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Archives de Catégorie: mon journal

Marianne et moi, la suite de notre collaboration…

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Nous venons d’avoir une longue discussion avec Marianne, comme d’habitude nous sommes d’accord. Il nous est difficile dans la situation actuelle de nous préoccuper du plan politique dont le moins que l’on puisse dire est que nous sommes devant une absence de perspectives immédiates.  Ce qui ne manque pas d’exaspérer les tensions individuelles. Que ceux qui ont la force d’œuvrer dans un tel marécage le fassent, nous les en remercions sincèrement.

Aujourd’hui, à titre d’exemple, il y a eu la conférence de presse de françois Hollande où il a comparé le FN au discours des communistes des années soixante et dix et c’était pour lui visiblement une stigmatisation de l’extrême-droite qu’une telle référence. La direction du PCF s’indigne, mais ce qui ‘est extraordinaire, c’est que les mêmes, la direction nationale du PCF, celle du Rhône approuve un Nicolas Maury quand il insulte les dirigeants des années soixante et dix et quatre vingt, quand il monte la jeunesse communiste contre eux. la direction du parti communiste ne récolte que ce qu’elle a semé. et ce qu’elle continue à semer, le mépris du passé… Dans le même temps, Marion Maréchal minimise la part des juifs morts dans la shoah, là dessus aussi elle a bénéficié de quelques complicités dans la jeunesse faute de respecter le passé. Comment voulez-vous que François hollande et le PS et même l’extrême-droite respectent des communistes qui ne se respectent pas eux mêmes, comment lutter contre la prégnance du négationnisme qui revient à faire un signe d’égalité entre communiste et nazisme?  Nous ne pouvons pas remonter à nous seules un tel courant…

En revanche, nous sommes d’accord pour plus nous investir sur la question qui nous préoccupe et qui est celle de l’espace post-soviétique et euroasiatique. Notre réflexion reste d’abord théorique bien qu’avec des implications politiques. Il s’agit de contribuer à une meilleure appréhension de l’histoire du communisme et il s’agit de mieux faire connaître par nos voyages, traductions, compte-rendus de lecture, conférences ce qui est en train de naître dans ces espaces profondément marqués par la première expérience socialiste.

Si nous avons à ce titre de temps en temps un article ou un récit d’expérience qui nous paraît intéressant, nous le publierons, mais pour le reste ce blog demeurera en sommeil. Nous allons nous préoccuper toutes les deux de la diffusion et des débats autour de notre livre « Urss vingt ans après, retour de l’Ukraine en guerre » et sans doute de notre voyage à Novossibirsk et en Asie centrale. Peut-être cet été mais sûrement cet hiver. Comme je l’ai indiqué par ailleurs, en outre, nous pensons lors de la rentrée universitaire prochaine, suivre le séminaire de Jean Salem à la Sorbonne. Et à ce moment-là nous diffuserons les travaux et réflexions, comme d’ailleurs les compte-rendus des livres des éditions Delga qui font un gros travail sur notre champ de réflexion. .

Mais il n’est plus question, si faire ce peut, de mêler nos activités ou non activités politiques à la situation au demeurant navrante du champ politique français. Nous restons ce que nous sommes, moi une communiste sans parti, Marianne une communiste du Pas de Calais, c’est tout.

Donc pas question de réouvrir le blog tant qu’il n’y aura pas un texte qui nous paraîtra utile à la réflexion théorique qui est la nôtre et celle de bien des lecteurs et lectrices de ce blog. Si vous souhaitez poursuivre le débat, lisez notre livre, faites nous part de vos remarques, avant le mois d’octobre et la fréquentation du séminaire de jean Salem où ce blog retrouvera une utilité.

Voici mon numéro de courriel où vous pourrez me transmettre vos analyses et commentaires:

bleitrach.danielle@wanadoo.fr

A la fête de l’humanité nous sommes en train de réfléchir à notre présence et à celle de notre livre. Comme nous sommes en train de mettre en place quelques débats, Marianne à la fête d’Avion au stand d’Arras et nous deux à Beziers, puis à Aix en Provence à la librairie de Provence, peut-être à paris 20 e pour Marianne le 28 mai. Il est peut-être aussi question de l’Algérie en septembre…

Voilà et merci de vos encouragements et de votre véritable amitié, mais j’aimerais que vous fassiez l’effort de réfléchir à tout ça pour préparer ce travail collectif de rentrée. Puisque le rassemblement en faveur de quelques fondamentaux, la paix, la justice sociale, est impossible sur le plan politique, que les concurrences mesquines s’y exaspèrent, sans parler parfois de l’acceptation plus ou moins ouvertes de proximités nauséabondes faute de l’affirmation actuelle de la dimension de classe, espérons en un lieu d’échange intellectuel ouvert à tous; où, rêvons un peu, tels les copistes du Moyen Age, anonymes, nous transmettrons notre expérience à la génération qui saura en faire quelque chose.  Après la barbarie….

