russes ont répondu positivement. Jusqu’en 2011, moins de 30% des répondants avaient répondu de cette façon.

La part des Russes qui considèrent que les victimes humaines de l’ère stalinienne sont injustifiées diminue. En 2008, 60% des Russes n’étaient pas d’accord avec l’objectif de justification des moyens par les buts, soit 49% en avril 2017, selon le sondage actuel – 45%.

Leonty Byzov, chercheur de premier plan à l’Institut de sociologie de l’Académie des sciences de Russie, relie l’indicateur record de l’approbation des activités de Staline par les Russes à la politisation et à la scission de la société. Ces périodes sont caractérisées par des évaluations historiques plus radicales. En outre, explique l’expert, le processus de formation d’une image positive du dirigeant soviétique est soutenu par les médias appartenant à l’État.

Le rédacteur en chef de l’agence de presse REGNUM, Modest Kolerov, a expliqué la popularité croissante de Staline face à la croissance de l’injustice sociale en Russie.

«L’amour pour Staline témoigne d’une soif constante de justice sociale. En effet, le développement du capitalisme en Russie creuse le fossé qui sépare les riches des l’ensemble de la population ». Dit Kolerov.

 

Le 12 avril : youri Gagarine

Le 12 avril. Bonne journée de l’astronautique ! 🚀

L’Artiste Alexander Solodkin

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Dmitri Novikov: «Le PCUS a joué un grand rôle dans l’histoire»

 

Le 14 mars 1990s’est produit l’un des événements les plus marquants de l’histoire moderne de la Russie : l’article sur le rôle dirigeant du PCUS a été supprimé de la Constitution de l’URSS. Pourquoi et avec quelles conséquences, tel était le sujet de l’émission «Droit à la parole» de TV Centerà laquelle participait le vice-président du comité central du parti communiste de la Fédération de Russie, D. G. Novikov.

15-03-2019

Novikov Dmitri Gueorguievich

Vice-président du comité central du parti communiste

https://kprf.ru/party-live/cknews/183415.html

 

Le sujet, qui touchaitun épisode crucial de la période soviétique, a provoqué un débat houleux. Les tenants des idées libérales ont commencé à pérorer sur les « maux profonds » du socialisme, en utilisant les clichés idéologiques habituels. Un partisan d’Eltsine, Sergueï Stankevitch, a déclaré que les communistes eux-mêmes avaient privé le PCUS de son rôle dirigeant, puis avaient détruit l’URSS. «D’où sortaient ces personnes?» demanda-t-il. « Ils remplissaient une demande, passaient leur période d’essai et entraient dans le parti pour faire carrière! », a répondu Dmitri Novikov, rappelant à son adversaire ses propres paroles sur l’adhésion au PCUS en 1987.

 

Le débat qui s’ensuivit incita l’animateur Roman Babayan à se demander pourquoi 18 millions de membres du PCUS n’avaient pas volé au secours du parti et de l’État. «A votre question, où étaient toutes ces personnes, comme d’autres participants au programme, je commencerai par répondre avec un petit souvenir personnel», a déclaré Dmitri Novikov. Il a noté qu’il n’était pas à l’époque membre du parti, bien qu’il ait écrit une demande d’adhésion. «Cela s’est passé en 1991, alors que j’étais étudiant en cinquième année à l’Institut pédagogique d’État de Blagoveshchensk», a-t-il poursuivi. «Dans la soirée, j’ai appris par le journal télévisé que Eltsine avait signé son décret interdisant le PCUS. J’étais fermement contre et persuadé que le parti résisterait. J’ai écrit une déclaration et l’ai portée le matin suivant au comité du parti de mon université, mais il était déjà sous scellés. Il existait donc des gens qui étaient prêts à agir dans un parti pourautre chose que leur carrière et qui continuaient à partager les valeurs du socialisme. Et ceci en dépit du fait que la campagne anti-communiste avait déjà été lancée dans le pays depuis plusieurs années.  » Comme les participants au programme l’ont ensuite noté, ce choix et cette position cohérente méritent sans aucun doute d’être respectés.

 

Ensuite, le vice-président du Comité central du Parti communiste de la Fédération de Russie a commenté les déclarations du studio sur le « monopole du PCUS ». Il a souligné que le pays soviétique n’était pas du tout condamné à un système à parti unique. «Je tiens à rappeler les événements de 1917-1918, lors de la grande révolution socialiste d’octobre. Les bolcheviks n’étaient pas seuls à partager ses valeurs, à participer à la révolution. Un autre parti a pris position pour la Grande Révolution d’Octobre: ​​il s’agit des socialistes-révolutionnaires de gauche. Par conséquent, ils sont entrés dans le gouvernement, dans les Soviets de tous les niveaux et les organismes gouvernementaux régionaux », a déclaré Novikov. Il a ensuite expliqué qu’en provoquant une émeute, en tuant l’ambassadeur d’Allemagne Mirbach et en tentant ainsi un coup d’État, les socialistes-révolutionnaires de gauche se sont coupés eux-mêmes de la vie politique. Et cela a directement influencé la construction du système politique soviétique.

 

Poursuivant son discours, le représentant du Parti communiste de la Fédération de Russie a soulevé le problème du rôle du PCUS dans la société soviétique. «Bien sûr, il s’agissait d’une structure fondamentale, sans laquelle la société n’aurait pas résistéaux multiples pressions et aux défis, aux menaces qui surgissaient sans cesse,» a déclaré Dmitri Novikov. – Ce sont les bolcheviks qui ont restauré la Russie historique, suite à son effondrement du fait de l’inefficacité des gouvernements tsariste et provisoire. Des républiques autoproclamées sont apparues – plus de trente formations pseudo-étatiques. Et dans notre pays multinational seul le parti communiste pouvait jouer un rôle fédérateur. »

 

Expliquant sa pensée, Dmitri Gueorguievich a noté que seul un parti préconisant l’internationalisme et l’amitié entre les peuples pouvait concilier les intérêts nationaux et éliminer les contradictions inévitables. «Et le parti à l’époque soviétique remplissait parfaitement cette fonction. Dans les années de la perestroïka, cela a été remis en question. Des conflits ethniques attisés avec soin ont commencé à surgir. Mais maintenant que le temps a passé, nous comprenons à quel point le parti a rempli avec brio ces fonctions: harmoniser les intérêts nationaux », a-t-il souligné.

 

Et ce n’est pas une coïncidence, selon D.G. Novikov, que la destruction de l’Union soviétique ait eu lieu en décembre 1991. «Cela s’est passé après que le PCUS a été interdit. Et ce n’était pas juste une coïncidence. Même affaibli, le parti pouvait résister à la destruction de l’Union. Par conséquent, l’interdiction de Eltsine a créé des conditions directes pour la destruction de l’URSS », a ajouté le vice-président du Comité central du parti communiste de la Fédération de Russie.

 

À la remarque du présentateur, à savoir que les gens, déçus par le PCUS, ne se sont pas manifestés pour défendre le parti et le pays, Dmitri Novikov a souligné que ce n’était pas le cas. Il a rappelé le grand rassemblement de défense de l’armée et de l’Union soviétiques, qui s’est déroulé le 23 février 1991 sur la place du Manège à Moscou et qui a rassemblé plus de personnes que ne l’a jamais fait un seul meeting des « démocrates». Novikov a proposé de rappeler les actions en faveur du référendum sur la préservation de l’URSS et les résultats du référendum lui-même. «Quand il y a eu une occasion de se manifester et d’exprimer son opinion, les gens se sont manifestés. Des millions de personnes ont exprimé leur position en faveur du maintien de l’unité du pays. Et pour la préservation du pays soviétique, de l’Union soviétique -, a déclaré le représentant du Parti communiste. – Et ils avaient toutes les raisons de prendre cette position, car le Parti communiste a joué un grand rôle historique. Il a assuré le développement rapide et efficace de notre pays.  »

 

Dmitri Gueorguievich a souligné que le caractère unique de la société soviétique, ses succès fantastiques n’étaient pas dus à l’absence de lacunes et de problèmes, mais au fait que ces problèmes étaient résolus avec succès. S’exprimant sur le rôle du PCUS dans le développement économique, Novikov a souligné que le parti n’était pas impliqué dans l’administration directe de l’économie. Il définissait le vecteur du développement, fixait des objectifs, formulait des programmes basés sur l’opinion de professionnels et agissait par le biais de la politique des cadres. En pratique, la mise en œuvre des positions du parti par rapport à l’économie se faisait par décision de ministères et de départements. Sinon, le mécanisme n’auraittout simplement pasfonctionné. «Par conséquent, il est faux de dire que le parti a complètement remplacé les mécanismes de l’État. Le parti était ce qu’il était censé être: selon l’article 6 de la Constitution de l’URSS, il était la force dirigeante de la société soviétique », a déclaré le vice-président du Comité central du Parti communiste de la Fédération de Russie.

