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Nous sommes loin de France et près de vous… méditation sur les incohérences stratégiques

Un tableau soviétique de la galerie nationale de Kazan (cliquez dessus pour le voir mieux)…

Nous sommes à Kazan toujours et sommes en train d’accumuler plein de croquis et de compte-rendus d’interview, que je pense mette en forme en milieu de semaine, mais bien sûr la situation française nous préoccupe. Nous répondons à nos interlocuteurs qui nous interrogent, nous donnent aussi leur opinion sur « Macron », en général cela débute par un poli: « avec le nouveau président, nous espérons que la Russie pourra lier des relations positives ». Pas un mot sur Hollande qui paraît oublié de tous même si au début du séjour le premier habitant de Kazan avec lequel nous avions discuté nous avait expliqué que « le nouveau président a été créé par l’ancien ».

Marianne pense très fort à ses camarades du Pas de Calais, aux candidates d’Arras, mais moi je n’ai aucune raison affective pour ressentir le même élan pour les candidats marseillais, j’avais laissé dans mon vote par procuration une consigne: ne voter que communiste pour le premier comme pour le second tour. Et désormais il n’y a plus le choix, ni même d’hésitation possible. C’est dire si je me sens dans une sorte de distance par rapport à l’immédiat. j’imagine que c’est le cas de beaucoup d’entre vous. Une sorte d’écœurement, le désir que tout ce cirque s’arrête, avec un président qui avec 15% des voix des inscrits obtient 75% et plus des sièges après avoir été lui-même, par un quart seulement des « exprimés », élu par haine de son adversaire créé de toute pièce pour nous conduire à ce rejet.

ILLEGITIMITE OUI MAIS LEGALITE DE L’OPPRESSION. QUELLE REPONSE?

Un ami français qui se trouve à Kazan nous dit que c’est là la seule consolation, savoir que ce président est illégitime. Je lui réponds qu’il ne doit pas se faire d’illusions: nos institutions et en particulier notre mode d’élection est tel qu’il est justement fait pour légaliser l’illégitime et l’imposer sans états d’âme. Et ce cynisme dans la manière de nous infliger une minorité élitiste, caricaturale, fait partie du jeu, tant que nous ne serons pas en mesure de changer les règles du jeu. Nous aurons les représentants que nous méritons. Cette course aux postes pour leur intérêts personnels ne s’arrêtera pas là, on imagine aisément qu’un certain nombre de députés LR et PS fraîchement élus vont s’empresser de rejoindre Macron. Nous allons avoir la plus étonnante des représentations nationales, une sorte de caricature de l’art d’éliminer les ouvriers, les employés, les vieux, les pas beaux et les petites gens de la compétition républicaine. Les Institutions plus le poids du capital sur l’uniformité médiatique crée un nouveau suffrage censitaire et son mépris de classe pour tous ceux qui à cinquante ans auront raté leur vie pour ne pas être en mesure de s’acheter une rolex… Et leur faire payer mesures après mesures, ordonnances après ordonnances, lois après lois, l’enrichissement des vainqueurs.

Ce sera ça la légalité donc la légitimité. La seule chance que nous avons de la leur contester est de prouver leur caractère minoritaire non dans les mots, mais dans les actes, dans la perspective politique que nous serons capables de tracer pour rassembler cette majorité désormais inerte, désunie, écœurée et qui en l’état n’est plus que refus. Là encore, il faut réfléchir un minimum à la cohérence, soit on se situe dans une élection dont on accepte les règles, on agite des petits drapeaux bleu, blanc et rouge, on revendique le consensus républicain et on prétend prendre la place du PS, tout en se proclamant insoumis, ce qu ne mange pas de pain, à ce moment là, il faut tenir des élections telles qu’elles sont et envisager les alliances indispensables. Soit on sort les drapeaux rouges, on va s’emparer des armes à la forteresse Pierre et Paul et on prend d’assaut le palais d’Hiver, la majorité est celle des masses et non des urnes. J’ajouterai que cela exige également un parti discipliné capable de chevaucher les masses en situation insurrectionnelle, d’en prendre la tête partout dans leurs assauts comme dans la création des soviets. Quelques échappés de Solferino et des groupuscules gauchistes n’y suffisent pas.  Il y a des radicalités qui interrogent du point de vue stratégique. On peut tabler comme l’envisageait le PCF du temps de Georges Marchais sur une articulation des deux moments, celui des urnes et celui des luttes, mais cela exige une mise en cohérence sans faille dans le rassemblement et la définition de ses buts. C’est une voie abominablement difficile et qui n’a pas encore fait ses preuves.

Certes vous me direz que certains théoriciens de Podemos ont tablé sur la violence du rejet et sur la possibilité donc de prendre à la source ce rejet, y compris en matière électorale, mais quand il s’agit d’utiliser la désorganisation des masses, la capital sera toujours plus rapide que nous. Et Macron vint, pour ne changer rien en paraissant tout changer… Podemos en revient et reconsidère les alliances communistes.

UN PAS TARDIF VERS LA COHERENCE STRATEGIQUE

Ce matin aux aurores, selon mon habitude, je découvre que la porte-parole de la France Insoumise appelle à voter pour les candidats communistes et ceux des socialistes qui ont voté contre la loi travail, c’est la voix de la sagesse parce qu’ils se sont enfin rendu compte de l’évidence: sans alliés, non seulement ils ne créeront pas à eux tout seuls une majorité présidentielle concurrente de celle de Macron, mais ils ne pourront même pas franchir le second tour et donc avoir un groupe à l’Assemblée nationale. Dans un article récent, j’avais souligné que quelque soit l’art de prendre sa vessie pour une lanterne, Mélenchon et ses lieutenants ne pouvaient pas imaginer atteindre le but proclamé, ils privilégiaient donc la destruction des partis traditionnels pour achever sur les ruines d’inscrire leur propre parti. Quitte à ce que disparaisse pour un temps déterminé et peut-être pour toujours toutes solution de gauche de la représentativité parlementaire et celle des élections qui suivront. En aidant le pays à aller vers une solution à l’américaine où une sorte d’anarchie impuissante à l’italienne.

