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Réflexion du jour : contribution

26 Fév

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La réflexion sera courte, depuis quelques jours je réfléchis à une contribution pour le Congrès du PCF, mais cette intervention dépend de son utilité réelle parce que l’essentiel est pour moi la construction d’une stratégie de passage au socialisme, le vrai avec dans l’immédiat une stratégie de Front populaire qui articulerait luttes, mobilisation populaire et élections. Cette stratégie a besoin d’un parti communiste fort, en nombre d’adhérents mais surtout en formation et organisation.

Il y a beaucoup de questions à aborder, et les contributions donnent l’impression de devoir remplir le programme imaginé jadis dans les classes préparatoires à l’Ecole Normale Supérieure : « Dieu et son temps »… Je crois sur le fond que cela témoigne de l’insatisfaction devant ce texte dont personne ne connaît le statut réel autant que l’importance que prend la question des primaires dont personne n’a donné jusqu’ici mandat au secrétaire du parti pour en faire la réclame au nom du collectif. Mais passons.

Donc si je devais centrer ma contribution, il y a trois  questions qui me préoccupent et sur lesquelles il me semble que tout communiste devrait se prononcer :

La démocratie à l’intérieur du parti. Il me semble qu’elle est bafouée comme le démontre l’affaire des primaires mais pas seulement. Elle est bafouée parce que les dirigeants interviennent en tous lieux et en tous temps sans le moindre mandat de la base, ils racontent souvent ce qui leur passe par la tête et ne rapportent rien ou peu de ce qu’exprime la masse des communistes et même ceux dont ils devraient se préoccuper au premier chef, la référence aux sondages, à une « opinion publique » largement inventée par les médias prend la place de cette expression. Autre aspect nocif de cette absence de démocratie, elle se présente comme un progrès par rapport au centralisme démocratique, mais dans les faits elle n’est jamais que la poursuite de la démocratie bourgeoise « cause toujours, je m’en moque ». Ce qui se transforme de fait dans une « verticalité féroce » et dans une désimplication des militants, sans parler d’un désaveu de l’électorat populaire. Donc ce type de « démocratie » devrait également être mise en relation avec la rupture du Parti avec sa base naturelle, la classe ouvrière, les exploités, les victimes du système capitaliste qui n’ont plus le droit à la parole, ni à l’action. C’est un peu comme les tendances de fait, quand il ne s’agit pas de véritables fractions entrées collectivement dans le parti (une spécialité des trotskistes de la Riposte et de l’équipe de Piquet) ou encore les motions alternatives au Congrès, c’est une démocratie fictive puisque la culture communiste est telle d’une part qu’elle repousse toute division et que d’autre part il se trouve toujours en accord avec la direction des gens chargés d’entretenir la division et la multiplicité des interventions pour interdire tout changement de ligne et de direction, quitte à en rajouter dans les références au marxisme fort pur et dur et à un internationalisme chatouilleux. Dans l’état c’est un jeu formel destiné à épuiser toute tentative de critique et de correction réelle, nous devons impérativement trouver un moyen de construire une nouvelle manière de répondre à l’exigence de Maurice Thorez quand il a réussi à éliminer la secte qui dirigeait le parti après l’épisode de sa prise en main par des opportunistes bourgeois: « que les bouches s’ouvrent, pas de mannequins dans le parti » sans être contraints à ce petit jeu d’une fausse démocratie.

La seconde question est celle de la paix, non seulement comme un problème européen comme il a été proposé de l’aborder mais par rapport à la France, à son gouvernement et au choix fait par ce dernier d’un alignement sur l’OTAN. Cette question devrait se poser non seulement comme un souhait pieux mais en terme de conditions du rassemblement. Il y a urgence et je suis souvent effrayée par ce volcan sur lequel nous vivons, à savoir un capitalisme sénile prêt à n’importe quoi pour maintenir son hégémonie et qui multiplie le chaos partout en attendant un affrontement encore plus dramatique. Le parti communiste ne retrouvera son audience auprès de notre peuple que s’il apparaît utile et quelle plus grande utilité que d’imposer la paix, c’est-à-dire la survie de l’humanité.

