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Marianne et Danielle au pays des Soviets : le colloque de Saint Petersbourg (1)


Le colloque qui a pour objet la Révolution d’octobre est organisé par l’officiel Institut Plekhanov et la fondation Rosa Luxembourg. Qu’est-ce que la fondation Rosa Luxembourg ? Monika nous en a dit le plus grand mal, il s’agirait d’une fondation allemande qui sous un patronyme alléchant nourrirait – comme la plupart des fondations allemandes – de sombres projets contre le socialisme dans l’Europe de l’Est en général et la Russie en particulier. J’interroge l’un des participants. Il a une belle voix de basse russe et une allure déliée, impertinente comme un personnage de caricature. Il parle français et nous l’avons surnommé « le provocateur » à la suite des réprimandes de Tatiana Filimonova, la directrice de la Maison Plekhanov, filiale de la Bibliothèque Nationale Russe qui préside les débats et passe son temps à tenter d’endiguer ses propos iconoclastes. « Le provocateur » me répond: « cette fondation s’appelait Ebert, j’ai protesté en disant qu’il s’agissait du social-démocrate coupable de l’assassinat de Rosa Luxembourg et des Spartakistes, en leur demandant « pourquoi ne pas baptiser directement votre fondation du nom d’Hitler?  » Et il ajoute: « Comme ils ne sont pas contrariants, ils l’on aussitôt baptisée ‘Fondation Rosa Luxembourg' ». Je le regarde interloquée… C’est une plaisanterie, mais elle me confirme dans l’opinion que cet organisme a peut-être des buts cachés et que tout le monde s’en doute. La représentante de la fondation en Russie Kerstin Kaiser est membre du parti Die Linke. Il y a aussi le fait qu’il se réunit avec cet ordre du jour la semaine qui précède la deuxième rencontre des universitaires réunis par le KPRF autour de la Révolution d’octobre et dont nous avons publié l’introduction.

Il y a concurrence mais aussi complémentarité parce que des intervenants de ce colloque participent à celui du KPRF. Peut-être faut-il mettre en relation d’ailleurs cette semi concurrence avec le fait que le KPRF a exclu trois sections du parti à Saint Pétersbourg pour néo-trotskisme. Des jeunes gens très militants dont l’un couvert de badges avec rubans rouges émanant des étudiants de cette branche dissidente nous confient qu’ils sont les représentants de la jeunesse communiste dudit parti et que si à Saint Pétersbourg ils s’entendent bien avec la jeunesse du KPFR, il n’en est pas de même à Moscou où c’est la guerre. Mais les autres participants du colloque n’affichent pas d’affiliation particulière. Ils interviennent plutôt dans un registre académique. Cependant le sujet, la Révolution d’octobre n’a rien de neutre, on s’en doute (1)

En fait, tout cela me rappelle ma défunte cellule de fac dans les années soixante et dix quand le PCF y était à l’apogée de son hégémonie politique et intellectuelle, alors que nous nous apprêtions à diffuser dans nos masses le programme commun. Dès qu’ils l’avaient acheté nos sympathisants les plus fidèles se précipitaient pour adhérer au PS. Et dans la cellule elle-même on commençait à entendre des opinions tout à fait incongrues. Un certain consensus règne sur le colloque, il ne sera interrompu que par trois libéraux; surtout par l’un d’entre eux docteur en sciences politiques à Moscou, Tsatourian qui fait une communication sur « la bataille pour l’information: pourquoi la première guerre mondiale se poursuit au XXIe s. » Sous ce titre il s’agit de démontrer que le péril vient de la Chine et qu’il faut que la Russie s’en prémunisse en se rapprochant de l’occident ». L’intervention suscite de nombreuses protestations. C’est un « complotiste ». Il n’a rien de scientifique, c’est l’homme de l’oligarchie, proteste un de mes voisins.

Mais si l’on excepte ces deux ou trois communications, le consensus règne sur l’idée que tout est préférable au capitalisme et que l’Union soviétique c’était mieux. Ma cellule de fac avait aussi à l’époque quelques certitudes basiques mais on y trouvait comme ici des opinions parfois étranges. Comme ce petit homme, dont le nom rappelle une motte de beurre, Maslov, (il en a parfois les mollesses sur le plan idéologique). Il est caricaturalement russe et avec sa barbichette, ses yeux clairs innocents paraît échappé d’un roman de Saltykov-Chtchedrine. Il nous présente une intervention sur « Comment surmonter la crise des mouvements socialistes et communistes »(2), il est docteur en sciences techniques à Nijni-Novgorod. Il est charmant, mais il est le petit homme qui est là pour se faire rosser. En effet, selon lui, les Allemands ont voté pour Hitler parce qu’ils étaient horrifiés par les images de la famine en URSS, famine dûe à la collectivisation. Et qaund il entend des récits expliquant que grâce à la collectivisation, l’URSS a pu avoir les moyens d’un effort de guerre inouï, il rétorque sous les protestations générales que sans la collectivisation il n’y aurait pas eu d’Hitler. Nous lui faisons remarquer Marianne et moi que l’ascension d’Hitler doit plus aux junkers, au grand capital, aux forces conservatrices et même à la social-démocratie qu’à l’électorat allemand et que de toute façon la propagande antisoviétique aurait raconté n’importe quoi y compris que les bolchevicks mangeaient les petits enfants. « Le provocateur » qui est à notre table au repas et qui l’a déjà interpellé durant les débats en lui demandant s’il avait déjà lu un autre texte de Marx que le Manifeste du parti communiste et encore… approuve le fond de notre propos mais dit que l’idée que les bolcheviques mangeaient les petits enfants n’était pas si fausse que ça vu qu’il y avait eu des cas de cannibalisme dans les périodes de famine dans la Volga, comme d’ailleurs au siège de Léningrad. Le tout sans acrimonie, du style: il faut ce qu’il faut!

