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Une pièce historique non tronquée : la mise en garde de Georges Marchais contre l’anticommunisme

par  Danielle Bleitrachpopularité : 6%

Le texte ci-dessous est difficile à trouver sur Internet dans une version non tronquée. Il s’agit de l’éditorial de l’Humanité du 3 mai 1968 signé par Georges Marchais, alors secrétaire à l’organisation du PCF. On pouvait encore le trouver début 2014 sur le site de l’Assemblée Nationale.

Aujourd’hui l’extrême-droite, qui ne recule devant aucun mensonge pour protéger les intérêts du capital, tente de récupérer Georges Marchais ce qui ajoute à la confusion. En mai 1968, cette confusion-là n’était pas de mise puisque l’extrême-droite – la même qu’aujourd’hui – se définissait d’abord et avant tout par son anticommunisme, qu’elle revendiquait et affichait haut et fort à l’époque. Par contre, l’extrême-gauche émergeait et elle était la face de l’anticommunisme, n’hésitant pas à tronquer les propos du secrétaire général du parti communiste : ainsi l’anarchiste allemand Cohn Bendit fut transformé en juif allemand pour les besoins de l’anticommunisme (une manœuvre qui a cours encore aujourd’hui de la part des mêmes) et on fit défiler quelques groupuscules en leur faisant crier devant le siège du parti communiste « Nous sommes tous des juifs allemands »…

En fait on peut s’interroger sur la nature de ces gens : n’étaient-ils pas la première mouture d’un maïdan en France ? Quand on sait qui étaient les néoconservateurs américains encore au pouvoir aujourd’hui, on sait leurs origine trotskistes, leur attaque contre l’Etat, leur anarchisme…

La CIA dès cette époque met au point des stratégies de déstabilisation, mais elle ne se contente pas comme en Amérique latine où elle mobilise l’armée et l’extrême-droite, y compris d’anciens nazis comme en Bolivie, elle commence comme elle le fera en Europe à utiliser une partie de l’extrême-gauche et son anticommunisme… C’est une stratégie adaptée dans le pays où communistes et gaullistes représentent une résistance à la domination des Etats-Unis et où on ne peut pas faire agir directement les tortionnaires et recruter les anciens nazis comme cela se passe aussi dans le bloc soviétique, en Ukraine par exemple. L’utilisation selon le modèle Soros, d’une jeunesse d’extrême-gauche impatiente et qui se croit révolutionnaire, l’utilisation de la social démocratie atlantiste mais déjà le soutien à l’extrême-droite qui aujourd’hui prend tout son ampleur est une attaque contre la souveraineté française dans un contexte favorisé par l’UE et l’OTAN. Il est clair que mai 68 en France grâce à l’intervention massive de la classe ouvrière n’est pas seulement ce maïdan mais il est aussi par suite d’erreurs stratégique, de crise ouverte dans l’ex-URSS aussi l’ouverture vers la domination nord-américaine du continent européen. Ce texte est donc précieux à relire et il témoigne d’une certaine lucidité. (Danielle Bleitrach)

De faux révolutionnaires à démasquer

Comme toujours lorsque progresse l’union des forces ouvrières et démocratiques, les groupuscules gauchistes s’agitent dans tous les milieux. Ils sont particulièrement actifs parmi les étudiants. À l’université de Nanterre, par exemple, on trouve : les « maoïstes » ; les « Jeunesses communistes révolutionnaires » qui groupent une partie des trotskystes ; le « Comité de liaison des étudiants révolutionnaires », lui aussi à majorité trotskyste ; les anarchistes ; divers autres groupes plus ou moins folkloriques.

Malgré leurs contradictions, ces groupuscules – quelques centaines d’étudiants – se sont unifiés dans ce qu’ils appellent « Le Mouvement du 22 mars Nanterre » dirigé par l’anarchiste allemand Cohn-Bendit.

Non satisfaits de l’agitation qu’ils mènent dans les milieux étudiants – agitation qui va à l’encontre des intérêts de la masse des étudiants et favorise les provocations fascistes – voilà que ces pseudo-révolutionnaires émettent maintenant la prétention de donner des leçons au mouvement ouvrier. De plus en plus on les trouve aux portes des entreprises ou dans les centres de travailleurs immigrés distribuant tracts et autres matériels de propagande.

Ces faux révolutionnaires doivent être énergiquement démasqués car, objectivement, ils servent les intérêts du pouvoir gaulliste et des grands monopoles capitalistes.

Un des maîtres à penser de ces gauchistes est le philosophe allemand Herbert Marcuse qui vit aux États-Unis. Ses thèses sont connues. Elles peuvent être résumées de la façon suivante : les partis communistes « ont fait faillite », la bourgeoisie a « intégré la classe ouvrière qui n’est plus révolutionnaire », la jeunesse, surtout dans les universités, « est une force neuve, pleine de possibilités révolutionnaires, elle doit s’organiser pour la lutte violente ».

Bien entendu, les adeptes de Marcuse, chez nous, doivent tenir compte de la force, de l’influence du Parti Communiste Français, et de la combativité de la classe ouvrière. Mais tout en y mettant des formes, ils portent leurs coups contre notre Parti – et la CGT – et cherchent à mettre en cause le rôle fondamental de la classe ouvrière dans la lutte pour le progrès, la démocratie, le socialisme.

Les thèses et l’activité de ces « révolutionnaires » pourraient prêter à rire. D’autant qu’il s’agit, en général, de fils de grands bourgeois – méprisants à l’égard des étudiants d’origine ouvrière – qui rapidement mettent en veilleuse leur « flamme révolutionnaire » pour aller diriger l’entreprise de papa et y exploiter les travailleurs dans les meilleurs traditions du capitalisme.

Cependant, on ne saurait sous-estimer leur malfaisante besogne qui tente de jeter le trouble, le doute, le scepticisme parmi les travailleurs et, notamment, les jeunes. D’autant que leurs activités s’inscrivent dans le cadre de la campagne anticommuniste du pouvoir gaulliste et des autres forces réactionnaires. De plus, des journaux, des revues, des hebdomadaires – dont certains se réclamant de la gauche – leur accordent de l’importance et diffusent à longueur de colonnes leurs élucubrations. Enfin et surtout parce que l’aventurisme gauchiste porte le plus grand préjudice au mouvement révolutionnaire.

En développant l’anticommunisme, les groupuscules gauchistes servent les intérêts de la bourgeoisie et du grand capital.

Le Parti Communiste Français est le meilleur défenseur des revendications immédiates des travailleurs manuels et intellectuels. Il représente une force essentielle dans le combat pour éliminer le pouvoir des monopoles et lui substituer un régime démocratique nouveau permettant d’aller de l’avant dans la voie du progrès social, de l’indépendance nationale et de la paix. Il est le meilleur artisan de l’union des forces ouvrières et démocratiques, de l’entente entre tous les partis de gauche, condition décisive pour atteindre ces objectifs. Sans le Parti Communiste, il n’est pas de véritable gouvernement de gauche, il n’est pas de politique de progrès possible.

Mais notre Parti n’a pas comme seul objectif de lutter contre la malfaisance politique du pouvoir des monopoles et de lui substituer un authentique régime démocratique. Effectivement il lutte pour l’abolition du capitalisme et l’instauration d’une société socialiste où sera bannie à tout jamais l’exploitation de l’homme par l’homme. Pour une société qui réalisera l’entière égalité sociale de tous ses membres et où le but de la production ne sera plus le profit d’une petite minorité mais la satisfaction des besoins matériels et culturels de tous.

Pour atteindre ces objectifs, notre Parti Communiste fonde son action avant tout sur la classe ouvrière qui est la force sociale décisive de notre époque.

La grande mission historique de la classe ouvrière est de liquider le capitalisme et d’édifier le socialisme, seule société véritablement humaine.

Il en est ainsi parce que la classe ouvrière ne possède toujours aucun moyen de production, qu’elle est la classe la plus exploitée et, par conséquent, la seule classe véritablement révolutionnaire jusqu’au bout. Il en est ainsi parce que les conditions mêmes de développement de la production font que la classe ouvrière est la mieux organisée, la plus disciplinée et la plus consciente.

Les pseudo-révolutionnaires de Nanterre et d’ailleurs auront beau faire, ils ne changeront rien à cette réalité historique. D’ailleurs c’est bien la classe ouvrière qui a donné naissance au système socialiste qui libère l’homme de toute forme d’exploitation et d’oppression et assure progressivement la satisfaction de ses besoins matériels et culturels. Au système socialiste qui apporte tout son appui à la lutte des peuples pour leur indépendance nationale. Au système socialiste qui, par son exemple, convaincra toujours plus les travailleurs des pays capitalistes qu’il est de leur intérêt de s’engager dans la voie du socialisme.

