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Archives de Catégorie: Congrès du parti 2018

Projet de proposition de base commune alternative : Le Préambule « Notre 38eme Congrès est vital. »

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Avant mon départ, je veux publier le préambule du  projet de proposition de base commune pour le 38 e congrès du PCF. Celui présenté par le secrétaire Pierre Laurent et par une portion réduite du CN (la moitié des membres élus ‘étaient pas présents et la moitié seulement des présents l’avait voté), ce qui ne s’est jamais vu dans le parti. C’est pourquoi un certain nombre de camarades dont Hervé Poly, Marie Cristine Burricand, Gilles Gourlaud,mais aussi Nicolas Marchand, denis Durand, Frederic Boccara et maintenant André Chassaigne, Julien Brugerolles se sont attelés à ce travail de rédaction de ce préambule. J’ ai participé pour une faible part à d’autres chapitres parce que tous ceux qui avaient fait ce choix me semblaient animés comme le dit ce préambule par la volonté de ne plus voir effacé, soumis, et à terme détruit le pCF. C’est l’essentiel, même s’il reste beaucoup de choses à approfondir, ce préambule qui a l’assentiment de tous dit ce que veulent les signataires qui sont déjà très nombreux à participer à cette rédaction qui sera soumise à l’approbation de tous les membres du parti, non comme une liste alternative mais bien comme une base commune. (note de Danielle Bleitrach)

21 Juin 2018, 08:43am

|Publié par hervepolypcf62.over-blog.com

POUR UN MANIFESTE DU PARTI COMMUNISTE DU 21EME SIECLE

(projet de proposition de base commune de discussion pour le 38ème Congrès du PCF)

Préambule

Notre 38eme Congrès est vital.

POUR UN MANIFESTE DU PARTI COMMUNISTE DU 21EME SIECLE

(projet de proposition de base commune de discussion pour le 38ème Congrès du PCF)

 

Préambule

 

Notre 38eme Congrès est vital.

Au mois de juin 2017, les communistes décidaient à l’issue de la séquence électorale des présidentielles et des législatives de convoquer un congrès extraordinaire. Notre affaiblissement électoral et notre perte de visibilité nationale étaient et sont toujours au cœur des préoccupations des communistes qui veulent reconquérir l’influence de notre parti et reconstruire une organisation révolutionnaire de notre temps.

C’est au parti communiste, français et internationaliste, d’assumer cette ambition face à la force du capital qui se pare des atours de la modernité, face à la profondeur de sa crise systémique, mais aussi face à l’attraction des idées réformistes de conciliation, comme celles nationalistes et xénophobes de bouc-émissaire.

C’est d’autant plus nécessaire que Macron et son gouvernement mettent à profit la confusion politique et l’absence d’alternative progressiste crédible, pour conduire à marche forcée la destruction du modèle social français. Ils cherchent à faire de la France, à côté de l’Allemagne, le second pilier d’une Europe au service du capital, des marchés financiers et de l’ordre mondial dont ils ont besoin.

Macron prétend que ses options sont les seules à même d’arracher la France et l’Europe à la crise très profonde d’un système capitaliste qu’il entend sauver. En réalité cette politique va accentuer les vulnérabilités propres de la France et les fractures sociales dans un monde en crise alors que se prépare une nouvelle phase d’aggravation des difficultés mondiales. Elle s’annonce beaucoup plus grave que celle de 2007-2008 dont les forces du capital n’ont voulu retenir aucune leçon.

Après une période d’observation, des luttes importantes se développent. Elles concernent les bases même du modèle social français, dont elles cherchent un nouveau développement : services et entreprises publiques, refus des inégalités, du déclassement et des discriminations, égalité des territoires, protection sociale et son mode de financement à partir des richesse produites, l’emploi, sa sécurité et sa promotion, l’augmentation des salaires, toutes les batailles sur l’éducation et la formation, droits et pouvoirs des salariés sur les lieux de travail.

Il n’y a jamais eu autant besoin de révolution, d’idées et de luttes révolutionnaires ; d’un parti et d’un projet communistes pour permettre au mouvement populaire de s’élargir et de se renforcer jusqu’à contraindre le gouvernement à des reculs, imposer de nouvelles conquêtes, ouvrir une issue politique. Leur absence dans le champ politique laisse la voie libre à toutes les récupérations nationalistes, populistes, xénophobes ou racistes.

Quel défi pour le Parti communiste français !

 

Mais après son effacement en 2017 et son résultat désastreux aux législatives, son pronostic vital est engagé.

Tout cela constitue un électrochoc. C’est pour cela que les adhérents ont voulu un Congrès extraordinaire pour une réorientation stratégique, une mobilisation nouvelle dans l’action et le développement d’une ambition communiste.

Un bilan stratégique et organisationnel est nécessaire pour permettre un débat sans tabou et des décisions audacieuses.

Nous considérons que la proposition de base commune votée le 3 juin (par 49 voix sur 91 votants et 168 membres du CN) ne répond pas aux exigences du débat, pas plus qu’elle ne permet d’analyser précisément la situation du monde et celle de notre parti. Se refusant à formuler clairement les termes du débat, elle ne permet ni la discussion sur la réorientation et les changements que les communistes sont si nombreux à penser nécessaires, ni la prise d’initiative par celles et ceux qui aspirent à changer l’ordre existant.

Ce n’est pas d’un collage d’options et de synthèses habiles dont notre Parti a besoin pour construire une unité réelle et agissante des communistes.

