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CEUX AVEC QUI JE PUIS CHEMINER ET LES AUTRES… du fascisme ordinaire au communiste dans une campagne électorale.

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Être communiste un combat pour une autre civilisation…

Je suis quelqu’un qui fait confiance à ses impressions, à son flair. C’est une limite mais c’est aussi un atout parce que rarement la suite des événements m’a donné tort. En écrivant mes mémoires et en me souvenant de tous les gens de qualité que j’ai côtoyés et avec qui j’ai entretenu des liens d’amitié, ceux de hier et ceux d’aujourd’hui, je sais que j’ai une sorte de don pour m’enticher dès la première rencontre de gens qui le méritent. Ce ne sont pas tous, loin de là, des gens célèbres pourtant dans une foule (c’est une image) je les choisis et je néglige tous les autres. En revanche j’éprouve de violentes répulsions, il suffit d’une phrase, d’un acte pour que je ressente le hérissement que provoque la craie sur le tableau noir. Une violence peut même m’emplir et je ne me gouverne plus tant la répugnance m’envahit.

Pour vous donner un exemple voici l’aventure qui m’est arrivée la semaine dernière : Avant-hier je vais chez Lidl Marseille, les chartreux. Des femmes algériennes avec leurs enfants sont devant la porte de l’ascenseur, elles bavardent les enfants jouent, il n’y aucun problème.

Dans l’ascenseur je suis seule avec un couple de septuagénaires. L’homme maugrée sur ces « salopes et leur marmaille ». Je lui demande de quel droit il insulte ces femmes et que lui ont fait ces enfants?

Il me dit agressif que lui il est un bon français. Je ne peux m’empêcher de lui dire « Bon français , vous! Vous êtes un napolitain dont les parents sont venus avec les chaussures autour du cou tenues par les lacets pour les économiser et vous insultez plus pauvre que vous! »

Il m’injurie et me traite de vieille connasse, entre autres… Alors là nous sommes dans le parking, je me déchaîne, je l’accable de tous les noms, je n’ose même pas répéter ce que je lui ai dit, je me demande encore d’où j’ai pu sortir de telles ignominies…

il vient vers moi la main levée, je fais face en dressant la canne sur lui… sa femme l’appelle « reviens, reviens, elle est folle: », et lui part en courant en criant que je le menace et moi je le poursuis en le traitant de tous les noms, tout y passe ses mœurs supposées, la taille de son sexe… J’ignore moi même d’où je sors un tel chapelet ordurier mais le dévider me fait du bien.

je ne me reconnais pas moi-même, pourtant ce type de colère violente et cette folie sans peur mais non sans reproche me caractérise, mais elle m’étonne toujours…

En fait, peut-être que ce qui a provoqué ma violence c’est non seulement le racisme, mais le racisme contre des enfants… Ça me rappelle de fâcheux souvenirs… Mais cet homme-là j’aurais pu le tuer… ET si je parle de folie c’est parce qu’il n’est pas très normal qu’une vieille dame de 81 ans se batte avec sa canne dans un sous-sol de parking et surtout vitupère d’ignobles insultes que je n’ose même pas répéter… Il y a là quelque chose dont la source reste obscure…De même nature paradoxalement que ce qui me fait nouer des amitiés et des amours.

Mais là où l’affaire se corse, c’est que j’applique les mêmes critères en politique, il y a des gens en qui j’ai confiance et d’autres qui me répugnent par exemple Mitterrand et dès que je l’ai vu j’ai su que ma répugnance née de son attitude lors de la guerre d’Algérie autant que durant la deuxième guerre mondiale et après était justifiée. Il m’a révulsée. Il n’y a rien en lui que je sauve…

Mes mémoires sont à la fois des analyses, politiques certes mais avec une dimension anthropologique qui seule m’intéresse, le temps long de l’histoire plutôt que celui court de l’événement et des rencontres avec des individus marquées par l’immédiateté de l’impression, mais toujours prenant place dans ce temps long parce qu’ils ne sont pas destructeurs, vicieux comme d’autres. Le terme vicieux ne doit pas égarer, la morale ordinaire celle des mœurs a peu de part dans ces élections, ces affinités électives. Cela peut être pour la vie ou pour un temps limité mais cela pourrait se résumer à l’idée: « je veux bien avancer à tes côtés ». je sais que l’amour est né chez moi quand j’ai pu regarder un homme en me disant qu’avec lui je traverserai le désert. L’un d’eux m’appelait « sa compagne de lutte et d’idéal » et l’autre savait jusqu’à son dernier souffle le sens de notre histoire, celle de combats et d’espoir.

Tout cela pour vous dire qu’aujourd’hui j’ai choisi de faire confiance pour un temps beaucoup plus limité à un individu. Je ne partage pas toute sa vision politique ni le milieu dans lequel il baigne, mais je ne vois pas quel intérêt il a à mener le combat qu’il mène si ce n’est ce que nous avons en commun à savoir être communiste. Cela remonte loin pour lui comme pour moi, un engagement né dans la seconde guerre mondiale, lui c’est son grand père et moi c’est ma petite enfance, des communistes, des juifs. Nous aurions pu lui et moi devenir des Glucksmann, mais celui-ci que ce soit le père ou le fils nous révulsent.

