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Archives de Catégorie: communiste mode d’emploi

Si des journalistes des médias tentaient de me piéger… sur le communisme

L’auteur de la photo est Evgueni Khaldei,  celui qui a fait la photo de la prise du palais du Reichstag

Dans le cadre de ma chronique communiste mode d’emploi… « Si j’étais secrétaire national du PCF »

Si des journalistes des médias tentaient de me piéger sur « l’échec du communisme », et que je sois en position de prendre quelques décisions importantes, voici ce que je répondrais:

Je pense ne pas avoir la même opinion que vous sur cette question, mais je crois que nous n’avons pas le temps de l’aborder aussi complètement que nous le souhaiterions vous et moi alors je vous propose de retourner à l’ordre du jour, l’actualité politique en France et dans le monde. Mais comme je ne veux pas totalement me dérober à votre question importante, je laisse à votre sagacité deux faits et je vous annonce un événement:

Le premier fait est que vous n’ignorez pas que 70% des Russes regrettent l’URSS. Cela n’est pas niable même si nous n’avons pas le temps d’épiloguer sur l’interprétation d’une telle opinion.

Le deuxième fait est que je vous demande à vous et aux téléspectateurs de vous interroger sur le gain qu’a été pour la paix dans le monde aussi bien que pour le statut des travailleurs la fin de l’URSS et du socialisme européen, la capitalisme ne se croit-il pas tout permis? Et la remarque vaut encore plus pour l’affaiblissement du PCF.

Mais pour répondre à toutes ces questions je vous annonce qu’au sein du PCF nous avons décidé de lancer un grand débat sur l’apport et sur les échecs du communisme. Il est temps plus de 20 ans après la chute de l’URSS, la montée en puissance de la Chine que les communistes français aillent au fond de l’analyse, sans complaisance mais du point de vue qui est le leur.

Maintenant je vous propose que nous abordions l’ordre du jour, je n’interviendrai plus sur le sujet.

Danielle Bleitrach

 

J’accuse: Toujours à propos du vent de liberté qui souffla sur l’URSS

Description de cette image, également commentée ci-après

Phtographie: quand Elstine en 1993 fit tirer sur la douma et massacrer les députés révoltés, incendier le bâtiment, pendant qu’en Occident on taisait ce qui se passait

Sur une ligne de discussion sur un réseau social, un camarade m’interpelle :

  • tu ne peux pas nier que les peuples ont vécu la chute du mur de Berlin comme un vent de liberté même si ce fut une illusion…
  • tu as  d’autant plus raison, que je n’ai jamais dit cela. Si tu as l’occasion de lire mes mémoires malgré la censure qu’organise la presse dite communiste et les liquidateurs encore à l’oeuvre dans notre parti (1), mémoires  dans lesquelles je raconte comment envoyée par le parti je me suis trouvée dans divers lieux (à Malte, en Hongrie,etc..) où paraissait souffler ce vent de liberté, je témoigne du fait que jamais ces peuples qui se sont incontestablement engouffré dans le « gorbatchévisme » croyaient à la fin du socialisme… Il pensaient avoir le socialisme au couleur de la Pologne, de la Hongrie,etc… Avoir leur mot à dire face à des bureaucrates, voyager, il n’y aurait plus de censure…

En Russie, ce fut pareil mais aussi un peu  différent… Il y eut un référendum en 1991, partout ils  ont voté pour le maintien du socialisme et de l’URSS, sauf les pays baltes. Mais peu de temps après,  trois « ivrognes, les responsables du parti communiste de la fédération de Russie, de l’ukraine et de la Biolorussie décidèrent la fin de l’URSS après une nuit arrosée, le premier à qui ils téléphonèrent pour dire « c’est fait! » fut le président des USA et le second celui du Kazakhstan… Encore aujourd’hui en Russie, le caractère profondément illégal de la fin de l’URSS est dénoncé.(2)

Il y eut partout des révoltes des morts que l’on nous cacha soigneusement en occident, y compris les mille morts quand Elstine fit tirer au canon en 1993 sur la Douma.

Cet épisode avait été précédé par un processus de dislocation venu du sommet mais qui prétendait répondre à des problèmes réels qui se posaient en Union soviétique, de cela aussi je parle.  la désorganisation avait été créée au plus haut niveau pour mieux livrer les ressources aux capitaux américains, toute l’organisation de la production, les relations entre secteurs avaient été bouleversées, l’ère Gorbatchev fut un gigantesque foutoirs où les unités de production, les Républiques durent survivre en créant les conditions d’une autarcie parfois… Chacun bricolait pour survivre dans cette désorganisation programmée, certains s’emparaient des unités de production, des terres… mais les Chinois font remonter l’erreur plus haut encore, dans les années autour de la fin de Staline quand il n’y eut pas de réformes nécessaires mais fuite en avant à la Khrouchtchev.

En 1991, après une brève période d’euphorie, tous ces malheureux virent fondre sur eux la politique de madame Thatcher, ce fut terrible au point que les Russes ne faisaient plus d’enfants.

Mêmes les Polonais d’où tout était parti s’obstinèrent à voter communiste, mais leurs communistes étaient devenus sociaux démocrates et privatisèrent à tour de bras.

Parce que le vrai problème de l’URSS et des pays socialistes dont il faudra bien parler un jour même si les mêmes liquidateurs que ceux qui ont vendu l’URSS sont à la tête de l’humanité et s’apprêtent à organiser la plus ignoble des célébration du parti qui se puisse imaginer avec le lâche assentiment des communistes français, c’est que jamais les peuples n’ont voulu la fin du socialisme . Ils ont cru avoir un meilleur socialisme avec les conquis mais aussi la liberté, voir une possibilité d’autogestion. Avec les privatisation on leur a vendu des parts de leur entreprise, certain y ont cru, on les a dupé comme ceux qui ont pris la tête du parti vous ont dupé depuis plus de 25 ans.

Le vrai problème est qu’i n’avait plus d’organisation collective, plus de syndicat et le parti qui était censé les défendre était passé à l’ennemi… Ne croyez pas que les communistes français n’ont pas eu le même phénomène, regardez ce que sont devenus ceux qui nous ont dirigé, Robert Hue passé à Macron, MGB faisant campagne pour Mélenchon contre son propre parti et aujourd’hui les liquidateurs de l’humanité, les prévaricateurs trotskistes rassemblés autour de Pierre Laurent continuent leur destruction en prétendant coller à la nouvelle direction en s’étant emparé de l’humanité, des finances,  du secteur international… et des festivités autour de la célébration des 100 ans du parti.

Quand je dis que ce sont des trotskistes, croyez bien que je ne suis même pas « anti-trotskiste », ils ont eu des intellectuels intéressants, mais leur vrai problème est leur stratégie, l’entrisme, la manipulation et la dénonciation surtout de tous les socialismes existant en affirmant que tout n’a été que répression, dictature, et qu’eux seuls porteront le vrai communisme. Personne ne les croit et partout ils ne représentent plus que 1% des voix, nous y sommes et nous leur laissons le soin de diffuser seul marxisme encore toléré dans nos rangs ou alors c’est une pensée niaise et social démocrate, un vague humanisme de boy scouts alors que la situation se tend de plus en plus tant pour les couches populaires, qu’au plan international.

