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CIA et guerre froide culturelle. Chapitre 1 cadavres exquis, partie 2 pages 28-36

28 Jan

 

Si Frances Stonor Sauders note fréquemment l’appartenance juive des alliés des occidentaux, à commencer par ceux qui vont diriger la guerre culturelle de la CIA, elle ne procède pas de la même manière pour ceux qui sont dans l’autre camp, ni Arthur Miller, ni Willi Münzenberg (dont j’analyse le rôle dans mon livre sur Brecht et Lang) ne sont ainsi signalés comme tels. Alors qu’ils sont également dans l’autre camp à commencer par Wolf, le super espion de la RDA. J’ai quelques hypothèses et certitudes sur les raisons d’une telle présence non pas dans les fortunes mais dans la commuication-propagande. Autre sousestimation, le terme du kulturkampf n’est pas par hasard allemand, toujours dans mon livre j’étudie le rôle joué par Guilaume II et la prusse dans ce domaine exploité par les nazis, mais également la manière dont le parti communiste allemand sous Weimar se bat sur ce terrain. Mais quand tous les exilés arrivent aux Etats-Unis ils découvrent le rôle Hollywood, des industries culturelles qui font dire à Lang que les USA sont une dictature avec élections. Autre remarque, ce n’est pas le désir d’éviter une guerre sur le territoire européen qui a fait choisir d’autres armes aux Américains, ils n’ont pas craint en effet d’envoyer des bombes nucléaires à Hiroshima et Nagasaki, mais bien le fait que les Soviétiques la possédaient également. Notez que les Russes conservent certains comportements de l’ère soviétique, quand ils reprennent Palmyre sur Daech en Syrie, après la mort héroïque d’un soldat qui se désigne comme position à viser, ils organisent un concert qui symbolise la victoire sur la barbarie comme dans le bien connu siège de Léningrad. Pour m’être rendue à Berlin alors que le mur se construisait(1961), le théâtre d’un côté celui de la RDA avec Brecht mais pas seulement y était infiniment supérieur à celui de l’ouest et le coût des biens culturels quasiment gratuit. Nous étions invités par une officine de la CIA, mais il a été question de nous expulser après un mémorable interview à la radio libre toujours de la CIA où nous avons fait ce bilan culturel. là encore je considère qu’un véritable bilan du socialisme comme dans les résultats éducatifs s’impose. Loin de donner dans le « complotisme », je propose  que l’on dépasse le rideau de propagande que l’on a tendu entre la réalité du socialisme hier et aujourd’hui. Et je dois dire que si la compétition avait abouti comme ici à mieux connaître le meilleur des cultures différentes, dépasser les stéréotypes, tout à fait d’accord, malheureusement il y aura l’hégémonie et aujourd’hui les sous produits qui évitent la lecture. Fascinant de voir comme cette rivalité culturelle de départ aboutit à l’ère Trump. Mais aujourd’hui comme hier je ne limiterai jamais les USA à Reagan ou à Trump, le complotisme m’est beaucoup plus étranger qu’il ne l’est à mes censeurs de l’humanité et de la direction du PCF sans parler des très médiocres de la fédération des Bouches du Rhône.. .(note de danielle Bleitrach)

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Michael Josselon à droite.Chapitre 1 cadavre exquis partie 2

Bien sûr, il y avait de bonnes raisons de s’opposer aux Soviétiques qui progressaient rapidement derrière la ligne de front de l’hiver. Les communistes accédèrent au pouvoir en Pologne en janvier. En Italie et en France il y avait des rumeurs de coups d’Etat communistes. Les stratèges soviétiques avaient été prompts à saisir les possibilités offertes par l’instabilité générale de l’Europe de l’après-guerre. Avec une énergie et une ingéniosité qui démontraient que le régime de Staline, malgré toute son intransigeance monolithique, savait faire preuve d’une force d’imagination inégalée par les gouvernements occidentaux, l’Union soviétique déploya une batterie d’armes non conventionnelles afin d’infiltrer la conscience européenne et d’amadouer l’opinion en sa faveur.. Un vaste réseau de fronts fut établi, certains nouveaux, certains ravivés après la période de latence causée par la mort en 1940 de Willi Münzenerg, le cerveau de la campagne secrète de persuasion du kremlin avant la guerre. Syndicats, mouvements féminins, groupements de jeunesse, institutions culturelles, presse,édition- tous étaient visés.