IL N’Y A PAS QUE LES INSOUMIS QUI DOIVENT REPENSER LEUR COHERENCE STRATEGIQUE

Entendons nous bien, Mélenchon et le dégagisme de son équipe ne sont pas seuls en cause et les partis de gauche traditionnels y compris le parti communiste ont largement contribué à ce qu’il en soit ainsi. Il n’y aura pas d’espoir de survie pour eux sans un examen profond de leurs responsabilités en la matière.

Il semble qu’une vision réaliste des conditions des élections législatives ait donc ramené à la raison les dirigeants de la France insoumise, mieux vaut tard que jamais, mais que de temps perdu, l’élan brisé et les risques de voir l’électorat se détourner de cette proposition de sagesse qui a si longtemps été piétinée comme une « manœuvre d’appareil. » Que l’on se rassure, là encore s’il va être difficile de pousser dans cette voix ceux qui se sont reconnus dans les insoumis, cela va être pire pour les socialistes, et pour les communistes. J’en parle en connaissance de cause en ayant un haut le coeur à l’idée de voter non seulement pour ceux avec lesquels je n’ai cessé de ferrailler ces derniers temps, mais plus encore peut-être pour des communistes qui se sont ralliés à eux et qui pour moi sont désormais tout sauf des communistes.

 Il n’y a pas d’autre solution, il faut pour s’en convaincre simplement considérer ce qui nous attend et la nécessité d’ériger en tous lieux des barricades institutionnelles contre l’assaut macronien, ce capitalisme décomplexé.

Une des leçons à tirer de toute cette histoire de la grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf ou le peuple qui prétend être plus fort que le capital dans la désunion, c’est que tout cela n’a aucun sens, ni les « alliés » que l’on combat et que l’on veut mettre à genoux, et faire passer sous les fourches caudines d’une illusoire puissance, ni le « dégagisme » qui laisse un pays, une classe ouvrière, des salariés, des anciens, une jeunesse désemparés.

A méditer pour se reprendre, c’était prévu et prévisible non seulement au vu de cette campagne invraisemblable mais quand l’on part à la bataille sans stratégie et en ne cessant de désorienter ses propres troupes, et là je ne parle pas de Mélenchon et de la France insoumise.

Certains parmi les plus anciens des communistes se souviendront sans doute de cette phrase que nous répétions moitié convaincus, moitié goguenards : « quand la ligne est tracée, les cadres et l’organisation font tout » (en fait le terme exact était « décident de tout », mais la traduction du russe n’est pas la bonne, la phrase originale  insiste sur le faire). Nous n’avons plus de ligne ou celle-ci n’est plus qu’une suite de segments erratiques brisés, plus de cadres et plus d’organisation. Une autre connaissance que nous avions dans notre besace était qu’en matière d’élections il ne fallait jamais changer de ligne dans le parcours parce que nous perdions alors sur tous les bords à la fois.

Danielle Bleitrach

 
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Publié par le juin 13, 2017 dans actualités, mon journal

 

Croquis de voyage : un samedi à Kazan…

Le restaurant mais un jour d’hiver.

Nous sommes comme vous chers camarades, anxieuses des résultats des élections françaises, mais nous sommes également en voyage à Kazan et nous faisons partager une journée de détente et cette carte à un ami qui est enseignant dans cette ville et qui nous a permis d’en goûter les charmes culinaires tatares. C’est un camarade et un ami de ce blog, français mais professeur associé de l’université de Kazan.

Cher Patrick, grâce à toi et à ton restaurant oasis et sa nourriture succulente ce fut une journée inoubliable pour moi, mes papilles palpitent encore au souvenir de cette soupe de potiron et de cette salade de tranches d’oie fumées sur un lit de roquette avec des petits quartiers de poire et surtout des baies diverses, myrtilles, framboises, mûres et groseilles, le tout arrosé d’un thé parfumé.

Je sens encore l’air frais qui soulève les voiles de la salle ouverte sur la cour d’entrée mais à l’ombre, tous les délices sans aucun inconvénient, le soleil sans sa brûlure, l’air sans son désordre et des étalages de nourriture et de boisson sans le moindre insecte.

Bref tu nous as fait connaître un lieu épicurien avec ce luxe méridional fait de simplicité, de confort frugal et une nourriture dont chaque saveur se détache de l’autre comme s’il s’agissait d’une mise en musique par Erik Satie… Le plaisir de converser de tout, de découvrir notre intérêt commun pour le cinéma et de mettre en route Marianne et toi des expéditions vers la Corée du Nord, cette dernière terre inconnue… Que tu en sois béni pour le reste de tes joues (1)… en toute laïcité et même incroyance partagée…

Après t’avoir quitté, nous avons marché d’abord dans le quartier tatar où nous avons d’ailleurs été éjectées de la mosquée comme des mécréantes de bas étage par un jeune homme sournois, un « taliban », ce qui veut dire simplement un étudiant… Les maisons avec leur soubassement de briques et leurs étages de bois décoré, le tout peint dans des couleurs pastel sont superbes. Pourtant nous avons apprécié diversement la rénovation du quartier et son aspect touristique, un décor, village Potemkine, et surtout son mobilier urbain en fer forgé, de gigantesques vélocipèdes avec une roue géante (2), j’en ignore le nom exact, draisienne peut-être, portant des pots de fleurs. Personnellement j’avais l’impression d’être dans l’île du « prisonnier », ce feuilleton que j’ai adoré mais qui n’est pas à proprement parler l’endroit où j’aurais aimé vivre.