Sont-ils des traîtres, des vendus? Il y en a eu incontestablement, mais le phénomène est beaucoup plus complexe que ça. Dans toutes sociétés nous a expliqué Marx, les idées dominantes sont celles de la classe dominante et il est difficile d’y résister. Si il y a eu besoin d’organisation et d’un parti communiste c’est non seulement pour conquérir des droits, mais aussi pour résister au plan « spirituel » aux idées reçues, à ce qui parait logique, par exemple qu’il y a eu toujours des riches et des pauvres ou que le communisme est une belle idée mais qu’il a échoué partout… Plus le parti s’affaiblit, plus les idées dominantes y reprennent de la force et les faits mille fois interprétés deviennent des évidences. Nous avons subi cela et c’est ce que je montre dans mes mémoires. je ne règle pas de compte, mais rend hommage à la plupart, beaucoup se sont débattus pour trouver une issue et les choix se font parfois différents en ayant des analyses proches.

mais rien ne justifie la répression menée au sein du parti contre des communistes comme moi qui pensions autrement et souhaitions le dire. Rien si ce n’est que ceux qui agissaient ainsi étaient à leur manière des combattants de l’adversaire. Rien ne justifie qu’un dirigeant de l’humanité toujours en place et continuant à exercer la censure soutienne Robert ménard contre fidel castro dans sa résistance héroïque.Cela a eu lieu et n’a toujours pas reçu explication, ni autocritique.Et depuis plus de 20 ans au plan international, les communistes ont été plus moins embarqués dans la politique de la CIA. cette forfaiture, c’est le mot qui convient, a été dépassée aujourd’hui avec la condamnation du meurtre du dirigeant iranien.

Je n’ai jamais vu pareille errance de la part de nos camarades russes, ni les Cubains, ni les Portuguais, ni les Grecs… Et nous continuons à ignorer le dialogue avec eux.

Etait-il juste d’ignorer leurs combats, leur résistance, d’en faire des caricatures « staliniennes »? Il sont restés la principale force d’opposition et encore aujourd’hui mènent des combats exemplaires dont nous ignorons tout parce que notre presse raconte n’importe quoi.Nous qui avons tant reçu y compris sur le plan financier de la part des soviétiques devons-nous abandonner les amis dans le malheur , voilà la honte de ce parti à mes yeux…

Cette tragique histoire mérite de la part d’un dirigeant dans lequel nous avons placé notre dernier espoir autre chose qu’une appréciation que certains accablés eurent il y a trente ans devant l’événement. Si un instant ils baissèrent les bras, toute leur vie mérite meilleure appréciation. Un peu de réflexion s’impose ou alors cela veut dire que les liquidateurs, les négationnistes de notre histoire ont gagné parce qu’on va leur laisser notre mémoire et avec elle notre capacité de lutte. Sous cette double influence « théorique », en ayant toujours pas la moindre stratégie pour construire le socialisme au couleur de la France, simplement un kit de survie électoraliste, nous sommes condamnés à disparaître quel que soit le dévouement de nos militants et d’un part de nos dirigeants.

Fort heureusement partout dans le monde, les communistes ne sont pas tombé au niveau idéologique qui est le nôtre. Quelquefois c’est pire, mais le plus souvent sous l’influence des luttes actuelles contre le néo-libéralisme et la contre-révolution que vit le monde, partout on voit resurgir des partis que l’on croyait éteints, la plupart sont à l’aise dans ces luttes… D’autres partis ont poursuivi la réflexion, le parti communiste chinois a consacré d’importants moyens à l’analyse de ce qui s’est passé en URSS, des travaux ont été publiés, traduits en russe, les archives russes elles-mêmes ont commencé à être exploitées et c’est infiniment plus intéressants que les stupidités anti-communistes et indigentes qui font les beaux jours de l’humanité et d’autres publications.

IL EST CERTES DIFFICILE POUR UN DIRIGEANT COMMUNISTE FRANCAIS DE REMONTER LE COURANT ANTI-SOVIETIQUE CREE DEPUIS PLUS DE 20 ANS DANS UN DEBAT SUR L’ACTUALITE, MAIS IL Y A UNE IDEE SIMPLE : QU’EST-CE QUE NOUS FRANCAIS, QU’EST-CE QUE LES PEUPLES DU MONDE ONT GAGNE A LA CHUTE DE L’URSS, A L’AFFAIBLISSEMENT DES COMMUNISTES? LE CAPITALISME SE CROIT TOUT PERMIS.

Alors quand il est question de la célébration des 100 ans du parti on peut peut-être avoir d’autres ambitions politiques et théoriques que dans un débat à la télé?

Parce qu’il reste une vraie question à laquelle je ne me déroberais pas: dans un parti déjà affaibli, est-ce qu’il ne vaut pas mieux tenter de recréer l’unité et éviter la scission de gens qui bien qu’ayant porté une ligne désastreuse seraient prêts à travailler collectivement? Les communistes ne le souhaitent pas.. et ça a plus ou moins été le sens du 38 ème congrès: changer d’équipe dirigeante, de ligne, affirmer le rôle du parti, ne plus le soumettre à la social démocratie, mais sans pour autant exclure ceux qui pensent différemment. Nul ne remet en cause ce mandat, mais quand loin de travailler ensemble, ceux qui représentent l’ancienne équipe prétendent eux exclure, censurer, continuer à manipuler l’histoire du parti, quand ce n’est pas marquer des buts contre leur propre camp, la question se pose à l’inverse. La Célébration des cent ans du parti je l’affirme va être telle qu’elle se met en place par cette équipe de censeurs une insulte à la mémoire de notre parti et de l’histoire des communistes.

Je suis peut-être la seule à pouvoir vous dire cela parce que j’ai vécu tout cela, parce qu’à la chute de l’URSS j’ai fait le tour de la planète, parce que je ne me suis pas contenté de suivre ce qui se disait sur Tintin au pays des soviets, mais je suis allée à la rencontre des communistes partout, et parce que je n’ai rien à perdre, je n’ai ni poste, ni gloire à défendre, simplement ceux qui ont donné leur vie pour le communisme et dont je défend la mémoire. Maintenant ne croyez pas qu’il y ait dans ce que je vous dis tristesse, amertume, déception… Au contraire, j’ai plus de joie et d’enthousiasme que les gens de mon âge en ont, mais je suis un peu dans l’esprit de Marx quand il a vigoureusement dénoncé quelques turpitudes dans l’internationale,il se contente d’affirmer : « j’ai dit maintenant me voilà soulagé, vous vous en faites un peu ce que vous voulez! » la phrase est dites de mémoire mais le sens est là… et l’humour aussi…

Danielle Bleitrach

(1) Danielle Bleitrach. le temps retrouvé d’une communiste, mémoires, Delga, 2019 Il y a aussi tous les livres écrits sur Cuba, l’Amérique latine, celui avec Marianne Dulop, URSS, vingt ans après retour de l’Ukraine en guerre, Delga, 2015, le travail de ce blog qui est lu par entre 5000 et 67.000 lecteurs journaliers… Ce qui fait que malgré la censure ils ne peuvent pas tout à fait nous imposer le même silence que les médias bourgeois organisent autour de gens comme nous.

(2)Le 8 décembre, les dirigeants de la Russie, de l’Ukraine et de la Biélorussie se réunirent en secret à Belavejskaïa Pouchtcha, dans l’ouest de la Biélorussie, et signèrent les accords de Belaveja, proclamant la disparition de l’Union soviétique et annonçant la formation de la Communauté d’États indépendants (CEI) comme une association plus lâche à prendre sa place. Ils invitèrent également invité d’autres républiques à rejoindre la CEI. Gorbatchev le qualifia de coup d’État inconstitutionnel. Cependant, à ce moment-là comme le dit le préambule des Accords, « l’URSS, en tant que sujet de droit international et de réalité géopolitique, cesse d’exister ».

