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L’Asie centrale restera-t-elle laïque ?

Registan Ouzbékistan Islam

Le Registan en Ouzbékistan, un des centres de l’islam local
Officiellement laïcs depuis l’instauration de l’URSS, les pays d’Asie centrale connaissent une montée en puissance de la pratique de l’islam depuis l’indépendance en 1991. Entre besoin d’exprimer une contestation politique et peur de la radicalisation, une étude tente de faire le point sur la question.

https://www.novastan.org/fr/kirghizstan/lasie-centrale-restera-t-elle-laique/

Novastan reprend et traduit ici un article publié initialement par Asia Plus.

L’Asie centrale, terre laïque pendant des décennies sous l’URSS, le restera-t-elle ? Cette question a été débattue par les auteurs de l’étude « Islam et politique » lors d’une conférence qui s’est déroulée à Almaty, dont Asia Plus reprend les principaux arguments. Alors que la région est pointée du doigt de plus en plus comme un nouveau « repère » des radicaux, la question prend une importance capitale.

Des experts des quatre pays d’Asie centrale, le Kazakhstan, le Kirghizstan, l’Ouzbékistan et le Tadjikistan ont étudié la dynamique des changements intérieurs dans la période postsoviétique, et établi une cartographie des pratiques dans les quatre pays, ainsi que leurs perspectives nationales. Ce travail d’analyse a été présenté le 13 septembre dernier par le centre régional d’expertise « Central Asia Policy Group » dans le cadre du projet « L’Asie centrale : l’espace de la « démocratie de la soie ». L’évènement a été organisé par le fond Friedrich Ebert.

Une forte augmentation du nombre de mosquées

Pour les experts, la forte croissance de l’islamisation résume à elle seule les mutations de la sphère religieuse depuis 1991 et les indépendances de l’Union soviétique. En effet, selon les données de l’étude, le nombre de mosquées au Kirghizstan est passé de 1 973 à 2 669 entre 2009 et 2015. Au Kazakhstan, la quantité de mosquées entre 1991 et 2016 a explosé, passant de 68 à 2 516.

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Au Tadjikistan, il y a actuellement un imam pour 2 210 personnes, et le Kirghizstan compte 102 madrasas (écoles musulmanes), 7 instituts islamiques et une université musulmane. Les gouvernements d’Asie centrale sont-ils prêts face à ce défi ? Les politologues sont convaincus que non.

Une politique de répression à grande échelle

« En façade, il y a une diabolisation de l’islam, et on discute de la manière de combattre l’extrémisme et le terrorisme. On voit clairement comment les politiques gouvernementales appliquent à grande échelle des mesures répressives et mènent une politique d’interdictions », a constaté la rédactrice de l’étude, la politologue kirghize Elmira Nogobaeva.

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Mosquée Bichkek Kirghizstan

Le nombre de mosquées au Kirghizstan a connu une forte hausse depuis l’indépendance.
La rédaction

Dans le même temps, la sensation que des mondes parallèles se côtoient est grandissante, et il suffit pour s’en rendre compte de sortir de Bichkek ne serait-ce que d’un kilomètre. « Dans le pays, le lieu principal de socialisation des jeunes est la mosquée », a-t-elle ajouté.

Des organisations officielles pour « contrôler » l’islam descendantes directes de l’URSS

Chacun des quatre gouvernements a non seulement adopté des lois sur la pratique ou les associations religieuses, mais a également élaboré des doctrines spécifiques ou des stratégies à l’égard de la religion. De plus, comme l’a relevé Elmira Nogobaeva, l’institutionnalisation de la sphère religieuse se renforce constamment, les commissions et les comités aux affaires religieuses se transformant en ministères.

Le tableau est similaire pour les institutions non-officielles : au Kazakhstan, au Kirghizstan et en Ouzbékistan, il existe des conseils du culte musulman, et au Tadjikistan un conseil des oulémas, des théologiens de l’islam. « Le paradoxe, c’est que les conseils actuels ne sont que les « descendants » d’une institution soviétique créée par Staline », a remarqué Elmira Nogobaeva, soulignant le rôle dominant du gouvernement dans le fonctionnement de ces organisations.

Entre « sécurisation » et pèlerinage à La Mecque par les présidents

Cette ambivalence s’observe aussi dans le domaine de l’éducation religieuse et le comportement des principaux personnages des gouvernements. D’un côté, on œuvre pour la « sécurisation » de l’islam, soit une politique gouvernementale dans le champ religieux dictée par les intérêts et les impératifs de la sécurité nationale. Mais de l’autre, les présidents accomplissent le hajj (pèlerinage à La Mecque), et prennent ostensiblement part aux rites et aux fêtes religieuses.

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Enonçant les raisons d’une telle hausse de la religiosité au Kirghizstan, Elmira Nogobaeva a émis l’idée qu’elle reflète la déception dans les « révolutions » de 2005 et de 2010. « La protestation trouve son exutoire dans la religiosité. Cela se voit dans la relation avec les institutions comme la médecine et l’éducation », a remarqué la chercheuse. De plus en plus souvent, les enfants sont envoyés dans des écoles religieuses, et l’on se tourne vers des médecines alternatives. Pour Elmira Nogobaeva, c’est un signal inquiétant.

Un contrôle contre-productif en Ouzbékistan

« Les autorités ouzbèkes estiment que moins la religion est présente, mieux la société se porte. Tant que la modernisation n’aura pas ôté toute signification à la religion, il faut la contrôler et la restreindre. Pourtant, en dépit de cette position, on assiste en Ouzbékistan à une forte islamisation », a relevé de son côté le politologue ouzbek Sadrov Salimov, soulevant une contradiction au sein de son gouvernement.

Prière Samarcande Ouzbékistan

Un homme prie dans une mosquée de Samarcande.
Dennis Keller

Dans l’étude, l’expert détaille les trois phases de la réislamisation de l’Ouzbékistan. La première est orientée vers la renaissance de la culture islamique et le démantèlement du système laïc. Les politiques commencent à utiliser un vocabulaire religieux, réalisent le pèlerinage à La Mecque. La deuxième phase est intellectuelle. De plus en plus de croyants ne se contentent plus de prononcer des prières en arabe, mais essaient de comprendre leur sens. Les connaissances au sujet de l’islam se diffusent.

Les autorités ouzbèkes démunies face à des croyants plus actifs

La troisième phase commence avec l’apparition d’une « masse critique » de musulmans éduqués et qui est orientée vers l’action. « De plus en plus de musulmans activistes sont désormais prêts à exiger que le pays et sa politique s’orientent selon les valeurs islamiques », précise l’étude.

Lire aussi sur Novastan : L’Asie centrale, cœur historique du monde musulman

Dans quelle phase se trouve l’Ouzbékistan ? Selon Sadrov Salimov, le pays le plus peuplé d’Asie centrale aurait déjà atteint la troisième. Les autorités sont-elles prêtes à cela ? « Il me semble que nous démontrons dans notre étude que non », a-t-il répondu.

Une cohabitation entre islam et politique qui a viré à la répression au Tadjikistan

Le Tadjikistan est le seul pays d’Asie centrale où a milité pendant de longues années un parti religieux puissant. Le parti de la renaissance islamique du Tadjikistan (PRIT) a été créé avant même la dissolution de l’URSS, puis a été très actif à partir de 2008, avant de cesser son activité il y a deux ans après une répression féroce du gouvernement d’Emomalii Rahmon, le président tadjik depuis 1994.

La présence dans le même champ politique d’un parti politique musulman et d’un gouvernement laïc aurait pu être vue comme une source de fierté pour les Tadjiks. Cependant, selon le président de l’association nationale des politologues du Tadjikistan Abdugan Mamadzimov, « l’existence même du PRIT a entaché la réputation de la laïcité du gouvernement. Désormais, on s’indigne, relevant que nous avions un modèle de coexistence pacifique entre un parti religieux et un gouvernement laïc. Oui, pacifique, mais pendant ce temps, ils [les religieux] aiguisaient leurs armes. »

Désormais, du point de vue du chercheur, le Tadjikistan s’est habitué au radicalisme, et le gouvernement a pris en mains les fonctions de gestion de la sphère religieuse. D’autres observateurs font remarqué que cette « prise en main » s’est réalisée au prix de nombreuses victimes et de la suppression du seul parti politique d’opposition dans le pays. Le Conseil des oulémas du Tadjikistan (l’équivalent du conseil du culte musulman) est totalement contrôlé par le gouvernement, les imams reçoivent un salaire et sont considérés comme des fonctionnaires.

La laïcité est déjà en question

Le Kazakhstan n’a pas le même contexte musulman que le Tadjikistan et l’Ouzbékistan. Malgré cela, le gouvernement est de plus en plus actif dans le domaine de la politique religieuse. C’est ce qu’a exposé l’auteur de la partie de l’étude consacrée au Kazakhstan, Sanat Koushkoumbaev, prenant comme exemple l’instauration de l’Aïd el-Kébir, la plus important des fêtes islamiques commémorant le sacrifice par Abraham de son fils unique Ismaël, et de Noël comme fêtes nationales. L’auteur est également revenu sur la division des courants islamiques entre « traditionnels » et « non traditionnels », ou encore la reconnaissance officielle du « rôle de l’hanafisme », la plus ancienne des écoles juridiques musulmanes.

