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91 partis communistes et ouvriers du monde entier se sont inscrits pour participer à la 20ème Rencontre Internationale des Partis Communistes et Ouvriers, qui se tiendra à Athènes du 23 au 25 novembre.

 

20eme rencontre internationale des partis communistes et ouvriers avec la présence de 90 partis 

La 20ème rencontre internationale des Partis Communistes et Ouvriers se tiendra au siège du Parti communiste de Grèce (KKE) à Perissos sur le thème :

« La classe ouvrière contemporaine et ses alliances.
Les tâches de son avant-garde politique – le Parti communiste et le Parti ouvrier –
dans la lutte contre l’exploitation et les guerres impérialistes, pour les droits des travailleurs et des peuples, pour la paix, pour le socialisme »

La 20ème rencontre internationale coïncide avec le 100ème anniversaire du KKE qui sera célébré à travers un grand événement politique et culturel organisé le dimanche 25 novembre au Stade de la Paix et de l’Amitié du Pirée.

De nombreux artistes populaires se produiront pour l’événement, tandis qu’un discours de grande envergure sera prononcé par le secrétaire général du Parti, Dimitris Koutsoumbas.

Stade de la Paix et de l’Amitié du Pirée

Le PCF a annoncé sa participation. Le chapitre international de la base commune proposée dans le congrès peut être la base d’une contribution nouvelle du PCF à cette rencontre, et l’occasion de renouer des relations fraternelles avec tous les partis de cette conférence.

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Le Nordiste Fabien Roussel, un bon vivant pragmatique pour renouveler le Parti communiste

© MAXPPP
© MAXPPP

Le député du Nord, qui devrait prendre la tête du PCF, a un profil atypique.

Par AFP 

Extravertipragmatique assumant le dialogue avec les patrons : le profil du député du Nord Fabien Roussel, qui devrait devenir ce mardi le nouveau secrétaire national du PCF, tranche avec son prédécesseur Pierre Laurent, un atout pour renouveler l’image du parti, espèrent les communistes.

« C’est pas les élites qui me font chier, c’est le capital !« , s’exclamait début octobre Fabien Roussel dans son bureau de l’Assemblée nationale. La saillie montre sa détermination à s’affirmer face au « dégagisme » de Jean-Luc Mélenchon. Mais aussi le franc-parler d’un député du Nord loin d’être intimidé par des lieux investis il y a un an et demi.

Maîtrise du dossier de l’évasion fiscale

A la chambre basse, membre de la Commission des Finances, l’ancien journaliste, 49 ans, s’est rapidement fait remarquer par sa maîtrise du sujet de l’évasion fiscale. Mais aussi sur la forme, en incarnant un communisme dépoussiéré, avec une crinière de cheveux argentés ne gâtant pas sa jeunesse en politique, et des coups d’éclat.

Le natif de Béthune a notamment annoncé dans l’hémicycle avoir commencé à créer son « entreprise offshore » sur internet avec pour « directeur M. Gérald Darmanin« , suscitant l’ironie du ministre. Plus récemment, dans le cadre de l’examen du projet de loi antifraude, il a fait un quizz sur les paradis fiscaux pour M. Darmanin, drapeaux à l’appui.

Fabien Roussel souligne qu’il n’a pas été parmi les premiers signataires du texte vainqueur lors du vote des adhérents PCF début octobre, le « Manifeste pour un communisme du XXIe siècle », porté notamment par le patron des députés communistes André Chassaigne.

C’est même « la première fois » qu’il signe un texte alternatif. Mais il dit avoir « trop souffert ces 18 derniers mois » marqués par l’absence de candidat PCF à l’élection présidentielle de 2017 et des législatives catastrophiques.

« Courir après les patrons »

A-t-il les qualités pour unir les communistes qui abordent le Congrès extraordinaire ce week-end en plein doute existentiel? Ses soutiens veulent y croire.

« J’aime beaucoup Pierre Laurent. Mais Fabien a plus de charisme, et dans les médias il aura plus d’impact. Il est important qu’on fasse enfin parler de nous« , prédit Patricia Duvieubourg, présidente d’association caritative devenue sa numéro 2 sur la liste PCF aux régionales de 2015 dans les Hauts-de-France.

Fabien Roussel « a la double expérience de la direction d’une grande fédération et d’élu« , un « atout« , estime pour sa part Stéphane Peu, député de Seine-Saint-Denis.

Même ses adversaires politiques ne tarissent pas d’éloges. « Il a des tripes » et « il n’est pas idéologue, pas sectaire« , juge Xavier Bertrand, président (ex-LR) de la région Hauts-de-France.

Il peut renouveler le parti par « sa manière de faire de la politique : il n’est pas du tout complexé« , rapporte Michelle Demessine, ancienne sénatrice du Nord.

« Un bon vivant qui aime faire la fête »

Lorsqu’elle était secrétaire d’Etat au Tourisme sous Lionel Jospin entre 1997 et 2001, Mme Demessine l’avait embauché comme chargé de communication. Ils ont continué à travailler ensemble dans la majorité municipale à Lille. Elle décrit « un bon vivant qui aime faire la fête » qui avait « noué beaucoup de liens avec les milieux culturels« .

Si ce fils d’un journaliste à L’Humanité et d’une employée de banque a toujours baigné dans la culture communiste, habitant même une partie de son enfance au Vietnam, il dit placer le dialogue au centre de ses préoccupations. Jusqu’à assumer, loin de l’orthodoxie communiste, de « courir après les patrons pour qu’ils investissent dans une région« .

« Pourquoi j’ai gagné? Parce que j’ai travaillé avec des socialistes, des hommes de gauche sans carte, des chrétiens, des électeurs du FN que j’ai convaincus« , ajoute-t-il.

Ironie de l’histoire, c’est en partie parce que les communistes sont exaspérés par les choix d’alliance avec M. Mélenchon que Fabien Roussel s’apprête à prendre la tête du PCF.

 

La proposition de la commission des candidatures: le danger est que l’on change la tête pour ne rien changer

A priori la proposition de la commission des candidature prend acte de la volonté de changement, du refus de l’effacement du parti puisque Fabien Roussel devient le secrétaire du parti.Il ne faut pas minimiser l’importance d’un tel renouvellement. C’est llà une nouveauté dûe à la volonté des communistes, à la manière dont ils ont mis en minorité pas seulement une équipe mais surtout une ligne; Pas plus qu’il ne faut minimiser le choix de l’unité du parti.

Pourtant comme le dit fabien Roussel le danger est que l’on change de tête pour ne rien changer. La manière dont Pierre laurent a mené tout ce congrès en constituant une véritable tendance,  pour s’imposer et pour  l’obtention d’une direction bicéphale  peut hypothéquer l’avenir. Le parti a déjà connu une situation bicéphale avec le tandem Hue-Buffet, on ne peut pas dire que cela ait laissé un souvenir immortel et de toute façon le parti n’en voulait pas.Il faut donc qu’il y ait un secrétaire avec lui une équipe cohérente pour mettre en oeuvre.

Nous avons un nouveau secrétaire et plus perrsonne ne parle d’un changement de nom pour le parti…

Pierre laurent a souhaité un poste qui lui donne un poids réel et il a obtenu la présidence du Conseil national. Pourquoi pas? sauf si c’est au prix de l’imposition d’une tendance avec de fait un blocage permanent.. il faut bien poser ce problème parce qu’il est réel.

Il était sans doute difficile de faire autrement parce que ce « compromis » correspond à l’état réel du parti, aux manoeuvres que nous avons subi durant ce congrès. Vu l’état de ce parti, non pas de la masse des communistes mais de ceux qui sont à la manette et qui ont joué et continueront à jouer un rôle de filtrage, il était difficile de faire autrement puisqu’ils étaient prêts à détruire le pCF et malheureusement le danger est que cela se poursuive. Nous devons juger du compromis en ce qu’il nous préserve ou non de ce danger.

