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L’autodissolution du parti communiste italien

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Le Parti Communiste Italien, né en 1921, a été dissous par son 20è congrès en janvier 1991. Cette auto-dissolution est l’issue d’un long processus, dont tous les protagonistes n’avaient sans doute pas projeté ni le déroulement, ni la fin. Ainsi, le secrétaire général du PCI, Enrico Berlinguer, qui avait, au lendemain du coup d’Etat de Pinochet au Chili en 73, estimé qu’il n’était pas possible de diriger un pays avec un gouvernement minoritaire ou disposant d’une trop faible majorité, avait-il proposé en 74 pour l’Italie ce qu’il avait appelé un « compromis historique » entre les forces communiste, socialiste, et chrétienne. Cette proposition, loin de faire l’unanimité dans le PCI, avait cependant eu un grand écho dans le pays et, dans l’immédiat, le PCI avait obtenu le meilleur score électoral de son histoire passée et future aux élections de 1976, avec 34,4% des voix. La démocratie chrétienne, qui était également, sous l’impulsion d’Aldo Moro, à la recherche d’un nouveau dispositif politique du pays, s’était ralliée à l’idée de convergence démocratique. Et, peu à peu, le PCI s’était approché d’une participation gouvernementale, ce qui n’avait pas eu lieu depuis 1947. C’est alors qu’Aldo Moro était enlevé puis assassiné en 1978 par les « Brigades rouges ». Bientôt, le PCI, accusé simultanément d’être complice des terroristes et co-responsable de la politique gouvernementale, avait mis fin en 1979 à sa participation à la majorité et tentait une stratégie qui faisait plus de place au mouvement social, alors que le « compromis historique », du moins dans sa mise en œuvre politique sous forme de « solidarité nationale », donnait la prééminence aux rapports entre formations. La mort brutale de Berlinguer, en 1984, contribuait à fragiliser le PCI, son successeur Alessandro Natta n’ayant pas le poids charismatique de Berlinguer.

Offensive patronale
La fin des années 70 et le début des années 80 voient en Italie, dans le contexte d’une forte offensive conservatrice mondiale, le patronat marquer des points sur des questions importantes comme le démantèlement de l’échelle mobile des salaires (accepté par référendum en 1985), le développement de la flexibilité, la concentration des entreprises, en même temps que la valorisation idéologique de l’entreprise, Fiat devenant une sorte d’emblème national, symbole d’un consensus idéologique fondé sur le profit, symbole de stabilité et de sécurité dans un monde de précarité. La politique de la grande entreprise commence ainsi à structurer un consensus majoritaire sur l’impossibilité de réponses indolores à la crise et l’acceptation des mesures d’austérité ; les solutions de la classe dirigeante sont perçues comme salutaires ou inévitables. Cette offensive bénéficie d’un affaiblissement du syndicalisme de classe, résultant des règles de l’unité syndicale qui conduit la CGIL à accepter que ses initiatives soient conditionnées par les autres syndicats.

Questions pour un consensus
Lors du 17è congrès du PCI en 1986, marqué par une forte présence des cadres du parti, Natta prend des distances philosophiques avec le marxisme (le concept de lutte des classes « est un concept que nous utilisons tous de moins en moins », dit-il tout en montrant combien il reste opératoire). Le congrès rejette les amendements qui proposent comme perspective le dépassement ou la sortie du capitalisme ; le PCI se proclame « partie intégrante de la gauche européenne » et « refuse d’anticiper sur les évolutions historiques », déclarant cependant qu’il « n’est pas actuel de penser à une adhésion à l’Internationale socialiste ». Mais des délégués relèvent aussi l’affaiblissement des valeurs de solidarité et d’égalité dans la société italienne, les réactions racistes contre les gitans et les travailleurs immigrés, le recul des valeurs d’égalité entre les sexes. Le PCI ne se présente plus comme parti révolutionnaire porteur d’objectifs transformateurs, mais comme « parti réformateur moderne », comme l’annonce la banderole de la tribune.

Le secrétaire général de la CGIL, principale confédération syndicale,  déclare que s’il vivait en RFA, il serait au SPD. Le Comité central du PCI refuse un amendement de Luciana Castellina qui affirme que « le reaganisme exprime une réponse de longue durée à la crise de l’ordre capitaliste des années 70 ». Giorgio Napolitano, l’actuel Président de la République, alors responsable du secteur « politique étrangère » du PCI, confirme dans une interview du 8 mai 86 au magazine « Panorama » que « l’URSS est à la tête d‘un des 2 blocs politico-militaires », ce qui n’est guère discutable, mais ajoute : « et nous sommes avec l’autre ».
Enrico Berlinguer, secrétaire général du PCI de 1972 à 1984
Enrico Berlinguer, secrétaire général du PCI de 1972 à 1984
Affaiblissement du PCI et de l’identité communiste
En 1987, ont lieu des élections législatives anticipées (pour la 5è fois depuis 1968). L’Italie traverse une crise politique mais le président de l’organisation du grand patronat italien (Confindustria) écrit dans « le Figaro » du 15 juillet 87 que « l’Italie est championne, au moins potentiellement, du capitalisme ». Le résultat des élections, avec 26,6% des voix pour le PCI, est, selon le mot de Natta, « une défaite ». A part les élections européennes de 84, toutes les élections depuis 1976 ont été marquées par le tassement de ses voix, surtout dans les secteurs ouvriers et populaires, dans les villes industrielles, dans les zones «« rouges » de Rome. L’insatisfaction des électeurs reporte leurs voix sur certaines formations « radicales » (Démocratie prolétarienne), sur les Verts, mais aussi sur les socialistes et les démocrates chrétiens. Un dirigeant du PCI, Lucio Magri, parle d’ « affaiblissement de l’identité communiste » et Alessandro Natta se demande si l’idée qu’il fallait rassembler ne l’a pas emporté sur le contenu du rassemblement. La majorité gouvernementale de centre droit, forte de 57% des suffrages, est renforcée, le Parti socialiste italien améliore ses résultats : avec 14,3% des suffrages, il retrouve son niveau des années 50. Le président de la Confindustria., toujours dans la même interview au « Figaro » du 15 juillet 87, annonce qu’« il importe que le nouveau gouvernement adopte des règles précises pour l’action économique, la libéralisation des capitaux, la modernisation de l’appareil administratif public… nous avons de bonnes chances d’aboutir ».