Vieille dame Tachkent

Une vieille dame a pris ses quartiers sur les marches menant à une mosquée de la vieille ville de Tachkent (Ouzbékistan).
Etienne Combier

« Rien qu’au cours des dix dernières années, l’organe gouvernemental des affaires religieuses a fait l’objet de cinq réformes. Chaque fois, il s’agissait de changements conjoncturels, motivés par la réaction du gouvernement à des problèmes d’actualité. L’organe gouvernemental compétent a pris plusieurs fois la forme d’un comité, puis s’est transformé en agence. En septembre 2016, après des attentats terroristes, un Ministère des affaires religieuses et de la société civile a été créé », observe l’expert dans l’étude.

« Il ne s’agit pas d’une islamisation de la politique, mais d’une mutation de la protestation »

Ce faisant, le politologue partage l’avis de son collègue du Kirghizstan et conclut lui aussi que « les contestations religieuses sont inévitables quand il n’y a pas d’autres moyens d’exprimer son opinion. »

« Il ne s’agit pas d’une islamisation de la politique, mais d’une mutation de la protestation », a ajouté discussion le politologue Aïdos Sarim. « L’islamisme devient aujourd’hui une alternative au niveau mondial, comme le fascisme en son temps, et comme le libéralisme. Et quand le feu emportera tout sur son passage, nous nous demanderons : mais pourquoi n’avons-nous pas réagi ? », a questionné le chercheur.

Pour autant la répression ne saurait être une réponse à la terreur. « L’actualité de la problématique des défis et des menaces qui apparaissent comme un effet collatéral de la réislamisation préfigure une sécurisation de l’islam dans le cadre d’une politique étatique », conclut l’étude. Cela, à son tour, fait naître la question de la nécessité des mesures de régulation de la sphère religieuse de la part du gouvernement et ainsi que l’indispensable énonciation des principes et des bases d’une confiance mutuelle entre l’islam et le gouvernement.

Traduit du russe par Adrien Sauvan

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Les travailleurs-poètes de la diaspora tadjike en Russie

mon cher Tadjikistan, qui pour moi est un peu comme le Cuba de l’Asie centrale et dans lequel j’ai rencontré tellement de communistes au coeur pur, des femmes en particulier. C’est le pouvoir soviétique qui a reconstitué le langage tadjik dont on dit que c’est le plus vieux langage indo-européen (note de danielle Bleitrach)

https://www.lecourrierderussie.com/societe/2017/09/travailleurs-poetes-diaspora-tadjike/

« Viens, rivière, je veux ton eau glacée.
Tu es comme le fleuve Kawthar du paradis, et moi, je suis coincé en enfer. »


Les 878 000 ressortissants tadjikistanais présents en Russie sont, dans leur écrasante majorité, des travailleurs immigrés. Mais il s’agit souvent, aussi, de représentants de l’élite intellectuelle, ayant quitté un pays qui ne leur offrait aucune perspective professionnelle. Certains de ces menuisiers, plombiers, ajusteurs et plâtriers qui se présentent à l’embauche sur les marchés russes ont étudié la littérature persane à l’école et ont l’amour de la poésie inscrit dans les gênes. Les groupes dédiés à la « poésie tadjike émigrée » sur les réseaux sociaux rassemblent des milliers d’abonnés, et les vers qui y sont publiés, respectant à la lettre les formes persanes classiques, chantent principalement la vie en Russie et le mal du pays. La revue Ogoniok a fait connaissance de certains de ces poètes.

« Les vers, c’est comme si on voulait hurler mais sans le pouvoir»

Adolatbek Roustambekov, 62 ans, poète tadjik. Crédits : Kommersant - Anatoli Jdanov
Adolatbek Roustambekov, 62 ans, poète tadjik. Crédits : Kommersant – Anatoli Jdanov

Adolatbek Roustambekov, 62 ans, originaire du village de Bidiz. En Russie depuis 18 ans.

Adolatbek vit dans le village d’Annino, dans la région de Vladimir. Il a construit de ses mains sa maison en bois, sur les fondations d’une ancienne isba détruite par un incendie. « Il a tout fabriqué lui-même, jusqu’au plus petit détail », dit sa femme avec tendresse. Le couple s’est installé ici il y a sept ans. Jusqu’alors, Adolatbek vivait avec des compatriotes dans la cave de l’usine dans laquelle il a travaillé à son arrivée. « Il n’y avait que deux lits pour tout le monde. Nous dormions chacun notre tour », se souvient-il. Aujourd’hui, Adolatbek gagne sa vie comme charpentier, électricien et soudeur. Le couple a quatre enfants, qui ont étudié en Russie et vivent à Moscou, et cinq petits-enfants.

Dans la grande véranda, conçue pour les étés longs et chauds du Sud, une étrange pierre est suspendue à une poutre sous le toit : elle semble réunir toutes les teintes d’un petit matin frais – le givre et le ciel bleu clair, éclatant. « Cette pierre vient des monts d’Azur, où j’ai grandi, raconte Adolatbek. Un jour, une expédition géologique de Leningrad a débarqué dans nos montagnes. J’avais 11 ans, c’était la première fois que je voyais un hélicoptère. Les scientifiques louaient une chambre dans notre maison. J’ai tellement été impressionné par cet hélicoptère que j’ai écrit un poème dessus. J’aime la poésie depuis toujours, enfant, je rêvais de devenir poète. »

Après avoir échoué cinq fois au concours d’entrée de la faculté de philologie de l’Université de Douchanbé, Adolatbek s’est finalement embauché dans un magasin. « Il y avait beaucoup d’argent à gagner dans le commerce. Je pouvais avoir tout ce que je voulais. Alors, j’ai commencé d’organiser des concerts de poésie. Je ne gagnais rien avec – j’y dépensais tout ce que je gagnais ! » Et puis, l’Union soviétique s’est effondrée, et le Tadjikistan a sombré dans la guerre civile. Adolatbek est parti en Russie avec son fils aîné, alors âgé de 18 ans. Il a fait venir le reste de sa famille dès qu’il a pu s’acheter une parcelle de terrain.

« J’ai écrit la plupart de mes poèmes en Russie, explique-t-il. Les vers, ça ne vient pas comme ça. C’est une telle douleur – comme si on voulait hurler mais sans le pouvoir. Les lignes me viennent brusquement. Alors, je lâche le travail et j’écris sur un bout de carton. Et je termine le poème la nuit. Ma femme me dit : Quel besoin as-tu de tout ça ? Tu ne vas pas dormir, et tu seras de mauvais poil toute la journée ! Mais en réalité, c’est tout le contraire : j’écris et après, je me sens plus léger. »

Adolatbek écrit en shughni, une des langues du Pamir. Le shughni n’ayant pas d’écriture, il transcrit ses vers en alphabet cyrillique et, pour les sons qui n’existent pas en russe, il invente des signes à lui. Il publie ses vers sur les réseaux sociaux. Dans son Pamir natal, Adolatbek est une célébrité. Quand il retourne voir sa famille, on l’invite à dire ses poèmes à la télévision. « Une fois, l’animateur m’a demandé : Mais pourquoi vous allez tous en Russie, on vous assassine là-bas. C’est vrai, un jour, quelqu’un m’a poussé sous un train. Je ne pouvais pas me relever, je l’ai seulement entendu dire : La prochaine fois, je te tue. Et puis, un autre homme m’a aidé à me sortir de là, et il a commencé à s’excuser pour ce qu’on m’avait fait. Je lui ai répondu : Mais vous, vous n’y êtes pour rien ! Des salopards, il y en partout. Un homme mauvais peut faire le mal si on lui en donne la possibilité. Au village où j’habite, tout le monde se comporte très bien avec moi. Je me suis fait des amis formidables. Le seul problème, c’est le travail qui manque. »

Viens, rivière, je veux ton eau glacée.
Tu es comme le fleuve Kawthar du paradis, et moi, je suis coincé en enfer.
Je suis loin des miens et froid comme la glace.
Viens avec le Bien, rivière, ma rivière.
Tu coules depuis ma contrée lointaine
Où sont maman et mon vieux père aveugle.
Où mes amis sont seuls sans ma chanson.
Viens avec le Bien, rivière, ma rivière.
Je me réchauffe ici au nom du Pays.
Il est comme le feu du foyer duquel s’approchent les mains gelées.
Mon cœur et mon âme se déchirent sans toi.
Viens avec le Bien, rivière, ma rivière.

«Je vivais pour mes enfants sans pouvoir les voir»

Goulraftor Djamchedova, 49 ans, poète tadjike. Crédits : Kommersant - Petr Kassine
Goulraftor Djamchedova, 49 ans, poète tadjike. Crédits : Kommersant – Petr Kassine

Goulraftor Djamchedova, 49 ans, originaire du village de Parched. En Russie depuis 17 ans.

Dans le quartier de Perovo, à Moscou, les gens appellent Goulia « la nôtre ». Elle travaille dans une pharmacie à la sortie du métro, et adresse à ses clients des « mon cher », « mon bon ».

