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L’histoire de Karl Marx en manga chinois (video avec traduction de Marianne)

 

Voici le cadeau que nous offre Marianne, la première partie du manga que le Parti communiste chinois a consacré à Karl Marx. Les chansons ne sont pas traduites en russe et Marianne a traduit à partir du script en russe.

Pensez à activer les sous-titres : 7 langues sont proposées! Et merci à Katia et Svetlana qui ont traduit de chinois en russe (note de Marianne).

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Des petits-bourgeois cherchant à séduire le crémier… civilisation ou gagne-pain…

A partir de cette semaine, je pars aux archives départementales pour resituer mes souvenirs dans une chronologie et j’attaque mes mémoires, J’ai commencé à rassembler pas mal de documents et j’ai mûri peu à peu le fil rouge d’une vie… je crois être prête.

Un couple soviétique est immortalisé du côté d'une usine de ferro-alliages à Zestafoni.

comme souvent le dialogue avec Marianne m’a aidé à penser des réactions qui chez moi demeurent souvent pendant un temps purement  instinctives. Je lui ai commenté en riant ce moment où Hervé Poly, un homme pour lequel par ailleurs j’ai une profonde estime, avait repris de mon blog un article de Pierre-Alain Millet, critiquant un article sur les Kurdes paru dans l’Humanité. L’auteur de l’article, un journaliste très respectable m’avait attribué la critique et avait mis en doute mes capacités intellectuelles et la manière dont j’avais pu mener jadis mon métier d’enseignante… Et à partir de là ça avait été un invraisemblable défilé mené par un individu qui ne brille pas pour ses qualités intellectuelles mais qui visiblement avait mal digéré le dernier congrès. Un certain Clément maire de Romainville: le thème de ce lynchage qu’il inaugurait était « je ne lis jamais ce qu’elle écrit, mais je peux dire qu’elle est idiote ».  et là dessus il développait tout ce qu’il avait à me reprocher, suivi par une troupe d’intervenants jouant sur le même thème, l’un d’entre eux s’interrogeait et se demandait pourquoi je n’étais pas morte. J’ai eu beau tenter à plusieurs reprises de souligner que l’article n’était pas de moi, cela n’a servi à rien, tous ces gens qui ne perdaient jamais du temps à me lire ont poursuivi leurs attaques sur ma personne… Cela a commencé à 9 h du matin, je suis partie en bibliothèque à 11 heures du matin et je suis revenue à 16heures, mon ordinateur était en panne, j’ai appelé le réparateur qui est venu à 17h30 et j’ai pu consulter le fil d’Hervé Poly, ces gens-là, des camarades à ce qu’ils parait,  continuaient à cracher sur moi, une véritable performance. Et que vous le croyez ou non, ni Hervé Poly, ni aucun camarade intervenant à propos de l’article initial, qui faut-il le répéter n’était toujours pas de moi, n’avait pris ma défense, dit que les ordures qui étaient déversées sur moi étaient une indignité.

Il y eut au même moment l’affaire d’Annie Lacroix-Riz que j’ai assez mal vécu, tant je partageais le sort injuste qui était réservée à cette grande dame. La découverte de l’article du Guardian que j’ai traduit sur ce qu’Eric Hobsbawn avait subi. Qu’en période de contre-révolution, des gens qui ne veulent pas trahir leurs engagements de toute une vie subissent censure et diffamation, est normal  et on doit l’accepter comme une marque d’honneur, mais que la danse soient menée contre vous par ceux qui se prétendet communiste est plus que l’on en peut supporter… C’est pourtant ce qui a été fait par ceux qui ont mené le parti où il en est et se sont accrochés comme des arapèdes lors du dernier congrès… sans doute pour l’achever… et qu(‘il poursuivent leurs injures avec l’assentiment général, trop c’est trop… .

Si l’on ajoute à cela le fait qu’ayant proposé un article sur la République des Conseils et le cinéma à la revue Cause commune, un article qui va être publié à Budapest  après avoir été traduit dans un ouvrage collectif hongrois, consacré à cette République des Conseils et  à l’attirance des cinéastes et des intellectuels pour le communisme. Bien que l’ayant réduit de 30.000 à 14.000 signes,quand je l’ai proposé à Cause Commune,  je me suis heurtée à une censure qui me concernait moins moi que Lukacs et au-delà quelqu’un avec qui j’ai été rédactrice en chef de l’hebdomadaire Révolution, à savoir Claude Prévost. En conclusion de mon analyse, j’avais repris un texte de Lukacs de l’ouvrage que Claude avait consacré au grand philosophe hongrois. Qu’il s’agisse de Claude Prévost, un homme d’une immense culture, ou de Lukacs, ils étaient l’un et l’autre très critiques devant le dogmatisme stalinien. Simplement il s’agissait de gens cultivés, de communistes qui ne se contentaient pas de se signer au seul nom de Staline et à qui on n’aurait jamais pu infliger les fadaises trotskistes ou pire encore l’équivalent Staline égale Hitler, une indignité des « nouveaux philosophes » devenue désormais pensée officielle de la presse communiste. Quand j’ai été invitée à supprimer ce genre de référence sous prétexte de manque de place, j’ai mieux perçu que jamais la dérive dogmatique et inculte à laquelle on m’invitait à me soumettre. Avec moi c’était désormais des gens comme Claude Prévost, Lukacs qui seraient censurés… Il me  fallait refuser la dérive.

Ça et  ce qui se passait dans ma fédération où la formation était confiée à des gens,  des refondateurs liquidateurs, n’ayant  aucune connaissance théorique et une pratique qui ne compensait rien, j’ai compris à quel point tout cela était vain. J’ai dit à Marianne: « si les insultes dont on m’abreuve depuis plus de 20 ans, la censure dont je suis victime au nom de la diffamation la plus éhontée avaient la moindre utilité, je les subirais jusqu’à ma mort sans état d’âme. Mais la manière dont on ose traiter une femme de mon âge, n’a plus aucune raison d’être et subir ces infamies sans être jamais défendue par personne est plus que je n’en dois supporter inutilement. » Je n’ai rien contre ceux qui ont tenté à la faveur du dernier congrès d’impulser un nouvel élan, mais en acceptant qu’on me traite ainsi ils montrent leur peu de poids, ce qui est malheureusement corroboré sur d’autres points plus importants. Ils ont laissé le pouvoir aux mêmes et il leur en sera fait reproche à eux…

Mais il y a  plus important encore. Alors même que la recherche académique est  obligée de reconnaitre ne serait-ce que sous la forme ambigüe de la nostalgie, une manière de disqualifier toute comparaison réelle, l’attachement que ceux qui avaient vécu le socialisme éprouvaient pour le passé révolu, le PCF poursuit sa ligne trostkisto-nouvelle philosophie pour être conforme à l’idéologie européenne officielle, de’ diabolisation de l’URSS et par là de toutes les fformes de socialsime existant. Là aussi trop c’est trop…

A propos de cette « nostalgie », Marianne m’a fait remarquer qu’il existait un groupe en Russie qui considérait que la fin de l’URSS étant illégale, tous ceux y compris le parti communiste qui reconnaissaient cette fin étaient des traitres. J’ai éclaté de rire et je lui ai dit : « mais c’est comme les vieux croyants, ce groupe qui a refusé les changements impulsés par Pierre le Grand, et qui existe encore aujourd’hui. Tu te souviens de cet homme que nous avions rencontrés dans un car en Moldavie, il se signait devant chaque église. Nous avons entamé la discussion, il vendait des poissons rouges. Il était russe à 100%, soviétique autant et il votait communiste. Mais il était aussi le descendant de vieux croyants dont il respectait la foi et la haine des réformes de Pierre le Grand. C’était une sorte d’empilement des refus de l’Occident. » Nous avons continué à discuter et je lui décrivais tous ces vestiges qui m’ont tant frappée lors de nos voyages. Elle me dit qu’elle  a vu récemment un graffiti sur des ruines soviétiques: « Vestiges d’une civilisation plus avancée que la nôtre ».

Nous avons eu quelques minutes auparavant une discussion sur l’appel de l’équipe de Pierre Laurent à la maison de publicité « Josiane ». Marianne n’était pas ennemi du recours à une maison de publicité. Moi non plus si ce n’est qu’au vu du logo celle-ci est médiocre, que les caisses sont vides parce que tout l’argent a été consacré à ce genre de contrat publicitaire, à des sondages et à des raouts avec traiteurs pour des intellectuels sous-produits médiatiques qui ne venaient même pas. Mais il y a pire, ce que nous avons représenté dans le sillage des soviétiques, nous communistes français, c’est une civilisation et eux ils sont à la recherche d’une marque. Le communisme c’est non seulement la riche civilisation soviétique mais la Cubaine et aujourd’hui la chinoise. Les publicistes s’en inspirent, nous on court derrière les publicistes. Tous les créatifs te diront que la nouveauté vient de la rue et que l’artiste s’en empare, et parce qu’il est un virtuose il en joue toutes les gammes y compris celles de la dérision… Nous nous avons renoncé à prendre pied dans la rue, là où se fonde les civilisations et nous cherchons notre salut auprès de gens coupés de la véritable créativité. Pire encore, nous n’osons même pas chercher notre imaginaire dans une nouvelle synthèse créative, nous sommes des petits-bourgeois cherchant à plaire au crémier.

Voilà j’ai compris mon refus instinctif de recevoir des coups inutiles, pour moi le communisme est une civilisation pour eux c’est un gagne pain.

Danielle Bleitrach

 

 

 

 

Qui est Josiane ? la vieille dame vous fait la révérence et s’occupe d’autre chose

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Le PCF change d’image et de stratégie de communication avec Josiane
Nicolas Maury

Le PCF a choisi l’agence Josiane (agence de communication qui a -entre autre – réalisée le nouveau logo), pour moderniser son image de marque. Les détails en vidéo avec Julia Castanier, directrice de la communication du PCF

Je peux comprendre que des camarades soient indisposés par le recours à une agence de publicité pour reconstruire une image, une marque, au Parti Communiste Français. Cela représente des sommes importantes à engager, et à lier à un support tout aussi cher qu’est Nation Builder.

Papa was a Rolling Stone and a communist

Je pense que c’est un coût a assumer et qu’il fallait engager un « relooking ». Le temps qu’une équipe de communication soit constituée et totalement opérationnelle pour développer une stratégie de communication 100% coco. Cette stratégie doit avoir plusieurs avantages :

1- Unifier la charte graphique nationale et locale. Pour renforcer l’identification visuelle du parti dans les tracts, les affiches et donc sur le terrain des luttes et des quartiers.

2- Engager la conquête de l’espace médiatique et internet avec des vidéos, visuels … plus dynamiques et plus « modernes ». Il faut dépoussiérer l’image du Parti.

3- Il va falloir engager l’intégration des militant.e.s dans cette stratégie. l’identification des militant.e.s est primordiale.

Nicolas Maury

C’est l’ancienne équipe de Pierre Laurent qui a mis en marche cette initiative;ce qui nous a valu ce nouveau logo dans lequel les communistes semble-t-il se reconnaissent, personnellement ce n’est pas tout à fait mon cas, mais la majorité parait enthousiaste et ne voit pas malice dans son cout prohibitif de 70.000 euros. Pas plus qu’elle ne s’interroge sur le fait que les caisses sont totalement vides à la suite de cette « campagne » publicitaire et de la commande répétée de sondages. Il reste certes à l’ancienne équipe les émoluments de l’Europe qui transitent directement par le parti de la gauche européenne et le pactole se déversera s’il y a encore un ou deux élus au parlement, pour cela il faut bien sur faire alliance avec les restes du parti socialiste, voir avec les Gluksman et autres, mais le tourisme de luxe, les raouts avec les intellos qui ne viennent pas et laissent Pierre laurent dans une immense salle avec un buffet hors de prix…Il rete pour payer cette opération les cotisations des adhérents puisque nous restons le premier parti de France en nombre d’adhérants cotisants, au moins cela servira à quelque chose, plus semble-t-il que les décisions de Congrès. Il reste la location des locaux de Fabien, j’espère qu’il ne vont pas demander des souscriptions exceptionnelles parce que personnellement j’ai renoncé à répondre à ce type d’appel.

