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Archives de Catégorie: mon journal

j’ai fait un rêve modeste et fou dans lequel les êtres humains et les arbres pourraient pousser en paix…

L’image contient peut-être : arbre, plein air et nature

A Marseille, dans le quartier de mon enfance, la Plaine, on abat des arbres magnifiques, des tilleuls, personne ne sait ce qui se fait là, au profit de qui? La société chargée des travaux à un coût exorbitant refuse de répondre aux habitants. Hier ils étaient sous une pluie battante en train de tenter de s’opposer aux tronçonneuses… Les forains ont été chassés… L’autre soir dans le réunion de section, nous avons parlé de ça dans le cadre de la préparation du Congrès… Nous avons tant à faire et ce monde est fou, malade du profit. De ça et de la jeune femme qui n’a plus sa place dans l’EHPAD depuis qu’elle a témoigné de la maltraitance. Elle a vu Ian brossat. Elle est dans notre quartier. Que de temps perdu alors qu’il y a tant à faire, sans parler de nos quartiers nord rongés par la misère, les plafonds des écoles qui tombent, des enfants exclus du droit à apprendre, une jeunesse que l’on condamne, des arbres que l’on abat…

Comment vous expliquer ce que sont ces arbres pour moi…

Enfant j’habitais rue Abbé Faria et j’allais à l’école à la rue de Lodi… J’avais une accompagnatrice, une petite vieille minuscule, je commençais à la dépasser malgré mes huit ans et je voulais aller seule à l’école en protestant « Elle est plus petite que moi »… Ma mère avait pour moi des rêves d’élégance et elle me coiffait d’un chapeau en feutre , « un Deana Durbin », elle me faisait enfiler un manteau bleu marine que je m’obstinais à porter renvoyé en arrière et des gants blancs que je perdais donc elle me les cousait aux manches et je les rongeais, j’en faisais des mitaines. Je ressemblais à Shirley temple, mais ma mère prétendait qu’en fait j’avais l’allure d’un curé de campagne…. Mais revenons-en la plaine… En fait c’est un plateau, au sommet d’une colline marseillaise, deux ou trois fois par semaine, il s’y tient un marché et l’après-midi « de mon temps », on louait des vélos pour faire les fous dans les allées. Il y a tout autour des commerces, de bouche en général, c’était le « ventre » de Marseille. Dans un immeuble, j’allais à cette époque prendre des leçons de piano, avec une vieille fille qui s’obstinait à me faire jouer « plaisir d’amour ne dure qu’une moment, chagrin d’amour dure toute la vie »et je devais chanter avec elle qui chevrotait mais chantait juste alors que moi je beuglais d’une voixc irrémédiablement fausse. Elle s’appelait mademoiselle Isnard et elle avait perdu son fiancé à la guerre de 1914-18, d’où la  chanson…

J’étais fascinée par les forains, les camelots qui vendaient des engins bizarres destinés à favoriser le travail de la ménagère, des produits d’entretien. Un jour l’un d’entre eux avisant mes chaussures blanches m’avait fait approcher et m’avait nettoyé le pied droit et laissé l’autre en état, tout en m’exhibant au public: regardez la différence, montre tes chaussures petite! » ma mère avait peu apprécié parce que j’avais peu de temps pour déjeuner à midi. Comme elle s’était désespérée que j’échange ma chaîne en or et sa médaille contre un porte plume où l’on voyait dans un oeillet la vierge de la garde. mais rien n’y faisait badaud, j’étais, badaud je reste et prête à me laisser fasciner par n’importe quelle saloperie pourvu qu’elle ouvre des horizons sur un ailleurs…  Puis il faisait si bon dans ces allées sous les grands arbres, des micocouliers, des tilleuls et des magnolias, le vrai luxe provençal: de l’ombre et un verre d’eau fraiche, des senteurs… A propos de fragances, comment vous dire à quel point j’étais gournmande mais là encore je lâchais la proie pour l’ombre… Ma mère n’a cessé de me décrire ce repas de midi qui refroidissait sur la table en m’attendant, l’inquiétude qui montait, une heure était passée et je n’étais toujours pas là… Elle a couru à ma rencontre le coeur battant et elle m’a retrouvée le nez collé sur une devanture de patisserie d’où s’échappaient des odeurs savoureuses, chaudes. Elle prétendait que j’avais une concinelle sur l’épaule et qu’un papillon valetait autour de moi…

Les arbres que l’on coupe c’est toute une enfance et pas seulement la mienne, celle de tous ces gens qui hier sont venu sous la pluie tenter d’empêcher les tronçonneuses… ce n’est pas grand chose par rapport aux malheurs du monde, à tout ce que cette malheureuse ville subit, à ce qui se passe dans les quartiers, à ces pauvres vieux qui ne sortent plus de chez eux… Ils ont si peu de colère… disait Aragon… mais jusqu’à quand ça va durer ? Cette arogance des copains et des copains, ce refus de s’expliquer?

J’ai fait une rêve modeste et fou pas politique du tout, mais dans le fond est-ce que j’ai jamais compris quelque chose à la politique? Je voudrais un Parti Communiste en état de marche ayant une démarche stratégique offensive qui n’en fasse plus le supplétif de tous les aventuriers à la recherche de glorification personnelle… Non je veux des objectifs clairs, des buts, des dirigeants en qui avoir confiance ne serait pour pouvoir de temps en temps m’occuper d’autre chose, une bonne organisation qui nous rende efficace… je ne demande pas à ce que l’on partage toutes mes visions, mes sensibilités, mes errances sur la planète, ce que je veux c’est avoir confiance et je n’ai plus confiance.

Pour le reste, il faut se faire une raison il y a des choses que je perçois en général c’est ce qui nécessite une longue vue, un téléscope, mais pour le concret, les petites manoeuvres, je suis inapte, j’ai le nez collé sur la vitreine de la patisserie, j’échange mon collier d’or contre de la verroterie… Je suis incapable de voir ce qui se passe dans un petit collectif et je me fait rouler dans la farine par n’importe qui. Comme me disait mon cher compagnon pascal Fieschi: « Tu as de la chance d’avoir l’air impériale, parce que s’ils te connaissaient il feraient de la charpie de toi! »Ils ont fait effectivement de la charpie de moi… mais rien ne me décourage, l’injustice m’est insupportable… Je ne demande ni gloire, ni pouvoir, ni responsabilité, non simplement que nous soyons ensemble pour mener de justes combats, des gens prêts à rendre ce monde un peu plus supportable…

danielle Bleitrach

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Publié par le octobre 17, 2018 dans mon journal

 

Michel, Mon camarade, l’historien et le « partageux »

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Michel Vovelle est mort. Je pourrais longuement parler du grand historien, celui qui considérait le positionnement révolutionnaire dans cette discipline comme son devoir. IL était une sentinelle et modestement il a tenu ce qu’il considérait comme un front jusqu’à la fin, avec son vieux et rude complice, Claude Mazauric, salut Claude, je pense à toi. Mais d’autres le feront, c’est un travail nécessaire non pour lui mais pour nous tous, les communistes, mais aussi notre pays en proie à tous les négationnismes, celui des révolutions, de leur nécessité, ce combat dont il disait en souriant qu’il était celui des « partageux ».

