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Archives de Catégorie: extrême-droite

Julian Assange face à Anna Ardin en août 2010 – violé plutôt que violeur par Monika Karbowska

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Cet article est le premier d’une série d’analyses du dossier juridique suédois contre Julian Assange. Je ressens la nécessité de publier mon analyse parce que je n’ai jamais cru à la culpabilité de Julian Assange déjà à cause des invraisemblables manipulations auxquelles s’est livrée la justice suédoise dans ce dossier. Ces manipulations seront détaillées dans un autre article, notamment la collusion entre l’accusatrice principale, Anna Ardin et Irmeli Krans, l’officière de police rédactrice des plaintes des deux accusatrices – Ardin et Krans étant amies proches et colistières sur les listes électorales de leur parti. Ce simple fait aurait dû faire tomber l’accusation immédiatement pour vice de procédure, et même un avocat commis d’office aurait pu arriver à cet effet.

J’écris ce texte pour mettre en lumière des éléments rarement publiés de ce dossier et jamais réellement analysés. Je commence donc non pas par l’accusation, mais par la défense – Accusé de viol par Anna Ardin et ayant eu connaissance de la plainte par un article de tabloïd le 20 août 2010, Julian Assange répond immédiatement à la convocation de la police suédoise. Il a un entretien et donne sa version des faits à la police suédoise le 30 août 2010. Ce compte rendu de sa déposition a été peu publié et quasiment jamais analysé. Or c’est un des rares textes où il parle spontanément et sans préparation. C’est pour cela qu’il me semble que ce dialogue contient les éléments les plus authentiques sur « l’affaire », une affaire qui a valu à cet homme presque 10 ans d’enfermement, aujourd’hui la prison de haute sécurité et demain avec certitude l’extradition ou les prisons secrètes à torture américaines. Faire la lumière sur l’obscurité de cette « affaire » est la seule façon de pouvoir libérer le prisonnier politique européen qu’il est devenu.

Un deuxième article analysera la défense de Julian Assange aux accusations de Sofia Wilem, mais cette défense datant de 2016 et étant largement rédigée sous l’influence d’avocats qui ont perdu tous ses procès, comme Jenny Robinson, elle est moins importante que la déposition du 30 août 2010 face à la plainte de Anna Ardin.

Ce qui frappe à la lecture de ce document est que Julian Assange est tellement sidéré qu’il ne se défend pas. Au début il croit à un malentendu, il n’arrive pas à croire que la personne avec qui il a partagé le lit, l’intimité et le foyer pendant une semaine l’accuse de viol.

L’officier de police le presse sans hostilité à dire les détails de sa relation affective et sexuelle avec Anna Ardin pour donner sa version des faits et constituer ainsi sa défense. Son avocat Leif Silbersky l’incite avec bienveillance à répondre aux questions précisément pour que ce ne soit pas uniquement la version des accusatrices qui soit prise en compte.

Nous apprenons ainsi qu’une seule une relation coïtale a eu lieu, la première nuit du 13 aout, et c’est cette relation qui est ressentie comme un viol par Anna Ardin. Mais les nuits suivantes ont été remplies de caresses appréciées par la maîtresse du lieu et du lit – elle ne l’accuse d’ailleurs pas pour ces autres nuits… Mais Assange n’est pas capable de faire des descriptions plus précises de ces caresses, autres que le très vague « nous nous sommes touchés mutuellement ». Cette petite phrase n’arrive pas à contrebalancer la version crue, réaliste et dure que nous livre l’accusatrice de la première nuit – sa version est celle d’un Assange se précipitant sur elle dès l’arrivée dans l’appartement et lui arrachant vêtements et bijoux avant de la clouer au lit de force. L’accusatrice tait par la suites les caresses obtenus de son amant pendant toute la semaine qui suit ce qui rend son récit de la première nuit plus que suspect.

N’arrivant pas à décrire les caresses prodiguées à Ardin, à peine à mentionner les deux orgasmes qu’auraient eu Ardin avec lui par la suite, celles-ci restent inaudibles et ainsi la version de l’accusation s’impose. Pourquoi Julian Assange n’arrive -t-il pas à parler, est-ce par honte ? Une honte qui n’est visiblement pas du tout du côté des accusatrices, qui elles se répandent dans leur plainte en descriptions sexuelles longues, imagées et suscitant une forme d’excitation chez le lecteur/trice. La honte se trouve ici visiblement du côté de l’accusé, chose anormale dans les affaires classiques de viol d’un homme sur une femme.

C’est la même chose pour le point central de l’accusation : le préservatif percé ou déchiré. Assange ne se défend pas. Il ne se souvient pas de qui a eu l’initiative du préservatif, il ne se souvient pas de qui l’a mis ni même qui l’a enlevé !

Il répond presque toujours aux questions : je ne me souviens pas. Il n’est pas non plus capable de dire l’heure à laquelle le rapport sexuel a eu lieu ni s’il y en a eu plusieurs… Une passivité, une sidération, un moment de régression qui lui coutera très cher car tous les détails « à décharge » comptent autant que ceux « à charge »… En l’absence de détails livrés à décharge, ne restera que l’accusation.

