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Archives de Catégorie: extrême-droite

A propos de Marx : l’étrange permanence de la médiocrité du personnel politique

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 » Lorsqu’on considère de tels bouleversements, il faut toujours distinguer entre
– le bouleversement matériel – qu’on peut constater d’une manière scientifiquement rigoureuse – des conditions de production économiques
– et les formes juridiques, politiques, religieuses, artistiques ou philosophiques,
bref, les formes idéologiques sous lesquelles les hommes prennent conscience de ce conflit et le mènent jusqu’au bout. »

Karl MARX : Préface de la Critique de l’économie politique 1859

marx ne se contente pas  de mettre en évidence une méthode pour une analyse scientifique rigoureuse, mais il est très attentif aux formes idéologique, politique, idéologiques sur lesquelles les hommes prennent conscience et là il exerce une critique sans pitié. Il y a Marx journaliste, mais toute l’oeuvre de Marx y compris l’austère Capital fourmille de formules assassines et drolatiques du type « L’agneau de dieu signale la nature moutonnière du Chrétien », Proudhon déchaîne sa verve et ce jusque dans ce qui aurait dû être un éloge funèbre et qui est le renouvellement de tous les éreintements. Marx est un grand lecteur, il aime particulièrement Balzac à qui il empruntera « l’opium du peuple ». Chez Balzac c’est la loterie, pour Marx on le sait c’est la religion. Il y a aussi Eschyle, Shakespeare dont il parodiera Hamlet avec son spectre qui hante l’Europe et surtout Timon d’Athènes et l’amour de l’argent. Mais son style est surtout parent de celui de son ami Heine, leurs communes origines juive en feront des maîtres du witz, la plaisanterie qui fuse et crée des évidences incontournables.

On ne peut qu’admirer l’ampleur de la pensée de Marx, son génie, mais personnellement ce qui m’attache à lui comme au compagnon de voyage d’une vie, ce sont deux approches. la première j’en ai parlé hier c’est la manière dont il unira toute sa vie une théorie avec une curiosité intellectuelle pour les civilisations et la manière dont partout, l’économie, la double relation de l’homme à la nature et des rapports de production, n’est déterminante qu’en « dernière instance » pour reprendre l’expression d’Engels.  La seconde est justement le style avec lequel il traque les illusions réactionnaires, la haine de l’emphase, des proclamations creuses et surtout son art de débusquer le caractère réactionnaire de certaines utopies, ce qui déclenche chez lui une ironie mordante qui lui vaudra un maximum d’ennemis. Ce sont ces traits, celui d’une curiosité insatiable et du goût du witz qui ont fait de lui un ami, nous partageons un intérêt sans cesse renouvelé pour la cocasserie humaine, la manière dont chacun se débat et la haine de l’hypocrisie. Cette manière dont le capital a l’art de transformer comme « Ricardo » les hommes en chapeaux, tandis que hegel les transforme en idées, ce goût pour l’individu concret dans sa trivialité opposé à toutes les marionnettes de l’invention religieuse et des faux humanismes creux.

Après avoir relu avec bonheur ses articles dans la Nouvelle gazette rhénane, je me suis demandé comment il jugerait de la situation française, ce pays qu’il considère à la fois comme celui de la lutte des classes et pourtant de la courte vue sur le plan politique et philosophique… Cette « nation d’émeutiers » sensible à tous les leurres et qui veut toujours aller à la conclusion sans s’encombrer de lourdes démonstrations … Comment aurait-il jugé de ce paradoxe qui a fait que la France qui venait durant une année de mener  un mouvement exemplaire contre le code travail a fini par élire pour président celui qui exprimait la volonté de pousser jusqu’au bout une politique dont personne ne voulait.

Comment aurait-il jugé l’impossibilité du personnel politique d’apporter la moindre perspective à ce mouvement et ce n’est pas la première fois en France.

 

A propos des dirigeants politiques, voici le constat que l’on peut faire devant leur permanence.

Quand les derniers tenants de la fonction l’ont déconsidérée à un point tel que se pose la question de la disparition de l’organisation elle-même, il devient quasiment obligatoire de renouveler les mêmes ou des clones pour préserver l’institution. A un tel niveau, les changements sont si périlleux pour elle et le vivier de recrutement si étroit qu’il ne reste plus qu’à introniser ceux qui ont manifestement produit la déchéance et l’inertie du collectif tant il s’est rétréci et a conscience de sa fragilité.

L’emphase, la pauvreté de pensée accompagnée de la répétition monotone du thème que l’on veut fondamental mais qui tourne sur lui-même pour être un morceau oratoire ou prétendre l’être n’est plus que mauvaise rhétorique et qui tombe dans le faux pathétique. Ce sont rêveries de jouvencelle sur la nécessité de tous les sacrifices pour sauver la France, c’est-à-dire le parti devenu bien de copropriétaires s’en partageant les dépouilles… Le tout accompagné de ragots sordides dont on fait l’aliment des médias pendant quelques jours. Tout semble fait pour occulter le fond et lui substituer querelles de personne, proclamations générales et opportunistes.

C’est un modèle de civilisation que le Capital tente d’imposer comme justification de la régression, l’appel à la « démocratie », la dénonciation de la « dictature communiste » face à toute alternative fait partie de l’accompagnement de l’accumulation, on justifie les invalides du capital par une vision « caritative » et « démocratique ».que l’on prétend opposer au danger sanglant des révolutions, à la famine qu’elles engendrent  Que dire quand ceux qui ont à charge de représenter les exploités, les victimes adhèrent plus ou moins à toutes les caricatures et illusions « religieuses » sur la démocratie-dictature de la bourgeoisie?

On attend les revendications précises face aux disposition qui tombent et toutes vont non seulement dans le sens du maintien de l’ancien, mais de la régression, du démantèlement des « conquis ». dans le même temps, l’opposition  réclame « tout », du communisme à la modernité, de l’Europe idéale à l’identité retrouvée, pour éviter l’exigence précise, le but et les moyens. On fait honte à ceux qui pratiquent l’excès dans l’exploitation, on dénonce les turpitudes, les sexuelles sont privilégies et là encore elles démontrent l’état des institutions, sans qu’il soit touche au Capital ou au profit. mais les buts et les moyens s’ils ne sont pas ceux du capital sont d’un flou qui ne convainc personne et certainement pas ceux sur qui tombe la rossée. A cette impuissance du style correspondent des hommes dont la seule fonction est de sauver les meubles pour des partis devenus groupusculaires, le nombre d’adhérents se réduit autant que celui d’électeurs, à la fonction agrégative succède celle de la division autour de combats de chefs..

dans cette absence, l’extrême droite peut même faire proliférer sa « révolution » haineuse pour que rien ne change.

Pourquoi en sont-ils arrivés là, c’est sans doute parce que dans « ces bouleversements » qui pour Marx sont essentiellement la manière dont le développement des forces productives se trouve entravé par l’état des rapports de production. Il y a alors des « besoins de la société » (dans la complexité des diverses formations sociales) non mis à jour, ne trouvant pas de solutions concrète, alors les partis politiques comme les autres institutions  participent de cet ébranlement selon leur propre mode d’organisation. et tentent d’y résister en s’accrochant à l’existant.

Il en est ainsi des partis politiques et de la suspicion dont ils font l’objet, la tentative même de profiter de cette déconsidération pour imposer un mouvement autour d’un chef connait rapidement le même désaveu d’ailleurs, les « nouveautés » s’épuisent dès qu’apparaît le caractère bien connu de ce dont on ne veut plus et plus la base de consensus se rétrécît encore plus rapidement…. Vous remarquerez le caractère quasi universel de cette loi dans une période historique où la quasi totalité des partis ont de fait renoncé à toute perspective de changement de société, toute stratégie transformatrice et sont donc la proie de cet ébranlement dont parle Marx à laquelle ils ne savent répondre que par le maintien de ceux qui sont en place.

Nul n’y échappe tant qu’une issue ne se dessine pas, et il s’agit d’un cercle vicieux qui entretient l’impossibilité d’une issue et l’inertie des masses, il faut probablement aller jusqu’au bout de cet effet et la seule solution est de coller au plus près du terrain tout en ne renonçant pas à une conscience de  la nature planétaire de l’ébranlement et les dangers dont il est porteur. ..

