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Hier à Marseille, un manque d’intelligence et de sensibilité…

je sais pourquoi j’ai supprimé tant de gens de ma liste d’amis facebook,peut-être parce que j’espérais éviter le ridicule de la conduite de quelques membres du PCF hier à la manifestation contre l’antisémitisme à Marseille. Dans toute la manifestations, il n’y avait pas un drapeau, pas un signe de reconnaissance, rien si ce n’est des plaques préparées par les organisateurs: « NOn à l’antisémitisme ». Pas un drapeau avec le magden David, le drapeau israélien. Rien c’était digne, rien sauf des membres du PCF en plein délire avec des drapeaux et une folle de ma cellule qui avait cru bon de venir avec un drapeau palestinien, en volonté manifeste de provocation et en violation des décisions. Tout le monde se moquait d’eux et tentait de les faire renoncer. Des pauvres vieux qui s’accrochaient à leurs signes en péril. J’ai tenté de leur dire que c’était contreproductif. La vieille femme avec son drapeau m’a dit : « vous êtes juive! alors nous on vous protège! » Elle était pathétique et je me disais que malgré son incapacité à considérer qu’elle avait affaire à des Français comme les autres, il y avait en elle les restes d’une histoire désavouée par les siens, celle du temps où l’armée rouge libérait Auschwitz.

je me suis écartée et j’ai retrouvé d’autres membres du parti qui en avaient fait autant tant ils étaient choqués de cette volonté de provocation. Je me suis dit que ce n’était plus une question politique, simplement une question d’intelligence.

Marseille était entièrement bloquée, dans la journée un malade avait attaqué des passants à coup de couteau et il avait été abattu par la police. Je me disais comment les algériens de Marseille ou les africains, nombreux sur la canebière où la circulation était interdite, victimes d’un acte raciste, comprendraient une manifestation de soutien dans laquelle des communistes viendraient leur dire: « Nous vous soutenons contre le racisme dont vous êtes victimes, malgré que vos corrélégionnaires soient des saloparads de Daech ou des Saoudiens qui décapitent les homosexuels et affament les yéménites. »

Ce n’est plus une question de politique, c’est simplement de l’intelligence et de la sensibilité aux autres. Ce manque d’iintelligence et de sensibilité je l’avais rencontré toute la journée sur facebook avec tous ces gens qui se croyaient obligés de lier leur condamnation de l’antisémitisme à leur « antisionisme ». Ce que personne ne leur demandait. il ne pensaient jamais qu’il pouvait y avoir des juifs, le judaisme n’étant pas une question de religion mais de famille,qui n’avaient jamais mis les pieds en israêl,et qui se considéraient comme parfaitement français et à qui cette vieille folle qui n’écoutait personne disait « Toi juive pas française,, toi y a bon banania, nous bons coco sommes là pour te dire que malgré que tu pueset que vu ce que tu fais en Palestine, tu as bien mérité l’extermination, on te protège! »

Parce que ne croyez pas que cette incompréhension du Juif, les rendent plus proches de leurs concitoyens musulmans, d »origine immigré. La même folle de ma cellule, qui est venue avec un drapeau palestinien, quand j’ai amené dans la cellule un nouvel adhérent algérien, comme il me suivait pour le vote dans le congrès l’a traité avec forces grimaces et mépris de telle sorte qu’il n’est pas revenu. Moi qui demande le respect pour les citoyens français de famille juive, je peux aisément avoir le même respect pour les gens de confession musulmane et je me sens en parfait accord partout y compris dans les parloirs des prisons avec ceux qui sont d’abord des êtres humains, vivant des vies difficiles et préoccupés de l’avenir de leurs enfants.

Je vis avec ma famille algérienne, avec ma fille Djaouida, je suis entourée de leur affection attentive, jamais je n’ai eu la moindre remarque d’eux et de leur proches sur le fait que j’étais juive, au contraire, il y a même un préjugé ‘les juifs sont malins, c’est un chance d’en avoir un avec soi ».Sur la Palestine mais aussi sur la Syrie où ils sont pour Bachar el Assad et pour Poutine, je partage leur point de vue sur qui est Netanyoun, sur le sort réservé aux Palestiniens. Les Algériens adorent la politique et en particulier au plan international et il m’arrive de partager des discussions sur le bassin méditerranéen très informée de leur part. .D’ailleurs, le centre ville bloqué, il y avait beaucoup de monde sur la canebière et dans les rues autour, une majorité de français d’origine maghrébine, à deux pas de la manifestation contre l’antisémitisme. IL n’y a pas eu la moindre intruision,pas le moindre drapeau palestinien, sauf celui de la folle qui s’vère incapable de parler correctement à un nouvel adhérent algérien et qui le fait fuir.

Tout cela me bouleverse à un point tel que non seulement je n’ai plus envie d’alimenter ce blog, mais de poursuivre l’écriture de mes mémoires, c’était une réflexion mais aussi une célébration de l’engagement communiste. Si je suis encore nourrie au plan international, le ridicule de ce à quoi je suis confrontée me bloque, c’e’st une sorte de cauchemar. Je me dis j’ai adhéré à ce parti parce qu’ils s’étaient magnifiquement conduit jadis, parce qu’ils étaient proches de ceux qui souffrent. Tout cela s’effondre, ils sont devenus antisoviétiques, parfois antisémites et ils se sont coupés du monde du travail. Quel rêve je poursuis encore?

Pour ne pas rester sur cette note désespérée, après la manifestation nous sommes allées diner dans un bar de l’opéra avec deux copines de la cellule dont l’une est devenue une amie même si en bonne légitimiste elle a voté alors pour la base commune,nous avons appris à nous connaitre et nous avons parlé de ce que représentait ce parti pour nous, comment grâce à lui notre vie avait été riche et belle ou que nous soyons… nous avons ri en parlant du film « ce qui me reste de la révolution », qu’elle est allée voir sur ma recommandation et nous nous sommes senties syncro avec la jeune femme qui tente de recréer le monde à quelques uns…

 

danielle Bleitrach

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Publié par le février 20, 2019 dans mon journal

 

A propos de la multiplication des tags antisémites.

Le portrait de Simone Veil sur une boîte aux lettres recouvert de graffitis antisémites, le 11 février 2019 à Paris.

