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Lénine dans les langes: une artiste se souvient de son enfance soviétique Par Amos Chapple

par pitié, essyons de nous laver un moment de toute cette merde de notre société où la manipulation est possible parce que la haine raciste se développe. Et regardons ensemble les souvenirs de cette israélienne élevée à Kiev qui s’affirme communiste et qui considère que le système capitaliste n’est pas ce qu’elle croyait, mais qui ne présente pas le socialisme comme le paradis que certains voudraient et défendent y compris à Berlin et à Tel Aviv. Ce qui provoque le débat et  lui vaut des remarques du type: « pourquoi au lieu d’aller à Berlin ou à Tel Aviv vous n’allez pas en Corée du Nord? (note et traduction de danielle Bleitrach)

Deux semaines après que Zoya Cherkassky-Nnadi, âgée de 14 ans, et sa famille aient quitté Kiev pour une nouvelle vie en Israël, l’URSS s’est effondrée. Récemment, l’artiste s’est inspirée de souvenirs de son enfance soviétique dans une série de peintures qui ont captivé l’Internet russophone.

Travaillant avec de l’huile sur du lin, Cherkassky-Nnadi a utilisé un style délibérément naïf dans ses peintures de la vie soviétique des années 1980. Elle a déclaré à RFE / RL par téléphone: «J’ai commencé cette série quand j’étais enceinte de mon premier enfant, alors je me rappelais mes propres souvenirs d’enfance.»

Une scène de datcha en milieu rural en Ukraine. «Les deux derniers mois [de la grossesse], je restais au lit et je dessinais ces souvenirs. Je pense que c’est la raison pour laquelle le travail est si chaleureux », a-t-elle confié à RFE / RL depuis son domicile à Tel-Aviv.

Dans cette peinture intitulée «Mama», l’artiste a décrit son rituel nocturne qui consiste à attendre le retour de sa mère à la maison. «Je vivais au septième étage et il y avait un arrêt de bus près de notre appartement. Chaque nuit, je regardais par la fenêtre ma mère sortir du bus.  »

Cherkassky-Nnadi, qui a adopté le nom de son mari nigérian comme suffixe, photographiée à Kiev en 1985. Depuis qu’elle a quitté l’Ukraine soviétique, l’artiste a travaillé à Berlin et en Israël.

Cherkassky-Nnadi a déclaré que les gens étaient divisés sur son image de la vie soviétique. « Certains d’entre eux croient encore que l’URSS était l’entité du mal, et ils pensent que je ne montre pas assez les horreurs de ce système, d’autres idéalisent cette période et disent que je montre trop de pauvreté et de dépression. »

Une fille qui enfile ses bas avant de se préparer pour l’école.

Une cafétéria servant des côtelettes de purée de pomme de terre et de bœuf haché, décrite par le New York Times en 1963 comme «le morceau de viande le moins cher, le plus populaire, sinon le plus vénéré, que l’on pouvait acheter avec quelques  kopecks ».

Un festin aménagé pour les festivités du 1er mai. La propagation comprend une bouteille de spiritueux ukrainien épicé et des «chapeaux de la mort» – des œufs dévorés garnis de tomates à la mayonnaise, ressemblant à des champignons empoisonnés.

Un jeune dissident à l’écoute de Radio Liberty, qui est aussi le nom de la peinture. «Nous croyions en quelque chose qui n’existait pas, car personne n’avait été à l’Ouest», a déclaré Cherkassky-Nnadi. «Les gens pensaient que la situation était la même à l’Ouest, mais en mieux. Mais maintenant, j’ai passé la majeure partie de ma vie dans le monde capitaliste ,  j’ai beaucoup de critiques à adresser à ce système.  »

Cherkassky-Nnadi a été catégorique à propos de ses tendances politiques, affirmant qu ‘ »idéologiquement, je suis communiste ».

Une scène d’été avec des tomates et de l’aneth en préparation pour le marinage. Petite-fille d’un gérant de magasin d’alimentation, la jeune Cherkassky-Nnadi a pris des repas dont beaucoup de ses pairs ne pouvaient que rêver.

Une peinture intitulée «viens manger quelque chose». Cherkassky-Nnadi a expliqué les avantages du travail de son grand-père. «Premièrement, il pouvait  obtenir [une bonne nourriture] pour ma famille et, par exemple, si nous avions besoin d’un bon médecin, [mon grand-père] pouvait obtenir de bonnes choses pour lui et [le médecin] pouvait faire de bonnes choses pour nous. ”

Cherkassky-Nnadi a déclaré que le style simpliste de la série résultait du fait que les peintures étaient « fabriquées à partir de souvenirs », mais a ajouté que les « souvenirs sont totalement sélectifs ».

Une écolière a fini ses devoirs alors que sa mère regardait «Projector of Perestroika», une émission de nouvelles qui a envahi l’URSS à la fin des années 1980 avec ses reportages critiques sur la corruption officielle et le système soviétique en décomposition.

Une scène à l’extérieur d’un immeuble intitulée «Elle a oublié sa jupe».

Un jeune rockeur s’apprête à quitter une maison où une armoire sert de cloison entre les pièces.

Lors d’une discussion sur LiveJournal, un commentateur russophone a réagi à la peinture: « Pourquoi tous ces gens nostalgiques de l’URSS se déplacent-ils à Berlin et en Israël, et non en Corée du Nord? »

Le thé étant servi dans un compartiment de train. L’artiste a déclaré qu’elle appréciait le débat suscité par son travail. «Tout le monde n’est pas obligé de s’intéresser à l’art et je suis heureux lorsque mon art touche les gens à un tel point qu’ils écrivent des commentaires fâchés toute la journée sur Facebook. Je vois cela comme un exploit.  »

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L’Afghanistan était un champ de bataille pour la domination mondiale

Фото: Андрей Соломонов/РИА Новости

Valery Korovine

Directeur du Centre d’expertise géopolitique

15 février 2019

https://vz.ru/opinions/2019/2/15/964462.html

Marianne nous a traduit ce texte écrit par un homme de droite, si je comprends bien son contenu 1) il marque la nouveauté de la géopolitique par rapport à l’internationalisme qui caractérisait l’URSS. C’est-à-dire que ce sont les intérêts nationaux qui priment et l’on aide dans le cadre de ceux-ci. Mais le même interprète défend l’URSS à sa manière et dénonce ceux qui n’ont pas vu la nature de son combat. Encore un article qui remet en cause les idées préconçues qui sont les nôtres et nous aide à mieux comprendre le monde dans lequel nous vivons (merci Marianne – note de Danielle Bleitrach).

