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Archives de Catégorie: Congrès du parti 2018

Transformer la France pour transformer l’Europe et le monde… La bataille des européennes et la situation politique après le congrès…

Résultat de recherche d'images pour "Europe"Cet article je ne saurais trop le souligner n’est pas de moi mais de Pierre-Alain Millet, si vous avez donc des injures à adresser faites-le à lui directement sur PCF débat. Cela dit si je le publie c’est non seulement sur recommandation de Marianne mais parce qu’effectivement c’est un des meilleurs de la période sur le sujet (note de Danielle Bleitrach)

par  pampopularité : 100%

La préparation des élections européennes se déroule dans un contexte politique bien différent des précédentes… qui rend impossible tout discours européen déconnecté de la situation sociale et politique de la France, impossible de faire croire à une Europe « solution » de tous les maux. Les plus fédéralistes cherchent comment s’appuyer sur les enjeux politiques… nationaux ! Macron organise ainsi une véritable campagne électorale avec son « grand débat » qui tente de convaincre que la réponse aux colères populaires seraient dans l’accélération des réformes contre la république et les services publics, et donc dans plus d’europe. Il ne faut pas le sous-estimer, les moyens sont énormes avec la convergence de l’ensemble des médias aux ordres, des experts et du patronat. Il a bien compris qu’il avait besoin de reconstituer des corps intermédiaires à sa solde, ce qu’il fait en mettant en scène son dialogue avec des élus locaux, et en mobilisant l’état, sa police et sa justice, contre l’irruption d’un mouvement social inexpérimenté, ses dérives gauchistes qu’ont connu tous les grands mouvements sociaux de notre histoire, et ses récupérations politiciennes diverses.

Ce lien étroit entre enjeux nationaux et européens que l’actualité impose pourrait être une bonne nouvelle pour les communistes ! Leur dernier congrès a ouvert le débat sur l’union européenne et l’internationalisme, sans vraiment le trancher, avec des fédérations, notamment du Nord, votant des amendements pour le Frexit et un texte final qui constate des différences d’approche sur la manière « d’en finir avec l’actuelle construction européenne »…

Notre réseau et le site lepcf.fr ont apporté de nombreuses contributions depuis des années pour éclairer l’histoire capitaliste de l’union européenne, son rôle d’institution de la mondialisation capitaliste contre la souveraineté populaire symbolisé par le Non de 2005, montrer qu’il n’y a pas de rupture progressiste en France sans rupture avec l’union européenne. Si ces efforts ont aidé à ouvrir le débat, ils n’ont pas permis au congrès d’aller au bout de la critique de la démarche de « l’europe sociale ».

Que pouvons-nous faire alors d’utile dans cette campagne européenne pour contribuer à un résultat électoral qui marque la réaffirmation du parti que le congrès a décidé, et ouvre une issue politique progressiste et internationaliste à la colère populaire contre l’Europe ?

Les communistes savent très majoritairement qu’on ne peut attaquer le capitalisme seulement dans le cadre national, sans rien changer à la place de la France dans l’Europe et le monde. Au contraire, la mondialisation capitaliste est un fait essentiel et la situation du Venezuela ou de Cuba, comme celle du Vietnam montre à quel point les échanges internationaux sont une dimension essentielle de toute politique progressiste !

On le voit quand les médias multiplient les dossiers sur une Chine dangereuse, ses champions technologiques qui nous surveilleraient, ses investissements en Afrique qui bousculent notre domination traditionnelle, faisant grandir l’idée qu’il faut « se protéger » de ce monde dangereux, rôle dévolu alors à l’union européenne.

Tout est fait pour placer au centre de cet enjeu international la seule question de l’Union Européenne comme institution qu’il faudrait soit quitter soit défendre… avec la comédie du Brexit qui illustre le piège pour le monde du travail.
- Faut-il défendre Theresa May qui organise un Brexit « de droite » au service du capital anglais le plus mondialisé et qui se heurte à des institutions européennes qui veulent démontrer par l’exemple qu’il n’y a pas d’alternative ? Bien sûr que non !
- Mais faut-il justifier ou même ne pas dénoncer les manœuvres de l’Union Européenne sous prétexte qu’elle met en scène une bataille apparente contre Theresa May ? Faut-il accepter que le vote des britanniques de 2016 soit violé comme le vote des Français en 2005 ? Bien sûr que non !

Nous voyons bien qu’il y a dans le capital des forces qui poussent à l’intégration toujours plus forte autour du capital allemand, le traité d’Aix La Chapelle préparé dans le plus grand silence en est l’illustration. Mais il y a aussi des forces, notamment dans les bourgeoisies reconstruites de l’Europe de l’Est qui veulent un autre projet d’Europe des nations atlantistes dans le contexte du retour du « protectionnisme » capitaliste, un nationalisme guerrier à la Trump ou Bolsanaro mais aussi le contexte de l’affirmation chinoise d’une mondialisation heureuse.

Comme le décrivait Lénine dans l’impérialisme, nous assistons à un repartage permanent du monde dans lequel le capital n’est pas une force homogène, avec cette énorme différence à un siècle d’écart de la place persistante du socialisme comme modèle de société alternatif, divers dans ses composantes nationales et historiques, avec notamment le poids de la Chine dans le monde.

C’est dans ce contexte que nous devons aujourd’hui construire plus clairement une bataille populaire pour sortir de la fausse opposition entre progressistes macronistes et patriotes populistes, dont nous savons que les premiers ne sont pas du tout progressistes et les second pas du tout patriotes !

Une bataille politique ne se réduit pas à un bataille des idées, nécessaire et même vitale, mais qui ne suffit jamais à faire qu’une idée « s’empare des masses pour devenir une force concrète » ! Il y faut une bataille politique, c’est-à-dire des mots d’ordres simples, justes, clairs pour tous et qui sont portés par des militants dans les luttes sociales, les quartiers, les réseaux de connaissances personnelles…

Ne parlons pas du mot d’ordre de « l’Europe sociale » que plus personne ne veut employer, et dont nous avons largement montré que cet idéalisme désarmait les militants et les coupait de la colère populaire.

Nous avons cherché ces mots d’ordre autour du « Frexit de gauche », ou des « quatre sorties » associant sortie de l’OTAN, de l’UE et de l’euro à la sortie du capitalisme. Mais pour lier refus de l’Union Européenne et bataille contre le capitalisme, pouvons-nous considérer que ces mots d’ordre sont pertinents aujourd’hui ? Sont-ils capables de porter la colère populaire contre l’Europe au niveau d’une exigence politique progressiste de masse ?

La difficulté de toute bataille sur « la sortie » est d’être perméable au refus de la mondialisation, de laisser penser qu’un recul des relations avec le reste du monde peut résoudre les problèmes de la France, que l’urgence serait la « démondialisation »… Or si nous luttons contre la mondialisation capitaliste, nous voulons une mondialisation des peuples, nous voulons développer largement les coopérations et les échanges…

Les communistes grecs, souvent taxés de sectarisme par la direction précédente du PCF, ont toujours pris soin de centrer leur bataille sur la question centrale du pouvoir populaire. Nous mesurons sans doute aujourd’hui que cette position fondamentale a de nombreux avantages.

Elle permet de dénoncer les traités européens dans leur contenu de classe, privilégiant le pouvoir du capital, national comme international, elle combat sur le fonds la réponse fasciste du repli nationaliste dans la concurrence.

L’actualité pose d’ailleurs cette question dans le mouvement social lui-même avec la revendication du « RIC » ce référendum d’initiative populaire qui traduit la conscience que les pouvoirs institutionnels ne travaillent pas pour le peuple… conscience imparfaite et souvent ambiguë qui est loin de voir la réalité du pouvoir, épargne le MEDEF et ses élites de très haut revenus, et peut conduire à affaiblir encore ce qui reste d’une république « une et indivisible »… Mais conscience salutaire qui se construit après le rejet de Sarkozy, puis le rejet de Hollande, puis celui de Macron, et qui peut nous aider à faire progresser l’idée que « l’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes »…

Les mots d’ordre politiques nécessaires pour les deux mois qui viennent doivent s’inscrire dans cette actualité politique, s’appuyer sur les batailles déterminées des communistes contre tous les traités européens, être utile aux militants d’entreprises détruites par la mondialisation capitaliste, comme à ceux d’entreprises insérées dans cette mondialisation.

Il me semble que le mot d’ordre du Frexit, juste en soi, a donc des défauts.
- Comme slogan, il n’est pas par lui-même porteur d’un refus du capitalisme, et les médias dominants ont beau jeu de le travestir dans un « repli nationaliste »… d’autant que le Brexit de droite montre que « la sortie » n’est pas nécessairement anti-capitaliste !
- Ensuite, il ne porte pas, sauf à le compléter, une vision internationaliste du monde, et laisse supposer que la France aurait la puissance nécessaire pour défendre elle-même ses intérêts dans la concurrence, ce qui qui dans la réalité du capitalisme, ferait payer tout aussi fortement cette concurrence au monde du travail.
- Enfin, il ne peut après le dernier congrès unir les communistes pour une bataille électorale difficile et toujours incertaine.

Comment faire progresser le résultat du PCF et la conscience politique progressiste du refus de l’union européenne ? Il me semble qu’il y a deux mots d’ordre simples qui rassemblent largement les communistes et qui sont porteurs du même contenu à terme que le Frexit que défendent de nombreux communistes :

- abrogation des traités !
- souveraineté populaire, référendum d’initiative citoyenne !

C’est en ce sens que nous devrions contribuer aux discussions des communistes dans la préparation de la bataille des européennes, et ouvrir le chemin de la reconstruction de l’internationalisme au parti communiste. Un succès sur la base de l’abrogation des traités ouvrirait la voie au débat pour mieux affirmer la place de la France dans une autre mondialisation, une relance des coopérations internationales réinventant les « BRICS » que notre camarade Fuyet proposait d’élargir aux « FABRICS » en incluant la France, et qui doit évidemment tenir compte des avancées et des reculs, comme au Brésil.

La bataille européenne de 2019 peut être un tournant et nous pouvons y contribuer si nous l’abordons avec le même esprit que le 38ème congrès, unir les communistes.

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Publié par le janvier 27, 2019 dans Congrès du parti 2018, Europe, POLITIQUE

 

Encore un effort camarades pour prendre conscience de votre rôle réel en matière démocratique

  • Le mépris dans lequel est tenu le parti communistre français dont il arrive même que l’on ne cite plus le nom sous prétexte qu’il n’avait pas de candidat à la présidentielle est une injustice et un déni républicain. Les faits sont là, le parti communiste demeure celui qui a le plus grand nombre de militants et ceci depuis  la libération. Il contribue par l’action de ces derniers à imposer une autre conception de la politique,  représentative des couches populaires et qui implique  leur intervention dans la vie quotidienne des exploités, des pauvres, ceux qui n’ont pas le droit à la parole autant que le rôle des élus à tous les niveaux. Au moment où les gilets jaunes revendiquent cette autre manière de faire de la politique, il me semble que les communistes ne sont pas les moins bien placés pour entamer le dialogue souhaité par le mouvement. Il y a eu récemment   un congrès extraordinaire  du parti communiste pour revendiquer cette conception du rôle du parti, avec une transformation partielle de la direction. Les communistes ont témoigné de leur volonté de rester communistes et d’être autonomes dans leurs choix, ils ont refusé de se confondre avec ceux qui étaient désavoués sans renoncer pour autant à rassembler la gauche et au delà pour transformer la société, aller vers un socialisme à la française. malheureusement  cette démarche demeure encore au milieu du guè, ils ont fait un pas  sur cette voie qui les rend uniques et irremplaçables. Encore un effort camarades pour prendre conscience de ce que vous représentez (note de Danielle Bleitrach)

Le Parti communiste, premier parti de France en nombre d’adhérents selon les chiffres de la commission nationale de campagne et financements politiques

Le Parti communiste, premier parti de France en nombre d'adhérents selon les chiffres de la commission nationale de campagne et financements politiques

Parti Communiste Français, Premier Parti de France

La Commission Nationale des Comptes de Campagne et des Financements Politiques vient de publier au journal officiel les comptes des Partis Politiques au titre de l’exercice 2017. Et là, surprise, le PCF apparaît comme le premier parti de France.

