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Archives de Catégorie: Afrique

The newyorker : « Panthère noire » et l’invention de « l’Afrique »

  • « Panthère noire » et l’invention de « l’Afrique ». Je n’ai pas encore vu le film, mais ces contradictions je les ai vécu à Gorée, dans la porte des esclaves, avec mes amis sénégalais et le plus cher d’entre eux Semou Pathe Gueye avec qui nous n’avons cessé de discuter de la relation entretenue avec la france, de la manière dont les noirs américains étaient d’abord des Américains. Nous avons tant parlé des « origines » choisies, imposées, mythifiées… Leur sionisme à eux… la manière dont les femmes faisaient les frais de cette soif identitaire, avec le commentateur de l’ile de Gorée qui accusait Joséphine d’avoir incité son Napoléon d’époux d’avoir rétabli l’esclavage. La retape des marchands africains qui t’appellent « madame dakar.  Je crains d’être déçue par le film après pareille présentation.ce qui est sûr est que là aussi la mondialisation va déstabiliser, inventer et hollywood comme d’habitude est là.  (note et traduction de danielle Bleitrach )

le La Maison des Esclaves se dresse sur la côte rocheuse de l’île de Gorée, au large des côtes du Sénégal, comme une grande tombe rouge. Pendant les années de son fonctionnement, le bâtiment servait de point de rendez-vous aux esclavagistes qui trafiquaient une ressource apparemment inépuisable: les Africains, dont le corps même devenait la richesse des hommes blancs. Un portail connu sous le nom de «Porte du non-retour», menant aux navires négriers, offrit aux derniers prisonniers un dernier aperçu de la maison, avant qu’ils ne soient semés au vent et vendus en Occident. Pendant près de quatre siècles, ce trafic s’est poursuivi, ensemençant les populations des Caraïbes, du Brésil, d’Argentine, du Mexique et d’Amérique centrale et du Nord, drainant les sociétés de leurs populations principales tout en fomentant des conflits civils. En haute mer,

J’ai visité l’île de Gorée en 2003, avec un groupe d’universitaires noirs, quelques jours après que George W. Bush soit venu sur l’île et ait  offert des platitudes sur les cruautés de l’histoire humaine mais il s’est excusé du rôle des Etats-Unis dans le commerce de l’esclave transatlantique.  Les résidents de l’île nous ont accueillis dans les marchés comme des parents perdus depuis longtemps. Un jour, au cours d’un dîner, un guide sénégalais nous informa que nous n’étions ni leurs frères et sœurs ni même des parents éloignés de l’Afrique, ce qui implique que les salutations sur le marché avait été simplement une tactique de vente intelligente dirigée vers les Américains noirs crédules qui voyagent sur le continent à la recherche de racines, comme s’ils étaient abusés enfants adoptifs cherchant futilement leurs parents biologiques. « Vous êtes Américains. C’est tout », a-t-elle dit. Cet échange a eu lieu il y a quinze ans, mais je me souviens encore de la façon dont ses paroles étaient suspendues dans les airs, comme un verdict de culpabilité. La politique de «non-retour», a-t-elle suggéré, s’appliquait aussi aux descendants lointains.

Il y a une dissonance fondamentale dans le terme «afro-américain», deux ascendances rivales conjointes par un trait d’union. Cette dissonance – un trait d’union de l’histoire brutale qui est intervenue entre l’Afrique et l’Amérique – est le sujet de « Black Panther », premier volet brillant de Ryan Coogler de l’histoire du personnage noir de Marvel Comics. « J’ai beaucoup de mal en moi », a déclaré Coogler à l’audience de la Brooklyn Academy of Music mercredi soir. « On nous a enseigné que nous avons perdu les choses qui nous ont rendus Africains. Nous avons perdu notre culture, et maintenant nous devons nous débrouiller avec des déchets. »L’Amérique noire est constituée en grande partie par les descendants de personnes non seulement amenées au pays contre leur volonté mais plus tard intronisées dans une forme ambivalente de citoyenneté sans leur participation . Le quatorzième amendement, qui accordait la citoyenneté à tous ceux qui sont nés ici, aurait résolu la question du statut des ex-esclaves, bien que ces quatre millions d’individus n’aient pas été consultés lors de sa ratification. Le rendement tacite de cette histoire est la possibilité que les mots « Africain » et « Américain » ne soient pas joints par un trait d’union mais séparés par une ellipse.

Nos sensibilités sont habituées aux films de Marvel offrant des lignes claires d’héroïsme et de méchanceté, mais « Black Panther » tranche avec son méchant, Ulysses Klaue, un marchand d’armes blanc basé en Afrique du Sud, à mi-chemin du film. T’Challa de Chadwick Boseman, la Black Panther et le roi de Wakanda, affrontent Erik Killmonger, un mercenaire américain noir, joué par Michael B. Jordan, comme un rival, mais les deux personnages sont essentiellement des réponses duels à cinq siècles d’exploitation africaine aux mains de l’Occident. Le méchant, dans la mesure où le terme s’applique, est l’histoire elle-même.

Wakanda est un royaume technologiquement avancé en Afrique centrale qui n’a jamais été colonisé par aucun pouvoir occidental. T’Challa, noble chef d’un peuple non vaincu, soutient l’isolationnisme qui a toujours protégé le royaume; Killmonger, poussé par les horreurs qui ont frappé ceux qui ont été volés sur le continent, envisage une révolution mondiale, menée par Wakanda, pour renverser le statu quo. Lorsque Killmonger arrive, après la mort du roi T’Chaka (le père de T’Challa), il met en branle non seulement son rival, mais aussi des questions plus larges de légitimité, de lignage et de connexion. Black Panther, comme l’a souligné Ryan Coogler à Brooklyn, a été un personnage intrinsèquement politique depuis sa création, à l’époque du Black Power des années soixante-dix. Il est une réfutation de l’image de l’Africain paresseux et faux, promulgué dans le monde blanc et souscrit à même par beaucoup dans le monde noir. Coogler a dit à Marvel  que sa version de l’histoire resterait fidèle à ces éléments politiques. Il est traversé par le sentiment de nostalgie et de romantisme commun à la façon dont les gens d’une diaspora envisagent leur patrie lointaine.

Comme les bandes dessinées sur lesquelles ils sont basés, les films de Marvel, en général, se sont emparés des problèmes  politiques. « Captain America: The Winter Soldier », sorti en 2014, est confronté à des idées de guerre préventive, de drones et d’état de surveillance, en tant qu’éléments de la guerre contre le terrorisme. Le premier film «Iron Man», lancé en 2008, s’adressait aux profiteurs de guerre et aux entrepreneurs en armement à une époque où les États-Unis étaient encore fortement impliqués en Irak.

Pourtant, rien dans la collection de films de Marvel est ou pourrait être politique au même niveau que «panthère noire», parce que, dans ces autres histoires, nous étions au moins clairement sur où les lignes de fantaisie se sont écartés de la réalité. « Captain America » ​​est un riff fantastique sur l’idéalisme de la nation, filtré à travers le prisme de la Seconde Guerre mondiale, un événement historique dont les détails, si horribles et si inhumains soient-ils, ne sont pas contestés. La «panthère noire», cependant, existe dans une nation inventée en Afrique, un continent qui se débat avec des versions inventées de lui-même depuis que les hommes blancs l’ont d’abord déclaré le «continent noir» et se sont mis à piller son peuple et ses ressources. Ce fantasme de l’Afrique en tant que lieu dépourvu d’histoire était politiquement utile, justifiant l’impérialisme. Il a trouvé l’expression dans les échelons les plus élevés de la pensée occidentale, et a pris les contours de la vérité. En 1748, le philosophe écossais David Hume a écrit, Je soupçonne les nègres et toutes les autres espèces d’hommes d’ être naturellement inférieur aux blancs. Deux siècles plus tard, l’historien britannique Hugh Trevor-Roper écrivait: «Peut-être qu’à l’avenir, il y aura une histoire africaine à enseigner. Mais actuellement il n’y en a pas, ou très peu: il n’y a que l’histoire des Européens en Afrique.  »

L’Afrique – ou plutôt «l’Afrique» – est une création d’un monde blanc et des mécanismes littéraires, académiques, cinématographiques et politiques qu’elle a utilisés pour donner à la mythologie la crédibilité de la vérité. Il n’existe pas de nation telle que Wakanda sur la carte du continent, mais c’est tout à fait hors de propos. Wakanda n’est ni plus ni moins imaginaire que l’Afrique évoquée par Hume ou Trevor-Roper, ou celle canonisée dans des spectacles  hollywoodiens tels que «Tarzan». C’est une contre-mythologie rédemptrice. La plupart des cinéastes commencent par demander à leurs spectateurs de suspendre leur incrédulité. Mais, avec l’Afrique, Coogler . le film est une chronique dramatique presque transparente de la menace créée lorsque Killmonger se rend dans la nation africaine dont il descend. Pourtant, certains des points les plus convaincants de l’histoire sont ceux où la couture est la plus évidente. Killmonger est originaire d’Oakland, en Californie, où le Black Panther Party est né. (Dans une première scène, une affiche de Huey P. Newton, le co-fondateur du Parti, est accrochée à un mur, à côté d’une affiche Public Enemy.) Dans une séquence de combat impeccablement chorégraphiée, T’Challa avec le général Okoye, le Le chef des milices féminines de Wakanda, brillamment joué par Danai Gurira, et Nakia, un rusé espion Wakandan joué par Lupita Nyong’o, affrontent une équipe de kidnappeurs de type Boko Haram. Dans le même temps, il est pratiquement impossible de ne pas remarquer que Coogler a choisi un Américain noir, un Zimbabwéen américain et un Kenyan comme équipe de commando dans un film sur la rédemption africaine. La distribution comprend également Winston Duke, qui est Antillais, Daniel Kaluuya, un Britannique noir, et Florence Kasumba, une femme noire d’Allemagne. La déclaration implicite dans les deux thèmes du film et de son casting est qu’il existe une connexion, même  ténue et compliquée, parmi les descendants dispersés du continent. Coogler en dit autant à Brooklyn, quand il parle d’un voyage qu’il emmène en Afrique du Sud, comme recherche pour le film, et, après avoir découvert des éléments culturels qui lui rappellent les communautés noires des États-Unis, conclut: «Il n’y a aucun moyen qui pourrait effacer ce que nous étions pour des milliers d’années. Nous sommes africains.  » quand il a parlé d’un voyage qu’il a fait en Afrique du Sud, comme recherche pour le film, et après avoir découvert des éléments culturels qui lui rappelaient les communautés noires aux États-Unis, il a conclu: «Il n’y a aucun moyen de détruire ce pour quoi nous étions des milliers d’années. Nous sommes africains.  » quand il a parlé d’un voyage qu’il a fait en Afrique du Sud, comme recherche pour le film, et après avoir découvert des éléments culturels qui lui rappelaient les communautés noires aux États-Unis, il a conclu: «Il n’y a aucun moyen de détruire ce pour quoi nous étions des milliers d’années. Nous sommes africains.  »

ce qui différencie « Black Panther » des autres essais dans le genre super-héros est encore plus important. Le film ne parle pas de la domination du monde par une invasion extraterrestre ou une cabale folle de méchants, mais des implications d’une version de la domination occidentale qui nous accompagne depuis si longtemps qu’elle est devenue aussi ambiante que l’air. Quand Shuri, le chef de la technologie de Wakanda et la jeune soeur irrévérencieuse de T’Challa, est surprise par un agent blanc de la CIA, elle dit: « Ne me fais pas peur comme ça, colonisateur! » Quand j’ai vu le film, le public hurlait à l’inversion, « colonisateur » déployé comme une épithète plutôt que comme un signe de supériorité culturelle. En outre, Marvel a été critiqué pour ne pas avoir centré un film sur l’un de ses personnages féminins, mais ce sont les personnages féminins de «Black Panther» dont les idées et les déterminations dictent les termes sur lesquels se joue la rivalité entre les protagonistes masculins. T’Challa s’engage avec ses homologues féminins comme égaux; Killmonger tue deux femmes et assaille un tiers. Leurs positions politiques peuvent être tout aussi convaincantes; leurs idées sur le genre ne le sont pas.

