Un militant anti-fasciste, qui a traduit en justice une municipalité ukrainienne pour avoir donné le nom d’un officier nazi à une rue, fait l’objet d’une campagne d’intimidation, a expliqué ce dernier.

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Mikhail Voroniak, un vétéran de l’armée rouge, a pousuivi cet été la municipalité de Kalush, située à proximité de Lviv, pour avoir décidé de nommer une rue d’après Dmytro Paliiv, un commandant de la 14ème Division des Grenadiers des Waffen SS, une unité connue également sous le nom de première Galicienne.

Voroniak a expliqué au site d’information russe Primechaniya avoir subi « des pressions agressives et des menaces de meurtre depuis son dépôt de plainte contre la ville. Un tribunal local a rejeté sa motion contre Paliiv mais Voroniak s’est depuis tourné vers la Cour administrative d’appel de Lviv, qui devait réviser ce dossier la semaine dernière.

Le tribunal a reporté ses délibérations au 30 octobre, a fait savoir Primechaniya vendredi.

L’une des menaces contre Voroniak a été publiée sur sa page Facebook, où un utilisateur a écrit : « Tu dois avoir peur même de ton ombre. Mort aux ennemis », a rapporté le site d’information.

Ce choix de Paliiv, dont les troupes ont assassiné un nombre incalculable de Juifs durant l’Holocauste, entre dans le contexte d’une série d’initiatives visant à rendre hommage à des nationalistes suite à la révolution de 2014 au cours de laquelle ces derniers ont joué un rôle majeur. Ils sont parvenus à déposer le gouvernement du président Viktor Ianoukovytch qui, selon ses critiques, était un faire-valoir corrompu de la Russie.

Avant la révolution également, Stepan Bandera, Roman Shukhevych et d’autres nationalistes qui avaient été accusés de complicité dans le meurtre de Juifs ukrainiens ont reçu les honneurs des autorités de l’Etat pour leur combat contre la Russie.

Mais le niveau et la fréquence de la glorification – parrainée par l’Etat – de leurs actions ont augmenté de manière spectaculaire après la révolution, qui avait entraîné un conflit armé avec la Russie et les séparatistes restés loyaux à Moscou.

Le directeur de l’Institut national de commémoration d’Ukraine, Vladimir Vyatrovich, qui a récemment qualifié Shukhevych de « personnalité éminente », a défendu au mois de mai l’exposition publique du symbole de la division SS galicienne, une unité dirigée par les Allemands et constituée de volontaires ukrainiens.

Déployer des symboles nazis est illégal en Ukraine mais la division SS Galicienne est « un symbole conforme à la législation actuelle de l’Ukraine », a estimé Vyatrovich à cette occasion.