RSS

Lettre aux Camarades de la section 13e arrondissement de Marseille, à la Fédération des Bouches du Rhône


Je pars le 30 mai, pour un séjour en Russie où Marianne est moi sommes invitées à une conférence académique sur la Révolution d’Octobre et ses conséquences et où Marianne et moi, nous devons fournir une contribution sur « la déstalinisation ratée et ses conséquences sur la politique française d’aujourd’hui », ensuite nous irons à Kazan commencer une étude sur la rencontre entre le monde slave et turc en Union soviétique et aujourd’hui. Si je vous fais part de cette rencontre, c’est que je continue à penser que tant que nous n’irons pas au bout de notre histoire, sur nos bases à nous, nous ne pourrons pas affronter le présent. Et ce travail réclame une coopération internationale, celle-ci se met en place et il est regrettable que nous n’en soyons pas en tant que PCF à l’initiative, en France et en Europe où tout est fait pour passer sous silence cet important anniversaire.

J’ai téléphoné hier à la fédération du PCF pour leur demander de me muter dans le 4e arrondissement où j’habite dans un logement que je pense être définitif. Je voulais vous en faire part, ne serait-ce que par une simple politesse dont je n’ai pas bénéficié de votre côté, je ne parle même pas de fraternité dans les circonstances douloureuses d’une série de deuils. Je n’y ai plus mis les pieds d’ailleurs après avoir été interdite de parole au début du Congrès. Votre attitude a été, je ne demandais même pas fraternelle, mais dénuée du minimum de respect démocratique dans le cadre de la préparation de ce Congres.Je suis revenue au Parti, parce que personne n’est propriétaire de ce parti, ni vous, ni moi, ni ses dirigeants et que donc personne n’avait le droit de m’en chasser et je ne le regrette pas, malgré votre accueil et tous les pièges groupusculaires qui m’ont été tendus. En fait, à mon retour, j’ai eu droit à l’alliance de clans avec diverses influences apparemment contradictoires qui a réussi à m’interdire le droit à la parole par le biais d’un caporal qui a reçu en prime la direction de section. Cela ne serait pas grave si cette situation ne correspondait pas à ce qui depuis des années mine le PCF, l’a réduit à ce qu’il est aujourd’hui, avec un légitimisme digne de la grande muette servant à masquer des positions contradictoires qui paralysent parce qu’on n’en parle jamais et que la confusion entretenue empêche les choix clairs.

Ce congrès, je pèse mes mots a été une catastrophe qui nous a voués à l’inertie et à l’effacement d’aujourd’hui.

Hier il y a eu dans l’Humanité une lettre à J.L.Melenchon dont je partage tous les termes, dans ce courrier l’auteur explique à Mélenchon qu’il n’a pas tué le PS, celui-ci s’est autodétruit par sa politique et que de même il semble ignorer ce que son bon score doit aux combattants de toujours que sont les communistes. Silencieux et peu exigeant pour eux-mêmes, c’est une constante, comme d’être proches des exploités, de ceux que l’on veut faire taire y compris certains dirigeants bavards des insoumis qui croient que c’est le public des nuits debout qui a à lui seul assuré ce score. C’est une profonde erreur, le refus du rassemblement des forces de gauche en est le reflet mortifère face au gouvernement ultralibéral nommé par un président désigné par le CAC 40. Mais il est clair que l’objectif de Mélenchon n’est pas de faire face à cette vague n »olibérale, celle d’une UE vassalisée aux Etats-Unis, imposant guerre et austérité, mais bien de construire un nouveau parti hégémonique et pas un rassemblement.

Je suis assez d’accord avec ce texte paru dans l’humanité, à la différence près que sommes dans l’erre d’un navire que nous-mêmes avons créé en ne présentant pas de candidat et en disparaissant du paysage. Cette faute nous allons la payer et si Mélenchon peut manier l’insulte envers nous, le déni et quel déni de nous mais aussi de son propre programme en ce qui concerne les élus en se présentant à Marseille, nous n’y sommes pas pour rien et il faudra bien avoir le courage d’affronter ce fait si nous ne voulons pas disparaître totalement dans le « néant » que nul autre que nos propres dirigeants successifs ont pu créer et dans lequel Mélenchon prétend faire son nid, comme dans celui d’un PS torpillé par ses propres erreurs. Sans vouloir faire porter le poids de nos insuffisances collectives à la seule direction, ne pourrait-on pas les sélectionner à l’avenir sur un minimum de croyance en l’utilité et la nécessité politique d’un parti communiste, les trois derniers ayant fait la preuve de leur manque d’intérêt pour la question et se préoccupant au mieux d’élections dans lesquelles il s’agissait de trouver des montages visant à nous faire oublier, ce que le dernier a réussi avec une maestria évidente.

