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Le capitalisme du 21ème siècle: le pouvoir des guerriers nucléaires

le capitalisme
Photo: Granma 

À la fin du vingtième siècle, les États capitalistes ont abandonné d’importants domaines vitaux de l’économie, des services, des communications, etc. Ces seteurs sont restées aux mains de grands conglomérats dont le seul objectif est d’obtenir le maximum de profits à n’importe quel prix.Le processus de déréglementation initié aux États-Unis avec l’approbation en 1996 de la Telecomunication Act par le président américain de l’époque, Bill Clinton, a permis aux entreprises ayant des intérêts extérieurs à la logique de la communication de devenir propriétaires des médias.

Les mégafusions de capitaux financiers, industriels et militaires se sont accompagnés  d’un processus plus important de concentration des médias. Sont alors apparus de vrais monstres à mille têtes qui font que  les mêmes produisent des avions de combat des céréales, les aliments génétiquement modifiés, voitures, médicaments, biscuits, news, jeux vidéo, missiles, représentent les artistes, ils publient des livres, des journaux et des magazines que nous lisons, Arman et ils encouragent les campagnes présidentielles, dictent la mode, la politique, les goûts, inventent et organisent des guerres, nous connectent à Internet et à la télévision par satellite, contrôlent l’énergie, etc.

 

Il s’agit d’un monde qui se rapproche toujours plus de l’univers de Fahrenheit 451 universellement connu,  imaginé par l’écrivain américain Ray Bradbury, un monde des êtres aliénés, où la vie est une sorte de télé – réalité, où il y a une disparition  de la vie privée, du libre-arbitre , de la liberté, c’ est l’univers orwellien de 1984

Dans ce monde du vingt – unième siècle la liberté d’expression du capitalisme n’est rien d’ autre que la liberté des grands conglomérats de dire aux gens ce qui les intéresse eux mêmes, ce qui est important à comprendre, parce que le pouvoir sur la liberté de chacun  est entre les mains d’environ six méga-transnationales .

Aux  États – Unis, Westinghouse, qui ne fabrique pas que des réfrigérateurs et des mélangeurs et d’ autres articles ménagers, mais une partie du complexe militaro – industriel de ce pays se confond avec CBS-Viacom.

General Electric, également connu pour ses célèbres appareils et également une société du même complexe militaro – industriel, fusionne -plutôt agrège- Fox Nouvelles, Disney, Sony, aol, cnn, emi, Times, Life, People, il possède des satellite, des agences d’information , des réseaux câblés, des magazines, de la radio, de l’édition … également Warner Music Group, qui compte plus d’ un millier d’ artistes engagés comme Madonna et Eric Clapton, et il diffuse  86% de ce que nous voyons , nous entendons et nous lisons.

À l’autre bout du monde, la scène se répète. En Europe, Lagardère, une grande société d’armements, fusionne avec Le monde et achète d’importantes actions de Prisa; Dassault (Armement) avec Le Figaro; Fininvest (Société de Berlusconi), avec Mepiaset-Tele 5 et Mediabanca-fiat avec Risoli Corrieri de la Cera.

Tous ces conglomérats européens ont pour partenaires de plus en plus dominants Westinghouse et General Electric, représentés par Time Warner, Fox, Viacom, aol et Sony.

Un autre phénomène intéressant est l’intégration qui se produit entre ces méga – entreprises, les entreprises américaines Burson – Marsteller relations publiques, qui opère dans 35 pays, l’exemple de ses clients sont Monsanto et Union Carbide, et le Groupe Rendon relations publiques, expert en matière de vente  des guerres, qui ont travaillé pour le père et fils de Bush et pour Bill Clinton; et les soi-disant psiops militaires, les guerriers psychologiques..

Pendant la guerre en Serbie, les psycho guerriers du 3ème. Bon d’opérations spéciales de Fort Bragg, ont travaillé avec CNN en ce qui concerne la production des actualités.  L’irak fut l’apogée de cette relation , puis vinrent en Irak a été l’apogée de cette relation, puis  la Syrie, le Venezuela, le Nicaragua Libye, Ukraine.

Ces charlatans, comme les appellent les journalistes, produisent et dictent les matrices d’opinion orientées à partir des centres de pouvoir politique, économique et militaire, et si les grands bénéficiaires des guerres sont les entreprises du complexe industriel militaire, il faut savoir que font les propriétaires des grands médias de communication et d’ Internet : quel type d’informations a été produit? Quel genre d’information est ce qui nous vient à travers ces médias?

Le développement technologique et informatique de l’ère des communications, la mondialisation du message et la capacité d’influencer l’opinion publique mondiale ont fait des opérations d’action psychologique et médiatique la principale arme stratégique. Comme dans la guerre militaire, un plan de guerre psychologique est conçu pour annihiler, contrôler ou assimiler l’ennemi.

Les armées militaires sont remplacées par des groupes opérationnels décentralisés spécialisés dans la communication stratégique et la psychologie de masse.

Des groupes de travail de guerre des médias, des groupes de subversion politique idéologique agissent contre les ennemis du pouvoir mondial du capitalisme, en particulier contre les pays qui osent défier ce pouvoir. Contre les gouvernements progressistes d’Amérique latine, ils ont fait l’expérience de toutes leurs armes, ils ont beaucoup d’argent, des ressources humaines illimitées, une formation et une longue expérience. Ils étudient les gens, leur mode de vie, leurs sentiments religieux, leur culture, leur identité, les groupes sociaux qu’ils forment.

Los grupos los integran diversos operadores, entre ellos los más importantes son:
Operadores legitimadores: Utilizan diversas estrategias de influencia masiva, por ejemplo, el Tercero Independiente, cuando se quiere enfrentar una verdad se usa a un tercero calificado, el uso de expertos, de reconocidos especialistas, es muy empleado para enfrentar muchas veces verdades incómodas para el poder global capitalista, sus transnacionales o gobiernos.
Operadores validadores: Manejan los medios, construyen matrices de opinión, generan mentiras, usan también a los «expertos», a los «especialistas renombrados» para validar una noticia.
Operadores multiplicadores: Reciclan noticias, entrevistan a personas «del pueblo» ya influidas, fabrican entrevistas, multiplican por todos los medios las noticias, ideas, matrices de opinión, medias verdades o mentiras completas, etc.
Estos operadores actúan desde el exterior y desde el interior de los países, tienen la misión de sembrar la incertidumbre, la desesperación, el miedo, la zozobra. Las redes sociales son el ejemplo más evidente; en este escenario: actúan bajo diversos perfiles y tienen bajo su mando a decenas de subordinados que multiplican los mensajes prefabricados, permanecen las 24 horas en acción, lanzando rumores, manipulando la realidad, difamando, mintiendo, mezclando medias verdades con mentiras y dirigiendo sus ataques de manera coordinada contra la institucionalidad revolucionaria y sus representantes.
Ya no podremos hablar de imperio norteamericano o británico o alemán, habrá que hablar además, de imperios Westinghouse, o General Electric o Monsanto, con sus ejércitos privados de mercenarios, como los que ya han operado defendiendo los intereses de esos grupos en diversas regiones del planeta.
El capitalismo sobrevivió a todos los augurios, fue capaz de reinventarse y sostenerse en el imaginario de la gente, mantuvo el poder en el siglo xx y saltó con bríos al xxi, pero a pesar de todos los esfuerzos y de todas las «victorias», el temido fantasma anunciado por Marx y Engels, debilitado su ectoplasma, recorre el mundo, asustando de muerte a los ricos, el sepulturero sigue ahí, calumniado, pero vivo. Su marcha es azarosa, difícil, pero inexorable.

les Groupes qui coordonnent  les différents opérateurs, y compris les plus importants sont les suivants :

pour légitimer les Opérateurs: Ils utilisent diverses stratégies influence massive, par exemple, le tiers indépendant, quand il s’agit d’affronter une vérité il est fait appel   à un tiers qualifié , avoir recours à des experts, spécialistes reconnus, est très souvent  la méthode  pour faire face à des vérités inconfortables pour le pouvoir capitaliste mondial, ses transnationales ou les gouvernements.
Opérateurs de validation: Gérez les médias, construisez des matrices d’opinion, générez des mensonges, utilisez aussi les «experts», les «spécialistes renommés» pour valider une histoire.

Opérateurs de multiplicateurs: recyclez les nouvelles, interrogez les gens « des gens » déjà influencés, faites des interviews, multipliez par tous les moyens les nouvelles, les idées, les matrices d’opinion, les demi-vérités ou les mensonges complets, etc.

Ces opérateurs agissent de l’extérieur et de l’intérieur des pays, ils ont pour mission de semer l’incertitude, le désespoir, la peur et l’anxiété. Les réseaux sociaux en sont l’exemple le plus évident. dans ce scénario: ils agissent sous différents profils et avoir sous ses ordres des dizaines de subordonnés multiplier les messages restent mobilisés  24 heures dans l’action, le lancement de rumeurs, la manipulation calomnier réalité, le mensonge, le mélange des demi-vérités avec des mensonges et diriger leurs attaques de manière coordonnée contre les institutions révolutionnaires et leurs représentants.

Nous ne pouvons plus parler de l’ empire américain ou britannique ou allemand, il faut parler aussi des empires Westinghouse ou General Electric ou Monsanto, avec leurs armées privées de mercenaires, comme ceux qui ont déjà exploité la défense des intérêts de ces groupes dans les différentes régions planète

Le capitalisme a survécu à tous les présages, il a été capable de se réinventer  lui – même dans l’esprit des gens, il a conservé le  pouvoir au XXe siècle et a sauté allègrement à xxi, mais malgré tous les efforts et tous les « victoires » le fantôme redouté annoncée par Marx et Engels, dont ectoplasme, parcourt le monde, menace de  mort les riches, le fossoyeur toujours là, calomnié, mais vivant. Sa marche est hasardeuse, difficile mais inexorable.