D’autres citeront son oeuvre, son apport en matière d’histoire des mentalités, des mentalités  bien amarrées à l’école des Soboul, Mathiez, et pourtant sur le terrain que prétendait investir l’adversaire, au point de faire le lien avec quelqu’un comme Carlo Guizbourg. Ils ont tenu bon, face au relativisme post moderne autant que devant un Furet. Il reste celui qui m’a fait découvrir le monument à la Révolution française, celui de Joseph Sec dans notre bonne ville d’Aix en provence. Il était le communiste sur le terrain le plus académique qui se puisse imaginer, il en possédait tous les codes pour mieux les transcender.

Mais je voudrais aussi parler de mon camarade, celui de cette cellule de fac à l’Université de Provence qui fut le creuset de ma propre formation à l’individu communiste. Comment vous expliquer ce lieu de rencontre entre le professeur comme lui couvert d’honneurs mérités, la jeune maitre assistant que j’étais, le personnel du secrétariat, l’ouvrier, le chercheur tous militants.

je nous revois tous les deux sur le parvis de la fac en train de vendre l’humanité. C’était le printemps, il faisait un temps superbe, il s’est penché vers moi et m’a murmuré: « certains de nos collègues préféreraient me voir vendre de l’ambre solaire plutôt que ce journal! » Une collègue s’est effectivement approchée et a dit: « L’Humanité, dieu que ce journal est triste, on dirait qu’il est en deuil! » Et Michel lui susuré : « Oui n’est-ce pas, c’est depuis la mort de Jaurés! »

Il se moquait souvent de moi, de mon engagement dont certains disaient que je portais mon idéologie comme un ostensoire… Nous habitions la même rue, le lotissement Villemus et j’étais tellement convaincue que non contente de militer à la fac, je voulais organiser une cellule dans ce lieu. Il me contemplait narquois et il avait beaucoup ri quand j’avais baptisé son épouse qui était chrétienne « une démocrate sincère! » Quelques années après, il y a peu, je l’ai retrouvé déchiré et il m’a dit « Tu sais ma démocrate sincère est morte! » Moi c’était mon enfant. Nous étions devant le monoprix d’Aix en provence, nous nous sommes regardés, nos chemins n’étaient pas toujours les mêmes, mais nous ne céderions jamais ni l’un , ni l’autre.

Danielle Bleitrach

 L’HUMANITE : MICHEL VOVELLE : « LA RÉVOLUTION, CETTE RUPTURE DANS LA NÉCESSITÉ DE CHANGER LE MONDE »

Vendredi, 8 Septembre, 2017

Le professeur émérite à l’université de la Sorbonne Paris-I, ancien directeur de l’Institut d’histoire de la révolution française, livre « des développements inédits sur une page d’histoire encore vive », celle de la commémoration du Bicentenaire en 1989, et nous éclaire sur les enjeux non consensuels et politiques de cette aventure collective.

Pourquoi écrire aujourd’hui sur ce que vous avez appelé dans votre ouvrage (1) la « Bataille du Bicentenaire de la Révolution française » ?

Michel Vovelle J’ai voulu livrer une page d’histoire encore vive après trente ans pour lutter contre l’oubli. Évoquer un pan de mémoire par la voix d’un des protagonistes. On y trouvera des développements inédits sur un événement qui a marqué la conscience collective à travers l’héritage fondateur. Cet exercice de mémoire personnelle ambitionne de transmettre le flambeau dans un combat toujours d’actualité en 2017, car la « Grande Révolution » de 1789 nous interpelle encore comme l’une de celles, sinon la seule, qui n’ont pas été remises en cause aujourd’hui. Nous vivons de son héritage, comme de celui de ses prolongements.

En quoi était-ce une bataille ? Il y a d’abord eu, bien sûr, cette offensive menée par François Furet…

Michel Vovelle Parce que cette commémoration a été tout sauf consensuelle. Elle a donné lieu à des débats et à des affrontements non seulement chez les historiens mais aussi dans le monde politique et dans l’opinion tout entière, entretenue par les médias. Sur la question de savoir s’il fallait célébrer, commémorer ou… ne rien faire du tout. Dans quelles limites chronologiques fallait-il aborder la période 1789-1793 ? Chez les politiques de gauche ou de droite, un compromis a prévalu pour conclure en 1989 le déroulement de la commémoration. Entre les pour et les contre, l’appel à l’opinion a été alimenté par les médias. Chez les historiens, un débat était engagé depuis des décennies. Il opposait à une tradition républicaine, majoritairement jacobine et jaurésienne, éventuellement marxiste, la contestation véhiculée par une lecture critique portée par François Furet et les Anglo-Saxons.

Dans cette bataille « bicentenariale », il y a différents affrontements, parfois de plusieurs ordres ou dans divers champs. Acteur principal, vous étiez au croisement de plusieurs d’entre eux, quels étaient-ils et sur quels enjeux ?

Michel Vovelle Non, je ne saurais aucunement être présenté comme « acteur principal », pas plus que « l’homme du Bicentenaire ». Mon rôle en tant que président de la commission du CNRS a été de coordonner et d’animer la préparation scientifique de la commémoration dans le cadre d’une commission mise en place entre 1982 et 1984 par le ministre Jean-Pierre Chevènement. L’antériorité et la continuité de ce travail collectif jusqu’en 1989 (et au-delà) en ont fait, au gré des aléas de la politique (présidence Mitterrand durant deux mandats, mais alternance parlementaire entre 1986 et 1988), un des pôles de l’entreprise commémorative, alors même que l’instance gouvernementale recherchait un chef : Bordaz, Baroin, Edgar Faure, Jeanneney. Dans ces limites, notre commission a réussi à faire prévaloir une idée maîtresse, au-delà même de la défense et illustration des droits de l’homme qui s’imposait d’entrée, celle d’une commémoration largement ouverte sur la place dans l’histoire d’hier à aujourd’hui de la diffusion des principes révolutionnaires à travers le monde.

Deux événements semblent en particulier avoir changé la donne des forces en présence en début de la séquence. L’un dans le champ universitaire, avec la disparition d’Albert Soboul, votre prédécesseur à la direction de l’Institut d’histoire de la révolution française (IHRF), et l’autre d’ordre politique, avec l’élection de François Mitterrand et la victoire de la gauche en mai 1981 ?

Michel Vovelle Cette question me semble, qu’on me pardonne, particulièrement étrange, pour ne pas dire plus. Comment peut-on mettre en parallèle, voire en balance, la mort d’Albert Soboul et l’élection de François Mitterrand ? Il est évident que la victoire de la gauche en 1981, puis le septennat de Mitterrand ont fourni le cadre non sans turbulences (!) dans lequel la préparation du Bicentenaire s’est inscrite. Mais la disparition de Soboul, en 1982, n’a représenté qu’un épisode non imprévisible et peu susceptible en soi d’infléchir la conduite du Bicentenaire. Si l’on veut marquer un événement, ce serait plutôt, je le dis sans vanité, lorsque j’ai été élu à sa succession, puis le choix de la part des politiques en ma personne, celle d’un communiste, fût-il quelque peu hérétique. Mais, au-delà de ma personne, c’est le jeu politique et les difficultés de la mise en place de la mission centrale qui ont importé. La victoire de la gauche en 1981, on le sait, n’a pas été suivie d’une hégémonie continue jusqu’en 1989 ; l’alternance, qui en 1987 a ramené momentanément la droite au pouvoir, a provoqué des fluctuations importantes et une grande difficulté à mettre en place une direction stable. Le président François Mitterrand n’a pas eu tout le temps les mains libres pour la conduite des opérations.

