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Archives de Catégorie: URSS. Révolution d’octobre

« Bientôt Novossibirsk parlera français »: nouvelles manifestations contre la « réforme » des retraites

Lors de la Fête de la Constitution de la Fédération de Russie, le peuple de Novossibirsk a participé à la journée nationale de protestation contre la « réforme » des retraites. Selon les communistes et leurs partisans, le fait de relever l’âge de la retraite aggrave la situation des Russes, ce qui, d’après la Constitution du pays, ne devrait pas se produire. Dans la troisième grande ville du pays, qui se caractérise par un haut niveau culturel et scientifique et qui est dirigé par les communistes, nous avions déjà noté l’existence d’une reproduction de la fête de l’Humanité, voici que la lutte contre la réforme des retraites fait référence aux gilets jaunes et aux révolutionnaires français dont les bolcheviques se sont toujours affirmé les descendants, qu’il s’agisse de la Révolution française ou de la Commune de Paris, la France a toujours été pour eux l’élément déclencheur de la contestation sociale. Ce mouvement russe qui prend de plus en plus d’ampleur mérite d’être étudié. (traduction de Marianne Dunlop et note de Danielle Bleitrach)

 

Service de presse du Comité régional du parti communiste de Novossibirsk

12-12-2018

https://kprf.ru/actions/kprf/181071.html

 

En plein centre de Novossibirsk, sur la place du Premier Mai, les habitants de la ville se sont rassemblés pour manifester leur désaccord avec la politique du gouvernement russe, qui ne respecte pas la Constitution en vigueur de la Fédération de Russie.

Le deuxième secrétaire du comité régional du Parti communiste de la Fédération de Russie, Renat Suleymanov, a rappelé que selon la Constitution, la Russie est un État social, ce qui n’a pas empêché que soient prises des mesures antisociales comme la réforme des retraites, l’augmentation de la TVA, de nouvelles taxes sur les travailleurs indépendants, la hausse des prix de l’essence etc.

Il a également rappelé que récemment, à l’initiative de la faction du Parti communiste, les députés de la Douma d’Etat (à l’exception des membres de «ER» – Russie Unie) ont présenté une demande à la Cour constitutionnelle en vue d’abroger la loi sur le relèvement de l’âge de la retraite. Dans l’appel, les auteurs font valoir qu’aucun acte législatif ne peut aggraver la situation actuelle des citoyens et que la « réforme » des retraites met fin au principe fondamental du pays.

 

– Les sentiments de protestation continuent à monter, car la situation sociale de la majorité de la population ne cesse de se dégrader. Les revenus réels ont récemment diminué de 12%. Toutes ces actions du gouvernement russe ont des conséquences – cela se reflète dans les récentes élections. « Russie unie » a été défaite dans plusieurs régions et leur cote est tombée à 31% – ce sont toutes les conséquences de la politique antisociale. Les gens vont continuer à se battre pour leurs droits, et nous continuerons à les aider dans ce domaine, a déclaré Renat Suleymanov.

 

Comme l’a dit Andreï Jirnov, député de l’Assemblée législative, il y a douze ans, les communistes de Novossibirsk avaient publié le Livre blanc de la Constitution, dans lequel étaient soulignés les articles de la loi fondamentale existante du pays.

 

« Les autorités disent que les manifestants ne respectent pas les exigences constitutionnelles, mais les autorités elles-mêmes ne les respectent pas », a noté le communiste. – Lorsque la Constitution a été adoptée, elle posait déjà des questions sur un modèle super-présidentiel, sur le fait que de nombreux droits des citoyens ne sont pas garantis. Aujourd’hui, c’est le malheur de notre État russe actuel et la douleur de la société russe.

 

Le meeting de Novossibirsk rassemblait des gens de différents âges, ceux qui devront supporter les conséquences désastreuses de la « réforme » des retraites et ceux qui ne sont touchés qu’indirectement – les retraités.

 

« Je suis un retraité, et je rendrais volontiers à Poutine le millier de roubles qu’on nous a « ajouté » à notre retraite, si seulement la jeune génération pouvait bénéficier des mêmes droits que nous », s’est indigné Vladimir Lebedev de Novossibirsk.

 

Des manifestants étaient venus avec des affiches en français. Dans la foule, on pouvait entendre des cris: «Bientôt Novossibirsk parlera français!». Selon le député du conseil municipal Sergei Sukhorukov, les événements en France devraient être un signe pour les autorités russes: « Ne serrez pas autant les boulons, car les Russes sont lents au démarrage, mais après on ne les arrête plus ».

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Les héros et le salopard

Cet article magnifiquement traduit par Marianne, dénonce la manière dont l’actuel pouvoir russe, celui des oligarques contre lequel la révolte gronde à cause de la réforme des retraites et l’injustice sociale imposée au peuple russe, celui qui a détruit l’URSS prétend célébrer « le salopard ». Le « salopard » est  celui qui a accompagné le dépeçage de l’URSS, sa vente aux monopoles occidentaux d’une révision de l’Histoire digne de Goebbels qui a transformé la victoire sur le nazisme en dénonciation des crimes imaginaires des héros soviétiques : Alexandre Soljenitsyne. Il faut bien comprendre que cet article n’est pas l’illustration de ce que pensent les seuls communistes russes, mais bien de la majorité de la population qu’indigne la révision de l’histoire qu’il a permis. Il y a eu de nombreuses protestations contre la célébration de son centenaire, des spécialistes de la littérature russe ont protesté sur le fait que l’on ne célébrait pas Tourgueniev ni d’autres écrivains infiniment meilleurs qu’Alexandre Soljenitsyne et que cette célébration avait un caractère purement idéologique. N’ayant pas lu les plus grands livres de ce dernier et n’ayant lu de lui qu’une ignominie antisémite en deux volumes « Ensemble », je me suis interrogée sur son statut de grand écrivain, le livre que je lisais n’ayant pas plus de qualité littéraire qu’une production ordinaire de Stéphane Courtois. Il semble que y compris ce statut d’écrivain majeur soit remis en cause par les Russes, mais sur ce point il est difficile d’intervenir. En revanche, avec l’évolution actuelle de la Russie, la colère qui atteint désormais Poutine jusqu’ici préservé, c’est tout le sort réservé à l’URSS, à son histoire, à ses conquêtes sociales, au rôle bénéfique joué pour l’humanité qui est dénoncé et on accuse le régime actuel de faire le malheur du peuple russe et d’avoir transformé la prestigieuse URSS, en peuple « paria », d’avoir détruit l’immense prestige de la révolution bolchevique, de la victoire contre le nazisme et de la force avec laquelle il a tenu en respect le capitalisme et alors, comme ici, Alexandre Soljenitsyne, devient un propagandiste à la Goebbels. Ce qu’il faut également noter c’est que le parti communiste de la fédération de Russie n’échappe pas aux critiques, on l’accuse de ne pas être assez actif, révolutionnaire… (note de Danielle Bleitrach, traduction de Marianne Dunlop)

https://orlov-ivan-v.livejournal.com/41886.html?utm_source=vksharing&utm_medium=social

 

Le 11 décembre 2018

 

Au centre de la capitale allemande, dans le Parc de Treptow se dresse un magnifique monument au Soldat-libérateur. Jusqu’ici, nous pouvons honorer nos ancêtres qui se sont battus contre le nazisme allemand du nom de soldats-libérateurs, mais nous sommes désormais supposés célébrer celui qui croyait que nous n’avons pas libéré les peuples de l’Europe, mais que nous leur avons apporté un mal bien pire que le nazisme.