Passés maîtres dans l’utilisation de la culture comme outil de persuasion politique, les Soviétiques firent beaucoup pendant ces premières années de la guerre froide pour installer la culture comme paradigme. Sans posséder la puissance économique des Etats-Unis et, surtout, toujours sans capacité nucléaire, le régime de Staline concentra ses efforts pour remporter « la bataille sur l’esprit des hommes ». L’Amérique, malgré une mobilisation massive des arts pendant le New Deal, était néophyte dans la pratique du Kulturkampf international. Dès 1945, un officier  de renseignements avait prédit des tactiques non conventionnelles que les Soviétiques adoptaient à présent: « l’intervention de la bombe atomique va entraîner un changement d’équilibre entre les méthodes « pacifiques » et « guerrières » utilisées pour exercer une pression internationale, signalait-il au directeur de l’office des services stratégiques, le général Donovan.Et nous devons nous attendre  à une augmentation très marquée de l’importance accordée au méthodes « pacifiques ». Nos ennemis seront même encore plus libres que jamais d’exercer […] des pressions sur nous, et nous accepterons nous-mêmes plus volontiers de supporter ces outrages et d’adopter de semblables méthodes- et cela dans notre désir d’éviter à tout prix la tragédie d’une guerre ouverte et la manipulation d’après-guerre (20) ».

Ce rapport prouve une exceptionnelle prescience. Il offre une définition de la guerre froide en tant que combat psychologique,de la production du consentement par des méthodes « pacifiques », de l’utilisation de la propagande pour éroder les positions hostiles. Et comme les premières salves le démontrèrent amplement à Berlin, l' »arme opérationnelle » serait la culture. La guerre froide culturelle avait commencé.

C’est ainsi qu’au milieu des ruines une vie culturelle inhabituellement élaborée fut mise sur pied par les forces d’occupation qui rivalisèrent pour marquer des points sur le terrain de la propagande. Dès 1945, « alors que la puanteur des cadavres flottait encore au-dessus des ruines », les Russes avaient organisé une brillante soirée d’ouverture pour l’Opéra d’Etat, une représentation de l’Orphée de Gluck,dans un Admiralpalast magnifiquement éclairé et tapissé de velours rouge. Des colonels russes trapus et pommadés souriaient avec suffisance au personnel militaire américain alors qu’ils assistaient ensemble à des représentations d‘Eugène Onéguine, ou à à une version explicitement antifasciste de Rigoletto, la musique ponctuée par le cliquètement des médailles (21).

Une des premières missions de Josselson fut de récupérer les milliers de costumes appartenant à l’ancien Opéra d’Etat allemand (le Deutches Opernhaus, le seul rival vraiment sérieux de l’Opéra d’Etat russe) que les nazis avaient soigneusement entreposés au fond d’une mine de sel située à l’extérieur de Berlin dans la zone américaine d’occupation. Par un jor maussade et pluvieux, Josselson se mit en route avec Nabokov pour aller chercher les costumes. Sur le  chemin du retour à Berli, la jeep de Josselson, qui précédait la Mercedes réquisitionnée de Nabokov, heurta violemment un barrage russe. Joselson inconscient et souffrant de multiples coupures et contusions, fut transporté dans un hôpital militaire russe où des femmes, médecins militaires soviétiques le recousirent. Quand il fut suffisamment remis, on le ramena dans le logement de la zone américaine qu’il partageait avec un acteur en herbe Peter van Eyck. Sans les soins des médecins soviétiques Josselson n’aurait peut-être pas survécu pour devenir le devenir le Diaghilev de la campagne de propagande culturelle antisoviétique des Etats-Unis. Les Soviétiques avaient sauvé l’homme qui pendant les deux décennies suivantes devait faire le plus pour saboter leurs tentatives d’hégémonie culturelle.

