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A Moscou, Soljenitsyne est devenu un « menteur »

23 juin 2019 10:04
A Moscou, Soljenitsyne est devenu un "menteur"

Une photo du monument de Moscou à l’écrivain Alexandre Soljenitsyne , on voit  l’inscription qui a été corrigée par des inconnus.

« Quelqu’un a spécialement frotté les lettres sur le monument … » , il est clair que quatre lettres du nom de l’écrivain sur le monument – elles forment le  mot «menteur» en russe – sont différentes des autres couleurs.

Le monument à Soljenitsyne à Moscou est situé dans la rue Tagansky, également nommée d’après l’écrivain. La cérémonie d’ouverture du monument, à laquelle assistait le président russe Vladimir Poutine, s’est tenue le 11 décembre dernier.

« Red Line » a tourné le film « Vivre n’est pas un mensonge. De gré à gré », dans laquelle il a soigneusement étudié la biographie d’Alexandre Soljénitsyne. Regardez sur le site et la chaîne YouTube  » Red Line « 

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Ziouganov: Si nous nous affaiblissons, on nous étranglera!

Marianne avant de partir pour son périple: Moscou Pékin par le transibérien, aujourd’hui même, nous a envoyé cette traduction… J’espère qu’elle va revenir avec plein de choses pour notre blog… (Note de danielle Bleitrach)

Lors de la séance plénière du 18 juin, la Douma a adopté un projet de loi fédérale sur la suspension par la Fédération de Russie du traité entre l’URSS et les États-Unis concernant l’élimination des missiles à moyenne et à courte portée. La position de la faction du parti communiste à la Douma d’Etat a été exposée dans son discours par le président du comité central du parti communiste de la Fédération de Russie, Guennadi Ziouganov.

https://kprf.ru/party-live/cknews/186077.html

18-06-2019

ZiouganovGuennadi Andreevitch

Président du Comité central du Parti communiste de la Fédération de Russie, chef de la faction du parti communiste à la Douma d’Etat de l’Assemblée fédérale de la Fédération de Russie

 

– Chers collègues, un peu d’histoire. Le 24 juillet 1945, les travaux de la conférence de Potsdam s’ouvrirent. Lors de cette conférence, le président des États-Unis, Truman, s’est adressé à Staline et a déclaré que les Américains avaient fait l’expérience d’une super-arme. Comme il l’a rappelé plus tard: sur le visage de Staline, pas un seul muscle ne tremblait. «Il me sembla alors, écrit Truman, qu’il ne comprenait pas qu’une nouvelle ère de diplomatie atomique commençait ».

 

Mais Staline avait parfaitement compris. De retour à Moscou, il a invité l’auteur et le superviseur de notre projet nucléaire Kourtchatov, et lui a demandé combien il pourrait coûter. Kourtchatov a répondu: « Il semble que cela coûtera plus que ce que la Grande Guerre patriotique nous a coûté. »

 

Néanmoins, nous avons construit dix villes atomiques dans les conditions les plus extrêmes. Ce projet mérite aujourd’hui d’être approfondi et étudié, car nous sommes confrontés à des menaces que nous n’avons pas encore rencontrées.

 

Dans ma région natale d’Orlov, on labourait toujours avec des vaches, et cependant nous avons construit ces villes et créé des entreprises uniques. Des groupes ont été organisés dirigés par Malenkov, Voznesensky et Beria, qui ont immédiatement résolu le problème. Le financement était ouvert sans restriction. Le personnel scientifique, tout comme les services secrets, ont travaillé avec brio. Et, chose surprenante, presque tous les grands scientifiques nucléaires du monde ont soutenu ce projet.

 

Je me souviens que nous avions convenu, trois mois après notre victoire sur l’Allemagne, d’ouvrir un front à l’Est. Et nous avons rempli ces accords. Nous avons brisé l’armée du Kwantung en 18 jours. Mais, malgré l’inutilité de la chose, les Américains ont brûlé 250 000 Japonais, lançant deux bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki.

 

Nous avons testé notre bombe atomique en août 1949. Joseph Staline, lorsqu’il a décerné des récompenses pour la mise en œuvre du projet nucléaire, a déclaré: si nous avions été en retard ne serait-ce que d’un an, les cent premières bombes atomiques américaines nous seraient tombées sur la tête.

 

Aujourd’hui, nous ne devrions pas être surpris de ce qui se passe en politique internationale. La détente, dont nous parlons, n’a commencé que lorsque l’URSS a effectué son premier vol spatial, après que Leonov et Savitskaya soient partis dans l’espace, après qu’il est devenu évident que le pays disposerait de nouveaux matériaux et de nouveaux remèdes.

 

Nous avons atteint la parité nucléaire, au moment où la question n’était plus de détruire un pays 5 ou 10 fois. Cette parité a amené les Américains à s’asseoir à la table des négociations et à signer les accords les plus importants. Et ils les ont observés longtemps. Mais dès que nous nous sommes affaiblis, tous nos accords ont été rompus. Dans ce monde, seuls ceux qui sont forts, intelligents et sûrs d’euxsont respectés, en particulier des Américains.

 

Lorsque nous avons signé ces accords, le pays a produisait 20% de la production industrielle mondiale. Un tiers des passagers dans le monde volait à bord de nos Iliouchine et Toupolev.  Une invention sur deux était née dans nos laboratoires et nos bureaux. Nous avions une armée splendide et une population patriotique.

 

Aujourd’hui, nous ne produisons même pas deux pour cent de la production mondiale et les capitaux fuient notre pays à un rythme fou. Nous investissons dans la science, l’éducation et les soins de santé deux à trois fois moins que n’importe quel autre pays prospère au monde.

 

Ces jours-ci, Silouanov présentera à la Douma d’Etat des propositions relatives à l’affectation de recettes budgétaires supplémentaires de près de 600 milliards de roubles. Mais seulement 125 milliards seront affectés à des projets. Et le reste servira à grossir le magot dans des pays qui nous menacent ouvertement. Il est difficile de s’imaginer plus grande folie! Par conséquent, nous pensons que toute diplomatie devrait reposer sur une base financière et économique puissante, sur une science et une éducation brillantes.

 

Mais regardez l’éducation d’aujourd’hui! Les épreuves de fin d’études secondaires viennent de s’achever et c’était une espèce d’opération coup de poing, comme avec des criminels. Mes petits-enfants ont passé les examens: tu laisses tomber ton style – ne le ramasse pas, tu étouffes–interdit d’ouvrir la fenêtre. On vous accompagne aux toilettes, ce qui ne se fait même pas en prison.

 

Quand j’enseignais les mathématiques supérieures, je permettais d’utiliser n’importe quel livre de référence. L’élève oubliera de toute façon ce qu’il a bachoté en deux semaines. Mais s’il apprend à traiter avec un appareil de référence, des données, des sources d’information, s’il connaît bien l’histoire de la question, il pourra progresser dans ses études.

 

Et qu’advient-il de la science? Nous sommes en train de défendre une université fondée par JaurèsIvanovichAlferov de la saisie d’un raider. Cette université devrait être fière et on veut la privatiser avec le terrain.

 

Et les entreprises nationales? Elles étaient les meilleures entreprises du pays. Mais hier, un tribunal a décidé de retirer au sovkhoze Lénine 43 % des actionset le transférerà des bandits. Déclarons officiellement, nous ne permettrons pas de faire main basse sur cette ferme unique! En collaboration avec le chef du siège des actions de protestation Kachine, nous avons décidé de tenir une manifestation nationale le 13 juillet.