Danielle Bleitrach

Et comme il disait: « Les choses ne sont pas si douloureuses, ni difficiles d’elles-mêmes ; mais notre faiblesse et lâcheté les fait telles. Pour juger des choses grandes et hautes, il faut une âme de même, autrement nous leur attribuons le vice qui est le nôtre. Un aviron droit semble courbe en l’eau. Il n’importe pas seulement qu’on voie la chose, mais comment on la voit. »
( Montaigne Essais 1.14, p.123, Folio n°289)

 
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Publié par le avril 19, 2015 dans mon journal, Uncategorized

 

La réflexion du jour : Question de pédagogie…

Depuis hier nous avons une grande discussion avec marianne. Tout à démarré à cause du texte russe sur les camps de concentration. Si l’on en croit ce texte en dehors des russes et des juifs (de toutes nationalités) il n’y a pas grand monde de mort dans les camps de concentration nazis. Résultat, il a soulevé quelques protestations des lecteurs de mon blog. Et c’est là que surgit notre discussion, Marianne comprend les protestataires. Je dis à Marianne que si les gens n’ont pas compris qu’effectivement ceux qui ont payé l’essentiel de l’addition de la deuxième guerre mondiale ce sont les juifs et les soviétiques, ils ne sont vraiment pas très malins. Même si par ailleurs je me bats pour ne pas ethniciser la shoah et dénoncer le crime contre toute l’humanité… les statistiques sont là…

De là, je râle contre mon cher pays la France et son nombrilimse… je lui rappelle le Russe patriote et complètement beurré à l’aéroport de Simféropol en Crimée qui me défiait en m’expliquant que Napoléon avait reçu une tannée et que tandis que nous cédions devant l’armée allemande (il levait les bras au-dessus de la tête en signe de reddition) eux ils avaient vaincu la bête… Qu’est-ce que je devais faire: ignorer les faits historiques et me battre avec ce Russe qui, bien que pochard, ne disait que la stricte vérité ? le plus simple était de reconnaître le fait en défendant l’honneur français en prononçant le mot magique Normandie-Niemen… Franchement si on avait compté sur les seuls Français, on serait sous domination du IIIe Reich… mais il y a eu des Français, des communistes en particulier et c’est vrai pour bien des nations… La statistique des morts dans les camps d’extermination c’est pareil… et il serait temps que nos amateurs de cocorico national le réalisent…

Marianne ne me contredit pas, mais elle exige de ma part un peu plus de psychologie… Il y a des gens qui ne sont jamais sortis de chez eux… Ils sont intelligents mais ils sont un peu « étroits ». C’est comme ça, ils voient tout par leur bout de la lorgnette… C’est par ce biais là qu’ils ont fait leur éducation politique et peut-être faut-il le respecter. Ou alors faut-il réfléchir comme ces bouddhistes chinois qui s’interrogent sur la pédagogie. Tout apprentissage est un viol, il bouscule les certitudes antérieures, les bouddhistes chinois se divisent en deux écoles, l’une consiste à avancer à petites doses, l’autre à flanquer une bonne gifle à l’élève réticent en matière de rupture avec l’ignorance et les stéréotypes sur le sujet…Oui Adam et Eve et le péché originel c’est un mythe comme d’ailleurs la nature aryenne des allemands ou le fait qu’il vaut mieux remonter à Clovis pour être français et patriote parce que depuis les mérovingiens nous sommes les meilleurs…

