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Archives de Catégorie: mythe et légendes

Sequeiros, la mère du communiste et le Premier mai

Une mère pleure la mort de son fils communiste dans les affrontements du 1° mai 1952 à Mexico DF (en haut).
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Des jours après, le peintre David Alfaro Siqueiros utilisa cette image pour peindre l’une de ses fresques murales (en bas).

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Días después, el pintor Siqueiros utilizó esa imagen para pintar uno de sus murales (abajo).

Une mère pleure la mort de son fils communiste lors des affrontements du 1 er mai 1952 à Mexico DF (ci-dessus).

Quelques jours plus tard, le peintre siqueiros a utilisé cette image pour peindre une de ses peintures murales (ci-dessous).

Je connaissais Sequieiros de réputation, quelques reproduction, mais je l’ai réellement découvert à Mexico et cela fera partie de mes mémoires si je les écrit, de cette place centrale autour de laquelle défilaient les ouvriers électrciens en grève, tandis que des paysans protestant contre le vol de leur terre s’étaient installés devant le palais du gouverneur dans leur tente. Je me suis approchée d’eux, ils avaient un masque médical sur la bouche, un masque bleu, ils l’ont baissé et m’ont regardée. J’ai failli m’évanouir, ils s’étaient cousu la bouche pour dire le fait que face à la police, aux autorités, ils étaient condamnés au silence. Siqueiros a toujours voulu décrire la violence de ce qui leur était infligé et sa peinture était révolution. Quand il me vient l’envie de laisser tomber ce pourquoi j’ai combattu toute une vie, je pense à l’acharnement qu’ont mis les communistes à lutter malgré tout et j’attends qu’ils reviennent.

Danielle Bleitrach

Hier j’ai décidé qu’un jour de l’été, j’irai faire le tour des musées de la côte d’Azur, après je prendrai le petit train de Pignes et j’arriverai à Digne pour visiter la maison d’Alexandra david Neel, cette femme valait mieux que le mythe thibétain, elle a été élevée par un communard qui en a fait un être libre. C’est de cet être libre dont je voudrais parler après m’être remplie les yeux de peinture et de lumière, parce que ce que m’a apporté la peinture, celle des peintres de ce temps là, ce fut ce mouvement qui m’a été cher et continue à l’être, celui qui change l’ordre des choses existantes et nous fait entreveoir demain comme une promesse d’agalité, de justice et de liberté :

« J’ai toujours eu l’effroi des choses définitives. Il y a en qui ont peur de l’instable, moi j’ai la crainte contraire. Je n’aime pas que demain ressemble à aujourd’hui et la route ne me semble captivante que si j’ignore le but où elle me conduit. »

Alexandra David-Néel – Journal de voyage. Lettres à son mari.

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Maya et Picasso, l’art et sa menue monnaie en partage.

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Mercredi dernier, j’avais déjà visité cette exposition sur « Picasso, voyages imaginaires » à la vieille charité, à Marseille. Elle m’est apparue érudite et modeste, poétique et pédagogique, c’est donc avec plaisir que j’ai décidé d’y amener Maya, ma petite fille.. Ce samedi 28 avril, il fait un temps magnifique . Maya a 11 ans et demi, elle a presque ma taille et ma pointure de chaussure. Depuis qu’à  13 ans, j’ai découvert bibliothèques et musées, non sans y avoir été préparée par la fréquentation assidue des planches de photos du dictionnairen, j ‘ai accumulé de musée en musée, dans toute l’Europe et même à la Havane et à Saint domingue, au Mexique, sans parler des merveilles du Bénin, d’expositions en expositions,les expériences visuelles des créations humaines. Je suis gorgée d’éléments de comparaisons qui lui manquent. Il ne me reste plus qu’à jouer avec son ignorance, la provoquer.

Dans « Picasso, voyages imaginaires »,  des commentaires aux côtés des oeuvres font état  de la « cordée », celle qui relie Picasso à toute la peinture et aux artistes, aux êtres humains de son temps. Une cordée héroique, derrière ou devant Cézanne, qui rompt avec le regard de siècles antérieurs. Comment ? Grâce au collage, au choc infligé par d’autres univers, pour rompre avec ce qu’on croit être le savoir d’une époque. Pour passer de la période bleue au cubisme Picasso a eu besoin de l’art nègre y compris sous sa forme triviale de pur produit caricatural du colonialisme que l’on vendait dans Marseille alors porte de l’Orient et de ses colonies. Comme ces petites pipes à tête d’indochinois e, chantant peut-être l’immortel refrain de Vincent Scotto « ma tonkiki, ma tonkinoise« . . Et c’est par la que je choisis de commencer l’initiation. Nous multiplions les allées et retour. pour qu’elle le perçoive. Les personnes très gentilles qui surveillent l’exposition nous laissent faire à notre guise….Moi j’ai dans la mémoire tant de lectures de ces tableaux.  Ainsi le thème  de l’exposition sur « Matisse et Picasso » au Grand palais en 2002, qui avait été suggérée par une réflexion de Picasso, il proposait de mettre côte à côte leurs oeuvres de la même époque parce que « personne n’avait mieux regardé Matisse que Picasso et Picasso que Matisse ». Désormais quand je vois un tableau de Picasso, je pense à un Matisse de la même époque, c’est devenu un passage obligé. Tous les parcours infligés dans les oeuvres vous contraingnent autant qu’elles vous libèrent l’imagination, une dialectique dite celle de la culture.  Il y a des musées vers lesquels je reviens fréquement, parce qu’ils m’offrent des instants de méditationrenouvelés. Celui d’Antibes, complète cette exposition, il  me paraîtrait une bonne initiation aux voyages de Picasso en méditerranée et vers l’Afrique, parce que le voyage d’Antibes, comme celui que je fis vers delphes, non seulement remonte aux origines, mais il est pour moi  une manière de franchir le styx, le fleuve qui ramenait quelques vivants vers les enfers.   L’étude en rouge  confronte au suicide de Nicolas de StaelL La terrasse face à la mer est un cimetière marin,  des sculptures de Germaine Richier montent la garde,  se découpant sur le ciel azur,  d’autres disparaissent  entre les pierres disjointes rongées par l’air salin et sont enfouies dans les  plantes aromatiques.  ce musée d’Antibes est  lieu même où l’on peut découvrir  que la représentation évoque le mort et que pour cela cette représentation touche aux choses mêmes, les pénètre jusqu’au fond, en dédaigne la ressemblance, pour atteindre la nature, la vie elle-même. Il n’y a pas que le cinéma qui soit « art funéraire », peinture et plus encore sculpture nous confronte au  double du défunt; Là, sous la réverbération méditerranéenne, s’ ouvre la porte de l’enfer comme à Delphes où ses émanations rendent ivre la pythie. De même,cette exposition »Picasso, voyages imaginaires »à Marseille m’a donné envie d’aller au Vezelay, à la rencontre de Christian Zervos, le meilleur des connaisseurs de l’oeuvre, dans le cadre roman de mes premières études de l’art. C’est ça aussi les voyages imaginaires, une représentation en appelle une autre et une autre encore, surtout quand vous vous interrogez sur votre propre vie, sur sa finalité aux côtés d’une adolescente qui en déborde et vous submerge.

