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Il n’y a pas de révolution sans mobilisation de l’histoire ! Compte-rendu des rencontres communistes de Vénissieux du 30 avril 2016

La Revue Unir les communistes nr 7 reprend diverses interventions du colloque de Vénissieux dont la mienne. Si je choisis de la publier alors que d’autres interventions le mériteraient plus sans doute c’est parce que je crois que cette intervention résume assez bien ce qui m’a poussée à animer ce blog et  à écrire ce livre qui devrait paraître bientôt chez Delga: »1917-2017, Staline, tyran sanguinaire ou héros national?  » Rarement livre fut produit avec autant de difficultés profondes, d’interrogations sur ce qui pouvait bien me pousser à ainsi m’exposer depuis tant d’années à l’incompréhension, les insultes, la solitude. Pourquoi est-ce que je me lançais dans le contexte qui est le nôtre au choix d’un affrontement avec toutes les idées reçues, avec toutes les diffamations ? Un parti tel que celui que nous avions est un outil inouÏ non seulement pour l’emporter, mais pour protéger les militants, sans lui l’individu qui s’obstine à combattre risque non seulement d’être inefficace, mais la proie de tous les sadismes. A cette seule idée j’ai failli renoncer, ne pas publier ce livre dont j’imagine déjà ce à quoi il va me soumettre sans surtout être lu… J’ai déjà vécu tout ça y compris dans mon combat pour Cuba, au lendemain de la chute de l’Union soviétique. Je suis épuisée et gorgée d’injustices, la mauvaise réputation, pour simplement avoir voulu défendre l’héritage des révolutionnaires, pour le transmettre à ceux qui ont à charge de changer le monde, un travail indispensable… Parfois je n’ai plus la force mais si je repars c’est parce que j’ai cette étrange conviction que les choses ne peuvent demeurer en l’état et que le capitalisme est déjà mort, que nous nous débattons au sein de son cadavre en train de pourrir et qu’il faudra bien s’en rendre compte. Voilà j’aimerais bien parfois ne plus me sentir aussi seule (note de Danielle Bleitrach).

par  Danielle Bleitrachpopularité : 20%

Intervention de Danielle Bleitrach, sociologue communiste

Tout a déjà été dit, et fort bien. Je ne peux que dire mon accord plein et entier avec la vaste fresque que vient de brosser Rémy, mais la question qui nous est posée, c’est qu’est ce qu’on fait nous, quelle est notre possibilité d’action, à quoi ça sert un parti communiste. C’est la question que nous nous posons dans cette réunion.

Si je dis que j’ai partagé avec Rémy ce vaste panorama, c’est que nous nous sommes rencontrés au moment d’une grande crise,quand le parti subit l’effet de l’échec, de l’effondrement de l’union soviétique ; on va avoir une situation paradoxale que j’ai résumée quand j’ai essayé de me battre pour Cuba. J’ai dit, ce peuple résiste, ce peuple se bat et Henri Malberg qui n’était pas le pire des hommes m’a dit, Danièle, tu es une romantique, dans 6 mois, ils sont à genoux, et on va encore se prendre ça dans la gueule, laissons-les tomber. C’était comme ca.

Donc, ils m’ont dit, tu es une idéaliste, et tu ne vois pas qu’ils sont complètement irrationnels et ne vois pas la réalité du monde, c’est fini, il faut en prendre notre parti.

Ce que les cubains m’ont enseigné, c’est exactement le contraire. J’ai tout de suite compris une chose à Cuba, que nous avons partagé avec Rémy puisque nous y étions ensemble. J’ai découvert la période spéciale, une situation totalement dramatique où les gens ne savaient pas comment ils allaient manger et ce peuple a tenu bon et a résisté. Ce que j’ai découvert, c’est que quand vous voulez résister, il ne faut pas être idéaliste, il faut être réaliste pour savoir sur quoi s’appuyer exactement, et ce qui cède.

Je n’ai jamais vu des gens aussi conscients, aussi convaincus de la nécessité, convaincu d’être rentrés dans une nouvelle période, sans nostalgie, quand ils se sont retrouvés seuls et ont dit « on continue » Cette attitude a été une des grandes leçons. Comment imaginer qu’un petit îlot perdu qui n’a comme production que le nickel et quelques bananes, balayé par les vents, à 500 kilomètres des USA, peut se dire qu’il est juste de résister et comment le faire partager à tout un peuple, et pourquoi.

A cette époque, quelqu’un que vous connaissez, Michel Vovelle, historien de la révolution française m’a dit quelque chose qui m’a beaucoup frappée « quand les rois reviennent en 1815, la révolution apparaît comme l’échec politique, la terreur et la guillotine, l’échec économique des assignats et maintenant, tout le monde est l’héritier plus ou moins de la révolution française. Tu ne peux connaître la postérité des révolutions avant longtemps… ».