De là, nous sommes parties vers le marché kolkhozien qui est nettement plus authentique si l’on admet que le made in china déversant par le train de la soie le produit de ses manufactures et les trottoirs défoncés avec leurs flaques d’eau croupie, plus des échoppes où l’on trouve des fruits secs enrobés de miel et d’autres avec des  châles aériens en duvet de laine de chèvre sont la couleur locale de Kazan. Nous n’avons rien acheté et j’ai retenu sur cette voie périlleuse du consumérisme Marianne en lui expliquant que les gâteaux au fruits secs et au miel couleraient dans la valise et que les cache-coeurs en buée de laine de chèvre n’étaient pas du mohair et gratteraient abominablement. Mais nous retournerons sûrement parce que nul ne saurait résister à pareilles merveilles au milieu des tas d’horreurs que nos camarades chinois déversent dans tous les bazars du monde.

Nous avons délicieusement marchandé une course en taxi avec un tatar que même Marianne n’arrivait pas à comprendre mais dont elle a pu néanmoins traduire que l’URSS c’était mieux mais que ça ne reviendrait pas, Staline fusillait les meilleurs comme Joukov et qu’Andropov aurait été bien s' »ils » ne l’avaient exécuté. Qui sont les « ils », mais le KGB et la mafia de Saint-Pétersbourg qui selon lui s’était emparé de cet appareil d’Etat. C’est étrange mais en matière de corruption j’aurais plutôt tablé sur la famille Brejnev à Tachkent… Mais il avait l’air d’avoir des renseignements sûrs sur la question et sur bien des points autres manifestait un solide bon sens. « Maintenant il faut voter Poutine parce que c’est le moins pire! », la chute était étonnante après sa dénonciation de la « mafia de saint-Pétersbourg » et du KGB… J’ai lu et je me suis reposée et la vaillante Marianne est ressortie en bus…

Aujourd’hui après le cours de tatar de Marianne, nous partons au musée des beaux arts voir les chefs d’œuvre de la grande période soviétique dont on commence heureusement à requalifier architecture, statues et peintures… Nous sommes allées faire quelques courses dans le quartier où nous habitons et comme dans l’urbanisme soviétique il y a certes les grandes façades ouvertes sur une rue à quatre voies, une sorte d’autoroute urbaine au bruit désormais insupportable, mais à l’intérieur, il y a ces jardins bien équipés de bancs et de jeux enfantins dans lesquels bambins déchaînés et vieillards au pas lent continuent à se côtoyer aimablement, des petits chemins qui en se moment fleurent l’herbe coupée à l’ombre des arbres… Dans le marché, un délicieux Géorgien avec lequel Marianne a copiné vend des légumes luisant à souhait. Un homme s’approche et lui dit goguenard: « Bonjour, à quel prix sont les fraises, je les prends à moitié prix. « , le marchand géorgien aussi moqueur lui répond: « aujourd’hui, elles sont plus chères. » « Plus chères que l’argent?  » dit le client blagueur. Il ne s’agit pas seulement d’une plaisanterie. La plupart des gens avec qui nous avons discuté disent que l’URSS c’était mieux: « tu pouvais t’endormir pour un an, tu te réveillais et le prix du pain était le même ou avait diminué. » « C’est vrai nous a dit un jeune chauffeur de taxi qu’il n’y avait pas grand chose dans les magasins, quand on trouvait un chewing gum on le mâchait pendant une semaine et on le mettait de côté dans un morceau de papier, mais maintenant il y a de tout mais on ne peut pas l’acheter ». On voit que sous l’absurdité de l’échange entre le primeuriste géorgien et le client, il y a une réalité qui se dit et se dérobe à la fois, comme dans toutes les plaisanteries.

Merci encore, nous te faisons une bise amicale

Danielle

(1) la vieillesse a des joies inattendues, celle de ces moments privilégiés où l’arthrose se relâche et où n’a plus mal nul part, et aussi avant d’être opéré de la cataracte l’impossibilité de lire correctement et d’écrire, les cocasseries que provoquent vos handicaps et ainsi ce jour devenu joues que je laisse en état vu que je m’adresse non pas à une fraiche jeune fille mais à un ami retrouvé à Kazan à la barbe grisonnante.

(2) vélocipède me paraît approprié, il y eut une hésitation sur le terme « machine à courir derrière », ce que permettait la petite roue arrière avant l’invention du pédalier… je ne garantis rien…

 
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Publié par le juin 11, 2017 dans mon journal

 

Mais pourquoi les communistes raisonnent-ils ainsi ? Pourquoi cette obsession présidentielle ?

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 Il y a quelque chose que je n’arrive pas à comprendre dans cette obsession de la direction du PCF à nous mettre sur les primaires en vue des présidentielles, ou encore pour une petite minorité prétendre nous rassembler derrière Mélenchon (avec la mauvaise méthode de liquider le parti par la même occasion), c’est à quel point on nous oblige à tout centrer sur une élection dont nous n’avons rien à attendre, ni nous, ni en l’état malheureusement l’immense majorité de la population française. Ce qui devrait en bonne logique nous conduire à la dénonciation de cette funeste institution..