 

Au cours de la discussion, Dmitri Novikov a commenté les déclarations des autres participants au programme. Ainsi, il a remis en question les paroles du responsable du Centre d’information politique, AlexeiMoukhine, qui a déclaré qu’avec l’abolition du 6ème article dans le pays, l’idée même du communisme avait disparu. “C’est absurde. Comment peut-on abolir une idée? Les milliers de personnes qui appartiennent maintenant au Parti communiste de la Fédération de Russie n’adhèrent-elles pas aux idées communistes? Ou ont-elles des idées libérales? ”a répondu Novikov.

 

En outre, le vice-président du Comité central du Parti communiste de la Fédération de Russie n’est pas d’accord avec la déclaration de l’historien Alexander Sagomonyan selon laquelle il n’y aurait pas eu de destruction de l’URSS si le plan de Staline sur l’autonomisation avait été adopté à la place de la stratégie de fédéralisation de Lénine. « Si Staline avait pensé que l’idée de Lénine était une erreur, il aurait persuadé le parti de changer ces décisions au bout d’un moment », a souligné Dmitri Gueorguievich. « Cependant, Staline a adopté la position de Lénine et l’a fermement défendue. » Selon lui, la création de l’Union soviétique n’était pas une erreur. C’était une décision dans une situation réelle quand le pays était déjà divisé. Il n’est possible d’unir ses peuples dans ces conditions que sur un pied d’égalité et selon des principes fédératifs. C’est ce qui a été fait.

Traduction MD pour H&S

 

 

L’émission d’Arte qu’il faut voir. « Rouge, l’art au pays des soviets »

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parce qu’elle est faite par des gens compétents qui ne sont pas seulement des idéologues anticommunistes.
Cette émission a l’immense mérite de nous présenter l’UNion soviétique à la fois comme une unité de civilisation, mais avec des périodes dans lesquelles la relation entre les artistes et le pouvoir politique connait des fortune diverses.

Ce que montre cette émission c’est que l’URSS a bouleversé non seulement les données sociales d’une époque mais aussi celles de la création esthétique et de la peinture en particulier. Si c’est dans la première période celle de l’élan bolchevique que cette empreinte est la plus incontournable, loin d’être une totale rupture tous les acquis continuent à fructifier la représentation autant que la production architecturale, industrielle, cinématographique.

Pour une fois la question n’est pas posée seulement à travers Staline, mais à travers la relation avant-garde et « goûts populaires » ou supposés tel, ce qui est une manière d’interroger le rôle de l’art dans la création d’une nouvelle société.

Il reste à reprendre cette réflexion dans le cadre d’une recherche sur le cinéma, la poèsie, la musique, l’éducation des masses, mais c’est une bonne base.

https://www.arte.tv/fr/videos/083289-000-A/rouge-l-art-au-pays-des-soviets/

 

1963 : Sur la question de Staline par le parti communiste chinois

voici une piècehistorique qui porte sur l’origine même de la rupture sino-soviétique dont on peut considérer, avec Fidel Castro qu’elle constitue l’élément clé de la crise du mouvement communiste. Notons que l’affrontement porte moins sur l’estimation de Staline que sur la manière dont khrouchtchev a prétendu l’imposer sans la moindre discussion avec les  partis communistes. Quand on connaît un peu l’histoire du parti communiste français, il est clair que Maurice Thorez est aussi très mécontent du diktat qui lui est imposé. (note de danielle Bleitrach_

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13 Septembre 1963

   Rédaction du Renmin Ribao et Rédaction du Hongqi.

La question de Staline est une grande question, une question d’importance mondiale qui a eu des répercussions au sein de toutes les classes du monde et qui, jusqu’à présent encore, est largement controversée. Les classes et les partis politiques ou factions politiques qui représentent les différentes classes ont des opinions divergentes sur cette question. Et il est à prévoir qu’une conclusion définitive ne puisse lui être donnée en ce siècle. Cependant, au sein de la classe ouvrière internationale et des peuples révolutionnaires, la majorité des gens ont, au fond, des opinions semblables ; ils n’approuvent pas la répudiation totale de Staline et ne font que témoigner d’un attachement accru à la mémoire de ce dernier. Il en est de même en Union soviétique. Nos controverses avec les dirigeants soviétiques ne sont que des controverses avec une fraction d’hommes. Notre espoir est de pouvoir convaincre cette fraction d’hommes, afin de faire progresser la cause de la révolution. C’est là le but que nous nous proposons d’atteindre en écrivant le présent article.

Le Parti communiste chinois a toujours soutenu que la répudiation totale de Staline par le camarade Khrouchtchev au titre de la « lutte contre le culte de la personnalité » est entièrement erronée, qu’elle a été faite dans des intentions inavouées.

La lettre du 14 juin dernier du Comité central du P.C.C. souligne que la « lutte contre le culte de la personnalité » va à rencontre de la doctrine intégrale de Lénine concernant les rapports entre les chefs, le Parti, les classes et les masses et porte atteinte au principe du centralisme démocratique du Parti.

La lettre ouverte du Comité central du Parti communiste de l’Union soviétique évite de répondre aux arguments de principes avancés par nous, mais se contente d’accoler aux communistes chinois les étiquettes de « défenseurs du culte de la personnalité », de « propagateurs des idées erronées de Staline ».

Lorsqu’il luttait contre les menchéviks, Lénine a dit : « Ne pas répondre à l’argument de principe de l’adversaire et se contenter de lui imposer une imputation d’’excitation’ – cela signifie ne pas débattre mais injurier » 1 . L’attitude qu’à adoptée dans sa lettre ouverte le Comité central du P.C.U.S. est exactement celle des menchéviks.

Bien que la lettre ouverte du Comité central du P.C.U.S. ait substitué les injures au débat, nous, de notre côté, préférons ne répondre à cette lettre qu’en utilisant des arguments de principe et en apportant nombre de faits.

La grande Union soviétique est, dans le monde, le premier Etat de la dictature du prolétariat. Ce fut tout d’abord Lénine qui a été le principal dirigeant du Parti et du gouvernement de cet Etat de la dictature du prolétariat. Après la mort de Lénine, ce fut Staline.

Après la mort de Lénine, Staline non seulement fut le dirigeant du Parti et du gouvernement de l’Union soviétique, mais aussi le guide universellement reconnu du mouvement communiste international.

Le premier État socialiste inauguré par la Révolution d’Octobre ne compte jusqu’ici qu’une histoire de quarante-six ans. Et Staline a été le principal dirigeant de cet Etat pendant une période qui a duré près de trente ans. Par toute son activité, Staline a occupé une place extrêmement importante aussi bien dans l’histoire de la dictature du prolétariat que dans celle du mouvement communiste international.

Le P.C.C. a toujours soutenu, à propos de l’appréciation à porter sur Staline et de l’attitude à adopter à son égard, qu’il ne s’agit pas seulement de porter un jugement sur sa personne, mais, ce qui est plus important, de faire le bilan de l’expérience historique de la dictature du prolétariat et du mouvement communiste international depuis la mort de Lénine.

Au XXe Congrès du P.C.U.S., le camarade Khrouchtchev a répudié totalement Staline. Sur une telle question de principe, qui concerne le mouvement communiste international, les partis frères n’ont pas été consultés d’avance, on a voulu les obliger à accepter le fait accompli. Quiconque porte sur Staline une appréciation autre que celle de la direction du P.C.U.S. est considéré non seulement comme le « défenseur du culte de la personnalité » mais comme l’auteur d’une « intervention » dans les affaires intérieures du P.C.U.S. Cependant, nul ne peut nier la portée internationale de l’expérience historique du premier État de dictature du prolétariat, ni le fait historique que Staline a été le dirigeant du mouvement communiste international ; par conséquent, nul ne peut non plus contester que la question du jugement à porter sur Staline est une question de principe d’importance majeure, une question qui concerne en commun le mouvement communiste international. Alors quelles raisons les dirigeants du P.C.U.S. ont-ils d’interdire aux autres partis frères de faire une analyse sur Staline et de donner une appréciation sur lui qui répondent aux faits ?

