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Archives de Catégorie: politique

SNJ (Syndicat des journalistes) – Violences policières : il faut que ça cesse !

 Security forces clash with demonstrators during a protest called by seven labour unions and students against the labour and employment law reform on May 26, 2016 in Bordeaux, southwest France

SNJ – 33 rue du Louvre – Paris 75002 – 01 42 36 84 23 – snj@snj.fr – Horaires


COMMUNIQUÉS DE PRESSE

Violences policières : il faut que ça cesse !

Tirs tendus de grenades lacrymogènes en direction des caméras et objectifs d’appareils photos, charges de policiers et coups de matraques, les images sont toujours les mêmes, largement relayées sur les réseaux sociaux, et les témoignages se multiplient. Il est désormais clair que les journalistes sont devenus des cibles privilégiées, pour une partie importante des forces de l’ordre, coupables depuis début mars de nombreuses exactions, dans le cadre des manifestations contre la loi Travail.Provocations verbales, bousculades, coups de matraques, grenades de désencerclement lancées à hauteur de torse, on ne compte plus les incidents relayés par les consoeurs et confrères qui couvrent les manifestations, visés parce qu’ils sont susceptibles de témoigner du comportement des représentants de la force publique, dans ce qui ressemble à une répression du mouvement social. D’une manière générale, ces violences policières ne font que légitimer la violence des casseurs, et dans cette escalade, le port du brassard presse, permettant de se signaler comme journaliste, est devenu un risque supplémentaire de prendre un coup de matraque, ou d’être visé par un tir tendu de projectile.

Le jeudi 26 mai, un photographe a été plongé dans le coma après avoir été touché par une grenade de désencerclement, en fin de manifestation, à proximité du Cours de Vincennes à Paris. Une enquête est ouverte, le défenseur des droits a été saisi.

Ce jeudi 2 juin encore, en marge de la manifestation à Rennes, et alors qu’il n’y avait pas de contexte menaçant, plusieurs journalistes, notamment de France 3 et de M6, ont été agressés par des représentants des forces de l’ordre : appareils photos ou caméras endommagés, confrères molestés, coups de matraque et même coups de pieds !

En aucun cas, l’Etat d’urgence ne saurait justifier de tels agissements qui ternissent l’image de la France. Ce jour, la fédération européenne (FEJ) et la Fédération internationale des journalistes (FIJ), qui sera réunie toute la semaine à Angers, dans le cadre de son 29e congrès mondial, ont alerté le Conseil de l’Europe sur ces faits.

Le Syndicat National des Journalistes (SNJ) et le Syndicat National des Journalistes CGT (SNJ-CGT) dénoncent ces agissements indignes d’une démocratie et d’un Etat de droit, et exigent des explications :

– quelles sont les consignes données aux forces de l’ordre ?

– quelles sont les suites données aux plaintes déposées, face aux trop nombreuses preuves qui s’accumulent depuis plusieurs semaines de dérapages systématiques contre la presse ?

Les syndicats français de journalistes condamnent fermement ces atteintes d’Etat à la liberté d’informer, se tiennent à la disposition de la profession pour centraliser les témoignages, et se porter en justice aux côtés des confrères concernés s’ils le souhaitent. Ils demandent à être reçus dans les plus brefs délais par le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve.

Téléchargez le tract intersyndical, pour AFFICHAGE et DIFFUSION.

Sur le même sujet, lisez le communiqué du Club de la Presse de Rennes et de Bretagne.

Paris, le 03 Juin 2016

 

Dirigeants communistes : quelle culture syndicale ?

Le 37ème congrès du PCF se déroule en pleine mobilisation contre la loi Travail, portée notamment par la CGT. L’occasion de revenir avec Julian Mischi, sociologue et auteur de l’ouvrage Le Communisme désarmé(Agone, 2014), sur l’évolution du rapport des dirigeants communistes avec l’action syndicale et la CGT. Si les deux organisations sont couramment associées, le lien entre les responsables communistes et le mouvement syndical s’est délité depuis les années 1980, en même temps que les stratégies patronales ont réduit les contre-pouvoirs dans les entreprises et que le PCF a perdu une bonne part de son ancrage dans les milieux populaires. 

La puissance passée du PCF est indissociable du lien que ses militants avaient tissé avec les milieux ouvriers et syndicaux. Ce parti s’appuyait sur des réseaux syndicaux étoffés et valorisait l’action de ses adhérents sur leur lieu de travail. Avec les mairies et les organisations de masse, le mouvement syndical constituait l’un des trois piliers de la présence du PCF dans la France populaire. La CGT, tout particulièrement, assurait à ses militants un contact direct avec les réalités quotidiennes des salariés. Souvent, les ouvriers s’engageaient d’abord au syndicat avant de chercher un débouché politique en rejoignant « le parti », à l’occasion notamment des campagnes électorales. Les luttes municipales prenaient la forme explicite d’une lutte de classe à l’échelon local avec, d’un côté, des listes menées par des ouvriers syndiqués, parfois associés à des enseignants et, de l’autre, les membres de l’encadrement des entreprises, alliés avec les commerçants et professions libérales. Mineurs, métallos, cheminots, postiers, travailleurs du bâtiment, gaziers et électriciens…, les syndicalistes ont fait la force du PCF et de son ancrage dans les milieux populaires.

intervention de Pierre Laurent

Conflits sociaux en terre communiste

La fragilisation du mouvement ouvrier, sur fond de crise des grands bassins industriels, remet en cause ce modèle. Non seulement le PCF perd en influence depuis la fin des années 1970 mais ses différents réseaux tendent à s’autonomiser. Les élus s’investissent prioritairement dans leurs mandats, tandis que certains militants vont privilégier l’engagement associatif (au Secours Populaire ou chez les locataires par exemple) alors que d’autres, chez les intellectuels notamment, se retrouvent plutôt dans les réseaux d’ATTAC ou du Monde Diplomatique. De leurs côtés, nombre de militants ouvriers se replient sur leur entreprise où les conditions de la lutte se dégradent fortement. Fragilisé, le PCF assure de moins en moins un rôle idéologique de coordination des engagements, il perd sa position centrale dans l’univers de la « gauche de gauche ».

