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Poutine en Asie centrale dénonce la déstabilisation islamiste de l’intervention turque en Syrie

Kirghizstan Russie Poutine Atambaïev Bichkek

Jusqu’ici Moscou a laissé faire mais la Russie commence à penser qu’il faut sonner la fin de la partie et il est clair que Poutine tient un certain nombre de cartes. Je vous conseille d’écouter l’analyse de la radio russe en langue française par rapport à l’intervention turque. Poutine a mis en garde Erdogan mais il n’a pas jusqu’ici sifflé la fin de la partie.

Il vient de le faire en Asie centrale : on ne peut pas laisser la Turquie et les États-Unis déstabiliser tout l’Asie centrale et de ce point de vue, il travaille dans cette zone en accord avec les Chinois.

Le président russe Vladimir Poutine a alerté vendredi sur la menace d’une résurgence de l’EI dans la région. « Je ne suis pas sûr que l’armée turque puisse contrôler la situation ou le faire rapidement », a ajouté M. Poutine lors d’un sommet d’ex-pays soviétiques à Achgabat, la capitale du Turkménistan. Selon lui, « les Kurdes abandonnent les camps où sont détenus les combattants de l’EI » et ces derniers « sont en mesure de s’enfuir ». Il a promis de « mobiliser les ressources des services spéciaux pour contrer l’émergence de cette nouvelle menace ».

Les propos du président russe sont de l’ordre de la litote vu que l’armée turque ne se cache pas de comprendre dans ses rangs des anciens de Daech. Le président russe ne peut pas non plus ignorer, comme nous l’avons découvert en Crimée chez certains Tatars de cette péninsule, les seuls très opposés au retour de la péninsule à la mère Russie, en relation étroite avec l’occident, l’existence de bureaux de recrutement turcs pour le Djihad. Il existait une presse financée par les Turcs qui entretenait à la fois la haine des Russes chez les musulmans tatars et le recrutement y compris par les voies du pèlerinage à la Mecque. Nous avons raconté tout cela dans notre livre : « URSS, vingt ans après, retour de l’Ukraine en guerre », Marianne et moi.

En Gagaouzie, au sud de la Moldavie, où l’on vote pourtant à 80% pour les communistes, nous avons constaté la même activité des Turcs en particulier à travers le financement d’écoles liées aux mosquées. Dans toute l’Asie centrale existe la même activité et Poutine n’a certainement pas besoin de faire un dessin quand il parle à un sommet d’ex-pays soviétiques de cette zone. Pas plus qu’aux Chinois qui subissent les mêmes formes de radicalisation et de recrutement dans la zone des Ouïgours. Bizarrement d’ailleurs, au même moment où les forces turques choisissaient avec l’assentiment des États-Unis de redonner force à cette engeance, nous assistions à une opération de grande envergure diffusant n’importe quoi sur cette zone de la Chine, une campagne lançant dans les réseaux sociaux des rumeurs sur de pseudos viols de masse perpétrés par les Chinois, l’enfermement dans des camps d’un cinquième de la population masculine de ce pays. Toute cette propagande qui provient de sources financées par les États-Unis qui n’était fondée sur rien laisse voir le caractère coordonné de l’opération.

Erdogan a voulu attribuer au prédicateur Fethullah Gülen, selon lui directement manipulé par les États-Unis dans le putsch raté du 15 juillet 2016, cette installation partout d’une idéologie islamiste tout au long de l’enseignement financé par les Turcs. Il s’est même rapproché de Poutine et des autres dirigeants de l’Asie centrale soviétique pour ensemble dénoncer « les forces obscures » de l’occident et en finir avec une vision « eurocentrée ». Mais il faut bien voir que Erdogan a continué et amplifié son islamisme, effaçant par la même occasion le rôle d’un ataturk au profit d’un expansionnisme islamiste.

Dans un premier temps les Russes ont comme la quasi totalité des populations non occidentales jugé que les Kurdes méritaient une leçon pour avoir rejoint le camp des États-Unis et de leurs alliés, théoriquement pour combattre Daech, en fait pour dépecer la Syrie, comme l’Irak, la Libye. L’idée même de combattre Daech de la part des États-Unis leur paraît de l’ordre de la plaisanterie vu qu’ils considèrent que c’est la créature des occidentaux comme Al Qaida avant. La Turquie en tant que membre de l’OTAN porte à leurs yeux la même orientation. Mais les Russes ont très vite compris, comme le montre non seulement la mise en garde de Poutine mais celle de Lavrov sur les responsabilités américaines en Syrie, dans tout le Moyen Orient et au-delà tout le monde musulman, qu’en faisant sauter le verrou kurde c’était une nouvelle vague de terrorisme que les États-Unis et l’OTAN déchaînaient sur ceux qui étaient ses ennemis, ce monde multipolaire en train de naître de l’Asie à l’Afrique en passant par l’Amérique latine.

Oui, ce qui se passe avec les Kurdes est abominable, la zone kurde faut-il le signaler est aussi une zone arabe avec des confessions multiples, avec une forte majorité de chrétiens, un nouvel exode qui concerne plus de 100.000 civils a déjà débuté, avec ses drames, ses morts, une méditerranée devenue un cercueil et avec ces drames humains on a libéré les forces du terrorisme vers l’Europe, l’Asie centrale, Trump ne fait pas mystère de son acceptation d’une telle situation en ce qui concerne ses alliés européens comme ses adversaires russes et asiatiques, sans parler du continent africain.

Il faut bien voir que ce choix des cavaliers de l’apocalypse est assez comparable à celui qui est jeté sur l’Amérique latine avec ses évangélistes fous, ses narcotrafiquants.

Plus que jamais pour comprendre le moindre événement il faut avoir une vision globale…

Danielle Bleitrach

Voici une excellente intervention qui éclaire les enjeux dans cette zone…

Cette réaction de cet expert syrien, montre que jusque là Poutine et la Syrie ont laissé donner une leçon aux Kurdes mais la réaction de Poutine en Asie centrale prouve à quel point il faut ne pas laisser la situation se dégrader.

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Publié par le octobre 11, 2019 dans Asie, Asie centrale, Chine, INTERNATIONAL, Russie

 

The National interest : la fragilité des alliances entre Etats déchirés par les intérêts privés

Le mariage de convenance stratégique entre la Russie et la Chine

La Chine et la Russie partagent le même objectif stratégique immédiat d’affaiblir la présence des États-Unis et de saper leurs alliances dans la région.

Le mois dernier, un événement particulier s’est produit dans les cieux au-dessus de la mer du Japon. Des avions militaires russes et chinois effectuaient une patrouille aérienne et pénétraient dans les zones d’identification de la défense aérienne (ADIZ) du Japon et de la Corée du Sud. La patrouille, qui était le premier exercice conjoint de bombardiers à longue portée dotés de capacités nucléaires pour Moscou et Beijing, devrait inciter les États-Unis et leurs alliés dans la région à beaucoup d’inquiétude. Le fait que les avions russes se soient introduits à deux reprises dans l’espace aérien des îlots controversés de Takeshima-Dokdo, administrés par la Corée du Sud mais revendiqués par le Japon, a en particulier  suscité de vives inquiétudes.

En réponse, Séoul a fait monter des avions de combat et tiré plus de trois cents tirs d’avertissement, selon des responsables de la défense coréenne. Cela a provoqué une vive réprimande du Japon, qui a également dépêché ses forces aériennes en réponse à l’incursion. Un responsable japonais a qualifié les manœuvres coréennes de « totalement inacceptables et extrêmement regrettables », car elles se sont produites sur des îles que Tokyo considère comme son territoire souverain. Compte tenu du nombre d’aéronefs impliqués et des intrusions répétées dans les zones de défense aérienne, l’incident avait probablement été soigneusement conçu par la Russie et la Chine pour susciter une vive réaction de Tokyo et de Séoul, ainsi que pour miner davantage leurs relations bilatérales déjà tendues, son point le plus bas depuis des années sur des questions historiques et un différend autour des nouvelles restrictions sur le contrôle des exportations imposées à la Corée du Sud.

Pourquoi cet incident est-il important? Premièrement, la patrouille, bien que provocante en soi, n’est que la partie visible de l’iceberg. Cela illustre un partenariat stratégique en plein développement entre la Chine et la Russie, une tendance qui constitue une menace pour l’alliance américano-japonaise ainsi que pour les autres alliances et partenariats de Washington dans la région. En effet, les intérêts de sécurité de Beijing et de Moscou s’alignent de plus en plus en Asie de l’Est. Les relations avec les États-Unis et leurs alliés européens restent extrêmement froides, comme le prouve tout récemment la décision de Washington de se retirer du traité sur les forces nucléaires de portée intermédiaire en raison de la violation substantielle du pacte par Moscou. Le ministère de la Défense a également fait part de ses préoccupations à Moscou et à Beijing en notant qu’il espérait déployerces capacités précédemment interdites au théâtre Asie-Pacifique dans un proche avenir.

En outre poussant deux côtés ensemble est l’ approche progressive de la Chine à regarder la Russie comme un partenaire clé pour compenser la pression des États-Unis et son réseau d’alliance en Asie, en particulier avec le Japon, où les relations sont tendues en raison de leur rangée territoriale autour de la Les îles Senkaku dans la mer de Chine orientale. Les dirigeants chinois et russes épousent des visions du monde similaires et la même opposition à l’ordre libéral international, à la démocratie et aux droits de l’homme sur lesquels le Japon et les États-Unis se situent à l’autre bout du spectre. La Chine et la Russie partagent également le même objectif stratégique immédiat d’affaiblir la présence des États-Unis et de saper leurs alliances dans la région. La patrouille aérienne et sa réaction ont directement contribué à la réalisation de cet objectif.

Bien entendu, la Chine et la Russie ne sont pas des alliés formels et il subsiste un certain degré de méfiance, notamment de la part de Moscou. Par exemple, la Russie reste discrètement méfiante vis-à-vis des intentions de Pékin en Asie centrale avec son initiative «Ceintures et routes», craignant que la Chine ne cherche à renverser – au moins en partie – la domination russe dans la région. De même, la Russie reste également préoccupée par la montée en puissance des investissements chinois en Extrême-Orient, qui présente des avantages économiques mais aussi potentiellement défavorable aux entreprises russes.

Néanmoins, des griefs partagés avec les États-Unis et des considérations pragmatiques ont amené les dirigeants des deux pays à approfondir leur coopération sur de nombreux fronts afin de faire progresser leurs programmes internationaux. Cela a été démontré, entre autres, par les résultats de leurs votes au Conseil de sécurité des Nations Unies – contrecarrant souvent les initiatives occidentales – et par un nombre croissant d’exercices militaires conjoints, y compris les exercices à grande échelle de Vostok en 2018, impliquant plus de trois mille Chinois troupes.

Le renforcement du partenariat Beijing-Moscou souligne l’importance de l’alliance américano-japonaise ainsi que les relations de Washington avec des partenaires régionaux aux vues similaires. Mais si la nécessité d’un engagement soutenu envers les alliés et les amis n’a jamais été aussi évidente, l’approche de l’administration Trump a fait paraître les États-Unis peu fiables pour ceux qui comptent le plus sur une forte présence américaine. La tendance du président Donald Trump à dénigrer ses alliés en prenant des mesures habituellement réservées aux adversaires – tels que des tarifs douaniers ou des demandes de négociations commerciales renégociées et des accords de partage de la charge – a suscité des sentiments déplaisants que la Chine et la Russie auront tendance à exploiter.

Enfin, le défi potentiel posé par la convergence sino-russe souligne également l’urgence de renforcer la coopération trilatérale États-Unis-Japon-Corée du Sud, qui est actuellement minée par les tensions entre le Japon et la Corée du Sud. Bien que le profond fossé entre Tokyo et Séoul ne soit pas résolu tant que l’on n’aura pas changé d’administration dans l’une ou l’autre des capitales, toutes les parties, y compris Washington, devraient rechercher une rampe de sortie pour désamorcer le conflit. Malheureusement, les États-Unis se sont montrés peu disposés, à ce jour, à participer au différend entre leurs deux alliés. À moins que l’administration Trump ne veuille donner à Pékin et à Moscou une occasion en or de faire avancer leurs intérêts stratégiques, il faudra changer de cap.

J. Berkshire Miller est membre principal du Japan Institute of International Affairs. Il est également directeur adjoint et membre principal de l’Institut Macdonald Laurier.

Benoit Hardy-Chartrand est professeur auxiliaire en politique de l’Asie de l’Est à la Temple University Japan.

Israël est un allié peu fiable de l’Amérique dans la guerre commerciale avec la Chine

Au cours des dernières années, alors que les États-Unis ont exprimé leurs préoccupations concernant l’espionnage et le vol de propriété intellectuelle par la Chine, Washington a demandé à Israël de serrer les freins.

La guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine a fait les manchettes, ébranlé les marchés et déclenché un débat animé sur l’avenir des relations sino-américaines. La politique des États-Unis évolue rapidement, en contraignant  également leurs alliés. Aujourd’hui  un allié du Moyen-Orient peut fiable doit accélérer sa politique pour relever ce défi: Israël.

Les États-Unis et Israël sont des alliés proches sur des questions allant de l’Iran à la cybersécurité en passant par la guerre contre le terrorisme. Mais la Chine a été périodiquement une mouche dans la pommade. À chaque fois, Israël a répondu évasivement  aux préoccupations des États-Unis. Nous en sommes arrivés à un autre point d’inflexion aujourd’hui et Israël doit s’aligner à nouveau rapidement..

