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Archives de Catégorie: Amérique

La danse macabre des provocations

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Robert Ménard est allé jusqu’à légitimer la torture en Irak sans perdre ses alliés de gauche et sa réputation de troskiste, au point que l’Humanité n’a pas craint de le soutenir en parrainant un « dissident » cubain, vrai espion de la CIA sur une île qui résistait avec courage;  il a fallu qu’il rejoigne Marine Le Pen pour que le doute s’insinue.

J’ai des doutes ou plutôt quelques connaissances des pays et gens concernés: quand on connait l’histoire tragique du Honduras (1) qui non seulement en tant que colonie des USA a abrité l’endroit où la CIA formait des tortionnaires avant de les rapatrier, l’endroit où sont intervenus d’ailleurs des spécialistes français aguerris par les guerres coloniales, l’endroit où récemment malgré les protestations de la population à coup de répression par l’armée on a éliminé un dirigeant progressiste pour lui substituer un fasciste, en recommençant tortures et meurtres d’opposants politiques, quand on sait qu’aux élections de la mi-mandat des caravanes de migrants partent pour affronter l’armée de Trump aux Etats-Unis, le doute vous prend sur la nature spontanée du phénomène migratoire et qui l’a provoqué et surtout sur le fait que les pays fuis y compris en risquant la mort sont des pays capitalistes où règne un régime proche de celui que veut étendre Trump au reste de l’Amérique latine et… au monde.

C’est comme au Brésil, le juge qui a organisé le maintien de Lula en prison se retrouve bizarrement ministre de la justice. Et les juifs progressistes de Pittsburg ont beau manifester contre la politique de Trump, son soutien au Klux klux klan à laquelle sa famille a toujours appartenu, en disant qu’ils n’ont rien à voir avec la politique de Netanayou, ce dernier plus le brésilien et Trump sont copains comme cochons et Netanayoun va avoir avec lui tous les vrais antisémites et racistes du monde.

La lutte des classes est là plus violente que jamais mais on tente de la canaliser vers le fascisme pour sauver les meubles. C’est un scénario bien connu et dont on sait où il mène?

Dans notre pays, la France, les forces se liguent pour que disparaisse du paysage le PCF. Hier je ne dormais pas j’ai écouté « stupéfiant » sur la 2, de Léa Salomé, sur Johnny Halliday et ses relations difficiles avec « l’élite », j’ai guetté la reconnaissance du rôle d’Aragon dans les lettres Françaises de la qualité du chanteur et l’influence que cette prise de position avait eu sur des gens comme Godard qui à l’époque dans une de ses boutades célèbres disait « avec les communistes j’irai jusqu’à la mort mais pas au-delà », pas un mot, sur cette position d’Aragon si sensible à ce qui est typiquement français tout en s’ouvrant sur le monde. Pas plus d’ailleurs que sur le paradoxe de la célébration d’un des évadés fiscaux les plus célèbres, il est vrai que s’acharner sur lui permet de ne pas parler de la famille Mulliez, de Carrefour, dont on apprend qu’un des actionnaires a financé le fasciste brésilien. Mais je parlais d’Aragon!, oublié, au placard le plus grand écrivain du siècle dernier, l’immonde Céline ne cesse d’être réhabilité, alors qu’Aragon est nié… jamais il ne sera question de lui à la télévision, pour éviter tout ce qui peut fâcher. Le parti est effacé du présent comme il l’est du passé. Le pire est sans doute que cela se fait  avec l’assentiment d’une direction qui nous mène sans plus se cacher vers un destin à l’italienne. L’antichambre du fascisme et de la résurrection des monstres.

Alors même que les statuts votés au 36e congrès disent que les dirigeants ne peuvent excéder 9 ans et que Pierre Laurent est là depuis dix ans, ils tentent de dévoyer le congrès autour d’un légitimisme mortifère, le culte du chef et le mensonge habituel sur les bolchéviques qui veulent prendre le pouvoir.

Nous sommes entrés dans la danse macabre qui préside les grands massacres et partout le forces qui tendent vers l’affrontement tentent de le créer pour conserver leur pouvoir, c’est la classe dominante qui mène le bal et ceux qui ne croient plus à l »offensive contre la monstruosité qui nous menace laissent croire que le statu quo est un moindre mal, parce que le reste serait le retour vers une URSS dont il ont fait l’équivalent de la monstruosité nazie d’une manière folle et irresponsable, en utilisant simplement le fait que les communistes veulent une mise à plat de leur histoire faite par eux avec des historiens qui ne soient pas des idéologues haïssant les Révolutions.