Dans ce contexte d’éclatement des écosystèmes communistes locaux, l’univers du parti se distancie progressivement de celui du syndicat. Alors que les militants des entreprises valorisent l’action au sein du syndicat, les responsables du PCF travaillent surtout à maintenir leur influence dans les collectives locales. Les mandats d’élus locaux permettent en effet de maintenir l’audience du PCF, qui s’effondre au plan national, et d’assurer des ressources financières à ses responsables.

Drapeau PCF Marteau Faucille

Cette dissociation entre le syndicat et le parti ne se fait pas sans heurts dans les terres d’influence communiste comme l’illustre l’émergence au cours des années 1980 de luttes « catégorielles » dans des municipalités gérées par le PCF. De façon inédite, des conflits sociaux secouent des mairies communistes de la région parisienne et des grandes agglomérations, allant jusqu’au déclenchement de mouvements de grève par les employés municipaux CGT. Ceux-ci s’opposent à d’autres camarades, élus et cadres territoriaux, qui sont à la tête des mairies communistes.

Ces rivalités entre syndicalistes et élus illustrent le processus de désouvriérisation du PCF et de ses équipes municipales. Ouvriers, employés et techniciens des services municipaux critiquent chefs de service et cadres administratifs, qui disposent d’un pouvoir grandissant non seulement dans les mairies mais aussi au sein du parti, où les cadres de la fonction publique territoriale occupent désormais une place centrale. Les réseaux du PCF se restructurent autour de professionnels de la gestion publique locale avec une présence accrue de collaborateurs d’élus, directeurs de cabinet, cadres technico-administratifs, chargés de mission, etc. En revanche la CGT de la fonction publique reste surtout organisée au sein des franges populaires des agents des collectivités, qui, à l’image des catégories C, sont de loin les plus nombreuses.

Des dirigeants de moins en moins issus du syndicalisme

A partir des années 1980, des responsables issus du monde des collectivités territoriales remplacent à la tête des fédérations départementales du PCF les permanents d’origine ouvrière, formés dans les écoles du parti et de la CGT. Ces nouveaux dirigeants n’ont pas été éveillés à la politique par les combats syndicaux alors que c’est au sein du militantisme en entreprise que l’itinéraire des anciennes générations militantes prenait souvent sa source.

Concernant la direction nationale, rappelons que Georges Marchais, ajusteur de métier, milite d’abord à la CGT avant de rejoindre le PCF. Permanent syndical, il est responsable de l’Union des syndicats de travailleurs de la métallurgie de la Seine puis prend des responsabilités au PCF qu’il dirige de 1972 à 1994. Le parcours de ses successeurs est, en revanche, étroitement associé à l’univers des collectivités locales. Robert Hue, infirmier de profession, ne devient pas permanent par le syndicat mais par l’obtention d’un poste de collaborateur parlementaire puis par la conquête de mandats électoraux. Maire, conseiller général et régional, il préside l’association nationale des élus communistes et républicains lorsqu’il devient secrétaire général du PCF en 1994. Quant à Marie-George Buffet, élue secrétaire nationale du PCF en 2001, elle a d’abord travaillé dans la municipalité communiste de Plessis-Robinson avant d’être élu adjointe au maire de Châtenay-Malabry puis conseillère régionale.

Le passage dans les collectivités locales gérées par le PCF en tant qu’élu ou collaborateur devient prépondérant pour les nouveaux dirigeants du parti, qui ont peu de culture syndicale. Du moins pas la culture syndicale du monde salarié, car plusieurs sont passés par le syndicalisme étudiant, à l’image de Marie-George Buffet, licenciée en histoire-géographie et dirigeante de l’UNEF. Pierre Laurent, qui lui a succédé à la tête du parti en 2010, a auparavant animé l’Union des étudiants communistes avant de devenir directeur de la rédaction de l’Humanité après avoir obtenu un maîtrise de sciences économiques à la Sorbonne.

Un lien distendu avec le mouvement syndical

En alimentant les réseaux communistes en cadres ouvriers, la CGT avait assuré au PCF un lien privilégié avec les milieux populaires. Or la nouvelle génération de dirigeants communistes a peu d’expérience ouvrière ou syndicale. Dans les fédérations, les responsables du PCF sont davantage insérés dans le monde politique local administratif que dans l’espace des mobilisations militantes. Souvent cadres des collectivités locales, leurs profils traduisent la professionnalisation de l’administration communale, qui peut d’ailleurs les mettre en porte-à-faux avec des agents communaux s’efforçant de maintenir une activité syndicale sur leur lieu de travail. Ces derniers doivent pour cela lutter contre la diffusion des principes du management public et d’une conception dépolitisée de l’action municipale que certains élus communistes peuvent reprendre à leur compte.

La désignation de trois nouveaux responsables départementaux durant l’automne 2014 illustre bien ce changement de profils des dirigeants communistes locaux. Outre un enseignant de trente-cinq ans qui prend la responsabilité du PCF dans le Gard, c’est un chargé de mission et collaborateur d’élu de trente-trois ans qui a été promu à la tête de la fédération du Rhône tandis que la puissante fédération de Seine-Saint-Denis est dirigée depuis octobre par une cadre de la fonction publique territoriale. Les syndicalistes – ouvriers, employés, techniciens, ingénieurs tout particulièrement – se font plus rares dans les rangs des responsables communistes même si on les retrouve toujours en nombre au sein de la base militante. Le PCF recrute de moins en moins ses animateurs parmi les cheminots, agents de service des collectivités, métallos, salariés de la chimie et de l’agroalimentaire, postiers, des milieux où les forces syndicales restent pourtant encore relativement structurées.