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Publié par le septembre 16, 2018 dans medias, SOCIETE

 

Déclaration relative aux arrestations massives de journalistes en Ukraine

Voici ce qui se passe réellement en Ukraine, tandis que les médias occidentaux et les réseaux sociaux orientés ne font état que d’un terroriste d’extrême-droite, lié au parti néo-nazi pravy sektor, de nos camarades du parti communiste du Donbass, nous parviennent des nouvelles différentes, une répression de masse, des poursuites sans raison, des soins refusés en prison,etc. il en de cela comme du meurtre de 46 individus à la maison des syndicats d’Odessa, toujours impunis et bénéficiant de l’omerta de la presse occidentale. C’est un gouvernement corrompu d’oligarques et de néo-nazis sans complexe que l’uE et les Etats-Unis soutiennent. (note et traduction de Danielle Bleitrach)

Avec l’avènement du nouveau gouvernement, l’anarchie scandaleuse a débuté en Ukraine, à la suite de quoi la répression la plus extrême contre les journalistes de l’opposition s’est développée.Pendant quatre ans, le pays est secoué par des nouvelles concernant de nombreux cas d’atteinte à la liberté d’expression. Pour des raisons politiques, les journalistes sont persécutés, arrêtés, torturés et même tués. Durant le règne des autorités de Kiev, à la suite du coup d’État, 12 journalistes ont été tués et 40 condamnations pour envoi de messages sur les réseaux sociaux ont eu lieu.

Le 27 septembre 2017 à Zaporozhye, le SBU a arrêté un important journaliste de gauche, Pavel Volkov. Il était accusé d ‘ »atteinte à l’intégrité territoriale » et « d’assistance à des activités terroristes ». La base de l’accusation, comme preuve de culpabilité, réside dans sa page dans le réseau social « Vkontakte » et dans des articles sur des sujets socio-politiques sensibles. Il a écrit que Kiev a violé les accords de Minsk et que des civils du Donbass sont tombés sous le feu de l’APU. Dans ses articles, Volkov était scandalisé par les démolitions des monuments de l’ère soviétique. En ce moment il est en prison.depuis près d’un an sont exercés contre lui de nombreux de pression. Il est privé  de soins médicaux décents, la santé de Paul a été grandement ébranlée.

Le 1er août 2017, Vasily Muravitsky a été arrêté à Jitomir pour les mêmes raisons tirées par les cheveux. Un an plus tard, le journaliste a été libéré en résidence surveillée, mais son cas n’est pas clos, et la poursuite n’a pas été interrompue.Le 15 mai 2018 à Kiev a été arrêté le directeur de la branche ukrainienne de l’agence de nouvelles russe RIA Novosti Cyril Wyszynski. Il fait face à 15 ans d’emprisonnement pour ses articles publiés, qui contiennent des critiques des autorités ukrainiennes.

De plus, en 2015, des journalistes ont été arrêtés Dmitry Vasilets et Yevgeny Timonin. Ils ont été arrêtés pour avoir visité Donetsk et coopéré avec une chaîne de télévision locale. Les journalistes ont passé plus de trois ans au SIZO. En février 2018, la mesure de contrainte sur l’assignation à domicile a été modifiée, mais l’affaire n’est pas close.

Nous considérons ces actions des autorités de Kiev comme une volonté d’éliminer le champ de l’information des journalistes indésirables. Peut-être l’opinion de quelques-uns des travailleurs des médias détenus ne peuvent pas entièrement être appelé marxiste, mais néanmoins, nous exprimons notre solidarité avec ceux qui ont osé sous la menace d’emprisonnement ou de mort pour exprimer un point de vue différent en Ukraine. Nous exigeons la libération de tous les condamnés pour des raisons politiques!

 

 
 

L’exposition Frida Kahlo critiquée en Hongrie, accusée de   « promouvoir le communisme »

cette vague ultra-conservatrice qui a également pris pour victime le philosophe marxiste Lukacs ose s’affirmer en tant que telle, mais comment ne pas voir qu’elle est largement entretenue dans toute l’Europe par un dénigrement du communisme obligatoire, lieu commun si l’on veut être publié, exposé. La censure existe partout et frise le négationnisme, jamais Orban et ses pareils n’oseraient agir ainsi s’ils n’avaient pas la caution de fait de l’UE et de l’Allemagne en particulier. (note et traduction de danielle Bleitrach)

Les visiteurs assistent à l'exposition "Frida Kahlo: Chefs-d'œuvre du Museo Dolores Olmedo, Mexico" à la Galerie nationale hongroise de Budapest

Les visiteurs assistent à l’exposition « Frida Kahlo: Chefs-d’œuvre du Museo Dolores Olmedo, Mexico » à la Galerie nationale hongroise de Budapest. CRÉDIT: BERNADETT SZABO / REUTERS

Soixante -quatre ans après sa mort, la vie personnelle et la politique de Frida Kahlo sont traquées en Hongrie.

Un journal pro-gouvernemental d’extrême droite a critiqué une exposition extrêmement populaire sur son travail à la Galerie nationale hongroise de Budapest en l’accusant de « promotion du communisme ».

Cette critique s’inscrit dans le cadre d’un débat national plus large sur la culture et la politique culturelle depuis que le Premier ministre nationaliste Viktor Orban a remporté son troisième mandat consécutif en avril.

Les partisans de M. Orban et les journalistes pro-gouvernementaux ont fait valoir ces dernières semaines qu’après qu’Orban avait remporté un autre mandat fort, il était maintenant temps de changer de culture en faveur des valeurs conservatrices pour mettre fin à ce qu’ils appellent les artistes libéraux de gauche.

Dans un article du 14 juillet intitulé « Voici la façon dont le communisme est promu en utilisant l’argent de l’Etat », l’exposition Kahlo a été dénoncée dans le journal de droite Magyar Idok avec d’autres galeries, artistes et expositions.

« Vous ne le croirez pas, mais Trotsky est de nouveau apparu à Budapest, cette fois-ci depuis le lit de Frida Kahlo », a-t-il écrit, faisant allusion à Leon Trotsky, une figure clé de la prise de exil au Mexique. Trotsky a été assassiné en 1940.

Un visiteur assiste à l'exposition "Frida Kahlo: Chefs-d'œuvre du Museo Dolores Olmedo, Mexico" à la Galerie nationale de Hongrie à Budapest
Un visiteur assiste à l’exposition « Frida Kahlo: Chefs-d’œuvre du Museo Dolores Olmedo, Mexico » à la Galerie nationale de Hongrie à Budapest. CRÉDIT: BERNADETT SZABO / REUTERS

K ahlo était affiliée au Parti communiste du Mexique et aurait également décoré la tête de son lit avec des images des dirigeants communistes Marx, Engels, Lénine, Staline et Mao, selon le Museo Frida Kahlo du Mexique.

Le journal a ajouté qu’il n’y avait « pas de problème esthétique » avec l’exposition du « peintre communiste mexicain », qui attire jusqu’à 3.000 visiteurs par jour.

La National Gallery a refusé de commenter. Kahlo est devenue l’un des artistes les plus célèbres du XXe siècle dans les décennies qui ont suivi sa mort, et son travail suscite un grand intérêt.

L’exposition de peintures de Budapest coïncide avec une exposition de Kahlo au Victoria & Albert Museum de Londres .

Nouvelle ère

Lors du débat sur la politique culturelle, M. Orban a déclaré le 28 juillet que des changements majeurs devaient être réalisés dans ce domaine et que sa troisième victoire électorale était « rien moins que le mandat de construire une nouvelle ère ».

« Une époque est déterminée par les tendances culturelles, les croyances collectives et les coutumes sociales. C’est maintenant la tâche à laquelle nous sommes confrontés: nous devons intégrer le système politique à une époque culturelle », a déclaré M. Orban à des centaines de partisans.

Un porte-parole du gouvernement a refusé de commenter lorsqu’on lui a posé des questions sur les changements imminents.

Depuis que M. Orban a été élu pour la première fois en 2010, son parti Fidesz a réécrit la constitution hongroise, a pris le contrôle des médias d’État et des hommes d’affaires proches de M. Orban et du Fidesz ont construit des empires.

M. Orban a contesté avec succès les tabous libéraux occidentaux, remportant les élections de 2018 avec une forte campagne anti-immigration et en mettant l’accent sur l’importance de la fierté et de l’unité nationales et d’une « Hongrie forte ».

Les visiteurs assistent à l'exposition "Frida Kahlo: Chefs-d'œuvre du Museo Dolores Olmedo, Mexico" à la Galerie nationale hongroise de Budapest

Les visiteurs assistent à l’exposition « Frida Kahlo: Chefs-d’œuvre du Museo Dolores Olmedo, Mexico » à la Galerie nationale hongroise de Budapest. CRÉDIT: BERNADETT SZABO / REUTERS

Un groupe d’une soixantaine d’artistes et d’historiens de l’art ont signé un manifeste rejetant la liste des artistes de Magyar Idok, affirmant que ces attaques étaient sans fondement.

En juin, Magyar Idok a également publié un article d’un commentateur invité qui accusait la comédie musicale Billy Elliot de l’Opéra d’État hongrois de diffuser la propagande homosexuelle auprès de son jeune public. Billy Elliot est au programme depuis deux ans, avec plus de 100 000 téléspectateurs à ce jour.

L’opéra national a annulé 15 des 44 représentations prévues en juin-juillet.

Dans un communiqué publié sur son site internet, il a indiqué que les performances n’avaient pas été annulées en raison de la controverse dans la presse. Mais il a noté que les gens avaient perdu tout intérêt à voir le spectacle suite à la couverture.

Les visiteurs assistent à l'exposition "Frida Kahlo: Chefs-d'œuvre du Museo Dolores Olmedo, Mexico" à la Galerie nationale hongroise de Budapest
Les visiteurs assistent à l’exposition « Frida Kahlo: Chefs-d’œuvre du Museo Dolores Olmedo, Mexico » à la Galerie nationale hongroise de Budapest. CRÉDIT:  BERNADETT SZABO / REUTERS

T AMAS Fricz, un analyste politique de droite qui a aidé à organiser des rassemblements de masse pour Orban, a déclaré que le but était « de ne pas détruire la culture libérale » , mais d’ajuster le système pour tenir compte de la droite conservatrice domination politique, tout en préservant les valeurs des arts libéraux.

« L’autonomie des institutions individuelles devrait être préservée mais je pense que le gouvernement … a le droit de favoriser et de soutenir fermement et consciemment la pensée conservatrice, les artistes, les œuvres de la culture », a déclaré Fricz.

Un moyen serait de consacrer plus d’argent aux films historiques montrant les grands chapitres de l’histoire de la Hongrie, at-il ajouté.

