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Congrès extraordinaire du PCF : les questions stratégiques inévitables

par pam

Si l’opération Macron a réussi, offrant une nouvelle étape de régression sociale au patronat, c’est que le rapport des forces global s’est encore dégradé, que la capacité de résistance au niveau local comme national s’est encore affaiblie depuis les derniers mouvements sociaux victorieux, CPE en 2006, réforme des retraites en 1995. Les transformations continues des entreprises et du travail ont certes bousculé les habitudes et les réseaux d’expression des résistances sociales, les divisions syndicales et politiques ont donné des opportunités tactiques au patronat, mais c’est au fond la crise profonde de l’idée de changement de société qui est en cause, l’incapacité à penser ce que pourrait être une révolution dans un pays capitaliste développé qui est la première faiblesse du mouvement social, du camp progressiste.

Depuis des décennies, notre peuple fait l’expérience de l’échec, social, syndical, politique. La victoire de 1981 concrétisant la longue construction de l’union de la gauche n’a pas « changé la vie » comme le promettait François Mitterrand, au contraire, elle a généralisé la précarité, les privatisations, la baisse du coût du travail, c’est à dire des salaires, la fracture généralisée entre une France urbaine, éduquée, mondialisée, minoritaire mais dirigeante contre une France rurale, populaire, ouvrière, migrante.

Notre peuple a encore cru à la gauche plurielle de 1997, gauche qui a battu tous les records de privatisation jusqu’à se perdre dans le choc de 2002 et la forte progression du FN. Il a utilisé un vote présenté comme de gauche en 2012 pour virer Sarkozy. Bien que sans illusions, ce vote a encore été perverti par la trahison par Hollande de son message contre la finance. Comment ne pas en tirer la leçon qu’aucune stratégie électorale ne permet de « changer la vie » ?

En parallèle, nous avons vécu de grandes mobilisations sociales, des instituteurs en 2003, d’EDF en 2006, contre les retraites en 2010, contre la loi travail en 2016, de grandes journées de manifestations mettant en mouvement 2, 3 millions de personnes, avec une réelle difficulté à en maitriser l’organisation dans le cycle provocation-répression, et semblant sans effet sur des gouvernements décidés à passer en force.

Ce ne sont pas ces échecs en eux-mêmes qui font un rapport des forces défavorable, mais l’incapacité à en comprendre les raisons. Ce sont les illusions de ceux qui ont été en mouvement et qui croyaient que leur action allait pousser au changement de société et qui ne comprennent pas ce qui a manqué.

De ce point de vue, le parti communiste porte une terrible responsabilité, car il a joué un rôle crucial dans cette illusion sur les conditions de la transformation sociale. Depuis des décennies, il affirme qu’on peut changer de société par le rassemblement électoral de la gauche, et cherche à chaque étape comment le réinventer. Union de la gauche, gauche plurielle, collectif anti-libéraux, Front de Gauche… Il va d’échec en échec sans jamais faire le bilan de ses stratégies de « rassemblement électoral ». Ses militants sont fatigués, inquiets et surtout… ne comprennent pas pourquoi ils sont en difficulté.

Depuis des décennies, il a favorisé une conception des luttes sociales comme préparation des luttes électorales, le mouvement contre les retraites de 2010 devant créer les conditions de la victoire de la gauche en 2012, celle contre la loi El Khomri la victoire du Front de Gauche en 2017… Il n’a jamais organisé un vrai débat politique sur les leçons des contre-offensives capitalistes depuis 68, coup d’état au Chili, effondrement des pays socialistes, stratégies du chaos au Nicaragua, au Vénézuela. Il n’a jamais analysé la « cosa » italienne et la dissolution du PCI. Au fond, il a cessé de faire vivre l’idée de révolution, jamais mené de bataille d’idées pour reconstruire une conception moderne de la révolution, faire percevoir ce qu’est un mouvement de masse, non pas 1, 2 ou 3 millions de manifestants, mais 10, 15, 20 millions de grévistes, faire mesurer ce que veut dire s’opposer aux classes dirigeantes, les affronter dans la réalité des luttes de classe. 
Alors qu’il perd pied depuis des années dans la classe ouvrière et les milieux populaires, il se met à parler aux « 99% » qui ne sont pas dans les oligarchies sans rien dire des contradictions sociales, des conditions de l’unité du peuple, du rapport de forces réel. Bref, il a lui-même fait grandir les illusions et donc les désillusions, le fatalisme.

Ce n’est évidemment pas une orientation politique assumée, mais c’est la conséquence de stratégies qui ont progressivement rompu avec l’expérience révolutionnaire du parti communiste, la conséquence d’une succession de congrès qui ont cherché à se démarquer de ce qui était perçu comme une conception « soviétique » du communisme, et à inventer autre chose, un « euro-communisme » dans les années 80, un « nouveau communisme » a dit la mutation, une « refondation » pour certains, une métamorphose pour ceux qui ont fait le Front de Gauche. Or, toutes ces tentatives de « dépassement » de l’histoire communiste sont en échec, comme le mouvement altermondialiste coincé entre mouvementisme et anarchisme, comme le mouvement écologiste entre capitalisme vert et intégration institutionnelle…

Certains disent que la « force historique de la révolution d’octobre » est épuisée. Ce qui est sûr, c’est que les efforts soutenus de plusieurs partis communistes pour se dégager du modèle soviétique n’ont rien réinventé et les ont en fait « dégagés » de l’idée même de révolution… En Italie comme en France sous des formes différentes, c’est la tentative eurocommuniste qui signe la fin des partis communistes, quand au Portugal ou en Grèce, c’est l’affirmation communiste qui fait vivre des partis organisés, militants, présents dans l’histoire sociale de leur pays, porteurs d’une continuité historique, capables de redonner souffle à la force historique des révolutions.

Ces questions stratégiques sont au cœur de la reconstruction communiste, et de la perspective de victoires sociales. Bien évidemment, la résistance est d’abord affaire d’action dans l’entreprise, le quartier pour créer des solidarités, de l’unité, des capacités à agir, à s’organiser… Mais la manière dont chacun pense ce que peut être le changement de société, ce que peut être une autre société, pèse si lourdement sur les consciences qu’on ne peut espérer renforcer le monde du travail sans l’aider à se reconstruire des repères, sans un parti communiste qui porte des réponses claires au défi de la révolution dans un pays développé du capitalisme mondialisé au XXIème siècle.

- Faut-il une « révolution » ou peut-on changer une société petit à petit ?
- Comment nommer une autre société que le capitalisme ? socialisme ? communisme ?
- Une voie pacifique au changement de société est-elle possible ?
- Faut-il des « étapes » successives, comme le projet d’une « démocratie avancée » ou peut-on directement construire le socialisme, voire faire grandir le communisme ?
- Comment unir le peuple face à une bourgeoisie qui fait toujours tout pour le diviser ?
- Doit-on s’adresser aux « 99% » des gens ou y-a-t-il des classes sociales particulières pour les communistes ?
- Le communisme est-il invalidé par l’effondrement soviétique où faut-il au contraire reconstruire une histoire communiste des pays socialistes ?
- Comment construire la souveraineté politique d’un peuple face au capitalisme mondialisé en refusant le nationalisme dans la concurrence, en construisant aussi l’internationalisme des peuples ?

