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Les forces spéciales de DNR reprennent dans un clip vidéo le terrain de jeu « conquis » par le bataillon « Azov »

16 janvier 2017

http://www.vzglyad.ru/news/2017/1/16/853587.html

Texte: Olga Nikitina

Le ministère de la Défense de la République populaire autoproclamée de Donetsk a publié une vidéo intitulée «Vous n’êtes pas les bienvenus » sur les forces de sécurité ukrainiennes et leur rapport aux enfants.

La vidéo a été publiée sur le site officiel YouTube du ministère.

Dans l’histoire, les militants des divisions nationalistes « Azov » ont essayé de s’emparer du square où jouaient les enfants. Abandonnant leurs jouets, les enfants se sont cachés d’eux. Les plans des détachements punitifs ont été contrecarrés par les forces spéciales de DNR, qui ont repoussé les militants d’ »Azov » et permis aux enfants de revenir.

Le représentant du ministère de la Défense de DNR a déclaré à l’ « agence de nouvelles de Donetsk » que le film est destiné à démontrer la véritable attitude des militaires des Forces Armées Ukrainiennes envers les enfants du Donbass. Il a dit que les miliciens du Donbass ne les laisseraient pas faire du mal aux enfants et défendraient toujours leur paix et leur sécurité.

 
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Publié par le janvier 17, 2017 dans Uncategorized

 

Le divan de Staline: j’aurais tant voulu aimer ce film…

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J’aurais tant voulu aimer ce film, à cause du courage de Fanny Ardant sur un plateau de télévision, à cause de la manière dont Depardieu a refusé le conformisme médiatique sur la Russie et sur Poutine. Les conditions d’une vraie rencontre étaient presque réunies. A Marseille, à la mi-janvier 2017, dans cette année de célébration des 100 ans de la Révolution bolchevique alors qu’une sourde inquiétude emplit le monde, l’air venait du froid et nous ne pouvions pas tout à fait nous préserver de lui malgré la luminosité du ciel. Le cinéma, les Variétés était dans son jus, depuis les années cinquante dans cette vieille rue, jadis au XVIIIe siècle, élégante qui désormais est dans le quartier arabe: les années 50, la mort de Staline mais aussi trois ans après le rapport qui décrit les crimes de Staline, en crée une image qui attribue au seul dictateur les crimes dont s’est rendu coupable le socialisme. Les années cinquante, du temps où Marseille était une ville ouvrière et communiste que s’appropriaient grâce à leur alliance avec la droite les socialistes de Gaston Deferre. Il nous a laissé son adjoint à l’urbanisme comme maire, Jean-Claude Gaudin, il a mon âge et paraît dans le même état d’usure que sa ville et que ce cinéma, sans parler de Staline Depardieu.

Les Variétés, qui tombe en décrépitude avec ses fauteuils pelucheux dont chaque siège à sa décoloration propre à partir d’un velours carmin, me fait irrésistiblement songer à ces vestiges de l’ère soviétique comme le gigantesque hôtel Cosmos dans lequel nous avions fait escale en Moldavie, un luxe d’espace inoccupé, des installations électriques suspectes et ce velours décoloré, tout cela nous parle d’un temps où nous aimions passionnément le cinéma et la Révolution. C’est là déjà le premier contresens du film, avoir caricaturé la relation que le cinéma, l’art en général a entretenu avec l’Union soviétique, du temps de Staline et après, une période qui a survécu au petit père du peuple près de 40 ans puisqu’il meurt en 1953. Mais nous y reviendrons forcément un jour puisque nous travaillons là-dessus.

Bon, disons tout de suite que tout film a droit à la fiction, il l’appelle même, mais c’est pour mieux « mentir vrai » et déjà sur ce point il a faux. Celui qui incarne le rapport de l’art au pouvoir soviétique dans ce film,  c’est un jeune sculpteur Danilov, joué par Paul Hamy, un être fragile qui rassemble ses jeunes forces pour tenter de porter ce que le film croit devoir nous dire sur la question, à savoir le dilemme entre l’obéissance ou la rébellion contre la dictature. Et ça c’est caricatural, ridiculement caricatural, non seulement en ce qui concerne l’Union soviétique mais tous les absolutismes, qui coïncident souvent avec la prolifération de chefs d’œuvres. le despotisme n’est pas loin  de là antinomique avec l’art en tous les cas peut-être moins que le marchand. En rester au stéréotype dans ce domaine,cette sottise, aboutit à réaliser des scènes particulièrement ratées, de l’idéologie…  comme ce moment central de la séance de cinéma avec une scène de l’ange blei tandis que l’artiste et la maîtresse de staline sont dans le brouillard et échangent de laborieux propos sur la révolution et leur foi en elle.

Staline, comme Lénine, aimait le cinéma,la littérature, il avait une bibliothèque de 20.000 volumes, beaucoup annotés de sa main, et il semble avoir eu un goût moins « classique » que Lénine.  C’est dit et mal dit parce que sur le plan politique, qui avait tout de même on l’imagine quelque importance pour Staline en 1950, le film est d’une grande bêtise et la référence au cinéma en est tronquée parce que cinéma et XXe siècle sont dans un rapport fort. . Mais on aurait pu aller dans un tout autre sens, celui d’une relation érotique impuissante l’octroi d’échange de domination entre le vieil homme, sa maîtresse qui a conservé une peau nacrée et le jeune homme qui aime comme un fou sa jeune maîtresse pure à qui il a volé l’idée d’un projet de monument au stade du miroir, pas celui de l’enfance, celui de ce que la vie a fait de vous, c’est presque ça quand Depardieu prend le pouvoir et envahit l’écran.

