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Archives de Catégorie: POLITIQUE

La base commune pour un congrès extraordinaire reste à écrire, relevons ensemble ce défi !

je vous promets que je n’avais pas connaissance de ce texte et d’ailleurs je ne l’ai pas (encore) signé,j’en prends connaissance en même temps que vous. Cette démarche est  exactement celle que j’appelais de mes voeux pour reconstruire l’unité du parti. Cette démarche est celle que j’espérais et je souhaiterais qu’elle aille au de-là des signataires y compris avec des gens avec lesquels il reste on le sait des questions « ouvertes » et qui n’ont pas voté au CN la base commune proposée, je pense en particulier à nos camarades du Val de Marne et de la section économique, mais ils ne sont pas les seuls. Bien des communistes, des élus, des syndicalistes font la preuve dans les luttes de leur volonté qu’il existe un parti révolutionnaire, nous devons associer le plus largement possible à cette démarche et c’est comme cela qu’i ne s’agira pas d’un simple texte alternatif. Nous devons effectivement accomplir ensemble le travail devant lequel la direction s’est jusqu’ici dérobé. Il existe entre nous tous une exigence commune celle de construire un parti communiste, un parti révolutionnaire à la hauteur des enjeux. Nous sommes attachés à l’existence de ce parti sans lequel il n’y a aucune perspective de transformation, de progrès, dé démocratie possible (les faits sont têtus). Nous sommes également convaincus que l’unité doit être construite dans le dialogue et non dans l’évacuation des débats comme le montre l’actuelle proposition de la direction.

Doc je publie ce texte sur mon blog et je le signe .

Danielle Bleitrach

par  lepcf.fr

Un appel à écrire tous ensemble une base commune utile et rassembleuse !

Il y a presque un an, à l’issue des élections présidentielles et législatives, les communistes décidaient de convoquer un congrès extraordinaire. La résolution du Conseil National pointait alors notre échec électoral, l’interrogation quant à l’avenir et au rôle du PCF et l’exigence d’un bilan collectif.

Le projet de base commune issu de la direction sortante a été approuvé par une très courte majorité au Conseil National (Pour : 49, Contre : 26, Abstentions : 16, 91 présents sur 170). Nous sommes très loin de l’enthousiasme promis en novembre au moment de la Conférence nationale. De très nombreux camarades n’ont pas trouvé dans ce texte les éléments permettant la discussion nécessaire sur le bilan de notre stratégie et de la direction, les propositions permettant de rompre avec l’effacement et de redonner au PCF une visibilité nationale et une présence sur le terrain, la détermination à construire le parti communiste dont notre peuple a besoin pour ouvrir une alternative révolutionnaire.

Plusieurs camarades ont proposé que le texte soit réécrit. Mais la direction nationale a préféré accepter quelques aménagements sous forme de fenêtres sans que cela change la finalité de ce texte, écrit pour permettre que tout continue comme avant en évitant toute réorientation stratégique.

Cette situation nous conduit à décider de rédiger une nouvelle base commune qui ne se contente pas d’être un texte alternatif mais se fixe l’objectif de rassembler largement les communistes pour devenir le texte majoritaire, en permettant le travail de débat et construction collective que la direction nationale refuse d’assumer. Nous pourrions ainsi tous ensemble créer une situation nouvelle qui serait déjà extraordinaire.

C’est pourquoi, nous appelons à ne pas multiplier les textes alternatifs. Sans quoi les mêmes causes produiront les mêmes effets, à savoir : permettre à la base commune officielle d’arriver en tête pour reproduire à nouveau la même stratégie portée par la même direction nationale conduisant notre parti au plus bas de son histoire.
Nous sommes très nombreux à vouloir faire vivre un parti révolutionnaire auquel s’identifie la classe ouvrière et tous ceux qui vivent du travail et non du capital, vouloir rompre avec l’effacement du PCF qui doit reconquérir un rôle central dans l’affrontement de classe, à travailler à un parti s’appuyant sur des organisations locales solides et utiles, permettant à chaque communiste de trouver sa place.

En cela, un bilan stratégique approfondi, préalable indispensable à un congrès extraordinaire, s’impose pour considérer le marxisme comme notre outil pour penser le monde et l’avenir, pour que des décisions nouvelles soient prises permettant de sortir de la spirale de la défaite dans laquelle nous disparaissons peu à peu et pour permettre la remontée de l’influence du PCF.

Nous savons que nous avons des points de vue différents sur un certain nombre de questions que nous ne sous-estimons pas, mais il nous semble que nous devons faire de cette difficulté une chance en acceptant d’ouvrir sur la durée les débats nécessaires et d’y travailler pour trouver le chemin de l’unité.
En 2007, nous avons su unir nos voix pour empêcher la disparition programmée du PCF et son changement de nom. Aujourd’hui, sachons nous rassembler pour permettre que l’engagement historique des communistes en France se poursuive et retrouve toute sa force pour être utile à la classe ouvrière, celle de tous les exploités et opprimés.
Nous savons que ce qui nous réunit est plus important que ce qui nous divise et que nous pouvons sans attendre écrire et mettre en œuvre ensemble une nouvelle stratégie parce que nous partageons la conviction que l’existence et le renforcement du PCF sont essentiels.
Il ne s’agit pas dans ce congrès qui peut encore être extraordinaire que chacun écrive au mieux ce qu’il pense mais que nous écrivions tous ensemble le texte permettant aux communistes d’affronter l’avenir de façon fraternelle et dynamique, en étant rassemblés, clairement révolutionnaires et marxistes.

Premiers signataires :

Caroline Andréani (93), Paul Barbazange (34), Michèle Bardot (67), Luc Bazin (26), Pascal Brula (69), Robert Brun (26), Floriane Benoît (38), Marie-Christine Burricand (69), Peggy Cantate Fuyet (92), Michel Dechamps (04), Jeannette Duriaux (71), Rémy Ferront (73), Hervé Fuyet (92), Gilles Gourlot (75), Guy Jacquin (69), Michaële Lafontant (92), Armand Lecoq (31), Anne Manauthon (06), Jean-Pierre Meyer (83), Pierre-Alain Millet (69), Leila Moussavan-Huppe (67), Willy Pepelnjak (38), Hervé Poly (62), Gilbert Remond (69), Laurent Santoire (93), Danielle Trannoy (33), Bernard Trannoy (33)

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2 Commentaires

Publié par le juin 11, 2018 dans Congrès du parti 2018

 

Que faire pour sauver l’existence d’un parti révolutionnaire en France ?

Réflexions d’une militante de base et qui souhaite le rester… Voici la lettre que j’adresse aux camarades de ma cellule, en leur proposant une diffusion à ses membres et si ceux-ci sont d’accord l’envoi en mon nom à la section et à la fédération, le cheminement habituel.

Pour des raisons que les lecteurs de ce blog devraient connaître, j’ai pris ces derniers temps une distance avec le quotidien du pCF,en l’occurrence la préparation d’un Congrès que l’on annonçait comme extraordinaire et effectivement je pensais qu’un tel Congrès était indispensable. Au point où nous en sommes voici des réflexions strictement personnelles.

Si la preuve du pudding est qu’on le mange, la preuve du  Congrès de l’an dernier était qu’il n’avait servi à rien, pris comme il l’avait été dans les déclarations de la direction d’abord en faveur des primaires puis en faveur de Mélenchon. Le résultat était l’effacement du parti et l’élection de Macron.on peut considérer comme injuste le fait d’attribuer l’élection de Macron aux carences du Congrès du PCF, mais j’affirme qu’effectivement l’élection de Macron, le déplacement de tout l’échiquier politique vers la droite voir l’extrême-droite est le résultat de l’affaiblissement de l’alternative communiste. Et c’est même pour cela que l’on ne pouvait pas éviter la question du bilan sur une période plus longue.

Si on en faisait un autre c’est que la situation l’exigeait. Le contexte était plus que préoccupant:

Le contexte

Au niveau international, nous assistions à l’équivalent de la chute de l’empire romain ou plutôt de l’hégémonie occidentale derrière les Etats-Unis, et la montée en puissance d’autres forces, dont la CHine. Qui est tout de même dirigée par un parti communiste qui affirme sa fidélité au marxisme léninisme. Situation que notre congrès se doit impérativement d’aborder alors que le projet de base commune nie autant notre passé que l’avenir qui se dessine sous nos yeux. La proposition de base commune ignore totalement l’existence d’expériences socialistes et de partis communistes au pouvoir qu’il s’agisse de la Chine, de Cuba ou du Viet-nam. Pourtant il y a là des formes de résistances et même d’offensives que nous ne pouvons pas ignorer. En quoi de surcroît l’internationalisme est-il un moyen de faire face aux dangers impérialistes?

La bête blessée, l’impérialisme derrière les Etats-Unis n’en était que plus dangereuse et cela fait monter des questions comme celle de la paix, de notre sortie de l’OTAN,etc… Là encore pourquoi ignorer le positionnement sur ces questions des partis communistes européens ?

Cette situation de la mondialisation, trouve sa traduction dans la crise européenne et celle que l’on pourrait qualifier de méditerranéenne qui nous confrontait de plus en plus aux effets des guerres et des pillages de ce capitalisme à son stade sénile.

Au plan national, la même situation a trouvé sa traduction dans l’élection du représentant sans complexe du capital monopoliste financiarisé bien décidé à démanteler tous les conquis et protections, à exercer la domination d’une classe sociale sur le monde du travail et sur toutes les catégories directement impactées par cette accélération de l’exploitation.

Pourtant dans cette situation, nous avions un affaiblissement de classe, divisions syndicales et surtout du parti révolutionnaire, ce qui créait un délitement des forces de gauche et de progrès et une montée de l’extrême-droite.

Cette situation exigeait un Congrès ouvert et audacieux:

Avec deux objectifs essentiels, une analyse de fond du contexte tel que je viens de le résumer, en particulier le bilan de ce qui avait conduit à l’affaiblissement d’une alternative révolutionnaire en France et les moyens de recréer la force révolutionnaire sans laquelle il n’y aurait aucun Front populaire apte à résister et à transformer la situation.

Sur ces deux questions,il me paraissait utile de laisser le débat ouvert, de pointer les thèmes sur lesquels il y avait des possibilités d’analyse différentes, par exemple notre analyse del’UE, de la sortie ou non de l’euro,  en étant bien conscients que c’était la pratique, celle de nos combats qui aiderait à trancher, mais le Congrès devrait à la fois porter ces questions de fond et laisser la discussion être menée jusqu’au bout.

Il ne pouvait y avoir de base commune que si celle-ci aborde les questions de fond, quitte à laisser ouvertes celles qui sont en débat.

La situation se referme

Il y a eu au départ de bonnes choses, le choix de préparer le Congrès en même temps que nos luttes. Il y a même eu un début d’ouverture qui personnellement me permettait d’espérer une base commune et un véritable COngrès extraordinaire.

Mais rapidement, les échéances électorales et les manœuvres d’appareil sont venues perturber cette démarche. Elles n’étaient pas toutes du fait du PCF, celui-ci y a été plutôt soumis, mais il y a eu au moins complaisance de la part de la direction à nous y enfermer dans des colloques personnels.  Les déclarations intempestives non seulement d’un Melenchon et d’un Besancenot, mais celles d’un Pierre Laurent, relevaient de ces petits jeux favorisés par les médias. Elles ne tenaient pas compte de l’état de la réflexion. ni surtout de l’état des luttes, celle en particulier de la SNCF, des hospitaliers qui sont demeurées exemplaires et dont la caractéristique encore aujourd’hui est la combativité sur les questions fondamentales relevant à la fois de la défense des salariés et celui du service public, de la territorialité.

Il est caractéristique selon moi que ce qui est en train de se refermer au niveau du Congrès et des espoirs qu’il suscitait, corresponde à la situation politique plus générale où face à une combativité accrue, un mécontentement plus grand, le pouvoir répond par une fin de non recevoir. Face à cela, les directions de gauche  opposent une unique solution: une sorte d’effet de masse qui naîtrait d’une union sans principes et autour d’individualités, et  qui évite soigneusement la question pourtant centrale d’ un renforcement des forces révolutionnaires qui correspondent à l’exigence populaire. On le voit bien à la SNCF où la combativité des personnels, empêche la division syndicale à l’oeuvre pourtant.

Le choix n’est pas seulement de Congrès,il est là devant nous, l’expérience est faite chaque jour des erreurs politiciennes. Et il est courant de voir que l’emphase est d’autant plus grande que le résultat  en matière de mobilisation est décevant.

Au fur et à mesure que montaient ces tentatives politiciennes, celle d’un pouvoir qui se durcit, refuse le dialogue, celle des divisions sous couvert d’unions d’appareils et d’individus, j’ai personnellement senti la situation du débat du Congrès se refermer, mais aussi la détermination d’un certain nombre de militants se renforcer autour de l’idée que l’on ne pouvait continuer comme ça.

Et comme d’habitude, sans que cela soit dit, on a vu surgir deux thèmes celui des alliances électorales et celui du remplacement ou non du secrétaire. Pourquoi ce dernier a-t-il posé son maintien comme un enjeu? Il a moins réussi sur ce plan, il est clair que l’on ne peut désormais éluder le fait que le PCF ne peut pas survivre en ayant à sa tête comme cela est le cas avec les trois derniers secrétaires des gens qui sont de fait des sociaux démocrates qui ne croient pas en la nécessité d’un parti communiste ou alors le font à la manière des trotskistes prétendant en surface se détacher de la social démocratie.On ne peut pas continuer en particulier à déconsidérer tout notre passé et tous les partis communistes existant au nom d’un vague humanisme et de quelques citations de Marx décoratives.

