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Grèce : positions syndicales très éclairantes à divers titres par Charles Hoareau

samedi 4 juillet 2015, un article qui éclaire un peu plus le contexte du référendum…

On ne nous dit pas tout !

http://www.rougemidi.org/spip.php?article8950
Voilà encore des positions que les médias ne publient guère et qui pourtant montrent chacune à leur façon les enjeux du référendum grec. En particulier nous n’avons trouvé nulle part sur le Net le comparatif pourtant éclairant qu’a publié le PAME (Front syndical grec affilié à la FSM) et que nous reproduisons par une quasi exclusivité dont nous nous serions volontiers passés…mais peut-être avons-nous mal cherché ?!

 
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Publié par le juillet 4, 2015 dans Uncategorized

 

16 chiffres qui montrent qui paye la crise grecque

et les proposition de syriza à l’UE ne changent rien sur le fond, c’est dire si l’UE, le FMI et les vendus qui dans notre presse attaque le choix social démocrate du gouvernement grec sont prêts à aller très loin dans leur volonté de faire payer aux peuples l’accumulation du capital, leurs choix de guerre (Danielle Bleitrach)

by Les-Crises.fr Gr

Poverty in Greece

Sur le blog économique Macropolis, Nick Malkoutzis, rédacteur en chef adjoint du journal grec Kathimerini, communique deschiffres qui témoignent des ravages que la crise de la dette a occasionnés dans son pays.

Vu de l’extérieur, les quelques Athéniens décontractés qui dégustent leur tasse de café en terrasse, ou les îliens qui s’attardent à l’apéritif peinent à décrire les conséquences bien concrètes de cette crise pour l’homme de la rue. Et comme nous ne sommes pas confrontés à ce qui se passe dans les salons, bureaux, bâtiments d’usine et les hôpitaux, nous ne pouvons pas voir l’impact réel et dérangeant de la crise grecque. Les indicateurs suivants nous rappellent cependant comment ce pays de l’UE a été catapulté au siècle dernier:

✔ 34,6% de la population vit dans la pauvreté ou dans l’exclusion sociale, ou est susceptible d’y glisser (chiffres 2012).

✔ Depuis le début de la crise, le revenu disponible des ménages a chuté de 30%.

✔ 34,8% des ménages grecs ont des arriérés à l’égard de l’Etat, des banques, de la sécurité sociale ou d’autres services publics.

✔ Plus de 40% pensent qu’il ne seront pas en mesure de remplir leurs obligations financières cette année.

✔ Le Service public de fourniture d’électricité coupe l’approvisionnement électrique de près de 30.000 familles et entreprises chaque mois en raison de factures impayées.

✔ Depuis le début de la crise, le chômage a augmenté de 160%. Près de 3,5 millions d’employés travaillent pour soutenir 4,7 millions de chômeurs et d’inactifs.

✔ Les chômeurs reçoivent une indemnité de chômage de 360 euros pendant les 12 premiers mois de leur chômage. En conséquence, seulement 15% des 1,4 millions de chômeurs reçoivent des prestations. Les travailleurs indépendants (25% du nombre total de personnes actives) n’ont pas droit à ces prestations.

✔ Les transferts sociaux devraient être réduits de 18% cette année. Le budget de la santé a été réduit de 11,1% entre 2009 et 2011. Aucun pays de l’OCDE n’a réalisé une coupe aussi importante sur ce budget.

✔ La pension moyenne de base se monte à moins de 700 euros, et depuis 2010, elle a été réduite d’un quart. Il est prévu que ce montant soit encore réduit de moitié sur les prochaines années.

✔ Pour 48,6% des ménages, la pension est la principale source de revenus.

✔ Selon une étude de l’Université d’Athènes, 12,3% des Grecs souffrent de dépression clinique. Ils n’étaient que 3,3% en 2008.