 

Un soldat soviétique vêtu d’une cape tient dans sa main droite une énorme épée à deux mains, abaissée sur une croix gammée nazie. Une petite fille est assise au creux de son bras gauche, étroitement accrochée à la tunique du soldat. Le monument est devenu un symbole de l’humanisme et de la noblesse du peuple soviétique, qui a sauvé le monde entier de la peste brune du XXe siècle tout en refusant de se venger du peuple qui avait généré le nazisme. Le guerrier-libérateur rappelle que l’épée abaissée peut être relevée si le mal misanthropique du fascisme tente de reprendre le contrôle du monde. Le monument est un symbole, mais derrière ce symbolisme se cache l’histoire d’un exploit concret, qui remonte au 30 avril 1945. Ce matin-là, des soldats du 220e régiment de la 79e division de la 8e armée de la Garde sous le commandement du colonel général Vassili Ivanovitch Tchouïkov, deux fois héros de l’Union soviétique, se préparaient à poursuivre l’attaque. Leur tâche consistait à défaire les Allemands concentrés dans le Tiergarten. Une heure avant le début de l’offensive, avant l’aube, le porte-drapeau du régiment, Nikolaï Ivanovitch Massalov, accompagné de deux assistants, a apporté le drapeau du régiment aux avant-postes. Le régiment se préparait à forcer le canal Landover. Dans le silence fragile de la courte trêve, les soldats soviétiques ont soudainement entendu le cri d’un enfant qui appelait sa mère. Laissant la bannière du régiment à ses assistants, Nikolaï Ivanovitch a demandé au commandant du régiment la permission de tenter une sortie pour sauver l’enfant. La permission a été obtenue et le sergent principal est allé vers le pont sur le canal, d’où les pleurs avaient été entendus. Il a rampé à travers la zone minée et balayée par des tirs, utilisant pour se cacher le moindre abri. Alors il a atteint son objectif.

Photo : Nikolaï Ivanovitch Massalov (à droite) avec ses camarades. Mai 1945.

 Vingt ans plus tard, Nikolaï Ivanovitch lui-même a raconté les faits: Sous le pont, j’ai vu une fille de trois ans assise à côté de sa mère tuée. L’enfant avait des cheveux blonds légèrement frisés au front. Elle tirait sa mère par la ceinture et appelait: « Mutter, Mutter! ». Il n’y a pas de temps à perdre. J’ai pris la fille à bras le corps et j’ai filé. Mais elle hurlait! Et moi tout en courant j’essayais de la raisonner: tais-toi, disais-je, sinon tu vas me faire repérer. C’est alors que les nazis ont commencé à tirer. Heureusement que les autres sont venus à la rescousse, faisant feu de partout. J’ai traversé la zone neutre. Je regarde dans une entrée d’immeuble, dans une autre – pour donner l’enfant à des Allemands, à des civils. Mais tout était vide, pas une âme. Alors je suis allé directement à mon quartier général. Les camarades m’ont entouré en riant: 

– Fais nous voir ton « prisonnier de guerre ». Et eux-mêmes, sortant qui des biscuits, qui des galettes en offrent à la petite fille, la rassurent. Je l’ai confiée au capitaine, enveloppée dans ma tente-manteau, et il lui a donné de l’eau à boire. Et puis je suis retourné à mon drapeau.

En sauvant cette petite fille allemande, comme l’a rappelé plus tard le commandant de régiment Ivan Paderine, Nikolaï Massalov a été blessé à la jambe, mais il n’a pas jugé nécessaire d’en parler avant l’offensive.

Après la guerre, Nikolaï Ivanovitch est retourné dans son pays natal, dans la région de Kemerovo. Il ne pouvait plus travailler comme mécanicien, les blessures de guerre se ressentaient. Après avoir déménagé dans le village de Tiajine, Nikolaï Ivanovitch a trouvé sa voie: il est devenu intendant dans un jardin d’enfants.

Photo : Enfants allemands sauvés par des soldats soviétiques dans un ancien camp de touristes à Ostrau, fin 1945.

Pourquoi son exploit n’a-t-il été connu que près de deux décennies plus tard? Même les voisins ne réalisaient pas qu’ils vivaient à côté d’un héros. Tout simplement parce qu’il était modeste. Nikolaï Ivanovitch lui-même ne considérait pas son acte comme un exploit. Il était convaincu qu’à sa place, n’importe quel soldat soviétique aurait fait de même. La célébrité est venue à Nikolaï Ivanovitch seulement lorsque Vassili Ivanovitch Tchouikov a relaté son exploits dans les pages du journal Krasnaya Zvezda [Etoile rouge, journal de l’Armée] en 1964 et cet exploit a été à l’origine du monument au Soldat-Libérateur. Peut-être que ce même article était la raison qui a poussé les journalistes allemands du journal «Junge Welt» à commencer la recherche de la petite fille sauvée par Nikolaï Ivanovitch. À la suite de leurs recherches, il apparut que l’acte de Nikolaï Ivanovitch n’était en réalité pas un phénomène unique dans le comportement des soldats soviétiques. Selon le témoignage du journaliste B. Zeiske, 198 personnes ont déclaré avoir été secourues par des soldats soviétiques. Le journaliste Rudy Pschel a publié une photo prise à la fin de 1945 dans une ancienne auberge de jeunesse à Ostrau. La photographie représente 45 enfants allemands, qui ont presque tous survécu grâce aux soldats de l’armée rouge.

 

«Ainsi, rien que dans ce petit coin de la RDA, j’ai trouvé confirmation de ce dont parlaient des dizaines de lettres. Il y avait beaucoup, beaucoup d’enfants qui devaient leur salut aux soldats russes », se souvient Rudy Pschel. Le maréchal de l’Union soviétique, Ivan Stepanovitch Konev, décrit dans ses «Notes du commandant du front» le soldat soviétique: La victoire n’a pas été obtenue facilement. L’ennemi était fort et rusé. D’autant plus grand est le mérite du soldat soviétique – le héros du miracle. Nous lui devons notre victoire. Le mot « soldat » est collectif: il s’agit à la fois d’un soldat du rang, d’un sergent, d’un officier, d’un général ou d’un maréchal – tous les combattants de première ligne et les partisans. La force morale du soldat soviétique manifestée dans la guerre est extraordinaire. Elle s’incarnait dans sa valeur, son courage et son héroïsme. Notre soldat a bravement attaqué l’ennemi, sans hésitation, il s’est engagé dans une bataille meurtrière, ouvrant la voie à la victoire, au nom de la vie sur terre. Il était courageux au combat, sévère et généreux. Et quel dévouement et quel humanisme notre soldat a montré dans la campagne de libération quand il a sauvé les peuples de Pologne, de Tchécoslovaquie, de Roumanie, de Hongrie, de Bulgarie, de Yougoslavie et d’Allemagne du joug fasciste! C’est là que la grandeur de son esprit s’est manifestée. Avec une force remarquable, la noblesse du soldat soviétique vainqueur a été reflétée dans le monument du sculpteur soviétique Evgueni Viktorovitch Voutchetitch au parc Treptow à Berlin.

Photo : Le Maréchal de l’Union soviétique Ivan Stepanovitch Konev

Le poète soviétique George Roublev a écrit un poème sur le monument au soldat-libérateur soviétique:

C’était en mai, à l’aube. La bataille faisait rage sous les murs du Reichstag.

 Une fillette allemande a été remarquée 

Par notre soldat sur le trottoir poussiéreux.  

Sous un pilier, frissonnant, elle se tenait 

Dans ses yeux bleus s’était figée la peur. 

Et les morceaux de métal sifflant 

La mort et le tourment semaient tout autour.  

Alors il se souvint que cet été 

Il a embrassé sa fille dans un adieu.

 Peut-être que le père de cette fille

 A tué la sienne là-bas.  

Et pourtant, à Berlin, sous les tirs

 Le guerrier rampa et la protégeant de son corps

 Cette fille dans sa courte robe blanche Il l’a soigneusement sortie du feu. 