Il n’est pas question de battre l’entêté mais à un certain moment, il serait juste de lui faire comprendre ce qui me met hors de moi: cette manie française de croire par exemple qu’il échappe, lui,aux yeux du reste de l’Humanité aux méfaits de ceux qui depuis des siècles le gouvernent et avec une certaine arrogance sont allés enquiquiner le reste de la planète… Qu’il y a certes des français d’exception… Mais notre classe dominante a beaucoup dominé et nous a fait faire beaucoup de bêtises… Il y a eu des héros et des enfants de Pétain… et ça continue. Parce qu’entre nous à quelques exceptions près, si aujourd’hui on comptait sur les Français, leur gouvernement, leurs « élites » pour éviter la troisième grande guerre mondiale on serait pas sortis de l’auberge… Mais il y a des gens qui agissent dont vous et moi faisons partie… VIVE LA FRANCE…

 
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Publié par le avril 13, 2015 dans histoire, humour, mon journal

 

Un livre et des rendez-vous avec vous…

Un livre sur l’URSS et l’Ukraine qui vous donne la sensation d’avoir vécu dans une comédie américaine de Vincente Minnelli… Et tout cela parce qu’on est communiste…

Nous avons fini Marianne et moi de mettre la dernière main à la maquette de notre livre URSS, vingt ans après, retour de l’Ukraine en guerre, chez Delga éditeur. Le livre est parti à l’imprimerie avec ce quatrième de couverture :

Qu’est-il advenu de l’Union Soviétique vingt ans après ? Loin de tout discours officiel, de la gloriole des « élites », c’est la parole des petites gens que nous avons recueillie dans toute une série de reportages en Crimée, au moment de son rattachement à la Russie en mai et juin 2014. Puis l’aventure s’est poursuivie à Odessa en octobre et novembre, peu de temps après le massacre dans la maison des Syndicats, puis en Moldavie, en Transnistrie et en Gagaouzie. Nous voulions connaître l’opinion de ceux dont les seules victoires, provisoirement acquises, se nomment « pain » et « abri pour dormir », étant entendu que tout est remis en cause le matin de chaque jour qui naît quand la guerre est là, la pire des guerres la guerre civile… Ils ont dit ce que représentait l’Union Soviétique pour eux, comment ils avaient vécu le Maïdan, la rébellion dans le Donbass et la catastrophe actuelle. En partageant avec eux le pain et le sel, nous avons commencé à entrevoir une autre réalité que celle rapportée par nos médias…

Déjà notre carnet de bal est en train de se remplir, des débats sont prévus, nous vous dirons où et quand.

Marianne sera au salon du livre à Arras le premier mai et probablement à la fête de l’Humanité (Fête de Liberté-hebdo) d’Avion vers le 13 mai

je vous annonce déjà Vendredi 5 juin, nous serons à Béziers

le vendredi 26 juin nous serons à Aix-en-Provence, pour un débat à la librairie de Provence, sur le Cours Mirabeau , à 18 heures, suivi d’un apéritif amical…

mais aujourd’hui 9 avril, je vous dis simplement : bonne grève et bonne manifestation…

Danielle Bleitrach

 

Dernières minutes de la naissance d’un livre entre Aymeric, Marianne et moi

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Notre éditeur Aymeric,  met la dernière main à la maquette du livre et il  fait ça avec tant de précision qu’il nous pose des questions parfois cocasses, ainsi dans le texte nous décrivons une jeune femme superbe, une mulâtre africaine,  communiste d’Odessa qui aurait sur la tête un « chapon » melon. Aymeric, l’éditeur, s’étonne. Il s’agit bien sûr d’un chapeau, mais tout en rectifiant, en riant je lui réponds que dans Odessa décrite par mon cher Babel, toutes les mulâtres africaines se baladent avec un chapon aux plumes écarlates sur la tête…Aymeric explique que comme -grâce à Marianne- le texte est très  « propre », vivant, il a été étonné par cette coquille.

Nouvelle correspondance j’ai écrit Pepe Grillo au lieu de Beppe Grillo, Marianne rectifie mais fait remarquer ma propension à estropier tous les noms propres. Il y a aussi une phrase mal tournée avec deux fois le même verbe…Elle suggère deux corrections, l’une plus exacte mais lourde et l’autre plus enlevée mais qui fait disparaître de l’information. Marianne la polyglotte n’a pas les même réticences que les Français à employer deux fois le même verbe dans une même phrase et encore moins dans un paragraphe. J’approuve la remarque de Marianne et je commente:

« Raoul Castro dit qu’il ne faut jamais se fier à un chiffre de son frère Fidel.. Et bien moi ce sont les noms propres… Je suis contente que tu apprécies « le style vivant » du reportage… j’espère que mon makramé avec Babel ne désoriente pas trop celui qui ne connait pas ce magnifique auteur… J’ai fait même des collages de Marx dans la description de BHL… comme lui fait du Heine… j’aimerais que quelqu’un apprécie… »
Aymeric nous répond : « Babel, ça me donne envie de le lire.