Danielle Bleitrach

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La complicité des Polonais dans la Shoah fortement sous-estimée – experts

dans le cadre du travail entamé avec Monika sur juifs et polonais, un noeud de vipères (titre provisoire) qui étudie en particulier l’influence du pogrom antisémite de mars 1968 sur mai 68 en france et sur le retournement réactionnaire de certains intellectuels juifs, cette controverse m’intéresse particulièrement. Simplement ce qui me gêne c’est la manière dont le gouvernement israélien, netanayoun en tête s’en est emparé. Cela me gène par rapport à la politique de ce gouvernement que je condamne, mais cela me gêne plus fondamentalement pour ce pourquoi je plaide systématiquement à savoir que la question de la shoah ne serve d’argument ni aux  israéliens, ni aux Palestiniens, que l’on foute la paix aux juifs qui n’ont jamais été sionistes et qui conservent le trauma de cette horreur qui fort heureusement n’a pas eu encore d’équivalent aujourd’hui. tant qu’il y aura d’un côté comme de l’autre la moindre allusion, voir dans certains cas des manipulations historiques pour instaurer le moindre signe d’équivalence je refuserai de participer à des combats qui toujours été les miens. Je souhaite que les forces progressistes  partout dans le monde se rassemblent pour imposer une issue de justice et de paix et je considère que nous devrions plus ouvrir le dialogue avec les partis communistes de la région au lieu de suivre la politique des frères musulmans et des indigènes de la République. En outre, ceux qui s’existent sur la négation de la shoah ne craignent pas de participer activement au négationnisme qui concerne l’URSS. Il faut une toute autre conception de l’histoire quel que soit le caractère douloureux des faits. Maintenant à propos de cette controverse, cet article me paraît équilibré, il est à noter que l’auteur sur lequel il s’appuie : zymon Datner (2 février 1902, Cracovie – 8 décembre 1989, Varsovie) est un historien polonais d’origine juive, plus connu pour ses études des crimes de guerre nazis commis en Pologne contre la population juive de Białystok (Bezirk Bialystok) après l’attaque allemande contre l’Union soviétique en juin 1941 est un auteur de la Pologne populaire et ce qui fera plaisir à marianne, un espérantiste militant. ce qui n’est pas non plus sans signification (note de danielle Bleitrach)
DÉNONCÉS ET MORTS POUR 2 KG DE SUCRE, OU UN MANTEAU

D’après un article datant de 1970, 200 000 Juifs sont morts aux mains de leurs voisins polonais. Une récente loi pourrait rendre difficile la publication de ces résultats

Des survivants de la Shoah et des militants à l'ambassade de Tel Aviv lors d'une manifestation organisée le 8 février 2018 (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Des survivants de la Shoah et des militants à l’ambassade de Tel Aviv lors d’une manifestation organisée le 8 février 2018 (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Dans un article datant de 1970, Szymon Datner, historien juif pionnier, estimait que 200 000 juifs étaient morts aux mains des Polonais durant la Seconde Guerre mondiale. En tentant de fuir les wagons à bestiaux et les camps de la mort, ils l’ont trouvé après avoir été remis aux autorités, informés qu’ils se cachaient ou ont été assassinés par leurs voisins polonais.

De 1942 à 1945, selon les calculs de Datner, sur les 250 000 Juifs qui ont tenté d’échapper aux Allemands en Pologne occupée, seuls 10 à 16 % ont survécu.

Lui-même survivant juif de l’Holocauste, Datner devint directeur de l’Institut historique juif de Varsovie et travailla comme historien pour l’Institut de la mémoire nationale de Pologne (IPN). Mais s’il était vivant aujourd’hui, il serait potentiellement poursuivi pour ses découvertes scientifiques.

Le président polonais Andrzej Duda annonce, durant une conférence de presse, qu’il signera la loi controversée sur la Shoah,à Varsovie, le 6 février 2018. (Crédit : AFP / JANEK SKARZYNSKI)

Le 6 février, le président polonais Andrzej Duda a promulgué des amendements à la loi de l’Institut de la mémoire nationale – Commission pour la poursuite des crimes contre la nation polonaise. Parmi ces amendements, figure cette section controversée du projet de loi : « Quiconque prétend, publiquement et contrairement aux faits, que la nation polonaise ou la République de Pologne est responsable ou coresponsable des crimes nazis commis par le Troisième Reich … ou pour d’autres crimes qui constituent des crimes contre la paix, des crimes contre l’humanité ou des crimes de guerre, ou quiconque diminue d’une manière flagrante la responsabilité des véritables auteurs desdits crimes – sera passible d’une amende ou d’une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à trois ans. »

Avec son langage flou, cet amendement pourrait envoyer Datner, un historien respecté qui a travaillé pour l’Institut de la mémoire nationale, directement en prison.

Dans une cinglante tribune publiée après l’annonce du président, l’historien Jan T. Gross a dénoncé la loi, déclarant que, plutôt que de protéger la réputation de la Pologne, son « but ultime est de falsifier l’histoire de l’Holocauste ». Gross a été interrogé à au moins trois reprises sur des déclarations factuelles peu complaisantes concernant les actions des Polonais pendant la Seconde Guerre mondiale.

L’auteur polonais Jan Tomasz Gross, auteur en 2001 du libre « Voisins » sur les meurtres des juifs de Jedwabne par leurs voisins polonais. (Crédit : East News)

Pour être précis, il n’y a pas de débat à avoir sur le fait que les Polonais ont contribué à sauver les Juifs. Plus de 6 700 Polonais – plus que n’importe quel autre pays – ont été honorés par le mémorial de Yad Vashem de Jérusalem en tant que Justes parmi les Nations : des individus qui ont mis en danger leur propre vie pour sauver des Juifs.

Cependant, au cours des dernières années, les chercheurs ont découvert des preuves de plus en plus sombres des interactions entre Juifs et Polonais au cours de la Seconde Guerre mondiale. Et leur travail a été violemment accueilli et totalement rejeté par de nombreux Polonais qui ont l’impression que leurs ancêtres ont agi de manière tout à fait honorable pendant la guerre.

Comme l’histoire de l’Holocauste se situe désormais sur le chemin dangereux de la politisation, le dialogue entre Juifs et Polonais devient de plus en plus difficile. C’est « un sujet qui défie la caractérisation simpliste et qui est chargé d’émotion », a déclaré le Dr Laurence Weinbaum, rédacteur en chef du Journal des affaires étrangères d’Israël. Il a applaudi le travail « courageux » des historiens polonais en découvrant des faits dérangeants.

Une photographie prise durant la déportation des Juifs d’Oswiecim vers les camps de la mort et les ghettos de la région durant l’occupation nazie de la Pologne (Crédit : Centre juif d’Auschwitz)

« Une certaine partie de l’université polonaise s’est distinguée de manière courageuse et franche dans sa façon de traiter la question complexe dont les Polonais confrontaient les desseins allemands pour anéantir ses Juifs.

« L’historiographie atroce qui a émergé de leurs recherches n’a aucun équivalent dans l’Europe post-communiste, et nous a donné un vaste aperçu de l’horrible tragédie qui s’est produite dans la Pologne en temps de guerre », a déclaré Weinbaum.

Les faits

Havi Dreifuss, chercheur à l’Université de Tel Aviv et directeur du centre de recherche de Yad Vashem sur l’Holocauste en Pologne, a récemment déclaré sans équivoque : « Nous savons que des Polonais ont été impliqués dans le meurtre de Juifs à plusieurs occasions.

Des survivants de la Shoah et des militants à l’ambassade de Tel Aviv lors d’une manifestation organisée le 8 février 2018 (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Selon le musée de l’Holocauste de Washington, Polonais en uniforme et citoyens individuels ont été complices dans la condamnation à mort de leurs voisins juifs.

« La Pologne a été brutalement occupée par les Allemands … Dans leur plan meurtrier d’exécutions, les forces allemandes ont fait appel à des agences polonaises, telles que les forces de police et les chemins de fer polonais, pour la surveillance des ghettos et la déportation des Juifs. Les Polonais ont souvent contribué à l’identification, à la dénonciation et à la traque des Juifs dans la clandestinité, profitant souvent du chantage associé, et ont participé activement au pillage des biens juifs. »

Il y eut en particulier le massacre notoire de centaines de Juifs enfermés dans une grange en feu à Jedwabne, ainsi que des actes similaires dans d’autres parties du comté de Łomża durant l’été 1941. Dans ces endroits, les Polonais locaux étaient « très impliqués dans le meurtre de leurs voisins juifs », a déclaré Dreifuss.