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Le musée d’Antibes a toute une collection de céramiques de « l’ouvrier Picasso ». Ca aussi c’est important.  Picasso s’est jeté dans la céramique avec toute une génération issue de la guerre.  Il semble avoir rêvé comme les gens du bauhaus -fermé en 1933 par les nazis-de diffuser dans tous les foyers le résultat de cette industrieuse activité. Avec la céramique, selon  Chritian Zervos Picasso pouvait devenir « une force serviable, utile, employée avec efficacité à éclairer la vie de tous les jours, celle des humbles aussi bien que celle des autres; elle peut donner aux masses l’impulsion pour arriver à une appréciation esthétique ». Picasso a adhéré au parti en 1944 et Aragon décrit en 1948 dans les lettres françaises (17 juin 1948) « Picasso céramiste un ouvrier se consacrant au travail manuel ». de ce lien entre classe ouvrière et art Thorez  fait une tâche du parti . Ce lien assumé entre l’art et le geste ouvrier, sa force émancipatrice a caractérisé le 20e siècle, a suscité  une vague d’une grande ampleur qui a déferlé sur nous, elle faisait  de l’artiste un ouvrier parmi les ouvriers et attirait ou prétendait attirer les masses vers l’appréciation esthétique aux risques et périls de ceux qui se prêtent au jeu. Elle a déferlé sur le monde entier de Nazim Hikmet à Pablo Neruda qui chantait l’ouvrier inca qui a taillé les flancs du Machu Pichu. En France, dans le sillage de Picasso, d’Ernest Pignon et de sa femme hélène Parmelin, comme mon ami jorge Amado, on fait de la céramique. On s’habille à la « ressource de l’ouvrier » et on a la carte du PCF.  On aide en secret, malgré les ordres du parti qui ferme les yeux,  la rébellion algérienne.  La méditerranée c’est aussi cette histoire là,celle que va chanter Aragon dans le fou d’Elsa ou la prise de Grenade. Mais l’exposition ne parle pas de cela. Elle lui préfère encore le lien entre la céramique et l’archéologie: dans un coin de la troisième salle, il y a une statuette émaillée de blanc, Picasso a prétendu reproduire un Tanagra, encore un objet funéraire. Rien sur l’ouvrier, sur la possibilité d’attirer les masses vers l’esthétique. Ce matin , j’ai lu sur internet  le voyage de PAM à Auschwitz, il s’étonne qu’il n’y soit point question du syndicaliste communiste, polonais, français et juif Henri Krasucki. Dans cette exposition, l’époque vécue prétend être là, mais le terme de communiste, la référence à l’importance pour ces gens là d’un parti de ce nom, est effacé, sans la moindre hostilité. Non la source de l’interprétation est tarie ou parait l’être.

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Cette exposition de la Vieille Charité conserve simplement les traces fugaces de ce vaste mouvement qui nous secoua tous au XXe siècle, mais le mot lui-même ne se prononce plus. Les communistes aujourd’hui sont -ils simplement d’avoir été?  Et pourquoi moi suis-je encore là à fouiller les cendres éteintes? Mais l’exposition  n’est pas réactionnaire comme tant d’autres, simplement la recontre avec « le peuple » se situe ailleurs: dans les cartes postales, dans les objets du quotidien et dans ceux exhumés par l’achéologie. Est-ce du négationnisme? Une injustice? Bien sûr, il y eut les mécomptes, on reparlera longtemps du portrait de Staline et je me souviens encore de ce cri d’Aragon, alors qu’à ses côtés, nous paritipions au banquet des soixante et dix du parti dans un gigantesque hangar sombre et bruyant du Bourget: « Pourquoi n’ai-je pas pu donner le sens du beau à ce parti que j’ai tant aimé? » Mais ce fut bien autre chose qu’une déception tardive et le vingtième siècle ne peut être appréhendé sans cette extraordinaire tentative. Si je conduis Maya dans cette exposition c’est parce que je l’aime mais aussi parce que j’ai chevillé au corps le refus de l’aliénation des couches populaires. Est-ce qu’un jour on pourra échapper à la caricature idéologique de ce que fut cette période, y compris le réalisme socialiste pour donner sens à ce qui motiva ces artistes dans leur élan vers la classe ouvrière? Tout ce que cela a généré, y compris ce que cette exposition suggère dans ce qu’elle a de meilleur, la manière dont Picasso, son imaginaire s’ancre dans un terreau populaire, celui qui unit l’espèce humaine, ses origines mythiques à l’histoire en train de se faire et renouvelle les formes dans lesquelles est appréhendée la réalité. Peut-être qu’il en est du communisme, comme de ces chefs-d’oeuvre absents (les demoiselles d’Avignon et Guernica) mais dont des fragments  de l’exposition nous narrent le récit d’une évolution vers le chef d’oeuvre absent. Comme dans la nouvelle de Balzac, le chef d’oeuvre inconu  est illisible à force d’avoir trop été contemplé…

La vieille Charité

En montant vers la colline où se situe le monument, j’ai expliqué à Maya, ce qu’était  la Vieille charité. Ce fut jadis un hospice pour miséreux, enfant trouvé, mendiants du Grand enfermement, le siècle dit de Louis XIV qui se méfiait de Marseille et fit tourner les canons du fort vers la ville et non vers le large. . Dans tout Marseille, les chasses-gueux habillés de rouge traquaient le misérable et le ramenaient dans ce lieu pour l’incarcérer, mendiants, criminels, malades mentaux et enfants trouvés, condamnés à cohabiter. Parfois, les gardes chiournes  devaient les arracher à des Marseillais indignés par un tel traitement. Les textes de l’époque, que j’ai jadis consultés, font état de ces rixes, de la difficulté à recruter des chasse-gueux tant ils sont haïs et tombent fréquemment dans des guet apens où ils sont rossés copieusement. dans ce siècle, celui de Versailles, se multiplient les institutions de ce type, prison, hospice, fous, criminels et indigents sont enfermés ensemble. Ce que l’on réprime c’est la catégorie « oisive » a expliqué Foucault, qui voit dans cet entassement hétéroclite un trait commun: l’oisiveté, celui qui échappe au travail ezst soupçonné de libertinage, de profanation, qui aurait une sexualité débridée. Tout cela est  « la déraison », une folie contenue dans un espace concentrationnaire parce qu’elle menace indistinctement l’ordre social.Oui, c’est important, de lui raconter cela.  Picasso est le génie subversif, le sujet individuel par excellence, une exposition de son oeuvre dans un tel lieu historique devrait faire sens. Quand nous arrivons, il est midi, l’heure de déjeuner au restaurant dans la grande cour de l’hospice et je lui demande ce qu’elle a retenu de l’exposé. Ce qui l’a marquée ce sont les chasses-gueux  en habit rouge, peut-être en pensant à ce lieu où était jadis entassés les fous, les criminels, les pauvres et les enfants trouvés a-t-elle pensé à son frère, aux Baumettes, mais pour elle Louix XIV est devenu Napoléon.