À la fin des années 1990, Washington a interpellé Israël pour avoir vendu des technologies d’armes sensibles à la Chine. Israël avait accepté de fournir à la Chine un système avancé d’alerte et de contrôle embarqués PHALCON (AEWC) d’un milliard de dollars. Après que l’administration Clinton eut menacé de suspendre des aides de plusieurs milliards de dollars, Israël a annulé l’accord. Israël a par la suite payé des réparations à la Chine pour avoir saboté l’accord.

Le deuxième épisode de turbulence a eu lieu en 2005, quand Israël a prévu de mettre à niveau le système de drone de la Chine Harpie. En réponse, les États-Unis ont temporairement suspendu Israël du programme d’avions de combat interarmées F-35. En outre, le Pentagone a appelé à la démission du directeur général du ministère israélien de la Défense pour avoir approuvé cet accord.

Comprenant mieux les préoccupations américaines, Israël a adopté sa loi de 2007 sur le contrôle des exportations, renforçant ainsi le contrôle exercé par les États-Unis sur la technologie de la défense et à double usage à destination de la Chine et d’autres pays.

Bien entendu, ce mécanisme n’a pas empêché la Chine et Israël de faire des affaires. Ces dernières années, la Chine a été particulièrement intéressé par la « nation start-up » pour sa pointe de scène tech. Les géants de la technologie tels que Alibaba, Baidu et Huawei investissent de l’argent sur les campus d’ innovation sino-israéliens . Ces campus cherchent à stimuler l’innovation dans les domaines de l’intelligence artificielle, de la science des données, de l’apprentissage automatique et de l’Internet des objets.

Israël a prudemment apprécié cette coopération; La Chine a aidé l’innovation israélienne. Mais ces dernières années, alors que les États-Unis ont fait part de leurs préoccupations concernant l’espionnage et le vol de propriété intellectuelle par la Chine, Washington a demandé à Israël de freiner ses activités. Le géant chinois des télécommunications Huawei, accusé de partager des données avec le gouvernement chinois, a acquis deux petites entreprises israéliennes, HexaTier Technologies et Toga Networks, en 2016. Leur technologie a renforcé la capacité de Huawei à surveiller le trafic réseau, une préoccupation majeure des États-Unis autour de Huawei.

Depuis, Israël a pris des mesures pour empêcher Huawei de mettre en place une infrastructure de réseau 5G dans le pays, et les téléphones Huawei ne représentent que 3% du marché israélien. Israël s’est engagé à suivre l’exemple des Cinq yeux (États-Unis, Royaume-Uni, Canada, Australie et Nouvelle-Zélande) auprès du géant chinois de la technologie. Les restrictions imposées par Israël sont en réalité plus strictes que celles du Royaume-Uni et du Canada et sont plus conformes à celles de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande.

La technologie n’est cependant pas la seule voie d’investissement étranger direct en Chine. Les sociétés d’État chinoises ont remporté des appels d’offres pour des contrats d’infrastructure massifs ces dernières années. Ces entreprises sont impliquées dans la construction de ports à Haïfa et Ashdod; construction et maintenance du système de tramway de Tel-Aviv; et plus. Beijing considère ces projets d’infrastructure comme faisant partie de l’Initiative Ceintures et routes et de l’effort plus général visant à faire de la Chine le centre du commerce mondial.

Les autorités américaines ont averti Israël, publiquement et en privé, de ces investissements. Haïfa est une escale fréquente au port de la sixième flotte de la marine américaine. Mais les risques réels en matière de renseignement restent incertains. Les responsables israéliens ont indiqué que les deux parties étaient maintenant parvenues à un accord, mais aucun détail n’a été fourni.

La vraie préoccupation pour Israël pourrait bien être la construction par la Chine du système de tramway , qui devrait assurer le transport quotidien de cinq cent mille personnes. Si Israël ne prend pas de précautions, le gouvernement chinois pourrait alors accéder sans restriction aux flux de surveillance en circuit fermé, aux réseaux Wi-Fi, aux signaux radio et aux autres réseaux de communication. La longue histoire chinoise de cyberespionnage et de vol de propriété intellectuelle ne peut être ignorée .

Jusqu’à récemment, Israël manquait de bureaucratie pour atténuer les risques associés aux investissements chinois. En effet, Israël n’a pas d’organismes analogues avec le Comité sur les investissements étrangers aux États-Unis (CFIUS). Les Israéliens sont en train de mettre en place leur propre comité de surveillance des investissements pour peser les avantages des investissements étrangers tout en atténuant les risques potentiels pour la sécurité nationale.

Il y aura sans aucun doute des défis à relever, alors qu’Israël cherche à se dégager de certaines de ses initiatives commerciales chinois tout en maintenant le cap avec les autres. Heureusement, les États-Unis et Israël entretiennent de bonnes relations. En fin de compte, ce que fait maintenant Israël servira de feuille de route aux autres alliés des États-Unis pour faire face aux tensions croissantes entre Beijing et Washington.

Jonathan Schanzer est vice-président principal de la Fondation pour la défense des démocraties. Owen Helman est candidat à la maîtrise en arts à la Elliott School of International Affairs.

Image: Reuters

 

Fort soutien des Nations Unies au gouvernement bolivarien du Venezuela (connaître les pays qui ont voté pour)

 

Un soutien manifeste au gouvernement du président Nicolás Maduro dans ses efforts pour préserver la paix et le maintien des institutions démocratiques a exprimé mercredi 57 pays membres du Conseil des droits de l’homme des Nations unies.

L’information a été fournie par l’Ambassadeur Jorge Valero, Représentant permanent du Venezuela auprès de l’ONU à Genève, qui a indiqué qu’il s’agissait d’une victoire éclatante pour le gouvernement et le peuple vénézuéliens contre la campagne médiatique internationale visant à promouvoir les tentatives de renversement du gouvernement bolivarien.

M. Valero a déclaré que la déclaration commune avait été lue par le représentant permanent de Cuba à l’ONU à Genève, l’ambassadeur Pedro Luis Pedroso, au nom de 57 pays d’Amérique latine, d’Europe, d’Afrique et d’Asie, comme une preuve convaincante que la révolution bolivarienne avait un vaste soutien, non seulement du peuple vénézuélien, mais du monde entier.

« Les gouvernements du président Maduro et du Venezuela reçoivent tous avec une joie sincère et une immense gratitude cette noble manifestation de solidarité et d’amitié de la part de pays qui représentent des millions et des millions d’êtres humains qui en disent assez de l’ingérence au Venezuela et exigent le respect de la souveraineté de la patrie de Simón Bolívar et Hugo Chávez « , a déclaré Valero.

Valero a souligné que cette nouvelle victoire de la diplomatie de paix bolivarienne est un coup dur pour les secteurs en déclin qui misent encore sur la violence face aux appels du président Nicolás Maduro au dialogue et à la paix, auxquels de vastes secteurs de la société continuent de faire partie intégrante. Venezuela

Lors de son discours à titre national, M. Valero a déclaré: « Merci infiniment aux pays qui ont soutenu la déclaration commune en faveur du Venezuela, qui a été lue aujourd’hui par l’honorable représentant permanent de Cuba, l’ambassadeur Pedro Luis Pedroso », a déclaré l’ambassadeur du Venezuela.

Il a souligné que cet appui écrasant réaffirme que le gouvernement présidé par Nicolás Maduro Moros est soutenu par la plupart des gouvernements et des peuples du monde.

Ci-dessous la déclaration commune en faveur du Venezuela:

  1. Nous reconnaissons qu’il est impératif que tous les États respectent la souveraineté de la République bolivarienne du Venezuela, conformément aux principes universels de non-ingérence dans les affaires intérieures énoncés dans la Charte des Nations Unies.
  2. Nous pensons que le peuple vénézuélien est le seul responsable de la détermination de son avenir sans ingérence extérieure.
  3. Nous appuyons le Gouvernement constitutionnel de la République bolivarienne du Venezuela dans son engagement à préserver la paix et les institutions démocratiques du pays, ainsi que sa détermination à garantir le plein respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales au Venezuela.
  4. Nous appuyons l’appel répété du président Nicolás Maduro Moros au dialogue politique entre les différents secteurs qui font la vie au Venezuela, dans le but de préserver la paix et de garantir la stabilité des institutions démocratiques du pays.
  5. Nous saluons les efforts louables déployés en faveur du dialogue politique et de la paix par l’Union des nations de l’Amérique du Sud (UNASUR) et par les anciens présidents espagnols José Luis Rodríguez Zapatero; Martín Torrijos du Panama; et Leonel Fernández, de la République dominicaine, avec l’envoyé spécial du Saint-Siège.
  6. Nous soutenons également l’intégration des pays d’Amérique latine et des Caraïbes dans la promotion du dialogue politique au Venezuela, à savoir: El Salvador, le Nicaragua, la République dominicaine, l’Uruguay et les États membres de la CARICOM.
  7. Nous condamnons toute action qui perturberait la paix, la tranquillité et la stabilité démocratique, compromettrait l’institutionnalité démocratique de la République bolivarienne du Venezuela et menacerait sa souveraineté.
  8. Nous pensons que la communauté internationale devrait promouvoir les capacités et fournir une assistance technique, à la demande du pays concerné, afin de relever les défis du pays en matière de droits de l’homme.

Cette déclaration a été signée par les pays suivants: Russie, Chine, Inde, Afrique du Sud, Iran, Vietnam, Algérie, Égypte, Jordanie, Koweït, Émirats arabes unis, Pakistan, Iraq, Liban, Libye, Angola, Éthiopie, Palestine, Qatar, Biélorussie, Arabie Saoudite, Azerbaïdjan, Syrie

Il est également soutenu par les pays suivants: Équateur, Bolivie, Cuba, Nicaragua, Saint-Vincent-et-les Grenadines, Saint-Kitts-et-Nevis, Dominique, Bahreïn, Comores, Djibouti, Somalie, Soudan, Tunisie, Yémen, Corée du Nord, Érythrée et Namibie.

Il est également approuvé par le Laos, les Philippines, le Soudan du Sud, la République du Congo, le Burundi, le Zimbabwe, le Myanmar, le Timor Leste, le Tadjikistan, Oman, la République démocratique du Congo, le Nigéria, la Guinée équatoriale, la Mauritanie, le Mozambique et le Togo.

 

 

Le Venezuela obtient l’appui de l’ONU pour la souveraineté et le dialogue

Je me souviens de Fidel disant qu’il y avait plus d’honneur dans les petits pays des Caraïbes que dans certains grands pays d’Amérique. Il notait aussi l’attitude des Africains qui malgré leur pauvreté avaient toujours résisté aux pressions contre Cuba de la part des Etats-Unis. Tous ces pays sous la menace des Etats-Unis, de la France et d’autres gangsters de la même espèce, témoignent en effet d’un courage que je leur envie. Que l’on ne me raconte pas de niaiseries, rien n’empêcherait que nous allions ne serait-ce qu’à une centaine  dire notre amitié à l’ambassade du Venezuela, à ce personnel diplomatique qui tient bon. Nous sommes en attendant bien contents d’avoir des pays comme la Russie et la Chine pour tenir bon, cela calmera peut-être nos ardeurs et celle de certains membres de la direction du PCF à jouer les défenseurs de droits de l’hommisme face à ceux qui tiennent bon (note et traduction de Danielle Bleitrach).

Le ferme refus des positions américaines de la Russie et de la Chine, ainsi que le soutien des pays d’Afrique, d’Amérique latine et des Caraïbes, ont conforté une position majoritaire contre les ingérences étrangères au Venezuela.

Le ferme refus des positions américaines par la Russie et la Chine, ainsi que le soutien des pays d’Afrique, d’Amérique latine et des Caraïbes, ont conforté une position majoritaire contre les ingérences étrangères au Venezuela. | Photo: EFE

Publié le 26 janvier 2019
Lors de la réunion extraordinaire convoquée par les États-Unis Au Conseil de sécurité, 19 pays sur 35 ont rejeté l’ingérence étrangère au Venezuela.

Le gouvernement vénézuélien a obtenu samedi le soutien de sa  souveraineté devant le Conseil de sécurité des Nations Unies ( ONU ), où 19 pays sur 35 ont exprimé leur opposition à l’ingérence dans les affaires intérieures de la nation sud-américaine et leur appui à un processus de dialogue entre les acteurs nationaux.

La réunion extraordinaire de haut niveau au sein de cet organe a été convoquée à la demande du secrétaire d’État américainMike Pompeo, afin de rechercher un consensus international pour légitimer le coup d’état en cours au Venezuela et la reconnaissance de l’imposition d’un « gouvernement fantoche ».

Cependant, la représentation des États-Unis, de ses gouvernements alliés dans le soi-disant groupe de Lima et d’une partie de l’Union européenne (UE) n’a pas atteint ses objectifs au sein du Conseil de sécurité, où la plupart des pays de tous les continents ont exigé le respect de la souveraineté vénézuélienne.

De cette manière, le ferme refus de la position américaine des grandes puissances dotées du droit de veto, la Russie et la Chine, ainsi que le soutien des pays d’Afrique, d’Amérique latine et des Caraïbes, ont conforté une position majoritaire contre l’ingérence étrangère au Venezuela.

Le monde a opté pour la démocratie

La Russie était l’une des 19 nations qui ont soutenu le dialogue entre les Vénézuéliens au sujet de l’ingérence. L’ambassadeur de Russie à l’agence, Vasili Nebenzia, a déclaré que « la véritable menace à la paix réside dans les États-Unis et leur volonté de participer au coup d’Etat ».

