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Archives de Catégorie: mon journal

Le luxe d’une autre politique, de croire à ce que l’on dit et à ce que l’on fait… putain que c’est dur…

L’image contient peut-être : plein air

Cette magnifique photo de Willy Ronis. je me souviens encore de ce jour où il est venu au Colonel Fabien, pour proposer au parti d’hériter de son fonds de photos, le parti était la seule institution dans laquelle il avait confiance comme tant d’artistes, tant de poètes, parce que ce parti était celui de la classe ouvrière et aussi parce que Willy était juif, comme Francis Lemarque, Le Chanois et tant d’autres dont le nom ne le disait pas… Un petit prolétaire juif, d’une famille récemment immigrée, et il n’y avait eu en ce temps de la bataille du rail que les communistes, la classe ouvrière, la seule qui n’ait jamais trahi reconnaissait Mauriac… .

A ce titre j’ai eu la chance de rencontrer ce très grand photographe à plusieurs reprises et le voir travailler à Messine en Sicile. Les communistes à Stalingrad m’ont donné la vie, comme à Willy Ronis, mais il m’ont donné tout au long de cette vie la possibilité de combats justes aux côtés d’individus respectables, les meilleurs… Je ne cesse de payer cette dette même si parfois je me demande ce que je fiche là…

Sa photo dit ma ville dans l’épaisseur de la brume et les oiseaux de mauvaise augure…

Cette ville de la misère et de la révolte sans cesse étouffée par les « combinaisons » politiciennes.

A l’image de ce détournement de sens, ce viol de la souffrance humaine qui s’est passé à l’Assemblée nationale hier. Non je refuse de participer à cela… Au nom des morts comme en respect de tous mes engagements.

Oui je me sens solidaire de ceux qui souffrent, des huit morts enterrés sous les ruines d’immeubles insalubres, 60% de logements de luxe inoccupés, et 40% d’un habitat dans cet état dans lequel s’entassent les misérables, et dont l’on découvre que les notables de la municipalité, la bourgeoisie marseillaise en possèdent une bonne partie. On se croirait revenu à ce temps où la peste s’était répandue sur Marseille parce que les échevins de l’époque n’avaient pas voulu laisser un navire en quarantaine au Frioul, parce que la charge de tissu devait être vendue dans une foire proche. Il ne fallait pas en rater les profits escomptés. Ce furent des centaines de milliers de morts, les galériens à qui on avait promis la liberté les évacuaient, la plupart en moururent…

La bourgeoisie marseillaise n’a pas changé, de pauvres petites gens en sont morts sous les gravats sans qu’il y ait la moindre inculpation. Il y a de la colère dans la ville, mais elle ne soulève pas assez les véritables victimes, les pauvres en état d’assistanat qui ont peur de tout perdre s’ils bougent, s’ils sortent du clientélisme qui pourrit cette ville.

Il y a eu au marché de Noël de Strasbourg des morts, des gens qui tentaient de croire que l’esprit de Noël c’était ces lumières et les achats, une petite part de bonheur à date fixe comme on cesse de nous le répéter, le temps du meilleur chiffre d’affaire et ceux qui le 15 du mois n’ont plus rien à manger devraient le respecter…

Pauvres gens qui n’avaient rien demandé, que l’on a aussitôt utilisés pour monter une partie du prolétariat contre les assistés trop silencieux des cités, ce prolétariat qui depuis le 17 novembre découvre le collectif et a tant de mal à lui donner forme mais qui a créé dans le cœur de chacun l’idée que tout cela était faux archifaux, la prise de conscience qui avance à toute vitesse. Il faut retrouver le collectif, se battre les uns pour les autres, l’argent existe, il faut le prendre où il est et ce pouvoir ne le fera jamais… la montée vers une maturité de classe des gilets jaunes, au moment où la CGT qui en a fini avec les élections rentre dans la danse, au moment où le discours présidentiel a fait un bide.