« Une culture conservatrice doit se construire … ce qui montrerait la force historique de la nation hongroise », a-t-il déclaré.

 

Sophia Chikirou, pas si bénévole que ça ? L’ancienne directrice du Média épinglée

Sophia Chikirou, pas si bénévole que ça ?  L'ancienne directrice du Média épinglée
Sophia Chikirou en janvier 2017. (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)

Mediapart révèle que Sophia Chikirou a facturé des prestations de conseil au Média.

Par L’Obs

Situation toujours aussi « explosive » au « Média », détaille ce vendredi Mediapart, qui révèle que Sophia Chikirou, laquelle avait abandonné en juillet sa double casquette à la tête de l’entreprise de presse et de sa société de production, était rémunérée comme prestataire via sa société Mediascop. « En résumé : via sa société Mediascop, dont elle est l’unique actionnaire, la consultante Sophia Chikirou donnait des conseils à la présidente Sophia Chikirou », écrit Mediapart, qui évoque deux virements pour un total de 130.000 euros [et non pas deux virements de 130.000 euros chacun, NDLR] dont des « prestations de direction conseil et stratégique » à 400 euros la journée entre janvier et juillet 2018. Une révélation qui intervient dans un contexte de guerre intestine entre l’ancienne et la nouvelle équipe de direction, au sujet, entre autres, de la sincérité des comptes de l’entreprise présentés en juin dernier.

Sophia Chikirou assure que « tout le monde au ‘Média’ était informé de ces prestations, surtout les fondateurs puisque les trois sociétés des fondateurs fournissaient des prestations de communication et audiovisuelles pour lesquelles le Média n’avait pas les compétences en interne ». Ce que la nouvelle direction conteste. Par ailleurs, Sophia Chikirou avait toujours expliqué qu’elle exerçait sa mission à la tête du Média de façon bénévole.

Le 27 juillet dernier, alors que l’ancienne spin doctor de Jean-Luc Mélenchon était censée laisser les rennes à la nouvelle direction du Media, « Sophia Chikirou a demandé au Crédit du Nord de faire trois virements : les deux premiers à deux des six autoentrepreneurs ayant travaillé pour le Média, le troisième à sa propre société, Mediascop, d’un montant de 67.146 euros »Le virement a été bloqué par la banque mais deux jours plus tôt, un chèque de 64.119 euros  avait été débité du compte du Média au profit de la société Mediascop. Les documents publiés par Mediapart montrent que dès le 13 juillet, Sophia Chikirou avait présenté par courrier la facture à la direction du Média et exigé un paiement à réception.

« J’ignorais que la société de Sophia Chikirou était prestataire du Média », explique la journaliste Aude Lancelin, nouvelle directrice du Média, qui dit considérer « cette facture comme une volonté de tuer le Média, par dépit, alors même que Sophia m’avait personnellement demandé de prendre sa succession et avait tenu à se féliciter publiquement de mon élection ».

« Si la banque n’avait pas bloqué le virement, nous aurions été en grande difficulté financière et les salaires n’auraient vraisemblablement pas pu être versés cet été. »

« Calomnie pure »

Sophia Chikirou, elle, souligne « l’étanchéité totale », note Mediapart, entre son rôle à la tête de la société de production et celui de patronne de Mediascop : « Cette prestation correspond au travail fourni par Mediascop et qui ne relève pas du mandat social de présidente de la SDPLM. Il s’agit de l’élaboration de la stratégie marketing et communication sur le web, de la communication extérieure et de la supervision quotidienne de sa mise en œuvre », insiste-elle, évoquant l’existence d’une convention détaillant les relations entre sa société et le Média – ce que ne confirme pas la nouvelle direction.

« Elle était bénévole en tant que présidente mais rémunérée comme conseil en stratégie. En interne, c’est ainsi qu’elle le justifie. Cela me semble problématique de se revendiquer bénévole et de se rémunérer par ailleurs », indique Henri Poulain, co-fondateur du Média.Sophia Chikirou, a annoncé son intention de saisir la justice face aux accusations de ses anciens collègues. Elle souhaite obtenir un audit externe des comptes du Media que Gérard Miller, co-fondateur, lui aurait refusé. « On a atteint le stade de la calomnie pure », ajoute-t-elle, auprès de « l’Obs ».

L. B.

 
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Publié par le août 12, 2018 dans medias

 

BASTA : Le pouvoir d’influence délirant des dix milliardaires qui possèdent la presse française

LIBERTÉEGALITÉINFORMÉS

de l’excellent site Basta :

https://www.bastamag.net/Le-pouvoir-d-influence-delirant-des-dix-milliardaires-qui-possedent-la-presse

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PAR AGNÈS ROUSSEAUX

Dix milliardaires ont pris le contrôle d’une grande partie des médias français. Ces oligarques, venus du BTP, de l’armement, du luxe ou de la téléphonie, ont accaparé les grands quotidiens nationaux, les chaînes de télévision et les radios, pour asseoir leur influence. Avec à la clé, conflits d’intérêts, censures, pressions, licenciements, ingérence malsaine… Cette concentration des moyens de production de l’information entre les mains de quelques uns met en péril l’indépendance de la presse dans notre pays. Et porte ainsi atteinte au fonctionnement démocratique. Comment garantir la liberté de l’information et le pluralisme de la presse ? Résumé d’une situation critique, à l’occasion de la campagne #LibertéEgalitéInformés.

À qui appartient la presse française ?

Le secteur de la presse en France est un grand Monopoly. Tout s’achète, tout se vend, les journaux, les télés, les radios. Quelques milliardaires se partagent le gâteau. Résultat : 90 % des quotidiens nationaux vendus chaque jour appartiennent à 10 oligarques ! D’après les calculs de Basta !, les mêmes possèdent des télévisions et radios qui totalisent respectivement 55% et 40% des parts d’audience [1]. Vous avez donc une grande probabilité de lire, regarder ou écouter chaque jour des médias qui appartiennent à ce petit cercle de milliardaires.

Cela pose plusieurs problèmes. La concentration d’abord. Est-il sain qu’une si grande part de la presse appartienne à quelques personnes, richissimes, faisant partie d’une caste de privilégiés ? L’indépendance, ensuite. Est-il normal que les principaux médias français de notre pays soient entre les mains de marchands d’armes, d’entreprises du luxe, du BTP, de la téléphonie, de banquiers ou de fabricant de toilettes ? Comment ces propriétaires peuvent-ils concilier liberté de l’information et intérêts privés ? Comment TF1, BFM-TV, Le MondeLibération peuvent-il produire en toute indépendance des enquêtes sur le secteur de la téléphonie, quand leurs propriétaires sont les patrons de Free, Bouygues Telecom et SFR ? Comment les journalistes du Figaro peuvent-ils porter un regard critique sur la politique de défense de la France, quand le propriétaire de leur journal vend des avions de chasse à l’État français ? Enfin, cette situation ne peut qu’encourager la reproduction d’un système économique qui assure la continuité des intérêts financiers de cette petite classe de possédants. Ils constituent une véritable communauté d’intérêt ! Et ce qui motive de riches patrons à créer des conglomérats médiatiques – qui ne rapportent pas vraiment d’argent – c’est d’abord la possibilité d’acheter de l’influence.

Qui sont ces 10 milliardaires ?

Ils sont cinq à faire partie du cercle des dix premières fortunes de France : Bernard Arnault, PDG du groupe de luxe LVMH (patron des Echos, du Parisien), Serge Dassault (Le Figaro), François Pinault (Le Point), Patrick Drahi, principal actionnaire de SFR (LibérationL’Express, BFM-TV, RMC), Vincent Bolloré (Canal+). On trouve ensuite Xavier Niel, patron de l’opérateur de téléphonie Free et 11ème fortune de France, qui s’est associé avec Pierre Bergé, héritier du couturier Yves Saint-Laurent, et avec le banquier Matthieu Pigasse, pour devenir propriétaire du groupe Le Monde (L’Obs, Télérama, La Vie…). Matthieu Pigasse possède également Radio Nova et l’hebdomadaire Les Inrocks.

Martin Bouygues, 30ème fortune de France, est propriétaire du groupe TF1. La famille Mohn, qui contrôle le groupe allemand Bertelsmann [2], est propriétaire de M6, RTL, GalaFemme actuelleVSDCapital,… Viennent ensuite Arnaud Lagardère, propriétaire d’Europe 1, Paris Match, du JDD, de Virgin radio, RFM, Télé 7 jours, et Marie-Odile Amaury, qui possède L’Equipe (et dont le groupe est, par l’une de ses filiales, organisateur du Tour de France notamment). Petite précision : ces deux derniers ne sont « que » millionnaires, avec tout de même une fortune évaluée entre 200 et 300 millions d’euros. A ce « Top 10 », on pourrait aussi ajouter la famille Bettencourt qui finance le journal ultra-libéral L’opinion. Ou le milliardaire d’origine libanaise Iskander Safa, 71ème fortune de France et propriétaire du très réac Valeurs actuelles.

[Cliquer sur l’image pour agrandir]

Conflits d’intérêts en pagaille

Quelles sont les conséquences sur l’indépendance des médias ? Un mélange des genres pour le moins douteux, qui peut mettre les journalistes en porte-à-faux. Comment TF1 pourrait-il produire des enquêtes critiques sur les abus des partenariats publics-privés (PPP) quand son propriétaire, Bouygues, fait partie des multinationales du BTP qui bénéficient de ces juteux contrats ? Autre exemple : comment un média peut-il s’intéresser de près aux affaires d’évasion fiscale quand son patron manifeste un attrait prononcé pour les paradis fiscaux ? C’est la question que doivent se poser les journalistes de BFM-TV à chaque nouveau scandale fiscal.