Les années 88-89 sont marquées par la volonté d’accentuer et accélérer la restructuration de l’économie et de la société italiennes. Les gouvernements « pentapartites » (socialistes, sociaux-démocrates, libéraux, républicains, démocrates chrétiens), font en sorte d’élargir les espaces politiques et économiques ouverts au capital privé, dans l’enseignement supérieur (au nom de l’autonomie des universités), la recherche, la culture. Le ministre du Trésor, Guido Carli, ancien président de la Banque d’Italie, ancien président de la Confindustria, déclare dans « la Repubblica » du 29 juillet 89, que, pour résorber le déficit de l’Etat, il faut commencer à « céder le patrimoine de l’Etat » : téléphone, banques, assurances, électricité.

Signes prémonitoires et préliminaires
Le PCI opère activement pour un rapprochement avec les partis sociaux-démocrates européens. Giorgio Napolitano, dans « l’Espresso » déclare en décembre 88 que, s’il n’est pas possible que le PCI « s’intègre actuellement dans le groupe socialiste à l’Assemblée européenne, car seuls en font partie des formations appartenant à l’Internationale socialiste ; les choses pourraient être examinées autrement si les conditions devenaient moins contraignantes ».

En 1989, Natta ayant démissionné de ses fonctions de secrétaire général du PCI pour raisons de santé, son successeur, Achille Occhetto, exalte lors du 18è congrès la valeur historique et future du nom de parti communiste « et alors, on ne comprend pas pourquoi nous devrions changer de nom ». Mais il annonce aussi que « si un parti, face à des transformations de vaste portée et face à des faits qui changent l’ensemble du panorama politique global, décidait, de façon autonome et non à cause de circonstances extérieures, de donner vie, avec d’autres, à une nouvelle formation politique, alors oui, il s’agirait d’une chose sérieuse, qui n’offenserait ni la raison ni l’honneur d’une organisation politique ».

Dès le lendemain de la chute du mur de Berlin (9-10 nov. 1989), il commence à parler, hors des instances du parti, d’une initiative importante, justifiée par des raisons italiennes et internationales, non pour changer le nom du parti, mais pour « donner vie à une nouvelle formation politique ». Il soumet cette proposition le 13 novembre 1989 au secrétariat du Comité central, le 14 à la Direction du parti, où elle suscite de fortes oppositions. Le 20 novembre, le Comité central adopte cette proposition qui doit être soumise à un congrès extraordinaire qui ouvrira une phase constituante, pour une organisation dont on ne définira le nom que plus tard et qui, en attendant, s’appelle « la cosa » (la chose) ; on annonce d’emblée qu’elle demandera son adhésion à l’Internationale socialiste, avec pour mission de jouer un rôle d’impulsion pour sortir la gauche européenne de sa crise. La phase constituante doit déboucher sur un congrès. Cette proposition s’adresse aux forces progressistes et de gauche, non  aux partis politiques, mais Occhetto parle des verts, des radicaux, de la gauche souterraine, des socialistes et des démocrates chrétiens de gauche. Effectivement, la préparation de ce congrès a donné lieu à des rencontres, clubs et même à un référendum parmi les lecteurs de l’hebdomadaire « l’Espresso ». Le 19è congrès (mars 1990) se trouve placé devant 3 motions, inamendables, ce que certains délégués ont contesté, et le congrès ne peut qu’enregistrer les votes des sections. Un peu moins de 30% des membres du parti ont participé aux débats préparatoires, ce qui est plus que d’ordinaire, mais peu compte tenu de enjeux de ce congrès. La motion Occhetto l’emporte avec environ 70% des mandats et le PCI s’engage dans la constitution de « la chose ».

Le congrès de l’auto-dissolution
Occhetto, considérant que l’effondrement des systèmes politiques de l’est européen ouvre une nouvelle période historique, estime qu’il faut se débarrasser d’idéologies dépassées, surmonter les divisions historiques du mouvement ouvrier et trouver une réponse à la crise d’identité du PCI, à ses échecs politiques, à ses défaites électorales, à son vieillissement, au relâchement de ses contacts avec le monde du travail. Le 20è congrès (Rimini, 31 janv.-3 fév. 1991) a vu la convergence des « colonels » (c’est ainsi qu’on appelait ses proches) d’Occhetto avec ceux qui se définissent comme relevant d’une « aire réformiste », « à la recherche d’objectifs de liberté et de justice qu’il est concrètement possible de poursuivre ». Ils refusent une stratégie de rupture avec le capitalisme. L’objectif est, pour eux, que le nouveau parti soit capable d’exprimer « une culture et une capacité de gouvernement », de tenir compte des contraintes budgétaires, d’avoir une vision « non étatiste des rapports entre public et privé dans l’économie ».

Parmi les opposants à cette orientation, Nichi Vendola se dit dérouté par le « vide d’analyse et de jugement sur une phase longue, une décennie intense, durant laquelle s’est consommée la défaite historique de la gauche mondiale ». Ces opposants jugent que « suppprimer l’identité des communistes est une erreur gravement dommageable pour toute la gauche […] L’erreur n’a pas été d’être trop communistes. Elle a été au contraire de ne pas avoir développé une critique rénovée des nouvelles formes d’exploitation et de domination ». Pour eux, le tournant engagé avec le  congrès précédent pèche pour 3 raisons :
« a/ l’absence d’une analyse de classe, moderne, de la société
b/ un déplacement de l’axe culturel vers des positions subalternes par rapport  à des idéologies modérées
c/ une idée de la politique de sommet, qui privilégie le recours aux medias et les fonctions de leader ».

D’autre part, ce 20è congrès congrès ayant lieu au moment de la guerre du Golfe, Giorgio Napolitano s’oppose à la demande de retrait des forces italiennes dans le Golfe, objectant que ce ne serait qu’un geste de propagande. Mais beaucoup estiment démentie l’analyse d’Occhetto qui ne voyait dans l’effondrement des systèmes politiques d’Europe de l’est que des possibilités de développement démocratique et la fin de la guerre froide et de la politique des blocs.

Ce congrès est intervenu dans un climat de démobilisation des adhérents : plus de 100 000 adhérents n’ont pas repris leur carte. Mais cette phase constituante a associé de nombreux interlocuteurs extérieurs qui, n’appartenant pas au PCI, décident d’adhérer à la nouvelle formation  (57 000 adhésions).