Le ton général pendant ce repas animé et sympathique est à la description des « nécessités » de la période. « Est-ce que vous croyez que c’est agréable d’avoir peur tous les jours d’être dénoncé? » Ma grand-mère était terrorisée par une femme militaire, elle tremblait encore en nous la décrivant. Le petit homme qui en tient pour le fait que la collectivisation a provoqué de fait l’apparition d’Hitler nous raconte la vie de ses grands-parents. Son grand-père avait déjà été dékoulakisé. Malgré cela, il avait reçu au nom de l’Etat la gestion de la distribution des boissons alcoolisées de son village, et possédait une petite fabrique de valenki (bottes de feutre) ce qui lui valait la double reconnaissance des habitants, d’abord évidemment à cause du « produit » fort apprécié mais aussi parce que l’hiver cela donnait du travail à des familles. Oui mais voilà, celui qui jalousait cette place enviable l’avait dénoncé abusivement, l’accusant de prendre les portraits de Staline comme papier toilette (3). Il a été arrêté, envoyé au goulag, mais réhabilité après 1956. La grand-mère et les enfants ont quitté le village sous les pleurs des paysans. C’était ça le stalinisme dit-il, mais il ajoute d’un ton convaincu: « Il fallait faire la Révolution, il fallait en passer par là. On ne peut pas en douter! » Le même quelques instants après parlera avec la même sévérité d’un nouveau parti qui promet la Révolution pour novembre 2017. Il dit c’est la créature d’un oligarque que Poutine a mécontenté, il faut lire son programme, rien de social.

Notre détracteur de la collectivisation, Maslov, a tenté lui-même de fonder sans grand succès un parti social-démocrate à Nijni-Novgorod. Il s’avère qu’il aimait bien la stratégie de Georges Marchais. Ils ont tous l’air d’être bien au fait de la politique française.
Le conversation glisse sur l’article paru la veille dans l’Humanité. Nous leur résumons l’étonnante intervention de ce camarade, Jean-Jacques Dulong, avocat de son état, qui propose de retourner à la situation d’avant le Congrès de Tours et de reconstruire derrière Mélenchon un nouveau parti socialiste, un bien, pas celui qui voterait la guerre de 14-18, pas celui qui mènerait les guerres coloniales comme Guy Mollet, pas celui qui serait le loyal valet du capital et qui ferait tirer sur les mineurs comme Jules Moch, ferait l’alliance systématiquement avec la droite… pas Mitterrand qui poursuivrait l’oeuvre et nous offrirait en prime le FN, pas Hollande et son code du travail, son bellicisme… non quelque chose de nouveau avec la seule garantie de la popularité d’un Mélenchon. Et il faudrait que nous appelions cette « chose »(4): parti socialiste alors qu’il est complètement décrié, sous le seul prétexte que bien que vertueux nous sommes « démodés » et de toute façon devenus depuis l’abandon de la dictature du prolétariat de « vrais » socialistes.
Le réflexe est immédiat: si un ami bulgare m’a demandé si le PCF existe toujours pour qu’il y ait pareille histoire, un autre m’interroge: « Est-ce que l’Humanité est toujours l’organe central du PCF? Ce à quoi nous répondons au Bulgare que eux ils ont perdu un pays et que nous dans le même mouvement nous avons perdu un parti et un journal, le plus étonnant est le réflexe de l’ami Maslov. Je rappelle pour ceux qui l’auraient oublié que cet enfant de koulak envoyé au goulag et réhabilité, qui a voulu fonder un parti social-démocrate à Nijni Novgorod,et qui attribue à la collectivisation forcée l’origine d’Hitler, nous dit d’un ton définitif: « Il faut impérativement renvoyer le rédacteur en chef de l’Humanité »

Comme quoi il reste du chemin à faire au pire des révisionnistes de l’ex-Union soviétique pour rattraper un Français tant ce dernier à pris de l’avance. On gagne les compétitions que l’on peut.

Danielle Bleitrach et Marianne, nos fidèles reporters au pays des soviets (la suite demain, avec le plus rapidement possible les interventions).

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(1) Marianne a été contactée par un participant qui voulait absolument qu’elle lui présente de jeunes communistes français, parlant russe si possible. Elle découvre qu’il lui a laissé son nom et son adresse électronique sur un papier dont le revers porte les noms de toute une série de groupes ou groupuscules avec lesquels il est déjà en contact. Ils présentent tous la caractéristique de ne pas être du KPRF mais des institutions, sites et autres de tendance que l’on qualifierait de « gauchistes » .
(2) Malgré ce titre prometteur, nous n’en serons pas beaucoup plus sur le dépassement de la crise des partis en question. Et ce d’autant moins que la solution envisagée par le camarade Jean-Jacques Dulong dans l’Humanité proposant la suppression du parti communiste au profit du parti socialiste provoque une grande réprobation de sa part.
(3) Visiblement le manque de papier toilette à cette époque joue une rôle trop souvent méconnu. Dans l’intéressante et de bonne facture revue Argumenty i facty (arguments et faits) a été publié la semaine du colloque un article sur les travaux d’une jeune historienne qui révisait la vision habituelle de la prise de la forteresse Pierre et Paul. La porte de celle-ci n’avait pas été enfoncée par la foule en état de révolte, mais ce sont les soldats eux-mêmes, la troupe qui a ouvert la porte et distribué les fusils. Les officiers avaient fui si loin que personne n’en avait retrouvé trace. Au titre de ce qui avait provoqué cette fraternisation, il y avait un tas de brochures que l’armée avait saisi aux bolcheviques et en avait fait un papier toilette qui manquait cruellement. Mais les soldats s’étaient jetés sur la propagande bolchevique qui les avait convaincus.
(4) Nous avons beaucoup ri de cet article avec les amis italiens du colloque à propos de l’article du camarade Dulong paru dans l’humanité et du parti communiste italien devenue la Chose en attendant d’être rebaptisé. Il y avait une camarade de Sienne, madame Alonzi, venue présenter une communication sur « les pays de l’entente et la Révolution russe: l’aspect diplomatique » Ils étaient deux et ils m’ont parlé de l’évolution du PCF sur un chemn qu’ils avaient déjà vécu. Je leur ai répondu : »nous en sommes où vous en étiez quand vous cherchiez un nouveau nom (et un autre contenu surtout) au parti communiste italien. A ce moment-là Nannie Moretti, le cinéaste l’avait baptisé « la chose ». Nous y voilà… »