Leur boss, Patrick Drahi, a échafaudé, à partir de sa holding personnelle, un opaque et complexe montage de filiales et de trusts, dispersés au sein de paradis fiscaux notoires : Guernesey, Suisse ou Luxembourg. Comment BFM évoque-t-elle le scandale des Panama Papers, dans lequel apparaît le nom de Patrick Drahi ? « Vous avez vu la réaction des gens qui ont été cités ? Ils se défendent c’est normal. Patrick Drahi, par exemple, qui reconnaît avoir une société, mais rien d’illégal. (…) Est-ce que finalement c’est la bonne méthode de jeter en pâture des noms de personnalités, sans qu’elles aient vraiment la possibilité de se défendre ? »explique ainsi l’animateur Olivier Truchot dans son émission BFMStory…

Voir l’organigramme de l’empire industriel de Patrick Drahi, réalisé par l’économiste Benoît Boussemart et publié par Le Canard enchainé (cliquez sur l’image) :

Autre problème, les proximités entre patrons de presse et politiques. C’est Nicolas Sarkozy, proche de Bernard Arnault, qui annonce en 2007 aux journalistes des Echosle nom de leur nouveau patron ! Car ces richissimes propriétaires de presse entretiennent quelques affinités avec des responsables politiques : lors du mariage de Nicolas Sarkozy avec Cécilia Ciganer-Albéniz, les deux témoins sont… Bernard Arnault et Martin Bouygues. C’est sur le yacht d’un autre ami, Vincent Bolloré, que Nicolas Sarkozy choisit d’aller se reposer après son élection en 2007. « Arnaud est plus qu’un ami, c’est un frère »déclare encore Nicolas Sarkozy à propos de l’héritier Lagardère. Enfin, il compte Serge Dassault parmi les clients de son cabinet d’avocats. La moitié de ces dix propriétaires de presse sont des proches de l’ancien président. Bref, question indépendance, on repassera !

Quel que soit l’impact réel de ces connivences et les éventuelles pressions, les dégâts du soupçon – le fait que ces riches patrons se trouvent en conflit d’intérêts, en situation de pouvoir abuser de leur position pour leur intérêt propre – sont bien là. Cette simple suspicion produit une délégitimation du secteur de la presse. Conséquence : seuls 34% des Français estiment que les médias fournissent des informations dignes de confiance. Plus de deux tiers des Français pensent que les médias subissent des pressions commerciales ou politiques qui impactent les informations délivrées [3].

Licenciements et coups de pression

Lorsqu’on est journaliste, peut-on travailler en toute indépendance dans cette situation ? Quelques exemples – la face visible de l’iceberg des pressions souterraines ! – montrent que ce n’est pas le cas : l’ingérence de ces patrons est bien réelle. Certains ont une fâcheuse tendance à faire le ménage en arrivant, pour mettre à la tête des médias des dirigeants compatibles avec leurs intérêts, avec pour mission de purger les rédactions. Un cas d’interventionnisme remarqué fut la nomination de Guillaume Zeller, catholique traditionaliste, comme directeur de l’information du groupe Canal+, par Vincent Bolloré. Ce dernier semble vouloir actuellement enterrer Canal+, après avoir vidé de ses forces vives la rédaction d’iTélé, rebaptisée CNews, après la plus longue grève de l’histoire de la télévision.

Il semble ne plus y avoir de limites à ce « grand ménage ». En 2016, Aude Lancelin, directrice adjointe de la rédaction de L’Obsest licenciée pour des raisons politiques. En 2017, Olivia Recasens, directrice adjointe de la rédaction du Point, est limogée du jour au lendemain, pour faute grave, et pour des motifs réels tout aussi inavouables. Autant de coups de pression, qui envoient un message clair aux rédactions : pas de vagues, rentrez dans le rang !

Ingérence et censures

Le patron de M6, Nicolas de Tavernost, avoue avoir exercé des pressions sur les journalistes de la chaîne pour « ne pas contrarier des clients ». Il explique ainsi avoir censuré une émission de Capital sur la téléphonie. Autre cas notable, la censure par Vincent Bolloré d’une enquête sur le Crédit mutuel, qui devait être diffusée par l’émission « Spécial investigation » sur Canal+. Un simple coup de fil a suffi pour contenter la banque, partenaire de Vincent Bolloré, qui ne voulait pas voir sortir cette enquête. Reporters sans frontières et le collectif « Informer n’est pas un délit » dénoncent par ailleurs la censure et la déprogrammation de quatre documentaires qui devaient être diffusés par Canal+.

Un autre risque, plus pervers car plus discret, est l’autocensure de journalistes. Des journalistes qui veulent bien faire leur métier, mais qui n’osent plus proposer des articles sur des sujets sensibles, ou qu’ils savent problématiques pour le propriétaire de leur média. Sans compter les pressions économiques, avec les suppressions de postes et des moyens nécessaires à tout travail d’enquête. Promouvoir des logiques managériales « musclées », imposer des contraintes économiques fortes sur la production de l’information, précariser les rédactions mises en permanence sur la sellette, bref, promouvoir une information low cost, est aussi une forme de censure.

A cette liste des moyens de censure, il faudrait ajouter les « poursuites baillons », dont l’objectif est de dissuader les médias de s’emparer de certaines affaires (lire notre article « Bolloré, la presse et les poursuites ‘homéopathiques’ en diffamation »). Ou les mesures de rétorsion, comme celle de Bernard Arnault, ulcéré par le titre « Casse-toi, riche con » de Libération, lors de sa demande de naturalisation en Belgique en 2012, et qui décide de couper les budgets de publicité alloués par le groupe LVMH au quotidien.

Comment cela évolue-t-il ?

Pas vraiment vers davantage de pluralisme ! En quelques mois, en 2015, on a vu le rachat par Patrick Drahi de Libération et du cinquième groupe de presse magazine en France, Express-Roularta, ainsi que sa prise de participation (à 49%) dans NextRadioTV (BFMTV, RMC). A la même période, Bernard Arnault, déjà propriétaire des Échos, rachète Le Parisien et Aujourd’hui en France, le groupe Le Monde rachète L’Obs, et Vincent Bolloré prend le contrôle de Canal +, via Vivendi. Des banques sont également entrées dans ce jeu de Monopoly. Le Crédit mutuel est ainsi devenu en dix ans l’unique propriétaire du groupe EBRA, premier groupe de presse quotidienne régionale, implanté dans l’Est de la France (Le Dauphiné libéré, Le Progrès, Dernières Nouvelles d’Alsace, L’Est républicain…) [4]. Et le Crédit agricole est devenu actionnaire de journaux régionaux, comme La Voix du Nord et Le Courrier picard (via le groupe belge Rossel).

Ce petit milieu multiplie les participations croisées [5]. En parallèle de cet accaparement, ces milliardaires ont mis la main sur l’ensemble de la chaine de production. Exemple avec les entreprises de production de contenus : c’est Lagardère qui produit pour France 5 les émissions « C dans l’air », par l’intermédiaire de sa société Maximal Productions. Ces oligarques sont aussi propriétaires des « tuyaux » de diffusion, comme les « box » (FreeBox, Bbox, Box SFR) qui permettent la diffusion dans tous les foyers de France d’internet et de la télévision. Une intégration « verticale » qui concentre la diffusion d’une grande part de l’information entre les mains de ceux qui détiennent les clés de sa production.

L’information devient ainsi un produit comme les autres : l’opérateur de télécoms SFR propose ainsi une box Internet « à partir de 19,99 euros par mois », avec, pour le même tarif, l’abonnement numérique à 18 journaux. « Une machine à tuer le journalisme de qualité »estime Le Point. Un peu comme un cadeau bonus. On achète le tuyau – une connexion web – et on gagne en prime un produit secondaire, des médias.

En quoi cela nous concerne tous ?

On pourrait se dire que chaque société a les médias qu’elle mérite. Ou que chacun lit, écoute, regarde ce qu’il veut. Que tout le monde peut faire son propre tri dans le flot médiatique. Sauf que les médias ne sont pas un business comme un autre. Défendre l’indépendance de la presse, ce n’est pas un combat « corporatiste », un « truc de journalistes » qui se battraient pour leur outil de travail. Il ne peut pas y avoir de démocratie forte, voire même de démocratie tout court, sans citoyens informés, et bien informés. L’information est un bien public. Autant de médias sous contrôle d’une petite oligarchie, véritables chiens de garde du néolibéralisme, c’est une atteinte à nos libertés fondamentales.

Cette situation n’est pas une fatalité. Lutter contre tout ce qui encourage la concentration des médias et leur financiarisation est possible (voir les propositions de la campagne #LibertéEgalitéInformés). On pourrait mettre en place des dispositifs anti-concentration plus exigeants. Ou interdire le contrôle de médias par des entreprises qui dépendent de marchés publics – Bouygues, Dassault,… – comme le propose l’association Acrimed. Ou conditionner le versement des aides à la presse aux médias qui ne sont pas détenus par des milliardaires, dont les intérêts principaux ne sont pas dans le secteur de la presse. Voire même, soyons fous, limiter ces aides aux médias à but non lucratif, qu’ils soient privés, coopératifs ou associatifs.

Il est nécessaire que ces propositions et réformes salutaires – ou d’autres ! – soient discutées et débattues. Mais aussi les conditions qui favoriseront l’émergence, le développement et la consolidation de médias indépendants, pour garantir le pluralisme de l’information en France. Défendre et faire vivre une presse libre ne semble malheureusement pas une priorité pour bon nombre de candidats à l’élection présidentielle.

@AgnèsRousseaux

- Voir la campagne #LibertéEgalitéInformés, lancée par le collectif Informer n’est pas un délit (dont fait partie la rédaction de Basta !) et Reporters sans frontières

Pour aller plus loin :

- Acrimed, « Les grandes manœuvres de concentration multimédia : comment et pourquoi ? »
- Acrimed, « Concentration des médias : convergences et dépendances »
- Le Monde diplomatique, « Médias français : qui possède quoi »
- Laurent Mauduit, « Main basse sur l’information ! », Médiapart
- Laurent Mauduit, Main basse sur l’information, Éditions Don Quichotte, 2016
- Aude Lancelin, Le monde libre, Editions Les liens qui libèrent, 2016

Et pour lire des médias indépendants :

Vous pouvez consulter l’itinéraire conseillé par Basta ! et la liste des 150 médias membres du Syndicat de la presse indépendante d’information en ligne (Spiil). Bonne lecture !