Nous proposons une base commune qui permette de répondre à cette question essentielle :

Faut-il continuer dans l’effacement, dans une pratique du coup par coup, dans une stratégie illisible, et dans le manque d’ambition et d’incarnation ? Ou construisons-nous collectivement la voie d’un renouvellement politique profond de notre organisation, à même de renforcer notre influence et notre place au sein d’un rassemblement efficace pour notre peuple ?

Pour le débat le plus conséquent des communistes et des choix clairs, cette proposition de base commune entend apporter des éléments de réponse précis aux questions centrales suivantes :

  • nos difficultés actuelles résultent-elles d’une mauvaise mise en œuvre des choix faits depuis une vingtaine d’années, ou bien ces choix mêmes sont-ils à remettre en question ?
  • Quel bilan faisons-nous aux plans stratégique, organisationnel et électoral ? Quel bilan de l’activité de la direction nationale ?
  • Quelle place du marxisme vivant pour armer le combat et pour la confrontation d’idées à tous les niveaux ?
  • Une réorientation stratégique est-elle nécessaire ou suffit-il de chercher à mieux tenir le même cap sous l’appellation « nouveau front social et politique » ?
  • Faut-il se résigner, aux élections européennes, à un nouvel effacement du parti et de ses idées au nom du rassemblement derrière une possible tête de liste issue d’une autre formation politique ? Ne s’agit-il pas plutôt de construire une liste de large rassemblement initiée et conduite par le PCF ?
  • Comment définir l’objectif du communisme, les voies et moyens de l’atteindre ? Quelle dialectique nécessaire entre nos propositions, les luttes immédiates, les étapes indispensables et la visée communiste qui se construit dans ce mouvement tout en l’éclairant ?
  • Un changement profond de la direction nationale est-il nécessaire ? Quel engagement des dirigeants pour un effort de réorientation des idées, de la pratique et de l’action ?

 

L’heure est critique pour notre force politique, et par conséquent, pour sa capacité à servir efficacement dans l’avenir les intérêts populaires et de classe.

Nous ne nous résignons pas à l’idée que le congrès extraordinaire puisse sombrer dans les habitudes, les redites et le refus des remises en cause.

Nous voulons sortir le PCF de la spirale de l’effacement et de l’affaiblissement.

Nous partageons cette conviction qu’il ne peut y avoir de transformation révolutionnaire sans un parti communiste fort et influent, visant cette ambition.

Nous partageons la nécessité d’un renouvellement de notre organisation et d’une relance ambitieuse de notre travail politique, étroitement liés à la mise en dynamique nationale de nos militants.

Ce sont ces enjeux prioritaires qui nous réunissent et nous rassemblent.

 

C’est pourquoi, dans la diversité et la complémentarité de nos analyses et réflexions, nous proposons ce texte comme Base commune pour la discussion du 38ème congrès des communistes.

Nous la mettons dès aujourd’hui à la disposition de tous les communistes pour permettre le développement d’actions transformatrices ambitieuses de notre Parti au lieu de la paralysie liée à la recherche de faux équilibres.

Nous souhaitons que le plus grand nombre de militants s’en saisisse, dans une recherche de convergence et d’unité indispensables à la réussite d’un Congrès extraordinaire, redonnant demain à notre Parti sa pleine capacité d’action à travers une perspective politique et stratégique claire.

 

Nous la formulons en 5 chapitres :

  • un bilan critique
  • nos responsabilités face à la nouvelle phase de la crise du capitalisme et de la société,
  • le communisme de notre temps et l’action pour y parvenir,
  • pour une nouvelle stratégie de rassemblement et d’unité populaires,
  • pour un parti communiste utile, agissant, audacieux et novateur, internationaliste et révolutionnaire.
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Comment Robert Hue a changé notre politique européenne sans en discuter…

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Pourquoi avons-nous tant de mal à avoir une positon claire sur l’Europe ?

Parce que la démocratie du parti n’a pas été respectée…

Parce qu’il y a eu un brutal changement de notre politique pour lequel l’assentiment des militants n’a jamais été sollicité.

Il n’y a pas eu discussion mais inflexion au jour le jour sans la moindre ligne directrice autre que de suivre le pS. Notons que la manière dont aujourd’hui, alors que les élections européennes s’approchent, notre secrétaire national affirme qu’il faut une liste qui regroupe la gauche (sauf le PS), en oubliant que sur cette question européenne, des gens comme les Verts et Benoit Hamon ont la même position que le PS de hollande et celle de Macron. On comprend que dans ce cas « les ambiguïtés », le mot est faible, de Robert Hue n’ont pas à être analysées pas plus d’ailleurs que le Congrès de Martigues et la destruction de notre parti , ce qui fait que cela vide le COngrès dit extraordinaire de son contenu. La dérive se poursuit alors qu’il faut un Congrès extraordinaire qui s’empare de cette question, comme d’autres.

L’actuelle proposition de base commune ne correspond pas à cette exigence.