Le congrès adopte la motion Occhetto par 807 voix, 75 contre, 49 abstentions, 328 délégués étaient sortis de la salle pour manifester leur volonté de faire sécession. Occhetto est difficilement élu secrétaire général. Le Parti démocratique de la gauche était né. Plusieurs opposants continuèrent d’en faire partie, espérant pouvoir y rassembler de nombreux hésitants susceptibles d’être convaincus de la possibilité d’une force communiste dans ce parti.

On conçoit le désarroi des militants et des sympathisants du PCI devant cette disparition du PCI. Le 10 février 1991, quelques milliers de militants se rassemblent à Rome et fondent le Mouvement pour la refondation  communiste, qui deviendra par la suite le Parti de la Refondation communiste.

Les conséquences ne se font pas fait attendre : c’est un recul idéologique et politique global pour le monde du travail. En septembre 1992, la Confindustria fait presque explicitement savoir qu’elle ne se sent plus liée  aux forces qui ont jusqu’alors gouverné l’Italie et qui, effectivement, ont disparu des résultats électoraux (le Parti socialiste, la Démocratie chrétienne, le Parti libéral, le Parti social-démocrate). Achille Occhetto déclare que la gauche rénovée pourra donner « à la crise italienne une réponse que les vieilles classes dirigeantes ne sont plus en mesure d’élaborer ». La CGIL précise un élément de cette réponse, lors de son congrès fin  octobre 1992 :  il en sort un  syndicat défini comme « post-ouvrier », qui en a fini avec « le mythe du rôle central de la classe ouvrière ». Le syndicat doit défendre les travailleurs, les usagers, l’entreprises, les compatibilités. Si l’on ne tient pas compte des compatibilités entre ce qu’on demande  et ce qui est possible, « on aura l’air de Martiens », affirme le secrétaire général : le syndicat doit donc fixer ses propres limites, il ne sert à rien de refuser par principe les mises à la retraite anticipée, la flexibilité, le chômage économique. On voit se dessiner la possibilité d’un nouveau pacte social où les syndicats auraient pour rôle de contenir les éventuels excès des salariés et des entreprises. Au plan politique, l’arrivée de Berlusconi, à 2 reprises président du conseil, marque une régression démocratique importante.

*

Voilà donc comment un grand parti, nombreux, influent, fort d’une longue histoire de luttes (antifascisme, Résistance, « reconstruction » économique et politique après 20 ans de fascisme et 5 ans d’une guerre qui a comporté un changement d’alliance et qui a eu de fortes composantes d’une guerre civile) a disparu après une dizaine d’années de reculs politiques et de reculades idéologiques sur fond de régression sociale. Certains de ses membres ont pu espérer, soit qu’une « tendance communiste » pourrait peser sur l’activité du nouveau parti, soit que le patrimoine du PCI pourrait fructifier dans ce nouveau parti. Il n’en est rien, le nouveau parti est maintenant en train de se joindre à des formations social-démocrates, des formations de centre gauche, voire de centre droit, pour constituer un « parti démocratique » (ou « parti démocrate », à l’américaine : c’est le même mot en italien), avec comme objectif, non pas de changer la société, de briser la domination du capital, mais d’être une force d’alternance contre la droite berlusconienne. Ses actuels dirigeants font savoir leur exaspération quand reparaît le mot d’ordre d’Enrico Berlinguer : être à la fois parti de lutte et de gouvernement.

Si vous ne voulez pas que le parti communiste français connaisse le même  sort, avec les mêmes conséquences désastreuses pour la société et les travailleurs français, il y a urgence à réagir.

Pierre Laroche, PCF Paris 5

 
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Publié par le juillet 17, 2017 dans Congrès du parti 2018, Europe, HISTOIRE

 

PCF : des questions sans réponse, y aura-t-il encore un Congrès pour rien?

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“Ce courrier de René Fredon, du Var, Toulon, militant communiste actif de longue date, a été adressé par mail à Pierre Laurent le 23 mars 2017 (Rappel: Présidentielles le 28 Avril, Législatives le 18 Juin.). Il n’avait pas été rendu public, l’auteur attendant une réponse qui n’est jamais venue, pas même un accusé poli de réception. Il nous a autorisé à la publier.
Ce qui est arrivé aux Présidentielles ( JLM à 19,6% et aussi élimination de la gauche alternative pour le 2e Tour avec Hamon à 6%, malgré les retraits du Pcf et de Eelv-Jadot) puis aux législatives ( Pcf a 3% et FI perdant 60% des votes acquis le 23 Avril) confirmant les craintes et justifiant les désaccords qu’il évoquait et que le comportement de JLM à l’égard du parti qui le soutenait n’a fait que rendre encore plus évidents aujourd’hui a l’heure des bilans et de la résistance au néolibéralisme de Macron soutenu par les droites et la déliquescence, active ou passive des sociales-démocraties… »

René Fredon
TOULON 83200 A Pierre Laurent
Secrétaire national du PCF; 2, place du Colonel Fabien – 75019 Paris,

Cher Camarade,

Au lendemain de la marche du 18 mars pour la 6è République lancée par JLM qui a rassemblé plus de 100 000 participants, un succès incontestable, tu écris dans l’Humanité de ce même jour que « la campagne commence maintenant. Et nous envoyons un signal de mobilisation..! » Ah ! bon ?

Pour moi -et je ne crois pas être le seul communiste dans cette disposition d’esprit- la campagne des Présidentielles est finie. Je voudrais te dire pourquoi même si j’ai le sentiment que tu dois t’en douter un peu.

Il y avait une chance historique à saisir pour qu’une gauche anti-libérale puisse se qualifier au 1er tour et l’emporter au second : rassembler toute la gauche de transformation sociale et écologique sur un pacte de majorité anti-austérité et créer les conditions d’une seule et unique candidature, ce qui était notre ligne de congrès mais qui n’a pu se concrétiser, faute de partenaires disponibles. Je veux bien te donner acte de tes initiatives dans ce sens.

Le PS avait décidé de sa primaire -il avait même tenté de nous y associer-, les Verts, très divisés allaient aussi vers leur primaire et JLM absolument hostile à une telle stratégie n’avait pas eu besoin de primaire pour s’autoproclamer candidat…hors des partis.