 
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Publié par le juin 4, 2017 dans Uncategorized

 

« La Révolution d’Octobre est une percée vers une ère nouvelle »

(Où il est question notamment de l’abandon de la dictature du prolétariat comme prélude à l’effondrement de l’Union soviétique, notes et traduction de Marianne Dunlop pour Histoire et Société)

Le 13 mai à Moscou s’est tenue l’assemblée plénière du Comité central de l’organisation panrusse « scientifiques russes d’orientation socialiste » (RUSO, selon l’acronyme russe), consacrée au 100e anniversaire de la Grande Révolution socialiste d’Octobre.
https://kprf.ru/ruso/165286.html

Service de presse du Comité central du Parti communiste. Aleksey Bragin.

14/05/2017

La séance est présidée par le Président du CA RUSO Ivan Nikitchuk. Sont présents également le vice-président du Comité central du KPRF, Dmitri Novikov et le secrétaire du Comité central du KPRF Mikhaïl Kostrikov. Le Plénum de RUSO a réuni plus de 100 personnes, y compris des invités étrangers en provenance du Venezuela, du Vietnam et d’Argentine.

Au début de la réunion, les membres de RUSO ont reçu des médailles commémoratives du Comité central du Parti communiste, « 100 ans de la Grande Révolution socialiste d’Octobre. » .

Dmitri Novikov: « RUSO – est l’un des plus importants centres de recherche du Parti  »
La séance a été ouverte par le vice-président du Comité central du KPRF, Dmitri Novikov. Il a transmis les salutations au Plénum du chef des forces patriotiques du peuple de Russie, Président du Comité central du Parti communiste, Guénnady Ziouganov.
« Toute force politique a besoin de capacités intellectuelles, de centres de recherche et d’analyse. Le Parti communiste n’est pas seulement une force politique. C’est un parti qui vise à transformer le système socio-politique et socio-économique actuel. Notre parti a une vision de l’avenir. Cet avenir c’est le socialisme », – a dit Novikov.
« Une telle approche exige une étude scientifique des processus qui se déroulent dans la société: économiques, sociaux, politiques, spirituels et culturels. Comme a dit Staline : « Sans théorie, nous somme morts. » Lorsqu’il ne s’agit pas d’un parti populiste, opportuniste, mais d’un parti avec une idéologie solide, on ne peut pas négliger l’importance des travaux théoriques et de recherche », – a déclaré Dmitry Georgievich.
« En ce moment, nous préparons activement le XVIIe Congrès du Parti communiste (1). Le Comité central du Parti communiste est le principal centre de recherche et d’analyse de notre Parti dans la période considérée. Un grand travail a été accompli. Les plénums du Comité central ont étudié un certain nombre de questions importantes », – a déclaré Novikov.
« Ainsi, en octobre 2013 a été examinée la question nationale et les tâches du parti pour renforcer l’amitié entre les peuples. Un Plénum important a été celui d’octobre 2014, qui a examiné l’état de la classe ouvrière en Russie et les tâches du Parti pour travailler en milieu ouvrier. Le Parti communiste a donné sa définition du prolétariat russe moderne, nous avons souligné que la dictature du prolétariat est la dictature de la majorité, dirigée contre la dictature bourgeoise de la minorité ».
« En mars 2015, nous avons abordé la question de « L’héritage révolutionnaire de la Grande Révolution d’Octobre et les tâches du Parti communiste ». Quelques mois plus tard un plénum a examiné le problème de la politique de jeunesse du Parti. « Sur les tâches du Parti pour combattre l’antisoviétisme et la russophobie » – a été le thème de la dernière réunion plénière. Nous avons montré le contenu social et de classe de la russophobie et ses relations avec l’anti-soviétisme. Toutes ces sessions plénières ont joué un rôle majeur dans la lutte concernant d’importantes questions scientifiques, politiques, économiques et sociales du point de vue de l’analyse marxiste-léniniste ».
« Le Comité central du XV Congrès a donné dans son rapport politique une analyse des problèmes socio-économiques dans le monde d’aujourd’hui, il a introduit la caractéristique de la mondialisation, qui avait déjà été abordée dans les travaux de Ziouganov. Le parti considère le globalisme comme une forme moderne de l’impérialisme ».
« Tous ces thèmes examinés au Comité central du Parti communiste ont également fait l’objet d’une étude des scientifiques d’orientation socialiste. RUSO est l’un des plus importants centres d’analyse et de recherche, proche du Parti. Cette organisation ne comprend pas seulement des membres du Parti communiste. RUSO a parcouru un long chemin avec le parti et a contribué à l’étude d’un certain nombre de questions importantes », – a déclaré le vice-président du Comité central, faisant l’éloge de cette organisation.
« Il est important qu’entre le Comité central du Parti communiste et le Conseil de RUSO existe une relation stable, et cette interaction est assurée par Ivan Ignatevich Nikitchuk avec sûreté, intelligence et constance, » – a déclaré Dmitry Georgievich.
« A l’occasion du 100e anniversaire de la Grande Révolution socialiste d’Octobre nous organisons des conférences scientifiques, des tables rondes, il y a un grand travail éditorial. En novembre 2017 nos travaux seront clôturés solennellement au cours d’événements internationaux. La dix-neuvième Réunion internationale des Partis des travailleurs se tiendra début novembre à Saint-Pétersbourg. Ensuite, les participants viendront à Moscou pour y poursuivre le travail et tenir une table ronde consacrée au 100e anniversaire de la Grande Révolution socialiste d’Octobre. Nous avons déjà eu une réunion du groupe de travail sur les préparatifs de la réunion internationale », – a déclaré Novikov.
Dans la suite de son intervention il a également parlé du travail du Centre d’études politiques du Comité central du Parti communiste (2), de la chaîne de télévision « ligne rouge » et du journal « Pravda ».
« Nous nous heurtons à des forces politiques qui mènent leur propagande. Des moyens considérables sont engagés afin de fausser l’histoire de la Grande Révolution socialiste d’Octobre en Russie, de fausser l’histoire de l’édification soviétique », – a-t-il dit amèrement.
« Nous souhaitons sincèrement un plein succès aux activités de RUSO. C’est un centre intellectuel très important du parti, qui est amené à jouer un rôle particulier dans la promotion des réalisations du socialisme, défendre la vérité sur l’histoire soviétique,  lutter contre la falsification de notre passé. Nous avons beaucoup à faire. Et il nous faudra poursuivre dans cette voie avec honneur », – a dit en conclusion le vice-président du Comité central du Parti communiste.
Ivan Nikitchuk: « La Révolution d’Octobre est une percée vers une ère nouvelle »
Puis le Président du CC de  RUSO Nikitchuk a présenté son exposé: « La Révolution d’Octobre est une percée vers une ère nouvelle».