Ces questions sont ouvertes depuis longtemps, mais à chaque moment décisif de son histoire, le PCF a pris des orientations stratégiques qui devaient être des réponses à ces défis historiques, mais qui se sont toujours réduites à l’abandon de repères théoriques et politiques du mouvement communiste, à une forme de « normalisation » de ses positions politiques espérant le rendre « compatible » avec la domination du parti socialiste, sans reconstruire de fondations théoriques et d’affirmation politique solides, et donc sans apporter de réponses à ces questions stratégiques. Si le prochain congrès du PCF ne rouvre pas une lecture historique de ces défis, il ne fera que reproduire les précédents, c’est à dire l’échec.

Nation et internationalisme

A l’origine du mouvement ouvrier, la révolution ne peut être qu’internationale. Mais après 1917, le socialisme se construit dans un seul pays… et devient le modèle qui guide tous les communistes. L’internationalisme commence par le soutien à l’URSS assiégée. Dans les années 50, après la mort de Staline puis le rapport Khrouchtchev, puis la rupture entre l’URSS et la Chine, la question de la voie nationale au socialisme est fortement débattue par les communistes. Il faut bien prendre acte des diversités des situations politiques nationales, et après l’intervention en Tchécoslovaquie de la confusion entre intérêt national russe et intérêt internationaliste de classe. Les réponses des partis communistes européens sont diverses et conflictuelles, notamment entre le PCF et le PCI, avant la tentative eurocommuniste, qui se termine avec la mutation-dissolution du PCI…

C’est dans cette période que le PCF choisit le « socialisme à la française », affirmant l’existence d’une voie pacifique au socialisme en 1976, trois ans après le coup d’état fasciste au Chili, sans apparemment en tirer aucune leçon. Cette affirmation du socialisme à la française le conduit à dénoncer l’Europe capitaliste jusqu’au retournement de la campagne Bouge l’Europe qui conduira à l’acceptation de l’UE et à la recherche (désespérée !) de l’Europe sociale…

Rassemblement et union de la gauche

Dans la même période, le PCF choisit la stratégie de l’Union de la gauche, conceptualisée dès les années 60, soutient la candidature Mitterrand en 1965, pour lequel Waldeck Crochet présente un rapport expliquant les raisons du soutien mais aussi alertant sur les risques, puis la préparation du programme commun que Georges Marchais propose de soutenir en 1972 tout en… alertant sur les risques.

50 ans après, on ne peut que constater que les alertes des deux dirigeants du PCF étaient pertinentes, mais… insuffisantes pour y faire face ! Comme ils le craignaient tous deux, le PS est devenu dominant parce que le mouvement populaire n’a pas joué un rôle dirigeant, mais s’est progressivement rangé derrière l’attente électorale et donc, le candidat le plus « utile » pour battre la droite…

Le parti de tous ou le parti de la classe ouvrière ?

En 1968, le parti communiste est clairement le parti de la classe ouvrière et parfois en opposition au mouvement étudiant et aux revendications « sociétales » de milieux sociaux attirés par la « nouvelle gauche »… Pourtant, un an après, Jacques Duclos, peu représentatif de la modernité supposée de mai 68, fait le meilleur score historique du PCF à des élections présidentielles. 40 ans plus tard, Pierre Laurent, après le rockeur Robert Hue, tente de présenter le PCF comme le parti des 99%, pour aboutir au plus faible score historique du PCF aux élections législatives. La question de l’unité du peuple, de la capacité de rassemblement, n’est pas d’abord une question de slogan, mais une question d’enracinement social. En 1969, le PCF est fortement implanté dans les usines, certaines campagnes, de nombreuses villes populaires. Sa direction prend régulièrement l’avis de la commission des grandes entreprises qui regroupe des cadres communistes autant représentatifs de l’économie française que la direction du CNPF… Aujourd’hui, le PCF est dirigé par ses élus locaux, ses sections d’entreprises et cellules locales ont disparu, et il parle d’abord aux couches moyennes supérieures urbaines.

Organisation et unité d’action

Lucien Sève a critiqué l’organisation du PCF dans années 80 en la présentant comme un « centralisme autocratique ». Mais il en a tiré la conclusion que la forme parti était dépassée et qu’il fallait trouver de nouvelles formes de « mouvement ». De fait, de l’altermondialisme à la France insoumise ou la République en marche, le « mouvementisme » s’est répandu, mais on s’aperçoit vite du recul historique que cela représente, renvoyant le mouvement populaire à l’espoir d’un sauveur suprême, à l’émiettement des revendications… Au moment ou le mouvement social cherche difficilement le « tous ensemble », la question de l’unité et de l’organisation est essentielle.

En 1969, le parti communiste est encore cet « intellectuel collectif » qui aide à penser des centaines de milliers de militants autour de ce que certains appellent positivement ou négativement une « discipline de parti », mais qui de fait était aussi la base d’une « unité » des communistes dans l’action. Depuis la mutation, les communistes font à peu près ce qu’ils veulent là ou ils le veulent, et les décisions du conseil national restent pour l’essentiel sans effet à la base, la grandiloquence de certaines campagnes, comme « la parole au peuple », semblant faite pour singer Jean-Luc Mélenchon médiatiquement.

C’est en 1996 que le PCF abandonne sa forme d’organisation historique, le centralisme démocratique, préparant le congrès qui décidera que les cellules sont optionnelles, qu’un communiste peut militer avec ceux qu’il choisit en réseau et non pas avec les autres communistes de son lieu de travail ou son lieu de vie. Depuis, de congrès en congrès, la direction a pris acte de l’émiettement politique, incapable de reconstruire l’unité des communistes, tentant au contraire de « purger le parti », ou le laissant faire. Ce qui avait peu d’impact il y a 50 ans, les départs de personnalités n’entrainant que peu de départs militants, est devenu une composante de la crise du PCF, la direction s’enfermant dans un périmètre politique de plus en plus réduit , le dernier congrès soulignant encore ses propres divisions.

Sans principes, à quoi sert le parti communiste ?

Résumons, en 1976, le parti communiste abandonne le concept de « dictature du prolétariat », concept qui affirmait que le monde du travail devait se donner les moyens d’imposer le changement de société à la bourgeoisie, qui, elle, n’hésitait jamais devant la dictature quand elle lui était nécessaire. Mais depuis, face à la violence d’un capitalisme mondialisé mortifère, le parti communiste apparait comme incapable d’imposer quoi que ce soit aux puissants…

En 1996, le parti communiste abandonne le concept de « centralisme démocratique », concept qui organisait le centralisme pour l’action cohérente et unie, après le débat démocratique pour la compréhension du réel, et la construction de l’intellectuel collectif. Mais depuis, face à la redoutable efficacité d’un patronat centralisé et antidémocratique comme jamais, le mouvement social cherche comment être efficace, comment protéger ses manifestations des provocations, comment faire converger les luttes, tout en assurant la plus grande solidarité avec chacune.