Les articles publiés pour la campagne #LibertéEgalitéInformés :

- Par Médiapart : #LibertéEgalitéInformés : des censures et des pressions, en veux-tu en voilà !
- Par Les Jours  : Manuel de manipulation du journaliste en campagne et La matinée où l’affaire Fillon a été supprimée d’i-Télé
- Par France Inter : 
La chronique de Nicole Ferroni : Informer n’est pas un délit, c’est un défi !
L’invité de 8h20 : Patrick Boucheron : « On adore détester, on est au spectacle d’une parole dont on n’attend plus d’effet de vérité »
- Par Street Press : Coups de matraque, tirs de flashball et fiche S : Journalisme en état d’urgence
- Par Télérama : Une journée pour interpeller les candidats à la Présidentielle sur la liberté de l’information
- L’infographie de CFactuel
- Par Reporterre : Quand les puissants tentent de bâillonner l’information
- Par L’Humanité : Médias. Informer n’est pas un délit, c’est même un devoir
- Par Alternatives économiques, « Le modèle économique des médias s’effondre totalement »
- Par La Télé libre (reportage vidéo) : Les Colleurs de la Liberté de l’Information
- La tribune relayée par MarsActuLe Journal minimalAngersMagMade in PerpignanCausetteArtSixMicMédiacitésRevue XXIDailyNordArtsHebdo MédiasL’Accent Bourguignon, Explicite, Le Zéphyr

 
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Publié par le août 10, 2018 dans medias

 

Le EU DisinfoLab à l’origine d’une intox : l’affaire Benalla, produit de la « russosphère » ?

Du site les crises , cette excellente analyse… Notre presse est si paresseuse et si servile qu’elle se croit toujours au temps de la guerre froide et ele semble ignorer que Staline est mort il y a plus de 65 ans. Il est vrai qu’il n’esxiste pas grand monde pour les contredire. (note de danielle Bleitrach)

Après le Brexit, l’élection de Trump, la Catalogne, les fausses informations lors de l’élection de Macron, les armes chimiques en Syrie, la cyberattaque des JO de Pyeongchang, la Vague de Froid de l’hiver dernier, etc, voici aujourd’hui l’ombre russe dans… l’affaire Benalla.

Cette narrative est venue de l’association “EU DisinfoLab”, par la voix du cofondateur Nicolas Vanderbiest et de son président Alexandre Alaphilippe.

Nous allons donc présenter cette association, puis ses récents travaux et enfin analyser les réactions de la presse.

  1. EU DisinfoLab et sa galaxie
  2. Le Monitoring des élections françaises de 2017 par EU DisinfoLab
  3. L’étude de Nicolas Vanderbiest sur l’affaire Benalla
  4. Les tweets de Nicolas Vanderbiest sur le “gonflage numérique” de l’affaire Benalla
  5. “L’écosystème russophile” de Nicolas Vanderbiest
  6. De la désinformation par les grands médias à la récupération politique
  7. Fact-checking de Nicolas Vanderbiest : la victime crimméenne
  8. Des erreurs et biais grotesques disqualifiant l’étude ?

 

I. EU DisinfoLab et sa galaxie

Tout d’abord, il faut prendre garde à ne pas confondre cette association bruxelloise EU DisinfoLab avec le DisinfoLab (sic.), structure ukrainienne, ni avec EUvsDisinfo (resic.), structure de l’Union européenne conduite par la European External Action Service East Stratcom Task Force, explicitement créée en réponse aux “campagnes de désinformation de la Russie”. Bref, ne pas confondre disinfo.eu avec disinfolab.com ni euvsdisinfo.eu

Comme on peut le lire sur leur site, cette association a été créée en 2017 à initiative de Nicolas Vanderbiest (“assistant et doctorant dans le département de relations publiques de l’Université Catholique de Louvain où [il] mène une thèse sur les crises de réputation des organisations sur le World Wide Web dans le Laboratoire d’Analyse des Systèmes de Communication des Organisations”) :

Il a rencontré dans la “EU bubble” (? C’est peut-être ce magazine…) Alexandre Alaphilippe (désormais Directur du DisinfoLab) et Gary Machado (qui en est le Président) :

Voici pour sa vision :

Ce point relatif au renforcement “des efforts européens [….] pour lutter contre la désinformation” mériterait d’être explicité, quant à la proximité de cette structure – qui se fait appeler “ONG” – avec les structures de l’Union Européenne.

Car, sauf erreur, on ne trouve rien sur leur site à propos de son financement.

Grâce à la précieuse équipe d’Arrêts sur Images, on apprend cependant ceci :

La structure serait donc financée exclusivement par… Twitter (sic.) et compte l’UE parmi ses partenaires….

Ils ne cachent cependant pas l’identité de leurs partenaires :

Twitter donc, mais surtout le fameux et très puissant Think tank Atlantic Council, un des leviers de l’influence américaine dans le monde. Je vous laisse observer la liste des membres honoraires du Conseil d’Administration de l’Atkantic Council (source) :

Ce sont juste les administrateurs honoraires – nous vous donnerons bientôt la liste des administrateurs opérationnels (y figurent Henry Kissinger, Wesley Clark, le PDG de Boeing…)

Les 3 compères d’EU DisinfoLab lancent donc des initiatives avec ce “partenaire” :

Le 11 avril 2018 le EU DisinfoLab était partenaire d’une conférence sur la désinformation avec… l’Atlantic Council :

Par ailleurs, le 17 mai, le EU DisinfoLab était partenaire d’une autre conférence organisée par la fondation Open Society de George Soros (source) :

On trouve dans les autres partenaires de EU DisinfoLab les structures officielles de l’Union européenne de “lutte contre la propagande russe”, dont EUvsDisinfo – et son obsession régulière envers la Russie. Il est intéressant de noter que face au comportement de ce site, le 6 mars 2018 la parlement néerlandais a voté une résolution (par 109 voix contre 41) demandant la fermeture de ce site (source).

Il y a aussi le think tank tchèque European Values, et son fameux programme Kremlin Watch. Son directeur Jakub Janda a traité le Président tchèque Milos Zeman de “Cheval de Troie russe”.

Enfin, nous terminerons ce tour d’horizon des partenaires de EU DisinfoLab avec “Defending Democracy” dont la profession de foi illustre clairement le problème :

La Russie de Vladimir Poutine a lancé une guerre hybride contre l’Occident – une guerre contre la Démocratie, l’État de droit et notre mode de vie. Alors que nos gouvernements ont lentement saisi l’ampleur et l’urgence de la menace, ils n’ont pas encore trouvé une réponse claire et unie.

L’ennemi veut perturber notre société, discréditer nos institutions et miner notre confiance pour que nous nous retournions contre nous-mêmes. Le retour de politiques illibérales, nativistes [NdT : promouvant les habitants “de souche” au détriment des migrants] et xénophobes – souvent financées par Moscou – suggère que nous risquons de perdre la bataille. La capacité des hackers pro-Kremlin, des campagnes de désinformation et des algorithmes ne rendant aucun compte visant à corrompre nos médias sociaux et les moteurs de recherche empoisonnent la vie de notre démocratie.

La guerre contre l’Occident est une guerre contre la Vérité. Tout ce qui nous tient à cœur est menacé : notre confiance dans l’État de droit ; notre confiance dans les institutions publiques et les élections équitables ; notre confiance dans le savoir et la science ; notre confiance dans le journalisme et les médias ; et peut-être surtout, notre confiance dans un sens commun de décence et de cohésion sociale. Notre Démocratie est en jeu, et nous devons la défendre.

Défendre la Démocratie est une initiative indépendante et non partisane. Nous travaillons pour une réponse transatlantique plus forte à la guerre hybride du Kremlin contre nos démocraties.

 

Mais revenons au cas de Nicolas Vanderbiest. Il se présente souvent comme “doctorant” :

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En fait il a eu en 2013 un Master en communication, et donne des cours de Média training (source) :

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C’est évidemment en lien avec ses travaux, mais on note qu’il n’a a priori pas la formation de “data scientist” qu’on aurait pu attendre pour traiter de telles données. Mais peut-être que d’autres personnes réalisent ce travail.

Il a un blog, dont il est l’auteur : Réputatio Lab – qui ne brille pas par sa transparence :

Ce site est appelé le “Laboratoire des Crises, de la Réputation et des phénomènes d’Influence” dont on aimerait savoir si c’est vraiment un Laboratoire de recherche, ou simplement le nom de son blog… Ceci semble étrange, car du coup on ne sait plus si M. Vanderbiest est doctorant, chercheur pour EU Disinfo Lab ou consultant pour son autoentreprise (ce dont il a évidement parfaitement le droit).

Or sur son blog figure aussi ceci :

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C’est donc un lien vers “son agence” Saper Vedere – qui est une autre structure commerciale, créée en aout 2017 (source) :

Mais classée en “Organisation de salons professionnels et de congrès”, ce qui ne semble pas être son activité principale, vu qu’elle indique être une agence de consultants en analyses de données :

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L’équipe dirigeante comprend les 3 dirigeants de EU DisinfoLab : Nicolas Vanderbiest, Alexandre Alaphilippe (titulaire d’un “Master’s degree en Corporate and administration communications” obtenu à Clermont-Ferrand) et Gary Machado (bachelor en économie et un master en affaires européennes) :

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La structure indique avoir 7 autres salariés. Joli résultat pour une entreprise de moins d’un an – qui a, en plus, ouvert des bureaux à Washington :

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Le marché américain étant confié à Grégory Rohde :

qui a travaillé 11 ans dans administration américaine, et se présente comme l’ancien conseiller principal du Président américain pour les télécommunications (en 1999).