Dans l’esprit de « que peut-on faire », qu’est-ce que ça veut dire d’être communiste dans la période où on est ? Ca ne veut pas dire idéalisme, ça ne veut pas dire nostalgie, mais au contraire avoir une très grande lucidité et comprendre le monde tel qu’il est et pas tel qu’on le rêve. Ce qui apparaît caractéristique, important, c’est que ce qu’on appelle le temps de la chute de l’Union soviétique, c’est un temps relativement court face à la rébellion qui s’installe et qui monte. En 1991 c’est la chute, le monde entier fait le gros dos, c’est la fin. Mais en 1994, c’est la Corée, le Chiapas qui lutte contre l’ALCA et la France en 1995. J’étais au Chiapas et tout le monde me demandait ce qui se passait en France, pourquoi vous aviez lutté, et il y avait un grand mouvement ouvrier en Corée du sud. En dehors, le reste du monde était accablé. Nous avons eu une accélération historique beaucoup plus grande que ce qu’on en croit.

Ce qu’on a décrit depuis tout à l’heure, c’est que les conditions objectives du pourrissement, de l’effondrement du capitalisme sont réunies, mais qu’il manque les conditions subjectives, la prise de conscience par les classes sociales de leur propre rôle. A ce titre, il est évident que ce qu’on nous a présente comme l’échec, ce qu’on nous a rabâché des pays socialistes, pèse d’un poids très lourd.

Je veux évoquer la manière dont les peuples reprennent le désir de lutter. À partir de ce que j’ai vu sur le terrain. Il faut comprendre que les révolutions forment des séquences conscientes. Le lien doit être pris en compte dans l’étude de leur résultat, leurs liens peuvent être positifs ou négatifs. Un historien russe de droite analysant le mouvement contre la loi El Khomri, titrait « la France conservera-t-elle ses « acquis » entre guillemets ». Les commentateurs disaient « pourquoi les acquis entre guillemets », ce sont bien des acquis. Le journaliste de droite concluait, les partis de gauche, les syndicats, tout est délité en France parce que tout reposait sur l’existence de l’URSS. C’est non seulement la révolution bolchevique qui a été atteinte avec la Russie, mais la révolution française elle-même.

C’est un grand débat très vivant en Russie sur le bilan de la révolution d’octobre et très souvent avec la révolution chinoise, dans un débat triangulaire avec la révolution française toujours présente. Si vous connaissez le film Francophonia de Zoukourov qui montrait comment Léningrad et le musée de l’héritage avait été massacré, et disait « alors que vos cousins germains vous ont préservés à Paris et ont été très gentils. Avec nous, ils nous ont fait vivre le drame terrible, l’horreur. Nous voila ce qu’on a eu et vous avez été préservés. On vous aime comme ça, mais vous nous avez eu avec votre révolution, votre Napoléon, nous sommes vos héritiers, vous n’avez pas compris que c’est vous qui avez produit tout ça ». Aujourd’hui avec l’échec de la révolution soviétique, c’est la révolution française qui a été attaquée, et je suis bien d’accord. 
Il faut analyser ce qui se passe avec le Hollandisme triomphant, et derrière, le Mitterrandisme croupissant, la tentative de la social-démocratie d’instaurer à travers l’Europe un modèle alternatif à un socialisme, qui ne pouvait dire son nom et n’était qu’un capitalisme. L’écroulement de l’Europe c’est l’écroulement d’une stratégie de substitution à la révolution bolchevique. Si on reste dans cette idée, il faut regarder les choses en se disant que nous sommes dans la fin de la période historique où le leurre en quelque sorte représenté par l’Europe, a été un modèle de substitution à la révolution contre le capitalisme que représentait l’URSS. Le leurre de substitution, c’est le « socialisme moral » avec Coluche, les restos du coeur et l’antiracisme, et l’autre le mafioteur Tapie. Et on a repris toute l’histoire de France pour vider la Révolution française, avec Furet.

Nous sommes dans cette situation et ce qui me semble déterminant, la crise du capitalisme dans sa forme peut remonter à la crise de la première guerre mondiale avec ce que Lénine nomme l’impérialisme stade suprême, le rôle des monopoles, le partage du monde, la mise en concurrence… On continue avec ces tentatives de survie… mais le passage du féodalisme au capitalisme ça a duré 6 siècles !

Nous sommes dans des périodes de convulsions, devant une situation où le capitalisme et ces élites ne cessent de démontrer l’inutilité de toute révolution, leur caractère nocif, comment y échapper, comment éviter une révolution au moment même où elle pourrait être forte.