On nous dit que les partis n’ont plus cours, et en particulier ce parti léniniste ou ce qu’il en reste qui a su structurer les couches populaires, dans et hors période électorale, dans les luttes comme dans les formations, dans l’entreprise comme dans les lieux de culture, nous avons voulu être « élitistes » pour tous, promouvoir des valeurs de générosité, d’émancipation de la personne autant que du collectif, sans lequel l’indidu n’est que solitaire et malheureux. A cela il faudrait substituer un mouvement dirigé par un quarteron de petits chefs aux dents longues… ce serait être moderne, non c’est créer les conditions de toutes les désillusions comme en Grèce.

Il y a donc une cohérence dans mes choix actuels entre l’expérience faite dans la préparation du Congrès dans votre section où j’ai été interdite de parole , de prétendre tirer bilan en quittant votre section sur cette expérience d’un Congrès et mon choix d’aller présenter une conférence en Russie sur la « déstalinisation ratée et ses conséquences ». Si nous en sommes où nous en sommes c’est que nous avons choisi dans une situation mondialisée de contre-révolution, de détruire le parti, de nier son ancrage et muter vers de pseudos tendances, écrasées par un légitimisme où jouaient les pires mécanismes du « stalinisme » et la violence des déchirements sociaux démocrates, pour mieux nier l’apport du communisme et de notre parti. Nous avons choisi d’être à la remorque du PS, puis d’un de ses échappés trotskistes en nous gorgeant de slogans creux, en vidant notre programme de toute référence qui pouvait nous faire reconnaître du peuple français et cela a développé un sectarisme lui même vide de tout contenu, un spontanéisme, la destruction de toute formation comme de l’organisation.

Il est probable que ma lettre ne servira à rien c’est pourtant l’ultime preuve de fraternité communiste que je puis apporter à des gens qui en ont manifesté si peu à mon encontre et qui ce faisant ont été non seulement déplaisants, ce qui peut se pardonner, mais ont choisi de se tirer une balle dans le pied politiquement, mon cas n’étant qu’un parmi tant d’autres. C’est fou le nombre de communistes qui depuis plus de vingt ans ont attendu ce débat qui n’a jamais eu lieu, qui espèrent encore aujourd’hui qu’il aura lieu. Ils ont des enfants et même des petits enfants, ils entretiennent autour d’eux une espérance. Ce n’est pas un hasard si le vote Mélenchon, partout et singulièrement à Marseille suit les lignes du vote communiste y compris celui d’il y a vingt ans parce que comme l’ont constaté beaucoup de sociologues et d’historiens, la famille est un fort relais des opinions surtout dans le moment où le débat politique est intense.

Peut-être tout n’est pas perdu et nous allons être capables de penser une perspective qui n’a de chance d’être réaliste que si elle nous dépasse par ce qu’elle démontre, ce dont je suis convaincue, à savoir que les communistes sont les seuls à penser celle-ci en fonction de son utilité pour les exploités et pour notre pays autant que pour la paix.

Danielle Bleitrach

 
1 commentaire

Publié par le mai 20, 2017 dans Uncategorized

 

A peine forcé: Le diable passe un pacte maléfique et confie son âme à Vladimir Poutine

Publié le 20/05/2015 par La Rédaction. C’est bien sûr une plaisanterie du Gorafi, mais vu la tonalité générale de nos médias, le trait est à peine forcé, il y a quelque chose de totalement imbécile, obscurantiste, une superstition pour débiles profonds, dans cette vision de la géopolitique par notre petit monde médiatico-politique, ce serait drôle si ce n’était tragique parce que c’est un appel à la guerre (note de Danielle Bleitrach pour histoire et societe)
small_200515

legorafi.fr/u/4gh
C’est à 600 mètres de profondeur sous terre devant une assemblée de journalistes ébahis que le diable a annoncé via son attaché de presse – ancien responsable du service déontologie de Lehmann Brothers par ailleurs – sa décision de confier son âme à Vladimir Poutine.
Un pacte qui devrait permettre à Lucifer de multiplier par deux ses pouvoirs maléfiques pendant une durée de cent ans.