Non il n’est pas nécessaire de donner dans le complot et d’imaginer que ce pouvoir est à l’origine du crime, ça c’est encore leur mode de pensée, celui de leur droite extrême. penser ainsi c’est encore se soumettre à ce qu’ils sont, à leur conception du pouvoir, il y a mieux à faire… il suffit d’en mesurer le profit, la manière dont l’idéologie dominante étant celle de la classe dominante ils essaient de nous faire tous devenir les sujets respectueux de leur pouvoir immonde. Le complot n’existe pas, il suffit bien qu’ils soient ce qu’ils sont et qu’ils nous fassent nous prosterner devant leur légitimité qu’ils osent dire républicaine… Comme les échevins criminels de la peste qui a ravagé ma ville, ils auront leur nom célébré : rue chevalier Roze, rue Estelle, et les pauvres morts, les galériens n’auront que l’anonymat… les échevins se sont repentis et ils ont fait la charité… c’est bien suffisant pour qu’on les loue, que leur nom soit à jamais encensé…

Nous en sommes toujours là…

Tout cela a donné lieu à l’assemblée nationale à d’indécents discours sur la république… Je le dis comme je le pense j’ai eu envie de vomir quand j’ai écouté le dialogue entre le premier ministre et Mélenchon, cette entente, ce music hall des âmes nobles… Mélenchon que je n’ai jamais insulté, mais à qui j’ai trouvé là une sale gueule, se levant après l’intervention d’Édouard Philippe. La complicité au sein de la bourgeoisie, c’est à l’assemblée que tout se règle et donc dans les urnes, pas dans les rues… Pouvait-on être plus clair. Les communistes qui avaient initié la demande de censure pour aussitôt s’en faire voler le mérite par cette outre remplie de vent et par les socialistes, ont eu la décence d’en demander le report.

Qui croît aux larmes de ces gens là, qui éprouve autre chose que du mépris face à tous ceux qui sur les plateaux de télé viennent en leur soutien? quand je pense que ces abominables hypocrites nous répétent que la france est en train de se perdre de réputation, alors que partout en Europe et dans le monde la France est redevenue « cet air de liberté qui donnait aux peuples le vertige ».

Avoir la force alors que la nausée vous prend devant ces gens-là de dire et répéter qu’il faut qu’on soit très nombreux à la manifestation du 13, durant ce week-end, diffuser la proposition de loi de Fabien Roussel : « Le groupe PCF à l’Assemblée nationale va déposer une proposition de loi visant à prélever à la source les bénéfices des multinationales afin qu’elles n’échappent pas au fisc en France, a annoncé dimanche le député communiste du Nord Fabien Roussel. » Parce qu’il n’y a rien d’autre à faire que de mener ces combats là…

Être communiste a été le luxe de ma vie, celui de ne jamais oublier la souffrance des petits, des sans voix, de ceux qui ont le courage de dire NON comme ceux qui se taisent écrasés par l’injustice. Non je ne participe d’aucun consensus. Les communistes je les ai rencontrés, parfois j’en côtoie encore, je suis encore au parti parce que c’est là où il y a le moins de fascistes et parce que le peu que je pourrais faire vaut mieux que telle une petite bourgeoise je me drape dans l’excellence de mes aspirations à un idéal impossible; mais putain que c’est dur…

Danielle Bleitrach

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Publié par le décembre 13, 2018 dans Marseille, mon journal, POLITIQUE

 

à bientôt, le jour proche ..

mes chers camarade,

je vais prendre quelques jours de vacances. Enfin ce blog va prendre quelques jours de vacances. Nous sortons d’une belle bataille qui nous a donné des armes pour affronter dans de meilleures conditions la véritable bataille avec Macron et le capital pour adversaires.

Mais en ce qui me concerne les sequelles de l’épisode précédent, des 20 ans de censure, d’humiliation et de surcroit de leçons permanentes subies de la part de tartuffe sur l’art et la manière dont un communiste était ensé se comporter sont pour le moment très fortes. j’ai toujours dit et pensé que l’on ne fait pas de la politique avec du ressentiment, je le pense toujours et je ne reprendrai le combat que quand je serai en état d’appliquer ce principe, quand on me laissera l’appliquer sans aviver les plaies. je ne demande rien ni de ne plus subir la censure, ni d’avoir une qulconque responsabilité, mon âge m’exclue de ce genre de revendications, le temps que j’ai passé à subir l’innommable ne me sera pas restitué, en ce moment j’ai seulement besoin d’un peu de paix.

je ne demande rien si ce n’est que l’on m’aide à voir l’aurore au lieu de m’enfoncer dans la nuit de hier….. Comme Electre sur thèbes dévatée…

« Comment cela s’appelle-t-il, quand le jour se lève, comme aujourd’hui, et que tout est gâché, que tout est saccagé, et que l’air pourtant se respire, et qu’on a tout perdu, que la ville brûle, que les innocents s’entre-tuent, mais que les coupables agonisent, dans un coin du jour qui se lève ? »

– « Cela a un très beau nom, femme Narsès. Cela s’appelle l’aurore. »

Pour moi cela a toujours eu aussi le nom de Stalingrad, quand la petite juive qui tremblait de peur, n’avait jamais rien connu d’autre que la fuite et quand l’armée rouge, les communistes ont fait se lever l’aube, la vie, la belle vie que j’ai vécu. jamais je ne l’ai oublié, même si les coupables n’ont pas agonisé.