Disons tout de suite que j’ai du mal à croire à cette prolifération de croix gammées comme un accès « spontané » d’antisémitisme, au même moment où certains tendent de nous convaincre que toute révolte populaire est marquée du sceau du populisme donc que des loups sont entrés dans Paris… Que la violence nous menace tous et ce en parfaite contradiction avec les faits et le nombre de morts, d’estropiés exclusivement du côté de ceux qu’on accuse de violence. Ce genre de campagne enveloppe trop bien à la fois ceux que l’on veut déconsidérer, les banlieues et les gilets jaunes devenus des « beaufs ». Il s’agit peut-être de donner son axe à la campagne de Macron, ce sera lui ou les fascistes de Le Pen.

Je vais vous dire ce que j’en pense de là où j’interviens. Je vais dire Nous les Juifs, parce que chacun sait non seulement mon origine mais mon allergie à l’antisémitisme et à toute forme de racisme, quel que soit celui qui se permet le moindre écart. Mais je crois que nous les juifs nous avons acquis à nos risques et périls un tel effet de marque dans ce domaine qu’il est aisé de nous utiliser. Ainsi, même en Pologne, il y a eu un gang qui pillait les synagogues pour le fric, rien que pour le fric et qui laissait pour égarer l’enquête quelques croix gammées de ci de là… Peut-être certains font-ils de même pour continuer à piller le peuple français. J’attends les résultats de l’enquête.

Je suis en train d’écrire mes mémoires et elles débutent par un dialogue avec Monika dans un voyage en Pologne. Il s’agit de mes origines, mais aussi de là où le siècle précédent saigne, d’où est partie la chute du communisme européen. Je constate que ce pays se vante d’avoir deux prix Nobel, excusez mon propos mais ce sont deux salauds de première: Begin et Walesa… de ce constat a jailli cette nuit cette méditation iconoclaste sur la question juive.

En pensant au texte collectif signé par Einstein et Hannah Arendt (1), entre autres, mettant en garde le monde contre l’apparition d’un fascisme juif en la personne de Begin, je souris malgré moi. Il n’y avait effectivement aucune raison pour que deux juifs allemands qui sortaient à peine de l’expérience hitlérienne supportent le moins du monde un fasciste fut-il juif. Peut-être que cela remonte plus loin encore, souvenez-vous de Döblin, juif allemand évolué découvrant l’univers hassidique en Pologne. Il n’y avait aucune raison pour que deux juifs allemands proches de Döblin aient quelques accointances avec un juif polonais qui se prenait pour un aristocrate polonais et en adoptait les visions rétrogrades contre d’autres sémites, je veux parler de Begin. Quand on étudie un peu son parcours, il est fasciste polonais jusqu’à la moelle, antisoviétique d’une manière qui laisse loin derrière lui Jean-Paul II. Il ne devient pas un fasciste juif, il l’a toujours été en tant que Polonais.

A propos de juifs polonais, ils ont subi une transition accélérée, ainsi des siècles me séparent de mon propre grand-père, qui, selon la coutume familiale, partout où il allait fondait une synagogue selon le rite polonais. Il croyait que la terre était plate et quand j’ai essayé de lui expliquer comment à partir de Copernic, on a pu envisager d’en faire le tour, il m’a demandé qui était ce Copernic. J’ai dû avouer qu’il s’agissait d’un moine polonais. Il s’est écrié « Et tu crois ces gens là! ».

Son hostilité caricaturale à tout ce qui n’était pas juif, je l’ai bien souvent rencontrée, y compris chez ce rabbin, vaguement parent, déclarant « je suis pour les mariages mixtes! » il faisait allusion aux ashkenaze et séfarades. Sauf dans de rares cas, il ne s’agit pas de l’hostilité de l’antisémite ou du raciste à l’égard de l’autre, mais d’une sorte de non existence, une coexistence où l’indifférence sur l’essentiel est la règle. J’ai rencontré quelque chose de semblable dans la conception de l’espace africain. Les morts sont là éternellement présents, et les chemins dans le vaste monde n’existent que si on peut faire halte chez un ami, un parent, un frère étant donné que les Africains sont frères, ça fait du monde. La manie du blanc, selon eux, d’aller n’importe où et en particulier là où il n’a rien à faire, leur parait étrange.

Ainsi, alors que je revenais de mon dernier voyage en Pologne, je revois cette femme, qui, comme moi, attendait l’ouverture d’un magasin Darty, boulevard Cantini à Marseille. Elle s’est adressé à moi et au bout de 5 minutes j’ai su que j’avais affaire à une juive. Elle était blonde, de ce blond oxygéné typiquement marseillais, mince et rien n’aurait dû m’alerter. Rien si comme d’habitude je savais… Je voulais vérifier mon intuition, je lui ai dit que j’arrivais de Pologne, du côté d’Auschwitz, etc… Et à ma question directe, elle a protesté « Vous faites complètement erreur, c’est mon mari qui est ashkénaze, moi je suis séfarade ». Et elle s’est embarquée dans une bizarre description de tous les lieux touristiques en Europe, les Ghettos, les synagogues, les cimetières… « prenez Livourne, me disait-elle, quand on pense à la réputation de cette ville, et bien il n’y a rien à voir, strictement rien ». Elle parlait bien sûr de la présence juive. Au nom de quoi nous sommes-nous reconnues? Je l’ignore, mais le fait est. Mais cette reconnaissance mutuelle engendrait un espace et un temps tout à fait particulier. Je le répète comme les Africains qui eux aussi ont quelque raison de douter du caractère désintéressé de ceux qui s’adressent à eux. Mais qui eux aussi peuvent en tirer une espèce de vocation au sauvetage de l’humanité.