A la fin de l’échéance, son âme appartiendra donc au président russe. Une décision pas si surprenante quand on sait que le diable déclarait en 2010 dans les colonnes du quotidien démoniaque Hell News « Vladimir Poutine est actuellement le plus grand génie du mal. Bien au-dessus de moi et de l’inventeur du Raï & B. Ici en Enfer, c’est un peu notre Lionel Messi. »

Malgré cette association bénéfique, le diable ne peut occulter le moment fatidique où son âme appartiendra au vrai génie du mal : « J’essaye de ne pas y penser. Je sais de quoi il est capable et j’avoue que j’appréhende un peu le moment où mon âme lui appartiendra. L’Enfer c’est un paradis par rapport aux conditions d’enfermement des Pussy Riot » avouait-il lors de sa dernière interview dans le magazine sociétal « Enfer et Damnation ».

Une décision qui serait aussi guidée par d’autres raisons beaucoup plus « personnelles » si l’on en croit le journal satirique Le Canard Endiablé. L’hebdomadaire révèle qu’en off, Satan ne cacherait pas son attirance pour le dirigeant slave « Je le trouve diaboliquement beau et maléfiquement charmant. Parfois je fais des rêves où il me maltraite comme un Tchéchène. » aurait déclaré le prince du Mal entre deux verres de sang de nouveau-né.

La Rédaction

Mots clés : diable, pacte, Russie, Vladimir Poutine

 
Poster un commentaire

Publié par le mai 20, 2017 dans Uncategorized

 

Sans foi ni loi : les Leçons d’Italie de Marina Stepnova

Décidément en ce moment je me sens très proche du désespoir existentiel russe devant le spectacle offert par la situation française… Souffrirons-nous toujours de nos révolutions à prétention universelle avortées et de la manière dont elles nous ont fait entrevoir quelque chose qui a du mal à être même pensé et qui rend le présent insupportable… Sans parler des influences messianiques peu perceptibles dans la révolution française mais beaucoup chez les Russes, bref nous avons la gueule de bois…. (note de Danielle Bleitrach pour histoire et société)

« Chez Marina Stepnova, être Russe est un fardeau – une croix. Être Russe, c’est, jusque dans la plus pure sérénité d’un petit village de Toscane, sentir dans sa chair le poids de l’histoire et des morts ; c’est voir les fantômes errer, ensanglantés »

Julia Breen , publié le 19 mai 2017.
Les éditions Les Escales ont publié une traduction française du dernier roman de Marina Stepnova, Leçons d’Italie. Profession d’incroyance.
https://www.lecourrierderussie.com/culture/litterature/livre/2017/05/critique-lecons-italie-marina-stepnova/

l’attente tableau Felice Casorati
Felice Casorati, 1883-1963, L’Attente (L’Attesa). Crédits : Archives
Leçons d’Italie, au titre russe autrement éloquent de La rue Sans-Dieu, c’est un regard sur le monde aussi noir et froid qu’il est juste – d’une précision chirurgicale. Comme son héros-médecin Ivan Ogariov, Marina Stepnova lit dans les êtres des symptômes, des pathologies. Écrivain de talent, elle discerne l’invisible sous le visible – mais dans une nuit sans fin. Son écriture, au rythme d’abord lent, puis qui s’accélère avec l’intrigue et les soubresauts de la grande Histoire, est une plongée dans des cerveaux. Suivant la pensée de chacun des personnages, l’écriture est saccadée, haletante.