Le PCF, 1er parti en 1945, 1er parti en 2017

La CNCCFP est la seule autorité légitime en matière de partis politiques.

Et la seule certitude en matière politique se résume par la question de Staline « Combien de divisions ? ».  C’est justement la question à laquelle ne veut pas répondre la majorité des dirigeants de partis. Révéler le nombre de ses militants actifs, ce peut être avouer son obsolescence politique.

Les partis politiques doivent cependant tous déclarer leurs comptes. Tous ne le font pas comme par exemple la Droite Populaire de Thierry Mariani. En fait, sur les 523 formations politiques déclarées à la CNCCFP, seuls 404 ont déposé leurs comptes.

Or, ces comptes affichent le montant des cotisations des adhérents. C’est la preuve irréfutable de la représentativité d’un parti politique. C’est une mesure bien plus sûre que les sondages concoctés par des instituts aux méthodes statistiques plus que douteuses.

Et là, surprise, le Parti Communiste Français arrive en tête du classement :

 

cotisation-des-adherents-partis-politiques-francais-2017

 

C’est d’autant plus surprenant que ce classement ne correspond en rien avec la fréquence dans les médias des représentants de ces partis. Qui connaît seulement le nom du nouveau secrétaire général du Parti Communiste ?

A la gauche du PS, Mélenchon, et à un degré moindre Besancenot, se sont imposés. Pourtant la France Insoumise ne revendique en 2017 aucun adhérent. Et le Nouveau Parti Anticapitaliste déclare sept fois moins de cotisations adhérents que le Parti Communiste Français.

Mais l’omniprésence politique des médias d’information se réalise grâce aux idées de la droite de la droite. Le Rassemblement National, Debout la France voire la Droite Populaire de Thierry Mariani se taillent la part du lion.  Pourtant Le parti de Marine Le Pen ne réalise même pas la moitié du montant affiché par le Parti Communiste Français. Le parti de Dupont-Aignan ne réalise même pas 5% du montant acquis par le PCF. La formation politique de Thierry Mariani, elle, ne publie même pas ses comptes. Et comme si ce n’était pas suffisant, même Philippot, dont le parti « Les Patriotes » révèle un niveau d’adhésion qui ne frise même pas les 2% du montant du PCF, arrive à se faire inviter régulièrement.

C’est d’autant plus surprenant que ce classement ne correspond en rien avec la fréquence dans les médias des représentants de ces partis. Qui connaît seulement le nom du nouveau secrétaire général du Parti Communiste ?

A la gauche du PS, Mélenchon, et à un degré moindre Besancenot, se sont imposés. Pourtant la France Insoumise ne revendique en 2017 aucun adhérent. Et le Nouveau Parti Anticapitaliste déclare sept fois moins de cotisations adhérents que le Parti Communiste Français.

Mais l’omniprésence politique des médias d’information se réalise grâce aux idées de la droite de la droite. Le Rassemblement National, Debout la France voire la Droite Populaire de Thierry Mariani se taillent la part du lion.  Pourtant Le parti de Marine Le Pen ne réalise même pas la moitié du montant affiché par le Parti Communiste Français. Le parti de Dupont-Aignan ne réalise même pas 5% du montant acquis par le PCF. La formation politique de Thierry Mariani, elle, ne publie même pas ses comptes. Et comme si ce n’était pas suffisant, même Philippot, dont le parti « Les Patriotes » révèle un niveau d’adhésion qui ne frise même pas les 2% du montant du PCF, arrive à se faire inviter régulièrement.

Avec le PCF, Lutte Ouvrière et l’Union Populaire de François Asselineau restent les principales victimes de ce traitement médiatique inique. Classés respectivement premier, cinquième et sixième, loin devant Europe Ecologie Les Verts ou le Modem, ils ne sont que rarement invités sur les plateaux de télévision.

 

Les fondations allemandes, instrument d’un impérialisme particulier dans un monde globalisé

par Monika Karbowska

Un brillant exposé dans ma cellule sur la fin de la Pologne populaire et la situation des travailleurs détachés aujourd’hui. Tout le monde était passionné, elle a consacré une partie de l’exposé au rôle des fondations allemandes. Sur demande des camarades, elle leur a envoyé hier une intervention qu’elle avait réalisée dans le cadre du forum alternatif Résistance de Sousse le 26 mars 2015. Je vous en fait bénéficier, en pensant que les vacances de la Noël vous rendront studieux sur un sujet aussi important pour comprendre la nature de l’UE. LA QUESTION QUE JE POSE A LA DIRECTION DU PCF ET A L’HUMANITE EST DE SAVOIR DANS QUELLE MESURE CE SONT LES FONDATIONS ALLEMANDES ET LE FRIC QU’ELLES DEVERSENT QUI COMMANDENT LES ORIENTATIONS DU PCF ET DE LA PRESSE « COMMUNISTE » ? QUI IMPOSENT UN ANTI-SOVIETISME ET CONTRE TOUT SOCIALISME REEL BAPTISE « TOTALITARISME » , AVEC CENSURE ET DIFFAMATION CONTRE CEUX QUI DISENT LA REALITE CONSTATEE SUR LE TERRAIN?  (note de Danielle Bleitrach).

Intervention réalisée dans le cadre du Forum Alternatif Résistance de Sousse, le 26 mars 2015

Cet article est basé sur l’ouvrage de Dorota Dakowska « Le Pouvoir des fondations, des instruments de la politique étrangère allemande », paru en 2014 aux Presses Universitaires de Rennes. Polonaise d’origine, fondatrice de l’Association des Etudiants Polonais en France en 1996, Dorota Dakowska a soutenu son DEA à l’Institut des Sciences Politiques de Paris en 1999. Son sujet était déjà les fondations en tant qu’instrument particulier des politiques de la France et de l’Allemagne à l’égard de la Pologne en transformation capitaliste. Actuellement Dorota Dakowska est maître de conférences en Sciences Politiques à l’Université de Strasbourg et son ouvrage est le fruit de 15 ans de recherche et de sa thèse de doctorat. Elle a notamment travaillé sur les archives des ministères allemands des affaires étrangères et de la coopération, sur les archives des fondations elles-mêmes mais aussi en réalisant de multiples entretiens avec les responsables politiques allemands, polonais, hongrois. L’article suivant est un condensé de ce travail de recherche complété par des expériences personnel de travail avec les fondations.

Les fondations allemandes sont riches d’une impressionnante dotation financière publique : 460 millions d’Euros leur ont été distribué pour l’année 2010, par exemple. Indissociable du système politique allemand, les fondations « participent à la mise en œuvre de la politique étrangère et de l’aide au développement » [1] de l’Allemagne, alors même qu’elles apparaissent dans leur communication comme des « ONG » désintéressées et œuvrant pour des valeurs humanistes supérieures.

Les fondations politiques allemandes en tant que produit de l’histoire de la RFA

Selon le travail de recherche de Dorota Dakowska, les fondations allemandes sont issues des programmes d’éducation politique imposés à l’Allemagne vaincue par les Alliés en 1945. Mais la structure politiques des fondations et le rôle social des fondations dans la société allemande est bien plus ancien : ses racines plongent dans l’organisation sociale du 19ème siècle. En effet, à l’époque, ce sont des fondations en tant qu’organismes corporatistes intermédiaires entre le capital et le travail qui mettent en œuvre les politiques sociales de Bismarck. En 1925 est fondée la plus ancienne des fondations existantes, la Fondation Friedrich Ebert dont l’objectif était de perpétuer le souvenir du 1er chancelier de la République de Weimar. Elle était alors financée par des dons privés et dirigés par des militants socialistes. Un de ses axes de travail était le financement de bourses aux étudiants de la classe ouvrière. Interdite par les nazis, elle renaitra en 1947 sous une tout autre forme.

Le nazisme a détruit les structures sociales et politiques de l’ancienne Allemagne. Les Alliés de la coalition anti-nazie, par la conquête de l’Allemagne et leur politique de dénazification ont dissous les structures instaurées par les nazis. Les fondations politiques allemandes sont le fruit de la « Stunde Null » (« Année zéro »), allemande, de la création des deux Allemagnes, de deux blocs antagonistes et de l’affrontement entre les deux Allemagnes. Les alliés occidentaux créent la RFA et décident de la teneur de la Loi Fondamentale allemande qui marque la démocratisation mais aussi l’occidentalisation de la nouvelle Allemagne, son arrimage au nouveau système politique occidental mis en place par les Etats-Unis en Europe. Ce sont également les USA et la Grande Bretagne qui décident de la mise en place des structures étatiques de l’Allemagne occidentale encore occupée. Le Ministère des Affaires Étrangères de la RFA créé en 1950 tout d’abord comme structure dépendante de la chancellerie, donc directement de Konrad Adenauer, met en œuvre la politique d’hostilité vis-à-vis du bloc communiste et de la RDA. La RFA ne reconnait pas la RDA et la combat sur la scène internationale conformément à la « doctrine Hallstein ». La RFA adhère à l’OTAN en 1955 suite au rejet par le peuple français de la Communauté Européenne de Défense préconisée par les USA. En 1956 le Parti Communiste Allemand est interdit en RFA.

C’est dans ce cadre de mise en place par les Occidentaux de structures sociales et politiques nouvelles en RFA que naissent les fondations politiques. L’objectif est de former de nouveaux responsables et militants politiques acquis à la politique et aux institutions des pays occidentaux. La nouvelle fondation Ebert acquiert en 1954 sa personnalité juridique. Son objectif est alors de former de nouveaux cadres politiques du SPD et de former et influencer les chercheurs universitaires acquis aux idées socialistes. La Fondation Konrad Adenauer est crée en 1952 par les députés du CDU au Bundestag (le parti Chrétien Démocrate d’Adenauer). Elle est d’emblée financée par le CDU et dirigée par des politiques professionnels de ce parti. Deux de ces dirigeants, Bruno Hech et Konrad Kraske sont responsables des campagnes électorales de la CDU dans les années 50 et 60 et on peut dire, les artisans de ses victoires. La Fondation Friedrich Naumann est crée en 1958 par le Parti Libéral, allié des chrétiens démocrates.

Au début des années 60 les USA préconisent pour les pays du bloc de l’Ouest la stratégie de « l’aide au développement » et réorientent la politique des fondations allemandes vers l’action à l’étranger. Le but est d’influencer les États nouvellement indépendants en Afrique et en Asie afin de les éloigner de toute tentation de communisme et surtout d’éviter qu’ils ne reconnaissent la RDA et collaborent avec elle. Le Ministère des Affaires Étrangères allemand ne voulait cependant pas être concurrencé et il fut finalement décidé que les fondations des partis politiques allaient devenir un instrument de travail du nouveau Ministère de la Coopération de la RFA. C’est ainsi que les fondations des partis politiques de la RFA allaient devenir un outil important dans la politique anti-communiste de la « diplomatie des idées » mise en œuvre mondialement par les pays du bloc occidental [2].

