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Archives de Catégorie: Congrès du parti 2018

Congrès du PCF : Pourquoi je ne suis pas allée à la réunion fédérale du 17 avril, ce que je propose à ma cellule

Le 6 avril 2018 sur Public Sénat, Benoît Hamon, déclare : « il faut fabriquer très vite une solution politique qui dise clairement que Bachar al-Assad ne peut pas être dans cette solution ».

Super le mot « fabriquer » !!!!

Interrogé sur France Inter le 11 avril 2018, Benoît Hamon a affirmé qu’il soutiendra Emmanuel Macron « s’il fait ce choix ».

Et c’est avec ce va-t-en guerre que La direction du PCF nous propose de constituer des listes communes pour les Européennes? je ne sais pas quelle mouche l’a piqué mais Pierre laurent semble investi d’une mission, celle non pas de se préoccuper de son parti, des conditions de son renforcement, mais de faire sa propre popularité auprès des bobos en apparaissant comme le sauveur de la « gôche » dont plus personne ne veut. je peux paraître dure en disant cela, mais je ne fais que remettre en cause la manière dont est menée une fonction de direction.

Sur l’Europe Bernard Hamon a exactement les mêmes positions que Macron comme d’ailleurs sur la frappe en Syrie qui est dans la même logique poussée jusqu’au bout celle de l’OTAN, celle de la vassalisation aux USA. Et je ne parle même pas d’autres gauches chez les verts dont la position est celle d’un Cohn Bendit. Quel sera le contenu proposé au Français d’une telle liste « d’union »?

Ceci explique la déclaration indécédente de la direction du PCF à propos de ces frappes en Syrie, une fois de plus cette direction opère une fuite en avant en disant « Union. Union », sans contenu . Ce faisant le plus grave me paraît être le viol de  l’esprit même de la préparation du Congrès en nous imposant une solution qui interdit tout débat. J’espère de tout coeur qu’elle sera repoussée par les militants.Mais dans ma fédération je ne me fais aucune illusion.

C’est la raison pour laquelle hier je ne me suis pas rendue au débat de la fédération 133 du PCF sur la préparation du COngrès.

je me félicite de l’esprit dans lequel jusqu’ici ce congrès a été préparé, de ma cellule à la fédération, il y a un véritable débat ouvert et fraternel. je me félicite de la manière dont ce Congrès est préparé dans la participation aux luttes, comme je me félicite de l’action et des déclarations des députés communistes. La seule chose qui aurait pu me décider d’ailleurs à participer à cette réunion aurait été d’y proposer l’organisation d’une pétition collective portée auprès des rédactions de télévision pour dénoncer le silence autour des déclarations et votes de nos représentants au parlement.je le ferai à partir de ma cellule vendredi.

Si je n’y suis pas allée c’est parce que je connais les qualités et les défauts de ma fédération. A partir du moment où le secrétaire national a pris une position on la suit et ils suivront n’importe quoi et n’importe qui pourvu qu’il leur paraisse l’émanation du collectif PCF.Il est vrai que ce choix désastreux aux Européennes s’inscrit dans la logique du choix non moins désatreux de la candidature de melenchon, déjà opposée aux seules primaires à gauche qui a rendu le précédent congrès totalement inutile. je vais continuer à me battre à leur côté et la sagesse venant avec l’âge, le leur et le mien, j’espère qu’un jour nous dépasserons cet intéressant blocage.

Personnellement je considère que quand on veut redresser une force politique, il y a quelques incontournables: la première est de penser une stratégie non d’élections en élections, mais disons au minimum sur une dizaine d’années et plus si possible, surtout si l’on considère le monde en plein bouleversement qui est le notre. La seonde nécessité est de repartir sur les fondamentaux et non sur ceux des autres ou des gadgets, parce que cela c’est la fuite en avant.Ca sent le sapin. Donc je me prononce aux européennes sur une liste ouverte aux travailleurs en lutte et transeuropéenne avec d’autres partis frères comme le parti communiste portugais. Ce qui nous contraindra à une ligne de sortie de l’OTAN et de dénonciation de l’euro.

Par ailleurs, je m’en espliquerai par ailleurs, je propose que le PCF se donne une doctrine plus affirmée face à al nouvelle loi de programmation militaire et sa politique de « modernisation » alors que ce sera seulement en juin que la commission de l’Assemblée rendra sa mission d’information sur le nucléaire. Il s’agit en effet pour notre parti de s’interroger sur l’évolution de la « dissuasion », sécurité des français ou défense des intérêts impérialistes? Et à quel coût? Comme d’ailleurs sur la question d’une Europe de la Défense chère à Macron, avec une augmentation des budgets militaires pour chaque Etat, en matière nucléaire. Sur ce point, comme sur les questions internationales, les « chantiers » du Congrès sont étrangement limités.

Donc 1) je propose de poursuivre le débat fraternel et sur le fond, sans voir dans la proposition de la direction un diktat, mais considérer que le Congrès est souverain.
2) dès maintenant de lancer une action nationale de protestation contre l’omerta dont nos députés sont victimes de la part des télés.
3)je propose une ligne offensive concernant l’OTAN et l’Europe telle qu’elle est, l’euro en particulier, la militarisation du contienent européen, les dangers nucléaires,l’austérité obligatoire et les privatisations imposées ainsi qu’une liste avec d’autres partis communistes européens et pas quelques ventres mous comme Syriza en grèce qui est devenu un symbole d’alignement.

Danielle Bleitrach

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le vote au conseil de sécurité et l’autonomie d’un parti communiste

La résolution russe vient d’être rejetée au conseil de sécurité de l’ONU siégeant en urgence.Pour Chine, Russie, Bolivie, abstention pour le Kazakhstan .C’est pourquoi il faut à la fois se référer à l’ONU mais aussi ne pas limiter la position d’un parti communiste à la seule volonté de l’ONU, surtout du Conseil de sécurité.

On comprend que le rôle des députés communistes soit d’insister sur le non respect de l’ONU, et surtout de dénoncer le fait que Macron a méprisé non seulement l’ONU mais la représentation nationale,  mais le PCF a une politique propre anti-impérialiste qui ne se limite pas au repect des décisions de l’ONU.

Il me parait un peu étonnant de devoir rappeler de telles évidences.

danielle Bleitrach

 

Précisions à propos de ma critique de la position de Pierre Laurent sur la guerre:

je n’ai jamais dit que Pierre Laurent avait demandé une intervention militaire (manquerait plus que ça), j’ai publié ses propos tels que les rapporte Challenge et je les ai critiqué ce qui est mon droit le plus absolu, en disant qu’ils venaient de fait en appui de la position de Macron.

. »Pierre Laurent, secrétaire général du PCF: « Il faut bien sûr stopper l’utilisation de ces armes chimiques, elle aurait déjà dû l’être (…) L’enchevêtrement de l’action des différentes grandes puissances dans la région rend la situation extrêmement préoccupante. Il faut continuer de ne pas dissocier une éventuelle action militaire de l’effort politique pour stopper la guerre car on ne résoudra pas cette situation uniquement par des actions de ce type (des frappes, NDLR); la preuve, on en a déjà conduites. (Le soutien du PCF à d’éventuelles frappes) dépend des conditions dans lesquelles est menée cette opération. (Hors cadre de l’ONU) c’est un problème (…) A priori, non, (le PCF ne soutiendrait pas une action hors de ce cadre). C’est pour ça que je dis qu’il faut trouver des solutions politiques dans la durée dans le cadre de l’ONU ». (sur RTL) »

Je suis parfaitement d’accord avec la déclaration du Mouvement de la paix qui présente quelques ressemblances, mais aussi des différences importantes avec les propos embarrassés de Pierre Laurent, notez : « le soutien du PCF à d’éventuelles frappes dépend des conditions dans lesquelles est menée cette opération (hors cadre de l’ONU c’est un problème ». Trouvez vous cette affirmation satisfaisante? mobilisatrice ? Moi non…

Il ne met pas en doute l’utilisation des armes chimiques (elles auraient dû être stoppées) donc il valide plus ou moins. Il aurait du se contenter de dire que le PCF était contre les armes chimiques.

Au positif on peut penser que Pierre Laurent subordonne tout appui de l’intervention à l’oNU, mais sans préciser l’essentiel, c’est-à-dire l’exigence d’une commission indépendante de l’ONU pour inspecter la situation, ce qui est la position des Russes et des Chinois. Donc il faut remettre en cause l’affirmation de Macron sur la « preuve » et Pierre Laurent aurait dû citer les nombreuses fausses preuves sur lesquelles se sont constituées les coalitions, il aurait dû dire que dès aujourd’hui le projet de frappe s’appuie sur des preuves inexistantes et sur une absence de mandat de l’ONU, donc le pCF est résolument contre et propose une mobilisation contre cette aventure très dangereuse.

Il articule bien sûr solution diplomatique et intervention, mais c’est la position de Macron, alors que le Mouvement de la paix substitue à l’intervention la négociation.

Un dirigeant du PCF pourrait même considérer que comme une majorité de pays et de partis communistes, « la preuve » est de l’ordre de celles qu’on nous a déjà infligées en Irak et en Libye et qu’il s’agit d’une volonté impérialiste dont on ne sait pas où elle s’arrêtera, mais en restant sur la base minimum qui est celle du mouvement de la paix, comme ce dernier , il aurait du insister sur l’exigence de négociations (que ne cessent de torpiller les Etats-Unis, la France et la Grande bretagne)

En tant que parti politique engagé dans les luttes en France, Il aurait  du dénoncer les institutions de la Ve république qui font qu’à l’inverse des USA, un président peut décider sans le moindre contrôle et sans la moindre explication de rentrer en guerre. Et y compris noter le coût d’une telle opération illégale et dangereuse alors que partout en particulier dans nos hopitaux, dans les maisons de retraite, dans l’éducation on souffre d’une destruction du service public.

