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Suppression du forfait social : le gouvernement vide les caisses de la Sécu

Le président de la République lors de l’interview télévisée du 12 avril dans une salle de classe de l’école primaire de Berd’huis pour TF1.
PHOTO : ©yoan valat/pool/REA
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EPARGNE SALARIALE

MICHAËL ZEMMOUR 

Lors d’une interview le 12 avril sur TF1, le président de la République a annoncé une suppression du « forfait social » sur les dispositifs d’épargne salariale (intéressement et participation) dans les entreprises de moins de 250 salariés1. Cette mesure est une incitation pour les employeurs à privilégier l’intéressement au détriment du salaire, et va coûter un demi-milliard d’euros à la Sécurité sociale.

L’épargne salariale : un dispositif d’évitement du salaire

Chacun sait que les assurances sociales sont financées par les cotisations assises sur les salaires. Pourtant, on sait moins qu’une partie des rémunérations n’est pas soumise aux cotisations sociales ordinaires. Il s’agit notamment de l’épargne salariale (intéressement et participation), de la participation des employeurs aux complémentaires santé, aux retraites supplémentaires ou à l’achat de titres restaurants, chèques vacances…

En théorie, l’épargne salariale est un moyen de faire bénéficier aux salariés d’une partie des résultats de l’entreprise dans laquelle ils travaillent. En pratique, ces dispositifs permettent surtout aux employeurs de rémunérer leur salarié.e.s à bon compte, en contournant le financement normal des assurances sociales2.Pour employer une expression imagée, tout se passe comme si une partie de la rémunération était « au black » (quasiment pas de cotisations, et pas de droits ouverts pour les salariés), mais légale3. La réforme proposée (suppression du forfait social), vient encore renforcer ce dispositif.

Des fuites dans le financement de la protection sociale

On le comprend, ces dispositifs de contournement du salaire coûtent cher au financement des assurances sociales. Au total c’est 9% de la masse salariale du privé qui ne contribue pas normalement. Cela génère un manque à gagner de l’ordre de 12 milliards d’euros par an pour la Sécurité sociale et 29 milliards pour l’ensemble des assurances sociales4.

Le forfait social rapporte environ 5 milliards d’euros par an, ce qui permet de contribuer à financer des dispositifs de la branche vieillesse

Pour limiter ces pertes, les parlementaires ont créé en 2009 un prélèvement spécial, le « forfait social ». Initialement au taux de 2% et rapidement réévalué au taux de 20%. Ce prélèvement vise certains des éléments de rémunération non soumis à cotisation (épargne salariale, protection sociale d’entreprise…), pour financer la Sécurité sociale. Le forfait social rapporte environ 5 milliards d’euros par an, ce qui réduit d’autant le manque à gagner de la Sécurité sociale, et permet de contribuer à financer des dispositifs de la branche vieillesse.

Suppression du forfait social : un demi-milliard en moins pour la Sécurité sociale

Aussi, si le forfait social était supprimé en 2019 sur l’épargne salariale des entreprises de moins de 250 salariés, cela aurait immédiatement deux conséquences.

Premièrement cela renforcerait l’incitation à privilégier l’épargne salariale sur le salaire. L’incitation est déjà forte aujourd’hui :  si un employeur dispose de 100 euros pour augmenter ses salarié.e.s, il a le choix entre augmenter les salaires, ce qui se traduit par 54 euros d’augmentation des salaires nets et 46 euros de cotisations, ou  choisir un dispositif d’épargne salariale, ce qui se traduit par 75 euros d’épargne salariale nette et 25 euros euros de prélèvements sociaux, dont 17€ de « forfait social ».  Mais si le forfait social était supprimé, pour 100 euros l’employeur pourrait procéder à un versement de 90 euros d’épargne salariale nette, ne laissant que 10 euros de prélèvement sociaux.

La suppression du forfait social coûtera immédiatement, selon Bercy, 440 millions de recettes en moins pour la Sécurité sociale

Deuxièmement la suppression du forfait social coûtera immédiatement, selon Bercy, 440 millions de recettes en moins pour la Sécurité sociale. Ce coût serait encore plus élevé à l’avenir (à mesure que les entreprises se saisiront du dispositif, et que la masse salariale augmentera). Autrement dit, la « suppression du forfait social » n’est rien d’autre que le renforcement d’une « niche » pour éviter les cotisations sociales.

La politique des caisses vides : créer du déficit pour justifier les réformes

Il n’y a pas nous dit-on « d’argent magique ». Mais il y a des tours de prestidigitation qui laissent songeur : le président de la République explique, la même semaine, qu’il n’y a pas de moyens pour l’hôpital, et que c’est cela qui justifie les réformes…tout en annonçant, l’air de rien, une mesure réduisant d’un demi-milliard d’euros les recettes de la Sécurité sociale.

