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la culture et la CIA: chapitre 2 (suite)PP 51 à 56

01 Fév

Voici la suite du chapitre 2 avec la création de la CIA et l’aperçu de ses activités, en particulier la manière dont une « élite »abandonne tous principes pour lutter contre le communisme qu’elle définit comme également sans principes et organisant partout des activités clandestine de déstabilisation contre le capitalisme Ce dernier est  baptisé « démocratie »par cette élite regroupée au sein de la CIA et le communisme dictature assortie de séditions. l’ennemi de la veille, le nazisme, ses organisations de renseignement en particulier sont gardées intactes pour être ré-utilisées contre l’uRSS. C’est un personnage Wisner qui installe cette pratique au cœur de la CIA, mais elle correspond à un sauvetage massif des anciens nazis, recrutés et installés en Amérique du sud, avec l’aide du Vatican.  Cette organisation qui de fait a tous les droits, n’appartient pas au seul passé,  elle est  plus que jamais  aujourd’hui à l’oeuvre, et a évolué selon sa logique initiale: ce qu’il vaut bien mesurer c’est qu’à la chute de l’URSS, le dispositif théoriquement orienté dans la lutte contre le terrorisme a en fait utilisé son pseudo ennemi pour poursuivre sa lutte contre le communisme et les mouvements progressistes de libération nationale, le syndicalisme. Il en a été du terrorisme comme de la drogue,une autre des spécialités de la CIA, sous couvert de lutter contre la drogue celle-ci a été utilisée contre les vrais ennemis de la CIA. Nous en sommes toujours là et un chapitre pourrait être consacrée à leur infiltration en relais avec l’UE dans les partis communistes à partir de l’eurocommunisme. Mais voyons les missions et les moyens de cette machine de guerre que l’oligarchie capitaliste,se donne dès la fin de la 2ème guerre mondiale  contre le communisme. (note de danielle Bleitrach)

 
Frank Wisner imagesmentalflosscomsitesdefaultfilesstyles
Died  October 29, 1965, Maryland, United States, en effet atteint de troubles maniaco dépressifs, Franck Wisner de plus en plus dévoré par ue paranoïa anticommuniste finit par se suicider avec la carabine de son fils qui aura aussi une carrière politique. 

Le 19 décembre 1947, la philosophie politique de Kennan acquit une autorité légale dans une directive du Conseil de sécurité nationale, le NSC-4 de Truman. Une annexe hautement confidentielle à cette directive, le NSC-4A, chargeait le directeur de la CIA d’entreprendre des « activités psychologiques secrètes » pour soutenir la politique anticommuniste américaine. Etonnament évasive quant aux procédures à suivre pour coordonner ou approuver ces activités, cette annexe était le premier texte officiel d’après-guerre autorisant des opérations secrètes. Elle fut remplacée en juin 1948 par une nouvelle,et plus explicite, directive rédigée par Georges kennan, la NSC-10/2. Ces deux directives devaient  au cours des décennies suivantes piloter les services de renseignements américains dans les eaux agitées de la guerre politique clandestine.

Préparées dans le plus grand secret, ces directives « adoptaient  une conception étendue des besoins en sécurité de l’Amérique pour faire sien u monde essentiellement modifié à sa propre image(14) ». Partant du principe que l’Union soviétique et ses pays satellites étaient engagés dans un programme d’activités clandestines « vicieuses » pour discréditer et faire échouer les objectifs et les activités des Etats-Unis et autres puissances occidentales », la NSC-10/2 accordait  la plus haute approbation gouvernementale à une pléthore d’opérations secrètes: « propagande, guerre économique, action directe préventive incluant sabotage, antisabotage, mesures de destruction et d’évacuation, subversion contre les Etats hostiles incluant aide aux mouvements souterrains de résistance, guérillas et groupes de libération des réfugiés(15) ». Toutes ces activités, selon les termes de la NSC-10/2, devaient être « organisées et exécutées de telle manière que la responsabilité du gouvernement américain ne semble pas évidente aux personnes non autorisées et, en cas de découverte, que le gouvernement  américain puisse plausiblement décliner toute responsabilité à cet égard »(16) ».