Dès l’époque de la «perestroïka», il était de bon ton de vilipender la campagne militaire afghane, pour nous obliger à nous repentir. En réalité, c’est ce repentir incessant à propos de tout et de rien qui a permis d’ébranler, puis de détruire le bloc soviétique. Et pourtant, 30 ans après le retrait complet et définitif du contingent soviétique d’Afghanistan, il apparaît clairement qu’il n’y avait pas particulièrement de quoi se repentir. Pour l’essentiel, nous avons tout fait à l’époque comme il fallait, il suffisait d’éliminer certaines erreurs et d’ajuster la ligne idéologie générale.

À partir de Khrouchtchev en URSS, il était de coutume de stigmatiser la géopolitique en la qualifiant de «pseudo-science bourgeoise» et de la diaboliser de toutes les manières, la comparant presque au fascisme. Sous Brejnev, la géopolitique était tout simplement tue, comme si elle n’existait pas. Dans le même temps, nos « partenaires occidentaux » ont toujours suivi la logique géopolitique et continuent de le faire à ce jour. Les motifs de l’entrée des troupes soviétiques en Afghanistan étaient aussi essentiellement géopolitiques.

 

La question était de savoir quel camp – atlantiste ou eurasien – établirait son contrôle géopolitique sur l’Afghanistan. Peu de temps auparavant, une révolution dite démocratique avait eu lieu dans ce pays et l’Afghanistan était devenu une république.

 

Ces changements pouvaient être interprétés de deux manières. D’une part, les Américains considéraient la « démocratie » comme leur bannière idéologique. D’autre part, l’URSS ne craignait pas les changements démocratiques s’ils arrivaient à la place de «l’archaïsme» et des traditions, c’est-à-dire ce contre quoi luttait le modernisme soviétique. Chez nous cela s’appelait «démocraties populaires» et cela impliquait un développement sur la voie de transformations socialistes.

 

Se désignant comme la République d’Afghanistan, le nouvel État surgissant à la place d’un pays archaïque, traditionnel, était en quelque sorte ouvert aux transformations. Mais lesquelles? Pour cela, deux superpuissances devaient se battre: le continent eurasien et la puissance atlantique – en langage géopolitique – ou encore le socialisme et le capitalisme – en langage idéologique.

 

On a donc une confrontation géopolitique. Les dirigeants soviétiques craignaient à juste titre une intervention directe des États-Unis en Afghanistan. Il convient de rappeler ici que les interventions militaires américaines à cette époque étaient déjà assez courantes. À la fin des années 1970, ils avaient déjà envahi de nombreux pays.

 

Les interventions les plus importantes comprennent le débarquement des marines américains en Haïti, l’invasion militaire du Japon, de la Corée, du Vietnam et de Cuba avec le soutien des marines américaines et de l’aviation, l’organisation de l’invasion du Guatemala avec la participation de la CIA et de l’US Air Force. Et nous ne parlons ici que de la participation directe des forces armées américaines. Et combien y a-t-il eu d’invasions militaires organisées par les États-Unis par procuration ou en sous main – il est impossible de le savoir. Par conséquent, envahir l’Afghanistan désorganisé par la révolution était pour les Américains simple comme bonjour.

 

En outre, les États-Unis perdaient le contrôle de la région – l’Iran se rebellait et quittait la zone d’influence américaine. Il fallait s’accrocher à une tête de pont. La création d’un État sous contrôle avec des bases militaires américaines aux frontières mêmes de l’Union soviétique aurait constitué un coup de maître. Et l’Afghanistan, qui occupe une position centrale dans la région, était parfaitement adapté à cet objectif. À partir de son territoire, il était possible de poursuivre l’expansion dans les républiques d’Asie centrale soviétique (sur le territoire desquelles se déroulaient régulièrement des attaques depuis l’Afghanistan avec le soutien américain), tout en bénéficiant d’une position forte au Pakistan avec accès à la mer d’Oman et à l’océan Indien. Que demander de mieux.

 

Par conséquent, si l’URSS n’avait pas engagé ses troupes en Afghanistan en 1979, ce sont les Américains qui l’auraient fait. Ce qui s’est produit effectivement un peu plus tard (à l’échelle historique).

 

Mais ce n’est pas tout. En fait, divisant le monde en deux parties, les blocs soviétique et occidental avaient un nombre égal d’actions géopolitiques, environ 50/ 50. Chacun d’entre eux devait recevoir au moins 1% supplémentaire pour avoir une «participation majoritaire». Obtenir cette prééminence, même infime, aurait signifié passer le point critique de la domination. Après cela, le bloc qui aurait obtenu la majorité aurait acquis non seulement un avantage géopolitique, mais également un avantage idéologique.

 

La lutte pour l’Afghanistan revêtait donc une importance fondamentale.

 

    Si l’URSS avait réussi, l’Afghanistan serait devenu socialiste, l’émergence de l’idéologie soviétique dans le monde serait devenue irréversible et le projet idéologique occidental aurait entamé son déclin.

 

Les Américains, qui préparaient leur invasion militaire, mais ont été pris de court, le savaient. C’est maintenant qu’ils essayent de se convaincre et de convaincre le monde entier que c’était justement leur idée, et que c’étaient eux, soi-disant, qui avaient entraîné l’Union soviétique dans une guerre sans espoir …

 

À cette époque, l’Irak, la Libye et la Syrie s’engageaient déjà dans la voie de la construction du socialisme, même s’il s’agissait encore d’un modèle islamiste. Les idées socialistes s’emparaient de l’Amérique latine et renforçaient leur influence en Afrique, dans la région Asie-Pacifique. Tout ce qui se passait était surveillé de près par les pays du Mouvement des pays non alignés, hésitant, choisissant le camp, surveillant qui prenait le dessus.

 

C’est pourquoi l’URSS et les États-Unis ont beaucoup investi en Afghanistan. Le programme d’aide économique à la République démocratique d’Afghanistan de la part de l’URSS est impressionnant : nombreuses centrales hydroélectriques, barrages, lignes électriques, parcs de stockage, gazoducs, entreprises, aéroports, autoroutes, ponts, jardins d’enfants et hôpitaux, établissements d’enseignement et bien plus encore. Tout cela sur un espace nu de sable et de pierres. En fait, nous avons construit en Afghanistan tout ce qui existe encore actuellement, prouvant notre efficacité non pas en paroles mais en actes. Au même moment, les États-Unis investissaient dans l’infrastructure militaire du Pakistan voisin où des groupes paramilitaires étaient formés, dans des livraisons d’armes et dans une campagne d’information antisoviétique.

 

En analysant ce qui s’est passé du point de vue d’aujourd’hui, nous pouvons dire avec certitude à quel endroit nous avons fait des erreurs de calcul, pour quelles raisons  nous avons perdu. L’Afghanistan islamique traditionnel, en grande partie archaïque et tribal, n’était bien sûr pas prêt à accepter le modèle soviétique, athée, matérialiste, marxiste tel que nous l’avons amené ici. Et tandis que Kadhafi, Hussein et Asad Sr., ainsi que Nasser et d’autres dirigeants de l’Orient, adaptaient progressivement le socialisme aux spécificités de leurs pays, nous avons rapidement essayé de construire une république soviétique où même les travaux préparatoires n’avaient pas été effectués.