Le docteur Ogariov et ses femmes, Ogariov et tous ceux qui l’entourent, c’est d’abord du non-amour à l’état pur. Ivan est un enfant triste, solitaire, humilié par un père aussi imposant qu’absent, délaissé par une mère incolore, maussade comme l’existence de la banlieue soviétique de la fin des années 1980. Ces parents ratés et mal assortis engendrent un être froid, étranger partout, indifférent à tous. La médecine n’est pas une vocation pour Ogariov – elle s’impose comme une évidence, une malédiction. À travers l’expérience de l’armée, parce qu’il ôte la vie d’un adolescent en se contentant de suivre les ordres, il meurt pour la première fois. Et alors, c’est la renaissance, la compréhension limpide du fonctionnement du corps humain, du principe de la vie – et Ogariov devient un médecin parmi les plus brillants de sa génération. Avec abnégation mais sans compassion, à l’exact opposé des saints guérisseurs, il soigne tout en méprisant ses patients, en les oubliant instantanément, en se détachant toujours plus loin de lui-même. En miroir, son épouse Ania – véritable monstre de compassion. Enfant trop – et mal – aimée, elle est devenue double et manipulatrice à force de désir de plaire, elle n’est que ce que les uns et les autres attendent d’elle, elle pousse le sacrifice à la caricature – et s’oublie, et s’abîme. L’empathie démesurée d’Ania, mal employée, la détruit à petit feu ; elle voit les fous et est vue par eux – médecin raté, elle gagne sa vie en faisant le chien de garde à la réception d’une clinique privée. Ivan et Ania, ce sont deux enfances qui s’opposent et se ressemblent à la fois – étriquées, oppressées. Et des êtres mal aimés, on ne fait que des adultes qui ne se réalisent jamais, corrompent tout ce qu’ils touchent, manquent leur existence.

Cette Europe détendue et débonnaire, qui semble posséder naturellement ce que la Russie n’aura jamais : assez de confiance en elle et dans le lendemain pour fabriquer du vin et du fromage.

Enfants sans amour d’un pays incapable de tendresse… Car Marina Stepnova règle aussi ses comptes avec la mère patrie. Et le tableau est sans appel. À ma droite, l’Union soviétique, où existait la conscience du collectif et où étaient possibles et encouragés des sentiments profondément et réellement bons – mais « à la chaîne et par-dessus la jambe », mais grossièrement, lourdement. Surtout l’URSS et son uniformité, un pays où tous ne cherchaient qu’à se faire oublier, qu’à se fondre le plus tristement possible dans la masse. À ma gauche, la Russie nouvelle : royaume des rapaces et des idiots rusés, triomphe du bénéfice à court terme, du mépris de ses semblables, de la loi du plus fort et de la cupidité. En fond, la Russie de toujours et son rouleau compresseur, qui écrase toute singularité, tout désir de réalisation individuelle. À ce pays qui ne sait qu’osciller « entre servilité et agressivité » s’oppose un étranger qui se résume à l’Europe – incarnée dans l’Italie. Là-bas, la douceur et surtout le temps de vivre ; entre les deux, une barrière infranchissable, une différence inaliénable. Cette Europe qui prend soin de ses routes et de ses êtres les plus faibles, celle des touristes stupides et des centenaires tranquilles ; cette Europe détendue et débonnaire, qui semble posséder naturellement ce que la Russie n’aura jamais : assez de confiance en elle et dans le lendemain pour fabriquer du vin et du fromage.

Malia est folle à lier. Et le médecin, qui lit pourtant dans tous les êtres comme dans un Vidal, est incapable de voir sa maladie à elle – et en l’ignorant, indirectement, il tue son seul amour, sa seule issue

Chez Marina Stepnova, être Russe est un fardeau – une croix. Être Russe, c’est, jusque dans la plus pure sérénité d’un petit village de Toscane, sentir dans sa chair le poids de l’histoire et des morts ; c’est voir les fantômes errer, ensanglantés – en transparence, devant les ravalements design des façades. Car dans l’obscurité absolue de cette rue Sans-Dieu, même la douceur européenne est une illusion, un aveuglement. L’Europe, c’est Malia – cette jeune femme dont Ogariov tombe follement amoureux à l’aube de la quarantaine. Ce concentré de sensualité que le médecin a attendu toute sa vie, qu’il a deviné, enfant, dans un album de peinture italienne, puis croisé çà et là sur sa route sans jamais pouvoir le saisir. Malia la Juive, c’est à la fois le début et la fin de l’histoire, à la fois la renaissance et la mort annoncée – c’est, avec l’amour véritable et l’espoir enfin possible, la catastrophe qui s’enclenche. Malia, c’est la promesse qui entraîne dans l’abîme, la descente irrémédiable aux enfers sous des couleurs de paradis. Car Malia, cette « goutte de sang » du Sud qui manquait si cruellement à Ogariov, cette femme en qui il trouve de la chaleur et de la tendresse, la douceur de la chair, le plaisir et la vie simple, Malia qui devient pour Ogariov son tout, sa seule raison de vivre… Malia est folle à lier. Et le médecin, qui lit pourtant dans tous les êtres comme dans un Vidal, est incapable de voir sa maladie à elle – et en l’ignorant, indirectement, il tue son seul amour, sa seule issue. Ainsi Ogariov parvient-il finalement – à force de renoncements et de pertes, à force d’échecs et de chutes, de plus en plus bas, de plus en plus douloureuses – à la liberté. Mais une liberté qui se décline au négatif. La liberté d’un vide peuplé de revenants, le repos de la mort confondu avec le bonheur.