« En ce moment, je travaille de neuf heures le matin à neuf heures le soir, ma collègue est malade, entame-t-elle, en véritable pipelette. Je suis debout toute la journée, même pour déjeuner. Un jour, une femme arrive et me dit : Mais je vois ta tête toute la journée ! J’en ai assez ! J’ai répondu : Ma très chère, si je pouvais, je m’allongerais ici et je m’endormirais. Mais alors, il n’y aurait plus personne pour travailler ! Maintenant, cette cliente est une habituée. »
Goulia a beaucoup d’habitués. Ils passent la tête à travers la porte de verre et jettent un œil : « C’est la nôtre qui est là ? Celle qui plaisante et rit tout le temps ? Avec qui on peut papoter ? »

Goulia est neurologue de formation, diplômée de l’Université de médecine de Douchanbé. « Bien sûr, je rêvais d’entrer en fac de philologie. Mon père enseigne la littérature tadjike. Mais j’ai fait médecine parce que maman était tout le temps malade. J’ai toujours adoré apprendre des poèmes par cœur. Peut-être que j’en ai trop appris, j’étais trop pleine de poèmes – alors, je me suis mise à en écrire moi-même ! »

Avant la guerre civile, Goulia travaillait dans une clinique de Douchanbé, mais quand le travail a manqué, elle a laissé ses trois fils à sa mère et est partie pour Moscou. Le plus jeune avait trois ans. « Nous sommes des milliers dans le même cas. Et, comme toutes les autres, en arrivant, j’ai travaillé comme peintre en bâtiment. Et puis, quand je suis tombée d’un escabeau de trois mètres et que je me suis cassé les bras et les jambes, j’ai été promue chef d’équipe. Une chute pour une ascension, en somme ! C’est juste que pendant un moment, je ne pouvais plus tenir moi-même le pinceau. » Goulia a travaillé dix ans sur des chantiers. Les trois premières années, elle n’a pas gagné assez pour rentrer chez elle, à Douchanbé, voir ses enfants. Finalement, elle a fait l’aller-retour, mais n’a plus pu repartir pendant encore cinq ans. « Mes enfants me manquaient énormément. Pendant deux ans, j’ai pleuré sans m’arrêter. Et puis, je me suis calmée. Parce qu’au moins, ils étaient nourris et habillés, j’ai pu leur payer des études supérieures. Je vivais pour eux sans pouvoir les voir. » Goulia a commencé d’écrire des poèmes il y a quatre ans. « Ils parlent presque tous d’amour. De quoi d’autre une femme pourrait-elle bien parler ? Attendre son prince sur un âne blanc – et écrire des vers là-dessus ! »

Pour trouver ce travail de pharmacienne, Goulia a passé un test et suivi une formation. « Oh, quel mal j’ai eu à mémoriser les noms des médicaments ! Mais j’ai réussi. Je me sens en sécurité en Russie. Ici, j’ai trouvé le repos. Je n’ai pas peur de travailler. » Depuis cinq ans, les trois fils de Goulia – et son petit-fils – vivent avec elle à Moscou. Et, récemment, elle a trouvé un maître : un poète et musicien iranien. « Je ne savais même pas que ça existait, des gens comme ça. Des hommes à qui vous pouvez faire à ce point confiance. C’est mon meilleur ami. Il me donne des conseils pour rendre mes poèmes meilleurs. Pendant 17 ans, j’ai été seule. Je n’ai jamais fait quoique ce soit dont je devrais avoir honte devant mes enfants. Mais il y a le temps de l’attente, le temps de la souffrance, et celui de l’amour. Tout vient en son temps. »

Je deviendrais le vent du matin,
Pour t’apporter des messages.
Je deviendrais un nuage de printemps
Pour baiser de pluie le toit de ta maison,
L’arôme d’une fleur, pour que tu me respires,
Pour t’envelopper des pieds à la tête.
Oiseau, je volerais vers ta contrée,
Coquelicot de la steppe, j’y pousserais.
Mon Seigneur, je vivrais en recluse
Dans la cour de ta demeure.
Je deviendrais un baume,
pour les blessures de ton âme.
Simplement demeurer ce sourire
sur tes lèvres douces.

« Dieu, ne me laisse pas vivre seul en terre étrangère »

Abdoumamad Bekmamadov, 50 ans, poète tadjik. Crédits : Kommersant.
Abdoumamad Bekmamadov, 50 ans, poète tadjik. Crédits : Kommersant.

Abdoumamad Bekmamadov, 50 ans, originaire du village de Bidiz. À Moscou depuis 18 ans.

« J’écris principalement des vers humoristiques, entame Abdoumamad, je réinterprète nos chansonstraditionnelles tadjikes en mode joyeux. Souvent, je suis pris d’un tel cafard que je voudrais pleurer. Alors, j’attrape une feuille et un stylo, et j’écris. Et mon âme s’apaise. Dans mes vers, je vois les visages de mes proches, mon village natal, et je communique avec eux. En pensée, évidemment. N’allez pas penser que je perds la boule ! »

Au Tadjikistan, Abdoumamad a été comédien de théâtre pendant 14 ans. Il a tourné dans des films, fait des tournées avec un ensemble folklorique et joué du râbab, cet instrument à cordes traditionnel. Dans la guerre civile, il a perdu un frère. Le pays était en feu, et plus personne n’avait besoin de théâtre ni de musique. Abdoumamad est parti en Russie alors que son fils n’avait que trois jours. « Au début, j’ai transporté du ciment, bêché la terre, cassé des murs. Pendant les pauses, quand tous les autres allaient déjeuner, j’apprenais à faire de l’enduit. Mais même cette vie laborieuse à Moscou était plus douce que l’existence au Tadjikistan. Là-bas, c’était la guerre, alors qu’ici, on pouvait gagner de l’argent juste en transportant des sacs de ciment. J’ai rencontré des Russes très bien, ils m’ont tout appris. Pendant le déjeuner, ils sortaient tous une bouteille de vodka. En d’autres termes, ils m’ont aussi appris à boire… Je me disais, si je ne bois pas avec eux maintenant, je vais être viré ! »

Abdoumamad rentre chez lui une fois par an. À Moscou, ses vers satyriques ont fait de lui une véritable star de la diaspora. « Je publie mes poèmes sur Odnoklassniki et sur Facebook. Beaucoup de gens commentent et mettent des likes. » Abdoumamad est souvent invité comme tamada, maître de cérémonie, dans les mariages. Il dirige un ensemble musical de 13 personnes, de vieux amis, avec qui il jouait déjà au Tadjikistan. À Moscou, il a aussi reçu sa plus prestigieuse récompense théâtrale. Alors qu’ils cherchaient un lieu où répéter, avec son ensemble, un ami leur a suggéré le Teatr.Doc. Là-bas, un metteur en scène les a vus jouer, et a créé, à partir des vers d’Abdoumamad, la pièce Akyn-opéra – récompensée, en 2014, d’un Masque d’Or, le plus célèbre des prix théâtraux russes. « J’ai reçu ce Masque d’Or pour mon soutien à la culture musicale ethnique, dit le poète. Mais nous étions trois dans la pièce, et j’ai été le seul à être invité à la cérémonie. Je le regrette beaucoup. »

Ce dont Abdoumamad a le plus peur, en Russie, c’est de tomber malade. « Chez nous, dans les montagnes, l’air est très différent, sec. Mais ici, il est humide. Beaucoup de Tadjiks tombent malades en arrivant. » Sans assurance médicale, les secours ne se déplacent pas. Et les travailleurs immigrés n’ont pas les moyens de se payer des soins privés. Il y a deux ans, Abdoumamad et son frère se sont fait tabasser près d’une station de métro. Abdoumamad a passé un mois à l’hôpital, puis écrit un poème sur combien il est facile et effrayant de mourir en Russie. « Ces vers ont été pour moi les plus douloureux à écrire, raconte-t-il. Mais ce n’est pas mon poème préféré, c’est un autre, vraiment très drôle – sur le crédit. Un jour, un type de chez nous a pris un crédit, est parti et Russie et y a disparu sans nouvelles. Pendant deux ans, ni sa femme ni ses enfants n’ont plus entendu parler de lui. Tout le monde le cherchait. Et lui, il était ici, à faire la bombe et s’amuser, et finalement, il est retourné chez lui, sans un sou. Nous, les Tadjiks, il nous arrive des tas d’histoires de ce genre, à la fois amusantes et tristes. »

Regarde ce monde, mon frère !
À quoi nous sert-il ?
Si l’on ne peut pas rentrer chez soi
Auprès de ses parents, ses enfants, ses proches,
Si, dans la mélancolie et la solitude,
Tu restes ici un étranger,
Tu cherches du pain, du travail, un refuge,
Dans le cercle fermé de l’angoisse.
En larmes, je ne dors pas jusqu’au matin.
Dieu, ne me laisse pas.
Si je tombe malade, qui me trouvera un médecin ?
Dieu, aie pitié de moi, je ne suis pas ici pour toujours.
Ne me laisse pas vivre seul en terre étrangère,
Et, avant la mort, ne voir que la route.

 

L’Altaï, berceau de la culture kirghize ?

L’Altaï est avec la Sibérie une des zones de l’ex-URSS où l’iinfluence du parti communiste de la fédération de Russie est la plus importante… Quel rapport y a-t-il entre le nomadisme, le chamanisme et cette influence. Combien je suis parfois en colère contre ma vieille carcasse qui m’interdit d’aller dans ses contrées comprendre tout cela, renouer avec d’anciens voyages. Vous qui avez la possibilité d’agir encore, ne vous en privez pas… Le communisme a aussi été pour moi cette découverte de notre planète  et la fraternité que nous partagions alors, l’art de nous féliciter partout des victoires de l’humanité. C’est pour cela que j’apprécie ce site qui sur le fond est anti-soviétique, mais toujours va sur le terrain pour m’apporter cette connaissance. Outre le fait que je pense que l’avenir se joue pour une bonne part dans l’Eurasie.. (note de danielle Bleitrach)

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Les montagnes de l’Altaï, aujourd’hui situées dans la zone frontalière entre la Russie, le Kazakhstan, la Chine et la Mongolie, sont considérées comme le berceau de la civilisation kirghize. Du fleuve Ienisseï en passant par les vallées de l’Altaï et jusqu’au nord de l’actuel Kirghizstan, retour sur les origines du peuple kirghiz.

