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censure au sein du PCF : suite … un problème politique

Le problème n’est pas mon oeuvre, mes livres, ma présence ou mon absence,  il est politique…D’ailleurs s’il n’en était pas ainsi je ne me battrais pas…

La librairie Renaissance a téléphoné à Delga pour dire à mon éditeur qu’il y aurait mes livres à l’université d’été et à la cité du livre de l’humanité, elle a dit qu’elle ne pouvait pas être envahie par les publications marxistes qu’il s’agisse de Delga ou le temps des cerises parce qu’autrement elle n’aurait plus d’espace pour les romans et les livres sur la jeunesse. Elle ne se considérait pas comme desservant les seuls communistes, on sera frappé par le parrallélisme avec l’humanité et les journalistes..

Est-ce que cela veut dire que l’on renonce à ce que les non communistes lisent des ouvrages marxiste, que ce serait en quelque sorte une manie désuète réservé à un club en voie d’effacement? Les quelques jeunes communistyes qui adhereraient n’auraient pas besoin du marxisme mais du galimatias ordinaire?

. Comment expliquer à ces gens-là qu’ils se fourvoient totalement et privent les communistes dans toutes les fêtes du parti de tout aliment idéologique sous prétexte de « s’ouvrir »… C’est bien ce que je disais c’est au-delà de mon cas, c’est un problème politique…

danielle Bleitrach

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Publié par le juillet 23, 2019 dans Uncategorized

 

Merci camarade mais cela ne se rattrapera pas en les suppliant…

 

plusieurs camarades de l’actuelle direction du PCF depuis hier intervienent auprès de l’université d’été du PCF pour que je ne sois plus interdite, moi et mon livre… Cela me réchauffe le coeur et me navre, cela me réchauffe le coeur de savoir qu’il y a encore des gens comme eux et cela me navre de voir leur absence de pouvoir face aux « liquidateurs » qui leurs résistent d’une manière aussi stupide, qui s’arcboutent autour de tels enjeux et nous déshonorent tous les jours un peu plus… ce qui se passe là laisse augurer sur la manière dont peuvent se traiter les sujets de fond.

Parce qu’il faut être bien stupide pour interdire mon livre (à la gloire du communisme) et ma personne dans l’Université dont j’ai été prof pendant tant d’années et dans lauquelle je suis invitée le 28 aout 2019 à une table ronde pour célébrer les 60 ans de la fondation de la sociologie à laquelle j’ai participée. Alors que je suis membre de ce parti et dont j’ai été une des dirigeantes, ce sont des galopins imbéciles.

Alors que les choses soient claires, je  remercie ceux qui se rendent compte que l’on ne peut pas agir ainsi…  et je les soutiens de toute mon âme dans leur effort pourt faire renâitre notre parti, mais ceux qui, du dirigeant de Cause commune qui m’a censuré une fois de plus cet hiver parce que j’osais citer un texte de lukacs à propos de la République des Conseils de Hongrie( Un texte publié en hongrois dans les cahiers du Monde diplomatique) à mon invraisemblalble fédération des Bouches du Rhône(1) qui organise cette université d’été, ces gens là sont notre mort… je le dis comme je le pense… Et même s’ils daignaient mettre quelques uns de mes livres sur leurs pauvres étals, cela ne changerait rien au fond. Au fait que tout ce qui fait de plus innovant en matière de marxisme est interdit par eux comme il l’est par la librairie la Renaissance… dans sa cité du livre à la fête de l’humanité (là aussi je suis interdite). Lisez mon livre ceux qui avez encore le courage de lire plus de dix lignes et dites moi en votre âme et conscience s’il mérite un tel traitement?

C’est pourquoi nous n’en sommes plus à sauver le soldat danielle Bleitrach, mais à prendre conscience de la stupidité au front buté qui conserve un tel pouvor de nuisance au sein du PCF.cela ne se rattrapera pas avec le strapontin que l’on m’offrira à la garden parti qu’ils osent baptiser université, comme ils ont fait du secteur international une agence de tourisme aux frais des militants. Il faut mesurer ce dont ils sont capables et quelquefois l’anecdote parle.

danielle bleitrach

(1)Fédération qui a tout de même accompli l’exploit au nom de « l’unité du parti » d’envoyer au conseil national uniquement des soutiens à pierre laurent et aux refondateurs en méprisant totalement les militants qui avaient soutenu le manifeste et qui auraient sans doute été majoritaires s’il n’y avait pas eu les pratiques habituelles… je pense que c’est la seule fédération à avoir agi ainsi…