Avis également appuyé par la Bolivie, qui a dénoncé devant le Conseil que le véritable intérêt de la session convoquée par Mike Pompeo contre le Venezuela réside dans ses ressources naturelles et dans les divergences idéologiques et politiques avec le gouvernement bolivarien. « Quel pays est meilleur après une intervention américaine? », s’est interrogé le représentant bolivien, Sacha Llorenti.

CUBAONU

@CUBAONU

🇨🇺 en no considera que la situación en sea objeto del Consejo de Seguridad; mientras llama a la solución pacífica de las diferencias, así como al pleno respeto al Estado de derecho.

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La représentation diplomatique de la Chine a également apporté son soutien. « Nous soutenons les efforts du gouvernement vénézuélien pour défendre la souveraineté et la stabilité du pays (et) nous nous opposons à l’ingérence dans les affaires du Venezuela », a déclaré le diplomate Ma Zhaoxu. « La situation au Venezuela est interne et ne menace pas la paix internationale », a-t-il ajouté.

Pour sa part, l’ambassadeur permanent de Cuba, Anayansi Rodriguez, a déclaré que les agressions contre le gouvernement vénézuélien constituaient une tentative désespérée d’appliquer « une politique infructueuse de changement de régime », qui a été contrecarrée à plusieurs reprises « par la résistance inébranlable de la population vénézuélienne et sa volonté de défendre la souveraineté nationale.  »

Alina R. Duarte@AlinaTelesur

El Salvador: La solución pacífica de los conflictos, el pleno respeto a la no intervención y a la soberanía, y no el uso, o la amenaza del uso de la fuerza son el mejor camino para superar dificultades. 🇸🇻 🇻🇪

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Autres phrases à l’appui de la souveraineté du Venezuela

« La situation au Venezuela est un problème interne et ne constitue pas une menace pour la paix et la sécurité internationales. » Guinée équatoriale.

« Ils devraient promouvoir des moyens permettant de créer un environnement favorable au dialogue et à la coopération, qui facilite la résolution des difficultés du peuple vénézuélien. » Afrique du Sud.

« Pour répondre pacifiquement à la situation au Venezuela, le dialogue des parties est nécessaire et la Dominique offre ses bons offices pour faciliter ce processus. » Dominique.

« Nous exigeons le respect de la constitutionnalité du président Nicolás Maduro au Venezuela. » Nicaragua.

Alina R. Duarte@AlinaTelesur

Dominica: “Reconoce al Gobierno reelecto de la República Bolivariana de Venezuela”, “No puede haber un gobierno paralelo en Venezuela”, “La comunidad internacional debe ampliar esfuerzos para consolidar la paz, consolidar la reconciliación sin derramamiento de sangre” . 🇩🇲

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« C’est le peuple du Venezuela qui doit choisir son propre parcours sans aucune ingérence ». Mexique

« Les dirigeants des Caraïbes resteront attachés à la situation au Venezuela. Nous appelons à un dialogue pacifique et rejetons toute ingérence dans les affaires intérieures de ce pays. » La Barbade.

« La pire solution pour le Venezuela est de renforcer son isolement international. » Uruguay.

« La solution pacifique des conflits, le respect intégral de la non-intervention et de la souveraineté, et non le recours ou la menace du recours à la force, constituent le meilleur moyen de surmonter les difficultés. » El Salvador.

>>  Arreaza à l’ONU dénonce le coup d’État et affirme « Le Venezuela est irrévocablement libre! »

 

Réunion d’urgence au Conseil de sécurité sur le venezuela: compte-rendu officiel de l’ONU

Réunion d’urgence au Conseil de sécurité: Les délégations affichent leurs divisions sur la situation au Venezuela

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Les délégations ont affiché, ce samedi matin, devant le Conseil de sécurité, réuni à la demande des États-Unis, de très profondes divergences autour de la crise politique au Venezuela, lors d’une séance de cinq heures marquée par des échanges d’une rare acrimonie, en présence notamment du Ministre des affaires étrangères du Venezuela, M. Jorge Arreaza, et du Secrétaire d’État des États-Unis, M. Michael Pompeo.

Si les États-Unis et une majorité de pays latino-américains ont en effet appuyé M. Juan Guaidó, président « autoproclamé » du Venezuela, la Fédération de Russie, l’Afrique du Sud ou bien encore Cuba ont souligné la légitimité du Président Nicolas Maduro.  « Personne ne nous imposera une décision », a appuyé le Ministre vénézuélien, qui a assuré que son pays ne sera pas le « trophée de guerre de Donald Trump. »

Les divisions se sont révélées avant même le débat, puisque le délégué de la Fédération de Russie, estimant que la situation au Venezuela n’est pas une menace à la sécurité internationale, a demandé que ce point de l’ordre du jour soit mis aux voix.  Ce dernier a été adopté par 9 voix en faveur, 4 voix contre et 2 abstentions.

Première oratrice à s’exprimer, la Secrétaire générale adjointe aux affaires politiques, Mme Rosemary DiCarlo, a rappelé les derniers développements de la crise institutionnelle et politique au Venezuela, qui est entrée dans une phase « critique », selon l’expression du délégué de la Côte d’Ivoire.

Alors que le Président sortant Maduro a été investi pour un second mandat le 10 janvier 2018, le Président de l’Assemblée nationale, M. Guaidó, a, le 23 janvier, indiqué qu’il ne reconnaissait pas M. Maduro, et s’est déclaré Président par intérim du pays en appelant à la tenue d’élection, a expliqué Mme DiCarlo, en dénonçant les violences ayant émaillé les manifestations.

Pour les États-Unis, « véritables amis » du peuple vénézuélien, l’heure est venue de reconnaître le nouveau Président, a déclaré le Secrétaire d’État américain.  Accusant M. Maduro d’avoir réduit « les Vénézuéliens à fouiller les poubelles pour se nourrir », le Secrétaire d’État a fait remarquer que de nombreux États ont d’ores et déjà reconnu le gouvernement par intérim de M. Guaidó.

« Les pays doivent désormais choisir, soit rester aux côtés de M. Maduro, soit se ranger derrière le peuple », a dit M. Pompeo, en accusant la Chine et la Fédération de Russie d’avoir empêché le Conseil de parvenir à un compromis.  Une position partagée par la France, la Belgique et le Royaume-Uni, ce dernier estimant, par la voix de son Ministre d’État pour l’Europe et les Amériques, M. Alan Duncan, que M. Guaidó est la « bonne personne » pour le Venezuela.

De son côté, le délégué du Pérou a rappelé la position des pays de la région, exprimée le 10 janvier dernier, selon laquelle le pouvoir du Président Maduro est « illégitime ».  Il a aussi mentionné la demande faite à la Cour pénale internationale (CPI) d’enquêter sur son régime.  « Le Président Guaidó, qui a été reconnu, doit désormais s’atteler à l’organisation de nouvelles élections transparentes », a déclaré le délégué péruvien, appuyé par le Ministre des affaires étrangères de la République dominicaine, M. Miguel Vargas Maldonado, qui présidait le débat.

Dénonçant le « simulacre d’élections » ayant conduit au second mandat de M. Maduro, les représentants de la France et de l’Allemagne ont également demandé l’organisation « immédiate » d’une nouvelle élection présidentielle.  Si ce n’est pas le cas, l’Allemagne se tient prête dans un délai de huit jours à reconnaître Juan Guaidó comme « Président en charge » du Venezuela, a déclaré le délégué allemand.

« Pourquoi huit jours, pourquoi pas 15 ou 30 jours? » a ironisé le délégué de la Fédération de Russie, avant de dénoncer en des termes très vifs cette violation de la souveraineté du Venezuela.  « Que penseriez-vous si la Russie demandait que la question des gilets jaunes en France soit inscrite au programme de travail du Conseil? » a-t-il lancé à la déléguée française, avant de la « rassurer », en disant que son pays ne le ferait pas.

Mais c’est aux États-Unis que le délégué russe a réservé ses mots le plus durs, en accusant ce pays de vouloir déstabiliser le Venezuela et de mêler le Conseil à ce « jeu sale ».  « Le Venezuela a osé mener une politique indépendante qui ne sied pas aux États-Unis », a-t-il dit.  Dénonçant « une réincarnation de la doctrine Monroe » évoquée par le Président Trump, il a indiqué que le « changement de régime » est « le jeu favori des États-Unis ».

Plusieurs délégations se sont engouffrées dans la brèche, dont celle de la Guinée équatoriale qui a rappelé les conséquences négatives que peut avoir une intervention externe provoquée par un recours du Conseil de sécurité, comme dernièrement en Libye.  « Le Conseil ne doit pas devenir un instrument de validation d’un changement inconstitutionnel de Gouvernement au Venezuela », a appuyé le représentant de l’Afrique du Sud.

Une position pleinement partagée par le Ministre des affaires étrangères vénézuélien qui a fustigé la tentative de « coup d’État » des États-Unis et de ses « pays satellites », en rappelant que M. Guaidó s’est « autoproclamé » Président.  Il a en outre dénoncé la menace de recourir à la force militaire contre le Venezuela agitée par le Président des États-Unis, ainsi que « l’ultimatum » des pays européens en vue de nouvelles élections.

« D’où l’Europe tient-elle une telle autorité? » a-t-il déclaré, en qualifiant cet position d’« infantile ».  « Vous n’arriverez pas à fomenter une guerre civile au Venezuela et nous nous battrons pour défendre notre souveraineté », a conclu M. Arrazea, en assurant qu’il n’y avait pas eu de fraude électorale au Venezuela.

Les divisions sur le dossier vénézuélien ont enfin été de mise au sein des pays de l’Amérique latine et des Caraïbes.  Si les délégations de l’Argentine, du Brésil, de la Colombie ou bien encore du Chili ont appuyé le Président par intérim pour mettre fin à « l’usurpation », selon le mot du Ministre des affaires étrangères colombien, celles de Cuba et de la Bolivie ont de leur côté apporté leur soutien au Président Maduro.

« La souveraineté du peuple vénézuélien l’emportera contre l’impérialisme », a martelé la déléguée de Cuba, qui a comparé la région à une vaste « zone sèche » que la moindre étincelle pourrait embraser.  Les pays des Caraïbes ont été nombreux à rejeter « toute tentative d’évincer des leaders démocratiquement élus », comme l’a indiqué le délégué de Saint-Vincent-et-les Grenadines.

« La reconnaissance d’un gouvernement autoproclamé en dehors d’un processus électoral est une répudiation claire de la volonté du peuple », a renchéri la représentante de la Dominique.  S’il a eu le premier mot de la réunion, le délégué de la Fédération de Russie a peut-être eu le dernier lorsque, dans une ultime prise de parole, il a indiqué avoir dénombré aujourd’hui 11 pays d’Amérique latine et des Caraïbes qui soutiennent le Gouvernement Maduro, 10 étant contre.

LA SITUATION AU VENEZUELA

Adoption de l’ordre du jour

M. VASSILY A. NEBENZIA (Fédération de Russie) a indiqué que son pays ne peut appuyer l’initiative américaine de tenir la présente réunion sur un tel ordre du jour, « la situation au Venezuela ».  Pour la délégation russe, la situation interne de ce pays ne relève pas du Conseil de sécurité et on ne voit pas comment la situation peut être taxée de menace à la paix et la sécurité internationales.  S’il y a menace, a-t-il poursuivi, c’est du fait des actions américaines et de leurs alliés qui essayent de faire un coup d’État et de remplacer le Président élu.  C’est fort de ces raisons que la Fédération de Russie a demandé un vote de procédure sur le point à l’ordre du jour, a-t-il expliqué, arguant que « la situation au Venezuela » ne fait pas partie du programme de travail du Conseil de sécurité.

M. MICHAEL R. POMPEO, Secrétaire d’État des États-Unis, a souligné que le rôle du Conseil de sécurité est de préserver la paix et la sécurité internationales.  Selon lui, « le régime de Maduro » réprime son peuple depuis des années et les populations s’exilent.  Ainsi, « l’ancien Président Maduro » assume toute la responsabilité de cette tragédie.  Pour les États-Unis, le Venezuela a un nouveau Président, M. Juan Guaidó, qui a promis de ramener la sécurité et la paix.  M. Pompeo a estimé que le débat du Conseil doit se tenir car « toute l’attention du peuple vénézuélien est portée sur nous ».

L’ordre du jour, « la situation au Venezuela », a ensuite été mis aux voix et été adopté par 9 voix pour (Allemagne, Belgique, États-Unis, France, Koweït, Pérou, Pologne, République dominicaine et Royaume-Uni), 4 contre (Afrique du Sud, Chine, Fédération de Russie et Guinée équatoriale) et 2 abstentions (Côte d’Ivoire et Indonésie).

Exposé

Mme ROSEMARY DICARLO, Secrétaire générale adjointe aux affaires politiques et à la consolidation de la paix, a souligné la gravité de la situation au Venezuela.  Les efforts récurrents pour amener le pouvoir et l’opposition autour de la table des négociations ont échoué, a-t-elle dit.  Les 30 millions de Vénézuéliens sont frappés par l’hyperinflation, la baisse des salaires et la détérioration des soins de santé.  La chute de la production de pétrole s’est accentuée, avec une baisse corrélée des recettes publiques.  Le PIB du pays devrait baisser de 18% cette année, a-t-elle dit, notant également le doublement du taux de mortalité infantile.

