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Sortir l’Europe du ventre fécond des marchés : incontournable pour combattre le capitalisme mondialisé Editorial d’André Chassaigne

par  André Chassaignepopularité : 100%

L’éditorial de la revue « Economie et Politique » rédigé par André Chassaigne vient à point dans le débat du 38ème congrès, et aidera les communistes à s’approprier le « Manifeste pour un parti communiste du 21ème siècle » qu’ils viennent de choisir comme base commune, « Manifeste » dont André Chassaigne était un des porteurs les plus connus.

Car les débats du dernier conseil national ont montré que Pierre Laurent et quelques autres ne veulent pas entendre que le vote des communistes est le choix d’une réorientation politique ! Elle reste à construire avec le maximum de communistes pour un congrès vraiment extraordinaire, mais certains veulent revenir sur ce choix en disant que le « Manifeste » devenu base commune serait « vieux », « identitaire » et pire parce qu’il ouvre le débat sur l’Europe entre autres.

Les communistes mèneront le débat de leur congrès sans se laisser intimider par ces qualificatifs insultants ; et cet éditorial d’André Chassaigne donne des bases solides pour construire une position communiste sur l’Europe au service de la lutte contre le capital en France, en Europe et dans le monde.

Ce texte commence par l’internationalisme et se conclut sur l’affirmation qu’il faut abroger les traités européens, non pour un repli nationaliste, mais pour une autre coopération en Europe et dans le monde… Il est important pour unir les communistes, enjeu souligné par le texte même du « Manifeste » évoquant les communistes qui cherchent comment « transformer radicalement l’Union européenne et ses traités ; agir pour une refondation de la construction européenne avec des propositions alternatives » et ceux qui affirment « le droit pour chaque nation de désobéir aux traités jusqu’à sortir de l’Union européenne si nécessaire pour respecter la souveraineté populaire ».

Et comme toujours, c’est dans l’action commune que les communistes dépassent les contradictions qui surgissent de la bataille politique. Le prochain congrès peut justement être « extraordinaire » en construisant une position communiste forte contre le piège macroniste de la fausse opposition entre progressiste proeuropéen et populiste nationaliste.

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Pour les internationalistes que nous sommes, la construction d’une coopération entre les peuples va de soi. Une coopération fondée sur un idéal de justice sociale, de paix partagée et de recherche du bien commun. Cet idéal est celui du mouvement ouvrier. Il est aussi celui de grands intellectuels et hommes politiques qui l’ont accompagné, à l’instar de Marx et Jaurès. Mais il est à l’opposé de ce qui est depuis 30 ans la colonne vertébrale de l’Union européenne (UE), à savoir la mise en œuvre active de toutes les exigences du capital financier et le déploiement de l’idéologie néolibérale.

De l’opposition à l’Acte unique européen de 1986, aux grandes batailles démocratiques contre le Traité de Maastricht de 1992, puis contre le Traité établissant une constitution pour l’Europe de 2005, les communistes ont sans aucun doute été les plus constants opposants à une construction européenne qui tournait le dos aux intérêts des peuples. Ils l’ont été en cherchant toujours à faire vivre une voie politique et sociale alternative, à l’opposé de réponses simplistes et populistes. Aujourd’hui, la dictature du marché, défendue sans relâche par les libéraux qui se sont succédés au pouvoir, n’a jamais autant produit de conséquences désastreuses sur la vie et la conscience des peuples européens comme sur ceux du Sud ou de l’Est. L’idéologie des vertus innées des marchés et des effets inclusifs supposés de la concurrence libre et non-faussée, recouvre une dictature féroce du capital et de son bras armé, les marchés financiers. Dans les faits, c’est la course au moins-disant salarial, social, fiscal et écologique au sein même du cadre communautaire. Pris en défaut par la réalité économique et sociale du modèle politique qu’ils défendent, pris en flagrant délit de montée des nationalismes et de la xénophobie au sein même de l’Union européenne, les serviteurs politiques des forces d’argent, comme Emmanuel Macron, n’ont d’autre choix que de parer leur européisme de la toge de « progressistes », opposants aux replis nationalistes, pour tenter de prolonger la mise en œuvre de la doxa néo-libérale dont ils sont les dévots.

Cette tentative entend imposer aux autres forces politiques un cadre déterminé et binaire pour le débat politique européen qui s’ouvre jusqu’aux prochaines élections de mai 2019 : « plus ou moins d’Europe » sans parler contenu, pouvoirs, institutions.

Quelle tromperie ! La fuite en avant dans le fédéralisme, tout autant que le repli nationaliste, entretiennent la domination du capital et s’opposent à la coopération entre peuples et nations librement associées que notre époque exigerait pourtant. Cette opération peut tétaniser les vrais progressistes refusant cette UE tout autant que les égoïsmes nationaux. Il faut la déjouer, car elle cible l’ensemble du mouvement social et progressiste européen, et plus particulièrement les communistes que nous sommes, porteurs d’une construction politique alternative permettant de contester efficacement l’hégémonie du capitalisme financier mondialisé.

Plus que jamais, il nous appartient donc de démontrer que nous ne plongerons pas dans le piège qui nous est tendu. Ne cédons pas à la tentation de replis dans le combat d’idées, quel que soit le confort politique qu’ils puissent procurer. Repli sur un combat politique « nationalisé » sur des bases populistes, sous-entendant qu’il suffirait de régler les choses « entre nous » avec « notre » patronat français, ou repli autour d’une perspective européenne fantasmée, les deux occultent d’un revers de main tout projet émancipateur européen et son adversaire : la domination du capital.

Aussi, je crois que nous devons répondre par la force de l’intelligence collective aux côtés de toutes celles et tous ceux qui luttent déjà, en s’appuyant sur leurs combats et en rassemblant leurs volontés de changer les choses au niveau européen. Pour une véritable mutualisation européenne, visant la promotion de l’emploi, des capacités humaines et des biens communs et non pour viser « la concurrence libre et non faussée ». Bref une toute autre mondialisation.

Car le plus grave risque est de déboucher demain sur une Europe néolibérale sans vision autre que les calculs égoïstes de taux de profit, une Europe tancée et corsetée en permanence par des gouvernements nationalistes et leurs appuis au sein des institutions européennes, une Europe qui dresse des murs entre tous les peuples tout en restant une vaste zone de circulation du capital et de concurrence anti-sociale, appuyant de fait le dollar US, une zone d’aspiration de dividendes captés en Europe ou dans des pays dominés.

Soyons exigeants dans la construction d’une vision progressiste de l’Europe. Mettons dans le débat public de véritables propositions d’action.

Pour cela, il nous faut mettre au cœur de la bataille idéologique les points d’affrontement les plus saillants avec l’Europe du capital.Car sous les « marchés » il y a le capital : dénoncer non pas le niveau des dettes mais leurs conditions anti-sociales illégitimes et le poids des intérêts qui vampirisent les peuples ; les méfaits de la compétition fiscale et sociale au sein de l’Union Européenne ; le contresens économique d’une Banque Centrale Européenne (BCE) au service du capital financier, celui des banques et des multinationales ; une course aux délocalisations et exportations de capitaux, à l’évasion fiscale qui empêche toute coopération ; une Europe des monopoles sur l’utilisation de l’argent et sur les données ; le chômage de masse, la précarité, le creusement des inégalités sociales et territoriales ; l’accélération des impacts écologiques du capitalisme financier ; l’alignement sur la politique militaire de l’OTAN… Levons le voile sur cette supposée toute-puissance des « marchés » et le manque de leviers disponibles. Qui peut croire à la fable de l’impuissance quand 14.600 milliards d’euros de richesses ont été produites l’an dernier, faisant de l’UE la seconde zone économique mondiale. C’est le fruit de l’activité des travailleurs et des créateurs d’Europe, dans les services publics comme dans les entreprises. Il faut admettre que c’est à eux, comme à celles et ceux qui y vivent, et non aux marchés, de décider quelles richesses produire, avec quelles techniques, et quels financements. Révolutionnaire !

Première priorité : porter la perspective d’un développement des services publics à la hauteur des défis de notre siècle dans tous les pays d’Europe. Cette nécessité pose inévitablement deux questions : celle des ressources nouvelles à affecter et permettant d’ouvrir la porte de nouvelles dépenses financées en coopération ; celle de la nature et des objectifs de ces nouvelles dépenses.

Commençons par le scandale absolu que représentent les milliards d’euros déversés à des taux nuls, voire négatifs, par la BCE ― institution publique ― sur les marchés financiers pour être accaparés par les grandes banques et les multinationales, qui les utilisent pour spéculer, délocaliser, racheter des entreprises en supprimant des emplois, ou… pour écraser les États en les leur reprêtant plus cher. La raison en est que la BCE les accorde sans contrepartie ni fléchage sérieux sur ce qu’elles en font. Et le résultat est là : les effets de l’action de la BCE sur l’économie réelle sont quasi-invisibles, sauf pour les détenteurs d’actifs qui voient la valeur de leurs portefeuilles grimper en flèche, aggravant encore les inégalités. Être innovant et audacieux sur le plan européen, ce n’est pas faire abstraction de ce problème de fond.
- C’est proposer que les 700 milliards de crédits bancaires refinancés par la BCE aillent à des investissements répondant à des critères précis en matière économique (création de valeur ajoutée dans les territoires), sociale (sécurisation des emplois et des revenus, formation) et environnementale (réduction des émissions de gaz à effet de serre, des pollutions et des atteintes à la biodiversité).
- C’est appeler à la lutte pour créer une nouvelle institution, un Fonds européen pour le développement solidaire des services publics, afin que les 2.600 milliards déversés par la même BCE sur les marchés financiers sous forme d’achats de titres servent à financer des projets démocratiquement élaborés dans chaque pays membre, avec le soutien de la population, en faveur du développement des services publics : enseignement, formation, recherche, santé, transports, énergie, environnement, culture…
- Hors zone euro, il faut un mécanisme similaire pour appuyer l’élévation du niveau de protection sociale dans l’Europe de l’Est afin de calmer le jeu de la concurrence au moins-disant social.