Sans parler du projet politique en lui-même, il est vrai que les militants de la CGT peuvent se sentir mal à l’aise dans un parti qui est devenu une organisation très décentralisée sans grande cohérence nationale. Depuis les années 2000, les alliances électorales (avec ou sans le PS par exemple) sont à géométrie variable, selon les élections mais aussi selon les lieux. Elles dépendent des rapports de force interne dans les fédérations et du poids des élus locaux. Ce mode d’organisation donne du poids aux individualités locales et peut opérer comme un frein à l’engagement de militants attachés à une culture organisationnelle valorisant la force du groupe et la discipline collective.

Une prise de distance réciproque

La prise de distance entre le PCF et la CGT est un mouvement réciproque, qui a été favorisé par la stratégie de la confédération : celle-ci prend ses distances avec son principal allié politique dans les années 1990 afin d’éviter de sombrer avec lui[1]. A cette époque, les dirigeants des deux organisations ont voulu marquer leur autonomie respective dans un contexte de crise du mouvement communiste international. Du côté de la CGT, l’accent est mis sur l’investissement du secteur des relations professionnelles. Dans cette optique, les syndicats n’ont pas à porter un projet politique, mais à être des acteurs de la démocratisation de l’action publique[2]. La dépolitisation, que l’on observe chez certains élus-techniciens, se retrouve en quelques sortes dans le discours des dirigeants syndicaux qui autolimitent la portée de leur champ d’action.

Or le syndicalisme et la résistance au néo-libéralisme s’avèrent fragiles sans levier politique. Le découragement face à l’absence de perspective politique apparaît même comme un frein à l’engagement syndical alors que l’espoir d’un changement des rapports de force politiques est un ressort à la mobilisation syndicale, comme l’ont illustré les conflits des « années 1968 » qui étaient associés à la forte politisation des combats sociaux. Plus récemment, la dynamique du Front de Gauche, à l’occasion surtout des élections présidentielles de 2012, a remobilisé des militants syndicaux, présents de façon inédite sur la scène politique dans le cadre notamment du Front des luttes. L’expérience ne semble cependant pas s’être inscrite dans la durée, faute à la fois de volonté politique et de réduction des débats aux seuls enjeux électoraux.

Au sein des mondes communiste et cégétiste, perdure une co-présence amicale que l’on retrouve par exemple dans les pages de l’Humanité. Seul ce quotidien, qui n’est plus officiellement le journal du PCF, relate régulièrement et sérieusement les conflits sociaux et les actions des syndicalistes. La voix des militants de la CGT y occupe une place de choix. Mais ces pages « sociales » cohabitent avec les pages « politiques » sans toujours dialoguer : leurs protagonistes semblent appartenir à des univers sociaux différenciés.

Julian Mischi

 


 

Pour poursuivre sur ce sujet, lire Le Communisme désarmé. Le PCF et les classes populaires depuis les années 1970, Agone, 2014.

[1] Leïla de Comarmond, Les vingt ans qui ont changé la CGT, Denoël, 2013.

[2] Sophie Béroud, « Le Mouvement syndical au miroir des élections de 2007. Les redéfinitions complexe du rapport au politique », La Pensée, 349, janvier-mars 2007, p. 111-121.

 
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Publié par le juin 5, 2016 dans politique, société

 

Paris en grève a accueilli une conférence internationale des partis communistes et de gauche

https://kprf.ru/international/capitalist/155789.html

A la veille du Congrès du Parti communiste français des délégations étrangères affluent à Paris. Il y en a environ cent cinquante. Le Parti communiste russe est représenté par le secrétaire du Comité central Mikhail Kostrikov. Avant l’ouverture du Congrès, les invités étrangers ont pris part à la Conférence internationale pour la paix et le progrès, organisée par les communistes français.

Service de presse du Comité central du Parti communiste
02/06/2016

Mikhail Kostrikov

Paris en ces jours ne se ressemble pas. La ville est inhabituellement calme, peu de monde dans la plupart des rues. Tout est calme dans l’attente d’événements. La France est frappée par une vague de protestations populaires contre les politiques du président Hollande, qui se prétend lui-même socialiste, mais a entrepris une politique économique libérale radicale. A son «actif», la tentative d’augmenter la semaine de travail, de durcir la législation, de simplifier les procédures de licenciement. Pour faire passer ces mesures en contrebande le président a contourné le Parlement, ce qui a particulièrement irrité les Français. « Hollande traître. » – peut-on lire sur la vitrine d’un concessionnaire automobile « Citroën »ruiné.

Soulignant l’atmosphère lourde dans la ville, de gris nuages de pluie. Une pluie qui tombe depuis plusieurs jours consécutifs, causant des inondations. Semblables aux gouttes de pluie, chaque soir des Français se rassemblent à la Place de la République. Le mauvais temps ne les dérange pas. Ici, il y a une protestation perpétuelle, et, pour l’instant, pacifique. Il y a un camp de tentes. Au-dessus est accroché un slogan  » Construire une grève générale. » Il est impossible d’identifier parmi les personnes une quelconque affiliation politique. La marée humaine, qui envahit progressivement la place, est constituée principalement de jeunes, que la politique du président prive de toute perspective dans la vie.

Une grève des travailleurs des chemins de fer a commencé. Ils ont été rejoints par les organisations syndicales du métro. Les contrôleurs du trafic aérien et le personnel de l’aéroport « Roissy-Charles de Gaulle », situé près de Paris se prépare aussi à faire la grève.