Ces vérités élémentaires qui prouvent que le Parti Communiste Français est en France le seul parti révolutionnaire, dans le bon sens du terme, nous devons les rappeler énergiquement à ces pseudo-révolutionnaires. Nous devons leur rappeler aussi ces paroles d’Anatole France à l’adresse des intellectuels : « Pour combattre et vaincre nos adversaires, rappelez-vous citoyens que vous devez marcher avec tous les artisans de l’émancipation des travailleurs manuels, avec tous les défenseurs de la justice sociale et que vous n’avez pas d’ennemis à gauche. Rappelez-vous que, sans les prolétaires, vous n’êtes qu’une poignée de dissidents bourgeois et qu’unis, mêlés au prolétariat, vous êtes le nombre au service de la justice. »

Mais il est bien évident que nous ne confondons pas les petits groupuscules gauchistes s’agitant dans les universités avec la masse des étudiants. Au contraire, ceux-ci bénéficient de notre entière solidarité dans la lutte qu’ils mènent pour la défense de leurs légitimes revendications contre la politique désastreuse du pouvoir gaulliste dans le domaine de l’éducation.

Les étudiants ont besoin du soutien actif des travailleurs. C’est pourquoi ils doivent s’appuyer sur eux dans leur combat. Et la classe ouvrière a le plus grand intérêt d’avoir à ses côtés les étudiants en lutte pour leurs propres objectifs et pour ceux qui leur sont communs.

En effet, pour autant qu’elle a un rôle décisif à jouer dans la lutte pour le progrès, la démocratie et le socialisme, la classe ouvrière ne saurait prétendre y parvenir seule. Elle a besoin d’alliés. Les étudiants, la jeunesse en général, sont parmi ces alliés indispensables. C’est pourquoi il faut combattre et isoler complètement tous les groupuscules gauchistes qui cherchent à nuire au mouvement démocratique en se couvrant de la phraséologie révolutionnaire. Nous les combattrons d’autant mieux que nous ferons toujours plus connaître les propositions du Parti et sa politique unitaire pour le progrès social, la démocratie, la paix et le socialisme.

Georges Marchais

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Publié par le septembre 21, 2019 dans Uncategorized

 

Comment la Pologne est devenue la « Hyène de l’Europe »

Карикатура на Юзефа Пилсудского в советской печати

Illustration : Caricature de Jozef Pilsudski dans la presse soviétique

 

17 septembre 2019

Photo: Boris Efimov/Texte: DmitryBavyrin

https://vz.ru/politics/2019/9/17/998043.html

 

 

La participation de Staline à la dernière partition de la Pologne donne aujourd’hui à Varsovie une raison de l’assimiler à Hitler et de parler de la responsabilité «égale» de l’URSS et du Reich dans le déclenchement de la guerre. Enmême temps, des détails très importants sont délibérément oubliés, car ils exposent la Pologne sous un jour extrêmement noir et en font la «hyène de l’Europe» évoquée par Churchill.

Il y a exactement 80 ans, les troupes soviétiques traversaient la frontière avec la Pologne afin d’annexer les terres de l’Ukraine occidentale et de la Biélorussie occidentale à l’URSS. Cela était impliqué dans des protocoles secrets au pacte Molotov-Ribbentrop, dont le journal VZGLYAD avait auparavant examiné en détail les raisons de la signature. En même temps, l’URSS n’avait pas le choix: l’armée allemande n’allait pas s’arrêter à «sa moitié» de la Pologne et allait de l’avant, de sorte que l’alternative à l’adhésion à l’Union soviétique pour ces régions était de devenir une entité étatique fantoche, entièrement contrôlée par le Reich.

En termes simples, soit l’URSS s’étend sur les terres polonaises, soit elle reçoit une machine de guerre hitlérienne directement à ses frontières.

Dans ces circonstances, une intrigue politique était en jeu – la revanche territoriale dans la direction de l’Est pour la guerre perdue de 1920 faisait évidemment partie des plans de Staline. Il y avait une attitude prononcée en faveur du retour de l’URSS aux frontières de l’Empire russe, une sorte d’exportation du socialisme non pas dans le monde entier (comme sous Lénine), mais au moins dans les limites de ses territoires.

Pourtant, le fait est que Moscou était confrontée au dilemme décrit ci-dessus. Il n’y avait tout simplement pas de troisième option, la solution semblait donc évidente.

D’un point de vue politique, les arrangements étaient presque parfaits. L’Armée rouge n’a franchi la frontière que lorsque la Pologne, en tant qu’État souverain, avait cessé d’exister, lorsque sa capitale était tombée, que les autorités avaient fui et que la guerre avec les Allemands était déjà complètement perdue. Dans de telles circonstances, Moscou s’est engagée à protéger d’Hitler les  » peuples frères « , parce que la Pologne elle-même ne pouvait pas le faireet, il faut le souligner, avait accepté le jeu qui lui était imposé, car, malgré l’annexion de ses territoires, elle ne déclara pas la guerreà l’URSS.

Cependant, le gouvernement polonais moderne décrit ce qui s’est passé exclusivement comme un « coup de couteau dans le dos », attribuant à Berlin et à Moscou la même responsabilité pour « avoir déclenché la Seconde Guerre mondiale ».

C’est une position extrêmement hypocrite, sachant que la Pologne des années 1930 ne se pensaitpas autrement qu’en confrontation avec l’URSS. La guerre, de son point de vue, aurait dû commencer dans une configuration différente: Varsovie et Berlin contre Moscou. L’idée dite jagellonne, adoptée par Jozef Pilsudski, impliquait la construction en Europe orientale d’un empire fédéral avec la Pologne à sa tête, ce pourquoi il était nécessaire de morceler le territoire de l’URSS. L’élite polonaise était fanatiquement subordonnée à cette idée qui finit par détruire sa raison collective et son existence même en tant qu’entité politique.

D’ailleurs, quelque chose de similaire s’est passé avec Hitler et l’élite nazie dans le même ordre chronologique.

 

La Pologne, à ce qu’elle croyait, était assurée de manière fiable contre une variante alternative de l’évolution des événements (guerre avec l’Allemagne) grâce à des garanties données par la Grande-Bretagne et la France. Varsovie refusaitcatégoriquement de conclure des alliances avec Moscou pour des raisons idéologiques.

Le fait que les événements ne se soient pas déroulés comme prévu (l’Union soviétique a refusé d’être une victime et a tourné la situation en sa faveur) est, bien sûr, une grande douleur, mais la douleur est exclusivement polonaise. En présentantla Pologne comme une victime innocente d’Hitler et de Staline, la Pologne d’aujourd’hui tente de nier l’évidence même, à savoir que l’État de Pilsudski et Cie est à plaindre en avant-dernier lieu, personne ne contestant la dernière place d’Hitler.

C’était un régime autoritaire, clérical et répressif avec des rêves de colonies, de camps de concentration pour l’opposition et despupitres séparés pour les Juifs. Cette Pologne se considérait politiquement et surtout idéologiquement comme un allié naturel du projet nazi.

Pilsudski a été le premier en Europe à signer un pacte de non-agression avec les nazis. Goering assista à ses funérailles qui ont suivi peu aprèset Hitler assista à une messe à Berlin en son honneur.

Le régime, surnommé le « régime de sanations » (c’est-à-dire l’élimination de la « cinquième colonne », communistes, mécréants, pécheurs, juifs, etc.) vivait de pillages, de provocations et de combats incessants avec ses voisins pour leurs terres – avec la Tchécoslovaquie, la Lituanie, l’URSS et diverses formations nationales apparues à la fin de la Première Guerre mondiale comme des champignons après la pluie.

 

Les terres occupées par l’Armée rouge en 1939 étaient à peu près les mêmes que celles que Pilsudski avait conquises au pouvoir soviétique, mettant à profit la confusion révolutionnaire. La riposte des bolcheviks s’était soldée par une défaite militaire pour eux, des dizaines de milliers de prisonniers de l’Armée rouge et des dizaines de milliers d’entre eux exterminés  dans les « camps de la mort » polonais – précurseurs des camps de concentration allemands.

Pour les soviétiquesil s’agissait bien sûr d’une revanche, mais en même temps ils ne faisaient que récupérer ce qui leur appartenait. Et parallèlement (en vuedu rattachement imminent), ils ont rendu à la Lituanie sa capitale Vilnius, qu’elle avait perdue dans le cadre d’une autre intrigue polonaise. Lorsque la Société des Nations avait attribué la ville aux Lituaniens, Pilsudski avait fomenté une mutinerie dans les troupes, occupé la capitale lituanienne, formé l’état fantoche de la Lituanie centrale, pour finalement l’annexer à la Pologne.

LesLituaniens ont été contraints d’accepter ce tour de passe-passe par un ultimatum des héritiers de Pilsudski, soutenus par leur allié naturel Hitler. Pour Varsovie et Berlin, il s’agissait d’une sorte d’échange diplomatique : la Lituanie abandonne sa revendication de Vilnius sous la pression allemande et la Pologne reconnaît l’Anschluss nazi d’Autriche.