Dans une société qui meurt et qui ne trouve pas d’issue prolifèrent les monstres disait à peu près Gramsci. Je ne sais où tout cela ira mais nul ne peut continuer ainsi sans aller vers le désastre. Ma réflexion se situe hors congrès du PCF parce qu’elle ne prétend pas identifier ce qui se passe dans ce Congrès terme à terme avec les convulsions impérialistes mondiaux. Ma réflexion part simplement de quelqu’un qui a beaucoup vécu et voyagé dans les pays où le néolibéralisme a été imposé par des dictatures sanglantes et prétend l’être à nouveau, alors que chez nous ce sont des gouvernements socialistes dont les communistes ont dû se dégager des pièges une première fois qui ont promu cette phase du capital caractérisée par la concurrences féroce intermonopoliste financiarisée et s’imposant par leur puissance aux Etats et nations. Le temps où l’Europe, alliée privilégiée croyait pouvoir y échapper est révolu et ceux qui militant pour un statu quo pour eux, pour leurs places nous mènent au désastre.

Danielle Bleitrach

(1) la CIA a contribué à la formation de centaines d’officiers de police des dictatures latino-américaines via ses fameux manuels de formation et l’École des Amériques, désormais renommée Institut de coopération pour la sécurité de l’hémisphère occidental (WHINSEC). [5]

Caballero a décrit le rôle de la CIA comme ambigu. « Caballero a déclaré que ses supérieurs avaient ordonné aux conseillers de la CIA de dissimuler leur participation aux escadrons de la mort, ainsi que d’autres membres des unités du renseignement de l’armée. Il a été envoyé à Houston pendant six mois en 1979 pour y être formé par les instructeurs de la CIA aux techniques d’ interrogatoire.

« Au cours de mon interrogatoire, ils m’ont préparé à mettre fin à l’utilisation de la torture physique au Honduras – ils ont enseigné les méthodes psychologiques », a déclaré M. Caballero à propos de sa formation américaine. « Alors quand nous avions quelqu’un d’important, nous l’avons caché des Américains, interrogé nous-mêmes et ensuite lui avons donné la mort à un escadron de la mort. »

« La CIA avait accès à des prisons secrètes de l’armée et à des rapports écrits résumant l’interrogatoire de présumés gauchistes, selon M. Caballero et deux responsables américains. Les Américains ont également déclaré que la CIA savait que l’armée hondurienne était en train de tuer des prisonniers. La CIA a demandé un arrêt des massacres à un moment donné en 1983. En 1984, un agent de la CIA a été rappelé du Honduras après qu’un parent du prisonnier l’ait identifié comme ayant visité une prison secrète, ont déclaré deux responsables américain et un hondurien. Il existait un contact régulier entre les interrogateurs et la CIA. Il semble donc probable que la CIA était au courant du fait que les meurtres se poursuivaient.

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Ne fais pas attention à moi, je viens d’une autre planète…

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« Ne fais pas attention à moi.
Je viens d’une autre planète.
Je vois toujours des horizons où tu dessines des frontières »
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« Est-ce que les verbes peuvent s’inventer? Je veux t’en dire un : je te ciel, et ainsi mes ailes s’étirent, énormes, pour t’aimer sans limites.  »
Frida Kahlo

 

The New York Times : Un coup d’État américain a-t-il été avorté au Venezuela ?

La Une du New York Times lundi 10 septembre 2018.

“Les États-Unis ont rencontré des comploteurs vénézuéliens”, titre ce lundi 10 septembre The New York Times pour son édition internationale. D’après le quotidien, un coup d’État aurait été envisagé par le gouvernement américain avec l’aide d’opposants politiques locaux : “L’administration Trump a organisé, au cours de cette année, des réunions secrètes avec d’anciens officiers militaires rebelles du Venezuela. Ils auraient envisagé des stratégies pour renverser le président Nicolás Maduro, selon des responsables américains et un ancien commandant militaire vénézuélien qui ont participé aux pourparlers.”