Dans ce contexte, le 1er juin au siège du Parti communiste français, des représentants des forces politiques de gauche de différents pays ont échangé des vues sur la situation dans le monde. Le célèbre bâtiment, construit par l’architecte brésilien Oscar Niemeyer, un communiste, a été le théâtre d’une série de tables rondes.

L’événement a été ouvert par Lydia Samarbakhsh responsable au PCF pour les relations internationales. Elle a souligné que le bâtiment construit par Niemeyer et siège de cette réunion, a depuis longtemps été un symbole de la lutte pour la paix et la solidarité. Le représentant du PCF a particulièrement souligné la nécessité de lutter contre la militarisation de la politique mondiale. Lydia Samarbakhsh a évoqué aussi la situation intérieure en France. Les communistes critiquent le président Hollande pour sa politique intérieure, qui conduit le pays dans la crise. Tout aussi répréhensible est sa politique étrangère, avec l’appui inconditionnel à la politique américaine. « Nous devons lutter ensemble contre les attaques néolibérales! » – Lydia Samarbakhsh a conclu.

La Table ronde dédiée au 100e anniversaire de la boucherie de Verdun, a discuté des problèmes des relations internationales. Les participants ont exprimé leur soutien unanime au Parti communiste d’Ukraine, dont l’activité a été interdite par les autorités. Tobias Pflüger, vice-président du Parti de Gauche en Allemagne, qui présidait la réunion, a attiré en particulier l’attention sur la nouvelle confrontation Est-Ouest. Il a condamné les manœuvres provocantes de l’OTAN près des frontières de la Russie. Se référant à la politique de Hollande, il l’a comparée avec des mesures auparavant réalisées en Allemagne, par Gerhard Schroeder.

Au nom du Parti communiste russe s’est exprimé Michael Kostrikov. Il a noté que la destruction des garanties sociales dans de nombreux pays est un signe des temps. En l’absence de concurrence entre les systèmes capitaliste et socialiste le capital ne veut pas supporter les coûts de maintien des droits des travailleurs. L’impérialisme de plus en plus agressif a déclenché une série de guerres en Europe, en Afrique et au Moyen-Orient. Et ce n’est pas la première fois que l’impérialisme mise sur les radicaux de droite dans l’histoire. On en voit depuis toujours le résultat terrible et sanglant–que ce soit les fusillades du stade de Santiago ou l’assassinat des gens brûlés vifs dans la Maison des syndicats à Odessa il y a deux ans.

Un large éventail de questions a été discuté à d’autres tables rondes. Le thème de la guerre au Moyen-Orienta été soulevé, la crise des réfugiés, la destruction de l’environnement, les problèmes des pays africains. Symbolique était le nom de l’une des tables rondes – « Un autre monde est encore possible. »

Le travail de la délégation du Parti communiste russe continue au congrès du PCF, qui a ouvert ses travaux aujourd’hui, le 2 juin et durera jusqu’à dimanche.

Trad MD pour H&S

 
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Publié par le juin 3, 2016 dans politique

 

Cette loi avec le passage au sénat apparaît pour ce qu’elle est : une boîte de Pandore pour que soit dégradée la condition ouvrière

 » Les sénateurs LR et UDI vont plus loin en établissant un temps de travail à la carte qui peut être défini par entreprise, en cas d’accord. La durée légale de 35 heures est supprimée. Une durée de référence est fixée. Les heures supplémentaires s’appliquent au-delà du temps de travail fixé par accord. Le taux de majoration est fixé au niveau de l’entreprise, ou à défaut au niveau de la branche. »

Voila, ce truc infernal est une vraie boite de pandore…. C’est très dangereux, mais cela n’empeche pas pujadas et une partie des journalistes d’utiliser à longueur de temps la fameuse « prise d’otage »….

Loi travail : ce que le Sénat rétablit, ajoute et supprime

François Vignal
Le 01.06.2016 à 18:31
© AFP

Le projet de loi travail est examiné ce mercredi en commission par le Sénat. La majorité de droite et du centre examine 400 amendements. Elle rétablit certains points du texte, supprimés par le gouvernement face à la contestation, et va plus loin dans la libéralisation du marché du travail.

400 amendements, c’est long à examiner. Surtout pour un texte aussi important que le projet de loi travail. Les sénateurs de la commission des affaires sociales se sont donc donné la journée, voire s’il le faut la soirée, pour examiner ce texte hautement polémique. Le sénateur LR Jean-Baptiste Lemoyne, l’un des co-rapporteurs, a fait « un point » cet après-midi sur Twitter, montrant qu’il y avait « encore… du travail ». En fin d’après-midi, les sénateurs n’avaient examiné que la moitié des amendements et devaient reprendre à 22 heures.

Point commission des affaires sociales sur la Loi Travail : il y a encore du… travail !

Le texte arrivera en séance le 13 juin pour théoriquement deux semaines de débat. Le gouvernement ne pourra pas y mettre fin prématurément, comme à l’Assemblée nationale, puisqu’il n’y a pas de 49.3 au Sénat, dont la majorité est détenue par la droite et le centre. Mais au final, lors du retour du texte au Palais bourbon, ce sont les députés qui auront le dernier mot. Ou plutôt le gouvernement, s’il recourt à nouveau au 49.3…

Les sénateurs entendent profiter du temps qu’ils ont pour marquer le texte de leur griffe : un mélange de reprise des mesures issues de la version d’origine du texte, celle présentée en conseil des ministres avant les reculs du gouvernement, et de nouvelles mesures qui renforcent la souplesse que la majorité veut apporter aux entreprises. Au final, la version du Sénat prend une couleur plus libérale que la version sortie de l’Assemblée. Ce qui n’est pas pour déplaire à l’exécutif (voir notre article sur le sujet « Loi travail : le gouvernement joue la comparaison avec le Sénat de droite »).

Si la commission n’avait pas terminé son travail en fin de journée, on connaît déjà les modifications que veut apporter la majorité LR et UDI de la Haute assemblée.

