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Une histoire orale navajo féministe ? La séparation des sexes

En Marges !

L’INTIME EST POLITIQUE – REVUE DE SCIENCES HUMAINES ET D’ARTS

Enceinte à 37 ans, j’ai décidé de profiter du calme tout relatif offert par le congé maternité pour mener à bien un projet éditorial qui me tenait à cœur : écrire un ouvrage qui familiariserait les petits lecteurs avec la spiritualité navajo. Comment susciter l’intérêt chez les plus jeunes pour une culture souvent réduite aux clichés associés aux Indiens des Plaines mis en scène dans les westerns et films d’animation nord-américains (qu’on songe ainsi à la séquence chantée What makes the Red Man Red ? du Peter Pan sorti en salles en 1953) ? En Europe, ces représentations stéréotypées ont perduré grâce au succès des personnages de bandes-dessinées tels que Oumpah Pah créée par René Goscinny et Albert Uderzo, Yakari (André Jobin, Claude de Ribaupierre) ou plus près de nous, Bison Dodu, de la série Les Papooses publiée de 2004 à 2015 chez Casterman.

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Tiger Lily, le Chef Indien et Peter Pan dans le film de 1953. (©Walt Disney Pictures)

Déconstruire des féminités et masculinités nord-amérindiennes fantasmées

Dans ces albums illustrés, les personnages amérindiens portent des peaux de bêtes et habitent dans des tipis. Les femmes sont appelées squaw ; les hommes, belliqueux, chassent le bison. Aucune précision géographique ou temporelle ne permet de contextualiser le récit : les héros sont issus de tribus fictionnelles. Sabine N. Meyer fait remarquer qu’en dépit de la présence dans plusieurs albums de chevaux (introduits par les explorateurs espagnols au seizième siècle), Yakari et ses amis ne rencontrent aucun individu d’extraction européenne1. Les occupations des uns et des autres illustrent une division sexiste du travail. Les hommes participent aux conseils de guerre tandis que les femmes sont chargées des préparatifs alimentaires ou domestiques. D’après Carolyn Reyer, « la littérature populaire et les films ont grandement déformé le rôle des femmes en les représentant comme des esclaves et des bêtes de somme (…) La femme Lakota possédait son propre nom, choisi en accord avec sa personnalité et ses habiletés, elle ne prenait jamais le nom de son père ou de son époux. »2De nombreuses sociétés autochtones nord-américaines sont caractérisées par une organisation matrilinéaire (Hopis, Navajos). Les membres de ces tribus considèrent le mot squaw raciste et sexiste. Son usage aujourd’hui exemplifie l’objectivation et l’érotisation du corps féminin autochtone par les descendants des colons « blancs » ; à travers la vente et le port des tenues Pocahotties durant Halloween, ils continuent d’abâtardir l’héritage culturel nord-amérindien.

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Yakari and the White Buffalo, Longman, 1979, page 5.

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Le 21 septembre 2018, Dallas Hunt, membre de la Swan River First Nation, twittait contre la vente de ce costume.

De 1992 à 2008, une longue bataille législative fait rage en Arizona afin de modifier le nom d’une colline jusqu’alors appelée Squaw Peak. En 2003, peu après son élection comme gouverneur de l’Arizona, Janet Napolitano propose qu’on rebaptise le mont en l’honneur de Lori Piestewa, soldat de la tribu Hopi morte au combat en Irak. L’U.S. Board on Geographic Names ne valide officiellement cette nouvelle désignation qu’en 20083. Pourtant, dès 1858, John Beeson, dénonçait l’usage discriminatoire de ce terme : « La majorité des colons installés dans l’état de l’Oregon étaient originaires du Missouri. Parmi eux, il était coutumier de désigner l’homme amérindien du sobriquet mâle et la femme par le vocable squaw (femelle) si bien qu’à force d’utiliser ces termes, on déshumanisa ces personnes. »4  Le recours au terme squaw est également attribué à des héros mâles amérindiens, une autre façon de contribuer au façonnage de masculinités indigènes stéréotypées. Dans le film Phoenix, Arizona, adaptation cinématographique d’une nouvelle de Sherman Alexie, le personnage Thomas-Builds-the Fire fait remarquer à son ami Victor, un jeune qui arbore toujours une attitude farouche, qu’un grand nombre de Premières Nations, étaient composées de pêcheurs ou d’agriculteurs sédentaires, nullement belliqueux5.

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Au premier plan, Thomas (Evan Adams), Phoenix, Arizona, 1999.

L’image du guerrier indien a été façonnée par plusieurs dispositifs littéraires, cinématographiques ou photographiques tels que Le dernier des Mohicans de James Fenimore Cooper (1826) ou la série de portraits de chefs-indiens d’Edward Curtis (le premier volume de The North American Indiandate de 1907). Avec la fin des guerres indiennes, la multiplication des lignes de chemin de fer transcontinentales émiette encore un peu plus le vaste territoire autrefois occupé par les tribus. Le massacre des Lakotas à Wounded Knee (1890) ou la déportation des familles navajo (« Longue Marche ») entre 1864 et 1866 illustrent la volonté de régler le « problème » indien par une extermination pure et simple. Décimés par les maladies contagieuses transmises par l’homme blanc, parqués dans des réserves éloignées de leurs terres ancestrales, séparés de leurs clans pour être envoyés dans des pensionnats dirigés par des missionnaires, les survivants semblent n’avoir d’autre choix que d’adopter le mode de vie anglo ou disparaître à jamais. C’est donc à travers les écrits savants et intimes des militaires, soldats, médecins, et marchands colonisateurs que nous percevons l’organisation sociale et spirituelle des tribus amérindiennes, une vision tributaire de l’ethnocentrisme plus ou moins marqué des auteurs. Si les tribus se sont acculturées au contact de « l’homme blanc », elles sont aussi parvenues à transmettre de génération en génération leur langue et histoires sacrées. Pourquoi ne pas alors étudier la place de la femme indienne d’après un récit ancestral ?

Un récit des origines où la femme n’est pas née d’une côte masculine.

Dans l’élaboration de Contes Navajo du Grand-Père Benally, il m’a semblé essentiel d’inclure le récit de la Séparation des Sexes, enseigné dans les écoles navajos. J’ai choisi de le faire raconter à ses deux petits-enfants par l’oncle maternel, le fictionnel Grand-Père Benally. L’intrigue de Contes Navajo du Grand-Père Benally respecte ainsi les règles d’énonciation des épisodes fondateurs navajo. Certaines mésaventures d’êtres sacrés (Yei) ne peuvent être évoquées qu’en hiver, d’autres en été. Dans le cas de la séparation des sexes, on ne peut en parler qu’en hiver comme pour les autres récits qui se réfèrent à la vie des Yei dans les mondes inférieurs avant l’émergence du Diné(peuple Navajo) dans le monde scintillant, à l’emplacement de Dinetah, territoire qu’ils occupent aujourd’hui. A la différence de la spiritualité décontextualisée des Yakari, les histoires sacrées transmises par le grand-père maternel à ses petits-enfants, élevés à l’extérieur de la réserve, s’incarnent dans des lieux constitutifs de l’identité culturelle navajo. Lorsqu’il décrit la rencontre entre les Jumeaux Tueurs de Monstre et Femme Araignée, il se trouve près de Spider Rock, promontoire rocheux de près de 229 m situé dans le Canyon de Chelly en Arizona. L’évocation de la séparation des sexes répond aussi aux questionnements identitaires de la petite fille, humiliée par le commentaire d’un garçon navajo qui lui a dit de retourner à l’intérieur du hogan6, aider les autres femmes en cuisine.