 

Pourquoi je ne me sens pas de subir les 100 ans du parti

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C’est sans doute parce que l’âge me rend impatiente, mais je suis souvent atterrée par le niveau des communistes, cela pèse sur l’état des couches populaires. Il est vrai que les luttes font monter le niveau des exigences, il n’empêche parfois je me demande pourquoi je m’obstine dans un parti où les conditions de la censure et de la diffamation que je subis n’ont pas évolué d’un iota. Je suis adhérente depuis 1956 et j’en ai été dirigeante, j’estimais avoir le droit de témoigner, je l’ai fait et tous ceux qui ont lu ce livre y ont vu une véritable ode à ses combats et à ses militants, mais aussi un bilan de ses difficultés dans des temps de contre-révolution. Il a été et continue à être frappé d’interdiction dans la presse du parti et quand on en parle c’est en laissant planer la rumeur sur le fait qu’il n’aurait aucun intérêt. C’est une campagne entre silence et ignominie dont j’ai l’habitude puisque voici vingt-cinq ans que cela dure. Parce que je me suis opposée à la liquidation du Congrès de Martigues, parce que j’ai défendu Cuba quand tous l’accablaient. Voilà mes crimes, si vous en trouvez un autre dites-le, en ce qui me concerne un « procès stalinien » serait un degré supérieur de démocratie puisque je saurais au moins ce dont on m’accuse. Je n’ai jamais utilisé le parti, je n’en ai jamais eu besoin ni dans ma carrière, ni financièrement à l’inverse de certains. S’il ne s’agissait que de ma gloire personnelle, je n’écrirais pas ces lignes.

On va fêter les 100 ans du parti, pour le moment c’est mal barré, en fait c’est parti comme la célébration de la Révolution soviétique, en 2017. Souvenez-vous un grand portrait de Trotski dans le hall de Fabien et dans l’Humanité l’omniprésence des dits trotskistes pour dire la haine de L’URSS… Le mensonge sur l’eurocommunisme avec le plumitif Gérard Streiff qui invente Marchais pour les besoins de Pierre Laurent qui veut le PGE, peut-être une source de revenus et de tourisme. Ils en sont là… alors…

Il y a eu le miracle du 38ème congrès, ce qui ne s’est jamais vu dans l’histoire du parti mais qui rappelle néanmoins l’acte fondateur de Maurice Thorez arrachant à une secte ce qui était né au Congrès de Tours. C’est une histoire honorable, le seul parti qui malgré les invites des derniers secrétaires n’a pas eu à changer de nom, il n’est pas devenu « commun », vulgaire, il est resté communiste.

Oui mais voilà ce « changement inouï » s’est fait au pris d’un compromis qui a laissé des bastions essentiels aux mains de certains et ils poursuivent leur entreprise, collent au nouveau puisqu’ils n’arrivent pas à détruire pour le tirer vers eux, ce sera je le crains en leurs mains le sens de la célébration des 100 ans.

Pour cela il faudra que l’on ignore et fasse silence sur mon témoignage… Je n’aurais pas survécu si je m’étais crue essentielle, mais je sais aussi que le combat mené contre moi et mes pareils est politique, je sais que la censure dont je suis victime est le signe de ce qu’ils feront de ces 100 ans. J’ai raconté dans mes mémoires les raisons de mon adhésion, j’étais une enfant gibier, traquée par les nazis, une petite juive et j’ai éprouvé une immense reconnaissance pour l’armée rouge et pour tous ces communistes qui dans le monde et en France acceptaient d’aller en camp de concentration à côté des miens alors qu’ils pouvaient y échapper… ce pacte-là demeure fondateur de ma vie et il me fait haïr tous les négationnismes, celui des antisémites mais aussi celui des anticommunistes et des anti-soviétiques. Je m’obstine alors que je devrais lâcher prise mais je ne peux trahir ceux à qui je dois ma vie et elle fut belle.

Ce livre fut un cri devant ce double négationnisme, devant cette image mensongère que l’on me renvoyait et croyez bien cette souffrance-là n’avait rien à voir avec les déplaisirs d’un auteur vexé.

Mon livre est lu, il a une vente plus qu’honorable malgré le silence, mais le triomphe de leur censure dit la célébration qui se prépare, elle va être pour moi une nouvelle torture inutile. Bien sûr il y aura quelques copains de la direction qui enverront un texte pour dire le plaisir pris à la lecture, je n’y crois même pas, ceux qui l’ont lu ce sont les militants, ceux du bureau exécutif à une exception près qui sait lire, ne l’ont pas ouvert, pas le temps n’est-ce pas…

Ce qui ne serait pas un drame si cela ne révélait pas la réalité de l’incurie et des préjugés les plus grossiers de toute la direction, le refus de savoir, le goût des stéréotypes.

D’un autre côté, il y a beaucoup de choses qui sont en train de changer, et cela va dans le bon sens alors je me dis que là est l’essentiel, qu’il est en train de naître une autre génération de militants plus combative, plus lucide… je fais le compte de tout ce qui a évolué depuis le 38ème congrès, c’est considérable, ne serait-ce que la dernière déclaration sur l’Iran, on n’avait plus vu ça depuis Robert Hue et son soutien de fait à l’invasion de la Yougoslavie, en fait nous avons derrière la social démocratie approuvé toutes les expéditions impérialistes qui n’avaient pas plus de justification que le dernier assassinat de Trump. Nous avons y compris à travers la kurdomania de Pierre Laurent approuvé l’intervention d’une coalition impérialiste en Syrie, comme nous avons approuvé l’invasion libyenne avec Sarkozy. Nous aurions dû savoir ce que valaient leur droits de l’hommisme, leurs méchants dictateurs, du pillage rien que du pillage. Alors cette déclaration contre ce que Trump accomplit en Irak est la première rupture avec les bonnes œuvres de la CIA.

Oui mais voilà celui qui a approuvé tout cela et plus encore a soutenu Robert Ménard contre Fidel Castro, ses complices de l’époque sont toujours à la tête de l’Humanité et ce sont eux qui exercent en toute impunité la censure, sont appelés à dire « le juste et le vrai » et ils n’ont pas changé, leur dieu c’est Tsipras et ils partagent dans le fond l’équivalence nazisme égale communisme au moins en ce qui concerne l’Union soviétique, une pure folie, un négationnisme absolu qui a vocation à nous faire accepter la guerre. Cette guerre dont l’idée et la peur me hantent parce que je ne vois pas d’autre issue pour le capital si nous ne nous battons pas… ils détruisent une planète qui crie grâce, pour la sauver il n’y a pas d’argent, pas plus que pour les travailleurs, les peuples sous développés, mais pour les armes il y en a… c’est dire les enjeux derrière une acceptation…

Il y a la combativité retrouvée, la présence du parti, l’aide apportée aux grévistes, les propositions… tout cela est inespéré… cela rompt avec les niaises querelles de sommet…

Aussi extraordinaire que cela puisse paraître j’ai confiance en l’avenir, parce que je vois ce qui est en train de monter partout, y compris en France, là où il y a un chemin il faut avancer… Oui mais l’idée de cette plongée dans cette année est comme franchir à la nage un égout et cet exploit sportif est au-delà de mes forces.

