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Archives de Catégorie: communiste mode d’emploi

Le gouvernement chinois se prépare à célébrer la fin de la pauvreté en 2020

La Chine a sauvé plus de 850 millions de personnes de la pauvreté depuis le début des réformes économiques en 1978, selon la Banque mondiale. C’est plus que l’ensemble de la population d’Amérique latine et cela est la donnée essentielle qui explique l’évolution mondiale. L’article porte sur le défi lancé en 2015, la Chine qui jusqu’ici a rempli tous ses objectifs aura résorbé toute la misère de sa population. Il ne s’agit même pas des taux de la banque mondiale à 1,90 dollar par jour mais à 5,50. Cet article brésilien permet de concrétiser ce que dit Xi Jinping sur le fait pour le parti communiste chinois qui dirige la République populaire de Chine de ne jamais oublier le but réel du parti (note et traduction de Danielle Bleitrach).

Faire des prédictions est certes une tâche risquée. Mais dans ce cas, il est possible d’oser: d’ici 2020, la Chine prétend mettre fin à la pauvreté dans le pays, elle  atteindra alors l’objectif adopté en 2015. Même si certains questionnent les critères et les données, le chemin du pays vers une « société modérément prospère » est spectaculaire, c’est le but chinois du moment.

La Chine a sauvé plus de 850 millions de personnes de la pauvreté depuis le début des réformes économiques en 1978, selon la Banque mondiale. C’est plus que l’ensemble de la population d’Amérique latine.

En plus de suivre le seuil de pauvreté international (1,90 $ par jour et par personne), la Banque mondiale a commencé en 2017 à mesurer le revenu dans deux autres fourchettes – jusqu’à 3,20 $ et jusqu’à 5 $,50.

La Chine comptait 10 millions de personnes sous le seuil de pauvreté international en 2015, selon la Banque. Coïncidence, le Brésil (en 2017) avait également ses 10 millions d’habitants vivant avec 1,90 $ par jour. La différence est qu’en Chine ce nombre correspond à 0,7% de la population et au Brésil, 4,8%.

Le défi pour la Chine a été de faire progresser 373 millions de personnes vivant avec  5,50 $ par jour (2015). C’est beaucoup, mais les progrès sont indéniables: en 1981, 98,3% de la population chinoise vivait avec moins que cela, et en 2015, 27,2%.

Le monde est fier des progrès accomplis dans la lutte contre la pauvreté, l’ONU a annoncé la réussite de l’objectif du Millénaire pour le développement dans ce domaine. Mais les données globales masquent le fait qu’il s’agit d’un phénomène principalement chinois. La Chine représente à elle seule plus de 70% de la réduction de la pauvreté dans le monde depuis les années 80.

La croissance économique était le grand remède anti-pauvreté en Chine. Deng Xiaoping s’est fixé pour objectif de quadrupler, d’ici 2000, le PIB chinois et le PIB par habitant de la Chine en 1980. Comme l’a dit l’économiste, Deng s’est avéré d’une exactitude spectaculaire. En 1995, le PIB avait quadruplé en termes réels, et en 1997, le PIB par habitant également. De nouveaux objectifs de croissance ont été annoncés et atteints. La croissance n’explique pas tout, mais sans elle, il n’y a pas d’espoir.

La croissance n’est pas non plus exempte de problèmes: la dégradation de l’environnement, les inégalités et la corruption sont des effets secondaires que le pays a aujourd’hui du mal à combattre. La Chine parle de plus en plus de la qualité plutôt que de la vitesse de croissance – d’autant plus qu’il est impossible de maintenir les taux antérieurs.

Le gouvernement chinois adopte un critère différent pour mesurer la pauvreté, qui s’avère plus strict que la norme internationale. Selon le gouvernement, fin 2018, il y avait encore 16,6 millions de personnes dans cette condition (plus de 10 millions par le dirigeant de la Banque mondiale en 2015). Certains experts estiment que pour lever la dernière vague de pauvreté, la Chine devrait croître d’au moins 6,2% en 2019 et 2020, ce qui pourrait être trop ambitieux dans les circonstances actuelles.

En 2019, la lutte contre la pauvreté a valu le prix Nobel d’économie à trois universitaires du sujet. À l’époque, la presse chinoise a publié un article qui disait alors que la Chine méritait vraiment le Nobel – parce que cela était devenu une réalité dans la pratique. Certes, le monde n’est pas disposé à encenser tout ce que le gouvernement chinois considère comme une réussite, mais dans la lutte contre la pauvreté, la Chine est probablement imbattable. À la fin de 2020, vous pouvez l’écrire, il y aura des célébrations. En plus de lutter contre la pauvreté, l’annonce de l’atteinte des objectifs est une spécialité locale.

Publié à l’origine dans Folha de S.Paulo

 

Xi Jinping a appelé à rester fidèle à la mission fondamentale du Parti communiste chinois

Nous avons déjà parlé ici à plusieurs reprises de la campagne qui se déroule en Chine concernant l’importance du parti communiste, ses orientations marxistes, sa voie originale mais qui ne doit jamais oublier qu’il a pour but le communisme, l’émancipation et le droit de chacun à la paix et à une société de moyenne aisance (note et traduction de Danielle Bleitrach pour histoire et société).