Le P.C.C. a toujours estimé qu’il faut faire une analyse complète, objective et scientifique des mérites et des erreurs de Staline, en recourant à la méthode du matérialisme historique et en représentant l’histoire telle qu’elle est, et non pas répudier Staline de façon totale, subjective et grossière, en recourant à la méthode de l’idéalisme historique, en déformant et en altérant à plaisir l’histoire.

Le P.C.C. a toujours considéré que Staline a commis un certain nombre d’erreurs qui ont une source ou idéologique ou sociale et historique. La critique des erreurs de Staline, celles qui effectivement furent commises par lui et non pas celles qu’on lui attribue sans aucun fondement, est chose nécessaire lorsqu’elle est faite à partir d’une position et par des méthodes correctes. Mais nous avons toujours été contre la critique de Staline lorsqu’elle est faite d’une façon incorrecte, c’est-à-dire à partir d’une position et par des méthodes erronées.

Du vivant de Lénine, Staline lutta contre le tsarisme et pour la diffusion du marxisme ; après sa participation à la direction du Comité central du Parti bolchevik ayant à sa tête Lénine, il lutta pour préparer la Révolution de 1917 ; après la Révolution d’Octobre, il lutta pour défendre les conquêtes de la révolution prolétarienne.

Après la mort de Lénine, c’est sous la direction de Staline que le Parti communiste et le peuple de l’Union soviétique ont mené contre tous les ennemis, ceux de l’intérieur et ceux de l’extérieur, une lutte résolue qui permit de défendre et de consolider le premier État socialiste dans le monde.

C’est sous la direction de Staline que le Parti communiste et le peuple de l’Union soviétique ont appliqué avec persévérance la ligne de l’industrialisation socialiste et de la collectivisation agricole, et remporté de grands succès dans la transformation et l’édification socialistes.

C’est sous la direction de Staline que le Parti communiste, le peuple et l’armée de l’Union soviétique ont mené un combat des plus acharnés et fait aboutir la guerre antifasciste à une victoire grandiose.

C’est Staline qui, dans la lutte contre les opportunistes de toutes nuances, contre les ennemis du léninisme, trotskistes, zinoviévistes, boukhariniens et autres agents de la bourgeoisie, a défendu et développé le marxisme-léninisme.

C’est Staline qui, par une série d’œuvres théoriques, littérature immortelle du marxisme-léninisme, a apporté une contribution ineffaçable au mouvement communiste international.

C’est sous la direction de Staline que le Parti et le gouvernement de l’Union soviétique ont appliqué une politique extérieure qui, dans son ensemble, fut conforme à l’internationalisme prolétarien, et apporté une aide immense à la lutte révolutionnaire des peuples du monde, dont celle du peuple chinois.

Staline se tint en tête du courant historique pour diriger la lutte, il fut l’ennemi irréconciliable de l’impérialisme et de toute la réaction.

L’activité de Staline fut étroitement liée à la lutte du grand Parti communiste et du grand peuple de l’Union soviétique ; elle est inséparable de la lutte révolutionnaire des peuples du monde entier.

La vie de Staline fut celle d’un grand marxiste-léniniste, d’un grand révolutionnaire prolétarien.

Il est vrai que tout en accomplissant des exploits méritoires en faveur du peuple soviétique et du mouvement communiste international, le grand marxiste-léniniste et révolutionnaire prolétarien que fut Staline commit aussi des erreurs. Des erreurs de Staline, certaines sont des erreurs de principe, d’autres furent commises dans le travail pratique ; certaines auraient pu être évitées tandis que d’autres étaient difficilement évitables en l’absence de tout précédent dans la dictature du prolétariat auquel on pût se référer.

Dans certains problèmes, la méthode de pensée de Staline s’écarta du matérialisme dialectique pour tomber dans la métaphysique et le subjectivisme, et, de ce fait, il lui arriva parfois de s’écarter de la réalité et de se détacher des masses. Dans les luttes menées au sein du Parti comme en dehors, il confondit, à certains moments et dans certains problèmes, les deux catégories de contradictions de nature différente contradictions entre l’ennemi et nous, et contradictions au sein du peuple de même que les méthodes différentes pour la solution de ces deux catégories de contradictions. Le travail de liquidation de la contrerévolution, entrepris sous sa direction, permit de châtier à juste titre nombre d’éléments contrerévolutionnaires qui devaient l’être ; cependant, des gens honnêtes furent aussi injustement condamnés, et ainsi il commit l’erreur d’élargir le cadre de la répression en 1937 et 1938. Dans les organisations du Parti et les organismes de l’Etat, Staline ne fit pas une application pleine et entière du centralisme démocratique du prolétariat ou y contrevint partiellement. Dans les rapports entre partis frères et entre pays frères, il commit aussi des erreurs. Par ailleurs, il formula, au sein du mouvement communiste international, certains conseils erronés. Toutes ces erreurs ont causé des dommages à l’Union soviétique et au mouvement communiste international.

Les mérites que Staline s’était acquis durant sa vie aussi bien que les erreurs dont il fut l’auteur sont un fait objectif de l’histoire. Si l’on met en parallèle ses mérites et ses erreurs, ce sont ses mérites qui prédominent. Car, dans l’activité de Staline, ce qui est juste constitue l’aspect essentiel, ses erreurs n’occupant qu’une place secondaire. Lorsqu’il s’agit de dresser le bilan de toute l’activité idéologique et de tout le travail de Staline, chaque communiste honnête ; qui respecte l’histoire, saura tout d’abord avoir en vue ce qui fut essentiel chez Staline. Aussi, lorsqu’il s’agit de connaître et de critiquer correctement les erreurs de Staline et de les surmonter, doit-on sauvegarder ce qui était l’essentiel de sa vie, sauvegarder le marxisme-léninisme qu’il a défendu et développé.

Pour ce qui est des erreurs de Staline, lesquelles occupent seulement une place secondaire, elles doivent être considérées comme une leçon de l’histoire, une mise en garde pour les communistes de l’Union soviétique et ceux des autres pays, afin qu’ils ne commettent pas, à leur tour, pareilles erreurs ou en commettent moins ; et cela n’est pas inutile. L’expérience historique, sous son aspect positif ou négatif, est utile à tous les communistes lorsqu’on en fait un bilan correct, correspondant à la réalité historique, et qu’on s’abstient de lui faire subir toute déformation.

Lénine indiqua à plus d’une reprise que les marxistes se distinguent totalement des révisionnistes de la IIe Internationale quant à leur attitude envers des gens comme Bebel et Rosa Luxembourg, qui, en dépit de leurs erreurs, n’en restèrent pas moins de grands révolutionnaires prolétariens. Les marxistes ne cachent pas les erreurs de Bebel, de Rosa Luxembourg et d’autres ; par l’exemple de ces erreurs, ils « apprennent à les éviter, et se mettent à la hauteur des plus strictes exigences du marxisme révolutionnaire » 2 . Au contraire, les révisionnistes « prennent un mauvais plaisir » aux erreurs de Bebel et de Rosa Luxembourg et « caquètent » là-dessus. A cet effet, Lénine a cité une fable russe pour se moquer des révisionnistes :

« II arrive parfois que les aigles volent plus bas que les poules, mais les poules ne parviendront jamais à s’élever à la hauteur des aigles ! » Bebel et Rosa Luxembourg furent de « grands communistes » et bien qu’il leur fût arrivé de commettre des erreurs, ils demeurèrent des « aigles » tandis que les révisionnistes n’étaient que la « volaille » sur « le tas de fumier » de « l’arrière-cour du mouvement ouvrier » 3 .

Le rôle joué dans l’histoire par Bebel, Rosa Luxembourg et autres est loin de pouvoir être comparé à celui de Staline. L’appréciation de la personne de Staline doit se faire avec d’autant plus de circonspection que celui-ci fut, durant toute une époque historique, un grand dirigeant de la dictature du prolétariat et du mouvement communiste international.

Les dirigeants du P.C.U.S. accusent le P.C.C. de « défendre » Staline. Oui, nous le défendons et nous voulons le défendre. Du moment que Khrouchtchev déforme l’histoire et répudie totalement Staline, nous avons naturellement le devoir irrécusable, dans l’intérêt du mouvement communiste international, de nous dresser pour le défendre.

En prenant la défense de Staline, le P.C.C. défend ce qu’il eut de juste, il défend la glorieuse histoire de la lutte du premier Etat de la dictature du prolétariat instauré dans le monde par la Révolution d’Octobre, il défend la glorieuse histoire de la lutte du P.C.U.S., il défend le renom du mouvement communiste international auprès des peuples laborieux du monde entier. En un mot, il défend tant la théorie du marxisme-léninisme que sa pratique. Les communistes chinois ne sont pas seuls à agir ainsi, tous les communistes fidèles au marxisme-léninisme, tous les hommes qui sont décidés à faire la révolution, tous les honnêtes gens ont agi de la sorte ou sont en train de le faire.

