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Archives de Catégorie: mythe et légendes

Pasolini : Une âme au Purgatoire

Il est des moments où être communiste, détester le petit bourgeois et le grand qui nous asservit nous voue à la solitude, et c’est souvent dans ce moment de fallacieuses réjouissances que sont les fêtes de fin d’années. Surtout en ce jour où les masques de l’unanimité nationale prétendent étouffer le cri de ceux qui n’en peuvent plus. On pense alors à Pasolini et à sa solitude provocatrice, à son assassinat (note de danielle Bleitrach)

©OZKOK/SIPA

©OZKOK/SIPA

Pendant près de deux ans, Pasolini tient une chronique dans l’hebdomadaire « Tempo » qu’il intitule Le chaos. Les éditions R&N nous offrent le plaisir d’éditer cet ensemble d’articles au sein desquels Pasolini ne cesse de repenser l’articulation du poétique et du politique. On connaissait le cinéaste et le poète, Le chaos nous présente un Pasolini sémiologue.

« Si un poète ne fait plus peur, mieux vaut qu’il abandonne le monde. »

Pasolini, 18 avril 1968.

Un intellectuel exclu

RN_LE-CHAOS_COUV-V2-179x300« Si je me prépare dans cette rubrique, à la marge de mon activité d’écrivain, à lutter, comme je le peux, et avec toute mon énergie, contre toute forme de terreur, c’est, en réalité, parce que je suis seul ». Par ces mots, Pasolini inaugure la rubrique qu’il tient dans l’hebdomadaire « Tempo » et pose un geste critique : il se présente comme un artiste solitaire prêt à en découdre avec les passions de son temps. Dans une veine parfois pamphlétaire, il s’en prend au bourgeois, vampire du corps social qui ne cesse d’aspirer selon lui les forces vives de la société mais aussi aux marxistes orthodoxes, à l’homme moyen, à la pornographie, à la télévision, aux fêtes de Noël et à tout ce qu’il suspecte d’être asservie au Capital. Comme il l’affirme lui-même au sein d’une de ses chroniques : « Je déteste le noble silence. Je déteste également une méchante prose hâtive. Mais mieux vaut une méchante prose hâtive que le silence ». Ainsi, Le chaos est-il un front de petites batailles quotidiennes que Pasolini mène avec rage. Pourtant, son goût pour la polémique n’entrave pas ses capacités de jugement, et il n’hésite pas à mettre en jeu sa stature d’écrivain, pourvu que celle-ci puisse servir sa cause : « Un écrivain doit-il feindre d’être éternel, grand, en dehors du temps, et utiliser le « quotidien » seulement s’il parvient à l’élever au rang d’une catégorie stylistique ? »  Mais c’est en travaillant sans relâche sur ce qui ronge son époque, Pasolini se permet précisément de penser le quotidien et d’en extraire ce qu’il peut avoir de politique mais aussi de poétique.

Le poète de la Cité

Pasolini nous fait pénétrer avec violence dans un monde qui nous semble parfois lointain. Des noms d’intellectuels et d’hommes politiques italiens, grecs ou trucs sont égrenés à une vitesse vertigineuse, à tel point qu’il peut être difficile pour le lecteur profane de s’y retrouver. Heureusement, ce dernier peut se référer à l’appareil critique élaboré par Philippe Di Meo dont les notes permettent de resituer avec davantage de précisions les enjeux politiques de cette époque tourmentée. On y retrouve les préoccupations sociales qui ont agité la fin des années 60 et Pasolini peut penser la question raciale sous l’angle du marxisme, si celle-ci lui permet une énumération aussi heureuse que vindicative : « Noirs, Européens du sud, bandits sardes, Arabes, Andalous etc., ont tous en commun d’avoir des visages brûlés par un soleil paysan, par le soleil des âges antiques ». À travers cette théorie fantaisiste, Pasolini poétise le politique.

Ses textes politiques sont émaillés d’images fulgurantes, parfois brillantes, et ses poèmes entrent toujours en résonance avec l’actualité.

Ses textes politiques sont émaillés d’images fulgurantes, parfois brillantes, et ses poèmes entrent toujours en résonance avec l’actualité. Ainsi, Pasolini prend fait et cause pour Panagoulis, homme politique grec durant la dictature des Colonels et écrit à son sujet un poème lancinant avant de livrer le journal qu’il a tenu alors que ce dernier était tenu captif dans les geôles fascistes : « La seule patrie / Est pour le moment dans les yeux noirs de Panagoulis ».Par ailleurs, sa description des villes de Lyon ou de Boulogne permettent de repenser la question du poétique et du politique à travers la question du quotidien. Au-delà de la beauté de ces villes, ce qui interroge Pasolini c’est la façon dont les gens vivent : « Que font ici ces gens ? Pourquoi ont-ils vécu ? ».  Si Pasolini s’intéresse à l’architecture des villes, c’est parce que l’agencement des bâtiments renvoie au visage politique de la ville : « Dans ces perspectives, de grandes maisons construites toutes selon un même module, sans fin, itératif (le moment du grand développement du premier capitalisme, sur la charpente des Lumières) -, comme de noirs nuages, d’acier, campent les habituelles coupoles à arêtes, ornées de statues vert-de-gris ». La parenthèse ici renvoie à l’incursion de considérations sociales au sein d’une étude architecturale de la ville.

Pourtant, Pasolini peut se livrer à la description sensuelle d’un paysage, célébrer la beauté de la lumière et la clarté du soleil. Son voyage en Turquie devient alors une expérience charnelle au cours de laquelle l’accession à la beauté et à la profusion du monde est vécue comme une rencontre sacrée. Cette communion avec le monde n’est pas sans rappeler la description extatique des paysages algériens par Camus dans Noces ou L’été : « Les arbres fruitiers ne font pas défaut : qui poussent – si purs et si parfaits d’en venir les larmes aux yeux – là, au beau milieu – au hasard. Verts d’une obscurité minérale, s’il s’agit de pommiers, ou de cerisiers – peu nombreux – tandis qu’abondent les amandiers, les pistachiers, et certains oliviers épineux. » L’abondance des arbres fruitiers dans la vallée de Nevehir entre en contraste avec le paysage presque désertique. L’énumération tend à embrasser un réel inépuisable qui se déploie sous les yeux du poète.