Voilà ce que Pierre laurent n’a pas dit et ce faisant non seulement il a démobilisé une combat pour la paix mais n’a pas éclairé la logique globale de la politique du Macron,

la question que me pose le message pour le moins brouillé de Pierre Laurent est de savoir si comme Robert Hue et la liste Bouge l’Europe nous allons raconter n’importe quoi sur l’intervention en Yougoslavie. Si comme Jacques Fath, nous allons de fait appuyer cette intervention, comme ce responsable à la politique internationale appuyait de fait l’intervention en Libye.

https://www.humanite.fr/26_03_2011-libye-l%E2%80%99intervention-est-elle-justifi%C3%A9e-468744
Et ce alors même que le député communiste Roland Mazeau la position de dénonciation de l’intervention avait été courageusement défendue par le PCF à l’Assemblée nationale (il n’y avait pas eu de vote puisque l’expédition ne devait pas excéder 4 mois)?

voici de nombreuses années que le message du PCF est inaudible. sans doute parce que nous sommes subordonnés à des alliances de sommet.

Il s’avère que j’ai une sensibilité particulière aux questions de la guerre et de la paix. J’ai voté pour la premoière fois pour Mélenchon à la suite de son discours de Marseille sur la paix et je suis rentrée dans une vraie opposition à Robert Hue à la suite de la liste Bouge l’Europe qu’il avait monté alors qu’il y avait la guerre en Yougoslavie, une liste dont la moitié des membres étaient contre l’intervention de l’OTAN et l’autre voulait envoyer les troupes de l’OTAN et nous mêmes combattre les Serbes au sol. Tout peut être rattrapé sauf la guerre, les morts, surtout si comme aujourd’hui derrière le régime syrien il y a la recherche d’un affrrontement entre puissance nucléaire.

J’ai connu un parti communiste fondamentalement attaché à la paix, à la dénonciation du danger nucléaire et un dirigeant du PCF qui n’est pas clair dans ce combat ne correspond pas à ce que j’attends , je le dis simplement  sans rien attendre d’autre de ma prise de position qu’une rectification de ligne.

le seul élément que nous avons pour intervenir en Syrie, c’est l’affirmation de Macron: nous sommes surs qu’il y a eu attaque chimique de la pârt du gouvernement syrien.
Tout plaide pourtant à l’encontre de cette affirmation. Et hier toute la journée dans le cadre de la promotion du livre de hollande, nous avons eu droit à la démonstration que Macron était capable de mentir sans le moindre état d’âme au point que Hollande s’est fait rouler dans la farine malgré l’évidence.

Quand aux deux autres, TRump et théresa May oserais-je dire que personne n’a confiance en eux…

Il fut un temps où le pCF aurait considéré de son devoir de dénoncer une telle affaire.

C’est là tout ce que je dis et il est extraordinaire qu’il se trouve un communiste pour m’accuser de cultiver une culture d’opposision à la direction.

Certains vont même jusqu’à m’inventer un passé d’éternelle opposante.  C’est un mensonge éhonté… de la diffamation.

J’ai adhéré en 1956 et je n’ai pas eu le moindre désaccord jusqu’en 1996, j’étais un membre du CC particulièrement disciplinée et quand je me suis sentie en désaccord en 1996, j’ai quitté le CN parce que je considérais qu’un membre du CN devait porter la politique du parti et pas la sienne. je me suis toujours prononcée contre les tendances et encore aujourd’hui, je dis ce que j’ai à dire dans ma cellule, mais je ne tiens à prendre la tête d’aucune fronde et je me suis recemment battue pour que nous construisions ensemble une base commune.
je suis en parfait accord avec les luttes et la manière dont les députés communistes, les élus, les militants s’y impliquent, j’y prend ma part.
Mais il est vrai que je pense que notre parti n’a pas une direction digne de ce nom, cela ne concerne pas seulement le secrétaire mais tout le fonctionnement des instances nationales, y compris l’exécutif et le conseil national, je souhaite que le Congrès pousse la réflexion en ce sens.

danielle Bleitrach

 

Elections Européennes de 2019 : intervention de Denis Durand

 une intervention qui a le mérite de dénoncer les pailnodies des la direction sur l’Europe… Elle fait partie (une simple abstention face à ceux qui ont eu le courage de s’opposer) de ceux qui ont critiqué la résolution mise en débat dans un comité national réuni à moins de la moitié de ses participants…

Publié le par Front de Gauche de Pierre Bénite

Elections Européennes de 2019 : intervention de Denis Durand

En 2005, le « non » au traité constitutionnel est resté minoritaire tant que le « non de gauche » n’a été porté que par la petite gauche antilibérale. Il est devenu majoritaire quand la CGT – c’est-à-dire le monde du travail – s’est prononcée pour le non.

Le monde du travail, aujourd’hui majoritairement replié sur l’abstention, c’est un terrain sur lequel le Parti communiste peut et doit être particulièrement efficace pour aider à gagner les luttes qui sont en train d’y prendre de la force.

Il est indispensable que dans la campagne des européennes soit présente une liste porteuse du combat pour conquérir, contre les marchés financiers et les politiques nationales (Macron) et européennes (la BCE) à leur service, les moyens financiers d’une Europe au service des êtres humains (sécurisation de l’emploi et de la formation), d’une Europe agissant pour l’égalité femme/hommes, d’une Europe qui aide à répondre au besoin de nouveaux services publics au lieu de les étouffer sous l’austérité budgétaire, d’une Europe pour réussir la transition énergétique et écologique, d’une Europe hospitalière envers les migrants, ouverte aux coopérations avec le reste du monde, agissant pour la paix et pour le codéveloppement.

Il faut une liste qui combatte clairement le projet fédéraliste de Macron. Une liste qui s’attaque au cœur de la construction européenne depuis le traité de Maastricht – la banque centrale prétendue indépendante et en réalité inféodée aux marchés financiers – au lieu de fuir le combat par des discours « attrape-tout » agitant à la fois un « plan B » de sortie de l’euro pour séduire les souverainistes et un « plan A » pour rassurer l’écrasante majorité des Français qui est opposée à cette aventure.

C’est indispensable pour le rassemblement à gauche. Ce rassemblement est refusé par tous nos interlocuteurs aujourd’hui. Croit-on un instant que nous aiderons à sa réalisation si nous nous contentons d’appels à l’unité, sans aller au combat avec nos idées ? Quand le ferons-nous si ce n’est à ces élections, qui sont à la proportionnelle nationale et où les idées seront décisives, d’abord pour combattre l’abstention ?

C’est le sens de la pétition pour prendre le pouvoir sur la création monétaire de la BCE. Pas une décision sans lendemain pour faire plaisir à la commission économique mais un moyen – qu’il faut organiser – de rassembler les communistes dans l’action, au cœur des luttes actuelles pour les services publics et pour l’emploi.

Mais le rapport propose une méthode différente : tout miser sur la recherche d’une plate-forme d’entente avec « toutes les forces opposées à Macron », auquel cas que deviennent nos propositions sur l’argent, sur la BCE ? Elles seraient renvoyées à une « campagne autonome », comme pour l’élection présidentielle de 2017 ?

Les communistes ne peuvent pas adhérer à une telle présentation des choses. Pourtant, dans la pratique, c’est cette méthode qui se met en œuvre puisque même la désignation de quatre porte-parole est repoussée au mois de juin, pour le mieux. On a l’impression de revivre le processus qui nous amené à la catastrophe électorale de l’année dernière.

N’allons pas à reculons aux élections européennes. Allons-y pour changer l’Europe, pour une autre mondialisation ! On nous dit qu’il n’y a pas assez d’espace, entre Macron et Mélenchon, pour nous permettre d’obtenir le million de voix qu’il faut pour avoir des élus. Mais le problème qui nous est posé, c’est d’élargir l’espace d’une alternative de classe à l’Europe fédérale et néolibérale que veut Macron, et que nous nous sommes les seuls, pour l’instant, à occuper !

C’est en montrant dès à présent que nous sommes prêts à mener campagne, avec notre liste, sur cette proposition politique, que nous pourrons peut-être faire évoluer la situation à gauche et que nous nous donnerons les moyens de redonner à notre parti la place qu’il devrait avoir dans la vie politique.

Denis Durand

 
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Publié par le avril 9, 2018 dans Congrès du parti 2018

 

Critique de la résolution du Conseil National du PCF concernant les élections européennes par Nicolas Maury

 Hier soir , réunion de cellule, nous étions une douzaine, le débat a été très intéressant, contradictoire, personnellement j’avais la même position que celle de Nicolas Maury ci-dessous, mais nous étions tous convaincus de parler à partir d’une position commune donc il n’y avait aucun procès d’intention. Personne n’avait lu la résolution.  C’est je pense ce qui caractèrise le débat chez les communistes et qui permet une avancée, ça et la participation aux luttes. Nous sommes tout le temps sur le pied de guerre en soutien des cheminots, jeudi soir, ce samedi matin et mardi . C’est notre base unitaire et fraternelle (note de Danielle Bleitrach)

C’est une nouvelle catastrophe politique et électorale qui s’annonce si cette résolution du Conseil National du PCF est adoptée par les communistes. Pourtant tous les indicateurs sont là pour construire une véritable réflexion politique et communiste sur la question européenne, sans tomber dans les travers « pro ou anti-UE ». En l’Etat ce texte ne tire aucune leçon des montées du populisme et de l’extrême droite en Europe, ne tire aucune leçon de la construction européenne et ne tire aucune leçon de nos échecs stratégiques depuis 1979. En plus d’une naïveté affligeante, ce texte reste dans la lignée d’une fausse radicalité niant le rôle d’un Parti communiste : Organiser le prolétariat et prendre le pouvoir

Un peu d’histoire en préambule

« Depuis les premiers pas de la construction européenne jusqu’à aujourd’hui, en passant par Maastricht, l’Acte unique ou le Non au référendum de 2005, les communistes se sont toujours opposé•e•s à la mainmise des intérêts du capital sur la construction européenne, rendue possible par les dirigeants politiques libéraux. Nous alertions alors sur les risques de la crise économique, sociale, écologique, politique et même civilisationnelle vers laquelle cette conception nous menait. »

C’est historiquement faux, et dangereusement révisionniste, les communistes se sont opposés à la construction européenne et je vous invite à (re)lire ce document du PCF contre le « plan Schumann » (CECA 1951) et cela jusqu’au virage réformiste aux mots d’ordres de « la réorientation progressiste de la construction européenne ».

