RSS

Archives de Catégorie: mon journal

La question d’un lecteur et l’impossibilité d’y répondre…

Résultat de recherche d'images pour "danielle Bleitrach"

 

Sur ce blog, un lecteur occasionnel m’interpelle : qui êtes vous Danielle Bleitrach? Franchement qui peut répondre à pareille question, non sur Danielle Bleitrach mais sur soi-même ?… Chacun aura bien compris que cette interrogation – qui fait songer à l’invitation du commandeur à  Don juan, le mécréant et à sa damnation- est destinée à me renvoyer au « complot » auquel je participerai, à me démasquer. S’agirait-il  en l’occurrence  de celui des forces obscures qui en veulent à Macron, malgré l’adhésion à son culte de la quasi totalité de la presse et l’appui vertueux du MEDEF?. Tout cela parce que j’aurai osé dire l’évidence de la vulgarité de ces deux couple s’empiffrant sur la tour Eiffel pour y célébrer la boucherie de 14-18, pour mieux vider de son sens la prise de la Bastille.

LE « STALINIEN » , UN CONCEPT CREUX COMME UNE DENT CREUSE QUI NE MORD SUR RIEN

Mais cette interpellation n’est pas unique en son genre:  il y a des gens qui se sont ingénié toute ma vie à me définir, pire à me culpabiliser et ce de la manière la plus étrange qui soit. Il y a ceux qui depuis plus de vingt ans s’obstinent à me décrire quasiment comme une anticommuniste, une « stalinienne »,étant bien entendu que pour eux « le stalinisme » est l’unique cause des défaites du communisme. Le capitalisme n’étant qu’un tigre en papier aisément vaincu par les bons sentiments.  Bref cette référence au stalinisme,  loin de résoudre le problème ne fait que l’obscurcir parce qu’à ma connaissance nul ne sait exactement ce qu’est un « stalinien ». Ce mot n’est qu’une une stigmatisation creuse, aussi creuse que la notion de totalitarisme à laquelle la plupart des chercheurs ont renoncé, mais qui fait les beaux jours des idéologues français La notion évite l’analyse concrète d’une « personnalité concrète »comme celle de la situation concrète dans laquelle il y a eu recours à la « terreur ».

Il est vrai que face aux  antitotalitaristes, antistaliniens de profession, à leur manière de déformer l’histoire, il m’arrive d’avoir envie de les provoquer, ne serait-ce que pour les amener à s’interroger sur leurs certitudes. Pourtant  en dehors de ce réflexe, je ne pense pas être stalinienne et je crois l’avoir prouvé par mon indépendance d’esprit. Si être stalinien c’est être soumis corps et âme à l’autorité qui représente l’idéologie à laquelle on adhéré, je ne suis pas stalinienne, aucune autorité malgré ma discipline n’ayant pu me convaincre d’agir a contrario de mes conviction. Je signale simplement l’absurdité de ceux qui prétendent par ce trait de caractère mal avéré fondre dans un même moule communiste et fasciste. deux idéologies, deux pratiques à l’échelle historique totalement contradictoires. Pour revenir au trait de caractère que l’on m’attribue et que je dénie, Paul Boccara m’a dit un jour que j’étais « versatile », au sens anglais du terme, c’est-à-dire à multiples facettes. C’est vrai parce que je suis convaincue de ce postulat marxiste qui veut que le réel soit la synthèse de nombreuses déterminations et je suis fascinée par leur exploration, toutes.  Ce qui me donne aussi un grand esprit de contradiction et qui fait de moi une candidate toute trouvée pour toutes les répressions de l’autoritarisme.

Pourtant dans le même temps, je demeure attachée à ce qui selon moi constitue le mouvement, la mise en branle incontournable de toutes ces dimensions: la lutte des classes bien ancrée dans la matérialité, dans ce dont on ne peut pas s’abstraire sauf en imagination à savoir le poids de la nécessité sur la condition humaine. Ce qui me conduit souvent à préférer le dialogue avec des opposants déterminés plutôt qu’avec les faux amis pétris de bons sentiments…

Mais pourtant voici plus de 20 ans que j’ai été interdite dans la presse communiste et cela continue. Comme l’interdit était identique à celui de la presse bourgeoise, j’ai été muselée et aujourd’hui la suprême insulte est que je suis vieille comme si cette incarcération était de mon fait. Après vingt ans de censure voici que le jeu consiste à dire que je serai trop vieille pour avoir le droit à la parole… Il y a ceux qui raffinent, dernièrement une sotte, qui désormais hante les fédérations du PCF me disait paranoïaque parce que je décrivais la manière dont la direction du PCF avait réussi à étouffer la présence communiste aux élections présidentielles et législatives, ce qui est un fait, une évidence. Non je ne suis pas paranoïaque, mais je suis devenue une spécialiste de la chose et au contraire j’y résiste assez bien. Parce que je n’ai aucune ambition personnelle et que j’ai acquis une forme de liberté dans cette répression.