Pasolini sémiologue

41YP34P4KXL._SL500_Mais la publication des chroniques de Pasolini permet également de découvrir une autre facette de son œuvre. Si on connait le cinéaste et le poète, Le chaos nous donne à lire le sémiologue. Certains articles se présentent à la façon des Mythologiesbarthésiennes, tant Pasolini s’attache à démonter la mécanique communicationnelle dont sont parées les images de la modernité. Ainsi, il consacre plusieurs articles à la conquête spatiale au sein desquels il analyse la posture de l’astronaute : « La caractéristique principale des astronautes (aussitôt perçue d’après ce premier coup d’œil instantané sur leur image photographique) est celle d’êtres rassurants et un brin vulgaires. En cela aussi, les images astronautiques et les images publicitaires se ressemblent. » De même, Pasolini dénonce le show médiatique autour du premier pas sur la Lune en affirmant que cet événement n’intéresse pas réellement les Italiens et que la presse ne fait que « gonfler les événements comme en vertu d’un devoir, d’une délibération a priori ».  Selon lui, les trois astronautes incarnent « des types d’hommes moyens et parfaits, exemples de comment on doit être, inesthétiques mais fonctionnels, dépourvus de fantaisie et de passion, mais impitoyablement pratiques et obéissants ». La thèse de Pasolini d’une actualité saisissante tient en la formule suivante : « Le héros de cette entreprise n’est pas l’astronaute – qui en substance est un simple robot – mais la technique ».

Ces chroniques sont celles d’un homme hanté par les passions de son temps qu’il tente d’exorciser à coups d’invectives et de poèmes.

La même entreprise de démythification est appliquée à la fête de Noël perçue par Pasolini comme un point de jonction entre le Capital et la Religion. Pour le poète, l’Église est ainsi instrumentalisée par les grandes industries. D’une façon plus générale, Pasolini semble déplorer un certain vide spirituel qui s’empare du monde. Ainsi, l’avènement de la technique coïncide avec une résurgence du sacré qui se traduit selon Pasolini par une adoration du moteur, et une fétichisation de ses composants : « Cette religion du moteur constitue dans le monde moderne, religieusement dégénéré, une reprojection du Dieu classique des religions de la civilisation méditerranéenne ». Si la plume de Pasolini peut parfois sembler excessive, celle-ci répond à la violence d’une époque.

 

En définitive, et pour le dire avec les mots de Pasolini lui-même, ces chroniques sont celles d’une âme au Purgatoire, d’un homme hanté par les passions de son temps qu’il tente d’exorciser à coups d’invectives et de poèmes. Pasolini a l’intuition de la désagrégation de la société et de la fin des grandes idéologies. Il entre fréquemment en querelle avec des marxismes orthodoxes qui lui reprochent précisément ses positions peu dogmatiques. Il s’exerce également à la critique littéraire et artistique, à celle que Thibaudet nommait « la critique des maîtres ». En somme, Pasolini vit encore à travers ces textes.

  • Le chaos, Pier Paolo Pasolini, éditions R&N, novembre 2018, 192 pages, 20 euros.

 

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Il n’y aura (peut-être) pas d’après-rue-d’Aubagne

beau billet qui met en évidence l’extraordinaire vitalité des marseillais à l’image de cette ville foutrarque qui est toujours trahie y compris par ceux qui l’aiment. Je me souviens d’un jour au local du parti qui était à l’époque rue saint Bazile, c’était u lendemain d’éléction qui avaient été décevante pour le pCF. Paul Cermolacce s’est mis tout à coup à crier, amoureux et exaspéré: « cette ville est une pute »… et j’ajoute qu’elle a pas mal de souteneurs amoureux de leur gagneuse… (note de danielle Bleitrach)

Billet de blog
Blaah
16 Nov 2018 13

Symbole ultime et tragique d’une incurie municipale que chacun constatait depuis 20 ans, l’effondrement des immeubles de Noailles précipite la colère de la ville. Mais dans cette fin de règne où transparaît l’impatience d’enfin tout reconstruire, la lutte oppose moins les Marseillais à leurs institutions qu’entre elles les multiples facettes d’une même ville.

On se serait surpris à imaginer, mercredi, Jean-Claude Gaudin reclus dans son bureau municipal, derrière les portes verrouillées d’un Hôtel de ville que des rangées de grilles et de policiers isolaient encore un peu plus de la colère. 53 ans de mandats électifs, dont 23 à la tête de la ville : une telle longévité ne s’obtient pas sans aimer Marseille, quoi qu’on en dise. C’est ce qui rend le gâchis encore plus cruel. Marseille était peut-être son Rosebud ; aussi assourdissantes soient les huées au moment de quitter la scène, jamais elles ne tortureront le chef déchu autant que son propre regard sur ce demi-siècle, et cet amour perdu de vue jusqu’à l’aveu fait à soi-même d’une trahison pure et simple.

 

Au rythme des perquisitions, rapports de la cour des comptes et tout simplement des lacunes constatées par tout un chacun depuis plusieurs années, l’incompétence municipale ne faisait plus guère de doute. Moqueries et commentaires acerbes aidaient les usagers à s’accommoder tant bien que mal de cette pétaudière si marseillaise. Puis il y eut Simona. Fabien. Niasse. Taher. Chérif. Ouloume. Marie-Emmanuelle. Julien. Huit noms jetés dans la médiocre cuisine phocéenne, qui rappellent que si l’incompétence fait rire, si l’incompétence exaspère, surtout : l’incompétence tue. « Huit vies sur la conscience », froid constat à jamais opposable à ceux qui n’ont de cesse, depuis dix jours, de se débattre dans leur médiocre irresponsabilité. Huit vies emportées brutalement, mais combien d’autres non comptabilisées, éteintes à petit feu dans les logements insalubres, au bord des routes et du port pollués comme jamais… « La mairie tue » : le raccourci est trop facile dans cet enchevêtrement de responsabilités, mais il en demeure pertinent. L’inaction, le mépris ont bien tué, et une telle faillite de la part de ses représentants paraît si inconcevable, si insupportable, qu’elle ne peut qu’en marquer un point de non-retour. Après le drame, plus rien ne sera comme avant, lit-on.