 
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Publié par le juillet 23, 2019 dans mon journal

 

je savais que tout cela était inutile vu ce que le pCF est devenu : il a gagné et d’abord sur nos âmes

Ils ont gagné et je le savais, j’ai tenté de vous réveiller dans la mesure de mes moyens mais c’était vain, leur arme fut notre soumission et surtout notre incapacité à penser, à lire désormais plus de 10 lignes, à faire autre chose qu’à nous envoyer des selfies, des caricatures débiles et des posts slogans pour mieux tout accepeter…Vous trouvez normal de la base au sommet que l’on m’intyerdise dans mon université, que mon livre qui n’est qu’une ode au communisme, à son apport soit interdit avec tous les autres livres marxistes, dans ce que vous osez ba^tiser une université et que voulez-vous encore que je supporte de vous, de votre silence complice…  Allez donc dans votre université d’été vous incliner devant toutes les censures d’être médiocres que vous faites rois de vous mêmes, ce sera sans moi, je le savais voici ce que j’écris dans mon livre de la page 168 à 171, il annonce ce dont vous êtes tous capables vous qui des communistes usrpez le nom… Alors imaginez l’état des autres… (note de Danielle Bleitrach)

Au moment où j’écris ces lignes, en mars 2019, est sorti un très beau documentaire de Nanni Moretti, non pas sur les années soixante-dix mais sur aujourd’hui. Sur le Chili, mais surtout l’Italie mais pas seulement, il nous parle de la France aussi.
Méditation sur « Mais que s’est-il donc passé ? »
Au Chili ce fut clair, évident… Les États-Unis ont imposé leur ordre avec la complicité de Pinochet. Ce ne fut pas une guerre civile, d’un côté il y avait des tanks, des armes et de l’autre rien pour se défendre.

Alors il y eut l’annonce de cette contre-révolution qui allait déferler sur le monde et qui prenait la gueule des tortionnaires de Pinochet, les chiens des États-Unis et les Chicago boys qui inventaient la révolution conservatrice du néo-libéralisme… Reagan et Thatcher derrière ces ordures se prenant pour les droits de l’homme et dénonçant le totalitarisme marxiste et ça a marché… En France le néo-libéralisme a été introduit par un président socialiste et nous avons eu beaucoup de mal à nous dégager de son étreinte, puis nous avons remis ça… Là-bas, le socialiste s’appelait Salvador Allende, il mourait les armes à la main, ici il s’appelait Mitterrand, était l’ami de Bousquet et avait pour but de réduire les communistes, de transformer les intellectuels en courtisans.
Dans les années soixante-dix, nous frémissions de tous les combats de la planète, nous pensions créer les conditions de l’émancipation des paysans, des ouvriers, les artistes couvraient les murs de peinture, les poètes chantaient et nous nous sommes réveillés dans l’atrocité d’un stade où l’on coupait les mains de Victor Jara. Avec Nanni Moretti je me suis souvenue de ce dessin que j’avais fait : une main, cinq doigts sanglants traçant le mot Chili, je l’ai photocopié sur une feuille et l’ai affiché, le coeur déchiré d’angoisse.

Neruda succombait quelques jours après Allende. Mais la vague de sang ne s’est pas arrêtée là, elle ne s’est pas contentée de détruire le Chili. Peu à peu elle a rongé nos âmes et transformé les pays solidaires que nous étions en lieux de l’égoïsme, de l’individualisme où l’on n’attend rien de personne… Les communistes se sont effacés et la vie de chacun en a été réduite. C’est ça l’histoire réelle de ce film, celle de réfugiés chilien, d’abord dans l’ambassade puis dans un pays en pleine effervescence, l’Italie avec son Parti communiste, l’Emilie rouge qui donne du travail, les meetings pleins… et nous nous réveillons dans l’Italie de l’extrême-droite, la victoire réelle de Pinochet et de l’impérialisme américain.