En 2005, le parti communiste contribue au choc historique de la victoire du NON au référendum, un non populaire soulignant une fracture sociale profonde, bousculant tous les européistes de gauche et de droite. Au lieu d’en faire un repère politique central des batailles communistes, de s’affirmer comme le parti du NON à la dictature européenne, le parti des ouvriers, des paysans, le parti fier de son ancrage social historique, le PCF s’enferme dans la recherche désespérée de l’Europe sociale, se concentre sur les couches urbaines pour continuer à parler à la « gauche », en fait à un parti socialiste menant des politiques toujours plus antisociales. Mais s’il ne porte plus un projet de changement de société pour la France populaire, à quoi sert le PCF ?

La recomposition politique de 2017 et le succès des « mouvements » renvoient les communistes à leur propre utilité. S’ils restent émiettés, divisés, « mouvementisés »… à quoi servent-ils ?

Les conditions d’existence d’un parti communiste

Dans un texte de 2001, Alvaro Cunhal, dirigeant du parti communiste du Portugal, évoque la situation du mouvement communiste international et liste 6 conditions d’existence des partis communistes… Ce texte est d’une grande actualité pour les communistes Français…

Le cadre des forces révolutionnaires qui existent dans le monde a changé durant les dernières décennies du XXe siècle. Le mouvement communiste international et les partis le composant ont subi de profondes modifications suite à la chute de l’URSS et des autres pays socialistes et de la victoire du capitalisme dans sa rivalité avec le socialisme.
Il y a des partis qui ont nié leur passé de lutte, leur nature de classe, leur objectif d’une société socialiste et leur théorie révolutionnaire. Dans plusieurs cas, ces partis ont intégré le système et ont fini par disparaître.

Cette nouvelle situation au sein du mouvement communiste international a ouvert des espaces dans la société dans laquelle d’autres partis révolutionnaires ont assumé la relève et, dans les conditions concrètes de leur pays, se sont identifiés aux partis communistes sur des aspects importants et parfois avec leurs objectifs et leur action.
Ainsi, lorsque nous parlons aujourd’hui du mouvement communiste international, nous ne pouvons pas, comme dans le passé, tracer une ligne entre les partis communistes et tous les autres partis révolutionnaires. Le mouvement communiste a maintenant une nouvelle composition et de nouvelles limites.

Ces développements ne signifient pas que les partis communistes, avec leur identité propre, ne sont pas nécessaires à la société. Au contraire. Avec les éléments fondamentaux qui les caractérisent, les partis communistes sont nécessaires, indispensables et irremplaçables. Mais de la même manière qu’il n’y a pas de « modèle » de société socialiste, il n’y a pas de « modèle » de parti communiste.

Avec des réponses concrètes différentes à la situation concrète, il est possible d’identifier six caractéristiques fondamentales d’un parti communiste, qu’il ait ce nom ou un autre :
1 – Un parti qui est complètement indépendant des intérêts, de l’idéologie, des pressions et des menaces du capital.
2 – Un parti de la classe ouvrière, des travailleurs en général, des exploités et des opprimés.
3 – Un parti avec une démocratie interne et une direction centrale unique.
4 – Un parti qui est à la fois internationaliste et qui défend les intérêts de son pays.
5 – Un parti qui définit comme objectif la construction d’une société sans exploiteurs ni exploités, une société socialiste.
6 – Un parti avec une théorie révolutionnaire, le marxisme-léninisme, qui permet non seulement d’expliquer le monde, mais aussi de montrer la voie de sa transformation.

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Publié par le septembre 23, 2017 dans Congrès du parti 2018

 

bilan de la fête de l’humanité: retourner au parti c’est bien, mais pour quoi y faire?

 

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Encore une belle photo de notre camarade françoise Larouge.

Partons d’un petit fait  drôle et un peu tristounet par rapport à cette grande fête de l’Humanité: Patrick Braouzec après avoir appelé à voter pour Macron reprend sa carte au PCF. On ne peut pas dire que ce soit avec des idées plus claires puisqu’il affirme d’une part que la forme parti est dépassée comme l’a prouvé, selon lui, le succès électoral d’en marche et de la France insoumise et d’autre part que rien ne remplace ce bon vieux parti communiste. J’imagine que Robert Hue ne va pas tarder à suivre. Je me moque mais pas seulement. Heureux qui comme Ulysse, après avoir fait toutes les expériences les plus saugrenues et y avoir essuyé toutes les humiliations, retourne chez ses parents vivre le reste de son âge. Il y a un mouvement des anciens gauchistes et des ventres mous qui prend le PCF pour la maison de retraite la plus vivable et la moins déshonorante qui soit. Ils n’ont pas tort. Mais où tout cela nous mène-t-il?

Cette fête de l’humanité paraît avoir été une grande réussite pour deux raisons essentielles:

– Le contexte qui renoue avec les luttes de l’an passé en surmontant ou en tentant de surmonter des élections les plus décevantes qui soient, puisque le piège de l’extrême-droite montée depuis des décennies par françois Mitterand a encore fonctionné pour porter au pouvoir un candidat dont la majorité des français ne voulaient pas. Le rendez-vous lancé par la CGT le 12 septembre a incontestablement permis de marquer le renouveau du combat et tous les signes sont là désormais pour marquer l’amplification du mouvement et la volonté d’union à la base. le rendez-vous du 21 septembre, l’unité de tous les syndicats de la fonction publique le 10 octobre, l’appel à la grève des transporteurs routiers. D’autres signes ne trompent pas et ce gouvernement parmi les plus impopulaires risque de tanguer. la fête de l’huma se situait dans ce contexte et le mot d’ordre d’amplifier les luttes que se donnait la fête était juste. OUi comme l’a dit André Chassaigne on peut faire plier ce gouvernement qui représente les intérêts de l’oligarchie et les diktats de Bruxelles. ce ne sera pas la première fois que la France sera à l’avant garde du refus du néolibéralisme.

– L’affirmation d’une volonté unitaire au plan politique, même si celle-ci reste marquée par le primat des accords de sommet et l’appel à l’unité sans contenu réel. Attention il y a là un danger à ne pas sous estimer. le grand mouvement de 1995 qui était unique par son ampleur et sa détermination dans la vague contre-révolutionnaire qui submergeait le monde s’était également échoué sur  des accords de sommet, des participations gouvernementales tramées en coulisse derrière un PS qui appliquait la même politique que la droite.  Mais le PS, la social démocratie cédant à la première intimidation peut avoir différents visages, la situation en Grèce en témoigne . Je vous le dis mes amis et camarades, ceux qui pour se débarrasser de la social démocratie pensent qu’il suffit de se ranger derrière les cadres du PG et Mélenchon, pratiquent la politique de gribouille, aller se jeter dans le lac pour éviter la pluie. Vous me répondrez qu’ils ont souvent des positions plus à gauche que la direction du PCF, oui encore que quand on a Clémentine Autain, mais passons, justement la vraie question est celle d’un parti, d’une force collective qui résiste y compris quand on veut lui faire condamner Cuba, le faire changer de nom, ou d’autres « avancées ».   La fête de l’humanité représente un moment de rencontre de toutes les sensibilité de la gauche et de l’extrême-gauche quitte  à coexister sans langage vraiment commun et chacun se félicite de l’audience qu’il a obtenu à cause de ce rassemblement. Mais c’est insuffisant, c’est sympathique comme le retour au bercail de Braouzec mais on ne peut en rester là. Pourtant,a fête de l’humanité témoigne  par sa réussite même de la nécessité d’une force capable de vraiment unifier tout ce beau monde et il faut en tirer les conséquences. L’Humanité, sa fête  est encore pour la majorité des français un journal et une fête communistes et à ce titre est la seule force en capacité d’opérer ce rassemblement. C’est un patrimoine à ne pas négliger et si le terme communiste soulève encore tant d’hostilité c’est que le capital a senti le vent du boulet et notre peuple sait ce que ce parti a apporté, d’où ce mouvement vers eux quand les « blés sont sous  l’orage ». Négliger ce potentiel, prétendre lui imposer sa loi n’est pas la bonne méthode, il faut réfléchir ensemble dans le respect mutuel.

