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En Ukraine, Washington réunit les conditions pour un bain de sang (expert)

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07/04/2014
NEW DELHI, 7 avril – RIA Novosti

Cherchant à faire de l’Ukraine un avant-poste militaire près des frontières russes, les Etats-Unis cherchent à encercler la Russie stratégiquement; dans le même temps leur "flirt" avec les mouvements fascistes en Ukraine est susceptible d’entraîner une guerre fratricide selon le scénario yougoslave, écrit l’expert politique et philosophe indien Aijaz Ahmad dans un article publié sur le site de la plus grande revue politique du pays Frontline.

Coup d’Etat euro-nazi

"Le coup d’Etat euro-nazi à Kiev en février 2014 financé par les Etats-Unis et la réintégration de la péninsule de Crimée à la Russie, qui a suivi en mars, marquent un tournant dans l’ère postsoviétique. Après la grande propagande de la doctrine l’"Axe asiatique" du président Barack Obama, qui visait à encercler la Chine, on assiste à un tournant rapide accompagné de violence sur l’"Axe européen" de l’Amérique destiné à achever au plus vite l’encerclement de la Russie et la suppression d’une zone tampon cruciale entre la Russie et le réseau de bases de l’Otan, qui s’introduit sur le territoire de l’ex-Pacte de Varsovie et, dans certains cas, de l’ex-URSS", écrit Aijaz Ahmad dans un article intitulé "Le grand jeu en Europe".

Selon le politologue, l’Ukraine est une sorte de zone frontalière partagée par ces deux civilisations "à l’instar de la région serbo-croate en ex-Yougoslavie".

"Nous savons comment la Croatie avec sa majorité catholique a été poussée à se séparer de la Serbie orthodoxe, ce qui a entraîné des massacres partout, voire un génocide. En s’efforçant de transformer l’Ukraine en un avant-poste pour déployer des bases de l’Otan afin de contrer la Russie, inconsciemment ou sciemment les Etats-Unis ouvrent la voie au génocide et au nettoyage ethnique. Par le passé, ils ont déjà formé une armée internationale de jihadistes en Afghanistan pour contrer le communisme; nous en ressentons encore les conséquences à travers le monde. Mais qu’arriverait-il si un équivalent d’Afghanistan faisait son apparition dans un pays crucial géographiquement situé entre l’Orient et l’Occident?", s’interroge l’auteur.

Effondrement économique

Aijaz Ahmad doute que l’assistance économique occidentale promise aidera réellement l’Ukraine. D’après lui, au cours des deux dernières décennies les subventions russes pour les achats pétrogaziers de l’Ukraine s’élèvent à 200 milliards de dollars, sans compter les prêts et le soutien financier de la Russie non seulement pour aider l’Ukraine, mais également pour y assurer la neutralité. De son côté, l’Occident propose des sommes et des crédits du FMI largement inférieurs en échange de l’accord de l’Ukraine pour instaurer le même régime d’austérité que celui qui a été imposé à la Lettonie, la Slovaquie, la Grèce et d’autres pays.

"L’économie ukrainienne serait aujourd’hui en ruines sans la générosité de la Russie. Le régime d’austérité imposé par le FMI à l’économie effondrée et la militarisation sous l’égide de l’Otan pour une confrontation directe avec la Russie est un mélange explosif qui pourrait entraîner une guerre civile, une guerre régionale et on ne sait quoi encore dans un pays où 70% de la population s’oppose à l’adhésion à l’Otan, selon un récent sondage de Gallup", écrit l’expert.

De plus, les conséquences des mesures du FMI provoqueraient des cataclysmes aux retombées imprévisibles, estime Aijaz Ahmad.

Les bons et les mauvais radicaux

Aijaz Ahmad explique qu’il existe de "bons" et de "mauvais" radicaux aux yeux de l’Occident.

"Il n’est plus à la mode de se qualifier de "nazi" ou de "fasciste". Faisant partie du paysage politique de l’Europe, ils se font appeler "nationalistes", et les médias les appellent "nationalistes de droite", "extrémistes", "xénophobes" et ainsi de suite. Cependant, la rose sent la rose, peu importe le nom qu’on lui donne. Les successeurs des fascistes ont largement participé à la mise en place de gouvernements dans plusieurs pays postsocialistes tels que la Croatie, la Hongrie et la Slovénie. Cependant, l’Ukraine est le premier pays européen à avoir au gouvernement au moins trois mouvements politiques qui s’identifient ouvertement à l’héritage nazi et qui contrôlent la sécurité de l’Etat sous le patronat non dissimulé des Etats-Unis et avec le consentement absolu de l’Union européenne. Cette marche de néonazis vers les plus hautes fonctions dans un pays européen crucial avec le soutien total des Etats occidentaux sera un élixir enivrant pour les partis fascisants à travers l’Europe", écrit Ahmad.

Il considère le recours au "coup d’Etat sous la direction de nazis" comme une toute nouvelle étape de la promotion de la démocratie par l’Amérique par le biais de l’extrême-droite. On constate des parallèles historiques à cela.

"Nous avons vu de "bons jihadistes" dans la campagne antisoviétique en Afghanistan ; de "bons miliciens narcoterroristes" qui se battaient contre la gauche au Salvador, au Nicaragua et en Amérique Latine ; de "bons terroristes d’Al-Qaïda" en Syrie. Cette fois, nous avons de "bons nazis" en pleine Europe", écrit le philosophe.

Les Etats-Unis ont annoncé à plusieurs reprises que les accusations de fascisme portées contre les partisans de la "révolution" ukrainienne n’étaient qu’une étiquette collée par leurs opposants politiques, écrit Ahmad. Néanmoins, les faits ne laissent pas l’ombre d’un doute: les principales forces impliquées dans le coup d’Etat ukrainien – le parti nationaliste Svoboda (Liberté) et l’association d’organisations nationalistes radicales Secteur droit – sont des organisations fascisantes. Svoboda était initialement appelé Parti social-nationaliste d’Ukraine. De plus, ses leaders déclaraient avoir hérité des idées de Stepan Bandera, fondateurs de l’Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN), qui avait coopéré avec les occupants allemands, rappelle le politologue.

Selon lui, la "haine extrême de tout ce qui se rapporte à la Russie" émanant des nouvelles autorités de Kiev signifie qu’un tiers des Ukrainiens ou plus vivent aujourd’hui dans la peur et songent même à la réalisation du scénario criméen. L’unique alternative au conflit est la fédéralisation de l’Ukraine avec l’octroi de larges pouvoirs aux gouvernements régionaux, affirme Ahmad.

Diabolisation du gouvernement russe

Depuis Joseph Staline, aucun dirigeant russe n’avait été aussi diabolisé en Occident que l’est aujourd’hui Vladimir Poutine, écrit l’expert. D’après ce dernier, les Etats-Unis peuvent utiliser dans les circonstances actuelles le mensonge sur l’"invasion russe en Ukraine" pour faire passer la Russie comme une menace militaire pour ses voisins, ce qui justifierait une augmentation conséquente de la présence militaire américaine non seulement en Europe, mais aussi en Asie centrale. De plus, les USA, dont la propagande rangera Poutine aux côtés des personnalités telles que Staline, l’ayatollah Khomeini, Saddam Hussein, Mouammar Kadhafi et Bachar al-Assad, œuvrera pour organiser une "révolution de couleur" en Russie au nom de la "démocratie" et contre la "dictature" et la corruption.