J’ai mené un combat que j’ai privilégié (on ne peut pas tout faire), celui de la ré-estimation des révolutions, à contrario de ce qu’on nous disait, l’Union Soviétique, la Chine sans oublier Cuba et aussi la ré-estimation de notre rôle en tant que Français. Ce qu’il faut voir, c’est que d’une certaine mesure l’opération miterrandienne, nous a coupé de la politique, ne nous a pas donné un autre désir, un autre besoin politique, mais nous appris le cynisme, la manipulation. On a devant nous un gouvernement qui culmine dans tous les amateurismes parce que sa seule spécialité c’est de gagner les élections. A Peine Hollande a mis les pieds à l’Élysée, qu’il se pose la question de savoir comment préparer 2017… Ils sont entièrement dans une vie politique qui ne joue que sur les aspects électoraux et néglige complètement ce qui a toujours fait la vie politique pour le peuple Français qui reste un peuple révolutionnaire. On dit qu’un peuple qui a fait la révolution ne l’oublie jamais car il a appris le poids des masses, comment l’intervention des masses faisait l’histoire.

Avec Marianne, on est parti sur les routes, deux vieilles dames (enfin, Marianne a 15 ans de moins que moi !) puisque les jeunes ne le faisaient pas, en Ukraine pour faire parler les gens de ce qu’ils ont vécu, de la manière subjective d’avoir vécu la révolution et ce qu’on a en retiré n’a rien à voir.

Le grand élément, c’est la stabilité. Quelqu’un qui faisait des études avait un bon boulot. Les prix baissaient. Il y avait plus, et on le mesure mal, toute une réflexion qu’on retrouve chez les poètes, les écrivains, une vie plus riche, pleine d’intérêt, de choses d’avenir, de perspectives, tout ce dont notre jeunesse manque.

Il ne s’agit pas de faire un tableau idyllique vous n’y croiriez pas, vous avez été tellement rompu depuis 20 ans avec la catastrophe ? Quand un jeune adhère au Parti, qu’est ce qu’on lui dit ? L’URSS ? une catastrophe, la Chine ? une dictature capitaliste, Cuba ? le parti unique… qu’est ce qu’il reste ? Des phrases creuses, de grandes idées d’une espèce de christianisme mal assimilé, mais rien à proposer. On n’ose plus parler de nationalisations, et pas seulement pour celles de l’URSS, mais aussi la caricature de celles de Mitterrand.

Il y a un combat pour l’Histoire, il n’y a pas de révolution, pas de changement politique sans mobilisation de l’Histoire. Même quand Mitterrand nous fait le numéro de ce modèle alternatif européen, il fait le coup du Panthéon, quand Hollande va au Panthéon, il met tout sauf des communistes, pour démolir l’Histoire, pour enlever le ferment révolutionnaire.

Malheureusement nous avons un Parti communiste qui s’est plié à cette opération.
La question principale n’est pas d’être dedans ou dehors du Parti. Je refuse de parler des divisions, je vous ai tous connus à l’intérieur du Parti, mais j’ai choisi de retourner au Parti pour une raison très simple, l’expérience du PC Italien. Il avait un électeur sur trois. Quand la droite a pris la direction du Parti, des communistes sont partis qui ont prétendu faire des partis mais tous ont fait la même chose.

Il y avait de tout dans le PCF, des syndicalistes révolutionnaires, des républicains de progrès… mais ils avaient une ligne commune, qui permettait de tenir des gens qui n’avaient rien à faire ensemble parce qu’ils étaient héritiers de temps divers.
Ce n’est pas une affaire de rentrer au parti, c’est même de la publicité mensongère, mais j’y resterai jusqu’à la fin parce que c’est mon choix, mais ce n’est pas important. L’important c’est de fabriquer ensemble pour redonner aux jeunes générations, ce sens de la nécessité d’un parti communiste, des révolutions parce qu’on est face à la nécessité de la fin capitalisme.

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Une cure de désintoxication…

 

Quand j’ai décidé il y a une dizaine de jours d’interrompre ce blog vos salutations amicales m’ont été chaud au coeur, mais je crois que personne n’a mesuré le degré de saturation que j’avais atteint. Ouvrir un blog c’est non seulement multiplier les rencontres, s’enrichir, mais c’est aussi subir des gens que vous ne supporteriez pas cinq minutes dans la vie réelle.