Non seulement ce genre d’obsession ne peut que nuire au mouvement en cours que nous devrions aider de toutes nos forces, par exemple en organisant la solidarité financière, mais elle ne part même pas de nos intérêts de Parti. Honnêtement s’il y a des communistes dont nous pouvons être fiers ce sont les députés communistes et Front de gauche. Au lieu d’anticiper sur une question présidentielle où nous risquons de devoir ramer pour un PS qui fait la démonstration de son pouvoir de nuisance ou à la limite pour une droite encore pire sous prétexte de ne pas voir élue Matine Le pen, nous n’avons même pas l’intelligence de nous projeter jusqu’aux législatives et d’aider notre pays, les travailleurs, les 60% de la population française (voir 78% de la jeunesse) qui sont contre cette loi à prendre conscience de l’importance d’avoir des élus communistes.

J »ajouterai que ce combat contre la loi khomri démontre chaque jour la manière dont le Front National est aux antipodes des intérêts majoritaires de la population française et donc le peu de crédibilité que l’on peut accorder à leur défense de la nation, ils veulent la cage sans les oiseaux . Donc si l’on veut réellement combattre l’extrême-droite, sa politique raciste, xénophobe pour mieux duper les travailleurs et la jeunesse, il faut montrer à quel point la seule manière de s’opposer à cette politique c’est de renforcer ceux qui se battent contre cette loi, au premier rang desquels les élus communistes.

Comme le disait le camarade Bossuet, évêque de Meaux (déjà la main tendue ):
« Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets des causes qu’ils ont eux-mêmes divinisées »

Chacun aura compris qu’à force de diviniser les présidentielles nous avons toutes chance de perdre ce que nos efforts mériteraient…Que nous ayons parfois oublié  le sens de la lutte des classes est un grand malheur mais que nous ayons de surcroît perdu ce que Marx appelait notre clarté gauloise, notre capacité rationnelle ‘sans parler de l’élégance perfide de nos grands auteurs), c’est par trop d’abandons…
Danielle Bleitrach

 
 

Résolution sans assurance de rien pour la nouvelle année 2016

Bon sacrifions aux vœux, je voudrais qu’ils soient sincères et pas un acte accompli parce que c’est l’usage. Je remercie ceux (rares et précieux) qui m’ont adressé les leurs parce que cela non plus n’avait rien d’automatique, chers Abdallah, chère jeanne-Dominique, cher Gilles, cher Gilbert, cher Amid, oui c’est tout… Juste une main, des doigts que l’on serre…

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Résumons tout de suite ce qu’il peut advenir de ce blog dans le mois de janvier. Marianne part en Chine pour faire du repérage pour notre voyage qui devrait intervenir en mai-juin. Je ne suis pas convaincue de l’opportunité de la période. La Chine traverse une zone de turbulence et c’est un pays qui n’aime pas les regards étrangers dans ce cas là… Même si Marianne parle chinois et a avec ce pays une familiarité évidente, elle n’a rien à voir avec notre maitrise à toutes les deux de l’espace que fut l’Union soviétique. Personnellement j’aurais préféré approcher la zone euro-asiatique, la Russie sibérienne et un pays d’Asie centrale, peut-être mon cher Tadjikistan, dont l’inconvénient demeure l’aspect plus persan que turco-mongol. Son avantage est qu’il demeure le Cuba d’Asie Centrale du moins dans ma mémoire, là où la nation s’est confondue avec l’épopée bolchevique…

Donc Marianne a pour mission l’exploration des possibles dans le contact avec la population chinoise en particulier dans le nord à la frontière avec la Corée et pas très loin de la Russie… La Chine est un cas historique, ce n’est pas le plus vieil empire mais c’est celui de la continuité avec des moments d’unification, d’autres de parcellisation, est-ce que cela a un sens de prétendre aller dans le sud, le nord? Ce sont des univers… Avec une seule question: qu’est-ce que cela signifie le communisme pour le peuple chinois?

Enfin, dans l’immédiat je suis très pessimiste sur la situation française, je ne vois nulle part une issue… Dans l’immédiat seulement parce que je crois en ce vieux pays. Un pays qui a vécu une révolution, qui sait donc le pouvoir des masses, en demeure à jamais différent. Mais la France paraît bien engluée, elle se vautre dans la bonne conscience et l’hypocrisie des nantis, un moralisme qui veut ignorer la réalité des faits et un nihilisme consumériste qui nourrit les eaux glacés du calcule égoïste… Il y a des choses désormais insupportables, les vœux présidentiels en début d’année en font partie, débuter 2016 sur ce mode, feindre de croire à la lutte contre le « terrorisme », alors que nos alliés des USA, en passant par les Saoudiens et le Turc en chef, décapitant et bombardant des populations donne la nausée autant que sa prétendue lutte contre le chômage, nouveau prétexte à cadeau au patronat. Et pendant ce temps là le leurre de la déchéance nationale masquant mal la réalité de l’état d’urgence et le gonflage artificiel du FN, fait courir les lièvres du PS. Sur le net, cela vaut guère mieux, les théories de la haine, les conspirationnismes sont repris par ceux qui ont encore un brin de lucidité, la confusion est devenue intolérable, le militant devient infréquentable tant l’analyse marxiste a cédé la place au feuilleton sur les maîtres du monde… Avec ce sentiment de haine et d’écrasement qui se diffuse comme un poison, le cauchemar, qui met en sommeil la raison, engendre les monstres … Je suis lasse de voir cette lèpre nous envahir, accompagner le recours au fascisme de la classe dominante. Ai-je trop vécu?

