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Archives de Catégorie: mythe et légendes

Marx à jenny : Je m’agenouille devant toi et je soupire : « Madame, je vous aime. »

Je m’agenouille devant toi et je soupire : « Madame, je vous aime. »

Le philosophe allemand Karl Marx (5 mai 1818 – 14 mars 1883), grande figure de la pensée communiste, était aussi un homme, et un homme amoureux. Dans cette lettre qu’il destine à sa femme, l’auteur du Capital dévoile le visage d’un homme passionné dont les sentiments semblent être plus puissants que n’importe quelle conviction politique.

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21 juin 1856

Mon cœur chéri,

Je t’écris de nouveau, parce que je suis seul et parce que cela me gêne d’être toujours en train de dialoguer avec toi dans ma tête, sans que tu en saches ou en entendes quoi que ce soit, sans que tu puisses me répondre. Aussi mauvais soit-il, ton portrait me rend les meilleurs services, et je comprends maintenant comment les « vierges noires », les plus infâmes portraits de la mère de Dieu, pouvaient trouver des adorateurs indéfectibles, et même plus d’adorateurs que les portraits de qualité.

En tout cas, aucune de ces représentations de madones noires n’a jamais reçu plus de baisers, d’œillades et de témoignages d’adoration que ta photographie, qui n’est certes pas noire, mais dure, et ne reflète absolument pas ton cher visage aimable et qui appelle les baisers, ton visage dolce. Mais je corrige les rayons du soleil qui ont fait une mauvaise peinture et je trouve que mes yeux, si abîmés soient-ils par l’éclairage artificiel et le tabac, savent encore peindre non seulement en rêve, mais même à l’état de veille. Je t’ai devant moi en chair et en os, et je te porte dans mes mains, je t’embrasse de la tête aux pieds, je m’agenouille devant toi et je soupire : « Madame, je vous aime. » Et je vous aime en effet, plus que le Maure de Venise n’a jamais aimé. Le monde, faux et corrompu, conçoit tous les caractères de façon fausse et corrompue. De mes nombreux calomniateurs et des ennemis à la langue de serpent, qui m’a jamais reproché d’être appelé à jouer sur un théâtre de seconde classe un rôle de jeune premier ? Et pourtant, c’est la vérité. Si ces gredins avaient eu de l’esprit, ils auraient représenté d’un côté « les rapports de production et de circulation », de l’autre, moi à tes pieds. Look to this picture and to that – voilà ce qu’ils auraient écrit en dessous. Mais ce sont des gredins stupides, et ils le resteront, in seculum seculorum.

Une absence provisoire est une bonne chose, car elles sont présentes, les choses se ressemblent trop pour qu’on puisse les distinguer. Même des tours, vues de près, prennent une taille de nain, tandis que les petites affaires du quotidien, considérées de près, grandissent trop. Il n’en va pas autrement des passions.
De petites habitudes, qui en raison de la proximité prennent une forme passionnée, disparaissent, dès que leur objet immédiat est dérobé aux regards. De grandes passions, qui en raison de la proximité de leur objet reprennent leurs dimensions naturelles par l’action magique du lointain. Ainsi il en va de mon amour. Tu n’as qu’à m’être dérobée ne serait-ce que par le rêve, et je sais aussitôt que le temps n’a servi à mon amour qu’à le faire croître, comme le soleil et la pluie font grandir des plantes. Mon amour pour toi, dès que tu es éloignée, apparaît pour ce qu’il est, comme un géant en qui se concentrent toute l’énergie de mon esprit et tout le caractère de mon cœur.

Je me sens homme de nouveau, car je ressens une grande passion, et la multiplicité où nous embrouillent l’étude et la culture modernes, le scepticisme avec lequel nous dénigrons toutes les impressions subjectives et objectives, sont bien faits pour nous rendre tous petits, faibles, pleurnichards et indécis. Mais l’amour que nous portons non pas à l’homme de Feuerbach, au métabolisme de Moleschott, au prolétariat, mais à notre amour chéri, en l’occurrence à toi, c’est ce qui refait de l’homme un homme.

Tu vas sourire, mon doux cœur, et te demander comment il se fait que j’en vienne tout d’un coup à toute cette rhétorique.
Mais si je pouvais serrer contre mon cœur ton doux cœur pur, je me tairais et ne dirais pas un mot. Comme je ne peux donner de baiser de mes lèvres, il faut que j’embrasse par le langage et que je fasse des mots.

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Publié par le août 20, 2019 dans mythe et légendes

 

Le film Yuli : Cuba au prix de la souffrance et de la danse

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Il est rare d’aimer un film et de ne pas avoir envie réellement d’inviter les lecteurs de ce blog à aller le voir. Quand vous connaissez Cuba, en paerticulier dans la période dont traite le film, la chute de l’URSS et le blocus qui de ce fait étrangle littéralement l’île, vous ne pouvez qu’ être secoué d’émotion en le voyant. Mais quand vous savez à quel point vos compatriotes français n’ont pas la moindre idée de ce qu’ont vécu les Cubains, à quel prix encore aujourd’hui ils doivent payer leur indépendance, toutes les âneries qu’en toute innocence y compris les communistes français sont capables de déverser sur un pays qui résiste malgré le sous développement, la misère, les privations, vous vous dites qu’un tel film ne peut que les conforter dans leurs préjugés. ce que je dis de Ciba est vrai pour le Viet Nam, la Chine et le Venezuela, mais Cuba c’est l’art, la transcendance.

Le problème n’est pas dans ce que dit le film mais de ce qu’ils sont eux qui prétendent donner des leçons à l’humanité entière, aller jusqu’à accompagner les pillages de la CIA, le bellicisme capitaliste sous prétexte de craindre la dictature « stalienienne ». Ils ont là le récit d’une double dictature, celui d’un père sur son fils pour qu’il devienne danseur et celle des révolutionnaires pour rester souverains.