Novastan reprend ici un article de Jarkynaï Erguiechbaïeva initialement paru sur Gezitter.org.

Lors d’un forum international intitulé « Civilisation altaïque et peuples de la famille des langues altaïques » qui s’est tenu près d’Issyk-Koul du 20 au 22 juillet 2017, Gezitter.org est allé à la rencontre de Baktykan Torogueldieva, docteur en sciences politiques, pour parler de l’influence de l’Altaï sur la culture kirghize d’aujourd’hui. Le forum s’est tenu à l’initiative du président kirghiz, Almazbek Atambaïev, et a réuni plus de 20 représentants originaires de 12 pays différents.

Gezitter.org : Quelles sources ont été utilisées par les scientifiques pour étudier la civilisation de l’Altaï ? Situez-vous la véritable origine du peuple et de la mentalité kirghiz dans l’Altaï ?

Baktykan Torogueldieva : À l’heure de la mondialisation, alors que tous les groupes ethniques se mélangent et que la coopération internationale rapproche plus que jamais les peuples, il est devenu très important d’explorer le développement de la culture kirghize depuis ses origines. Nos racines historiques et culturelles sont étroitement liées à la civilisation de l’Altaï. De nombreuses études historiques, ethnographiques, archéologiques, philologiques, philosophiques et culturelles indiquent que le berceau culturel de notre peuple se situe là.

Pour le philosophe kazakh Seïdakhment Kouttykadam, l’hypothèse est la suivante : la richesse matérielle et spirituelle constitue le cadre fondamental de l’ordre social dans la vallée de l’Altaï. Et la combinaison de ces 2 facteurs a eu une influence décisive sur l’émergence de la conscience ethnique et la culture des Kirghiz.

Les traces des traditions médiévales ont été conservées pour la postérité, notamment sous la forme de pétroglyphes. Des scientifiques russes ont étudié les pétroglyphes trouvés dans l’Altaï. Ces derniers traitaient de sujets militaires. C’est comme cela qu’on a découvert qu’il existe un lien entre l’idéologie martiale des nomades et leurs traditions.

Lire aussi sur Novastan : Les pétroglyphes, miroir des peuples d’Asie centrale

D’autres scientifiques affirment qu’une conscience commune des épopées à travers les époques s’est forgée avec le temps. Dans le monde kirghiz, les héros mythiques ont joué un rôle central.

Dans l’ensemble des versions connues de l’épopée de Manas, il est dit que la maison natale de ce héros légendaire serait située dans les monts de l’Altaï et qu’une fois arrivé à l’âge adulte, Manas aurait mené son peuple dans les montagnes de l’Ala-Too, situées au nord de l’actuel Kirghizstan.

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Dans la formation d’une ethnie et de sa culture, la question de l’affiliation régionale est un facteur essentiel. Non seulement les caractéristiques géographiques de la région, mais aussi les conditions climatiques jouent un rôle déterminant. Les peuples des régions montagneuses ont développé diverses facultés qui leur sont propres au fil du temps. Ces facultés leur permettent de survivre dans des conditions difficiles. Les conditions environnementales qui prévalent sur les rives de l’Ienisseï et dans l’Altaï ont façonné les Kirghiz dans leur image de soi et dans leurs représentations du monde.

Comment la religion affecte-t-elle la vision du monde des nomades ?

La religiosité et les facteurs idéologiques ont servi de base à la vie en société des nomades. Ces facteurs ont légitimé la structure officielle et les décisions prises par les élites. Les élites nomades étaient en fait un reflet de la culture politique de cette époque. Par l’influence de la religion sur la culture politique, la société nomade a reçu un système contraignant de comportements et de valeurs.

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Ainsi, la religion et le politique ne faisaient qu’un dans la société nomade. Mais l’influence chamanique a également constitué un facteur puissant dans la construction de la pensée et du peuple kirghiz.

En quoi la vision du monde des Kirghiz est-elle particulière ?

Une caractéristique essentielle de la culture ethnique du peuple kirghiz est qu’ils considèrent les événements du monde comme cycliques, comme une sorte de cercle effectuant sans cesse le même mouvement. Tout est affaire de cercle dans la civilisation nomade : la Terre est ronde, la Lune et le Soleil sont ronds, les yourtes sont rondes, le ciel est un demi-cercle…

Encore aujourd’hui, l’étude de la culture médiévale des Kirghiz se poursuit au travers de l’analyse des arts nomades et des études de monuments runiques. Ces éléments permettront d’affiner les données déjà collectées sur l’origine du peuple kirghiz.

Jarkynaï Erguiechbaïeva

Traduit du russe par Jérémy Lonjon
Rédacteur en chef de Novastan

 

L’Asie  centrale au cœur de la mondialisation : entre corruption, répression et évasion fiscale

Dictateurs sans frontières Livre John Heathershaw Alexandre Cooley Asie centrale Corruption Finance Dictature

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0Contrairement à une idée répandue, l’Asie centrale est très connectée aux flux financiers mondiaux, au moins pour ses élites. Dans le livre « Dictateurs sans frontières », deux chercheurs montrent comment le système financier mondial et l’état de Droit sont utilisés pour contrôler les populations et poursuivre les opposants à l’étranger. Interview.

Plus de 25 ans après leur indépendance, les cinq Etats d’Asie centrale (Kazakhstan, Kirghizstan, Ouzbékistan, Tadjikistan, Turkménistan) reposent pour la plupart sur un système politique organisé autour d’un régime présidentiel fort, renforcé par des mécanismes de patronages. Le maintien de ces systèmes autoritaires a entravé le développement démocratique pour la majorité des pays, Kirghizstan excepté. Cela a également empêché la poursuite des réformes sociales, politiques et économiques nécessaires à la modernisation et à la consolidation de ces pays.

Dans leur nouvel ouvrage « Dictateurs Sans Frontières » (« Dictators without borders », non traduit en français) publié le 7 février dernier, John Heathershaw, professeur associé en relations internationales à l’Université de Exeter, au Royaume Uni, et Alexander Cooley, directeur de Harriman Institute à l’Université de Columbia et professeur de sciences politiques au Barnard College, déconstruisent l’argumentaire fort répandu : l’Asie centrale est isolée et très mal intégrée dans le monde globalisé.

Utiliser les moyens offerts par l’Occident

Les auteurs démontrent comment les dynamiques économiques, politiques et sécuritaires sont exploitées par les régimes centrasiatiques en dehors de leur pays pour se positionner au centre des réseaux financiers mondiaux. Par l’intermédiaire de réseaux d’affaires, de courtiers tiers et de juridictions étrangères, les chefs d’Etats d’Asie centrale deviennent des acteurs globaux, bien intégrés dans les centres politiques et financiers du pouvoir transnational mondial.

A l’occasion de la publication de « Dictateurs Sans Frontières », Novastan a pu s’entretenir avec John Heathershaw.

Novastan : Votre livre s’intitule « Dictateurs sans frontières ». Quelles sont les frontières ou les limites d’une dictature ? Lesquelles sont infranchissables pour les dirigeants centrasiatiques ?

John Heathershaw : C’est une question plutôt philosophique ! Le livre s’intéresse à la place du territoire et de la sphère politique en Asie centrale. Il est plutôt courant de penser que les dictatures sont confinées dans un territoire donné : les bandits sont « stationnaires » pour le sociologue Mancur Olson, par exemple. Pourtant, avec ce livre nous montrons comment ils utilisent des espaces offshores et extra-territoriaux où des processus mondiaux opèrent, des allers-retours des capitaux pour éviter les impôts ou blanchir de l’argent jusqu’à l’arbitrage international de conflits commerciaux.

Ces dictateurs ne peuvent pas contrôler le résultat de ces processus, qui sont en dehors des limites de leurs frontières, mais en tant que pouvoirs souverains ils ont un avantage comparatif sur leurs concurrents. L’illusion de contrôle par les dictatures est aussi de ce registre. Aussi, il est tout aussi impossible de supprimer toute poche de dissidence, locale ou globale, que d’atteindre un soutien universel par la dictature. Nous voyons cela autant avec les communautés de Turkmènes en exil que ceux restés dans le pays.

Comment concevez-vous « l’autoritarisme mondial », dans ce cas ?

L’autoritarisme mondial, ce sont les pratiques financières, économiques, sociales, politiques, juridiques et sécuritaires des dictatures en-dehors de leurs frontières. Elles incluent l’utilisation de comptes offshores pour échapper au regard du public, accroître sa richesse personnelle et passer des accords avec des multinationales qui ne sont pas tenues aux règles anti-blanchiment.

Ces pratiques sont « autoritaires » dans le sens où les autocraties sont des managers et des bandits comme le décrit Mancur Olson. Les pratiques sociales incluent par exemple la constitution de réseaux mondiaux par la propriété, l’éducation et l’acquisition de la citoyenneté et de la résidence, parmi d’autres choses. Les Kazakhs de Londres ou les Ouzbeks en Lettonie sont deux bons exemples de ces diasporas d’élites qui s’établissent, même si tous leurs membres ne sont pas tous des soutiens de leur gouvernement, comme le montre le cas Moukhtar Abliazov (un homme d’affaire kazakh condamné par contumace au Kazakhstan et retenu en France, ndlr).