La séparation des sexes fait partie d’un groupe d’histoires qui fonde la spiritualité navajo. Première différence avec le récit biblique, les animaux ne sont pas soumis au couple originel dans le but d’assurer leur survie. Deuxième différence, la femme n’a pas été créée à partir d’une partie anatomique masculine ; au contraire, Femme-Changeante façonne les premiers clans Navajos en mélangeant sa peau aux quatre éléments. Troisième différence, l’identité de genre n’a pas à correspondre au sexe biologique7. Le corps humain navajo, indépendamment du sexe de l’individu, possède en lui deux forces : mâle, répartie à gauche, et femelle, répartie à droite. Quatrième différence : les relations sexuelles entre homme et femme, si elles assurent la perpétuation de l’espèce, ont aussi pour vocation de procurer du plaisir. Femme Changeante créa donc « un pénis avec de la turquoise (…) Elle créa ensuite un clitoris en corail qu’elle plaça à l’intérieur du vagin. »8 La dispute qui prélude à l’épisode la séparation des sexes se déroule lorsque Premier Homme retourne de chasse, les bras chargés d’un daim. Première Femme adresse un éloge à son vagin. Premier Homme ne comprend pas : « N’ai-je pas tué le daim dont tu t’es repue ? (…) Est-ce bien ton vagin le grand chasseur qui doit être remercié et pas moi ? » Première Femme ne se laisse pas démonter : « C’est bien joosh le vagin qui chasse. S’il n’existait pas, tu n’aurais pas tué ce daim (…) En vérité, joosh le vagin fait tout le travail dans le village. »9. D’après la notion de transaction économico-sexuelle développée par Paola Tabet, la femme reçoit un bien matériel (le daim) en échange de relations sexuelles. L’acceptation du don implique le consentement de la relation sexuelle10. Pourtant, Première Femme ne l’entend pas ainsi : « Nous pourrions vivre seules (…) Nous, femmes, récoltons ce que nous avons semé. Nous, femmes, vivons de ce que la terre, en retour, nous offre. Nous, femmes, vivons des graines que nous récoltons. »11 L’homme a beau être le chasseur, la femme vit de la Nature, sans jamais l’assujettir. Les velléités d’indépendance de sa compagne insupportent Premier Homme qui propose au reste de la gent masculine de s’installer de l’autre côté de la rivière. La séparation dure quatre années. Les différentes versions orales recensées insistent sur les provocations des femmes qui prennent des poses lascives.12 D’autres les décrivent se masturbant, utilisant cactées, pierres lisses ou muscles de gibiers. Les hommes s’adonnent aussi à l’onanisme au mépris des enseignements des êtres sacrés, à savoir ne jamais réduire l’autre à un moyen de parvenir à ses fins : « Quand ils tuaient une antilope, ils (…) en prélevaient le foie qu’ils perçaient afin d’y introduire leur pénis. »13Les deux groupes se réunissent finalement car la perpétuation de l’espèce est menacée. Si l’ordre semble restauré par cette réconciliation, ce récit des origines est loin de proposer une vision dichotomique de la dispute initiale. L’hybris de Première Femme a suscité le courroux de Premier Homme mais la domination arbitraire qu’elle subissait est condamnée. De même, l’épisode souligne que les femmes sont incapables de s’assumer seules, après l’amenuisement des récoltes, car on leur a toujours interdit de chasser. Par ailleurs, la survie des hommes est assurée par la présence de deux nadleeh, des hommes « efféminés », les seuls à savoir moudre le maïs et cuisiner.

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La séparation des sexes, Juliette Iturralde, parue dans Contes Navajo du grand-père Benally, Goater, 2016.

Choix pédagogiques et éditoriaux.

Pour rendre le récit accessible aux plus jeunes, toute référence à l’onanisme a été supprimée. Les termes anatomiques « vagin » et « pénis » ont été remplacés par l’expression plus neutre « mon corps. » La mention du nadleeh a, elle, été conservée. Néanmoins, mon éditeur, qui a développé un catalogue militant, s’inquiétait de l’interprétation qu’on pourrait donner à la fin du récit, la réunion conjugale semblant être prônée. Nous avons donc décidé d’incorporer, dans l’encadré situé après chaque chapitre afin d’expliciter des notions culturelles, un portrait succinct de quatre personnalités féminines navajo (Lilakai Neil, Annie Wauneka, Lori Arviso Alvord, et Lynda Lovejoy) qui ont montré que les femmes de la tribu n’ont pas à être reléguées dans la sphère domestique. Maureen Trudelle Schwarz a enquêté auprès des femmes de la réserve pour déterminer pourquoi elles ne sont pas davantage présentes dans les domaines sacramentel et politique. Les témoignages recueillis insistent sur la nécessité de se réapproprier « la séparation des sexes. » Ainsi, une certaine EM s’insurge contre l’instrumentalisation patriarcale du récit : « Depuis lors (…) l’homme s’est arrogé le droit de nous dire ‘Vous les femmes, on ne peut pas vous faire confiance. A cause de ce qui s’est passé, vous ne pouvez pas officier comme homme médecine ou chef.’ Mais ce n’est pas vrai ! Les torts étaient partagés des deux côtés. »14 En 2010, on compte 9 élues au Conseil Tribal mais en 2011, le président Joe Shirley décide de réduire drastiquement le nombre de sièges, passant de 88 à 24, et en 2012, il ne reste plus qu’une femme au milieu d’une assemblée majoritairement masculine. Lors de l’élection à la présidence de la Nation Navajo en 2010, Lynda Lovejoy remporte la primaire. Ses opposants établissent une corrélation entre des inondations meurtrières et sa candidature15. Le 2 novembre 2010, l’association des médecine men se fend d’un communiqué qui met en garde la population contre les fléaux qui pourraient s’abattre sur la Nation Navajo si Lovejoy remportait l’élection. Ils s’appuient sur les visions d’Esther Bahe, diagnostiqueuse par lecture de cristal, qui affirme avoir reçu un mauvais présage lors d’une consultation16. Le rôle joué par l’épisode de la séparation des sexes dans l’élection présidentielle navajo de 2010 montre l’importance que relèvent encore les récits sacrés dans les affaires publiques navajo. Mais, la défaite – somme toute relative – de Lynda Lovejoy face à Ben Shelly prouve qu’hommes et femmes de la tribu sont de plus en plus enclins à s’émanciper de l’héritage culpabilisant associé à Première Femme. Désireuses de respecter une prétendue « tradition » ou au contraire de s’émanciper des rôles de subalternes qui leur ont été assignés en dépit de l’organisation matrilinéaire de leur société, les femmes navajo occupent de plus en plus le devant de la scène religieuse, politique, médiatique et culturelle… et tout cela, sans avoir besoin de porter de robes en peaux de daim.

Nausica Zaballos est professeur d’anglais dans le secondaire. Elle a soutenu une thèse sur les Indiens Navajo en 2007 à l’université Paris IV Sorbonne.

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Directeur de l’institut Ron Paul: « Guaidó vaut désormais plus mort que vivant pour la CIA et pour son propre camp de  l’opposition »

Publié: 2 mai 2019 12:29 GMT

L’opposition vénézuélienne est pour le moment incarnée par « une espèce de personnage dérisoire », car « il appelle à des manifestations de masse et personne ne se présente », a déclaré Daniel McAdams, directeur exécutif de l’Institut Ron Paul.

Directeur de l'Institut Ron Paul: "Guaidó vaut désormais plus de morts que de vivants pour la CIA et pour l'opposition"

Le leader de l’opposition vénézuélienne Juan Guaidó à Caracas (Venezuela), le 1er mai 2019.
Carlos Garcia Rawlins / Reuters
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Après la tentative infructueuse de Juan Guaidó de renverser le président vénézuélien Nicolás Maduro, « il vaut maintenant plus mort que vivant pour la CIA », mais aussi « pour son propre camp d’opposition », prévient Daniel McAdams, directeur exécutif de l’Institut  Ron Paul, ancien membre du Congrès et ancien candidat à la présidence qui l’a invité mardi à son programme « Liberty Report » pour analyser la situation au Venezuela.

L’institut Ron Paul, qui avait consacré son programme aux tentatives infructueuses de Guaidó de renverser le gouvernement avec l’aide de Washington, s’inquiétait de la possibilité que le pays d’Amérique latine soit plongé dans une vague de violence à grande échelle en cas de provocation. « S’il y a une opération fictive ou s’ils tuent un responsable important de part et d’autre, vous ne pouvez pas dire ce qui pourrait se passer », a averti le politicien républicain.

« Un personnage dérisoire « 

C’est en ce sens, McAdams a déclaré que Guaidó lui-même, avec son bilan après avoir échoué à mobiliser la protestation contre le gouvernement de Maduro, pourrait être la cible de ce type de provocation.

L’expert explique que le chef de l’opposition « a été jusqu’à présent une sorte de personnage dérisoire », en ce sens qu’il  » appelle à des manifestations de masse et que personne ne se présente « . « Je ne pense pas qu’il se rende compte à présent qu’en réalité, il vaut mieux mort que de vivant, non seulement pour la CIA, mais également pour ses propres opposants », prévient-il.

« Désespoir » de Guaidó

Lors de l’annonce faite mardi par Guaidó de la « phase finale » de l’opération de renversement du gouvernement, M. McAdams a déclaré qu ‘ »il semble en proie à une sorte de désespoir », alors que l’opposition vénézuélienne « l’a déclaré le président [par intérim] en janvier et que rien ne s’est passé. « , et ses efforts pour attirer l’armée à ses côtés n’ont pas abouti.

De son côté, Paul a critiqué les responsables américains qui soutiennent fermement Guaidó et ses efforts pour s’emparer du pouvoir au Venezuela tout en dénonçant avec indignation des éléments tels que la prétendue ingérence de la Russie lors de l’élection présidentielle de 2016.

 » Dans combien de pays avons-nous été impliqués au cours des 20-30-40-50-50 dernières années? Je veux dire que notre affaire, c’est de renforcer notre empire », a déclaré l’ancien membre du Congrès, qui a appelé des « groupes de clowns »  le secrétaire d’État Mike Pompeo ou le conseiller en matière de sécurité nationale John Bolton qui ont appelé les soldats vénézuéliens à protéger la Constitution de leur pays en prenant parti pour Guaidó.

« Ils n’ont pas la moindre idée de ce qu’est le droit constitutionnel dans notre pays et ils vont le rétablir dans d’autres pays, ce ne sont que des clichés et sans signification! », A déclaré Paul.