mais la vraie question demeure et elle est posée par cet étrange retour de Braouzec: quel rôle les communistes ont-ils à jouer pour amplifier les luttes et pour aider au rassemblement en offrant une perspective politique aux luttes dont on sent bien qu’elles sont en train de prendre de l’ampleur. Oui il est possible de faire plier ce gouvernement, l’unité est indispensable, à la base, elle peut et doit être construite, mais au plan politique on ne saurait se contenter de ce que nous a offert la fête de l’huma, une coexistence des forces, il faut avancer et pour cela prendre conscience du rôle essentiel joué par un parti sur la forme mouvement traînée par un leader qui joue avant tout l’opinion médiatique, celle des plateaux de télévision, ses petites phrases, ses coups médiatiques a contrario de la gravité des problèmes. Ce n’est pas un procès d’intention c’est un choix politique qui nous est posé à tous y compris aux militants de la france insoumise: un parti politique, un collectif de lutte ou un mouvement derrière un leader, un sauveur suprême, un tribun avec les querelles d’ego des sommets et personne ne joue seul à ce petit jeu sans intérêt. Cette fête peut rassembler une constellation disparate parce qu’elle est le produit d’une histoire et de la volonté de milliers de militants dont certains ne sont même plus au parti,

Enfin j’ai un regret, c’est que la fête ne tienne pas assez compte de la mémoire de ce parti, de son histoire, de ses conquêtes et du rôle réel joué à ce titre par la Révolutio n d’octobre qui demeure celle qui a déclaré que la classe ouvrière et le peuple pouvait diriger l’Etat. On n’avancera pas en occultant la mémoire, c’est vrai pour les individus, ça l’est pour les peuples et le monde du travail. la mémoire du peuple français qui se rend à la fête de l’humanité quand la volonté de lutte monte montre que nous ne pouvons détacher perspective politique, avenir et mémoire. parce que dans le fond la vraie question posée par Macron, le gouvernement des grands patrons et des monopoles financiarisés, est celle du capitalisme destructeur des individus et de l’environnement. les désastres climatiques, les guerres, le surarmement stérile et destructeur aux dépends de la vie, la misère, la pression sur l’éducation, la santé, les vies volées, tout cela est le produit de cette rapacité qui a nom l’accumulation des profits, cette fausse conception de la liberté, celle du libre renard dans le libre poulailler. .  Ce mode de production est condamné, les communistes ont toujours représenté cette alternative. Une autre société demande à naître, le socialisme basé sur la coopération, le collectif, les solidarités, l’appropriation collective des moyens de production, une planification qui dégage les priorités, l’individu seul va vers l »autodestruction, en revanche il est riche de la multiplicité des relations sociale, et une révolution est d’abord une opportunité offerte pour toutes les intelligences jusqu’ici brisées.  et il est vain de prétendre nier les expériences qui ont été faites, leurs conquêtes autant que leurs limites. Il suffit d’interroger autour de nous pour se rendre à quel niveau se pose la question du changement dans notre peuple et le fait que les difficultés à se mobiliser concerne d’abord l’ampleur de la bataille, la force de l’adversaire, la question n’est pas celle du changement celui-ci est nécessaire mais des moyens pour être plus forts pour l’imposer, pour ne plus être dupes.

danielle bleitrach

 

 

La permanence d’une fête et de sa signification dans une photo

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Ce que j’aime chez Françoise Larouge, l’auteur de cette photo de la fête de l’Humanité 2017, c’est la manière dont elle a su saisir une fois de plus la permanence d’une histoire, des liens d’un parti, d’un journal avec la France, sa classe ouvrière, son peuple, sa jeunesse…

une amie s’interroge: la magie du noir et blanc, en regardant au premier coup d oeil j ai cru les années 50 , et en close up j ai vu les docks martens, nike et autre converse, alors j ai pensé 80, mais cette photo est juste incroyablement intemporelle…..!

 

 

Il n’y a pas de révolution sans mobilisation de l’histoire ! Compte-rendu des rencontres communistes de Vénissieux du 30 avril 2016

La Revue Unir les communistes nr 7 reprend diverses interventions du colloque de Vénissieux dont la mienne. Si je choisis de la publier alors que d’autres interventions le mériteraient plus sans doute c’est parce que je crois que cette intervention résume assez bien ce qui m’a poussée à animer ce blog et  à écrire ce livre qui devrait paraître bientôt chez Delga: »1917-2017, Staline, tyran sanguinaire ou héros national?  » Rarement livre fut produit avec autant de difficultés profondes, d’interrogations sur ce qui pouvait bien me pousser à ainsi m’exposer depuis tant d’années à l’incompréhension, les insultes, la solitude. Pourquoi est-ce que je me lançais dans le contexte qui est le nôtre au choix d’un affrontement avec toutes les idées reçues, avec toutes les diffamations ? Un parti tel que celui que nous avions est un outil inouÏ non seulement pour l’emporter, mais pour protéger les militants, sans lui l’individu qui s’obstine à combattre risque non seulement d’être inefficace, mais la proie de tous les sadismes. A cette seule idée j’ai failli renoncer, ne pas publier ce livre dont j’imagine déjà ce à quoi il va me soumettre sans surtout être lu… J’ai déjà vécu tout ça y compris dans mon combat pour Cuba, au lendemain de la chute de l’Union soviétique. Je suis épuisée et gorgée d’injustices, la mauvaise réputation, pour simplement avoir voulu défendre l’héritage des révolutionnaires, pour le transmettre à ceux qui ont à charge de changer le monde, un travail indispensable… Parfois je n’ai plus la force mais si je repars c’est parce que j’ai cette étrange conviction que les choses ne peuvent demeurer en l’état et que le capitalisme est déjà mort, que nous nous débattons au sein de son cadavre en train de pourrir et qu’il faudra bien s’en rendre compte. Voilà j’aimerais bien parfois ne plus me sentir aussi seule (note de Danielle Bleitrach).

par  Danielle Bleitrachpopularité : 20%

Intervention de Danielle Bleitrach, sociologue communiste

Tout a déjà été dit, et fort bien. Je ne peux que dire mon accord plein et entier avec la vaste fresque que vient de brosser Rémy, mais la question qui nous est posée, c’est qu’est ce qu’on fait nous, quelle est notre possibilité d’action, à quoi ça sert un parti communiste. C’est la question que nous nous posons dans cette réunion.

