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Archives de Catégorie: SYNDICATS et LUTTES SOCIALES

Croisons les doigts pour que Fabien Roussel et nous allions de l’avant…

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, est l’invité du grand entretien de Nicolas Demorand et Léa Salamé à 8h20.

Sur le sentiment croissant de rejet des élites, qui cimente notamment le mouvement des « gilets jaunes », Fabien Roussel reconnait : « Je le sentais, ce rejet des partis politiques, des syndicats, cette manière de pointer les élites, […] On met tout le monde dans le même sac ».

« Je rencontre régulièrement les ‘gilets jaunes' », explique le député du Nord, « ils se disent mouvement pacifique, à aucun moment je n’ai vu de mot d’ordre antisémite. On est victime de cette violence, c’est insupportable pour le débat ».

Des questions du PC pour le référendum envisagé par le gouvernement ?

« J’ai fait le choix d’organiser des débats dès le début, pour écouter, pas pour faire, comme le Président, un “Macron-Show” explique Fabien Roussel en montrant les “cahiers d’Espérance” recueillis dans sa circonscription.

Le 16 mars nous irons à Matignon nous irons déposer ces cahiers et 10 propositions qui ont émergé de ce débat, dont augmenter les salaires, les retraites, de la justice fiscale, un plan pour les hôpitaux publics en souffrance…

« Macron a ouvert les portes de ce débat, s’il n’écoute pas ce qu’il se dit, c’est une bombe à retardement » estime le secrétaire du Parti Communiste, qui revient aussi sur le retour de la taxe carbone réclamée par des parlementaires : « Ils sont hors-sol (…) 20% seulement du produit de cette taxe sert à la transition écologique (…) Pourquoi on ne taxe pas Total, l’un des plus gros pollueur de France? Ces 85 députés se trompent de combat. »

Sur l’union des listes de gauches aux prochaines européennes

Sur une liste d’union des gauches aux Européennes, répondant à une auditrice de gauche, désespérée à l’approche du scrutin :  « Non madame, il n’y a pas qu’une feuille de papier à cigarettes qui séparent les listes, nous avons des visions totalement différentes »

On ne mélange pas les torchons et les serviettes (…) Nous sommes différents sur les questions européennes, on assume ces différences

Quand le PC faisait 15% avant, la gauche avait d’autres couleurs

“Parti Communiste is back!” affirme Fabien Roussel, qui concède aussi que « Ça fait 11 ans que le PC n’a pas été présent à un scrutin  national et on le paye aussi ». « Je vais continuer de rencontrer Benoit Hamon, je ne sais pas s’il ira au bout de sa votation citoyenne », dit le secrétaire national du PC, qui explique aussi discuter « toutes les semaines avec Jean-Luc Mélenchon pour lui demander de se détendre un petit peu, qu’on puisse trouver les contours d’un rassemblement ensemble. Et ça veut pas dire forcément fusionner dans des listes ».

La FI a une conception du rassemblement pas très rassembleuse

Quand les députés font passer une loi pour afficher les paroles de la Marseillaise dans les écoles, et y mettre un drapeau français ? « L’école de la République, c’est celle de l’égalité des chances (…) mettre des drapeaux, c’est du cinéma ».

La presse menacée

Sur le risque de disparition du journal « L’Humanité », voix historique du parti communiste, dont le père de Fabien Roussel était correspondant au Vietnam : « Ces journaux ne peuvent vivre que s’il y a l’aide publique (…) ceux qui ne peuvent vivre que de leurs lecteurs sont menacés ».

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Les violences relayées complaisament dans les médias sont devenues récurrentes à chaque manifestation.

 
Les violences relayées complaisamment dans les médias sont devenues récurrentes à chaque manifestation.
A chaque manifestation ?
Pas tout à fait  nous y reviendrons !
 
Cela ne date pas du mouvement actuel des Gilets jaunes.
Sans remonter à très longtemps,  à l’occasion de la lutte contre les lois travail El Khomri puis Macron notamment le 1er mai 2018, de même que lors des manifestations des cheminots le 23 mars des groupes ont systématiquement pris la tête de la manifestation et se sont livré à des provocations, justifiant ainsi l’intervention policière.
 
Intervention le plus souvent contre des manifestants pacifiques qui n’avaient rien à voir avec les provocateurs!
 