Sur l’ensemble des questions internationales, le militant n’est pas plus sollicité et pour les mêmes raisons. Cette perte de souveraineté qui consiste à ne pas avoir de politique autonome du moins lisible pour ses militants a été initiée par Robert Hue.

c’est un ami Pascal Brula qui récemment reprenait dans une brève l’origine du changement à 180 ° de la politique du parti à l’égard de l’Europe. « Julian Mischi dans son livre « Le communisme désarmé(1) », écrivait-il, nous apprend que Hue a accepté de participer au gouvernement Jospin sur la base d’un changement de la politique européenne du PCF. On a vu ce que ça a donné, notamment avec Gayssot qui a mis en œuvre la directive qui ouvrait la voie à la privatisation de la SNCF. Je me souviens qu’après son arrivée à la direction du parti, Hue a changé le thème d’une manif qui avait été décidée par l’équipe Marchais et devait avoir lieu à Dunkerque, de manif contre l’euro en manif pour l’emploi ! Il faut relire les analyses de la bataille contre le traité de Maastricht (Casanova, Picard-Weyl…). Avec Hue, la seule décision sur laquelle les adhérents ont eu à se prononcer, est l’adhésion au PGE, objet d’un vote ; toutefois, l’argumentation pour voter oui, devant la résistance très forte du parti, avait été de dire  » cela ne nous engage en rien et nous permettra de toucher les subventions«  »

Il faut effectivement revoir ces questions des subventions de l’Europe et ce à quoi elles nous contraignent dans l’appréciation de notre propre passé. Là encore notons le tour de passe passe récent de Pierre Laurent et de son équipe à propos de l’exposition sur Georges Marchais, le livre confié à quelqu’un comme Gérard Streiff et la volonté de nous présenter Georges Marchais comme le chantre de l’Eurocommunisme. J’ai déjà écrit là-dessus en notant que c’est parce que nous nous opposions aux restructurations industrielles voulues par l’Europe et le plan Davignon que nous avons quitté le gouvernement. Comment Mitterrand furieux de nous voir échapper à son piège avait fait pression sur deux ministres communistes,Fitterman et Rigout avec l’aide de Berlinguer pour introduire la crise dans le parti et un assaut contre Marchais devenu en quelques jours un grotesque par ordre de Mitterrand à ses médias.

S’il existe encore un parti communiste à l’inverse de  ce qui se passe en Italie, c’est qu’il y a eu une résistance de Marchais et de la majorité du Comité central à la liquidation qui se développait en Italie. La question de l’Europe était bien sûr au centre de notre refus de nous aligner. On ne peut pas l’évviter et nouer des alliances sans avoir dégagé notre propre politique.

il y a des choses qu’il faut savoir dire: Hue a représenté une socia démocratisation accélérée du parti, une destruction de tout ce qui en faisait la capacité révolutionnaire. Il a détrut les cellules, d’entreprise en particulier. Et les deux secrétaires qui ont suivi qui ont été cooptés dans le groupe créé par Robert Hue dans un lien étroit avec le pS. Hue a , entre autres, changé notre politique vis-à-vis de l’UE à 180°, sans qu’il y ait eu de discussion, et à fortiori, de décision ; et il ne faut pas avoir peur de le dire clairement, c’est un élément de notre histoire.

Comme il faut avoir présent à la mémoire la ridicule opération « Bouge l’Europe », une liste pour les élections européennes de 1999,  composée par moitié de gens qui voulaient envoyer au sol une armée avec les Américains et les Allemands contre la Yougoslavie et la Serbie et d’autres qui refusaient l’intervention. Sous prétexte d’ouverture, nous avions mis en position d’être élus des gens envoyés par le PS. C’est de cette liste et de la confusion totale qu’elle entretenait que date mon opposition à la Politique de Robert Hue. Je me souviens lui avoir écrit après qu’il ait déclaré à propos de cette liste et de la position contradictoire de ses membres sur le soutien à l’intervention en Yougoslavie : »c’est comme une famille, les uns sont pour, les autres sont contre, et ils sont de la même famille ». Je lui avais écrit: « Ma tante Berthe est une abominable réactionnaire, j’aime bien cette femme, mais il ne me viendrait pas à l’idée de la mettre sur une liste du PCF ». J’ai écrit alors dans la Pensée un article intitulé « La troisième guerre mondiale a commencé à Sarajevo ».

J’étais tout à fait consciente que la fin de l’URSS ne signifiait pas la paix mais un nouveau type de guerre, un pillage au nom des droits de l’homme, la fin des souverainetés sous couvert de combattre des tyrans. Il est vrai que j’avais découvert Cuba, sa résistance héroïques aux USA, alors même que certains et non des moindres dénonçaient déjà la tyrannie de Castro comme Marie Georges Buffet et Patrick le Hyarec, qui lui poussera l’abandon des principes jusqu’à faire parrainer un « dissident »présenté par Rober Ménard et publiera des articles de Régine Desforges qui ne parleront que des putes cubaines. Il est vrai qu’à cette époque là si la majorité des femmes cubaines se bat avec un courage exemplaire pour survivre, la misère est telle que l’on trouve des gamines de 15 ans pour un euro. Comme dans les autres îles, mais de ce combat là aussi les Cubains sortiront vainqueurs. Il y eut encore l’article d’un Bernard Lavilliers que publia l’humanité alors que le cyclone Michelle ravageait l’île martyre, cet article décrivait Castro comme un vieillard nauséabond, un tyran, et pour cela il l’identifiait à l’automne du patriarche, le livre de Gabriel Garcia Marquez consacré à dépeindre Trujillo, le tyran pro-USA, anticommuniste de Saint Domingue dans l’île voisine. C’était d’autant plus immonde que « Gabo », l’écrivain lui restait fidèle à son ami Fidel jusqu’au bout. Que l’humanité ait accepté d’inscrire cette tâche sur  Bernard Lavilliers et sur d’autres artistes que l’on encourageait en ce sens est incroyable. J’avais honte, je me sentais coupable devant cette trahison d’un journal que je considérais comme le mien. Parce que j’ai résisté à cette débâcle morale j’ai été interdite dans l’humanité et la censure tient toujours. Pour l’article de la Pensée sur la Yougoslavie, j’ai eu droit aux interdits de jacques Fath, le même qui nous invita à participer à la guerre en Libye et qui dirigeait alors. le secteur international du PCF. La seule différence entre eux et moi, c’est que je peux dire aujourd’hui ma position de hier, celle qui m’a valu la haine dont ils me poursuivent encore aujourd’hui.