C’est clairement une politique de rupture.

Deuxième priorité : ce Fonds européen, comme les budgets nationaux, devrait être renforcé par une lutte sérieuse contre l’évasion fiscale et une taxe sur les transactions financières conséquente. La fraude fiscale concerne les plus riches européens, actionnaires des grands groupes et héritiers des grandes familles, qui spolient les budgets publics de 510 millions d’Européens. Ce trou noir fiscal représente chaque année 1.000 milliards d’euros de recettes soustraites au bien public dans l’Europe des 28 ! C’est plus, en une seule année, que la totalité du budget actuel de l’Union sur six ans ! Poussons avec détermination la construction d’un programme d’harmonisation fiscale vers le haut et d’une vraie force européenne d’intervention contre l’évasion fiscale à l’appui de services fiscaux nationaux renforcés. Faisons sauter les verrous comme celui de Bercy, maintenu en l’état malgré les effets de manche. Que l’Europe prenne l’initiative d’une COP fiscale mondiale, associant très largement les citoyens, les syndicats, les ONG, les États. Portons ainsi jusqu’au bout une ambition fiscale fidèle aux valeurs de progrès européennes et de coopération entre les peuples.

Fonds européen, autre refinancement des banques, sérieuse lutte anti évasion fiscale et harmonisation vers le haut, permettraient ainsi d’orienter nos investissements d’avenir. Mais avec une ambition forte, dans la clarté, brisant le marbre du dogme néolibéral de l’austérité et de la rentabilité financière par une stratégie économique, sociale et écologique portée dans la durée. C’est la bataille politique autour de cette ambition qui rendra possible une remise en cause du Pacte de stabilité et son remplacement par de nouveaux traités de coopération.

Troisième priorité : répondre au défi du réchauffement climatique par une « Politique de l’Energie Commune » qui soit puissamment contributrice à la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre. La maison brûle, mais les néolibéraux pointent encore et toujours le doigt vers les vertus du marché. L’énergie, à la base de toute activité et de toute perspective de développement humain durable, doit être définie comme un « bien commun » au niveau européen et être dégagée des logiques de rentabilité et de concurrence promues actuellement. Il s’agit de marcher sur deux jambes : un financement dégagé des marchés financiers avec leur dogme de rentabilité, des règles de coopération territoriale, sociale et écologique s’opposant au dogme de la concurrence. Les contraintes actuelles de la concurrence amplifient en effet les déséquilibres au sein de l’UE comme la précarité et les inégalités d’accès à ce besoin fondamental. Cette « Politique de l’Energie Commune » nécessite à la fois un grand plan européen d’investissement matériel, de recherche, d’embauches et de formation, en faveur de la transition énergétique et le déploiement d’infrastructures communes, notamment en matière de transport (électrique, ferroviaire…). Elle exige une mise en réseau publique européenne des acteurs de l’énergie, au sein d’un pôle public démocratique, permettant la coopération depuis la production jusqu’à la distribution, indispensable aussi pour maîtriser la demande d’énergie et être en capacité de répondre aux objectifs de réduction drastique des émissions de CO2, sinon ils ne seront jamais atteints. Seule cette politique coordonnée et solidaire sera en capacité de convaincre tous les pays de renoncer à court terme aux énergies carbonées.

Quatrième priorité : les droits des salariés. Pas seulement le droit du travail qui doit être protecteur, les salaires qui doivent être tirés vers le haut et encadrés par un salaire minimum calculé dans chaque pays de l’UE. Mais aussi de tout autres droits d’information, d’intervention et de décision des travailleurs comme des citoyens sur les décisions des entreprises de taille européenne ou mondiale.

Autre priorité enfin, à laquelle je suis très attaché, trop souvent occultée. Le volet agricole et alimentaire. Il nous faut porter la perspective d’une transformation de la PAC en Politique Agricole et Alimentaire Commune (PAAC). Ne laissons pas filer entre nos doigts la seule politique européenne coordonnée, progressivement défaite par le fanatisme de marché. Replaçons la « souveraineté alimentaire » et la « transition écologique de l’agriculture » au cœur de cette politique. Pour cela, la rupture avec tous les accords de libre-échange ratifiés ou en cours de négociation est indispensable. Mais cela ne suffit pas. La refondation d’une PAAC doit s’appuyer sur des mesures structurelles avec une garantie des prix d’achat et de revenus pour les actifs agricoles, et une stratégie assumée de montée en gamme de toutes nos productions européennes, qui s’appuie notamment sur le développement de l’ensemble de nos productions sous signes officiels de qualité et d’origine. Voilà des bases solides pour garantir à la fois la qualité de l’alimentation de 510 millions d’Européens et changer globalement et efficacement nos pratiques culturales et modes de production.

Plus généralement, on le voit, il faut de toutes autres relations économiques de l’Europe avec le reste du monde : une politique de co-développement, de paix, d’accueil. Cela appelle deux priorités : de nouveaux traités instaurant une maîtrise des investissements et du commerce à la place des accords actuels à abroger, et une monnaie commune mondiale alternative à l’impérialisme du dollar, en agissant pour transformer les institutions internationales (OMC, FMI…) et pour de nouvelles relations avec les BRICS et les pays du Sud.

Je mesure certes les difficultés de notre tâche dans cette bataille idéologique de grande ampleur. Mais l’enjeu est énorme. Pas seulement dans la perspective des prochaines élections européennes, mais aussi parce que c’est l’avenir des peuples européens qui est en jeu. C’est aussi, plus largement, l’avenir de la vie sur notre planète, livrée aux prédateurs sans scrupules, qu’ils soient les agents du capitalisme mondialisé ou des aventuriers de la politique.

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Conseil national des 13 et 14 octobre — Mon discours par Pierre Laurent

Outre l’intervention au JDD, l’appel à candidatures, toutes choses non conformes à nos statuts et organisant le plébiscite autour de sa personne, il y a le fond de ce qui est proposé ici et qui pose question. Est-ce qu’il s’agit d’amender en respectant la cohérence du texte qui selon nos statuts est devenu notre base commune ou il s’agit de réécrire celui-ci pour qu’il redevienne le texte du CN ? Le rôle du secrétaire est de faire respecter jusqu’au et pendant le Congrès la volonté des militants, l’unité du parti dépend de cette attitude conforme à notre légalité et à nos traditions. Les communistes à la base ont une volonté d’apaisement et de débat sur le fond, il faut la respecter et avancer tous ensemble. Hier soir dans ma section du 4e et 5e arrondissement de Marseille, la plus importante en nombre d’adhérents de cette ville nous avons eu un excellent débat sur le fond, loin de tout plébiscite sur des questions de personnes. Il faut poursuivre dans cette voie qui est indéniablement celle que veulent l’immense majorité des communistes. (note de Danielle Bleitrach).

Cher·e·s camarades,

Au lendemain du vote sur la base commune et à maintenant six semaines de notre congrès, je vais, c’est bien normal, concentrer mon rapport sur la préparation de notre congrès.

Je ne pourrai en conséquence développer comme il le faudrait les récentes évolutions de la situation politique nationale et internationale. Elles constituent cependant un éclairage crucial sur les enjeux de notre congrès. Et nous devons les avoir en permanence à l’esprit.

Je veux souligner, même si je le fais trop brièvement, combien ces évolutions extrêmement rapides confirment en tous domaines les urgences qui travaillent la société et les consciences. Combien aussi elles appellent notre action communiste et la nécessité de penser nos initiatives politiques avec pertinence et ambition, car nous avons le devoir d’être utiles à notre peuple dans cette période si périlleuse.

Nous n’existons pas pour nous-mêmes. Tout ce que nous faisons doit être utile pour résister aux menaces qui grandissent, pour ouvrir des chemins de transformations immédiats et durables, des nouveaux chemins d’espoir. Le message de notre congrès dans six semaines devra être résolument tourné vers notre peuple.

Je ne cite que quelques uns des titres de l’actualité de la semaine écoulée.

Le GIEC dresse un nouveau constat alarmant sur le climat, les catastrophes climatiques font d’ailleurs régulièrement la une.

Le Brésil, sacrifié par les forces de l’argent, les grandes puissances et les États-Unis pour empêcher la réélection de Lula, est livré à l’extrême-droite.

En Europe, les forces brunes se préparent à une nouvelle percée dans le fief de la droite bavaroise, et elles s’organisent comme le montre la rencontre Le Pen-Salvini.

Et en France, ce qui était présenté comme le modèle du « nouveau monde » il y a à peine un an, la « macronie », est déjà plongée dans une crise politique durable.

Coupé un peu plus chaque jour des attentes populaires, le gouvernement n’en continue pas moins de faire pleuvoir les mauvais coups : le projet de changement complet de système de retraites annoncé mercredi n’est pas le moindre. Le pouvoir masque les conséquences d’un projet qui organise la baisse massive des droits à la retraite pour la très grande majorité des salarié·e·s. Une bataille décisive est devant nous.

Tout cela confirme que c’est le sens de la société et du monde dans lequel nous allons vivre qui est sans cesse interrogé.

L’enjeu premier de notre congrès est donc de savoir quel message politique, dans ces conditions exceptionnelles, nous allons adresser à la société. Il y a un an, lors de la feuille de route adoptée par l’assemblée nationale des animateurs et animatrices de sections, nous avons décidé d’y travailler en répondant à trois questions :

  1. Pourquoi, selon-nous, c’est à dépasser le système capitaliste qu’est désormais confronté le XXIe siècle et pourquoi le communisme, tel que nous le concevons aujourd’hui, apporte à cette question des réponses d’une grande actualité ?