– Camarades!

Le XX siècle a été marqué par plusieurs événements d’importance historique. C’est la victoire sur le fascisme dans la Seconde Guerre mondiale, la maîtrise de l’énergie atomique, et la percée humaine dans l’espace. Mais le plus remarquable est l’accomplissement de la Grande Révolution socialiste d’Octobre.
Nous, les scientifiques, fidèles aux principes des grandes idées du socialisme et du communisme, nous inclinons aujourd’hui avec respect et admiration devant l’héroïsme de nos ancêtres qui ont réalisé il y a cent ans une percée historique dans la lutte des travailleurs pour leur libération de l’oppression et de l’humiliation millénaires.
La victoire de la Grande Révolution socialiste d’Octobre est, en effet, un exploit sans précédent du prolétariat héroïque de la Russie pour briser la chaîne séculaire de l’exploitation de l’homme par l’homme. C’est à la fois l’hymne du parti bolchevique – le parti de Lénine et de Staline – qui a réussi à guider le vaisseau de la révolution vers les grands espaces de la transformation socialiste. C’est aussi la symphonie majestueuse des bâtisseurs du socialisme en URSS, qui ont sauvé le monde du fascisme et créé dans une période historiquement courte une superpuissance, la première à s’élancer dans le cosmos. Enfin, c’est un clairon qui durant toutes les années du pouvoir soviétique a appelé les peuples opprimés à la lutte pour leur libération.

Le prolétariat de Russie, dirigé par le Parti bolchevique, a pu non seulement renverser le pouvoir des capitalistes et des propriétaires, mais aussi conserver le pouvoir dans une lutte difficile contre l’intervention et l’encerclement capitaliste, qui avait déchaîné la guerre civile dans le pays.

Dans le creuset de la révolution est né un nouveau type d’état – l’état de la dictature du prolétariat, et le pouvoir soviétique – le pouvoir des travailleurs et de la paysannerie laborieuse.

Les libéraux et antisoviétiques d’aujourd’hui présentent souvent la Russie tsariste comme un quasi paradis sur terre, que les bolcheviks auraient détruit en prenant le pouvoir. Qu’en était-il de ce paradis?

Dans la production mondiale de 1913, la part de la Russie était d’environ 2%, tandis que la part des pays avancés (Etats-Unis, Allemagne, Angleterre, France) était de 20 à 7%. Pour le montant du produit national brut par habitant la Russie était inférieure aux Etats-Unis de 9,5 fois, à la Grande-Bretagne – 4,5, à l’Allemagne – 3,5.
La productivité du travail dans l’industrie en Russie était inférieure à celle des États-Unis de 9 fois; Angleterre – 5 fois; Allemagne – 4 fois.
Tout aussi pitoyable était l’état de l’agriculture. Au XIXe siècle, la Russie a connu 40 disettes. En 1911-1912, la famine a balayé 60 provinces. 30 millions de personnes étaient entre la vie et la mort. Selon diverses estimations, entre 1901 et 1912, la famine a tué près de 8 millions de gens.
Plus de 52% des fermes cultivaient la terre avec des araires. En 1913, il n’y avait que 152 tracteurs en Russie (aux Etats-Unis, Allemagne, France, Belgique, Pays-Bas, Danemark les tracteurs se comptaient par dizaines de milliers). 80% du travail agricole était fait à la main.
Dans la lutte contre les maladies l’homme russe était livré à lui-même. Pour 10.000 habitants en Russie il y avait 1,6 médecins, 1,7 auxiliaires de santé, 1,7 obstétricien et sage-femme. A la campagne, 1 médecin pour 26.000 ha.
Sur 1.000 nouveau-nés, 263 mourraient en Russie avant l’âge de 1 an. En Suède, 70, au Royaume-Uni, 108 et aux États-Unis et en France – 112-115.

Plus de 70% de la population était analphabète. En 1913, le nombre d’étudiants dans tous les types d’écoles (y compris religieuses et militaires) était seulement d’environ 10 millions. Pour 1000 habitants il y avait 1,7 enseignants, et aux États-Unis – 3 fois plus.
Aux États-Unis il y avait plusieurs dizaines d’établissements de niveau universitaire, en Angleterre, 18 universités, en Allemagne, 22, en France, 14, en Russie – 8.
La corruption frappait même les plus hautes sphères du pouvoir. Le Grand-Duc Alexei Alexandrovich a pillé les fonds alloués pour la construction de cuirassés de type « Borodino », suite à quoi la Russie en 1904 au lieu de 10 cuirassés de ce type en avait seulement 5. Sur les destroyers russes, croiseurs et cuirassés il y avait des turbines allemandes, des gyrocompas et télémètres suédois et anglais. Le petit nombre d’avions et de véhicules militaires étaient presque exclusivement de production étrangère.