 Et la caressant de la paume de la main Il l’a doucement posée au sol.

 On dit que dans la matinée, le maréchal Konev A rapporté cette histoire à Staline.  

Combien d’enfants ont retrouvé l’enfance

 La joie et le printemps Grâce à l’Armée Soviétique

 L’armée qui a gagné la guerre!  

Et à Berlin, un jour de Fête, Il a été construit pour l’éternité, 

Un Monument au soldat soviétique Avec la fille sauvée dans ses bras.

  Il est un symbole de notre gloire, 

Comme un phare qui brille dans la brume. 

C’est lui, le soldat de mon pays, 

Qui protège la paix sur la Terre.

 

Tout ce qui est écrit ci-dessus peut encore être raconté à la jeune génération en tant que ligne directrice morale dans un monde où nos ancêtres étaient clairement du côté du bien et se sont battus pour un monde lumineux. Ce n’est que lorsque le nom de Staline est mentionné qu’il est nécessaire de faire la réserve invariable que, dans notre pays, tout n’était pas parfait et même non seulement pas bon, mais très mauvais.

 

En regardant la pompe avec laquelle les autorités russes actuelles célèbrent le centenaire d’Alexandre Soljenitsyne, il devient évident que nos enfants se verront bientôt proposer de vénérer d’autres héros. Ceux qui ont combattu sous les bannières nazies et qui sur leurs vestes militaires portaient des insignes aux couleurs du drapeau russe moderne (1). Notre élite dirigeante aussitôt après la mort de Soljenitsyne, par la bouche de ses représentants de haut rang, a déclaré que l’écrivain avait laissé une idéologie conservatrice sur laquelle la Russie se tient et qui est celle du parti au pouvoir, Russie unie. Alors, quelle est cette idéologie, comment notre passé récent se présente-t-il?

Il n’y a pas place ici pour la Victoire du peuple soviétique dans la Grande Guerre patriotique. Comme il ne peut y avoir aucune place pour honorer la victoire contre le mal.

Pour Soljenitsyne, le communisme était le mal ultime et final. Le fascisme, selon Soljenitsyne, n’était rien par rapport à lui.

«Sur toute la planète et dans toute l’histoire, il n’y a pas eu de régime aussi pervers, sanglant et aussi trompeur que le régime bolchevik, qui se faisait appeler « soviétique ».

Ni par le nombre de personnes torturées, ni par l’enracinement dans le temps, ni par la visée historique, ni par le totalitarisme unifié, aucun autre système terrestre ne peut lui être comparé, ni même l’amateurisme d’Hitler, qui a si longtemps obnubilé l’Occident », écrit Soljenitsyne dans l’Archipel du Goulag.

De l’avis du lauréat du prix Nobel, le peuple russe n’était pas seulement asservi par des forces maléfiques venues de l’extérieur, mais il était lui-même prêt à se rendre au « monstre ».

«Si le communisme a pu s’implanter en Russie, à Cuba ou en Abyssinie, cela signifie qu’il y avait suffisamment de gens parmi le peuple de ces pays pour mener à bien ses cruautés, et le reste du peuple ne pouvait pas résister. Et tous (souligné par Soljenitsyne) sont à blâmer à ​​l’exception de ceux qui sont morts en résistant  » (extrait d’un article du magazine l’Express du 15 janvier 1982, »La leçon principale »).

Le peuple russe et les autres peuples de l’URSS, courbés dans la souffrance et dénaturés sous le joug du communisme, dans le « monde » de Soljenitsyne,  ont été victorieux par manque de choix. « Hitler n’a pas combattu le communisme comme un fléau idéologique, mais pour capturer et soumettre les peuples de l’URSS – et le peuple a été contraint de se protéger, de défendre et de sauver le communisme », écrit Soljenitsyne dans l’article « Le communisme à la fin de l’ère Brejnev » pour le journal japonais Yomiuri en septembre 1982.

Si nous prenons comme argent comptant tout ce que l’auteur écrit dans «l’archipel du Goulag», il devient alors absolument incompréhensible que le peuple ait pu vaincre un ennemi puissant. Dans le monde de Soljenitsyne, le peuple russe était impatient de se libérer du communisme, ce que les Allemands étaient censés apporter. Ils ont en effet effectué cette «libération»: le Dr Goebbels ne disait pas mieux.

Photo : Propagande de Goebbels pendant la Grande Guerre patriotique

 

À la suite de ses « recherches », Soljenitsyne en vient naturellement à la conclusion: les héros ne sont pas les esclaves qui ont honteusement préféré le Goulag à Auschwitz, mais ceux qui ont pris les armes et « combattu le communisme »: Vlassov, Krasnov, les polizai, les formations de Bandera, les nazis baltes, etc.

«Je me ferai un devoir de dire: notre peuple ne vaudrait rien, il serait resté un peuple d’esclaves sans espoir, s’il avait manqué dans cette guerre de secouer le gouvernement stalinien même de loin avec un fusil, s’il avait raté l’occasion de jurer contre le vénéré Père» – écrit Soljenitsyne sur le rôle des pro-nazis dans son « impérissable » « Archipel du Goulag. »

Dans le monde de Soljenitsyne, nos ancêtres qui ont combattu le nazisme ont dévasté et violé l’Europe, ils n’ont pas apporté la libération du fascisme avec leurs baïonnettes, mais un mal différent – «l’esclavage du communisme».

Une place. Amoncellement de voitures. 

Ils vivaient richement, ces diables!

 La voilà la FETE DU SOLDAT INCONNU! 

On boit le schnaps au goulot, On bourre les smokings dans des colis

 Que demander à la piétaille?

 Quelqu’un monte une pouliche, Un autre baptise le ciel avec un brandon. 

On rôde, on festoie, on pille. Les visages suent, les visages brillent. 

Dans le feu d’or brûlé, S’écroule le toit de la grange. 

De sous d’autres toits sombres 

Roule de la fumée noire – Ce que nous avons conquis par le sang Nous ne le laisserons à personne! 

Quelqu’un, les mains écartées, 

En courant, attrape des poules, – 

Et partout la pioche élève

Son ajouré gothique. 

Qu’il fait chaud et qu’il fait clair, Comme au soleil 

Comme en plein jour! 

Comment glisser une pioche sous la voûte, Là, sous la fenêtre du haut ?

 Festin et pouvoir! Chaos exultant!

 Rien ne chagrine l’âme! Quelqu’un a enfoncé la porte d’une auberge.

 Et que voit-on–un piano !! Il ne passe pas dans la porte

– et que je Te tape avec une pelle sur les cordes: «Oh, saloperie!

Donc nous Ne t’aurons pas, nous les combattants? Je ne le laisserai pas à Voentorg,

 Au quartier-général et aux intendants! » 

Quelqu’un erre nonchalant, Plein comme un sac et excité,

 Et à grands coups de bâton Casse les vitres bruyamment 

«Où je suis passé, je ne reviendrai pas! Cassez le cristal, émiettez la vaisselle, Que l’on se rappelle le fier jeune homme! 

Bon ou mauvais, Yankee Doodle, Lam-tsa-dritsa! lam-tsa-tsa!

Il tire et tire comme un entrepôt de cartouches,

Les tuiles sur son passage. 

Le long du village brûlé, 

Eclairé par la lumière rouge, Vanka, content de lui

Fait gueuler son accordéon: « Chaaangez-moi quarante millions Et achetez-moi un billet pour Sergatch !! »

Ses doigts courent sur les frettes, Et les vaches meurent 

Gémissant lamentablement. « Mon frère a payé de sa vie, J’aurais pu payer aussi …

“En voiture! Arrêtez les gars! Il y en a encore plus loin !! ..