  2. Quel chemin concret et crédible proposons-nous sans attendre à la société française pour répondre aux urgences populaires, aux urgences politiques, aux urgences climatiques, tout en engageant les ruptures nécessaires pour progresser dans la voie du dépassement vers un nouveau mode de développement social, écologique, démocratique, vers de nouveaux rapports sociaux ?

  3. Enfin, quel est aujourd’hui ce Parti communiste que nous mettons au service de ces transformations sociales ?

Je note avec satisfaction que c’est bien à ces trois questions que, depuis des mois, les communistes se sont attelé·e·s à répondre, de manière claire et accessible. Nous nous tenons scrupuleusement à notre feuille de route et nous avons engrangé beaucoup de travail, qu’il s’agit aujourd’hui de faire fructifier.

Le vote sur le choix de la base commune marque une nouvelle étape importante de ce débat et de ce travail. Nous ne sommes pas au bout du débat engagé, loin de là, puisque nous entrons désormais dans la phase ultime et décisionnelle du congrès.

Nous avons choisi une base commune de discussion, maintenant nous devons aller vers nos choix et nos décisions finales.

  • Le vote des communistes sur le choix de base commune a mobilisé 30 841 communistes.

  • Cela représente 60 % des 49 231 cotisant·e·s adhérent·e·s déclaré·e·s par leurs fédérations à jour de leurs cotisations et adhérent·e·s depuis plus de trois mois.

  • 30 841 communistes mobilisé·e·s, soit 1 677 de plus que lors du dernier congrès pour ce même vote, c’est une force.

Ce vote le montre : le Parti communiste reste l’un des plus importants actifs politiques militant·e·s du pays, et il vit démocratiquement, au grand jour. C’est un fait politique essentiel, un atout que nous devrions toutes et tous nous employer à mettre en valeur.

Le vote, il est vrai, recouvre encore des niveaux inégaux d’implication dans le débat.

  • 20 000 communistes avaient répondu à la consultation initiale lançant le processus de congrès.

  • Sur les 31.000 votant·e·s, une part importante s’est impliquée dans les discussions préparatoires, d’autres ne se sont déplacés que pour le vote.

De nombreux et nombreuses camarades, comme ils et elles l’ont souvent dit dans les AG de section, n’ont pas ou peu lu les textes. Mais le vote nous fait franchir une étape supplémentaire dans l’implication des communistes et, d’une certaine manière, pour nombre d’entre-eux, le débat ne fait que commencer.

Bien entendu, le vote ne mobilise ni tous nos cotisant·e·s, ni tous nos adhérent·e·s en possession de notre carte tri-annuelle, qui sont encore bien plus nombreux. C’est un sujet qui doit continuer de provoquer notre réflexion, car notre réserve militante et démocratique est encore bien plus large.

Une part importante de nos adhérent·e·s restent à l’écart de nos processus démocratiques. C’est un problème structurel que nous ne parvenons pas à résoudre.

L’édition et la remise de la nouvelle carte tri-annuelle du Parti qui sera éditée à l’issue de notre congrès devra être l’occasion d’une bataille d’importance sur ce point. Je ferai une proposition en ce sens en vue de notre congrès.

Ces remarques faites, j’en viens aux résultats et à leur signification qui doit être par nous toutes et tous prise en compte.

Les résultats, comme vous le savez tou·te·s, placent le Parti dans une situation inédite.

  • 30 180 votant·e·s se sont exprimé·e·s sur les textes, 661 ont voté blanc ou nul.

  • 11 467, soit 38 %, ont voté pour la base commune proposée par le Conseil national.

  • 3 607, soit 11, 95 %, ont voté pour le texte « Le printemps du communisme ».

  • 12 719, soit 42, 14 %, ont voté pour le texte du Manifeste.

  • 2 387, soit 7,91 %, pour le texte 4.

C’est donc le texte du Manifeste qui arrive en tête, devançant de 1 252 voix le texte proposé par le Conseil national. Il devient donc le texte de base commune sur lequel vont se poursuivre les discussions des communistes. Nos statuts sont sur ce point clairs et indiscutables. C’est notre règle commune.

Le choix du Manifeste a un sens, et il a été résumé de cette façon : « mettre fin à l’effacement du Parti ». Il marque le plus souvent, pour les camarades qui ont soutenu ce texte, la volonté d’une affirmation plus forte de notre parti et une critique de la conduite de nos choix unitaires. Ce message doit être entendu.

Ces préoccupations ne sont d’ailleurs pas l’apanage des communistes qui ont voté pour ce texte. Elles sont largement partagées mais les conclusions que chacun·e en tire divergent. C’est ce qui explique l’autre caractéristique des résultats, leur diversité et l’absence de majorité.

En effet, aucune base commune soumise au vote des communistes n’obtient de majorité, ce qui est un autre fait inédit.

Les votes sont très partagés, et très souvent inverses au résultat global :

  • 49 fédérations ont placé le texte du CN en tête, dont 29 avec une majorité absolue et 20 avec une majorité relative.

  • 40 fédérations ont placé le texte du Manifeste en tête, 24 avec une majorité absolue et 16 avec une majorité relative.

  • 4 fédérations ont placé le texte du Printemps en tête.

  • 3 fédérations ont placé le texte 4 en tête.

Pour dépasser cette situation, prendre en compte l’ensemble de ces votes et leurs motivations est désormais indispensable à la construction commune qui nous attend. Permettre aux communistes de se rassembler sur des choix clairs et majoritaires au Congrès nous appelle tous à intensifier et à préciser nos débats, en veillant à s’écouter et à se respecter.

C’est donc avec un nouvel état d’esprit que nous devons tous entrer dans cette dernière phase du Congrès si nous voulons que celui-ci se rassemble sur des majorités efficaces pour avancer. Nous ne devons pas nous contenter de répéter la première phase de discussion, ce qui nous mettrait dans l’impasse et sans majorité claire au Congrès.

Je crois que c’est possible sans nier les étapes précédentes, en actant clairement les résultats du vote et en allant ensemble plus loin dans le débat sur un certain nombre de questions.

Nous avons un nouveau point de départ avec le texte du Manifeste. C’est maintenant aux communistes, à nous tou·te·s, de construire le point d’arrivée que sera le texte d’orientation adopté au Congrès.

Le Conseil national, le comité exécutif national, moi-même comme secrétaire national, avons la responsabilité de garantir la conduite d’un processus qui rassemble les communistes en s’appuyant sur les choix souverains de nos adhérentes et adhérents dans cette phase finale du processus.

Comment avancer vers cet objectif ?

1) La première question est celle de la construction démocratique du texte final jusqu’au Congrès.

Si nous ne voulons pas prolonger l’affrontement texte contre texte, mais avancer vers des choix communs majoritaires, je crois qu’il convient d’identifier ensemble les questions sur lesquelles le débat devrait être approfondi pour déboucher sur des amendements, des ajouts ou sur de nouvelles rédactions dans le texte.

Je veux donner mon avis sur ces questions, et j’espère que la discussion du CN enrichira cette réflexion, en la portant à la connaissance des communistes.

J’identifie pour ma part cinq grands thèmes.

Le premier porte sur l’actualité du communisme.

Nous nous sommes donné comme objectif à ce congrès de redéfinir avec le plus de clarté possible ce que la base commune appelle désormais « le communisme de notre temps », un communisme qui soit à la fois un but et un chemin de lutte pour dépasser le capitalisme, et dont la nécessité historique s’affirme comme jamais en ce XXIe siècle, dans les contradictions et les impasses de la mondialisation capitaliste.

Nous sommes donc à la tête de nombreuses rédactions dans les différents textes, de la base commune, du texte du CN et du Printemps, qui permettent d’aller vers cet objectif.

Lors de la consultation de nos adhérent·e·s qui a servi de base aux travaux de notre assemblée des animateurs·trices de section, et à laquelle près de 20 000 communistes ont participé, à la question quels défis du combat communiste devons-nous travailler en priorité, les communistes avaient établi une première liste : la lutte contre le coût du capital, la révolution du travail, l’écologie, la transformation de la mondialisation pour un monde de paix, la construction des communs, la lutte contre le racisme et toutes les discriminations, la révolution démocratique, l’émancipation par les savoirs et la culture, la lutte pour les droits des femmes.

Nous avons sur cette base tenu cette année de nombreuses initiatives et travaux susceptibles d’enrichir le texte soumis à notre discussion commune.

Les assises communistes pour l’écologie qui ont placé « l’ecommunisme » comme élément essentiel d’un projet communiste du 21e siècle, nos initiatives sur la République et la réforme constitutionnelle, qui appellent désormais la relance d’une bataille d’ampleur sur la 6e République face à la monarchisation du régime, nos États généraux du numérique, les Rencontres Niemeyer, notre convention pour l’art et la culture, nos journées d’étude sur le racisme, notre campagne pour l’égalité et contre les violences faites aux femmes, représentent autant de chantiers qui permettent déjà de donner chair et corps à notre projet.

La base commune gagnerait beaucoup à prendre en compte les travaux de ces différentes initiatives comme autant de terrains de lutte communiste.

Notre conception du communisme n’est plus depuis longtemps un projet de société figé et achevé que nous aurions seulement et par notre seule volonté à faire partager, mais bien ce mouvement réel de luttes pour réussir l’émancipation de chacun·e et de toute la société.

Plutôt que de revenir, pour définir ce choix, à nos anciennes conceptions sur la transition socialiste, nous avons tout à gagner à approfondir notre conception du communisme comme chemin de lutte et de transformation s’appuyant constamment sur la mise en mouvement du plus grand nombre, favorisant l’élévation du niveau de conscience, donnant force aux aspirations et expériences qui existent et se développent, et traduisent une volonté, déjà présente dans notre société, de dépassement de toutes les dominations.