10 janvier 2020 10:30

Xi Jinping appelé à rester fidèle à la mission fondamentale du PCC

Secrétaire général du Comité central du PCC, président de la RPC Xi Jinping

Une réunion s’est tenue à Pékin, consacrée au bilan les résultats de la campagne éducative interne du parti «Restez fidèle à l’objectif initial et n’oubliez pas votre mission une seule minute». Le secrétaire général du Comité central du PCC, le président de la RPC et du Conseil militaire central Xi Jinping a assisté à la réunion et a prononcé un discours important, a rapporté Xinhua.

Xi Jinping, en tant que secrétaire général du Comité central du PCC, a appelé à poursuivre les efforts pour garantir que le parti tout entier reste fidèle à son objectif initial et n’oublie pas sa mission même pendant une minute. Xi Jinping, qui est également le président de la RPC et le président du Conseil militaire central, a fait cette déclaration lors d’une réunion consacrée à faire le bilan de la campagne éducative dans l’esprit de « rester fidèle à notre objectif initial et de ne pas oublier notre mission même pendant une minute ».

Selon Xi Jinping, le parti doit toujours se souvenir de son objectif et de sa mission d’origine afin de répondre aux exigences du peuple et de recevoir son soutien.

« Nous devons résolument éliminer tout ce qui affaiblit la nature progressiste du parti et dénigre sa pureté, ainsi que nous débarrasser de tout cancer qui porterait atteinte à la santé du parti », a déclaré Xi Jinping. Il a ajouté que le parti doit affronter fermement tous les dangers qui vont à l’encontre de son objectif et de sa mission d’origine ou sapent les fondements du parti.

Xi Jinping a exhorté l’ensemble du parti à prendre cette campagne comme nouveau point de départ et à continuer d’approfondir la réforme interne du parti, ainsi qu’à continuer de diriger le parti afin qu’il reste fidèle à son objectif initial et n’oublie pas sa mission ne serait-ce que pendant une minute.

 

Si des journalistes des médias tentaient de me piéger… sur le communisme

L’auteur de la photo est Evgueni Khaldei,  celui qui a fait la photo de la prise du palais du Reichstag

Dans le cadre de ma chronique communiste mode d’emploi… « Si j’étais secrétaire national du PCF »

Si des journalistes des médias tentaient de me piéger sur « l’échec du communisme », et que je sois en position de prendre quelques décisions importantes, voici ce que je répondrais:

Je pense ne pas avoir la même opinion que vous sur cette question, mais je crois que nous n’avons pas le temps de l’aborder aussi complètement que nous le souhaiterions vous et moi alors je vous propose de retourner à l’ordre du jour, l’actualité politique en France et dans le monde. Mais comme je ne veux pas totalement me dérober à votre question importante, je laisse à votre sagacité deux faits et je vous annonce un événement:

Le premier fait est que vous n’ignorez pas que 70% des Russes regrettent l’URSS. Cela n’est pas niable même si nous n’avons pas le temps d’épiloguer sur l’interprétation d’une telle opinion.

Le deuxième fait est que je vous demande à vous et aux téléspectateurs de vous interroger sur le gain qu’a été pour la paix dans le monde aussi bien que pour le statut des travailleurs la fin de l’URSS et du socialisme européen, la capitalisme ne se croit-il pas tout permis? Et la remarque vaut encore plus pour l’affaiblissement du PCF.

Mais pour répondre à toutes ces questions je vous annonce qu’au sein du PCF nous avons décidé de lancer un grand débat sur l’apport et sur les échecs du communisme. Il est temps plus de 20 ans après la chute de l’URSS, la montée en puissance de la Chine que les communistes français aillent au fond de l’analyse, sans complaisance mais du point de vue qui est le leur.

Maintenant je vous propose que nous abordions l’ordre du jour, je n’interviendrai plus sur le sujet.

Danielle Bleitrach

 

J’accuse: Toujours à propos du vent de liberté qui souffla sur l’URSS

Description de cette image, également commentée ci-après

Phtographie: quand Elstine en 1993 fit tirer sur la douma et massacrer les députés révoltés, incendier le bâtiment, pendant qu’en Occident on taisait ce qui se passait

Sur une ligne de discussion sur un réseau social, un camarade m’interpelle :

  • tu ne peux pas nier que les peuples ont vécu la chute du mur de Berlin comme un vent de liberté même si ce fut une illusion…
  • tu as  d’autant plus raison, que je n’ai jamais dit cela. Si tu as l’occasion de lire mes mémoires malgré la censure qu’organise la presse dite communiste et les liquidateurs encore à l’oeuvre dans notre parti (1), mémoires  dans lesquelles je raconte comment envoyée par le parti je me suis trouvée dans divers lieux (à Malte, en Hongrie,etc..) où paraissait souffler ce vent de liberté, je témoigne du fait que jamais ces peuples qui se sont incontestablement engouffré dans le « gorbatchévisme » croyaient à la fin du socialisme… Il pensaient avoir le socialisme au couleur de la Pologne, de la Hongrie,etc… Avoir leur mot à dire face à des bureaucrates, voyager, il n’y aurait plus de censure…

En Russie, ce fut pareil mais aussi un peu  différent… Il y eut un référendum en 1991, partout ils  ont voté pour le maintien du socialisme et de l’URSS, sauf les pays baltes. Mais peu de temps après,  trois « ivrognes, les responsables du parti communiste de la fédération de Russie, de l’ukraine et de la Biolorussie décidèrent la fin de l’URSS après une nuit arrosée, le premier à qui ils téléphonèrent pour dire « c’est fait! » fut le président des USA et le second celui du Kazakhstan… Encore aujourd’hui en Russie, le caractère profondément illégal de la fin de l’URSS est dénoncé.(2)

Il y eut partout des révoltes des morts que l’on nous cacha soigneusement en occident, y compris les mille morts quand Elstine fit tirer au canon en 1993 sur la Douma.