Le commentaire de Coogler sur le tribalisme littéral de la diaspora africaine, son dévouement à une vision glorieuse de l’Afrique et, de façon provocante, son discours viscéral sur la souffrance d’exister comme orphelin de l’histoire – tel que vu dans l’histoire de Killmonger, dont L’Afrique n’est pas simplement historique mais aussi paternelaliste – elle est frappante mais pas unique. Le récit de l’Afrique comme une tabula rasa tragique dans l’histoire du monde existe en dialogue avec une autre version, tout aussi imaginaire, mais idéalisée, écrite par les descendants des Africains qui ont traversé la Maison des Esclaves et d’autres structures semblables. En 1896, après que les forces éthiopiennes ont vaincu une armée italienne envahissante lors de la bataille d’Adwa, les Noirs du monde entier ont célébré le pays comme la dernière réserve du continent libérée du joug du colonialisme et un signe d’espoir pour le peuple.monde noir – le Wakanda de son temps. Dans les années 1930, après l’invasion de l’Éthiopie par Mussolini, les Noirs américains et les Antillais de l’époque de la Dépression écumèrent des sous pour envoyer dans un pays qu’ils n’avaient jamais visité pour financer la résistance. À la fin du dix-neuvième siècle, l’éducateur et diplomate antillais Edward Wilmot Blyden envisagea et promut une sorte de sionisme noir, dans lequel les personnes d’ascendance africaine en Occident retourneraient travailler pour le compte de la rédemption africaine. Quel Blyden, et quel Marcus Garvey – un Jamaïcain qui, dans les années 1920, a organisé un effort panafricaniste mondial pour mettre fin au colonialisme européen – et ce que l’organisateur Audley Moore et le savant John Henrik Clarke, et quelle est la lignée entière de cette la tradition panafricaine  était une sorte de démocratie de l’imagination.

Je comprends cette histoire intuitivement et personnellement. Depuis vingt ans, j’ai consommé des volumes de l’histoire et des histoires africaines de la traite, cherchant des réponses aux mêmes questions que Coogler en Afrique du Sud, un fugitif de l’idée que je descends d’un endroit sans passé discernable. J’ai laissé tomber mon deuxième prénom et je l’ai remplacé par un prénom africain, dans le but de rendre transparent ce sentiment de connexion. Sur l’île de Gorée, j’ai patiemment écouté l’argument du guide, avant de lui faire remarquer que nous menions notre conversation en anglais, dans un bâtiment construit par les Français, dans un pays qui avait été une colonie de France, et que la question était pas si les Noirs américains conservaient un lien quelconque avec l’Afrique, mais si l’histoire avait laissé quelqu’un sur le continent encore en mesure de porter un jugement sur cette question. Les super-héros sont rarement chargés de ce type de levée existentielle, mais ce travail est incontournable dans les questions entourant Wakanda et la politique qui a choisi de l’imaginer . Marvel a fait beaucoup de films divertissants au cours de la dernière décennie, mais Ryan Coogler a fait un film profond.

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Publié par le février 19, 2018 dans Afrique, CINEMA, Etats-Unis

 

Les communistes soutiennent Ramaphosa en Afrique du Sud

 

 

  • Dans deux avis officiels postés sur Internet, le Parti communiste sud-africain (PCAS) a approuvé la destitution de Zuma et la décision du Congrès national africain (ANC) de nommer  Cyril Ramaphosa, chef du parti le 16 février 2018. Il s’agit d’une tentative pour en finir avec le règne de la corruption et de la mise en place de circuits parallèles ayant vocation au contrôle des citoyens et à l’enrichissement personnel, qui a aliéné une grande partie de la population, les plus pauvres en particulier face à l’ANC, les liens entre l’ANC et le PCAS sont historiques à commencer par Mandela , mais le PCAS s’était montré de plus en plus critique face à Zuma. (note et traduction de danielle Bleitrach)

Par Alessandra Monterastelli *

« Le Parti communiste sud-africain félicite le président de l’ANC, le camarade Cyril Ramaphosa, pour avoir été élu sans opposition le jeudi 15 février 2018 en tant que nouveau président de la République d’Afrique du Sud », note le les communistes accueillent Ramaphosa comme le nouveau président de l’Afrique du Sud .

« La tâche immédiate reste à réduire radicalement les inégalités de classe, de race et le sexe et le développement inégal entre les zones urbaines et rurales. En particulier, cela nécessite une plus grande attention au développement rural et la résolution des mesures politiques visant à améliorer la qualité de vie des les travailleurs et les pauvres, en donnant effet au droit au travail inscrit dans la Charte de la liberté et en élargissant le travail décent à tous », concluent-ils.

Ils font valoir que pour atteindre ces objectifs, Ramaphosa  se concentre sur le démantèlement des réseaux parasites autour de l’Etat sud – africain, en luttant de manière décisive contre toutes  toutes les formes de corruption et d’ irrégularités. « Cela inclut la démolition des mécanismes d’état parallèles », rappellent-ils.


Winnie Mandela Nelson Mandela et Joe Slovo dans une manifestation du Parti communiste sud – africain en 1990. Mandela a été membre du Comité exécutif central du PCAS

contre Zuma, l’ANC et la souveraineté de l’ Afrique du Sud 

« Le PCAS rejoint la grande majorité des Sud -africanos, pas moins camarades que notre alliance pour commémorer la destotution  du président Jacob Zuma. C’est quelque chose qui aurait dû se produire depuis longtemps « , concluent-ils dans une autre note, pour célébrer le renvoi de Zuma.

Les communistes dénoncent le pillage des ressources publiques qui ont eu lieu au cours de la gestion Zuma, en plus l’« érosion de l’Etat et du droit, la perversion des instuituions  clés de l’Etat et en particulier le pouvoir judiciaire, le manipulation  de l’opinion publique et la vente aux enchères de notre souveraineté nationale dans la poursuite de l’accumulation privée « , qui, ils concluent, » causé de grands dommages à notre pays.  » Ils rappellent que les principales victimes de telles actions de la direction de Zuma étaient la classe ouvrière et les pauvres dans les zones rurales et urbaines.

Le PCAS indique que le dépôt a été la victoire d’une longue et des luttes intestines de l’ANC et son Alinca (dont une partie PCAS), qui a finalement renversé le président qui a commis une erreur. « PCAS est fier du rôle qu’il a joué dans et au sein de l’alliance pour y arriver », disent-ils dans une note, saluant également le rôle important de nombreux journalistes dans le développement de cette tâche.

Les communistes soulignent également que la lutte contre le camp corporatif de l’Etat et contre le pillage des appels publics n’a pas pris fin, mais  nous sommes devant une étape importante. « La démission du président Zuma doit maintenant devenir un pont pour la mise en place de nouvelles actions. » L’élan pour l’autocorrection au sein de l’ANC et de l’Etat devrait continuer à être soutenu et accéléré. Ils continuent, en notant que l’une des tâches essentielles que les Sud-Africains doivent accomplir est l’intensification de la bataille pour démanteler les mécanismes parallèles de l’Etat. , y compris les unités de renseignement et les réseaux parasites associés:  »

 

* Stagiaire dans le Portail Rouge

De Portail Rouge 

 
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Publié par le février 18, 2018 dans Afrique, INTERNATIONAL

 

Pour les Libyens qui ont fui en Tunisie, l’exil est une « déchirure »

Près de 300 000 Libyens vivent en Tunisie. Un documentaire raconte leurs difficiles conditions de vie et les stéréotypes dont ils sont l’objet, là encore nous Français, du moins les partis politiques français qui dans un quasi unanimité ont soutenu la sinistre expédition de sarkozy et de l’OTAN, la violation de fait du mandat de l’ONU ne s’interrogent jamais sur les conséquences de leur droit de l’hommisme qui n’est que le paravent des intérêts néocolonialistes impérialistes. Que les autres partis, à commencer par les socialistes qui ont toujours la fibre colonialistes développée soit frappés de cécité, mais que nous communiste français avec l’attitude ambigüe de l’Humanité et du responsable de l’époque Jacques Fath, nous ne soyons pas en mesure de faire ici aussi le bilan de nos errances dans le sillage du PS et d’une conception « démocrate » à l’américaine du devoir d’ingérence est grave pour le passé mais aussi dans l’avenir.  C’est non seulement la Libye mais toute la région que cette intervention criminelle sous couvert de nous débarrasser du « méchant » tyran Khaddafi a destabilisé. Ceux qui font les frais de notre interventionnisme « humanitaire » ce sont les peuples et parmi eux les plus misérables. Une réflexion du Congrès s’impose quant à ce « bilan », celui de notre conception de l’anti-impérialisme et des guerres impériales, de notre manière de céder à la pression médiatique (note de danielle Bleitrach)

Les Tunisiens disent souvent que c’est à cause des réfugiés libyens que les prix des loyers et de l’alimentation ont augmenté (Erige Sehiri/image extraite de La Déchirure)
Maryline Dumas's picture
16 février 2018
Dernière mise à jour :
16 février 2018

TUNIS – La Déchirure. C’est le titre du documentaire, présenté ce jeudi 15 février au théâtre l’Étoile du nord, à Tunis, pour raconter la vie des Libyens exilés en Tunisie. La Déchirure, c’est ce qu’ont vécu ces personnes en quittant leur pays dans la tourmente, et parfois même leur famille. Réalisé par Erige Sehiri et produit par le média tunisien en ligne Inkyfada, ce film de 26 minutes retrace les difficultés auxquelles doivent faire face les Libyens.

« L’idée a émergé il y a deux ans, mais nous nous sommes vraiment décidés il y a un an », confie Erige Sehiri à Middle East Eye. La jeune femme veut d’abord dénoncer les stéréotypes.

« Les Tunisiens voient la Libye, malgré les guerres, comme un pays de pétrodollars. Et ils disent souvent que c’est à cause des Libyens que les prix des loyers et de l’alimentation ont augmenté. »

Les quelque 300 000 Libyens (selon l’Organisation internationale pour les migrations) vivant en Tunisie sont arrivés en différentes vagues. En 2011, après la révolution, ce sont surtout des familles kadhafistes qui se sont installées ici. Beaucoup avaient à l’époque les moyens de s’offrir de beaux appartements et ne regardaient pas forcément les prix.

Aujourd’hui, les salaires des fonctionnaires qui continuaient d’être honorés, même pour les exilés, sont parfois bloqués pendant des mois

En 2014, de nouveaux exilés ont débarqué, fuyant les milices et la violence. Parallèlement, la situation économique en Libye s’est dégradée. Aujourd’hui, les salaires des fonctionnaires qui continuaient d’être honorés, même pour les exilés, sont parfois bloqués pendant des mois. Les familles restées au pays ne sont plus en capacité de soutenir leurs proches. Le dinar libyen a fortement perdu de sa valeur.

Erige Sehiri le montre dans son film en accompagnant un homme qui cherche à changer de la monnaie. Les banques refusent. Il se tourne vers le marché noir où 1 000 dinars libyens (605 euros au marché officiel, 134,6 euros au marché noir du 15 février) s’échangeaient, au moment du tournage, contre 440 dinars tunisiens quand le cours officiel en aurait proposé 1500.

Passeport confisqué

Ensuite, Erige Sehiri souhaite montrer la souffrance des Libyens de Tunisie. « Les Tunisiens n’ont vraiment aucune idée de la violence que vivent certains Libyens ici », estime la réalisatrice. La Déchirure présente ainsi Ahmed, un ancien soldat d’une vingtaine d’années. Blessé à la tête, il est arrivé en Tunisie en 2011 sans ressources, et a vécu d’une ville à une autre dans le dénuement total. Aujourd’hui, c’est un ami, lui-même au chômage, qui l’accueille et le nourrit.

La Tunisie ne considère pas les Libyens comme des réfugiés

Une femme, mère de sept enfants, raconte, qu’après des soins effectués par une clinique privée tunisienne sur un de ses fils, gravement blessé, elle a reçu une facture de 65 000 dinars (22 012 euros). Elle est parvenue à réunir 53 000 dinars (17 948 euros). L’établissement a accepté de les laisser partir tout en confisquant leurs passeports. Ne pouvant payer le reste, elle est finalement rentrée en Libye, avec son fils, de façon clandestine, abandonnant ses papiers.

La femme et les enfants de Faraj Alajeeli (militant des droits de l’homme forcé à fuir vers la Grande-Bretagne après un kidnapping fin 2015), qui attendaient les visas permettant de rejoindre leur père et mari, ont vu ceux des enfants refusés. Dans le film, on voit la fille encourager sa mère à partir : « Si tu ne pars pas, ton visa va expirer ». « Une mère doit protéger ses enfants », lui rétorque la maman.

À LIRE : En Tunisie, les Libyens exilés ont le mal du pays

L’un des problèmes principaux rencontrés par les Libyens en Tunisie est l’absence de statut. On voit Erige Sehiri appeler le Haut-Commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR) et le Croissant-Rouge. Pour le premier organisme, « la question des Libyens n’est pas une priorité ». Le second ne s’occupe « que des réfugiés ». Or la Tunisie ne considère pas les Libyens comme des réfugiés. « C’est pourtant ainsi qu’ils se considèrent eux-mêmes », insiste Erige. Son travail sera prochainement publié sur Inkyfada au format web documentaire. De quoi mettre en lumière la situation floue des Libyens de Tunisie.

