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Le Parti retrouvé à Vénissieux, intervention de danielle Bleitrach

Laurent brun – Danielle, tu as été une dirigeante nationale de premier plan du parti communiste français, tu t’es éloignée à un moment du fait des orientations qui étaient adoptées, et qui conduisaient à la liquidation du parti. Aujourd’hui , nous sommes dans une situation bien plus faible qu’à l’époquer où tu dirigeais le parti et pourtant le livre que tu as écrit « le communisme retrouvé » est un livre de témoignage très optimiste sur la situation et qui donne envie de voir quelle va être la suite. Alors comment être optimiste dans une situation d’attaque féroce du patronat et en même temps d’affaiblissement du parti?

Danielle Bleitrach -C’est vrai qu’on peut dire qu’il est optimiste. Je pense que le communisme a des beaux jours devant lui et de toute façon il n’y a pas d’autre manière, nous devons changer de société. Ca c’est fondamental.
Pourquoi j’ai écrit ce livre? Des jeunes de l’avant-garde m’ont interrogée. Ici comme dans toute la zone PACA, vous ne verrez pas cet interview, il a été supprimé du journal de la jeunesse communiste. Etant donné que depuis 25 ans je suis totalement interdite de l’huma et de toutes les publications communistes. C’est vous dire si je suis convaincue de l’importance du communisme, je pense que m’interidre est un épiphénomène, ça prouve une situation de faiblesse. Le véritable problème est que l’on est en train de trafiquer la mémoire de notre parti et au-delà celle de notre peuple pour empêcher le changement de société nécessaire.
Ce qui s’est passé au parlement européen confirme si besoin était à quel point il y a trafic de mémoire. Il ne faut pas sousestimer ce qui s’est passé au parlement européen. Des camarades disent « on les connait! » C’est très grave!parce que deux choses se jouent dans ce trafic des mémoires. la première concerne la capacité de lutte et il s’agit d’abattre ceux qui veulent une transformation de la société, les révolutionnaires. La seconde c’est de produire une situation qui permette la guerre. Dans les deux cas nous ne pouvons pas le tolérer.

je vois venir ça depuis longtemps. Tu dis que je n’étais plus au parti. pendant le temps que tu décris j’étais quand même à Cuba, je passais la moitié de mon temps avec mes étudiants de sociologie et l’autre moitié à Cuba. Je ne peux pas dire qu’il s’agisse’ d’une rupture avec le communisme.
Ce qui m’a frappée durant cette période c’est la pression qui s’exerçait contre nos idées.Souvenez-vous que le journal l’Humanité s’est payé le luxe de soutenir Robert ménard contre Fidel Castro, c’est énorme. Et ce sont les mêmes qui continuent à refuser de soutenir le venzuela sous toujours le même prétexte: la pureté révolutionnaire, ce communisme qui n’a jamais existé nulle part et qui est tellement beau qu’on ne le verra jamais. Pendant ce temps-là ça permet d’aboyer avec le capital contre ceux qui se battent. Ils ne sont peut-être pas parfaits mais ils se battent.
C’est tout le contraire de ma ligne: avant de critiquer j’essaye de soutenir ce qui va néanmoins dans le bon sens. C’est ce que je fais pour le parti, je continue pour le parti. Je considère que mon parti demeure dans cette sociéte, si faibles soit-il, il continue à être le lieu de la possibilité de la plus grande résistance. Comme je le dis en riant, en citant un camarade aixois qui avait cette phrase: « je suis au parti parce que c’est là où il y a le moins de fascistes. »Parce que je considère en fait que le parti demeure un outil irremplaçable .

je voudrais vous expliquer quelque chose parce que je suis d’abord sociologue. Je ne suis pas a priori une dirigeante, je ne suis pas ce qui se fait de mieux en tant que dirigeante. j’ai beaucoup de défauts, il y a des gens qui savent mieux diriger que moi, ces gens là ont été exclus de fait. C’est eux dont je regrette le plus l’absence. je pense à mon amie Gisèle Moreau, c’étaient des gens qui savaient diriger, qui savaient créer l’unité , le rassemblement. Moi je cherche la vérité… et la vérité… Je suis une intellectuelle.

Donc en quelques mots en tant que sociologue, je vais vous dire le travail qui est fait sur la mémoire. Pourquoi c’est très grave! Brievement donc: tous vos souvenirs sont des souvenirs collectifs. Vos souvenirs d’enfance: vos parents vous ont fit « tu as toujours été comme ça! » on vous a créé une personnalité, ma is cela s’est reproduit tout au long de votre vie, vos souvenirs ont été créés, déformés par le groupe auquel vous appartenez. Ces groupes sont multiples, votre dimension de classe, votre religion, votre nation. La mémoire collective qui en résulte pour chaque membre du groupe est une mémmoire qui est chargée de conforter le groupe, de le rendre plus actif. Si on manipule la mémoire d’un enfant pour le priver de ce lien ou pour le tromper on le rend névrosé, incapable d’agir. C’est pour cela qu’il y a des enfants qui pêtent les plombs, ont des crises et le travail consiste souvent à l’aider à retravailler sa mémoire avec lui. Quand il y a un cadavre dans le placard on avance pas.

On a donc travaillé la mémoire collective du parti et à travers la mémoire collective du parti a été travaillée la mémoire révolutionnaire de notre peuple.Ca a commencé trés tôt. Il ya des historiens anglais qui ont travaillé là-dessus. Dès qu’il y a eu l’hypothèse Mitterrand a été déchaîné par le capital une transformation des faits. Il y a eu l’opération nouveaux philosophes. Il ne fallait surtout pas que le parti communiste en cas de victoire de l’union de la gauche soit en force. C’est un peu ce qui se passe au Portugal, la droite est battue, donc il ne reste plus qu’à renforcer le pS en affaiblissant au maximum le danger révolutionnaire des communistes. Pour cela il va y avoir un travail sur la mémoire. Donc dans mon livre j’ai essayé de retrouver notre mémoire, ce n’est pas ma mémoire, c’est notre mémoire.

j’ai été atterrée quand je revenais de mes pérégrinations, de Cuba ou d’ailleurs, de voir à quel point les communistes étaient meurtris, avaient honte d’agir, ils étaient bloqués un peu comme dans une névrose parce qu’on les persuadait de plus en plus qu’ils étaient fautifs, incapables.

Il faut donc repenser notre mémoire et pour cela je vais partir d’anecdotes. C’est souvent à partir d’anecdotes que l’on recrée la mémoire. je vais vous donner un exemple de la manière dont ona créé la mémoire collective française. Il y a un historien qui a oeuvré très consciemment en ce sens. Il s’appelle Ernest lavisse. Il a écrit une histoire de France en 24 volumes, je les ai dévorés, ça m’a passionné. Il a créé la mémoire républicaine en enfaisant l’héritière d’un passé y compris monarchique quitte à inventer. Un seul exemple Charlemagne et les écoliers. les gentils petits enfants qui comme par hasard étaient des prolétaires, les méchants qui ne voulaient pas apprendre étaient des aristocrates. Charlemagne était allemand, il était à Aix-la Chapelle, mais il devenait l’ancêtre très lointain de jules ferry et de l’école républicaine au mérite.

Imaginez que l’on a fait le même travail sur la société française mais à rebours, contre la révolution. Ca a pris sa pleine mesure avec mitterrand. J’essaye donc de reprendre tout ça en travaillant sur des faits tels que nous les avons vécus, des moments partagés. je pars de l’anecdote, je me mets en scène et je remonte le temps pour tenter d’expliquer ce qui s’est passé. Comme l’a très bien dit notre camarade pierre Alain Millet, ce sont des mémoires individuelles, complètement subjectives, je suis aussi démunie que vous l’avez été. Par exemple, le parti m’envoie à Malte où a lieu la rencontre entre Gorbatchev et Bush. Il y a une tempête phénoménale, on n’arrive pas à se rejoindre, on y voit pas à un mètre. je dis c’est comme fabrice del Dongo à waterloo, je n’ai rien vu de cet événement historique.