A un tel point que son défenseur s’en inquiète et lui demande à la fin s’il n’a pas été drogué ou alcoolisé. C’est bien l’impression qui se dégage pour un observateur extérieur : à ce stade d’imprécision, de manque de mémoire, le violeur présumé n’a-t-il pas été plutôt abusé, notamment avec une drogue ?  La drogue du viol ça marche aussi bien sur les femmes que sur les hommes et ces substances ont toutes pour conséquences d’effacer la mémoire des événements.

Je suis navrée et émue de lire la réponse de Julian Assange à la question de « qui a eu l’initiative du contact sexuel ? » : « Anna »

« Comment l’a-t-elle fait ? » Réponse de Julian Assange: « elle m’a dit que je devais dormir dans son lit ». Et elle a « rajouté des choses sur ce qu’un amant devrait faire au lit ». C’est elle qui décide, ce n’est pas lui. « Après tout, c’est son appartement » – dit-il.

Une image de passivité et d’obéissance qui me hante, en tant que spectatrice extérieure. Celui que des Etats et des médias mondiaux ont accusé de prédation fait en réalité figure de petit garçon obéissant et passif. Si Anna Ardin était aussi la personne qui lui avait prêté son adresse obligatoire pour sa demande de carte de séjour dans l’espace Shengen, l’image réelle de sa vulnérabilité apparait complète. Une vulnérabilité concrète face à l’accusatrice qui aurait du logiquement aider son avocat à mettre en doute l’accusation.

Quant à son avocat que l’on voit ici efficace et empathique, Leif Silbersky a été congédié au bout d’une semaine. Qui conseillait donc Julian Assange à ce moment-là et qui lui a conseillé de rompre avec Leif Silbersky ? Une réponse à cette question pourrait nous mettre sur la piste de ceux qui ont enfoncé Julian Assange dans une situation inextricable depuis 10 ans, qui lui ont fait perdre TOUS ses procès. Vont-ils lui faire perdre le dernier procès, celui dont sa vie dépend, le procès en extradition vers les Etats Unis ? Si nous, citoyens préoccupés par l’injustice ne nous mobilisons pas, c’est exactement comme cela que « l’inéluctable » va arriver.

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Ukraine : les présidents changent, le régime fascisant des oligarques demeure !

Les législatives en Ukraine viennent de conforter le résultat de l’élection présidentielle qui a vu le succès de V. Zelensky un inconnu sponsorisé par une fraction de l’oligarchie dont les regards sont entièrement tournés vers l’Union Européenne et les USA et qui entendent mettre le pays en situation de liquider définitivement les acquis du socialisme pour mieux intégrer l’UE et l’OTAN.

Son parti : « Serviteur du peuple » obtient en effet la majorité absolue des députés avec 42 % des suffrages pour une participation de près de 50 %. Ce résultat en dit long sur le dégoût engendré par les politiciens qui ont mis l’Ukraine en coupe réglée, pour autant, il ne résout aucun problème majeur de la Nation et continue à laisser le champ libre à la domination des groupes néo-nazis. Ces derniers tiennent toujours le haut du pavé et leurs groupes para-militaires ont été intégrés dans la garde nationale où ils sont entraînés par des instructeurs US.

Ce n’est donc pas un hasard si la cour constitutionnelle vient, le 16 juillet, d’interdire de facto le Parti Communiste d’Ukraine (PCU). Le PCU avait été interdit en 1991 après la dislocation de l’URSS, mais avait réussi à faire casser cette interdiction en 2001. Il était alors devenu un parti s’opposant au pouvoir des oligarques et il pesait lourd dans la vie politique ukrainienne. En interdisant son activité, les pouvoir ouvre les vannes à une répression accrue de l’État et des bandes néo-nazies qui agissent pour son compte.

Dans une communication le PCU analyse le sens de classe de la décision prise et entend continuer le combat: « Bien sûr, le parti communiste n’abandonne pas…La décision prise par la Cour constitutionnelle légitime l’ordre politique de l’oligarchie et le crime d’interdire le Parti communiste ukrainien, en tant que seul parti idéologique de l’opposition. » Il ajoute que le soutien internationaliste lui est nécessaire : « Dans notre lutte pour les droits et libertés de la classe ouvrière, nous comptons beaucoup sur votre soutien et votre aide. » Le nôtre lui est acquis. Ce doit être un devoir de tous les révolutionnaires et démocrates de protester comme nous le faisons contre l’interdiction du parti Communiste d’Ukraine.

tirés de :

https://www.sitecommunistes.org/index.php/monde/europe/561-ukraine-les-presidents-changent-le-regime-fascisant-des-oligarques-demeure

 

Des trotskistes comme je les aime: Le rapporteur de l’ONU sur la torture, Nils Melzer, démasque la propagande et la censure dans les reportages sur Assange

Le rapporteur de l’ONU sur la torture, Nils Melzer, démasque la propagande et la censure dans les reportages sur Assange

Par Chris Marsden
2 juillet 2019

Lorsque le rapporteur spécial des Nations unies sur la torture, Nils Melzer, a publié le 31 mai une déclaration exigeant la fin immédiate de la «persécution collective» de Julian Assange, elle a fait les gros titres dans le monde entier.

Assange, a écrit Melzer, «a été délibérément exposé, pendant plusieurs années, à des formes progressivement sévères de peines ou traitements cruels, inhumains ou humiliants, dont les effets cumulatifs ne peuvent être qualifiés que de torture psychologique.»