Prenez les discussions talmudiques, depuis toujours elles reflètent un questionnement sur la nature de notre « élection », Woody Allen réclamant d’ailleurs que de temps en temps on nous considère « en ballotage »: Sommes-nous « élus » pour accomplir le destin du peuple juif ou le sommes-nous pour toute l’humanité? Les chrétiens ne sont pas plus éclairés, quand déjà ils sortent de leur « peuple déicide », c’est comme Saint Augustin, Pascal, pour affirmer que les juifs sont la preuve de l’existence de Dieu. En gros, je résume, pour s’obstiner au nom de leur foi à vivre dans des conditions aussi ignobles, il faut vraiment que les Juifs aient à témoigner de quelque chose. Mais poursuivent ces bons apôtres, devisant aimablement sur « notre » cas, ce sont des êtres trop vils pour voir la splendeur du Christ, donc ils continuent à l’attendre, ils l’ont raté. Selon cette logique, nous voilà condamnés éternellement à stationner dans une gare du Birobidjan qui ne mène nulle part malgré les panneaux indicateurs écrits en Yiddish où à chercher du côté du Sinaï un tombeau de Moïse qui n’existe pas plus. Freud avait résolu la question en disant qu’il valait mieux aller ailleurs que dans ce lieu où les religions monothéistes étaient condamnées à s’écharper et d’ailleurs, il a écrit un texte passionnant sur le fait que Moïse n’était pas juif, mais un prêtre égyptien disciple d’Akhenaton (2). Je crois que Freud, Hannah Arendt – dont les écrits sur les juifs constituent la partie la plus intéressante de l’œuvre – eux et tant d’autres, nous sommes bien convaincus qu’il n’y a aucune gloire à appartenir au peuple juif, mais qu’il est difficile d’oublier qu’on l’est, comme d’ailleurs de devenir psychanalyste si on ne l’est pas.(3)

Alors pourquoi ne pas y renoncer quand on ne croit plus en Dieu en particulier. D’abord parce qu’on ne demande à personne de renoncer à être Breton ou Corse, et de se sentir redevable à ses parents. Mais même si on veut s’en débarrasser, tout le monde paraît avoir à cœur de vous le rappeler. Pour Freud, cette appartenance était une propension à la psychanalyse, vu qu’illico on devient un oracle en ce qui concerne tout le mal-être de l’humaine condition, un mythe sur pattes. Autant vaut s’en accommoder en prenant l’habitude d’assumer en cherchant toujours à partir de cette expérience initiale du ghetto un chemin vers l’universel. Le communisme semblait fait pour tout concilier et l’URSS, est apparu comme le Yiddishland pour l’humanité enfin unifiée après l’apocalypse.

C’est sans doute un moment historique, mais on peut dire qu’il dure… du moins dans l’esprit malade de ceux qui ont si peur du présent et de l’avenir qu’ils sont toujours « à rebours » pour nous y mettre dans les chambres à gaz qui selon eux n’ont jamais existé. Mais à côté de cela, il peut y avoir des petits escrocs qui jouent à bon compte avec la manière dont le nazisme a dû singer la révolution pour se faire accepter. Encore une de mes méditations du moment. Quand le capital ne sait plus quoi inventer pour perdurer, il imagine une révolution qui ne touche surtout pas au Capital. Dans ce cas-là la cible juive est inévitable comme celle du ventre des femmes devenu la garantie de la virilité masculine. Il est clair que si l’on en reste à ce niveau là, utiliser Simone Veil, la couvrir de tags et d’épithète haineuse remplit parfaitement le rôle que l’on donne à cette campagne.

nous autres juifs, il faut bien le reconnaître nous représentons l’avantage de l’antériorité de la détestation. En matière de signes, de symboles, l’Eglise catholique, cette institution millénaire est une valeur sure. Les autres églises chrétiennes bien que rivalisant en matière d’antisémitisme, il faut lire Luther, ne lui arrivent pas à la cheville, peut-âtre parce qu’elle a institué la frustration sexuelle de ses prêtres en pilier de sa foi. A partir de ce matériau de base, la ré-interprétation s’avère plus aisée. Comme toutes les valeurs théologiques de bon niveau, nous permettons pour les esprits débiles l’unité des contraires: unir le capitaliste et la révolution bolchevique pour les nazis et leurs disciples actuels. Unir aujourd’hui les nostalgiques des nazis de toutes obédiences, y comrpis ceux qui se croient d’extrême-gauche, en mêlant deux haines qui se regardent pour tant en chien de faïence, celle des banlieues, celle type gang des barbares et les djahadistes fous avec les beaufs supposés, disciples ruraux supposés d’Etienne Chouard et de Soral et Dieudonné. C’est la nef des fous, trouver un dénominateur commun à tous les fantasmes est mal aisé, alors on ressort le juif, une valeur sure. Pour tout le monde y compris ceux qui veulent décridibiliser le mouvement de protestation.

Quand est-ce qu’on arrête cette accumulation imbéciel de stéréotypes ?

Peut-être est-ce là le fond de ces mémoires dans lesquelles je ne cesse d’affirmer que le communisme pour moi a été certes une « prise de parti », mais aussi et surtout un choix de civilisation. Cette option n’est pas uniquement celle des Juifs ou des Africains, voir des Chinois ou encore des Cubains, je l’ai retrouvé chez bien des camarades. On adhère à un syndicat pour se défendre, mais l’engagement communiste avait aussi une dimension culturelle et anthropologique originale.

Danielle Bleitrach

(1) Il s’agit bien sûr de la célèbre lettre au New York Times du 2 décembre 1948

(2) Il s’agit de l’homme Moïse et la religion monothéiste. Était-ce pour se dégager de cette appartenance qui effectivement prend parfois des allures de papier tue-mouche, je ne le crois pas. Avec un minimum d’intelligence on considère vite l’entreprise comme étant impossible et donc le plus simple est de tenter de rationaliser. Dans ce cas-là il s’agit plutôt de la position de Dieu ou celle de l’analyste.

(3) Vous remarquerez le désaveu que subit cette discipline depuis que la culture judéobolchevique en a pris un coup ou plusieurs. Ce sont des univers imbriqués les uns dans les autres.