Et maintenant que faire? 

La publication, le weekend dernier de la base commune votée à une faible majorité par un Conseil National qui depuis un an a perdu la moitié de ses présents a porté un coup à cet espoir d’un Congrès sur une base commune ouverte. Non seulement les questions que j’ai pointées étaient éludées au profit d’un galimatias qui représente à sa manière l’équivalent d’une motion de synthèse du PS. Le tout dans le contexte de la manœuvre autour de la candidature du « chef de file communiste » et pas « tête de liste ». Et bien sûr la fuite en avant le refus de tout bilan dont le complément est l’incapacité à nous situer dans un monde en plein bouleversement.

Il est vain de vouloir le cacher, on ne peut qu’éprouver trois réactions devant ces manœuvres d’une direction affaiblie:

la première est la déception devant la manière dont le Congrès qui devrait être extraordinaire et de fait fermé.

La seconde est la colère devant l’irresponsabilité d’une direction minoritaire qui prend le risque d’une crise dont le parti tel qu’il est ne se relèvera pas. L’imbécillité d’une attitude qui prétend manipuler et obtenir une majorité par une nouvelle saignée et à terme la poursuite d’une politique d’effacement.

Troisièmement, l’incompréhension et l’exaspération : cela ne peut que polariser les débats autour de la direction et le fait qu’elle est déconsidérée tout en s’accrochant. Pourquoi? S’agit-il d’une stratégie suicidaire prétendant activer les mécanismes du légitimisme jusqu’à ce que mort s’en suive?

Dernière nouvelle : Européennes: Pierre Laurent invite la gauche à une réunion pour le 2 juillet.

On ne peut pas en rester là! 

Il s’agit non pas de ma part d’une tentative pour sauver ce qui a fait son temps, mais de la conviction qu’il faut un parti communiste et que si nous n’arrivons pas à construire cette force révolutionnaire, nous avançons vers la désunion, l’émiettement et surtout les dévoiements fascistes et bellicistes.

Honnêtement comme les lecteurs de ce blog ont pu le constater, j’ai pris du recul, celui que mes problèmes personnels exigeaient, mais aussi atterrée comme je l’étais par l’attitude des directions et de ceux qui les suivent jusqu’à l’absurde.

Pourquoi avoir renoncé de fait à mener ce Congrès ouvert sur le fondamental ? Qu’il y ait des coquins c’est vraisemblable mais ce n’est pas le cas de ceux qui mettent en oeuvre sur le terrain un tel suicide? En fait, c’est plutôt le corollaire de l’affaiblissement, en matière théorique autant qu’organisationnelle et c’est cet affaiblissement que certains de nos militants comme de nos élus s’emploient à combattre. Ils ont choisi la voie juste, celle du renforcement pour que les communistes se réapproprient leur parti. Personnellement, je m’associe à leurs initiatives et à leurs combats, la voie qui permet de préserver l’unité du parti et aide à poser les bonnes questions.

En ce qui concerne la base commune, le COngrès, j’ai toujours été contre les textes alternatifs, mais ceux-ci étaient devenus les seuls moyens d’exprimer son refus d’une ligne suicidaire et anti-révolutionnaire.

Donc je souhaiterais si cela est encore possible que la proposition de base commune soit revue, que ceux qui se cramponnent à cette absence d’analyse et de perspective acceptent un véritable dialogue avec la conscience que nous sommes tous ou dans notre immense majorité attachés à l’existence du PCF.

Si cela s’avérait impossible, faudrait-il que ceux qui souhaitent en priorité conserver et développer un parti révolutionnaire s’unissent et proposent une véritable base commune ouverte?

Je ne suis pas en situation de me placer à la tête d’une telle initiative même localement, mais je souhaite que les communistes prennent leur responsabilité comme je le fais ici à titre individuel en appelant à un véritable sursaut.

Danielle bleitrach

 

 
 

Blâmer la Chine ne guérira pas les ennuis internes du G7

Par Ai Jun Source: Global Times Publié le: 2018/6/7 23:18:41,http://www.globaltimes.cn/content/1106085.shtml#
Autre article de Global Times qui dresse encore un tableau pessimiste du monde occidental: le diagnostic est clair, ce qui arrive à ces pays riches occidentaux n’est pas du fait de la Chine, mais de l’impossible gouvernance de pays divisés par les intérêts individuels et l’impossible coopération à un bien collectif, ce que Hegel décrivait déjà comme « la bête sauvage » des intérêts particuliers. Il voyait dans l’Etat le seul dépassement possible, mais Marx déjà renversait la démonstration en faisant de l’Etat de la société bourgeoise, le résultat de ces contradictions de classe . La « gouvernance » des Etats occidentaux, leur système hégémonique est arrivé à sa propre destruction. A mettre en lien avec le précédent article de Global Times. On peut aisément arriver à l’idée sous-jacente que la fin de l’Union Soviétique (vendue par Gorbatchev) a signifié la fin de l’hégémonie occidentale puisque celle-ci a perdu toute régulation, personnellement j’en suis là. (note et traduction de Danielle Bleitrach)
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Le sommet du G7, vendredi et samedi, devrait être témoin de frictions. 

Des indices de ce qui va se passer peuvent être observés en prenant en compte   la réunion des ministres des Finances du G7 qui vient de s’achever,  une réunion emplie de colère et d’accusations. Étant pris dans le différend tarifaire, les nations européennes ont fustigé  Washington. Certains n’ont pas oublié de mentionner la Chine. « Le G7 devrait collectivement dire à la Chine de suivre les règles mondiales », a déclaré le ministre des Finances japonais Taro Aso. 

Jetez un coup d’œil sur le chaos dans les Etats membres du G7: Cela a-t-il quelque chose à voir avec la Chine?

Prenez l’Italie. Le nouveau gouvernement populiste a proposé une feuille de route ambitieuse pour stimuler l’économie stagnante du pays, mais Bruxelles le considère comme un plan horrible. Les observateurs estiment que la mise en œuvre du programme entraînera d’énormes dépenses budgétaires, il menacerait la stabilité financière de la zone euro et déclencherait une nouvelle série de crises de la dette, compte tenu de la récession économique de l’Italie qui atteint 132% de son PIB. . 

L’Italie est-elle en attente? Rome voulait de toute façon quitter l’UE depuis longtemps. Quitter le bloc ne va pas aider à résoudre les problèmes tels que le chômage croissant, le ralentissement économique et la montée du populisme. Ceux-ci ont été créés par la baisse de la compétitivité et de la capacité de gouvernance de la nation, un problème qui affecte non seulement l’Italie mais aussi quelques pays occidentaux.

Les frictions progressent entre Washington et Bruxelles. Le plus ennuyeux pour l’UE a été le retrait américain de l’accord nucléaire iranien et son ultimatum à ses alliés européens d’avoir à cesser les affaires avec Téhéran. Par rapport aux tarifs américains d’importation de métaux, le G7 sera divisé. « Ce sera un G6 plus un », a déclaré le ministre des Finances français Bruno Le Maire. 

Les contradictions entre les États-Unis et le Japon ne sont pas plus minces. Après que la Maison-Blanche ait annoncé en mars des tarifs mondiaux sur l’acier et l’aluminium, elle a offert des exemptions temporaires à certaines économies comme l’UE, le Canada et la Corée du Sud. Le Japon n’était pas inclus. 

Le G7, le club des pays riches qui est censé mieux promouvoir le développement des économies occidentales, est maintenant entrain de ressembler à une bataille de chiens. 

Pourquoi? La Grande Désorganisation: la Nature Humaine et la Reconstitution de l’Ordre Social par Francis Fukuyama peuvent fournir une réponse. Le livre suggère que les pays occidentaux souffrent d’une pénurie de capital social, ce qui signifie «un ensemble de valeurs ou de normes informelles partagées entre les membres d’un groupe qui permet la coopération entre eux». 

Ce sont ces normes partagées qui facilitent la confiance que l’autre agira de manière fiable et honnête. Ceci est lié à la question de la gouvernance en Occident. 

Dans le monde occidental d’aujourd’hui, l’individualisme a triomphé de la communauté. Face aux crises et aux divergences, les gens et les nations ont tendance à ne se soucier que de leurs propres intérêts.

Le journal Yomiuri Shinbun a récemment publié un article suggérant que le monde est entré dans une compétition entre le « système libre et démocratique » et le « nouveau système chinois », appelant le Japon, les Etats-Unis et l’UE à s’unir contre  Pékin. Les défis n’ont pas été créés par la Chine, mais tout ce qu’ils ont tendance à faire, c’est détourner l’attention vers Pékin. 

Mais les démocraties occidentales devraient d’abord résoudre leurs propres problèmes, au lieu de parler de la concurrence avec la Chine.

 

Le sommet Trump-Kim montre que le pouvoir américain a décliné Par Dmitry Shlapentokh

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Source: Global Times Publié le: 2018/6/7 20:53:40 http://www.globaltimes.cn/content/1106038.shtml# Global Times est un site en anglais qui émane directement du pouvoir chinois. Ses publications ont donc un sens dans le contexte de la rencontre entre TRump et le leader de la COrée du Nord. L’analyse qui est faite ici du déclin de l’empire américain reprend certains thèmes chers au pouvoir chinois, à savoir qu’il y a eu une erreur d’interprétation par les Etats-Unis de la chute de l’URSS et de leur toute puissance. Le caractère irrationnel de la politique non pas de TRump, mais des élites capitalistes américaines, témoigne de leur absence de moyens à maintenir un leadership mondial, le traitement réservé à leurs alliés alors même que ce pouvoir américain exige qu’ils en assume frais et conséquences est le signe de leur déclin. A méditer non seulement pour le Japon et la Corée du sud, mais pour le récent G7 et notre médiocre « jupiter ». (note et traduction de Danielle Bleitrach)

 

Les médias sont remplis  d’articles sur la rencontre très probable entre le président américain Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un . Pourtant, l’un des aspects du rapprochement est souvent ignoré : à savoir comment Trump traite les alliés des États-Unis et comment il a informé les observateurs sur la nature générale de la politique étrangère des États-Unis.

Dans une de ses récentes déclarations, Trump a noté que si les négociations échouaient, les Etats-Unis s’engageraient dans une guerre à grande échelle avec la Corée du Nord et, a-t-il assuré à l’électorat américain, la Corée du Sud paierait pour la confrontation. Les partisans de Trump acceptent ses déclarations et le félicitent comme un gestionnaire perspicace qui économise l’argent des contribuables.

Pourtant, une analyse plus détaillée de la déclaration de Trump indique non seulement le manque de logique, mais un élément de folie. Ce n’est pas seulement le fait que la Corée du Sud et le Japon seraient complètement dévastés en cas de guerre, mais que de ce fait leur désir de couvrir les dépenses américaines et, d’une manière générale, de soutenir les entreprises américaines, est discutable. Si l’on s’en souvient, il y a quelques mois, Trump a publiquement déclaré qu’il préférait commencer une guerre en Corée du Nord avant d’avoir des missiles qui pourraient frapper les Etats-Unis et a déclaré qu’il comprenait qu’une guerre entraînerait des milliers de morts. Il a ajouté qu’il préférerait voir ces morts en Corée du Sud et au Japon plutôt qu’aux États-Unis. Ainsi, Trump est prêt à sacrifier la Corée du Sud et le Japon et dans le même temps  attend d’eux un soutien plein et entier de  sa politique envers la Corée du Nord.

Beaucoup de commentateurs américains, ceux des médias libéraux et de gauche, conviennent volontiers que Trump est un militariste fou, un tyran affreux et lubrique qui a fait un faux pas après l’autre, et par conséquent, sa destitution et son remplacement par un chef plus approprié conduirait à une politique étrangère américaine plus saine. Ainsi, tout le problème est réduit à Trump en tant que personne.

Ce n’est pas vraiment le problème. La politique de Trump représente les vues d’une grande partie   de l’élite américaine. Incapable de mesurer la capacité dévastatrice des Etats-Unis pour maintenir leur hégémonie mondiale et enclin à mal interpréter la fin de la guerre froide, cette politique s’est engagée dans des actions imprudentes et, à l’occasion, dans une verbalisation presque insensée.

L’effondrement de l’URSS a été considéré par l’élite américaine non pas comme un ticket de loterie gagnant délivré par Gorbatchev, mais comme une affirmation de la supériorité socio-économique et militaire des Etats-Unis. Des guerres «préventives», en réalité des guerres d’agression, ont été lancées par le président démocrate Bill Clinton contre la Serbie / Yougoslavie (1999) et plus tard par le président républicain George W. Bush (2001 et 2003) contre l’Afghanistan et l’Irak. Le pouvoir « néo-conservateur »  n’a même pas pris la peine de justifier moralement   les actions américaines.

Robert KoganKagan, l’un des principaux idéologues de l’administration Bush, a analysé que les Européens venaient de Vénus. Ce qui l’oppose  à croire que les Américains viennent de Mars; ils comprennent que ce n’est que la force qui domine en politique étrangère, et puisque les États-Unis sont la nation la plus puissante de la terre, ils peuvent faire ce qu’ils veulent sans être dérangés par des justifications morales. Le président Barack Obama a critiqué la politique étrangère de ses prédécesseurs. Pourtant, comme Bush, il n’a pas compris la raison de l’effondrement de l’URSS, le déclin continu de la capacité industrielle et de l’économie des États-Unis en général et les limites de la puissance impériale américaine.