 
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Publié par le février 17, 2018 dans Afrique, GUERRE et PAIX, HISTOIRE

 

Exclusif/ Saïf al-Islam Khadafi: : Mensonge, voici ta vérité

 Information: le fils de Khadafi, libéré par des tribus, il s’exprime face à la cour pénale internationale et lance son mouvement dans une Libye déchirée, à suivre (note de Danielle Bleitrach)

 

Exclusif : Mensonge, voici ta vérité, par Saïf al-Islam Khadafi

12 Février 2018

Depuis la destruction de son pays, c’est la première fois que le fils de Khadafi s’exprime publiquement. Libéré depuis quelque temps et sous la protection de certaines tribus loyalistes, il a rédigé (en arabe) ce mémorandum pour faire le point sur la situation juridique et politique de son pays et pour apporter la contradiction à la Cour pénale internationale.

Exclusif : Mensonge, voici ta vérité, par Saïf al-Islam Khadafi
Ce mémorandum vise à cerner ce qu’a subi le peuple libyen au cours des six dernières années. Ces crimes ont été commis au nom de l’interventionnisme humanitaire, de la protection des civils, de l’introduction de la démocratie et de la prospérité. Les forces de l’Otan, avec l’aide de certains États arabes et de quelques Libyens, ont attaqué la Libye avec tous les moyens à leur disposition. Les justifications avancées étaient aussi fausses que pour l’invasion de l’Irak en 2003. Ce fut une destruction systématique d’un pays souverain et d’une nation pacifique. Cette note tente de présenter ces crimes à la communauté internationale, aux organisations de défense des Droits de l’homme et aux ONG, afin de soutenir la Libye et son peuple dans ses innombrables efforts pour reconstruire ce petit pays.

La Libye à la croisée des chemins : au commencement

L’agonie de la Libye a commencé le 15 février 2011, quand un certain nombre de citoyens se sont réunis dans le calme pour protester contre l’incident survenu à la prison d’Abou Salim. La manifestation a été rapidement prise en otage par des éléments de groupes djihadistes tels que le Groupe islamique combattant libyen (GICL). Ces éléments ont attaqué des postes de police et des casernes de l’armée à Derna, Benghazi, Misratah et Al-Zawiya afin de voler des armes et de les utiliser dans leur guerre planifiée contre le peuple libyen et son gouvernement légitime. Toutes ces actions furent accompagnées d’une machine de propagande des chaînes Aljazeera, Al-Arabiya, BBC, France 24 et d’autres qui encourageaient le peuple libyen à affronter la police qui tentait de protéger les bâtiments gouvernementaux et les propriétés privées des attaques et des pillages.

Des scènes d’horreur ont eu lieu dans les rues, sur les ponts et dans des bâtiments des forces de sécurité où les manifestants ont commis des crimes innommables contraires a toute humanité. Des membres des forces de sécurité, des militaires et des policiers ont été égorgés, leurs cœurs ont été extraits de leur corps qui ont été coupés en morceaux ; un spectacle de brutalité et de sauvagerie indescriptible. Par exemple, le premier jour de troubles, le 16 février 2011, dans la ville de Misrata, les soi-disant manifestants pacifiques ont tué et brûlé un homme, Musa Al-Ahdab. Le jour même à Benghazi, un officier de police a été tué et démembré [1 ]. Ces actes barbares ont été commis par des personnes armées utilisant des chars, des mitrailleuses et des mitrailleuses antiaériennes dans les villes de Misrata, de Benghazi et d’Az Zaouiyah [2 ]. Ces scènes sont bien documentées et peuvent être visionnées sur YouTube [3 ] et sur les réseaux sociaux.

Ainsi, les victimes sont tombées par dizaines contrairement à ce qui a été rapporté par les médias biaisés. Selon Aljazeera, et les groupes d’opposition libyens, à la fin de 2011, le nombre de personnes tuées atteignait 50 000. Cependant, en 2012, le gouvernement d’Abdel Rahim al-Kib a annoncé que le nombre de victimes enregistrées entre le 17 février 2011 et la fin de la guerre en octobre 2011 était de 4 700 —incluant des personnes décédées de mort naturelle [4 ]. Malgré le nombre très élevé de victimes évoqué par des statistiques, leurs noms et leurs identités ne sont pas communiqués et aucune famille n’a demandé à être indemnisée par le gouvernement.

La campagne de propagande et les mensonges qui accompagnaient les accusations contre les militaires ne s’arrêtaient pas à l’inflation des victimes, mais affirmait que le régime utilisait des avions militaires pour attaquer les civils, ordonnait des viols de masse à l’armée et aux forces de sécurité, [5 ] avec du Viagra trouvé dans les chars [6 ], recourrait à des mercenaires africains et algériens, et devait faire face aux défections de pilotes d’avion vers Malte [7 ]. Aucune de ces imputations n’a été prouvée à ce jour et ne correspond à quelque vérité que ce soit. Les enquêtes de l’Onu, celles d’Amnesty International et d’Human Rights Watch [8 ] n’ont pu vérifier aucun des cas d’enlèvement parmi les 8 000 dénoncés par l’opposition libyenne. En réalité, toutes ces imputations ont été fabriquées notamment par Al-Jazeera et sont dénuées de crédibilité. Identiquement, l’accusation d’utilisation de Mirages de la base aérienne d’Al-Weathy, à l’extrême ouest de la Libye, pour attaquer des civils à Benghazi n’a aucun poids puisque ces avions ne pouvaient pas faire l’aller retour compte tenu de leur consommation de carburant. Il est en effet impossible pour ce type d’appareil d’attaquer des cibles à 1 500 km et de revenir sans ravitaillement, et il y avait des bases aériennes autour de Benghazi utilisables par le gouvernement libyen si nécessaire. De même, le Viagra prétendument retrouvé dans les chars ressort du même piège : la Libye avait une armée jeune, professionnelle et morale, qui ne pensait pas à commettre de tels crimes et n’avait pas besoin de Viagra pour activer ses désirs sexuels. Ces histoires fabriquées sont simplement des intoxications comparables avec les sept minutes nécessaires pour que des armes de destruction massive irakiennes attaquent l’Occident. Aujourd’hui, les affaires irakiennes et libyennes ont commencé à faire rire les peuples irakien, libyen, états-unien et européen. (Rapport d’Amnesty International [9 ])

La Cour internationale de Justice (CPI)

La CPI (Cour pénale internationale) [10 ] a délivré en 2011 un mandat d’arrêt à l’encontre de Mouammar Kadhafi, de Saïf Al-Islam Kadhafi [11 ] et d’Abdallah Senoussi, accusés de crime contre l’humanité. Malgré la gravité du crime, la CPI n’a mené aucune enquête sur le terrain et a tiré ses conclusions et identifié les auteurs en deux semaines après sa saisine par le Conseil de sécurité de l’ONU. Le calendrier accordé au procureur n’a pas été présenté et il ne disposait de toute manière pas du temps nécessaire pour préciser les peines encourues. À cet effet, Ahmed Al-Jehani, le coordinateur du CNT CPI-Libye, a déclaré que « L’affaire CPI contre la Libye est purement politique car les membres de l’Otan ont demandé au Conseil national de transition (CNT) de dresser lui-même la liste de fonctionnaires qui seraient accusés de crimes contre l’humanité ». Le CNT a désigné Al-Jehani pour préparer cette liste comprenant une dizaine de noms, cependant la CPI n’en a retenu que trois. Al-Jehani a également ajouté que toutes les accusations étaient fabriquées. Il a réaffirmé son point de vue lors de sa rencontre avec Saïf Al-Islam et l’a assuré que la justice libyenne ne pourrait pas le déclarer coupable. Al-Jehani a ajouté qu’avec son équipe, il avait fabriqué cette affaire parce qu’ils la savaient perdue d’avance, et qu’ils l’avaient poursuivie afin d’impliquer Saïf al-Islam dans des affaires financières et de corruption.

Al-Jehani a justifié ses fabrications et ses mensonges en affirmant qu’il sont [religieusement] licites durant les guerres (déclaration d’Al-Jehani documentée le 1er janvier 2012 et au tribunal d’Al-Zintan).

La CPI a adopté un double standard à propos de la guerre en Libye et de l’intervention de l’Otan. Elle a impliqué des personnalités politiques libyennes dans des crimes inventés alors qu’elle a ignoré et n’a pas condamné le massacre barbare de Mouammar Kadhafi [12 ] et de son fils Moatassem par les milices soutenues par l’Otan [13 ]. La seule réaction de la CPI a été d’abandonner les poursuites contre Mouammar Kadhafi après sa mort. Cependant, la CPI tenait là une affaire solide, les médias ayant bien documenté le meurtre, il n’était besoin d’aucune preuve supplémentaire pour traduire les responsables en justice. La CPI pourrait facilement arrêter les auteurs qui assument des responsabilités politiques et diplomatiques dans diverses capitales européennes. Une position similaire a été prise par la CPI contre Abdallah Senoussi après qu’il ait été enlevé en Mauritanie par le gouvernement libyen [14 ]. La Cour s’est limitée à cesser d’exiger son extradition. Elle n’a même pas suivi la violation de ses droits, ni le traitement inhumain qu’il a subi dans la prison de la milice, alors même qu’il était détenu par des djihadistes notoires, le Groupe islamique combattant libyen (GICL). Le directeur de la prison n’était autre que le chef du GICL, Abdelhakim Belhadj.

Belhadj est bien connu de la CIA et des gouvernements occidentaux. La CIA l’a arrêté après son évasion de Kandahar, interrogé et extradé vers la Libye en 2002, l’accusant de terrorisme [15 ]. En 2009, lui et des membres du GICL ont été libérés de prison en vertu de la loi d’amnistie générale [16 ]. Le bilan terroriste de Belhadj parle de lui-même. En 1994-1997, il a ordonné le massacre de 225 personnes. En 1997, il a ordonné le meurtre des touristes allemands, Steven Baker et de son épouse Manuela Spiatzier. Néanmoins, il a assumé un poste de haut rang en Libye. Il était ministre de la Défense et responsable de la sécurité à Tripoli, directeur général des prisons libyennes et à ce titre directement responsable de la cellule d’Abdallah Senoussi. Informée du casier judiciaire de Belhadj, la CPI a exprimé son assurance qu’Al-Senoussi était entre de bonnes mains et a soutenu son procès en Libye.

L’Otan et certains pays du Golfe ont ignoré les activités terroristes de Belhadj et l’ont reconnu à la fois comme un leader politique et militaire et comme un homme d’affaires. Il possède la plus grande chaîne de télévision d’Afrique du Nord, la plus grande compagnie aérienne de Libye, une cimenterie, des propriétés en Espagne et en Turquie et un aéroport privé à Tripoli. Cet aéroport, cependant, a été utilisé pour acheminer des terroristes de Libye vers la Syrie. Ces terroristes ont été financés à hauteur de 160 milliards de dollars en 2010.

Belhadj et d’autres sont responsables de l’utilisation abusive des actifs de la Libye et d’avoir mis fin au plan de développement de la Libye d’une valeur de 200 milliards de dollars selon la Banque mondiale. Belhadj, l’homme du Qatar, est un exemple de la vie somptueuse des seigneurs de la guerre alors que les citoyens libyens ordinaires sont plongés dans une extrême pauvreté.

Les violations des Droits de l’homme par les milices

Les commandants des milices et les seigneurs de guerre ont commis d’odieux crimes contre l’humanité, détruit des villes et des infrastructures vitales au cours des six dernières années. Parmi ceux-ci :

– Des gens ont été brûlés, cuits vivants, et soumis aux formes les plus abjectes de torture.
– Des prisonniers politiques, des agents de sécurité et des soldats ont été jetés dans la fonderie de Misrata.
– Surtout, les milices ont organisé un trafic d’organes humains prélevés dans les prisons.
– Dans le contexte de la complexification de la scène politique libyenne, Daesh a également ajouté d’autres atrocités en massacrant, en crucifiant des gens et en les émasculant.

Un nettoyage racial et ethnique sans précédent, un génocide, a été commis contre cinq villes libyennes et son peuple. 55 % des Libyens ont été contraints de fuir leur pays vers les États voisins. En outre, des centaines de maisons ont été incendiées à Bani Walid [17 ] et dans cinq autres villes de Warshafana, [18 ] la ville de Syrte a été rasée [19 ] des zones résidentielles peuplées ont été bombardées à Benghazi [20 ] et à Derna. Même Tripoli la cosmopolite a enduré une purification ethnique et raciale en particulier dans les zones fidèles à Mouammar Kadhafi.