Les 75 ans du parti, je les ai passés au Bourget aux côtés d’Aragon qui avait alors l’âge que j’ai aujourd’hui et était lui aussi épuisé, déchiré… peut-être est-ce cela la vieillesse, voir interpréter ce que vous avez vécu, sali, manipulé et vous trop las pour parler… Peut-être la sagesse est-elle d’agir comme il l’a fait, s’enfermer et dire « mon dieu comme c’est long! »

Je n’ai pas la force, je vous en fait l’aveu, d’affronter ce que va être ce mensonge permanent de ceux à qui est confiée la célébration, des censeurs, des gens prêts à n’importe quoi, des spadassins de la censure pour que triomphe leur histoire, celle de la bourgeoisie estampillée par les communistes eux-mêmes. Je me dis qu’il y a fort heureusement d’autres partis, d’autres pays et qu’il me suffira d’ignorer l’horreur de cette célébration mensongère, je verrai.

Et puis, il suffit d’une phrase malvenue, de quelques imbéciles qui viennent donner des leçons d’humanisme en fait de crétinisme complice des pires crapules… Pour que je m’interroge : vais-je longtemps subir des gens qui ont les mœurs des « staliniens » qu’ils prétendent dénoncer? Des habitués de la censure, du  mensonge: on efface sur la photo celui qui gêne, s’ils en avaient eu le pouvoir ils m’auraient exécutée, ils m’ont battue, déchiré les vêtements, ils ont dit que j’étais folle parce que mon enfant était schizophrène et ils l’ont dit alors que je pleurais sa mort… ils ont fait tout cela et ce serait moi « la stalinienne »… oui ils ont les mœurs des « staliniens, ce qui leur manque c’est le courage… Il leur manque cette  force d’aller jusqu’à la mort pour lutter contre le nazisme, de se sacrifier pour un monde meilleur, et de crier « imbécile c’est pour toi que je meurs », eux ce sont les bureaucrates qui signent les ordres d’exécution parce qu’un plus haut placé qu’eux l’a voulu ainsi… ce sont des « salauds » au sens sartrien du terme, ceux qui agissent mal non par méchanceté mais pour leur confort. Leur confort aboutit à cette censure qu’ils exercent sur moi avec la complicité de tous, je dis bien de tous. Puisque c’est à ceux-là que vous confiez la célébration de ce pauvre parti?

Est-ce qu’il est possible de vaincre cela ou ce parti est-il condamné, les liquidateurs à l’œuvre depuis vingt ans l’emporteront-ils et à travers eux ce sera le triomphe du capital… Cet air de liberté, le libre renard dans le libre poulailler auquel ils aspirent … J’ai envie de prendre un peu de vacances… parce qu’il m’est trop difficile d’accepter tout cela alors même que je m’accuse d’impatience… parce que l’essentiel demeure le combat d’aujourd’hui, et j’irai manifester les 9 et 11 janvier, c’est même la seule chose qui me fasse tenir, ça et le refus de la guerre parce qu’il y a fidélité aux racines…

Je veux un peu de paix… et que l’on arrête de me torturer en trafiquant ma vie et ce qui a fondé mes engagements et que vous ne cessez de salir. Le mensonge érigé en position officielle, cela suffit, vous ne voulez pas de mon témoignage, libre à vous mais laissez moi au moins la paix. J’ai renoncé à tous contacts avec ma fédération qui dans le genre est le pire, l’unanimité dans le refus au Congrès au niveau de ceux qui ont été envoyés au Conseil national, la Marseillaise, les militants tous invités à cette horreur de la diffamation permanente de notre histoire. Y a-t-il un lieu où il y aura autre chose: à Vénissieux sans doute… d’autres endroits où je dois me rendre comme si la clandestinité était de mise… pour simplement dire que l’on ment et que nous valons mieux que ça.

En attendant en ce moment ce blog connait une affluence énorme qui prouve à quel point la soif de vérité, de connaissance, d’informations est grande. Comment continuer à être utile sans être blessée au point d’en perdre le souffle, éviter les contacts, que faire? Ignorer ce qui se dit, éviter les échos? comment agir en étant loin de ces miasmes? Comment trouver la distance? Il est 10 heures, dimanche 5 janvier 2020 et ce blog a déjà reçu  5200 lecteurs… le besoin de réflexion, de compréhension est grand…
Danielle Bleitrach
 

CQFD : savoir vivre communiste, le reste n’est que fioriture…

Une bande de salopards nous entraîne vers la guerre, alors qu’ils prétendent détruire notre santé, notre éducation, nos retraites pour se les approprier et nous obliger à payer, encore payer pour moins de droits. Les mêmes sont prêts à détruire la planète, ne rien faire pour le climat et mettre l’argent dans les bombes et les armes. Ces gens-là sont les capitalistes, leurs adversaires les plus résolus sont les communistes. Donc il faut qu’ils utilisent leur presse aux ordres pour vous convaincre que les communistes en veulent à votre liberté et à votre argent… Tout le reste n’est que fioriture dans un sens ou dans l’autre, on en revient toujours là.

Les communistes ont inventé des droits sans capital avec Ambroise Croizat, ils ne peuvent le tolérer.

Danielle Bleitrach

puisque nous en sommes à l’essentiel n’oubliez pas d’envoyer de l’argent aux grévistes. .

  • Par chèque :

à l’ordre de « Solidarité CGT Mobilisation » adressé à :

« Confédération Générale du Travail Service Comptabilité »
263 rue de Paris
93100 Montreuil

  • Par virement (informations bancaires dans le RIB en téléchargement)

Téléchargements

RIB CGT
 

savoir vivre communiste: le grain de maïs

Je vous promets que ce que je vous écris là en manière de vœux je le pense et qu’il n’y a en moi pas le moindre regret, ni amertume par rapport à ce bilan d’une vie, je tente d’être sincère, je n’ai pas grand chose d’autre à partager avec vous.

Je reçois  des photos de camarades avec mon livre comme cadeau de Noël, l’un d’eux précise qu’il faut relayer son annonce puisque l’Humanité organise sa censure. Cela me touche énormément et de fait cela correspond à une réalité puisque ce livre a trouvé son public malgré tout, grâce à vous les militants communistes. Alors je voudrais vous adresser mes vœux et tenter de partager avec vous le bilan d’une vie. Parce que ce n’est pas de moi dont il est question mais bien d’un témoignage qui est le vôtre, comment une subjectivité est-elle en capacité de dire l’universel. C’est tout le sujet du livre de Badiou qui compare le communisme à « l’invention » du christianisme par Saint Paul.

Je n’ai jamais accepté ce dont on a essayé de me convaincre à la chute de l’URSS, à savoir que le communisme n’avait été qu’une monstrueuse erreur. Je n’ai pas pu y croire, toute ma vie s’inscrivait en faux contre ce diagnostic et je suis partie à la recherche d’autres communistes qui pensaient comme moi. On a dit que j’étais « stalinienne », je l’ignorais mas je ne pouvais pas être autrement que ce que j’étais, impossible de renier.

Le communisme était un parti, mais il était bien plus que cela, parfois il pouvait même se présenter comme le contraire, si ce parti ne revendiquait plus l’émancipation de tous.