 

Ce qui se passe avec le sovkhoze Lénine et son directeur Pavel Groudinine, est scandaleux à tout point de vue! Nous avons fait appel à vous, députés, mais pour une raison quelconque, vous restez silencieux et vous ne réagissez pas à ce qui se passe.

 

Et que se passe-t-il avec le député de notre faction à la Douma d’Etat de la sixième convocation, Vladimir Bessonov? On poursuit un homme qui, à proprement parler, défendait les intérêts de notre pays!

 

L’initiative du président de tenir un forum sur le développement durable à Saint-Pétersbourg constitue un important pas en avant. Le président de la République populaire de Chine, Xi Jinping, est l’un des dirigeants les plus intelligents. Je lui ai parlé et je me suis assuré que les Chinois sont fiers de nos projets communs. L’autre jour, avec les représentants du PCC, nous achèverons l’élaboration d’un projet de mémorandum sur la coopération entre les partis pour les trois prochaines années.

 

Nous sommes prêts à participer activement à la mise en œuvre du budget de développement du pays. Mais il doit être d’au moins 25 milliards de roubles. Nous ne pouvons pas réduire le budget militaire pour un sou. Nous avons déjà ralenti la mise en œuvre des développements scientifiques. Permettez-moi de vous rappeler que nos sous-ministres, S. Savitskaya et A. Tarnaev, luttent depuis 10 ans pour que le chasseur-intercepteur lourd MiG-31 soit réintégré dans les stocks. Pendant 10 ans, nous sommes allés, nous avons prié, persuadé, tenu des réunions. Avec l’amiral V. Komoyedov, de grandes audiences ont eu lieu à Nijni-Novgorod. Après cela, le MiG-31 a de nouveau été remis sur pieds. Sinon, sur quel porteur se trouverait cette super arme, dont V. Poutine est fier? Le transporteur unique est le MiG-31. Et le développement du prochain modèle – le MiG-41, on ne veut pas le financer.

 

Nous avons cinq régiments de MiG-31 couvrant tout le nord, de Mourmansk à Dudinka. Mais ils sont tous hors service! Nous devons résoudre ce problème. Permettez-moi de vous rappeler que la même chose s’est produite avec Topol-M. À une époque, avec le regretté Yuri Maslyukov, nous n’avons guère réussi à obtenir la coopération de 650 entreprises pour sa production. Aujourd’hui, c’est le seul système de missile stratégique qui nous protège. Il y a beaucoup d’autres exemples.

 

À cet égard, je soutiens activement la politique du président. Mais sans changement de cap économique et financier, sans budget de développement, nous serons faibles. Et on va étrangler!

Traduction (rapide) par Marianne Dunlop pour Histoire et société

 
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Publié par le juin 20, 2019 dans INTERNATIONAL, Russie

 

La Russie doit-elle croire en l’amitié avec la Chine ?

Un article limpide sur la relation entre deux pays, deux présidents, le retour, comme le dit la conclusion aux bonnes relations entre Mao et Staline, en dépassant le conflit Mao-Khrouchtchev. (note de Danielle Bleitrach)

Vladimir Poutine rencontre Xi Jinping au Kremlin

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6 juin 2019, 08:24
Photo: kremlin.ru
Texte: Pyotr Akopov

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La visite de Xi Jinping en Russie est une rencontre étatique. Mais comme a dit Vladimir Poutine en le rencontrant au Kremlin, le statut n’a pas autant d’importance que la possibilité de se revoir. Les deux présidents ont des relations plus fréquentes qu’il n’est coutume. Trois douzaines de réunions en six ans est un record absolu: au cours des 64 années précédentes, les relations entre la RPC et la Russie ont été moindres. Le président de la République populaire de Chine a appelé Poutine son ami le plus proche – mais peut-on se fier aux paroles d’amitié dans les relations interétatiques?

Poutine et Xi Jinping passeront presque trois jours ensemble – mercredi à Moscou et jeudi et vendredi à Saint-Pétersbourg. Déjà au Kremlin, de nombreux discours ont célébré le caractère sans précédent des relations entre les deux pays, à savoir qu’il n’y a pas de limites à leur amélioration. Et plus sera dit au forum économique dans la capitale du nord. Mais les mots clés sont malgré tout ceux prononcés par Xi Jinping lors de la signature de documents communs:

«Nous avons établi des contacts de travail étroits avec le président Poutine, ainsi qu’une profonde amitié personnelle. Au cours des six dernières années, nous nous sommes rencontrés près de trente fois. La Russie est pour moi le pays étranger le plus visité et le président Poutine est mon meilleur ami et mon bon partenaire. « 

La veille, il avait exprimé la même idée dans une interview accordée à la presse russe. Elle y était plus développée:

« Parmi les collègues étrangers, le président Poutine est pour moi l’ami le plus proche et le plus fiable, j’ai une très chère et profonde amitié avec lui. Notre communication repose sur une confiance mutuelle profonde et une amitié sincère. Nous nous respectons et nous nous comprenons, nous nous faisons confiance.  Nous avons une vision très proche du processus mondial et des concepts voisins dans le domaine de l’administration publique. La mission historique de la renaissance nationale repose sur nos épaules. »

Bien sûr, de telles déclarations sont généralement prises avec scepticisme – pure étiquette, politesse diplomatique, cérémonies (également chinoises), nous connaissons, n’est-ce pas, la valeur de tous ces mots. En Russie, les déclarations de dirigeants étrangers sur notre amitié avec nous, ainsi que les assurances correspondantes de nos dirigeants, suscitent traditionnellement la méfiance. Il est clair que cela est dû en grande partie au fait que dans les années 1990, Boris Eltsine avait qualifié Clinton de «son ami Bill». Et puis ce denier a bombardé Belgrade.

Poutine utilise rarement le mot « ami » pour décrire ses relations avec les dirigeants étrangers, préférant les réserver à ses collègues qui ont déjà quitté la présidence, comme Silvio Berlusconi et Gerhard Schroeder. Dans les relations avec Hu Jintao, le prédécesseur de Xi, qui a duré  presque une décennie, les mots sur l’amitié personnelle n’ont pas non plus été prononcés. Et c’est seulement après l’apparition du tandem Poutine-Xi, que la mention de l’amitié personnelle est devenue obligatoire dans presque toutes les réunions.

Oui, c’était d’abord une manifestation de sympathie et une volonté de manifester un désir de développer des relations bilatérales. Mais plus loin entre les deux dirigeants, la «chimie personnelle» a vraiment surgi, une sympathie claire est apparue, ce qui contribue sérieusement au rapprochement des deux pays. Sur quoi est-elle basée?

Tout d’abord, naturellement, sur la coïncidence des idées de Poutine et Xi sur l’avenir de leur pays et de leurs relations internationales – et sur l’importance des relations solides qui unissent les deux pays pour y parvenir. La Russie et la Chine construisent ensemble le monde post-américain, se complètent et s’entraident. Il va sans dire que tous les membres de ce groupe sont principalement concernés par leur propre pays – son pouvoir, sa sécurité, ses avantages et ses intérêts. Mais la prise en compte des intérêts de l’autre partie ne se fait pas sous la forme de concessions forcées, mais par une tentative de trouver des options optimales pour les deux pays. Oui, c’est très difficile et prend beaucoup de temps, oui, il y a beaucoup d’obstacles, à la fois objectifs, notamment géopolitiques, et subjectifs, émotionnels et personnels. Mais il y a une condition essentielle au succès: comprendre les énormes avantages du rapprochement entre les deux pays.