Les « bonnes mesures » du projet de loi d’origine que le Sénat conserve

– Le principe d’inversion de la hiérarchie des normes. C’est le fameux article 2, qui donne la primauté de l’accord d’entreprise sur l’accord de branche. « C’est un point essentiel du projet de loi » selon les Républicains, d’accord pour le coup avec François Hollande et Manuel Valls. Les syndicats, à l’exception de la CFDT, en ont fait leur chiffon rouge.

– Le plafonnement des dommages et intérêts accordés aux prud’hommes en cas de licenciement sans cause réelle et sérieuse et l’établissement d’un barème sont rétablis. Le gouvernement l’avait retiré après les premières manifestations.

– Les sénateurs retiennent le périmètre national pour les licenciements économiques, comme dans le texte d’origine. Le gouvernement avait finalement accepté de le situer au niveau international. Les frondeurs du PS avaient souligné qu’une multinationale pourrait organiser artificiellement la faillite d’une filiale en France pour pouvoir licencier.

– Le Sénat compte rétablir l’alignement de la durée de travail de l’apprenti mineur sur celle de son tuteur.

Les mesures ajoutées ou modifiées…

– Les sénateurs LR et UDI vont plus loin en établissant un temps de travail à la carte qui peut être défini par entreprise, en cas d’accord. La durée légale de 35 heures est supprimée. Une durée de référence est fixée. Les heures supplémentaires s’appliquent au-delà du temps de travail fixé par accord. Le taux de majoration est fixé au niveau de l’entreprise, ou à défaut au niveau de la branche.

– Doublement des seuils sociaux (de 11 à 20 et de 50 à 100).

– Assouplissement du recours au CDD.

– « Aménagement » du dispositif sur les accords offensifs pour préserver l’emploi en cas de difficulté. « La rémunération mensuelle pourra être adaptée, sans descendre en-dessous de 1,2 Smic » précise la majorité sénatoriale, qui prévoit une clause de retour à « meilleure fortune ». L’accord devra prévoir les conditions d’un retour à une meilleure situation si la santé de l’entreprise le permet.

– Suppression du mandatement syndical obligatoire pour les TPE/PME.

– Dans les entreprises de moins de 50 salariés, en l’absence de délégué syndical, le chef d’entreprise pourra signer un accord avec les délégués du personnel ou du comité d’entreprise. S’il n’y en a pas, le patron pourra soumettre l’accord à référendum directement auprès des salariés.

– Développement de l’apprentissage, avec un dispositif d’initiation aux métiers en alternance (DIMA) dès 14 ans.

– Mesures en faveur de personnes handicapées pour « mieux les intégrer dans le monde du travail ».

– Développement de la participation en entreprise par l’exonération du forfait social pendant 3 ans pour les entreprises de moins de 50 salariés qui mettent en place ce type de régime pour la première fois.

– Possibilité de transformer en rémunération une semaine de congé ou de RTT.

…et les points du projet de loi supprimés

– Au sein du Compte personnel d’activité, que les sénateurs conservent, le compte engagement citoyen n’a pas la faveur du Sénat. Il est supprimé.

– Suppression aussi de la généralisation de la garantie jeune, qui permet le versement d’une allocation de 461 euros par mois.

– La majorité sénatoriale veut simplifier le compte pénibilité, « inapplicable pour la très grande majorité des entreprises ».

-Suppression de  la représentativité syndicale dans les réseaux de franchisés.

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Publié par le juin 2, 2016 dans actualités, politique

 

78% des jeunes sont opposés à la loi El Khomri

Selon un sondage Odoxa pour «Le Parisien»et «Aujourd’hui en France» les jeunes sont plus nombreux que l’ensemble des Français à se déclarer opposés à la loi El Khomri.

http://www.leparisien.fr/economie/sondage-78-des-jeunes-sont-opposes-a-la-loi-el-khomri-12-03-2016-5621283.php

13 Mars 2016, 00h08 | MAJ : 13 Mars 2016, 11h39

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EXCLUSIF
Le syndicat étudiant Unef a appelé à manifester à nouveau contre le projet de loi Travail le 17 mars.
Le syndicat étudiant Unef a appelé à manifester à nouveau contre le projet de loi Travail le 17 mars.
LP/Anna SOLE

L’opinion des jeunes est déjà bien tranchée sur le projet de loi El Khomripour réformer le droit du travail, alors qu’une manifestation à l’appel du syndicat étudiant Unef est prévue ce jeudi.

Les 18-34 ans sont 78 % à y être opposés*.

«C’est dommage pour une loi présentée comme voulant favoriser leur entrée dans le monde du travail et surtout très inquiétant pour un gouvernement qui craint plus que tout une explosion de la jeunesse», souligne-t-on àOdoxa. Le président de l’institut de sondage, Gaël Sliman, affirme que les jeunes sont notamment vent debout contre l’assouplissement des motifs de licenciement économique. «Ils ne sont pas opposés à l’esprit de la loi qui consiste à ce que le salarié s’adapte davantage à son entreprise, mais ils ont du mal à comprendre que licencier plus facilement favorise in fine la création d’emplois», souligne-t-il.

Optimistes malgré tout

«En diminuant leurs droits, cette loi ne fait que renforcer chez les jeunes un sentiment d’instabilité alors qu’ils cumulent déjà les emplois précaires et auront l’impression demain, s’ils sont engagés en CDI, de l’être pendant plusieurs mois… en période d’essai», souligne le sociologue du travail Guy Friedmann.

Le sondage Odoxa montre que la coupure avec les 18-34 ans est consommée : «Non seulement les jeunes sont aussi nombreux que leurs aînés à juger que François Hollande est un mauvais président de la République (80 %), constate Odoxa, mais ils sont plus nombreux que l’ensemble des Français à se déclarer opposés à la loi El Khomri.»