Comme le dit bien Fabien Roussel, le danger est  que l’on change la tête pour ne rien changer. .c’est l’état réel du parti, l’immobilisme peut en être le prix, mais quelque chose est né, et le parti est désormais une autre réalité, celle-ci sera-t-elle ou non étouffée? Chacun reconnait que grâce au manifeste, c’est la première fois qu’un congrès donne lieu à un débat aussi fondamental, le manifeste a été un cri contre l’effacement, l’humiliation, le fait de ne plus se reconnaitre… Est-ce que cela prendra forme?

je l’ignore, mais j de toute manière il faut tabler sur ce qui est né et le faire grandir.

Ensuite, avant de prendre position, il faut d’abord voir le contenu du « compromis », qui ira à l’exécutif ? si il s’agit simplement de la présidence pour Pierre laurent, cela ne me gêne pas, mais si c’est pour le lester de tout le poids du cancer qui depuis des années ronge le parti, ;le refus de s’affirmer comme communiste avec notre programme,  ce n’est pas ce qu’il faudrait pour sortir le parti de l’effacement.

Surtout que les refondateurs vont probablement faire une liste pour tenter d’encore peser dans le sens de la droite et de l’effacement. Il y aurait donc le poids de ce que l’équipe de Laurent a obtenu et une fausse opposition qui vient encore droitiser le parti, en particulier dans notre manière d’aborder les échéances électorales. Nous aurions en fait un changement institutionnel vers un président du parti qui serait Fabien Roussel et un premier ministre qui conduirait la politique du parti en s’appuyant de fait sur une majorité parlementaire et sur quelques grandes fédérations. Le fait qu’il y ait eu voter unanime de la commission des candidatures peut laisser espérer une prise en compte de ce danger.

Cela dit nous sommes dans un processus et celui-ci a lieu dans un monde qui bouge et qui exige de notre part une évolution pour répondre à cette colère, il faut aussi tabler là-dessus. Le principal danger est l’écoeurement des militants qui ont subi le filtrage non démocratique du Congrès et qu’une telle perspective découragerait. Ce serait une erreur, ce que nous avons accompli nul ne l’imaginait et il faut au contraire une vague d’adhésion, c’est possible, la fête de l’humanité l’a montré. . L’effet d’annonce d’un changement à la tête du parti, d’un candidat jeune, issu du monde ouvrier du nord peut effectivement attirer vers le parti des gens qui souhaitent d’engager parce qu’ils n’en peuvent plus. Quel parti trouveront-ils pour les accueillir, cela dépend de nous aussi, de notre capacité à combattre le capital avec notre drapeau.

ce qui est né et qui exige un véritable changement dedans et dehors du parti ne pourra que croître. Pour le moment il faut voir le contenu du « compromis », ce que sera l’exécutif et le rôle du congrès lui-même. personnellement j’ai toujours pensé et je l’ai dit que pour que ce processus se développe, il fallait en mesurer les étapes, rechercher l’unité mais pas à n’importe quel prix donc il faut peser sur le prix. le congrès n’est pas terminé .La preuve vient d’être faite qu’une minorité organisée peut imposer ses volontés à la masse des communistes, il y a au sein du parti des gens qui ne veulent plus que notre parti s’efface dans des alliances de sommet et que soit affirmé son programme, la perspective proposée à notre pays. Fabien Roussel incontestablement représente cette exigence et nous pouvons nous féliciter de son élection, sera-t-il libre d’imposer cette volonté des communistes. C’est cela qu’il nous faut observer et surlequel il faut peser.  .

Ce qu’il en est de ce compromis, nous allons le voir dans le cadre de ce congrès, de la composition du comité national et de l’exécutif, de la manière dont le texte sera ou non dénaturé.

Mais nous allons surtout le voir avec les Européennes, le choix qui sera fait du rôle de Ian Brossat et de la liste de rassemblement qu’il conduira: est-ce que sera l’occasion d’un compromis avec génération écologie, avec des gens qui sur l’Europe ont la même position de Macron, c’est-à-dire ce que voulait l’équipe sortante, ou comme le disaitr le manifeste faut-il une liste qui avec des syndicalistes des gens issus du monde du travail, associatif,  nous pourrons faire entendre notre politique? C’est pareil pour les municipales.partout il faut tenir compte de la réalité du rapport des forces, mais sans  plus jamais nous effacer en tant que force de résitance et de propositions.

C’est au pied du mur que l’on attend le maçon, ceux qui ont betonné doivent faire la preuve qu’ils sont prêts à entendre les communistes. Nous avons confiance, mais la confiance c’est comme les allumettes ça ne sert qu’une fois et il faudra beaucoup pour faire oublier ce qui s’est passé dans certaines fédérations, mais sans rien oublier il faut tabler sur l’avenir et sur l’engagement de chacun ) adopter de nouvelles pratiques pour que tous les communistes aient leur place.

danielle Bleitrach

voici l’article de l’humanité

Pour Pierre Laurent comme Fabien Roussel, le défi est désormais de réunir l’ensemble de leur parti. Julien Jaulin/Hanslucas

Pour Pierre Laurent comme Fabien Roussel, le défi est désormais de réunir l’ensemble de leur parti. Julien Jaulin/Hanslucas

ACCORD AU PCF POUR QUE FABIEN ROUSSEL SUCCÈDE À PIERRE LAURENT

Mardi, 20 Novembre, 2018
À quelques jours du congrès du PCF, sa commission des candidatures a acté ce matin de proposer une liste rassemblant Fabien Roussel, présenté comme secrétaire national, et Pierre Laurent, qui pourrait devenir président de son conseil national.
Pas de bataille rangée en vue pour la tête du parti. À trois jours de l’ouverture du congrès du PCF, la commission des candidatures, réunie ce mardi, a voté à l’unanimité la présentation d’une liste commune emmenée par Fabien Roussel comme secrétaire national, avec une haute responsabilité pour Pierre Laurent, qui pourrait devenir président du conseil national. Sauf surprise, le député du Nord devrait donc succéder dimanche prochain au sénateur de Paris, répondant ainsi à l’attente de renouvellement exprimée par les communistes. Le binôme pourrait aussi rassembler des communistes dont l’unité a été mise à mal depuis quelques semaines.
En effet, début octobre, un vote inédit des adhérents de la formation avait placé en tête, avec 42 % des voix, un texte « alternatif » (« Pour un manifeste du Parti communiste du XXIe siècle ») à celui proposé par la direction sortante (38 %). À l’issue de ce scrutin, pour la première fois également, deux candidats s’étaient déclarés pour le poste de secrétaire national. Une issue a donc été trouvée ce mardi, sur la base de la proposition formulée la veille, dans nos colonnes, par Pierre Laurent. Prenant acte que le « désaccord ne (s’était) pas résorbé », « je fais une nouvelle proposition : que nous partagions la conduite de cette liste, avait-il annoncé. L’un de nous deux sera secrétaire national et l’autre pourra occuper une fonction de premier plan à ses côtés. Personnellement, j’accepterai le choix de la commission et du congrès sur la répartition proposée ».
Le risque de division  n’est pas totalement écarté
« Que l’on soit unis avec une seule liste qui nous rassemble était une exigence importante de beaucoup de communistes », a réagi Fabien Roussel. « On n’a pas les moyens d’être divisés. Même si nous ne sommes pas assez visibles et audibles, pas à la hauteur de notre réelle influence, jusqu’à maintenant nous avons su être unis et il est essentiel que nous le restions. C’est notre force, c’est grâce à cela que nous sommes encore présents dans le paysage politique », insiste-t-il. Pierre Laurent s’est lui aussi « félicit(é) que la commission des candidatures ait acté la possibilité que Fabien et moi travaillions en commun à la conduite d’une liste unique pour la direction de notre parti. C’est la décision la plus responsable face au débat qui le traverse et à la situation politique », a jugé le sénateur de Paris.
Mais le risque de division n’est pas totalement écarté. Après la proposition de la commission des candidatures, la possibilité demeure ouverte pour les congressistes de déposer une liste « alternative » à l’ouverture du congrès vendredi. Les signataires du texte « Pour un printemps du communisme », qui avait recueilli 12 % des votes en octobre, n’écartent pas pour l’heure cette hypothèse. « On y réfléchit encore. La difficulté, c’est que beaucoup de signataires du Printemps ont l’impression que les dés sont jetés, et que le congrès est réglé avant d’avoir eu lieu », explique l’historien Frédérick Genevée, animateur du texte. « Cette liste unique ne nous convient pas. C’est la double impasse du statu quo et du retour en arrière », estime-t-il.
De leur côté, Pierre Laurent comme Fabien Roussel espèrent parvenir au rassemblement. Le premier plaidant pour que « cette liste associe l’ensemble de la diversité (des communistes) quels qu’aient été les votes des uns et des autres ». Le second appelant de ses vœux cette unité « pour travailler dans la fraternité, dans le respect des idées des uns et des autres et surtout dans le respect des choix des militants ». Au cœur des crispations, des désaccords de fond ont aussi été exprimés sur le texte adopté en octobre et discuté ce week-end. Le chantier de l’unité semble avancer sur ce front-là aussi. « Des réécritures sont proposées et réintroduisent nombre de nos innovations récentes sur les mutations du travail, la révolution numérique, l’écologie, le féminisme », s’est félicité Pierre Laurent. Le texte « est vraiment enrichi, avec des idées nouvelles, des paragraphes qui ont été précisés, réécrits. L’effort d’amendements a été fait. On est en train de construire une direction à l’image de ce texte », estime de son côté Fabien Roussel, qui précise toutefois : « Il reste encore du travail. Car le risque c’est de changer la tête sans que rien ne change derrière. »
 