L’ancienne équipe toujours là a engagé les frais signé un contrat peut-être avec quelques intérêts annexes, visiblement c’est un très gros budget qui laissera peu de place à d’autres initiatives comme l’organisation de manifs ou de meetings, le militant sera un souscripteur. Parce qu’une autre source de revenus essentielle sera bien sur la cotisation des élus et pour cela il faudra des alliances, voir plus si affinités, alors que vallent les décisions de Congrès devant l’engagement de telles sommes. Je dis ça je dis rien on m’accusera d’avoir mauvais esprit et je n’ai plus l’âge de m’opposer à tant de volontés conjuguées.

Pourtant je ne suis pas ennemie d’une réflexion de communication centrée sur le retour à l’idée, c’est même ce que je ne cesse de défendre, simplement avons-nous la même idée? Je suis d’accord Oh! Combien pour mettre en évidence l’apport du communisme hier, aujourd’hui et demain? je suis encore d’accord pour unifier le national et le local en matière de propagande, etc… oui mais , au vu du logo, des frais engagés,  comme de la stratégie menée depuis des années, je ne suis vraiment pas sure que l’on ne poursuive pas les errements du Congrès de martigues, l’effacement le tout en employant un jargon ridicule et déjà démodé. Qui vivra verra…

Tout cela est un choix, je suis probablement une vieille dame qui ai connu le temps des merveilles, celui des Aragon, l’internationale de lutte et d’espérance… je suis désormais trop âgée (80 ans ) pour prétendre changer les choses, en revanche dieu merci je suis en pleine santé et le plaisir de l’étude, de la réflexion demeure entier. Toute ma vie, mes amours, mes amitiés furent liés à ce parti, je ne me déshonererai pas en discutant  plus que cela l’idée que l’idéologie du parti soit traité comme une marque, royal canin, pour les chiens.. Ce n’e’st pas ma conception,la mienne si campagne de publicité il y a est de partir des débats du Congrès et pas de les étouffer sous une orientation décidée sans les communistes.  Malheureusement au vu des résultats, pas de majorité franche au Conseil national, un chantage perpétuel et de fait la poursuite en matière culture, idéologie, presse,formation, etc… international de l’ancien…  j’en déduis que la vieille dame ne doit plus se mêler de cette politique là. je continuerai à vous parler du communisme, le mien celui du passé, celui d’aujourd’hui, de livres, de cinémas, de l’actualité telle que je la conçois et je laisse mes camarades (parce que je conserve ma carte d’adhérente) gérer comme ils l’entendent la MARQUE.

Bonne chance camarades… A ma manière même si vous ne le comprenez pas toujours je continuerai à aider à faire du communisme une espérance… N’oubliez pas que quelle soit la publicité, ce qui retient le consommateur c’est le produit lui-même et dans le domaine politique actuellement, c’est plutôt la tentation de le laisser en rayon.

Danielle Bleitrach

 

PS. Un mot encore pour le plaisir du cinéphile je ne sais si certains d’entre vous se souviennent du film de Nannie Moretti, palombella rossa, où il finit par falquer une gifle à la speakerine de télé qui lui parle un langage abscons, il m’a semblé y être en écoutant « la directrice de communication » du PCF. Vous remarquerez que celle-ci dit tout sauf le coût réel de l’opération encore une stratégie de communication…

 

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Josiane : portrait d’agence

LE 28 AVR. 2016

« Dans de nombreux cas, on est encore enfermés dans une publicité à la papa ». Laurent Allias et Baptiste Thiery remuent la pub et présentent Josiane, leur agence positionnée… autour d’un non-positionnement.

 « J’ai commencé à travailler dans la pub à une époque où on arrivait encore dans ce métier par hasard »,explique Baptiste Thiery. « 21 ans plus tard, j’y suis encore ». Au cours de ses expériences en agences, il est amené à travailler aussi bien pour des marques de l’univers du luxe que pour des marques très populaires. « Ce sont des façons différentes de travailler, cela m’a permis d’adopter un regard différent sur la communication selon les sujets. Et c’est ça qui est important dans le métier : ne pas faire toujours la même chose. Mais avec le temps, j’ai fini par perdre cette notion de plaisir au sein des grands réseaux : trop de politique et pas assez de création » pour celui qui se définit comme un artisan. « Finalement, ma rencontre avec Laurent aura été déterminante pour me lancer dans une nouvelle aventure ».

Les deux personnalités se complètent. « De mon côté, j’ai dirigé pendant 6 ans une agence de publicité digitale. Je commençais à avoir des fourmis dans les pattes, je voulais vraiment travailler sur la marque au global », explique Laurent Allias. C’est dans ce contexte qu’il rencontre Baptiste Thiery, qui travaille avec l’agence lors de compétitions. « Je voulais vraiment sortir de ma carapace digitale. Le numérique doit faire partie d’une équation ». C’est ainsi qu’il y a deux ans, ils créent l’agence Josiane. Leur positionnement ? « Un non-positionnement délibéré ». Pour eux, il n’est pas concevable qu’une agence soit figée alors que le métier implique la capacité à travailler aussi bien pour une marque premium que pour des produits de grande consommation. « Quand une marque nous demande ce qu’on a à vendre, la réponse est simple : ‘’vous’’ ! Et puisque chaque marque est unique, notre position est unique à chaque projet ».

 

« Nous voulons rester une agence à taille humaine, mais cela ne nous empêche pas d’avoir un portefeuille clients étendu et suffisamment diversifié pour que l’on ne s’embête pas dans notre métier ». Leur métier, justement, c’est d’être une « maman » pour les marques. Et pour cause : « Josiane, c’est ma mère », raconte Baptiste Thiery. « Elle a élevé deux garçons avec un socle commun d’éducation, mais qui ont tous deux des modes de vie très différents ». Pour Baptiste et Laurent, c’est cela le rôle d’une agence : accompagner les marques en faisant quelque chose qui leur ressemble. « On ne dénature jamais une marque. On peut l’éduquer en faisant ressortir la part de vérité qui est en eux ». Quel que soit le pitch, les équipes répondent avant tout à une question bien précise : pourquoi la marque existe-t-elle ?

 

Pour Josiane, l’important c’est de faire passer un message. « Nous ne faisons pas de l’art. Notre objectif est que les gens comprennent, admettent, et croient à la promesse de la marque. C’est uniquement possible grâce à deux vertus : la justesse et la simplicité. C’est le noyau dur du métier ». Laurent Allias déplore que le digital ait fait perdre de vue à beaucoup la raison d’être du métier. « On a l’impression qu’il faut faire du bruit, de l’instantané, du temps court. Nous, nous créons les marques dans un temps long ». Les équipes prônent un décloisonnement de la marque, de l’idée. « Tout doit communiquer : la marque, les produits, la pub traditionnelle, la pub moins traditionnelle, les RP, la signalétique… Nous proposons une vraie approche intégrée ». L’expérience de marque et le business ne doivent faire qu’un. « Quand, dans un environnement concurrentiel, tout le monde propose la même offre, nous devons trouver la singularité de la marque ».

« Aujourd’hui, notre ambition, c’est d’apporter des réponses face aux grandes agences. Nous sommes une petite agence structurée différemment, forcément nos créations sont différentes. Mais les attentes des annonceurs le sont aussi : les marques ont besoin d’être encadrées mais veulent sortir des grosses structures trop politisée. Nous apportons ce compromis ». Entre les équipes à demeure et les talents dont s’entoure Josiane, l’agence peut apporter des réponses de qualité aux annonceurs. « Nous travaillons avec des experts, des growth hackers, des producteurs, des photographes. Notre but c’est de trouver des spécialistes qui vont nous permettre de créer de la valeur »… toujours en gardant le consommateur final à l’esprit.

 

Pour Laurent Allias, la publicité a fait deux erreurs majeures : séparer le média de la création, et cloisonner les étapes de la création de valeur. « Nous conseillons toujours sur la stratégie des moyens. Par ailleurs, c’est dommage pour une agence de s’enfermer dans une activité très précise, très normée. Il faut décloisonner les activités : l’agence de pub doit sortir du 4×3 et l’agence de branding de sa charte graphique. Nous prônons une approche globale, un retour à l’idée ».

 

Retrouvez l’agence sur son site webFacebook, et Twitter

 
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Publié par le janvier 23, 2019 dans medias

 

Article sur Cuba dans l’Huma : La réponse de Jean Ortiz envoyée à Cuba Si France

En France, depuis 1959, seul le PCF a été globalement solidaire de Cuba, avec quelques bémols de courte durée. La solidarité exige certes lucidité, exigence, non inconditionnalité, critique, mais de là à accepter la caricature… et dans notre « Huma » de surcroît… pas d’accord !!

Je sais que des camarades communistes, y compris « au plus haut niveau », portent sur Cuba et le Venezuela des critiques qui me paraissent biaisées, excessives, oubliant le contexte (d’agression, etc)… Cuba n’est pas une situation virtuelle, et le Venezuela a de grandes réserves de pétrole, mais l’essentiel reste la solidarité, (qui n’est plus ce qu’elle était). Elle exige le débat, mais respectueux, sans grilles de lecture erronées, sans ingérence…

De quel droit donnerions-nous des leçons à un peuple et un pays qui résistent dignement, courageusement, depuis si longtemps, et que le plus puissant des impérialismes menace quotidiennement ?

Tu peux publier « ma (rapide) position » et/ou en faire état si bon te semble.

Mon père disait : « hurler avec les charognards : jamais ! »

Abrazo grande

Jean Ortiz

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Les fondations allemandes, instrument d’un impérialisme particulier dans un monde globalisé

par Monika Karbowska

Un brillant exposé dans ma cellule sur la fin de la Pologne populaire et la situation des travailleurs détachés aujourd’hui. Tout le monde était passionné, elle a consacré une partie de l’exposé au rôle des fondations allemandes. Sur demande des camarades, elle leur a envoyé hier une intervention qu’elle avait réalisée dans le cadre du forum alternatif Résistance de Sousse le 26 mars 2015. Je vous en fait bénéficier, en pensant que les vacances de la Noël vous rendront studieux sur un sujet aussi important pour comprendre la nature de l’UE. LA QUESTION QUE JE POSE A LA DIRECTION DU PCF ET A L’HUMANITE EST DE SAVOIR DANS QUELLE MESURE CE SONT LES FONDATIONS ALLEMANDES ET LE FRIC QU’ELLES DEVERSENT QUI COMMANDENT LES ORIENTATIONS DU PCF ET DE LA PRESSE « COMMUNISTE » ? QUI IMPOSENT UN ANTI-SOVIETISME ET CONTRE TOUT SOCIALISME REEL BAPTISE « TOTALITARISME » , AVEC CENSURE ET DIFFAMATION CONTRE CEUX QUI DISENT LA REALITE CONSTATEE SUR LE TERRAIN?  (note de Danielle Bleitrach).