C’est un extrait du poème Nuits de Prusse orientale de Soljenitsyne. Plus loin, Soljenitsyne décrit comment, au titre de vainqueur, il sollicita les faveurs charnelles d’une femme allemande. Dans le même style, il dépeint tous les soldats soviétiques: «Cela faisait déjà trois semaines que la guerre se déroulait sur le territoire de l’Allemagne et nous le savions tous bien: si les filles étaient allemandes, elles pouvaient être violées, puis fusillées, ce qui représentait presque un exploit guerrier ; s’il s’avérait qu’elles étaient polonaises ou des russes en captivité – on pouvait dans tous les cas les faire se promener nues dans le jardin et leur donner une claque sur les cuisses – une plaisanterie amusante, pas plus « , déclare Soljenitsyne dans l’archipel du Goulag.

Comme notre lauréat du prix Nobel présente une ressemblance touchante avec un autre propagandiste – Joseph Goebbels! «Dans les villages et les villes, toutes les femmes âgées de dix à soixante-dix ans ont été victimes d’innombrables viols. Il semble que cela se fasse par ordre supérieur, car à travers le comportement d’un soldat soviétique on peut entrevoir un système explicite », écrivait Goebbels dans son journal le 2 mars 1945.

Les deux mentent. À la fin du mois de janvier 1945, les commandants du front, Joukov, Rokossovsky et Konev, ont ordonné que le recours à la violence contre la population civile soit interdit. Le comportement que le propagandiste nazi et le flambeau de l’élite russe ont attribué à nos soldats est considéré comme un crime passible de sanctions appropriées. En fait, il y a deux mondes opposés: le monde dans lequel Nikolaï Massalov a vécu et le monde que dépeint Alexandre Soljenitsyne. Dans le monde de Nikolaï Massalov, les Soviétiques se sont portés volontaires pour le front, se sont battus et sont morts pour leur patrie. Dans le monde de Soljenitsyne, ils ont rencontré l’ennemi avec du pain et du sel, se sont volontairement engagés pour la police, ont retourné leurs armes contre leur gouvernement. Lorsque Nikolaï Massalov s’est libéré de l’encerclement pour reprendre le combat, Soljenitsyne a cherché un emploi dans une école d’officier, craignant d’être sur la ligne de front. Lorsque Nikolaï Massalov s’est battu à Mamayev Kurgan à Stalingrad, Soljénitsyne, à l’école des officiers, s’est « exercé à une démarche de tigre» et toléré toutes sortes d’ «humiliations» des instructeurs, juste pour éviter d’être à Stalingrad. Lorsque Nikolaï Massalov s’est battu sur la ligne de front, au sein du régiment de gardes libérant l’Ukraine, Soljenitsyne a apprécié la compagnie de son épouse, qui est arrivée sur les lieux de l’unité militaire avec de faux documents. Lorsque Nikolaï Massalov parcourait la ligne de front avec la bannière du régiment, Soljenitsyne, en Prusse-Orientale, se livrait à ce qu’il a décrit de manière odieuse dans ses poèmes. Nous vivions dans le même monde que Nikolaï Massalov, mais une intelligentsia soviétique, ou plutôt – antisoviétique, nous a transportés dans le monde d’Alexandre Soljénitsyne. Nous avons cru que ce monde n’était pas le fruit de l’imagination malade d’un bâtard haïssant le communisme, mais la réalité. Le gouvernement actuel a besoin de Soljenitsyne comme de l’air. Non seulement pour justifier les actions de ses prédécesseurs, visant à la destruction de l’URSS, mais aussi, et surtout, pour empêcher le renouveau des idées communistes parmi le peuple, ce qui enlèvera inévitablement le pouvoir et la propriété aux nouveaux riches. Par conséquent, il est possible le 9 mai de parler hypocritement de la Victoire, de héros qui ont défendu la liberté et l’indépendance de notre patrie, et de propager tous les autres jours les idées de repentance pour les réalisations de nos ancêtres et d’honorer d’autres « héros » dans la conscience publique.

(1) On ne le sait pas trop, mais le drapeau russe actuel était utilisé par l’armée de Vlassov

 

 

Pavel Orekhov: les leçons du mouvement social en France : une vision d’un communiste russe

09-12-2018, l’auteur de l’article un peu rude, il faut bien l’avouer n’est pas une voix officielle du parti communiste de la fédération de Russie mais un auteur très intéressé par les mouvements sociaux et pas seulement en France. Marianne me signale que tous les commentaires manifestent leur contentement devant l’attitude des Français, et l’un des commentaires souligne que dans le fond les reproches que l’article adresse au parti communiste français pourraient être adressés au parti communiste russe actuel (note de Danielle Bleitrach et traduction de Marianne Dunlop)

https://kprf.ru/party-live/opinion/180994.html

 

En soi, les mouvements sociaux en France ne sont pas rares. Dans le cadre du mouvement des « Gilets jaunes », cette action n’est pas non plus la première. Cependant, elle se distingue par un certain nombre de caractéristiques qui la mettent bien au-dessus de toutes les précédentes.

 

  1. Les exigences politiques sont venues remplacer les exigences économiques. Les manifestants ont déjà réussi à geler les prix du carburant, mais en réponse aux concessions du gouvernement, ils ont déclaré qu’il fallait renvoyer ce gouvernement et le président avec, améliorer le niveau de vie des travailleurs et restituer les garanties sociales qui leur ont été retirées ces dernières années. Les gens réclament la justice sociale.

 

  1. La manifestation a dépassé le stade étroit des premières revendications et a acquis un caractère de classe. Le mouvement des «gilets jaunes» a été rejoint par de larges couches de masses exploitées. Des lycéens et étudiants, des médecins, des agriculteurs et enfin la police elle-même ont exprimé leur mécontentement. Des musiciens de rue ont joué des chansons révolutionnaires, appelant les manifestants à prendre des mesures décisives. Des chauffeurs de taxi ont conduit des manifestants aux points de rassemblement. La manifestation a suscité sympathie et soutien tacite de la part des masses à travers le pays.

 

  1. L’action n’était plus une démonstration de force et ne visait pas à attirer l’attention sur des questions d’intérêt public. Des « gilets jaunes » ont voulu délibérément renverser le président et le gouvernement.

 

En même temps, nos ouvriers russes n’ont rien à apprendre de leurs camarades français, si ce n’est la combativité. La manifestation était initialement vouée à l’échec.

 

Premièrement, les plans des participants à l’action étaient connus à l’avance, le jour du spectacle était déterminé, ce qui permettait aux autorités de bien se préparer.

 

Deuxièmement, les « gilets jaunes » eux-mêmes n’étaient pas prêts à atteindre leur objectif. La présence d’équipements spéciaux et de véhicules blindés a permis à la police de vaincre relativement facilement une foule désarmée.

 

Troisièmement, les masses n’ont pas montré la capacité de s’organiser. Les actions des manifestants sur les lieux ne se coordonnaient en aucune manière, étaient chaotiques et entraînaient inévitablement des pogroms. Il n’y a même pas eu l’apparence de soviets, formés spontanément en Russie dans de telles situations.

 

Enfin, quatrièmement et surtout, il n’existait aucune force dirigeante, l’avant-garde des masses protestataires, qui pourrait idéalement armer et diriger la protestation dans la bonne direction. Et ce reproche doit être tourné du côté des communistes français, confus, effrayés par la détermination des masses, et qui n’ont pas réussi à gagner de l’autorité parmi les travailleurs.

 

Dans le même temps, les troubles populaires en France ont montré une fois de plus que toutes les inventions sur la société de classes, sur l’obsolescence inéluctable des idées du marxisme – n’étaient rien de plus que des contes de fées bourgeois, de la méthode Coué. La manifestation des «gilets jaunes», qui a réveillé de larges couches de travailleurs en France, pourrait bien devenir un catalyseur de l’intensification de la lutte de classe dans d’autres pays. L’avantage est que les conditions préalables pour cela ne manquent pas.