La fiction, l’art d’en prendre à son aise avec l’événementiel est le droit de toute création, presque son devoir. Ainsi, on ne peut pas reprocher au film d’avoir fait une synthèse entre la première femme de Staline, Ekaterina Svanidzé, dite « Kato », qui est morte du typhus en 1907, et sa seconde femme, Nadejda Alliloueva, qui est morte  le 9 novembre 1932 et qui s’est suicidée mais pour des raisons qu’aujourd’hui on n’attribue plus à ses désaccords politiques avec son époux, mais à  la dépression et à  la solitude. C’est de sa première femme dont Staline disait qu’elle seule pouvait soigner son coeur de pierre et  sa mort  a lieu avant l’accès au pouvoir des bolchéviques. En règle générale sur le plan intime et y compris avec sa cour, les historiens ont démonté la noire légende de son inculture et de sa brutalité (1) et le film se récite  entre réhabilitation et stéréotype de ce point de vue. Donc on ne reprochera pas les libertés prises avec l’Histoire, mais bien de n’en avoir rien tiré en matière de vérité. Vérité sur le stalinisme, sur la relation entre ce pouvoir et l’art, jeu masochiste, etc…

Le propos de Fanny Ardant doit sans doute beaucoup à la deuxième partie d’Ivan le terrible, à la description de l’orgie, mais aussi à ce que Depardieu aurait  entendu décrire par Poutine, dont le grand père était le cuisinier de Staline. Il pourrait   lui avoir rapporté de la fin de vie de Staline? Peut-être à cause de ce chœur permanent effrayé et fasciné des domestiques qui muets, pétrifiés jusqu’à l’évanouissement, le dévorent des yeux dans le film. C’est bien la vision qu’un cuisinier pouvait avoir de l’arrivée et du départ de Staline dans sa datcha. Comme la médiocrité et le caractère policier de son entourage, la façon de dévorer les êtres jeunes en feignant de les  caresser  paraît sortir d’Ivan le terrible. Il y a de ce fait, une espèce de réhabilitation au cœur du stéréotype, la manière de ne plus vivre que la nuit, d’être obsédé par les détails, de tenter périodiquement des rapprochements avec le peuple, d’en partager les plaisirs, correspond à la légende, mais il y a aussi  cet autodidacte passionné amateur de Western et dévoreur de livre, toutes passions qu’il partage avec cet autre dirigeant communiste qu’est Tito. Mais c’est une caractéristique de tous les dirigeants communistes, notée par Lukacs, à propos de ceux qui en Hongrie l’assignent à résidence, que de pendre très au sérieux, plus qu’aucun pouvoir ne le fera jamais l’art, la littérature, la philosophie. Aller jusqu’à l’assassinat comme il le fit pour Isaac Babel – ce que je ne lui pardonnerai jamais – comme épargner Pasternak relevait d’une conception du pouvoir du peuple qui reste encore à élucider. Ce n’est pas ce film qui nous fera avancer d’un iota sur cette piste pourtant fondamentale.

Mais même si on accepte le film, qu’est-ce que cette peur qui étreint Staline et dont tremble toute la Russie? est-ce le pouvoir discrétionnaire de condamner à mort une bande d’hurluberlus, tous ou presque juifs qui dénoncent la mauvaise qualité des pièces détachées pour les avions? Ou est-ce cette hostilité, cette pression formidable de tout le reste du monde qui isole l’URSS, l’empêche d’avoir de quoi susbsister y compris les cinéastes qui n’ont plus de pellicules et travaillent dans le froid au milieu des rats en produisant des chef d’œuvres? Est-ce que Staline à la fin de sa vie n’est pas le produit de cette tragédie qui a culminé dans les 26 millions de morts, le moment où pourtant les communistes ont retrouvé un peu de leur âme dit Lidya. Alors si tel est le cas, la vérité de Staline n’est-elle pas dans ce que dit Churchill à propos de l’obligation dans laquelle on l’a mis d’avoir à signer le pacte germano-soviétique: : « L’offre des Soviétiques fut de fait ignorée. Ils ne furent pas mis à peser sur la balance contre Hitler et furent traités avec une indifférence, pour ne pas dire un dédain, qui marqua l’esprit de Staline. Les événements se déroulèrent comme si la Russie soviétique n’existait pas. Nous avons après-coup terriblement payé pour cela. » (The Second World War, vol. 1, p. 104).

Mais le film ne parle pas de cela qui eut pu être un beau sujet pour une nouvelle réalisation entre Brecht et Fritz Lang, mais ils auraient résolument écarté l’histoire d’amour sans amour qui est le propos du film, puisque comme chacun le sait, la psychanalyse est la discipline qui traite de l’amour. jamais Staline n’a pu se distraire du pouvoir politique, il était totalement désincarné, est-ce là la question?

Le film pourtant ne choisit pas, il prétend nous faire ressentir quelques palpitations- s’agit-il de l’âme russe ou de la révolution bolchévique- étouffée chez le tyran et chez ceux qu’il opprime de ce qui donne sens à la vie? à toute rébellion, et à ce titre comme l’a expliqué Depardieu, Staline l’intéresse alors qu’il ne lui viendrait pas l’idée de s’intéresser à Hitler. Pari réussi, en ce qui concerne Depardieu, ce grandiose et sobre acteur qui dans un gros plan sait introduire dans un plissement de sourcil, dans un étonnement du regard, dans l’inconfort d’un corps trop lourd, toute l’interrogation sur ce personnage d’acier cousu d’enfance et qui en appelle au « charlatan » Freud pour explorer ses cauchemars. Il est tellement fantastique que dès qu’il quitte l’écran quels que soient les mérites des autres acteurs, l’ennui vous prend et même le doute sur l’intelligence du propos.