La source du journal a revendiqué l’anonymat, par peur de représailles dans son pays. Cependant, elle serait inscrite “dans la propre liste du gouvernement américain de responsables corrompus au Venezuela”. Lui et d’autres membres de l’appareil de sécurité vénézuélien “sont accusés […] d’une série de crimes graves”, ce qui aurait dissuadé Washington. L’éventualité d’une ingérence américaine au Venezuela s’est dissipée après “une récente répression qui a conduit à l’arrestation de douzaines de complices”.

Même si les plans ont échoué, la tentative américaine pourrait avoir d’importantes répercussions en Amérique latine, analyse The New York Times : “La volonté de rencontrer à plusieurs reprises des officiers comploteurs désireux de renverser un président de l’hémisphère Sud pourrait avoir des conséquences politiques contre-productives.”

 

Pourquoi les États-Unis sont-ils la principale menace qui empêche l’Amérique latine et la Caraïbe d’être une Zone de paix ?

Photo: Internet

Plus de 76 bases militaires en Amérique latine, le soutien aux coups d’État militaires et judiciaires contre des présidents ; la tentative d’assassinat contre Nicolas Maduro ; les sanctions et les blocus économiques ; l’utilisation d’organisations telles que l’Organisation des États américains (OEA), qui a perdu tout crédit, contre des gouvernements progressistes et l’application de méthodes subversives basées sur la consommation culturelle à travers les médias de masse comme Internet et le soutien à des personnalités ultraconservatrices de droite dans leur ascension vers des fonctions politiques de haut niveau, sont quelques-unes des stratégies et des actions mises en œuvre par les États-Unis en Amérique du Sud et dans la Caraïbe dans leurs efforts pour anéantir les victoires remportées par les gouvernements progressistes au cours des dernières décennies.

En janvier 2014, le 2e sommet de la Communauté des États d’Amérique latine et de la Caraïbe (Celac) a proclamé la région comme Zone de paix, mais les différentes administrations étasuniennes se sont montrées déterminées à démanteler ce consensus, notamment au cours de cette année.

Au moins trois émissaires de la puissance nord-américaine ont parcouru la région, porteurs de messages contraires aux principes de non-ingérence, de règlement pacifique des différends visant à bannir l’usage et la menace de l’usage de la force sur ce continent, la promotion d’une culture de paix et l’obligation de ne pas intervenir, directement ou indirectement, dans les affaires intérieures de tout autre État. Des principes contenus dans les documents signés par les membres de la Celac.

En février, alors qu’il était Secrétaire d’État, Rex Tillerson, avant d’amorcer sa tournée dans la région, avait annoncé que 2018 serait «  l’année des Amériques », et il a indiqué clairement que son pays chercherait à encourager la division et la soumission entre les gouvernements latino-américains.

En juin, le vice-président des États-Unis, Mike Pence, a également réalisé une tournée avec l’intention évidente de créer des alliances pour sanctionner le Venezuela. « L’objectif est de renforcer la sécurité régionale avec nos alliés du continent [….] menacés par […] le gouvernement du Venezuela », a déclaré sa porte-parole, Alyssa Farah.

La première étape de la tournée de Pence avait pour objectif de renforcer les liens avec le président putschiste du Brésil Michel Temer et de s’assurer que l’ancien président Luiz Inacio Lula da Silva soit maintenu en prison. Puis, en Équateur, il annonça également un don de 1,5 million de dollars pour lutter « contre la corruption et renforcer la société civile », un symbole d’un nouveau chapitre dans les relations bilatérales avec Lenin Moreno, le président de ce pays.

Aujourd’hui, c’est le Secrétaire à la Défense des États-Unis, James Mattis, qui se rapproche du Brésil, de l’Argentine, du Chili et de la Colombie. Des visites qui, compte tenu des principes de la stratégie de défense nationale des États-Unis, amènent les analystes à penser que la région de la Caraïbe est en train de devenir une zone de conflits futurs.

LES FAITS VALIDENT LA THÈSE

– Le président bolivien, Evo Morales, vient de dénoncer une « invasion déguisée » contre l’Amérique latine à travers l’envoi, par les Etats-Unis, d’un navire capable de transporter des hélicoptères de guerre. Le prétexte : la nécessité de fournir une aide humanitaire aux Vénézuéliens vivant en Colombie.