 
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Publié par le février 12, 2019 dans mon journal

 

Lassana Bathily s’engage aux côtés des communistes pour les élections européennes

  • La première partie de mes mémoires, mais pour le moment j’en envisage encore quatre ou cinq donc deux volumes, est terminée. J’ai eu la chance de bénéficier déjà de plusieurs collaborations dans la rédaction et surtout dans la mise en forme, Monika,mais aussi Michèle.Cette dernière qui lit ce qui est déjà rédigé me dit « cela donne envie d’être communiste! » C’est le but… Mais des communistes qui prennent un autre chemin que les ornières de ces vingt dernières années.  J’ai des échos de ce qui se passe et je puis vous assurer que ce qui monte unanime est la satisfaction  envers une pareille liste. Malgré le peu de publicité faite autour de ce meeting celui de Marseille a connu une affluence, des camarades qui n’avaient plus leur carte depuis lontemps m’ont téléphoné pour me dire qu’ils se retrouvaient dans ce parti là…Presque, la fédération des Bouches du Rhône reste en elle-même telle que… Il suffit d’aller voir leur site pour mesurer la manière dont elle prend part au combat pour les Européennes… C’est vraiment minable alors qu’il y a un tel espoir. personnellement, j’ai renoncé à cohabiter avec eux, et je mesure à quel point ils sont prêts à être dépassé par l’élan de confiance y compris dans le département. Pour le moment, la liste est créditée de 2 à 2,5%, c’est-à-idre exactement là où ils ont conduit le parti, mais la seule solution est d’agir comme certains ont le courage de le faire, d’arrêter les cuisines et les tambouilles habituelles. (note de Danielle Bleitrach)

L’homme qui avait caché des otages lors de l’attaque terroriste de l’Hyper Cacher à Paris, en 2015, présidera le comité de soutien de la liste du PCF.

Lassana Bathily reçoit la nationalité française, le 20 janvier 2015, à Paris.
Lassana Bathily reçoit la nationalité française, le 20 janvier 2015, à Paris. (ERIC FEFERBERG / AFP)

« Je suis fier qu’il soutienne ma candidature. » Ian Brossat a convaincu Lassana Bathily de piloter le comité de soutien des communistes pour les élections européennes, informe RTL, mardi 5 février. L’homme qui avait caché des otages durant l’attaque de l’Hyper Cacher, en janvier 2015 à Paris, sera président du comité de soutien du PCF, aux côtés de l’élu de la capitale.

« Au moment où l’extrême droite menace partout en Europe, sa personnalité et son parcours portent un message d’espoir », a confié l’adjoint au logement de la ville de Paris au HuffPost, mardi. Selon l’équipe du candidat, c’est la« montée de l’extrême droite et du populisme, en France et en Europe, qui l’a incité à franchir le pas« .

La liste menée par Ian Brossat est composée à 50% d’ouvriers et d’employés. La numéro 2 est Marie-Hélène Bourlard, ancienne ouvrière dans le secteur du textile dans le Nord, vue dans le documentaire Merci Patron de François Ruffin. D’après plusieurs sondages cités par le JDD, le PCF est crédité de 2% à 2,5% des intentions de vote.

 
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Publié par le février 10, 2019 dans actualités, mon journal, POLITIQUE

 

Vous pouvez m’aider

aujourd’hui je n’ai rien publié… j’ai quelques excuses, mais le rythme devrait décroître de toute manière…
Quelques nouvelles rapides: hier j’ai été escroquée à la carte bleue par un faux chronopost. Un copain qui avait réussi à récupérer le livre que j’avais écrit jadis : « un bouquet d’orties » et qui était déjà de l’ordre de l’autobiographie me l’avait envoyé, d’où le fait que je ne me suis pas méfiée et j’ai envoyé mes coordonnées bancaires contre annonce de l’attente d’un colis. L’après-midi fut une course folle pour tenter de faire opposition bancaire par téléphone. L’appel à un informaticien très sympathique et pas très cher pour me nettoyer mon ordinateur, parce que je croyais que cette aventure avait quelque chose à voir avec le maître chanteur aux vidéos pornographiques… Donc cet informaticien est très gentil mais son seul défaut est qu’il a la manie de vouloir m’expliquer comment ça marche alors qu’il y a des limites à mes capacités à la modernité. Tout cela a pris beaucoup de temps, je paniquais et j’insultais tous ceux qui me disaient la phrase fatidique « Il ne faut jamais donner ses coordonnées bancaires. » Pourtant j’ai tout de même réussi à bien avancer dans mes mémoires et je me suis dit que si certains d’entre vous avaient un souvenir me concernant cela pourrait d’une part m’aider à rebondir, d’autre part à vaincre la malédiction de l’imparfait du subjectif de l’autobiographie. Merci donc de ce que vous m’apporterez dans ce domaine.
Danielle Bleitrach
 
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Publié par le février 1, 2019 dans mon journal

 

Les batailles d’aujourd’hui : le Venezuela et d’autres…

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Mon engagement n’a jamais été aveugle mais il s’ancre sur la conscience des périls qui nous menacent tous.

J’ai beaucoup à dire sur le Venezuela, sur le fait qu’à l’inverse de Cuba, il n’y a jamais eu un parti communiste à sa tête et que le chavisme n’a jamais eu les dirigeants politiques à la hauteur des espérances populaires, mais ceux issus de la rente pétrolière. Il suffisait de tenter d’y vivre pour le savoir et je dois dire mon respect à ceux qui ont toujours privilégié le fond sur le caractère décevant des jeux politiques comme les communistes ou notre ami Romain Mingus. Ils n’ont jamais failli et je reste à leurs côtés.

Mais aujourd’hui où l’impérialisme veut mettre à genoux toute l’Amérique latine, y faire régner encore plus de corruption, encore plus de mépris du peuple, encore plus de pouvoir pour oligarchie de vendus, l’offrir aux tortionnaires complices, mon choix est fait il faut se battre aux côtés de Maduro. Cette bataille est mondialisée et tous les postes que nous abandonnons rendent nos combats plus difficiles.

C’est une illusion que de croire que nous pourrions ignorer tout ce qui n’est pas la France, ne serait-ce que parce que la stratégie de ceux qui nous gouvernent, de notre capital est mondialisée. Si le lieu privilégié pour combattre est notre pays, un parti qui représenterait une avant garde indispensable ne peut ignorer que sa stratégie doit se déployer dans cette mondialisation et sur une cinquantaine d’années, autrement un syndicat suffit et encore celui-ci risque fort d’y perdre sa dimension de classe pour n’être plus qu’un lieu d’adaptation au diktats du capital.

La conscience de tout cela reviendra avec la nécessité d’un combat de plus en plus dur, de plus en plus périlleux et qui devra nécessairement se donner comme objectif la conquête du pouvoir…

Danielle Bleitrach

 

Ma position politique : le vif et le bel aujourd’hui du combat communiste.