Parce qu’il y a du trop dans ce film, ce qui est en trop par rapport à ce travail de l’acteur principal et même de ses comparses, c’est la manière dont est décrit le conte de l’ogre, la nuit dans laquelle crient des renards qui ont des voix de femme que l’on torture, le brouillard, les forêts, de la complaisance pour le fatras un peu nihiliste dont souffre notre époque. Du trop ou du pas assez parce que là ce serait un autre film, puisque ce décor est censé être l’écrin dans lequel se met en scène un jeu sadomasochiste ente trois personnages qui n’ont plus grand chose à voir avec Staline et tout avec Josef von Sternberg. Pas seulement le cinéaste de l’ange bleu (sorti en 1930) ; toute la carrière de Joseph Sternberg va être fondée sur sa relation masochiste avec Marlène Dietrich, s’il avait fait un tel film, il ne se serait intéressé qu’à elle et au vieil homme devenu impuissant et tenté par le voyeurisme dans lequel il est le pantin de sa maîtresse et du jeune artiste. Il la suivrait comme Depardieu avec des jumelles en souffrant le martyre tout en espérant surprendre. Mais la révolte de Staline devant cette « décadence » qui le tente et à laquelle il résiste en redevenant l’ogre qui fait peur faute d’amour devrait être traitée par un autre cinéaste.

Et nous voici dans le film,  à partir d’un livre mis en scène par Fanny Ardant, dont c’est le troisième film et à ce qu’on dit le plus réussi. Je n’ai pas lu e roman éponyme de Jean-Daniel Baltassat, sorti en 2013, et je ne puis dire que c’est à lui que l’on doit cette valse hésitation entre l’Histoire, la grande et cette intrusion sous des prétextes psychanalytiques dans la vie secrète des grands hommes? Ce huis clos avec la maîtresse de l’ogre, tenté par la soumission à des désirs inavouables, se passe au Portugal dans une Russie reconstituée avec Emmanuelle Seigner qui est la maîtresse du dictateur. Cela fait 27 ans que cela dure entre eux, Staline est donc fidèle ou il n’a pas le temps de ne pas l’être, en tous les cas il ne veut que des militantes communistes, ce qui est loin de l’ange bleu. Tout aurait donc commencé entre eux en 1926, quand « le jeune et beau géorgien », c’est ainsi que Lénine parlait de lui en 1920, et pas seulement de sa « brutalité », quand allié à la droite de Boukharine pour un temps, il écarte du Politburo et du Komintern Trotski, Zinoviev et Kamenev, l’opposition de gauche. Donc le film a préféré dater politiquement la rencontre plutôt qu’à la mort de la femme dite la seule aimée (1932). Donc l’histoire d’amour sans amour, se passe peut-être avec la Russie et pas avec cette femme-là. C’est d’ailleurs ce que l’on croit comprendre de cette scène dans le brouillard des thermes de la villa, quand Lydia échange un docte propos sur les apories de la révolution bolchevique et le fait qu’elle a choisi le jeune sculpteur pour réaliser le tombeau de Staline, en sachant tout de lui et de ses mensonges, en bonne disciple du tyran. A ce moment-même, ledit Tyran ne supporte plus la vision de l’ange bleu et expédie au goulag le jeune projectionniste balafré, qui peu après se débat et proteste que Staline ne peut pas savoir ». Ce moment est celui de l’échec du film, alors qu’il devait en être le noyau, l’image dialectique, pour reprendre le propos de Walter Benjamin.

Lidya sait tout de lui Staline, comme elle sait tout du jeune sculpteur et de tous les autres, et elle a accepté sans amour dit-elle, ni de sa part à elle, ni de sa part à lui -puisqu’il déclare n’avoir aimé qu’une femme, l’autre celle qui est morte pour lui échapper, de feindre de croire que grâce à lui l’âme de la révolution continuait à battre autrement que sous l’emprise de la peur. 1950, il est malade, il va mourir dans trois ans et le monument est son mausolée. C’est aussi le moment où elle lui échappe, où tout échappe à Staline devenu fou de solitude et écrasé par la peur qu’il inspire. Il a reconstitué le lit de Freud et demande à sa maîtresse d’interpréter ses cauchemars, en le regardant dans les yeux, il ne supporte pas que les regards se dérobent. Cet amour fou pour l’épouse qui s’est suicidée pour lui échapper est aussi l’amour qui obsède le jeune sculpteur pour la compagne, véritable artiste, qui elle refuse de se corrompre avec le dictateur qu’elle traite en papy obsédant, sénile qui les étouffe de sa masse opaque. Et Lidya, Emmanuel Seignier à qui est refusé tout amour et qui n’en peut plus, ne supporte plus de feindre de croire provoque une parodie de jalousie entre les deux hommes pour s’enfoncer à jamais dans la nuit auquel vous condamne la désobéissance à l’ogre qui a pris la Révolution russe dans ses filets d’un espionnage total. Alors on ne peut s’empêcher de penser à une autre prestation d’Emmanuel Seignier, celle de la Venus à la fourrure et on se prend à rêver de Polanski faisant ce film. A la fois parce qu’il a connu dans sa Pologne natale, la réalité du socialisme et pas cette caricature née d’un rapport dit de Khrouchtchev mal ficelé, interprété, dit et redit par les agences de presse, sur les plateaux de télévision et devenu réalité se substituant à tout autre réalité. Mais surtout Polanski sait filmer un rapport sadomasochiste et n’en reste pas au niveau du stéréotype, sur fond de décor d’un conte des frères Grimm se substituant à l’Histoire comme à une relation érotique dans laquelle chacun joue avec le pouvoir qu’il accorde à l’autre.