– Les capacités du Commandement Sud sont renforcées, à travers son réseau de bases militaires, y compris la 4e Flotte.

– Sur le plan culturel : le grand capital utilise d’importants médias, des églises et des entreprises technologiques, afin de démobiliser politiquement les jeunes et de promouvoir l’idée de non-viabilité du socialisme ou de l’application de politiques de justice sociale par l’État.

– Le retour à la Doctrine Monroe. La stratégie de Sécurité nationale de 2017, la Stratégie de Défense nationale et les déclarations des hauts fonctionnaires du gouvernement Trump le confirment.

– Les États-Unis continuent de promouvoir des initiatives non gouvernementales, l’articulation de campagnes médiatiques anti-systémiques et la coopération entre les pouvoirs judiciaires et les organismes contrôlés par Washington afin de lancer une guerre sélective et brutale contre la gauche dans la région.

– On assiste à la promotion d’entrepreneurs en tant qu’acteurs politiques et à la mise à jour des programmes et des formes de lutte de nombreux partis, sur la base de principes de politique néolibérale.

Ces stratégies s’inscrivent dans le cadre des programmes de « changement de régime », qui font des millions de victimes dans plusieurs parties du monde et encouragent la violence, la guerre, les crises humanitaires et l’instabilité, quel qu’en soit le prix.

Rien de plus éloigné des principes de la Proclamation de l’Amérique latine et de la Caraïbe en tant que Zone de paix, que le gouvernement des États-Unis s’obstine à ignorer, à mépriser et à bafouer, car ses intérêts hégémoniques n’ont rien à voir avec le respect, la compréhension, la coopération et la coexistence pacifique entre nos peuples.

 

Abel Prieto : Les forces de la gauche doivent inclure dans leur agenda la formation de l’individu

http://mouvementcommuniste.over-blog.com/2018/07/abel-prieto-les-forces-de-la-gauche-doivent-inclure-dans-leur-agenda-la-formation-de-l-individu.html

mouvementcommuniste.over-blog.com/…/abel-prieto-les-forces-de-la-gauche-doivent-inclure-dans-leur-agenda-la-formation-de-l-individu

La Havane, 17 juillet, (RHC).- Abel Prieto, ministre cubain de la Culture, a déclaré à Radio Havane Cuba que les forces de la gauche doivent se fixer pour but la formation d’un individu cultivé à même de tenir tête à la campagne des grands médias pour l’annulation de la capacité de penser.

Dans ses déclarations exclusives à notre station, Abel Prieto s’est tout d’abord référé à l’importance de la 24e édition du Forum de Sao Paulo à laquelle il participe.

«C’est un effort indispensable pour unir les forces de la gauche. Hier, plusieurs camarades disaient que nous avons bon nombre de fronts de résistance, bon nombre de front qui produisent une pensée anti-capitaliste, anti-impérialiste, anti-coloniale mais qu’ils sont désarticulés. C’est le drame. Nous sommes divisés. Nous n’avons pas une orientation commune. Nous n’avons pas encore atteint ce qu’il nous faut. Qu’est ce que Fidel nous a appris à nous, les Cubains, aux Latino-américains, à tous les gens du monde? Il nous a appris que sans unité il est très difficile de se défendre face à des ennemis tout puissants. On se rend compte que la droite s’unit et agit sans aucune pudeur, elle agit brutalement en passant dessus tous les principes.

Fidel a dit de ne jamais violer les principes éthiques, de nous unir sans jamais faire de concessions de principes, de mettre de côté les différences collatérales, parfois c’est quelque chose de banal, des questions de caractère personnel, des vestiges de sectarisme. Si nous voulons réellement remporter cette bataille, à un moment de danger où il y a des forces néo-fascistes très puissantes, nous devons suivre les idées de notre Commandant.»

Abel Prieto a insisté sur la contribution de la culture à cette bataille contre l’impérialisme.