Sinon, je suis content, en tant qu’éditeur, de vous voir défendre et d’illustrer le style du reportage rouge, à la Egon Erwin Kisch par exemple, ou à la Kapuscinsky.

Mais c’est vrai qu’on peut faire remonter ce genre à « Allemagne un conte d’hiver » de Heine.

Je n’avais pas pensé au lien Heine-Marx au plan stylistique, mais pourtant c’est évident. »
Je vous envoie le reste de la maquette dans quelques heures ou demain matin.

A tout à l’heure »

Voilà le plaisir du travail collectif dans un livre et ce fut le même bonheur tout au long de sa conception avec Marianne, j’espère que le lecteur partagera notre plaisir. J’ai toujours aimé ce travail d’artisan intellectuel comme dans les ateliers de peinture de la Renaissance. J’ai toujours rêvé d’un avenir où chaque individu concevrait sa vie comme l’élaboration d’un chef d’œuvre individuel ou collectif. Il s’agirait de n’importe quoi que l’on penserait à offrir aux autres et auquel on consacrerait son temps tandis que l’évolution des forces productives feraient de nos vie un loisir permanent. Le communisme n’a jamais été pour moi que le sas vers ce temps de créativité généralisé.

Danielle Bleitrach

 
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Publié par le avril 6, 2015 dans mon journal

 

la réflexion du jour…Ils ont essayé de nous enterrer, ils ne savaient pas que nous étions des graines…

Ils ont essayé de nous enterrer, ils ne savaient pas que nous étions des graines…

Proverbe mexicain illustré par la floraison du  très grand Diego Rivera

 
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Publié par le avril 5, 2015 dans mon journal

 

Je refuse d’être une dame patronnesse des bons sentiments de gauche…

Dépouillement de bulletins le 22 mars 2015 20 MINUTES/SCHEIBER/SIPA

comme je l’ai déjà écrit, nous sommes débordées Marianne et moi. Et puis il y a ces foutus élections départementales! Soyons clairs nul ne sait à quoi elles servent, tout au plus à qui on tente de les faire servir. Le  microcosme politico-médiatique leur a dévolu un rôle: la préparation des présidentielles. D’où les thèmes obligés des mêmes : avant le premier tour on a battu le tambour de la grande peur du Front National. Sur internet il y a même encore quelques retardataires pour continuer à nous ameuter en faveur d’un Front Républicain. Ces âmes pures n’ont pas compris que pour le deuxième tour, on changeait de fusil et d’épaule : le Front national n’est pas le problème principal, le vrai problème c’est l’unité des « blocs » droite-gauche que l’on doit constituer pour le grand choc de la seule élection qui compte, la présidentielle, l’élection du monarque…

Ils manquent pas d’air! Dans le même temps où le PS nous inflige la politique de Macron, la remise en cause des acquis sociaux de plusieurs générations, il interprète son échec comme étant celui de la désunion de la gauche… Voilà vingt ans que ça dure. On rabat sur le « vote utile » au premier tour en agitant la grande peur du Front National que l’on a fait monter comme la seule alternative « hors système ». Dans le même temps on fait tout pour éliminer les communistes, pour rabattre leur électorat vers le PS… Quitte à ce que leur ex-bastions ne soient  plus qu’un sas PS vers la droite et l’extrême-droite, comme on le voit dans la Seine Saint Denis et d’autres. C’est la grande tactique de Mitterrand, celle à laquelle il doit sa réputation de fin stratège, de florentin… Il s’est simplement coulé dans la Constitution qu’il dénonçait et dans l’Europe du capital… Ce qui nous a valu  déportation dudit électorat et de « l’opinion »vers la droite, l’extrême-droite étant l’éclaireur et le repoussoir…