J’adhère  à ce qui est en train de naître dans le PCF, à son nouveau secrétaire… Il y a la ligne c’est essentiel, mais il y a plus. Ce que je ressens face à Fabien Roussel, au-delà de mon accord sur sa position de classe, c’ est la vie, le désir de se projeter vers les autres pour un bien, pas pour donner des leçons mais pour le rire, le plaisir d’être.. et ça c’est essentiel, enfinir avec ces années de gens qui ne croient plus en rien, prennent leur distance de fait avec le communisme, « la jeunesse du monde », la mienne mais qui peut-être celle de milliers de jeunes désabusés, privés d’avenir. je ne me ressens pas de me plonger dans ce qu’est encore l’organisation, mais j’ai déjà commencé ma campagne pour Ian Brossat, pour les européennes, je me donne le projet de convaincre un minimum de dix personnes d’aller voter pour les communistes aux européennes et chacun au-delà des activités de son organisation pourrait en faire autant. Nous avons enfin des choses à dire, des propositions précises, mais dans une vitalité retrouvée.

Pourtant regardez comment nous prenons encore le nouveau, dans la suspicion légitime que les aspectsmortifères sont toujours là, c’est vrai, mais je cherche les moyens pour que la vie l’emporte et d’abord en moi.

C’est pour en finir avec ce sentiment crépusculaire que m’a laissé ce combat que j’ai besoin de ce moment de distance.

Je vais me mettre à écrire, et j’ai besoin de distance, en ce moment ma plume serait trop acéré contre des choses sans intérêt, il faut que je retrouve le temps long de l’Histoire. Je me connais, ce besoin d’apaisement ne sera pas long, il suffira que la bataille soit belle, juste et vraie pour que je revienne et déjà je me sens sollicitée par plein de choses, de priorités, en particulier les dangers de guerre, la manière dont macron continue à déployer sa stupidité crasse, son ignorance des gens qui souffrent de sa politique, il y a cette politique mais il y a surtout son arrogance, cette bêtise insondable des gens qui ont un certain type d’intelligence et ne se remettent jamais en cause jusqu’à l’apocalypse.

A bientôt mes chers amis

danielle Bleitrach

 
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Publié par le novembre 28, 2018 dans mon journal

 

Quand on demandait à Einstein s’il croyait en Dieu, il répondait je crois au dieu de Spinoza

 

Il ajoutait donnez moi votre défintion de Dieu et je vous dirai si j’y crois. En ce qui me concerne, je n’ai plus de temps à perdre à autre chose qu’à contempler les beautés du monde. J’ai fait ce que j’ai pu pour tenter de l’améliorer mais il arrive un moment où le mépris risque de vous submerger et c’est un sentiment inutile si vous ne pouvez rien faire pour changer ce qui le provoque, il faut avoir le courage de fuir. (note de Danielle Bleitrach)

image: pixabay.com

Baruch Spinoza est un philosophe important qui a vécu au XVIIe siècle, donc en plein rationalisme: sa philosophie est donc très basée sur la logique, au point d’identifier Dieu comme l’ordre géométrique du monde, qui se manifeste dans la perfection de la Nature. C’est ainsi que sa pensée peut être résumée en l’une de ses expressions les plus célèbres, Deus sive natureDieu ou la Nature.

Einstein croyait-il en Dieu?

La réponse qu’il a toujours donnée est: « Je crois au Dieu de Spinoza ».