C’est en confrontation avec l’action, avec ce qui se construit et bouge dans la société, que nous continuerons à préciser le sens et l’utilité de notre projet communiste.

La lecture des « Cahiers du congrès » rendus publics à notre université d’été est à populariser dans cette dernière phase du congrès.

Notre congrès doit continuer à approfondir d’un même mouvement nos analyses et ce « que nous dit la société », pour mieux définir ce que nous avons à lui dire.

Même s’il est impacté et travaillé par l’offensive du capital, le mouvement réel de la société est plus complexe, plus riche, plus contradictoire qu’on ne le dit souvent.

On le voit à la diversité des combats multiformes : l’accueil des migrant·e·s, la lutte pour l’égalité entre les femmes et les hommes, la défense et la promotion des services publics, le respect des écosystèmes et la réponse aux défis écologiques, les luttes pour un mode de développement émancipateur et responsable de la production à la consommation.

Dans de très nombreux domaines, ceux de l’économie sociale et solidaire, de la révolution numérique avec ses « tiers lieux », de l’agriculture paysanne et de proximité, de la finance solidaire, de l’urbanisme ou encore de la multitude d’activités où se déploie le secteur associatif, des pratiques de co-élaboration et d’agir en commun connaissent un développement foisonnant.

Tous ces traits de la réalité doivent continuer à être débattus.

De même, au sein des entreprises, le travail lui-même est impacté par ces réalités montantes. A l’heure de la révolution numérique, l’intelligence partagée, le travail décloisonné entre des collectifs qui échangent en permanence est une exigence majeure. Bien évidemment, ces mouvements et aspirations sont sans cesse contrecarrés par la mise en concurrence des salarié··es et les exigence de rentabilité. C’est ce qui fait de l’exigence de nouveaux pouvoirs des salarié·e·s sur leur propre travail comme sur la marche des entreprises une bataille d’avenir décisive.

Pas de contresens cependant. Mettre l’accent sur ces réalités ne signifie nullement que le monde nouveau pourrait surgir spontanément du capitalisme en crise systémique, ou encore qu’il suffirait de se polariser sur telle ou telle pratique alternative pour faire l’économie du combat contre le capital. Sa domination limite, entrave, dévoie toutes ces potentialités. Il n’empêche qu’elles existent bel et bien et qu’elles marquent l’évolution de la société de leur empreinte. Elles sont autant de points d’appui pour le mouvement transformateur.

Être pleinement dans ce bouillonnement multiforme de luttes et de pratiques solidaires et émancipatrices, contribuer à rassembler autour d’elles, agir pour qu’elles convergent en acquérant plus de lucidité sur la nature des obstacles qu’elles rencontrent et sur la nécessité de travailler à des solutions politiques, tout cela doit être considéré comme une tâche importante de notre parti et être davantage souligné dans notre texte.

Il y a vraiment matière à l’enrichir.

Le deuxième thème concerne le sens et le rôle de l’initiative communiste dans la société.

Tout le monde converge parmi nous pour faire de la relance de l’initiative communiste une question clé du congrès. Mais je pense qu’il serait utile d’approfondir la conception que nous en avons.

Ce débat, à l’évidence, mérite d’être réactivé.

Il s’agit d’éclaircir notre démarche de rassemblement mais au-delà, notre conception du rôle du Parti et de son utilité, jusqu’à son organisation et sa conception des directions.

Inscrivons-nous notre action et démarche de rassemblement dans le mouvement réel de la société avec ses contradictions, ses accélérations, ses reculs, ses mouvement inattendus qui nous appellent à l’analyse du mouvement des idées et de la société, pour apporter les réponses les meilleures et les plus adaptées, dans des configurations évolutives et multiformes ? Ou considérons-nous que nous devons trouver la « formule politique intangible » qui enfermera ce mouvement ou tracera sa voie ?

Cela suppose d’être en permanence en lien avec les citoyen·ne·s et les actrices et acteurs sociaux, mais aussi, dans cette période de recomposition politique, d’être très attentif aux évolutions du paysage politique, aux positionnements évolutifs des un·e·s et des autres, et de ne pas considérer le paysage comme figé.

Tout ce que nous souhaitons mettre en œuvre se fait en réalité en confrontation avec l’action et le mouvement réel de la société. Nos idées prennent de la force quand elles deviennent des idées dans la société et non pas seulement « nos » idées. Leur mise en pratique, en lien avec la conscience de celles et ceux qui se mettent en action ou ont potentiellement intérêt à le faire, compte autant que nos idées elles-mêmes.

Nous ne devons pas penser en extériorité à la société, mais plonger nos réflexions dans les contradictions de la société elle-même et des consciences. C’est en cela que je préfère, et de loin, la notion de parti de l’initiative communiste à celle de « parti éclaireur, à l’avant-garde des luttes et des idées ».

Notre travail permanent de rassemblement, qui fait partie de notre ADN, s’enracine dans ce rapport intime avec la société et l’état des consciences. Sinon, il nous arrive couramment soit de surestimer le rapport des forces, soit de sous-estimer le potentiel d’une lutte ou d’un mouvement engagé.

L’initiative communiste, c’est celle, qui adaptée au terrain, aide le mouvement populaire à grandir, à s’unir, à identifier les causes et les solutions, à gagner, à prendre conscience des changements plus élevés nécessaires.

L’initiative communiste est donc par nature en écoute et en échange permanents avec les forces sociales en mouvement.

Nous devrions discuter plus souvent non seulement des idées que nous voulons porter mais de leur prise réelle sur le mouvement des consciences. Par où commencer, comment, en parlant comment et avec quels mots ?

L’initiative communiste a aussi besoin de durée, de permanence, de ténacité, et donc d’organisation, d’évaluation, d’ajustement pour faire vivre le dialogue politique avec la réalité. C’est l’enjeu de nos campagnes politiques, c’est aussi l’enjeu de nos structures, de nos réseaux, de notre travail d’animation et de direction.

L’initiative communiste est fondamentalement affaire de processus, et non seulement de discours. Elle est donc affaire de processus démocratique et de pratiques populaires. C’est la fameuse phrase : «  l’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes ».

De tout cela, il importe que nous continuions à discuter.

Le troisième thème concerne notre ambition politique dans la nouvelle situation.

La base commune doit actualiser notre appréciation des évolutions de la situation politique depuis l’élection de Macron et les recompositions politiques en cours.

Sinon, nos discussions stratégiques seront désincarnées ou se limiteront aux expériences passées.

Je crois que dans cette dernière phase du congrès, le moment est venu de préciser notre analyse de la situation et d’en tirer des conclusions, éclairées par les expériences passées, sur nos objectifs à venir.

Le « macronisme » est aujourd’hui caractérisé tout autant par son agressivité anti-sociale, son service exclusif des intérêts capitalistes, son autoritarisme technocratique et monarchique que par sa fragilité politique, comme le montre l’actuel balbutiement du remaniement ministériel au terme d’un été chaotique marqué par l’affaire Benalla, la démission de deux ministres d’État et la chute de popularité de Macron. Et ce cocktail explosif aggrave encore la crise politique et démocratique.

Nous ne sommes pas pour rien dans ces difficultés nouvelles de la « macronie ».

Dans notre feuille de route de novembre 2017, nous appelions les communistes à « intensifier, dans tous les domaines, la contestation de la politique du pouvoir Macron, et à construire dans les luttes les bases d’une politique alternative ».

C’est ce que nous avons fait : nous avons participé des luttes et des mobilisations qui se sont développées en travaillant à ouvrir des perspectives. Celles contre les ordonnances, contre la casse de la SNCF, nous avons participé des mobilisations contre la baisse de l’APL et la volonté de casse du logement social, la suppression des contrats aidés… Nous avons pris de nombreuses initiatives, initié de nombreuses rencontres, face à la mise en place de la sélection à l’entrée des universités, ou encore nous avons participé à la colère dans les territoires et les communes les plus frappées d’inégalités débouchant notamment sur l’appel de Grigny.

En lien avec toutes ces luttes, nous avons décidé d’initiatives communistes : la tournée des hôpitaux avec nos parlementaires, les mobilisations et chaînes humaines autour des barrages hydrauliques, la manifestation pour l’égalité des territoires impulsée par nos camarades des hauts de France, nos actions pour un accueil digne des migrant·e·s.

Nous avons sans cesse pointé les responsabilités de la finance, installé l’image de « président des riches ».

Nous avons mis en avant notre conception de la République et de la démocratie, à travers notamment la bataille initiée par nos deux groupes parlementaires, le colloque organisée le 5 mars, ou en juillet, le Serment du Jeu de Paume, lors de la convocation par Macron du Congrès à Versailles.

Nous avons tenu les états généraux du progrès social à Montreuil, et nous voulons poursuivre cette démarche avec les états généraux du progrès social en Europe, dont le congrès devra décider s’il retient ou non l’idée.

Nos initiatives de solidarité concrète ont connu un écho et une participation en hausse, même si nous savons que nous devons les ancrer davantage dans nos pratiques quotidiennes, tout au long de l’année.

Enfin, la Fête de l’Humanité par son ampleur et sa richesse, en fait également partie et à donné à voir la vitalité de notre parti.

Notre congrès doit maintenant caractériser la situation actuelle et préciser avec quelles initiatives avancer.

  • Quelles luttes pour empêcher la politique gouvernementale de continuer à dégrader la vie des gens et les solidarités dans la société ?

  • Quelle construction d’objectifs politiques dont les forces populaires pourraient s’emparer dans ces luttes, avec nos idées, avec celles du mouvement social ? Quelles grandes lois sociales, économiques et écologiques, reconnues par le mouvement populaire, comme nous essayons de le construire avec le tour de France des hôpitaux ?

  • – Enfin, quel chemin de reconstruction politique ? Cette question taraude déjà toute une partie de la société et nous ne pouvons rester sans réponse.