Je résume, j’aurais tant voulu aimer ce film, il y a des moments où la rencontre a eu lieu, mais décidément Staline n’était pas doué pour la carte du tendre, ni pour le sadomasochisme et il aurait peut-être fallu choisir soit de rompre totalement avec le personnage historique pour mieux lui restituer une part de vérité. C’est ce qu’a réussi Pablo Larrain avec Neruda et chez lui la fragmentation fonctionne alors qu’ici elle illustre ce qui peut paraître simple stéréotype. Toujours pour la même raison, parce que chez Larrain comme dans le jeu de Depardieu il y a la vie, le plaisir naïf du cinéma et pas de complaisance mortifère. Pourtant par moment, on approche d’une vérité, on ne sait plus très bien laquelle d’ailleurs. Peut-être parce qu’à l’inverse du décor, de l’atmosphère choisie par la réalisatrice, Depardieu n’est jamais morbide et là il atteint une vérité du cinéma et de la représentation que les soviétiques avaient d’eux mêmes: le refus du morbide, le primat de la vie et du progrès sur tout ce que l’occident et le nazisme ont pu représenter de mortifère, cette décadence, ce charlatanisme contre lequel Staline Depardieu se rebellent. Depardieu reste le grand Depardieu, il est truculent, il aime la vie et charrie en lui une innocence qui nous fait renouer en ce qui nous a fait croire en cet homme-Stazline, cette incarnation d’un idéal trop lourd à parter et pas seulement la peur qu’il a pu inspirer. Et il impose au film la logique de la représentation aboutie de quelqu’un à qui l’on ment tout le temps comme o, se ment à soi même pour avoir la force de;.. .Il faut avoir la fraîcheur, les papilles toujours en éveil du gourmet gargantuesque,  pour refuser la niaiserie.  Résultat, le film devient un objet non identifié, curieux et qui vous poursuit. Cela a suffit à me faire imaginer des tas d’autres pistes, des films existants ou qui restent à tourner, que demander de plus d’une séance de cinéma?

Danielle Bleitrach

(1) sur Staline intime, l’objet de ce film, voir Simon Sebag Montefiore Staline. La Cour du Tsar rouge (traduction de Florence La Bruyère et Antonina Roubichou-Stretz), Éditions des Syrtes, octobre 2005, 793 p.
Le Jeune Staline (traduction de Jean-François Sené), Éditions Calmann-Lévy, Paris, mars 2008, 501 p.
Et bien sûr sur Staline et la période stalinienne tout le travail actuel effectué par les éditions delga.

 

 
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Publié par le janvier 17, 2017 dans Uncategorized

 

CNN : l’ordre mondial du 20ème siècle ne répond pas aux défis d’aujourd’hui, par Richard Galustian

Mise à jour 17:16 GMT (01:16 HKT) 14 janvier 2017

FAITS SAILLANTS STORY

  • Richard Galustian: la confrontation entre l’Occident et la Russie pourrait déclencher une catastrophe géopolitique
  • Le plus grand espoir pour la sécurité du monde est dans une alliance qui était jusqu’à récemment impensable, dit-il

Richard Galustian est un consultant en sécurité qui a vécu en Libye depuis 2011. Les opinions exprimées dans cet article appartiennent à l’auteur.

(CNN) russophobes américains à Washington semblent faire tout leur possible pour créer un choc imparable entre l’Occident et la Russie qui ne peut être annulé par une institution ou une personne.

Une énorme accumulation de forces  militaires est concentrée en Pologne  alors que  l’OTAN signale des manoeuvres de guerre offensives envers la Russie.  Les derniers jours de l’administration Obama ne peuvent recevoir qu’une seule qualification : lamentable.
Cette petitesse est enracinée dans la pensée née au siècle précédent lorsque l’Union soviétique était la plus grande menace face à l’Occident. Cette menace a été remplacée par l’extrémisme islamiste. L’inauguration de Donald Trump dans quelques  jours propose que l’Occident – et les institutions supranationales qui soutiennent ses idées dépassées – choisisse la possibilité de briser ce cycle destructeur et cesse de voir la Russie comme l’ennemi.

Russie: On n'a pas des informations compromettantes

 La Russie: Nous avons pas manipulé  l’information 01:39
Le paradigme de la sécurité du 20e siècle qui a créé l’OTAN est terminé. L’OTAN a été créé en 1949 pour défendre l’Europe contre la menace possible d’une agression soviétique. Mais l’Union Soviétique n’est plus.
une alliance -puissante de l’Occident est en train de devenir une coalition de plus en plus dépassée, conçue pour faire face aux problèmes qui n’existent plus.
La même chose pourrait être dite de l’Organisation des Nations Unies.  Les gouvernements et les contribuables payent des milliards pour maintenir en place, ces partenariats du 20e siècle qui  ne sont plus adaptés aux menaces et aux problèmes auxquels nous sommes confrontés au 21e siècle.
Loin de son mandat original pour promouvoir la paix internationale, la sécurité et la coopération, l’Organisation des Nations Unies est devenue de plus en plus inutile et un facteur de division dans les pays déchirés par la guerre.
Cela était évident au vu de ses échecs choquants  récemment en Libye, où elle a contribué à plonger le pays dans la guerre civile. Et après qu’elle ait loué les élections de la Libye, l’Organisation des Nations Unies a installé son propre gouvernement fantoche que les puissances mondiales devaient reconnaître en dépit que celui-ci n’ait presque aucun contrôle dans le pays qu’il prétend représenter.
Tillerson évite d'appeler Poutine criminel de guerre
Tillerson évite d’appeler Poutine criminel de guerre 02:32
Au mieux l’OTAN, les Nations Unies et l’Union européenne sont obsolètes, en empêchant leurs Etats membres de poursuivre de nouvelles politiques mondiales urgentes; au pire, l’OTAN en particulier est une provocation inutile de  la Russie et crée des tensions inutiles et dangereuses entre les deux des pays les plus puissants du monde.
À mon avis, l’OTAN devrait être dissous: L’alliance comprend la Turquie – dont le pouvoir du parti AKP  soutient publiquement les Frères musulmans. Le visage du soi-disant modéré islam politique, les Frères musulmans, est le parrain d’Al-Qaïda et ISIS.
La Turquie de Recep Tayyip Erdogan est plus apte à se tenir aux côtés des nations européennes et nord-américaines, soit à la table de conférence ou sur le champ de bataille.
En outre, il est grand temps pour l’Occident d’accepter la possibilité que l’Arabie saoudite et le Qatar assument une partie de la responsabilité pour la création d’ISIS.
Le Wahhabisme est le mal ultime, conçu pour promouvoir les objectifs d’un groupe d’extrémistes qui se répandent dans le monde entier. Les États-Unis et la Grande – Bretagne ferment les yeux sur les actions de l’Arabie saoudite au Yémen, au Bahreïn et dans le monde entier.
L’Arabie saoudite devrait être exclue et marginalisée par la communauté internationale comme l’Iran l’était en 1979, lorsque les contrats de défense extrêmement lucratifs ont été résiliés et traite mutuellement bénéfiques et des actifs gelés pendant la nuit.
L’Amérique et la Grande-Bretagne sont dans la position unique d’être en mesure de diminuer la position globale de l’Arabie considérablement, en coupant ainsi la tête du serpent qui est ISIS. Les États-Unis devraient faire équipe avec la Russie pour en  terminer avec les  militants ISIS au pouvoir sous leur culture de la terreur dans un «califat» auto-proclamé avant de tourner son attention à la menace mondiale croissante qui se cache au sein de la crise des réfugiés et du terrorisme exporté chez nous.
A ce carrefour de la politique mondiale, l’indication du Trump qu’il travaillera avec la Russie est l’un des signes les plus prometteurs que sa présidence pourrait inaugurer le type de la stabilité mondiale que l’administration Obama a promis, mais spectaculairement échoué à réaliser
Une coalition entre les Etats-Unis, la Russie et la Grande-Bretagne serait une alliance militaire incroyablement puissante.
Si ce partenariat tripartite est combiné avec des changements sensibles et éthiques dans la politique étrangère des États-Unis et au Royaume-Uni vers la Syrie, le Yémen, l’Afghanistan, la Libye et surtout l’Iran 2017 pourrait voir le début de la fin de la menace mondiale du terrorisme d’ISIS.
Si cette confrontation entre l’Occident et la Russie est autorisée à se poursuivre, cela pourrait déclencher une catastrophe géopolitique. Le plus grand espoir pour la sécurité du monde est une alliance qui était jusqu’à récemment impensable.
 
