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Ce que la politique de domination énergétique de Trump signifie pour le monde, par Alastair Crooke

par Les-crises.fr DT

Source : Strategic Culture, Alastair Crooke, 05-06-2018

Il y a deux semaines, nous avons écrit sur la façon dont la politique étrangère du président Trump s’était en quelque sorte « repliée sur elle-même » dans un « néo-américanisme ». Nous avons cité Russell-Mead, professeur de politique étrangère américaine, qui suggérait que la métamorphose du 8 mai de Trump (la sortie de la Joint Comprehensive Plan of Action, JCPOA [l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien, NdT]), représentait quelque chose de nouveau, un changement de direction (lui qui était un habile négociateur), vers « une ère néo-américaine de la politique mondiale – plutôt qu’une ère post-américaine [Obama-iste] ». « L’administration veut accroître le pouvoir des États-Unis, plutôt que de s’adapter à son déclin (comme l’aurait fait Obama). Pour l’instant, au moins, le Moyen-Orient est la pièce maîtresse de cette nouvelle affirmation », estime Russell-Mead, expliquant que cette nouvelle impulsion de Trump provient de ses instincts qui lui disent que la plupart des Américains sont tout sauf désireux d’un monde « post-américain ». Les partisans de M. Trump ne veulent pas de longues guerres, mais ils ne se résignent pas non plus au déclin national ».

Il y a là quelque chose de paradoxal : Trump et sa base déplorent le coût et l’engagement de l’immense parapluie défensif américain, disséminé à travers le monde par les internationalistes (sentiments aggravés par l’ingratitude supposée de ses bénéficiaires) – mais le Président veut « élargir le pouvoir américain, plutôt que de s’ajuster au déclin ». C’est-à-dire qu’il veut plus de pouvoir, mais moins d’empire. Comment pourrait-il résoudre la quadrature du cercle ?

En fait, un indice est apparu presque un an plus tôt, lorsque le 29 juin 2017, le Président a utilisé un mot tout à fait inattendu dans un discours lors d’un événement du Département de l’énergie : Libérer l’énergie américaine. Au lieu de parler de l’indépendance énergétique américaine, comme on pouvait s’y attendre, il a plutôt annoncé une nouvelle ère de « domination » de l’énergie américaine.

Dans un discours « qui cherchait à souligner une rupture avec les politiques de Barack Obama », note le Financial Times, M. Trump a lié l’énergie à son programme America First… Il a déclaré « La vérité est que nous avons maintenant des réserves d’énergie presque illimitées dans notre pays. Nous sommes vraiment aux commandes, et vous savez quoi ? Nous ne voulons pas que d’autres pays nous privent de notre souveraineté et nous disent quoi faire et comment le faire. Ça n’arrivera pas. Avec ces ressources incroyables, mon administration visera non seulement la tant attendue indépendance énergétique américaine, mais aussi la domination énergétique américaine ».

Il semble, comme l’explique Chris Cook, que Gary Cohn, qui était alors conseiller économique en chef du Président, ait joué un rôle dans la genèse de cette ambition. Cohn (alors chez Goldman Sachs), avec un collègue de Morgan Stanley, a conçu en 2000 un plan pour prendre le contrôle du marché mondial du pétrole par le biais d’une plateforme de négociation électronique basée à New York. En résumé, les grandes banques ont attiré d’énormes sommes « d’argent géré » des opérateurs financiers (des fonds spéculatifs, par exemple), vers le marché, pour parier sur les prix futurs (sans qu’elles ne prennent jamais réellement livraison de pétrole brut : le commerce du « pétrole papier », plutôt que du pétrole physique). Et, en même temps, ces banques travaillaient en collusion avec les principaux producteurs de pétrole (y compris, plus tard, l’Arabie Saoudite) pour préacheter du pétrole physique de telle manière que, en conservant, ou en déversant du brut physique sur le marché, les grandes banques de New York ont pu « influencer » les prix (en créant une pénurie ou une surabondance).

Pour donner une idée de la capacité de ces banquiers à « influer » sur les prix, mi-2008, on estimait que quelque 260 milliards de dollars d’investissements (spéculatifs) d’argent « géré » étaient en jeu sur les marchés de l’énergie, éclipsant complètement la valeur du pétrole qui est effectivement extrait en mer du Nord chaque mois, entre 4 et 5 milliards de dollars au plus. Ces jeux d’options pétrolières « papier » l’emporteraient donc souvent sur les « fondamentaux » de l’offre réelle et de la demande réelle de l’utilisateur final.

Pour Cohn, la « première étape » consistait donc, pour les États-Unis, à gérer le marché du négoce, à la fois en termes de prix et d’accès, les concurrents des américains, tels que l’Iran ou la Russie, pouvant accéder au marché à des conditions moins avantageuses, voire pas du tout. La « deuxième étape » présumée a été de soutenir la production américaine de pétrole de schiste, de construire de nouveaux terminaux américains d’exportation de GPL [Gaz de Pétrole Liquéfié, NdT] et de développer la prospection pétrolière et gazière américaine, tout en forçant le reste du monde, de l’Allemagne à la Corée du Sud et à la Chine, à acheter des exportations américaines de gaz. « Troisièmement », avec les exportations de pétrole du Golfe déjà sous l’égide des États-Unis, il y avait alors deux grands producteurs d’énergie du Moyen-Orient hors de la zone « d’influence » du cartel (tombant davantage dans le « cœur » stratégique de production d’énergie de la Russie) : L’Iran – qui est maintenant visé par une opération de changement de régime et dont les exportations de pétrole font l’objet d’un blocus, et l’Irak, qui fait l’objet d’intenses pressions politiques (douces, comme la menace de sanctions en vertu de la loi Countering America’s Adversaries Through Sanctions Act) pour forcer son adhésion à la sphère occidentale.

Comment reformuler simplement, cette notion de domination énergétique ? Les États-Unis – si la domination de l’énergie réussissait – contrôleraient simplement le robinet du développement économique – ou son absence – pour ses concurrents que sont la Chine et l’Asie. De cette manière, les États-Unis auraient également le pouvoir de réduire les revenus de la Russie. En bref, les États-Unis pourraient étrangler les plans de développement économique de la Chine et de la Russie. Est-ce la raison pour laquelle le JCPOA a été révoqué par le Président Trump ?

Voici donc la quadrature du cercle (plus de puissance américaine, mais moins d’empire) : Les objectifs américains de Trump pour « dominer », non pas par le biais de l’infrastructure permanente des mondialistes du parapluie de défense américain, mais en utilisant intelligemment le dollar américain et le monopole de la compensation financière, en protégeant et en contrôlant étroitement la technologie américaine et en dominant le marché de l’énergie, qui, à son tour, constitue pour les concurrents des USA un interrupteur marche/arrêt de la croissance économique. De cette façon, Trump pourra ‘ramener les soldats à la maison’, sans pour autant que l’Amérique perde sa position hégémonique. Le conflit militaire deviendrait un dernier recours.

Le conseiller principal Peter Navarro a déclaré sur NPR [la radio publique aux USA, NdT] cette semaine : « nous sommes en mesure de les empêcher [les Chinois] de mettre nos entreprises de haute technologie en faillite » et « d’acheter nos joyaux technologiques… Chaque fois que nous produisons une innovation, la Chine vient l’acheter ou la voler ».

Le plan de Trump serait-il le suivant : La domination du marché et la guerre commerciale pour prolonger la « suprématie » de l’Amérique en matière de technologie, de finance et d’énergie, au lieu d’être réduits à s’adapter au déclin ? Et, en agissant de la sorte, réduire – ou du moins retarder – l’émergence de rivaux ? Dans ce contexte, deux questions se profilent immédiatement : Cette formule est-elle l’adoption, par l’administration américaine, du néo-conservatisme tant haï par la base électorale de Trump ? Et, deuxièmement, l’approche peut-elle fonctionner ?

Il ne s’agit peut-être pas de néo-conservatisme, mais plutôt de retravailler un thème. Les néo-conservateurs américains voulaient, en majorité, porter des coups aux parties du monde qu’ils n’aimaient pas, pour y substituer quelque chose qui leur convenait. La méthode Trump est plus machiavélique.

Les racines de ces deux courants de pensée résident cependant – plus qu’en partie – dans l’influence de Carl Schmitt sur la pensée conservatrice américaine par l’intermédiaire de son ami Leo Strauss, à Chicago (que Trump ait, ou non, lu ces deux hommes, les idées circulent toujours dans la sphère américaine). Schmitt a soutenu que la politique (contrairement aux idées libérales et humanistes) n’a rien à voir avec la justice ou l’équité dans le monde – qui sont du ressort des moralistes et des théologiens. La politique, pour Schmitt, est une question de pouvoir et de survie politique, rien de plus.

Les progressistes (et les internationalistes), a suggéré Schmitt, ont du mal à utiliser le pouvoir pour écraser les forces alternatives qui émergent : leur vision optimiste de la nature humaine les amène à croire en la possibilité de médiations et de compromis. L’optique de Schmitt, se moquant bien de telles positions humanistes, privilégie le rôle du pouvoir, pur et simple, basé sur la compréhension de la nature véritable des « autres » et des rivaux. Ce point semble toucher aux fondamentaux du raisonnement de Trump : Obama et les « progressistes » étaient prêts à sacrifier les « joyaux de la couronne » de « notre culture » (expertise financière, technologique et énergétique) dans le cadre d’une « action positive » multilatérale qui aurait aidé les États moins développés (comme le rival Chinois, tout en en haut de l’échelle). C’est peut-être la raison pour laquelle Trump s’est retiré de l’accord sur le climat : Pourquoi aider des rivaux potentiels, tout en imposant des handicaps volontaires à sa propre civilisation ?

C’est sur cette base très étroite (l’impératif de garder le pouvoir américain intact), que les néo-conservateurs et les partisans de Trump se retrouvent. Ils partagent aussi le mépris pour les humanistes utopiques prêts à brader les joyaux de la civilisation occidentale pour d’autres idéaux humanistes afin d’aider les rivaux de l’Amérique à se développer et à dépasser l’Amérique et sa civilisation (dans cette optique).