Le texte du Conseil national tentait de caractériser l’évolution des forces en présence à droite et à gauche. Cette analyse est nécessaire.

Nous avons notamment besoin d’un débat lucide et dépassionné sur l’état des forces de gauche, de la FI à Génération·s et Emmanuel Maurel en passant par un PS déliquescent, les Verts ou l’extrême-gauche. Besoin aussi d’un regard sur ces millions de gens de gauche, qui ne savent à quel parti se vouer et qui n’en restent pas moins le cœur à gauche. D’un débat sur les idées qui traversent ces formations. Car, sauf à se replier sur nous-mêmes, c’est dans ce paysage que nous sommes aujourd’hui, et dans aucun autre.

Nous avons deux défis à relever : faire face avec notre peuple, aux attaques du gouvernement Macron, et construire une réponse politique à son probable affaiblissement. Faute de le faire, nous laisserions libre court à toutes les aventures politiques et nous savons où elles peuvent en ce moment très vite conduire, comme nous l’enseignent le Brésil, le Brexit ou l’Italie. Le danger droite-extrême droite est chez nous comme ailleurs une réalité menaçante.

Le débat sur le bilan de nos initiatives stratégiques ou unitaires est de ce point très utile si nous voulons avancer en tirant des leçons du passé.

Mais ce travail de bilan n’est utile que s’il ne se réduit pas à une caricature consistant à résumer les causes principales de nos difficultés par – je cite –, le « renoncement des dirigeants successifs du Parti ».

Mieux vaut avoir entre nous un débat exigeant sur la meilleure manière d’avancer de manière nouvelle. Une chose est certaine, la question de l’alternative politique à Emmanuel Macron remonte plus vite qu’on ne l’imaginait il y a un an. Et dès lors, la nature a horreur du vide. C’est une part de l’initiative communiste que de savoir répondre à cette question.

Les élections à venir seront des moments de toutes ces batailles de contenus comme de constructions politiques. Je pense que le texte final devrait traiter avec plus de précisions et distinctement des trois échéances européennes, municipales (qui n’est actuellement pas du tout traitée) et présidentielle.

Concernant les élections municipales, j’ai proposé lors de la Fête de l’Humanité une grande bataille sur l’avenir de la République. Je crois en effet que de l’avenir de nos communes à celui des institutions, de celui de nos services publics à l’égalité des territoires, une grande bataille est engagée. Ce pourrait être un cadre de large rassemblement pour engager concrètement notre bataille municipale auprès de chaque territoire.

Notre engagement dans toutes les communes de candidat·e·s est nécessaire pour travailler à ces rassemblements les plus larges sur la base de projets promouvant la commune, les services publics, la démocratie locale.

Nécessaire aussi pour que ces projets soient construits au plus près de nos concitoyen·ne·s et avec leur participation.

Nous pourrions relier dans le texte cet enjeu à celui du rôle de nos élu·e·s, qui serait sinon abordé un peu hors sol.

Concernant l’élection présidentielle, puisque la question de la présentation d’une candidature communiste en 2022 est explicitement abordée, je pense que le débat doit être approfondi.

Nous ne connaissons évidemment pas les conditions qui seront celles de cette élection en 2022. Mais la reconstruction de notre présence dans cette échéance cruciale appelle un débat plus sérieux, notamment sur les problèmes particuliers que posent à un parti révolutionnaire comme le nôtre l’élection présidentielle et la présidentialisation extrême de la vie politique française, la dévalorisation du Parlement, la subordination des élections législatives jusque dans le calendrier électoral, à l’élection tous les 5 ans du chef de l’État.

Le quatrième thème porte sur la mondialisation, l’internationalisme et l’Europe.

Je commence par l’Europe et donc les élections européennes. Je pense que nous devrions tout simplement nous donner sur l’Europe un objectif simple : faire figurer dans le texte, en lieu et place du texte actuel, notre orientation de campagne et de liste pour les élections européennes. Nous en parlerons demain avec un rapport de Ian, dont tout le monde salue l’entrée en campagne, qui est d’ailleurs le résultat du travail engagé dès après l’assemblée des secrétaires de section dans le cadre de nos chantiers. Ce fut en quelque sorte notre première décision de congrès par anticipation. Je rappelle que nous avons adopté à une très large majorité au CN une résolution sur cette orientation.

Sur la mondialisation et l’internationalisme, qui est un passage que le texte du CN n’avait pas développé et que la base commune développe, je crois qu’il est nécessaire d’enrichir cette partie de tout le travail d’analyse et d’initiative du secteur international.

Je crois que c’est dans cette partie que nous pourrions faire référence à la question des migrations et au manifeste que nous avons publié au printemps.

Sur ces deux questions, je rappelle que nous sommes à la tête de deux documents importants, le rapport que Lydia avait présenté devant le CN et les travaux de la convention Europe tenue il y a quelques années. Ces travaux ont besoin d’actualisation mais ils contiennent tous les deux une matière riche, largement sous-utilisée.

Le cinquième thème est celui du rôle et des transformations du Parti.

Je crois que nous devrions sans caricature, et sans réduire ce que nous avons réussi ou non à faire à la seule dimension de notre propre volontarisme, pousser le débat sur le rôle du Parti, sur notre rapport à la société. Et à partir de là, décliner plus concrètement les domaines dans lesquels nous voulons pousser nos avancées.

Le texte peut à cet égard être enrichi de réflexions plus précises qui figurent dans d’autres textes. Je pense par exemple aux solidarités concrètes, dont nous avons commencé à élargir la mise en œuvre tout au long de l’année écoulée, ou à notre structuration de proximité, qu’elle soit géographique ou par réseau, au déploiement de nos capacités d’initiative communiste dans la proximité.

Sur le travail politique en direction de l’entreprise, qui ne fait pas débat je crois dans le principe, nous pourrions pointer le besoin d’évaluation de ce qui existe et d’expérimentations concrètes plus poussées. Et cela en lien avec la réflexion stratégique sur les réalités en profonde mutation du travail, du salariat et de l’entreprise, et les enjeux complexes de la reconstruction d’une conscience de classe dans le monde du travail tel qu’il est devenu aujourd’hui.

Je pense que nous pourrions également intégrer au texte final des avancées concrètes engrangées ou en cours grâce au résultat du travail mené notamment tout au long de cette année. Je veux notamment parler du lancement de la nouvelle plate-forme numérique du Parti, un outil attendu par de nombreuses et nombreux communistes, qui sera mise en service le 5 novembre. Également du lancement de l’Université permanente, qui est un nouvel étage, avec l’Université d’été et la réorganisation de nos stages éducatifs, de notre politique de formation, d’éducation populaire, d’appropriation du marxisme et des savoirs.

Je veux ajouter une proposition en particulier. Nous savons qu’au lendemain du Congrès, qui sera de toute façon marqué par des changements importants, un grand besoin d’appropriation et de communication sera devant nous. Des possibilités nouvelles de renforcement du Parti peuvent s’ouvrir si nous savons réveiller un intérêt nouveau pour les transformations du Parti. Et enfin, nous nous dirigerons vers une année 2020, celle de notre centenaire. Nous pourrions alors préparer une année de festivités politiques et culturelles baptisée « Cent ans d’avenir », tournée vers les enjeux dans le XXIe siècle d’un nouveau siècle de communisme.

Au lendemain de notre congrès sera également éditée notre nouvelle carte tri-annuelle. Nous pourrions ainsi lancer au Congrès une grande campagne qui ouvre grandes nos portes aux salarié·e·s et à la jeunesse de ce pays, une grande campagne de popularisation de ce que nous sommes et de ce pour quoi nous combattons, une grande campagne d’adhésions. Cette campagne pourrait durer deux ans jusqu’à la date anniversaire du 25 décembre 2020.

Le chantier communication a également beaucoup travaillé en lien avec de nombreuses fédérations et cette campagne lancée au congrès pourrait donner à voir une nouvelle signature visuelle du Parti, ancrée dans nos valeurs, plus moderne, unifiant et déclinant notre communication autour de « l’humain d’abord », qui sera d’ailleurs le titre de la page d’accueil de la plate-forme. Je crois que des milliers de nouvelles adhérent·e·s peuvent nous rejoindre au cours de ces deux années.

Voilà, cher·e·s camarades, sans aucune volonté d’être exhaustif, des questions qui me paraissent devoir être approfondies pour déboucher sur des propositions de rassemblement des communistes appuyées sur des améliorations communes du texte final du Congrès.

2) La deuxième et dernière question est la construction de notre future direction nationale

Ce débat va désormais très naturellement s’accélérer. La commission des candidatures s’est déjà réunie plusieurs fois en consacrant dans un premier temps son travail à la conception des directions. Gilles Ravache interviendra dans la journée pour présenter ce travail.

Mais nous allons aussi passer progressivement à la construction d’une liste de candidatures au fur et à mesure que seront actés nos choix de congrès et déclarées les propositions de candidatures selon nos procédures statutaires.

Je livre ici quelques réflexions sur ma lecture critique du bilan de direction et surtout sur ce qu’il conviendrait de changer. Je veux faire trois remarques.

  1. Le Conseil national doit être mieux un collectif de direction, autrement dit un lieu collectif où se confrontent tous les niveaux d’expérience de notre travail national. J’entends par là tout à la fois des camarades, secrétaires ou responsables fédéraux, en responsabilité du travail militant dans les fédérations ; des parlementaires et des élu·e·s qui construisent à part entière des pans entiers de l’élaboration et de la représentation du Parti, et des responsables ou animateurs·trices de secteurs du travail national. La composition du Conseil national devrait selon moi être pensée différemment en intégrant davantage les besoins nationaux de travail. Notre parti est riche de toutes ces expériences mais le Conseil national, lui, trop souvent ne l’est pas. Il ne met pas assez à profit cette diversité d’expériences. L’association réelle de camarades représentant ces différentes formes de responsabilités est une condition de notre prise en compte des réalités et de notre efficacité.