Politiquement, l’autoritarisme mondial est principalement représenté par le lobby international, tout en cachant l’origine politique par des comptes offshores. Le gouvernement du Tadjikistan a ainsi utilisé cette méthode aux Etats-Unis. Pour ce qui est du côté juridique, on retrouve l’utilisation de poursuites contre des opposants à l’étranger et l’acquisition d’une protection légale des ressources capturées grâce aux processus d’arbitrage à Londres ou Stockholm, parmi d’autres lieux. Enfin, l’aspect sécuritaire implique l’utilisation d’Interpol et une large coopération sur la sécurité intérieure dans les pays de la Communauté des Etats indépendants, et de plus en plus l’Organisation de coopération de Shanghai. Certaines de ces pratiques sont distinctement dictatoriales, d’autres relèvent simplement de l’utilisation de systèmes libéraux pour des buts autoritaires.

Vous expliquez comment le 11 septembre marque un tournant majeur dans les relations entre l’Asie centrale et l’Occident, avec l’intégration totale des gouvernements centrasiatiques dans les réseaux transnationaux. Les pays occidentaux ont-ils permis aux Etats centrasiatiques d’être englués dans ces réseaux opaques ?

L’autoritarisme mondial en Asie centrale existait avant le 11 septembre. Nous pensons cependant que cet évènement a accéléré la fin de la période des années 1990 où le libéralisme était promu de manière très agressive. La sécurité en est venue à prendre le pas sur la libéralisation dans certains cas. Ainsi, le gouvernement américain était prêt à ne rien voir de la corruption transnationale dans les contrats de fournisseurs de pétrole pour sa base au Kirghizstan. L’aide pour assurer la sécurité de l’Ouzbékistan et du Tadjikistan, et ainsi le financement et la coopération avec des agences qui utilisent de manière routinière la torture, sont passés avant la promotion des droits des citoyens.

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Le principal problème de régulation de ces 10-20 dernières années, c’est l’échec de l’application de politiques anti-corruption et anti-blanchiment en Asie centrale. Cet échec est dû à la faiblesse des agences de régulation et la promotion de l’auto-régulation par l’Occident, alors que fournisseurs de service n’ont que peu d’incitation à signaler des faits douteux. La raison ici pourrait plus relever du commerce que de la politique ou de la sécurité.

Vous mentionnez également que de nombreux centres cosmopolites occidentaux comme New York, Londres ou Genève sont devenus de véritables paradis fiscaux pour les dirigeants occidentaux. Est-ce que l’Occident a perdu son autorité morale ?

Ces lieux ont des entreprises et des agents qui facilitent l’évasion fiscale et garantissent une résidence et du secret, mais en réalité ce fonctionnement est véritablement mondial. Un individu peut obtenir un visa pour Londres mais financera sa propriété grâce à des comptes offshores situés à Belize, comme l’a fait Maxime Bakiev en 2010 (le fils du président kirghiz Kourmanbek Bakiev, démis de ses fonctions en 2010 après une révolution, ndlr).

Les gouvernements occidentaux offrent des régimes de visa qui permettent aux ploutocrates et kleptocrates de résider et d’éventuellement obtenir la citoyenneté tout en bloquant l’arrivée d’enfants réfugiés, comme au Royaume-Uni. Dans le même temps, ils ne fournissent pas suffisamment de moyens à leurs autorités de régulation pour identifier et enquêter sur le blanchiment d’argent de tels individus. A l’inverse, des avocats très bien payés et des financiers sont plus qu’heureux d’aider ces individus à effacer leurs traces. Ils se défendent en affirmant qu’ils travaillent en toute légalité. Pour moi, ces personnages et les gouvernements occidentaux ont perdu leur autorité morale, oui.

A la lecture, on a l’impression que ces « activités illégales » et le « secret financier » ne sont finalement pas si secrets ou opaques. Est-ce si facile d’acheter une citoyenneté ?

Souvent, ce sont des militants occidentaux, travaillant avec des centrasiatiques très courageux, qui déterrent ces affaires. Donc d’une certaine façon, « l’Occident » travaille autant pour que contre l’autoritarisme mondial. Il est difficile d’avoir des preuves pour des faits précis publiquement sans risquer la diffamation. Ce que nous savons aujourd’hui n’est probablement que la pointe de l’iceberg, qui peut n’être que peu représentative de l’ensemble.

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Dans le détail, il existe plusieurs variantes pour l’obtention d’une citoyenneté. Certains pays la donnent très facilement, tandis que d’autres sont plus stricts. Au Royaume-Uni par exemple, il y a de plus en plus de pression politique pour rendre son obtention encore plus difficile. En général, vous avez besoin de beaucoup d’argent et des relations avec les bons avocats et agents pour obtenir la citoyenneté en Occident (sans passer par la case emploi, mariage ou asile politique). Ainsi, ceux qui le font sont souvent ceux qui ont prospéré sous leurs autocraties chez eux et qui ont un capital qu’ils peuvent utiliser pour s’installer à l’étranger.

Vous vous êtes concentré principalement sur les liens entre les pays centrasiatiques et les pays occidentaux. Mais qu’en est-il de la Russie et de la Chine ?

Il y a effectivement une autre histoire à raconter sur la Russie et la Chine en particulier. Même si les deux apparaissent dans le livre, la Russie notamment, ces pays apparaissent de manière moins proéminente et nous avons choisi de nous concentrer sur l’Occident et ses agents de la mondialisation. Ici, deux choses sont à prendre en compte. En premier lieu, les affaires sortent dans l’Occident car il y a de la transparence et de la responsabilité, même si elles sont insuffisantes. Il y en a beaucoup moins autant en Russie qu’en Chine. Ensuite, le fait est que des villes comme Londres, New York, Paris ou Genève restent des destinations de choix pour les élites centrasiatiques, comme pour celles de kleptocrates du monde entier.

Moscou et Shanghai semblent secondaires comme lieux de vie et n’offrent pas les protections des cours européennes. C’est ici que le libéralisme compte : l’Etat de droit vous permet de vous protéger une fois arrivé, si vous tombez en état de disgrâce avec le régime en place. Maxime Bakiev a pu se protéger depuis Londres, quand Gulnara Karimova (la fille de l’ancien président ouzbek, Islam Karimov, ndlr) s’est rendue vulnérable en décidant de rentrer à Tachkent.

Y a-t-il des spécificités dans les entreprises utilisées comme coquilles vides par les élites centrasiatiques ?

Pour répondre à cette question, nous aurions besoin de faire une étude comparative des autres régions du monde. Pour autant que nous puissions en parler, ces coquilles vides (shell companies) sont plutôt génériques. Elles représentent une partie très établie du système financier mondial qui a grandi de façon exponentielle depuis les années 1970.

La seule option qui ferait décliner leur nombre serait d’avoir des régulations plus fortes qui réduiraient leur capacité à offrir des contournements d’impôts et du secret. Par exemple, de plus en plus de voix se font entendre depuis longtemps pour inscrire dans des registres publics les véritables propriétaires de ces coquilles vides. Certains pays ont discuté de l’application de cette idée mais sans un processus global mené par le Royaume-Uni et les Etats-Unis incluant leurs territoires à l’étranger et leurs Etats fédérés, cette solution ne serait qu’à moitié efficace.

Des accords mondiaux dans ces domaines peuvent être signés si l’intérêt public mondial est élevé et que les gouvernements sentent qu’ils doivent utiliser leur pouvoir en ce sens. Le fait que des terroristes et des membres du crime organisé utilisent souvent des coquilles vides pour financer leurs activités a amené un argument de plus pour cet effort de régulation. Cependant, je ne suis pas du tout persuadé que nous verrons un registre mondial avant un bon moment.

Y a-t-il des différences entre les pays centrasiatiques quant à leur insertion mondiale dans ce genre de milieu ?

Certains pays se sont construits comme des nœuds du système financier mondial, comme le Kirghizstan avec l’Asian Universal Bank et le Kazakhstan avec BTA Bank. D’autres n’utilisent que peu de coquilles vides offshores comme le Tadjikistan ou l’Ouzbékistan, ou ne maintiennent que des comptes avec des banques étrangères très haut de gamme, comme le Turkménistan qui utilisaient des comptes Deutsche Bank avant d’être découvert par Global Witness en 2006.

Cela pourrait suggérer que ceux qui sont les plus libéraux économiquement sont les plus intégrés au niveau mondial. Mais sans données, difficile d’être catégorique. Y a-t-il de compétition dans ce domaine ? Peu de preuves viennent alimenter cette théorie. Mais on peut cependant dire que certains pays comme le Kazakhstan sont plus efficaces pour viser leurs opposants à l’étranger que d’autres, comme le Kirghizstan.

A la fin de votre livre, vous affirmez que ces territoires en dehors des pays sont les premiers terrains de bataille entre régime en place et opposition. Est-ce le reflet de l’absence de justice indépendante en Asie centrale ?

Pas entièrement. Si vous voulez faire des affaires avec des entreprises étrangères, elles insisteront sur l’arbitrage international qui prévaut du fait de la nature prédatrice des systèmes judiciaires nationaux et les standards internationaux dans lesquels ils opèrent. Les gouvernements centrasiatiques vont utiliser les cours nationales quand ils le peuvent : les Tadjiks ont par exemple visé l’opposant Zayd Saïdov en 2013, ou son Parti de la renaissance islamique, en 2015 (ce dernier a alors été interdit et ses membres chassés, ndlr).

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Mais si vos exilés se déplacent à l’étranger, vous avez besoin de les viser là-bas. Si vous êtes un insider qui cherche à se protéger, vous établissez un abri en Lettonie ou à Londres. Si vous voulez être un citoyen du monde et avoir de l’argent que vous pouvez utiliser partout, il est bon d’avoir un compte en banque secret en dollars ou en euros. La place de plus en plus importante de ces lieux de contestation extra-territoriaux est le produit de la mondialisation.