Ce film « Yuli » raconte l’histoire de Carlos Acosta qui a été élevé dans les solares, les habitats pauvres dans et autour de la Havane. Comment expliquer que ce que Cuba avait cru vaincre ressurgissait alors, vaincre en 1959, mais aussi après la guerre d’indépendance volée par les Etats-Unis. Pourtant cela se voit dans cette famille dans laquelle la mère est blanche alors que le père est noir et qui porte en lui encore les marques de l’esclavage sucrier comme il est santeros, adepte du culte africain la santeria. Comment faire comprendre que dans le port de la Havane les dirigeants communistes étaient aussi des disciples de la santeria ou des abacuas, d’une sorte de franc maçonnerie noire et que leurs danses, leurs chants sont issus de ces rites africains. On s’appelle Acosta parce que le maitre esclavagiste portait ce nom. La Révolution, celle de Maceo, de josé Marti a toujours dû constituer une nation en surmontant ce traumatisme initial que reproduit le rapport entre le père et le fils qui est le vrai sujet du film. Il fut un temps celui de la révolution où blanc et noirs se battaient ensemble et quand cette révolution est étranglée les antagonismes reviennent à la surface, le couple parait impossible et pourtant il tient bon la mère blanche et sa fille refusent de quitter l’île en abandonnant ceux qui sont nés noirs.. Il y a tant de choses à expliquer, par exemple cette scène terrible où les jeunes mâles des solares veulent aller danser dans les boites de nuit réservés aux touristes, des vieillards étrangers y vont avec des gamines de 15 ans. C’était vrai qu’en 1994 quand j’ai atterri dans l’île, pour un euro, un sexagénaire ventripotant français ou italien pouvait avoir à sa disposition toute la journée une adolescente, la violer, y a-t-il d’autres mot? . Elles apprenaient vite d’ailleurs à faire sortir de l’escarcelle de ces types tout ce qu’ils avaient et frequemment l’ambassade devait les rapatrier nus et crus. Mais dans la même scène alors que Yuli venu en vacances veut donner de l’argent au videur de la boite, celui-ci refuse et l’accuse de vouloir « corrompre un fonctionnaire ». Parce que Cuba à cette époque c’est ça aussi des hommes et des femmes qui acceptent le sale boulot du tourisme à ses débuts pour que le pays puisse survivre. Et Yuli parce qu’il connait l’exil sait tout cela à l’inverse de ses copains d’enfance qui vont devenir balseros.

L’exil et la souffrance du corps pour passer du talent à l’art…

Yuli est un vrai petit cubain, il chaparde, taille l’école, il rêve de devenir un footballeur comme Pelé et pas une ballerine « un maricon » dont tous ses copains se moquent. le bonheur il est là dans cette petite île chaleureuse et ensoleillée, mais son père veut la gloire pour lui, qu’il devienne un artiste et il doit rompre avec tout ce qui n’est pas ce destin et qui va faire d’un petit mulâtre de la Havane un Dieu… . Est-il si différent de ces dirigeants cubains, Fidel et raoul Castro, le Che ? Ils veulent que leur île soit un phare pour l’humanité fut-ce au prix du bonheur quotidien, de cette sensualité, de cette tendresse qui emplit les coeurs cubains, ils sont des « guerriers ». Il n’y a pas d’autre destin , l’asservissement ou la mort, la souffrance. Est-ce un hasard si un des lieux du film c’est ce théâtre, ce monument architectural à l’abandon dans lequel l’enfant qui fuit l’école rencontre son destin?

Tout à du sens même les images d’archives, on voit Fidel à la télévision qui dit à propos des balseros qui se lancent sur des embarcations de fortune « laissez les partir ». Qui se souvient de ce jour du 4 août 1994 où la révolte de la faim, la colère populaire, celle des solares était en train de l’emporter, les policiers étaient attaqués. Elstine au pouvoir avait coupé les vivres, la dépendance énergétique avec les ex-pays socialistes asphyxiait littéralement une île que les tankers ne voulaient plus livrer. risquet me disait « j’ai du choisir ce matin entre un bateau d’engrais pour la canne ou du lait pour les enfants »… Cette révolte populaire faisait croire à l’empire qu’il avait vaincu et il était question de donner l’armée mais Fidel a refusé. Il est allé sur lemalecon, l où embatquait des flotilles misérables et il a commencé un discours à la foule : « il les comprenait, ils comprenait leur souffrance mais il n’y avait pas d’autres issue, allez ceux qui n’en peuvent plus, les autres tiendront bon ici.  » Et alors on a vu cette chose extraordinaire, de partout ont accouru les foules de camarades, et la manifestation anti-régime, s’est transformée en manifestation pro-fidel, les gens quittaient les images du téléviseur pour venir soutenir le commandante.

Moi dès les premiers pas que j’ai fait dans la Havane je me suis perdue dans les bas quartier on m’a volé mon sac tout mon argent, mon billet d’avion, mon passeport, je ne parlais pas un mot d’espagnol et j’ai feins de m’évanouir dans un commisariat du malecon en suppliant que l’on me mène chez Risquet, une escouade de 4 policiers m’a conduite au Comité central. La manière dont j’ai survécu à cette situation m’a attachée à jamais à ce pays…

Yuli fait partie de ceux qui a appris à résister dans la souffrance dans un corps et une coeur endurci au nom de son île chérie… ici les meilleurs de mes camarades me disaient dans un an, les Cubains auront cédé et nous avons déjà pris un tel coup avec l’URSS, inutile d’en prendre un second, les pires comme le directeur de l’humanité soutenaient Robert ménard en dénonçant la dictature de castro. Dans le film Yuli a eu son talon cassé et il ignore s’il va pouvoir danser à nouveau, il fume, il boit, grossit tant ils souffre avec les enfants de sa rue qui mendient auprès de lui.