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A l’heure du repas, alors que nous sommes attablées toutes les deux devant un sandweech, une salade et une glace, j’explique à Maya, pourquoi et comment je me suis retrouvée un jour dans ce lieu alors pratiquement à l’abandon. De hautes herbes avaient  envahie la cour; il y avait des rats, le bâtiment menaçait ruine et je n’ai pu accéder aux combles que par un escalier branlant,dangereux, c’était la seule voie. Les combles, encore un spectacle fantastique. Les énormes poutres qui soutenaient une toiture par endroit éventrée, dessinaient au sol des espaces plus ou moins privatifs, délimités par  des tissus crasseux et élimés accrochés aux troncs de la charpente, dans ce qui était devenu une cour des miracles. Des bonnes soeurs et un autel couvert de fleurs artificielles fauchées dans les cimetières, se livraient à des cultes étranges tout en prodiguant des soins. La Vieille charité était un lieu de recel. C’étaità l’occasion de mon premier travail de sociologue rémunéré, je devais proposer aux monuments de France dans l’hôtel de Sully, une étude du quartier et du momument lui-même, une préconisation de son usage. J’ai rencontre à cette occasion Georges henri Rivière, il m’a parlé de la Résistance de la manière dont il a dupé les Allemands, de son ecomusée, et c’est l’époque où je découvre Charles Parrain, l’historien de Forces productives. Le produit de mon labeur , un rapport d’une centaine de pages a été perdu, mais je conseillais de faire de ce lieu, un séjour en résidence d’artistes et écrivains, sans modifier l’esprit du quartier. Le résultat est assez loin de ce que j’espérais, mais c’est comme dans l’exposition:  mon projet a laissé des traces, elles sont noyées dans une tout autre conception du Marseille populaire. Je suis désormais condamnée à me réjouir quand je reconnais ce qui dans ce grand mouvement, ce qui a porté ma vie, subsiste sans avoir été totalement dénaturé. Etait-il nécessaire dans les voyages vrais ou imaginaires de Picasso de citer le fait qu’il avait vécu dans le siècle du communisme? Aussi nécessaire que de restituer la foi chrétienne dans le siècle des cathédrales. Qu’est-ce que c’était pour lui que l’adhésion au communisme, quand a commencé son ralliment lui que l’on désignait comme l’embusqué? Dans les quatre oeuvres de la période bleue par laquelle débute l’exposition, il y a une maternité et un commentaire qui décrit la manière dont il se rend dans un hospice-prison pour femme et il a le coeur déchiré par leur enfermement avec leurs enfants, comme la misère des saltimbanques le touche. Est-ce qu’il faut parler de cette conscience sociale ou s’agit-il de la même que celle qui conduit  Gericault vers les asiles d’aliénés?

L’avant dernière salle est consacrée aux femmes d’Alger de Delacroix et par là même à Jacqueline , sa dernière femme…  A elle et aussi  à la guerre d’Algérie. Le 24 juin 1960, à Paris, se tient une conférence de presse du comité pour Djamila Boupacha, sous la présidence de Simone de Beauvoir… Cette jeune Algérienne, membre du FLN, avait été arrêtée, mise au secret, séquestrée, abominablement torturée par les parachutistes français, et violée. Picasso, à la demande de Gisèle halimi et d’hélène parmelin, a illustré le pamphlet qui dénonçait le crime.  Le livre est là ouvert à la page de garde sur ce portrait digne d’un Raphaël. J’explique à Maya, tout cela, en insistant sur l’Algérie, son pays d’origine, sur le combat pour sa libération et le fait que Jacqueline et Picasso étaient communistes, que je l’ai rencontrée en allant avec mon mari lui porter un bouquet de roses rouges dans le château de Vauvenargue de la part du directeur de l’Humanité d’alors, Roland Leroy. « Tu l’as connue? » s’exclame-t-elle. Je proteste: « je l’ai rencontrée. C’était pas une copine, une rencontre autour d’un bouquet de roses rouges, juste avant qu’elle se suicide parce que Picasso était mort.  » Et pour compléter la description, je lui explique que le jour de la mort de Picasso, il avait neigé, c’était un huit avril et pourtant la campagne aixoise était blanche comme un linceul… Les roses rouges tombent sur la neige… Mais je sais pas comment lui faire savoir qu’il y a deux autres peintres, Delacroix peignant un harem dans lequel Picasso a placé le visage de Jacqueline, mais aussi Matisse qui est mort en 1954 et qui lui a laissé ses odalisques. Alors je lui parle du château de Vauvenargue, nous y sommes allées avec sa mère, elle a chanté sur la terrasse du café où nous avions déjeuné et tous les clients ont repris en choeur.

A propos de l’Algérie, à table elle m’explique qu’elle a plein d’origines, Algérienne, Kabyle, mais aussi française et polonaise, italienne, cubaine à cause de moi et elle me dit « toi aussi tu es algérienne, kabyle, à cause de moi… Décidemment Maya est comme Picasso dont disait-il ses périples autour de la méditerranée dessinaient un minotaure, notre parenté est un labyrinthe..

Maya est une pre-adolescente de 11 ans et demi, sans bagage, une force difficile à endiguer et qui cherche à s’approprier tout ce qui passe à sa portée mais avec la brutalité des nouveaux nés. A un moment, elle protestera devant une statue des cyclades: « Mais elle est moche« . J’éclate de rire, Maya a résisté héroïquement à toutes les déformations de Picasso, mais là devant cette statue archaIque, elle proteste « ça, une femme, enceinte? Elle est plate« . Nous décidons d’en vérifier la posture,les bras croisés sur le ventre, les genoux un peu pliés et sur la pointe des pieds, l’équilibre est diffickle à maintenir, voir impossible. A partir de ce moment là, le souvenir de la figurine  est devenue une référence  entre nous. A plusieurs reprises,   nous tenterons de la reproduite en criant « elle est moche!« .Nous rions tellement qu’il faut que je me précipite aux toilettes, en sortant, je lui dis: « je n’ai aucune confiance dans tes goûts, dans tes critères esthétiques, mais c’est bien que tu te sois révoltée contre ce que tu estimais sa laideur, parce que désormais elle fait partie de toi, plus sûrement que si tu n’avais rien dit. Tu vois c’est ce que Picasso cherche, que l’objet te choque et te fasse te l’approprier. Il ne veut pas la ressemblance simplement. IL veut que tu ais envie d’aller plus loin! » Nous rions beaucoup mais elle m’épuise, elle cherche à m’arracher la canne  il me faut résister à sa force vitale.  Nous avons déjà joué à Aix à tourner le dos au tableaux tandis que celle qui faisait face les décrivait à l’autre. Nous avons failli être chassées parce que nous étions trop bruyantes. La culture a besoin de temples et d’officiants silencieux, même si cela n’a rien avoir avec les parodies, les jeux de potaches émechés qui ont entouré la production des oeuvres. Celles-ci sont soustraites aux canulars de l’atelier et sequestrées dans l’espace policé des musées, une sorte de grand enfermement qui ne convient pas à la vitalité de Maya et c’est très bien.