Dans cette lutte les initiatives privées, entreprises, églises, associations étaient chargée de propager dans le monde le modèle économique, social et politique occidental. En Allemagne de très grandes entreprises comme Thyssen, Krupp, Volkswagen, créent leurs propres structures sur le modèle de la Fondation Ford. De même les fondations des partis nouent des relations étroites avec les fondations des entreprises américaines. La Fondation Ebert collabore dès le début des années 60 avec les fondations Carnegie, Ford, Kellog, Gugenheim, Rockefeller, mais aussi avec le Council of Foreign Affairs (agence états-unienne publique pour la politique étrangère), le Conseil Mondial des Églises et l’ONU. Elle manifeste ainsi son souci de défendre les priorités de la politique étrangère de la RFA et se définit comme un « canal complémentaire de la politique étrangère » allemande en Afrique et Amérique Latine. A ce titre la Fondation Friedrich Ebert non seulement soutient et propage la politique ouest allemande visant à discréditer l’Allemagne de l’Est, mais aussi elle récolte des informations, forme et informe les agents du ministère des Affaires Etrangères de la RFA sur les « agissements de la RDA en matière d’infiltration politico-culturelle dans les pays en développement » [3]. C’est à cela que servent les imposantes représentations de la FES au Caire en Égypte et à Accra au Ghana au début des années 60. Très vite, la Fondation Ebert devient un « centre d’expertise » sur le Tiers Monde pour les diplomates ouest-allemands. Dès 1966 la FES dépasse en savoir faire, capacités opérationnelles et notoriété son maître américain : elle devient un « centre d’expertise » sur le Tiers Monde également pour les fondations américaines [4] ! En 1981 Ronald Reagan crée le National Endownment for Democracy sur le modèle des fondations allemandes. La NED est aujourd’hui le principal centre de financement et centre de ressources pour la mise en œuvre des déstabilisations politiques et sociales menées par les USA dans les pays qu’ils veulent soumettre à une orientation pro-occidentale et libérale : c’est la politique du regime change et des « révolutions de couleurs », dont la Révolution Orange et le Maidan en Ukraine sont l’exemple le plus frappant. D’autres agences américaines publiques et privées, le National Democratic Institut, USAID, les fondations de Georges Soros complètent ce redoutable dispositif.

Le financement et le fonctionnement des fondations politiques allemandes

Le financement étatique des fondations politiques allemandes est ancré dans la Constitution (Loi Fondamentale) de l’Allemagne car il découle de son article 21 : « les partis politiques participent à la formation de la volonté politique du peuple ». Les partis sont donc chargés de « former » la volonté politique des citoyens en les « instruisant » politiquement via les fondations. C’est ainsi que les fondations obtiennent chaque année une « subvention globale » et le rapport de leur activités n’est donc pas détaillé. La Commission Budgétaire du Bundestag se réunit chaque année avec les dirigeants des fondations qui discutent avec le rapporteur de la Commission de leurs actions. Les Fondations reçoivent une somme correspondante au prorata du nombre de députés de leur parti respectif [5]. Aujourd’hui en 2012, la somme globale que les fondations obtiennent est 450 millions d’Euros annuels. Aucun État ne peut prétendre à disposer d’un instrument de soft power en politique étrangère aussi riche, aussi structurée et aussi bien doté.

A partir des années 70, les fondations s’engagent à l’étranger grâce à des financements massifs : leur objectif est alors de « promouvoir la liberté » afin de contrer le régime soviétique partout dans le monde. Un des instruments les plus importants de cette stratégie est le financement de bourse d’études aux étudiants de payse extra européens afin de les former en Occident. Même si de nombreux étudiants obtiennent des diplômes techniques, les jeunes diplômés gardent des liens idéologiques et amicaux avec leurs bienfaiteurs des fondations et constituent à tout moment un vivier important pour un recrutement politique. Les fondations allemandes organisent aussi massivement des séminaires « pour encourager l’intérêt citoyen pour la vie politique et approfondir l’engagement politique » [6] ou elles propagent les idéologies occidentales – le libéralisme, les droits de l’homme, le modèle ouest-allemand de gestion économique, de fonctionnement social et politique. Elles élaborent des stratégies électorales pour les partis que la RFA veut soutenir et parfois créent de toutes pièces des partis politiques pro-occidentaux [7].

Cet interventionnisme dans le champ politique des pays du Sud n’est pas fortuit. Le BMZ, le Ministère de la Coopération allemande, a élaboré pour les fondations un programme stratégique qui reflète avant tout les intérêts de l’État ouest-allemand. « L’État octroie à certaines organisations privées allemandes dotées de différents profils politiques et idéologiques, des fonds pour qu’elles puissent mettre en œuvre des projets de formation et des mesures de conseils avec des partenaires dans les pays e développement qui présentent aussi différentes opinions politiques et idéologiques et qui poursuivent divers objectifs politiques dans leurs pays. Ces projets de formation ont pour but d’influencer le développement de ces pays à travers une orientation de leurs élites dans un sens socio-politique déterminé » – le rapport du BMZ du 4 juin 1969, jamais publié est on ne peut plus clair [8][i].

Il est aisé de comprendre que l’ensemble des fondations allemandes couvre TOUT le spectre politique d’un pays en développement et de ce fait peut influencer et contrôler l’ENSEMBLE de l’élite politique de ce pays. C’est bien cette « unité dans la diversité » qui fait la puissance des fondations politiques allemandes en tant qu’instrument de politique étrangère de l’État allemand.

Chaque fondation utilise ses propres symboles et valeurs politiques – chrétiens, socialistes, libéraux, écologistes, communistes, et mobilise des images de leaders politiques et culturels pour promouvoir son image. Ce n’est pas pour rien que la fondation chrétienne-démocrate porte le nom de Adenauer, la socialiste celle d’Ebert, que les Verts ont pu utiliser la renommée d’un écrivain nobliste Heinrich Böll, que le parti PDS, puis Die Linke annexe l’image mondialement connue de la leader communiste Juive et Polonaise Rosa Luxemburg pour en faire une icône du nouveau parti de la gauche anti-capitaliste allemande. Chaque fondation doit aussi dans son action à l’étranger créer des partenariats avec des organisations et groupes qui sont capables de mobiliser des images de leader locaux. Les fondations allemandes sont ainsi associées à des noms de personnalités respectables de la culture locale et ainsi elles vont attirer à elles la confiance des populations du pays ou elles agissent. Concrètement les Conseils d’Administration des fondations sont composés d’anciens ministres, de députés, de dirigeants du parti en question. Ainsi Johannes Rau et Willy Brandt ont participé à la direction de la Fondation Ebert, et Oskar Lafontaine dans celle de Rosa Luxemburg. La présence de ces hommes puissants dans les directions des fondations démontre s’il en est encore nécessaire que les fondations allemandes ne sont pas les « ONG » désintéressées qu’elles prétendent être.

Lorsque les Verts entrent au Parlement allemand en 1983, ils ne disposent pas de fondation. Le parti porte alors plainte au Tribunal Constitutionnel de Karlsruhe et obtient satisfaction en 1986. La Fondation Regenbogen (Arc en Ciel) est créée cette année là, puis, lorsque survient la réunification, les Verts absorbent le mouvement Alliance 90 issu de l’Allemagne de l’Est et la fondation Regenbogen devient la Fondation Heinrich Böll. Elle se spécialise dans la création de partis écologistes partout où cela est possible, dans la promotion des structures féministes et LGBT. Par exemple, c’est la Fondation Böll qui encourage et finance la création du parti des Verts Polonais en 2004, les premiers contacts ayant été nouées avec les féministes polonaises au tournant des années 2000. De même la Fondation Böll a cherché à se faire une place en Tunisie post-révolutionnaire en finançant la création d’un parti écologiste et en démarchant (sans succès d’ailleurs) certains leaders des soulèvements tunisiens de 2008 et 2911.

L’histoire de la fondation Rosa Luxemburg est en tout point similaire. En 1990 la classe politique ouest-allemande s’attendait à voir le SED, ex-parti communiste de la RDA disparaitre de la scène de l’histoire. Ce ne fut pas la moindre surprise quand ce parti, transformé en PDS, non seulement survécut, mais rapidement se constitua en 2ème force politique dans les Länder de l’Est en gagnant de nombreux sièges dans les élections locales, régionales et même nationales. Comme les Verts, le PDS déposa en 1992 plainte au Tribunal de Karlsruhe et gagna en 2005 son procès. Cette année-là apparut la Fondation Rosa Luxemburg qui, de fait, devint la Fondation du nouveau parti Die Linke, justement créé alors par l’unification du PDS, des mouvements sociaux altermondialistes actifs dans les Länder de l’Ouest (WASG) et la scission Lafontaine du SPD.

C’est ainsi que les plus virulents critiques du système politique ouest-allemand non seulement intégrèrent le système dans son ensemble mais en tirèrent un grand profit financier et politique. Avec l’argent reçu, les deux fondations purent salarier de nombreux militants, ouvrir des bureaux à l’étranger et étendre leur pouvoir significativement. En 2012 la Fondation Rosa Luxemburg comptait 169 employés et 16 bureaux à l’étranger [9].

Le rôle des fondations dans la politiques étrangère de l’Allemagne

Le principe de subsidiarité est à la base de la construction de l’État ouest-allemand dès les années 40. Contrairement à la France l’État allemand délègue un maximum de ses tâches et responsabilités au niveau inférieur de sa structure. Selon ce principe la politique étrangères allemande peut et doit être déléguée à des structures comme des fondations, des Églises, des entreprises, des ONG et aussi des institutions publiques et semi-publiques autonomes. Ces entités deviennent alors des acteurs majeurs de la politique étrangère de leur pays [10].

La loi allemande distingue les « agences de mise en œuvre » de la politique, des « agences autonomes » dépendantes des ministères. Les fondations politiques des partis sont des « agences autonomes de mise en œuvre » de la politique étrangère allemande. L’organisation évangélique protestante « Brot für die Welt », deuxième grand bailleur de fonds du Forum Social Mondial de Tunis en 2013 et 2015 à côté de la Fondation Ebert, est ainsi une autre « agence autonome de mise en œuvre » des intérêts nationaux de l’Allemagne [11]. Le mot « autonome » est cependant un peu trompeur : on peut parler d’autonomie juridique mais pas d’autonomie financière puisque ces organisations sont financées à 95% par des fonds publics. Il n’est donc pas étonnant que le rapport du Ministère de la Coopération de juin 1969 déjà cité ait défini le rôle des fondations et autre agences comme des instruments de formation des élites politiques des pays visés dans le but de conformer les attitudes et décisions de ces élites aux intérêts nationaux de l’Allemagne. C’est bien pour cela que les fondations ont comme cibles des syndicats, des partis, des mouvements, des associations et toute sorte d’individu qui peut à un moment donné jouer un rôle dans sa communauté, sa culture, son État. De fait, les fondations politiques jouent un rôle complémentaire de la diplomatie allemande qui sans elles ne « disposerait pas de réseau de contacts et d’éléments qui permettent de nouer des liens avec des groupes sociaux des autres pays » [12]. On comprend ainsi que l’image de l’ONG non partisane, préoccupée par le bien commun sert à masquer les vrais buts qui ne sont pas forcément ceux des partis politiques allemands, mais plutôt ceux des ministères des Affaires Étrangères et de Coopération de l’Allemagne. En 1973 face aux accusations d’ingérence des pays étrangers, le Ministère de la Coopération recommandait déjà dans un rapport interne que « le financement étatique de certains projets ne soit pas divulgué » [13]. Les fondations servent un peu de sociétés écrans qui permettent à l’État allemand de se distancier des problèmes politiques qu’elles peuvent créer par leur ingérence et ainsi de sauvegarder une bonne image de l’Allemagne.

Comment ça marche ? Les actions politiques concrètes et l’intérêt de l’Allemagne

Une fois la décision prise à la Commission Budgétaire du Bundestag consacrée à la politique des fondations, le Ministère de la Coopération verse l’argent aux fondations et informe le Ministère des Affaires Étrangères allemand de toutes les mesures que les fondations vont entreprendre à l’étranger. Ce ministère a aussi en charge le contrôle de la conformité des actions des fondations avec les intérêts de l’Allemagne. Les directeurs de chaque fondation rendent des rapports réguliers sur l’activité de leur fondation dans chaque pays aux départements concernés du ministère des Affaires Étrangères – Afrique, Amérique Latine, Asie et Europe de l’Est. Ainsi, la masse d’informations rassemblées par les fondations sur les organisations et acteurs politiques des pays visés est utilisée par les diplomates allemands. « Les bureaux des fondations à l’étranger envoient régulièrement des rapports à leurs centrales en Allemagne et à leurs ministères de tutelles. Ces rapports fournissent une description détaillée des partenaires à l’étranger, de leur rayonnement et de la nature des relations entretenues. Ils sont une source d’information prise en compte parles diplomates et recoupés par les avis envoyés par les ambassades » [14]. Les directeurs des fondations sont aussi associés à l’élaboration de documents stratégiques du ministère des Affaires Étrangères, surtout après 1990.