Si les racines de la confiance politique sont compréhensibles, les raisons pour établir des relations de confiance humaines sont, à première vue, plus difficiles à comprendre. Oui, Poutine et Xi ont presque le même âge, ils ont grandi et se sont formés sous le système communiste, mais ils ont des types psychologiques complètement différents, des expériences de vie différentes, une voie différente vers le pouvoir. Sans parler du fait qu’ils appartiennent à des cultures et à des civilisations différentes, bien que grandes toutes les deux, (cependant, dans l’éthique des Chinois et des Russes, en fait, il y a beaucoup plus en commun que ce que beaucoup de gens pensent). Cependant, ils ont un trait commun très important: la sincérité, c’est-à-dire la capacité de parler directement et honnêtement. Et cela permet aux deux leaders forts non seulement de trouver un langage commun, mais aussi de se faire confiance. La confiance dans la politique de haut niveau est une chose inestimable qui ne peut être remplacée par aucun simulacre.

Bien entendu, ni Poutine ni Xi n’oublient jamais que leurs relations sont des relations entre deux États. C’est-à-dire que nous parlons d’amitié politique, simplement soutenue par la sympathie humaine. Il ne peut y avoir ici aucune imprudence – la confiance personnelle est vérifiée par la pratique politique, c’est-à-dire par des actions concrètes que les deux parties font à la fois pour le développement des relations bilatérales et sur la scène mondiale. Et ici la Russie et la Chine agissent de manière solidaire: pas seulement sur tous les points clés (Syrie, Iran, Corée du Nord, maintenant le Venezuela), mais aussi sur des questions stratégiques.

Il est nécessaire de rassurer ceux qui, en Russie ou en Chine, ne croient pas en la nature stratégique des relations entre les deux pays et attendent un mauvais tour de la part des « Russes trompeurs » ou des « Chinois rusés », et même un coup dans le dos. Cela n’a aucun sens pour Poutine et Xi de se mentir, même si on se l’imagine. Par conséquent, ils bâtissent des relations de confiance beaucoup plus sérieuses que ce que l’on peut obtenir avec des jeux malhonnêtes. Poutine constate que Xi est confiant dans les relations étroites de la Chine avec la Russie et Xi voit la même confiance avec Poutine.

En outre, il est clair que deux pays de cette taille, et de surcroît voisins, ne peuvent tout simplement qu’éprouver des craintes diverses: depuis les complexes acquis par l’expérience historique jusqu’à toutes sortes de craintes artificielles et de craintes naturelles.

L’élite russe, traditionnellement orientée vers l’Occident, connaît et comprend généralement mal la Chine, ce dont jouent activement les opposants à notre rapprochement, jouant sur la sinophobie, en affirmant que  « la Chine prend tout, la Chine achète tout. »

L’élite chinoise, à son tour, soupçonne souvent la Russie de double jeu: de la non-sincérité de la politique de rapprochement, Moscou étant simplement obligée de se tourner vers l’Est face aux pressions de l’Occident. Et un jour, sur un signe de la part de Washington, elle pourrait revenir au G8 en sacrifiant ses relations avec la Chine.

Les deux craintes sont profondément erronés. La décision de Poutine de se tourner vers l’Est est dans l’intérêt stratégique de la Russie, tout comme la construction de relations étroites à long terme avec la Chine. C’est le cap du XXIe siècle, qui nous permettra de reconstruire l’ensemble du système des rapports de force internationaux, de fermer le « siècle de l’Atlantique ».

L’expansion chinoise en Russie est également maitrisée. Une Russie forte agissant ensemble avec la Chine est beaucoup plus rentable pour Pékin que toute option mythique sur «le retour du Primorye en cas de l’effondrement de la Russie». Quant à l’Occident, son temps se termine. Et avec la Chine, la Russie réorientera l’Europe de l’Atlantique vers l’Eurasie.

Les Russes peuvent croire les Chinois, et les Chinois les Russes, justement parce qu’il est avantageux pour eux de travailler ensemble, c’est mutuellement bénéfique. Et la confiance des dirigeants est un atout majeur et un accélérateur de nos relations.

En outre, l’expérience des relations russo-chinoises montre à quel point le facteur humain est déterminant. Si nous prenons la période de 70 ans qui s’est écoulée depuis la proclamation de la République populaire de Chine (et cette année marque l’anniversaire de la nouvelle Chine et l’anniversaire de nos relations), nous pouvons clairement voir comment nos dirigeants ont grandement influencé leur situation.

Dans l’histoire des relations sino-soviétiques, il n’y a eu que deux couples: Staline-Mao et Khrouchtchev-Mao.

Les deux dirigeants se sont rencontrés une seule fois – lors de la visite de Mao à Moscou en décembre 1949. Certes, la visite a duré deux mois et plusieurs réunions ont eu lieu, mais leur relation était complexe et inhabituelle. Ils ont conclu une alliance politique et militaire à part entière. Pour la première fois de l’histoire, les deux pays sont devenus des alliés très proches.

Dans les années 50, il semblait que l’union de Moscou et de Pékin transformerait le monde: le socialisme l’emporterait sur le capitalisme, l’Orient l’emporterait sur l’Occident. Tous les processus dans le monde le confirmaient. L’Occident perdait le contrôle du monde, l’Asie et l’Afrique se dérobaient sous leurs pieds. Cependant, la Chine était pauvre et ruinée par des décennies de guerre civile et de guerre avec les Japonais. Et l’URSS était une superpuissance, et la peur qu’elle inspirait faisait que les Américains construisaient des abris anti-atomiques. L’URSS a beaucoup aidé la Chine et les deux pays avaient des objectifs communs sur la scène mondiale.

Mais les relations entre Khrouchtchev et Mao n’ont pas été bonnes, bien qu’ils se soient rencontrées à plusieurs reprises au cours de cinq années. De 1954 à 1959, ils se sont parlé cinq fois – trois visites de Khrouchtchev à Pékin et deux visites de Mao à Moscou. Les longues conversations et discussions sur des questions géopolitiques n’ont pas abouti à l’instauration d’une confiance mutuelle: Khrouchtchev ne connaissait pas et ne comprenait pas la Chine, Mao ne respectait pas Khrouchtchev et ne lui faisait pas confiance.

Après le voyage de Khrouchtchev aux États-Unis, Mao décida que Moscou renonçait à la lutte pour une révolution mondiale. L’URSS se révélait être un traître pour lui – la Chine voulait se venger de l’Occident pour des siècles d’humiliation, d’interventions et de guerres de l’opium, pour retrouver la position de leader mondial et pensait que les Russes étaient également engagés dans un affrontement avec l’Ouest. Et voilà que Khrouchtchev établit soudain des ponts avec l’Amérique.

En conséquence, la querelle entre les deux pays, d’abord formellement idéologique, puis ouverte, a atteint son paroxysme en 1969 à Damansky. Pendant près de trois décennies, les relations entre les deux pays ont été gelées et n’ont commencé à se dégeler qu’au milieu des années 80. Mais alors le temps a manqué. Lors de la visite de Gorbatchev à Beijing en 1989, il n’était pas question d’établir une relation de confiance entre lui et Deng Xiaoping : l’URSS était en train de s’effondrer et la Chine, tirant également parti de nos erreurs, accélérait ses réformes.

Dans les années 90, Eltsine et Jiang Zemin avaient de bonnes relations – ils sympathisaient l’un avec l’autre. Mais la Russie était sur le point de s’effondrer, et sur le plan géopolitique, elle était franchement tournée vers l’Occident. Moscou n’a commencé à manifester son indépendance qu’au cours des deux dernières années du siècle dernier: Primakov, devenu Premier ministre, a toujours soutenu la création de l’axe Moscou-Delhi-Pékin. Au cours du dernier mois de son règne, Eltsine, de Beijing, a même menacé Clinton – « il en sera comme nous avons décidé, mon ami Jiang Zemin et moi-même ». Cela semblait pathétique: la Russie n’était dans un état bien meilleur que Eltsine lui-même.