Cet épisode avait été précédé par un processus de dislocation venu du sommet mais qui prétendait répondre à des problèmes réels qui se posaient en Union soviétique, de cela aussi je parle.  la désorganisation avait été créée au plus haut niveau pour mieux livrer les ressources aux capitaux américains, toute l’organisation de la production, les relations entre secteurs avaient été bouleversées, l’ère Gorbatchev fut un gigantesque foutoirs où les unités de production, les Républiques durent survivre en créant les conditions d’une autarcie parfois… Chacun bricolait pour survivre dans cette désorganisation programmée, certains s’emparaient des unités de production, des terres… mais les Chinois font remonter l’erreur plus haut encore, dans les années autour de la fin de Staline quand il n’y eut pas de réformes nécessaires mais fuite en avant à la Khrouchtchev.

En 1991, après une brève période d’euphorie, tous ces malheureux virent fondre sur eux la politique de madame Thatcher, ce fut terrible au point que les Russes ne faisaient plus d’enfants.

Mêmes les Polonais d’où tout était parti s’obstinèrent à voter communiste, mais leurs communistes étaient devenus sociaux démocrates et privatisèrent à tour de bras.

Parce que le vrai problème de l’URSS et des pays socialistes dont il faudra bien parler un jour même si les mêmes liquidateurs que ceux qui ont vendu l’URSS sont à la tête de l’humanité et s’apprêtent à organiser la plus ignoble des célébration du parti qui se puisse imaginer avec le lâche assentiment des communistes français, c’est que jamais les peuples n’ont voulu la fin du socialisme . Ils ont cru avoir un meilleur socialisme avec les conquis mais aussi la liberté, voir une possibilité d’autogestion. Avec les privatisation on leur a vendu des parts de leur entreprise, certain y ont cru, on les a dupé comme ceux qui ont pris la tête du parti vous ont dupé depuis plus de 25 ans.

Le vrai problème est qu’i n’avait plus d’organisation collective, plus de syndicat et le parti qui était censé les défendre était passé à l’ennemi… Ne croyez pas que les communistes français n’ont pas eu le même phénomène, regardez ce que sont devenus ceux qui nous ont dirigé, Robert Hue passé à Macron, MGB faisant campagne pour Mélenchon contre son propre parti et aujourd’hui les liquidateurs de l’humanité, les prévaricateurs trotskistes rassemblés autour de Pierre Laurent continuent leur destruction en prétendant coller à la nouvelle direction en s’étant emparé de l’humanité, des finances,  du secteur international… et des festivités autour de la célébration des 100 ans du parti.

Quand je dis que ce sont des trotskistes, croyez bien que je ne suis même pas « anti-trotskiste », ils ont eu des intellectuels intéressants, mais leur vrai problème est leur stratégie, l’entrisme, la manipulation et la dénonciation surtout de tous les socialismes existant en affirmant que tout n’a été que répression, dictature, et qu’eux seuls porteront le vrai communisme. Personne ne les croit et partout ils ne représentent plus que 1% des voix, nous y sommes et nous leur laissons le soin de diffuser seul marxisme encore toléré dans nos rangs ou alors c’est une pensée niaise et social démocrate, un vague humanisme de boy scouts alors que la situation se tend de plus en plus tant pour les couches populaires, qu’au plan international.

Sont-ils des traîtres, des vendus? Il y en a eu incontestablement, mais le phénomène est beaucoup plus complexe que ça. Dans toutes sociétés nous a expliqué Marx, les idées dominantes sont celles de la classe dominante et il est difficile d’y résister. Si il y a eu besoin d’organisation et d’un parti communiste c’est non seulement pour conquérir des droits, mais aussi pour résister au plan « spirituel » aux idées reçues, à ce qui parait logique, par exemple qu’il y a eu toujours des riches et des pauvres ou que le communisme est une belle idée mais qu’il a échoué partout… Plus le parti s’affaiblit, plus les idées dominantes y reprennent de la force et les faits mille fois interprétés deviennent des évidences. Nous avons subi cela et c’est ce que je montre dans mes mémoires. je ne règle pas de compte, mais rend hommage à la plupart, beaucoup se sont débattus pour trouver une issue et les choix se font parfois différents en ayant des analyses proches.

mais rien ne justifie la répression menée au sein du parti contre des communistes comme moi qui pensions autrement et souhaitions le dire. Rien si ce n’est que ceux qui agissaient ainsi étaient à leur manière des combattants de l’adversaire. Rien ne justifie qu’un dirigeant de l’humanité toujours en place et continuant à exercer la censure soutienne Robert ménard contre fidel castro dans sa résistance héroïque.Cela a eu lieu et n’a toujours pas reçu explication, ni autocritique.Et depuis plus de 20 ans au plan international, les communistes ont été plus moins embarqués dans la politique de la CIA. cette forfaiture, c’est le mot qui convient, a été dépassée aujourd’hui avec la condamnation du meurtre du dirigeant iranien.