Le terrain d’entente entre les deux courants s’exprime avec une candeur remarquable à travers le commentaire de Berlusconi selon lequel « nous devons être conscients de la supériorité de notre civilisation [occidentale] ». Steve Bannon dit à peu près la même chose, bien qu’exprimée en termes de bien-fondé de la sauvegarde d’une civilisation judéo-chrétienne occidentale (qui serait menacée).

Ce sens de l’avantage civilisationnel, qui doit à tout prix être recouvré et préservé, contribue peut-être en partie (mais pas entièrement) à expliquer le soutien inconditionnel que Trump apporte à Israël : S’adressant à Channel Two d’Israël, Richard Spencer, un des principaux dirigeants de l’Alt-Right américaine (qui est une des composantes de la base électorale de Trump), a souligné le sentiment profond de spoliation ressenti par les Blancs, dans leur propre pays [les États-Unis] :

« … un citoyen israélien, quelqu’un qui comprend votre identité, qui a le sentiment de l’appartenance à une nation et à un peuple, qui est marqué par l’histoire et l’expérience du peuple juif, vous devriez le respecter comme moi, qui ai des sentiments analogues à l’égard des Blancs. Vous pourriez dire que je suis un sioniste blanc – dans le sens où je me soucie de mon peuple, où je veux une patrie sûre pour nous et pour nos proches. Tout comme vous voulez une patrie sûre en Israël. »

En fait, la tentative de tirer parti de la culture des élites américaines, en leur fournissant les armes que sont le dollar et l’hégémonie énergétique supposée avec son emprise sur les transferts de technologie, peut-elle réussir à s’accrocher à la « culture » américaine (dans la conception réductionniste de la base de Trump) ? C’est la question à soixante-quatre mille dollars [Sorte de jeu des mille francs américain NdT], comme on dit. Cela pourrait aussi provoquer une réaction inverse, tout aussi puissante ; et beaucoup de choses peuvent se produire au niveau national aux États-Unis, d’ici aux élections de mi-mandat de novembre, qui pourront soit confirmer le président au pouvoir – soit le déstabiliser. Il serait risqué de tenter des analyses au-delà de cet échéance.

Mais il y a un point plus important. Tandis que Trump est obnubilé par la civilisation et l’hégémonie américaines, les dirigeants non-occidentaux d’aujourd’hui pensent de manière tout aussi passionnée qu’il est temps pour « le siècle américain » de céder le pas. Tout comme, après la Seconde Guerre mondiale, les anciens États coloniaux voulaient l’indépendance. Désormais, ces dirigeants veulent mettre fin au monopole du dollar, ils veulent se retirer de l’ordre mondial dirigé par les États-Unis avec leurs institutions dites « internationales » ; ils veulent « exister » à leur manière, avec leur culture propre – et ils veulent retrouver leur souveraineté. Il ne s’agit pas seulement d’un nationalisme culturel et économique, mais d’un point d’inflexion significatif – loin de l’économie néolibérale, de l’individualisme et du mercantilisme brut – vers une expérience humaine plus épanouie.

Le raz-de-marée, après la Seconde Guerre mondiale, était certainement irréversible. Je me souviens même que les anciennes puissances coloniales européennes ont par la suite déploré leur retrait forcé : « Ils vont [les anciennes colonies] le regretter », ont-elles prédit avec assurance. (En fait non, ils ne l’ont jamais fait.) La marée monte en force aujourd’hui et s’est même étendue à l’Europe, où, qui sait, les Européens auront peut-être le courage de repousser les manœuvres financières et commerciales de Trump : il s’agira là d’un test déterminant pour la suite des événements.

Mais ce qui est différent aujourd’hui (par rapport à l’époque), c’est que l’hégémonie monétaire, l’avance technologique et la « domination » énergétique ne sont pas du tout garanties pour les occidentaux. Elles ne leur appartiennent plus. Elles ont commencé à migrer, il y a quelque temps.

Source : Strategic Culture, Alastair Crooke, 05-06-2018

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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la propagande anti-russe

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La Russie est probablement le pays le plus diffamé et calomnié du monde… (ниже на русском)
Regardez ces deux photos.
En haut celle publiée par l’AFP (Agence France-Presse), blâmant la Russie qui « a massacré les chiens errants dans les villes du Mondial de foot pour faire place propre ».
En bas – la photo originale, prise à Karachi au Pakistan et publiée en 2016.
Le cadrage a été volontairement modifié pour enlever tous les éléments permettant la localisation.

 
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Publié par le juin 22, 2018 dans INTERNATIONAL, medias, Russie

 

Après le G 7 : quelle est la carte jouée par l’impérialisme américain?

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Quelques questions essentielles se posent après ce G7,  que les militants communistes, en particulier, devraient avoir à coeur de poser dans leur Congrès. Ces questions, en effet, conditionnent la situation politique et économique et interfèrent donc sur les tâches d’un parti « révolutionnaire ». Certes ce G 7 n’a pas été autre chose qu’une mise en scène à effets nuls, les dissensions, gesticulations, querelles entre puissances impérialistes, ont été bien vite étouffées. Dans ce consensus se jouait la survie du système.   Il y a eu à ce G7 une véritable mise en scène autant des désaccords (y compris sur le lièvre jeté en pâture pour diversion comme la réintégration de la Russie) que sur l’accord final dont la teneur de fait n’a pas été divulguée.

Ce qui est apparu de ce fait c’est l’impossibilité d’échapper à la vassalité aux Etats-Unis de la part du système d’hégémonie mondiale du capitalisme, pourtant en pleine crise.

Trois questions à partir de la comédie du G7: le privilège  des USA  est celui de se faire obéir par le Capital

Première question: Si l’on considère la comédie du G7, la mise en scène de l’opposition des vassaux (Canada,Europe,Japon) aux USA et leur incapacité de fait à s’opposer à la puissance américaine on doit s’interroger sur la nature de cette puissance. Sur la capacité qu’ont les Etats-Unis à imposer leurs décisions par exemple celle de « blocus » ou  de sanction, mais aussi la pression douanière unilatérale sur  l’Europe en ce qui concerne l’acier et l’aluminium (UE et Grande Bretagne) . On le voit avec l’IRAN, dans le même temps où Macron joue les opposants farouches et fait des discours, les entreprises françaises, Total et PSA en tête replient bagage.

Deuxième question :Pourquoi une telle peur de la part des entreprises ? La première réponse est que ne pas se plier au diktat américain leur interdirait le marché américain. Si PSA, pourtant fortement installé sur le marché iranien cède c’est qu’il n’y a aucune comparaison entre la part de marché que lui réserve l’Iran et celle de l’une de ses filiales qui assure un quart des ressources du groupe installée aux Etats-Unis. Mais comme nous allons le voir les formes de domination et de possibilité d’action extraterritoriale des USA sont bien plus importantes, parce que la domination US sur l’actuelle mondialisation capitaliste est bien plus forte que la simple peur de perdre le marché américain.

Troisième question qui intéresse selon nous au premier chef les militants communistes ou devrait les intéresser. Pourquoi et comment le minuscule Cuba résiste-t-il depuis des années là où les puissantes UE et japon plient? Cette première question est renforcée par celle de la Chine. Non seulement celle-ci s’installe en Iran à la place des entreprises françaises qui désertent, mais paradoxalement Trump semble favoriser la montée en puissance de la Chine? Nous n’aborderons pas ici cette question d’une manière exhaustive, mais nous lui consacrerons une série d’articles dans la poursuite de tous ceux que nous avons déjà publiés.

I -La puissance américaine et ses privilèges exorbitants.

Ce qui apparaît dans ce G7 et à partir des dispositions prises par Trump tant en Iran qu’en matière d’augmentation de tarifs douaniers sur l’acier et d’autres productions c’est l’extra-territorialité de la « légalité » américaine autant que son économie, sa capacité à casser y compris la fragile reprise qui s’amorçait. Son rôle dirigeant sur des nations comme la France qui est d’abord emprise sur le Capital.

La réponse est connue, il y a trois piliers à cette puissance:

1) longtemps la totalité de l’information a été maîtrisée par les USA et ses alliés européens et asiatiques. On peut dire que 99% des nouvelles émanaient de cette unique source. Elle est battue en brèche et toute l’activité de nos médias autour des fake-news, sans parler des rumeurs concernant la manière dont le Russie tenterait de gouverner nos élections n’est qu’une tentative de répondre à ce changement de situation qui n’en est pourtant qu’à ses débuts alors que le système de domination US reste largement majoritaire. On perçoit la domination politique mais celle concernant l’économie, l’influence sur « les marchés » est encore plus importante.

2) La puissance militaire. Sans compter l’oTAN, les Etats-Unis ont a eux seuls une puissance militaire équivalente à celle de tout le reste des pays. Ce chapitre très important mérite à lui seul un traitement particulier à la fois en ce qui concerne les formes de vassalisation et le rôle nouveau de la Chine alliée avec la Russie. Cette question est bien sur politique, mais elle est également économique et constitue le principal poste budgétaire des Etats. Notons la pression qu’exerce Trump sur ses « alliés » pour qu’ils augmentent leur autofinancement y compris dans le cadre vassalisé de l’OTAN.

3) Le dollar qui joue le rôle de monnaie internationale. Ce qui a été renforcé par l’entente entre les USA et les Saoudiens de la nécessité de l’achat du pétrole en dollars (pétrodollars). Sur cette question on peut entre autres se référer au livre  » Le dollar et le système monétaire international (La Découverte, collection repères 2014) de Michel Aglietta et Virginie Coudert, économistes au Centre d’études prospectives et d’information internationales (CEPII).

II- Le dollar est LA monnaie internationale: Historique jusqu’à aujourd’hui

« Le dollar, est encore en 2014, la seule devise capable d’assumer le rôle de monnaie internationale
La position dominante que le dollar occupe aujourd’hui est le fruit d’une montée en puissance progressive qui a commencé en 1913 avec la création de la Réserve Fédérale à la suite de la panique bancaire de 1907. A l’époque, le système monétaire international (SMI) reposait sur l’étalon or, dont les accords lors de la conférence de Gênes en 1922 signent l’abandon au profit de l’étalon change or en donnant au dollar (ainsi qu’à la livre sterling) une place centrale dans le système monétaire international par sa convertibilité en or. »

La signature des accords de Bretton Woods en 1944 fait du dollar la seule monnaie convertible en or dans le SMI. La suspension de la convertibilité annoncée par Richard Nixon en 1971 débouche sur les accords de Jamaïque, qui entérinent 1976 le nouveau fonctionnement d’un système de changes bilatéraux flottants.