Obama n’a pas compris que les Etats-Unis n’avaient tout simplement pas assez de ressources pour une domination mondiale. Selon lui, le problème était simplement que les responsables n’étaient pas assez « intelligents ». Par conséquent, lorsque hillary Clinton est devenue  secrétaire d’État , elle croyait qu’une stratégie sophistiquée résoudrait tous les problèmes. Les Etats-Unis ne seraient pas directement impliqués: ils « mèneraient par derrière ». En conséquence, Clinton a soutenu les islamistes pendant la guerre civile en Libye, en supposant qu’ils pourraient facilement être apprivoisés après avoir accompli leur tâche. Ils ont en effet renversé Mouammar Kadhafi et l’ont assassiné. Pourtant, ils n’ont pas été apprivoisés et ont rapidement « récompensé » l’ « intelligente » Clinton en tuant l’ambassadeur américain et plusieurs employés de l’ambassade.

Par conséquent, au lieu de l’expansion de la présence impériale américaine, celle-ci a en réalité diminué, comme l’a montré la débâcle au Moyen-Orient. Comme Trump l’a lui-même reconnu plus tard, cela a coûté 7 billions de dollars américains et  la vie à des milliers de soldats américains. En même temps, il n’y avait pas de fin en vue.

Le fardeau économique de maintenir l’empire a conduit à se retirer du Moyen-Orient, où les États-Unis ne conservent qu’une force squelettique. Trump a de nouveau ignoré les faits – l’incapacité de maintenir l’empire – et a tout réduit à l’hypothèse qu’Obama et ses conseillers n’étaient «pas intelligents» et ont permis aux alliés et aux ennemis américains de profiter du pays. Pourtant, Trump a suivi les traces d’Obama.

Trump a proclamé que rien ne serait changé dans les arrangements socio-économiques des États-Unis en plus d’avoir des réductions d’impôt pour les riches qui ne seraient guère disposés à réinvestir de l’argent dans les usines et les routes américaines. Selon Trump, le problème était que toutes les présidences précédentes, à commencer par Bush, n’étaient pas à la hauteur de la tâche, et maintenant, lui, « intelligent et coriace », réaliserait tout ce à quoi ils avaient échoué.

Pourtant, ses déclarations, par exemple, sa demande de paiement des alliés qu’il voulait sacrifier, indiquait non seulement l’irrationalité mais la faiblesse implicite. En effet, la transition rapide vers une guerre nucléaire imminente face à Kim indiquait le sentiment subconscient d’insécurité et de faiblesse. Kim pouvait difficilement prendre au sérieux la menace de guerre de Trump et son «scénario de Kadhafi». Trump aurait frappé la Corée du Nord depuis longtemps, si ce n’est selon la note sobre du général Mattis qu’un conflit à part entière aurait des conséquences catastrophiques, non seulement pour la Corée du Nord, la Corée du Sud et le Japon, mais pour les États-Unis. Il a également compris que ni la Corée du Sud ni le Japon ne seraient entièrement du côté des États-Unis. La négociation est la seule option qui, indépendamment de ses résultats, soulignerait implicitement capacité décroissante d’imposer son pouvoir au reste du monde. En effet, aucun président américain ne traiterait d’égal à égal le chef d’un petit pays qui a été surnommé «Etat voyou» et que des générations de présidents ont rejeté comme ne méritant pas de siéger avec le chef d’une superpuissance.

Le fait même que Kim discutera de ces questions avec Trump indique non seulement son statut de leader d’un Etat nucléaire, mais serait implicitement un signe du statut décroissant des Etats-Unis sur la scène mondiale, indépendamment de l’orgueil de Trump.

L’auteur est un professeur agrégé de l’Université de l’Indiana, South Bend, Indiana. opinion@globaltimes.com.cn

 

2ème partie du Texte d’Annie Lacroix Riz sur la célébration de Charles Maurras

Apparences et réalités de la commémoration de Charles Maurras [2e partie] Une commémoration-célébration par un biographe faisant l’unanimité des « historiens du consensus »

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2e partie de cet article détaillé sur la commémoration de Charles Maurras – afin de faire vivre le débat historique. Nous publierons les réponses d’historiens à cet article.

I. Apparences et réalités de la commémoration de Charles Maurras

II. Une commémoration-célébration par un biographe faisant l’unanimité des « historiens du consensus »

III. – De l’urgence de la réédition des « collabos » au rôle du Haut comité aux commémorations nationales de 2011 à 2018

Apparences et réalités de la commémoration de Charles Maurras, par Annie Lacroix-Riz [2e partie]

Par Annie Lacroix-Riz, professeur émérite université Paris 7

II. – Une commémoration-célébration par un biographe faisant l’unanimité des « historiens du consensus »

« On se demande ce qui a traversé l’esprit des auteurs du registre [des Commémorations nationales] lorsqu’ils ont proposé une commémoration nationale de cet ami des nazis et soutien au régime de Vichy », a observé le journaliste Thomas Hanke le 29 janvier 2018. « On se demande [aussi] ce qui [leur] a traversé l’esprit » en sélectionnant à cet effet un historien si entiché du « maître ». Et ce alors que Jean-Noël Jeanneney, interviewé le 23 mars 2018 par Emmanuel Laurentin à la Fabrique de l’histoire, sur France Culture, deux jours après l’annonce de la démission de dix des douze membres du Haut comité aux commémorations nationales, a tenu à disculper une fois de plus son collègue Pascal Ory et lui-même – décideurs de cette commémoration contemporanéiste – de toute admiration ou « approbation » de Maurras, et reproché à Mme Nyssen d’avoir « laissé penser » qu’il en allait autrement. L’« émotion » soulevée serait illégitime, et il n’y aurait aucune ambiguïté sur le caractère « anti-républicain » du « personnage », qui avait dit souhaiter « fusiller Léon Blum dans le dos ».1

  • A- Olivier Dard et l’Institut d’études politiques : « les historiens du consensus » croisés contre le « fascisme français » de droite

Si la « désapprobation » de Jean-Noël Jeanneney et de Pascal Ory est sincère, ils n’ont pas lu la biographie de Maurras, supposée avoir qualifié Olivier Dard comme commémorateur. On peut même se demander s’ils l’ont ouverte : son sous-titre, Le maître et l’action, explicite sur l’admiration de l’auteur pour son héros, ne figure pas sur la première de couverture. Dans la même hypothèse d’antipathie contre Maurras, ils n’ont pas lu la fameuse « notice » qui a évacué son antisémitisme au-delà de l’Affaire Dreyfus. S’ils ont lu tout ou partie des deux écrits, ils n’en ont pas été choqués. Ils ont estimé, comme le « Haut comité aux célébrations nationales » de 2011 (dont ils faisaient déjà partie, j’y reviendrai), non seulement que Maurras méritait comme Céline l’hommage national mais que leur pair Olivier Dard était apte à fournir à la population française dans un « recueil » officiel la connaissance de base sur le nouveau commémoré. Sans parler de leur respect pour la liberté d’expression historique contre la « censure » insupportable qu’aurait constituée le brutal retrait de la notice.

Notons que l’historien avait beaucoup pour plaire à ces juges et arbitres.

Olivier Dard a fait ses études d’histoire à l’Institut d’études politiques de Paris, y a préparé sous la direction de Serge Berstein et soutenu en 1993 sa thèse « Les Novations intellectuelles des années trente : l’exemple de Jean Coutrot »2 , publiée sous le titre de Jean Coutrot : de l’ingénieur au prophète. Il a amorcé là une série de travaux sur des chefs du fascisme français, tous passés par l’Action française et « le maître » Maurras, tel Bertrand de Jouvenel, hitlérien d’avant-guerre et d’Occupation. Sans négliger « l’Action française, Charles Maurras et Jacques Bainville », objet de diverses codirections d’ouvrages et colloques publiés. « Il s’inscrit dans la tradition de l’histoire politique renouvelée au sein de cette institution par René Rémond et ses successeurs, dont son directeur de thèse Serge Berstein », allusion de sa fiche Wikipédia3 méritant précision.

Il perpétue en effet « la tradition » née dans les années 1950 à l’Institut d’études politiques sous l’égide de René Rémond, Raoul Girardet et Maurice Duverger, qui ont nié bec et ongles l’existence d’un fascisme français né de l’Action française au début des années 1920, antisémitisme obsessionnel compris. Cette équipe fondatrice a largement contribué des années 1950 jusqu’à une date récente à la formation des élites politiques. Son influence et celle de ses successeurs ont grandi au fil de la droitisation des dernières décennies, qui a institué une tutelle de fait de l’IEP sur l’histoire contemporaine4 : cet héritier direct de l’École libre [privée] des Sciences politiques d’avant-Libération, où Jean-Noël Jeanneney a longtemps enseigné bien qu’il ait préféré depuis 2011, en tant que membre du Haut comité, son titre d’« ancien ministre » à celui de professeur émérite , y a imposé les méthodes et problématiques de son « histoire politique ».

Et ceux qui ont un temps accompagné l’équipe fondatrice, à partir des années 1970, puis lui ont succédé, parmi lesquels Serge Berstein et Michel Winock, ont animé une campagne aussi féroce qu’elle contre l’idée même d’un « fascisme français » de droite et contre ceux qui osaient soutenir, archives originales à l’appui : que l’Action française était bien « la matrice » stricto sensu de ce « fascisme français » ; que ses éléments issus de l’extrême gauche, tels Marcel Déat et Jacques Doriot, transfuges respectifs de la SFIO et du PCF, extrêmement minoritaires, s’étaient contentés de déserter leur camp initial sans avoir forgé ce fascisme ; que ses bailleurs de fonds patronaux l’avaient dans les années 1920 porté sur les fonts baptismaux, aux côtés de la droite classique, dite aujourd’hui « républicaine », avec une ardeur fouettée en 1924 par le programme d’« impôt sur le capital » du Cartel des Gauches d’Herriot, programme pourtant strictement électoral et tôt remisé ; que ces mêmes tuteurs patronaux avaient, pendant la Crise, œuvré à l’unification des fameuses « trois droites » respectivement libérale (orléaniste), bonapartiste et conservatrice (légitimiste). La « typologie », forgée par René Rémond d’une subdivision en « trois familles héritées des conflits du 19e siècle [, qui] a fait date », note sa fiche Wikipédia5 , avait perdu toute pertinence dans la « radicalisation » droitière des années 1930, avant que leur fusion n’éclatât aux yeux de tous à l’été 1940.6.

L’historien américain Robert Soucy avait présenté cette thèse sur le « fascisme français » en deux ouvrages, respectivement consacrés à sa « première vague », en 1986 (French Fascism, the first wave, 1924-1933), puis à sa « deuxième vague », en 1995 (French Fascism, the second wave, 1933-1939). Ils ont été traduits, pour le premier, au bout de six ans, pour le second, au bout de neuf : un des signes du veto de l’IEP contre tout débat sur « le fascisme français », que confirmèrent les attaques qui suivirent contre Soucy. Le premier livre avait reçu un titre partiel mais honnête, « Le Fascisme français, 1924-1933 », le second, un titre trois fois fallacieux, Fascismes français ? 1933-1939 : mouvements antidémocratiques : l’affirmation d’un fascisme unifié et de droite y était remplacée par deux absurdités, un pluriel suivi d’un point d’interrogation; un sous-titre postiche complétait l’escroquerie7. Soucy avait osé imputer le fascisme aux décideurs économiques; nier « l’autonomie du politique »; enjoindre les « historiens du consensus », que le qualificatif mit en rage, de recourir non seulement à la presse, aux textes idéologiques publiés, aux « témoignages » a posteriori et à la seconde main, mais aussi aux archives originales, notamment policières (base de l’histoire politique, précisément), qui ruinaient leur thèse. Ce crime de lèse-majesté exigeait représailles.

En 2006-2007, Michel Winock et Serge Berstein lui livrèrent un assaut furieux, ciblant aussi d’autres historiens anglophones, entêtés sur le « fascisme français », sa composition et sa « matrice », l’Action française, tel Brian Jenkins8. Serge Berstein se déchaîna en 2007 contre Soucy, un « des historiens étrangers, acharnés à vouloir démontrer l’existence d’un fascisme français », et contre l’ouvrage Le mythe de l’allergie française au fascisme, accusé d’user du « terrorisme intellectuel appliqué par les staliniens zélés en une époque qu’on voulait croire révolue ». Le summum fut atteint par la revendication de la compétence exclusive des « historiens du consensus » : « la plupart des historiens français qui s’intéressent à la question ne voient guère l’utilité de continuer la discussion avec des partenaires qui refusent les termes normaux d’un débat scientifique », eux qui pratiquent « le croisement des sources multiples » [à l’exception des archives]. D’ailleurs, « si les arguments de Robert Soucy et de ses amis paraissaient historiquement fondés, ils auraient fait autorité depuis longtemps chez les historiens français ».9 La guerre d’usure inexpiable conduite contre lui par cet aréopage a abouti en France à son effacement historiographique, d’autant plus radical que la traduction française des deux ouvrages du malheureux « historien étranger » a été rayée de la carte éditoriale : ils sont désormais introuvables, sauf d’occasion, à un prix prohibitif.10https://www.chasse-aux-livres.fr/prix/2130419828/le-fascisme-francais-1924-1933-robert-soucy?query=Robert%20Soucy

Ainsi avait-il été confirmé que toute relique d’analyse « de classe » était strictement bannie de l’IEP ; et que la hargne des équipes fondatrices contre la thèse d’un « fascisme français » non issu de la gauche demeurait intacte. Ce postulat vieux de plus de soixante ans n’avait probablement pas eu des fondements exclusivement scientifiques.

