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Imposer à L’Amérique un retour vers la blancheur par Toni Morrisson

Les choix faits par les hommes blancs, prêts à abandonner leur humanité par peur des hommes et des femmes noirs, suggèrent l’horreur réelle du statut perdu.

Photo de Stan Grossfeld / The Boston Globe via Getty

C’est un projet sérieux. Tous les immigrants aux États-Unis savent (et savaient) que s’ils veulent devenir des Amérindiens bien réels et authentiques, ils doivent réduire leur fidélité à leur pays natal et la considérer comme secondaire, subordonnée, pour mieux souligner leur blancheur. Contrairement à toute nation en Europe, les États-Unis font de la blancheur LA force fédératrice. Ici, pour beaucoup de gens, la définition de «l’américanité» est la couleur.

En vertu de l’esclavage, la nécessité de classer à partir des couleurs était évidente, mais dans l’ Amérique d’aujourd’hui, avec la législation post-droits civils, la conviction des Blancs concernant  leur supériorité naturelle est en train d’être perdue. Rapidement,  en train de se perdre. Il y a des «personnes de couleur» partout, ce qui menace d’effacer cette définition basique de l’Amérique. Et alors? Un autre président noir? Un Sénat à prédominance noire? Trois juges noirs de la Cour suprême? La menace est effrayante.

Afin d’arrêter la possibilité de ce changement intenable et de restaurer la blancheur dans son statut antérieur comme marqueur de l’identité nationale, un certain nombre d’Américains blancs sont en train de s’immoler eux-mêmes . Ils ont commencé à faire des choses qu’ils ne souhaitent pas vraiment faire, Et, à cause de cela, ils sont en train d’ abandonner leur sens de la dignité humaine et ils sont prêts à endosser un rôle de lâche. Alors qu’ ils ne peuvent que haïr leurs comportements, et  qu’ils savent très bien ce qu’ils valent, ils sont prêts à tuer les petits enfants qui fréquentent l’église du dimanche et les groupes  joyeux qui invitent un garçon blanc à prier. Embarrassés eux mêmes devant le caractère évident  de leur lâcheté , ils sont disposés à mettre le feu aux églises, et à commencer à tirer dans le tas  de leurs paroissiens  en prière. Et, malgré leur honte face à de telles démonstrations de faiblesse, ils sont prêts à tirer sur des enfants noirs dans la rue.

Pour maintenir la conviction de la supériorité blanche, ces Américains blancs se déguisent sous des chapeaux en forme de cône et derrière des drapeaux américains et ils refusent une confrontation face à face, exerçant leurs armes sur les non armés, les innocents, les terrorisés, sur des individus  qui fuient, exposant leur dos  aux balles. Sûrement, le fait de tirer  dans le dos sur un homme en fuite  a du mal à  étayer la présomption de la supériorité  blanche? La triste situation des hommes blancs croisés, étouffant le meilleur d’eux-mêmes, en train d’abattre l’innocent à un arrêt de la circulation,écrasant les visages des femmes noires dans la boue, menottant les enfants noirs. Seuls des gens apeurés pourraient agir ainsi. Est-ce juste?

Ces sacrifices, exigés des hommes blancs supposés en train de résister, prêts à abandonner leur humanité par peur des hommes et des femmes noirs, dit la véritable horreur du statut perdu.

Il se peut que nous ayons quelques difficultés à éprouver de la pitié par rapport à ceux qui sont prêts à de tels sacrifices bizarres pour affirmer le pouvoir blanc et la suprématie de la race blanche.. L’autocritique  de sa personne n’est pas facile pour les Blancs (en particulier pour les hommes blancs), mais pour conserver la conviction de leur supériorité envers les autres, en particulier par rapport aux Noirs, ils sont disposés à risquer le mépris et à être vilipendés par les personnes mature, sophistiquées et fortes. Si cela ne témoignait pas  d’un caractère ignorant et pitoyable, on pouvait pleurer sur cet effondrement de la dignité au service d’une cause maléfique.

