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La guerre froide culturelle: chapitre 1 troisième partie pages 36-43

30 Jan

la dernière partie du chapitre 1, destiné à nous présenter l’équipe (Josselson, l’ancien acheteur de grand magasin, Nabokov le compositeur de musique et Lansky, le militant politique) qui vont créer un programme culturel de la CIA destiné à gagner l’élite à l’impérialisme américain débute par le versant économique et politique de l’hégémonie, le plan Marshall. Ici l’on voit que la problématique de Frances Stonor Saunders est plus inspirée par Max Weber que par Marx. Du plan Marshall, elle ne retient que la conquête idéologique alors qu’il s’agit de bien autre chose qui va mettre durablement l’Europe sou la subordination de l’industrie américaine qui va trouver là de quoi faire tourner à plein la machine que la guerre, à l’inverse du reste du monde, à développé aux Etats-Unis. C’est cette ruée vers le profit qui va engager tout le capital, y compris celui qui avait collaboré à se ranger derrière la bannière étoilée.  Mais cela donne incontestablement à sa description de la force dans la mesure où tout reste centré sur « la conquête et la fabrication des élites » Il est tout de même à noter que l’auteur a pu écrire tout cela sans jamais parler d’Hiroshima en août 1945,.que les Soviétiques analysèrent non sans raison comme l’ouverture de la guerre froide, face à l’avancée des troupes de Staline.l est vrai que l’impact pour l’avoir perçu enfant m’en est toujours extraordinairement limité dans l’opinion publique. Notez que ceux qui vont créer ‘aile culturelle de la CIA et qui sont présentés dans ce premier chapitre ont face à eux des communistes, des gens dont nous n’avons qu’une pâle idée, des êtres de fer comme Markus Wolf, dont il faudrait que vous lisiez les mémoires, même si celles-ci sont écrites à la chute. Le fait que beaucoup soient d’un côté comme de l’autre juifs n’est sans doute pas étranger à l’horreur que vient de vivre le monde avec la deuxième guerre mondiale. Notez que le troisième homme Melvin Lasky est en quelque sorte l’inventeur de l’identification entre nazisme et communisme dans laquelle la référence au martyre juif va devenir la référence ultime, convaincre d’antisémitisme les communistes est le fin du fin. Je crois que tous ceux qui aujourd’hui tentent de construire une image aseptisée d’Aragon, à partir d’Argenteuil, ignorent qu’il a été mêlé à cette époque là et en a vécu les secrets. Le nom de Jdanov est devenu l’antithèse du Comité central d’Argenteuil à cause de ses errances sur la chimie, mais il y avait bien d’autres dimensions à la lutte culturelle qui fut menée. (note de danielle Bleitrach)

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Mais tous les concerts symphoniques, toutes les pièces et toutes les expositions ne pouvaient cacher la dure vérité de ce log et rude hiver 1947: l’Europe était au bord de la faillite. Un marché noir endémique, une agitation sociale et une série de grèves paralysantes (largement orchestrées par les syndicats communistes) provoquaient des dégradations et des privations égales à tout ce qui avait été éprouvé aux heures les plus sombres de la guerre. En Allemagne, l’argent avait perdu sa valeur, les médicaments et les vêtements étaient impossible à obtenir, des familles entières vivaient dans des bunkers souterrains sans eau ni électricité, et des jeunes enfants – filles et garçons- s’offraient aux GI américains en échange d’un tablette de chocolat.

Le 5 juin 1947, le général Georges Carlett Marshall, le chef de l’Etat-major de l’armée américaine pendant la guerre et à présent le secrétaire d’Etat de Truman, annonça un plan pour faire face à « la grande crise ». Prononcé lors de la 296 ème remise des diplômes d’Harvard à laquelle assistaient le physicien atomiste Robert Oppenheimer, le général Omar Bradley, commandant durant le débarquement, et T.S Eliot (qui, tous comme Marshall, recevaient le diplôme de docteur honoris causa), le discours de dix minutes de Marshall marqua un moment déterminant dans le destin de l’Europe d’après-guerre. Prévenant que le « monde entier » […] et le mode de vie que nous avons connu sont littéralement en jeu », il appela le Nouveau Monde à s’engouffrer dans la brèche avec un programme intensif d’aide financière et d’assistance matérielle à très grande échelle, et à prévenir ainsi l’effondrement du vieux monde. « L’instabilité est la face entière de l’Europe telle que nous la connaissons, et celles-ci sont contraires aux intérêts de l’humanité libre, déclara Marshall. Si nous les abandonnons à elles-mêmes, on ne pourra éviter une détresse économique si intense, une intensification sociale si violente et une confusion politique si générale que les fondements historiques de la civilisation occidentale, dont nous faisons partie intégrante par croyance et par héritage, prendront une nouvelle forme à l’image de la tyrannie que nous avons combattue pour la détruire en Allemagne(34) ».