Si je dis que j’ai partagé avec Rémy ce vaste panorama, c’est que nous nous sommes rencontrés au moment d’une grande crise,quand le parti subit l’effet de l’échec, de l’effondrement de l’union soviétique ; on va avoir une situation paradoxale que j’ai résumée quand j’ai essayé de me battre pour Cuba. J’ai dit, ce peuple résiste, ce peuple se bat et Henri Malberg qui n’était pas le pire des hommes m’a dit, Danièle, tu es une romantique, dans 6 mois, ils sont à genoux, et on va encore se prendre ça dans la gueule, laissons-les tomber. C’était comme ca.

Donc, ils m’ont dit, tu es une idéaliste, et tu ne vois pas qu’ils sont complètement irrationnels et ne vois pas la réalité du monde, c’est fini, il faut en prendre notre parti.

Ce que les cubains m’ont enseigné, c’est exactement le contraire. J’ai tout de suite compris une chose à Cuba, que nous avons partagé avec Rémy puisque nous y étions ensemble. J’ai découvert la période spéciale, une situation totalement dramatique où les gens ne savaient pas comment ils allaient manger et ce peuple a tenu bon et a résisté. Ce que j’ai découvert, c’est que quand vous voulez résister, il ne faut pas être idéaliste, il faut être réaliste pour savoir sur quoi s’appuyer exactement, et ce qui cède.

Je n’ai jamais vu des gens aussi conscients, aussi convaincus de la nécessité, convaincu d’être rentrés dans une nouvelle période, sans nostalgie, quand ils se sont retrouvés seuls et ont dit « on continue » Cette attitude a été une des grandes leçons. Comment imaginer qu’un petit îlot perdu qui n’a comme production que le nickel et quelques bananes, balayé par les vents, à 500 kilomètres des USA, peut se dire qu’il est juste de résister et comment le faire partager à tout un peuple, et pourquoi.

A cette époque, quelqu’un que vous connaissez, Michel Vovelle, historien de la révolution française m’a dit quelque chose qui m’a beaucoup frappée « quand les rois reviennent en 1815, la révolution apparaît comme l’échec politique, la terreur et la guillotine, l’échec économique des assignats et maintenant, tout le monde est l’héritier plus ou moins de la révolution française. Tu ne peux connaître la postérité des révolutions avant longtemps… ».

Dans l’esprit de « que peut-on faire », qu’est-ce que ça veut dire d’être communiste dans la période où on est ? Ca ne veut pas dire idéalisme, ça ne veut pas dire nostalgie, mais au contraire avoir une très grande lucidité et comprendre le monde tel qu’il est et pas tel qu’on le rêve. Ce qui apparaît caractéristique, important, c’est que ce qu’on appelle le temps de la chute de l’Union soviétique, c’est un temps relativement court face à la rébellion qui s’installe et qui monte. En 1991 c’est la chute, le monde entier fait le gros dos, c’est la fin. Mais en 1994, c’est la Corée, le Chiapas qui lutte contre l’ALCA et la France en 1995. J’étais au Chiapas et tout le monde me demandait ce qui se passait en France, pourquoi vous aviez lutté, et il y avait un grand mouvement ouvrier en Corée du sud. En dehors, le reste du monde était accablé. Nous avons eu une accélération historique beaucoup plus grande que ce qu’on en croit.

Ce qu’on a décrit depuis tout à l’heure, c’est que les conditions objectives du pourrissement, de l’effondrement du capitalisme sont réunies, mais qu’il manque les conditions subjectives, la prise de conscience par les classes sociales de leur propre rôle. A ce titre, il est évident que ce qu’on nous a présente comme l’échec, ce qu’on nous a rabâché des pays socialistes, pèse d’un poids très lourd.

Je veux évoquer la manière dont les peuples reprennent le désir de lutter. À partir de ce que j’ai vu sur le terrain. Il faut comprendre que les révolutions forment des séquences conscientes. Le lien doit être pris en compte dans l’étude de leur résultat, leurs liens peuvent être positifs ou négatifs. Un historien russe de droite analysant le mouvement contre la loi El Khomri, titrait « la France conservera-t-elle ses « acquis » entre guillemets ». Les commentateurs disaient « pourquoi les acquis entre guillemets », ce sont bien des acquis. Le journaliste de droite concluait, les partis de gauche, les syndicats, tout est délité en France parce que tout reposait sur l’existence de l’URSS. C’est non seulement la révolution bolchevique qui a été atteinte avec la Russie, mais la révolution française elle-même.

C’est un grand débat très vivant en Russie sur le bilan de la révolution d’octobre et très souvent avec la révolution chinoise, dans un débat triangulaire avec la révolution française toujours présente. Si vous connaissez le film Francophonia de Zoukourov qui montrait comment Léningrad et le musée de l’héritage avait été massacré, et disait « alors que vos cousins germains vous ont préservés à Paris et ont été très gentils. Avec nous, ils nous ont fait vivre le drame terrible, l’horreur. Nous voila ce qu’on a eu et vous avez été préservés. On vous aime comme ça, mais vous nous avez eu avec votre révolution, votre Napoléon, nous sommes vos héritiers, vous n’avez pas compris que c’est vous qui avez produit tout ça ». Aujourd’hui avec l’échec de la révolution soviétique, c’est la révolution française qui a été attaquée, et je suis bien d’accord. 
Il faut analyser ce qui se passe avec le Hollandisme triomphant, et derrière, le Mitterrandisme croupissant, la tentative de la social-démocratie d’instaurer à travers l’Europe un modèle alternatif à un socialisme, qui ne pouvait dire son nom et n’était qu’un capitalisme. L’écroulement de l’Europe c’est l’écroulement d’une stratégie de substitution à la révolution bolchevique. Si on reste dans cette idée, il faut regarder les choses en se disant que nous sommes dans la fin de la période historique où le leurre en quelque sorte représenté par l’Europe, a été un modèle de substitution à la révolution contre le capitalisme que représentait l’URSS. Le leurre de substitution, c’est le « socialisme moral » avec Coluche, les restos du coeur et l’antiracisme, et l’autre le mafioteur Tapie. Et on a repris toute l’histoire de France pour vider la Révolution française, avec Furet.

Nous sommes dans cette situation et ce qui me semble déterminant, la crise du capitalisme dans sa forme peut remonter à la crise de la première guerre mondiale avec ce que Lénine nomme l’impérialisme stade suprême, le rôle des monopoles, le partage du monde, la mise en concurrence… On continue avec ces tentatives de survie… mais le passage du féodalisme au capitalisme ça a duré 6 siècles !

Nous sommes dans des périodes de convulsions, devant une situation où le capitalisme et ces élites ne cessent de démontrer l’inutilité de toute révolution, leur caractère nocif, comment y échapper, comment éviter une révolution au moment même où elle pourrait être forte.