Les travaux en sciences sociales ont une expression pour définir cette stratégie : « la politique des caisses vides », ou en anglais « starving the beast »

Les travaux en sciences sociales ont une expression pour définir cette stratégie : « la politique des caisses vides », ou en anglais « starving the beast » (« affamer la bête »). Cette stratégie est adoptée par les gouvernements qui souhaitent réduire les dépenses publiques ou sociales mais qui craignent que ces réformes soient impopulaires et politiquement coûteuses. Elle consiste à générer d’abord du déficit (en réduisant les recettes, ou en limitant leur augmentation), pour ensuite justifier politiquement la réforme, au nom de la bonne gestion5.Très souvent, cette politique des caisses vides passe par des dérogations aux prélèvements obligatoire : en effet, il est plus facile de réduire discrètement les recettes de la Sécurité sociale, en instaurant une niche supplémentaire, qu’en annonçant une baisse des cotisations. C’est sans doute ce à quoi nous assistons avec la suppression du forfait social.

Michaël Zemmour est maître de conférences à l’Université de Lille (CLERSE) et chercheur associé au LIEPP (Sciences Po).

  • 1.Plus précisément le forfait social serait supprimé sur l’intéressement et la participation pour les entreprises de moins de 50 salariés, et sur l’intéressement pour les entreprises de 50 à 250 salariés selon Les Echos, 12 avril).
  • 2.Une partie de ces éléments de rémunération sont tout de même soumis à certains prélèvements, comme la CSG et à la CRDS.
  • 3.Dans une analyse juridique, J.P. Chauchard (2011) parle plus justement d’un « évitement du salaire ».
  • 4.Chiffrage pour 2014 disponibles dans M.Zemmour (2015), actualisés à partir de calculs de la Cour des Comptes et de données Acoss.
  • 5.Voir par exemple Julien Duval, « Le mythe du trou de la sécu ».
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Nul homme est une île, mais Cuba est une île, sur fond de NDL, mais aussi de combat pour le service public et de révolte estudiantine

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Dans le cadre de la célébration de mes 80 ans, je suis partie à la rencontre d’une ville, mais aussi de films, en jouissant de l’humeur rebelle du temps, une sorte de bilan d’une vie en forme d’avenir…

« Nul homme est une île, un tout complet en soi » c’est le début d’un poème d’un anglais du XVIIe siècle JOhn Donne que le cinéaste Dominique Marchais a choisi comme titre de son film sur l’importance du savoir vivre ensemble. Le cinéaste y  décrit trois expériences de solidarités collectives . D’abord en Sicile avec une coopérative de producteurs d’agrumes en lutte contre la grande distribution mais qui sont aussi des éleveurs de poules en liberté. En Autriche, des architectes et des artisans recréent les conditions d’un habitat écologique avec une réflexion sur les matériaux, enfin en Suisse, c’est le développement du patrimoine local. Bien sur on retrouve là des thèmes bien connus, circuits courts, méfiance à l’égard des pouvoirs corrompus voir mafieux, démocratie collective et à ce titre on est plus ou moins convaincus par les discours. Mais le cinéaste va plus loin que les expériences, il leur donne un sens  politique d’intelligence collective et c’est dû à la maîtrise de l’espace dont il fait preuve.Le cinéma est affaire d’espace et de temps.

Le discours de ceux qui se sont lancés dans l’expérimentation sociale a comme contrepoint sa manière de montrer l’aménagement d’un territoire; IL y a cette autoroute qui isole les champs les uns des autres, infranchissable, il stérilise  la production agricole. La multiplication de supermarchés fruits de la corruption des notables locaux , crée aussi sa forme de stérilité.  Les grandes surfaces imposent des produits empoisonnés et asphyxient la production locale. Le bois qui vient d’ailleurs ne travaille plus, ne vit plus et il contraint l’artisanat local à perdre de sa créativité. Pourtant nous ne sommes pas seulement dans un petit groupe de résistants à « la modernité » parfois sur des bases archaïques, mais bien au contraire dans une prospective grâce à cette manière de filmer inspirée par tous les grands paysagistes, on pense à Straub et huillet, mais aussi à Nicolas Ray. le sujet devient politique et s’élargit à sa dimension de classe. la question est politique elle est celle de l’aménagement d’un territoire, voire de continents.

Et là l’utopie est confrontée à d’autres enjeux. Regardez ce qui ce passe à  NDL, où nicolas Hulot fait la démonstration de son appartenance à un camp, celui du capital… L’écologie ce n’est pas « l’anarchie », c’est  » l’ordre » comme sous Pétain? de quoi est-il exactement question désormais?