  • Au début de la matinée de ce mardi, le député de l’opposition Juan Guaidó, auto-proclamé «président en charge», a pris avec l’aide d’un groupe de soldats Leopoldo López, condamné à treize ans d’emprisonnement, son assignation à résidence. Guaidó est apparu dans une vidéo avec López et un groupe de déserteurs de l’armée et a appelé le peuple et l’armée à se joindre à un coup d’État  contre le président du Venezuela, Nicolás Maduro.
  • À la suite des appels de Guaidó, des incidents ont eu lieu dans différents quartiers de Caracas entre des groupes d’opposition et les forces de l’ordre public.
  • Pour sa part, le président vénézuélien a demandé à  garder les « nerfs d’acier » via son compte Twitter, et a indiqué que tous les commandants du commandement stratégique opérationnel de la FANB, connu sous le nom de REDI, et des zones de défense Integral ‘(ZODI) ont manifesté leur loyauté  « envers le peuple, la Constitution et la patrie ».
  • De même, le ministre de la Défense, Vladimir Padrino López, a déclaré que « la FANB reste ferme dans la défense de la Constitution et de ses autorités légitimes » et que « toutes les unités militaires » signalent une normalité « .
 

La Rutgers University honore Paul Robeson en lui consacrant une place

cette inauguration intervient dans un contexte de manifestation syndicales que n’aurait pas désavoué Paul Robeson et pourtant celui qui a tenté de s’adresser aux invités a été arrêté et repoussé. Mais l’ensemble dit bien comment Robenson qui avait tous les talents mais à qui l’Amérique reprochait ses sympathies communistes est rentré en grace dans une Amérique qui se cherche et ne se contente plus de ses certitudes aticommunistes et de la glorification d’un capitalisme indépassable (note et traduction de Danielle Bleitrach)

L’Université Rutgers a rendu hommage vendredi à  Paul Robeson – un étudiant , citoyen, athlète et activiste  exemplaire – avec l’inauguration d’une place en son nom sur le campus de College Avenue au Nouveau-Brunswick.

« Ce qui était si extraordinaire chez mon grand-père, c’est que plus il réussissait, plus il était riche, plus il était célèbre, plus il était devenu chanteur et acteur accompli, moins il était concentré sur lui-même et plus il était attentif à la souffrance des autres », a déclaré Susan Robeson, la petite-fille de Robeson, une ancienne élève de Rutgers.

Le président de Rutgers, Robert Barchi, le chancelier Rutgers-Nouveau-Brunswick, Christopher Molloy, et environ 500 invités, professeurs, étudiants et anciens élèves se sont joints à elle pour assister à la coupe du ruban du Paul Robeson Plaza, au coin de College Avenue et de Seminary Place.

« Il ne fait aucun doute, comme vous venez de l’entendre, que Paul Robeson est l’un des plus grands des centaines de milliers d’anciens élèves de Rutgers. En fait, nous ne reverrons peut-être jamais autant de talents réunis en une seule personne », a déclaré Barchi.

Le Paul Robeson Plaza du campus de l’Université Rutgers-Nouveau-Brunswick a été dévoilé le vendredi 12 avril 2019.
Catherine Carrera / NorthJersey.com

Cet événement était l’un des nombreux rendant hommage à la vie de Robeson dans la célébration du centenaire de Rutgers, qui a duré un an. Athlète vedette avec une moyenne pondérée cumulative élevée, Robeson obtint son diplôme de valedictorian et prononça le discours d’ouverture le 10 juin 1919.

Plus: Marquez un pour Rutgers: Paul Robeson, autrefois décrié, redevient un grand homme sur le campus

Plus: Basketball Rutgers: Le morceau de l’héritage de Paul Robeson que vous ne connaissez probablement pas

Plus: L’ art et l’activisme sont des leçons de Paul Robeson

Barchi en grève potentielle

La célébration de Robeson par Rutgers, qui est devenue une artiste de scène, une star de cinéma et un activiste mondial, a coincidé avec le hérissement de pancartes sur des bâtiments adjacents manifestation d’ un corps enseignant prêt à lutter contre les inégalités salariales entre les races, les sexes et entre les campus.

Les panneaux avertissaient que « le temps comptait » pour une éventuelle grève et demandaient aux étudiants et aux professeurs de s’inscrire aux piquets de grève.

Rutgers AAUP-AFT et les équipes de négociation des universités se sont rencontrés à plusieurs reprises cette semaine, y compris le vendredi, et des sessions supplémentaires étaient prévues jusqu’au lundi. Les équipes se rencontrent depuis plus d’un an pour tenter de parvenir à un nouvel accord. Les membres du syndicat le mois dernier ont donné à leurs dirigeants l’autorisation d’appeler à la grève dans le cadre des négociations. Si une grève est déclenchée, ce sera la première des 253 années d’histoire de l’école.

Plus: Voici ce qui se passerait si la faculté de l’Université Rutgers se mettait en grève

Constitué de plus de 4 800 professeurs et diplômés, le syndicat souhaite que l’université réponde à ses exigences en matière d’équité salariale, engage davantage de professeurs à temps plein et augmente le salaire des assistants des cycles supérieurs et des assistants d’enseignement, rémunérés en moyenne à 26 000 $. Ils demandent également un salaire minimum de 15 $ pour les étudiants travailleurs.

Malgré la grève imminente, Barchi a déclaré vendredi qu’il n’était pas inquiet.

« Je pense que nous avons une grande faculté ici et que des gens formidables dirigent les syndicats et discutent de cela avec nous », a déclaré Barchi à NorthJersey.com et au réseau américain TODAY NET dans le New Jersey à propos de la menace de grève du syndicat si un accord n’était pas conclu rapidement .

« Je pense que nous sommes sur le point de nous entendre », a déclaré Barchi. «Je suis pleinement convaincu que nous aurons un accord et que nous ne verrons pas ici la moindre interruption de travail. Je ne suis pas trop inquiet.

Une membre du syndicat, Julie Flynn, une enseignante du programme d’écriture de l’école, a tenté de s’adresser aux invités lors de la cérémonie des informations sur les efforts du syndicat et une éventuelle grève, mais les policiers de l’université ont ordonné à la police de l’arrêter parce que ses actions étaient considérées comme des manifestations.

« L’officier de police m’a demandé de me rendre dans une zone réservée aux piquets de grève, très loin de là, ce qui est un problème car Paul Robeson était un activiste et c’est le genre de chose à laquelle il serait favorable », a déclaré Flynn.

L’histoire continue sous la galerie

Mais alors que le soleil se levait à travers un ciel nuageux et que la pluie tombait vendredi après-midi, les négociations sur les contrats ne semblaient pas préoccuper les 500 invités réunis pour célébrer l’un des anciens élèves les plus acclamés de Rutgers, qui se sont battus pour l’égalité des droits. les gens opprimés.

La place comporte huit panneaux de granit noir gravés à l’eau-forte qui décrivent les années Rutgers et plus tard de Robeson: star du football, orateur émérite, Phi Beta Kappa et membre de la société d’honneur Cap and Skull, et entre autres moments remarquables, un chanteur de concert devenu célèbre dans les années 1930 et 1940.

La classe Rutgers de 1971 a fait un don de 241 000 $ pour la création de la plaza sur le campus du Nouveau-Brunswick.

Au coin de la place, une exposition d’art intitulée « Portraits de Paul Robeson » peut être visionnée au Zimmerli Art Museum jusqu’au 28 avril.

Le Nouveau-Brunswick a également célébré l’héritage de Robeson. La ville a été rebaptisée une partie de l’avenue commerciale sur 3 km, l’une de ses artères principales, « Paul Robeson Boulevard ». Il y aura une place dédiée au nom de Robeson avec une statue à Feaster Park, au large de l’avenue Commercial.

« Mon plus grand espoir est que les étudiants d’aujourd’hui s’efforcent de devenir des citoyens du monde qui transcendent les frontières et s’attachent aux problèmes de la paix et de la justice sociale aux quatre coins du monde – et qui, comme Paul, ne craignent jamais de dire la vérité au pouvoir », a déclaré Susan Robeson.

Email: carrera@northjersey.com

 

Les événements en Amérique latine et le repartage impérialiste du monde

 

Dans une interview accordée à la Pravda, Dmitry Novikov, vice-président du Comité central du Parti communiste de la Fédération de Russie, a répondu aux questions sur le bilan de son voyage au Venezuela et au Nicaragua et sur la nature des processus en cours en Amérique latine.

 

La Pravda, n ° 12, les 5 et 6 février 2019

https://kprf.ru/party-live/cknews/182376.html

Le Venezuela au centre des contradictions mondiales

– Dmitry Georgievich, nous parlons à un moment où l’attention de la planète entière est fixée sur le Venezuela. Ce pays a été l’objet d’une tentative de coup d’État. Vous étiez récemment au Venezuela, vous avez participé à un événement politique important: l’investiture du président Maduro. Cet événement peut-il être considéré comme une revue des forces internes qui soutiennent les autorités légitimes et des forces internationales du point de vue de leur attitude envers la République bolivarienne?

– Bien sûr que oui. De ce point de vue, la première chose à noter est le lieu où l’inauguration a eu lieu. Elle s’est déroulée dans les locaux de la Cour suprême, ce qui reflète bien déjà les particularités de la situation politique intérieure actuelle au Venezuela. La Constitution actuelle de cet État désigne clairement deux plates-formes politiques sur lesquelles la procédure de prise de fonction de président peut être tenue. Il s’agit de l’Assemblée nationale du pays et de la Cour suprême.