Plus tard, après la fin de la guerre, dans le cadre de la vague antisémite d’après-guerre qui a balayé l’Europe, il y a eu quelques pogroms en Pologne, dont celui de Kielce, le plus connu. En 1946, les Polonais ont massacré 40 survivants de la Shoah à Kielce et en ont blessé 40 autres. Des centaines ont été tués dans d’autres endroits après la libération de la Pologne, a déclaré Dreifuss.

Mémorial aux victimes du pogrom de Kielce. (Crédit : capture d’écran/autorisation)

« Ces deux événements – des pogroms comme celui de Kielce et les événements du comté de Łomża – ont été perpétrés à des moments et dans des lieux spécifiques », a déclaré Dreifuss. « Les dernières études concernent autre chose : ces dernières années, des chercheurs polonais ont essayé de comprendre ce qui est arrivé aux Juifs qui fuyaient les nazis entre 1942 et 1945 ».

Dreifuss a dit que le premier à se référer à ce phénomène était l’historien polonais-juif Datner, qui a porté à 200 000 le nombre de Juifs ayant péri aux mains des Polonais.

« La recherche actuelle montre qu’ils sont morts non seulement à cause des Allemands mais également en raison de l’implication profonde des Polonais de toutes les franges de la société. Parfois, les Juifs ont été capturés et remis aux Allemands, ou ont été capturés et remis à la police bleue [police polonaise dans la Pologne occupée allemande]. Et certains ont été tués par des Polonais », a déclaré Dreifuss.

 

Parmi les dizaines de milliers de personnes qui ont tenté de fuir, la plupart ont été tuées et les Polonais étaient très impliqués

« Parmi les dizaines de milliers de personnes qui ont tenté de fuir, la plupart ont été tuées et les Polonais étaient très impliqués », a souligné Dreifuss.

Pourquoi ?

Les motivations des Polonais dans la mort en série ou la dénonciation de leurs voisins juifs étaient variées, a déclaré Dreifuss.

« Ce n’était pas toujours de l’antisémitisme. En de nombreuses occasions, c’était la cupidité, la peur, les querelles, la vengeance. Il y avait beaucoup de raisons différentes », a-t-elle dit. « Vous ne pouvez pas limiter ou résumer les actes des communautés dans les statistiques. Il y avait beaucoup de raisons de nuire aux Juifs ou d’y contribuer. »

L’historien Jan Grabowski découvre que de nombreux Juifs qui s’étaient cachés pour échapper aux nazis ont été massacrés par leurs voisins polonais (Autorisation)

Pour les chercheurs, le spectre intégral des interactions entre Juifs et Polonais est intéressant. La Chasse aux Juifs: trahison et meurtre en Pologne occupée par les Allemands [Hunt for the Jews] de Jan Grabowski en 2013 et Une belle journée ensoleillée de Barbara Engelking en 2016, décrient l’accueil fait aux juifs en quête de refuge dans la campagne polonaise 1942-1945 par leurs voisins polonais.

Tous deux consacrent aussi des chapitres aux Polonais qui ont sauvé les Juifs. Dans son étude, Grabowski relate des documents glaçants sur un résident polonais de Bagienica appelé Przędział, qui a découvert deux Juifs cachés dans la forêt près de chez lui. Basé sur le livre, un article de Guardian dénonçant la nouvelle législation a décrit cette scène : « Après les avoir trahis, Przędział a exigé sa récompense auprès de l’occupant allemand : 2 kg de sucre. Le taux variait. Dans certains endroits, c’était 500 złoty pour chaque juif. Ailleurs, c’était deux manteaux, autrefois portés par les Juifs, pour chaque Juif apporté. » Une description peu flatteuse des efforts de guerre d’un Polonais.

Le livre de Jan Grabowski ‘Hunt for the Jews’ a été publié en anglais en 2013. (Crédit: Autorisation )

M. Grabowski, professeur d’histoire à l’Université d’Ottawa, a déclaré au Times of Israël que son travail avait fait l’objet de nombreuses critiques, « bien que généralement fondées sur le rejet des connaissances et non sur la remise en question des faits ».

Parmi d’autres sujets, l’historien a enquêté sur le nombre de Juifs morts aux mains des Polonais.

Grabowski a expliqué que les calculs de Szymon Datner étaient basés sur une « intuition » qu’en 1942, 2,5 millions de Juifs polonais étaient encore en vie en Pologne, dont 10 % tentaient de fuir les ghettos. Seulement 50 000 personnes ont vécu jusqu’à la libération.

Ces chiffres, a déclaré Grabowski, « étaient intuitifs, sans autre recherche que sa propre spéculation. » Des décennies après les calculs de Datner, cependant, une grande équipe de recherche dirigée par Grabowski et Engelking « ont pu confirmer les estimations de Datner », a déclaré Grabowski.

« Ayant étudié, au cours des cinq dernières années, neuf comtés en Pologne, nous avons été en mesure de confirmer que Datner n’était pas loin du compte », a déclaré Grabowski.

La recherche de l’équipe sera publiée en mars dans le recueil en deux volumes, « NUIT sans fin: le sort des Juifs dans certains comtés de Pologne occupée. » Écrit par un groupe de chercheurs du Centre polonais de recherche sur l’Holocauste, il s’agira d’un compte-rendu beaucoup plus détaillé du sort des Juifs dans ces années.

Comme une page web pour le livre le déclare, « Les chiffres parlent d’eux-mêmes : deux Juifs sur trois qui ont tenté de chercher un abri parmi les gentils, sont morts. »

« Les études incluses dans les deux volumes présentés fournissent de nombreuses preuves des niveaux importants et sous-estimés de l’ampleur de la complicité de certains segments de la société polonaise dans l’extermination de leurs voisins juifs et de leurs concitoyens. »

Mais le travail global des savants polonais sera-t-il accepté par leurs propres compatriotes ?

Quand le fait devient « opinion »

En 2001, le président polonais s’est excusé pour le massacre notoire et bien documenté de Juifs à Jedwabne par leurs voisins polonais. Le président Aleksander Kwaśniewski s’est excusé en son nom et au nom du peuple polonais, « dont la conscience est touchée » par ce crime, a-t-il dit.

La ministre polonaise de l’Education Anna Zalewska. (Crédit : CC BY-SA 3.0 Adrian Grycuk/Wikipedia)

En 2014 cependant, interrogée par un journaliste de télévision sur le fait que des Polonais ont brûlé des Juifs dans une grange à Jedwabne, l’actuelle ministre de l’Education, Anna Zalewska, a semblé croire qu’il s’agissait d’ « opinion ». Dreifuss a déclaré que l’un des résultats malheureux du dernier débat sur la nouvelle législation avancée par le parti Droit et Justice de Zalewska est la montée de certaines voix antisémites, qui sont maintenant entendues en Pologne après une période de silence.

« Ce que cette querelle ou discussion sur la loi, a éveillé dans certaines parties de la population polonaise est troublant », a déclaré Dreifuss.

Weinbaum, qui a été décoré en mai 2008 par l’ancien président Lech Kaczyński avec la Złoty Krzyż Zasługi (Croix d’or du mérite) pour sa contribution continue au dialogue entre juifs et polonais, s’est dit attristé par l’atmosphère rhétorique d’aujourd’hui.

« Nous assistons aujourd’hui à une recrudescence généralisée de la rhétorique brutale qui caractérisait les pires jours de 1968, lorsque la plupart des juifs restés en Pologne furent obligés de partir. Ceux qui dirigent cette loi controversée, ostensiblement anti-communistes, cherchent paradoxalement à restreindre les droits civils durement gagnés pour lesquels les Polonais ont combattu et sont morts dans la lutte contre la tyrannie communiste », dit-il.

« En fin de compte, cependant, c’est aux Polonais eux-mêmes de déterminer l’ambiance dans leur propre pays. On ne peut nier que la situation actuelle constitue un grand, peut-être même le plus grand, défi au dialogue polonais-juif qui a été lancé dans les années 1980. Malheureusement, de nombreux « vétérans » de cette rencontre se sentent profondément déçus et sont désillusionnés.