Dans le monde actuel globalisé et surtout depuis 1989, la notion « d’ingérence étrangère » d’un pays dans la politique intérieur d’un autre pays avait perdu sa connotation infamante qu’elle avait auparavant. Il semblait acquis qu’il est acceptable que certains pays possèdent des organisations puissantes servant à influencer les élites des autres pays. Cependant les changements en Amérique Latine depuis 2002 amenèrent les fondations allemandes à être accusées d’ingérence. La Chine a toujours critiqué les fondations allemandes pour leur soutien au Dalai Lama. Depuis 2005, la Russie s’est doté d’un arsenal juridique qui vise également les fondations allemandes, autant que les fondations américaines. La loi russe décidant que les associations et individus financés par des fondations étrangères doivent se déclarer « agent de l’étranger » revient à la définition traditionnelle de la souveraineté de l’Etat qui doit à tout moment contrôler ce que les pays étrangers font sur son territoire et teinte les bénéficiaires de cet argent « étranger » du goût ancien de l’infamie. La question est encore plus brûlante après les récents événements en Ukraine qui ont provoqué la plus grave crise internationale entre les puissances depuis 1989 puisqu’il est connu que les fondations américaines et allemandes avaient largement financé et parfois crée les partis ukrainiens pro-occidentaux (la fondation Adenauer présentait le parti UDAR de Klitschko comme son œuvre).

Mais les fondations allemandes ont en réalité mené la même politique depuis le début, élargissant seulement le champ géographique de leurs actions. En Espagne, au Portugal et en Grèce, après 1974, les contacts noués par la Fondation Ebert avec les partis socialistes ont fait qu’Ebert a largement influencé la conversion de ces partis à l’économie libérale et à l’adhésion à l’Union Européenne. Dans les années 60 et 80, la Fondation Adenauer forme et soutient financièrement et idéologiquement les leaders et militants des partis chrétiens démocrates d’Amérique Latine et de l’Europe du Sud. La Fondation Ebert agit aussi sur les syndicats tandis que la Fondation Naumann s’occupe des milieux d’affaires. Le soutien de la Fondation Ebert aux socialistes dans la révolution des œillets faisait partie de la stratégie de l’Allemagne de l’Ouest d’éviter à tout prix que les communistes n’arrivent au pouvoir au Portugal [15].

Plus récemment, dès novembre 2011, le ministère de la Coopération a alloué 5,4 millions d’Euros supplémentaires aux fondations pour leur action d’influence sur les révolutions arabes. Cet argent était destiné en particulier aux nouvelles associations, structures et partis crées ou sorties de la clandestinité en Tunisie, en Égypte, Algérie, Yémen, Bahreïn, Palestine et Jordanie. Cet argent a certainement aussi servi à financer les Forums Sociaux Mondiaux en Tunisie, de 2013 et 2015, et il semble peu probable que l’allocation de cette subvention spéciale et la décision prise de tenir un premier FSM en Tunisie soit une coïncidence [16]. Il est plutôt certain que l’Allemagne a décidé de financer le Forum Social Mondial en Tunisie depuis 2011 parce que cela était conforme à ses intérêts et à ses ambitions dans cette région du monde : pousser les intérêts français pour faire de la place aux intérêts des milieux d’affaire allemands, contenir la révolution tunisienne entre le désert et la mer Méditerranée afin que l’agitation ne viennent pas contaminer l’Europe en crise, corrompre syndicats et partis de gauche afin qu’ils abandonnent toute idée d’indépendance et de souverainisme à l’image de Tsipras en Grèce. De plus, la formation massive en Tunisie de jeunes chômeurs, d’étudiants, de jeunes salariés, de travailleurs du secteur public au mode de fonctionnement et aux principes de l’État allemand (subsidiarité, décentralisation, régionalisation, dialogue entre patrons et salariés plutôt que grève, acceptation des structures religieuses comme acteurs de la vie politique plutôt que laïcité) met en œuvre une stratégie qui a déjà fait ses preuves en Pologne dans les années 1989-1995, une stratégie qui a parfaitement profité aux intérêts de l’Allemagne et devrait donc logiquement permettre une plus grande expansion de ses intérêts en Afrique du Nord.

L’exemple du « regime change » et l’influence des fondations en Pologne depuis 1980

En 1972 est signé l’accord bilatéral historique entre la Pologne Populaire et l’Allemagne de l’Ouest. L’accord aboutit à la reconnaissance mutuelle de ces États, à l’acceptation par l’Allemagne de la frontière Oder-Neisse, à la reconnaissance symbolique par Willy Brandt de la responsabilité de l’Allemagne dans l’hécatombe de la 2ème Guerre Mondiale (la fameuse scène de Brandt à genoux devant le monument à la mémoire des insurgés du Ghetto de Varsovie en décembre 1972) et ouvre la voie à la reconnaissance par la RFA de la RDA – c’est la célèbre Ostpolitik de Willy Brandt. Dès les années 70, la fondation Ebert entreprend donc de travailler en Pologne. En 1971, elle y envoie Klaus Reiff, journaliste et salarié de la fondation. Reiff noue habilement des liens avec des professeurs de l’Instytut Zachodni (Institut Occidental, important centre de recherche sur l’histoire des relations germano-polonaise fondé par le Ministère des Affaires Étrangères polonais après la guerre), du PISM (Polski Instutyt Stosunkow Miedzynarodowych – Institut Polonais des Recherches internationales, centre de recherche en politiques étrangères dépendants de l’Académie des Sciences) et de l’Institut du Journalisme de Varsovie. En 1979 Reiff devient un ami proche de Mieczyslaw Rakowski. Rakowski n’est pas n’importe qui, mais le rédacteur en chef de l’important et influent hebdomadaire « Polityka ». Cet hebdomadaire est une référence au sein de l’élite de la gauche pro-communiste polonaise, libre de ton et partisan officieux d’un dialogue avec Solidarnosc après l’état de siège en 1981. Rakowski devient en 1987 le dernier premier ministre de l’État communiste. Dans ces temps sensibles, le gouvernement allemand soutient ouvertement Solidarnosc en dépit de l’accord polono-allemand de 1972 et Reiff est alors employé de l’ambassade allemande en Pologne [17].

Dès 1980 la fondation Ebert accorde de nombreuses bourses pour de jeunes Polonais afin qu’ils fassent leurs études supérieures en Allemagne de l’Ouest. Elle rassemble aussi des informations sur les dissidents polonais et les dirigeants et militants du Parti communiste polonais favorables aux « réformes » de « regime change ». 255 étudiants polonais sont bénéficiaires de bourses d’études de la part d’Ebert de 1980 à 1989. On comprend ainsi facilement que la fondation Ebert, et derrière elle le SP, ont joué un rôle fondamental dans le tournant idéologique néolibéral des jeunes dirigeants du Parti Ouvrier Unifié Polonais (PZPR), et donc dans la conversion néolibérale, européiste et atlantiste de Aleksander Kwasniewski, ministre de la jeunesse dans le dernier gouvernement communiste de Rakowski en 1987-89, chef du SDL, parti socialiste héritier du PZPR. Aleksander Kwasniewski a été président de la République de Pologne de 1995 à 2005.

Pendant la durée du mouvement Solidarnosc, de septembre 1980 à décembre 1981 et après la déclaration de la loi martiale par le général Jaruzelski et la délégalisation de Solidarnosc, la fondation Adenauer s’occupait des dissidents polonais issus de Solidarnosc et proches de l’Église catholique. Elle a notamment aidé, invité en Allemagne et formé Tadeusz Mazowiecki, devenu premier ministre après les premières élections partiellement libres du 4 juin 1989 [18]. La fondation Ebert n’est pas en reste et comprenant l’importance politique de l’Église polonaise, elle noue dès 1981 des contacts avec l’épiscopat polonais. Klaus Reiff écrit alors « La lutte pour le pouvoir en Pologne a déjà commencé » [19]. En fait elle fut gagnée par les fondations allemandes avec une déconcertante facilité puisque grâce aux contacts existants depuis 10 ans, « les parlementaires polonais, élus dans le premier scrutin ouvert à la compétition, le 4 juin 1989, recherchaient des contacts en Allemagne par la biais des canaux familiers de la fondation » [20].

Dans la gigantesque « transformation » capitaliste polonaise (mais aussi est-allemande pendant ce même temps) les fondations allemandes sont aux avant-postes : elles forment des centaines, des milliers de dirigeants polonais – des députés, des journalistes, des conseillers municipaux, des chercheurs, des étudiants- à « la démocratie et l’économie du marché », selon une expression sanctifiée par cette époque. Elles influencent ainsi énormément les programmes politiques des nouveaux partis polonais. Il est fréquent que les députés polonais fraichement élus dans les élections législatives en 1991 suivent le matin un cours d’une fondation et le écrivent l’après midi la loi à laquelle le cours était consacré. Les médias présentent alors massivement l’Allemagne comme le seul modèle valable à suivre, le plus abouti, le plus réussi en Europe. Maintenant que nous savons que ces mêmes journalistes suivaient les cours des fondations, nous pouvons mettre en doute leur objectivité et leur impartialité face à une telle pression. Cependant de nombreux chercheurs, professeurs éminents répétaient ces éléments idéologiques en toute innocence : l’époque était telle que tout ce qui portait l’épithète de « démocratique » et venait de l’Occident devait être juste et bon [21].

Dès 1989 les fondations de la droite allemande s’installent alors en Pologne (Naumann, Hans Seidel), les fondations des entreprises allemandes (Thyssen, Krupp) suivent de près, tandis que les fondations américaines financent de très larges milieux des nouvelles élites, politiques économiques, médiatiques. Les fondations Carnegie, Rockefeller, Soros (sous le nom de Stefan Batory) mènent leur propre politiques en créant des structures de types think thank, des partis politiques, des magazines, des télévisions, des associations patronales etc. L’Union Européenne crée alors sa propre structure financée par la Commission Européenne la Fondation Robert Schumann. La Pologne devient un test grandeur nature de la nouvelle politique tous azimuts de ces organisations. La libéralisation et la privatisation rapide du marché de l’éducation leur permet de s’installer dans le segment de la formation des élites – par exemple la Fondation Adenauer finance directement la célèbre université catholique de Lublin dépendante de l’Église catholique, ainsi que l’Université Catholique de Varsovie existant auparavant sous le nom d’Institut de Théologie de Varsovie.

Les fondations créent de toutes pièces des partis politiques qui n’existaient pas dans la société polonaise, financent et forment leurs militants et leurs membres. Par exemple le KLD, Kongres Liberalno-Demokratyczny (Congrès Libéral Démocratique) dont est issu Donald Tusk, a été crée en 1991 par l’Institut d’Etudes du Marché de Gdansk, une fondation entièrement dans les mains de la Fondation Adenauer [22]. Lorsque les dirigeants des partis, dont celui de KLD, perdent les élections en 1993, ils sont immédiatement employés dans des instituts fondés et financés par les fondations allemandes [23]. Cela permet au ministère des Affaires Étrangères allemands de les garder de côté et les préparer tranquillement à reprendre le pouvoir sans qu’ils aient besoin de gagner leur vie dans le dur système néolibéral qu’ils venaient justement de créer pour le peuple polonais ! D’autres institutions, mi centres de recherche, mi think thank, mi partis ont été créées par la Fondation Adenauer : Le Centre des Recherches Internationales (Centrum Stosunkow Miedzynarodowych, dirigé par Janusz Reiter, ambassadeur de la Pologne en Allemagne de 1989 à 1995), l’Institut des Affaires Publiques (Instytut Spraw Publicznych, dirigé par Leszek Balcerowicz, le « chicago boy » polonais et exécutant de la stratégie du choc du FMI et de la Banque Mondiale en 1989). Le Centre a aussi formé Aleksander Smolar, qui devient directeur de la Fondation Soros en Pologne, appelée en Pologne Fondation Stefan Batory.