Historien de la révolution, « missionnaire patriote », vous décrivez dans le menu détail cet engagement sur tous les fronts et aux quatre coins du monde. Qu’est-ce qui vous a le plus frappé ?

Michel Vovelle Je récuse, je l’ai dit, cette désignation, cadeau ambigu qui m’investit d’un rôle central qui ne fut pas le mien. Au mieux, je me présente comme un protagoniste actif dans le cadre collectif d’une commission dynamique avec des moyens modestes et des ressources limitées. Et pourtant, elle a stimulé et coordonné les initiatives et rencontres scientifiques en France et au-delà. Elle s’est accompagnée pour moi d’une campagne de contacts à l’étranger, à travers le monde. Le couronnement de cette attractivité a été le succès reconnu du Congrès mondial des historiens à Paris en juillet 1989, qui a réuni des centaines de participants, salué par le président Mitterrand. Au total, l’ampleur de la mobilisation à l’extérieur comme à l’intérieur du pays est indiscutable. Elle ne doit pas cacher l’âpreté, amplifiée par le rôle des médias, d’un conflit politique et idéologique. Il reste que le réveil du débat a témoigné de la place éminente de la « Grande Révolution » dans l’imaginaire collectif pour lequel la Révolution n’est pas « terminée ».

Vous qualifiez les « lendemains de fête » de « débandade » et évoquez même une « faillite ». Pouvait-on éviter pareille gueule de bois et ses conséquences sur les études révolutionnaires ?

Michel Vovelle Cette prise à partie me semble refléter une certaine incompréhension à partir des éléments d’un constat cependant indiscutable. Celui du succès du « furetisme » dans l’opinion et les médias (« j’ai gagné », a ainsi pu écrire Furet). Celui de la mise en cause des institutions autour de la Révolution française : attaque puis disparition de la commission Jaurès, fin douloureuse de la commission du CNRS et malaise à l’IHRF. En contrepoint, les études révolutionnaires, stimulées par le bicentenaire, se portent bien. À question brutale, réponse naïve : y avait-il une recette pour arrêter le mouvement de l’histoire ?

Certaines causes « géopolitiques » dépassent la prise en considération de la Révolution française et de la République. Comment ne pas y voir une imbrication de l’histoire ?

Michel Vovelle Il est évident que le contexte géopolitique dans lequel se déroule et surtout s’achève la période doit être signalé. Avec une fausse naïveté, je me suis parfois interrogé sur ce qu’il serait advenu si les événements qui ont remis fondamentalement en cause le monde socialiste – de Tian’anmen, au printemps 1989, à la chute du mur de Berlin, en novembre 1989 – s’étaient produits plus tôt. Le Bicentenaire à la française tel que nous avons réussi à le gérer n’a-t-il profité que d’un sursis momentané ? Alors même que, en France, les lampions étaient éteints et que, en Europe (notamment en Italie) et dans le monde, les dernières ondes célébratives finissaient de se propager, dans le monde réel apparaissaient les pousses contestataires d’aujourd’hui dans le monde arabe, les indignés, etc. Et cela, alors même que l’idée de révolution était niée dans un monde sous influence de la mondialisation ultralibérale.

En fin d’ouvrage, vous utilisez le ton de la confession : « Du fond de ma caverne… » Avez-vous des regrets ?

Michel Vovelle Je conteste le terme de confession qui n’est pas dans ma culture si ce n’est au sens rousseauiste. Ce n’est pas un plaidoyer larmoyant que j’ai voulu présenter en invoquant la fin proche de mon odyssée personnelle, qu’il était inévitable que je souligne tant elle a été un instrument investi dans le combat mené durant une décennie et au-delà. Il m’a été reproché, en refusant de donner à ce récit le « happy end » qui serait de rigueur, d’avoir fait déteindre sur un parcours qui devrait s’achever sur des lendemains qui chantent mon désenchantement personnel. Des regrets, qui n’en a pas dans le monde actuel, et pas à l’aune de sa propre personne. Mais je continue à regarder les étoiles.

Selon vous, l’homme est-il en train de gagner la bataille de la civilisation, de l’émancipation ? Que signifie ou représente aujourd’hui la Révolution ?

Michel Vovelle Qu’attendez-vous de moi ? Une profession de foi ? J’ai plus d’une fois posé la question : que pouvaient avoir en tête, en 1815, les jeunes gens de la génération des héros de Balzac ou de Stendhal au souvenir des révolutions passées, dans l’attente des révolutions à venir dont le profil peinait à se dessiner, comme il en va de même aujourd’hui dans le cadre des massacres et convulsions ? J’ai souligné dans des articles les messages balbutiés par Edgar Morin, notamment dans la Voie, ou par Stéphane Hessel, expérimentés çà et là par les indignés. Aujourd’hui, les révolutions à venir se cherchent. Sollicité de s’identifier à un héros, le promu de la nouvelle génération Macron a laissé planer le doute quelques secondes : Julien Sorel ou… Rastignac (pensais-je ?). Il a choisi de dire Julien Sorel, mais le doute plane.

En octobre prochain, l’IHRF va fêter les 80 ans de sa création. Cet institut reste menacé. Comment l’université française peut-elle contribuer à l’étude et à la recherche sur la Révolution française ?

Michel Vovelle Il est indispensable de défendre et de consolider les institutions existantes ou ce qu’il en reste, à commencer par l’Institut d’histoire de la Révolution à la Sorbonne. Mais aussi les associations telles que la Société d’études robespierristes, et la revue qu’elle publie. De même, soutenir les implantations locales de l’enseignement de la période révolutionnaire, celles nées à l’occasion du Bicentenaire. Mais tout cela serait vain si une pédagogie active n’accompagnait les avancées en cours de la recherche. Et au final, rester fidèle aux exigences de cette discipline particulière par sa double vocation, à la fois scientifique et civique. Ce qui, dans la conjoncture actuelle, nationale et internationale, ne va pas de soi et implique un engagement actif. Le problème de fond est autant celui de la reconnaissance d’un héritage que de le maintenir en vie, en réaffirmant l’utilité et la fécondité d’une étude poursuivie de la Révolution, cette rupture volontaire dans la nécessité de changer le monde. Une bataille poursuivie est indispensable pour rester fidèle à la proclamation d’Alphonse Aulard, reprise lors de notre congrès mondial de juillet 1989 à la Sorbonne : « Pour le peuple dont nous sommes et pour la science que nous servons. »

(1) La Bataille du Bicentenaire de la Révolution française, La Découverte, 261 pages, 26 euros.
Entretien réalisé par Pierre Chaillan

 

 
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Publié par le octobre 7, 2018 dans HISTOIRE, mon journal

 

Zemmour, un fasciste juif et la haine de soi, la dérive est-elle collective ?

Il y a une expression chez les juifs qui est la « haine de soi », elle s’applique parfaitement au sieur Zemmour. Un type capable de penser à tirer 12 balles dans la tête d’un homme mort sous la torture est un malade, un délirant comme pouvait l’être un Céline dans Bagatelle pour un massacre, un type apte à pratiquer tous les crimes racistes. Cette référence de « la haine de soi » est souvent appliquée aujourd’hui à ceux qui, comme Torquemada, le grand inquisiteur, qui bien que juif a consacré sa vie à détruire le judaïsme, et par extension ceux qui, comme Chomsky, remettraient en cause les droits d’Israël. Mais la véritable haine de soi est bien autre chose, elle est plus « fondatrice » et le cas Zemmour nous le prouve.