Le dollar demeure aujourd’hui encore la monnaie dominante pour plusieurs raisons.

« Une monnaie internationale doit remplir plusieurs conditions. Elle doit être pleinement convertible, afin de répondre à sa fonction de moyen d’échanges. Son pays émetteur, les Etats-Unis en l’occurrence, doit être de grande taille afin de fournir une quantité de liquidités suffisante et son taux d’ouverture doit être faible afin de limiter les conséquences des chocs extérieurs sur son économie. Son système financier doit être très développé pour remplir sa fonction de réserve de valeurs pour les investisseurs privés, en proposant des marchés profonds de titres liquides. C’est sur ce point que le dollar se démarque de ses deux principales concurrentes, l’euro et le yen. Grâce à son statut de monnaie dominante, le dollar est devenu une monnaie de facturation sur les marchés mondiaux de matières premières, les marchés financiers et les marchés de biens et services. »

Le « privilège exorbitant » des Etats-Unis

Si le dollar est la monnaie qui remplit le mieux ces critères, la baisse progressive du poids de l’économie américaine dans le PIB mondial et la persistance de ses déficits courants et publics auraient pu altérer sa dominance dans le SMI.

« La présence de fortes externalités sur les marchés des changes expliquent que cette situation à l’avantage des Etats-Unis ait duré dans le temps, ainsi que la polarisation très forte autour du dollar. Le dollar est la monnaie la plus utilisée dans les transactions de change (87% des transactions de change concernent le dollar, contre 33% pour l’euro et 23% pour le yen), ainsi que la constitution de réserves de changes (61% pour le dollar, contre 24% pour l’euro, et 4% pour le yen), les prêts bancaires (57% pour le dollar, contre 20% pour l’euro, et 3% pour le yen). C’est aussi la principale référence pour les ancrages monétaires (72 monnaies sont ancrées au dollar, contre 26 pour l’euro et 1 pour le yen). »

Début 2014, la position extérieure nette des Etats-Unis était débitrice de 5 400 milliards de dollars. Les investissements en obligations privées et titres du trésor US sont les principaux postes de débit des Etats-Unis. Ils répondent aux caractéristiques de liquidité et de profondeur (les avoirs aux Etats-Unis des étrangers étaient de près de 26 000 milliards de dollars fin 2013) qui rendent le dollar éligible à la fonction de monnaie internationale dominante. Cette situation fait bénéficier les Etats-Unis d’un financement facile de ses déficits courants et publics : les réserves des étrangers aux Etats-Unis impactent à la baisse les rendements des bons du Trésor, et la détention de billets par des étrangers qui atteint près de 500 milliards de dollars a permis de financer d’autant les déficits extérieurs américains, sans intérêts de surcroit. Cette situation possède toutefois l’inconvénient de maintenir à un niveau élevé les flux de demande de capitaux en dollars contribuant significativement à sa surévaluation, ce qui pénalise le commerce extérieur des Etats-Unis. » (…)

« Sur le point des ancrages monétaires, la situation de polarisation a des conséquences importantes ; en effet, les pays qui ont des changes ancrés au dollar (une large majorité des économies émergentes préfère fonctionner avec des changes fixes, ce que l’économiste américaine Carmen Reinhart appelle la « peur du flottement »), pour des raisons de stabilité de leur compétitivité-prix par exemple, n’ont pas nécessairement des cycles conjoncturels qui correspondent aux cycles américains. Ainsi, leurs politiques monétaires sont contraintes par celle de la Réserve Fédérale dans la défense du change et peut aller à l’encontre des besoins de leur économie. Par exemple, si un pays ancré au dollar est en proie à l’inflation alors que la Fed mène une politique accommodante, sa banque centrale sera contrainte de suivre une politique accommodante également afin de ne pas subir d’afflux de capitaux qui seraient attirés par la hausse du différentiel de taux d’intérêt et ferait monter son taux de change, ce qui l’empêchera de contrecarrer la dynamique de hausse de l’inflation. »

III-La remise en cause de la domination du dollar, mais au-delà : quel système économique et politique pour assurer la pérennité du capitalisme ?

Ce qu’annonçaient ces deux économistes en 2014, à savoir que la domination du dollar ne pourra par durer éternellement est en train de se réaliser, non pas avec le yen et l’euro mais à travers la dynamique impulsée par la Chine. la demande de liquidité ne cesse de croître avec des dynamiques régionales particulièrement fortes en Asie (et à un degré moindre en Europe) et se développent des relations financières internationales parallèles à celles que domine le dollar. C’est toute la tentative mise en place par la Chine et qui attaque sur plusieurs plans à la fois: échanges bi-latéraux par exemple avec la Russie, mise en place d’un marché financier de grande ampleur y compris avec la city de Londres et paiement de l’énergie en yuan.

Dans le même temps, la baisse du poids de l’économie américaine pourrait mener lentement à un rééquilibrage du système autour de plusieurs devises, dans lequel la taille des marchés de dettes de l’union économique et monétaire européenne aurait pu permettre à l’euro de prendre une plus grande place. L’euro qui aujourd’hui est en crise n’a pas voulu jouer ce rôle de monnaie alternative et a au contraire accru sa vassalité aux Etats-Unis, mais le processus est amorcé.

Trump qui est présenté par nos médias comme un fou intégral, qui met en péril la bonne alliance capitaliste traditionnelle entre les anciennes puissances coloniales et leur rejeton américain, a un projet face à cette situation de remise en cause du dollar. Il a été beaucoup gaussé sur le fait que c’est au moment où apparaît la plus grande faiblesse de l’hégémonie américaine que l’actuel président des Etats-Unis rompte ou prétend rompre avec ses alliés. C’est une interprétation erronée. Trump agit justement parce que la situation est celle d’une perte d’hégémonie, il dit à ses vassaux qu’ils doivent obéir face à la menace chinoise et celle des pays émergents. C’est bien le capitalisme tel qu’il a fonctionné jusqu’ici qui est en cause. Il va falloir s’ils veulent continuer à bénéficier du bras américain qu’ils aident à le renforcer et à verser au bassinet.

Après avoir attribué à Trump la volonté de détruire l’UE, les commentateurs se sont interrogés sur l’absence de traitement de faveur qu’il réservait à la grande Bretagne post-brexit. C’est pourtant évident l’objectif de Trump n’est pas de détruire l’UE mais de renforcer sa domination et de les faire contribuer aux renforcement des Etats-Unis. L’Amérique d’abord n’est pas un simple slogan de campagne.

On a beaucoup insisté sur son protectionnisme, c’est vrai mais celui-ci a une vocation:

face à la remise en cause du dollar comme monnaie internationale, il s’agit pour lui de prouver que les Etats-Unis demeurent la seule économie dans le monde capable de répondre aux espérances des investisseurs et donc de renforcer la demande en dollar. Pour cela il ne craint pas d’affaiblir les monnaies concurrentes de ses vassaux qu’il s’agisse de l’Euro. Il s’agit de répondre contradictoirement à la pénalisation du commerce américain par le fait que la demande en dollars maintient celui-ci à un taux élevé et donc rend sa production non concurrentielle par rapport à celle de monnaies plus faibles, d’une manière qu’il juge injustifiées.

Si les Chinois ne se font guère d’illusions (à l’inverse de ce qui se passe en Asie et en Asie centrale (et même au MOyen orient) où la situation est beaucoup plus contradictoire) sur la capacité de l’Europe à s’opposer aux Etats-Unis, c’est bien à cause de la nature du capitalisme et il est nécessaire de pousser plus avant l’analyse sur ces questions concernant en particulier l’UE.

C’est un véritable désarroi qui frappe non pas tous les milieux d’affaire mais une partie d’entre eux. Sur le site Atlantico  on pouvait lire hier/

IV-Trump favorise-t-il la Chine?

Aujourd’hui, samedi 9 juin,Trump  quittera le Canada, quelques heures avant les autres dirigeants pour rallier Singapour où se déroulera le 12 juin son sommet historique avec Kim Jong-un, sa priorité affichée depuis des semaines, ce qui redouble l’impression de peu de cas qu’il fait de ses alliés traditionnels.

« En quelques semaines, le climat optimiste sur la croissance mondiale s’est évaporé. Dès maintenant, l’impression se répand que l’on a franchi un cap, que l’expansion était au zénith et que le ralentissement est en marche.  Les craintes concernent surtout l’Europe, comme si Donald Trump avait décidé de miser désormais sur l’Asie et d’abandonner l’Europe à son sort. Un vieux continent qui ne peut pourtant se passer de l’Amérique qui assure sa défense avec ses porte-avions et la force indispensable du dollar et qui risque d’être broyée à la fois par son manque de cohésion et surtout l’émergence de nouvelles puissances qui ne lui feront pas de cadeau.

Tout se passe aujourd’hui comme si Donald Trump poussait la Chine en avant, faisant ainsi volte-face avec son comportement d’il y a un an.   Car les mesures prises à l’encontre de l’Iran par exemple vont donner le marché de ce pays à Pékin. Les voitures chinoises vont remplacer les célèbres Peugeot. Et ceci au moment où la Chine démontre les exploits de sa technologie. La France vient ainsi d’enregistrer l’humiliation de voir que le premier EPR, conçu au départ par EDF est désormais chinois, alors que l’entreprise publique continue d’enregistrer des retards dans son programme de fabrication. »

Alors que le G7 se tient ce week-end au Canada, la guerre menée par Donald Trump pourrait avoir des effets surprenant. Comme le fait de constater que le président américain soigne plus ses relations avec ses ennemis chinois qu’avec ses amis occidentaux. »(1)

Cet article témoigne du véritable désarroi qui s’est emparé des « alliés » qui continuent à mettre la politique de Trump sur le compte d’un tempérament  erratique autant qu’atrabilaire, en refusant de voir les soutiens dont il bénéficie non seulement de sa base électorale (avec un chômage à 3%), mais des milieux d’affaire… C’est si vrai que non seulement TRump a dynamité le camp républicain mais que les démocrates n’arrivent pas à faire monter face à lui un candidat . Ce qui mérite une analyse de fond sur la crise d’une fausse alternance pour faire la même politique. Répondre à cette situation en tentant de perpétuer – à travers les questions sociétales et en ignorant la question sociale- une « gauche libérale libertaire et l’union avec celle-ci de ceux qui se prétendent révolutionnaire, c’est prétendre comme le dit Marx assurer la survie d’un cheval crevé. Le capitalisme en crise ne peut plus se contenter de cette alternance. NI pour tenir le mécontentement populaire, ni pour assurer son hégémonie mondiale.