Lors des premières élections européennes (1979), le PCF, dans son manifeste « Pour une France indépendante, une Europe démocratique », dénonce « L’élargissement et l’intégration dans l’Europe supranationale conduiraient notre pays au déclin, à la dépendance, à ne plus être qu’une province secondaire de l’empire américano-germanique. Comme en 1938 pour dénoncer la trahison de Munich, comme dans la résistance à l’occupation nazie, comme en 1954 dans la lutte pour empêcher la création d’une armée européenne sous commandement allemand et américain, le Parti communiste se dresse contre l’entreprise de régression sociale et de capitulation nationale. Il appelle au combat tous les travailleurs, tous les patriotes, ceux qui veulent une France écoutée et respectée, ceux qui veulent “vivre, travailler et décider au pays”.

Et aujourd’hui « Le PCF s’engage à offrir à notre peuple le choix de l’humain d’abord, du progrès social et écologique, celui du changement en France et en Europe, au service des intérêts populaires (…) Les communistes ne seront pas les témoins horrifiés de l’accélération de l’intégration européenne néolibérale ou de la guerre des nationalismes (…) C’est à travers d’intenses luttes pour la reconquête de pouvoirs sur les orientations de l’Union européenne, et pour le respect des souverainetés populaires et nationales que se situe la voie d’une refondation démocratique de l’Europe. »

L’intégration européenne peut compter sur le PCF et sa capitulation idéologique face à la bourgeoise européenne.

Critique de la résolution du Conseil National du PCF concernant les élections européennes

I- Une méconnaissance de la réalité européenne

A) Les objectifs de l’Union européenne sont atteints

Une structure au service des capitalistes et de la spéculation

L’Union européenne, n’est ni plus ni moins, que la créature issue de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (1951), qui n’avait pour but de « soutenir massivement les industries européennes du charbon et de l’acier pour leur permettre de se moderniser, d’optimiser leur production et de réduire leurs coûts ». L’objectif est atteint.

L’Union européenne, n’est ni plus ni moins, que la créature issue de la Communauté économique européenne (1957), qui n’avait pour but que de créer une union douanière (Marché commun européen) et des politiques communes en matière d’agriculture (PAC), de transports et de commerce extérieur. L’objectif est atteint (pour l’EURATOM c’est plus compliqué).

Enfin l’Union européenne est l’étape suivante (et espérons définitive) de la construction d’une superstructure capitaliste européenne, avec une union économique et monétaire dotée d’une monnaie unique : l’Euro, avec un marché intérieur de la « libre circulation des biens, des personnes, des services et des capitaux ».

Ainsi les modèles sociaux, et leurs services publics, sont lentement « libéralisés » (privatisés) et soumis à la « libre concurrence » (désengagement de l’Etat pour ne pas pénaliser le privé toujours plus cher et moins efficace).

Toujours plus de concurrence entre les travailleuses et les travailleurs des pays membres de l’UE

En 1951, le Parti Communiste Français estimait que la CECA provoquerait de grands dégâts économiques et sociaux dans l’industrie française : Suppression massives de postes, concurrence entre les ouvrier.e.s, atteintes aux droits des travailleuses et des travailleurs (et notamment aux droits à la protection sociale) et la fermeture des bassins miniers et industriels en France. En 2018, on constate que les analyses du PCF de 1951 se sont bien déroulées.

L’industrie française est laminée, les mines sont fermées, les emplois massivement supprimés, les régions industrielles sont ravagées par le chômage, la précarité et la misère (Nord-Pas-de-Calais, Picardie, Lorraine …). Et toutes les politiques mises en places depuis 1984 visent à s’attaquer aux droits du travail, à la protection sociale …

Concrètement, cela se traduit par le départ de l’appareil productif vers des pays à bas coûts de main d’oeuvre (Europe centrale, orientale) et ses délocalisations vers la Pologne, la Roumanie … L’élargissement de l’Union européenne vers les pays de l’Est permet ainsi de renforcer le capitalisme et la recherche d’une accumulation du capital plus grand.

Cela se traduit par des politiques européennes en faveur de cette situation :

– La Directive du 12 décembre 2006 relative aux services dans le marché intérieur, dite « directive Bolkestein.
– La Directive 91/440 relative au développement de chemins de fer communautaires (privatisation du rail, ouverture à la concurrence …).
– La Directive concernant les marchés d’instruments financiers (2004) qui renforce les pouvoirs des marchés financiers.
– La Directive concernant le détachement de travailleurs a défini des règles adoptées en 1996 (Directive d’exécution 2014/67/UE).
– La négociation des traités commerciaux internationaux, sans transparence, sans compte à rendre (TAFTA, CETA …).

Le capitalisme est la norme de base et les institutions sont organisées comme tel 

Il faut se replonger dans l’analyse des textes marxistes e rapport infrastructure/superstructure pour comprendre que toutes les institutions européennes sont crées pour le capitalisme et dans l’intérêt du capitalisme.

Ainsi la CECA va se doter d’une Haute Autorité (composée de 9 membres), organe supranational chargé d’élaborer les politiques relatives au charbon et à l’acier. Un Conseil spécial des ministres représentant les 6 pays de la CECA est mis en place pour appliquer dans les décisions de la Haute Autorité, une Assemblée commune (dont seront exclus les communistes) donnera un faire-valoir démocratique à cette superstructure et une Cour de justice chargée de trancher les litiges éventuels (chargée de contrôler « le respect du droit dans l’interprétation et l’application du […] traité et des règlements d’exécution »).

Même schéma avec l’Union européenne. La Commission européenne (et son monopole de l’initiative législative) joue un rôle centrale dans le système capitaliste européen et est l’organe exécutif de l’Union. Elle se charge de l’activité quotidienne de l’Union (en indépendance des Etats membres) et a la tâche de surveiller l’application des lois et des traités dans les Etats-membres. Le Parlement européen, sensé représenter les choix des électrices et des électeurs européen.ne.s est en réalité une coquille vide, une simple chambre d’enregistrement, à la différence du Conseil européen (réussissant les chef.fe.s d’État ou chef.fe.s de gouvernement).

L’UE dispose d’une Cour de justice de l’Union européenne, dont le rôle est d’assurer que le droit communautaire est appliqué de la même façon dans tous les États et de mettre fin aux disputes en matière légale entre les institutions et les États.

Et à la différence de la CECA, l’Union européenne dispose d’une Banque centrale européenne, chargée d’émettre l’euro en tant que monnaie commune et unique de l’Union économique et monétaire, de définir les grandes orientations de politique monétaire de la zone euro et de prendre les décisions nécessaires à sa mise en œuvre, en toute indépendance de tous les pouvoirs politiques et démocratiques. Elle ne répond de ses actes devant personne et pire, elle assume un rôle central dans la supervision et le contrôle des principales banques d’États européens via le mécanisme de surveillance unique depuis novembre 2014.

A côté de cela, se trouve une Cour des comptes européenne, toujours indépendante, qui examine la légalité et la régularité des recettes et des dépenses de l’Union européenne, et s’assure de la bonne gestion financière des fonds communautaires.

On peut voir là des structures « technocratiques », mais se sont surtout des structures nécessaires au capitalisme européen pour développer sa plus-value dans un espace de 511 millions de personnes.

B) Les leurres d’une Europe sociale ne trouvent plus d’échos, d’où la crise d’adhésion à l’idée européenne 

Il y a une véritable crise d’adhésion à l’idée européenne. Malgré certains dispositifs populaires (Erasmus, circulation sans visa …) les peuples d’Europe ne s’y retrouvent pas.

Les forces qui portent cette idée d’Europe sociale mentent. Pourquoi ?

Il y a eu tellement de promesses concernant la construction d’une Europe sociale qu’aujourd’hui ce terme fait grincer des dents. les premiers furent les partis sociaux-démocrates. Et il y en a eu des hommes de « gauche » à la tête des structures européennes :

– Les présidents de la Commission : Sicco Mansholt (Parti travailliste – PVDA), Roy Jenkins (Labour), Jacques Delors (Parti socialiste).
– Les présidences du Conseil de l’Europe : Erkki Tuomioja (Parti social-démocrate de Finlande), Douglas Alexander (Labour), Jack Straw (Labour), Jean Asselborn (Parti ouvrier socialiste luxembourgeois), Giórgos Papandréou (PASOK), Anna Lindh (Parti social-démocrate suédois des travailleurs), Hubert Védrine (Parti socialiste), Jaime Gama (Parti socialiste – Portugal) …
– Les présidence du Parlement européen : Martin Schulz (SPD), Josep Borrell Fontelles (PSOE), Piet Dankert (PVDA), Enrique Barón (PSOE), Klaus Hänsch (SPD).

La sociale démocratie a longtemps été majoritaire dans les pays de l’UE et dans les institution. Et qu’elles furent les actions menées ? Plus de libéralisme, plus de privatisations, plus de casse des droits sociaux. Il y a un consensus dans les grandes forces politiques européennes (PPE, ALDE, PSE) : renforcer le marché unique, élargir ce dernier et l’enrober de petites avancées sociétales.