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Publié par le janvier 16, 2017 dans Uncategorized

 

Le patron de la CIA appelle Donald Trump à « se discipliner » 

Publié le 16/01/17 à 6:12

Je dois dire que la passe d’armes entre le chef de la CIA et le bouffon qu’il se sont donné comme maître du monde a un côté assez réjouissant. Comme tous les bouffons, celui-ci dit son fait à l’établissement et voir le chef de la CIA revendiquer les « intérêts de l’Amérique », le droit au secret et à la réserve alors qu’ils ont balancé sans le moindre état d’âme son pesant d’ordures sur Donald Trump pour préparer les conditions de sa destitution est jouissif si ce n’était pathétique quand on connaît les mœurs de ladite CIA. Tous ces gens-là qui ne valent pas tripette, ce sont les mêmes que ceux qui prétendent nous imposer des politiques qui asphyxient nos vies (note de Danielle Bleitrach pour Histoire et societe)

CIA chief John Brennan urges US President-elect Donald Trump to temper impulses amid Russia claims http://u.afp.com/4TBM 

Photo published for CIA chief urges Trump to temper impulses amid Russia claims

CIA chief urges Trump to temper impulses amid Russia claims

Allegations of Russian interference in US politics cast a shadow over inaugural preparations on Sunday, with the CIA chief warning that President-elect Donald Trump must tamp down his shoot-from-th…

Le chef de la CIA John Brennan a conseillé dimanche à Donald Trump de « se discipliner » au nom de la sécurité des Etats-Unis, le futur président estimant de son côté que les médias et les agences de renseignement lui devaient des excuses.

A cinq jours de son investiture présidentielle qu’il promet « grandiose » et dont la répétition s’est déroulée à Washington, le milliardaire peinait donc à dissiper les controverses.

« Je ne crois pas qu’il [Donald Trump] possède une appréhension complète des capacités, des intentions et des actions de la Russie », a déclaré le chef sortant de la CIA, John Brennan, en appelant le vainqueur de la présidentielle à être « très rigoureux en s’exprimant publiquement ». « Trump doit comprendre que les enjeux dépassent sa personne, il s’agit des Etats-Unis et de la sécurité nationale. Il va avoir l’occasion de passer à l’action, en contraste avec le fait de parler et tweeter ».

John Brennan a estimé « révoltant » que Donald Trump ait assimilé le travail des agences de renseignement américaines à des comportements en vigueur sous l’Allemagne nazie. « J’en prends ombrage (car) il n’y a aucune raison pour M. Trump de montrer du doigt les services de renseignement en leur reprochant d’avoir dévoilé des informations déjà disponibles publiquement ».

Il faisait allusion à des documents à l’authenticité incertaine, dévoilés cette semaine, qui affirment que les services russes d’espionnage disposeraient d’informations compromettantes sur Donald Trump.

(Avec AFP)

 
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Publié par le janvier 16, 2017 dans Uncategorized

 

Trump: Etats-Unis peuvent lever les sanctions russes en échange d’un accord de réduction du nucléaire -The Times et Bild

S’il continue comme ça, il ne va pas faire long feu et une procédure de destitution est déjà agitée… l’offensive regroupera tous les tenants du politiquement correct et le complexe militaro-industriel… Le music-hall des belles âmes et les pires salopards de la planète, mais ce serait étonnant qu’il tienne bon… Même ce qu’il dit des migrants me paraît moins pire que ceux qui approuvent la guerre, la misère et dans le même temps feignent de plaindre et de vouloir accueillir les victimes de leur politique, celui-là au moins dit des énormités mais aussi témoigne d’un certain bon sens. Marx disait que le capitalisme c’était d’un côté Ricardo (l’économiste) qui transformait les hommes en chapeaux (marchandises) et de l’autre Hegel le philosophe qui les transformait en idées. Notre monde c’est celui du profit qui fait des hommes non seulement de la marchandise et de la chair à broyer dans leurs abattoirs mais qui invente les états d’âme démocratiques et charitables pour accompagner les cris des victimes (note et traduction de Danielle Bleitrach)

Trump: US may lift Russian sanctions in exchange for nuclear reduction deal – Times, Bild
Le président américain élu Donald Trump a laissé entendre que les Etats-Unis pourraient lever leurs sanctions contre la Russie, a appelé la politique des migrants de Merkel « une erreur catastrophique » et a considéré l’OTAN comme une organisation « obsolète »dans une nouvelle interview pour le Times et Bild.

