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Le lien direct avec le nouveau blog/новый адрес/新地址

histoireetsociete.com

c’est exactement le même que celui-ci mais en plus clair, je suis d’ailleurs en train de réintroduire un certain nombre d’articles que je retrouve avec plaisir et intérêt, il y a une grande permanence mais aussi une évolution.

Avec mes amitiés à tous au plaisir de se retrouver, quand vous arrivez faites-moi un petit signe..

 
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Publié par le février 14, 2020 dans Uncategorized

 

le nouveau blog peut être consulté

voilà l’adresse  : https://l.facebook.com/l.php?u=http%3A%2F%2Fhistoireetsociete.com%2F%3Ffbclid%3DIwAR22bx5ULb4n-75Qbt-YtjZM70bbMJO0hNnmPTWBW4RIvqe47JeUuDVjeKg&h=AT3ixBbYxkWVG-F_yxZ0ghFwklaA2qapWHX41HMexTPxeCsOfv7DKYG3iHEDBQJCVi3TAS-4WQb2cXkSnV0repINP8hqGg6P13Rl19Lz4CKgKoFupV-EVtbrLUEEoVs5Ype5Fg

 
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Publié par le février 13, 2020 dans Uncategorized

 

Le nouveau blog va donner ça

Voici le nouveau blog tel qu’il se présente, Franck a fait un travail énorme… pour rendre l’ensemble lisible et attrayant…

Moi, je suis en train de reprendre des textes depuis l’été 2011 où histoire et société a été mis en place. Je suis assez contente et étonnée par la richesse des articles, un certain nombre ont été déjà reportés comme celui que vous voyez en une sur Lacan ou sur lle triomhe français après l’expédition libyenne.

Donc il y a comme prévu quatre grandes rubriques plus des brèves du « hérisson » qui dès maintenant réclame qu’on lui gratte le dos. Ces quatre rubriques sont

  1. actualité, avec deux articles dont vous ignorez tout. dont un petit bijou sur les USA et les guerre picrocholines plus par ordre alphabétique
  2. cinéma avec Barry Lindon mais aussiNani Moretti et samuel Fuller plus le cinéma chinois
  3. civilisation accorde une large part à la Chine et pas seulement la politique..
  4. textes fondamentaux avec ce Lacan et la Révolution illustré par Gericault

Les titres et les photos vont changer au fur et à mesure des parutions mais vous aurez un panorama plus complet et plus lisible.

Merci à Franck , la collaboration fonctionne si bien que je lui ai dis que nous étions ginger Roger et fred astair… Il y a françois le hérisson, Marianne bien sur…

Mais ce blog est toujours le votre, et déjà des collaborations sont là…

cela me paraissait étonnant de voir combien ce blog avait réussi à fédérer non seulement des lecteurs, mais des lecteurs de qualité, attentifs et amicaux mêle s’ils n’interviennent pas toujours, mais en reportant les articles j’ai compris ce qui nous rassemblait Imaginez j’en suis toujours en 2011, et cela n’a pas vraiment vieille. Ce matin, das une de mes longues marches, j’ai rencontré un des lecteurs. Nous avons longuement discuté de l’actualité mais aussi de articles qu’il souhaitait conserver et de la manière dont ce blog était devenu sien.

L’aventure c’est aussi cette réponse immédiate de Franck à ma demande, nous ne nous sommes jamais rencontrés, il ne vit pas en France et pourtant,il a accompli un travail énorme… François est dans la Sarthe, nous nous téléphonons et nous nous racontons notre vie… Tous de sensibilité communiste, tous refusant d’être autre chose tout en ayant du mal à se reconnaître dans l’événementiel..

Voilà, vous l’aurez deviné avant de me lancer dans cette aventure j’étais blessée. Je dis souvent en plaisantant: si je suis communiste c’est parce que je hais l’injustice, a fortiori si elle me touche! » Maintenant je peux plaisanter et imaginer une autre manière d’être utile… Merci à tous et continuons

Quelques rendez-vous

jusqu’au 22 mars je vais transférer une partie des textes du blog et  les présenter sur facebook. Une faible partie parce que l’ancien blog reste consultable… Le nouveau blog est ainsi fait qu’il permet de saisir une sorte de photo temporelle des préoccupations concernant l’art, la politique et le peuple en train de faire l’histoire. C’est un kaléidoscope de l’histoire en train de se faire, l’histoire qui réunit l’événement du présent et les temps longs de l‘humanité. Les images et les sujets glissent et se figent dans une configuration qui parle et j’en suis ravie, je regrette que vous ne puissiez suivre ces métamorphoses. C’est exactement ce que je voulais, plus complexe je ne saurai l’alimenter mais tel qu’il est il produit du sens. merci Franck. Il s’agit non seulement d’une opération « technique » mais d’un Retour sur un passé proche pour tenter de lire le présent et même l’avenir…

une autre remarque: il est des flâneries qui par rapport à la politique politicienne qui croit aller tout de suite à « l’urgent » permettent de gagner du temps.

Le 22 mars, après le résultat des municipales,on peut espérer que le blog sera en fonctionnement, bien que Franck soit un dangereux perfectionniste et que Marianne ne puisse nous rejoindre qu’à la fin avril, je reprendrai alors le fil de l’actualité (je continue à la suivre même si je ne publie rien) et je serai sans doute en état de mieux penser ce que je souhaite faire en matière d’engagement social et politique.

je marche et je réfléchis beaucoup, je me sens en pleine forme. N’oubliez pas le 29 février et le premier mars, rendez-vous à Reillane (Alpes de Haute Provence) pour un débat autour de mes mémoires et d’un film drôle et pertinent sur la Révolution…

 

danielle Bleitrach

 

 

 

 

 

 

 

 
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Publié par le février 12, 2020 dans COMPTE-RENDU de LIVRE

 

Retour sur le projet d’histoireetsociete, sur la politque, l’art et la vie du peuple par Danielle Bleitrach

voilà ce blog va temporairement s’arrêter sur un des textes sur lesquels il avait débuté et que je reprends pour le nouveau blog comme ceux que j’estime les plus informatifs, caractéristiques d’une démarche aussi. C’est un énorme travail, relire chaque texte, le sélectionner ou non, le classer dans une des 4 rubriques prévues (cinéma, actualités, civilisation et textes fondamentaux). Ce texte classé dans la rubrique textes fondamentaux dit assez bien la permanence de ce qui est recherché dans notre démarche à Marianne et moi, je crois pouvoir parler en notre nom à toutes les deux. Mais il n’y a pas que nous deux, ce blog a fédéré un certain nombre d’amis avec qui nous avons menés des combats communs, partage espoirs et demi-victoires. Cela continuera dès que le nouveau blog sera en place grâce à l’ami Franck qui y travaille et me guide dans mes premiers pas un peu vacillants, un autre ami François a accepté d’assurer les brèves. Marianne et les autres continuent, donc pour me laisser le temps de ce travail à la fois lourd et méticuleux, à bientôt les amis d’histoire et societe.(note de danielle Bleitrach)

27AOÛT 2011

Retour sur le projet d’histoireetsociete, sur la politque, l’art et la vie du peuple par Danielle Bleitrach

Il faut que je me reprenne et que je recadre le projet que j’ai voulu mettre en oeuvre en créant ce blog.