De la lecture de ces Leçons d’Italie, on ressort estourbi, l’amertume à la bouche – abattu, nauséeux. Et convaincu d’une chose : dans une vie « sans-Dieu », sans une croyance solide dans la nécessité de toute chose, sans une foi volontaire dans une harmonie supérieure qui nous anime et nous porte – il n’est pas une relation qui tienne, pas un sentiment qui vaille, pas d’amour ni d’émancipation possibles.

Leçons Italie LivreLa traduction des Leçons d’Italie, signée Bernard Kreise, est disponible depuis janvier 2016 aux éditions Les Escales, 304 pages.

 
Poster un commentaire

Publié par le mai 20, 2017 dans Uncategorized

 

Portrait-robot : on a épluché les profils de la « France LinkedIn » promue par Macron aux législatives


Par Étienne Girard et Hadrien Mathoux
Publié le 19/05/2017 à 08:20

https://www.marianne.net/politique/portrait-robot-epluche-les-profils-de-la-france-linkedin-promue-par-macron-aux

Avec Macron, le renouvellement social attendra : aux législatives, En Marche a surtout investi des cadres sup’ et des entrepreneurs. Des « winners » de la vie professionnelle pour remplacer les pros de la politique, en somme…
Exit les professionnels de la politique, bienvenue… aux cadors de la vie professionnelle. Après moult rebondissements, une crise de François Bayrou et quelques sérieux ratés, la République en Marche (REM) a finalement publié ce mercredi 17 mai sa liste définitive des candidats aux élections législatives. Le listing de 521 noms, épluché par Marianne, répond incontestablement à la promesse de changement martelée par le nouveau chef de l’Etat. Celui qui clamait que « la politique ne doit plus être un métier », en octobre dernier à Strasbourg, pourra constater, satisfait, que 57% de ses représentants aux prochaines élections n’ont jamais détenu de mandat électoral. Pour beaucoup, comme le pilote de ligne Julien Lemaitte dans le Nord, la rhumatologue Stéphanie Rist dans le Loiret ou l’ingénieure nucléaire Claire Pitollat dans les Bouches-du-Rhône, il s’agit même du premier engagement militant. La parité est aussi parfaitement respectée : 261 hommes et 260 femmes. Quant aux collaborateurs politiques, les fameux « apparatchiks » pourfendus par le chef de l’Etat, ils ne sont plus que onze. Une paille. Pour autant, il n’est pas évident que ce casting corresponde à un véritable renouvellement.

90% de CSP+ et de chefs d’entreprise

En effet, si les noms changent, l’endogamie sociale demeure. On dénombre bien un chômeur, en la personne de Jean-Pierre Morali, investi dans les Ardennes, trois infirmières, un assistant juridique, un fonctionnaire au service de l’état-civil, un gardien de la paix ou un sapeur-pompier parmi les représentants d’Emmanuel Macron dans les territoires, mais cela paraît bien peu face aux 67 cadres supérieurs cooptés par Richard Ferrand et les siens.

Parmi les 298 candidats sélectionnés par la REM qui appartiennent à la société civile, 75% représentent les couches intellectuelles supérieures, les fameux CSP+. Quand on ajoute les chefs d’entreprise, on atteint même 90% des investis de Macron, quand les deux catégories ne représentent respectivement que 9,5% et 3,5% des actifs français, selon l’Insee. C’est encore davantage que dans l’Assemblée nationale sortante, qui comptait 68,5% de cadres supérieurs et 6,2% d’entrepreneurs (selon leur profession d’origine).