Aujourd’hui les deux « blocs » entre lesquels doivent se jouer la présidentielle poursuivent sur les traces de Mitterrand, abattre le PCF, le réduire a quia pour substituer un parti démocrate à l’américaine. Un parti dont les élites ne se distingueront plus, pas plus que Hillary Clinton d’un néo-conservateur de Bush…  Le petit personnel des monopoles financiarisés… Alors comme le sauvetage du capital vaut bien une messe, on nous invite tous à celle de la « démocratie », avec un pelé, un galeux, la classe ouvrière que l’on brade au Front national…

C’est pourquoi alors que je ne votais plus depuis la présidentielle j’ai à nouveau voté au premier tour. Il est vrai que ma candidate aixoise s’affichait clairement communiste tout en étant à la tête d’un large rassemblement. J’ai apprécié et voté… Je suis pour ce genre de positionnement et pour que les communistes reprennent leur place. Ce n’est pas par particulière sympathie pour le PCF, ses dirigeants, ils n’ont rien fait pour mériter mon estime. Non!  C’est parce que nous avons un besoin grandissant d’un parti plus ou moins capable de s’ancrer dans la classe ouvrière, les couches populaires, un parti qui défend la souveraineté française tout en étant internationaliste et œuvrant à l’amitié entre les peuples, un parti progressiste au niveau des droits individuels mais qui sait l’importance de l’organisation collective, etc… Je prends ce qui reste en magasin dans ces temps de disette…

Croyez-moi le capital et ses petites mains iront très loin pour achever le parti communiste, il suffit de voir la manière dont dans la région lyonnaise Collomb, le socialiste, tente d’organiser un rassemblement contre Michèle Picard le maire de Vénissieux, quelque chose de l’ordre de ce qui s’est passé à  Villejuif, une entente de la droite et de la gauche – et plus si affinité – contre les communistes qui menacent leur réaménagement de la métropole lyonnaise…  Michèle Picard est arrivée largement en tête, alors le PS et l’UMP ont négocié un liste commune, mais le PS était trop gourmand, et puis il y a la visée présidentielle… alors l’UMP, Girard a déposé un recours sur le thème des faux candidats dans la liste FN, c’est déjà sur cette question qu’il a obtenu l’invalidation. A croire qu’il a des complices qui s’inscrivent sur la liste FN pour prétendre avoir été abusés…

Alors qui a envie de faire la courte échelle à ces gens là? Cela fait plus de vingt ans qu’entre l’Europe qui tend vers le bipartisme sans vertige, la Constitution de la Ve faite pour éliminer les communistes et les manœuvres politiciennes, ils mènent cette tactique : ne plus laisser d’expression aux catégories populaires, abattre les résistances de classe. Qu’Est-ce que nous pouvons faire? A quoi servons-nous ici ?  Ne pas intervenir, ou au minimum sur cette situation, chacun voyant au niveau local sa propre résistance, ne se prêter à aucune consigne nationale médiatique…

Alors nous nous occupons de notre projet Marianne et moi : ouvrir le débat sur les expériences communistes, favoriser le dialogue entre elles. Nous mettons une dernière main à notre livre – URSS vingt ans après, retour de guerre en Ukraine – que l’on corrige jusque chez l’imprimeur… nous faisons des traductions multiples pour lesquelles nous devons nous montrer de plus en plus prudentes tant le fonds de l’air du temps est non seulement froid mais pourri.

Pourri par l’absence de perspective à la hauteur des problèmes, seulement des jeux du sérail et petits arrangements…  J’en ai marre de ce clientélisme qui va avec la stratégie dénoncée plus haut, celle qui vise à priver les couches populaires, la classe ouvrière de toute expression de classe, les transformer en « exclus », les lumpenprolétariser jusqu’à les offrir aux fascismes des diverses obédiences. Livrer les ouvriers, les employés, les couches les plus pauvres au clientélisme, à diverses charités et mises en concurrence. Quand le chômage est là massif, ne sont-ils pas contraints à devenir différents de ceux qui jadis allaient à l’usine, ceux qui avaient le choix, une organisation collective. Le chômage est la base de toutes les corruptions …