Lorsque nous prenons la défense de Staline, ce ne sont pas ses erreurs que nous défendons. Les communistes chinois ont, il y a longtemps, fait par eux-mêmes l’expérience personnelle de certaines erreurs de Staline. Des erreurs de ligne furent commises au sein du P.C.C., ce fut tantôt l’opportunisme « de gauche », tantôt celui de droite. Pour ce qui est de leurs causes internationales, quelques-unes d’entre elles se firent jour sous l’influence de certaines erreurs de Staline. Dès la fin des années 20, puis durant les années 30, enfin au début et au milieu des années 40, les marxistes-léninistes chinois, ayant les camarades Mao Zedong et Liu Shaoqi pour représentants, s’attachaient à enrayer l’influence de certaines erreurs de Staline, puis, après être progressivement venus à bout des lignes erronées, celles des opportunismes « de gauche » et de droite, ils ont fini par mener la révolution chinoise à la victoire.

Cependant, certains points de vue erronés préconisés par Staline ayant été acceptés et mis en application par des camarades chinois, nous, les Chinois, devions nous-mêmes en porter la responsabilité. Aussi la lutte menée par notre Parti contre l’opportunisme « de gauche » et de droite se limitait-elle toujours à la critique de ceux de nos camarades qui avaient commis clés erreurs, au lieu de faire retomber la responsabilité sur Staline. Notre but, en faisant ces critiques, c’était de distinguer le vrai du faux, tirer des leçons et faire progresser la cause de la révolution. Tout ce qu’on demandait aux camarades qui avaient commis des erreurs, c’était de se corriger. S’ils ne se corrigeaient pas, on pouvait encore attendre qu’ils prennent progressivement conscience par l’expérience pratique, à condition qu’ils n’organisent pas de groupes secrets et s’abstiennent de toute activité de sape. La méthode que nous avons adoptée était la méthode normale de la critique et de l’autocritique au sein du Parti, elle consistait à partir du désir d’unité pour arriver à la critique ou la lutte à une unité nouvelle, sur une base nouvelle ; c’est pourquoi nous avons obtenu de bons résultats. Nous estimions qu’il s’agissait de contradictions au sein du peuple et non de contradictions entre l’ennemi et nous, et c’est pourquoi il nous fallait adopter une telle méthode pour les résoudre.

Et quelle a été à l’égard de Staline l’attitude du camarade Khrouchtchev et de certains autres dirigeants du P.C.U.S. depuis le XXe Congrès ?

Au lieu de faire une analyse complète, historique et scientifique de l’œuvre accomplie par Staline tout au long de sa vie, ils l’ont répudiée en bloc sans distinguer le vrai du faux ; au lieu de traiter Staline en camarade, ils le traitent comme l’on traite l’ennemi ;

au lieu d’adopter la méthode de la critique et de l’autocritique de faire le bilan des expériences et d’en tirer des leçons, ils rejettent toutes les erreurs sur Staline ou bien lui imputent des « erreurs » inventées à loisir ;

au lieu de raisonner, les faits à l’appui, ils s’en prennent à la personne de Staline, en usant d’un langage insidieux et démagogique.

Khrouchtchev a couvert d’injures Staline, disant qu’il fut « un assassin », « un criminel », « un bandit » 4, « un joueur », « un despote du type d’Ivan le Terrible », « le plus grand dictateur de l’histoire russe », « un imbécile » 5, « un idiot » 6… Nous craignons vraiment de souiller notre papier et notre plume lorsque nous nous voyons dans l’obligation d’énumérer des épithètes aussi grossières, aussi vulgaires et infamantes.

Khrouchtchev a injurié Staline, disant qu’il fut « le plus grand dictateur de l’histoire russe ». Cela ne revient-il pas à dire que le peuple soviétique a vécu trente ans durant, non pas en système socialiste, mais sous la « tyrannie » du « plus grand dictateur de l’histoire russe » ? Jamais le grand peuple soviétique et tous les peuples révolutionnaires du monde n’approuveront pareille calomnie !

Khrouchtchev a injurié Staline, le taxant de « despote du type d’Ivan le Terrible ». Cela ne revient-il pas à dire que l’expérience offerte en trente années par le grand P.C.U.S. et le grand peuple soviétique aux peuples du monde entier n’est pas celle de la dictature du prolétariat, mais est celle de la vie sous la domination d’un « despote » féodal ? Jamais le grand peuple soviétique, les communistes soviétiques et tous les marxistes-léninistes du monde n’approuveront pareille calomnie !

Khrouchtchev a injurié Staline, le qualifiant de « bandit ». Cela ne revient-il pas à dire que pendant une longue période le premier pays socialiste du monde a eu à sa tête un « bandit » ? Jamais le grand peuple soviétique et tous les peuples révolutionnaires du monde n’approuveront pareille calomnie !

Khrouchtchev a injurié Staline, le traitant d’ »imbécile ». Cela ne revient-il pas à dire que le P.C.U.S., qui a mené une lutte révolutionnaire héroïque pendant plusieurs dizaines d’années, a eu un « imbécile » pour chef ? Jamais les communistes soviétiques et tous les marxistes-léninistes du monde n’approuveront pareille calomnie !

Khrouchtchev a injurié Staline, disant qu’il était un ’’idiot ». Cela ne revient-il pas à dire que la grande Armée soviétique sortie victorieuse de la guerre antifasciste a eu un « idiot » pour commandant suprême ? Jamais les glorieux officiers et soldats de l’Armée soviétique et tous les combattants antifascistes du monde n’approuveront pareille calomnie !

Khrouchtchev a injurié Staline, le considérant comme un « assassin ». Cela ne revient-il pas à dire que durant plusieurs décennies le mouvement communiste international a eu un « assassin » pour éducateur ? Jamais les communistes du monde entier, y compris ceux de l’Union soviétique, n’approuveront pareille calomnie !

Khrouchtchev a injurié Staline, affirmant qu’il était un « joueur ». Cela ne revient-il pas à dire que les peuples révolutionnaires en lutte contre l’impérialisme et.la réaction ont pris un « joueur » comme porte-drapeau ? Jamais les peuples révolutionnaires du monde, y compris le peuple soviétique, n’approuveront pareille calomnie !

De telles injures lancées par Khrouchtchev contre Staline sont la plus grande insulte que l’on puisse faire au grand peuple soviétique, au P.C.U.S. et à l’Armée soviétique, la plus grande insulte que l’on puisse faire à la dictature du prolétariat et au système socialiste, la plus grande insulte que l’on puisse faire au mouvement communiste international, aux peuples révolutionnaires du monde, au marxisme-léninisme.

Lorsqu’il bombe le torse, martèle la table et crie de toute sa force en injuriant Staline, sur quelle position Khrouchtchev se place-t-il, lui qui, du temps de Staline, participa à la direction du Parti et de l’État ? Se place-t-il sur la position d’un complice d’ »assassin » et de « bandit » ? ou bien sur celle d’un « imbécile » et d’un « idiot » ?

Quelle différence y a-t-il entre ces injures adressées par Khrouchtchev à Staline et les injures vomies sur ce dernier par les impérialistes, les réactionnaires et les renégats du communisme ? Pourquoi cette haine mortelle pour Staline ? Pourquoi s’en prendre à lui avec plus de férocité même qu’à l’ennemi ?

Lorsqu’il combat Staline, c’est en vérité contre le régime soviétique et l’Etat soviétique que se déchaîne Khrouchtchev. Et en la matière, le langage qu’il utilise, loin de le céder à celui de Kautsky, de Trotski, de Tito, de Djilas et d’autres renégats, le dépasse encore en violence.

On devrait précisément interpeller Khrouchtchev en lui citant ce passage de la lettre ouverte du Comité central du P.C.U.S. : « Comment ont-ils le courage de dire des choses pareilles à l’adresse du Parti du grand Lénine, de la patrie du socialisme, du peuple qui, le premier au monde, a fait la révolution socialiste, a sauvegardé ses grandes conquêtes dans des combats acharnés contre l’impérialisme international et la contrerévolution intérieure, qui manifeste des miracles d’héroïsme et d’abnégation dans la lutte pour l’édification du communisme, en s’acquittant honnêtement de son devoir international envers les travailleurs du monde. »

Dans l’article « De la signification politique des injures », Lénine a dit : « … en politique, les injures cachent fréquemment l’absence d’idées et l’impuissance totale, l’impuissance hargneuse des insulteurs. » N’est-ce pas précisément le cas des dirigeants du P.C.U.S. qui, constamment hantés par le spectre de Staline, essaient, par des injures contre ce dernier, de couvrir leur absence d’idées, leur impuissance totale, leur impuissance hargneuse ?