Mais le symbole principal de la fraternité polono-nazie était bien sûr la partition de la Tchécoslovaquie démocratique, selon laquelle la Pologne prenait le contrôle de cette partie de la région de Cieszyn qu’elle n’avait pu conquérir en 1919. La cupidité était si forte que même la menace de Moscou de rompre le pacte de non-agression ne faisait pas peur aux Polonais. Cependant, c’est exactement ce qu’ils voulaient, et certains d’entre eux ne le nient même pas.

 « Nous aurions pu trouver une place du côté du Reich presque aussi bien que celle de l’Italie, et certainement meilleure que la Hongrie ou la Roumanie. En conséquence, nous serions à Moscou, où Adolf Hitler et Rydes-Smigly organiseraient un défilé des troupes polono-allemandes victorieuses ». Telle est l’opinion du professeur polonais Pavel Vechorkevich exprimée dans une interview au journal officiel Rzeczpospolita. Cependant, ce journal était coutumier de telles visions du monde.

 

Winston Churchill a comparé le rôle de la Pologne dans la destruction de la Tchécoslovaquie avec le comportement d’une hyène. Et soulignant le courage des Polonais à différentes époques de l’histoire, il a écrit:

 

    «Les plus courageux des plus courageux ont trop souvent été conduits par les plus infâmes des infâmes! Et pourtant, deux Pologne ont toujours existé: l’une s’est battue pour la vérité et l’autre a rampé dans la bassesse. ”

 

Il est à noter que cette citation émane de son livre «La Seconde Guerre mondiale», écrit pendant la guerre froide, lorsque les Britanniques manifestaient déjà pleinement leur opposition au communisme et que le gouvernement polonais émigré, composé de ces «canailles», semblait être un allié évident de Londres.

Un allié aussi évident  que déraisonnable.

À l’époque des événements décrits, Churchill, qui s’opposait farouchement à la ligne  » d’apaisement d’Hitler « , a commenté comme suit les actions de l’URSS contre la Pologne :

«Il est tout à fait clair que les armées russes doivent se tenir sur cette ligne afin d’assurer la sécurité de la Russie contre la menace nazie. Un front oriental a été créé sur lequel l’Allemagne nazie n’osera pas attaquer. Lorsque Herr von Ribbentrop est venu à Moscou la semaine dernière sur invitation spéciale, il a dû faire face au fait que les intentions nazies dans les États baltes et en Ukraine n’étaient pas destinées à être réalisées. »

À long terme, bien sûr, il s’est trompé dans ses prévisions, mais la question polonaise, celle de l’ingratitude noire, n’a cessé de la travailler jusqu’à la fin de la guerre, pour des raisons évidentes. En ce qui concerne l’histoire du soulèvement de Varsovie, le journal VZGLYAD a déjà évoqué le rêve que les héritiers de Pilsudski ont porté jusqu’au bout : sans attendre la chute de Berlin, tourner les baïonnettes britanniques, françaises, américaines, polonaises et peut-être même allemandes vers Moscou. Churchill voyait une menace en l’Union soviétique, mais comme Roosevelt, il était parfaitement conscient de l’utopisme de tels projets et trouvait les Polonais ennuyeux et nuisibles – une force qui avait rompu avec la réalité et cherchait à créer un fossé entre les alliés.

Mais les Polonais s’obstinaient à agir selon le principe « l’impudence est un second bonheur ». Comme dans le cas de l’annexion de la Biélorussie occidentale et de l’Ukraine occidentale. Comme dans le cas de la Lituanie centrale. Comme dans le cas de la partition de la Tchécoslovaquie, lorsque toutes les portes polonaises ont soudainement été fermées aux ambassadeurs des pays alliés, la Grande-Bretagne et la France. Comme dans le cas des préparatifs de sabotage à l’arrière de l’Armée rouge dans la dernière année de la guerre.

Cependant cette même insolence a fini par détruire le «régime de sanations», qui a survécu à la faillite politique en deux étapes – lors des événements de 1939 et après la défaite inévitable du soulèvement de Varsovie. En juillet 1945, la Grande-Bretagne et les États-Unis ont cessé de reconnaître le gouvernement polonais en exil, mais les autorités polonaises modernes, issues du parti national conservateur  de Kaczynski « Droit et justice », se considèrent comme les héritiers politiques de ces personnes qui ont jadis jeté des millions de leurs concitoyens dans le brasier de leurs opinions politiques inconséquentes.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, la Pologne a perdu plus de personnes en pourcentage de la population totale que tout autre pays – près de 18 %, soit 6,2 millions de personnes. Mais  » les traits de caractère héroïques du peuple polonais ne doivent pas nous faire fermer les yeux sur sa témérité et son ingratitude qui, pendant des siècles, lui ont causé d’incommensurables souffrances « , écrit Churchill.

Si les fanatiques de Varsovie avaient quitté leurs ambitions impériales exorbitantes, s’ils avaient abandonné leurs projets napoléoniens de confrontation avec l’URSS, s’ils ne s’étaient pas opposés à une alliance commune contre Hitler avec Moscou, Paris et Londres, un grand nombre de ces victimes auraient été évitées.

Mais Varsovie a fait le choix incroyablement stupide de flatter le Sherkhan nazi, car seules des personnes très stupides ne comprenaient pas le caractère inévitable de l’invasion d’Hitler s’il existait un couloir polonais sur la carte et une population allemande à l’intérieur des frontières polonaises. En conséquence, le tigre a englouti la hyène – la réalité n’impliquait tout simplement pas le contraire. Cependant, ses héritiers accusent toujours n’importe qui, et surtout Moscou, qu’ils détestent tant, mais pas leur propre «sang» et leur orgueil national, marquant plus d’un siècle d’indépendance de la Pologne.

Traduction MD pour H&S

 

 
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Publié par le septembre 21, 2019 dans Uncategorized

 

Parti Communiste Portugais : NOTE DU BUREAU DE PRESSE DES DÉPUTÉS EUROPEENS DU PCP

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NOTE DU BUREAU DE PRESSE DES DÉPUTÉS EUROPEENS DU PCP

La majorité du Parlement européen promeut l’anticommunisme et la réécriture de l’histoire

19 septembre 2019, Strasbourg

La majorité du Parlement européen a approuvé aujourd’hui, avec le vote favorable des députés du PS, du PSD, du CDS et du PAN, une résolution grave et abjecte, qui constitue un autre élément déplorable de la stratégie de révisionnisme historique prônée par l’Union européenne.

Le texte maintenant approuvé promeut les conceptions et les falsifications les plus réactionnaires de l’histoire contemporaine dans une tentative déplorable d’assimiler fascisme et communisme, minimisant et justifiant les crimes du nazisme-fascisme et réduisant au silence les responsabilités complicates des grandes puissances capitalistes – telles que le Royaume-Uni ou la France.  – ce qui a ouvert la voie au début de la Seconde Guerre mondiale dans l’espoir de réprimer les hordes nazies contre l’URSS, entraînant des coûts humains et matériels considérables pour l’Union soviétique, qu’aucun autre pays n’a supportés.

Focalisant cette égalisation sans scrupule sur le contexte du pacte Ribbentrop-Molotov, cachant son contexte historique, la résolution adoptée par la majorité des députés omet d’importants comportements de tolérance, de complicité et d’alignement des grandes puissances capitalistes sur la montée du fascisme dans plusieurs pays européens.  lutter contre l’idéal communiste et contre les énormes acquis économiques et sociaux des ouvriers et des peuples de l’URSS, qui ont encouragé les luttes et les aspirations des ouvriers et des peuples de toute l’Europe.

L’absence intentionnelle de références à la résolution adoptée par la majorité du PE au pacte de concorde et de coopération du 15 juillet 1933 signé entre le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne et l’Italie, qui a ouvert la voie au réarmement de l’Allemagne, en est la preuve;  ou le soutien militaire de Hitler et de Mussolini à Franco et au coup d’État fasciste qui a conduit à la guerre civile en Espagne, dont le régime fasciste serait reconnu par la France et le Royaume-Uni en février 1939;  ou la conférence de Munich, qui aboutirait au traité du même nom, signé le 30 septembre 1938 entre l’Allemagne, la France, l’Italie et le Royaume-Uni, en vue du démembrement de la Tchécoslovaquie occupée par l’armée nazie, avec des parties de son territoire occupées.  par la Pologne et la Hongrie.  Ou encore le sabotage des gouvernements français et anglais aux efforts de négociation d’un pacte d’assistance mutuelle entre leurs pays et l’URSS qui empêcherait une seconde guerre mondiale, encourageant ces gouvernements à s’attendre à un conflit germano-soviétique.