L’interview a été donnée dans le bureau du président élu à la Trump Tower, quelques jours avant son inauguration.

Trump a parlé avec simplicité en faveur d’un terrain d’entente avec Moscou.

« Ils ont imposé des sanctions à la Russie, nous allons voir si nous pouvons faire quelques bonnes affaires avec la Russie. D’une part, je pense que les armes nucléaires devraient être mises à bas et que devrait être envisagée une réduction très substantielle « , a déclaré Trump aux deux médias .

Dans le même temps, les sanctions n’ont pas une bonne incidence sur la Russie (et)  «quelque chose peut arriver dont beaucoup de gens vont bénéficier, » a-t – il ajouté.

Passons à d’autres questions d’ actualité, Trump a dénoncé la politique des migrants d’Angela Merkel comme une «erreur catastrophique», disant que l’Allemagne ne devrait pas avoir pris « tous ces clandestins. »

« Personne ne sait même d’où ils viennent, » a ajouté Trump.

Trump ne s’est pas montré optimiste sur le sort de l’UE en disant qu’il n’y avait qu’un seul pays à en tirer bénéfice et qui ait intérêt à y rester:

« Vous regardez l’Union européenne et elle est l’Allemagne. Fondamentalement, c’est un véhicule pour l’Allemagne. Voilà pourquoi je pensais que le Royaume-Uni était si intelligent d’en sortir « 

Trump pense que l’afflux de réfugiés a été « la goutte d’ eau qui a fait déborder le vase » pour l’UE.

«Je crois que d’autres partiront.Je ne  pense pas qu’il va être aussi facile que beaucoup de gens le pensent de rester ensemble.  Et je pense que si les réfugiés continuent de se déverser dans différentes parties de l’ Europe, il va être très difficile de rester ensemble parce que les gens sont en colère à ce sujet « , a-t – il dit.

Un autre bloc qui, selon Trump, a longtemps survécu à son utilité, est l’OTAN, car il est « obsolète » , « a été conçu il y a plusieurs années » et certains de ses membres ne paient pas suffisamment.

« Les pays ne paient pas leur juste part tandis que nous sommes censés protéger ces pays. Il y a cinq pays qui paient ce qu’ils sont censés payer. Cinq ce n’est pas beaucoup  » a déclaré Trump. 

Les politiques américaines concernant l’Iran, l’accord americano-iranien sur le nucléaire a subi la colère de Trump « l’un des plus stupides accord qui ait jamais été signé » et puis il a appelé l’invasion de l’Irak « peut – être la pire décision jamais prise dans l’histoire de notre pays. C’était  comme jeter des pierres dans une ruche. « 

Cependant, il y a au moins une chose face à laquelle Trump a manifesté son enthousiasme  et qui est le Brexit.

Citant la chute de la livre sterling, Trump dit  » les affaires sont incroyables dans beaucoup de régions du Royaume-Uni, comme vous le savez. Je pense que le Brexit va finir par être une bonne chose. « 

En outre, le président élu a dit qu’il avait l’intention de faire un accord commercial avec le Royaume-Uni « très rapidement. »

«Je suis un grand fan du Royaume-Uni, nous allons travailler très dur pour le faire correctement. »

Last but not least, Trump a été interrogé sur sa présence dans les médias sociaux et s’il arrêterait de tweeter après l’inauguration. En bref, la réponse est non.

« @realDonaldTrump Je pense, je vais le garder. J’ai 46 millions de personnes en ce moment – [sur], y compris Facebook, Twitter et Instagram, donc je préfère laisser « .

Et le tweeting est là pour rester, a dit le président élu même si la presse couvrait malhonnêtement ce qu’il disait dans ses tweets.

 
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Publié par le janvier 16, 2017 dans Uncategorized

 

La détention des migrants, un business en pleine expansion

Ils font du fric avec toutes les formes d’assassinat de l’humanité… La révolte qu’ils inspirent est telle que quand on me peint un Poutine autocrate, ennemi des libertés, ce qui me met en garde n’est pas le récit de ses travers – ça vu de qui ça vient, ce serait plutôt positif – mais bien au profit de qui s’exerce ce pouvoir, au profit du peuple russe, mais aussi au niveau du développement international de l’émancipation des individus, de la classe ouvrière et des peuples exploités; à la manière d’un Lénine et d’un Staline ou au profit de l’oligarchie à la manière des tsars et de nos actuels gouvernants? Il finit par n’y avoir plus aucune autre question face à l’état du monde et de ceux qui prétendent le diriger (note de Danielle Bleitrach pour histoire et societe)

11 JANVIER 2017 PAR OLIVIER PETITJEAN

Les centres de détention administrative de migrants sont de plus en plus nombreux en Europe et à ses frontières. Ils sont aussi de plus en plus privatisés, avec des conséquences négatives sur les conditions d’hébergement et les conditions de travail des employés, et plus largement sur le respect des droits et de la dignité humaine. En témoigne la récente révolte de migrants dans le centre de Cona, en Italie. De l’autre côté, des entreprises privées nationales ou multinationales profitent d’un marché estimé à un milliard d’euros par an.

Dans les premiers jours de janvier 2017, un groupe de migrants africains a retenu pendant quelques heures les employés du centre de détention de Cona, dans la région de Venise en Italie, et mis le feu à des meubles. Ils protestaient contre la surpopulation du centre, qui hébergeait alors environ 1500 personnes, et contre les mauvaises conditions d’accueil. La révolte a été déclenchée par le décès au centre de Sandrine Bakayoko, une Ivoirienne de 25 ans. Malade depuis plusieurs jours, elle n’aurait pas été pris en charge à temps.