Regarder trop longtemps les CV des impétrants laisse même la drôle d’impression d’avoir consulté le tableau d’honneur d’une jeune multinationale en pleine expansion. Dans la « dream team » macroniste, on retrouve pas moins de 67 cadres d’entreprise, comme Amélie de Montchalin, responsable de la prospective chez Axa, dans l’Essonne, ou Philippe Latombe, responsable du contentieux au Crédit Agricole Vendée. 43 d’entre eux sont entrepreneurs, tel David Simmonet, PDG du groupe chimique Axyntis, dans le Loiret ou Adrien Taquet, fondateur de l’agence publicitaire Jésus et Gabriel, dans les Hauts-de-Seine.

Par ailleurs, si on compte, sans surprise, un nombre respectable d’avocats, de médecins et de hauts-fonctionnaires, trois professions, symboles du monde ouvert porté par Emmanuel Macron, émergent : les lobbyistes (17), comme Guillaume Chiche, directeur des relations institutionnelles de Sogaris, le géant du BTP francilien, candidat dans les Deux-Sèvres, les consultants (16), comme Véronique Riotton, « coach de dirigeants », présente en Haute-Savoie, et les communicants (12), telle Marie-Agnès Staricky, chargée de communication pour la Fédération française des Assurances, candidate dans les Hautes-Pyrénées.

90% des REM inscrits sur LinkedIn

Dans cette France LinkedIn, du nom du réseau social professionnel prisé par plus de 90% (!) des candidats En Marche estampillés société civile, la maîtrise du vocabulaire anglo-saxon, ou plutôt du franglais standardisé du monde de l’entreprise, est de rigueur. Frédérique Lardet (Savoie) occupait jusqu’à très récemment le poste de vice présidente « food et beverage » dans le groupe Accor, quand Gaëlle Marseau, candidate dans le Val-de-Marne, officie en tant que « revenue manager » dans le groupe Ibis. Quant à Didier Baichère (Yvelines), ne l’appelez pas DRH : il est VP human resources chez Akka Technologies. Et puisqu’être un simple coach en entreprise est devenu un peu banal, certains vont encore plus loin dans la “disruption” : Jean-François Cesarini (Vaucluse) est ainsi “coach de dirigeants, managers et chefs de projet ». Un beau CV pour devenir député d’une République de winners.

 
1 commentaire

Publié par le mai 19, 2017 dans Uncategorized

 

Si les médias US veulent se débarrasser de leurs président… pourraient-ils le faire en nous évitant une guerre mondiale?

Que la classe politico-médiatique aux Etats-Unis veuille se débarrasser de son président on peut le comprendre. Ils ne s’interrogent pas sur le degré d’exaspération qu’il a fallu à un peuple malmené pour procéder à un tel vote, ils ne s’interrogent pas plus sur les carences manifestes de leur candidate Hillary Clinton, non c’est la faute aux autres, aux Russes et au méchant Poutine. Donc si nous pouvons adhérer à leur volonté de destitution, ces gens-là non seulement poursuivent dans leur aveuglement antérieur mais surtout témoignent de leur capacité à engendrer y compris une guerre mondiale pour résoudre les problèmes qu’ils se sont eux-mêmes créés.

Ainsi pour en rajouter une couche dans l’hystérie anti-russe, D. Trump est accusé d’avoir transmis des informations secrètes à Lavrov lors de leur discussion. Le président russe pour le moment manifeste de l’humour et il propose de remettre au Congrès l’enregistrement de la conversation. Et lorsqu’un journaliste revient sur la question:
V. Poutine se sent obligé de faire une « remarque » à Lavrov: celui-ci n’a pas partagé ces secrets, ni avec les services spéciaux, ni avec le président, ce qui n’est pas acceptable… mais on aurait tort de négliger l’avertissement qui suit: le Président russe souligne que si la situation les faisait sourire au début, maintenant, elle les inquiète, car jusqu’où sont prêts à aller ces gens pour arriver à leur fin?
Et comme chez nous la campagne anti-russe bat son plein et que nous sommes sur le même continent, je crois qu’il faut conseiller à nos amis des médias américains de bien vouloir choisir un autre angle d’attaque pour se débarrasser de leur président.