 

Ces grands groupes de santé privés qui comptent bien profiter de l’agonie de l’hôpital psychiatrique public

asphyxier l’h$ôpital public pour livrer l’argent de la sécurité sociale aux grands groupes privés et dans le même temps détruire la sécurité sociale, augmenter les mutuelles… etc… (note de daneille Bleitrach)

PAR RACHEL KNAEBEL

  • +Les mouvements de grève se multiplient dans les hôpitaux psychiatriques publics, sur fond de manque de moyens pour accueillir correctement les patients, de services qui ferment et de soignants à bout. En parallèle, les cliniques psychiatriques privées, de plus en plus concentrées au sein de quelques grands groupes, prennent davantage de poids dans le secteur. Prenant d’abord en charge les patients les plus aisés – c’est-à-dire les plus solvables –, tout en abandonnant au public les pathologies les plus lourdes et les hospitalisations sous contrainte, ces entreprises considèrent avant tout le soin psychique comme un marché à conquérir. Troisième volet de notre enquête consacrée à la crise de la psychiatrie en France.

Toujours moins de lits, des services fermés, pas assez de médecins, des soignants en sous effectif… Le secteur des hôpitaux psychiatriques va mal. Celui des cliniques psy privées se porte mieux. Du moins, du point de vue des grands groupes de santé privée qui se sont constitués depuis une décennie. En 1980, le nombre de lits, pour une prise en charge à temps plein, s’élevait à 120 000 dans la psychiatrie publique [1] pour 18 000 dans les cliniques privées. Trente-six ans plus tard, le nombre de lits dans le public a chuté à 41 000, ceux du privé ont baissé à 13 300 en 2016 [2].

Plus de la moitié des lits de psychiatrie ont donc été fermés en 40 ans, très majoritairement dans le public, tandis que le nombre de lits dans le privé diminuait moins drastiquement. « La part du privé dans l’équipement en lits de psychiatrie a nettement augmenté en 40 ans. Elle représentait 11% du total des lits en 1975, (…) un peu plus de 24 % en 2016 », notait l’année dernière un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas). Le poids relatif du privé a donc plus que doublé. Si on regarde le nombre des établissements, près d’un tiers (30 %) des structures de prises en charge françaises sont aujourd’hui des cliniques privées à but lucratif.

Le secteur privé peut être brandi comme une menace face aux soignants du public : « Nous, à Caen, nous subissons l’austérité, et on nous dit « attention, si vous vous plaignez trop, les lits seront donnés au privé », témoigne Olivier Mans, infirmier psy, cadre à l’établissement public de santé mentale de Caen et secrétaire de la fédération syndicale Sud-santé-sociaux. Dans l’hôpital public, les technocrates essaient de définir des normes pour pouvoir quantifier les soins. Au final, cela sert surtout aux groupes privés », constate l’infirmier. Des entreprises – et leurs investisseurs – voient dans le soin psychiatrique un marché potentiellement lucratif.

Deux grands groupes à capitaux australiens et canadiens

Ainsi, le groupe Ramsey générale de santé, qui gère 30 cliniques psychiatriques en France, se targue de détenir 17% des parts de marché de l’hospitalisation privée générale dans le pays et l’un « des principaux acteurs de la psychiatrie privé » [3]. Ce groupe est le fruit de fusions et d’acquisitions capitalistiques successives qui n’ont pas grand chose à voir avec des objectifs de santé publique. Ramsey générale de santé est né du rachat en 2014 de l’entreprise française Générale de santé par un groupe… australien, en l’occurrence Ramsey Health Care. Générale de santé, une société de cliniques psychiatriques créée en 1987, avait elle-même auparavant racheté des sociétés anglaises, avant d’être acquise par un fond d’investissements britannique. En 2016, Ramsey Générale de santé affiche un chiffre d’affaire de 2,2 milliards d’euros. Ses actionnaires sont Ramsey Health Care (plus de 50 % du capital), mais aussi une filiale assurance du Crédit Agricole (plus de 38 % du capital).

L’autre gros acteur des cliniques psychiatriques privées en France, c’est le groupe Clinea, lui-même propriété du groupe Orpea, l’un des leaders des maisons de retraites privées. Le groupe Orpea, créé en 1989, introduit en bourse en 2002, gère aujourd’hui plus de 350 maisons de retraites et cliniques en France [4]. Sa filiale Clinea, lancée en 1999, possède 38 cliniques psy en France. Orpea appartient aujourd’hui principalement à un fonds de pension canadien, CPPIB, premier actionnaire depuis 2013. La famille propriétaire de Peugeot (à travers FFP Invest) en est aussi actionnaire à hauteur de près de 6 % du capital. Le PDG et le directeur général délégué du groupe Orpea ont tous deux touché plus d’un million d’euros de rémunération en 2017.

Des rachats successifs de petites cliniques

D’autres groupes de taille plus restreinte sont aussi sur le marché : Inicea, qui a aujourd’hui dix cliniques psychiatriques en France, ou encore OC Santé – un groupe régional de santé privé en Occitanie – qui gère quatre cliniques psychiatriques. On trouve aussi le groupe Sinoué, créé par un psychiatre il y a 12 ans, qui exploite une dizaine d’établissements en France et en Angleterre – et dont le PDG figure au conseil d’administration de la fondation Fondamental, à laquelle nous avons consacré le second volet de notre série d’articles sur la psychiatrie en France.

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L’heure est à la concentration du secteur : ces groupes se sont souvent constitués en rachetant de petites cliniques qui, bien qu’appartenant au secteur lucratif, n’étaient pas dans la même logique d’expansion et de rendement financier propre au grands groupes. « La clinique où je travaille était une petite clinique, dans le secteur lucratif, mais qui avait été fondée par quelques psychiatres et qui œuvrait beaucoup dans la psychothérapie institutionnelle », témoigne Philippe Gallais, infirmier qui a passé vingt ans en psychiatrie, et est délégué CGT au sein du groupe Clinea.

La psychothérapie institutionnelle, c’est ce courant de prise en charge psychiatrique développé dans les année 1950 et 1960 par des psychiatres comme Jean Oury, qui met l’accent sur la relation entre soignant et soigné, et sur la dynamique de groupe au sein de l’institution psychiatrique [5]. La clinique de Philippe Gallais, La Lironde, près de Montpellier, existe depuis 1972. Elle a été rachetée par Clinea en 2007 : « Avec le rachat, c’en était fini de la psychothérapie institutionnelle. Avant, on pouvait garder un patient schizophrène neuf mois. Aujourd’hui, c’est trois mois maximum », résume l’infirmier.