 Si l’on vous suit, et étant donné le contexte de plus en plus sécuritaire en Asie centrale, quel est le future d’une opposition politique interne autre qu’être dépendante d’acteurs extérieurs ?

Dans de nombreux pays centrasiatiques, l’opposition de l’intérieur s’exile. Seul le Kirghizstan a une opposition interne. L’opposition de la diaspora est en général très peu efficace mais les avancées technologiques et les flux migratoires permettent la création d’opportunités pour des réseaux transnationaux de rentrer et de sortir du pays d’origine. C’est la raison pour laquelle ces gouvernements exportent la répression, pour utiliser le vocabulaire du centre d’étude des Affaires étrangères britannique qui a récemment étudié le phénomène.

Le but de « Dictateurs Sans Frontières » est d’arrêter de penser en termes d’intérieur et d’extérieur comme des choses distinctes. L’idée est plutôt de réfléchir en termes de flux transnationaux – de l’extérieur vers l’intérieur et de l’intérieur vers l’extérieur – comme des caractéristiques durables du paysage politique centrasiatique pour le futur proche. D’où la création du projet Central Asian Political Exiles pour suivre ces flux et pratiques.

Selon vous, quel est le futur possible pour ces réseaux transnationaux et l’Asie centrale ?

Il n’y a pas de futur précis que nous pouvons dessiner. C’est un défi de régulation mondial, qui ne s’arrête pas à combattre l’extension de l’autoritarisme mondial mais bien de distinguer entre les demandeurs d’asile légitimes, qui demandent de la protection, et ces exilés qui sont impliqués dans des abus de pouvoir chez eux et du blanchiment d’argent à l’étranger.

Souvent, ces deux personnes sont les mêmes. A d’autres moments, non. Cette situation est remplie de défis auxquels les systèmes judiciaires nationaux ne peuvent pas répondre seuls, comme le cas de Maxime Bakiev à Londres le montre. L’important, c’est que nous avons un besoin d’aller plus loin dans l’activisme, la transparence et la responsabilité à une échelle mondiale. Cela sous-entend des activistes qui découvrent de nouvelles affaires et qui mettent en lumière l’hypocrisie des grands donateurs et des pouvoirs libéraux qui les ont laissé prospérer. Cela sous-entend de la transparence par des fuites de données, l’accès à des données sur les bénéficiaires de coquilles vides et la publication d’études de fond sur l’investissement étranger en Asie centrale. Et cela sous-entend enfin de la responsabilité par l’extension du droit criminel international et l’application plus systématique d’instruments comme la « US Foreign Corrupt Practices Act » et la « UK Anti-Bribery Law ».

Si tout cela arrive, alors nous en saurons beaucoup plus à l’avenir sur les pratiques de l’autoritarisme mondial, qui restent bien souvent dans l’ombre.

Propos recueillis par Pablo Garcia
Traduction depuis l’anglais par Etienne Combier

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Le G20 de Hambourg et ses leçons sur le monde multipolaire…

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Si le Etats-Unis ont manifesté un certain isolement, le pays a de beaux restes et ce n’est pas l’avorton européen qui sera capable de prendre le relais comme cela avait été imprudemment annoncé par nos médias, avec bien sûr au centre de leur flagornerie, le nouveau président français. Les Etats-Unis sont incapables d’assumer leur leadership mais personne n’est en mesure de les remplacer et un monde nouveau est en train de naître, le danger comme disait Marlowe de la Renaissance c’est qu’il risque « d’accoucher comme une truie dans le sang ». La négociation est indispensable.

Une rencontre a été au centre de ce G20, celle entre Donald Trump et Vladimir Poutine. Prévue depuis plusieurs jours, cette rencontre bilatérale, la première entre les deux hommes, devait  durer une trentaine de minutes. Les discussions se sont poursuivies pendant deux heures et quart dans un climat défini comme chaleureux. La réunion se tenait en format restreint, en présence seulement du ministre des affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, et de son homologue américain, Rex Tillerson. Elle était destinée à remettre sur les rails une relation tendue depuis six mois.

Donald Trump et Vladimir Poutine ont discuté de la Syrie, de lutte antiterroriste et de cybersécurité, a précisé le président russe à l’issue de la rencontre, sans donner plus de détails. Ils se seraient aussi accordés sur un cessez-le-feu dans le sud-ouest de la Syrie, qui devrait entrer en vigueur dimanche à la mi-journée. Dans cette zone, autour de la ville de Deraa, des forces du régime appuyées par les Russes et les Iraniens affrontent des combattants de l »a rébellion modérée »(sic), aidée par des conseillers américains, donc c’est un lieu hypersensible dans une confrontation potentielle.

Apparemment Trump a obtenu là un avantage incontestable, mais  il s’agit d’une situation temporaire. Trump paraît obtenir une partition de fait de la Syrie avec des zones d’autonomie. Mais il n’est  plus question de voir Bachar El assad évacué,  les Russes mais aussi les iraniens et les Chiites ont obtenu ce qu’ils voulaient .La question kurde n’est pas résolue mais elle a avancé. Pourtant cette reconnaissance kurde imposée par les armes aboutit à  renforcer les liens entre la Russie et la Turquie  . Cette dernière si elle veut bloquer l’autonomie kurde va devoir opérer un changement de stratégie et se ranger toujours plus aux côtés des Russes pour limiter la partition de la Syrie. Il faut bien mesurer que sur ce plan la victoire russe ne se limite pas à la Syrie, elle concerne tout autant l’Asie centrale où une alliance de fait entre Chine, Russie et Turquie est en train de se mettre en place(2)

Cette rencontre, qui  a jeté les bases d’une coopération à venir entre les Etats-Unis et la Russie. D’abord sur la Syrie. On peut dire que ça a été la débâcle intégrale de la politique française telle qu’elle a été menée par Hollande et ses catastrophiques ministres des affaires étrangères. La stratégie française de ces dernières années, celle complaisamment relayée par nos médias est en pleine déroute. Non seulement la diabolisation de Vladimir Poutine, la politique des sanctions et une Europe dominée à la fois par les volontés otanesques des Etats-Unis et l’avancée vers l’est de l’Allemagne est désormais confrontée à ce changement des Etats-Unis appelant à une relation constructive avec la Russie sur la Syrie mais dans d’autres domaines et laz publicité autour d’un accord sur cybercriminalité ne doit pas nous masquer d’autres ententes. .

La relation constructive entre la Russie et les Etats-Unis porte aussi et surtout sur les relations commerciales et ce qui peut les entraver, la dénonciation des pratiques illégitimes et les barrières tarifaires pour s’en protéger chères à Trump et les sanctions tout aussi illégitimes qui frappent la Russie. .

Il faut tout le ridicule de la presse française pour avoir tenté de faire de Macron un vainqueur.  D’abord parce que notre président au plan international porte le poids du quinquennat précédent et apparaît comme le résultat de l’ultime manoeuvre du très décrié François Hollande. A ce titre les images sont cruelles, la tentative de Macron de se glisser dans la photo aux côtés des grands  n’est que l’illustration de cette défaite néo-libérale de l’Europe, son bellicisme, autant que celle des accords de Paris. Ces accords sont  considérés comme une des grandes victoires du quinquennat Hollande. Le refus de les assumer aurait-ils isolé Trump qui refuse de les respecter?  Oui et l’attitude des Etats-Unis tranche sur celle vertueuse de la Chine, mais en fait ces accords de paris apparaissent aussi dans leurs limites, leur aspect de fait non contraignant autant que la part belle qui est faite aux « solutions » qui s’accommodent avec les profits des multinationales(3),et laissent se dégrader toujours plus les pays pauvres. Les accords de paris par rapport à un véritable plan de lutte contre les dégradations de la planète sont bien caractéristiques de la politique de Hollande et il n’y a pas eu ni dans ce domaine, ni dans d’autres la moindre volonté du changement en profondeur, la moindre remis en cause du pillage de la planète et de la raréfication de ses ressources en matière d’eau par exemple. tant que ces rapports ne seront pas remis en cause l’isolement de Trump et la vertu d’un Macron flanqué d’un Hulot sera aussi crédible que celle de sa capacité à défendre les salariés face aux diktats néolibéraux de l’Europe.

ce qui fait la force d’un Trump c’est cette adhésion au profit comme vecteur de toute politique et ses foucades à partir du moment où elles revendiquent la souveraineté et l’emploi apparaîtront comme plus réalistes que toutes les proclamations non suivies d’effet. Mais le vrai problème pour les Etats-Unis comme d’ailleurs pour le reste du monde est qu’il n’y a pas de solution de rechange à cette chute de l’empire américain. Dans une certaine mesure le cas Macron est aussi une illustration de cette absence d’alternative.

Et l’Europe dans tout ça  ?

Si les Etats-Unis sont désormais obligé de compter avec la Chine, la Russie, ce qui avait été annoncé à savoir la reprise du flambeau de l’hégémonie occidentale par l’Europe autour du couple franco-allemand a été battu en brèche, les souverainistes auront beau jeu de proclamer non sans raison que ce G20 annonce un monde multipolaire basé sur la souveraineté des Etats, parce que chacune de ces trois puissances s’est moins appuyée sur une volonté d’hégémonie mondiale impliquée par la mondialisation impérialiste que sur les intérêts nationaux de puissances confrontées à de multiples formes de la crise. A ce titre l’Europe montre une fois de plus sa faillite politique autant qu’économique. La seule interrogation porte sur la capacité d’imposer le changement nécessaire en économisant la violence déjà portée à un tel niveau de fait. C’était la caricature dans les rues de Hambourg et sa police débordée.