Il y a ceux qui soutiennent que le Dieu de Spinoza peut prononcer ces paroles:

« Cesse de prier et de battre ta poitrine.
Amuse-toi, aime, chante et apprécie tout ce que ce monde peut te donner.
Je ne veux pas que tu visites des temples froids et sombres que tu dis être ma maison!
Ma maison n’est pas dans un temple, mais dans les montagnes, les forêts, les rivières, les lacs et les plages. C’est là que se trouve ma maison et c’est là que j’exprime mon amour.
Ne te laisse pas duper par les textes écrits qui parlent de moi: si tu veux m’approcher, regarde un beau paysage, essaie de sentir le vent et la chaleur sur ta peau.
Ne me demande rien, je n’ai pas le pouvoir de changer ta vie, toi, si.
N’aies pas peur, je ne juge pas et ne critique pas, je ne distribue pas de punition.
Ne crois pas celui qui me simplifie par des règles simples à observer: celles-ci ne servent qu’à te faire sentir inadéquat et coupable de ce que tu fais, elles servent à te garder sous contrôle.
Ne pense pas toujours au monde après la mort et ne crois pas que c’est là que tu connaîtras la vraie beauté: ce monde a tant à t’offrir en matière de beauté, et c’est à toi de le découvrir.
Ne pense pas que je te fixe des règles: toi seul es le maître de la vie, et tu décides toi-même ce que tu en fais.
Personne ne peut dire ce qu’il y a après la mort, mais affronter chaque jour comme si c’était la dernière chance d’aimer, de se réjouir et de faire quoi que ce soit, t’aidera à mieux vivre.
Je ne veux pas que tu croies en moi parce que quelqu’un prétend fortement que j’existe, mais je veux que tu me sentes toujours en toi et autour de toi. »

le Dieu que Spinoza prêche est un Dieu de liberté, déconnecté des actions humaines du pardon et de la punition. Einstein a pleinement adhéré à la vision géométrique et naturelle de Dieu.

il arrive un moment où on a plus de temps à perdre dans ce qui ne peut être amélioré et qui ne provoque en vous que mépris, il reste alors à fuir et à contempler ce qui mérite de l’être. C’est aussi ce qu’avait choisi Spinoza après avoir été frappé par l’herem, le bannissement de la synagogue. Il n’a jamais pris la peine de se convertir mais il a choisi la seule prière, celle de la connaissance et de la contemplation de ce qui est beau.

J’ai découvert Spinoza un jour en Kabylie, je cherchais désespérement quelque chose à lire, je suis allée dans un grand magazin de Tizi Ouzou, ils avaient un vieux reste de livres poussiereux du temps de la colonisation et parmi ceux-ci le traité théologicopolitique. Je l’ai dévoré face à la mer… ça et le de rerum naturae de Lucrèce furent mes premières initiations au matérialisme, à l’idée que la matière était d’une richesse inépuisable avec des mystères insondables, comme un tableau de rembrandt… comme ce paysage kabyle… qui ressemblait à ma provence. J’espère que la vie me réserve encore des émotions de ce type à défaut de l’estime pour mes contemporains. Cependant il y a en moi ce possible de la joie spinoziste repris par Einstein, j’ai aussi cette part de Brecht que l’idéalisme d’Einstein irritait. Brecht s’étonnait de s’intéresser aussi exclusivement à l’humanité alors que par ailleurs il n’éprouvait pas grande estime pour les être humains, il avait fini par expliquer si je ne passe pas par les êtres humains tout ce que j’aime, tout ce qui me parait digne d’être sauvegardé perd son sens. Et il est vrai que je pense aussi cela, sauvegarder la planète n’a aucun sens si on exclut les êtres humains, croire en l’art et la science sans eux est dénué sens. C’est là une véritable contradiction qui explique ma haine de la guerre, ne pas avoir grande estime pour les actions humaines, pour vos contemporains et savoir que sans eux, il n’y a aucun sens à vos actes. C’est la seule chose peut-être qui m’a poussé à m’intéresser à la politique, ce qui n’a cessé de générer des malentendus de plus en plus insupportables.  ‘note de danielle Bleitrach)

 
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Publié par le novembre 19, 2018 dans mon journal

 

Hier à Marseille, l’enjeu du débat des communistes et cette foule encolère, et la haine de la bourgeoisie

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Ce parti communiste est le votre, vous avez le droit de savoir nos enjeux, ce qui nous agite prouve à quel point nous sommes encore et toujours différents des autres, une chace pour tous…