Il y a des gens occupés à détruire l’espérance, de médiocres bureaucrates occupant une place qu’ils ne méritaient pas… L’Histoire les jugera et on se demandera comment des êtres aussi minables ont pu imposer partout à la majorité leur courte vue, la catastrophe répétée de leurs résultats et leurs appétits indécents revendiquant pourtant la légitimité de leur pouvoir? Ce constat les concerne tous, du président des Etats-Unis au plus petit des valets du capital y compris ceux qui prétendent faire encore ripaille avec les dépouilles de la nation aux partis révolutionnaires, un diagnostic universel d’un système en crise.

Nous avons passé une soirée très réussie avec quelques amis durant ces fêtes. Il y avait entre autres Robert Linhart, blessé et fort de ses blessures, Gilbert Rémond infatigable communiste de terrain et moi, l’éternelle perdante, Cassandre épuisée mais dont la réserve d’indignation est inépuisable, l’amour de la vie qui nous unit, Blandine qui se reproche son non engagement, France naïve et droite, comment expliquer ? il fut question seulement du communisme et comment nous pourrions transmettre le flambeau parce que nous ne regrettions rien et surtout pas de ne pas ressembler aux vainqueurs du moment, le mépris qu’ils nous inspiraient, un mépris pur de toute envie… Linhart et moi sommes issus du même trou de cette abominable Pologne et nous en avons conservé une espérance messianique totalement laïque avec pour boussole ce prolétariat seul apte à aller jusqu’au bout de la négation de ce système mortifère. J’attends les photos de Gilbert, peut-être les a-t-il totalement ratées… Il ne cesse de marcher malgré des douleurs articulaires et photographier malgré des problèmes de vision, tout un programme bien digne des communistes que nous fumes, occupés à monter sur les épaules de géants malgré nos handicaps… Jusqu’où poursuivrons-nous à vouloir l’impossible, la seule immortalité à laquelle un mortel humain puisse aspirer…

Voilà; Que faire? Je l’ignore… Rien de ce qui m’est proposé n’est à la hauteur de ce qui se trame, de ce que subissent déjà des milliards d’individus… Je n’ai pas envie d’écrire, d’alimenter ce blog. J’ai besoin de solitude, c’est déjà merveilleux que le combat de ma vie m’ait fait rencontrer tant d’individus de bonne qualité, capables de donner leur vie, sans un mot dans une prison obscure, la définition que le Che donnait des communistes traditionnels, en leur reprochant cependant de ne pas avoir l’audace du geste individuel fou…

Donc je résume, quand je sentirai en moi à nouveau le désir d’un combat, j’alimenterai ce blog, dans un mois, dans un an, demain… Mais ce sera toujours dans le sens de cette lutte que j’ai eu la chance de mener à vos côtés.

Bonne année 2016 et à bientôt
Danielle Bleitrach

 
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Publié par le janvier 3, 2016 dans mon journal

 

Réflexions de fêtes : Cette société ne conçoit plus le bien sans la marionnette du mal

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Ce qui se passe en Corse est inqualifiable comme tout acte raciste qui prétend restaurer la légalité républicaine par une ratonnade ou un pogrome, mais voici des années maintenant que chacun se prête à ce que la lutte des classe soit ainsi transformée en caricature raciale et communautariste. Le fond de l’affaire, la responsabilité essentielle revient bien sûr à ceux qui ont intérêt à un tel simulacre fasciste.

Regardez ce qui se joue, qu’il s’agisse du péril dit « terroriste », mais dont l’origine, chacun le sait, est à rechercher dans les interventions occidentales détruisant des nations pour mieux les piller, font  régner le chaos  entretenu par des potentats alliés des occidentaux comme les Souadiens ou le gouvernement turc, ou qu’il s’agisse de la délinquance, fruit de la misère mais aussi lumpenprolétariat vouou qui protège dans les quartiers dits sensibles l’emprise fondamentaliste, les principales victimes en  sont les musulmans. Cela ne veut pas dire qu’il faille tout tolérer au nom des « victimes » réelles, mais bien au contraire il s’agit de partir des victimes réelles et des coupables pour lutter contre tous les viols de légalité, de la souveraineté nationale  l’insécurité générée par la voyoucratie..

L’impérialisme et le capitalisme a intérêt à désigner parmi les victimes les boucs émissaires, pour mieux poursuivre ses propres exactions et le tonneau sans fond des crimes qu’il engendre.  Cela ne devrait pas étonner un communiste, un marxiste ; si eux- mêmes ne cédaient pas à la même idéologie et aient peur de s’opposer aux véritables coupables, quitte à mettre tout le monde dans le même sac jusqu’à accepter la loi d’urgence…  Et dans le même temps parce qu’ils sont désormais incapables de se battre pour l’emploi, le pouvoir d’achat, la paix sur des bases de classe, il s’alignent sur certains bobos qui jouent d’autant plus les dames patronnesses qu’ils ne vivent pas aux côtés des victimes.

J’ai subi quelques chocs ces derniers temps, ne parlons pas de l’inertie au plan international, lutte pour la paix, solidarité avec les communistes interdits, reprise des analyses médiatiques les plus éculées, il y a longtemps que les communistes semblent avoir renoncé à se situer dans un monde international. Mais même au niveau national,  par exemple la mobilisation pour « Charlie » en janvier dernier. Il aurait fallu beaucoup de réflexion sur ce qui se passait, offrir d’autres perspectives que l’émotion.