La résolution adoptée par la majorité du PE non seulement efface la collusion des grands monopoles allemands avec Hitler, mais cherche également à effacer la contribution décisive des communistes et de l’Union soviétique à la défaite du fascisme nazi et à la libération des peuples du pouvoir colonial après la Seconde Guerre mondiale.  Guerre mondiale.  Une résolution qui vise également à faire taire le rôle des communistes dans la libération des peuples de l’oppression fasciste, comme au Portugal, ou du rôle qu’ils ont joué et jouent dans la promotion des droits démocratiques – politiques, économiques, sociaux et culturels des travailleurs.  Cette résolution comporte encore un autre élément dont on ne peut ignorer la gravité: elle vise à ouvrir la voie à une intensification et à une généralisation de la persécution et à la prohibition des partis communistes, ainsi qu’à traîner d’autres forces progressistes et du mouvement syndical,  avec la complicité de l’Union européenne et de l’OTAN dans plusieurs États membres – tels que la Lituanie, l’Estonie, la Lettonie ou la Pologne, entre autres – où, parallèlement à la réhabilitation et aux louanges historiques du fascisme et à la glorification des collaborateurs avec le fascisme nazi,  monuments de la résistance antifasciste, y compris l’Armée rouge, la xénophobie et  le racisme et promouvoir les forces fascistes.

Ce révisionnisme historique reprend les positions antérieures de l’UE qui, souhaitant enseigner au monde les leçons de la « démocratie » et des « droits de l’homme », promouvait les reculs de la civilisation, attaquant les droits sociaux et du travail, la souveraineté nationale et la démocratie.  Une entité au service du grand capital et des grandes puissances, dans laquelle se développent des tendances et pratiques répressives limitant les droits et libertés fondamentaux, ainsi que des militaristes.  Des politiques qui sont, comme par le passé, à l’origine de la résurgence des forces de droite et fascistes.

 
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Publié par le septembre 20, 2019 dans Uncategorized

 

Le monde moderne exige des politiciens une nouvelle qualité

 

9 septembre 2019

Photo: Mahathir Mohamad  au Forum économique oriental de Vladivostok, Mikhail Klimentyev / RIA Novosti

Texte: Peter Akopov

https://vz.ru/world/2019/9/9/996484.html

Махатхир Мохамад на Восточном экономическом форуме во Владивостоке

Le Premier ministre malaisien Mahathir Mohamad, qui s’est rendu en Russie la semaine dernière, a 94 ans. Dans le monde d’aujourd’hui, de nombreux politiciens ont un âge respectable. Voyez Trump par exemple et ses rivaux aux prochaines élections. Il y a toute une galaxie de nouveaux politiciens – Macron, Zelensky. Mais les patriarches au pouvoir ont très souvent des avantages évidents par rapport aux jeunes.

 

Ce n’est pas un hasard si Vladimir Poutine s’est adressé au Premier ministre malaisien, qui a pris part au Forum économique de l’Est avec un respect marqué, le qualifiant de plus ancienne personnalité politique au monde, « dont l’influence en tant que dirigeant du monde islamique dépasse certainement les frontières de son pays ». Ce n’est pas un compliment, mais une reconnaissance de la réalité: Mohamad est l’un des leaders les plus intelligents et les plus puissants, il n’a pas seulement relevé le pays, il n’a pas peur de défier les pouvoirs en place, qu’il s’agisse des États ou de l’oligarchie financière mondiale.

 

Mahathir Mohamad est devenu Premier ministre de la Malaisie en 1981 – la question de la gérontocratie était alors à l’ordre du jour dans notre pays. Les vieux au pouvoir sont une calamité, disait-on dans les cuisines. Et d’ailleurs les voix occidentales affirmaient la même chose. On appellera cela plus tard la stagnation que l’on expliquera entre autres par le fait que les dirigeants soviétiques vieillissants ne pourraient plus changer avec le temps et avaient peur du changement.

 

Sans entrer dans des débats sur les causes de la crise du modèle socialiste, il convient de rappeler que, selon les normes mondiales actuelles, la direction soviétique de l’époque n’était pas si âgée. Leonid Brejnev a eu 75 ans à la fin de 1981 (il est décédé 11 mois plus tard). Au Politburo, parmi une douzaine de personnes, un seul (Arvid Pelshe) avait franchi l’âge de 80 ans. Oui, en général, l’âge moyen des membres du Politburo était supérieur à soixante-dix ans, mais le problème n’était pas tant leur vieillesse que la mauvaise santé de certains d’entre eux.

 

Après la mort soudaine de deux successeurs de Brejnev, le plus jeune membre du Politburo, Mikhaïl Gorbatchev, âgé de 54 ans, est arrivé au pouvoir en 1985. Lors de la séance plénière du Comité central, Andrei Gromyko, âgé de 75 ans, pour qui l’âge du nouveau secrétaire général jouait également un rôle important, a fait campagne pour lui avec ardeur.

 

 Mais la jeunesse relative de Gorbatchev dans ce cas précis était le seul avantage du nouveau chef.

 

Avec ses réformes mal conçues, ses jeux de recrutement et ses intrigues politiciennes, il a mené à sa ruine un grand pays.

 

Au même moment, dans la Chine voisine, qui avait entamé de sérieuses réformes à la fin des années 70, Deng Xiaoping était au pouvoir. En 1989, le Chinois âgé de 85 ans a rencontré à Pékin le Russe âgé de 58 ans et a vite constaté ses limites. Le problème, bien sûr, n’était pas à l’âge de Gorbatchev. Et Deng Xiaoping lui-même a bientôt quitté la direction stratégique pour donner le pouvoir à Jiang Zemin, 63 ans (le mois dernier, l’ancien secrétaire général a eu 93 ans, et le principal journal chinois l’a félicité avec un grand portrait de Jiang en première page). L’âge n’est pas important, mais c’est parfois un avantage très important. Surtout quand il ressort par contraste.

 

Dans la même année 1989, Ronald Reagan, qui quittait la Maison-Blanche, avait 78 ans – et cela a été très bien considéré. Cependant, de nos jours, les idées sur les personnes âgées au pouvoir ont commencé à changer. En 2016, les Américains ont sans hésitation élu Donald Trump, âgé de 70 ans, à la présidence. Et en 2020, Biden et Sanders se battent pour avoir le droit de s’opposer à lui, et, s’ils gagnent, ils entreront à la Maison Blanche à l’âge de 78 et 79 ans, respectivement. En même temps, l’âge de Trump ne joue pas un grand rôle: tout le monde s’interroge sur son état de santé mais, en 2016, il était en bien meilleur état que la jeune Hillary Clinton.

 

Mahathir Mohamad n’est pas le seul homme politique d’âge avancé. Soit dit en passant, il n’a pas occupé le poste de Premier Ministre de 1981 à nos jours; il est parti en 2003 et n’est revenu que l’année dernière. Cet été, le président tunisien Es-Sebsi, âgé de 93 ans, est décédé. Robert Mugabe, décédé vendredi, a été démis de ses fonctions de président du Zimbabwe à l’âge de 93 ans, après 33 ans de gouvernement ininterrompu de son pays. Elizabeth II règne depuis  67 ans, mais la reine d’Angleterre, âgée de 93 ans, n’est pas classée généralement parmi les véritables dirigeants des États, bien que cela soit injuste: sur 14 premiers ministres qui se sont succédé sous le règne d’Elizabeth, seuls quelques noms resteront dans l’histoire.

 

Deux autres grands monarques, qui jouissent cependant d’un pouvoir officiellement presque illimité – l’émir koweïtien de 90 ans, Sabah, ou le roi saoudien de 83 ans Salman – ne peuvent même pas se vanter d’une longévité comparable à celle d’Elizabeth. Et son seul concurrent – le roi de Thaïlande, Rama le 9ème – est décédé il y a trois ans, après 70 ans de règne.

 

Mais pour les rois qui ne sont pas vraiment impliqués dans la gouvernance quotidienne du pays, l’âge n’a pas d’importance, contrairement aux premières personnes qui ont la responsabilité réelle de diriger le pays. Et ici, avec Mohamad, on trouve Raul Castro, le dirigeant cubain âgé de 88 ans, conservant même nominalement le poste de premier secrétaire du Parti communiste de Cuba. En même temps, Raul est membre de la haute direction de son pays depuis 60 ans, simplement pendant un demi-siècle il n’était que le second de son frère Fidel.

 

L’âge donne au dirigeant l’expérience et la capacité de penser de manière stratégique, non seulement à l’échelle nationale, mais dans le monde entier. En effet, lorsque les époques changent devant vos yeux, que certains cycles commencent et se terminent, que des événements semblables les uns aux autres se répètent, vous commencez à comprendre les lois et les tendances de la politique mondiale. On peut tirer beaucoup d’enseignements des livres. Mais lire et même assimiler n’est rien comparé à ce que donne l’observation directe et la participation personnelle, l’expérience personnelle. C’est pourquoi, après la Seconde Guerre mondiale, Adenauer, âgé de 70 ans, est devenu le chef de la République fédérale d’Allemagne, non seulement parce qu’il avait participé à la vie politique avant Hitler ou qu’il se souvenait de la Première Guerre mondiale, mais qu’il avait vécu aussi à l’époque de Bismarck.