Mais pour comprendre tout cela pour goûter la beauté qui nait de tant de douleur, il faut avoir partagé la faim et les danses des Cubains autrement l’imbécile qui croit tout savoir imagine qu’il a devant lui une critique des dirigeants cubains. Il ne voit pas que Carlos Acosta quand il raconte sa vie en dansant introduit de force l’histoire d’un général américain qui veut imposer à l’île rebelle ce qu’elle refuse. IL ne voit pas à quel point le choix final de revenir aux ballets de Cuba et de reconnaître la volonté dictatoriale du père comme juste et aimante est aussi l’illustration de ce communisme cubain qui personnellement m’a tout enseigné. Ce que dans mes mémoires je décris comme le pacte d’amour cubain, celui qui vous offre la chance de dépasser toute la médiocrité des reniements, au prix de la souffrance et de la beauté…

Danielle Bleitrach

 

Il ne s’agit pas seulement de Petrarque mais de Lucrèce, du matérialisme et de la création

 

Cuba: C’est beau d’être communiste, même si ça cause des maux de tête

Nous sommes sur le chemin que nous avons choisi et que nous défendons: le socialisme. Photo: fichier granma
Nous sommes sur le chemin que nous avons choisi et que nous défendons: le socialisme. Photo: Archives Granma

 

Le socialisme ressemble à l’homme, tout comme le fascisme est la négation de l’homme. Le socialisme est « le chemin » non  exempt d’erreurs vers le communisme, c’est une voie de  justice pleine d’obstacles, marquée de défis, par des revers et des avancées. « Dans la construction socialiste, nous planifions le mal de tête ce qui ne le rend pas rare, c’est même le contraire. Le communisme sera, entre autres, une aspirine de la taille du soleil ».1

Le capitalisme cherche à semer le manque de confiance en soi pour l’être humain, il exalte le cynisme, le moi révéré, comme Ayn Rand définit l’idéal du capitalisme: « Tandis que le créateur est égoïste et intelligent, l’altruiste est un imbécile qui ne pense pas, ne sent pas , ne sait pas juger,  agir ».2

Avant la Révolution française, il y a eu une profonde bataille d’idées  en Europe, avant les soulèvements révolutionnaires, une nouvelle façon de voir le monde a fait son chemin. Les Lumières ont semé la graine qui a engendré la Révolution. Un consensus s’est créé dans toute l’Europe, une internationale  bourgeoise de l’esprit a surgi. « Chaque révolution a été précédée d’un intense travail de critique, de pénétration culturelle, de pénétration des idées » .3

Si notre façon de voir le monde est marquée par l’axiologie du capitalisme, si notre principe de base doit  être à nouveau dépassé  , si l’égoïsme est le moteur qui meut nos vies, si nous voyons la misère comme une sorte de fatalisme et  la société divisée en classes quelque chose de naturel et d’immuable, si nous n’avons pas confiance en l’être humain et en sa capacité de changement, en son altruisme, de quoi parle-t-on?

Ce n’est pas seulement avec les missiles, ce n’est pas seulement  avec les armées, ce n’est pas seulement avec les forces de police  que les puissants assoient leur domination, les défenses du capital sont dans l’inconscient des individus et sont plus puissants que l’arme la plus moderne développée par le complexe militaire industriel. Ce sont elles que le capital actionne contre nos intérêts et qui protègent les gouvernements qui les accomplissent.  Il est difficile de se libérer du rêve narcotique de la consommation et de l’atroce individualisme.

Le système éducatif du capitalisme est conçu pour former l’homme du capitalisme. IL exalte la concurrence, le manque de solidarité, l’individualisme. « La classe qui a les moyens de la production matérielle a en même temps les moyens de la production idéologique » 4.

Dans la société capitaliste, l’homme vit une illusion de liberté, c’est une marchandise et entre les marchandises – car tel est l’homme du capitalisme – il ne peut y avoir de solidarité, mais seulement de la concurrence.

La solitude d’un homme écrasé par les machines productives et le commerce est la marque du capitalisme, c’est l’être humain aliéné soumis à la violence de la propagande, assiégé jour et nuit, entouré de chants de sirènes, manipulé et qui se vend  pour acheter et acheter des choses auxquelles souvent il ne peut pas accéder, ou des objets dont il n’a aucun besoin. La situation de l’homme dans un capitalisme sous-développé, dépréciant totalement sa valeur marchande, est encore pire.

La crainte naturelle de l’homme de s’aventurer dans le monde inconnu de la liberté est astucieusement exploitée par le capitalisme. L’homme qui découvre que le monde a deux options devant l’inquiétude générée par une telle découverte: soit il retourne au calme perdu, soit se déclare libre et risque de changer le monde et de construire des relations fondées sur l’amour.

Nous, les révolutionnaires, rêvons, mais nous ne vivons pas dans les nuages. Nous rêvons, mais nous construisons. Nous, révolutionnaires, devons être passionnés, émouvoir, impliquer tous, révéler cette nouvelle réalité, enseigner notre doctrine sur la base du possible, de la science et de l’amour de la vie, de l’être humain, de la nature. Nous devons être des transformateurs et des rebelles.

Marx a décrit la société communiste comme une association d’individus libres: « La seule société dans laquelle le libre développement des individus cesse d’être une simple phrase » 5, dans le communisme, le libre développement de chacun sera la condition de la libre développement de tous.

Notre Constitution affirme dans son préambule la conviction que Cuba ne reviendra jamais dans le capitalisme et que seul le socialisme et le communisme permet à l’être humain d’atteindre sa pleine dignité.

Le premier article de la Constitution stipule clairement que Cuba est un État socialiste de droit et de justice sociaux, démocratiques, indépendants et souverains et l’article cinq réaffirme qu’il est le Parti communiste de Cuba, unique en son genre, Marti, Fideliste, marxiste et léniniste à l’avant-garde. Organisé par la nation, principale force politique de la société et de l’État, il organise et dirige les efforts communs déployés dans la construction du socialisme et la progression vers la société communiste.

Nous sommes sur le chemin que nous avons choisi et que nous défendons: le socialisme avec son passé et sa genèse du futur. Le socialisme en tant que voie vers le domaine de la pleine réalisation humaine, la société du bien-être, du bien-vivre, non seulement en raison des niveaux atteints de justice et d’équité, mais également en raison des taux de développement élevés, résultat des progrès des sciences, de la technologie, des moyens de production et des forces productives, déchaînés, libres, hautement qualifiés: la société communiste.