Notre discours politique, et celui du Parti de la gauche européenne, est le même que celui de la sociale démocratie européenne.

La montée des populismes et des forces d’extrême-droites sont la conséquence de cette situation

Les populismes et les extrêmes-droites se nourrissent de ces échecs et des non-actions européennes. Les condamner, les dénoncer c’est important, mais il devient urgent de comprendre cette percée et surtout de comprendre pourquoi les Partis communistes (et progressistes) ne parviennent pas a incarner une alternative crédible ?

Combien de pays sont tombés dans les mains de l’extrême droite et du populisme ? La Pologne, la Hongrie, l’Autriche, l’Italie … La liste se rallonge et nous n’avons d’analyse sur la situation, nous n’avons pas de grille d’étude, ni de revendications crédibles a opposer aux personnes qui portent le même discours que ces gens là.

Il est difficile dans un paragraphe d’analyser cette situation, un travail profond doit être mené et des pistes existent, notamment avec deux exemples, l’un chypriote, l’autre grec.

Les échecs des gauches radicales

Beaucoup d’organisations progressistes européennes luttent pour instaurer des gouvernements alternatifs, ces organisations se regroupe (majoritairement) au sein du Parti de la gauche européenne (PGE). Dans certains pays, cette gauche est arrivée au pouvoir. Le point commun : S’écraser sur le mur de l’austérité européenne et se retrouver dans l’incapacité de mener une politique de gauche (ou progressistes).

Il y a deux situations qui illustrent les échecs de la Gauche européenne : L’exemple chypriote avec Dimitris Christofias (Parti progressiste des travailleurs – AKEL) et l’exemple grec avec Alexis Tsipras (Syriza).

Dimitris Christofias est élu Président de la République de Chypre en 2008 avec 53.37% des voix. Pour la première fois, un pays membre de l’Union européenne sera dirigé par un communiste. Un espoir immense s’ouvre en Europe. AKEL (Parti progressiste des travailleurs) n’est pas un parti qui se revendique d’une idéologie post-communiste, il s’agit d’un parti Marxiste-Léniniste, qui veut construire le socialisme.

Le secteur financier de Chypre (comme c’est bizarre) se retrouve touché par une crise sans précédent suite aux défauts de paiements partiels sur la dette publique grecque en 2011 et 2012. Les spéculateurs européens et chypriotes vont s’attaquer à Chypre et son gouvernement AKEL.

Moody’s et Fitch, des agences de notations étasuniennes, déclassent la note financière de Chypre en 25 juin 2012. Ils reprochent à Chypre un trop important déficits budgétaire. Face à cette situation Dimitris Christofias appelle à l’aide l’Union européenne. Cette dernière lance son mécanisme européen de stabilité et son fonds européen de stabilité financière.

Le 25 juillet la Troïka (UE, BCE, FMI) accepte d’aider Chypre (sous condition) et le 30 novembre Chypre doit appliquer son premier plan d’austérité : coupes dans les salaires des services publics, dans les allocations, augmentation de la TVA, des taxes sur le tabac, l’alcool, l’essence, les jeux de loterie, l’immobilier, ainsi que l’augmentation des cotisations pour la sécurité sociale. En échange de ces sacrifices la troïka enverra 10 milliards d’euros (55 % du PIB de l’île) et demande qu’une taxe exceptionnelle sur les dépôts bancaires de 6,75 % jusqu’à 100 000 euros et 9,9 % au-delà soit établie. Le Parlement refuse.

Alors que le pays éprouve de plus en plus de difficultés à emprunter sur les marchés financiers, les négociations avec l’Union européenne pour une aide du mécanisme européen de stabilité de 17 milliards d’euros et des mesures d’austérité sont quasiment bloquées.

Le pays, qui a rejoint la zone euro en 2008 a vu sa dette publique exploser de 49 % du PIB à 83,3 % fin 20121 et son chômage doubler à près de 15 %. Les élections présidentielles du 17 et 24 février 2013 confirme le recul d’AKEL. Face à l’impopularité de son gouvernement dans un contexte de crise financière aigüe, Dimitris Christofias ne se représente pas et le candidat choisi par AKEL, Stávros Malás (42,52%), est battu par le candidat de la droite Níkos Anastasiádis (57,48%). Le candidat de la droite Níkos Anastasiádis estime urgente l’aide européenne et est prêt à renforcer l’austérité.

Ainsi la parenthèse communiste se referma sur Chypre. La principale erreur de Dimitris Christofias fût de laisser les banques chypriotes libre d’agir, de spéculer. Il a cherché à jouer selon les règles de l’Union européenne.

Le parlement chypriote, à la différence de la Vouli grecque, a refusé le premier plan d’austérité de la troïka. Cette situation s’explique par l’importance de l’AKEL (19 députés sur 54) a tenir une coalition hétéroclitique et a refuser l’austérité. Mais cette coalition, composée aussi de sociaux-démocrates, explosera rapidement.

Alexis Tsipras hérite d’un pays au bord de l’asphyxie, d’un pays socialement détruit, sous gestion des financiers (ceux là même qui ont coulé Chypre). Alexis Tsipras arrive au pouvoir avec un soutien important des grecs (36% des suffrages), soutien renforcé par un référendum populaire (5 juillet 2015). Il dispose aussi de l’investissement massif du Parti de la gauche européenne a ses côtés.

Le « grexit » devient la nouvelle arme de l’Union européenne pour contraindre le gouvernement grec de capituler. Sous l’impulsion allemande (et de son ministre des finances, Wolfgang Schäuble, et avec la docile complicité du gouvernement socialiste français, une véritable politique rétorsion est menée contre le peuple grec.

Alexis Tsipras, face aux blocages de la troïka fait preuve d’un courage immense. Il confit au peuple le choix de décider de son avenir : « Acceptez-vous le projet d’accord soumis par la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international lors de l’Eurogroupe du 25 juin 2015… » a cette question, 61,37% des grecs disent OXI (non).

Bilan : Le gouvernement Tsípras maintient les mesures d’austérité en Grèce. On connait la suite, plan de rigueur sur plan de rigueur, suppression du droit de grève … Tsipras a renoncé au combat et clairement il ne représente plus une alternative crédible.

La fausse opposition du capitalisme européen vs le capitalisme national

Le « Frexit », le « Frexit progressiste », le « Plan B », il porte plein de noms différents et surtout ne règle rien à la situation.

Passer d’une structure supranationale européenne à un retour au cadre national va t-il permettre de reprendre la main sur l’économie et la destinée de millions de personnes ? NON.
Abandonner un espace économique plus ou moins intégrer (avec un retour au Franc) va t-il permettre de relancer les politiques économiques et sociales ? NON.
Le « Brexit » s’accompagne t-il d’un retour de l’Etat-providence, d’un renforcement des droits salariés ? NON.

Pour la simple et bonne raison, que le capitalisme européen et le capitalisme national recherche qu’un seul et même but : l’accumulation du capital.

La solution repose sur la prise du pouvoir, le renversement du système capitaliste, et donc la construction d’une alternative communiste pour répondre à ces deux engeances. Le PRCF, l’UPR, le FN, l’UKIP (etc.), comme avec le mythe de l’Europe sociale, ne présentent aucune solution crédible, ni viable pour des millions de travailleuses et travailleurs.

Alors il faut réinventer un modèle, construire des scenarii, engager des combats, des réflexions et des stratégies.

II- La fausse démarche proposée aux communistes

En Amérique Latine, certains peuples auraient put intégrer l’ALENA, ou réorienter le MERCOSUR, ils ont préféré construire l’ALBA. Une idée pourtant totalement ignoré du scénario du PCF.

A) Toujours pas de critique des stratégies mises en place depuis les premières élections européennes (1979-2012)

Qu’est ce qui peut expliquer l’érosion du vote communistes aux élections européennes ?

Elections européennes de 1979 : 4.153.710 suffrages (20,52%) – PCF
Elections européennes de 1984 : 2.261.712 suffrages (11,20%) – PCF
Elections européennes de 1989 : 1.401.171 suffrages (7,72%) – PCF
Elections européennes de 1994 : 1.342.222 suffrages (6,89%) – PCF
Elections européennes de 1999 : 1.196.491 suffrages (6,78%) – Bouge l’Europe (PCF et autres)
Elections européennes de 2004 : 1.009.976 suffrages (5,88%) – PCF
Elections européennes de 2009 : 1.115.021 suffrages (6,48%) – Front de gauche
Elections européennes de 2014 : 1.252.730 suffrages (6,61%) – Front de gauche

Comment expliquer qu’entre 1979 et 2004 plus de 3 millions de voix ont été perdues ? Pourquoi ce travail de bilan de nos stratégies n’est pas mené ? Comme pour de nombreuses élections, et je pense à la dernière séquence électorale, il devient urgent de faire la critique de nos stratégies et de nos directions. De tirer des bilans critiques de nos actions et d’engager une profonde refonte de notre système d’analyse.

Naturellement notre orientation européenne n’explique pas le déclin du PCF. Elle vient de deux facteurs historiques a analyser :

1- Une période allant de 1976 à 1994 : Le déclin du communisme mondial, marqué par l’effondrement de l’Union soviétique et des pays socialistes. Et qui impact le PCF (abandon de la dictature du prolétariat, socialisme pour la France …) et ses stratégies (union de la gauche, participation au gouvernement, produisons français …).

2- Une période allant de 1994 à 2018 : Le déclin du communisme et son effacement idéologique dans le cadre de la « mutation » initiée par Robert Hue et continuée par Marie-George Buffet et Pierre Laurent (abandon du Marxisme-léninisme, abandon du socialisme et des stratégies de prises de contrôle de l’appareil productif – même cette période est enfin close – cogestion des institutions) et des stratégies qui en découlent (gauche plurielle, collectifs antilibéraux, Front de gauche …).