J’ai vécu avec distance cette mobilisation, faute d’une pensée collective qui soit raison et pas pathos.  D’abord parce que qu’on le veuille ou non elle affirmait la défense des « valeurs » de l’occident de tolérance, de liberté face à l’obscurantisme supposé du monde du Moyen orient et du Maghreb. Excusez-moi mais en tant que communiste, me situant dans l’Histoire et pas dans l’immédiateté, j’ai tendance à voir les responsabilités sur ce qui se passe en méditerranée également chez nous. Il y a eu la colonisation, celle-ci se poursuit, mais aussi plus récemment les expéditions punitives auxquelles je me suis opposée d’abord avec les communistes puis de plus en plus seule. Il ne reste à titre de traces que le cas palestinien, devenu lui-même exclusif de tout autre lutte et communautarisé à son tour. Donc proclamer que la France est terre de liberté d’expression et de paix alors que partout nous sommes parmi les forces réactionnaires qui entretiennent des troupes de voyous, ce n’est pas avancer sur le chemin de la transformation nécessaire mais nous entretenir dans le « choc des civilisations » et à ce titre ce qui se passe en Corse est la simple caricature d’une manière d’être intolérable. Quand le PCF a renoncé à être une avant-garde, était-ce une manière de s’aligner sur le politique démagogique ; à chercher non pas à tracer une perspective mais les moyens de plaire en suivant  les pulsions politiques, les stéréotypes et se condamner à jouer les arrières gardes du politicien ordinaire? En outre, si je n’ai pas pu adhérer à Charlie, c’est parce que ces vastes mouvements de foule n’avaient pas eu lieu quand trois petits enfants avaient été tués pour la seule raison qu’ils étaient juifs. C’était en quelque sorte normal de tuer des enfants parce qu’ils étaient juifs, donc israéliens et futurs maîtres du monde selon certains crétins complotistes qui n’étaient pas tous à droite loin de là. J’en ai eu la preuve quand cette imbécile qui se croyait communiste m’a expliqué que c’était le mossad qui avait tué ces enfants ou quand cette fille de républicains espagnols m’a déclaré que les juifs emmerdaient tout le monde avec leur Shoah, ou quand des défenseurs des palestiniens ont prétendu non pas me faire signer une pétition contre le CRIF, mais en soutien de Pascal Boniface qui avait expliqué que le gang des barbares était le produit du CRIF. Exactement la démarche de ceux qui aujourd’hui se croient autorisés à hurler leur haine dans une cité d’Ajaccio, attribuer à tous les juifs, à tous les musulmans, la faute commise par certains voyous ou fascistes.

C’est ça la démarche des Corses, mais aussi celle des indigènes de la République, revendiquer la vengeance contre tous au lieu de dénoncer le capital, racialiser la lutte des classes. Et cela va désormais bien au-delà des dits indigènes de la république, on part dans les cités sensibles avec pour seule bannière le foulard palestinien et on invite ces cités à voter contre marine Le Pen. Il n’y a rien d’autre à leur proposer, ni lutte ensemble pour le droit à la santé, à l’éducation, utiliser leur peur et l’insécurité profonde qui est la leur et qui dépasse largement la violence d’une terre sans loi mais l’utilise comme tous les lumpenprolétariat pour rendre la vie de tous impossible et déporter toujours plus la société vers la droite.

Et le chœur médiatique tel des charognards en train de croasser au-dessus de nos peurs et de nos solitudes qui provoquent les mouvements de foule sur la haine et le vide social nous incite à ces regroupements fictifs pour nous faire oublier ce qui nous manque réellement et qui en est à l’origine… Ces imbéciles en train de s’ébaudir sur les fines manœuvres de Hollande pour l’emporter au présidentielles sur ce désespoir organisé nous montre jusqu’où nous sommes désormais tombés, ne plus être capables de voir le bien, si on ne monte pas la marionnette du mal, le grand Satan, l’autre.

Je voudrais terminer ces réflexions par une anecdote. Je passe tous les dimanche et les jours de fête dans la maison de retraite de ma vieille mère qui a 97 ans. C’est un endroit exceptionnel, un hôtel 4 étoiles où le personnel se dévoue pour favoriser la convivialité, mais parfois il est dur de continuer à aider à vivre des gens qui perdent l’ouïe, la vue et le désir d’être ensemble. Alors je joue au dominos avec eux et le jour de Noël j’ai vu certains d’entre eux revivre. Beaucoup d’entre eux avaient été accueillis dans leurs familles, ceux qui restaient étaient les délaissés et ma mère qui ne veut pas sortir. L’une d’entre eux qui a 95 ans était déchirée parce que son fils unique était parti au ski sans même l’embrasser. Elle avait quitté Toulouse pour se rapprocher du fils à Marseille et jamais il ne venait la voir. Elle avait un pull et un tricot, un chef d’œuvre fait de ses mains. Elle a commencé à nous raconter sa vie, son père mineur et elle allant à l’école avec des sabots. Nous avons parlé de la mine, je leur ai raconté celle du Ladrecht dans laquelle j’étais descendue quand le PCF se battait pour sa survie. Elle s’est mise à nous expliquer son travail de mécanicienne en confection, les poches faites en série… Un homme qui était technicien dans la sidérurgie est intervenu et nous avons décrit ensemble la fonte de l’aciérie, les brames en fusion… Je leur ai raconté mon métier de sociologue dans les usines… Tous ces gens étaient en train de revivre, ils avaient trouvé un langage commun, celui du Travail. Quand je les ai quittés, ils m’ont tous remercié en disant la bonne journée qu’ils avaient passée.

