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Archives de Catégorie: Chine

La Chine et la destinée du monde

Si l’on veut en croire ce qui s’écrit à droite comme à gauche, pour la Chine, la messe est dite ! Le pays aurait capitulé et serait devenu capitaliste, quoi que le régime chinois lui-même puisse prétendre. C’est précisément cette opinion quasi unanime, que les économistes Rémy Herrera et Zhiming Long combattent avec verve dans leur livre ‘La Chine est-elle capitaliste?’.

 

Intérêts

Pour l’aile gauche, la question est de la plus grande importance. D’abord parce qu’il y va de presque un quart de la population mondiale et de l’un des derniers et rares pays issus d’une révolution socialiste. La direction que prendra la Chine sera ainsi déterminante pour l’avenir même de la planète.

Et plus encore, l’enjeu est d’importance pour la bataille des idées chez nous. Le développement socioéconomique de la Chine est une success story impressionnante. Au moment-même où le capitalisme donne des signes évidents de déclin, il a tout intérêts à revendiquer la success story chinoise comme « capitaliste ». De cette manière, il reste possible de s’attribuer quelque crédit idéologique et même de décourager un peu les forces adverses. Par les voies de la pensée unique néolibérale, tout est fait pour convaincre les gens du fait que le socialisme n’a pas d’avenir. Une Chine « socialiste », ça jurerait dans le tableau.

Tout est question de point de vue

Bien sur, une série de phénomènes évidents plaident en faveur de la reconnaissance de la Chine comme un exemple de capitalisme : le nombre de plus en plus important de milliardaires, le consumérisme au sein de larges tranches de la population, l’introduction de nombreux mécanismes de marché après 1978, l’implantation de quasi toutes les plus grandes entreprises occidentales qui tentent, au moyen de salaires très bas, de faire du pays une grande plate-forme capitaliste, la présence des plus grandes banques capitalistes sur le sol chinois et l’omniprésence des entreprises privées sur les marchés internationaux.

Mais, ainsi va donc l’argumentation de Herrera et Long, si la France ou au choix un autre pays occidental collectivisait toutes les propriétés des sols et des sous-sols ; nationalisait les infrastructures du pays ; remettait la responsabilité des industries-clés entre les mains du gouvernement ; mettait en œuvre un planning central rigoureux ; si le gouvernement exerçait un contrôle strict sur la monnaie, sur toutes les grandes banques et institutions financières ; si le gouvernement exerçait une surveillance étroite sur le comportement de toutes les entreprises nationales et internationales ; et, au cas où cela ne suffirait pas encore, si, au sommet de la pyramide politique se tenait un parti communiste qui supervise l’ensemble… pourrait-il encore, dans ces circonstances, sans tomber dans le ridicule, être question d’un pays « capitaliste » ? Sans aucun doute non. Nous le qualifierions évidemment de socialiste ou encore communiste. Pourtant, assez curieusement, on se refuse obstinément à qualifier ainsi le système politico-économique en vigueur en Chine.

Pour bien comprendre le système chinois et ne pas s’embourber dans des observations superficielles, il faut, suivant les auteurs, tenir compte d’un certain nombre de facteurs exceptionnels qui caractérisent le pays, à commencer par le nombre énorme d’individus que compte la population, ainsi que par l’étendue et la diversité du territoire.

Il est indispensable également, de garder en perspective les différentes périodes, chacune longues de siècles, au creux desquelles, la nation comme la culture ont pris forme.

Ainsi, pendant deux mille ans, l’état s’est-il approprié la plus value des paysans, comme il a bridé sévèrement toute initiative privée et transformé les grandes unités de production en monopoles d’état. Tout au long de ces siècles, il n’a jamais été question de capitalisme.

Enfin, il convient de tenir compte des humiliations coloniales de la deuxième partie du 19e siècle et d’une première moitié du 20e siècle particulièrement mouvementée, avec trois révolutions et autant de guerres civiles. Ainsi, tout au long d’une guerre civile qui a duré trente ans, le parti communiste a-t’il mené en « territoires libérés », de nombreuses expériences au cours desquelles le secteur privé était à une grande échelle, laissé intact, dans le but de le voir concurrencer les nouvelles formes de production collective.

Au-delà des clichés

Avant même d’analyser les spécificités du système, H&L règlent leur compte à deux clichés tenaces relatifs à la success story de la Chine. Le premier, largement répandu, veut que la croissance économique rapide arrive après et grâce aux réformes de Deng Xiaoping de 1978. Ceci est parfaitement faux. Dans les dix ans avant cette période, l’économie avait connu déjà une croissance de 6,8 %, soit le double de celle des USA durant cette période. Au vu des investissements en moyens de production (capital fixe) et know-how (ressources éducatives), on voit une croissance quasi équivalente pour les mêmes périodes, avec même, pour la première période, une croissance plus importante en Recherche & Développement.

Élément essentiel pour expliquer le succès de la Chine : la politique agricole. La Chine est l’un des rares pays au monde à avoir garanti à ses populations paysannes, un accès aux terres agricoles. Après la révolution, la gestion des terres agricoles dépendait du gouvernement qui attribua à chaque paysan une part de terres agricoles. Cette règle vaut encore aujourd’hui. La question agricole est majeure dans une Chine qui doit nourrir presque 20% de la population mondiale avec seulement 7% des terres agricoles fertiles. Il faut se figurer qu’en Chine on parle de ¼ d’hectare de terre agricole par habitant, en Inde du double et aux USA de 100 fois plus.

Malgré les erreurs du Grand Bon en avant, la Chine devait parvenir assez rapidement à nourrir sa population. D’autant que les plus-values générées par l’agriculture étaient investies dans l’industrie, établissant ainsi les conditions d’un développement industriel rapide. La croissance spectaculaire de 9,9% dans la période qui a suivi les réformes, n’a été possible que grâce aux efforts et aux réalisations des trente premières années qui ont suivi la révolution. Tout bien considéré, le pays avait déjà connu, sous Mao, un développement impressionnant. Sous sa direction, le revenu par habitant triplait tandis que la population elle, doublait. Et les auteurs de souligner soulignent également que l’économie chinoise, dans sa phase initiale, n’était ni une « autarcie », ni ne poursuivait une volonté de repli sur soi mais que le pays subissait un embargo de l’Occident.

Un deuxième cliché très répandu voudrait que cette croissance spectaculaire soit le résultat naturel et logique de l’ouverture de l’économie et de l’intégration dans le marché mondial capitaliste, et plus particulièrement encore, depuis l’entrée dans l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en 2001. Mais ce point de vue non plus n’est pas tenable. Bien longtemps avant cette entrée, la Chine connaissait déjà une forte croissance économique : entre 1961 et 2001, on parle d’une croissance annuelle de 8%. Certes, cette ouverture a été une réussite, mais l’augmentation de croissance certainement pas spectaculaire. Dans les premiers cinq ans qui ont suivi l’entrée, la croissance économique avaient augmenté d’à peine plus de 2%.

L’ouverture de l’économie aux pays étrangers – commerce, investissements et flux de capitaux financiers – a eu pour de nombreux pays du tiers monde des conséquences désastreuses. En Chine, cette ouverture a été couronnée de succès parce que soumise aux besoins et objectifs du pays et parce qu’elle était totalement intégrée à une solide stratégie de développement. D’après H&L, la cohérence de la stratégie de développement de la Chine n’a pas d’équivalents parmi les autres pays du Sud.