Le cinéaste ne donne pas de leçon, il écoute, mais sa caméra s’évade.Il nous est beaucoup parlé des liens européens entre ces divers groupes… Encore un effort pour aller vers le monde, l’Europe n’est pas en soi ni un remède, ni le mal absolu, l’UE n’est pas contestable en tant qu’espace mais  elle l’est en tant que pouvoir du capital, Macron, Hulot utilisent l’Europe comme une forme d’oppression, mais la nation aussi,le brexit est là pour démontrer que si l’exploitation capitaliste demeure rien ne change… La patrie a besoin du socialisme et l’utopie continentale devra un jour ou l’autre considérer son adversaire;

Ce que cherche la caméra c’est un espace de coopération, à quelles conditions.cet espace de coopération pourrat-il exister?

Et tout commence d’ailleurs dans le film par une caméra respectueuse qui découvre  la magnifique fresque de Sienne: » les effets du bon et mauvais gouvernement de Lorenzetti ». Ce choix est excellent, Sienne est alors en pleine dénonciation d’un pouvoir féoda, celui-ci est remis en cause par un pouvoir citoyen. La paix ou la violence  résulte de cette capacité ou non de repousser la tyrannie ou de gérer collectivement la ville et son environnement rural pour le bien commun.. Cette fresque fait partie de mes fondamentaux du temps où je faisais le tour des églises, des musées et des palais pour étudier la naissance urbaine dans le cadre d’une maîtrise d’Histoire médiévale.

En ce sens, Dominique Marchais fait le lien sans peut-être en être réellement conscient entre les inquiétudes, les potentialités d’aujourd’hui autour de cette question, à l’isolat de l’expérimentation solidaire, il substitue à la description de ces expériences isolées, contenues volontairement dans des échelles limitées, l’amorce d’une réflexion sur l’aménagement du territoire. Pour lui cela tient à un nouveau rapport ville-campagne où celle-ci retrouverait son potentiel de bien commun, essentiellement dans l’utilisation des ressources, mais la fresque nous invite à un approfondissement puisqu’elle pose la question des effets du bon et mauvais gouvernement. Comment ne pas s’interroger aujourd’hui sur le démantélement du service public et la manière dont il est ce facteur de « bonne gouvernance » que ce soit la SNCF ou l’énergie mais aussi les hôpitaux, les postes ?

Comment ne pas penser à la manière dont partout dans le monde y compris en Russie, en Chine autant qu’en Afrique et en Amérique latine se posent non seulement l’expérimentation sociale de ces petits groupes qui sont déjà en lien les uns avec les autres, mais également l’quilibre ville campagne, les formes non de concurrence mais de coopération.C’est déjà à partir de la que Marx commençait à poser les problèmes, ville-campagne le premier rapport de classe dans l’idéologie allemande, la coopération sous l’égide du campital pour le seul profit dans le livre I du capital, déjà le vol des bois morts comme résistance parce que les êtres humains ne peuvent pas vivre ainsi. le capital ce n’est pas l’argent, mais un rapport social d’exploitation. Les hommes ne produisent pas pour eux mais pour ce qui peut se vendre et s’acheter, pour le marchandise, avec sa plus value. Il n’y a aucun Robinson Crusoe, chaque individu est porteur de tous les rapports de son temps et quand Robinson Crusoe découvre vendredi, comme il a un fusil il lui dit « toi esclave, moi maître ». Nul homme n’est une île, mais de quoi est-il le fragment?

est-ce que  comme le disent le poème et le film, chaque être homme  est fragment d’un continent européen? Oui mais il est aussi femme, fragment d’un continent qui ne s’arrête pas à l’Oural, le continent eura-asiatique. Le bassin méditerranéen est aussi africain. Nous sommes les habitants d’une planète à qui se pose le problème d’une destruction possible, d’un avenir incertain su nous poursuivons sur notre lancée, quelle est le bonne gouvernance, le bien commun?

La rébelion et les résistances sont nécessaires par rapport à un système qui ne porte que destruction, violence, misère et guerre. Mais elles font partie de la mentalité de l’avenir, de ce que ne pourra pas digérer et dépasser l’intelligence artificielle. La conscience de la beauté de ce qui nous entoure fait peut-être partie de cette éducation qui doit être mise en place dès aujourd’hui. Comme au moment de la Renaissance, les citoyens de Sienne ont obligé les pillards féodaux à s’installer en ville et à y devenir producteurs pour assurer la sécurité des campagnes. Aujourd’hui il n’y aura pas de sécurité des villes et des campagnes sans service public, de la santé mais aussi du transport ferroviaire, de la poste, de l’énergie… En tous les cas, il est insupportable que l’on prétende imposer des choix aussi fondamentaux par ordonnance, en imaginant qu’il y a ceux qui savent et les autres, ce temps est dépassé…

Peut-être que c’est ce que sentent confusément ces étudiants de Sciences Po qui occupent symboliquement sciences Po pour dire qu’ils ne veulent pas que l’école forme des Macron, les métiers d’avenir ont besoin d’autres hommes et d’autres femmes.