Danielle Bleitrach

 
1 commentaire

Publié par le mai 19, 2017 dans Uncategorized

 

Lettre ouverte à Jean-Luc Mélenchon

Je suis assez d’accord avec ce texte, à la différence près que si la situation française aux lendemains de la présidentielle est ce qu’elle est et que l’expression qui convient est « changement de cage, réjouissance d’oiseau », cette réjouissance de linotte est celle des législatives. Nous sommes dans l’erre d’un navire que nous mêmes avons créé en ne présentant pas de candidat et en disparaissant du paysage. Cette faute nous allons la payer et si Mélenchon peut manier l’insulte envers nous, le déni et quel déni de nous mais aussi de son propre programme en ce qui concerne les élus, nous n’y sommes pas pour rien et il faudra bien avoir le courage d’affronter ce fait si nous ne voulons pas disparaître totalement dans le « néant » que nul autre que nos propres dirigeants successifs ont pu créer et dans lequel Mélenchon prétend faire son nid, comme dans celui d’un PS torpillé par ses propres erreurs (note de Danielle Bleitrach).
JEUDI, 18 MAI, 2017
HUMANITE.FR
Par Jacques Lèbre.
Je fais des choses comparables avec Emmanuel Macron en voulant casser les anciens partis. Ce que l’on peut d’abord dire, c’est que vous avez de drôles de références, pour ne pas dire : modèles. Mais vous croyez vraiment que c’est vous qui avez cassé le parti socialiste ? Comme on casse un jouet ? Vous pensez vraiment avoir cette puissance-là ? Mais non, ce n’est pas vous, Jean-Luc Mélenchon, qui avez cassé le parti socialiste. C’est d’abord le quinquennat de François Hollande qui l’a fracturé. Ensuite c’est la primaire avec la victoire de Benoît Hamon, c’est la trahison de Manuel Valls et l’inertie du premier secrétaire (une marionnette sans fils) qui ont accéléré un processus de délitement. C’est parce que ce parti était aussi divisé, c’est parce qu’il ne sait plus où il habite (idéologiquement) que beaucoup de ses électeurs ont préféré voter pour vous au premier tour de la dernière présidentielle. Mais êtes-vous bien certain qu’ils recommenceront aux législatives où le local compte au moins autant, si ce n’est plus, que le national ? Mais non, Jean-Luc Mélenchon, ce n’est pas vous qui avez cassé le parti socialiste de l’extérieur, ce sont ses divisions internes qui l’ont mené là où il en est aujourd’hui. Normalement, cela devrait vous amener à réfléchir, et vous ramener à de meilleures considérations envers un parti communiste qui vous a soutenu sans faille.

Aujourd’hui le paysage politique est (momentanément) bouleversé, le résultat des prochaines législatives bien indécis. Mais au premier tour nous pouvons penser que les candidats d’En marche, des Républicains et du Front national feront aux alentours de 20 %, résultat conforme en cela aux résultats du premier tour de la présidentielle. Ce que nous pouvons encore penser, c’est que ces trois candidats se maintiendront au deuxième tour et que nous aurons donc, au moins, de très nombreuses triangulaires. Nous ne pouvons extrapoler ce que sera le score d’un candidat socialiste. Par contre, si d’un côté nous avons un candidat de la France insoumise et de l’autre un candidat du parti communiste, aucun des deux ne sera en mesure d’atteindre les 20 %. Les chances de succès au deuxième tour seront lourdement hypothéquées. Croyez-vous vraiment que la France insoumise pourra retrouver son score de la présidentielle sans le parti communiste ? Vous vous trompez, Jean-Luc Mélenchon. Ce n’est pas en laissant des électeurs orphelins d’une dynamique que l’on peut les fidéliser. Des électeurs orphelins retournent souvent à leurs premières amours. Mais pourquoi (Front de gauche hier, législatives demain) cassez vous toujours une dynamique lorsqu’elle se met en place ? Est-ce psychologique ?
Un dernier point : dans le cadre d’une sixième république les mandats électoraux devraient être limités dans le temps ; un candidat ne devrait pouvoir se présenter que là où il habite et paie ses impôts. Dans le cadre d’une sixième république, un élu en cours de mandat ne devrait pas pouvoir se présenter à une autre élection afin de respecter jusqu’au bout le mandat qui lui a été confié par les électeurs. Vous allez vous présenter à Marseille où vous n’avez aucune attache. En cela vous reproduisez les vieilles pratiques d’une vieille classe politique. Depuis quand êtes-vous un élu, Jean-Luc Mélenchon ? Laissez la place, la gauche et ses électeurs ne s’en porteront que mieux !