 

Ni communisme ni capitalisme

Qu’est-ce qui se cache donc derrière le ‘socialisme aux caractéristiques chinoises’? Pour les auteurs, il n’en va certainement pas du communisme dans l’acception classique du mot. Marx et Engels entendaient par communisme, l’abolition du travail salarié, la disparition de l’état et l’autogestion de la production. Ce n’est pas le cas dans la Chine actuelle, comme cela n’a jamais été le cas dans les pays d’un « socialisme réellement existant ». En Chine il en va moins des suites d’un choix idéologique que de celles des circonstances extrêmement difficiles dans lesquelles est née et à du se réaliser la révolution. En 1949, après une guerre civile interminable, s’installe un état qui s’appelle « communiste » et qui chemin faisant, s’est distancié du modèle soviétique.

Après l’ouverture et les réformes sous Deng Xiaoping, « le socialisme a énormément reculé en Chine. Nous sommes loin aujourd’hui de l’idéal égalitariste communiste ». Les auteurs pointent dans ce contexte, dans la direction d’une série de paramètres comme l’individualisme, le consumérisme, l’affairisme, l’arrivisme, les goûts de luxe et du paraître, la corruption,… Ces aspects sont certes préoccupants mais le gouvernement chinois fait bien tout pour rétablir la « morale socialiste ».

Si ce n’est certes pas du communisme, ce n’est pas non plus du capitalisme. Pour Marx, le capitalisme suppose « une séparation très forte entre le travail et la propriété des principaux moyens de production ». Les propriétaires du capital présentent une tendance à former des collectifs (actionnaires) qui ne gèrent plus directement le processus de production, abandonnant celui-ci aux managers. Souvent, le bénéfice prend la forme de dividendes sur des actions.
La majeure partie des innombrables compagnies – en général de petites entreprises familiales artisanales – ne répond pas à ce critère. Le critère ne vaut pas non plus dans le cas des nombreuses entreprises « collectives » au sein desquelles les ouvriers sont propriétaires de l’appareil de production, ont un droit de vôte au niveau de la direction, et encore moins pour les coopératives.

Même au niveau des entreprises d’état, la séparation entre travail et propriété n’est pas aussi nette. Parce que même là, existe une forme de cogestion par les ouvriers et les employés, même si elle est limitée. En bref, la séparation entre travail et propriété est souvent très relative.

Un autre critère encore pour définir le capitalisme est « la maximisation du profit individuel ». Absolument pas d’actualité dans les grandes entreprise d’état où sont concentrés les plus importants moyens de production.

Pas de capitalisme donc mais peut-être alors « capitalisme d’État?[i] ».[ii] D’après H&L, le terme est déjà plus approchant, pourtant encore trop flou, trop vague en même temps qu’il convoie trop de sous-entendus.

 

Mais alors, du quoi s’agit-il ?

Les dirigeants chinois les plus importants ne nient pas la présence d’éléments capitalistes dans leur économie, mais ils les voient comme l’un des composants de leur système hybride, dont les secteurs-clé sont aux mains du gouvernement. Pour eux, la Chine navigue encore dans “la phase première du socialisme, soit une étape jugée incontournable pour développer les forces productives”. Le but historique est et reste celui d’un socialisme avancé. Comme Marx et Lénine, ils refusent de voir le communisme comme un “partage de la misère”. Et par conséquent affirment « leur volonté de poursuivre une transition socialiste au cours de laquelle une très large majorité de la population pourra accéder à la prospérité. Ne prouverait-on pas du même coup que le socialisme peut, et doit, surpasser le capitalisme? », voilà ce que se demandent les auteurs.

Ils décrivent le système politico-économique de la Chine comme “socialisme du marché ou avec marché”. Un tel système repose sur dix piliers, qui sont largement étrangers au capitalisme:

 

  1. La pérennité d’une planification puissante et modernisée; qui n’est plus le système rigide et hyper-centralisé des premiers temps.
  2. Une forme de démocratie politique, nettement perfectible, mais rendant possibles les choix collectifs que se trouvent être à la base de cette planification.
  3. L’existence de services publics très étendus qui demeurent pour la plupart en dehors du marché.
  4. Une propriété de la terre et des ressources naturelles qui restent du domaine public.
  5. Des formes diversifiées de propriété, adéquates à la socialisation des forces productives : entreprises publiques, petite propriété privée individuelle ou propriété socialisée. La propriété capitaliste est pendant une transition socialiste longue maintenue, voire encouragée, afin de dynamiser l’activité économique d’ensemble et d’inciter à l’efficacité les autres formes de propriétés.
  6. Une politique général consistant à accroître relativement plus rapidement les rémunérations du travail par rapport aux autres sources de revenus.
  7. La volonté affichée de justice sociale promue par les pouvoirs publics, selon une perspective égalitariste face à une tendance de plusieurs décennies à l’aggravation des inégalités sociales.
  8. Une priorité accordée à la préservation de l’environnement.
  9. Une conception des relations économiques entre les États se fondant sur un principe gagnant-gagnant.
  10. Des relations politiques entre États se reposant sur la recherche systématique de la paix et de rapports plus équilibrés entre les peuples.

Certains de ces piliers sont abordés plus en détail. Nous en distinguerons deux ici : le rôle-clé des entreprises d’état et du planning modernisé. Le livre traitera également d’une question importante : la relation entre le pouvoir politique et le pouvoir économique.

Les entreprises d’état jouent un rôle stratégique dans l’ensemble de l’économie. Elles opèrent sur un mode qui ne se joue pas au détriment des nombreuses petites entreprises privées et du tissu industriel national. Leurs objectifs s’orientent vers les investissements productifs et elles peuvent aisément fournir du service bon marché à d’autres entreprises comme à des projets collectifs. L’état peut, au sein de ces entreprises, déterminer lui-même quel management serait le plus adéquat. Le rôle que jouent les entreprises d’état est, quoi qu’il en soit, l’une des explications essentielles quant aux bonnes prestations de l’économie chinoise. Et sur le plan social, elles jouent leur rôle également. Les entreprises d’état sont en état de mieux rémunérer leurs employés et de leur offrir une meilleure couverture sociale. C’est dans ce secteur qu’existent les meilleures possibilités de combler le fossé qui existe entre riches et pauvres.

Le projet d’une économie est : “l’espace authentique où une nation se choisit un destin commun et le moyen pour un peuple souverain d’en devenir le maître”. D’après H&L, il s’agit pour la Chine de : “puissante” planification, dont les techniques ont été assouplies, modernisées et adaptées aux exigences du temps présent. Dans l‘ancienne « planification excessivement centralisée » une entreprise devait accepter les produits, en dépit du coût réel auquel ils avaient été préalablement fabriqués.

Ce mécanisme limitait énormément les possibilités d’initiative des entreprises comme d’ailleurs l’efficacité même du secteur de production dans son ensemble. La qualité et le coût étaient considérés comme des problèmes « administratifs » ou « technocratiques » et perdaient leur possibilité de stimuler l’économie. Les contraintes et les limitations de la production se sont manifestées par une récurrence des crises de disponibilité des ressources matérielles.
Dès la fin des années 90 intervient donc : une planification plus souple, monétarisée et décentralisée. Ce nouveau planning était toujours établi sous la direction d’une autorité centrale macro-économique. Les entreprises reçurent plus d’autonomie pour gérer des devises étrangères et acheter des marchandises. Cet assouplissement a comblé un certain nombre de lacunes de l’ancien planning et a conduit à un développement économique plus intensif[iii] et plus respectueux de l’environnement.