La Russie et la Chine

Ahmad souligne également l’importance du soutien accordé à la Russie par la Chine et l’Inde dans le cadre de la situation en Crimée.

"Une alliance stratégique étroite entre la Russie et la Chine pourrait tout à fait être l’une des issues positives du fiasco ukrainien des USA", écrit l’expert en soulignant qu’une telle alliance pourrait avoir des conséquences "fatales" pour l’"empire américain", car la Russie possède les plus grandes réserves naturelles et la Chine détient le plus grand nombre de liquidités. Les actions de Washington aussi bien contre la Russie que contre la Chine ne feront qu’accélérer la formation de leur union, affirme l’expert.

Une crise politique a éclaté en Ukraine fin novembre 2013 lorsque le cabinet a annoncé la suspension de l’intégration européenne du pays. Des manifestations importantes, baptisées EuroMaïdan, se sont déroulées à travers l’Ukraine et ont dégénéré en janvier en affrontements entre des radicaux armés et les forces de l’ordre. Les affrontements de rue, où l’opposition a fait à maintes reprises usage d’armes à feu et de cocktails Molotov, ont fait de dizaines de victimes.

Le pouvoir en Ukraine a été pris de force le 22 février. En transgressant l’accord entre le président Viktor Ianoukovitch et les leaders de l’opposition, la Rada, le parlement ukrainien, a modifié la constitution, changé la direction du parlement et du ministère de l’Intérieur et destitué le chef d’Etat, qui a dû ensuite fuir l’Ukraine en craignant pour sa vie. Le 27 février, le parlement ukrainien a approuvé la composition d’un gouvernement dit "de confiance populaire", dirigé par Arseni Iatseniouk.

Pour sa part, la Crimée n’a pas reconnu la légitimité du nouveau gouvernement et organisé un référendum pour décider du sort de la région. Le vote s’est déroulé le 16 mars. Le bulletin de vote comportait deux questions : "Êtes-vous favorable à la réunification de la Crimée avec la Russie dans les droits de la Fédération de Russie?" et "Êtes-vous favorable au rétablissement de la Constitution de la République de Crimée de 1992 et pour le statut de la Crimée dans le cadre de l’Ukraine?".

La grande majorité (96,77% des voix) s’est prononcée en faveur du rattachement à la Russie, avec un taux de participation de 83,1%. Un accord d’unification a été signé le 18 mars, puis approuvé par la Douma (chambre basse du parlement russe) et le Conseil de la Fédération (chambre haute du parlement russe). Ils ont également adopté une loi constitutionnelle fédérale sur la création de deux nouveaux sujets de la Fédération de Russie – la République de Crimée et la ville fédérale de Sébastopol. Le président russe Vladimir Poutine a signé les deux documents. Plus tôt, Poutine avait déclaré que l’organisation du référendum en Crimée répondait aux normes du droit international et de la Charte de l’Onu.

Dans une allocution devant les députés, les gouverneurs et les représentants de la société civile, le président Poutine a remercié l’Inde et la Chine pour leur compréhension de la position russe vis-à-vis de la Crimée.

"Nous sommes reconnaissants envers tous ceux qui ont fait preuve de compréhension à l’égard de nos démarches en Crimée, nous remercions la population de Chine, dont le gouvernement percevait et perçoit la situation en Ukraine et en Crimée dans son intégralité historique et politique, nous apprécions particulièrement la retenue et l’objectivité de l’Inde", avait déclaré Vladimir Poutine.

http://fr.ria.ru/world/20140407/200920611.html

 

LA FÊTE DE L’HUMA A NOVOSSIBIRSK

- c’est la 3ème ville de Russie !
- c’est la première fois depuis la fin de l’URSS que les communistes dirigeront une ville de cette importance
- les communistes russes considèrent cette victoire comme historique, un point d’appui pour la conquête du pouvoir en Russie, qui est la prochaine étape

Sur la participation, un peu moins de 31%, commentaires à la TV:
- c’est une tendance habituelle ces dernières années (en 2011 aussi, moins de 32%
- les chiffres des précédentes municipales étaient artficiellement gonflés par ce que l’on appelle en russe "administrativny ressours" (diverses manières d’inciter les gens à voter).

Sur l’influence du PCFR à Novossibirsk, il faut savoir qu’ils organisent tous les ans depuis 2008 une "Fête de la Pravda", sur le modèle (revendiqué) de la Fête de l’Huma, avec un succès croissant, voici d’ailleurs une video sur une fête dont les communistes français reconnaitront l’esprit inimitable :

 
 

Le candidat du Parti Communiste de Russie est élu à Novossibirk

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L’ELECTION D’UN MAIRE COMMUNISTE DANS LA TROISIEME VILLE DE RUSSIE

Comme nous vous l’annoncions dans un récent article il y a eu ce dimanche 6 avril des élections municipales à Novossibirskqui est la troisième ville du pays. Le maire de Novossibirsk, Vladimir Gorodetsky, avait quitté son poste pour devenir vice-gouverneur de la région déclenchant ainsi des élections anticipées. Plus de 17 candidats se sont inscrits pour cette élection. Anatoly Lokot a été désigné par le Parti communiste (KPRF) pour conquérir cette ville, capitale de la Sibérie.

Le député communiste Anatoly Lokot a rassemblé 43,75% des voix contre 39,57% au maire par intérim Vladimir Znatkov, candidat de Russie unie, la formation du président russe, a annoncé la commission électorale de la ville de Sibérie. C’est la "première grande défaite du parti au pouvoir" déclare le nouveau maire communiste de Novossibirsk.
"c’est en raison de la crise politique à Novossibirsk, qui a conduit à l’exposition des problèmes sociaux et économiques" pour le communiste Anatoly Lokot. Anatoly Lokot (KPRF) gagne avec 43,75% des voix suivit de "Russie unie" avec 39,56%, Vladimir Anisimov (les «villes russes") gagne 3,25%, les "socialiste" conduit par Anatoly Kubanov 2,19%, Evgeny Loginov 3,35%, Sergei Ovchinnikov (le «gouvernement du Parti populaire russe") 0,42%, Dmitry Savelyev (LDPR) 2,42%, Roman Starikov ("communistes de Russie") 0,84%, Alexander Tarkov ("Russie travailliste ") 0,59%, Sergey" Spider"Troitsky (" Contre tous") 1,07%, le Parti de la transformation spirituelle de la Russie" 0,54%.

Les candidats en lice pour cette élection se sont retirés de la course pour soutenir le député communiste Anatoly Lokot. Ilya Ponomarev (candidate unie du parti des Verts et des sociaux-démocrates ) , l’ancien ministre de l’économie Ivan Starikov ( Initiative civile ) , le chef de file de l’organisation régionale des Patriotes de Russie Alexander Mukharytsin , Alexei Yuzhanin ( du Parti pour la transformation spirituelle de la Russie ) et Ivan Starikov (communistes de la Russie ) ont fait un appel commun pour soutenir le candidat du KPRF. Ivan Starikov confirme sa volonté de se retirer en faveur de Lokot. "Je confirme également que je suis prêt à respecter l’accord sur la candidature unique,, il devrait y avoir un programme commun. Avec cette unité autour d’un candidat commun, nous engageons nos ressources et nos structures pour lui"

Anatoly Evgenbevia Lokot devenu le candidat unique de l’opposition pour l’élection du maire de Novossibirsk a été élu maire de Novossibirk c’est la grande nouvelle du Week

"Nous avons créé une situation unique en Russie, avec une union de l’opposition qui a permis de remporter la victoire sur Russie Unie", s’est félicité M. Lokot, 55 ans, cité par le site du Parti communiste. "La chose la plus importante dans la ville se sont ses habitants. Tout d’abord, nous allons nous concentrer sur leurs intérêts et leurs besoins. Nous allons travailler avec tous les partis politiques et les organisations publiques pour le développement de la ville. Nous sommes ouverts à toutes les suggestions de tous les partis politiques et de tous les militants sociaux. Le plus important c’est la prospérité et le bien-être de notre ville. Notre objectif commun pour Novossibirsk, c’est la stabilité politique et la liberté dans tous les sens du terme."

