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Le savoir-vivre communiste : L’esprit de Noël ou la nécessité de ne pas trop tenter le diable

15 Déc

Qu’est-ce que je peux faire, je sais pas quoi faire?

J’ai été invitée pour le soir de Noël par la paroisse. En fait j’avais je ne sais pourquoi acheté deux paquets de petits boudins blancs chez Picard et je me suis dit que jamais je ne mangerai ce genre de chose. Je ne savais comment m’en débarrasser puisque dans le fond je ne connais que des musulmans ou des juifs ou des gens au régime.

Donc ce dimanche midi comme d’habitude je vais prendre le café avec mes amis de la paroisse sur la place de l’église, Je leur dis que j’ai décidé de passer la Noêl comme le méchant avare du conte de Noël de Dickens, ils ne connaissaient pas et je leur fait le récit de la rédemption de Mr Scrooge, avare, égoïste, insensible, métamorphosé par la visite de trois fantômes allégories de la mémoire, de l’empathie et de la peur de la mort.

Je sens qu’ils ne perçoivent pas très bien ce que je tente de raconter alors je précise. Je fais un accès d’égoïsme, je suis un peu fatiguée de l’humanité du moins sous ses aspects les plus concrets, dans des millénaires peut-être… Alors j’ai commandé des huitres, des pinces de crabe, du champagne et je vais passer la nuit de Noël à lire le Saint Paul de Badiou en dégustant des mets raffinés.

Alors si mes amis chrétiens le veulent je leur offre mes petits boudins blancs. La responsable de la paroisse non seulement accepte mais me propose de venir passer le soir du 24 avec leur repas pour les isolés, j’aurais bien le temps le 25 de reprendre mes lectures et mes festivités.

L’aventure me tente toujours mais peut-être celle-ci est-elle vraiment inadaptée à mon état d’esprit, je leur propose de leur apporter les boudins et un gâteau et on verra si je reste…

Il me tendent un café en poudre avec de l’eau dans les thermos, c’est pas terrible mais j’aime bien accepter sinon de rompre le pain avec aux à tout le moins partager le café.

Arrive le très charmant voisin qui me dit « Vous qui aimez le cinéma, Anna Karina est morte »… Je mime Pierrot le fou « qu’est-ce que je peux faire:: » Il me regarde étonné , il ne connaissait pas et j’ajoute: « la mort de Godard oui ce sera un choc pour moi » et tout à coup je m’exclame « mais qui dit que je mourrai après lui?  »

J’ai parfois du mal à me raccorder avec mes contemporains, mais ils font des efforts… J’en suis si reconnaissante que je suis prête à tenter toutes les fraternisations mais j’ai du mal à garder la distance…

C’est comme dans le débat d’Avignon. Il y avait une dame gilet jaune qui avait quitté le parti depuis bien longtemps et en avait semble-t-il conservé une certaine rancune. A bout d’argument concernant les bienfaits de Staline et de la Chine, je tente le plus basique:  » est-ce que vous pouvez me citer une seule atteinte aux libertés de la part du parti communiste français? » Et là, à ma plus intense stupéfaction, elle répond que lors de la dernière manifestation, le cortège de la CGT n’a pas voulu qu’eux les gilets jaunes passent devant. Et elle pointe un doigt vengeur sur le président de séance à mes côtés et ajoute « d’ailleurs celui qui a agi ainsi vous ressemblait ». sans état d’âme mon voisin, lui décrit les saloperies que les gilets jaunes débitaient contre les syndicats. »

Passer de la géopolitique, de l’histoire de l’URSS et de celle de la Chine millénaire à ce type de débat est difficile. Comment croyez vous que je m’en sois sortie?

un par la compassion « Si vous saviez ce que j’ai pris! je suis interdite partout, on me boycotte mais… car en deux, il y un « mais, je crois que nous militants communistes nous avons une espèce de transcendance par rapport aux aléas du quotidien…Ce que nous espérons va bien au delà » et me voilà partie dans quelque chose qui rejoint le Saint Paul de Badiou. J’ai bien senti que tout le monde me regardait avec quelque étonnement…

Mais comme personne ne s’intéressait à ce séjour des brouillards dans lesquels j’avais choisi d’aller planer tout le monde s’est calmé et la dame a acheté le livre…

Mais il ne faut pas trop tenter le diable qui sommeille en moi…

Comme le dit une amie accro à la rubrique: j’adore le savoir vivre communiste: Savoir quoi faire et avoir à faire en se demandant que faire?

Danielle Bleitrach

 

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