  2. Le Conseil national est souvent stérilisé par la reproduction à l’infini du même et seul débat stratégique au détriment de son travail d’élaboration et d’évaluation de nos décisions. Ainsi, après l’adoption de la feuille de route de novembre, celle-ci s’est mise en œuvre sans qu’on ait jamais l’impression au Conseil national qu’elle impactait sa réflexion. La campagne électorale des textes a souvent occulté ce travail qui pourtant se menait bel et bien, amputant l’appropriation par les communistes et par la direction nationale des résultats de ce travail.

  3. L’efficacité du travail de la direction nationale doit être repensée tant en termes d’animation, d’élaboration que de mise en œuvre, ce qui suppose une autre organisation de nos travaux, de la préparation de nos réunions, de la circulation d’informations et de notes de travail, de l’évaluation de nos décisions.

Au fond, je pense que le Parti a besoin de plus d’unité dans la centralisation, l’échange politique d’expériences, et la prise de décisions et de plus d’efficacité dans l’action. La direction n’est pas assez le lieu de construction de cette unité et de cette efficacité.

Le problème n’est pas notre diversité humaine et politique, c’est même une richesse. Le problème est la construction d’une unité politique d’action à partir de cette diversité.

Je pense personnellement, même si je sais que cette question fait débat, que la réduction du nombre de membres du Conseil national et du CEN, et une assiduité plus grande de leurs membres, faciliterait la résolution de ce problème. Elle correspondrait mieux en outre à la réalité de nos moyens.

Et je pense que la direction, donc ses membres, devraient en permanence se consacrer à parts égales aux élaborations politiques et aux tâches d’animation et de mise en œuvre.

Au sein du Conseil national, la composition de l’exécutif devrait privilégier la notion d’équipe, de loyauté et de solidarité, ce qui n’a rien à voir à mes yeux avec une quelconque réduction de la diversité de nos approches. Et la désignation du ou de la secrétaire nationale devrait n’être qu’un élément, certes important, de la constitution de cette équipe. Je mets donc cette question à sa place.

Dans la situation qui est la nôtre, ces notions d’équipes et de collectifs de direction me paraissent aujourd’hui plus essentiels que jamais, et ils doivent être revalorisés, quitte à provoquer des discussions plus serrées et plus exigeantes au moment de leur constitution.

Car aucun·e secrétaire national·e, ni moi, ni un·e autre, ne relèvera à lui seul·e les défis qui sont devant nous.

C’est en ayant en tête ces défis politiques et organisationnels, la situation réelle de notre parti, ses atouts et ses fragilités, et une conscience de nos responsabilités dans ce moment crucial pour notre avenir, que je me suis exprimé sur la question du secrétaire national.

J’ai dit deux choses que je confirme aujourd’hui. La première ma disponibilité si les communistes le décident. Mon ambition pour le Parti, pour ses transformations, pour notre unité d’action offensive est intacte.

La seconde, le fait que cette question n’était pas un tabou, et que d’autres avis et propositions pouvaient être mis sur la table. Si c’est le cas, nous aurons collectivement et sans la dramatiser à examiner cette situation. La commission et les communistes devront en être saisi·e·s. Je ne dis pas souhaiter cette situation. Vous l’avez compris, je crois que la discussion sur notre collectif de direction devrait à mes yeux primer, car sur cette question comme sur nos orientations il va falloir rassembler les communistes et nous projeter dans l’avenir.

Voilà cher·e·s camarades, les réflexions et propositions que je soumets à notre discussion.

 
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Publié par le octobre 16, 2018 dans Congrès du parti 2018, POLITIQUE

 

Congrès 2018 : intervention de Igor Zamichiei au CN des 13 et 14 octobre

Publié le par Front de Gauche Pierre Bénite

Congrès 2018 : intervention de Igor Zamichiei au CN des 13 et 14 octobre

Le résultat du vote pour le choix de notre base commune est un événement. Un événement qui trouve de l’écho à l’intérieur mais aussi l’extérieur du parti. Des camarades, des syndicalistes qui s’étaient éloignés du parti regardent à nouveau de notre côté, alors même que notre débat se poursuit.

Cessons donc les caricatures, comme celle que je viens encore d’entendre, affirmant que les soutiens de ce texte sont déconnectés de la société. Laurent Brun, secrétaire général de la CGT cheminots, Pascal Joly que je vois ici et qui a eu de hautes responsabilités dans la CGT, tous deux soutiens du texte, ne seraient donc pas ancrés dans la société, dans le monde du travail ? Soyons sérieux.

Prenons-nous suffisamment la mesure de l’événement qui vient de se produire dans le parti ?
Combien de signaux non entendus comme le vote à 51 % du texte adopté par le conseil national au dernier congrès ou encore la division provoquée par notre présidentiel ? Allons-nous continuer comme avant ?

Et faisons attention à la façon dont on se qualifie dans notre débat. Nous sommes tous communistes. Dire que les camarades qui ont soutenu le texte du manifeste sont identitaires est non seulement faux mais, depuis que ce texte est notre base commune, une telle qualification dégrade l’image du PCF.

Bien sûr, cette base commune ne détient pas toutes les clés de la relance de notre parti, mais elle représente un espoir !

L’espoir d’un parti qui affirme son originalité communiste, non pour lui-même, mais parce que cette originalité est une clé pour la compréhension du capitalisme et pour son dépassement.

L’espoir d’un parti qui ne décrète pas le rassemblement, mais qui cherche à le construire à partir d’un niveau de conscience de classe et d’un rapport de force donné pour le faire évoluer.

L’espoir d’un parti où les femmes, les jeunes, les travailleurs.euses, les catégories populaires se retrouvent parce que notre parti se met au service de leurs modes d’engagement. C’est de ce parti dont nous avons besoin pour combattre la montée identitaire qui chaque jour s’accélère comme on le voit au Brésil et pour affronter la prochaine crise financière dont les signes se multiplient. En 2007-2008 lors de la précédente crise, une brèche s’était ouverte pour notre projet communiste, qu’en avons-nous fait ?

C’est de ce parti aussi dont nous avons besoin pour réhabiliter les enjeux de classes et unir les travailleurs et les forces de gauche.

Je crois que notre réunion de ce week-end est un peu à la croisée des chemins. Comment avancer concrètement ? Il y a, me semble t-il, deux exigences :

1) Premièrement ne repartons pas de zéro sans tenir compte du vote des communistes en cherchant une synthèse molle au sommet entre dirigeants. Nous avons une base commune et un processus démocratique que nous devons respecter : tous les communistes vont maintenant tenir des congrès de sections et de fédérations pour discuter ce texte, l’amender, l’enrichir autant qu’il doit l’être.

Créons les conditions de la participation du maximum de camarades à ces réunions. Et plaçons le travail de la commission du texte au service de ce processus démocratique et non pour le chapeauter.

2) Deuxièmement, ne tentons pas à l’inverse de nous compter jusqu’au bout dans un esprit de
revanche. Poussons le débat entre-nous sur les immenses défis posés à notre parti, Pierre en a cité plusieurs. Pour ma part, je pense que nous devrions débattre du projet et des initiatives qui permettront de créer les conditions de l’unité de la classe exploitée telle qu’elle est aujourd’hui dans sa diversité.

Autre question décisive pour moi et que j’ai pris le temps de développer dans une contribution au congrès : la construction de mouvement populaires, non plus seulement de résistance, mais de nouvelles luttes offensives, positives à toutes les échelles, nationale, européenne et mondiale.

La question d’une alternative majoritaire à Macron nous est effectivement posée, mais si nous faisons comme d’habitude par une offre politique de sommet, ce sera un échec !

J’ai la conviction que si nous respectons le vote des communistes et si nous affrontons avec créativité de tels défis, nous pourrons enrichir la position de la base commune pour construire une orientation très majoritaire dans le parti.

Ce sera décisif mais cela ne suffira pas pour réussir notre congrès extraordinaire. Nous pouvons avoir le meilleur texte possible, si nous ne changeons pas le fonctionnement et la composition de nos directions pour mettre en oeuvre les orientations décidées, alors nous échouerons.

Nous devons comprendre les obstacles réels que nous rencontrons et interroger l’efficacité de nos gestes militants et de nos processus de décisions pour atteindre nos objectifs de transformations du PCF. Nous avons besoin d’écouter beaucoup plus le parti, prendre appui sur la richesse de notre corps militant, et nous devons échanger beaucoup plus avec les adhérents, entre dirigeants, entre secrétaires fédéraux et de sections sur nos actions concrètes et leur portée.

C’est comme cela je crois que nous progresserons et construirons un parti cimenté par la volonté de faire et non plus seulement de dire.

Enfin, je vous le dis comme je le pense, alors que nous ne sommes plus qu’à six semaines de notre congrès, chacun de nos choix sera décisif pour l’unité du parti.

Au point où nous en sommes, d’ici au congrès national, nous aurons tous des pas à faire les uns envers les autres avec pour boussole ce que les communistes de toute la France expriment dans notre débat. Chacun doit prendre ses responsabilités, c’est la condition pour aboutir à une seule liste au Congrès.

Notre parti a besoin d’un nouveau cap politique. Pas pour les six prochains mois ou pour la prochaine année. Mais pour la décennie à venir. Une réorientation et une nouvelle direction collective qui crée une dynamique sans précédent dans le parti et dans la société.

Pour ma part, je continuerai à y consacrer toute mon énergie en visant le rassemblement des communistes autour d’un ambition politique qui fixe un nouvel horizon à notre combat.