 

Aujourd’hui, Henry Kissinger est considéré comme le spécialiste américain de la politique étrangère le plus reconnu. L’ancien combattant âgé de 96 ans n’est pas simplement un consultant auprès des dirigeants, il reste essentiellement un acteur majeur. Tout comme la génération actuelle de dirigeants chinois écoute les représentants des deux générations précédentes, même si, à bien des égards, ils tracent  leur propre ligne de conduite.

 

Ce n’est pas de la gérontocratie, c’est une compréhension tout à fait naturelle pour toutes les civilisations que les aînés expérimentés connaissent et comprennent vraiment beaucoup de choses. Il est clair que le retour direct des personnes âgées à la politique se produit en cas d’urgence – comme ce fut le cas de Mohamad, qui décida une décennie et demie plus tard qu’il ne pouvait plus se contenter d’être un patriarche influent et rester sur la touche. Dans d’autres cas, les personnes âgées dirigent depuis les coulisses en veillant à ce que les jeunes ne s’écartent pas de leur parcours (il en va de même pour les plus grands empires financiers: David Rockefeller est décédé à 102 ans et travaillait tous les jours jusqu’à 90 ans).

 

Les personnes âgées au pouvoir n’ont pas besoin de gloire et d’avenir personnel. Ils ont déjà la première, et le second ne les intéresse que par rapport à l’avenir de la famille, du clan, du pays, de l’humanité. Tout dépend, bien sûr, de l’ampleur de la personnalité. Mais les forts et les sages ne se soucient ni de l’argent ni du plaisir, il ne reste plus que l’habitude de la direction et la capacité de penser de manière stratégique, en s’appuyant au moins sur leur propre expérience de la vie politique. Dans le contexte des personnes âgées, une autre tendance moderne semble particulièrement intéressante: l’arrivée au pouvoir de jeunes talents. Ils sont promus conformément à toutes les lois du marché de la publicité, ils sont vendus aux consommateurs comme le meilleur remède contre tous les maux, y compris par les vieilles élites politiques (en même temps, peu de gens s’aperçoivent que de très vieilles élites se profilent derrière chaque « jeune talent »).

 

Parmi les plus notables figurent Sebastian Kurtz, qui dirigeait le gouvernement autrichien à 31 ans, et Emmanuel Macron, élu président de la République française à 39 ans. Vladimir Zelensky les a rejoints, après avoir pris son premier poste politique à 41 ans, directement comme président de l’Ukraine. Et si le cas de Kurtz peut s’expliquer par le fait qu’en réalité l’Autriche est gouvernée par des élites anciennes et expérimentées qui ont décidé de jouer le jeu de la politique de jeunesse, alors, dans le cas de la France et de l’Ukraine, tout est bien pire.

 

Le problème de Macron n’est pas l’âge mais l’absence d’expérience de gestion (il a été ministre pendant un an). Associé à une expérience de vie relativement limitée, cela devient un problème, mais partiellement résolu par le fait qu’en réalité la France est également gouvernée par de vieilles élites (indépendamment de leur âge).

 

En Ukraine cependant, l’inexpérience du nouveau président se conjugue au manque d’expérience politique et étatique du pays

 

Et cela aura bien sûr les conséquences les plus inattendues tant sur son activité politique intérieure que sur son comportement sur la scène internationale.

 

Il est clair que dans certains cas, un politicien jeune et inexpérimenté utilise son instinct et son talent pour devenir rapidement un acteur très fort sur la scène mondiale. Mais c’est extrêmement rare. Il y a beaucoup plus de chances pour qu’un tel homme politique obtienne sa véritable force avec le temps: avec l’expérience, les défaites et les victoires, ainsi que la capacité de se concentrer sur des objectifs stratégiques plutôt que de sombrer dans des batailles tactiques.

 

Bien sûr, la sagesse ne vient avec l’âge qu’aux gens intelligents. Mais sans expérience, elle ne peut être atteinte, même par les plus talentueux. Le contraste entre la «foi dans les idéaux» et le désir de changement, supposés être des qualités intrinsèques appartenant exclusivement aux jeunes, et «la stagnation et l’inertie» des personnes âgées est en réalité complètement artificiel. Tout dépend de la personne, bien sûr. Une masse de jeunes cyniques arrivent au pouvoir, n’ayant ni expérience ni idéalisme. Tout ce qu’ils ont, c’est l’illusion d’être les plus intelligents et les plus rusés. Le sage, expérimenté et vieux joueur politique a un énorme avantage sur eux: il sait comment le monde a vraiment changé et peut prédire la direction de son mouvement.

Traduction MD pour H&S

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
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Publié par le septembre 19, 2019 dans Uncategorized

 

A Vénissieux, le renforcement de nos liens avec Cuba et son combat anti-impérialiste

Voici la proposition qui m’a été adressée par  ariana Lopez responsable du Réseau en défense de l’humanité (REDH) envoie cette lettre d’invitation à des responsables de nos rencontres de Vénissieux si nous décidions de créer un réseau. Je pense que quelque soit mon désir de retourner à Cuba, il sera plus juste de choisir des camarades plus jeunes capables de s’investir dans ces activités très importantes, actuellement une grande campagne est lancée pour dénoncer les ingérences criminelles des Etats-Unis de Trump contre le venezuela. Mais le réseau est également convoqué le 1 et le 3 novembre à la rencontre internationale anti-impérialiste et de solidarité dont parle le texte ci-dessous:

 

La Havane, 13septembre 2019

« 61e année de la Révolution »

 

Chers :

 

Du 1er au 3 novembre 2019, aura lieu à La Havane la « Rencontre Anti-impérialiste de Solidarité, pour la Démocratie et contre le Néolibéralisme », un événement organisé par l’Institut Cubain d’Amitié avec les Peuples (ICAP), la Centrale des Travailleurs de Cuba (CTC), le Chapitre Cubain des Mouvements Sociaux et la Journée Continentale pour la Démocratie et contre le Néolibéralisme.

Les participants trouveront un Cuba immergé dans le développement d’une Révolution au sein de la Révolution, 60 ans plus tard, comme exemple d’endiguement des menaces de l’empire et paradigme de la construction d’un socialisme prospère et durable, souscrit dans la nouvelle Constitution approuvée par l’immense majorité de la population.

Cet espace sera l’occasion propice de dénoncer le blocus économique, commercial et financier, criminel et illégal, qui constitue le principal obstacle au développement économique et social de Cuba et qui, avec l’activation du Titre III de la loi Helms-Burton, intensifie la violation flagrante des droits humains des Cubains et des normes et principes du droit international.

Nous vous demandons également de rejeter les campagnes hostiles contre les programmes de collaboration que notre pays offre dans plus de 80 pays, légitimement établis entre le gouvernement cubain et ses homologues, en réponse aux exigences sanitaires des pays, ratifiant ainsi la vocation internationaliste de la Révolution cubaine. Il n’y a pas de meilleure tribune que cet espace pour ratifier la solidarité avec Cuba et d’autres justes causes du monde.

L’Administration Trump cherche à renverser, avec une violence grandissante dans tous les domaines, la tendance à la baisse de son pouvoir relatif en tant que centre hégémonique de la droite internationale. Unis, empêchons-le d’atteindre ses objectifs historiques de domination sur nos territoires. Nous avons l’obligation avec nos peuples d’empêcher la Doctrine Monroe d’atteindre ses objectifs interventionnistes.

Nous vous invitons à participer à notre Rencontre pour continuer à construire l’unité la plus large, dans le respect de la diversité des partis et forces politiques de gauche et progressistes, des mouvements sociaux et populaires qui les unissent, à vaincre l’offensive impérialiste et l’approfondissement et/ou la restauration du néolibéralisme, en faveur de la solidarité militante avec les justes causes que défendent les peuples.

 

Nous serions heureux de pouvoir compter sur votre présence.

 

Fraternellement,

 

 

 

(Poner pie de firma según corresponda)

 

 

 

 

 

 
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Publié par le septembre 18, 2019 dans Uncategorized

 

L’Occident exporte l’idéologie au lieu de la technologie

 

Guerman Sadulayev, écrivain, publiciste

5 septembre 2019

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https://vz.ru/opinions/2019/9/5/996014.html

 

Thomas Picketti, dans son ouvrage intitulé « Le Capital au XXIe siècle », écrit que la croissance des revenus, l’amélioration des conditions de vie et la réduction des inégalités découlent de la diffusion des connaissances pratiques, des compétences et des technologies. Il est arrivé à cette conclusion après de nombreuses années de recherche approfondie sur les données statistiques. La liberté des échanges, les mécanismes du marché, la mobilité du capital et de la main-d’œuvre, ainsi que d’autres avantages du capitalisme, ne jouent pas un rôle important. De plus, leur effet est contradictoire. Ils peuvent aider. Et ils peuvent être un obstacle. L’essentiel est de savoir comment faire de bonnes choses qui facilitent la vie quotidienne. Une telle approche peut sembler excessivement technocratique. Mais la conclusion de Piketty est en effet confirmée par toutes les pratiques historiques.