Intervention réalisée dans le cadre du Forum Alternatif Résistance de Sousse, le 26 mars 2015

Cet article est basé sur l’ouvrage de Dorota Dakowska « Le Pouvoir des fondations, des instruments de la politique étrangère allemande », paru en 2014 aux Presses Universitaires de Rennes. Polonaise d’origine, fondatrice de l’Association des Etudiants Polonais en France en 1996, Dorota Dakowska a soutenu son DEA à l’Institut des Sciences Politiques de Paris en 1999. Son sujet était déjà les fondations en tant qu’instrument particulier des politiques de la France et de l’Allemagne à l’égard de la Pologne en transformation capitaliste. Actuellement Dorota Dakowska est maître de conférences en Sciences Politiques à l’Université de Strasbourg et son ouvrage est le fruit de 15 ans de recherche et de sa thèse de doctorat. Elle a notamment travaillé sur les archives des ministères allemands des affaires étrangères et de la coopération, sur les archives des fondations elles-mêmes mais aussi en réalisant de multiples entretiens avec les responsables politiques allemands, polonais, hongrois. L’article suivant est un condensé de ce travail de recherche complété par des expériences personnel de travail avec les fondations.

Les fondations allemandes sont riches d’une impressionnante dotation financière publique : 460 millions d’Euros leur ont été distribué pour l’année 2010, par exemple. Indissociable du système politique allemand, les fondations « participent à la mise en œuvre de la politique étrangère et de l’aide au développement » [1] de l’Allemagne, alors même qu’elles apparaissent dans leur communication comme des « ONG » désintéressées et œuvrant pour des valeurs humanistes supérieures.

Les fondations politiques allemandes en tant que produit de l’histoire de la RFA

Selon le travail de recherche de Dorota Dakowska, les fondations allemandes sont issues des programmes d’éducation politique imposés à l’Allemagne vaincue par les Alliés en 1945. Mais la structure politiques des fondations et le rôle social des fondations dans la société allemande est bien plus ancien : ses racines plongent dans l’organisation sociale du 19ème siècle. En effet, à l’époque, ce sont des fondations en tant qu’organismes corporatistes intermédiaires entre le capital et le travail qui mettent en œuvre les politiques sociales de Bismarck. En 1925 est fondée la plus ancienne des fondations existantes, la Fondation Friedrich Ebert dont l’objectif était de perpétuer le souvenir du 1er chancelier de la République de Weimar. Elle était alors financée par des dons privés et dirigés par des militants socialistes. Un de ses axes de travail était le financement de bourses aux étudiants de la classe ouvrière. Interdite par les nazis, elle renaitra en 1947 sous une tout autre forme.

Le nazisme a détruit les structures sociales et politiques de l’ancienne Allemagne. Les Alliés de la coalition anti-nazie, par la conquête de l’Allemagne et leur politique de dénazification ont dissous les structures instaurées par les nazis. Les fondations politiques allemandes sont le fruit de la « Stunde Null » (« Année zéro »), allemande, de la création des deux Allemagnes, de deux blocs antagonistes et de l’affrontement entre les deux Allemagnes. Les alliés occidentaux créent la RFA et décident de la teneur de la Loi Fondamentale allemande qui marque la démocratisation mais aussi l’occidentalisation de la nouvelle Allemagne, son arrimage au nouveau système politique occidental mis en place par les Etats-Unis en Europe. Ce sont également les USA et la Grande Bretagne qui décident de la mise en place des structures étatiques de l’Allemagne occidentale encore occupée. Le Ministère des Affaires Étrangères de la RFA créé en 1950 tout d’abord comme structure dépendante de la chancellerie, donc directement de Konrad Adenauer, met en œuvre la politique d’hostilité vis-à-vis du bloc communiste et de la RDA. La RFA ne reconnait pas la RDA et la combat sur la scène internationale conformément à la « doctrine Hallstein ». La RFA adhère à l’OTAN en 1955 suite au rejet par le peuple français de la Communauté Européenne de Défense préconisée par les USA. En 1956 le Parti Communiste Allemand est interdit en RFA.

C’est dans ce cadre de mise en place par les Occidentaux de structures sociales et politiques nouvelles en RFA que naissent les fondations politiques. L’objectif est de former de nouveaux responsables et militants politiques acquis à la politique et aux institutions des pays occidentaux. La nouvelle fondation Ebert acquiert en 1954 sa personnalité juridique. Son objectif est alors de former de nouveaux cadres politiques du SPD et de former et influencer les chercheurs universitaires acquis aux idées socialistes. La Fondation Konrad Adenauer est crée en 1952 par les députés du CDU au Bundestag (le parti Chrétien Démocrate d’Adenauer). Elle est d’emblée financée par le CDU et dirigée par des politiques professionnels de ce parti. Deux de ces dirigeants, Bruno Hech et Konrad Kraske sont responsables des campagnes électorales de la CDU dans les années 50 et 60 et on peut dire, les artisans de ses victoires. La Fondation Friedrich Naumann est crée en 1958 par le Parti Libéral, allié des chrétiens démocrates.

Au début des années 60 les USA préconisent pour les pays du bloc de l’Ouest la stratégie de « l’aide au développement » et réorientent la politique des fondations allemandes vers l’action à l’étranger. Le but est d’influencer les États nouvellement indépendants en Afrique et en Asie afin de les éloigner de toute tentation de communisme et surtout d’éviter qu’ils ne reconnaissent la RDA et collaborent avec elle. Le Ministère des Affaires Étrangères allemand ne voulait cependant pas être concurrencé et il fut finalement décidé que les fondations des partis politiques allaient devenir un instrument de travail du nouveau Ministère de la Coopération de la RFA. C’est ainsi que les fondations des partis politiques de la RFA allaient devenir un outil important dans la politique anti-communiste de la « diplomatie des idées » mise en œuvre mondialement par les pays du bloc occidental [2].

Dans cette lutte les initiatives privées, entreprises, églises, associations étaient chargée de propager dans le monde le modèle économique, social et politique occidental. En Allemagne de très grandes entreprises comme Thyssen, Krupp, Volkswagen, créent leurs propres structures sur le modèle de la Fondation Ford. De même les fondations des partis nouent des relations étroites avec les fondations des entreprises américaines. La Fondation Ebert collabore dès le début des années 60 avec les fondations Carnegie, Ford, Kellog, Gugenheim, Rockefeller, mais aussi avec le Council of Foreign Affairs (agence états-unienne publique pour la politique étrangère), le Conseil Mondial des Églises et l’ONU. Elle manifeste ainsi son souci de défendre les priorités de la politique étrangère de la RFA et se définit comme un « canal complémentaire de la politique étrangère » allemande en Afrique et Amérique Latine. A ce titre la Fondation Friedrich Ebert non seulement soutient et propage la politique ouest allemande visant à discréditer l’Allemagne de l’Est, mais aussi elle récolte des informations, forme et informe les agents du ministère des Affaires Etrangères de la RFA sur les « agissements de la RDA en matière d’infiltration politico-culturelle dans les pays en développement » [3]. C’est à cela que servent les imposantes représentations de la FES au Caire en Égypte et à Accra au Ghana au début des années 60. Très vite, la Fondation Ebert devient un « centre d’expertise » sur le Tiers Monde pour les diplomates ouest-allemands. Dès 1966 la FES dépasse en savoir faire, capacités opérationnelles et notoriété son maître américain : elle devient un « centre d’expertise » sur le Tiers Monde également pour les fondations américaines [4] ! En 1981 Ronald Reagan crée le National Endownment for Democracy sur le modèle des fondations allemandes. La NED est aujourd’hui le principal centre de financement et centre de ressources pour la mise en œuvre des déstabilisations politiques et sociales menées par les USA dans les pays qu’ils veulent soumettre à une orientation pro-occidentale et libérale : c’est la politique du regime change et des « révolutions de couleurs », dont la Révolution Orange et le Maidan en Ukraine sont l’exemple le plus frappant. D’autres agences américaines publiques et privées, le National Democratic Institut, USAID, les fondations de Georges Soros complètent ce redoutable dispositif.

Le financement et le fonctionnement des fondations politiques allemandes

Le financement étatique des fondations politiques allemandes est ancré dans la Constitution (Loi Fondamentale) de l’Allemagne car il découle de son article 21 : « les partis politiques participent à la formation de la volonté politique du peuple ». Les partis sont donc chargés de « former » la volonté politique des citoyens en les « instruisant » politiquement via les fondations. C’est ainsi que les fondations obtiennent chaque année une « subvention globale » et le rapport de leur activités n’est donc pas détaillé. La Commission Budgétaire du Bundestag se réunit chaque année avec les dirigeants des fondations qui discutent avec le rapporteur de la Commission de leurs actions. Les Fondations reçoivent une somme correspondante au prorata du nombre de députés de leur parti respectif [5]. Aujourd’hui en 2012, la somme globale que les fondations obtiennent est 450 millions d’Euros annuels. Aucun État ne peut prétendre à disposer d’un instrument de soft power en politique étrangère aussi riche, aussi structurée et aussi bien doté.

A partir des années 70, les fondations s’engagent à l’étranger grâce à des financements massifs : leur objectif est alors de « promouvoir la liberté » afin de contrer le régime soviétique partout dans le monde. Un des instruments les plus importants de cette stratégie est le financement de bourse d’études aux étudiants de payse extra européens afin de les former en Occident. Même si de nombreux étudiants obtiennent des diplômes techniques, les jeunes diplômés gardent des liens idéologiques et amicaux avec leurs bienfaiteurs des fondations et constituent à tout moment un vivier important pour un recrutement politique. Les fondations allemandes organisent aussi massivement des séminaires « pour encourager l’intérêt citoyen pour la vie politique et approfondir l’engagement politique » [6] ou elles propagent les idéologies occidentales – le libéralisme, les droits de l’homme, le modèle ouest-allemand de gestion économique, de fonctionnement social et politique. Elles élaborent des stratégies électorales pour les partis que la RFA veut soutenir et parfois créent de toutes pièces des partis politiques pro-occidentaux [7].

Cet interventionnisme dans le champ politique des pays du Sud n’est pas fortuit. Le BMZ, le Ministère de la Coopération allemande, a élaboré pour les fondations un programme stratégique qui reflète avant tout les intérêts de l’État ouest-allemand. « L’État octroie à certaines organisations privées allemandes dotées de différents profils politiques et idéologiques, des fonds pour qu’elles puissent mettre en œuvre des projets de formation et des mesures de conseils avec des partenaires dans les pays e développement qui présentent aussi différentes opinions politiques et idéologiques et qui poursuivent divers objectifs politiques dans leurs pays. Ces projets de formation ont pour but d’influencer le développement de ces pays à travers une orientation de leurs élites dans un sens socio-politique déterminé » – le rapport du BMZ du 4 juin 1969, jamais publié est on ne peut plus clair [8][i].

Il est aisé de comprendre que l’ensemble des fondations allemandes couvre TOUT le spectre politique d’un pays en développement et de ce fait peut influencer et contrôler l’ENSEMBLE de l’élite politique de ce pays. C’est bien cette « unité dans la diversité » qui fait la puissance des fondations politiques allemandes en tant qu’instrument de politique étrangère de l’État allemand.