Picasso est le symbole du génie, chaque instant perdu à ce qui n’est pas son oeuvre le rend fébrile, mais il l’alimente aussi, amis, femmes,paysages, objets tout fait oeuvre. C’est pourquoi il est aussi en « cordée », d’abord avec d’autres peintres, j’avais vu une autre exposition au Grand Palais qui insistait sur la filiation avec Velasquez et son intrusion dans l’oeuvre de Delacroix à Alger, sujet abondamment traité ici Dans cette modeste exposition, est esquissée  la fusion avec Braque, le regard en miroir avec Matisse. Maya ne sait rien de tout cela, elle doit ingurgiter et sa révolte devant la laideur supposée de la statue des cyclades est légitimes face à ce gavage. . Pourtant ces références à d’autres imaginaires, d’autres toiles est  essentielle  puisque Picasso voyage, mais souvent à la manière d’un Roussel et ses impressions d’Afrique,dans un wagon clos, l’orient, l’Afrique dans laquelle il ne met jamais les pieds, comme je ne mettrais jamais sans doute les pieds dans cette Chine qui me fascine. Il est le génie, mais pas à la mode romantique du solitaire démiurge. le grand mérite de cette exposition c’est que  l’oeuvre d’art n’est jamais seule, elle va avec, elle est en relation. Comme dans l’atlas d’Aby waburg mais dans le respect de la chronologie du peintre et de l’Histoire. Ainsi chaque femme envahit l’univers, impose un déménagement, assemble les élements anciens dans une nouvelle configuration. On pense à cette remarque rapportée par Christian Zervos lors d’une conversation qu’il eut avec le peintre et que l’éditeur a reproduite dans ses Cahiers d’art: « Picasso lui aurait confié: « Pour mon malheur, et ma joie peut-être, je place les choses selon mes amours ». Ne serait qu’à cause de cette fidélité totale à la femme aimée, fidélité successive mais aussi permanente puisqu’il refusé de vendre le portrait de celles-ci et des enfants qu’elle lui a donné, l’exposition n’a jamais la prétention d’autres à nier toute chronologie pour perdre le commun des mortels. Au contraire.

Au centre de chaque salle, un présentoir transparent de cartes postales. les images et les écrits au verso sont affichés, peut-être est-ce pour suggérer un temps où littérature et peinture étaient indistincts, celui des hieroglyphes ou celui des messages publicitaires, des légendes des premiers moments du cinématographe, le fait est que les tableaux accrochés au mur pivotent autour de cette correspondance entre gens tous célèbres, une génération que l’on voit passer des années folles aux engagements communistes de la guerre (Picasso adhère au PCF en 1944).

Il ne s’agit pas d’art mais de sa menue monnaie disait Paul Eluard en parlant des cartes postales. Picasso partage le goût de cette collection avec Aragon, Paul Eluard , la plupart des surréalistes, Henri Matisse et georges Braque . Les murs de l’appartement d’Aragon, au 56 de la rue de Varenne, en étaient tapissés, des photos, clouées en leurs quatre coins par des punaises rouges. Entre les images, il restait l’espace blanc du mur comme s’il se fut s’agit de la page. de l’écrivain. Au dessus de son lit, il y avait ainsi punaisé un petit mot: « A bébé Louis Aragon » en le désignant, il m’a déclaré : « j’aimais déjà les étrangères quand j’étais un petit enfant« .C’étaient effectivement les clientes de la pension de famille de sa grand mère qui lui avaient écrit de Roumanie.A sa mort, l’inventaire a mis au jour ‘un cahier d’écolier sur lequel à 6 ans il avait rédigé le premier chapitre du libertinage: « quelle âme divine ». Il disait la vérité, ce texte insolent était l’oeuvre de bébé Louis Aragon. Que cherchait cette génération ? Aragon était d’une extraordinaire perpicacité sur l’art de son époque. Les murs de son appartement étaient un gigantesque collage en perpetuelle transformation. Il créait des sortes d’autel à votre gloire, celui pour Georges Marchais, le mien aussi (un numéro de Révolution, un Matisse, il disait que j’avais la transparence d’un Matisse).Dans le « défi de la peinture »(1930) et d’autres textes il a expliqué l’importance du collage : « La notion de collage a pris dans la peinture sa forme provocante, il y a un peu plus d’un siècle. Elle y est l’introduction d’un objet, d’une matière pris dans le monde réel et par quoi le tableau, c’est-à-dire le monde imité, se retrouve tout entier remis en question. Le collage est la reconnaissance par le peintre de l’inimitable, et le point de départ d’une organisation de la peinture à partir de ce que le peintre renonce à imiter… L’emploi du collage est une sorte de désespoir du peintre, à l’échelle de quoi le monde peint est repensé. »

Sur les murs de la rue de Varenne, la menue monnaie de l’art, photos, carte postale voisinait avec des chefs d’oeuvre, des tableaux de Masson, un Matisse. Il y avait aussi au Moulin une collection de cartes postales utilisées pour écrire la Semaine sainte, elles étaient classées dans des boîtes, au-dessous des oeuvres de Fourrier et un peu plus loin le portrait de Géricault qui ressemblait tant à jean Ristat. Au centre des salles de l’exposition de Marseille, celui qui l’a conçue, a reconstitué cette évolution de l’écriture comme celle des arts plastique, un moment irreversible, révolutionnaire.Celui où nous avons tous cru que le monde allait basculer. Encore une citation d’Aragon dans le défi de la peinture pour le dire « Attention à la période qui vient! Ce monde déjà se lézarde, il a en lui quelque principe de négation ignoré, il craque« . Mais c’est d’aujourd’hui dont il parle ! Simplement aujourd’hui on a du mal à saisir le rythme de la figure en train de naître, me traverse la pensée que ce qui se passe en Corée, est une bonne nouvelle, ce n’est pas la paix, les USA ne la veulent pas, le dirigeant français non plus, mais c’est une minute de repos pour prendre des forces. Le collage, son rythme dit aussi cela, »l’art de cueillir le jour au sein de l’apocalypse », comme ils le firent. C’est pourquoi Picasso apparait tout à coup dans une plénitude rassurante de classique.Ils s’en sont sortis…

La plupart des cartes postales ont été envoyées, parmi les correspondants l’omniprésent Jean Cocteau sollicite des rendez-vous.  Il y a aussi celles que l’écrivain ou le peintre achète en série pour son travail, parce qu’elles suggèrent une autre réalité. C’est le cas de ces cartes représentant des femmes africaines, femmes Malinke, de timbo, qui sont tendues, noires comme de l’ébène et l’acier, les bras levés, que Picasso avait trouvé à l’exposition universelle de Marseille en mai 1906. Sur les panneaux de commentaires de l’exposition, il nous est dit à leur propos qu’il y eut à Paris en 1906, une épidémie de syphilis (1), L’ombre maléfique de la grande vérole hachure le visage et les corps des prostituées et des femmes africaines dans les tableaux de Picasso. Ces photos d’Afrique plus- ou tout autant- que les masques vont déterminer son nouveau vocabulaire plastique, celui des demoiselles d’Avignon. Ce tableau n’est pas là, mais il y a des fragments qui narrent, font le récit des étapes successives de ce chef d’oeuvre. Les demoiselles d’Avignon sont présentes-absentes.Il y a la femme aux mains jointes et d’autres études en ocre qui appartiennent à cet ensemble. Il y a la violence de trois figures sous un arbre en hiver, hachurées.

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le tableau absent-présent: les demoiselles d’Avignon

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une des étapes décrite par l’exposition.