 

Par exemple, lorsque les gens ont appris à faire et à entretenir un feu, la qualité de la vie s’est améliorée. Les gens ont commencé à avoir moins froid. Et, ayant appris à cuisiner sur le feu, ont commencé à manger plus varié. Et il est très probable que l’utilisation généralisée de la technologie du feu a contribué à renforcer la justice sociale: si avant, quand il faisait froid, ceux qui étaient forts et en bonne santé avaient plus de chances de survivre, et que les faibles, les malades étaient presque voués à la mort, la société humaine a pu corriger l’inégalité biologique en plaçant les femmes, les enfants, les autres membres de tribus faibles ou malades plus près de la chaleur vitale du foyer.

 

Les utopistes sociaux, qui renvoient le «siècle d’or» de l’humanité à un passé lointain, semblent s’être trompéslourdement. Constatant l’inégalité, l’injustice, le manque de liberté de la modernité, renforcés par l’action de mécanismes sociaux qui écrasent les individus et l’effet aliénant de la technologie, ils estimaient que, dans l’Antiquité, lorsque les institutions sociales étaient sous-développées et que la technologie était inaccessible, la société humaine jouissait de plus de liberté et de justice. Mais tout ce que nous savons sur les sociétés anciennes et la vie des tribus reliques qui se sont attardés aux premiers stades de leur développement contredit les idées de ces utopistes rétrogrades. Le communisme primitif n’est pas un état naturel d’une tribu humaine qui ne se distingue pas de la nature, mais un mécanisme social subtil et complexe. À propos du fonctionnement de ce mécanisme social très sophistiqué de reproduction de la justice et d’égalité de fait, on peut en lire beaucoup dans les travaux et les études de terrain d’anthropologues modernes. Les anthropologues qui étudient la vie des gens dans des tribus reliques ont complètement réfuté la notion selon laquelle les personnes se trouvant aux premiers stades d’une société non encore divisée en classes vivent en harmonie avec la nature et n’ont pas besoin d’institutions sociales. Au contraire, les institutions sociales au stade du communisme primitif sont parfois plus compliquées que celles de notre société.

 

Les équipements et les technologies mis au point améliorent la qualité de la vie et contribuent à l’égalisation des revenus et du niveau de vie de tous les membres de la société, mais uniquement sous réserve de la diffusion et de la large diffusion des connaissances pratiques, de la formation professionnelle, des compétences et des solutions intellectuelles et technologiques optimales. Si les technologies se développent, mais ne se propagent pas, et restent entre les mains de quelques-uns, cela ne supprime pas les inégalités, mais au contraire les aggrave de manière critique. Si les connaissances sur la manière de faire du feu sont tenues secrètes, restent à l’intérieur d’une caste étroite, il n’y aura pas d’élévation significative de la qualité de vie de toute la tribu, ni d’augmentation de la justice sociale.

 

Autant que nous sachions, les anciennes tribus se sont prudemment abstenues de « protéger la propriété intellectuelle » sur des choses qui amélioraient concrètement la vie universelle, par exemple le feu ou la roue. Les compétences les plus importantes, telles que garder le bétail, cultiver les céréales, la poterie, la fonderie et le traitement du métal, naissent au même endroit et se répandent dans le monde humain, à la manière d’un feu de plaine. Tout s’est passé si vite (selon les normes de l’Antiquité, bien sûr) que nous ne pouvons pas toujours localiser le centre de l’invention d’une technologie particulière, nous supposons même la découverte simultanée à plusieurs endroits, ce qui est également possible, mais pas nécessaire. D’autres connaissances liées à la religion, au mysticisme et, finalement, aux technologies purement sociales, à savoir comment organiser et reproduire notre société, l’harmoniser avec nous-mêmes et avec l’environnement extérieur et socialiser par le biais de rituels et de formations, et l’éducation des nouvelles générations étaient au contraire secrètes, ésotériques. Les technologies «techniques» étaient ouvertes. La « technologie » spirituelle fermée.

 

Il semble que le monde moderne, à travers la civilisation occidentale dominante, ait choisi la tactique opposée. Il distribue largement et même impose ses technologies sociales par la force des armes: démocratie électorale, féminisme, capitalisme financier et autres.

Mais il essaie de cacher les technologies techniques et de les protéger avec le système de «propriété intellectuelle». Ceci n’est pas fait dans le but de profiter au monde, mais dans le but de préserver les inégalités économiques. Car si vous voulez vraiment faire le bien et apporter de la joie à tous, partagez des connaissances spécifiques. Transférez gratuitement la technologie médicale et les recettes des médicaments. Donnez l’accès libre au savoir-faire industriel. Et vous pouvez conserver les technologies sociales, telles que la «société de marché libre».

 

En toute justice, il convient de noter que le monde arabe, du point de vue des principales civilisations de l’Est, a toujours été l’Occident, et pas seulement au sens géographique. Par conséquent, l’expansion de l’idéologie islamique est la même tactique occidentale d’imposer sa propre conception de la socialité que l’expansion du christianisme, sous l’impulsion des Européens, d’abord du christianisme, puis de la «démocratie».

Traduction MD pour H&S

 
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Publié par le septembre 18, 2019 dans Uncategorized

 

Etre dans le peuple comme un poisson dans l’eau pour tout connaître

Interview du vice-président du comité central du parti communiste Dmitri Novikov par le rédacteur en chef du journal « Russie soviétique »,  V.V. Tchikine

13-09-2019

https://kprf.ru/party-live/cknews/187938.html

 

A l’occasion d’une des rares journées de repos, nous avons rencontré Dmitri Guéorguiévitch Novikov, vice-président du Comité central du Parti communiste de la Fédération de Russie, dans un cadre informel propice à une conversation à bâtons rompus. D.G. Novikov est responsable du secteur idéologique dans la direction du parti. Ces dernières années, de sérieux progrès ont été réalisés dans ce domaine, et je voulais apprendre directement du « pilote idéologique » comment les missions du parti étaient définies – quelles directives servaient à contrôler ce grand navire naviguant le long des vagues houleuses des temps modernes.

 

– Dmitri Gueorguievitch, rappelez-vous. Après le départ de Brejnev, le nouveau dirigeant soviétique Andropov a déconcerté tous les idéologues, et pas seulement, avec une révélation inattendue : nous ne connaissons pas la société dans laquelle nous vivons, nous devons apprendre à la connaître pour agir avec précision. Voici ma première question: connaissons-nous la société dans laquelle nous vivons maintenant? Jusqu’à quel point la connaissons-nous? Les discours officiels, les petites phrases, les statistiques tendancieuses et les sondages trafiqués, autant que les médias corrompus brouillent la réalité, de sorte qu’il est difficile d’obtenir un tableau véridique. Mais un parti d’opposition doit agir avec précision. J’aimerais savoir quels outils vous utilisez, pour ainsi dire, pour ne pas vous noyer dans le flot de la vie, dans la confrontation?

 

DN: – Je vous suis reconnaissant, Valentin Vasilyevich, d’avoir entamé la conversation avec cette phrase d’Andropov – elle a eu un grand retentissement à l’époque dans la société soviétique. Et d’ailleurs, elle se prête toujours à différentes interprétations. Certains pensent qu’elle jetait un doute sur certaines choses fondamentales, contribuant à faire basculer la situation et prédéterminant l’arrivée de Gorbatchev. Mais je ne suis pas d’accord avec cette interprétation, car toute société, si elle se développe, devrait réfléchir à la manière dont elle est organisée, dans quel état elle se trouve …

 

Maintenant, en ce qui concerne la situation actuelle. Si nous parlons du pouvoir – connaît-il l’état de la société, je pense qu’il le connaît assez bien. Mais une chose est la connaissance des réalités et autre chose ce qui est exposé publiquement. Je pense que toutes les tendances négatives, toutes les dynamiques négatives qui caractérisent la vie socio-économique actuelle sont bien connues des pouvoirs en place. Cependant, le pli a été pris d’embellir systématiquement la situation pour la dissimuler sous un vernis comme jamais cela n’a été fait dans notre histoire. Aujourd’hui, l’embellissement de la situation a atteint des proportions sans précédent. Je n’exclus pas que certains de ceux qui participent à ce processus soient mus par de «bonnes intentions». Ces personnes pourraient bien croire que, si l’on ne maquille pas l’état déplorable des choses, la Russie connaitra le même sort lamentable que l’Union soviétique. Mais en fait, si nous nous prenons au jeu de la « virtualisation » de la vie, nous risquons d’avoir beaucoup plus de déboires.