Là où les choses se gâtent, c’est que JLM prenant tout le monde de court, semble-t-il, une partie de notre direction nationale s’est empressée de lui emboiter le pas et de le faire savoir. Je ne citerai que Parny, MGB, Cohen-Séat…Voilà l’ensemble des communistes mis devant le fait accompli sans que la direction ne déplore franchement l’initiative de JLM ! Et ça va très loin…tellement loin qu’il n’y aura pas de candidat de gauche en 2017 au 2è tour, comme en 2002, pour proposer un changement de cap à la politique d’austérité qui va s’aggraver. On va droit vers un duel entre un ultra libéral et l’extrême-droite !

Le congrès de juin, tout en prenant acte de la candidature de JLM, adopte à plus de 90% le principe de la recherche d’une candidature commune à partir d’un pacte de majorité, le PCF adoptant les grands axes de sa contribution à cette construction d’une France en commun. Tu as même pris l’initiative d’une pétition à laquelle nous nous sommes attelés.

La conférence nationale de novembre confirme à plus de 90% ces orientations et se prononce pour une candidature communiste – et non pour le soutien à JLM- afin de porter notre stratégie et, le cas échéant, la retirer après un accord politique pour favoriser l’émergence d’une candidature unique qui aurait toutes les chances de se qualifier et de l’emporter face au FN. Mais la primaire du PS en janvier dernier ne laissait que peu de place, il est vrai, à une telle hypothèse. On s’est focalisé sur cette attente plutôt que de ferrailler avec JLM qui avait décidé d’une tout autre stratégie.

Ce n’est pas tant qu’il y ait eu la consultation des communistes qui fait problème mais ton engagement personnel en tant que secrétaire national du parti pour que le choix de la conférence soit remis en cause. Avec le poids politique et médiatique qui va avec ta responsabilité. Tu as pesé de toute ton autorité pour que les dirigeants qui prônaient le ralliement à JLM, à sa stratégie « hors des partis » (pour mieux s’implanter sur leurs décombres…sans doute) retournent le vote de la conférence nationale en leur faveur !

Et voilà où cela nous mène. A la guerre entre deux socialistes de longue date, inconciliables, l’un ayant décroché après 32 ans de boutique, il y a dix ans et que MGB a rapidement contribué à lui donner sa notoriété en l’associant au FdG dont il ne pouvait pas faire ce qu’il voulait. Aujourd’hui les mêmes communistes, moins nombreux, le soutiennent encore alors qu’il est l’élément fondamental de l’échec de la mise en oeuvre de notre stratégie au profit de la sienne. Et ça va aller jusqu’au bout. La France en commun attendra.

On le soutient…en toute autonomie ? Théoriquement, car c’est lui et lui seul qui mène la campagne médiatique sur son programme. Plus on avance, plus le PCF est ignoré, sorti des radars, marginalisé. JLM va même jusqu’à minimiser les parrainages des communistes. Sans parler de son refus de laisser les députés sortants communistes seuls en lice ou reprendre leurs sièges perdus de justesse en 2012. Il se contente « d’un pacte de non-agression avec Hamon »…

Son but devient clair : nous affaiblir aux législatives autant qu’il le pourra, trop content de demander à ses électeurs de confirmer leur vote à la présidentielle en choisissant les candidats FI exclusivement. Il vise le plus fort groupe à l’assemblée, y compris au détriment du PCF qui le soutient publiquement !!

Et la direction du parti n’envisage même pas de suspendre notre soutien ? Elle attend le résultat du 1er tour -dont nous sommes absents- pour connaître ce que le grand manitou aura décidé pour les EL après avoir choisi de s’auto-éliminer à la présidentielle et de briser l’élan qui aurait suivi une victoire collective tout à fait envisageable sur la droite et le FN. La victoire il ne la conçoit que pour lui-même et nous nous taisons !

Mieux, je lis sur ton blog, à la date du 10 mars 2017 « qu’un immense travail de conviction et de rassemblement est nécessaire d’ici le 23 avril pour que monte dans le pays l’exigence d’un pacte de majorité à gauche… » et tu appelles les communistes « à mener campagne au service de cet objectif » ?

Tu crois vraiment que ce qui n’a pu se faire avant le dépôt des candidatures va se faire après, dans la dernière ligne droite ? Je ne te suis plus très bien. Les candidats sont en campagne. Tu espères que JLM t’invitera à une rencontre éventuelle avec Benoit Hamon concernant les législatives ? Comme s’il avait de la considération pour le parti communiste et ses militants ? Le 27 février tu nous parlais d’une rencontre à quatre (JLM, BH, YJ et toi)…qui ne s’est pas concrétisée.

Trop c’est trop ! Comment veux-tu que les communistes, notre électorat et tous ceux qui se détournent des politiques libérales et des trahisons de la « gauche » au pouvoir, comprennent une telle situation parfaitement humiliante pour eux et pour le parti qui ne réagit pas. Et tu nous invites à nous mobiliser pour quelqu’un qui attend le score du 1er tour, en espérant qu’il lâche quelques circonscriptions sur les 577 où on va se disputer le même électorat ! Au lieu d’être mieux représentés grâce à une volonté commune de candidatures de rassemblement anti-austérité dans les circonscriptions ! Mr. Mélenchon n’en veut pas : c’est un puriste, lui, il a des principes ?

Je trouve cela machiavélique et en profonde contradiction avec notre volonté de rassemblement dans les luttes et dans leur prologement dans les urnes. Son pourcentage à la présidentielle lui permettra d’être plus ou moins exigeant et de nous dicter les concessions qu’il voudra bien consentir, du haut de sa suffisance et de ses objectifs de plus en plus clairs, dans ses actes .

Il ne se fait pas beaucoup d’illusions quant à sa qualification pour le 2è tour. Pas plus que Hamon mais c’est un autre cas de figure sur lequel on a encore moins de prise.

JLM lui, cherche à devenir le leader de l’opposition de gauche. Et on lui aura servi d’échelle, tel est l’aboutissement d’une stratégie qui n’a pas eu de traduction si ce n’est, comme par un passé récent, le risque d’un nouvel affaiblissement électoral et politique du PCF, de sa représentativité, de sa crédibilité, de la lisibilité des propositions qu’il fait, de la place qu’il tient dans la société.

Ce ne sont pas les idées que nous portons dans ce qu’elles ont de transformatrices, de cohérentes, de radicales au sens de contestation du système capitaliste au coeur de la crise profonde des sociétés qui sont en cause. Mais elles ne sont pas portées dans cette campagne, par les candidats de gauche s’entend, donc pas rendues lisibles. Comment dès lors rendre crédible la transformation sociale, si l’on ne fait pas partager le bon diagnostic et la nécessité de construire la France en commun avec tout ce que ça suppose pour répondre aux urgences sociales.