Apparemment être juif ne constitue pas une catégorie pertinente. De fait, en tant que juif, bien sûr il n’a rien à voir bien sûr avec le compagnon d’Audin, Henri Alleg, ni même un Vidal Naquet non communiste mais participant au comité Audin à partir de l’expérience de la déportation. Il n’a rien à voir avec un Primo Levi se suicidant parce que dans l’incapacité de vivre dans un monde où il y a pu y avoir l’extermination et qui n’en tire aucune leçon, et tant d’autres… Ce que dit Zemmour est l’exact contraire de ces prises de positions face au fascisme, au colonialisme, à la torture, mais si caricatural qu’il puisse  être, il constitue  aussi une mise en garde.

Je ne serais pas intervenue sur le sujet, parce que je pense en priorité que Zemmour est simplement un type qui veut exister et se vendre en faisant le buzz sur les plateaux de télévision, il est un émdiacrate se vendant à n’importe quel prix et qui relève donc de l’avilissement d’une télévision jadis service public et des médias spectacles plus que de n’importe quelle appartenance familiale oucommunauté.   Mais malheureusement je crois que ce peuple juif connaît, comme bien d’autres,aujourd’hui la tentation du  fascisme. Essentiellement à travers deux situations, celle du souvenir de la guerre d’Algérie, des « pieds-noirs », et celle de la politique de l’Etat d’Israël. Zemmour n’est que le point ultime de ce à quoi peut conduire la moindre tolérance à l’égard de cette dérive vers un racisme et un fascisme juif.

Là encore la plus élementaire pridence exige la précision. J’ai également toujours combattu ceux qui au nom de la dénonciation de la politique de l’Etat d’Israël sont capables d’analogies immondes entre tous les juifs, y compris ceux d’Israël et l’abomination nazie dont les juifs ont été parmi les principales victimes. Il y a bel et bien une résurgence de l’antisémitisme chez de pseudos anti-impérialistes qui se vautrent dans un véritable négationnisme.

En outre, j »affirme depuis toujours qu’il existe bien une réalité historique qui fait qu’un certain nombre de gens de par le monde se reconnaissent dans l’idée d’un peuple juif. Que cela donne lieu à des mythes, c’est vrai de tous les peuples. S’il y a un fondement et un seul explicatif de cette conscience d’appartenance, elle est  basé justement sur l’expérience d’une haine subie depuis des millénaires, cette expérience n’est ni religieuse, ni ethnique, elle est liée à cette terrible histoire. Pendant longtemps, et en particulier au XIX e siècle, elle a donné lieu à un essor intellectuel et progressite.  Ce n’est pas un hasard si aux Etats-Unis et partout dans le monde nous nous sommes rapprochés du combat des anciens esclaves africains conduits de force sur une terre d’humiliation et d’oppression. Oui il existe une expérience juive, celle de subir le regard de la haine, l’imbécilité et de n’y rien pouvoir.

Malheureusement, le revers de la médaille c’est que  l’antisémitisme crée les juifs et c’est pourquoi la haine de soi est toujours le risque d’intérioriser l’expérience sous sa forme autodestructrice. C’est d’ailleurs ce qui m’a fait ne jamais adhérer au sionisme, je ne crois pas que l’on puisse fonder une nation comme une réponse à l’ignominie hitlérienne. Il faut combattre partout l’abomination.

Un peuple est une réalité historique et cell-ci est construite dans un temps donné, elle peut disparaître. Ce peuple juif qui a toujours participé à tous les combats anti-racistes, anti-fascistes est en train d’être contaminé par « la haine de soi » dont le visage hideux est celui de monsieur Zemmour et ses pareils. Il est à noter qu’il n’ose pas se parer du titre de juif, les saloperies qu’il prononce sont toujours énoncées au nom de la France. Ce qui est encore le viol d’une tradition juive, la manière dont la France a toujours été considérée comme une sorte de paradis pour les juifs et ce depuis la Révolution française, un certain abbé Grégoire. Là encore la haine de soi est à l’oeuvre, la France que l’on choisit est celle qui est la plus susceptible de vous refuser l’égalité et la citoyenneté.

Disparaît justement ce qui fonde cette réalité historique et qui nous a fait adhérer au messianisme révolutionnaire pour une grande part d’entre nous et toujours à un certain progressisme, cette expérience qui pour certains comme moi nous a fait adhérer au communisme, mais pas seulement. Il s’agit toujours d’être « élu » pour l’humanité et non pour l’enfermement dans le ghetto.

Monsieur Zemmour me fait frissonner de peur et réveille l’expérience de la peur de ma petite enfance (1). Un homme capable de s’acharner sur un corps torturé et on sait dans quel état la torture pouvait laisser un corps, a complètement été envahi par le mal nazi dans son insupportable banalité du petit arriviste.

Danielle Bleitrach

(1) 2018, rue Ordener à Paris, moi j’avais 4 ans et c’était au moment où les nazis détruisaient les quartiers du Vieux port, activaient les rafles, dans ce qui était alors le boulevard de la Madeleine (devenu depuis boulevard de la libération, sur la porte de l’endroit où nous étions réfugiés, il y avait à peu près la même inscription. A la seule différence près que ce qui en 2018 est une simple piqure de rappel, là était une abominable réalité. Nous nous sommes enfuis en laissant meubles, vaisselle et une partie des vêtements (note de Danielle Bleitrach).

on.
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Publié par le septembre 21, 2018 dans civilisation, extrême-droite, mon journal

 

« Je traverse la rue, je vous trouve un travail », lance Emmanuel Macron

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Cette réponse à un chômeur dit tout et plus encore.. » S’ils n’ont pas de pain qu’ils mangent des brioches » disait-elle juste avant d’être guillotinée. Peut-être lui Macron aura-t-il encore l’occsion de prononcer quelques stupidités de ce type ? Il est orfèvre en la matière. C’est une manière d’être au monde.

Rien que ce week-end, prenons les journées du patrimoine et sa vente d’objets bidon dans la boutique de l’Elysée, c’est tout une conception de la fonction présidentielle… et la rumeur selon laquelle il avait prévu de confier la gestion de la boutique à benalla est peut-être un fake, mais c’est tellement vraisemblable que la fiction dit la réalité.

Le fait est: pourquoi un individu  dont sa propre vision de  son mérite se résume dans  la conquête du pouvoir, cynique, un jeu électoral, un « coup d’Etat » qui l’a fait roi, pourquoi cet individu là n’obéirait-il pas à son seul  caprice? La seule honte, la seule gêne dont il puisse s’encombrer est celui des sondages mais sa cour le persuade qu’il ne s’agit que d’un moment. »Aussi longtemps que le caprice reste en place, il a raison ». Il y a dans l’entourga présidentiel un côté nef de fous, mais cet homme se croira « un homme de son temps aussi longtemps que le monde absurde sera le monde réel ». Le monde de la classe qu’il représente est absurde et il en la modernité incontournable.

« quand le principe monarchique est majoritaire, les hommes sont en minorité; quand il n’est pas mis en doute, il n’y a pont d’homme » Marx lettres à Ruge.