.Nous sommes incontestablement devant une nouvelle étape du capitalisme, non seulement quand « reprise » il ya celle-ci est poussive, mais elle est aussitôt cassée par les tentatives de poursuite d’une hégémonie politique en crise et ses convulsions. C’est cela qu’il faut analyser dans la nouvelle phase de développement scientifique et technique que l’on résume sous le terme de « révolution informationnelle », il ne s’agit pas de la baptiser « révolution », mais de bien voir en quoi le capitalisme à ce stade sénile des monopoles financiarisés est une entrave à la mutation des forces productives. Qu’est-ce qui se joue alors réellement dans la rivalité Chine-USA, dans la tentative de tenir les mouvements populaires, et dans les recompositions hégémoniques?

c’est ce qui est apparu lors de ce G7 qui a démontré les conditions de sa survie dans la vassalisation et l’absence d’alternative. Tout cela mérite une analyse qui tienne compte de la montée des luttes, de la difficulté à concevoir un système politique capable d’assurer la stabilité et des conditions d’accumulation satisfaisantes au capitalisme.

Nous devons donc tenter de comprendre d’autres questions posées en introduction y compris celle centrale de la Chine. S’agit-il simplement de l’apparition d’un capitalisme multipolaire et Trump essaie-t-il d’opérer un partage ou s’agit-il d’autre chose y compris en terme de dépassement du capitalisme? Pouvons-nous éviter certains faits: pourquoi les entreprises chinoises peuvent-elles s’installer en Iran alors que malgré les discours de Bruno Lemaire, les entreprises françaises obéissent à l’injonction des USA ? Y a-t-il une relation originale entre la Chine et ses entreprises? Laquelle ? Pourquoi la Chine peut-elle négocier en cas de « guerre commerciale » avec les USA, alors que l’UE et le Japon paraissent incapables de le faire (au point que ce dernier comme d’autres puissances asiatiques revoient leurs relations avec la Chine?). Comment se fait-il que la Chine que l’on a longtemps présenté comme l’usine bas de gamme du monde est en train d’accomplir une révolution scientifique et technique y compris dans le domaine de l’intelligence artificielle? Pourquoi la Chine représente-t-elle à elle seule la puissance qui a pesé statistiquement sur la réduction de la pauvreté dans le monde? Dire que Trump comme certains milieux d’affaire US sont disposés à une entente avec la Chine ou plutôt qu’il a deux fers aux feux, ne suffit pas à épuiser les questionnements.

V-Nation et internationalisme

Enfin, cette vassalisation qui a caractérisé le G7 pose la question de la Nation qu’il est impossible de traiter ici. Notons que les résistances aux Etats-Unis et son extra-territorialité se sont appuyées sur une politique qu apparaît comme un facteur de progrès ou du moins de soutien à la population (rôle de l’éducation et la santé y compris sous blocus à CUba) et que ce progrès a aussi un ancrage dans une défense de la souveraineté nationale, le refus de se voir imposé les « solutions » libérales. Qu’il s’agisse de Cuba ou de la Chine, l’impossible résistance de la France et d’autres pays aux diktats américains ne peut pas être isolé de la manière dont le capitalisme met à mal les souverainetés nationales. Alors que l’on nous invite à ne pas nous enfermer dans des « protections » considérées comme archaïques, voir xénophobes, on semble oublier que l’internationalisme est de fait la solidarité entre nations et que nous avons aujourd’hui un sérieux manque dans ce domaine.

Mais honnêtement est-ce qu’on peut imaginer un Congrès extraordinaire du PCF, qui ignorerait comme le fait la proposition de base commune tout ce questionnement et ses effets difficilement contestables sur la situation mondiale, européenne et nationale, la perspective de nos luttes?

Danielle Bleitrach

(1)Publié le 

 

 

Les sanatoriums soviétiques toute une conception des droits du prolétariat

 J’ai vécu à mon corps défendant quelques épisodes dans ces lieux. Les soviétiques pratiquaient la prévention sanitaire autant qu’une hospitalité somptueuse pour les partis frères. Ce qui fait qu’ils nous offraient des vacances précédées d’un séjour santé où on examinait toutes les ressources de notre corps et surtout notre contagion possible vu que les camarades avaient les plus grands doutes sur les capacités du capitalisme à nous soigner. Mais ce qui m’intéresse également et ce pourquoi je ne cesse de plaider: je récuse la division instaurée en France entre créativité (pour les masses, cinéma, architecture mais aussi musique, danse et poèsie) des premières années de la Révolution et période stalinienne. (note et traduction de Danielle Bleitrach)

 

Visiter un sanatorium datant de l’ère soviétique, c’est comme remonter le temps. Des vestiges d’un autre âge subsistent tout autour – dans des fragments de papier peint vieux de plusieurs décennies qui s’accrochaient obstinément aux murs, ou des mosaïques colorées glorifiant l’ouvrier soviétique. Des plantes de toutes formes et de toutes tailles peuplent chaque coin, tandis que les chambres spartiates à lits simples évoquent une époque révolue où les hôtes se rendaient seuls dans les sanatoriums. Les repas sont également inoubliables, avec de la nourriture dans plus de nuances de beige que vous n’auriez jamais cru possible.Puis, bien sûr, il y a les traitements: des bains de pétrole brut et douches d’eau radon aux grottes souterraines de sel et des sables magnétiques, ces sanatoriums offrent une introduction vertigineuse à un tout nouveau monde de la médecine.

Chaque aspect de la vie du sanatorium, du sommeil au bain de soleil, était contrôlé et contrôlé par le personnel selon un calendrier strict
Les sanatoriums de l’époque soviétique comptent parmi les bâtiments les plus innovants et parfois les plus ornementaux de l’époque – de l’Aurora du Kirghizistan, en forme de navire, à Druzhba, un chef-d’œuvre constructiviste sur la côte de Crimée qui a fait naître une soucoupe volante. a atterri. De tels bâtiments défient la notion standard qui raconte que  l’architecture sous le communisme était inesthétique et terne. Parsemés à travers le paysage post-soviétique, ils survivent dans divers états de décomposition, relativement peu encore en activité. Mais à leur apogée, ces sanatoriums ont été visités par des millions de citoyens à travers l’URSS chaque année, grâce à l’État.

 
 

La question du temps libre a beaucoup intéressé les dirigeants soviétiques lorsqu’ils ont entrepris de définir et de façonner le nouvel homme soviétique. Contrairement aux vacances occidentales, que les Soviétiques considéraient comme des activités vulgaires caractérisées par une consommation ostentatoire et une oisiveté, les vacances en URSS étaient pensées . Leur fonction était de fournir du repos et de la récupération, afin que les citoyens puissent retourner au travail avec une diligence et une productivité renouvelées. Le Code du travail de 1922 prévoyait deux semaines de vacances par an pour beaucoup de travailleurs et, sous Joseph Staline, le «droit au repos» était inscrit dans la constitution de 1936 pour tous les citoyens de l’URSS. En accord avec les premier et deuxième plans quinquennaux de Staline, écrit Johanna Geisler dans le Sanatorium soviétique: médecine, nature et culture de masse à Sotchi , 1917-1991Le développement rapide de l’industrie signifiait qu’en 1939, 1 828 nouveaux sanatoriums de 239 000 lits avaient été construits.

C’est dans ce contexte que naquit le sanatorium. Un croisement entre institution médicale et spa, le sanatorium faisait partie intégrante de l’appareil politique et social soviétique. Ils ont été conçus en opposition à la décadence des villes thermales européennes comme Baden-Baden ou Karlovy Vary, ainsi qu’aux pratiques bourgeoises occidentales de consommation. Chaque détail de la vie du sanatorium, de l’architecture au divertissement, était destiné à édifier les travailleurs tout en encourageant la communion avec les autres invités et avec la nature. L’approche était simple, préconisant un repos maximal, mis en évidence par l’ajout de quelques livres supplémentaires au départ, ce qui était considéré comme un signe de santé robuste. On pensait que cela produisait une productivité post-sanatorium maximale, une notion qui a persisté jusqu’à ce jour. Ecrire dansClub Red: Vacation Travel et le rêve soviétique , Diane Koenker note que les Soviétiques étaient fiers de leur traitement progressif des travailleurs; les Français, écrivait le commissaire de la santé Nikolai Semashko en 1923, n’avaient qu’un seul lieu de repos: le cimetière.

 
  • Rodina, la Crimée

Certains sanatoriums ont fourni des traitements régionaux tels que la thérapie de la vigne en Crimée ou le kumis (lait de jument) en Asie centrale

Les personnes admissibles ont reçu des putevki , ou des bons, pour rester dans des sanatoriums particuliers pendant une période déterminée, soit à des tarifs subventionnés, soit gratuitement. En principe, les travailleurs de l’industrie et les personnes souffrant de troubles médicaux ont la priorité, bien que dans la pratique, les meilleurs logements soient généralement réservés à ceux qui ont de l’argent et des relations. À des degrés divers, le système de bons existe toujours dans toute la sphère post-soviétique, les gouvernements et les sociétés fournissant des putevki aux individus pour des visites de sanatorium subventionnées. Alors que la plupart des sanatoriums géorgiens sont réservés aux clients payants, ceux du Bélarus acceptent une forte proportion d’invités avec putevki dans le cadre du fonds de soutien social du gouvernement biélorusse.

Les vacanciers soviétiques commenceraient par une visite chez le médecin résident, qui élaborerait un programme sur mesure de callisthénie, de recommandations diététiques et de traitements. Des thérapies traditionnelles telles que les bains d’eau minérale ont été proposées aux côtés de traitements plus innovants tels que l’électrothérapie. Certains sanatoriums ont fourni des traitements régionaux tels que la cryptothérapie en Crimée ou le kumis (lait de jument) en Asie centrale, qui est encore offert aujourd’hui au sanatorium de Jeti-Ögüz au Kirghizistan.