 

Et après ?

Et pourtant, il paraît bien incertain, cet « après-rue-d’Aubagne » auquel on voudrait tant croire. L’émotion proclame la fin imminente d’un système municipal délétère, en oubliant que si Marseille l’a perpétué si longtemps, c’est que Marseille y trouve aussi son compte. Le Marseille populaire et le Marseille militant ont ces derniers jours crié leur désarroi légitime. Mais le Marseille clientéliste cessera-t-il de voter pour qui lui promet un emploi ou un logement ? Cessera-t-il de récompenser les paniers garnis du troisième âge, les inaugurations de boulodromes, les soutiens aux communautés diverses, et tous ces renvois d’ascenseurs bâtis sur une réciprocité d’intérêts bien sentis, hormis l’intérêt général ? Le drame de la rue d’Aubagne changera-t-il quelque chose au Marseille du repli, celui qui voit se multiplier les lotissements clôturés, surprotégés, tandis qu’à un jet de pierre d’autres quartiers n’en finissent pas de se recroqueviller sur leur propre délabrement ?

 

Que des têtes tombent, c’est inéluctable, mais quid de l’après ? Un successeur qui utilisera les mêmes recettes électorales maquillées d’un peu de « changement dans la continuité » ? Un maire de transition, présentant bien et respectant les équilibres, mais qui n’aura pas l’once du commencement de la puissance nécessaire à faire évoluer une administration viciée ? Remettre celle-ci en ordre de marche nécessitera des efforts, voire des combats, longs et colossaux, quand bien même l’infamante mise sous tutelle des secteurs les plus vitaux viendrait alléger le fardeau.

 

« Je t’en foutrai, du vivre-ensemble »

Dans l’éditorial de ce jour, Libération évoque la fin d’un système. Ceci n’a rien d’une évidence, car le discrédit de l’équipe municipale ne représente que l’écume : ce ne sont pas contre ses politiques que Marseille devra se battre mais, comme toujours, contre ses propres démons. Artiste, étudiants venus grâce à l’ouverture européenne, immigrés africains, bénéficiaires d’aides sociales : malgré la récupération hypocrite de Stéphane Ravier, les victimes incarnent tout ce que l’extrême-droite méprise. Passé le temps du deuil, ses discours mortifères poursuivront leur œuvre de gangrène auprès d’un électorat toujours plus à l’écoute. En centre-ville, le fracas de l’effondrement s’est mêlé aux bruits de la Plaine, là où deux Marseille se toisent sans s’entendre car d’écoute la mairie n’a jamais voulu. Pour paraphraser Alessi Dell’Umbria, le Marseille qui habite tente de résister au Marseille qui réside, celui qui lutte contre les « usages déviants » de l’espace public, fait fermer les salles de concerts, et rêve sans doute d’imposer aux usagers de la ville de l' »occuper bourgeoisement », comme il est écrit dans les règlements d’immeubles. Certains dans ce Marseille-là s’attristent des vies perdues, en refusant de voir qu’elles sont aussi le prix de ce laisser-pourrir préludant aux grandes opérations d’urbanisme. Quel candidat aux municipales promettra de construire des HLM en lieu et place des bâtiments évacués ou détruits dans ce centre-ville empli de potentialités lucratives ? Quel électeur validerait une telle promesse ?

 

Le Marseille qui s’exprime aujourd’hui, c’est celui de l’action, du mélange, celui du bruit, celui des rues et des places, le Marseille qui n’attend pas la permission pour vivre ensemble. Il évoque le mythe fondateur de la génération Chourmo, c’est aussi celui incarné dans les groupes de supporters ; il ne va pas sans débordements, sans contradictions, voire parfois sans compromissions, mais il demeure essentiel. Il n’y avait pas meilleur endroit pour faire ses humanités que les rues du centre, ce mélange permanent et forcé où il est impossible de trouver sa place sans faire l’effort de comprendre l’autre. Qu’on l’idéalise ou non, ce creuset méditerranéen et populaire est une réalité de Marseille, et c’est cette réalité qui dit aujourd’hui sa soif de changement. Mais l’émotion et le fracas ne doivent pas faire oublier la force – ne fût-ce qu’une force d’inertie – de l’autre Marseille, celui qui comme le reste du monde occidental a peur, s’isole et se dit « à quoi bon ». Plein de bonne volonté, Laurent Joffrin incitait le Marseille qui manifeste à transcrire cette mobilisation dans les urnes ; il semblait croire à un Grand Soir municipal comme si, par magie, ces immenses masses du Marseille conservateur et du Marseille désabusé avaient soudain cessé d’exister. Plus encore que les intrigues successorales, les choix de ces électorats ressemblent pourtant à un enjeu majeur.

 

« On n’oubliera jamais que le bonheur est dans l’action »

Qui occupera l’hôtel de ville, voici donc un futur incertain et peu propice à l’optimisme. Mais l’énergie des habitants, elle, demeure. Quoi qu’en disent ceux qui y voient une nouveauté, nombre de Marseillais n’ont jamais attendu que la ville s’écroule pour se prendre en main, tout simplement parce qu’il s’agissait de la seule alternative à l’invisibilité des pouvoirs publics. Pour ne parler que de l’année écoulée, ce sont ces militants qui vont, truelles et pinceaux en main, repeindre eux-mêmes une école délabrée. Ce sont ces parents qui, lassés d’attendre une réponse de la voirie, achètent et installent eux-mêmes un ralentisseur. Ce sont les associations parfois alliées de la tambouille municipale, mais aussi et parfois seuls actrices du lien social dans certains quartiers. C’est la débrouille et l’improvisation quotidiennes de part et d’autre de la ville, pas parce que ça fait bien, pas parce que c’est militant, mais tout simplement parce qu’ici, on n’a pas le choix. Imposée par des années de désintérêt réciproque entre les habitants et les institutions publiques, cette vie sociale parfois à la lisière de l’autogestion est une richesse paradoxale, et en tout cas un trésor que bien d’autres collectivités en manque de démocratie participative pourraient nous envier.