Dans cette période de chute du socialisme européen, Maxime gremetz n’a cessé de m’envoyer partout voir ce qui se passait. Il m’envoyait pour deux raisons. La premièr était que la direction du parti n’était pas d’accord avec l’événement donc on envoyait un individu de deuxième plan, on envoyait pas marchais. Mais le côté positif c’est que j’étais un peu moins gourde que d’autres et je ne prenais pas le sommet de maltes entre Bush et Gorbatchev pour un triomphe du communisme.

Je raconte donc comment tout cela s’est passé et je vais terminer sur le plus important de mes mémoires, à savoir l’interrogation: quelle a été notre absence de stratégie? Pourquoi nous nous sommes retrouvés dans cette situation?

Il ya plusieurs points qui ont suscité ma volonté d’écrire. j’ai été profondément choquée, je vous le dis quand j’ai vu en 2017 l’opération qui a voulu faire de marchais un chantre de l’eurocommunisme. C’est le contraire. Marchais, au départ se retrouve dans l’eurocommunisme, mais l’eurocommunisme fait partie d’une stratégie qui est celle des partis comme le parti communiste italien, français et d’autres qui est en gestation depuis la fin du kommintern. Ca remonte loin cette stratégie, à la deuxième guerre mondiale. Donc marchais participe de cette stratégie qui est celle de partis comme le parti communiste italien, français et d’autres. Mais à un moment il en mesure la dérive et quand il s’y oppose il va prendre une vague terrible. Il devient la bête à abattre et les communistes sont les premiers visés par cette propagande. Une campagne abominable se déchaîne contre lui.

Donc quand l’année dernière un livre, une exposition tendent à ignorer tout cela je m’insurge. Souvenez-vous dans le même temps on fêtait 1917 avec un grand portrait de Trotsky dans le hall du colonel Fabien. Je me suis dit là, ça suffit, je vais dire ce que je sais et comment je l’ai vécu. Mais je vais le dire aussi comme vous et moi l’avons vécu. C’est-à dire qu’au départ il y a des choses que l’on mesure et d’autres non. peu à peu ça devient comme un puzzle. On voit des choses qui se répétent, qui prennent du sens. Peu à peu elles deviennent parlantes.

Je vais vous donner un exemple pour que vous mesuriez le trafic sur nos mémoires. J’ai failli vous apporter trois livres. Un livre qui date de 1983 qui est paru dans la collection essentielle des éditions sociales, les classiques du marxisme. Il s’agit d’une anthologie des textes de Staline, avec un beau portrait de Staline en couverture, textes traduits par françoise Sève et présentés par un trés grand soviétologue, Francis Cohen. Il fait une présentation critique de Staline et du stalinisme, il dénonce ce qui a été commis. On lisait sans effroi ce genre de chose en 1983. Aujourd’hui ce serait impossible. Et pour prouver l’évolution, l’interdiction, je vais vous parler d’un deuxième livre. Il m’est arrivé en janvier 2019, une mésaventure? j’avais écrit un article pour la collection du Monde diplomatique hongroissur la république des Conseil à Budapest en 1919, je racontais leur expérience cinématographique. Dans cet article, je cite Lukacs et l’article est publié sans problème en Hongrie, traduit. je le propose à la revue commune, là il y a un problème. je cite un extrait d’un deuxième livre de la collection essentielle, des classiques du marxisme consacré à Lukacs toujours en 1983. Lukacs prononce à la radio ce texte au moment où il d »nonce l’entrée des troupes du pacte de varsovie en tschcoslovaquie, il est totalement anti-stalinien, mais il dit que l’union soviétique stalinienne nous a sauvé à deux reprises, premièrement face au nazisme et deuxièmement, elle nous a sauvé en ayant la bombe atomique parce que les capitalistes étaient prêts à l’utiliser comme à Hiroshima et l’équilibre de la terreur nous a sauvé. Je vous avoue qu’il faut être devenus les bigots de l’antistalinisme pour refuser ces phrases de Lukacs. Et bien mon texte a été interdit par la revue parce que accusé de « stalinisme ». par parenthèse, moi je n’ai pas encore d’opinion, j’ai besoin d’une réflexion collective sur cette période. Mais en arriver à un tel degré de bigoterie proche de l’inquisition, c’est être exactement là où veut nous mener le parlement européen. C’est-àdire aussi que l’on ne veut pas nous faire réfléchir à nos propre fautes, à nos propres erreurs pour mieux les reproduire. Par exemple pour me censurer parce que ça c’est une démarche que l’on peut qualifier de « stalinienne ».

Donc je me bats contre ce trafic des mémoires, j’écris des mémoires pour cela mais je laisse les questions ouvertes. Il y en a pas mal, il y a notre féminisme, il y a nos luttes, il y a la relation entre parti et intellectuels, la notion d’avant-garde, il y a nos luttes pour les droits des individus, il y a plein de pistes comme ça que mon livre ouvre et je dis mes accords et mes desaccords mais il y a un point essentiel qui encore aujourd’hui pèse sur nous et je vais l’aborder. je ne peux pas tout aborder, il faut laisser de la place à notre camarade, j’allais dire soviétique, notre camarade russe. je veux que le débat s’ouvre dans le parti et je veux aussi qu’il s’ouvre avec les autres partis communistes. Pour ceux qui suivent notre blog avec marianne, vous savez que celui ci apporte des états des réflexions, des avancées de nos camarades russes, portugais cubains, ça fleurit de partout. Il y a une vie intellectuelle qui renait. Si vous lisez notre blog vous vous apercevrez de ça. Les gens parlent de sa richesse, elle est simplement la traduction de ce qui se fait. Notre camarade russe qui est ici, alors que l’humanité ne l’a pas dit, vient de remporter un triomphe électoral surtout à Moscou où c’était inespéré quand on connair Moscou. l’humanité n’en parle pas. Je ne veux pas d’un socialisme qui copierait un modèle, je veux un dialogue, un débat, nous en avons besoin, c’est urgent autrement nous mourrons. Par exemple sur la question du stalinisme je ne suis pas sure d’être en total accord avec mes camarades soviétiques. Je suis ce qu’ils écrivent, je trouve qu’ils nous apportent énormément mais je voudrais que le débat se poursuive.

Mais je veux centrer mon exposé sur ce que j’attends le plus d’une discussion entre nous, l’hypothèse centrale de mes mémoires, je m’explique: si aujourd’hui on se dit que la chute de l’Union soviétique et du socialisme européen, parce que c’est bien de cela qu’il s’agit, ailleurs ça se poursuit et ça se développe, voir ce qui se passe en Chine, donc si on se dit que cette chute est due au fait que ce n’était pas le communisme, que de toute façon on n’a pas besoin du socialisme, qu’à 2% on peut passer directement au communisme avec la pire des classes capitalistes qui soit, c’est fait on est dans le communisme; Si on se dit ça, on se dit que tout ça c’est la faute à qui? A l’union soviétique stalinisme, ce communisme là était pourri et on englobe tout y compris tout ce qui s’est passé depuis 1953, la mort de Staline. On tombe dans le réformisme le plus complet et on sait aujourd’hui où en est le réformisme social démocrate, c’est-àdire qu’il s’est complètement aligné sur le capitalisme. Ils sont en train d’encrever, donc on rentre là-dedans si on dit que le socialisme était pourri. deuxième hypothèse, on se dit qu’il y a eu trahison, il ne reste plusqu’à être gauchiste et de couper le cou des traîtres qui passent à notre portée, évidemment on est toujours le traître de quelqu’un; C’est pas mon truc non plus. mais je pense mais peut-être que je me trompe qu’il y a eu une recomposition du capital. le capital est parti de sa propre crise pour lancer une offensive et d »porter les problèmes sur l’uRSS et les pays socialistes d’Europe en même temps que sur le tiers monde. Les Russes disent eux-mêmes que ça lui a accordé trente ans de sursis. C’est l’idée que je tente de susciter chez mon lecteur mais sans trancher encore. je pense que c’est là-dessus qu’il y a eu trahison. La trahison est intervenue sur des problèmes bien réels. Donc si vous pensez ça comme hypothèse, ça vous permet de vous interroger et de vous dire « mais il y en a d’autres qui ont essayé de lutter contre ça, regardons autour de nous. Vous avez les Cubains, vous avez la Chine, vous avez le Vietnam, nos camarades de Russie, partout, ils ont tous parce qu’ils se battent un petit morceau de la solution, nous aussi, il faut qu’on en discute, dans le parti et avec les autres partis communistes. Maid de ce point de vue dans le parti, on nous objecte toujours le fait que l’on a un contact avec un groupuscule quelconque qui nous interdit de prendre contact avec le parti communiste du pays, quand nous ne déclarons pas d’un ton définitif que ceux-ci sont infréquentables sur des bases assez proches de celles qui font qu’une communiste comme moi et d’autres devons être censurés dans notre presse, de la rumeur.