 
2 Commentaires

Publié par le mai 19, 2017 dans Uncategorized

 

SNJ : David Pujadas : la face cachée du 20 h


Sur son piédestal du 20 h de France 2, David Pujadas se croyait intouchable, protégé par de bons chiffres d’audience. Le présentateur vedette vient pourtant d’être écarté. Une décision de Delphine Ernotte, Présidente de France Télévisions, qui peut paraître brutale.

Le SNJ France Télévisions ne peut se réjouir des soubresauts que traverse le Service Public depuis cette annonce. Car M. Pujadas a été la figure de proue de l’Information de France 2 pendant 16 ans. Il est donc normal que son départ suscite des interrogations.

Cependant, le SNJ rappelle qu’il n’avait cessé d’alerter la direction de l’Information sur les dérives de l’édition phare de la chaîne, sous le règne de David Pujadas et d’Agnès Vahramian, sa rédactrice-en-chef.

Non, l’audience ne justifie pas tout, et le côté obscur du 20 h se traduisait par une violence du management, un taylorisme érigé en système, et de la discrimination professionnelle. Alain De Chalvron, ancien correspondant de France 2 en Chine, n’avait-il pas lui-même été « exclu » du 20h pour avoir écrit un rapport sur l’état de la rédaction, pourtant demandé par la Présidente de FTV.

Le 20 h était tenu par une caste, celle d’un petit groupe de journalistes. L’étage supérieur de la fusée qui décide de tout : le taylorisme journalistique a été imposé comme l’ultime étape d’un système visant à contourner toute contradiction. Autrement dit, les journalistes qui mettent en forme l’information ne sont pas ceux qui la recueillent. Ceux qui fournissent des « bouts de sujets » sont cantonnés à des rôles d’exécutants.

Sur la planète 20 h, tout le monde est perdant. Alors que des journalistes peu expérimentés érigés en « nouvelles stars » de l’antenne sont en surchauffe, de grands reporters sont réduits à des missions dégradantes : multiplier les éléments.

De nombreuses dérives de cette édition ont été pointées par le médiateur de FTV. Les sujets « incarnés » ont suscité l’opprobre de bon nombre de téléspectateurs. Quel est l’intérêt journalistique de mettre en scène les journalistes au risque de donner à voir une réalité aseptisée, pour ne pas dire déformée ? Et que dire des micros-trottoirs dans laquelle on laisse parfois des électeurs d’extrême-droite tenir des propos discriminatoires, sans apporter la moindre contradiction ? La diffusion d’un dossier sur des stages destinés à redorer la masculinité des participants, sans apporter de contrepoint ni dénoncer le caractère sexiste, et lancé sur la « fin du patriarcat » a également suscité beaucoup de réactions.

Autre hasard du calendrier, dans une tribune écrite dans Libération, le directeur de l’Information, Michel Field, qui semble découvrir opportunément le contenu des journaux, s’interroge sur les reportages « incarnés » tout comme sur les « effets de montage, musique et commentaires dramatisants ».

Le même directeur de l’information qui paraissait peu enclin à défendre l’investigation ces dernières semaines, et qui semble souvent bien loin de s’intéresser à ses équipes de reporters, sauf à les remercier par mail après certaines opérations spéciales.

Le SNJ n’a pas à se féliciter ou à se plaindre d’un choix qui n’est pas de notre ressort. C’est une prérogative, de la présidente sans aucun doute.

Le choix du calendrier est néanmoins catastrophique puisqu’il jette sur le service public un nouveau doute quant au lien politique entre des décisions et le changement d’actionnaire.

Notre seule vigilance s’opère sur les contenus, et les principes qui régissent notre profession. Le choix des équipes quelles qu’elles soient doit se faire dans le respect des uns et des autres, et permettre de repartir sur des bases saines qu’elles soient journalistiques ou sociales.

Les révolutions de palais ne changent rien pour celles et ceux qui dans l’ombre tentent de faire leur métier du mieux possible.

Paris, le 17 mai 2017

David Pujadas_la face cachée du 20h

 
1 commentaire

Publié par le mai 18, 2017 dans Uncategorized