Peu à peu, une évolution vers une culture de sanatorium plus détendue s’est développée et aujourd’hui les invités peuvent entreprendre autant de traitements qu’ils le souhaitent et aller et venir comme ils le souhaitent. Mais au début de l’Union soviétique, tous les aspects de la vie du sanatorium, du sommeil au bain de soleil, étaient contrôlés et surveillés par le personnel selon un calendrier strict. «Il était interdit aux patients de faire du bruit, de piétiner des pieds, de claquer des portes et de crier … les alcools et les jeux d’argent n’étaient pas autorisés, ni cracher sur le sol», écrit Geisler. Quand il a finalement été autorisé dans les années 1930, le divertissement est venu sous la forme de conférences sur l’énergie atomique et des représentations théâtrales destinées à éclairer plutôt que de simplement amuser.

Olga Kazakova, directrice de l’Institut du modernisme à Moscou, se souvient que ses parents étaient souvent moins enthousiastes à l’idée de visiter les sanatoriums. « [La] vie d’un citoyen soviétique était réglementée de tant de façons et ils ne voulaient pas vivre selon un calendrier qui les attendait à marcher à la cantine avec tous les autres. De plus, puisque ces paquets de vacances étaient distribués par le travail, il se pouvait que vous rencontriez vos collègues dans un sanatorium, ce dont mes parents n’étaient pas très heureux

 

Olga Kazakova, director of the Institute of Modernism in Moscow, recalls how her parents were often less than enthusiastic about visiting sanatoriums. “[The] life of a Soviet citizen was regulated in so many ways and they did not want to live according to a timetable that expected them to march to the canteen with all the others. Moreover, since these holiday packages were distributed through work, chances were you would meet your colleagues at a sanatorium, something my parents were not so happy about.”

 
 

Parallèlement à la montée des sanatoriums, la «kortortologie» – une science médicale étudiant les effets de la nature et des éléments sur les humains – est née. Comme les poètes romantiques avant eux, les kurortologues soviétiques considéraient la reconnexion avec l’environnement naturel, auparavant considéré comme hostile et inhospitalier, comme ayant le potentiel à la fois de guérir la maladie et de mettre fin à l’aliénation sociale. Des instituts entièrement consacrés à l’étude de la kortortologie ont été créés. En étudiant l’efficacité des remèdes naturels, ils ont exploré le succès de traitements allant des bains de boue à la luminothérapie. La kurortologie sous-tend non seulement la culture médicale dans les sanatoriums, mais elle a également influencé leur architecture.

L’effondrement  de l’Union soviétique en 1991 a sonné le glas de l’industrie, laissant de nombreux sanatoriums abandonnés. Des coûts d’entretien prohibitifs, associés à un manque d’intérêt pour la conservation architecturale dans une grande partie de la sphère post-soviétique, ont peu fait pour changer cette situation. Un certain nombre de sanatoriums encore en activité sont tombés en désuétude, tandis que d’autres font face à un avenir incertain.

L’essor de la culture thermale occidentale et «l’économie de l’expérience», axée sur le luxe et le bien-être, a favorisé une génération post-soviétique de consommateurs de moins en moins intéressés par la composante médicale du séjour en sanatorium. Certains sanatoriums se sont pliés à la demande des consommateurs, en incorporant des traitements tels que des masques de corps en chocolat et des pédicures de poisson garra rufa aux côtés des thérapies traditionnelles soviétiques. En Lituanie, le capitalisme a triomphé, avec toutes les traces de l’ère soviétique débarrassées des sanatoriums du pays en faveur d’une expérience plus du 21ème siècle. En Crimée, à Odessa et à Sotchi, la direction accepte que la proximité de leurs sanatoriums à la plage et la possibilité de combiner des traitements avec la vie nocturne locale sont les attraits pour les clients à la recherche d’un peu de sel, de soleil et de sable.

 

Malgré ces défis, la plupart des sanatoriums ont conservé une partie de leur patrimoine médical. Parlez à n’importe quel docteur de sanatorium aujourd’hui et le mot prophylactique surgit inévitablement, dans un clin d’oeil à l’accent de la médecine soviétique sur le travail clinique préventif. Un séjour dans un sanatorium est toujours considéré à la fois comme une prévention et comme un traitement curatif, les clients recherchant un traitement pour un large éventail de maladies allant de l’arthrite à l’asthme.

Sans surprise, on sait peu de choses sur les sanatoriums en dehors de la sphère post-soviétique. Compte tenu du faible respect pour leur conservation, ce livre vise à introduire la culture du sanatorium à ceux à qui il est nouveau, tout en mettant en valeur les joyaux architecturaux de l’ère soviétique dans l’espoir qu’ils seront protégés et restaurés pour les générations futures. « Il ne fait aucun doute que de nombreux sanatoriums méritent d’être conservés en tant que monuments de l’architecture, mais n’ont pas ce statut à l’heure actuelle », explique Kazakova. « Mais je pense que de plus en plus de gens ne détestent plus tout ce qui est soviétique et sont prêts à voir la vraie valeur de l’architecture du sanatorium soviétique. Espérons que leur importance sera reconnue avant longtemps et au moins les plus importants seront finalement rénovés.  »

Texte: Maryam Omidi
Image: Claudine Doury, René-Fietzek , Natalia Kupriyanova, Dmitry Lookianov , Egor RogalevMichal Solarski

Ceci est un extrait de vacances dans les sanatoriums soviétiques  par Maryam Omidi, publié par l’édition FUEL, et maintenant . 

Joignez-vous à nous et à FUEL Publishing le 19 octobre 2017 à la librairie Calvert 22 , où vous pourrez voir un aperçu de la superbe photographie du livre et acheter une copie de coffret en édition limitée.L’événement est gratuit, mais RSVP est requis. Vous pouvez trouver plus d’informations sur 

 

Jupiter en Russie ou les âmes mortes… Par Guillaume Berlat

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par Les-crises.fr DT

Source : Proche & Moyen-Orient, Guillaume Berlat, 28-05-2018

« La diplomatie ignore la sentimentalité » nous rappelle fort justement Stefan Zweig dès 1938. Or, les diplomates d’expérience le savent bien, une diplomatie réaliste tient compte de l’idéal chez les autres sans se laisser égarer par le sien, quand elle en a un.

Il ne suffit pas de rendre visite au président de la Fédération de Russie fraîchement réélu, Vladimir Poutine, les 24 et 25 mai 2018 (en marge du Forum de Saint-Pétersbourg) pour que tout aille pour le mieux dans la relation bilatérale franco-russe passablement chahutée au cours des dernières années, des derniers mois (Crimée, Ukraine, Syrie, sanctions, expulsions de diplomates…).

Le pouvoir de séduction de Jupiter, si grand soit-il, atteint rapidement ses limites surtout au pays des tsars. « C’est toujours une force de disposer d’une grande confiance en sa propre capacité, jusqu’au moment où elle ne suffit plus. L’audace est un atout précieux mais elle ne doit jamais se départir de la lucidité »1.

Et cela vaut particulièrement pour la relation franco-russe. Nous en avons une petite idée depuis les récits du marquis de Custine au milieu du XIXe siècle2 jusqu’à l’analyse plus récente de l’un de nos anciens ambassadeurs à Moscou, Jean de Gliniasty3.

Avant de tirer quelques conclusions sur le déplacement en Russie d’Emmanuel Macron après qu’il ait reçu en son Palais le 23 mai 2018, le président rwandais, Paul Kagame et les géants du numérique (« Tech for Good » en bon français), il importe de replacer cette visite dans son contexte mondial et au regard de ce qu’est la diplomatie russe.

Nous pourrons ensuite examiner ce qu’étaient les promesses médiatiques préalables de cette épopée lyrique avant d’en apprécier tous les résultats concrets à la lumière de ce que l’on veut bien nous dire et ne pas nous dire.

LE MONDE CHANGE, LA DIPLOMATIE RUSSE RESTE

Face à un monde passablement secoué depuis le début du XXIe siècle, la diplomatie possède un avantage incomparable et incontestable par rapport à celles des principaux pays occidentaux, sa stabilité et sa solidité.

Un monde en perpétuel changement

Hasard ou coïncidence, le président de la République, Emmanuel Macron est reçu le 24 mai 2018 par son homologue russe, fraîchement réélu, Vladimir Poutine quelques jours après que ce dernier se soit entretenu, successivement, avec Bachar Al-Assad et Angela Merkel à Sotchi !4 Ce déplacement programmé de longue date, intervient en plein milieu d’une crise entre Washington et ses alliés européens portant sur l’avenir de l’accord 5+1 conclu le 14 juillet 2015 à Vienne (Cf. le discours musclé de Mike Pompeo le 21 mai 2018 devant la Heritage Foundation). Elle met à mal la solidarité transatlantique et la cohésion européenne.

D’autres signaux forts sont inquiétants5 : bruits de bottes dans la région (échanges musclés entre Iran et Israël) et menaces de sanctions commerciales brandies contre les entreprises européennes tentées de commercer avec Téhéran auxquelles Bruxelles entend répliquer par un dispositif mis en place en son temps pour contourner l’embargo américain contre Cuba. Le transfert de l’ambassade des États-Unis de Tel Aviv à Jérusalem a ravivé les haines recuites entre Israéliens et Palestiniens (Cf. le bilan humain des tensions).

L’on doit à une discrète médiation de l’Égypte une baisse rapide de la tension à Gaza. D’autres signaux faibles sont plus réconfortants tels les espoirs d’une réconciliation entre les deux Corées6 et d’un sommet productif entre Donald Trump et Kim Jong-un à la mi-juin 2018 à Singapour si rien ne vient mettre un grain de sable dans une mécanique parfaitement huilée par le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo7 qui a fait, à plusieurs reprises, le voyage au pays de Satan et de « l’axe du mal »8. Ce qui est désormais le cas depuis l’annonce du 24 mai 2018 faite par Donald Trump. Le ton baisse dans les discussions commerciales entre Pékin et Washington9.