Voici l’héritage reçu par les bolcheviks en octobre 1917. Mais la situation a été rendue encore plus compliquée après une guerre civile dévastatrice.
Le Grand Octobre a sauvé la Russie de la ruine et malgré la dévastation et les victimes de la guerre civile, a donné une forte impulsion à son développement.
Déjà en mars 1921, le dixième Congrès du RCP (b) décidé la transition vers la NEP. Avant cela, en 1920, le gouvernement de RSFSR sous la direction de Lénine a élaboré un plan prometteur pour l’électrification du pays (GOERLO). Le résultat n’a pas tardé à venir. Le chiffre de la production industrielle brute en 1925 a atteint 75% du niveau de 1913, et en 1926 il l’a dépassé de 8%. Les produits de l’industrie de l’ingénierie en 1925 ont dépassé le niveau d’avant-guerre de 13%. Le pétrole et le charbon ont retrouvé à peu près leur niveau d’avant-guerre. Les industries légère et alimentaire ont été restaurées pour l’essentiel. En 1925, l’agriculture a été remise en état.
En 1926, l’Union soviétique est entrée dans une période de lutte pour l’industrialisation et la collectivisation de l’agriculture.
Le premier plan de développement économique quinquennal (1928-1933) avait pour principaux objectifs la transformation de l’URSS d’un pays agraire et arriéré à un pays industriel, créant ainsi une économie capable de rénover tous les secteurs de l’économie, renforcer la capacité de défense de l’URSS, élever le niveau de vie matériel et culturel du peuple soviétique.
Les objectifs du premier plan quinquennal ont été respectés. Sont apparus les premiers géants de l’industrie, combinats de fer et acier à Magnitogorsk et Kouznetsk, les usines de tracteurs à Kharkov et Tcheliabinsk, les usines d’automobiles à Moscou et Nijni-Novgorod.
Le Deuxième plan de développement quinquennal (1933-1937) a été réalisé en 4 ans et 3 mois. En 1937, l’industrie a atteint 2,2 fois le niveau de 1932, l’industrie lourde 3,4 fois. Les produits d’ingénierie ont augmenté de près de 1,5 fois.
Le troisième plan quinquennal (1937 -1941) prévoyait la poursuite du développement du fer et de l’acier, des industries du charbon et du pétrole, en particulier la mise en place dans la zone située entre la Volga et l’Oural d’une nouvelle base oléifère, le Deuxième Bakou. L’objectif était de rattraper et dépasser le niveau de la production par habitant des pays capitalistes développés.
La mise en œuvre du plan quinquennal allait bon train. Elle a été interrompue par la guerre déclenchée par l’Allemagne nazie.
Au début de la guerre, l’Union soviétique possédait une puissante industrie, une agriculture socialiste développée et une main-d’œuvre qualifiée. Le 1er janvier 1941 le nombre de spécialistes de l’économie nationale avait atteint 2,4 millions de personnes, dont 909 000 avec une éducation supérieure et 1,5 million une éducation secondaire spécialisée. Dans la dernière année d’avant-guerre, le nombre de diplômés en génie était de 295.000, aux États-Unis 170.000.
L’Etat soviétique au cours des années des plans quinquennaux d’avant-guerre a fait des progrès considérables dans le développement de l’industrie. En 1940, la production d’électricité par rapport à 1913 avait augmenté de 25 fois. La production de charbon multipliée par rapport à 1913 par plus de 6. La production brute de l’industrie chimique, y compris les mines et les produits chimiques, a augmenté de 25 fois.
La production brute de la construction mécanique, en 1940, a dépassé le niveau de 1913 de 30 fois. De nombreuses branches de l’ingénierie ont été créées à partir de zéro dans l’ère soviétique: les tracteurs, l’automobile, l’industrie de l’aviation et d’autres.
En 1940, l’URSS possédait d’une agriculture développée. Dans le pays, il y avait 237.000 kolkhozes et 4.000 sovkhozes, sept mille MTS. L’agriculture disposait de 531.000 tracteurs, 182.000 moissonneuses-batteuses, 228.000 camions et autres véhicules.
Les années de guerre ont démontré une fois de plus les avantages de l’économie soviétique, qui lui ont permis de tenir, de se regrouper, de fournir au front tout le nécessaire dans les conditions les plus difficiles.
Pendant la guerre, le pays a perdu environ 27 millions de citoyens et subi d’énormes pertes matérielles, qui se montent à une somme astronomique – environ 3 billions de roubles soviétiques. Ont été entièrement ou partiellement détruites 1.710 villes et agglomérations urbaines, plus de 70 000 villages, environ 32 000 entreprises industrielles, 65.000 km de voies ferrées, 75 millions de personnes se sont retrouvées sans toit. Les envahisseurs ont détruit 98.000 fermes collectives et 1.876 fermes d’État, ils ont emporté et égorgé plusieurs millions de bovins.

Au cours des cinq premières années après la guerre ont été restaurées ou reconstruites complètement plus de 6.000 entreprises industrielles. Au cours de ces années, les fondations ont été posées de l’énergie nucléaire et de l’électronique. En 1948, près de Tcheliabinsk a eu lieu le lancement du premier réacteur nucléaire et mise en service une usine de séparation du plutonium radiochimique. Cela nous a permis de commencer à tester des armes nucléaires. Le 29 août 1949 sur le site d’essais nucléaires de Semipalatinsk a été testée la première bombe atomique soviétique RDS-1, mettant un terme au monopole américain sur les armes nucléaires.
Dans les années d’après-guerre, le pays s’est développé rapidement avec une augmentation d’environ 10% annuel. Un symbole du progrès technologique URSS a été la conquête du cosmos. En octobre 1957 a été lancé le premier satellite artificiel. Et en avril 1961, s’est élancé dans l’espace le premier homme dans le monde, le soviétique, le communiste Youri Gagarine.