Une touche d’espoir cependant dans ce tableau : 54 % des jeunes de 18 à 34 ans sont «optimistes» concernant leur avenir.

Une génération désabusée

« Vous aviez tout : liberté, plein-emploi. Nous, c’est chômage, violence et sida », entonne le groupe de jeunes. Devant eux, les chanteurs des Restos du cœur leur répondent : « Tout ce qu’on a, il a fallu le gagner, à vous de jouer mais faudrait vous bouger. » Taxée au mieux de « paternaliste », au pire de « réactionnaire », cette chanson des Enfoirés, écrite par Jean-Jacques Goldman, avait suscité l’année dernière colère et émoi sur la Toile. Elle résume pourtant assez bien la perception que la société française a de ses « jeunes » et les illusions perdues d’une partie d’entre-eux.

D’après notre sondage Odoxa, 7 Français sur 10 ont une « bonne image » des jeunes, qu’ils jugent « créatifs » et « enthousiastes »… Mais 67 % des Français jugent les 18-34 ans « individualistes », « irrespectueux » (68 %), « coupés des réalités » (60 %), et 55 % estiment qu’ils ne sont « ni courageux » ni prêts à « faire des efforts ». « Baladés de stages bidon en CDD, les jeunes ne croient plus aux grandes promesses d’épanouissement par le travail car leur quotidien est fait de galères et de petits boulots, souligne le président d’Odoxa, Gaël Sliman. Ils estiment que le monde de l’entreprise est injuste, que l’on peut s’y faire jeter du jour au lendemain et que se défoncer pour sa boîte n’est pas forcément un gage de réussite. »

Alors que les jeunes reconnaissent à 64 % être « individualistes », le sociologue du travail Guy Friedmann estime qu’ils ne font que « s’adapter au monde économique actuel où il faut être plus volatil, plus mobile ». Pour Gaël Sliman, cette génération née après 1980, qui n’a jamais connu le plein-emploi, ne croit plus aux « promesses de justice sociale » d’alors, quand les politiques juraient de « changer la vie ».

Beaucoup restent d’ailleurs de marbre lorsque le ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, les invite à rêver de « devenir milliardaires ». « Pour beaucoup de jeunes, on peut être un winner sans être milliardaire et leur principale demande est que l’entreprise soit attentive à leurs conditions de travail et préserve l’équilibre de leur vie privée, souligne Gaël Sliman. Il y a quarante ans, les intellectuels de gauche les auraient qualifiés de petits bourgeois. »

Ancien conseiller de Michel Rocard et auteur du livre « On achève bien les jeunes » (Ed. Grasset), Bernard Spitz estime que ce portrait d’une génération « désabusée » est le résultat d’une France qui a « sacrifié sa jeunesse » à coups de « filières de formation sans espoir, de contrats précaires, de logements inaccessibles ». « Ils ont des tas de raisons d’en vouloir à la société car jamais l’accès à l’emploi n’a été aussi difficile, même pour un stage. On ne leur laisse le choix en France qu’entre la révolte, la résignation ou l’exil à l’étranger. »


 

RETROUVEZ NOTRE DOSSIER COMPLET DANS LES EDITIONS DE DIMANCHE DU «PARISIEN» ET D’«AUJOURD’HUI EN FRANCE»

*Enquête réalisée auprès d’un échantillon de Français interrogés par Internet le 10 mars 2016. Panel de 1 012 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

 
 

Emmanuel Macron récidive contre les fonctionnaires

LOAN NGUYEN
JEUDI, 12 NOVEMBRE, 2015
L’HUMANITÉ

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Été 2014, manifestation à Paris. Les fonctionnaires, dans le collimateur de Macron, sont les garants du service public.
Photo : Patrick Nussbaum

Le ministre de l’Économie s’est prononcé, mardi, pour une rémunération « au mérite » des agents de la fonction publique, soulevant un tollé chez les syndicats, sans être vraiment désavoué par le PS, ni, a fortiori, par la droite. Les communistes dénoncent le « mépris » à l’égard des fonctionnaires.

Il ne se passe désormais plus un jour sans que le ministre de l’Économie, Emmanuel Macron, ne se fende d’une nouvelle idée pour aller toujours plus loin dans la régression sociale. Après avoir déjà attaqué le statut des fonctionnaires mi-septembre, le locataire de Bercy a récidivé, mardi, sur les ondes d’Europe 1, se disant totalement favorable à « accroître la part de mérite, la part d’évaluation, dans la rémunération de la fonction publique ». Prié de donner son appréciation de l’introduction d’une prime variable dans la rémunération des agents de la ville de Suresnes (Hauts-de-Seine), le ministre a néanmoins pris la précaution d’ajouter que « la performance, quand on est fonctionnaire, ne se mesure pas forcément comme dans une entreprise ». Sans préciser quels pourraient être des critères objectifs et pertinents pour évaluer une telle performance…

La CGT dénonce une « offensive globale contre l’emploi statutaire »

Dans le même temps, il a aussi estimé qu’« il y a beaucoup de fonctions qu’on donne à des fonctionnaires et qui pourraient l’être par des gens qui ne le sont pas », ajoutant que l’« on garantit des emplois à vie, parfois de manière indue sans même passer par des concours ». Bien qu’Emmanuel Macron s’exprimait uniquement à titre personnel, sans que ses déclarations aient valeur d’une annonce quelconque, ses propos ont soulevé une vague d’indignation de la part des syndicats et de politiques de gauche, qui y voient une nouvelle menace de recul social. « Faut-il rémunérer les ministres en fonction de leur mérite ? » a ironisé le secrétaire général de Force ouvrière (FO), Jean-Claude Mailly, sur son compte Twitter, avant d’affirmer plus sérieusement sur Europe 1, qu’il est « dangereux » d’intégrer des critères de gestion privée dans la fonction publique. Même la CFDT et l’Unsa ont critiqué la sortie du ministre de l’Économie, le numéro un cédétiste Laurent Berger se disant opposé à « l’individualisation des traitements des fonctionnaires », quand l’Unsa a mis en garde contre la tentation de « renouer avec la politique du chiffre » et les risques d’une « individualisation irraisonnée ». Dénonçant une « offensive globale contre l’emploi statutaire », la CGT a rappelé de son côté qu’un tel mode d’indemnisation des fonctionnaires « soumet davantage l’agent aux pressions de son employeur puisque cette part de rémunération est par définition facultative (et) contrevient à l’un des fondements du service public : le traitement égalitaire de l’usager ».