Je n’ai jamais vu pareille errance de la part de nos camarades russes, ni les Cubains, ni les Portuguais, ni les Grecs… Et nous continuons à ignorer le dialogue avec eux.

Etait-il juste d’ignorer leurs combats, leur résistance, d’en faire des caricatures « staliniennes »? Il sont restés la principale force d’opposition et encore aujourd’hui mènent des combats exemplaires dont nous ignorons tout parce que notre presse raconte n’importe quoi.Nous qui avons tant reçu y compris sur le plan financier de la part des soviétiques devons-nous abandonner les amis dans le malheur , voilà la honte de ce parti à mes yeux…

Cette tragique histoire mérite de la part d’un dirigeant dans lequel nous avons placé notre dernier espoir autre chose qu’une appréciation que certains accablés eurent il y a trente ans devant l’événement. Si un instant ils baissèrent les bras, toute leur vie mérite meilleure appréciation. Un peu de réflexion s’impose ou alors cela veut dire que les liquidateurs, les négationnistes de notre histoire ont gagné parce qu’on va leur laisser notre mémoire et avec elle notre capacité de lutte. Sous cette double influence « théorique », en ayant toujours pas la moindre stratégie pour construire le socialisme au couleur de la France, simplement un kit de survie électoraliste, nous sommes condamnés à disparaître quel que soit le dévouement de nos militants et d’un part de nos dirigeants.

Fort heureusement partout dans le monde, les communistes ne sont pas tombé au niveau idéologique qui est le nôtre. Quelquefois c’est pire, mais le plus souvent sous l’influence des luttes actuelles contre le néo-libéralisme et la contre-révolution que vit le monde, partout on voit resurgir des partis que l’on croyait éteints, la plupart sont à l’aise dans ces luttes… D’autres partis ont poursuivi la réflexion, le parti communiste chinois a consacré d’importants moyens à l’analyse de ce qui s’est passé en URSS, des travaux ont été publiés, traduits en russe, les archives russes elles-mêmes ont commencé à être exploitées et c’est infiniment plus intéressants que les stupidités anti-communistes et indigentes qui font les beaux jours de l’humanité et d’autres publications.

IL EST CERTES DIFFICILE POUR UN DIRIGEANT COMMUNISTE FRANCAIS DE REMONTER LE COURANT ANTI-SOVIETIQUE CREE DEPUIS PLUS DE 20 ANS DANS UN DEBAT SUR L’ACTUALITE, MAIS IL Y A UNE IDEE SIMPLE : QU’EST-CE QUE NOUS FRANCAIS, QU’EST-CE QUE LES PEUPLES DU MONDE ONT GAGNE A LA CHUTE DE L’URSS, A L’AFFAIBLISSEMENT DES COMMUNISTES? LE CAPITALISME SE CROIT TOUT PERMIS.

Alors quand il est question de la célébration des 100 ans du parti on peut peut-être avoir d’autres ambitions politiques et théoriques que dans un débat à la télé?

Parce qu’il reste une vraie question à laquelle je ne me déroberais pas: dans un parti déjà affaibli, est-ce qu’il ne vaut pas mieux tenter de recréer l’unité et éviter la scission de gens qui bien qu’ayant porté une ligne désastreuse seraient prêts à travailler collectivement? Les communistes ne le souhaitent pas.. et ça a plus ou moins été le sens du 38 ème congrès: changer d’équipe dirigeante, de ligne, affirmer le rôle du parti, ne plus le soumettre à la social démocratie, mais sans pour autant exclure ceux qui pensent différemment. Nul ne remet en cause ce mandat, mais quand loin de travailler ensemble, ceux qui représentent l’ancienne équipe prétendent eux exclure, censurer, continuer à manipuler l’histoire du parti, quand ce n’est pas marquer des buts contre leur propre camp, la question se pose à l’inverse. La Célébration des cent ans du parti je l’affirme va être telle qu’elle se met en place par cette équipe de censeurs une insulte à la mémoire de notre parti et de l’histoire des communistes.

Je suis peut-être la seule à pouvoir vous dire cela parce que j’ai vécu tout cela, parce qu’à la chute de l’URSS j’ai fait le tour de la planète, parce que je ne me suis pas contenté de suivre ce qui se disait sur Tintin au pays des soviets, mais je suis allée à la rencontre des communistes partout, et parce que je n’ai rien à perdre, je n’ai ni poste, ni gloire à défendre, simplement ceux qui ont donné leur vie pour le communisme et dont je défend la mémoire. Maintenant ne croyez pas qu’il y ait dans ce que je vous dis tristesse, amertume, déception… Au contraire, j’ai plus de joie et d’enthousiasme que les gens de mon âge en ont, mais je suis un peu dans l’esprit de Marx quand il a vigoureusement dénoncé quelques turpitudes dans l’internationale,il se contente d’affirmer : « j’ai dit maintenant me voilà soulagé, vous vous en faites un peu ce que vous voulez! » la phrase est dites de mémoire mais le sens est là… et l’humour aussi…

Danielle Bleitrach

(1) Danielle Bleitrach. le temps retrouvé d’une communiste, mémoires, Delga, 2019 Il y a aussi tous les livres écrits sur Cuba, l’Amérique latine, celui avec Marianne Dulop, URSS, vingt ans après retour de l’Ukraine en guerre, Delga, 2015, le travail de ce blog qui est lu par entre 5000 et 67.000 lecteurs journaliers… Ce qui fait que malgré la censure ils ne peuvent pas tout à fait nous imposer le même silence que les médias bourgeois organisent autour de gens comme nous.