Chaque fondation utilise ses propres symboles et valeurs politiques – chrétiens, socialistes, libéraux, écologistes, communistes, et mobilise des images de leaders politiques et culturels pour promouvoir son image. Ce n’est pas pour rien que la fondation chrétienne-démocrate porte le nom de Adenauer, la socialiste celle d’Ebert, que les Verts ont pu utiliser la renommée d’un écrivain nobliste Heinrich Böll, que le parti PDS, puis Die Linke annexe l’image mondialement connue de la leader communiste Juive et Polonaise Rosa Luxemburg pour en faire une icône du nouveau parti de la gauche anti-capitaliste allemande. Chaque fondation doit aussi dans son action à l’étranger créer des partenariats avec des organisations et groupes qui sont capables de mobiliser des images de leader locaux. Les fondations allemandes sont ainsi associées à des noms de personnalités respectables de la culture locale et ainsi elles vont attirer à elles la confiance des populations du pays ou elles agissent. Concrètement les Conseils d’Administration des fondations sont composés d’anciens ministres, de députés, de dirigeants du parti en question. Ainsi Johannes Rau et Willy Brandt ont participé à la direction de la Fondation Ebert, et Oskar Lafontaine dans celle de Rosa Luxemburg. La présence de ces hommes puissants dans les directions des fondations démontre s’il en est encore nécessaire que les fondations allemandes ne sont pas les « ONG » désintéressées qu’elles prétendent être.

Lorsque les Verts entrent au Parlement allemand en 1983, ils ne disposent pas de fondation. Le parti porte alors plainte au Tribunal Constitutionnel de Karlsruhe et obtient satisfaction en 1986. La Fondation Regenbogen (Arc en Ciel) est créée cette année là, puis, lorsque survient la réunification, les Verts absorbent le mouvement Alliance 90 issu de l’Allemagne de l’Est et la fondation Regenbogen devient la Fondation Heinrich Böll. Elle se spécialise dans la création de partis écologistes partout où cela est possible, dans la promotion des structures féministes et LGBT. Par exemple, c’est la Fondation Böll qui encourage et finance la création du parti des Verts Polonais en 2004, les premiers contacts ayant été nouées avec les féministes polonaises au tournant des années 2000. De même la Fondation Böll a cherché à se faire une place en Tunisie post-révolutionnaire en finançant la création d’un parti écologiste et en démarchant (sans succès d’ailleurs) certains leaders des soulèvements tunisiens de 2008 et 2911.

L’histoire de la fondation Rosa Luxemburg est en tout point similaire. En 1990 la classe politique ouest-allemande s’attendait à voir le SED, ex-parti communiste de la RDA disparaitre de la scène de l’histoire. Ce ne fut pas la moindre surprise quand ce parti, transformé en PDS, non seulement survécut, mais rapidement se constitua en 2ème force politique dans les Länder de l’Est en gagnant de nombreux sièges dans les élections locales, régionales et même nationales. Comme les Verts, le PDS déposa en 1992 plainte au Tribunal de Karlsruhe et gagna en 2005 son procès. Cette année-là apparut la Fondation Rosa Luxemburg qui, de fait, devint la Fondation du nouveau parti Die Linke, justement créé alors par l’unification du PDS, des mouvements sociaux altermondialistes actifs dans les Länder de l’Ouest (WASG) et la scission Lafontaine du SPD.

C’est ainsi que les plus virulents critiques du système politique ouest-allemand non seulement intégrèrent le système dans son ensemble mais en tirèrent un grand profit financier et politique. Avec l’argent reçu, les deux fondations purent salarier de nombreux militants, ouvrir des bureaux à l’étranger et étendre leur pouvoir significativement. En 2012 la Fondation Rosa Luxemburg comptait 169 employés et 16 bureaux à l’étranger [9].

Le rôle des fondations dans la politiques étrangère de l’Allemagne

Le principe de subsidiarité est à la base de la construction de l’État ouest-allemand dès les années 40. Contrairement à la France l’État allemand délègue un maximum de ses tâches et responsabilités au niveau inférieur de sa structure. Selon ce principe la politique étrangères allemande peut et doit être déléguée à des structures comme des fondations, des Églises, des entreprises, des ONG et aussi des institutions publiques et semi-publiques autonomes. Ces entités deviennent alors des acteurs majeurs de la politique étrangère de leur pays [10].

La loi allemande distingue les « agences de mise en œuvre » de la politique, des « agences autonomes » dépendantes des ministères. Les fondations politiques des partis sont des « agences autonomes de mise en œuvre » de la politique étrangère allemande. L’organisation évangélique protestante « Brot für die Welt », deuxième grand bailleur de fonds du Forum Social Mondial de Tunis en 2013 et 2015 à côté de la Fondation Ebert, est ainsi une autre « agence autonome de mise en œuvre » des intérêts nationaux de l’Allemagne [11]. Le mot « autonome » est cependant un peu trompeur : on peut parler d’autonomie juridique mais pas d’autonomie financière puisque ces organisations sont financées à 95% par des fonds publics. Il n’est donc pas étonnant que le rapport du Ministère de la Coopération de juin 1969 déjà cité ait défini le rôle des fondations et autre agences comme des instruments de formation des élites politiques des pays visés dans le but de conformer les attitudes et décisions de ces élites aux intérêts nationaux de l’Allemagne. C’est bien pour cela que les fondations ont comme cibles des syndicats, des partis, des mouvements, des associations et toute sorte d’individu qui peut à un moment donné jouer un rôle dans sa communauté, sa culture, son État. De fait, les fondations politiques jouent un rôle complémentaire de la diplomatie allemande qui sans elles ne « disposerait pas de réseau de contacts et d’éléments qui permettent de nouer des liens avec des groupes sociaux des autres pays » [12]. On comprend ainsi que l’image de l’ONG non partisane, préoccupée par le bien commun sert à masquer les vrais buts qui ne sont pas forcément ceux des partis politiques allemands, mais plutôt ceux des ministères des Affaires Étrangères et de Coopération de l’Allemagne. En 1973 face aux accusations d’ingérence des pays étrangers, le Ministère de la Coopération recommandait déjà dans un rapport interne que « le financement étatique de certains projets ne soit pas divulgué » [13]. Les fondations servent un peu de sociétés écrans qui permettent à l’État allemand de se distancier des problèmes politiques qu’elles peuvent créer par leur ingérence et ainsi de sauvegarder une bonne image de l’Allemagne.

Comment ça marche ? Les actions politiques concrètes et l’intérêt de l’Allemagne

Une fois la décision prise à la Commission Budgétaire du Bundestag consacrée à la politique des fondations, le Ministère de la Coopération verse l’argent aux fondations et informe le Ministère des Affaires Étrangères allemand de toutes les mesures que les fondations vont entreprendre à l’étranger. Ce ministère a aussi en charge le contrôle de la conformité des actions des fondations avec les intérêts de l’Allemagne. Les directeurs de chaque fondation rendent des rapports réguliers sur l’activité de leur fondation dans chaque pays aux départements concernés du ministère des Affaires Étrangères – Afrique, Amérique Latine, Asie et Europe de l’Est. Ainsi, la masse d’informations rassemblées par les fondations sur les organisations et acteurs politiques des pays visés est utilisée par les diplomates allemands. « Les bureaux des fondations à l’étranger envoient régulièrement des rapports à leurs centrales en Allemagne et à leurs ministères de tutelles. Ces rapports fournissent une description détaillée des partenaires à l’étranger, de leur rayonnement et de la nature des relations entretenues. Ils sont une source d’information prise en compte parles diplomates et recoupés par les avis envoyés par les ambassades » [14]. Les directeurs des fondations sont aussi associés à l’élaboration de documents stratégiques du ministère des Affaires Étrangères, surtout après 1990.

Dans le monde actuel globalisé et surtout depuis 1989, la notion « d’ingérence étrangère » d’un pays dans la politique intérieur d’un autre pays avait perdu sa connotation infamante qu’elle avait auparavant. Il semblait acquis qu’il est acceptable que certains pays possèdent des organisations puissantes servant à influencer les élites des autres pays. Cependant les changements en Amérique Latine depuis 2002 amenèrent les fondations allemandes à être accusées d’ingérence. La Chine a toujours critiqué les fondations allemandes pour leur soutien au Dalai Lama. Depuis 2005, la Russie s’est doté d’un arsenal juridique qui vise également les fondations allemandes, autant que les fondations américaines. La loi russe décidant que les associations et individus financés par des fondations étrangères doivent se déclarer « agent de l’étranger » revient à la définition traditionnelle de la souveraineté de l’Etat qui doit à tout moment contrôler ce que les pays étrangers font sur son territoire et teinte les bénéficiaires de cet argent « étranger » du goût ancien de l’infamie. La question est encore plus brûlante après les récents événements en Ukraine qui ont provoqué la plus grave crise internationale entre les puissances depuis 1989 puisqu’il est connu que les fondations américaines et allemandes avaient largement financé et parfois crée les partis ukrainiens pro-occidentaux (la fondation Adenauer présentait le parti UDAR de Klitschko comme son œuvre).

Mais les fondations allemandes ont en réalité mené la même politique depuis le début, élargissant seulement le champ géographique de leurs actions. En Espagne, au Portugal et en Grèce, après 1974, les contacts noués par la Fondation Ebert avec les partis socialistes ont fait qu’Ebert a largement influencé la conversion de ces partis à l’économie libérale et à l’adhésion à l’Union Européenne. Dans les années 60 et 80, la Fondation Adenauer forme et soutient financièrement et idéologiquement les leaders et militants des partis chrétiens démocrates d’Amérique Latine et de l’Europe du Sud. La Fondation Ebert agit aussi sur les syndicats tandis que la Fondation Naumann s’occupe des milieux d’affaires. Le soutien de la Fondation Ebert aux socialistes dans la révolution des œillets faisait partie de la stratégie de l’Allemagne de l’Ouest d’éviter à tout prix que les communistes n’arrivent au pouvoir au Portugal [15].

Plus récemment, dès novembre 2011, le ministère de la Coopération a alloué 5,4 millions d’Euros supplémentaires aux fondations pour leur action d’influence sur les révolutions arabes. Cet argent était destiné en particulier aux nouvelles associations, structures et partis crées ou sorties de la clandestinité en Tunisie, en Égypte, Algérie, Yémen, Bahreïn, Palestine et Jordanie. Cet argent a certainement aussi servi à financer les Forums Sociaux Mondiaux en Tunisie, de 2013 et 2015, et il semble peu probable que l’allocation de cette subvention spéciale et la décision prise de tenir un premier FSM en Tunisie soit une coïncidence [16]. Il est plutôt certain que l’Allemagne a décidé de financer le Forum Social Mondial en Tunisie depuis 2011 parce que cela était conforme à ses intérêts et à ses ambitions dans cette région du monde : pousser les intérêts français pour faire de la place aux intérêts des milieux d’affaire allemands, contenir la révolution tunisienne entre le désert et la mer Méditerranée afin que l’agitation ne viennent pas contaminer l’Europe en crise, corrompre syndicats et partis de gauche afin qu’ils abandonnent toute idée d’indépendance et de souverainisme à l’image de Tsipras en Grèce. De plus, la formation massive en Tunisie de jeunes chômeurs, d’étudiants, de jeunes salariés, de travailleurs du secteur public au mode de fonctionnement et aux principes de l’État allemand (subsidiarité, décentralisation, régionalisation, dialogue entre patrons et salariés plutôt que grève, acceptation des structures religieuses comme acteurs de la vie politique plutôt que laïcité) met en œuvre une stratégie qui a déjà fait ses preuves en Pologne dans les années 1989-1995, une stratégie qui a parfaitement profité aux intérêts de l’Allemagne et devrait donc logiquement permettre une plus grande expansion de ses intérêts en Afrique du Nord.