✔ Environ 800 000 personnes vivent sans accès aux soins de santé et dans certaines régions, des organisations humanitaires telles que Médecins du Monde ont dû se substituer au système de santé national pour fournir des soins et des médicaments aux personnes les plus vulnérables.

✔ La réduction du nombre de seringues et de condoms disponibles pour les toxicomanes a provoqué une forte hausse des cas d’infection au VIH, les faisant passer de 15 en 2009 à 484 en 2012.

✔ Les chercheurs notent également une augmentation de 21% du nombre d’enfants mort-nés, qu’ils ont attribuée aux restrictions d’accès aux soins prénatals.

✔ La mortalité infantile a augmenté de 43% entre 2008 et 2010.

✔ Enfin, le taux de suicide est également en hausse, et alors qu’on en avait compté 400 en 2008, on a dénombré 500 cas de suicides en 2011.

Source : Audrey Duperron, pour Express.be, le 18 mars 2014.

 
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Publié par le juillet 4, 2015 dans Europe

 

« L’Europe a déclaré la guerre à la Grèce »

OUI l’Europe, le capital a déclaré la guerre à la Grèce, une guerre absurde indigne qui témoigne de jusqu’où il est prêt à aller… Oui cette guerre provoque l’indignation contre les vendus qui soutiennent une telle politique. Mais quand on veut à toute force rester dans un tel contexte et qu’on entretient son peuple dans l’illusion de ce qu’on peut attendre du maintien dans la zone euro on le démobilise, comme les dirigeants du PCF démobilisent les Français et les couches populaires, ils les démobilisent doublement sur ce qu’on peut attendre d’une coalition hétéroclite, d’union de sommet, et d’une possible réforme de l’UE. Cela est d’autant plus préjudiciable que cela s’accompagne d’une sous estimation de la fascisation, de la militarisation du continent, de la guerre face à la Russie, c’est à dire que nous tirons encore plus le peuple français vers les illusions que ce que peut le faire Syriza, qui lui au moins a tenté une résistance (note de Danielle Bleitrach)

by Les-Crises.fr Gr

Pour Stathis Kouvelakis, membre du comité central de Syriza, le déroulement de la crise grecque « signe la fin d’une certaine idée de l’Europe », dont il dénonce le caractère « antidémocratique ».

Stathis Kouvelakis, membre du comité central de Syriza et professeur de philosophie critique au King's College de Londres. (Stefania Mizara pour L'Obs)

Stathis Kouvelakis, membre du comité central de Syriza et professeur de philosophie critique au King’s College de Londres. (Stefania Mizara pour L’Obs)

Pourquoi le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, a-t-il décidé un référendum ?

– Alors qu’il avait signé de sa propre main les dernières propositions présentées aux institutions européennes, celles-ci ont voulu le soumettre à un exercice d’humiliation en lui demandant d’aller encore plus loin, au-delà de ce qui était politiquement gérable par lui : il était devenu clair que son propre parti, sa majorité parlementaire et une partie croissante de la société n’étaient pas prêts à faire davantage de concessions.

Comment en est-on arrivé là ?

– Il n’y a pas eu de négociations. Le terme est inadéquat pour décrire ce qui s’est passé. Les institutions européennes ont gardé la même ligne depuis le début : imposer à Tsipras un plan d’austérité, le forcer à rester dans un cadre identique à celui de ses prédécesseurs et montrer ainsi que les élections en Europe, a fortiori quand c’est un parti de gauche radicale anti-austérité qui gagne, ne changent rien aux politiques qui sont suivies.

Ce qu’on appelle des négociations n’a été qu’un piège mortel qui s’est refermé sur Tsipras. Son erreur, c’est de ne pas l’avoir compris à temps. Il pensait qu’en poussant les discussions le plus loin possible les Européens finiraient par se résoudre au compromis plutôt que de prendre le risque d’une rupture. Mais ils n’ont rien cédé, alors même que lui a perdu beaucoup : il a fait d’énormes concessions, l’opinion publique s’est habituée à l’idée qu’un accord était possible, les caisses publiques sont vides.