Tous ceux qui comme moi ont prétendu résister à cette déchéance programmée ont été écartés, humiliés, diffamés, certains ne sont plus au parti, mais tous sont restés communistes. Si j’écris mes mémoires ce sera un hommage que je leur consacrerai, l’histoire d’une résistance au coeur même d’un parti qui avait pris l’habitude de croire en ses dirigeants quels qu’ils soient.

Danielle Bleitrach

(1) Julian Mischi, Le Communisme désarmé, Le PCF et les classes populaires depuis les années 1970, Agone 2014
Julian Mischi,dans  « le communisme désarmé »(1),  explique comment le communisme a certes été attaqué sans ménagement par ses adversaires de droite, et autant et plus par ses partenaires socialistes, mais qu’il s’est surtout désarmé lui-même en renonçant à représenter prioritairement les classes populaires. Cela commence avec Robert Hue et cela s’amplifie encore aujourd’hui avec Pierre Laurent qui est hanté par l’idée d’être entouré d’intellectuels, enfin de gens connus dans les médias qui arrivent aisément à le convaincre que son destin , son aura, est liée à sa capacité à reconstruire la gauche à défaut de se préoccuper de son parti et chercher à construire une élite issue des couches populaires comme cela a toujours été la force du pCF. mais il s’agit bien d’une dérive collective.

 

le Congrès peut encore rassembler les communistes…

Hier  pour la première fois i à la suite de différentes publications, des débats qui ont suivi ici et sur facebook;  j’ai l’impression qu’une discussion est possible, en notant les convergences et les divergences, c’est ce que j’appelle une base commune ouverte sur le fondamental, l’union des communistes autour de la survie de leur parti.

Ce qui me frappe c’est qu’il y a une position qui recueille tous les assentiments, celle d’André Chassaigne qui exige une véritable discussion et d’abord un bilan.

Partons donc de là et confrontons ce que nous avons en commun et les points de désaccord. Le fait que jusqu’ici tous les textes émanant de la direction actuelle provoquent de l’exaspération, et l’absence de débat sur le fond. Est-ce à cause du texte lui-même ou de la perte de confiance dans cette direction,les deux probablement..

Tout a été fait depuis des années pour exaspérer nos divisions et pour interdire le débat de fond…  Il est temps d’adopter une autre méthode. J’ai signé un texte d’appel à cette base commune, j’espère qu’il s’accompagne de rencontres et d’un travail, mais j’ignore ce qu’il en est, simplement je suis comme la plupart des militants communistes de base consciente de l’importance de l’enjeu. Que chacun prenne ses responsabilités; Il faut concilier pour cela à la fois la mise en évidence de ce qui nous rassemble, par rapport aux luttes, et la clarté sur les points en débat. Ce qui ne peut se faire que si nous avons conscience qu’est en train de se jouer l’existence d’un parti révolutionnaire en France et que c’est nous tous qui en sommes comptables.

danielle Bleitrach

 
 

Prendre le temps de comprendre : une intervention de Fredéric Boccara sur le numérique

Le fait est que Macron voudrait nous faire retourner aux conditions de l’accumulation primitive, le capital à son stade sénile aspire à une nouvelle jeunesse, une assez bonne représentation du « cas Macron ».

Mais justement si nous sommes bien à un nouveau stade des forces productives, celles-ci ne sont pas obligatoirement en train de produire leurs invalides, ceci est un choix du capital et pas une nécessité (de ce point de vue les analyses de Boccara sur l’originalité de l’informationnel sont très intéressantes. En outre c’est une démarche qui présente l’intérêt de nous recentrer sur le travail au lieu de nous noyer dans le sociétal.

Ce que je regrette c’est que cette démonstration ne soit pas assez articulé sur les expériences socialistes existantes.

Nous avons déjà pas mal de « négationnistes » trotskistes, il ne faudrait pas que des « Boukhariniens »(sic) jouent dans la même table rase… Ces expériences sont essentielles ne serait-ce parce qu’elles nous aident à poser la question de la « conqu^^ete politique » du pouvoir, en particulier j’aimerais bien qu’il y ait un débat sur la planification et sur la question de l’appropriation des Moyens de production.. Beaucoup de propositions parmi les plus séduisantes se heurtent à la question centrale de qui et comment imposer cela…

 

Congrès extra 2018 : intervention d’André Chassaigne au CN des 2 et 3 juin

je partage totalement cette intervention qui est centrée sur deux point essentiels et qui manquent dans la proposition de base commune : 1) le refus de l’effacement du parti et pour cela aller vers un profond renouvellement qui ne soit pas simple aménagement. 2) un bilan singulièrement s’impose non pas pour se battre la coulpe mais pour ne pas recommencer et suivre la voie qui nous a conduit là. Voilà encore une voix dont nous avons besoin pour construire une base commune digne des enjeux. L’expérience de nos députés est précieuse et la manière dont ils se battent pour défendre l’utilité de notre parti pour le pays et ses travailleurs est essentielle. Même si mes propres préoccupations sont plus centrées sur l’Histoire et la géopolitique.  (note de danielle Bleitrach)