(2)Le 8 décembre, les dirigeants de la Russie, de l’Ukraine et de la Biélorussie se réunirent en secret à Belavejskaïa Pouchtcha, dans l’ouest de la Biélorussie, et signèrent les accords de Belaveja, proclamant la disparition de l’Union soviétique et annonçant la formation de la Communauté d’États indépendants (CEI) comme une association plus lâche à prendre sa place. Ils invitèrent également invité d’autres républiques à rejoindre la CEI. Gorbatchev le qualifia de coup d’État inconstitutionnel. Cependant, à ce moment-là comme le dit le préambule des Accords, « l’URSS, en tant que sujet de droit international et de réalité géopolitique, cesse d’exister ».

 

Pourquoi je ne me sens pas de subir les 100 ans du parti

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C’est sans doute parce que l’âge me rend impatiente, mais je suis souvent atterrée par le niveau des communistes, cela pèse sur l’état des couches populaires. Il est vrai que les luttes font monter le niveau des exigences, il n’empêche parfois je me demande pourquoi je m’obstine dans un parti où les conditions de la censure et de la diffamation que je subis n’ont pas évolué d’un iota. Je suis adhérente depuis 1956 et j’en ai été dirigeante, j’estimais avoir le droit de témoigner, je l’ai fait et tous ceux qui ont lu ce livre y ont vu une véritable ode à ses combats et à ses militants, mais aussi un bilan de ses difficultés dans des temps de contre-révolution. Il a été et continue à être frappé d’interdiction dans la presse du parti et quand on en parle c’est en laissant planer la rumeur sur le fait qu’il n’aurait aucun intérêt. C’est une campagne entre silence et ignominie dont j’ai l’habitude puisque voici vingt-cinq ans que cela dure. Parce que je me suis opposée à la liquidation du Congrès de Martigues, parce que j’ai défendu Cuba quand tous l’accablaient. Voilà mes crimes, si vous en trouvez un autre dites-le, en ce qui me concerne un « procès stalinien » serait un degré supérieur de démocratie puisque je saurais au moins ce dont on m’accuse. Je n’ai jamais utilisé le parti, je n’en ai jamais eu besoin ni dans ma carrière, ni financièrement à l’inverse de certains. S’il ne s’agissait que de ma gloire personnelle, je n’écrirais pas ces lignes.

On va fêter les 100 ans du parti, pour le moment c’est mal barré, en fait c’est parti comme la célébration de la Révolution soviétique, en 2017. Souvenez-vous un grand portrait de Trotski dans le hall de Fabien et dans l’Humanité l’omniprésence des dits trotskistes pour dire la haine de L’URSS… Le mensonge sur l’eurocommunisme avec le plumitif Gérard Streiff qui invente Marchais pour les besoins de Pierre Laurent qui veut le PGE, peut-être une source de revenus et de tourisme. Ils en sont là… alors…

Il y a eu le miracle du 38ème congrès, ce qui ne s’est jamais vu dans l’histoire du parti mais qui rappelle néanmoins l’acte fondateur de Maurice Thorez arrachant à une secte ce qui était né au Congrès de Tours. C’est une histoire honorable, le seul parti qui malgré les invites des derniers secrétaires n’a pas eu à changer de nom, il n’est pas devenu « commun », vulgaire, il est resté communiste.

Oui mais voilà ce « changement inouï » s’est fait au pris d’un compromis qui a laissé des bastions essentiels aux mains de certains et ils poursuivent leur entreprise, collent au nouveau puisqu’ils n’arrivent pas à détruire pour le tirer vers eux, ce sera je le crains en leurs mains le sens de la célébration des 100 ans.

Pour cela il faudra que l’on ignore et fasse silence sur mon témoignage… Je n’aurais pas survécu si je m’étais crue essentielle, mais je sais aussi que le combat mené contre moi et mes pareils est politique, je sais que la censure dont je suis victime est le signe de ce qu’ils feront de ces 100 ans. J’ai raconté dans mes mémoires les raisons de mon adhésion, j’étais une enfant gibier, traquée par les nazis, une petite juive et j’ai éprouvé une immense reconnaissance pour l’armée rouge et pour tous ces communistes qui dans le monde et en France acceptaient d’aller en camp de concentration à côté des miens alors qu’ils pouvaient y échapper… ce pacte-là demeure fondateur de ma vie et il me fait haïr tous les négationnismes, celui des antisémites mais aussi celui des anticommunistes et des anti-soviétiques. Je m’obstine alors que je devrais lâcher prise mais je ne peux trahir ceux à qui je dois ma vie et elle fut belle.

Ce livre fut un cri devant ce double négationnisme, devant cette image mensongère que l’on me renvoyait et croyez bien cette souffrance-là n’avait rien à voir avec les déplaisirs d’un auteur vexé.

Mon livre est lu, il a une vente plus qu’honorable malgré le silence, mais le triomphe de leur censure dit la célébration qui se prépare, elle va être pour moi une nouvelle torture inutile. Bien sûr il y aura quelques copains de la direction qui enverront un texte pour dire le plaisir pris à la lecture, je n’y crois même pas, ceux qui l’ont lu ce sont les militants, ceux du bureau exécutif à une exception près qui sait lire, ne l’ont pas ouvert, pas le temps n’est-ce pas…

Ce qui ne serait pas un drame si cela ne révélait pas la réalité de l’incurie et des préjugés les plus grossiers de toute la direction, le refus de savoir, le goût des stéréotypes.