Petit à petit, après une période de confusion et d’action tous azimuts, les fondations se spécialisent et se partagent le territoire de la Pologne. Les fondations de droite dont surtout Adenauer, gardent la main sur les milieux chrétiens, conservateurs, ultralibéraux et libéraux tandis qu’Ebert s’intéresse aux milieux féministes et aux syndicats. La fondation Ebert finance depuis 1990 la thématique du genre et du féminisme à l’Institut de Sociologie de l’Université de Varsovie. Ce n’est pas un hasard : c’est bien dans ce milieu qu’est né le mouvement féministe polonais moderne, en mai 1989 en réaction au premier projet de loi criminalisant l’avortement. A l’époque ce mouvement polonais qui organise de puissantes manifestations et une pétition de 1,5 million de signatures pour un référendum sur l’avortement n’a aucun lien avec les milieux féministes allemands et certainement pas avec les fondations. Il est plutôt proche du mouvement laïque Neutrum qui réclame le retrait de la directive du ministère de l’éducation instaurant l’éducation religieuse dans les écoles publiques en août 1990 et plus tard l’abolition du concordat donnant d’immense privilèges au Vatican en Pologne. Même s’il n’est pas certain que les fondations Ebert ou Adenauer aient directement joué un rôle dans l’interdiction définitive de l’IVG en Pologne le 7 janvier 1993, ce qui est sûr est que le financement de programmes « genre » dans les universités polonaises a considérablement assagit le mouvement féministe polonais dès 1994 et l’a détourné notamment de la lutte pour la séparation de l’Église et de l’État, privilégiant les thématiques de parité et d’identité.

La Fondation Ebert met sur pied par contre tout un programme de formation des syndicalistes polonais au « dialogue social » cher à la conception allemande du capitalisme, aussi bien dans Solidarnosc que dans OPZZ, le syndicat post-communiste. Le but est de faire des syndicalistes des « partenaires prévisibles » sachant que ce qui est surtout en jeu est la continuation de la main-mise par les multinationales occidentales et notamment allemandes sur l’outil de production polonais par le biais des privatisations. En 1991, 1992, 1993, Solidarnosc et les autres syndicats appellent plusieurs fois à des grèves générales contre les privatisations. Ces grèves n’aboutissent jamais et ne prennent pas une ampleur suffisante pour renverser le rapport de forces en faveur de la classe ouvrière polonaise. En effet, les dirigeants syndicaux sont passés par des formations leur apprenant à « éteindre » une grève par une négociation parcellaire sur des détails et à dépolitiser le débat économique. Certains d’entre eux deviennent députés, ministres, hauts fonctionnaires comme Zbigniew Bujak, le leader de Solidarnosc en clandestinité (Bien qu’opposé au capitalisme en 1991, Bujak finit par taire ses critiques en devant le directeur des Douanes). Du haut de ces positions politiques, les anciens ouvriers et techniciens n’ont plus aucun scrupule à profiter du nouveau système abandonnant la classe ouvrière au nouveau système ultralibéral [24].

Les fondations allemandes ont pour objectif de soutenir les analyses politiques et économiques en termes de « dialogue inter-partisan » et poussent leurs protégés à abandonner toute référence à la lutte des classes, l’analyse marxiste ou même l’analyse de la chose politique en termes de souveraineté nationale. Elle forment directement des politiques célèbres comme Jan Maria Rokita (député et ministre), Andrzej Olechowski (ministre des affaires étrangères 1993-95), Donald Tusk (premier ministre de 2010 à 2014, actuel président de l’UE), Pawel Piskorski, (dirigeant du syndicat étudiant indépendant NZS à la Faculté d’Histoire de l’Université de Varsovie en 1987-90, député libéral en 1991 à 23 ans, Maire libéral de Varsovie de 1999 à 2002 et eurodéputé), Jacek Saryusz Wolski, (négociateur polonais pour l’adhésion à l’UE et ministre) [25].

Et bien d’autres, plus jeunes, sortent formés et prêts à prendre les rênes des institutions polonaises pour continuer la politique qui réussi si bien à l’Allemagne, les USA et l’UE depuis 1989. La fondation Ebert forme également un politique bien plus chevronné et influent : Leszek Miller, leader des sociaux-démocrates, premier ministre pendant la négociation finale de l’entrée de la Pologne dans l’UE de 2001 à 2005. C’est que les fondations créent rapidement des « écoles de jeunes leaders  » pour les partis politiques polonais, financent ces structures et invitent les jeunes polonais prometteurs à des stages en Allemagne [26].

Les « petites » fondations eurent également un impact énorme sur leur cible d’action. La Fondation Heinrich Böll a crée un parti des Verts ensemble avec des féministes polonaises comme Agnieszka Graff et Agnieszka Grzybek. Les contacts existaient bien avant puisque la Fondation avait déjà financé des initiatives féministes comme le Centre des Femmes (Centrum Kobiet).

(Cette partie de l’exposé est basé entièrement sur l’expérience de l’auteure de l’article et non sur le livre de Dorota Dakowska).

La Fondation Rosa Luxemburg arrive en Pologne en 2005. Elle y est dirigée par un Allemand, Holger Politt. Elle finance alors, dès 2006, des conférences scientifiques de gauche comme celle tenue par les milieux laïques à Kuznica na Helu à laquelle j’ai participé en octobre 2006. La Fondation publie des livres dont les articles de cette rencontre. Très vite la fondation commet des erreurs politiques majeures qui divisent la gauche polonaise renaissante et elle est vite perçue en Pologne comme un facteur de désintégration, presque comme une organisation coloniale venue de l’Allemagne. La Fondation Rosa Luxemburg finance des publications d’intellectuels de gauche, comme les livres de Maria Szyszkowska, présidente du Parti Socialiste et Laïque Racja, à condition toutefois que ces personnalités se conforment aux directives de la fondation. Par exemple, en échange de ce soutien, la fondation exige du parti RACJA en 2008 la collaboration avec les milieux socio-libéraux et une rupture de relations avec le Parti Polonais du Travail et le syndicat Aoùt 80 alors en pleine expansion qui collabore avec la 4ème Internationale et le NPA français. Pis, la fondation Rosa Luxemburg de Pologne, emmené par l’intransigeant Holger Politt, excommunie, lance une campagne de diffamation dans les milieux de la gauche européenne altermondialiste à l’encontre de Boguslaw Zietek, le leader du PPP et d’Août 80. Elle le désigne partout comme « fasciste » et interdit à de nombreuses organisations d’inviter les militants de ce parti et ce syndicat. Par exemple, la Fondation Rosa Luxemburg a interdit au Parti de la Gauche Européenne d’inviter une militante féministe du PPP à un séminaire que j’organisais pour le Congrès du PGE à Prague en novembre 2007 dans le cadre du réseau féministe El Fem. J’ai personnellement vu Holger Politt physiquement attaquer un militant du syndicat d’Août 80 présent à ce congrès en tant que journaliste. Politt voulait le chasser du Congrès mais n’a pas pu le faire car ce militant polonais possédait une carte de presse. Cependant la tension était à son comble.

La Fondation Rosa Luxemburg s’est rendu coupable d’autres manipulations qui ont durablement affaibli la gauche polonaise renaissante : elle a influencé la scission violente d’ATTAC Pologne et l’expulsion de cette association des militants proche d’Août 80. Elle a manœuvré pour empêcher l’adhésion au Parti de la Gauche Européenne comme membres observateurs des deux partis, RACJA et le PPP, en imposant à contrario l’admission d’une organisation socio-libérale et carriériste, les Jeunes Socialistes. Le PGE a refusé l’adhésion des deux partis, pourtant bien plus sérieux et solides, au prétexte que les Jeunes Socialistes déjà admis en son sein s’y opposaient ! Las de cette activité destructrice de cette institution censée représenter la gauche anti-capitaliste allemande, quelques militants polonais dont moi-même avons fait appel à des députés de Die Linke de notre connaissance afin de leur demander d’intercéder auprès de la direction de le Fondation à Berlin, de demander que cessent ces attaques et que Politt soit renvoyé de Pologne. Il est intéressant de voir que c’est à cette occasion que nous avons pu voir que les députés eux-même, hauts responsables de Die Linke, furent impuissants à changer la stratégie et les décisions de la fondation Rosa Luxemburg. Il apparut que le parti ne contrôlait pas sa propre fondation. Maintenant nous savons pourquoi : parce que les fondations réalisent toujours les stratégies des ministères des Affaires Étrangères et de Coopération allemand et pas toujours de leur parti. Finalement Holger Politt a fini par être renvoyé mais remplacé par son adjointe Joanna Gwiazdecka, particulièrement haïe dans les milieux de la gauche polonaise pour son suivisme aveugle vis-à-vis de Politt dans les années précédentes. La seule victoire fut que la Fondation décida de ne plus se concentrer sur la Pologne et elle déporta son attention vers les Balkans ou jusqu’à présent elle ne commit pas les erreurs faites en Pologne.

Dans les Balkans la fondation Rosa Luxemburg a financé la partie politique du Subversive Festival de Zagreb, le Forum des Balkans, en 2012 et 2013. Actuellement elle travaille à la création d’un parti de gauche de type « Syriza » en Serbie et Bulgarie, ce qui depuis des décennies de défaite de la gauche dans ces pays apparait très attractif pour de nombreux jeunes militants issus des nouveaux mouvements sociaux de 2011 en Serbie et 2013 en Bulgarie. Mais d’autres estiment déjà que la stratégie de la fondation ne correspond pas aux besoins réels des peuples des Balkans et est source de division et non d’unification.

Le rôle des fondations allemandes dans la construction des fondations politiques européennes

Les fondations allemandes de part leur énorme réseau politique jouent un rôle important dans le processus d’adhésion des pays de l’Est à l’Union Européenne. Par la suite, forte de cette expérience des arcanes de la bureaucratie bruxelloise, elles organisent un lobbying intensif en vue de créer des fondations politiques au niveau européen, sur le modèle d’elles mêmes. Elles y parviennent en 2007 : le règlement 1524/2007 de la Commission Européenne décide que les fondations politiques européennes ont pour mission de favoriser l’intégration européenne, qu’elles sont financées par la Commission et qu’elles doivent réaliser ainsi la politique de leur parti politique européen respectif. Dès 2006 les fondations allemandes organisent un Réseau Européen de Fondations Politiques dans lequel elles sont les plus riches et les plus fortes. D’ailleurs c’est toujours un Allemand qui se trouve à la tête de chaque fondation politique européenne, à l’exception de la franco-autrichienne Elisabeth Gauthier qui est à la tête de la Fondation Transform, qui fait office de fondation officielle pour le Parti de la Gauche Européenne depuis 2007. La Fondation Ebert est à l’origine de la Fondation Européenne des Études Progressistes, crée en 2008, la Fondation Adenauer possède le Centre des Études Européennes, la Fondation Böll a crée la Fondation Européenne Verte et la Fondation Naumann le Forum Européen Libéral. Les financements, salariés et bureaux proviennent tous de la Commission Européennes [27].

Conclusion

En conclusion, il convient de reproduire quelques chiffres : en 2010, la Fondation Adenauer a obtenu 125 millions d’Euros de budget, possède 80 filiales dans le monde, dirige des projets dans 120 pays et emploie 563 salariés. La Fondation Ebert a reçu 149 millions d’Euros, emploie 620 salariés, possède 110 filiales et dirigent des projets dans 110 pays. La Fondation Naumann reçoit 46 millions d’Euros, salarie 188 personnes, possède 44 filiales et dirige 100 projets dans le monde. La Fondation Heinrich Böll reçoit 50 millions d’Euros, salarie 278 personnes dans le monde dans 52 filiales et dirige des projets dans 72 pays. La Fondation Rosa Luxemburg reçoit 30 millions d’Euros, emploie 134 personnes dans 14 filiales dans le monde et dirige des actions dans 50 pays. Enfin, la Fondation Hans Seidel a reçu 46 millions d’Euros, salarie 182 personnes dans 29 pays [28].