Publié le par Front de Gauche de Pierre Bénite

Congrès extra 2018 : intervention d'André Chassaigne au CN des 2 et 3 juin
Un constat : nous construisons ce Congrès dans la continuité de choix politiques et stratégiques marqués du sceau de l’échec. Si mon appréciation est ainsi sévère c’est au regard de ce qu’ont produit ces choix : – Un effacement sans précédent de notre force politique. – Un effacement militant des communistes eux-même, qui ne savent plus quelle est la ligne de conduite de notre Parti et de sa direction nationale. En perte de confiance, ils s’impliquent très peu dans la préparation de ce Congrès. – Un effacement durable des valeurs et combats de la gauche, stérilisant toute construction d’une alternative sociale et politique antilibérale cohérente et respectueuse des forces.
Si mon jugement est aussi sévère, c’est aussi parce que nos décisions ont été prises dans des conditions que nous devons clairement rejeter. Trop souvent par défaut, sur le fondement d’une analyse faussée des rapports de force en jeu, et toujours au final avec fébrilité après des mois de tergiversation. Notre décision et notre résignation nous ont conduit à un effacement du champ politique national. Un effacement volontaire et présenté comme stratégique. Bien loin de favoriser la construction de rassemblements majoritaires, enjeu très majoritairement partagé Congrès après Congrès, cette démarche de repli a nourri nos propres faiblesses et a rendu plus difficile encore la construction de rassemblements qui font évoluer les consciences et les rapports de force, des luttes jusqu’aux institutions.
Il y en a malheureusement quasiment pas trace de ce bilan partagé par les communistes dans la version du texte qui nous est soumis aujourd’hui. Des aménagements à la marge ne suffirait pas à me le faire accepter, fenêtres ou pas.
C’est sur la base de ce constat critique que nous nous devons d’exprimer clairement, l’enjeu de fond qui devrait guider notre Congrès « extraordinaire » : faisons-nous le choix de la continuité dans une pratique du coup par coup, dans une stratégie incompréhensible, et dans le manque d’ambition et d’incarnation ? Ou construisons-nous collectivement la voie d’un renouvèlement politique profond de notre organisation, à même de renforcer notre influence et notre place au sein d’un rassemblement efficace pour notre peuple ?
Si nous faisant, comme je le souhaite, le choix collectif d’un profond renouvèlement il ne faut pas tomber dans un premier écueil : passer son temps dans le simple aménagement d’un texte visant à une synthèse politique et d’équilibres personnels, aussi artificielle que trompeuse, et tout sauf opérationnelle.
Le cœur de notre Congrès, de sa préparation à son aboutissement doit être la mise en mouvement des communistes, au plus près des gens, en dégageant des campagnes d’action contre un capitalisme triomphant et un pouvoir libéral assumé.
Pour que notre force soit dès demain en capacité de faire progresser d’autres idées dans les consciences, et d’autre choix dans les élections, il faut commencer par mener ce travail de fond et de terrain à travers des campagnes à la fois conduites dans la durée et incarnées dans le Parti. Je pense notamment à la bataille de fond contre les couts et les gâchis sans précédent du capital, ciblant l’énormité des sommes qui partent dans l’évasion fiscale et l’engraissement des financiers.
Çà aurait dû être, ce doit être, le cœur de notre bataille idéologique pour que le plus grand nombre comprenne que le sursaut social et écologique dont l’humanité a besoin, ne peut passer que par un combat déterminé contre le système capitaliste.
Mais pour impulser cette remise en mouvement des communistes, le renouvèlement de celles et ceux qui dirigent, représentent et incarnent notre Parti m’apparait indispensable. Nos camarades attendent un signe fort en ce sens. Ils ne se satisferont pas d’un Congrès conduisant à rejoindre pour les 3 ans supplémentaires, le même rôle que ces dernières années. c’est aujourd’hui que se décide l’avenir de notre force, comme force vivante, capable d’audace et de novation.
Comme nous pouvons le voir au niveau de nos groupes parlementaires renouvelés, mais aussi dans nos fédérations et nos sections, notre Parti dispose de toutes les ressources, expériences et volontés nécessaires à son renouvèlement. Ne nous cachons donc ni derrière le paravent du « jeunisme », ni derrière celui de l’inexpérience supposée, pour maintenir le statu quo.
Je le redis : pour que notre Parti redevienne vraiment un outil efficace de rassemblement populaire et politique, dans lequel les travailleurs et les plus modestes se reconnaissent, il faut que les communistes soient en mouvement, au contact direct de la population.
Or, nous le savons : si des milliers de communistes ne participent plus à la vie même de leur mouvement, par dépit ou résignation, c’est faute de percevoir la démarche stratégique et l’impulsion politique portées nationalement par leurs représentants.
Pour pouvoir compter sur cette capacité d’action concrète et de conviction, si spécifique à notre organisation malgré ses difficultés, il faut être suffisamment confiant dans l’avenir et l’utilité de notre Parti. Oui, croire en notre Parti. Et si nous y croyons, il faut lui donner dès maintenant une nouvelle impulsion qui ne soit pas du bricolage.
 
 

La base commune pour un congrès extraordinaire reste à écrire, relevons ensemble ce défi !

je vous promets que je n’avais pas connaissance de ce texte et d’ailleurs je ne l’ai pas (encore) signé,j’en prends connaissance en même temps que vous. Cette démarche est  exactement celle que j’appelais de mes voeux pour reconstruire l’unité du parti. Cette démarche est celle que j’espérais et je souhaiterais qu’elle aille au de-là des signataires y compris avec des gens avec lesquels il reste on le sait des questions « ouvertes » et qui n’ont pas voté au CN la base commune proposée, je pense en particulier à nos camarades du Val de Marne et de la section économique, mais ils ne sont pas les seuls. Bien des communistes, des élus, des syndicalistes font la preuve dans les luttes de leur volonté qu’il existe un parti révolutionnaire, nous devons associer le plus largement possible à cette démarche et c’est comme cela qu’i ne s’agira pas d’un simple texte alternatif. Nous devons effectivement accomplir ensemble le travail devant lequel la direction s’est jusqu’ici dérobé. Il existe entre nous tous une exigence commune celle de construire un parti communiste, un parti révolutionnaire à la hauteur des enjeux. Nous sommes attachés à l’existence de ce parti sans lequel il n’y a aucune perspective de transformation, de progrès, dé démocratie possible (les faits sont têtus). Nous sommes également convaincus que l’unité doit être construite dans le dialogue et non dans l’évacuation des débats comme le montre l’actuelle proposition de la direction.