NOS RAISONS D’EXISTER VALENT MIEUX QUE NOTRE EXISTENCE

Le fond de cette liberté est justement d’avoir voulu rester communiste et de faire à chaque instant des choix qui correspondent à cet engagement. Peut-être cela se résume-t-il à cette phrase de Robespierre: « Nos raisons d’exister valent mieux que notre existence ». je sais que la lutte des classes a besoin d’un parti, d’un sujet historique collectif, le prince de Machavel du prolétariat expliquait Gramsci et je ne me laisse tenter par aucune aventure qui me détourne de mon but, le changement de société indispensable, la fin d’un capitalisme mortifère et qui aujourd’hui menace l’humanité dans sa survie..

Comment à partir de là certains en sont-ils arriver à tenter de justifier leur censure, interdit, par le fait que je serai une ennemie du parti communiste? L’argument employé alors est le plus souvent limité à mon appartenance aux couches intellectuelles. Je dois dire qu’au bout d’une vie rien ne m’impressionne moins que ce genre de choses. Ceux qui flattent l’ouvriérisme sont les mêmes qui sont en train de convaincre les ouvriers que l’aspiration à la connaissance, à la compréhension n’est pas pour eux. Etre des brutes est leur idéal, mais c’est aussi celui de la marginalisation des couches prolétariennes qui a atteint aujourd’hui un stade qui est celui de la régression, celui d’une contre révolution.

 NEGATIONNISME  ET EMANCIPATION HUMAINE ? 

Ce qui me fascine dans cette affaire est la manière dont ma caractérisation passe alors par la négation de toute ma vie. Ce ne serait pas un problème si je ne retrouvais pas la même déformation- diffamation dans un autre aspect de ma personnalité. Mes origines juives, la manière dont la fuite devant le nazisme a structuré ma petite enfance et probablement déterminé mon engagement communiste. Ce matin une amie m’envoie par courrier électronique un texte de moi et elle m’explique que dans son petit groupe ce texte est utilisé pour me nuire. Il s’agit d’un texte très ancien que j’ai consacré à Dieudonné et qui avait été publié par Grand soir. C’était le lendemain du passage de Dieudonné à l’émission de Vogel déguisé en rabbin et proclamant son adhésion à Hitler. Je ne renie rien de ce texte dans lequel je montrais que Dieudonné avait joué un rôle, qu’il pouvait encore s’en sortir, et je faisais référence à un acteur autrichien se grimant jusqu’à devenir réellement nazi. je lui demandais de ne pas aller sur cette voie et je n’ai pas été la seule à le faire à l’époque. Il a fait son choix et depuis il suffit de consulter ce blog, il n’a pas eu d’adversaire plus résolu que moi.Mais le petit jeu du négationnisme est à l’oeuvre, il s’agit de sortir un texte hors tout contexte pour se lancer dans un procès que rien ne justifie. Ce qui est extraordinaire par parenthèse est  que certains qui me reprochent ce texte ancien hors contexte sont incapables de la moindre critique face aux dérives d’un Bernard henry Levy quand il va en Ukraine installer sur ordre de la CIA et de l’OTAN des néo-nazis au pouvoir. Ils ne mesurent pas l’horreur de celui qui toujours et partout a cautionné l’installation des fascistes antisémites par pur anticommunisme et vassalité aux Etats-Unis.Je n’approuve pas plus ceux qui sous prétexte de défendre la cause palestinienne ne mesurent pas que ceux qu’ils approuvent sont animés de fait par l’antisémitisme. Comme dans le cas où un Pascal Boniface attribue au CRIF (dont par ailleurs je dénie la représentativité) la responsabilité dans les tortures du gang des barbares. cela suffit avec cet anti-impérialisme de pacotille et son abandon de toute dimension de classe.Cela suffit le négationnisme, tous les négationnisme, celui qui nie l’extermination des juifs, mais aussi celle des soviétiques et qui se permet d’interdire la célébration de la libération d’Auschwitz aux enfants de l’armée rouge. Celui qui veut détruire un individu le fait en le privant de sa mémoire. Il n’y a aucune liberté dans le négationnisme.

Je hais l’antisémitisme comme toutes les formes de racisme et quand je vois la moindre trace de ces perversions haineuses je les dénonce sans le moindre état d’âme. Ce qui me vaut à la fois d’être l’objet de diffamations de la part des uns et des autres. je serais pour les uns une « antisioniste » (je suis au contraire allergique à ce terme et à ce qu’il recouvre souvent d’antisémitisme) et pour les autres (comme Soral qui m’a consacré un sujet video) la pire des « enjuivées », celle qui veut répandre sa « lèpre » sur la surface du globe… Non! Simplement je considère qu’il n’y aucune identité qui justifie que l’on abandonne son appartenance à l’humanité et pour moi l’émancipation de celle-ci passe d’abord par la lutte des classes.Et je suis comme Klaus Mann qui affirmait que « les nazis n’étaient pas abominables parce qu’antisémites, mais qu’ils étaient antisémites parce qu’ils étaient abominables. » Tout cela demeure exact.

LA RUSTICITE DE LA CONVICTION

Comme face à toutes les sophistications des enfileurs de perle de verre, ce qui me convainc le mieux est cette rustique affirmation découverte également ce matin: « Tout français a dans sa poche une carte du parti communiste, rouge ou verte, il s’agit de la carte de la sécurité sociale« . Ou encore que si Ambroize Croizat n’avait pas été ouvrier et communiste il serait depuis longtemps au panthéon, oui mais s’il n’avait pas été ouvrier et communiste, il n’aurait pas – porté par l’élan de la résistance communiste et patriotique- inventé la sécurité sociale. je crois que c’est cela que certains appellent le stalinisme? Il en faut…

Voilà je suis incapable de répondre à la question qui m’a été posée: « qui êtes vous Danielle bleitrach? » Je ne suis pas convaincue d’abord de l’intérêt heuristique d’une telle question, mais je remercie celui qui m’a permis de préciser ces quelques remarques sur ce que je crois vrai ou faux, mais là encore je ne garantis rien.