En ce qui concerne l’Assemblée nationale, de nombreux événements récents qui suscitent l’attention des médias dans le monde y sont associés. La majorité lors des dernières élections a été remportée par les représentants de l’opposition. Et personne ne conteste la légitimité du vote, y compris les chavistes. Mais d’autres actions du parlement liées au non-respect des prescriptions de la plus haute instance judiciaire ont invalidé la composition actuelle de l’Assemblée nationale. La Cour suprême elle-même a acté le fait. À la suite de cela, ni la majorité des soi-disant députés, ni Nicolas Maduro lui-même ne souhaitaient l’investiture au sein de ce parlement illégal.

La procédure d’entrée en fonction du président s’est déroulée devant la Cour suprême. Avec d’ailleurs la participation de tous les juges sans exception. De nombreux invités étrangers, des délégations très prestigieuses, ont assisté à la cérémonie. Par leur composition, on peut évaluer avec assez de précision l’attitude des autorités des différents États à l’égard du Venezuela. Cuba, le Nicaragua, la Bolivie et le Salvador étaient représentés par leurs chefs d’Etat. Les présidents de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud sont également ont également fait le voyage à Caracas. Le Mexique, la Turquie, l’Iran, l’Afrique du Sud, la Chine, la Russie et la Biélorussie étaient bien représentés. Ce sont ces États qui se sont ensuite prononcés en faveur de la souveraineté du Venezuela, contre l’ingérence des États-Unis dans ses affaires intérieures afin de procéder à un coup d’État. Ils n’ont pas reconnu Juan Guaido qui s’est proclamé président.

Le côté opposé s’est affiché tout aussi clairement. En plus des États-Unis, le Brésil, la Colombie et d’autres alliés de Washington n’ont pas participé à l’inauguration. Quelques jours plus tard, Trump a salué Guaido pour son « accession à la présidence ». Et cela a été fait rapidement, immédiatement après la déclaration de l’imposteur pour la prise de direction du pays.

 

– La liste des États exprimant leur soutien au Venezuela bolivarien dirigé par Maduro est globalement compréhensible. Mais peut-être existe-t-il des questions concernant la Fédération de Russie, dont les autorités poursuivent une politique ouvertement antisocialiste qui n’a rien de commun avec les idées bolivariennes. Le gouvernement russe actuel, le Kremlin, a simplement une nature de classe différente. Comment expliquez-vous le soutien de Maduro par les autorités de la Fédération de Russie?

– Je pense qu’il y a deux raisons. Premièrement, nous devrions être de bien piètres politiciens si nous ne comprenions pas que, dans la politique étrangère des États-Unis vis-à-vis du Venezuela, le monde a affaire à une réincarnation de la doctrine Monroe. L’idée de proclamer le continent américain zone interdite à l’intervention des puissances européennes a été proclamée dès la présidence de Monroe dans les années 1840. L’objectif des États-Unis était de transformer l’Amérique latine en son arrière-cour. Washington n’a pas renoncé à cette doctrine au XXe siècle, tout en se faisant plus discret. Mais au tournant des 20e et 21e siècles, l’Amérique latine s’est teinte de couleurs politiques désagréables pour les États-Unis: de nombreux gouvernements étaient dirigés par des gouvernements de gauche. Leur liste ne se limitait pas à Cuba, au Venezuela et au Nicaragua. Dans la même rang se trouvaient non seulement des États comme le Salvador ou la Bolivie dirigée par Evo Morales, mais également l’Argentine dirigée par Cristina Kirchner, le Brésil dirigé par Lula da Silva. En outre, un certain nombre de structures d’intégration entre États sont apparues sur le continent dans le but de contrer les diktats de Washington.

Tout cela dans son ensemble a démontré les sérieuses possibilités des forces de gauche sur le continent. Cela ne pouvait qu’alarmer les États-Unis. Entre autres choses, le mythe selon lequel l’effondrement de l’URSS avec le socialisme avait pris fin à jamais s’est effondré. face à ce défi, Washington a décidé de réagir. Et nous assistons aujourd’hui à une revanche en Amérique latine. En Argentine, la droite est arrivée au pouvoir et le nouveau président du Brésil, selon certains hommes politiques, experts et personnalités publiques du continent, est un homme d’orientation carrément fasciste.

Mais l’opposition en Amérique latine n’est qu’une partie d’un processus mondial. Les États-Unis ont déjà évalué les principales tendances du 21e siècle. Ils considèrent que leurs principaux rivaux sont la Chine avec sa puissance économique et aussi la Russie qui malgré son affaiblissement économique, poursuit une ligne en politique internationale qui déplaît souvent à Washington. À leur tour, la Chine et la Russie ne peuvent que réagir aux actions dirigées contre elles. Je pense que c’est la première raison qui pousse le Kremlin à soutenir le président légitime du Venezuela. Et cette position est pleinement conforme aux intérêts nationaux de notre pays, elle répond à la tâche de former un monde multipolaire.

La seconde raison est l’intérêt économique des entreprises russes. Le Venezuela est l’un des pays producteurs de pétrole les plus prometteurs. La Russie a investi des fonds importants là-bas. Cela représente environ 17 milliards de dollars, pouvant générer un bon rendement. Il existe d’autres projets économiques au stade de la mise en œuvre. En Russie, certains milieux d’affaires sont donc intéressés à maintenir leurs positions au Venezuela. Et cela détermine également la position active de Moscou vis-à-vis de ce pays sur la scène internationale. Et renforcer la coopération économique est dans l’intérêt de nos deux peuples.

 

Tentative de coup d’Etat

 

– Mais revenons à l’inauguration. Elle s’est déroulée à la Cour suprême du pays. Mais les députés de l’Assemblée nationale y étaient représentés?

 

– La salle n’était pas remplie que d’ambassadeurs d’États étrangers et de membres de la Cour suprême,des ministres, des chefs de missions diplomatiques, des gradés importants de l’armée et des préfets ont assisté à l’inauguration. Il y avait des maires de nombreuses grandes villes du Venezuela. Les dirigeants du Parti de l’unité socialiste et du Parti communiste du Venezuela étaient présents. Quant aux députés de l’Assemblée nationale, je pense qu’ils étaient peu nombreux.

 

– Dans quelle mesure la procédure d’inauguration pouvait-elle laisser prévoir la transformation de l’opposition existante dans le pays en un coup d’État? Y avait-il des signes visibles d’un tel tour des événements?

 

– Pour commencer, les difficultés économiques au Venezuela ne sont nouvelles pour personne. Une situation difficile a été observée ces dernières années. Lorsque nous sommes arrivés à Caracas, on a appris que deux jours auparavant, la monnaie nationale s’était dépréciée de 20%. Les rayons dans les magasins laissent beaucoup à désirer. Le taux de chômage est important. On assiste à une réduction du pouvoir d’achat de la population. Ces problèmes sont activement utilisés par l’opposition à ses propres fins.

Mais nous devons aussi nous rappeler les causes de ces problèmes économiques : ce sont les mesures systématiques prises par les États-Unis pour saper les positions du gouvernement actuel de la République bolivarienne. Des difficultés ont été créées dans la fourniture des biens et technologies nécessaires au Venezuela. Cela a conduit à une réduction de la production de pétrole – principale source de financement national. Bien sûr, le pays extrait encore de l’or, par exemple, mais son rôle dans l’économie est beaucoup moins important.

Les États-Unis ont créé une situation économique difficile pour pouvoir en tirer parti. Déjà l’année dernière, ils ont en fait annoncé qu’ils étaient prêts à renverser le gouvernement de Maduro. En mai dernier, Washington n’a pas reconnu les résultats de l’élection présidentielle au Venezuela, sans aucun fondement, mais de façon radicale. Et en novembre, le célèbre conseiller en sécurité nationale de Trump en Russie, Bolton, a annoncé l’existence d’un «triumvirat de la tyrannie», une «troïka de la terreur». Il a désigné ainsi Cuba, le Venezuela et le Nicaragua.

Lorsque des constructions telles que «l’axe du mal», «le triumvirat de la tyrannie», etc., sont inventées, cela signifie le début d’une nouvelle étape dans la lutte contre les gouvernements qui déplaisent aux États-Unis. Il y a une pression plus sévère sur ceux que Washington considère comme ses adversaires. Mais la tentative de déstabilisation de la situation au Nicaragua, l’an dernier, s’est soldée par un échec pour les États-Unis. Et il est impossible de bouleverser la situation à Cuba, car il existe une solide unité du pouvoir et du peuple fondée sur la voie de la construction socialiste. Dans ces conditions, le Venezuela est devenu la cible principale de Washington en Amérique latine.

 

– À propos, Dmitry Georgievich, qu’est-ce qui explique que les élections présidentielles au Venezuela se soient tenues en mai et que l’inauguration n’ait eu lieu qu’en janvier de l’année suivante?

 

– Ici, bien sûr, il n’y a pas de malentendu, mais il y a une règle de la Constitution. Il est indiqué que l’investiture du président a lieu le premier mois de l’année suivant l’année des élections présidentielles. En d’autres termes, que les élections aient lieu en mai, en février ou, par exemple, en novembre, l’inauguration doit avoir lieu en janvier suivant.

Au fait, il faut garder à l’esprit que Nicolas Maduro a été soutenu par 68% des votants ayant participé au vote. Vous ne pouvez donc mettre en doute la régularité des élections qu’avec un très grand parti pris. Et le Venezuela n’appartient pas aux États où il est possible de falsifier les résultats du vote: l’opposition dans ce pays, bien que divisée, exerce une grande influence.