Mme DiCarlo a ensuite rappelé les derniers développements politiques dans le pays, marqués notamment par une Assemblée nationale passée aux mains de l’opposition et la tenue de l’élection présidentielle.  Alors que le Président sortant Maduro a été investi pour un second mandat le 10 janvier 2018, le Président de l’Assemblée nationale, M. Guaidó, a, le 23 janvier, indiqué qu’il ne reconnaissait pas M. Maduro et s’est déclaré Président par intérim du pays en appelant à la tenue d’élection, a expliqué Mme DiCarlo.

Les résultats de cette élection n’ont pas été reconnus par l’opposition et les manifestations ont éclaté dans le pays, débouchant sur des violences meurtrières.  Au moins 20 personnes auraient été tuées dans ces violences, a indiqué Mme DiCarlo, en avertissant que la situation peut dégénérer et échapper à tout contrôle.  Il est impératif de garantir la liberté de réunion, a déclaré la Secrétaire générale adjointe.  Tous les acteurs du pays doivent urgemment dialoguer pour mettre un terme à cette crise, a-t-elle insisté.  Elle a ensuite évoqué la mise en place, par le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) notamment, d’un mécanisme d’appui aux Vénézuéliens qui fuient le pays, avant d’exhorter les différents acteurs à faire preuve de retenue.  « Il faut agir à l’unisson », a conclu la Secrétaire générale adjointe, en plaidant pour une « solution politique » au Venezuela.

Déclarations

M. MICHAEL R. POMPEO, Secrétaire d’État des États-Unis, a estimé que cette réunion aurait dû être organisée depuis fort longtemps, puisque l’ancienne Ambassadrice Nikki Haley en avait fait la demande.  « Mais le Conseil a fait la sourdre oreille. »  Il a dit que M. Maduro avait réduit les Vénézuéliens à fouiller les poubelles pour se nourrir.  Il a cité des exemples de Vénézuéliens connaissant un sort misérable, avant de dire que la situation humanitaire exige une action immédiate de la communauté internationale.  Trois millions de Vénézuéliens ont dû fuir leur pays et ces déplacements constituent une menace pour la paix et la sécurité dans toute la région, a—t-il estimé.

Pour les États-Unis, l’heure est venue de reconnaître le nouveau Président et d’aider le peuple vénézuélien.  De nombreux États ont reconnu le gouvernement par intérim de M. Guaidó, a-t-il argué, ajoutant que les nations doivent désormais choisir entre rester aux côtés de M. Maduro ou alors s’aligner derrière le peuple.  M. Pompeo a affirmé que ce matin, la délégation américaine avait essayé de trouver un compromis au sein du Conseil sur la question, mais qu’elle s’était heurtée à l’intransigeance de la Chine et la Fédération de Russie.  Pour lui, ces pays appuient un régime en faillite et les fonds qu’ils y envoient n’aident pas le peuple, mais plutôt les dirigeants.

M. Pompeo a aussi accusé Cuba d’être le plus grand soutien du régime Maduro car il forme les forces de sécurité vénézuéliennes.  « C’est Cuba qui a aggravé la situation dans le pays, et ce sont les États-Unis qui sont les véritables amis du peuple vénézuélien », a-t-il clamé.  « Que les choses soient claires, le Président Trump et moi-même entendons que nos diplomates soient protégés en vertu des normes internationales », a déclaré le Secrétaire d’État, avant d’exhorter le Conseil de sécurité à appuyer la transition démocratique au Venezuela.

M. ALAN DUNCAN (Ministre d’État pour l’Europe et les Amériques du Royaume-Uni) a détaillé « l’effondrement total du Venezuela », qu’il a imputé au « socialisme de Nicolas Maduro et de ses sbires », le pays étant désormais plongé dans une pauvreté abjecte.  Rejetant toute accusation de néocolonialisme, il a indiqué vouloir aider le peuple vénézuélien, qui est privé de sa liberté et de sa démocratie.  « Maduro a tenté d’ôter toute légitimité à l’Assemblée nationale, a truqué les élections et réprimé l’opposition. »  Le monde peut voir que la Présidence de Nicolas Maduro n’est pas légitime, a-t-il affirmé, en soulignant le pouvoir légitime de l’Assemblée nationale.

Le Ministre a invité les membres du Conseil de sécurité à promouvoir un changement positif dans le pays et un règlement politique.  « L’Assemblée nationale et son Président Juan Guaidó sont les mieux placés pour rétablir la démocratie; Juan Guaidó est la bonne personne pour faire avancer le pays », a-t-il dit.  En conclusion, M. Duncan a indiqué que, si de nouvelles élections ne sont pas bientôt organisées, son pays reconnaîtra M. Guaidó comme Président constitutionnel par intérim du Venezuela.

M. GUSTAVO MEZA-CUADRA (Pérou) a jugé normal que le Conseil se saisisse de la situation au Venezuela.  Il a dénoncé « la politique de répression du régime illégitime du Président Maduro contre son propre peuple ».  Il a évoqué les trois millions de réfugiés qui sont le fruit de cette situation, sachant qu’on en annonce deux millions de plus après la dernière flambée de violence.  Certains pays de la région sont obligés de gérer cet afflux de réfugiés, a-t-il fait remarquer, citant le cas du Pérou qui accueille pas moins de 700 000 Vénézuéliens.  Le représentant a ensuite dénoncé l’utilisation de la violence pour terroriser le peuple et écraser toute opposition.  Il a rappelé qu’en septembre dernier, le Pérou, avec d’autres pays de la région, avait demandé que le Procureur de la Cour pénale internationale (CPI) lance une enquête contre le régime du Président Maduro pour ses actions depuis 2014.

Le représentant a dit que le « Groupe de Lima » n’a pas reconnu la légitimité des élections de mai 2018 et il a donc souligné « l’illégitimité du régime ».  Il a aussi déploré « la réaction du régime face aux manifestations du peuple », avant de lancer un appel pour la fin des violences et la libération des prisonniers politiques.  Il a exigé une enquête indépendante pour traduire en justice les auteurs de meurtres sur les manifestants.  La position des pays de la région a été publiée le 10 janvier dernier et celle-ci précise que le pouvoir du Président Maduro est illégitime, a-t-il indiqué.  De ce fait, « le Président Juan Guaidó qui a été reconnu doit désormais s’atteler à l’organisation de nouvelles élections transparentes », a-t-il plaidé, des élections qui garantissent la participation de tous, dans le respect des normes internationales.

M. JERRY MATTHEWS MATJILA (Afrique du Sud) a rappelé que les partis politiques au Venezuela s’étaient accordés sur les règles de conduite de l’élection présidentielle qui a vu la victoire du Président sortant Maduro.  Il a déclaré que son pays a le respect le plus élevé qui soit pour l’état de droit.  « Nous sommes par conséquent très préoccupés par ce qui est une tentative évidente, au Venezuela, de circonvenir aux mécanismes constitutionnels du pays gouvernant la conduite des élections. »  Tout différend doit être tranché d’une manière pacifique par le biais des procédures prévues par la Constitution du pays, « sans influence extérieure », a-t-il martelé.

Le délégué a appelé toutes les parties au Venezuela à participer au processus de dialogue national afin de promouvoir l’unité et la réconciliation, avant de se dire préoccupé par la situation humanitaire.  « L’Afrique du Sud est fermement opposée à toute tentative visant un changement inconstitutionnel ou indu au Venezuela.  Le Conseil ne doit pas devenir un instrument de validation d’un changement inconstitutionnel de Gouvernement. »

M. ANATOLIO NDONG MBA (Guinée équatoriale) a souligné l’urgence, pour toutes les parties, de s’abstenir d’actes de violence et de provocation.  Il a appelé le Gouvernement, les partis politiques de l’opposition, la société civile et le peuple du Venezuela à s’armer de valeurs et de sagesse pour surmonter la situation en cours et trouver une solution pour la paix et la sécurité, en respectant les droits de l’homme et les libertés des citoyens.

« La situation au Venezuela est une question interne qui ne représente pas une menace pour la paix et la sécurité internationales », a affirmé le délégué.  Il a donc exhorté le Conseil de sécurité et la communauté internationale à se montrer prudents et à tenir compte des expériences récentes au Moyen-Orient et en Afrique pour éviter que la situation dans le pays ne dégénère.  Le rôle des Nations Unies devrait être, selon lui, de se concentrer sur le soutien à apporter aux efforts du pays en faveur d’un dialogue franc et inclusif entre les Vénézuéliens pour régler les différends.  Les pays voisins et la communauté internationale ne doivent pas jeter de l’huile sur le feu et doivent éviter un incident de grande ampleur, a-t-il poursuivi, en expliquant que l’ingérence extérieure ne facilitera pas le règlement.

Le représentant a appelé au dialogue interne sur la base des réalités suivantes.  Tout d’abord, les expériences récentes, en Libye notamment, ont montré comment a dégénéré une situation provoquée par une intervention externe provoquée par un recours du Conseil de sécurité sur la base de la responsabilité de protéger.  Ensuite, sachant que le Conseil de sécurité et l’ONU défendent le principe de la primauté du droit, et comme, au Venezuela, toutes les institutions appuient le Gouvernement au pouvoir, la communauté internationale doit respecter cette position et le droit.  Enfin, un changement de régime tel que l’on tente de le faire au Venezuela créerait un grave précédent qui pourrait avoir des conséquences délétères dans de nombreux pays.

La Guinée équatoriale appuie les efforts du Gouvernement vénézuélien pour défendre la souveraineté nationale, l’indépendance et la stabilité.  Le pays défend le principe de non-interférence dans les affaires internes d’autres pays et espère que les parties pourront régler leur différend par le dialogue.  Le représentant a invoqué le principe de subsidiarité pour demander que l’action des pays de la région se fasse dans le respect du droit national et de la Charte des Nations Unies.  Enfin, il a lancé un appel au Secrétaire général de l’ONU pour qu’il utilise ses bons offices de facilitateur et de médiateur dans cette crise.

Mme ANNE GUEGUEN (France) a estimé que la première priorité n’est autre que le respect de la volonté du peuple vénézuélien.  Ainsi, a-t-elle demandé, « M. Nicolas Maduro qui prétend assumer un second mandat sur la base d’un simulacre d’élections doit immédiatement annoncer l’organisation de nouvelles élections présidentielles, démocratiques cette fois ».  Elle a rappelé les propos du Président Macron qui a dit, ce matin, que sans annonce des élections d’ici huit jours, il sera prêt à reconnaître Juan Guaidó comme « Président en charge » du Venezuela pour enclencher un processus politique.

La France exhorte par ailleurs les autorités vénézuéliennes à respecter les droits de l’Assemblée nationale, « seule institution démocratiquement élue », en particulier le principe d’immunité de ses membres, et à cesser toute action de répression à l’égard de la population.  Le peuple vénézuélien a le droit de faire entendre sa voix, a-t-elle dit, en rappelant à cet égard son attachement à la liberté de la presse et à la protection des journalistes qui doivent pouvoir exercer leur métier librement.

La France insiste aussi sur la fin de la crise humanitaire au Venezuela.  La représentante a salué la solidarité des pays de la région, en particulier la Colombie, l’Équateur, le Pérou, le Brésil, face à cette tragédie humaine.  La France, a-t-elle ajouté, et l’Union européenne, contribuent également à cet effort humanitaire en vue de diminuer les souffrances du peuple vénézuélien.  La France exhorte également les autorités du pays à autoriser et faciliter le travail des acteurs humanitaires internationaux et des organisations non gouvernementales en mesure de fournir l’assistance humanitaire aux femmes et hommes les plus vulnérables, y compris les enfants, les personnes en situation de handicap et les personnes âgées.

M. MANSOUR AYYAD SH. A. ALOTAIBI (Koweït) a insisté sur le rôle clef de la diplomatie préventive joué par le Conseil de sécurité.  Cette diplomatie préventive est l’un des instruments essentiels d’une intervention rapide avant qu’une crise ne s’aggrave, a-t-il dit.  Il a souligné la nécessité de voir garantir les libertés de rassemblement et d’expression au Venezuela.  Il a indiqué que son pays appartient à une région qui a connu des manifestations ayant débuté de manière pacifique mais qui ont ensuite dégénéré.  Le Conseil doit agir pour éviter que de tels événements ne se reproduisent, tout en respectant le principe de souveraineté, a conclu le délégué du Koweït.

M. VASSILY A. NEBENZIA (Fédération de Russie) a déclaré que la réunion de ce jour avait été convoquée par la délégation américaine dans le but de « poursuivre sa déstabilisation du Venezuela et changer le pouvoir en place ».  Il a déploré ce « jeu sale » des États-Unis auquel le Conseil est ainsi mêlé.  Il a estimé que le thème de la réunion n’est pas la situation au Venezuela, puisque le Conseil est divisé sur la question.  Il a aussi rappelé que les auteurs de la Charte des Nations Unies, dont les États-Unis, avaient mis en garde contre la situation actuelle d’ingérence.  Mais « de toute évidence cela fait longtemps que Washington n’a pas ouvert ce document », a—t-il ironisé.

Le représentant a ensuite dénoncé « une réincarnation de la doctrine Monroe » que le Président Trump avait évoquée au cours de son discours à l’Assemblée générale en septembre dernier.  « Le Venezuela a osé mener une politique indépendante qui ne sied pas aux États-Unis », a-t-il dit avant d’affirmer que la réelle politique des États-Unis, celle du « changement de régime », est « le jeu favori des États-Unis », comme cela a été documenté par le passé dans le cas du Nicaragua par exemple.  Il a noté que les États-Unis ne s’intéressent pas seulement à l’Amérique latine, mais également à l’Afrique, à l’Asie et à l’Europe.