Danielle Bleitrach

 

 
4 Commentaires

Publié par le juillet 16, 2017 dans mon journal

 

L’insondable vulgarité de ces gens-là…

L’image contient peut-être : 4 personnes, personnes souriantes, personnes assises, table et nourriture

Les Trump à Paris, ou la vulgarité, l’épate entre deux couples de parvenus s’en foutant plein la lampe… Tout ça pour célébrer ceux qui eurent un jour le courage de prendre la Bastille…

Puis les jeux olympiques qui ont toujours été une catastrophe financière (on se souvient peut-être des effets sur la Grèce) et surtout les crédits militaires en augmentation promis pour 2018, Après un « coup de gueule » de Macron : « je suis votre chef!

On voit bien de qui on va exiger des « économies » et ces gens là n’ont pas le moindre doute sur la « légitimité » de leurs pratiques…

Danielle Bleitrach

 
23 Commentaires

Publié par le juillet 14, 2017 dans mon journal

 

Jupiterien est-ce que cela veut dire « hors-norme »?

 Les médias, au premier rang desquels BMTV bat tous les records, décryptent au bord de l’extase « leur » président et proclament : « Il l’avait annoncé dès le mois d’octobre dernier: Emmanuel Macron sera un chef de l’État « jupitérien ». Après « l’hyperprésident » de Nicolas Sarkozy et la présidence « normale » de François Hollande, Emmanuel Macron souhaite incarner un président « jupitérien ». Il l’avait assuré dès le mois d’octobre 2016. La France a besoin d’un chef de l’État « jupitérien », déclarait-il dans un entretien à Challenges alors qu’il n’était encore que candidat d’En marche. Je me demande si ces gens-là ont toute leur tête et conservent le moindre sens du ridicule ou si l’emphatique et l’amphigourique bourgeois les a saisis? Je repense à ce gigantesque tableau de Ingres que l’on trouve au Musée d’Aix en Provence. 
Jupiter et Thétis, deJean-Auguste-Dominique Ingres (1811, huile sur toile).

ZOOM 

Il y a deux tableaux qui m’ont littéralement sidérée, le premier est le Christ de Dali au musée de Glasgow, le second est Jupiter et Thetis par Ingres au Musée Granet à Aix en Provence. Du premier, je ne parlerai pas car il contribua à me faire haïr Salvador Dali tant cette débauche de couleurs est digne d’une devanture de droguerie et la taille de l’objet m’est apparue incongrue alors que les Menines de Velasquez sont juste au format de leur fascinant sujet, le peintre à l’oeuvre, le désir d’infante et l’interdit monarchique..

Je découvris le second tableau, celui représentant Jupiter se faisant titiller par Tétis, alors que j’étais étudiante dans la ville universitaire provençale. Il faut d’abord que vous ayez conscience des mesures de la chose: 3,27 m de haut sur 2,60 de large, le tableau occupe tout un pan de mur et écrase de sa masse toute la galerie. On se demande quel folie s’est emparée de Ingres… Le gigantisme frise le ridicule dans cet hommage suppliant de la nymphe Thétis qui chatouille la barbe de son Jupiter, tandis que dans le fond à gauche, l’épouse légitime Junon considère d’un oeil torve les ébats de cette nymphe au physique étrange. Même l’aigle napoléonien fixe la scène d’un air réprobateur:  comment mobiliser l’olympe pour cette gaudriole? L’apparat du pouvoir impérial et le bordel bourgeois, la confusion des genres. Quant à la jeune amoureuse, Ingres l’a peut être confondue avec Leda, le cygne tant son bras se tord à l’infini comme un cou de volatile. A l’inverse de la répulsion engendrée par le christ de Dali, j’ai fini par aimer cette étrange et massive peinture et il se passe rarement une année sans que j’aille la contempler, toujours fascinée et proche du fou-rire. J’imagine le bon bourgeois Ingres en train de se prendre pour Jupiter et je me dis que bien des hommes cèdent à ce travers de la représentation de la virilité.

Macron en est le dernier avatar et les médias sont convaincus que la France entière est à ses genoux, comme eux… Les attributs du pouvoir jupitérien et la stupide amoureuse envoûtée ou achetée comme il se doit dans les amours adultères du bourgeois qui gère la France pour les propriétaires.

Car si je vous parle de ce tableau et de ses bizarreries, c’est que chaque fois que j’entends l’adjectif jupiterien accolé à l’actuel hôte de l’Elysée j’ai devant les yeux ce tableau… Emmanuel Macron me paraît un peu trop gringalet pour le rôle.. Mais il est évident que les médias ressemblent fort à Thétis et qu’eux se prennent pour la France… Les journalistes se pâment… Il n’y manque que le génie de Ingres pour faire accepter le grotesque de cette mythologie du pouvoir…

Danielle Bleitrach

 

 

Les derniers jours à Moscou : comment se sont -il débrouillés pour vendre l’été?