Nul hommes est une île, mais aujourd’hui où Raoul quitte le pouvoir, pour mieux se consacrer au parti communiste,  Cuba symbole de toute les résistance, de la défense de la santé, de l’éducation, des arts visuels autant que musicaux, cette île, malgré le blocus a développé un des meilleurs indices de développement humain. Et l’ île assiègée par le maître du monde, a assumé l’identité de l’humanité pour mieux être cubains, elle est restée collectivement debout, et l’humanité est restée debout… L’ile dans laquelle la culture biologique permet aux abeilles de survivre, l’île qui donne non seulement ce qu’elle a en trop mais le peu qu’elle a aux enfants de Tchernobyl, la formation de médecin pour les ghettos noirs des Etats Unis… Merci pourrait-on dire aux frères Castro mais comme le disent le Cubains, sans nous ils n’auraient rien pu faire…

Cuba, la fresque du palais de Sienne, l’aménagement du territoire, l’avenir de l’humanité se joue aussi en Chine et ce sera un parti communiste qui contribuera à réunir ce que l’on croit trop souvent opposé… Tout cela fait partie aujourd’hui de mes 80 ans, comme toutes les révoltes qui secouent ma belle France. Mas France nation d’émeutiers disait Marx quand il critiquait le pays qu’il considérait comme celui de la lutte des classes…

Que de temps perdu en incapacité à comprendre que les changements ne sont pas seulement technologique, que le défi est là dans la capacité que nous aurons à ne pas nous concevoir comme de îles d’arrivisme, de narcissisme, de jouissance du pouvoir, le communisme a beaucoup à apporter.

Danielle Bleitrach

 

L’intelligence artificielle: la chine prendra-t-elle la tête devant les USA ? Les retombées sociales…

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Longtemps en matière d’intelligence artificielle les Etats-Unis ont joui d’une domination sans partage, mais celle-ci est désormais contestée par la Chine. Si clle-ci n’a pas l’quivalent de google, la vitesse du développement est stupéfiante explicable par le soutien politique et financier de l’Etat quasi illimité, le second atout, la population soit la majorité d’un milliad quatre cent mille individus connectés c’est-à-dire une base de données sans équivalent. C’est la matière première dont ce nourrit l’intelligence artificielle dans sa vocation à imiter les comportement humains, le tout à partir d’algorithmes capables de définir les processus qui permettent de se substituer aux comptables, aux conducteurs, aux employés de banques, de bourses, etc…

Et là sur les conséquences d’un point de vue humain d’une telle révolution scientifique et technique, la Chine est nettement plus en avance., Pour qui suit sa politique réelle et non celle fantasmée par les spécialistes de la désinformation mondiale, cela s’impose peu à peu. L’ère inaugurée par Xi jimping, le rôle attribué au parti communiste et à son idéal combiné avec l’héritage de Conficius par exemple, se traduit par des choix qu’il importe de mieux connaître. La chine manifeste une  volonté de coopération à l’échelle mondiale, des exigences de paix. Mais ce qui est également intéressant c’est l’optimisme conquérant de l’ensemble de la population, la manière dont elle atteint toute la diaspora chinoise dans le monde.

On commence à parler de Kai Fu Lee, un individu qui fait la jonction entre le monde chinois (il est né à Taiwan) et les Etats-Unis (il y réside), et il est le fondateur d’un fond d’investissement implanté en Chine et aux Etats-Unis, mais sa célébrité et son intervention maximale dans le grand public est en CHine, en particulier sur les réseaux chinois. Il pose les problèmes dans des termes comparables à Stephen Hawkin. Il prédit que dans des années proches l’intelligence artificielle pourra se substituer à 50% des travaux humains, mais il n’en est pas pessimiste pour autant et pense que si les bonnes mesures sont prises à temps on ira vers une société meilleure, d’où l’écho qu’il trouve en Chine dans une société beaucoup plus volontariste et optimiste que celle des Etats-Unis ou la notre. Un mélange de traditions et de communisme comme point d’appui à cet optimisme qui mériterait d’être mieux connu.