Pourquoi le Parti de la Gauche Européenne ne peut pas agir ?

Le Parti de la Gauche Européenne est une coquille vide, vide de sens, vide d’action et qui ne cherche en réalité pas grand chose. Il faut le dire clairement, ce PGE ne sert à rien. Pourquoi ?

1- Il ne vise pas la prise du pouvoir.
2- Il ne permet pas l’organisation de campagne trans-nationales.
3- Il ne permet pas de réimplanter des forces de gauche dans des pays où, par exemple, le communisme est illégal (Hongrie, Pologne, Pays Baltes), où les forces progressistes sont groupusculaires.
4- C’est une structure opaque. Et on ne sait pas comment il fonctionne (comment fonctionnent les directions, qui choisit les délégué.e.s lors des congrès, les ordres du jours, le financement …).

Donc le PGE est une coquille vide.

B) Que faire ? Quelle actions européennes ?

Elles nécessitent la prise du pouvoir dans les États membres. Ils restent la base du pouvoir décisionnaire européen.

Elles nécessitent une stratégie globale et donc une structure européenne capable de mener ce combat. Donc le PGE est disqualifié par sa structure inefficace, et son absence de réalité concrète.

Elles nécessitent de dépasser les contradictions du mouvement communiste européen. Et donc de (re)travailler des stratégies globales avec des partis communistes (même si certains nous haïssent), et des partis progressistes. Il faut créer une structure opérationnelle à l’échelle européenne, avec une véritable direction, avec une véritable démocratie, et un véritable plan d’action (avec des campagnes communes et collectivement menées).

C) 14 points pour quoi faire ? pour un véritable programme communiste !

L’Union européenne est au service de la bourgeoisie, il nous faut une construction au service des peuples et des travailleurs. Lénine ne prévoit pas en 1917 de réorienter les institutions tsaristes et de réformer ces dernières. Une nouvelle société est crée, reposant sur les Soviets. Pour l’Europe, il nous faut un scénario identique. Il nous faut faire du nouveau et pas un ripolinage d’institutions dévouées au capitalisme.

Nos buts doivent être précis, clairs, lisibles :

1- Nous voulons créer un espace de coopération entre des pays, des peuples, libres et souverains (ce qui permet de traiter le problème catalan par le dialogue et un choix populaire). Exigeons un haut niveau d’internationalisme, remettons les peuples au cœur des décisions et n’oublions pas que nous devons être au service du prolétariat, classe consciente et révolutionnaire. Bref nous voulons créer un espace où l’exploitation, le dumping, ne sont plus la norme.

2- Que élire des eurodéputé.e.s communistes c’est élire des personnes engagées dans la lutte pour les droits des travailleurs et des travailleuses, c’est la lutte pour gagner des conditions de vies dignes de Brest à Rēzekne. C’est la lutte pour le droit de vivre, de travailler et de décider, sans oppression, sans aliénations, sans exploitations.

3- Que élire des eurodéputé.e.s communistes c’est élire des personnes qui ont pour but de rassembler les luttes (et non des partis) et porter les revendications des classes ouvrières de tous les pays.

4- Que chaque voix obtenues sur notre liste doit permettre de faire grandir, en France comme en Europe, notre projet de coopération d’une Europe des travailleuses et des travailleurs, d’une Europe démocratique et de paix.

5- Que chaque voix obtenues sur notre liste doit permettre de faire reculer les forces du capitalisme, de la spéculation, de la réaction.

Bref, un projet révolutionnaire, communiste, qui reste à construire.

En guise de conclusion :

Il reste tout à faire, et le document proposé par le Conseil National du PCF est largement en dessous de toutes les attentes. Rien ne changera et, avec cette ligne là, le déclin du PCF continuera.

Enfin l’idée de rassemblement, de listes larges, doit partir de là et de ce programme minimum. Il faut cesser de mettre la charrue avant les bœufs et de prendre les électrices et les électeurs communistes pour des benêts. C’est aussi l’occasion de procéder à un véritable renouvellement des visages et des méthodes de campagnes.

 

 

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Publié par le avril 7, 2018 dans Congrès du parti 2018

 

Denis Durand : « La gauche devra opter pour des mesures de guerre économique »

  •  Oui et ces mesures radicales nécessaires supposent que nous arrêtions, enfin que Pierre Laurent arrête de tenter de nous fourguer à tous propos le leadership d’une union de la gauche dans laquelle le PCF ne serait qu’une force d’appoint, voir un retour au Congrès de Tours, qu’avec ses complices qui ne représentent rien comme Besancenot, il arrête d’insister là dessus, pour poser la question du parti capable de cette option de la guerre économique. Tout pourtant démontre que le peuple français va bien au-delà de ces manoeuvres de sommet. Pourquoi Poerre Laurent s’obstine-t-il? (note de Danielle Bleitrach)
ENTRETIEN RÉALISÉ PAR CLOTILDE MATHIEU
LUNDI, 27 MARS, 2017
L’HUMANITÉ

Denis Durand, économiste, syndicaliste à la Banque de France. Photo : Francine Bajande

Denis Durand, économiste, syndicaliste à la Banque de France. Photo : Francine Bajande

Pour Denis Durand, économiste et syndicaliste CGT de la Banque de France, un gouvernement de gauche ne pourra pas faire dans la demi-mesure s’il veut mettre au pas les marchés financiers et les banques.

L’étude d’Oxfam (lire ci-contre) confirme que les grandes banques européennes réalisent plus de 25 % de leurs bénéfices dans les paradis fiscaux. D’autres éléments vous ont-ils également interpellé ?

Denis Durand On voit que les grandes banques organisent non seulement l’évasion fiscale de leurs clients, mais aussi celle de leurs propres profits. Elles sont le noyau de l’évasion fiscale. Tout passe par elles. L’obligation de transparence de leur activité va avoir un effet très fort dans le débat public. Il faudrait l’étendre à l’ensemble de l’activité des banques. Aux États-Unis, il est possible de connaître le détail des activités bancaires au niveau local. Quartier par quartier, les citoyens peuvent être informés des crédits, des dépôts réalisés par chaque établissement bancaire. Cela n’est pas sans effet sur leur comportement. L’étude d’Oxfam peut être un point d’appui pour exiger ce type d’extension.

Quelle analyse portez-vous sur le programme des candidats à la présidentielle ?

Denis Durand En matière d’économie, Emmanuel Macron et François Fillon sont dans une forme de continuité. Quant à Marine Le Pen, sa seule proposition contre la finance est démagogique. Face à la sortie de l’euro, qu’elle préconise, les banques ne manqueront pas de délocaliser une partie de leurs activités et du capital. Cela à l’encontre des intérêts des salariés français.

Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon proposent le vote d’une loi de séparation bancaire, qu’en pensez-vous ?

Denis Durand On peut très bien concevoir une séparation bancaire, telle que la propose Benoît Hamon, dans laquelle les banques d’affaires poursuivent leurs turpitudes en empruntant aux banques de dépôt. Mais cette séparation ne peut pas être suffisante. Elle doit être accompagnée d’une politique monétaire qui sanctionne les activités spéculatives. Or, il n’est jamais question de politique monétaire dans son programme. Jean-Luc Mélenchon propose de nombreuses mesures réglementaires pour réduire les excès du marché. Il propose la création d’un pôle bancaire public chargé de réaliser des crédits sociaux-écologiques. Mais il laisse les banques privées faire ce qu’elles veulent. Il ne prévoit rien pour empêcher la croissance des marchés financiers. Ce qui existait dans le programme de 2012, l’Humain d’abord.

Que proposez-vous pour aller plus loin ?

Denis Durand Une fois élu, il faut mettre autour de la table tous les acteurs sociaux, les élus locaux, les banques… En convoquant une conférence régionale puis nationale pour définir des objectifs d’emplois, de plans, de formation, les investissements publics et privés nécessaires et les moyens de leur financement. Chaque directeur local de la Banque de France aura le pouvoir de désigner une banque qui aura l’obligation de financer les investissements prioritaires. Et cela ne nécessite pas de changer les traités européens. Mais ces changements imposent des mesures de guerre économique pour affronter les marchés financiers : la nationalisation de la BNP et de la Société générale, par exemple, les deux grands réseaux privés. Il faudrait également revoir le statut des trois grands réseaux mutualistes pour que les pouvoirs publics disposent d’instruments de financement de l’économie.

Journaliste à la rubrique social-économie
 

Yves Dimicoli répond à Pierre Laurent 

j

 

. Je ne partage pas la totalité  de ce qui est dit dans ce texte, y compris le fait que le Congrès se préparerait en chambre. je crois au contraire y compris à travers l’action de nos camarades députés, il y a deux aspects positifs à ce Congrès, le fait justement qu’il se prépare dans les luttes et qu’il amorce un débat sur la stratégie. Mais je suis assez d’accord avec le fait que cette présence dans les luttes ne paraît pas en lien avec une stratégie mais ouvre des « chantiers » tout azimut et sans assez de mise en cohérence autre que justement les propositions de nos députés. Autre accord, il faut absolument renouer avec l’entreprise. le rendez-vous des Européennes exige approfondissement pour éviter que nous soyons une fois de plus à la remorque, comme le dit justement le texte entre l’union de la carpe et du lapin à savoir une actualité politicienne dans laquelle nous serons toujours les dindons de la farce. Mais quelles que soient les doutes que j’ai sur la direction, je pense qu’il ne faut pas tomber dans le piège qui nous est tendu à savoir faire de cette question du secrétaire l’enjeu du congrès, il faut avancer sur le fond, ce que fait sur bien des points ce texte. Donc je propose que nous prenions connaissance et poursuivions le débat. (note de danielle Bleitrach)
(Fédération de Paris, Section du 9ème, Yves DIMICOLI, 21/03/2018)

DÉBAT AVEC PIERRE LAURENT

Autrefois on disait qu’il ne faut jamais « préparer un congrès en chambre » car, pour avancer dans le débat interne, il faut rester au contact des luttes et des affrontements d’idées sur les solutions aux problèmes qui assaillent les salariés et leurs familles en France, en Europe, dans le monde.