Le ministre de l’Education Naftali Bennett (2e-G), le rabbin Meir Lau (2e-D) et le chef d’état-major de Tsahal Gadi Eizenkot (D) participent à la Marche des Vivants au camp d’Auschwitz-Birkenau en Pologne le 24 avril 2017. (Yossi Zeliger/Flash90)

Cependant, la Pologne n’agit pas dans une bulle. Weinbaum a déclaré: « Les assertions sauvages de certains des Israéliens qui ont pesé lourdement sur les accusations de culpabilité polonaise dans l’Holocauste, et les déclarations erronées et désobligeantes sur l’origine d’Auschwitz ont également contribué à attiser les passions ».

Faits alternatifs ?

Fait : 90 % de la communauté juive de Pologne a été exterminée pendant l’Holocauste. Opinion polonaise actuelle : Les Polonais ont connu pire pendant la Seconde Guerre mondiale.

« La majorité de la société polonaise croit aujourd’hui que la souffrance des Polonais au moment de la guerre était égale ou supérieure à la souffrance des Juifs », a déclaré l’historien Grabowski. Je n’essaie pas d’être facétieux; Ce sont des sondages récents. »

Dans ce contexte, il est peut-être compréhensible que la législation anti-diffamation révisée reçoive un accueil chaleureux en Pologne aujourd’hui.

Il est louable d’être précis dans son vocabulaire lors de la description de la Shoah. Un effort pour reconnaître qu’Auschwitz était un camp d’extermination allemand en Pologne occupée et non un « camp de la mort polonais » bénéficie d’un soutien général sur le front diplomatique et parmi les spécialistes de l’Holocauste.

Mais les conséquences de la législation sur le vocabulaire est également potentiellement important.

« Cette loi va geler le débat et la recherche sur l’histoire de la Shoah, j’en suis certain », a déclaré M. Grabowski.

Dans son éditorial, l’historien Gross a déclaré : « Les autorités polonaises veulent bâillonner tout débat sur la complicité des Polonais dans la persécution des citoyens juifs, rendant illégal de discuter de la question« publiquement et contre les faits »

Le Centre polonais pour la recherche sur l’Holocauste a publié une déclaration exprimant sa « profonde préoccupation » à propos de la loi, qu’il appelle « un outil destiné à faciliter la manipulation idéologique et l’imposition de la politique d’histoire de l’Etat polonais ».

A Yad Vashem aussi, on s’inquiète des effets secondaires possibles de la formulation vague de la nouvelle législation et de ses répercussions dans les domaines de la recherche sur l’Holocauste, de l’éducation et de la mémoire.

Selon Dreifuss, les chercheurs polonais qui mènent la charge de la vérité factuelle sont «à la pointe de la recherche sur l’Holocauste, non seulement en Pologne, mais dans le monde entier». Weinbaum ajoute: «Malheureusement, ces érudits sont vilipendés et remis en question.  »

Ce qui est en jeu, c’est le principe démocratique de la liberté académique.

« Dans les endroits normaux, la recherche n’est pas acceptée ou rejetée par les gouvernements », a déclaré Dreifuss. « S’il y a des changements qui se produisent en Pologne, ou dans n’importe quel pays, où le travail d’un chercheur aura besoin de l’approbation du gouvernement, c’est un très mauvais signe. »

 
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Publié par le février 20, 2018 dans extrême-droite, HISTOIRE

 

Le mystère entourant le magot de Franco agite l’Espagne

Un mois après le décès de la fille unique du dictateur (1892-1975), le patrimoine de ses riches descendants, en partie amassé dans des conditions troubles par le Caudillo, suscite de nombreuses polémiques. Ce que ne dit pas clairement l’aricle c’est à quel point le compromis de 1978 signé y compris par les socialistes et les communistes de santiago Carillo (l’eurocommuniste) ont laissé en place non seulement l’héritage du dictateur mais également toute une classe sociale née  de la spoliation et du putsch fasciste, qui a continué à occuper les postes les plus élevés et à détenir les capitaux, faire fortune dans l’immobilier, tenir la presse, y compris El Païs.. Le PPE étant son parti et le monarque élevé par Franco sa caution présentée comme démocratique (note de danielle Bleitrach)

LE MONDE |  • Mis à jour le  | Par Sandrine Morel (Madrid, correspondance)

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Un vieux torero, une duchesse, une cousine du roi Felipe VI, une starlette de la télévision, un banquier véreux… Le 11 janvier, les obsèques de Carmen Franco y Polo, la fille unique du dictateur, décédée le 29 décembre 2017 à l’âge de 91 ans, ont réuni plus de 1 200 personnes, dont quelques membres défraîchis de la jet-set et ses sept enfants, dans l’église San Francisco de Borja, à Madrid. La messe, célébrée par deux cardinaux, s’est achevée au son de l’hymne espagnol. Les cendres de la défunte ont ensuite été transférées dans la crypte de la cathédrale de l’Almudena, où seuls de riches privilégiés reposent pour l’éternité.

Son décès est venu confirmer la position sociale et économique qu’a su conserver la famille du Caudillo depuis le retour de la démocratie. Sans résoudre un mystère : quel héritage Carmen a-t-elle laissé à ses enfants ? Le testament a été ouvert le 25 janvier. Rien n’en a fuité. C’est ainsi : dans l’Espagne de 2018, la fortune des Franco reste une histoire de famille, au grand dam de ceux qui demandent que les propriétés captées durant la guerre civile et les quarante ans de dictature reviennent à l’Etat.

Ecrivain et journaliste, Mariano Sanchez Soler, auteur de l’essai Los Franco S.A. (Ed. Oberon, non traduit), a recensé 22 propriétés et sociétés de la famille. Selon lui, le montant total de ces biens dépasserait 500 millions d’euros. Dans le lot, des sociétés immobilières, des parkings, des demeures en Galice, la propriété de Valdefuentes, dans la banlieue de Madrid, achetée au comte de Romanones par le biais de prête-noms… Sans oublier l’immeuble bourgeois du 8, rue Hermanos-Bécquer, dans un quartier huppé de la capitale : sept étages divisés en appartements, dont le plus spacieux est loué 7 000 euros par mois. Au fil des années, les Franco ont en revanche vendu une demeure à Marbella, offerte autrefois par un constructeur dévoué, ainsi que le Palacio del Canto del Pico, un château des environs de Madrid,…

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/decryptages/article/2018/02/05/haro-sur-le-magot-de-franco_5251789_1668393.html#OQ6084efSEuzHiRY.99

 
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Publié par le février 15, 2018 dans Europe, extrême-droite, HISTOIRE

 

Dossier Maurras-Olivier Dard, chasse aux sorcières Wikipédia et colloquearyano-européen

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Annie Lacroix-Riz, professeur émérite d’histoire contemporaine, université Paris 7-Denis Diderot, chercheuse en activité

1° « Mise au point pour la grande presse sur la notice d’Olivier Dard pour la commémoration de Charles Maurras » et « Olivier Dard et Maurras ni antisémite ni germanophile ni pronazi »

Quelques rappels de la première semaine de février 2018 sur le dossier Maurras-Olivier Dard, éclairants sur ce que j’ai qualifié d’extrême droitisation d’une historiographie sans sources dans « Olivier Dard et Maurras ni antisémite ni germanophile ni pronazi » :

https://www.les-crises.fr/quand-olivier-dard-fait-preuve-dun-dangereux-laxisme-envers-maurras-antisemite-notoire/#!prettyPhoto

et sur divers autres sites, dont

https://www.initiative-communiste.fr/articles/culture-debats/olivier-dard-preuve-dun-dangereux-laxisme-envers-maurras-antisemite-notoire/

https://www.investigaction.net/fr/maurras-vu-par-olivier-dard/

https://www.humanite.fr/sur-la-notice-pour-la-commemoration-de-maurras-650213

 

Voir aussi https://www.les-crises.fr/le-rond-de-serviette-d-olivier-dard-a-l-action-francaise/, présentation de documents qui comporte une référence au granddiplomatepatriote Raymond Brugère, premiersecrétaire général du Quai d’Orsay à la Libération,auquel j’ai fait de fréquentes références dans mes ouvrages De Munich à Vichyet Les élites françaises, 1940-1944. De la collaboration avec l’Allemagne à l’alliance américaine (voir les index). La réédition de Veni, vidi, Vichy s’imposerait en effet, pour son sérieuxdocumentaire et civique, surtout à une époque où l’extrême droite prône une accélération de la republication de tousauteurs fascistes et collaborationnistes ou collaborateurs ‑‑ distinguo absolumentdépourvu de sens historiqueen dépit de son immense vogue des vingt dernières années. Notons qu’aucund’entre eux ne s’est contenté de manier la plume de 1940 à 1944, comme d’ailleursdansl’entre-deux-guerresfasciste des intéressés : voir aussi Le choix de la défaite.