L’exercice d’un tel pouvoir impose que ceux qui en dépendent se conduisent à l’identique, le monde leur apparait comme la vase de la vie vulgaire, d’où ils remontent à la manière des grenouilles grâce à la faveur du maître, il faut lui plaire ou c’est l’asphyxie. Les députés, les ministres sont condamnés à l’imbécilité pour survivre, le cas des journalistes obligés de défendre quotidiennement dans les médias un tel pouvoir est souvent douloureux, regardez Christophe Barbier.

mais il y a des précédents…

La présidence de Macron après les calmiteuses précédentes sarkozy ou Hollande (du gangster au soliveau), c’est aussi la mise en évidence de l’impossible fonction présidentielle, elle fait éclater toutes les inaptitudes, les stupidités de celui qui a le malheur de l’incarner et cette inadéquation choquante  ne fait que renvoyer en miroir le mépris dans lequel il tient l’humanité ordinaire. . On finira bien soit par dénoncer cette Constitutions ou on finira par mettre une photo en pied à la place du président et on la promenera comme une reine morte parmi les foules en train de se signer.

Il est difficile de prétendre à soi seul incarner l’Etat quand on est un président élu. Napoléon l’avait bien compris.Il fut un despote progressiste et la phrase du très féodal metternich l’a caractérisé d’un « c’est Robespierre plus la grande armée », ce qui est tout de même faire injure à Robespierre qui ne supportait pas que l’on prétendit imposer la Révolution casqué et botté. Mais il est un fait que lorsque du masque étroit du premier consul, le front de l’empereur brisa le masque étroit, ce fut pour asseoir le pouvoir alors dynamique d’une classe bourgeoise. L’empereur était un despote génial et il savait gouverner les hommes quand il avait réussi à les mettre en ordre de bataille. Un régiment a toujours été la seule manière d’obtenir l’obéissance des français, cette « nation d’émeutiers » comme nous baptisait Marx toujours partagé devant ce pays qui poussait plus loin que les autres la conscience de classe et qui l’assortissait pourtant d’une vision à court terme.

Depuis Napoléon jamais cette opération n’a réussi, parce que les postulants n’avaient pas son génie. Certes! Mais surtout parce que la classe bourgeoise au service de la quelle ils prétendent instituer l’Etat est dans un état tel qu’il ne se trouve personne pour en représenter la légitimité à dominer. Si De Gaulle a pu un temps l’incarner c’est parce qu’à la Libération, le patronat était si affaibli par sa collaboration que l’on pouvait lui imposer un ordre plus populaire, sous parapluie des Etats-Unis interdisant le passage au communisme, mais la bête sauvage du profit tenu en laisse par par une classe ouvrière et un parti communiste sorti auréolé de la guerre a donné toute sa stature à De gaulle. Représentant des monopoles, certes mais ceux-ci suffisament affaiblis pour que l’on puisse leur assurer un sursis. L’affaire se renouvella avec la décolonisation et la guerre d’Algérie qui fut en beaucoup plus grave notre Vietnam à nous. De gaulle serra les boulons de la domination de classe tout en créant les conditions d’un néo-colonialisme. Et il nous imposa cette constitution impossible avant de tirer sa révérence , chassé par les notables que mai 68 avaient alerté et qui avaient compris qu’il fallait resserrer les rangs de l’atlantisme.

Tout cela est résumé dans cette phrase invraisemblable de macron à ce chômeur qui l’interpelle dans un de ces invraisemblables tête à tête qui dit tout du rapport réel au peuple de ce temps sans envergure.

danielle Bleitrach

 
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Publié par le septembre 16, 2018 dans mon journal, POLITIQUE

 

LA MIRACULEE ET L’EXPERIENCE LIMITE DE CE CONGRES

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Pendant mes chers camarades que vous vous ressourciez à cette magnifique fête de l’humanité, dont par parenthèse les médias ne parlent toujours pas mais dont vos photos sont éloquantes, moi je vivais une expérience limite qui prouve que le parti est une « éternelle jeunesse ».

Grace au texte ‘incroyable » de la base 2, (on se croirait devant une délire de Michal Roccard),j’ai découvert que j’étais en pleine forme, l’indignation m’a soulevée au-dessus de mon infirmité.

la seule vraie question est: mais diable pourquoi encore revendiquer le titre de communiste ? Pour qui connaît un peu  Marx, ce texte qui le cite toujours flanqué de jaurès d’ailleurs est un assez bon résumé de toutes les errances qu’il a combattu toute sa vie… je ne parlerai ni de lénine, ni des autres théoriciens du marxisme…

ce vendredi soir ma cellule planchait sur ce texte à partir de 17h30 dans le local de la rue Pautrier..

Vers 20 heures,  ayant atteint un seuil de saturation devant la méconnaissance et l’incurie intellectuelle dont ce texte faisait preuve tant sur la société française, sur le marxisme que sur la connaissance de la planète, j’ai fini  après trois heures de discussion parfaitement onirique sur le sujet par partir sans attendre que l’on me raccompagne. Et secouée par l’indignation de voir des communistes capables de considérer avec sérieux ce galimatias, j’ai marché  longtemps dans un quartier hérissé de colines, et dont les montées me faisaient craindre  de ne pouvoir les franchir. Et je me suis découverte capable d’avancer d’un pas alerte de randonneur. En répétant: « Mais ce n’est pas possible que le pCF en soit là! » je ne m’apercevais pas que je galopais.

Que les rédacteurs de la base 2 soient bénis pour m’avoir rendu ma vélocité et mon goût du travail intellectuel.

Mais pourquoi en arriver à de telles extrêmités, pourquoi faut-il à ce point dénaturer le marxisme? Pourquoi faut-il diffamer toutes les expériences socialistes passées, présentes? pourquoi faut-il reprendre ainsi tous les schémas les plus éculés de la propagande contre ces expériences socialiste? Pourquoi faut-il inventer une société française où « la question sociale » ne se poserait plus avec la même acuité alors que tous les sondages, toutes les protestations disent le contraire? Pourquoi faudrait-il substituer le « mouvement » aux formes organisées, « institutionnalisées » disent le texte, alors même que les « mouvements » qu’il s’agisse de la république en marche ou même la France insoumise apparaissent de plus en plus en train de se réduire autour du chef charismatique et du petit groupe de fidèle historiques ? Pourquoi voir l’avenir dans « nuit debout » plutôt que dans le vieux PCF alors que le premier témoigne de son incapacité à perdurer et que le second attaqué de toute part subsite parce qu’il a jadis été construit pour résister…  Pourquoi? Poursuoi?

parce que si l’on prouve que partout le communisme est une catastrophe il est plus aisé à liquider , à retourner avec hamon ou Mélenchon, ou les deux aux joies du Congrès de Tours…

Si les communistes, ceux qui se prétendent encore tels ne sont pas capables de voir ces contradictions là et où elles nous mènent ce n’est pas moi qui peut corriger le tir, ce sera tous ensemble, chacun prenant ses responsabilités.

Continuons le Congrès… Je ne sors pas de ma cellule et je me garde bien d’aller jusqu’à la section. Soit il y aura dans ce parti suffisamment de gens qui auront conscience de la situation et de la manière dont on nous entraîne vers la fin et cela ne dépend pas de moi, mais bien de l’état réel du parti, donc je dis ce que j’ai à dire et pour le reste je laisse chacun avec sa conscience. de toute manière, il a surgi dans ce parti quelque chose qui fait que pour un certain nombre de communistes la prise de conscience est là. Mais cela dépend de ce qui aura été semé dans ce temps que je crois être celui d’une accélération de l’Histoire.