Nous en sommes là, mais Nanni Moretti reste lui-même, comme moi et comme tant d’autres et dit : « Je ne suis pas impartial. » Moi non plus et je refuse les bons sentiments, l’hypocrisie qui m’assurent la publicité du politiquement correct et les oscars du plus petit commun dénominateur. Tels que nous sommes; Nanni Moretti et tous ceux qui sont restés « non impartiaux », communistes, nous n’aurons droit à rien, aucune publicité, je n’attends rien pour mes mémoires, la censure continuera de plus belle dans une Humanité qui en appelle au vendeur du dimanche après lui avoir depuis des années craché dans la gueule, allant jusqu’à soutenir un poulain de Robert Ménard contre Fidel Castro, un ami des tortionnaires et assassins de la CIA plutôt qu’un combattant.

Vous dites que j’exagère et vous détournez le regard, mais vous avez continué à considérer que celui qui soutenait Robert Ménard contre la résistance cubaine était digne de diriger un journal communiste et aujourd’hui, regardez ce qui se dit sur le Venezuela. Demain, le danger est grand que sur le Venezuela règne un Pinochet, la torture sera infligée aux militants, comme au Chili, les droits des pauvres à la santé et à l’éducation seront anéantis, mais les grandes compagnies américaines auront mis la main sur les richesses du sous-sol de ce pays, comme sur jadis le Chili… Et maintenant il se trouvera à l’inverse de hier des communistes pour dire que Maduro est un dictateur et que les Vénézuéliens ont droit à la démocratie à l’américaine… Et vous voulez que j’apporte le moindre kopeck à ceux qui me font accepter une telle complicité ? Depuis tant d’années…

Nous sommes nombreux à applaudir à la fin du film, mais nous sommes isolés, le Parti a été détruit.

Et ceux qui ont fait cela, ceux qui sont allés à la rencontre des souhaits de la bourgeoisie, ont agi en son nom et place, le directeur qui a déshonoré L’Humanité est toujours en place avec son équipe de journalistes qui se prennent pour les propriétaires du journal. Ceux qui pensent que le communisme « coco, c’est pas vendeur »… jusqu’à la faillite…

Oui, comment sommes-nous tombés si bas ?

Nanni Moretti nous parle de hier mais aussi d’aujourd’hui, il sait raconter du rire aux larmes, les jours des réfugiés passés dans l’ambassade d’Italie, la cocasserie du vécu, celui qui se fait exclure du Parti parce qu’il refuse d’éplucher les patates, le couple qui divorce, mais aussi les séances de torture. Il dit ce que j’ai reçu en héritage de tous ceux qui ont résisté à la torture : « Si l’aveu d’un camarade a pu faire cesser sa souffrance, alors il a bien fait de parler. »

Toute ma vie, j’ai revécu l’horreur de la guerre, et là encore j’ai fermé les yeux pour ne pas voir les sous-titres et je me suis bouché les oreilles pour ne pas entendre le récit des tortures vécues par cette femme qui conseille à une amie de résister, parce que la douleur physique s’efface mais pas la douleur morale de la trahison.

J’espère que ceux dont la vie n’a été que trahison d’un idéal, compromissions et petits arrangements avec la « mode » des vainqueurs peuvent se regarder en face dans une glace. Je sais, mes chers camarades, qu’une fois de plus personne ne vous parlera de ce que j’écris pour vous, j’ai l’habitude de ce coussin qu’on a mis sur mes lèvres, il y a même sur les réseaux sociaux ceux qui à mon nom disent leur haine et ajoutent : « Elle n’est pas encore morte ? » Sur moi et sur ceux de tant d’autres non seulement de la part de la presse bourgeoise, mais de ceux qui se sont voulus les copropriétaires de notre presse et qui ont fait régner « leur » ordre. Tous ceux qui aujourd’hui soutiennent ce journal le font au nom de ce qu’il a été et dont la mémoire fait effectivement partie de notre patrimoine national. Il n’y a que très peu de personne à qui j’en veuille réellement, nous avons vécu des temps compliqués et ceux qui faisaient des choix n’étaient pas si différents de ceux qui paraissaient aux antipodes. Nous étions moralement proches, nous cherchions à sortir du piège qu’à partir de sa propre crise le capital nous tendait partout. Mais il y eut des gens qui furent des conformistes et contribuèrent à ce qu’il soit fait silence sur les combats. Ceux-là, je n’arrive pas à leur pardonner.