Il y a un signe de son authenticité, les médias certes reconnaissent sa prestation et le ridicule de Glucksmann mais ces gens-là ne peuvent s’empêcher de tenter de sauver leur minable champion, de feindre d’ignorer ce qu’il a accompli en Géorgie, en disant qu’il s’agit d’un intellectuel peu adapté aux joutes politiques. Ce qui revient à dire que Ian Brossat ne serait pas un intellectuel alors qu’il est issu de l’école la plus prestigieuse de france, l’ecole normale supérieure et que Glucksmann n’a aucun titre préférentiel dans ce domaine. Quand ces gens-là vous refusent le label dont Mitterand leur maître à tous en vilénie a fait un brevet de courtisanerie c’est que vous méritez de l’attention.

Donc en menant campagne pour Ian Brossat je table sur un choix politique, celui du retour du parti communiste dont les exploités, le pays, les intellectuels ont besoin, mais je table aussi pour le renouveau de l’alliance entre eux et les intellectuels. Ceux-ci ne seraient plus des « domestiques » des puissants mais participeraient à la création d’une civilisation, le communisme. Sur ce long terme je peux faire des pas aux côtés de Ian Brossat et l’individu me parait ne pas être contradictoire avec ce choix quelles que soient nos différences: ce que nous attendons lui et moi de l’existence d’un parti communiste et qui dépasse pour lui comme pour moi carrière et existence en lui donnant sens.

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Publié par le avril 15, 2019 dans mon journal

 

Quelques idées fortes se dégagent de mes mémoires:

Illustration 8: Quand j’ai repris contact à l’occasion de ces
mémoires avec Charles Fiterman, il m’a dit conserver le
souvenir d’une jeune femme dynamique, enjouée et
loyale, c’est une bonne description de ce bébé. De mes 81
ans je le salue en lui disant : nous ne nous sommes pas
trahis, ni toi ni moi, ce n’est pas si mal. Ce bonheur de
vivre que tu m’as confié, je l’ai encore aujourd’hui.

 

J’aime beaucoup ce bébé et puis depuis le temps que je supporte vos selfis, vos photos de vous-mêmes sous toutes les formes, permettez cette petite vengeance d’une octogénaire en quète de son moment de plus grande vitalité… Le big bang initial…

J’ai écrit, décrit ma vie, mais je m’aperçois au moment des ultimes corrections que j’ai pu dépasser le genre inhérent à cet type d’exercice, celui où dominent les sentiments. Bien que non absents ceux-ci ne sont pas l’essentiel, ils  sont mis au service de  quelques convictions. Je n’écris pas pour passer le temps, petit qu’il me reste à vivre. Ainsi non seulement j’ai pu conserver la joie de vivre dont mes parents m’ont gratifiée et dont témoigne ce rondouillard et joyeux bébé, malgré la date fâcheuse de ma naissance, 1938, l’étrange défaite… Et la fuite d’une famille juive… qui ne passe toujours pas… me fait haïr tous les négationnismes, celui du sort réservé aux juifs, mais aussi aux tziganes, aux communistes et l’autre celui qui justement nie le rôle de l’armée rouge et des communistes dans ma survie.

Mais ce qui m’a permis d’avoir une belle vie et dont je partage avec mes lecteurs le secret, le véritable bonheur est de pouvoir oublier l’insignifiance de soi-même et de respecter cette recommandation de Robespierre.: nos raisons d’exister valent mieux que notre existence.

La première raison d’exister qui fonde mes engagement est que le communisme est certes un combat politique des exploités pour l’émancipation du genre humain, mais il est aussi une civilisation avec des œuvres, des réalisations concrètes dont l’inventaire est éblouissant, en France et dans le monde.

Deux : L’épopée soviétique joue un rôle fondateur, loin d’être le socialisme dans un seul pays, elle libère les énergies sur toute la planète et témoigne de la possibilité de ce qui jusqu’ici n’a été qu’une utopie généreuse. La contre-révolution qui frappe cette patrie initiale n’arrête pas le processus, mais celui-ci prend des formes nouvelles dans lesquelles nous sommes aujourd’hui. Le passé n’est donc pas nostalgie, simple reproduction mais source de l’action d’aujourd’hui.

Je vais d’ailleurs me mettre au travail sitôt le manuscrit envoyé pour rassembler mes expériences d’internationaliste, en tant que communiste mais pas seulement. J’ai retrouvé cette semaine une de mes anciennes étudiantes Sophie avec elle et d’autres nous avons commencé une pédagogie de terrain à Dakar… En tant que sociologue j’ai multiplié ces expériences et je veux aussi en rendre compte parce que la recherche et l’enseignement restent au cœur de ma démarche politique.

Trois: retournons au constat essentiel de mes mémoires: avec la chute de l’Union soviétique tout le monde a perdu, même le capitalisme qui a perdu son régulateur, ce qui freinait sa capacité de destruction des êtres humains et de leur planète. Le combat pour endiguer sa violence est donc plus difficile mais plus nécessaire que jamais. Il ne peut se contenter d’un mouvement, il lui faut un parti pour affronter la classe capitaliste et son Etat.