Je remarque que la création d’un front politique interne uni contre Maduro est longtemps restée sans succès. Maintenant, Washington est en train d’un forger un de manière agressive autour de Guaido. Les dollars américains et une intervention politique déclarée sont les piliers de ce front.

En plus de cette ligne d’attaque, d’autres ont été utilisées. Par exemple, les tensions entre le Venezuela et la Colombie se sont intensifiées à tous les niveaux. Une mention spéciale doit être faite au sujet de l’Organisation des États américains (OEA). Elle comprend les pays d’Amérique latine, les États-Unis et le Canada. Les médias russes ont perdu de vue les vicissitudes des dernières années au sein de cette organisation. En 2017, des tentatives ont été faites pour en exclure le Venezuela. En réponse, la République bolivarienne a elle-même déclaré son retrait de l’OEA, démontrant ainsi qu’elle était disposée à s’opposer à toute tentative d’ingérence dans ses affaires intérieures. Les opposants à Maduro avaient besoin de l’idée d’exclure le Venezuela de l’organisation pour pouvoir lancer une campagne bruyante contre le système politique et les dirigeants de l’État américain indocile. Toutes ces actions « sur le périmètre extérieur » étaient des éléments de la préparation d’un coup d’État.

 

– Est-il possible de considérer l’inauguration de Maduro comme un motif du coup d’État?

 

– Oui, l’inauguration a été utilisée comme un événement et un prétexte médiatique. Elle a été une sorte de déclencheur pour le passage de l’étape préparatoire à la phase de mise en œuvre des plans élaborés depuis longtemps.

Le cynisme des actions de Washington et de ses satellites est frappant. Cette fois, ils sont encore plus débridés que lors de la tragédie chilienne de 1973.

 

 

Protéger la révolution bolivarienne

 

– Les médias russes soulignent constamment que le soutien du président Maduro est l’armée. Bien entendu, en Amérique latine, il s’agit d’un facteur important, notamment en cas de coup d’État. Mais l’inauguration a eu lieu avant le coup d’État. Quelle est votre opinion sur le rôle de l’armée dans la vie politique du Venezuela?

 

– Au Venezuela, il y a une bonne armée – selon les normes de l’Amérique latine, mais pas seulement. Elle est importante en nombre. Elle est bien armée et bien entraînée. Son rôle dans la vie de la société peut être jugé à travers la procédure d’investiture du président du pays, qui comprenait deux parties. Comme nous l’avons déjà mentionné, la première partie s’est déroulée devant la Cour suprême de la République. Son événement principal a été la prestation de serment du nouveau président, la signature de documents par les personnes autorisées et le discours public de Nicolas Maduro.

Mais il y avait une deuxième partie. Elle a eu lieu à l’Académie militaire de Caracas. C’est l’un des lieux centraux des forces armées du Venezuela, leur symbole. Ici, ce n’est plus le président qui a prêté serment, mais l’armée qui prêtait serment au président lui-même. Tout cela combiné avec un défilé. Toute la procédure était menée par le ministre de la Défense, Vladimir Padrino Lopez.

Après la cérémonie, nous avons pu communiquer avec le général Lopez. C’est l’une des personnes les plus populaires et les plus influentes du Venezuela. Avec tout son comportement, il fait preuve de loyauté envers le peuple, la loi et le président.

 

– Mais pour un fonctionnement stable du système politique, quelle que soit l’importance de l’armée, sa loyauté ne suffit pas. Quelles forces soutiennent le président légitime aujourd’hui?

 

– Eh bien, parcourons la liste.

Je tiens à vous rappeler qu’après avoir été élu président, Hugo Chavez, politicien exceptionnellement populaire, a considéré pendant un certain temps son autorité personnelle, étayée par un statut officiel, comme suffisante pour la direction effective du pays. Mais il s’est ensuite rendu compte que le processus politique nécessitait une interaction durable avec le peuple, avec la société. Alors il a décidé de créer un parti qui soutenait les idées du « socialisme du XXIe siècle ».

Le parti unifié socialiste du Venezuela est aujourd’hui une structure politique de masse. Il est dynamique par lui-même et a de bonnes occasions de mobiliser les citoyens. Cela a été clairement démontré dans les derniers temps par les milliers de manifestants en faveur de Maduro. Le parti est monolithique, il n’est pas déchiré par des contradictions internes. Il est clair qu’il y a des discussions au sein de l’organisation, car il est nécessaire, par exemple, de rechercher collectivement des moyens de résoudre les problèmes économiques. Mais cela n’entraîne pas de conflits détruisant l’unité du parti.

Un certain nombre d’autres organisations de gauche n’ont pas rejoint le parti uni socialiste. Par exemple le Parti communiste du Venezuela. Il a sa propre histoire, sa propre idéologie. Ayant dans certains cas leur propre vision des problèmes urgents, les communistes et d’autres organisations de gauche soutiennent la révolution bolivarienne, le régime anti-impérialiste progressiste actuel et le président Maduro. Cela contribue également à la consolidation des travailleurs autour du président.

Au niveau municipal, des conseils publics ont été créés, qui constituent une forme de représentation populaire. Cela crée des conditions favorables à l’activité de ceux qui comprennent ce qu’ils peuvent perdre si les partisans d’une politique libérale pro-américaine étouffent les réformes initiées par Hugo Chavez. C’est la raison pour laquelle, le 10 janvier, nous avons vu dans les rues de Caracas une foule de gens venus saluer l’investiture de Maduro à la présidence. Leur comportement a clairement démontré qu’ils sont descendus dans la rue de leur plein gré et non à cause de pressions.

J’ai eu l’impression que les travailleurs au Venezuela sont conscients de leurs intérêts de classe, évaluent correctement la situation, déterminent assez précisément l’équilibre des forces. Et tout cela malgré la propagande bourgeoise libérale massive. Il ne faut pas oublier que nombre des principaux médias du pays sont aux mains des libéraux bourgeois, pas des socialistes. Mais les gens n’ont pas la mémoire courte.

Après le début des réformes de Chavez, qui ont vraiment amélioré la vie du peuple, 20 ans ont passé. Et bien que ces dernières années, le niveau de bien-être social n’ait pas augmenté et que les problèmes économiques se soient aggravés, les gens n’ont pas oublié tout ce qui avait été fait dans leur intérêt. Ils se souviennent que des quartiers entiers de logements pour les pauvres ont été construits. En fait, ils sont passés des bidonvilles à des maisons de bonne qualité. Ils se souviennent comment ils ont commencé à être éduqués et soignés. À propos, cela a été fait avec l’aide active de Cuba, qui dispose d’une médecine moderne très développée. Des milliers de médecins cubains sont venus aider le peuple et le gouvernement du Venezuela à créer des soins de santé efficaces. Et les gens n’ont pas oublié cela. Leur mémoire fournit un soutien populaire à la ligne Chávez, que Maduro personnifie aujourd’hui.

En niant cette thèse, les libéraux, y compris les Russes, poussent les hauts cris au sujet des deux, trois ou quatre millions de citoyens du Venezuela qui ont émigré de leur pays au cours des dernières années. Il n’existe pas de statistiques exactes sur la migration, mais les partisans de Maduro sont d’accord avec le fait que près d’un million et demi de personnes sont partis. Cependant, ses adversaires sont silencieux sur autre chose. Lorsque les transformations de Chavez ont élevé le niveau de vie des larges masses, environ 5 700 000 Colombiens sont venus de Colombie au Venezuela. Ils ont migré vers le pays voisin à la recherche d’un sort meilleur. Ici, ils ont trouvé du travail, se sont installés et ont obtenu la citoyenneté. Et maintenant, lorsque des difficultés économiques sont apparues au Venezuela, certains d’entre eux, utilisant des liens de parenté, ont commencé à quitter le pays qui les abritait. Donc, une proportion importante des personnes qui ont émigré du Venezuela sont des Colombiens,retournés dans leur pays d’origine. Ce détail important doit être pris en compte si nous voulons comprendre les événements dans toute leur polyvalence.

 

– Je voudrais que vous précisiez l’influence du Parti communiste du Venezuela. Quelle est son attitude vis-à-vis du cours social et politique poursuivi par les héritiers de Chavez? Comment la classe ouvrière exprime-t-elle ses positions?

 

– Selon son influence politique, il est nettement inférieur au Parti socialiste unifié du Venezuela. Dans les organismes gouvernementaux, le PCV est représenté sur une base limitée. Mais le parti protège activement les intérêts des travailleurs. Et parfois, cette mission est très risquée. On m’a donc dit que, dans les zones frontalières avec la Colombie, il y a eu des cas d’assassinats de militants paysans qui défendaient les transformations du territoire entamées sous Chavez. Parmi les victimes de cette lutte, il y a des communistes.

En ce qui concerne la profondeur des transformations au Venezuela, le gouvernement doit, selon le Parti communiste, aller plus loin, en défendant les intérêts des travailleurs et en revendiquant la démocratie. Mais il sera possible de revenir à la solution de ce problème lorsque la vie reprendra un cours normal. Maintenant, l’essentiel est de surmonter la crise et de sauver la révolution bolivarienne.