Mais lorsque la Russie a commencé à sortir de l’effondrement, Pékin n’était pas pressé de faire confiance à Moscou. Poutine a parlé avec Jiang pendant plusieurs années, puis la période de Hu Jintao a commencé – quand il était déjà clair que la Russie avait de sérieux problèmes avec les États-Unis. Mais en raison à la fois des qualités personnelles de Hu et de la nature de la direction collective chinoise à l’époque (Jiang Zemin a conservé une grande influence), et bien sûr, en raison de la tactique générale de la Chine (ne pas rester visible sur la scène internationale, être invisible) Poutine et Hu Jintao ont échoué.

Mais lorsque Xi Jinping a été élu secrétaire général du Comité central du PCC à l’automne 2012, tout est devenu clair. En raison de la fin de la période de changement constant des dirigeants chinois (lorsque Hu avait une limite d’âge qui ne lui permettait pas d’être secrétaire général pendant plus de 10 ans, et avec l’arrivée de X, il devint évident que cette règle ne durerait pas longtemps) et qu’il était possible d’élaborer des plans stratégiques pour les décennies à venir, en comprenant que le dirigeant chinois envisage également une perspective à long terme.

En raison du caractère de Xi Jinping, il était clair qu’il était sérieux, qu’il prendrait lui-même les décisions d’avenir, et qu’il était possible de marcher avec lui « sur les Américains ». C’est-à-dire construire un nouvel ordre mondial post-atlantique et post-occidental – ce que voulaient Mao et Staline et ce sur quoi Mao et Khrouchtchev n’avaient pas pu s’entendre.

 

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Ingérence en Algérie: les services secrets russes auraient averti la France

20 декабря 2018. Президент РФ Владимир Путин на четырнадцатой большой ежегодной пресс-конференции в Центре международной торговли на Красной Пресне.

© Sputnik . Aleksey Koudienko
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Tout est parti d’un tweet de Georges Malbrunot, grand reporter du Figaro. Il relaie une source diplomatique qui avance que les services de renseignement russes ont averti leurs homologues français que Moscou ne souhaitait pas d’ingérence des Français dans les changements politiques en cours en Algérie. Sputnik France a tenté d’en savoir plus.

«Un confidentiel du Figaro nous apprend que les services de renseignements russes ont transmis le message suivant à leurs homologues français. « On ne veut pas d’une ingérence française dans le choix du nouveau régime algérien ».»

​Ce tweet daté du 9 avril a pour auteur Georges Malbrunot, grand reporter au Figaro. Le journaliste cite cette information qui aurait pour source un diplomate français. Ce dernier assure que les services secrets russes ont averti la France qu’ils ne souhaitaient aucune intervention de Paris visant à influencer le changement politique en cours en Algérie.

«Les services français ont répondu oui oui, mais ils n’ont tiendront pas compte, l’Algérie, c’est trop important pour nous», aurait ajouté le diplomate.

​Alain Rodier, ancien officier supérieur des services de renseignement extérieurs et directeur de recherche au sein du Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) a livré son analyse à Sputnik France. Selon lui, il n’y a rien d’étonnant à ce que les services russes parlent avec leurs homologues français: «Je rappelle que nous avons des relations diplomatiques avec la Russie. À ma connaissance, les ambassades respectives sont toujours actives dans les deux pays. Le rôle des services de renseignement est aussi de maintenir des contacts avec leurs homologues étrangers sur des sujets d’intérêt commun, comme la lutte contre le terrorisme ou le crime organisé. Tout ceci se fait a priori, en dehors de considérations géopolitiques et entre professionnels.» Ce qui surprend plus l’ancien officier de renseignement, c’est la méthode:

«Que les services russes aient dit aux services français de ne pas s’ingérer dans le changement de pouvoir en Algérie et que cette information sorte m’étonne. La première raison est que ce type d’échanges entre services doit rester secret. Un diplomate français aurait eu vent d’échanges entre les services russes et français. Or, à ma connaissance, les diplomates français n’ont pas accès à ce type d’échange. J’appelle donc à la prudence quant à cette source.»

Sputnik France a contacté le porte-parole du ministère algérien des Affaires étrangères. Ce dernier n’avait toujours pas donné suite à nos demandes de réaction au moment de la publication de cet article. Nous avons également sollicité les autorités russes afin de connaître leur point de vue et attendons leur retour.

La France sur le fil du rasoir

«Nous sommes sur une étroite ligne de crête: ni ingérence ni indifférence», disait le Quai d’Orsay au journal Le Monde en février dernier. Cette déclaration qui pourrait servir de maxime illustre parfaitement la position délicate de la France dans le dossier algérien. Ne pas intervenir pourrait être entendu comme un soutien à l’appareil d’État et au statu quo. A l’inverse, la position contraire pourrait être perçue comme une tentative d’ingérence. Alors, la diplomatie française joue la prudence, usant de propos «minimalistes et rares» selon France Inter. Quid de ses services de renseignements?

«Si l’information relayée par Georges Malbrunot était confirmée, cette fuite ne viendrait certainement pas du côté des Français, ce qui laisse les Russes. Pour quelle raison feraient-ils ça? Chercher à affaiblir la position de la France vis-à-vis de l’Algérie afin de renforcer la leur est une possibilité. Il faut se demander à qui profite le crime. Les relations entre la Russie et l’Algérie ne datent pas d’hier. Je rappelle que l’URSS a financé le Front de libération nationale (FLN). La Russie actuelle a hérité de ces relations et quelque part, la France dérange la position russe en Algérie», déclare Alain Rodier.

Lors d’un entretien donné à nos confrères d’Atlantico, l’ancien officier de renseignement s’interrogeait sur la possible origine russe de la fuite:

«Cela pose alors une autre question: provient-elle du Kremlin ou est-ce une initiative subalterne ou même privée? Des fouteurs de merde, cela ne manque pas aujourd’hui, surtout quand cela peut nourrir des polémiques dont sont avides les médias, question d’audience et de ventes en kiosques…»

Le chef d’état-major algérien met en garde

«L’action des services de renseignement français est en accord avec l’action politique du gouvernement. Il est très clair dans ses déclarations. Ils ne souhaitent intervenir en aucune façon sur la politique intérieure ou extérieure de l’Algérie», assure Alain Rodier. Même en marchant sur des œufs, Paris a provoqué de vives réactions ces dernières semaines de l’autre côté de la Méditerranée.

Le 11 mars, Abdelaziz Bouteflika annonçait par le biais d’une lettre renoncer à briguer un cinquième mandat. «Je salue la déclaration du président Bouteflika par laquelle il annonce ne pas solliciter un cinquième mandat et prendre des mesures pour rénover le système politique algérien», réagissait le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian dans un communiqué. Sofiane Djilali, président du parti Jil Jadid (Nouvelle génération), avait alors publié une vidéo le 12 mars sur Twitter appelant à «dénoncer le soutien de la France officielle au régime Bouteflika». «Elle ne veut pas de démocratie en Algérie, elle a besoin de serviteurs», tempêtait-il.

​Le même jour, Emmanuel Macron dégainait lui aussi son clavier et twittait ceci:

«La jeunesse algérienne a su exprimer son espoir de changement avec dignité. La décision du Président Bouteflika ouvre une nouvelle page pour la démocratie algérienne. Nous serons aux côtés des Algériens dans cette période nouvelle, avec amitié et avec respect.»