N’a-t-il pas aussi fait l’erreur de croire qu’il pouvait obtenir moins d’austérité tout en restant dans l’euro ?

– Je fais partie de la tendance, au sein de Syriza, qui pense depuis le début que vouloir concilier le rejet de l’austérité et le maintien dans la zone euro est contradictoire. Or on a vu, dès que la Banque centrale européenne a décidé en février de couper le principal moyen de financement des banques grecques, que ce n’était pas possible. L’arme monétaire a servi de moyen de pression sur la Grèce afin de la forcer à renoncer à sa politique anti-austérité.

Le dernier épisode de ce chantage, c’est lorsque l’Eurogroupe, en refusant de prolonger le programme actuel, a contraint Tsipras à fermer les banques cette semaine. Le but est politique : en prenant les Grecs en otage et en créant une situation de panique, notamment dans les classes moyennes et aisées, il s’agit soit de forcer le gouvernement à ne pas aller jusqu’au référendum, soit de dicter les conditions de son déroulement et de favoriser le camp du oui. L’Europe a déclaré la guerre à la Grèce.

La société grecque semble très divisée…

– Oui, deux tendances s’affrontent. Le camp du non s’appuie sur une partie de la population très affectée par l’austérité, qui perçoit les exigences de la troïka comme une volonté d’humilier la Grèce. Mais le camp du oui, renforcé par la peur que suscite la fermeture des banques, est aussi en train de se structurer. Nul doute que ce référendum est un acte politique courageux. Les décisions importantes sont toujours risquées. On avait fini par oublier au fil du temps que la politique s’est rapetissée en Europe.

« La fin d’une illusion sur l’Europe »

Quels sont les scénarios possibles à l’issue du référendum ?

– Une victoire du oui serait une défaite majeure pour Tsipras et le contraindrait sans doute à organiser de nouvelles élections. Mais une victoire du non renforcerait sa détermination face aux institutions européennes en lui donnant un mandat différent de celui du 25 janvier : il s’agirait désormais de rompre avec l’austérité, quelles qu’en soient les conséquences – y compris si cela signifie sortir du cadre européen. Lorsqu’il a annoncé la tenue du référendum, c’était la première fois que le mot « euro » ne figurait pas dans son discours. Ce n’est pas un hasard.

Est-ce l’acte de décès de l’Europe ?

– Tout le déroulement de la crise grecque signe la fin d’une certaine idée, ou plutôt d’une illusion entretenue au sujet de l’Europe. Son caractère antidémocratique qui ne respecte que la loi du plus fort, son néolibéralisme qui méprise tout contrôle démocratique sont perceptibles par tous désormais. Tous ont pu se rendre compte que, même si Syriza n’a cherché qu’une rupture partielle avec les politiques d’austérité, une rupture modérée, pragmatique, et sans remettre en question les fondamentaux du cadre européen, l’affrontement a été ultraviolent. Simplement parce que ce gouvernement n’était pas prêt à capituler face au diktat néolibéral.

Même si l’Europe parvient à vaincre la résistance des Grecs, elle paiera, je crois, un prix très lourd pour son attitude. Car la Grèce n’est que la pointe avancée de la crise européenne : le projet communautaire est de moins en moins soutenu par les opinions publiques.

Source : Sarah Halifa-Legrand, pour L’Obs, le 2 juillet 2015.

 
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Publié par le juillet 4, 2015 dans Economie, Europe

 

A propos de la Grèce et d’autres faits…

Des partisans du

Que dire sinon que ce qui se passe en Grèce constitue un profond ébranlement dont il ne faut pas sous estimer la portée, parce que l’Europe fait la preuve qu’elle ne tolère même plus un social démocrate des plus classique comme Tsipras. Il lui faut une bloc conservateur appuyé par des fascistes ayant envahi l’appareil répressif comme gouvernement comme en Ukraine. C’est le choix du capital qui n’a pas de patrie mais un fort bras armé aux Etats-Unis.