On arrive au final à ce schéma de la nébuleuse, qui mélange allègrement “ONG”, recherche et structures commerciales (source de l’illustration : @yannbisiou):

 

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On peut facilement illustrer cette confusion des genres. Ici, sur le site de Saper Vedere, figure dans “Nos études” une analyse de l’ingérence russe dans les élections françaises de 2017 :

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Or, cette étude figure aussi sur le site de EU DisinfoLab, qui la présente comme sienne :

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Sauf qu’on apprend incidemment sur le site de Saper Vedere :

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“This study was first published in French by Nicolas Vanderbiest on his blog Reputatiolab”. Bref, les structures ne sont clairement pas étanches…

D’ailleurs, comme l’a montré le professeur Yann Bisiou, Saper Vedere et Eu DisinfoLab partagent le même siège social :

 

Précisons un point intéressant. Sur les réseaux sociaux – hélas pour le respect de la vie privée – a circulé cette image d’une consultante, qui indique travailler pour EU DisinfoLab (mais pas sur l’étude Benalla) et Saper Vedere, et qui affiche son soutien à LREM :

Nicolas Vanderbiest a précisé ceci :

Il est surtout évident que l’on peut être militant et, heureusement, honnête et intègre dans son travail. On comprend dès lors mal le “on serait discrédité” si cette personne, qui a simplement signalé sur son profil Twitter son soutien à LREM, avait travaillé sur l’étude. Et a fortiori venant d’une structure qui s’estime crédible alors qu’elle est partenaire de l’Atlantic Council et de plusieurs organisations “anti-russes”…

 

Notons enfin que figure en pied de page une citation de… Gary Kasparov :

Le choix de cette personnalité très clivante, critique enragé du Président russe et américain, irrespectueux des choix de ces peuples, n’est probablement pas anodin :

On rappellera d’ailleurs, au niveau de son éthique, qu’en 2013, il a candidaté pour devenir Président de la Fédération mondiale d’échecs, offrant 500 000 dollars au Secrétaire Général en poste pour qu’il lui rapporte des voix. Cette violation des règles éthiques a entrainé sa radiation pour deux ans de la Fédération… (source)

II. Le Monitoring des élections françaises de 2017 par EU DisinfoLab

Comme on l’a vu précédemment, le EU DisinfoLab rappelle qu’il a réalisé (sic.) en 2017 un “Monitoring” de l’élection Présidentielle française piloté par Nicolas Vanderbiest :

On voit cependant que le Monitoring a été… très limité et orienté, se limitant à analyser une éventuelle influence russe :

Le tout avec des critères méthodologiques très… limités :

Ainsi, il suffit apparemment de 10 interactions avec Sputnik ou Russia Today pour rentrer dans le spectre de “l’influence russe” en France.

 

Bref, le centre d’intérêt principal de cette association (qui, à l’évidence, ne respecte d’ailleurs pas les conditions d’indépendance pour être qualifiée d’ONG au sens français du terme) a donc porté sur l’influence russe en France. Influence que l’on peut à l’évidence qualifier de quasi-nulle quant à la capacité d’influencer le résultat final de l’élection.

A contrario, le fait que le Président élu et le Premier Ministre soient des membres lauréats de la French-American Foundation n’aura en revanche donné lieu à aucune étude de cet organisme sur l’influence américaine en France… (source)

C’est dommage, car ce genre d’information permet de mieux appréhender la problématique de l’absence de réelle réaction du gouvernement français aux sanctions américaines visant désormais régulièrement nos entreprises

[Edit 08/08] Le EU DisinfoLab indique fièrement sur son site à propos de la Présidentielle 2017:eu-disinfolab

“Notre succès le plus notable a été le debunking instantané et en direct de l’infâme #MacronLeaks”, fuite de mails d’En Marche sortis le 5 mai 2017.

Il est d’ailleurs étonnant de les voir utiliser le terme “infâmes”, car si Macron a indiqué que quelques mails étaient faux (il faut donc bien vérifier), la grande majorité des mails sont authentiques :

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Et ces MacronLeaks ont permis à de grands médias de sortir des informations importantes (comme Médiapart ou JDD/RadioFrance)

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Cette fuite n’était donc pas globalement un fake ; elle a été traitée et analysée par les grands médias français.

 

Revenons maintenant à Nicolas Vanderbiest. Dès le 6 mai, il indiquait à l’AFP qu’il avait identifié la première personne à avoir parlé des MacronLeaks sur Twitter : Jack Posobiec

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Il confirme ce fait pour Libération le même jour :

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#CEstLimpide

Enfin, presque… Dès le 8 mai, Libération est obligé de démentir. En effet, la consultante Stéphanie Lamy a démontré que c’était faux, Posibec n’était pas le premier à avoir twitté :

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Notons que Stéphanie Lamy réalise en général un très bon travail sur les guerres d’informations, et est souvent la première à sortir des analyses de qualité sur ces sujets, n’hésitez pas à suivre son travail [NB. nous ne prétendons nullement être spécialistes de ces sujets sur ce site…].

Mais, insubmersible, le 9 mai 2017, Nicolas Vanderbiest expose sa méthodologie, basée sur des outils automatiques d’Analyse des Réseaux Sociaux (SNA) :

Nicolas Vanderbiest

@Nico_VanderB

Et grâce à @tomg_ , j’ai enfin une vidéo pour expliquer la méthodo de la Social Network analysis ( mes cartographies) et à quoi ça sert

Ce qui lui vaut le 10 mai une couverture presse… fort élogieuse, comme cet article dans la presse belge (source) :

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Cependant, suite à l’affaire Russosphère/Benalla, Stéphanie Lamy vient d’ailleurs d’indiquer ceci (en lien avec l’article d’hier) :

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“Eu DisinfoLab fait passer les MacronLeaks comme une offensive Russe” – cela semble une certain habitude chez eux, apparemment…

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En mai 2017, Stéphanie Lamy prenait d’ailleurs la peine d’alerter Nicolas Vanderbiest sur 1/ la fiabilité imparfaite des SNA 2/ sur le danger de limiter les analyses à l’amplification des messages.

Il semblait alors ne pas avoir bien compris l’ampleur du problème (source) :

#JeMEnBranle – cela signe une époque…

On se demande au passage ce qui fait que les journalistes donnent autant la parole à EU DisinfoLab, et si peu à des experts bien plus crédibles, comme Stéphanie Lamy – hasard, sexisme, copinage… ?

III. L’étude de Nicolas Vanderbiest sur l’affaire Benalla

Rappelons que l’affaire Benalla démarre le 18 juillet à 20h00 avec cet article du Mondedévoilant le scandale :

Dès le 23 juillet, Nicolas Vanderbiest sort une première analyse sur son blog : Affaire Benalla sur les réseaux sociaux : où la résurrection des partis de l’opposition (archive)

Nous vous laissons la consulter. Ce n’est pas une étude scientifique, c’est plus une réaction à chaud sur la communication. Elle comprend un mélange de quelques graphiques intéressants et de commentaires (un peu creux) :

“Une polémique doit être tuée le plus rapidement possible pour éviter qu’elle ne prenne de l’importance”

Et enfin celui-ci, qui justifie le titre du billet “la résurrection des partis de l’opposition” (sic.) :

Ainsi, on apprend que les communautés qui ont activement tweeté sur l’affaire Benalla sont “la droite et l’extrême-droite”, “la France insoumise”, “la communauté médiatique” et “une communauté d’isolés qui ont élargi l’audience” (sic. et resic. – c’est peut-être la communauté d’Asselineau…). Bon, bref, tout ça pour dire que c’est l’opposition parlementaire, soit 70 % du pays qui a tweeté…

Comme on le voit, on ne dispose ici que de quelques platitudes, et d’aucune note scientifique rigoureuse, expliquant la méthodologie appliquée.

IV. Les tweets de Nicolas Vanderbiest sur le “gonflage numérique” de l’affaire Benalla

Le 27 juillet Nicolas Vanderbiest donne des chiffres plus précis, parlant de “11 millions de tweets en français” venant de 214 000 comptes :

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Première question méthodologique : comment sont identifiés les tweets sur l’affaire Benalla ? Quels sont les mots clefs retenus ? (et comment sait-on que ce sont des tweets “en français” et pas des tweets de la presse étrangère par exemple). Une piste de réponse est là (sauf pour la langue) :

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Il faudrait donc connaitre tous ces “mots clés possibles et imaginables”. Et en particulier savoir si un mot clé “Macron” seul y figure, car il est difficile de savoir si un tel tweet se rattacherait ou pas à l’affaire… C’est un point qui semble central, car pouvant donner des résultats très différents :

Edit : on a un peu plus d’informations sur ce point (source) :

 

Le 28 juillet, l’auteur découvre Twitter et le “militantisme” – qui est, rappelons-le, un élément important de la Démocratie… :

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Deuxième question méthodologique : comment Nicolas Vanderbiest définit-il scientifiquement un “bot” et du “militantisme” ?

Mais c’est le 30 juillet que l’auteur dérape. Il commence avec cette information sur la concentration des auteurs :

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On note qu’on est étrangement passé de 11 millions à 4 millions de tweets sur l’affaire Benalla. Dont 1,8 million de tweets auraient donc été écrits par 2 600 comptes.

On a cette précision toute scientifique :

#DeLHumain…

Troisième question méthodologique : comment Nicolas Vanderbiest définit-il scientifiquement un “troll” ?

Comme le chiffre est assez élevé, on peut se demander si, contrairement au terme utilisé, les retweets seraient comptabilisés comme des tweets – ce qui serait quand même étonnant.

Quatrième question méthodologique : comment sont traités les Retweets dans l’étude ?(Edit : l’auteur a confirmé que les Retweets sont bien considérés comme des tweets)

 

Nicolas Vanderbiest parle alors d’un “gonflage numérique puissance 20” (sic), formulation malheureuse qui pourrait laisser penser à une manipulation, alors que rien n’indique qu’il ne s’agit pas d’un phénomène normal pour ce type d’affaire.

Cinquième question méthodologique : comment Nicolas Vanderbiest définit-il scientifiquement un “gonflage numérique” ?

On comprend mal où est le problème, quand on connait Twitter. On sait bien que la communauté des réels créateurs de contenus sur Twitter est assez concentrée. Par exemple, cette étude de 2013 montre ceci (source) :

Sur 864 millions de comptes :

  • 387 millions n’ont jamais tweeté (44 %), 255 millions (30 %) ont tweeté moins de 10 fois, 107 millions (12 %) moins de 100 fois – dont plus de 80 % des utilisateurs ne twittent quasiment pas.
  • seuls 42 millions (5 %) on tweeté dans les 24 dernières heures, et 38 millions (5 %) de plus dans la dernière semaine

En France, selon les chiffres Médiamétrie de mai 2017, Twitter comptabilise 21,8 millions d’utilisateurs mensuels et 4,3 millions d’utilisateurs par jour (source).