J’ai mené un combat que j’ai privilégié (on ne peut pas tout faire), celui de la ré-estimation des révolutions, à contrario de ce qu’on nous disait, l’Union Soviétique, la Chine sans oublier Cuba et aussi la ré-estimation de notre rôle en tant que Français. Ce qu’il faut voir, c’est que d’une certaine mesure l’opération miterrandienne, nous a coupé de la politique, ne nous a pas donné un autre désir, un autre besoin politique, mais nous appris le cynisme, la manipulation. On a devant nous un gouvernement qui culmine dans tous les amateurismes parce que sa seule spécialité c’est de gagner les élections. A Peine Hollande a mis les pieds à l’Élysée, qu’il se pose la question de savoir comment préparer 2017… Ils sont entièrement dans une vie politique qui ne joue que sur les aspects électoraux et néglige complètement ce qui a toujours fait la vie politique pour le peuple Français qui reste un peuple révolutionnaire. On dit qu’un peuple qui a fait la révolution ne l’oublie jamais car il a appris le poids des masses, comment l’intervention des masses faisait l’histoire.

Avec Marianne, on est parti sur les routes, deux vieilles dames (enfin, Marianne a 15 ans de moins que moi !) puisque les jeunes ne le faisaient pas, en Ukraine pour faire parler les gens de ce qu’ils ont vécu, de la manière subjective d’avoir vécu la révolution et ce qu’on a en retiré n’a rien à voir.

Le grand élément, c’est la stabilité. Quelqu’un qui faisait des études avait un bon boulot. Les prix baissaient. Il y avait plus, et on le mesure mal, toute une réflexion qu’on retrouve chez les poètes, les écrivains, une vie plus riche, pleine d’intérêt, de choses d’avenir, de perspectives, tout ce dont notre jeunesse manque.

Il ne s’agit pas de faire un tableau idyllique vous n’y croiriez pas, vous avez été tellement rompu depuis 20 ans avec la catastrophe ? Quand un jeune adhère au Parti, qu’est ce qu’on lui dit ? L’URSS ? une catastrophe, la Chine ? une dictature capitaliste, Cuba ? le parti unique… qu’est ce qu’il reste ? Des phrases creuses, de grandes idées d’une espèce de christianisme mal assimilé, mais rien à proposer. On n’ose plus parler de nationalisations, et pas seulement pour celles de l’URSS, mais aussi la caricature de celles de Mitterrand.

Il y a un combat pour l’Histoire, il n’y a pas de révolution, pas de changement politique sans mobilisation de l’Histoire. Même quand Mitterrand nous fait le numéro de ce modèle alternatif européen, il fait le coup du Panthéon, quand Hollande va au Panthéon, il met tout sauf des communistes, pour démolir l’Histoire, pour enlever le ferment révolutionnaire.

Malheureusement nous avons un Parti communiste qui s’est plié à cette opération.
La question principale n’est pas d’être dedans ou dehors du Parti. Je refuse de parler des divisions, je vous ai tous connus à l’intérieur du Parti, mais j’ai choisi de retourner au Parti pour une raison très simple, l’expérience du PC Italien. Il avait un électeur sur trois. Quand la droite a pris la direction du Parti, des communistes sont partis qui ont prétendu faire des partis mais tous ont fait la même chose.

Il y avait de tout dans le PCF, des syndicalistes révolutionnaires, des républicains de progrès… mais ils avaient une ligne commune, qui permettait de tenir des gens qui n’avaient rien à faire ensemble parce qu’ils étaient héritiers de temps divers.
Ce n’est pas une affaire de rentrer au parti, c’est même de la publicité mensongère, mais j’y resterai jusqu’à la fin parce que c’est mon choix, mais ce n’est pas important. L’important c’est de fabriquer ensemble pour redonner aux jeunes générations, ce sens de la nécessité d’un parti communiste, des révolutions parce qu’on est face à la nécessité de la fin capitalisme.

 

ma cellule est aux côtés du nouveau secrétaire fédéral du PCF 13 (vote d’une motion)

Cellule Pautrier
13004 Marseille
 
 
 
 
 
A Jérémy Bacchi, secrétaire fédéral du Parti communiste français,
 
Les communistes de la cellule Pautrier, réunis le 8 septembre 2017, félicitent Jéremy Bacchi pour avoir accepté la lourde responsabilité du secrétariat fédéral des Bouches du Rhône.
Les communistes de la cellule Pautrier sont décidés à tout mettre en œuvre pour aider leur nouveau secrétaire dans sa tâche. Et à ce titre, ils proposent d’orienter en priorité la réflexion et l’activité de la direction de notre fédération vers le renforcement du parti, la multiplication des cellules, la formation des militants. Ils attendent avec impatience l’ouverture du débat du Congrès pour que soient définies une orientation stratégique et les conditions du renforcement de notre parti, condition indispensable à tout rassemblement progressiste.
 
 
 
la motion décidée à l’unanimité de ma cellule pour saluer le nouveau secrétaire fédéral des Bouches du Rhône
 
 

L’humanité : Le capitalisme est incompatible avec la survie de la planète, par Jean-Jacques Régibier

Source : L’Humanité, Jean-Jacques Régibier, 28-08-2017

Enfin quelqu’un dit l’essentiel qui devrait déterminer la stratégie des communistes pour le prochain congrès. S’adresser aujourd’hui à la grande masse des français en leur expliquant que nous sommes en train de crever d’individualisme, de la soif du profit et que si nous voulons surcivre il faut retrouver le collectif, une discipline égalitaire, le socialisme, cela doit être le vecteur de notre programme et de la réflexion sur notre organisation, sans cela tout discours sur les alliances au sommet, sur les jeux politiciens en vue d’une union progressiste n’aura aucun résultat si ce n’est de faire monter l’extrême-droite et encourager le désespoir. (note de danielle Bleitrach)