 

Aujourd’hui, afin de dissimuler l’image objective des choses, toutes sortes de manipulations sont effectuées avec les statistiques et les organes chargés des statistiques. Ils sont réaffectés, contraints de modifier les techniques de fixation des données, etc. Récemment, on a transféré Rosstat [Direction des statistiques, NdT] au ministère de l’Économie, les privant de leur indépendance …

 

Notre parti connaît-il la situation réelle? Les responsables du Parti communiste de la Fédération de Russie sont-ils en mesure d’analyser la situation, de l’étudier et l’évaluer, de prendre des décisions? Très certainement!

 

Nous utilisons plusieurs sources d’informations. D’une part, la présence d’un grand groupe parlementaire du parti communiste à la Douma d’Etat lui permet de jouer le rôle de l’un de nos centres d’analyse. Beaucoup d’informations importantes aboutissent ici, y compris officielles et officieuses, qui sont également nécessaires afin de comprendre à quel point ces données du gouvernement correspondent à la réalité. Je dois dire tout de suite que nous vérifions toutes les données, tous les chiffres qui apparaissent au titre des ministères et des départements, au titre des services de la Douma d’État elle-même, de différentes manières. La source la plus fiable est le contact avec la communauté scientifique.

 

Je crois que la force de notre parti, de notre groupe parlementaire, réside justement dans le fait que nous avons construit des relations larges et honnêtes avec les chercheurs de notre pays. Pas avec les nombreuses fondations, services, centres créés spécifiquement pour vernir ou brouiller la situation, mais avec ceux qui étudient profondément, véritablement scientifiquement, fondamentalement l’état des choses, et qui appartiennent – je n’aurai pas peur de ces mots – aux « vieilles écoles », c’est-à-dire en relation avec l’Académie des sciences de Russie.

 

De plus, parmi toutes les factions de la Douma, nous sommes en pointe en ce qui concerne le nombre de tables rondes, de discussions et d’audiences parlementaires. Cela nous aide à révéler la situation réelle dans divers secteurs et à passer les données officielles du gouvernement aux rayons X.

 

La section suivante concerne les contacts personnels et les liens profonds entre le parti et les gens. Il est clair que l’expérience personnelle est limitée. Il est souvent impossible de tirer des conclusions globales sur des événements individuels qui se sont produits dans votre vie. Ils doivent être vérifiés, comparés, généralisés. C’est facile à faire quand des dizaines de vos collègues passent de nombreux jours tous les mois dans les différentes régions du pays. Ils apportent avec eux dans les murs du Parlement la véritable humeur des gens après leurs réunions avec les électeurs. C’est ainsi que se développe une vision objective, que l’on peut entrevoir les tendances, calculer la dynamique, tirer les conclusions pour l’avenir proche et lointain.

 

Enfin, nous menons des campagnes politiques à grande échelle, qu’il s’agisse de préparer des rassemblements de protestation ou, par exemple, participer à des campagnes électorales. Cela nous encourage et nous oblige à nous engager encore plus loin auprès de larges couches de la population, à connaître les problèmes les plus criants, à entendre la vérité du peuple.

 

En même temps, n’oublions pas que nous avons une source aussi productive que la presse du Parti et des amis du Parti communiste. Et ce sont des dizaines de publications à Moscou et en province: l’organe central du parti la Pravda, le journal national Sovetskaya Rossiya [Russie soviétique, NdT] et la revue Education politique. Depuis plus de cinq ans, le parti dispose de sa propre chaîne de télévision, Ligne rouge, qui compte 21 millions d’abonnés. Nous avons tout un réseau de ressources Internet, il y a des groupes sur les réseaux sociaux. L’expérience de nombreuses publications régionales est très précieuse. Le journal « La voie rouge » des communistes d’Omsk vaut la peine d’être lu! Les pages de ces publications sont remplies d’analyses profondes et brûlantes.

 

Il n’y a pas si longtemps, un journaliste et blogueur bien connu qui n’est pas membre du Parti communiste, rentré d’un voyage en Extrême-Orient, a partagé ses impressions sur sa découverte de la littérature de notre parti. Et il dit: «Vous savez, j’ai vu des brochures avec le matériel de vos réunions plénières du Comité central dans votre comité régional sur une étagère … J’ai demandé à les lire, ils m’en ont donné une et je l’ai lue attentivement. Il se trouve que le Parti communiste a une analyse profondément marxiste de la situation dans le pays et dans le monde.  » Cela lui semblait une découverte. Mais l’on voit ici une des forces de notre parti: c’est la capacité d’absorber des informations et d’en tirer des conclusions majeures, sur la base de fondements théoriques profonds.

 

La question se pose: jusqu’à quel point le front de la lutte idéologique est-il assuré par la ressource intellectuelle du parti? Nous voyons les efforts puissants déployés par le gouvernement pour étouffer l’opposition et l’effet zombie sur tous les segments de la population. Les moyens inouïs investis dans la propagande. Avec quelle générosité le pouvoir achète les pouvoirs créatifs. La diversité et l’ingéniosité de ses formes d’influence et de répression – de la police anti-émeute aux milliers de concerts de gala et aux séries télévisées interminables… Avons-nous assez de forces pour y faire face?

 

DN: Bien sûr, seule une machine peut vaincre une machine. Et quand on évalue les leçons de la Seconde Guerre mondiale, il convient de rappeler le réarmement décisif de l’Armée rouge à la veille de la bataille meurtrière contre le fascisme. La grandeur de Staline en tant que dirigeant réside dans le fait qu’il a bien compris dans les années trente du siècle dernier: la nouvelle guerre mondiale serait une guerre de machines, de moteurs et de mécanismes. Avec tout l’héroïsme du peuple en lequel il avait une confiance illimitée …

 

Aujourd’hui encore cette image est très appropriée. L’État est une machine très puissante et sérieuse, dotée de ressources et de capacités énormes – financières, techniques, informationnelles, policières, administratives, manipulatrices – de toutes sortes. Un État ne peut être vaincu que par un proto-État, c’est-à-dire un parti qui contient déjà le germe de ce nouvel État, renouvelé et différent. Et le parti qui réussira est celui qui offrira une alternative convaincante, une idéologie claire, sera en mesure de forger des cadres prêts à tout moment à constituer un gouvernement de confiance populaire, l’armant d’un programme concret d’actions par étapes. À cet égard, le KPRF se distingue des autres forces politiques de l’opposition en ce qu’il dispose de cet ensemble de conditions afin de surmonter la pression de l’État actuel et de réaliser sa propre alternative – socialiste -.

 

Je suis particulièrement fier que tous les derniers exemples de réélection de nos camarades en tant que dirigeants des régions ne se soient pas terminés pour le Parti par une déroute. Prenons Irkoutsk, Novossibirsk et Orel par exemple. Il existe un certain nombre d’exemples intéressants au niveau des administrations locales. Nos camarades des structures de pouvoir se sont imposés non seulement en tant qu’administrateurs, technocrates, spécialistes, mais aussi en tant que personnes réfléchies, créatives, de véritables intellectuels.

 

Il est extrêmement précieux que nous ayons les cellules vivantes de l’état de l’avenir. Je veux parler des entreprises nationales. Leurs réalisations en termes de production et de bien-être social établissent les normes les plus élevées. À la tête des entreprises nationales se trouvent de grands organisateurs, des spécialistes de la création et des intellectuels socialistes. Et la participation aux élections présidentielles de Pavel Groudinine n’était nullement accidentelle.

 

Bien sûr, le temps nous enlève inévitablement les véritables phares de la pensée formés par l’ère soviétique. Eh bien, qui peut, en gros, remplacer Koptyug ou Maslyukov, Starodubtsev ou Mesyat, Kvitsinsky ou Alferov? Quand de telles personnes partent, nous perdons des points de croissance intellectuelle très importants. Et parfois, il n’y a personne pour les remplacer. Comme Lénine le disait dans les premières années de la construction socialiste, nous ne pouvons remplacer chacune de ces personnes que par une équipe de camarades.

 

Un avantage important du parti communiste est que ces dernières années, il y a eu une forte augmentation de la jeunesse dans les rangs du parti. Les jeunes occupent des postes de plus en plus importants, occupant des postes à haute responsabilité obligeant à acquérir l’expérience nécessaire. C’est encourageant. Et dans l’histoire du parti, je suis sûr que la contribution personnelle du dirigeant du Parti communiste, Guennadi Ziouganov à ce processus sera appréciée. C’est avec son soutien que le Centre d’éducation politique du Comité central du parti a été créé et que nos nouveaux jeunes dirigeants régionaux y ont été admis.