Continuons le débat mais ne nous impliquons pas plus qu’il n’est nécessaire… Chacun prendra ses responsabilités et il y a beaucoup de lieux sur lesquels oeuvrer.

J’ai donc décidé de répondre favorablement à mes camarades hongrois qui me réclament un texte sur le cinéma et la république des Conseils. Surtout ce que sont devenus les cinéastes, critique, acteurs qui ont fui la répression fasciste de l’amiral Horty qui a traqué non seulement les communistes mais les juifs et bien d’entre eux étaient les deux. Un tel article fera découvrir à ceux qui l’ignorent que le film Casablanca ou même Robin des bois avec Errol Flynn sans parler du Dracula célébre Bela Lugosi sont en fait le produit de gens qui n’ont jamais tout à fait renié leur combat avec bela Kun et la révolution avortée. Donc Judith puisque je sais que tu lis ce blog et mes élucubrations sur face book, c’est OK. Cher ami Benda, vous qui tenez la librairie du Panthéon consacré au cinéma, avez vous quelques livres sur le sujet? je pense en particulier à un livre de 2011 qui est exactement sur le sujet: De Budapest à Hollywood : Le théâtre hongrois et le cinéma hollywoodien 1930-1943 Broché – 5 janvier 2011
de Katalin Por . Mais pas seulement parce que par rapport à la République des Conseils m’intéressse autant le très grand critique scénariste, poète Bela Balazs qui lui s’est retrouvé à Berlin puis en Union sovietique.

Le passé est important, connaître l’histoire, refuser tout négationnisme est essentiel parce que si l’on a un cadavre dans le placard on ne peut pas agir.

Mais le malentendu serait de croire que l’on cherche pour autant à reproduire le passé. L’Histoire est la science des faits qui ne se reproduisent jamais.

Donc le paradoxe est qu’en ce qui me concerne- et c’est ce que m’ont appris les Cubains dans leur résistance- si je veux survivre avancer, il faut que je sois consciente qu’une page est tournée et que le socialisme qui se présente à nous, la postérité du communisme ne ressemblera pas à ce qu’il est advenu sans que pour autant l’histoire continue à nous travailler parce qu’elle nous a appris le pouvoir des masses, et la nécessité d’une organisation.

D’où mon intérêt pour les « traces qu’ont laissé les Révolution comme « ferments » Il suffit de voir comment dans tout le XIXe , le XXe et peut-être le XXIe la référence des Français à la Révolution française est permanente alors qu’ils sont en train d’inventer autre chose: la commune n’est plus la Révolution française, 1936 non plus et les grandes conqueêtes de la Libération non plus et pourtant… Je pense que l’URSS va connaître, est en train de vivre pareille fermentation… la CHine qui parait aux antipodes de tout ce que nous avons connu jusqu’ici mais qui montre aussi les potentialités du communisme et du marxisme, en particulier en matière de développement et des réduction de la misère, politique de paix…

Dire la diversité de tout cela c’est à la fois mesurer la force du communisme, mais aussi ne pas se laisser enfermer ni dans les confromismes de la classe dominante, ni dans la répétition sectaire du même. Il s’agit non pas de copier mais au contraire savoir comme eux répondre aux questions qui nous sont posées à partir à la fois de notre propre civilisation et de l’éclairage marxiste, c’est-à dire la lutte capital travail à l’échelle mondiale, les mécanismes du capital mis au service du travail, le capital mis dans la cage du parti commuiniste ou autre… cela mérite réflexion. .

Se croire modernes parce qu’ion est en fait conformiste, voilà une manière de tronquer le passé pour ne plus avoir d’avenir.

J »ai des piles de livres et j’attends une nouvelle provision de la fête de l’Humanité, en particulier sur la Chine, il y a le livre de J;Cl Delaunay chez Delga… Mais aussi un numéro de la revue progressiste qui est consacré à la Chine et dont j’attends beaucoup… D’ailleurs dans trois ans, vous verrez il en sera de la Chine, du retour des communistes en Russie, comme il en a été de Cuba… on est passé du temps où on soutenait Robert ménard devant le tyran Fidel castro au discours sur Cuba que l’on peut reconnaiître quitte désormais à faire porter tous ses coups sur le Venezuela;.. Quel temps perdu…

les feuillets épars de mes mémoires s’entassent. Pour le printemps prochain, je vais préparer un débat autour de la CHine, tout dépendra des dates de Jean Claude delaunnay qui présentera son livre à cette occasion. Donc du travail sur la planche et alimenter ce blog, sur la CHine et les autres expériences socialistes. Avec ou sans le parti… Ce serait bien que nous soyons dans les Bouches du rhône une équipe capable de nous investir dans un projet de ce type…

Je dois préparer mon voyage jusqu’à Tamanrasset pour les fêtes de la Noël. Une dizaine de jours pour reprendre contact avec l’Algérie avec des amies hongroise et polonaise. Donc là aussi me plonger avant cette date dans des livres sur l’Algérie. Yasmina Kebir, le billet est prêt, c’est sûr j’arrive retiens les dates du 20 décembre au 6 janvier. Là encore, pour ceux qui suivent de près l’Algérie, je voudrais que vous me conseilliez quelques livres si ce message vous parvient.

Adlane va bien, il s’est mis au travail, ateliers d’écritures, français, anglais et il est en train de voir comment recommencer ses études d’histoire.Il m’a dit avoir reçu une lettre d’Angleterre, il remercie tous ceux qui lui écrivent.

Aujourd’hui je commence mon programme, pas de plage le week end, ce sera lundi… mais de la marche, librairie, dégustation sur la place des danaïdes en haut de la Canebière d’un sachet de sardines grillées avec une mauresque, un pastis à l’orgeat. ce n’est pas la fête de l’Huma, mais ça y ressemble un peu.

Danielle Bleitrach

 
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Publié par le septembre 15, 2018 dans mon journal

 

Pourquoi cela me paraît simple… d’être communiste… Aux nouveaux adhérents de ma cellule

A la veille de la fête de l’humanité, dans le cadre de ce congrès « nouveau », je pense aux nouveaux adhérants de ma cellule( 4 ou 5, une majorité de femmes)  et je leur dédie ce texte écrit  il  y a 4 ans alors que je reprenais ma carte du parti communiste, après une interruption de dix ans. Je me suis toujours souvenu de ce que me disait mon mari, un ancien déporté, torturé par la gestapo: «  »si un jour tu veux quitter la charette et aller dans les prés, fais-le mais ne la quittre pas des yeux ». J’étais aussi communiste que ceux qui m’avaient forcé à partir, et je ne me laisserai plus jamais déposséder. Cette lettre écrite à la veille de la fête de l’huma alors même qu’une espérance s’est levé dans ce parti je l’adresse aux nouveaux adhérents, à ces jeunes qui s’approprient le parti et qui le feront à leur manière. A tous ceux qui ont quitté la charette sans pour autant la perdre des yeux même s’ils ont la colère. Alors voici ce texte tout entier inspiré par la colère sur ce qui se passait alors en Ukraine, hier comme aujourd’hui.

3-sebastopol-armee-russe-cassini-16eb3C’est compliqué me dit un jeune ami très honnête, je ne sais plus ce qui est juste, je n’ose même pas intervenir.