Sans le travail, sans la création il n’y a aucune raison de vouloir vivre ensemble, peut-être le voyage dans le respect de l’hôte  donne le temps de la récréation, la curiosité, encore faut-il l’apprendre, le pratiquer comme un art qui n’a rien à voir avec le tourisme.  Le tourisme, la consommation correspond  à cette vision de missionnaire imposant sa foi à qui n’en a rien à foutre… Ce plaidoyer de politicard vendant avec démagogie sa propre vertu au moment même où on  traite l’autre avec inhumanité. La coopération engendre le respect alors que l’idéologie de « l’amour » et des droits de l’homme n’est le plus souvent qu’un leurre qui couvre de plus en plus l’innommable dans les pratiques. Le racisme n’est pas qu’un mal, il pénètre ce que nous croyons être notre vision du bien, notre référence insupportable à l’éthique.

Pourquoi je vous dis ça, parce que je ne supporte plus cette vague identitaire et que le vivre ensemble c’est de créer ensemble et tout est fait pour nous empêcher d’œuvrer ensemble… D’avoir le sens des différences, mais dans la coopération et pas dans le mythe fusionnel imaginaire et morbide… Qui nous laisse comme des épaves  abandonnées au seuil de la mort un soir de Noël….

Joyeux Noël et bonne année
Danielle Bleitrach

 
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Publié par le décembre 27, 2015 dans mon journal, mythe et légendes

 

et si on en profitait pour réfléchir un peu…

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Nous voici dans ce qu’on appelle la trêve des confiseurs… Et si on en profitait pour réfléchir un peu, à la situation du monde et à celle de notre malheureux pays, entre écoeurement et manœuvres d’appareils au service du patronat…

Le diagnostic est clair, ces régionales ont marqué le retentissant échec du Front de Gauche entre émiettement, stratégies à géométrie variable et manque de visibilité autant que de crédibilité…  Les dirigeants actuels du PCF ont accompli la grande œuvre du capital : en finir totalement avec le communisme en France. Le conglomérat de groupuscules divisés entre eux en combats de chefs a suivi ans la débâcle, comme prévu, partout le nombre d’élus est réduit à la portion congrue et les alliances « techniques  » n’ont fait qu’entériner. cette fonte des élus auxquels depuis des années il est sacrifié tous les fondamentaux du communisme… .

A également suivi ce que nous annoncions depuis le début, à savoir la tentative d’annexion pure et simple des débris pour une union aux premier tour des présidentielles, Cambadelis a proposé « l’alliance populaire », étant bien entendu que celui qui arrive second derrière Marine Le Pen, a toute chance d’être président… On mesure la hauteur de vue…  Les verts jamais en reste d’une manœuvre politicarde se sont précipités pour offrir leur service, Duflot faisait un contrefeu à Placé et ses copains, on mesure l’ambition pour la France et même pour l’écologie… . Ce que les socialistes ont en commun avec les verts, l’actuelle  direction du PCF et des groupuscules -que l’on n’ose qualifier d’alliés- ce n’est pas un positionnement à gauche, mais de prétendre gouverner la France comme l’on gagne un congrès….

Cambadélis renouvelle sa manœuvre référendaire dont personne ne se souvient, mais Hollande et Valls, désormais assuré de cette mort annoncée, continuent  leur résistible ascension vers le premier tour des présidentielles « au centre », quitte à aller jouer la comédie de la chambre bleue horizon sur les terres de Xavier Bertrand, pour  achever de dynamiter la droite par les deux bouts. Il s’agit de continuer à faire monter le Front National et déjà dans le cadre des nouveaux landers créer les conditions de la « grande coalition ». On mesure à quel point un horizon se découvre pour notre malheureux pays…

On a beau savoir tout cela, il n’empêche on demeure stupéfait devant la manière dont il nous prennent pour des imbéciles (peut-être ont-ils raison puisque ça marche), quand on les voit offrir à la Le pen ce cadeau de « l’affaire Daech », la poser en martyre, allez encore un petit coût de gonflette sur du vent… On a beau savoir et quand on voit la manière dont la droite se jette dans le piège de l’union sacrée, on se dit que les ordres viennent de plus haut et que le capital a fait son choix…

Peut-être suis-je une incroyable optimiste, peut-être ai-je une trop grande confiance dans mon pays, dans le sens politique des Français, dans la combativité du monde du travail, dans le respect que je porte à certains intellectuels mais je ne crois pas que leurs manœuvres réussiront… La France est un vieux pays, les comportements politiques comme l’a bien analysé Todd sont aussi affaires de famille sur une longue durée… On ne transforma pas la France en copié-collé des Etats-Unis ou même de l’Allemagne…

La France cette nation d’émeutiers disait de nous Marx quand il nous critiquait ou alors pays de la lutte des classes n’est pas encore prête à se partager entre républicains avec à leur tête un Donald Trump et Démocrate avec une Hilary Clinton… Je ne sais pas si le PCF survivra à ces vingt ans où il a été attaqué systématiquement de l’extérieur et plus encore de l’intérieur par ses dirigeants successifs… Peut-être son temps est-il fini mais je ne vois encore rien d’autre et certainement pas un conglomérat de groupuscules… Toutes les élections nécessitent des alliances, mais le fond du problème aujourd’hui n’est pas de se soumettre à un calendrier électoral mais de chercher la voie d’un rassemblement de ceux qui désertent les urnes, retrouver les voies de la démocratie.