Alors que les études se succèdent pour démontrer la gravité et l’étendue des atteintes à l’environnement, peut-on faire confiance au capitalisme pour réparer ce qu’il a produit ? Non, répondent des scientifiques, militants environnementaux et eurodéputés réunis à Bruxelles par la Gauche Unitaire Européenne (1). Ils proposent d’autres alternatives.
Les mauvaises nouvelles sur le réchauffement climatique et la dégradation de l’environnement s’accumulent à un rythme alarmant depuis le début de l’été sous forme d’une avalanche d’études scientifiques qui aboutissent toutes au même diagnostic : si des mesures drastiques ne sont pas prises très vite à l’échelle mondiale, une partie de la planète risque de devenir invivable dans un délai assez bref. Certaines études concluent même qu’il est déjà trop tard pour redresser la barre.
Florilège non exhaustif de ces chroniques estivales d’une catastrophe planétaire annoncée :
– Dans la revue Nature, le climatologue français Jean Jouzel et un groupe de scientifiques, prévoient que si d’ici 3 ans les émissions de gaz à effet de serre ne sont pas stabilisées, la planète passera dans un autre type climat aux conséquences « catastrophiques » : recrudescence des décès dus à la chaleur ( certaines régions de France connaitraient des températures supérieures à 50° ), des incendies, accroissement des réfugiés climatiques venant de régions particulièrement touchées comme la Corne de l’Afrique, le Moyen-Orient, le Pakistan ou l’Iran ( on compte déjà actuellement 65 millions de réfugiés climatiques sur la planète ), baisse des rendements agricoles, etc…
– Un rapport établi par plus de 500 scientifiques dans plus de 60 pays, (2) montre que 2016 aura été l’année de tous les records en matière de températures, d’émissions de gaz à effet de serre, de montée des océans et de terres soumises à la sécheresse.
– Selon le climatologue américain Michael Oppenheimer, avec le retrait des Etats-Unis de l’accord de Paris, les chances de réussir à le mettre en œuvre ne dépassent pas 10% ( d’autres chercheurs parlent de 5% de chances.)
– Selon une étude réalisées par les chercheurs du Massachusets Institut of Technology ( MIT ) et de l’Université Loyola Marymount, la chaleur risque de rendre l’Asie du Sud-Est invivable d’ici 2100.
– Une évaluation scientifique effectuée en avril dernier par l’Unesco conclut que si les émissions de gaz à effet de serre ne sont pas réduites très rapidement, les 24 sites coralliens classés au patrimoine mondial  auront disparu d’ici à 2100. C’est déjà le cas pour 20% d’entre eux.
– Début juillet, une étude menée par des chercheurs américains et mexicains (3) montre que les espèces de vertébrés reculent de manière massive sur terre, à un rythme inégalé depuis la disparition des dinosaures il y a plus de 60 millions d’années. Les chercheurs parlent de « sixième extinction de masse des animaux » et analysent les conséquences « catastrophiques » de cette « défaunation » aussi bien sur les écosystèmes que sur l’économie et la société en général.
– Selon article de la revue Science Advances, la fonte des glaces du Groenland, région qui se réchauffe deux fois plus vite que le reste de la planète, va s’accélérer dans les prochaines années. Selon l’un des auteurs de cette étude, Bernd Kulessa ( Collège des sciences de l’université britannique de Swansea ), si les glaces devaient disparaître complètement, le niveau des océans monterait de 7 mètres.
Comme pour le confirmer, il y a quelques jours, un méthanier de 300 mètres battant pavillon du groupe Total, franchit le passage du Nord-Est habituellement obstrué par la banquise, sans l’aide d’un brise-glace. Ce rêve de relier l’Atlantique au Pacifique par le Détroit de Bering que caressaient depuis longtemps les pétroliers, mais aussi des états comme la Russie, est désormais une réalité.
– Pour couronner le tout, un institut de recherche international  travaillant sur les données fournies par l’ONU (4), nous apprend que depuis la fin du mois de juillet, la planète vit « à crédit », c’est-à-dire que l’humanité a consommé en 7 mois, toutes les ressources que la terre peut produire en une année. Circonstance aggravante : cette date fatidique arrive désormais de plus en plus tôt.
En prime, toujours au chapitre de la consommation, une autre étude nous indique que si tous les habitants du monde voulaient vivre comme un Français, il faudrait trois planètes terre pour assurer leurs besoins.
Le capitalisme responsable
Si toutes ces études se recoupent et se complètent sur les constats, elles s’accordent également sur leurs causes : c’est bien le développement explosif de la production et l’exploitation sans limite des ressources de la planète depuis le début de « l’ère industrielle », qui est la cause de la catastrophe en cours. Le fait que la situation se soit dégradée à très grande vitesse au cours des dernières décennies en est une preuve supplémentaire. Cette accélération est liée directement au développement du capitalisme dans les pays émergents, et plus généralement à l’extension hégémonique de ce mode de production à l’ensemble de la planète. Rappelons que la Chine, premier pays émergent, est aussi le premier pays émetteur de gaz à effet de serre, juste devant les Etats-Unis, première puissance capitaliste mondiale. « La logique de la croissance va vers l’autodestruction du système, voilà ce qui se passe quand on confie la gestion des ressources de l’humanité à des privés », juge le député européen espagnol Xabier Benito ( GUE-GVN .)
C’est également l’avis de Daniel Tanuro qui rappelle que le but du système capitaliste étant de produire de la survaleur, il n’y a pas d’autre solution que de remplacer le travail vivant par du travail mort pour lutter contre la baisse du taux de profit, donc « d’accroître de plus en plus vite la masse des marchandises, ce qui amène à consommer de plus en plus de ressources et d’énergie. » Et l’écosocialiste le répète : « la croissance capitaliste est la cause de la crise écologique, dont le chômage massif permanent est l’autre aspect.» C’est pourquoi, pour Daniel Tanuro, il est indispensable de  lier les combats sociaux et environnementaux.
Pas d’illusion non plus à se faire du côté du « capitalisme vert » promu notamment par l’Union européenne au niveau international. Pour Daniel Tanuro qui y a consacré un livre, « capitalisme vert est un oxymore. » Ce que l’on constate aujourd’hui dans les destructions qu’il opère partout sur la planète, c’est bien au contraire sa violence, dit Eleonera Forenza, qui explique par exemple comment le sud de l’Italie est ainsi devenu la décharge du Nord.
Quelles alternatives ?
Une fois reconnu que la voie préconisant la « modernisation » du capitalisme, son « verdissement », est une impasse ( de même que la promotion des valeurs « post-matérialistes » ou « post-classes » qui l’accompagnent ), il faut poser clairement, analyse l’historienne Stefania Barca, que « le capitalisme est le problème, » et pensez la politique a partir de cet axiome, dans des termes nouveaux par rapport à ceux du XXème siècle. « Où est-ce qu’on peut bloquer le capitalisme ? » devient une question politique centrale, explique Dorothée Haussermann, de Ende Gelände, un vaste collectif d’organisations environnementales et de groupes politiques qui concentre ses actions sur le blocage des mines de lignite et de charbon en Allemagne. « Le charbon fait partie du problème du réchauffement climatique, on doit en empêcher la production. Il faut commencer quelque part, c’est à nous de prendre les choses en mains, » explique Dorothée Haussermann.
En matière de changement climatique, ce n’est pas l’information qui nous manque, fait remarquer Rikard Warlenhus ( Left Party, Suède ), mais on a l’impression que changer les choses est au delà de nos possibilités. C’est, pour les raisons que l’on vient de voir, parce qu’au fond, remarque l’eurodéputé Ernest Cornelia ( GUE / Die Linke ), « imaginer la fin du capitalisme est impossible. » Pour lui, la question devient donc : « comment passer du stade actuel à l’étape suivante ? » Cette question est d’autant plus centrale que, comme l’explique Rikard Warlenhus, « les dossiers climatiques ont tendance à nous diviser. » Par exemple, explique Dorothée Häussermann, « le mouvement environnemental peut être conçu comme une menace à l’emploi.» C’est la raison pour laquelle une partie du mouvement syndical est converti au « capitalisme vert », bien qu’il soit évident que le chômage continue à augmenter, ou que de nombreux syndicats soutiennent les énergies fossiles. « Une difficulté à mettre sur le compte de 3 décennies de déclin du mouvement ouvrier », analyse l’historienne Stefana Barca, dont il faut être conscient qu’elle provoque des divisions. C’est pourquoi, ajoute-t-elle, il faut concevoir le combat pour l’environnement comme « une forme de lutte des classes au niveau planétaire entre forces du travail et capital. »
Constatant la vitalité des combats pour l’environnement menés partout dans le monde sous des formes et par des acteurs très différents, les intervenants insistent tous sur la nécessité de promouvoir des articulations entre tous ces mouvements et des acteurs institutionnels quand ils existent ( des villes, des régions, par exemple ), ou des syndicats, des partis, et ce, au niveau mondial. L’objectif est de se situer « à la même échelle d’action que notre adversaire », explique Rikard Warlenhus « parce que le capital dépasse la structure de l’Etat national. »
Le rôle crucial des femmes
De nombreux analystes soulignent également comme un point central, le rôle des femmes dans le combat écologique et social. Il ne s’agit pas de dire qu’il est bien que les femmes y participent à égalité avec les hommes ( l’égalité homme-femme est un leitmotiv  consensuel de nos sociétés, en général jamais respecté ), mais bien de repérer l’apport spécifique, déterminant et innovateur des femmes, en tant que femmes, dans les nouvelles formes de combat. La députée italienne Eleonora Forenza ( GUE-GVN ) voit dans les mobilisations qui ont suivi la catastrophe de Seveso en juillet 1976, l’événement fondateur de cet éco-féminisme. « Ce sont les femmes qui ont joué un rôle essentiel en exigeant que soient menées des études médicales, car les femmes enceintes risquaient de donner naissance à des enfants malformés. Ce sont également elles qui ont lancé les premiers appels pour l’IVG en Italie. » ( L’IVG a été légalisé en 1978, mais il est toujours très difficile de la faire appliquer, ndlr.) Cet apport des femmes au combat écologique est également majeur pour Daniel Tanuro qui explique que « la place que le patriarcat donne aux femmes, leur procure une conscience particulière. » Il rappelle que 90% de la production vivrière dans les pays du Sud est assurée par des femmes, faisant d’elles le fer de lance de tous les combats actuels liés à l’agriculture, à la propriété de la terre, aux pollutions ou au climat.
(1) Colloque au Parlement européen, 27 mars 2017, Bruxelles publiées dans les Proceedings of the Natural Academy of Science ( PNAS )
(3) publié en juillet par l’Agence américaine océanique et atmosphérique ( NOAA ) et L’American Meteorological Society ( AMS ),
(4) Le Global Foodprint Network, Oakland ( Californie )
(5) Daniel Tanuro, « L’impossible capitalisme vert », La Découverte.