Les Soviétiques, dans leur écrasante majorité, n’approuvent pas qu’on injurie ainsi Staline. Ils se montrent toujours plus attachés à sa mémoire. Les dirigeants du P.C.U.S. se sont dangereusement détachés des masses. Si, à tout moment, ils se sentent hantés et menacés par le spectre de Staline, c’est en réalité qu’ils se heurtent au profond mécontentement des larges masses populaires à l’égard de la répudiation totale de Staline. Khrouchtchev n’ose toujours pas faire connaître au peuple soviétique et aux peuples de tout le camp socialiste le rapport secret répudiant totalement Staline qu’il prononça au XXe Congrès, car c’est bien d’un rapport indigne qu’il s’agit, d’un rapport qui l’éloignerait dangereusement des masses.

Ce qui mérite une attention toute particulière, c’est que les dirigeants du P.C.U.S., tout en s’appliquant à injurier Staline, expriment « respect et confiance » 7 à Eisenhower, à Kennedy et à leurs congénères ! On impose à Staline des qualificatifs comme « despote du type d’Ivan le Terrible », « le plus grand dictateur de l’histoire russe », par contre, ce sont des compliments qu’on adresse à Eisenhower et à Kennedy, affirmant qu’ils ’’jouissent du soutien de l’écrasante majorité du peuple américain » ! 8. On injurie Staline en le traitant d’ »idiot » et par contre, on fait l’éloge de la « lucidité » d’Eisenhower et de Kennedy ! D’une part, on flétrit impitoyablement celui qui fut un grand marxiste-léniniste, un grand révolutionnaire prolétarien, un grand chef du mouvement communiste international, d’autre part on fait le panégyrique du chef de file de l’impérialisme. Se pourrait-il que la connexion entre ces phénomènes soit le fait du hasard ? N’est-elle pas l’aboutissement logique de la répudiation du marxisme-léninisme ?

Si Khrouchtchev n’a pas la mémoire courte, il doit se rappeler que c’est lui précisément qui, à l’occasion d’un meeting tenu à Moscou en janvier 1937, condamna avec raison ceux qui attaquaient Staline, disant « qu’en attaquant le camarade Staline, ils nous attaquent nous tous, ils attaquent la classe ouvrière et le peuple travailleur ! Qu’en attaquant le camarade Staline, ils attaquent les doctrines de Marx, d’Engels et de Lénine ! » Il doit se rappeler qu’il a lui-même, à maintes reprises, loué Staline, en disant que celui-ci était un « proche ami et compagnon d’armes du grand Lénine » 9, « le plus grand génie, éducateur et chef de l’humanité » 10, « le grand maréchal toujours victorieux » 11, « l’ami sincère du peuple » 12, qu’il a été son « propre père » 13.

Si l’on compare les remarques faites par Khrouchtchev du vivant de Staline à celles qu’il a faites après sa mort, on verra qu’il a fait volteface dans le jugement porté sur Staline.

Khrouchtchev, s’il n’a pas la mémoire courte, devrait évidemment se souvenir qu’il a lui-même soutenu et appliqué avec un zèle particulier, au temps de la direction de Staline, la politique de liquidation de la contre-révolution.

Le 6 juin 1937, à la Cinquième Conférence du Parti de la Région de Moscou, Khrouchtchev a dit : « Notre Parti écrasera sans pitié la bande de traîtres et de renégats, éliminera de la surface de la terre toute la canaille trotskiste de droite. … Le gage en est la direction inébranlable de notre Comité central, la direction inébranlable de notre chef, le camarade Staline . . . Nous détruirons tous les ennemis, jusqu’au dernier homme et disperserons leurs cendres au vent. »

Le 8 juin 1938, Khrouchtchev a déclaré à la Quatrième Conférence du Parti de la Région de Kiev :

« Les Yakyirs, les Balyitskys, les Lyubcjenkys, les Zatonskys et autre racaille veulent introduire en Ukraine les propriétaires fonciers polonais, veulent amener ici les fascistes, propriétaires fonciers et capitalistes allemands… Nous avons liquidé pas mal d’ennemis, mais pas encore tous. C’est pourquoi il faut nous tenir sur nos gardes. Nous devons bien retenir ce qu’a dit le camarade Staline : Tant qu’existé l’encerclement capitaliste, les espions et les saboteurs s’introduiront dans notre pays ».

Pourquoi Khrouchtchev, qui participa à la direction du Parti et de l’Etat du temps de Staline et qui soutint activement et appliqua résolument, à l’époque, la politique de liquidation de la contre-révolution, répudie il en bloc tout ce qui a été fait pendant cette période et rejette-il toutes les erreurs sur Staline, tout en ayant soin de s’en laver lui-même les mains ?

Lorsqu’il s’était trompé, Staline était encore capable de se critiquer. Par exemple, Staline avait donné des conseils erronés à propos de la révolution chinoise, mais après la victoire de celle-ci, il reconnut son erreur. Même les erreurs commises dans l’épuration du Parti, il les avait reconnues dans son rapport au XVIIIe Congrès du P.C. (b) de l’U.R.S.S. en 1939. Et qu’en est-il pour Khrouchtchev ? Il ne sait pas ce que c’est que l’autocritique. Il ne sait qu’une seule chose : rejeter toutes les erreurs sur les autres et s’attribuer tous les mérites.

Que ces actes indignes aient été commis par Khrouchtchev, à une époque où déferle le révisionnisme moderne, n’est pas fait pour surprendre. Comme l’a dit Lénine en 1915 lorsqu’il critiquait les actes par lesquels les révisionnistes de la IIe Internationale avaient trahi le marxisme : « A notre époque de mots oubliés, de principes perdus, de conceptions du monde renversées, de résolutions et de promesses solennelles mises au rebut, il n’y a là rien dont on puisse s’étonner. » 14

La série d’événements survenus depuis le XXe Congrès du P.C.U.S. prouve à suffisance la gravité des conséquences qu’a entraînées la répudiation totale de Staline par la direction du P.C.U.S.

La répudiation totale de Staline fournit à l’impérialisme et à toute la réaction des munitions antisoviétiques et anticommunistes qu’ils ne sont que trop heureux d’obtenir. Aussitôt après que le XXe Congrès du P.C.U.S. eut clôturé ses travaux, l’impérialisme utilisa le rapport secret de Khrouchtchev contre Staline pour déclencher dans le monde une vaste campagne antisoviétique et anticommuniste. L’impérialisme, la réaction, la clique Tito et les opportunistes de toutes nuances ont tous sauté sur l’occasion pour prendre à partie l’Union soviétique, le camp socialiste, les partis communistes, tant et si bien que nombre de partis frères et de pays frères se trouvèrent dans une situation très difficile.

La folle campagne de la direction du P.C.U.S. contre Staline fit que les trotskistes, qui depuis longtemps n’étaient plus que des cadavres politiques, se ranimèrent et clamèrent qu’il fallait « réhabiliter » Trotski. Lorsque le XXIIe Congrès du P.C.U.S. allait se clôturer, en novembre 1961, dans une « Lettre au XXIIe Congrès du P.C.U.S. et au Comité central du P.C.U.S. », le Secrétariat international de la soi-disant IVe Internationale écrivit que Trotski avait déclaré en 1937 qu’à l’avenir « un monument serait érigé en l’honneur des victimes de Staline », « aujourd’hui, affirme la lettre, cette prédiction se vérifie. Devant votre Congrès, le premier secrétaire de votre Parti a promis l’érection de ce monument ». La lettre demande en particulier que le nom de Trotski soit « gravé en lettres d’or sur le monument érigé en l’honneur des victimes de Staline ». Les trotskistes ne dissimulaient pas leur joie, ils estimaient que le mouvement lancé par la direction du P.C.U.S. contre Staline avait « ouvert la porte au trotskisme » et que ce mouvement était « très favorable à la progression du trotskisme et de son organisation – la IVe Internationale ».

En répudiant totalement Staline, la direction du P.C.U.S. a des fins inavouées.