«En parlant de culture dans son sens le plus large, on se rend compte que la grande victoire des oligarchies et de la réaction internationale a eu lieu dans les terrains de la culture et de la communication. Pas seulement pour espionner les gens, pas seulement pour manipuler un électorat comme nous l’avons vu à maintes reprises, pas seulement dans le domaine de la publicité commerciale. Aujourd’hui il y a tout un appareillage terrible qui désarme, comme le disait Fidel, la pensée humaine. C’est pourquoi l’idée de former ce citoyen libre et cultivé dont rêvait Marti et que Fidel reprenait tant de fois est vitale. Les forces de la gauche doivent inscrire ce point dans leur agenda comme une priorité.»

Edité par Francisco Rodríguez Aranega
source: http://www.radiohc.cu/fr/noticias/nacionales/167063-abel-prieto–les-forces-de-la-gauche-doivent-inclure-dans-leur-agenda-la-formation-de-l’individu

Tag(s) : #cuba#Forum de Sao Paulo
 
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Publié par le juillet 19, 2018 dans actualités, Amérique, POLITIQUE

 

Haïti – Cuba : Vers l’Alphabétisation de 300,000 haïtiens supplémentaires

Il faut avoir vécu à Cuba pour connaitre les liens d’amitié, de fraternité qui unissent Haïtiens et Cubains (note de danielle Bleitrach)

Suite à une réunion de travail des Ministres de l’Éducation Pierre Josué Agénor Cadet (Haïti) et Mme Ena Elsa Velazquez (Cuba) lors du XIe Congrès annuel sur l’enseignement supérieur qui s’est tenu à la Havane en février 2018, autour du suivi entre autres des projets dans le domaine de l’alphabétisation, la coopération cubaine en Haïti, se prépare à l’alphabétisation de 300,000 haïtiens supplémentaires.

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Rappelons que Cuba maintient depuis 1999, une brigade d’enseignants en Haïti, qui a contribué jusqu’à présent à l’alphabétisation (lire et écrire) de plus de 400,000 haïtiens avec la méthode « Yo Sí Puedo » (Oui je peux le faire), méthode qui a reçu le Prix UNESCO d’alphabétisation King Sejong en 2006. Créé par l’éminent professeur cubain Leonela Relys pour l’alphabétisation des adultes à la demande du défunt leader de la Révolution cubaine, Fidel Castro, entre 2002 et 2016, la méthode a permis d’alphabétiser avec succès plus de 10 millions de personnes dans le monde entre autres au Venezuela, au Mexique, en Équateur, en Bolivie, au Guatemala, au Nicaragua, en Colombie et en Haïti a souligné Francisco Cirilo, Coordonnateur de la brigade d’alphabétisation cubaine en Haïti qui confirme « les collaborateurs cubains se préparent déjà pour l’année prochaine avec l’objectif d’alphabétiser 300,000 haïtiens en trois étapes de quatre mois chacune. »

Selon les données officielles, on estime que le taux d’analphabétisme en Haïti dépasse 50% de la population soit environ 3 millions d’haïtien, l’un des taux les plus élevés d’Amérique latine.

 

Ce que la politique de domination énergétique de Trump signifie pour le monde, par Alastair Crooke

par Les-crises.fr DT

Source : Strategic Culture, Alastair Crooke, 05-06-2018

Il y a deux semaines, nous avons écrit sur la façon dont la politique étrangère du président Trump s’était en quelque sorte « repliée sur elle-même » dans un « néo-américanisme ». Nous avons cité Russell-Mead, professeur de politique étrangère américaine, qui suggérait que la métamorphose du 8 mai de Trump (la sortie de la Joint Comprehensive Plan of Action, JCPOA [l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien, NdT]), représentait quelque chose de nouveau, un changement de direction (lui qui était un habile négociateur), vers « une ère néo-américaine de la politique mondiale – plutôt qu’une ère post-américaine [Obama-iste] ». « L’administration veut accroître le pouvoir des États-Unis, plutôt que de s’adapter à son déclin (comme l’aurait fait Obama). Pour l’instant, au moins, le Moyen-Orient est la pièce maîtresse de cette nouvelle affirmation », estime Russell-Mead, expliquant que cette nouvelle impulsion de Trump provient de ses instincts qui lui disent que la plupart des Américains sont tout sauf désireux d’un monde « post-américain ». Les partisans de M. Trump ne veulent pas de longues guerres, mais ils ne se résignent pas non plus au déclin national ».