  • B- Le passé bonifié des contemporains de l’Occupation

Le trio initial Rémond, Girardet, Duverger de l’IEP, successeur de l’École libre des Sciences politiques au remarquable palmarès vichyste, a été largement présenté comme lié à la Résistance, qualité couramment considérée après-guerre comme valant adhésion à la démocratie et à la République. Raoul Girardet, dont le cheminement de l’Action française à l’OAS relève de la logique, aurait cependant, assure sa notice Wikipédia, comporté un glorieux passage à « la Résistance », récompensé d’une « Croix de Guerre 1939-1945 ». Mais, outre que cette haute récompense n’a pas toujours été attribuée à d’incontestables résistants, cette action résistante n’est étayée par aucune source historique. Tout au plus pourrait-on évoquer ici la « vichysto-résistance », concept dont l’IEP a fait depuis les années 1990 un usage immodéré, à la suite de Jean-Pierre Azéma11. Les sources originales font des présumés « vichysto-résistants » de simples « vichysto-américains », qui ne rejoignirent au mieux de Gaulle qu’après un stage giraudiste : ladite fiche le concède12. La fiche de René Rémond est lapidaire sur 1940-1944, à l’exception d’une recension des marques d’un catholicisme sis du côté de Vichy plus que de l’adhésion à la Résistance ou à « Témoignage chrétien ». L’hommage nécrologique de Raphaël Spina au « participant actif de l’aumônerie et de la Résistance normalienne », quoique vibrant, n’est pas plus étayé.13

On dispose en revanche sur Maurice Duverger, d’archives stricto sensu, de nature à rectifier les notices officielles enflammées que son passé fasciste (le mot manque toujours), henriotiste et PPF, reconnu, n’a pas troublé. La nécrologie du « “pape” de la science politique française » rédigée par Le Monde, dont il avait été « une des grandes signatures […]. Huit cents articles entre 1946 et 1994, souvent publiés à la “une” du quotidien », est, concernant sa biographie d’avant-guerre et d’Occupation, un chef-d’œuvre d’omissions ou de contrevérités dignes de la biographie de Maurras. J’en signale en italique les passages concernés, commentés plus loin. Le très jeune homme d’origine bourgeoise, passé par le « collège catholique Grand-Lebrun, où l’a précédé François Mauriac », « adhère » à 16 ans, « fin 1933, […] à l’Union populaire républicaine, dont la figure de proue est un jeune professeur de l’enseignement libre en Gironde, Philippe Henriot, le futur ministre de la propagande de Vichy. En décembre 1936, Maurice Duverger rompt avec Henriot dont l’art oratoire, dira-t-il plus tard, le fascinait, pour rejoindre le Parti populaire français de Jacques Doriot. Le Parti populaire français (PPF) n’est pas encore le mouvement fasciste qu’il deviendra. Mais c’est déjà une formation populiste, antiparlementaire, où les antisémites donnent de la voix. Maurice Duverger est promu secrétaire de la Fédération du Sud-Ouest des jeunes doriotistes, l’Union populaire de la jeunesse française. “Tout cela, écrira-t-il dans un livre de souvenirs, était idéaliste et irréaliste. J’avais vingt ans” (L’Autre côté des choses, Albin Michel, 1977). » Il aurait d’ailleurs, « à partir de 1938, […] quitté le PPF parce “qu’il a dévié vers la droite ”», puis « se consacr[e] à sa formation de juriste [,…] voie […] choisi[e]un peu par hasard. […] En 1942, il est reçu à l’agrégation de droit public après avoir soutenu sa thèse sur L’Affectation des immeubles domaniaux aux services publics. Professeur de droit à Poitiers (1942-1943), puis à Bordeaux (1943-1955), il est nommé dans la capitale en 1955 où il enseignera jusqu’à l’âge de la retraite, en 1985. […]

Périodiquement, Maurice Duverger était sommé de s’expliquer sur ses engagements politiques d’avant-guerre et ses écrits de jeunesse sous l’Occupation. L’article qui lui a été le plus reproché figure dans les numéros de juin et décembre 1941 de la Revue de droit public et de la science politique. Intitulée “La situation des fonctionnaires depuis la révolution de 1940”, cette étude en deux parties porte sur les lois de Vichy qui excluent les juifs et les femmes mariées de la fonction publique. Cet article, répétait Maurice Duverger lorsqu’on lui en faisait grief, se voulait purement scientifique, c’est-à-dire descriptif et neutre. Selon l’usage, l’auteur n’avait pas à juger du bien-fondé de ces mesures. ».14

La notice passait rapidement sur le premier héros de Duverger, Henriot, un des chefs incontestés du fascisme français issu de l’Action française, catholique ultra, déchaîné contre la Révolution française, la République, son « école unique et gratuite » et ses lois, frénétique antisémite, anti-métèques, anti-maçonnique, anti-rouge, putschiste avéré depuis le 6 février 1934, associé à toutes les phases du complot contre la République, lié à Doriot de 1937 dans le cadre du « Front de la Liberté » qu’il dirigeait, pronazi de moins en moins discret et Munichois proclamé, etc. Ce qui ne l’empêchait pas, comme la plupart des ligueurs, tel Xavier Vallat, d’être membre et orateur privilégié de la droite classique, en l’occurrence de la la Fédération républicaine de Louis Marin et François de Wendel, séduite par l’efficacité de son « art oratoire ».

Le Parti populaire français (PPF), fondé par la banque Worms à l’été 1936, puis richement subventionné par tout le grand capital (Comité des Forges et son président François de Wendel inclus) fut d’emblée un « mouvement fasciste ». Et d’autant plus fondamentalement antisémite que ses vrais maîtres, hauts cadres de la banque Worms (tels Pierre Pucheu, éminent membre de son bureau politique et François Lehideux, par ailleurs directeur général de la Société anonyme des Usines Renault (SAUR) de son oncle), avaient un passé Action française. Les transfuges du PCF, apparents dirigeants du PPF, tels Doriot et Marschall, affectés à la propagande de conquête des « masses » au-delà de leur Saint-Denis d’origine s’adaptèrent d’emblée à l’antisémitisme de rigueur. Mais ce parti n’eut pas à « “dévi[er] vers la droite ”». Sa chute d’avant-guerre ne résulta pas d’une « droitisation », mais des aléas consécutifs à la défaite ouvrière du 30 novembre 1938 : celle-ci en rendit l’usage et le financement du grand patronat momentanément inutiles, et ce brutal retrait l’obligea à quitter son siège début 1939.

S’il avait alors abandonné le PPF, Duverger n’aurait fait que s’aligner sur les chefs de son bureau politique, salariés de la banque Worms, qui désertèrent en invoquant leur brusque découverte du versement de fonds étrangers et anti-patriotiques : ils s’étaient aperçus, sidérés, que Doriot avait « été “arrosé” par le gouvernement de Rome » (mais ils omirent de parler des fonds allemands)15. Quant à la « voie […] choisi[e]un peu par hasard » par le jeune chef PPF de Bordeaux, elle n’était, pour le moins, pas antagonique avec son activisme politique, dans cette ville que « les Allemands […] considéraient eux-mêmes […] comme la ville la plus collaborationniste de France »16. Ses magistrats, conformes à ceux que Virginie Sansico a décrits, pour Lyon, font office de modèles de « la magistrature déshonorée » tant sous l’Occupation qu’après la Libération, où, presque tous maintenus en poste, ils battirent des records dans le sabotage général de « l’épuration »17. On peut juger du caractère « purement scientifique, […] descriptif et neutre » de l’article de 1941 de Duverger par le minuscule extrait qu’en reproduit la brève « discussion » de sa fiche Wikipédia : : « L’élimination des fonctionnaires juifs des administrations publiques ne constitue nullement une sanction disciplinaire prise à leur égard. Ils ne sont point révoqués à cause d’une faute qu’ils auraient commis dans l’exercice de leurs fonctions, mais parce qu’on a estimé que l’intérêt public exigeait ce renvoi. La mesure qui les frappe a donc le caractère d’une mesure de nécessité publique »18. Toutes les notices officielles, nécrologiques ou non, consacrées à Duverger, sont de la même eau que celle du Monde, telle ladite fiche. Elle cite non un extrait de l’article de 1941, mais le témoignage de novembre 1988 du doyen Georges Vedel, autre gloire de l’IEP, en défense de Duverger au procès que ce dernier intenta et gagna alors contre Actuel, hebdomadaire (du très bien informé Jean-François Bizot, héritier, pour le coup réellement anticonformiste, des Gillet de Rhône-Poulenc, précision absente de la fiche) qui avait rappelé ce lourd passé. Car, avait certifié Vedel, « loin d’approuver le principe des mesures frappant les fonctionnaires juifs et encore moins d’en favoriser l’application, Maurice Duverger en a proposé une interprétation totalement restrictive de nature à en paralyser l’effet, ce qui, dans les circonstances du moment, constituait la contribution la plus efficace qu’un juriste pût apporter à l’opposition aux textes qu’il commentait.»19

Duverger, admet Wikipédia, a dès l’âge de quinze ans […] milit[é] dans des groupes d’extrême droite bordelais » et, membre à Bordeaux du PPF, dirigé cinq ans plus tard son « organisation de jeunesse ». Puis, professeur de droit, il a accepté « durant l’occupation […] d’enseigner à l’Institut d’études corporatives et sociales, fondé sous l’égide20 du maréchal Pétain pour y former les cadres de la Révolution nationale. » Mais, l’agrégé de droit, à 25 ans, et toujours chef du PPF bordelais, n’aurait été « proche du régime de Vichy [que] pendant sa première période » et se serait « rapproché de la Résistance », affirmation ayant pour seule référence son énorme écho médiatique « après la Libération ».

C’est en effet seulement d’alors que date ce présumé rapprochement, pas amorcé dans « la [dernière] période » de Vichy, pas même, à la connaissance de l’occupant, après le débarquement du 6 juin 1944. Une « note » du 16 juin « sur l’institut d’études corporatives et sociale », incluse dans un « dossier 5 » des 16-30 juin 1944 rédigé pour Abetz par deux de ses collaborateurs, dont le Dr Karl Epting champion de la collaboration intellectuelle d’avant-guerre et d’Occupation à l’Institut allemand de Paris, qui disposait d’une puissante antenne à Bordeaux , atteste:

1° que ledit institut était sous direction effective allemande : ses « dirigeants […] sont tous des hommes très sûrs, très éprouvés et parfaitement conscients de leur tâche. La politique sociale qu’ils propagent selon les directives de l’administration centrale de l’institut est parfaitement conforme aux conclusions du Congrès de Bad Salzbrunn » congrès nazi de mars 1944 auquel avaient assisté « les économistes et théoriciens pronazis venus de toute l’Europe [occupée] »21 « et [elle] souligne la nécessité de la mise en œuvre d’une entente européenne en matière sociale, basée sur les principes de la communauté, de la personnalité et du rendement [Leistungsprinzip] ».

2° que l’IECF avait des activités et des effectifs impressionnants justifiant une sérieuse étude contemporaine : « un corps professoral et administratif de 470 personnes dont 84 à titre permanent », 1 823 étudiants à Paris et dans la région parisienne, 2 782 en province, « près de 5 000 […] associés aux centres créés dans les services extérieurs [,…] plus de 18 000 personnes » participant à ses séances régulièrement organisées en province); et que Bordeaux y était représenté par deux « délégués départementaux », dont « M. Duverger [Maurice], 21, rue Goya, Bordeaux ».22.

  • C-Olivier Dard plébiscité par l’historiographie dominante

La contestation par Olivier Dard de la pertinence des archives policières et judiciaires pour l’étude d’hommes politiques, publicistes, idéologues étroitement liés au capital financier ne pouvait choquer le vivier intellectuel qui l’a nourri, puis agréé et promu. Sa méthodologie n’a pas troublé davantage l’historiographie dominante extérieure à l’IEP, qui a de longue date abdiqué la problématique socio-économique en général, le marxisme en particulier, et a apprécié la contribution du refrain de « l’autonomie du politique » à la démolition de l’histoire « de classe », si vulgaire. Une partie de ce milieu n’est classée ni à droite ni à l’extrême droite, bien que la seule étiquette de « communiste » lui suffise pour disqualifier un enseignant-chercheur ou un chercheur comme « historien communiste » et à le bannir de toute session académique, de toute revue universitaire, etc. Or, la communauté académique était, au moins en histoire contemporaine, informée de l’intérêt que suscitait Olivier Dard chez l’extrême droite en général et l’Action française en particulier, et pas seulement à l’IEP et dans toutes les universités où Olivier Dard a été recruté. Ils étaient notoires bien avant que ne les eussent rendus publics : 1° la notice sur Maurras et ses suites; 2° l’annonce de sa participation au colloque « européen » blanc-aryen de l’institut Iliade du 7 avril 2018, au titre explicite « Repentance, ahurissement, avachissement… Stop ou encore? “Fiers d’être Européens!”23. Cette communauté ne s’est jamais émue d’attaches qui posent un problème dans la mesure où elles entraînent un rejet sans légitimité scientifique de sources incontestables (mais compromettantes) sur « le fascisme français ».