L’exemple du « regime change » et l’influence des fondations en Pologne depuis 1980

En 1972 est signé l’accord bilatéral historique entre la Pologne Populaire et l’Allemagne de l’Ouest. L’accord aboutit à la reconnaissance mutuelle de ces États, à l’acceptation par l’Allemagne de la frontière Oder-Neisse, à la reconnaissance symbolique par Willy Brandt de la responsabilité de l’Allemagne dans l’hécatombe de la 2ème Guerre Mondiale (la fameuse scène de Brandt à genoux devant le monument à la mémoire des insurgés du Ghetto de Varsovie en décembre 1972) et ouvre la voie à la reconnaissance par la RFA de la RDA – c’est la célèbre Ostpolitik de Willy Brandt. Dès les années 70, la fondation Ebert entreprend donc de travailler en Pologne. En 1971, elle y envoie Klaus Reiff, journaliste et salarié de la fondation. Reiff noue habilement des liens avec des professeurs de l’Instytut Zachodni (Institut Occidental, important centre de recherche sur l’histoire des relations germano-polonaise fondé par le Ministère des Affaires Étrangères polonais après la guerre), du PISM (Polski Instutyt Stosunkow Miedzynarodowych – Institut Polonais des Recherches internationales, centre de recherche en politiques étrangères dépendants de l’Académie des Sciences) et de l’Institut du Journalisme de Varsovie. En 1979 Reiff devient un ami proche de Mieczyslaw Rakowski. Rakowski n’est pas n’importe qui, mais le rédacteur en chef de l’important et influent hebdomadaire « Polityka ». Cet hebdomadaire est une référence au sein de l’élite de la gauche pro-communiste polonaise, libre de ton et partisan officieux d’un dialogue avec Solidarnosc après l’état de siège en 1981. Rakowski devient en 1987 le dernier premier ministre de l’État communiste. Dans ces temps sensibles, le gouvernement allemand soutient ouvertement Solidarnosc en dépit de l’accord polono-allemand de 1972 et Reiff est alors employé de l’ambassade allemande en Pologne [17].

Dès 1980 la fondation Ebert accorde de nombreuses bourses pour de jeunes Polonais afin qu’ils fassent leurs études supérieures en Allemagne de l’Ouest. Elle rassemble aussi des informations sur les dissidents polonais et les dirigeants et militants du Parti communiste polonais favorables aux « réformes » de « regime change ». 255 étudiants polonais sont bénéficiaires de bourses d’études de la part d’Ebert de 1980 à 1989. On comprend ainsi facilement que la fondation Ebert, et derrière elle le SP, ont joué un rôle fondamental dans le tournant idéologique néolibéral des jeunes dirigeants du Parti Ouvrier Unifié Polonais (PZPR), et donc dans la conversion néolibérale, européiste et atlantiste de Aleksander Kwasniewski, ministre de la jeunesse dans le dernier gouvernement communiste de Rakowski en 1987-89, chef du SDL, parti socialiste héritier du PZPR. Aleksander Kwasniewski a été président de la République de Pologne de 1995 à 2005.

Pendant la durée du mouvement Solidarnosc, de septembre 1980 à décembre 1981 et après la déclaration de la loi martiale par le général Jaruzelski et la délégalisation de Solidarnosc, la fondation Adenauer s’occupait des dissidents polonais issus de Solidarnosc et proches de l’Église catholique. Elle a notamment aidé, invité en Allemagne et formé Tadeusz Mazowiecki, devenu premier ministre après les premières élections partiellement libres du 4 juin 1989 [18]. La fondation Ebert n’est pas en reste et comprenant l’importance politique de l’Église polonaise, elle noue dès 1981 des contacts avec l’épiscopat polonais. Klaus Reiff écrit alors « La lutte pour le pouvoir en Pologne a déjà commencé » [19]. En fait elle fut gagnée par les fondations allemandes avec une déconcertante facilité puisque grâce aux contacts existants depuis 10 ans, « les parlementaires polonais, élus dans le premier scrutin ouvert à la compétition, le 4 juin 1989, recherchaient des contacts en Allemagne par la biais des canaux familiers de la fondation » [20].

Dans la gigantesque « transformation » capitaliste polonaise (mais aussi est-allemande pendant ce même temps) les fondations allemandes sont aux avant-postes : elles forment des centaines, des milliers de dirigeants polonais – des députés, des journalistes, des conseillers municipaux, des chercheurs, des étudiants- à « la démocratie et l’économie du marché », selon une expression sanctifiée par cette époque. Elles influencent ainsi énormément les programmes politiques des nouveaux partis polonais. Il est fréquent que les députés polonais fraichement élus dans les élections législatives en 1991 suivent le matin un cours d’une fondation et le écrivent l’après midi la loi à laquelle le cours était consacré. Les médias présentent alors massivement l’Allemagne comme le seul modèle valable à suivre, le plus abouti, le plus réussi en Europe. Maintenant que nous savons que ces mêmes journalistes suivaient les cours des fondations, nous pouvons mettre en doute leur objectivité et leur impartialité face à une telle pression. Cependant de nombreux chercheurs, professeurs éminents répétaient ces éléments idéologiques en toute innocence : l’époque était telle que tout ce qui portait l’épithète de « démocratique » et venait de l’Occident devait être juste et bon [21].

Dès 1989 les fondations de la droite allemande s’installent alors en Pologne (Naumann, Hans Seidel), les fondations des entreprises allemandes (Thyssen, Krupp) suivent de près, tandis que les fondations américaines financent de très larges milieux des nouvelles élites, politiques économiques, médiatiques. Les fondations Carnegie, Rockefeller, Soros (sous le nom de Stefan Batory) mènent leur propre politiques en créant des structures de types think thank, des partis politiques, des magazines, des télévisions, des associations patronales etc. L’Union Européenne crée alors sa propre structure financée par la Commission Européenne la Fondation Robert Schumann. La Pologne devient un test grandeur nature de la nouvelle politique tous azimuts de ces organisations. La libéralisation et la privatisation rapide du marché de l’éducation leur permet de s’installer dans le segment de la formation des élites – par exemple la Fondation Adenauer finance directement la célèbre université catholique de Lublin dépendante de l’Église catholique, ainsi que l’Université Catholique de Varsovie existant auparavant sous le nom d’Institut de Théologie de Varsovie.

Les fondations créent de toutes pièces des partis politiques qui n’existaient pas dans la société polonaise, financent et forment leurs militants et leurs membres. Par exemple le KLD, Kongres Liberalno-Demokratyczny (Congrès Libéral Démocratique) dont est issu Donald Tusk, a été crée en 1991 par l’Institut d’Etudes du Marché de Gdansk, une fondation entièrement dans les mains de la Fondation Adenauer [22]. Lorsque les dirigeants des partis, dont celui de KLD, perdent les élections en 1993, ils sont immédiatement employés dans des instituts fondés et financés par les fondations allemandes [23]. Cela permet au ministère des Affaires Étrangères allemands de les garder de côté et les préparer tranquillement à reprendre le pouvoir sans qu’ils aient besoin de gagner leur vie dans le dur système néolibéral qu’ils venaient justement de créer pour le peuple polonais ! D’autres institutions, mi centres de recherche, mi think thank, mi partis ont été créées par la Fondation Adenauer : Le Centre des Recherches Internationales (Centrum Stosunkow Miedzynarodowych, dirigé par Janusz Reiter, ambassadeur de la Pologne en Allemagne de 1989 à 1995), l’Institut des Affaires Publiques (Instytut Spraw Publicznych, dirigé par Leszek Balcerowicz, le « chicago boy » polonais et exécutant de la stratégie du choc du FMI et de la Banque Mondiale en 1989). Le Centre a aussi formé Aleksander Smolar, qui devient directeur de la Fondation Soros en Pologne, appelée en Pologne Fondation Stefan Batory.

Petit à petit, après une période de confusion et d’action tous azimuts, les fondations se spécialisent et se partagent le territoire de la Pologne. Les fondations de droite dont surtout Adenauer, gardent la main sur les milieux chrétiens, conservateurs, ultralibéraux et libéraux tandis qu’Ebert s’intéresse aux milieux féministes et aux syndicats. La fondation Ebert finance depuis 1990 la thématique du genre et du féminisme à l’Institut de Sociologie de l’Université de Varsovie. Ce n’est pas un hasard : c’est bien dans ce milieu qu’est né le mouvement féministe polonais moderne, en mai 1989 en réaction au premier projet de loi criminalisant l’avortement. A l’époque ce mouvement polonais qui organise de puissantes manifestations et une pétition de 1,5 million de signatures pour un référendum sur l’avortement n’a aucun lien avec les milieux féministes allemands et certainement pas avec les fondations. Il est plutôt proche du mouvement laïque Neutrum qui réclame le retrait de la directive du ministère de l’éducation instaurant l’éducation religieuse dans les écoles publiques en août 1990 et plus tard l’abolition du concordat donnant d’immense privilèges au Vatican en Pologne. Même s’il n’est pas certain que les fondations Ebert ou Adenauer aient directement joué un rôle dans l’interdiction définitive de l’IVG en Pologne le 7 janvier 1993, ce qui est sûr est que le financement de programmes « genre » dans les universités polonaises a considérablement assagit le mouvement féministe polonais dès 1994 et l’a détourné notamment de la lutte pour la séparation de l’Église et de l’État, privilégiant les thématiques de parité et d’identité.

La Fondation Ebert met sur pied par contre tout un programme de formation des syndicalistes polonais au « dialogue social » cher à la conception allemande du capitalisme, aussi bien dans Solidarnosc que dans OPZZ, le syndicat post-communiste. Le but est de faire des syndicalistes des « partenaires prévisibles » sachant que ce qui est surtout en jeu est la continuation de la main-mise par les multinationales occidentales et notamment allemandes sur l’outil de production polonais par le biais des privatisations. En 1991, 1992, 1993, Solidarnosc et les autres syndicats appellent plusieurs fois à des grèves générales contre les privatisations. Ces grèves n’aboutissent jamais et ne prennent pas une ampleur suffisante pour renverser le rapport de forces en faveur de la classe ouvrière polonaise. En effet, les dirigeants syndicaux sont passés par des formations leur apprenant à « éteindre » une grève par une négociation parcellaire sur des détails et à dépolitiser le débat économique. Certains d’entre eux deviennent députés, ministres, hauts fonctionnaires comme Zbigniew Bujak, le leader de Solidarnosc en clandestinité (Bien qu’opposé au capitalisme en 1991, Bujak finit par taire ses critiques en devant le directeur des Douanes). Du haut de ces positions politiques, les anciens ouvriers et techniciens n’ont plus aucun scrupule à profiter du nouveau système abandonnant la classe ouvrière au nouveau système ultralibéral [24].

Les fondations allemandes ont pour objectif de soutenir les analyses politiques et économiques en termes de « dialogue inter-partisan » et poussent leurs protégés à abandonner toute référence à la lutte des classes, l’analyse marxiste ou même l’analyse de la chose politique en termes de souveraineté nationale. Elle forment directement des politiques célèbres comme Jan Maria Rokita (député et ministre), Andrzej Olechowski (ministre des affaires étrangères 1993-95), Donald Tusk (premier ministre de 2010 à 2014, actuel président de l’UE), Pawel Piskorski, (dirigeant du syndicat étudiant indépendant NZS à la Faculté d’Histoire de l’Université de Varsovie en 1987-90, député libéral en 1991 à 23 ans, Maire libéral de Varsovie de 1999 à 2002 et eurodéputé), Jacek Saryusz Wolski, (négociateur polonais pour l’adhésion à l’UE et ministre) [25].