La NSC/10/2 établissait des équipes spéciales pour les opérations secrètes, au sein de la CIA, mais la politique et le personnel étaient placés sous le contrôle du Bureau de planification politique du département d’Etat (en  d’autres termes sous le contrôe de kennan) Ces équipes prirent finalement le nom de Bureau de coordination politique (Office of Policy Coordination, OPC), titre inoffensif conçu pour en assurer la crédibilité tout en révélant pratiquement rien de son but (17). L’action secrète fut définie comme « n’importe quelle activité clandestine conçue  pour influencer les gouvernements, les événements, les organisations ou personnes dans les pays étrangers pour le soutien de la politique extérieure des Etats-Unis conduite de telle sorte que l’engagement du gouvernement américain ne soit pas apparent(18) ». Virtuellement illimité dans sa portée et son caractère secret, l’OPC n’avait pas de précédent dans l’Amérique en temps de paix. C’était le département des coups bas pour lequel Allan Dulles et ses cow-boys de Park-avenue avaient fait campagne. Issu de leurs rangs pour diriger cette nouvelle opération, Frank Wisner fut choisi dans cette liste de candidats présentés par Georges Kennan.

Frank Wisner, ancien conseiller juridique à Wall Street pourvu d’un accent du Mississippi et de l’inhabituelle vertu  d’être un champion  de courses de haies à l’Université de Virginie, était un vétéran des campagnes de l’oSS (office des services stratégiques) dans toute l’Europe, et le directeur de sa section de renseignements. Il avait continué à travailler pour les renseignements militaires après la guerre  et avait été responsable des contacts avec l’organisation Gehlen, unité de renseignement de l’armée allemande que les Américains avaient gardée intacte pour espionner la Russie. Wisner n’était pas homme a être freiné par des arguments moraux. Comme  l’explique Harry Rositzke, son proche collègue à l’OSS et plus tard à la CIA: « viscéralement, on utilisait n’importe quel salaud à condition qu’il soit anticommuniste (19) » Et Allen Dulles parlant des rapports entre Wisner  et le général SS Reinhard Ghelen disait « on n’a pas besoin de l’inviter à son club(20) ».

Wisner avait démissionné des renseignements militaires sur un coup de colère, lorsque ses supérieurs avaient coupé les cheveux en quatre à propos de sa demande de bicyclettes supplémentaires pour ses officiers. Il avait alors intégré le département d’Etat et, là, continué à diriger ce qui était virtuellement  son groupe de renseignements personnel , qui consistait en une série de terriers bien cachés dans la bureaucratie du gouvernement. C’était ce groupe qui intégrait alors la CIA avec l’OPC. L’habitude que Wisner avait d’employer des nazis ne s’arrêta pas lorsqu’il prit la direction de l’OPC. « Wisner amena tout un groupe de fascistes après la guerre, vraiment des sales types. Il pouvait le faire, car il était puissant(21) », explique un collègue de la CIA. « Il était la référence d’un grand nombre de choses, un homme brillant, compulsif, doté d’énormément de charme et d’imagination, et il avait la conviction que n’importe quoi, absoluent n’importe quoi pouvait être accompli, et par lui (22) »

Sous la conduite de Wisner, l’OPC devint l’élement qui se développa le plus rapidement dans la CIA. Selon Edgar Applewhite, inspecteur général  adjoint de la CIA, ses membres « s’arrogeaient  un pouvoir absolu, et il n’y avait pas de précédent pour y mettre des bornes. Ils pouvaient faire ce qu’ils vouaient , à condition que « l’autorité supérieure », comme nous appelions le Président , ne l’interdise pas expressément. Ils étaient  extrêmement aristocratiques dans leurs présupposés, extrêmement bornés sur les rapports entre les hommes et les femmes, très romantiques et arrogants. Ils avaient  reçu du ciel une mission et, Dieu sait, quelle aubaine! Ils s’en pourléchaient (23) »