Mais la grande question que devrait se poser la congrès est celle du socialisme que nous voulons, comment reconstruire une perspective stratégique qui quelles que soient les étapes n’oublie jamais la finalité. Et c’est là que j’en arrive à ma possible contribution. Je crois que le silence que nous faisons au meilleur des cas (le pire étant l’alignement systématique sur les analyses de la bourgeoisie) sur ce qu’a été l’Union Soviétique est préjudiciable à notre définition de ce que nous voulons, non seulement pour nous mais pour notre peuple. Cela fait des années que j’ai entamé ce travail et depuis quelques années je bénéficie de l’aide de Marianne, nous préparons un livre sur le débat qui a lieu actuellement en Russie sur cet état des lieux.

Voilà chers amis et camarades les trois propositions d’intervention, j’aimerais votre avis.

Danielle Bleitrach

 

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8 Commentaires

Publié par le février 26, 2016 dans Uncategorized

 

8 réponses à “Réflexion du jour : contribution

  1. leca

    février 26, 2016 at 8:05

    ce sont trois axes importants et négligés par la direction. Oui, il faut mener ces combats là.

    Il y a certainement aussi quelque chose à dire sur les médias, totalement passés aux mains du capital et qui rendent les luttes encore plus difficiles. On l’a vu sur l’Ukraine comme sur les retraites entre mille autres sujets. Les communistes doivent s’emparer de cette question, elle est vitale. Je n’ai jamais eu aucune illusions en son temps sur le Monde de Fauvet, l’Obs de Daniel ou le Libé de July mais c’était moins pire qu’aujourd’hui. Parfois j’imagine les médias actuels traitant de l’Unité Populaire au Chili ou de la guerre du Vietnam qui bénéficiaient au moins de l’empathie de cette presse de centre gauche. Il faut dénoncer leurs nouveaux propriétaires, comme par le passé Radio Paris ment parce qu’allemand, et mettre la bourgeoisie devant ses contradictions: qu’avez vous fait de la liberté de la presse, l’indépendance éditoriale, la vérification des faits, la protection des sources, bref tout ce qui vous permettait soi-disant de vous distinguer des ‘totalitarismes’. Le Parti doit animer des états généraux sur le sujet.et.mener campagne contre la presse achetée.
    les slogans ne manquent pas:
    N’achetez pas la presse achetée
    Lagardère ira à toi.
    Bouygues: une information en béton.
    etc etc

     
    • histoireetsociete

      février 27, 2016 at 4:51

      jai du mal mexprimer parce que je proposais trois thèmes au choix et cher Leca tu men ajoutes un troisième auquel justement je ne crois pas… Rien ne me parait plus de lart de détourner la question que l’éternelle référence aux médias qui seraient la cause de tous nos maux… en général dans les réunions ceux qui se lancent dans ces thèmes sont les pires suivistes de la direction du PCF… Ce nest pas la faute à la dite direction mais à ces maudits médias qui ne nous donnent pas le droit à la parole… Je crains que cette excuse là dans le cadre du congrès ne soit pain béni pour ceux qui accepteront tout y compris une alliance avec le Modem… ou d’introniser Martine Aubry comme aujourd’hu… donc si quelqu » »’un a envie de s’y coller ce ne sera pas moi… Le thème de la démocratie conditionne tout, celui de la paix est essentiel pour traiter de l »international, mais je crois que comme le dit Hervé, Marianne et moi soyons bien placées pour traiter de l’actualité du communisme dans les ex-pays de l’est et en Russie, je pense qu’Herv e connait mieux encore la Chine et les Etats-Unis, le Canada…