 Je suis, sous l’influence des événements, en train de me laisser emporter par la mêlée et de là  dans la vase du marigot de la politique ordinaire.  Les lâchetés  françaises me metttent hors de moi, entre les joies de la conquête de Tripoli, et au passage quelques pogromes contre des immigrés africains et la bataille de nains de la présidentielle, jai envie de tirer dans le tas.Que m’importe dans le fond cette politique de comptoir outre le fait que je n’y puis rien, c’est une perte de temps considérable dans un tel contexte. Ce fut ce constat qui m’incita à abandonner le blog Changement de société. Il devenait évident que l’hypothèse d’un changement de société s’éloignait, en revanche  choisir l’histoire à pas lent, celle où se dégagent des lignes forces pouvait présenter un intérêt. Je veux revenir sur le sens de ce blog et je le ferais à partir d’une lecture que je vous ai déjà recommandé: Heinrich Heine Lutetia (1), correspondance sur la politique, l’art et la vie du peuple.

Reconnaissez qu’il y a là une bonne définition d‘Histoireetsociete: « Correspondance sur la politique, l’art et la vie du peuple. » Avec au centre un combat, affirmer que l’Art n’est pas un supplément d’âme mais un point de capiton entre l’histoire de l’humanité et l’instant sensible et visionnaire de la vie quotidienne des peuples, l’ art flâne dans les rues et relève ci et là ce qui annonce demain.

L’ETAT DE LA FRANCE HIER ET AUJOURD’HUI, LE PEUPLE ICI ET AILLEURS

J’ai terminé un précédent article sur la description que Heine fait de la foule parisienne et de la tension qui l’habite devant les vitrines de Nouvel an. Heine n’est pas Karl Marx, il n’est pas animé par une confiance inébranlable dans la mission émancipatrice du prolétariat, d’un côté il  raille avec beaucoup d’esprit et d’une manière aussi impitoyable que Marx les hypocrisies de cette société bourgeoise de la monarchie de juillet, il se moque tout autant des républicains qui ne pensent qu’à sauver la propriété mais de l’autre, il contemple avec inquiétude ce peuple qui n’a ni projet, ni autre aspiration qu’à partager la jouissance.. Questions qui n’ont en rien perdu leur pertinence.

Heine, sous la pression de l’histoire vécue, va faire de Paris, «Capitale de l’univers», une lecture non plus topographique mais historique. De ce fait, il donne aux Lettres de Paris un véritable statut littéraire, celui de transmettre au plus près le vécu de l’histoire. En même temps que «l’historiographie du présent» entre dans le champ de la littérature, cette dernière s’ouvre à l’histoire du présent. Je voudrais que ce blog se situe dans cette filiation à travers la littérature, la peinture, la photographie mais aussi et surtout le cinéma.

Nous avons dit à propos des émeutes de Grande Bretagne mais aussi de leur pendant soft les Indignés à quel point il y avait là le témoignage d’une génération en apesanteur politique et en état de manque consumériste. C’est là que le regard de Heine peut nous aider à décrypter ce que nous vivons le nez sur l’événement. D’abord en acceptant une certaine analogie tout en étant conscients que l’histoire est la science des faits qui ne se répétent jamais.

Nous sommes déjà pour moi dans l’actualité, les Révolutions arabes du printemps ayant remis en selle un acteur que l’on croyait oublié: le peuple. Mais les Chinois écrivent là-dessus des choses tout à fait intéressantes: ces révolutions arabes souffrent d’une absence de perspectives et de projet et elles seront aisément dupées et récupérées tant elles sont divisables par leurs archaïsmes, par leur structures  tribales qui multiplient les antagonismes, mais aussi par l’aspiration à la jouissance qui fait de l’occident un horizon mythique.

Heine pour décrire l’état politique de la monarchie de juillet a des descriptions saisissantes:

« Je n’attends pas grand chose de bien réjouissant de la session de la Chambre des députés qui vient de s’ouvrir. Nous ne verrons là que querelles mesquines, disputes personnelles et impuissance, si ce n’est à la fin une stagnation complète. En effet, une Chambre doit renfermer des partis compacts, sans quoi toute la machinerie parlementaire ne saurait foctionner. Si chaque député fait valoir une opinion singulière, différente et isolée, il ne pourra jamais en résulter un vote susceptible d’être regardé, ne serait-ce que tant soit peu comme l’expression d’une volonté commune, et pourtant c’est une condition essentielle du système représentatif qu’une telle volonté commune se manifeste. Tout comme l’ensemble de la société française, la Chambre s’est décomposée en tant de fractions et de parcelles qu’il n’y a plus là deux personnes dont les opinions se rejoignent tout à fait (…) Mais où mène cet éclatement de tous les liens de la pensée, ce particularisme, cette extinction de tout esprit de corps qui est la mort morale d’un peuple? – C’est le culte de l’intérêt matériel, de l’égoïsme, de l’argent qui a amené cet état de chose. »p.158

Vous reconnaitrez que la description est saisissante, et que l’analogie avec la période contemporaine s’impose : aujourd’hui de la même manière toutes les institutions, toutes les forces politiques sont la proie de cette décomposition accélérée, cela s’étend depuis le sommet de l’Etat jusqu’à l’Université du PS et la fête de l’humanité. Heine poursuit sa description et ajoute que quand un peuple s’endort dans la mesquinerie et les divisions, il se trouve des réveilleurs bien dangereux. Quand il s’enquiert du lieu où veillent « ces réveilleurs » on lui indique l’armée, là où couvent encore les vertus civiques. Nous avons déjà vécu ce refuge bonapartiste avec l’appel au Général DeGaulle en 1958 face à la débâcle de l’Empire colonial, à la montée des luttes revendicatives et des Chambres en décomposition, De Gaulle  nous a concoté cette Constitution, le mal s’est aggravé mais le Président actuel a retrouvé pour défendre les égoïsmes et l’argent les joies du Bonapartisme, le coup de clairon devant lequel la France se met au gardeà vous.

Si l’analogie n’a qu’une vertu  dans la rupture épistmologique par rapport aux idées reçues,  le début d’une prise de conscience de la décomposition actuellenous pouvons plus attendre d’une lecture de  Heine parce que c’est un artiste, un grand écrivain avec une sensibilité forte et sans y songer il met en place  une méthode beaucoup plus visionnaire qui articule la longue histoire de l’humanité, de son aspiration à la liberté, avec l’état réel du peuple, cette foule dont il tente de comprendre les humeurs.

D’abord se situer grâce à la culture, à la contemplation des oeuvres, à la lecture des penseurs dans l’Histoire dans sa longue durée. S’interroger non sur l’immédiat mais en quoi  notre conception de la politique, de la civilisation retrouve des temps anciens, il note la mode de la Renaissance par exemple: « Dans les formes de l’art etde la vie qui doivent leur existence aventureuse à l’union de ces éléments si hétérogènes réside une si douce et si mélancolique facétie, un si ironique baiser de réconciliation, ainsi qu’une exhubérance florissante, un effroi élégant qui s’empare de nous subrepticement nous ne savons comment ». p.149, c’est ce que je cherche au cinéma, plus encore que dans les expositions ou dans la  littérature à percevoir ce qui dans l’Histoire, dans les vieux films nous alerte sur les  lignes forces d’un présent qui s’esquisse. Le cinéma en outre est en train de nous faire vivre simultanément sur toute la planète ce recyclage permanent des émotions, des peurs et des espérances de l’humanité. Paris n’est plus la capitale de l’Univers, celle-ci est désormais une ville globale selon le concept de Saskia Sasen. La ville demeure puisque pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, la population urbaine dépasse la population rurale.. Cela devient de gigantesques conurbations avec des liens de transport et de communication mais aussi des espaces de misère avec un prolétariat rejeté sans espoir de travail. qui lui même a la même mobilité.