C’est notre vision de l’avenir et notre capacité à la porter collectivement, avec audace et conviction qu’il nous faut faire partager et, pour cela, remettre en cause nos objectifs, notre stratégie encore une fois en échec, notre outil, le parti lui-même, les processus d’élaboration et de décisions d’actions, de communication, de formation de militants qui veulent en finir avec cette société soumise à la toute puissance des marchés, des banques, des multinationales, des actionnaires, des institutions politiques qui relaient leurs exigences de profits sur le dos des peuples.

Pour autant, les militants continueront de s’investir pour les législatives qui subiront le contre-coup de la défaite à la présidentielle, avec le souci de valoriser les candidats communistes et l’apport de députés représentant réellement le peuple d’en bas, face aux élites formatées et acquises à conserver leurs privilèges. Ne parlons pas des émules de Trump et de l’extrême danger qu’ils représentent. On n’a pas à se convaincre.

Dans la logique de cette intervention et sans en faire une publicité qui ne manquerait pas d’être diversement interprétée, je veux te persuader, dans cette phase toujours active de ma vie militante, de mes sentiments de grande frustration pour ne pas dire d’indignation dès lors qu’on perçoit où notre « partenaire » qu’on a sorti de l’ombre veut en venir. Je ne ferai ni sa campagne ni garantir qu’il aura mon suffrage. Il faudra plus que des paroles convenues pour m’en dissuader. Surtout pas un appel au vote utile !

En clivant ainsi l’électorat populaire pour jouer sa propre carrière politique, JLM -toujours très admirateur de Mitterrand- porte une responsabilité énorme dans l’évolution négative de cette campagne présidentielle. Comment pouvons-nous abdiquer devant pareilles méthodes et finalités concourrant à discréditer tous les partis sauf le sien, crée pour la circonstance.

On fera le maximum pour les législatives pour donner le plus de suffrages à nos candidats et à ceux que nous soutiendrons.

En toute franchise

René Fredon

 
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Publié par le juillet 12, 2017 dans Congrès du parti 2018, POLITIQUE

 

Franck Marsal : Pour la réunification du mouvement syndical

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Les discussions sur le congrès extraordinaire vont bon train. Y compris sur le nom, qui est, à mon avis un débat très dangereux pour le parti. Pourtant, le premier point dont il faut discuter, mes camarades, c’est la loi travail bis, ou plutôt, les lois travail 1 (Valls) et 2 (Macron). C’est une discussion très importante, car cette deuxième loi va entièrement redéterminer les conditions économiques et sociales du travail.

Pierre Laurent a exprimé le souhait que notre parti redevienne « le parti des classes populaires, au travail, à l’entreprise et dans les quartiers populaires ». Il doit donc se saisir par tous les moyens de cette question. Il faut pour cela faire le bilan de la bataille contre la loi travail 1. Malgré un soutien massif de l’opinion, cette bataille, menée de maniere pourtant combative par la CGT, FO, SUD, … le PCF et d’autres forces antilibérale, a été perdue. Pourquoi ?

A mon avis pour une raison principale : du fait de leur faible implantation, les syndicats et partis engagés dans la lutte n’ont pas suffisamment réussi à transformer le soutien moral de millions de salariés en un mouvement massif de grève et de manifestations.
Du fait également de cette faible implantation, il est relativement intéressant pour le patronat de faire voter ces lois travail transférant la négociation des branches vers les entreprises. Avec un mouvement syndical atomisé, affaibli, il sera en effet facile dans de nombreuses entreprises de passer des accords régressifs.
La faiblesse des syndicats a elle-meme diverses causes. Une des principales, sinon la principale, est la division, l’émiettement du mouvement syndical en une kyrielle d’organisations, concurrentes les unes des autres, alternant selon les circonstances différents regroupements, alliances ou au contraire querelles et oppositions. Dans certaines entreprises, on peut avoir jusqu’à 10 syndicats concurrents. Il est assurément plus facile de se battre contre un seul syndicat jaune, que contre les effets délétères d’un éparpillement aussi abscons.
Ces divisions découlent pour la plupart d’entre elles d’histoires anciennes, liées à des divergences politiques, qui n’intéressent pas les salariés. S’il aspire à redevenir « le parti des classes populaires, au travail, à l’entreprise et dans les quartiers populaires », le pcf ne peut se désintéresser d’une question aussi cruciale pour les travailleurs que celle de la reconstruction d’un mouvement syndical de masse et rassemblé.
Après avoir chamboulé le paysage politique, les salariés peuvent aussi et voudront recomposer le paysage syndical. C’est pourquoi nous devons aborder entre nous cette question et nous prononcer clairement pour une large réunification syndicale, pour une grande CGT, dans l’esprit de celle du Front Populaire. L’ensemble des militants PCF investis dans le mouvement syndical pourraient populariser cette idée et lancer le débat auprès des  syndiqués d’abord.
Un tel appel à l’unification du mouvement syndical, au dépassement de la division créerait chez les salariés un puissant enthousiasme, un démonstration de la capacité d’initiative et de renouvellement et verrait des centaines de milliers de travailleurs rejoindre immédiatement le mouvement syndical. Avant même d’avoir renversé la vapeur sur les lois travail 1 et 2, cela créerait des conditions beaucoup plus favorables de négociation au sein même des entreprises. De ce fait, et, là encore, avant même que le mouvement ne s’engage, cela enverrait un signal puissant au gouvernement et au patronat. Enfin, les règles de représentativités des syndicats, conçues pour affaiblir la CGT et permettre la signature d’accords dans de nombreuses entreprises, se retourneraient contre leurs concepteurs et joueraient alors en faveur des salariés, avec un syndicat de classe très majoritaire.