Quatre: Cette civilisation communiste non seulement a été un combat permanent pour la paix, pour la justice sociale et pour le progrès, mais elle a instauré pour la première fois dans l’humanité l’alliance entre les exploités et ce qui représente le luxe de l’humaine condition, l’art, la connaissance. Ce n’est pas un hasard si Louis Aragon est au centre de mes mémoires, le refus de l’interpréter mais une approche qui fait de  lui le symbole de cette incroyable nouveauté du communisme: pour la première fois les artistes, les intellectuels n’ont pas été les « domestiques » des maîtres, des puissants, des exploiteurs, mais ils ont pu mettre leurs capacités au service d’une projet de libération de l’humanité. Ce qui m’a fait supporter toutes les difficultés d’un collectif et pire encore est cette conscience de la chance que j’ai eu d’échanger avec des « intellectuels » d’un type nouveau, mes camarades prolétaires et ceci quelles que soient leurs responsabilités. J’ai vu alors le monde si clair que je ne puis l’oublier et je ne suis pas la seule.

Le 17 avril, je vais avoir 81 ans et j’enverrai le manuscrit à l’éditeur. La vieillesse limite l’individu et je souffre déjà de mon corps prison qui m’empêche de suivre marianne dans le transibérien de Moscou à Pékin, mais en revanche l’âge multiplie les connexions qui me relient au monde et donc je suis et reste communiste.

Danielle Bleitrach

 
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Publié par le avril 8, 2019 dans mon journal

 

Une conclusion au bout d’un long temps de réflexion et d’expérience

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ETRE COMMUNISTE ENTRE CETTE ILLYMINATION

Une des conclusions de mes mémoires est que je n’en veux pas à ceux qui dans une période compliquée ont pu errer, croire qu’il fallait adopter telle ou telle voie différente de la mienne, celle de se faire accepter par le capital comme si cela était possible. Ceux-là ont cru de bonne foi qu’il suffisait d’être plus présentables, plus beaux, plus intelligents pour que l’on se rallie à nous, ils ont tout gobé mais n’en ont tiré aucun profit personnel. Nous avons tous été tentés à un moment où à un autre par cette voie. Pire encore tels que nous sommes nous communistes, nous nous sommes sentis coupables de l’échec de l’Union soviétique, nous avons refusé de considérer que cette épopée fantastique est toujours restée dans une rapport de forces défavorable, ce fut un long combat avec un impérialisme qui n’a cessé de dominer. D’immenses victoires ont été remportées dans tous les domaines et la démonstration a été faite que la classe ouvrière, les couches populaires pouvaient inventer un monde nouveau en matière, d’éducation, de santé, d’égalité, de droits humains pour toute la planète. La défaite n’a rien de déshonorant, nous devons simplement en tenir compte pour la bataille telle qu’elle doit être menée aujourd’hui. Il ne s’agit pas de reproduire, il s’agit d »inventer et on ne peut pas le faire sans reconnaitre les vertus et les défauts de ce qui a été accompli.

En revanche j’en veux à ceux qui ont accumulé le malheur sur le malheur en acceptant malgré leur incompétence manifeste des responsabilités qu’ils n’étaient pas en état d’assumer, qui s’y sont accrochés, s’y accrochent encore et ce pour leur seul confort personnel, parce que cela leur permettait d’utiliser jusqu’à la trame le produit de sacrifices de milliers de gens prêts à donner eux leur vie pour leurs idées. Ils ont tout vendu au propre comme au figuré pour s’assurer une vie aisée, des voyages, aussi bien qu’un petit prestige, pour des broutilles quand l’on considère la monstruosité de ce qu’est le capital, le cancer sur nos vies. Ces gens-là ont en général associé à leurs reniements une hypocrisie sans limite, ils ont massacré des individus, ils ont censuré, diffamé tout en prétendant représenter l’humanisme et la vertu par rapport à ceux dont ils brisaient la vie. Ceux-là n’ont cessé de nous culpabiliser, de conforter les idées de la classe domionante et encore aujourd’hui ils prétendent nous ligoter avec leurs pensées courtes et nocives, intéressées, toxiques.

Ils n’ont cessé de nous marginaliser, de nous faire douter de nous, ils ont refusé que nous comprenions un monde en train de bouger et où nos idées ont pris une nouvelle vie, ils veulent continuer à nous asphyxier, le parti est pour eux une agence de voyage de luxe dont les militants ne sauront rien , des adhésions aux pires diktats européens pour avoir le fric de leurs plaisirs. Ils nous ont coupé de tous les lieux de l’innovation autant que de la lutte, de l’entreprise au monde en train de se transformer.

Comme je suis seule ou presque je peux dire ce que personne n’ose encore révéler de la plus grande tartufferie dont nous avons été les victimes.

Ceux-là l’histoire les jugera et les méprisera autant que ce que je puis le faire. Ils ne sont pas nombreux mais il faut s’en débarrasser pour avancer parce que ce sont des pourris de chez pourri.