Au milieu des années 80, l’Union soviétique était devenue une grande puissance qui sur de nombreux points occupait la première place au monde. L’autorité de l’URSS sur la scène internationale était incontestée. De nouvelles branches de la science et de la technologie apparurent, liées à l’espace, au développement de l’énergie nucléaire.
L’enseignement secondaire et supérieur étaient complètement gratuits. Au début des années 80 l’Union soviétique avait 856 établissements supérieurs (dont 65 universités), avec un effectif de près de 5 millions d’étudiants. Pour le nombre d’étudiants par 10.000 ha l’Union soviétique devançait significativement des pays tels que le Royaume-Uni, la République fédérale Allemande, la France, le Japon et d’autres. Il y avait environ sept mille établissements d’enseignement professionnel, avec un effectif de 3,5 millions d’étudiants. Près de 200 000 écoles secondaires, avec un effectif de 55 millions d’élèves.
Au début des années 80, la science en URSS est devenue l’un des secteurs les plus développés de l’économie. Les organisations scientifiques occupaient 1 million de chercheurs.

Après la victoire dans la Seconde Guerre mondiale la position de l’Union soviétique s’est considérablement renforcée. De nombreux pays d’Europe de l’Est, d’Asie et d’Amérique ont opté pour la voie socialiste du développement. Une organisation pour l’intégration économique de ces pays (CAEM) s’est constituée, ainsi qu’une alliance militaire – le Pacte de Varsovie, pour résister au bloc agressif de l’OTAN. Des troupes soviétiques étaient stationnées sur le territoire des démocraties populaires en Europe, ainsi qu’au Vietnam et à Cuba, garantissant à la population de ces pays une construction socialiste pacifique. Au début des années 80 du XX siècle, le socialisme était en position de vaincre dans une compétition pacifique le capitalisme. Cependant, cela ne s’est pas produit.

À un moment donné ce grand pays s’est retrouvé aux mains de bandits et d’escrocs. Le coup d’Etat contrerévolutionnaire, bien sûr, se préparait depuis de longues années. Le point de départ de ce processus se situe presque immédiatement après la mort de Staline.

Les causes ce qui s’est passé peuvent être divisées en internes et externes.

Le renforcement de l’Union soviétique a porté à sa limite extrême la lutte tant ouverte que cachée du capital contre le travail. Le capitalisme avait peur de la montée en puissance de l’Union soviétique, la croissance de son prestige international. Le camp capitaliste, déchiré lui-même par des contradictions internes, en prévision de la prochaine crise qui pourrait être la dernière, avait besoin de « sang frais » – de nouveaux marchés pour leurs produits, de nouvelles sources de matières premières, de main-d’œuvre bon marché. Et une telle source pouvait devenir et est effectivement devenue l’URSS et les pays socialistes. Les principaux pays capitalistes, en particulier les États-Unis, n’ont pas lésiné sur la dépense de plusieurs milliards de dollars pour la propagande antisoviétique, la formation dans les pays soviétiques d’une « cinquième colonne » de traîtres et renégats. L’un des points clés de cette propagande était la thèse de l’absence en URSS de « vraie démocratie. » C’est cette démagogie de la démocratie qui a été le principal pilon compresseur utilisé contre le socialisme soviétique. Il y a eu aussi l’introduction des relations de marché dans la production, lorsque le profit est devenu la mesure du succès. Cela a créé une âpreté au gain, et a changé la psychologie des travailleurs. Nous avons eu ensuite la devise hypocrite de Gorbatchev: « Plus de démocratie – plus de socialisme ». Sous cette couverture démagogique la classe ouvrière n’a pas vu venir le harnais de l’exploitation qui devait à nouveau l’asservir. Elle n’a pas remarqué qu’elle devenait une nouvelle fois le vendeur de sa force de travail. Le soutien social de Gorbatchev, c’était l’économie de l’ombre (criminelle) et le mouvement prétendument coopératif. Désorienté par le bruit médiatique, l’homme de la rue s’est laissé rouler dans la farine par les « valeurs universelles » de la perestroïka de Gorbatchev, tandis que des escrocs stipendiés et des « extralucides » invitaient le public à placer devant la télévision et la radio des récipients avec de l’eau pour la charger de leur énergie vivifiante, capable de soigner toutes sortes de maux. Résultat, les maladies sont restées, mais le pays s’est dissout.

Mais le fait que le travailleur soviétique, devenu un petit bourgeois, ait avalé avec plaisir ce brouet toxique est avant tout notre faute à nous, les communistes, et au Parti communiste dans son ensemble. Les raisons en sont le renoncement aux normes léninistes de la vie du parti, la promotion à l’intérieur du parti de démagogues et d’ignorants, d’intrigants et de traîtres, le manque d’attention au développement de la doctrine marxiste-léniniste, la fuite en avant, l’abolition de la dictature du prolétariat, l’introduction dans l’économie socialiste d’éléments de gestion incompatibles, le formalisme dans l’éducation de l’homme nouveau – constructeur du futur socialiste.