​Une réaction qui avait inspiré un dessein au caricaturiste Ali Dilem mettant en scène «Abdelaziz Macron». Le message est clair.

​Si certains internautes avaient appelé à la mesure, ce déchaînement sur les réseaux sociaux est très révélateur du caractère explosif de la situation pour Paris.

«La France fait extrêmement attention à ne surtout pas intervenir en Algérie. Paris connaît très bien le pouvoir actuel et la population. La France sait qu’ils sont aptes à gérer la situation. Elle cherche à éviter toute accusation d’ingérence», explique Alain Rodier.

En plus du fait que les deux pays soient liés historiquement et que de nombreux Français d’origine algérienne se trouvent dans l’Hexagone, l’Algérie est un pays très riche en énergies fossiles et l’un des principaux fournisseurs d’énergie de la France (10% du gaz importé). Avant même que le mouvement social anti-Bouteflika ne provoque ses premières secousses, un journaliste de L’Obs recueillait cette confidence d’un «haut responsable français»:

«Le cauchemar du Président de la République, c’est l’Algérie. C’était aussi celui de ses prédécesseurs. Les plus hautes autorités de l’État sont terrifiées par la perspective d’une grave déstabilisation de notre ancienne colonie après la mort de Bouteflika.»

Bouteflika n’est pas mort, mais il a renoncé au pouvoir. Une démission annoncée le 2 avril, qui n’a en rien réglé la situation. «La vigilance est de rigueur. On apprécie le moment, mais on n’oublie pas l’essentiel. Le système et ses tentacules mafieux doivent dégager. Donc les marches continueront», lançait le soir même une manifestante citée par l’AFP. Signe que la crise algérienne est loin d’être terminée.

Le 9 avril, les parlementaires de l’Assemblée populaire nationale et du Conseil de la Nation se sont réunis pour se trouver un Président par intérim. Et sans surprise, Abdelkader Bensalah, président du Conseil de la Nation, a été nommé. Une décision mal accueillie par une partie du peuple. De nombreux manifestants demandent que les «3 B», jugés trop proches du pouvoir, soient écartés du processus qui mènera à l’élection d’un nouveau Président. Le trio est composé d’Abdelkader Bensalah, du président du Conseil constitutionnel Tayeb Belaiz et du Premier ministre Noureddine Bedoui.

L’appel du quotidien El Moudjahid, proche du pouvoir, à écarter Abdelkader Bensalah n’aura donc pas suffi. «Cette personnalité […] n’est pas tolérée par le mouvement citoyen, qui exige son départ immédiat, mais aussi par l’opposition et une partie des représentants des formations politiques de la majorité des deux Chambres du Parlement», écrivait le journal avant la nomination d’Abdelkader Bensalah.

Il se trouve que le général Ahmed Gaïd Salah, chef d’état-major de l’armée et plus puissant que jamais, souhaite que la succession se déroule selon la Constitution. Et que prévoit-elle? Que le président du Conseil de la Nation, en l’occurrence Abdelkader Bensalah, prenne le pouvoir en attendant de passer le flambeau à un nouveau chef d’État élu lors d’un scrutin présidentiel, le tout dans un délai de 90 jours. Le souhait du militaire est désormais exaucé. Mais à quel prix?

​Le 9 avril, des milliers d’étudiants rassemblés devant la grande poste d’Alger ont crié «Dégage Bensalah!» et «Système dégage!». La police a fait usage de grenades lacrymogènes et d’un canon à eau pour disperser la foule. Rachid Grim, enseignant en Sciences politiques à l’Institut supérieur de gestion et de planification (ISGP) d’Alger s’est inquiété de la situation auprès de l’AFP:

«C’est là où il y a un vrai problème. L’armée tient à ce que cela [la transition Ndlr] se fasse à l’intérieur de la Constitution et la rue veut que cela se fasse à l’extérieur de la Constitution. Si l’armée n’assouplit pas sa position, on va vers la rupture.»

L’élection présidentielle algérienne est fixée au 4 juillet. Abdelkader Bensalah a signé le décret le 10 avril. De son côté, Ahmed Gaïd Salah a d’ores et déjà averti les manifestants et a parlé de «slogans irréalistes visant à […] détruire les institutions de l’État» dans les cortèges. Alors qu’il était en déplacement à Oran, le chef d’état-major est allé plus loin. Comme d’autres responsables algériens avant lui, il a parlé de «tentatives de la part de certaines parties étrangères» de «déstabiliser le pays»

 

Guerre des poubelles en Russie : les habitants de Syktyvkar exigent de nettoyer les poubelles du pouvoir

Le 2 juin, environ 8.000 personnes se sont rassemblées à Syktyvkar, dans le parc Mitchourine, pour un rassemblement contre l’importation de déchets de Moscou dans la province d’Arkhangelsk, au nord de la Russie. Le nombre des participants a dépassé les attentes les plus élevées, car les habitants de la capitale Komi ne s’étaient jamais sentis autant révoltés. Ils ont été poussés à bout par les autorités locales, qui semblent avoir perdu tout lien avec la réalité.

https://kprf.ru/actions/kprf/185642.html

 

Service de presse du parti communiste de Komi

02-06-2019

C’est la conclusion logique des événements de ces derniers jours, quand les autorités locales n’ont rien trouvé de mieux à faire que de reporter la célébration de la Journée internationale de l’enfance du 1er au 2 juin. Dans la ville, tous les lieux qui auraient pu convenir à un meeting ont été affectés au divertissement. Cerise sur le gâteau, ce dimanche, une séance de générosité inouïe a été organisée – dans le parc Kirov (situé loin du lieu de rassemblement), une distribution gratuite de glaces et de kvass a été organisée.

 

Les ennemis du rassemblement ont estimé que cela ne suffisait pas. Le numéro spécial du journal Pravda des Komis, qui contenait des informations sur le scandale du dépotoir de Chies et sur la manifestation à venir, a été enlevé des boîtes aux lettres des citoyens. Pour chaque journal volé dans une boîte aux lettres, on donnait deux roubles. Mais ce n’est pas tout. Deux jours avant le rassemblement, des représentants des médias d’Etat se sont rendus à Chies. Des reportages montrant qu’à la frontière entre la République de Komi et l’Oblast d’Arkhangelsk ne se produisait rien qui puisse inquiéter les populations, qu’il s’agissait simplement de l’aménagement du territoire pour la réception de cargaisons, ont été concoctés à la hâte. Si cette information avait été donnée au public en septembre dernier, alors les gens l’auraient cru. Mais pas maintenant, lorsque sur le site de construction du « polygone de la mort » pour l’ensevelissement dans les marais locaux de millions de tonnes de déchets dangereux, les faits témoignant du chaos et de l’anarchie se multiplient.

 

Il y a de bonnes raisons de croire que, derrière toute cette folie et ces tentatives visant à perturber le rassemblement organisé par la Section locale du Parti communiste, se trouvent des consultants politiques en visite engagés par le gouverneur de la région Sergei Gaplikov. Eux seuls pouvaient avoir l’idée d’essayer de corrompre les habitants du Nord avec du kvass gratuit. N’est-ce pas ridicule?

 

Les fonctionnaires ont donc obtenu ce qu’ils voulaient avec leurs actions honteuses. Les gens sont venus au rassemblement et ils exigent maintenant non seulement la fermeture immédiate du « polygone de la mort »mais aussi de se débarrasser des ordures au pouvoir.