Je ne suis pas inquiète, je pense qu’il reste de nombreux atouts aux communistes et j’adhère pleinement au choix inauguré au 38 eme COngrès de revenir sur le devant de la scène tel que nous sommes tels que nous avons toujours été, cette masse de dévouement , d’oubli de soi et cette capacité à nous ancrer dans la classe ouvrière, les classes populaires, le monde de la création, de représenter la révolution et sa capacité d’émancipation, pas la violence, celle-ci est la contre-révolution, il faut savoir l’affronter mais pour imposer la paix

Il y a trois hypothèses concernant ce qui n’a jamais été réellement discuté analyse, la nature de l’échec et de la contrerévolution subie, soit c’est l’idée même du communisme qui est liberticide alors là il ne reste plus qu’à aller à droite ou à la social-démocratie. Mais comme l’expérience prouve que à partir du moment où on accepte cette dérive elle ne s’arrête pas à la social démocratie, elle a toute chance faute de résoudre les problèmes qu’elle engendre de n’avoir pour issue que le fascisme. La seconde possibilité est de penser que nous avons été trahis, c’est vrai mais une telle idée seule conduit au gauchisme groupusculaire, donc je pense personnellement qu’il faut la conserver mais la mettre en regard de l’essentiel à savoir la manière dont nous n’avons pas su adopter une stratégie (pas une tactique élmectorale), une stratégie qui aille vers un véritable dépassement, pas celui qui ie la nécessité de l’abolition comme certains qui parlent du communisme pour éviter la question de l’appropriation de la finance et de la gestion des grands moyens de production, avec des buts nouveaux.

Nous avons donc beaucoup de travail et c’est la seule chose qui assure la vie jusqu’au bout, nous n’existons que par et pour les autres, tout le reste nous confronte à notre insignifiance.

Danielle Bleitrach

Je vous propose si vous ne l’avez pas lu de ce texte de marianne qui pourrait être le manifeste de ce blog.

https://histoireetsociete.wordpress.com/2019/04/01/point-sur-la-situation-internationaleintervention-de-marianne-dunlop/#respond

ET CETTE REALITE… L’UN ET L’aUTRE EGALEMENT VRAIS

L’image contient peut-être : 6 personnes, foule et plein air

 

la lutte de l’ange ou la fin d’une petite rondouillarde qui raconte sa vie…

voici dans mes papiers d’archives ce texte écrit hier et qui pourrait l’être aujourd’hui surtout cette image d’une manifestation où elle défile aux côtés des autres en portant SA pancaerte J’AI MAL PARTOUT, en hommage à geneviève legay  (note de danielle Bleitrach)

01FÉV

La fin ou la lutte contre l’ange ou Je joue une petite vieille, rondouillarde, qui raconte sa vie »Hier après-midi j’ai assisté à un cours de cinéma à partir du film d’Agnès Varda, les plages, dans lequel elle pretend reconstituer une autobiographie dont l’essentiel ce sont les autres. J’adore certains cours de cinéma et je me réjouis déjà de la retrospective sur le cinéma iranien organisée par la fac avec présence de specialiste de l’iran et cinéastes. Mais pour revenir à Agnès Varda, je me sentais au milieu des étudiants et des jeunes profs un peu dans le rôle titre, autobiographie du cinéaste mais aussi autobiographie de danielle Bleitrach même si elle a dix ans de plus que moi. J’assume. Elle dit adieu à la vie sans le moindre aspect morbide, elle a vécu et bien vécu et pour fêter ses 80 balais elle produit cet autoportait grave et enjoué pour que selon les mots de Montaigne, il soit destiné « à ce que (‘l’)ayant perdue (ce qu’ils auront à faire bientôt) », ses parents et ses amis y puissent la retrouver telle qu’elle fut. »

ITW Agnès Varda – Les Plages d’Agnès – Vidéo 

dailymotion.com10 déc. 2008 – 7 mn
Interview d’Agnès Varda pour la sortie de son film les plages d’Agnès le 17 Décembre 2008. Retrouvez le 

Entre ces miroirs qu’elle dépose sur la plage, ces cadres où elle apparaît dans une construction en abime et ses bouts du monde vers lesquels elle avance à reculons, elle cherche une forme pour dire ce je avec les autres, alors pas de périodicité chronologique mais des lieux, un lieu, les plages.

Cette petite vieille rondouillarde comme elle se présente avance avec et à côté de l’Histoire comme un personnage de Sempé avec sa petite pancarte personnelle dans une manifestation « j’ai mal partout ». Et moi donc, je me souviens l’an passé à Prague sur les traces d’Heydrich le bourreau, j’avais une double sciatique et une molaire carriée, le nerf à vif. j’ai avalé tant de doliprane sur les traces de kafka qu’en rentrant j’ai fait une jaunisse. Il vaut mieux se ballader seule parce que parfois on rêve mieux comme ça. Elle est conviée à des célébrations, à des retrospectives de photographies du TNP: ils sont tous morts dit-elle en répandant roses et bégonias devant les magnifiques portraits de gérard Philippe. Le Prince de Hombourg saisi en plein jour pour restituer la nuit. Moi aussi j’ai été amoureuse de Gérard philippe, il nasillait un peu mais lui et Vilar venaient dans les lycées. ils y croyaient. Lumière, flou au premier plan et Agnès comme moi qui regarde tous ces gens déjà déjà étrangers, elle reprend un plan, un dialogue, monte autrement… Pour dire la mémoire et sa perte qui s’obstine sur un poème, comme « le juste midi » décrit le cimetière marin dans lequel la famille de jean Vilar s’est installée, les ressemblances et la perte de la mémoire, la famille et la maison d’enfance que l’on visite mais où l’important est le collectionneur de trains qui l’occupe aujourd’hui. Miroir, plages, reflets comme son compagnon Demy atteint du sida déjà mort et encore en vie avec une caméra qui s’approche pour filmer la peau qui est tavelée et le regard pas encore éteint. Mais on dit « adieu » avec facétie par politesse avec la légereté des trapézistes s’envolant sur la plage… La plage est ce tableau de Courbet à Palavas que moi aussi j’aime temps (je viens de faire un lapsus tant est devenu temps). Homme libre toujours du chériras la mer… Ce voyage dans le sillage de Chris marker pour photographier la Révolution chinoise, la découverte que les habits des nourrissons chinois sont de toutes les couleurs.