Que dire sinon que cette social démocratie entretient des illusions préjudiciables de petits bourgeois sur la nature nécessaire de la résistance à une telle offensive. L’élection de Syriza reflète bien la situation d’un peuple qui ne supporte plus l’austérité, qui revendique le droit à la vie autant qu’à la dignité et qui pourtant à 80% revendique le maintien dans la zone euro. Syriza doit sa victoire autant à la volonté de résister qu’aux illusions sur la nature de la résistance nécessaire. On ne peut donc pas s’étonner de la situation et de l’ambiguïté du référendum. Aujourd’hui le problème n’a plus rien de technique, il est politique, le capital mène la guerre contre le peuple grec en situation à la fois de résistance et d’illusion.   Illusion quant à la nature des forces prêtes à résister, illusion fondamentale quant au maintien dans la zone euro. L’enthousiasme qui a salué la coalition hétéroclite que représente  Tsypras a été caractéristique de cette illusion : il suffisait de ne rien changer tout en refusant l’austérité pour l’emporter. Illusion aujourd’hui sur le maintien dans la zone euro.

Appel à la démocratie qui ne peut être d’accord, mais se gorger de fariboles sur la Grèce berceau de la démocratie quand on joue une partie à plusieurs bandes en essayant de concilier l’inconciliable, en continuant à entretenir le pire problème du peuple grec, le fait que 8O% de la population aspire au remède qui la tue, rester dans la zone euro. Ce qui signifie en fait que la Grèce qui ne pourra jamais et tout le monde le sait rembourser sa dette est condamnée à emprunter pour rembourser les intérêts qui représentent 90% de l’emprunt et elle doit vivre, agoniser plutôt avec les 10% restant. Peut-être si le OUI l’emporte, la démission de Syriza entraînera la formation d’un gouvernement de « technocrates » comme le veut l’UE capitaliste et qui ne sera rien d’autre. Quelle que soit donc l’issue, le problème restera entier et le choix du referendum n’est que la mise en réserve de dirigeants confrontés aux limites de leur propre démarche. Rien n’est à exclure et le processus ne fait que commencer. Chacun y compris le KKE se positionne par rapport aux apories de cette démarche face à ce qu’est l’UE.

Le drame est que chez nous on utilise cette situation pour entretenir le peuple français dans les mêmes illusions. La direction du PCF qui nous a déjà conduit dans le mur des alliances de sommet avec des groupuscules qui ne représentent qu’eux mêmes et qui partout quand ils le peuvent prétendent exclure la principale composante du Front de Gauche continue à feindre de soutenir les grecs et à nous inventer une perspective qui n’en est pas plus une que celle offerte en Grèce; D’un côté la haine des vendus à l’UE, aux Etats-Unis, à l’austérité sauf pour eux qui se déchaînent dans les médias, de l’autre l’illusion Grecque et l’effondrement entretenu des résistances, la désorganisation, la volonté de laisser au Front national ce que fut toujours la politique du PCF.

Il va falloir beaucoup de souffrances, de drames pour les Grecs et pour nous pour dépasser ce drame dans lequel s’enfoncent les peuples européens, acceptation de la guerre, de l’installation du fascisme en Ukraine et dans l’Europe de l’est et acceptation de fait de la soumission ,au diktat de la troïka et du FMI.

Oui pourtant je souhaite la victoire du NON, parce que cette petite résistance qui a le mérite de nous démontrer ce qu’est l’UE est un facteur de déstabilisation qui peut permettre de faire évoluer la situation. Même si le peuple qui refuse l’austérité et revendique sa dignité a la malchance comme nous français d’avoir a sa tête le canada dry du communisme qui toujours ne propose que ce qui le place en situation de soumission et ne l’organise jamais si l’on veut que la situation évolue il me semble qu’il faut jouer le processus et l’éclairer.