Le confort d’être «naturellement meilleur que», de ne pas avoir à lutter ou à exiger un traitement citoyen, est difficile à abandonner. La confiance que vous ne serez pas surveillé dans un grand magasin, que vous êtes le client privilégié dans les restaurants haut de gamme – ces inflexions sociales, appartenant à la blancheur, sont avidement appréciées.

Les atteintes aux privilèges blancs sont tellement effrayantes que beaucoup d’Américains ont afflué vers une plate-forme politique qui soutient et traduit la violence comme recours. Ces gens ne sont pas tellement en colère que terrifiés, avec le genre de terreur qui fait trembler les genoux.

Le jour du scrutin, combien d’électeurs blancs, à la fois pauvres et conscients, ont choisi la honte et la peur semé par Donald Trump. Le candidat dont la société a été poursuivie par le ministère de la Justice pour ne pas louer des appartements aux Noirs. Le candidat qui a demandé si Barack Obama était né aux États-Unis et qui semblait tolérer les violences contre un manifestant de la Vie noire dans un rassemblement de campagne. Le candidat qui a gardé les travailleurs noirs au plus bas dans  ses casinos. Le candidat qui est aimé par David Duke et approuvé par Ku Klux Klan.

William Faulkner l’a compris mieux que presque tout autre écrivain américain. Dans «Absalom, Absalom», l’inceste est moins tabou pour une famille méridionale de classe supérieure que de reconnaître la seule goutte de sang noir qui salirait la lignée familiale. Plutôt que de perdre sa « blancheur » (encore une fois), la famille choisit le meurtre. ♦

Cet article apparaît dans le cadre d’une caractéristique plus grande,  » Aftermath: Sixteen Writers on Trump’s America « , dans le numéro du 21 novembre 2016.

Cet article apparaît dans d’autres versions du numéro du 21 novembre 2016, avec le titre «Mourning for Whiteness».

  • Toni Morrison a écrit douze romans. Elle a reçu le Prix Nobel de littérature de 1993.

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Le président de la Banque mondiale félicite la Chine pour son combat contre la pauvreté

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La voie choisie par la Chine demeure encore une inconnue et pour l’éclairer il faut remonter aux débats qui ont lieu autour de la NEP, bien qu’ici l’enjeu ne soit déjà plus l’existence des koulaks et l’accumulation primitive sur l’agriculture pour développer un état socialiste, mais le développement d’abord par la manufacture et de là une transformation totale de la structure productive du pays vers plus de valeur ajoutée. Pour cela, la Chine a besoin de la paix. Cette phase, à l’inverse de l’accumulation primitive du capital décrit par Marx ou de la phase néolibérale que nous connaissons, ne se ferait pas au profit de la classe bourgeoise, mais de l’Etat socialiste dont le plan permet une répartition de développement des plus pauvres. Ce qui apparaît est ce qu’on trouve déjà dans la NEP est une lutte constante entre gauche et droite, suspendus à l’existence  d’ un niveau international dominé par le marché au profit du capital. Il faut considérer les résultats et ceux présentés ici sont fondamentaux pour juger de l’orientation réelle de la Chine et du rôle qu’elle joue par la masse de sa population (note de Danielle Bleitrach)

© Chine Nouvelle (Xinhua) – Huang Jian, le 18/08/2017 13:29

Le président de la Banque mondiale Jim Yong Kim a félicité jeudi la Chine pour ses mesures de lutte contre la pauvreté, qui ont permis de sortir des « centaines de millions » de personnes de la misère.

Beijing « s’est adapté aux nouvelles réalités » de notre temps pour mettre en oeuvre des politiques efficaces, a déclaré M. Kim, qui est arrivé jeudi à Buenos Aires pour une visite de deux jours afin de rencontrer le président argentin Mauricio Macri, avec qui il discutera du développement et des réformes économiques du pays.