 

Deux autres facteurs importants renforcent sérieusement notre position. Nous avons à notre disposition l’expérience impérissable du socialisme vivant. Le gouvernement antisoviétique n’a pas pu la faire disparaître, malgré tout son désir. L’intérêt et l’attention envers l’expérience soviétique parmi les masses ne font que croître. Et même parmi la génération post-soviétique, privée d’informations honnêtes sur le passé, le socialisme est également très demandé. Notre tâche est de combler les lacunes dans la connaissance des gens, d’apporter la lumière de la vérité. Et que le patriotisme socialiste soviétique du XXIe siècle devienne la véritable force de notre époque!

 

Nos opposants – le régime en place et la réalité oppressive – nous créent eux-mêmes une « ressource d’influence » supplémentaire. Les gens sont de plus en plus conscients des moyens d’échapper à la pauvreté, à la privation de leurs droits et à la tromperie. Cela se manifeste dans tous les secteurs de la société, à l’exception de l’oligarchie, qui vit de l’énergie de la désintégration. Dans leur expérience personnelle et dans notre passé commun, beaucoup trouvent la réponse aux abominations de la vie présente, à son désespoir sans issue. Et ils se tournent vers nous. Ils viennent et se mettent au travail. Le journal populaire « Russie soviétique » est bien placé pour le voir.

 

– Laissons de côté pour le moment les questions de politique interne du Parti et examinons l’état de la gauche dans le monde. Vous avez eu l’occasion de visiter de nombreux pays avec pour mission de développer les contacts entre les partis. Quelles impressions retirez-vous de l’observation des partis frères? Nous avons vu le monde communiste à différents moments. Nous nous souvenons des grands partis communistes italiens et français. Et maintenant, nous jetons un regard circonspect sur ce secteur. Quelles impressions intéressantes et vivantes vous restent-elles de contacts concrets avec divers groupes de mouvements de gauche, de partis communistes et de partis ouvriers? Optimiste ou problématique?

 

DN: C’est une grande question, un sujet immense. Je ne mentionnerai que quelques angles différents. Tout d’abord à propos de la Chine. Les yeux du monde entier sont maintenant rivés sur cette puissance, qui déclare ouvertement sa visée socialiste. Par conséquent, notre attention aux processus qui s’y déroulent est tout à fait justifiée. À un moment donné, Beijing a dû entrer dans un « jeu avec le diable », avec ce qu’on appelle l’économie de marché. Dans les années 90, il était particulièrement intéressant de savoir où cela mènerait. Des «questions maléfiques» ont surgi. La Chine ne répèterait-elle pas le sort de l’Union soviétique, n’allait-elle pas exploser de l’intérieur? Ou, restant dans un état complètement assemblé et mobilisé, ne changerait-elle pas de trajectoire de développement et n’abandonnerait-elle pas progressivement son cours vers le socialisme? Ou, au contraire, proposerait-elle un nouveau modèle de développement intéressant dans le cadre du choix socialiste? C’était d’une importance cruciale.

 

Au cours des dernières décennies, les dirigeants du PCC ont dirigé un processus très complexe. Comportant une part de risque. Mais plus le temps passe, mieux on comprend qu’ils ne pouvaient éviter de prendre des risques. Ils devaient sortir les gens de la pauvreté. Et toutes les discussions sur un bel avenir socialiste seraient restées des mots creux s’ils n’avaient pas résolu cette tâche essentielle. Et ils l’ont résolue brillamment!

 

Au fur et à mesure de leur progression, le PCC a compris les menaces que portaient en elles les « relations de marché ». Et aujourd’hui, les mesures nécessaires sont déjà prises pour protéger la perspective socialiste de la Chine.

 

J’ai des amis chinois qui ont une vision totalement communiste. Interrogés sur la menace qui pèse sur le socialisme en Chine, ils répondent: « Vous savez, nous avons trop de personnes qui ont été formées aux États-Unis ces dernières années ». Et ce qu’ils veulent dire est tout à fait clair. Mais ils ont ensuite l’occasion de constater sincèrement que les autorités du pays, dirigées par Xi Jinping, comprennent ce problème et s’y attaquent avec détermination.

 

Depuis sept ans, l’Académie chinoise des sciences sociales accueille le Forum mondial du socialisme. Il s’agit d’une importante conférence scientifique et pratique internationale. Je suis moi-même heureux d’y participer. On peut clairement constater que même au cours de ces 7 à 8 ans, le niveau de bien-être des professeurs chinois a considérablement augmenté. Et ceci témoigne également du développement rapide du pays. Mais à côté de cela, nos camarades de l’Institut du marxisme de l’Académie ont clairement ajouté «l’optimisme idéologique». Ils travaillent dur pour étudier les perspectives socialistes de la Chine. Et ils ont l’occasion de faire part de leurs constatations et de leurs conclusions aux dirigeants du parti et du pays. Oui, la direction politique de la République populaire de Chine entend ses scientifiques. Elle prend en compte leurs évaluations, inquiétudes et recommandations dans leurs activités pratiques, dans la construction du parti et de l’Etat. Cela ne peut qu’ajouter à l’optimisme.

 

En fait, c’est précisément à partir de cela que nous avons commencé notre conversation. Il s’avère que la communication entre l’environnement intellectuel et la direction du parti en Chine est très bien établie. Les travaux des chercheurs qui parviennent au Comité central du PCC par divers canaux sont bien accueillis. Et je pense que le fonctionnement de ces communications est l’une des garanties que de bonnes perspectives attendent la Chine.

 

A ce jour, la Chine compte1300 instituts du marxisme. Il s’agit d’équipes entières de personnes qui s’engagent chaque jour dans la recherche, se rencontrent, vérifient l’exactitude de leurs évaluations, rédigent des conclusions.

 

Tout récemment, des amendements ont été apportés à la Constitution de la République populaire de Chine et les tâches du parti en matière de programme ont été clarifiées. C’était un signal important pour tous ceux qui auraient pu craindre hier que la Chine ne se détourne de la voie socialiste choisie. En général, en observant la dynamique du développement de la société chinoise après la destruction de l’Union soviétique, nous constatons qu’il existe des personnes capables de tirer des conclusions des erreurs commises par d’autres. C’est très encourageant.

 

Quand j’observe les processus en Amérique latine, je comprends que l’héritage soviétique fonctionne toujours. L’Union soviétique n’existe plus mais son héritage continue d’aider les pays du choix socialiste à survivre dans ce monde complexe.

 

Les États-Unis étaient tellement enivrés par leur victoire sur l’URSS dans les années quatre-vingt-dix qu’ils se sont « relâchés » dans leur « arrière-cour » – en Amérique latine. Et maintenant, ils ne peuvent plus rien y faire. Après Hugo Chavez, toute une vague de gouvernements de gauche est née sur le continent. Les Yankees, bien sûr, se sont sérieusement attaqués à la situation. Mais maintenant ce n’est pas facile. Les États-Unis ont intensifié leur activité politique en Amérique latine, mais ils n’arrivent à presque rien. Oui, ils ont des succès temporaires au Brésil, et aussi en partie en Argentine. Mais au Mexique, la tendance inverse est vraie, avec un président de gauche qui a été nommé à plusieurs reprises pour ce poste mais qui a perdu à la suite de falsifications – tout comme chez nous. Cependant, cette fois, même la tricherie des adversaires n’a pas aidé, il a gagné de façon convaincante. Et malgré les pressions de Washington, une délégation représentative du Mexique était présente à l’investiture du président vénézuélien Nicolas Maduro.

 

Que reste-t-il à faire aux États-Unis? Trump et même avant lui, Bolton a déclaré que Cuba, le Venezuela et le Nicaragua étaient une « troïka de la tyrannie ». De telles épithètes signifient une sorte de déclaration de guerre. Ils doivent élaborer une politique spéciale dans ce sens, car les États-Unis ne peuvent rien faire avec Cuba, ni avec le Venezuela, ni avec le Nicaragua. L’année dernière, le Nicaragua a survécu à une tentative de coup d’État, une sorte de « révolution de couleur ». Mais le gouvernement d’Ortega a tenu le coup. Les chavistes, dirigés par Maduro, tiennent aussi. Les Cubains ont traversé la période la plus difficile de leur histoire et envisagent déjà l’avenir avec plus de confiance.

 

Tout cela pris ensemble signifie que le socialisme n’est pas une chose qui est restée dans le passé avec la fin de l’Union soviétique. Il est vivant. Les idées de justice continuent d’inspirer des millions de personnes en Amérique latine, en Asie de l’Est, en Russie et dans le monde entier. Ce n’est pas une question de mysticisme et ce n’est pas dû au hasard. Rien ne peut travestir la logique du processus historique. Et c’est pourquoi l’avenir est au socialisme.

Traduction MD pour H&S

 

 

 
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Publié par le septembre 18, 2019 dans Uncategorized