Comment je vois cette affaire, je vais rappeler quelques faits, je prends une date : à partir de 1973, 1974, Rappelez vous 1973, c’est le Chili. Le chili c’est une tentative de gouvernement d’unité populaire qui dans le fond applique un peu la stratégie  de l’eurocommunisme, c’est-à-dire celle née de la fin du komintern, une stratégie où on a plus besoin de faire la révolution mais on prend le pouvoir par les élections et entente des partis de gauche, on peut par la démocratie aller au pouvoir et créer un rapport des forces qui impose le changement de société, l’unité populaire, avec des gens qui vallent le coup, Salvadot Allende c’est pas Fabius. ce ne sont pas nos socialiste et on a ces gens là… il subissent une défaite monumentale. les vainqueurs vont faire des horreurs, ils vont torturer des enfants devant leur mère pour les forcer à parler. Paradoxalement, à partir de cette horreur, ils vont lancer l’offensive sur les droits de l’homme, dans les pays socialistes il y aurait atteinte aux doits de l’homme… Réflechissez un peu à la nature de l’opération… Nous avons toujours dans les années 74, rappelez vous: on éteint les lumières des rues de paris, la nuit, il y a la crise pétrolière. On vous dit il n’y a plus de pétrole mais paradoxe là encore à partir de cette crise pétrolière, le capital va reprendre l’offensive en particulier sur les pays du tiers monde, le marché va être réorganisé de telle sorte que les produits de base, les matières premières vont être sous payés et les produits manufacturés achetés à l’occident surpayés. Il faudrait ajouter à cela le pétro dollar, le fait de devoir acheter des dollars pour payer l’énergie… Partout se dévloppe ce qui a été inauguré au Chili avec les plans d’ajustement struturel qui détruisent les Etats, la capacité des services publics mais aussi d’un développement autonome d’un pays avec les investissements de l’Etat, ce pays est alors ouvert aux capitaux monopolistes. Troidième problème à la même époque. nous retournons en France, dans ces années 73 et 74 on a digné le programme commun. ce faisant là aussi on prolonge la stratégie de la libération, cette stratégie supposait un rapport des forces à l’échelle mondiale. Elle supposait une URSS capable de maintenir ce qu’elle avait fait durant la deuxième guerr mondiale et après, contre le nazisme et contre la bombe atomique. Or il y a eu le changement intervenu avec Khrouchtchev, l’affaire des fusées de Cuba l’illustre, elle est antérieure, c’est la coexistence pacifique. les Russes disent « molo nous on veut faire le socialisme avec un bien être concurrent du capitalisme et il se positionne sur l’Europe. Cuba va passer son temps à ramer là-dessus. et par rapport à ce chengement de stratégie vous allez avoir une nouvelle étape, jusqu’ici en Europe il y a eu une simili détente avec des gens comme de gaulle et Willy Brandt. mais apparait un nouveau couple européen avec Giscar et Helmud Schmidt, ils retournent à l’atlantisme fort pur et dur et ils vont empêcher l’URSS d’acquérir dans l’échange les instruments de son propre développement alors que quelque soit le discours de Khrouchtchev, l’URSS reste dominée de ce point de vue et dans le même temps on repart dans la course aux armements, l’installation des missiles.

C’est dans un tel contexte international que nous Français aboutissons à la signature du programme commun qui avait éte conçu dans une tout autre configuration politique. C’est-à-dire qu’on était arrivés à s’entendre avec des socialistes comme savary, Mauroy. Il y a eu une double transformation : le parti socialiste a été transformé de l’intérieur par Mitterrand, il n’a plus été un parti ouvrier réformiste mais un parti comparable aux démocrates à l’américaine. Quand on a voulu faire le programme commun, c’est le choix de Thorez, poursuivi par waldeck Rochet, on avait dans la tête l’idée de l’union du monde ouvrier. le parti socialiste était déconsidéré et il n’avais plus qu’une alternative: ou c’était deferre et sa troisième force, ce que l’on ne voulait pas ou c’est une union comme à la libération, au front populaire, un parti communiste fort qui sera cette fois au pouvoir et qui forcera à aller vers le socialisme. Mais il y avait une troisième possibilité que l’on avait pas envidagée, l’élection d’un Mitterrand qui était ce qu’il était, un anti-communiste de toujours, un homme de droite et je décris longuement sa réalité. En 1974 c’e’st le renversement du rapport des forces au sein de la gauche et aux municipales le pS nous passe devant.

Vous verrez je donne beaucoup d’élements pour comprendre tout cela. Il y avait donc des problèmes structurels sur lesquels nous n’avons pas pu agir tant au niveau international que nous parti communiste français. En gros la manière dont le capital opérait sa recomposition pour mener l’offensive contre le socialisme euriopéen et pour y gagner un sursis. Là-dessus il y a eu des traîtrises incontestables. Je dis qu’il y a traitrise quand le modèle se reproduit. il peut y avoir des gens qui peuvent faire des imbécilités parce qu’ils ne comprennen pas, ce n’est pas de la traitrise.la traitrise c’est quand il y a un modèle qui est piloté de l’extérieur. Je donne deux exemple, il y en a beaucoup plus, il y a la Pologne, Mais je décris comment alors que je suis en Hongrie le 3 mai 1989, je suis envoyée par le parti. A prpos de la Hongrie, n’oubliez pas qu’helmut Schmidt a dit : la porte de brangbour de berlin est tombée en 1991 sur la terre de Hongrie. C’est-à-dire le 3 mai quand je suis là-bas à Budapest, on coupe le rideau de fer. je fais également le récit de la manière dont j’assiste en 1986 à la fin  du parti communiste italien. je me retrouve à Rome avec l’historien anglais Eric Hobsbawm et nous assistons à une discussion entre Ochetto, d’Alema qui décide d’en finir avec le pCI. dans les deux cas, partout, mais ici en Hongrie et en italie, il y a répétition. c’est-à-dire que kadar qui à l’époque est le chef de la hongrie commence par créer un modèle original, on appelle ça le socialisme du goulash, on mange bie, il développe la petite entreprise privée, développe les voyages en occident. Sur le plan idéologique, ils vont développer quelque chose de beaucoup plus grave au niveau de la mémoire. Pour la première fois, va être revue la nature de la révolte de 1956, elle est présentée comme une révolution populaire contre le modèle imposé par l’URSS. Alors que c’est une révolte de nature fasciste où l’on pend les communistes à des crocs de boucher. 1956 est présentée comme une révolte populaire qui aurait pu vaincre les aspects étroits du modèle soviétique si on était parti de cet élan des forces populaires nationales, c’est ce que l’on nous raconte dans l’eurocommunisme en bout de course. D’ailleurs en 1986 quand je suis à Rome, j’assiste à une disuccion dans laquelle Ochetto et ceux avec qui il discutte contre Natta qu’ils appellent le « moscovite », vont beaucoup plus loin, ils dénoncent l’alignement de Togliatti sur l’URSS. La révision est totale, le passé est ré-interprétécomme l’a toujours voulu le capitalisme occidental et les forces conservatrices. Dans tous les cas, on ne se contente pas de dénoncer nos erreurs, de tenter de les analyser, non on criminalise notre passé sur un modèle à l’oeuvre dans la littérature du capital et de la droite. il faut revoir le passé, l’histoire pour l’interpréter dans le sens de la criminalisation et de la manière dont l’uRSS aurait brisé l’élan autochtone et réellement libérateur des peuples.