Il y a eu trois personnes qui à des degrés divers ont représenté l’insupportable de cette activité. L’une, ne pense qu’à elle, à ses articles, à ses sentiments, elle se croit autorisée à vous faire des scènes sans d’ailleurs jamais vérifier ce qu’elle vous reproche et qui revient au fait que l’on a oublié le culte que l’on doit à cette personne à la sensibilité exquise. Rien d’autre qu’elle même et vous qu’elle a annexé n’a de l’importance, jamais elle ne s’interroge sur ce que vous vivez, elle s’adresse à une « amitié fantôme ».  On sait que rien ne la changera même si tout de suite elle s’excuse et veut repartir comme si de rien n’était. Ce n’est pas très grave…C’est simplement la cerise sur le gâteau dans un système basé sur l’égotisme..

La seconde est déjà plus lourde, il s’agit de cette « amie » qui s’est investie corps et âme dans la cause palestinienne, à l’exclusion de tout autre problème et qui est devenue sur le tard une disciple éperdue de mélenchon. Elle vous expédie tous les jours une dizaine de posts, les uns relevant de faits présentant de l’intérêt, les autres désormais charriant une problématique que ne renieraient pas Soral et Dieudonné. C’est une femme que je connais depuis plus de trente ans, une sociologue avec qui j’ai travaillé en particulier elle a été le correcteur d’un livre sur Cuba et un autre sur brecht et lang. C’est quelqu’un que je crois profondément honnête ce qui rend sa dérive vers l’antisémitisme et les thème de l’extrême-droite, totalement incompréhensible.Son attitude me bouleverse non seulement à cause de ce qu’elle est, mais parce que nombreux désormais sont les militants communistes qui ne surveillent plus leurs sources et diffusent n’importe quoi. Tenir un blog c’est se trouver au carrefour où soufflent ces vents mauvais de la confusion d’une époque… A ce propos je crois que peu de gens on remarqué le virage pris par marine le Pen dans sa dénonciation de Macron, clone d’Attali, homme du cosmopolitisme… On repense à Politzer pendant que l’extrême-droite dénonce le banquier juif elle fout une paix royale à tous les autres capitalistes, elle résoud même certains problèmes de concurrence interne… le temps de Politze est révolu…

La troisième personne illustre la manière dont j’ai tout fait pour constituer un collectif et comment celui-ci se contentait de m’utiliser comme un « service » sans jamais s’impliquer au-delà de ce qu’il ou elle souhaitait, c’est-à-dire fort peu, un article par ci par là, une traduction et le reste du temps toute la logistique devait être assumée par moi aux dépends de mes propres intérêts, de mes propres travaux. La question est de savoir s’il est possible de construire un collectif quand le projet politique est celui d’une autre information.

Voilà je ne sais ce qu’il adviendra mais pour le moment je reprends pieds, j’ai retravaillé deux manuscrits, l’un qui devrait être publié en octobre, intitulé « 1917-2017, Staline, un tyran sanguinaire ou un héros national à paraître chez delga. Un autre manuscrit qui va être le chantier du prochain trimestre consacré à la Pologne et à ses juifs, une transmission ou plutôt une réflexion sur le rôle joué par l’antisémitisme dans la chute de la Pologne populaire et avec elle celle de l’atlantide URSS. J’ai découvert que la solitude de l’écriture peut être très productrice et parfois on rédécouvre d’autres collaborations inattendues.

dans ma vie quotidienne, j’ai retrouvé ma cellule, ses débats, ses distributions de tracts.j’ai toujours pensé que dans ce parti communiste, les deux niveaux dignes d’intérêt étaient le Comité central (je ne suis pas sûre de l’intérêt de l’actuel Comité National) et la cellule, les deux seuls lieux décisionnels, en prise sur la réalité. Donc mon bonheur est grand d’avoir retrouvé une cellule active et qui débat.

C’est une cure de désintoxication dont j’avais le plus grand besoin… je suis passionnée par mon travail intellectuel et je ris beaucoup avec mes camarades donc pas question d’un quelconque retour ni de publications d’articles, cela dit j’ai donné la clé de ce blog à un certain nombre de personnes, ils peuvent œuvrer sans moi et aucune imprimatur et par la même occasion me faire la démonstration que j’espère qu’ils sont capables d’animer ce blog sans moi…  .

Danielle Bleitrach

Un des fruits de ma retraite: j’ai compris pourquoi Spinoza, malgré l’herem, la malédiction de sa communauté,sa propre vision pêssimiste de la synagogue et de ce qu’on pouvait attendre d’une réflexion politique en son sein, avait refusé de se convertir…

La première raison est que rien ne lui paraissait convainquant et susceptible d’aider collectivement à la maturation d’une pensée et d’une action; la seconde c’était qu’avoir été juif vous dégoûte de tout ce au nom de quoi on prétend vous imposer la conversion, vu de ce point de vue rien n’est bien crédible en matière de paradis et de raison; enfin peut-être a-t-il trouvé confortable d’être débarrassé de la perplexité inspirée par les stupidités de vos contemporains. Il suffit de se dire qu’ils sont antisémites et de passer à un sujet plus intéressant.