Ces groupes privés « vivent avec l’argent de la Sécurité sociale »

« Les petites cliniques de psychothérapie institutionnelle ne tenaient que par la force de leurs fondateurs et des personnes qui y travaillaient. Elles subissent aujourd’hui les OPA de grands groupes qui les transforment en entreprises, ajoute Philippe Gasser, psychiatre, vice-président de l’Union syndicale de la psychiatrie. Cela commence par des plans sociaux, puis vient la rationalisation des pratiques, avec moins de soignants, moins de thérapie communautaire, moins d’art-thérapie, moins d’ergothérapie. » À la Lironde, le travail s’est bel et bien transformé après le rachat de la clinique. En 2011, le personnel s’est mis en grève contre « une dégradation des conditions de travail »depuis l’acquisition de l’établissement par Clinea.

« Tous les grands groupes privés de cliniques psychiatriques ont une vingtaine d’années. Pas plus. Ces groupes ne se sont pas constitués tout seul », analyse aujourd’hui Philippe Gallais. De fait, ce sont les Agences régionales de santé (ARS) qui attribuent les autorisations pour l’ouverture de places en cliniques privées. « Les ARS lancent des appels à projets, avec des cahiers des charges régionaux où il est dit « il faut tant de lits ». Ensuite, elles répartissent les besoins en lits sur les différents acteurs, publics et privés. L’État est complice de la formation de ces groupes privés. Car ils vivent avec l’argent de la Sécurité sociale. Mais lorsqu’il y a des conflits sociaux dans les cliniques, tout comme dans les maisons de retraites, les ARS refusent d’intervenir. Elles se comportent comme de simples gestionnaires. »

Quand l’agence régionale de santé « joue la concurrence »

La part des cliniques psychiatriques privées commerciales dans les places de prise en charge varie largement d’une région à l’autre. Ainsi, dans les Alpes-maritimes, 31 % des lits sont dans le secteur privé. La proportion s’élève à 35 % dans le Rhône. Mais à 16 % en Ile-et-Vilaine. En Haute-Garonne en revanche, les établissements privés à but lucratif concentrent trois-quarts des lits de psychiatrie [6]« L’ARS de la région joue la concurrence entre le public et le privé. Ils ne prennent pas en compte le fait que nous ne prenons pas en charge le même type de patients, déplore François Ringoot, infirmier à l’hôpital psychiatrique public Marchant de Toulouse, en Haute-Garonne, et délégué syndical Sud-santé-sociaux. Les patients qui vont en clinique psychiatrique privée ont le plus souvent une mutuelle. Au contraire, à l’hôpital Marchant, la majorité des patients sont hospitalisés sous contrainte. Les hospitalisations libres vont en majorité dans le privé. »

En France, en 2017, sur les quelques 320 000 personnes qui ont été hospitalisées en psychiatrie à temps complet, 81 000 l’ont été sous contrainte, c’est-à-dire sans leur consentement – en majorité à la demande d’un tiers, comme un membre de la famille. Les personnes hospitalisées sous contrainte peuvent aussi l’être sur demande du préfet, ou « en cas de péril imminent », pour les personnes isolées ou désocialisées. Plus de 99 % des personnes hospitalisées sous contrainte ont été prises en charge dans les hôpitaux publics [7]« Quand il y a deux patients sous contrainte dans un service, nous savons gérer. Quand il y en a 14, c’est beaucoup plus difficile. Mais pour l’ARS, c’est la même chose, ce sont des lits, rapporte François Ringoot. Et cela alors que nous manquons de médecins, que des lits sont fermés, et que des services fonctionnent sans le nombre de soignants nécessaires. »

« Il n’y a rien de plus rentable socialement que le service public »

« Comme on a organisé une pénurie dans le secteur public, on va avoir recours au privé pour les patients les moins graves, et ceux qui ont le plus d’argent. On les envoie en clinique privée pour libérer nos lits dans le public, résume Mathieu Bellahsen, responsable d’un secteur de psychiatrie publique en banlieue parisienne et auteur de l’ouvrage La Santé mentale (La Fabrique, 2014). De cette manière, le pouvoir oriente la psychiatrie publique vers le traitement des patients hospitalisés sous contrainte et des patients les plus pauvres. Alors qu’une psychiatrie démocratique supposerait de proposer quelque chose pour tout le monde, une chose commune, sans ségrégation des patients », ajoute le psychiatre. « Les cliniques privées font très peu de soins sans consentement parce ce n’est pas possible de prévoir à l’avance quand le patient va être d’accord pour se soigner, ajoute Bernard Odier, psychiatre et représentant du syndicat des psychiatres du public. Pour le moment en France, les cliniques privées restent spécialisées dans les formes les moins sévères de troubles, elles ne convoitent que ce qui est programmable, pour remplir les lits à l’avance, prévoir la durée du traitement. »

Dans la même logique, les cliniques psy privées disposent de très peu de services d’urgences. Selon Philippe Gallais, « les cliniques traitent des pathologies plus choisies, alors que l’hôpital public ne va pas refuser un patient. Le privé a tendance à miser sur des créneaux comme l’addiction, la dépression. » Mais les pratiques de soin psychiatrique sont-elles fondamentalement différentes entre public et privé ? Non, répond Philippe Gallais : « Car la psychiatrie publique aussi s’est beaucoup appauvrie. » « Dans le privé, on a peut-être tendance à soigner davantage à coup de médicaments, et à enfermer plus », juge pour sa part Olivier Mans, infirmier à l’hôpital psychiatrique de Caen. « Mais le grand drame de cette progression du privé, c’est surtout que si l’accès des patients à des soins psychiatriques gratuits n’est plus possible, il y a un plus gros risque d’isolement social. Socialement, il n’y a rien de plus rentable que le service public. »

Rachel Knaebel

Photo : Manifestation début septembre de personnels hospitaliers à la suite de la fusion de trois hôpitaux psychiatriques parisiens CC FO via Flickr.

Lire aussi :
- Hôpitaux psychiatriques : des infirmiers « comme dans une tranchée en temps de guerre »
- « Fondamental », la fondation qui veut sauver la psychiatrie en partenariat avec les labos

Notes

[1Hors psychiatrie pénitentiaire.

[2Ces chiffres viennent du rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) : « Organisation et fonctionnement du dispositif de soins psychiatriques, 60 ans après la circulaire du 15 mars 1960 », novembre 2017.

[3Voir son site et son document de référence.

[4Le groupe est aussi présent en Allemagne, en Belgique, en Suisse, en Espagne, au Portugal, en Chine, et a même acheté des parts dans un groupe d’établissements de santé brésilien.

[5Voir ce récit du travail de soin et de l’organisation de la clinique de La Borde, celle de Jean Oury, l’une des cliniques emblématiques de la psychothérapie institutionnelle, par Félix Guattari dans la revue Chimère en 1987.

 
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Publié par le novembre 20, 2018 dans Uncategorized

 

Les communistes du Rhône confortent  le manifeste… Au tour des délégués d’Ivry de réussir un congrès extraordinaire !

mille fois d’accord avec ces travaux et cette véritable recherche d’unité à laquelle aspirent tous les communistes (note de Danielle Bleitrach)

par  pamillet

 

Les 14 délégués des communistes de Vénissieux à la conférence départementale du PCF du Rhône ont pleinement contribué à une conférence qui conforte la base commune issue du manifeste qu’ils avaient très largement choisi. Le texte amendé a été adopté à 82% des exprimés, vote salué par une internationale symbolique de l’unité des communistes.

Comme le souhaitaient les initiateurs du manifeste, les communistes se sont emparés de ce projet dans une discussion qui a occupé l’essentiel de la conférence, une discussion construite à partir d’un travail important de la commission des textes qui avait reçu plus de 400 amendements des différentes sections. La grande majorité des propositions visaient à préciser et enrichir le manifeste. Ceux qui voulaient le remettre en cause n’ont pas été retenus, même quand ils étaient soumis au vote de la conférence à la demande de leur auteur ou de sa section.

Au total, ce sont 98 amendements, qui regroupaient souvent plusieurs amendements proches de sections différentes, qui ont été débattus du vendredi soir au samedi soir, plus de 12 heures de discussion. La plupart des amendements retenus par la commission ont été largement adoptés, avec des modifications discutées en séance, aboutissant à un texte que les initiateurs du manifeste initial ont salué comme un succès de leur démarche visant à l’unité la plus large des communistes pour une réorientation politique de leur parti.