L’unanimité s’est donc faite sur la pertinence de la croisade de l’historien contre les « conspirationnistes », communistes et fascistes mêlés, les premiers étant la cible plus que les seconds. Elle se s’est jamais démentie depuis l’ouvrage de 1998 La synarchie ou le mythe du complot permanent qui lui a valu l’assentiment académique général24. Ce brûlot s’inspire explicitement de la problématique exposée douze ans auparavant dans Mythes et mythologies par son prédécesseur Raoul Girardet25, ancien militant de l’Action française passé au soutien de l’OAS, et un des chefs du combat contre la thèse subversive d’un « fascisme français » de droite. Olivier Dard y tape à bras raccourcis sur « le mythe de la synarchie », fondée par douze grands banquiers et/ou industriels, eux-mêmes puissants membres et infatigables financiers de l’Action française, renforcés ensuite par des dizaines puis centaines de leurs pairs issus du même moule politique. Leurs idéologues en étaient eux-mêmes adhérents, sauf ceux que « la synarchie-qui-n’existe-pas » avait, dans les années 1930 de la Crise, recrutés dans la gauche anticommuniste, syndicale, politique franc-maçonne. Il fallait désormais conquérir les masses au-delà des inspecteurs des Finances, des polytechniciens, des centraliens et des normaliens : on ne pouvait avec des hauts fonctionnaires et des membres de conseils d’administration séduire les prolétaires, les employés, les enseignants, voire les cadres de l’industrie, dont les « gens très bien » (Alexandre Jardin) redoutaient alors la radicalisation.

La synarchie ou le mythe du complot permanent est un livre essentiellement fondé sur l’écrit officiel et la seconde main, selon l’usage de l’IEP. La méthode, qui eût naguère scandalisé, ne fit pas ciller des historiens méprisant les « positivistes » empilant les annotations d’archives qui n’ont rien à apprendre aux esprits supérieurs, voire perturbent leur problématique. Nul ne trouva donc à redire dans le veto d’Olivier Dard contre les milliers de documents originaux, de toutes origines, auxquels il contestait toute valeur, au motif que, des années 1930 à l’après-Deuxième Guerre mondiale, ils seraient « de basse police ». On trouvera ci-joint un minuscule échantillon d’une « synarchie-qui-n’existe-pas » mais qui a fait l’objet d’enquêtes policières et d’instructions judiciaires depuis 1937 (après l’assassinat de Navachine)26. L’historien du « mythe de la synarchie » avait vraisemblable motif personnel à nier l’existence du « Mouvement synarchique d’empire » (MSE) : les principaux héros de ses biographies, disciples du « maître », étaient issus de l’Action française, qu’il fréquente assidûment ; les recrutés « à gauche », qui n’y avaient pas appartenu, étaient synarques, tel le leader SFIO Charles Spinasse, grand ami et ministre de Léon Blum, embauché par la banque Worms dès le début des années 192027.

L’appui unanime qu’a reçu Olivier Dard des historiens issus d’une institution universitaire naguère respectueuse des archives ne peut s’expliquer que par la droitisation générale du corps, l’expiation d’un passé parfois progressiste, la dépendance grandissante à l’égard des financements extérieurs, notamment patronaux et européens, tous facteurs qui ont aboli l’étude scientifique des élites de l’argent. Comment désormais agréer la seule idée que celles-ci aient fomenté un « complot contre la République », sous la houlette de leur fraction financière la plus concentrée, regroupée en « synarchie »28?

Qu’on écoute l’échange distingué, sur le thème « Être député sous la Troisième République » du 21 juillet 2012, entre Jean-Noël Jeanneney, responsable de l’émission « Concordance des temps » sur France Culture et héraut, comme tout l’IEP, de « l’autonomie du politique », et Jean Garrigues, professeur à l’université d’Orléans et président du Comité d’histoire parlementaire et politique, pour mesurer l’interdit académique qui pèse sur l’arrosage politique patronal : « la collusion » ou « la proximité des députés avec le monde des affaires », qui eût dû, au vu des archives, constituer l’essentiel du sujet, ne fut qu’effleurée. L’auditeur fut rassuré au surplus par l’affirmation de l’invité que, si la question s’était –à peine – posée alors, il y avait en revanche aujourd’hui des « garde-fous »29. « Garde-fous » que contredit le dossier, un moment émergé, bientôt enterré, de la corruption de syndicats, d’universitaires, publicistes, hommes politiques, etc., pour un montant « 16,5 millions d’euros, retirés en liquide du compte de l’UIMM entre 2000 et 2007 » par Denis-Gautier Sauvagnac, délégué par le syndicat patronal à « la fluidification des relations sociales »30).

Le « complot contre la République », ses décideurs synarchiques et ses exécutants cagoulards meublent une gigantesque correspondance administrative, policière et judiciaire entre 1935-1937 et les décennies d’après-guerre. C’est ce crime de « trahison » (« atteinte à la sûreté intérieure et/ou extérieure de l’État », etc.), « infraction punie de la peine de mort en vertu des articles 75 et suivants du Code Pénal »31 et non pas la Collaboration qui constitua le fondement juridique, certes vite abandonné, des poursuites des ministres de Vichy par la Haute Cour de Justice32. Mais « le complot contre la République » de l’entre-deux-guerres est désormais assimilé au « complotisme ou au conspirationnisme », concept qui a envahi le champ académique autant que le médiatique et ligote désormais tout esprit critique.

Olivier Dard entretient l’intimidation, par exemple en 2012, via la réédition de sa Synarchieet via Vingtième Siècle, revue qui a répandu la pensée congrue de l’IEP et mené la danse du scalp contre Soucy et sa problématique du « fascisme français »33. L’historiographie bien-pensante l’a donc érigé en pionnier ou référence scientifique unique et bloqué tout débat sur la question. L’avis, en 2009, de Michel Margairaz, professeur d’histoire économique contemporaine à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, second temple de l’Alma Mater, est significatif de cette unanimité : « parmi les responsables politiques, le mythe d’une “synarchie” ourdie par Jean Coutrot [non, par ses patrons de la banque Worms] a bien été déconstruit », par Olivier Dard, précise-t-il34.

Ce dernier a trouvé le même appui sur tous les thèmes de ses travaux, Maurras inclus, et sur sa sélection arbitraire des « sources » vu l’évolution ultra droitière de l’histoire de l’Occupation, de Vichy, de la Résistance et de l’épuration. Parmi les acquis de la mise à l’écart des fonds originaux figurent les concepts creux de « vichysto-résistance » et d’« antisémitisme d’État », « français », pas « racialiste », pas exterminateur, débonnaire, présumé être celui du brave Maurras.

Peu importe que ce fameux « antisémitisme d’État » ou « français » ou « catholique », leitmotiv de l’historiographie cléricale35 ait aboli les frontières avec le « racialiste » ou « ethnique » au moins depuis la première grande crise systémique du capitalisme (1873-1914). Celle-ci a unifié l’antisémitisme et l’antijudaïsme supposé s’en distinguer, et assuré en France, après la débâcle de 1882 de l’Union générale, fugace banque « catholique », le triomphe de La France juive d’Édouard Drumont (1886) puis de son quotidien (1892), La Libre Parole36Jean Bouvier, Le Krach de l’Union générale (1878-1885), Paris, PUF, 1960..Qui lit la prose de La Croix, organe assomptionniste vatican, de la Civiltà Cattolicadu RP Rosa, vraie voix officieuse du Vatican, et de Maurras et consorts sur l’Affaire Dreyfus, comprend qu’il n’y a qu’un « antisémitisme moderne ». Mais le distinguo clérical a balayé les travaux scientifiques antérieurs37.

Comment être choqué, sur pareil terreau, par l’affirmation qu’« pétainiste convaincu [est] demeuré » de 1940 à 1944 parfaitement « antiallemand et antinazi ». Depuis des décennies, à partir du postulat IEP que Vichy n’a rien d’un « fascisme français » avant sa « dérive » lavalienne de 1942 voire avant la nomination de Darnand au « secrétariat du maintien de l’ordre » (janvier 1944), se sont accumulés les travaux dépréciant la Résistance active et glorifiant la « vichysto-résistance ».

Peu avant que n’éclatât le scandale de la notice d’Olivier Dard, Pascal Ory avait apporté sa caution à la transcription télévisuelle de l’ouvrage de 2008 de Simon Epstein, « économiste et historien israélien » d’origine française, Un paradoxe français: antiracistes dans la Collaboration, antisémites dans la Résistance38Paris, Albin Michel, 2008, sans sources originales, et39. Après avoir bénéficié dès 2008 d’une ample campagne médiatique validant le « paradoxe » de vichystes résistants et de collabos de gauche, M. Epstein a dirigé deux « documentaires » diffusés les 3 et 10 décembre 2017 sur France 3, secondé par deux historiens approbateurs : Olivier Wieviorka, qui centre ses travaux et ceux de ses doctorants sur la résistance intérieure active – à écrasante majorité communiste, au vu des archives – militairement inutile, voire ridicule, et sur la libération de la France et de l’Europe occidentale par les seules armées américaines40 ; Pascal Ory, pionnier de « l’histoire culturelle », qui s’est dans les années 1970 intéressé aux textes publics des collaborateurs41. Epstein s’est concentré sur les grands « vichysto-résistants » issus de l’Action française ou le subtil distinguo entre « antisémitisme d’État [français] » et antisémitisme hitlérien.

Ses deux adjoints se sont réservé le cas, 1° de « la gauche » devenue brusquement « collabo » en 1940, sous l’effet du traumatisme de la Grande Guerre et du pacifisme consécutif qui l’auraient frappée comme toute la population française, dirigeants politiques compris. Ainsi s’expliquerait en dernière analyse la Débâcle du printemps et de l’été 1940; 2° des communistes trahissant le camp de l’antifascisme entre le 23 août 1939 de la signature du pacte germano-soviétique et le 22 juin 1941 de l’attaque allemande de l’URSS.

Les trois intervenants ont pareillement négligé les fonds originaux de la période 1919-1944, pourtant largement ouverts à la consultation depuis les années 199042.

Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]