Permettant ainsi les campagnes médiatiques tournant en boucle sur les chaînes en continu repues des images de violences urbaines.
 
Et n’est-ce pas ce qui vient de se reproduire avec la mutilation du Gilet jaune Jérôme Rodrigues ?
Subissant l’assaut des policiers alors que figure connue du mouvement, prônant la non-violence il est en train de filmer, tente d’alerter ses compagnons sur les violences enclenchées par la présence de groupes qui n’appartiennent pas aux Gilets jaunes.
 
Les chaînes d’information continuant à tenter de faire la liaison entre le mouvement lui-même et la violence!
 
Alors qu’apparemment ho hasard ! ce ne sont pas les individus  ayant en quelque sorte déclenché les hostilités qui sont visés par l’assaut policier !
 
Et de manière complémentaire on ne peux pas ne pas remarquer que pas la moindre violence ce dimanche à l’issue de la manif des « foulards rouges » ! Pas la moindre tête de manif  pour affronter la police !
 
Ce qui permet au pouvoir d’opposer les « gentils » manifestants respectueux de la République qui eux ont droit de manifester et les méchants GL qualifiés de manière répétitive de « brutes » par Castaner à l’Assemblée nationale et qui donc … peuvent l’objet d’une loi anti-casseurs et donc être interdits de manif !
 
Mais les Gilets jaunes apprennent très vite et n’ont pas l’air d’être dupes de ce qui se joue au travers de cette instrumentalisation de la violence et dans son dernier communiqué la «  France en Colère » d’Eric Drouet ne se prive pas de faire le constat suivant  :
 

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Car à n’en pas douter l’oligarchie et le pouvoir ont toujours en tête le schéma qui a été efficace – pour eux en 1968 : instrumentaliser la violence pour retourner l’opinion, mobiliser le parti de l’ordre : manifestation de l’Etoile le 30 mai en 68, manif des foulards rouges en 2019, préparer les conditions politiques d’une contre-offensive.

A nous de déjouer ces calculs et de bien désigner les vrais responsables de la violence et leurs supplétifs.

 

 
 

Suite à sa mission à Paris, la Commissaire Mijatović livre ses premières observations sur les questions de droits de l’homme liées au mouvement des « gilets jaunes »

et pendant ce temps là Macron se paye le ridicule d’en appeler aux droits des manifestants… au Venezuela (note de Danielle Bleitrach)

STRASBOURG 29/01/2019
Suite à sa mission à Paris, la Commissaire Mijatović livre ses premières observations sur les questions de droits de l’homme liées au mouvement des « gilets jaunes »

« Le niveau élevé de tension qui prévaut actuellement en France suscite mon inquiétude et je considère qu’il est urgent d’apaiser la situation », a déclaré aujourd’hui la Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, Dunja Mijatović, à l’issue d’un déplacement à Paris, le 28 janvier pour discuter des questions de droits de l’homme liées au mouvement des « gilets jaunes ».

Lors de cette mission, la Commissaire a entendu les préoccupations exprimées par ses interlocuteurs concernant les violences commises lors des manifestations, y compris à l’égard de journalistes, par des membres des forces de l’ordre et certains manifestants.

La Commissaire s’inquiète en particulier du grand nombre de personnes blessées, certaines très gravement, dans les manifestations ou en marge de celles-ci, notamment par des projectiles d’armes dites de défense intermédiaire telles que le lanceur de balles de défense. Elle constate certes que les forces de l’ordre, parmi lesquelles de nombreux blessés sont aussi à déplorer, opèrent dans des conditions difficiles, notamment liées à l’hostilité de certains manifestants, mais aussi à une surcharge de travail et, pour certaines unités engagées, à une formation insuffisante aux techniques de maintien de l’ordre et à l’usage de certaines armes. Toutefois la Commissaire est gravement préoccupée par le nombre et la gravité des blessures résultant de l’usage de la force par les forces de l’ordre.