Indéniablement ce partage du spectre politique ressemble plus au fonctionnement d’une multinationale qu’à celui d’une association militant pour le bien commun.

La question clé est : qui, quelle organisation dans le monde peut rivaliser avec pareille puissance financière et organisatrice ? Une réponse à cette question permettrait d’avoir enfin une stratégie de résistance.

[1] P.12, Dorota Dakowska, « Le pouvoir des fondations, des acteurs de la politique étrangère allemande », Presses Universitaires de Rennes, 2014

[2] P.33 op cit.

[3] P.34 ; op ;cit

[4] P.39 op.cit

[5] P.43, op.cit, note de bas de page N°40

[6] P.45, op.cit, « Gemeinsame Erklärung », 1998, KAS, FES, FNS, HSS, HBS

[7] P. 88 , 89 de nombreux exemples en sont donnés pour l’Afrique et l’Amérique Latine. Par exemple la Fondation Ebert a financé la campagne du Parti Progressiste Voltaïque en 1978 au Burkina Faso, p ; 89.En 1988 la Fondation Adenauer a financé et formé des militants chrétiens démocrates appelant à voter contre Pinochet. Au Portugal la fondation Ebert a financé la formation de militants socialiste dans la fondation José Fontana et Antonio Sergio en 1975, p.90

[8] P. 79, note 3 « BMZ, Bericht über die Förderung der gesellschaftspolitischen Bildung in den Enwitcklungsländer », (Rapport sur la promotion de l’éducation politique dans les pays en voie de développement), Kap.2302, tit.686, Bonn, juin 1969, p.2, Archives courantes du BMZ.

[9] P.62-69

[10]->https://histoireetsociete.wordpress.com/2017/12/22/les-fondations-allemandes-instrument-dun-imperialisme-particulier-dans-un-monde-globalise-par-monika-karbowska/#_ftnref10] P. 78, op. cit, chapitre « La place des fondations dans l’administration corporatiste allemande ».

[11]->https://histoireetsociete.wordpress.com/2017/12/22/les-fondations-allemandes-instrument-dun-imperialisme-particulier-dans-un-monde-globalise-par-monika-karbowska/#_ftnref11] P. 78 dernière ligne, op.cit.

[12]->https://histoireetsociete.wordpress.com/2017/12/22/les-fondations-allemandes-instrument-dun-imperialisme-particulier-dans-un-monde-globalise-par-monika-karbowska/#_ftnref12] Rapport BMZ, 1973, p.13, 14 cité p. 80, op.cit.

[13]->https://histoireetsociete.wordpress.com/2017/12/22/les-fondations-allemandes-instrument-dun-imperialisme-particulier-dans-un-monde-globalise-par-monika-karbowska/#_ftnref13] P.81, op .cit.

[14]->https://histoireetsociete.wordpress.com/2017/12/22/les-fondations-allemandes-instrument-dun-imperialisme-particulier-dans-un-monde-globalise-par-monika-karbowska/#_ftnref14] P.84, ligne 12, op.cit.

[15]->https://histoireetsociete.wordpress.com/2017/12/22/les-fondations-allemandes-instrument-dun-imperialisme-particulier-dans-un-monde-globalise-par-monika-karbowska/#_ftnref15] P. 90 en haut de la page.

[16]->https://histoireetsociete.wordpress.com/2017/12/22/les-fondations-allemandes-instrument-dun-imperialisme-particulier-dans-un-monde-globalise-par-monika-karbowska/#_ftnref16] P.90, dernière ligne et note N°19.

[17]->https://histoireetsociete.wordpress.com/2017/12/22/les-fondations-allemandes-instrument-dun-imperialisme-particulier-dans-un-monde-globalise-par-monika-karbowska/#_ftnref17] P.p.95, op.cit.

[18]->https://histoireetsociete.wordpress.com/2017/12/22/les-fondations-allemandes-instrument-dun-imperialisme-particulier-dans-un-monde-globalise-par-monika-karbowska/#_ftnref18] P.100-103, op.cit.

[19] P. 103, note N°20, fonds Reiff, 1989.

[20] P. 104 haut de page, op.cit.

[21] P.105 « Dès 1989 le recours aux fondations politiques s’imposa. Les ministères fédéraux les considéraient comme des instruments utiles pour compléter da coopération technique et financière par une action ciblée sur les structures politiques et sociales à savoir les partis politiques et les gouvernements, les syndicats et autres groupes d’intérêt, les médias, et les centres de recherche. Assurer un passage pacifique à la démocratie et l’économie de marché fut une priorité de la politique étrangère allemande motivée par la préservation de la stabilité dans la région ».

[22] P.108, op.cit.

[23] En septembre 1993 le peuple polonais excédée par les privatisations massives, le chômage, la misère, la destruction de l’Etat et du tissu industriel vote le retour des communistes en donnant une majorité à la coalition du SDL (post communiste) et du Parti Paysan (ex allié communiste) dans l’espoir de revenir à une politique plus raisonnablement social démocrate et moins destructrice de la société. Hélas, les dirigeants de ces partis avaient déjà pris le tournant néolibéral entre autre grâce aux fondations et ils continuent la transformation néolibérale.

[24] P. 111-112, op. cit.

[25] P. 117, encadré, op.cit.

[26] P.120-123, op.cit.

[27] P. 188-191, op.cit.

[28] P.199, op.cit.

 
 

Lu sur le blog de nicolas Maury… je partage et j’ajoute

Les militant.e.s communistes ont vendu un numéro de l’Humanité Dimanche (celui du 3 janvier) dont une double page porte à réflexion. Comment se fait-il que l’Humanité Dimanche donne la parole aux putschistes d’EuroMaïdan et à un partisan de l’oligarque Ioulia Timochenko ?

Il fallait oser et bien l’Humanité Dimanche l’a fait.

Lorsque j’ai lu l’Humanité Dimanche du 3 janvier, j’ai eu une pensée pour les victimes du putsch fasciste d’EuroMaïdan, que l’HD qualifie de « manifestations citoyennes ».

Une pensée pour celles et ceux qui se sont fait assassiner à la Maison des syndicats à Odessa, à Vadim notre camarade du Komsomol brûlé vif par ces gentils révolutionnaires attendris par les valeurs européennes. Et enfin une pensée aux victimes de la guerre qui ravage le Donbass et à ses bataillons néonazis (Azov) qui chassent les communistes.

Cette belle Ukraine qui a interdit le Parti Communiste, son idéologie et pourchasse les militant.e.s communistes.

Et pour sombrer encore plus dans ce crépuscule du journalisme, l’invité Andreï Kourkov (qui est un acteur et partisan du putsch) fait l’apologie de l’oligarque Ioulia Timochenko, qualifiée de « véritable alternative ». Alternative à quoi ? Celle qui louait le massacre d’Odessa par ces mots « Je veux dire un grand merci à tous ceux qui, hier, ont combattu pour la défense d’Odessa et de l’Ukraine » serait une alternative ? Celle dont le parti permet de recycler des néonazis et des banderistes ?

Que l’Humanité ne vienne pas me demander un quelconque euro.

 

Je partage totalement ce qu’écrit Nicolas Maury sur son blog, et ce n’est pas le seul exemple, que dire du compte-rendu immonde je pèse mes mots d’un livre sur le Che qui accuse Fidel Castro d’avoir fait tuer Camille Cienfugos, un torchon alors que sont encore et toujours interdits les gens comme moi. C’est tout un contexte y compris celui de la formation des militants tenus par les mêmes et il n’y a pas que le parti, la pieuvre du contrôle s’étend, alors qu’un scandale vient d’éclater sur ce que certains osent à la CGT face à quelqu’un comme Annie Lacroix Riz.

C’est tout un monde non communiste ou vendu ou les deux, qui s’est emparé des postes clés, qui tient notre presse et qui n’a plus rien de communiste. Mais j’irai plus loin, est-ce que Fabien Roussel a les moyens d’imposer la politique votée par les communistes? Si comme on peut le soupçonner au vu de ce qui est- publié, censuré, on peut alors considérer qu’en l’état ce congrès est une escroquerie. Ceux qui continuent à « tenir l’appareil du parti », sa presse en totalité et quelques grosses fédérations comme la mienne celle des Bouches du Rhône sont prêts à tout. Mon département a en effet  envoyé au Comité National, par pure tricherie en ne respectant pas le vote des adhérents (38% pour le manifeste, 0% au Conseil National), des soutiens à Pierre Laurent contre la nouvelle politique. Il semble que jusqu’à ces derniers jours Fabien Roussel n’avait même pas de bureau et toujours pas de secrétariat pour l’aider à préparer ses débats. Le siège du PCF, la presse tout est aux mains des mêmes et le vote des communistes est bafoué, ce n’est pas un hasard si pareils articles paraissent dans l’humanité. L’Europe, les fondations allemandes déversent un fric pas possible pour que la politique anti-communiste que souhaitent les maîtres de l’OTAN et du libéralisme. Cela touche les syndicats mais aussi les directions politiques que l’on invite à faire du tourisme de luxe à condition qu’ils suivent ce que veut l’UE.

Tant que ces conditions existeront les communistes pourront exiger une autre politique, il n’en sera rien, si on ajoute à cela l’incompétence manifeste de certains capables d’aller faire la cour à un Rafael Gluksman qui s’est illustré dans son soutien bien financé aux oligarques de Géorgie et d’Ukraine, nous avons la totale.

Personnellement je refuse de considérer qu’il y a une nouvelle équipe à la direction du parti, il y a un leurre que l’on va rapidement déconsidérer pour continuer la politique qui n’est que celle dictée par l’UE et dont l’objectif reste la liquidation du parti. La seule question est est-ce que les communistes vont laisser faire. En ce qui me concerne je reste au Parti parce qu’il ne leur appartient pas, mais je refuse de cautionner cette escroquerie et je ne participe plus à aucune réunion, ni activité du parti. Je ne serai pas accusée de tendance par ceux qui aujourd’hui imposent la leur en violation de toute démocratie.

 

Danielle Bleitrach

 

 
 

Ce à quoi je vais réfléchir pour aborder l’an nouveau

A Forcalquier, la ville de Castaner, ils entonnent le chant des partisans…
 
Partout, sur tous les continents, il y a un désir de radicalité « de sortie du système », mais aussi l’impossibilité de se reconnaitre dans l’offre existante…
 
Non seulement parce que l’offre est ce qu’elle est mais parce que le collectif a été profondément détruit et que cela tâtonne pour reconstruire. Cela va au-delà du politique et le seul modèle demeure familial, toutes les descriptions des « ronds-points » le décrivent. La famille avec son intimité mais aussi son repliement. Le PCF est-il encore un collectif, celui-ci est-il capable de débat, de dialogue ? 
 
J’ai besoin de réfléchir à tout ça pour aborder cette nouvelle année. Marianne m’a envoyé deux textes que je viens de publier sur une situation étrangement parallèle en Russie… Il est clair qu’il n’existe rien d’autre – du moins à mes yeux que les partis communistes, mais il est indispensable que celui auquel j’appartiens, le PCF, mesure à quel point il est en rupture avec ce qui demande à naître, non pas pour une « modernité » de couches moyennes et de petite bourgeoisie en crise, mais bien des gens qui n’en peuvent plus. Le 38ème Congrès a été un élan en ce sens, mais il est lesté de tant de méconnaissance de la réalité dans le monde, une telle bureaucratisation et le mort continue à vivre en nous… comme un désir de revanche de ceux qui depuis plus de 20 ans s’en croyaient les copropriétaires, ramenant comme l’homme à la cervelle d’or des rognures de sang et d’or pour nourrir ces derniers. La cervelle s’est épuisée et le pari de la reconquête bien que le seul valide apparaît difficile. 
 