 

À l’heure où l’institution municipale paie le prix d’une éternité de délitement moral et fonctionnel, il serait tentant d’opposer la saine et unanime colère du peuple et sa volonté massive de faire table rase. Cette vision paraîtrait étrangement simple, tant la marseillologie est faite de paradoxes et de contradictions. La transition avec les années Gaudin sera-t-elle aussi brutale que l’émotion ambiante le laisse présager ? Et surtout, les électeurs marseillais soutiendront-ils cette volonté de justice envers ces classes populaires ignorées pendant des décennies ? L’enjeu ne se trouve même pas ici, serait-on tenté de dire ; au-delà de l’échéance électorale, c’est cette force d’agir ensemble et d’occuper l’espace public qui est à cultiver. Manifester et dénoncer quand l’actualité l’exige et en tous temps, partager, discuter, rire et vivre ensemble, car c’est dans ses rues que se fait la ville. Lieu de mélange et de dialogue pour les idéalistes, huis-clos aux protagonistes condamnés à s’insupporter éternellement pour les cyniques, toujours est-il que de cette tension, de ces crispations, naît cette vitalité foutraque qui irrigue Marseille. Cette énergie collective, c’est à peu près la seule digue qui protège la ville quand le monde entier nous incite au repli. C’est elle qui attirait l’auteur de ces lignes et qui maintient aujourd’hui, encore un paradoxe, un amour immodéré pour cette ville où il n’est pourtant jamais revenu vivre. C’est peut-être le même esprit qui fit venir Simona, Fabien, Niasse, Taher, Chérif, Ouloume, Marie-Emmanuelle, Julien, dans cette ville à qui il arrive de tuer ceux qu’elle aime. Pour eux surtout, les manifestants et plus largement ceux qui bougent, ceux qui crient, ceux qui font, ont montré que l’énergie des Marseillais ne s’éteignait pas.

     
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    Publié par le novembre 18, 2018 dans Marseille, mythe et légendes

     

    Les retombées positives d’une stratégie catastrophique, mais faut pas que ça dure trop…

    Résultat de recherche d'images pour "Glucksmann est conseiller du président Mikheïl Saakachvili,"

     

    Les camarades de ma cellule trouvaient le bilan un peu rude et cherchaient quelques éléments « positifs », nous en avons trouvé deux : nous n’avons pas suivi le chemin des italiens et des espagnols, enfin pas encore… et nous avons conservé le nom de communiste.

    Avec mon optimisme naturel (et un certain sens de l’humour) je me dis que « l’effacement », notre disparition du paysage politique n’a pas que des aspects négatifs. Quand André Chassaigne déclare avec beaucoup de lucidité que grâce à une obstination quasi diabolique dans « l’erreur », on a réussi à faire sortir le PCF du champ politique (enfin je traduis ses propos plein de lucidité et de bon sens), ces derniers jours je me suis dit que ce n’était pas plus mal vu la nature du dit champ politique.

    L’autre jour j’ai écouté rafaêl Gluksman, qu’en dire?  :

    D’abord, encore un qui se présente en rassembleur de la gauche en créant un mouvement de plus.mais il n’y a pas que ça…

    L’Afrique a été traditionnellement un terrain dans lequel des politiciens venaient puiser des fonds de campagne, mais après la chute de l’URSS, les oligarques et leurs régimes se sont montrés tout aussi généreux pour s’acquerir quelques porte-voix en France… Si en plus l’individu qui acceptait ce rôle avait le soutien de la CIA, l’affaire était dans le sac et il pouvait venir à Paris fonder une quelconque ONG droits de l’hommistes, et si de curcroît il bénéficiait des fonds de Soros, le pactole.

    Rafaêl Gluksman n’est pas le plus célébre de la portée, le maître étant l’inéffable BHL, mais il a un passé non dénué de mérite. Les pères ont beaucoup fait pour créer l’équivalence entre nazisme et communisme, le fils s’est pris pour un chevalier de la liberté en allant toucher les dividendes de la corruption.

    quand on connait le personnage, ses exploits en Géorgie avec l’incroyable cocaïnomane, dictateur prévaricateur président Mikheil Saakachvili dont il a été conseiller de 2008 à 2012, tandis que son épouse de l’époque était la chef de la police, jusqu’à ce qu’ils se fassent virer et que le dit Saakachvili soit poursuivi par un mandat international. Ce qui n’empêche pas cette fine équipe d’attérrir Odessa pour y cautinonner le massacre de 46 personnes brulées vive à la maison des syndicats;… V là encore, Saakachvili a fini par se faire jeter par les Ukrainiens, en s’accusant tous de corruption,

    Voilà pour les titres du dit Glucksman à « rassembler la gauche ». bref la manière dont ce sauveur de la gauche s’est mouillé avec les pires canailles déconsidérées à l’est pour les beaux yeux de la CIA, on se dot qu’il n’ya rélellement plus qu’avec l’actuelle direction du PCF qu’il a des chances de vendre sa salade « unitaire »et avec quelques déchaînés du bocal toujours prêts à répondre présents dès que la CIA lance une campagne tout en se prétendant « compagnons de route », les mêmes qui en leur temps on soutenu l’ineffable Robert ménard…. Entre nous tous les autres ne se démarquent pas de Macron qui a de plus en plus de mal pourtant à paraître crédible internationalement;… C’est dire les conditions d’une campagne électorale pour les Européennes dans pareils équipages politiciens, alors que tout le monde en a marre de ces gens là, de leurs leçons, de leur faux humanisme et vrai mépris du peuple…

    Ce qui est sûr c’est que l’éuipe au pouvoir nous laisse pour les Européennes dans une mélasse pas possible. C’est pouquoi, si l’on peut considérer que la catastrophe stratégique qui a été la leur n’a pas que des aspects négatifs quand la gauche c’est ça… quand sa politique européenne, y compris celle d’un Benot hamon ne se distingue que très peu de celle de Macron, on doit également ne pas perservérer dans l’erreur et tenter de sortir du piège dans lequel nous sommes enfermés avec le candidat tête de liste qu’ils ont lancé dans la bataille et qui s’y livre avec courage. Le tout c’est de ne pas l’utiliser pour des compromis vaseux avec des gens qui n’ont plus aucune crédibilité en dehors du tout petit monde médiatique que l’on confond abusivement avec le champ politique.