Est-il nécessaire, pour une transition vers le socialisme, que les pouvoirs économiques et politiques coïncident parfaitement ? Les auteurs pensent que non. Par contre, il est nécessaire que les possesseurs du pouvoir économique –les capitalistes– soient sous la tutelle étroite du pouvoir politique. Les auteurs renvoient en cette matière, à une discussion qui a eu lieu entre Mao Zedong et le gouvernement soviétique de l’époque, en 1958. D’après Mao Zedong, la révolution chinoise pouvait sans problème continuer à cheminer, bien que la Chine comptât encore des capitalistes. Son argument était que la classe capitaliste ne contrôlait plus l’état mais que le contrôle était opéré alors par le parti communiste.[iv] Actuellement, les propriétaires du capital national privé, d’après HL, sont efficacement limités dans leurs ambitions par la forte proportion de la propriété publique dans les secteurs stratégiques. De plus, le parti communiste est toujours en position d’empêcher que la bourgeoisie ne devienne, à nouveau, une classe dominante.

 

L’avenir

Pour ce qui concerne les auteurs, leur avis à propos de la trajectoire possible de la Chine reste en suspens. Une progression dans la direction du socialisme fait partie des possibles tandis que pourtant, une restauration du capitalisme ne soit pas à exclure. L’issue sera déterminée essentiellement par la lutte des classes. Les équilibres de classe, dans la Chine d’aujourd’hui, sont complexes. D’un côté le parti communiste qui s’appuie surtout sur les classes moyennes et les entrepreneurs privés. Chacun de ces groupes ayant eu, durant les dernières décennies, plutôt intérêt à voir favoriser une économie à forte croissance. De l’autre côté : les masses ouvrières et paysannes “qui continuent de croire en la possibilité de se constituer en sujets de leur histoire et qui projettent toujours leurs espérances dans un avenir socialiste”.

Toute la question est maintenant de savoir si le parti réussira à pérenniser sa succes story sans déséquilibrer le rapport de force au profit des ouvriers et des paysans. Si le parti prend la route du capitalisme, il risque de bouleverser ce fragile équilibre. Ceci pourrait mener à de grandes confrontations politiques et aller jusqu’à une perte de contrôle des oppositions sur lesquelles repose le système, entrainant un fiasco pour ce qui concerne les stratégies de développement sur le long terme.

L’issue est incertaine. Mais pour H&L de nombreux aspects sont observables qui marquent nettement la différence d’avec le capitalisme.

Au-delà de ceci existent également les objectifs à long terme du socialisme et, le potentiel est présent qui permettrait de réactiver le projet.

Un autre facteur d’incertitude qui être déterminant pour l’avenir, c’est le capitalisme des monopoles financiers, soutenus par l’hégémonie militaire des USA qui cherche de plus en plus la confrontation avec la Chine, malgré le tissus économique au maillage serré qui existe entre les deux pays. H&L préviennent qu’en Occident, nous avons à bien prendre conscience du fait que le capitalisme mondial est dans une impasse et “que l’agonie de ce système n’apportera aux peuples du monde que dévastations sociales au Nord et guerres militaires contre le Sud”.

Il convient d’ajouter que nous n’avons plus qu’à espérer que la logique capitaliste puisse être maintenue sous contrôle en Chine. Dans le cas contraire, nous nous retrouverions dans une situation comparable à celle qui caractérisait la veille de la première guerre mondiale, où les blocs impérialistes se sont dirigés vers un bras de fer qui avait pour but d’élargir leur zone d’influence ou de les conserver.

Les auteurs n’esquissent pas une histoire triomphante. Le ‘socialisme aux caractéristiques chinoises’ ne constitue en aucun cas un “idéal achevé du projet communiste. Ses déséquilibres sont tellement criants”. Ils font remarquer, à cet égard, que la Chine est encore, toujours un pays en voie de développement et que pour cette raison justement : “ce processus sera long, difficile, débordant de contradictions et de risques”. Ceci ne devrait pas nous étonner puisque : “le capitalisme n’a-t-il pas pris des siècles pour s’imposer?” Les nombreux déséquilibres et contradictions devraient freiner les sympathisants, en tous cas les empêcher de céder à la tentation d’exporter la recette chinoise trop rapidement.

 

Quelques notes dans la marge…

Herrera et Long sont des universitaires mais savent toutefois comment exposer leur argumentation sur un mode léger, lisible et convaincant. Le livre contient de l’information solide, chiffrée et de nombreux graphiques utiles. En annexe l’on trouve une ligne du temps bien intéressante, qui retrace l’histoire de la Chine depuis les débuts de l’humanité. Une faiblesse de l’ouvrage est que toute l’argumentation n’est pas aussi fouillée, le livre est d’ailleurs trop concis pour cela.

L’angle choisi est économique avec pour avantage d’être matérialiste plutôt que « flottant » et, pour désavantage, de sous-estimer parfois le rôle de la lutte idéologique. H&L pointent bien quelques aspects négatifs à ce propos, mais ils sous-estiment le fait que toute la société est littéralement imprégnée de la propagande capitaliste, jusqu’au sein même du parti communiste. À ce propos, les événements de Tiananmen sont éclairants, il s’en est, en effet, fallu d’un cheveu ou la Chine prenait le même chemin que l’Union Soviétique. Repousser l’idéologie capitaliste sera une affaire cruciale si l’on veut maintenir le cap dans la direction du socialisme.

Dans leur argumentation à propos de la question de savoir si le système est ou n’est pas capitaliste, ils se concentrent sur la question des rapports de propriété. Oui, c’est juste, mais seulement partiellement parce que les rapports de propriété ne disent pas tout à propos du contrôle que le gouvernement exerce sur l’économie. En accordant ou non l’accès aux contrats d’adjudications, aux avantages fiscaux, l’accès aux fonds d’investissements gouvernementaux, aux institutions financières et aux subsides, etc., le gouvernement central pilote en fait de larges secteurs, en ce inclus des entreprises privées, sans pour autant avoir un contrôle direct sur ces entreprises comme telles ni en posséder des actions.[v]

Pour de multiples raisons, la Chine est l’un des pays les moins bien compris au monde. Le livre de H&L est donc plus que bienvenu. Il va courageusement à contre courant des idées reçues et pointe quelques clichés tenaces. À la lumière de la relative descente aux enfers du capitalisme, tant économiquement que politiquement, les auteurs mettent sous tension la discussion idéologique. C’est la deuxième raison pour laquelle ce livre est vraiment à conseiller.

 

Rémy Herrera & Zhiming Long, La Chine est-elle capitaliste ? Paris: Éditions Critiques, 2019, 199 p.

SOURCE: Investig’Action

 

NOTES:

[ii] Le terme « capitalisme d’état » est loin de renvoyer à l’univocité d’un concept à propos duquel existerait un consensus. Ci-dessous, quelques systèmes qui pourraient correspondre à ce terme :

 

  • L’état entreprend des activités commerciales et rémunératrices, des entreprises d’état exercent un management de type capitaliste (même si l’état se dit socialiste).
  • Présence forte ou dominante d’entreprises d’état dans une économie capitaliste.
  • Les moyens de productions sont entre les mains du prévé mais l’économie est soumise à un plan économique ou à une supersion (cf. NEP sous Lénine).
  • Une variante de ceci : l’état dispose d’un controle important en matière d’attribution de crédits et investissements.
  • Une autre variante encore : l’état intervient pour protéger ses monopoles (capitalisme monopoliste d’état).
  • Et une autre encore : l’économie est majoritairement subsidiée par l’état qui prend en charge les questions stratégiques de la Recherche et du Développement.
  • Le gouvernement gère l’économie et se comporte comme une grande entreprise qui utilise la plus-value générée par le travail pour la réinvestire.