Le formalisme dans l’éducation de l’homme nouveau a été, peut-être, l’un des principaux facteurs de la défaite du socialisme. Le Parti a sous-estimé la présence dans l’état d’esprit de propriétés et aspirations qui sont étrangères à l’homme de l’avenir socialiste et communiste, et qui se sont formées dans la longue histoire de l’humanité. Ce désir de vivre dans le luxe, la richesse, au détriment des autres, de vivre en profiteur, de voler, d’arracher, etc. Ces propriétés ont largement déterminé le comportement des gens sous le système esclavagiste, le féodalisme et le capitalisme. Ces propriétés sont dans bien des cas, la cause de nombreuses conquêtes militaires. Ce sont ces qualités viles de l’homme sur lesquelles se sont appuyés ceux en 1991 et les années suivantes ont écrasé l’Union soviétique. Nous nous souvenons tous des fausses promesses de devenir le propriétaire de deux « Volga » pour un voucher, ou le slogan publicitaire de Golubkov « Nous restons assis ne rien faire et l’argent tombe goutte à goutte» -, etc. Il suffisait d’ouvrir la boîte de Pandore, et les gens ont massivement oublié les idéaux de la justice, de la fraternité, l’amitié, l’altruisme, et les serments donnés, trahissant en même temps non seulement le gouvernement soviétique, le parti, mais aussi leurs pères et grands-pères qui ont sacrifié leur vie pour défendre le pouvoir des Soviets, et ces gens se sont précipités dans le tourbillon du marché dans l’espoir de s’enrichir. Mais sous ce beau papier d’emballage, pour la grande majorité, ce furent la ruine et la pauvreté.

La prise en compte insuffisante de l’influence de ces mauvais traits de la nature humaine, alliée au populisme primitif, sont visibles également dans la tentation de brûler les étapes, quand on a commencé à faire la promesse que « la génération actuelle de peuple soviétique vivrait sous le communisme. » La promesse Khrouchtchévienne de construire le communisme en 20 ans a compromis l’idée socialiste. De plus, elle a, bien qu’indirectement, fait pencher très dangereusement le peuple en faveur de la « société de consommation » à l’occidentale.

Après la mort de Staline, il y a eu une épuration des cadres idéologiques. En conséquence, c’est l’intelligence du parti et du peuple soviétique qui ont souffert, ses buts ont été dénaturés. A cette époque, ont été adoptées non seulement des décisions idéologiquement peu judicieuses, mais simplement hostiles au Parti et à tout le peuple soviétique.

Une de ces décisions est l’abandon de la dictature du prolétariat. Ce problème est l’un des plus importants et fondamentaux du marxisme. Dans le programme du parti adopté au XXII Congrès, l’état de la dictature du prolétariat s’est transformé en Etat du peuple tout entier, un organe exprimant les intérêts et la volonté de tout le peuple. Cette thèse est dans son essence profondément non scientifique et contraire au marxisme-léninisme. Dans son célèbre ouvrage « L’économie et la politique à l’époque de la dictature du prolétariat » (octobre 1919), Lénine souligne en particulier: « Le socialisme signifie l’abolition des classes. La dictature du prolétariat a fait pour cette destruction tout ce qu’elle pouvait. Mais on ne peut pas détruire les classes immédiatement. Les classes restent et resteront à l’époque de la dictature du prolétariat. La dictature ne sera plus nécessaire lorsque les classes disparaitront. Elles ne disparaitront pas sans la dictature du prolétariat ». La société soviétique restait une société de classe, et soulever la question de l’abolition de la dictature du prolétariat était une grosse erreur, qui a également contribué à l’effondrement de l’URSS.

Une autre décision qui a porté un coup irréparable à la conscience sociale du peuple soviétique, ce fut la soi-disant démystification du « culte de la personnalité », qui n’était pas dictée par les circonstances objectives des activités de Staline, mais basée sur l’animosité personnelle de Khrouchtchev envers Staline. Soit dit en passant, les positions du rapport secret de Khrouchtchev, adoptées par le XXe Congrès du PCUS « pour information », sont toujours en vigueur. Nous pensons que le Comité central du Parti communiste devrait discuter de cette question et prendre sa décision lors du prochain congrès du parti et dans un communiqué désavouer la position du rapport Khrouchtchev. Il est nécessaire de mettre un point final à cette question, formuler exactement l’attitude du parti face aux insinuations sur les activités de Staline.

Toutes ces erreurs ont finalement conduit au coup d’Etat contre-révolutionnaire avec les chars faisant feu sur le pouvoir soviétique, un tournant tragique dans l’histoire de notre Etat et notre nation, sur la communauté socialiste, qui a influencé tout le cours de l’histoire mondiale. Les échos de cet événement se poursuivent aujourd’hui, en prenant parfois la forme d’affrontements ethniques sanglants et de tragédies humaines. L’une d’elles sont les massacres du Donbass.

Depuis plus d’un quart de siècle, le pays se débat dans le marais du capitalisme sauvage. Le peuple a été pillé et jeté dans la misère par les prédicateurs de la « démocratie ». Au lieu de la démocratie, on a l’arbitraire bureaucratique généralisé, la violation cynique de la constitution, la prise illégale du pouvoir par la manipulation des résultats des campagnes électorales, toutes sortes de restrictions et le « filtre » à travers lequel sont nommés des candidats commodes pour la fonction publique à différents niveaux. Toutes les sphères de la société ont subi d’énormes dégâts. Ont été détruit des secteurs entiers de l’économie, la campagne est dévastée. Les citoyens ont été privés des principales réalisations du socialisme – le droit au travail, aux loisirs, au logement, à l’éducation et aux soins de santé gratuits. Le marché intérieur a été inondé de marchandises étrangères. Le pays a, en effet, cessé de produire quoi que ce soit d’autre que l’énergie et autres matières premières, devenant un appendice de l’économie de l’Ouest. Le pays est plongé dans une crise permanente, dont on ne voit pas la fin. Les autorités n’ont pas de plans ou de stratégies, ou bien leurs plans et stratégies, consciemment ou pas, conduisent à la destruction du pays.