Ce modèle qui se répète, je le décris mais je n’insiste pas, je laisse toute laritude à votre propre mémoire pour suivre mes ballades, parfois drolatiques, émouvantes comme l’est la vie, je vous raconte ce que je vois et à cette époque là je ne vois pas tout. Je subodote qu’il y a là quelque chose de bizarre, il faudra que j’aille à Cuba mais aussi que je passe par le tiers-monde pour que je vois par exemple au Bénin, les conséquences de la chute de l’Union soviétique sur le sous développement… il faudra que j’aille à Cuba… je me demande comment ils m’ont supportée à Cuba, je méritais des baffes… Je donnais des leçons à tout le monde, j’étais la petite française typique… on bouffait plus… je me souviens un jour on a mangé des pommes de terre au four avec une cuillère à café d’huile, j’ai jamais mangé rien d’aussi bon… On faisait des kilomètres à pied.  et moi je donnais des léçons « mais pourquoi vous faites ça comme ça! » Il y a une dimension colonialiste sur le regard que nous portons sur le monde… même en tant que communistes français. ces types là ils étaient en train de se battre comme des damnés… Et pendant ce temps là l’humanité ouvrait ces colonnes à Régine desforges qui ne parlait que des putes de Cuba. Y en avait pour un 1 euro vous aviez une gamine de quinze ans, c’était un crève coeur pour les Cubains… Mais par contre il y avait toutes mes copines qui étaient des héroines fantastiques, parce que les Cubains je ne connais pas des gens plus propres que les Cubains… Ils étaient toute la journée en train d’essayer de nettoyer, sans savon, sans rien… j’avais une copine sa gosse avait saphyllocoque doré, elle le nettoyait à l’éeau chaude, pas d’antibiotique, pas de médicaments et elles tenaient bon… et nous on avait droit dans l’humanité à des discours sur dieu sait quoi. Je dois dire que ma dissidence commence là – avec l’invasion de la Yougoslavie aussi- parce que je tente de les alerter, je leur dis vous ne vous rendez pas compte que le monde ce n’est pas ce que vous croyez..

dans une certaine mesure c’est ce que vous dit tout mon livre. .  Le miracle, c’est pour cela que je crois en ce parti, on est vieux, on est moche, on n’est pas en forme… On a toutes les maladies de la terre et de la création, mais j’y crois pourtant… Parce qu’en même temps..  quand je revenais de mes expéditions, comment voulez-vous que des gens à qui on a passé leur temps à raconter le contraire de ce que j’avais à leur dire puisse m’entendre? Il y avait des salopards qui agissaient en toute lucidité, attaquant Cuba sciemment et ils le feront toujours… mais il y avait des braves copains comme henri malberg qui me disaient « danielle, ils ne tiendront pas six mois et nous les communistes français nous prendrons encore, ça nous n’avons plus la force », ça je peux comprendre.Il y avait un affaiblissement de la résistance, mais je voyais aussi.. Toujours à Vénissieux, mais aussi ailleurs des gens qui n’avaient aucune raison de me faire confiance, j’arrivais là comme une fleur, je leur racontais que des gens se battaient et eux aussi étaient prêts à se battre, à résister…

Et encore aujourd’hui, il y a tout de même un miracle, le fait qu’ils ont tenu bon à vouloir encore s’appeller communistes malgré toutes les invitations à changer de nom… Dans une certaine mesure pour moi le dernier congrès c’est ça, cette force qui a fait que nous ne sommes pas dans l’état du parti communiste italien ou espagnol…que malgré notre affiablissement nous continuons  que nous sommes unemémoire forte de l’identité française tenons sur des bases de classe, sur un idéal et je crois qu’a joué le fait qu’il n’y a pas eu adhésion au modèle de l’eurocommunisme, que Marchais et d’autres ont refusé les dérives de l’eurocommunisme.

C’est vrai que mon livre est optimiste, j’ai dit les ombres et les lumières de notre histoire, je ne comprends pa que l’on m’interdise dans le parti, on devrait tout ensemble réfléchir, discuter, reprendre forces ensemble, voir ensemble ce que nous avons vécus.C’est positif là aussi, c’est vrai que mon éditeur c’est pas gallimard ou Grasset pour le tirage, mais je suis son best seller. J’ai été interdite partout et les communistes le lisent , l’achètent; Il y a notre blog, mais pas seulement, partout se multiplient les lieux de résistance de ceux qui ne se contentent pas, qui refusent de se transformer en bigots d’une religion qui conduit au drame. Parce que partout non content de nous créer le drame partout où les capitalistes passent il faut encore que l’on dide qu’ils sont bons.

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4 Commentaires

Publié par le octobre 13, 2019 dans COMPTE-RENDU de LIVRE, mon journal

 

A propos du prix Nobel de littérature Peter Handke: en complément de mes mémoires, sur ceux qui ont été ostracisés

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En 1998, Peter Handke, fidèle à ses convictions se rend au tribunal de La Haye pour y constater les conditions du jugement

Je dois dire la surprise et la joie que j’ai éprouvé en voyant que le prix nobel de littérature avait été attribué à Peter Handke, dans une certaine mesure nous entrons en dissidence ensemble à propos de la Yougoslavie. A cette époque-là rares sont ceux qui s’opposent au dépeçage de la Yougoslavie et y voient le début d’expéditions sans foi ni loi au nom d’une lutte contre la « tyrannie »…

J’écris à cette époque-là un article intitulé « la troisième guerre mondiale a commencé à Sarajevo » qui paraît dans la Pensée malgré la colère de Jacques Fath qui préside alors les destinées (Robert Hue étant secrétaire national du PCF) de la politique extérieure du PCF. C’est le début de la dérive non seulement de la France vers l’atlantisme débridé mais également du PCF, la liste « bouge l’Europe » qui est composée sous prétexte d’ouverture d’une majorité de socialistes est fortement encline non seulement à soutenir ce dépeçage de la Yougoslavie mais certains de ses membres comme Philippe Herzog souhaitent une intervention au sol de l’OTAN.

Alors que paradoxalement je n’ai jamais été proche de la Yougoslavie et de Tito, je m’oppose de toute mes forces à ce déni de droit et je trouve dans mon université d’Aix-en-Provence un milieu favorable à la dénonciation de cette guerre. Nous serons je crois la seule ville de France à organiser plusieurs grandes manifestations contre le dépeçage de la Yougoslavie. Comme j’ai la manie de me renseigner sur les causes qu’en général j’adopte par haine viscérale de la guerre, je découvrais peu à peu l’histoire des Balkans avec une période de paix qu’a été justement la Yougoslavie. Je constatais également que Milošević que l’on peignait comme un abominable tyran adepte du « nettoyage ethnique » était en fait plutôt un espèce de Gorbatchev qui avait tendance à lâcher du lest face à la pression intérieure et extérieure.

J’avais une amie serbe qui me décrivait la Yougoslavie de son enfance, elle était d’une famille qui avait connu des problèmes politiques parce que trop fidèle à l’Union soviétique. Un de ses cousins avait refusé le « titisme » et s’était enfui en traversant le Danube à la nage mais elle était fière d’être Yougoslave, du rôle des maquisards dans la lutte contre le nazisme. Bref je découvrais un univers qui me faisait songer à un film de Kusturica. la Yougoslavie pouvait même s’honorer d’être le seul pays à avoir pratiqué un anti-racisme aussi persistant qu’il s’agisse des juifs comme Madeleine Albright ou des gitans.

Au fur et à mesure de ces découvertes je ne pouvais manquer de constater – après je m’y habituerai – que j’avais peu d’alliés dans les milieux intellectuels et même au sein du parti communiste qui avec Robert Hue était entré sans sa phase de reniement.

C’est alors que j’ai découvert Peter Handke, il dénonçait la désintégration de la Yougoslavie, cette expérience unique d’unification des Balkans et il s’est opposé à l’intervention de l’Otan. Il a refusé de hurler avec les loups qui s’étaient moins pris de passion pour la Bosnie que de servilité pour les interventions illégales de l’OTAN. J’ai suivi le calvaire qu’il a subi et dont je retrouve encore aujourd’hui les échos dans les appareils idéologiques de la social démocratie et de son intelligentzia qui se prétend « progressiste ». Comment peut-on donner le Nobel à un Peter Handke, en laissant placer un parfum de « rouge-brun » dans son sillage. Il a continué à écrire, à échanger avec son traducteur en français qui était juif, il s’appelait Goldschmit et ils parlaient tous les deux parfaitement le français et l’allemand mais tentaient dans leur échange une expérience au-delà du nazisme et ceux qui ont utilisé abusivement cette référence pour mieux aujourd’hui pratiquer le négationnisme sur notre passé.