Danielle Bleitrach

 
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Publié par le juillet 4, 2015 dans Europe

 

Ces courriels d’Hillary Clinton qui accablent l’action de Nicolas Sarkozy en Libye

Nicolas Sarkoy accompagné de Bernard-Henry Lévy visitant un centre médical à Tripoli en septembre 2011 (Reuters)

Nicolas Sarkoy accompagné de Bernard-Henry Lévy visitant un centre médical à Tripoli en septembre 2011 (Reuters)

Les intentions de la France en Libye auraient été bien au-delà de l’humanitaire

La France visait-elle vraiment à extraire les civils de Benghazi des griffes du dictateur Mouammar Kadhafi au printemps 2011? C’est le message qu’ont fait passer à l’époque le président français, Nicolas Sarkozy, et son conseiller improvisé, le philosophe Bernard-Henri Lévy, pour justifier une intervention de l’OTAN. Des courriels reçus par Hillary Clinton quand elle était encore secrétaire d’Etat américaine semblent raconter une autre histoire, à en croire le média en ligne de Washington Al-Monitor.

Les e-mails en question ont été publiés le 22 juin dernier par une commission ad hoc du Congrès enquêtant sur la tragédie de Benghazi du 11 septembre 2012 dans laquelle quatre Américains trouvèrent la mort à la suite d’une attaque de djihadistes. Provenant de Sidney Blumenthal, un ex-conseiller et ami des Clinton, ils contiennent des notes de renseignements rédigées, dit-il, par un ancien agent de la CIA, Tyler Drumheller.

Retour d’ascenseur

L’authenticité des notes que Le Temps a lues n’a pu être vérifiée. Mais celles-ci soulignent un contexte que la presse internationale avait déjà en partie mis en lumière. En plein Printemps arabe en 2011, la Libye du colonel Kadhafi et son pétrole devenaient l’enjeu de luttes économiques souterraines majeures.

Selon l’un de ces «mémos», daté du 22 mars 2011, des officiers de la DGSE, le renseignement français, ont eu des réunions secrètes avec le chef de file du Conseil national de transition libyen (CNT), Mustafa Abdul Jalil. Bernard-Henri Lévy le rencontra le 4 mars et téléphona à Nicolas Sarkozy, qui l’invita à l’Elysée afin de reconnaître le Conseil national en tant que gouvernement officiel libyen le 10 mars. Selon la note, «les officiers de la DGSE ont fourni de l’argent et des conseils pour aider à la formation du CNT. Ces officiers expliquaient à Jalil […] qu’ils parlaient sur ordre du président français, Nicolas Sarkozy, et qu’ils promettaient que, dès que le CNT serait en place, la France le reconnaîtrait comme nouveau gouvernement de Libye.»

La note relève que les officiers de la DGSE n’ont pas agi par pur altruisme. «Ils s’attendaient à ce que le nouveau gouvernement libyen favorise les entreprises et les intérêts nationaux français, en particulier en lien à l’industrie pétrolière.» Mustafa Abdul Jalil accepte l’offre. Dans ce contexte, le fait qu’un Mirage 2000 français ait bombardé le convoi où se trouvait Mouammar Kadhafi ne relève, dit-on, pas du hasard.

Dans une autre note datée du 5 mai 2011, il apparaît que la France a organisé des vols humanitaires vers Benghazi à partir du 13 avril 2011. Dans les Airbus, il n’y avait pas que des humanitaires, selon le document, mais aussi des responsables de Total, la major française du pétrole, de Vinci et d’EADS.

Présent sur place le 22 avril, Bernard-Henri Lévy n’a pas, selon la note, assisté à la signature proprement dite de contrats, mais il a clairement fait savoir aux responsables du CNT qu’ils «avaient une dette envers la France au vu de son soutien précoce et que Sarkozy avait besoin de quelque chose de tangible à présenter aux leaders politiques et économiques français». Enfin, selon une note de septembre 2011, Nicolas Sarkozy aurait exhorté les Libyens à réserver 35% de leur industrie pétrolière à des entreprises françaises, surtout Total.