« Depuis 1990, près de 1,1 milliard de personnes à travers le monde sont sorties de la pauvreté. Des centaines de millions d’entre elles vivent en Chine, un pays qui s’est adapté aux nouvelles réalités du marché et a promu la croissance », a déclaré M. Kim lors d’une conférence de presse conjointe tenue à l’issue de sa réunion avec M. Macri au palais présidentiel argentin.

Ces 30 dernières années, la Chine a mis en oeuvre des réformes et ouvert son économie, ce qui a permis de sortir 700 millions de personnes de la pauvreté. Ce chiffre représente plus de 70% de la baisse de la pauvreté dans le monde, selon un rapport annuel sur la lutte de la Chine contre la pauvreté publié en 2016 par l’Académie chinoise des sciences sociales et le Conseil des affaires d’Etat.

La Chine comptait 10,2% de pauvres en 2012. En 2016, ce chiffre est passé à 4,5%. Depuis 2013, 55,64 millions de Chinois sont sortis de la pauvreté, selon le rapport.

Les autorités chinoises visent à éliminer la pauvreté dans les zones rurales d’ici à 2020.

Au cours de leur rencontre, MM. Kim et Macri ont discuté de la conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du Commerce (OMC) qui se tiendra à Buenos Aires en décembre ainsi que de la présidence du G20 en 2018, qui sera assumée par l’Argentine à compter du 1er décembre.

« L’Argentine avance vers une direction prometteuse. Elle a entrepris des réformes difficiles pour stabiliser l’économie, ouvert l’Argentine au monde et amélioré la transparence, entre autres », a déclaré M. Kim.

« Ces réformes vont jeter les fondements qui permettront d’accroître durablement les investissements et la création d’emplois », a-t-il ajouté, estimant que l’Argentine « enregistrera une croissance de 2,7% cette année, ce qui constituera un progrès remarquable, en particulier en comparaison avec la contraction de l’année dernière ».

 
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Publié par le août 19, 2017 dans Chine, Economie, INTERNATIONAL, SOCIETE

 

Aujourd’hui… Barcelone au carrefour de toutes les errances…

Barcelona Gipsy Klemer orchestra- Djelem

Barcelona Gipsy Klezmer Orchestra (BGKO) est un groupe créé en 2012 à Barcelone , en Espagne . Le groupe s’appuie sur de nombreuses influences musicales, y compris la musique Klezmer , Jazz Manouche et la musique rom. BGKO explore également les sons de certaines régions d’Europe de l’Est et s’inspire de la musique dans les régions d’Amérique du Sud, d’Espagne et du Moyen-Orient.

 
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Publié par le août 18, 2017 dans Europe, Musique

 

Barcelone;.. Boris Vian

 
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Publié par le août 18, 2017 dans actualités, Europe, Musique

 

De l’invention de l’antisémitisme… pour raison d’Etat…

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Il s’avère que j’ai fait des études classiques très studieuses, mon professeur de grec était un fanatique des pères de l’Eglise. Ma famille vivait une situation de drame et de séparation dans laquelle j’étais prise en otage et je ne supportais plus le lycée. Je révisais mon bac toute seule dans la merveilleuse bibliothèque de la place Carli à Marseille. Pour travailler le grec, je me suis passionnée donc pour les pères de l’Eglise, en particulier Saint Jean Chrysostome que je vais tenter de vous faire découvrir. Je me suis aussi jetée dans l’étude de Julien l’apostat et je traduisais pour m’exercer son Traité des barbes, dans lequel non seulement il raconte sa chère Lutèce (Paris), mais il tente de restaurer le paganisme. Il hait le christianisme devenu depuis Constantin religion officielle.