Alors cette plongée dans le temps permet de dialoguer sur un travail proche qui s’opère dans d’autres civilisations, j’ai déjà expliqué ça à propos de The murderer et le cinéma coréen, The murderer paraît céder à Hollywood, à son rythme, mais il y a aussi en fond les peuples de l’organisation de Coopération de ShanghaÏ confrontés au mirage de l’amollissement et de la perte de valeurs de la Corée du Sud. L’objectivité d’une situation historique avec la subjectivité du créateur directement branché sur le desespoir de l’individu comme dans Melancholia… Lier Marx et Freud, tout en priviligiant le langage de la création…

Il y a la nécessaire compréhension de l’effort dément accompli pour sortir du sous-déloppement, les contradictions de leur propre effort, les peurs, les réconcliations. ici même j’ai reproduit un texte d’Alain Gresh sur la manière dont Karl Marx à partir de la Guerre de l’opium évolue dans sa conception trop hégélienne du développement des civilisations. Alors qu’il voyait dans l’arrivée des Anglais en Inde la première révolution qu’ait connu ce pays, il se rend compte que ce progrès n’en est pas un et il va avoir un regard plus ouvert sur « les marges ». Donc je proposerais pour ce blog non seulement le regard que Heine préconise dans le temps mais celui qui nous est imposé dans l’espace par les processus dans lesquels nous sommes pris et qu’il nous faut comprendre non par analogie mais en cherchant la singularité de ce à quoi nous sommes confrontés.

A ce titre la question de l’événement soulevée par Badiou est fondamentale, je l’ai abordée par rapport au nazisme. Mais on pourrait s’interroge sur « la prise de Tripoli » , sommes-nous devant un événement quelque chose de susceptible de correspondre à l’aspiration de changement, la fine pointe des « révolutions arabes » ? Poser la question c’est y répondre, nous sommes comme le nazisme en son temps dans un simulacre d’événement révolutionnaire, une tentative de bloquer un processus, de le dévoyer pour maintenir un rapport de classe, un impérialisme. Il y a non seulement la nécessité d’en finir avec les simulacres d’événements, ceux qui se multiplient au jour le jour pour créer le leurre du changement alors qu’il n’y a là qu’entretien de l’ordre ancien. La manière par exemple dont on nous rejoue sans cesse la comédie du dictateur qui serait un « nouvel Hitler »… La politique politicienne qui règne en France , celle qui ne cesse de produire des décompositions mesquines est en plein simulacre comme la monarchie de juillet décrite par Heine….

L’analogie historique ne suffit pas pour tenter de saisir où en sont les peuples…

La méthode que je prétends suivre ici et dont je me suis toujours trouvé bien est aussi et d’abord une attention à la foule de mes contemporains, le contraire de l’attitude du touriste pressé, celle du flâneur que Heine adopte dans les rues de Paris. Non seulement tout ce que je viens de décrire ce travail de tous les moments pour comprendre mon siècle dans le temps et dans l’espace est très lourd mais ce qui prend le plus de temps est l’essentiel, il faut être un flâneur.

LE FLÂNEUR ET LE VISIONNAIRE

Heine prend ses distances avec la politique politicienne et, comme le fera plus tard Walter Benjamin suivant en cela Baudelaire et Edgard Poe, il revendique le regard du flâneur, celui d’Aragon dans le paysan de Paris.  Ce flâneur qui n’a pas  la courte vue partisane des politiciens croit voir s’annoncer « le règne des communistes »,  «  qui sera de courte durée mais une véritable tragédie…  elle émouvra et purifiera les cœurs », on songe bien sûr à la Commune de Paris et à la Semaine sanglante…

Le flâneur  qui observe la foule anonyme lit l’avenir plus sûrement que tous les politiciens de comptoir même si « Les dernières affaires politiques pourraient dessiller les  yeux à certains, mais l’aveuglement est bien trop agréable. » En effet, il est tellement agréable de se congratuler entre soi, d’aller sur les plateaux de télévision réciter des discours convenus même et surtout quand on joue les provocateurs. Dans la foule, Heine lit ce qui le hante et dont il ne sait s’il doit le craindre ou l’espérer : « Il ne s’agit plus de l’égalité des droits, mais d’égalité de jouissance sur cette terre(…) De plusieurs côtés, on entend dire que la guerre est un bon dérivatif à de tels ferments de destruction. Mais cela ne serait-il pas conjurer Satan par Belzébuth ? »

Et ces sensations qui l’envahissent au spectacle de la foule jouisseuse culminent tout à coup quand il contemple l’obélisque de Louxor arraché à son contexte, violemment transplanté dans un contexte qui ne lui convient pas, « le bruit  court qu’il vacille sur son socle« . Suit un long passage sur ces transplantations coloniales des conquêtes en Orient.

De là, de ces colonnes vacillantes dans un pays où tout ne cesse de vaciller il passe à la colonne Vendôme. « Est-elle bien fixée ? Je l’ignore, mais elle est sa place, en harmonie avec son environnement. Elle prend fidèlement racine dans le sol national et quiconque se repose sur elle a un appui solide. Tout à fait solide?  Non ici en France, Rien ne tient tout à fait solidement. Une fois déjà, il est arrivé que la tempête arrache le chapiteau, l’homme de fer du chapiteau(2), du sommet de la colonne Vendôme, et dans le cas où les communistes accéderaient au pouvoir, il devrait se reproduire la même chose, à moins que la frénésie d’égalité radicale ne fasse s’effondrer la colonne elle-même et que ce monument et symbole de prétention ne disparaisse lui aussi de la surface terrestre: aucun homme et aucune oeuvre humaine ne devront dépasser une mesure communale précise, et la sculpture comme la poèsie épique seront menacées de ruine. « A quoi bon un nouveau monument à la gloire d’ambitieux assassins des peuples ? » entendis-je quelqu’un s’écrier récemment lors du concours de projets pour le mausolée de l’empereur, « cela coûte de l’argent au peuple qui se meurt, et nous le détruirons de toute façon le jour venu! »

Quand on lit ces lignes l’histoire, ce qu’il est advenu se bouscule au portillon… MOnsieur Thiers faisant revenir les cendres de l’Empereur sous Louis Philippe, l’Empire terminant la révolution de 1848 par un coup d’Etat, la guerre, la Commune de Paris et Courbet ministre de la culture poursuivi jusqu’à la mort par la haine des Versaillais, on se dit qu’il y a dans cette méthode non formulée à laquelle Heine nous invite pour dégager dans le marais d’une histoire sans issue quelques lignes forces, un aspect visionnaire qui tient tout entier à cette interogation sur la relation entre la politque, l’art et la vie des peuples.

Lors de l’insurrection de la  Commune de Paris, le peintre Gustave Courbet adresse une pétition au gouvernement de la défense nationale le 14 septembre 1870, demandant « à déboulonner la colonne, ou qu’il veuille bien lui-même en prendre l’initiative, en chargeant de ce soin l’administration du Musée d’artillerie, et en faisant transporter les matériaux« . Il n’a en fait que l’intention de la faire reconstruire aux Invalides. La Commune de Paris au pouvoir le peuple ira plus loin:

« La Commune de Paris, considérant que la colonne impériale de la place Vendôme est un monument de barbarie, un symbole de force brute et de fausse gloire, une affirmation du militarisme, une négation du droit international, une insulte permanente des vainqueurs aux vaincus, un attentat perpétuel à l’un des trois grands principes de la République française, la fraternité, décrète : article unique – La colonne Vendôme sera démolie. »

Le 16 mai 1871, la colonne est abattue, non sans difficulté. Les plaques de bronze sont récupérées.