 

Le rassemblement a été ouvert par la présidente de l’Association« Urdoma propre », Svetlana Babenko qui représentait le village d’Urdoma (district Lensky, région d’Arkhangelsk), situé à 30 kilomètres du méga centre d’enfouissement des ordures. Elle a expliqué avec la plus grande clarté aux habitants de Syktyvkar qu’un malheur commun pesait sur tous les habitants du Nord. Il n’est donc possible d’y faire face qu’en unissant leurs forces. Dans la région d’Arkhangelsk, plusieurs dizaines d’éco-activistes ont déjà été condamnés à de lourdes amendes, mais les autorités, entièrement inféodées aux oligarques des ordures, se sont lourdement trompées – les gens ont réagi à l’arbitraire et aux tentatives d’intimidation par une encore plus grande détermination.

 

Les écologistes qui ont pris la parole lors du rassemblement ont rappelé que la menace pour la sécurité environnementale ne venait pas uniquement de Chies. Les responsables ont des projets pour la construction dans la région d’incinérateurs, au moment où ceux-ci sont abandonnés dans le monde entier. Il n’y a qu’un moyen de résoudre le problème: il faut commencer à procéder à une collecte séparée des ordures, comme cela est fait depuis trois ans à Urdoma, dont il était question plus haut.

 

Le dirigeant communiste de Komi, le député du parlement régional Oleg Mikhailov, en particulier, a évoqué la réticence des autorités à envisager de préparer un projet de loi interdisant l’importation de déchets non triés provenant d’autres régions du pays,comme le propose la faction du parti communiste. En réponse, les membres de Russie unie ont l’intention d’adopter leur propre loi, qui laisse la porte ouverte à toutes sortes de machinations liées au dépôt de déchets extérieurs à Komi.

 

Les participants au rassemblement ont adopté une résolution dans laquelle ils exigent que tout travail de construction de structures et d’installations liées aux projets d’importation de déchets de Moscou à la gare de Chies soit interrompu. Les manifestants ont exprimé leur défiance envers le gouverneur de la région d’Arkhangelsk, Igor Orlov, le gouverneur de Komi Sergeï Gaplikov, le maire de Moscou, Sergueï Sobianine. «Nous croyons que les personnes au pouvoir, par leurs actions ou leur inaction, contribuant à la transformation de la République des Komis en poubelle pour ordures de Moscou et en appendice colonial, ainsi que le parti Russie unie, devraient être démis de leurs fonctions. Nous exhortons tout le monde à s’unir au sein d’une large coalition civile pour établir un gouvernement véritablement populaire qui détruira le parti des escrocs et des voleurs et leurs complices », indique la résolution.

 

L’invité spécial du rassemblement était le chanteur Igor Talkovjunior, qui interprétait des chansons patriotiques sur le sujet du jour. L’une d’entre elles était la chanson de son père «Je reviendrai» *, qui évoque une sorte de mysticisme, en écho avec les réalités de la Russie d’aujourd’hui, bien qu’elle ait été écrite il y a presque trente ans.

*https://vk.com/away.php?to=http%3A%2F%2Fyoutu.be%2FXaPFjWdvLDM&cc_key=

Voir aussi les reportages des télés française et allemande – bien meilleure-, la différence de ton entre les deux émissions est étonnante, à se demander s’ils traitent du même sujet !

– France TV : Sans frontières – Moscou : les ordures de la colère :

https://www.youtube.com/watch?v=ZaNLgHamQKc

– Deutsche Welle :Wohin mit dem Müll aus Moskau? | Global 3000 :

https://www.youtube.com/watch?v=CKZlAjrLeqo

 

 

 
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Publié par le juin 3, 2019 dans INTERNATIONAL, Russie

 

Que peut la « faction Poutine » au Parlement européen

  • Marianne est actuellement indisponible et la situation risque de durer jusqu’à la rentrée de septembre, il faut donc que je me débrouille en vous communiquant des textes qui nous paraissent importants et qui proviennent de Russie, non pas du parti communiste qui se méfie comme de la peste de l’extrême-droite européenne mais de journalistes « indépendants » qui s’intéressent surtout à l’évolution de l’UE face à la Russie et à l’OTAN, aux Etats-UNis. Voici le diagnostic qu’ils établissent sur l’évolution de l’Union européenne ; apparement les forces qui veulent toujours plus d’Europe sont majoritaires, mais les votes ont témoigné du rejet des populations et celui-ci ne peut que s’accroître..Que l’Europe ne se raconte pas d’histoire, ce n’est pas à cause de Trump et encore moins de Poutine qu’elle va éclater à terme mais à cause des politiques menées par l’UE et leur impopularité. (note et traduction de Danielle Bleitrach)
Marine Le Pen et Matteo Salvini ont raison d'être heureux.

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28 mai 2019, 08h30 
Photo: Alessandro Garofalo / Reuters 
Texte: Peter Akopov

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Selon les résultats des élections au Parlement européen, il y aura une « faction Poutine ». Ce ne sont pas des inventions de la «propagande russe», mais un pronostic officiel des intégrateurs européens avec lesquels ils ont tenté d’intimider les électeurs avant les élections. A ce jour, cette faction ne sera pas en mesure de changer radicalement la politique de l’Union européenne – mais lors des prochaines élections de 2024, elle peut, selon tous ces mêmes bâtisseurs d’une Europe unie, détruire l’Union européenne.

Pour la Russie, les élections au Parlement européen présentaient un intérêt principalement pour poser un diagnostic sur l’état d’esprit de notre voisin occidental. Plus de 200 millions d’Européens ont exprimé leur opinion, en soutenant certains partis – et il appartient maintenant à l’Europe de décider quoi faire à ce sujet. Plus précisément, les élites européennes, qui sont favorables à la poursuite du processus actuel d’intégration européenne dans un esprit de « moins de souveraineté nationale, davantage de pouvoirs pour l’UE ».

La mosaïque hétéroclite du multipartisme européen, multipliée par 28 pays participants, ne permet pas de changements cardinaux rapides. Mais les résultats des élections auront toujours un impact considérable sur les processus européens et sur les rapports de force dans les différents pays européens. Qu’est-ce qui est devenu le plus important?

La tendance à la baisse de popularité des élites dirigeantes a été confirmée. Les deux plus grandes forces paneuropéennes unies au sein du « Parti populaire européen » (le représentant le plus important est la CDU allemande) et de « L’Alliance progressiste des socialistes et démocrates » (sociaux-démocrates de toute l’Europe, de la Scandinavie à l’Espagne), a perdu  la majorité . Si après les élections de 2014, ils avaient ensemble 401 sièges sur 750, ils seront aujourd’hui 330. Pour former une majorité et, en conséquence, une nouvelle composition du gouvernement européen, la Commission européenne, ils devront chercher des alliés. Celle-ci est toute trouvée : il s’agit de l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe, avec 115 sièges, et des Verts, avec 70.

Oui, cela nécessitera des combinaisons et des compromis plus complexes, mais en principe, toutes ces forces ne font qu’un en ce qui concerne  le point principal: plus d’Europe est nécessaire. Les votes de ceux qui préconisent de modifier les règles de la construction européenne (du moins en les corrigeant pour renforcer le rôle des gouvernements nationaux) ne suffiront en aucun cas à bloquer le renforcement du rôle des instances paneuropéennes. Néanmoins, c’est les euro-sceptiques, les nationalistes et les populistes, et d’autres «mauvaises» forces du point de vue des élites européennes, qui sont devenus les principaux gagnants de ces élections.

Formellement, leur nombre n’est pas particulièrement impressionnant – au total, tous les sceptiques européens européens compteront environ 170 députés.