Tout en prononçant ces mots, le général Marshall contemplait le visage des étudiants rassemblés sous le soleil printanier et, comme John Crowe Ransom avant lui, il vit « les jeunes lauréats d’Harvard/ Flamboyant comme des torches et se dispersant en désordre/ Comme des brandons pitoyables à éeindre(35) ». Ce n’était pas par hasard qu’il avait décidé de prononcer son discours à Harvard plutôt que sur une estrade officielle du gouvernement.Car c’étaient là les hommes dont la mission serait de réaliser la « destinée manifeste » de l’Amérique, l’élite chargée d’organiser le monde autour des valeurs que les ténèbres communistes menaçaient d’obscurcir. L’accomplissement de ce qui fut plus tard connu sous le nom de plan Marshall était leur héritage.

Le discours de Marshall visait à renforcer l’appel aux armes idéologiques que le président Truman avait lancé quelques mois plus tôt, et qui avait été immédiatement sacré sou le nom de doctrine Truman. S’adressant au Congrès en mars 1947 sur la situation de la Grèce, où existait la menace de prise de pouvoir communiste, Truman, dans un langage apocalyptique, avait appelé un nouvel âge d’intervention américaine: »Aujourd’hui dans l’histoire du monde presque chaque nation doit choisir entre deux modes de vie opposés, déclara-t-il. Trop souvent le choix n’est pas libre. L’un des modes de vie est fondé sur la volonté de la majorité […] Le second […] est fondé sur la volonté d’une minorité imposée par la force à la majorité. Il repose sur la terreur et l’oppression, le contrôle de la radio et de la presse, le truquage des élections et la suppression des libertés individuelles. J’ai la conviction que la politique des Etats-Unis doit être de soutenir les peuples libres qui résistent à la tentative d’asservissement par des minorités armées ou des pressions extérieures. J’ai la conviction que nous devons aider les peuples libres à trouver leur propre destinée par leurs propres moyens(36) ».

Après le discours de Truman, le secrétaire d’Etat Dean Acheson s’adressa aux membres du Congrès: « Nous sommes arrivés à une situation sans précédent depuis l’Antiquité. Depuis Rome et Carthage il n’y avait pas eu une telle polarisation du pouvoir sur cette terre. En outre, les deux grandes puissances étaient divisées par un gouffre idéologique insurmontable (37). » Joseph Jonez, le fonctionnaire du département d’Etat qui avait rédigé le discours de Truman au Congrès, comprit l’énorme impact des paroles du Président: « Absolument tous les obstacles à une action hardie étaient effectivement tombés », dit-il. Parmi les politiciens on sentait qu’un « nouveau chapitre dans l’Histoire du Monde s’était ouvert, et qu’ils avaient eux-mêmes l’insigne privilège de jouer un rôle dans un drame tel qu’il s’en rencontre rarement même dans la longue existence d’une grande nation(38) ».

Le sentiment aigu des dimensions classiques du rôle de l’Amérique après la guerre tel que l’évoquait le discours de Truman fournit le contexte rhétorique du discours ultérieur, moins manifestement anticommuniste, du général Marshall. Le mélange des deux- un programme d’aide économique joint à un impératif doctrinal- donnait un message sans ambiguïté : l’avenir de l’Europe de l’Ouest, si elle devait en avoir un, devait désormais être attelé à une pax americana.

Le 17 juin, le quotidien soviétique Pravda attaqua la proposition de Marshall comme une extension du « plan de Truman pour exercer des pressions politiques à coup de dollars et comme un programme d’ingérence dans les affaires intérieures des autres Etats(39) ». Les Soviétiques avaient bien été invités par Marshall à participer à son programme de rétablissement de toute l’Europe, mais cette offre était , selon Georges kennan, « fourbe, conçue pour être rejetée (40) ». Comme prévu, les Soviétiques refusèrent de participer au Plan. Leur objection peut avoir été  exagérée, mais ils avaient essentiellement raison d’associer aux intentions humanitaires du plan des visées politiques moins évidentes  Loin d’envisager la coopération avec l’Union soviétique, le Plan Marshalll participait à une philosophie de la guerre froide qui cherchait à creuser un fossé entre Moscou et ses pays satellites(41). « Il était tout du long implicite qu’il était important que nous ne donnions pas aux communistes l’occasion de s’implanter dans ces pays, devait écrire plus tard Dennis Fitzgerald, commissaire du Plan Marshall . ON avançait toujours l’argument que si nous n’arrivions pas comprendre totalement les besoins de x,y ou z, les communistes profiteraient de la situation pour mettre en avant leurs intérêts(42) ».Le sous-directeur du plan, Richard Bissel,était de cet avis: « Même avant le début de la guerre de Corée, il était parfaitement clair que le plan Marshall n’avait jamais été conçu pour être un projet entièrement altruiste. Il avait espéré que renforcer le pouvoir économique des pays européens occidentaux augmenterait leur valeur de membres de l’Otan, et leur permettrait éventuellement d’assumer une responsabilité de défense dans le soutien des efforts de la guerre froide(43). »Secrètement on s’attendait aussi à ce que ces pays assument d’autres responsabilités « dans le soutien des efforts de la guerre froide », et pour ce faire, des fonds du plan Marshall furent bientôt distribués pour activer le combat culturel à l’Ouest.