Voici ce que Peter Handke disait de la Yougoslavie :
 » pour moi, la Yougoslavie était l’Europe… La Yougoslavie, aussi fragmentée qu’elle ait pu être, était le modèle pour l’Europe de l’avenir. Ce n’est pas l’Europe telle qu’elle est aujourd’hui, notre Europe d’une certaine manière artificielle, avec ses zones de libre-échange, mais un endroit où des nationalités différentes vivent mélangées les unes avec les autres, surtout comme le faisaient les jeunes en Yougoslavie, même après la mort de Tito. Voilà, je pense que c’est l’Europe, comme je le voudrais. C’est pourquoi, en moi, l’image de l’Europe a été détruite par la destruction de la Yougoslavie « , a écrit Peter Handke, et il était devenu un paria pour l’avoir proclamé.

Cela je le comprends d’autant mieux que moi aussi j’étais devenue un paria interdite dans les colonnes d’une Humanité qui ne cessait de proclamer comme l’UE son attachement aux valeurs de la démocratie et dénoncer notre « stalinisme » supposé alors que nous nous nous battions afin que la dignité des combattants pour un autre monde soit reconnue, et j’ai éprouvé du réconfort à voir un écrivain de la taille d’un Peter Handke tenir bon. Ce sentiment était complexe parce que Peter Handke était autrichien et pour moi de ce fait il appartenait à l’univers des bourreaux de mon enfance, mais aussi à cette Cacanie, cette Autriche où fleurissaient tant de génies alors même que le nazisme était là ; leur colère était la mienne, les écrivains de langue allemande ont toujours mieux que moi su exprimer ce refus qui m’a habité depuis l’enfance. Il est vrai qu’il a eu des phrases d’une violence extrême contre son pays quand renaissait l’extrême droite: « Tu es dans le mauvais pays, tu es dans un pays aussi petit que méchant; plein de prisonniers qu’on oublie dans leurs cellules et plus plein encore de geôliers oublieux, plus solidement en poste après chaque méfait », écrivait le Nobel dans Par les villages en 1981.

Je voudrais encore ajouter que le prix Nobel s’honore véritablement en récompensant cet écrivain considérable, cet Autrichien aussi polémiste qu’un Karl Kraus et un Thomas Bernhard, celui qui manie une langue aussi pure que le lac des montagnes qu’il a décrit et qui d’une manière douce ne renonce jamais à cliver si l’intime conviction né du regard et de la pensée l’emporte . « Le soi-disant monde n’est pas le monde. Moi, je ne connais pas la vérité. Mais je regarde. J’écoute. Je ressens. Je me souviens. Je questionne. C’est pour ça que je suis aujourd’hui présent, près de la Yougoslavie, près de la Serbie, près de Slobodan Milosevic », avait poursuivi l’Autrichien en se rendant à l’enterrement de Milosevic mort en prison.

 

Ecoutez une histoire encore…je vous jure que tout cela est la stricte vérité, je continue le voyage dans mon quartier

 


j’avais remarqué dans mon quartier , chez le boulanger de la place de l’Eglise, un très bel homme mulâtre… Il avait cette élégance, ces soins mis à la personne jusque dans la manucure, qui rehaussent la virilité. Je n’avais rencontrés jusqu’ici qu’en Amérique latine et en particulier à Cuba ce type d’élégance . Je me souviens encore de ce jour dans le Vedado où j’ai vu une manucure ambulante et un camionneur qui avait arrêté son véhicule sur le bas côté du trottoir pour se faire faire les ongles, il tenait ses mains écartées pour faire sécher le vernis incolore, imaginez un hercule métisse en train de contempler ses doigts et de les agiter en l’air comme s’il pianotait, un geste qui en France parait réservé aux femmes oisives. Cette vision participe de ce qui m’a désarçonné à Cuba et peu à peu m’a fait tant aimer ce pays, ça et les longues discussions sur ce qu’il convient ou ne convient pas de faire avec mon amie Carmencita ou en encore ces longues parties de domino sous un manguier dont les fruits exquis et murs à point tombent à vos côtés… La Révolution, l’exaltation qui dure et le plaisir d’en rire…

Mais revenons-en à mon voisin marseillais. depuis quelques semaines j’ai pris  l’habitude de croiser ce bel homme élégant, avec des costumes gris perle et des chemises de soie dans la même teinte à peine assombrie, un camaieux qui s’assortissait fort bien avec sa chevelure crépue et grisonnante, son teint basané et ses yeux verts. Nous avons échangé des paroles aimables chez les commerçants, un jour dans un wagon du métro. Puis hier matin, je l’ai vu assis dans un café de la place brossolette à côté de ma pharmacie et de mon photographe. Il tenait salon, une femme très brune avec une chevelure indisciplinée et des yeux clairs, le visage ouvert mais usé peut-être par trop de baisers, mais avec une tendresse naive dans le reagrd qui vous attirait vers elle… Il était à ses cotés, elle m’a interpellée gentiment : « madame, nous parlions de vous, nous disions à quelle point vous êtes belle! » J’ai été stupéfaite: « je l’ai été madame, mais nul ne peut le deviner ». L’homme m’a dit: « madame, nous les latins savons voir la beauté partout où elle est et pas seulement dans les poupées stéréotypées. »Ils m’ont invité à leur table et nous avons bavardé. L’homme est un médecin, d’origine brésilienne. Il est guitariste classique par ailleurs et nous avons commencé à parler de Cuba, de sa musique qui sait unir harmonie et percussion. Nous avons parlé de ce morceau à quatre pianos de  Ignacio Cervantes, un cubain du XIX ème siècle, un révolutionnaire et antiraciste contraint à l’exil, qui dans ce morceau unit le clacissisme de Litz avec le bruit des tam tam, comme dans les plantations… Nous l’avions écouté dans ce théâtre de la place de la Révolution, peut-être le même jour. Il était le fils d’exilés brésiliens de la dictature et ses enfants étaient retournés au Brésil… Il connaissait Lula et haissait Bolsonara…

Et là stupéfaction, je découvre qu’il est un lecteur de notre blog. En apprenant que j’en suis le webmaster,il me dit :  » félicitations, madame, dans ma vie soit je m’occupe de mes patients, soit je joue de la guitare, soit je parle avec les habitants de quartier, soit je lis Histoire et société.  » J’ai suspendu toutes mes activités de la matinée et je ne l’ai pas regretté…

Par parenthèse, je lis avec beaucoup de plaisir le roman d’un autre habitant de mon quartier, roman appelé « le passeur » et qui parle des migrants syriens, mais aussi de la fondation de l’église chrétienne à damas par Saint paul de tarse. Tous les exilés atterrissent à marseille dont l’auteur dit avec justess « cette ville aime avec colère »… le fond de son écrit peut-être se résume à l’idée « si le grain ne meurt », mais je n’ai lu qu’une centaine de pages et nous devons déjeuner ensemble dans quinze jours pour confronter entre chrétiens et communistes notre vision du monde. Il est en train de lire mes mémoires.

Et enfin pour que le panorama soit complet aujourd’hui je reçois ce petit mot d’un lecteur toujours de ce quartier, je ne dirai pas qui il est mais sa profession vous surprendrait réellement :

‌Bonsoir Mme BLEITRACH,

Pas évident pour moi d’ émettre un avis sur un livre alors que je ne suis pas écrivain .

Brièvement, respect pour votre engagement politique .

Une évocation de l’ histoire contemporaine du PCF très intéressante à travers vos prismes .

Après cette lecture, je trouve toujours dommage qu’ un idéal de vie ( dans ses pensées, sa philosophie, sa manière d’ être … ) soit corrompu par un engagement politique ( ou religieux ) .

J’ ai aimé le fait que vous sortiez des lignes directrices toutes tracées suivies trop souvent par de trop nombreux bons soldats .

Je reste convaincu par le ni dieu, ni maître quoique … Tout est dans le quoique …
Encore bravo pour votre ouvrage et votre blog . Marre de la pensée unique qui prends de plus en plus de place au sein de notre société .