Hier soir, j’ai participé à la manif à Marseille, j’ai pu voir la colère, en particulier des jeunes, mais aussi des urbanistes, architectes que je connais et qui disent leur refus d’être la caution d’un système mafieux et criminel. présence des communistes, de la jeunesse communiste en particulier…Les banderoles dénoncent le temps des assassins… Nous nous asseyons à proximité de la mairie pour boire une bière, nous sommes aux premières loges pour voir le déchaînement de la violence, des policiers qui envoient des gaz lacrymogène, ne craignent pas de pousser la foule alors que nous sommes proches des quais. L’amie qui est avec nous reçoit un espèce de coktail molotov du caoutchouc compressé, nous quittons les terrasses pour nous réfugier dans la salle… Entre ça et ce qui se prépare pour le 17 novembre, je pense à l’interview de Fabien Roussel dans l’Humanité d’aujourd’hui: une espèce de course de vitesse est engagée soit le parti est capable de rassembler parce qu’il a les idées claires , est uni dans une stratégie cohérente, organisée vers quelques grandes priorités, soit c’est le fascisme… J’espère que la conférence fédérale saura raison garder…

tandis que la manifestation devenait violente. Nous étions avec une amie gaulliste, qui affirmait sa prévention contre les communistes, se demandait ce qui se passait exactement dans le parti. Malgré les protestations de l’amie communiste, je lui ai dis exactement les enjeux dans le parti, les résistances, les manoeuvres, mais aussi le désintéressement, l’engagement des communistes, leur présence partout comme nul autre parti.

L’amie communiste protestait de plus en plus faiblement parce que je disais à la gaulliste: « cette affaire te concerne autant que nous, parce que ce qui se joue c’est soit d’organiser la bataille contre des criminels, soit les laisser organiser le fascisme… Alors ce parti qui est en train de naître, c’est le notre mais c’est aussi le tien et tu as le droit de savoir, de connaitre la nature des débats, nous ne sommes pas parfaits… Loin de là et il faut être lucides, ne pas gober tout ce que « le chef » veut nous faire avaler en jouant sur notre « légitimisme ». OUi nous sommes légitimistes, je suis légitimiste, c’est-à-dire que je revendique ma part de responsabilité, de souveraineté dans les orientations, les choix y compris quand ils sont erronés.

Nous sommes responsables, nous rêvons d’un monde nouveau en nous attaquant à la merde de l’ancien. Comme l’a dit Fabien Roussel, nous avons la tête dans les étoiles mais les pieds dans la glaise. Tout ce qu’a été ta vie à été déterminé par nos combats, ce que nous avons réussi à créer à la résitance, notre affaiblissement a été ton affaiblissement. Donc ce parti est le nôtre mais il est le tien, tu as le droit de savoir ce que nous tentons parce qu’il faudra bien que tu t’engages et tu seras contente de le faire avec des gens capable de s’organiser de manière désintéressée, sur tes bases à toi et pas les leurs… . Et je le pensais pleinement….

L’amie communiste a alors osé, elle qui avait voté pour la base 1 et qui n’aurait jamais envisagé voter pour autre chose, disait ce qui s’est passé à ce congrès a été vraiment extraordinaire, pour la première fois nous avons pu parler, dire ce que nous taisions depuis tant de temps et qui nous faisait mal…

Comme l’a dit Fabien Roussel, le manifeste a été un cri, il faut avancer dans l’action, choisir des priorités, les mettre en oeuvre avec des équipes pleinement engagées dans cette ré-orientation difficile, mais que l’on ne peut pas éluder… est-ce qu’on veut nous étouffer en prétendant asphyxier ce cri, nous le faire rentrer dans la gorge? pourquoi et au service de qui?

Oui ai-je repris et la preuve par moment a été faite que nous pouvions penser ensemble pour agir… Alors on avance ou on détruit le parti, on scinde le « groupuscule » en deux, trois quatre groupuscules ?

 

Mon ami américain découvre Marx, c’est une révolution…

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j’ai des amis installés chez moi depuis un mois, ils sont à larecherche d’un ped-à-terre à Marseille, un grand studio qui ne soit pas un taudis, avec une terrasse ou une petite cour intérieure, dans un endroit sécurisé. Donc si vous connaissez faites le moi savoir.

Lui est américain, il hait Trump et a soutenu Bernie Sanders. Il est en exil. C’est un spécialiste international du nucléaire à la retraite après l’avoir pratiqué en espagne, en France,en Inde, en Chine et il a beaucoup apprécié quelques articles de la revue progress….

Il a découvert un jour un texte de Marx, c’était dans le périgord où ils étaient en vacances, la bibliothèque de jean Suret Canal était à la vente dans un bibliothéquaire du coin et ils ont pensé à moi, ils m’ont acheté deux volumes consacrés à la gazette rhénane, qu’il s’est mis à lire en déclarant que ce type avait un style incroyablement direct et moderne. Arrivé chez moi, il a dévoré ma bibliothèque, après avoir lu le livre 1 et le livre II du Capital en Français, il a cherché sur internet et a découvert le livre III en anglais. Il s’est passionné pour cette lecture et a déclaré: cela ne m’étonne pas que l’on nous dise tant de mal de lui, à nous américains, celui qui le lit ne peut plus voir le monde de la même manière, en particulier il sait que ce sytème ne peut pas être réformé , être rendu plus humain, il faut en finir avec lui.