C’est le militant dans sa relation complexe à l’organisation qui fonde l’universel parce que le militant ne se laisse pas distraire par les généralités idéologiques et étatiques qu’on lui assène comme le politiquement correct, sa vérité est entièrement subjective et se fonde comme telle alors que l’appartenance est collective. Si je suis communiste c’est parce que je crois que l’humanité peut être différente, libre, juste et égale et qu’à ce prix là seulement la mort peut-être vaincue. Je suis fidèle à cette conviction, mais pas comme à une révélation mais bien un processus en acte dans lequel j’agis avec selon Badiou les trois principes proches de ceux du christianisme et en rupture avec lui puisqu’il a failli: celui du point d’où je suis et qui est ce qu’ils appellent la foi et moi la conviction, celui où je m’adresse au monde et qu’ils appellent la charité, l’amour, et moi ce cri « imbécile c’est pour toi que je meurs », celui qui impulse mon déplacement, ma dialectique qu’ils appellent espérance et moi aussi, un principe en acte contre l’injustice et la guerre, la liberté en est la résultante.

Cette subjectivité dit Badiou soustrait à l’état de la situation et j’ajouterai que c’est cette soustraction qui est aussi prise directe sur ce qui est en tain de naître et de se transformer… on sent l’herbe pousser et par moment pour moi, peut-être seulement pour moi, j’éprouve des joies intenses à me sentir en adéquation avec la nature, le cosmos, la peine des êtres humains et la trace que l’art laisse de leur passage. Je n’ai rien trouvé d’autre pour le signifier que ce rire d’enfant à côté de son chameau en train de saluer le soleil. L’idée que l’on est vivant et que l’on en hurle de joie.

C’est ça le plus difficile tout au long de la vie du processus de l’histoire confondue avec votre propre histoire: savoir ce qui est toujours vivant en vous malgré les déceptions, les trahisons. Mais c’est peut-être là que le matérialisme l’emporte sur l’idéalisme, quand on se sent proche de lâcher, on peut être sur que le capital vient vous faire la démonstration que rien ne le bat en arrogance et en nocivité, sans parler de son hypocrisie. Il est parfois aisé de lâcher prise, mais il est impossible de se rallier à eux alors on ne laisse pas la charette s’éloigner, on a suit du regard et on remonte malgré les cahots.

Bon voilà, je ne sais ce que vous avez compris de ce que j’ai tenté de vous dire mais il fallait que je vous le dise pour que la suite ait un sens.

Bien sûr que cela me choque l’interdit dont je suis victime dans l’Humanité et dans ma propre fédération, au départ j’en ai même souffert. En particulier quand l’injustice se combinait avec des souffrances personnelles, la mort d’un être aimé… J’ai pleuré, j’ai failli me dessécher, n’avoir plus de vie, celle-ci était en danger d’être étouffée par l’amertume… Mais il y avait ceux qui m’avaient aimée, les combats, l’idéal partagé, et je riais comme cette enfant du désert…

Tout cela n’est pas si grave, un jour un journaliste de libération m’a invitée à déjeuner, je venais de sortir un livre intitulé le Music hall des âmes nobles (titre emprunté à Aragon), il m’a proposé le marché suivant que je raconte dans mes mémoires : si vous nous dites ce qui se passe au Comité central on fait de vous un écrivain célèbre. Je lui ai répondu: « si je suis Aragon je n’ai pas besoin de vous! si je suis une honnête intellectuelle comme il y en a tant, laissez-moi mon honneur de militante, il vaut plus que ce que vous me proposez ».

J’avais raison et si c’était à refaire je le referais. Je ne trahirai pas Cuba quand il était à la mode de le faire, de suivre la fausse conscience d’un Robert Ménard. Je ne peux pas trahir Cuba parce que quand je voyais mon monde s’écrouler, ils sont restés debout et m’ont attirée contre eux dans la tempête… 

J’ai eu une vie magnifique, j’ai rencontré des combattants qui en valaient la peine, connus ou inconnus peu m’importe et franchement j’ai appris que comme le dit Fidel en citant José Marti « toute la gloire du monde tient dans un grain de mais ».

C’est pour ça que j’aime le film de Terrence Malick, une Vie cachée, cette expérience d’un chrétien qui n’attend rien de ses choix, aucune lumière, aucune gloire, simplement la liberté d’être ce qu’il est, parce qu’il dit que le véritable héros n’attend sa liberté que de la conscience de devoir agir comme il le fait… et nous sommes nombreux chez les communistes à revendiquer cet héroïsme, en ce moment le gréviste de la SNCF a toute la gloire du monde, le reste n’est pas grand chose, d’ailleurs je ne sais pas si vous l’avez remarqué avec cette grève de Noël, cette lutte contre les retraites, le renouvellement de la parole militante, chacun intervient pour dire le refus mais le fait à sa manière, des gens jeunes plein de fougue qui ont leur manière de convaincre, d’être là pour témoigner… Une génération est en train d’apparaître, elle est singulière et dit se battre pour tous.

C’est ça l’essentiel

Louis Aragon 03/10/1897 – 24/12/1982

« L’homme communiste, ouvrier, paysan, intellectuel, c’est l’homme qui a une fois vu si clairement le monde qu’il ne peut pas l’oublier, et que rien pour lui désormais ne vaut plus que cette clarté-là, pas même ses intérêts immédiats, pas même sa propre vie. L’homme communiste, c’est celui qui met l’homme au-dessus de lui-même…
…L’homme communiste, c’est celui qui ne demande rien mais qui veut tout pour l’homme. Oui, il envie mille choses, le bonheur, la santé, la sécurité, mais pour tous, et au prix de sa santé, de son bonheur, de sa sécurité, de son existence. »

(L’homme communiste 1946)

Danielle Bleitrach

le 17 janvier, je serai à Beziers pour discuter avec les amis et camarades de l’Herault, au siège du PCF de Beziers

le 6 février je serai à Martigues, librairie l’alinéa

le 29 févier à Reillane  dans les Apes de haute Provence, avec un film…

il y a d’autres rencontres prévues mais il faut encore fixer les dates et les lieux…

 

Il est inadmissible… qu’une minorité factieuse de 30 ministres et sous sinistres nous gâchent nos fêtes de la NOËL

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photo, un « tankiste » soviétique à Berlin en 1945

SAVOIR VIVRE COMMUNISTE :

IL EST INADMISSIBLE QU’UNE MINORITÉ FACTIEUSE DE 30 MINISTRES ET SOUS SINISTRES, GRASSEMENT REMUNERES PAR LES MONOPOLES BLOQUENT LE PAYS ET PERTURBENT  EN PLUS NOS FÊTES DE FIN D’ANNÉE.

Nous signalons à ces salopards que si les femmes étaient payées autant que les hommes, cela ferait déjà 6 milliards de plus dans les caisses…

Alors si on faisait rendre gorge à vos patrons, ceux qui comme les Mulliez d’Auchan s’expatrient en Belgique pour ne pas payer d’impôts. Ces avaricieux nous envoient leur représentant. Il a fait ses preuves en étant capable de licencier une caissière pour avoir donné un pain au chocolat cramé…  Est-ce que nous allons accepter de négocier  nos retraites avec des gens pareils…

Avec ces gens-là il ne faut plus négocier, qu’ils dégagent…

NOUVELLE JOURNÉE de GRÈVES et de MANIFESTATIONS interprofessionnelles : JEUDI 9 JANVIER 2020 [communiqué intersyndical]

 

COMMUNIQUÉ DE L’INTERSYNDICALE

CGT, FO, FSU, SOLIDAIRES, UNEF, UNL, FIDL, MNL 
L’intersyndicale a fait le bilan de l’énorme mobilisation qui, une nouvelle fois, a eu lieu le mardi 17 décembre rassemblant les salariés du secteur privé, du public, les jeunes, les privés d’emploi, de nombreux cadres et les retraités.