Notes

1. https://www.franceculture.fr/emissions/la-fabrique-de-lhistoire/lactualite-en-histoire-8, et infra.
2. Original, Atelier national de reproduction des thèses (ANRT), université Lille III, 1994.
3. Jean Coutrot, Besançon, Presses universitaires franc-comtoises, 1999; Jouvenel, Paris, Perrin, 2008; https://fr.wikipedia.org/wiki/Olivier_Dard, bibliographie. Sur son intérêt pour l’OAS, infra.
4. Lacroix-Riz, L’histoire contemporaine toujours sous influence, Paris, Delga-Le temps des cerises, 2012.
5. Formule de https://fr.wikipedia.org/wiki/Ren%C3%A9_R%C3%A9mond
6. Robert Paxton l’avait d’ailleurs dit avec humour à Rémond, au cours du colloque sur Les ouvriers en France pendant la Seconde Guerre mondiale, octobre 1992, Actes, Paris.
7. Éditions américaines, New Haven and London, Yale University Press, 1986 et 1995 ; françaises Paris, PUF, 1992; Éditions Autrement, 2004.
8. Jenkins, « L’Action française à l’ère du fascisme : une perspective contextuelle », Michel Dobry, éd., Le mythe de l’allergie française au fascisme, Paris, Albin Michel, 2003, p. 107-154; et Jenkins (dir.), France in the era of Fascism. Essays on the French Authoritarian Right, New York, Berghan Books, 2005, surtout « Introduction : contextualising the immunity thesis », p. 1-21 et Soucy, chap. 3, « Fascism in France: problematising in the era of Fascism », p. 65-104.
9. Berstein, « Pour en finir avec un dialogue de sourds. À propos du fascisme français »? Vingtième siècle, n° 95, p. 243-246, cit., p. 244-245, souligné par moi; et Lacroix-Riz, « Remarques sur la bibliographie de la question d’histoire contemporaine 2007-2009 “Penser et construire l’Europe, 1919-1992” », La Pensée, n° 351, juillet-septembre 2007, p. 145-159.
10. https://www.chasse-aux-livres.fr/prix/2130419828/le-fascisme-francais-1924-1933-robert-soucy?query=Robert%20Soucy
11. Lui disent toute leur dette Bénédicte Vergez-Chaignon, Les Vichysto-Résistants de 1940 à nos jours, Paris, Perrin, 2008, p. 447, 479-480, dont les sources tardives ne révèlent que des vichysto-américains; et Barasz Johanna, « De Vichy à la Résistance : les vichysto-résistants, 1940-1944 », Guerres mondiales et conflits contemporains, 2011/2, n° 242 : elle admet que pour étayer ce vocable créé très a posteriori, 1° les archives font défaut (« Les références aux “pétainistes”, “pétinistes” » et vichystes antiallemands et/ou patriotes ne sont pas abondantes, mais elles existent », mais celles mentionnées, de 1942 et surtout 1943-1944, à sa n. 21, ne sont pas citées), et 2° le concept se confond avec le « giraudisme » ne fut jamais une Résistance à l’occupant, mais un ralliement au futur vainqueur américain (Élites, passim, dont index Giraud).
12. https://fr.wikipedia.org/wiki/Raoul_Girardet, aucune trace de Résistance dans la « discussion », https://fr.wikipedia.org/wiki/Discussion:Raoul_Girardet
13. https://fr.wikipedia.org/wiki/Ren%C3%A9_R%C3%A9mondhttps://www.eleves.ens.fr/aumonerie/en_ligne/paques07/seneve011.html: Spina, dans Histoire du STO, Perrin, Paris, 2017, sur des catholiques vichystes érigés en résistants, remplace les sources par des « témoins ».
14. http://www.lemonde.fr/disparitions/article/2014/12/22/maurice-duverger-professeur-de-droit-et-de-sciences-politiques-journaliste-et-editeur_4544800_3382.html#g1oYAWGwv9vm7bm2.99
15. Le choix, index de tous les noms cités, surtout chap. 6, dont p. 266-269, et 306.
16. Rapport de mission d’inspection de la magistrature dans le ressort de la cour d’appel Bordeaux 1er-7 octobre 1944 remis à de Menthon, sous le couvert de l’inspecteur général des Services de la magistrature, Maurice Rolland, Paris, 11 octobre 1944, BB 18, 7114, 8 BL, 493 R, Giraud, avocat général près la cour d’appel de Bordeaux, collaborateur, AN.
17. Sansico, La justice déshonorée 1940-1944, Paris, Tallandier, 2015, et mon prochain livre sur la non-épuration.
18. https://fr.wikipedia.org/wiki/Discussion:Maurice_Duverger
19. https://fr.wikipedia.org/wiki/Maurice_Duverger
20. Non, « à la fin de 1934, création qui avait exigé “de ses promoteurs beaucoup de courage et une longue persévérance” car le corporatisme ne bénéficiait pas à l’époque “des appuis solides et des hautes sympathies” qu’il devait s’attirer après 1940 », écrit Steven Kaplan, qui n’a jamais traité des années 1930 avant son article « Un laboratoire de la doctrine corporatiste sous le régime de Vichy : l’Institut d’études corporatives et sociales », Le mouvement social, n° 195, 2001/2, p. 35-77, citation p. 40. Cette création fascisto-synarchique (réalité esquivée ici), assurée d’emblée d’« appuis solides et [de] hautes sympathies », s’inséra dans le plan de liquidation de la république, et Vichy, né de ces hauts « appuis » accrut logiquement le budget de l’IECP.
21. « Quisling economists and social theorists », dépêche Associated Press d’avril 1944 citée par Dan Plesch, America, Hitler and the UN, Wartime Origins and the future UN, London, I.B.Tauris, 2010, p. 150-151 et n. 21.
22. Note citée, « Dossier 5 » cité, W3, 355, archives de Berlin, bordereau 3004, Berlin 12 mai 1948, reçu à Paris le 18 mai 1948, AN. W3, 347-359, correspondance interallemande Paris-Berlin 1940-1944 dite « archives de Berlin », transférée à Paris en 1947-1948, exceptionnelle source sur Vichy, voir Industriels et Élites (index Epting).
23. https://metamag.fr/2018/01/10/5eme-colloque-de-linstitut-iliade-le-7-avril-2018/https://humanite.fr/sites/default/files/files/documents/du_dossier_maurras-olivier_dard_a_la_chasse_aux_sorcieres_wikipedia_france_0.pdf ; infra sur le colloque lui-même
24. La synarchie, Paris, Perrin.
25. Mythes et mythologies, Paris, Seuil, 1986.
26. Outre tous mes op. cit. à la note 21, présentation synthétique dans mes deux articles « La synarchie de l’entre-deux-guerres à l’après-Libération » : 1e partie, « La direction de la synarchie (1922-années 1930) », La Raison, n° 562, juin 2011, p. 17-21; 2e partie, « La stratégie putschiste de la synarchie (1933-1939) », La Raison, n° 568, février 2012, p. 17-20, articles ci-joints (PDF). Le premier article fournit, sources à l’appui, des éléments essentiels sur Henri Chavin, présenté par Olivier Dard comme un loufoque manipulé par des cagoulards fous. Fasciste, antisémite, collaborationniste, assurément, Chavin l’était, ce qui habilita ce haut fonctionnaire de l’Intérieur (préfet sous la République) à une remarquable promotion sous Vichy : nommé « directeur général de la Sûreté nationale » 21 août 1940, et, en sus, le 16 février 1941, « secrétaire général à la police » (titre que porterait aussi Bousquet), « c’est à dire chef supérieur des Renseignements généraux […], des services de Police criminelle […et ] du service de renseignements politiques et locaux ». Cette triple fonction fait du « rapport Chavin » un document essentiel, et une des bases de l’instruction des procès des ministres de Vichy. Voir note 53 sur la liste des documents présentés.
27. On comparera la présentation de ce sous-héros de la thèse de Dard sur Coutrot, objet de nombre de ses travaux, dont « Charles Spinasse, du socialisme à la collaboration », L’Information historique, volume 58, mai 1996, p. 49-64 », avec outre Choix et Munich, index Spinasse, « Léon Blum haïssait-il la finance? 1936 et avant », http://www.historiographie.info/documents/partie1finance.pdf et /partie2finance.pdf
28. Quelques copies d’archives sur « la synarchie-qui-n’existe-pas ». Noms cités, pour la plupart des personnages de premier plan Abetz, (hauts magistrats de la Haute Cour de Justice ; hauts fonctionnaires de la police ; Raymond Brugère, ambassadeur de France et secrétaire général du Quai d’Orsay (deuxième personnage du ministère des Affaires étrangères) en septembre-octobre 1944, cf. index de mes op. cit. à la note 21.1. Traduction télégramme 674 Abetz sur synarques, Paris, 27 février 1941, 3 p., 3W, 222-2. Original télégramme 674 Abetz sur synarques, Paris, 27 février 1941, 3 p., 3W, 222-3. Rapport Chavin, mai 1941, 18 p., 3W, 192-4. Guérard, chef synarque, 28 février 1942, 2 p., 3W, 192-5. Perquisition Boudet, synthèse sur 95 fiches synarques, 19 septembre 1944, 2 p., 3W, 192-6. 95 fiches synarques, 19 septembre 1944, 5 p., 3W, 192-7. Audition Pétain sur synarchie par Béteille, 3 p., 19 mai 1945, 3W, 192-8 (1,2). Brugère, extrait Veni, vidi, Vichy sur synarchie, 1945, 4 p., 3W, 192-9. Audition Pierre Vallé sur synarchie, 14 décembre 1945, 1 p., 3W, 192-10. Présentation couverture 5 auditions diverses sur synarchie, 1945, 1 p., 3W, 192
29. https://www.franceculture.fr/emissions/concordance-des-temps/etre-depute-sous-la-troisieme-republique, vers 48 minutes.
30. Benoît Collombat et David Servenay, dir., Histoire; Guillaume Delacroix, Enquête sur le patronat. Dans les coulisses du scandale Medef-UIMM, Paris, Plon, 2e édition, 2012; Lacroix-Riz, Histoire contemporaine, p. 74-75, 78; mine en ligne (taper UIMM fluidification, etc.
31. « Ordre d’informer » du ministre de la Guerre (André Diethelm) contre les soixante ministres et secrétaires d’État de Vichy encore vivants « coupables de trahison, infraction punie de la peine de mort en vertu des articles 75 et suivants du Code Pénal », Paris, 13 septembre 1944, souligné et en majuscule dans le texte, F1a, 3309, correspondance générale, octobre 1944-mai 1945 et dossiers individuels de ces ministres, AN.
32. Outre mes op. cit., « Mise en perspective du procès Pétain », postface aux Minutes du procès Pétain, Paris, Les Balustres-MRN, 2015, p. 389-398; « La défaite de 1940 : l’interprétation de Marc Bloch et ses suites », in Scissions syndicales, réformisme et impérialismes dominants, 1939-1949, Montreuil, Le Temps des cerises, 2015, p. 9-46; et livre annoncé.
33. Dard, « Mythologies conspirationnistes et figures du discours antipatronal », Vingtième Siècle, n° 114, avril-juin 2012, p. 137-151.
34. En note infra-paginale, se référant à « La synarchie […] et du même, Jean Coutrot […] », « Les politiques économiques sous et de Vichy », http://www.histoire-politique.fr/index.php?numero=09&rub=dossier&item=92#_ftn39 »
35. Exposé-débat sur « la face cachée du Vatican », 19 décembre 2017 et 25 janvier 2018, https://vimeo.com/247929150 et https://vimeo.com/253161897
36. Jean Bouvier, Le Krach de l’Union générale (1878-1885), Paris, PUF, 1960.
37. Raul Hilberg, La destruction des juifs d’Europe (tiré d’une thèse achevée en 1954), dont chap. 2 (« Les précédents ») sur l’histoire antisémite de l’Église romaine et la comparaison entre « Droit canonique » et « mesures nazies », Paris, Gallimard, 1991, vol. 1, p. 13-33; Paxton et Michael Marrus, Vichy et les Juifs, Paris, Calmann-Lévy, 1981, dont chap. II, « Les origines de l’antisémitisme de Vichy »; David Kertzer, Le Vatican contre les Juifs. Le rôle de la papauté dans l’émergence de l’antisémitisme moderne, Robert Laffont, Paris, 2002; Lacroix-Riz, Vatican, passim.
38. Paris, Albin Michel, 2008, sans sources originales, et((https://fr.wikipedia.org/wiki/Simon_Epstein.
39. https://fr.wikipedia.org/wiki/Simon_Epstein.. Après avoir bénéficié dès 2008 d’une ample campagne médiatique validant le « paradoxe » de vichystes résistants et de collabos de gauche, M. Epstein a dirigé deux « documentaires » diffusés les 3 et 10 décembre 2017 sur France 3, secondé par deux historiens approbateurs : Olivier Wieviorka, qui centre ses travaux et ceux de ses doctorants sur la résistance intérieure active – à écrasante majorité communiste, au vu des archives – militairement inutile, voire ridicule, et sur la libération de la France et de l’Europe occidentale par les seules armées américaines((Voir, outre ses propres travaux, mentionnés par https://fr.wikipedia.org/wiki/Olivier_Wieviorka, la thèse de Claude Barbier, son disciple, qu’il a publiée dans la collection qu’il dirige chez Perrin (Le maquis de Glières. Mythe et réalité, Paris, Perrin, 2014) : l’affirmation aussi provocatrice que fantaisiste résumant l’ouvrage « la bataille des Glières n’a pas eu lieu » a valu à l’intéressé un grand écho médiatique : Jean-Marie Guillon, « De l’histoire de la Résistance » à l’histoire des Glières, un enjeu symbolique et scientifique », postface à la réédition Vivre libre ou mourir. Plateau des Glières, Haute-Savoie 1944, Annecy, Association des Glières/La Fontaine de Siloé, 2014, p. 209-237. https://blogs.mediapart.fr/edition/les-controverses-d-un-village-francais/article/081116/la-resistance-sous-loccupation-oubliee-ou-mythifiee.
40. Voir, outre ses propres travaux, mentionnés par https://fr.wikipedia.org/wiki/Olivier_Wieviorka, la thèse de Claude Barbier, son disciple, qu’il a publiée dans la collection qu’il dirige chez Perrin (Le maquis de Glières. Mythe et réalité, Paris, Perrin, 2014) : l’affirmation aussi provocatrice que fantaisiste résumant l’ouvrage « la bataille des Glières n’a pas eu lieu » a valu à l’intéressé un grand écho médiatique : Jean-Marie Guillon, « De l’histoire de la Résistance » à l’histoire des Glières, un enjeu symbolique et scientifique », postface à la réédition Vivre libre ou mourir. Plateau des Glières, Haute-Savoie 1944, Annecy, Association des Glières/La Fontaine de Siloé, 2014, p. 209-237. https://blogs.mediapart.fr/edition/les-controverses-d-un-village-francais/article/081116/la-resistance-sous-loccupation-oubliee-ou-mythifiee. ; Pascal Ory, pionnier de « l’histoire culturelle », qui s’est dans les années 1970 intéressé aux textes publics des collaborateurs((Ory, Les Collaborateurs. 1940-1945, Paris, Éditions du Seuil, 1976 (réédition 1997), que Thomas Fontaine et Denis Peschanski, auteurs de La Collaboration Vichy Paris Berlin 1940-1945, Paris, Tallandier, 2014, phare de la Doxa historiographique sur la question, célébré par les Archives nationales à l’occasion de la grande exposition parisienne de 2014-2015, selon eux « l’ouvrage de référence » (bibliographie « Pour en savoir plus », p. 307), et La France allemande. 1933-1945. Paroles du collaborationnisme français, Paris, Éditions Gallimard, 1995 (1977). Vision partielle et partiale de « la Collaboration », Élites, passim.
41. Ory, Les Collaborateurs. 1940-1945, Paris, Éditions du Seuil, 1976 (réédition 1997), que Thomas Fontaine et Denis Peschanski, auteurs de La Collaboration Vichy Paris Berlin 1940-1945, Paris, Tallandier, 2014, phare de la Doxa historiographique sur la question, célébré par les Archives nationales à l’occasion de la grande exposition parisienne de 2014-2015, selon eux « l’ouvrage de référence » (bibliographie « Pour en savoir plus », p. 307), et La France allemande. 1933-1945. Paroles du collaborationnisme français, Paris, Éditions Gallimard, 1995 (1977). Vision partielle et partiale de « la Collaboration », Élites, passim.. Epstein s’est concentré sur les grands « vichysto-résistants » issus de l’Action française ou le subtil distinguo entre « antisémitisme d’État [français] » et antisémitisme hitlérien.Ses deux adjoints se sont réservé le cas, 1° de « la gauche » devenue brusquement « collabo » en 1940, sous l’effet du traumatisme de la Grande Guerre et du pacifisme consécutif qui l’auraient frappée comme toute la population française, dirigeants politiques compris. Ainsi s’expliquerait en dernière analyse la Débâcle du printemps et de l’été 1940; 2° des communistes trahissant le camp de l’antifascisme entre le 23 août 1939 de la signature du pacte germano-soviétique et le 22 juin 1941 de l’attaque allemande de l’URSS.