1 Roque Dalton: À propos des maux de tête.
2 Ayn Rand: Le printemps. Éditorial Grito Sagrado, Buenos Aires, Argentine, 1993, p. 145-146.
3 Compilation de Gerardo Ramos et Jorge Luis Acanda: Gramsci et la philosophie de la praxis. Editorial Sciences sociales, La Havane, 1997, pp.106-107.
4 N. Ivanov, T. Beliakova, E. Krasavina: Karl Marx, sa vie et son œuvre, Godley Books, Royaume-Uni, 2011.
5 Karl Marx, Friedrich Engels: L’idéologie allemande, In: MECW. Vol 5, p. 439

Estamos en el camino que escogimos y defendemos: el socialismo. Foto: archivo de granma
Estamos en el camino que escogimos y defendemos: el socialismo. Foto: Archivo de Granma

El socialismo se parece al hombre, tanto como el fascismo es la negación del hombre. El socialismo es «el camino» no exento de errores al comunismo, es una vía de justicia llena de obstáculos, marcada por retos, retrocesos y avances. «En la construcción socialista planificamos el dolor de cabeza lo cual no lo hace escasear, sino todo lo contrario. El comunismo será, entre otras cosas, una aspirina del tamaño del sol».1

El capitalismo pretende sembrar la falta de fe en el ser humano, exalta el cinismo, el ego reverenciado, como definió Ayn Rand al hombre ideal del capitalismo: «Mientras el creador es egoísta e inteligente, el altruista es un imbécil que no piensa, no siente, no juzga, no actúa».2

Previo a la Revolución Francesa se dio en Europa una profunda batalla de ideas, anterior a los alzamientos revolucionarios una nueva forma de ver el mundo se abrió camino. La Ilustración sembró la semilla que propició la Revolución. Se fue creando un consenso en toda Europa, surgió una internacional espiritual burguesa. «Toda Revolución ha sido precedida por un intenso trabajo de crítica, de penetración cultural, de permeación de ideas».3

Si nuestra forma de ver el mundo está marcada por la axiología del capitalismo, si nuestro principio básico sigue siendo tener a toda costa por encima del ser, si el egoísmo es el signo que mueve nuestras vidas, si vemos la miseria como una especie de fatalismo y la sociedad dividida en clases como algo natural e inmutable, si no tenemos fe en el ser humano y en su capacidad de entrega, en su altruismo, ¿de qué hablamos?

No es con los misiles, no es con ejércitos, no es con fuerzas policiales solamente con lo que los poderosos garantizan el dominio, las defensas del capital están en el inconsciente de los individuos y son más poderosas que el arma más moderna desarrollada por el complejo militar industrial. Ellas hacen que los dominados actúen en contra de sus intereses y defiendan gobiernos que los avasallan. Es difícil liberarse del sueño narcótico del consumo y del individualismo atroz.

El sistema de educación del capitalismo está diseñado para formar al hombre del capitalismo. Exalta la competencia, la insolidaridad, el individualismo. «La clase que dispone de los medios de producción materiales dispone al mismo tiempo de los medios de producción ideológicos».4

En la sociedad capitalista el hombre vive una ilusión de libertad, es una mercancía y entre mercancías –pues eso es el hombre del capitalismo– no puede haber solidaridad, sino competencia.

La soledad de un hombre aplastado por la maquinaria productiva y de comercio es el signo del capitalismo, es el ser humano enajenado sometido a la violencia propagandística, asediado día y noche, rodeado de cantos de sirena, manipulado y compulsado a comprar y comprar cosas a las que muchas veces no puede acceder, o a objetos que además no necesita para nada. La situación del hombre en el capitalismo subdesarrollado, depreciado totalmente su valor mercantil, es aún peor.

El miedo natural del hombre a aventurarse en el mundo desconocido de la libertad, es explotado sagazmente por el capitalismo. El hombre que descubre ese mundo tiene dos opciones ante la inquietud que genera tal descubrimiento: o regresa al sosiego perdido o se declara libre y se arriesga a cambiar el mundo y construir relaciones basadas en el amor.

Los revolucionarios soñamos, pero no vivimos en las nubes. Soñamos, pero construimos. Los revolucionarios debemos apasionar, conmover, hacer partícipes a todos, revelar esa nueva realidad en marcha, enseñar nuestra doctrina basada en la posibilidad, en la ciencia y en el amor a la vida, a los seres humanos, a la naturaleza. Debemos ser transformadores y rebeldes.

Marx describió a la sociedad comunista como una asociación de individuos libres: «La única sociedad en la cual el libre desarrollo de los individuos deja de ser una mera frase»5, en el comunismo, el libre desarrollo de cada uno será la condición para el libre desarrollo de todos.

Nuestra Constitución define en el preámbulo la convicción de que Cuba no volverá jamás al capitalismo y que solo en el socialismo y en el comunismo el ser humano alcanza su dignidad plena.

El primer artículo de la Constitución precisa con claridad que Cuba es un Estado socialista de derecho y justicia social, democrático, independiente y soberano y el artículo cinco reafirma que es el Partido Comunista de Cuba, único, martiano, fidelista, marxista y leninista la vanguardia organizada de la nación, la fuerza política dirigente superior de la sociedad y del Estado que organiza  y  orienta  los  esfuerzos  comunes  en  la  construcción  del  socialismo  y  el  avance  hacia la sociedad comunista.

Estamos en el camino que escogimos y defendemos: el socialismo con su carga de pasado y su génesis de futuro. El socialismo como camino al reino de plena realización humana, la sociedad del bienestar, del buen vivir, no solo por los niveles alcanzados de justicia y equidad, sino por los altos índices de desarrollo, fruto del avance de las ciencias, de la tecnología, de los medios de producción y de las fuerzas productivas, desencadenadas, libres, altamente calificadas: la sociedad comunista.

1 Roque Dalton: Sobre dolores de cabeza.
2 Ayn Rand: El manantial. Editorial Grito Sagrado, Buenos Aires, Argentina, 1993, pp. 145-146.
3 Compilación de Gerardo Ramos y Jorge Luis Acanda: Gramsci y la filosofía de la praxis. Editorial Ciencias Sociales, La Habana, 1997, pp.106-107.
4 N. Ivanov, T. Beliakova, E. Krasavina: Karl Marx, su vida y su obra, Godley Books, United, Kingdom, 2011.
5 Karl Marx, Friedrich Engels: The German Ideology, En: MECW. Vol. 5, p. 439.