Traduction MD pour H&S

 

 

Ils se prenaient pour des « dirigeants » Article de Nikolaï Kolomeitsev

Les Français dans leur immense majorité, les communistes comme les autres, ignorent les conditions réelles de la dissolution de l’URSS, le complot mené par « trois ivrognes » (dont le premier acte fut de téléphoner à Bush, le président des États-Unis) décrit ici et qu’un atterrissage de parachutistes aurait suffi à déjouer selon l’article, est bien connu en Russie et déploré par l’immense majorité du pays et pas seulement par les communistes. Cet article dénonce le dépeçage du pays, mais aussi les ambitions irréalistes d’une Russie qui continue à s’affaiblir intérieurement sous la pression des oligarques et de ceux qui ont mené le « complot ». Je suis convaincue que les communistes français auraient intérêt à mieux connaître cette histoire comme d’ailleurs ce qui se passe réellement dans le monde et le rôle réel des communistes partout (note et traduction de Danielle Bleitrach)

8 décembre 2018 8h00
Ils voulaient "diriger". Article de Nikolay Kolomeitsev

Le 8 décembre 1991 à Viskuly, dans la forêt de Belovezh, il y a eu un événement qui n’a aucune analogie dans l’histoire du monde. Le président de la RSFSR, B. Eltsine, le président de l’Ukraine, L. Kravtchouk, et le président du Conseil suprême du Bélarus, S. Chouchkevitch, ont signé un accord sur la dissolution de l’URSS et la création d’une prétendue Union des Etats indépendants, rappelle dans son article paru dans le journal « Russie Soviétique », le premier chef adjoint de la faction du parti communiste à la Douma d’Etat Nikolai Kolomeytsev.

Trois conspirateurs, traîtres à l’État, ont divisé le territoire d’un vaste pays à leur manière. Réveillé au saut du lit par la sonnerie du téléphone, le président américain George Bush père, entendant le rapport de Eltsine, ne pouvait même pas réaliser qui l’appelait depuis une forêt obscure de Biélorussie. La nouvelle tant attendue se précipita en Occident: « L’URSS, sujet de droit international et de réalité géopolitique, a cessé d’exister ».

Eltsine, qui avait déjà survolé à deux reprises la statue de la Liberté à New York, était accompagné de Kozyrev, Burbulis, Chakhrai, Gaidar, Ilyouchine, des personnalités médiocres occupant des postes insignifiants sous le régime soviétique. Les conspirateurs ont agi à la hâte, craignant à juste titre un châtiment sévère. Aussitôt rédigé le texte de l’accord tripartite, la dactylographe locale a tapé le texte sur une machine à écrire ordinaire.

Signataires ivres de joie parce que tout avait finalement réussi, ils ont levé leur verre, les rédacteurs de cette feuille de papier se sentaient fiers de leur travail. Le président du KGB de Biélorussie, qui a tiré la sonnette d’alarme, malgré ses tentatives désespérées, n’a pas pu persuader le Centre, qui avait fait preuve alors d’une inaction criminelle, d’intervenir dans le cours des événements. Un atterrissage des parachutistes était alors suffisant pour décapiter le complot. Nous essayons toujours de nous convaincre que l’effondrement de l’URSS était inévitable. Non, messieurs, le pays a été détruit par ceux à qui le pouvoir soviétique restait dans la gorge. De hauts responsables de la CIA ont par la suite affirmé que des traîtres avaient été recrutés comme alliés de l’opération. Le personnel de Eltsine occupe toujours des postes gouvernementaux responsables. Peut-être parmi eux se trouvent ceux que les Américains désignent par là.

Discuter des motifs qui ont guidé la troïka criminelle n’a aucun sens. Tout est clair ici: seuls des objectifs personnels ont été poursuivis, ils étaient fondamentalement indifférents au destin de l’État. Ils n’ont pas réfléchi aux conséquences, même si c’est le destin de centaines de millions de personnes et d’un sixième de la terre qui se jouait. Ils pensaient « diriger ».

Un pays et un peuple engagés dans un processus d’autophagie ne peuvent susciter aucun sentiment chez un observateur occasionnel, à l’exception de la curiosité dégoûtée. Depuis l’arrivée au pouvoir de Gorbatchev et jusqu’à ce jour, la mise en cause des dirigeants soviétiques Lénine, Staline et Brejnev ne s’est pas arrêtée. Alors qu’ils ont agi sur la base de considérations idéologiques et des réalités de leur temps.

Ceux-là ont trahi la civilisation soviétique unique en son genre, ils ont déchiqueté une communauté unique de personnes – le peuple soviétique. Le pays a perdu un quart de son territoire, des milliers de kilomètres de frontière d’État, enfermés dans des frontières géographiques naturelles – rivières, mers, chaînes de montagnes inaccessibles.

Dans la guerre du Nord avec la Suède, l’accès à la mer Baltique, la Russie de Premier I a perdu environ 300 000 personnes. Dans les guerres russo-turques de Catherine II et au cours des années suivantes, environ un million de soldats russes combattirent pour l’annexion de Novorossia et notre implantation sur les rives de la mer Noire. En Asie centrale, la Russie s’est finalement établie en 1885, après la victoire dans la région de Kuchka d’un petit détachement du général Komarov sur l’armée afghane commandée par des conseillers britanniques.

Nous ne pouvons souvent pas imaginer les efforts et les sacrifices avec lesquels notre superpuissance a été construite. À cette époque, les territoires étaient assemblés en un seul et même ensemble par de puissants dirigeants. Souvent, avec du fer et du sang, ils n’avaient aucune idée des référendums.

La perte honteuse de terres n’est pardonnée à aucun chef d’État. La trahison de Belovezh nous a rejetés loin des frontières occidentales, les communications de transport, d’énergie et de commerce russes étaient en grande partie entre de mauvaises mains. Les pays de transit n’ont pas manqué de profiter de cela. Les voies de contournement coûtent au Trésor des dizaines de milliards de dollars.

Il ne fallait pas se bercer d’illusion que les anciennes républiques soviétiques et les pays socialistes échapperaient à  l’attention de l’OTAN. Dès que ceux-ci sont entrés en masse dans le bloc, à partir de ce moment, nous les avons perdus à jamais, car les forces conventionnelles de l’alliance et de la Russie sont incommensurables.

La Russie est un pays complexe et en inertie. Aujourd’hui, on ne peut le qualifier de successeur de l’URSS qu’en termes juridiques. L’Union soviétique était indiscutablement une grande puissance, personne ne s’est permis de parler avec arrogance à Moscou. La Russie nouvelle s’est progressivement transformée en un paria international, un «État solitaire» doté d’un territoire ouvert qui suscite l’appétit de ses voisins.

L’Occident a répondu à tous les gestes de conciliation et aux invitations de Moscou par des sanctions, des diffamations et des insultes inadmissibles pour l’État disposant du plus grand stock d’ogives nucléaires au monde. En acceptant silencieusement d’endosser l’étiquette d’un pays en développement, la Russie s’est retrouvée dans une position où elle devait prouver son statut régional. Paradoxe.

Bien qu’étant en confrontation avec l’Occident, nous continuons d’utiliser notre propre argent pour tracer vers l’ouest de nouveaux oléoducs, construire des centrales nucléaires à l’étranger avec nos propres emprunts et vendre nos derniers systèmes d’armes. Avoir déclaré officiellement que la Russie est le principal garant de la sécurité énergétique mondiale, fait que la modernisation de l’économie devra attendre.