Comme depuis Palombella rossa, Nanni Moretti s’escrime à en appeler à ce passé et à l’espérance qu’il représente encore et toujours d’un autre possible. Il a fallu effectivement que ce que nous avons été soit bien fort pour qu’il demeure comme utile dans les mémoires, y compris de ceux qui, comme lui, n’ont pas été adhérents du PCI ou du PCF, mais qui refusent « la chose » et clament le besoin d’un réveil du cauchemar de ce à quoi vous avez adhéré au nom de la « modernité ». Vous avez tout détruit et aujourd’hui nous sommes démunis…

Je me souviens de ce que disait Fritz Lang des États-Unis : ils n’ont pas besoin du nazisme, ils ont réussi à transformer les esprits pour avoir un nazisme avec élections démocratiques. Cela se passe quand on élimine les communistes et l’alternative réelle qu’ils représentent, y compris quand le travail est fait par les directions dites communistes, comme cela s’est passé dans l’URSS de Gorbatchev, dans l’Italie d’Ochetto et ailleurs…

La preuve est faite que vous ne ferez rien pour que votre presse change. Encore hier, un article de moi a été interdit dans Cause commune, il osait simplement citer Lukács et dire ce qu’avait représenté l’Union soviétique… Si les communistes agissent ainsi, quelle espérance reste-t-il à notre peuple ? C’est de ça dont parle le film de Nanni Moretti. Vous vous tairez comme d’habitude, je le sais… d’ailleurs pour moi et pour ceux qui me ressemblent, il est déjà trop tard, en revanche vous pouvez peut-être faire quelque chose pour le Venezuela.

Je ne demande rien, si ce n’est que l’on m’aide à voir l’aurore au lieu de m’enfoncer dans la nuit d’hier… Comme Electre sur Thèbes dévastée…
« La Femme Narsès : (…) Comment cela s’appelle-t-il, quand le jour se lève, comme aujourd’hui, et que tout est gâché, que tout est saccagé, et que l’air pourtant se respire, et qu’on a tout perdu, que la ville brûle, que les innocents s’entre-tuent, mais que les coupables agonisent, dans un coin du jour qui se lève ?
Électre : Demande au mendiant. Il le sait.

Le mendiant : Cela a un très beau nom, femme Narsès… Cela s’appelle l’aurore. »
(Jean Giraudoux, Électre, 1937).

 
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Publié par le juillet 23, 2019 dans COMPTE-RENDU de LIVRE

 

L’inacceptable a des limites…

hier un ami me téléphone, il est au milieu de mon livre et il est enthousiaste… Il me dit son plaisir à suivre mon écriture alerte et pourtant l’intérêt des questions politiques que je soulève…

Il s’étonne que les dirigeants du parti dans les bouches du rhône, mais aussi la librairie de la renaissance à Toulouse(1), Diderot à Nimes, se soient ligués avec ceux qui tiennent la culture, l’humanité, l’université d’été pour organiser la censure d’un tel livre. Et plus encore que tout le monde trouve ça normal y compris les nouveaux dirigeants du PCF.

je hausse les épaules et je lui dis que je ne suis pas la seule ça fait des années que ça dure… ces gens ne se contentent pas de m’interdire: après avoir été interdite à l’université d’été » par leur seul diktat, je serai exclue des auteurs de la cité du livre à la fête de l’humanité et je serai simplement dans le stand de mon éditeur avec d’autres réprouvés marxistes tout aussi « censurés ». Et chacun trouve ça « normal », même moi puisque je suis encore là à tenter d’animer ce blog…

le pouvoir de ces gens-là est invraisemblable me dit-il… Il va essayer de faire quelque chose dans son département…

Je le quitte joyeuse de son opinion, cela me met en joie quand je vois des communistes ou autres capables de lire autre chose que des « posts » de dix lignes, ce n’est pas fréquent… Entre les selfies et les commentaires qui ne cessent de répéter la même chose, on les a conduit là où nos maitres voulaient les mener et ils sont murs pour toutes les censures.

Mais je crois que ce qui m’écoeure le plus est le galimatias inculte qu’il prétendent nous présenter comme le marxisme, leur appel aux bons sentiments, leur conception de la démocratie qui le plus souvent consiste à se ranger derrière les bonnes oeuvres de la CIA qui les autorise à pratiquer la censure sous le bêlmement satisfait de leurs troupes décérébrées… Tous ceux qui ne font pas profession d’antisoviétisme, ne dénoncent pas le socialisme tel qu’il est, sont condamnés à subir une double censure, celle de la bourgeoisie et celle des pantins qui gouvernent la pensée et l’idéologie « communiste » officielle…