 

Nous étions pressés et avons donc semblé ridicules avec notre marxisme et notre «assistance internationale», à un endroit où non seulement il n’existait aucune classe de travailleurs avec une conscience politique prolétarienne, mais où l’appartenance au genre et à la tribu revêtait et revêt encore aujourd’hui une importance capitale.

 

Les Américains quant à eux ont fermé les yeux sur tout sauf l’essentiel: assurer leurs intérêts géopolitiques dans la région et ne pas prêter attention aux points de vue et aux caractéristiques de la société afghane. Et tandis que nous qualifiions la géopolitique de «pseudoscience», ne nous reposant que de manière intuitive sur ses lois, les Américains ont fait leur «Grand jeu», dont nous subissons les conséquences jusqu’à aujourd’hui.

 

Après avoir introduit nos troupes suite à plus de 20 demandes et appels répétés du côté des autorités afghanes légitimes, nous avons absolument agi comme il se devait du point de vue de la géopolitique (tout en le niant). De même que nous agissons de manière tout à fait juste aujourd’hui en Syrie, en suivant ouvertement une logique géopolitique. A l’époque, nous avons perdu, empêtrés dans une idéologie moderne qui nous est étrangère, dont le marxisme fait partie. Aujourd’hui, il est important pour nous de clarifier le sens de nos actions, d’opposer à leur idée du globalisme notre alternative eurasienne. Sans imposer nos idées à qui que ce soit, garder la tradition et la foi de ces peuples qui se tournent vers nous pour obtenir de l’aide. Ce sera notre travail principal sur les erreurs de la campagne afghane.

Traduit par Marianne Dunlop pour Histoire et Société

 

je vous préviens: je ne vous supporte plus ni les uns, ni les autres

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Ce que je pense de Fienkelkraut. Il me tape sur le système. C’est comme le Nouvel Observateur,il veut être de gauche mais il ne l’est pas plus que cet hebdomadaire. Il est l’illustration de cette dérive de la social démocratie le coeur en écharpe, mais qui partout et toujours au plan national comme international est toujours dans le camp du capital tout en pleurnichant avec des état d’âme. Ce qui aboutit à faire de lui un provocateur de nuit debout à son dernier affrontement avec une bande de fachos qui se prennent pour des anti-impérialistes alors qu’ils sont simplement et connement antisémites.

Tous ces gens là ne valent pas tripette et sont utilisés pour déconsidérer un mouvement.

je conseille à tous ceux qui souhaitent se ranger dans l’un des deux camps ci-dessus, d’arrêter leur démonstration et de rester sur le fond s’ils en sont encore capables.

J’ai les plus grands doutes non seulement envers ceux qui tentent de manipuler l’antisémitisme pour sauver macron et l’aider dans sa campagne des européennes, et sur ceux qui en voyant la manipulation, nous fourguent une nouvelle louche d’antisémitisme ordinaire parce que désormais ils sont incapables de dénoncer le capital et il leur faut le JUIF pour se répérer, au plan international comme au plan national. Et ils sont nombreux au point que je suis obligée de nettoyer mes « amis » facebook..

Danielle Bleitrach

 
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Publié par le février 18, 2019 dans Uncategorized

 

Qui détruit la forêt russe, tout en essayant de rejeter la faute sur les Chinois, par Mikhail Morozov

Кто уничтожает русский лес, пытаясь свалить на китайцев

Comment le gouvernement russe veut faire endosser la responsabilité pour la disparition de la puissante taïga à nos amis de l’Empire du milieu

En Russie aussi, des voix s’élèvent pour dénoncer la manière dont les Chinois s’approprient les richesses du pays, mais ce qui est totalement oublié ici comme ailleurs est que la Chine est simplement le client des pilleurs locaux qui détruisent avec ou sans la Chine les dites richesses naturelles préservées par le socialisme (note de Danielle Bleitrach et traduction de Marianne Dunlop)

http://svpressa.ru/economy/article/222858/

Le Conseil de la fédération a eu une discussion houleuse sur la situation lamentable de l’industrie forestière du pays: la forêt est abattue sans pitié, elle périt dans des incendies, est dévorée par les ravageurs. Les médias fédéraux ont ignoré la chose. Mais dans l’un des journaux russes, toute une série de reportages sont parus sous le titre « Comment les Chinois détruisent la taïga russe ». Voyons ce qu’il en est.

Et pour commencer, revenons à l’été 2018. À l’époque, la Russie a officiellement reconnu que l’extinction des incendies de forêt n’était pas rentable. Le ministère des Forêts de Krasnoyarsk a rapporté à ce sujet, sans aucune hésitation. C’était une bagatelle – environ 13 incendies sur une superficie totale de 4859 hectares, dont 4375 couverts de forêts. Le feu a brûlé dans les districts d’Evenki et de Yenissei. « Selon des données préliminaires, les coûts prévus pour éteindre ces incendies dépasseraient les dommages éventuels qu’ils pourraient avoir causés », ont déclaré des responsables avec une pointe de fierté pour leur trouvaille bureaucratique. Ils ont déclaré qu’ils observeraient depuis les satellites et ne feraient rien: nous sommes au 21ème siècle après tout. La forêt brûle principalement dans des zones difficiles à atteindre, et selon le ministère des Forêts, il n’y a aucune menace pour les établissements humains. Et par conséquent, laissez tout consumer, Tout se passera bien.

De toute évidence, une telle situation est une chose commune, l’important est que cela ait été annoncé officiellement pour la première fois. Dans une certaine mesure, on peut comprendre les forestiers. Ils n’ont ni la force ni les moyens de résister aux feux de forêt qui font rage chaque année. Ainsi, les protecteurs de la richesse verte du pays à Krasnoyarsk ont informé: le personnel du Centre de lutte contre les incendies de forêt et leurs forces subordonnées avec un total de 111 personnes (!) ont localisé quatre des neuf nouveaux incendies à Bogoutchansky, Abansk, Karatouzsky et Yermakovsky ainsi que dans les zones susmentionnées. La superficie de la forêt sauvegardée est de 17,2 hectares (!). Tandis que 4375 hectares sont destinés à se transformer en cendres et charbon. Il semble que la situation dans les autres régions ne soit pas très différente de celle de Krasnoyarsk. « Dix-neuf incendies provoqués par des orages se produisent dans la région d’Irkoutsk dans une zone de surveillance spatiale de plus de 15 000 hectares, et plus de 50 hectares de forêt brûlent dans les zones de surveillance aérienne et terrestre », a rapporté le service de presse du gouvernement régional d’Irkoutsk. Les technologies modernes permettent, sans risque pour les budgets, d’enregistrer et de rapporter les quantités détruites. L’efficacité des équipements actuels de lutte contre les incendies au cours de l’été chaud de l’an dernier a été clairement démontrée dans le district de Noguinsk, dans la région de Moscou (la forêt ne brûle pas qu’en Sibérie): au lieu d’arroser la zone forestière un avion a déversé 40 tonnes d’eau sur un véhicule de police de la circulation sur l’une des autoroutes les plus fréquentées. On a bien ri!