       
      • leca

        février 28, 2016 at 9:06

        Sans doute Danielle, Reste que l’exemple de l’Ukraine a montré ce que pouvait être l’éteignoir Tu en sais quelque chose. il a fallu un reportage à une heure tardive et sur une chaine cryptée pour qu’ un peu de lumière filtre. Les réseaux sociaux, internet, c’est bien mais c’est aussi Soral et Dieudonné et des bloggers sortis de nulle part prenant soudain la tête des révolutions de couleur et des printemps arabe ou non. Cuba et l’Algérie s’en méfient comme de la peste.
        Alors oui le Parti devrait aussi dire et répéter merci patron (de presse) et proposer une grande loi sur les médias
        Je n’avais pas compris que tu soumettais trois thèmes au choix.La question du socialisme que nous voulons est à mon avis la plus importante même si ce n’est peut etre pas la plus urgente (la paix) ni la plus irritante (le fonctionnement du PCF)
        Cordialement et merci pour tout ce que tu fais

         
  2. Hervé Fuyet

    février 26, 2016 at 11:52

    Il me semble que la contribution de Danielle Bleitrach sera très utile. Nous pourrions en effet nous appuyer sur une étude marxiste approfondie de l’URSS et des autres pays socialistes passés et actuels pour tirer parti de leurs victoires et de leurs échecs. Cette étude marxiste approfondie colorerait probablement l’approche par Danielle Bleitrach de la démocratie interne du PCF, et de la lutte pour la paix du PCF qui serait alors dans une perspective communiste internationaliste. Je trouve que l’effort fait par Toni Andreani dans ce sens est très intéressant ( http://tonyandreani.canalblog.com/archives/2015/12/20/33094396.html ) , en particulier le chapitre 4 de son article qui commence comme suit et dont je ne partage pas toutes les conclusions. Mais là n’est pas la question :
    ________________________
    Chapitre Quatre de l’article de Toni Andreani intitulé

    20 décembre 2015
    LE « MODELE CHINOIS » ET NOUS

    Texte d’une conférence faite à l’Université populaire d’Evreux le 13 novembre 2015

    (on peut consulter les trois vidéos de cette conférence surwww.youtube.com/watch?v-QmKRAQIkbpk ; http://www.youtube.com/watch?v-AL9xgKvDISw ; http://www.youtube.com/watch?v-bmW2i1B4hws)

    Pouvons-nous, en France, nous inspirer du modèle chinois ?

    Nous y aurions grand avantage. Le problème est que cela est impossible dans le cadre de l’Union européenne telle qu’elle est.

    On ne cesse d’affirmer que la France n’a pas d’avenir hors de l’Union, car elle est trop petite dans un monde dominé par des puissances continentales. Cette affirmation n’est pas recevable, car on pourrait multiplier les exemples de pays plus petits qui tirent fort bien leur épingle du jeu, même quand ils ont une économie encore moins diversifiée (par exemple la Corée du Sud, le Canada, ou même un petit pays de 5 millions d’habitants comme Singapour). Cependant l’appartenance à l’Union devait a priori présenter des avantages économiques, avec son grand marché de 550 millions d’habitants, et un projet européen ne manque pas de sens. Malheureusement les Traités rendent impraticables un système économique et un régime de croissance « à la chinoise ». Et il est tout-à-fait vain d’espérer que l’Union européenne se convertira dans son ensemble, et en tous cas pas l’Allemagne, à une telle alternative …..(lire la suite sur le blog ( Chapitre Quatre

    Pouvons-nous, en France, nous inspirer du modèle chinois ?

    Nous y aurions grand avantage. Le problème est que cela est impossible dans le cadre de l’Union européenne telle qu’elle est.

    On ne cesse d’affirmer que la France n’a pas d’avenir hors de l’Union, car elle est trop petite dans un monde dominé par des puissances continentales. Cette affirmation n’est pas recevable, car on pourrait multiplier les exemples de pays plus petits qui tirent fort bien leur épingle du jeu, même quand ils ont une économie encore moins diversifiée (par exemple la Corée du Sud, le Canada, ou même un petit pays de 5 millions d’habitants comme Singapour). Cependant l’appartenance à l’Union devait a priori présenter des avantages économiques, avec son grand marché de 550 millions d’habitants, et un projet européen ne manque pas de sens. Malheureusement les Traités rendent impraticables un système économique et un régime de croissance « à la chinoise ». Et il est tout-à-fait vain d’espérer que l’Union européenne se convertira dans son ensemble, et en tous cas pas l’Allemagne, à une telle alternative. (Lire la suite sur le blog d’Andreani)