Rappelant la nécessité de respecter les droits de l’homme et les libertés fondamentales tout en garantissant la sécurité et la paix publique, la Commissaire souligne qu’il est crucial que la proposition de loi visant à prévenir les violences lors des manifestations et à sanctionner leurs auteurs actuellement en discussion à l’Assemblée nationale ne conduise à aucune restriction des libertés d’expression et de réunion pacifique et au droit à la liberté et à la sûreté qui ne serait ni nécessaire ni proportionnée, conformément aux exigences de la Convention européenne des droits de l’homme. A cet égard, la Commissaire est particulièrement préoccupée par la disposition visant à interdire préventivement, par une décision administrative et sans contrôle préalable d’un juge, de prendre part à une manifestation. Elle s’inquiète également de celle érigeant en délit la dissimulation volontaire partielle ou totale du visage au sein ou aux abords d’une manifestation. « De telles mesures, dont la proportionnalité me semble contestable, ne m’apparaissent pas nécessaires pour garantir efficacement la liberté de réunion et risquent d’être, au contraire, perçues comme une entrave à l’exercice de cette liberté. Dans un contexte si délicat, j’invite le gouvernement et le législateur à ne pas aller dans cette direction et à privilégier les voies du dialogue et à garantir le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales ».

Un Mémorandum plus détaillé sera publié dans les prochains jours.

 

Des communistes en gilets jaunes ont protesté contre la croissance des tarifs des services publics à Prague

 

http://kpu.life/ru/91932/cheshskye_kommunysty_v_zheltyh_zhyletah_protestovaly_protyv_sotsyalnoekonomycheskoj_polytyky_pravytelstva

Galerie de photos : https://www.kscm.cz/cs/aktualne/aktuality/fotogalerie-demonstrace-proti-zvysovani-nakladu-na-bydleni-26-1-2019

PRAGUE, le 26 janvier. / TASS /. Des militants et des sympathisants du Parti communiste de la République tchèque et de la Moravie (KPCHM) ont organisé samedi un rassemblement sur la place Wenceslas, dans le centre de Prague, contre l’augmentation du coût des logements et des services publics dans le pays. Les manifestants ont revêtu un gilet jaune par-dessus leurs vêtements, ce qui, comme le rapporte le correspondant de TASS, a particulièrement attiré l’attention du public et des médias.

« L’année dernière, en plus de la hausse des prix déjà astronomiques des logements locatifs, les tarifs des services publics ont augmenté. Cette année, la même chose se produit. Les tarifs de l’électricité à partir du 1er janvier de cette année ont augmenté de 8-10%, le gaz de 5-7%, le chauffage – de 12 à 16%, l’eau – de 4 à 5% « , a déclaré Martha Semelova, présidente du Comité de Prague du Parti communiste.

C’est à Prague que le coût des logements locatifs et des services publics augmente le plus rapidement. « Même la classe moyenne peut difficilement se permettre de conserver un logement à Prague, et pour les retraités, les familles nombreuses, les jeunes, les mères célibataires – cela dépasse leurs possibilités [financières]. Il ne devrait pas en être ainsi », a déclaré la dirigeante communiste.

Lors de la manifestation fustigeant la politique socio-économique du gouvernement du Premier ministre Andrei Babish, il a été noté que dans la république, qui compte 10,6 millions d’habitants, « environ un million de citoyens vivent sous le seuil de pauvreté ». Parmi eux « il y a plus de 200 000 retraités, soit un sur douze « . En République tchèque, le nombre de personnes chassées de leurs foyers est en augmentation, ont déclaré les intervenants, dont des membres du Parlement national du groupe communiste.

Les manifestants tenaient des affiches avec des inscriptions qui figurent souvent sur les protestations des « gilets jaunes » en France. Par exemple – « Mort au capitalisme! » et « Vos profit = c’est notre travail acharné. »  [et aussi : le logement est un droit, pas un privilège]

Traduit du russe (PC ukrainien) par Marianne Dunlop

Photos et vidéo : site du PC tchèque

 
 

Soudan. Le grondement de colère de la jeunesse

Cette insurrection dont les médias parlent si peu ·Voilà un mois que le Soudan est en insurrection, et la jeunesse est en première ligne. Elle se révolte contre un régime militaire en place depuis trente ans et dont la faillite est totale sur les plans économique, social et politique. Pourtant, ce mouvement, similaire à celui qui a saisi le monde arabe à l’hiver 2010-2011 rencontre peu d’échos à l’étranger.
23 décembre 2018. — Rassemblement des exilés soudanais à Paris, en solidarité avec le soulèvement au Soudan.