Et bien d’autres, plus jeunes, sortent formés et prêts à prendre les rênes des institutions polonaises pour continuer la politique qui réussi si bien à l’Allemagne, les USA et l’UE depuis 1989. La fondation Ebert forme également un politique bien plus chevronné et influent : Leszek Miller, leader des sociaux-démocrates, premier ministre pendant la négociation finale de l’entrée de la Pologne dans l’UE de 2001 à 2005. C’est que les fondations créent rapidement des « écoles de jeunes leaders  » pour les partis politiques polonais, financent ces structures et invitent les jeunes polonais prometteurs à des stages en Allemagne [26].

Les « petites » fondations eurent également un impact énorme sur leur cible d’action. La Fondation Heinrich Böll a crée un parti des Verts ensemble avec des féministes polonaises comme Agnieszka Graff et Agnieszka Grzybek. Les contacts existaient bien avant puisque la Fondation avait déjà financé des initiatives féministes comme le Centre des Femmes (Centrum Kobiet).

(Cette partie de l’exposé est basé entièrement sur l’expérience de l’auteure de l’article et non sur le livre de Dorota Dakowska).

La Fondation Rosa Luxemburg arrive en Pologne en 2005. Elle y est dirigée par un Allemand, Holger Politt. Elle finance alors, dès 2006, des conférences scientifiques de gauche comme celle tenue par les milieux laïques à Kuznica na Helu à laquelle j’ai participé en octobre 2006. La Fondation publie des livres dont les articles de cette rencontre. Très vite la fondation commet des erreurs politiques majeures qui divisent la gauche polonaise renaissante et elle est vite perçue en Pologne comme un facteur de désintégration, presque comme une organisation coloniale venue de l’Allemagne. La Fondation Rosa Luxemburg finance des publications d’intellectuels de gauche, comme les livres de Maria Szyszkowska, présidente du Parti Socialiste et Laïque Racja, à condition toutefois que ces personnalités se conforment aux directives de la fondation. Par exemple, en échange de ce soutien, la fondation exige du parti RACJA en 2008 la collaboration avec les milieux socio-libéraux et une rupture de relations avec le Parti Polonais du Travail et le syndicat Aoùt 80 alors en pleine expansion qui collabore avec la 4ème Internationale et le NPA français. Pis, la fondation Rosa Luxemburg de Pologne, emmené par l’intransigeant Holger Politt, excommunie, lance une campagne de diffamation dans les milieux de la gauche européenne altermondialiste à l’encontre de Boguslaw Zietek, le leader du PPP et d’Août 80. Elle le désigne partout comme « fasciste » et interdit à de nombreuses organisations d’inviter les militants de ce parti et ce syndicat. Par exemple, la Fondation Rosa Luxemburg a interdit au Parti de la Gauche Européenne d’inviter une militante féministe du PPP à un séminaire que j’organisais pour le Congrès du PGE à Prague en novembre 2007 dans le cadre du réseau féministe El Fem. J’ai personnellement vu Holger Politt physiquement attaquer un militant du syndicat d’Août 80 présent à ce congrès en tant que journaliste. Politt voulait le chasser du Congrès mais n’a pas pu le faire car ce militant polonais possédait une carte de presse. Cependant la tension était à son comble.

La Fondation Rosa Luxemburg s’est rendu coupable d’autres manipulations qui ont durablement affaibli la gauche polonaise renaissante : elle a influencé la scission violente d’ATTAC Pologne et l’expulsion de cette association des militants proche d’Août 80. Elle a manœuvré pour empêcher l’adhésion au Parti de la Gauche Européenne comme membres observateurs des deux partis, RACJA et le PPP, en imposant à contrario l’admission d’une organisation socio-libérale et carriériste, les Jeunes Socialistes. Le PGE a refusé l’adhésion des deux partis, pourtant bien plus sérieux et solides, au prétexte que les Jeunes Socialistes déjà admis en son sein s’y opposaient ! Las de cette activité destructrice de cette institution censée représenter la gauche anti-capitaliste allemande, quelques militants polonais dont moi-même avons fait appel à des députés de Die Linke de notre connaissance afin de leur demander d’intercéder auprès de la direction de le Fondation à Berlin, de demander que cessent ces attaques et que Politt soit renvoyé de Pologne. Il est intéressant de voir que c’est à cette occasion que nous avons pu voir que les députés eux-même, hauts responsables de Die Linke, furent impuissants à changer la stratégie et les décisions de la fondation Rosa Luxemburg. Il apparut que le parti ne contrôlait pas sa propre fondation. Maintenant nous savons pourquoi : parce que les fondations réalisent toujours les stratégies des ministères des Affaires Étrangères et de Coopération allemand et pas toujours de leur parti. Finalement Holger Politt a fini par être renvoyé mais remplacé par son adjointe Joanna Gwiazdecka, particulièrement haïe dans les milieux de la gauche polonaise pour son suivisme aveugle vis-à-vis de Politt dans les années précédentes. La seule victoire fut que la Fondation décida de ne plus se concentrer sur la Pologne et elle déporta son attention vers les Balkans ou jusqu’à présent elle ne commit pas les erreurs faites en Pologne.

Dans les Balkans la fondation Rosa Luxemburg a financé la partie politique du Subversive Festival de Zagreb, le Forum des Balkans, en 2012 et 2013. Actuellement elle travaille à la création d’un parti de gauche de type « Syriza » en Serbie et Bulgarie, ce qui depuis des décennies de défaite de la gauche dans ces pays apparait très attractif pour de nombreux jeunes militants issus des nouveaux mouvements sociaux de 2011 en Serbie et 2013 en Bulgarie. Mais d’autres estiment déjà que la stratégie de la fondation ne correspond pas aux besoins réels des peuples des Balkans et est source de division et non d’unification.

Le rôle des fondations allemandes dans la construction des fondations politiques européennes

Les fondations allemandes de part leur énorme réseau politique jouent un rôle important dans le processus d’adhésion des pays de l’Est à l’Union Européenne. Par la suite, forte de cette expérience des arcanes de la bureaucratie bruxelloise, elles organisent un lobbying intensif en vue de créer des fondations politiques au niveau européen, sur le modèle d’elles mêmes. Elles y parviennent en 2007 : le règlement 1524/2007 de la Commission Européenne décide que les fondations politiques européennes ont pour mission de favoriser l’intégration européenne, qu’elles sont financées par la Commission et qu’elles doivent réaliser ainsi la politique de leur parti politique européen respectif. Dès 2006 les fondations allemandes organisent un Réseau Européen de Fondations Politiques dans lequel elles sont les plus riches et les plus fortes. D’ailleurs c’est toujours un Allemand qui se trouve à la tête de chaque fondation politique européenne, à l’exception de la franco-autrichienne Elisabeth Gauthier qui est à la tête de la Fondation Transform, qui fait office de fondation officielle pour le Parti de la Gauche Européenne depuis 2007. La Fondation Ebert est à l’origine de la Fondation Européenne des Études Progressistes, crée en 2008, la Fondation Adenauer possède le Centre des Études Européennes, la Fondation Böll a crée la Fondation Européenne Verte et la Fondation Naumann le Forum Européen Libéral. Les financements, salariés et bureaux proviennent tous de la Commission Européennes [27].

Conclusion

En conclusion, il convient de reproduire quelques chiffres : en 2010, la Fondation Adenauer a obtenu 125 millions d’Euros de budget, possède 80 filiales dans le monde, dirige des projets dans 120 pays et emploie 563 salariés. La Fondation Ebert a reçu 149 millions d’Euros, emploie 620 salariés, possède 110 filiales et dirigent des projets dans 110 pays. La Fondation Naumann reçoit 46 millions d’Euros, salarie 188 personnes, possède 44 filiales et dirige 100 projets dans le monde. La Fondation Heinrich Böll reçoit 50 millions d’Euros, salarie 278 personnes dans le monde dans 52 filiales et dirige des projets dans 72 pays. La Fondation Rosa Luxemburg reçoit 30 millions d’Euros, emploie 134 personnes dans 14 filiales dans le monde et dirige des actions dans 50 pays. Enfin, la Fondation Hans Seidel a reçu 46 millions d’Euros, salarie 182 personnes dans 29 pays [28].

Indéniablement ce partage du spectre politique ressemble plus au fonctionnement d’une multinationale qu’à celui d’une association militant pour le bien commun.

La question clé est : qui, quelle organisation dans le monde peut rivaliser avec pareille puissance financière et organisatrice ? Une réponse à cette question permettrait d’avoir enfin une stratégie de résistance.

[1] P.12, Dorota Dakowska, « Le pouvoir des fondations, des acteurs de la politique étrangère allemande », Presses Universitaires de Rennes, 2014

[2] P.33 op cit.

[3] P.34 ; op ;cit

[4] P.39 op.cit

[5] P.43, op.cit, note de bas de page N°40

[6] P.45, op.cit, « Gemeinsame Erklärung », 1998, KAS, FES, FNS, HSS, HBS

[7] P. 88 , 89 de nombreux exemples en sont donnés pour l’Afrique et l’Amérique Latine. Par exemple la Fondation Ebert a financé la campagne du Parti Progressiste Voltaïque en 1978 au Burkina Faso, p ; 89.En 1988 la Fondation Adenauer a financé et formé des militants chrétiens démocrates appelant à voter contre Pinochet. Au Portugal la fondation Ebert a financé la formation de militants socialiste dans la fondation José Fontana et Antonio Sergio en 1975, p.90

[8] P. 79, note 3 « BMZ, Bericht über die Förderung der gesellschaftspolitischen Bildung in den Enwitcklungsländer », (Rapport sur la promotion de l’éducation politique dans les pays en voie de développement), Kap.2302, tit.686, Bonn, juin 1969, p.2, Archives courantes du BMZ.

[9] P.62-69

[10]->https://histoireetsociete.wordpress.com/2017/12/22/les-fondations-allemandes-instrument-dun-imperialisme-particulier-dans-un-monde-globalise-par-monika-karbowska/#_ftnref10] P. 78, op. cit, chapitre « La place des fondations dans l’administration corporatiste allemande ».

[11]->https://histoireetsociete.wordpress.com/2017/12/22/les-fondations-allemandes-instrument-dun-imperialisme-particulier-dans-un-monde-globalise-par-monika-karbowska/#_ftnref11] P. 78 dernière ligne, op.cit.

[12]->https://histoireetsociete.wordpress.com/2017/12/22/les-fondations-allemandes-instrument-dun-imperialisme-particulier-dans-un-monde-globalise-par-monika-karbowska/#_ftnref12] Rapport BMZ, 1973, p.13, 14 cité p. 80, op.cit.

[13]->https://histoireetsociete.wordpress.com/2017/12/22/les-fondations-allemandes-instrument-dun-imperialisme-particulier-dans-un-monde-globalise-par-monika-karbowska/#_ftnref13] P.81, op .cit.

[14]->https://histoireetsociete.wordpress.com/2017/12/22/les-fondations-allemandes-instrument-dun-imperialisme-particulier-dans-un-monde-globalise-par-monika-karbowska/#_ftnref14] P.84, ligne 12, op.cit.

[15]->https://histoireetsociete.wordpress.com/2017/12/22/les-fondations-allemandes-instrument-dun-imperialisme-particulier-dans-un-monde-globalise-par-monika-karbowska/#_ftnref15] P. 90 en haut de la page.

[16]->https://histoireetsociete.wordpress.com/2017/12/22/les-fondations-allemandes-instrument-dun-imperialisme-particulier-dans-un-monde-globalise-par-monika-karbowska/#_ftnref16] P.90, dernière ligne et note N°19.