"La première chose que je ferai audit du personnel, l’analyse de l’utilisation des fonds budgétaires, ainsi que d’annuler l’admission par le bureau du maire,"

Lors des législatives de 2011, le KPRF était arrivé en tête à Novossibirsk

En 2011 le Parti communiste était arrivé en tête des législatives avec 34,17% des voix devant le parti de Vladimir poutine, Russie unie, qui a recueilli 27,69% des suffrages. Iabloko, le parti libéral pro-UE, recevait 6,32% des voix, un seuil faible ne permettant pas la qualification de ce dernier (7% pour avoir un élu). Ces chiffres témoignent à la fois de l’implantation du Parti Communiste de la Fédération de Russie qui est la véritable force d’opposition au parti de Poutine et de la faible audience des libéraux pro-UE que nous considérons en Europe et en France comme l’opposition. Alors que nous sommes dans une des plus grandes villes du pays et une ville avec une forte proportion de travailleurs scientifiques.

Anatoly Evgenbevia Lokot (55 ans), est le Premier secrétaire du Comité régional de Novossibirsk du Parti communiste (2006), membre du Comité central depuis 2008. Il a adhéré au Parti communiste d’Union soviétique (PCUS) en 1984, et il est élu député (Douma) pour la région de Novossibirsk depuis 2003.

Cette élection confirme la poussée à gauche de la société russe, l’élan patriotique autour de ce qui est vécu comme une attaque de l’UE et de l’OTAN sous ordre des Etats-Unis a renforcé la popularité de Poutine lui-même qui dépasse dans les sondages les 66%, mais visiblement ne profite pas à son parti qui perd la mairié. En revanche, les communistes qui ont poursuivi leurs luttes pour la justice sociale et contre les oligarques apparaissent comme les plus crédibles pour leur honnêteté et leur capacité à redresser le pays. y compris Lokot lui-même qui semble avoir été le seul député à ne pas avoir voté le rattachement de la Crimée. (1)

Novossibirk est non seulement une grande capitale régionale, un nœud ferroviaire entre la Chine et la Russie mais également un grand centre intellectuel avec la meilleure université du pays, le village des scientifiques mais aussi une des troupes de ballet les plus prestigieuse.

EN CONCLUSION

- c’est la 3ème ville de Russie !
- c’est la première fois depuis la fin de l’URSS que les communistes dirigeront une ville de cette importance
- les communistes russes considèrent cette victoire comme historique, un point d’appui pour la conquête du pouvoir en Russie, qui est la prochaine étape

Sur la participation, un peu moins de 31%, commentaires à la TV:
- c’est une tendance habituelle ces dernières années (en 2011 aussi, moins de 32%
- les chiffres des précédentes municipales étaient artficiellement gonflés par ce que l’on appelle en russe "administrativny ressours" (diverses manières d’inciter les gens à voter).

Sur l’influence du PCFR à Novossibirsk, il faut savoir qu’ils organisent tous les ans depuis 2008 une "Fête de la Pravda", sur le modèle (revendiqué) de la Fête de l’Huma, avec un succès croissant, voici d’ailleurs une video sur une fête dont les communistes français reconnaitront l’esprit inimitable :

http://kprf.ru/party-live/regnews/119482.html

(1) LA POSITION DU PARTI COMMUNISTE DE LA FEDERATION DE RUSSIE : ce fait qui mériterait d’être confirmé doit être replacé dans le contexte du positionnement du Parti Communiste de la Fédération de Russie face à la situation ukrainienne dont voici quelques lignes forces: Le parti communiste n’a pas fait de surenchère durant la crise ukrainienne. Simplement il en a appelé à la raison. Au lieu de brandir des sanctions économiques contre la Russie, les Etats-Unis feraient mieux de réfléchir à leurs conséquences pour les Américains et les Européens, a déclaré vendredi aux journalistes le président du Parti communiste de Russie (KPRF), Guennadi Ziouganov.

"Ce n’est pas la peine de brandir des sanctions économiques ou autres. Il faudrait mieux réfléchir à quoi cela va aboutir demain (…). Il faut avoir en vue que cela se répercutera sur tout le monde, y compris les Européens et les Américains. Tout est étroitement lié dans notre monde", a indiqué le chef du KPRF.

Fréquemment, le chef du PC, Guennadi Ziouganov discute avec le président, ainsi en novembre 2013, il a developpé trois questions pendant un entretien de deux heures avec le président Poutine, la première portait sur le développement de l’industrie, l’intégrité du pays et la politique sociale..

"J’ai dit ouvertement que la politique et la composition du gouvernement actuel ne permettaient pas de remplir les objectifs formulés par le président. Nous avons besoin d’un gouvernement puissant et cohérent. Nous avons minutieusement préparé nos propositions et le président les a étudiées. Tout d’abord sur l’industrie: l’idée de Vladimir Poutine de créer 25 millions d’emplois est productive mais tous les établissements scolaires doivent être réformés pour cela. Leur financement ne peut pas être réduit, même en temps de crise", a dit Guennadi Ziouganov à l’issue de l’entretien."

Le chef des communistes a parlé également du projet de loi prévoyant des sanctions pénales contre les individus appelant à modifier l’intégrité territoriale de la Fédération de Russie. Les communistes proposent des peines allant jusqu’à trois ans de prison pour de tels actes. Guennadi Ziouganov a également expliqué pourquoi son parti prônait des sanctions pénales contre les individus parlant du séparatisme ou du rejet des territoires russes. " Lors d’un discours dans une université américaine j’ai demandé : "Ne voulez-vous pas nous rendre l’Alaska? On m’a rétorqué que si quelqu’un tenait de tels propos dans la presse, il pouvait écoper de vingt ans de prison et se faire confisquer ses biens. En Russie, lorsque quelqu’un propose de clôturer le Caucase avec du fil de fer barbelé, un autre l’évoque à propos de la Sibérie et un autre encore à propos de l’Arctique. Poutine a parfaitement conscience de ce qui se cache derrière ces déclarations". Ces positions expliquent que les communistes ne jouent pas la surenchère et ne souhaitent pas d’annexion de territoire en préférant multiplier les coopérations. A ce titre, Ziouganov s’est récemment entretenu avec son homologue ukrainien.

Cette volonté de ne pas pratiquer de surenchère pour mieux renforcer l’unité de la fédération de Russie autour de la solution des problèmes économiques et sociaux ne signifie pas un abandon de l’Hitoire de l’Union soviétique au contraire. Le chef du PC a également soutenu l’idée d’une histoire commune de la Russie et de l’URSS. Il a souligné que les spécialistes de la période soviétique devaient faire partie des auteurs du nouveau manuel d’histoire.