Ou encore la révolution cubaine et une étrange photo de Fidel Castro avec derrière lui deux rochers qui lui font des ailes, elle commente: « Fidel Castro un grand utopiste avec des ailes de pierre« … Serait-ce l’ange de l’histoire de Walter Benjamin ? Vous savez ce tableau de Paul Klee qui représente un ange ailes déployées dans lesquelles souffle l’espérance messianique et qui avance à reculons en tentant de ramasser les vaincus, les dechets, et qui ne peut retenir ces traces ?  Elle même à plusieurs reprises avance à reculons . Agnès Varda glane dans son passé comme dans son bric à brac et dans l’amas de ses films, sa vie reconstituée sur un marché aux puces. Elle est une glâneuse et au passage avec pudeur montre comment dans les villes certains sont encore obligés de glâner, les vaincus de l’histoire. L’Ange de l’histoire :j’aime garder cette image de Fidel Castro et de tous ces gens disparus que fleurit avec espieglerie et gravité une petite vieille dame enjouée qui me raconte ma propre vie.

Pas de célébration mais le désordre des images prenant sens les unes par rapport aux autres,. Didi Duberman et les traces, le musée, l’atlas de Waburg… c’est une écriture cinématopgraphique qui joue entre documentaire et fiction. L’atlas, le musée de Waburg…Comme une écolière apprenant jadis les départements, les chefs lieux en montant des petits morceaux d’une carte de france.  C’est « le côté puzzle » dit-elle qui lui plaît ». Et elle joue aussi avec un métier, la nouvelle camera numérique lui permet de filmer sa propre main comme le cadrage des miroirs le je devenu jeu. Elle fouille dans le stock des films par exemple La Pointe courte tournée à Sète (1954) du temps que le maire était communiste. Elle confronte la fiction de hier aux adultes, le pétit gamin espiègle a aujourd’hui les cheveux blancs. Le jeu mène la caméra, les protagonistes .Ainsi un écran  sur une charette  est poussée par les enfants de celui qui est représenté dans le film. Ils ne l’ont jamais vu bouger puisqu’il est mort alors qu’ils étaient tout petits. Cleo de 5 à 7, autre attente de la mort dont elle surimpressionne l’errance sur sa propre errance en sens contraire. C’est un jeu perpétuel mais un jeu plein de gravité où passent les fantômes aimés, le père de son enfant Antoine Bourseiller est le jeune soldat qui noue une amitié avec Cloé qui craint le diagnostic de cancer, lui c’est le départ en Algérie.

La plage, chez elle, est l’enfance belge, la guerre passée à Sète, la fugue adolescente en Corse mais aussi le couple, celui qu’elle forma avec Jacques Demy,à Noirmoutier, où après la mort de l’homme aimé elle réalise un documentaire en 2006, Quelques veuves de Noirmoutier.

Ce film est le mien, moi aussi depuis le temps qu’on me répète qu’il faut que je meure, tous ceux qui viennent m’insulter encore hier une disciple de Soral est venue me dire que moi l’inculte, l’ignare, la vieille vivement la prochaine canicule que je crève… ou cette fille qui organise le blog des rouges vifs de charles hoareau qui est venu me traiter de vieille peau il y a un ou deux ans, jamais plus je ne les ai revus… Vieille… Vieille… crève… depuis tant d’années alors même que j’avais le même âge que tous leurs gourous j’ai eu droit à cette répétition « crève la vieille.. »

Alors je suis comme Agnès Varda « Je joue une petite vieille, rondouillarde, qui raconte sa vie » : et je me moque de moi même, l’autodérision est un sport périlleux tant il y a d’imbéciles mais désormais tout cela m’indiffère… Ma vie ressemble à cette cabane faite de pellicules d’un film qui n’a pas été achevé et dans lequel passe la lumière… Dieu que les insultes m’ont fait souffrir, j’étais si vivante et ils voulaient ma mort. Aujourd’hui c’est terminé, je suis entre gravité et enfance en train de laisser passer la lumières dans les images…