Résultat de recherche d'images pour "Moscou"

Les derniers jours à Moscou, furent de plus en plus froids. A l’aller vers l’aéroport, le chauffeur de taxi, un Tatare papa poule qui était devenu un ami et qui tenait absolument à ce que nous lui signalions si nous étions bien arrivées en France, nous a montré sur le tableau de bord (avec internet) une photo humoristique. Un chat sous un imperméable qui disait dubitatif: « Ils ont vendu notre gaz, ils ont vendu nos forêts, mais je me demande comment ils ont fait pour vendre notre été?  » En mettant les pieds à Roissy, nous avons compris, ce sont les Français qui l’ont acheté, comment faire pour renvoyer le surplus à ces malheureux Russes? Parce qu’il ne faut pas croire, Moscou en cette saison d’ordinaire c’est le printemps. Certains Russes, de plus en plus hostiles et convaincus que l’impérialisme américain leur veut du mal, ça ce ne sont pas certains mais tous les Russes, sont persuadés que ce dérèglement climatique est une des manifestations de la guerre que leur livrent les Etats-Unis.

Au titre des méfaits de la mondialisation et de la manière dont la Chine et sa population navigue à la godille entre communisme et capitalisme débridé, Marianne qui vivait en Chine à cette époque-là m’explique les raisons qui ont fait que les Chinois sont restés longtemps totalement incompréhensibles en anglais. À la fin de la révolution culturelle le gouvernement chinois a décidé qu’en six mois tous les professeurs de russe devraient se reconvertir en professeurs d’anglais. Comme me dit-elle, elle ne comprend pas l’anglais des Russes et que les professeurs de russe étaient Chinoi, on imagine le résultat. Du moins dans l’immédiat parce ils s’améliorent. L’enseignement russe du chinois post-soviétique a ses propres problèmes puisque le malheureux élève qui apprend le chinois est obligé d’étudier l’anglais de surcroît. Du temps de l’Union soviétique en matière de langues, on prenait les enfants au sortir du cours moyen et on en faisait des spécialistes non seulement d’une langue, mais de la littérature, la civilisation des pays concernés, ils en tombaient littéralement amoureux et elle ajoute en riant: » il y avait là une excellente base de recrutement pour les espions ». Même sans en  arriver à cette extrémité ils devenaient des cibles pour la propagande occidentale. Et elle me dit que les élèves chinois se plaignent beaucoup du coefficient excessif attribué à l’anglais dans leurs études Pour nous remonter le moral face à ces délires pédagogiques de la mondialisation, elle me raconte qu’il y a même des mauvais esprits chez les petits Chinois qui mettent de la mauvaise volonté à apprendre l’anglais en affirmant que c’est « par anti-impérialisme » ! Ouf…

Un résumé de ce que nous allons peut-être tenter de vous exposer sans fard dans quelques articles qui vont suivre:  nous allons accorder dans notre séjour moscovite une large place à nos rencontres avec les chauffeurs de taxis, il y en a pour tous les goûts. Moscou est littéralement bloquée et la moindre course prend 40 minutes. Ce qui nous laisse du temps pour interviewer le conducteur qui soit est au bord de l’exaspération, soit ne demande qu’à passer le temps agréablement. Le maire de Moscou, dont nous apprenons par notre ami tatar qu’il ne se met pas d’argent dans ses poches mais dans celles de sa femme. Elle a une entreprise de bordures de trottoirs et on refait tous les trottoirs en même temps. Effectivement la ville est en chantier, il pousse des horreurs, je vous recommande en particulier le long de la Moskova, une abominable et gigantesque statue, un mat devant lequel un Pierre le Grand qui tient plus d’un roi de carnaval que du terrible tsar. Ce qui provoque la fureur des Moscovites, vu que Pierre le Grand a justement fondé la ville concurrente de Saint Petersbourg et que ce machin, on n’ose parler de sculpture, de la hauteur d’un immeuble de trente étages. Mais, il n’y a pas que les bordures de trottoir et cette abominable statue, des quartiers nouveaux poussent dont un abominable machin post moderne encore inoccupé toujours sur les rives de la Moskova. Comment décrire cette chose avec ses colonnades romaines, tout en décor, en stuc et morceaux hétéroclites, la négation de l’architecture, en particulier de ce qui dans un tel désastre prend de plus en plus de relief: les grands immeubles staliniens qui sont superbes et ne déparent pas les joyaux antérieurs du type le Kremlin. Mais nous y reviendrons. Il y a aussi l’équivalent de notre Sacré-Coeur érigé contre les communards, une basilique aux toits dorés qui a été construite sur la magnifique piscine soviétique. Notre chauffeur tatare nous dit « le maire vient de Sibérie et il croit y être, il pense que Moscou n’existe pas, qu’il peut faire ce qui lui plaît ». C’est moche et les voitures bloquées sont prises dans un carroussel immobilisé.

Pourtant Moscou résiste et on tombe sous le charme…

Mais rassurez-vous nous n’avons pas connu seulement les joies des embouteillages. Nous avons rencontré à plusieurs reprises les camarades du KPRF. Ce devrait être fructueux mais nous vous en dirons plus si ce que nous avons mis en chantier avec eux se réalise.