Quand quelques années après, je passe le certificat d’histoire ancienne, j’ai pour professeur le doyen Palanque qui nous fait un cours sur les conciles de Nicée à celui de Calcédoine, par lequel Constantin qui a embrassé le christianisme et en fait une religion d’Etat va fixer la foi. Je dois avoir été une des rares étudiantes à éprouver un tel engouement pour ce cours. Mais il me fait renouer avec ce moment où je me réfugiais dans cette bibliothèque, ses boiseries blondes et ses murs tapissés de livres reliés, le silence qui me reposait des drames que je vivais chez moi, la solitude qui m’apaisait. Je retrouvais le plaisir d’apprendre sur le mode d’une enquête policière, avec comme traces des meurtres ces invraisemblables débats sur le fait de savoir qui était le plus proche de la divinité du père, du fils ou du saint esprit. Non seulement je buvais les paroles du doyen Palanque, mais je lisais tout ce qu’il nous indiquait.

Je découvrai également que le thème de la crucifixion était emprunté aux apocalypses qui avait fleuri ça et là à la suite de la destruction du temple de Jérusalem par les romains. Les rebelles avaient été crucifiés, comme les chrétiens, qui à l’époque étaient confondus avec les Juifs sous Néron. La crucifixion était une châtiment d’esclave dans la crise de l’empire qui était aussi celle du mode de production esclavagiste et on sait à quel point le christianisme avait correspondu avec l’idée de l’égalité des esclaves. De là, je pouvais faire des hypothèses sur l’opération de communication de la mère de Constantin, Hélène, partie à Jérusalem pour y retrouver la croix sur laquelle Jésus avait été crucifié. Bien sûr elle l’a trouvée et débitée en petits morceaux distribués à toutes les églises et monastères au point que si on les rassemblait il y aurait de quoi faire quelques kilomètres de cette sainte relique. Cette invention de la crucifixion correspondait aux différents conciles qui avaient pour vocation de fixer le christianisme, religion d’Etat. La principale obédience à combattre était l’arianisme.

L’arianisme est un courant de pensée théologique des débuts du christianisme, dû à Arius, théologien alexandrin au début du IVe siècle, et dont le point central concerne les positions respectives des concepts de « Dieu le père » et « son fils Jésus ». La pensée de l’arianisme affirme que si Dieu est divin, son Fils, lui, est d’abord humain, mais un humain disposant d’une part de divinité. Le premier concile de Nicée, convoqué par Constantin en 325, rejeta l’arianisme. Celui-ci fut dès lors qualifié d’hérésie, mais les controverses sur la double nature, divine et humaine, du Christ (Dieu fait homme), se prolongèrent pendant plus d’un demi-siècle et donnèrent lieu non seulement à d’autres conciles mais à des répressions. L’arianisme posait une question politique, la plupart des peuples germaniques qui étaient des peuples fédérés marquaient ainsi leur autonomie(1). Les Wisigoths d’Hispanie restèrent ariens jusqu’à la fin du VIe siècle et les Lombards jusqu’au milieu du VIIIe siècle. Pour ces derniers notons qu’ils furent avec les juifs, les prêteurs d’argent de l’Europe.

Parce que l’arianisme avait beaucoup à voir avec le judaïsme, voici ce que vous pouvez lire dans Wikipédia sur Saint Jean Chrysostome (saint Jean Bouche d’or) (2):

« Ce sont les relations amicales entre les Juifs et les Chrétiens qui ont amené Chrysostome à proférer ses violentes attaques contre les Juifs. Les motifs religieux ne manquent pas, car de nombreux Chrétiens ont l’habitude de célébrer les fêtes de Roch Hachana, de Yom Kippour et de Souccot. « Quel pardon pouvons-nous espérer, si nous courons à leur synagogue, simplement par impulsion ou par habitude, et si nous appelons leurs docteurs et magiciens chez nous». Ailleurs Chrysostome écrit : « J’invoque le ciel et la terre comme témoins contre vous si vous vous rendez aux fêtes où retentit le Shophar, ou si vous participez aux jeûnes, ou observez le chabbat, ou si vous observez un rite juif important ou non, et je serai innocent de votre sang ». Chrysostome combat non seulement les inclinations pro-juives du point de vue religieux des habitants d’Antioche, mais aussi le fait que les Juifs étant considérés avec beaucoup de respect à cette époque, les Chrétiens préfèrent régler leurs problèmes juridiques devant les tribunaux juifs, car le serment juif leur semble plus impressionnant et plus contraignant que le leur. Chrysostome affirme que les jours de chabbat et de fêtes juives, les synagogues sont pleines de Chrétiens et principalement de femmes qui aiment la solennité de la liturgie juive, qui aiment entendre la sonnerie du Shophar le jour de Roch Hachana et qui applaudissent les fameux prêcheurs selon la coutume de l’époque.