Le 25 décembre 2018 au matin, dans la province d’Al-Jazira, proche de la capitale Khartoum, le cortège présidentiel d’Omar Al-Bachir, voitures sombres aux vitres fumées, fonce à toute allure sur la route. Il vient d’être interpellé sur son passage par un groupe de femmes qui crient : « Dégage ! Dégage ! », tandis que plusieurs jeunes clament : « Liberté, paix, justice » et : « La révolution est le choix du peuple ».

L’instant marque un basculement dans la vie du Soudan. La terre semble soudain se dérober sous les pieds du chef de l’État. Il entend pour la première fois depuis son coup d’État de juin 1989, et de la manière la plus directe et la plus claire qui soit, la voix de son peuple s’exprimer à travers ces femmes et ces jeunes. Et cette voix est une alerte suffisante pour que le président quitte précipitamment le lieu de la cérémonie à laquelle il assistait, pour rejoindre la capitale… où la situation n’est guère préférable à celle qui prévaut dans les 25 autres villes où le peuple se rebellait contre le pouvoir dans une saisissante simultanéité.

« TA CHUTE ! RIEN D’AUTRE ! »

Chaque jour qui passe renforce la conviction des Soudanais : la page Omar Al-Bachir est en train d’être tournée. Le président n’a plus devant lui tout le champ du possible qu’il a sillonné pendant trois décennies, jusqu’à la veille du soulèvement, le 19 décembre 2018. Un grondement de colère semblable à un tremblement de terre a saisi les villes du pays, grandes ou petites, faisant retentir à l’unisson la même clameur : « Dégage ! Dégage ! » Avec le temps, non seulement le mur de la peur semble s’être effondré, mais la peur elle-même a changé de camp, atteignant les forces du régime qui laissent désormais paraître leur désarroi et commettent de faux pas. L’audace des rassemblements en est galvanisée.

La rue s’organise désormais, dans une résolution sans faille, pour renverser le pouvoir. Les promesses de réformes du président n’y font plus rien, pas plus que les accusations portées contre les traîtres à la nation, les saboteurs et autres agents provocateurs. Le peuple a résumé sa détermination par une expression adressée au président Al-Bachir qui en dit long et qui a fait le tour du pays : « Ta chute ! Rien d’autre ! »Autrement dit, en finir avec trente ans d’un pouvoir autocratique des plus sanguinaires, des plus destructeurs et des plus douloureux de l’histoire du pays, avec des guerres meurtrières dans trois régions, le Darfour, le Kordofan du Sud et le sud du Nil Bleu. La fin de cette époque aura clos l’expérience la plus ratée d’un pouvoir de Frères musulmans dans le monde arabe.

LE SOUTIEN DES PARTIS D’OPPOSITION

Avec la montée en puissance du mouvement populaire s’est accélérée l’action des principaux partis politiques d’opposition et leur coordination, notamment le Front révolutionnaire soudanais (Nidaa As-Soudan) conduit par le parti nationaliste Oumma dirigé par Sadek Al-Mahdi et la coalition des forces du Consensus national (I’jmaa) conduit par le Parti communiste, alliés aux forces du Rassemblement des professionnels et autres forces diverses. La pression se fait plus forte chaque jour sur le parti du Congrès national au pouvoir et son chef Omar Al-Bachir pour obtenir la destitution.

Cette action des forces politiques réitère la méthode éprouvée lors des deux précédentes révolutions populaires, celle d’octobre 1964 qui a renversé le gouvernement du maréchal Ibrahim Abboud et celle d’avril 1985 qui a balayé le pouvoir du général Gaafar Nimeiry, mais avec une nouvelle configuration : dans le passé la révolution éclatait dans la capitale et était conduite par les syndicats et l’intelligentsia, soutenus par les partis politiques, et ces composantes étaient sans doute plus mûres que le soulèvement actuel. La révolution actuelle représente cependant un phénomène étonnant par la détermination inédite des forces de la jeunesse. Le soulèvement a pris de court le gouvernement par sa vigueur, par le niveau de conscience et l’organisation des masses, accompagnées par les partis politiques de l’opposition. Un mouvement populaire aux objectifs clairs et à la volonté affirmée de bâtir un autre avenir. Les villes et les provinces du pays ont surpassé par leur mobilisation la capitale Khartoum et la deuxième plus grande ville du Soudan, Wad Madani, apparaissant comme la véritable force motrice du changement face à un pouvoir de fer et de feu. Et c’est l’émergence de la jeunesse qui a surtout marqué ce soulèvement, surprenant tous les protagonistes, au pouvoir comme dans l’opposition.