Parce que j’ai été communiste, j’ai eu la plus magnifique des vies, des souffrances comme tout le monde, mais elles furent à la hauteur de tout ce qui m’a été apporté. J’ai rencontré des hommes et des femmes partout qui comme moi étaient communistes. Grace à eux j’ai découvert leur pays, ils me l’ont donné en partage comme s’il était le mien. Cette photo de moi à Cuba dit un de ces moments privilégiés, qui n’a pu l’être que parce que grâce à mes camarades cubains, il n’y a jamais eu de tourisme, mais des luttes fraternelles qui rendaient tout plus beau, plus vif, plus exigeant. Partout où j’allais, j’en revenais avec la nécessité d’un combat. Aujourd’hui, c’est le  Venezuela, les contradictions qui déchirent cette immense terre sauvage, le rôle de la Colombie, le pourrissement de la drogue venue de cet allié des USA. Je sais à quel point l’ennemi qu’ils affrontent est impitoyable. Au Chili, il a été capable de torturer des enfants devant leurs parents pour faire parler ces derniers. Quand vous découvrez que les pédagogues de la torture la plus abominable viennent de la douce France, d’abord un Klaus Barbie en Bolivie puis partout les experts de la guerre d’Algérie et que vos compatriotes continuent à se prendre pour le sel de la terre et donner des leçons de démocratie à l’humanité, alors que nos dirigeants interviennent comme pilleurs en votre nom partout… Vous vous sentez humilié par ce que ces ordures font et la manière dont on couvre leurs agissements en se prenant pour des donneurs de leçon universels…

Ce combat je ne le déserterai jamais, pas plus que je n’accepterai l’injustice chez moi. C’est presque de l’égoïsme pour moi que de penser ainsi, pour aimer la vie comme je l’aime, pour sentir la jeunesse en moi à 80 ans j’ai besoin de continuer à penser et à agir ainsi. Il y a un pacte de jeunesse dans l’adhésion au communisme, celui de vivre dans l’avenir que l’on ne verra pas mais auquel on contribue dans l’anonymat, le désintéressement… Aimer la vie à en mourir…

En France, au dernier Congrès, j’ai contribué à ce que le Manifeste l’emporte, j’ai soutenu et je soutiens toujours le nouveau secrétaire Fabien Roussel issu de ce mouvement salutaire des communistes pour se ré-approprier leur parti, pour retrouver leur fierté, pour reprendre pied dans le monde des exploités mais aussi de l’innovation. Sur bien des points je me félicite qu’il ait su opérer un retour du parti vers les fondamentaux de la lutte des classes et le monde du travail.

Mais vu mes centres d’intérêts je ne puis accepter qu’au niveau international en particulier l’ancienne équipe ait encore tout en main pour y pratiquer la politique pseudo démocratique orientée par l’UE, que des touristes de luxe bénéficiant de l’argent déversée par l’UE continuent d’autant plus à duper les militants qu’ils détiennent tous les leviers de la presse communiste et de la formation, l’idéologie, la culture. Le tout pour nous infliger leur censure, leur diffamation des communistes qui ne pensent pas comme eux et continuent à ruiner le parti avec des sondages, des contrats publicitaires, tout une manière de gérer le parti qui ne mène nulle part. Accepter ce serait trahir tous ceux qui encore aujourd’hui se battent, par exemple en Ukraine, du côté du Donbass. Ils ont pour moi des yeux , des visages, des sourires et des larmes comme les mères d’Odessa.

Ces gens là, cette gauche, celle des fabius, Le Drian et autres Gluksman, le peuple français les vomit pour la manière dont ils ont servi le capital contre les droits des exploités et encore ils ignorent les crimes qu’ils ont cautionnés et continuent à appuyer partout dans le monde, les femmes, les enfants, les vieillards fuyant leurs bombes en se jetant dans la méditerranée devenue leur sépulcre… Et nous n’aurions d’autre avenir que de rejoindre ces faillis ? Nous n’aurions d’autre choix que de disparaitre dans des fusions avec la petite bourgeoisie? cela ne correspond à rien de l’expérience de ma vie, je ne puis m’y résigner et je crois que d’autres rassemblements, d’autres majorités peuvent se construire si la perspective est défendue et si justice est rendue à ce que fut réellement le communisme, à tout ce qu’il a apporté à l’humanité. Certains sont tellement effrayés par la régression de nos idées, la manière dont nous avons été décriés qu’ils proposent d’éviter le sujet, ce n’est pas mon avis. Il est temps d’affronter la réalité au lieu de subir celle de nos ennemis.

Le compromis tel qu’il a été fait ne choisit pas cette voie et entretient mensonges et illusions sur ce qu’ont été les communistes et ce qu’ils sont aujourd’hui dans le monde. Je ne peux donc y adhérer. On me demande de mentir, au moins par omission, je le refuse.

Parce que certaines fédérations ont triché et ont envoyé des délégations homogènes au Conseil national en faveur de l’ex-secrétaire et de son équipe, la direction du PCF est le fruit d’un compromis perpétuel avec des gens qui ne rêvent que de se fondre dans la social démocratie et d’un retour au congrès de Tours et qui dans les secteurs dont ils ont la charge appliquent cette politique et continuent à massacrer moralement à défaut de pouvoir le faire physiquement les militants qui restent révolutionnaires.

Partout en Europe, en Asie, en Afrique des foules immenses se rassemblent pour dire leur refus de ce monde là… Les communistes indiens, ceux du Soudan et tant d’autres aujourd’hui en mouvement ont-ils eu besoin des services de « josiane » la maison de publicité qui nous a fourgué un logo ridicule à un prix prohibitif pour entendre ce que disent les foules? Le communisme est-il une marque à dépoussiérer pour la rendre compatible avec ceux qui ont porté macron au pouvoir? Il faudrait que j’ai la plume incendiaire d’un pasolini pour dire le grotesque de ces gens là, de leur modernité poussiéreuse… Est-ce que je peux passer un compromis avec cela? Moi peut-être mais certainement pas tous ceux que j’ai aimés..