 

Une histoire orale navajo féministe ? La séparation des sexes

En Marges !

L’INTIME EST POLITIQUE – REVUE DE SCIENCES HUMAINES ET D’ARTS

Enceinte à 37 ans, j’ai décidé de profiter du calme tout relatif offert par le congé maternité pour mener à bien un projet éditorial qui me tenait à cœur : écrire un ouvrage qui familiariserait les petits lecteurs avec la spiritualité navajo. Comment susciter l’intérêt chez les plus jeunes pour une culture souvent réduite aux clichés associés aux Indiens des Plaines mis en scène dans les westerns et films d’animation nord-américains (qu’on songe ainsi à la séquence chantée What makes the Red Man Red ? du Peter Pan sorti en salles en 1953) ? En Europe, ces représentations stéréotypées ont perduré grâce au succès des personnages de bandes-dessinées tels que Oumpah Pah créée par René Goscinny et Albert Uderzo, Yakari (André Jobin, Claude de Ribaupierre) ou plus près de nous, Bison Dodu, de la série Les Papooses publiée de 2004 à 2015 chez Casterman.

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Tiger Lily, le Chef Indien et Peter Pan dans le film de 1953. (©Walt Disney Pictures)

Déconstruire des féminités et masculinités nord-amérindiennes fantasmées

Dans ces albums illustrés, les personnages amérindiens portent des peaux de bêtes et habitent dans des tipis. Les femmes sont appelées squaw ; les hommes, belliqueux, chassent le bison. Aucune précision géographique ou temporelle ne permet de contextualiser le récit : les héros sont issus de tribus fictionnelles. Sabine N. Meyer fait remarquer qu’en dépit de la présence dans plusieurs albums de chevaux (introduits par les explorateurs espagnols au seizième siècle), Yakari et ses amis ne rencontrent aucun individu d’extraction européenne1. Les occupations des uns et des autres illustrent une division sexiste du travail. Les hommes participent aux conseils de guerre tandis que les femmes sont chargées des préparatifs alimentaires ou domestiques. D’après Carolyn Reyer, « la littérature populaire et les films ont grandement déformé le rôle des femmes en les représentant comme des esclaves et des bêtes de somme (…) La femme Lakota possédait son propre nom, choisi en accord avec sa personnalité et ses habiletés, elle ne prenait jamais le nom de son père ou de son époux. »2De nombreuses sociétés autochtones nord-américaines sont caractérisées par une organisation matrilinéaire (Hopis, Navajos). Les membres de ces tribus considèrent le mot squaw raciste et sexiste. Son usage aujourd’hui exemplifie l’objectivation et l’érotisation du corps féminin autochtone par les descendants des colons « blancs » ; à travers la vente et le port des tenues Pocahotties durant Halloween, ils continuent d’abâtardir l’héritage culturel nord-amérindien.

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Yakari and the White Buffalo, Longman, 1979, page 5.

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Le 21 septembre 2018, Dallas Hunt, membre de la Swan River First Nation, twittait contre la vente de ce costume.

De 1992 à 2008, une longue bataille législative fait rage en Arizona afin de modifier le nom d’une colline jusqu’alors appelée Squaw Peak. En 2003, peu après son élection comme gouverneur de l’Arizona, Janet Napolitano propose qu’on rebaptise le mont en l’honneur de Lori Piestewa, soldat de la tribu Hopi morte au combat en Irak. L’U.S. Board on Geographic Names ne valide officiellement cette nouvelle désignation qu’en 20083. Pourtant, dès 1858, John Beeson, dénonçait l’usage discriminatoire de ce terme : « La majorité des colons installés dans l’état de l’Oregon étaient originaires du Missouri. Parmi eux, il était coutumier de désigner l’homme amérindien du sobriquet mâle et la femme par le vocable squaw (femelle) si bien qu’à force d’utiliser ces termes, on déshumanisa ces personnes. »4  Le recours au terme squaw est également attribué à des héros mâles amérindiens, une autre façon de contribuer au façonnage de masculinités indigènes stéréotypées. Dans le film Phoenix, Arizona, adaptation cinématographique d’une nouvelle de Sherman Alexie, le personnage Thomas-Builds-the Fire fait remarquer à son ami Victor, un jeune qui arbore toujours une attitude farouche, qu’un grand nombre de Premières Nations, étaient composées de pêcheurs ou d’agriculteurs sédentaires, nullement belliqueux5.

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Au premier plan, Thomas (Evan Adams), Phoenix, Arizona, 1999.

L’image du guerrier indien a été façonnée par plusieurs dispositifs littéraires, cinématographiques ou photographiques tels que Le dernier des Mohicans de James Fenimore Cooper (1826) ou la série de portraits de chefs-indiens d’Edward Curtis (le premier volume de The North American Indiandate de 1907). Avec la fin des guerres indiennes, la multiplication des lignes de chemin de fer transcontinentales émiette encore un peu plus le vaste territoire autrefois occupé par les tribus. Le massacre des Lakotas à Wounded Knee (1890) ou la déportation des familles navajo (« Longue Marche ») entre 1864 et 1866 illustrent la volonté de régler le « problème » indien par une extermination pure et simple. Décimés par les maladies contagieuses transmises par l’homme blanc, parqués dans des réserves éloignées de leurs terres ancestrales, séparés de leurs clans pour être envoyés dans des pensionnats dirigés par des missionnaires, les survivants semblent n’avoir d’autre choix que d’adopter le mode de vie anglo ou disparaître à jamais. C’est donc à travers les écrits savants et intimes des militaires, soldats, médecins, et marchands colonisateurs que nous percevons l’organisation sociale et spirituelle des tribus amérindiennes, une vision tributaire de l’ethnocentrisme plus ou moins marqué des auteurs. Si les tribus se sont acculturées au contact de « l’homme blanc », elles sont aussi parvenues à transmettre de génération en génération leur langue et histoires sacrées. Pourquoi ne pas alors étudier la place de la femme indienne d’après un récit ancestral ?

Un récit des origines où la femme n’est pas née d’une côte masculine.