Alors il y a les clientèles politiciennes, identitaires, confessionnelle…Pour racoler les pauvres, qu’il soit de droite ou du PS, l’élu promet un petit quelque chose, une obole, une aide, un logement, voir même un emploi. C’est devenu un système de gestion local de Dassault et autres Balkany à Guérini et son complice Tapie, les bas-fonds…  Pour les juifs, que l’on pense à tort ou à raison être plus aisés, il y a l’idéologie, les grandes proclamations et l’assurance que l’on va faire taire Dieudonné et empêcher que des djiadistes cinglés viennent les tirer comme des lapins, les repas du CRIF… Tous cela pour mettre dans le même sac l’ouvrier musulman et Mohammed Merah, une pensée coloniale et chauvine dans laquelle on les entretient avec le souvenir de leur tragédie. Mais il y a le parallèle, les bourgeoisies intégristes, l’achat des grands-frères et de l’imam du coin et les dames patronnesses de l’anti-impérialisme… Même certains communistes qui mènent le combat en faveur des Palestiniens, ce qui est juste, le font parfois à la manière des trotskystes : un  mode de recrutement paresseux… Faute d’avoir la force d’aborder les problèmes de ceux qui y vivent, l’emploi, la qualification, leur avenir en tant que Français…Et je ne parle ni de la droite, ni de l’extrême-droite pour qui la recherche du bouc émissaire en tant que crise est une seconde nature non de la gauche, du PS aux gauchistes en passant pas les communistes qui se comportent comme des dames patronnesses. Les uns s’occupent des juifs, les autres des arabo-musulmans, mais jamais sur des positions de classe… Non sur la victimisation, la  « tolérance » aux autres identités, la tolérance il y a des maisons pour ça et je n’ai pas envie de voir la lutte des classes transformée en mouvement de salutistes recrutant des adeptes pour le paradis…

Résultat, les questions internationales qui pourtant sont au cœur de l’enjeu central de la paix sont abordées sur le même prisme… Quel ne fut pas mon récent soulagement de voir que la liste que l’on a baptisé arabe en Israël était la troisième au niveau des suffrages, parce qu’il ne s’agissait pas seulement d’une liste arabe, mais d’une liste de rassemblement autour des communistes qui exigeait l’égalité dans la citoyenneté pour les Israéliens de toute origine, la fin de l’occupation des territoires et une politique de paix… Ces gens là posaient d’abord la question de classe tout en ne négligeant pas la question coloniale. C’est la seule vision réaliste, parce que je suis convaincue que la majorité des jeunes Palestiniens et des jeunes Israéliens dits arabes n’ont aucune envie d’avoir le Hamas pour dirigeants, ceux qui les forcent à de telles solidarités ce sont ceux qui choisissent la guerre, les bombardements, le blocus de Gaza, et… Pas plus que les jeunes de nos quartiers ne veulent de l’intégrisme, ils veulent avoir une vie correcte, un emploi, un avenir et en les stigmatisant en les identifiant à des fascistes baptisés islamistes ont les contraint à la solidarité. Tous ceux qui tentent de faire un paquet cadeau entre les fachos et les masses populaires me paraissent suspects.

Pour moi être communiste ce n’est pas se la jouer simplement  « exigence de tolérance » pour les formes de religiosité, jouer les dames patronnesses de l’identité menacée, c’est être d’abord sur une position de classe qui a toujours été, enfin jusqu’à ces derniers temps celle des communistes… Personnellement justement parce que je privilégie cette conception du monde, je déteste que l’on enquiquine les gens pour des choses qui me paraissent relever des libertés individuelles comme la manière de s’habiller, le choix de qui on aime, etc… J’enrage quand je vois des gens prétendre gouverner les mœurs et les esprits… C’est peut-être ce qui m’éloigne des religions, le goût des rites et la volonté de les imposer aux autres… Mais aujourd’hui j’ai le sentiment d’être enfermée jusque dans mes combats politiques dans des tribus religieuses aux dépends de ce que j’ai toujours privilégié : la lutte des classes… Tout le monde se croit obligé de décrypter le monde à travers ses préférences de dame patronnesse, les socialistes adorent les juifs et les communistes adorent les arabes, au point les uns et les autres de justifier l’injustifiable, ça leur économise les combats beaucoup plus difficiles ceux contre la classe dominante hors de portée ou qu’ils croient telle…

Internet est un vrai pourrissoir, ce média entretient ces catégories de pensée raciste de tous côtés à la fois… On étouffe, on ne pense plus on est dans la rumeur se véhiculant dans des catégories fascisantes, celles d’un monde qui cherche l’ennemi dans l’autre pour éviter d’affronter le véritable adversaire celui qui agit sur le réel de tous et en fait un chaos permanent…

