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Les BRICS plaideront pour la Syrie : La visite de Poutine à Goa va accélérer la construction d’un monde multipolaire

16 Oct

Très important, tandis que la presse occidentale parle de l’isolement russe ou prétend que Poutine exerce un chantage à la guerre mondiale, les nouvelles qui nous parviennent des Brics et de la réunion de Goa prouvent les tentatives d’un monde de la coopération multipolaire qui laisse entrevoir une lueur d’espoir (note de DB, traduction de MD pour histoireetsociete).

Sergey Aksenov

http://svpressa.ru/politic/article/158603/

Vladimir Poutine (G) et Narendra Modi à l'occasion du sommet annuel Inde-Russie. (Konstantin Zavrazhin/Service de presse du Kremlin)

Le président russe Vladimir Poutine et le Premier ministre de l’Inde, Narendra Modi (Photo: Constantin Zavrazhin / service de presse du Président de la Fédération de Russie / TASS)

Ce week-end à Goa (Inde) se tiendra le huitième sommet du BRICS. Le président russe est arrivé en Inde samedi matin avec un léger retard – à cause du brouillard, son avion a dû faire un atterrissage d’urgence à Mumbai. Le programme de rencontres de Vladimir Poutine a commencé par un dialogue avec son homologue indien le Premier ministre Narendra Modi. Toutefois, l’événement principal du week-end sera la réunion des dirigeants des cinq pays participant à l’union, et leur déclaration finale. Dans le contexte des tensions dans les décisions mondiales, les BRICS peuvent sérieusement affecter la situation internationale.

A la veille de son voyage, le Président Poutine dans une interview avec l’agence de nouvelles indienne IANS a appelé les BRICS «un élément clé du monde multipolaire émergent» et a expliqué pourquoi. «Nos pays n’acceptent pas la politique d’intimidation et de violation de la souveraineté des autres Etats. Dans un contexte où un certain nombre d’Etats de l’Occident tentent d’imposer leurs approches unilatérales, une telle position est d’une importance particulière », – a dit le président russe. Les « Cinq », a-t-il dit, réaffirment constamment leur attachement au droit international, avec un rôle central réservé à l’ONU.

Si auparavant, ces mots semblaient trop formels et vagues, maintenant, au moment de la crise aiguë en Syrie, cette position va pouvoir se concrétiser. Et Poutine a dit clairement: «Nous avons des approches similaires sur les problèmes internationaux, y compris la crise syrienne, le règlement au Moyen-Orient.» Cela ne peut signifier qu’une chose – dans la déclaration finale du sommet, d’une façon ou d’une autre sera abordée la question syrienne. Les enjeux sont plus élevés que jamais. Si la position russe sur la Syrie actuelle reçoit le soutien sans équivoque de géants comme la Chine et l’Inde, le conflit aura une dimension véritablement mondiale. Un point sur la carte où les intérêts des grandes puissances du monde s’entrecroisent.

En plus de la géopolitique, les sujets du sommet seront les questions de la croissance mondiale, la coopération des BRICS avec d’autres pays, le changement climatique et les contacts humanitaires. Il est prévu que les dirigeants du BRICS discuteront des résultats provisoires de la mise en œuvre de la «Stratégie de partenariat économique», ainsi que les questions de sécurité internationale, y compris le terrorisme. Le projet de feuille de route pour la coopération commerciale, économique et l’investissement entre les cinq pays jusqu’en 2020sera finalisé, et signé un protocole de coopération entre les banques de développement des pays BRICS et la Nouvelle Banque de développement BRICS, selon TASS. Le sommet se conclura par une réunion avec les dirigeants de l’Organisation du Golfe du Bengale. Comme nous pouvons voir, tout le monde veut travailler avec la Russie.

Créé comme une alternative à d’autres formats internationaux, le BRICS a été soumis depuis le début à la critique zélée de l’Occident. Ici encore, à la veille de la réunion à Goa, dans les médias du monde entier ont été publiés des textes pointant les divergences entre les pays participants et exprimant le scepticisme quant à la faisabilité de leur coopération. En effet, au moins deux pays – le Brésil et l’Afrique du Sud connaissent des difficultés politiques internes. La mise en accusation du Président du Brésil Dilma Rousseff selon de nombreux experts est associée à l’influence des États-Unis. Cependant, le BRICS a été créé dès l’origine avec des objectifs à long terme. En outre, les «piliers» de l’association, sans aucun doute, sont la Russie, l’Inde et la Chine.