Le 7 octobre 1947, le Bureau d’information communiste tenait sa première réunion à Belgrad. Créé à Moscou le mois précédent, le kominform était la nouvelle base opérationnelle de Staline pour la guerre politique, en remplacement du défunt komintern. La réunion de Belgrade servit à lancer publiquement un défi à la doctrine Truman et au plan Marshall, dénoncés tous deux  comme des stratagèmes « agressifs » pour satisfaire « les aspirations américaines à la suprématie mondiale(44) ». Andrei Jdanov,architecte de l’impitoyable politique culturelle de Staline, déclara aux communistes d’Europe de l’Ouest que « s’ils étaient prêts à prendre la tête de toutes les forces prêtes à défendre la cause de l’honneur et de l’indépendance nationale dans la lutte contre les tentatives d’asservissement économique et politique de leur pays, alors aucun plan d’asservissement de l’Europe ne peut réussir(45). » Exactement comme Marshall avait choisi de s’adresser au noyau intellectuel de l’Amérique, Jdanov demandait à l’intelligentsia du monde de prendre la plue sous la bannière du communisme, et d’écrire contre l’impérialise américain. « Les partis communistes [d’Europe] ont obtenu des succès considérables dans leur travail au sein de l’intelligentsia. La preuve est que dans ces pays les meilleurs esprits dans les domaines de la science , de l’art et de la littérature appartiennent au Parti communiste, ils conduisent le mouvement de combat pour e progrès au sein de l’intelligentsia et, par leur infatigable lutte créative, ils gagnent de plus en plus d’intellectuels à la cause du comuisme (46). »

Résumé, à ce stade du livre, c’est-à-dire à la fin de la page 39, l’auteur introduit Mevin Lasky, né en 1920 dans le Bronx, Melvin Jonah Lasky avait grandi dans « l’ombre imposante » de son grand -père qui parlait Yiddish,un homme érudit et barbu qui nourrit le jeune Lasky d’extraits de légendes hébraïques. Devenu l’un des diplômés les « plus brillants » du City Collège de New York où se tenaient des débats idéologiques passionnés, Lasky se révéla un antistalinien ardent avec le goût de la confrontation intellectuelle et parfois physique.

Le portrait que Frances Saunders dresse de cet anticommuniste passionné et extraordinairement doué fait de lui « quelqu’un d’aussi inébranlable que le rocher de Gibraltar », d’un courage physique impressionnant qu lui fait porter la contradiction au Congrès des écrivains à Berli Est lui valut le titre de « Père de la guerre froide à Berlin » où il se retrouve après sa démobilisation.

reprise du livre p.40 : Son action inquiéta même les autorités américaines qui menacèrent de le renvoyer. Epouvanté par la frilosité de ses supérieurs, il comparait Berlin à ce qu’une ville de la frontière doit  avoir été au milieu des Etats-Unis au milieu du XIX ème siècle: les Indiens apparaissent à l’horizon et il faut absolument avoir un fusil prêt sinon vous êtes scalpé. Mais en ce temps-là une ville frontière était remplie d’hommes qui combattaient les Indiens […] Ici très peu de gens ont du cran, et s’ils en ont en général dans quelle direction pointer leurs fusils(47) »