Outre les violations systématiques des Droits de l’homme, les milices et leurs dirigeants ont détruit les infrastructures essentielles [21 ]. En juillet 2014, ils ont mis le feu à l’aéroport de Tripoli et à la flotte aérienne ainsi qu’aux réservoirs de pétrole numéros 24 et 25 [22 ] [23 ] [24 ] [25 ].

Malgré les actions destructrices des milices et la torture brutale, la communauté internationale et les organes de l’Onu ont ignoré ces crimes et n’ont pas traduit ces chefs de guerre en justice [26 ].

Les atrocités de l’Otan et des milices libyennes contre des civils et des personnalités publiques

Les avions de l’Otan ont pris pour cibles des civils dans diverses villes, à savoir Zlitan, Syrte, Surman, Tripoli et Bani Walid. Dans le sud de Zlitan et précisément à Majeer [27 ],84 familles, principalement des femmes et des enfants, ont été tuées de sang-froid par des frappes aériennes de l’Otan alors qu’elles dormaient [28 ]. Les médias ont montré des corps d’enfants sortis des décombres et une femme, Minsyah Khleifa Heblow, coupée en deux. D’autres sont morts dans cette scène très perturbante. Dans un autre cas, la famille de Khaled K. Al-Hamedi a été tuée par des frappes aériennes de l’Otan ciblées sur sa maison tuant ses enfants [29 ]. En outre, la famille Al-Jafarh a été tuée à Bani Walid [30 ] pendant que l’Otan visait sa maison durant le mois sacré du Ramadan. Sans oublier le bombardement bien documenté du convoi de Mouammar Kadhafi à Syrte, et l’assassinat du plus jeune de ses fils, Saïf Al-Arab, dans sa maison de Tripoli [31 ].

Les violations des Droits de l’homme, les homicides et tortures systématiques contre les civils libyens se sont poursuivis après que les milices eurent pris le contrôle de la Libye. Les victimes étaient des civils qui n’avaient pas participé à la guerre. La majorité était âgée et ne pouvait pas porter d’armes. Le comédien populaire Youssef Al-Gharyani a été détenu et torturé par les milices d’Al-Zawiyah.

Les milices de Misrata ont également détenu et torturé, l’ancien mufti de Libye alors âgé de 80 ans, Al-Sheikh Al-Madani Al-Sharif [32 ], parce qu’il n’avait pas approuvé ni soutenu l’intervention de l’Otan [33 ]. Le célèbre chanteur, Mohammed Hassan, a été violé et mis en résidence surveillée [34 ]. D’autres, comme l’économiste Abd-al-Hafid Mahmud al-Zulaytini, ont été jugés et condamnés à de lourdes peines de réclusion. De même, le président du Secours islamique, le Dr Mohammed Al-Shareef, a été condamné à une longue peine de prison. Le directeur des douanes et le responsable de la formation au ministère de l’Intérieur ont également été condamnés à de lourdes peines d’emprisonnement avec d’autres personnes condamnées à la peine de mort et à diverses peines d’emprisonnement. Il paraît absurde que ces personnalités aient été jugées pour trafic de drogue, trafic d’êtres humains et viol en plus de 17 autres accusations [35 ]. La question qui se pose est de savoir comment elles auraient pu s’unir et conspirer ensemble pour commettre de tels crimes durant neuf mois ?

Après que l’Otan a placé ces milices au gouvernement, des crimes terroristes plus horribles ont été commis contre des ressortissants libyens et étrangers. Un copte a été tué au bataillon de Misrata [36 ], d’autres à Syrte [37 ], de nombreux ouvriers chrétiens éthiopiens ont été assassinés [38 ], le professeur d’anglais-US, Roni Smith, à été assassiné à Benghazi [39 ], le personnel de la Croix-Rouge à Misrata a été assassiné en 2014 [40 ] un attentat à la bombe a été commis contre l’ambassade de France à Tripoli [41 ], et surtout l’ambassadeur états-unien à été assassiné à Benghazi en 2011 [42 ] par des terroristes notamment Tunisiens.

Toutes les victimes susmentionnées ont été dénoncées par Human Rights Watch et, dans certains cas, l’Otan a reconnu sa responsabilité. Cependant, la CPI a fermé les yeux et n’a pas enquêté sur de tels crimes en dépit des divers organismes nationaux et internationaux qui ont exigé l’ouverture d’une enquête transparente. La CPI a échoué en ce qui concerne la guerre en Libye. Elle n’a pas produit un seul mandat d’arrêt contre les chefs des milices et des forces de l’Otan. Il semble que la politique délibérée de la CPI est d’ignorer ces crimes attestés et ne se concentre que sur l’acte d’accusation et le procès de Saïf Al-Islam.

En ce qui concerne la famille de Mouammar Kadhafi, la CPI n’est pas considérée comme sérieuse, comme dans le cas de la torture d’Al-Saadi Kadhafi, à propos de laquelle le procureur de la CPI a affirmé poursuivre l’enquête. Cependant, une vidéo l’a montré être battu durant son interrogatoire. La même norme s’applique à l’affaire Abdallah Senoussi où le procureur de la CPI affirmait qu’elle délibère toujours sur sa condamnation à mort [prononcée en Libye]. Une déclaration similaire a été faite par son prédécesseur concernant l’attentat à la bombe et l’assassinat de Mouammar Kadhafi et des centaines de personnes présentes dans son convoi. La CPI n’a jamais montré de sérieux non plus face aux autres crimes commis par les milices contre des milliers de Libyens. Son seul intérêt étant de faire taire la voix de Saïf Al-Islam et d’éliminer tout leadership potentiel.

Les États membres de l’Otan et certains mini-États du Golfe devraient être tenus pour responsables du chaos créé en Libye depuis 2011. Ils sont intervenus en Libye au prétexte que Mouammar Kadhafi aurait massacré son propre peuple. Le scénario d’un dirigeant qui tue son propre peuple nous rappelle Tony Blair à propos de l’Irak. Il a déclaré en 2016 que c’était « la bonne chose à faire et que si Saddam était resté au pouvoir pendant le Printemps arabe, il aurait massacré les rebelles » [43 ]. À cause de cela, des pays ont été détruits, des milliers de personnes ont été déplacées et des biens nationaux ont été volés. À la suite de l’intervention militaire de l’Otan en Libye, Mouammar Kadhafi, ses fils et des milliers de Libyens ont été tués et des millions d’autres ont été déplacés.

Six ans plus tard, la stabilisation de la Libye est loin d’être réalisée. En bref, les milices libyennes se battent entre elles ainsi que les forces militaires des pays occidentaux qui se rangent du côté des différentes milices. La France reste militairement impliquée et a perdu trois soldats à Benghazi en juillet 2016 tués par des groupes qui soutenaient le soulèvement de 2011. Paris avait alors qualifié le soulèvement de « révolution » qu’il devait soutenir. Si cette croyance était vraie, pourquoi la guerre continue-t-elle aujourd’hui ? Et pourquoi 700 personnes principalement des officiers de l’armée ont-elles été assassinées ? Pourquoi le personnel du consulat états-unien a-t-il été tué à Benghazi ? Pourquoi l’Occident ignore-t-il la barbarie de Daesh qui égorge à Syrte, Misrata et Derna ?

La réponse à cette dernière question est claire, ces criminels ont été soutenus par l’Occident en 2011 parce qu’ils combattaient le gouvernement, apostat selon leurs dires. Pourquoi Daesh portait-il le même uniforme que celui importé pour les soldats libyens, et qui le leur a donné ? Pourquoi les membres de Daesh ont-ils reçu un salaire du ministère libyen de la Défense ? La réponse à ces questions doit être trouvée auprès des dirigeants réels du pays, à savoir Belhadj, Al-Shareef, le Groupe islamique de combat libyen et leurs codirigeants, les membres du Congrès national. Ceux qui gouvernent aujourd’hui la Libye sont bien connus du peuple libyen et de certaines ONG internationales. Jusqu’à présent, la Libye est toujours sous le contrôle des groupes djihadistes et l’Occident les soutient malgré les crimes qu’ils commettent contre la Libye et son peuple.

N’est-il pas étrange que les pays occidentaux, de la Norvège et du Canada au Nord, à Malte et à l’Italie au Sud, sans oublier le Qatar, les Émirats arabes unis, la Jordanie, le Soudan et le Maroc se soient associés dans une agression militaire contre des civils qui ne leur étaient pas hostiles, contre Saïf al-Arab, Mouammar Kadhadi et la famille Khuwaylidi et les 84 victimes innocentes de Madjer ? Alors que ces mêmes États sont patients et tolérants avec Daesh à Syrte, Misrata et Benghazi, ils endurent des attentats à la bombe dans des villes françaises et belges. Pourtant, les Etats membres de l’Otan et leurs alliés devraient les attaquer et les bombarder comme ils l’ont fait en Libye en 2011.

Enfin, en complément de cette série de crimes, les Etats occidentaux ont désigné un criminel de guerre responsable de la destruction de Bani Walid et du meurtre de ses enfants, Abderrahmane Souihli, en qualité de chef de l’État libyen. Ils ont nommé Premier ministre son neveu, Ahmed Miitig [44 ], Directeur général des Affaires étrangères sa nièce, Nihad Miitig [45 ] puis son beau-frère, Fayez el-Sarraj, nouveau Premier ministre. En outre, Abderrahmane Souihli a conclu un accord avec Abdelhakim Belhadj, le commandant du Groupe islamique de combat libyen (GICL), pour prendre la part islamiste de l’élection présidentielle. Cependant, il est bien connu en Libye que si des élections devaient avoir lieu aujourd’hui, les personnes susmentionnées ne garantiraient pas et ne se garantiraient même pas du vote de leurs familles. La popularité de Belhadj a été démontrée lors des élections législatives où il n’a obtenu que 50 voix dans le district de Sauaq Al-Joumah, qui compte 250 000 habitants.

Pendant ce temps et pendant l’écriture de ces lignes, la population des villes de Libye, incluant la capitale Tripoli où habite un tiers de la population, souffre de pénurie d’eau, vit dans l’obscurité à cause des coupures de courant, et est privée des installations médicales et des moyens de satisfaire les besoins humains fondamentaux. Selon l’Onu, 65 % des hôpitaux ont cessé de travailler [46 ]. Alors que le dinar libyen s’est effondré et que la production pétrolière est passée de 1,9 million de barils par jour à 250 000 barils [47 ]. Pour ajouter aux souffrances du peuple libyen, les routes principales ont été coupées en raison des opérations militaires et du banditisme, en plus de la campagne de bombardement qui s’étend de Derna à l’est de Syrte à l’Ouest à Benghazi et Ajdabiya. Les nouvelles quotidiennes les plus fréquentes sont les enlèvements contre rançon et le commerce des armes en plein essor dans la mesure où il est vendu sur Internet.

En conclusion, nous devons remercier nos « frères » du Qatar, du Soudan, de la Tunisie, de la Ligue arabe, des pays de l’Otan, de l’Union européenne et de tous ceux qui ont transformé la Libye en un État en faillite. Après la libération des prisonniers islamistes et d’autres, la Libye est devenue une zone pour héberger les plus grandes prisons privées. Un pays qui attirait des investisseurs du monde entier est devenu un État exportateur de migrants, y compris ses propres citoyens. 55 % de sa population a migré et s’est réfugiée partout à l’étranger. Un État qui a réuni les meilleurs experts juridiques et constitutionnels du monde, qui a été en mesure de forger une constitution nouvelle et moderne, est maintenant transformé en une zone gouvernée par 1 500 milices. Et enfin, un État où le vol était considéré comme étrange et inhabituel a été transformé en un lieu où des corps humains mutilés et décomposés sont déversés quotidiennement dans les rues et sur les routes, ce qui devient routinier et banal à travers le pays.

Commentaire du rapport de Herland : Saïf Al-Islam Kadhafi et la CPI

Avant le soulèvement, Saïf Al-Islam était l’architecte de la nouvelle Libye. Il a présenté sa nouvelle vision de la Libye libérée des prisons politiques, attachée à la Charte des droits de l’homme, à la distribution des richesses, à la prospérité et à la démocratie [48 ]. Il a entrepris des réformes politiques et économiques par lesquelles les prisonniers islamiques radicaux ont gagné leur liberté, ont été réhabilités et se sont engagés dans la société libyenne. Une fois le soulèvement violent survenu dans certaines villes, des sources locales confirment qu’il a offert son aide en aidant les personnes déplacées à travers le pays, a libéré les prisonniers de l’insurrection, a sécurisé les habitants de Misrata coincés par les combats et le peuple de Benghazi qui a fui les zones de combat.