Doc je publie ce texte sur mon blog et je le signe .

Danielle Bleitrach

par  lepcf.fr

Un appel à écrire tous ensemble une base commune utile et rassembleuse !

Il y a presque un an, à l’issue des élections présidentielles et législatives, les communistes décidaient de convoquer un congrès extraordinaire. La résolution du Conseil National pointait alors notre échec électoral, l’interrogation quant à l’avenir et au rôle du PCF et l’exigence d’un bilan collectif.

Le projet de base commune issu de la direction sortante a été approuvé par une très courte majorité au Conseil National (Pour : 49, Contre : 26, Abstentions : 16, 91 présents sur 170). Nous sommes très loin de l’enthousiasme promis en novembre au moment de la Conférence nationale. De très nombreux camarades n’ont pas trouvé dans ce texte les éléments permettant la discussion nécessaire sur le bilan de notre stratégie et de la direction, les propositions permettant de rompre avec l’effacement et de redonner au PCF une visibilité nationale et une présence sur le terrain, la détermination à construire le parti communiste dont notre peuple a besoin pour ouvrir une alternative révolutionnaire.

Plusieurs camarades ont proposé que le texte soit réécrit. Mais la direction nationale a préféré accepter quelques aménagements sous forme de fenêtres sans que cela change la finalité de ce texte, écrit pour permettre que tout continue comme avant en évitant toute réorientation stratégique.

Cette situation nous conduit à décider de rédiger une nouvelle base commune qui ne se contente pas d’être un texte alternatif mais se fixe l’objectif de rassembler largement les communistes pour devenir le texte majoritaire, en permettant le travail de débat et construction collective que la direction nationale refuse d’assumer. Nous pourrions ainsi tous ensemble créer une situation nouvelle qui serait déjà extraordinaire.

C’est pourquoi, nous appelons à ne pas multiplier les textes alternatifs. Sans quoi les mêmes causes produiront les mêmes effets, à savoir : permettre à la base commune officielle d’arriver en tête pour reproduire à nouveau la même stratégie portée par la même direction nationale conduisant notre parti au plus bas de son histoire.
Nous sommes très nombreux à vouloir faire vivre un parti révolutionnaire auquel s’identifie la classe ouvrière et tous ceux qui vivent du travail et non du capital, vouloir rompre avec l’effacement du PCF qui doit reconquérir un rôle central dans l’affrontement de classe, à travailler à un parti s’appuyant sur des organisations locales solides et utiles, permettant à chaque communiste de trouver sa place.

En cela, un bilan stratégique approfondi, préalable indispensable à un congrès extraordinaire, s’impose pour considérer le marxisme comme notre outil pour penser le monde et l’avenir, pour que des décisions nouvelles soient prises permettant de sortir de la spirale de la défaite dans laquelle nous disparaissons peu à peu et pour permettre la remontée de l’influence du PCF.

Nous savons que nous avons des points de vue différents sur un certain nombre de questions que nous ne sous-estimons pas, mais il nous semble que nous devons faire de cette difficulté une chance en acceptant d’ouvrir sur la durée les débats nécessaires et d’y travailler pour trouver le chemin de l’unité.
En 2007, nous avons su unir nos voix pour empêcher la disparition programmée du PCF et son changement de nom. Aujourd’hui, sachons nous rassembler pour permettre que l’engagement historique des communistes en France se poursuive et retrouve toute sa force pour être utile à la classe ouvrière, celle de tous les exploités et opprimés.
Nous savons que ce qui nous réunit est plus important que ce qui nous divise et que nous pouvons sans attendre écrire et mettre en œuvre ensemble une nouvelle stratégie parce que nous partageons la conviction que l’existence et le renforcement du PCF sont essentiels.
Il ne s’agit pas dans ce congrès qui peut encore être extraordinaire que chacun écrive au mieux ce qu’il pense mais que nous écrivions tous ensemble le texte permettant aux communistes d’affronter l’avenir de façon fraternelle et dynamique, en étant rassemblés, clairement révolutionnaires et marxistes.

Premiers signataires :

Caroline Andréani (93), Paul Barbazange (34), Michèle Bardot (67), Luc Bazin (26), Pascal Brula (69), Robert Brun (26), Floriane Benoît (38), Marie-Christine Burricand (69), Peggy Cantate Fuyet (92), Michel Dechamps (04), Jeannette Duriaux (71), Rémy Ferront (73), Hervé Fuyet (92), Gilles Gourlot (75), Guy Jacquin (69), Michaële Lafontant (92), Armand Lecoq (31), Anne Manauthon (06), Jean-Pierre Meyer (83), Pierre-Alain Millet (69), Leila Moussavan-Huppe (67), Willy Pepelnjak (38), Hervé Poly (62), Gilbert Remond (69), Laurent Santoire (93), Danielle Trannoy (33), Bernard Trannoy (33)

 
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Publié par le juin 11, 2018 dans Congrès du parti 2018

 

Que faire pour sauver l’existence d’un parti révolutionnaire en France ?