De nombreux forums internationaux sur les investissements indiquent que les dirigeants russes ne s’attendent pas à sortir de l’impasse économique sans assistance technologique et financière étrangère. Chaque année, en raison du manque de spécialistes qualifiés et de l’absence d’une base de production moderne, des sommes de plusieurs milliards et même de mille milliards de dollars restent inexploitées.

En ce qui concerne la situation internationale, l’effondrement de l’URSS a donné une impulsion et a provoqué l’apparition d’un certain nombre de processus négatifs à l’échelle mondiale. Le monde unipolaire a perdu sa stabilité, s’est mis en mouvement. Nous assistons aujourd’hui à la dictature des États-Unis et de l’OTAN, à des guerres ethniques, religieuses et civiles, à des migrations massives, à des luttes pour les ressources naturelles, etc.

Le lien direct entre ces phénomènes et la disparition de l’une des deux grandes puissances n’est pas visible, mais il existe. L’Occident n’a pas encore compris et ressenti dans toute leur ampleur les conséquences de la liquidation de l’URSS, qu’il poursuivait depuis des années.

Le temps met tout à sa place et nous voyons aujourd’hui une prise de conscience massive. L’intérêt suscité par les événements et les faits de l’ère soviétique, par les projets de grande envergure dans la vie d’un grand pays, par les méthodes de gestion et de gouvernance, par la science, la culture et l’art, au service désintéressé de l’humanité tout entière, reprend vie. Lors de l’un des concerts à Moscou, interprétée par O. Gazmanov, la chanson «Made in the URSS» («Je suis né en Union soviétique»), la salle a applaudi, les gens se sont levés et ont écouté la chanson debout, les larmes étincelantes.

Ainsi, même après de nombreuses années de duperies, l’idée soviétique est toujours vivante et nous donne de l’espoir.

Nikolay KOLOMEYTSEV,

Député à la Douma d’Etat (KPRF)

 
 

Dialogue sur les voies du socialisme par Victor TROUCHKOV

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№131 (30774) 29 novembre 2018

 

http://gazeta-pravda.ru/issue/131-30774-29-noyabrya-2018-goda/dialog-o-putyakh-k-sotsializmu/

 

Auteur: Victor TROUCHKOV.

Les partis communistes de la Fédération de Russie et de la Chine échangent constamment des visites de travail. La semaine dernière, deux délégations, celle de l’Institut d’histoire du parti et celle des documents du parti auprès du Comité central du PCC étaient à Moscou au même moment. Ils étaient dirigés par Chen Weiyi, membre du collège de l’Institut, et Zhang Shiyi, directeur adjoint de l’un des départements de recherche de l’Institut.

Le Comité central du Parti communiste a tenu une rencontre avec les camarades chinois. Les invités ont été accueillis par vice-président du Comité central du Parti communiste, Dmitri Novikov. Il a noté que les communistes russes avaient suivi avec une grande attention les travaux du 19ème Congrès du PCC et le renforcement des positions du Parti communiste chinois dans leur propre pays et sur la scène internationale. En réponse au message d’accueil, Chen Weiyi a indiqué que son institut était en quelque sorte le fruit du 19e Congrès du PCC: cet institut de recherche a été créé en unissant plusieurs instituts en mars dernier. Il emploie 658 personnes. « Les chercheurs de l’institut ont immédiatement commencé un travail sérieux », a déclaré Chen Weiyi. – L’équipe accorde une grande attention à l’étude de la théorie du marxisme-léninisme. Mais en même temps, nous étudions les idées théoriques de Mao Zedong, la théorie de la construction du socialisme avec les caractéristiques chinoises de Deng Xiaoping, la théorie de la représentation et la théorie scientifique. Une grande attention est accordée à la théorie de Xi Jinping. En étudiant ces théories, nous nous efforçons de compter sur les efforts de la population pour édifier un socialisme aux caractéristiques chinoises.  »

Dmitri Novikov a fait part de ses réflexions sur le travail théorique en cours au KPRF et au PCC: «Un seul chiffre: il existe 1 400 institutions marxistes en République populaire de Chine! Ce sont des forces scientifiques très importantes qui, à notre avis, font un travail important du point de vue du développement de la Chine sur la voie socialiste.  » Il a également souligné que la Chine connaissait un succès remarquable dans la construction économique et socialiste, ce qui prouve une fois encore la viabilité du socialisme et du « projet soviétique ».

Le membre du Présidium du Comité central du Parti communiste de la Fédération de Russie Komotsky, rédacteur en chef de Pravda, a parlé aux invités de la grande attention que ce journal accorde aux questions théoriques. Poursuivant les traditions léninistes, il est devenu en réalité non seulement un organe politique, mais aussi un organe théorique du parti. Sur les études théoriques menées par les membres de « RUSO », des précisions ont été apportées par le président du CC de cette organisation, membre du Comité central du Parti communiste, Ivan Nikitchuk.

Les participants à la réunion ont répondu aux questions mutuelles. Ainsi, Ivan Nikitchuk s’est intéressé à la façon dont le parti, afin de renforcer le socialisme avec les caractéristiques chinoises, parvient à contrôler le secteur capitaliste de l’économie, qui joue un rôle très important en Chine. Répondant à cette question, Chen Weiyi a fait remarquer qu’après le XVIIIe Congrès du PCC, à l’initiative du président Xi Jinping, un travail énergique sur la lutte contre la corruption avait été engagé. À cette fin, le parti a créé un certain nombre de structures chargées de contrôler le travail des cadres, le style de travail, les activités financières, etc. Cette section est dirigée par la Commission centrale de contrôle et de discipline.

« Ces structures », a expliqué Chen Weiyi, « imprègnent toute la verticale des organisations et des institutions du pays ». Leur travail s’étend aux activités des entreprises et institutions privées. Le système de contrôle créé a permis de faire cesser les activités de nombreux fonctionnaires corrompus. Parmi les personnes sanctionnées figurent des chefs d’institutions publiques reconnues coupables de corruption, des fonctionnaires étroitement associés au monde des affaires et un certain nombre d’entrepreneurs privés. Un traitement particulièrement strict est réservé aux membres du parti. La lutte contre la corruption menée par le parti a été hautement appréciée par l’ensemble du peuple chinois. L’initiative du président Xi est un moyen important de préserver la politique de construction du socialisme aux caractéristiques chinoises.  » Chen Weiyi a également noté que lors du XIVe Congrès des syndicats chinois, le camarade Xi Jinping avait défini de nouvelles tâches importantes pour renforcer le rôle de la classe ouvrière dans la société chinoise.

On a demandé aux spécialistes chinois en sciences sociales ce que signifie le terme «autorévolution» apparu dans la presse chinoise et sur la page de Renminwang « Chine populaire: réalisations, tâches, objectifs » destinée aux lecteurs de la Pravda. Le directeur adjoint du département de la recherche, Shen Lutao, a expliqué que ce concept avait été utilisé pour la première fois par Xi Jinping lors d’une réunion avec les gouverneurs de province lors du 19e Congrès du PCC. «Conformément à l’enseignement marxiste-léniniste», a déclaré le chercheur, «par révolution sociale, nous entendons le changement d’ordre social dans l’ensemble de la société. Il a été mis en œuvre avec succès dans notre pays pendant plusieurs décennies. Dans ce processus historique, le rôle le plus important appartient au PCC. Le nouveau terme est destiné à souligner le rôle du facteur subjectif dans la révolution sociale, en particulier le Parti communiste. Le président Xi Jinping a souligné que le contrôle est requis non seulement par le parti, mais aussi sur le travail du parti lui-même. Et un tel contrôleur devrait être le peuple, les travailleurs de Chine. Il a souligné la nécessité d’une campagne de lutte contre la corruption au sein même du parti afin d’éliminer celle-ci complètement. La traduction de l’idée du Président de la République populaire de Chine par le mot «autorévolution» n’est pas très précise. L’idée est de préserver le caractère révolutionnaire du parti lors de la construction du socialisme avec les caractéristiques chinoises. Il s’agit d’élargir la critique interne du parti, de combattre les carences au sein du Parti communiste, travail qui est menée par le parti lui-même, avec un large soutien du peuple. L’efficacité de ce processus de purification du parti des personnes étrangères à ses principes politiques et moraux est démontrée par le fait que la mise en œuvre de l’idéologie de Xi Jinping a conduit à l’expulsion du PCC et au retrait de 440 ministres, députés et autres responsables majeurs ayant déshonoré le Parti communiste.