Dans l’élaboration de Contes Navajo du Grand-Père Benally, il m’a semblé essentiel d’inclure le récit de la Séparation des Sexes, enseigné dans les écoles navajos. J’ai choisi de le faire raconter à ses deux petits-enfants par l’oncle maternel, le fictionnel Grand-Père Benally. L’intrigue de Contes Navajo du Grand-Père Benally respecte ainsi les règles d’énonciation des épisodes fondateurs navajo. Certaines mésaventures d’êtres sacrés (Yei) ne peuvent être évoquées qu’en hiver, d’autres en été. Dans le cas de la séparation des sexes, on ne peut en parler qu’en hiver comme pour les autres récits qui se réfèrent à la vie des Yei dans les mondes inférieurs avant l’émergence du Diné(peuple Navajo) dans le monde scintillant, à l’emplacement de Dinetah, territoire qu’ils occupent aujourd’hui. A la différence de la spiritualité décontextualisée des Yakari, les histoires sacrées transmises par le grand-père maternel à ses petits-enfants, élevés à l’extérieur de la réserve, s’incarnent dans des lieux constitutifs de l’identité culturelle navajo. Lorsqu’il décrit la rencontre entre les Jumeaux Tueurs de Monstre et Femme Araignée, il se trouve près de Spider Rock, promontoire rocheux de près de 229 m situé dans le Canyon de Chelly en Arizona. L’évocation de la séparation des sexes répond aussi aux questionnements identitaires de la petite fille, humiliée par le commentaire d’un garçon navajo qui lui a dit de retourner à l’intérieur du hogan6, aider les autres femmes en cuisine.

La séparation des sexes fait partie d’un groupe d’histoires qui fonde la spiritualité navajo. Première différence avec le récit biblique, les animaux ne sont pas soumis au couple originel dans le but d’assurer leur survie. Deuxième différence, la femme n’a pas été créée à partir d’une partie anatomique masculine ; au contraire, Femme-Changeante façonne les premiers clans Navajos en mélangeant sa peau aux quatre éléments. Troisième différence, l’identité de genre n’a pas à correspondre au sexe biologique7. Le corps humain navajo, indépendamment du sexe de l’individu, possède en lui deux forces : mâle, répartie à gauche, et femelle, répartie à droite. Quatrième différence : les relations sexuelles entre homme et femme, si elles assurent la perpétuation de l’espèce, ont aussi pour vocation de procurer du plaisir. Femme Changeante créa donc « un pénis avec de la turquoise (…) Elle créa ensuite un clitoris en corail qu’elle plaça à l’intérieur du vagin. »8 La dispute qui prélude à l’épisode la séparation des sexes se déroule lorsque Premier Homme retourne de chasse, les bras chargés d’un daim. Première Femme adresse un éloge à son vagin. Premier Homme ne comprend pas : « N’ai-je pas tué le daim dont tu t’es repue ? (…) Est-ce bien ton vagin le grand chasseur qui doit être remercié et pas moi ? » Première Femme ne se laisse pas démonter : « C’est bien joosh le vagin qui chasse. S’il n’existait pas, tu n’aurais pas tué ce daim (…) En vérité, joosh le vagin fait tout le travail dans le village. »9. D’après la notion de transaction économico-sexuelle développée par Paola Tabet, la femme reçoit un bien matériel (le daim) en échange de relations sexuelles. L’acceptation du don implique le consentement de la relation sexuelle10. Pourtant, Première Femme ne l’entend pas ainsi : « Nous pourrions vivre seules (…) Nous, femmes, récoltons ce que nous avons semé. Nous, femmes, vivons de ce que la terre, en retour, nous offre. Nous, femmes, vivons des graines que nous récoltons. »11 L’homme a beau être le chasseur, la femme vit de la Nature, sans jamais l’assujettir. Les velléités d’indépendance de sa compagne insupportent Premier Homme qui propose au reste de la gent masculine de s’installer de l’autre côté de la rivière. La séparation dure quatre années. Les différentes versions orales recensées insistent sur les provocations des femmes qui prennent des poses lascives.12 D’autres les décrivent se masturbant, utilisant cactées, pierres lisses ou muscles de gibiers. Les hommes s’adonnent aussi à l’onanisme au mépris des enseignements des êtres sacrés, à savoir ne jamais réduire l’autre à un moyen de parvenir à ses fins : « Quand ils tuaient une antilope, ils (…) en prélevaient le foie qu’ils perçaient afin d’y introduire leur pénis. »13Les deux groupes se réunissent finalement car la perpétuation de l’espèce est menacée. Si l’ordre semble restauré par cette réconciliation, ce récit des origines est loin de proposer une vision dichotomique de la dispute initiale. L’hybris de Première Femme a suscité le courroux de Premier Homme mais la domination arbitraire qu’elle subissait est condamnée. De même, l’épisode souligne que les femmes sont incapables de s’assumer seules, après l’amenuisement des récoltes, car on leur a toujours interdit de chasser. Par ailleurs, la survie des hommes est assurée par la présence de deux nadleeh, des hommes « efféminés », les seuls à savoir moudre le maïs et cuisiner.

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La séparation des sexes, Juliette Iturralde, parue dans Contes Navajo du grand-père Benally, Goater, 2016.

Choix pédagogiques et éditoriaux.