[17]->https://histoireetsociete.wordpress.com/2017/12/22/les-fondations-allemandes-instrument-dun-imperialisme-particulier-dans-un-monde-globalise-par-monika-karbowska/#_ftnref17] P.p.95, op.cit.

[18]->https://histoireetsociete.wordpress.com/2017/12/22/les-fondations-allemandes-instrument-dun-imperialisme-particulier-dans-un-monde-globalise-par-monika-karbowska/#_ftnref18] P.100-103, op.cit.

[19] P. 103, note N°20, fonds Reiff, 1989.

[20] P. 104 haut de page, op.cit.

[21] P.105 « Dès 1989 le recours aux fondations politiques s’imposa. Les ministères fédéraux les considéraient comme des instruments utiles pour compléter da coopération technique et financière par une action ciblée sur les structures politiques et sociales à savoir les partis politiques et les gouvernements, les syndicats et autres groupes d’intérêt, les médias, et les centres de recherche. Assurer un passage pacifique à la démocratie et l’économie de marché fut une priorité de la politique étrangère allemande motivée par la préservation de la stabilité dans la région ».

[22] P.108, op.cit.

[23] En septembre 1993 le peuple polonais excédée par les privatisations massives, le chômage, la misère, la destruction de l’Etat et du tissu industriel vote le retour des communistes en donnant une majorité à la coalition du SDL (post communiste) et du Parti Paysan (ex allié communiste) dans l’espoir de revenir à une politique plus raisonnablement social démocrate et moins destructrice de la société. Hélas, les dirigeants de ces partis avaient déjà pris le tournant néolibéral entre autre grâce aux fondations et ils continuent la transformation néolibérale.

[24] P. 111-112, op. cit.

[25] P. 117, encadré, op.cit.

[26] P.120-123, op.cit.

[27] P. 188-191, op.cit.

[28] P.199, op.cit.

 
 

Le jeu du croquemitaine-repoussoir Le Pen peut-il encore continuer longtemps ou la situation est-elle en train de changer ? 

Voici un  article de notre ami Jean Jullien dont je partage, la plupart  des attendus, hier je me suis rendue à la réunion des gilets jaunes de Marseille qui se tient tous les lundi et mercredi à proximité du palais Longchamp. Je vais vous faire un compte-rendu, sachez que nous étions environ 150, représentants de divers ronds-points, mais surtout du centre ville de Marseille. Je vais y retourner parce que cela me permet – comme le fait d’avoir suivi la plupart de leurs manifestations à Marseille depuis le 17 novembre, de commencer à me faire une opinion. Même si le parti communiste est ce qu’il est un moribond que l’on tente d’achever encore et toujours, je considère qu’il aurait toute sa place là comme dans les débats de mai 68. Mais j’y reviendrai, je suis tout à fait d’accord avec cet article sur la manière dont on tente de faire monter le PEN… (note de Danielle Bleitrach)

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La lutte des classes et la dictature terroriste ouverte du capital

Le gouvernement Macron est l’objet d’une détestation massive, jamais atteinte jusqu’ici par les larbins du capital.

Sa dernière lettre ignore avec mépris les revendications essentielles exprimées par les gilets jaunes : l’augmentation du SMIC et des retraites, « faire payer les gros » , c’est-à-dire les actionnaires du CAC 40 qui ont empoché 57,4 milliards d’euros en 2018.

Le combustible de l’incendie social n’est donc nullement épuisé mais poursuit son accumulation et la bourgeoisie continue de souffler sur les braises, comme l’expliquait un gitan révolté par la punition de Dettinger. Le prétendu dialogue a d’emblée fermé la porte aux sujets qui fâchent et seuls le Figaro et La Croix ont salué le « grand débat national ». Bien que Macron puisse aisément piétiner une opposition parlementaire divisée et impuissante, le consensus est la seule justification de la démocratie bourgeoise. Autrement dit, pour la grande bourgeoisie, sans consensus la démocratie ne se justifie pas. Le durcissement de la répression engagé par Castaner, les consignes d’aller « au contact », de provoquer, gazer, arrêter tout ce qui bouge, l’hystérie contre le boxeur qui a frappé un robocop, les appels au meurtre de Luc Ferry, ceux à la délation de Schiappa montrent que cette démocratie ne pèse pas lourd dans la lutte des classes.

Un recours pour les monopoles

Sur le fond il n’y a pas de différence entre les intérêts de classe que défendent Macron et Le Pen, qui ne défend nullement les « petits » contre les « gros » mais bien le CAC 40 contre le peuple. Devant les micros de Bourdin elle n’a pas caché qu’elle n’augmenterait pas le SMIC, et préconise le même tour de bonneteau que le Medef et Macron : faire passer les cotisations du salaire total dans le net, afin d’épargner les capitalistes.

Dans une vidéo de Michel Onfray un passage fait tiquer dans la minute 10’57 à 11’52, où il rapporte une réflexion d’Attali sur les ressources politiques de la bourgeoisie. Cette petite phrase se trouve ici à 4’30.
« j’irais même plus loin, je crois que je connais c..elle qui viendra après lui » .

On connaît le gout d’Attali pour la provoc et le cynisme mais il n’échappe à personne (et c’est une des raisons pour lesquelles les dirigeants du PCF et de la CGT sont si timorés envers les gilets jaunes) que si l’occasion se présentait, Le Pen serait aujourd’hui plébiscitée.

Changement de pied du Front National

D’un côté Le Pen a renoncé à sortir de l’Europe et de l’euro. C’était une clause rédhibitoire pour une carrière institutionnelle, elle est levée.

De l’autre la critique de sa xénophobie par les médias s’est estompée en raison inverse du cynisme de l’Etat français envers les réfugiés. Sur ce point et contrairement aux revendications du peuple censurées, Macron n’a pas manqué de tendre la perche au RN en insinuant dans sa lettre les quotas d’immigrés :

« En matière d’immigration, une fois nos obligations d’asile remplies, souhaitez-vous que nous puissions nous fixer des objectifs annuels définis par le Parlement ? »

Plutôt les sanctions de Trump que la route de la soie !

Enfin depuis l’élection de Trump la sphère souverainiste a changé de camp. Après avoir régulièrement dénoncé l’Empire, elle soutient l’hégémonisme US. Et sous cet aspect il n’y a pas davantage de souverainisme que de beurre en branche. Le Pen admet que l’Europe n’a pas participé au financement de l’OTAN à hauteur de 2 % et souhaite l’intégration de la Russie à l’OTAN. Une telle alliance ne viserait en aucun cas le terrorisme islamiste comme elle le prétend car le terrorisme en est le fruit véreux et elle le sait, mais elle viserait la Chine contre laquelle les USA ont déclenché une guerre économique. Dans ce conflit les capitalistes français sont très hésitants et ne manquent pas une occasion de bâcher la Chine. Macron n’a pas abandonné l’atlantisme de ses prédécesseurs malgré toutes les couleuvres que les USA leur ont fait avaler.

La dernière condition à remplir serait un retournement du grand capital en faveur de Le Pen. Qu’elle l’attaque directement en paroles ne doit pas faire illusion, Mitterrand l’avait déjà fait, Hollande aussi. Au contraire qu’elle s’en prenne ouvertement aux capitalistes pour se mettre dans l’air du temps, serait un indice supplémentaire de sa promotion, et celle-ci dépend essentiellement de la réponse à donner dans la lutte des classes.

Le fascisme ne vient pas des radicaux

Contrairement aux mensonges des bavards de la bourgeoisie, le fascisme ne vient pas des gilets jaunes radicalisés, comme Drouet frauduleusement accusé par Jean-Michel Apathie d’avoir « voté Le Pen aux deux tours » , et tous ceux qui sont ulcérés par le mépris de classe, les mensonges, les excuses de Tartuffe, l’obstination à défendre l’ultra minorité des exploiteurs, les provocations policières et les blessures infligées impunément y compris à de simples passants ou d’inoffensifs retraités. Leur colère est légitime.

Inversement les médias invitent régulièrement les GJ « libres » polis, bien mis et présentés comme des modérés, dont l’inévitable Benjamin Cauchy proche de Dupont-Aignan ou bien Cédric Guémy, qui critique les radicaux et se propose de « présenter des candidats à des postes éligibles sur toutes les listes de centre et de droite : UDI, LR, Debout la France, Rassemblement national » .

Tous ensemble

Il n’y a donc pas de mur infranchissable entre Macron et Le Pen, à l’image du mur de Trump initié par Bush et pour lequel le sénateur Obama avait voté. Non seulement la grande bourgeoisie peut passer de l’une à l’autre, mais le premier ne saurait en aucun cas constituer un recours contre la seconde. Bien au contraire, c’est la mobilisation prolongée des masses, leur apprentissage dans la lutte actuelle, qui constitue la meilleure assurance contre tout pas en avant dans la fascisation, dans une dictature et un anticommunisme non déguisés.

Notre seul recours ce sont les masses populaires. Il faut avoir confiance dans les masses et non s’en défier. Pour combattre le fascisme il faut se mêler aux masses et non rester sur le trottoir.

Le peuple sait distinguer les communistes et ceux qui se détournent de lui pour ne pas se salir les mains. Et réciproquement le parti communiste des temps d’orage ne peut s’édifier que dans la lutte de classe, même s’il n’est pas reconnu comme une avant-garde et justement pour cela.

Il faut lutter ensemble et non se diviser. La lutte dans les entreprises et la grève politique de masse sont indispensables maintenant. Seule la lutte du plus grand nombre contre le capital peut faire reculer la bourgeoisie.

 » La révolution socialiste en Europe ne peut pas être autre chose que l’explosion de la lutte de masse des opprimés et mécontents de toute espèce. Des éléments de la petite bourgeoisie et des ouvriers arriérés y participeront inévitablement – sans cette participation, la lutte de masse n’est pas possible, aucune révolution n’est possible – et, tout aussi inévitablement, ils apporteront au mouvement leurs préjugés, leurs fantaisies réactionnaires, leurs faiblesses et leurs erreurs. Mais, objectivement, ils s’attaqueront au capital, et l’avant-garde consciente de la révolution, le prolétariat avancé, qui exprimera cette vérité objective d’une lutte de masse disparate, discordante, bigarrée, à première vue sans unité, pourra l’unir et l’orienter, conquérir le pouvoir, s’emparer des banques, exproprier les trusts haïs de tous (bien que pour des raisons différentes !) et réaliser d’autres mesures dictatoriales dont l’ensemble aura pour résultat le renversement de la bourgeoisie et la victoire du socialisme, laquelle ne « s’épurera » pas d’emblée, tant s’en faut, des scories petites-bourgeoises.  » Lénine

 
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Publié par le janvier 15, 2019 dans extrême-droite, medias

 

LA GRANDE MANIPULATION

 La journaliste Laetitia Monsacré, ancienne de La 5 qui dirige avec Ulysse Gosset la version française du New Yorker (Jim le Pariser) dit ce qu’elle pense de ses confrères… (note de Danielle Bleitrach)

Cette fin d’année 2018, La Grande bouffe, le film orgiaque de Marco Ferreri ayant fait scandale au Festival de Cannes en 1973 montrant des convives se gavant jusqu’à la garde, s’est fait voler la vedette lors des deux réveillons par une mauvaise série B sur fond de psychose et de propagande digne d’un régime que ceux qui se font gazer et flashballer sur les Champs Elysées depuis un mois pourraient qualifier de “fascisant”. En ce début 2019, la France est coupée en deux: les grandes villes souhaitant que “ces gens là” s’arrêtent et des départements comme l’Eure, où le gilet jaune s’affiche sur les tableaux de bord des voitures, outil indispensable à ces Français qui n’ont pas les moyens d’habiter les centres villes et se lèvent aux aurores pour enfiler les kilomètres entre déposer la petite à l’école, le grand au lycée et aller offrir son cerveau ou ses bras pour un SMIC. Cette France qui travaille et n’y arrive plus, cette France qui a enfin découvert loin de la honte qui l’étouffait de ne pas y arriver qu’elle n’était pas isolée, et qu’à plusieurs, on est plus fort que tout seul. “Une foule haineuse” outrageusement stigmatisée par des voeux martiaux le 31 décembre 2018 d’ un jeune Président arrogant et pyromane ayant commis lors des dernières présidentielles le hold up du siècle: se faire passer pour l’un des leurs alors que jamais un élu n’avait autant fait partie du système qu’il prétendait réformer. “Le mouvement s’essouffle” a t’on pu entendre dans les médias depuis l’Acte VI samedi 22 décembre 2018, avec de belles images pour les télévisions de quelques gilets jaunes sur les Champs Elysées, les rares ayant réussi à passer à travers les filets conformément à la technique de nassage qui s’applique depuis trois semaines –lire notre reportage. Les rares à prendre encore le risque de finir, en toute impunité, frappés par les CRS( le journaliste David Dufresne @davduf en est à plus de 200 signalements d’actes de violences de la police sur des manifestants auprès de la Place Beauvau depuis le 6 décembre) lorsque ce n’est pas les journalistes qui sont mis en joue par des CRS ou molestés comme  ancien de Sud radio, la joue en sang après un tir de flashball au Musée d’Orsay-on y était.