Staline est mort en 1953 ; trois ans après, au XXe Congrès, la direction du P.C.U.S. déclencha de violentes attaques contre lui ; huit ans après sa mort, au XXIIe Congrès, elle s’en prit encore une fois à Staline dont elle fit enlever et incinérer la dépouille mortelle. En s’acharnant encore et encore sur Staline, la direction du P.C.U.S. a voulu effacer l’influence impérissable de ce grand révolutionnaire prolétarien sur le peuple soviétique et les autres peuples du monde, et aussi frayer la voie à sa répudiation du marxisme-léninisme, que Staline avait défendu et développé, et à l’application généralisée de sa ligne révisionniste. La ligne révisionniste de la direction du P.C.U.S. débuta précisément avec le XXe Congrès pour devenir un système achevé au XXIIe Congrès. Les événements ont, par la suite, prouvé avec toujours plus de clarté que l’altération par la direction du P.C.U.S. de la doctrine marxiste-léniniste sur l’impérialisme, la guerre et la paix, la révolution prolétarienne et la dictature du prolétariat, la révolution dans les colonies et semi-colonies, le parti du prolétariat, etc. est liée à sa répudiation totale de Staline.

La répudiation totale de Staline par la direction du P.C.U.S. a été faite sous l’enseigne de la « lutte contre le culte de la personnalité ».

La « lutte contre le culte de la personnalité » formulée par la direction du P.C.U.S. ne tend nullement, comme elle le proclame, à rétablir ce qu’elle appelle les « principes léninistes de la vie intérieure et de la direction du Parti ». Tout au contraire, elle contrevient à la doctrine de Lénine concernant les rapports entre les chefs, le Parti, les classes et les masses, et au principe du centralisme démocratique du Parti.

Les marxistes-léninistes soutiennent que pour devenir un véritable état-major de combat du prolétariat, le parti révolutionnaire du prolétariat doit résoudre correctement les rapports entre les chefs, le Parti, les classes et les masses et s’organiser selon le principe du centralisme démocratique. Un tel parti doit avoir un noyau dirigeant relativement stable. Celui-ci doit être constitué par des chefs éprouvés, des chefs qui sachent unir la vérité universelle du marxisme-léninisme à la pratique concrète de la révolution.

C’est dans la lutte de classes et le mouvement révolutionnaire des masses que surgissent les chefs du parti prolétarien, ces chefs, qu’ils soient membres du Comité central ou d’un comité local du Parti, sont d’une fidélité absolue envers les masses, ils sont la chair de la chair des masses, ils savent rassembler de façon correcte les idées des masses et en faire une application conséquente. De tels chefs sont les vrais représentants du prolétariat. Ils sont reconnus des masses. La présence de tels chefs à la tête d’un parti du prolétariat est la manifestation de sa maturité politique, et c’est en cette présence que réside l’espoir de la victoire de la cause du prolétariat.

Lénine dit avec justesse : « Aucune classe dans l’histoire n’est parvenue à la domination sans avoir trouvé dans son sein des chefs politiques, des représentants d’avant-garde capables d’organiser le mouvement et de le diriger » 15 . « Les chefs expérimentés et influents du Parti, dit-il aussi, se forment lentement et difficilement. Or, sans cela, la dictature du prolétariat, ’l’unité de sa volonté’ est une phrase creuse. » 16

Le P.C.C. s’en est toujours tenu fermement à la doctrine du marxisme-léninisme sur le rôle des masses populaires et de l’individu dans l’histoire, à la doctrine du marxisme-léninisme sur les rapports entre les chefs, le Parti, les classes et les masses, au centralisme démocratique du Parti. Il a toujours persisté dans la direction collective mais il s’oppose à ce que l’on rabaisse le rôle des dirigeants. Il accorde de l’importance au rôle de ces derniers, mais s’oppose à ce qu’on fasse un éloge outré de l’individu, un éloge qui ne correspond pas à la réalité, à ce qu’on exagère le rôle de l’individu. Dès 1949, suivant une proposition du camarade Mao Zedong, le Comité central du P.C.C. décida d’interdire toute manifestation en l’honneur des dirigeants du Parti à l’occasion de leur anniversaire, et l’emploi du nom d’un dirigeant du Parti comme nom de lieu, de rue, d’entreprise.

Ces vues que nous avons toujours maintenues, et qui sont correctes, se différencient foncièrement de la ’lutte contre le culte de la personnalité » préconisée par la direction du P.C.U.S.

Il devient toujours plus clair qu’en fait, en proclamant ce qu’elle appelle la ’lutte contre le culte de la personnalité », la direction du P.C.U.S. ne vise point, comme elle le prétend, à développer la démocratie, à appliquer une direction collective, à s’opposer à l’exagération du rôle de l’individu, mais a en vue un tout autre objectif.

En quoi consiste donc au fond la prétendue « lutte contre le culte de la personnalité » menée par la direction du P.C.U.S.?

Le fond de la question, pour aller droit au but, n’est autre que ceci :

1) Sous le prétexte de la ’lutte contre le culte de la personnalité », opposer le dirigeant du Parti, Staline, à l’organisation du Parti, au prolétariat, aux masses populaires ;

2) Sous le prétexte de la « lutte contre le culte de la personnalité », défigurer le parti du prolétariat, défigurer la dictature du prolétariat, défigurer le système socialiste ;

3) Sous le prétexte de la « lutte contre le culte de la personnalité », faire valoir sa propre personnalité, attaquer les révolutionnaires fidèles au marxisme-léninisme et frayer le chemin aux intrigants révisionnistes pour qu’ils puissent usurper la direction du Parti et de l’Etat ;

4) Sous le prétexte de la « lutte contre le culte de la personnalité », s’ingérer dans les affaires intérieures des partis frères et des pays frères et s’appliquer à entreprendre, à sa convenance, la subversion de la direction de partis frères et de pays frères ;

5) Sous le prétexte de la « lutte contre le culte de la personnalité », frapper les partis frères qui s’en tiennent avec fermeté au marxisme-léninisme et créer la scission dans le mouvement communiste international.

Khrouchtchev, en formulant la « lutte contre le culte de la personnalité’’, ne poursuit qu’une ignoble machination politique. Comme celui que décrit Marx, « s’il est une nullité en tant que théoricien, en tant qu’intrigant, il est dans son élément » 17.

Dans sa lettre ouverte, le Comité central du P.C.U.S. a dit qu’ »en dénonçant le culte de la personnalité et en luttant contre ses conséquences », il ’’apprécie hautement » « les personnalités » qui « jouissent d’un prestige bien mérité ». Que veut-on entendre par là ? Simplement ceci : La direction du P.C.U.S. foule aux pieds Staline tout en portant Khrouchtchev aux nues.

Elle exalte Khrouchtchev qui n’était pas encore communiste au moment de la Révolution d’Octobre, qui était un cadre subalterne du travail politique durant la guerre civile en le présentant comme le « créateur actif de l’Armée rouge » 18.

Elle attribue entièrement à Khrouchtchev le grand mérite de la bataille décisive de la Grande guerre patriotique de l’Union soviétique, prétendant que dans la bataille de Stalingrad on « entendait très fréquemment la voix de Khrouchtchev » 19, que « Khrouchtchev était l’âme de ceux de Stalingrad » 20.

Elle inscrit entièrement à actif de Khrouchtchev les grandes réalisations obtenues dans le domaine de l’arme nucléaire et de la technique des fusées, et l’appelle le « père du cosmos » 21. Or, nul n’ignore que la fabrication par l’Union soviétique des bombes atomiques et à hydrogène fut de grandes réalisations accomplies, du temps de la direction de Staline, par le personnel scientifique et technique et le peuple travailleur de l’U.R.S.S. C’est durant cette période également que furent jetés les fondements de la technique des fusées. Comment peut-on biffer d’un trait de plume ces faits historiques d’importance ? Comment peut-on attribuer tous les mérites à Khrouchtchev ?

La direction du P.C.U.S. exalte Khrouchtchev qui a révisé les principes fondamentaux du marxisme-léninisme et qui considère le léninisme comme périmé, prétendant qu’il a donné un « brillant exemple de développement et d’enrichissement créateurs de la théorie du marxisme-léninisme » 22.

Tout ceci qui a été fait par la direction du P.C.U.S., sous le couvert du mot d’ordre de la « lutte contre le culte de la personnalité », revient en réalité, comme l’a dit Lénine, à substituer « des chefs nouveaux qui débitent des choses prodigieusement stupides et embrouillées » « aux anciens chefs qui s’en tenaient à des idées humaines sur les choses simples » 23.