Je ne sais d’ailleurs si l’on peut parler à  propos de violence de cet art africain, de ces masques et de l’interprétation qu’en donne picasso, c’est autre chose: J’explique à Maya qu’ un jour j’ai acheté un masque africain couvert de clous, j’ai passé la soirée et la nuit à le déplacer pour qu’il soit le plus loin possible de ma chambre, le lendemain je l’ai rapporté en disant qu’il me faisait peur. Le marchand amicalement m’a dit « il n’est pas mauvais, mais sa magie est trop forte pour toi ».. Comment lui traduire ce que dit Picasso des masques africains à savoir qu’ils « ne reproduisent pas le réel, mais la force magique qui les habite » le peintre pris d’une pulsion animiste commence à récupérer tous les rebuts, papiers, bois, une forme de « desespoir » nous a dit Aragon, parce ce qu’il veut représenter est inimitable, il cherche le rythme pour dire l’être. Ces collages, cette introduction d’autres matériaux relève de la magie mais d’une manière enfantine et ça peut-être Maya peut-elle le percevoir. Nul obscurantisme, je  lui raconte, quand nous nous assyons sur un banc de la grande cour, comment alors que j’avais huit ans, j’ai désiré un objet sans valeur marchande, c’était il m’en souvient un porte-plume avec un minuscule oeillet dans lequel on percevait Notre dame de la garde, je l’ai échange contre ma chaîne d’or au grand dam de mes parents qui sont allés illico la récupérer et rendre le magnifique porte plume, objet encore de toute ma convoitise. C’est une expérience du désir que nous avons tous vécu. A partir de ce besoin, l’artiste joue avec la réalité, il suit dans le matériau les pensées, les émotions, le coeur à jamais brisé de Dora Mar, la femme qui ne cesse de pleurer ou au contraire la chair épanouie de Marie Thérèse, la ressemblance de jacqueline avec une femme d’Alger de delacroix,.

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Braque et Picasso se sont rencontrés au bateau lavoir devant les demoiselles d’Avignon et c’est une nouvelle période dans la vie de Picasso dans laquelle il se rapproche de la méditerranée puisqu’il est à Sorgues avec lui en 1912, et un moment de quasi fusion dans laquelle leurs oeuvres cubistes ne se différencient plus. Mais c’est aussi l’amour d’Eva, la rupture avec Fernande. Le tableau intitulé « Guitare j’aime Eva » après Man ray transformant le dos nu de kiki de MOntparnasse en l’odalisque d’ingres devenue violoncelle, picasso qui n’a jamais caché la crudité du désir l’étale sur la toile.maya voit immediatement un corps de femme dans cette guitare… Comme elle remarque les regards vides, aveugles des statues et des portraits de Picasso.

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La cordée des peintres est sans fin pour exprimer ce que ressent le peintre. Le priapisme mais aussi une capacité à saisir l’essence, l’être de la femme aimée, un vampirisme qui rend l’abandon un drame auquel on ne survit pas. Qu’est-ce que je peux dire de tout ça à une pré-adolescente de 11 ans et demi et bien il n’y a pas de problèmes, elle comprend qu’il ne supporte plus Olga, même si la facture classique de son portrait lui parait parfaite, elle voit que le col de fourrure est élimé.

L’exposition occupe quatre salles du rez de chaussée de la Vieille charité et une originale sculpture de groupe est dans la chapelle, sous le dome ovoïde dessinée par Pierre Puget, un fils d’ouvrier, comme pour finir en beauté et nous dire que peut-être la sculpture a été la préoccupation majeure du peintre. Maya adore l’intérieur de la chapelle ovoïde mais se désintéresse du groupe sculpté. Elle pousse un cri, je lui fait remarquer l’acoustique, elle se plante au milieu pousse deux ou trois notes aigues et commente, ça monte, cela prend de l’ampleur.

Dans la cour nous jouons, je ferme les yeux, je compte rapidement « 1.2.3 soleil!' » et je les ouvre à nouveau . Elle reste là en équilibre instable comme la statue des cyclades dit-elle..J’ai un peu maigri, je marche beaucoup mieux, nous traversons le quartier jusqu’au Vieux Port en chantant à tue tête : « l’eau vive », puis « le petit agneau » qui se termine par cette strophe « que la fillette rebelle, le petit garçon, qui n’écoute pas sa mère est punie sur cette terre, comme le petit agneau,oh! oh! » Vendredi 4, je l’emmène au théâtre du Gymnase voir les Rustres de Goldoni et demain matin s’il fait beau nous irons nous baigner. En fait, ces places de Théâtre quasiment données (2 euros) sont  un cadeau de Djaouida. Tous les soirs elle sort avec le Secours populaire en maraude pour apporter de la nourriture , des vêtements aux SDF, elle fait ça pour Adlane, pour que l’on prenne soin de lui, je lui ai promis d’y aller avec elle. En attendant le Secours populaire a des places de théâtre et de concert qu’il donne à très petit prix ses animateurs. Djaouida a demandé « pour sa mère » et c’est ainsi que je vais aller vendredi avec maya aux Rustres, le lendemain toute seule à la nuit des forains aux Bernardines et le 26, j’emmène Hamid moi avec voir la fille du tambour major d’Offenbach. Je me sens moins coupable de profiter de ces billets puisque j’initie toute la famille à la culture… J’ai raté Lohengrin de Wagner à l’opéra. Je reçois l’équivalent des cartes postales, les piecettes de l’aumone que m’offrent les pauvres et que nous partageons avec Maya.

Quelle ânerie cette soirée Marx sur Arte. A propos de Karl Marx :« A la seule vue d’un homme on ne peut pas dire depuis combien d’années il est déjà mort. » C’est une phrase de Marx (dans le Capital? je ne sais plus) que j’ai toujours beaucoup aimée. Et lui-même, depuis combien d’années est-il déjà vivant? malgré tous ces discours stupides.

Danielle Bleitrach

 

(1) l’exposition parle d’une épidémie de siphylis, mais ne s’agit-il pas plutôt du fait qu’à cette date la maladie a pu être détectée par un test précoce (le test de Wasserman), sans qu’on ait toutefois les moyens de la guérir. Un peu comme cela s’est passé pour le sida, la mort a paru alors planer au-dessus d’individus encore sains mais voués à la folie et à des plaies immondes. une autre grande vérole se préparait, la boucherie de la guerre de 14-18.

 

L’AVENIR EXIGE IMPERATIVEMENT LE CONTRAIRE DE LA POLITIQUE DE MACRON

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Vouloir confier au patronat l’éducation pour formater les jeunes est non seulement une prime à l’exploitation capitaliste, une de plus… Mais surtout de l’inconscience alors même que l’on prévoit la suppression de 50% des emplois d’aujourd’hui dans un avenir proche, c’est une politique à courte vue… Le Capital ne voit que ses intérêts immédiats et pas la formation à la créativité, aux soins à la personne, à tout ce que le robot sera incapable de faire.

Aujourd’hui le véritable défi de cette révolution des forces productives est de penser l’avenir: comment reditribuer les richesses produites, comment préparer les futures générations à ces suppressions massives de métiers au profit d’autres? la planification nécessaire est complètement étrangère au patronat, c’est le rôle de l’Etat dans une relation nouvelle aux citoyens concernés par cette mutattion et la mobilisation du service public, agents et utilisateurs. L’appel aux connaissances, au savoir et aux créatifs d’aujourd’hui pour faire face à ce qui peut être une catastrophe ou une émancipation humaine. L’entrepreneur, de l’artisan au PME innovante ne doit pas être exclu de ce travail collectif pour demain, au contraire mais une coordination s’impose et elle doit être en terme d’intérêt génétal. Nous ne manquons pas d’atout en France, de Colbert au programme de la Résitance appliqué à la libération, il y a là de formidables acquis que Macron et les siens sabotent pour nous faire nous aligner sur un modèle américain en crise profonde.