2° Wikipédia France, un instrument de chasse aux sorcières : la méthode du deux poids, deux mesures :

Sur le fonctionnement de Wikipedia France, il convient de consulter l’article https://fr.wikipedia.org/wiki/Discussion:Olivier_Dard, discussion sur l’article Olivier Dard. « Guise » est un pseudo transparent (le duc de Guise étant un des prétendants royalistes du 20e siècle). Il atteste que la confection des fiches d’histoire et d’historiens s’apparente à une véritable chasse aux sorcières : complaisance ou aveuglement pour les historiens d’extrême droite, hargne contre les historiens marxistes, dépréciés sur cette seule base (c’est de moi qu’il s’agit, mais tout progressiste est susceptible de subir le même sort).

On comprend mieux le contenu souventunilatéraldes fiches historiques Wikipédia-France quand on mesure le pouvoir de bloquer l’information tant sur les historiens qui plaisent que sur ceux qui déplaisent. Les éléments qui suiventattestent que l’encyclopédieprétendument interactive ne l’est pas mais est confisquée par quelques privilégiés idéologiquement sélectionnés.

Ce qui arrive avec les révélations sur la complaisance et les silences archivistiques d’Olivier Dard pour ses personnages de l’extrême droite fasciste, sur la complaisance et les silences de Wikipédia et des « historiens du consensus » sur Olivier Dard confirme simplement ce sur quoi j’alerte le très modeste public qu’il m’est possible de joindre depuis près de trenteans (voirL’histoire contemporaine toujours sous influence, Paris, Delga-Le temps des cerises, 2012). La censure qui me frappe depuis des décennies frappe d’ailleurs désormais d’autres chercheurs, commeJacques Sapir (voir son dossierdansles-crises.fr) et, plus récemment, Olivier Todd, qui s’est en plaint vivementdans une interview du 25 janvier 2018 accordée à Aude Lancelin, https://www.les-crises.fr/video-furieux-emmanuel-todd-dezingue-macron-et-les-medias-je-suis-censure-sur-franceinter/ écouter à 25 :50.

La virulence antimarxiste, masquée en équation communisme=nazisme, débouche, d’une part, à la foissur une criminalisation de la pensée progressiste, surtout quand celle-ci ne se cache pas d’être marxiste, et sur une complète banalisation de l’extrême droite, accompagnée d’une dissimulation systématique des choix politiques et idéologiques des intellectuels concernés et, d’autre part, dans la disciplinehistorique, sur l’abandon des exigences méthodologiques en matière de démonstration archivistique, abandon qui a été rendu possible par une longue croisade contre « les archives » et leur « positivisme » désuet. Wikipédia s’est, de ce point de vue, remarquablementadapté à l’atmosphère régnant depuisplusieursdécennies en histoire contemporaine, dans laquelle ses censeurs, stricto sensu, se meuvent comme des poissons dans l’eau.

Le dossier des participations respectives à des réunions politiques ou convoquées par telle mouvance politique est à cet égard particulièrement démonstratif : faire une conférence pour l’Action française ne présume de rien en matière d’options politiques, la prononcer devant une organisation progressiste ou communiste déprécie entièrement un intellectuel et ses éventuels apportsscientifiques à sa spécialitéacadémique : il ne peut dès lors plus être considéré comme une « source secondaire ».

Voilà le sort réservé au contributeur volontaire qui s’efforçait de corriger la complaisance sidérante de l’article Wikipédia Olivier Dard, « Placidemuzo » (deux amis spécialistes d’informatique m’ont également dit il y a quelques années avoir vainement tenté de compléter ou corriger ma fiche, c’est-à-dire s’être heurtés au même mur de censure).

https://fr.wikipedia.org/wiki/Utilisateur:Placidemuzo

Ce compte a été bloqué indéfiniment le 9 décembre 2017 à 22:30 (CET) avec ce motif : « attitude non-collaborative (passages en force) et rapport contributions / bruit très défavorable »

 

L’équipe Wikipedia qui s’est acharnée à dissimuler les options d’Olivier Dard, nul ne s’en étonnera, est la même qui a œuvré, dans le même sens, dans l’article de discussion Annie Lacroix-Riz, avec Guise et consorts, contre « Placidemuzo »:

https://fr.wikipedia.org/wiki/Discussion:Annie_Lacroix-Riz

où, comme il se doit, Olivier Dard est une des cautions scientifiques fournies à l’appui de la non-scientificité des travaux concernés, due à « des postulats idéologiques clairement énoncés », inLa synarchie ou le mythe du complot permanent, Paris, Perrin, 2012, p. 222-224.

Sur ce verrouillage et sur la confiscation de la prétendue « encyclopédie »interactive par des chasseurs de sorcières, deux articles du site Initiative communiste avaient été préalablement postés, les9 février et 22 octobre2017 :

https://www.initiative-communiste.fr/articles/culture-debats/wikipedia-est-pas-encyclopedie-libre-site-verrouille-toute-petite-communaute/

https://www.initiative-communiste.fr/articles/culture-debats/neutre-wikipedia-etude-de-cas-tropisme-anticommuniste-wikipedia-fr-wikipedia/

Excusez la longueur de l’exercice de lecture, indispensable, que je vouspropose.

3° Pour éclairer le débat sur le sens des prestations d’Olivier Dard auprès de l’Action française et d’organisations liées à celle-ci :

Voici quelques éléments recherchés après lecture de l’article d’Antoine Perraud du 7 février 2018dans Médiapart :https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/070218/celine-maurras-chardonne-faire-face?onglet=full

sur le colloque prévu le 7 avril 2018 « Fiers d’être Européens ! » à l’institut Iliade, dirigé par Jean-YvesLe Gallou, «président du groupe FN puis MNR auconseil régional d’Île-de-Francede 1986 à 2004, et député européen de 1994 à 1999. » :  https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Yves_Le_Gallou

http://institut-iliade.com/, dont les « postulats idéologiques [sont]clairement énoncés »

http://institut-iliade.com/abecedaire-europeen/lettre-r/

https://metamag.fr/2018/01/10/5eme-colloque-de-linstitut-iliade-le-7-avril-2018/,

reproduitci-dessoussous sa forme originalechargeable (au cas où le document viendrait à disparaître d’Internet) :

Repentance, ahurissement, avachissement… Stop ou encore ? « Fiers d’être Européens ! »

Cinquante ans après Mai 68, le « macronisme » achève la victoire du libéral-libéralisme le plus débridé. Son cœur idéologique reste celui de la gauche, marquée par l’héritage d’une mauvaise conscience coloniale, la repentance perpétuelle et obligatoire, la haine de soi. Il est temps d’y mettre un terme en retrouvant l’amour de nos racines, la fierté de ce que nous sommes ! C’est à cet impératif que s’attachera le colloque annuel de l’Institut Iliade pour la longue mémoire européenne, organisé samedi 7 avril 2018 à partir de 10h à la Maison de la Chimie, 28 Rue Saint Dominique, 75007 Paris.

La journée est divisée en deux séquences

La matinée (10h-12h30) dressera le cadre de l’analyse, pour appeler à en finir avec la culpabilisation des Européens. Interviendront à cette occasion Philippe Conrad (« Pourquoi s’attaquent-ils à notre Histoire ? »), Javier Portella (« Du nihilisme à l’ethnomasochisme »), ainsi qu’Olivier Dard et Bernard Lugan autour d’une table ronde animée par Martial Bild (TVLibertés) : « En finir pour de bon avec la culture de la repentance ». La conclusion de la matinée sera présentée par la philosophe Bérénice Levet, qui s’attachera à réaffirmer « le droit des Européens à la continuité historique ». Une première séance de rencontres et dédicaces est proposée avec les orateurs de cette matinée.