Du côté des socialistes, il semblerait que ce soit le moment choisi par Emmanuel Macron pour faire ces déclarations, plus que le fond des propos, qui embarrasse. À moins d’un mois du premier tour des élections régionales, les représentants de la majorité au pouvoir, assez mal en point, auraient préféré que le ministre de l’Économie temporise ses ardeurs, mais ils ne renient pas fondamentalement le contenu de ses propositions. «  Il faut qu’(Emmanuel Macron) s’occupe de l’économie », l’a gentiment recadré Marylise Lebranchu sur BFMTV et RMC. La ministre de la Fonction publique a, 
en outre, rappelé que 
« le système du mérite existe pour avancer la carrière ». Des systèmes de bonification d’ancienneté et une indemnité de fonctions, de sujétions et d’expertise (IFSE) existent déjà. Pour autant, Marylise Lebranchu s’est également déclarée favorable à une plus grande part de rémunération au mérite, et même à une remise « à plat » du système d’indemnisation, à la condition « qu’il y ait une discussion avec les organisations syndicales ». Même la porte-parole des 
députés PS, Annick Lepetit, qui a en 
apparence violemment chargé le ministre de l’Économie, en déclarant « se ficher » de « l’opinion personnelle » d’Emmanuel Macron « sur un sujet qu’il ne connaît pas », a rejoint les conclusions de la ministre de la Fonction publique, invitant à un dialogue sur le sujet avec les syndicats. À droite, on ne peut que constater que l’idée est bien « de droite » et en outre « réchauffée », comme l’a qualifiée le président du groupe « Les Républicains » (LR) à l’Assemblée nationale, Christian Jacob. Seuls les communistes ont véritablement fustigé dans un communiqué le « mépris (du ministre) à l’encontre de ceux qui servent l’État au quotidien pour des rémunérations de plus en plus dérisoires », décelant chez Emmanuel Macron une « obsession » de la casse du droit du travail.

 
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Publié par le mai 30, 2016 dans politique, société

 

Une affaire de corruption éclabousse le conseil départemental des Bouches-du-Rhône

Pour ceux qui connaissent bien les Bouches du Rhône, les clans et la corruption en particulier autour du PS, il faut noter que l’affaire surgit dans le cadre de l’enquête concernant l’ancien président socialiste du Conseil général des Bouches du Rhône, Noël Guerini. Notons que ces « élites » marseillaises socialistes ont tout de même réussi à envoyer à l’Assemblée Nationale Madame Andrieux avec un bracelet électronique, la députée du 13e arrondissement dont la mairie de secteur est aujourd’hui aux mains du FN. Nous retrouvons donc sans surprise dans le dossier un trafiquant de drogue de haut vol.

Mais la question que je ne peux m’empêcher de poser c’est celle du refus inopiné de Macron avant-hier de se rendre à Marseille dans le cadre de sa promotion personnelle et de son destin présidentiel. En effet, il devait y être reçu par la très connue Samia Ghali, dont la carrière de maire de secteur des quartiers nord, puis de sénatrice a été entièrement managée par Guerini et dont le chauffeur s’est tout récemment trouvé mêlé à un trafic de drogue à la Castellane, prévenant les trafiquant des descentes de police à la veille du passage des hommes politiques du PS. On peut dire quand on voit les élus socialistes des quartiers nord, ces quartiers jadis repris à la pègre par François Billoux que c’est la revanche du gangster Sabiani sur cette campagne menée par le communiste avec l’aide des dockers pour un Marseille propre. Le PS à Marseille c’est non seulement la lutte des clans, mais ceux-ci sont parfois liés entre eux par des secrets inavouables et des turpitudes que l’on ne découvre que quand on a décidé de faire tomber l’adversaire ou le frère.

Pour revenir à Macron, il devait donc être reçu par Samia Ghali et faire avec elle un tour dans les cités pour y vanter comme jadis Tapie le faisait la petite entreprise pour se payer des costards. Son truc c’était à Lunel comme à Marseille d’affronter les quartiers dit sensibles où djihadistes et extrême-droite fleurissent pour y parler de la France qui gagne en insultant le passéisme des porteurs de tee-shirt de la CGT. La question que nous posons est: est-ce qu’à la dernière minute, le ministre de l’économie, pêcheur d’anguilles pendant que la France proteste, a évité son séjour de peur d’être mêlé à un scandale qui risque une fois de plus d’éclabousser son fan club local  du PS ? Qu’il se rassure le terrain est favorable, non seulement Tapie et Guerini ont fait alliance, mais depuis longtemps certains ont à coeur d’initier la jeunesse de cités frappées par la misère à la corruption et au trafic de drogue de ceux qui prétendent « gagner ».  (Note de Danielles Bleitrach)

Le conseil général des Bouches du Rhône
Le conseil général des Bouches du Rhône – P.MAGNIEN / 20 MINUTES

Une affaire de corruption éclabousse le conseil départemental des Bouches-du-Rhône

LE MONDE | 28.05.2016 à 19h39 • Mis à jour le 29.05.2016 à 10h39 | Par Luc Leroux (Marseille, correspondant)

Une affaire de pots-de-vin contre des marchés publics éclabousse le conseil départemental des Bouches-du-Rhône, une collectivité longtemps dans la tourmente des dossiers judiciaires impliquant l’ex-PS Jean-Noël Guérini, battu en mars 2015 par l’actuelle présidente (Les Républicains) Martine Vassal. Cinq personnes ont été mises en examen dans le cadre d’uneenquête pour favoritisme, corruption, blanchiment.