     
    • Xuan

      février 26, 2016 at 10:38

      La réflexion de Toni Andreani est très intéressante et fort documentée.
      La question fondamentale est d’abord celle du pouvoir et ne relève pas du pourcentage de « public » et de « privé », même si la propriété publique doit dominer.
      De ce point de vue les spéculations sur une VIe république doivent mettre sur la table le contenu du projet. En l’état il ne s’agit pas d’un projet de socialisme mais d’une démocratie bourgeoise parlementaire améliorée.
      Précisément notre pays voit son modèle parlementaire se déliter. La dite séparation des pouvoirs est une leurre, etc. La démocratie parlementaire bourgeoise est au bout du rouleau on ne va pas lui coller un pace maker sous assistance respiratoire.
      La démocratie chinoise, les assemblées populaires devraient être envisagées dans les conditions de notre pays qui a connu la Commune de Paris. Dans tous les cas l’expression populaire devrait reprendre le dessus et briser le monopole de la parole des catégories intermédiaires.

      Mais avant tout la question centrale est celle de la prise du pouvoir, alors qu’une longue expérience électorale a démontré que cette voie est cadenassée et contraint le parti communiste à des martingales vouées à l’échec.
      Les seuls accords électoraux envisageables ne peuvent être que portés par un mouvement de masse, avec des partis représentant effectivement les intérêts des catégories sociales intermédiaires, alliées de la classe ouvrière, opprimées ou menacées par les monopoles.
      On ne peut pas définir ces partis en fonction de leurs étiquettes « de gauche » mais en fonction des intérêts de classe qu’ils représentent.

      Enfin, le « modèle chinois » est celui d’une ancienne colonie très peu industrialisée. Il pourrait s’appliquer à des pays du même type, mais pas à un vieux pays impérialiste industrialisé depuis longtemps.
      Rien ne nous empêche dans une France socialiste d’apprendre de l’étranger, mais il ne faut pas importer aveuglément sans tenir compte des spécificités.

      A l’échelle internationale, la contradiction qui domine oppose les USA et les BRICS.
      Elle dissimule d’autres contradictions actuellement secondaires entre les USA et l’Europe, entre la France et l’Allemagne, entre ces deux pays et les pays pauvres européens.
      La multiplicité de ces contradictions est à la source d’une situation instable et complexe.
      Il faut viser l’ennemi principal dans le monde, celui en France, et ne pas négliger que des transformations peuvent se produire.
      A la faveur de la crise, et avec le rétrécissement de l’empire US, certains conflits larvés pourraient revenir au premier plan.
      On se souvient qu’Hitler se tourna d’abord contre la France et la GB, avant de s’opposer à l’URSS.
      Notre pays se militarise et se fascise, cela va de pair avec un bellicisme affiché depuis plusieurs années. Si sa situation se dégrade contre qui se tournera-t-il ?

      L’Europe présente deux aspects vis-à-vis des USA. D’un côté atlantiste et soumise à l’OTAN.
      D’un autre côté, économie régionale capable d’équilibrer une domination US sur notre continent. L’exemple de la GB et son chantage sur le statut de la MO immigrée montre a contrario qu’une France socialiste pourrait établir des relations de bon voisinage en Europe, redéfinir les traités et établir une autonomie relative.
      L’histoire impérialiste de notre pays nous indique que les relations avec les pays autrefois dominés devraient être complètement refondues notamment la question de l’immigration.
      Le problème existe aussi à un degré moindre avec les pays européens du sud et du centre.