L’après-midi (14h-18h30) explorera les voies et moyens de redevenir ce que nous sommes. Interviendront ainsi Sylvain Gouguenheim (« L’apport du Moyen Âge à l’identité européenne »), Jean-François Gautier (« Ce que nous devons aux Européens ») et François Bousquet (« Gagner la guerre culturelle »), la conclusion valant synthèse des travaux étant assurée par Jean-Yves Le Gallou. Ces interventions seront entrecoupées d’illustrations concrètes, à partir de travaux des auditeurs de l’Iliade, et de deux tables rondes. La première réunira Rémi Soulié, Paul-Marie Coûteaux et Gérard Dussouy pour traiter des moyens de se réapproprier notre identité, tant à l’échelle locale que nationale et européenne. La deuxième table ronde, illustrée d’une vidéo de témoignages dans différents pays européens, réunira les journalistes Yann Vallerie (Breiz-Info) et Ferenc Almassy (Visegrád Post) autour du thème « Irlande & Europe centrale et orientale : comment se réveille un peuple ? ».

Ce colloque constitue la manifestation publique annuelle de l’Institut Iliade. Il s’est rapidement imposé comme l’un des plus importants rassemblements des partisans de l’identité nationale et européenne avec, à chaque édition, plus de 1 000 participants désireux d’explorer les pistes du nécessaire réveil de notre civilisation, d’échanger et de se retrouver, y compris autour d’un verre, dans la convivialité d’une communauté ainsi reformée.

L’édition 2018 sera l’occasion de présenter en exclusivité le deuxième ouvrage édité par l’Iliade chez Pierre-Guillaume de Roux : Ce que nous sommes. Les sources pérennes de l’identité européenne. Ce livre original, tout à la fois érudit et engagé, réunit douze auteurs autour de trois grands chapitres (« Notre longue mémoire », « Un regard européen sur le monde », « Combats d’aujourd’hui et de demain »). Leurs contributions composent un chant polyphonique d’amour et de combat pour l’Europe de demain. Histoire, mythologie, arts, musique, sciences, littérature, politique et philosophie : en se réappropriant les différentes facettes de leur héritage commun, les Européens ont toutes les raisons de croire encore en leur avenir !

Pour être certain de disposer d’une place et accéder plus rapidement à la salle, il est vivement recommandé de réserver en s’inscrivant en ligne dès maintenant via la page d’accueil du site de l’Institut : institut-iliade.com

Contact, demandes d’interviews et renseignements complémentaires : contact@institut-iliade.com

http://institut-iliade.com/la-repentance-basta-soyons-fiers-detre-europeens/

http://institut-iliade.com/2018-fiers-detre-europeens

https://www.polemia.com/colloque-de-linstitut-iliade-le-choc-des-mots-le-choc-des-idees/ le programme de 2016, prometteur pour 2018, etc.

 

Olivier Dard participera, auprès de Jean-Yves Le Gallou et Bernard Lugan, entre autres, à ce colloquepromoteur de la supériorité blanche, occidentale, aryenne et « européenne »et du rejet de la « repentance » (sur quoi, « la destruction des juifs d’Europe », notamment ?). Depuislongtemps, ce collèguemet en garde le public, notammentacadémique, contre la lecture de mes travaux, qu’il classe, avec, jusqu’ici, l’aval du milieuacadémique en histoire contemporaine,parmi les élucubrations idéologiques des « complotistes » et « conspirationnistes ».

En revanche il est tout à faitpartisan de « rééditer les mots bruns », comme il ressort de son interview par Sonya Faure, dansLibération,le 2 février 2018 :

« Faut-il rééditer les mots bruns ? »

Question : « Il y a tout de même une responsabilité à publier aujourd’hui des œuvres d’auteurs d’extrême droite, qui ont collaboré avec Vichy ou le nazisme… »

Réponse : « La responsabilité éditoriale existe, évidemment, mais le débat est sous-tendu par l’idée, discutable, que la France d’aujourd’hui ressemblerait beaucoup à celle des années 30. Vous ne dissuaderez pas l’antisémite d’aujourd’hui d’être antisémite avec des notes en bas de page. De toute façon, celui-là n’achètera pas ces éditions avec appareillage critique. En revanche, elles peuvent permettre aux personnes désireuses de mieux comprendre ceux qui ont fait cette période de l’histoire. LireLes Décombresde Rebatet, par exemple, est la meilleure manière de se mettre dans la tête d’un collabo. Censurer ces œuvres risque au contraire d’avaliser les thèses complotistes. Ce qui compte c’est la pédagogie et le décryptage. Arrêtons de penser que le public n’est pas mûr. »

Olivier Dard s’apprête également à publier « Notre avant-guerrede Robert Brasillach », en une édition « critique » dont sa présentation « critique » de Charles Maurras (biographie de 2013, Armand Colin, et « notice » pour la Commémorationofficielle) laisse prévoir le manque de rigueurscientifique, via notamment la renonciation à consulter les sources historiques (notammentpolicières et judiciaires) relatives au personnage.

 

Notons que les« complotistes » et « conspirationnistes » ont été démasquésnotamment par les tenants de l’Action française, par Wikipédia et parRudy Reichstadt, membre de la fondation Jean Jaurès, pourfendeur des sites « critiques » (dont celui d’Olivier Berruyer,https://fr.wikipedia.org/wiki/Olivier_Berruyer, notice Wikipédia d’ailleurs prudente) qui avaitégalement érigé Olivier Dard en juge suprême de mes compétences historiques dans une notule de 2012 (« La synarchie. Le mythe du complot permanent », d’Olivier Dard », surConspiracy Watch,17 octobre 2012), source Rudy Reichstadt « reconnue » et « autorisée » selon Wikipédia (sept fois citée danshttps://fr.wikipedia.org/wiki/Discussion:Annie_Lacroix-Riz).J’attends avec intérêt la réaction de M. Reichstadtà la notice « officielle » d’Olivier Dard sur Maurras, à ses diverses interviews et surtoutà la participation de l’intéressé au colloque du 7 avril 2018 « Fiers d’être Européens ! »

Le même peuple français qui ne saurait lire sans péril des historiens appuyant leurs écrits sur des sources originales extrêmementdiverses et recoupées seraiten revanche« mûr »pour avaler la potionfascisto-nazie, en lisant de présumées éditions « critiques » de Maurras, Rebatet, Céline, Brasillach, etc.?Il convient de l’informer sur les manœuvres en cours, qui ne sont pas scientifiques maisidéologiques et politiques.

On comprend mieux pourquoi il convenait de « laver », au terme de très longs efforts, l’Action française, Maurras et consorts (après le faux « suicidé » Jean Coutrot, et Bertrand de Jouvenel, tousdeux passés par le moule Action française, commetousleurs pairs). Le lavage, à la fin de 2017,avait atteint une étape cruciale vu la perspective des « Commémorations officielles » à venir en 2018, qui lui conférait l’aval de l’Etat républicain, représenté par son ministère de la culture.Il était égalementindispensable de présenter depuis vingt ans telle historienne « marxiste », horresco referens, comme mythomane et « conspirationniste ». Elle avait en effetcommis le crime de décrire un fascisme françaisentièrement issu de l’Action française, au lait de laquelle avaient été nourris tous les membres fondateurs et la quasi-totalité des membres demeurés décisifs ou importants, de la prétendue mythique synarchie qui envahit les fonds des Archives nationales et de la Préfecture de policedepuis les années 1930.

 

Il est désolant que la chasse aux sorcièresgénéralisée contre les intellectuels qui résistent à l’équationnazisme=communisme (ou au postulat communisme pire que nazisme) ait rencontré jusqu’ici tant de complaisanceou de complicitéacadémique.Car celle-ci a largementouvert la voie à la censure dont est porteuse, nul ne saurait l’ignorer, le projetétatiquesur les « fausses nouvelles » (fake news) visant à « durcir » la fort efficacelégislation de 1881, projetcautionnée par la ministre de la Culture, l’éditriceFrançoise Nyssen

http://www.huffingtonpost.fr/2018/01/15/exclusif-fake-news-francoise-nyssen-devoile-les-premiers-elements-de-la-loi_a_23332053/

lamêmeministre de la Culturequi s’était déclarée à l’origine enchantée par l’excellence du Livreofficiel des Commémorations, notice amnésique sur Maurrasd’Olivier Dardincluse (déclaration d’ailleurs introuvablepuisqueremplacée par ses reculs des 27 et 28 janvier 2018 :

http://www.culturecommunication.gouv.fr/Presse/Communiques-de-presse/Livre-des-commemorations-nationales-2018

http://www.culturecommunication.gouv.fr/Presse/Communiques-de-presse/Declaration-Livre-des-commemorations-nationales-2018

 

Selon le derniercommuniqué cité, « Le travail et l’expertise des membres du Haut-comité ne sont évidemment pas en cause » : ce n’est pas mon avis.