 
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Publié par le avril 7, 2014 dans Asie, Europe, politique

 

Un projet ferroviaire chinois avec Israël prolonge la route de la soie jusqu’en Afrique

6http://french.ruvr.ru/2014_03_31/Un-projet-ferroviaire-chinois-en-Israel-ouvre-la-porte-vers-l-Afrique-5564/

Souvent ici même nous avons fait référence au grand projet chinois de remise en fonction de la route de la soie en associant tous les pays de l’Asie Centrale et la Russie. Alors même que les événements d’Ukraine donnent un nouvel élan vers l’Eurasie à la Russie, non seulement la CHine ne rompt pas ses solidarités mais va jouer partout (y compris en France) une stratégie pacifique et commerciale destinée à bloquer le bellicisme. Par parenthèse, quelqu’un a-t-il réfléchi à qui sont les ennemis, les stipendiés des USA pour les Russes comme pour les Chinois, sinon les clients des Saoudiens, le recrutement de djihadistes en fait pour eux vrais fascistes? Le fait qu’Israël face à eux n’est pas l’ennemi et c’est ce que dit ce tracé qui évite les nouveaux clients des saoudiens. Pendant ce temps-là nous avons des articles qui expliquent que la stratégie eurasienne de Poutine serait bloquée alors que visiblement elle se développe et cherche les partenaires les partenaires les plus inattendus. Nous sommes réellement et c’est passionnant sur un monde où à la fois l’histoire demeure prégnants, y compris l’histoire sur u temps long autant que contemporaine et dans un contexte totalement nouveau caractérisé par l’ébranlement d’une hégamonie non seulement celle des Etats-Unis mais celle des puissances coloniales qui l’ont précédé. (note de Danielle Bleitrach)

Par La Voix de la Russie | Un chemin de fer à grande vitesse entre la Méditerranée et la mer Rouge permettra de contourner le canal de Suez.

Le projet de « Nouvelle route de la soie », proposé par la Chine lors du sommet des pays membres de l’Organisation de coopération de Shanghaï (OCS) en Kirghizie en septembre dernier, aura un embranchement qui, transitant par le Proche-Orient, reliera l’Asie Centrale au Continent africain.

Dans cinq ans, un chemin de fer à grande vitesse sera construit entre le port d’Ashdod sur la Méditerranée et la ville d’Eilat au bord de la mer Rouge, a indiqué le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Surnommé « Red-Med » (mer Rouge-mer Méditerranée), ce projet long de 350 kilomètres, développé conjointement par Pékin et Jérusalem avec un budget de 2 milliards de dollars, assurera le transit logistique par le territoire d’Israël en contournant le canal de Suez.

La durée du trajet entre les deux villes sera réduit alors à deux heures, ce qui contribuera au développement du port d’Eilat, un peu délaissé à cause du trafic maritime important sur le canal de Suez. Selon les estimations du gouvernement israélien, le coût de l’infrastructure du projet s’élèvera à 1,9 milliard de dollars (sur 350 kilomètres de voie ferrée, 260 km sont encore à construire). Mais avec l’acquisition de l’équipement, des locomotives et les travaux d’électrification, la facture pourrait atteindre 8,1 milliards de dollars.

Malgré ces coûts considérables, le gouvernement israélien a donné son feu vert, car il espère y gagner, récupérant les quelques millions de dollars par an qui sont actuellement versés à l’Egypte pour le transit des navires par le canal de Suez.

Un nouvel axe logistique Asie-Afrique

Le lancement du chantier de construction, certes assez timide, en octobre dernier par la partie chinoise, démontre que pour la Chine, les intérêts économiques sont prioritaires sur les problèmes géopolitiques dans cette région. Et les nombreuses visites du ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi en Israël au cours de ces derniers trois mois le prouvent.

Selon Ilan Maor, ancien consul d’Israël à Shanghai et ex-directeur du Département économique du ministère des Affaires étrangères d’Israël, ce projet n’aurait pas pu aboutir sans l’aide financière de la Chine. « Les entreprises chinoises cherchent à conquérir de nouveaux marchés. Elles veulent pénétrer plus activement sur le Continent africain, y exporter plus facilement leur production. Mais je ne pense pas que le gouvernement israélien ou les entreprises israéliennes auraient pu prendre en charge seules ce grand projet », explique-t-il.

Plusieurs sources indiquent que le volume des échanges entre la Chine et les pays d’Afrique s’élève à 120 milliards de dollars. Et ce chiffre augmente très lentement, limité par les capacités du canal de Suez. La possibilité d’emprunter cet axe de transit abaisserait sensiblement le coût des marchandises chinoises pour les pays importateurs.

Cependant la RPC ne sera la seule gagnante dans ce projet. Des sociétés japonaises, allemandes, canadiennes et françaises s’intéressent déjà à ce nouveau chemin de fer.

Un « Orient express » à grande vitesse en coopération avec l’Iran ?

En 2010, dans le cadre de sa politique de développement de la« Nouvelle route de la soie », Pékin a signé avec Téhéran un accord sur la construction d’un chemin de fer à grande vitesse à travers l’Asie Centrale vers l’Europe.

S’il est construit, ce projet futuriste reliera la mer du Nord à la mer Jaune en seulement deux nuits. T
Lire la suite: http://french.ruvr.ru/2014_03_31/Un-projet-ferroviaire-chinois-en-Israel-ouvre-la-porte-vers-l-Afrique-5564/

 
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Publié par le avril 7, 2014 dans Afrique, Asie

 

Pays des BRICS : l’avenir est à nous !

15Pays des BRICS : l’avenir est à nous ! ou le défi russe, non seulement le temps du démantèlement est terminé mais en prenant des sanctions vous ne faites qu’accélérer le monde multipolaire que vous craignez tant. Face à l’exclusion du G8, la Russie répond par la force émergente des BRICS. La Russie joue une partie dans laquelle toutes les tentatives pour l’isoler se heurtent en fait à l’existence d’une force pour le moment d’inertie mais aussi de proposition, de nouveaux rapports sud-sud encore embryonnaires mais qui en fait connaissent peut-être dans cette crise un nouvel élan. Cette crise ukrainienne donne le sentiment que se rejouent dans des termes entièrement renouvelés les événements de 1991 et l’effondrement de l’URSS. C’est peut-être ce qu’il y a de plus passionnant, voir à la fois le parallélisme et ce qui s’est profondément transformé.(note de Danielle Bleitrach)

La Voix de la Russie

A l’heure où les pays occidentaux menacent (encore) la Russie de sanctions (bien que de moins en moins ardemment), le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a ouvertement donné le ton lors du sommet sur la sécurité nucléaire à La Haye.

Ce forum a été une occasion supplémentaire de discuter avec le secrétaire d’Etat étasunien John Kerry, ainsi que d’une rencontre avec le ministre ukrainien par intérim des Affaires étrangères Andreï Dechtchitsa (la rencontre a eu lieu à la demande de la partie ukrainienne). Mais nous n’allons pas nous focaliser sur ces deux rencontres, mais bien sur celle qui s’est déroulée en tout premier lieu à La Haye : celle des ministres des Affaires étrangères des pays des BRICS.