Il y a une telle bêtise dans la réaction, le symbole en est aujourd’hui  cette bande de salopards « identitaires » qui prétendent protéger les frontières, non des grands monopoles, mais des migrants.  Que l’on soit réservé sur l’accueil des immigrés et que le débat soit nécessaire ne me choque pas, ne serait-ce parce que je m’interroge sur le vol des cervaux,formés à grand peine dans les pays sous développés, rejetés par la guerre, le pillage et attirés par le tropisme des pays développés. Autre chose sont les mesures mesquines et inhumains par lesquelles on prétend régler le problème par la maltraitance.  Imaginer qu’il existe de individus assez  immondes pour aller arrêter dans la neige des misérables mal chaussés, épuisés en se photographiant comme si on se lançait dans un exploit sportif cela donne envie de vomir. Et bien la manière dont un Collomb qui a été « socialiste » prétend lui aussi régler le problème relève de la même logique stupide.

Macron est aux Etats-Unis pour y faire copain-copain avec Trump. La presse US l’appelle « le chuchoteur » par référence à l’homme qui chuchotait à l’oreille des chevaux… En plus quand il se vante d’avoir dompté la bête, il se prend une ruade comme quand il a affirmé l’avoir convaincu de rester en Syrie. Mais cette vassalité dans laquelle on joue le rôle du petit  conseiller sans doute un peu fou du roi imprévisible, repose sur une profonde ressemblance,: ce sont deux réacs venus au pouvoir à cause de la crise démocratique qui affecte les Etats-Unis comme la France, deux minoritaires qui ne craignent pas de violer l’opinion par une politique à courte vue au profit des riches … Leur logique c’est la guerre de tous contre tous et celle qui ne craint pas l’anéantissement planétaire par narcissisme autant que par ancrage de classe.

Il ne s’agit pas de revendiquer la bonté, la morale, mais de comprendre les enjeux réels, leur politique à courte vue  ne peut qu’aggraver les conséquences des problèmes posés par la mutation des forces productives. La régression est impossible alors le choix qui est devant nous est soit la maîtrise au profit d’une amélioration collective de la condition humaine, soit prétrendre la réserver à une petite minorité ce qui revient à développer toutes les formes de guerre y compris celle qui menera à l’anéantissement. Toutes les périodes d’essor des forces productives, de grandes découvertes ont toujours coÏncidé avec des formes résiduelles d’obscurantisme, de peur pour que les choses restent en état. Socialisme ou barbarie. hier comme aujourd’hui.

danielle Bleitrach

 

Aragon récite ce poème de la Résistance: la présence inaccessible et l’incantation poètique…

Il y a quelque chose de stupéfiant à entendre les poètes réciter leur poèmes… C’était pareil avec  Néruda, rien à voir avec la mélodie de ferrat et même Léo ferré, une mélopée scandés,   un hennissement, dans la voix une possession comparable à celle de la pythie devant les portes de l’enfer, un chaman, comme si remontait des entrailles de la terre une incantation venue du fond des âges pour dire la peine des être humains d’aujourd’hui.

C’est  la représentation, l’image dans l’art. Jean Pierre Vernant a tenté de nous initier à un autre mode de pensée,  à propos des KolossoÏ, ces statues grecques, représentation archaïque de la figure humaine. Vernant tente de renouer avec l’origine du signe religieux. Il ne s’agit pas seulement d’évoquer une présence sacrée, mais bien d’établir une communication avec elle, marquer à la fois la présence et une distance incommensurable avec ce qui est représenté… Il s’agit de représenter et d’établir en même temps ce qu la mort représente pour le vivant d’inaccessible, de mystérieux, de fondamentalement autre.  il n’y a oeuvre d’art que dans cette incantation à l’éternité aussi bien qu’à ceux qui sont morts pour la survie de ce qui nous unit… La voix du poète crée cet archaïsme qui s’introduit dans l’histoire des hommes de notre temps face à la barbarie nazie et dit la diversité, l’unité de la dame.france et de ses artisans ..

L’amour chez Aragon qu’il s’agisse d’Elsa, de sa patrie, de son parti (qui lui a restitué sa patrie) est toujours cette présence sacrée qui échappe alors mêmes qu’on l’invoque, l’inaccessible, le mystérieux, l’inassouvi, le menestrel comme dans « le fou d’Elsa » évoque cette présence absence, ce mystère, cette manière d’atteindre l’éternité.

danielle Bleitrach

 

Le Ku Klux Klan refait surface

 S’agit-il de fantômes minoritaires venus d’autres temps qui continuent leur folklore ou profitent-ils de l’ère trump dont le père en était membre? Ce qui est sur est qu’il y a aux Etats-Unis les conditions d’une lente renaissance  (note et traduction de danielle Bleitrach)

BIRMINGHAM, Ala. – Né dans les cendres du Sud couvant après la guerre civile, le Ku Klux Klan est mort et a tenté de renaître avant de perdre la lutte contre les droits civils dans les années 1960. L’adhésion a diminué, le groupe unifié s’est fracturé, et quelques individualités isolées  sont allés en prison pour une série d’attaques meurtrières contre des Noirs. Beaucoup ont supposé que le groupe était mort, il n’était plus qu’un fantôme de haine et de violence vêtu de blanc.

Pourtant, aujourd’hui, le KKK est toujours vivant et rêve de redevenir ce qu’il était autrefois: un empire invisible répandant ses tentacules dans la société. Comme il célèbre ses 150 ans d’existence, le Klan tente de se remodeler pour affronter une nouvelle ère.

Les membres du Klan se rassemblent encore par dizaines sous le ciel étoilé du Sud pour mettre le feu aux croix en pleine nuit, et les tracts du KKK sont apparus  dans les quartiers suburbains du Grand Sud au Nord-Est ces derniers mois. Peut-être le plus indésirable pour les opposants, certaines organisations indépendantes du  Klan disent que celles-ci fusionnent avec des groupes plus importants pour se renforcer.

« Nous allons travailler sur un Klan unifié et / ou une alliance cet été », a déclaré Brent Waller, sorcier impérial des United Dixie White Knights au Mississippi.

Dans une série d’entrevues avec l’Associated Press, les dirigeants de Klan ont déclaré qu’ils avaient l’impression que la politique américaine suivait son cours, alors qu’une mentalité nationaliste, , s’approfondissait à travers le pays. Arrêter ou limiter l’immigration – un désir du Klan remontant aux années 1920 – est plus que jamais d’actualité. Et les dirigeants disent que l’adhésion a augmenté à la fin  du second mandat du président Barack Obama, même s’ils fournissent peu de chiffres.

Rejoindre le Klan est aussi facile que de remplir un formulaire en ligne – à condition d’être blanc et chrétien. Les membres peuvent visiter une boutique en ligne pour acheter l’une des robes en coton blanc de marque Klan pour 145 $, bien qu’il existe d’autres   » folies » comme  la version à 165 $ en satin.

Alors que le Klan a terrorisé les minorités pendant une grande partie du siècle dernier, ses dirigeants présentent désormais un front public plus virulent que violent. Les dirigeants de plusieurs groupes Klan ont tous dit qu’ils ont des règles contre la violence, et même les opposants s’accordent à dire que le KKK s’est calmé après qu’une série de membres soient allés en prison après des attentats meurtriers, des passages à tabac, des attentats à la bombe et fusillades.