«En vingt ans de travail auprès des victimes de guerre, de violence et de persécution politique, je n’ai jamais vu un groupe d’États démocratiques se rassembler pour isoler, diaboliser et maltraiter délibérément un seul individu au cours d’une si longue période de temps et avec si peu de respect pour la dignité humaine et la primauté du droit», a-t-il ajouté.

Dans la perspective de la Journée internationale pour le soutien aux victimes de la torture, mercredi dernier, Melzer a écrit une tribune libre intitulée «Démasquer la torture de Julian Assange». Il a présenté cet article percutant à des publications de premier plan, notamment The Guardian, The Times, leFinancial Times, le Sydney Morning Herald, l’Australian, le Canberra Times, le Telegraph, le New York Times, le Washington Post, la Fondation Thomson Reuters et Newsweek.

Professeur Nils Melzer, Rapporteur spécial de l’ONU sur la torture, s’adresse à une conférence de presse au siège de l’ONU à New York [source: Nations unies]

Tous ont refusé de la publier, laissant Melzer, l’un des plus éminents experts juridiques en matière de torture, la seule option de publier son article sur la plate-forme de blogging en ligne Medium.

Melzer a déclaré à RT que les rédacteurs de journaux lui avaient proposé diverses raisons pour le refus de publier sa tribune libre. «Certains d’entre eux ont dit que cela ne figurait pas parmi leurs priorités concernant les actualités, d’autres ont déclaré que cela ne faisait pas partie de leurs centres d’intérêts», a-t-il déclaré.

Rejetant avec mépris leurs excuses, Melzer a noté que les mêmes responsables de médias avaient publié avec plaisir des articles sur Assange «quand il était question de son chat et de son skateboard et… d’allégations selon lesquelles il aurait maculé des murs d’excréments […] Mais quand vous avez un article sérieux qui tente réellement de démasquer ce récit public et de révéler les faits en dessous, alors cela ne les intéresse plus intéressés.»

La «pertinence» du billet de Melzer – écrit pour la défense du plus célèbre prisonnier politique de la planète – ne fait aucun doute. Les avis de fin de non-recevoir ne font que confirmer l’opposition unie continue des médias grand public privés et d’États contre un éditeur qui a dévoilé ce qu’eux n’en voulaient pas: des preuves de crimes de guerre commis par les États-Unis en Irak et en Afghanistan.

La tribune de Melzer était d’une importance exceptionnelle pour révéler l’impact de la calomnie proférée contre Assange par les médias.

«Comme la plupart des gens», a-t-il écrit, «j’avais été inconsciemment empoisonné [contre Assange] par la campagne de diffamation incessante, diffusée au fil des ans».

Mais «une fois que j’ai examiné les faits de cette affaire, ce que j’ai trouvé me remplissait de répulsion et d’incrédulité. Assange n’était ni un « violeur », ni un « pirate informatique », ni un « espion russe ». Ni même le « narcissique égoïste », dont il a été traité par le magistrat en chef Emma Arbuthnot alors qu’elle le condamnait pour violation de la liberté provisoire.

«Au bout du compte, j’ai finalement compris que j’avais été aveuglé par la propagande et qu’Assange avait été systématiquement calomnié pour détourner l’attention des crimes qu’il avait dénoncés. Une fois déshumanisé par isolement, ridicule et honte, tout comme les sorcières que nous brûlions sur le bûcher, il était facile de le priver de ses droits les plus fondamentaux sans provoquer l’indignation publique dans le monde entier. Et ainsi, un précédent juridique est en train d’être créé, à travers la porte dérobée de notre propre complaisance, qui à l’avenir pourra et sera également appliquée aux divulgations du Guardian, du New York Times et d’ABC News.»

Melzer conclut qu’«il ne s’agit pas seulement de protéger Assange, mais également d’éviter un précédent susceptible de sceller le sort de la démocratie occidentale.» Il poursuit: «Dès que la révélation de la vérité est devenu un crime, tandis que les puissants jouissent de l’impunité, ce sera trop tard pour corriger le cap. Nous aurons abandonné notre voix à la censure et notre destin à une tyrannie débridée.»

A quoi le personnel éditorial de certains des plus grands journaux du monde, y compris ceux proclamant leur «libéralisme», a réagi en haussant les épaules tout en claquant la porte au visage de Melzer.

Dans de telles circonstances, une interdiction officielle de publication ne peut être exclue. Au Royaume-Uni, le World Socialist Web Site a attiré l’attention de la révélation du journaliste indépendant Matt Kennard sur le rôle joué par le rédacteur en chef du Guardian, Paul Johnson, qui siégeait au comité consultatif des rédacteurs en chef, géré par le ministère de la défense, chargé de l’application des D-Notices, un acte d’autocensure par les médias. Les D-Notices sont utilisés pour empêcher la publication d’informations préjudiciables aux intérêts de la sécurité nationale de l’impérialisme britannique.

La participation du Guardian à cette opération de censure immonde est loin d’être unique. Le comité actuel est présidé par Dominic Wilson, directeur général de la politique de sécurité au ministère de la Défense, et comprend les vice-présidents John Battle, responsable de la conformité au journal télévisé d’Independent Television News et Ian Murray, directeur exécutif de la Society of Editors (Association des rédacteurs en chef).