Réflexions d’une militante de base et qui souhaite le rester… Voici la lettre que j’adresse aux camarades de ma cellule, en leur proposant une diffusion à ses membres et si ceux-ci sont d’accord l’envoi en mon nom à la section et à la fédération, le cheminement habituel.

Pour des raisons que les lecteurs de ce blog devraient connaître, j’ai pris ces derniers temps une distance avec le quotidien du pCF,en l’occurrence la préparation d’un Congrès que l’on annonçait comme extraordinaire et effectivement je pensais qu’un tel Congrès était indispensable. Au point où nous en sommes voici des réflexions strictement personnelles.

Si la preuve du pudding est qu’on le mange, la preuve du  Congrès de l’an dernier était qu’il n’avait servi à rien, pris comme il l’avait été dans les déclarations de la direction d’abord en faveur des primaires puis en faveur de Mélenchon. Le résultat était l’effacement du parti et l’élection de Macron.on peut considérer comme injuste le fait d’attribuer l’élection de Macron aux carences du Congrès du PCF, mais j’affirme qu’effectivement l’élection de Macron, le déplacement de tout l’échiquier politique vers la droite voir l’extrême-droite est le résultat de l’affaiblissement de l’alternative communiste. Et c’est même pour cela que l’on ne pouvait pas éviter la question du bilan sur une période plus longue.

Si on en faisait un autre c’est que la situation l’exigeait. Le contexte était plus que préoccupant:

Le contexte

Au niveau international, nous assistions à l’équivalent de la chute de l’empire romain ou plutôt de l’hégémonie occidentale derrière les Etats-Unis, et la montée en puissance d’autres forces, dont la CHine. Qui est tout de même dirigée par un parti communiste qui affirme sa fidélité au marxisme léninisme. Situation que notre congrès se doit impérativement d’aborder alors que le projet de base commune nie autant notre passé que l’avenir qui se dessine sous nos yeux. La proposition de base commune ignore totalement l’existence d’expériences socialistes et de partis communistes au pouvoir qu’il s’agisse de la Chine, de Cuba ou du Viet-nam. Pourtant il y a là des formes de résistances et même d’offensives que nous ne pouvons pas ignorer. En quoi de surcroît l’internationalisme est-il un moyen de faire face aux dangers impérialistes?

La bête blessée, l’impérialisme derrière les Etats-Unis n’en était que plus dangereuse et cela fait monter des questions comme celle de la paix, de notre sortie de l’OTAN,etc… Là encore pourquoi ignorer le positionnement sur ces questions des partis communistes européens ?

Cette situation de la mondialisation, trouve sa traduction dans la crise européenne et celle que l’on pourrait qualifier de méditerranéenne qui nous confrontait de plus en plus aux effets des guerres et des pillages de ce capitalisme à son stade sénile.

Au plan national, la même situation a trouvé sa traduction dans l’élection du représentant sans complexe du capital monopoliste financiarisé bien décidé à démanteler tous les conquis et protections, à exercer la domination d’une classe sociale sur le monde du travail et sur toutes les catégories directement impactées par cette accélération de l’exploitation.

Pourtant dans cette situation, nous avions un affaiblissement de classe, divisions syndicales et surtout du parti révolutionnaire, ce qui créait un délitement des forces de gauche et de progrès et une montée de l’extrême-droite.

Cette situation exigeait un Congrès ouvert et audacieux:

Avec deux objectifs essentiels, une analyse de fond du contexte tel que je viens de le résumer, en particulier le bilan de ce qui avait conduit à l’affaiblissement d’une alternative révolutionnaire en France et les moyens de recréer la force révolutionnaire sans laquelle il n’y aurait aucun Front populaire apte à résister et à transformer la situation.

Sur ces deux questions,il me paraissait utile de laisser le débat ouvert, de pointer les thèmes sur lesquels il y avait des possibilités d’analyse différentes, par exemple notre analyse del’UE, de la sortie ou non de l’euro,  en étant bien conscients que c’était la pratique, celle de nos combats qui aiderait à trancher, mais le Congrès devrait à la fois porter ces questions de fond et laisser la discussion être menée jusqu’au bout.

Il ne pouvait y avoir de base commune que si celle-ci aborde les questions de fond, quitte à laisser ouvertes celles qui sont en débat.

La situation se referme

Il y a eu au départ de bonnes choses, le choix de préparer le Congrès en même temps que nos luttes. Il y a même eu un début d’ouverture qui personnellement me permettait d’espérer une base commune et un véritable COngrès extraordinaire.

Mais rapidement, les échéances électorales et les manœuvres d’appareil sont venues perturber cette démarche. Elles n’étaient pas toutes du fait du PCF, celui-ci y a été plutôt soumis, mais il y a eu au moins complaisance de la part de la direction à nous y enfermer dans des colloques personnels.  Les déclarations intempestives non seulement d’un Melenchon et d’un Besancenot, mais celles d’un Pierre Laurent, relevaient de ces petits jeux favorisés par les médias. Elles ne tenaient pas compte de l’état de la réflexion. ni surtout de l’état des luttes, celle en particulier de la SNCF, des hospitaliers qui sont demeurées exemplaires et dont la caractéristique encore aujourd’hui est la combativité sur les questions fondamentales relevant à la fois de la défense des salariés et celui du service public, de la territorialité.