       
  3. Trannoy Bernard

    février 26, 2016 at 9:37

    Le parti
    La Paix
    Le socialisme
    Il me semble qu’il y a là une bonne approche qui est présente dans notre préambule à enrichir bien évidemment
    Mon propos concerne le parti, ici au Venezuela on mesure je dirais presque physiquement les dégâts du mouvementisme. (le PSUV participe de cette démarche) le socialisme du 21ème siècle ici en Amérique Latine tourne au fiasco tout simplement parce qu’il n’a rien de socialiste. Les bourgeoisies compradores prospèrent, Chavez avait bien mesuré les raisons de l’échec à venir devant le congrès du PCV (Parti communiste Venezuelien) il avait déclaré « Ce qu’il nous manque, c’est un véritable parti révolutionnaire ».. Sans ce type de parti pas de socialisme, pas de gauche,pas d’avenir pour les peuples

     
  4. Xuan

    février 27, 2016 at 10:24

    Je reviens sur la première question de Danielle, peut-être la plus importante. Peut-être le brin qui défait le nœud.

    « [cette absence de démocratie] se présente comme un progrès par rapport au centralisme démocratique »
    Sans doute le centralisme démocratique est-il le seul moyen de reconstruire le parti communiste, dès lors que les principes marxistes-léninistes sont réaffirmés et que les objectifs sont dans l’ensemble assez clairs pour tous.

    Le fait est que le parti communiste – un véritable parti communiste – est aussi l’instrument de ces éclaircissements, de la définition.du projet et de ses méthodes.

    Mais le centralisme démocratique peut-il être édifié avec la direction actuelle ? Il faut probablement le construire séparément, ou bien la direction imposera qu’il le soit en excluant ceux qui ont relevé le drapeau rouge, ou bien en les isolant.
    Les communistes adhérents au PCF devraient sans doute envisager toutes les possibilités :
    d’une part celle consistant à se conformer aux règles actuelles, en préparant un projet alternatif..
    D’autre part celle d’une lutte sans merci.
    Parce que la question qui n’est pas posée mais qui est inévitable,c’est la nature de classe de la direction du PCF. Il ne s’agit pas des individus bien évidemment mais de leur position dans la lutte des classes, après tant d’années de dévoiement.
    S’agit-il de camarades qui se trompent et qu’on pourrait convaincre un jour ou bien de représentants politiques et idéologiques de la bourgeoisie dans le parti communiste ?,

    Danielle écrit aussi :
    « rupture du Parti avec sa base naturelle, la classe ouvrière, les exploités, les victimes du système capitaliste qui n’ont plus le droit à la parole, ni à l’action »
    Sans doute le centralisme-démocratique devrait-il être aussi, d’une certaine façon, leur expression.

    Lors d’une réunion avec des camarades du réseau, un camarade demandait pourquoi les ouvriers et les chômeurs ne pouvaient pas participer à l’écriture du projet.
    Statutairement ce camarade avait tort, mais sur le fond pas vraiment.

    Ce sont les masses qui font l’histoire, et d’une certaine façon ce sont elles qui reconstruiront le parti communiste, parce qu’elles en ont besoin. C’est l’expérience que j’ai retirée de l’échec du PCMLF.

    Qui interdit de porter le débat « dans la rue » ?