Les membres du comité comprennent la plupart des grands groupes de télévision et de journaux. Y figure David Jordan, directeur de la politique et des normes éditoriales de la BBC; Sarah Whitehead, responsable adjointe de la retransmission des informations de Sky News; Michael Jermey, directeur des actualités et du sport chez ITV; Peter Clifton, rédacteur en chef de la Press Association; Craig Tregurtha, rédacteur en chef du Times et du Sunday Times; Robert Winnett, rédacteur en chef adjoint du Daily Telegraph; Jess Brammer, responsable de l’information pour le Huffington Post; Charles Garside, rédacteur en chef adjoint du Daily Mail; et David Higgerson de Trinity Mirror.

Sans doute, des réunions similaires entre les responsables des médias et les services de sécurité, formels ou informels, ont lieu aux États-Unis, en Europe, en Australie et dans le monde entier.

Quiconque suit l’actualité ou effectue simplement une recherche sur Google aura remarqué le net déclin des reportages sur Assange. Depuis le 14 juin, lorsque la juge Arbuthnot a annoncé qu’il ferait l’objet d’une audience d’extradition aux États-Unis de cinq jours en février, les principaux organes de presse se sont verrouillés. Ils sont déterminés à empêcher une large connaissance publique et une discussion des accusations portées contre Assange en vertu de la Loi sur l’espionnage, accusations passibles d’une peine de 175 ans d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à la peine de mort et qui criminalisent le journalisme et le droit à la liberté d’expression.

La déclaration faite à Melzer qu’Assange ne fait plus partie des «priorités» dans «la programmation des nouvelles» pourrait témoigner d’un veto d’autocensure officiel visant à faciliter les plans américains pour le faire taire à jamais en érigeant un mur de silence sur son sort. Ou peut-être que John Pilger avait raison quand il s’est adressé à un rassemblement de juin 2018 réclamant la liberté d’Assange appelé par le Parti de l’égalité socialiste: «L’ironie est que personne n’a dit à ces journalistes ce qu’ils devaient faire. Je les appelle les journalistes de Vichy – d’après le gouvernement de Vichy qui a servi et assuré l’occupation allemande de la France.»

Cette conspiration des médias d’Etat doit être brisée. Le 20 juin, le comité de rédaction international du WSWS a lancé un appel intitlué « Pour une campagne mondiale contre la restitution de Julian Assange aux Etats-Unis! Pour la formation d’un comité de défense mondial pour assurer sa liberté !» Le Parti de l’égalité socialiste (Royaume-Uni) tient une réunion publique à Londres ce mercredi 3 juillet. Nous invitons vivement tous ceux qui souhaitent prendre part à cette lutte à y assister.

(Article paru en anglais le 1 juillet 2019)

 

A propos d’une déclaration d’Etienne Chouard sur son « ignorance » des chambres à gaz : le salaud sartrien

L'enfance d'un chef

Lors de mon interview sur Rasdio Galère, l’animateur Bernard Genet a très bien caractérisé ceux à qui je ne pardonnais pas: « ce sont des salauds au sens sartrien du terme »…

Quand Etienne Chouard, une fois de plus le 10 juin déclare :  : « Que je dise quoi ? Que je dise ’’les chambres à gaz ont existé’’, de manière tranchée, non ambiguë ? » répond Chouard. « Je peux le dire si vous voulez, mais rendez-vous compte du truc. Je n’ai jamais rien lu là-dessus. »

Pourquoi une telle « dénégation » parce que l’homme a fait rapidement les comptes: ce que lui rapporte le négationnisme dans son public, à la limite il dit qu’il s’en fout, son seul problème c’est de conserver son public. C’est un cas extrême de ce qu’on fait ou comment on fait un intellectuel en le forçant à se ranger derrière le consensus qui lui rapporte.

Il y a le méchant ou même le pervers, celui qui ferait le mal pour le mal, c’est très rare… le salaud est quelqu’un qui fait le mal pour son bien à soi… par pure médiocrité. C’est par exemple l’enfance d’un chef, un type qui est le fils d’un patron d’usine dans une ville de province et qui cherche sa vocation, se sent étranger à tout, vide. Un jour par hasard il découvre que parce qu’il a refusé de serrer la main à un juif, il est entouré de l’estime générale et ça lui rapporte… Il va devenir un chef, il aura un public en devenant un dirigeant de l’extrême-droite, un chef… il a un public…

C’est ce que Kant appelle le renversement des motifs, c’est-à-dire soumettre leur devoir et la loi morale à leur médiocre confort, en l’occurrence au public qu’un intellectuel ou un pseudo-intellectuel se donne par cette adhésion à l’idéologie nazie. Je connais suffisamment personnellement Etienne Chouard et son itinéraire pour mesure à quel point l’analogie est frappante.

« Que le cœur humain est creux et plein d’ordures ! » disait Pascal. C’est qu’il n’est rempli que de soi.

Exactement le contraire de ce qu’a été pour moi et mes contemporains le choix communiste.