Sources : Ralph Miliband, Politieke theorie van het marxisme, Amsterdam, 1981, p. 91-100;

http://en.wikipedia.org/wiki/State_capitalism.

[iii] Un développement extensif équivaut à une croissance quantitative, plus de la même chose par l’investissement de plus d’hommes et de machines ou en les faisant travailler de manière plus intensive. Développement intensif = croissance quantitative basée sur une plus grande productivité.

[iv] “There are still capitalists in China, but the state is under the leadership of the Communist Party.” Mao Zedong, On Diplomacy, Beijing 1998, p. 251.

[v] Voir par exemple Roselyn Hsueh, China’s Regulatory State. A New Strategy for Globalization, Ithaca 2011; Zhao Zhikui, ‘Introduction to Socialism with Chinese Characteristics’, Bejing 2016, Chap. 3; Arthur Kroeber, ‘China’s Economy. What Everyone Needs to Know’, Oxford 2016, hoofdstuk 5; Robin Porter, ‘From Mao to Market. China Reconfigured’, Londen 2011, p. 177-184; Barry Naughton, ‘Is China Socialist?’, The Journal of Economic Perspectives, Vol. 31, No. 1 (Winter 2017), pp. 3-24, https://www.jstor.org/stable/44133948?seq=5#metadata_info_tab_contents.

 
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Publié par le janvier 17, 2020 dans Chine

 

Le plus grand radiotélescope au monde, chinois, commence à fonctionner à pleine capacité

Publié:
Après trois ans de tests, l’appareil de 500 mètres de diamètre a officiellement commencé son activité.
Le plus grand radiotélescope chinois au monde commence à fonctionner à pleine capacité

La Chine a annoncé que le radiotélescope à ouverture sphérique de 500 mètres (FAST) a commencé son activité officielle,  fonctionnant à pleine capacité, après que les indicateurs techniques aient atteint ou dépassé les niveaux attendus au cours  des trois ans d’essai , selon les médias locaux.

En faisant cette annonce le samedi 11 de ce mois, Shen Zhulin, un responsable de la Commission nationale de développement et de réforme, a déclaré que par sa performance, FAST est un leader mondial. Pour sa part, Jiang Peng, ingénieur en chef de l’appareil, a déclaré qu’il devrait faire au cours des deux ou trois prochaines années de grandes découvertes scientifiques.

En deux ans, le radiotélescope a déjà identifié 102 nouveaux pulsars (étoiles tournantes), un nombre qui, selon Xinhua, est supérieur à ceux découverts par des scientifiques européens et américains. durant  la même période. De plus, il a amélioré la synchronisation des pulsars d’environ 50 fois par rapport aux niveaux précédents, ce qui a permis pour la première fois la détection d’ondes gravitationnelles Nahertz d’une fréquence extrêmement basse.

De plus, FAST ouvrira progressivement ses portes aux astronomes du monde entier.

Le radiotélescope , situé dans la province du Guizhou, au sud-est de la Chine, a un diamètre de 500 mètres, est formé de 4450 panneaux et son extension, sous la forme d’une plaque, équivaut à environ 30 terrains de football. Le coût de sa construction était de 180 millions de dollars, les travaux ont été achevés en juillet 2016 et son inauguration a eu lieu en septembre de la même année.

Pour mener à bien le projet, quelque 9 110 personnes vivant dans la région ont été relocalisées à moins de cinq kilomètres de là, pour les éloigner des ondes électromagnétiques émises par l’appareil.

 

 
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Publié par le janvier 13, 2020 dans Chine, INTERNATIONAL, sciences

 

on ne gère pas la Chine comme le Poitou charente…

La Chine prête à faire face au pic des voyages du Nouvel an chinois. Chacun aura compris à quel point ce blog veut accorder de plus en plus d’espace au pays continent qui se confond avec l’ère nouvelle dans laquelle nous sommes entrés. Marx insiste sur les échelles de coopération entre les êtres humains, dans la production et dans les autres activités humaines, ceci est d’autant plus important que nous sommes ici dans un pays qui premièrement assume concrètement un mode de transition : le socialisme à la chinoise et le fait dans le cadre d’une mondialisation elle-même entrée dans un profond bouleversement. Le passage du rural à l’urbain désormais réalisé en Chine et les migrations massives, tout un apprentissage d’une ère nouvelle (note de danielle Bleitrach)
© Chine Nouvelle (Xinhua), Le 09/01/2020 22:34

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Les autorités chinoises prendront de multiples mesures pour faire face à la période du pic des voyages de la fête du Printemps, durant laquelle environ 440 millions de voyages seront effectués à travers les chemins de fer.

Du 10 janvier au 18 février, les Chinois devraient effectuer trois milliards de voyages, soit un nombre légèrement supérieur à celui de l’année dernière, avec une hausse de 8% pour les voyages en train, une augmentation de 8,4% pour les voyages en avion et une hausse de 9,6% pour les déplacements par voie fluviale, a indiqué jeudi Zhao Chenxin, porte-parole de la Commission nationale du développement et de la réforme, lors d’une conférence de presse.

En raison de l’expansion continue de la longueur des chemins de fer à grande vitesse en service, le nombre de voyages par voie routière devrait diminuer à 2,43 milliards.

La fête du Printemps tombe cette année le 25 janvier, arrivant plus tôt que les années précédentes. Cela pose un défi plus important pour le système de transports du pays, car le pic du retour des étudiants coïncide avec le pic des voyages de la fête.

L’Administration de l’aviation civile de Chine a promis une plus grande capacité de transport pour alléger la pression sur le transport aérien, programmant 17.000 vols par jour, soit une hausse de 13,3% en glissement annuel.

Pour faire face à la demande croissante de voyages, un total de 5.275 liaisons ferroviaires dans les deux sens seront programmées quotidiennement avant la fête, soit une hausse annuelle de 7,7% et un nouveau record, a indiqué Li Wenxin, directeur général adjoint de la China State Railway Group Co. Ltd.

Durant la période du pic des voyages, les départements concernés à travers le pays renforceront également les contrôles de sécurité et la prévention des maladies infectieuses afin de garantir la sécurité des voyageurs.

 
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Publié par le janvier 13, 2020 dans Chine

 

La Chine nous propose un universalisme basé sur la diversité culturelle mais aussi sur le progrès collectif dans une « communauté des destins »

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Un dossier de la revue Esprit dans lequel Anne Cheng aborde la question de l’universalisme chinois mais nous ne nous étonnerons pas si sa savante analyse revient à voir dans l’universalisme revendiqué par les Chinois, une remise en cause de fait de l’universalisme des droits de l’homme de l’occident. On trouve également un dossier publié par la revue Rue Descartes qui lui aussi montre que la quête identitaire hante la philosophie chinoise au point, selon la présentation, que même le courant en faveur de l’universalisme pluraliste conserve les horizons nationaux comme garantie d’une diversité culturelle. Le problème de la relation entre nation et philosophie est d’autant plus intéressant pour un public francophone que nous avons nos propres débats sur la nation et la recherche de valeurs. En effet, quand Gérard Noiriel dénonce tout ce que la quête d’une « identité nationale » efface de l’horizon de la réflexion, nous y retrouvons un nombre de critiques qui pourraient être facilement appliquées par les occidentaux aux intellectuels chinois préoccupés par cette quête identitaire. A l’inverse, Georges Gastaud qui propose une articulation encore plus fouillée entre nation, marxisme et universalisme pourrait nous aider à avancer sur l’analyse de ce que propose la Chine (1). Peut-être un jour Badiou reviendra-t-il sur sa condamnation de la Chine et son choix de la voie stalinienne et capitaliste à la fois. Parce qu’il faut bien mesurer que l’émergence de ce débat savant marque le caractère incontournable de l’ère nouvelle inaugurée par la Chine…

La communauté de destin de l’humanité

Notre propre proposition est bien d’articuler ces réflexions avec non pas l’actualité politique au sens étroit du terme, mais bien au changement d’époque que nous sommes en train de vivre, le travail conceptuel est nécessaire par rapport à ce bouleversement et non comme un jeu entre spécialistes.