Cela se produit chaque année: on nous parle des efforts héroïques de « centaines et de milliers de pompiers et forestiers », d’une myriade de véhicules en train de lutter contre le feu, et la forêt continue de brûler et de s’amenuiser. Je soupçonne que de telles trouvailles – le refus délibéré de lutter contre les incendies de forêts pour des raisons de « rentabilité » – ont déjà été utilisées auparavant. Mais que cela soit officiellement rapporté, je le constate personnellement pour la première fois. Réfléchissons un instant : la destruction de la forêt (et il ne s’agit pas de «trois peupliers», mais d’un écosystème naturel très complexe), selon la bureaucratie, est devenue rentable! Et c’est l’année de l’écologie, annoncée par un décret du président de la Russie!

Qui, si ce n’est les forestiers possédant nécessairement les bases de la biologie et de la biophysique, sait que les incendies à grande échelle sont une catastrophe dont les conséquences affectent non seulement l’état de l’environnement du territoire de Krasnoïarsk et de la région d’Irkoutsk, mais aussi le pays tout entier. Cela inclut les émissions de gaz à effet de serre au lieu d’oxygène, avec des conséquences irréversibles pour la planète. Mais il est possible de comprendre les gardiens de la forêt: ils n’ont pas les forces et les moyens pour protéger, sauvegarder et restaurer la forêt – l’une des principales richesses de la Russie.

Cependant, si nous prenons de la hauteur, l’inaction des forestiers de Krasnoyarsk et d’ailleurs n’a rien de surprenant. La philosophie de l’économie néolibérale a déjà pénétré à leur niveau. Un phénomène terrible – l’optimisation, en d’autres termes, faire des économies sur le dos de la population et du pays au nom de je ne sais quoi (si ce n’est les superprofits de certains groupes) est devenue le fléau de nos vies. Que ce soit l’éducation, la médecine, ce ne sont pas les connaissances, l’éducation, la santé, l’écologie, mais les avantages économiques qui sont mis au premier plan. Et au bénéfice de qui? De la Russie, du peuple, des gouvernants? L’enseignement à l’université au lieu de former les spécialistes nécessaires au développement du pays est devenu un service. De plus, il est conseillé de dépenser moins et de tirer le maximum de profit du bénéficiaire. Et là, vous avez la rentabilité, et les bénéfices, qui peuvent être distribués dans des poches et cachés dans des coins discrets. Grâce à une telle approche à l’échelle du pays, les diplômés universitaires fraîchement émoulus s’envolent vers des cieux où les connaissances et les cerveaux capables de faire leur fortune et celle des autres valent plus que des dollars et des euros.

Et ce processus s’est accéléré ces dernières années. Les Chinois n’ont rien à voir avec ça. Au contraire, tout est organisé chez eux de manière quelque peu différente, et ils ne se mêlent pas de nos affaires.

Cependant, le processus de dégradation de la forêt russe ne date pas d’hier. Il a été initié par le désir d’une élite super riche de vivre dans la nature, et qui a porté préjudice à cette nature. Et en premier lieu aux bandes de protection forestières, dites de 1ère catégorie, autour des grandes villes. En changeant leur statut environnemental, leur transfert à des fins personnelles, qui n’était auparavant possible que sur décision du gouvernement russe. Mais cela n’a pas empêché la déforestation massive et la construction de logements et d’installations industrielles à leur place. Peu à peu, on a commencé à considérer la forêt exclusivement comme une marchandise. Privé du financement normal et du soutien de l’État, le système perfectionné de protection et de mise en culture des forêts qui fonctionnait jusque là a décliné. Le bois était pillé, les coupes sauvages se multipliaient. Une thèse est apparue: l’État ne pouvant pas entretenir les forêts, celles-ci devraient être transférées au privé. Les spécialistes de la foresterie et les écologistes ont résisté, arguant que cela conduirait à une limitation de l’utilisation des forêts, à leur dégradation, à l’atrophie de leur principale fonction – la protection de la nature. Mais tout portait vers la réécriture du Code forestier. Le directeur de la politique de conservation du Fonds mondial pour la nature, Evgueni Schwarz, a prédit une catastrophe imminente: «il semble que l’objectif principal des lobbyistes soit de s’emparer des zones forestières les plus précieuses autour des grandes villes et des frontières, où il est possible d’engranger immédiatement des bénéfices énormes par une exploitation effrénée de la forêt».

 

Et maintenant, revenons à l’examen du problème par le Conseil de la Fédération. La description de cet événement sur le site Web de la chambre haute du parlement ne traduit pas l’intensité des passions ni la profondeur de la crise. Toutefois, il est notoire que des représentants du Bureau du Procureur général, de l’Agence fédérale des forêts, des services des douanes et d’autres fonctionnaires ont brossé un tableau sans concession de l’état désolant de la forêt russe. Le Directeur de Rosleskhoz [Agence fédérale des forêts de Russie] Ivan Valentik, qui a évalué de manière assez objective la situation, en a pris pour son grade. La présidente du Conseil de la fédération, Valentina Matvienko, l’a littéralement accusé d’incompétence et a mis tous les péchés de l’industrie sur le dos du service qui lui avait été confié. Mais, selon certains observateurs, c’est justement l’action de l’Agence fédérale des forêts, qui vraisemblablement affecte les intérêts de certains, qui a permis cette discussion au Conseil de la Fédération.

La résolution adoptée à l’issue de discussions animées indique que « la législation forestière de la Russie repose sur les principes de gestion durable et de préservation des forêts, y compris par leur protection, leur sauvegarde, leur reproduction, leur développement ». Malgré le satisfecit accordé à la législation russe, le président du Conseil de la fédération a proposé la création d’un groupe de travail avec la Douma d’Etat sur la modification du code forestier afin de mettre un terme à l’exploitation illégale.

Les sénateurs ont reconnu que c’est une législation «tordue» qui permet «de récolter du bois dont le volume dépasse les volumes fixés, ainsi que la croissance des massifs forestiers exploités». Et grâce à cela, le nombre de gardes forestiers est deux fois inférieur aux normes du ministère des Richesses naturelles et cinq fois inférieur au niveau de 2007. En clair, cela signifie qu’ils coupent la forêt sans merci et qu’ils ne plantent pas en même temps de jeunes arbres. Il n’y a personne pour protéger et cultiver les terres forestières en Russie. Parmi les causes de problèmes, il y a le sort misérable de la population dans ces zones forestières, qualifiées  par les sénateurs de « déshéritées ». Pourquoi les régions où cette richesse est concentrée tombent-elles dans la misère, personne ne le dit.