Il a également appelé et soutenu les efforts de paix pour résoudre la guerre. Selon des sources sur place, il a demandé à l’administration de l’Université de Syrte d’imprimer 5 000 tracts et de les distribuer au convoi pacifique parti à Benghazi en observant les droits de l’homme. Il a appelé l’armée à respecter ses règles d’engagement, interdisant l’usage de la force contre des manifestants, selon le chef de la Joint Operation Chamber de 2011, Marchal Al-Hadi Embarrish, qui fut fait prisonnier par les milices d’Al-Zintan, maltraité et privé de soins médicaux jusqu’à sa mort d’un cancer en prison en 2014 [49 ].

Malgré les efforts de paix inlassables de Saïf Al-Islam Kadhafi, les avions de l’Otan l’ont ciblé lors d’une tentative d’assassinat qui a entraîné la mort de 29 de ses camarades et lui a infligé un handicap permanent [50 ]. En outre, il a perdu ses doigts et a subi de multiples blessures. Pourtant, la CPI n’a pas enquêté sur cette frappe aérienne, ni supervisé ses cinq années d’isolement [51 ]. En outre, la CPI a persisté à exiger son arrestation et son procès alors qu’il avait été condamné à mort par un tribunal libyen siégeant à la prison d’Al Hadba sous la direction de Khaled Al-Sharif, l’homme de Belhadj.

Pour ces raisons, l’instruction étant déloyale, le rejet de l’affaire est la seule suite qui devrait être approuvée. On pourrait faire valoir que l’affaire dans sa totalité devrait être abandonnée, surtout après l’assassinat du procureur général à Benghazi et la fuite de la plupart des fonctionnaires du ministère public alors qu’ils faisaient face à une immense pression des milices. Dans ces circonstances, les arguments de la CPI sont que sa peine de mort n’a pas été appliquée et qu’il devrait donc être arrêté et emprisonné à la prison d’Al Hadba.

Cependant, le ministère libyen de la Justice a fait appel de sa condamnation à mort pour cause de procès inéquitable, la cour étant placée dans une prison contrôlée par Al-Sharif, qui exerce un pouvoir sur le tribunal et les magistrats. Néanmoins, la CPI a continué d’appeler à un nouveau procès et a fermé les yeux sur le fait que Saif Al-Islam était détenu à la prison d’Al-Zintan et que le tribunal de Tripoli l’avait jugé via un circuit fermé de télévision. La CPI devrait respecter la loi libyenne et être consciente qu’une personne ne devrait pas être jugée deux fois pour un crime présumé. Mais le jeu final pour l’Occident et la CPI est de se débarrasser de Saïf Al-Islam Kadhafi comme ils l’ont fait avec son père Mouammar Kadhafi et ses frères.

Il est temps que la CPI abandonne ses doubles standards et se range du côté du peuple libyen dans son but ultime de sauver son pays de ces milices et de construire une nouvelle Libye où règnent les droits de l’homme, la prospérité, le développement et la primauté du droit. Nous demandons également à la CPI d’abandonner son appel pour que Saïf Al-Islam soit extradé et jugé à La Haye.

La CPI devrait reconnaître et respecter la loi d’amnistie générale du ministère libyen de la Justice. Saif Al-Islam Kadhafi devrait pouvoir assumer son rôle dans la lutte pour une nouvelle Libye démocratique. À cet égard, et après que les Etats occidentaux ont commencé à voir leur erreur, ils devraient travailler avec les Libyens sincères et les ONG pour traduire ces milices et leurs dirigeants devant la Justice pour le bien de la paix et la réconciliation.

Notes

[1 ] https://www.youtube.com/watch?v=POl… THE HANGING OF A LIBYAN SOLDIER IN THE STREETS OF BENGHAZI IN 2011
[2 ] https://www.youtube.com/watch?v=4sR… CIVILIANS DRIVING TANKS IN THE STREETS OF BENGHAZI
[3 ] https://www.youtube.com/watch?v=MxO… BURNING AND EATING THE LIVER OF A SECURITY OFFICER IN 2011 IN THE CITY OF MISRATA
[4 ] file :///C :/Users/Doaa/Downloads/2.%09https://www.theguardian.com/world/2… THE GUARDIAN REPORT ON THE ACTUAL NUMBER OF DEATHS IN THE 2011 WAR AMNESTY REPORT
[5 ] https://humanrightsinvestigations.o… RAPE CLAIMS
[6 ] file :///C :/Users/Doaa/Desktop/Letters/5%20https://www.theguardian.com/world/2… RAPE CLAIMS IN 2011
[7 ] https://www.youtube.com/watch?v=1dR… THE LIBYAN PILOTS IN MALTA
[8 ] https://www.hrw.org/ar/world-report… HUMAN RIGHTS WATCH REPORT
[9 ] https://humanrightsinvestigations.o… RAPE CLAIMS
[10 ] file :///C :/Users/Doaa/Desktop/New%20folder/8%20https://www.hrw.org/news/2011/08/01… CRIMINAL JUSTICE COURT REPORT ON MUAMMAR QADDAFI, SAFI AL ISLAM AND ABDULLAH AL SANUSSI
[11 ] https://www.icc-cpi.int/libya/gadda… CRIMINAL JUSTICE COURT REPORT ON SAIF AL ISLAM
[12 ] https://www.youtube.com/watch?v=TpB… MUAMMAR AL QADDAFI’S DEAD BODY
[13 ] https://www.youtube.com/watch?v=4pk… MUTTASIM MUAMMAR AL QADDAFI’S BEFORE-AFTER DEATH FOOTAGE
[14 ] https://www.youtube.com/watch?v=Kqq… ABDULLAH AL SANNUSI’S IMPRISONMENT IN MILITIA’S PRISONS
[15 ] http://www.bbc.co.uk/news/world-afr… BBC REPORT ON ABDULHAKIM BELHADJ LIBYA
[16 ] https://www.youtube.com/watch?v=ReQ… GENERAL AMNESTY LAW
[17 ] https://www.youtube.com/watch?v=FUH… SHELLING BANI WALID IN 2012 BY THE NEW GOVERNMENT’S MILITIAS IN 2012
[18 ] https://www.youtube.com/watch?v=yG-… BURNING OF HOUSES AND PROPERTIES IN THE CITY OF WERSHIFANA IN 2014
[19 ] https://www.youtube.com/watch?v=fIa… A WIPEOUT OF THE CITY OF SIRTE BY THE SO CALLED “REBELS” IN 2011
[20 ] https://www.youtube.com/watch?v=ZW9… THE DESTRUCTION OF THE CITY OF BENGHAZI
[21 ] https://www.youtube.com/watch?v=abV… MUAMMAR QADDAFI’S CONVOY AFTER GETTING STRIKED BY NATO IN 2011
[22 ] youtube.com/watch ?v=WrfSrvseOCg BURNING OF TRIPOLI INTERNATIONAL AIRPORT
[23 ] https://www.youtube.com/watch?v=mgW… BURNING OF LIBYA’S AIERIAL CONVOY AND AIRPLANES IN TRIPOLI INTERNATIONAL AIRPORT
[24 ] https://www.youtube.com/watch?v=NBE… SATELLITE IMAGES OF THE BURNING OIL TANKS IN TRIPOLI
[25 ] https://www.youtube.com/watch?v=P8t… OIL TANKS BURNING FOOTAGE LINK
[26 ] http://gate.ahram.org.eg/News/32366… YOUSEF AL-GHERIANI’S COURT DECISION
[27 ] https://www.youtube.com/watch?v=5uE… AL-JFAARA FAMILY MASSACRE IN BANI WALID 2011
[28 ] https://www.rt.com/news/bani-walid-… RT REPORT ON THE SIEGE OF BANI WALID AND CHILDREEN DEATHS IN THE CITY BY MILITIA SHELLINGS
[29 ] https://www.youtube.com/watch?v=YTU… AL-KHWAILDI’S FAMILY MASSACRE BY NATO IN 2011
[30 ] https://www.youtube.com/watch?v=5uE… MAJER MASSACRE BY NATO IN THE CITY OF ZLITIN 2011
[31 ] https://www.youtube.com/watch?v=6t0… MURDER OF SAIF AL ARAB MUAMMAR AL QADDAFI BY NATO IN 2011
[32 ] https://www.youtube.com/watch?v=Uop… KIDNAPPING AND TORTURING THE ISLAMIC SCHOLAR AL MADANI AL SHWEERIF BY “THE REBELS”
[33 ] https://www.youtube.com/watch?v=7wr… HUSSAIN AL KARAMI’S (ISIS TERRORIST) FRIDAY PRAYER SPEECH IN THE CITY OF SIRTE
[34 ] https://www.youtube.com/watch?v=FYu… THE FORCE-ENTRY OF MUHAMMED HASSAN’S HOME BY THE SO-CALLED REBELS IN 2011
[35 ] https://www.hrw.org/news/2015/12/03… HUMAN RIGHTS WATCH REPORT ON THE DARK PRISONS OF LIBYA
[36 ] http://www.masress.com/tahrirnews/311658 THE KILLING OF THE EGYPTIAN POPE IN THE CITY OF MISRATA IN 2012
[37 ] https://www.theguardian.com/world/2… THE MURDER OF 21 EGYPTIAN CHRISTIANS BY ISIS TERRORISTS IN THE CITY OF SIRTE
[38 ] file :///C :/Users/Lahwej/Downloads/37http://www.telegraph.co.uk/news/wor… THE MURDER OF 30 ETHIOPIAN CHRISTIANS IN LIBYA
[39 ] https://www.theguardian.com/world/2… MURDERING OF THE AMERICAN TEACHER IN THE CITY OF BENGHAZI
[40 ] https://www.theguardian.com/world/2… THE MURDER OF THE RED CROSS CREW IN THE CITY OF MISRATA
[41 ] http://www.bbc.co.uk/news/world-afr… THE FRENCH EMBASSY’S BOMBING IN TRIPOLI
[42 ] https://www.youtube.com/watch?v=1Ar… US EMBASSY ATTACKS IN BENGHAZI 2012
[43 ] https://www.youtube.com/watch?v=uMJ… TONY BLAIR ADDMITING THE “MISTAKE” OF THE INVASION OF IRAQ
[44 ] http://www.ahmedmaiteeg.com/%D8%B9%… AHMED MAETIEG’S WEBPAGE
[45 ] http://www.unmultimedia.org/arabic/… NIHAD MAETIEG SPEECH ON UN WEBPAGE
[46 ] http://www.who.int/countryfocus/coo… WORLD HEALTH ORGANISATION REPORT ON HEALTH-CARE IN LIBYA
[47 ] http://www.opec.org/opec_web/en/abo… LIBYAN OIL EXPORT REPORT IN 2015
[48 ] https://www.youtube.com/watch?v=ReQ… RELEASING ISLAMIC FIGHTING GROUPS FROM LIBYAN PRISONS
[49 ] https://www.youtube.com/watch?v=dkl… AL HADI EMBEERISH’S KIDNAPPING IN 2011
[50 ] https://www.youtube.com/watch?v=yJ8… SAIF AL ISLAM’S ARRIVAL IN THE CITY OF ZINTAN
[51 ] https://www.youtube.com/watch?v=YVa… AFP REPORT ON TOURTURING PRISONERS IN NEW LIBYA

https://www.tunisie-secret.com/Exclusif-Mensonge-voici-ta-verite-par-Saif-al-Islam-Khadafi_a1767.html

 

 
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Publié par le février 16, 2018 dans Afrique, GUERRE et PAIX

 

Assassinat de Sankara : pourquoi la France refuse-t-elle une enquête ?

Assassinat de Sankara : pourquoi la France refuse-t-elle une enquête ?

Le joug de la Françafrique

Sékou Touré, président guinéen (1958-1984)

En 1983, la France ne possède officiellement plus de colonies ; mais pour bien des pays africains, l’indépendance reste une chimère. Des liens très forts subsistent entre le gouvernement français et ses ex-colonies. Les réseaux franco-africains, gérés par le gaulliste Jacques Foccart, favorisent les chefs d’Etat les plus à même de garantir les intérêts géopolitiques et économiques du gouvernement français. Le Franc CFA, issu de l’époque coloniale, maintient les pays qui l’utilisent dans une véritable servitude monétaire, puisque 50% de leurs réserves de change doivent demeurer dans la Banque de France. Les rares gouvernements qui l’ont refusé, comme celui de Sékou Touré en Guinée, ont été victimes de multiples tentatives de déstabilisation… Les Présidents africains sont pour la plupart de dociles serviteurs des grands intérêts français, qui perpétuent des structures néo-coloniales à l’aide d’un puissant appareil de répression.

Félix Houphouët-Boigny, Président de Côte d’Ivoire (1960-1993) avec Jacques Foccart, gestionnaire des réseaux françafricains.