La discussion a confirmé l’importance d’un bilan stratégique des choix de ces dernières années. Si beaucoup de discussions montrent la nécessité de mieux comprendre l’histoire du PCF, ses choix successifs, l’importance des socialismes du 20ème siècle et de la défaite finale de l’URSS, elles aboutissent au constat que nos difficultés sont bien actuelles, liées à notre difficulté à porter un choix communiste dans le monde actuel, celui du capitalisme mondialisé et de ses dérives fascistes et militaristes. De ce point de vue, les derniers congrès n’ont pas donné aux communistes une orientation leur permettant de jouer leur rôle dans les luttes et le rassemblement populaire et il est urgent d’ouvrir le chantier d’une réorientation.

Conférence fédérale du Rhône : 16, 17,18 novembre 2018, Vénissieux

Ce bilan est indispensable d’autant plus que tous les communistes ont conscience de l’affaiblissement de leur parti et de son influence. La conférence fédérale elle-même l’illustrait, avec 111 délégués motivés et engagés, mais avec une majorité d’hommes, un âge moyen au-delà de 40 ans, et peu d’ouvriers ou d’habitants des quartiers populaires. De ce point de vue, la délégation Vénissiane aurait pu être plus importante, d’abord parce-qu’elle était à parité, avec une composition sociale à l’image de la ville [1] mais surtout parce que sa place dans la conférence ne reflétait pas son poids politique dans le département, Michèle Picard apportant 27% des voix communistes du Rhône aux législatives de 2017, 20% sur la seule ville de Vénissieux.

S’il y a toujours des adhésions, notamment de jeunes ou de militants d’entreprises à la recherche d’un parti politique du monde du travail éclairant les luttes et menant la bataille d »idées pour l’unité du monde du travail, ce renforcement se traduit peu en renouvellement des directions, et c’est une partie importante du bilan nécessaire. Malgré les efforts de relance de la formation des militants, il reste difficile de relever le défi de l’éducation populaire face aux idées dominantes que portent toutes les autres forces politiques les institutions et les médias, face aux idées faciles des réseaux sociaux, à la perte de référence marxiste y compris dans le mouvement syndical.

Chacun comprend que c’est l’enjeu du congrès national qui s’ouvre ce 22 novembre à Ivry. Comme le montre l’interview de Pierre Laurent dans l’Humanité de ce 19 novembre, personne ne peut plus contester la forte demande militante d’une réorientation, et donc d’un changement visible dans le texte de congrès, dans les messages politiques qui seront mis en avant, et donc dans la direction qui sera élue. Mais Pierre Laurent continue à insister sur l’idée qu’il ne faudrait pas trop changer, qu’une continuité de direction serait nécessaire à l’unité des communistes. Pourtant, ce qui serait terrible pour l’unité des communistes, ce serait de casser l’élan qu’a créé le manifeste, de ne pas entendre la demande de réorientation à partir d’un vrai bilan.

La fin de la conférence fédérale a été marquée par ce débat sur les directions, et il a été plus difficile que sur le texte de trouver les décisions qui rassemblaient une large majorité. La proposition de la direction sortante pour la délégation au congrès a ainsi été refusée très nettement par la conférence (66% des exprimés contre), ce qui a conduit à un vote très juste sur une délégation modifiée, prenant mieux en compte le vote du texte de la veille.

Dans le débat, quelques communistes évoquaient le risque de « procès » de Pierre Laurent, proposant une direction « bicéphale ». Mais choisir un nouveau dirigeant ne nécessite aucun procès des anciens ! C’est la vie normale d’une organisation dans un congrès, et la seule chose qui devra guider les délégués à Ivry, c’est de réussir un congrès extraordinaire que les communistes pourront porter dans le monde du travail et les milieux populaires. Tout ce qui apparaitrait comme des logiques d’appareil, de places, de personnalité, est à rejeter avec détermination. Le congrès ne doit faire le procès de personne, n’exclure personne, mais il doit renouveler profondément la direction, de manière visible, pour réussir la réorientation nécessaire et demandée par les communistes.

 

Explosion de la fraude fiscale en France, estimée à 100 milliards d’euros annuels

heureusement que les Japonais font le travail que Bercy ne fait pas, sous la direction d’une présidence élue par les fraudeurs pour faire pression sur les salaires et les services publics ‘note de danielle Bleitrach)

Explosion de la fraude fiscale en France, estimée à 100 milliards d'euros annuels© DAMIEN MEYER Source: AFP
La fraude fiscale en France ne cesse de grimper (image d’illustration)

Selon la dernière enquête du syndicat Solidaires-Finances publiques, la fraude fiscale est en hausse. Par rapport à l’estimation d’il y a cinq ans, elle aurait augmenté de 20 milliards d’euros par année, atteignant un montant record.

Dévoilé par Marianne ce 13 septembre 2018, le dernier rapport du principal syndicat des Finances publiques, Solidaires-Finances publiques, livre une estimation peu reluisante sur la fraude fiscale. Celle-ci aurait grimpé historiquement à 100 milliards d’euros annuels, et ce sans comptabiliser les fraudes aux prélèvements sociaux. Réalisée tous les cinq ans, l’enquête montre une augmentation de la fraude fiscale, de 20 milliards d’euros par rapport à l’estimation de 2013.

Il est à noter qu’en juillet dernier, le syndicat dénombrait près de 38 000 suppressions de postes à la Direction générale des Finances publiques (DGFiP) depuis 2002. Parmi eux, les contrôleurs fiscaux sont touchés par la réduction des effectifs. L’organisation syndicale dénombre 3 100 emplois de ce type en moins depuis 2010. Vincent Drezet, du bureau national du syndicat Solidaires Finances publiques, expliquait également à RT France le 12 juillet 2018 que le gouvernement prévoyait d’ici 2022 une suppression de 16 000 ou 22 000 emplois au sein de Bercy (ministère de l’Economie et des Finances, dont dépend la DGFiP). Des chiffres qui ne sont guère encourageants en matière de lutte contre les grands fraudeurs fiscaux…

La fraude la plus courante demeure la sous-déclaration des revenus, selon Marianne. Le magazine relève également que les 3 500 ménages les plus riches, concentreraient une fraude de cinq milliards d’euros chaque année, en raison de leurs avoirs détenus illégalement à l’étrangerD’où ce constat du journal : «Jamais en France gruger le fisc n’aura été aussi peu risqué, compte tenu des probabilités de se faire rattraper par la brigade.»

Pourtant l’Etat aurait tout à gagner en faisant la chasse aux fraudeurs : ces 100 milliards compenseraient largement le déficit budgétaire, estimé à environ 83 milliards d’euros.

Lire aussi : 20 000 emplois en moins dans l’administration fiscale ? «Une gestion inhumaine»

 
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Publié par le novembre 20, 2018 dans Economie

 

Quelques réalités sur les conditions de travail en Chine par danielle Bleitrach

voici ce que j’écrivais dans un article déjà ancien (en 2008, j’avais entamé à l’époque une licence de chinois dont j’ai passé avec succés les unités sur la civilisation avec un peu moins de brio les exercices de version et refusé de passer tout ce qui avait trait à l’oral. Je traduis les langues mais je me refuse à les parler, c’est un choix général encore aggravé en chinois vu que les sons me paraissent imprononçables, comme l’anglais d’ailleurs. Mais cela étant dit, grâce à Marianne, à Peggy Fuyet et à ce début d’intiation à la civilisation chinoise, j’ai découvert que l’on disait n’importe quoi sur ce pays et sur les choix du parti communiste chinois. Voici donc quelques reflexions basiques sur les conditions de travail en Chine, en sachant que celles-ci ont encore évoluées et que si les statistiques planétaires témoignent d’une amélioration de la pauvreté cela dû quasiment exclusivement à la Chine (qui représente 1/4 de l’humanité. Voici des faits que l’on prétend laisser ignorer au communistes au nom de l’appui d’une thèse sur les totalitarismes qui fait la joie de la social démocratie et de la CIA et qui ne correspond en rien à notre volonté d’avoir un socialisme original à la française.  (note de danielle Bleitrach)