Il y a là quelque chose de paradoxal : Trump et sa base déplorent le coût et l’engagement de l’immense parapluie défensif américain, disséminé à travers le monde par les internationalistes (sentiments aggravés par l’ingratitude supposée de ses bénéficiaires) – mais le Président veut « élargir le pouvoir américain, plutôt que de s’ajuster au déclin ». C’est-à-dire qu’il veut plus de pouvoir, mais moins d’empire. Comment pourrait-il résoudre la quadrature du cercle ?

En fait, un indice est apparu presque un an plus tôt, lorsque le 29 juin 2017, le Président a utilisé un mot tout à fait inattendu dans un discours lors d’un événement du Département de l’énergie : Libérer l’énergie américaine. Au lieu de parler de l’indépendance énergétique américaine, comme on pouvait s’y attendre, il a plutôt annoncé une nouvelle ère de « domination » de l’énergie américaine.

Dans un discours « qui cherchait à souligner une rupture avec les politiques de Barack Obama », note le Financial Times, M. Trump a lié l’énergie à son programme America First… Il a déclaré « La vérité est que nous avons maintenant des réserves d’énergie presque illimitées dans notre pays. Nous sommes vraiment aux commandes, et vous savez quoi ? Nous ne voulons pas que d’autres pays nous privent de notre souveraineté et nous disent quoi faire et comment le faire. Ça n’arrivera pas. Avec ces ressources incroyables, mon administration visera non seulement la tant attendue indépendance énergétique américaine, mais aussi la domination énergétique américaine ».

Il semble, comme l’explique Chris Cook, que Gary Cohn, qui était alors conseiller économique en chef du Président, ait joué un rôle dans la genèse de cette ambition. Cohn (alors chez Goldman Sachs), avec un collègue de Morgan Stanley, a conçu en 2000 un plan pour prendre le contrôle du marché mondial du pétrole par le biais d’une plateforme de négociation électronique basée à New York. En résumé, les grandes banques ont attiré d’énormes sommes « d’argent géré » des opérateurs financiers (des fonds spéculatifs, par exemple), vers le marché, pour parier sur les prix futurs (sans qu’elles ne prennent jamais réellement livraison de pétrole brut : le commerce du « pétrole papier », plutôt que du pétrole physique). Et, en même temps, ces banques travaillaient en collusion avec les principaux producteurs de pétrole (y compris, plus tard, l’Arabie Saoudite) pour préacheter du pétrole physique de telle manière que, en conservant, ou en déversant du brut physique sur le marché, les grandes banques de New York ont pu « influencer » les prix (en créant une pénurie ou une surabondance).

Pour donner une idée de la capacité de ces banquiers à « influer » sur les prix, mi-2008, on estimait que quelque 260 milliards de dollars d’investissements (spéculatifs) d’argent « géré » étaient en jeu sur les marchés de l’énergie, éclipsant complètement la valeur du pétrole qui est effectivement extrait en mer du Nord chaque mois, entre 4 et 5 milliards de dollars au plus. Ces jeux d’options pétrolières « papier » l’emporteraient donc souvent sur les « fondamentaux » de l’offre réelle et de la demande réelle de l’utilisateur final.

Pour Cohn, la « première étape » consistait donc, pour les États-Unis, à gérer le marché du négoce, à la fois en termes de prix et d’accès, les concurrents des américains, tels que l’Iran ou la Russie, pouvant accéder au marché à des conditions moins avantageuses, voire pas du tout. La « deuxième étape » présumée a été de soutenir la production américaine de pétrole de schiste, de construire de nouveaux terminaux américains d’exportation de GPL [Gaz de Pétrole Liquéfié, NdT] et de développer la prospection pétrolière et gazière américaine, tout en forçant le reste du monde, de l’Allemagne à la Corée du Sud et à la Chine, à acheter des exportations américaines de gaz. « Troisièmement », avec les exportations de pétrole du Golfe déjà sous l’égide des États-Unis, il y avait alors deux grands producteurs d’énergie du Moyen-Orient hors de la zone « d’influence » du cartel (tombant davantage dans le « cœur » stratégique de production d’énergie de la Russie) : L’Iran – qui est maintenant visé par une opération de changement de régime et dont les exportations de pétrole font l’objet d’un blocus, et l’Irak, qui fait l’objet d’intenses pressions politiques (douces, comme la menace de sanctions en vertu de la loi Countering America’s Adversaries Through Sanctions Act) pour forcer son adhésion à la sphère occidentale.