Certains objecteront la Charte d’Amiens et l’indépendance du mouvement syndical vis à vis du politique. C’est méconnaitre à la fois l’histoire du mouvement syndical français et la Charte d’Amiens en particulier. La Charte d’Amiens (qui n’est pas un totem ni un texte sacré, mais ceci est une autre histoire) vise précisément à rasssembler tous les travailleurs dans un seul syndicat. Ainsi, il est écrit : « « La CGT groupe, en dehors de toute école politique, tous les travailleurs conscients de la lutte à mener pour la disparition du salariat et du patronat ». Il est bien écrit « tous les travailleurs conscients ». (…) « Le Congrès déclare que cette double besogne, quotidienne et d’avenir, découle de la situation des salariés qui pèse sur la classe ouvrière et qui fait, à tous les travailleurs, quelles que soient leurs opinions ou leurs tendances politiques ou philosophiques, un devoir d’appartenir au groupement essentiel qu’est le syndicat. »

C’est donc bien la situation actuelle, de division multiple (pour des raisons dont chacun sait qu’elles ne sont pas qu’un peu politiques) qi est contraire à la Charte d’Amiens.

Par ailleurs, chacun sait aussi, que l’unification syndicale a toujours été un levier puissant de stimulation de l’action, de croissance des syndicats, de renouvellement de ses méthodes et de créativité sociale. Ainsi, la CGT réunifiée en 1935 atteindra en deux ans le chiffre (faramineux aujourd’hui) de 4 millions d’adhérents. En 1932, avant l’unification la CGT et la CGTU comptaient respectivement 490 000 et 258 000 adhérents.

Dans la bataille qui vient, quelle que soit l’importance du congrès que nous devons préparer, le PCF ne peut se dispenser d’exprimer clairement ce qui fait l’intérêt général des classes populaires. La bataille contre la loi travail deux qui se jouerait uniquement dans la rue organisée de manière dispersée et au parlement où les forces de gauches sont affaiblies et également divisées peut etre renversée si la question de la réunification syndicale est correctement et rapidement posée.

Quel serait le périmètre d’une telle réunification ? Il ne s’agit pas bien sûr d’opérer un regroupement confus et sans principe. On peut imaginer aisément les points de repères autour duquel ce rassemblement peut s’opérer : refus des lois travail 1 et 2, réduction du temps de travail, défense des accords de branche, reprise du pouvoir d’achat … Mais, ce sera au mouvement syndical lui-même d’en tracer précisément les contours dans un congrès d’unification.

Frank Marsal
a correspondance avant publication de cet article

Bonjour Danielle,

Ci dessous, une proposition d’article, à discuter !!

 

En deux mots, pourquoi ce texte et cette proposition, plutot iconoclaste dans le contexte actuel ?
D’abord, je pense que c’est une question très importante sur le fond. Je renvoie aux arguments développés. Ensuite parce que poser cette question (taboue depuis la « déconnexion » entre le PCF et la CGT) est la seule manière à mon sens de sortir de l’électoralisme (sans perspective aujourd’hui puisque plus d’élection directe avant 2019, et encore, seulement des européennes) ou d’un mouvementisme béat considérant que la grève générale va se déclencher toute seule contre le projet de Macron et résoudre tous les problèmes.

La poser sous l’angle d’une campagne pour la réunification évite le problème d’une inféodation. Le PCF n’est pas en train d’imposer une ligne particulière à des syndicats qu’il « controlerait » mais propose de manière transparente,  à travers ses militants, dans diverses confédérations, d’ouvrir une nouvelle page du syndicalisme.

Par ailleurs, le PCF se repositionne ainsi dans les meilleures pages de son histoire, deux moments où il a contribué de manière décisive à la réunification de la CGT et à sa reconstruction, et où la CGT atteint une audience de masse, négocie des acquis sociaux sans précédents.

Il est clair qu’une telle position susciterait une certaine inquiétude chez FO particulièrement mais pas que. Pour ne pas dire une franche opposition de certains, et peut -etre de la majorité. Deux cas seraient possibles alors : soit un mouvement se dessine et certaines confédés franchissent le pas, ce qui ccroitrait la pression sur FO, soit on en reste au niveau des arguments, puisque l’unité ne peut etre imposée à quiconque.

Merci par avance de ton avis.

Franck

Ma réponse: mon cher franck

je suis mal à l’aise sur les questions syndicales et je crois que si nous arrivons à avoir un blog avec des rubriques, il y en aura une sur le sujet, comme il y en aura sur le débat entre les communistes. A ce titre il s’agit d’une collaboration précieuse que la tienne.

En outre,, je me souviens en effet de la plaidoirie passionnée de Georges Marchais sur la réunification syndicale, il disait il faut plusieurs partis politiques y  compris pour les travailleurs, mais il faut un seul syndicat. De surcroît, je crois que l’aspect positif de l’invitation au Congrès est non seulement l’ouverture de ce débat indispensable, mais aussi la mise au centre des débats de la question d’un parti qui renouerait avec les couches populaires. Alors oui si la déconnexion entre CGT et PCF en fait une question tabou, pourquoi l’ignorer?  Danielle Bleitrach

 

 

 

Ma contribution au Congrès: retrouver l’élan communiste vers le progrès

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J’ai toujours refusé d’écrire mes mémoires, en revanche j’ai envisagé depuis pas mal d’années de donner à celle-ci une forme inusitée: il y a des événements, des périodes historiques qui ont joué un rôle déterminant et ont orienté ma vie, ses engagements. Il s’agissait donc d’en retrouver la clé et pour cela les étudier à travers l’imaginaire d’une époque tel que des objets nous la restituent. Ma mémoire s’est identifiée à des films, des scènes, des séquences, des paysages urbains. C’est cette méthode-là que j’ai utilisée à travers le livre / Brecht et Lang, le nazisme n’a jamais été éradiqué, (-lettmotiv. 2015). J’envisageais et j’envisage toujours de faire le même travail autour d’un film soviétique.

Quand après l’opération, j’aurai retrouvé mes yeux, je vais m’atteler à cette tâche. Notre récent voyage en Russie avec Marianne a opéré un bouleversement intellectuel, des choses que je savais et que pourtant je découvrais.

D’abord que le communisme est l’élan de toute une société vers le progrès, bien sûr il faut commencer par ne pas accepter la société telle qu’elle est mais le communisme, celui auquel j’ai adhéré il y a bien longtemps, est aux antipodes de cette vision apeurée et négative qui est trop souvent celle des opposants au capitalisme en France. Le communisme redonne vie à l’optimisme du progrès, ne pas refuser ce qui naît mais l’affronter et le transformer dans le sens de la justice et de l’émancipation. Je ne sais toujours pas, tant la réalité chinoise est difficile à connaître, si cet immense pays se dirige vers le capitalisme ou après avoir créé sa NEP, il nous inventera une nouvelle phase du communisme, mais ce que je sais c’est que la Chine aujourd’hui a cette vision, se jeter dans le fleuve et nager. Ce qui reste de l’URSS en Russie c’est le souvenir d’un élan qui a durablement transformé le pays, l’a fait accéder à la modernité et plus encore les êtres humains.