Notez que cela fonctionne aussi pour le communisme… Comme quoi Marx n’était pas pour rien petit fils de rabbin et fils d’avocat voltairien…

 
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Publié par le septembre 11, 2017 dans mon journal

 

Quelques jours pour poursuivre des vacances très studieuses…

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je m’accorde quelques jours  de repos après l’épisode caniculaire épuisant. L’opération de la cataracte qui m’a redonné la vue m’a mise en appétit ou plutôt en régime. Pour m’aider à me mouvoir mieux j’ai décidé de maigrir, cela ne peut faire que du bien à mon squelette attaqué par l’arthrose que d’avoir moins de poids à supporter. J’ai l’immense chance d’avoir un élan vital et un cerveau en bon état de marche, il faut aider la machine qui m’est si généreuse… Je me demande à qui je dois cette sensation de plénitude, ce bonheur indépendant de toutes circonstances extérieures. Je pense à mon père et ma mère qui m’ont fait jusqu’au bout, jusqu’à ce moment où ils ont rendu l’âme dans mes bras, le cadeau de l’amour de la vie. A ma mère qui l’an dernier à la même époque me disait dans son dernier souffle « de quoi as-tu peur? » Effectivement il n’y a aucune raison d’avoir peur…

Je vais voir ce que toutes ces bonnes résolutions donnent dans huit jours, je suis si gourmande. Je lis énormément, j’écris avec la même boulimie, j’ai tout vu au cinéma, j’attends les nouveaux programmes et ma maison est délicieuse, mon chat également, la chaleur méridionale vous fait apprécier un luxe frugal fait d’ombre et de propreté.  Je ne cesse de me réjouir de ce que la vie m’accorde. J’ai pratiquement terminé le livre qui pour le moment s’intitule : Russie 1917-2017, Staline tyran sanguinaire ou héros national. Ce livre est écrit en dialogue avec Marianne à partir de nos derniers voyages.  Je suis en train avec l’amie Nicole de le toiletter pour l’envoyer pour édition le 15 septembre. Nicole Mokobodzki , en travaillant aux corrections, m’a proposé cette phrase de Georges Sand pour résumer notre propos commun:

« L’oubli est un monstre stupide qui a dévoré trop de générations ».

Par la même occasion, je travaille sur un autre livre au sujet de la Pologne, en dialogue cette fois avec Monika, la Pologne de hier et d’aujourd’hui, la féodalité et la Pologne Populaire, le séisme Walesa, le tout sous l’angle personnel de l’impossible cohabitation entre Juifs et Polonais. Une réflexion sur le rôle de l’antisémitisme autant que sur le communisme, c’est pour cela que je considère que ce livre relève de mes mémoires. Il me travaille autant que je le travaille. Cette fois le dialogue dans la relecture est assuré par Béatrice, en souvenir de nos aïeux communs… Pologne, nos aïeux…

A la fin du mois d’août, ce blog reprendra.

Danielle Bleitrach

 

 
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Publié par le août 9, 2017 dans mon journal

 

Dernières nouvelles et peut-être la reprise

 

Voilà le travail a pris forme, j’ai travaillé sans relâche à partir de ce qui avait déjà été publié dans ce blog, mais dans une mise en forme originale, celles de mémoires- voyages avec deux dialogues, celui en Pologne avec Monika et celui en Russie avec Marianne. Mais je reste le seul auteur, la seule responsable de cette errance autour des fantômes de l’Histoire avec des questions qui sont miennes qu’il s’agisse d’un bilan du stalinisme et de la Révolution, de mes interrogations sur l’antisémitisme ou sur la représentation, le cinéma. Avec un co-auteur on se bride nécessairement parce qu’il ne peut pas partager tous les vagabondages d’une vie, il a les siens.

J’ai pensé qu’il était temps que je prenne mes responsabilités.

Il reste le travail de correction, je suis incapable de le faire parce qu’à chaque fois je me préoccupe du sens et je modifie le texte sans en corriger les scories. Je vais demander à mon frère et mon cousin- qui ont eu une scolarité plus solide que la mienne, moins en dent de scie-  de tenter une premier peignage du texte et peut-être si cela ne suffit pas et si l’éditeur se montre réticent irai-je jusqu’à engager un ou une correctrice, un vrai métier. Ce sera l’occasion d’u  dialogue avec ma famille, ils partagent certaines de mes préoccupations et depuis toujours ont du ma à comprendre ce qui me rend aussi différente d’eux.