D’un autre côté, il y a beaucoup de choses qui sont en train de changer, et cela va dans le bon sens alors je me dis que là est l’essentiel, qu’il est en train de naître une autre génération de militants plus combative, plus lucide… je fais le compte de tout ce qui a évolué depuis le 38ème congrès, c’est considérable, ne serait-ce que la dernière déclaration sur l’Iran, on n’avait plus vu ça depuis Robert Hue et son soutien de fait à l’invasion de la Yougoslavie, en fait nous avons derrière la social démocratie approuvé toutes les expéditions impérialistes qui n’avaient pas plus de justification que le dernier assassinat de Trump. Nous avons y compris à travers la kurdomania de Pierre Laurent approuvé l’intervention d’une coalition impérialiste en Syrie, comme nous avons approuvé l’invasion libyenne avec Sarkozy. Nous aurions dû savoir ce que valaient leur droits de l’hommisme, leurs méchants dictateurs, du pillage rien que du pillage. Alors cette déclaration contre ce que Trump accomplit en Irak est la première rupture avec les bonnes œuvres de la CIA.

Oui mais voilà celui qui a approuvé tout cela et plus encore a soutenu Robert Ménard contre Fidel Castro, ses complices de l’époque sont toujours à la tête de l’Humanité et ce sont eux qui exercent en toute impunité la censure, sont appelés à dire « le juste et le vrai » et ils n’ont pas changé, leur dieu c’est Tsipras et ils partagent dans le fond l’équivalence nazisme égale communisme au moins en ce qui concerne l’Union soviétique, une pure folie, un négationnisme absolu qui a vocation à nous faire accepter la guerre. Cette guerre dont l’idée et la peur me hantent parce que je ne vois pas d’autre issue pour le capital si nous ne nous battons pas… ils détruisent une planète qui crie grâce, pour la sauver il n’y a pas d’argent, pas plus que pour les travailleurs, les peuples sous développés, mais pour les armes il y en a… c’est dire les enjeux derrière une acceptation…

Il y a la combativité retrouvée, la présence du parti, l’aide apportée aux grévistes, les propositions… tout cela est inespéré… cela rompt avec les niaises querelles de sommet…

Aussi extraordinaire que cela puisse paraître j’ai confiance en l’avenir, parce que je vois ce qui est en train de monter partout, y compris en France, là où il y a un chemin il faut avancer… Oui mais l’idée de cette plongée dans cette année est comme franchir à la nage un égout et cet exploit sportif est au-delà de mes forces.

Les 75 ans du parti, je les ai passés au Bourget aux côtés d’Aragon qui avait alors l’âge que j’ai aujourd’hui et était lui aussi épuisé, déchiré… peut-être est-ce cela la vieillesse, voir interpréter ce que vous avez vécu, sali, manipulé et vous trop las pour parler… Peut-être la sagesse est-elle d’agir comme il l’a fait, s’enfermer et dire « mon dieu comme c’est long! »

Je n’ai pas la force, je vous en fait l’aveu, d’affronter ce que va être ce mensonge permanent de ceux à qui est confiée la célébration, des censeurs, des gens prêts à n’importe quoi, des spadassins de la censure pour que triomphe leur histoire, celle de la bourgeoisie estampillée par les communistes eux-mêmes. Je me dis qu’il y a fort heureusement d’autres partis, d’autres pays et qu’il me suffira d’ignorer l’horreur de cette célébration mensongère, je verrai.

Et puis, il suffit d’une phrase malvenue, de quelques imbéciles qui viennent donner des leçons d’humanisme en fait de crétinisme complice des pires crapules… Pour que je m’interroge : vais-je longtemps subir des gens qui ont les mœurs des « staliniens » qu’ils prétendent dénoncer? Des habitués de la censure, du  mensonge: on efface sur la photo celui qui gêne, s’ils en avaient eu le pouvoir ils m’auraient exécutée, ils m’ont battue, déchiré les vêtements, ils ont dit que j’étais folle parce que mon enfant était schizophrène et ils l’ont dit alors que je pleurais sa mort… ils ont fait tout cela et ce serait moi « la stalinienne »… oui ils ont les mœurs des « staliniens, ce qui leur manque c’est le courage… Il leur manque cette  force d’aller jusqu’à la mort pour lutter contre le nazisme, de se sacrifier pour un monde meilleur, et de crier « imbécile c’est pour toi que je meurs », eux ce sont les bureaucrates qui signent les ordres d’exécution parce qu’un plus haut placé qu’eux l’a voulu ainsi… ce sont des « salauds » au sens sartrien du terme, ceux qui agissent mal non par méchanceté mais pour leur confort. Leur confort aboutit à cette censure qu’ils exercent sur moi avec la complicité de tous, je dis bien de tous. Puisque c’est à ceux-là que vous confiez la célébration de ce pauvre parti?