Félix Houphouët-Boigny est emblématique de cette génération de leaders africains qui sont demeurés au pouvoir avec le soutien actif et intéressé de l’Etat français. Président de la Côte d’Ivoire de 1960 à 1993, il plaidait pour le renforcement de la « France-Afrique« . Ce concept mélioratif a été repris par l’économiste François-Xavier Verschave qui a forgé le néologisme « Françafrique » afin de dénoncer les liens néo-coloniaux entre ces deux entités. C’est dans ce contexte que Thomas Sankara arrive au pouvoir en Haute-Volta (le nom que portait à l’époque le Burkina Faso), à la tête d’une troupe de jeunes officiers. La Haute-Volta est alors l’un des pays les plus sous-développés d’Afrique. En 1983 la mortalité infantile y est estimée à 180 pour 1000, et l’espérance de vie à 40 ans ; l’analphabétisme touche 98% des voltaïques, tandis qu’il n’y a qu’un médecin pour 50.000 habitants. Une situation qui ne laissait pas indifférent Thomas Sankara. Il devait déclarer plus tard, à la tribune de l’ONU :

« D’autres avant moi ont dit, d’autres après moi diront à quel point s’est élargi le fossé entre les peuples nantis et ceux qui n’aspirent qu’à manger à leur faim, boire à leur soif, survivre et conserver leur dignité. Mais nul n’imaginera à quel point le grain du pauvre a nourri chez nous la vache du riche »

« Malheur à qui bâillonne le peuple »

Âgé de 33 ans en 1983, Thomas Sankara est alors le plus jeune chef d’Etat au monde. Influencé par Karl Marx mais aussi par la Révolution Française, proche des courants communistes, il incarne pour beaucoup l’aile la plus radicale du spectre politique. Un an plus tôt, il avait démissionné du poste de secrétaire d’Etat à l’information en direct à la télévision, en déclarant : « malheur à qui bâillonne le peuple« . Il avait ensuite été nommé Premier Ministre après un changement de gouvernement, avant d’être arrêté et emprisonné ; sur ordre de la France, pensait-il, qui le voyait comme un dangereux agitateur. Il arrive finalement au pouvoir le 4 août 1983, à la tête d’un groupe d’officiers progressistes.

« C’est une lutte de classes sans pitié et sans merci »

Il renomme alors la Haute-Volta (patronyme hérité de l’époque coloniale) en Burkina Faso (« pays des hommes intègres » en Burkinabé) et engage son pays sur la voie d’une expérience révolutionnaire à marche forcée. Inspiré par Cuba, il entreprend la construction de grands chantiers (écoles, hôpitaux, logements, routes). Son but est de doter le Burkina Faso d’infrastructures modernes, mais aussi de concrétiser des droits qu’il considère comme élémentaires : doit au logement, à la santé, à l’éducation, à l’alimentation. Il mène une grande campagne d’alphabétisation, destinée à éradiquer illettrisme (qui touche 92% des Burkinabés en 1983) ; en quatre ans, le taux de scolarisation passe de 6% à 24%. Le gouvernement parvient, en quelques années, à vacciner des millions de familles, ce qui lui a valu les compliments de l’OMS.

Cette ambitieuse politique de réforme sociale ne peut se faire qu’en rompant avec le cadre néo-colonial, féodal et tribal qui prévalait alors. Une réforme agraire est enclenchée, et des tribunaux populaires sont mis en place afin de permettre aux paysans de juger (parfois de manière arbitraire) leurs ex-propriétaires. Une partie des ressources naturelles est nationalisée. Selon Jean Ziegler, rapporteur à l’ONU sur le droit à l’alimentation, le Burkina Faso était devenu autonome sur le plan alimentaire à la fin de la Présidence de Sankara.

Sankara pensait que sans souveraineté nationale et populaire, toute tentative de développement serait vouée à l’échec. Il savait que cette politique de redistribution des richesses et d’indépendance nationale multipliait ses adversaires : partisans de la Françafrique, entreprises transnationales, chefs tribaux et féodaux… « C’est une lutte de classes« , déclarait-il lui-même. « La lutte de classes est sans pitié et sans merci« . Il aimait à citer Saint-Just : « celui qui fait la Révolution à moitié creuse sa propre tombe« . 

Il cherche à promouvoir une forme de pouvoir populaire à travers les « Comités de Défense de la Révolution », des institutions locales dotées d’une forme de souveraineté. Si elles permettent effectivement l’inclusion des Burkinabés dans la vie politique, elles exercent aussi une fonction de contrôle et de répression des opinions divergentes. Sankara rejette l’autoritarisme de l’Union Soviétique et est favorable, sur le principe, au pluralisme des opinions et des pratiques politiques ; il pense cependant que dans le contexte extrêmement difficile du Burkina Faso, l’Etat (théoriquement contrôlé par le peuple) doit exercer une forme de censure et de répression. Cette posture l’a brouillé avec certains mouvements syndicaux ou libertaires qui l’avaient soutenu lors de son arrivée au pouvoir.

Thomas Sankara et Fidel Castro

« La patrie ou la mort, nous vaincrons ! « 

Thomas Sankara et Mouammar Kadhafi

Sa politique détonne de la même manière sur le plan international. Anti-impérialiste, il n’est pas pour autant aligné sur l’Union Soviétique, qu’il ne se dispense pas de critiquer. Il cherche à multiplier les alliances multilatérales avec les nations qu’il considère comme non-alignées : Cuba dirigé par Fidel Castro ; le Ghana présidé par le populiste Jerry Rawlings ; le Nicaragua de Daniel Ortega ; la Grenade sous Maurice Bishop ; ou encore la Libye de Mouammar Kadhafi ; alors « socialiste » et nassérien, le « guide suprême » Kadhafi, aussi erratique que mégalomane, finira par se retourner contre Sankara…

Sankara en appelle à chacun de ses déplacements à la solidarité internationale des peuples du monde entier en lutte contre les puissances de l’argent ; il clôture chacun de ses discours par le slogan retentissant popularisé par Fidel Castro et Che Guevara : « la patrie ou la mort, nous vaincrons ! « . Il plaide à l’ONU pour un ordre mondial libéré de la domination des puissances néo-coloniales et du pouvoir croissant des multinationales ; il se fait l’avocat des Sud-Africains victimes du régime d’apartheid, des Palestiniens, du peuple sahraoui en quête d’indépendance.

Thomas Sankara à l’ONU, en 1986

« Nous affirmons, comme Jose Marti,  que nous sentons sur notre joue tout coup donné à n’importe quel homme du monde. Nous avons jusqu’ici tendu l’autre joue. Les gifles ont redoublées, et le cœur de nos maîtres ne s’est pas attendri. Alors, nos yeux se sont ouverts à la lutte des classes. » (Discours de Thomas Sankara prononcé à l’ONU, 4 octobre 1984)

C’est peut-être son aplomb et son impertinence qui ont le plus marqué ses contemporains. Il n’a pas hésité, lors d’une conférence de presse (le 17 novembre 1986) en compagnie de François Mitterrand, à prendre celui-ci à parti pour dénoncer les liens entre l’Etat français et les dictatures africaines.

Thomas Sankara et François Mitterrand

Il s’était adressé au Président français en ces termes : « Nous n’avons pas compris comment des bandits, comme Jonas Savimbi [mercenaire angolais responsable de crimes contre l’humanité], des tueurs comme Pieter Botha[premier ministre sud-africain, partisan de l’apartheid] ont eu le droit de parcourir la France, si belle. Ils l’ont tâchée de leurs mains et de leurs pieds, couverts de sang« . Il avait ajouté, visant plus qu’implicitement le Président français : « tous ceux qui leur auront permis de poser ces actes en porteront l’entière responsabilité, ici et ailleurs, aujourd’hui et toujours« .

« La dette est une reconquête savamment orchestrée de l’Afrique »

Thomas Sankara n’entretenait pas (c’est le moins que l’on puisse dire) des relations amicales avec les Etats-clients de la France dont la Côte d’Ivoire de Félix Houphouët-Boigny était l’archétype. Elles se sont encore détériorées après le discours de Thomas Sankara à la conférence d’Addis-Abeba sur la dette. Sankara y dénonce le mécanisme d’exploitation que constitue le système de la dette.

« Le système de la dette fait en sorte que chacun de nous devienne l’esclave financier, c’est-à-dire l’esclave, tout court, de ceux qui ont eu l’opportunité, la ruse, la fourberie de placer les fonds chez nous avec l’obligation de rembourser »

Il ramenait la dette à ce qu’elle était en dernière instance : un rapport de force entre débiteurs et créanciers, nations du Sud et gouvernements du Nord, ex-colonies et ex-métropoles. Il connaissait trop les sacrifices imposés par l’austérité budgétaire aux pays du Sud pour songer à honorer les obligations du Burkina Faso auprès des créanciers internationaux.

« La dette ne peut pas être remboursée parce que, d’abord, si nous ne payons pas, nos bailleurs de fonds ne mourront pas. Soyons-en sûrs. Par contre, si nous payons, c’est nous qui allons mourir. Soyons en sûrs également »

Il exhortait (sans espoir) les autres gouvernements africains à refuser de payer leur dette d’un même jet « ceci« , ajoutait-il, « pour éviter que nous allions individuellement nous faire assassiner« . « Si le Burkina Faso tout seul refuse de payer la dette, je ne serai pas là à la prochaine conférence« , avait-il ajouté. Il ne croyait pas si bien dire.

L’héritage sankariste

Si le nom de Thomas Sankara est aussi respecté dans les pays du Sud, ce n’est pas seulement parce qu’il a été l’infatigable avocat de l’indépendance des peuples et l’acteur majeur de la révolution sociale burkinabée. C’est aussi parce qu’il a bouleversé en profondeur les mentalités de son pays. Il n’a pas hésité à défendre des réformes radicales destinées à émanciper les femmes burkinabées, dans une société extrêmement patriarcale. Il déclarait à ce propos :

« Poser la question de la femme dans le société burkinabée aujourd’hui, c’est poser la question de l’abolition du système d’esclavage auquel elle a été soumise pendant des millénaires. »

Proche de sa mère lorsqu’il était enfant, Thomas Sankara l’aidait dans ses tâches quotidiennes ; il était devenu sensible à la douleur de la condition des femmes burkinabées. Devenu Président, il avait institué la scolarisation égalitaire et mixte des filles et des garçons et encouragé la participation active des femmes au pouvoir politique via les Comités de Défense de la Révolution. Il avait mis en place des commissions spéciales chargées de réprimer les inégalités salariales entre hommes et femmes. Pour montrer la nature arbitraire de la distribution des rôles sociaux, il avait imposé une journée annuelle dans le calendrier burkinabé, où les hommes et les femmes échangeaient, pendant vingt-quatre heures, leurs rôles : les hommes allaient au marché tandis que les femmes partaient travailler.

Dans un pays fracturé par une multiplicité de clans et de tribus, de tensions ethniques et culturelles, Thomas Sankara promouvait un patriotisme républicain, destiné à faire disparaître ces distinctions au profit de la seule appartenance nationale. Il rejetait le concept de « négritude » cher à Aimé Césaire et Léopold Sédar Senghor, ou d’African personality, qui se développait en Amérique du Nord. Il n’y voyait que la promesse de vagues revendications identitaires, qui laissaient de côté les questions essentielles de classe et de souveraineté. Partout où il se déplaçait, à Ouagadougou comme à Harlem, il insistait sur la nécessité de transcender les barrières raciales pour permettre l’union des damnés de la terre entière contre l’ennemi commun.

Qui a assassiné Thomas Sankara ? 

La réponse la plus évidente est connue : il s’agit de Blaise Compaoré. Ce jeune officier avait suivi Sankara dans toutes ses aventures politiques. Il était considéré par Sankara lui-même comme son ami le plus proche et l’un de ses seuls confidents. Il l’a assassiné à l’issu d’un coup d’Etat, le 15 octobre 1987.

Blaise Compaoré et Thomas Sankara.

Jalousie, corruption, mégalomanie : nul ne connaît les mécanismes qui ont poussé Compaoré à trahir Sankara ; il n’existe de toutes façons aucun moyen de répondre de manière certaine à cette question, et ne présente qu’un faible intérêt politique.