C’est incontestablement le livre de Xi Jinping dont l’un des concepts-clés «la communauté de destin de l’humanité» (renlei mingyun gongtongti) sert de titre à l’ouvrage qui a sans doute provoqué cette floraison de réflexions.

C’est en mars 2013 à Moscou que Xi Jinping a pour la première fois évoqué sur la scène internationale une communauté de destin, parlant de « l’interdépendance mutuelle » des nations dans le « village planétaire ». En mars 2015, lors du Forum de Bo’ao, il avait précisé les quatre principes de la communauté de destin : respect mutuel et traitement d’égal à égal des différents pays ; coopération gagnant-gagnant et développement commun ; réalisation d’une sécurité commune, générale, coopérative et durable, ainsi que coexistence et apprentissage réciproque des différentes civilisations.

Depuis, ce concept s’est étoffé et approfondi : il concerne non seulement des domaines spécifiques (le cyberespace par exemple), mais aussi des projets de développement de dimension régionale (le Forum pour la Coopération sino-africaine) et mondiale (l’initiative chinoise de « la Ceinture et la Route »).

La communauté de destin de l’humanité préconise le multilatéralisme, l’ouverture, le dialogue et la paix. C’est la proposition de la Chine au reste du monde sur la base de ses réussites au cours de 70 années de développement pacifique, qui ont conduit le pays sur la voie de la prospérité et vers l’éradication de la pauvreté. C’est aussi la réponse de la Chine aux tendances à l’unilatéralisme, à l’hégémonisme et au protectionnisme qui émergent ici et là, remettant en cause toute capacité de l’occident à l’universalisme que proclamaient les droits de l’homme et la création de l’ONU.

Pour le parti communiste chinois (PCC), le monde est entré dans une «nouvelle ère». Il lui faut donc une «nouvelle pensée» pour un «monde nouveau». Tout cela a été validé lors du récent congrès du PCC, à Pékin, qui a permis au président Xi Jinping de revendiquer l’héritage de Mao Tsé-toung comme celui de Deng Xiao Ping.

Le livre a été traduit dans de nombreuses langues et grâce à une amie, nous avons pu Marianne et moi bénéficier d’un exemplaire traduit en français. Incontestablement la Chine souhaite que le débat s’ouvre sur sa proposition, elle invite les délégations étrangères et multiplie les missions pour commenter cette proposition, à la fois théorique mais aussi politique puisqu’il s’agit d’un acte équivalent à celui qui a fondé la modernité: la déclaration des droits de l’homme, c’est-à-dire y compris sur ce quoi a été bâtie l’ONU, et qui devrait commander officiellement les droits entre Etats et individus dans un monde qui s’affirme multipolaire.

Un monde où la plus vieille des civilisations encore existante mais qui a subi le colonialisme, l’autre versant de la modernité occidentale, qui de surcroit revendique plus que jamais sa filiation avec le marxisme autant que le confucianisme est en train de devenir la première puissance du monde et dans la foulée propose pour elle et pour le monde jusqu’ici soumis à l’arbitraire des valeurs occidentales le droit à une existence culturelle différente de celle jusqu’ici imposée.

C’est donc à partir de la reconstruction de l’identité nationale chinoise que se pose la question de l’universalisme. Une pensée en gestation encore pour le moment réservée à des spécialistes mais qui déjà en France donne lieu à une mobilisation idéologique qui dit bien l’importance de la réflexion, dont est pourtant encore éloigné le grand public, sans doute parce que le PCF et d’autres groupes politiques comme lui influencé par le trotskisme et par la social démocratie n’ont à l’égard de la Chine que des stéréotypes.

Si l’on suit le dossier de la revue Descartes qui est le plus fouillé sur la question, on mesure à que point sauf les derniers articles, la plupart témoignent de la constitution dans la pensée chinoise contemporaine d’une relation étroite entre horizon national et horizon philosophique : « la nation (dans un sens culturel) est articulée avec la philosophie sous forme de projection d’un horizon, que ce soit dans le passé ou dans l’avenir.

Cette articulation est en effet l’un des piliers de ce que l’on pourrait appeler l’« universalisme pluraliste » du troisième tournant de la philosophie chinoise, qui, tout en proposant une certaine forme d’universalité, conserve les horizons nationaux comme garantie d’une diversité culturelle. La revue Descartes publie ainsi un article de Xu Jilin, « Valeurs universelles ou valeurs chinoises ? Le courant de pensée de l’historicisme dans la Chine contemporaine »

Cet article témoigne des paradoxes de l’universalisme pluraliste qui caractérise les discours du troisième tournant de la philosophie chinoise : d’une part, il y aurait dans la pensée chinoise une visée universaliste ; de l’autre, il y aurait la difficulté à se défaire de l’horizon national, Xu Jilin affronte ce paradoxe.

Xu Jilin prend ainsi parti pour l’universalisme des valeurs. Mais cette prise de position, paradoxalement, ne revient pas à se défaire de la nation comme substrat de l’universalité des valeurs. En effet, pour concilier son universalisme avec l’horizon national de la réflexion, il revendique le pluralisme culturel : « il existe des valeurs communes qui peuvent communiquer entre des valeurs différentes. Bien que les différences entre les cultures nationales soient grandes, la partie centrale se superpose ; ces valeurs cruciales et ces buts ultimes sont ouverts, et c’est ce que l’humanité recherche communément » (p. 66). Si dans la recherche des « valeurs ultimes » Xu Jilin brise les horizons nationaux pour se tourner vers des « valeurs universelles », dans sa vision pluraliste de cette recherche les nations restent intactes, aussi bien comme traditions que comme projection dans l’avenir. C’est pourquoi « la Chine devrait reconstruire des valeurs chinoises dans la perspective de la civilisation universelle » (p. 66) : aspiration à l’universel qui conserve pourtant la nation comme horizon de la réflexion.

Effectivement si la Chine ne cesse de travailler la relation entre nation et universalisme, la nouveauté est que le pouvoir chinois se sent désormais suffisamment solide pour diffuser à grande échelle ses vues hors du territoire national et la réflexion philosophique ne peut s’abstraire ni en Chine, ni en Europe, ni en France de cette nouvelle donne et des débats auxquels dès aujourd’hui elle donne lieu.

Cependant à travers « la communauté de destin » de l’ouvrage de Xi Jinping, le président chinois évite une critique frontale de ces «valeurs occidentales». Il ne manque pas néanmoins de le faire dans diverses occasions comme dernièrement dans l’intervention de Trump en Irak, comme d’ailleurs en soulignant à la fois à quel point au nom de l’universel des droits de l’homme, les Etats-Unis violent les deux principes de souveraineté des nations sur laquelle est fondée la paix et celui des droits réels de l’individu y compris par le racisme.