Notre blog tente une autre démarche, peut-être illusoire dans l’état général… Enfin je voudrais ajouter que dans l’état en question, je ne supporte plus le slogan gnan gnan : l’humain d’abord. C’est complètement creux et pourtant je crois être humaniste mais pas bigote et cette affirmation dans le contexte délétère où l’ouvrier est invité à célébrer la même messe de la démocratie que son patron n’a plus aucun sens…

Danielle Bleitrach

 
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Publié par le mars 28, 2015 dans mon journal

 

Nouvelles du blog et de ses deux animatrices débordées… mais pleines de projets avec vous..

Novossibirk capitale de la Sibérie

Marianne continue sa grande œuvre, la traduction des 35 pages du rapport manifeste du parti communiste de la fédération de Russie… En tant que candidate au départementale à Arras, elle est contente d’avoir dépassé les 5% des voix  pour que les frais de campagne du PCF soient remboursés…  Il n’empêche:  nous avons tous besoin d’une véritable réflexion, pour le moment nous nageons dans le brouillard et les démons de l’enfer de la haine jusqu’à la plus insigne médiocrité, la stupidité avec son front buté,  la bête sauvage, celle décrite par Hegel, une société vouée à la seule loi du marché est en train  de se déchirer, de nous déchirer. Cela va au-delà de l’absence d’accès aux droits les plus élémentaires, c’est le sens de la vie, la relation aux autres qui est frappé par l’hostilité concurrentielle et la soif du profit… Chaque société à une sorte de nerf, celui de la classe dominante, le privilège pour la société féodale, le profit pour le capitalisme, toucher à ce système nerveux est très douloureux parce que chacun y est malgré lui greffé. L’exploiteur jouit de complicité jusque dans les bas-fonds… Marx a très bien vu cela et nous y sommes. Comment en sortir?

Pas seulement par des idées, mais par des actes forces matérielles. Il faut trouver une manière de tracer une perspective qui corresponde à la justice sociale, au droit aux soins, à l’éducation, à la protection sociale autant qu’à la vie dans la dignité et dans la paix… Ce n’est pas le fascisme qui assure tout cela. Le fascisme c’est exactement le contraire d’une perspective, c’est la recherche d’un bouc émissaire pour protéger les intérêts capitalistes. C’est la guerre entre les victimes et tous les droits pour les exploiteurs. Le fascisme c’est la guerre entre les peuples au profit des monopoles qui vivent de la guerre et du pillage. Le fascisme c’est ce qui se déchaîne aujourd’hui au Moyen orient et en Ukraine… La bête sauvage a trouvé ses voyous. Si l’on ne combat pas le capital on ne combat pas le fascisme au contraire, il ne s’agit pas seulement d’un problème moral mais du profit tel un cancer sur les peuples et ses gangsters pour nous faire taire tous.   Mais ce n’est pas seulement par un refus moral de ce que représente ce fascisme mais bien par des combats communs pour la survie quotidienne, l’emploi, le pouvoir d’achat, la santé, l’éducation et la paix que l’on en finira avec ces leurres chauvins.

La période ne recèle pas que du négatif, il y a des points d’appui et le levier est dans notre capacité à construire des résistances collectives. Les conditions objectives d’une transformation révolutionnaire existent, sans doute depuis le siècle dernier. Accroissement des contradictions entre les monopoles financiarisés et la plupart des classes et catégories sociales dans différents pays et à l’échelle mondiale, des élites capitalistes de plus en plus incapables de faire face à ces contradictions, ceux d’en bas qui veulent de moins en moins obéir à ceux d’en haut, mais il y manque l’essentiel un mouvement collectif à la hauteur des enjeux et une force politique consciente et coordonnée. La contrerévolution capitaliste a surtout réussi dans ce domaine: détruire toute offensive des masses.

Pour le moment c’est déjà un peu plus loin que le creux de la vague, à laquelle la victoire de la contrerévolution et les vingt années qui ont suivi nous ont habitués… Il y a comme un frémissement dans l’air. Les signes se multiplient, par exemple la résistance obstinée des positions de classe si affaiblies soient elles… Il y a des possibles du côté de la CGT, de nouveaux rassemblements… La résistance communiste un peu partout en particulier à Vénissieux en France et partout la question donc de l’organisation à laquelle on substitue des alliances de couloir.. Il faut réfléchir à ce qui favorise les résistances et ce qui les affaiblit.