Une question à laquelle il serait tout à fait possible de répondre et du plus haut intérêt politique, en revanche, réside dans les forces politiques, géopolitiques et diplomatiques qui ont soutenu ou préparé ce coup d’Etat. On sait que l’Etat français était très hostile à Thomas Sankara, pour des raisons évidentes. François Mitterrand n’était pas insensible aux problèmes du Tiers-Monde ; il a régulièrement plaidé pour l’annulation des dettes des pays du Sud ; néanmoins, il n’était pas favorable à ce qu’un leader radicalement indépendantiste mette en péril les intérêts géostratégiques et économiques de l’Etat français. Il faut ajouter à cela l’élection législative de 1986 qui a vu la droite l’emporter, le gouvernement Mitterrand accepter la cohabitation et le retour de Jacques Foccart au gouvernement. Le gouvernement américain de Ronald Reagan n’appréciait pas non plus outre mesure Thomas Sankara, ce dangereux marxiste qui multipliait les rencontres avec Fidel Castro, appelait les Noirs d’Harlem à se soulever contre leurs oppresseurs et conditionnait l’entrée des capitaux étrangers au Burkina Faso à des conditions extrêmement strictes. Les Etats africains n’étaient pas en reste ; les plus liés aux réseaux françafricains, comme la Côte d’Ivoire, voulaient se débarrasser de cet homme qui exposait à chaque instant leur duplicité et leur soumission à l’ordre néo-colonial du monde. Il faut ajouter à tout cela l’inimitié de la Libye de Mouammar Kadhafi et du chef de guerre (et futur président) libérien Charles Taylor à l’égard de Sankara. Tous deux avaient sollicité Sankara pour utiliser le Burkina Faso comme base militaire ; Kadhafi, dans ses lubies expansionnistes, souhaitait mener ses troupes vers le Tchad, et Charles Taylor effectuer un coup d’Etat au Libéria. Ils ont tous deux essuyé un refus de la part du gouvernement de Sankara.

Blaise Compaoré était l’un des intermédiaires entre Thomas Sankara et ces factions hostiles. Alors qu’il le conseillait, Blaise Compaoré avait des contacts réguliers avec la hiérarchie militaire et diplomatique libyenne et ivoirienne, ainsi qu’avec des personnalités françaises et libériennes. Après avoir pris le pouvoir, il a rétabli les liens d’antan entre son pays et l’Etat français, accueilli tous les capitaux internationaux à disposition et autorisé Charles Taylor et Mouammar Kadhafi à utiliser le Burkina Faso comme base militaire.

François Hollande et Blaise Compaoré.

L’Etat français  a témoigné sa reconnaissance à l’assassin de Sankara à de nombreuses reprises. Lorsque, en automne 2014, des centaines de milliers de Burkinabés ont contraint Blaise Compaoré à démissionner après vingt-sept ans de règne tyrannique, c’est le gouvernement de François Hollande qui a affrété un hélicoptèrepour permettre à Blaise Compaoré de fuir la colère de la foule ; il s’est réfugié en Côte d’Ivoire, dirigée par Alassane Ouattara, ex-ministre de … Félix Houphouët-Boigny. On ne laisse pas tomber un vieil allié après trente ans de bons et loyaux services.

Alassane Ouattara et Blaise Compaoré.

Bien sûr, toutes ces analyses, à elles seules, n’impliquent aucunement que toutes ces puissances géopolitiques (la France, les Etats-Unis, la Côte d’Ivoire et la Libye) aient effectivement contribué à l’assassinat de Sankara aux côtés de Compaoré. Sans éléments empiriques pour les appuyer, elles relèvent du procès d’intention. De multiples témoignages suggèrent une implication des services secrets français et américains, ainsi que de la hiérarchie militaire libyenne et ivoirienne. Le documentaire du journaliste italien Silvestro Montanaro en dévoile quelques-uns du plus haut intérêt, en caméra cachée. Un militaire libérien, ancien proche de Charles Taylor, y évoque notamment une décision coordonnée et multilatérale ; des représentants du gouvernement libyen, du gouvernement français et Charles Taylor lui-même se seraient retrouvés en Libye avec Blaise Compaoré pour planifier l’assassinat de Sankara. Il ajoute : « le piano fut accordé par les Américains et les Français. Il y avait un homme de la CIA à l’ambassade des États-Unis au Burkina qui travailla en étroit contact avec le chef des services secrets de l’ambassade française, eux ont pris les décisions les plus importantes ».

Ces éléments mériteraient, au moins, une enquête coordonnée des gouvernements français et burkinabé. Or, l’Assemblée refuse de nommer une commission parlementaire pour enquêter sur l’assassinat de Thomas Sankara. Les groupes communistes et de gauche anti-libérale déposent régulièrement des projets de loi destinés à former une telle commission. Le groupe France Insoumise se prépare en ce moment à effectuer une nouvelle tentative ; Djordje Kuzmanovic, porte-parole de la France Insoumise pour les questions de défense et de géopolitique et conseiller de Jean-Luc Mélenchon, travaille à l’élaboration d’un projet de loi qui ira en ce sens.

La parenthèse Sankara était terminée, la mafia françafricaine pouvait continuer à opérer comme au bon vieux temps. La vaccination, la scolarisation et l’accès à l’alimentation avaient cessé d’être des priorités du gouvernement burkinabé. Les indicateurs sociaux du Burkina Faso sont aujourd’hui parmi les plus faibles d’Afrique, que l’on prenne l’espérance de vie, la mortalité infantile ou le taux d’alphabétisation, l’un des plus bas du monde (27% en 2012)…

 

Pour aller plus loin :

  • Françafrique : le plus long scandale de la République, de François-Xavier Verschave. Il s’agit du meilleur livre sur la question françafricaine ; un chapitre est dédié au Burkina Faso.
  • La victoire des vaincus, de Jean Ziegler. Ancien rapporteur pour le droit à l’alimentation de l’ONU, conseiller (et admirateur) de Thomas Sankara, Jean Ziegler replace l’épisode burkinabé dans le contexte plus global de la mondialisation néolibérale.
  • Biographie de Thomas Sankara – La patrie ou la mort, de Bruno Jaffré
  • Le documentaire de Silvestro Montenero rassemble quelques témoignages du plus haut intérêt : https://www.youtube.com/watch?v=94hBLBThVdo
  • Les textes de Sankara, des études sur le Burkina Faso et des données statistiques sont compilées sur le site thomassankara.net.
 
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Publié par le octobre 17, 2017 dans Afrique, HISTOIRE

 

Le Che et Lumumba, ce qu’on ne pardonnera pas à ce héros…

Voici le visage réel du Che, celui qu’on ne lui pardonnera jamais, celui qui partout va dénoncer les crimes impérialistes, ici l’atroce meurtre de Patrice Lumumba, le dirigeant congolais, auquel l’impérialisme va substituer Mobutu quitte après à se moquer de ce continent et de ses « rois nègres bestiaux et stupides », après avoir exécuté Lumumba, Sankara et bien d’autres révolutionnaires. Oui ces hommes là avaient conscience de l’ennemi qu’ils affrontaient, du fait qu’ils étaient eux-mêmes condamnés mais ils sacrifiaient tout au réveil des peuples, des exploités… Ils donnaient leur vie pour cette cause. Aujourd’hui certains prétendent les salir, évoquer des « droits de l’homme »… Quelle farce… de quel homme prétendent-ils parler?

En français à Alger, il explique la position anti-imperilaiste de Cuba.

danielle Bleitrach

 
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Publié par le septembre 19, 2017 dans Afrique, HISTOIRE, INTERNATIONAL

 

LA CONQUÊTE DE L’ÉTHIOPIE ET LE RÊVE D’UNE SEXUALITÉ SUR ORDONNANCE (1), PAR MARIE-ANNE MATARD-BONUCCI.

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Le 9 mai 1936, à Rome, dans un discours retransmis par des milliers de haut-parleurs dans toute l’Italie, Mussolini annonce la conquête de l’Éthiopie. Du Palais de Venise où il est acclamé par une foule en liesse, le Duce prétend donner au monde une leçon de civilisation, célébrant le combat de l’Italie contre «l’arbitraire cruel», «l’esclavage millénaire» et la victoire de la justice sur la barbarie. La veille, dans un climat analogue, le Duce s’est adressé aux organisations féminines du régime, et a remercié les femmes d’avoir soutenu l’héroïsme de leurs frères, fils et maris en résistant aux sanctions décrétées par la Société des Nations(1). Quelques mois plus tôt pour la journée de la «Foi», des cohortes de femmes avaient offert leur alliance, le don de l’anneau nuptial symbolisant l’engagement de toute la nation dans l’aventure coloniale.

Cette communion des genres sur l’autel de l’impérialisme fasciste ne doit pas masquer que la guerre d’Éthiopie fut un pic d’exaltation de la virilité par un régime qui l’avait élevée à des sommets jamais atteints(2). «Rappelez-vous que la passion des colonies est la plus masculine, la plus fière et la plus puissante qu’un Italien puisse nourrir; aimez-les plus encore pour les sacrifices qu’elles nous ont coûtés et qu’elles nous coûteront que pour les richesses qu’elles pourront nous apporter. Préparez-vous à mesurer dans les colonies votre force de dominateur et votre pouvoir de condottiere» exhortait le maréchal Rodolfo Graziani, devenu vice-Roi d’Éthiopie en juin 1936(3). Guerre coloniale et fasciste, le conflit éthiopien fut pensé comme un temps fort dans la stratégie destinée à créer un «homme nouveau fasciste»(4). Soldats et colons étaient invités par le Duce, le maréchal Graziani et les élites fascistes à se comporter en peuple dominateur et impitoyable. Tous les moyens furent bons pour écraser un adversaire aussi mal équipé que déterminé: emploi de gaz asphyxiants, bombardements, massacres de civils, anéantissement des élites(5). L’Éthiopie fut le théâtre d’une violence extrême. Soldats et hiérarques expérimentèrent l’hubris guerrière, comme aux meilleurs temps du squadrisme, l’infériorité présumée des indigènes autorisant une cruauté particulière. Dans son journal, l’intellectuel et hiérarque fasciste Giuseppe Bottai déplorait des épisodes de barbarie dont s’étaient principalement rendus coupables des officiers et dirigeants : « Le mouton des classes moyennes devient un petit lion, confondant l’héroïsme et la cruauté »(6). Starace, le secrétaire national du parti fasciste, n’avait pas hésité à donner l’exemple, se livrant à des exercices de tir sur des prisonniers tandis que des soldats prenaient la pose près de cadavres ou brandissaint des restes humains comme des trophées.

En dépit de discours affichant un humanisme à l’italienne, les autorités fascistes ne réprimèrent pas ces pratiques barbares des combattants, jugeant plus important de modifier les comportements sur un autre terrain: celui de la sexualité. Quelques mois après le début des hostilités, les relations des Italiens avec les femmes éthiopiennes devinrent, aux yeux des élites fascistes, une véritable « question » politique et une bataille prioritaire du régime.

Les Éthiopiennes, obscurs objets de désir

Préparée par plusieurs décennies d’idéologie nationaliste, la conquête de l’Éthiopie avait suscité de nombreuses attentes au sein de la population italienne. Au désir des plus démunis d’accéder à la propriété foncière s’ajoutaient des motivations plus complexes où se mêlaient confusément, comme dans d’autres contextes coloniaux, exotisme et érotisme. La beauté légendaire des femmes de la région n’était pas pour rien dans l’attrait de cet Eldorado, l’espoir de les posséder apparaissant aussi légitime que la prétention à s’emparer des terres.
Photographies d’Éthiopiennes forcément dénudées, comme dans la plupart des représentations des femmes africaines jusqu’aux années Trente, romans populaires publicités et chansons avaient aussi contribué, avant et pendant la conquête, à répandre le stéréotype de créatures à la sensualité exacerbée, offertes au plaisir de l’homme blanc(7). Dans l’Italie puritaine qui n’autorisait la nudité que dans l’art, les poitrines des Éthiopiennes nourrissaient tous les fantasmes. « Les Italiens avaient hâte de partir. L’Abyssinie, à leurs yeux, apparaissait comme une forêt de superbes mamelles à portée de main » se souvient Léo Longanesi(8). Pendant la guerre, de nombreux dessins humoristiques véhiculés par la presse ou des cartes postales opposaient l’image d’un peuple d’hommes arriérés et sauvages et de femmes séduisantes et avenantes(9). Dans un registre qui se voulait humoristique, le dessinateur Enrico De Seta, sur une carte intitulée «Bureau de poste», montrait un soldat devant un guichet postal. Il s’apprêtait à expédier un curieux colis : une femme abyssine empaquetée dans une couverture, dont dépassaient la tête et les pieds(10)!

En 1935, la chanson Faccetta Nera, (Petite frimousse noire) avait accompagné les troupes en campagne. Composée d’abord en dialecte romain, la chanson était devenue très populaire dans sa version italienne(11). Les paroles étaient à l’image des sentiments complexes des colonisateurs à l’égard des femmes africaines : volonté de possession et de domination, promesse de libération et de civilisation, désir et fascination. « Facetta Nera, Belle abyssine, attends et espère, l’heure est prochaine. Quand nous serons près de toi nous te donnerons une autre loi et un autre roi. Notre loi est esclavage d’amour, notre slogan est liberté et devoir etc. »(12).