 

Bien cordialement,

 

Annie Lacroix-Riz

 
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Publié par le février 14, 2018 dans extrême-droite, HISTOIRE

 

Un tireur d’élite géorgien a nommé les noms des personnes impliquées dans les meurtres sur le Maidan

13 février 2018

Photo: image fixe de la vidéo

Texte: Olga Nikitina

https://vz.ru/news/2018/2/13/908013.html

Marianne nous envoie cette traduction, il est peu probable que nous aurons connaissance en occident sur qui étaient « les tireurs » du maIdan et qui a provoqué le coup d’Etat en Ukraine au nom de « la liberté » chère aux révolutions de couleur (note de danielle Bleitrach, tradution de Marianne Dunlop pour histoire et société)

Le témoignage du tireur d’élite géorgien Alexandre Revazishvili, présent auMaydan en février 2014, fait référence à ceux qui ont participé personnellement à l’assassinat de personnes lors des manifestations.

« [L’actuel chef du Comité de la Verkhovna Rada sur la sécurité nationale et de la défense Sergei] Pachinsky a tiré avec son fusil automatique de courtes rafales. [leDéputé de la Verkhovna Rada Vladimir] Parasyuk junior – de sa carabine « Saiga », son père – de la carabine SCS « , – a déclaré Revazishvilidans un témoignage à son avocat, rapporteRIA Novosti.

Il est rapporté que, avec ces déclarations, le tireur d’élite géorgien est prêt à parler devant la justice ukrainienne.

Selonl’ancien militaire géorgien KobaNergadze, c’est le conseiller de l’ex président géorgien MikheïlSaakachvili, MamukMamulashvili, désormais à la tête de la Légion géorgiennequi combat aux côtés des forces de sécurité ukrainiennes, qui l’avait invité avec  d’autres tireurs d’élite en Ukraine. Nergadze a déclaré que son groupe avait reçu 10 000 dollars, et 50 000 supplémentaires étaient promis après leur retour d’opération.

À la mi-décembre, les avocats de l’ancien président ukrainien Viktor Ianoukovitch ont présenté des preuves de la présence de mercenaires géorgiens lors de la session du tribunal de Kiev sur l’accusation de haute trahison lors des événements de Maydan en 2014.

Avant cela, l’avocat des ex-employés du « Berkout » Alexander Goroshinsky a raconté les détails de la fusillade au Maïdan en février 2014. Selon lui, les mercenaires étaient divisés en groupes de 10 personnes et tiraient sans discrimination, tant sur les manifestants que sur les forces de sécurité. Il a ajouté que pour l’exécution de la mission, les mercenaires se sont vu promettre une récompense monétaire de 5 000 dollars.

 

L’Ukraine déclare que la « décommunisation » est totale

  1. En revanche bien sûr la dénazification attendra, mieux la réhabilitation des tortionnaires et des collaborateurs du nazisme, leur célébration comme des héros de la nation est totale, tout cela sous le parrainage de l’UE, des USA, de l’OTAN, voire de BHL, Soros  et ses copains comme Edwyn Plenel… partout comme en Pologne sévit un institut de la mémoire. Mais en sommes-nous aussi éloignés qu’il paraît nous Français qui osons cautionner le totalitarisme qui crée un signe d’équivalence entre nazisme et communisme, entre Hitler et Staline y compris jusqu’à la direction actuelle du PCF (note et traduction de Danielle Bleitrach)

12.02.2018, Kiev.

La décommunisation en Ukraine est achevée de facto, a déclaré le directeur de l’Institut ukrainien de la mémoire nationale, Vladimir Vyatrovitch, le samedi 10 février dans le cadre de l’ émission Interview de samedi sur Radio Liberty.
Vyatrovich a déclaré de facto l’achèvement de la décommunisation comme un processus de destruction des symboles soviétiques. « Nous avions des localités à ces noms – environ un millier d’entre eux. C’est presque tout ce qu’il y avait « , a-t-il dit. Il a également noté qu’environ 9-10 noms communistes « non évidents » sont laissés, qui, à son avis, relèvent des dispositions de la loi de décommunisation ukrainienne.

Vyatrovitch a également déclaré que presque tous les monuments de Vladimir Lénine sont détruits en Ukraine, tout comme les monuments des autres dirigeants communistes – environ 2,5 mille au total. Il a noté que seuls les monuments connus avaient été détruits, et que certains monuments «oubliés par tous» pouvaient encore rester dans les territoires des usines ou dans les villages.

Un certain nombre de lois de décommunisation ont été adoptées par la Verkhovnaya Rada (Parlement) le 9 mai 2015 *. Ils ont été signés par le président Porochenko le 15 mai. Ces lois interdisent toute utilisation de symboles soviétiques en Ukraine, condamnent le régime communiste, déclarent l’ouverture de toutes les archives du KGB.

Le 4 mai 2016, Vladimir Vyatrovich a déclaré que la décommunisation et la démolition des monuments soviétiques étaient une manière de lutter contre le monde russe ceci comme une manière d’annoncer le 9 mai qui est le Jour de la Victoire, il commémore la victoire de l’Union Soviétique sur l’Allemagne nazie dans la Grande Guerre Patriotique. Il est célébré par la Russie et d’autres pays de la CEI le 9 mai.

Source: Agence de presse Rossa Primavera

 

Quand ils lynchaient les noirs, les blancs aussi se croyaient soldats de Dieu

Jamelle Bouie, traduit par Bérengère Viennot — , mis à jour le 24.02.2015 à 15 h 34

A l’instar des barbaries de l’Etat islamique, le lynchage et la torture des noirs américains pendant la ségrégation n’étaient pas seulement des actes de racisme mais aussi des actes empreints de signification religieuse, justifiés par le christianisme de l’époque

Carte postale du lynchage de Duluth qui a eu lieu en juin 1920 via Wikimedia / Domaine public
Carte postale du lynchage de Duluth qui a eu lieu en juin 1920 via Wikimedia / Domaine public

Si, selon un certain cliché, les Américains ont la mémoire courte, cela n’empêche pas, depuis le samedi 7 février, un bon nombre d’entre nous de débattre au sujet des guerres de religion médiévales et de l’idée que nous puissions en tirer quelques leçons sur la violence qui règne aujourd’hui au Moyen-Orient.

Ce qu’a dit Obama

Pour ceux qui ne seraient pas encore au courant, ce débat fait suite aux commentaires du président Obama lors du National Prayer Breakfast annuel, où –après avoir condamné le groupe radical Etat islamique et l’avoir qualifié de «culte de la mort»– il a proposé une réflexion appelant à la rationalisation.

«Avant de monter sur nos grands chevaux et de penser que le phénomène est l’apanage d’un lieu différent du nôtre, souvenons-nous que pendant les croisades et l’Inquisition, les gens ont commis des actes atroces au nom du Christ. Dans notre patrie, l’esclavage et les lois [ségrégationnistes] Jim Crow ont trop souvent été justifiés au nom du Christ (…) Par conséquent, cela n’est pas l’apanage d’un seul groupe ou d’une seule religion. Il existe une tendance en nous, une tendance immorale qui peut pervertir et déformer notre foi.»

Ce point simplissime –«aucune foi n’a le monopole de l’arrogance religieuse»– est devenu un point d’ignition partisan incitant les conservateurs à sermonner le président en l’accusant de «mettre sur le même pied» chrétiens croisés et radicaux islamiques, à l’accuser d’entretenir des croyances anti-chrétiennes et à se demander pourquoi il évoque un conflit vieux de plusieurs siècles, quand bien même on relèverait quelques analogies entre celui-ci et l’époque actuelle.

Ce qui nous manque dans l’argument sur les croisades cependant, c’est la mention par Obama de l’esclavage et de Jim Crow. Dans The Atlantic, Ta-Nehisi Coates choisit de souligner les justifications religieuses de l’esclavage américain, et il vaut la peine d’en faire autant pour son successeur d’après la guerre de Sécession. Et puisque nous en sommes à réfléchir en termes de violence religieuse, nous nous devons de nous pencher sur le spectacle le plus brutal du règne de Jim Crow: le lynchage.