    Laisser entendre que georges marchais aurait cautionné si peu que ce soit la monstrueuse équivalence du totalitarisme est une mauvaise action. Parce que j’ai été une de celle qui a rédigé le 25 e congrès, je puis témoigner de l’avoinée que j’ai prise avec Gisele Moreau pour avoir présenté un bilan trop négatif de l’URSS lors de ce COngrès. Il existe encore les témoins et je puis dénoncer cette manipulation de notre mémoire mais nous n’avons que trop cautionné cette vision qui contribue de manière plus durable à notre effacement en tant que parti communiste. Un effacement beaucoup plus nocif quand toute la jeunesse lit dans les livres scolaires cette monstrueuse équivalence que la direction entérine… Un obstacle à notre capacité novatrice à définir un socialisme à la française… il y a effacement et effacement…

    Perseverare est diabolique, ce serait comme une bataille « unitaire » à Marseille alors que tout Marseille vomit ceux qui ont conduit la ville là où elle en est, à commencer par Deferre, dont gaudin fut déjà l’adjoint à l’urbanisme, la sainte alliance s’étant nouée toujours et encore contre les communistes…. je me tairais sur l’actuelle baisse de popularité de mélenchon et le nombre de gens qui se demandent à quel titre il prétend représenter les Marseillais.

    Là nous ne sommes plus dans le registre d’une gauche anticommuniste par essence se ridiculisant des des médias complice, nous sommes dans la mort de pauvres gens, la corruption prend l’allure de huits corps disloqués sous un amas de gravat à cause de tous ceux qui ont couvert et ne cessent de couvrir la sainte alliance entre promoteurs immobiliers et marchands de sommeil… Le monde découvre le parc Corot cette invraisemblable copropriété, si misérable que même les dealers désertent… Mais ce que le Monde ne dit pas c’est cette conception de l’urbanisme encore à l’oeuvre aujourd’hui, celle qui a consisté à vendre à des chômeurs les cités HLM que la ville, le département refusent d’assumer… C’est ce que macron poursuit avec sa politique du logement comme il crée des territoires isolés qui ne sont plus desservi par un service public, mais laissés à des autocars qui roulent au diesel, voir au bricolage du co-voiturage, le tout assorti d’une nouvelle taxe d’écologie punitive. la pauvreté punie jusqu’à ce que mort s’ensuive à Marseille on connaît et elle a eu des complices de droite, de gauche et d’extrême-droite tous unis sur la nécessité de culpabiliser la misère.

    les communistes sont peut-être effacés du paysage politique, tel qu’il prétend s’imposer aux Français, mais vu son pourrissement c’est peut-être leur chance s’ils savent reconstruire le parti ce qui ne sera pas une mince affaire. A écouter les Marseillais, leur colère, je me dis qu’effectivement notre « effacement’ de ce paysage là est peut-être un atout si nous savons ré-apparaître pour ce que nous sommes… Il n’y a que nous parce que même le Front national ne peut pas récupérer tant il est déconsidéré, déchiré par les luttes intestine…

    Bref grâce à toutes nos erreurs stratégiques, il nous reste la virginité, j’espère que certains ne songent pas à la vendre pour un aÏoli marseillais.

    Le plus gros du travail est devant nous et il faut des gens déterminés pour le mener.

    Danielle Bleitrach

     

    Les archéologues révèlent que l’art figuratif le plus ancien du monde n’existait pas en Europe. Quelle impulsion de l’espèce humaine?

    Les habitants préhistoriques de l’Asie du Sud-Est décoraient leurs grottes avec des dessins de bétail et des pochoirs à main à Bornéo il y a déjà 52 000 ans, des milliers d’années avant les artistes rupestres de l’Europe. Ce constat est fondamental. On sait que l’agriculture apparait dans différents points de la planète sans contacts entre eux, mais voici qu’il semble qu’il en soit de même pour l’art. La théorie la plus probable est que l’art se développe parallèlement mais indépendamment, est-il dit dans l’article par un scientifique  qui n’a pas participé à l’étude des grottes de Bornéo. « Peut-être que l’art était dans le » panier culturel « de tous les groupes humains, mais ils ne l’ont utilisé et développé que dans certaines conditions, quand ils devaient traiter certains problèmes », dit-il. « L’art a servi d’outil pour gérer une population, que ce soit pour soutenir un système de croyances ou pour apprendre aux jeunes à chasser. » Penser ce développement simultané et cet appel à l’art est très important pour comprendre le devenir de notre espèce, une autre mondialisation qui est en train de naître sous nos yeux. Quand je désespère de la bêtise humaine, je me dis qu’il y a au fond de nous un espèce de programme (ce qu’envisageait déjà Chomsky) qui nous oblige à nous dépasser. L’art, ce que parfois on considère comme inutile dans le capitalisme ou que l’on marchandise est la clé d’autre chose, de très matériel, qu’il nous faut comprendre. C’est ce que j’aime dans certaines civilisations, le messianisme russe, son besoin de poésie, un lien immémoriel à l’Histoire chez les Chinois, un besoin de comprendre… En fait, c’est cet aspiration à la compréhension d’un destin collectif humain qui me fait rester communiste.  (note et traduction de Danielle Bleitrach)

    Les images de bovins sauvages et de pochoirs à la main découverts dans une grotte isolée de Bornéo datent maintenant de 40 000 à 52 000 ans, ce qui en fait les exemples les plus anciens d’art figuratif, ont rapporté mercredi des archéologues dans Nature.