Comme c’est souvent le cas en Italie, le centre de détention de Cona était géré par une « coopérative », appelée Ecofficina, qui faisait déjà l’objet d’une enquête administrative. La structure a en réalité très peu à voir avec l’économie sociale et solidaire ; Ecofficina semble avoir été créée expressément pour capter l’argent public consacré à la détention des migrants, sur fond de connivences politiques [1]. Déjà en 2014, le scandale « Mafia Capitale » avait mis en lumière le rôle de la mafia dans le secteur des centres de rétention en Italie, et la complicité de certains politiques.

Les événements de Cona illustrent aussi les conséquences de la tendance croissante à la privatisation de la gestion des centres de détention des migrants à travers tout le continent. Un rapport publié par Migreurop il y a quelques mois, intitulé La détention des migrants dans l’Union européenne : un business florissant, dresse un tableau alarmant. On comptait en 2015 260 centres de détention de migrants dans l’Union européenne, à quoi il faut en ajouter une centaine hors des frontières communautaires. Ce qui représente une capacité d’accueil théorique (largement dépassée dans les faits) de 50 000 personnes, et un budget de près d’un milliard d’euros par an. La détention administrative des migrants – dont les fondements juridiques sont problématiques, la plupart d’entre eux étant arrivés de manière légale – a aussi et surtout un « coût énorme pour les détenus en termes de droits et de dignité ou d’intégrité physique et mentale. (Tentatives de) suicides, automutilations, troubles psychiques, dépressions, mais aussi traitements dégradants, intimidations, agressions verbales et physiques, viols, etc. sont régulièrement recensés dans ces lieux d’enfermement. » Avec quelquefois des décès à la clé, comme celui de Jimmy Mubenga, un Angolais mort étouffé en 2010 dans l’aéroport Heathrow, entre les mains d’employés de l’entreprise G4S. Le tout pour une « efficacité » douteuse (du point de vue des politiques souhaitées par les gouvernements), puisque l’Union européenne estime que moins de 40% des détentions administratives donnent lieu à des reconduites à la frontière.

Multinationales de la détention de migrants

Mis à part au Royaume-Uni, qui dans ce secteur comme dans d’autres a poussé très loin la logique de privatisation, les centres de détention restent généralement gérés formellement par les pouvoirs publics, mais une partie de plus en plus importantes des « services » qu’ils impliquent (entretien, restauration, hôtellerie, voire accueil et conseil) sont sous-traités à des entreprises. Les prestataires sont encore souvent des entreprises nationales, mais de grands groupes internationaux spécialisés commencent à émerger. Des multinationales comme G4S, Serco ou Geo ont pris leur essor grâce aux privatisations britanniques et ont étendu leurs activités ailleurs dans le monde, comme en Australie, aux États-Unis, et désormais en Grèce pour G4S. La française Sodexo s’est également impliquée dans le secteur, vu comme une extension de ses activités dans les prisons. Gepsa, filiale d’Engie déjà très présente sur le marché de la détention des migrants (comme sur celui des prisons) en France, est également devenue leader en Italie à travers son partenariat avec l’« association culturelle » Acuarinto, et en proposant des tarifs de 20 à 30% inférieurs à ceux de ses concurrents.

En France, beaucoup de grands noms du CAC40 sont impliqués dans la détention des migrants. Outre Engie via sa filiale Gepsa, Bouygues est un autre acteur majeur du secteur, chargé de la construction des centres de rétention dans le cadre de contrats de PPP. En 2010, quatre travailleurs sans-papiers employés sur un chantier par une filiale du groupe de BTP ont été arrêtés par la police et placés en détention… dans le centre même qu’ils avaient contribué à construire. Veolia (pour le centre de rétention de Strasbourg) et Vinci (pour ceux de Marseille et de Sète) sont également sur le créneau, de même que le groupe de restauration collective Elior ou l’entreprise de nettoyage Onet.

‘Low cost’ et déresponsabilisation

La motivation derrière la tendance générale à la privatisation des centres de détention en Europe est on ne peut plus claire : une pression à la baisse sur les coûts, qui se répercute sur les conditions de détention. Dans le centre de détention de Rome, le modèle « low cost » proposé par Gepsa et Acuarinto pour obtenir le marché se serait notamment traduit par « une diminution de l’assistance psychologique auprès des détenus et de l’argent de poche qui leur est distribué, ainsi que par des manquements en matière de restauration et de santé ». La course à la réduction des coûts a également des conséquences sur les conditions de travail, comme l’a rappelé le mouvement social des employés du centre de rétention du Mesnil-Amelot en 2013. Enfin, la logique de privatisation renforce également la situation de non-droit dans laquelle se trouvent déjà de fait les migrants détenus, en diluant les responsabilités entre pouvoirs publics et prestataires privés. Illustration : G4S n’a pas du tout été inquiétée par la justice britannique suite à la mort de Jimmy Mubenga.

Est-il possible de faire mieux ? Un pays au moins, la Suède, a fini par renationaliser entièrement la détention administrative des migrants suite à une série d’abus chez les prestataires. Pas encore une situation idéale, mais sans doute une condition pour réintroduire un peu de droit et de dignité humaine dans un secteur qui s’enfonce rapidement dans la direction inverse.