Ce compromis est lié au triomphe d’une tricherie comme cela s’est passé dans ma fédération où malgré les 38% du Manifeste, tous les membres du Conseil National ont voté pour la base de Pierre Laurent et le soutiennent en freinant des quatre fers. Il est difficile de faire autrement que ce à quoi est contrainte la nouvelle équipe et donc il n’y a rien dans ma déclaration qui soit la moindre critique envers eux. Si j’avais la moindre responsabilité de direction j’agirais comme eux. Ceux à qui j’ai des difficultés à pardonner ce sont ceux qui sont restés au bord de la route sans s’engager dans la bataille, ou pire encore ont fait porter tous leurs coups contre les gens du Manifeste. Si donc je m’affirme dans mes écrits, dans mes choix de publication comme un individu isolé, ce n’est vraiment pas une critique ou une quelconque réserve de leurs actions, mais le fait que le compromis inévitable m’empêche d’agir.

Ce qui ne serait pas très grave si cette inertie à laquelle je suis condamnée n’était pas celle de mon pays. En effet aujourd’hui avec les événements du Venezuela on voit bien qu’une nouvelle phase de l’impérialisme est engagée, comme hier en 1973, a été déclenchée au Chili non seulement la plus terrible des répressions mais la contre révolution conservatrice du néo-libéralisme qui a déferlé sur le monde, l’impérialisme aux Etats-Unis et son ubuesque président ont mis en place un scénario qui prévoit toutes les étapes d’une guerre civile et nous mène au-delà vers une nouvelle guerre, une Syrie outre Atlantique… Finis les coups d’Etat suaves, le Venezuela résiste au blocus on ira jusqu’à l’intervention armée, mais un accord d’aide réciproque a été signé avec la Russie… Jusqu’où veut-on nous conduire? Le parti communiste devrait dès aujourd’hui réunir toutes les forces progressistes pour une grande protestation, des manifestations partout et pour dénoncer Macron qui soutient les manifestants… au Venezuela pour mieux éborgner, amputer, tuer dans son pays… le tout au nom de la démocratie…

Voilà ce que devrait faire mon parti… Au lieu de se chercher une « marque » à vendre sur les plateaux de télé… Il n’y a rien à attendre de ces gens là… les médias sont possédés par des marchands d’armes… la seule vraie question est comment avoir un parti conscient des périls de l’heure, organisé…

Car en ce qui me concerne, accepter cette situation serait perdre mon âme et tout a été fait depuis des années pour que les communistes perdent leur âme. A mon âge on n’a plus d’ambition mais c’est une chance que de conserver des convictions, les miennes me font dire que je ne puis soutenir des gens qui n’ont jamais fait autre chose que détruire le parti et la voie dans laquelle je me suis en engagée en 1956, engagement que je n’ai jamais regretté et qui me parait encore aujourd’hui le seul possible pour quelqu’un qui ne se résigne pas à l’injustice.

Je suis une intellectuelle et tout ce à quoi je tiens n’a de sens que par rapport à l’humanité et le destin de l’humanité c’est soit le communisme, soit l’anéantissement. Socialisme ou barbarie disait Rosa Luxembourg en 1915, en dénonçant la trahison de la social démocratie allemande… En janvier 1919, celle-ci la tuait et la jetait dans les eaux glacées de la Spree en la traitant de « truie juive »…

Voici donc ce que disait Rosa en 1915 : Or, la social-démocratie allemande n’était pas seulement l’avant-garde la plus forte de l’Internationale, elle était aussi son cerveau. Aussi faut-il commencer par elle, par l’analyse de sa chute ; c’est par l’étude de son cas que doit commencer le procès d’autoréflexion. C’est pour elle une tâche d’honneur que de devancer tout le monde pour le salut du socialisme international, c’est-à-dire de procéder la première à une autocritique impitoyable. Aucun autre parti, aucune autre classe de la société bourgeoise ne peut étaler ses propres fautes à la face du monde, ne peut montrer ses propres faiblesses dans le miroir clair de la critique, car ce miroir lui ferait voir en même temps les limites historiques qui se dressent devant elle et, derrière elle, son destin. La classe ouvrière, elle, ose hardiment regarder la vérité en face, même si cette vérité constitue pour elle l’accusation la plus dure, car sa faiblesse n’est qu’un errement et la loi impérieuse de l’histoire lui redonne la force, lui garantit sa victoire finale.

Danielle Bleitrach

 
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Publié par le janvier 25, 2019 dans mon journal

 

Entre révolution et réaction fasciste, la France est au milieu du gué.

photo de Françoise la rouge.

« Pour que la révolution ait lieu, il ne suffit pas que les masses exploitées et opprimées prennent conscience de l’impossibilité de vivre comme autrefois et réclament des changements. Pour que la révolution ait lieu, il faut que les exploiteurs ne puissent pas vivre et gouverner comme autrefois. C’est seulement lorsque « ceux d’en bas » ne veulent plus et que « ceux d’en haut » ne peuvent plus continuer de vivre à l’ancienne manière, c’est alors seulement que la révolution peut triompher. » Lénine, La maladie infantile du communisme (1920)

Nous sommes au milieu du gué.

Lundi, je me suis rendue avec une camarade de la cellule à un débat des gilets jaunes, qui à ce que j’en sais va désormais se poursuivre le lundi et le jeudi au Toursky. Si je trouve un moyen de locomotion, je m’y rendrai parce que c’est un lieu très intéressant pour observer ce qui se joue. Le public est en général jeune. Ceux qui arrivent des ronds points le sont moins que ceux du centre ville de Marseille, ils sont nettement plus mûrs. D’une côté la France des zones périphériques et celle des transports en commun du centre ville, c’est moins idéologique que pesant- son poids de réalités différentes. Encore que le rond point conforama de Plan de Campagne ait manifesté dès l’ouverture des débats qu’il ne reconnaissait aucune autorité à l’assemblée vu son positionnement à gauche et même à l’extrême-gauche. Ils étaient trois et ils ont quitté la réunion après leur déclaration qui ne laissait aucun doute sur leur adhésion aux buts de l’extrême-droite, entre marine et Soral-Chouard. dans toute la réunion il n’a jamais été question du RIC, plutôt de tactique.

Le sujet du débat était purement organisationnel,  il opposait les organisateurs qui pensaient, je cite: « Il y a eu des manifestations très importantes contre la loi travail, elles n’ont rien obtenu. Si nous avons obtenu c’est parce qu’ils ont peur!  » Et le jeune homme avec une minuscule queue de cheval sur la tête a poussé un peu trop loin le bouchon en disant que « les pacifistes étaient nuisibles ». Ce qui a provoqué une levée de boucliers de la majorité, mais la discussion s’est poursuivie.