Danielle Bleitrach

 

 
1 commentaire

Publié par le juin 16, 2019 dans extrême-droite

 

L’appel à l’action contre l’interdiction du communisme en Pologne

comme pour julien Assange j’ai une seule question ? Que fait la direction du PCF, enfin la direction qui s’est arrogé les privilèges  de l’internationale, de la presse communiste, des question européennes (avec l’affaire mal éclairée du PGE et du fric ) , de la formation, de la culture, des gens qui pourtant ont été mis en minorité au précédent congrès et qui continuent à mener leur politique  qui est tout sauf communiste. Jusqu’où pousseront-ils le déshonneur de se taire quand nos camarades subissent une répression pour ne pas fâcher les bailleurs de fond européens ? Jusqu’à quand traineront nous ce « boulet »?  (note de Danielle Bleitrach)

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La persécution anticommuniste en Pologne s’intensifie alors que les autorités de l’État tentent de criminaliser l’activité communiste en modifiant le code pénal. C’est un élément de la campagne anti-communiste visant à interdire le Parti communiste de Pologne. Les changements légaux font également partie de la persécution, comme un procès des membres du CPP et du comité de rédaction du « Brzask », qui a duré environ 3,5 ans, malgré le fait que le tribunal l’a déclaré innocent en janvier. En même temps, les autorités polonaises dressent d’autres obstacles à l’activité communiste, falsifient l’histoire et détruisent tout ce qui a trait au communisme et à la Pologne Populaire.

Les amendements au code pénal, y compris l’interdiction de l’activité communiste (article 256), ont été apportés à peine 10 jours avant les élections au Parlement européen. Ils signifient des peines plus sévères et inacceptables aussi qu’un élargissement du champ des crimes punissables. Les changements sont nombreux et concernent 105 articles sur 360 du code. Le gouvernement a présenté les changements en réaction au scandale de la pédophilie parmi les prêtres catholiques et lié à ce crime. Cependant, seuls quelques amendements le concernent.

Les changements réactionnaires ont été promus très hâtivement. Le 14 mai, le projet a été envoyé au parlement par le gouvernement. Le lendemain, la Sejm (chambre basse) a entamé la procédure législative. Le 16 mai, celle-ci a été votée et adoptée par le Sejm. Plus tard, le projet de loi a été transmis à la chambre haute – le Sénat, qui a ajouté 43 autres amendements et qui doit maintenant être soumis au vote au Sejm. Le gouvernement a la majorité dans les deux chambres, de sorte qu’il n’aura aucun problème à adopter les amendements. Ensuite, la nouvelle loi devrait être signée par le président. Un grand nombre d’avocats estiment que les modifications du code constituent une violation de la Constitution et des droits de l’homme. Cependant, la Cour constitutionnelle est actuellement contrôlée par les juges nommés par le gouvernement.

L’article 256* amendé interdit le communisme et l’assimile au nazisme et au fascisme. Auparavant, il pénalisait la promotion des « systèmes fascistes ou autres systèmes totalitaires de l’État ». Il y a 10 ans déjà, on tentait d’interdire les symboles communistes avec le même article, des protestations internes et internationales ont été prononcées et en 2011, il a été annulé par la Cour constitutionnelle. Cependant, ces dernières années, la loi a été très largement utilisée, comme le montre l’histoire du procès du CPP et du « Brzask ». La nouvelle version de la loi interdit l’idéologie, les symboles ou tout autre contenu (impressions, enregistrements), ainsi que la présentation et la possession de tout symbole de ce contenu. Le nouveau code augmente également la peine de 2 à 3 ans d’emprisonnement.

Nous exigeons toutes les poursuites contre les communistes à cesser immédiatement.

Nous appelons aux partis communistes à s’opposer à la campagne anticommuniste et à la pénalisation des idées communistes en Pologne.

Nous vous demandons d’organiser les manifestations internationales devant les ambassades de Pologne ou d’envoyer des lettres de protestation, de préférence le 12 juin, au moment où la nouvelle loi doit être adoptée par le Parlement.

 

*Nous incluons la nouvelle version de l’article qui interdit l’activité communiste en Pologne:

« Art 256

  • 1. Qui promeut publiquement le système nazi, communiste, fasciste ou un autre système totalitaire ou appelle à la haine sur la base de différences nationales, ethniques, raciales ou confessionnelles, ou en raison de l’absence de dénomination religieuse, est passible de la liberté pour un maximum de 3 ans.
  • 1a. La même peine est infligée à ceux qui propagent publiquement des idéologies nazies, communistes et fascistes ou une idéologie appelant à l’usage de la violence pour influencer la vie politique ou sociale.
  • 2. La même peine est appliquée à quiconque, dans le but de diffuser, produit, enregistre ou importe, acquiert, vend, offre, stocke, conserve, présente, transporte ou transmet un objet imprimé, enregistrant ou autre contenant le contenu. spécifié au § 1 ou 1a ou qui est porteur du symbolisme totalitaire nazi, communiste, fasciste ou autre, utilisé de manière à propager le contenu spécifié au § 1 ou 1a « .
 

oui ça commence à faire ce racisme anti-chinois dont on parle peu mais qui est tout aussi insupportable que les autres…

 

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Le monde diplomatique : Où va l’opposition à Nicolás Maduro ? par Julia Burton