On peut difficilement s’abstraire de ce contexte quand on lit les revues pour le moment réservée à des spécialistes.

La «communauté de destin» a tout de suite été interprétée comme une machine de guerre ayant pour objectif de modifier de l’intérieur du système international les normes héritées de l’après-Deuxième Guerre mondiale. D’où la montée au créneau de ces philosophes et intellectuels chargés de préparer l’angle d’attaque contre ce modèle chinois.

Pourtant Xi Jinping ne cesse d’affirmer que si ce modèle chinois peut inspirer d’autres pays, il ne cherchera pas à s’imposer, ce sera essentiellement à travers de grands défis que la Chine affrontera victorieusement sur son propre territoire que le modèle gagnera de l’audience, mais aussi en apportant paix et prospérité. Ainsi depuis 2015, le défi que la société chinoise s’est lancée est non seulement un développement scientifique et technique d’une grande ampleur mais également la possibilité de résorber toute la pauvreté et d’offrir à chaque Chinois une société de moyenne aisance en 2020, ce qui est également une garantie face à la crise de l’occident avec l’ouverture d’un marché chinois interne. Ce qui est privilégié est le facteur de développement et de stabilité qu’un tel modèle peut désormais offrir à la Chine mais aussi pour devenir conquérant par rapport à la crise économique et politique du modèle occidental, en s’appuyant d’abord sur les pays sous-développés arrachés à l’attraction occidentale qui n’arrive à maintenir son hégémonie que par la guerre et la corruption, voire la régression sociale contre lesquelles s’insurgent les peuples.

Si la Chine s’est donné cette date de 2020 comme celle où sera résorbée la pauvreté c’est aussi dans le cadre assumé de « la dictature du prolétariat » menée par le parti communiste. Comme le signale G. Gastaud à propos de MARX, il ne s’agit pas d’ouvriérisme mais bien d’élever le prolétariat à la difficile mission qui est la sienne, celle dans laquelle son internationale coïncide avec le genre humain. La classe la plus économiquement et culturellement dominée doit dans la phase socialiste et dans les contradictions les plus grandes devenir classe dominante. Il faut tout le temps prendre garde à ce que cette contradiction dominant-dominé tant sur le plan matériel que sur le plan idéologique reste « motrice » parce que l’avant-garde en reste consciente ou alors entre en régression. Il faut lire beaucoup de textes du parti communiste chinois, en particulier ceux de Xi Jinping à la lumière de cette tâche de la révolution socialiste, beaucoup plus compliquée que la révolution bourgeoise dans laquelle une domination succède à une autre domination et où l’unité des dominants peut se réaliser dans l’exploitation. Si on peut parler de « disparition de la classe ouvrière » (abusivement), en Chine nous en sommes loin, mais les contradictions internes à cette classe sont exaspérées par la vitesse même du développement.

Cependant cette ère nouvelle comme celle que Goethe célébrait à Valmy, a incontestablement un aspect doublement national, celui de la libération du territoire autant que la résurrection d’une culture millénaire et celui d’un sort commun de ce fait avec tous les peuples ayant subi le colonialisme et l’impérialisme, d’où le caractère « conquérant » mais dans le même temps l’affirmation du refus de s’imposer. La relation doit être négociée comme l’est un contrat commercial autant que le respect des souverainetés.

L’idée est celle d’une cohabitation, dans un monde multipolaire, de divers modèles de «civilisation» qui œuvrent ensemble à leur prospérité commune sans volonté hégémonique. Ce que répondent ses détracteurs c’est qu’il s’agit pour le pouvoir chinois, comme pour tout pouvoir autoritaire, de saboter les notions mêmes de démocratie et de libertés individuelles ou collectives jusqu’ici associées aux normes universelles. Oui mais il suffit de comparer par exemple la manière dont les Chinois signent des accords par exemple pour l’exploitation du lithium en Bolivie, alors que les Etats-Unis pour empêcher cette signature fomentent un coup d’Etat avec l’aide d’une oligarchie fasciste et raciste. Ou encore la récente intervention contre l’Iran que l’on peut interpréter comme un enjeu pour freiner le développement de la route de la soie au moyen orient.

L’UE se présente comme le dernier pôle de défense des valeurs universelles, cette réflexion sur nation et universalisme participe bien évidemment d’un combat idéologique et c’est pourquoi nous devrions réellement nous donner les moyens sur ce problème comme bien d’autres de sortir de la crise dans laquelle a été plongée la pensée marxiste pour voir de quoi nous parle aujourd’hui la Chine, ce qu’il est impossible d’ignorer aujourd’hui.

Danielle Bleitrach

(1) Georges Gastaud, marxisme et universalisme, classes, nations, humanités, éditions Delga, 2015

 
 

The National Interest : Taïwan ne doit pas donner quatre ans de plus à Tsai Ing-wen

Le plan de Tsai d’utiliser le pouvoir politique pour réduire la dépendance de l’économie taïwanaise à l’égard de la Chine ne pourra jamais réussir. L’approche pragmatique consiste à gérer correctement les relations entre les deux rives du détroit, sans jamais permettre à l’économie d’être affectée par des relations négatives entre les deux rives. Cet article est absolument passionnant tant il illustre d’une manière originale la situation de la Chine en Asie et les contradictions d’un nationalisme qui s’allie aux Etats-Unis et restreint de plus en plus les libertés démocratiques qu’il prétend défendre, ce qui selon l’auteur fait le lit de la Chine, parce que le vrai problème est que les économies chinoise et taïwanaise sont  interdépendantes, que Taïwan a tout à perdre alors que la Chine n’est pas affectée. A lire l’auteur de l’article, il y a toute chance que Tsaï soit réélue mais c’est reculer pour mieux sauter. Lire cet article en lien avec celui que nous proposons par ailleurs sur universalisme et nation à propos de la Chine (note et traduction de Danielle Bleitrach).

En janvier 2020, Taiwan organisera des élections pour son président et sa législature. La campagne pour la présidence a commencé depuis longtemps, et la prospérité de l’économie taïwanaise et le maintien des libertés démocratiques peuvent dépendre du fait que les électeurs accorderont à la présidente Tsai Ing-wen quatre ans de plus ou éliront le candidat du Kuomintang (KMT) Han Kuo-yu. L’article a une vision originale, il montre que le nationalisme anti-chinois  de l’actuelle présidente, le contrôle total qu’elle a pris sur les médias, sur tous les pouvoirs aboutit à une dictature autant qu’à la destruction de l’économie taïwanaise fortement liée à la Chine. Donc cette politique aboutit à la fin des libertés démocratiques dont se pare Taïwan et à la misère économique, ce qui dans les deux cas finira par ouvrir un boulevard à la Chine. A méditer également à propos de Hong Kong (note et traduction de Danielle Bleitrach).

La campagne électorale est entrée dans un moment crucial ; les développements de la farce de l’affaire d’espionnage communiste sont devenus le sujet de discussion de la ville de Taiwan. Ses développements dramatiques ont dépassé la tension d’une « farce d’espionnage », faisant que les gens l’associent au cas de l’incident de tir de Bullet Gate de 2004.

Le gouvernement Tsai joue en effet avec force la carte anti-Chine. Avec la catalyse des protestations et des manifestations autour du projet de loi sur l’extradition, l’ordonnance sur les délinquants fugitifs, à Hong Kong, il a d’autant plus favorisé «le sentiment de perdre son pays», tout en utilisant ici et là la question de Hong Kong. Ainsi, Tsai est considérée de  l’autre côté du détroit comme relevant  des «forces extérieures» au même titre que les États-Unis. Les relations entre les deux rives seront vouées à se détériorer davantage, et l’économie et la démocratie de Taïwan seront en conséquence dans le marasme.