Pendant pratiquement tout le siècle entre les deux Reconstructions américaines, la plus grande partie du Sud blanc a fermé les yeux et approuvé la violence terroriste exercée contre les noirs. Un nouveau rapport de l’Equal Justice Initiative, basée en Alabama, signale presque 4.000 lynchages de noirs dans 12 Etats du Sud –en Alabama, en Arkansas, en Floride, en Géorgie, dans le Kentucky, en Louisiane, dans le Mississippi, en Caroline du Nord et du Sud, au Tennessee, au Texas et en Virginie– entre 1877 et 1950, ce qui, note l’organisation, représente «au moins 700 lynchages de plus dans ces Etats que ce qui avait été signalé auparavant».

Il serait inconcevable qu’ils aient pu infliger douleurs et tourments aux corps des hommes noirs sans imaginer cette violence en tant qu’acte religieux

Amy Louise Wood, historienne

«Le Juge Lynch» –nom donné par la journaliste et militante antiségrégationniste Ida B. Wells aux foules de lyncheurs– se montrait capricieux, impitoyable et barbare à l’égard de ses victimes. C.J. Miller, accusé à tort du meurtre de deux sœurs adolescentes blanches dans l’ouest du Kentucky, fut «traîné dans les rues jusqu’à un échafaud de fortune fait de vieilles douves de tonneau et autre petit bois», écrit l’historien Philip Dray dans At the Hands of Persons Unknown: The Lynching of Black America. Ses agresseurs le pendirent à un poteau téléphonique, et tandis que «la première chute lui brisa le cou (…) le corps fut soulevé et abaissé à maintes reprises pendant que la foule le criblait de balles avec des armes de poing». Son corps resta pendu dans la rue pendant deux heures, au cours desquelles il fut photographié et mutilé par des badauds. Puis il fut décroché et brûlé.

Plus sauvage encore fut le lynchage de Mary Turner, tuée pour avoir protesté contre le meurtre de son mari, et de l’enfant qu’elle portait.

«Devant une foule où se trouvaient des femmes et des enfants, écrit Philip Dray, Mary fut déshabillée, pendue par les chevilles, aspergée d’essence et brûlée à mort. Au milieu de son supplice, un homme blanc lui ouvrit le ventre avec un couteau de chasse et son bébé tomba à terre, poussa un cri et fut piétiné à mort.»

Des rituels de l’évangélisme sudiste et de son dogme

Ces lynchages n’étaient pas seulement des punitions infligées par des groupes d’autodéfense, ou, comme le note l’Equal Justice Initiative, «des actes de célébration du contrôle et de la domination d’une race sur l’autre». C’était des rituels. Et plus spécifiquement, des rituels de l’évangélisme sudiste et de son dogme d’alors prônant la pureté, le littéralisme et la suprématie blanche.

«Le christianisme était le principal prisme par lequel la plupart des Sudistes conceptualisaient et donnaient un sens à la souffrance et à la mort, quelle que soit leur forme», écrit l’historienne Amy Louise Wood dans Lynching and Spectacle: Witnessing Racial Violence in America, 1890–1940.

«Il serait inconcevable qu’ils aient pu infliger douleurs et tourments aux corps des hommes noirs sans imaginer cette violence en tant qu’acte religieux, chargé de symbolisme et de signification chrétienne.»

Le Dieu du Sud blanc exigeait de la pureté –pureté incarnée par la femme blanche. Les Sudistes blancs construisirent une frontière à l’aide de la ségrégation. Mais quand celle-ci était violée, c’est avec le lynchage qu’ils réparaient la brèche et affirmaient qu’ils étaient libres de toute contamination morale, représentée par les noirs, par les hommes noirs en particulier –même si elle ne se limitait pas à eux. Leo Frank, lynché en 1915, était juif.

La brèche imaginée était souvent d’ordre sexuel, définie par le mythe du violeur noir, un «démon» et une «bête» décidée à profaner la pureté chrétienne de la féminité blanche. Dans son récit du lynchage d’Henry Smith –tué à la suite d’accusations de viol et de meurtre d’une fillette de 3 ans, Myrtle Vance– P.L. James raconte comment l’énergie d’une ville et d’un pays entier s’était tournée vers «l’arrestation du démon qui avait dévasté un foyer et souillé une vie innocente».

La «volonté de Dieu»

James n’était pas un cas isolé. De nombreux autres défenseurs du lynchage interprétaient leurs actes comme un devoir chrétien, consacré comme étant la volonté de Dieu contre la transgression raciale.

«Après le lynchage de Smith, note Amy Louise Wood, un autre de ses défenseurs écrivit: “ce ne fut rien d’autre que la vengeance d’un Dieu outragé, qui Lui fut offerte, au moyen de l’instrument que furent ceux qui provoquèrent la crémation.»

Comme l’écrit Donald G. Mathews, professeur émérite à l’UNC-Chapel Hill dans le Journal of Southern Religion:

«La religion s’insinuait dans le lynchage communautaire parce que cet acte se produisait dans le contexte d’un ordre sacré conçu pour garantir la sainteté.»

L’«ordre sacré» c’était la suprématie blanche, et la «sainteté», la vertu blanche.

Je me dois de souligner que les noirs de l’époque voyaient le lynchage comme étant enraciné dans la pratique chrétienne des Sudistes blancs. «Il est extrêmement douteux que le lynchage puisse exister dans une autre religion que le christianisme», écrivit Walter White, leader de l’association de défense des droits civiques NAACP en 1929.

«Quiconque connaît bien les prédicateurs intempestifs, acrobatiques, fanatiques prêchant les feux de l’enfer dans le Sud, et a vu les orgies d’émotion qu’ils suscitent, ne peut douter un seul instant qu’ils libèrent des passions dangereuses contribuant à l’instabilité émotionnelle et jouant un rôle dans les lynchages.»

Rien de tout cela n’était intrinsèque au christianisme: c’était une question de pouvoir, et du besoin qu’avaient les puissants de sanctifier leurs actes

 

Et si certains chefs d’église ont condamné ces pratiques comme étant contraires à la parole de Dieu –«Religion et lynchage, christianisme et écrasement, feu et bénédiction, sauvagerie et raison nationale ne peuvent aller main dans la main dans ce pays», affirmait un éditorial en 1904– le consentement écrasant du Sud blanc confirmait le point de vue de Walter White.

Le seul christianisme sudiste uni dans son opposition au lynchage était celui des noirs américains, qui tentaient de re-contextualiser les attaques comme un genre de crucifixion et ses victimes comme des martyrs, renversant la situation et faisant des noirs les véritables héritiers du salut et de la rédemption chrétienne. Et c’est ce dernier point qui doit mettre en exergue le fait que rien de tout cela n’était intrinsèque au christianisme: c’était une question de pouvoir, et du besoin qu’avaient les puissants de sanctifier leurs actes.

Pourtant, il est impossible de nier que le lynchage –dans toute sa grotesque violence– était un acte empreint de signification religieuse, justifié par le christianisme de l’époque.

Il avait également un caractère politique: c’était un acte de terreur et de contrôle social et la chasse gardée de citoyens privés, de responsables publics et de législateurs puissants. Le sénateur Ben Tillman de Caroline du Sud défendit le lynchage devant le Congrès des Etats-Unis, et le président Woodrow Wilson applaudit un film qui célébrait le juge Lynch et ses disciples.

Ce qui signifie qu’Obama avait raison. Les environnements extrêmement différents de l’Amérique d’avant les droits civiques et du Moyen-Orient d’aujourd’hui cachent les similitudes conséquentes qui existent entre la violence religieuse relativement récente de nos ancêtres suprématistes blancs et celle de nos ennemis contemporains. Et le fossé actuel entre musulmans modérés et leurs opposants fanatiques trouve une analogie dans notre division passée entre christianisme nordiste et son homologue sudiste.

Il ne s’agit pas tant de relativisme que de vision clairvoyante de notre vulnérabilité commune, de la vérité qui est que les graines de la violence et de l’autocratie peuvent germer n’importe où, et du fait que notre position actuelle de supériorité morale n’est pas la preuve d’une quelconque supériorité intrinsèque.

Jamelle Bouie

Jamelle Bouie (46 articles)
Journaliste
 
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Publié par le février 11, 2018 dans Amérique, extrême-droite, HISTOIRE, SOCIETE