«Alliance européenne des nations et des nations» (Le Pen et Salvini) avec 63 sièges, «L’Europe pour la liberté et la démocratie directe» (Brechzit Faraj et Alternative for Germany) avec 61 sièges et plus centriste, mais encore «conservateurs et réformistes européens» euro-soviétiques avec 56 places. Ils seront regroupés en trois factions et au mieux, ils pourront réduire leur nombre à deux.

De plus, il y a environ 40 vrais représentants de gauche, sur lesquels les intégrateurs européens ne peuvent compter. Il existe toutes sortes de forces régionales non alignées, par exemple les séparatistes catalans – environ 30 personnes de plus. Et le parti du Premier ministre hongrois Orabana « Fidesz », qui a remporté la plupart des sièges de la Hongrie, compte 13 sièges et n’entre officiellement que dans le « Parti populaire européen » de Merkel (son adhésion a d’ailleurs été suspendue) et beaucoup plus proche des sceptiques européens. Quoi qu’il en soit, 250 députés « hors système » représentent un tiers de la composition du Parlement européen. Il semblerait donc que les intégrateurs européens puissent dormir paisiblement. Mais ce n’est pas certain. De plus, il y a une très grande nervosité. Il est lié à deux facteurs – avec une tendance désagréable pour eux et avec les résultats du vote dans les principaux pays de l’UE.  

Il est inquiétant non seulement que les eurosceptiques aient accru leur représentation au Parlement européen, mais qu’il y ait une tendance à la résistance croissante à la construction européenne de la part des Européens ordinaires. Et chaque année, le soutien des eurosceptiques ne fera que croître: les intégrateurs européens ne peuvent pas ralentir, car ils ne peuvent offrir une nouvelle image attrayante de l’Europe de demain. Sans compter que volontairement (c’est-à-dire influencé par l’opinion publique) pour corriger le projet lui-même en vue de la construction future de l’Union européenne. La première raison: ils ne sont pas configurés pour faire des compromis.

Par conséquent, ils ne peuvent qu’intimider les électeurs avec la « terrible menace » des nationalistes eurosceptiques – les exposant en tant que « serviteurs du diable ». Poutine est habitué à jouer ce rôle.

Ce n’est donc pas un hasard si la déclaration faite à la veille des élections par Guy Verhofstadt, ancien Premier ministre belge et actuel dirigeant de l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe (la troisième plus grande faction du PE) a récemment déclaré dans le Times: ensemble ”est la Russie:

« Si les dirigeants européens n’arrêtent pas la tendance populiste, l’Union européenne sera détruite à la suite du coup d’État nationaliste soutenu par la Russie lors des élections de 2024. »

C’est à présent le succès relatif des eurosceptiques aux élections, puis au Brexit d’automne, et au bout de cinq ans, les partisans de la destruction de l’Union européenne gagneront les prochaines élections au Parlement européen et Poutine se réjouira. Ce n’est pas une exagération – c’est à peu près la même chose que disait  Natalie Loiseau, la responsable de la liste «En avant, la République!», ce avec quoi elle avait prétendu terrifier les électeurs avant l’élection . Dans une interview au Monde, elle a déclaré que l’Europe était sur le point de revenir au fascisme, citant Le Pen comme exemple et l’appelant une victoire possible en France « une véritable catastrophe pour l’Europe »:

«Si l’Unité nationale fait alliance avec d’autres nationalistes convaincus d’être anti-européens, leur seule tâche sera de bloquer le projet européen. Marine Le Pen et ses amis adorent la Russie de Vladimir Poutine. La faction parlementaire que l’extrême droite veut créer sera la faction de Poutine au Parlement européen. « 

Dans le même temps, Le Pen était désignée comme  « un idiot utile, un cheval de Troie pour Trump et pour  les plans de Poutine pour affaiblir l’Europe ».

«Une Europe forte est une condition nécessaire pour préserver notre souveraineté, et je comprends que ni M. Bannon ni M. Trump n’aiment cela. Ce que je ne comprends pas, ce sont les Français qui, prétendant protéger le peuple et le pays, défendent les intérêts de ceux qui veulent affaiblir l’Europe », adéclaré le Premier ministre français Edouard Phillip, par exemple.

C’est-à-dire que le chef des patriotes nationalistes français, qui prônent le retour de la pleine souveraineté en France et la reconstruction de l’Union européenne sur la base du principe de «l’union d’États forts», est accusé de non-patriotisme et de relations étrangères par des personnes qui voient l’avenir de leur pays dans une Union européenne supranationale et sans visage. Paradoxe? Non, car la plupart des élites européennes actuelles ont fait le choix de l’intégration européenne à tout prix, et elles n’ont  plus qu’à diffamer un adversaire.

Mais finalement, en France, le parti Macron aest passé derrière  Le Pen, remportant 22% des suffrages aux élections européennes, ce qui a non seulement confirmé son statut de politicien la plus populaire du pays, mais aussi que Macron avait  fait tourner  les élections européennes. Ils les avait transformé dans un référendum sur la confiance qui lui était portée et en lui et en son propre chemin, dont une partie importante est précisément la revendication du nouveau leadership de la France en matière d’intégration européenne. Et cette défaite prend ce sens , et pas seulement symbolique.

Parce que, et c’est la deuxième cause d’inquiétude pour les élites européennes, les partisans de l’intégration européenne ont perdu non seulement en France, mais également dans trois des quatre pays clés de l’UE.

En Grande-Bretagne, le parti Faraj Brexit a remporté 31,6% des voix. Et même si, avec le décompte total des partis, plaidant sans équivoque pour que le Royaume-Uni reste dans l’UE et obtienne plus de voix (environ 40), il est clair que même les Britanniques qui veulent arrêter le Brexit ne peuvent pas être considérés comme des partisans de l’actuelle politique d’intégration européenne (ils sont plus susceptibles de craindre une incompréhensible conséquences de la sortie). Le parti conservateur au pouvoir a reçu 10%, ce qui ne peut s’appeler que par un vote de censure (bien que les travaillistes n’en aient reçu que 14).

Ainsi, bien que le Royaume-Uni soit suspendu entre le Brexit et son abolition, il reste que les intégrateurs européens de Bruxelles  perdent. Même si Londres reste dans l’UE, des sceptiques européens radicaux défendront les intérêts britanniques au Parlement européen.

Le vote en France affaiblit également les ambitions de son président de devenir ule nouvel  « unificateur de l’Europe », même si le pays ne tombe pas dans la crise politique interne (la mauvaise note du chef de l’Etat est devenue une tradition négative française), la possibilité de Macron de s’imposer a diminué. 

En Italie – la victoire complète des eurosceptiques. Le parti de la Liga, Matteo Salvini, en a obtenu 34%, et son principal partenaire dans la coalition, un peu moins radical pour l’UE, est Five Stars, 17. L’Italie est maintenant le moteur de la révision des principes de la construction européenne et restera à court terme. Oui, sa force ne suffit pas à renverser la tendance, mais que se passera-t-il si la France l’a rejoint dans quelques années?

Il n’y a qu’en Allemagne, où  les eurosceptiques ne célèbrent pas la victoire. Même s’ils avaient gagné là-bas, cela signifierait automatiquement leur victoire à l’échelle paneuropéenne: non pas par le nombre de voix mais par la position occupée par l’État allemand dans l’UE. « Alternative for Germany » n’a reçu que 11%. Et bien que ce soit sensiblement plus qu’en 2014, mais loin de la limite de leurs rêves. Mais il n’ya pas lieu de se réjouir des autorités allemandes, car la CDU-CSU a enregistré le pire résultat de toute l’histoire, gagnant moins de 29%. Et leur partenaire dans la coalition au pouvoir du SPD n’a pas atteint 16%. Autrement dit, les partis au pouvoir à Berlin ont obtenu 45% des voix, contre 62 lors des dernières élections au Parlement européen.