Puisque nous avons pris l’habitude depuis quelque temps de mettre tout ce qui ne va pas sur le compte des étrangers, des articles ont commencé à paraître dans la presse disant que nos amis chinois étaient responsables de tout. Ils ne savent pas eux-mêmes protéger leur forêt et font sortir clandestinement du bois de Russie. Comme si les citoyens chinois étaient depuis longtemps à la tête des régions forestières de notre pays et que les gardes-frontières, les agents des douanes, le bureau du procureur, la police – tous avaient depuis longtemps changé la forme de leurs yeux et la couleur de leur peau ! Toute une série de reportages de la région d’Irkoutsk, rédigés avec talent et minutieusement par nos collègues longtemps à l’avance, ont montré que le chaos régnait dans les zones forestières. L’absence de protection des forêts, de police et la corruption des autorités locales permet une destruction prédatrice des forêts. Un gros titre souligne la principale cause de tous les maux: « Comment les Chinois abattent-ils la taïga russe? » Dans le même temps, toutes sortes de «chercheurs» ont intensifié leurs activités, affirmant que les mêmes Chinois s’étaient installés en Extrême-Orient et en Sibérie et avaient également bu toute l’eau du lac Baïkal. Cela n’a aucun sens d’entrer dans une controverse sérieuse ici. Des mythes similaires ont été cultivés pendant des décennies. Les Chinois eux-mêmes y sont habitués et, cette fois, ils ont réagi calmement à ces attaques hostiles et, surtout, déraisonnables.

Je ne citerai que quelques chiffres. En 2016, la Chine a importé 22 millions de mètres cubes de bois en provenance de Russie (19% du marché russe du bois). Vous pouvez bien sûr considérer que les douaniers, les gardes-frontières et autres fonctionnaires russes sont complètement corrompus, et que ce chiffre est 10 fois sous-estimé. Imaginer que des trains chargés de rondins passent à toute vapeur devant les douanes russes en direction de la Chine. Mais même dans ce cas, les exportations forestières vers la Chine représenteraient 0,1% des réserves totales de la Russie. Et affirmer que « les Chinois ont tout coupé » serait prématuré. Sans parler du fait que les Chinois achètent ce que coupent les Russes. Mais l’essentiel, c’est que n’importe quel chiffre réel des exportations forestières vers la Chine ne représente pas grand-chose au regard de la destruction causée par les incendies de forêt et les nuisibles – naturels ou humains.

Comme dans d’autres cas, ce ne sont pas les étrangers, mais la mauvaise gestion, la corruption, les mauvaises lois et leur inobservance de la part de la Russie qui sont nos principaux problèmes. Selon les statistiques officielles, chaque année, les incendies ravagent en Russie entre 1,5 et 3 millions d’hectares de forêts. L’an dernier seulement 4,5 millions d’hectares de forêt ont été détruits par des incendies. Il s’agit là des zones forestières dont quelqu’un a la charge. Mais plus de 600 millions d’hectares sont hors de contrôle et surtout dénués de toute protection. Ainsi, selon les centres de surveillance internationaux, jusqu’à 14 millions d’hectares sont brûlés chaque année! Pour couper et transporter de telles quantités, même les laborieux Chinois auraient mis des centaines d’années. Une grande partie de la forêt est détruite par les maladies et les insectes, car personne ne la protège ni ne la cultive. Pour vérifier cela, les sénateurs n’ont pas besoin de se rendre dans la région d’Irkoutsk. Il suffit d’aller dans une région relativement prospère aux environs de Moscou, où des forêts parmi les plus précieuses et protectrices, qui étaient autrefois considérées comme des forêts de «première catégorie de protection» et des «poumons de la mégapole», sont anéanties.

Mais revenons à la décision du Conseil de la Fédération, qui contient une analyse plus adéquate de ce qui se passe que dans les articles de journalistes et d’experts. Ce n’est pas un hasard si le document fait référence à 2007. C’est cette année-là que le nouveau code forestier a été lancé, ce qui a provoqué le chaos désormais détecté par les sénateurs. Un an plus tard, en 2008, le nombre d’incendies de forêt en Russie avait été multiplié par 40. Et en 2010, lorsque Vladimir Vladimirovich [Poutine] a personnellement pris l’avion pour éteindre une forêt à bord d’un avion amphibie, près de 8 millions d’hectares de plantations forestières sont partis en fumée. Des gens aussi ont brûlé.

Au cours de la discussion, le chef du comité du budget du Conseil de la fédération, Sergey Ryabukhine, a exposé les raisons de la crise prolongée: la législation forestière est structurée de manière à ce que tous les pouvoirs en matière de gestion forestière soient transférés aux autorités régionales et aux propriétaires privés. Les uns et les autres se soucient peu des dommages environnementaux. «Je pense qu’à un moment donné, cela a été fait intentionnellement: les régions se sont vu attribuer des pouvoirs qui n’étaient pas soutenus par des finances, suite à quoi le nombre de forestiers et d’exploitations forestières [publiques] a été divisé par dix. Et la forêt a été abandonnée à son sort.

 

Par conséquent, il est nécessaire de transférer l’autorité au niveau fédéral, et je pense que les régions seront d’accord avec cela « , a déclaré Sergei Ryabukhin. Une banalité connue de toute personne ayant quelque peu étudié le sujet. Une fois de plus, la question de l’inacceptabilité du concept de politique forestière est soulevée. Le président russe Vladimir Poutine a également appelé plus d’une fois à procéder à une analyse critique du Code forestier, soulignant le caractère criminogène de cette branche d’industrie.

Et ceci en dépit du fait que la principale loi forestière a commencé à entrer en vigueur dès le lendemain de sa soumission à la Douma d’Etat. Je me souviens de l’une des principales lobbyistes, Mme Komarova (à présent présidente du Comité des ressources naturelles de Khanty-Mansiisk, alors présidente du Comité des ressources naturelles de la Douma d’État), a dit que nous allions adopter la loi, ouvrir la forêt aux relations du marché et faire plus tard les réajustements nécessaires. Cela n’a pas fonctionné.

Après la première lecture du code forestier à la Douma d’Etat, plus de 500 amendements ont été apportés. Cela signifiait que le document ne pouvait pas être finalisé, il était nécessaire de le réécrire à nouveau. Et en faire un débat public. Mais cela n’a pas été fait, bien que les sujets de la Fédération aient donné une évaluation négative du document. Même le monde des affaires, qui a déclaré ne pas être prêt à dépenser de l’argent pour la protection et le reboisement, s’est exprimé contre. 73 députés de la Douma ont tenté d’empêcher l’adoption du document dévastateur, adressant une lettre ouverte au président russe. Les dirigeants des plus grands groupes parlementaires de la Douma d’Etat ont personnellement demandé au chef de l’Etat de ne pas signer le document. Le célèbre journaliste Vassily Mikhailovich Peskov s’est quasiment jeté aux pieds de Vladimir Poutine. Rien n’y a fait, le code a été voté. La majorité du parti à la Douma d’Etat et les lobbyistes du gouvernement ont ignoré l’opinion publique. On n’a pas tenu compte du fait que le Code forestier, qui affecte directement l’élément le plus important de la nature russe, n’a pas passé avec succès l’examen environnemental de l’État, tel que prévu par la loi fédérale.