D’ailleurs le fait même que la première rencontre de Lavrov à La Haye ait été consacrée aux BRICS est tout un symbole. A l’heure où les leaders occidentaux ne savent plus à quoi s’en tenir, notamment en affirmant que la Russie « ne ferait plus partie du G8 », le ministre russe des Affaires étrangères a une nouvelle fois montré la priorité de la Russie. Sergueï Lavrov a dit une chose importante durant son passage à La Haye, qui concerne justement le G8 : « Le G8 est un club informel, il ne distribue pas de cartes de membre et personne ne peut en exclure qui que ce soit. Si nos partenaires occidentaux estiment que ce format est dépassé, la Russie ne s’y accrochera pas ».

Quant aux pays des BRICS, et c’est effectivement une grande nouvelle, les quatre pays autres que la Russie (à savoir le Brésil, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud) ont condamné dans une déclaration commune les sanctions occidentales contre la Russie en tant qu’instrument de règlement de la situation en Ukraine, rapporte le quotidien canadien The Globe and Mail. Sergueï Lavrov a quant à lui exprimé la reconnaissance de la Russie envers les autres pays membres des BRICS pour leur « compréhension de la position russe au sujet de la Crimée ».

« En ce qui concerne la rencontre des ministres des Affaires étrangères des pays des BRICS ici à La Haye, nous avons entendu la compréhension de la situation, ainsi que la compréhension des aspects historiques de toute cette situation, et nous sommes reconnaissants à cet effet à nos partenaires », a déclaré Sergueï Lavrov durant la conférence de presse qui a suivi ses rencontres à La Haye.

Pour revenir aux BRICS, faut-il rappeler ce qu’ils représentent ? 25% du Produit Intérieur Brut (PIB) mondial, 42% de la population mondiale et plus de 25% du territoire terrestre mondial. Faut-il également rappeler que d’ici 2015, les pays des BRICS devraient assurer 61% de la croissance mondiale (selon le FMI) ? Les BRICS constituent déjà un véritable contrepoids au G7. Ils partagent une vision commune sur la plupart des aspects d’ordre économique, notamment en vue de réformer le système économique du monde. La création décidée par les pays des BRICS d’une nouvelle banque de développement dont le capital devra atteindre 100 milliards de dollars en est une preuve supplémentaire. Un projet il faut le dire grandiose et qui représentera une véritable alternative à la Banque mondiale et au Fonds monétaire international.

Mis à part l’aspect économique, faut-il rappeler que les BRICS sont de plus en plus unis sur les questions de politique internationale ? L’aspect sur lequel au départ de ce grand projet ambitieux un certain nombre de spécialistes occidentaux doutaient (concernant l’unité politique) aujourd’hui prend véritablement forme et l’on voit un point de vue commun sur la plupart des questions politiques internationales. Politique d’indépendance vis-à-vis des USA et globalement de l’Occident, respect de l’ONU et critique commune du diktat étasunien, non-reconnaissance du Kosovo en tant qu’Etat indépendant, opposition aux interventions armées en Côte d’Ivoire, Libye et Syrie pour ne citer que cela. Et maintenant un soutien pratiquement déclaré à la position russe en Crimée et face à la crise en Ukraine. D’ailleurs les précédents ivoirien et libyen ont permis aux BRICS d’avoir désormais une approche beaucoup plus efficace face aux « partenaires » occidentaux.

Pour finir sur notre projet commun des BRICS, il serait bon de reprendre une citation de Sudhir Vyas, secrétaire aux Affaires économiques du ministère des Affaires étrangères de l’Inde : « Au-delà de leur rôle de moteur de la croissance mondiale, nos cinq pays sont unis dans leur volonté de chercher des solutions durables face aux défis mondiaux. Nous en avons les moyens ».Autre aspect qui pourrait surprendre certains et pourtant, celui de la lutte et résistance face à l’impérialisme occidental tout au long de leurs histoires respectives. En marge donc des réflexions sur les BRICS, il serait également plus qu’intéressant de reprendre un commentaire d’un camarade chinois : « Je suis très heureux du fait que nos pays s’unissent ensemble pour un monde meilleur. D’une manière ou d’une autre tous nos pays ont été la cible de l’impérialisme occidental. Le Brésil a dû se libérer du colonialisme portugais. L’Inde du colonialisme britannique. Qui peut oublier les sacrifices de la Russie, de son peuple et de tous les peuples frères pour abattre la peste brune nazie d’Hitler ? Qui peut oublier la lutte du peuple de l’Afrique du Sud contre le régime raciste antihumain d’apartheid soutenu par les gouvernements occidentaux ? Et enfin en ce qui concerne mon pays, la Chine, nous avons très longtemps dû résister aux interférences néfastes occidentales, que ce soit celles des Britanniques, des Etasuniens ou d’autres pays occidentaux et ayant également perdu des dizaines de millions de vies humaines !". Un résumé pratiquement parfait.

L’avenir est à nous, l’avenir est aux BRICS ! N

 
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Publié par le avril 7, 2014 dans Asie, Economie, Europe, histoire

 

Kurdes : Complicité du gouvernement turc avec Al Qaida

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AKP et Al-Qaïda sur une même photo 2013-08-22 12:08:32 La complicité du parti au pouvoir turc, l’AKP de Recep Tayyip Erdogan, avec al-Qaïda a été cette fois-ci trahie par quelques photos sur lesquelles figurent des députés AKP et des « jihadistes » d’al-Qaïda.

Le maire BDP de Ceylanpinar, Ismail Arslan, a montré une photo sur laquelle figuraient un candidat AKP aux élections municipales, des membres de ce parti et un combattant du front al-Nosra, affilié à al-Qaïda, lors d’une réunion organisée le 21 août à Istanbul. « Cela représente la scène du crime. Ils (les membres d’al-Qaïda) ont été accueillis dans des hôtels et des chambres d’hôtes Police (…) Ils continuent de passer la frontière, d’être abrités et protégés » a déclaré le maire BDP, principal parti kurde.

Deux nouveaux clichés prouvant les relations de l’AKP avec les groupes armés d’al-Qaïda ont été publiés par les medias kurdes. Sur l’une des photos figurent les deux députés AKP de la province d’Urfa, Seydi Eyüpoğlu et Abdulkerim Göç, le chef antikurde de l’une des plus grandes tribus de Syrie qui entretient des liens avec Al-Qaïda, Nawaf al-Bachir, et le candidat AKP aux élections municipales, Menderes Atilla. Sur la deuxième photo, on voit Menderes Atilla et les responsables locaux de l’AKP réunis avec les « jihadistes » d’al-Nosra à Ceylanpinar, ville frontalière avec la Syrie. Nawaf al-Bachir a joué un rôle important dans les attaques visant la ville kurde de Sêrékaniyé (Rass al-Ain).

Selon les médias kurdes, plusieurs réunions secrètes ont eu lieu en 2012 entre al-Bachir et les services turcs pour élaborer un plan d’attaque contre le Kurdes. L’Etat turc aurait même accordé un budget de deux millions de dollars pour la réalisation de ce plan. Trois jours avant la première grande attaque contre Sêrékaniyé, il aurait rencontré le 18 novembre 2012 les chefs du front al-Nosra et Guraba al-Şam, deux groupes affiliés à Al-Qaïda pour organiser les attaques. Le 23 décembre 2012, il était parmi 70 chefs de tribus et commandants de l’armée syrienne libre (ASL) qui s’étaient réunis dans un hôtel d’Urfa.