Sur tous les continents c’est le même phénomène après la chute de l’URSS était apparue d’abord, selon le mot de Chavez un tourisme altermondialiste de la petite bourgeoisie, une protestation des « élites » contre le démantèlement d’abord timide puis accéléré des « conquis ». Le sentiment que l’on vit plus mal que les parents et les enfants pire que vous s’est accru, mais de plus en plus de gens ont été pris à la gorge… Et aujourd’hui ce sont des gens dans les cordes, un prolétariat rejeté à la marge plein de méfiance pour les partis parce qu’ils sont le système..
Injuste pour les partis communistes ? Oui et non! Les partis communistes ont tenté la survie en s’intégrant au système, à celui d’un Poutine en Russie, à la « gauche » en France alors même qu’elle adoptait la politique du capital… Il reste une mémoire de ce qu’a été la Révolution, le communisme, mais celle-ci s’efface.
 
L’organisation collective que fut le PCF a été détruite au Congrès de Martigues… Il n’y a rien d’autre pourtant, les formes mouvement, la République en marche ou la France insoumise font rapidement la preuve de leur inadéquation. Que faire? Il est probable que l’Histoire tranchera pour nous avec une zone de tous les dangers, la guerre et le fascisme comme recours ultime d’un impérialisme sénile…

Le phénomène gilet jaune est le premier signe de ces temps périlleux… Il sont « hors système » et chacun s’emploie pour eux à circonscrire le système : ce sont les « élites » cosmopolites qui favorisent l’immigration dit le rassemblement National, c’est l’Europe dit caricaturalement quelqu’un comme Philipot ou Asselineau… La petite bourgeoisie qu’elle soit fasciste comme Soral, Dieudonné et Chouard ou social-démocrate radicalisée comme Ruffin, cherche à trouver des procédures qui les mettent au pouvoir…

C’est l’impossibilité de vivre disent ceux qui se reconnaissent au moins dans le refus de ce qui est, c’est flou et pourtant ça rassemble, il y a vaguement les riches avec y compris le vieil antisémitisme qui ne relève que les noms juifs ….

Chacun de nous vient de faire l’expérience de la trouille, il n’y a pas d’autre mot, qu’un mouvement comme les gilets jaunes inspirait aux éditorialistes sur les plateaux de télévision? alors que sur le fond comme il ne cessaient de le répéter  ce mouvement a des manifestations et des mobilisations  bien inférieures à celle des syndicats… Pourquoi les craignent-ils ? Peut-être parce qu’il y a la conscience que ce n’est qu’un début de la fin de ce qui les fait vivre, leur donne le privilège de la parole et à « l’existence »… Déjà dix victimes et d’innombrables blessés, les morts comme les blessés sont dans les rangs des manifestants, le pouvoir gratifie la police et fait passer en jugement des innocents qui écopent de prison ferme. La justice de classe.

Ceci me conduit à une autre réflexion : les partis communiste ont jadis partout élaboré une espèce de vision de passage au socialisme sans violence. Peut-être est-ce impossible et ceci pour trois raisons: parce que l’existence d’un camp socialiste le permettait, mais surtout parce que l’impérialisme joue sa survie. Et parce que ce sont les masses prolétariennes qui se sont mises en mouvement et à celles-ci le capital n’a jamais fait de cadeau. La violence celle de la guerre et de la répression surgit, pas parce que la classe ouvrière et le prolétariat le veut mais parce que c’est la seule réponse que face à eux le capital connaisse. Il est clair que tout cela ceux qui se mettent en mouvement le sentent et l’inadéquation des forces politiques à cette violence fait partie du problème du moment, il n’y a rien face aux menaces de guerre et de contre-révolution sanglante.

La question est donc bien celle de savoir si le parti communiste est toujours un parti révolutionnaire et ce que cela veut dire aujourd’hui en France et dans le monde tel qu’il est.

A mon retour le 7 janvier.

 
Danielle Bleitrach
 

La Pravda: Dans le contexte de l’exacerbation de la situation politique, Fabien Roussel est devenu le nouveau chef du parti communiste français.

« Est-ce une rébellion? » – « Non, Sire, c’est une révolution! » Le leader dumouvementd’opposition la France insoumise Jean-Luc Mélenchon s’est souvenu de cette phrase célèbre de la Grande Révolution française en analysant les événements tumultueux des trois dernières semaines. À ce propos, dans le contexte de l’exacerbation de la situation politique, Fabien Roussel est devenu le nouveau chef du Parti communiste français, dont la plate-forme lors du vote interne l’a emporté sur celle de la direction nationale du PCF dirigée par Pierre Laurent.

Voici la manière dont l’envoyée permanente en france de la Pravda rend compte de la situation politique. marianne qui a des contacts permanents avec certains dirigeants du parti communiste russe et parle russe avec eux s’évertue à lui faire comprendre la situation politique en France et à tempérer l’enthoysiasme de cette journaliste pour melenchon, a eéussi à un peu faire évoluer la position. Il est à craindre que vu l’évolution du PCF et la main mise qui se poursuit de Pierre laurent et sa bande sur le secteur international,ces tentatives de dialogue et de compréhension soient vouées à l’échec et que Marianne ait beaucoup de mal à expliquer aux Russes que le PCF vit « un virage à gauche’ en accord avec le mouvement populaire. Je devais rédiger une note là-dessus à leur encontre, après la main mise de Pierre lauren sur le secteur international, je me demande ce que je vais leur raconter. (note de danielle Boleitrach)

À travers les pages du journal « Pravda », Anna Semionova

06-12-2018

https://kprf.ru/international/capitalist/180935.html

 

Le pouvoir dans l’impasse

 

Développant de puissantes manifestations à travers le pays, le mouvement des « gilets jaunes » se généralise de plus en plus. Les grévistes et les manifestants n’exigent plus seulement la baisse du prix de l’essence. Les partisans du mouvement ont en effet élaboré tout un programme politique et social et envoyé un communiqué de 40 demandes au gouvernement adressées aux députés et à certains médias. Ils incluent l’interdiction d’augmenter les impôts, d’augmenter le salaire minimum, de réduire la période de retraite de 62 à 60 ans, de réduire le coût des fonctionnaires, de renforcer le contrôle sur l’immigration clandestine et bien plus encore.

 

La crise sociale dans le pays devient politique. Selon  Paris Match, seuls 23% des Français évaluent de manière positive le travail du président, citant l’Institut français de l’opinion publique (IFOP). Il y a un rapprochement des « gilets jaunes » avec les rouges, c’est-à-dire avec les syndicats. Le journal “L’Humanité” a décrit en détail la situation dans le port industriel de Saint-Nazaire, où les dockers agissaient simultanément en tant que membres de la Confédération générale du travail (avec un gilet rouge) et en tant que représentants des “gilets jaunes”. Dans le même temps, les factions de gauche (communistes et «insoumis») de l’Assemblée nationale sont activement en faveur de la préservation de la sécurité sociale, elles ont soutenu la grève du personnel des ambulances exigeant le maintien du prix de l’essence pour les véhicules médicaux.

 

Et puis soudain, des lycéens et des lycéens de différentes villes, notamment de Marseille, ont exigé le rejet de la réforme de l’enseignement supérieur. «L’Humanité» a placé une photographie de femmes âgées (en France, il n’est pas habituel de traiter les gens âgés de vieillards) avec les symboles du Parti communiste français, qui s’opposent à la réduction des retraites. Une femme de 80 ans serait décédée lors de l’écrasement de la manifestation dans le Vieux-Port de Marseille. Le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, a demandé une augmentation du minimum de subsistance et du salaire minimum. Même les publications de droite soulignent le mécontentement général dans un pays où « les riches s’enrichissent et les gens s’appauvrissent ». Ainsi, le journal Le Monde qualifie les événements des derniers jours de révolution et rappelle à nouveau mai 1968.

 

Le journal Le Figaro attire l’attention sur le fait que des processus plus profonds sont à l’origine du mécontentement suscité par la réforme proposée par le gouvernement. Ils ont été prédits il y a plusieurs années par des économistes et des politologues renommés. Selon eux, au XXIe siècle, le fossé – géographique et social – se creuse entre les différentes couches de la société, à savoir entre le peuple et l’élite politique.

 

Il y a quelques années, Jean-Luc Mélenchon a attiré l’attention sur cette nouvelle réalité sociale et politique dans son ouvrage acclamé, Le Tempsdu Peuple, soulignant le fait de la confrontation moderne entre le peuple et les oligarques, l’élite financière internationale. Le politicien voit dans le choc des «gilets jaunes» et le gouvernement une manifestation de ce processus, la prise de conscience de soi d’une partie importante de la société, son auto-organisation et la formation d’une représentation collective.

 

« Emmanuel Macron et Edouard Philippe sont dans une impasse idéologique, humaine et historique », a déclaré à la télévision Mélenchon le 4 décembre. – Vous ne pouvez pas regarder ce mouvement très puissant à travers le seul prisme des dégâts causés par les hooligans de l’Arc de Triomphe. Il a souligné qu’un processus révolutionnaire se développait dans le pays, la révolution civile, lorsque les gens passaient de la nécessité d’abolir la taxe sur les carburants à la revendication de l’adoption d’une nouvelle constitution.

 

En conséquence, le gouvernement, après une série de réunions avec les chefs de factions parlementaires et même avec des représentants des « gilets jaunes », est passé de la menace directe à la tactique de manœuvre. Ils ont même changé le vocabulaire. Le Premier ministre Edouard Phillippe a annoncé mardi 4 décembre l’instauration d’un moratoire sur la croissance des taxes sur les carburants pendant six mois. Cette mesure a été prise pour calmer les participants au mouvement de protestation. Le moratoire est «soutenu» par d’autres mesures visant à réduire les tensions sociales dans le pays. Edouard Philippe a notamment déclaré que cet hiver « les prix du gaz et de l’électricité ne vont pas augmenter ». En outre, l’introduction de nouvelles mesures techniques de contrôle des voitures a été reportée de six mois.

 

«Il faudrait être aveugle et sourd pour ne pas entendre la colère de la population», déclara soudain le chef du cabinet. – Je comprends sa force et son sérieux. La source de cette colère est une profonde injustice.  » Edouard Philippe a également annoncé que du 15 décembre au 1er mars, des « consultations » avec des représentants de la société civile et du gouvernement seraient organisées pour débattre du « nouveau modèle économique et social ».

 

Si le Premier ministre n’a convaincu personne, deux possibilités se présentent: le remplacer ou dissoudre l’Assemblée nationale et convoquer de nouvelles élections. Ce n’est pas un hasard si l’idée d’un vote de censure envers le gouvernement est de plus en plus discutée au Parlement. Même des adversaires pas trop astucieux comprennent le mouvement politique. Le gouvernement annonce le report de la hausse des prix et des taxes jusqu’à la tenue des élections européennes de mai prochain. Ces élections sont très importantes pour la note d’échec du président Macron, qui, comme il semble à beaucoup de gens, n’est pas encore revenu de son sommet en Argentine. En tout cas, après avoir «admiré» les dégâts au centre de la capitale le 1er décembre, il a évité de trop se montrer.

 

La décision appartient au peuple!

 

Il se trouve que l’aggravation de la situation politique dans le pays a coïncidé avec le trente-huitième congrès du Parti communiste français, tenu à Ivry-sur-Seine les 23 et 25 novembre, au cours duquel le nouveau secrétaire national Fabien Roussel a été élu en remplacement de Pierre Laurent, qui est devenu président du conseil national du parti. Les préparatifs du congrès ont pris plus d’un an, il a commencé immédiatement après les élections à l’Assemblée nationale, tenues en juin 2017, un mois après l’élection du président du pays.