En 1947, les Russes tirèrent une autre salve avec l’ouverture d’une « maison de la culture pour tous » sur Unter den Linden. L’intiative éblouit un officier aux affaires culturelles britanniques, qui rapporta avec envie que cet institut « surpasse tout ce que les autres Alliés ont fait et éclipse complètement nos maigres efforts […]. L’installation est des plus luxueuses – beaux meubles, la plupart anciens, tapis dans chaque pièce, éclairage splendide, on y a presque trop chaud et tout est repeint à neuf […] Les Russes ont tout bonnement réquisitionné tout ce qu’ils voulaient […]   Il y a un bar et un fumoir […] qui est très accueillant et possède un air de Ritz avec ses tapis moelleux et ses lustres […] C’est là un institut culturel somptueux qui atteindra les grandes masses et aidera beaucouo à lutter contre l’idée reçue que les Russes ne sont pas civilisés. Cette dernière entreprise est déprimante pour nous- notre contribution est si maigre: un seul centre d’information  et quelques salles de lecture qui ont dû fermer à cause du manque de charbon! […] Cette récente incursion des Russes dans le Kulturekampf devrait nous inciter à riposter avec un projet d’une égale hardiesse pour présenter les réalisations britanniques ici à Berlin (22). »

Alors que les Britanniques manquaient de charbon pour chauffer une salle de lecture, les Américains s’enhardirent et répliquèrent aux Soviétiques en ouvrant les Amerika-Hauser. Etablis comme « avant-postes de la culture américaine » ces instituts permettaient de s’abriter du mauvais temps dans les salles de lecture confortablement meublés, offraient des films, des récitals, des conférences et des expositions, « qui mettaient tous un accent extrêmement appuyé sur l’Amérique ». Dans un discours intitulé « Hors des décombres »,le directeur des relations culturelles de l’éducation insistait auprès du personnel des Amerika-Haüser sur la nature épique de leur tâche: « Peu de gens ont jamais eu le privilège de participer à une mission si importante et stimulante, ou si semée d’embûches, que vous qui avez été choisis pour contribuer à la réorientation intellectuelle , morale, spirituelle et culturelle d’une Allemagne défaite, conquise et occupée. » Mais il constatait que « malgré la grande contribution de l’Amérique dans le domaine de la culture, celle-ci passe généralement inaperçue, en Allemagne comme dans le reste du monde. Notre culture est jugée matérialiste, et l’on entend souvent dire: « Nous avons le talent et l’intelligence, vous avez l’argent.(23) ».

A cause,principalement, de la propagande russe, l’Amérique était généralement perçue comme un désert culturel, une nation de philistins mâcheurs de chewing-gum, conducteurs de chevrolet et utilisateurs de latex Dupont de Nemours, et les Amerika-Haüser contribuèrent grandement à retourner ce stéréotype négatif. « Une chose est absolument certaine, écrit un administrateur enthousiaste des Amérika-Haüser, les livres apportés d’Amérique […] font une profonde impression sur les cercles allemands qui, des générations durant, ont cru l’Amérique en retard sur le plan culturel, et ont condamné l’ensemble pour les défauts de quelques uns » de vieux clichés historiquement issus d' »idées reçues sur le retard culturel américain » furent mis à mal par le programme des « bons livres », et il fut signalé que les cercles mêmes où ces insultes avaient cours étaient « impressionnés et réduits au silence(24) ».

Certains clichés étaient  plus difficiles à dissiper; Quand un conférencier des Amérika-Haüser présenta la  » situation actuelle des nègres en Amérique », il s’attira des questions « dont certaines étaient inspirées par la malveillance. Le conférencier « répliqua énergiquement aux intervenants qui auraient pu être communiste ou non ». Heureusement pour les organisateurs, la conférence fut suivie de « chants interprétés par un quintette de couleur. Les nègres continuèrent à chanter bien après l’heure officielle de fermeture […] l’ambiance fut si agréable qu’il fut décidé d’inviter le groupe nègre à se produire une seconde fois (25) ». Le problème des relations raciales en Amérique était beaucoup exploité par la propagande  soviétique, et laissait nombre d’Européens sceptiques sur la capacité des Américains à mettre en pratique la démocratie qu’ils prétendaient à présent offrir au monde. Il en fut donc conclu que l’exportation d’Afro-américains sur les scènes européennes dissiperait ce genre d’impression préjudiciable. Un rapport  du gouvernement militaire américain de mars 1947 fait état de projets de « faire donner des concerts en Allemagne par des chanteurs nègres américains de premier plan […]   l’apparition de Marion Anderson ou de Dorothy maynor devant le public allemand serait de la plus haute importance(26) » La promotion des artistes noirs allait devenir une priorité urgente pour les combattants américains de la guerre froide culturelle.