Les trois intervenants ont pareillement négligé les fonds originaux de la période 1919-1944, pourtant largement ouverts à la consultation depuis les années 1990((https://www.francetvpro.fr/france-5/communiques-de-presse/quand-lextreme-droite-resistait-9973879 , https://www.france.tv/documentaires/histoire/344097-quand-la-gauche-collaborait-1939-1945.html ; critique sur Radio Galère, 14 janvier 2018, Marseille https://youtu.be/_jJ7MymFOFM

42. https://www.francetvpro.fr/france-5/communiques-de-presse/quand-lextreme-droite-resistait-9973879 , https://www.france.tv/documentaires/histoire/344097-quand-la-gauche-collaborait-1939-1945.html ; critique sur Radio Galère, 14 janvier 2018, Marseille https://youtu.be/_jJ7MymFOFM.
 
 

Après le G 7 : quelle est la carte jouée par l’impérialisme américain?

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Quelques questions essentielles se posent après ce G7,  que les militants communistes, en particulier, devraient avoir à coeur de poser dans leur Congrès. Ces questions, en effet, conditionnent la situation politique et économique et interfèrent donc sur les tâches d’un parti « révolutionnaire ». Certes ce G 7 n’a pas été autre chose qu’une mise en scène à effets nuls, les dissensions, gesticulations, querelles entre puissances impérialistes, ont été bien vite étouffées. Dans ce consensus se jouait la survie du système.   Il y a eu à ce G7 une véritable mise en scène autant des désaccords (y compris sur le lièvre jeté en pâture pour diversion comme la réintégration de la Russie) que sur l’accord final dont la teneur de fait n’a pas été divulguée.

Ce qui est apparu de ce fait c’est l’impossibilité d’échapper à la vassalité aux Etats-Unis de la part du système d’hégémonie mondiale du capitalisme, pourtant en pleine crise.

Trois questions à partir de la comédie du G7: le privilège  des USA  est celui de se faire obéir par le Capital

Première question: Si l’on considère la comédie du G7, la mise en scène de l’opposition des vassaux (Canada,Europe,Japon) aux USA et leur incapacité de fait à s’opposer à la puissance américaine on doit s’interroger sur la nature de cette puissance. Sur la capacité qu’ont les Etats-Unis à imposer leurs décisions par exemple celle de « blocus » ou  de sanction, mais aussi la pression douanière unilatérale sur  l’Europe en ce qui concerne l’acier et l’aluminium (UE et Grande Bretagne) . On le voit avec l’IRAN, dans le même temps où Macron joue les opposants farouches et fait des discours, les entreprises françaises, Total et PSA en tête replient bagage.

Deuxième question :Pourquoi une telle peur de la part des entreprises ? La première réponse est que ne pas se plier au diktat américain leur interdirait le marché américain. Si PSA, pourtant fortement installé sur le marché iranien cède c’est qu’il n’y a aucune comparaison entre la part de marché que lui réserve l’Iran et celle de l’une de ses filiales qui assure un quart des ressources du groupe installée aux Etats-Unis. Mais comme nous allons le voir les formes de domination et de possibilité d’action extraterritoriale des USA sont bien plus importantes, parce que la domination US sur l’actuelle mondialisation capitaliste est bien plus forte que la simple peur de perdre le marché américain.

Troisième question qui intéresse selon nous au premier chef les militants communistes ou devrait les intéresser. Pourquoi et comment le minuscule Cuba résiste-t-il depuis des années là où les puissantes UE et japon plient? Cette première question est renforcée par celle de la Chine. Non seulement celle-ci s’installe en Iran à la place des entreprises françaises qui désertent, mais paradoxalement Trump semble favoriser la montée en puissance de la Chine? Nous n’aborderons pas ici cette question d’une manière exhaustive, mais nous lui consacrerons une série d’articles dans la poursuite de tous ceux que nous avons déjà publiés.

I -La puissance américaine et ses privilèges exorbitants.

Ce qui apparaît dans ce G7 et à partir des dispositions prises par Trump tant en Iran qu’en matière d’augmentation de tarifs douaniers sur l’acier et d’autres productions c’est l’extra-territorialité de la « légalité » américaine autant que son économie, sa capacité à casser y compris la fragile reprise qui s’amorçait. Son rôle dirigeant sur des nations comme la France qui est d’abord emprise sur le Capital.

La réponse est connue, il y a trois piliers à cette puissance:

1) longtemps la totalité de l’information a été maîtrisée par les USA et ses alliés européens et asiatiques. On peut dire que 99% des nouvelles émanaient de cette unique source. Elle est battue en brèche et toute l’activité de nos médias autour des fake-news, sans parler des rumeurs concernant la manière dont le Russie tenterait de gouverner nos élections n’est qu’une tentative de répondre à ce changement de situation qui n’en est pourtant qu’à ses débuts alors que le système de domination US reste largement majoritaire. On perçoit la domination politique mais celle concernant l’économie, l’influence sur « les marchés » est encore plus importante.

2) La puissance militaire. Sans compter l’oTAN, les Etats-Unis ont a eux seuls une puissance militaire équivalente à celle de tout le reste des pays. Ce chapitre très important mérite à lui seul un traitement particulier à la fois en ce qui concerne les formes de vassalisation et le rôle nouveau de la Chine alliée avec la Russie. Cette question est bien sur politique, mais elle est également économique et constitue le principal poste budgétaire des Etats. Notons la pression qu’exerce Trump sur ses « alliés » pour qu’ils augmentent leur autofinancement y compris dans le cadre vassalisé de l’OTAN.

3) Le dollar qui joue le rôle de monnaie internationale. Ce qui a été renforcé par l’entente entre les USA et les Saoudiens de la nécessité de l’achat du pétrole en dollars (pétrodollars). Sur cette question on peut entre autres se référer au livre  » Le dollar et le système monétaire international (La Découverte, collection repères 2014) de Michel Aglietta et Virginie Coudert, économistes au Centre d’études prospectives et d’information internationales (CEPII).

II- Le dollar est LA monnaie internationale: Historique jusqu’à aujourd’hui

« Le dollar, est encore en 2014, la seule devise capable d’assumer le rôle de monnaie internationale
La position dominante que le dollar occupe aujourd’hui est le fruit d’une montée en puissance progressive qui a commencé en 1913 avec la création de la Réserve Fédérale à la suite de la panique bancaire de 1907. A l’époque, le système monétaire international (SMI) reposait sur l’étalon or, dont les accords lors de la conférence de Gênes en 1922 signent l’abandon au profit de l’étalon change or en donnant au dollar (ainsi qu’à la livre sterling) une place centrale dans le système monétaire international par sa convertibilité en or. »

La signature des accords de Bretton Woods en 1944 fait du dollar la seule monnaie convertible en or dans le SMI. La suspension de la convertibilité annoncée par Richard Nixon en 1971 débouche sur les accords de Jamaïque, qui entérinent 1976 le nouveau fonctionnement d’un système de changes bilatéraux flottants.

Le dollar demeure aujourd’hui encore la monnaie dominante pour plusieurs raisons.

« Une monnaie internationale doit remplir plusieurs conditions. Elle doit être pleinement convertible, afin de répondre à sa fonction de moyen d’échanges. Son pays émetteur, les Etats-Unis en l’occurrence, doit être de grande taille afin de fournir une quantité de liquidités suffisante et son taux d’ouverture doit être faible afin de limiter les conséquences des chocs extérieurs sur son économie. Son système financier doit être très développé pour remplir sa fonction de réserve de valeurs pour les investisseurs privés, en proposant des marchés profonds de titres liquides. C’est sur ce point que le dollar se démarque de ses deux principales concurrentes, l’euro et le yen. Grâce à son statut de monnaie dominante, le dollar est devenu une monnaie de facturation sur les marchés mondiaux de matières premières, les marchés financiers et les marchés de biens et services. »

Le « privilège exorbitant » des Etats-Unis

Si le dollar est la monnaie qui remplit le mieux ces critères, la baisse progressive du poids de l’économie américaine dans le PIB mondial et la persistance de ses déficits courants et publics auraient pu altérer sa dominance dans le SMI.

« La présence de fortes externalités sur les marchés des changes expliquent que cette situation à l’avantage des Etats-Unis ait duré dans le temps, ainsi que la polarisation très forte autour du dollar. Le dollar est la monnaie la plus utilisée dans les transactions de change (87% des transactions de change concernent le dollar, contre 33% pour l’euro et 23% pour le yen), ainsi que la constitution de réserves de changes (61% pour le dollar, contre 24% pour l’euro, et 4% pour le yen), les prêts bancaires (57% pour le dollar, contre 20% pour l’euro, et 3% pour le yen). C’est aussi la principale référence pour les ancrages monétaires (72 monnaies sont ancrées au dollar, contre 26 pour l’euro et 1 pour le yen). »

Début 2014, la position extérieure nette des Etats-Unis était débitrice de 5 400 milliards de dollars. Les investissements en obligations privées et titres du trésor US sont les principaux postes de débit des Etats-Unis. Ils répondent aux caractéristiques de liquidité et de profondeur (les avoirs aux Etats-Unis des étrangers étaient de près de 26 000 milliards de dollars fin 2013) qui rendent le dollar éligible à la fonction de monnaie internationale dominante. Cette situation fait bénéficier les Etats-Unis d’un financement facile de ses déficits courants et publics : les réserves des étrangers aux Etats-Unis impactent à la baisse les rendements des bons du Trésor, et la détention de billets par des étrangers qui atteint près de 500 milliards de dollars a permis de financer d’autant les déficits extérieurs américains, sans intérêts de surcroit. Cette situation possède toutefois l’inconvénient de maintenir à un niveau élevé les flux de demande de capitaux en dollars contribuant significativement à sa surévaluation, ce qui pénalise le commerce extérieur des Etats-Unis. » (…)

« Sur le point des ancrages monétaires, la situation de polarisation a des conséquences importantes ; en effet, les pays qui ont des changes ancrés au dollar (une large majorité des économies émergentes préfère fonctionner avec des changes fixes, ce que l’économiste américaine Carmen Reinhart appelle la « peur du flottement »), pour des raisons de stabilité de leur compétitivité-prix par exemple, n’ont pas nécessairement des cycles conjoncturels qui correspondent aux cycles américains. Ainsi, leurs politiques monétaires sont contraintes par celle de la Réserve Fédérale dans la défense du change et peut aller à l’encontre des besoins de leur économie. Par exemple, si un pays ancré au dollar est en proie à l’inflation alors que la Fed mène une politique accommodante, sa banque centrale sera contrainte de suivre une politique accommodante également afin de ne pas subir d’afflux de capitaux qui seraient attirés par la hausse du différentiel de taux d’intérêt et ferait monter son taux de change, ce qui l’empêchera de contrecarrer la dynamique de hausse de l’inflation. »

III-La remise en cause de la domination du dollar, mais au-delà : quel système économique et politique pour assurer la pérennité du capitalisme ?

Ce qu’annonçaient ces deux économistes en 2014, à savoir que la domination du dollar ne pourra par durer éternellement est en train de se réaliser, non pas avec le yen et l’euro mais à travers la dynamique impulsée par la Chine. la demande de liquidité ne cesse de croître avec des dynamiques régionales particulièrement fortes en Asie (et à un degré moindre en Europe) et se développent des relations financières internationales parallèles à celles que domine le dollar. C’est toute la tentative mise en place par la Chine et qui attaque sur plusieurs plans à la fois: échanges bi-latéraux par exemple avec la Russie, mise en place d’un marché financier de grande ampleur y compris avec la city de Londres et paiement de l’énergie en yuan.

Dans le même temps, la baisse du poids de l’économie américaine pourrait mener lentement à un rééquilibrage du système autour de plusieurs devises, dans lequel la taille des marchés de dettes de l’union économique et monétaire européenne aurait pu permettre à l’euro de prendre une plus grande place. L’euro qui aujourd’hui est en crise n’a pas voulu jouer ce rôle de monnaie alternative et a au contraire accru sa vassalité aux Etats-Unis, mais le processus est amorcé.

Trump qui est présenté par nos médias comme un fou intégral, qui met en péril la bonne alliance capitaliste traditionnelle entre les anciennes puissances coloniales et leur rejeton américain, a un projet face à cette situation de remise en cause du dollar. Il a été beaucoup gaussé sur le fait que c’est au moment où apparaît la plus grande faiblesse de l’hégémonie américaine que l’actuel président des Etats-Unis rompte ou prétend rompre avec ses alliés. C’est une interprétation erronée. Trump agit justement parce que la situation est celle d’une perte d’hégémonie, il dit à ses vassaux qu’ils doivent obéir face à la menace chinoise et celle des pays émergents. C’est bien le capitalisme tel qu’il a fonctionné jusqu’ici qui est en cause. Il va falloir s’ils veulent continuer à bénéficier du bras américain qu’ils aident à le renforcer et à verser au bassinet.

Après avoir attribué à Trump la volonté de détruire l’UE, les commentateurs se sont interrogés sur l’absence de traitement de faveur qu’il réservait à la grande Bretagne post-brexit. C’est pourtant évident l’objectif de Trump n’est pas de détruire l’UE mais de renforcer sa domination et de les faire contribuer aux renforcement des Etats-Unis. L’Amérique d’abord n’est pas un simple slogan de campagne.