Est-ce qu’il est possible de vaincre cela ou ce parti est-il condamné, les liquidateurs à l’œuvre depuis vingt ans l’emporteront-ils et à travers eux ce sera le triomphe du capital… Cet air de liberté, le libre renard dans le libre poulailler auquel ils aspirent … J’ai envie de prendre un peu de vacances… parce qu’il m’est trop difficile d’accepter tout cela alors même que je m’accuse d’impatience… parce que l’essentiel demeure le combat d’aujourd’hui, et j’irai manifester les 9 et 11 janvier, c’est même la seule chose qui me fasse tenir, ça et le refus de la guerre parce qu’il y a fidélité aux racines…

Je veux un peu de paix… et que l’on arrête de me torturer en trafiquant ma vie et ce qui a fondé mes engagements et que vous ne cessez de salir. Le mensonge érigé en position officielle, cela suffit, vous ne voulez pas de mon témoignage, libre à vous mais laissez moi au moins la paix. J’ai renoncé à tous contacts avec ma fédération qui dans le genre est le pire, l’unanimité dans le refus au Congrès au niveau de ceux qui ont été envoyés au Conseil national, la Marseillaise, les militants tous invités à cette horreur de la diffamation permanente de notre histoire. Y a-t-il un lieu où il y aura autre chose: à Vénissieux sans doute… d’autres endroits où je dois me rendre comme si la clandestinité était de mise… pour simplement dire que l’on ment et que nous valons mieux que ça.

En attendant en ce moment ce blog connait une affluence énorme qui prouve à quel point la soif de vérité, de connaissance, d’informations est grande. Comment continuer à être utile sans être blessée au point d’en perdre le souffle, éviter les contacts, que faire? Ignorer ce qui se dit, éviter les échos? comment agir en étant loin de ces miasmes? Comment trouver la distance? Il est 10 heures, dimanche 5 janvier 2020 et ce blog a déjà reçu  5200 lecteurs… le besoin de réflexion, de compréhension est grand…
Danielle Bleitrach
 

CQFD : savoir vivre communiste, le reste n’est que fioriture…

Une bande de salopards nous entraîne vers la guerre, alors qu’ils prétendent détruire notre santé, notre éducation, nos retraites pour se les approprier et nous obliger à payer, encore payer pour moins de droits. Les mêmes sont prêts à détruire la planète, ne rien faire pour le climat et mettre l’argent dans les bombes et les armes. Ces gens-là sont les capitalistes, leurs adversaires les plus résolus sont les communistes. Donc il faut qu’ils utilisent leur presse aux ordres pour vous convaincre que les communistes en veulent à votre liberté et à votre argent… Tout le reste n’est que fioriture dans un sens ou dans l’autre, on en revient toujours là.

Les communistes ont inventé des droits sans capital avec Ambroise Croizat, ils ne peuvent le tolérer.

Danielle Bleitrach

puisque nous en sommes à l’essentiel n’oubliez pas d’envoyer de l’argent aux grévistes. .

  • Par chèque :

à l’ordre de « Solidarité CGT Mobilisation » adressé à :

« Confédération Générale du Travail Service Comptabilité »
263 rue de Paris
93100 Montreuil

  • Par virement (informations bancaires dans le RIB en téléchargement)

Téléchargements

RIB CGT
 

savoir vivre communiste: le grain de maïs

Je vous promets que ce que je vous écris là en manière de vœux je le pense et qu’il n’y a en moi pas le moindre regret, ni amertume par rapport à ce bilan d’une vie, je tente d’être sincère, je n’ai pas grand chose d’autre à partager avec vous.

Je reçois  des photos de camarades avec mon livre comme cadeau de Noël, l’un d’eux précise qu’il faut relayer son annonce puisque l’Humanité organise sa censure. Cela me touche énormément et de fait cela correspond à une réalité puisque ce livre a trouvé son public malgré tout, grâce à vous les militants communistes. Alors je voudrais vous adresser mes vœux et tenter de partager avec vous le bilan d’une vie. Parce que ce n’est pas de moi dont il est question mais bien d’un témoignage qui est le vôtre, comment une subjectivité est-elle en capacité de dire l’universel. C’est tout le sujet du livre de Badiou qui compare le communisme à « l’invention » du christianisme par Saint Paul.

Je n’ai jamais accepté ce dont on a essayé de me convaincre à la chute de l’URSS, à savoir que le communisme n’avait été qu’une monstrueuse erreur. Je n’ai pas pu y croire, toute ma vie s’inscrivait en faux contre ce diagnostic et je suis partie à la recherche d’autres communistes qui pensaient comme moi. On a dit que j’étais « stalinienne », je l’ignorais mas je ne pouvais pas être autrement que ce que j’étais, impossible de renier.

Le communisme était un parti, mais il était bien plus que cela, parfois il pouvait même se présenter comme le contraire, si ce parti ne revendiquait plus l’émancipation de tous.

C’est le militant dans sa relation complexe à l’organisation qui fonde l’universel parce que le militant ne se laisse pas distraire par les généralités idéologiques et étatiques qu’on lui assène comme le politiquement correct, sa vérité est entièrement subjective et se fonde comme telle alors que l’appartenance est collective. Si je suis communiste c’est parce que je crois que l’humanité peut être différente, libre, juste et égale et qu’à ce prix là seulement la mort peut-être vaincue. Je suis fidèle à cette conviction, mais pas comme à une révélation mais bien un processus en acte dans lequel j’agis avec selon Badiou les trois principes proches de ceux du christianisme et en rupture avec lui puisqu’il a failli: celui du point d’où je suis et qui est ce qu’ils appellent la foi et moi la conviction, celui où je m’adresse au monde et qu’ils appellent la charité, l’amour, et moi ce cri « imbécile c’est pour toi que je meurs », celui qui impulse mon déplacement, ma dialectique qu’ils appellent espérance et moi aussi, un principe en acte contre l’injustice et la guerre, la liberté en est la résultante.