KaI-Fu-Lee interroge:  » Dans un monde où tous les télémarketeurs, tous les serveurs, les gens de service clients remplacés par des IA, comment devront nous nous organiser pour que les personnes qui effectuaient ces tâches auparavent ne sombrent pas dans le chômage de masse, la dépression et un immense sentiment d’inutilité? »

Pour lui, face à cette question centrale, celle de la prouesse technologique qui permettra soit à la Chine, soit aux USA de prendre le leadership devient secondaire. Le vrai défi est qui est en mesure d’anticiper sur cette situation et en tirer les conclusions qui s’imposent en matière de gouvernance?

Comment assurer la dignité et le sentiment d’utilité que les êtres humains trouvaient dans le travail? Quel système éducatif doit dès maintenant être mis en place pour préparer les futures générations? Comment seront répartis les revenus? Quelles seront les fonctions qui subsisteront et devront être donc conduites à l’excellence, l’art, les soins à la personne par exemple. A ce titre, lui qui appartient à deux cultures, il dit que la seule solution est dans la coopération : « C’est un sujet d’une portée geopolitique considérable, répète-t-il, qui nécessite une approche nouvelle et coopérative, à l’échelle mondiale. Il serait vraiment dommage qu’elle se résume à une course aux armements dans le domaine des technologies ».

danielle Bleitrach

 

Intelligence artificielle : la Chine attire plus d’investissements que les États-Unis par Elisa Braun

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En appui de l’article que nous écrivons à propos des conséquences sociales de l’IA,
voici une analyse qui montre les conditions de la compétition dans ce domaine entre Chine et USA, mais au-delà de cette compétition c’est bien la confrontation entre deux systèmes sociaux. Si la Chine de l’avantage d’une énorme population connectée, son second avantage est dans le rôle pilote de l’Etat et les sommes qu’il consacre à ce développement, le « socialisme de marché », la planification chinoise témoigne de l’incroyable impulsion de la révolution technologique qui s’opère, mais comme nous  l’envisageons dans l’autre article publié sur le sujet, c’est peut-être dans sa manière d’anticiper sur les conséquences sociales nationales et internationales que la Chine est la plus intéressante (note de Danielle Bleitrach)

Les deux puissances sont engagées depuis plusieurs années dans une compétition farouche pour devenir leader dans le domaine de l’intelligence artificielle. Pour la première fois, la Chine a commencé à prendre le dessus.

«Suivez l’argent». Cette réplique classique du film «Les Hommes du Président» fonctionne aussi bien pour le Watergate que pour l’évolution de l’intelligence artificielle. En 2017, 15,2 milliards de dollars ont été investis à l’échelle mondiale dans des start-up spécialisées dans le secteur. Et près de la moitié de cette somme est allée directement vers la Chine, contre 38% en direction des États-Unis, selon un rapport de CB Insights sur les tendances à suivre en intelligence artificielle pour 2018. C’est la première fois que les investissements vers la Chine surpassent ceux des États-Unis dans ce secteur. Ils confirment ainsi la montée en puissance du pays et le retard grandissant des États-Unis.

150 milliards pour l’économie chinoise

Les deux États se livrent une guerre féroce pour devenir le leader mondial de l’intelligence artificielle depuis plusieurs années, mais la course s’est intensifiée en 2017. En juillet, la Chine a dévoilé sa feuille de route pour créer une industrie d’une valeur de 150 milliards de dollars pour son économie d’ici 2030, dans un document de 28 pages qui se lisait comme un défi directement adressé aux Américains. D’autant plus qu’il copiait explicitement certains passages du plan stratégique en intelligence artificielle de l’administration Obama, paru fin 2016. «Les plans américains publiés en 2016 ont apparemment été à l’origine de la formulation de la stratégie nationale d’IA en Chine», a même expliqué au New York Times Elsa Kania, adjointe au Centre pour une nouvelle sécurité américaine, qui suit de près le développement chinois en matière d’intelligence artificielle.

L’adoption de l’IA par la Chine intervient à un moment clé dans le développement de la technologie. Des améliorations récentes et spectaculaires ont conduit les plus grandes entreprises à investir des milliards de dollars pour transformer les fantasmes de l’IA en services et produits du quotidien. Google et Amazon font partie de ceux qui ont déjà relevé le défi, mais de nombreux secteurs – y compris non technologiques — évaluent les possibilités de l’IA pour leur fonctionnement quotidien. La technologie est envisagée pour la conduite des voitures et camions autonomes aussi bien que pour faire parler les appareils ménagers. Les investissements dans l’IA ont augmenté de 141% en 2017 par rapport à 2016, selon CB Insights – et ont permis l’éclosion de 1100 nouvelles start-up l’année dernière. L’IA est également devenue un enjeu crucial pour la politique de défense et la sécurité intérieure pour de nombreux États.