La droite dure à la manœuvre au Venezuela

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L’université d’Europe centrale dont est issue l’auteur de cette article est la créature de Soros, il faut donc prendre cet article souvent bien informé avec des pincettes parce que ce dont témoigne Soros sur diverses questions relève des contradictions dans et autour de la CIA. Dans une certaine mesure on peut dire la même chose de médiapart.Ainsi on relevera une certaine complaisance pour le « centrisme » d’un Capriles, mais l’article que nous publions à ce jour témoigne du fait que les Etats-Unis s’ils menaient bien leur affaire devraient se débarrasser de leur candidat qui ne cesse de faire la preuve de son inefficacité en particulier face à la mobilisation populaire et l’armée. Ce texte est donc de ceux  qui jouent le « réalisme » contre le chavisme même s’ils dénoncent la droite vénézuélienne, c’est un point de vue proche de celui d’un camp autour d’Obama.  (note de danielle Bleitrach)

Coup d’État, lock-out, boycott des élections… L’aile radicale de l’opposition vénézuélienne a tout tenté pour renverser le président Hugo Chávez, puis son successeur Nicolás Maduro. Alors que le chaos économique et social favorisait ses desseins, elle a saboté les tentatives de dialogue avec le pouvoir en 2018 et compte désormais sur une intervention américaine pour parvenir à ses fins.

Linimaginable se serait-il produit au Venezuela ? Une opposition paralysée par les rancœurs et les divergences stratégiques semble être parvenue à s’unir. L’idée que la réélection du président Nicolás Maduro en mai 2018 manquait de légitimité a permis de jeter des ponts par-delà des antagonismes qui paraissaient jusque-là insurmontables. Majoritairement antimaduristes, les députés de l’Assemblée nationale se sont entendus pour estimer que le président avait « usurpé » son poste, ce qui justifiait d’invoquer la Constitution bolivarienne de 1999. Celle-ci prévoit en effet que le président du Parlement prenne alors les rênes du pays. Le 23 janvier, M. Juan Guaidó s’est donc autoproclamé « président par intérim » et s’est donné pour mission de mettre en place un gouvernement de transition chargé d’organiser une élection présidentielle avant un an. Au cours des jours suivants, il a été reconnu par une cinquantaine d’États, dont les États-Unis, le Brésil, l’Équateur et la plupart des pays d’Europe de l’Ouest.

De nombreuses voix, dont celle de l’intellectuel américain Noam Chomsky, ont dénoncé un coup d’État (1). L’ancien rapporteur indépendant auprès des Nations unies Alfred de Zayas estime que les sanctions américaines (qui n’ont cessé de se durcir depuis 2017) relèvent de « crimes contre l’humanité (2) », puisqu’elles aggravent la situation économique et sociale du pays, déjà très dure (3). Mais l’espoir que les pressions américaines précipitent un changement de régime a fait long feu. En dépit des appels à la rébellion, les forces armées demeurent fidèles à M. Maduro. La Russie et la Chine le soutiennent également, même si cette dernière a engagé des discussions avec l’opposition au sujet de la dette de 75 milliards de dollars que Caracas a contractée auprès d’elle (4). L’invitation à trouver une solution négociée, défendue par le Mexique et l’Uruguay, a coupé l’herbe sous le pied de M. Guaidó.

Aiguillonné par Washington, ce dernier a décliné les invitations au dialogue, préférant appeler à un alourdissement des sanctions, sans écarter l’idée d’une intervention militaire étrangère.

Au-delà de cette union de circonstance, une question demeure : quel pays l’opposition entend-elle construire ? Pour l’heure, elle n’apporte aucune réponse précise. Et pour cause : de violentes divisions continuent à déchirer les adversaires de M. Maduro. Leur cohésion, hâtivement cimentée au cours des derniers mois, menace de se lézarder dès qu’il s’agira d’organiser le pouvoir, de distribuer les postes et d’afficher des orientations.

On peut schématiquement identifier trois grandes tendances. La première gravite autour de Volonté populaire (VP), la formation de M. Guaidó, fondée par M. Leopoldo López — actuellement en résidence surveillée pour incitation à la violence et conspiration lors d’émeutes en 2014 (5) —, ainsi que de Mme María Corina Machado et M. Antonio Ledezma, opposants de toujours à feu Hugo Chávez. Les acteurs-clés de l’opération sont tous issus de cette nébuleuse, qui s’illustre par le flou qu’elle entretient autour de ses convictions idéologiques, ainsi que par son comportement clanique. Malgré sa faible représentation à l’Assemblée nationale (14 sièges sur un total de 167), VP semble seule à la manœuvre.

Au sein de l’opposition, ce parti incarne l’aile la plus radicale, la plus proche de Washington, la plus dépourvue de base sociale et la moins ouverte au compromis. S’il venait à M. Guaidó l’idée d’ouvrir la porte à une réconciliation avec les Vénézuéliens — encore nombreux — qui se réclament du chavisme, il risquerait de provoquer l’ire de ses militants, que sa formation s’emploie à chauffer à blanc depuis des années.

Revanche ou réconciliation

Cette frange radicale a toujours considéré que la participation aux scrutins tendait à légitimer un pouvoir autoritaire, contribuant à fragiliser la démocratie. En lien permanent avec la diaspora installée aux États-Unis, elle jouit d’un contact privilégié avec les secteurs les plus conservateurs de l’appareil politique américain, et en particulier avec le sénateur de Floride Marco Rubio. Grâce au soutien de think tanks bien établis (Council of the Americas, Fondation Carnegie), ainsi qu’à l’aide sonnante et trébuchante de l’Agence des États-Unis pour le développement international (Usaid) et de la Fondation nationale pour la démocratie (NED), cet attelage inonde les médias de ses admonestations à l’égard des partisans du dialogue.