C’est non seulement inacceptable mais cela devient invraisemblalble, loufoque, grotesque et ceux qui s’en accommodent sont des bouffons…

Alors j’ai décidé momentanément d’interrompre ce blog, cela fait trop longtemps que j’accepte l’inaceptable.

danielle Bleitrach

(1) le système de censure est simple: si vous commandez à ces librairies aux mains des refondateurs ou des amis de Pierre laurent, un livre, elles vous le commandent, mais pas plus et elles alimentent les tables des fêtes du parti exclusivements avec « leurs » auteurs et c’est pareil pour la cité du livre à la fête de l’humanité. les communistes dans les fêtes du parti ont de plus en plus devant eux des polars, de la littérature soigneusement triées et de fait une grande partie des auteurs marxistes sont de ce faits interdits puisque ces librairies sont en situation de monopole.

 

 
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Publié par le juillet 21, 2019 dans mon journal

 

La leçon d’optimisme et de « désexillo », la tenative toujours avortée d’un retour d’exil…

sous le parrainage de ce poème mal traduit de Mario Benedetti : après le coup d’État en Uruguay de 1973, il renonce à son poste à l’université. En raison de ses positions politiques, il est communiste, il est contraint de quitter l’Uruguay pour s’exiler à Buenos Aires, en Argentine. Après cela, il s’exile au Pérou où il est emprisonné, déporté et amnistié, puis s’installe à Cuba durant l’année 1976. L’année suivante, Benedetti déménage à Madrid, en Espagne. Au total il a vécu pendant une dizaine d’années éloigné de sa patrie et de son épouse restée en Uruguay pour soigner sa mère et la sienne. En 1985, il revient pour un désexillo.e 18 décembre 2007, au siège de la Paraninfo de l’Université de la République, à Montevideo, Benedetti a reçu des mains d’Hugo Chávez la « Décoration Francisco de Miranda », la plus haute distinction que le gouvernement du Venezuela octroie pour l’apport à la science, l’éducation et le progrès des peuples. Cette même année, l’Ordre de Saurí, Première Classe, pour services rendus à la littérature lui a été attribué. L’ordre de Saurí est la décoration la plus élevée attribuée par le Salvador.En 2007, Benedetti a reçu le prix Alba, octroyé par le Venezuela.Le 17 mai 2009 peu après 18 heures, Benedetti meurt dans sa maison de Montevideo, à l’âge de 88 ans. Son corps est transporté au « Salon des pas perdus » du Palais législatif pour la veillée funèbre. Un deuil national est décrété. Sa dépouille est déposée dans le Panthéon national du Cimetière Central de Montevideo.À la tête du cortège funèbre se trouvaient la Fédération des Étudiants universitaires de l’Uruguay et le Centre des travailleurs (PIT – CNT), des personnalités et amis de l’écrivain et des centaines de citoyens, témoignant ainsi de son enracinement populaire.

Oui ma propre  leçon d’optimisme est aussi un cri d’exil dans sa propre patrie ou plutôt comme le dit Mario Bendetti dans son retour d’exil un « désexillo » dont on n’émerge jamais tout à fait. Lui peut-être à cause de l’excès d’honneur et de la difficulté à respirer, moi à cause de la folie des miens qui me poursuivent d’une absurde censure que tout le monde semble accepter comme un châtiment évident de crimes que je n’ai pas commis.mais il est vrai qu’ils n’ont pas encore connu ni les cachots, ni la torture, ils ont perdu la solidarité -(note et mauvaise traduction de Danielle Bleitrach)

 

À la demande pressante de mes amis équilibrés et prudents
qui ne savent plus s’il faut diagnostiquer
une candeur enfantine ou une simple folie,
j’ouvre le procès de mon optimisme
et, un par un, je passe en revue les pièces du dossier

là-bas dans le pays où était ma maison
mes proches, mes livres et ma respiration
de leurs fenêtres tant de choses poignantes
allaient courant de fenêtres en fenêtres et des uns aux autres
s’entendaient comme en passant les hurlements de mort,
ce sont les mêmes plaintes vertes et bleues que celles de mes frères.

les cimetières sont loin, mais
nous les avons connus dans de grandes expéditions
derrière des printemps et des cercueils
et des rêves brisés.
et des regards figés

les cachots sont loin, mais
nous les avons connus dans notre hiver
sur un lit de haine où ont dormi sans cauchemars
des garçons et des filles qui sont arrivés à la fois
à la la torture et à la maturité
mais nous devons préciser que d’autres et d’autres encore rêvent
nuit après nuit dans les maisons sombres et espèrent