Après la chute de la Commune, le nouveau président de la République, le maréchal de Mac-Mahon, un infâme crétin, décide en mai 1873, de faire reconstruire la Colonne Vendôme aux frais de Gustave Courbet (soit plus de 323 000 francs selon le devis établi). Gustave Courbet obtient de payer près de 10 000 francs par an pendant 33 ans, mais meurt avant d’avoir payé la première traite.

Et là, la flâneuse que je suis revois l’exposition sur Courbet au Grand Palais, je l’ai trouvé par parenthèse trop encombrée, Courbet a besoin d’espace. Il est contenu dans ce petit tableau que j’ai placé en illustration de l’article, Courbet saluant la mer à Palavas, la joie, la puissance et la liberté.   J’ai été émue aux larmes par  la dernière salle, celle où le peintre, cette force de la nature, cet homme  superbe, est en prison, puis en sort, il est devenu obèse, ivrogne, acculé au désespoir par la haine des possédants qui ont prétendu lui faire payer la destruction de la colonne Vendôme. J’ai dans les yeux ces peintures de  la fin, ces poissons morts, ces fruits tavelés. Il ne contrôlait même plus sa production, il laissait signer par d’autres ses tableaux, il était anéânti mais il a eu encore la force de mourir avant d’avoir payé la première traite pour la destruction de la colonne Vendôme… Encore un vaincu…

Voilà pourquoi je vous ai invités dans ce blog à retrouver l’invite de Walter Benjamin » que les tombeaux s’ouvrent et que les vaincus en sortent » pour revendiquer une autre histoire, une autre compréhension du monde.

Je ne veux plus perdre mon temps dans des querelles dérisoires… Ce blog sera ce qu’il doit être et pas le dépotoir d’un monde qui doit mourir…

Danielle Bleitrach

(1) Bien sûr il s’agit de Lutèce, le noyau de Paris cher à Julien l’apostat (un de mes héros historiques un vaincu bien sûr), mais on ne peut s’empêcher au Lutezia occupé par les armées nazies et les collaborateurs.

(2)L’ homme de fer du chapiteau: Napoléon dont la statue fut arrachée après sa défaite en 1814.

 
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Publié par le février 12, 2020 dans HISTOIRE

 

Comment l’ambassadeur soviétique a démêlé la collusion de la Grande-Bretagne avec Hitler

Plusieurs années après ces événements, Ivan Maisky a publié un livre de mémoires

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10 février 2020, 11:28
Photo: Lev Ivanov / RIA Novosti
Texte: Evgeny Krutikov

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Le  journal VZGLYAD, dont nous publions souvent des traductions-  en plus de celles du KPRF -n’est pas un journal communiste, il est plus proche des sphères du pouvoir, entre Lavrov et Poutine. Il a reçu  des textes de la part du Conseil des jeunes diplomates du ministère des affaires étrangères des archives déclassifiées, et ce  pour lutter contre la désinformation de l’UE et de la Pologne en particulier sur les origines de la seconde guerre mondiale et la responsabilité de la dite Pologne autant que ceux qui ont signé le pacte de Munich . Le sujet traité dans ces publications concerne l’activité de la diplomatie soviétique dans la période d’avant-guerre. Et les révélations débutent  en 1937,  quand l’ambassadeur soviétique à Londres, Ivan Maisky, a envoyé des rapports à Moscou et comment il a décrit l’attitude des élites britanniques envers Hitler et, en général, l’évolution dangereuse de la situation en Europe. Grâce aux éditions delga, vous pourrez lire les souvenirs de l’ancien ambassadeur d’URSS en grande Bretagne dont il est question dans ce passionnant article..

Résultat de recherche d'images pour "Ivan Maïski souvenirs de l'ancien ambassadeur Delga"

Le Conseil des jeunes diplomates du ministère des Affaires étrangères de la Russie , dans le cadre du projet de diplomatie de la victoire et de la préparation du forum de la diplomatie de la victoire des jeunes diplomates, lancé à l’occasion du 75e anniversaire de la victoire dans la Grande guerre patriotique, offre aux lecteurs du journal VZGLYAD des documents uniques sur les archives de la politique étrangère (AUE) de la Fédération de Russie, dédié au travail actif de la diplomatie soviétique dans la période d’avant-guerre et pendant la Grande Guerre patriotique. Nous sommes convaincus que l’appel aux sources primaires, la véritable preuve de cette époque, élimine les tentatives de falsification et de manipulation des faits historiques, contribue à l’affirmation de la vérité historique et aide à recréer une image objective du passé.

Les archives de la politique étrangère russe sont une subdivision structurelle du département historique et documentaire (IDD) du ministère russe des Affaires étrangères. Une vaste gamme de documents (plus d’un million d’unités de stockage) couvre la période depuis 1917 et continue de se remplir de documents reflétant l’évolution de la politique étrangère intérieure depuis 1991. Les archives servent de dépositaire officiel des traités multilatéraux et bilatéraux conclus au nom de l’Union soviétique et de la Fédération de Russie.

Le premier matériau de ce projet spécial intitulé  «Diplomatie de la victoire» est consacré aux télégrammes chiffrés du plénipotentiaire (ambassadeur) de l’URSS en Grande-Bretagne Ivan Maisky, envoyés à Moscou à l’automne 1937.

Ivan Mikhailovich Maisky (Jan Lyakhovetsky) est arrivé à Londres en tant que plénipotentiaire soviétique en 1932 et il est resté dans ceposte jusqu’en 1943, c’est-à-dire qu’i a représenté les intérêts de l’URSS en Grande-Bretagne au cours de la période historique la plus difficile du XXe siècle. Il a remplacé Grigory Sokolnikov, l’ancien commissaire du peuple aux finances et éternel opposant  à Staline. À un moment critique pour la politique étrangère du pays, le gouvernement soviétique ne pouvait pas se permettre d’avoir à Londres un homme manifestant ouvertement son hostilité à la tête de l »État et personnellement à Staline. Cela aurait pu avoir de graves conséquences, quelle que soit la façon dont on considère maintenant les discussions internes des partis au sein du PCUS (B.) des années 1920.

Maisky, lui aussi, était loin d’être parfait d’un point de vue idéologique. Fils d’un médecin d’origine gentry, d’abord révolutionnaire social, puis menchevik, puis ministre du gouvernement kolchak à Omsk (il n’a pas vraiment travaillé un jour avec Koltchak, il est immédiatement parti pour une «expédition scientifique en Mongolie», mais a été nommé) – tout cela ne correspondait pas au profil idéal de l’homme d’État soviétique et, toutes choses égales par ailleurs, garantissait plusieurs conditions de camp difficiles. Mais Maisky parlait bien anglais, il y vivait à l’époque pré-révolutionnaire en exil, il avait des liens avec l’élite britannique et dans les cercles de gauche. Dans la caractérisation de Maysky écrite au Comité central avant de l’envoyer en voyage d’affaires à l’étranger, il est dit que « c’est à la fois un plus et un moins pour lui ».