Comment vous expliquer allez voir ce film et vous comprendrez, vous en retirerez même un apaisement, la vie est là comme le juste midi, comme l’éclairage du plein jour qui crée la nuit…  On présente souvent la vieillesse comme déchéance physique, c’est vrai, comme une déchéance intellectuelle, c’est parfois vrai également, encore que j’ai parfois l’impression que tout ce que j’a appris, vécu, multiplie les connexions, mais surtout comme le dit Agnès Varda c’est une extraordinaire liberté même quand le premier plan devient un peu flou, un extraordinaire liberté d’oublier, de s’en foutre… C’est l’idée de vivre jusqu’au bout en étant désormais libéré de bien des choses…de bien des conformismes dans lesquels on vous enferme pour que vous ne choquiez pas, pour que vous participiez à un collectif, famille, patrie, parti.. vous n’avez pas envie de  détruire mais  simplement ce pourquoi vous vous êtes enflammé peut être transformé en jeu comme celui des enfants sur la plage, comme ce déguisement ou cette baleine dans laquelle vous vous engloutissez, vous êtes la fiancée du pirate, la fée de peau d’âne et les folies de mai 68. Vous cherchez la  lumière, la chaleur et de la liberté, la plage c’est ça aussi, les jeux de l’enfance, ceux de l’amour et pourquoi ne pas parler de cet émerveillement, de sa source vivre (tiens je voulais écrire vive)…

Dieu que m’ennuie cette campagne électorale ces appels à voter trucmuche parce que c’est le meilleur, ils sont en train de s’agiter avec des pancartes stupides et moi je passe avec mon écriteau « j’ai mal partout »…

Dieu quel rire m’a secouée quand j’ai vu l’indignation que l’on tentait de provoquer autour de mon texte « allez tous vous faire foutre! » et ma dénonciation huluberlu du monothéisme… ou quelque chose comme ça.. Quel bande d’imbéciles en train de rouler les mécaniques, est-il possible de s’exciter pour ça ?  Jadis ces insultes, ces messages de dévots  d’un anti-impérialisme négationniste m’auraient fait de l’effet aujourd’hui je n’ai même pas daigné lire les textes qui faisaient de moi la nouvelle figure de la haine judaïque contre l’innocent chrétien.. On m’en envoyait, je les jetais sans les lire… J’étais occupée à bien autre chose et c’était à un puzzle…

Un de mes amis est en train de mourir, Jacques. C’était un honnête homme, un communiste. Il a 89 ans  et comme me le disait Aragon, « comme c’est long » comme le corps résiste et comme la vie reste là jusqu’au bout.  Sa mère était juive d’une lignée de marchands de bestiaux madrés et trés intégrés au monde rural lorrain. Le grand père Levy était un maquignon rusé qui avait des relations pour le moins distandues avec le Consistoire, la synagogue.  Son ascendance juive était donc enfouie dans la glèbe lorraine et je la croyais oubliée.Dans sa vie avant de devenir expert en tableau auprès des tribunaux il avait fait un long séjour en Tunisie où il avait réellement découvert le parti communiste. Il était communiste en souvenir aussi de ce moment militant, chaleureux où se mêlaient juifs, arabes, français, maltais, il se souvenait de la bibliothèque d’oeuvres marxistes qu’il s’était employé à créer mais sur le fond il était un peu anar et tant que j’ai été membre du Comité central il s’employait à me contredire . Ces derniers temps la seule chose qui continuait à l’intéresser était le débat politique. Il avait cependant des souvenirs cauchemardesques  où il nous décrivait un petit homme qui s’était pendu à Drancy à un porte-manteau …

Hier soir, dans l’attente alors que le vie s’efface, je me suis rendue dans son bureau. Il était comme le reste de l’appartement une véritable caverne d’Ali Baba, objets précieux, tableaux, meubles tout témoignait de son goût et de celui de son épouse. Tout à coup dans un coin, deux chandeliers. L’un comme il se doit à sept branches, celle centrale étant celle du judaïsme et les autres les religions issues de lui, c’est ce qu’on appelle le chandelier juif et à côté un hannoukkia, le chandelier à huit branche que l’on allume pour hanouka. Et ce qui m’a bouleversée aux côtés d’autres objets juifs, l’étoile jaune, celle que les nazis imposaient aux juifs et un peu plus loin un petit insigne mêlant le drapeau d’Israêl à celui de la Palestine. Les larmes me sont montées aux yeux j’ai demandé à son épouse qu’est-ce que c’est, elle m’a répondu: « c’est son coin juif. Il m’a demandé de lui fabriquer cette étoile jaune sur un morceau de soie. » Une fidèle reconstitution…

Sa vie était un puzzle et ces petits vestiges de judaïsme était la pièce qui donne sens à l’ensemble, la plage, le goût des autres, le croisement qui lui est propre avec l’humaine condition.

Souvenez-vous de Belle du Seigneur, le roman  d’Albert Cohen… N’oubliez pas le contexte, l’illusion que la Société des Nations peut empêcher la guerre, les discours vains, 1935, Hitler est au pouvoir, l’Europe est en train d’être séduite comme l’a décrit Brecht dans Arturo UI, l’Autriche devant le cadavre du chancelier Dolfuss se laisse séduire par Richard III, le monstre nazi, le gangster qui étale son imbécilité brutale de commis du trust du chou-fleur. C’est dans ce contexte que    le héros vient séduire la femme qu’il aime déguisé en juif en haillons, un vieillard édenté, méprisé de tous, il lui adresse le plus beau discours d’amour qui se puisse imaginer mais la belle a peur de ce vieillard hideux, il la séduira sous son apparence ordinaire, un bel homme, haut fonctionnaire de la Société des Nations. Et leur histoire est voué au drame de la jalousie, de l’enfermement, à la fuite, l’exode et le suicide…  .