Une théorie apologétique plus récente soutient qu’il essaye au contraire de persuader les Chrétiens judaïsants, qui ont conservé pendant des siècles des liens avec les Juifs et le judaïsme, de choisir entre le christianisme et le judaïsme.

Chrysostome tient les Juifs pour responsables de la crucifixion de Jésus, les accuse de déicide et leur reproche de continuer à se réjouir de la mort de Jésus. Chrysostome soutient tout au long de ses écrits que le judaïsme a été vaincu et remplacé par le christianisme. Il essaie de le prouver en montrant que la religion juive ne peut exister sans un temple, des sacrifices et un centre religieux à Jérusalem, et qu’aucune des institutions religieuses ultérieures à la destruction du Temple de Jérusalem, ne peut se mettre à la place des anciennes. Chrysostome raille les Patriarches, qui selon lui, n’étaient pas des prêtres, mais s’en donnaient l’apparence et jouaient seulement leur rôle comme des acteurs. Il ajoute: « L’Arche sainte, que les Juifs ont maintenant dans leurs synagogues, apparait en fait comme une vulgaire boite en bois que l’on peut acheter au marché ». Il compare la synagogue à un temple païen, l’accusant d’être à la source de tous les vices et de toutes les hérésies.

Il la décrit comme un endroit pire qu’un bordel ou un débit de boisson; c’est un repaire de fripouilles, l’antre de bêtes sauvages, un temple de démons, le refuge de brigands et de débauchés, et la caverne des diables, une assemblée criminelle d’assassins du Christ. Palladius, un biographe contemporain de Chrysostome écrit aussi que, parmi les Juifs, la prêtrise pouvait être achetée ou vendue pour de l’argent. Finalement il déclare que lui-même, en accord avec les sentiments des saints, hait aussi bien la synagogue que les Juifs, écrivant que « les démons résident dans la synagogue » et « aussi dans l’âme des Juifs », et les décrivant comme « juste bons à être massacrés ».

Mais il ne se contente pas de railler les lieux et objets religieux sacrés pour les Juifs, il essaye de convaincre ses ouailles que le devoir de tous les Chrétiens est de haïr les juifs et déclare que c’est un péché de les traiter avec respect. En dépit de sa haine des juifs et du judaïsme, Chrysostome, comme l’ensemble de l’école d’Antioche, montre dans son exégèse une dépendance à l’égard de la Aggada (textes réglementaires non fixés par la Torah) qui prédominaient à l’époque parmi les Juifs de Palestine. Weiss a pu montrer quelques parallélismes avec les Aggadistes et que l’influence de la Aggada peut être notée dans les écrits de Chrysostome. »

Il faudrait également que je vous raconte la suite de mes découvertes studieuses. Parce que je n’ai pas choisi l’antiquité mais le Moyen-âge pour y poursuivre mes investigations. J’avais Georges Duby comme enseignant et il était difficile de résister à la fascination intellectuelle qu’il exerçait. J’ai fait sous sa direction mon premier mémoire de recherche sur l’iconographie des cloîtres provençais et l’évolution des mentalités du 11 e au 13 e siècle. J’ai retrouvé à cette occasion tout ce que j’avais pu acquérir sur les thèmes et leurs origines. Je vous ferai grâce de la relation du peuple déicide à la crucifixion. Il faudrait que je revienne sur les glissements entre l’arianisme de l’hispanie et l’apocalypse et les sculptures instrument de propagande du christianisme contre les musulmans mais aussi les juifs.