Sur le moment,  je ne voyais pas ce qu’ils avaient nt obtenu, si ce n’est l’augmentation pour les flics. Puis je me suis dit qu’il désignait l’essentiel à savoir un soutien de l’opinion publique et la permanence de ceux qui se sont engagés et qui sont encore là. A priori je ne le met vraiment pas au compte de  à l’affrontement avec la police, mais bien à celui de la revendication d’un droit de vivre dans la dignité, cette revendication  est menée de manière pacifiste. Pourtant, j’ai réflechi à cette question durant plusieurs jours  et je me suis demandé si la violence subie, ne faisait pas partie de la confiance en ce mouvement. Enfin des gens prêts à mourir, à être handicapés à vie pour leur engagement, voilà qui nous change, même si je reste sur l’idée qu’il vaut mieux ne pas chercher la répression, si l’on peut avancer sans elle tant mieux. Moins on a de morts et d’éclopés, d’emprisonnés, mieux ça vaut.

Il y a eu à ce jour: et exclusivement du côté des manifestants  12 morts, 3000 blessés dont 400 gravement, 10 yeux crevés, 5 mains arrachées, 5600 personnes arrêtées, 1700 gardes à vue, 282 personnes incarcérées. Ce bilan donnait quelques crédibilités à ceux qui ricanaient quand il était question de violences du côtés des manifestants, même si je continuais à soutenir le fait qu’il fallait que ceux qui affrontaient la police le fassent sans se placer au coeur de la manif pour que tout le monde prenne. Une jeune musicienne qui trouvait le débat passionnant réclamait de savoir quels morceaux elle et son groupe devraient aller jouer aux baumettes pour dire aux incarcérés qu’on ne les oubliait pas.

Que malgré cette opposition, tout se poursuive dans la réunion est déjà important. C’est le revers de la médaille, l’absence manifeste d’objectifs clairs n’a pas que des défauts, chacun sait pourquoi il est là. Moi compris. L’impossibilité à continuer à supporter la morgue, l’injustice, la stupidité disons le mot de ceux d’en haut. C’est général, osons le dire, nous l’éprouvons tous, nous nous sentons humiliés par la manière dont on nous amuse, les discours de plateaux de télévision, les propos indécents d’un président qui quand il prétend se rapprocher du peuple devient vulgaire pour étaler sa suffisance et sa volonté de nous duper. Ceux d’en bas sont effectivement unis dans le refus d’être gouvernés par ceux d’en haut. Ces gens là n’ont rien à proposer, rien à défendre sinon leurs intérêts personnels qui coïncident avec ceux du capital, et ces médiocres ont les rouages d’un système à broyer avec eux…

A priori cela ressemble beaucoup à mai 68, en fait tous ces gens là sont aux antipodes, y compris les gauchistes casseurs de flics, ce ne sont plus les jeunes bourgeois, fils a papa, ce sont des jeunes gens usés par les petits boulots, par le mépris de leurs capacités. les jeunes de mai 68 savaient qu’ils vivraient mieux que leurs parents, aujourd’hui c’est le contraire et ça change beaucoup de chose… pe’ut-être faut-il ajouter une certaine confiance dans les solidarités familiales, comme ce jeune homme avec sa mère d’une soixantaine d’années. Il se met encolère d’être traité de pacifiste nuisible: « ma mère vient avec moi, je ne veux pas qu’on me la tue.. »

A priori nous sommes d’accord sur l’idée de ne plus supporter ceux d’en haut: question comment on les empêche de gouverner, d’exercer la « violence légitime »? 

Comment supporter le discours présidentiel, celui des médias sur la « violence » des gilets jaunes quand on voit le bilan de la répression et qu’éclate au même moment le feuilleton du favori du prince qui pour ses activités de barbouze en Afrique a visiblement bénéficié des faveurs élyséennes… On entend encore Macron dire qu’il faut savoir avoir de l’indulgence pour celui qui a fait une faute… C’est plus que de l’indulgence et cela éclaire encore un peu plus la nature d’un système. La « violence légitime » de l’Etat est devenue illégitime dit le mouvement, le parti est le seul à poser la nécessité d’un changement de pouvoir qui ne soit pas simple changement au profit des mêmes.

C’est ce que dit Lénine, passer du constat qu’on ne les supporte plus à celui de les empêcher d’exercer leur pouvoir nocif et pour cela « que faire, »

C’est comme la fin de la classe ouvrière, la classe ouvrière n’a pas disparu, elle n’en peut plus, elle s’abstient, mais elle n’existe plus en tant que force politique, elle n’a plus de parti qui poqse la question de son pouvoir. Qui peut mieux que les communistes… cela fait déjà du bien d’entendre Fabien Roussel, la manière dont il croit ce qu’il dit… mais le parti communiste n’est pas encore en état de jouer son rôle et ce serait ça le plus important pourtant. On ne sent pas des communistes prêts à empêcher ce piouvoir, s’organiser et organiser les masses en vue de cela? Que faire comme dirait Lénine?

Hier, les camarades de la cellule distribuaient des tracts devant chez moi. Je suis sortie cinq minutes pour les saluer parce que même si j’ai décidé depuis les tricheries de ma fédération des Bouches du Rhône de ne plus participer à aucune de leurs activités, individuellement je n’ai rien contre les camarades et surtout j’apprécie leur militantisme. Le petit tract qu’ils distribuent est bien fait, il s’intitule « on veut juste vivre ». Donc je vais les saluer, leur souhaiter une bonne année et une jeune femme qui passait par là  entame la discussion, elle me dit « je suis avec vous, e’nfin avec les gilets jaunes et la France insoumise, même si Mélenchon est un mégalomane, moi celui que j’aime c’est Ruffin ». . Elle est à la France insoumise, mais elle pense que Mélenchon est un mégalomane, elle aime Ruffin.  Elle me demande qui est Ian Brossat s’il faut voter pour lui? Elle participe aux réunions du lundi des gilets jaunes, elle a découvert récemment que Chouard était avec Soral, elle n’en revient pas. On parle du RCI, je lui explique son application au Venezuela, le fait que cela ne me parait pas approprié à la situation française, ne serait-ce que parce que ce n’est pas Chavez qui est la manoeuvre mais Macron et sa bande. Il ne faut jamais confondre rapports de forces et institutions, l’institution est faite pour servir les rapports de forces et pas l’inverse, Chavez et macron c’est pas pareil… Si on les confond on cède la place aux fascistes… Elle est d’accord pour venir aux réunions du parti, pour que nous la convoquions, là j’appelle une camarade et je la lui laisse, parce que ce serait tout de même extraordinaire qu’ici comme ailleurs (dans le quartier je commence à devenir une autorité politique en matière de « on en veut plus »), j’ai recruté pour des réunions auxquelles je refuse de participer faute de la plus élémentaire confiance dans ceux qui les organisent.