Et maintenant nous avons ce que nous avons. Et les Chinois n’ont rien à voir avec ça.

Traduction Marianne Dunlop pour Histoire & Société

 

 

 

 
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Publié par le février 16, 2019 dans Chine, Russie

 

L’enfer libyen

Sept ans après le renversement et l’assassinat de Kadhafi après l’agression de l’OTAN, la Libye est toujours plongée dans la guerre et le chaos. Alors que le soi-disant gouvernement d’unité nationale, reconnu par l’ONU et dirigé par Fayez Sarraj, essaie d’imposer son autorité depuis Tripoli, et que le maréchal Khalifa Haftar dirige la soi-disant Armée de libération nationale, qui contrôle l’est du pays et la Chambre des représentants, à Tobrouk, d’autres groupes armés dominent différentes villes et une partie du pays reste contrôlée par Daesh. Les deux parties, la Chambre des représentants et le gouvernement d’unité nationale, sont en désaccord, bien qu’ils se soient entretenus à Paris en mai 2018 en vue d’organiser des élections qui pourraient avoir lieu au printemps 2019. Cependant, la situation dans le pays reste chaotique: la prolifération de groupes armés, souvent des instruments de féroces chefs de guerre locaux, a transformé la Libye en un enfer.

Tripoli, Tobrouk et Misurata sont des centres de forces combattantes dont les dirigeants s’affrontent pour voler les richesses du pays. Ils achètent et corrompent souvent des groupes armés qui changent de drapeau et de loyauté, enlèvent et tuent, voire occupent des champs pétrolifères (comme ce fut le cas à Sidra et à Ras Lanuf en 2017 et à Sharara en décembre 2018, occupés par la milice Bataillon 30) pour négocier plus tard avec les compagnies occidentales. La corruption et le vol, perpétrés par des chefs de milices et des trafiquants indépendants ou liés aux puissances occidentales, sont constants: le bureau du procureur de Bruxelles enquête sur la disparition de milliards de dollars du pays déposés dans une banque belge.

En septembre dernier, les combats se sont intensifiés dans le cadre d’une « guerre de milices » chaotique et la septième brigade, dirigé par l’ancien gadhafiste Abdel Rahim al-Kani et maintenant un allié de l’islamiste Khalifa al-Ghawil, s’est affronté aux forces de Fayez Sarraj. Le dernier épisode a été le déclenchement d’une voiture piégée au ministère des Affaires étrangères à Tripoli, qui a fait plusieurs morts à la fin du mois de décembre 2018. Le Libanais Ghassan Salamé, chef de la MANUL, la mission d’appui de l’ONU pour la Libye est submergé par l’existence de nombreux groupes armés et par l’action des puissances occidentales et des pays du golfe Persique qui lancent des opérations de combat ou bombardent la population civile et parient sur la tenue d’élections, même s’il est douteux qu’ils résolvent le chaos de la guerre. Un pays détruit qui, dans la pratique, est démantelé et n’existe pas.

La France et l’Italie s’affrontent: Rome, à travers Salvini, a accusé Paris d’ingérence en Libye motivée par des intérêts économiques et agissant conformément à Haftar, tandis que les États-Unis visaient à contrôler les flux de pétrole et à stabiliser la situation avec un gouvernement client, maintient un contingent militaire et bombarde avec son aviation et ses drones. Des informations intéressantes divulguées par les chancelleries occidentales faisaient état du soutien russe à Khalifa Haftar, accusation rejetée par Moscou. La Russie estime que tous les groupes politiques et armés du pays devraient participer aux négociations pour résoudre le chaos, y compris le fils de Kadhafi, Seif al-Islam. À son tour, l’Égypte intervient fréquemment lors des bombardements, de même que le Qatar: tous deux parrainent des groupes armés, et les Émirats arabes unis soutiennent le général Haftar qui se proclame adversaire de l’islamisme terroriste. Le général Ahmad Mismari, porte-parole de l’armée et proche de Haftar, a accusé la Turquie de transférer des mercenaires de Syrie en Libye, via le territoire turc, et à la Belgique d’envoyer des armes aux terroristes, et a appelé la Russie à intervenir comme en Syrie. Dans sa tentative de stabiliser le pays, l’Union européenne a sanctionné le président du Congrès national, le général Nuri Abu Sahmain; le président de la Chambre des représentants, Aqiulah Saleh; et le chef du gouvernement du salut, Khalifa al-Ghawill. L’Union européenne a sanctionné le président du Congrès national, le général Nuri Abu Sahmain; le président de la Chambre des représentants, Aqiulah Saleh; et le chef du gouvernement du salut, Khalifa al-Ghawill. L’Union européenne a sanctionné le président du Congrès national, le général Nuri Abu Sahmain; le président de la Chambre des représentants, Aqiulah Saleh; et le chef du gouvernement du salut, Khalifa al-Ghawill.

La majorité de la population vit dans la misère et l’économie du pays est en ruine et dépend entièrement de la vente de pétrole. La situation reste désespérée: au milieu d’un enchevêtrement d’acronymes et de groupes armés, extorsion de fonds, enlèvements, assassinats, trafic de drogue, sièges de villes, immigrés pris au piège de réseaux d’esclaves et marchés d’esclaves définissent un pays qui, avant l’attaque de l’OTAN, avait le PIB par habitant le plus élevé d’Afrique, et maintenant c’est l’enfer.

 

Ukraine : un pays d’analphabètes ? par Andreï Mantchouk

Bienvenue au club des peuples qui lisent de moins en moins, ceux qui lisent finissent par former un cercle fermé qui s’auto-entretient dans l’excellence supposée de ses goûts et de sa manière d’être. Les Ukrainiens sont d’autant plus choqués que l’URSS était bien différente… Au passage il est question « des événements révolutionnaires de mai 68 en France », j’ai des doutes sur le caractère révolutionnaire d’un tel événement (note de Danielle Bleitrach et traduction de Marianne Dunlop).

Украина: страна, где не умеют читать

28/11/2018

https://ukraina.ru/opinion/20181128/1021909509.html

 

La dégradation de l’éducation menace les Ukrainiens d’analphabétisme et de déculturation

 

Un Ukrainien sur trois n’a lu aucun livre au cours de la dernière année. C’est ce que montrent les résultats d’un sondage à grande échelle du Centre ukrainien Razoumkov d’études économiques et politiques, mené dans toutes les régions du pays pour connaître le niveau culturel et éducatif réel de ses habitants.