UNE LONGUE PÉRIODE DE MATURATION

Le pouvoir avait cru modeler à sa guise la jeune génération par un véritable matraquage idéologique à travers les programmes scolaires, directement inspirés des idées des Frères musulmans. La pensée religieuse était omniprésente, diffusée de manière constante, et servait à masquer la corruption au profit d’une classe parasitaire de nouveaux riches qui avaient fait main basse sur les ressources du pays. L’enseignement introduisait une rupture avec l’histoire du pays. L’endoctrinement religieux conjugué à la répression des libertés était tel que l’ancienne génération désespérait d’une relève, estimant que la jeunesse avait sans doute perdu sa boussole. Et pourtant, trente ans plus tard, tel un génie échappé de sa bouteille, la jeunesse est bien là, mue par une forte volonté de changement, selon un programme conforme à son mot d’ordre :« liberté, paix, justice ».

Les jeunes, notamment les étudiants, ont toujours été étroitement associés aux mouvements de lutte. En 1948, le mouvement pour l’indépendance avait façonné leur action. Le mouvement des « diplômés » (khirrijine) est né des séquelles du soulèvement de 1924 férocement réprimé par les forces coloniales britanniques. La révolte armée brutalement écrasée avait laissé un goût amer et produit un temps de latence avant que la jeunesse ne se réveille de nouveau, à travers un mouvement pacifique inspiré de la lutte du Mahatma Gandhi, adoptant même l’appellation de « congrès » des diplômés. Cette longue période de maturation devait durer plus de deux décennies avant de déboucher sur une nouvelle explosion, six ans après la formation de ce mouvement du Congrès des diplômés, explosion qui devait ensuite aboutir à l’indépendance du Soudan en 1956.

Le soulèvement conduit par la jeunesse aujourd’hui se produit quasiment au moment où le pays célèbre le 63e anniversaire de son indépendance. Le mouvement actuel a lui aussi connu une lente maturation de trente ans avant que la jeunesse ne sorte dans les rues dans une explosion de colère contre le règne des Frères musulmans portés au pouvoir par un coup d’État. À une différence près : paradoxalement, le mouvement des diplômés avait autrefois, au temps du colonisateur, pu mettre à profit une éducation reçue dans les établissements d’un État moderne, et bénéficier de libertés relatives. Toutes choses que le mouvement islamiste s’est acharné à déconstruire, et cela dès les premiers jours de sa prise de pouvoir, triste exemple de gâchis et d’abus à l’échelle d’un pays. La jeunesse qui a grandi sous sa férule a pu constater une dégradation incessante de ses conditions de vie. Elle a vécu dans deux mondes parallèles, celui dont parlent les anciens, celui du récit populaire d’un « Soudan prospère » selon les termes d’Omar Al-Bachir, et celui de la dure réalité : régression de l’éducation, effondrement de la production, recul de la santé publique, cherté de l’alimentation. Si les précédentes révolutions avaient fini par installer un pouvoir religieux féodal, le soulèvement actuel emmené par les jeunes veut construire une nouvelle société qui ne soit pas otage du religieux, un État où prévaudraient la liberté, la justice et la paix. Si cette révolution arrive à ses fins, elle pourra briser le cercle vicieux : coup d’État/révolution/coup d’État qui a fait tant de tort au développement de la vie politique au Soudan.