On croit parfois trouver des frères et puis un jour on s’aperçoit qu’ils n’ont rien compris du moins à ce qui vous paraît essentiel et qu’ils exigent de vous une comédie à laquelle vous ne sauriez vous résigner alors discrétement vous déposez sur l’autel de vos humbles déchets, un caillou, encore une particularité il n’y a pas de fleurs sur les tombes juives, le parent, l’ami met un caillou  pour manifester un passage…. Je ne veux plus éprouver cette répulsion qu’Agnès décrit ce temps où des petites filles en tablier de Vichy  chantaient « maréchal nous voilà! » ou encore ce plan où les gendarmes français viennent chercher des enfants juifs pour les envoyer en camp de concentration, vous n’y pouvez rien mais entre vous et moi il y a ces images là et rien que de savoir que vous êtes prêts à remettre ça, la nausée me prend… Alors il y a le flou, une autre image, un tableau, un miroir, un enfant en train de se laver dans une cuvette, jacquot de Nantes… Et alors être vieux est une bénédiction, vous vous émerveillez de ce que la vie vous apporte encore , cette lutte avec l’ange qui vous laisse estropié mais curieux jusqu’au bout. et s’il se trouve un imbécile pour ne pas comprendre vous refermez doucement la porte en lui disant « excusez-moi je n’ai plus de temps à perdre »…

Danielle Bleitrach

Delacroix: Jacob-Israël luttant contre l’ange

Livre de la Genèse, chapitre 32, 23-32 (traduction Bible de Jérusalem)

« Cette même nuit, il se leva, prit ses deux femmes, ses deux servantes, ses onze enfants et passa le gué du Yabboq. Il les prit et leur fit passer le torrent, et il fit passer aussi tout ce qu’il possédait. Et Jacob resta seul. Quelqu’un lutta avec lui jusqu’au lever de l’aurore. Voyant qu’il ne le maîtrisait pas, il le frappa à l’emboîture de la hanche, et la hanche de Jacob se démit pendant qu’il luttait avec lui. Il dit : Lâche-moi, car l’aurore est levée, mais Jacob répondit : Je ne te lâcherai pas, que tu ne m’aies béni. Il lui demanda : Quel est ton nom ? – Jacob, répondit-il. Il reprit : On ne t’appellera plus Jacob, mais Israël, car tu as été fort contre Dieu et contre tous les hommes et tu l’as emporté. Jacob fit cette demande : Révèle-moi ton nom, je te prie, mais il répondit : Et pourquoi me demandes-tu mon nom ? et, là même, il le bénit. Jacob donna à cet endroit le nom de Penuel, car, dit-il, j’ai vu Dieu face à face et j’ai eu la vie sauve. Au lever du soleil, il avait passé Penuel et il boitait de la hanche. »

 
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Publié par le mars 30, 2019 dans CINEMA, HISTOIRE, mon journal

 

je suis épuisée… mais je ne vous oublie pas…

A LA SUITE DE COUPS DE TELEPHONE D’AMIS ALARMES PAR LA TONALITE DE MON TEXTE, JE PRECISE QUE JE NE SUIS PAS MOURANTE, MAIS REALISTE: j’ak 81 ans, je n’ai plus la même force physique, l’écriture est un acte physique qui m’a épuisée et je dois hélas limiter les voyages. Je suis d’une famille de centenaires mais il est clait que même en vivant 100ans, il me reste peu de temps pour accomplir tout ce que je voudrais faire, y compris un voyahe en algérie.

 

voilà j’ai travaillé jusqu’à épuisement de 3 heures du matin au soir pour écrire mes mémoires, enfin la première partie, celle qui traite de mes origines et de ma vie jusqu’en 1994, mes responsabilités politiques et ce que tout cela m’inspire par rapport aux tâches d’aujourd’hui.

Quand je sors j’ai la tête qui tourne, le travail intellectuel m’a toujours fait cet effet-là. je disais souvent à mes étudiants: tant que vous ne sentez pas la colonne vertébrale dans votre bulbe rachidien, vous ne savez rien du travail intellectuel. On imagine souvent l’intellectuel comme quelqu’un qui échange dans un milieu convivial, il existe des moments de ce type mais ils sont rares. Le travail intellectuel, l’écriture exige une grande solitude qui prend parfois des aspects angoissants et dépressifs. Les « mémoires » vous confrontent encore plus à cette solitude puisque un grand nombre de ceux que vous faites revivre ont disparu, soit qu’ils soient morts, soit que vous les ayez perdus. Vous rêvez de rompre cette solitude, comme je l’ai toujours fait dans mes autres livres, le dialogue est une manière de jouer avec les nécessités de l’écriture. mais là c’est impossible.