A titre personnel, grâce à une initiative de Marianne, j’ai pu faire une rencontre qui est également pleine de promesses. Elle avait commandé de France, un film dans un centre de cinéma qui est en train de reconstituer avec des DVD sous-titrés toute la filmographie de l’Union soviétique.  Ce sont des passionnés. On commande et ils vous livrent l’objet dans n’importe quel point de Moscou en scooter, comme s’il s’agissait d’une pizza. Donc, de notre taxi (un abominable fasciste dont nous vous reparlerons) nous expliquions ou tentions d’expliquer au livreur de DVD où nous étions, vu que notre chauffeur ne savait pas où se trouvait la galerie Tretiakov. « ça ne fait rien disait le livreur, j’ai le temps! Quand vous êtes à Tretiakov vous me le dites et j’arrive. Une heure après nous nous sommes enfin rejoints dans le hall de la galerie. Ce n’était pas un jeune homme, mais un septuagénaire enthousiaste. Nous avons immédiatement trouvé un langage commun sur l’art soviétique. Je lui envoie mon livre sur Fritz Lang et Bertolt Brecht pour qu’il voie la méthode et lui me cherche un film et un auteur qui correspond à ce que je cherche sur la période de l’art stalinien qu’il faut réhabiliter selon moi, cinéma, architecture, sculpture, une épopée. Il ne s’agit pas de politique mais aussi et surtout  d’esthétique, ce qui pour moi concerne la politique mais avec son langage spécifique: un art des masses avec un lyrisme magnifique et pourtant rien d’inutile contrairement au postmoderne. Nous prenons même rendez-vous à Majorque où lui et son équipe vont prochainement tourner un film sur Chopin et Georges Sand. Il cherche avant tout des scénaristes. Il parle espagnol.

La visite du musée Tretiakov provoque en nous des sentiments divers, il y a des oeuvres superbes, mais en général noyées sans repères chronologiques, une manière de participer à la confusion généralisée…

Depuis que j’ai rencontré Ziouganov sur la Place Rouge (il ne m’a pas vue), je peux marcher sans canne et je n’ai plus mal. Comme quoi me dit Marianne nos camarades du KPRF auraient-ils à voir avec Lourdes, ses miraculés? le fait est mais je ne sais si je peux m’adresser au Vatican pour ce procès en béatification.

Danielle Bleitrach

 

 

 

Nous sommes loin de France et près de vous… méditation sur les incohérences stratégiques

Un tableau soviétique de la galerie nationale de Kazan (cliquez dessus pour le voir mieux)…

Nous sommes à Kazan toujours et sommes en train d’accumuler plein de croquis et de compte-rendus d’interview, que je pense mette en forme en milieu de semaine, mais bien sûr la situation française nous préoccupe. Nous répondons à nos interlocuteurs qui nous interrogent, nous donnent aussi leur opinion sur « Macron », en général cela débute par un poli: « avec le nouveau président, nous espérons que la Russie pourra lier des relations positives ». Pas un mot sur Hollande qui paraît oublié de tous même si au début du séjour le premier habitant de Kazan avec lequel nous avions discuté nous avait expliqué que « le nouveau président a été créé par l’ancien ».

Marianne pense très fort à ses camarades du Pas de Calais, aux candidates d’Arras, mais moi je n’ai aucune raison affective pour ressentir le même élan pour les candidats marseillais, j’avais laissé dans mon vote par procuration une consigne: ne voter que communiste pour le premier comme pour le second tour. Et désormais il n’y a plus le choix, ni même d’hésitation possible. C’est dire si je me sens dans une sorte de distance par rapport à l’immédiat. j’imagine que c’est le cas de beaucoup d’entre vous. Une sorte d’écœurement, le désir que tout ce cirque s’arrête, avec un président qui avec 15% des voix des inscrits obtient 75% et plus des sièges après avoir été lui-même, par un quart seulement des « exprimés », élu par haine de son adversaire créé de toute pièce pour nous conduire à ce rejet.

ILLEGITIMITE OUI MAIS LEGALITE DE L’OPPRESSION. QUELLE REPONSE?

Un ami français qui se trouve à Kazan nous dit que c’est là la seule consolation, savoir que ce président est illégitime. Je lui réponds qu’il ne doit pas se faire d’illusions: nos institutions et en particulier notre mode d’élection est tel qu’il est justement fait pour légaliser l’illégitime et l’imposer sans états d’âme. Et ce cynisme dans la manière de nous infliger une minorité élitiste, caricaturale, fait partie du jeu, tant que nous ne serons pas en mesure de changer les règles du jeu. Nous aurons les représentants que nous méritons. Cette course aux postes pour leur intérêts personnels ne s’arrêtera pas là, on imagine aisément qu’un certain nombre de députés LR et PS fraîchement élus vont s’empresser de rejoindre Macron. Nous allons avoir la plus étonnante des représentations nationales, une sorte de caricature de l’art d’éliminer les ouvriers, les employés, les vieux, les pas beaux et les petites gens de la compétition républicaine. Les Institutions plus le poids du capital sur l’uniformité médiatique crée un nouveau suffrage censitaire et son mépris de classe pour tous ceux qui à cinquante ans auront raté leur vie pour ne pas être en mesure de s’acheter une rolex… Et leur faire payer mesures après mesures, ordonnances après ordonnances, lois après lois, l’enrichissement des vainqueurs.