Or, pour l’heure, ce congrès se prépare en chambre. Aucune campagne nationale de contre-propositions précises, propres à notre Parti, associée à des actions marquantes n’est engagée en riposte aux réformes de Macron. Juste peut-on noter, après une longue période d’effacement, un petit réveil, mais sans effort réel de propagande et de pédagogie sur nos propositions originales.

Pourtant, il serait plus que jamais nécessaire de montrer que, si partout le « statu-quo » est effectivement intenable avec la crise systémique, des choix alternatifs cohérents, radicaux, réalistes sont possibles pour rassembler, infléchir, puis commencer à tout changer vraiment.

Mais si ces propositions conséquentes, première esquisse d’un projet révolutionnaire à construire dans la vie, aident au développement de luttes rassembleuses, alors leur mise en cause dans des débats de principe interminables n’auraient plus de sens. C’est pourtant ce qui se tente contre la « sécurité d’emploi ou de formation », proposition emblématique du PCF, avec l’illusoire « salaire à vie ».

Rassembler les communistes dans l’action avec leurs propositions

Cela nous aiderait à nous rassembler et décider, au lieu de nous laisser paralyser dans de vastes spéculations par des postures de sommet essayant de marier la carpe et le lapin et ne prenant jamais la responsabilité de se « mouiller » avec précision dans le débat public national sur les solutions.

La réflexion des communistes demeure, contre leur gré, engluée dans l’interprétation de l’actualité politicienne, à la remorque des idées dominantes du moment et des sondages ou dans des débats de « démarche stratégique » coupés de ceux portant sur les contenus. Et, lors des moments électoraux, la recherche préalable obsessionnelle par les premiers dirigeants du PCF de compromis sur des dénominateurs communs toujours plus petits, malgré la proclamation de donner la priorité au « contenu », tend à stériliser la pensée et inhiber l’ action.

Cela fut particulièrement le cas pour l’élection présidentielle de 2017, Pierre Laurent bafouant le vote majoritaire d’une conférence nationale, instance souveraine de notre parti, pour imposer aux communistes, de façon hyper-présidentialiste, la candidature d’un Mélenchon pourtant déjà très critiqué.

De fait, avec le groupe dirigeant, il a systématiquement évité de porter avec audace et pédagogie politique les propositions précises les plus novatrices adoptées lors de nos précédents congrès : la Sécurité d’emploi, de formation et de revenu pour chacun-e, le financement de la protection sociale et des services publics, la transition énergétique avec le nucléaire dont il ne dit pas un mot dans sa contribution, l’utilisation de l’argent des entreprises, de l’État et des banques, la construction européenne et mondiale…

Il n’a pas cherché à faire jouer un rôle majeur au PCF, sur ces bases, dans la recomposition à l’œuvre, se contentant de l’accompagner. Et pourtant, il la déplore comme si elle était le fruit de la fatalité.

Comment arriver à démontrer notre utilité comme parti révolutionnaire si nous nous contentons de commenter l’actualité politique, de proclamer de vagues et de vaines intentions protestataires, sans jamais chercher à rassembler sur des propositions concrètes pour ouvrir un débouché pratique aux luttes, celles-ci permettant en retour d’ enrichir ou de corriger ? Y-a-t-il besoin d’un parti se prétendant communiste mais dépourvu d’idées développées sur la façon de commencer à faire accoucher la société de tout le besoin et la possibilité de nouveauté dont elle ne cesse de grossir ? Et à l’aune de quoi cette évaluation peut-elle être faite si ce n’est, précisément, celle de l’efficacité transformatrice rassembleuse de ce que ce parti propose face aux réformes imposées au Français.

La force actuelle de Macron vient du vide sidéral d’idées vraiment alternatives dont font preuve les premiers dirigeants de toutes les formations de gauche. Mais elle tient aussi au fait qu’il se présente avec des projets précis de réformes touchant en même temps aux quatre marchés du capitalisme (travail, produits et services, monnaie, européen et mondial) pour le rendre plus attractif en France, en prétendant qu’on ne peut pas faire autrement pour en finir avec la crise…et pour cause !

Cela peut inhiber ou rendre difficiles les luttes car les gens se rendent bien compte que le « statu quo » n’est plus possible et qu’il faut bouger à tous les niveaux. Aider à une riposte d’ampleur en avançant des contre-propositions cohérentes et crédibles touchant aux institutions, aux règles, critères et pratiques prévalant sur ces quatre marchés, du local au mondial, voilà qui reviendrait à montrer le début d’ un chemin possible vers une autre société.

Il faut rendre hommage aux cheminots CGT d’avoir refusé de laisser le monopole d’élaboration d’ un projet de réforme de la SNCF à Macron et ses séides. Cela permet d’affirmer avec eux que, si un conflit éclate, c’est l’Élysée qui en porterait la responsabilité en refusant d’ouvrir un vaste débat projet contre projet. On est toujours plus fort pour dénoncer et s’opposer quand on a contre-proposé.

Ne pas biaiser avec l’exigence d’un vrai bilan critique

Dans sa contribution récente, Pierre Laurent reconnaît enfin qu’un « bilan critique » est nécessaire et qu’il faut « une redéfinition d’ensemble de notre démarche stratégique ».

Il est vrai que les échecs successifs depuis 10 ans sont cruels : 2007, après notre immersion dans les « comités anti-libéraux » avec des « partenaires » rêvant de nous garrotter, alors que l’expérience de 2005 nous invitait à prendre l’étendard du rassemblement avec nos propositions dés le lendemain du référendum, ce qui fut refusé ; 2012, avec un Front de gauche niant en pratique notre idée de « front des luttes », finissant par se transformer en une machine électorale pour un candidat, promu par le sommet du Parti afin de « ne pas recommencer 2007 », portant de moins en moins ce qui dans « L’humain d’abord » était l’apport original des communistes; 2012-2017, avec la délégation d’initiatives populaires à Mélenchon, hormis l’amorce d’une campagne sur le coût du capital vite abandonnée, et l’effacement du PCF; 2017, avec l’alignement du PCF derrière un Mélenchon de plus en plus populiste, agressif et séduit par la rhétorique nationaliste, malgré la forte demande d’autonomie des communistes exprimée en conférence nationale.

Et tout cela au prix d’un gâchis inouï de moyens financiers !

Pourtant, Pierre affirme qu’il ne faut pas « réduire l’évaluation du bilan à celui de nos expériences d’alliances, notamment électorales » et que « selon la conception que nous avons de notre démarche stratégique, nous ne porterons pas le même regard sur le bilan ».

Étonnant relativisme, quand on sait le sentiment d’humiliation et le désarroi des communistes pour qui, et c’est normal en démocratie, le score électoral est important, même s’il n’est pas tout, surtout si son effondrement accompagne un refoulement systématique par le sommet des propositions originales et de l’autonomie d’initiative de leur parti au nom du « rassemblement » électoral.

L’abandon de la campagne sur le « coût du capital », contre-offensive pourtant décisive à la culpabilisation des salariés sur le « coût du travail », en est un exemple si flagrant que Pierre Laurent, lui-même, est amené à le regretter. Il est vrai que 75% des communistes ont considéré cette campagne comme prioritaire dans un questionnaire qui leur avait été adressé.

Quelle conception de notre démarche stratégique pourrait-elle justifier une évaluation moins critique d’un tel bilan ? Il exprime combien accorder le primat, au nom du « rassemblement », aux alliances électorales au détriment d’un apport original et autonome du PCF, à l’appui des luttes pour rassembler, est une impasse noire.

Pierre Laurent assure que « le débat sur faut-il un Parti communiste ou pas est, pour moi, tranché ». Parfait, mais la question de sa dilution reste posée, de même que celle de son activité autonome et nationale.

Du reste, de quel Parti communiste parle-t-on ?

S’agit-il d’articuler trois exigences nécessaires pour assumer une ambition révolutionnaire : notre présence créative dans les luttes et les médias ; des idées qui, produit d’un va et vient entre pratique des luttes et élaborations théoriques novatrices, ne sont pas suivistes des idées dominantes ; la présence active dans tous les combats électoraux? S’agit-il, pour contribuer au développement convergent des luttes et à leur politisation, d’associer la visée d’objectifs sociaux élevés à la conquête des pouvoirs nécessaires pour utiliser l’argent à ces fins ? Et s’agit-il, ce faisant, d’essayer de progresser en permanence et à tous les niveaux dans une perspective historique de dépassement du capitalisme ?

Pierre relève rapidement qu’il nous faut « évidemment » un programme et que « nous avons beaucoup de très bonnes propositions », sans en faire l’illustration en écho à l’actualité pourtant si brûlante. Mais c’est aussitôt pour affirmer que l’essentiel est ailleurs, se gardant de montrer que, au lieu d’opposer programme et projet, il faut les articuler en pratique.

Il assure, de façon surprenante, qu’ il y aurait eu, dans notre histoire, « des permanences, au premier rang desquelles ce que nous cherchons depuis Marx, dépasser le système capitaliste ».

Dépasser le capitalisme: passer du principe aux actes et au travail de fond

La visée de dépassement du capitalisme est très neuve dans le PCF.