Il est caractéristique selon moi que ce qui est en train de se refermer au niveau du Congrès et des espoirs qu’il suscitait, corresponde à la situation politique plus générale où face à une combativité accrue, un mécontentement plus grand, le pouvoir répond par une fin de non recevoir. Face à cela, les directions de gauche  opposent une unique solution: une sorte d’effet de masse qui naîtrait d’une union sans principes et autour d’individualités, et  qui évite soigneusement la question pourtant centrale d’ un renforcement des forces révolutionnaires qui correspondent à l’exigence populaire. On le voit bien à la SNCF où la combativité des personnels, empêche la division syndicale à l’oeuvre pourtant.

Le choix n’est pas seulement de Congrès,il est là devant nous, l’expérience est faite chaque jour des erreurs politiciennes. Et il est courant de voir que l’emphase est d’autant plus grande que le résultat  en matière de mobilisation est décevant.

Au fur et à mesure que montaient ces tentatives politiciennes, celle d’un pouvoir qui se durcit, refuse le dialogue, celle des divisions sous couvert d’unions d’appareils et d’individus, j’ai personnellement senti la situation du débat du Congrès se refermer, mais aussi la détermination d’un certain nombre de militants se renforcer autour de l’idée que l’on ne pouvait continuer comme ça.

Et comme d’habitude, sans que cela soit dit, on a vu surgir deux thèmes celui des alliances électorales et celui du remplacement ou non du secrétaire. Pourquoi ce dernier a-t-il posé son maintien comme un enjeu? Il a moins réussi sur ce plan, il est clair que l’on ne peut désormais éluder le fait que le PCF ne peut pas survivre en ayant à sa tête comme cela est le cas avec les trois derniers secrétaires des gens qui sont de fait des sociaux démocrates qui ne croient pas en la nécessité d’un parti communiste ou alors le font à la manière des trotskistes prétendant en surface se détacher de la social démocratie.On ne peut pas continuer en particulier à déconsidérer tout notre passé et tous les partis communistes existant au nom d’un vague humanisme et de quelques citations de Marx décoratives.

Et maintenant que faire? 

La publication, le weekend dernier de la base commune votée à une faible majorité par un Conseil National qui depuis un an a perdu la moitié de ses présents a porté un coup à cet espoir d’un Congrès sur une base commune ouverte. Non seulement les questions que j’ai pointées étaient éludées au profit d’un galimatias qui représente à sa manière l’équivalent d’une motion de synthèse du PS. Le tout dans le contexte de la manœuvre autour de la candidature du « chef de file communiste » et pas « tête de liste ». Et bien sûr la fuite en avant le refus de tout bilan dont le complément est l’incapacité à nous situer dans un monde en plein bouleversement.

Il est vain de vouloir le cacher, on ne peut qu’éprouver trois réactions devant ces manœuvres d’une direction affaiblie:

la première est la déception devant la manière dont le Congrès qui devrait être extraordinaire et de fait fermé.

La seconde est la colère devant l’irresponsabilité d’une direction minoritaire qui prend le risque d’une crise dont le parti tel qu’il est ne se relèvera pas. L’imbécillité d’une attitude qui prétend manipuler et obtenir une majorité par une nouvelle saignée et à terme la poursuite d’une politique d’effacement.

Troisièmement, l’incompréhension et l’exaspération : cela ne peut que polariser les débats autour de la direction et le fait qu’elle est déconsidérée tout en s’accrochant. Pourquoi? S’agit-il d’une stratégie suicidaire prétendant activer les mécanismes du légitimisme jusqu’à ce que mort s’en suive?

Dernière nouvelle : Européennes: Pierre Laurent invite la gauche à une réunion pour le 2 juillet.

On ne peut pas en rester là! 

Il s’agit non pas de ma part d’une tentative pour sauver ce qui a fait son temps, mais de la conviction qu’il faut un parti communiste et que si nous n’arrivons pas à construire cette force révolutionnaire, nous avançons vers la désunion, l’émiettement et surtout les dévoiements fascistes et bellicistes.

Honnêtement comme les lecteurs de ce blog ont pu le constater, j’ai pris du recul, celui que mes problèmes personnels exigeaient, mais aussi atterrée comme je l’étais par l’attitude des directions et de ceux qui les suivent jusqu’à l’absurde.

Pourquoi avoir renoncé de fait à mener ce Congrès ouvert sur le fondamental ? Qu’il y ait des coquins c’est vraisemblable mais ce n’est pas le cas de ceux qui mettent en oeuvre sur le terrain un tel suicide? En fait, c’est plutôt le corollaire de l’affaiblissement, en matière théorique autant qu’organisationnelle et c’est cet affaiblissement que certains de nos militants comme de nos élus s’emploient à combattre. Ils ont choisi la voie juste, celle du renforcement pour que les communistes se réapproprient leur parti. Personnellement, je m’associe à leurs initiatives et à leurs combats, la voie qui permet de préserver l’unité du parti et aide à poser les bonnes questions.

En ce qui concerne la base commune, le COngrès, j’ai toujours été contre les textes alternatifs, mais ceux-ci étaient devenus les seuls moyens d’exprimer son refus d’une ligne suicidaire et anti-révolutionnaire.

Donc je souhaiterais si cela est encore possible que la proposition de base commune soit revue, que ceux qui se cramponnent à cette absence d’analyse et de perspective acceptent un véritable dialogue avec la conscience que nous sommes tous ou dans notre immense majorité attachés à l’existence du PCF.

Si cela s’avérait impossible, faudrait-il que ceux qui souhaitent en priorité conserver et développer un parti révolutionnaire s’unissent et proposent une véritable base commune ouverte?

Je ne suis pas en situation de me placer à la tête d’une telle initiative même localement, mais je souhaite que les communistes prennent leur responsabilité comme je le fais ici à titre individuel en appelant à un véritable sursaut.

Danielle bleitrach