Ce sera ça la légalité donc la légitimité. La seule chance que nous avons de la leur contester est de prouver leur caractère minoritaire non dans les mots, mais dans les actes, dans la perspective politique que nous serons capables de tracer pour rassembler cette majorité désormais inerte, désunie, écœurée et qui en l’état n’est plus que refus. Là encore, il faut réfléchir un minimum à la cohérence, soit on se situe dans une élection dont on accepte les règles, on agite des petits drapeaux bleu, blanc et rouge, on revendique le consensus républicain et on prétend prendre la place du PS, tout en se proclamant insoumis, ce qu ne mange pas de pain, à ce moment là, il faut tenir des élections telles qu’elles sont et envisager les alliances indispensables. Soit on sort les drapeaux rouges, on va s’emparer des armes à la forteresse Pierre et Paul et on prend d’assaut le palais d’Hiver, la majorité est celle des masses et non des urnes. J’ajouterai que cela exige également un parti discipliné capable de chevaucher les masses en situation insurrectionnelle, d’en prendre la tête partout dans leurs assauts comme dans la création des soviets. Quelques échappés de Solferino et des groupuscules gauchistes n’y suffisent pas.  Il y a des radicalités qui interrogent du point de vue stratégique. On peut tabler comme l’envisageait le PCF du temps de Georges Marchais sur une articulation des deux moments, celui des urnes et celui des luttes, mais cela exige une mise en cohérence sans faille dans le rassemblement et la définition de ses buts. C’est une voie abominablement difficile et qui n’a pas encore fait ses preuves.

Certes vous me direz que certains théoriciens de Podemos ont tablé sur la violence du rejet et sur la possibilité donc de prendre à la source ce rejet, y compris en matière électorale, mais quand il s’agit d’utiliser la désorganisation des masses, la capital sera toujours plus rapide que nous. Et Macron vint, pour ne changer rien en paraissant tout changer… Podemos en revient et reconsidère les alliances communistes.

UN PAS TARDIF VERS LA COHERENCE STRATEGIQUE

Ce matin aux aurores, selon mon habitude, je découvre que la porte-parole de la France Insoumise appelle à voter pour les candidats communistes et ceux des socialistes qui ont voté contre la loi travail, c’est la voix de la sagesse parce qu’ils se sont enfin rendu compte de l’évidence: sans alliés, non seulement ils ne créeront pas à eux tout seuls une majorité présidentielle concurrente de celle de Macron, mais ils ne pourront même pas franchir le second tour et donc avoir un groupe à l’Assemblée nationale. Dans un article récent, j’avais souligné que quelque soit l’art de prendre sa vessie pour une lanterne, Mélenchon et ses lieutenants ne pouvaient pas imaginer atteindre le but proclamé, ils privilégiaient donc la destruction des partis traditionnels pour achever sur les ruines d’inscrire leur propre parti. Quitte à ce que disparaisse pour un temps déterminé et peut-être pour toujours toutes solution de gauche de la représentativité parlementaire et celle des élections qui suivront. En aidant le pays à aller vers une solution à l’américaine où une sorte d’anarchie impuissante à l’italienne.

IL N’Y A PAS QUE LES INSOUMIS QUI DOIVENT REPENSER LEUR COHERENCE STRATEGIQUE

Entendons nous bien, Mélenchon et le dégagisme de son équipe ne sont pas seuls en cause et les partis de gauche traditionnels y compris le parti communiste ont largement contribué à ce qu’il en soit ainsi. Il n’y aura pas d’espoir de survie pour eux sans un examen profond de leurs responsabilités en la matière.

Il semble qu’une vision réaliste des conditions des élections législatives ait donc ramené à la raison les dirigeants de la France insoumise, mieux vaut tard que jamais, mais que de temps perdu, l’élan brisé et les risques de voir l’électorat se détourner de cette proposition de sagesse qui a si longtemps été piétinée comme une « manœuvre d’appareil. » Que l’on se rassure, là encore s’il va être difficile de pousser dans cette voix ceux qui se sont reconnus dans les insoumis, cela va être pire pour les socialistes, et pour les communistes. J’en parle en connaissance de cause en ayant un haut le coeur à l’idée de voter non seulement pour ceux avec lesquels je n’ai cessé de ferrailler ces derniers temps, mais plus encore peut-être pour des communistes qui se sont ralliés à eux et qui pour moi sont désormais tout sauf des communistes.

 Il n’y a pas d’autre solution, il faut pour s’en convaincre simplement considérer ce qui nous attend et la nécessité d’ériger en tous lieux des barricades institutionnelles contre l’assaut macronien, ce capitalisme décomplexé.

Une des leçons à tirer de toute cette histoire de la grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf ou le peuple qui prétend être plus fort que le capital dans la désunion, c’est que tout cela n’a aucun sens, ni les « alliés » que l’on combat et que l’on veut mettre à genoux, et faire passer sous les fourches caudines d’une illusoire puissance, ni le « dégagisme » qui laisse un pays, une classe ouvrière, des salariés, des anciens, une jeunesse désemparés.

A méditer pour se reprendre, c’était prévu et prévisible non seulement au vu de cette campagne invraisemblable mais quand l’on part à la bataille sans stratégie et en ne cessant de désorienter ses propres troupes, et là je ne parle pas de Mélenchon et de la France insoumise.