Les Kurdes combattent à la fois le régime de Bachar al-Assad et les « jihadistes », soutenus par des brigades de l’ASL et des pays étrangers, notamment par la Turquie. Plusieurs associations turques, proches du gouvernement de l’AKP, soutiennent ouvertement les jihadistes et organisent leurs voyages vers la Syrie. De nombreux documents saisis par des combattants kurdes montrent leurs trajets effectués depuis l’Egypte, la Tunisie ou même les Etats-Unis vers la Syrie. Le 16 août, le commandant général du Jabhat al-Akrad, front kurde, a affirmé à l’agence de presse kurde Firat News que ses combattants ont tué deux membres des services secrets turcs (MIT) lors des affrontements qui ont eu lieu entre les 14 et 15 août dans la région de Sad Shahab, située dans le triangle Alep/Bab/Azzaz où se trouvent 117 villages kurdes. Le commandant Hadji Ahmad a dit que la présence de ces personnes est la preuve du rôle de la Turquie dans les attaques visant les Kurdes. –

See more at: http://www.actukurde.fr/actualites/539/akp-et-al-qaida-sur-une-mme-photo.html#sthash.o5Cbuz7x.dpuf

 

La Russie au pied du mur… et des distributeurs…

1-crimee-1980-urss-otan-cassiniLe projet de création d’un système russe de CB a été approuvé ce matin à la Douma. Selon le représentant de Russie Unie, cette question revêt une importance stratégique. Selon le député communiste Kashin, celà faisait de nombreuses années que la question était en suspens, mais elle était bloquée suite aux manoeuvres de lobbying des banques et intérêts financiers étrangers. Même l’Iran a son propre système de CB, a-t-il ajouté, la Russie devrait y arriver.

Système de paiement russe: Sberbank veut assumer le projet

http://fr.ria.ru/business/20140403/200898836.html

Où l’on voit que : 1) la Russie est en retard même par rapport au Japon et à la Chine

2) la Russie reste très dépendante de l’Occident

3) le côté « comprador » de la Russie est encore très présent

Mais à l’occasion de la crise s’accélèrent les formes d’indépendance ce qui visiblement emporte l’adhésion des communistes même si certains oligarques font grise mine… On peut toujours espérer comme l’espèrent les communistes qu’il y aura dans cette épreuve de force l’occasion d’un ressaisissement de la Russie, de toute manière on peut toujours se dire que comme l’ont prouvé Leningrad et Stalingrad, la Russie n’est jamais aussi bonne que quand elle est assiégée…

 
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Publié par le avril 4, 2014 dans Asie, Economie, Europe

 

tensions ethno-religieuses en asie centrale

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Depuis l’effondrement de l’URSS en 1991, les religions, longtemps étouffées par le régime athéiste soviétique, connaissent désormais un nouveau souffle, se traduisant par la restauration ou la construction de monuments religieux et par un regain de la pratique religieuse en public. Mais, en Asie centrale, le nouvel essor de la pratique religieuse engendre aussi l’apparition de nouvelles lignes de failles naguère encore inimaginables parmi les citoyens des États multiethniques et multiconfessionnels de la région. Ainsi, le renouveau de l’islam avive et divise notamment les esprits entre d’une part les musulmans et les adeptes d’autres religions et de l’athéisme, puis au sein des musulmans eux-mêmes, entre les tenants de la tradition et ceux de l’orthodoxie religieuse et enfin, dans cette dernière catégorie, les partisans de l’islam officiel encadré par les mouftiiat (directions spirituelles nationales des musulmans) et ceux du radicalisme islamique, lui-même divisé entre plusieurs écoles en concurrence.

Francekoul.com (Novastan.org)

http://francekoul.com/articles/tensions-ethno-religieuses-en-asie-centrale-ex-sovietique

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Photo Église orthodoxe de Bichkek

Église orthodoxe de Bichkek, Kirghizstan.

Crédit : Francekoul.com / Novastan.org

Faible religiosité et reconfigurations religieuses des populations de tradition nomade

Les peuples de tradition nomade, Turkmènes, Karakalpaks, Kazakhs et Kirghiz (plus particulièrement les Kirghiz du centre et du nord de la Kirghizie) restent par tradition peu islamisés et se sont de tous temps montré hostiles à l’instauration de toute règle religieuse contraignante, ayant depuis toujours préféré l’adat (droit coutumier oral des peuples nomades) à la charia (droit canon écrit islamique). Superficiel, l’islam traditionnel des nomades est aussi marqué par divers emprunts aux religions antérieures (bouddhisme, zoroastrisme, nestorianisme…), au culte des forces de la nature (tengrisme) et au chamanisme qui s’y rattache. L’athéisme officiel proclamé de l’époque soviétique n’a en rien modifié le rapport de ces peuples au sacré. En revanche, l’indépendance et l’ouverture de l’Asie centrale à l’international ont encouragé l’arrivée de nouveaux missionnaires musulmans et chrétiens dans la région, attirés par le vide spirituel de populations déboussolées par la perte des repères idéologiques, et séduits par les nouveaux marchés potentiels de la foi.

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Photo Mosquée chinoise Karakol

Mosquée chinoise de Karakol, Kirghizstan.

Crédit : Francekoul.com / Novastan.org

Sur un terreau de pauvreté idéal, les nouveaux missionnaires n’ont donc pas rencontré d’immenses difficultés à imposer leurs propres acceptions des différentes fois monothéistes à des populations traditionnellement tolérantes et labiles. Les conversions (ou reconversions) étaient massives, souvent guidées par le seul désir d’obtenir l’emploi promis et rêvé. Ainsi, aujourd’hui l’islamisme, même marginal chez les nomades, y a pourtant ses fidèles, principalement dans les banlieues défavorisées de Bichkek, d’Almaty ou d’Achkhabad, là où les populations déracinées ne se sentent plus assez marquées par leur appartenance ethnique pour conserver les traditions de leurs ancêtres, ni assez russophones pour pouvoir prétendre au monde de vie occidental des capitales. C’est au sein de ces mêmes populations qu’agissent aussi des mouvements protestants divers, comme les Témoins de Jéhovah ou encore l’Eglise mormone. Les sectes protestantes rencontrent un certain écho parmi les nomades, car tout en prêchant la rigueur de la foi, elles demeurent favorables à l’égalité des sexes réfutée par l’islamisme radical et permet ainsi aux femmes de conserver leurs acquis de l’époque soviétique. Ces sectes sont aussi pluriethniques, renforçant l’harmonie intercommunautaire, notamment parmi les populations russophones. Mais, au Turkménistan comme dans le nord de la Kirghizie, l’augmentation du poids des sectes protestantes ne va pas sans provoquer certaines tensions avec les religions traditionnelles, islam ou orthodoxie russe, les mariages ou les obsèques de proches servant parfois de terrains de confrontation entre les néo convertis et leurs parents restés fidèles à l’islamo-tengrisme de leurs aïeux.