DESSERRER L’EMPRISE DU RELIGIEUX

Les jeunes demeurent cependant exposés aux tiraillements entre les diverses forces de la révolution, parmi lesquelles se trouvent des éléments de l’ancien système, dominé par les deux plus grands partis du Soudan, celui de l’Oumma dirigé par Sadek Al-Mahdi et le Parti démocratique unioniste conduit par Ahmed Al-Mirghani. Les deux communautés religieuses représentées par ces deux partis sont les dignes héritières des régimes renversés au Soudan. Une bonne partie des groupes de jeunes au sein du mouvement révolutionnaire estime que ces deux formations ne sont pas étrangères à la dégradation du pays et à sa régression. Ils pensent que la réussite de l’actuelle révolution dépendra de sa capacité à desserrer, dans toute la mesure du possible, l’emprise du religieux sur le pouvoir. Ces jeunes rejettent avec force la vision de Sadek Al-Mahdi qui préconise un atterrissage en douceur, à savoir : un démantèlement de la structure de l’ancien régime, mais un maintien du personnel politique en place dans la nouvelle architecture. Ils considèrent la présence des deux fils respectifs de Sadek Al-Mahdi et d’Al-Mirghani auprès du président Omar Al-Bachir, en tant que collaborateurs dans le système actuel, comme le signe d’une alliance invisible et une trahison des aspirations du peuple à un changement véritable. Ils décèlent dans l’agenda des deux partis religieux et du mouvement islamiste un accord tacite pour lutter contre toute réelle volonté d’affranchissement de la société et de construction d’un État moderne.

D’où la route tortueuse qui s’ouvre devant le mouvement des jeunes. Les slogans que répètent les rassemblements, les chansons et les poèmes qui circulent sur les réseaux sociaux font écho à la littérature du Parti communiste opposé au pouvoir, ce qui attise les craintes non seulement du pouvoir, mais également des deux grandes formations à caractère religieux. Celles-ci hésitent à soutenir un soulèvement où leurs propres militants se trouvent pourtant engagés. Il était tout naturel que les jeunes se retrouvent dans les mots d’ordre et les thèmes de l’abondante littérature révolutionnaire du Parti communiste , connu pour sa longue résistance. Il était tout naturel de les voir s’inspirer de figures légendaires telles que le poète Mahjoub Chérif et Houmeid. Ce qui rapproche également ces jeunes de la vision du Parti communiste et d’autres partis progressistes, c’est leur profonde conviction que la seule issue possible aux crises du Soudan réside dans l’édification d’un État séculier fondé sur le respect du droit, respectueux de toutes les ethnies, de toutes les composantes tribales et de toutes les cultures.

UNE RÉVOLUTION TOURNÉE VERS LE MONDE

Comparée à celles qui l’ont précédée, cette révolution est singulière, différente à bien des égards, par son moteur comme par ses aspirations. Une vision réaliste du monde la guide, une vision qui entend adopter certains éléments de l’environnement mondial, pour peu qu’ils soient synonymes de progrès et de lumières. Elle marque un renversement des notions et des valeurs : la jeunesse s’adresse à toutes les classes sociales, comme au monde entier, et dans toutes les langues. La révolution actuelle ne mise pas sur un environnement arabe dont les gouvernements se taisent par peur du changement et de la contagion d’un mouvement pourtant pacifique. C’est une révolution qui recherche plutôt la solidarité internationale de toutes les forces de paix, dans un monde post-industriel, et qui tente de faire entendre son message à travers les médias.

Cette révolution des masses et le mouvement des jeunes qui la porte sont toutefois promis à des moments difficiles. Ils devront relever de nombreux défis, tant au niveau domestique qu’international. Ils se heurteront sans nul doute aux forces contre-révolutionnaires, farouchement opposées à tout vrai changement, qu’elles soient locales, régionales ou mondiales.

 

Les batailles d’aujourd’hui : le Venezuela et d’autres…

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Mon engagement n’a jamais été aveugle mais il s’ancre sur la conscience des périls qui nous menacent tous.

J’ai beaucoup à dire sur le Venezuela, sur le fait qu’à l’inverse de Cuba, il n’y a jamais eu un parti communiste à sa tête et que le chavisme n’a jamais eu les dirigeants politiques à la hauteur des espérances populaires, mais ceux issus de la rente pétrolière. Il suffisait de tenter d’y vivre pour le savoir et je dois dire mon respect à ceux qui ont toujours privilégié le fond sur le caractère décevant des jeux politiques comme les communistes ou notre ami Romain Mingus. Ils n’ont jamais failli et je reste à leurs côtés.

Mais aujourd’hui où l’impérialisme veut mettre à genoux toute l’Amérique latine, y faire régner encore plus de corruption, encore plus de mépris du peuple, encore plus de pouvoir pour oligarchie de vendus, l’offrir aux tortionnaires complices, mon choix est fait il faut se battre aux côtés de Maduro. Cette bataille est mondialisée et tous les postes que nous abandonnons rendent nos combats plus difficiles.