Ce concept fut, certes, repris de Hegel et enrichi par Marx, à l’époque duquel il était, cependant, irréalisable. Mais le mouvement communiste ne pouvait pas le concevoir en pratique, du fait-même de l’immaturité des conditions objectives, mais aussi parce qu’il fut longtemps hypnotisé, à des degrés divers, par l’expérience soviétique. Celle-ci, tout en assurant avoir « aboli » le capitalisme, ne fut soucieuse, en fait, que de le rattraper à coups de cravache étatiste, à partir de conditions initiales très arriérées. La tentative d’abolition, niant les forces, souplesses et réalisations du capitalisme pour n’en retenir que les malheurs qu’il engendre, a échoué.

Pour ambitionner une abolition réussie du capitalisme, il faut être objectivement en mesure de le dépasser et oser le faire en cherchant à aller au-delà de ses forces et de ses acquis de civilisation, tout en supprimant ses méfaits, comme par exemple le chômage.

C’est la révolution informationnelle et ses défis, inédits pour le capitalisme, de développement des capacités humaines, d’économies de moyens, de partages des savoirs, des avoirs et des pouvoirs, antagonistes avec la rentabilité financière, qui, suscitant une crise systémique d’une profondeur inouïe, a permis de mettre à l’ordre du jour en pratique le projet de dépassement. C’est cela-même que nous ont permis de découvrir les théorisations de Paul Boccara. Et d’autres révolutions, écologique, démographique, migratoire, féministe et de genres, parentale, monétaire, militaire…rendent encore beaucoup plus nécessaire et possible son accomplissement.

En réalité, il ne faudrait pas que l’idée de « dépassement du capitalisme » que l’on répéterait comme un mantra reste de pur principe. Elle exige sans attendre de commencer à changer les règles, les critères, les pratiques, les institutions, la culture dominantes de notre société, vers une nouvelle civilisation. Et cela en prenant appui sur les potentiels formidables d’émancipation des révolutions en cours, sur les luttes concrètes qui cherchent à tâtons les voies d’une autre société et sur le refus des désastres qu’engendrent le maintien de l’état actuel des choses.

Cela renvoie au besoin d’une cohérence, ouverte mais effective, visant des transformations qui font système.

Pierre Laurent affirme : « Notre combat est celui qui permet, en toutes circonstances, au mouvement réel de la société de pousser le plus loin possible ses potentialités transformatrices».

L’énoncé est plutôt vague. Il aurait besoin d’être décliné en propositions de taches pratiques immédiates. Il rappelle en filigrane une phrase de Marx et Engels dans « l’idéologie allemande », citée « ad nauseam » en période de congrès depuis celui de Martigues : « Nous appelons communisme le mouvement réel qui abolit (dépasse) l’état actuel (des choses)».

Ce texte, hors contexte, peut être interprété comme majorant la question du processus au détriment du but-même de dépassement, vu alors seulement comme pur principe pour un horizon si lointain que l’on peut se demander pourquoi « il est à l’ordre du jour ». Au contraire, le but de dépassement nécessite de construire des ruptures, dans une transition historique mixte conflictuelle entre le capitalisme moribond et le communisme embryonnaire, ce que les fondateurs du marxisme appelaient, à juste titre, le socialisme.

Pas de processus révolutionnaire sans but, luttes et ruptures révolutionnaires

Cette question avait été abordée, dans un célèbre conflit au sein du parti social démocrate allemand (PSD), en 1898, qui opposa Rosa Luxemburg, future cofondatrice du parti communiste d’Allemagne, au « réformiste » Eduard Bernstein, lequel postulait : « Le but quel qu’il soit ne signifie rien pour moi, le mouvement est tout ».

Pierre parle, quant à lui, de « dépassement continu du système capitaliste » soulignant que « l’idée de processus est (..) essentielle » .

En fait, processus et but, mouvement et visée, sont indissociables et aussi essentiels l’un à l’autre pour entreprendre une œuvre de dépassement du capitalisme. Et celle-ci, au lieu d’une simple continuité, exigera des ruptures qui borneront des étapes nécessaires.

D’ailleurs la citation répétée de « l’idéologie allemande » ne recouvre-t-elle pas inséparablement trois exigences pour les révolutionnaires:

·1 Viser un nouvel état des chose réussissant à abolir, c’est à dire dépassant, l’état des choses actuel ;
·2 Ne pas attendre pour entreprendre le travail de dépassement car il doit, tout de suite, commencer à essayer de construire ce nouvel état des choses ;
·3 Révéler au plus grand nombre la possibilité d’un tel but et d’un tel processus pour y arriver.

L’histoire nous a appris à ne pas croire en la spontanéité créative du « mouvement réel » s’il n’est pas éclairé, en quelque sorte, par la lumière d’une visée historique lui donnant le courage et la créativité pour rompre avec l’ordre existant. C’est vrai que la société actuelle est grosse de communisme du fait de la maturation de la crise, mais cela peut conduire au pire avortement si le processus pour en accoucher ne mène pas à cette nouvelle civilisation. On voit la montée de ce péril avec les populismes et les extrémismes, faux messies d’une libération aux couleurs d’apocalypse.

Au demeurant, en quoi aurait-on besoin d’un parti communiste ayant l’ambition de révolutionner l’état des choses existant si le « mouvement réel » s’attaque spontanément de façon transformatrice aux questions pratiques des pouvoirs à conquérir et des moyens financiers à mobiliser, à tous les niveaux, pour des objectifs sociaux et sociétaux permettant de progresser vers un au-delà du capitalisme?

Poser la question souligne l’importance, pour notre parti communiste, que nous voulons révolutionnaire, de propositions cohérentes et précises, radicales et crédibles, à l’appui des luttes et du débat d’idées pour rassembler afin de transformer.

Pierre Laurent insiste sur l’identité « démocratique » des communistes en France. En fait, elle est démocratique et révolutionnaire. Et ce n’est plus antagoniste puisque les conditions objectives rendent possible une révolution pacifique et que l’on prétend vouloir l’ accomplir, comme le stipulent nos congrès .

Nos propositions expression d’une identité originale utile pour transformer

Et de quelle exigence démocratique notre identité communiste est-elle porteuse ? La démocratie parlementaire connaît une crise épouvantable avec l’hyper-délégation du présidentialisme, tandis que, les salariés sont écrasés sous les tutelles verticales de la monarchie patronale avec le chômage massif. La société porte en elle le besoin d’une démocratie participative et d’intervention, étape indispensable pour progresser, conquêtes après conquêtes, vers une démocratie de type autogestionnaire dans une société sans classe.

Mais comment aider à ce que la société commence à exprimer de telles exigences par la lutte et jusque dans les urnes si n’existe aucune formation politique qui, décidée à promouvoir tous les travailleurs (en formation, en emploi, au chômage ou à la retraite) contre le capital financier, défend des propositions cohérentes indiquant que cela est possible ?

Ceci est particulièrement vrai pour ce qui concerne les entreprises et les banques, c’est à dire les acteurs du marché auquel l’État est couplé. Il nous faut rompre, en effet, avec une vision qui ne conçoit la démocratie que parlementaire, avec un État en charge du dit « intérêt général », censé corriger les « excès » du marché dont les acteurs sont soumis au monopole patronal sur leur gestion et à la dictature de la rentabilité.

On ne peut plus se contenter de répéter que nous sommes pour une « appropriation sociale » croissante des entreprises et des banques. Encore faut-il faire comprendre qu’il s’agit de changer l’utilisation des profits, des fonds publics et du crédit pour sécuriser l’emploi et la formation, faire reculer toutes les discriminations, développer la protection sociale et tous les services publics, protéger l’environnement, coopérer…Pour tout cela, il faut conquérir des pouvoirs précis sur des leviers d’action précis, au lieu de déléguer la politique au sommet de l’État et la gestion des entreprises aux patrons.

En cette matière, comme en tant d’autres, notre parti ne peut-être qu’inaudible s’il ne fait pas la pédagogie, la propagande et l’expérimentation de ses propositions, en dialogue avec ce qui se cherche dans les luttes. Ne pas le faire revient à effacer « la singularité d’un Parti communiste » dont « le mouvement populaire a besoin », expression utilisée par Pierre Laurent dans sa contribution.

De ce point de vue, pourquoi avoir choisi de citer, comme chantiers cruciaux à investir, l’écologie, les services publics et le racisme, questions toutes décisives, mais sans jamais faire le lien avec les enjeux sociaux, notamment l’emploi, la formation, les salaires et les enjeux de financements et de pouvoirs. Sociétal et social doivent être sans cesse conjugués pour construire des rassemblements de taille critique, mais cela ne se fait jamais spontanément. C’est là une responsabilité singulière de notre parti.

Reprendre le combat communiste à l’entreprise et autour d’elle

Pierre insiste à juste titre sur le rôle de nos élus. Celui-ci serait certainement « revalorisé », comme il le demande, si les militants communistes ne sont pas réduits à être leur faire-valoir, mais, demeurant en toutes circonstances au service des luttes, permettent, avec des propositions précises, de ressourcer le nécessaire travail gestionnaire des élus au besoin de créativité des populations.

Au-delà du rôle des élus, se pose la question fondamentale de notre relation aux institutions, tant avec eux qu’avec le mouvement populaire.

Par ailleurs, est-il juste de suggérer que les élus seraient ceux qui auraient la plus grande clairvoyance sur la réalité et seraient les mieux à même de nous prémunir contre le risque d’ « un discours purement velléitaire » ?

Même s’il tend à être stérilisé dans des débats internes souvent spéculatifs, divisé qu’il est par les injonctions paradoxales et des initiatives d’action inexistantes ou velléitaires du groupe dirigeant entre les élections, le corps militant a aussi une connaissance précieuse du réel. Elle est d’autant plus aiguisée s’il ne cesse, au contact des luttes, de se former avec le marxisme vivant, pour être ni suiviste des idées dominantes ni prisonnier des institutions actuelles et contribuer à l’émergence d’une expertise citoyenne.