 

Le Nicaragua sur la carte politique

 

– Les événements vénézuéliens peuvent difficilement être isolés des derniers changements survenus en Amérique latine. Le balancier politique a basculé vers la droite. Vous étiez au Nicaragua. C’est une sorte de test décisif qui montre l’influence du vecteur de changement socialiste en Amérique latine. Quelles sont vos impressions sur le Nicaragua?

 

– En effet, après le Venezuela, je suis immédiatement allé au Nicaragua, où se tenait un Forum pour la paix et la solidarité. Des représentants de nombreux pays y participaient. Immédiatement après le forum, j’ai rencontré le président du Nicaragua, Daniel Ortega, et la vice-présidente, Rosalia Murillo. Nous avons discuté en détail des problèmes les plus importants. Daniel Ortega a transmis au président du Comité central du parti communiste de la Fédération de Russie, Guennadi Ziouganov des paroles de remerciement pour la remise de l’Ordre de l’amitié entre les peuples, et une invitation à se rendre au Nicaragua. Il y a eu également une conversation intéressante avec le président de l’Assemblée nationale, Gustav Cortes, le ministre des Affaires étrangères, Denis Moncade, le ministre des Finances et le coprésident de la Commission intergouvernementale russo-nicaraguayenne, Ivan Acosta, et le représentant spécial du président pour les affaires économiques, Laureano Ortega.

Soit dit en passant, le ministre des Affaires étrangères Moncada a d’abord été un militaire important, puis il a été envoyé à la tête du ministère des Affaires étrangères, qu’il dirige à un haut niveau professionnel. Lors de notre rencontre, il rentrait d’un voyage dans plusieurs pays d’Amérique latine, et d’une réunion de l’Organisation des États américains. Le président de l’OEA, Almagro, tente de soulever la question de l’exclusion du Nicaragua, mais jusqu’à présent, il a échoué.

Ainsi, les sandinistes résistent avec confiance aux pressions croissantes de l’extérieur. L’année dernière, ils ont très efficacement mis un terme à une tentative d’organiser une révolution «de couleur» au Nicaragua. Les troubles à Managua et dans d’autres villes ont duré d’avril à juillet. Cela a provoqué de graves dommages, mais la situation a été rectifiée et la situation économique s’est stabilisée à l’automne.

En ce qui concerne la situation sur le continent. Nous avons beaucoup parlé avec les participants du Forum de la paix et de la solidarité avec le Nicaragua, venus de différents pays. À en juger par la composition des présidents des États d’Amérique latine, il existe un glissement à droite dans la région. La situation de la gauche sur le continent s’est détériorée. Et ce n’est pas la conséquence d’échecs fondamentaux en politique, bien que tout le monde puisse avoir des erreurs. Le facteur le plus important dans l’affaiblissement du mouvement de gauche dans le monde a été la destruction de l’Union soviétique. Des succès locaux de forces socialistes dans des pays petits et pas très riches sont possibles, mais, comme le montre la pratique, ils peuvent être réduits à néant par le grand capital. Les événements de ces dernières années ont montré que l’impérialisme pouvait changer la situation en sa faveur. Lorsque les États-Unis ont compris qu’ils avaient affaibli leur attention sur l’Amérique latine, ils se sont davantage concentrés sur cette région et ont obtenu certains résultats.

Mais il est faux de supposer qu’il s’agit d’une tendance unidirectionnelle. Tandis que les représentants des forces de droite remplaçaient les présidents de gauche dans un certain nombre de pays, des changements opposés se sont produits au Mexique. Et c’est le plus grand État d’Amérique latine en termes de population. Plus de 133 millions de personnes y vivent. En Europe occidentale, il n’existe pas un seul pays comptant autant de citoyens. L’année dernière, le représentant du bloc de gauche, López Obrador, a été élu président du Mexique. De plus, sa victoire n’était pas inattendue, elle avait été annoncée par presque tous les analystes objectifs.

Il est important de comprendre que le basculement à droite des gouvernements ne signifie pas des changements fondamentaux dans l’humeur des travailleurs, des masses latino-américaines. Leurs positions restent les mêmes. Et la cause de la gauche n’est pas perdue ici.

 

– Il y a un autre aspect. En discutant avec des représentants des partis communistes et de gauche des pays latino-américains qui participaient en tant qu’invités aux travaux de congrès du KPRF, lors de «tables rondes» organisées par le Comité central de notre parti, nous avons remarqué une chose : même lorsque, en réalité, seuls le président et deux ou trois ministres du gouvernement représentent l’idéologie de gauche et que le reste de ses membres est ouvertement bourgeois, ils nous disent souvent que le pouvoir dans le pays appartient à la gauche. L’exemple du Brésil est étonnant: le gouvernement de gauche était plus une légende qu’une réalité. Et dès qu’il a été possible de renvoyer le président du Parti travailliste, Dilma Rousseff a été automatiquement remplacée au poste présidentiel par un représentant des forces de droite. Ces coalitions, même si elles sont dirigées par des présidents de gauche, sont trop limitées pour mettre en œuvre des politiques de gauche. Leur alliance avec la bourgeoisie ne permet pas un parcours indépendant.

 

– Dans les situations politiques difficiles, la tactique des actions joue un rôle important. Prenez le Nicaragua. Comme prétexte à manifester, l’opposition a invoqué la décision du gouvernement de limiter le financement de certains programmes sociaux. Immédiatement, l’ambassade des États-Unis s’est déchaînée. Leur soutien aux organisations à but non lucratif ayant une position anti-gouvernementale s’est considérablement accru. Des pressions ont été exercées sur les entreprises, menacées d’interdiction de commercer avec les États-Unis. En bref, les classiques du genre. L’étape suivante a été les barricades dans les rues. La capitale Managua a été livrée au pillage, bien que le Nicaragua soit considéré comme l’un des pays les plus sûrs de la région. Le gouvernement Ortega avait jugulé depuis longtemps la criminalité, vaincu la mafia de la drogue. Aux Etats-Unis, où ils affichent une lutte sans compromis contre la drogue, ils sont extrêmement mécontents du fait que Daniel Ortega ait réussi à mettre fin au trafic.

Managua est une ville avec des immeubles de faible hauteur. Les immeubles de grande hauteur ont été détruits lors d’un tremblement de terre. Pour donner à la ville un aspect plus élégant, à l’initiative de la vice-présidente du pays, Rosario Murillo, on a installé des arbres décoratifs en métal dans les rues, symbolisant l’arbre de vie. Leur aspect diurne et leur illumination la nuit embellissait la ville. Ces structures décoratives étaient un symbole non seulement de la ville, mais aussi de la préoccupation du gouvernement à l’égard de la population. L’opposition a décidé de détruire ce symbole. Les arbres ont été abattus, détruits. Le vandalisme se développait.

L’armée et la police sont restées du côté du parti sandiniste au pouvoir. Mais l’intervention de l’armée n’était pas requise. La réponse calme du gouvernement aux manifestations a été l’occasion de « relâcher la vapeur ». Quelques semaines plus tard, il n’y avait plus de femmes dans les rues de quartiers riches pour manifester avec des casseroles vides en soutien aux émeutiers. Ces « actes de solidarité » avec les manifestants ont été remplacés par l’indignation des citadins devant les barricades qui paralysaient les plus importantes artères du pays. En conséquence, l’humeur du public a changé. La tentative d’organiser un coup d’État a échoué.

Mais ici, bien sûr, il est important de savoir qu’il existe un gouvernement homogène au Nicaragua. Il est complètement contrôlé par le front sandiniste. Il n’est pas difficile d’imaginer ce qui se passerait si les ministres bourgeois dominaient sa composition. Il est à noter que dans le « triumvirat de la tyrannie » selon Bolton, les gouvernements n’ont pas de représentants des forces de droite. Ainsi, à Cuba, le parti communiste est à la tête, les sandinistes gouvernent le Nicaragua et le Venezuela n’a pas non plus de coalition gouvernementale avec des organisations bourgeoises.

 

Offensive du capital et forces de gauche

 

– Passons des problèmes relativement locaux aux problèmes généraux. Selon Lénine, la planète est entrée dans une nouvelle phase du capitalisme, non pacifique. Elle est basée sur la nécessité pour le système mondial d’exploitation d’un repartage du monde. Toutes les ressources dont l’impérialisme s’est emparé suite à la restauration du capitalisme dans les républiques de l’URSS et les pays de l’Europe de l’Est ont été détruites en un quart de siècle. Les événements du Brésil et du Venezuela peuvent-ils être considérés comme le signe d’une nouvelle offensive de la réaction mondiale, comme une des facettes de la redistribution impériale du monde?

 

– Les événements de ces dernières années en Amérique latine font certainement partie intégrante de la redistribution du monde qui a commencé. Et au Venezuela, il y a une menace directe d’intervention étrangère. Les États-Unis n’excluent pas une invasion militaire directe. Mais bien que la richesse pétrolière du Venezuela attire les capitaux nord-américains, ce serait une entreprise très risquée pour eux.