L’image d’un diplomate soviétique attaché étroitement boutonné et debout à la réception sous la forme d’une statue, montrant un port militaire – cela date d’un peu plus tard. À cette époque, le style était un peu plus lâche et le plénipotentiaire cherchait à se comporter aussi naturellement que possible au sein de l’étiquette britannique déroutante. Les Britanniques l’ont aimé, même si cela les a quelque peu surpris. Maisky a essayé de faire comme s’il était un membre de l’élite britannique, ce que les Britanniques eux-mêmes lui ont reproché plus tard rétroactivement. Selon l’opinion qui prévalait à Londres, le comportement de Maisky n’a pas apporté la rfermeté nécessaire pour défendre pleinement la position de l’URSS. Cela ne signifie pas qu’il a fait des concessions injustifiées, mais c’était u peu perçu ainsi du côté britannique. D’un autre côté, peu importe comment,

À Moscou, au milieu des années 1930, l’opinion émergeait progressivement l’opinion que les employés des missions soviétiques devraient mener un mode de vie soviétique exemplaire, et par conséquent le comportement libre de Maisky a constamment causé une irritation sourde au ministre des Affaires étrangères de l’époque, Vyacheslav Molotov et Staline lui-même. Ce désaccord purement stylistique n’a cependant pas affecté le travail de l’envoyé, car il a vraiment réussi à établir de bonnes relations avec une partie importante de l’élite politique de la Grande-Bretagne. Staline a rapidement apprécié cela et a utilisé la position de Maisky à Londres pour établir des relations confidentielles avec les représentants de l’élite britannique. Dans ce contexte, Maisky a également obtenu une indépendance sans précédent dans la prise de décision. Mais il faut comprendre que dans le système hiérarchique soviétique, les décisions prises indépendamment, même les bonnes, pourrait alors faire très mal. Il est significatif à cet égard que la signature de Maysky à Londres, le 30 juillet 1941, de l’accord sur le rétablissement des relations diplomatiques avec la République polonaise soit dénommé Pacte Maysky-Sikorsky. Cela signifiait la reconnaissance de facto par l’Union soviétique du gouvernement émigrant de Pologne, siégeant à Londres, ce qui a ensuite créé des difficultés diplomatiques.L’une des principales réalisations du plénipotentiaire de Maysky pendant la période d’avant-guerre décrite a été qu’il a correctement et précisément évalué l’équilibre des pouvoirs au sein de l’élite britannique et s’est concentré sur Winston Churchill comme la figure la plus prometteuse pour l’Union soviétique. Jusqu’en 1939, le rapport  des forces à Londres était loin d’être évident. Churchill ressemblait alors à un critique de l’opposition, vivant dans un château maladroit, abattu par un pilote, un gros homme drôle avec un éternel cigare. En d’autres termes, par n’importe qui, aurait pu penser qu’il ne serait pas mais pas le futur meilleur premier ministre de l’Empire.

Le programme de chiffrement de Maysky à Moscou daté du 27 novembre 1937 est révélateur à cet égard, de la manière dont il caractérise les deux principaux groupes d’influence du gouvernement britannique de l’époque.

Le premier – conditionnellement le groupe de Chamberlain, selon le plénipotentiaire, « fse ixe comme tâche immédiate une conspiration avec l’Allemagne et l’Italie, si nécessaire, au prix de gros sacrifices pour les intérêts britanniques en Europe centrale, du sud-est et de l’est, ainsi que face auxvictimes en Espagne et même dans la sphère coloniale .  » Le second groupe, conditionnellement représenté Anthony Eden, « met au premier plan la politique britannique d’union avec la France et de coopération avec l’URSS » .

Le contexte de la situation est qu’à cette époque, Paris était prêt à conclure un accord avec Moscou et tentait d’influence  la Tchécoslovaquie et la Pologne en vue d’une alliance militaire avec l’URSS, et si cela n’était pas du tout possible, alors de laissezrau moins les troupes soviétiques traverser son territoire en cas d’agression allemande. . Le gouvernement de Chamberlain n’était pas seulement  inquiet d’une alliance avec la «Russie bolchevique», mais de  l’indépendance et l’activité de la France en tant que telle. Maisky écrit à Moscou que le groupe de Chamberlain « cherche également à transformer la France en un simple appendice au bureau de Londres Forein », et dans ce scénario, Londres préfère faire exactement le contraire, ne serait-ce que pour empêcher la France de prendre une position de leader en Europe continentale en mettant en place un pacte anti-allemand .

Télégramme chiffré du 27 novembre 1937

Tout cela s’est finalement mal terminé, quand le groupe temporairement vainqueur de Chamberlain a poussé à travers une «politique de pacification», qui a conduit au démembrement de la Tchécoslovaquie. Le ministre des Affaires étrangères  de l’époque, lord Eden, du mieux qu’il a pu, a tenté de saboter les politiques du Premier ministre Chamberlain. Maisky rapporte que c’est à l’initiative d’Eden que les ministres français ont été invités à Londres pour marquer leur opposition au voyage de Lord Halifax à Berlin. « Si Shotan et Delbos (Camille Shotan a occupé le poste de Premier ministre de la France en 1937, a conclu le premier accord avec l’URSS, rétablissant effectivement les relations diplomatiques, Pierre Yvonne Delbos – Ministre des Affaires étrangères du gouvernement Shotan –  VZGLYAD)s’étaient comportés à Londres de manière appropriée, la ligne politique de Chamberlain aurait pu être modifiée de manière significative, mais se comporteront-ils ainsi? J’en doute. « 

Dans ce message, le style du plénipotentiaire est également visible. Assis à Londres, il ne pouvait ni évaluer ni même suggérer le comportement des Français, d’autant plus qu’à cette époque à Paris les gouvernements changeaient trois fois par an. Seul Shotan est devenu premier ministre à trois reprises et a également travaillé dans les gouvernements de Léon Blum. Mais Maisky «doute».

Le télégramme chiffré du 16 novembre, révélateur du rapport sur la «longue conversation avec Churchill», qui a eu lieu à la réception de Maisky en l’honneur du jeune roi de Belgique Léopold III, est révélateur à cet égard . Churchill  « a de nouveau, et avec une ferveur exceptionnelle, souligné que l’Allemagne était le principal danger pour l’Angleterre et l’Europe dans son ensemble ». Maisky écrit:  «La tâche principale maintenant», a poursuivi Churchill, «est que nous nous  restions ensemble. Sinon, nous périrons » « La faiblesse de la Russie dans les conditions actuelles serait fatale pour la cause de la paix et pour la sécurité de l’empire britannique » . Une partie importante de la conversation a été consacrée à discuter des résultats du voyage de Lord Halifax à Berlin, qui, selon Churchill, n’a rien produit. Mais, à son avis,« Halifax est un homme honnête et il n’irait jamais à des opérations aussi » malhonnêtes « , comme trahir la Tchécoslovaquie et délier les mains de l’Allemagne à l’Est. »

Comme l’ont montré les événements ultérieurs, Churchill s’est trompé ou il a voulu faire une impression positive sur Maysky (et à travers lui Staline). En plus de cela, Maisky décrit plus en détail les détails et les circonstances de sa conversation avec Churchill. Il dit que tout s’est passé dans la soi-disant «salle de culte» du palais de Buckingham, où les rois britanniques et belges se sont réunis avec leur suite. Ribbentrop était également présent, qui tentait d’entamer une conversation avec Churchill, mais ce dernier a plaisanté. Puis Churchill, selon le rapport de Maisky, a ostensiblement traversé toute la salle pour s’approcher de Maisky. Au cours de la conversation, le roi britannique s’est approché d’eux pendant un court moment pour parler à Churchill. Mais après le retour du roi George auprès de ses invités, Churchill a poursuivi sa conversation avec Maisky. L’envoyé soviétique conclut que« Le comportement entier de Churchill a été délibérément souligné, et il a clairement annoncé la nature amicale de ses sentiments pour moi . « 

Télégramme chiffré du 18 novembre 1937. Ici Maisky parle de sa conversation avec Churchill

Churchill favorisant  Maisky, son comportement dans les conditions strictement réglementées de la réception royale prenait un poids  démonstratif sur les bonnes relations avec l’ambassadeur soviétique, et témoignait donc de la position particulière de Churchill sur les relations avec l’URSS. Une position que Churchill ne cache pas, contrairement à d’autres représentants du groupe Eden qui, pour des raisons idéologiques et, comme l’écrit Maisky lui-même dans un autre programme de chiffrement, «par crainte de l’opinion publique», essaient de ne pas parler à haute voix d’une éventuelle alliance avec l’URSS.