Ainsi, 4 millions de tweets sur l’affaire Benalla pour 4 millions d’utilisateurs quotidiens, cela semble raisonnable vu l’ampleur du scandale qui s’affichait à la une de tous les médias…

 

Bref, ce que l’auteur appelle “gonflage numérique” n’est probablement qu’un fonctionnement assez normal de Twitter en cas de grosse information qui buzze… :

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En tout cas il faudrait des analyses précises de nombreux autres cas pour pouvoir conclure a à un phénomène particulier…

L’auteur indique : “À titre de comparaison, MeeToo, BalanceTonPorc et JeSuisCharlie sont inférieurs”. Ce qui est bien évident, on a des phénomènes différents ; l’un, MeeToo est une libération de parole des femmes, dont chacune va peu twitter, et les tweets d’anonymes auront peu de retweets ; JeSuisCharlie est également de nature à susciter peu de retweets de chaque tweet.

On pourrait d’ailleurs définir un indicateur pour les analyses : le pourcentage de twittos qui ont réalisé 50 % des tweets, ce qui permettrait de comparer les phénomènes.

Sixième question méthodologique : pourquoi Nicolas Vanderbiest ne donne-t-il pas une dizaine d’autres exemples de même type pour analyser la façon dont se propage l’information sur Twitter ?

D’ailleurs, au détour d’un tweet, le chercheur indique que la rixe Booba / Kaaris aurait généré 700 000 tweets (dont il n’analyse hélas pas la propagation) !

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Ce seul chiffre laisse songeur quant à l’effervescence autour de l’analyse de l’affaire Banalla sur Twitter…

V. “L’écosystème russophile” de Nicolas Vanderbiest

Mais c’est avec ce tweet que Nicolas Vanderbiest va lancer la polémique :

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Il sort de son chapeau un “écosystème russophile” et jette en pâture le compte “Ami Criméen @PoteRusse” – dont nous reparlerons plus tard.

EU DisinfoLab a alors diffusé l’information – et on appréciera la rigueur scientifique de l’expression “comptes russes” et la précision des mots, sur un sujet aussi sensible :

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corrigeant par la suite :

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les “comptes russes” devenant des “comptes pro-russes” c’est à dire “identifiés comme diffusant des messages pro-russes ou provenant de médias du Kremlin” (sic.)

Bien sûr, se posent dès lors les questions suivantes :

Septième question méthodologique : comment Nicolas Vanderbiest définit-il scientifiquement un “écosystème russophile” ?

Huitième question méthodologique : pourquoi avoir choisi de définir spécifiquement un “écosystème russophile” ? Est-il prévu, par déontologie élémentaire, de définir et mener des études avec un “écosystème américanophile”, “écosystème europhile”, “écosystème sinophile” etc…

On supposera évidemment que EU DisinfoLab, en raison de ses liens avec l’Atlantic Council et les institutions bruxelloises figurera dans les deux premiers, et qu’il faudra mesurer son influence sur la perception de l’affaire Benalla avec le très fort bruit médiatique qu’il a généré la semaine passée – et qui semble sans commune mesure avec le bruit médiatique qu’est capable de réaliser “l’écosystème russophile”…

 

Le chercheur a cependant fini par donner quelques informations :

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#RussophilePasRusse

Neuvième question méthodologique : comment Nicolas Vanderbiest définit-il scientifiquement une personne “russophile” ? Et comment qualifie-t-il une personne qui n’est pas “russophile” – ce qui semble être son cas ?

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#PersonneMalveillanteÀLasoldeDIntérêtsÉtrangers (P.S. : quand on est partenaire de l’Atlantic Council, et payé par Twitter, on est quoi ?)

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#PasPossibleÀPouver

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#JusteUnIndicateur…

Bref, on comprend, a priori, que, pour intégrer “l’écosystème russophile” il suffit d’avoir retweeté beaucoup d’articles de RT et Sputnik. Et ce, a priori, que le contenu ait été faux, tendancieux, biaisé, ou parfaitement factuel, un peu dans ce style :

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Sauf qu’en fait il semble y avoir un critère (non explicite) de “désinformation en rapport avec l’intérêt russe” :

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Dixième question méthodologique : Nicolas Vanderbiest a-t-il bien ainsi intégré ainsi les comptes dans cet écosystème ? A-t-il tenu compte de volonté de désinformer ? Si oui, comment, quels en sont les critères ? Y a t-il des critères de diffusion de désinformation en lien avec “l’intérêt gouvernemental” ou “l’intérêt américain” ? Sinon, pourquoi ?

VI. De la désinformation par les grands médias à la récupération politique

En cette période creuse, certains médias se sont donc jetés sur ces “informations” plus que douteuses.

La première a avoir œuvré au “gonflage numérique” de ceci a été la journaliste de BFM Elsa Trujillo, qui a apparemment été la première à publier cet article le 1er aout à 11h00, qui, sans vérification et sans disposer d’une étude détaillée, fait confiance à l’officine EU DisinfioLab, titre sur le “gonflage numérique” et parle incidemment de “la communauté russophile” :

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On note qu’elle affiche dans l’article le tweet avec la photo du compte “@PoteRusse”… Et on découvre la vision d’Alexandre Alaphilippe :

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“Beaucoup n’interagissent pas sous leur vrai nom et sont difficiles à tracer. A ce stade, nous ne sommes pas capables de préciser d’où ils viennent et de quelle façon ils ont été créés

Il est quand même fascinant de voir fleurir tant de personnes qui souffrent à l’évidence de leur échec à pouvoir exercer le métier de leur rêve : policier

Quelques heures après, l’ancien secrétaire d’État Frédéric Lefebvre, membre du groupuscule centriste Agir, récupère l’affaire pour venir en aide au gouvernement en interpellant la commission d’enquête parlementaire (source) :

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Il n’hésite pas pour ce faire à lancer une rumeur “complotiste” parlant “d’une manipulation d’ampleur destinée à déstabiliser l’exécutif”. Plus c’est gros, plus ça passe !

Enfin, ça passe mieux quand on a un journal ami pour reprendre sa désinformation – ici l’Opinion de Nicolas Beytout, qui agira via la journaliste Ivanne Trippenbach le 3 aout au matin qui titre sur le concept “russosphère” :

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Gageons qu’avec une telle éthique, cette journaliste ira loin…

Ivanne Trippenbach@ITrippenbach

Selon les 1ères analyses de @DisinfoEU @Nico_VanderB, 1% des comptes Twitter ont produit 44% des tweets sur (soit 1,7 million). Un volume étonnant, qui pointe l’implication de comptes hyperactifs et/ou militants

Ivanne Trippenbach@ITrippenbach

Parmi ces 2600 comptes les + actifs, 27% montrent une concordance avec ce que les analystes appellent «l’écosystème russophile». On trouve également des comptes d’extrême droite et d’extrême gauche très impliqués sur

Dans la foulée, l’AFP sort une dépêche sur le sujet, parlant (a priori) “d’inondation de Twitter”, le tout sans vérification ni enquête (source) :

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Le chef du service politique de l’AFP, Christophe Schmidt, s’empresse de retweeter l’information, racontant un peu n’importe quoi au passage (mais il ne fait que citer “l’expert”) :

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Christophe Schmidt

@cschmidtafp

Près de la moitié des tweets sur l’affaire ont émané de comptes Twitter « pro-Mélenchon », « pro-Rassemblement national » et « russophiles », dont certains sont automatisés, selon une analyse de l’ONG @DisinfoEU. http://u.afp.com/ondN 

On est vraiment dans le néant informationnel :

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Mais bon :

Le Président de la République approuve cette bannière Twitter

L’information de l’AFP tourne en boucle dans les médias perroquets (source) :

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Mais on note que certains, ici Les Échos, savent rajouter LA petite phrase pour une bonne information des lecteurs :

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le tout en faisant croire que c’est l’AFP qui l’a écrite – c’est un métier !

On note aussi que l’AFP endosse sans la moindre prudence la narrative de “l’ONG luttant contre la Désinformation” :

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La dépêche AFP permet au gouvernement de surfer sur la vague du complotisme :

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Interrogé par le journaliste Olivier Tesquet (plus rigoureux que ses confrères) sur le risque de récupération politique, Nicolas Vanderbiest se montre à la hauteur du problème :

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On pourrait se demander si, face à la récupération politique de certaines études ou de certaines actualités par des partis d’opposition particulièrement décriés, ces mêmes personnes se contenteraient d’un « c’est leur souci » – mais passons…

Quoiqu’il en soit, il faut souligner que cette attitude est assez en phase avec le fait que le compte Twitter d’EU DisinfoLab n’hésite pas à participer à cette désinformation, en relayant par exemple ceci :eu-disinfolab

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mais surtout, ce qui est bien plus grave, cela :

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Cependant, la palme revient au journaliste belge Frédéric Rohart, qui dans le journal belge l’Écho écrit ceci le 1er aout :

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Que l’activité soit anormale quand survient un scandale d’État anomal n’est pas étonnant. Et c’est même plutôt salutaire pour la Démocratie.

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#Complotisme ?

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Étonnant ces militants qui s’organisent en vue d’élections, c’est suspect…

 

 

Soulignons quand même que des journalistes de qualité gardent les pieds sur terre. Il ne faut pas mettre toute la profession dans le même sac, il reste des professionnels intègres. Citons par exemple Géraldine Woessner d’Europe 1 ( @GeWoessner ) :

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Samuel Laurent a aussi réagi, rappelant quelques vérités :

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Bon, hélas, tous ne sont pas capables de déceler les évidents problèmes méthodologiques de cette étude :

VII. Fact-checking de Nicolas Vanderbiest : la victime crimméenne

Revenons à Nicolas Vanderbiest et à son “écosystème russophile” :

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Donc “on ne parle pas de gens qui aiment bien aller passer leurs vacances à Moscou ou qui aiment lire Tolstoï”. Eh bien analysons donc le compte qu’il a délibérément mis en avant, @PoteRusse, alias Ami Criméen. Ce compte est un petit compte de 700 abonnés qui parle beaucoup de la Crimée :

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Dès le 30 juillet, des twittos s’étonnent du chiffre de 500 tweets en moyenne en 1 semaine qui ressort de l’analyse, se demandant à raison comment créer autant de “contenu intéressant” :

 

Notre victime réagit à cette discussion en indiquant qu’il n’est pas un bot, et qu’il a juste retweeté pendant ses vacances l’affaire Benalla qui l’a choqué :

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Il demande même à Nicolas Vanderbiest des explications – vu qu’il n’a pas pris la peine de le contacter avant de le clouer au pilori :

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Sans réponse, il voit alors son compte s’afficher dans la presse, d’abord BFM :

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Puis l’Opinion où il est nommément cité dans l’article :

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Il a beau alerter Ivanne Trippenbach – il n’a pas de réponse :

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Il tente même de demander aux journalistes un droit de réponse – en vain évidemment :

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Apeuré, il décide de ne plus twitter sur la politique – il s’était malheureusement cru en Démocratie, le pauvre… :

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Ce n’est qu’au bout de 5 jours qu’il aura une sèche réponse de Vanderbiest à ses nombreux tweets :

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Ah bon ?