L’affaire Hughes de Samie

La guerre économique autour de la Libye ne se limite pas à la France. Dans un courriel du même Sidney Blumenthal, une note laisse entendre que des officiers du MI6, le renseignement britannique, conservaient des canaux de communication avec le camp Kadhafi, en particulier le fils Saïf, au cas où la rébellion contre le régime libyen échoue. Le Daily Telegraph souligne toutefois que Londres n’était pas le seul à agir ainsi. La CIA avait aussi, selon le quotidien, gardé ses contacts avec le régime.

L’auteur des courriels envoyés à Hillary Clinton est entouré d’un halo de mystère. Sidney Blumenthal, qui n’avait aucune fonction au Département d’Etat, avait des intérêts en Libye. Il conseillait la société américaine Constallations Group avec deux associés dont Tyler Drum­heller, l’agent de la CIA et présumé auteur des notes envoyées à Hillary Clinton. Devant la commission du Congrès, Sidney Blumenthal a toutefois minimisé son rôle en Libye, relevant qu’il était avant tout de nature humanitaire et que le projet de construire des hôpitaux mobiles et des logements provisoires n’a jamais vu le jour.

Quant au rôle joué par la France de Sarkozy en Libye, il reste aussi flou que l’affaire Hughes de Samie. Comme le révèle une enquête de M, le magazine du Monde, cet ex-colonel de la Légion reconverti dans la vente d’armes et le renseignement a été mystérieusement abattu de six balles à son domicile à Tripoli en janvier 2012. Un travail de professionnel. Or les enquêteurs libyens arrêtent un suspect, un toxicomane de 28 ans, qui n’a même pas emporté la mallette de l’ex-colonel qui contenait beaucoup d’argent et cinq cartes de crédit. Pour l’épouse de la victime, cela ne fait aucun doute. Son mari a été victime d’un règlement de comptes «entre entreprises française et étrangère, peut-être même entre deux sociétés françaises».

 
 

La Grèce au bord du précipice, par Paul Krugman

 

by Les-Crises.fr Gr

Cela fait déjà quelques temps qu’il apparaît évident que la création de l’euro fut une terrible erreur. L’Europe n’a jamais eu les conditions requises pour la mise en place avec succès d’une monnaie unique – notamment le genre d’union bancaire et fiscale qui, par exemple, fait en sorte que lorsqu’une bulle immobilière éclate en Floride, Washington protège automatiquement ses concitoyens les plus âgés contre toute menace envers leur protection de santé ou leurs économies bancaires.

Par contre, quitter une union monétaire est une tâche bien plus ardue et plus effrayante que la décision de ne jamais la rejoindre et jusqu’à aujourd’hui, même les économies les plus troublées du Vieux Contient se sont éloignées encore et encore de ce précipice. Les gouvernements se sont soumis, encore et encore, aux exigences des créditeurs pour une austérité toujours plus sévère, alors que la Banque Centrale Européenne a réussi à contenir la panique des marchés. Mais la situation en Grèce a atteint aujourd’hui ce qui semble être un point de non-retour. Les banques sont fermées momentanément et le gouvernement a imposé des contrôles sur les capitaux – des limites sur les sorties de capitaux du pays. Il semble très probable que le gouvernement devra bientôt payer des pensions de retraites et des salaires en mandats, créant ainsi une monnaie parallèle. Et la semaine prochaine il y aura un référendum dans le pays pour savoir s’il faut accepter les exigences de la « troïka » – c’est-à-dire les institutions qui représentent les intérêts des créditeurs – pour encore plus d’austérité.

La Grèce devrait voter non et le gouvernement grec devrait être prêt, si nécessaire, à quitter l’euro.
Afin de comprendre pourquoi je dis ça, il vous faut vous rendre compte que la plupart – pas toutes mais la majorité – des choses que vous avez entendues à propos d’une Grèce dépensière et irresponsable sont fausses. Oui, le gouvernement grec dépensait plus que ce qu’il pouvait se permettre à la fin des années 2000.