Radicalisme religieux et menaces de balkanisation ethno-confessionnelle en Ouzbékistan et au Tadjikistan

En Ouzbékistan, au Tadjikistan et dans le sud de la Kirghizie, l’islam se trouve ici bien ancré, de par une tradition historique ancienne, et connaît de véritables courants contradictoires qui le traversent sur un fond de pauvreté et de chômage généralisé dans la jeunesse. La pratique d’un islam traditionnel, contrôlé par les mouftiiat, demeure très populaire chez les anciens, mais s’effrite chez les plus jeunes. Là, l’internationalisation des frontières, la réalisation du hadj (pèlerinage à La Mecque) et la venue constante de pèlerins missionnaires échappant au contrôle des autorités plus ou moins coercitives des Etats encouragent l’apparition d’autres formes moins conventionnelles et plus radicales que l’islam officiel. Plus religieuses que les nomades, les populations sédentaires sont particulièrement sensibles aux nouvelles formes du radicalisme islamique. Pour autant, ce radicalisme musulman est loin de constituer un tout homogène. Différentes écoles s’y opposent en son sein, entre les Nourjous prédicateurs turcs, le Jamat-i-Tablig arabo-pakistanais et le Hizb-out-Tahir. Les Nourjous, par un système de prédication rappelant les télévangélistes américains, visent plutôt un public lettré et urbain. Le Jamat-i-Tablig s’adresse au contraire principalement aux couches les plus défavorisées des grandes villes, tandis que le Hizb-out-Tahir a aussi ses fidèles en milieu rural dans la Vallée du Fergana et au Khorezm. Enfin, des jeunes désœuvrés et déjà depuis longtemps travaillés par les mouvements fondamentalistes musulmans finissent par rejoindre en Afghanistan les mouvements islamistes radicaux armés et affiliés à Al-Qaeda, comme le Mouvement Islamiste du Turkestan ou encore l’Union pour le Jihad Islamique, ou à constituer leurs supplétifs sur place lorsque ces derniers lancent régulièrement des offensives armées pour déstabiliser les régimes politiques autocratiques d’Asie centrale.
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Photo de mosquée à Barskoon

Mosquée, village de Barskoon, Kirghizstan.

Crédit : Francekoul.com / Novastan.org

Par leurs financements extérieurs, les mouvements islamistes ou protestants parviennent à remplacer l’Etat, là où il a partout démissionné : Assistance médicale et sanitaire, ouverture d’écoles et de crèches, transports publics privés, bourses d’études, emplois réservés… L’Etat devra donc, le plus urgemment possible, reprendre pied dans la vie sociale au risque de perdre sinon la partie devant ce cancer insidieux qui grignote peu à peu les sociétés centrasiatiques de l’intérieur. La question de la polygamie, du voile (et de la limitation des droits de la femme), de la nature de l’enseignement, de la propriété des biens religieux ou, en général, des relations entre l’Etat et les religions se pose chez un bon nombre des députés des parlements nationaux. En Kirghizie, si le sud religieux pourrait être séduit par de telles mesures, le nord laïc ne se retrouvant pas dans ces valeurs, pourrait à moyen terme se séparer du sud, au nom de la protection des valeurs kirghizes traditionnelles menacées.

David GAÜZERE

Directeur du Centre d’Observation des Sociétés d’Asie Centrale (COSAC)

 
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Publié par le avril 4, 2014 dans Asie, civilisation, guerre et paix

 

Les communistes partent à la conquête de Novossibirsk (Russie)

1Novossibirsk est la plus grande ville de sibérie dans l’oblast de Novossibirsk, c’est un nœud ferroviaire sur le Transsibérien, lieu de passage obligé entre l’ouest (Moscou est à plus de 2500 km) et la Chine. Mais c’est aussi une capitale intellectuelle et culturelle avec une des meilleures université du pays, la cité de l’Académie des sciences et son théâtre avec un ballet célèbre. Ce sujet témoigne de choses qui demeurent pour le moins inconnues chez nous, à savoir que le parti qui partout rivalise avec celui de Poutine est le parti communiste et que souvent le parti du président (par ailleurs lui-même très populaire) ne se maintient face aux communistes que par violence et bourrage d’urnes. Nous sommes littéralement pris dans une illusion politique en France où tout est fait pour nous convaincre que des partis et des individus qui ne représentent qu’eux mêmes sont les concurrents du parti du président tout cela parce qu’ils parlent anglais et sont proches dans leurs mœurs et leurs discours de nos propres élites médiatiques et politiciennes. Ce sujet témoigne aussi de la nature souvent violente des relations entre le parti au pouvoir et les communistes, qui cependant sont d’accord sur un grand nombre d’aspect de la politique internationale en particulier sur le danger fasciste et l’otAN.

Jeudi 3 Avril 2014

Novossibirsk (1.523.801 habitants), capitale administrative de l’oblast du même nom, principale métropole russe à l’Est de l’Oural et capitale de la Sibérie doit renouveler son maire le 6 avril – article et traduction Nico Maury

Les communistes partent à la conquête de Novossibirsk (Russie)

Le maire de Novossibirsk, Vladimir Gorodetsky, a quitté son poste pour devenir vice-gouverneur de la région déclenchant ainsi des élections anticipées. Plus de 17 candidats se sont inscrits pour cette élection. Anatoly Lokot a été désigné par le Parti communiste (KPRF) pour conquérir cette ville, capitale de la Sibérie.

Anatoly Evgenbevia Lokot est désormais le candidat unique de l’opposition pour l’élection du maire de Novossibirsk.

Les candidats en lise pour cette élection se sont retirés de la course pour soutenir le député communiste Anatoly Lokot. Ilya Ponomarev (candidate unie du parti des Verts et des sociaux-démocrates ) , l’ancien ministre de l’économie Ivan Starikov ( Initiative civile ) , le chef de file de l’organisation régionale des Patriotes de Russie Alexander Mukharytsin , Alexei Yuzhanin ( du Parti pour la transformation spirituelle de la Russie ) et Ivan Starikov (communistes de la Russie ) ont fait un appel commun pour soutenir le candidat du KPRF.

Ivan Starikov confirme sa volonté de se retirer en faveur de Lokot. "Je confirme également que je suis prêt à respecter l’accord sur la candidature unique,, il devrait y avoir un programme commun. Avec cette unité autour d’un candidat commun, nous engageons nos ressources et nos structures pour lui"

Des militants et des membres d’organismes publics d’opposition ont signé un accord de retrait. Ils ont annoncé qu’ils faisaient d’Anatoly Lokot le candidat unique de l’opposition.

Les communistes partent à la conquête de Novossibirsk (Russie)

Violences contre les communistes

Depuis le début de la campagne, les forces de l’ordre sont déployées pour tenter de paralyser les militants communistes. Sergey Sukhorukov, un responsable de district du KPRF a été battu, il a une jambe cassée, des blessures à la moelle épinière sévère, une balle dans la main et des ecchymoses sur son visage. Une deuxième victime a été abattue par balle, c’est seulement par pure chance que cette dernière n’a pas touché l’artère. "Pour nous, il est évident que ces exécutions de militants communistes sont directement liée à l’élection municipale à Novossibirsk" déclaré dans un communiqué le Parti communiste de Novosibirsk.

Dans le bureau du directeur général de la maison d’édition du journal "Sibérie Soviétique", Vyacheslav Korjagin, "des hommes en civil" ont exigé la destruction du matériel de propagande du candidat communiste. Ce dernier considère ce fait comme une intervention des forces de police pour tenter d’influencer le cours de la campagne électorale.