Il a rappelé que le 20 mai 2018, le peuple vénézuélien avait apporté son suffrage au Président Maduro, estimant que Washington avait tout fait pour décrédibiliser le scrutin et ajoutant que les États-Unis avaient lancé leur plan de renversement du pouvoir.  La presse américaine, a-t-il argué, a même fait état du rôle actif des membres du Congrès américain dans cette initiative.  Il a aussi accusé les États-Unis d’avoir mis à contribution l’Organisation des États américains (OEA) dans cette tentative, ainsi que les pays voisins du Venezuela.  Notant également que le Président de l’Assemblée nationale du pays s’est autoproclamé Président par intérim, et que les États-Unis et d’autres pays l’ont immédiatement reconnu, il a estimé que « cela laisse croire qu’ils ont pris une part active à cette entreprise ».  Selon la Fédération de Russie, le Président du Venezuela a toujours l’appui des masses, tandis que l’Assemblée nationale a perdu le soutien de 70% de la population.

« En appuyant le Venezuela, nous soutenons les normes du droit international », a déclaré le délégué.  Il a relevé que les représentants américains évoquent l’utilisation éventuelle de la force en disant que « toutes les options sont sur la table ».  À M. Pompeo, M. Nebenzia a demandé « si les États-Unis étaient prêts à utiliser la force contre un État souverain, et à violer ainsi la Charte ».  Pour lui, le droit international désigne de telles actions comme une violation de la Charte.  S’adressant ensuite aux « partenaires américains en Amérique latine », il a dit qu’appuyer de telles actions c’est courir le risque de voir que demain, ce sera leur tour.

Pour gérer la crise, la Fédération de Russie propose un dialogue interne et la réconciliation nationale, avec un rôle accru des voisins du Venezuela.  Enfin, le représentant a indiqué au Secrétaire d’État américain que son pays n’a pas bloqué une déclaration présidentielle du Conseil de sécurité, mais a plutôt fait des amendements constructifs.  Il a aussi demandé que certains États « modèrent leurs propos et arrêtent de donner des ultimatums au Venezuela ».

M. CHRISTOPH HEUSGEN (Allemagne) a affirmé que l’Assemblée nationale du Venezuela est la seule « institution démocratiquement élue et crédible du pays ».  « Maduro a montré que les élections peuvent se tenir sans démocratie », a-t-il observé.  Il a appuyé l’appel du Président de l’Assemblée nationale, M. Juan Guaidó, pour la tenue de nouvelles élections.  Si elles ne se tiennent pas dans huit jours, nous reconnaîtrons ce dernier comme Président du pays, a-t-il déclaré.  Il a appelé à la protection du droit fondamental à la liberté d’expression, en particulier le droit à tenir des manifestations pacifiques, avant de plaider pour une solution politique.  Enfin, le délégué de l’Allemagne a évoqué la situation désastreuse dans le pays, où des médicaments coûtent un mois de salaire et où manifester peut entraîner la prison.

Mme JOANNA WRONECKA (Pologne) a indiqué que la crise au Venezuela est une menace à la paix.  L’Assemblée nationale du Venezuela est la seule institution démocratiquement élue et crédible du pays, a-t-elle dit, en reconnaissant ses prérogatives.  Elle a insisté sur les aspirations démocratiques du peuple vénézuélien, reconnu M. Juan Guaidó comme la voix légitime du pays et appelé à la tenue de nouvelles élections dans les jours à venir.  Si cela n’est pas le cas, alors la Pologne prendra des dispositions s’agissant de la reconnaissance des dirigeants du pays.  « Le peuple du Venezuela réclame la démocratie et nous ne pouvons pas faire la sourde oreille », a-t-elle conclu.

M. ZHAOXU MA (Chine) a souhaité qu’une solution soit trouvée à la crise au Venezuela dans la paix et le dialogue, appelant tous les pays à respecter les buts et principes de la Charte des Nations Unies, dont la non-ingérence dans les affaires internes.  La Chine défend toujours ce dernier principe et note que la situation au Venezuela n’est pas une menace à la paix et la sécurité internationales.  La délégation ne souhaite pas que cette question soit inscrite au programme de travail du Conseil.  La Chine, a ajouté le représentant, espère que la communauté internationale pourra créer des conditions favorables à la résolution de la crise.

Le représentant a ensuite noté que les États-Unis avaient accusé la Chine dans leur discours.  Répondant à cette interpellation, il a indiqué que la Chine ne s’ingère pas dans les affaires internes d’autres pays.  Il a dit espérer que ces pays qui en accusent d’autres pourraient en dire autant.

M. DIAN TRIANSYAH DJANI (Indonésie), qui s’est abstenu lors du vote de l’ordre du jour de cette réunion du Conseil, a estimé qu’il aurait fallu l’inscrire au point de l’ordre du jour intitulé « Coopération entre les Nations Unies et les organisations régionales dans le maintien de la paix et la sécurité internationales ».  Il a réaffirmé l’importance du respect des principes de non-ingérence, de souveraineté et d’intégrité territoriale de tous les pays, y compris du Venezuela.  Dans le même temps, l’Indonésie reconnaît la gravité de la situation humanitaire au Venezuela, avec pour preuve les plus de trois millions de Vénézuéliens qui ont cherché refuge dans d’autres pays de la région.  « Il faut s’occuper de cette situation. »

Pour l’Indonésie, la réunion d’aujourd’hui du Conseil devrait cependant avoir pour principale priorité d’exhorter les parties à faire preuve de retenue et d’éviter l’escalade des tensions.  Le Conseil devrait encourager la promotion d’une solution politique dans laquelle toutes les parties prenantes participeraient à un dialogue national à travers un processus démocratique crédible et transparent.  Le moment est venu pour le Conseil de jouer son rôle pivotal qui consiste à rapprocher les vues différentes, a-t-il conclu.

Lorsque trois millions de personnes fuient leur pays à cause de l’effondrement économique et politique, la menace pour la stabilité de la région devient évidente, a déclaré d’emblée M. MARC PECSTEEN DE BUYTSWERVE (Belgique).  Pour la Belgique, le mandat du Conseil de sécurité inclut clairement de traiter la situation au Venezuela, qui constitue une menace pour la paix et la sécurité internationales.  Le représentant a appelé les membres du Conseil à travailler ensemble pour promouvoir une sortie pacifique aux évènements récents, saluant au passage la solidarité et la générosité des pays de la région qui accueillent des Vénézuéliens.  Il a appelé à la retenue et la désescalade, ainsi qu’au rétablissement de l’ordre constitutionnel et au lancement d’un processus de réconciliation.  Il a également invité la communauté internationale à écouter les Vénézuéliens et insisté sur le respect des droits fondamentaux de ces derniers.

L’élection présidentielle de mai dernier au Venezuela n’était « ni libre, ni équitable, ni crédible » privant ainsi le Gouvernement de Nicolas Maduro de sa légitimité démocratique, a affirmé M. Pecsteen de Buytswerve.  « Le Venezuela a besoin de toute urgence d’un gouvernement qui représente véritablement la volonté du peuple et entame un processus de réconciliation. »  La Belgique reconnaît et soutient pleinement l’Assemblée nationale en tant qu’institution élue démocratiquement et demande instamment que ses pouvoirs soient restaurés et respectés, a-t-il ajouté.  « Elle appelle en outre à garantir les droits civils, la liberté et la sécurité de tous les membres de l’Assemblée nationale, y compris son Président, Juan Guaidó, en respectant l’immunité garantie par la Constitution. »

Avec l’Union européenne, la Belgique appelle à la tenue urgente d’élections présidentielles libres, crédibles et transparentes dans le plein respect de la Constitution et la conformité avec les normes démocratiques.  En l’absence d’une annonce sur l’organisation de nouvelles élections avec les garanties nécessaires au cours des huit prochains jours, la Belgique et les autres membres de l’Union européenne prendront des mesures supplémentaires, notamment la reconnaissance du rôle constitutionnel, selon l’article 233, du Président de l’Assemblée nationale, Juan Guaidó.

M. GBOLIÉ DÉSIRÉ WULFRAN IPO (Côte d’Ivoire) a appelé, au regard de la gravité de la situation, à mobiliser les efforts de la communauté internationale, en mettant en œuvre tous les mécanismes prévus par la Charte des Nations Unies, en vue du règlement pacifique de cette crise et d’atténuer la souffrance des populations vénézuéliennes.  Il a exhorté toutes les parties prenantes au Venezuela à la retenue et à s’inscrire résolument dans la voie du dialogue.  Il a appelé à utiliser tous les moyens légaux et pacifiques afin de trouver des solutions idoines au conflit politique entré dans une « phase critique » ces derniers jours.

L’ONU doit jouer un rôle de premier plan en appuyant les efforts de la sous-région, dans le cadre de la diplomatie préventive, a souhaité M. Ipo.  Seule la voie du dialogue dans un esprit de compromis permet de régler durablement tous les différends, a-t-il rappelé.  Aussi a-t-il engagé à nouveau tous les acteurs du conflit vénézuélien à surmonter leurs divergences et à s’engager dans des négociations franches de sortie de crise.

M. MIGUEL VARGAS MALDONADO (Ministre des affaires étrangères de la République dominicaine), a dit que son pays avait accueilli un dialogue intervénézuélien, mais précisé que cette initiative avait échoué faute de volonté politique des deux parties.  Il a aussi rappelé que la dernière réunion de l’Organisation des États américains avait insisté sur le dialogue inclusif pour une réconciliation nationale et la reprise du processus électoral qui doit être crédible et transparent.  Il a demandé l’appui de la communauté internationale à cet effet et a déploré que cette crise menace désormais la stabilité de la région.  Pour la République dominicaine, de nouvelles élections doivent être organisées au plus vite au Venezuela.  De même, a-t-il ajouté, sur le plan humanitaire, il faut garantir l’approvisionnent du pays en médicaments.

M. NEBENZIA (Fédération de Russie) a repris la parole pour réagir à la déclaration de l’Allemagne qui a « longuement cité la Fédération de Russie dans son discours ».  Bien que la diplomatie préventive soit importante, a-t-il dit, on ne peut régler une crise par des ultimatums.  Il a ainsi dénoncé le délai de « huit jours » que ce pays et d’autres ont donné au Venezuela pour l’organisation de nouvelles élections.  C’est une violation de la souveraineté du pays, a-t-il estimé, en déplorant aussi que le pouvoir légitime soit invité à reconnaître le pouvoir de l’opposition.  « Que penseriez-vous si la Fédération de Russie demandait que la question des gilets jaunes de France soit inscrite au programme de travail du Conseil de sécurité? ».  Le délégué russe a ironisé en rassurant la représentante de la France que son pays n’entendait pas engager une telle initiative.  Il a appelé enfin à respecter les autorités légitimes du Venezuela et a demandé de ne pas s’ingérer dans les affaires intérieures de pays tiers, et à ne pas non plus imposer des solutions venant de l’extérieur.

M. HEUSGEN (Allemagne) a repris la parole pour marquer sa surprise de voir que son collègue russe n’avait pas évoqué la violation des droits de l’homme et la crise humanitaire au Venezuela dans sa reprise de parole.

M. JORGE ARREAZA, Ministre des affaires étrangères du Venezuela, a fustigé l’ingérence extérieure « grossière » des États-Unis au Venezuela.  Ce pays n’est pas derrière le coup d’État au Venezuela mais « aux avant-postes de ce coup d’État », a-t-il précisé.  Les autorités américaines ont donné le feu vert à ce coup d’État, a-t-il affirmé, en fustigeant également les pays satellites des États-Unis en Amérique latine.  Brandissant tour à tour la Constitution de son pays et la Charte des Nations Unies, il a demandé « quels sont les fondements juridiques de l’autoproclamation en tant que Président à laquelle cette personne s’est livrée au Venezuela? »

Il a rappelé la menace du Président des États-Unis, M. Donald Trump, de recourir à la force militaire contre le Venezuela, alors que « mon pays a respecté sa Constitution et la Charte ».  Il a ensuite égrené la longue liste des interventions américaines en Amérique latine et dans les Caraïbes au fil des ans, avant de montrer les tweets des autorités américaines, qui espéraient selon lui un soulèvement militaire.  Mais elles ont échoué, a-t-il déclaré.  Il a notamment évoqué « le tweet dans lequel M. Trump reconnaissait ce député comme Président », y voyant là le signe clair d’un coup d’État que ce Conseil aurait dû condamner.  Il s’agit là d’une tentative des plus grossières, a déclaré M. Arreaza.

« Mais l’Europe?  L’Europe? », a-t-il ensuite martelé.  « Comment l’Europe peut-elle nous adresser un ultimatum d’organiser de nouvelles élections d’ici à huit jours?  D’où l’Europe tient-elle une telle autorité? »  Le Ministre a jugé tout cela « infantile ».  « M. Macron, a-t-il suggéré, devrait se préoccuper des manifestations du peuple ouvrier français par le biais du mouvement des gilets jaunes plutôt que du Venezuela ».