Jean-Jacques Régibier

Source : L’Humanité, Jean-Jacques Régibier, 28-08-2017

 
2 Commentaires

Publié par le septembre 12, 2017 dans Congrès du parti 2018, POLITIQUE

 

Bilan et stratégie, la direction s’enferme dans le refus du débat. Cela suffit !

J’ajouterais à ce texte dont je partage les attendus que les conditions me paraissent pourtant réunies pour un véritable débat serein et indispensable entre les communistes. Serein parce que l’immense majorité d’entre eux est convaincu de la dangerosité de la période et ils veulent tous renforcer leur parti, en faire l’instrument dont la classe ouvrière, notre pays a besoin, ils n’ont pas envie de divisions inutiles. Indispensable, parce qu’il est en effet nécessaire de rassembler le plus largement possible contre la politique de Macron, les communistes peuvent et doivent jouer un rôle essentiel dans ce rassemblement, mais pour cela il faut qu’ils aient fait le clair sur leur stratégie, à partir de la critique de leurs erreurs autant que l’analyse des tâches à accomplir (note de Danielle Bleitrach).

Jeudi 31 août 2017par  lepcf.fr

Le Conseil national était réuni ce jour, vendredi 25 aout, pour débattre de la préparation du Congrès extraordinaire.

Notre parti sort d’une période électorale difficile, la stratégie mise en place ces 10 dernières années nous a conduits d’échec en échec et la visibilité nationale du PCF est en chute libre. Alors que la rentrée s’annonce chargée, vu ce que veut nous imposer le capital avec Macron en passant à une nouvelle étape dans l’exploitation et la mise en concurrence des salariés, la casse de la protection sociale, la destruction des services publics et l’accaparement des richesses nationales, la domination de l’ union européenne sur la France.

Dans ce cadre, l’exécutif a proposé un questionnaire censé permettre aux communistes de participer à l’élaboration de l’ordre du jour du Congrès.

Mais il s’agit surtout pour la direction de détourner les communistes des questions stratégiques et d’un bilan, et de corseter l’assemblée des animateurs de section prévue le 14 octobre.

Le questionnaire proposé mêlait indigence et évitement des questions stratégiques, ce qui nous a conduits à refuser de souscrire à une telle démarche. Il a finalement été rejeté en l’état par le Conseil National dont à peine la moitié était présente.

Une fois de plus la direction nationale n’est pas arrivée à convaincre sur sa copie et le CN est apparu divisé.

Mais la direction s’entête à produire un nouveau questionnaire et prend prétexte de cette réécriture pour repousser l’assemblée des animateurs de section.

Donc, non seulement elle veut une fois de plus parler de tout pour ne parler de rien et éviter les questions essentielles pour l’avenir du PCF et de notre pays, mais en plus, en modifiant la date elle remet en cause une des rares décisions qui fait l’unanimité chez les communistes, qui voient en cela un possible moment de débat fraternel et de rassemblement.

Aurait-elle peur que se reproduise ce qui s’était passé à l’Assemblée extraordinaire des animateurs de section en 2007 ? Cette assemblée avait en effet rejeté la perspective du changement de nom de notre parti et sa disparition au profit d’une nouvelle force de gauche.
Nous sommes d’autant plus alertés que le questionnaire proposé, comme les diverses déclarations du secrétaire national, vont toutes dans le sens de la poursuite de la « transformation » du PCF, transformation destinée en fait à justifier l’effacement de notre parti et le renoncement à notre identité communiste.

Le débat doit s’ouvrir vite et à partir du bilan depuis le 30ème congrès de Martigues qui reste la ligne directrice de la direction nationale. Il n y a pas d’issue ni d’unité des communistes possibles sans ce travail.

La fuite en avant devant chaque échec ne peut plus durer.

Nous appelons les communistes à ne pas se laisser paralyser. Ils doivent être les vrais maîtres de leur parti, des choix stratégiques et de leur destin militant et prendre sans attendre les initiatives permettant le débat nécessaire et urgent, en même temps que les initiatives adaptées à la situation politique et sociale, avec la première étape du 12 septembre. 
Nous nous mettons à disposition de ce débat que nous avons déjà largement traité au travers de notre dernier texte de congrès et de nos 5 chantiers. Nous donnons rendez vous à tous au stand de la revue « Unir les communistes » à la Fête de l’humanité.

Caroline Andreani, Danielle Trannoy, Gilles Gourlot, Jean-Pierre Meyer, Jean-Jacques Karman, Paul Barbazange, Anne Manauthon, Marie-Christine Burricand, Michaele Lafontant, membres du Conseil National et Hervé Poly, secrétaire départemental du Pas de Calais

Michelle Bardot (67), Gilbert Rémond (69), ) Hervé Fuyet (92), Michel Dechamps (04), Robert Brun (26), Pierre-Alain Millet (69), Amandine Lampin (31), Danielle Bleitrach (13), Leila Moussavian-Huppe (67), Sandrine Minerva (34), Alain de Poilly (94), Olga Touitou (13)…

 
1 commentaire

Publié par le septembre 1, 2017 dans actualités, Congrès du parti 2018