J’avais besoin de cette méditation, de cette retraite, la tension était arrivée à son comble.

Donc ce blog pourra à nouveau fonctionner dans quelques jours ou dans deux semaines. Mais il fonctionnera collectivement.

Danielle Bleitrach

Voilà l’image de moi que m’envoie un peintre sont j’apprécie le travail…Angel Darisio…. Un rayonnement d’énergie… c’est ce que dit effectivement ce tableau… il rayonne d’énergie comme un incendie en Provence par fort vent de Mistral… Moi une des remarques fortes de mes « mémoires » est « depuis la mort de mon enfant, je sais que notre monde est douillet et inhumain, donc pas en état de faire un procès quelconque à ceux qui ont affronté avec détermination le pire qui se puisse imaginer ».

 
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Publié par le juillet 27, 2017 dans HISTOIRE, mon journal

 

épicurien et monacal, inespéré…

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Aujourd’hui un homme m’a dit: « comme je suis content de vous rencontrer, j’ai tellement entendu parler de vous » et il a ajouté « toujours en mal! ». J’ai répondu « je suis parfaitement heureuse, j’écris un nouveau livre, je travaille beaucoup et je me détends en marchant pour faire des courses, je vais au cinéma à mes heures. Hier j’ai vu  le destin de Madame Yuki de Mizoguchi, j’en suis sortie éblouie, comblée. Je me lève le matin et me couche le soir avec une sensation de plénitude et j’évite même de répondre au téléphone?

Et bien avec cette vie épicurienne et monacale, si à près de 80 ans, j’arrive encore à susciter tant de détracteurs, dont j’ignore tout et ne veut rien savoir, ma foi je considère cela comme inespéré. »

Je n’ai pas inventé un mot de ce dialogue qui me permets de vous dire à tous l’été magnifique que je passe, j’ai un tel besoin de solitude et j’ai tant de choses à faire que je vous prie tous d’excuser l’arrêt momentané de ce blog et mes remerciements pour la paix que vous m’accordez et dont j’avais le plus urgent besoin.

Danielle Bleitrach

 
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Publié par le juillet 25, 2017 dans CINEMA, mon journal

 

La question d’un lecteur et l’impossibilité d’y répondre…

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Sur ce blog, un lecteur occasionnel m’interpelle : qui êtes vous Danielle Bleitrach? Franchement qui peut répondre à pareille question, non sur Danielle Bleitrach mais sur soi-même ?… Chacun aura bien compris que cette interrogation – qui fait songer à l’invitation du commandeur à  Don juan, le mécréant et à sa damnation- est destinée à me renvoyer au « complot » auquel je participerai, à me démasquer. S’agirait-il  en l’occurrence  de celui des forces obscures qui en veulent à Macron, malgré l’adhésion à son culte de la quasi totalité de la presse et l’appui vertueux du MEDEF?. Tout cela parce que j’aurai osé dire l’évidence de la vulgarité de ces deux couple s’empiffrant sur la tour Eiffel pour y célébrer la boucherie de 14-18, pour mieux vider de son sens la prise de la Bastille.

LE « STALINIEN » , UN CONCEPT CREUX COMME UNE DENT CREUSE QUI NE MORD SUR RIEN

Mais cette interpellation n’est pas unique en son genre:  il y a des gens qui se sont ingénié toute ma vie à me définir, pire à me culpabiliser et ce de la manière la plus étrange qui soit. Il y a ceux qui depuis plus de vingt ans s’obstinent à me décrire quasiment comme une anticommuniste, une « stalinienne »,étant bien entendu que pour eux « le stalinisme » est l’unique cause des défaites du communisme. Le capitalisme n’étant qu’un tigre en papier aisément vaincu par les bons sentiments.  Bref cette référence au stalinisme,  loin de résoudre le problème ne fait que l’obscurcir parce qu’à ma connaissance nul ne sait exactement ce qu’est un « stalinien ». Ce mot n’est qu’une une stigmatisation creuse, aussi creuse que la notion de totalitarisme à laquelle la plupart des chercheurs ont renoncé, mais qui fait les beaux jours des idéologues français La notion évite l’analyse concrète d’une « personnalité concrète »comme celle de la situation concrète dans laquelle il y a eu recours à la « terreur ».