Le Ministre a assuré qu’il n’y avait pas eu de fraude électorale au Venezuela, avant de fustiger le « grand retour de la doctrine Monroe », ainsi que les sanctions, en particulier bancaires, qui frappent son pays.  « Certains membres veulent ériger un mur idéologique autour du Venezuela. »  Il a imputé à ces sanctions la gravité de la situation économique et les migrations qui se déroulent actuellement.  « Une guerre est livrée contre le Venezuela. »

Le Ministre a demandé: « qui a vraiment assassiné les personnes qui ont trouvé la mort dans les manifestations? ».  Il n’y a pas eu d’effusion de sang à Caracas, a-t-il déclaré.  « Vous n’arriverez pas à fomenter une guerre civile au Venezuela.  Et non, le Venezuela ne deviendra pas le trophée de guerre de Trump », a tonné M. Arreaza.  « Nous nous battrons pour défendre notre souveraineté. »  Il a ironisé sur le fait que personne ne connaît M. Guaidó, le Président du Paraguay n’arrivant même pas à prononcer correctement son nom.  Il a ensuite fait lecture d’un passage de la Constitution de son pays sur la transition du pouvoir, en critiquant cette imposition dangereuse de la force sur le droit.  « Personne ne nous imposera un ordre ou une décision, car ce Monsieur Guaidó s’est autoproclamé. »

M. ELLIOT ABRAMS (États-Unis) a repris la parole après l’intervention du Ministre vénézuélien pour dénoncer « un discours de haine marqué par des insultes » à l’endroit d’États qui sont présentés comme des « pays satellites ».  Pour lui, c’est le Venezuela qui est devenu un satellite de Cuba et de la Fédération de Russie.  Le représentant américain a assuré que son pays continuerait à défendre la démocratie.

M. NEBENZIA (Fédération de Russie) a de nouveau pris la parole pour préciser que son pays n’a pas de « satellite », contrairement aux États-Unis.  Il a dit au délégué américain que la Fédération de Russie respecte la souveraineté des pays lors des débats au Conseil de sécurité, ce que les États-Unis ne font pas, a-t-il estimé, puisqu’ils utilisent leurs « satellites » pour préserver leurs intérêts.  Pour lui, un pays habitué à de telles pratiques n’a pas le droit de faire usage du terme « satellite ».

Le Ministre des affaires étrangères du Venezuela a repris la parole pour souligner que c’est bien son pays qui reçoit des insultes quotidiennes de la part des États-Unis.  Il a dit que le Président Maduro avait réitéré sa volonté d’établir un dialogue avec le Président Trump.  Or, a-t-il regretté, le Venezuela n’a reçu en retour qu’insultes, sanctions et menaces, « et maintenant, ce coup d’État ».

M. CARLOS HOLMES TRUJILLO GARCÍA, Ministre des affaires étrangères de la Colombie, a salué le processus qui vise à « mettre fin à l’usurpation, la transition et le rétablissement de l’ordre constitutionnel qui se déroule dans notre pays frère », avec le leadership du « président en charge Juan Guaidó », et de l’Assemblée nationale, avec la participation des forces politiques démocratiques et la mobilisation citoyenne éloquente.  La Colombie veut, en parlant aujourd’hui au Conseil de sécurité, accompagner la juste voix du peuple vénézuélien et exprimer son ferme appui au « président en charge du Venezuela », M. Juan Guaidó, et aux compétences législatives de l’Assemblée nationale élue le 6 décembre 2015.

La Colombie entend aussi assumer son devoir en tant que membre de l’Organisation des États américains qui obligent ses membres à agir, dans le cadre légal prévu, en cas d’interruption irrégulière de la démocratie, comme ce fut le cas au Venezuela au démarrage du processus électoral de mai 2018.  De même, dans le cadre du Groupe de Lima, la Colombie appuie la création de conditions qui permettent au peuple vénézuélien de vivre dans la démocratie et la liberté.  La dictature au Venezuela est une menace à la paix et la sécurité et à la stabilité de la région, outre le fait qu’elle est contraire à la légalité internationale, a ajouté le Ministre.

« La Colombie, en tant que pays voisin, en connaît les conséquences et en souffre. »  Le Ministre a dit que « cette tyrannie » s’empare des propriétés des entrepreneurs colombiens qui ont investi légitimement, et entraîne les niveaux les plus bas d’échanges commerciaux qui étaient auparavant bénéfiques pour les deux pays.  Il a aussi dénoncé les conséquences des abus de la dictature sur les plans économique, politique et social, en prenant pour preuve l’exode de 3,5 millions de personnes, dont plus d’un million a été accueilli par la Colombie malgré ses ressources limitées.  « La Colombie continuera de participer à une réponse régionale pour gérer cette crise migratoire. »

Le Ministre a apprécié que, grâce aux décisions prises par le « président en charge » Juan Guaidó, l’aide nécessaire peut être fournie à ceux qui en ont besoin.  Il a pointé le devoir moral et politique de la communauté internationale de se mobiliser diplomatiquement et politiquement pour appuyer les efforts d’un peuple qui réclame la liberté et la prospérité.  Il a demandé un appui pour l’entrée au Venezuela de l’aide humanitaire, ainsi que pour le soutien aux mesures de protection des actifs confisqués à la dictature et à la corruption.  La Colombie demande aussi un appui politique international à la mobilisation du peuple et à un processus électoral transparent et sûr.

M. PAUL OQUIST KELLY, Ministre et Secrétaire personnel du Président du Nicaragua, a estimé que le Venezuela ne représente pas une menace à la paix et la sécurité internationales, avant de demander que les décisions souveraines du peuple vénézuélien soient respectées.  Il a rappelé que l’ancien Président américain Jimmy Carter avait qualifié le système électoral vénézuélien de « meilleur au monde ».

Pour le Nicaragua, la demande de tenir cette réunion est une interférence claire dans les affaires internes des États, en violation des principes et buts de la Charte des Nations Unies et du droit international.  Il a accusé les États-Unis de vouloir faire un coup d’État contre le Président Maduro, dénonçant des tentatives de détruire les acquis sociaux au Venezuela dans les secteurs de la santé, de l’éducation, de l’habitat, de la réduction de la pauvreté et de la famine.  Des efforts qui ont été menés par le « Commandant éternel » Hugo Chavez.  Il a conclu en disant qu’en ce moment, « le Venezuela est l’Amérique latine et les Caraïbes ».  Le Venezuela symbolise aussi le monde entier, a-t-il ajouté.

Mme ANAYANSI RODRÍGUEZ CAMEJO (Cuba) a fustigé toute intervention dans les affaires intérieures d’un pays, ainsi que la « doctrine Monroe » qui est de nouveau prônée par l’Administration des États-Unis.  Pour elle, « la région ressemble à une zone sèche que la moindre étincelle pourrait embraser ».  La représentante a rappelé la tentative d’imposer un gouvernement à la solde des États-Unis au Venezuela et souligné la légitimité constitutionnelle du Président Maduro.  La souveraineté du peuple vénézuélien l’emportera contre l’impérialisme, a, en conclusion, martelé la déléguée de Cuba.

M. GARETH BYNOE (Saint-Vincent-et-les Grenadines) a réaffirmé l’importance du respect des principes fondamentaux de la non-ingérence dans les affaires internes de toute nation souveraine, de la souveraineté et de l’état de droit ainsi que des droits de l’homme et de la démocratie.  Conscient de la complexité de la crise vénézuélienne, il a appelé à un dialogue significatif entre tous les acteurs du pays en vue d’une désescalade des tensions.

Dans le contexte imprévisible actuel, la délégation exhorte à catégoriquement rejeter toute tentative d’évincer des leaders démocratiquement élus par des impositions, des interventions et l’ingérence.  L’histoire de l’Amérique latine et des Caraïbes ne connaît que trop bien l’imposition des « puissants » contre les « gentils », a regretté le représentant en évoquant les interventions militaires par le passé et les gouvernements dictatoriaux qui en ont résulté.

« Ne perdons pas de vue la forêt au nom des arbres et faisons en sorte que l’Amérique latine et les Caraïbes restent une zone de paix », a demandé le représentant.  Il a regretté la convocation de la réunion d’aujourd’hui, parce qu’elle émerge dans « le contexte d’une ironie sans ambiguïté »: Nicolas Maduro a été élu en bonne et due forme le 18 mai 2018 et son investiture a eu lieu le 10 janvier 2019.  Il s’est indigné de voir une véritable « croisade » contre ce Président légalement et légitimement élu, orchestrée par l’OEA qui cherche selon lui à imposer, de l’extérieur et de manière unilatérale, un gouvernement présidentiel parallèle non élu et à déstabiliser l’état de droit au Venezuela.

À ses yeux, l’OEA a actuellement abdiqué de son rôle d’arbitre et a renoncé à son leadership dans l’hémisphère pour désamorcer la situation au Venezuela.  Mais, fort heureusement, un grand nombre de ses membres n’ont pas renoncé à la possibilité d’un dialogue ni abandonné les principes directeurs de l’OEA et de la Charte des Nations Unies, a-t-il constaté.  En effet, le Mexique et l’Uruguay ont indiqué leur volonté d’assumer les fonctions de médiateurs dans cette crise politique, alors que des groupes régionaux comme la CARICOM et l’Union européenne ont offert leurs bons offices pour faciliter un dialogue entre toutes les parties.  Saint-Vincent-et-les Grenadines appuie ces initiatives responsables, a précisé le représentant.

M. MARC-ANDRÉ BLANCHARD (Canada) a rejeté la revendication du pouvoir par le « régime illégitime de Nicolas Maduro », affirmant que l’élection présidentielle de mai 2018 était frauduleuse.  Le Canada soutient l’Assemblée nationale vénézuélienne qui a été démocratiquement élue, et réitère son plein soutien à « Juan Guaidó, son Président, en tant que Président par intérim du Venezuela ».

« Alors que la communauté internationale forme un front commun et dénonce la dictature de Nicolas Maduro, il ne faut pas perdre de vue l’état critique dans lequel se trouvent des millions de Vénézuéliens qui souffrent de la crise économique et politique et n’arrivent plus à satisfaire leurs besoins les plus basiques », a rappelé le représentant.  Si Nicolas Maduro est sourd aux appels du Groupe de Lima et de la communauté internationale, peut-être alors entendra-t-il les trois millions et plus de Vénézuéliens qui ont fui leur patrie à la recherche d’une vie meilleure, a-t-il remarqué en soulignant qu’il s’agit du plus important exode de l’histoire moderne de la région, avec une estimation de 5,3 millions de réfugiés et migrants du Venezuela d’ici à la fin 2019 si la situation persiste.

Face à cette crise, la communauté internationale doit faire preuve de solidarité avec l’Assemblée nationale qui a été démocratiquement élue, et avec « le Président par intérim, Juan Guaidó », ainsi qu’avec le peuple vénézuélien dans sa recherche d’une solution pacifique à la situation.  C’est dans cet esprit que la Canada a pris des mesures concrètes comme des sanctions ciblées visant 70 officiels du régime, et, à l’instar de l’Argentine, du Chili, de la Colombie, du Paraguay et du Pérou, a saisi la Cour pénale internationale de la situation.  De plus, le Canada va accueillir la prochaine réunion du Groupe de Lima qui aura lieu à Ottawa.

« Il est temps pour les pays qui continuent de soutenir politiquement et matériellement le régime illégitime de Maduro de réfléchir à la façon dont l’histoire jugera leurs actions », a mis en garde le représentant, qui a réaffirmé le soutien sans réserve du Canada aux Vénézuéliens ainsi que son attachement aux principes universels de la démocratie, de l’état de droits et des droits de l’homme.

La situation au Venezuela n’est pas une menace à la paix, a déclaré M. SACHA SERGIO LLORENTTY SOLÍZ (Bolivie), jugeant par conséquent qu’elle n’a pas à être inscrite à l’ordre du jour du Conseil.  Il a fustigé l’interventionnisme des États-Unis, ainsi que l’illégalité des sanctions unilatérales prises contre le Venezuela.  Il a rappelé les conséquences négatives des interventions passées des États-Unis comme en Libye ou en Iraq.  La Charte des Nations Unies doit être respectée intégralement, a-t-il demandé.  « Si nous pouvons avoir des divergences idéologiques, en revanche des divergences d’interprétation du droit international sont inacceptables », a conclu le délégué.

M. JULIO CÉSAR ARRIOLA RAMÍREZ (Paraguay) a dit son attachement au droit international et à la Charte des Nations Unies.  Il a déploré l’effondrement de l’état de droit au Venezuela, sans manquer de dénoncer « un processus électoral illégitime qui n’a pas vu la participation de tous les acteurs politiques ».  Il a rappelé que son pays fut le premier à rompre ses relations avec le Venezuela le 10 janvier dernier.  Le Paraguay est aussi l’un des six États ayant demandé au Procureur de la CPI d’ouvrir une enquête sur les crimes commis au Venezuela, a-t-il ajouté.  Le représentant a dit que le Paraguay reconnaît le Président Guaidó, espérant que ce dernier lancera le processus électoral, en y associant toutes les parties.  Il a terminé en exhortant le « régime du Président Maduro » à éviter de faire usage de la violence.

Faisant part de ses préoccupations face à la dégradation de la situation au Venezuela, Mme KITTY SWEEB (Suriname) a néanmoins réaffirmé l’attachement du Suriname aux principes universels du droit international et de sa propre Constitution, à commencer par la non-ingérence et le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de tous les pays.  Par conséquent, le Gouvernement du Suriname rejette toute agression armée et toute forme de pression politique et économique, ainsi que toute ingérence directe ou indirecte dans les affaires internes d’autres pays.

C’est la raison pour laquelle, le Suriname ne saurait reconnaître un gouvernement qui n’a pas été élu par un processus démocratique et des procédures conformes aux constitutions respectives, a expliqué la représentante, avant de reconnaître Nicolas Maduro en tant que Président démocratiquement élu du Venezuela.  S’agissant du conflit interne que vit le pays en ce moment, le Suriname appelle à un dialogue sincère pour trouver une solution pacifique et durable à cette crise.