Maisky a dû travailler dans des conditions d’incertitude très difficiles. Pendant cette période, l’Union soviétique n’avait ni amis ni alliés et devait manœuvrer entre de nombreux groupes aux dizaines d’intérêts divergents. À cet égard, Maisky et Churchill étaient vraiment parfaitement adaptés l’un à l’autre: Churchill était têtu dans sa politique anti-allemande et était prêt à faire des compromis pragmatiques, et l’envoyé soviétique n’avait qu’à s’appuyer à Londres sur une personne encline à de telles alliances situationnelles. Toute la politique étrangère de l’URSS d’avant-guerre dans le sens européen est une recherche d’une telle alliance situationnelle basée non pas sur une idéologie nue, mais sur un calcul aride, comme en témoignent les télégrammes publiés d’Ivan Maisky.

De plus, spécifiquement à Londres, la situation était compliquée par la présence d’un lobby ouvertement pro-allemand,

qui était représentée non seulement par certains membres de la famille royale, mais aussi par un groupe au sein du gouvernement décrit par Maysky comme de «jeunes conservateurs» («conservateurs» – au sens de membres du parti conservateur, et non au sens idéologique moderne du terme). Dans un télégramme daté du 25 novembre (assez long), Maisky décrit en détail la situation de l’élite britannique après l’étrange voyage de Lord Halifax à Berlin. Formellement, Halifax a reçu une invitation à une parrte  de chasse, mais l’ambassadeur à Berlin Henderson a précisé à l’avance si Hitler était prêt à rencontrer Halifax et a reçu une réponse positive. On apprit qu’Hitler avait reçu en privé un certain document, un mémorandum sur des sujets qu’il aimerait discuter avec Halifax.

Lors de la réunion, Hitler a eu une attitude plutôt habile. Il savait sur quoi appuyer: il a « fait allusion » à la question du retour par l’Allemagne des colonies en Afrique, en Chine et dans le Pacifique qui lui avait été prise après la Première Guerre mondiale – c’était le sujet le plus douloureux pour la Grande-Bretagne, toute question sur la redistribution du système colonial soulevée à Londres  provoquait aussitôt la panique. En échange de cela, Hitler a exigé que les Britanniques « ne mettent pas leur grain de sel dans l ses relations » bilatérales « avec l’Autriche et la Tchécoslovaquie. »

Télégramme chiffré du 27 novembre 1937

Chamberlain  a pesé le pour et le contre. Selon Maisky, Chamberlain avant même le voyage pensait que « la demande d’Hitler irait peut-être un peu loin » . Maisky écrit en outre que « la conversation avec Hitler a quelque peu déçu Halifax et Chamberlain » . Eden était très heureux que Chamberlain ait été déçu des résultats du voyage d’Halifax et a même sablé le champagne avec son entourage à ce sujet.

Les sources d’information de Maisky étaient Jan Masaryk, alors ambassadeur de Tchécoslovaquie à Londres, puis le ministre des Affaires étrangères au gouvernement en exil, qui s’est suicidé à Prague en 1948, et l’ Anthony Eden, qui, selon la description de Maisky, «est toujours un bon baromètre du succès». ou des échecs de son mari .  » Mais Maisky ne savait pas avec certitude qu’Eden, souffrant de maladies chroniques accompagnées de douleurs aiguës, prenait des amphétamines qui étaient autorisées à cette époque, et le comportement du chef du ministère des Affaires étrangères était caractérisé par de fortes sautes d’humeur. D’où la réaction exaltée à «l’échec de la mission d’Halifax» en buvant du champagne. Mais en général, l’envoyé soviétique tire la conclusion absolument correcte à la fin du télégramme:« Malgré la déception bien connue de Chamberlain à l’égard des résultats du voyage d’Halifax, il faut encore s’attendre à ce qu’il continue néanmoins d’essayer de conspirer avec Hitler et Mussolini . « 

Il faut souligner ici que les exemplaires publiés  des documents ne concernent que les deux semaines de novembre 1937, c’est-à-dire la période où Londres et le gouvernement Chamberlain commençaient à peine à sonder le terrain pour parvenir à un accord avec Hitler. Mais selon les télégrammes de Maisky, il était déjà évident pour le gouvernement soviétique que Chamberlain ferait des concessions à Berlin en Europe centrale et pourrait même faire pression sur le gouvernement français pour refuser le soutien à la Tchécoslovaquie. Donc à la fin, c’est arrivé.

Télégramme chiffré du 24 novembre 1937. Maisky y parle du voyage de Lord Halifax à Berlin

En novembre 1937, le gouvernement de Chamberlain était motivé dans son attitude   par la préservation du système colonial – le fondement du bien-être britannique. Les considérations militaires de Chamberlain ne sont pas évidentes. Dans cette situation, l’Union soviétique, avec un certain soutien de la France, essayait toujours de constituer au moins une sorte de bloc défensif en Europe centrale et orientale, se heurtant à l’opposition ouverte de la Pologne et à la froideur des Britanniques.

Le plénipotentiaire Maisky devait non seulement poursuivre la lutte pour créer un tel bloc antinazi (même s’il écrit lui-même que Chamberlain, pour un accord avec Hitler, est prêt « à ne pas être gêné par » des considérations sentimentales concernant la Tchécoslovaquie et l’Espagne «  ), mais aussi à maintenir de bonnes relations avec Churchill, comme avec pratiquement la seule figure de Londres à l’époque capable de penser ld’une manière prospective. En général, il a réussi. Mais le refus de Londres, puis de Paris, de créer un système de sécurité collective en Europe était inévitable précisément parce que les gouvernements de Chamberlain et de Daladier n’étaient pas en mesure de calculer au-delà des intérêts immédiats.

L’idée de Chamberlain selon laquelle il échangerait la sécurité des colonies britanniques contre l’Autriche et la Tchécoslovaquie (le fameux «Je vous ai apporté la paix!» À la suite de l’accord de Munich) a libéré les mains d’Hitler. Et les documents de Maisky confirment une fois de plus le fait que déjà au début de l’hiver 1937, la politique de Londres visait clairement à conspirer avec Hitler, malgré les désaccords internes de plusieurs groupes au sein du gouvernement britannique et l’opposition implacable de Churchill. Les notes et spécifications données par Ivan Mikhailovich Maisky ont été confirmées dans un avenir très proche.

* * *

Le sort de l’envoyé soviétique après la guerre a été très tragique. En 1953, Maisky a été arrêté pour «travail pour les services secrets britanniques» et soumis à de sévères interrogatoires. Après la mort de Staline, il a été libéré, réhabilité et réintégré dans le parti. Il n’est pas retourné au service diplomatique pour des raisons de santé, il était engagé dans la science. Maisky a publié deux livres de mémoires, qui sont devenus la source la plus précieuse sur l’histoire de la période d’avant-guerre, bien qu’ils aient été écrits dans un souci de censure laïque et de considérations compréhensibles de secret. La publication de nouveaux documents peut mettre en évidence de nouveaux détails sur le «mystère dans lequel la guerre est née».