«Le gouvernement américain fait très peu pour soutenir sa propre industrie»

Pour un certain nombre de raisons, les États-Unis perdent pourtant leur influence dans un domaine où ils avaient historiquement une longueur d’avance. Les inquiétudes liées aux visas accordés aux ingénieurs étrangers aux États-Unis ont poussé une grande partie des laboratoires de recherche à s’installer dans d’autres pays. L’Europe compte désormais certains des plus grands centres des grandes entreprises technologiques (GAFAM) en la matière. Facebook a récemment annoncé qu’il allait recruter davantage de chercheurs et investir 10 millions d’euros pour son centre dédié à Paris. En France, d’autres entreprises, telles Sony ou Huawei, ont installé des laboratoires de recherche. Microsoft est, lui, partenaire de l’institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria) sur le sujet depuis 2005. Le mois dernier, Alphabet, la maison mère de Google, a annoncé son intention de mettre sur pied un centre de recherche basé à Pékin.

Selon plusieurs experts de l’IA, du côté académique et industriel, l’administration de Trump n’a tout simplement pas pris la mesure de la menace que représentait la Chine. «Nous attendons encore que la Maison Blanche donne des directives» sur la façon de répondre à la compétition, a déclaré Tim Hwang, directeur de l’Éthique de l’AI Initiative, fondée par des pontes de la Silicon Valley et d’Harvard pour la recherche en intelligence artificielle. «Le gouvernement américain fait très peu pour soutenir sa propre industrie», selon la revue technologique du MIT et «les investissements ne suivent pas une stratégie coordonnée» pour le New York Times.

Licornes chinoises

En écho aux plans mis en place par l’administration Obama, le gouvernement chinois a pour sa part déclaré qu’il avait l’intention d’augmenter considérablement le financement à long terme de la recherche sur l’IA et de développer une communauté beaucoup plus large de chercheurs dans le domaine. Depuis plusieurs années, la Chine enregistre aussi plus de brevets et publie plus d’articles de recherche liés aux thématiques de l’intelligence artificielle et de l’apprentissage profond. L’aspect quantitatif n’est toutefois pas suffisant pour évaluer l’avance de la Chine par rapport aux États-Unis, où sont installées les meilleures universités au monde. Le nombre de citations des recherches dans les revues scientifiques est aussi un signe de la puissance chinoise dans la recherche.

Le succès des start-up chinoises en intelligence artificielle est un indice encore plus probant de cette montée en puissance. En 2018, les États-Unis ont beau compter plus de start-up en IA que la Chine, sa longueur d’avance se réduit depuis 2013, tandis que le nombre de start-up chinoises en IA augmente. Les Américains représentaient 77% des start-up mondiales spécialisées en IA, contre 50% aujourd’hui, selon CB Insights. Ce changement d’allure est en partie dû à un facteur technique. D’énormes quantités de données sont nécessaires pour «former» les systèmes d’IA, et aux États-Unis, une grande partie de ces données appartient à des entreprises privées, comme Facebook et Google. La Chine a, de son côté, une population qui génère largement plus de données, dont beaucoup appartiennent à l’État. La reconnaissance faciale, qui repose aujourd’hui beaucoup sur des techniques d’apprentissage profond, s’invite ainsi dans le quotidien des Chinois comme nulle part ailleurs, et permet d’identifier les criminels comme les piétons trop pressés en quelques minutes, parmi des millions de visages. Les plus imposantes licornes du pays, selon CB Insights, sont spécialisées dans ce domaine:

● Megvii a déjà accès à 1,3 milliard de données biométriques sur les citoyens chinois et est soutenu par une société d’assurance chinoise (Sunshine Insurance Group), des entités gouvernementales (le groupe d’investissement Russie-Chine lui a laissé 460 millions de dollars), et des géants des technologies (le constructeur Foxconn, et le fonds de Jack Ma, Ant Financial).

● SenseTime, créé en 2014, dépasse déjà la valorisation d’1 milliard de dollars et collabore avec une quarantaine de gouvernements locaux pour la vérification des cartes bancaires et les systèmes de sécurité.

● CloudWalk a reçu 301 millions de dollars du Gouvernement municipal de Guangzhou pour installer un centre d’images dans la ville et levé 75 millions de dollars auprès d’investisseurs.