C’est une illusion que de croire que nous pourrions ignorer tout ce qui n’est pas la France, ne serait-ce que parce que la stratégie de ceux qui nous gouvernent, de notre capital est mondialisée. Si le lieu privilégié pour combattre est notre pays, un parti qui représenterait une avant garde indispensable ne peut ignorer que sa stratégie doit se déployer dans cette mondialisation et sur une cinquantaine d’années, autrement un syndicat suffit et encore celui-ci risque fort d’y perdre sa dimension de classe pour n’être plus qu’un lieu d’adaptation au diktats du capital.

La conscience de tout cela reviendra avec la nécessité d’un combat de plus en plus dur, de plus en plus périlleux et qui devra nécessairement se donner comme objectif la conquête du pouvoir…

Danielle Bleitrach

 

Inde : record historique de mobilisation pour une grève générale contre la précarité

L’Inde vient de battre son propre record, 200 Millions de travailleurs étaient dans la rue le Mardi 8 Janvier, soit 50 millions de plus que la journée du 2 septembre 2016. La grève a été lancé sous l’appel de 10 syndicats, notamment le « Centre of Indian Trade Unions » affilié aux parti communiste Indien.

Depuis 2016, les revendications n’ont pas changé. Elles s’inscrivent dans la continuité de la lutte contre la précarité des travailleurs indiens. Parmi lesquelles : la hausse du salaire minimum qui est actuellement de 150 roupis par jour – soit 2€ pour une semaine de 48h de travail, ce qui ne permet pas de vivre dans des conditions descente et oblige les travailleurs à vivre dans des lieux insalubres, faute de moyens. Ainsi qu’une augmentation de la sécurité sociale universelle, même si le gouvernement a mis en place une réforme du système de santé, le « Modicare » en septembre dernier, le problème subsiste. La majorité de la population indienne n’a aucune couverture en cas de maladie de cela s’accompagne des frais médicaux extrêmement élevés, qui sont notamment dus à la privatisation quasi total du système de santé, avec 93% d’hôpitaux privés qui emploient 85% des docteurs (selon l’ONG Oxfam). Dans un pays où le salaire moyen est de 121€ par mois, il est impossible pour la majorité des Indiens d’accéder aux soins, ce qui entraîne un taux de mortalité infantile 10 fois supérieur à la France et une espérance de vie de 15 ans inférieur. Les revendications qui ressortent de la grève portaient aussi sur la lutte contre le chômage, notamment chez les jeunes où il est de 10%. Mais aussi contre les privatisations à tout vas, notamment du système de banque Indien en proie à des fusions et privatisations qui détruiront des centaines de milliers d’emplois et en précariseront encore bien d’autres.

La mobilisation fut bien plus forte dans les Etats du Kerala et du Karnataka qui sont des bastions où le Parti communiste Indien a une forte influence. Notamment le Kerala où le niveau de vie est le plus élevé de toutes les régions de l’Inde, avec 80% des foyers reliés au réseau électrique et 78% à l’eau courante, un taux d’alphabétisation de 94% contre 64% en Inde, une espérance de vie de 10 ans supérieur à la moyenne nationale. Signe de la bonne gestion du Parti Communiste sur cette région face à la précarisation toujours grandissante que provoque la politique néolibérale dans tout le reste du pays.

Cette grève s’inscrit également dans la lutte des classes. Comme toute grève générale de grande ampleur, elle permet de modifier le rapport de forces. En bloquant l’économie, en faisant chuter le taux de profits des grands bourgeois, les prolétaires reprennent le pouvoir économique, social mais aussi politique. Le fait que la grève se tienne ce mercredi 9 Janvier montre aussi la volonté de faire plier le gouvernement a l’approche des élections législatives pour qu’il cède sous le rapport de forces qui devient écrasant en faveur des travailleurs.

La Cours suprême indienne avait rendu des jugements contre les syndicats, voulant affaiblir la puissance de mobilisation du prolétariat. Cependant, nous avons pu nous apercevoir que cela était inutile. Tant que des travailleurs souffriront de leur condition, ils se révolteront contre leur oppresseurs.

S.A