Le peuple
le vulgaire et le sauvages
pas les philatélistes d’ hectares et de troupeaux
va en exil creuser lentement sa nostalgie
et dans les rues vides et en furie
il ne reste qu’un mendiant
pour voir comment passe le président

Dans les queus de la faim personne ne parle de
football ou des ovnis
là-bas on ménage les arguments et la salive
et les créatures qui deveaient naître
régressent avec effroi dans le réconfort du néant

c’est là l’absurde sur lequelse fonde mon inaltérable optimisme
ma grande prématurité, ma candeur ou ma simple folie,
c’est que sous ces calamités,
je découvre une évidente et extraordinaire absence

lorsque les dix abrutis messianiques
essaient à leur tour de rassembler l’obéissante masse
du peuple, il y manque le quorum

A cause de ça
parce qu’il n’est pas venu sans prévenir
à l’appel des vieux blasphémateurs
parce qu’il prend parti pour l’histoire
et n’a pas honte de ses haines,
c’est cause de cela que je ressens et dicte ma leçon d’optimisme
et je prend place dans l’espoir.

Mario Benedetti – Poèmes des autres .
très mal traduit par Danielle Bleitrach mais qui y voit aussi une leçon d’optimisme pour son peuple.

 

Les raclures: Les milliardaires français pas pressés de verser les sommes qu’ils ont promises pour Notre-Dame

Les milliardaires français pas pressés de verser les sommes qu’ils ont promises pour Notre-Dame

Patrimoine.

Un instructif article (en anglais) du site de la chaîne américaine CBS News nous apprend que les milliardaires français qui se sont précipités pour promettre, au total, pas moins de 500 millions d’euros pour reconstruire Notre-Dame de Paris traînent maintenant un peu des pieds pour verser les sous. Ainsi, au 14 juin, soit deux mois après l’incendie, pas un seul euro n’avait été versé. Depuis, les familles Arnault et Pinault ont versé au total 20 millions d’euros sur un total de 300 millions d’euros promis. C’est que, selon le directeur de la communication de Notre-Dame André Finot, cité par l’Associated Press en juin, les riches donateurs «veulent savoir exactement pour quoi leur argent sera dépensé», et ne désirent pas «juste payer les salaires des employés». Pour le moment, ce sont donc les dons des particuliers qui aident à s’en charger.

La semaine dernière, à l’occasion du retour du projet de loi sur la rénovation de Notre-Dame devant l’Assemblée nationale, le ministre de la Culture, Franck Riester, avait souligné qu’«un peu plus de 10% des promesses de dons [avaient] été concrétisées». Tout en estimant «bien légitime que les donateurs importants donnent au fur et à mesure de l’avancée des travaux et que les fondations ne donnent que lorsque [des] conventions seront signées et étalent leurs versements dans le temps».

(Photo AFP)

CBS News (en anglais) 

 
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Publié par le juillet 21, 2019 dans civilisation

 

Et si les pauvres étaient pauvres parce qu’eux ne sont pas malhonnêtes? La seule solution devenir communistes…

– CC Pixabay
La grande évasion fiscale

Les 3.520 ménages les plus riches de France planquent… 140 milliards d’euros dans les paradis fiscaux!

Une récente étude montre que les ménages français disposent de 300 milliards d’euros dans les paradis fiscaux. La moitié en revient aux ultra-riches, ceux qui représentent 0,01% de l’ensemble des ménages. Plusieurs dizaines de milliards d’euros de manque à gagner fiscal. Les données sur la hausse des inégalités sont viciées par ce phénomène.

Les inégalités de patrimoine identifiées en France ne sont décidément que la partie émergée de l’iceberg… Que nos riches planquent leur magot dans des paradis fiscaux, on le savait. Mais une nouvelle étude récente montre que les 3 520 ménages les plus riches de France (c’est-à-dire les fameux « top 0,01% », autrement appelés les « ultra-riches ») cachent à eux seuls pas moins de 140 milliards d’euros dans des paradis fiscaux ! Soit 30% à 40% de leur galette, qui représentent 50% des avoirs français planqués au total (300 milliards) dans les paradis fiscaux. Pour avoir une idée de l’ampleur du phénomène, il faut avoir en tête que 140 milliards, c’est tout simplement 7% de notre PIB national.