 

– Et la dernière question. Au sein de chaque pays d’Amérique latine, il existe une expérience de formation de gouvernements sur la base d’un «front large» fondé sur l’idéologie de l’antiaméricanisme. Par exemple, certains camarades qui se sont exprimés il y a un an et demi à la 19e réunion internationale des partis communistes et ouvriers à Saint-Pétersbourg ont déclaré que les formations regroupant un large éventail de partis étaient un succès politique. La question se pose: est-il possible sur cette base d’assurer l’unité des exploités et des exploiteurs? Ou, au contraire, cela témoigne-t-il de l’inefficacité de telles coalitions?

 

– Probablement, dans certaines conditions, de larges coalitions ont été un succès. Mais chaque succès a besoin de développement. Il y a des situations où les positions ne peuvent être tenues que lorsque vous avancez. Et dans le cadre d’un «front trop large», les partis sont liés par des accords de coalition.

Mais examinons les choses. Cuba a eu du succès et a suivi la voie socialiste lorsqu’il existait dans le monde une avant-garde de la construction socialiste en la personne de l’Union soviétique. Il serait difficile aujourd’hui à des pays d’Amérique latine comme le Honduras, le Panama et le Salvador de se lancer indépendamment dans une construction socialiste sans une avant-garde aussi puissante mondialement que l’URSS. La gauche est au contraire en train de résoudre une autre tâche aujourd’hui: procéder à des transformations politiques et économiques progressives, résister à l’offensive de l’impérialisme. Et de tels succès sont possibles dans l’environnement actuel. C’est dans ce but les forces de gauche entrent dans des blocs de coalition.

Pour aller plus loin, un regroupement des forces est nécessaire. En conséquence, les coalitions temporaires ont deux résultats. Soit la droite prend le contrôle de la situation entre ses mains, soit la gauche parvient à limiter considérablement les forces exprimant les intérêts du capital. Présente au pouvoir, la gauche a plus de possibilités pour organiser les masses ouvrières. Les organiser de manière à ce qu’elles soient plus résolues, plus audacieuses et plus claires dans leurs revendications. C’est cette activité des masses, le fait de s’appuyer sur elle, qui permet de réviser les accords de coalition antérieurs en faveur de la majorité des citoyens et de suivre de plus en plus vigoureusement une ligne de gauche.

Sur la photo: Dmitry Novikov, vice-président du Comité central du Parti communiste de la Fédération de Russie, et Vladimir Padrino Lopez, ministre de la Défense du Venezuela.

Traduit par Marianne Dunlop pour Histoire et Société

 

 

António Guterres : L’ONU ne reconnaît que Maduro comme président légitime du Venezuela

L’appui de l’ONU au gouvernement légitime du Venezuela est un camouflet pour Trump et pour le parlement européen. Sur le terrain, il semble que la manifestation de l’opposition ait été un bide alors que celle en soutien à Maduro a été trés suivie. Pour le moment l’opération destinée à faire basculer les forces armées vénézuéliennes est en échec. Mais il faut rester vigilants parce que les USA et leurs alliés se sont trop engagés dans le soutien au putschistes pour reculer. Tout est possible y compris leur volonté de faire du venezuela une nouvelle Syrie et par là d’aboutir à un affrontement généralisé dans le continent latino-américain. Il faudrait de la part des forces progressistes un soutien réel, en particulier une manifestation de soutien devant l’ambassade du Venezuela s’impose. (note de Danielle Bleitrach)

http://mouvementcommuniste.over-blog.com/2019/02/antonio-guterres-l-onu-ne-reconnait-que-maduro-comme-president-legitime-du-venezuela.html

Écrit par jennifer matheus le 01/02/2019. Publié dans Actualités

L’ONU refuse de prendre position en faveur du putschiste Juan Guaidó et affirme qu’au Venezuela elle agit en coordination avec le gouvernement reconnu par les pays membres.

Stéphane Dujarric, porte-parole du secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a confirmé jeudi que les Etats de l’Assemblée générale des Nations Unies (AGNU) et du Conseil de sécurité des Nations Unies (CSNU) reconnaissent Nicolás Maduro comme président constitutionnel et légitime du Venezuela.

Pour cette raison, le fonctionnaire a refusé de se positionner en faveur des intérêts du député de l’Assemblée nationale (AN) -en desacato-, Juan Guaidó, qui s’est proclamé le 23 janvier dernier « président en charge » de manière inconstitutionnelle.

Le chef de l’opposition a écrit à António Guterres samedi dernier, le 26 janvier, demandant la mise en place de « mécanismes de soutien » pour faire face à ce qu’il a appelé la « crise humanitaire » en République bolivarienne.

Dans sa réponse, M. Dujarric a déclaré jeudi que l’ONU est prête à continuer à coopérer aux activités de développement au Venezuela, en comptant sur l’approbation du gouvernement du président Nicolas Maduro, le seul gouvernement qui reconnaît.

Le porte-parole a souligné que la reconnaissance des gouvernements n’est pas une fonction du Secrétaire général de l’ONU, mais des États membres, et que dans ses relations avec les États membres, elle respecte « les décisions » de l’Assemblée générale et du Conseil de sécurité.

Quant à la détention au Venezuela de trois journalistes de l’agence de presse espagnole Efe, M. Dujarric a estimé qu’il était « crucial » que les journalistes « puissent reporter librement et que leurs droits soient pleinement respectés », au Venezuela comme dans tout autre pays.

Le ministre vénézuélien des Affaires étrangères, Jorge Arreaza, a blâmé jeudi les médias pour ces arrestations, les accusant d’avoir envoyé leurs employés sans se conformer à la loi et d’avoir « fait un scandale » contre le gouvernement. Le directeur de l’agence Efe a informé dans son compte Twitter de la libération des détenus.

Le porte-parole de l’ONU s’est également félicité de l’initiative du Mexique et de l’Uruguay d’organiser une réunion internationale dans le but de lancer un dialogue politique au Venezuela.

« De toute évidence, la communauté internationale peut jouer un rôle clé pour faciliter la conclusion d’accords inclusifs « , a déclaré le porte-parole, qui a déclaré qu’il s’attendait à recevoir des détails sur la réunion que António Guterres tiendra avec des représentants du Mexique et de l’Uruguay.

Le Venezuela connaît des jours de grande turbulence en raison de l’autoproclamation de Guaidó en tant que président par intérim, avec le soutien des États-Unis, malgré le fait que Maduro, légalement élu aux dernières élections présidentielles en 2018, a commencé son second mandat le 10 janvier.

Bien que certains pays occidentaux et latino-américains alliés à Washington aient reconnu Guaidó, d’autres comme la Bolivie, Cuba, le Mexique, la Russie, l’Iran, la Chine, la Turquie et la Syrie ont annoncé leur soutien total au gouvernement vénézuélien.

source : http://mppre.gob.ve/2019/02/01/guterres-onu-reconoce-maduro-presidente-legitimo-venezuela/

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Fort soutien des Nations Unies au gouvernement bolivarien du Venezuela (connaître les pays qui ont voté pour)

 

Un soutien manifeste au gouvernement du président Nicolás Maduro dans ses efforts pour préserver la paix et le maintien des institutions démocratiques a exprimé mercredi 57 pays membres du Conseil des droits de l’homme des Nations unies.

L’information a été fournie par l’Ambassadeur Jorge Valero, Représentant permanent du Venezuela auprès de l’ONU à Genève, qui a indiqué qu’il s’agissait d’une victoire éclatante pour le gouvernement et le peuple vénézuéliens contre la campagne médiatique internationale visant à promouvoir les tentatives de renversement du gouvernement bolivarien.

M. Valero a déclaré que la déclaration commune avait été lue par le représentant permanent de Cuba à l’ONU à Genève, l’ambassadeur Pedro Luis Pedroso, au nom de 57 pays d’Amérique latine, d’Europe, d’Afrique et d’Asie, comme une preuve convaincante que la révolution bolivarienne avait un vaste soutien, non seulement du peuple vénézuélien, mais du monde entier.

« Les gouvernements du président Maduro et du Venezuela reçoivent tous avec une joie sincère et une immense gratitude cette noble manifestation de solidarité et d’amitié de la part de pays qui représentent des millions et des millions d’êtres humains qui en disent assez de l’ingérence au Venezuela et exigent le respect de la souveraineté de la patrie de Simón Bolívar et Hugo Chávez « , a déclaré Valero.

Valero a souligné que cette nouvelle victoire de la diplomatie de paix bolivarienne est un coup dur pour les secteurs en déclin qui misent encore sur la violence face aux appels du président Nicolás Maduro au dialogue et à la paix, auxquels de vastes secteurs de la société continuent de faire partie intégrante. Venezuela

Lors de son discours à titre national, M. Valero a déclaré: « Merci infiniment aux pays qui ont soutenu la déclaration commune en faveur du Venezuela, qui a été lue aujourd’hui par l’honorable représentant permanent de Cuba, l’ambassadeur Pedro Luis Pedroso », a déclaré l’ambassadeur du Venezuela.

Il a souligné que cet appui écrasant réaffirme que le gouvernement présidé par Nicolás Maduro Moros est soutenu par la plupart des gouvernements et des peuples du monde.