Comment lui dire ce qui au-delà des évidences concernant le deux poids, deux mesures, les mensonges massifs. Le fait que l’on puisse, avec arrogance, attribuer à d’autre une ingérence que l’on a pratiqué avec autant de brutalité soi même. Que l’on ait osé envoyer nos politiciens soutenir un coup d’état, placer à la tête d’un pays une bande de ruffians, soutenus par des néo-nazis qui ne craignent pas de se conduire comme des sections d’assaut. Le fait que les dirigeants occidentaux et au premier rang Fabius, nos médias, répètent pétrifiés devant l’ampleur du désastre que tout est de la faute à Poutine. En dehors de tout cela, il y a le fond.

dans le fond ce qui détermine ma position est simple, c’est assez proche de ce que ressentais Pasolini, l’humiliation du peuple, des ouvriers au nom d’une petite bourgeoisie consumériste et intellectuellement nombriliste pour mieux servir le capital. Toute cette médiacratie devenue merdicratie est si loin de la condition humaine, si narcissique… Rien de ce qui les intéresse, ne suscite chez moi le moindre intérêt, je baille devant l’évolution d’un Alain Resnais, elle est exemplaire de celle de la société française et la littérature… Avec le peuple je suis dépossédée de toutes les émotions, de la raison comme de la passion… Comment expliquer cela, le problème n’est pas le happy end, mais cette lutte obstinée, têtue, quotidienne que je trouve par exemple chez Fritz Lang autant que Wang bing. L’important n’est pas le destin, mais la lutte pour la survie, le petit homme de Charlie Chaplin et celui de Brecht.Par moment gorgés d’humiliation, ils deviennent grandioses comme cette femme usée qui crie que sa grand mère durant la grande guerre a créé un orphelinat pour recueillir les enfants errants, , ou cette jeune fille qui porte un insigne antinazi. Ce qui me touche c’est la manière dont se mêle l’inquiétude de ne pas pouvoir payer le loyer, d’être au chômage, de ne pouvoir soigner les enfants avec les aspirations patriotiques… C’est ce mixte qui est antifasciste, c’est la vie contre la mort…

Et puis il y a ce qui me révulse, ce cynisme imbécile, cette cruauté ordinaire qui se double aisément d’un côté dame patronnesse toujours à la recherche de bonnes œuvres, des mendiants qui ne se révoltent surtout pas, qui ne revendiquent aucune égalité, un tiers monde devenu bordel à touriste que l’on se fait en ramenant des photos sans intérêt. Ce monde là n’est pas le mien. Et ppuis il y a le droit dans sa simplicité telle que Kant définit le droit international, d’abord un respect des souveraineté, le contraire des croisades humanitaires destructrices des hommes et des civilisations. Tout ce barnum nourrit les haines conservatrices au lieu de créer le terrain de l’émancipation des individus et des classes prolétariennes. Je suis aux antipodes de tout cela depuis toujours, je suis communiste.

Danielle Bleitrach

 

La grande peur et l’espérance, un Congrès pour rien ou un espoir semé ?

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Une fois de plus pour aborder ce Congrès du PCF je vais passer par le mouvement du monde et l’histoire des communistes, une dimension largement occultée dans notre Congrès. Ici comme ailleurs dans le sérail politique, tout se passe comme si l’aveuglement et l’inertie était la seule manière de gouverner jusqu’à la mort de ce que l’on dirige. Ce que décrit très bien l’intervention de Marie Christine Burricand au Conseil national, intervention que nous publions ici: elle dit : « Notre responsabilité, c’est de permettre aux communistes de s’emparer du congrès, s’approprier le débat et choisir en toute clarté et démocratie le texte qui leur semble le mieux à même de devenir la base commune ; nous en sommes très loin pour le moment. »

Mais comme le dit Denis Durand dans son intervention le même jour, que nous publions également ici, il y a aussi le refus de discuter sur l’ampleur de ce à quoi nous sommes confrontés : Il est clair que le Congrès du PCF, quand il se prépare, et hélas ce n’est pas partout, paraît peu préoccupé par ce que décrit Denis Durand : « le climat d’anxiété qui pèse sur les esprits en cette rentrée est lié aux manifestations de la crise de la mondialisation capitaliste et libérale : perception des urgences du changement climatique, scandale de l’Europe-forteresse contre les migrants, attente du prochain krach dont la survenance inévitable fait l’objet d’un quasi-consensus chez les économistes et chez les financiers, angoisse devant la montée des nationalismes et de l’autoritarisme chez Trump mais aussi de ce côté-ci de l’Atlantique, jusque dans la politique de Macron. »

Tout est dit quand cet éditorialiste, Stéphane Barbier, déclare que le pouvoir aurait tort de se préoccuper des retraités, en 2022, la plupart d’entre eux seront morts. Il y a une sorte de point de capiton entre ce cynisme-là et celui qui ravage la planète… le pouvoir du capital a la mort pour horizon.

Et nous communistes si nous ne sommes pas capables de nous révolutionner, de donner un signal fort de changement, nous sommes confrontés à la mort qu’ils souhaitent pour nous, notre mort fait partie de leur survie. Viva la muerte disent les fascistes.

Comme tous ceux qui ont signé pour que le manifeste du parti du XXIe siècle devienne la base commune j’ai signé sans en partager toutes les options énoncées, mais en étant convaincue que c’était la seule qui ouvrait le dialogue indispensable entre les communistes et au-delà avec notre peuple, le seul qui se préoccupe de faire un bilan de nos erreurs pour construire ensemble, dans la diversité une stratégie et la parti qui va avec, basé sur la nécessité de ce parti si l’on veut un rassemblement qui ne débouche pas une fois de plus sur la déception, le sentiment de l’impuissance.

Je fais confiance à ceux qui ont lancé dans le parti ce grand mouvement avec le Manifeste, mais je le fais aussi sur une base disons philosophique… Celle d’un certain sens de l’Histoire.

Pour moi ce qui est le propre des communistes est le choix de la vie, celui des petites gens qui ont si peu de colère mais s’accrochent à la nécessité, à ceux qu’ils aiment, et donc à l’obstination de la résistance face à la mort programmée, seuls les communistes disent cette exigence… Qu’est-ce que le communisme, il est aussi divers que les civilisations elles-mêmes et aussi unifié dans son projet pourtant, l’émancipation humaine. Prenons le cas de la Chine. Il n’a rien à voir avec le romantisme du monde russe où ce que l’on désigne parfois du nom de l’âme a sa part, mais aussi une folie messianique… Les Cubains sont tout aussi excessifs, comme disait Maximilien Gomez, ils en font toujours trop ou pas assez, mais ils ont une conscience de l’universel et dans le même temps, ils sont totalement rationnels et pragmatiques. La Russie nous donne le vertige. Encore aujourd’hui cet immense pays a repris son bougé historique parce que partout la situation se tend et les illusions tombent. Poutine a été un moment d’équilibre, celui qui a arrêté la course vers l’abîme, réveillé la dignité nationale et paru un rempart devant l’appétit monstrueux des oligarques, il laissait entendre avec son complice de l’église orthodoxe, tous deux anciens membres du KGB, qu’ils préparaient en secret la restauration de l’URSS sans la guerre civile, dans la réconciliation des blancs et des rouges. La réforme des retraites, l’arbitrage de Poutine en faveur de cette mesure vécue comme profondément injuste a fait tomber les illusions et plus encore puisqu’elle est assortie d’une annonce de Poutine de ne pas se représenter à la direction du pays. Marianne a traduit un texte au titre étrange, la réforme des retraites comme une Peretroiska 2, ce texte disait des choses essentielles sur la population russe, la manière dont elle s’entiche de certains sauveurs suprêmes, Gorbatchev qui lui apparaît comme porteur d’un communisme idéal, toujours plus de socialisme derrière lequel il y a le pays vendu aux monopôles étrangers, puis Eltsine allant jusqu’au bout de la débâcle créée par le précédent et enfin Poutine, mettant un frein et qui aurait dû restaurer le temps de plus en plus idéalisé de l’espérance trahie. Ce que l’on découvre peu à peu si l’on analyse ce temps depuis 1917, c’est à quel point il ne s’agit pas de l’échec inventé du socialisme, mais du fait que l’on s’est sans doute fait des illusions sur la facilité à créer ce monde nouveau…