Comment reformuler simplement, cette notion de domination énergétique ? Les États-Unis – si la domination de l’énergie réussissait – contrôleraient simplement le robinet du développement économique – ou son absence – pour ses concurrents que sont la Chine et l’Asie. De cette manière, les États-Unis auraient également le pouvoir de réduire les revenus de la Russie. En bref, les États-Unis pourraient étrangler les plans de développement économique de la Chine et de la Russie. Est-ce la raison pour laquelle le JCPOA a été révoqué par le Président Trump ?

Voici donc la quadrature du cercle (plus de puissance américaine, mais moins d’empire) : Les objectifs américains de Trump pour « dominer », non pas par le biais de l’infrastructure permanente des mondialistes du parapluie de défense américain, mais en utilisant intelligemment le dollar américain et le monopole de la compensation financière, en protégeant et en contrôlant étroitement la technologie américaine et en dominant le marché de l’énergie, qui, à son tour, constitue pour les concurrents des USA un interrupteur marche/arrêt de la croissance économique. De cette façon, Trump pourra ‘ramener les soldats à la maison’, sans pour autant que l’Amérique perde sa position hégémonique. Le conflit militaire deviendrait un dernier recours.

Le conseiller principal Peter Navarro a déclaré sur NPR [la radio publique aux USA, NdT] cette semaine : « nous sommes en mesure de les empêcher [les Chinois] de mettre nos entreprises de haute technologie en faillite » et « d’acheter nos joyaux technologiques… Chaque fois que nous produisons une innovation, la Chine vient l’acheter ou la voler ».

Le plan de Trump serait-il le suivant : La domination du marché et la guerre commerciale pour prolonger la « suprématie » de l’Amérique en matière de technologie, de finance et d’énergie, au lieu d’être réduits à s’adapter au déclin ? Et, en agissant de la sorte, réduire – ou du moins retarder – l’émergence de rivaux ? Dans ce contexte, deux questions se profilent immédiatement : Cette formule est-elle l’adoption, par l’administration américaine, du néo-conservatisme tant haï par la base électorale de Trump ? Et, deuxièmement, l’approche peut-elle fonctionner ?

Il ne s’agit peut-être pas de néo-conservatisme, mais plutôt de retravailler un thème. Les néo-conservateurs américains voulaient, en majorité, porter des coups aux parties du monde qu’ils n’aimaient pas, pour y substituer quelque chose qui leur convenait. La méthode Trump est plus machiavélique.

Les racines de ces deux courants de pensée résident cependant – plus qu’en partie – dans l’influence de Carl Schmitt sur la pensée conservatrice américaine par l’intermédiaire de son ami Leo Strauss, à Chicago (que Trump ait, ou non, lu ces deux hommes, les idées circulent toujours dans la sphère américaine). Schmitt a soutenu que la politique (contrairement aux idées libérales et humanistes) n’a rien à voir avec la justice ou l’équité dans le monde – qui sont du ressort des moralistes et des théologiens. La politique, pour Schmitt, est une question de pouvoir et de survie politique, rien de plus.

Les progressistes (et les internationalistes), a suggéré Schmitt, ont du mal à utiliser le pouvoir pour écraser les forces alternatives qui émergent : leur vision optimiste de la nature humaine les amène à croire en la possibilité de médiations et de compromis. L’optique de Schmitt, se moquant bien de telles positions humanistes, privilégie le rôle du pouvoir, pur et simple, basé sur la compréhension de la nature véritable des « autres » et des rivaux. Ce point semble toucher aux fondamentaux du raisonnement de Trump : Obama et les « progressistes » étaient prêts à sacrifier les « joyaux de la couronne » de « notre culture » (expertise financière, technologique et énergétique) dans le cadre d’une « action positive » multilatérale qui aurait aidé les États moins développés (comme le rival Chinois, tout en en haut de l’échelle). C’est peut-être la raison pour laquelle Trump s’est retiré de l’accord sur le climat : Pourquoi aider des rivaux potentiels, tout en imposant des handicaps volontaires à sa propre civilisation ?