Mais lasky connaissait le sheriff et, loin de le chasser de la ville, le gouverneur militaire, le général Lucius Clay, le prit sous son aile protectrice. C’est à lui que Lasky affirma avec indignation que, tandis que le mensonge soviétique tournait autour du globe à la vitesse de la lumière, la vérité avait encore à chausser ses bottes. Il présenta sa thèse  dans un document argumenté avec passion qu’il soumit  le 7 décembre 1947 au bureau de Clay; ce document appelait à une remise en cause  radicale de la propagande américaine. Connu sous le nom de « Proposition Melvin Lasky », il constituait le  plan personnel de Lasky pour organiser la guerre froide cuturelle. « De grands espoirs de paix et d’unité internationale nous ont empêchés de voir qu’une guerre politique concertée contre les Etats-Unis était en cours de préparation et d’exécution, et nulle part plus vigoureusement qu’en Allemagne, déclarait-il. Les mêmes vieilles formules antidémocratiques et antiaméricaines dont on a nourri beaucoup de génération  européennes, et que la machine de propagande nazie sous Goebbels a fait culminer, sont aujourd’hui en cours de remaniement . C’est-à-dire le prétendu égoïsme économique des Etats-Unis (l’oncle Sam serait Shylock), sa prétendue réaction politiqe profonde (une « presse capitaliste mercenaire »), sa prétendue  déviance culturelle(la « manie du jazz et du swing », les réclames à la radio, les inepties d’Hollywood, « son art provocateur et aguichant »), et sa prétendue hypocrisie morale (la question noire,les petits fermiers, la migration des travailleurs agricoles) et ainsi de suite (48) ».

Dans un langage extraordinaire Lasky poursuit  sa défintion du défi: « la formule honorée de tout temps aux Etats-Unis , « répandez la luière et les gens trouveront eux-mêmes leur chemin » exagère les possibilités d’une conversion facile en Allemagne (et en Europe) […]Il serait vain de croire que l’on puisse sevrer un sauvage primitif de sa croyance dans de mystérieuses herbes de la jungle par la simple propagation d’informations scientifiques et médicales modernes |…]. Nous n’avons pas réussi à combattre l’ensemble des facteurs- politiques, psychologiques, culturels- à l’oeuvre contre la politique extérieure américaine, et particulièrement contre la réussite du Plan Marshall en Europe. »Ce qui était nécessaire à présent continuait fiévreusement Lasky, c’était une vérité « active », une vérité assez hardie « pour entrer dans l’arène », une vérité qui ne se conduisait pas comme un « spectateur olympien ». Ne vous y trompez pas, prévenait-il, la substance de la guerre froide est « à portée culturelle. Et c’est là qu’un sérieux vide dans le programme américain a été le plus exploité par les ennemis de la politique extérieure américaine […] Ce vide[…] est réel et grave (49) ».

Le vide « réel et grave » dont parlait Lasky était de ne pas avoir réussi à « gagner » à la cause américaine « les classes éduquées et cultivées- qui en fin de compte fournissent les dirigeants moraux et politiques de la communauté ». Ce défaut avançait-il, pourrait être partiellement résolu par la publication d’un nouveau périodique, qui « fournirait à la fois un stimulant positif à la pensée germano-européenne et la preuve que derrière les représentants officiels de la démocratie américaine il existe une grande culture de progrès , riche en accomplissements dans les arts, la litterature, la philosophie, et dans tous les aspects de la culture qui unissent les traditions de liberté de l’Europe et de l’Amérique(50) ». p.42 premier paragraphe

[…]

reprise troisième paragraphe p.42: le résultat fut la parution de la revue Der Monat (le Mois), revue mensuelle destinée à jeter un pont idéologique entre intellectuels allemands et américains et, comme le formulait  explicitement , l’adoption des intérêts de la politique extérieure américaine en soutenant « les objectifs généraux  de la politique des Etats-Unis en Allemagne et en Europe ». Lancée le 1er octobre 1948 avec l’appui du général Clay et sous la direction de Lasky, la revue fut d’abord imprimée à Munich et transportée à Berlin à bord des avions cargos alliés dont dépendit la ville durant le blocus. Elle fut successivement financée par des « fonds secrets » du Plan Marshall, par des subsides de la CIA, par l’argent de la fondation Ford, et derechef par les dollars de la CIA. Par son seul financement ce fut un pur produit- et un exemple parfait- de la stratégie américaine de la guerre froide dans le champ culturel.

Der Monat était un temple voué à la croyance en la possibilité qu’une élite cultivée pourrait sauvegarder le monde d’après-guerre de sa propre extinction. C’est cette croyance, en plus de leur rattachement au gouvernement d’occupation américain, qui unit Lasky, Josselon et nabokov. A l’exemple de Jean Cocteau qui allait bientôt lancer une mise en garde à l’Amérique – « Vous ne serez sauvés ni par les armements ni par l’argent, mais par une minorité pensante, parce que le monde est en train d’expirer, du fait qu’il ne pense plus mais seulement dépense(52) »-, ils comprirent que les dollars du Plan Marshall ne suffiraient pas: l’aide financière devait être complétée par un programme intense de guerre culturelle. Ce curieux triumvirat- Lasky, le militant politique, Josselson l’ancien acheteur de grands magasin. Nabokov le compositeur de musique – se tenait désormais sur le fil du rasoir de ce qui allait devenir, sous leur direction, l’une des plus ambitieuses opérations secrètes de la guerre froide: gagner l’intelligentsia occidentale au projet américain.

 

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