     
    • histoireetsociete

      février 28, 2016 at 4:32

      Je crois que tu as parfaitement compris ce que je tente de poser à travers la question de la démocratie dans le parti. Il ne s’agit pas seulement de se sentir entendu, de savoir son opinion compte. Ce qui était le cas dans le centralisme démocratique tel que je lai connu même si cela impliquait que l’échelon supérieur tranche . Mais quand tu avais un désaccord ou quand il y avait un conflit dans une cellule ou une section, cela donnait lieu à une écoute parfois excessive, parfois totalement inefficace, mais réelle. Il y avait incontestablement une valorisation du militant, dans certains cas dramatiques qui ont été montés en épingle, il y avait procès. Cétait même là le hic. Je pense à des cas en Union Soviétique, le philosophe Zinoviev dont j’ai récemment traduit la position sur Gorbatchev qui était un patriote et un communiste critiquait les abandons et les problèmes, il aurait du être entendu. Le centralisme démocratique sest alors avéré un moyen dexclusion non des problèmes réels mais de ceux qui les exprimaient. La question était déjà la nature de classe de ceux qui étaient au pouvoir, leur légéreté, leur vanité comme Gorbatchev. Parce que le centralisme démocratique à lui seul nest pas une garantie. Il a néanmoins le mérite non seulement de valoriser ladhérent, de renforcer lunité du parti mais à travers le mandat impératif, cest-à-dire le fait quà chaque échelon le dirigeant doit à la fois dire ce disent les militants mais aussi savoir prendre ses responsabilités par rapport aux questions posées et revenir apporter la réponse argumentée. Par exemple quand je revenais du Comité Central,les camarades me demandaient : est-ce que vous avez dénoncé notre participation gouvernementale de plus en plus incomprise (cétait en 1083), je pouvais répondre OUI, puisqu’il y avait un communiste henri Martin, qui intervenait seul contre tous en ce sens jusquau moment ou à cause des grandes restructurations nous avons du quitter le gouvernement. Probablement trop tard et avec l’erreur d’y être allé, écrasé par notre perte de 5% des voix en faveur de Mitterrand pour son élection. Déjà pris dans le vote utile de la présidentielle. Oui il y avait débat, les questions posées n’étaient complètement noyées dans le galimatias (Ce que j »appelle dieu et son temps) d’aujourd’hui. ce centralisme « féroce » de la démocratie bourgeoise « cause toujours »… En fait tout tenait à la nature de classe du questionnement et la richesse de la discussion en dépendant. C’est pourquoi quand je parle de la démocratie dans le parti c’est non seulement de l’échange base sommet dont il est question, mais bien de la capacité de la base comme du sommet dêtre en relation avec sa base naturelle, la classe ouvrière, les exploités.
      Ce qui est frappant aujourd’hui et qui dépasse les individus est à la fois la verticalité féroce de la démocratie bourgeoise qui éclate avec cette question des primaires qui est imposé alors que par ailleurs on nous refile un texte illisible qui décourage l’intelligence et qu’il est plus fait allusion aux sondages qu’à l’opinion du militanyt dans son travail , son quartier.?
      A propos du texte du congrès et des textes alternatifs, j’ai découvert avec stupéfaction que les textes alternatifs étaient obligés à la même longueur et au même galimatias que celui de la direction. Personne, je dis bien personne sauf un retraité particulièrement consciencieux ne peut s’enfiler pareille littérature en double voir triple exemplaire… C’est une fausse conception de la démocratie… Il faut une question de fond et trois pages maximum suffisent pour l’argumenter.
      Cest pourquoi je trouve beaucoup plus efficace pour recréer une démocratie à l’intérieur du parti de partir du niveau qui me semble en premier audit le plus vivant: la section et celle-ci devrait pouvoir établir une sorte de cahier de doléance qui devrait remonter jusqu’à la fédération avec mandat impératif des délégués et de là jusqu’au CN. Ce qui ninterdirait pas le choix dune motion alternative mais ne serait quune étape transitoire dont il ny a pas en l’état grand chose à entendre.
      C’est la seule solution que je vois si l’on veut que le parti soit à nouveau vivant, utile à notre pays et aux exploités. IL est possible également quun autre organisme de base soit en train de se substituer aux sections si celle-ci s’avèrent trop sclérosées, je pense aux comités Goodyear qui sont en train d’apparaître.
      Je suis revenue au parti pour faire un audit parce que je suis convaincue que face aux périls qui nous menacent en France et dans le monde, nous avons besoin dun parti communiste, qui soit autre chose qu’une simple machine électoraliste alors même que les élections semblent impuissantes à être un mode d’intervention populaire… Ce que je vois est un fort mécontentement comparable à celui qui existe dans le pays, une surdité des directions comparable à celle des dirigeants bourgeois au niveau de la nation, de l’Europe… Des manoeuvres de plus en plus inefficaces pour maintenir des pouvoirs qui mordent de moins en moins sur la réalité. Au négatif, il parait presque impossible de soulever la masse d’inertie que semble devenu le parti et la société française. Mais il y a aussi ce besoin d’expression… d’être entendu qui peut être à la fois être étouffé dans les difficultés quotidiennes ou trouver les moyens de nouvelles expressions collectives… Partout cest la question de classe qui donnera la vie…

       

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