Il est vrai que face aux  antitotalitaristes, antistaliniens de profession, à leur manière de déformer l’histoire, il m’arrive d’avoir envie de les provoquer, ne serait-ce que pour les amener à s’interroger sur leurs certitudes. Pourtant  en dehors de ce réflexe, je ne pense pas être stalinienne et je crois l’avoir prouvé par mon indépendance d’esprit. Si être stalinien c’est être soumis corps et âme à l’autorité qui représente l’idéologie à laquelle on adhéré, je ne suis pas stalinienne, aucune autorité malgré ma discipline n’ayant pu me convaincre d’agir a contrario de mes conviction. Je signale simplement l’absurdité de ceux qui prétendent par ce trait de caractère mal avéré fondre dans un même moule communiste et fasciste. deux idéologies, deux pratiques à l’échelle historique totalement contradictoires. Pour revenir au trait de caractère que l’on m’attribue et que je dénie, Paul Boccara m’a dit un jour que j’étais « versatile », au sens anglais du terme, c’est-à-dire à multiples facettes. C’est vrai parce que je suis convaincue de ce postulat marxiste qui veut que le réel soit la synthèse de nombreuses déterminations et je suis fascinée par leur exploration, toutes.  Ce qui me donne aussi un grand esprit de contradiction et qui fait de moi une candidate toute trouvée pour toutes les répressions de l’autoritarisme.

Pourtant dans le même temps, je demeure attachée à ce qui selon moi constitue le mouvement, la mise en branle incontournable de toutes ces dimensions: la lutte des classes bien ancrée dans la matérialité, dans ce dont on ne peut pas s’abstraire sauf en imagination à savoir le poids de la nécessité sur la condition humaine. Ce qui me conduit souvent à préférer le dialogue avec des opposants déterminés plutôt qu’avec les faux amis pétris de bons sentiments…

Mais pourtant voici plus de 20 ans que j’ai été interdite dans la presse communiste et cela continue. Comme l’interdit était identique à celui de la presse bourgeoise, j’ai été muselée et aujourd’hui la suprême insulte est que je suis vieille comme si cette incarcération était de mon fait. Après vingt ans de censure voici que le jeu consiste à dire que je serai trop vieille pour avoir le droit à la parole… Il y a ceux qui raffinent, dernièrement une sotte, qui désormais hante les fédérations du PCF me disait paranoïaque parce que je décrivais la manière dont la direction du PCF avait réussi à étouffer la présence communiste aux élections présidentielles et législatives, ce qui est un fait, une évidence. Non je ne suis pas paranoïaque, mais je suis devenue une spécialiste de la chose et au contraire j’y résiste assez bien. Parce que je n’ai aucune ambition personnelle et que j’ai acquis une forme de liberté dans cette répression.

NOS RAISONS D’EXISTER VALENT MIEUX QUE NOTRE EXISTENCE

Le fond de cette liberté est justement d’avoir voulu rester communiste et de faire à chaque instant des choix qui correspondent à cet engagement. Peut-être cela se résume-t-il à cette phrase de Robespierre: « Nos raisons d’exister valent mieux que notre existence ». je sais que la lutte des classes a besoin d’un parti, d’un sujet historique collectif, le prince de Machavel du prolétariat expliquait Gramsci et je ne me laisse tenter par aucune aventure qui me détourne de mon but, le changement de société indispensable, la fin d’un capitalisme mortifère et qui aujourd’hui menace l’humanité dans sa survie..

Comment à partir de là certains en sont-ils arriver à tenter de justifier leur censure, interdit, par le fait que je serai une ennemie du parti communiste? L’argument employé alors est le plus souvent limité à mon appartenance aux couches intellectuelles. Je dois dire qu’au bout d’une vie rien ne m’impressionne moins que ce genre de choses. Ceux qui flattent l’ouvriérisme sont les mêmes qui sont en train de convaincre les ouvriers que l’aspiration à la connaissance, à la compréhension n’est pas pour eux. Etre des brutes est leur idéal, mais c’est aussi celui de la marginalisation des couches prolétariennes qui a atteint aujourd’hui un stade qui est celui de la régression, celui d’une contre révolution.

 NEGATIONNISME  ET EMANCIPATION HUMAINE ? 