En Syrie, le régime de Bachar Al-Assad – dont le brillant Laurent Gaffius annonçait doctement la chute sous trois mois à la fin du mois d’août 2012 – regagne le terrain perdu au fil des mois grâce à l’aide déterminante de l’Iran et surtout de la Russie devenue désormais incontournable sur le dossier syrien. Désormais, ce n’est plus l’Occident qui dicte son agenda à la planète » comme le relève justement François Hollande qui n’est pourtant pas une lumière sur le plan diplomatique10.

Humiliée après l’effondrement de l’URSS et l’avènement d’un monde unipolaire, la Russie joue désormais sa participation avec brio et cela qu’on le veuille ou non. La grammaire des relations internationales change de manière drastique ! On ne peut raisonnablement faire comme si de rien n’était à Paris.

Une diplomatie russe solide

Rappelons, s’il en était encore besoin, que la diplomatie russe possède de sérieux atouts que n’ont pas les démocraties occidentales soumises au dégagisme des opinions publiques :

longévité de ses dirigeants (Vladimir Poutine et Sergueï Lavrov qui ont déjà vu défiler quatre président de la République, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, François Hollande et Emmanuel Macron sans parler de la valse des ministres des Affaires étrangères), stratégie de long terme pérenne non contingente du buzz des médias (en Syrie, la stratégie russe n’a pas changé), hauteur et distance par rapport aux évènements (pas de réactions instantanées et pavloviennes), succès militaires et diplomatiques engrangés en Syrie (le gouvernement est en train de reprendre le contrôle de l’intégralité du territoire), respect du droit international si l’on prend comme point de référence les États-Unis (intervention en Syrie sur la base d’une demande des autorités) …11

Tout ceci pour dire qu’il faut compter avec la Russie si l’on veut contribuer au règlement des grandes crises qui secouent le monde, en premier lieu celle qui pèse sur la Syrie depuis sept ans déjà et sur laquelle la France a fait un tout faux remarquable grâce aux deux crânes d’œuf que sont Alain Juppé et Laurent Fabius12. Comme du reste sur l’approche des « révolutions arabes »13. Le déplacement d’Emmanuel Macron en Russie met en lumière tous les errements répétés de la diplomatie française au Proche et au Moyen-Orient au cours de la dernière décennie.

Cette visite intervient au moment où le prix du baril retrouve des sommets, 80 dollars et vient donner une bouffée d’oxygène à la Russie14. Au passage, on notera que Vladimir Poutine joue à la perfection de la désunion européenne en recevant/confessant les uns après les autres les chefs d’Etat et de gouvernement, Angela Merkel puis Emmanuel Macron dont les intérêts en Russie ne sont pas nécessairement convergents, pas plus qu’avec les États-Unis dans le domaine commercial15.

Le fameux diviser pour mieux régner. Or, les 27/28 n’ont toujours pas tranché la question stratégique de savoir si l’Union européenne et la Russie doivent poursuivre une guerre froide larvée ou construire un nouveau partenariat stratégique sur la sécurité et la stabilité du continent ?16

Or, de la réponse à cette question existentielle dépend en partie l’avenir du continent européen au moment où les États-Unis mettent à mal le système multilatéral mis en place après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Force est de constater que la réponse n’est pas du tout la même en fonction des capitales européennes17. Le nuancier est aussi impressionnant qu’impressionniste.

Quelles sont les principales conclusions que nous pouvons tirer de cette virée russe au pays du tsar Poutine ?

LA DIPLOMATIE DU ET PAR LE VIDE

Dans ce genre de déplacements diplomatiques à haute valeur symbolique, il importe toujours de faire la part entre ce que l’on annonce avant et ce qui se produit concrètement pendant. Il peut parfois exister un fossé assez large entre espoirs et réalisations.

Une visite bien préparée sur le plan médiatique

À quelques jours de l’échéance fatidique, et comme ils ont coutume de le faire avant un important évènement diplomatique (les fameux « pré-papiers »), les « spin doctors » du château procèdent à leur tir de barrage médiatique pour nous mettre en haleine. La méthode est toujours la même. Oyez, oyez, bonnes gens, il va se passer des choses importantes lors de cette rencontre internationale18. La visite est plus commentée avant qu’après. Et, surtout, Jupiter est attendu, entendu et va amener son interlocuteur a quiasur tous les sujets importants. C’est la même chanson que l’on nous avait fredonné avant la visite d‘Emmanuel Macron à Washington sur la question de la mise en œuvre de l’accord sur le nucléaire iranien du 14 juillet 2015. On ne connaît que trop bien la suite. Donc, prudence et pas d’emballement. L’on ne connaît que trop les limites de la diplomatie tactile pratiquée avec talent par notre plus jeune président de la cinquième République.

Les milieux bien informés – c’est comme cela qu’on les désigne dans les médias – nous indiquent que le président de la République Emmanuel Macron sera reçu jeudi soir à Saint-Pétersbourg, à l’invitation du maître du Kremlin. Depuis leurs rencontres – à Versailles le 29 mai 2017, puis à Hambourg en marge du G20 en juillet 2017 –, le paysage géopolitique a bien changé, nous précise-t-on à nous les béotiens et les ignares. L’Elysée précise que « le dialogue a été maintenu » avec Moscou malgré l’affaire Skripal (manifestement remis de ses ennuis biologiques), du nom de l’ex-espion russe empoisonné à Salisbury, et bien que les cartes aient changé de mains en Syrie avec la reconquête du terrain par le régime de Bachar Al-Assad.

Les deux dirigeants participeront le lendemain au forum économique de Saint-Pétersbourg, auquel Emmanuel Macron est l’invité d’honneur avec le Premier ministre japonais Shinzo Abe. Un an après leur première rencontre, au château de Versailles, MM. Macron et Poutine « prendront le temps d’échanger en profondeur en tête-à-tête » avec la volonté de « dégager des points communs face aux crises internationales », en particulier sur le conflit syrien ou le dossier du nucléaire iranien après la décision du président américain Donald Trump de sortir de l’accord de 2015, selon les communicants de l’Elysée. Quel charabia incompréhensible qui veut vraisemblablement signifier que nous sommes d’accord sur presque rien ? Mais, l’on nous rassure aussitôt. Malgré les nombreux sujets de divergence entre Paris et Moscou de ces derniers mois, « le dialogueentre eux a été maintenu et les échanges téléphoniques ont été nombreux », précise la présidence de la République. « Dès la rencontre de Versailles, nous avons pris le pari d’un dialogue constructif mais franc. Quand il y a des désaccords, on le dit, mais cela n’empêche pas de travailler ensemble ». Depuis l’annonce de M. Trump, MM. Poutine et Macron ont exprimé leur volonté de maintenir l’accord sur le nucléaire iranien, le premier réclamant son « application stricte » tandis que le second prône des discussions sur un nouvel « accord élargi » prenant en compte le contrôle de l’activité nucléaire après 2025, le programme balistique de l’Iran ainsi que la situation en Syrie et au Yémen.

Au cours de sa première visite en Russie, M. Macron, accompagné de son épouse Brigitte (cela change tout !), veut aussi « relancer la relation bilatérale dans tous les secteurs possibles : économique, universitaire, culturel, sportif… ». Des rencontres avec des entrepreneurs ou des membres de la société civile sont prévues, tandis que la visite se terminera par un hommage au théâtre Mariinsky à Marius Petipa, un chorégraphe français qui vécut l’essentiel de sa vie en Russie, pour le bicentenaire de sa naissance en 1818 à Marseille (sud-est de la France). Toute la panoplie classique de la diplomatie est de sortie, de la politique à l’économie en passant par la culture !

Voici pour la contextualisation médiatique de la visite. Qu’en est-il en réalité de la substance même de cette importante échéance diplomatique bilatérale ?

Une visite aux résultats diplomatiques contrastés

Quel est le grand dessein dont serait porteur Emmanuel Macron en effectuant son premier déplacement en Russie ? On pourrait parler de « salade russe »19. Si séduisant et convaincant soit-il, Emmanuel Macron arrive à Russie lesté de quelques sérieux handicaps : une ligne floue sur la nature de la relation bilatérale (veut-il lancer une alliance de revers comme le général de Gaulle ou rester un caniche servile à la botte de l’Oncle Sam ?), un préjugé défavorable (ses saillies sur Russia Today et celles, inacceptables sur le plan diplomatique de François Delattre, son ambassadeur auprès de l’ONU sans parler des faux-pas de son ministre des Affaires étranges, Jean-Yves Le Drian, un gaffeur de bon aloi), un alignement ostensible sur les positions américaines en particulier sur le dossier syrien (Cf. le bombardement « symbolique » de sites chimiques, participation aux activités du « Small Group »)… Toutes choses qui ne sont pas de nature à créer la confiance requise pour bâtir un authentique partenariat stratégique – allant au-delà des mots creux (« Dialogue de Trianon » entre les sociétés civiles) – qui puisse permettre à la France de rejouer une partition autonome dans le concert des nations.

Sur le plan géopolitique, question fondamentale, dans l’inventaire à la Prévert (tout pays visité par Jupiter est prioritaire) qui nous est servi, quelles sont les véritables priorités de la diplomatie française ? Question subsidiaire, quelle est la place exacte qu’occupe notre relation avec la Russie dans ces priorités ? Il ne suffit pas de dire que le chef de l’État s’entretient régulièrement au téléphone avec Vladimir Poutine pour considérer que tout va très bien madame la marquise. La confiance se construit sur le temps long, avec des gestes concrets, dans la plus grande discrétion20. Il ne suffit pas de dire que l’on va travailler sur les « points de convergence » pour faire avancer les dossiers. Tout cela est du langage médiatique et non du langage diplomatique. Quelles assurances sommes-nous disposés à donner à Moscou que l’OTAN ne s’élargira pas à son « étranger proche » pour contribuer à rétablir la confiance perdue ?

Que signifie parler au nom de l’Union européenne au moment où les 27/28 sont disposer à transiger avec Washington sur les sanctions à l’encontre de l’Iran21 et où l’Italie semble prendre ses distances avec les règles européennes ?22 Sommes-nous disposés à proposer aux Russes de redéfinir en commun l’architecture européenne de sécurité du XXIe siècle, l’actuelle (traités FCE, Ciel ouvert, mesures de confiance) ayant été imaginée durant la guerre froide ? Le projet russe avait dédaigneusement été rejeté par un tiers mondiste/un tiers mondain, Bernard Kouchner. Que nous dit Jupiter à son arrivée à Saint-Pétersbourg ? La France et la Russie doivent travailler ensemble à la mise en place d’« initiatives communes » sur les sujets internationaux, que ce soit sur l’Ukraine, la Syrie ou concernant la question iranienne, nous dit-on. Sur quelles bases ?