Tout d’abord, examinons les relations économiques de Taiwan avec la Chine. Depuis que le gouvernement Tsai est arrivé au pouvoir, il a restreint les investissements trans-détroit, couplé à la nouvelle politique vers le sud, en proclamant nécessaire de réduire la dépendance économique à l’égard de la Chine, mais après avoir mis en œuvre ces politiques pendant près de quatre ans, l’effet est nul, car la dépendance des exportations de Taïwan vers la Chine a inversement augmenté pour atteindre 41%. Au vu de cela, le plan de Tsai  qui est d’utiliser la force politique pour réduire la dépendance de l’économie taïwanaise à l’égard de la Chine ne peut jamais réussir. L’approche pragmatique consiste à gérer correctement les relations entre les deux rives du détroit, sans jamais permettre à l’économie d’être affectée par des relations négatives entre les deux rives.

Certains membres de factions fondamentalistes pensent que la guerre commerciale internationale va dévaster l’économie chinoise, dissociant ainsi l’économie de Taiwan avec celle de la Chine. Cependant, ce genre de chose ne se produira pas parce que la structure de l’économie chinoise a changé, les exportations occupant moins de 20% du PIB et les exportations vers les États-Unis occupant 20% du volume total des exportations, associées au fait que sur cette grande échelle les économies elles-mêmes disposent d’une plus grande marge de manœuvre. Par conséquent, bien que la guerre commerciale ait un impact, elle ne dévastera pas l’économie chinoise.

Inversement, dans le cas peu probable où l’économie chinoise s’effondrerait réellement, ce serait vraiment un désastre pour l’économie taïwanaise, car l’économie taïwanaise est destinée à dépendre de l’économie chinoise. Les échelles des économies trans-détroit sont de 20 à 1; Le marché chinois occupe 40% des exportations de Taïwan, tandis que Taïwan bénéficie d’un excédent commercial de plus de 80 milliards de dollars américains. Si une guerre commerciale similaire devait se produire à travers le détroit, il ne fait aucun doute que l’économie de Taïwan serait immédiatement embourbée, alors que l’effet sur la Chine serait minime.

Deuxièmement, nous devons reconnaître que la démocratie de Taiwan mérite d’être défendue. Aujourd’hui, les États communistes existants dans le monde sont la Chine,  Cuba et la Corée du Nord. Souvent, ces États communistes ne prétendent pas avoir atteint le communisme dans leur pays – ils prétendent plutôt construire une étape celle de l’instauration du socialisme dans leur pays et utiliser les tactiques perverses de la démocratie pour atteindre des objectifs politiques. Si le peuple taïwanais se soumettait aux  approches politiques méprisables du gouvernement Tsai, il deviendrait rapidement le sujet des États communistes existants, regrettant à la fin, mais trop tard.

Les gens pourraient douter que Taiwan d’aujourd’hui, sous le règne du gouvernement Tsai, bien qu’avec un patronage politique corrompus et des abus de pouvoir,  soit toujours une société démocratique, qui après tout pourrait être similaire aux États communistes. En fait, un système démocratique repose sur l’estime des participants et la retenue; sinon, divers types de distorsions et d’abus éroderaient l’esprit démocratique, le laissant se perdre dans une coquille vide. L’esprit originel du système démocratique évolutif de Taïwan a longtemps été évidé, étape par étape, par le gouvernement Tsai, dépourvu de culture démocratique.

Le système démocratique repose sur la séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, avec des freins et contrepoids entre eux, plus  la garantie  représenté par la surveillance des médias et de l’opinion publique. Cependant, au cours de ses trois ans et demi de gouvernance, Tsai a néanmoins, de manière flagrante, fait peser son pouvoir sur  la Cour suprême,  sur les Grands Juges et sur  la Commission électorale centrale, elle a  fermement tenu le «pouvoir judiciaire» dans sa main. En outre, par le biais de divers types de moyens monétaires, la majorité absolue des médias importants a été unilatéralement soumis au parti au pouvoir, jour après jour, scrutant et critiquant les partis d’opposition en violation de l’état normal de la démocratie,

Parce que les pratiques électorales massives du gouvernement Tsai en émettant des «politiques attractives» ont brouillé la vision du peuple taiwanais – tout comme la marche des États communistes vers la dictature – le grand public peut être acheté par ces politiques à courte vue et élire un président et une majorité de législateurs affiliés  au Parti progressiste démocratique (DPP). Si cela se produit, alors Tsai fera un pas de plus pour saisir fermement le Yuan exécutif et le pouvoir législatif, ce qui signifie que les soi-disant «quatre pouvoirs de la démocratie» appartiendront entièrement à Tsai. Selon les expériences des dernières années, Tsai mettra fin de manière substantielle au système démocratique de Taiwan.

Pour la campagne électorale, le gouvernement Tsai a annoncé que l’économie de Taïwan se comportait extrêmement bien, mais en réalité, la situation n’est absolument pas comme le gouvernement Tsai l’a dit. Cette année, le taux de croissance des exportations de Taïwan est négatif et les  investissements du secteur privé sont dans le marasme, avec un taux de croissance d’un peu plus de 2%  de la croissance inférieure. Dans la course économique inter-détroit, Taiwan a perdu; afin de soutenir la croissance, elle devrait rechercher la complémentarité avec l’économie chinoise. Pour gagner l’élection, Tsai utilise les relations inter-détroit comme une offrande sacrificielle; en fait, il utilise l’avenir de l’économie de Taiwan comme un sacrifice funéraire.

Depuis que Tsai a pris le contrôle total du gouvernement, elle a utilisé à fond ses pouvoirs à l’extrême, concentrant le pouvoir au nom de la démocratie. Lors des prochaines élections générales, elle a épuisé tous les moyens pour sauvegarder ses pouvoirs politiques. Sous l’atmosphère de «haïr le DPP» qui a imprégné la société l’année dernière, le DPP a subi de lourds revers; cependant, face à la défaite électorale, elle n’a pas cessé d’utiliser la rhétorique anti-chinoise, mais à l’inverse, elle l’a utilisé comme le médicament le plus puissant, distribuant même la dose maximale au moment crucial de la campagne électorale, catalysant les sentiments sinophobes du public afin de contribuer à préserver lsa toute puissance politique.

Au cours des derniers mois, les agences de sécurité nationale ont publié à plusieurs reprises des informations sur « l’ingérence de la Chine dans les élections »; maintenant le moment est venu, vraiment un véritable espion humain est apparu sous nos yeux, et ce grâce à un format de connexion international. Comme c’est fantastique! «Couper la gorge de son ennemi politique jusqu’à la fin» a toujours été l’approche du DPP à la campagne électorale et à travers ces approches, il a accumulé de nombreux succès. Cependant, cette fois, en jetant en pâture un espion communiste fraudeur, s’il pourrait récolter le effet choquant et intimidant prévu, tout dépend si le public mordra à l’appât.

Taïwan est maintenant situé dans un moment critique: allons-nous permettre à Tsai de mieux saisir les pouvoirs exécutif et législatif, puis, à travers divers effets effrayants, permettre au devoir naturel de surveillance des partis d’opposition d’obtenir leur destruction , en créant une règle de parti unique, ou devrions-nous faire reculer Tsai, permettant des échanges et une réconciliation entre les deux rives, gagnant ainsi l’opportunité de respect mutuel et de développement commun? Les électeurs ne doivent pas accorder quatre ans de plus à Tsai.