Ce qui me fascine dans cette affaire est la manière dont ma caractérisation passe alors par la négation de toute ma vie. Ce ne serait pas un problème si je ne retrouvais pas la même déformation- diffamation dans un autre aspect de ma personnalité. Mes origines juives, la manière dont la fuite devant le nazisme a structuré ma petite enfance et probablement déterminé mon engagement communiste. Ce matin une amie m’envoie par courrier électronique un texte de moi et elle m’explique que dans son petit groupe ce texte est utilisé pour me nuire. Il s’agit d’un texte très ancien que j’ai consacré à Dieudonné et qui avait été publié par Grand soir. C’était le lendemain du passage de Dieudonné à l’émission de Vogel déguisé en rabbin et proclamant son adhésion à Hitler. Je ne renie rien de ce texte dans lequel je montrais que Dieudonné avait joué un rôle, qu’il pouvait encore s’en sortir, et je faisais référence à un acteur autrichien se grimant jusqu’à devenir réellement nazi. je lui demandais de ne pas aller sur cette voie et je n’ai pas été la seule à le faire à l’époque. Il a fait son choix et depuis il suffit de consulter ce blog, il n’a pas eu d’adversaire plus résolu que moi.Mais le petit jeu du négationnisme est à l’oeuvre, il s’agit de sortir un texte hors tout contexte pour se lancer dans un procès que rien ne justifie. Ce qui est extraordinaire par parenthèse est  que certains qui me reprochent ce texte ancien hors contexte sont incapables de la moindre critique face aux dérives d’un Bernard henry Levy quand il va en Ukraine installer sur ordre de la CIA et de l’OTAN des néo-nazis au pouvoir. Ils ne mesurent pas l’horreur de celui qui toujours et partout a cautionné l’installation des fascistes antisémites par pur anticommunisme et vassalité aux Etats-Unis.Je n’approuve pas plus ceux qui sous prétexte de défendre la cause palestinienne ne mesurent pas que ceux qu’ils approuvent sont animés de fait par l’antisémitisme. Comme dans le cas où un Pascal Boniface attribue au CRIF (dont par ailleurs je dénie la représentativité) la responsabilité dans les tortures du gang des barbares. cela suffit avec cet anti-impérialisme de pacotille et son abandon de toute dimension de classe.Cela suffit le négationnisme, tous les négationnisme, celui qui nie l’extermination des juifs, mais aussi celle des soviétiques et qui se permet d’interdire la célébration de la libération d’Auschwitz aux enfants de l’armée rouge. Celui qui veut détruire un individu le fait en le privant de sa mémoire. Il n’y a aucune liberté dans le négationnisme.

Je hais l’antisémitisme comme toutes les formes de racisme et quand je vois la moindre trace de ces perversions haineuses je les dénonce sans le moindre état d’âme. Ce qui me vaut à la fois d’être l’objet de diffamations de la part des uns et des autres. je serais pour les uns une « antisioniste » (je suis au contraire allergique à ce terme et à ce qu’il recouvre souvent d’antisémitisme) et pour les autres (comme Soral qui m’a consacré un sujet video) la pire des « enjuivées », celle qui veut répandre sa « lèpre » sur la surface du globe… Non! Simplement je considère qu’il n’y aucune identité qui justifie que l’on abandonne son appartenance à l’humanité et pour moi l’émancipation de celle-ci passe d’abord par la lutte des classes.Et je suis comme Klaus Mann qui affirmait que « les nazis n’étaient pas abominables parce qu’antisémites, mais qu’ils étaient antisémites parce qu’ils étaient abominables. » Tout cela demeure exact.

LA RUSTICITE DE LA CONVICTION

Comme face à toutes les sophistications des enfileurs de perle de verre, ce qui me convainc le mieux est cette rustique affirmation découverte également ce matin: « Tout français a dans sa poche une carte du parti communiste, rouge ou verte, il s’agit de la carte de la sécurité sociale« . Ou encore que si Ambroize Croizat n’avait pas été ouvrier et communiste il serait depuis longtemps au panthéon, oui mais s’il n’avait pas été ouvrier et communiste, il n’aurait pas – porté par l’élan de la résistance communiste et patriotique- inventé la sécurité sociale. je crois que c’est cela que certains appellent le stalinisme? Il en faut…

Voilà je suis incapable de répondre à la question qui m’a été posée: « qui êtes vous Danielle bleitrach? » Je ne suis pas convaincue d’abord de l’intérêt heuristique d’une telle question, mais je remercie celui qui m’a permis de préciser ces quelques remarques sur ce que je crois vrai ou faux, mais là encore je ne garantis rien.

Danielle Bleitrach

 

 
4 Commentaires

Publié par le juillet 16, 2017 dans mon journal

 

L’insondable vulgarité de ces gens-là…

L’image contient peut-être : 4 personnes, personnes souriantes, personnes assises, table et nourriture

Les Trump à Paris, ou la vulgarité, l’épate entre deux couples de parvenus s’en foutant plein la lampe… Tout ça pour célébrer ceux qui eurent un jour le courage de prendre la Bastille…

Puis les jeux olympiques qui ont toujours été une catastrophe financière (on se souvient peut-être des effets sur la Grèce) et surtout les crédits militaires en augmentation promis pour 2018, Après un « coup de gueule » de Macron : « je suis votre chef!

On voit bien de qui on va exiger des « économies » et ces gens là n’ont pas le moindre doute sur la « légitimité » de leurs pratiques…

Danielle Bleitrach

 
23 Commentaires

Publié par le juillet 14, 2017 dans mon journal