CONCLUSION  POUR LE LECTEUR FRANCAIS : Grâce aux éditions delga, vous pourrez lire les souvenirs de l’ancien ambassadeur d’URSS en grande Bretagne dont il est question dans ce passionnant article..

 

Expert: l’OTAN ne viendra pas en aide à Erdogan en Syrie

Erdogan en appelle à l’OTAN, mais c’est un coup de bluff disent les Russes qui officiellement s’affirment « préoccupés ». Le fait incontournable est que Erdogan est entré illégalement  sur une terre étrangère, ses soldats ont été tués et il tente de faire monter les enchères… Mais à force d’en rajouter ces gens-là sont des dangers publics jouant avec les peuples. Mais nous Français sommes mal placés pour donner des leçons (note et taduction de Danielle Bleitrach)

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10 février 2020, 21:35
Photo: REUTERS / Djordje Kojadinovic
Texte: Lyudmila Surkova

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«C’est un autre gros bluff politique d’Erdogan. La Turquie a été piégée dans sa propre politique », a expliqué le politologue Gevorg Mirzayan au journal VZGLYAD. Il a donc commenté l’appel du parti au pouvoir en Turquie à l’OTAN avec une demande de soutien dans le conflit avec la Syrie.

«Personne ne peut aller contre ce fait:  les troupes turques se trouvent en Syrie illégalement. Par conséquent, du point de vue du droit international, ils sont une cible légitime pour l’armée d’Assad, qui exerce les droits souverains en Syrie », a déclaré Gevorg Mirzayan, politologue, professeur adjoint de science politique à la Financial University.

Selon l’expert, Erdogan doit retirer ses troupes, mais cela sera assimilé à une défaite et affectera sérieusement la cote du président et de son parti, qui ne sont déjà pas au meilleur de leur forme. «Tout ce qu’Erdogan peut faire dans cette situation est de faire monter les enjeux: menacer une nouvelle invasion, exiger le soutien de l’OTAN. Mais tout cela est du bluff. Tout se passe sur une terre étrangère, ce n’est pas une attaque contre la Turquie, c’est une attaque contre le corps d’occupation turc, qui est illégalement situé en Syrie », a souligné Mirzayan. 

«Maintenant, Erdogan menace à nouveau d’une invasion à grande échelle. Près des frontières de la Syrie, les troupes turques sont concentrées. Mais je doute que la Turquie soit prête à lancer une campagne militaire déployée contre Assad, car la question se pose de savoir comment la population turque, en particulier celle qui est opposée à sa politique, réagira», a déclaré le politologue.

«Dans le même temps, Assad ne reculera pas  et se battra à mort. Derrière lui se trouve l’Iran, qui n’abandonnera pas non plus les Syriens. Erdogan fait face à une grave défaite qui pourrait lui coûter une carrière politique. La tâche du président turc est de convaincre Téhéran et Moscou qu’il est déterminé à aller jusqu’au bout, mais c’est là tout l’intérêt de son bluff », explique le politologue. L’expert est convaincu qu’en se tournant vers l’OTAN, la Turquie compte sur un soutien moral.

Dans le même temps, les pays de l’OTAN ont là une excellente occasion de régler leurs comptes avec la Turquie « pour son bien ». « Un des membres de l’OTAN déclarera probablement que » nous sympathisons avec les Turcs, regrettons que le tyran maléfique Assad ait tué leurs soldats, mais nous ne fournirons aucune assistance « . Pourquoi? Parce qu’elle ne relève pas du chapitre pertinent de la charte de l’OTAN », a conclu Mirzayan.

Omer Celik, l’un des premiers représentants du Parti de la justice et du développement (AKP) au pouvoir en Turquie, a déclaré qu’Ankara attend de l’OTAN qu’elle soutienne la situation dans la province d’Idlib en Syrie.

Rappelons que lundi, les troupes du gouvernement syrien ont  attaqué le  poste d’observation des militaires turcs dans la ville de Taftanaz dans la province d’Idlib, après quoi les militaires turcs ont riposté.

Lors du tir sur un poste d’observation, cinq soldats turcs sont morts, cinq autres ont été blessés, a déclaré le ministère turc de la Défense. En réponse aux bombardements, les forces aériennes turques ont touché 101 cibles de l’armée syrienne.

Le Kremlin s’est  dit préoccupé par cette situation.

 

 
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Publié par le février 11, 2020 dans Asie, GUERRE et PAIX, INTERNATIONAL

 

Lavrov tente de briser l’alliance antirusse américano-européenne

L’Ukraine est devenue pour les « bonzes » du parti démocrate un lieu d’enrichissement personnel (avec l’exemple de Biden, mais aussi d’autres). Trump qui affrontait une campagne  sur ses liens avec la Russie, ne souhaitait pas en parler, mais la procédure d’impeachement ratée l’a libéré . L’article non sans humour analyse comment en finir avec les accords de Minsk et maintenir un système de sanction contre la Russie, sera la stratégie des deux camps de « l’élite » étatsunienne, en lutte interne. En revanche, les Européens, Merckel et Macron, voient bien que cela les prive d’un marché fructueux, a un coût militaire et Lavrov qui poursuit sa stratégie « soviétique », après ses « alliés » progressistes en Amérique latine tente d’ introduire un coin  entre les Etats-Unis et les Européens. Excellent article.(note et traduction de danielle Bleitrach)

En resserrant le libellé, Lavrov tente de sauver les accords de Minsk de l'influence destructrice des Américains

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11 février 2020, 08:40
Photo: Alexander Shcherbak / TASS
Texte: Dmitry Bavyrin

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Le ministre russe des Affaires étrangères a fait une déclaration ferme, dans laquelle il a directement accusé les États-Unis d’essayer de perturber le processus de paix dans le Donbass. Selon Sergey Lavrov, ce sont les Américains qui sont derrière la démarche de Kiev, qui a refusé de retirer des forces sur toute la ligne de contact. Le ministre russe des Affaires étrangères tente donc de creuser un fossé entre les États-Unis et l’UE – et en ce moment , une telle tactique pourrait fonctionner.

« Je ne révélerai pas un grand secret, mais nous savons que la délégation ukrainienne a pris une telle position lors du sommet de Normandie à Paris sur l’insistance de Washington, qui ne veut vraiment pas que les accords de Minsk soient mis en œuvre, ne veut vraiment pas que la ligne de contact devienne sûre des deux côtés. Apparemment, le maintien de ce conflit dans une certaine forme contrôlée est dans l’intérêt des États-Unis en termes de vues géopolitiques sur l’espace post-soviétique » , a déclaré Sergei Lavrov dans une interview à Rossiyskaya Gazeta .

Le ministre, bien sûr, n’a pas révélé le grand secret. Le fait que les Américains souhaitent saboter le processus de paix en Ukraine, a été dénoncé à plusieurs reprises par des responsables russes. Une certaine mythologie nationale s’est même développée autour de cette thèse, selon laquelle l’Ukraine instable et belligérante est nécessaire aux Américains pour «contenir la Russie», Lavrov y fait allusion en parlant de «vues géopolitiques».