Telles sont les principales conclusions pour notre pays de l’étude « Qui détient la richesse dans les paradis fiscaux. Les preuves macroéconomiques et ses effets sur les inégalités globales », publiée par trois chercheurs dont le Français Gabriel Zucman. Ce professeur à Berkeley, en Californie, est « un bébé Piketty » : l’auteur du Capital fut en effet son directeur de thèse. Ces travaux auxquels il a contribué montrent que les inégalités de patrimoine enregistrées en France, calculées sur les données fiscales fournies par Bercy, sont massivement sous-estimées, en France comme ailleurs. Officiellement en effet, nos ultra-riches, disposent de 3,8% du patrimoine total des ménages français (de l’ordre de 10.000 milliards d’euros). Mais si l’on y ajoute le 1,4% qu’ils ont placé offshore, leur galette culmine à 5,2%, soit l’équivalent de 520 milliards d’euros.

Or, si l’on se réfère au rapport du Conseil des prélèvements obligatoires de 2011 sur les impôts pesant sur les ménages, ces 3 520 ménages ultra-riches n’avaient déclaré en 2011… qu’un peu moins de 9,1 milliards d’euros de revenus. Ils n’ont donc dû s’acquitter que de moins de 2 milliards d’impôts sur le revenu, soit un très modeste taux nominal de 17,5%… Voilà une info qui tombe mal, au moment où les deux réformes fiscales majeures d’Emmanuel Macron – la baisse de l’ISF ramené à une simple super taxe immobilière et la flat tax pour les revenus mobiliers – vont profiter essentiellement à ces ménages aisés.

Justement, l’étude se penche aussi sur le fameux argument brandi par les libéraux, arguant que ce sont les impôts qui font fuir ces immenses fortunes. « Il ne peut y avoir aucun schéma clair de lecture des données, écrivent les auteurs. Le niveau des avoirs dans les paradis fiscaux ne peut pas être simplement expliqué par les différences entre les taux d’imposition ou d’autres paramètres financiers et institutionnels ». Autrement dit, n’en déplaise aux Cassandre qui passent leur vie à se plaindre des taux d’imposition, d’autres paramètres jouent à plein, comme l’attachement au modèle social ou la répression des fraudeurs. Pour preuve, l’étude relève que des pays à forte imposition comme le Danemark et la Norvège ne voient que l’équivalent de 3% de leur PIB s’enfuir offshore

Ce grand mensonge de riches trop taxés, c’est pourtant aussi celui qui inspire les baisses d’impôts décidées par l’actuel gouvernement, ou encore la multiplication des traités de libre-échange comme le Ceta, qui entrera à 90% en vigueur le 21 septembre.

En revanche, en étudiant comment les ultra-riches se comportent dans ces pays vertueux, les auteurs réussissent à montrer une relation de causalité : plus on est riche, plus on détient de patrimoine offshore et plus on fraude proportionnellement. Sur l’ensemble des pays étudiés, les 0,01% les plus aisés cachent ainsi plus de la moitié de leur patrimoine dans les paradis fiscaux, et leur fraude représente un tiers de leurs impôts.

Ce genre d’études académiques, démontrant la concentration croissante des revenus et des patrimoines, et leur lien avec la hausse des inégalités dans les pays, se multiplie. Le graphe de l’éléphant de Branko Milanovic, que Marianne a contribué à populariser en France en le publiant dès 2014, est devenu le symbole de cette inégalité, sous-produit de la mondialisation libérale qui ronge les sociétés occidentales :

Toutes ces études convergent. A commencer par le livre de Thomas Piketty, Le capital au XXIe siècle. Elles décrivent toutes un monde fou où, grâce aux paradis fiscaux, les plus riches se soustraient à l’impôt et accumulent les richesses. Outre les dizaines de milliards d’euros de manque à gagner fiscaux – et donc sociaux – que cela représente, le phénomène rend même caduques les données fiscales sur lesquelles se fondent nos politiques publiques. Il contribue en effet à masquer la réalité d’un monde où les inégalités se creusent massivement, sous les radars.

Pendant ce temps les classes populaires, qui elles ne disposent pas des ressources pour gruger le fisc ou surfer sur les vagues hautes de la mondialisation, continuent à se paupériser.

 
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Publié par le juillet 21, 2019 dans civilisation, Economie