 
 

Le Conseil national et le jugement de Salomon

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Au vu de ce qui s’est passé à ce Conseil National du 13 et 14 octobre, je demeure encore stupéfaite. Mes références ne sont pas nécessairement celles qui parlent le plus à tout le monde, mais je me suis trouvée dans mon imagination devant une scène biblique, le jugement de Salomon, ici représenté par Nicolas Poussin.

Souvenez-vous de cette histoire. Deux femmes se présentent devant le jugement du roi Salomon et chacune d’elle prétend à être la mère de l’enfant vivant qui gigote. L’autre étant mort. Salomon écoute les deux femmes qui ont toutes deux des arguments, il est difficile de trancher. Alors il propose « que l’on prenne l’enfant et qu’on le coupe en deux et en donne une moitié à chaque mère. L’une des femmes accepte, l’autre refuse et préfère donner le bébé que le tuer par cet acte atroce. Salomon dit alors « tu es la véritable mère! »

Quand j’ai vu cet acharnement fou de Pierre Laurent, cette volonté de déchirer le parti plutôt que de respecter la volonté des communistes, choisir systématiquement tout ce qui pouvait le plus cliver le parti, le détruire j’ai pensé cet homme n’est pas le vrai secrétaire, il n’est pas communiste.

Tandis qu’autour de moi les mouches du coche s’agitaient, les révolutionnaires en peau de lapin qui venaient m’expliquer que Roussel, Chassaigne et les autres c’étaient des réformistes, comme en appui à cette irresponsabilité criminelle, qu’il ne s’agissait que d’une révolution de Palais, moi je pensais à tout le combat pour avoir un groupe communiste malgré la débâcle, cet engagement dans une bataille difficile. Je me demandais au nom de quoi on prétendait depuis tant d’années diffamer, censurer ce combat désintéressé pour l’existence d’un parti communiste capable de servir notre pays, ses exploités, combattre l’injustice d’une manière désintéressée.

Et face à ce projet là auquel j’adhère il y a ces manœuvres d’appareil, ces discours creux parce qu’ils servent simplement d’appeaux comme chez les sociaux-démocrates. En ce qui concerne mes choix politiques peut-être qu’en divers domaines, en particulier au niveau international dont j’ai une longue pratique je me rapproche plus de ces gens-là, mais je tiens à mon parti pour comprendre et agir partout, c’est l’essentiel. Je refuse d’abord les marâtres qui prétendent le détruire parce que cela correspond à leurs fantasmes idéologiques ou à leur volonté de pouvoir de gourou de secte.

Voilà j’espérais après ce conseil national pouvoir enfin me livrer aux travaux que j’ai en chantier, articles, livres à lire et à écrire, mais une fois de plus je vais sacrifier mes centres d’intérêts réels, mes plaisirs intellectuels à ce que j’estime être le plus juste pour tous. Et je vais mener dans ma cellule, dans ma section, dans ma fédération une bataille pour que le texte ne soit pas dénaturé et que la division du parti ne se réalise pas. Nul n’est prophète en son pays et ce combat que je souhaite mener sans tendance n’a que peu de chance d’emporter l’adhésion de la majorité dans ce fief de tous les légitimismes, mais si je me refuse à organiser la tendance, je voudrais néanmoins être l’exemple du non renoncement comme bien d’autres. Que chacun prenne ses responsabilités et agisse au mieux de ses convictions, c’est déjà ce qui a créé ce mouvement plein d’espoir, il faut poursuivre.

Même si hier soir ma bronchite asthmatique qui était en train de disparaître a repris de plus belle, je ferai tout ce qu’il est en mon pouvoir pour aider.

Je dois dire que ce matin la lecture de la sobre déclaration de Fabien Roussel m’a encouragée à ne pas baisser les bras, c’était le langage que j’attendais, celui du refus de voir l’enfant coupé en deux et un espoir de détente dans la sortie d’un statu quo mortifère digne des motions de synthèse chères à Hollande vers laquelle a prétendu s’acheminer une direction irresponsable.

En plaçant le débat sur un terrain qui n’est pas celui des communistes (opposition de personnes), le secrétaire national sortant du PCF a choisi un chemin de traverse. Il fallait déjouer le piège. C’est fait. Revenons à l’essentiel: le rassemblement et l’unité politique des communistes pour la réorientation stratégique du Parti,c’est à dire le débat ,l’enrichissement, les amendements de la base commune, sans en dénaturer le sens.

Comme le disait Robespierre nos raisons d’exister valent mieux que notre existence.

Danielle Bleitrach

 
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Publié par le octobre 15, 2018 dans Congrès du parti 2018, POLITIQUE

 

Conseil National du 13 octobre 2018 : Intervention de Fabien Roussel

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par  lepcf.frpopularité : 37%

Il faut entendre ce que les communistes ont exprimé lors du choix du texte de base commune.

Il y a une forme de mécontentement, d’insatisfaction, même de la colère chez les militants. Ça ne date pas d’hier mais la dernière séquence électorale, présidentielle et législative, cristallise ce mécontentement. Beaucoup de communistes disent : « plus jamais ça ».

On a besoin d’en parler, d’en faire le bilan.

Il y a aussi une orientation qui a été choisie avec le « Manifeste ». Et il y a de l’espace dans ce texte, qui est maintenant notre base commune, pour l’enrichir, pour que tous les communistes s’y retrouvent. Il ne faut pas caricaturer certaines idées.

Les camarades ont aussi exprimé un besoin de changement, avec un Parti plus lisible, plus visible, plus fort. A ce titre, la perte des adhérents depuis notre dernier congrès est préoccupante. Avoir plus d’adhérents, ça doit être une priorité et c’est une bonne idée de lancer une campagne d’adhésion dés le congrès terminé.

Les communistes expriment aussi le rejet de l’organisation en tendance. Il faut tenir bon. Ce n’est pas parce que tel texte a obtenu autant de voix que cela doit se traduire par un nombre de représentants équivalent dans les commissions. Il faut réussir à tenir compte du vote sans s’organiser en tendance.

C’est pour cela qu’il faut maintenant créer toutes les conditions du rassemblement et respecter la parole des communistes, à la base. Il faut tout faire pour que la très grande majorité des communistes se retrouve sur une feuille de route commune, écrite à partir du « Manifeste ». Cela doit être notre priorité à tous. 
Et c’est sur la base de cette feuille de route qu’il faut imaginer une direction cohérente, en phase, composée d’hommes et de femmes travaillant ensemble, en bonne entente.

Il faut privilégier le débat d’idées et pas le débat de personne.

Attention à l’idée proposée : si la commission des candidatures demande aux communistes de débattre sur le choix du secrétaire national, en proposant des noms, on va rediviser le parti alors qu’il faut le rassembler. On va opposer des noms, des camarades. Quelle image va-t-on donner ?

Allons au bout du débat sur l’orientation et parlons en même temps des directions. Et si la question de la direction monte, si la question du renouvellement de secrétaire national s’exprime fortement, il faudra l’entendre. Laissons les communistes en parler librement.

Mon nom a été cité. Si mon expérience, mon mandat de député, peuvent être utile, si ça peut rassembler, si ça peut donner l’idée d’un Parti qui bouge, change, se renouvelle, alors je veux bien me mettre à disposition du Parti. Mais je le mets à disposition pour construire cela, pas pour diviser, pas pour mener une campagne contre Pierre Laurent.

Nous pouvons construire ce changement de direction ensemble, non pas en s’opposant, mais en s’additionnant. Chez nous, dans notre parti, il n’y a pas d’écurie, pas d’éléphant derrière qui on se range. Il faut sortir tous gagnants. Montrons jusqu’au bout que nous ne sommes pas un Parti comme les autres.

 
 

Au PCF, le risque du statu quo

pour une fois pas trop mal vu… Bon il est clair après le discours de PL au Conseil national que les amendements seront dirigés du plus haut niveau et viseront à la suppression de la partie sur l’Europe et sur la situation internationale… Il faut ce qu’il faut pour se soumettre au PS, ou au seul Hamon… Mais ce que le journal une fois de plus ne mesure pas, c’est le mouvement qui se passe à la base et qui n’acceptera pas les manoeuvres d’appareil à la hollande. les communistes vont se montrer beaucoup plus intelligents que ça et ils ne tomberont pas dans le piège qui leur est tendu par une direction qui a perdu le sens des réalités et qui mesure mal la profonde volonté d’unité du parti, le refus des diviseurs qui ne tiennent pas compte de leur vote. je suis optimiste sur le processus qui est enclenché et sur l’esprit de responsabilité de ceux qui portent ce mouvement et qui le prouvent.  (note de danielle Bleitrach)

Une semaine après le vote mettant la direction en minorité, Pierre Laurent, secrétaire national du parti, ne désarme pas.

LE MONDE |  |Par Abel Mestre

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Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, lors de l’université d’été de son parti, en août à Angers.

Le Parti communiste français (PCF) va-t-il tomber dans le piège de la « hollandisation », avec un secrétaire national qui s’accroche à son poste tout en s’entourant d’une équipe respectant les équilibres internes ? C’est le risque qui pointe au sortir du Conseil national (CN, parlement du parti) de samedi 13 et dimanche 14 octobre. Une semaine après le vote des militants communistes ayant placé le texte alternatif − emmené notamment par les députés André Chassaigne et Fabien Roussel − devant celui de la direction sortante (42,15 %, contre 37,99 %), c’est, en effet, le statu quo qui domine. Pierre Laurent, à la tête de la formation depuis 2010, rejette en tout cas toute analogie avec le PS sous l’ère François Hollande (1997-2008), où la synthèse était érigée en règle. Il assure ne pas faire de son mandat le cœur de ses motivations.