 

Toutes et tous ont compris qu’avec ce projet gouvernemental, toutes les catégories socio-professionnelles et toutes les classes d’âge seraient perdantes.

 

Face à ce mouvement social soutenu par la population et porté par la majorité des organisations syndicales du pays, le gouvernement n’entend pas et annonce vouloir maintenir sa réforme à point. Il avance, aujourd’hui, vouloir relancer un cycle de discussions, sans issue dans un cadre d’équilibre budgétaire contraint alors que la seule solution est de retirer sans délai ce projet régressif.

 

En conséquence, au-delà des initiatives d’ores et déjà programmées, le 19 décembre et sans trêve jusqu’à la fin de l’année 2019, les organisations appellent à une nouvelle puissante journée de grève et de manifestations interprofessionnelles et inter générationnelles le jeudi 9 janvier 2020.

 

Le socialisme : la Chine sortira 10 millions de personnes de la pauvreté d’ici la fin de l’année

Toutes ces statistiques sont celles non seulement du gouvernement chinois mais elles sont corroborées par celles du FMI, de la banque mondiale. La Chine ne se contente pas d’un  développement accéléré qui l’a fait passer de la misère aux plus hautes technologies. Elle n’est pas seulement le pays des « milliardaires », ceux-ci comme le disait Deng Xiaoping doivent voler comme un oiseau en cage, celle du parti. La Chine est le pays où un gouvernement communiste garde le cap sur l’intérêt national, sur l’évolution de toute la population vers une société de moyenne aisance, d’éducation, de culture où est installé un système de protection sociale tandis qu’on détruit le nôtre. Une société où le gouvernement communiste conserve les outils de la direction, la mainmise sur tout le financement et la planification (note et traduction de Danielle Bleitrach).

récemment partout en Chine on a vu fleurir ces panneaux qui vantent les vertus nécessaires pour être communiste…

La Chine prévoit de sortir 10 millions de personnes de la pauvreté d’ici la fin de 2019. Il est rapporté par China.org .

95% des pauvres seront sortis de la pauvreté, a déclaré Liu Yongfu, directeur de la Direction de la réduction de la pauvreté et du développement du Conseil d’État de la RPC. 90% des villages pauvres seront également exclus de la liste des lieux de pauvreté.

Le responsable a ajouté que la prochaine étape sera la réduction de la pauvreté dans les régions les plus touchées par l’extrême pauvreté. Selon lui, en 2020, la Chine devra vaincre complètement la pauvreté.

« La campagne pour réduire la pauvreté n’est pas seulement la responsabilité du gouvernement, mais aussi la tâche de toute la société », a déclaré Liu Yongfu.

Le gouvernement chinois appelle à l’élimination de la pauvreté d’ici 2020, à créer une société d’aisance moyenne pour tous comme l’un de ses principaux objectifs.

On suppose que chaque citoyen recevra de la nourriture et des vêtements, les enfants des familles les plus pauvres bénéficieront d’un accès garanti à une éducation de 9 ans.

Parmi les principaux domaines de travail figurent le développement des infrastructures dans les zones les plus pauvres et le renforcement de leur soutien matériel depuis le centre.

Au cours des 40 dernières années, la Chine a sorti plus de 740 millions de personnes de la pauvreté.

 

 
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Publié par le décembre 18, 2019 dans Chine, communiste mode d'emploi

 

Le savoir-vivre communiste : L’esprit de Noël ou la nécessité de ne pas trop tenter le diable

Qu’est-ce que je peux faire, je sais pas quoi faire?

J’ai été invitée pour le soir de Noël par la paroisse. En fait j’avais je ne sais pourquoi acheté deux paquets de petits boudins blancs chez Picard et je me suis dit que jamais je ne mangerai ce genre de chose. Je ne savais comment m’en débarrasser puisque dans le fond je ne connais que des musulmans ou des juifs ou des gens au régime.

Donc ce dimanche midi comme d’habitude je vais prendre le café avec mes amis de la paroisse sur la place de l’église, Je leur dis que j’ai décidé de passer la Noêl comme le méchant avare du conte de Noël de Dickens, ils ne connaissaient pas et je leur fait le récit de la rédemption de Mr Scrooge, avare, égoïste, insensible, métamorphosé par la visite de trois fantômes allégories de la mémoire, de l’empathie et de la peur de la mort.

Je sens qu’ils ne perçoivent pas très bien ce que je tente de raconter alors je précise. Je fais un accès d’égoïsme, je suis un peu fatiguée de l’humanité du moins sous ses aspects les plus concrets, dans des millénaires peut-être… Alors j’ai commandé des huitres, des pinces de crabe, du champagne et je vais passer la nuit de Noël à lire le Saint Paul de Badiou en dégustant des mets raffinés.

Alors si mes amis chrétiens le veulent je leur offre mes petits boudins blancs. La responsable de la paroisse non seulement accepte mais me propose de venir passer le soir du 24 avec leur repas pour les isolés, j’aurais bien le temps le 25 de reprendre mes lectures et mes festivités.

L’aventure me tente toujours mais peut-être celle-ci est-elle vraiment inadaptée à mon état d’esprit, je leur propose de leur apporter les boudins et un gâteau et on verra si je reste…

Il me tendent un café en poudre avec de l’eau dans les thermos, c’est pas terrible mais j’aime bien accepter sinon de rompre le pain avec aux à tout le moins partager le café.

Arrive le très charmant voisin qui me dit « Vous qui aimez le cinéma, Anna Karina est morte »… Je mime Pierrot le fou « qu’est-ce que je peux faire:: » Il me regarde étonné , il ne connaissait pas et j’ajoute: « la mort de Godard oui ce sera un choc pour moi » et tout à coup je m’exclame « mais qui dit que je mourrai après lui?  »

J’ai parfois du mal à me raccorder avec mes contemporains, mais ils font des efforts… J’en suis si reconnaissante que je suis prête à tenter toutes les fraternisations mais j’ai du mal à garder la distance…

C’est comme dans le débat d’Avignon. Il y avait une dame gilet jaune qui avait quitté le parti depuis bien longtemps et en avait semble-t-il conservé une certaine rancune. A bout d’argument concernant les bienfaits de Staline et de la Chine, je tente le plus basique:  » est-ce que vous pouvez me citer une seule atteinte aux libertés de la part du parti communiste français? » Et là, à ma plus intense stupéfaction, elle répond que lors de la dernière manifestation, le cortège de la CGT n’a pas voulu qu’eux les gilets jaunes passent devant. Et elle pointe un doigt vengeur sur le président de séance à mes côtés et ajoute « d’ailleurs celui qui a agi ainsi vous ressemblait ». sans état d’âme mon voisin, lui décrit les saloperies que les gilets jaunes débitaient contre les syndicats. »

Passer de la géopolitique, de l’histoire de l’URSS et de celle de la Chine millénaire à ce type de débat est difficile. Comment croyez vous que je m’en sois sortie?

un par la compassion « Si vous saviez ce que j’ai pris! je suis interdite partout, on me boycotte mais… car en deux, il y un « mais, je crois que nous militants communistes nous avons une espèce de transcendance par rapport aux aléas du quotidien…Ce que nous espérons va bien au delà » et me voilà partie dans quelque chose qui rejoint le Saint Paul de Badiou. J’ai bien senti que tout le monde me regardait avec quelque étonnement…

Mais comme personne ne s’intéressait à ce séjour des brouillards dans lesquels j’avais choisi d’aller planer tout le monde s’est calmé et la dame a acheté le livre…

Mais il ne faut pas trop tenter le diable qui sommeille en moi…

Comme le dit une amie accro à la rubrique: j’adore le savoir vivre communiste: Savoir quoi faire et avoir à faire en se demandant que faire?