L’imaginaire des romanciers ou chansonniers n’était pas sans rapport avec une certaine réalité des rapports hommes femmes en Éthiopie. Tandis qu’en Italie les interdits pesant sur la sexualité des femmes étaient encore très forts, l’Éthiopie offrait aux femmes, surtout aux Amharas, une liberté plus grande, les relations hors mariage n’étant pas frappées d’opprobre comme dans les sociétés catholiques européennes. Non seulement le concubinage était une pratique qui n’était pas réprouvée par l’entourage – le mariage dämòs permettait aux femmes une forme d’union contractuelle temporaire- mais il pouvait s’inscrire, comme l’ont révélé des travaux récents, du point de vue des Éthiopiennes, dans le cadre d’une stratégie d’élévation sociale, voire d’émancipation(13). La pratique du madamismoétait répandue, en Somalie et en Érythrée, y compris parmi les fonctionnaires et militaires de haut grade(14). En Érythrée, le fonctionnaire Alberto Pollera, pour convaincu qu’il fût des bienfaits de la colonisation, et en dépit de ses responsabilités, n’en avaient pas moins six enfants de deux femmes érythréennes(15). Comme l’écrit Giulia Barrera: « The madamato was a set of relationships grounded in the material basis of colonialism and shaped by colonial discourse but it was lived out by concrete individuals: by men who participated in very different ways in the colonial enterprise and by women who were note merely passive victims »(16).

Pour les 300 000 pionniers et soldats présents après la conquête, certains subirent, effectivement, le «doux esclavage» mentionné par la chanson. Même quand la fascination n’était pas au rendez-vous, le concubinage s’imposait presque par défaut, représentant «la véritable institution des rapports sexuels sous le colonialisme»(17). En dépit de la propagande visant à les attirer, bien peu de femmes de métropole avaient accepté de s’installer sur place, craignant l’insécurité ou des conditions de vie précaire. Peu après la conquête, un navire de 2000 épouses et fiancées fut appareillé à destination de l’Empire(18). En 1938, 10 000 Italiennes avaient accepté de participer à l’aventure coloniale, dont la moitié dans la capitale de l’Empire. Le régime avait également cherché à installer des prostituées blanches recrutées dans la péninsule mais, là encore, l’offre était restée largement inférieure à la demande(19). Les hommes continuaient de fréquenter assidûment les sciarmute, les prostituées indigènes, que les autorités s’efforçaient contrôler. Parmi les 1500 femmes autorisées à faire le commerce du sexe à Addis Abeba, et contrôlées lors de visites médicales, les autorités distinguaient trois catégories, identifiables à la couleur d’un petit drapeau affiché sur leur tucul, l’habitation traditionnelle : jaune pour les officiers, verte pour les soldats et travailleurs, noir pour les troupes coloniales. Cette prostitution encadrée et hiérarchisée ne couvrait pas davantage les besoins et certains responsables militaires s’indignaient des longues files d’attente devant les bordels indigènes. Restaient enfin les prostituées occasionnelles ou clandestines, présentes sur l’ensemble du territoire.

Entre l’exploitation sexuelle des indigènes et la chasteté existait toute une gradation de comportements. Le concubinage fut l’un d’entre-eux qui présentait, avant d’être placé hors la loi, de nombreux avantages pour les colons. Avant la conquête de l’Éthiopie, dans les colonies italiennes d’Afrique noire, Somalie et Érythrée, il était fréquent que des fonctionnaires de l’administration coloniale ou des militaires vivent avec des femmes africaines. Les compagnes des Italiens étaient nommées les madame et le concubinage le madamismo. Ces unions donnaient souvent lieu à la naissance d’enfants métis qui eurent la possibilité, à partir de 1933, en vertu de la « Loi organique pour l’Érythrée et la Somalie » d’obtenir la nationalité italienne(20). En Érythrée, en 1935, on comptait 1000 métis sur une population de 3500 Italiens(21). Pour les colons, la mise en ménage avec des Éthiopiennes, résultait de motivations diverses, parfois concomitantes, qui n’excluaient pas le sentiment amoureux: disposer d’une compagne pour partager le quotidien et les tâches ménagères, disposer d’une partenaire sexuelle stable et plus sûre que des prostituées. Le journaliste Indro Montanelli, enrôlé comme volontaire en Éthiopie à l’âge de 23 ans, fut nommé à la tête d’un bataillon d’indigènes Érythréens. Il dit avoir « acheté » à son père pour 500 lires, une jeune fille de douze ans. Pratique répréhensible en métropole mais diffusée dans les colonies, celle-ci était justifiée en ces termes : « mais à douze ans [en Afrique] les jeunes filles sont déjà des femmes ». À son départ, il revendit la jeune fille « petit animal docile » à un officier de haut rang, lequel disposait déjà d’un « petit harem »(22) Selon son témoignage, la jeune fille était musulmane.

Avant que le racisme ne devînt doctrine officielle du fascisme, les points de vue sur les unions mixtes étaient partagés. Lidio Cipriani s’alarmait du métissage alors que les démographes Corrado Gini ou Domenico Simonelli y voyait une opportunité de régénération des populations européennes et, pour le second, un facteur de peuplement pour les colonies(23). Dans la presse coloniale, les unions mixtes n’étaient pas encore dénoncées(24). En février 1936, dans l’Illustrazione coloniale, Lorenzo Ratto opposait l’attitude raciste des colonisateurs britanniques à la tradition « romaine » de fraternisation avec les populations vaincues. Réprouvant le métissage avec les « nègres », il admettait les unions mixtes avec les Éthiopiennes, racialement supérieures : « les plus belles filles de race sémitico-éthiopiennes, facilement sélectionnables sur les plateaux éthiopiens pourront être choisies par les pionniers du Génie militaire rural pour faire partie de nos colonies en tant qu’épouses légitimes (…) »(25).

Texte paru in D. Herzog, Brutality and desire. War and Sexuality in Europe’s Twentieth Century, Palgrave Macmillan, 2008.

(Deuxième partie)

Pour aller plus loin:

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  1. «Éloge des femmes italiennes» discours prononcé le 8 mai 1936, in B. Mussolini, Édition définitive des œuvres de B. Mussolini, ed. Flammarion, vol. XI, 1938, p. 69-71. []
  2. Voir G. L. Mosse, L’image de l’homme. L’invention de la virilité moderne, Pocket, Agora, p. 179-203. B., Spackman, Fascist Virilities: Rhetoric, Ideology, and Social Fantasy in Italy, University of Minnesota Press, 1996. []
  3. Cité par F. Le Houérou, L’épopée des soldats de Mussolini en Abyssinie. 1936-1938. Les ensablés, L’Harmattan, 1994, p. 50. []
  4. M.-A. Matard-Bonucci, P. Milza, L’Homme nouveau entre dictature et totalitarisme, Fayard, 2004. []
  5. A. Sbacchi, Legacy of Bitterness. Ethiopia end fascist Italy, 1935-1941, The Read Sea Press, 1997. Voir en particulier le chapitre 3, “Poison gas and atrocities in the Italo-Ethiopian War, 1935-1936”, p. 55-85. A. Del Boca (dir.) , I gas di Mussolini. Il fascismo e la guerra d’Etiopia, Roma, Editori riuniti, 1996. G. Rochat, « L’attentato a Graziani e la repressione italiana in Etiopia 1936-1937 », in Italia contemporanea, 1975, n. 118, pp. 3-38. Plus généralement, voir l’œuvre considérable d’A. Del Boca, de R. Pankhurst. Voir aussi A. Mockler, Haile Selassie’s war : The Italian Ethiopian campaign, 1936-41, Oxford University Press, 1984, rééd. Grafton Books, 1987. []
  6. G. Bottai, Diario 1935-1944, Ed . Bur, 2001, p. 102, note du 16 mai 1936. []
  7. Sur la littérature coloniale : G. Tomasello, La letteratura coloniale italiana dalle avanguardie al fascismo, Palerme, Sellerio, 1984. R. Bonavita, « Lo sguardo dall’alto. Le forme della razzizzazione nei romanzi coloniali nella narrativa esotica », in La menzogna della razza. Documenti e immagini del razzismo e dell’antisemitismo fascista, Grafis, Bologne, 1994, p. 53-62. []
  8. Cité par A. Petacco, Faccetta nera, Mondadori, ed. 2008, p. 191. []
  9. Voir les vignettes reproduites dans le catalogue La Menzogna della Razza, p. 156-157. Sur l’iconographie coloniale : A. Mignemi., Immagine coordinata per un impero, GEF, 1984, Novara. G. Campassi, M.-Teresa Sega, « Uomo bianco, donna nera. L’immagine della donna nella fotografia coloniale » in Rivista di storia e teoria della fotografia, vol. 4, n° 5, 1983, p. 54-62. []
  10. L. Goglia, « Le cartoline illustrate italiane della guerra etiopica 1935-1936 : il negro nemico selvaggio e il trionfo della civiltà di Rome » dans le catalogue de l’exposition La menzogna della Razza, cit. p. 27-40. L’image décrite est située dans le catalogue, à la p. 175. []
  11. S. Pivato, Bella ciao. Canto e politica nella storia d’Italia, GLF, Editori Laterza, Bari-Laterza, 2007, p. 161-162. []
  12. Le texte de la chanson est publié par A. Petacco, op. cit., p. 189-190. []
  13. Après avoir été ignorée dans leur dimension raciste et sexiste, les relations hommes-femmes ont été analysées en privilégiant la clef de lecture de l’oppression coloniale puis du genre. Voir G. Campassi, « Il madamato in Africa orientale : relazioni tra italiani e indigene come forma di agressione coloniale » in Miscellanea di storia delle esplorazioni, Genova, 1987, p. 219-260. Giulia Barrera, dans une étude pionnière, se place du point de vue des femmes érythréennes livrant une vision plus complexe des rapports de genre dans ce contexte : G. Barrera, Dangerous Liaisons, Colonial Concubinage in Eritrea, 1890-1941, PAS Working Paper, Program of african Studies, Northwestern University, Evanston Illinois, USA, 1996. []
  14. Carlo Rossetti « Razze e religioni nei territori dell’Impero », L’impero (A.O.I). Studi e documenti raccolti e ordinati da T. Sillani, Rome, La Rassegna italiana, XVI, p. 76. L’auteur était le chef du Bureau des études du Ministère de l’Afrique italienne. []
  15. B. Sorgoni, Etnografia e colonialismo. L’Eritrea e l’Etiopia di Alberto Pollera 1873-1939, Torino, Bollato Boringhieri, 2001. []
  16. G. Barrera, Ibid., p. 6. []
  17. Voir A. Gauthier, “Femmes et colonialisme” in M. Ferro (dir.), Le livre noir du colonialisme. XVIe-XXIe siècle: de l’extermination à la repentance, Poche, Pluriel, Hachette, 2006, p. 759-811. La citation est à la p. 802. Voir également A.-L. Stoler, Carnal Knowledge and Imperial Power: Race and the Intimate in Colonial Rule, Berkeley: University of California press, 2002. []
  18. Article de Carlo Rossetti, Capo dell’Ufficio studi del Ministero dell’Africa italiana, « Razze e religioni eni territori dell’Impero », in L’impero (A.O.I). Studi e documenti raccolti e ordinati da T. Sillani, La Rassegna italiana, XVI, p. 76. []
  19. Sur la prostitution, A. Del Boca, La caduta cit. p. 244-245. Pankhurst, R. « The history of prostitution in Ethiopia », Journal of Ethiopian Studies, 12, n° 2, p. 159-178. []
  20. À condition, disait le texte de loi, que les intéressés « se montrent dignes de la nationalité italienne par leur éducation, culture et niveau de vie ». Loi du 6 juillet 1933, n° 999. []
  21. Chiffre cité par A. Del Boca, op. cit., p. 248. []
  22. Le témoignage de I. Montanelli est cité par E. Biagi in 1935 e dintorni, Mondadori, 1982, 58-61. []
  23. Sur C. Gini, M.-A. Matard-Bonucci, L’Italie fasciste op. cit., p. 74-75. D. Simonelli, La demografia dei meticci, 1929. []
  24. Avant la guerre d’Éthiopie, on ne trouve pas de textes dénonçant les méfaits du métissage dans la presse coloniale. Voir le mémoire de maîtrise inédit de F. Marfoli, La vision des Éthiopiens sous le fascisme : étude de quatre revues coloniales italiennes, dir. O. Dumoulin, Université de Rouen, sept-oct 2001. []
  25. Illustrazione coloniale, Fev. 1936, n.2, « Metodo romano per colonizzare l’Etiopia ». []