La réaction américaine à l’offensive culturelle  soviétique commençait à prendre de l’ampleur. L’arsenal complet de la réussite américaine contemporaine fut expédié par bateau en Europe et présenté à Berlin. De tout nouveaux chanteurs d’Opéra furent importés  des académies américaines les plus renommées :la Julliard, la Curtis, l’Eastman et la Peabody Le gouvernement militaire prit le contrôle de dix-huit orchestres symphoniques allemands, et de presque autant de troupes d’opéra. Avec tant de compositeurs allemands interdits, le marché des comositeurs allemands augementa de manière exponentielle et fut exploité de même. Samuel Barber, Leonard Bernstein, Eliott Carter, Aaron Copland, George Gershwin, Gian Carlo Menotti, Virgil Thomson et bien d’autres compositeurs américains présentèrent leurs oeuvres en première audition en Europe sous les auspices du gouvernement. En liaison avec les autres universitaires, les auteurs dramatiques et les metteurs en scène américains,un programme théâtral de  très grande envergure fut également lancé. Des pièces de Lillian Hellman, Eugène 0’Neill,Thornton Wilder, Tenessee Williams, William Saroyan, Clifford Odets et John Steinbeck furent jouées devant des spectateurs  enthousiastes, entassés dans des théâtres gelés où les glaçons pendaient d’une manière menaçante du plafond. Suivant le principe de Schiller  du théâtre comme « moralische Anstalt » (institution morale), où les hommes se voient présenter les principes fondamentaux de la vie, les autorités américaines dressèrent un palmarès des leçons de morale souhaitables. Ainsi à la rubrique « Liberté et Démocratie » y avait-il Peer Gynt d’Ibsen  , Le disciple du diable de   Shaw et Abrahm Lincoln en Illinois de Sherwood.  Le « Pouvoir de la Foi » s’exprimait dans Faust , Goethe, Strinberg et Shaw. « L’Egalité entre les hommes » était le message à tirer des Bas-fonds de maxime Gorki et de Médée de Franz Grilleparzer. A la rubrique « Guerre et paix » se trouvaient Lysistrata d’Aristophane, La fin du voyage de R.C Sheriff, La peau de nos dents de Throrton Wilder et une cloche pour Adano de john Hersey. « Corruption et justice » était jugé être le thème d’Hamlet, du Revizor de Gogol, du Mariage de Figaro de Beaumarchais, et de la presque totalité de l’oeuvre d’Ibsen. Et ainsi de suite avec les thèmes « le crime ne paie pas », « Morale, goûts et usages », « la poursuite du bonheur », jusqu’à l’obligatoire et plus sombre « dénonciation du nazisme ».

Jugées inadaptées au « statut mental et psychologique actuel des Allemands » étaient « toutes les pièces acceptant la maîtrise aveugle du destin qui conduit inéluctablement à la destruction et à l’autodestruction, comme les classiques grecs ». Figuraient également sur la liste noire Jules César et Corolian (« glorification de la dictature »), le Prince de Hombourg de Kleist (chauvinisme), Le cadavre vivant deTolstoÏ (« critiques moralisatricesdes problèmes de la société à des fins asociales »),toutes les pièces de Knut Hamsun (« idéologie nazie évidente »), et de toute pièce de tout auteur qui était « volontairement passé au service du nazisme (27). »

Tenant compte de l’avertissement de Disraeli selon qui: « un livre peut être une chose aussi importante qu’une bataille », unvaste programme de lectures fut lancé avec pour objectif essentiel de « projeter l’histoire américaine devant le lecteur allemand de la manière la plus efficace possible ». Faisant appel aux éditeurs commerciaux, le gouvernement d’occupation s’assura d’un afflux constant d' »ouvrages généraux » jugés plus acceptables que les publications patronnées par le gouvernement, car ils ne sont pas entachés de propagande(28) ». Mais il ne faisait aucun doute qu’ils étaient destinés à être de la propagande. Les seules traductions commandées par la Division de la guerre psychologique du gouvernement militaire américain représentaient des centaines de titres, allant du citoyen tom Paine d’howard Fast jusqu’à l’ère de Roosvelt d’Arthur M. Sclesinger et l’Architecture américaine du Musée d’Art moderne. Il y avait aussi des éditions allemandes de livres « convenant aux enfants de l’âge le plus impressionnable », comme les Contes prodigieux de Nathaniel Hawthorne, Un Yankee à la cour du roi Arthur de mark Twain et la petite maison dans la prairie de laura Ingalls.