Il se dit à peu près tout et n’importe quoi sur les conditions de travail en Chine. Il est évident que si désormais la Chine est en train de dépasser l’Allemagne et de devenir le premier exportateur mondial, cela a été au prix d’un effort dément de la population. Mieux la Chine a franchi des étapes, elle était avant tout l’usine produisant des produits bas de gamme, dépendant à plus de 70 % des technologies étrangères, elle est toujours l’atelier du monde mais  elle est passé de l’électroménager à la maîtrise désormais de technologies qui lui permettent de construire des TGV. De la même manière, ou plutôt contradictoirement la Chine en peu de temps, en gros depuis les réformes de 1978, est passé du plein emploi à la possibilité de chômage, des entreprises garantissant sécurité et protection sociale au marché privé du travail, elle a connu une mobilité énorme, en particulier un exode rural, tempéré comme nous allons le voir par des mesures discriminatoires à l’égard des migrants. C’est assez dire que chaque avancée a été payée de son prix de sueur et de souffrances. Mais surtout cette brève analyse nous confronte à l’énorme hypocrisie occidentale qui ne cesse de dénoncer les conditions de travail en Chine et refuse de voir qui en porte la responsabilité réelle, non seulement historique mais d’une brûlante actualité.

1-Migrations et discriminations
La population la plus exploitée et soumise aux plus rudes conditions de travail a été celle des migrants ruraux, soit ceux qui émigraient définitivement, soit ceux qui venaient amasser un pécule en ville. Les mobilités interrégionales ou intrarégionales, rurales/urbaines se sont multipliées et la population flottante n’a cessé d’augmenter en se diversifiant en Chine continentale. Avec l’arrivée des migrants dans les villes chinoises, les marchés du travail se sont de plus en plus segmentés et différenciés. Et les migrants, notamment peu qualifiés et surtout les plus jeunes, sont devenus l’objet de domination, d’exploitation et aussi de violence.
De plus la suppression de la notion d’emploi à vie a  représenté un moment très dur dans la transition de l’économie planifiée vers l’économie de marché fut-elle socialiste et planifiée. Il s’est formé quelque chose de totalement inconnu jusque là  un marché des emplois, le chômage est apparu comme un phénomène nouveau dans l’histoire de la Chine communiste. Il faudrait pour être plus complet montrer l’imbrication, la superposition des emplois d’Etat et de ceux privés.

La politique de discrimination qui a marqué cette population migrante avait une double fonction, mobiliser une main d’œuvre peu exigeante pour les multinationales et aussi pour la construction. Mais aussi, il s’agissait de freiner cet afflux rural pas toujours désiré. Il est facile de dénoncer les politiques menées, plus difficile est de gérer la situation qui veut que quelques 800 millions de paysans chinois, de manière plus ou moins permanente, tendent à s’employer hors de leur terres? Et malgré tous les obstacles administratifs  (difficultés à obtenir une carte d’identité nécessaire pour se déplacer, perquisitions régulières à Pékin pour chasser les habitants illégaux,…), les paysans affluent là où il peut y avoir du travail. Et ils atterrissent  précisément dans les villes où on construit pour loger une population déjà à l’étroit. Nul doute que la multiplicité des chantiers des jeux olympiques a donné une occasion à cet afflux qu’il faut bien contenir.
L’exemple de Shanghai illustre ces politiques. On peut les apprécier  comme particulièrement injustes à l’égard des migrants, mais aussi considérer qu’elles protègent l’emploi des travailleurs des villes, empêchent la pression à la baisse de leurs emplois. Même discriminés les travailleurs venus des campagnes trouvent des revenus supérieurs à ceux qu’ils ont en tant que paysans, l’attrait est là mais la dureté de ces conditions empêche l’afflux incontrôlé.
Face à un nombre toujours croissant de migrants, la municipalité de Shanghai a pris des mesures de protection des marchés du travail pour les Shanghaiens en distinguant les emplois réservés à la main-d’œuvre urbaine et l’autre à la main-d’œuvre provinciale En effet en 1995, le Bureau du travail et de protection sociale de Shanghai a publié une liste de secteurs d’activités et d’emplois réservés ou interdits aux migrants : les secteurs de l’industrie lourde, le textile et la construction sont ouverts aux migrants ; les emplois intermédiaires sont d’abord réservés aux citadins mais ouverts aux migrants ; enfin les emplois « visibles » comme chauffeur de taxi, agent de la sécurité et standardiste, etc., sont formellement interdits aux migrants (1)
Les migrants assurent leur présence sur des segments de marché du travail disqualifiés comme la manufacture, la confection, le bâtiment, la restauration, le transport de marchandises, etc. ; on peut alors parler de « niches économiques ». En même temps que le secteur traditionnel se réanime a lieu un phénomène de tertiarisation qui s’accompagne d’une précarisation des marchés du travail génératrice d’emplois payés à l’heure ou à la tâche où sont le plus souvent embauchés des provinciaux. L’évolution du marché de travail urbain a reposé  sur des processus discriminatoires de plus en plus marqués à l’égard des populations migrantes faiblement qualifiées mises en concurrence de manière ouverte avec les chômeurs. En 2000, 82,9 % des migrants travaillaient dans les secteurs mal considérés par les Shanghaiens : chantiers navals, textile, bâtiment et services. Comme on le voit, le passage d’une économie planifiée à une économie de marché s’est encore  tout de suite accompagné de processus de segmentation des marchés du travail où cohabitent inégalités, discriminations et évictions des Chinois non désirés.
Si l’on ne connaît pas cette situation on ne comprend rien y compris aux événements du Tibet où il y a cet exode vers les villes et cette situation générale de protection du salariat et du travail urbain par rapport à cet afflux. Dés que j’ai lu le récit des événements j’ai pensé qu’il y avait au départ une opération orchestrée débordée par un prolétariat vivant trés mal. Nous sommes ici dans des phénomènes à une échelle inconnue qu’une société qui table avant tout sur sa sortie de sous développement doit maîtriser. Et ceux qui pensent qu’il suffira de rétablir un lama féodal n’offrant rien d’autres à ces populations que le retour à l’achaisme sont soit idiots, soit volontairement décidés à rendre la situation plus compliquée à la Chine.

2- Les multinationales, lieu d’exploitation

Un pays qui sort du sous développement par un effort gigantesque et qui se plie au diktat des multinationales, tout en tenant le tigre en laisse, telle est la Chine et elle réussit là un formidable exploit que lui permet sans doute la planification et la propriété collective, disons étatique des principaux secteurs de production et des secteurs financiers.  La Chine pour faire son accumulation primitive exporte à tour de bras et dans le même temps tente un développement endogène, un équipement du territoire et plus récemment une politique environnementale. Et pour revenir à notre objet elle met en place une politique de droit des travailleurs.

Le fait que la Chine soit un pays sous développé se  traduit  au départ^par  un manque de capitaux et de technologie, il faut faire appel aux capitaux et aux technologies étrangères et se soumettre à leurs conditions.

Plus de la moitié des exportations chinoises sont le fait néanmoins d’entreprises étrangères. Donc quand on décrit le bagne du travail en Chine, il faut savoir que ce bagne a été largement créé par des entreprises étrangères .

Une enquête menée par les organisations suisses Pain pour le prochain et Action de Carême met directement en cause les grandes marques d’informatique. Officiellement, comme cela se passe pour toute l’Asie, les grandes marques d’informatique ont mis en place des codes de conduite en matière de responsabilité sociale, les règles sont peu respectées par leurs fournisseurs. Nous avons vu que c’était le cas pour Ikea en inde, c’est donc une pratique commune des multinationales, elles font pression sur leurs fournisseurs pour aboutir partout à des conditions d’exploitation à outrance.

Les deux organisations ont enquêté dans sept usines fournissant les grandes firmes informatique internationales.

Les ouvriers y travaillent de 10 à 12 heures par jour, six et parfois sept jours par semaine. Chaque mois, ils effectuent entre 80 et 200 heures supplémentaires quand la loi en autorise 36.