C’est précisément l’opinion d’Alexandre Loukine, qui dirige le Département des relations internationales à la Faculté d’économie et politique mondiale de l’école HEC. «Parler de la perte de pertinence des BRICS relève de la pensée magique, – a-t-il expliqué dans le magazine « Profil « . – En fait, l’union des BRICS se fonde sur des tendances à long terme et est indépendante de tout gouvernement. Un gouvernement spécifique peut mettre plus ou moins l’accent sur cette tendance, mais les intérêts de la Russie, la Chine, l’Inde, le Brésil, l’Afrique du Sud, coïncident dans une certaine mesure, bien sûr pas dans tous les cas. »

Loukine est persuadé que le rôle principal des BRICS est géopolitique. L’économie est au second rang. «Le BRICS aujourd’hui n’a rien à voir avec le BRICS dont parlaient à l’origine les inventeurs du terme chez Goldman Sachs, qui établissaient une comparaison par rapport à leur développement économique… Maintenant le plus important pour les BRICS sont les facteurs géopolitiques et économiques connexes.» Selon lui, les BRICS dans une certaine mesure ont pris la place restée vacante après l’effondrement de l’URSS. Voilà pourquoi le BRICS cherche à obtenir une plus grande participation des pays du Tiers-Monde dans les institutions financières internationales. L’objectif principal des BRICS est d’être une alternative au «G7» dans le G20, dit Loukine.

Il semble que ce soit la seule approche correcte. Le BRICS est une union politique. L’économie est importante, mais secondaire et se développe donc principalement au niveau de la relation des pays les uns avec les autres. Les premières heures de la visite de Poutine,sans surprise, ont été consacrées à des projets économiques russo-indiens. Un total de 18 documents ont été signés. L’élément le plus important parmi les accords était la coopération militaro-technique. Entre autres choses, les pays ont signé des accords sur la fourniture de systèmes de missiles anti-aériens S-400 « Triumph », la production au bénéfice de la Marine indienne des frégates du projet 11356, ainsi que la création de la société indienne-russe pour la production d’hélicoptères Ka-226T.

Poutine et Modi ont assisté également à la cérémonie de lancement du deuxième bloc de la centrale nucléaire « Kudamkulan ». L’accord sur la construction des 5ème et 6ème bloc sera signé avant la fin de l’année. Un autre contrat important – « Rosneft » fournira à l’Inde 100 millions de tonnes de pétrole sur 10 ans. Cependant, la politique a prévalu et les deux dirigeants à la veille de l’assemblée générale ont exposé leur position sur les questions les plus chaudes. Ils sont convaincus que le conflit en Syrie devrait être résolu pacifiquement, « un dialogue global et inclusif sur la base du communiqué de Genève du 30 juin 2012 et des résolutions afférentes du Conseil de sécurité de l’ONU. » Quant à l’Ukraine, l’accord de Minsk doit être respecté, ont souligné Poutine et Modi.

Selon Boris Volkhonskoï, politologue, chef du secteur Asie de l’Institut russe de Recherches Stratégiques, le développement des BRICS comme association à l’échelle mondiale va grandement contribuer au développement des relations bilatérales entre la Russie et les autres participants. Le sommet indien donnera un nouvel élan aux relations avec à Delhi.

– Un grand tournant dans les relations avec l’Inde n’est pas à prévoir. Les relations entre nos pays ont plus de 60 ans. Il n’existe pas de désaccords fondamentaux entre la Russie et l’Inde. Mais en raison du fait que le contexte international a changé, il peut y avoir des nuances dans les détails, dans des affaires mineures. Le rejet total du monde unipolaire, qui selon toutes les indications, arrive maintenant à sa fin, fera en sorte que notre relation se poursuivra avec succès dans l’avenir. Il n’est pas un secret que la Russie, l’Inde et la Chine – sont les trois principaux piliers des BRICS. Maintenant, nous assistons à des tentatives de déstabilisation de ce format. Par exemple, les événements au Brésil. En outre, les États-Unis tentent de jouer sur les contradictions entre l’Inde et la Chine, qui sont une réalité. Il y a aussi des revendications territoriales.