En pleine croissance, le marché de la reconnaissance faciale a dépassé le milliard de yuans (128 millions d’euros) en 2016 et devrait être multiplié par cinq d’ici 2021, selon une étude du cabinet Analysys. Dans le même temps, la Chine ambitionne de continuer à investir dans les start-up américaines. Récemment, Baidu et JD.com ont soutenu ZestFinance, et Tencent a soutenu ObEN, situé à New York. Quelques start-up comme WuXi NextCODE et Pony.ai fonctionnent dans les deux pays, brouillant davantage les lignes mais confirmant la longueur d’avance qu’est en train de prendre la Chine.

Investissements étrangers dans le domaine de l'IA (en millions de dollars)

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les Iraniens affirment que les Syriens disent ….

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d’une source iranienne: les sources iraniennes sont toujours suspectes d’être aussi peu crédibles que les affirmations des dirigeants français , anglais ou américains, mais nettement plus imaginatives, la plupart des fake news de l’extrême-droite ont cette origine et je ne les reproduit que très rarement, mais ici il s’agit de propos rapportés d’un ministre syrien.

L’information est susceptible d’intéresser les Français… Est-ce Mohamed ben Saimane a payé les 20 millions de coût de nos frappes ou cela fait partie de ces achats d’armes lors de sa derniere visite? Sommes-nous passés au statut de mercenaire? En tous les cas c’est ainsi que notre glorieuse armada est perçue dans le monde arabe…

« Le prince héritier saoudien a financé l’attaque contre la Syrie », a déclaré un responsable syrien.

Le vice-président de la Commission des affaires étrangères au Parlement syrien Ammar Assad a déclaré, ce dimanche 15 avril, que l’attaque au missile lancée par les États-Unis, le Royaume-Uni et la France avait été financée par le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane.

« Le président américain Donald Trump avait déjà annoncé, à maintes reprises, que l’Arabie saoudite devrait financer les opérations militaires de la coalition. La partie américaine a demandé quatre milliards de dollars. C’est l’Arabie saoudite qui finance toutes les opérations agressives que mène la coalition dirigée par les États-Unis en Syrie, en Irak et en Libye. Mohammed ben Salmane s’est rendu en France et aux États-Unis et a payé toutes les dépenses d’une agression militaire contre la Syrie. Le plaisir qu’a pris l’Arabie saoudite lors de cette attaque vient étançonner cette affirmation », a déclaré Ammar Assad.

Il a réitéré que l’échec du dernier pion de l’Arabie saoudite en Syrie, c’est-à-dire le groupe terroriste Jaych al-Islam, était l’une des motivations de cette attaque.

« L’Arabie saoudite bénéficie de cette situation, car elle soutient les opérations de destruction dans la région. C’est ainsi qu’elle veut propager la pensée wahhabite, qui est à l’origine des égorgements et de tous les attentats terroristes du monde », a-t-il ajouté.

 
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Publié par le avril 18, 2018 dans GUERRE et PAIX

 

quelques grands classiques: Guerre et paix – Mao

« La guerre, ce monstre qui fait s’entretuer les hommes, finira par être éliminée par le développement de la société humaine, et le sera même dans un avenir qui n’est pas lointain. Mais pour supprimer la guerre, il n’y a qu’un seul moyen: opposer la guerre à la guerre, opposer la guerre révolutionnaire à la guerre contre-révolutionnaire, opposer la guerre nationale révolutionnaire à la guerre nationale contre-révolutionnaire, opposer la guerre révolutionnaire de classe à la guerre contre-révolutionnaire de classe. . . Lorsque la société humaine en arrivera à la suppression des classes, à la suppression de l’Etat, il n’y aura plus de guerres — ni contre-tévolutionnaires, ni révolutionnaires, ni injustes, ni justes. Ce sera l’ère de la paix perpétuelle pour l’humanité.  »

L’image contient peut-être : 1 personne, assis et table
 en attendant j’aimerais trouver une solution de masse moins onéreuse… A propos j’ai adhéré comme promis au mouvement de la paix..(danielle Bleitrach)
 
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Publié par le avril 18, 2018 dans GUERRE et PAIX

 

Grève SNCF : Laurent Brun, l’artisan de la grève perlée qui tient tête au gouvernement

PORTRAIT – Laurent Brun est prêt à faire de la grève des cheminots un « marathon ». À l’origine du système de grève perlée, le secrétaire général de la CGT Cheminots s’est engagé dans une longue bataille face au gouvernement.

Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT et Laurent Brun, secrétaire général de la CGT Cheminots
Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT et Laurent Brun, secrétaire général de la CGT CheminotsCrédit : Francois Mori/AP/SIPA
MariePierreHaddad75 
Marie-Pierre Haddad Journaliste RTL

La grève perlée se poursuit d’un côté, la réforme de la SNCF continue sur sa lancée de l’autre. L’Assemblée nationale doit adopter, ce mardi 17 avril, en première lecture, le projet de loi de réforme ferroviaire. Les syndicats, eux, ne comptent pas reculer d’un millimètre et envisagent même de prolonger la grève au-delà du mois de juin. Dans un communiqué, la CGT Cheminots estime que « le gouvernement franchit en force la première étape de son processus parlementaire ».

À la tête de cette succursale de la centrale, Laurent Brun. En quelques semaines, il a pris la tête de la contestation face à Emmanuel Macron et au gouvernement d’Édouard Philippe. Sur LCI, il met en avant une « revendication », celle de la « reprise de la dette en totalité ». Dans le cas contraire, « l’État ne fera que maintenir la tête (de la SNCF, ndlr) hors de l’eau ».

Unef et « bébé CGT »

Son nom n’est pas encore connu de tous, mais son visage est bel et bien associé à la grogne des cheminots et au système de grève perlée. Décrit comme étant « un pur produit du syndicalisme » par Le Journal du Dimanche, ce lyonnais de 38 ans est « l’un des rares à pouvoir toiser Édouard Philippe les yeux dans les yeux », ajoute le journal. Et pour cause, il mesure 1,90 mètre.

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Laurent Brun est cheminot, comme son père et son grand-père. Lorsqu’il est à l’université, il raconte avoir passé plus de temps au local de l’Unef, le syndicat étudiant que dans une salle de cours. « C’est à ce moment qu’il milite à la jeunesse communiste où il s’y formera politiquement« , raconte RFI. Étudiant en biologie, puis « agent de mouvement » sur le site du fret de Lyon-Perrache-marchandises, il est embauché à Carrefour en 2000.

« Il marche sur les traces de son père, un militant pur souche, connu sur le site d’Oullins. ‘C’est un bébé CGT qui a très peu travaillé, tacle un ancien compagnon de route, un stalinien qui a une vision très communiste du service public d’État. Sauf que les cheminots ne sont pas des fonctionnaires…' », indique Le Journal du Dimanche.

La lutte et le collectif

Son mentor ? Didier Le Reste, le successeur de Bernard Thibault  la tête de la CGT, en 2000. La différence entre les deux hommes ? « Il est aussi ferme que son prédécesseur, mais moins cassant. Veste sombre, cravate rouge, bouc soigné qui lui donne un petit côté rocker, il épouse le look de Le Reste, qui conserve une forte influence sur le syndicat numéro un de la SNCF », peut-on lire dans les colonnes du journal. Dans La Lettre du Cheminot, un proche explique qu’il a « la pratique concrète du contact avec les militants, l’expérience du terrain ».

Son arrivée à la tête de la CGT Cheminots date de janvier 2017. Laurent Brun a un seul mot d’ordre : la lutte. Dans un entretien à L’Humanité datant du 3 avril dernier, il explique : « Nous devons nous battre ensemble, cheminots et usagers ». Quelques semaines auparavant, il défendait une « méthode de lutte collective ».

« Il semble aussi qu’on l’ait jugé un peu trop modéré par rapport à la ligne confédérale offensive imposée par Philippe Martinez« , note Les Échos. À la sortie d’une séance de concertation sur la réforme de la SNCF avec le gouvernement, le secrétaire général de la CGT Cheminots franchit un pas supplémentaire : « Nous allons tenir un marathon si le gouvernement nous l’impose ».

Mobiliser pour durer

Laurent Brun a une mission : ne pas être « celui qui enterrera le statut ». D’après lui, il « faudrait avoir des peaux de saucissons devant les yeux pour ne pas le reconnaître ». L’organisation de la grève, sous cette forme dite perlée, c’est son idée. L’idée était de trouver une façon de contrer le gouvernement sur le long terme : « Face à un gouvernement autoritaire, il faudra tenir un conflit intensif sur une très long durée », déclare le syndicaliste comme le rapporte Ville rail et Transports.

« Ce type de mobilisation fait l’objet de discussions entre les syndicats, et notamment SUD rail qui se positionne pour une grève reconductible pure et dure. Mais ce qui est sûr, c’est que les cheminots sont très mobilisés et qu’il faut à tout prix éviter ce qui peut être de nature à affaiblir cette mobilisation, comme une rupture de l’unité syndicale« , défend-t-il dans L’Humanité.

Pas de doute pour le cégétiste, « cette réforme repose sur l’ouverture à la concurrence, la casse sociale avec la disparition du statut et la transformation de l’entreprise publique en une société par actions doit être retirée ».

LA RÉDAC
 
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Publié par le avril 18, 2018 dans SYNDICATS et LUTTES SOCIALES