La lettre ouverte du Comité central du P.C.U.S. qualifie calomnieusement notre position qui est de s’en tenir fermement au marxisme-léninisme de « tentative d’imposer aux autres partis l’ordre des choses, l’idéologie, la morale, les formes et les méthodes de direction qui dominaient durant la période du culte de la personnalité ». Pareille assertion ne fait que révéler davantage l’absurde et le ridicule de la « lutte contre le culte de la personnalité ».

A entendre les dirigeants du P.C.U.S., après que la Révolution d’Octobre eut mis fin à la période du capitalisme en Russie, il serait apparu en Union soviétique une « période du culte de la personnalité ». A ce qu’il semble, le « régime social », les « idéologie et morale » de cette période ne seraient pas socialistes. Durant cette période, le peuple travailleur soviétique aurait supporté un « terrible fardeau », il aurait régné un « climat de crainte, de suspicion, d’incertitude qui empoisonnait la vie du peuple » 24, et le développement de la société soviétique aurait été entravé.

Dans son discours au Meeting de l’Amitié soviéto-hongroise, le 19 juillet 1963, Khrouchtchev s’étendit sur la domination « terroriste » de Staline, prétendant que celui-ci « maintenait son pouvoir par la hache ». Décrivant l’ordre social d’alors, il affirma qu’ »à l’époque, il arrivait souvent qu’on partît au travail sans savoir si on reviendrait chez soi, si on reverrait sa femme et ses enfants ».

La « période du culte de la personnalité » dont parle la direction du P.C.U.S. aurait donc été celle d’une société qui, littéralement, fut plus « haïssable » et plus « barbare » que celles du féodalisme et du capitalisme ?

Suivant les affirmations de la direction du P.C.U.S., la dictature du prolétariat, le régime social socialiste instaurés par la Révolution d’Octobre n’auraient pas, durant toutes ces décennies, délivré le peuple travailleur du fardeau qu’il supportait, n’aurait pas accéléré le développement de la société soviétique ; et c’est après le XXe Congrès du P.C.U.S., lequel entreprit la « lutte contre le culte de la personnalité », que le peuple travailleur a été délivré de son « terrible fardeau » et le « développement de la société soviétique » subitement « accéléré » 25.

Khrouchtchev a dit : « Ah ! si seulement Staline était mort dix ans plus tôt 26 ! » On sait que Staline est mort en 1953 ; s’il était mort dix ans plus tôt, cela aurait été en 1943 exactement, année où l’Union soviétique passa à la contre-offensive dans la Grande guerre patriotique. Qui souhaitait alors la mort de Staline ? Hitler !

Dans l’histoire du mouvement communiste international, l’utilisation par les ennemis du marxisme-léninisme de mots d’ordre du genre de celui de la « lutte contre le culte de la personnalité » pour diffamer les dirigeants du prolétariat et saper la cause du prolétariat n’est pas une nouveauté, mais une manœuvre ignoble depuis longtemps mise en lumière.

Bakounine, conspirateur de l’époque de la Ière Internationale, utilisa des propos de ce genre dans ses invectives contre Marx. Au début, pour gagner la confiance de Marx, il écrivit : « Je suis ton disciple et je suis fier de l’être 27. » Par la suite, lorsque sa tentative d’usurper la direction de la Ière Internationale eut échoué, il en vint à injurier Marx en ces termes : « En tant qu’Allemand et Juif, il est un autoritaire de la tête aux pieds » 28, « un dictateur » 29.

Kautsky, renégat de l’époque de la IIe Internationale, utilisa également des propos du même genre pour injurier Lénine. Il calomnia Lénine, le présentant comme « le Dieu des monothéistes » qui avait « réduit le marxisme non seulement au statut d’une religion d’Etat, mais encore à une foi médiévale ou orientale » 30.

Trotski, renégat de l’époque de la IIIe Internationale, fit de même, en injuriant Staline en termes analogues. Il dit que Staline était « un despote » 31 et que « le bureaucrate Staline a entretenu un vil culte du chef, en attribuant à celui-ci on caractère sacré » 32.

La clique Tito, une clique de révisionnistes modernes, a aussi utilisé des termes analogues pour injurier Staline, prétendant que celui-ci était un « dictateur » d’un « pouvoir absolu » 33.

Il ressort de tout ceci que le mot d’ordre de la « lutte contre le culte de la personnalité » lancé par la direction du P.C.U.S. vient en droite ligne de chez Bakounine, Kautsky, Trotski et Tito, qu’il sert à combattre les chefs du prolétariat et à saper le mouvement révolutionnaire du prolétariat.

Les opportunistes dans l’histoire du mouvement communiste international n’ont pu oblitérer l’œuvre de Marx, Engels et Lénine par la diffamation. Khrouchtchev, non plus, ne parviendra à effacer l’œuvre de Staline en usant du même moyen.

Lénine a indiqué qu’une position privilégiée n’assure pas le succès de la diffamation.

Khrouchtchev a pu profiter de sa position privilégiée pour faire retirer du Mausolée de Lénine la dépouille mortelle de Staline, mais s’il veut profiter de cette même position privilégiée pour effacer la grande figure de Staline dans le cœur du peuple soviétique et des peuples du monde entier, il n’y parviendra jamais.

Khrouchtchev peut profiter de sa position privilégiée pour apporter telle ou telle altération au marxisme-léninisme, mais, jamais il ne parviendra à son but s’il veut profiter de cette position privilégiée pour abattre le marxisme-léninisme que Staline et les marxistes-léninistes du monde entier ont défendu.

Nous voudrions donner sincèrement ce conseil au camarade Khrouchtchev : nous espérons que vous reviendrez de vos égarements, et que, quittant une voie totalement erronée, vous reprendrez le chemin du marxisme-léninisme.

Vive la grande doctrine révolutionnaire de Marx, Engels, Lénine et Staline !

Notes

1. V.I. Lénine : « Quelques remarques sur la ‘réponse’ de P. Maslov », Œuvres, tome 15.
2. V.I. Lénine : « Préface à la brochure de Voinov (A. Lunacharsky) sur l’attitude du Parti envers les syndicats », Œuvres, tome 13.
3. V.I. Lénine : « Note d’un publiciste », Œuvre, tome 33.
4, 6. Déclaration de N.S . Khrouchtchev au cours de son entretien avec la délégation du Parti communiste chinois le 22 octobre 1961.
5. Allocution de N.S . Khrouchtchev à la réception donnée par le gouvernement soviétique à l’occasion du 1er Mai 1962.
7. Réponse de N.S . Khrouchtchev à J.F. Kennedy du 28 octobre 1962.
8. Interview accordée par N.S . Khrouchtchev aux rédacteurs en chef de la Pravda et des Izvestia, Pravda, 15 juin 1963.
9, 12. N.S . Khrouchtchev : « Staline et la grande amitié des nationalités soviétiques », Pravda du 21 décembre 1939.
10. Intervention de N.S . Khrouchtchev au XVIIIe Congrès du P.C.(b) de l’U.R.S.S., Pravda, 15 mars 1939.
11. Lettre adressée par N.S . Khrouchtchev et d’autres aux officiers et soldats de l’Armée rouge soviétique, Pravda, 13 mai 1945.
13. N.S . Khrouchtchev : « L’amitié stalinienne des peuples, gage de l’invincibilité de notre Patrie », Pravda du 21 décembre 1949.
14. V.I. Lénine : « Préface à la brochure de N. Boukharine ‘L’Économie mondiale et l’impérialisme’ », Œuvres, tome 22.
15. V.I. Lénine : « Les objectifs immédiats de notre mouvement », Œuvres, tome 4.
16. V.I. Lénine : « Lettre aux communistes allemands », Œuvres, tomes 32.
17. K. Marx : « K. Marx à F. Bolte », Œuvres choisie de Marx et d’Engels (en deux volumes), tome II.
18. « Vie pour le peuple », Zarya Voltoka, 17 décembre 1961.
19. « Créé et éduqué par le Parti », Agitator, N°2, 1963
20. Allocution de V.I. Chuikov à la commémoration de XXe anniversaire de la Grande guerre patriotique de l’Union soviétique, Pravda, 22 juin 1961
21. Allocution de G.S. Titov prononcée le 26 octobre 1961 au XXIIe Congrès du P.C.U.S.
22. Allocution de A.N. Kossyguine prononcée le 21 octobre 1961 au XXIIe Congrès du P.C.U.S.
23. V.I. Lénine : « La maladie infantile du communisme (le ‘gauchisme’) », Œuvres, tome 31.
24. Lettre ouverte du Comité central du P.C.U.S. aux organisations du Parti et à tous les communistes de l’Union soviétique, 14 juillet 1963.
25. Ibid.
26. Allocution de N.S. Khrouchtchev prononcée le 19 juillet 1963 à Moscou au Meeting de l’amitié soviéto-hongroise.
27. Lettre de M.A. Bakounine à K. Marx du 22 décembre 1868, Neue Zeit, N°1, 1900
28. Voir F. Mehring : « Karl Marx, histoire de sa vie ».
29. Voir « Lettre de F. Engels à A. Bebel », 20 juin 1873, Œuvres choisies de Marx et d’Engels (en deux volumes), tome II.
30. K. Kautsky : « La social-démocratie contre le communisme »
31. L. Trotski : « Staline, l’homme et son influence »
32. L. Trotski : « La bureaucratie stalinienne et l’assassinat de Kirov »
33. E. Kardelj : « Cinq ans après », Borda, 28 juin 1953.
 