Certains parmi les plus anciens des communistes se souviendront sans doute de cette phrase que nous répétions moitié convaincus, moitié goguenards : « quand la ligne est tracée, les cadres et l’organisation font tout » (en fait le terme exact était « décident de tout », mais la traduction du russe n’est pas la bonne, la phrase originale  insiste sur le faire). Nous n’avons plus de ligne ou celle-ci n’est plus qu’une suite de segments erratiques brisés, plus de cadres et plus d’organisation. Une autre connaissance que nous avions dans notre besace était qu’en matière d’élections il ne fallait jamais changer de ligne dans le parcours parce que nous perdions alors sur tous les bords à la fois.

Danielle Bleitrach

 
3 Commentaires

Publié par le juin 13, 2017 dans actualités, mon journal

 

Croquis de voyage : un samedi à Kazan…

Le restaurant mais un jour d’hiver.

Nous sommes comme vous chers camarades, anxieuses des résultats des élections françaises, mais nous sommes également en voyage à Kazan et nous faisons partager une journée de détente et cette carte à un ami qui est enseignant dans cette ville et qui nous a permis d’en goûter les charmes culinaires tatares. C’est un camarade et un ami de ce blog, français mais professeur associé de l’université de Kazan.

Cher Patrick, grâce à toi et à ton restaurant oasis et sa nourriture succulente ce fut une journée inoubliable pour moi, mes papilles palpitent encore au souvenir de cette soupe de potiron et de cette salade de tranches d’oie fumées sur un lit de roquette avec des petits quartiers de poire et surtout des baies diverses, myrtilles, framboises, mûres et groseilles, le tout arrosé d’un thé parfumé.

Je sens encore l’air frais qui soulève les voiles de la salle ouverte sur la cour d’entrée mais à l’ombre, tous les délices sans aucun inconvénient, le soleil sans sa brûlure, l’air sans son désordre et des étalages de nourriture et de boisson sans le moindre insecte.

Bref tu nous as fait connaître un lieu épicurien avec ce luxe méridional fait de simplicité, de confort frugal et une nourriture dont chaque saveur se détache de l’autre comme s’il s’agissait d’une mise en musique par Erik Satie… Le plaisir de converser de tout, de découvrir notre intérêt commun pour le cinéma et de mettre en route Marianne et toi des expéditions vers la Corée du Nord, cette dernière terre inconnue… Que tu en sois béni pour le reste de tes joues (1)… en toute laïcité et même incroyance partagée…

Après t’avoir quitté, nous avons marché d’abord dans le quartier tatar où nous avons d’ailleurs été éjectées de la mosquée comme des mécréantes de bas étage par un jeune homme sournois, un « taliban », ce qui veut dire simplement un étudiant… Les maisons avec leur soubassement de briques et leurs étages de bois décoré, le tout peint dans des couleurs pastel sont superbes. Pourtant nous avons apprécié diversement la rénovation du quartier et son aspect touristique, un décor, village Potemkine, et surtout son mobilier urbain en fer forgé, de gigantesques vélocipèdes avec une roue géante (2), j’en ignore le nom exact, draisienne peut-être, portant des pots de fleurs. Personnellement j’avais l’impression d’être dans l’île du « prisonnier », ce feuilleton que j’ai adoré mais qui n’est pas à proprement parler l’endroit où j’aurais aimé vivre.

De là, nous sommes parties vers le marché kolkhozien qui est nettement plus authentique si l’on admet que le made in china déversant par le train de la soie le produit de ses manufactures et les trottoirs défoncés avec leurs flaques d’eau croupie, plus des échoppes où l’on trouve des fruits secs enrobés de miel et d’autres avec des  châles aériens en duvet de laine de chèvre sont la couleur locale de Kazan. Nous n’avons rien acheté et j’ai retenu sur cette voie périlleuse du consumérisme Marianne en lui expliquant que les gâteaux au fruits secs et au miel couleraient dans la valise et que les cache-coeurs en buée de laine de chèvre n’étaient pas du mohair et gratteraient abominablement. Mais nous retournerons sûrement parce que nul ne saurait résister à pareilles merveilles au milieu des tas d’horreurs que nos camarades chinois déversent dans tous les bazars du monde.

Nous avons délicieusement marchandé une course en taxi avec un tatar que même Marianne n’arrivait pas à comprendre mais dont elle a pu néanmoins traduire que l’URSS c’était mieux mais que ça ne reviendrait pas, Staline fusillait les meilleurs comme Joukov et qu’Andropov aurait été bien s' »ils » ne l’avaient exécuté. Qui sont les « ils », mais le KGB et la mafia de Saint-Pétersbourg qui selon lui s’était emparé de cet appareil d’Etat. C’est étrange mais en matière de corruption j’aurais plutôt tablé sur la famille Brejnev à Tachkent… Mais il avait l’air d’avoir des renseignements sûrs sur la question et sur bien des points autres manifestait un solide bon sens. « Maintenant il faut voter Poutine parce que c’est le moins pire! », la chute était étonnante après sa dénonciation de la « mafia de saint-Pétersbourg » et du KGB… J’ai lu et je me suis reposée et la vaillante Marianne est ressortie en bus…