J’ai été très émue par ce petit mot et je lui ai répondu avec honneteté. Etonnez -vous après cela que le libraire de mon quartier qui se trouve au début du boulevard de la liberation, au cinq avenues, en face de la rue max Dormoy soit le meilleur point de vente de mon livre de Marseille comme me l’a déclaré le sympathique vendeur de la librairie maupetit chez qui j’achetais « le passeur ». Bref il n’y a guère que les communistes qui ne liront pas ce livre qui leur est pourtant destiné, enfin quelques communistes qui restent dans les clous, les autres visiblement s’en emparent…

danielle Bleitrach

PS. toujours ce matin je reçois de kazan le message suivant d’adhésion morale à Venissieux . Il est signe PYM et il répond à Pam (il ne manque plus que POUM, j’espère que les troskistes apprécieront mon ouverture)

S’il y a bien une urgence écologique, il y a aussi urgence à re-créer de
toute urgence le Komintern. Sans stratégie unifiée des communistes, pas
d’action possible efficace contre le stade suprême de
l’imperial-globalisme destructeur de la planète et de ses peuples.
L’internationalisme prolétarien doit reprendre de toute urgence tout son
sens. Un message Tatar en echo à celui de Pam.

effectivement rendez-vous le 4 et le 5 à vénissieux,:

Rencontres internationalistes de Vénissieux

La 9e édition de ces rencontres consacrées à la solidarité internationale, organisées par le PCF vénissian, se tiendra les 4 et 5 octobre à la salle Joliot-Curie. Elle sera ouverte par l’inauguration d’une exposition d’œuvres de Max Schoendorf, puis par une rencontre “Quelle société pour la planète ?” avec de jeunes militants des marches pour le climat. Le 5 octobre sera consacré à des débats en présence de nombreux invités : la sociologue Danielle Bleitrach, la dirigeante du PC russe Tatiana Desiatova, le soudanais Hamza Mutaz, l’ambassadeur de Cuba Elio Eduardo Rodriguez Perdomo, le biologiste Guillaume Suing, le dirigeant syndicaliste cheminot Laurent Brun, le spécialiste de la Chine Said Belguidoum… La journée se terminera par un message de soutien aux “militants anti-coloniaux ou lanceurs d’alerte en prison : Julian Assange, Lula, Mumia Abu Jamal, Marwan Barghouti, Georges Ibrahim Abdallah

 

A mes petits camarades: le tolérable et l’intolérable

Voyez-vous, je peux même comprendre que les élections municipales et un poste de conseiller, voir d’adjoint, incitent certains à fermer les yeux sur les forfaitures de leurs partenaires, mais ce que je leur demande c’est d’avoir la décence en plus de ne pas nous faire prendre leur cécité volontaire pour la défense des droits de l’homme et de la démocratie contre des pays qui subissent de plein fouet les tortures et les spoliations de l’impérialisme dont leurs copains sont les meilleurs soutiens et les propagandistes. De ne pas contribuer au nom des intérêts immédiats d’une campagne électorale où se jouent des choses importantes comme le logement, les transports à une campagne de diffamation sur ceux qui se préoccupent de l’Histoire et du long terme.

Prenez exemple sur les Cubains qui malgré ce qu’ils subissent ont toujours su distinguer les plans de leurs interventions et rester justes en tous les cas. Ils n’ont jamais confondu leur relations d’Etat à Etat avec la fraternité de lutte avec les communistes et les progressistes, accordant à chacun ce qui pour les uns nécessite le respect du droit et pour les autres un combat commun pour l’émancipation contre le capitalisme.

Que vous acceptiez de gérer avec ceux qui ont torturé en Géorgie et qui votent des résolutions ignobles au Parlement européen je peux le comprendre à la limite vu que les élections municipales sont un autre enjeu, mais que de surcroit vous osiez attaquer la Chine, le Venezuela et la Russie et appuyer toutes les censures, dans le sillage de vos copains, ou contribuer à leur négationnisme historique devant ce qui s’est passé durant le seconde guerre mondiale, cela dépasse les bornes.

Avalez toutes les couleuvres que vous estimez utiles pour vos concitoyens dans votre commune, mais par pitié ne le faites pas au nom de la vertu ou de l’anti-stalinisme, c’est toute la différence entre ceux qui mènent honnêtement leur campagne municipale sur un programme et certains idéologues qui nous fourguent de surcroit leur propagande trotskiste et sévissent audit parlement européen. Sans parler des idéologues sur le « communisme » tout de suite, à 2% où ils nous ont réduits et en ignorant les combats contre l’impérialisme de ceux qui bien sûr ne méritent pas selon eux le titre de communistes comme les Cubains ou les soviétiques ou les Chinois, ce communisme qui selon eux est déjà là sans passer par le socialisme, sans doute pour mieux préserver notre soumission à ceux qui usurpent ce nom en France et agissent dans le monde contre nos camarades en soutien au capitalisme fort pur et dur et son bras armé..

Vous voulez défendre les intérêts des plus faibles dans votre commune, vous le faites bien, à la satisfaction de tous, continuez mais ne prétendez pas en plus nous éclairer sur la situation du monde pour plaire à vos contestables alliés.

Par parenthèse, songez où nous en serions si nous avions suivi l’avis de certains et avoir été sur la même liste aux Européennes que ceux qui votent pareille abjection? Au niveau municipal on peut espérer qu’ils n’auront pas à soutenir les vues des négationnistes du parlement européen et que le programme que vous avez signé laisse toute liberté sur certains points en faisant porter la solidarité de gestion sur ce qui concerne la défense des habitants de votre ville. Donc sachez dignité et honneur garder, évitez les engouements idéologiques qui déshonorent sans bénéfice pour personne.

Trop c’est trop. Alors par pitié bouclez-là. Et moi je feindrai de vous ignorer parce que vous et moi ne jouons pas dans le même bac à sable.

Danielle Bleitrach

 
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Publié par le septembre 30, 2019 dans mon journal

 

programme : Etre utile et préserver sa joie de vivre.

J’attends encore la rencontre de vénissieux (4 et 5 octobre) et ce qui en sortira pour que ma décision soit définitive mais voici l’état actuel de mes réflexions (en laison bien sur avec marianne et nos nombreuses discussions).

– ce blog s’avère irremplaçable comme lanceur d’alerte sur les questions internationales qui ont une profonde incidence budgétaire et politique, culturelle, sociale sur notre politique dite intérieure. Donc nous poursuivons notre travail tant que nous en aurons la force.

– Sur le plan politique je conserve ma carte de membre du PCF mais je prend un peu mes distances avec la politique au jour le jour et mes adhésions aux combats quotidiens. Qu’il s’agisse des élections ou des congrès, mon implication sera moindre. S’il se trouve des gens pour faire le ménage, ils auront toute ma sympathie, sinon je refuse de continuer à jouer les éboueurs à leur place. Il y a des gens comme les Cubains qui méritent tous les sacrifices, il en est d’autres un peu moins…

– En ce qui concerne mon livre: « le temps retrouvé d’une communiste, mémoires » delga 2019, comme sa diffusion est des plus satisfaisante et que le deuxième tirage avant la fête de l’humanité est en voie d’épuisement, je le laisse vivre sa vie et mes éditeurs le gérer.

– En revanche si je vais trés volontiers en parler à venissieux où les gens qui s’y rassemblent pour avancer sur le question du socialisme et l’avenir de notre planète sont décidés à travailler sur le fond, je n’ai plus l’âge d’affronter des publics qui ne connaissent de moi que les rumeurs malveillantes, ne liront pas le livre et ne parleront pas de ce dont il traite. Si certains camarades voient l’utilité de ce livre, ils peuvent en discuter entre eux et ultérieurement ouvrir un débat auquel je serai ravie de participer. Discussion qui portera sur notre histoire mais aussi sur des questions de stratégie.

Voilà là où je peux être le plus utile en préservant ma santé et ma joie de vivre, ce qui s’avère comme le savent mes lecteurs tout à fait indispensable. maintenant comme tous les jours je pars faire mes 10.000 pas et voir le film de Woody Allen.