On a beaucoup insisté sur son protectionnisme, c’est vrai mais celui-ci a une vocation:

face à la remise en cause du dollar comme monnaie internationale, il s’agit pour lui de prouver que les Etats-Unis demeurent la seule économie dans le monde capable de répondre aux espérances des investisseurs et donc de renforcer la demande en dollar. Pour cela il ne craint pas d’affaiblir les monnaies concurrentes de ses vassaux qu’il s’agisse de l’Euro. Il s’agit de répondre contradictoirement à la pénalisation du commerce américain par le fait que la demande en dollars maintient celui-ci à un taux élevé et donc rend sa production non concurrentielle par rapport à celle de monnaies plus faibles, d’une manière qu’il juge injustifiées.

Si les Chinois ne se font guère d’illusions (à l’inverse de ce qui se passe en Asie et en Asie centrale (et même au MOyen orient) où la situation est beaucoup plus contradictoire) sur la capacité de l’Europe à s’opposer aux Etats-Unis, c’est bien à cause de la nature du capitalisme et il est nécessaire de pousser plus avant l’analyse sur ces questions concernant en particulier l’UE.

C’est un véritable désarroi qui frappe non pas tous les milieux d’affaire mais une partie d’entre eux. Sur le site Atlantico  on pouvait lire hier/

IV-Trump favorise-t-il la Chine?

Aujourd’hui, samedi 9 juin,Trump  quittera le Canada, quelques heures avant les autres dirigeants pour rallier Singapour où se déroulera le 12 juin son sommet historique avec Kim Jong-un, sa priorité affichée depuis des semaines, ce qui redouble l’impression de peu de cas qu’il fait de ses alliés traditionnels.

« En quelques semaines, le climat optimiste sur la croissance mondiale s’est évaporé. Dès maintenant, l’impression se répand que l’on a franchi un cap, que l’expansion était au zénith et que le ralentissement est en marche.  Les craintes concernent surtout l’Europe, comme si Donald Trump avait décidé de miser désormais sur l’Asie et d’abandonner l’Europe à son sort. Un vieux continent qui ne peut pourtant se passer de l’Amérique qui assure sa défense avec ses porte-avions et la force indispensable du dollar et qui risque d’être broyée à la fois par son manque de cohésion et surtout l’émergence de nouvelles puissances qui ne lui feront pas de cadeau.

Tout se passe aujourd’hui comme si Donald Trump poussait la Chine en avant, faisant ainsi volte-face avec son comportement d’il y a un an.   Car les mesures prises à l’encontre de l’Iran par exemple vont donner le marché de ce pays à Pékin. Les voitures chinoises vont remplacer les célèbres Peugeot. Et ceci au moment où la Chine démontre les exploits de sa technologie. La France vient ainsi d’enregistrer l’humiliation de voir que le premier EPR, conçu au départ par EDF est désormais chinois, alors que l’entreprise publique continue d’enregistrer des retards dans son programme de fabrication. »

Alors que le G7 se tient ce week-end au Canada, la guerre menée par Donald Trump pourrait avoir des effets surprenant. Comme le fait de constater que le président américain soigne plus ses relations avec ses ennemis chinois qu’avec ses amis occidentaux. »(1)

Cet article témoigne du véritable désarroi qui s’est emparé des « alliés » qui continuent à mettre la politique de Trump sur le compte d’un tempérament  erratique autant qu’atrabilaire, en refusant de voir les soutiens dont il bénéficie non seulement de sa base électorale (avec un chômage à 3%), mais des milieux d’affaire… C’est si vrai que non seulement TRump a dynamité le camp républicain mais que les démocrates n’arrivent pas à faire monter face à lui un candidat . Ce qui mérite une analyse de fond sur la crise d’une fausse alternance pour faire la même politique. Répondre à cette situation en tentant de perpétuer – à travers les questions sociétales et en ignorant la question sociale- une « gauche libérale libertaire et l’union avec celle-ci de ceux qui se prétendent révolutionnaire, c’est prétendre comme le dit Marx assurer la survie d’un cheval crevé. Le capitalisme en crise ne peut plus se contenter de cette alternance. NI pour tenir le mécontentement populaire, ni pour assurer son hégémonie mondiale.

.Nous sommes incontestablement devant une nouvelle étape du capitalisme, non seulement quand « reprise » il ya celle-ci est poussive, mais elle est aussitôt cassée par les tentatives de poursuite d’une hégémonie politique en crise et ses convulsions. C’est cela qu’il faut analyser dans la nouvelle phase de développement scientifique et technique que l’on résume sous le terme de « révolution informationnelle », il ne s’agit pas de la baptiser « révolution », mais de bien voir en quoi le capitalisme à ce stade sénile des monopoles financiarisés est une entrave à la mutation des forces productives. Qu’est-ce qui se joue alors réellement dans la rivalité Chine-USA, dans la tentative de tenir les mouvements populaires, et dans les recompositions hégémoniques?

c’est ce qui est apparu lors de ce G7 qui a démontré les conditions de sa survie dans la vassalisation et l’absence d’alternative. Tout cela mérite une analyse qui tienne compte de la montée des luttes, de la difficulté à concevoir un système politique capable d’assurer la stabilité et des conditions d’accumulation satisfaisantes au capitalisme.

Nous devons donc tenter de comprendre d’autres questions posées en introduction y compris celle centrale de la Chine. S’agit-il simplement de l’apparition d’un capitalisme multipolaire et Trump essaie-t-il d’opérer un partage ou s’agit-il d’autre chose y compris en terme de dépassement du capitalisme? Pouvons-nous éviter certains faits: pourquoi les entreprises chinoises peuvent-elles s’installer en Iran alors que malgré les discours de Bruno Lemaire, les entreprises françaises obéissent à l’injonction des USA ? Y a-t-il une relation originale entre la Chine et ses entreprises? Laquelle ? Pourquoi la Chine peut-elle négocier en cas de « guerre commerciale » avec les USA, alors que l’UE et le Japon paraissent incapables de le faire (au point que ce dernier comme d’autres puissances asiatiques revoient leurs relations avec la Chine?). Comment se fait-il que la Chine que l’on a longtemps présenté comme l’usine bas de gamme du monde est en train d’accomplir une révolution scientifique et technique y compris dans le domaine de l’intelligence artificielle? Pourquoi la Chine représente-t-elle à elle seule la puissance qui a pesé statistiquement sur la réduction de la pauvreté dans le monde? Dire que Trump comme certains milieux d’affaire US sont disposés à une entente avec la Chine ou plutôt qu’il a deux fers aux feux, ne suffit pas à épuiser les questionnements.

V-Nation et internationalisme

Enfin, cette vassalisation qui a caractérisé le G7 pose la question de la Nation qu’il est impossible de traiter ici. Notons que les résistances aux Etats-Unis et son extra-territorialité se sont appuyées sur une politique qu apparaît comme un facteur de progrès ou du moins de soutien à la population (rôle de l’éducation et la santé y compris sous blocus à CUba) et que ce progrès a aussi un ancrage dans une défense de la souveraineté nationale, le refus de se voir imposé les « solutions » libérales. Qu’il s’agisse de Cuba ou de la Chine, l’impossible résistance de la France et d’autres pays aux diktats américains ne peut pas être isolé de la manière dont le capitalisme met à mal les souverainetés nationales. Alors que l’on nous invite à ne pas nous enfermer dans des « protections » considérées comme archaïques, voir xénophobes, on semble oublier que l’internationalisme est de fait la solidarité entre nations et que nous avons aujourd’hui un sérieux manque dans ce domaine.

Mais honnêtement est-ce qu’on peut imaginer un Congrès extraordinaire du PCF, qui ignorerait comme le fait la proposition de base commune tout ce questionnement et ses effets difficilement contestables sur la situation mondiale, européenne et nationale, la perspective de nos luttes?

Danielle Bleitrach

(1)Publié le 

 

 

Premiers commentaires sur la proposition de base commune: les occurrences

Proposition de base commune

Mon ami Denis, un espèce de titi parisien, ouvrier et fier de l’être, m’expédie ce commentaire sur la base commune:

« Je préfère t’envoyer mes petites affabulations sur la « base Commune » par mail que publiquement sur Face Book

Tout d’abord ce texte est digne d’un élève de seconde

d’une platitude exemplaire et d’une manière à enfoncer les portes ouvertes remarquable…

A la page 15  (si, si, je me suis obligé jusque là…) j’ai jeté l’éponge face à ce galimatias prépubère…

 

Alors, j’ai pensé à rechercher quelques occurrences verbales dans ce texte

 

Je te faire part de ce petit travail vite fait et sans exhaustivité d’imagination lexicale:

Bien sûr cette démarche tient plus de la foi du charbonnier que de l’objectivité impartiale…

Je t’ai mis le fichier « doc » en pièce jointe

Ce qui est écrit en plus petit, c’est la phrase concernée.

A consulter avec le sourire…

J’espère que la météo à Marseille est aussi clémente qu’à Paname…

 

Les occurrences sur un texte de 30 pages et 15397 mots :

 

Pour le monde du Travail

 

0 pour usine

0 pour atelier

0 pour fabrique

2 pour industrie

(depuis l’agriculture jusqu’aux métiers de la santé en passant par les industries )

(la relance massive des secteurs de l’industrie (transport, isolation…)

0 pour industrialisation

0 pour métallurgie

1 pour aliénation et bien sûr 0 pour désaliénation

(au cœur de la logique capitaliste d’aliénation.)

2 pour ouvrier

(de l’ouvrier à la chercheuse en passant par le chômeur, le cadre ou la caissière)

(de l’affaiblissement du mouvement ouvrier)

0 pour chômage

1 pour chômeur

(en passant par le chômeur, le cadre ou la caissière )

1 pour licenciement (en parlant de Carrefour)

2 pour exploitation

(Si de nouvelles formes d’exploitation apparaissent (« ubérisation », « auto-entreprenariat »)

(à la précarisation, la mise en concurrence, l’exploitation)

0 pour rémunération

0 pour la paye, mais

1 pour intérêts « payés aux banques » et

1 pour travail « payé à de libres projets personnels »

1 pour retraite / retraité

(Jeunes comme retraité·e·s, salarié·e·s comme indépendant·e·s,)

0 pour cadence

0 pour harcèlement

0 pour horaire décalé

0 pour temps de trajet

1 pour productivité

(les formidables gains de productivité, ouvrant la voie à des possibilités inédites)

3 pour temps de travail

1 pour qualification

(économies sur le dos des femmes en rétribuant moins celles-ci à travail de valeur et de qualifications égales)

0 pour promotion sociale

0 pour accident du travail

0 pour CHSCT

3 pour la santé

1 pour syndicat

(priver les salarié·e·s et leurs syndicats de droit d’intervention)

0 pour enseignement

0 pour Education Nationale

0 pour sciences

0 pour technique

4 pour recherche

 

0 pour socialisation

(de la santé en passant par les industries.)

(au droit au travail, à la santé, aux transports,)

(service public de santé et secteur public du médicament)

3 pour nationalisation

(nationalisations authentiques et non simples étatisations)

(incluant des nationalisations,)

(statut général de la fonction publique, nationalisations, loi de solidarité et de renouvellement urbains)

3 pour actionnaires

(petit nombre d’actionnaires à la tête de firmes multinationales)

(augmentation des dividendes versés aux actionnaires)

(une poignée de grands actionnaires qui ruinent notre pays,)

 

Pour l’indépendance nationale :

 

1 pour souveraineté

(se soustrayant aux souverainetés populaires)

3 pour indépendance

(L’indépendance économique des femmes)

(il garantit l’égalité, l’indépendance et la responsabilité des fonctionnaires)

(En respectant son indépendance d’organisation…   en parlant du MJCF)

0 pour indépendance monétaire

0 pour indépendance industrielle

0 pour indépendance militaire

1 pour militaire

(sa puissance d’intervention militaire extérieure)

 

Pour la politique extérieure

 

0 pour Empire

0 pour Impérialisme

0 pour Alba (Alliance Bolivarienne pour les Amériques)

0 pour les Brics

0 pour colonial ou colonialisme

0 pour Tiers Monde

0 pour Révolution de couleur

0 pour coup d’État

0 pour ingérence

0 pour terrorisme

1 pour internationalisme

(ceux qui ont l’internationalisme au cœur)

0 pour la Chine (mais 1 pour machinerie)

0 pour la Russie

0 pour Amérique ou USA

0 pour la Syrie

0 pour la Corée Nord et Sud

0 pour Cuba

 

Pour la transformation communiste

 

0 pour expropriation

0 pour propriété privée

0 pour monopole

0 pour plus-value

 

et par contre une avalanche d’occurrences

24 pour transformation

38 pour gauche

20 pour Europe

(Europe sociale a disparu)

12 pour élection

 

Il n’y a pas à tortiller, nous nageons en pleine sociale démocratie

 

Je m’interroge.

Cette « proposition de base commune » parle très très peu du monde du travail, pratiquement pas de la notion d’indépendance, pas du tout de politique extérieure et encore moins de transformation communiste…    de quoi parle-telle en plus de 15.000 mots ?

 

Mais avec 13 occurrences pour « égalité » et 8 pour « liberté » ; tout n’est pas fichu,,,

 
12 Commentaires

Publié par le juin 8, 2018 dans Congrès du parti 2018