Profitant de l’antipathie généralisée des électeurs vénézuéliens pour les partis centralisés, les radicaux s’appuient sur des « réseaux populaires » aux contours flous, sur des médias en ligne et sur la mobilisation d’étudiants endurcis, quoique peu nombreux. Mais ils font les frais de leur élitisme. Issus de groupes sociaux privilégiés, passés par les États-Unis pour leurs études, le teint albâtre, leurs dirigeants se distinguent des Vénézuéliens qui ont adulé Chávez. Leurs manœuvres pour renverser le président — notamment un coup d’État avorté en 2002 — ont été perçues comme des tentatives désespérées d’une minorité de nantis désireux d’imposer leurs préférences. Alors que la révolution bolivarienne cumulait les succès en matière de redistribution des richesses et de réduction des inégalités entre races, classes et sexes, le rapprochement de cette petite équipe avec les néoconservateurs de Washington a contribué à lui donner l’image d’un groupuscule antinational et antipopulaire.

Les deux autres franges de l’antichavisme se sont montrées plus disposées à participer aux processus électoraux, à dialoguer et à miser sur la « réconciliation ». Leur influence au sein des diverses coalitions formées par l’opposition depuis l’élection de Chávez en 1998 a varié en fonction du poids relatif des radicaux. Lorsqu’elle a été couronnée de succès, comme lors des élections régionales de 2008 et des législatives de 2010, leur stratégie électorale a gonflé les voiles des « centristes ». Les défaites, comme celle de M. Henrique Capriles face à M. Maduro à la présidentielle de 2013, ont galvanisé les partisans du boycott des urnes, qui préfèrent les mobilisations de rue.

La position centriste est associée aux deux plus importants partis d’opposition : Justice d’abord (PJ, 27 des 109 sièges de l’opposition à l’Assemblée) et Action démocratique (AD, 25 sièges), même si certains dirigeants n’ont cessé de faire l’aller-retour entre les deux. PJ est né de diverses campagnes en faveur d’une réforme politique au cours des années 1990. Il a été inscrit au registre des partis politiques en 2000. AD, de son côté, demeure le plus grand parti historique du pays. Il a partagé le pouvoir avec la formation démocrate-chrétienne, le Comité d’organisation politique électorale indépendante (Copei), entre le retour à la démocratie, en 1958, et le début de la révolution bolivarienne, en 1999.

Au sein de ce groupe modéré, M. Capriles, dirigeant du PJ, est crédité d’avoir su rompre avec la stratégie initiale de boycott qui avait permis à Chávez de disposer du pouvoir aux niveaux national, régional et municipal entre 2000 et 2006. Pragmatique, il a aiguillonné la Table d’unité démocratique (MUD), coalition de l’opposition formée en janvier 2010, vers un positionnement moins droitier. Sous son impulsion, la MUD a continué à évoquer la « nécessaire réactivation » économique, l’« indispensable reconstruction » démocratique des institutions ou l’« urgence d’une recomposition » sociale du pays. Mais elle a également reconnu le soutien populaire dont bénéficiait Chávez et la nécessité de poursuivre certains de ses programmes sociaux (6).

Les élections législatives de 2010 ont conforté la position des centristes. L’épisode a cimenté l’unité de la MUD autour de la candidature de M. Capriles à la présidentielle de 2012. Le candidat avait alors adopté un programme de centre gauche : promotion de l’initiative privée et prise en compte des questions sociales. L’évolution n’avait rien d’anecdotique pour certains membres de l’opposition qui avaient auparavant plaidé pour une cure d’amaigrissement d’un État jugé obèse, pour le retour à une économie de marché et pour la privatisation de l’économie, secteur pétrolier compris. Alors que les radicaux ne parlaient que de poursuites judiciaires contre les membres du gouvernement, M. Capriles mettait l’accent sur la réconciliation et l’unité nationale.

« Chair à canon »

En 2012, Chávez l’emporta haut la main, avec une marge de 11 %, mais sa mort, en 2013, précipita un autre scrutin, que M. Capriles ne perdit que de 1,49 % face à M. Maduro. Cette succession d’échecs renforça toutefois la mainmise des radicaux. À nouveau, M. Capriles plongea dans l’ombre de M. López à la suite de disputes d’une telle violence que, selon le magazine Foreign Policy,elles ont suscité dans les médias « la même excitation que les séries télévisées nationales à l’eau de rose (7) ».

Décrit par un câble du département d’état américain en 2011 comme « une figure clivante au sein de l’opposition », « arrogant, vindicatif et assoiffé de pouvoir », mais doté « d’une popularité à toute épreuve, de charisme et de talent pour l’organisation » (8), M. López rejoint Un nouveau temps (UNT), une autre scission d’AD formée en 1999, qui s’emploie surtout à souffler sur les braises des mobilisations étudiantes de la fin des années 2000. Il fonde VP en 2009. Contraint de renoncer aux mandats qu’il exerçait à la suite d’accusations de corruption, il devient l’opposant le plus redouté du camp chaviste, élevé au rang de héros dans les franges les plus radicales de l’opposition. Ce statut lui vaut les vexations du pouvoir et une peine d’emprisonnement. Dans un tel contexte, M. Capriles ne représente aux yeux des plus exaltés qu’un merle un peu fade comparé à la grive López. Un nouveau terrain d’entente va toutefois bientôt permettre d’unir les deux positions adverses, sous la forme d’une fusion des stratégies : une insurrection adossée à la revendication d’un processus électoral.