 
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Publié par le septembre 29, 2019 dans mon journal

 

Retour à l’université, est-ce que l’on peut témoigner sur le passé sans dénoncer le présent?

L’univers de chantal montellier …

En ce moment j’ai l’impression d’être condamnée à revivre le passé, il y a eu mes mémoires et hier une célébration , celle des soixante ans de la sociologie à Aix-en-provence,. Ce qui a donné lieu à une table ronde dans laquelle j’officiais avec 5 autres enseignants témoins des temps anciens dans le théâtre Vitez, qui déxormais est installé dans l’ancienne bibliothèque. Les hasards du calendrier ont fait que, suite au boycott de mon livre de mémoires par la tenancière de la librairie de la Renaissance (boycott levé grâce à la pression des camarades), je ne m’étais pas rendue dans l’université d’Aix-en provence pour l’université d’été du PCF. Je revois donc pour la première fois ce campus où j’ai vécu l’essentiel de mes années estudiantines, y fondant d’abord l’UEC puis les cellules du parti et étant enseignant chercheur.,

j’étais invitée le 28 par le département de sociologie. j’ai donc découvert les transformations de mon université.

Ce fut un choc architectural d’abord… Comment peut-on prétendre repeindre pareille horreur, une telle hérésie spatiale… et à travers lui une ballade dans les planches d’une bande dessinée de Chantal Montellier. Je ne sais si vous me comprendrez, mais ce campus là, cet entassement de bâtiments hétéroclites repeint de neuf est exactement la surface qui convient à la description des sous sol infernaux de mon film du moment « Roubaix lumière »… Comme dans les univers amérindiens, le nord , le sud mais aussi l’enfer est le cosmos à la verticale… le tout dans une convivialité académique un peu désuète mais chaleureuse. Comme me le dit nannie: « nos adversaires sont très fort, ils savent que les lieux sont mémoire et il prétendent vider la nôtre  » et elle ajoute « mais le feu couve ».

Comment expliquer la découverte de cette transformation, momification de l’espace. Le pire peut-être est ce betonnage, pas un espace vert ne doit demeurer, les arbres fragiles sont enserrés dans un garot de béton et on se demande s’ils vont survivre. La bibliothèque est évidée et la nouvelle est renvoyée beaucoup plus loin, une activité annexe ? Et ce n’est pas la seule chose qui me parait en danger de mort, ce qui était déjà à l’oeuvre quand je suis partie en 2003, à savoir sous couleur de scientisme la fin de l’université en tant que lieu d’une pensée critique contestatire rebelle est à l’oeuvre. Un exemple, ce que nous avions réussi à instituer, une véritable collégialité entre les enseignants, les étudiants et les ATOS a disparu.Tout le combat de Nannie a été effacé… Nannie était un brillant chercheur , une collaboratrice dite technique qui a pris la tête des personnels de service, ouvriers, administratifs. La cellule était le lieu où on tentait de résoudre les oppositions, certains ATOS étaient convaincus que nous les profs nous étions la classe capitaliste et eux les prolétaires… nannie s’exclamait face à un cuisinier du Crous,: « moutte tu ne fais pas de la plus value, tu fais du gratin! » Les ATOS avaient pris le pouvoir en sociologie et nous imposaient dans le bureau du directeur y compris des ventes périodiques de vêtements et autres… Cela dit les ATOS créaient une permanence, une vie au quotidien qui a été reléguée ailleurs et là encore la vie en est étouffée…  Les ATOS n’ont pas été invités à cette célébration et les espaces administratifs sont soigneusement séparés de ceux de l’enseignement. C’est étranger toutes les carcasses des bâtiments sont restées les mêmes, ils ne sont pas esthétiquement défendables et cela renforce  l’impression de désordre, d’étouffement du seul bâtiment architecturalement correct, celui conçu par Pouillon. En revanche la grande grille qui depuis mai 68 avait été placée pour interdire tout contacts entre le droit vertueux capitalistement et réactionnairement parlant et nous les trublions de lettres a été levé, plus besoin de barrière tout est équivalent désormais. la barrière s’est démultipliée, s’est ancrée dans les esprits, plus besoin d’interdire, le travail est fait…

J’ai le sentiment de me déplacer dans une planche à dessin de Chantale Montellier, Tchernobyl, la victoire des liquidateurs bétonnant l’université comme pour empêcher le feu de la révolte de surgir avec quelques herbes folles est totale apocalyptique. Il faut que je me secoue que je ne joue pas les vieux cons regrettant le passé, il faut que je vois si quelque chose est en train de natre, si un brin d’herbe peut pousser entre les dalles et un combat renaître?

je revois les profs de droits nous faisant passer l’examen en toge comme dans une cour d’assise et Parodi le prof d’économie venant en mais 68 au milieu de cet aréopage avec une chemise rouge et leur disant « rassurez-vous messieurs c’est du sang de l’ouvrier ». Il n’est plus besoin de leur faire peur, un éclat de rire sur la vanité d’être révolutionnaire suffit… Soyez tous des petits macron et le monde sera à vous…

Le doyen de la fac, très sympathique, un psychologue à qui Nannie a mené la vie dure dans leur département,  vient me saluer et parle dans son intervention de son arrivée dans cette université, de sa rencontre avec danielle Bleitrach et nannie bellan, le parti communiste (il ne prononce pas ce mot interdit) et l’esprit constructif de rebellion qui nous animait tous. S’agit-il d’un hommage sur une pierre tombale ou d’une émotion qui couve en lui, les deux sans doute..

je tente de dire ce que je pense à savoir que le sociologue a une moralité douteuse, il doute de la morale de sa propre société, que la sociologie est née avec la conception du progrès, avec comme Durkhiem la revendication du collectivisme, de la planification… que la discipline a pu donner du travail à ses étudiants dans la grande période de l’industrialisation du golfe de Fos et que pour qu’il ensoit ainsi il a fallu se battre, personnellement j’étais membre de ce conseil national du CNRS qui a intégré 5000 hors statuts, je rappelle la guerre d’Algérie, les combats physiques entre nous qui voulions la paix et les étudiants de droits proches de l’OAS, nos profs venant nous chercher au commissariat de police, Guyon et Duby.  ce sont des noms d’amphi, je n’ose pas leur dire parce que je ne veux pas être désagréable à mes collègues que le scientisme statistique est débile parce que l’on ne ferait jamais partir un avion avec le degré de certitude que nous avons sur les faits sociaux, c’est simplement un adjuvant épistémologique, une sorte de garde-fou.C’est le rapport à notre pratique de sociolgue qu’il faut interroger et pas le masquer avec des gadgets, des bricolages.

je dois redescendre sur marseille et je profite de la voiture d’une enseignante sympa, et sa copine féministe… Elles sont filles de famille ouvrière mais en 5 minutes elles me sortent du grand n’importe quoi sur l’URSS, sur « l’appareil » du parti… On croirait des disciples de Pierre laurent, à la seule différence près qu’elles n’aiment pas plus Coppola et les communistes marseillais, elles doivent être à la FI. Mi goguenarde, mi sincère je leur enlève le droit à la parole sur ces questions auxquelles, dis-je, elles ne comprennent rien et je les ivite à lire mon livre après on discutera, il y a trop à « rectifier », une simple discussion amicale n’y suffira pas… nous rions… devant mon numéro de bolchevique stalinienne.  Je leur dis que je suis « l’appareil » et qu’elles ont bien besoin de gens comme nous, parce que si on les laisse faire ce sera la catastrophe… Quand il y a des coups à prendre, les sociaux démocrates sont incapables de résister, ils geignent et ils s’éloignent de nous en disant que c’est de notre faute… Chez nous il y a très peu de corrompus, quelques imbéciles mais pas de corrompus… je n’ose pas ajouter que les imbéciles ce sont ceux qui cherchent à leur ressembler en espérant êtere aimés, ils ne recueilleront que le mépris… Tout cela se discute sur un ton amical, je les aime bien et elles le sentent… Des étudiants sont venus me voir à la sortie et ils m’ont remerciée de mon intervention, ils préparent la rentrée et les luttes contre les droits d’inscription, la sélection… je ne sais pas où ils militent, je pense qu’ils sont trotskiste, mais vu l’état de la situation, il n’est pas question de querelles de famille, ni avec eux ni avec mes deux collègues… et nous décidons de nous revoir..