Journaliste, profession sinistrée

Etre journaliste depuis plus d’un mois en France lorsque l’on couvre les “Gilets jaunes”, c’ est en effet- n’en déplaise à Emmanuel Macron qui a essayé de nous associer dans ses voeux aux homosexuels, juifs et autres victimes de ces “gaulois” forcément incultes- devoir porter un casque et afficher “Presse” comme pour couvrir une guerre lointaine avec l’espoir que cela nous protège. De qui? Certainement pas des gilets jaunes qui, lorsque j’ai dû courir avec eux pour échapper aux grenades lacrymogènes lancées sans aucune raison, m’ont tendu mon portable tombé dans la tourmente. Ma carte de presse perdue en même temps a fini dans la poche d’un Baqueux, un policier, qui m’a lancé “J’en fait collection”. Ces mêmes “représentants de l’ordre”-sic, qu’Emmanuel Macron ne cesse de féliciter comme ce jour de Noël où il est allé visiter les motards de la police ayant été “violemment agressés”. Stéphanie Roy, @Steph_Roy_, une ancienne journaliste de l’agence mondiale de presse, Associated Press-une référence- travaillant désormais pour l’agence de presse indépendante LinePress, a filmé la scène. Toute la scène. Trois motards arrivant comme des cow-boys sur l’avenue Georges V alors que des gilets jaunes descendent joyeusement les Champs Elysées, bonnets de Noël et Marseillaise reprise en coeur. Les touristes sourient, quelques restaurateurs s’inquiètent pour leur terrasse, mais l’ambiance est comme le disent les journalistes “bon enfant”. Mais voilà que les trois policiers lancent des grenades comme on lance des confettis,  l’un d’eux tellement à son excitation qu’il en fait tomber sa moto. Alors évidemment ça tourne mal. Tu donnes de la merde, tu reçois de la merde. Une, deux trottinettes, des sapins, la riposte fuse. Légitime? Dans tous les cas, compréhensible et c’est là, que le dimanche 23 décembre fut un jour de deuil pour le journalisme. Images tronquées diffusées en boucle sur les chaînes du service publiques et d’information continue, infox  répugnante amalgamant les gilets jaunes à des racistes pour trois quenelles, à des antisémites pour une vidéo qui tourne sur les médias classiques alors qu’elle n’aurait jamais du quitter les réseaux sociaux ou encore à des homophobes en opposant le Mariage pour tous au RIC,  bref une volonté éditoriale écoeurante de faire passer un message de propagande digne d’une dictature: “Les Gilets jaunes sont l’ennemi du peuple”. On minore, on diabolise- selon.

Des confrères qui hurlent avec les loups

Alors, moi aussi j’ai eu honte. Honte d’avoir choisi un métier de crève la faim avec de plus en plus de journalistes qui y renoncent pour tenter ailleurs de gagner leur vie comme l’a révélé une étude dévoilée cette année aux Assises du Journalisme de Tours; honte que mes enfants nous trouvent pauvres dans un arrondissement de dents blanches mais surtout honte d’entendre certains de mes confrères, bien au chaud sur leur plateau ou dans leur studio radio donner dans “la voix de son maître” comme aux pires heures de l’ORTF. Que dis-je, la chose est plus perverse encore; la censure gaullienne a fait place à la fabrique d’opinion macronienne. Sur France Inter, à la matinale pilotée par Nicolas Demorand, hurleur avec les loups, on offre une demi-heure de pub gouvernementale au Secrétaire d’Etat au numérique pour qu’il rappelle aux bonnes gens que les Fake news, c’est sur internet et que c’est dangereux. Le même dont je ne salirais pas ce site en écrivant le nom qui a osé tweeter dimanche soir avec une photo de l’agresseur des policiers: “une ombre brune dans la nuit; cet homme sans visage insulte les milliers de mères célibataires qui occupent les ronds point”- un twitt qui a d’ailleurs, après notre signalement auprès de Twitter pour “incitation à la haine contre un individu isolé” été supprimé, tandis qu’Edouard Philippe (lequel m’a fait perdre mon pari avec mes enfants- j’avais prédit qu’il ne finirait pas l’année) twittait, droit dans ses bottes le 23 décembre au soir: “Des agressions d’une violence inouïe contre des policiers… Des gestes antisémites en plein Paris… Il est hors de question de banaliser de tels gestes qui doivent faire l’objet d’une condamnation unanime et de sanctions pénales.” Pardon, “une violence inouïe”? Comment le Premier Ministre qualifierait-il alors ces vidéos qui circulent sur Twitter où des journalistes comme Remy Buisine du site Brut ou Arnaud Viviant pour ses commentaires rachètent notre honneur- au passage tous deux insultés par les comptes anonymes RN reconnaissables à leur drapeau bleu blanc rouge…

Acte VIII, en direct de Saint Germain des près

Ce samedi 6 janvier 2019, j’étais une fois encore en reportage. En bas de la rue Bonaparte, les GJ sont passés pacifiquement à 14heures 30; la manifestation était déclarée. Devant le Musée d’Orsay, ils ont été bloqués; plus possible d’aller tout droit, ni à gauche ni à droite. Alors évidemment, une foule à l’arrêt, ça essaye de passer; les gaz ont commencé. Les touristes ont du être enfermés dans le musée, les habitants du très chic 7ème arrondissement obligés de détaler comme des lapins avec les yeux rouges et la gorge qui brûle, pris au piège des nuages de gaz lacrymogènes chargés d’ammoniaque; Jim a eu droit à des gouttes pour les yeux, et de pouvoir sortir en passant un cordon de CRS qui bloquait toutes les sorties avec les gilets jaunes qui acceptaient de retirer les gilets. Plus loin, rue du Bac, on entendait Hexagone de Renaud. Une jeune journaliste de CNews filmait un petit feu de poubelle; je l’ai prise à parti en plein direct pour lui dire tout mon mépris d’être associée à l’infox des chaines d’infos continues qui rendent notre profession de journaliste chaque jour un peu plus suspecte et décriée. Boulevard Saint Germain, des poubelles ont commencés à brûler, sans aucune casse. Des gilets jaunes très chics descendaient le boulevard, une autre racontait que, sortant de l’ENA, elle gagnait 5000 euros par mois mais qu’il ne lui restait que 600 euros après toutes ses charges. Tous étaient là depuis le début- huit samedis de suite sauf pendant les fêtes, habitués à se faire gazer, certains ayant perdu des cheveux comme la fille de Céline,  costumière de théâtre “ayant la chance d’avoir une petite rente grâce à une série TV de France2 depuis deux ans”. Mais le sourire aux lèvres lorsqu’ils évoquent la solidarité et les amitiés qui sont nées sur le macadam parisien. Car on parle beaucoup dans les manifs à chaque fois que l’on se retrouve statique, Macron devrait méditer cela; un marcheur est moins solidaire que quelqu’un qui attend, debout dans le froid avec rien à faire que d’espérer ne pas se prendre une grenade ou un flashball dans l’oeil.

 

Signé “sale pute” cf un charmant Baqueux

17 heures. Devant le Café de Flore, le boulevard Saint Germain offrait une vision dantesque avec une immense fumée noire venant des poubelles incendiées par trois blackbox qui avaient déterré un poteau. Aucun policier en civil n’était présent alors que des Gilets jaunes et moi même tentions de les faire partir. Alors les médias ont eu de belles images pour faire peur aux Français, avec un acte VIII qui ressemble à tous les autres. Et cette question: Macron a t’il séché les cours de français pour ne pas savoir qu’une bonne pièce de théâtre, c’est en cinq actes? Entendra-t’on la maire du 7 eme arrondissement,  Rachida Dati qui ne perd jamais une occasion de se montrer,  fustiger à son tour une “foule haineuse” ou les “agitateurs radicalisés” cf le porte parole du gouvernement, le très jeune et inexpérimenté Benjamin Griveaux? Sans une vitrine cassée, les Gilets jaunes ont descendus dans un calme absolu la rue Bonaparte en chantant Aux Champs Elysées de Dassin avant d’être arrêté par des Baqueux armés de flashballs à l’angle de la rue Jacob. En les apostrophant poliment pour qu’ils ne visent pas les têtes, l’un d’eux m’a dit “Ta Gueule sale pute” devant ma fille de 13 ans venue m’accompagner et des témoins ébahis. Voilà, Mr Macron, Mr Castaner et le minable petit présentateur de CNews du samedi après midi ; c’était ça le 6 ème arrondissement aujourd’hui. Si vous quittiez vos bureaux et vos plateaux TV vous sauriez ce qu’est une France en colère qui ne croit plus dans ses hommes politiques, mais pas plus dans ses journalistes et pour cause. Quant à dans sa police, c’est comme pour mes confrères: il y en a vraiment qui mériteraient de connaître le même sort que ceux qu’ils insultent, qu’ils gazent et qu’ils bastonnent. CQFD.

Voir la vidéo montrant le gazage des Gilets jaunes pacifistes sur la Passerelle face au Musée d’Orsay

 

 

 

 

Voilà un des dangereux agitateurs cherchant l’insurrection comme le stigmatise outrageusement Benjamin Grivaux s’etonnant ensuite qu’on vienne le chercher dans son Ministère de la Propagande

 

Un congénère de Jim, réfugié devant le Musée d’Orsay, avec ce Monsieur qui distribuait des pipettes de sérum physiologique

Florent Marcie, documentariste,  après un flashball en pleine joue

Pour sortir, on retire son gilet jaune ou on ne ne passe pas avec des CRS à la barre orange sur leur casque, “les plus sympas” selon des gilets jaunes connaisseurs…

Rue du Bac, on ne passe pas,

même ces touristes japonais qui avaient prévu leur laissez passer!

Attention, l’insurrection est proche!

Jim avec un dangereux agitateur!

Au très chic Café de Flore, un serveur immortalise la marée jaune

Rue Jacob, les macarons de Ladurée étaient bien gardés…