Mais il a depuis sabré dans les dépenses de manière répétée et relevé les impôts. Le nombre de fonctionnaires de l’état a chuté de plus de 25 pourcent et les pensions de retraite (qui étaient, en effet, trop généreuses) ont été réduites de manière drastique. Si l’on ajoute à cela toutes les mesures d’austérité, cela est plus que suffisant pour combler les déficits d’origine et les transformer en excédent important.

Pourquoi cela ne s’est-il donc pas produit ? Parce que l’économie grecque s’est effondrée, en grande partie à cause de ces mesures d’austérité, entraînant les revenus dans sa chute.

Et cet effondrement est lui-même largement lié à l’euro, qui a piégé la Grèce dans une camisole de force économique. Les cas d’austérité qui fonctionnent, dans lesquels les pays maîtrisent leurs déficits sans entraîner une dépression, impliquent typiquement des dévaluations importantes de leurs monnaies, ce qui rend leurs exportations plus compétitives. C’est par exemple ce qui s’est passé pour le Canada dans les années 1990 et de manière tout aussi importante, ce qui s’est passé plus récemment en Islande. Mais sans sa propre monnaie, la Grèce n’avait pas cette option.
Est-ce que je viens juste de défendre le « Grexit » – la sortie de la Grèce de l’euro ? Pas forcément. Le problème avec le Grexit a toujours été le risque d’un chaos financier, d’un système bancaire perturbé par des retraits massifs et d’entreprises handicapées à la fois par des problèmes bancaires et par une certaine incertitude quant au statut légal de leurs dettes. Voilà pourquoi les gouvernements successifs en Grèce ont répondu favorablement aux exigences d’austérité et pourquoi même Syriza, la coalition de gauche au pouvoir, était prête à accepter l’austérité qui a déjà été imposée. Dans les faits, tout ce que Syriza demandait, c’était l’arrêt de davantage d’austérité.

Mais la troïka refuse catégoriquement. C’est facile de se perdre dans les détails, mais le point essentiel aujourd’hui c’est que l’on a présenté à la Grèce une offre à prendre ou à laisser, une offre qui est impossible à différencier des mesures en place depuis ces cinq dernières années.

Voilà une offre, et c’était certainement prévu ainsi, qu’Alexis Tsipras, le premier ministre grec, ne peut accepter parce que cela détruirait sa raison d’être politique. Le but est donc de le faire démissionner, ce qui va probablement se produire si les électeurs grecs ont suffisamment peur de la confrontation avec la troïka pour voter oui la semaine prochaine.

Mais ils ne devraient pas, et ce pour trois raisons. La première, c’est que nous savons qu’une austérité toujours plus dure est une impasse : après cinq ans ainsi, la Grèce va plus mal que jamais. La deuxième, c’est qu’une grande partie, et peut-être la partie la plus importante du chaos qui serait engendré par le Grexit s’est déjà produite. Avec la fermeture des banques et le fait que l’on impose des contrôles sur les capitaux, on ne peut pas faire beaucoup plus de dommages.

Enfin, céder à l’ultimatum de la troïka serait l’abandon ultime de toute idée d’une soi-disant indépendance de la Grèce. Ne vous laissez pas prendre par des affirmations selon lesquelles les responsables de la troïka ne sont que des technocrates expliquant aux grecs ignorants ce qui doit être fait. Ces soi-disant technocrates sont en fait des fantaisistes qui ont ignoré sciemment tout ce que nous connaissons de la macro économie et qui se sont trompés à toutes les étapes. Il ne s’agit pas d’analyse mais de pouvoir – le pouvoir des créditeurs de mettre à genoux l’économie grecque, qui perdurera tant qu’une sortie de l’euro est envisagée comme impensable.