    L’Europe occidentale est généralement considérée comme le berceau de l’art préhistorique, grâce aux peintures et figurines spectaculaires trouvées dans les grottes de l’âge de pierre en France et en Allemagne. Mais il semble que les habitants de l’Asie du Sud-Est aient proposé des idées étonnamment similaires avant leurs frères européens, ont rapporté des chercheurs

    L’étude aide à rééquilibrer l’opinion euro-centrée pour déterminer où se sont déroulées ces étapes de notre évolution. Cela pose également la question de savoir comment et pourquoi l’une des caractéristiques que nous considérons comme uniques à l’être humain, l’art figuratif, n’apparaît apparemment pas une fois mais deux fois, aux extrémités opposées de ce qui était alors le monde habité.

    Bantengs et cochons

    Les chercheurs ont marché péniblement  pendant des semaines dans la jungle du Kalimantan oriental, une province du Bornéo indonésien, pour étudier des peintures préhistoriques réalisées dans les grottes calcaires de la région. Des milliers d’images, réparties sur au moins 52 sites, ont été recensées depuis les années 1990, mais n’avaient pas encore été datées avec précision.

    En fait, les images, faites avec de l’ocre rouge, ne peuvent pas être datées, explique Maxime Aubert, archéologue à la Griffith University, dans le Queensland, en Australie. Ce que les chercheurs peuvent faire, c’est dater les spéléothèmes, les dépôts de carbonate de calcium laissés par de l’eau qui s’égoutte sur les murs de la grotte pendant des milliers d’années.

    Dans des cas chanceux, ces accrétions recouvraient des parties d’un tableau, ce qui nous donnait un âge minimum pour l’image ci-dessous. Dans d’autres cas, les artistes préhistoriques ont eu la gentillesse de peindre un spéléothème, nous permettant ainsi de glaner un âge maximum pour leur travail, dit Aubert.

    Des échantillons prélevés dans la grotte Lubang Jeriji Saleh ont montré qu’une image d’un animal, probablement un banteng – une espèce de bétail sauvage vivant encore à Bornéo – devait avoir été créée il y a 40 000 ans. Inversement, un pochoir orange-rougeâtre d’une main humaine avait un âge maximum de 51 800 ans, ce qui donnait aux chercheurs leur plage de dates pour la naissance de l’art figuratif.

    Les premières peintures rupestres découvertes en Europe – les scènes de masse de lions, de chevaux et d’autres animaux dans la grotte de Chauvet en France – ont été datées il y a environ 30 000 à 33 000 ans. Mais il y a aussi les figurines en ivoire exquises découvertes dans des grottes allemandes, telles que la Vénus de Hohle Fels et l’ Homme-Lion de Stadel, qui datent d’environ 35 000 à 40 000 ans.

    Les chercheurs notent que l’objectif de la nouvelle étude n’était pas de lancer un concours sur les exemples les plus anciens d’art humain identifiable. Leur principal argument est que ce comportement n’a apparemment pas émergé dans une seule région – l’Europe – puis s’est étendu lentement.

    «Il semble maintenant que deux des premières provinces consacrées à l’art rupestre soient apparues à la même époque dans des régions reculées de l’Eurasie paléolithique: une en Europe et une en Indonésie», déclare Adam Brumm, un autre archéologue de la Griffith University ayant participé à l’étude.

    Théoriquement, il est possible que l’art figuratif soit apparu une seule fois, beaucoup plus tôt que nous le pensons, pour ensuite s’étendre à ces deux domaines. Mais aucune preuve de cela n’a été trouvée jusqu’à présent.

      Le Plus ancien art rupestre figuratif connu découvert à Bornéo –

    L’art rupestre figuratif connu le plus ancien découvert à BornéoYoutube

    Alors, quelle aurait été l’impulsion derrière l’acquisition quasi simultanée d’une compétence avancée dans des endroits complètement différents, par des peuples différents?

    «Une possibilité est que, dans un premier temps, les deux régions aient été habitées par de petits groupes puis, en raison de conditions favorables, la population ait augmenté et, avec des nombres plus importants, une plus grande complexité sociale et la possibilité de nouvelles formes d’expression», suggère Aubert, le Griffith. archéologue qui est le chercheur principal de l’étude Nature. «Une autre hypothèse serait l’arrivée d’une nouvelle population» (qui possédait les compétences).

    Cette dernière idée est certainement une possibilité si nous considérons l’essor de la culture aurignacienne. C’est ce que les archéologues appellent le plus ancien peuple de peinture rupestre d’Europe occidentale.

    L’année dernière, des chercheurs israéliens ont rapporté que les Aurignaciens avaient peut-être développé une culture antérieure, l’Ahmarian, qui était originaire du Moyen-Orient et s’était répandue vers l’Europe il y a environ 45 000 ans.

    Mais nous ne pouvons pas dire si la migration de masse, en provenance du Moyen-Orient ou d’ailleurs, a également créé une avant-garde artistique à Bornéo. C’est parce que les sites sont si reculés qu’ils n’ont jamais fait l’objet de fouilles systématiques, explique Aubert, ajoutant qu’il espérait commencer une fouille appropriée dans l’une des grottes l’année prochaine.

    Nous pouvons toutefois être raisonnablement certains que l’art rupestre de Bornéo a été réalisé par Homo sapiens plutôt que par d’autres homininés, dit-il. D’une part, aucun autre homininé n’a été démontré pour produire de l’art figuratif. Mais surtout, un crâne humain moderne datant d’il y a 40 000 ans a été retrouvé dans les années 1950 dans une grotte du Sarawak, du côté malaisien de l’île, explique Aubert. Il n’y avait pas d’art dans cette grotte, mais la découverte révèle au moins que nos ancêtres étaient dans le quartier pendant la période considérée, a expliqué l’archéologue.

    Kinez Riza / (kinez@myris.id)

    Période mauve

    Les archéologues soupçonnent également que les artistes préhistoriques de Bornéo n’ont pas hésité à explorer de nouvelles terres. Déjà en 2014, Aubert et ses collègues avaient publié une étude datée d’environ 35 000 ans qui présentait l’image d’un babirusa (également appelé cochon-chevreuil) découvert dans une grotte à Sulawesi, une île à l’est de Bornéo.