Ces programmes d’édition contribuèrent de façon significative après la guerre, à la réputation de nombreux Américains en Allemagne (et dans d’autres territoires occupés). Et l’éclat culturel de l’Amérique brilla de tous ses feux avec la distribution des oeuvres de Louisa may Alcott, Pearl Buck, Jacques Barzun, James Burnham, Willa Cather, Norman Cousins, William Faulkner, Ellen Glasgow, Ernest hemingway, F.O.Matthiessen, Reinhold Niebuhr, Carl Sandburg, James Thurber, Edth harton et Thomas Wolfe.

Des auteurs européens furent également inclus dans ce programme explicitement anticommuniste. Etaient jugés appropriés les textes « dont nous trouvions objective, opportune et écrite de façon convaincante la critique de la politique étrangère soviétique et du communisme en tant que forme de gouvernement (29). » Répondaient à ces critères le retour de l’uRSS d’André Gide, récit de ses expériences décevantes en Russie, Le Zéro et l’infini et le Yoghi et le Commissaire d’Arthur Koestler, et le Pain et le Vin d’Ignazio Silone. S’agissant de koetsler et de Silone, c’était là la première de nombreuses apparitions sous l’égide du gouvernement américain. L’accord de publication fut refusé à certains livres. Une des premières victimes fut l’ouvrage aujourd’hui anachronique de John Foster Dulles, Conditions de la paix.

Dans le domaine de l’art, Mme Moholy-Nagy parla devant les auditoires allemands de l’oeuvre de son défunt mari Laszlo et de la nouvelle et passionnante direction prise par le « nouveau Banhaus » à Chicago. Sa conférence, écrit un journaliste favorable, « a été une contribution instructive à la conception incomplète que nous avons de la culture et de l’art américains (30) ». Cette conception fut encore raffermie par une exposition de « tableaux non objectifs » du musée Guggenheim. C’était la première apparition sous l’égide du gouvernement de l’école de New York, également appelée l’expressionnisme abstrait. De peur que la nouveauté ne leur paraisse trop choquante, les auditoires y étaient préparés par des conférences traitant de « pensées fondamentales sur l’art moderne » qui utilisaient des tableaux médiévaux d’une familiarité rassurante pour présenter « les possibilités abstraites de l’exposition artistiques ».

Toutes les tentatives ne furent pas de la plus haute qualité. Le lancement de l’édition allemande du Mystery Magazine d’Ellery Queen laissa des gens comme Michael Josselson complètement idifférents. Et tout le monde fut convaincu que la chrola de yale était le meilleur moyen de prouver sans aucun doute « l’importance capitale des arts dans le programme universitaire en tant qu’antidote du collectivisme (32) ». Même l’école de darmstadt eut un début chancelant.  Initiative audacieuse du gouvernement militaire américain « les cours d’été de musique nouvelle de Darmstadt » se terminèrent  presque en émeute après qu’un désaccord sur la musique nouvelle radicale eut dégénéré en histilité ouverte.Une évaluation officielle concluait: » Il fut généralement concédé que beaucoup de cette musique était sans valeur et qu’il aurait mieux valu  ne pas la jouer. On regretta l’insistance exagérée sur la musique dodécaphonique. Un critique définit le concert comme « le triomphe du dilettantisme »… Les étudiants français firent bande à part et se comportèrent avec snobisme, et leur professeur Leibowitz, admet comme valable seulement le genre le plus radical de musique, et dédaigne ouvertement tout autre. Ses étudiants imitèrent son attitude. Le sentiment général a été que les cours de l’année prochaine devraient suivre une ligne différente et plus éclectique (33) » Darmstadt devait bien sur devenir en quelques années la citadelle de l’expérimentation progressiste en musique.

 

la suite du chapitre reprend pied dans la réalité d’une Europe en faillite, dans laquelle règne faim et misère. Et

iil va appuyer les suites de la guerre froide culturelle naissante sur le Plan Marshall.

 

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