Eh bien nous avons donc analysé l’activité de l’Ami Criméen, et voici les résultats :

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Sur ses 148 tweets en une dizaine de jours, 22 tweets en tout et pour tout ont un lien direct ou indirect avec l’affaire Benalla :

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Critiquer BHL : un signe de bonne santé mentale

Sur ces 22 tweets, seuls 2 disposent a priori d’un mot clé utilisable sur des requêtes de masse de qualité (“benalla”) – les voici :

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On notera les 0 retweets de cette propagande de la russosphère…

 

Ainsi, le compte Ami Criméen est très, très, loin d’avoir twitté autant qu’on le lui repproche sur l’affaire Benalla.

En revanche, il a pas mal retweeté d’informations :

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Il a réalisé plus de 200 retweets comprenant le mot “Benalla”, mais ce n’est que 28 % de ses retweets totaux.

Si on regarde sur quelques mois, c’est un compte qui réalise 20 à 30 retweets par jour, sur différents sujets. Pendant l’affaire Benalla, il a doublé ses retweets – vu qu’il indiqué avoir été en vacances.

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Ainsi (et c’est confirmé) le EU DisinfoLab compte les retweets comme des tweets – ce qui change considérablement l’analyse, vu que les comptes ne sont alors pas producteurs de contenu, mais simples diffuseurs.

Onzième question méthodologique : Nicolas Vanderbiest a-t-il donc compté les retweets de ce compte comme des tweets ?

Voilà certains de ses fameux retweets :

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Cessons là cette analyse – qui a de quoi rendre mal à l’aise s’agissant du comportement d’un de nos concitoyens.

Le compte AmiCriméen semble bien être (jusqu’à preuve du contraire), simplement le compte d’un citoyen français “lambda”, qui a le malheur de bien aimer une région de Russie, et d’avoir retwitté activement au moment de l’affaire Benalla, scandalisé par cette affaire d’État. Ce qui est l’attitude qu’on peut attendre d’un citoyen attentif aux affaires de son pays.

Bilan : il a été calomnié par Nicolas Vanderbiest, qui n’a pas pris la peine de la contacter, puis par des journalistes perroquets incapables de faire fonctionner leur esprit critique et de vérifier les informations. Et maintenant, apeuré, il craint de devoir rendre des comptes devant la commission d’enquête et, tel un citoyen chinois ou saoudien, ne veut plus militer politiquement sur les réseaux sociaux…

Bref, du bien “bon boulot”…

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Douzième question méthodologique : pourquoi Nicolas Vanderbiest n’a-t-il pas pris la peine de contacter ce compte avant de le clouer publiquement au pilori, afin de valider son analyse ?

VIII. Des erreurs et biais grotesques disqualifiant l’étude ?

Revenons sur le cœur de l’analyse de Nicolas Vanderbiest – les fameux “4 millions de tweets” :

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Alors que cette officine se plaint, comme on l’a vu, de ne pas disposer des adresses IP, le gros problème est surtout de ne pas disposer, pour chaque tweet du nombre d’impressions (quand un tweet a été placé dans une timeline) ou d’engagements (quand il y a une interaction), pour estimer le nombre de fois qu’un tweet a été lu :

En effet, si on veut mesurer l’efficacité de la passation d’information, ce qu’il faut mesurer c’est bien le nombre de lectures d’un tweet, et pas le nombre de tweets – la méthodologie est clairement incorrecte.

On le comprend avec l’exemple du compte AmiCriméen : on a vu que le chercheur considère donc que le compte AmiCriméen aurait eu beaucoup d’influence avec ses 200 ou 300 retweets ; mais ils ont uniquement touché sa très petite communauté de 700 abonnés (et sans forcément avoir une grande influence). Quand bien même il aurait twitté 1 million de fois, il n’aurait toujours touché que 700 personnes au maximum, mais serait considéré par le chercheur comme ayant réalisé un énorme “gonflage numérique”. Cela ne sert à rien de twitter dans le vide…

À l’inverse, ce SEUL tweet du Monde qui a lancé l’affaire :

a été diffusé aux… 7 800 000 abonnés du Monde !

Or ce tweet ne compte donc que pour 782 tweets dans l’étude, ce qui reste ridicule en terme d’influence dans l’étude. Mais cela ne l’est pas du tout en réalité.

Treizième question méthodologique : pourquoi analyser simplement le nombre de tweets et non pas leur portée ?

 

De même, imaginons que chaque abonné du Monde ait lu ce tweet ; eh bien ce tweet seul aura quasiment informé tout Twitter… Les dizaines de milliers de tweets suivants, reprenant l’information, ne touchant que peu de personnes, et retombant régulièrement sur un des 7 800 000 comptes, n’auront informé quasiment personne, vu que l’information était déjà passée. Pourtant ils seront comptés comme “informatifs” par le chercheur, qui va même identifier qu’une partie vient de la “russosphère”, alors que ces impressions redondantes ne devraient pas être comptées.

 

Enfin, rappelons que le fait que les retweets ne soient (a priori) pas différenciés des tweets pose aussi de lourdes questions méthodologiques. Car en quoi est-ce un problème si la “russosphère” retwitte en masse des articles du Monde ? C’est même très positif pour l’information des citoyens, et il convient de remercier ces twittos…

On retrouve d’ailleurs le même point que pour le “Russiagate” aux États-Unis, où on accuse la Russie d’avoir fait fuiter les mails d’Hillary Clinton. Tout le buzz porte sur le supposé rôle de la Russie, mais plus personne ne semble parler des mails, qui sont tous authentiques. C’est la même chose ici : tout le buzz a été fait autour de la “russosphère”, mais, sauf erreur, il n’y a guère eu de fausses informations colportées qui auraient persisté. L’essentiel des retweets a concerné de vraies informations, et ont donc participé à un sain exercice démocratique visant à informer du mieux possible les citoyens. En quoi est-ce problématique ? Bien sûr, il y a eu aussi des tweets militants, engagés, parfois faux, mais ils sont probablement fort limités en nombre si les auteurs ont compté les retweets (de grands médias) dans leur étude, et n’auraient alors touché que des communautés limitées en nombre.

 

Enfin, pourquoi s’intéresser autant à Twitter, en présentant les choses comme si c’était LA source d’information des Français ? TOUTES les informations sur l’affaire Benalla sont venues des grands médias, et elles ont été reprises par tous les autres grands médias. Quand le Monde sort l’information, qui est reprise dans tous les JT, les Français sont presque tous informés – nul besoin de Twitter… La “Russosphère” sur Twitter n’aura évidemment eu qu’une influence marginale sur l’information du pays.

 

Ainsi, ces biais disqualifient l’étude pour comprendre comment l’affaire Benalla a été diffusée sur Twitter...

Tout ceci fait de nombreuses questions pour le EU DisinfoLab. Espérons que nous aurons rapidement des réponses – ils ont indiqué sortir très bientôt l’étude détaillée sur ce sujet….

2e partie de l’analyse à suivre demain…

 

VENEZUELA : LE CONDITIONNEL DE L’INFORMATION Par Jean ORTIZ

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Ils se réclament de la liberté d’information… au conditionnel. Les agences de presse ne connaissent pas l’indicatif. La victime devient le bourreau.
Le président MADURO « aurait été victime » d’un attentat, d’une « tentative d’assassinat », ce samedi 04 août 2018, vers 17h. C’est Maduro qui le dit. Lui, un président si diabolisé. Alors, c’est douteux, et l’on donne du conditionnel : « aurait », « aurait », « aurait »… On n’en est pas sûr, malgré les images… IL Y A UN DOUTE… au moment même où les vidéos tournent en boucle

Le pervers président Maduro « aurait » organisé un auto-attentat… pour tuer Maduro, et assurer ainsi sa réélection. En France, cela donnerait : un conseiller du président Macron « aurait » outrepassé ses prérogatives… alors qu’on le voit tabasser des manifestants. Vite, la loi sur les fausses nouvelles… Macron avait promis une « république exemplaire»… La voilà. Le président « aurait », « aurait couvert » ce monsieur Benalla…

Avec nos médias chiens de garde du système, la guerre idéologique permanente, le monde tourne à l’envers. Ce qui est sûr ne l’est pas si « l’occident », l’impérialisme, n’y trouvent pas leur compte. Par contre, ce qui est sûr devient « fausse nouvelle » ou hypothèse s’il en va des intérêts des peuples. La liberté d’informer n’est en fait que celle du marché pour mieux enchaîner, désinformer, conditionner, endormir les citoyens. Désormais, l’opposition vénézuélienne ultra a dépassé toutes les limites.

L’attentat, lors d’une cérémonie militaire, réalisé à l’aide de deux drones chargés d’explosifs C4, est revendiqué par un groupe « mouvement national des soldats en tee-shirt ». Tous soldats ! La foule, civils et militaires, était rassemblée pour célébrer l’anniversaire de la création de la Garde nationale. Il y a, et non « aurait », sept blessés, hospitalisés, mais les auteurs de l’attentat voulaient provoquer un carnage, et l’utiliser politiquement. Nous avons souvent écrit que l’objectif de Washington était de renverser par tous les moyens le processus révolutionnaire, oui, révolutionnaire, en cours au Venezuela. On nous a accusé d’excès, d’aveuglement… Que nous opposera-t-on aujourd’hui ?

Les démocrates, quels que soient leur positionnement politique sur la situation au Venezuela, doivent exiger que toute la lumière soit faite sur cet attentat, que les responsables en soient châtiés, que les institutions internationales jouent vraiment leur rôle, et que ce soient les Vénézuéliens qui déterminent, en paix, leur avenir. Nous sommes, bien entendu, plus que jamais solidaires.

Dimanche, 5 Août 2018

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