    «Nos recherches suggèrent que l’art rupestre s’est répandu de Bornéo à Sulawesi et à de nouveaux mondes au-delà de l’Eurasie, arrivant peut-être avec les premiers peuples occupés à coloniser l’Australie», explique Aubert.

    Les chercheurs ont également constaté que l’intrication artistique fantasmagorique de l’Europe et de l’Asie du Sud-Est n’était pas un événement ponctuel. L’équipe d’Aubert a identifié une deuxième vague de peintures dans les grottes de Bornéo, qui a débuté il y a environ 20 000 ans, au plus fort de la dernière période glaciaire.

    Dans cette phase, caractérisée par des dessins de couleur pourpre, le motif du pochoir à la main se poursuit, bien que maintenant ces images soient souvent regroupées comme pour former des arbres, suggérant peut-être des liens familiaux entre les membres du groupe, explique Aubert.

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    Plus important encore, dans cette «période pourpre», les images d’animaux cèdent la place à des représentations humaines: des personnages bâtons coiffés de coiffes élaborées se livrant à la chasse, à la danse ou à d’autres activités.

    «Ce passage de la représentation du monde animal à la représentation du monde humain se produit à peu près au même moment en Europe», explique Aubert. «Nous commençons donc définitivement à voir un modèle commun ici. Je ne sais pas si c’est le cours naturel du symbolisme humain ou une coïncidence, ou si, encore une fois, l’environnement était favorable à la vie humaine et a conduit à une augmentation de la population et à de nouvelles idées. « 

    Durant la période glaciaire, lorsque le niveau de la mer était plus bas, Bornéo n’était pas une île comme c’est le cas aujourd’hui. C’était la pointe sud-est du continent asiatique. Sur le plan technique, il aurait pu y avoir un contact entre les deux côtés de l’Eurasie, explique Omry Barzilai, archéologue à l’Autorité des antiquités israéliennes et l’un des chercheurs à l’origine de l’étude de l’an dernier sur les origines de la culture aurignacienne.

    Mais pour le prouver, il faudrait trouver des grottes peintes quelque part entre l’Europe et l’Indonésie datant de la même période, dit-il. Comme cela n’est pas arrivé, la théorie la plus probable est que l’art se développe parallèlement mais indépendamment, conclut Barzilai, qui n’a pas participé à l’étude des grottes de Bornéo. « Peut-être que l’art était dans le » panier culturel « de tous les groupes humains, mais ils ne l’ont utilisé et développé que dans certaines conditions, quand ils devaient traiter certains problèmes », dit-il. « L’art a servi d’outil pour gérer une population, que ce soit pour soutenir un système de croyances ou pour apprendre aux jeunes à chasser. »

    Enquêter plus en profondeur sur les premiers habitants de Bornéo, et vérifier notamment s’il existait une utilisation antérieure d’ocres ou de coquillages sur l’île, pourrait aider à confirmer si l’art figuratif est vraiment un produit développé indépendamment dans cette région, suggère Barzilai.

    Qu’est ce que l’art?

    Des questions sur pourquoi et comment nos ancêtres ont commencé à faire de l’art le cœur d’un débat plus vaste sur le développement de la pensée symbolique, sur la capacité humaine unique de saisir et de transmettre une signification complexe à l’aide de sons ou d’images conventionnels.

    Pindi Setiawan / (pindisp @ yahoo

    En d’autres termes, la question est la suivante: comment sommes-nous devenus humains et quand est-ce arrivé?

    Notez que les archéologues travaillant à Bornéo ont peut-être identifié l’art figuratif le plus ancien, mais certains chercheurs pensent que les humains sont devenus cognitivement capables de produire des symboles abstraits beaucoup plus tôt.

    Il y a un demi-million d’années, quelqu’un – il semble que ce soit l’ Homo erectus – gravait des coquilles, a été retrouvé sur l’île indonésienne de Java. C’est la plus ancienne décoration connue.

    Indiquant en outre que l’ Homo sapiens n’a peut-être pas été le seul hominien capable de fabriquer de l’art, des pochoirs à la main et des formes abstraites dessinés dans des grottes en Espagne et au Portugal il y a 66 000 à 64 000 ans, ont été attribués à l’homme de Néandertal, bien qu’une autre théorie dessiné par les premiers habitants de Sapiens en Europe.

    En septembre, les archéologues ont affirmé que les lignes croisées d’ocre rouge, ressemblant à un hashtagtracées il y a 73 000 ans sur une pierre de la grotte de Blombos, en Afrique du Sud, étaient le premier exemple d’art symbolique jamais découvert par Homo sapiens.

    Cependant, les chercheurs s’interrogent farouchement sur le point de savoir si ces lignes, hashtags et croix primitifs représentent un art réel, et des marqueurs de la pensée symbolique, ou tout simplement un griffonnage aléatoire.

    Pindi Setiawan / (pindisp @ yahoo

    Aubert, pour sa part, est sceptique quant à ces supposés premiers exemples de pensée symbolique.

    « Nous avons donc quelque chose qui ressemble à un hashtag, mais la question est de savoir si cela a été fait intentionnellement, pour transmettre un certain sens, et il est impossible de répondre à cette question, nous ne pouvons donc pas prouver que c’était le début de l’art », il dit. « Pour autant que nous sachions, ils étaient juste en train d’aiguiser l’ocre sur une pierre puis de l’utiliser comme insectifuge. »

    Les premiers exemples de soi-disant symbolisme tendent à être peu nombreux et distants, note Barzilai, l’archéologue israélien.