Les conditions de santé sont mauvaises pour ces travailleurs. La manipulation de produits toxiques se fait souvent sans masques ni gants et les salles de soudage manquent d’aération. Les employés interrogés dans cette enquête ne bénéficient pas d’un contrôle médical au travail.

Des sanctions disciplinaires abusives sont souvent mises en place. Un travailleur d’une des usines visitées explique : « En période de haute production, la cadence augmente et il est difficile de suivre le rythme. Nous faisons plus d’erreurs. Si l’inspecteur le découvre, il nous impose une amende, sous forme d’une déduction d’une demi-journée de salaire. Nous sommes extrêmement tendus ».

Dans beaucoup d’usines, les codes de conduite des entreprises étrangères,  clientes de ces usines  – ces engagements de respecter les droits élémentaires des travailleurs – ne sont pas portés à la connaissance des employés.

Malgré tout, quelques améliorations sont intervenues récemment. Le nombre d’entreprises payant leurs employés en dessous du minimum légal a baissé. Mais il en reste encore. Ainsi, l’usine Lite-On Electronics payerait les heures supplémentaires le week-end 150 % du salaire horaire en semaine, quand la loi prévoit 200%.

Les deux organisations constatent que l’engagement des marques face à cette situation est variable. Hewlett-Packard s’est donné des moyens humains et financiers importants pour mettre en oeuvre son code de conduite. Cette firme est par ailleurs la seule à accepter de donner une liste complète de ses fournisseurs et de commenter des cas précis d’usines. Apple fait également des efforts, notamment en multipliant les audits en Chine. Mais elle refuse malgré tout de communiquer dans la transparence sur ses fournisseurs, ses audits et les formations qu’elle met en place.

Enfin, le rapport de Pain pour le prochain et Action de Carême révèle que la firme Fujitsu-Siemens est à la traîne. Au niveau du groupe international et en Chine, elle n’a aucune personne en charge des responsabilités sociales. Elle considère par ailleurs qu’elle n’a pas à former ses fournisseurs à son code de conduite.

Le constat est d’autant plus sévère que selon ces deux organisations, il suffirait d’ajouter un peu plus de 30 euros au prix de chaque ordinateur pour assurer aux ouvriers de l’informatique des conditions de travail dignes.(2)

Une enquête menée par le journal Southern Weekly qui a étudié   126 multinationales durant une année complète. Au banc des accusés : des entreprises appartenant aux 500 plus grosses compagnies et qui ont enregistré des résultats financiers remarquables que ce soit dans le nombre de ventes, le volume des exportations ou les profits bruts.
Les résultats sont alarmants ! 58 entreprises (46% de l’ensemble) ont refusé de se conformer à la loi d’établissement des syndicats. Vingt autres ont sérieusement endommagé l’environnement. Et les critiques ne s’arrêtent pas là ! 37 firmes vendaient aux consommateurs chinois des produits ou des services ne répondant pas aux normes de qualité, ce qui a été corroboré par des plaintes répétées pour 19 d’entre elles.
D’après le journal Southern Weekly, certaines entreprises étaient mêmes coupables de soudoyer des officiels du gouvernement ainsi que des dirigeants de l’entreprise ou d’autres entreprises !
Southern Weekly assure de la réalité des données. L’hebdomadaire a indiqué que l’étude s’est basée sur des informations publiques fournies par les autorités, les associations de consommateurs, les syndicats et les médias. Il dit avoir vérifié les renseignements auprès des entreprises elles-mêmes.
Le même journal a publié une liste noire : les 33 multinationales présentes en Chine qui sont passées outre les lois anti-pollution de l’eau. Quatre d’entre elles font partie des 500 entreprises aux plus gros profits : Nestlé Sources Shanghai Ltd, Pepsico, Panasonic et 3M. Les informations viennent de l’ONG « Institut des affaires publiques et environnementales. » Le directeur, Ma Jun, confiait cependant au Shanghai daily que les multinationales ne sont pas les seules entreprises critiquables : 26 000 compagnies chinoises ont de même rejeté illégalement des déchets dans les cours d’eau chinois et à une échelle plus importante.

Et il est vrai également que les conditions de travail d’une extrême dureté ne se trouvent pas seulement dans les entreprises étrangères, il y a celles de la paysannerie, et il y a même eu de véritables scandales comme les mines de charbon clandestines et les briqueteries, où des adolescents et des hommes parfois enlevés et vendus travaillaient sans salaire. Mais que ces cas aient fait un tel scandale prouve leur caractère exceptionnel, le fait est que les Chinois ne s’habituent pas à l’exploitation.  On constate dans les villes non seulement une amélioration mais de la difficulté à trouver de la main d’œuvre qualifiée, et tout cela aboutit à des augmentations de salaires de l’ordre de + 18% depuis un an (3). Et surtout pour qui connaît les conditions d’esclavages dans certains pays d’Amérique du sud ou même de la domesticité dans les émirats, la découverte et le scandale sont un pas vers autre chose, comme les procès publics et les lourdes peines qui frappent les directeurs d’entreprise de la mine qui par leur imprudence délinquante ont provoqué des nombreuses morts.

3-Une situation en évolution

Les différences avec les ateliers d’assemblage du Tiers-monde comme ceux de la frontière mexicaine, les maquiladoras, tient au fait que l’Etat chinois a réussi à maîtriser le phénomène et en faire un facteur de développement inouï. Le second facteur est  l’intervention de plus en plus fréquente des autorités, à la suite de nombreuses manifestations pour faire respecter les droits et l’existence du syndicat à l’intérieur de l’entreprise.

Il est un fait que ne sont jamais dénoncés par les occidentaux les entreprises étrangères et toujours « le régime », jamais le sous développement et toujours « le socialisme », etc. Alors que même quand ces entreprises étrangères ne pèsent pas directement sur leurs salariés elles le font par le biais d’entreprises sous-traitantes qu’elles mettent en concurrence, ce qui se répercute sur les salaires et les conditions de travail.
Et dans les grandes entreprises si les travailleurs logent sur place il peut même arriver que le patron retienne les papiers et si la multinationale a signé « un code de conduite », quand elle envoie inspecter les conditions des salariés ceux-ci ne peuvent pas se plaindre.

Tout cela existe mais tend à évoluer sous une triple influence:

la première est  la protestation massive des travailleurs, les travailleurs chinois ne se laissent pas faire, en 2005 près de 90.000 manifestations impliquant plus de cent personnes ont été recensées.

La seconde est une nouvelle préoccupation des autorités face à cette montée des mécontentements et les tensions sociales y compris face aux cas de corruption des autorités.(4)

Le troisième phénomène est un début de pénurie de main d’œuvre, y compris ce qui est nouveau de main d’œuvre peu qualifiée, notamment dans le province du Guangrong au sud, où se produit près du tiers des exportations chinoises.

Mais on peut également noter que par rapport à l’Inde et d’autres pays asiatiques dont on ne fait pourtant pas état, le travail des enfants n’est pas un fléau. Les enfants sont pratiquement tous scolarisés dans les zones urbaines.

Si les médias occidentales et même la plupart des médias alternatifs sur internet décrivent avec beaucoiup de complaisance les conditions de travail en Chine, en les attribuant au gouvernement chinois. De temps en temps on lit dans la presse des entrefilets de ce type :

Adidas retire progressivement sa production de Chine

Le numéro deux mondial des équipements sportifs, l’allemand Adidas, juge le niveau des salaires en Chine dorénavant trop élevé et va transférer une partie de sa production vers des pays encore plus compétitifs, a déclaré son patron Herbert Hainer. Adidas va transférer sa production en Inde, au Laos, au Cambodge et au Vietnam, mais aussi dans les pays de l’ex-URSS et en Europe de l’Est. » (5)

Les entreprises occidentales ne vont donc pas dans un pays pour l’aider à se développer (ce n’est pas nouveau) mais pour en tirer un max de profit (ça s’appelle diminuer les coûts). On retrouve les mêmes informations dans la presse de Taiwan, les salaires chinois augmentent trop pour continuer à faire de la Chine continentale une zone de sous traitance, mais elle devient un marché intéressant.