Pour rendre le récit accessible aux plus jeunes, toute référence à l’onanisme a été supprimée. Les termes anatomiques « vagin » et « pénis » ont été remplacés par l’expression plus neutre « mon corps. » La mention du nadleeh a, elle, été conservée. Néanmoins, mon éditeur, qui a développé un catalogue militant, s’inquiétait de l’interprétation qu’on pourrait donner à la fin du récit, la réunion conjugale semblant être prônée. Nous avons donc décidé d’incorporer, dans l’encadré situé après chaque chapitre afin d’expliciter des notions culturelles, un portrait succinct de quatre personnalités féminines navajo (Lilakai Neil, Annie Wauneka, Lori Arviso Alvord, et Lynda Lovejoy) qui ont montré que les femmes de la tribu n’ont pas à être reléguées dans la sphère domestique. Maureen Trudelle Schwarz a enquêté auprès des femmes de la réserve pour déterminer pourquoi elles ne sont pas davantage présentes dans les domaines sacramentel et politique. Les témoignages recueillis insistent sur la nécessité de se réapproprier « la séparation des sexes. » Ainsi, une certaine EM s’insurge contre l’instrumentalisation patriarcale du récit : « Depuis lors (…) l’homme s’est arrogé le droit de nous dire ‘Vous les femmes, on ne peut pas vous faire confiance. A cause de ce qui s’est passé, vous ne pouvez pas officier comme homme médecine ou chef.’ Mais ce n’est pas vrai ! Les torts étaient partagés des deux côtés. »14 En 2010, on compte 9 élues au Conseil Tribal mais en 2011, le président Joe Shirley décide de réduire drastiquement le nombre de sièges, passant de 88 à 24, et en 2012, il ne reste plus qu’une femme au milieu d’une assemblée majoritairement masculine. Lors de l’élection à la présidence de la Nation Navajo en 2010, Lynda Lovejoy remporte la primaire. Ses opposants établissent une corrélation entre des inondations meurtrières et sa candidature15. Le 2 novembre 2010, l’association des médecine men se fend d’un communiqué qui met en garde la population contre les fléaux qui pourraient s’abattre sur la Nation Navajo si Lovejoy remportait l’élection. Ils s’appuient sur les visions d’Esther Bahe, diagnostiqueuse par lecture de cristal, qui affirme avoir reçu un mauvais présage lors d’une consultation16. Le rôle joué par l’épisode de la séparation des sexes dans l’élection présidentielle navajo de 2010 montre l’importance que relèvent encore les récits sacrés dans les affaires publiques navajo. Mais, la défaite – somme toute relative – de Lynda Lovejoy face à Ben Shelly prouve qu’hommes et femmes de la tribu sont de plus en plus enclins à s’émanciper de l’héritage culpabilisant associé à Première Femme. Désireuses de respecter une prétendue « tradition » ou au contraire de s’émanciper des rôles de subalternes qui leur ont été assignés en dépit de l’organisation matrilinéaire de leur société, les femmes navajo occupent de plus en plus le devant de la scène religieuse, politique, médiatique et culturelle… et tout cela, sans avoir besoin de porter de robes en peaux de daim.

Nausica Zaballos est professeur d’anglais dans le secondaire. Elle a soutenu une thèse sur les Indiens Navajo en 2007 à l’université Paris IV Sorbonne.

 

Du bon usage de la télévision, de l’Egyptologie comme un roman policier au roman d’aventure de la bureaucratie chinoise

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Après une journée de courses et de marche, hier soir samedi j’ai pris un grand plaisir à l’émission d’Arte: Toutankhamon, le trésor redécouvert. Agatha Christie aurait adoré cette enquête dans laquelle un cinéaste Frédéric Wilner, monte des histoires parallèles, en particulier celle d’un brillant égyptologue qui nous décrit la fin d’une dynastie et le roman des découvreurs du tombeau, leurs menus larcins. Sur fond de la chute d’un empire le plus puissant pris d’assaut par les hittites, l’auteur ne craint pas les anachronismes historiques « En 1329 avant Jésus Christ, le Nouvel Empire égyptien connait un revers militaire équivalent au Vietnam des Américains » et cela se termine par une référence au nouveau pharaon, un homme de guerre qui « tel joseph Staline rétablit l’empire, mais efface ses prédécesseurs dont le pauvre petit Toutankhamon, son père Akhenaton marié avec sa sœur dont il pique le trésor funéraire ». En suivant ces pistes, je retrouvais le plaisir d’antan, celui de l’interprétation de l’iconographie. Il suffisait comme ici d’un vide et de l’hypothèse que fait surgir un petit objet, un jouet pour que le passé soit inventé, recréé, comme dans le plus passionnant des romans d’aventure.

Remarquez il en faut moins encore à Freud pour mettre en cause le fait que Moïse soit Hébreu, et qu’il en fasse un grand prêtre d’Akhenaton, l’inventeur malheureux du monothéisme.

Ce soir je me jette sur Detective Dee: le Mystère de la flamme fantôme dans le canal 23, RMC.

Le détective Dee est l’homonyme du juge Ti des romans de Robert Van Gulik. Ce dernier a créé un personnage de fiction mais dans le respect de la culture chinoise qui en fait tout le charme. Robert Van Gulik était un diplomate hollandais, mais un grand sinologue qui parlait parfaitement sept ou huit langues asiatiques. Son personnage a réellement existé au 8ème siècle, il est un modèle à la fois confucéen et rebelle qui témoigne de l’excellence de la bureaucratie chinoise. Robert Van Gulik a traduit des textes chinois et tente de faire pénétrer la culture chinoise par ses compatriotes occidentaux.

De même ce film qui se passe sous la dynastie des Tang en 690 et qui a été produit à Hong Kong a pour auteur Tsui Hark qui nous fait renouer avec le film d’aventure à ses débuts et qui utilise la poésie de la calligraphie pour nous initier à un monde. Le cinéma, celui que nous avons tous aimé c’est le mystère des aventures dans des lieux inconnus avec l’exotisme de l’espace et du temps. On peut interpréter à l’infini à savoir de qui et de quoi parle Tsui Hark, les Tang sont une dynastie qui installe le pouvoir des légistes, celui que l’on rapproche de Mao et peut-être de Xi Jinping. Aujourd’hui la synthèse se fait entre Confucius et les légistes, sans parler de Marx. Mais il n’y a pas que de la critique autochtone dans cette histoire, les drames qui frappent l’occident ivre de sa puissance et les personnages influents qui meurent les uns après les autres dévorés par un feu aussi inexpliqué que celui de Notre-Dame… Sans parler de celui très expliqué du World center peuvent être évoqués (le film est de 2010) mais l’essentiel est dans la poésie, celle des feuilletons sur l’ignoble Fu Manchu ou le docteur Mabuse.

A ce soir donc…

 

Pologne : célébrer Pâques, pas Pessah ?

 

La première partie de mes mémoires (il y en 4) qui traite à la fois de mes origines polonaises et du rôle joué par la Pologne dans la chute du communisme européen consiste en la découverte grace à Monika mais aussi à Krasucki à quel point Walesa et Begin mènent le même combat réactionnaire.