Sur le plan bilatéral, « les relations économiques se développent, je crois que c’est une bonne chose, nous allons avoir beaucoup de contrats importants et de nature très diverse – une cinquantaine – et le dialogue des sociétés civiles que nous avions décidé ensemble il y a un an a pris forme », déclare Emmanuel Macron à la presse au début de l’entretien. Il est, pour le moins curieux, qu’Emmanuel Macron pousse les entreprises françaises à investir massivement en Russie alors que ce pays est sous sanctions économiques de l’Union européenne (en relation avec la question de la Crimée) et que nous avons annulé la livraison de porte-hélicoptères Mistral (revendus à l’Égypte) qui étaient, du reste, payés. Tout ceci manque de cohérence et ressemble à une diplomatie économique de l’improvisation. Cela ressemble à s’y méprendre à de la diplomatie de l’en même temps chère à Jupiter23.

Sur le plan des droits humains, comment Emmanuel Macron entend-il plaider le cas de tous les prisonniers politiques bien connus dont l’attention de Moscou a été attirée par le parlement européen et par les médias ?24 Nous nous trouvons au cœur de la fameuse « diplomatie des valeurs » que la France met souvent en balance de sa « diplomatie économique ». Dans quel sens la balance va-t-elle trancher cette fois-ci ? Côté cœur ou côté raison ? Nous pourrons nous en faire une idée un peu plus précise en prenant connaissance des contrats effectivement conclus par les entreprises françaises à l’issue de cette visite. On comprend mieux que Jupiter soit resté assez discret sur le sujet en dépit des nombreux cas qui lui avaient été soumis. Courage fuyons ! Saint-Pétersbourg vaut bien une messe au nom de la Realpolitik.

Sur le plan de la liberté des médias, Jupiter est-il prêt à lever l’interdiction faite à Russia Today d’être accrédité pour suivre les conférences de presse de l’Élysée sous prétexte qu’il serait un vecteur de diffusion de « fake news » ?25

Sur le plan sportif, nous ne savons toujours pas si la France a tranché en faveur d’un boycott diplomatique de la Coupe du monde de football lancée le 14 juin 2018 en Russie26. Tel ne serait pas le cas. À confirmer… Jupiter aurait promis de faire le déplacement.

En termes concrets, le résultat diplomatique est maigre quoi qu’écrivent sur le sujet la réunion de trois brillantes plumes du quotidien Le Monde qui gobent toutes les fadaises que les communicants de Jupiter leur servent27. On nous apprend que cette visite a permis de « renouer le dialogue » (c’est donc qu’il n’existait pas auparavant alors que ceci constitue l’essence même de la diplomatie), d’avoir un échange « direct et franc » (litote diplomatique pour dire que le champ des convergences est réduit), « d’avancer ensemble malgré les incompréhensions » (elles devaient être nombreuses), de « continuer à bâtir une confiance commune… pour préparer l’avenir » (ce qui s’appelle la méthode du bon docteur Coué), de regretter l’annulation du sommet Trump/Kim (c’est le moins que l’on pouvait faire), de poursuivre les efforts de l’application de l’accord de Minsk sur l’Ukraine (c’est ce que l’on appelle enfoncer des portes ouvertes), d’envisager sous conditions l’élargissement à la dimension balistique et à l’activité diplomatique de Téhéran dans le région du cadre de l’accord de Vienne du 14 juillet 2015 (dans quelles conditions ?, d’écarter l’idée d’un boycott de la coupe du monde de football (geste utile)… Heureusement, quelques contrats ont été signés, démontrant ainsi le piège que constituent la pratique abusive des sanctions et la diplomatie économique chère à Laurent Fabius.

Attendons désormais de mesurer in concreto et in situ les authentiques avancées diplomatiques que ce déplacement de Jupiter aura permises sur le temps long de la diplomatie. Et cela tant dans la relation bilatérale abîmée depuis le quinquennat de François Hollande et de son brillantissime ambassadeur à Moscou (un copain de la promotion Voltaire, un kouchnérien bon teint ne parlant pas un traître mot de russe, qualifié de lâche et d’incompétent par un de nos compatriotes, mais qui a tout de même était récompensé par une dignité d’ambassadeur de France et un poste d’ambassadeur à Pékin, rassurez-vous, il ne parle pas un mot de mandarin28) que dans la solution des grandes crises qui secouent aujourd’hui le monde !

« Les hommes politiques, à la différence des diplomates, n’ont pas le temps d’apprendre les leçons de l’histoire » (Harold Nicolson, 1954). Et c’est bien là que le bât blesse surtout pour le chef de l’État dont l’expérience diplomatique est brève sur le temps long de l’Histoire et dont les résultats peinent à se concrétiser sur la scène internationale en dépit d’un activisme et d’un volontarisme méritant louange29. À ce jour, force est de constater, objectivement, que les résultats sont décevants tant aux États-Unis qu’en Russie. Emmanuel Macron parviendra-t-il à jeter, avec Vladimir Poutine, les bases d’un multilatéralisme renouvelé après la défection américaine et, ainsi, prendre toute sa place dans le nouveau concert des nations ?30 Ou bien, en restera-t-il à quelques échanges d’aimabilités diplomatiques sans lendemain ? Il est vrai que sa position est peu confortable en arrivant en Russie31. Quid de la prise de distance effective indispensable avec les positions délirantes de son ami Donald Trump sur l’Iran ?32 Quid d’une réorientation totale de notre diplomatie stupide en Syrie depuis le début des « révolutions arabes » ? Quid de notre volonté de faire jouer à l’Union européenne toute sa partition sur la scène internationale ? Que voulons-nous faire de l’OTAN après tous les camouflets américains ? Toutes ces questions restent sans réponse parce qu’elles n’ont vraisemblablement pas été posées lors des entretiens entre les deux présidents.

Ce sont elles qui conditionnent l’avenir de la relation franco-russe, de la construction européenne, du multilatéralisme en ce début de XXIe siècle. Face à la réalité, il importe « que l’on cesse les promesses mensongères » !33 Ainsi peut-on, temporairement du moins, conclure la visite de Jupiter chez le tsar Vladimir Poutine.

Guillaume Berlat
28 mai 2018

1 François Hollande, Les leçons du pouvoir, Stock, 2018, p. 16
2 Marquis de Custine, Lettres de Russie. La Russie en 1839, Folio classique, 1975.
3 Jean de Gliniasty, La diplomatie au péril des « valeurs », L’inventaire, collection Valise diplomatique, 2017.
4 Isabelle Mandraud, Lestée par la diplomatie de Trump, Merkel renoue le dialogue avec Poutine, Le Monde, 20-21-22 mai 2018, p. 6.
5 Pierre Servent, Cinquante nuances de guerre, Robert Laffont, 2018.
6 Sébastien Falletti, Kim et Moon visent une paix sans armes nucléaires, Le Figaro, 28-29 avril 2018, pp. 2-3.
7 Gilles Paris, Trump n’exclut pas un report du sommet avec Kim, Le Monde, 24 mai 2018, p. 4.
8 Valérie Samson, Pyongyang menace d’annuler le sommet avec Trump, Le Figaro, 16 mai 2018, p. 7.
9 Pierre-Yves Dugua, Pékin promet d’importer plus des États-Unis, Le Figaro économie, 21 mai 2018, p. 19.
10 François Hollande, précité, p. 384.
11 Guillaume Berlat, L’incontournable Vladimir Poutine sur la scène internationale,www.prochetmoyen-orient.ch , 5 juin 2017.
12 Guillaume Berlat, Syrie : l’insoupçonnable légèreté des certitudes…,www.prochetmoyen-orient.ch , 20 mars 2017.
13 Guillaume Berlat, Cinq ans de « printemps arabes » ou la fin d’une chimère !,www.prochetmoyen-orient.ch , 1er février 2016.
14 Armelle Bohineust, Le pétrole cher fait son retour, porté par la crise iranienne, Le Figaro économie, 16 mai 2018, p. 20.
15 Pierre-Yves Dugua, L’Allemagne redoute des sanctions américaines sur l’acier européen, Le Figaro économie, 28-29 avril 2018, p. 20.
16 Nicolas Baverez, Europe et Russie : l’heure des choixwww.lefigaro.fr , 22 mai 2018.
17 Jean-Jacques Mével, Iran : l’Europe tente de rester unie face à Donald Trump, Le Figaro, 17 mai 2018, pp. 1-2-3.
18 Virginie Malingre/Marc Semo, Macron en Russie pour poursuivre un dialogue difficile avec Poutine, Le Monde, 25 mai 2018, p. 4.
19 Erik Emptaz, Salade russe…, Le Canard enchaîné, 23 mai 2018, p. 1.
20 Isabelle Facon, Le président français cherche l’apaisement avec la Russie, Le Monde, 24 mai 2018, p. 21.
21 Cécile Ducourtieux, L’Europe prête à transiger avec Washington, Le Monde, Économie & Entreprise, 23 mai 2018, p. 4.
22 Gilles Ivaldi, L’Italie de Di Maio et Salvini ne préfigure pas l’Europe de demain, Le Monde, 23 mai 2018, p. 20.
23 Ellen Salvi, Emmanuel Macron teste son « en même temps » en Russie,www.mediapart.fr , 24 mai 2018.
24 Isabelle Mandraud, Macron en Russie : les défenseurs des droits humains tentent de se faire entendre, Le Monde, 25 mai 2018, p 5.
25 Mariana Grépinet, Russia Today. « Télé-Poutine sous haute surveillance », Paris Match, 23-30 mai 2018, p. 56.
26 Éric Hacquemand, Coupe du monde. Macron passe en bleu, Paris Match, 23-30 mai 2018, p. 48.
27 Virginie Malingre/Isabelle Mandraud/Marc Semo, Macron affiche son entente avec Poutine, Le Monde, 26 mai 2018, p. 4.
28 Benoît Vitkine, Yoann Barbereau, le fugitif d’Irkoutz, Le Monde, 26 mai 2018, pp. 14-15.
29 Arthur Berdah/Marcelo Wesfreid, Macron en quête de résultats à l’étranger, Le Figaro, 28-29 avril 2018, p. 6.
30 Sylvie Kauffmann, Ballet russe pour Macron, Le Monde, 24 mai 2018, p. 23.
31 Tatiana Kastouéva-Jean, Macron dans une position peu confortable face à Moscou, Le Monde, 24 mai 2018, p. 21.
32 Mathieu Magnaudeix, Robert Malley : « Les États-Unis se sont mis hors jeu »,www.mediapart.fr , 19 mai 2018.
33 Hubert Védrine, Comptes à rebours, Fayard, 2018, p. 314.