Lors des législatives de 2011, le KPRF était arrivé en tête à Novossibirsk

En 2011 le Parti communiste était arrivé en tête des législatives avec 34,17% des voix devant le parti de Vladimir poutine, Russie unie, qui a recueilli 27,69% des suffrages. Iabloko, le parti libéral pro-UE, recevait 6,32% des voix, un seuil faible ne permettant pas la qualification de ce dernier (7% pour avoir un élu).

Anatoly Evgenbevia Lokot (55 ans), est le Premier secrétaire du Comité régional de Novossibirsk du Parti communiste (2006), membre du Comité central depuis 2008. Il adhère au Parti communiste d’Union soviétique (PCUS) en 1984, et est élu député (Douma) pour la région de Novossibirsk depuis 2003. Il est le seul député a ne pas avoir voté le rattachement de la République autonome de Crimée à la Fédération de Russie.

 
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Publié par le avril 4, 2014 dans Asie, civilisation

 

Wang Bing :Une attention passionnée à la lutte pour la vie et la bonne conscience charitable, esthétisante et touristique par danielle Bleitrach

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Hier j’ai vu pour la première fois un film de Wang Bing, les trois soeurs du Yunnan. Ce fut un choc d’abord le film lui-même. C’est un grand cinéaste et cela se reconnait à un regard qui n’a pas d’équivalent, celui d’un homme qui choisit le documentaire pour dire quoi sinon la bataille pour la vie des petites gens. C’est un film semble-t-il original par sa brève durée et donc son montage dans la filmographie du cinéaste, Il ne dure que deux heures mais l’on sent très bien à quel point la fatigue, l’ennui qui rend les membres pesants aide à percevoir ce avec quoi nous mettre en empathie le cinéaste, des corps qui s’usent au travail, des paroles qui n’arrivent pas à émerger. Dans un paysage âpre, fort, celui d’un village de montagne d’un province pauvre de la Chine le Yunnan, le cinéaste filme le temps de la quotidienneté, celui d’une fillette devenue femme avant l’âge parce qu’elle doit s’occuper de ses deux petites soeurs. Toute sa vie, son travail au-dessus de ses forces est aussi tentative pour retenir l’enfance, l’apprentissage scolaire, le jeu. C’est d’un beauté qui ne doit rien au manièrisme misérabiliste et tout à la force vitale de cette humanité qu’il guette dans ce qu’elle a de plus fort et de plus essentiel.

Wang Bing a beaucoup travaillé sur le passé de la CHine, la mémoire occulté des camps de travail de la Révolution culturelle, celle déformée des pensionnaires d’un asile psychiatrique, là il s’agit du présent. Il tente de comprendre le présent en suivant les traces du passé inscrit dans le sol que l’on travaille, la boue qui envahit, et les gestes rudes mais solidaires. Wang Bing n’est pas un dissident, il crée la mémoire du peuple chinois, de ces vaincus à l’immense patience qui sont la Chine. Face à un monde, une jeunesse chinoise qui se perd dans la consommation, il gratte pour la forcer à voir ce qui l’entoure et qui poursuit au coeur du consumérisme le travail humain.

Mais là aussi il y a la nécessité de nous faire comprendre ce qui demeure invisible dans un monde où le cinéma est réservé à une élite alors même que comme dans le film la télévision qui reste allumée et à laquelle on jette un regard distrait fait passer des films de guerre. Un monde invisible perdu dans les brumes d’un paysage de montagne et qui pourtant nous dit ou devrait nous dire à quelle humanité nous appartenons pour le pire mais aussi pour le meilleur, cette formidable lutte pour la vie, cette animalité et ces gestes de tendresse mutuelle pour nourrir et alléger la peine. C’est beau comme peut l’être un tableau de Le nain alternant avec l’immensité de la montagne et son air raréfié. Le cinéma donne un souffle, quand l’enfant foule la nourriture des bêtes ou ramasse le crottin de cheval, les pommes de pin, tout est arraché à la terre et les senteurs nous envahissent. Quand un cinéaste est capable de nous restituer non pas seulement la réalité mais sa transformation à travers les corps qui s’usent, c’est un grand.

Oui mais voilà ses films ne sont pas diffusés en Chine, il n’y a pas de marché et encore moins de volonté politique pour un tel cinéma. En revanche l’occident, la France en particulier a découvert un cinéaste et hier la salle n’a pu accueillir toute la foule qui e pressait. Qui était ces gens-là? Ceux qui ont un capital culturel, milieu enseignant, travailleurs de la santé, des curieux qui ont déjà "fait" des pays en touristes et qui ont une curiosité qui excède celle des agences de voyage… Et pourtant…

Car l’expérience ne fut pas seulement cette découverte d’un grand cinéaste mais bien la salle et le débat qui a suivi. J’ai été confrontée à ce qui m’est insupportable depuis pas mal de temps, des gens "moraux" capables d’appuyer n’importe quelle expédition otanesque pour peu qu’on leur explique qu’un méchant dictateur fait le malheur de son peuple. Je suis littéralement obsédée par ce problème et je me disais : imaginons que sur ces gens-là on balance des bombes, on crée le chaos parce que tous ces spectateurs sont convaincus d’avoir le droit, la justice, la compétence pour juger de ce qui est bon pour eux. Des gens qui en voyant ces images se demandaient "est-il possible de vivre ainsi?" En ignorant totalement ce que sont les conditions de vie du trois quart de l’humanité. Ce village chinois misérable fait partie de ce qui est encore le meilleur de ce "Tiers Monde". Un village de montagne à plus de 3200 mètres d’altitude dans lequel les enfants vivent en guenilles dans la boue en s’occupant une bonne part de la journée des travaux des champs, mais où les filles vont à l’école, où les enfants sont ronds et ont de quoi manger, ne sont pas comme dans certains lieux vidés par la sous alimentation et le marasme, c’est plutôt mieux que le reste de l’humanité que j’ai pu rencontrer à Haïti par exemple. Un village où il y a l’électricité, une télévision collective, des réunions où l’on mange ensemble pour constater l’âpreté des autorités locales et tenter de s’y opposer c’est courant. Il n’y a aucun misérabilisme mais un hymne à la vie et un hommage aux gestes quotidiens de cette immense part de l’humanité que nous ignorons.

Cette salle capable de "faire" un pays en touriste, le mot "faire" m’a toujours frappé et de ne rencontrer que les escrocs qui pullulent autour de l’industrie touristique n’était pas dénuée de capacité d’émotion, très esthétique. "MOn dieu comme c’est poignant, ces pauvres gens" a dit ma voisine. Que va-t-elle retirer de cela politiquement? Que tout est la faute du gouvernement chinois. Wang Bing ne joue pas les dissidents, il est mieux que cela. Il recueille la mémoire au présent de toutes ces humbles forces sacrifiées au développement mais à l’inverse de cette salle il ne dit pas "il y a ka!" J’ai été prise d’effroi en me disant que ces gens venus voir ce film demain seraient prêts à une campagne de dénonciation de ce pays jusqu’à favoriser une intervention armée et peut-être trouveraient-ils dans le spectacle de cette petite fille à qui on vole son enfance de quoi alimenter leur appui vertueux à une entreprise de pillage et une nouvelle tragédie otanesque.

Voilà y a-t-il un langage possible entre notre monde et celui de Wang Bing ? Je n’y crois plus.

Danielle Bleitrach

 
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Publié par le avril 2, 2014 dans Asie, cinema

 
 
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