Les deux prix Nobel de la paix polonais sont aussi insupportables l’un que l’autre…Ce genre de nouvelles, dont nous rendons compte ci-dessous, émane de la Pologne que l’on dit éternelle dans son antisémitisme ne peut que confirmer ce stéréotype.

Pourtant comme vous le verrez dans mes mémoires il n’y a pas de génération spontanée même en matière d’antisémitisme..Mon interprétation d’une simplicité quasi biblique est que pas plus les Polonais que les Ukrainiens ou les Hongrois et encore moins les Moldaves ne sont satisfaits du capitalisme; ils n’en veulent pas, pour leur faire supporter leurs exploitation et la dégradation de leur vie, la seule solution est de raviver un nationalisme qui s’avère toujours anti-russe et antisémite..

Déjà la noblesse féodale qui gouvernait ces pays en usait ainsi et l’Eglise appartenait à cette caste féodale, alors on poursuit les bonnes vieilles recettes qui s’accompagnent toujours d’une vassalité à d’autres puissances malgré le nationalisme exacerbé, de l’Autriche-Hongrie aux USA et à l’Allemagne de madame merkel.

Du côté juif qui ont cru fonder des kibboutz et qui se retrouvent avec des scandales immobilier à répétition et des rabbins fous, la guerre, là aussi il faut inventer l’ennemi… on leur raconte que tout le monde leur en veut et il suffit de laisser monter la sauce des deux côtés, sans parler quelques rancunes autochtones comme la guerre d’Algérie et les pteds noirs chassés de leurs terres… Et comme on avouera que depuis 2000 ans plus le dernier siècle ils ont quelques raisons d’avoir quelques préventions sur le sujer, on ne s’en sort pas…

ce qui se passe dans les ex-pays socialiste, dans le cadre de l’Union Européenne dans lequel l’Allemagne a repris son offensive vers l’est… Tandis que nous Français nous poursuivons notre vieille tactique du morcellement des empires… Comme le disait Brecht, les Allemands sont les meilleurs en tout parce qu’ils sont des perfectionnistes, la phrase exacte de Brecht est: « Nous les allemands nous sommes des perfectionnistes qu’il s »agisse du cirage des parquets ou de l’extermination des juifs »… Et Goebbels se plaignait déjà que le communisme ait émoussé le magnifique antisémitisme des peuples de l’Europe centrale…

Merci à Monika qui est la seule polonaise que j’ai rencontrée qui ne soit pas stupidement antisémite, pour les autres il y a toujours un moment où ça se révèle y compris quand ils se prétendent juifs comme Begin.

Mais voir un ambassadrice des Etats-Unis prise dans cette mélasse a quelque chose de satisfaisant, parce que c’est eux qui dans le cadre de la guerre froide ne se sont pas montré très regardant sur « les défenseurs des libertés » qu’ils nourrissaient… Et qui ont donné et continuent à donner à l’OTAN l’impulsion que l’on sait et qui nous ruine tous sauf les marchands d’armes qui s’avèrent en France des patrons de presse.

Plus on est de fous plus on rit.

Remarquez que pour les initiés cela ne vaut pas la situation en Ukraine où un oligarque juif entouré de sa garde prétorienne néo-nazie flanqué de ses deux supporters Bernard henri levy et rafael Glucksmann, a réussi à imposer comme président un acteur juif à des gens à qui on fait jour après jour biberonner de l’antisémitisme, je vous promets que je n’exagère pas…

Tout ça parce que le peuple n’en peut plus du capitalisme et que les communistes sont interdits tandis que défilent les néonazis avec torches et sylboles, tandis que les mêmes mènent la guerre sivile contre les russophones du Donbass avec notre assentiment à tous et notre russophobie..

J’espère que malgré les efforts des uns et des autres jamais la France ne connaîtra pareille stupidité historique, malheureusement c’est mal parti, il est temps de remettre les pendules à l’heure ne serait-ce qu’en retrouvant la bonne vieille lutte des classes et pas celle des races.

Tant que libéralisme et xénophobie joueront à s’opposer pour mieux s’entretenir, tant que Macron et Le Pen ce sera bonnet blanc et blanc bonnet ces malheureux pays de l’est seront le miroir grossissant de notre absence de perspective.

note de Danielle Blaitrach

L’Ambassadrice des États-Unis à Varsovie, Georgette Mosbacher, a souhaité aux Polonais un joyeux Pessah et de joyeuses Pâques. Ses deux tweets, postés respectivement samedi et dimanche, ont provoqué l’ire de certains en Pologne qui lui ont reproché d’offenser ce pays « où la majorité de la population est de confession catholique ».
La juriste Krystyna Pawłowicz, membre du PiS et bien connue pour ses positions particulièrement conservatrices, a vu une « provocation » dans ces vœux de l’Ambassadrice. Robert Bakiewicz, un activiste d’extrême-droite à l’origine de l’organisation de la Marche de l’indépendance à laquelle se joignent des membres du gouvernement, a de son côté déclaré : « Le Christ est mort et ressuscité aussi pour vous, païens et traîtres de Juifs ».Quelques soutiens sont venus rappeler que la Pologne « accueille une petite communauté de confession juive ».Pour mémoire, en février 2019, le Sommet de Visegrad qui devait se tenir en Israël a été annulé après que Varsovie ait décidé le retrait de sa participation, en réaction aux propos tenus par le nouveau ministre israélien des Affaires étrangères, Israel Katz, concernant la complicité de la Pologne durant l’Holocauste. Il avait déclaré que de nombreux Polonais avaient collaboré avec les nazis et participé à la destruction des Juifs durant l’Holocauste. Puis rappelé les propos du défunt Premier ministre israélien Yitshak Shamir, qui avait en son temps affirmé que tout Polonais « avait sucé l’antisémitisme avec le lait de sa mère ».Le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki avait immédiatement réagi, qualifiant ces déclarations de « racistes et inacceptables ».L’Ambassadrice américaine à Varsovie était alors intervenue, demandant à I. Katz de présenter des excuses à la Pologne et notant que deux puissants alliés comme Israël et la Pologne, également puissants alliés des États-Unis, ne devraient pas avoir recours à ce genre de déclarations.

Sources : Haaretz, The Associated Press.