Afin de faciliter les opérations de l’OPC,le Congrès adopta en 1949 la loi qui instituait la CIA et autorisait son directeur à dépenser des fonds sans avoir à rendre des comptes. En quelques années, les activités de l’OPC – la portée de ses opérations, ses effectifs et son budget -grandirent telle une hydre. Sa puissance totale en effectif passa de 302 en 1949 à 2812 en 1952, plus de 3142 membres contractuels à l’étranger . Dans le même temps, son budget enfla de 4,7 millions à 82 millions de dollars. Son aménagement interne, qui créait une demande de projets, contribua à son expansion.Les activités de l’OPC n’étaient pas programmées autour d’un système financier mais autour de projets. Ceci finit par avoir des effets internes néfastes: « Un individu au service de l’OPC n’étaient pas programmées autour d’u système financier mais autour de projets. Ceci finit par avoirdes effets internes néfastes: « un individu au service de l’oPC jugeait sa propre performance, et était jugé par les autres,selon l’importance et le nombre de projets qu’il initiait et dirigeait. Cela entraînait une compétition parmi les individus et les divisions de l’OPC pour générer le plus pssible de projets (24). »

Au début, la cIA eut son quartier général dans une série de bâtiments délabrés, connus sous le nom de « cabanes », éparpillés autour du Capitole et de Washington Mall. Là, dans les couloirs poussiéreux, les nouvelles recrues étaient charmées par « l’atmosphère de guerre et la fièvre de la mobilisation. Les salles étaient remplies d’hommes et de femmes inquiets et assidus, courant à des réunions tout en poursuivant leurs entretiens, donnant des instructions tranchantes à des assistants qui tenaient de les suivre. De nouveaux venus enthousiastes, se mélangeaient aux  vétérans de l’oSS, les collègues de Jedburgh membres de l’élite de l’après-guerre, tout juste sortis des campus des Universités de Ivy League qui portaient des vestes de tweed, fumaient la pipe, et débordaient d’idées innovantes audacieuses. Ces gens-là avaient afflué à la CIA parce que c’étaitlieu où un libéral non communiste pouvait lutter le plus efficacement contre la menace communiste(25) ».

La ligne de front de cette bataille était évidemment établie non pas à Washington mais en Europe. En ouvrant un bureau à la base aérienne de Tempelhof, à une demi-heure de route de Berlin, la CIA sembla inonder l’Allemagne de ses officiers. Avec les autres divisions de la CIA, il y avait 1400 agents en poste en Allemagne à cette période.

Une des premières recrues de l’OPC en Allemagne dut Michael Josselson. Dans ses notes en vue de ses mémoires qui ne furent jamais terminées, Josselson écrit: « Ma période de service […] se terminait en 1948. Mais un retour à la vie civile, qui pour moi signifiait de recommencer à travailler comme acheteur pour un grand magasin américain, carrière sans intérêt particulier, me remplissait de désespoir. C’est à ce moment qu’un ami américain qui travaillait dans les renseignements me présenta à un chef de l »‘équipe » en Allemagne. Suivirent un ou deux autres  entretiens à Washington, un questionnaire interminable, et enfin une très longue attente pendant que le FBI tentait avec sa maladresse coutumière de découvrir s’il y avait quoique ce soit de négatif dans mon passé.  E automne 1948, mon habilitation arriva et je rejoignis l' »équipe » en tant que chef du poste de Berlin pour l’action clandestine (Covert action ou CA), qui se distinguait du secteur renseignement  ou espionnage (FI). A part l’aspect « secret », c’était en réalité une continuation de la guerre psychologique, sauf qu’elle était cette fois dirigée contre les Soviétiques et les communistes de l’Allemagne de l’Est. C’était une action défensive car les Soviétiques avaient depuis longtemps commencé la guerre froide psychologique (26). »