Nombreux sont les communistes, les plus anciens comme les plus jeunes en train de  ressentir – non pas de la nostalgie – mais qui découvrent que leur socialisme le vrai n’est pas l’image qu’on leur en a monté de toute pièce, celui d’un effondrement et du désaveu. Les 200 signatures sur le livre de condoléances d’Alexandre Zakhartchenko, le héros du Donbass disent la joie de découvrir qu’il y a encore des gens prêts à mourir pour la postérité de la Révolution d’octobre, aimer la vie à en mourir comme le dit Aragon, dans l’éternel combat anti-fasciste.

Peut-être pour comprendre ce qui secoue le monde soviétique et même le glacis des pays ex-socialistes, il faut plonger dans nos propres racines révolutionnaires, celles du pays de la lutte des classes disait Marx. L’histoire de la France réinventant pendant tout le XIXe siècle l’espérance révolutionnaire. Difficile, puisque les Français désormais presque aussi nuls que les américains en géographie, ne savent plus grand chose de leur histoire en particulier de leurs révolutions. Mais il faut aussi dépasser l’analogie avec le passé ou plutôt en saisir le mouvement, celui du capital, celui des premières mondialisations dans lesquelles se situe tout ce XIXe siècle, le XXe et désormais le XXIe pour mesurer ce qui se joue aujourd’hui et qui ne peut pas être une célébration du passé et comme perspective d’en rejouer le scénario. Il faut aussi voir que comme tous les pays du monde, à commencer par la France, l’UE et les Etats-Unis, la Russie vit la grande peur de la mondialisation et d’un nouveau stade de développement des forces productives. Et que faute d’une issue cette peur développe un retour identitaire vers le passé pour se rassurer avec ses aspects révolutionnaires et réactionnaires confondus.

Alors cette anxiété dont parle Denis Durand qui confond la mondialisation, ses conséquences avec le plus quotidien de nos préoccupations, en quoi les communistes peuvent-ils y répondre? En trouvant une autre manière de se soumettre à la social démocratie, mais il n’y a plus de social-démocratie elle a viré au libéralisme le plus éhonté, a appuyé tous les choix du capital… la route est barrée de ce côté…

La grande peur celle de l’an mille, celle de l’apocalypse a-t-elle existé ? Il semble qu’elle n’ait été qu’une légende, la véritable apothéose des craintes eschatologiques se situe au XVe siècle, en pleine Renaissance.

C’est quand un monde nouveau est en train de naître que l’on réactive les peurs médiévales vraies ou supposées avoir été telles…

Pour revenir à la Chine, je sens bien la réticence à aborder ce pays, le soupçon permanent et injustifié du péril jaune… Mais il n’est pas indifférent que la civilisation la plus ancienne, jamais interrompue, soit celle qui aborde avec le plus de confiance la mondialisation, qui y voit une opportunité formidable pour l’humanité à la condition d’en corriger les déséquilibres temporaires qui ont nom le capitalisme. Parce que la Chine dit bien cela et elle le dit avec beaucoup d’insistance à ses frères du Tiers monde… là encore c’est la civilisation la plus ancienne du monde qui a subi l’horreur de la guerre de l’opium, de la désagrégation imposée des hommes et des territoires, les effets de l’impérialisme les plus radicaux, qui vient annoncer la bonne nouvelle: nous sommes en train de vaincre la pauvreté, on va pouvoir lutter contre la destruction de l’environnement, pour cela il faut accepter cette communauté de destin planétaire. Est-ce qu’il s’agit vraiment d’une erreur que la dynastie qui lance ce programme planétaire, celle qui a avec Mao reçu mandat du ciel soit celle du parti communiste ? En tous les cas il est clair que, comme lui, elle accepte à un âge avancé de nager dans l’immense fleuve rouge du destin de l’humanité. Voulait-elle simplement instaurer le capitalisme doublée de l’autocratie communiste? Il serait temps pour les communistes eux-mêmes de s’en préoccuper et de parodier l’invite de Marx face au spectre qui hante le monde, il faut que les communistes eux-mêmes disent qui ils sont et quel est leur programme.

Non seulement l’Histoire n’est pas finie, mais ce sont les communistes encore et toujours qui avec les masses font l’Histoire… Et il est extraordinaire que l’utopie puisse ainsi se concilier avec la lutte obstinée de ceux qui s’accrochent à toutes les conquêtes du quotidien, c’est ce qui jusqu’ici m’a permis ma confiance dans ceux qui ont proposé ce manifeste du XXIe siècle.

Je suis une internationaliste et cette invite chinoise à ne pas craindre la mondialisation me va tout à fait. Est-ce que pour autant à un niveau superficiel, elle me fait adhérer aux discours de la social-démocratie qui  prône l’UE et dénoncent les replis nationalistes. C’est exactement le contraire, la communauté de destin que propose la Chine est une dénonciation de l’ingérence et du néo-colonialisme, mais le respect des souverainetés de la manière dont chaque nation arrivera vers cette coopération, selon son souhait; le contraire de  l’UE, de son ingérence sous des prétextes hypocrites qui masquent mal ses appétits pour le pillage. L’UE est un obstacle à ce destin commun planétaire vers lequel nous allons, elle en témoigne tous les jours, mise en concurrence des travailleurs, bellicisme derrière l’OTAN et encouragement à la xénophobie, quitte à inventer une fausse opposition et vraie complicité entre ceux qui feignent de défendre l’ouverture, la démocratie, la générosité et dont Macron se veut le chantre et les « populistes » protectionnistes, vrai fascistes, en faisant oublier qu’ils ont les mêmes choix capitalistes. C’est pour cela que comme le dit Marie Christine Burricand l’échéance européenne est importante et les communistes doivent s’y présenter avec l’originalité de leur position internationaliste, dans laquelle les nations et les exploités auront voix au chapitre. L’opération qui ferait de notre cher de file le berger conduisant le troupeau vers des listes d’union sans principe, devient chaque jour plus malaisée quand le débat a lieu.

En prenant du recul, beaucoup de recul, je mesure que nous sommes nous communistes français dans un processus. Ceux qui ont tablé sur l’inertie pour bloquer ce mouvement, pour tenter de conforter un pouvoir dérisoire, ceux qui de l’extérieur ont tablé sur une révolution de palais en n’ignorant rien de la capacité de cette direction à empêcher le débat, à le limiter avaient pour eux l’expérience, vingt ans d’expérience, mais ils me semblent aussi ignorer ce qui s’est mis en mouvement partout et qui correspond assez je le crois à cette anxiété planétaire et à la possibilité d’en faire une nouvelle étape révolutionnaire de l’émancipation humaine.

Danielle Bleitrach