M. MARTÍN GARCÍA MORITÁN (Argentine) a indiqué que son pays n’avait pas reconnu la légitimité du régime de M. Nicolas Maduro et avait reconnu M. Guaidó comme Président par intérim du pays.  Seize pays de l’Organisation des États américains ont d’ailleurs reconnu M. Guaidó comme Président par intérim du pays, a-t-il fait remarquer.  Il a appelé de ses vœux une transition politique débouchant sur la tenue d’élections dans les plus brefs délais.  Il a fustigé la répression perpétrée par le « régime Maduro » et rappelé la demande faite à la Cour pénale internationale (CPI) afin qu’elle enquête sur les évènements au Venezuela.  « Le Conseil ne peut rester indifférent », a conclu le représentant de l’Argentine.

M. JUAN JOSÉ IGNACIO GÓMEZ CAMACHO (Mexique) a dit souscrire à l’approche du Secrétaire général de l’ONU qui appelle tous les acteurs politiques au Venezuela au dialogue, tout en condamnant tout type de violence.  Le Mexique lance un appel pour trouver une issue pacifique à la crise.  Le représentant a souhaité que le peuple vénézuélien puisse prendre son destin en main, sans ingérence extérieure.  Les Gouvernements du Mexique et de l’Uruguay ont proposé un nouveau processus de négociations crédible, a-t-il noté, avant d’insister sur l’importance de la stabilité, du bien-être et de la paix au Venezuela.

M. LUIS GALLEGOS CHIRIBOGA (Équateur) a dit soutenir l’initiative du Parlement vénézuélien et reconnaître comme Président M. Guaidó.  Il a rappelé l’autorité constitutionnelle de l’Assemblée nationale démocratiquement élue au Venezuela.  Le représentant de l’Équateur a donc demandé le gel des avoirs des autorités vénézuéliennes, avant de rappeler que son pays accueille plus de 200 000 Vénézuéliens.  Il a plaidé pour que le nouveau Président vénézuélien convoque au plus vite des élections afin d’inaugurer ainsi une nouvelle ère de prospérité pour le pays.  Il a conclu en disant que l’on ne peut rien imposer au peuple par la torture et les assassinats.

Mme ELIZABETH THOMPSON (Barbade), qui s’exprimait au nom des présidents des pays membres de la CARICOM, a repris la déclaration qu’ils ont faites le 24 janvier dans laquelle ils font part de leur profonde préoccupation par rapport au sort des Vénézuéliens et la volatilité croissante de la situation dans le pays qui pourrait conduire à plus de violences, de confrontations et de souffrances.  Ils ont également réaffirmé les principes de la non-ingérence dans les affaires internes d’un pays, ainsi que leur adhésion à l’état de droit et au respect des droits de l’homme et de la démocratie.  Pour les membres de la CARICOM, la sortie de crise au Venezuela passe par un dialogue sincère et la diplomatie.  Ils ont d’ailleurs offert leurs bons offices pour faciliter un tel dialogue entre toutes les parties.

Dans la déclaration précitée, les membres de la CARICOM appellent aussi la communauté internationale à renoncer à l’usage de la force et de la menace, et soulignent l’importance qu’ils attachent à ce que les Caraïbes restent une zone de paix.  Ainsi ils exhortent tous les acteurs, internes et externes, à éviter toute action qui pourrait conduire à l’escalade des tensions dans une situation qui est déjà explosive, redoutant les conséquences négatives de grande portée que cela pourrait avoir pour toute la région.

M. MILENKO ESTEBAN SKOKNIC TAPIA (Chili) indiqué que la défense de la démocratie est au cœur de la politique étrangère de son pays.  Le Chili, a-t-il indiqué, n’a pas reconnu la légitimité de l’élection de l’année dernière au Venezuela, qui a vu M. Nicolas Maduro entamer un nouveau mandat.  Il a appuyé M. Guaidó, qui s’est proclamé Président par intérim du pays.  Le délégué a condamné la répression dans le pays et appelé au rétablissement des valeurs démocratiques.  Il a plaidé pour une action internationale forte visant à la reconnaissance du Président par intérim Guaidó et à la tenue d’élection.

M. MAURO VIEIRA (Brésil) a rappelé que, quelques minutes après l’annonce de M. Guaidó, le Brésil et de nombreux autres pays attachés au respect de l’état de droit, à la légitimité et à la transition démocratique, l’avaient immédiatement reconnu comme Président par intérim du Venezuela.  C’est le résultat d’un très long processus d’un dialogue et d’une action diplomatiques pour aider le Venezuela et son peuple, a-t-il dit.  Il a estimé que la situation au Venezuela peut poser des risques réels et immédiats pour la paix et la sécurité en Amérique latine et dans les Caraïbes, ce qui exige des efforts collectifs et des actions urgentes.  Le représentant a souligné notamment que le peuple vénézuélien est « réprimé par une police brutale et corrompue ».

Le Gouvernement brésilien et les pays du Groupe de Lima ont reconnu l’Assemblée nationale vénézuélienne, légitimement élue le 3 décembre 2015, comme le seul parti démocratiquement élu au Venezuela, a-t-il rappelé avant de se dire favorable au dialogue avec le président par intérim et avec l’opposition démocratique au Venezuela.  En revanche, le Brésil est fermement opposé à tout type de dialogue avec Nicolas Maduro et « ses complices », a-t-il précisé.

M. ELBIO OSCAR ROSSELLI FRIERI (Uruguay) a souligné que la question du Venezuela n’est pas inscrite au programme du Conseil de sécurité et que ce n’est donc pas le lieu de discuter de cette question.  L’Uruguay estime que la pire solution pour le peuple vénézuélien est d’aggraver son isolement international.  C’est pourquoi le Gouvernement uruguayen, avec celui du Mexique, a invité tous les acteurs politiques à renouer le dialogue, dans le cadre d’un processus ouvert.

Il n’y aura pas de paix au Venezuela sans un accord politique, a-t-il argué, en disant que le dialogue n’est pas une succession de monologues.  L’Uruguay exhorte donc toutes les parties à suivre cette voie, dans le respect du droit.  Il n’a pas manqué de saluer la réaction des sociétés de la région qui ont ouvert leurs portes aux réfugiés vénézuéliens, promettant que son pays n’appuierait jamais une intervention armée dans un pays tiers.

M. RODRIGO A. CARAZO (Costa Rica) a indiqué que son pays ne reconnaît pas la légitimé du Gouvernement qui a pris ses fonctions le 10 janvier dernier au Venezuela.  Il s’est dit favorable à des mesures de transition au Venezuela en vue de la tenue d’élection.  Il a plaidé pour le rétablissement de l’ordre constitutionnel, en avertissant que toute solution à la crise doit émaner de la population.  Le délégué a enfin condamné toute violence.

Mme LOREEN RUTH BANNIS-ROBERTS (Dominique) a réaffirmé l’attachement de son pays au principe de non-ingérence dans les affaires internes de tout État souverain.  Il estimé que l’élection présidentielle du 20 mai 2018 au Venezuela avait reconduit le Président Maduro au pouvoir, assurant que son pays respecte pleinement la volonté du peuple de toute nation souveraine telle qu’exprimée dans le cadre d’un processus électoral.  Par conséquent, le représentant s’est dit préoccupé par les marques de soutien à un gouvernement de transition au Venezuela et les déclarations relatives à « l’illégitimité du Gouvernement Maduro ».  « La reconnaissance d’un gouvernement autoproclamé en dehors d’un processus électoral est une répudiation claire de la volonté du peuple », s’est-il indigné, ajoutant qu’il ne peut y avoir de « gouvernement parallèle » au Venezuela.  La Dominique estime que toute sortie de crise pacifique au Venezuela passe par un dialogue entre les parties, et elle propose ses bons offices à cet égard.

M. RUBÉN ARMANDO ESCALANTE HASBÚN (El Salvador) a jugé « triste » que le Conseil de sécurité soit réuni aujourd’hui pour discuter d’une question en rapport avec l’Amérique latine.  Il a souhaité que les problèmes du Venezuela soient réglés par la voie du dialogue.  Il a rappelé que son gouvernement appuie l’initiative diplomatique des pays qui sont engagés dans le règlement pacifique de la crise au Venezuela.

Mme MARY ELIZABETH FLORES (Honduras) a remarqué que le Président de l’Assemblée nationale, M. Juan Guaidó, a pris les fonctions de Président par intérim du pays, dans un contexte marqué par des manifestations d’une ampleur « monumentale ».  Elle a affiché sa confiance envers le Venezuela pour que le pays entame un processus conduisant à la tenue d’élections justes et crédibles.  La déléguée a enfin invité le Conseil à se saisir résolument de la situation au Venezuela, laquelle a des répercussions dans toute la région.

Pour M. WALTON ALFONSO WEBSON (Antigua-et-Barbuda), la promesse d’une zone de paix en Amérique latine et aux Caraïbes ne doit pas s’effondrer.  Ainsi, le représentant s’est-il insurgé contre des velléités d’imposer la paix dans des pays tiers, rappelant que ce genre d’interventions externes avait entraîné par le passé le chaos dans de nombreuses sociétés.  La Charte des Nations Unies rejette l’usage de la force, a-t-il souligné en expliquant que son pays rejette toute tentative, de toute instance politique nationale, de prendre le pouvoir par des moyens autres que les processus constitutionnels.  Il a insisté sur le fait que le Gouvernement vénézuélien doit poursuivre son travail, dans le cadre du mandat qui lui a été confié.

Mme ISBETH LISBETH QUIEL MURCIA (Panama) a reconnu la légitimité du Président de l’Assemblée nationale au Venezuela, M. Juan Guaidó, en tant que Président par intérim du pays.  Elle a condamné les actes de violence commis dans le pays, avant de noter l’acuité de la crise migratoire qui a découlé de la crise politique et économique au Venezuela.  Enfin, la déléguée du Panama a appelé tous les acteurs politiques à s’engager dans la voie du dialogue.

Mme RODRÍGUEZ CAMEJO (Cuba) a repris la parole pour réagir au discours des États-Unis.  Elle a demandé si cette dernière délégation pourrait démentir le fait que c’est bien le Gouvernement américain qui a voulu imposer un président inconnu au Venezuela.  Elle a aussi affirmé que c’est le Gouvernement des États-Unis qui a entravé la signature d’un accord entre les parties vénézuéliennes en République dominicaine.  Elle a affirmé que Cuba apporte son soutien aux peuples de la région, y compris au Venezuela, avant de rappeler que ce dernier est un État libre qui ne peut être le satellite de quiconque.  La grande menace à la paix et la sécurité en Amérique latine vient des États-Unis, a-t-elle souligné, en dénonçant le retour de la doctrine Monroe.

Le Ministre des affaires étrangères du Venezuela a repris la parole pour dénoncer le fait que, selon le Président Trump, la doctrine Monroe est de nouveau en vigueur.  Selon cette doctrine, notre Amérique est l’arrière-cour des États-Unis, a–t-il dit, en demandant que le Conseil condamne ladite doctrine.  « La révolution bolivarienne du Président Maduro sera toujours à la disposition du peuple colombien pour régler le conflit armé dans ce pays, le seul sur notre continent », a-t-il déclaré à son homologue colombien, et ce, « malgré les insultes proférées par la Colombie contre son pays ».  Enfin, il a dénoncé la « persécution » de son pays par les États-Unis et exhorté les États Membres à ne pas reconnaître « un gouvernement anticonstitutionnel » au Venezuela.  « Le Venezuela est en paix. »

M. TRUJILLO GARCÍA (Colombie) a repris la parole pour rappeler que son pays entend poursuivre la mise en œuvre de l’Accord de paix signé avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), et respecter ses obligations internationales en matière de lutte contre le terrorisme.

M. NEBENZIA (Fédération de Russie) a de nouveau pris la parole et ironisé sur les propos du Secrétaire d’État Pompeo qui a affirmé que peu de pays soutiennent le Président Maduro.  Il a dit que le débat de ce jour prouvait le contraire, puisque la majorité des délégations s’est prononcée en faveur du Gouvernement vénézuélien légitime et contre l’ingérence extérieure du Gouvernement américain et leurs alliés.  « Pourquoi avoir donc convoqué cette réunion? »  Le représentant s’est félicité de la tenue de cette séance qui fut « une bonne occasion pour faire voir aux Américains ce que pense la communauté internationale de la crise au Venezuela ».  Il a dénombré 11 pays d’Amérique latine et des Caraïbes qui se sont prononcés aujourd’hui en soutien au Gouvernement Maduro, surtout des pays des Caraïbes, et 10 qui avaient un avis opposé.  Il a de nouveau dénoncé cet ultimatum de huit jours lancé par certaines délégations.  « Est-ce un chiffre magique? » s’est-il enquis en se demandant pourquoi pas 15 ou 30 jours.  Il a enfin remercié le Mexique d’avoir offert ses bons offices pour une sortie de crise.

 

Pourquoi l’Union soviétique n’a-t-elle pas soutenu la révolution en Afghanistan?