Danielle Bleitrach

 

A quoi ça sert une vie ? ne pas avoir honte de ce qu’on a été même si on est devenu différent.

Avec Aragon, à quoi cela sert le bilan d’une vie ? si mes mémoires ont un sens c’est celui-là, elles sont pleines d’erreurs, de rires et de souffrances et sont construites comme un puzzle dans lequel je puise à partir des questions du présent pour tenter de voir s’il y a quelque chose du passé qui peut m’aider à agir dans le présent… Et le JE ici est un NOUS, nous les communistes mais aussi nous les Français, du moins cette part de la France qui donnait aux peuples le vertige et dont monsieur Thiers ne cesse de répéter « qu’on la fusille »… Cette part de nation qui fait de nous des anti-colonialistes, des anti-impérialistes, des internationalistes convaincus…

Ces derniers temps deux ou trois amis, qui ont prétendu ignorer mes combats, m’ont écrit pour protester de leur « amitié » en affirmant simplement qu’ils se protégeaient de mon « mauvais caractère », l’un vante la pureté de mes engagements, l’autre mon « talent » j’ai répondu à l’un d’entre eux: Tu parles de « talent », quel talent je me suis battue avec courage et désintéressement, je n’ai jamais rien revendiqué et je ne regrette rien, les coups que j’ai pris étaient normaux dans un tel contexte, si l’on se bat on prend des coups. Mais pas toujours quand ils venaient de ceux qui censément étaient dans mon camp et qui encore aujourd’hui alors qu’ils se sont mal conduits avec quelqu’un qui sur le fond leur a toujours donné, n’a fait aucun mal au contraire, quelle stupide envie d’être les seuls, les pousse à détruire leurs alliés ?  Ils ne trouvent qu’une excuse j’aurais mauvais caractère, oseriez vous dire cela à un homme? voilà c’est tout, laissons tomber parce que j’ai le sentiment que nous n’avons pas compris les mêmes choses hier comme aujourd’hui.

Sans parler des têtes légères qui voient passer une idée et la chaussent pour avoir l’air d’être originaux, d’avoir une familiarité avec ceux qu’ils stigmatisent… Tout cela n’a aucun sens. Mais probablement les ai-je parfois moi aussi commises, mais le combat fut et reste si dur que j’ai dû tenter de changer.

Ces erreurs qui m’ont créée, transformée, entendons toujours NOUS, sont dues au fait que je ne me suis pas contentée de penser, j’ai tenté d’agir pour faire face à ce qui me semblait insupportable et qui concernait autant les autres, les opprimés, les victimes de toute l’injustice du monde que moi-même… je ne suis pas restée à juger sur le bord de la route, je me suis jetée dans la mêlée et c’est aussi comme cela que je comprends ce que nous déclare ici Aragon. Et il parle de NOUS, lui qui tous les soirs démissionnait et ré-adhérait le matin à ce qui lui donnait le pouvoir d’agir.

Danielle Bleitrach

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Une leçon du débat d’Avignon: la longue marche devient de plus en plus collective

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Lors du débat que les amis de l’Humanité d’Avignon avaient organisé le 12 décembre autour de mes mémoires, j’oserais dire de NOS mémoires à nous communistes français, le premier intervenant, mon camarade Jean Dufour qui suit attentivement ce blog, a lu et bien lu mes mémoires, m’a interrogée sur la Chine.

Je l’ai intérieurement maudit parce que je n’avais pas de fiches sur le sujet et mon livre parlant peu de la Chine, je n’étais pas préparée, et comme on le sait mon talon d’Achille ce sont les chiffres et les noms propres, je craignais de mal argumenter en disant des choses erronées, ce qui n’a pas manqué puisque les 600 millions de Chinois sortis de la misère sont devenus 600 mille chinois, ce qui est de l’ordre d’une petite ville de province, voire un village à l’échelle de la Chine. Et tout à l’avenant.

Pourtant ce malicieux de Jean n’avait pas tort de m’inciter à oser parler de la Chine puisque j’avais choisi le « bilan ».

Ce que m’a enseigné ce débat et les différentes interventions, c’est à quel point aujourd’hui ce sujet est incontournable pour les communistes.

Nous avons commencé avec Marianne d’apporter des informations, d’autres comme les camarades de Vénissieux et Hervé Fuyet en font autant, il y a des relais. Il y a des livres incontournables, ceux entres autres de Delaunnay et de Remy Herrera, les camarades qui me recevaient m’ont parlé d’un débat avec Tony Andreani.

Pourtant ce que m’a inspiré ce débat c’est cette nécessité d’en faire encore plus sur cette question, comme celle d’un nouveau monde avec de nouveaux rapports sud-sud en train de bouleverser des siècles de domination occidentale. La Chine, ai-je tenté de dire, c’est à la fois la plus vieille des civilisations, mais aussi un pays qui a connu l’humiliation néo-coloniale, un autre poids de l’histoire avec le plus jamais ça.

Quand j’ai tenté de défendre le fait que la Chine n’avait jamais porté les armes pour piller un pays, un débat s’est ouvert sur le rôle réel de la Chine en Afrique, le géant goulu et destructeur, l’achat du port du Pirée. De là, je n’avais pas les éléments pour contredire mais certainement ceux de comparaison entre la Chine nouant un contrat avec la Bolivie pour l’exploitation du lithium et les USA faisant face avec un coup d’état meurtrier et raciste. La Chine achète mais qui vend et à quelles conditions.

Tout cela restait encore en surface et j’en oubliais presque ce que je disais dans mon livre sur la contre révolution, la manière dont elle démarre à partir du Chili et comment les tortionnaires, ceux qui pillent et détruisent des continents entiers se font passer pour les défenseurs des droits de l’homme contre le totalitarisme soviétique. Là aussi la tentation est grande ne parlons plus du passé… Pourtant, eux n’oublient pas et tentent de ré-utiliser les ficelles qui leur ont permis d’avoir trente ans de sursis. Staline est mort en 1953, mais le personnage créé de toute pièce, un pouvoir personnel s’imposant à un immense continent et présentant un danger pour le monde entier est encore utilisé pour Xi Jinping, l’idée pourtant essentielle du collectif politique aussi bien que la complexité d’une société, tout est résumé à cette caricature « totalitaire ». Au moment même où l’on assiste depuis 1991 à une offensive sans foi ni loi sur toute la planète pour mieux piller, comme en 1974 après le Chili, ils se présentent en Droits de l’Homme contre le « péril jaune ».

Comment cela peut-il encore fonctionner ? Mais on assiste bien à une tentative de conviction que tout le mal vient des privilégiés de la SNCF, de la dictature que leur grève fait peser sur la Noël, il y a même eu une député de la République en marche pour dénoncer le grand nombre d’agents musulmans recrutés par la RATP qui donc veulent saccager les fêtes de la Noël, si cela peut marcher imaginer ce que l’on peut créer sur la situation internationale. Il est nécessaire de démonter tout ça, oui mais comment quand on enseigne à ce point l’amour de la servitude par l’entretien d’un « savoir immédiat » qui nie le rôle du capital et crée des murs pour le protéger d’imaginaires assaillants.