Kent Wang est chercheur à l’Institute for Taiwan-America Studies. Il écrit sur la sécurité et les affaires stratégiques en Asie-Pacifique avec un accent particulier sur la question de Taiwan dans les équations trilatérales États-Unis-Taiwan-Chine, ainsi que sur d’autres sujets sur la politique internationale et la sécurité régionale en Asie de l’Est.

Image: Reuters.

 

Le gouvernement chinois se prépare à célébrer la fin de la pauvreté en 2020

La Chine a sauvé plus de 850 millions de personnes de la pauvreté depuis le début des réformes économiques en 1978, selon la Banque mondiale. C’est plus que l’ensemble de la population d’Amérique latine et cela est la donnée essentielle qui explique l’évolution mondiale. L’article porte sur le défi lancé en 2015, la Chine qui jusqu’ici a rempli tous ses objectifs aura résorbé toute la misère de sa population. Il ne s’agit même pas des taux de la banque mondiale à 1,90 dollar par jour mais à 5,50. Cet article brésilien permet de concrétiser ce que dit Xi Jinping sur le fait pour le parti communiste chinois qui dirige la République populaire de Chine de ne jamais oublier le but réel du parti (note et traduction de Danielle Bleitrach).

Faire des prédictions est certes une tâche risquée. Mais dans ce cas, il est possible d’oser: d’ici 2020, la Chine prétend mettre fin à la pauvreté dans le pays, elle  atteindra alors l’objectif adopté en 2015. Même si certains questionnent les critères et les données, le chemin du pays vers une « société modérément prospère » est spectaculaire, c’est le but chinois du moment.

La Chine a sauvé plus de 850 millions de personnes de la pauvreté depuis le début des réformes économiques en 1978, selon la Banque mondiale. C’est plus que l’ensemble de la population d’Amérique latine.

En plus de suivre le seuil de pauvreté international (1,90 $ par jour et par personne), la Banque mondiale a commencé en 2017 à mesurer le revenu dans deux autres fourchettes – jusqu’à 3,20 $ et jusqu’à 5 $,50.

La Chine comptait 10 millions de personnes sous le seuil de pauvreté international en 2015, selon la Banque. Coïncidence, le Brésil (en 2017) avait également ses 10 millions d’habitants vivant avec 1,90 $ par jour. La différence est qu’en Chine ce nombre correspond à 0,7% de la population et au Brésil, 4,8%.

Le défi pour la Chine a été de faire progresser 373 millions de personnes vivant avec  5,50 $ par jour (2015). C’est beaucoup, mais les progrès sont indéniables: en 1981, 98,3% de la population chinoise vivait avec moins que cela, et en 2015, 27,2%.

Le monde est fier des progrès accomplis dans la lutte contre la pauvreté, l’ONU a annoncé la réussite de l’objectif du Millénaire pour le développement dans ce domaine. Mais les données globales masquent le fait qu’il s’agit d’un phénomène principalement chinois. La Chine représente à elle seule plus de 70% de la réduction de la pauvreté dans le monde depuis les années 80.

La croissance économique était le grand remède anti-pauvreté en Chine. Deng Xiaoping s’est fixé pour objectif de quadrupler, d’ici 2000, le PIB chinois et le PIB par habitant de la Chine en 1980. Comme l’a dit l’économiste, Deng s’est avéré d’une exactitude spectaculaire. En 1995, le PIB avait quadruplé en termes réels, et en 1997, le PIB par habitant également. De nouveaux objectifs de croissance ont été annoncés et atteints. La croissance n’explique pas tout, mais sans elle, il n’y a pas d’espoir.

La croissance n’est pas non plus exempte de problèmes: la dégradation de l’environnement, les inégalités et la corruption sont des effets secondaires que le pays a aujourd’hui du mal à combattre. La Chine parle de plus en plus de la qualité plutôt que de la vitesse de croissance – d’autant plus qu’il est impossible de maintenir les taux antérieurs.

Le gouvernement chinois adopte un critère différent pour mesurer la pauvreté, qui s’avère plus strict que la norme internationale. Selon le gouvernement, fin 2018, il y avait encore 16,6 millions de personnes dans cette condition (plus de 10 millions par le dirigeant de la Banque mondiale en 2015). Certains experts estiment que pour lever la dernière vague de pauvreté, la Chine devrait croître d’au moins 6,2% en 2019 et 2020, ce qui pourrait être trop ambitieux dans les circonstances actuelles.

En 2019, la lutte contre la pauvreté a valu le prix Nobel d’économie à trois universitaires du sujet. À l’époque, la presse chinoise a publié un article qui disait alors que la Chine méritait vraiment le Nobel – parce que cela était devenu une réalité dans la pratique. Certes, le monde n’est pas disposé à encenser tout ce que le gouvernement chinois considère comme une réussite, mais dans la lutte contre la pauvreté, la Chine est probablement imbattable. À la fin de 2020, vous pouvez l’écrire, il y aura des célébrations. En plus de lutter contre la pauvreté, l’annonce de l’atteinte des objectifs est une spécialité locale.

Publié à l’origine dans Folha de S.Paulo

 

Xi Jinping a appelé à rester fidèle à la mission fondamentale du Parti communiste chinois

Nous avons déjà parlé ici à plusieurs reprises de la campagne qui se déroule en Chine concernant l’importance du parti communiste, ses orientations marxistes, sa voie originale mais qui ne doit jamais oublier qu’il a pour but le communisme, l’émancipation et le droit de chacun à la paix et à une société de moyenne aisance (note et traduction de Danielle Bleitrach pour histoire et société).

10 janvier 2020 10:30

Xi Jinping appelé à rester fidèle à la mission fondamentale du PCC

Secrétaire général du Comité central du PCC, président de la RPC Xi Jinping

Une réunion s’est tenue à Pékin, consacrée au bilan les résultats de la campagne éducative interne du parti «Restez fidèle à l’objectif initial et n’oubliez pas votre mission une seule minute». Le secrétaire général du Comité central du PCC, le président de la RPC et du Conseil militaire central Xi Jinping a assisté à la réunion et a prononcé un discours important, a rapporté Xinhua.

Xi Jinping, en tant que secrétaire général du Comité central du PCC, a appelé à poursuivre les efforts pour garantir que le parti tout entier reste fidèle à son objectif initial et n’oublie pas sa mission même pendant une minute. Xi Jinping, qui est également le président de la RPC et le président du Conseil militaire central, a fait cette déclaration lors d’une réunion consacrée à faire le bilan de la campagne éducative dans l’esprit de « rester fidèle à notre objectif initial et de ne pas oublier notre mission même pendant une minute ».

Selon Xi Jinping, le parti doit toujours se souvenir de son objectif et de sa mission d’origine afin de répondre aux exigences du peuple et de recevoir son soutien.

« Nous devons résolument éliminer tout ce qui affaiblit la nature progressiste du parti et dénigre sa pureté, ainsi que nous débarrasser de tout cancer qui porterait atteinte à la santé du parti », a déclaré Xi Jinping. Il a ajouté que le parti doit affronter fermement tous les dangers qui vont à l’encontre de son objectif et de sa mission d’origine ou sapent les fondements du parti.

Xi Jinping a exhorté l’ensemble du parti à prendre cette campagne comme nouveau point de départ et à continuer d’approfondir la réforme interne du parti, ainsi qu’à continuer de diriger le parti afin qu’il reste fidèle à son objectif initial et n’oublie pas sa mission ne serait-ce que pendant une minute.