Mais pour faire se révéler cette connaissance, il faut la solliciter face aux enjeux pratiques à affronter tels qu’ils se présentent sur le terrain et l’aider à faire la liaison avec les conditions générales prévalant dans le pays et à l’international, pour les transformer.

Cependant, on voit le mal causé par l’abandon du combat politique organisé à l’entreprise au contact du réel des stratégies, des pratiques de gestion et d’intégration capitalistes dont seuls les militants communistes d’entreprises sont en mesure de révéler et relever les défis, en liaison avec les populations alentour et les élus qu’ils informent.

Il est dommage que Pierre n’en dise pas un mot alors que Macron, avec son futur projet de loi PACTE, entend relancer l’intéressement et mieux rallier les salariés aux causes patronales, précisément parce que le consensus actuel de gestion dans les entreprises se fissure, y compris chez les cadres.

C’est dire s’il faut ranimer le travail de formation, de communication et d’expérimentation des communistes pour de nouveaux critères de gestion d’efficacité sociale contre la rentabilité financière. Cela est inséparable du projet de conquête de nouveaux pouvoirs décisionnels des salariés et de leurs organisations dans les entreprises. C’est incontournable pour avancer dans les chantiers pratiques de sécurisation de l’emploi et de la formation contre la flexicurité que Macron a introduit dans le code du travail par ordonnances.

Reconstruire une activité politique des communistes dans les entreprises est un impératif vital pour le PCF, à commencer par les entreprises et services publics ou semi-publics.

De même, on dispose du recul suffisant pour mesurer combien a été nocive la disparition encouragée des cellules: pour la démocratie interne, la fraternité entre communistes, la délibération collective et la connaissance du « réel » du quartier, de la ville, de l’agglomération…. et de leurs entreprises. Il aurait fallu, au contraire, cherché à en renouveler la forme, le sens et le rôle dans la détermination des choix politiques de notre parti.

Alors de quel type de parti communiste parlons-nous ?

Il ne faudrait pas que cela soit un parti surtout d’élus avec des militants pour faire la propagande de leur activité et, le moment venu, fonctionner en machine électorale, une fois le type d’ alliances décidé au sommet.

Certes, cela rendrait inutile l’effort de propositions précises pour l’action et ferait peut-être évoluer notre parti vers « un nouveau modèle de centralité », comme dit Pierre Laurent.

Une tout autre animation et cohérence nationale visant à libérer la capacité d’initiative décentralisée des communistes, en relation avec leurs élus, pour expérimenter nos propositions dans les luttes, les enrichir à leur contact, faire connaître et converger leurs expériences, partager toutes les informations est nécessaire. Mais cela exige de dépasser le congrès de Martigues avec ses réseaux opposés aux cellules et de mettre en cause le fonctionnement actuel de la direction nationale.

L’Europe et la mondialisation au cœur de notre congrès extraordinaire

Pierre Laurent ne parle de l’Europe qu’en rapport avec les élections européennes et la problématique si difficile des alliances qu’elles vont poser. Mais il faut voir ce défi : si nous nous effaçons une fois encore au nom prétendu du « rassemblement », nous en paierions le prix aux élections municipales qui suivront.

Pourquoi, dans sa contribution, Pierre évite-t-il à ce point le débat de contenu sur l’Europe ? Affirmer que l’on est « pour l’Europe » ne suffit guère, surtout qu’un important travail de diagnostic et de propositions précis sur le sujet a été adopté en conférence nationale. Ce n’est pas en négligeant de discuter des problèmes posés par « le mouvement réel » sur un sujet si crucial, que les communistes seront à même de tenir un discours moins « velléitaire » à son propos. Au contraire.

La mondialisation en cours porte la promesse d’une nouvelle civilisation de toute l’humanité, ce que l’on a tendance à sous-estimer. Une socialisation du monde entier fait son chemin mais, dominée par les marchés financiers, l’exigence de rentabilité financière des multinationales, la culture américaine, le sexisme, le dollar et les rivalités de puissance, elle conduit à des tragédies.

C’est qu’il faut traiter désormais les gigantesques problèmes posés par les migrations, les dérèglements climatiques, les pollutions transfrontières, les spéculations folles sur les marchés mondialisés, l’émergence d’ hyper-monopoles informationnels, mondiaux cette fois (les GAFA), le pouvoir de mise en concurrence des travailleurs du monde entier par les multinationales, les privatisations, la montée d’affrontements culturels et religieux, la poussée des bellicismes avec des armes dotées des technologies numériques, le terrorisme…

C’est pourquoi la mondialisation inquiète tant le monde du travail et de la création soumis aux assauts des politiques tentant d’ y adapter coûte que coûte les modèles sociaux et la démocratie.

S’il y a un domaine où l’état des choses actuel doit impérativement être aboli (dépassé) c’est bien celui de la mondialisation où, cependant, derrière des masques repoussants, se préparent les bases rendant impérieusement nécessaire et possible le communisme, lequel n’a jamais existé nulle part.

Le seul rejet de ces évolutions nourrit aujourd’hui le nationalisme, les populismes, tous les extrémismes, car nulle alternative ne semble possible. Or ces évolutions si problématiques indiquent, comme en négatif, que les bases existent pour travailler à changer les rapports de forces, à tout les niveaux, pour peu qu’on s’y attelle vraiment avec des propositions indiquant les voies possibles d’alternative.

Peut-on penser sérieusement que la France, à elle seule, va être en mesure de faire face, même si elle peut initier, à partir d’elle, des processus décisifs de changement ?

Nous avons absolument besoin d’une construction européenne de progrès, pour avoir prise sur les processus de mondialisation, jusqu’à les faire bifurquer.

Il faut donc mesurer l’importance de l’ originalité d’apport des communistes français pour une refondation de la construction européenne avec, au cœur, le rôle si majeur de la BCE, des systèmes bancaires, du crédit dont seuls les pouvoirs, utilisés autrement, seraient en mesure de contrer la dictature des marchés financiers et du dollar.

On sait les immenses gâchis de création monétaire effectués par la BCE depuis 2012 (quelque 4200 milliards d’euros) pour sauver les places financières européennes. Si tout cet argent avait servi à financer un grand essor partagé des services et entreprises publics et de leurs coopérations, au lieu des privatisations, en favorisant le rattrapage des retards des pays les moins développés, comme la Grèce, il en irait tout autrement. Y compris pour accueillir les populations migrantes et développer les pays dont elles sont issues.

C’est cela même que permettrait la création, comme le propose le PCF dans ses textes de congrès, d’ un Fonds de développement européen économique, social et écologique. Cette nouvelle institution commune conférerait à l’Union européenne un statut confédéral d’un nouveau type, au lieu du fédéralisme qui nous placerait à la botte de la finance. Elle permettrait une tout autre utilisation de l’euro, au lieu de la folle illusion d’en sortir, laissant les peuples européens s’entre-dévorer sous la tutelle du dollar et des multinationales.

On peut, simultanément, mesurer la pertinence de cette proposition pour ce qui concerne, en particulier aujourd’hui, les hôpitaux, la SNCF et les collectivités territoriales en France, sans parler des autres services et fonction publics.

En fait, le combat que les communistes en France sont en mesure de mener pour refonder la construction européenne, afin d’avancer vers une sécurisation commune de l’emploi, de la formation et du revenu, vers la promotion en coopération de tous les services publics, vers une transition énergétique pour une révolution écologique, en exigeant des pouvoirs démocratiques pour utiliser, à ces fins, l’argent des européens, est fondamentalement un combat pour changer la mondialisation.

Comment, en effet, pourrait-on, sans cela, nous rapprocher des pays émergents, Chine et latino-américains en tête, pour réformer radicalement le FMI, la Banque mondiale…et viser la promotion, à partir des DTS, d’une monnaie commune mondiale alternative au dollar, ce qui a été mis officiellement à l’ordre du jour par la Banque centrale chinoise? C’est pourtant là un prérequis pour parler du communisme dont on sait, désormais, qu’il ne peut pas être construit en un seul pays mais à l’échelle d’un monde devenu, justement, très interdépendant, interconnecté et engagé dans une révolution de ses bases technologiques, sociales et culturelles.

Pour l’heure ces batailles n’ont pas été impulsées par la direction nationale de notre parti.

Changer d’orientation et changer de direction nationale

Pourquoi Pierre ne souffle-t-il mot de tout cela. Les termes euro et BCE ne sont même pas présents dans sa contribution.

Pourtant, si on ne se saisit pas de ces propositions pour en faire la pédagogie politique, en écho à celles que nous avançons pour la France, alors on est pris en étau entre partisans du fédéralisme européen (Macron, Faure, Hamon) et anti-fédéralistes flirtant avec le nationalisme comme Mélenchon.

Nous avons les moyens, avec nos propositions, d’intéresser et de rassembler tous les électeurs de gauche qui, aujourd’hui, tout en aspirant à une construction européenne, sont souvent paralysés dans l’abstention, ne voyant pas comment sortir d’une telle alternative qui renvoie, en chacun de ses termes, à des choix politiques anti-sociaux plus ou moins assumés ou dangereusement démagogiques.

Si nous voulons vraiment porter notre identité révolutionnaire et démocratique, il faut cesser de refouler nos propositions et engager l’action et le débat pour les populariser. Il ne faut plus hésiter !

C’est la raison pour laquelle il faut un congrès vraiment extraordinaire, traitant simultanément du changement d’orientation de notre parti et du changement de sa direction nationale. Le bilan de Pierre Laurent et son refus d’ auto-critique conséquente, au sens noble du terme, témoignent d’une incapacité à faire relever par notre parti les défis auquel il est désormais confronté. Et il y a une relève possible, au lieu du chaos que certains prédisent au cas où notre secrétaire national actuel ne serait pas reconduit, notamment parmi nos jeunes dirigeants.