Il y a encore avec cet épuisement physique, la tête qui me tourne quand je m’arrache à l’écriture, qui m’annonce que le temps m »est compté. Je dois vite très vite aborder le deuxième volume celui de mon engagement intertionaliste. Il débutera par l’Algérie et l’actualité est là. Ces derniers jours, je n’ai pensé qu’à ce pays aimé. Comme nous tous je me félicite de ce qui s’y passe mais je m’inquiète aussi. Ne sommes-nous pas devant une nouvelle Syrie.

Il me reste un chapitre à écrire qui cloturera ce premier volume, la rencontere avec Boris Ponomarev au kremlin. Je ne me souviens plus de sa date exacte, il faut que je la retrouve. Et le premier volume sera terminé en s’ouvrant sur le monde.

Il me reste peu de temps. Je n’irai pas en Hongrie le 22 mars, j’ai déjà mon billet, mais je n’ai pas la force dans l’état où m’a laissé cette écriture et avec tout ce qu’il me reste à accomplir. Si je dois me déplacer ce sera l’Algérie mon ultime voyage. je n’aurai pas la force comme cela serait nécessaire de retourner à Cuba, il m’est impossible d’écrire sans ménager mes forces physiques.

Ceci vous explique que j’ai un peu abandonné ce blog. marianne avec qui je demeure en contact pratiquement tous les jours prépare un voyage par le transibérien jusqu’à Pékin. Nous sommes toutes les deux dans nos échanges convaincus de la nécessité d’un travail collectif sur la manière dont les communistes de par le monde pensent la situation actuelle.

Nous allons continuer à provoquer cette réflexion, c’est aussi la raison pour laquelle mes dernières forces doivent être consacrées à ce deuxième volume.

amitiés à vous tous chers lecteurs de ce blog.

Danielle bleitrach

 
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Publié par le mars 11, 2019 dans mon journal

 
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émouvante photo de la police protégeant les valeurs de la République

 
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Publié par le mars 3, 2019 dans mon journal

 

lettre aux lecteurs de ce blog.

A l’occasion de l’écriture de mes mémoires, j’ai repris contact avec bien des anciens camarades quel que soient leur positionnement. Plus j’avance dans leur rédaction (de mes mémoires) plus je suis consciente des difficultés de la période que nous venons de traverser et il ne me vient pas à l’idée de considérer que ceux qui ont fait des choix différents de moi étaient moins communistes que moi. J’apprécie souvent les individus mais je n’ai pas la même opinion qu’eux sur une ou autres questions.

les grandes lignes forces de débat en ce qui me concerne sont d’abord l’organisation et le rôle du parti dans la situation que nous traversons et ce qui va avec l’appréciation de la situation internationale, la crise de l’impérialisme.

cela mérite débat et pas anathème, beaucoup de choses se sont joué pour moi dans le fait que je me suis retrouvée à Cuba après l’effondrement de l’URSS. Ce n’était pas la même chose que d’être en france ou en Europe. je crois qu’il faut que l’on mesure certains traits de la personnalité française, à savoir une mentalité colonialiste qui nous fait croire que nous savons tout sur le monde entier et outre ses formidables capacités de résistance, Cuba m’a aidé à un peu sortir de cette vision étroite. Il n’y a pas que du mauvais dans l’approche française, non seulement comme le constate marx, nous sommes le pays de la lutte des classes, même si ajoute-t-il nous ne savons pas très bien où nous allons. Ensuite je pense que nous avons un sens de l’universel qui passe par la nation, ce qui n’est pas négatif, les Cubains aussi, les Chinois également. les Russes c’est ce qui fait leur charme sont plus « messianiques »…

la rencontre avec marianne a joué également un rôle décisif dans mes orientations. Cette rencontre a donné ce blog, fournir de l’information sur ce que nous croyons connaitre et que nous ignorons.

Donc si je suis intéressée par le débat, il y a deux choses que je ne supporte pas. La première est d’accepter des responsabilités et s’y accrocher alors que visiblement on n’est pas fait pour un tel rôle. La seconde est la censure qui accompagne immanquablement cette usurpation de responsabilité. Comme on n’a pas d’arguments on fait taire et on abaisse le niveau. C’est ce qui a été mené depuis des années à la tête du parti et de la presse communiste.

En dehors de ces gens, j’ai été ravie de constater en reprenant contact avec des générations de camarades que le souvenir que j’avais laissé était celui de quelqu’un de loyal autant que dynamique.

Cela m’a été une grande joie et même si je suis débordée par mon travail d’écriture, même si Marianne est en train de préparer un voyage collectif par le transibérien jusqu’en Chine à la frontière coréenne, nous allons tenter de continuer à jouer notre rôle.

Je voudrais dire que mes mémoires sont une ode à l’engagement communiste et je découvre à quel point cela m’a apporté, aussi je vais intituler celle-ci « mémoires d’une communiste » avec une première partie en voie d’achévement intitulée: l’imparfait du subjectif ». Pour dire que les mémoires ne suffisent pas, elles sont forcément partielles et partiales. Il est indispensable qu’intervienne un travail collectif qui complétera le début de ce qui s’est réalisé à notre dernier congrès.

danielle bleitrach

 
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Publié par le mars 2, 2019 dans mon journal