Ci-dessous la déclaration commune en faveur du Venezuela:

  1. Nous reconnaissons qu’il est impératif que tous les États respectent la souveraineté de la République bolivarienne du Venezuela, conformément aux principes universels de non-ingérence dans les affaires intérieures énoncés dans la Charte des Nations Unies.
  2. Nous pensons que le peuple vénézuélien est le seul responsable de la détermination de son avenir sans ingérence extérieure.
  3. Nous appuyons le Gouvernement constitutionnel de la République bolivarienne du Venezuela dans son engagement à préserver la paix et les institutions démocratiques du pays, ainsi que sa détermination à garantir le plein respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales au Venezuela.
  4. Nous appuyons l’appel répété du président Nicolás Maduro Moros au dialogue politique entre les différents secteurs qui font la vie au Venezuela, dans le but de préserver la paix et de garantir la stabilité des institutions démocratiques du pays.
  5. Nous saluons les efforts louables déployés en faveur du dialogue politique et de la paix par l’Union des nations de l’Amérique du Sud (UNASUR) et par les anciens présidents espagnols José Luis Rodríguez Zapatero; Martín Torrijos du Panama; et Leonel Fernández, de la République dominicaine, avec l’envoyé spécial du Saint-Siège.
  6. Nous soutenons également l’intégration des pays d’Amérique latine et des Caraïbes dans la promotion du dialogue politique au Venezuela, à savoir: El Salvador, le Nicaragua, la République dominicaine, l’Uruguay et les États membres de la CARICOM.
  7. Nous condamnons toute action qui perturberait la paix, la tranquillité et la stabilité démocratique, compromettrait l’institutionnalité démocratique de la République bolivarienne du Venezuela et menacerait sa souveraineté.
  8. Nous pensons que la communauté internationale devrait promouvoir les capacités et fournir une assistance technique, à la demande du pays concerné, afin de relever les défis du pays en matière de droits de l’homme.

Cette déclaration a été signée par les pays suivants: Russie, Chine, Inde, Afrique du Sud, Iran, Vietnam, Algérie, Égypte, Jordanie, Koweït, Émirats arabes unis, Pakistan, Iraq, Liban, Libye, Angola, Éthiopie, Palestine, Qatar, Biélorussie, Arabie Saoudite, Azerbaïdjan, Syrie

Il est également soutenu par les pays suivants: Équateur, Bolivie, Cuba, Nicaragua, Saint-Vincent-et-les Grenadines, Saint-Kitts-et-Nevis, Dominique, Bahreïn, Comores, Djibouti, Somalie, Soudan, Tunisie, Yémen, Corée du Nord, Érythrée et Namibie.

Il est également approuvé par le Laos, les Philippines, le Soudan du Sud, la République du Congo, le Burundi, le Zimbabwe, le Myanmar, le Timor Leste, le Tadjikistan, Oman, la République démocratique du Congo, le Nigéria, la Guinée équatoriale, la Mauritanie, le Mozambique et le Togo.

 

 

Le Venezuela obtient l’appui de l’ONU pour la souveraineté et le dialogue

Je me souviens de Fidel disant qu’il y avait plus d’honneur dans les petits pays des Caraïbes que dans certains grands pays d’Amérique. Il notait aussi l’attitude des Africains qui malgré leur pauvreté avaient toujours résisté aux pressions contre Cuba de la part des Etats-Unis. Tous ces pays sous la menace des Etats-Unis, de la France et d’autres gangsters de la même espèce, témoignent en effet d’un courage que je leur envie. Que l’on ne me raconte pas de niaiseries, rien n’empêcherait que nous allions ne serait-ce qu’à une centaine  dire notre amitié à l’ambassade du Venezuela, à ce personnel diplomatique qui tient bon. Nous sommes en attendant bien contents d’avoir des pays comme la Russie et la Chine pour tenir bon, cela calmera peut-être nos ardeurs et celle de certains membres de la direction du PCF à jouer les défenseurs de droits de l’hommisme face à ceux qui tiennent bon (note et traduction de Danielle Bleitrach).

Le ferme refus des positions américaines de la Russie et de la Chine, ainsi que le soutien des pays d’Afrique, d’Amérique latine et des Caraïbes, ont conforté une position majoritaire contre les ingérences étrangères au Venezuela.

Le ferme refus des positions américaines par la Russie et la Chine, ainsi que le soutien des pays d’Afrique, d’Amérique latine et des Caraïbes, ont conforté une position majoritaire contre les ingérences étrangères au Venezuela. | Photo: EFE

Publié le 26 janvier 2019
Lors de la réunion extraordinaire convoquée par les États-Unis Au Conseil de sécurité, 19 pays sur 35 ont rejeté l’ingérence étrangère au Venezuela.

Le gouvernement vénézuélien a obtenu samedi le soutien de sa  souveraineté devant le Conseil de sécurité des Nations Unies ( ONU ), où 19 pays sur 35 ont exprimé leur opposition à l’ingérence dans les affaires intérieures de la nation sud-américaine et leur appui à un processus de dialogue entre les acteurs nationaux.

La réunion extraordinaire de haut niveau au sein de cet organe a été convoquée à la demande du secrétaire d’État américainMike Pompeo, afin de rechercher un consensus international pour légitimer le coup d’état en cours au Venezuela et la reconnaissance de l’imposition d’un « gouvernement fantoche ».

Cependant, la représentation des États-Unis, de ses gouvernements alliés dans le soi-disant groupe de Lima et d’une partie de l’Union européenne (UE) n’a pas atteint ses objectifs au sein du Conseil de sécurité, où la plupart des pays de tous les continents ont exigé le respect de la souveraineté vénézuélienne.

De cette manière, le ferme refus de la position américaine des grandes puissances dotées du droit de veto, la Russie et la Chine, ainsi que le soutien des pays d’Afrique, d’Amérique latine et des Caraïbes, ont conforté une position majoritaire contre l’ingérence étrangère au Venezuela.

Le monde a opté pour la démocratie

La Russie était l’une des 19 nations qui ont soutenu le dialogue entre les Vénézuéliens au sujet de l’ingérence. L’ambassadeur de Russie à l’agence, Vasili Nebenzia, a déclaré que « la véritable menace à la paix réside dans les États-Unis et leur volonté de participer au coup d’Etat ».

Avis également appuyé par la Bolivie, qui a dénoncé devant le Conseil que le véritable intérêt de la session convoquée par Mike Pompeo contre le Venezuela réside dans ses ressources naturelles et dans les divergences idéologiques et politiques avec le gouvernement bolivarien. « Quel pays est meilleur après une intervention américaine? », s’est interrogé le représentant bolivien, Sacha Llorenti.

CUBAONU

@CUBAONU

🇨🇺 en no considera que la situación en sea objeto del Consejo de Seguridad; mientras llama a la solución pacífica de las diferencias, así como al pleno respeto al Estado de derecho.

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La représentation diplomatique de la Chine a également apporté son soutien. « Nous soutenons les efforts du gouvernement vénézuélien pour défendre la souveraineté et la stabilité du pays (et) nous nous opposons à l’ingérence dans les affaires du Venezuela », a déclaré le diplomate Ma Zhaoxu. « La situation au Venezuela est interne et ne menace pas la paix internationale », a-t-il ajouté.

Pour sa part, l’ambassadeur permanent de Cuba, Anayansi Rodriguez, a déclaré que les agressions contre le gouvernement vénézuélien constituaient une tentative désespérée d’appliquer « une politique infructueuse de changement de régime », qui a été contrecarrée à plusieurs reprises « par la résistance inébranlable de la population vénézuélienne et sa volonté de défendre la souveraineté nationale.  »

Alina R. Duarte@AlinaTelesur

El Salvador: La solución pacífica de los conflictos, el pleno respeto a la no intervención y a la soberanía, y no el uso, o la amenaza del uso de la fuerza son el mejor camino para superar dificultades. 🇸🇻 🇻🇪

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Autres phrases à l’appui de la souveraineté du Venezuela

« La situation au Venezuela est un problème interne et ne constitue pas une menace pour la paix et la sécurité internationales. » Guinée équatoriale.

« Ils devraient promouvoir des moyens permettant de créer un environnement favorable au dialogue et à la coopération, qui facilite la résolution des difficultés du peuple vénézuélien. » Afrique du Sud.

« Pour répondre pacifiquement à la situation au Venezuela, le dialogue des parties est nécessaire et la Dominique offre ses bons offices pour faciliter ce processus. » Dominique.

« Nous exigeons le respect de la constitutionnalité du président Nicolás Maduro au Venezuela. » Nicaragua.

Alina R. Duarte@AlinaTelesur

Dominica: “Reconoce al Gobierno reelecto de la República Bolivariana de Venezuela”, “No puede haber un gobierno paralelo en Venezuela”, “La comunidad internacional debe ampliar esfuerzos para consolidar la paz, consolidar la reconciliación sin derramamiento de sangre” . 🇩🇲

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« C’est le peuple du Venezuela qui doit choisir son propre parcours sans aucune ingérence ». Mexique

« Les dirigeants des Caraïbes resteront attachés à la situation au Venezuela. Nous appelons à un dialogue pacifique et rejetons toute ingérence dans les affaires intérieures de ce pays. » La Barbade.

« La pire solution pour le Venezuela est de renforcer son isolement international. » Uruguay.

« La solution pacifique des conflits, le respect intégral de la non-intervention et de la souveraineté, et non le recours ou la menace du recours à la force, constituent le meilleur moyen de surmonter les difficultés. » El Salvador.

>>  Arreaza à l’ONU dénonce le coup d’État et affirme « Le Venezuela est irrévocablement libre! »