Répondant à une question sur la place du PCC dans les travaux théoriques du mouvement communiste international pour le développement de la doctrine marxiste-léniniste, Dmitri Novikov a souligné le rôle important des séminaires internationaux annuels sur le socialisme que le PCC organise depuis de nombreuses années. Leur initiateur est l’Académie des sciences sociales de Chine. Aujourd’hui, le 9ème séminaire de ce type a eu lieu. Il est très important que les spécialistes chinois des sciences sociales  invitent chez eux des personnes d’autres pays qui partagent les mêmes idées. Le choix des questions proposées aux séminaires contribue également à la discussion des problèmes fondamentaux du marxisme-léninisme. En particulier, l’année dernière, le séminaire était consacré au 100e anniversaire de la Grande Révolution d’Octobre. Les ouvrages publiés en Chine concernent tout autant les problèmes contemporains de la construction du socialisme que les sources théoriques du marxisme-léninisme.

«Les communistes», a déclaré Dmitri Novikov – ont des questions concernant la propriété privée dans la Chine moderne. Mais les mêmes questions se sont posées parmi les communistes russes lorsque Lénine a annoncé sa nouvelle politique économique. À l’époque, beaucoup d’entre eux avaient l’impression qu’il s’agissait d’une concession excessive aux relations capitalistes dans le système socialiste. Mais la NEP de Lénine a permis de surmonter la dévastation du pays après la guerre civile et a donné une bonne impulsion pour le développement du socialisme. La politique de réforme et d’ouverture, annoncée il y a 40 ans, a permis à la Chine d’aller loin dans la voie de la construction socialiste. Mais puisque ces succès ont été remportés par la Chine grâce à son ouverture au marché capitaliste, des questions se posent, telles que celle posée par Ivan Nikitchuk. À notre avis, les décisions prises par le 19ème Congrès et la pratique au cours de laquelle les dirigeants du PCC mettent en œuvre ces décisions aujourd’hui, montrent que la Chine comprend les dangers qui se présentent tout au long de ce chemin. La lutte contre la corruption est l’une des orientations de ce travail. Il est très important que les secteurs phares de l’économie restent aux mains de l’État. Lorsque vous utilisez le marché, vous devez veiller à ce qu’il fonctionne dans l’intérêt de la population et ne dicte pas ses conditions. Selon nos estimations, le PCC réussit à résoudre cette tâche extrêmement grave. Il est très important que toute la population du pays profite des avantages du succès économique de la Chine, que les problèmes de pauvreté et l’élargissement des garanties sociales soient traités avec succès.

Dans une situation où la question de l’abaissement de l’âge de la retraite est en discussion en Chine, dans le cadre de la lutte contre la décision des autorités russes d’augmenter cet âge, votre exemple est très important pour les communistes russes. ”

Traduction MD pour H&S

 

Pourquoi Brejnev n’est plus condamné pour la guerre en Afghanistan

Советские и афганские военные в 80-е годы XX века

21 novembre 2018

Photo: V. Sukhodolsky / RIA News

Texte: Piotr Akopov

https://vz.ru/politics/2018/11/21/951712.html

 

La Russie ne considère plus que l’entrée de troupes en Afghanistan en 1979 mérite une condamnation politique et morale. La Douma d’Etat est prête à adopter une déclaration annulant le bilan condamnant la guerre en Afghanistan, qui avait été donné à l’époque par le parlement soviétique. Cela est nécessaire non seulement pour les anciens combattants de cette guerre, mais également pour l’ensemble de notre société.

 

Dans moins de trois mois, nous célébrerons les 30 ans du retrait de nos troupes d’Afghanistan et, d’ici cet anniversaire, la Russie réexaminera l’évaluation officielle de cette guerre. La décision a été prise lors des audiences parlementaires tenues mercredi à la Douma d’Etat. Un projet de déclaration et de résolution de la Douma d’Etat, qui sera adopté à la veille du trentième anniversaire de l’achèvement de la campagne en Afghanistan – le 15 février 2019, a été approuvé.

 

Pourquoi est-il nécessaire non seulement de célébrer cet anniversaire, mais également d’annuler la décision prise à l’époque soviétique? Parce que depuis décembre 1989, date à laquelle une résolution a été adoptée par le Congrès des députés du peuple de l’URSS pour condamner l’intervention en Afghanistan, il n’y a eu aucune autre évaluation officielle au niveau de l’État. Et il se trouve que, du fait de la continuité naturelle de la Russie par rapport à l’URSS, nous partageons encore cette attitude:

 

« Le Congrès des députés du peuple de l’URSS souscrit à l’évaluation politique donnée par le Comité suprême des affaires internationales de l’URSS sur la décision d’introduire des troupes soviétiques en Afghanistan en 1979, et estime que cette décision mérite une condamnation morale et politique. »

 

La condamnation politique et morale n’est pas simplement une reconnaissance du fait que nous nous sommes trompés: c’est une auto-flagellation.

 

A l’époque, en pleine perestroïka, la condamnation de «l’aventure afghane» a été l’un des coups les plus puissants, non seulement contre le PCUS, mais également l’Union soviétique.

 

Le cliché de la propagande occidentale selon lequel «la guerre criminelle en Afghanistan a sapé l’autorité des dirigeants soviétiques, a immobilisé le pays et a été la principale raison de l’effondrement de l’URSS», durant toutes les années 90 a été systématiquement inculqué à notre peuple y compris par les réformateurs de l’économie et de la conscience qui s’en faisaient l’écho dans notre pays. Ce qui fait que beaucoup y ont même cru. Criminelle, coloniale, cruelle, injuste, insensée – que n’a-t-on pas entendu sur la guerre en Afghanistan, ce soi-disant «Vietnam soviétique».

 

Ensuite, il y a eu les deux guerres tchétchènes – et l’attitude envers la guerre en Afghanistan a commencé à changer progressivement. Puis il y a eu l’attaque américaine contre l’Afghanistan – sans aucune raison ni invitation des autorités du pays. L’Afghanistan n’a pas attaqué les États-Unis (même si l’on considère que le Saoudien Oussama Ben Laden, qui se cachait dans les montagnes locales, avait organisé les attaques terroristes du 11 septembre 2001, sa traque ne justifiait pas l’invasion et l’occupation d’un État indépendant) et la guerre civile larvée à plusieurs milliers de kilomètres des États-Unis n’est une raison suffisante pour intervenir du côté d’une des factions. La présence américaine en Afghanistan, qui dure depuis 17 ans – deux fois plus longtemps que la nôtre – a encore plus changé l’attitude des Russes à l’égard de cette guerre.

 

C’est-à-dire que s’ils distinguaient simplement les anciens combattants d’un côté et l’aspect politique de la question de l’autre – les gars ne faisaient qu’exécuter les ordres et se sont battus avec courage, ce pourquoi ils ont reçu le soutien de l’État, une indemnité et du respect, mais la guerre elle-même était une erreur et une stupidité – maintenant ils commencent à se poser des questions sur les raisons de la décision d’envoyer des troupes.