Mais ce n’est pas tout: au même moment, le SPD avait perdu Brême lors des dernières élections législatives – pour la première fois de l’histoire de la République fédérale d’Allemagne. Tout cela peut être une raison de l’effondrement de la coalition au pouvoir: les sociaux-démocrates rétrécissent à une vitesse ultra-rapide et de plus en plus de membres du parti considèrent que la rupture urgente avec Merkel est le seul salut. Si cela se produisait, la crise politique interne en Allemagne aurait un impact considérable sur la situation dans l’Union européenne – la CDU devrait réunir une nouvelle coalition. Et si, pour bloquer avec des démocrates «verts» et libres, vous devez sacrifier Merkel, vous pouvez y aller. L’influence du nouveau gouvernement allemand sur les affaires paneuropéennes diminuera inévitablement et, au moment des turbulences accrues associées à la fois au Brexit et à la formation des nouveaux organes directeurs de l’UE, les intégrateurs européens ne seront plus à sa place.

Le fait que les quatre piliers de l’Union européenne se trouvent dans un état extrêmement désavantageux pour les intégrateurs européens constitue, bien entendu, un défi de taille pour l’ensemble du projet de création d’une Europe unie. Mais un défi encore plus grand pour lui est d’essayer de rendre Poutine et Trump responsables de leurs problèmes.

Oui, Trump n’a pas besoin d’une Union européenne forte. En général, cela ne le dérangerait pas qu’elle disparaisse, de sorte qu’il serait plus facile de « rendre l’Amérique grande à nouveau ». Oui, Poutine n’aime pas le fait que Allemands, Français, Italiens et autres Européens, qui préconisent le développement de liens avec la Russie, se transforment en otages forcés de la « solidarité atlantique », qui n’a rien de commun avec les intérêts européens.

Mais ni Poutine ni Trump n’ont une fraction de cette influence sur les processus paneuropéens ni sur la situation dans les principaux pays européens, ce que les élites européennes actuelles, favorables à l’intégration européenne et à l’élimination des États-nations, ont. Et c’est leur propre politique, tant au niveau national qu’européen, qui a conduit à la fois à une augmentation du mécontentement des électeurs et à une augmentation de la popularité des politiciens – nationalistes, des politiciens – eurosceptiques. Ignorant leurs revendications, les qualifiant de « fascistes » et d ‘ »idiots utiles de Poutine », le pouvoir en place ne fait qu’exacerber les problèmes – les leurs et ceux communs à l’Europe. Et dans ces conditions, la fraction des nationalistes européens ne fera que croître d’une élection à l’autre.

 
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Publié par le mai 28, 2019 dans Europe, POLITIQUE, Russie

 

Russie-Venezuela: arrêtez le blocus

 

http://wpered.su/2019/05/23/stop-blokade/

Le 20 mai, une réunion des partis politiques et des organisations publiques de gauche a eu lieu à Moscou, au Centre culturel latino-américain Simon Bolivar de l’ambassade de la République bolivarienne du Venezuela en Fédération de Russie.

L’événement a eu lieu dans le cadre de la Campagne mondiale pour le peuple vénézuélien.

«Cette réunion contribue à la lutte contre les forces impérialistes. Cette rencontre est connue dans notre pays. Notre peuple est conscient de la solidarité que vous exprimez », a déclaré l’ambassadeur du Venezuela, Carlos Rafael Faria Tortosa.
Dans son discours, il a également parlé des conséquences négatives pour le peuple du Venezuela du blocus économique américain. Ainsi, dans les banques internationales, près de 5,5 milliards de dollars ont été bloqués, destinés à l’achat de produits alimentaires, de médicaments, de matières premières et d’équipements pour l’industrie. Par exemple, en octobre 2017, l’UBS suisse a gelé des fonds pour l’achat de vaccins, ce qui a retardé le programme de vaccination de 4 mois. La même année, les banques internationales ont bloqué un paiement de 9 millions de dollars pour l’achat de médicaments pour la dialyse. Cela a eu un effet défavorable sur le traitement de 15 000 patients hémodialysés. En 2015-2018, les pertes et les coûts totaux pour l’économie du Venezuela dus au blocus économique imposé par les États-Unis sont estimés à 130 milliards de dollars.
En raison de la pression accrue des États-Unis, confirmée également par la prise de contrôle par l’opposition de la représentation diplomatique du Venezuela à Washington, les participants à la réunion ont suggéré de créer un comité de solidarité avec le Venezuela, qui comprendrait des représentants de diverses organisations. Il coordonnera les actions des militants de gauche lors de rassemblements de soutien à la République bolivarienne. Cette proposition a reçu une réponse positive de l’ambassadeur du Venezuela. Selon lui, dans les villes de Russie, il est nécessaire d’organiser plusieurs manifestations contre la politique des États-Unis.
Les participants à la réunion ont noté que le peuple vénézuélien aura encore de multiples épreuves à affronter, il est donc nécessaire d’intensifier le mouvement de solidarité. Les représentants de l’ambassade de la République de Cuba, qui ont également assisté à la réunion, estiment que les États-Unis luttent de toutes leurs forces pour empêcher l’émergence en Amérique latine d’un autre État véritablement indépendant. Les guerriers internationalistes qui ont servi à Cuba et en Afghanistan ont souligné qu’actuellement, Washington fait pression sur les autres pays pour qu’ils refusent de coopérer avec Caracas. Les communistes russes estiment toutefois que les Vénézuéliens doivent continuer la lutte, sinon la défaite de la révolution bolivarienne aurait les mêmes conséquences graves que la défaite de la révolution d’octobre.
«Les capitaux internationaux ne laisseront jamais en paix les pays qui ont choisi la voie du développement indépendant. Nous sommes convaincus que le peuple du Venezuela, conscient des horreurs vécues par notre pays depuis le rétablissement du capitalisme, ne permettra pas à Washington et à ses subordonnés de perpétrer leurs exactions », a déclaré Mikhail Tchisty, -représentant les brigades internationales du Parti communiste de la Fédération de Russie.
Le secrétaire du Comité central du Parti communiste de la RDP, Stanislav Retinsky, a prononcé un discours de solidarité au nom des communistes de la République populaire de Donetsk. Il a souligné que le Donbass, le Venezuela et la Syrie forment un seul front anti-impérialiste, car ils résistent en fin de compte à l’impérialisme américain. Mais pour vaincre un puissant ennemi, il est nécessaire d’unir les forces progressistes du monde entier. Il a parlé de tout cela dans son livre intitulé Donbass dans la confrontation mondiale: une approche de classe, dont il a remis une copie à l’ambassadeur du Venezuela à la fin de son discours.
Il convient de noter que ce jour-là, la solidarité s’est manifestée non seulement sous la forme de déclarations politiques, mais également de chants et de danses interprétés par des enfants du centre d’éducation esthétique « Arc-en-ciel » (Makhatchkala), des œuvres musicales particulièrement marquantes consacrées à l’exploit du Komsomol soviétique, symbole d’endurance et de courage. Comme l’a souligné la directrice artistique Alexandra Khoroshevskaya, un tel symbole aujourd’hui est constitué par le peuple du Venezuela dirigé par le président Nicolas Maduro.

Trad MD pour H&S