Il est donc temps de mettre un terme à cette « impensabilité« . Sinon la Grèce se retrouvera face à une austérité sans fin, et une dépression infinie.

Source : Paul Krugman, pour la RTBF, le 30 juin 2015.

 
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Publié par le juillet 3, 2015 dans Economie, Europe

 

L’homosexuel lui aussi est pris en otage…

Renat Shuteev et Andrey Kurganov dans le film français de Jonathan Taïeb,

Un film Stand passe sur les écrans, un meurtre homophobe est commis en Russie, deux amis qui en ont plus ou moins été témoins se lancent dans une enquête qui nous est présentée comme véridique. Le Monde le présente comme « une enquête dans les milieux homophobes russes ». Ce serait donc du cinéma vérité sur ce que vivraient les homosexuels russes depuis que les lois sur l’interdiction de la publicité de l’homosexualité aux mineurs a été promulguée en Russie. Il est censé nous présenter une sorte de documentaire objectif sur les conséquences sociales de la  politique de répression contre la pédophilie, un film « coup de poing ». Oui mais voilà le scénario est fiction pure et simple et le film a été tourné en Ukraine par une équipe de propagandistes ukrainiens..

Visiblement il n’y a pas que les juifs à être pris en otage des fantasmes fascisants de la crise du capitalisme. Les homosexuels sont également les enjeux d’un combat autour de la défense de la civilisation et de la démocratie comme enjeu de la nouvelle guerre froide. Ainsi il s’agit de démontrer que l’Ukraine est un véritable paradis pour les homosexuels alors que la répression s’abattrait sur eux en Russie. La Russie ayant interdit (mais comme l’Algérie et la Lituanie) la propagande homosexuelle adressée aux mineurs et la référence aux « mœurs traditionnelles » étant un des chevaux de bataille des conservateurs (1). L’homosexuel comme le juif en son temps est un apatride au service de l’étranger… Ils sont pris en otage…

Alors que l’on feint d’ignorer ce qui se passe dans les pays alliés, il y a bien sûr l’Arabie saoudite, mais un pays livré à l’extrême-droite et à des brutes fascisantes comme l’Ukraine traque le youpin autant que le pédé comme on l’a vu lors de la timide tentative de Gay pride à Kiev.

Voici les pays les plus répressifs à l’égard de l’homosexualité : du jaune où l’homosexualité est illégale au rouge où elle est punie par la peine de mort. Vous remarquerez que selon ce graphique la Russie n’exerce aucune répression contre l’homosexualité entre adultes, alors que l’Inde cette « grande démocratie » oui. Autre chose est l’influence des églises sur les mœurs et la puissance que ladite église exerce sur les politiques dans différents pays, sans parler du rôle des groupes fascisants financés par le patronat pour faire régner la terreur et qui sévissent beaucoup plus en Ukraine qu’en Russie.

L’homosexualité selon un rapport publié le mois dernier par LBGT (the International Lesbian, Gay, Bisexual, Trans and Intersex Association) est illégale dans 75 pays parmi lesquels 5 pays pratiquent la peine de mort pour orientation sexuelle : Mauritanie, Soudan, Iran, Arabie Saoudite et Yemen.
on peut ajouter des pays comme le Nigeria, la Somalie et une partie de l’Irak contrôlé par Daech où les exécutions d’individus sont fréquentes.

(1) En matière de conservatisme homophobe et antisémite que dire de la dernière foucade de Christine Boutin qui attribue aux juges juifs des Etats-Unis la légalisation du mariage gay… Alors que d’autres font chorus sur les juifs orthodoxes qui auraient payé des immigrants mexicains pour manifester contre le mariage gay à New York… Ou comment un couple paradoxal médiatique se constitue dans tous les cas l’homosexualité est perverse et le juif pervertit lâchement avec son argent… un grand classique depuis le juif Suss…

 
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Publié par le juillet 1, 2015 dans Uncategorized

 
 
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