Et le rôle que la Chine essaie maintenant de jouer dans le monde crée des tensions. En particulier, la tentative de créer un corridor économique avec le Pakistan, qui passera par le Cachemire, un territoire contesté entre l’Inde et le Pakistan, contrôlée par le Pakistan. Cependant, malgré toutes les contradictions, la Chine reste le plus grand partenaire commercial de l’Inde. En outre, la politique étrangère de l’Inde repose sur un principe multi-vectoriel. Ainsi, dans la doctrine de politique étrangère de l’Inde il est exclu de participer à des alliances militaires, mais elle développe des partenariats avec tout le monde. Au début des années 2000, nous avons signé un accord de partenariat stratégique. Après Delhi a signé un document similaire avec les États-Unis, et l’accord avec la Russie a été reformulé comme partenariat stratégique privilégié. Cet esprit va certainement continuer.

Mais notre coopération économique est très en retard. La mise en place d’infrastructures pour le développement des échanges est entravée par des facteurs géographiques. Le fait que pour la première fois en août dernier à Bakou ait été organisé un sommet trilatéral Russie-Azerbaïdjan-Iran, où l’un des principaux problèmes a été la construction du corridor de transport Nord-Sud, l’Inde et la Russie étant les principaux initiateurs et pilotes du projet, montre que nous serons en mesure d’installer une relation logistique courte avec l’Inde aussi. J’espère que ce projet sera discuté lors du sommet de Goa. Cela permettra de renforcer la cohésion de nos pays. En effet, le chiffre d’affaires actuel du commerce est de 8 milliards $, bien en deçà de nos possibilités. Le sommet avait été atteint en 2013 avec 11,5 milliards de dollars. La baisse est due à un changement du cours du rouble par rapport au dollar.

Le facteur le plus important sera la future adhésion de l’Inde et du Pakistan à l’OCS, qui de factoa déjà eu lieu, mais il reste à le fixer sur le plan juridique. Cela stimulera tous les processus d’intégration. Alors, en Eurasie existera un centre de pouvoir, ce qui contribuera à renforcer le format BRICS. L’OSC, un format régional, en se renforçant, aura un effet bénéfique sur les BRICS. Par exemple, lors du récent forum chinois sur le développement de la Route de la soie, il y avait des participants de 80 pays. Autrement dit, l’initiative d’intégration chinoise englobe le monde entier. Le même mécanisme jouera ici aussi.

« SP »: – Cependant les exercices militaires russo-pakistanais qui se sont déroulés récemment ne vont-ils pas affecter la poursuite du rapprochement entre la Russie et l’Inde?

– Par eux-mêmes, des exercices militaires de deux États ayant une existence juridique ne contreviennent pas au droit international et ne sont pas dirigés contre des pays tiers. En réalité, ils ont eu lieu dans une région montagneuse à l’ouest du Pakistan. Initialement, il était question du Cachemire, mais cela n’a pas eu lieu. On ne peut donc pas parler de geste inamical par rapport à l’Inde. En outre, y participaient nos tireurs alpins, ce qui montrent qu’ils étaient dirigés contre les terroristes, les rebelles, qui sont basés dans ce genre de zone. La Russie et l’Inde, et le Pakistan sont les cibles potentielles de ces personnes. En outre, parallèlement aux exercices russo-pakistanais avaient lieu des exercices russo-indiens en Extrême-Orient. Ainsi, malgré toutes les difficultés existantes entre l’Inde et le Pakistan, nous développons des relations avec tous, ce qui est raisonnable.

traduction MD pour H&S

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1 commentaire

Publié par le octobre 16, 2016 dans Uncategorized

 

Une réponse à “Les BRICS plaideront pour la Syrie : La visite de Poutine à Goa va accélérer la construction d’un monde multipolaire

  1. salim sellami

    octobre 16, 2016 at 8:00

    A reblogué ceci sur salimsellami's Blog.

     

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