Ce qui apparait dans toutes ces rencontres, de la part de ceux qui s’engagent dans ce mouvement, c’est une grande naïveté. Ils n’ont plus confiance en ceux d’en haut mais sont prêts à écouter tous ceux qui veulent bien discuter avec eux, sur le modèle des réseaux sociaux, l’horizontalité y compris en matière de rumeurs, mais une soif de politique évidente.

Les Européennes et la maladie infantile devenue sénile ? …

Moi qui ai passé une longue vie à faire sur tous les continents de la politique, je ne suis pas éloignée de leur état d’esprit, l’empathie du sociologue? Il y a plus. Je n’ai pas confiance à cause de la tricherie du Congrès et de ses conséquences, cela va plus loin: ceux que je désigne désormais dans ma tête comme « les tricheurs » ont témoigné durant ce congrès d’une incapacité totale à penser la réalité de la société française et le rôle du parti, en s’arcboutant sur le refus d’une avant garde pour mieux nous imposer leurs manipulations de sociaux démocrates. C’est là mon point de désaccord et il dépasse les petites histoires d’une fédération en proie aux jeux claniques. On ne peut pas poursuivre sur pareil chemin, l’opportunisme, les jeux claniques dans cette situation c’est la mort.

Il faut un choc, la confrontation avec cette réalité pour retrouver le sens des propos de Lénine ou alors il n’y a aucune nécessité à avoir un parti communiste et y compris mener un combat quelconque pour des élections auxquelles personne ne croit qui sont les Européennes. Parce que s’il y a une élection qui traduit bien le désintérêt hostile pour ceux d’en haut de la part de ceux d’en bas c’est celle là. Ceux d’en haut ne savent plus comment se positionner de manière crédible pour obtenir le maintien d’un système qui fait eau de toute part.  Ils en sont à tirer du foutoir du brexit le seul argument en faveur du maintien en l’état. Tout ce que l’on peut dire du brexit, nous communistes, c’est que l’on doit toujours mettre en regard de la situation grecque du refus de sortir de l’UE et de ses conséquences terribles pour le peuple grec. Le brexit comme le maintien grec prouvent chacun à leur manière que sortir de l’UE n’est en rien la solution si cela ne s’accompagne pas d’une lutte contre le capital qu’il soit dans ou hors de l’UE. L’essentiel  reste ce cancer financier mondialisé. Autre chose est de savoir la manière dont la perte de notre souveraineté nationale joue ou non pour nous livrer à ses diktats.

Le refus de l’avant-garde, la pseudo démocratie, nous a conduit à être comme les autres, manipulés par des pratiques de congrès social-démocrates, incapables d’avoir une démarche politique appropriée à la situation qui est bien pourtant celle du milieu du gué que décrit Lénine dans gauchisme maladie infantile du communisme. Gauchisme, prendre ses désirs pour des réalités, inventer une France qui ne s’intéresse plus à la question sociale où il n’y aurait plus que des bobos et le clientélisme des cités populaires est une référence bien appropriée pour décrire l’idéologie dont depuis 20 ans les communistes sont victimes. L’aspect sénile peut se confondre avec l’infantilisme dans son refus du réel. Ce réel d’un capital aux abois qui ne voit plus de recours que dans la répression et dans la guerre a besoin d’un parti communiste. Le Congrès on le dit souvent a mis un pied dans la porte, mais les forces de l’inertie, l’esprit de revanche est tel que le découragement gagne tout le monde.

Il est clair que non seulement en France, mais partout dans le monde les masses se rendent compte qu’il leur est impossible de vivre comme autrefois et réclament des changements, ceux-ci dans ce cas peuvent être totalement réactionnaires. Ils peuvent comme cela s’est passé à partir de la grande protestation contre le code travail (dont les gilets jaunes sont aussi issus même s’ils l’ignorent, celui qui résiste a forcéement un jour une postérité) déboucher sur la comédie du choix entre le fascisme et le maintien en place de ceux qui ont démantelé les conquis et qui poursuivent la politique du capital l’emportent.

Les  camarades réveillez-vous: est-ce que vous savez que « le pas de quartier contre ces gens là! », l’idée qu’ils n’ont aucune pitié pour tous ceux qu’ils détruisent est forte et la conviction de ce qu’il faudra pour s’en débarrasser monte ? Ou cette colère est canalisée par l’extrême-droite au profit des mêmes et ça le capital le sait… ou nous en prenons la mesure parce que nous sommes censés être des révolutionnaires et tout peut déboucher à l’inverse de nos protestations depuis des années… avec la dérision des procédures électorales qui ne cesse d’être dangereusement démontrée, n’oubliez pas qu’Hitler a obtenu l’adhésion du grand capital quand il lui a promis de ne plus se soumettre à des élections et à de dangereuses possibilités de renversement de majorité, même si là encore et l’Europe en a fait la démonstration on peut toujours ignorer le vote populaire.

Pourquoi cela s’est-il passé ainsi ? ma position est parce qu’il n’y a pas eu de parti communiste pour rassembler une gauche devenue miroir brisé autour des éclats d’ego. Il ne peut pas y avoir de Front populaire sans une avant-garde des exploités. Comme rien ne me prouve que cette position soit partagée, j’attends en mesurant mes propres forces qui sont dérisoires.

Nous en sommes loin, c’est pour cela que la France est au milieu du gué.

Danielle Bleitrach

 
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Publié par le janvier 18, 2019 dans mon journal, POLITIQUE