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Source : Proche & Moyen-Orient, Guillaume Berlat, 28-05-2018

 

Odessa poursuit sa résistance dans un contexte de glorification du nazisme : vous pouvez agir

Souvenez-vous le 2 mai 2014, il y a eu un massacre (plus de 50 personnes brulées vives) dans la maison des syndicats à Odessa. NOus avons contribué Marianne, Monika et moi avec votre aide à faire connaître cette ignominie que tous les médias taisaient. Ces médias  contribuaient à divulguer l’idée d’une révolte démocratique (le maidan). Alors même que déjà cette révolte était infiltrée par des pro-nazis à l’oeuvre aujourd’hui comme en témoigne en deuxième partie de notre article la manière dont a été fêté le 20 avril, date de la naissance d’Hitler.
Ce qui se passe en Ukraine, dans le Donbass devrait susciter la révolte non seulement des communistes, mais des antifascistes et des progressistes et il n’en est rien la chape de silence continue à s’abattre sur la répression, la misère et la guerre qui sévit en notre nom en Europe même. On tait le danger qui ne cesse de monter de voir apparaître une guerre y compris nucléaire à partir de là.

Face à la réalité de ce qui se passait en Ukraine, le rôle joué par des organisations qui se proclamaient les descendantes des collaborateurs et des tortionnaires nazis, nous avons vu en France se mobiliser les Bernard Henry levy,  tous ceux qui aujourd’hui prétendent dénoncer l’antisémitisme qui règne en France alors qu’ils ont tout fait dans toute l’Europe pour contribuer à la résurgence du nazisme et du racisme, transormant les Russes, vainqueurs de la seconde guerre mondiale en criminels. Oui ces gens là ont tout fait pour que derrière l’OTAN renaisse partout les forces négationnistes, anticommunistes, racistes et antisémites. Ils ne sont en aucun cas qualifiés pour dénoncer l’antisémitisme, ni même le fascisme islamiste qu’ils ont contribué à créer partout, de l’Afghanistan à la libye, en passant par l’Irak et la Syrie.

POur autant, et ici je parle en mon nom, je ne nie pas l’existence en France de la résurgence de l’antisémitisme et du racisme, ils sont indivisibles, je refuse d’attribuer celui-ci soit à la politique d’israêl ou à l’existence de Daech, parce que c’est fournir une excuse à ce qui doit être dénoncé comme l’éternel recours de l’impérialisme en crise. Et à ce titre, je ne puis pas plus cautionner ceux qui Dominique Vidal ont refusé de nous aider à dénoncer cette résurgence du nazisme par haine trotskiste de l’URSS et par sympathies de toujours avec la social démocratie. Tous ces gens là qui semblent ne connaître que le problème palestinien et refusent de voir ce qui se développe en Europe même nous ont révolté et continuent à nous révolter.

Tant que l’on fera du problème palestinien, d’Israël ou de l’islamisme des cas particuliers isolés de tout ce que la géopolitique nous montre par ailleurs, on contribuera à nourrir racisme et antisémitisme. Que ce soit comme les soutiens de la CIA comme BHL, et autres kouchner, Fabius, tous ceux qui transforment le judaïsme en secte au service de l’impérialisme ou ceux qui comme les trotskistes et sociaux démocrates obsédés hier comme aujourd’hui contre l’URSS, la Chine ou toute forme du communisme réel, on ne prendra pas la mesure des dangers réels.

Mais revenons à Odessa, au silence de hier comme aujourd’hui sur la montée du nazisme sous parapluie de l’OTAN, voir apologie des droits de l’homme, le choix du massacre le 2 mai n’était sans doute pas un hasard, le 2 mai c’est le jour où après un défilé du premier mai faisant l’apologie de la collaboration capital travail (introduite par les lois votées par la social démocratie de Weimar), les syndicats ont été interdits.  (note de Danielle Bleitrach)

(note de Danielle Bleitrach)

A Odessa, les victimes de ce massacre vous demandent de les aider à ne pas oublier .

Vous pouvez participer et partager cet appel à l’action dans le monde entier.

Appel à l’action

La paix en Europe ! Solidarité avec les victimes du massacre d’Odessa

Prague printemps 2-réseau contre l’extrémisme de droite et le populisme invite tout le monde à participer.

Cette action importante peut facilement être menée par une personne, deux ou plus.

Pour montrer votre solidarité et votre désir de paix en Europe, deux ingrédients sont importants :

1) utiliser une fleur d’œillet rouge
2) prendre une photo de celle-ci avec une vue plus ou moins connue en arrière-plan.

Vous pouvez inclure un texte. Comme les ballons noirs ont également été utilisés pour cette journée commémorative, ils peuvent être inclus dans l’image.
La manifestation solidaire rassemble des photos et des informations tout au long du mois de mai sur :

Facebook : Action solidaire mai 2 avec les victimes du massacre d’Odessa, https://tinyurl.com/y8qeo5k2

Blog : le monde en solidarité avec Odessa, https://solidaritywithodessa.wordpress.com

Soumettez votre contribution en suivant des informations sur le blog ou par e-mail directement à aktivisterforfred@gmail.com. écrivez à partir de l’endroit où se trouve la photo.

Étant donné qu’il y a aussi des harcèlements et des menaces en dehors d’Odessa, il est important que tout le monde puisse y assister anonymement. Regardez le blog pour obtenir des informations sur la façon de faire une contribution anonyme. Là, vous pouvez également trouver des alternatives si vous ne pouvez pas obtenir une vraie fleur et des traductions de cet appel à l’action.

Le réseau du printemps 2 de Prague attend avec intérêt de nombreuses photos qui, ensemble, présentent le monde entier en solidarité.

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La célébration honteuse du 75e anniversaire du bataillon SS Halychyna à Lviv (Ukraine) le jour de l’anniversaire de Hitler le 20 avril 2018. Une sélection de photos du réseau ! C’est ce qu’on refuse de voir en Europe ! A moins que l’Europe cherche un nouvel Hitler pour combattre de nouveau la Russie …

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En l’honneur de la célébration honteuse du 75 e anniversaire du bataillon du bataillon à Lviv à l’anniversaire d’Hitler le 20 avril 2018, a fait une sélection d’images du réseau !
Voici ce que nous devons apporter à l’Europe et le montrer !
 

Monika nous transmet : Oumar Mariko, candidat à la présidence du Mali (photo et vidéo) dans le Donbass

Et Monika toujours égale à elle-même, force, optimisme et foi en l’avenir… nous explique :L’Union Soviétique se reconstruit pas à pas dans ce qu’elle avait de meilleur… je dois dire que j’avais besoin de ce message dans un moment où mon pays me désespère, et je ne dirai rien de la direction de ce qui fut le pCF. Du mali où nous sommes censés intervenir pour le bien être des populations, nous ignorons tout, mais à peu à peu au-dessus des têtes de nos colonialistes des liens se tissent (note et traduction de Danielle Bleitrach)

NA Président DNI Dennis Pushilin a rencontré le candidat à la présidence du Mali Oumar Mariko (photo + vidéo) / Président du DPR Denis Conseil populaire Pushilin a rencontré Oumar Mariko, candidat à la présidence du Mali (photo et vidéo)

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Dans le cadre de la visite d’étude à la République populaire de Donetsk de l’Assemblée nationale de la République du Mali, Président du « Solidarité pour une Afrique indépendante et démocratique» (ISAD) Oumar Mariko, il a rencontré le Président du Conseil national de la DNI Dennis Pushilin. Ceci est rapporté par un correspondant du site officiel de la République populaire de Donetsk.

« Je suis content d’être ici. Toujours rêvé de visiter l’URSS, même quand elle a cessé d’exister. le Mali prend un vif intérêt à coopérer avec les pays de l’ex-Union soviétique, donc je souhaite maintenir des contacts dans le domaine de l’éducation et de la santé. Le peuple soviétique a fait de nombreux efforts pour promouvoir le développement de la santé, de l’éducation et de la sphère militaire au Mali. Cela est d’une grande importance pour le renforcement de la souveraineté et des liens entre les pays « , a déclaré Umar Mariko.

Les participants à la réunion se sont informés mutuellement de la situation politique interne dans leurs pays. Selon Umar Mariko, un État indépendant de l’Azawad a été proclamé sur le territoire du Mali, mais cet événement n’a rien à voir avec la volonté du peuple dans le Donbass. Dans le même temps, le pays africain est dominé par les médias occidentaux, donc des informations fiables sur la République populaire de Donetsk n’y arrivent pas.

Les interlocuteurs ont noté que, avec de grandes différences, il existe une similitude significative – plusieurs années sur leurs territoires, il y a une confrontation militaire, et cette année, des élections sont prévues pour les chefs d’Etat. Pour sa part, Denis Pusilin a souligné que, malgré les hostilités en cours, les habitants de la République retournent chez eux.

« Nous avons un potentiel industriel, une ressource humaine, une population travailleuse. Nous avons besoin de paix et nous pouvons pleinement nous développer. Avant les événements que l’on sait , la densité de la population de notre région était de 200 personnes par km2, dans les autres régions de l’Ukraine – 43, au Mali – 12. Ces chiffres indiquent que la population humaine, laborieuse est l’un des facteurs importants. Pendant le conflit, la situation a légèrement changé. Ceux qui sont partis sont revenus quand les combats étaient terminés », a-t-il dit.

A la fin de la réunion, Denis Pusilin a exprimé l’espoir que les prochaines élections au Mali se tiendront dans une atmosphère paisible, et Umar Mariko a souhaité qu’OUmar Mariko  obtienne la victoire.


Photo © Site officiel de la République populaire d’Allemagne

Photo © Site officiel de la République populaire d’Allemagne