 

En février 2015, lors de l’anniversaire du retrait de nos troupes, Vladimir Poutine a présenté pour la première fois une nouvelle évaluation politique du déploiement des troupes lors d’une réunion avec des « anciens combattants afghans »:

 

«Maintenant que les années passent et que de plus en plus de faits sont connus, nous comprenons de mieux en mieux quelle était la raison et la cause de l’introduction de troupes soviétiques en Afghanistan. Bien sûr, il y a eu beaucoup d’erreurs, mais il y avait de réelles menaces auxquelles les dirigeants soviétiques tentaient à l’époque de mettre fin par l’introduction de troupes en Afghanistan. « 

 

Cette déclaration laconique n’est pas à prendre à la légère. Parce qu’elle mettait un point final aux élucubrations du style «Brejnev et le Politburo ont entraîné le pays dans une aventure inutile et injustifiée» ou «Les Russes attaquent toujours tout le monde, ils sont agressifs et à travers l’Afghanistan, ils visaient l’Océan indien».

 

Sur les raisons qui ont conduit à l’adoption de la décision éminemment difficile d’intervenir Afghanistan, il existe déjà des montagnes de littérature scientifique ou pas très, y compris sur la base des archives déclassifiées du Politburo. Et il est clair qu’il ne peut s’agir ni d’agressivité ni d’aventurisme.

 

Il y avait de réelles craintes que la guerre entre les islamistes et les communistes en Afghanistan se répande en Asie centrale (peuplée des mêmes ethnies que le nord de l’Afghanistan). Il existait une rivalité géopolitique avec les États-Unis dans le Grand Moyen-Orient (pour eux lointain et pour nous voisin – l’Iran et l’Afghanistan pour nous sont comme le Canada ou le Mexique pour les États-Unis). Mais il n’y a pas eu de violation du droit international – nous avons été invités par le gouvernement légitime (qui contrôlait à l’époque la majorité écrasante du pays) ni même de plan pour élargir la zone d’influence de l’URSS (l’Afghanistan en faisait partie depuis de nombreuses décennies). L’URSS n’a pas provoqué l’arrivée au pouvoir des communistes à Kaboul, mais s’est dépêtrée avec les conséquences de la guerre civile, qui n’avait pas commencé avec eux. Cependant les États-Unis ont délibérément dressé un piège pour l’URSS avant même l’entrée de nos troupes. Plus tard, Zbigniew Brzezinski a écrit en toute franchise à ce sujet – rappelant la fourniture d’armes à des moudjahidin basés au Pakistan à l’été 1979 :

 

«Le jour même, j’ai écrit à l’intention du président, un mémorandum dans lequel je lui expliquais que, à mon avis, cette assistance entraînerait une intervention militaire soviétique. Nous n’avons pas poussé les Russes à intervenir, mais nous avons délibérément augmenté la probabilité qu’ils le fassent. »

 

Notre journal s’est déjà fait l’écho de tout cela, ainsi que de la longue et difficile histoire des relations avec l’Afghanistan, soulignant qu’il était temps de reconsidérer la condamnation officielle des raisons de l’introduction de troupes.

 

Et maintenant ce moment est venu. En avril dernier, Vladimir Poutine a approuvé la proposition du président de la commission de la défense de la Douma, Vladimir Chamanov, de faire le bilan politique de la guerre en Afghanistan avant le 30e anniversaire du retrait des troupes soviétiques sous forme de décisions parlementaires:

 

«Je suis d’accord avec les ‘Afghans’. Les célébrations doivent avoir lieu et des évaluations doivent être effectuées. Je suis complètement d’accord avec vous. »

 

Il est clair qu’en février prochain, Poutine s’exprimera à la fois sur la guerre en Afghanistan et sur les raisons de l’introduction de troupes. Pour l’instant, la Douma d’Etat se prépare. Lors de l’audience de mercredi, un projet de déclaration et de décision a été approuvé, annulant la condamnation «morale et politique» exprimée en 1989.

 

«Nous devons déclarer sans équivoque que la Douma d’État estime nécessaire de reconnaître que la condamnation morale et politique de la décision d’introduire des troupes soviétiques en Afghanistan en décembre 1979, exprimée dans la résolution du Congrès des députés du peuple du Conseil suprême de l’URSS en 1989 est non fondée historiquement… de reconnaître que la condamnation politique et morale est nulle et non avenue », a déclaré le député Nikolai Kharitonov [KPRF, NdT], qui présentait le projet.

 

Le projet de déclaration indique que la décision d’introduire des troupes soviétiques en Afghanistan a été prise dans le strict respect des normes du droit international et «conformément au traité d’amitié, de bon voisinage et de coopération entre l’URSS et la République démocratique d’Afghanistan, en tenant compte des demandes répétées des dirigeants afghans de l’époque en faveur d’une intervention soviétique directe dans le conflit.  »

 

En outre, la déclaration rend un « hommage aux soldats soviétiques »:

 

«Nous nous inclinons devant leur courage, leur loyauté et leur patriotisme et, pour notre part, nous ferons tous les efforts nécessaires pour empêcher la répétition des événements tragiques de ce conflit, et les vétérans de la guerre en Afghanistan recevront à leur tour la reconnaissance méritée de la part de l’État, ainsi que des mesures sociales de soutien au niveau nécessaire  »

 

En outre, les députés souhaitent interpeler le ministère de l’Éducation en proposant de modifier l’interprétation des événements de la guerre en Afghanistan dans les manuels scolaires.

 

Cette réhabilitation de la guerre en Afghanistan est nécessaire non seulement pour les anciens combattants «afghans», il est également nécessaire que nous retrouvions le respect de notre histoire. La guerre ne peut pas être «bonne» – elle est toujours mauvaise et terrible. Mais il y a une différence entre guerres agressives, stupides ou insensées et guerres, bien que non patriotiques, mais contraintes. Bien sûr, cela aurait été mieux pour tout le monde s’il n’y avait pas eu de guerre en Afghanistan, mais c’était dû à la situation en Afghanistan même, à la confrontation américano-soviétique et la situation internationale dans son ensemble. Ni politiquement ni moralement, nous n’avons dee raison de nous repentir – nous n’avons pas arrosé l’Afghanistan avec du napalm et n’avons pas cherché à consolider les milliers de kilomètres de nos frontières pour maintenir notre domination mondiale. Nous avons même réussi à quitter l’Afghanistan de telle sorte que les personnes qui nous ont soutenus restent au pouvoir – ce que les Américains ne peuvent ni ne pourront faire.

 

À la différence de nous, d’ailleurs, ils ne condamnent aucune de leurs guerres, que ce soit politiquement ou moralement, bien que la très grande majorité d’entre elles se soient montrées ouvertement criminelles et agressives. Nous n’avons pas besoin d’imiter les Américains, nous avons juste besoin de connaître et de respecter notre histoire, sans remplacer ses pages lourdes par des caricatures, dessinées d’ailleurs par des mains étrangères.

Traduction MD pour H&S

 

 
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Publié par le novembre 25, 2018 dans URSS. Révolution d'octobre

 

Ukraine : la décommunisation a des ratés

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http://kpu.life/ru/91338/fashystskaja_dekommunyzatsyja_buksuet_ukrayntsy_luchshe_otnosjatsja_k_brezhnevu_chem_k_bandere

Malgré des décennies de propagande anticommuniste massive et de dénigrement de tout ce qui touche au passé socialiste, 47% des Ukrainiens ont une attitude positive à l’égard du chef de l’État soviétique, Leonid Brejnev.

Seulement 36% des citoyens ont la même attitude envers le chef de l’OUN, Stepan Bandera.

Ceci est démontré par les résultats d’une enquête réalisée par le groupe sociologique « Rating ».

Bureau de presse KPU