Mon ami américain était jusque là un amateur de la décroissance, la seule manière d’attaquer le capital était l’ascétisme, le priver de consommateurs. A la fin du livre III, il nous a déclaré « je suis très triste parce que j’ai perdu mes certitudes sur le fait que l’on pouvait attaquer le capital en consommant moins ». Son épouse, mon amie m’a dit « d’accord, on en finit pas avec le capital mais manger moins et mieux ne fait pas de mal au révolutionnaire ».

Il serait temps que les communistes se remettent à la lecture de Marx et qu’ils ne se contentent pas de citations. Marx ce n’est pas l’Almanach Vermot, c’est une lecture qui vous bouleverse et vous rend différent.

danielle Bleitrach

 

 
 

Je me souviens et en toute franchise… à propos du « parti guide »…

 

A propos de « mémoires », hier j’ai eu la surprise de voir dans la tribune de discussion du Congrès dans l’Humanité  un texte de moi.

Cela fait un choc de voir mon nom dans l’Humanité depuis 2003 où j’ai été interdite de séjour dans ce journal et plus généralement dans toute la presse communiste.

Mon premier réflexe a été une joie bien compréhensible, celle d’une rupture de censure après 15 ans d’interdiction, une sortie de prison…

Le second réflexe a été : mais qu’est-ce que j’ai pu bien dire comme connerie pour qu’ils me publient? J’ai été éduquée dans un parti où on avait ce type de réaction, avant celles d’un ego flatté. je venais de lire l’excellente tribune d’André Chassaigne dans le Monde, nous disions à peu près la même chose, mais lui il a l’art et la manière…

Mon troisième réflexe a été de m’intéresser enfin au reste de ce que publiait l’Humanité, en particulier la tribune de Claude Gindin juste au dessous de la mienne sous le titre prometteur: un vote sur les idées.

LA TRIBUNE DE CLAUDE GINDIN 

Sa communication débute par cette phrase: « je suis d’avis d’interdire, dans les textes du COngrès, toute affirmation dont les congressistes ne seront pas en mesure de juger de la véracité »

Pourquoi pas? mais Claude devrait commencer par s’appliquer à lui-même cette sanction et qu’il considère que visiblement il n’est plus lui même en mesure de porter un jugement informé sur la nature , l’ampleur, le niveau de démocratie des débats du parti ayant conduit à la décision de 1994″, puiqu’il confond tout au long du texte ce qui a été décidé en matière de « parti guide » en 1994 et ce qui a été établi ultérieurement en 1996 par Robert Hue, sous couvert d’intervention citoyenne.

Et dans ce domaine, il y a les textes et il y a le contexte politique que l’on ne doit pas évacuer.

Le Contexte c’est celui du  grand mouvement du service public à cette époque. Il avait débuté à l’Université et pour la première fois en tant que membre du Comité devenu national, je n’avais pas été convoquée pour réflechir à ce mouvement avec la direction du parti. Tous les services publics, les transports avaient suivi, toujours pas de « concertation », le parti justifait cette absence de concertation par l’idée qu’ « il ne fallait pas corseter le mouvement populaire ». Pas plus que les autres membres du Comité national, je ne me faisais d’illusion sur la nature de telles affirmations, mais j’ai décidé de parler au COnseil National alors que mes amis les plus chers m’incitaient à me taire. une nouvelle direction était apparue et elle semblait avoir à coeur de détruire tout ce qui avait été défendu par la direction autour de Geogres marchais y compris quand face aux plans de restructuration de davignon, à l’échelle européenne, il avait été décidé la sortie du gouvernement. Une campagne s’en était suivi, dans laquelle Mitterrand aidé de quelques ministres communistes comme Fitterman et Rigout, avait commencé une destabilisation du parti. C’était donc quelque chose de grave que ce retour au gouvernement alors que la politique au pouvoir était ce qu’elle était et que le rapport des forces était encore moins en notre faveur.