    «Si vous trouvez 50 grottes avec les mêmes gravures ou peintures, alors c’est quelque chose de systématique, c’est un phénomène qui avait une signification sociale et une fonction», dit Barzilai. « Mais les Blombos sont isolés, ils sont quelque chose d’individuel, d’isolé, et je ne les considérerais pas comme de l’art. »

     

    Une lettre manuscrite d’Albert Einstein sur Dieu bientôt mise aux enchères à New York

    Dans cette lettre datée de 1954 et adressée au philosophe Eric Gutkind, le physicien réfute toute croyance religieuse, pas plus le judaïsme que toutes les autres. Ce qui ne l’empêche pas (à l’inverse de ce cancre de Shlomo Sand) de reconnaître fièrement appartenir au peuple juif sans accorder le moindre privilège, moral ou intellectuel au dit  peuple, dont la seule qualité à ses yeux et aux miens ayant été d’avoir été systématiquement écarté du pouvoir depuis des millénaires ce qui évite les armées et les frontières, c’est même pour moi une curiosité sociologique (pour Staline aussi) est-ce qu’un peuple peut subsister sans rapport à la terre, sans paysannerie ? sans Etat, ou embryon d’Etat, par la seule force d’un mythe fondateur, des rites familiaux encore plus que religieux, toutes questions intéressantes dans le cadre actuel de la mondialisation à sa nouvelle phase et le passage du rural à l’urbain, le tout sous l’influence grandissante d’un pays comme la Chine, c’est ça qui m’intéresse et que je trouve dénaturé par l’enfermement israélien et le mythe des origines transformé abusivement en avenir. Parce que l’on ne peut pas dire que l’accès au pouvoir d’une partie des juifs ait témoigné d’une quelconque aptitude à se distinguer en bien de l’humanité, c’est d’ailleurs ce qu’Einstein a dénoncé très tôt en parlant du fascisme juif d’un Begin. Ce qui ne rend pas moins l’antisémitisme y compris celui d’un Shlomo Sand insupportable de bêtise. Bref je partage totalement ces propos à défaut hélas de partager son génie (note de Danielle Bleitrach)

    Albert Einstein lors d\'une conférence à Princeton (Etats-Unis), le 14 février 1950.
    Albert Einstein lors d’une conférence à Princeton (Etats-Unis), le 14 février 1950. (AFP)

    Une lettre manuscrite d’Albert Einstein touchant à sa conception de Dieu, de la religion et du sens de la vie va être mise aux enchères à New York début décembre, pour un montant estimé entre 1 et 1,5 million de dollars, a indiqué la maison Christie’s. La lettre est écrite en allemand à l’adresse du philosophe Eric Gutkind, le plus grand physicien du XXe siècle, qui était d’origine juive et avait fui l’Allemagne à l’avènement d’Hitler.

    Albert Einstein réfute au fil des lignes toute croyance religieuse : « Le mot Dieu n’est pour moi rien d’autre que l’expression et le produit des faiblesses humaines, et la Bible un recueil de légendes vénérables mais malgré tout assez primitives. » Datée de 1954, la lettre a été rédigée depuis l’université de Princeton, dans le New Jersey, un an avant la mort du chercheur en avril 1955.

    « L’incarnation d’une superstition primitive »

    « Aucune interprétation, aussi subtile soit-elle, n’y changera rien [pour moi]« , ajoute-t-il dans cette missive d’une page et demie au philosophe allemand. La dernière vente de cette lettre remonte à 2008, lorsqu’elle avait été adjugée à un collectionneur privé pour 404 000 dollars, a précisé Christie’s. « C’est l’une des déclarations les plus catégoriques dans le débat sciences contre religion », a indiqué Peter Klarnet, spécialiste des livres et manuscrits chez Christie’s.

    Pour moi la religion juive est, comme toutes les autres religions, l’incarnation d’une superstition primitive. Albert Einstein

    Dans sa lettre, l’auteur de la théorie de la relativité, décédé à 76 ans, n’épargne pas le judaïsme. « Et le peuple juif auquel j’appartiens fièrement, et dont je me sens profondément ancré à la mentalité, n’a pas pour autant une forme de dignité différente des autres peuples. (…) Au vu de mon expérience, ils ne sont pas meilleurs que les autres groupes humains, même s’ils sont protégés des pires excès par leur manque de pouvoir. Sinon je ne perçois rien d »élu’ chez eux. »

    Certaines lettres d’Einstein ont pris de la valeur ces dernières années. En octobre 2017, une notre manuscrite du physicien sur le secret du bonheur avait été adjugée à Jérusalem pour 1,56 million de dollars, alors qu’elle était initialement estimée entre 5 000 et 8 000 dollars.

     

    Ne fais pas attention à moi, je viens d’une autre planète…

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    « Ne fais pas attention à moi.
    Je viens d’une autre planète.
    Je vois toujours des horizons où tu dessines des frontières »
    …………………………………………………..
    « Est-ce que les verbes peuvent s’inventer? Je veux t’en dire un : je te ciel, et ainsi mes ailes s’étirent, énormes, pour t’aimer sans limites.  »
    Frida Kahlo

     

    Cannibalisme comme homonyme de mode d’être capitaliste

    Résultat de recherche d'images pour "cannibalisme Goya"

    j’ai été alertée par différents textes du leader du parti communiste de la fédération de Russie, Ziouganov, qui certes a parfois des expressions déroutantes, mais qui s’obstinait à baptiser les récentes « réformes » visant à augmenter l’âge avant le départ à la retraite, de réformes « cannibales »…

    Puis il y a eu ce texte de Joseph Staline sur l’antisémitisme qui disait: « le chauvinisme national et racial est un vestige des habitudes misanthropiques, caractéristiques de la période de cannibalisme. L’antisémitisme, en tant que forme extrême de chauvinisme racial, est le vestige le plus dangereux du cannibalisme »

    En fait, j’avais déjà remarqué cela dans la manière dont les Russes parlaient de l’Union soviétique, c’est une civilisation qu’ils regrettent… Ils font peu référence aux rapports de production et beaucoup à des traits quasi anthropologiques plus encore que nationaux.

    Alors que je ne comprenais pas la référence à une réforme cannibale alors qu’il était clair que cela signifiait qu’elle dévorait de la vie humaine, la référence de Staline m’est apparue plus claire, il s’agissait de dénoncer une étape antérieure d’inhumanité comparable à celle que l’on attribue à des peuples archaïques, un état aliéné de la conscience autant que des conditions matérielles qui conduisent à pareille extrémité.

    Ceux qui parlent russe devraient bien m’aider à voir si mon interprétation a un sens. Et en l’occurrence si Ziouganov reprend une vieille expression soviétique? Si celle-ci a toujours cours et pour désigner quoi?

    Danielle Bleitrach