On redécouvre une part de cet élan, celui des années vingt. Effectivement c’est une extraordinaire explosion culturelle qui peut-être décrite comme la rencontre entre une culture de masse (alphabétisation, cinéma ambulant de propagande, etc…) et une avant-garde (futuristes, suprématistes) avec au centre de cette rencontre l’Utopie de la société future et de l’homme nouveau. En architecture cela donne le constructivisme. La Russie est un immense laboratoire, un vivier qui encore aujourd’hui peut être un lieu d’inspiration. On voit aujourd’hui se multiplier effectivement les références à cette période, mais c’est souvent pour mieux dénoncer ce qu’aurait été le stalinisme, l’arrêt imposé à cet élan.

Ce qui m’a été révélé y compris sur le plan culturel, cinématographique comme architectural c’est à quel point il n’y a pas de rupture entre cette période et celle dite stalinienne. La Russie va rester un immense laboratoire tant sur le plan social que culturel. Et l’art soviétique du temps de Staline continue à se nourrir de l’élan de la période précédente, plus canalisé. Ce sera Khrouchtchev qui en 1964 dénonce le coût exorbitant de cette architecture et va  dissoudre le regroupement des architectes pour orienter vers des constructions bon marché. Il faut visiter non seulement Moscou aujourd’hui et ses ponctuations hétéroclites architecturales pour mesurer cette réalité dont la mémoire du citoyen russe ordinaire porte également la trace. Il faut également visiter comme nous l’avons fait Marianne et moi la galerie Trétiakov pour comprendre comment on tente de nous fabriquer une pseudo avant-garde dissidente de petits maîtres qui viennent masquer cette réalité ne serait-ce qu’en effaçant les repères chronologiques.

Voilà, j’ai du mal à écrire, mais je tenais à vous présenter ce projet… Quel rapport avec le Congrès du parti communiste? Si vous ne le voyez pas, peut-être vaut-il mieux que je ne m’en mêle pas et que je continue mon travail.

Danielle Bleitrach

 

 

 

 

Le Conseil national doit répondre à la colère et l’exigence des communistes !

A le grand mérite tout en pointant les questions essentielles de l’heure de laisser le débat ouvert tout en proposant un cadre qui dépasse les problèmes immédiats. Partir de ces questions qui conditionnent notre avenir sans pour autant s’y limiter pour en chercher causes et conséquences. Une méthode (note de Danielle Bleitrach)

Jeudi 22 juin 2017, par  lepcf.fr, popularité : 100%

La séquence électorale s’achève, les communistes s’expriment nombreux pour exiger une analyse sérieuse des résultats et un bilan stratégique permettant des décisions utiles pour l’avenir du PCF.

Les résultats des élections présidentielles et législatives livrent un paysage politique recomposé.
- Emmanuel Macron et LREM atteignent l’objectif fixé par le capital, le renouvellement du personnel politique au service du système pour permettre la poursuite de sa domination. Ce sont essentiellement la classe moyenne et la bourgeoisie qui ont permis ce résultat.
- Les partis traditionnels de droite sont affaiblis et divisés ; ils constituent cependant le premier groupe après le groupe présidentiel qu’ils renforceront dans ses mauvaises mesures.
- Le quinquennat Hollande entraîne un désaveu sans appel du Parti Socialiste dont l’avenir est incertain.
- Alors que la gauche est au plus bas, Jean-Luc Mélenchon installe avec la France Insoumise -11,3 % et 17 élus- une nouvelle force politique qu’il entend substituer aux partis de la défunte Union de la gauche.
- Notre parti réalise avec 2,72 % des inscrits, son plus mauvais score aux législatives depuis 1958. La concurrence sauvage avec une France insoumise bénéficiant de l’identification nationale de son candidat à la présidentielle, s’est révélée mortifère pour nos candidats dans la très grande majorité des circonscriptions. Nous obtenons cependant 11 députés dont 5 sont élus dans le cadre des très rares accords de retrait de la FI au premier tour.

La fracture politique et sociale s’aggrave comme en témoignent le taux d’abstention très élevé et la progression du Front National. Ce dernier obtient 8 élus avec 13,20 % des suffrages et confirme son ancrage dans les territoires délaissés du pays.

Nos 11 députés seront des points d’appui pour les batailles à venir et nous nous félicitons de leur élection.

La constitution d’un groupe communiste élargi, autonome de la FI, est une bonne nouvelle. Rien ne justifie d’en rester au nom GDR. Les communistes sont la principale composante de ce groupe et cela doit apparaître dans sa dénomination. C’est essentiel pour notre visibilité nationale.

L’urgence, c’est bien évidemment de mettre toutes nos forces dans l’action pour renforcer la résistance aux mauvaises mesures que va prendre ce gouvernement sur le plan social et démocratique.

Nous avions dit en 2012 et 2017 que le choix de l’effacement du PCF à la présidentielle hypothèquerait notre avenir et les résultats confirment cette analyse. Ils s’inscrivent dans une suite de revers électoraux depuis 2012, accompagnant un délitement de notre organisation, le renoncement à une bataille idéologique communiste et à notre action autonome.

Pour nous, cette longue défaite trouve ses racines dans les choix de congrès depuis bientôt 20 ans : le renoncement à notre rôle historique, notre éloignement du mouvement communiste international au profit des partis réformistes de la gauche européenne, la primauté donnée aux institutions sur les luttes et le rassemblement populaire, l’acceptation du cadre de l’Union européenne, le rassemblement de sommet se substituant au combat et étant conditionné par notre effacement…

Nous partageons l’exigence des communistes de tout mettre sur la table, depuis la stratégie jusqu’à la composition de la direction et les choix personnels du secrétaire national.

Nous n’avons besoin ni de « révolution de palais », ni de batailles d’appareil, ni des vieilles méthodes qui enferment les discussions dans un seul choix.

C’est aux communistes de décider des étapes et du contenu de ce débat qui doit conduire à un congrès extraordinaire.

Donnons leur les moyens de le faire en convoquant cet automne une assemblée générale des délégués de section, qui fixera la feuille de route. Le Conseil National des 23 et 24 juin doit prendre ses responsabilités.