Parmi elles figure un haut fonctionnaire, en poste depuis plusieurs années dans la collectivité territoriale ; il a reconnu avoir touché des liasses de billets pour favoriser deux entreprises soumissionnaires aux marchés d’entretien et de rénovation des bâtiments du département.

Directeur de la gestion, de l’administration et de la comptabilité – un service qui emploie cinquante-six fonctionnaires – Renaud Chervet, 43 ans, a été mis en examen, jeudi 26 mai, pour corruption passive, trafic d’influence, favoritisme et recel, infraction à la législation sur les armes, blanchiment, des délits commis en bande organisée. Il a été écroué à l’issue de 48 heures de garde à vue et d’une perquisition conduite, mardi 24 mai, par le parquet de Marseille au « vaisseau bleu », le nom du bâtiment qui abrite le conseil départemental. Après avoir contesté les faits devant les enquêteurs, il a avoué dans le cabinet du juge d’instruction marseillais Valéry Müller ce qui ressemble pour l’heure à « une aventure individuelle », selon l’expression d’un enquêteur.

Vidéo d’un pacte de corruption

Aux yeux de la police judiciaire marseillaise, cette affaire illustre une nouvelle fois la porosité entre des mondes pourtant aux antipodes. L’affaire débute en effet sur des chemins déserts près de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume (Var). Des policiers enquêtant sur un trafic de cannabis et de cocaïne orchestré par des membres présumés de la’NDrangheta, la mafia calabraise, assistent à un rendez-vous entre des trafiquants italiens présumés et un Marseillais, Jean-Pascal Battista. Chez ce dernier, un quinquagénaire condamné pour trafic de drogue à deux peines de quatre ans de prison, les policiers découvrent, le mois dernier, une clé USB contenant sept enregistrements vidéo. L’un d’eux, tourné par une caméra espion à l’intérieur d’un véhicule, montre une scène qui s’apparente sans ambiguïté à la conclusion d’un pacte de corruption.

Sur les images qui datent de janvier, un certain Renaud évoque l’octroi d’un marché public en comptant une liasse de dix mille euros. La promesse d’un second versement du même montant lui est faite, une fois que le marché aura été signé.

Son interlocuteur, l’auteur de l’enregistrement clandestin, est vite identifié : Saïd Meliouh, 43 ans, gère en sous main la Société marseillaise de travaux (SMT) et France Entretien, cette dernière société venant d’être rachetée par Jean-Pascal Battista. En faillite personnelle pour dix ans, Saïd Meliouh a été incarcéré, en janvier, peu de temps après l’enregistrement de cette scène, en raison de la mise à exécution d’une condamnation à un an de prison prononcée par la cour d’appel de Lyon pour recel en bande organisée. Une cinquième personne, la gérante de droit de SMT et amie de Saïd Meliouh, a été placée sous contrôle judiciaire.

Voitures de luxe et factures payées en liquide

Les écoutes téléphoniques et l’environnement financier du fonctionnaire dévoilent un train de vie qui, selon les enquêteurs, ne correspond pas à ses revenus : voitures de luxe dont une Jaguar, belle cave àvins, villa chic et studio dans les beaux quartiers de Marseille, nombreux voyages… Une arme a également été trouvée. Des factures ont été payées en liquide ainsi que le remboursement anticipé d’un prêt. Une enveloppe portant un nom et contenant 3 000 € conduit à un autre acteur de cette affaire.

Spécialiste en ingénierie et études techniques, Jérôme Disdier, 48 ans, a signé avec le conseil départemental depuis 2013 deux contrats d’assistance à maîtrise d’ouvrage. C’est lui qui, pour la collectivité, analyse et chiffre le montant des marchés, vérifie les factures, détenant ainsi des informations confidentielles. Considéré comme un intermédiaire entre Renaud Chervet et les entreprises, Jérôme Disdier nie avoir touché de l’argent mais aurait bénéficié de travaux de la part d’entreprises favorisées.

« Ce genre de pratiques est ancré dans les habitudes »

Pour l’heure, Renaud Chervet est soupçonné d’avoir usé de son influence pour diriger le choix de la commission d’appel d’offres vers les entreprises SMT et France Entretien pour quatre marchés dont deux d’un montant de 600 000 € chacun. Les soupçons portent sur vingt-deux marchés à bons de commande que la justice doit maintenant passer au peigne fin. Jérôme Disdier et les deux chefs d’entreprises ont également été placés en détention provisoire jeudi 26 mai.

Défenseur de Renaud Chervet, Me Frédéric Monneret considère qu’« il s’est fait piéger par son relationnel, des fausses amitiés et des copinages. Il n’a pas eu conscience de participer à une opération d’une gravité extrême tant, semble-t-il, ce genre de pratiques est ancré dans les habitudes ». De son côté Me Chehid Selmi, avocat de Saïd Meliouh, évoque, lui aussi, « un système bien ancré dans la société marseillaise » pour justifier que « ce petit entrepreneur essaie de s’en sortir dans un contexte économique difficile ».

Le Conseil départemental va se constituer partie civile, annonce Yves Moraine conseiller départemental (Les Républicains), délégué aux marchés publics et aux délégations de service public. Il annonce que les marchés, objets de l’enquête et non encore attribués, seront annulés.

  • Luc Leroux (Marseille, correspondant)

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Publié par le mai 30, 2016 dans politique