C’est sur cette base très étroite (l’impératif de garder le pouvoir américain intact), que les néo-conservateurs et les partisans de Trump se retrouvent. Ils partagent aussi le mépris pour les humanistes utopiques prêts à brader les joyaux de la civilisation occidentale pour d’autres idéaux humanistes afin d’aider les rivaux de l’Amérique à se développer et à dépasser l’Amérique et sa civilisation (dans cette optique).

Le terrain d’entente entre les deux courants s’exprime avec une candeur remarquable à travers le commentaire de Berlusconi selon lequel « nous devons être conscients de la supériorité de notre civilisation [occidentale] ». Steve Bannon dit à peu près la même chose, bien qu’exprimée en termes de bien-fondé de la sauvegarde d’une civilisation judéo-chrétienne occidentale (qui serait menacée).

Ce sens de l’avantage civilisationnel, qui doit à tout prix être recouvré et préservé, contribue peut-être en partie (mais pas entièrement) à expliquer le soutien inconditionnel que Trump apporte à Israël : S’adressant à Channel Two d’Israël, Richard Spencer, un des principaux dirigeants de l’Alt-Right américaine (qui est une des composantes de la base électorale de Trump), a souligné le sentiment profond de spoliation ressenti par les Blancs, dans leur propre pays [les États-Unis] :

« … un citoyen israélien, quelqu’un qui comprend votre identité, qui a le sentiment de l’appartenance à une nation et à un peuple, qui est marqué par l’histoire et l’expérience du peuple juif, vous devriez le respecter comme moi, qui ai des sentiments analogues à l’égard des Blancs. Vous pourriez dire que je suis un sioniste blanc – dans le sens où je me soucie de mon peuple, où je veux une patrie sûre pour nous et pour nos proches. Tout comme vous voulez une patrie sûre en Israël. »

En fait, la tentative de tirer parti de la culture des élites américaines, en leur fournissant les armes que sont le dollar et l’hégémonie énergétique supposée avec son emprise sur les transferts de technologie, peut-elle réussir à s’accrocher à la « culture » américaine (dans la conception réductionniste de la base de Trump) ? C’est la question à soixante-quatre mille dollars [Sorte de jeu des mille francs américain NdT], comme on dit. Cela pourrait aussi provoquer une réaction inverse, tout aussi puissante ; et beaucoup de choses peuvent se produire au niveau national aux États-Unis, d’ici aux élections de mi-mandat de novembre, qui pourront soit confirmer le président au pouvoir – soit le déstabiliser. Il serait risqué de tenter des analyses au-delà de cet échéance.

Mais il y a un point plus important. Tandis que Trump est obnubilé par la civilisation et l’hégémonie américaines, les dirigeants non-occidentaux d’aujourd’hui pensent de manière tout aussi passionnée qu’il est temps pour « le siècle américain » de céder le pas. Tout comme, après la Seconde Guerre mondiale, les anciens États coloniaux voulaient l’indépendance. Désormais, ces dirigeants veulent mettre fin au monopole du dollar, ils veulent se retirer de l’ordre mondial dirigé par les États-Unis avec leurs institutions dites « internationales » ; ils veulent « exister » à leur manière, avec leur culture propre – et ils veulent retrouver leur souveraineté. Il ne s’agit pas seulement d’un nationalisme culturel et économique, mais d’un point d’inflexion significatif – loin de l’économie néolibérale, de l’individualisme et du mercantilisme brut – vers une expérience humaine plus épanouie.

Le raz-de-marée, après la Seconde Guerre mondiale, était certainement irréversible. Je me souviens même que les anciennes puissances coloniales européennes ont par la suite déploré leur retrait forcé : « Ils vont [les anciennes colonies] le regretter », ont-elles prédit avec assurance. (En fait non, ils ne l’ont jamais fait.) La marée monte en force aujourd’hui et s’est même étendue à l’Europe, où, qui sait, les Européens auront peut-être le courage de repousser les manœuvres financières et commerciales de Trump : il s’agira là d’un test déterminant pour la suite des événements.

Mais ce qui est différent aujourd’hui (par rapport à l’époque), c’est que l’hégémonie monétaire, l’avance technologique et la « domination » énergétique ne sont pas du tout garanties pour les occidentaux. Elles ne leur appartiennent plus. Elles ont commencé à migrer, il y a quelque temps.

Source : Strategic Culture, Alastair Crooke, 05-06-2018

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.