Les Etats-Unis se retirent d’Afghanistan. Trump vient d’annoncer que les Etats-Unis retirent une partie de leurs troupes d’Afghanistan. Si cela pouvait être vrai ce serait une excellente nouvelle pour l’Asie centrale. Les bases américaines sont le lieu de tous les trafics qui déstabilisent la région, armes, drogue, elles entretiennent une guerre sans fin et le règne des seigneurs de la guerre. C’est la plus longue guerre de l’histoire des Etats-Unis : l’Afghanistan. Elle a coûté la vie à des dizaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants, soldats et civils en grande majorité afghans, mais aussi combattants américains, français, allemands, canadiens, venus à partir de 2001 « punir » les commanditaires de l’attaque du 11-Septembre dans leur sanctuaire. C’est une guerre au coût pharamineux, plus de 1.000 milliards de dollars – 1,07 « trillion », au sens américain du terme, au 31 décembre 2018, selon les chiffres officiels. En 2018, elle a coûté encore 45 milliards, alors qu’il ne reste « que » 14.000 soldats en Afghanistan, contre 150.000 membres de la coalition dirigée par les Etats-Unis au plus fort de la guerre. Une somme astronomique, à comparer avec les 5 milliards de dollars sur lesquels s’affrontent le Congrès américain et Donald Trump pour la construction du fameux « mur » face au Mexique. Un rappel sur l’histoire de ce pays qui mit en échec l’impérialisme anglais et dont Engels disait à quel point il était « le tombeau des empires ». D’où ce rappel historique qui ne manque pas d’intérêt pour resituer le rôle joué par l’Afghanistan dans ce qui fut le grand jeu et l’Union soviétique (note de Danielle Bleitrach)

Zelma/Sputnik
La première apparition des troupes soviétiques sur le territoire afghan s’est produite non pas en 1979, comme on le pense généralement, mais 50 ans plus tôt. L’URSS n’a alors, contre toute attente, pas apporté son soutien aux masses révolutionnaires, mais au souverain déchu. Russia Beyond revient sur cet épisode passionnant de l’histoire.

Bien avant la Révolution de Saur et l’implication militaire soviétique dans les affaires afghanes, les soldats de l’Armée rouge avaient déjà combattu sur le territoire de ce pays d’Asie centrale. Secrètement et vêtus comme des locaux, mais criant des « Hourra » bien russes, ils ont en effet activement participé à la guerre civile y ayant éclaté à la fin des années 1920.

La situation politique en Afghanistan avait toujours fait l’objet d’une attention particulière de la part des dirigeants d’URSS, étant donné qu’elle influençait directement la sécurité des républiques soviétiques voisines d’Asie centrale (Tadjikistan, Ouzbékistan, etc). C’est pourquoi, lorsqu’en 1929 le roi Amanullah Khan a été détrôné par les révolutionnaires et que cela a conduit à l’embrasement d’une guerre civile, Moscou s’est senti forcé d’intervenir.

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D’un côté, il y avait les masses populaires ordinaires, luttant contre l’élite, et ce type d’initiatives a, à travers le monde, toujours reçu le soutien de l’Union soviétique. De l’autre, l’Afghanistan sous Amanullah Khan jouissait de bonnes relations avec l’URSS. Les deux pays avaient élargi leur coopération économique et militaire, le souverain afghan gardait également efficacement sous surveillance les Basmatchis, rebelles antisoviétiques d’Asie centrale, qui, en fuyant l’URSS durant la guerre civile russe, s’étaient réfugiés en Afghanistan et terrorisaient les territoires soviétiques par le biais de nombreux raids. Le choix auquel faisait face Moscou, qui cherchait à tirer le maximum d’avantages de la situation, a alors été difficile.

Qui soutenir?

Étonnamment, l’Union soviétique ne s’est pas pressée pour apporter son aide aux révolutionnaires paysans menés par le « fils du porteur d’eau », Habibullah Kalakani. Gueorgui Agabekov, un agent des renseignements soviétiques basé en Afghanistan dans les années 20 et ayant déserté vers l’Occident en 1930, a affirmé que les avis étaient partagés quant à savoir qui devait soutenir l’URSS dans ce conflit sur le point d’éclater. (Gueorgui Agabekov, La Guépéou : La terreur secrète russe, 1931)

La police secrète soviétique, la Guépéou, ancêtre du KGB, a appelé au soutien des révolutionnaires, qui représentaient les larges masses populaires. Cette institution supposait en effet que soutenir Kalakani aiderait à soviétiser l’ensemble de l’Afghanistan, a témoigné Agabekov.

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Une version opposée a toutefois été exprimée par le commissariat du peuple aux Affaires Étrangères (devenu en 1946 le Ministère soviétique des Affaires Étrangères). Les diplomates ont en effet affirmé que Habibullah Kalakani, un Tadjik ethnique, bénéficiait d’un solide soutien de la part de millions de Tadjiks vivant dans le Nord de l’Afghanistan, à la proximité immédiate de l’URSS. Selon le commissariat, si Kalakani venait à remporter la victoire et renforçait son pouvoir, il étendrait inévitablement son influence sur les républiques soviétiques voisines et déstabiliserait la frontière soviéto-afghane.

Ces prédictions se sont avérées vraies, Kalakani a effectivement scellé une alliance avec le leader des Basmatchis, Ibrahim Bek, et les raids basmatchis en URSS ont significativement augmenté. L’autre facteur jouant en défaveur de ce leader révolutionnaire a été qu’il était activement soutenu par les Britanniques. Par conséquent, les dirigeants soviétiquesont pris la décision d’aider le roi Amanullah Khan en envoyant leurs troupes pour restaurer la stabilité de la région.

Campagne secrète

L’Union soviétique ne souhaitait pas dévoiler ouvertement au monde son implication militaire dans la guerre civile afghane. Ainsi, les plus de 2 000 soldats de l’Armée rouge ayant pris part à la campagne d’Afghanistan se sont vêtus comme des soldats locaux. Ils étaient menés par l’ancien attaché militaire soviétique pour l’Afghanistan, Vitaly Primakov, qui s’est alors fait passer pour un Turc du Caucase, « l’officier Ragib-bey ».

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Habibullah Kalakani

L’unité était accompagnée par le conseil afghan en URSS, mené par Ali Gholam Nabi Khan, qui lui a conféré un statut légal. Le conseil a prétendu être une unité de partisans d’Amanullah ayant été forcés de fuir le pays et à présent prêts à repartir et à combattre pour leur roi.

Bien équipée, armée avec des fusils et de l’artillerie, l’unité militaire a fait son entrée sur le territoire afghan le 15 avril 1929. Pouvant compter sur un support aérien, l’unité a écrasé les troupes frontalières afghanes et sont avancé plus loin au sein de la province de Balkh, jusqu’à la principale ville, Mazâr-e Charîf. Simultanément, le souverain déchu a quitté Kandahar, où il se cachait après avoir fui Kaboul, et, avec 14 000 soldats, a pris la direction de la capitale afghane, occupée par Habibullah.

Au cours de la révolte dans la ville, les soldats soviétiques ont oublié qu’ils devaient faire mine d’être Afghans, et sont passés à l’assaut en faisant résonner des « Hourra ! » typique de l’armée russe.

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Suite à la prise de Mazâr-e Charîf, les Afghans ont appelé au jihad contre les envahisseurs et ont assiégé les troupes soviétiques dans la ville. Afin d’aider les soldats de Primakov, une seconde unité de 400 hommes menés par le prétendu « Zalim Khan » (en réalité Ivan Petrov, commandant de cavalerie soviétique) a été envoyée en renforts.

La Guépéou

Les forces soviétiques réunies ont ainsi levé le siège avec succès, et ont anéanti la garde nationale d’Habibullah ainsi que les unités de Basmatchis. Ils ont alors traversé la ville de Balkh pour prendre la direction de Kaboul. Néanmoins, le 22 mai, des nouvelles ont fait état d’une désastreuse défaite des troupes d’Amanullah près de la capitale afghane et de la fuite de celui-ci du pays. Il n’y avait donc plus aucune raison pour les troupes soviétiques de rester ici, et l’unité a sans tarder été rappelée à la maison.

Durant l’opération militaire afghane, les troupes soviétiques ont éliminé plus de 8 000 soldats adverses et ont perdu 120 des leurs. Sur les documents militaires soviétiques, l’opération est mentionnée comme une lutte contre les bandits d’Asie centrale. À noter qu’il a été interdit d’écrire quoi que ce soit à propos de cette campagne dans les œuvres de la littérature historique.

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Vladivostok : Les États-Unis ne veulent pas voir une coopération régionale élargie: par Chen Qingqing

Agenda régional d’intégration

Par Chen Qingqing à Vladivostok Source: Global Times Publié: 2018/9/12 23:38:40 Global Times est un journal en ligne en anglais quasi officiel de la Chine, ici au forum de Vladivostok qui a vu une intégration accélérée de la Chine, la Russie et la Mongolie et l’observation de plus en plus intéressée de nations sous la domination US comme la Corée du sud ou le Japon, il a été proposé un modèle de coopération gagnant-gagnant sans intervention sur l’idéologie de chaque nation, le contraire du modèle occidental, et ce au moment où les Etats-Unis font peser szq menaces de plus en plus grandes sur l’équilibre mondial. Cette proposition correspond à celle faite aux pays africains et à l’Asie centrale. Quand on anlyse désormais les politiques nationales, il faut nécessairement tenir compte de cet affrontement entre deux propositions de mondialisation. (note de danielle Bleitrach)

Les dirigeants de la Chine, de la Russie, du Japon, de la Corée du Sud et de la Mongolie ont appelé mercredi à l’intégration et à la coopération régionales pour faire face à des frictions commerciales accrues et à un protectionnisme croissant. 

La situation internationale connaît actuellement des changements profonds et compliqués avec la montée en puissance de la politique de pouvoir, l’unilatéralisme et le protectionnisme, a déclaré mercredi le président chinois Xi Jinping lors de la session plénière du Forum économique de l’Est.

Le président chinois a également appelé les pays de la région à explorer de nouveaux modèles de développement coordonné en Asie du Nord-Est, à accélérer l’innovation scientifique et technologique, à promouvoir un modèle industriel et un mode de vie économes en ressources et respectueux de l’environnement. tous les pays sont confrontés à ces nécessités.

L’économie mondiale est confrontée à un protectionnisme croissant et les principes fondamentaux du commerce et de la concurrence ont été compromis, a déclaré le président russe Vladimir Poutine lors de la session plénière du forum.

Pour maintenir la croissance économique régionale, les pays de la région devraient abandonner les préjugés idéologiques et adopter des approches réciproques, a indiqué M. Poutine.

Les pays d’Asie du Nord-Est sont confrontés à une menace croissante dans les frictions commerciales avec les États-Unis. Le président américain Donald Trump a récemment déclaré aux médias américains que la menace des tarifs de l’automobile était de nouveau à l’ordre du jour et que le Japon pourrait devenir la cible n ° 1.

Au cours du forum, des responsables gouvernementaux et des représentants d’entreprises de la Corée du Sud, du Japon, de la Russie et de la Chine ont discuté de la possibilité de renforcer la connectivité et la connectivité dans la région pour contrebalancer la position unilatérale de Trump.

« Dans d’autres régions comme le Moyen-Orient, nous avons déjà coopéré avec des entreprises chinoises », a déclaré mercredi à Global Times Teruo Asada, président du comité de coopération commerciale Japon-Russie.

Le même type de coopération sera attendu dans les infrastructures de la région, comme dans les secteurs tels que l’énergie et les transports, at-il noté.

La Chine est disposée à faire avancer la coopération multilatérale et sous-régionale, la collaboration Chine-Japon-Corée du Sud et Chine-Russie-Mongolie ayant donné des résultats positifs, a noté M. Xi lors du forum.

Les accords régionaux ont mis en évidence que

l’Asie du Nord-Est deviendra probablement une région caractérisée par un mélange explosif de conflits, y compris leproblème nucléaire de la péninsule coréenne et une série de problèmes ou de différends territoriaux et historiques entre la Chine, le Japon, les deux Corées et la Russie. un rapport publié par la fondation de recherche allemande Hanns-Seidel-Stiftung en janvier.

Toutefois, les activités de commerce et d’investissement ont été dynamiques entre les principales économies de la région.

Le volume total du PIB de l’Asie du Nord-Est représente 19% de l’économie mondiale, et une Asie du Nord-Est pacifique et stable reposant sur la confiance mutuelle répond aux intérêts et aux attentes de la communauté mondiale, a noté Xi.

Face aux lourdes taxes américaines sur les pays d’Asie du Nord-Est, la Chine, le Japon et la Corée du Sud devraient accélérer les négociations de libre-échange et parvenir à un accord le plus rapidement possible pour renforcer le développement régional et lutter contre les obstacles au commerce, a déclaré Wang Xianju à l’Institut de recherche sur le développement social euro-asiatique du Centre de recherche sur le développement du Conseil d’État à Beijing.

« La construction de gazoducs et de gazoducs entre la Russie, la Corée du Sud et la Corée du Nord devrait également commencer dans un court laps de temps », a-t-il déclaré.

Le Premier ministre sud-coréen, Lee Nak-yeon, a également exprimé l’intérêt de son pays pour le renforcement de l’intégration régionale par la création d’une communauté ferroviaire.

La coopération régionale « est la tendance future », a déclaré Xiao Yaqing, président de la Commission nationale de supervision et d’administration des actifs.

Les pays de la région cherchent plus d’opportunités et examinent des projets potentiels qui stimuleront la croissance globale de l’Asie du Nord-Est, a-t-il noté.

Incertitudes persistantes

Pour certains représentants des entreprises, la coopération régionale en Asie du Nord-Est reste confrontée à des défis.

« Le principal défi est le manque de financement des projets d’infrastructure », a déclaré M. Asada, président du comité de coopération commerciale Japon-Russie.

Mais Wang Xianju a déclaré au Global Times que la dépendance économique de la Corée du Sud et du Japon vis-à-vis des États-Unis créerait probablement d’autres obstacles à une coopération accrue entre les pays de la région.

« Washington ne veut pas voir la création d’un cercle économique en Asie du Nord-Est, qui serait un rival important », a déclaré Wang.

La région pourrait tirer des enseignements des expériences de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est, a indiqué Wang mercredi.