le recruteur de Josselson était lawrence de Neufville, membre de l’OSS, qui était arrivé en Allemagne avec la première vague des troupes américaines en 1944. Jusqu’au début 1948, il servit comme consultant  pour l’administration civile à Berlin. Il fut alors contacté par John Baker, un des premiers officiers de la CIA en Allemagne, célèbre par la suite pour avoir été déclaré persona non grata par les Soviétiques pour avoir « violé systématiquement le code de conduite des représentants diplomatiques » (c’est-à-dire espionné) quand il était deuxième secrétaire de l’Ambassade des Etats-Unis à Moscou. « je n’ai pas posé ma candidature ou quelque chose comme cela pour entrer à la CIA, déclara plus tard Neufville. J’étais tout à fait heureux là où j’étais, travaillant à la Constitution, aidant à mettre en place le gouvernement d’Adenauer. C’était très excitant. Mais alors un jour John Baker entra dans mon bureau et me demanda si j’aimerais rejoindre l’Agence (27). » Neufville accepta l’offre et on lui attribua u poste « secret » au Bureau du Haut Commissaire américain, John McCloy. La première chose qu’il fit fut de recruter  Josselson que son travail à Berlin avait transformé en légende dans les cercles de renseignements.

Pendant ce temps, Nicolas Nabokov était-il conscient du nouveau travail de son ami? Michael Josselson était un homme farouchement secret, le monde des renseignements lui convenait idéalement. Lorsque des membres de sa famille qui vivaient à Berlin Est réussirent à le retrouver en 1949, il les renvoya sèchement en leur disant de ne jamais plus le contacter à l’avenir. Blessés,ils crurent que leur cousin « américanisé » les trouvait maintenant indignes de lui. En fait il était inquiet pour leur sécurité. Pour des berlinois de l’Est, avoir un parent dans les services secrets américains les aurait immédiatement mis en danger. Toutefois , Nabokov se faisait certainement une bonne idée de la nouvelle direction de Josselson. Il y avait davantage d’espions à Berlin à cette époque que de bicyclettes en état de marche, et Nabokov avait travaillé aux côtés de beaucoup d’entre eux

En fait, il apparaît que contact avait été également pris avec nabokov pour entrer à la CIA. En 1948 il fit acte de candidature à un poste au gouvernement. N’étant pas bureaucrate de nature, il est peu probable qu’il ait souhaité intégrer le département d’Etat (que bon nombre de recrues de la CIA dédaignaient: « tout politique et pas d’action »), et étant donné que Allen Dulles s’intéressait à sa candidature, on peut raisonnablement présumer qu’il essayait d’obtenir un poste dans les renseignements. Mais sa candidature posait problème et il ne fut pas habilité. Son répondant, Georges Kennan, très embarrassé, lui écrivit en lui conseillant de retirer sa candidature: »Je vous donne cet avis (qui me donne une tristesse considérable et une véritable inquiétude) uniquement parce que je n’ai pas pu tirer cette affaire au clair d’une façon qui me satisfasse et que je peux vous assurer que vous serez exempt de désagréments ultérieurs si vous continuez à vouloir travailler avec le gouvernement […] Je ne peux que dire que selon moi toute l’action du gouvernement dans cette affaire, dans son ensemble, est mal pensée, myope, injuste et tout à fait incohérente par rapport au désir d’utiliser les services de personnes pourvues de sensibilité, d’intelligence et de valeur […] Je pense que le gouvernement a perdu  tout droit d’utiliser votre avis et si j’étais vous, je laisserais tout  tomber pour l’instant (24). » Jusqu’à nouvel ordre, Nabokov fut laissé à l’écart.

Et Melvin Lasky? N’était-il pas un candidat idéal  pour rejoindre les rangs de plus en plus fournis de la CIA On a prétendu qu’il en était devenu un agent. Ce qu’il a toujours nié. Comme pour Thaxter dans le don de Humboldt de saul bellow, la rumeur ajouta beaucoup à son mystère » Sa présence constante sur les premières lignes  de la guerre froide culturelle pendant les deux décennies à venir n’allait pas passer inaperçue.

 

fin du chapitre 2 intitulé »les élus du destin » et qui va de la page 44 à 56

.le prochain chapitre 3  s’intitulera Des marxistes au Waldorf

 

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