« Alors que le Klan d’aujourd’hui est toujours impliqué dans des atrocités, il n’est pas aussi violent que le Klan des années 60 », a déclaré Mark Potok du Southern Poverty Law Center, un groupe de juristes qui suit l’activité de groupes extrémistes. « Cela ne veut pas dire que ce soit un groupe bénin qui ne s’engage pas dans la violence politique », a-t-il ajouté.

L’historien David Cunningham, auteur de « Klansville, Etats-Unis: La montée et la chute de l’ère des droits civiques Ku Klux Klan », note que si le Klan ne préconise pas ouvertement la violence, « je pense que nous avons le genre de «Modèle de violence, qui crée une culture qui soutient l’emploi  de la violence au nom de ces idées. »

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Des membres du Ku Klux Klan participent à des tirs croisés et à des croix gammées après un rassemblement de « fierté blanche » le 23 avril 2016.AP

Les dirigeants du Klan ont déclaré à l’AP que la plupart des groupes actuels restent petits et indépendants, séparés par des désaccords sur des questions telles que l’association avec les néo-nazis, les rassemblements publics ou les robes de marque du KKK dans des couleurs autres que blanches.

Les groupes Klan soi-disant «traditionnels» évitent les expositions publiques et pratiquent des rituels datant d’un siècle; d’autres publient des vidéos Web consacrées à la prédication contre la diversité raciale et à l’avertissement d’un «génocide blanc» à venir. Les femmes votent dans certains groupes, mais pas dans d’autres. Certains dirigeants ne parleront pas ouvertement avec les médias, mais d’autres le feront, en exposant  des plans ambitieux qui incluent l’infiltration  discrète de la puissance politique.

Certains groupes organisent des congrès annuels, tout comme les clubs civiques. Les membres se réunissent dans des salles de réunion pour discuter de stratégies qui comprennent l’élection des membres du Klan dans les bureaux politiques locaux et le recrutement de sang neuf sur Internet.

Il est impossible de dire combien de membres le Klan compte aujourd’hui, puisque les groupes ne révèlent pas cette information, mais les dirigeants revendiquent des adhérents par milliers parmi des dizaines de groupes locaux appelés Klaverns. Waller a déclaré que son groupe grandissait, tout comme Chris Barker, le magicien impérial des Loyal White Knights du Ku Klux Klan à Eden, en Caroline du Nord.

«La plupart des groupes de Klan à qui je parle pourraient tenir une réunion dans la salle de bain de McDonald’s», a déclaré Barker. En ce qui concerne son Klavern, il a dit: «En ce moment, j’en  suis à près de 3 800 membres dans mon groupe seul.

L’Anti-Defamation League, le groupe de protection juif qui surveille l’activité de Klan, décrit les Loyal White Knights de Barker comme le groupe Klan le plus actif aujourd’hui, mais estime qu’il ne compte pas plus de 200 membres au total. L’ADL place le nombre total de membres de Klan à l’échelle nationale autour de 3.000.

Le SPLC basé dans l’Alabama dit qu’il n’y a aucune preuve que le Klan aille vers le retour  à son apogée. Il estime que le Klan a environ 190 chapitres à l’échelle nationale avec pas plus de 6.000 membres au total, ce qui serait une simple ombre de ses estimations de 2 millions à 5 millions de membres dans les années 1920.

« L’idée d’unifier le Klan comme dans les années 20 est un rêve persistant du Klan, mais cela n’arrivera pas », a déclaré Potok.

Formé quelques mois après la fin de la guerre civile par six anciens officiers confédérés à Pulaski, Tennessee, le Klan semblait à l’origine plus comme une fraternité universitaire avec des robes de cérémonie et des titres étranges pour ses officiers. Mais bientôt, les noirs libérés de l’esclavage furent  terrorisés, et le Klan était responsable. Des centaines de personnes ont été agressées ou tuées en l’espace de quelques années alors que les Blancs essayaient de reprendre le contrôle de la Confédération vaincue. Le Congrès a effectivement interdit le Klan en 1871, menant à la loi martiale dans certains endroits et des milliers d’arrestations, et le groupe est mort.

Le Klan semblait relégué à l’histoire jusqu’à la Première Guerre mondiale, quand il a été ressuscité. Il a grandi à mesure que des vagues d’immigrants arrivaient à bord de navires en provenance d’Europe et d’ailleurs, et a augmenté au fur et à mesure que la NAACP contestait les lois de Jim Crow dans le Sud dans les années 1920. Des millions de personnes se sont jointes, y compris des dirigeants  comme des banquiers et des avocats.

Cette dynamique a décliné, et les meilleures estimations placent le nombre de membres du Klan à environ 40 000 au milieu des années 1960, soit le sommet du mouvement des droits civiques. Des membres du Klan ont été reconnus coupables d’avoir utilisé le meurtre comme arme contre l’égalité dans des États comme le Mississippi et l’Alabama, où un Klansman reste emprisonné pour avoir mis la bombe qui a tué quatre filles noires dans une église de Birmingham en 1963.

Cunningham, l’historien, a déclaré que le Klan a presque disparu pendant les années 1970 et 1980, lorsque le SPLC a poursuivi l’United States Al-Amana contre l’assassinat en 1981 de Michael Donald, un homme noir dont le corps a été pendu. un arbre. Dans une tournure étrange, la mère de Donald s’est retrouvée avec le titre au siège du Klan près de Tuscaloosa, en Alabama, parce que le groupe n’avait pas l’argent pour payer le jugement de 7 millions de dollars accordé dans le procès du SPLC.

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Des membres du Ku Klux Klan, vêtus de cagoules et de robes blanches, observent une croix brûlée à Tampa, en Floride, en 1939.AP

Le leader du KKK, Brent Waller, a grandi à Laurel, dans le Mississippi, à l’ombre de l’homme des droits civils Klan. Il a des souvenirs d’enfance de croix flamboyantes et de Sam Bowers, un patron de Klan qui a purgé six ans de prison pour avoir dirigé les meurtres de trois travailleurs des droits civiques en 1964 et qui a été reconnu coupable d’avoir assassiné un dirigeant des droits civiques en 1966.

Plutôt qu’une robe blanche, Waller, âgé de 47 ans, porte un costume blanc comme neige et une cravate orange lorsqu’il est en public dans les affaires Klan et insiste pour mettre des lunettes de soleil sur les photos afin de protéger son identité.

Arrêter l’immigration, ne pas bloquer les droits des minorités, est l’objectif numéro 1 du Klan aujourd’hui, a déclaré Waller. Son groupe fonctionne selon le livre de règles KKK appelé « Kloran », qui a été publié pour la première fois en 1915. Différentes versions du livre sont maintenant en ligne, et une édition publiée par les états de bibliothèque de l’Université du Wisconsin: « Nous serons toujours le soutien fidèle de la Suprématie Blanche et nous nous opposeriont  énergiquement à tout compromis en toute chose.  »

La question brûlante actuelle pour les membres du Klan – la lutte contre l’immigration et la fermeture des frontières américaines – est l’un des sujets les plus discutés à l’élection présidentielle. Les dirigeants de Klan affirment que la position de Donald Trump en matière d’immigration et son ascension au GOP sont des signes que les choses vont ldans leur sens.