L’avenir du PCF est en jeu. Les communistes doivent s’unir pour reconstruire un parti, outil de la France populaire.

Cette déclaration est signée par les membres du Conseil National suivant : Caroline Andréani (93), Paul Barbazange (34), Marie-Christine Burricand (69), Gilles Gourlot (Paris), Jean Jacques Karman (92), Michaële Lafontant (92), Anne Manauthon (06), Jean-Pierre Meyer (83), Hervé Poly (62), Danielle Trannoy (33)

 
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Publié par le juin 24, 2017 dans Congrès du parti 2018

 

Redonner un avenir au PCF dès maintenant par Maxime Cochard

voilà une manière intéressante d’ouvrir le débat et qui laisse bien augurer du dynamisme du Congrès proche, si j’ai bien compris au début 2018. Maintenant comme on dit il faut discuter, il y a aujourd’hui une soif de pragmatisme, ce n’est pas négligeable mais il faut le nourrir. (note de danielle Bleitrach)

22 Juin 2017

Redonner un avenir au PCF dès maintenant, le point de vue  de Maxime Cochard, militant communiste , Membre du Comité Exécutif du PCF Paris.

En ce surlendemain de deuxième tour, constatons une nouvelle fois combien l’attitude de Jean-Luc Mélenchon et de la France Insoumise a été préjudiciable à notre camp.

Le brouillage du candidat FI sur l’appel à battre Marine Le Pen puis son refus de tout accord avec le PCF et EELV nous ont coûté l’élection de dizaines de députés qui auraient pu résister à la vague Macron, ouvrant un boulevard à nos adversaires.

Alors que Jean-Luc Mélenchon ambitionnait de diriger le pays fort de son score impressionnant au premier tour, la France insoumise a connu une hémorragie aux législatives : 64 % de déperdition de votes. Au second tour, sur plus de 70 candidats FI qualifiés, seuls 14 ont été élus. Voilà le prix d’une stratégie politicienne diviseuse.

En outre, les difficultés posées par le positionnement de fond du candidat et de son entourage sont réelles — la synthèse de Vincent Présumey, « Quelques réflexions sur la France Insoumise », en dresse un relevé saisissant (https://blogs.mediapart.fr/…/quelques-reflexions-sur-la-fra…).

Mais la responsabilité indéniable de Jean-Luc Mélenchon dans l’échec de la gauche face à la blitzkrieg macronienne ne doit pas nous conduire à sous-estimer la nôtre dans nos très mauvais résultats.

Le fait que le PCF regagne des députés pour la première fois depuis 1997 ne peut pas nous illusionner. Nos scores aux élections législatives (2,7%) sont particulièrement préoccupants. Ils soulignent l’échec de notre stratégie. Ils posent la question de l’utilité de notre parti pour la population comme pour les militants qui donnent tant d’énergie pour permettre à chacun de s’y organiser.

Le secrétaire national a promis d’importants changements pour répondre à ces problèmes. Hélas, ces proclamations ont déjà été faites à de nombreuses reprises dans le passé et n’ont guère été suivies d’effet. Tout montre que malgré la réduction à peau de chagrin de l’appareil du parti, un phénomène d’inertie bloque toute initiative et tout changement.

Or, sans remise en question radicale de notre approche des élections présidentielles, de notre absence de stratégie de conquête et de notre façon de communiquer, nous courrons à la disparition pure et simple du PCF.

C’est d’autant plus urgent qu’il est désormais clair que Jean-Luc Mélenchon et la France Insoumise préparent déjà l’échéance de 2022, qui sera considérée par le candidat malheureux comme celle devant le conduire enfin à la victoire finale… Cette démarche personnelle porte en germe le risque de notre éviction définitive de la scène politique nationale.

Il est impératif non seulement d’ouvrir le débat, mais surtout de prendre enfin des décisions pour redonner à notre parti un avenir, avec d’autres objectifs que le maintien de nos positions électives locales.

À la suite de discussions avec d’avec d’autres camarades, je verse à notre débat collectif quelques pistes de chantiers à ouvrir immédiatement :

1) Doter le PCF d’une direction opérationnelle en vue de 2022

• Remplacer le CEN (l’organe de direction) pléthorique par une direction opérationnelle resserrée autour d’une quinzaine de membres dotés d’une feuille de route claire et chargés de prendre les décisions qui s’imposent ;
• Recentrer le rôle du secrétaire national afin que sa mission soit principalement l’animation de la vie du parti ;
• Lancer dès maintenant un collectif de préparation de l’élection présidentielle 2022 chargé d’élaborer une stratégie politique, un programme, et de repérer puis de préparer un ou une candidate pour porter notre voix en vue de cette échéance structurant l’ensemble de la vie politique ;
• Définir une stratégie de conquête à moyen et long terme au-delà du calendrier électoral, dessinant des perspectives réelles pour le parti (reconstitution du maillage territorial affaibli, investissement sur des territoires électoraux, réinvestissements des orgas de masse…)

2) Révolutionner la communication du PCF

• Nommer plusieurs porte-paroles ayant fait la démonstration de leur efficacité médiatique ;
• Remplacer les campagnes thématiques épisodiques par le travail de long terme sur trois grands identifiants martelés ;
• Réélaborer nos identifiants autour de sujets « vie quotidienne » immédiatement concernants pour les salariés précaires ;
• Engager un travail approfondi de réadaptation de notre vocabulaire, afin de systématiser un lexique simple et concret compréhensible par 100% des gens ;
• Redéfinir les modes d’expression du PCF en substituant aux formats exhaustifs, abstraits et collectifs des formats courts, concrets et incarnés ;
• Investir enfin sérieusement internet et les réseaux sociaux

3) Rendre plus efficace l’organisation interne du PCF

• Réorienter notre approche de la formation et de la politique des cadres vers les tâches opérationnelles (pilotage de section, travail d’implantation et d’orga, campagnes électorales) ;
• Réformer les commissions thématiques en les dotant d’une plus grande autonomie et de porte-paroles dédiés pour renforcer leur pouvoir d’interpellation ;
• Créer un comité d’intellectuels et de salariés chargé de travailler une approche résolument contemporaine, accessible et concrète du communisme du PCF ;
• Réorienter la vie des sections vers les activités solidaires et concrètes d’implantation et de contact avec les habitants

Maxime Cochard