Elles m’ont sauvé du coktail, j’ai déjà eu beaucoup de mal avec certains, un jeune prof qui me doit sa carrière et dont je sais qu’il a répondu à ceux qui cherchaient mon adresse : voici bien longtemps que je l’ai effacé de mon carnet, il se penche pour m’embrasser ce petit judas… Je  tente d’éviter un autre prof aux longs cheveux qui quand je suis venue demander de l’aide pour des cours pour adlane m’a insultée, m’a laissée debout dans la chaleur en feignant de ne pas me voir et puis après m’a insultée d’oser défendre le petit fils qui était le mien… Oui je suis differente de ses gens là moi j’irai en enfer y chercher  le damné que j’aime… Eux ils n’on cessé de se protéger… Et ils veulent donner des leçons de sociologie?

L’accueil a été agréable, mais comment leur dire ou plutôt taire à quel point ma vie a été aussi ailleurs, combien j’ai épprouvé le sentiment d’être sociologue dans cet ailleurs qu’ils ne soupçonnent même pas… Est-ce que je vais leur sortir la thèse à Feuerbach, la meilleure manière de connaitre c’est de transformer… Inutile, Establet est capable d’en sortir de ses gonds, ça a toujours été un anticommuniste émotif, ça ne s’est pas amélioré… il serait injuste de les figer dans un provincialisme qui ignore ce qui est en train d’éclore dans des lieux qui restent de l’ordre du stéréotype, la Chine par exemple mais aussi l’Afrique, l’Amérique latine. une idée m’obsède, en Inde en ce moment ils en sont à boire l’eau de climatiseurs et vous vous bétonnez votre rapport à la réalité de notre planète, de ses êtres humains en souffrance, vous croyez que si vous suivez le modèle néo-libéral de réussite sociale vous allez pouvoir vous en srtir, je ne le crois pas et je n’ai pas les mots pour vous le dire. je suis pour vous un personnage folklorique venu des temps anciens, mais je refuse ce rôle parce que je n’ai jamais entretenu de la connivence avec mes semblables. Vous valez mieux que cela, peut-être qu’un jour nous nous donnerons les moyens d’un véritable dialogue.

je ne peux rien dire ou plutôt je n’ai pas envie de perturber leur effort, celui de ces jeunes profs qui essaient malgré tout de créer un collectif et qui m’ont invitée… Ils nous ont demandé en commençant « que pensez vous de la transformation de l’université », je n’ai pas osé leur dire que c’était une abomination puisqu’ils doivent y vivre, construire, agir… Non à ceux-là je n’ai que des encouragements à apporter, ce sont ceux de ma génération et les suivants qui m’ont posé problème, les enfants de Mitterrand…

Il y a une bonne chose, les jeunes ont fait un film sur nous et je me revois dans ce film. tourné je crois dans l’hiver 2018.. A la mort de mon enfant en 2013, j’ai pris 40 kilos comme pour parodier le gonflement qde l’oedème pulmonaire qui avait été le sien… Ils m’ont filmé quand je finissais d’oser écrire sur lui… j’étais énorme, maflue, gonflée de chagrin, de souffrance, c’était aussi une armure de graisse et d’eau si douloureuse au moindre contact… Et bien  j’ai commencé à dégonfler, je peux marcher, la comparaison avec le film était là pour le prouver… Je reconquiert mon corps… Je continue à me battre pour ce que je crois juste, ils ne m’auront pas… Nous avons été de sacrés combattants et nous le sommes encore…mais je pourrais faire une thèse sur les effets de la défaite, fussent-ils temporaire, le temps d’une génération…

je me dis en voyant mes collègues, en particulier ceux qui étaient les grands témoins, soit ils ont été communistes, soit ils ont voté communiste à une exception près, mais en fait ils se sont tous ralliés au PS et c’est à nous les communistes qu’ils en veulent, cela peut aller jusqu’à la haine pour au moins l’un d’entre eux… J’ai failli craquer quand l’une de ceux qui intervenaient à mes côtés a loguement expliqué les épisodes théoriques traversés par le département avec l’arrivée des collègues… Le mot marxisme n’était pas pro,noncé, il planait bien quelque part pour les intiés mais il était devenu « une démarche généraliste »… Ce genre de ridicule pédantisme était sensé éclairer les étudiants… et pourtant je suis sure que c’est une fille honnête… Dans le fond, ils en sont réduits à ce que devait faire Gramsci dans le cul de basse fosse où l’avait jeté Mussolini, il ne pouvait pas employer le mot marxisme alors il parlait de la philosophie de la praxis. Ca a tout de même une autre allure que « généraliste »… le vrai problème est que eux ils masquent les concepts avant même que le fascisme les y oblige, pour la carrière, pour faire sérieux… bien triste tout ça…  Le seul qui m’a fait rire a été trin van thao qui a eu le bon goût d’expliquer qu’il avait un enfant et qu’il était prêt à accepter n’importe quoi en matière d’enquête et quand il a pu se livrer au plaisir des archives d’outre mer, il a été soulagé d’abandonner celui de l’enqueête d’opinion et des sondages… En plus, ils ne se rendent même pas compte quavec ce que l’on peut faire avec des algorithme en matière de recueil des données leur bricolage est débile… alors que l’esprit qui nie , qui cherche des hypothèses, invente est encore à l’ordre du jour…

Mon « retour à l’Université » m’a confrontée à ce qu’a toujours été la sociologie et que je n’ai cessé d’appliquer y compris dans mes activités politiques : comme tous les sociologues qui ont marqué la discipline qu’ils soient marcistes ou « positivistes » comme le père fondateur Durkheim ou encore Bourdieu, ce qui les caractérise c’est leur capacité à s’intéresser aux véritables enjeux du siècle qui est le leur, en soulignant l’importance du collectif et aussi du « progrès », un humanisme critique. Leur apport celui qu’en tant que sociologue marxiste j’ai toujours voulu appliquer mais aussi enseigner concerne un regard qui mêle stratégie étatique et acteurs « d’en-bas », ce qui m’est toujours apparu comme la spécificité de cette discipline. C’est aussi à travers ce regard qu’il faut lire mes mémoires qui sont celles d’une militante politique mais aussi d’une sociologue formée par l’Histoire.

Moi ce que je pense c’est que je leur ai laissé les clés de la maison et voici ce qu’ils en ont fait alors au lieu de tirer une bilan ils préfèrent se draper dans une pseudo scenitificité, une neutralité de gadget et ils jouent une caomédie infâme et narcissique à tous ces jeunes qui veulent s’en sortir, ils les bercent d’espérance fallacieuses comme les gamins caprisiceux qu’ils n’ont jamais cessé d’être…j’ai toujours ét » une solitaire avec un sens dément de ses respionsabilité sociale… cela ne s’améliore pas…

Danielle Bleitrach

 
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Publié par le août 29, 2019 dans HISTOIRE, mon journal

 

Il y a des jours comme ça où face à la marée noire à Biarritz , un vieux fond anar…

Si vous lisez mes mémoires , vous découvrirez les tentations de jeunesse d’une militante ultradisiciplinée, convaincue que le parti avait toujours raison mais n’en faisant qu’à sa tête… Encore aujourd’hui il m’arrive de repenser à Boris Vian quand je vois les « grands » de l’occident en crise, en train de se faire protéger d’une marée de flics et de sembler incapables de la moindre décision constructives, mais bien sûr c’est du pur fantasme comme toutes les chansons.inutile d’envoyer à une vieille dame de 82 ans un détachement de policiers …C’est vous messieurs les gouvernants qui sollicitez par trop mon imagination… ou peut-être s’agit-il de l’influence génétique de l’arrière grand père anarchiste italien qui du s’exiler à Saint Cloud, poursuivi en Italie par les carabiniers pour avoir fomenté un attentat… où il rencontra la fille d’un maître verrier de Baccarrat qui avait fui devant les Ulhans et qui jusqu’à son heure dernière chantait le chant des cerises et buvait sec en proclamant « encore que les boches n’auront pas! »

danielle Bleitrach

 
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Publié par le août 27, 2019 dans mon journal