Aujourd’hui après le cours de tatar de Marianne, nous partons au musée des beaux arts voir les chefs d’œuvre de la grande période soviétique dont on commence heureusement à requalifier architecture, statues et peintures… Nous sommes allées faire quelques courses dans le quartier où nous habitons et comme dans l’urbanisme soviétique il y a certes les grandes façades ouvertes sur une rue à quatre voies, une sorte d’autoroute urbaine au bruit désormais insupportable, mais à l’intérieur, il y a ces jardins bien équipés de bancs et de jeux enfantins dans lesquels bambins déchaînés et vieillards au pas lent continuent à se côtoyer aimablement, des petits chemins qui en se moment fleurent l’herbe coupée à l’ombre des arbres… Dans le marché, un délicieux Géorgien avec lequel Marianne a copiné vend des légumes luisant à souhait. Un homme s’approche et lui dit goguenard: « Bonjour, à quel prix sont les fraises, je les prends à moitié prix. « , le marchand géorgien aussi moqueur lui répond: « aujourd’hui, elles sont plus chères. » « Plus chères que l’argent?  » dit le client blagueur. Il ne s’agit pas seulement d’une plaisanterie. La plupart des gens avec qui nous avons discuté disent que l’URSS c’était mieux: « tu pouvais t’endormir pour un an, tu te réveillais et le prix du pain était le même ou avait diminué. » « C’est vrai nous a dit un jeune chauffeur de taxi qu’il n’y avait pas grand chose dans les magasins, quand on trouvait un chewing gum on le mâchait pendant une semaine et on le mettait de côté dans un morceau de papier, mais maintenant il y a de tout mais on ne peut pas l’acheter ». On voit que sous l’absurdité de l’échange entre le primeuriste géorgien et le client, il y a une réalité qui se dit et se dérobe à la fois, comme dans toutes les plaisanteries.

Merci encore, nous te faisons une bise amicale

Danielle

(1) la vieillesse a des joies inattendues, celle de ces moments privilégiés où l’arthrose se relâche et où n’a plus mal nul part, et aussi avant d’être opéré de la cataracte l’impossibilité de lire correctement et d’écrire, les cocasseries que provoquent vos handicaps et ainsi ce jour devenu joues que je laisse en état vu que je m’adresse non pas à une fraiche jeune fille mais à un ami retrouvé à Kazan à la barbe grisonnante.

(2) vélocipède me paraît approprié, il y eut une hésitation sur le terme « machine à courir derrière », ce que permettait la petite roue arrière avant l’invention du pédalier… je ne garantis rien…

 
2 Commentaires

Publié par le juin 11, 2017 dans mon journal

 

Mais pourquoi les communistes raisonnent-ils ainsi ? Pourquoi cette obsession présidentielle ?

 Afficher l'image d'origine

 Il y a quelque chose que je n’arrive pas à comprendre dans cette obsession de la direction du PCF à nous mettre sur les primaires en vue des présidentielles, ou encore pour une petite minorité prétendre nous rassembler derrière Mélenchon (avec la mauvaise méthode de liquider le parti par la même occasion), c’est à quel point on nous oblige à tout centrer sur une élection dont nous n’avons rien à attendre, ni nous, ni en l’état malheureusement l’immense majorité de la population française. Ce qui devrait en bonne logique nous conduire à la dénonciation de cette funeste institution..

Non seulement ce genre d’obsession ne peut que nuire au mouvement en cours que nous devrions aider de toutes nos forces, par exemple en organisant la solidarité financière, mais elle ne part même pas de nos intérêts de Parti. Honnêtement s’il y a des communistes dont nous pouvons être fiers ce sont les députés communistes et Front de gauche. Au lieu d’anticiper sur une question présidentielle où nous risquons de devoir ramer pour un PS qui fait la démonstration de son pouvoir de nuisance ou à la limite pour une droite encore pire sous prétexte de ne pas voir élue Matine Le pen, nous n’avons même pas l’intelligence de nous projeter jusqu’aux législatives et d’aider notre pays, les travailleurs, les 60% de la population française (voir 78% de la jeunesse) qui sont contre cette loi à prendre conscience de l’importance d’avoir des élus communistes.

J »ajouterai que ce combat contre la loi khomri démontre chaque jour la manière dont le Front National est aux antipodes des intérêts majoritaires de la population française et donc le peu de crédibilité que l’on peut accorder à leur défense de la nation, ils veulent la cage sans les oiseaux . Donc si l’on veut réellement combattre l’extrême-droite, sa politique raciste, xénophobe pour mieux duper les travailleurs et la jeunesse, il faut montrer à quel point la seule manière de s’opposer à cette politique c’est de renforcer ceux qui se battent contre cette loi, au premier rang desquels les élus communistes.

Comme le disait le camarade Bossuet, évêque de Meaux (déjà la main tendue ):
« Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets des causes qu’ils ont eux-mêmes divinisées »

Chacun aura compris qu’à force de diviniser les présidentielles nous avons toutes chance de perdre ce que nos efforts mériteraient…Que nous ayons parfois oublié  le sens de la lutte des classes est un grand malheur mais que nous ayons de surcroît perdu ce que Marx appelait notre clarté gauloise, notre capacité rationnelle ‘sans parler de l’élégance perfide de nos grands auteurs), c’est par trop d’abandons…
Danielle Bleitrach