« Vous savez, nous avons commencé il y a 40 ans en disant que nous devions construire un mur », a déclaré Thomas Robb, leader du Klan basé en Arkansas.

Il y a des années, le groupe Robb dirige près de Harrison, Arkansas, a changé son nom des Chevaliers du Ku Klux Klan aux Knights Party USA, principalement pour échapper à la stigmatisation associée au nom Klan. Il se présente maintenant comme une entité politique ou chrétienne.

« Il ya beaucoup de préjugés  avec le nom », a déclaré Rachel Pendergraft, la fille de Robb, qui dirige le groupe avec lui. « Vous dites que le nom » KKK « et beaucoup de gens ont un récit dans leur esprit sur ce dont il s’agit, ce qu’il fait. Le nom résonne avec les gens, que ce soit en bien ou en mal  .  »

Bien qu’il ait tenté de se repositionner de multiples façons, 150 ans plus tard, le Klan n’a pas abandonné les croix enflamméess, bien qu’il le fasse rarement en public. Au lieu de cela, les «éclairages», comme les membres les appellent, sont érigées sur des propriétés privées loin des forces de l’ordre et des manifestants.

En avril, les membres du Klan et d’autres suprématistes blancs ont organisé deux rassemblements le même samedi en Géorgie. Au coucher du soleil, environ 60 membres du Klan en robe et d’autres tenant des torches enflammées se sont rassemblés dans un grand cercle dans un champ du nord-ouest de la Géorgie pour y placer une croix et une croix gammée nazie.

« Puissance blanche! » Scandaient-ils à l’unisson.

« Mort aux impies! Mort à nos ennemis!  »

 

Mon dieu comme ils sont méchants, qui? Laeticia Halliday et Bachar el Assad voyons, vous ne suivez pas l’actualité?

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Quand on voit ce sur quoi on prétend dans le fil de l’actualité intéresser les Français on se dit que c’est de l’abêtissement volontaire, je pense bien sûr au feuilleton sur la famille Halliday, dont chaque geste et parole est pressé comme un citron pour arracher les pleurs de l’éternelle midinette sur les malheurs des milliardaires, exilés fiscaux de surcroit.

Mais même quand ça prétend être plus sérieux on observe la même vacuité, le cirage de pompes de la politique de Macron dont pourtant l’impopularité monte relève de la même logique, comment persuader chaque pauvre type que son salut dépend de la pression exercée sur un autre pauvre type alors que les riches ruissellent leurs bienfaits sur nous? Et bien minute après minute, il y a des gens grassement payés qui tentent la démonstration… 

Toujours dans la même logique, celle du soutien total aux escrocs de l’armement et aux bras armés des grandes multinationales, l’appel au bon cœur humanitaire des Français sur les malheureux habitants de la Ghouta orientale, on se croirait revenu à Alep, sans le moindre arrêt sur image à Mossoul ou même dans les zones kurdes livrées à la Turquie… Le chœur des pleureuses a repris et on nous invite à signer des pétitions qui semblent être le double de celles que l’on nous faisait signer contre le tyran Khaddafi ou il y a peu contre le dirigeant de la Corée du nord.

Le danger qui pèse sur la paix viendrait d’eux, les grands méchants de l’histoire dont on peut pourtant considérer qu’à l’inverse des vertueux ils sont tout de même chez eux dans des pays livrés à des mercenaires dont il nous est difficile de croire aux bons sentiments… Le label terroriste ou rebelle héroïque étant soumis à la franchise donnée par l’occident… parce que heureusement il y a les Etats-Unis, l’OTAN, nos marchands d’armes qui sont aussi en France des patrons de presse pour nous aider à faire le tri comme dans la famille Smet.

Et on signe un appel à nous ranger derrière les USA pour mieux en justifier ici comme ailleurs le bellicisme qui n’a d’égal que celui des dirigeants français.

Qu’il se trouve un Français pour s’émouvoir et penser que son indignation a une vertu quelconque sur toute cette propagande de l’émotionnel qui ne mène nulle part, prouve à quel point désormais la géopolitique semble écrite par Gala et Closer.

Surtout ne pas s’intéresser à ce qui réellement offre une perspective, à ce monde des résistances, de ceux qui cherchent une issue différente, à tenter de connaitre ce qui se passe réellement sur le terrain, non il faut rétrécir sa vision au drame familial des riches de notre « civilisation »… contre la barbarie de l’inconnu, le pauvre toujours dangereux…

Danielle Bleitrach

 

La Corse enregistre le taux de pauvreté le plus élevé de France métropolitaine

  •  et maintenant retournons à nos propres tentatives identitaires face à une crise que nous sommes désormais incapables de résoudre, parce que sur le fond nous cherchons ce qui nous permet de rien changer, sans nous apercevoir à quel point le monde s’est mis en branle. panique vers le passé mythifié. L’incapacité de la gauche et surtout du parti communiste à offrir une perspective révolutionnaire ne peut qu’entretenir les repliements, y compris vers les aspects les plus réactionnaires de l’utopie et la peur de l’autre. (note de Danielle Bleitrach)
ILLUSTRATION- Le parc de logement social, particulièrement peu important, apparaît inadapté aux demandes insulaires, d'après une étude réalisée par l'INSEE. / © FTViaStella
ILLUSTRATION- Le parc de logement social, particulièrement peu important, apparaît inadapté aux demandes insulaires, d’après une étude réalisée par l’INSEE. / © FTViaStella

Avec 20% de personnes vivant sous le seuil de pauvreté, la Corse enregistre le taux de pauvreté le plus élevé des régions métropolitaines, selon un rapport de l’INSEE, publié fin juillet.

Par France 3 Corse ViaStella 

La Corse enregistre le taux de pauvreté le plus élevé de toutes les régions métropolitaines d’après une enquête, réalisée par l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) en partenariat avec la Plate-forme régionale d’observation sanitaire et sociale de Corse (POSS) et conduite par la Direction régionale de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale (DRJSCS) de Corse.

L’étude révèle que 20% de la population corse vit sous le seuil de pauvreté. Les familles les plus touchées sont, comme au niveau national, les familles monoparentales et les jeunes, mais aussi spécifiquement en Corse, les personnes âgées.

Cette pauvreté s’inscrit dans un marché du travail dégradé avec un taux de chômage de 10,9 % en moyenne annuelle en 2015 (le 4e plus important de France métropolitaine).

Les modes de garde des enfants de moins de 3 ans restent en retrait et le taux de retard à l’entrée en sixième est le plus élevé des régions métropolitaines.

En matière de santé, les dispositifs d’aides aux complémentaires sont moins sollicités qu’au niveau national et l’offre d’accueil des personnes défavorisées encore en structuration.

Le parc de logement social, particulièrement peu important, apparaît de surcroît inadapté aux demandes insulaires. Pour autant, les expulsions locatives restent proportionnellement moins nombreuses qu’au niveau national et le recours au droit au logement opposable s’inscrit dans la moyenne.

Le président du Conseil exécutif de Corse, Gilles Simeoni, a réagi sur Twitter à la publication de cette étude :

Il a également annoncé « la mise en oeuvre dès octobre 2016 d’un grand plan de lutte contre la précarité et l’exclusion ».