Je ne peux m’empêcher quand je suis confrontée à l’actualité politique de souvent la mettre en relation avec ce bagage jamais oublié et qui ne cesse d’être enrichi au gré des besoins politiciens….

Danielle Bleitrach

(1) comment parce que les germains ont choisi l’obédience d’Arius, un évêque égyptien, ce fou inculte d’Hitler va-t-il inventer une race les aryens (un peuple basané indien) encore un mystère du recyclage. Comme celui du complot des juifs hérité du Moyen-âge ?

(2) Marianne avec qui je viens de discuter me signale l’importance de Saint Jean Chrysostome (appelé en russe Zlatoust) en Russie et dans le culte orthodoxe… qui se veut effectivement le descendant direct de Constantin, le tsar étant le César, Moscou étant la troisième Rome après Byzance… je suis sûre que l’on pourrait découvrir que ce réac antisémite de Soljenitsyne a biberonné du Saint jean Chrysostome qui a un magnifique style… Comme d’ailleurs Léon Bloy chez nous… rien ne se perd, rien ne se crée… mais c’est lassant ce passage de témoins de millénaire en millénaire…

 
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Publié par le août 18, 2017 dans HISTOIRE

 

Mais jusqu’à quand ce genre de choses abusera-t-il ?

Je suis en train de travailler sur deux livres à la fois, l’un est terminé, il porte sur l’URSS, et plus précisément ce sur quoi on tente de limiter ce qu’a été ce pays à savoir la période de paroxysme que l’on désigne sous le nom de stalinisme. On limite l’URSS à la caricature de cette période, mais en fait pour ceux qui ont vécu en URSS, ils n’en ont eu que les échos assourdis, un peu comme pour nous la première guerre mondiale. Comment peut-on analyser la différence d’interprétation qui existe entre nous et les peuples soviétiques sur l’URSS et même sur cette période caractérisée par la guerre civile, la construction accélérée et la deuxième guerre mondiale ? J’ai mis également en chantier avec Monika un livre sur la Pologne. Il est centré sur le rôle joué par l’antisémitisme dans la chute de la Pologne Populaire. Comment peut-on ainsi prétendre recycler tous les stéréotypes hérités des conciles de Constantin qui fait du christianisme une religion d’Etat. Pour cela il le dégage non seulement de l’arianisme mais également du judaïsme et il charge un des pères de l’Eglise (saint jean Chrysostome) de cette propagande. Ces thèmes sanglants d’un peuple déicide et qui sont des sortes de vampires, éternels comploteurs jusqu’aux meurtres rituels seront réinterprétés par le nazisme qui accuse les judéobolcheviques de vouloir dominer le monde…. Quand je vois des choses comme ça et désormais ils sont passés de l’Europe au monde arabe et refleurissent partout, tout cela me donne non seulement la nausée mais je vois s’éloigner la capacité des peuples et de la classe ouvrière à désigner ses véritables ennemis… parce que, comme le disait Politzer pendant que le prolétariat attaque le capitalisme juif, il fiche une paix royale au capitalisme tout court. Cela fait partie de l’arsenal de l’extrême-droite au même titre que l’arabe qui en veut à votre sécurité sociale, ce qui évite de poser la question de qui en veut réellement à ladite sécurité sociale à savoir les sociétés d’assurance et leur personnel politique que nous élisons. C’est peut-être une vérité première mais de temps en temps il serait bon de retourner à ces vérités premières.

Je prends une journée de repos, je vais aller voir le film de Grémillon, Lumière d’été.