 

Alors que lors de la dernière élection présidentielle, le parti avait soutenu, comme en 2012, à l’apogée du Front de gauche, la candidature de Jean-Luc Mélenchon, qui avait recueilli près de 20% des suffrages au premier tour, lors des élections à l’Assemblée nationale, le PCF présentait le résultat le plus faible dans son histoire – 2,7% et formé avec peine un groupe parlementaire. Une analyse des raisons des échecs du parti, ainsi qu’une stratégie pour l’avenir et les tâches du renouveau, sont devenues des questions majeures de la préparation du congrès.

 

Lors du congrès, quatre plates-formes ont été développées. À la suite du vote interne des membres du parti, pour la première fois la plate-forme présentée par la haute direction du PCF n’a pas obtenu la majorité et en tête est arrivé le document «Pour un manifeste du Parti communiste du XXIe siècle», rédigé notamment par le président de la faction communiste à l’Assemblée nationale, André Chassaigne. Les auteurs de cette plate-forme prônent la revitalisation du parti. Les résultats du vote ont été confirmés lors du congrès. Le représentant de la plate-forme gagnante, Fabien Roussel, est devenu le nouveau secrétaire national du PCF.

 

Roussel est né le 16 avril 1969 à Béthune (Pas-de-Calais). Il a grandi au cœur du bassin minier, puis a poursuivi ses études à Champigny-sur-Marne en région parisienne, a rejoint le Mouvement communiste des jeunes (MJCF) et a commencé sa carrière de journaliste, tout d’abord dans L’Humanité, puis comme opérateur sur la chaîne de télévision France 3. En 2007, il dirigeait le département PCF du département de Nord, puis était élu à l’Assemblée nationale. Dès son enfance, il a été plongé dans une atmosphère communiste, et il a été prénommé en l’honneur du colonel Fabien, membre bien connu de la Résistance, communiste. Selon ses déclarations, il souhaite voir un parti renouvelé, caractérisé par un esprit de combat, défendant résolument les intérêts du peuple.

 

Anna Semionova, docteur en sciences historiques

 

 

Avec ma franchise habituelle, accord et désaccord…

Avec ma franchise habituelle, accord et désaccord…
 
Au titre d’un accord profond et sans réserve, je voudrais dire à quel point j’apprécie le discours de Fabien Roussel au Conseil National et combien je me réjouis de voir que l’exécutif du parti se donne les moyens de travailler en accord avec cette combativité, ce recentrage sur le monde du travail. Il me semble qu’il y a là le signal positif que beaucoup de communistes de cœur et de raison depuis des années attendent pour reprendre leur carte et leur place. Je voudrais insister là-dessus : oui c’est le moment, tous les révolutionnaires, tous ceux qui veulent un parti communiste digne de ce nom doivent intervenir et ne plus rester sur la touche. Une espérance est née, des gens qui croient en ce qu’ils font vont agir, ils sont besoin de l’aide de tous…
 
Étrange paradoxe qui veut cette conviction s’assortisse d’un aveu personnel d’impuissance
 Quand je regarde la distribution des tâches au sein de l’exécutif, je ne peux qu constater que les postes qui me concernent le plus directement sont occupés par les mêmes.  ils me traiteront moi et mes pareils comme ils l’ont toujours fait par la censure et la diffamation. Pire encore ils saboteront tout ce qui m’est cher et auquel je crois, y compris la culture, ce sont des  des petits bourgeois fascinés par tout ce qui est conformiste, adeptes de tout ce qui est pompier, idées reçues et cœur en écharpe. Ils assortiront Marx; ce géant, de quelque Jaurès, un nain local qui fait le lien avec la social démocratie à laquelle ils aspirent… Ce sont ceux qui ont freiné des quatre fers pour que le changement n’intervienne pas et qui m’ont censurée (moi et d’autres impitoyablement), qu’il s’agisse de la direction de l’Humanité, de la culture, de la formation, de la politique du livre, la permanence avec l’ancien, avec tous ceux qui pensaient que la classe ouvrière n’existait plus, seul le sociétal était moderne, qui confondaient communisme et totalitarisme, et au meilleur des cas se rangeaient derrière Trotski, méprisaient le socialisme « réel » au nom d’une hypothétique « visée communiste », bref se gargarisaient de mots et de citations pour évacuer le réel sont là et occupent les places…
La culture à laquelle j’aspire c’est celle-là :
Et pas l’almanach vermot des citations pour enjoliver toutes les démissions… Comme ils en ont l’habitude désormais.
 
et cerise sur le gâteau, c’est le cas de l’international.
 
Si j’ajoute à cela que je suis dans la pire fédération de France, celle qui a réussi à évacuer toute trace du contenu réel du manifeste au profit d’un consensus mou qui laisse le pouvoir aux mêmes, surtout à Marseille où je vis.
 
Je vois mal comment je pourrais survivre politiquement dans un tel contexte, même du chiendent (et parfois je me sens proche de cette mauvaise herbe) ne pourrait s’accrocher à un environnement aussi bétonné.
Mais le pire est sans doute dans le fait que ce blocage, cette impossibilité d’agir ne concerne pas que ma personne, ce à quoi je me serais aisément résignée. 20 ans d’humiliation , de censure, de diffamation, on apprend à survivre et ce n’est pas à mon âge que l’on défend une carrière… Un idéal, une espérance plus que jamais parce qu’à l’heure des bilans on aime bien se sentir en paix avec soi-même… Donc quand on s’inscrit de plus en plus dans le temps long de l’histoire et de moins en moins dans l’événementiel, on souhaite que servir ait un sens qui dépasse votre personne.
le fait que; comme depuis 20 ans,  je ne puisse servir mon parti dans un tel contexte; dépasse malheureusement ma personne. Je comprends dans la situation d’affrontement et de transaction permanente dans laquelle se trouve le CN, tel qu’il a été produit par le 38e congrès, il soit nécessaire de resserrer l’exécutif autour de la dimension de classe. Je comprends qu’il faille d’abord reprendre pied dans ce monde du travail dont ils nous ont coupé depuis le Congrès de Martigues. Alors  tant pis si on doit laisser aux liquidateurs, des secteurs comme la culture, la formation et l’international, quand la masse des communistes aura repris pied dans ces luttes si lontemps niées, on pourra avancer… Pour le moment allons sur l’essentiel.
Je ne suis pas loin de partager cette analyse sauf qu’aujourd’hui il y a des mondialisations qui s’imposent à nous. la paix et la guerre avec le rôle de l’OTAN, la lutte des classes à l’échelle mondiale et singulièrement dans le contexte européen, et c’est là qu’ils attendent notre échec. Que puis-je faire si l’ensemble du parti demeure aveugle sur ces enjeux immédiats.
Il suffirait de peu dans le contexte actuel, pour avancer réellement, que les communistes aient conscience des enjeux, que ceux qui guettent l’échec sur le bord de la route viennent les renforcer au lieu d’épuiser ceux qui se battent, mais parfois on se dit que quand tant de gens sont acharnés pour les meilleures raisons du monde à l’échec, s’obstiner est sans intérêt surtout quand vos efforts sont par trop isolés et dérisoires.
 
Donc en attendant que le changement arrive dans les terres de mission où le sort m’a jetée, je ne participerai à aucun militantisme, je me contenterai d’alimenter ce blog auquel vous avez la camaraderie d’accorder quelques succès et de participer aux activités qui me conviendront: par exemple aujourd’hui, la manifestation à 14 heures sur le Vieux port puisque c’est un des endroits de france où la jonction entre les gilets jaunes et les gilets rouges de la CGT peut se produire. Etrange paradoxe de cette fédération des Bouches du Rhône si combative qui a à la tête de son parti la fine fleur de ce que le congrès de martigues a produit de pire; des viellards de mon âge qui empêchent toute vie de renaître. .
 
J’ai commencé, comme nous le conseille Fabien Rousse, ma campagne personnelle des européennes en faveur de notre tête de liste Ian Brossat. Tout le monde autour de moi, en particulier celles qui se sont lancées à corps perdu dans la bataille pour les gilets jaunes, apprécient Fabien Roussel et sont prêts à voir dans le vote communiste, le prolongement logique de nos combats communs. Je ne suis pas sûre, oserais-je vous l’avouer de poursuivre avec le même enthousiasme si un Benoit hamon se glissait là par hasard… mais vous auriez certainement l’enthousiasme des caciques de ma fédération qui ne s’intéressent qu’aux municipales et sont en train de nous concocter sur marseille une de ces combinaisons dont ils ont le secret et pour laquelle je risque de ne pas voter. De partout se multiplient les avis pour nous inciter à  des additions de groupuscules comme génération identitaire, le pCF, voire l’inénarable Gluksman, sans se rendre compte qu’il est des additions politciennes qui dans le contexte sont autant de soustraction, et contre qui?… contre Melenchon, C’est lui faire trop d’honeur que de courir une fois de plus derrière lui soit avec un cierge, soit avec un baton, il y a là ce qui est le dernier acte de soumission auquel ces gens nous contraindraient..;  je vous garantie que si vous acceptez une telle forfaiture imbécile, le mouvement des gilets jaunes aux européennes engendrera une abstention massive et un vote majoritaire pour Marine Le Pen. Même si nous avions dans un tel contexte un élu au parlement européen, quel bilan ? 
La stratégie des des Bouches du Rhône visant à remplir le comité national de leurs forces d’inertie est en train de payer. Au dernier conseil nationale, ces gens là ont fait le forcing pour bloquer le secteur international et pour en diriger la commission. Avec eux on continuera « les bonnes oeuvres »la palestine du sieur Lefort(c’est-à-dire pas un seul contact avec les partis communistes et comme seule ligne; vive mon gendre, tout dans le story stelling et rien dans la politique), les kurdes sans se rendre compte que les deux ne sont pas dans le même camp et que pour une bonne part les Kurdes jouent désor(mais avec les USA et Israël.  Ca et une liste aux européennes avec Bernard hamon and co On s’interdira tout contact avec les partis communistes, comme le parti communiste portugais, mais on suivra Tsipras à qui on trouvera toutes les excuses quand il interdira le droit de grève,. On dénoncera le brexit comme une catastrophe alors qu’il n’est pas encore mis en oeuvre, mais on ignorera la tragédie grecque d’un tsipras restant dans la zone euro malgré le vote du peuple grec. . et tout ça, pour accompagner une liste aux européennes avec Bernard hamon and co et ce pauvre Fabien Roussel pourra se débattre dans les médias, ils auront poursuivi jusqu’à la mort du parti leurs activités de liquiditation. 
Ces gens là auront jusqu’au bout empêché ce pauvre parti de revivre. Ils tiennent la formation , la culture et le secteur international tout ce qui contrôle l’identité du parti et qu’ils peuvent de ce fait contribuer à détruire impitoyablement comme ils l’ont fait depuis des années. Tout cela pour nous mener vers un retour au Congrès de Tours malgré le vote des communistes. Mais ce ne sont pas eux les véritables responsables, les véritables responsables sont ceux qui après avoir voté pour le manifeste les ont laissé aux manettes, ont accepté que la conférence fédérale soit cette sinistre comédie d’un conse’nsus mortifère.Ils ne sont pas les seuls mais ce sont eux qui dans toute la France ont poussé le plus loin cette comédie du Congrès qui a volé le vote des communistes et fait du Conseil national un lieu d’affrontement permanent avec majorité de fait à ceux qui depuis le Congrès de Martigues détruisent le parti.
Une espérance s’est levée et nombreux sont les communiste, y compris ceux qui ont voté pour la base 1 qui s’en réjouissent, retrouvent de la fierté, du désir de se battre en écoutent le langage simple et direct d’un fabien Roussel, qui se rendent compte que tout ce qu’on leur a raconté sur la fin du parti qu’un tel changement augurait et qui ne se doutent pas le moins du monde de ce qu’est en train d’accomplir cette équipe de liquidateur dont ils sont lesté le renouveau du parti. Cela se joue désormais entre eux et leur conxcience de la situation, moi je ne peux plus rien.
 
Danielle Bleitrach