PARCE QUE LE FOND DE L’AFFAIRE EST BIEN DE FAIRE CROIRE QU’IL N’Y A PAS D’ALTERNATIVE AU CAPITALISME, L’UTOPIE IRREALISABLE OU LA DICTATURE SANGLANTE. MONTREZ QU’IL Y A ET Y A EU DES EXPERIENCES, LEURS APPORTE , LEUR ECHECS CONTEXTUALISES? PASSEZ IL N’Y A  TIEN A VOIR. C’EST POUR LE CAPITAL UNE QUESTION DE SURVIE.

Ce débat m’incite aussi à une réflexion sur les obstacles que nous devions affronter pour aborder ce pays continent : d’abord bien sûr le poids des campagnes médiatiques qui tablent sur un travers bien français, la superficialité, la prétention néo-coloniale à feindre de savoir ce qu’ils ignorent, l’incapacité à sortir du franco-français, et à ce titre l’intervention d’une dame qui prétendait avoir vu le travail des enfants en Chine alors qu’une de ses compagnes de voyage m’a signalé qu’elles n’avaient rien vu du tout, mais que la dame tenait à être un témoin politique à partir d’un voyage touristique, ce qui est un travers assez fréquent.

Pourtant ce débat d’Avignon n’avait rien à voir avec le cauchemar que j’avais vécu en 1996 dans le Gard voisin. Il y avait un homme qui pour la première fois de sa vie était parti dans un pays étranger à Cuba, cette année là. Il avait vu et il savait, il dénonçait la misère des Cubains, elle était hélas bien réelle. C’était la période spéciale, ils crevaient de faim, la prostitution des jeunes filles battait son plein. A toutes mes descriptions abstraites du blocus, il répondait par ce qu’il avait vu et l’attribuait à Fidel castro, un dictateur comparable à Staline. Il avait été jadis un électeur communiste on ne l’y reprondrait plus. J’ai été battue à plate couture, personne ne m’aidait… Cet homme avait pour lui le poids du tourisme tel qu’il nous donne des certitudes et de ce que les médias lui racontaient tous les jours. Depuis les choses ont un peu évolué mais il y a d’autres traquenards en particulier quand je tente de dire la stricte vérité à savoir que les Russes regrettent l’uRSS. Alors la Chine…

Car  le paradoxe est que dans le PCF nous avons un autre blocage. D’abord depuis 20 ans l’influence du trotskisme, version de la social-démocratie dans nos directions, avec la haine du « stalinisme » reconnu et dénoncé partout pour mieux nous isoler, mais aussi paradoxalement dans un parti qui a vieilli le reste d’une rancune tenace contre la Chine quand elle s’opposait à l’URSS ; il est donc intéressant de voir comment le parti issu de cet ex-URSS est lui en train de discuter sur le passé mais aussi de préparer l’avenir et tous les textes sur le sujet que Marianne traduit du russe peuvent aider à percevoir les choses différemment.

Cela dit il est aussi frappant de voir à quel point le dialogue sans concession mais avec écoute réciproque peut être fructueux aujourd’hui. Il y a une évolution, surtout quand le mouvement social vous aide à penser autrement. A quel point ceux qui comprennent qu’ils ont peut-être des stéréotypes construits découvrent vite un autre monde, et pour revenir à mon introduction perçoivent à quel point tout souvenir est pris nécessairement dans un collectif d’appartenance qui introduit des biais. Je retrouve alors un travail de déconstruction que je faisais nécessairement avec mes étudiants de sociologie et dont j’étudie les effets en politique.

par exemple, dernièrement je discutais avec une électrice socialiste de toujours, elle me dit tout le mal qu’elle pense de macron, du personnel politique qui l’entoure , delavoye qui se fait acheter pour nous voler nos retraite: « il faudrait que ces gens là soient condamnés à vivre ce que vivent les gens qui ont des salaires de misère ». mais quand tout à coup je tente de lui parler de bernard Arnault qui ne déclare pas ce qu’il devrait, elle me répond « c’est son argent, il en fait ce qu’il en veut et il donne du travail, ce qui est ignoble ce sont les politiques qui prennent l’argent du peuple ». J’ai compris à quel point l’idée du capital avait disparu de son esprit. Alors quand vous expliquez qu’en Chine, il ya la planification, que le parti tient les rènes de l’investissement et du dévelopement et l’oriente vers le progrès et la résorbtion de la misère, à quel type de pensée avez -vous affaire?

cela fonctionne par répétition, puis un jour quelque chose devient problématique et là ça va vite très vite…

Je ne suis jamais aussi ravie que quand quelqu’un vient m’expliquer ce que je m’évertue à lui faire partager depuis des années.

Je me dis que si tout se passe comme je l’espère les communistes dans peu de temps viendront m’expliquer ce que je m’évertue avec tant de mécomptes de leur faire partager depuis tant d’années et ils ne se souviendront de rien, ils en conserveront peut-être malheureusement l’idée que je ne suis pas quelqu’un de sûr, un mélange de répression « stalinienne » et de dissidence anti-parti.

Heureusement, nous sommes un certain nombre à vivre cela depuis des années et dans ce débat j’ai senti à quel point les organisateurs ne me laissaient pas me débattre seule parce qu’ils vivaient aussi cette situation et en avaient acquis beaucoup de patience et la conviction qu’en tant que communistes nous devions continuer dans l’action, qu’un possible s’ouvrait et qu’il fallait le faire avancer.

J’apprends tellement des autres dans des débats et cela renforce mon optimisme. « Être optimiste n’est pas un métier, m’avait reproché Aragon ».

C’est là qu’être sociologue et connaitre ce qu’est pernicieux le sentiment d’un savoir immédiat sur toute chose comme d’ailleurs le poids de la rumeur n’est supportable qu’à condition d’être un objets d’étude.

Danielle Bleitrach

PS. A ceux qui sans avoir lu NOS mémoires cherchent de mauvaises raisons pour contribuer à sa censure, je signale que l’argument de mon narcissisme ne tient pas, parce que je défie quiconque d’aimer les autres sincèrement s’il ne s’aime pas lui-même. Et en outre peut-être que cela permet d’échapper à un mal général, celui d’être prêt à n’importe quoi pour exister médiatiquement. Quant à l’argument de mon mauvais caractère ou de ma contribution à des répressions, la lecture de mon livre aiderait sans doute à lever des idées préconçues à partir de faits.  je n’aurais pas les problèmes que j’ai dans des débats si mon trait de caractère – hérité d’années de pédagogie n’était pas de m’intéresser si fortement à la manière dont mon interlocuteur raisonne que j’en oublie l’objet de ma démonstration. J’ai hérité de mon métier d’enseignant une manie d’écoute que je compare souvent à celle du garagiste écoutant le bruit du moteur et en déduisant les pannes possibles. J’ai parfois envie d’aider à construire quelque chose de plus cohérent y compris dans un domaine dont je ne partage pas la formulation initiale… cela dit mes sautes d’humeur sont simplement le constat que quelque chose est mal parti et qu’il vaut mieux ne pas perdre son temps, elles épargnent la personne sauf si vraiment il en fait trop. Veuillez m’excuser ce plaidoyer pro domo, mais la nature de ce qui m’est reproché est malheureusement aussi peu étayé que cela.