 

Les résultats de cette étude sont vraiment choquants et démontrent clairement que l’Ukraine peut revendiquer le titre déshonorant du pays d’Europe où on lit le moins. Outre ceux qui n’ont pas pris de livre entre leurs mains, un tiers des répondants ont lu au cours de l’année de un à cinq livres seulement. Le niveau de cinquante livres par an, qui est en général un niveau moyen pour une personne moderne, n’a été dépassé que par 2% des répondants. En outre, l’étude a principalement été menée dans les grandes villes, où il existe une forte concentration de citoyens instruits possédant de magnifiques diplômes universitaires.

 

Bien entendu, certains pourraient penser que les Ukrainiens orientés vers un avenir européen délaissent les livres au profit de la lecture sur supports électroniques. Hélas, selon le sondage, seulement 4% des répondants lisent et écoutent des livres électroniques et des livres audio quotidiennement, et 11% plusieurs fois par semaine. De plus, les deux tiers des répondants ne lisent jamais de textes sur des appareils électroniques en vogue. Alors que les tendances mondiales indiquent au contraire une croissance rapide de la popularité des livres électroniques et des livres audio dans presque tous les pays développés du monde.

 

En outre, les deux tiers des Ukrainiens qui ne lisent jamais ont avoué honnêtement aux sociologues n’éprouver ni le besoin ni le désir de lire des livres. En outre 11% ont déclaré que la raison pour laquelle ils ont renoncé de lire est le prix élevé des publications et 7% se sont plaints du manque de bons  livres, intéressants, de haute qualité et utiles, ce qui me fait saluer les censeurs patriotes qui ont interdit de faire entrer en Ukraine une longue liste de littérature subversive russe – depuis les œuvres du libéral Boris Akounine jusqu’aux  écrits du célèbre historien britannique Anthony Beevor.

 

«C’est le retour de l’obscurantisme» – dit un commentaire laconique sur le portail éducatif ukrainien Znai.ua. En effet, les données d’enquête du centre Razumkov ne font en réalité que rendre compte une fois de plus de la chute drastique du niveau éducatif et culturel des Ukrainiens. Selon les résultats de l’étude, les indicateurs non seulement quantitatifs, mais aussi qualitatifs de la lecture sont alarmants : la majorité des Ukrainiens qui lisent préfèrent les romans policiers, tandis que les classiques occupant la deuxième position sont talonnés par les romans d’amour ou d’aventures.

 

Mais il y a seulement un quart de siècle, l’Ukraine était à juste titre considérée comme l’une des républiques où on lisait le plus dans le pays du monde qui comptait le plus de lecteurs, à savoir l’ex-URSS. À cette époque, les Ukrainiens avaient un grand intérêt pour les livres: ils couraient après les éditions rares, faisaient la queue, collectaient du papier à recycler pour obtenir des bons de livres et essayaient de se procurer les publications rares par leur réseau d’amis. Et ceci en dépit du fait qu’à cette époque, les maisons d’édition avaient des tirages en nombre incroyable pour notre époque, en russe et en ukrainien.

 

En mai de l’année dernière, nous avons participé à une conférence de la gauche française, à l’occasion du cinquantième anniversaire des événements révolutionnaires de 1968. En discutant avec les Parisiens, j’ai raconté que dans mon enfance, j’avais lu le roman de Robert Merle consacré à la France, publié en ukrainien par la maison d’édition du Comité central des JC d’Ukraine. Les Français ne pouvaient pas y croire, car dans ce livre, on parle de manière très élogieuse des leaders étudiants antisoviétiques, tels Alain Krivine et Daniel Cohn-Bendit. Quand ils ont appris que le roman avait été publié dans la Kiev soviétique à cent mille exemplaires, ils ont dit que cela devait dépasser le tirage total des livres de cet auteur français renommé, publiés dans son pays.

 

Hélas, ces temps sont révolus. La plupart des librairies cultes et des échoppes de bouquinistes sont depuis longtemps transformées en restaurants et boutiques, et les maisons d’édition ukrainiennes sont en déclin permanent, malgré tous les privilèges et préférences accordés depuis des années par les hommes politiques patriotes. Il convient de noter que cela est dû non seulement à la pauvreté persistante, mais également à la politique d’autocensure. En effet, les petits éditeurs de niche préfèrent souvent imprimer un groupe assez restreint d’auteurs pas les plus talentueux, mais idéologiquement proches – à des fins de consommation par la même petite couche d’intelligentsia nationale.

 

En conséquence s’est formé un cercle fermé littéraire autonome qui circule dans son propre monde de présentations, conférences et expositions, recevant de généreuses subventions pour des œuvres patriotiques sur le thème de la «lutte de libération» de Skoropadsky et Petlioura, de l’Holodomor, de l’UPA, de l’ATO, de l’Euromaidan. Les écrivains ukrainiens contemporains se sont depuis longtemps transformés en machines politiques pour inciter à la haine et ont complètement cessé d’assumer leur fonction d’éducation du lecteur, qui y répond avec une indifférence totale à l’égard de leur travail biaisé et souvent médiocre. Et tout cela se superpose encore à la crise générale de l’éducation, gravement affectée par les « réformes » néolibérales des ministres Kvit et Grinevich.

 

Ce sont ces facteurs qui font de l’Ukraine un pays aux perspectives sombres, dans lequel on ne veut pas lire de livres. Cette réalité satisfait entièrement notre pouvoir, car des personnes limitées et mal éduquées, soigneusement formatées par la presse de propagande patriotique, peuvent facilement être manipulées et contrôlées. Cela signifie que la renaissance de l’Ukraine est impossible sans résoudre la question d’une nouvelle éducation des Ukrainiens, qui avait été résolue à l’époque soviétique. «Etudiez, mes frères! Pensez, lisez, apprenez des autres, sans renoncer à ce que vous êtes », ces célèbres paroles de Taras Chevtchenko sonnent aujourd’hui comme un véritable slogan politique qui jette un défi à la politique économique et aux limitations de la censure xénophobe.

 

Le but est de donner vie à ces mots – lire, penser, apprendre, en respectant tout le patrimoine le plus riche de la culture ukrainienne et mondiale.

Traduit par Marianne Dunlop pour Histoire & Société

 

Alexandre Matsegora: La visite de Kim Jong-un en Russie est le point numéro 1 de notre agenda 

 

https://ria.ru/20190209/1550609121.html

Посол России в КНДР Александр Мацегора

La question du désarmement nucléaire de la péninsule coréenne se pose à nouveau dans le contexte des préparatifs du sommet nord-coréen/ américain prévus pour la fin février. A la veille de la rencontre entre Kim Jong Yun et Donald Trump, l’ambassadeur de Russie à Pyongyang Alexander Matsegora a déclaré à RIA Novosti dans un entretien quel rôle Moscou pouvait jouer dans le processus de dénucléarisation, quels sont les points à l’ordre du jour des relations bilatérales entre la Russie et la RPDC, et comment il envisage l’avenir des projets de la Russie avec les pays de la péninsule coréenne.