Olivier Petitjean

 
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Publié par le janvier 16, 2017 dans Uncategorized

 

Nul ne peut imaginer ce que les migrants vivent ici en Méditerranée, aux frontières de l’humanité

Le choc des sauvetages en mer est si fort qu’il ne laisse personne indemne. Les cris désespérés des hommes, les pleurs terrifiés des bébés, l’odeur âcre des corps baignés d’essence. Quand je lis ça et que je le compare à ce monde des super- riches, je vais vous dire le fond de ma pensée, que l’on ne s’étonne pas que pour vaincre un tel monde d’inhumanité et d’injustice, il faille que surgissent des individus de la taille d’un Lénine, d’un Staline, parfois il m’arrive de me demander si la démocratie à laquelle j’aspire n’est pas encore un luxe ou pire une tromperie dans laquelle on m’entretient pour que la force d’inertie l’emporte pour le profit des mêmes… Des mouvements électoraux n’y suffisent pas… (note de Danielle Bleitrach pour histoire et société)

14/01/2017 07:00 CET | Actualisé 14/01/2017 07:00 CET

SOS MEDITERRANEE / MÉDECINS SANS FRONTIÈRES
Sauvetage de migrants ayant traversé à bord de petites embarcations de bois et de caoutchouc, le matin du 11 décembre 2016.

Voilà un mois et demi que je suis partie en mer et que je n’ai pas eu ma famille au téléphone. Alors que je pose le pied à terre et que j’abandonne derrière moi la silhouette de l’Aquarius dans le port de Catane, la voix de mon père résonne dans ma tête. Il aime répéter que le métier de journaliste est de tout savoir.

Journaliste en Italie depuis dix ans, je croyais tout savoir ce qu’il se passait en Méditerranée. Dix ans à couvrir pour différents médias internationaux les arrivées de migrants et réfugiés sur les côtes italiennes… et les tragédies qui malheureusement vont avec et font les titres des journaux. Le drame des traversées en Méditerranée n’est pas nouveau, il ne l’était pas non plus il y a dix ans quand je suis arrivée en Italie.

SOS MEDITERRANEE / MEDECINS SANS FRONTIERES

Le 3 octobre 2013, la tragédie de Lampedusa et ses 400 morts a cependant marqué un tournant dans ce drame humain. L’horreur se retrouvait sous nos yeux, là sur les côtes européennes et non plus en pleine mer loin des regards, loin des flashes des photographes et des caméras de télévision. Une horreur redoublée au fil des mois par les critiques indignes et le manque de soutien européen coupable à l’opération italienne de recherche et sauvetage en mer Mare Nostrum.

Une horreur qui a viré au cauchemar quand l’épave d’un naufrage est remontée à la surface avec plus de 700 cadavres à bord.

SOS MEDITERRANEE / MEDECINS SANS FRONTIERES

Une horreur qui a viré au cauchemar, au printemps dernier, quand l’épave d’un naufrage survenu en avril 2015 au large de la Libye était remontée à la surface et acheminée dans le port d’Augusta avec plus de 700 cadavres à bord. Ce jour-là, devant l’épave dont les pompiers et médecins légistes italiens s’apprêtaient à examiner les entrailles, le sentiment de me trouver aux confins d’une Europe censée être la patrie des droits de l’homme m’apparut aussi lourd que l’odeur de la mort qui flottait déjà dans l’air.

Au moment du premier sauvetage, j’ai réalisé qu’en fait, je ne savais rien.

Avant d’embarquer sur l’Aquarius le 15 octobre dernier, comme Communications Officer pour SOS MEDITERRANEE, je croyais donc déjà savoir. Mais au moment du premier sauvetage, j’ai réalisé qu’en fait, je ne savais rien. Que nul ne pouvait imaginer ce qu’il se passait vraiment ici en Méditerranée, au large de la Libye, aux frontières de l’Europe. Que les seuls à le savoir vraiment sont ceux qui étaient passés par là, les réfugiés eux-mêmes, les sauveteurs de SOS MEDITERRANEE, les équipes de MSF notre partenaire à bord, l’équipage de l’Aquarius… et les journalistes embarqués.

SOS MEDITERRANEE / MEDECINS SANS FRONTIERES

Le choc des sauvetages en mer est si fort qu’il ne laisse personne indemne. Les mots nous manquent pour décrire le frisson à la vue d’un canot dégonflé dérivant à l’horizon, les cris désespérés des hommes à la mer, les pleurs terrifiés des bébés que l’on remonte à bord, l’odeur âcre des corps baignés d’essence et salis par les viols et les tortures en Libye. Les mots nous manquent pour décrire cette personne qui expire sous nos mains affairées pour la réanimer, sa dépouille que l’on enfile dans un « body bag », le chagrin désarmant de ses proches et compagnons d’infortune encore hantés par les images du naufrage. Les mots nous manquent pour décrire les larmes d’un homme qui s’accroche à un bout de tissu que lui a confié sa maman et les crises d’angoisse nocturne d’un enfant de dix ans qui voyage seul.

Le chagrin désarmant des compagnons d’infortune hantés par les images du naufrage.

SOS MEDITERRANEE / MEDECINS SANS FRONTIERES

Et pourtant c’est justement ma mission à bord, et l’une des missions de SOS MEDITERRANEE, celle de trouver les mots pour raconter ce qu’il se passe ici. Trouver les mots pour décrire, trouver les mots pour expliquer et faire comprendre pourquoi l’ignorance et le désintérêt sont intolérables, pourquoi l’inaction est inacceptable et pourquoi certaines réponses à ce drame humain envisagées au niveau européen sont coupables.

Certaines réponses à ce drame humain envisagées au niveau européen sont coupables

SOS MEDITERRANEE MEDECINS SANS FRONTIERES

« Nous avons besoin des médias pour faire changer ça » m’a dit Amir, Guinéen, au lendemain d’un sauvetage, en me confiant le récit épouvantable de son voyage et des violences subies en Libye. L’histoire d’Amir, comme celles des plus de 10.000 autres personnes que nous avons accueillies à bord du bateau depuis février, continuent de nous hanter pendant des jours, des semaines. Impossible de faire même semblant d’oublier.

Je croyais savoir, je ne savais rien. Avant de remonter sur l’Aquarius en janvier, une nouvelle mission commence à terre: témoigner, faire savoir. Pour que les citoyens européens sachent ce qu’il se passe aux portes de l’Europe, devant chez eux, aux frontières de l’Humanité.

 
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Publié par le janvier 16, 2017 dans Uncategorized