La déclaration du ministre des Affaires étrangères est intéressante pour une autre raison: il est difficile de rappeler le cas où cette thèse et cette mythologie se seraient exprimées si directement et à un niveau aussi élevé. Habituellement, ce type d’analyse est faite  par des publicistes et d’autres commentateurs de rang inférieur, fournissant une bonne part des théories du complot. Dans le même temps, en donnant des interviews, Lavrov a parfaitement compris qu’en Occident, on ferait attention à ses paroles – le sujet et le statut sont tels qu’il est difficile de les ignorer.

Il convient également de noter que les accusations ne sont pas vagues («influence», persuasion, «sabotage»), mais tout à fait précises, bien que les Américains ne participent pas au processus de Minsk, ils bloquent ses initiatives les plus claires et les plus pratiques. Dans ce cas, il s’agit  de revoir les forces réparties sur toute la ligne de contact dans le Donbass pour qu’elle devienne sure.

Il peut sembler qu’en resserrant le libellé, Lavrov tente de sauver les accords de Minsk de l’influence destructrice des Américains. Mais il se peut que le jeu auquel il joue soit beaucoup plus compliqué et poursuive des objectifs plus globaux.

L’Ukraine est une colonie avec laquelle les Anglo-Saxons accroissent leur fortune personnelle. Le fils du favori du Parti démocrate, Joe Biden Hunter, a reçu d’énormes sommes d’argent sur son seul nom de famille dans l’entreprise locale Burisma . Adam Schiff, chef de la commission du renseignement de la Chambre et principal «moteur» de la tentative de destitution, a tenté d’empêcher l’ enquête contre les sociétés qui injectaient de l’argent en provenance d’Ukraine et dans lesquelles il avait ses propres intérêts d’investissement. L’envoyé spécial Kurt Walker s’est avéré être un lobbyiste pour les sociétés d’armement et son genre de travail diplomatique sur les livraisons d’armes à Kiev pourrait être généreusement récompensé.

En termes simples, derrière les tentatives des Américains d’influencer la politique ukrainienne, il est plus fréquent que ce ne soient pas les intérêts nationaux américains et les stratégies géopolitiques complexes, mais bien l’argent escomptés pour chacun et la peur pour leur carrière.

Avec l’avènement de la Maison Blanche de Trump, la situation des démocrates cultivant la parcelle de terre ukrainienne est devenue plus compliquée et un système parallèle de pouvoir a été créé pour l’Ukraine. Les relations nouée avec  Kiev et Moscou ont fait de Trump un sujet toxique, de sorte qu’il ne souhaitait pas qu’on les aborde, et des personnes clés sur le terrain (principalement l’ancienne ambassadrice Marie Jovanovic) ont poursuivi leur travail au profit des bonzes du Parti démocrate.

Maintenant,  tous les médias américains fidèles aux républicains en parlent , et Trump lui-même, ayant clos le dossier avec impeachment, a procédé à une deuxième étape du nettoyage des rangs du Département d’État en Ukraine (le premier Yovanovitch et Walker touchés). Un autre message selon lequel la «main droite» du président Zelensky, le chef du bureau présidentiel, Andrei Bogdan , a démissionné , pourrait faire partie de ce processus: l’administration Trump tente depuis longtemps de se débarrasser de Bogdan .

Toutes ces querelles, scandales de corruption et tentatives de pousser plus loin leurs « cadavres » dans le cabinet ukrainien pour les deux camps (et donc pour les États-Unis dans leur ensemble) sont actuellement beaucoup plus importants que les questions de guerre et de paix dans le Donbass. En d’autres termes, toutes ces ruptures du divorce des forces peuvent être un jeu pour ou contre Zelensky d’un côté ou de l’autre, et non de la géopolitique et non une confrontation avec la Russie dans sa forme la plus pure. Le processus de Minsk pourrait devenir une victime accidentelle de la lutte des Américains entre eux – et il ressemble vraiment à une victime, au moins Zelensky, qui a été initialement mis en place pour « des étapes décisives dans le Donbass » et qui a eu l’occasion de le faire, et qui a maintenant disparu.

Cela crée une situation favorable pour la Russie, dont Lavrov a profité, et  qui a formulé de manière inattendue l’ancien problème d’une nouvelle manière.

Il ne s’agit pas de se lamenter sur le processus de Minsk, ce n’est pas le moment de pleurer – ce temps est déjà passé: si vous regardez attentivement les points de l’accord de Minsk, il devient clair que sa mise en œuvre finale (comme le dit Lavrov) est pratiquement impossible. Parce qu’il est impossible, par exemple, d’imaginer la participation du parti Right Sector * (parti fasciste NDLT) aux élections du Donbass, et cet accord le prévoit finalement.

Autrement dit, le processus de paix a été initialement fait pour  être bloqué – avec ou sans l’aide des Américains.

Il faut se préparer au scénario le plus probable, mais le plus probable est celui selon lequel le conflit du Donbass sera gelé pour les années à venir, comme cela s’est produit avec la Transnistrie. Cela signifie automatiquement l’indéfini des sanctions américaines, mais même sans cela, il est évident que les Américains ne nous retireront pas les sanctions – elles sont un outil trop commode pour une concurrence sans scrupules sur le marché, au moins des hydrocarbures et des armes. Ces sanctions, dureront alors très longtemps, sinon pour toujours quel que soit le président dont le parti siège à la Maison Blanche.

Mais l’Europe est une autre affaire. La Russie souhaite avant tout mettre fin à la guerre contre les sanctions contre l’UE – ce qui est beaucoup plus pertinent, plus précieux et surtout – est au moins théoriquement possible.

Dans le contexte de ce qui précède (et ce qu’a dit Lavrov), il est facile d’imaginer à quoi ressemble la situation du côté de l’Union européenne, qui, contrairement aux États-Unis, est motivée à résoudre le conflit militaire à ses frontières et à rétablir un commerce normal avec la Russie. Il semble que les Américains, par leurs propres intérêts égoïstes, mettent des bâtons dans les roues de l’initiative européenne de rde établissement de la paix, processus qui est personnellement dirigée par les personnes les plus influentes de l’UE – Angela Merkel et Emmanuel Macron.

Les Européens voient leurs efforts ralentir en raison des efforts des Américains. Ils sont témoins d’une concurrence américaine déloyale sur leur marché (l’exemple le plus révélateur est Nord Stream 2). Ils comprennent qu’ils sont placés dans des conditions de conflit chronique, dans lesquelles l’Europe perd de l’argent et l’Amérique reçoit des bénéfices supplémentaires. Et ils n’aiment pas vraiment tout cela, à en juger par la réprimande que Berlin inflige à Washington et la mauvaise relation révélatrice qui s’est développée entre Macron et Trump au cours de la dernière année.

Soulignant dans le monde entier que les Américains nuisent aux efforts européens de maintien de la paix en Ukraine et – à travers cela – aux affaires européennes avec Moscou, le ministre russe des Affaires étrangères tente d’insérer un coin dans cet écart de méfiance et d’hostilité, qui a traversé l’Occident autrefois uni, il cherche à séparer les États-Unis de l’UE.

Jouer sur les contradictions et la destruction de l’alliance antirusse occidentale, qui s’est manifestée en 2014, est notre intérêt stratégique. C’est précisément dans ce domaine, et non dans la mise en œuvre des accords de Minsk, qui semblait toujours mort-né, mais qui sont maintenant devenus le pied-de-biche qui élargit la fissure.

* Une organisation à l’égard de laquelle le tribunal a adopté une décision définitive sur la liquidation ou l’interdiction d’activités pour les motifs prévus par la loi fédérale sur la lutte contre les activités extrémistes