Danielle Bleitrach

 

Notes

(1) Depuis 1994 exactement où dans les Etats-Unis de mal empire (aden editeur) j’annonçais dans la partie du livre que j’avais écrite non seulement l’émergence de ce monde multipolaire mais le rôle joué dans son apparition par la CHine et la possibilité de rapports sud-sud. Ce qui semble avoir été battu en brêche c’est la solution progressiste représentée par l’Amérique latine bolivarienne, encore que la Chine s’affirme ostensiblement comme le défenseur de ces rapports sud-sud et avec la Russie défendent les souverainetés et les solutions diplomatiques régionales.

(1) Il ya au centre des préoccupations entre la Chine, la Russie et les Etats-Unis la question de la Corée du nord, mais il y a aussi l’Asie centrale Il est clair que le dialogue noué à Astana autour de la solution syrienne apparemment n’a pas abouti mais l’enjeu était ailleurs en particulier l’intégration de la Turquie au destin de l’Asie centralen et là dessus les résultats sont là. : https://histoireetsociete.wordpress.com/2017/07/11/kazakhstan-derriere-les-feux-des-projecteurs-la-realite-par-mariusz-kluzniak/#respond

(2) La nomination de Nicolas Hulot, la « prise de guerre » qu’il constitue se heurte à la réalité de cette domination et sa controverse avec le ministre de l’agriculture, la mise en évidence de ses propres liens avec ces trusts, à peine compensée par des déclarations pour le moins hasardeuse sur la fermeture des centrales nucléaires (sans la moindre référence comme toujours aux armes nucléaires), démontre si besoin était les limites de cette « écologie » . Si la situation continue à s’accélérer dans ce domaine comme celui d’ailleurs des liens de la politique de santé avec les trusts pharmaceutiques et les sociétés d’assurance, il est probable que Nicolas Hulot sera presque aussi vite déconsidéré qu’un Vincent Placé. sans parler de la nomination in extremis de Segolen Royale comme ambassadrice auprès des pingouins. On peut dire que tout a été fait par ces gens là pour déconsidérer l’écologie pour ampêcher aussi une politique de paix et de développement.

 

 

Kazakhstan : derrière les feux des projecteurs, la réalité par mariusz kluzniak

Astana Bayterek Kazakhstan Diplomatie Sport

Quand nous analysons ce qui s’est passé au G20, toute une partie de la réalité est occultée, celle d’un continent asiatique en pleine mutation entre la Russie et la Chine, mais aussi la Turquie. la question syrienne se pose aussi en Asie centrale. L’Allemagne a choisi de jouer cavalier seul dans sa course vers l’est. L’Europe est de fait absente alors que non seulement on devrait envisager une Europe jusqu’à l’Oural mais également le faire en relation avec cette zone de développement qu’est le continent asiatique (note de Danielle Bleitrach)

0En 2017, le Kazakhstan veut entrer en scène. Après les Universiades d’hiver à Almaty, place à l’Expo 2017 à Astana, la capitale. Deux villes au milieu d’un pays des steppes, que peu de personnes savent encore placer sur une carte, mais qui tente aujourd’hui de se faire une place.

Novastan laisse la parole à Hektor Hebe, qui analyse la position du Kazakhstan à la fois dans la région et dans le monde, et la manière dont ce pays préfère se représenter. 

Peu de personnes connaissent le Kazakhstan, ce pays des steppes au cœur de l’Asie centrale. En 2017, pour les autorités, cela doit changer. En janvier déjà, le Kazakhstan a accueilli les Universiades d’hiver. Des étudiants sportifs venant notamment d’Allemagne, de France, de Corée du Sud, des États-Unis et de Chine se sont rendus à Almaty, afin de se comparer aux champions de diverses disciplines.

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Le Kazakhstan s’est révélé être un formidable pays d’accueil. Les rues de la ville étaient brillantes, l’organisation s’est déroulée comme sur des roulettes, tous étaient heureux lors de cette Olympiade dédiée à la relève sportive.

Après onze jours de compétition, les équipes sont rentrées dans leurs pays d’origine. Lorsqu’elles ont décollé, elles ont contemplé Almaty, enveloppée d’un smog jaune-brun, enchâssée entre les montagnes blanches de neige, dont les sommets scintillaient au soleil. Peut-être voyaient-ils également le toit gris d’un hangar près de l’aéroport. A cet endroit, l’Universiade d’hiver se déroulait moins joyeusement. De nombreux animaux errants ont dû être éliminés pour cet évènement sportif. Pour les chiens et les chats, la nouvelle année a commencé dans le sang. Mais, au final, les rues devaient briller.

Le sport, la Syrie et une exposition mondiale

À Astana aussi, les préparations pour l’exposition technique universelle, dite EXPO 2017, battaient leur plein. C’est l’évènement de l’année, pour lequel le Kazakhstan travaille depuis plusieurs années. Les espoirs et les attentes sont grands. De nouveaux investisseurs et de nombreux visiteurs doivent affluer dans le pays.

Ainsi, les portes du pays des steppes sont grandes ouvertes. Depuis le 1er janvier 2017, les citoyens d’environ 40 pays peuvent se rendre dans le pays sans visa pendant 30 jours. Le service de presse de la compagnie aérienne nationale Air Astana table sur une augmentation de 8,2 millions de passagers, ce qui représente deux fois plus de clients qu’habituellement. Un projet doit armer l’aéroport d’Astana pour cet assaut. La construction d’un nouveau terminal pour les vols internationaux, prévue pour le mois de mai, sera finalement terminée en juin, juste avant le début de l’EXPO.

Au-delà du sport, une présence diplomatique

En parallèle de l’EXPO, plusieurs cycles de négociations pour la paix en Syrie ont eu lieu à Astana. Après six ans de guerre et environ 500 000 morts, les délégations des parties en conflit essaient depuis le 23 janvier de rétablir la paix dans une Syrie déchirée et détruite. Le président russe Vladimir Poutine a proposé de tenir ces négociations au cœur de l’Asie centrale, après que l’armée syrienne a pris la métropole d’Alep en décembre 2016.

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Sous la direction du président russe Vladimir Poutine et de ses homologues et iranien, les représentants de l’opposition et du président syrien Bachar al-Assad se sont réunis plusieurs fois à Astana. L’objectif est de trouver une solution pour ce conflit complexe. Un conflit qui entraîne une guerre civile et provoque une guerre par procuration au-delà des frontières syriennes. Pour le moment, aucun accord stable n’a été trouvé.

Astana, proche de la Russie et de la Turquie

D’après la radio allemande à l’étranger Deutsche Welle, le fait que le choix se porte sur le Kazakhstan est lourd de sens : on ne se rencontre pas à Genève par exemple, mais au cœur de l’Asie centrale, qui est culturellement aussi proche de la Russie que des peuples turcs de Turquie.

En octobre 2016 déjà, le Kazakhstan avait proposé une rencontre à Astana, pour les États-Unis et la Russie. Vladimir Poutine avait également invité les représentants du nouveau gouvernement américain de Donald Trump à Astana, et Washington avait envoyé l’ambassadeur des États-Unis au Kazakhstan, George Krol, en tant qu’observateur. Bruxelles a envoyé une délégation et les Nations Unies leur envoyé spécial pour la Syrie, Staffan de Mistura.

À Genève comme à Astana, les représentants du gouvernement et de l’opposition se sont rencontrés, comme d’habitude, avec une profonde méfiance. Au début de l’année, le gouvernement syrien et l’opposition s’asseyaient encore face à face au tour d’une table ronde à Astana. Désormais, les rebelles boycottent les négociations, car d’après eux la Russie n’a pas respecté le cessez-le-feu convenu en décembre. Après un second round de négociations début mai, un accord a été trouvé mais il n’a pas été signé par les rebelles, qui considèrent que ces pourparlers sont truqués.

La paix reste incertaine. Après six ans de guerre, la Syrie est un pays détruit et éclaté en termes d’ethnies et de religion, pays qui ne parvient pas à retrouver le calme, pris au jeu entre les différents intérêts internationaux. L’hôte kazakh, le président Noursoultan Nazarbaïev, a laissé entendre au début des négociations à Astana que le conflit syrien ne pourrait être résolu que par la voix des négociations. Et de continuer : la guerre, qui dure maintenant depuis près de six ans, n’a apporté que misère et douleur pour ce pays dans lequel diverses civilisations et cultures vivaient ensemble.

Un rôle de médiateur 

Le Kazakhstan est d’une certaine manière comme la Syrie : une nation haute en couleurs, qui fêtait en décembre dernier ses 25 ans d’indépendance. La situation géopolitique de cette jeune République est à la fois une chance et un défi : au Nord se trouve la Russie, à l’Est la Chine, à l’Ouest où s’esquissent les nouveaux avant-postes de l’Europe (Géorgie, Ukraine, …) et au Sud, après l’Ouzbékistan, se trouve l’Afghanistan, marqué par la guerre et le terrorisme.

Au sein de l’Asie centrale, le Kazakhstan joue un rôle de précurseur, car ce n’est pas seulement la nation la plus grande, mais aussi la plus influente politiquement et économiquement. Les immenses réserves de pétrole permettent à l’économie du pays de croître à un rythme que les autres pays de la région ne peuvent pas maintenir. Le nombre d’habitants du Kazakhstan, 17 millions, paraît faible. La diversité ethnique en est d’autant plus grande.