Lors des législatives de 2015, la MUD l’emporte avec 65,27 % des voix, obtenant une majorité de sièges. Mais, si les membres de la coalition s’étaient mis d’accord sur la nécessité de parvenir au pouvoir, ils n’ont élaboré aucun projet à mettre en œuvre une fois qu’ils y seraient. En dehors de leur volonté affichée de renverser M. Maduro « dans les six mois », leurs revendications se résument à la libération de « prisonniers politiques » — en particulier M. López — et à la suspension de certains des programmes sociaux les plus populaires du pays. Dans un contexte de chaos économique, de pénuries et d’insécurité rampante, les priorités des députés échouent à nouveau à rencontrer celles de la population. Tout au long de cette période, les sondages d’opinion témoignent de la montée en puissance des « ni ni », c’est-à-dire de ceux qui rejettent tout autant le pouvoir maduriste que l’opposition. D’après les sondages, ce groupe représentait en 2017 près de la moitié de la population (9).

La même année, la MUD implose. M. Maduro vient de créer l’Assemblée nationale constituante (ANC) pour court-circuiter l’organe législatif traditionnel, aux mains de l’opposition, dont il conteste la légitimité au prétexte de soupçons d’achat de votes pesant sur trois députés de l’État d’Amazonas. L’ANC n’est reconnue ni par les États-Unis ni par l’Organisation des États américains (OEA). La situation semble favorable aux franges radicales, qui puisent une grande partie de leur soutien à l’étranger. Mais cinq gouverneurs élus sous la bannière de la MUD prêtent finalement serment devant la nouvelle assemblée. à nouveau, les fractures au sein de l’opposition apparaissent.

Les rangs des partisans de la voie électorale gonflent avec le renfort de chavistes — parfois d’anciens ministres du président disparu — et, plus généralement, de militants socialistes que la corruption, l’autoritarisme et le chaos économique ont conduits à la rupture. À la présidentielle de mai 2018, ils soutiennent la candidature de M. Henri Falcón. Ce dernier essuie les critiques les plus vives au sein même de l’opposition : Mme Machado qualifie sa démarche de conciliation de « répugnante et indigne (10) ». M. Maduro l’emporte avec près de 68 % des voix et une participation rachitique de 46 %. Le nouvel échec des modérés enivre les radicaux, au premier rang desquels un certain Juan Guaidó.

L’autorité de ce dernier sur la nébuleuse de l’opposition demeure néanmoins fragile. Quelques jours avant le discours où M. Guaidó s’autoproclamait président, M. Capriles dénonçait les tentatives de passage en force de « certains » membres de l’opposition, qui semblaient selon lui disposés à transformer la population vénézuélienne en « chair à canon » (11). Après une union de façade dans les jours qui ont suivi la démarche de M. Guaidó, les critiques se sont à nouveau durcies, puisque l’objectif initial, le renversement rapide de M. Maduro, n’a pas été atteint. Le 15 février, un article du Wall Street Journal constatait que, en dépit de la conviction de VP et de ses alliés américains que « le régime du président Nicolás Maduro s’effondrerait rapidement dès que Washington entreprendrait de le priver de ses soutiens militaires pour précipiter son départ, les choses ne se sont pas passées ainsi (12) ».

Une nouvelle fois, l’incapacité de l’opposition à se mettre d’accord sur une stratégie de prise du pouvoir aura fait passer au second plan sa faiblesse première : son échec à proposer un projet politique cohérent et susceptible de convaincre une majorité de citoyens. Alors que M. Maduro peut encore mobiliser une partie de la population, la persistance de logiques de clan au sein de l’opposition compromet la recherche d’une solution pacifique à la crise actuelle.

Julia Buxton

Professeure de politique comparée à l’Université d’Europe centrale de Budapest, Hongrie.

(2Michael Selby-Green, « Venezuela crisis : Former UN rapporteur says US sanctions are killing citizens », The Independent, Londres, 26 janvier 2019.

(3Lire Renaud Lambert, « Venezuela, les raisons du chaos », Le Monde diplomatique,décembre 2016.

(4Kejal Vyas, « China holds talks with Venezuelan opposition on debt, oil projects », The Wall Street Journal, New York, 12 février 2019.

(5Lire Alexander Main, « Au Venezuela, la tentation du coup de force », Le Monde diplomatique, avril 2014.

(6« Lineamientos para el programa de gobierno de unidad nacional (2013-2019) » (PDF), MUD, Caracas, 23 janvier 2012.

(7Roberto Lovato, « The making of Leopoldo López », Foreign Policy, Washington, DC, 27 juillet 2015.

(8Ibid.

(9Yesibeth Rincón, « Crecen los “ni ni” ante falta de soluciones a crisis », Panorama,Maracaibo, 2 janvier 2017.

(11« ¿Quién es el enemigo de la Asamblea Nacional ? », 13 janvier 2019.

(12David Luhnow et Juan Forero, « Risk of stalemate mounts in Venezuela », The Wall Street Journal, New York, 13 février 2019.