La gauche hongroise résiste et célèbre le 100-ème anniversaire de la République des Conseils par Monika Karbowska

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affiche de la République des conseils de ho,ngrie

Je devais me rendre en hongrie pour assister à cette conférence sur la République des Conseils, autour d’un livre auquel Monila et moi avons contribué, malheureusement comme vous le savez j’ai été épuisée par l’écriture de mes « mémoires », mùais heureusement Monika nous envoie un compte-rendu et Judit viendra pour les prochaines rencontres internationales de vénissieux au début octobre. (note de danielle Bleitrach)

Alors qu’en France le soulèvement populaire actuel entre dans son 5ème mois d’action, la gauche hongroise continue de manifester contre les mesures anti-sociales et racistes de Orban. Elle commémore également et sauvegarde la mémoire de son glorieux passé révolutionnaire communiste : du 21 au 23 mars une série d’événements a marqué le 100ème anniversaire de la proclamation de la République Hongroise des Conseils connue sous le nomde« République Soviétique de Bela Kun ».

La dissolution de l’empire Austro-hongrois a abouti à l’indépendance des peuples et la création des Etats nations tchécoslovaque, yougoslave et polonais. Mais les puissances occidentales rendent la Hongrie autant responsable de la défaites des Etats Centraux que l’Autriche et l’Allemagne : les vainqueurs imposent alors une sévère amputation des territoires de l’Est, du Nord et du Sud habités par des populations hongroises au profits des Etats voisins qui formeront l’alliance avec la France appelée la Petite Entente. La nouvelle Hongrie née en novembre 1918 d’une Révolution bourgeoise ne peut contenir mécontentement à la fois national et social du peuple. La voie est ouverte à la Révolution bolchévique et une République des Conseils qui durera de mars à août 1919. La République des Conseils de Hongrie constitue une période très importante de l’histoire des peuples de l’Europe de l’Est. En peu de mois, des dirigeants issus de nulle part, tel le journaliste Bela Kun, prennent le pouvoir à la faveur de grève et de soulèvements populaires. Ils expérimententun nouveau système social et politique rompant avec le capitalisme et la féodalité : des nationalisations à grande échelle des moyens de production et des biens de la bourgeoisie,  y compris des œuvres d’art, une économie de planification, une réforme agraire, une politique sociale et éducative donnant naissance à une sécurité sociale gratuite et une système scolaire laïque et obligatoire, sans oublier le droits des vote des femmes. La période est également un moment intense de création et de recherche de nouvelles formes d’expression artistique, dans le cinéma, la littérature, la poésie, la peinture et l’art graphique comme en témoignent les magnifiques affiches pleines de vigueur et d’optimisme qui sont dupliquées dans les locaux de la salle à Budapest ou se tient la conférence de commémoration. Ces affiches illustrent également le livre publié par le Monde Diplomatique Hongrie qui mêle des contributions hongroises et internationales. Des militants éminents de gauche hongroise comme Tamas Krauz côtoient des diplomates et des historiens (Tibor Hajdu, JanosHajdu, Pal Pritz, György Tverdota, Gyula Hegyi, Robert Zsofia, György Szende, IstvanneSzöllössi).Côté Internationaliste, Danielle Bleitrach, militante communiste française et spécialiste du cinéma présente l’importance du développement du 7 art au cours de Révolution hongroise et pour la civilisation occidentale une fois la République réprimée et les cinéastes hongrois émigrés. Julien Papp, historien franco-hongrois, Peter Pastor, historien franco-américain et Marin Nadea, historien et militant de la gauche communiste roumaine analysent les implications internationales de la République des Conseils qui fait partie d’un soulèvement révolutionnaire général en Europe. L’espoir suscité par la Révolution bolchévique se répand partout en Europe de l’Est et du Centre sous des expériences multiformes comma la République paysanne autogérée de Tarnobrzeg au Sud de la Pologne – décrite dans le livre- ou la République de Bavière ou de Strasbourg.

Le livre « La République des Conseils 1919-2019 » sera présenté à une conférence de presse le jeudi 21 mars à l’Association des journalistes en présence des auteurs et d’un public assez nombreux. L’événement est suivi par une soirée buffet au local du Parti des Travailleurs Hongrois dans une ambiance chaleureuse et décontractée. Les locaux du parti garde la mémoire de l’histoire communiste de la Hongrie par les drapeaux, les portraits de Lénine, ceux des héros communistes et résistants hongrois, ainsi qu’avec les reproductions des affiches de 1919. La vendredi 22 nous nous retrouvons au cinéma d’un centre culturel pour le lancement de la Conférence Internationale «100 ans de la République des Conseils Hongroise – mémoire historique et conséquences » organisée par la fondation de gauche Eszmelet. Le film d’ouverture est un document unique de 1969, « le Dimanche des Rameaux » » de Imre Gyöngyössy reconstituant la lutte émancipatrice d’un village pour la terre du seigneur et pour la dignité des paysans. La terrible répression qui s’abat sur les villageois est également montrée dans ce qu’elle préfigure de plus hideux, le fascisme européen. Les corps nus des paysans suppliciés par la milice aristocratique de Horthy, armée et soutenue par la France bourgeoise, sont une métaphore des camps de concentrations fascistes qu’annoncent la terreur du régime violemment anticommuniste de Horthy.

Le lendemain 23 mars la Conférence se déroule à la Faculté des Lettres. Une vingtaine d’interventions chercheurs hongrois, roumains, français, et slovène font le point sur les réalisations économiques (Ana Maria Artner), politiques (le rôle des conseils ouvriers dans la gestion des usines par Lajos Csomas) ; la politique sociale, la politique vis à vis des intellectuels, des artistes (Viktor Arslanov), l’importance de cette expérience pour toute l’histoire de la gauche européenne enfin. SavasMatsas, philosophe et leader du Parti Ouvrier Grec EEK, Raquel Varela, chercheuse au Portugal et Roberto Della Santo, chercheur brésilien analysent les leçons que nous pouvons apprendre pour la lutte révolutionnaire actuelle. RastkoMocnik décrit la République de la vallée de Mura, une vallée du sud du pays peuplée majoritairement par des paysans slovènes, qui au lieu de rejoindre une nouvelle Yougoslavie vite monarchiste, préfèrent faire partie d’une une République soviétique hongroise. La Conférence est clôturée par des contributions de jeunes chercheurs et militants de gauche, Gaspard Roland et Peter Csunderlik qui nous rendent vivants les personnalités des créateurs de la République des Conseils comme Bela Kun, journaliste idéaliste dont la propagande fasciste a tellement dressé un portrait noir, que les traces en sont encore restée dans l’idéologie officielle des Etats du réalisme socialiste : en Pologne Populaire, la République Hongroise a été enseignée dans les écoles, mais d’une façon presque honteuse, comme une flambée de violence aussi soudaine que brève. Tout au long de cette rencontre il est question d’une autre « flambée de violence soudaine » – du soulèvement populaire français dont nous suivons la manifestation du samedi avec inquiétude et tension. Il n’y a pas de Révolution sans détermination et colère du peuple, et il n’y a pas de Révolution réussie sans Solidarité Internationale, telle est aussi la leçon du 20ème siècle. Le 21ème ne fait que commencer….

 

Article de Danielle Bleitrach en Français

https://histoireetsociete.wordpress.com/2019/02/06/la-republique-des-conseils-et-la-reconciliation-avec-la-realite-par-danielle-bleitrach/

 

Monde Diplomatique Hongrie

https://www.magyardiplo.hu/68-le-monde-diplomatique/kozeleti-programajanlo/2657-a-magyar-tanacskoztarsasag-kikialtasanak-szazadik-evforduloja-megemlekezes-es-vita-konferencia-iii-22

Fondation Eszmelet

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