D’après les statistiques du pays, 130 ethnies vivent au Kazakhstan, les Russes étant la plus grande minorité. Parmi les minorités parlant turc se trouvent les Ouzbeks, TatarsMeskhètes et Azerbaïdjanais, ainsi que de plus petits groupes tels quel les Bachkires et les Turkmènes. D’autres minorités incluent les Ouïghours et les Ukrainiens, des Allemands, ainsi que de petits groupes venant d’Europe (de Pologne, Lettonie, Lituanie et Biélorussie). Le Kazakhstan insiste sur le fait qu’il est un exemple que l’amitié entre les peuples est possible.

Coopérer plutôt que s’affronter

Cette diversité offre au Kazakhstan la compétence d’agir en tant que médiateur. Peu importe que le pays soit situé entre la Turquie et la Russie, la population kazakhe est composée d’environ 70 % de musulmans sunnites. Les Kazakhs sont à la fois très liés à la Russie et à la Turquie, car les deux nations appartiennent aux peuples turcs.

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L’Allemagne aussi a une place bien ancrée au Kazakhstan, en raison de la minorité allemande. La coopération diplomatique entre les deux pays fêtait son 25ème anniversaire le 11 février dernier. Le Kazakhstan doit construire un pont entre l’Europe et l’Asie – tel est l’objectif. Mais un tel lien n’est pas seulement souhaité par l’Allemagne, l’Union européenne et les États-Unis, mais aussi les joueurs mondiaux issus de différents horizons. La Russie, la Chine, Israël, l’Iran et la Turquie se battent pour influencer cette région à haute importance géopolitique.

Le Kazakhstan veut profiter des investissements chinois

Lorsque l’on regarde de plus près le drapeau kazakh, on découvre en son centre un soleil doré et un aigle. Ils apparaissent dans un bleu turquoise, qui brille comme l’horizon infini des steppes. On pourrait se demander, vers où se tourne ce soleil kazakh ? Dans quelle direction l’aigle ouvre-t-il ses ailes ? Le Kazakhstan veut conserver de bonnes relations avec la Russie, et en même temps continuer à renforcer celles avec les Nations Unies. De plus, il mise sur des relations bilatérales étroites avec Israël et l’Iran.

Des accords de plusieurs milliards de dollars ont été conclus avec la Chine dans l’industrie du pétrole et celle du gaz. De plus, le Kazakhstan se situe au cœur de la route de la soie, ce qui lui permet d’exercer un rôle important au sein de la ceinture économique qui va de la Chine à l’Europe. En raison de cette situation, les projets pour des pipelines, voies de chemin de fer, routes maritimes et fluviales, des lignes aériennes et des autoroutes ne cessent de se développer. Cela permet des échanges dans toutes les directions.

La cohésion au sein de l’Asie centrale

De plus, le Kazakhstan fait des efforts pour une coopération entre les États de la région, auparavant très isolés. Cela est notamment lié au fait que le Turkménistan conduit une politique isolationniste et que l’Ouzbékistan se base surtout sur des relations bilatérales. À ce jour, seuls le Kazakhstan et le Kirghizstan sont membres du projet post-soviétique d’intégration l’Union économique eurasiatique (UEE), auquel le Tadjikistan a demandé d’adhérer.

Lire aussi sur Novastan : Le rôle du Kazakhstan dans l’intégration de l’union économique eurasiatique

Pour surmonter les prochains défis, une coopération plus poussée entre les cinq pays d’Asie centrale est souhaitée. Les problèmes sont plus faciles à résoudre lorsque l’on est ensemble – qu’il s’agisse de traiter la question de l’usage de l’eau dans ces temps de changement climatique, ou bien de se défendre contre la milice terroriste « État islamique ».

Le Kazakhstan ne se trouve pas seulement au cœur de l’Asie centrale, c’est également la principale artère de la région. En tant que plus grande puissance économique de la région, le Kazakhstan porte de nombreuses responsabilités, tant sur la scène internationale que juste à côté de chez lui.

Un pays très contrasté et moins brillant qu’il n’y paraît

Le Kazakhstan veut impressionner et briller sur la scène internationale. Mais est-il armé pour jouer ce rôle de joueur mondial ? A quoi ressemble ce pays depuis les coulisses ? La population profite-t-elle des événements glamour et du rôle d’hôte scintillant dans lequel le Kazakhstan se présente ? Quiconque voyage au Kazakhstan comprend rapidement que le pays est plein de contrastes.

Une journée possible à Almaty, la plus grande ville du pays et ancienne capitale, pourrait être décreit comme suit. Le matin, shopping dans le centre commercial à trois étages chez Gucci avec un café Starbucks à la main. Le midi, escapade en voiture à travers la périphérie ouest, où les rues se transforment en poussière à un moment donné et finissent nulle part. Le soir, un nan, de la confiture, des boules séchées de lait caillé, des concombres et un thé chaud dans une petite maison transparente avec un toit en tôle et une porte d’entrée à piques bleu ciel, où les ânes et les chèvres broutent de l’herbe.

2 réalités opposées

Le Kazakhstan souhaite donner l’impression d’être une puissance économique moderne et croissante. Cependant, l’apparat et le faste ne dépassent pas les limites de la ville. Celui qui parcourt 100 km depuis Almaty ou Astana découvre un autre visage de ce pays des steppes. La magie d’un paysage à couper le souffle, une culture étrangère et une réelle simplicité qui attire les touristes européens et américains, voire peut-être les fascine plus que les gratte-ciels d’Astana, ou les centres commerciaux luxueux d’Almaty et leurs sols recouverts de marbre toujours parfaitement brillant.

Le contraste entre la vie à la ville et à la campagne est immense. Le fossé entre les riches et les pauvres se creuse. La majeure partie du pétrole puisé dans l’Ouest du pays est drainée par les villes fastueuses, ou même pour des grands évènements tels que l’EXPO. Au début de l’année, le président Noursoultan Nazarbaïev annonçait dans ses discours une troisième vague de modernisation.

Mais sur le long terme, les vagues économiques n’apportent-elles pas que de la sécheresse, ne plante-t-on pas aussi les graines du progrès social ? Le Kazakhstan joue une carte économique, alors que des questions sociales comme les droits de l’Homme, de l’environnement ou des animaux passent au second plan. C’est exactement en raison de la diversité ethnique et religieuse du Kazakhstan et de sa situation géopolitique que le choix de l’économie comme unique guide peut conduire à une impasse. La stabilité interne menace de s’effriter, tant que les questions sociales sont refoulées et qu’un monde d’apparences se construit parallèlement à la réalité.

Que reste-t-il de la splendeur du pays ?

Que reste-t-il du faste du pays une fois les projecteurs éteints ? Il reste une splendeur authentique fondée sur la nature, l’hospitalité des habitants, et la diversité de traditions, de cultures et d’histoires. Une lueur issue des contraires et des contradictions de ce jeune État qui souhaite trouver son rôle sur la scène internationale.

C’est pour chaque pays un défi de marcher chaque jour vers la nouveauté, à petits pas, dans la bonne direction. C’est un chemin plus long, plus rocailleux, que la communauté internationale trouvera ensemble et que l’on renforcera en tant que communauté mondiale.

Hektor Hebe
Auteur invité

 
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Publié par le juillet 11, 2017 dans Asie centrale, INTERNATIONAL

 

La coalition communiste gagne les élections locales au Népal

  • Dans la première phase des sondages municipaux, tenue le 14 mai, le CPN-UML a également remporté la majorité des voix.

    Dans la première phase des sondages municipaux, tenue le 14 mai, le CPN-UML a également remporté la majorité des voix. | Photo: EFE

Publié le 7 juillet 2017
La troisième et dernière phase de ces élections aura lieu le 18 septembre.

Le parti communiste du Népal (union marxiste-léniniste unifiée), CPN-UML, la coalition a remporté la deuxième phase des élections locales au Népal, selon les derniers résultats publiés jeudi.

Avec des résultats portant sur  325 des 334 unités locales , les candidats du CPN-UML ont gagné dans 146 unités locales et dirigent dans six unités locales.

La coalition est  suivie par le Congrès népalais social-démocrate, qui a remporté 118 unités locales, et le Parti communiste népalais (Centre maoïste), qui a remporté la victoire dans 38 unités locales.

Dans la première phase  des élections municipales, tenue le 14 mai, le CPN-UML a également remporté la majorité des voix.

« Les résultats des élections montrent le succès du commandement central du parti », a déclaré l’analyste politique Puranjan Acharya à Kathmandu Post.

La «sélection intelligente» des candidats du CPN-UML a également bien fonctionné dans les circonscriptions dominantes de Tharou et Madhesi, a ajouté Acharya.

Les élections locales ont été organisées pour la première fois en Himalaya depuis 1997, ce qui marque une tentative du gouvernement de rétablir la démocratie après un soulèvement maoïste de longue date suivi d’un retard d’un an dans le passage à une nouvelle constitution.

« Cette élection permettra le fonctionnement des organes locaux et ouvrira  la  la prospérité sociale et économique », a déclaré le président népalais Bidya Devi Bhandari dans un communiqué.

Le premier tour d’élections a eu lieu dans trois des sept provinces du Népal, avec une participation électorale de plus de 70 pour cent. Trois autres provinces ont tenu des élections le mercredi dernier. Le dernier tour est prévu pour le 18 septembre dans la dernière province.