L’évolution, en particulier du nouveau code du Travail

Voici les changements intervenus dans le nouveau code du travail par rapport à celui de 1994
– L’employeur doit impérativement conclure un contrat de travail écrit.
– – La priorité est donné au contrats à durée indéterminés. C’est théoriquement fini les CDD à répétition. Lorsqu’un employé a dix ans d’ancienneté- s’il en fait la demande- l’employeur est tenu de signer un CDI. L’employeur ne peut aujourd’hui proposer que deux CDD consécutifs. « la sanction de la violation de cette obligation consiste pour l’employeur à verser un double salaire » à compter de la date à laquelle le CDI aurait dû être conclu.
– Le licenciement économique est encadré : cela ne peut concerner un ou deux travailleurs, cela doit au minimum concerner 10% du personnel.
– Interdiction de pénalités en cas de démission : avant pour démissionner l’employé devait des pénalités c’est supprimé.

Face à ce code du travail entré en application le premier janvier 2008, les chambres de commerce nord-américaine et européennes ont manifesté leur opposition et menacé de délocaliser si le droit du travail devenait trop contraignant. On mesure en sachant cela l’hypocrisie des médias occidentaux  qui ne cessent d’incriminer « le régime », « le socialisme » et jamais leurs propres capitalistes. Ce nouveau code renforce la protection des salariés par rapport à celui de 1994. la plus importante des réformes  est la nécessité dans laquelle se trouve l’entreprise d’établir un contrat de travail écrit.  Selon le mensuel Alternatives économique, Li Hua, avocate au cabinet Gide Loyrette Nouei à Pékin précise « « En 2007, le nombre des contentieux entre les deux parties- employeur-employé, de les rapports sociaux à l’intérieur de l’entreprise se sont détériorées ces dernières années. – le nombre des conflits  a augmenté de 30% à Shanghai et à Pékin, principalement dans les secteurs de l’industrie et de la construction »(..) « On sent (de la part du gouvernement) une vraie volonté de renforcer les droits des salariés » ajoute-t-elle  (6)
Tout ce que nous voyons sont les conditions d’accumulation primitive que nous avons réalisé en Europe en envoyant les enfants de 5 ans et moins dans les mines, en faisant travailler dans de terribles conditions et nous continuons dans tout le Tiers Monde quitte à les accuser de faire baisser les prix ou de jouer la vertu devant une Chine communiste exploitant les travailleurs.Cette Chine doit nourrir un milliard trois cent mille êtres humains et pour se faire contrôler l’exode rural, elle doit développer les forces productives et pour cela accepter les étrangers, mais elle doit aussi planifier, maîtriser sa propre croissance pour ne pas se retrouver la proie d’un néo-colonialisme. Elle doit mettre en place des systèmes de prodtection sociale, d’assurance maladie et de retraite, ne commençant là encore par la population citadine mais en l’étendant aux zones rurales.

La Chine a sorti la majorité de sa population de la pauvreté extrême.

« La population chinoise dans son ensemble a très largement bénéficié de ce décollage puisqu’en vingt-cinq ans, le revenu par habitant a été multiplié par cinq ! Il était, d’après la Banque mondiale, de 190 dollars l’an en 1978, il est de 1000 dollars environ en 2004 ; Cela a permis à 400 millions de Chinois de sortir de l’extrême pauvreté-moins d’un dollar par jour. Réservés à l’élite pendant un temps, le réfrigérateur, le vélo et le téléphone sont devenus des biens de consommation courante pour des centaines de millions de personnes. Globalement, les Chinois ont aussi accru, au cours de ce quart de siècle, d’un tiers au moins leur consommation moyenne de calories-ce qui n’est pas sans expliquer l’allongement de leur espérance de vie….

Cela étant, …la Chine reste un pays pauvre, très pauvre même. Près de la moitié de la population vit encore avec moins de deux dollars par jour. Le revenu moyen a augmenté, mais à 1000 dollars par an (à peine 800 euros), il reste à des années-lumière de celui des pays qui ont fait leur révolution industrielle il y a un ou deux siècles-trente fois moins qu’en France, quarante fois moins qu’aux Etats-Unis…Le Chinois trouvera peut-être quelque source de satisfaction en apprenant que son revenu moyen est deux fois supérieur à celui de l’Indien…

Si l’on prend le PIB calculé en volume plutôt qu’en valeur, en pouvoir d’achat plutôt qu’en monnaie courante donc, l’écart de la Chine est moindre : en termes de « parité de pouvoir d’achat », la Banque mondiale estime à 4000 dollars le PIB par habitant, dix fois moins « seulement » que celui des Etats-Unis. » (7)

Que ceux qui veulent juger et donner des conseils le fassent je m’en sens incapable et j’admire ce peuple travailleur qui de surcroit à l’inverse des Occidentaux n’a pas pillé d’autres peuples, porte partout la paix et le développement. L’arrogance occidentale qui ignore ce qu’est le sous développement et qui veut surtout ne jamais se rappeler comment sa propre société a pillé le monde, a été capable d’inscrire dans les jardins chinois des pancartes « interdites aux chiens et aux Chinois », a détruit une des merveilles du monde, le palais d’été, a imposé la guerre de l’opium, forcé une génération à être des morts vivants, les ortures japonaises qui ont effrayé même les nazis, j’en passe et des meilleurs, se permettent alors que leurs propres capitalistes continuent àç sévir, alors qu’eux mêmes bénéficient de produits venus de Chine, cette ,insupportable arrogance se permet encore de critiquer la Chine. Et au lieu d’admirer l’héroïsme du peuple chinois, de contempler éblouï comme cela le mérite ce qu’ils ont donné à voir de leurs efforts dans ces jeux olympiques, manifestent leur insondable mesquinerie. sans même penser à remercier ce peuple qui attendait le coeur battant qu’on le félicitat pour tant de courage, tant d’efforts, tant d’humble vaillance. Oui nous occidentaux nous appartenons bien comme les Etats-Unis à cette « civilisation » que décrit le Cubain José Marti: « Il est d’un coeur mesquin, et rongé par l’envie impuissante, d’aller chercher des poux à la grandeur patente, et de la dénier catégoriquement en invoquant le plus minime des défauts, ou bien de se jucher sur un trepied d’oracle, comme si l’on purgeait le soleil d’une tâche ».

Danielle Bleitrach
(1) Thèse et mémoire de DIDERON, Sylvie, INSTITUT NATIONAL AGRONOMIQUE PARIS-GRIGNON, 1993/00/00 (Suisse)
(2) Le rapport de cette étude peut être téléchargée sur le site de fair-computer
(3) Jean françois Huchet, la responsabilité sociale des entreprises étrangères en Chine, Ires-FO, juin 2007
(4) une des formes particulières de la lutte contre la corruption est le contrôle des hauts salaires elle témoigne à sa manière de la pression qui est exercée contre la nouvelle bourgeoisie de la part de la base.  Ainsi le ministre de la Commission pour la supervision des Actifs d’Etat (en anglais : State-owned Assets Supervision and Administration Commission, soit le SASAC), Li Rongrong, selon le Qotidien du peuple du 4 août 2008 a fait état de la controverse de hauts salaires dans des entreprises d’Etat. Il a dit que la croissance des salaires de managers durant la période comprise entre 2004 et 2006 était de moins de 15% — moins important que le profit de 36,7% que leurs entreprises avaient créés. La controverse a été provoqué par des rapports selon lesquels on a découvert l’année dernière que Ma Mingzhe, directeur général de la Compagnie d’assurances de Ping An, la seconde du genre de Chine, avait collecté plus de 45 millions de yuans (6,6 millions de dollars) pour son salaire annuel avant impôt. Ce salaire était 3 200 fois le revenu disponible par habitant des résidents urbains de Chine de l’année dernière.

(5) Le Soir du 29/07/08,  entrefilet en page économique
(6) Alternative économiques, « Chine un petit bond en avant » n°271 juillet-août 2008p ;79

(7)  d’Erik Izraelewicz,  « Quand la Chine change le monde », Grasset, 2005