J’ai décidé de parler et même si cette ligne se poursuivait de ne plus être membre du Comité national. Un peu à la manière dont j’ai décidé de dire dans mon texte paru dans l’humanité le 24 octobre 2018, que si la direction nationale n’acceptait pas le verdict du vote, le parti risquait de ne pas s’en relever. Sans la moindre prudence, parce que je savais que nous étions à un tournant dans lequel se jouait la vie de mon parti mais aussi celui de mon pays, des couches populaires.(1)

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Je me souviens très bien être montée à la tribune pour dire qu’une telle attitude faussement « démocratique » revenait en fait à ne pas vouloir du plat tant qu’il était chaud, pour mieux faire avaler une participation gouvernementale qui se préparait en coulisse.J’ai dit alors que j’étais contre mais si le choix de la direction était différent il fallait prévenir les communistes et ne pas leur raconter des fadaises « démocratiques » sur le mouvement populaire, pour mieux leur faire subir les effets des manoeuvres en coulisse. les militants communistes ont un rôle a jouer et ils doivent être prévenus.je leur ai même annoncé que suivant la manière dont nous agirions nous ferions le lit de l’extrême droite.Tout ce que je dis est parfaitement exact et nombreux encore sont les camarades qui peuvent en témoigner. personne n’a repris mon propos, mais dans l’interséance tout le monde se précipitait vers moi pour me dire son accord.Je me souviens très bien que Robert hue était venue me voir à l’interruption de séance et m’avait demandé « qu’est-ce que je peux faire danielle », je lui ai répondu: si tu ne sais pas quoi faire donne à quelqu’un d’autre ta casquette de secrétaire.Marchais était parfaitement d’accord avec mon intervention, parce que tout le monde savait que sous couvert de libérer l’intervention citoyenne, la direction préparait l’entrée au gouvernement.
Quand à la suite d’une fausse manoeuvre de Chirac, le gouvernement Jospin a été nommé, comme prévu bien sur il y a eu participation gouvernementale sur le thème: les Français ne comprendraient pas que nous n’y allions pas! Comment auraient-ils compris eux et les militants cela faisait qu’on les y préparait et ce la sous le couvert de la démocratie, de la fin de toute avant-garde et pas seulement du parti guide. C’était de l’escroquerie pure et simple

Nous sommes d’ailleurs entrés sous couvert de favoriser l’intervention citoyenne (en dehors du manifestation pour l’emploi, il n’y a pas eu la moindre tentative en ce sens de cette direction. le congrès qui a suivi s’est fait effectivement sur le thème de l’intervention citoyenne, la mutation, la destruction du parti était amorcée.

Autre aspect disons étonnant de l’intervention de Gedin, il dit que ce congrès doit parler des idées et pas des hommes.

Bravo, simplement qui a posé le problème en ces termes et a voulu faire du congrès un plebiscite sur sa personne y compris par une intervention au JDD ?

Qui sinon Gendin ne cesse tout au long de son texte de faire référence à la pensée de Pierre laurent quitte à aboutir à ce chef d’oeuvre sur le parti de l’intiative communiste: »Nous avons des idées, des actions, des propositions que je soumets à ta réflexion pour que nous agissions ensemble, si tu es d’accord », bref c’est nettement plus poli que du marx qui considère lui-même que sa véritable invention est la dictature du prolétariat, un concept qui suppose que le parti a un véritable rôle, il doit définir une perspective qui ne soit pas celle de toute la société, y compris de la bourgeoisie, mais bien aider à la compréhension de cette société sur des bases de classe…

C’est plus poli et out le monde s’accorde sur la courtoisie naturelle de Pierre laurent, qualité qui est le fond de la démonstration de l’article de Claude Gindin mais en matière d’idées réclamées par le texte, il y a l’effacement. C’est-à-dire ce que dénonce le vote des communiste, vote qui ne s’intéresse pas à Pierre laurent à l’inverse du texte de Gindin, mais bien à une orientation stratégique qui soit autre que se faire oublier. En s’écartant pour laisser passer ceux qui ne veulent pas que cette société change.

Je jette ces mots à la hâte et je suis de plus en plus convaincue que l’écriture de mes mémoires s’impose, mais je n’ai pas envie de faire ce travail seule, je voudrais que d’autres témoins du Comité national avant que nous diparaission tous vienne dire la réalité de ce que l’on cache aux communistes depuis tant d’années.