– Kim Jong-un prévoit-il de se rendre en Russie cette année? Quand cela pourrait-il avoir lieu et à quel point Pyongyang est-il intéressé par cette visite? Quelle ville Kim Jong-un visitera-t-il?

– Il existe une compréhension de base commune concernant la tenue d’une réunion des dirigeants de la Russie et de la RPDC. L’intérêt d’un tel sommet est réciproque. De nombreuses questions nécessitent un examen et une prise de décision au plus haut niveau. À cet égard, la visite en Russie du président du Conseil des Affaires d’Etat de la RPDC, Kim Jong-un, est au premier rang de notre agenda bilatéral.

La date et le lieu précis de la réunion, ainsi que le programme de la visite n’ont pas encore été fixés.

– Le journal Washington Post a annoncé que Moscou avait proposé à la RPDC de construire une centrale nucléaire dans le pays à l’automne 2018 en échange du refus de Pyongyang de mener des programmes nucléaires et de missiles. Est-ce vrai et comment a réagi la partie nord-coréenne?

Le message du Washington Post ne correspond pas à la réalité. Les raisons pour lesquelles une telle chose est à la base impossible sont nombreuses. L’une d’entre elles est que les Nord-Coréens développent leur programme de missiles nucléaires non parce qu’ils manquent d’électricité (bien qu’il y ait une grave pénurie dans ce domaine) et qu’ils souhaitent par conséquent résoudre le problème par cet échange. Le fait est que Pyongyang ne se sent pas en sécurité et entend pouvoir se défendre contre une attaque militaire et une ingérence des États-Unis dans les affaires intérieures de la république, grâce à la maîtrise d’un potentiel de légitime défense suffisant. Par conséquent, l’hypothèse qu’ils accepteraient de recevoir des centrales nucléaires et resteraient ainsi totalement sans défense face à la menace américaine est, à mon avis, absolument dénuée de fondement.

Steven Bigan, représentant spécial du département d’État américain pour la RPDC, a déclaré que Washington avait un plan B concernant la Corée du Nord si la diplomatie ne fonctionnait pas. Comment pouvez-vous commenter une telle déclaration? Existe-t-il une possibilité d’escalade de tension dans la péninsule coréenne cette année?

– Le plan B concerne non seulement Stephen Bigan, mais également son partenaire de négociation du côté nord-coréen, Kim Hyok Chol. Dans les médias de la RPDC, qui publient des documents reflétant la position officielle, plusieurs articles ont paru l’autre jour, indiquant que si les États-Unis ne proposaient rien de leur côté en réponse aux mesures déjà prises par Pyongyang (renonciation à fabriquer, à tester, à utiliser et à propager des armes nucléaires, fermeture d’un site d’essais nucléaires, etc.), on sera forcé de rechercher « d’autres options ». Quelles sont ces options, c’est facile à deviner. L’escalade de la situation dans la péninsule coréenne est donc tout à fait possible, même si nous espérons que les parties à la négociation auront le sens commun, qu’elles souhaitent trouver un compromis et que le pire des cas soit exclu.

– Pensez-vous que Pyongyang soit prêt à autoriser les observateurs de l’AIEA à se rendre dans leurs locaux?

– Je tiens à souligner que le principal problème concerne les installations nucléaires nord-coréennes liées au programme militaire de Pyongyang. Quant aux observateurs de l’AIEA, le mandat de cette organisation se limite à vérifier le caractère pacifique des programmes nucléaires civils. Le temps pour cela viendra plus tard. Ces inspections et autres travaux devraient être effectués par des experts d’États dotés d’armes nucléaires, notamment des États-Unis, de la Russie et de la Chine.

– Et quel rôle Moscou peut-elle jouer dans le processus de dénucléarisation de la RPDC? La Russie envisage-t-elle la possibilité d’importer des matières radioactives de la RPDC afin de dénucléariser la république? Est-ce que Pyongyang a besoin de services intermédiaires de Moscou dans le dialogue avec l’Occident?

– La dénucléarisation de la RPDC en tant que terme ne révèle pas tout le problème. Nous devrions parler de la dénucléarisation de la péninsule coréenne, élément essentiel de la tâche générale qui consiste à créer un système de maintien de la paix et de la sécurité dans la région de l’Asie du Nord-Est. De toute évidence, sans la participation la plus active de la Russie, il n’est pas possible de construire un tel mécanisme. Autant que je sache, même les Américains et les Nord-Coréens ne parlent pas entre eux d’exportation de matières radioactives de la RPDC – c’est trop tôt. En ce qui concerne la possibilité d’importer des matières radioactives nord-coréennes sur le territoire de la Russie, j’imagine mal une situation dans laquelle nous serions d’accord.

– Le projet Hasan – Rajin a-t-il un avenir?

– Je suis absolument sûr que le projet rencontrera un accueil favorable. Déjà au 19ème siècle, la Russie envisageait d’utiliser la baie de Rajin libre de glaces : à l’époque soviétique, des millions de tonnes de notre fret d’import-export passaient par le port de Rajin. Je ne doute pas que le projet fonctionnera le plus tôt possible. De plus, il ne faut pas oublier que Hassan – Rajin fait partie intégrante d’un programme beaucoup plus vaste d’organisation du trafic ferroviaire transcontinental de la Corée du Sud via la RPDC et le Transsibérien vers l’Europe. Il sera certainement mis en œuvre.

– Le projet de construction d’un gazoduc reliant la Russie à la Corée du Sud à travers le territoire de la RPDC est-il discuté? Quand en RPDC pourra-t-on installer les lignes électriques pour la fourniture d’électricité? Quelles sont les perspectives?

– Le transfert de gaz et d’électricité de la Russie vers la Corée du Sud à travers le territoire de la RPDC constitue deux projets tripartites prometteurs. Des accords fondamentaux à ce sujet entre tous ses membres existent déjà. Le problème réside dans la situation politique: une fois la sécurité et la paix garanties, les sanctions internationales imposées à la RPDC levées, la vie elle-même obligera à construire des ponts pour les hydrocarbures et l’énergie. Jusqu’à présent, il n’y a pas de telles conditions. Et, soit dit en passant, la Russie est également le défenseur le plus actif de la normalisation intercoréenne et souhaite sincèrement que le dialogue américano-nord-coréen soit couronné de succès: la mise en service de ces deux voies non seulement garantit la sécurité de nos frontières extrême-orientales, mais nous apporte également des avantages économiques tangibles.

Traduit par Marianne Dunlop pour Histoire & Société

 
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Publié par le février 14, 2019 dans Asie, Russie