« On ne fera pas de synthèse molle, promet M. Laurent. Nous ferons des choix clairs, nous aiguiserons la discussion. Il n’y aura pas de réponse mi-chèvre, mi-choux, cela nous conduirait à l’échec. Mon but n’est pas de rester à la tête du PCF, mais de le garder uni. »

Plus petit dénominateur commun

Voire. Car si huit jours auparavant, au soir du résultat inédit du vote interne et du camouflet infligé à la direction, des rumeurs de démission de Pierre Laurent couraient, ce n’est plus le cas. « Je fais partie de l’équation », rappelle l’ancien journaliste de sa voix monocorde. Il ajoute : « Notre culture est celle de l’addition, pas de l’opposition interne. » Le sénateur de Paris insiste pour« constituer une nouvelle équipe de direction ». Il se dit d’ailleurs « disponible »pour « animer » cette équipe : « Oui, je peux rester, car ce qui incarnera le changement demandé par les militants lors du vote s’incarnera dans la nouvelle équipe de direction », a-t-il ensuite précisé à quelques journalistes. « Mais s’il y a d’autres propositions, la question n’est pas taboue », rappelle-t-il. En clair : il restera tant qu’on ne lui demandera pas de partir. M. Laurent estime que le vote n’a pas donné de majorité à l’un des quatre textes en lice puisque aucun n’a atteint 50 % des voix. Et que, de fait, il reste le plus petit dénominateur commun d’un parti où les divergences pointent.

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L’ambiance était d’ailleurs étrange, samedi après-midi, en marge du conseil national. Les communistes s’étaient délocalisés dans les locaux de l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), dans le 11e arrondissement de Paris, car un tournage avait lieu à leur siège de la place du Colonel-Fabien. Presque tous les responsables interrogés assuraient que derrière le huis clos, tout se passait bien, dans un esprit de franche camaraderie. « Il y a une bonne ambiance, on se marre même », a plaisanté Fabien Roussel.

Le député du Nord est l’homme fort du vote de la semaine dernière. On le présente comme le successeur potentiel à Pierre Laurent, puisqu’il est issu du texte ayant recueilli le plus de suffrages. Il ne rejette pas cette possibilité d’ailleurs, mais à certaines conditions : « Nous avons besoin d’un collectif. Si je peux mettre mon expérience, mon mandat au service du parti et de montrer que le PCF est capable de se renouveler, alors je pourrais me rendre disponible. » Il ajoute un codicille :

« Mais ce sera dans un esprit de discussion, pas pour m’opposer à d’autres. Je ne ferai pas de campagne pour la direction du parti. Ne divisons pas encore plus le parti. Les militants ne doivent pas avoir à trancher, car quand on tranche, on coupe. Et je ne veux pas de cela. »

Fumée blanche

Pour les profanes, cela signifie que M. Roussel brigue bien la tête du parti, mais pas au prix d’une compétition interne avec Pierre Laurent. Il faut qu’il soit désigné, que la fumée blanche surgisse du siège et que M. Laurent le nomme successeur. « Marchais a désigné Hue. Hue a désigné Buffet. Buffet a désigné Laurent. Cela s’est toujours bien passé », rappelle-t-il. Avant de lancer une invitation à M. Laurent : « Je voudrais que l’on se voie, qu’on en parle ensemble. »

Les cartes sont donc dans les mains de Pierre Laurent qui, en fin connaisseur des arcanes de son parti, juge qu’il est urgent d’attendre. Surtout qu’une deuxième bataille va désormais avoir lieu : celle des amendements du texte sorti en tête. Cela se fait à la base, par les militants. Et la direction voit les choses en grand, au risque de dénaturer le Manifeste pour un communisme du XXIe siècle, titre de la « motion » Chassaigne-Roussel. « Il y a de grands blocs qu’il faut éclaircir : l’international, la question européenne et la situation politique en France, souligne Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF. On est tous d’accord sur la nécessité de s’attaquer à l’effacement du parti et de réaffirmerson identité. Mais on peut avoir des différences sur les méthodes. » Fabien Roussel avertit : « On peut modifierenrichir le texte mais on doit rester dans l’orientation générale. »

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Dans ce duel à fleurets mouchetés, les tenants du texte « Pour un printemps du communisme » (11,95 % des voix), qui défendent une stratégie d’union de la gauche antilibérale, notamment avec La France insoumise, ont les mots les plus tranchants. Frédérick Genevée estime ainsi que le PCF « est divisé, qu’il n’a plus de majorité ». « On doit avoir un débat sur les idées. Or on bataille sur les commissions… On ne se relèvera pas comme ça. Il y a un risque d’éclatement », poursuit-il. Le chemin semble encore long pour les communistes avant leur congrès fin novembre, à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne).

 
 

Intervention de Denis Durand au Conseil national du PCF du 13 octobre 2018.

Un grand avantage de la base commune que nous avons adoptée la semaine dernière est qu’elle se prête particulièrement bien à un profond débat sur la réorientation politique du Parti. C’est une chance qu’il faut saisir en prenant au sérieux le vote des communistes et sa signification, et en ne décidant pas à leur place de la teneur des débats qu’ils vont avoir dans les semaines à venir.
Nous allons vers une crise financière, économique, sociale, écologique, qui aura des conséquences terribles pour les habitants de la planète. On le discerne déjà sur le plan social mais aussi sur le plan politique avec la montée du fascisme des deux côtés de l’Atlantique et jusque dans notre pays. Face au désarroi politique et à la démoralisation, la présence d’un Parti communiste décidé à lutter, à affirmer ses idées, avec un cap clairement fixé, sera déterminante, comme dans d’autres périodes noires de notre histoire.

 

Le GIEC annonce que pour limiter à 1,5 degré le réchauffement climatique, il faudrait 2 400 milliards de dollars d’investissements par an dans l’énergie, les transports, la construction, l’industrie d’ici à 2035, soit 2,5 % du PIB mondial chaque année. Il s’agit de dépenser beaucoup d’argent tout de suite pour développer de toutes nouvelles productions et de nouvelles façons de produire, de nouvelles industries, de nouveaux métiers, de nouveaux emplois qui nécessiteront beaucoup de formation, et qui auront des effets positifs pendant des décennies, au-delà du XXIe siècle. Mais cet argent, on en a besoin tout de suite. Où le prendre ? Sur les marchés financiers, en proie à une instabilité face à laquelle le FMI lui-même ne cache plus son inquiétude ? Comme le dit notre base commune de discussion, « Les marchés financiers, les grands actionnaires et le grand patronat imposent une logique de financement et de gestion qui soumet les entreprises à la domination du capital. Pour imposer une tout autre logique, nous voulons prendre le pouvoir sur l’utilisation de l’argent des entreprises (profits), de l’État (fond publics), des banques (crédit), des assurances (épargne). Au lieu de servir les profits, le coût du capital, l’évasion fiscale, cet argent doit financer les investissements efficaces, l’emploi, la formation, la recherche, l’écologie, l’égalité femmes-hommes, etc. Il doit aussi financer les services publics dans les territoires au lieu de laisser la dette publique sous la coupe des marchés financiers. Cet axe de transformation concerne tous les niveaux d’intervention : régional, national, européen et mondial » [Base commune de discussion, p. 13, lignes 38 à 48].

L’Europe, et l’euro qui est le cœur d’une construction européenne au service des marchés financiers, est un lieu de pouvoir déterminant dans la bataille pour prendre le pouvoir sur l’argent. « Nous voulons changer l’Europe pour une autre mondialisation » [Base commune de discussion, p. 16, ligne 48]. La réponse à l’urgence climatique est donc un enjeu majeur de la bataille « pour mobiliser la monnaie au service de l’emploi, des services et biens publics et de la protection sociale, et donc pour un autre rôle de la BCE » [Base commune de discussion, p. 16, lignes 40-41]. Et donc de la bataille pour les élections européennes.

Mettre en avant ces propositions de la base commune que les communistes ont choisie en toute connaissance de cause, réaffirmer les idées communistes et la place du Parti communiste dans la bataille politique, ce sera nous ouvrir la possibilité d’un rassemblement avec des forces extrêmement diverses. Mais ce que nous apportons à ce rassemblement – à la différence, par exemple, de Nicolas Hulot, dont l’action politique était vouée à l’échec pour cette raison – c’est que nous désignons l’adversaire : le capital. « L’exigence d’expansion du capital met radicalement en cause notre environnement, l’écologie, et met en danger l’espèce humaine » [Base commune de discussion, p. 8, lignes 12-13]. Et c’est la nécessité de son dépassement qui fait l’actualité du communisme. Car ce sont les idées communistes qui permettent le rassemblement, et non pas la pratique suivie ces dernières années qui s’est limitée à une conception très peu ambitieuse de l’« initiative communiste ».

Les premières réactions dans le milieu syndical depuis l’adoption de notre base commune montrent l’attente qui existe dans ce domaine, et elles montrent que nous avons commencé à y répondre.
Au sein même du PCF, les choix de la base commune rassemblent déjà une large majorité des communistes, bien au-delà des 42 % qui ont voté pour cette base commune. Les débats préparatoires au congrès à partir de la base commune pour l’enrichir et en concrétiser les choix doivent permettre à tous les communistes de participer aux décisions et à leur mise en œuvre effective.
C’est une des dimensions principales de la campagne permanente que notre base commune propose de mener sur le coût du capital. « Jugée nécessaire par une écrasante majorité de communistes, cette campagne serait transversale à nos différentes batailles communistes, sociales comme sociétales, et les renforcerait » [Base commune de discussion, p. 19, lignes 50-51].
L’enjeu des débats sera non pas de chercher un compromis pour parvenir à une majorité de 50 % mais de réunir tout le Parti, dans l’action, vers le cap fixé par le vote de la base commune.
Tout se passera bien si chacune et chacun d’entre nous, dans l’exercice des ses responsabilités propres, respecte les choix des communistes. Je souhaite que nos débats d’aujourd’hui aident tout le monde à bien prendre conscience de cette réalité.

 
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Publié par le octobre 14, 2018 dans Congrès du parti 2018, POLITIQUE