Danielle Bleitrach

 

Dans une interview, Steve Bannon obsédé par « la guerre économique » contre la Chine

Dans le style extrême-droite autour du président, il y a ce type que l’on dit sur le départ mais qui reflète bien les tendances paranoïaques à l’oeuvre aux Etats-Unis. On voudrait nous faire croire que Trump est un accident, et que les autres (les Bush en tête) ne sont pas d’accord, mais il y a une logique globale de la politique  des USA (et de la nôtre dans le cadre d’une Europe vassalisée par la défense commune des intérêts monopolistes). Cette logique va vers l’extrême-droite, pas nécessairement « les clowns », mais ce qui est déjà à l’oeuvre et que nos médias appuient de toutes leurs forces, une politique de guerre pour conserver la suprématie « occidentale » et exploiter toujours plus leurs propres travailleurs (note de Danielle Bleitrach).

Dans une interview, Steve Bannon obsédé par "la guerre économique" contre la Chine
Steve Bannon, le 9 avril. (JIM WATSON/AFP)

Le conseiller nationaliste de Donald Trump, qu’on dit sur le départ, donne sa vision des choses dans une interview paranoïaque.

La confrontation avec la Corée du Nord sur le nucléaire n’est qu' »une diversion » : c’est le propre conseiller stratégique de Donald Trump, le très controversé Steve Bannon, qui le dit. « Selon moi, la guerre économique avec la Chine, c’est la question numéro 1. Nous devons nous concentrer sur cette question, de façon maniaque », martèle le chantre nationaliste mercredi 16 août dans un entretien avec American Prospect, un site d’informations marqué à gauche.

« Et si nous continuons à perdre cette guerre, nous sommes à cinq ans, dix ans au maximum, du point de non-retour », assure l’ancien patron du site d’informations Breitbart News, dont il a fait une plateforme pour l’extrême droite américaine, rebaptisée « alt-right » ou droite alternative.

 

« Nous sommes en guerre économique avec la Chine », insiste-t-il :

« Tout est d’ailleurs écrit chez eux, ils ne cherchent pas à cacher ce qu’ils font. L’un de nous sera en situation d’hégémonie d’ici 25 ou 30 ans, et ce sera la Chine si nous continuons sur cette voie. Sur la Corée du Nord, ils ne font que nous amadouer. Ce n’est qu’une diversion ».

« Au Pentagone, ils font dans leur froc »

Apparemment isolé au sein de l’administration à la Maison Blanche, Steve Bannon, qui n’a reçu qu’un tiède soutien de la part du président Trump lors de sa dernière conférence de presse mardi, a laissé libre cours à ses avis tranchés, dans cette interview par téléphone avec le rédacteur en chef d’American Prospect, Robert Kuttner.

Steve Bannon est ainsi très critique face à la menace du président Trump de faire tomber « le feu et la colère » sur la Corée du Nord si elle persiste à menacer les Etats-Unis avec ses missiles et son programme nucléaire.

« Il n’y a pas de solution militaire, laissons tomber. Tant que quelqu’un n’aura pas résolu l’équation qui me démontrerait que dix millions de Sud-Coréens ne mourront pas dans les 30 minutes suivantes, tués par des armes conventionnelles, je ne vois pas de quoi on parle, il n’y a pas de solution militaire, ils nous tiennent ».

Quant à ceux au sein du département d’Etat ou au Pentagone qui veulent obtenir l’aide de la Chine dans le cadre de ce dossier nord-coréen, il n’est pas tendre avec eux :

« Ils font dans leur froc ».

Les suprémacistes ? « Des clowns »

De même, loin de soutenir le président Trump dans le cadre de la polémique autour des événements de Charlottesville, en Virginie, et des mouvements d’extrême droite, Steve Bannon Bannon a traité avec dédain ce mouvement nationaliste blanc qu’il avait pourtant aidé avec Breitbart News.

« L’ethno-nationalisme, ce sont des losers. Ils sont à la marge. Je pense que les médias leur donnent trop d’importance, et nous devons aider à les écraser, à les écraser encore plus ».

« Ces gars, c’est juste une collection de clowns », insiste-t-il, au sujet de ces mouvements suprémacistes blancs.

T.V. avec AFP