Dans le monde, le capital est incapable de se réformer, mais de cette incapacité qui peut nous conduire à l’autodestruction surgissent aussi des amorces de solution, le dépassement de ce sur quoi nous nous acharnons vainement, il y a l’exemple de l’Amérique latine, mais aussi en germe des utopies comme celle de cette liste dite arabe mais surtout communiste, juive, chrétienne musulmane en Israêl-Palestine ou encore le combat original du Donbass dans la malheureuse Ukraine. Il y a ce qui a pesé plus que tout à mes yeux dans la victoire de la contre révolution, cette division sino-soviétique qui par une ruse de l’Histoire, retrouve les voies perdues de l’union,  rendue obligatoire par un impérialisme sénile et ivre de ce qu’il croit sa victoire. Tout ce passe comme si d’un capitalisme incapable d’évoluer, bloqué dans ses archaïsmes et ses pillages, naissait quelque chose d’autre encore embryonnaire.

En prendre conscience peut être une aide à l’accouchement, même si pour reprendre la phrase de Marlowe face à la Renaissance, un monde est en train de naître et la vieille société accouche comme une truie dans le sang.Oui nous sommes peut-être dans une phase de Renaissance avec son accélération des connaissances scientifiques, l’élargissement de son horizon et cela comme toujours se combine avec de la barbarie, de la superstition… On brûle des sorcières dans les temps de grandes découvertes…

Il y a cette volonté à laquelle nous souhaitons contribuer, tenter de maîtriser ces vingt années de contre révolution, faire face à notre passé de révolutionnaire sans vouloir rien masquer mais en refusant que les catégories de l’adversaire nous soient imposées. Pour cela il y a selon nous plusieurs nécessités auxquelles nous pourrions contribuer : analyser ce que nous avons été et ce que nous pourrions apporter d’irremplaçable à une théorie-pratique collective de l’histoire et de la politique. Ouvrir le débat avec d’autres forces communistes en particulier qui dans le monde représentent la même volonté d’action.

C’est ce que nous avons privilégié dans ce blog et que nous continuerons à faire à l’avenir.

Voilà rapidement je suis en train de préparer avec Marianne des débats et ce que je souhaiterais serait que lesdits débats donnent lieu à un véritable travail. Il y aura bien sûr des rencontres avec des inconnus, des gens qui n’ont pas grand chose à voir pour le moment avec ces « séminaires », mais nous serions très heureuses qu’il y ait quelques réunions d’approfondissement dans lesquelles nos interlocuteurs ont déjà fait un chemin. Il existe des supports, des séminaires, en particulier celui de Jean Salem à la Sorbonne, des maisons d’édition, en particulier Delga qui rassemble déjà un grand nombre d’auteurs.

Marianne et moi espérons poursuivre nos voyages dans l’espace post-soviétique, en particulier nous souhaiterions aller dans cette ville de Sibérie, Novossibirk, une très grande ville avec un potentiel scientifique et culturel très important dirigée par un rassemblement autour des communistes. Comprendre comment l’espace post-soviétique ne recèle pas que de la nostalgie mais aussi une vision prospective originale… Cela passe par la Sibérie mais aussi la rencontre avec la Chine, la route de la soie, l’Asie centrale… Et Astana, la capitale du Kazakhstan, n’est pas loin… Sans parler de l’idée de Marianne d’aller apprendre le Coréen à la frontière chinoise, toujours dans le même esprit, tenter de percevoir la Storia, l’Histoire ce scandale qui dure depuis des millénaires, un champ meurtri dans lequel des petites gens font l’Histoire et la subissent dans leur chair jusqu’à l’extermination du XXe siècle, l’extermination nazie mais aussi Hiroshima et l’aspect chiendent, obstiné de cette lutte des classes et ses voies souterraines.

Voilà si la vie m’accorde encore ces jours d’errance et de dialogue indispensable, mais il arrive un âge où l’on ne peut pas perdre de temps, il faut aller à l’essentiel et refuser tout ce qui encombre, divise inutilement… Il y a tant à faire ensemble…

Voilà l’aventure à laquelle nous vous convions tous…

Danielle Bleitrach

 
 
 
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