Cette démocratie est à l’inverse de celle que nous subissons, il s’agit partout de favoriser l’intervention populaire, qu’il s’agisse des luttes, des élections ou mêmes des débats politique… Et pour cela il n’y a pas de spontanéisme, il faut que cela nous plaise ou non que nous retrouvions les voies d’une organisation collective ancrée dans une politique de classe…

Parce que je suis convaincue de cette nécessité, nous allons dans ce blog publier des textes qui tous abordent le fond de cette nécessité, y réfléchissent, prennent déjà des initiatives.

Réfléchissez, parlez en autour de vous, retrouvons les véritables chemins de la politique, les nôtres…

Danielle Bleitrach

PS. je vois toutes ces luttes, deux ou trois nouvelles par jour minimum,  je voudrais toutes les reprendre, en parler.. Mais justement le politique c’est aussi ce qui permet de ne pas isoler les luttes, les étouffer… C’est pour leur redonner leur véritable place que nous avons besoin de cette force politique et pas seulement pour avoir des élus, ce qui n’est pas indifférent mais n’est pas un but en soi pour « la démocratie », un moyen important parmi d’autres dont nous nous sommes laissés déposséder avec le parti communiste français. La capacité à poser les problèmes pour ceux qui ont le plus intérêt au changement dans les urnes et dans la vie.

 
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Publié par le décembre 18, 2015 dans mon journal

 

A l’ElYSEE MEME LES WATERS SONT BOUCHES

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Quelle palinodie que ces dirigeants PS et leur cour de médiocrates… je viens de supprimer sur ma liste d’amis facebook l’un d’entre eux, un « grand intellectuel » qui depuis le premier tour et les résultats du FN ne cesse de dénoncer l’immoralité de ce parti, de Sarkozy, voir même de ce pouvoir PS… j’y ai cru…

Mais voilà le même tout à coup, le même nous livre son admiration pour Hollande et ses manoeuvres, le « grand intellectuel » se félicite comme les médias aux ordres de la grande réussite du machin qui est dit sauver la planète.Oubliées les critiques des ONG, le caractère bidon des résultats, ce qui le ravit est ce coup de maître à la veille du second tour, Hollande a réussi à faire croire qu’il est au-dessus de tout ça, il sauve la planète et Fabius en pleurniche de soulagement … Le grand intellectuel feint d’être berné sur les résultats comme un quelconque journaliste.  Et ce n’est pas tout « le grand intellectuel » se félicite de  la manière dont Hollande a obtenu ce qu’il voulait, ne plus y avoir pour les Préidentielles que la Le Pen et lui… Et il ajoute: « Il m’impressionne, quel artiste »… Que faire sinon vomir?

C’est devenu une manière de déchoir, depuis  Mitterrand,  dont les intellectuels , artistes saluaient le « génie »  comme s’il se fut s’agit de Napoléon soi-même, a inauguré ce gonflement du FN. Et les courtisans  ont feint en parallèle de s’inquiéter devant la montée du FN programmée. Comme elle est misérable  cette fascination de certains intellectuels du plus grand au plus petit pour les abus du pouvoir, le cynisme…Imaginez le degré d’ignominie qu’il faut avoir atteint pour se faire complice d’une tactique qui consiste à faire grandir la peur dans le cœur des stigmatisés, à créer la révolte dans celui de leurs enfants, pour mieux conserver une position d’élite qui vous permet de mépriser et trahir l’espoir  des travailleurs dans la gauche? La pédagogie du renoncement depuis des décennies…

Ce peuple que ce grand intellectuel et ses pareils médiocrates accusent d’immoralité a au moins la pudeur de l’abstention face à ce coup d’Etat permanent contre la démocratie. Face à ce pouvoir qui confond un congrès du PS avec l’Histoire de France, Solferino avec l’Elysée,  Solférino, où comme le disait Martine Aubry « après le passage de Hollande même les waters étaient bouchés« … Quelle bassesse faut-il pour être fasciné par un tel pouvoir, s’y frotter sans en ressentir la puanteur… Et pourtant ils ont tous subi cette fascination et l’ont diffusé jusqu’au petit enseignant, au fantassin du social, l’animateur qui espère des subventions des conseils régionaux…

Il n’y a que quelques sentinelles dont ce blog tente de faire connaitre l’ultime dignité.

Chez les très grands qu’ils soient politiques, intellectuels, artistes, il n’y a pas de cynisme, mais les médiocres sont capables de chanter l’internationale en levant le poing avec Cambadelis et Bartelone. Que peuvent voter les travailleurs d’Air France devant des gens pareils?
Ces clowns crient tous au nouvel Hitler, y compris devant Valérie Pecresse tout en appelant à voter pour Estrosi, ils crient au fascisme en parlant de « race blanxhe, en votant l’état d’urgence,;  et ils feignent d’ignorer l’assassinat de la démocratie à laquelle ils participent…Ils sont là admiratifs de « l’artiste », le tacticien sans la moindre stratégie pour le peuple français… A l’Elysée même les waters sont bouchés…

Et pendant ce temps-là de pauvres idiots comme moi sont réellement malades parce qu’ils voient bien où ces ordures nous mènent et qu’ils savent que face à une telle corruption de l’esprit public il n’y a pas de bonne solution.  Quel dignité, quelle pensée peut survivre à cela? Le seul choix qu’on me laisse alors que j’ai vécu toute ma vie dans la haine du racisme et du fascisme   est de m’abstenir, même pas voter blanc, puisqu’ils ne sont pas comptabilisés, rien ne pourra être construit sans que ce cynisme petit bourgeois soit dénoncé.

Danielle Bleitrach

 
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Publié par le décembre 13, 2015 dans extrême-droite, mon journal, politique