Danielle Bleitrach
(1) mon amie très chère Gisèle Moreau, qui allait bientôt basculer dans la digrâce à travers laquelle ont été virés la plupart des membres de la direction qui n’étaient pas d’accord, me disait de me taire, elle me répétait cette phrase que j’ai entendu si souvent depuis : « Qaund est-ce que tu comprendras que l’individu n’a jamais raison seul face à un collectif ». Non seulement je n’ai toujours pas compris mais si c’était à refaire je le referais, là encore citons Marx « j’ai dit et me voilà soulagé », mais visiblement il avait quelques qualités que je n’ai pas…
 

Ils étouffent la cause qu’ils embrassent

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Une tendance, les soutiens de Melechon se croient désormais obligés de sanctifier sa colère,  qu’ils y trouvent un exutoire comme au catch, on peut le comprendre, mais ils dépassent le trait dans le qualificatif, elle devient homérique, magnifique voir géopolitique (1), ce qui finit non seulement par faire s’interroger sur le bon sens des adulateurs mais surtout à les rendre contreproductif sur ce qui est au départ une protestation justifiée sur l’appareil judiciaire devenue une arme du pouvoir dans la compétition politique, le tout articulé sur des feuilles à scandale que chacun nourrit de ses délations.

Résultat, ces thuriféraires en rajoutent sur un sujet qui pèche déjà par un excès d’égo… Egocentrisme (pour ne pas dire égoisme monstrueux) partagé par tout un petit monde qui hante trop les plateaux de télévision. La trop longue exposition aux projecteurs ayant semble-t-il pour conséquence de conforter chacun non seulement dans l’excellence de toutes ses prestations mais également une certaine conception de l’impunité d’outres gonflées de leur propre vents. Ils finissent par se parodier eux-mêmes jusque dans leurs crépages de chignon. ils ne se rendent même plus compte que devant le caractère de plus en plus ubuesque des « affrontements », le seul réflexe sain du citoyen transformé en spéctateur devient « mais j’en ai rien à foutre de cette histoire! »

je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais c’est réellement ce que j’éprouve, ça et une sensation de chute de l’empire romain. Tandis que l’autre cinglé outre atlantique remet en cause les accords nucléaires avec la Russie, tandis que je me demande jusqu’à quand on va me laisser une retraite que je croyais avoir mérité, tandis qu’une bande de promoteurs coupe les arbres de ma plaine, tandis que l’on brade l’hopital public et que le métier d’enseignant devient invivable, tandis que tout cela prouve à quel point l’ébralement est profond, il y a une bande de cinglés qui s’interroge sur la relation entre l’intempérence d’un politicien et ce qui se passe dans son slip. ce quiest dans la logique de la personnalisation a outrance, il est quasiment logique arrivé à ce degré de jeu du mouvement autour du leader charismatique que l’on soit dans la story stelling dont les deux ressorts sont le meurtre et le sexe.

Les télévisions la presse qui en rajoutent et le politicien de plus en plus excité tandis que le pouvoir, président, gouvernement qui fonctionne selon les mêmes critères en profite pour reprendre un peu souffle, du moins il l’espère. mais qu’il ne se fasse pas d’illusion, le discrédit est total, on étouffe dans ce monde là par rapport aux difficultés quotidiennes et aux aspirations (jamais terme fut plus approprié tant on manque d’air). Que ce soit parce qu’on est accablé par les problèmes du quotidien ou parce qu’on en peu plus de tant de vulgarité, le fait est là: tous ces gens ne me concernent pas et à quel titre prétendent-ils parler en mon nom?…

Franchement qu’est-ce que je fiche dans cette histoire, je voudrais tant que le COngrès du PCF m’aide à sortir de là.

danielle Bleitrach

‘1) dans le genre en train également de « mordre le trait, il y a les détracteurs de JLM qui dénoncent « l’intélérable mépris pour les journalistes » dont il ferait preuve… A chaud je dirai que là encore il faut donner des contenus et pas en rester à l’écume du pseudo débat…  Il faut savoir de quoi on parle. Il y a journalistes et journalistes. Il y a la piétaille qu’elle soit free lance ou grouilot, oblgés de subir leur rédacteur en chef lui même soumis au proprio qui est en général très lié au grand capital voir aux marchands d’armes et aux annonceurs. ceux là qui sont souvent gratuitement insultés par melenchon méritent effectivement un minimum de repect syndical… En rezvanche les grands éditorialistes, les rédacteurs en chef sont des valets du capital à la stéphane barvier et autres. Il est étrange que la colère de melenchon s’exerce en priorité contre les premiers et soit beaucoup moins évidente quand il s’agit des autres. je ne l’ai jamais vu insulter Bourdin comme il insulte la jeune femme à l’accent toulousain.