Cette subjectivité dit Badiou soustrait à l’état de la situation et j’ajouterai que c’est cette soustraction qui est aussi prise directe sur ce qui est en tain de naître et de se transformer… on sent l’herbe pousser et par moment pour moi, peut-être seulement pour moi, j’éprouve des joies intenses à me sentir en adéquation avec la nature, le cosmos, la peine des êtres humains et la trace que l’art laisse de leur passage. Je n’ai rien trouvé d’autre pour le signifier que ce rire d’enfant à côté de son chameau en train de saluer le soleil. L’idée que l’on est vivant et que l’on en hurle de joie.

C’est ça le plus difficile tout au long de la vie du processus de l’histoire confondue avec votre propre histoire: savoir ce qui est toujours vivant en vous malgré les déceptions, les trahisons. Mais c’est peut-être là que le matérialisme l’emporte sur l’idéalisme, quand on se sent proche de lâcher, on peut être sur que le capital vient vous faire la démonstration que rien ne le bat en arrogance et en nocivité, sans parler de son hypocrisie. Il est parfois aisé de lâcher prise, mais il est impossible de se rallier à eux alors on ne laisse pas la charette s’éloigner, on a suit du regard et on remonte malgré les cahots.

Bon voilà, je ne sais ce que vous avez compris de ce que j’ai tenté de vous dire mais il fallait que je vous le dise pour que la suite ait un sens.

Bien sûr que cela me choque l’interdit dont je suis victime dans l’Humanité et dans ma propre fédération, au départ j’en ai même souffert. En particulier quand l’injustice se combinait avec des souffrances personnelles, la mort d’un être aimé… J’ai pleuré, j’ai failli me dessécher, n’avoir plus de vie, celle-ci était en danger d’être étouffée par l’amertume… Mais il y avait ceux qui m’avaient aimée, les combats, l’idéal partagé, et je riais comme cette enfant du désert…

Tout cela n’est pas si grave, un jour un journaliste de libération m’a invitée à déjeuner, je venais de sortir un livre intitulé le Music hall des âmes nobles (titre emprunté à Aragon), il m’a proposé le marché suivant que je raconte dans mes mémoires : si vous nous dites ce qui se passe au Comité central on fait de vous un écrivain célèbre. Je lui ai répondu: « si je suis Aragon je n’ai pas besoin de vous! si je suis une honnête intellectuelle comme il y en a tant, laissez-moi mon honneur de militante, il vaut plus que ce que vous me proposez ».

J’avais raison et si c’était à refaire je le referais. Je ne trahirai pas Cuba quand il était à la mode de le faire, de suivre la fausse conscience d’un Robert Ménard. Je ne peux pas trahir Cuba parce que quand je voyais mon monde s’écrouler, ils sont restés debout et m’ont attirée contre eux dans la tempête… 

J’ai eu une vie magnifique, j’ai rencontré des combattants qui en valaient la peine, connus ou inconnus peu m’importe et franchement j’ai appris que comme le dit Fidel en citant José Marti « toute la gloire du monde tient dans un grain de mais ».

C’est pour ça que j’aime le film de Terrence Malick, une Vie cachée, cette expérience d’un chrétien qui n’attend rien de ses choix, aucune lumière, aucune gloire, simplement la liberté d’être ce qu’il est, parce qu’il dit que le véritable héros n’attend sa liberté que de la conscience de devoir agir comme il le fait… et nous sommes nombreux chez les communistes à revendiquer cet héroïsme, en ce moment le gréviste de la SNCF a toute la gloire du monde, le reste n’est pas grand chose, d’ailleurs je ne sais pas si vous l’avez remarqué avec cette grève de Noël, cette lutte contre les retraites, le renouvellement de la parole militante, chacun intervient pour dire le refus mais le fait à sa manière, des gens jeunes plein de fougue qui ont leur manière de convaincre, d’être là pour témoigner… Une génération est en train d’apparaître, elle est singulière et dit se battre pour tous.

C’est ça l’essentiel

Louis Aragon 03/10/1897 – 24/12/1982

« L’homme communiste, ouvrier, paysan, intellectuel, c’est l’homme qui a une fois vu si clairement le monde qu’il ne peut pas l’oublier, et que rien pour lui désormais ne vaut plus que cette clarté-là, pas même ses intérêts immédiats, pas même sa propre vie. L’homme communiste, c’est celui qui met l’homme au-dessus de lui-même…
…L’homme communiste, c’est celui qui ne demande rien mais qui veut tout pour l’homme. Oui, il envie mille choses, le bonheur, la santé, la sécurité, mais pour tous, et au prix de sa santé, de son bonheur, de sa sécurité, de son existence. »

(L’homme communiste 1946)

Danielle Bleitrach

le 17 janvier, je serai à Beziers pour discuter avec les amis et camarades de l’Herault, au siège du PCF de Beziers

le 6 février je serai à Martigues, librairie l’alinéa

le 29 févier à Reillane  dans les Apes de haute Provence, avec un film…

il y a d’autres rencontres prévues mais il faut encore fixer les dates et les lieux…