L’éducation, la santé et la science ont été victimes d’une réforme sauvage. La part de la Russie dans l’économie mondiale en 2014 était d’environ 5%, en 2016 de 3,3%, en 2020, elle sera de 2,6%, s’approchant des indicateurs de la Russie tsariste en 1913. En 2016, en termes de PIB, la Russie est classée 6e dans le monde, mais le PIB par habitant est 44ème.
Le pays est livré à une vente aux enchères, qui se poursuit encore aujourd’hui. Le nombre total de sociétés entièrement détenues par l’État ne représente aujourd’hui que 9%. Le gouvernement, le 2 février de cette année, a examiné, et maintenant envisage sérieusement la privatisation de VTB (banque du commerce extérieur), des chemins de fer russes, de la poste russe et d’autres avoirs majeurs. Il est prévu de transférer à des mains privées, y compris étrangères, environ 500 sociétés anonymes, 300 FSUE. La privatisation guette plus d’un millier d’autres objets de propriété de l’Etat. Toute cette machine sera vendue en trois ans pour une somme ridicule, le budget chaque année recevra 56 milliards de roubles.

Aujourd’hui, l’économie appartient à la Russie seulement pour moitié. Au début de 2015, dans le secteur de l’extraction des minéraux, la part des capitaux étrangers était égale à 56%, dans l’industrie manufacturière, 40%, dans la production d’électricité – 30%, dans le secteur du commerce de gros et de détail – 90%. De plus, au cours des 3 dernières années la part de capitaux étrangers a augmenté d’un tiers. Un jour, nous pouvons nous réveiller dans un pays qui ne nous appartient pas.
/…/
En ce qui concerne la forme de la restauration du pouvoir soviétique, elle peut être relativement paisible, si la bourgeoisie russe pour son auto-préservation renonce à la violence contre les masses laborieuses, le jour où elles voudront se débarrasser de son omnipotence. Mais le meilleur exemple de libération nous est montré par l’héroïque prolétariat russe, qui sous la direction des bolcheviks a obtenu la victoire dans la Grande Révolution socialiste d’Octobre. Et cet exemple devrait nous inspirer à de nouvelles victoires.

Je vous remercie pour votre attention!

(1) qui s’est tenu depuis, le 27/05/17

(2) école centrale du Parti

 
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Publié par le mai 28, 2017 dans Uncategorized

 

Le programme du colloque de Saint-Pétersbourg auquel nous participons Marianne et moi

Saint-Pétersbourg 2017


30 mai
9.00-9.30– accueil

10.00. Ouverture

Discours de bienvenue :
Directeur de la BNR Visli, puis Directrice de la fondation Rosa Luxembourg en Russie Kerstin Kaiser [die Linke]

1) La révolution de 1917 dans le contexte historique russe
Docteur en hist. V.V. Kalachnikov (St-Pétersbourg)

2) Interprétation marxiste et libérale de la révolution : débat d’experts ou confrontation idéologique ?
Docteur en philosophie Chevtchenko (Moscou)

3) La révolution russe et l’Italie : historiographie russe et italienne
Docteur en hist. Lioubine (Moscou)

4) La révolution de 1917 en Russie – une révolution à la périphérie (au sujet d’un débat parmi les historiens allemands)
Docteur en philosophie Hedeler (Berlin)

5) Historical Significance and Enlightenment of the October Revolution
Docteur en philosophie Yin Qian (Nankai)

6) Le romantisme de la révolution et la logique de l’édification (réflexions pour l’année du centenaire)
Docteur en hist. Kosolapov (Moscou)

7) Le facteur ukrainien dans le processus révolutionnaire russe de 1917
Docteur en hist. Soldatenko (Kiev)

14.00-14.45– Repas

1) La révolution russe : de la dictature démocratique à la dictature du prolétariat et au socialisme ou au «système communautaire non-capitaliste»?
Docteur en hist. Kurenyshev (Moscou)

2) 1917: Actualité de l’expérience et de l’héritage politique de Lénine
Docteur en hist. Sakharov (Moscou)

3) Position politique de Plékhanov au cours de la révolution de 1917
Docteur en philosophie Sakamoto (Тоkyo)

4) Les causes de la défaite du libéralisme en1917  (les événements auraient-ils pu se dérouler autrement?)
Mordvinkova (Моscou)

5) Les démocrates radicaux et 1917 : occasions manquées de transformation de la Russie
Docteur en hist. Talerov (St-Pétersbourg)

6) L’assemblée constituante comme une voie possible pour réformer le système politique de l’URSS: à travers la presse des informels (1989-1991)
Docteur en histoire Stroukova (Моscou)

Discussion sur les rapports présentés
……………………………………………………………………………..

31 mai 10.00.

1) The October Revolution Opened Up a Bright Road For Human Development and Progress
Docteur en philosophie Kou Qingjie (Nankai)

2) Les pays de l’Entente et la révolution russe : l’aspect diplomatique
Docteur en philosophie Alonzi (Sienne)

3) La région de la Mer Noire dans la politique étrangère de la RSFSR et la position de la Grande-Bretagne (1918 – 1920)
Docteur en histoire Demtchenko (Оdessa)

4) L’intelligentsia d’avant la révolution et son influence sur l’évolution de la société soviétique pendant la NEP
Docteur en histoire Yerochkina (St Pétersbourg)

5) Le troisième front: les héritiers de «En avant» dans le système éducatif des années 20
Docteur en histoire Lapina (St Pétersbourg)

6) La politique éducative et culturelle de l’Etat dans les années 20-30 et son influence sur le développement des petits peuples du Nord, de la Sibérie et de l’Extrême-Orient
Docteur en philosophie Nabok (St Pétersbourg)

14.00-14.45– repas

1) L’influence de la révolutionde 1917 sur l’éducation et les sciences pédagogiques
Docteur en histoire Terentiéva (St Pétersbourg)

2) La révolutiond’octobre 1917 et l’art russe de l’époque du « communisme de guerre »
Docteur en histoire Yevseviev (St Pétersbourg)

3) Les aspects historiques de la formation de l’économie centralisée en URSS : la gestion forestière comme facteur de développement économique et écologique
Docteur en histoire Panioutine (St Pétersbourg)

4) The October Revolution as Heritage
Docteur en philosophie Du Zhun (Тianjin)

5) La «déstalinisation » et son influence sur le PCF: ce que nous pouvons réaliser?
Docteur en philosophie [sic] Bleitrach D. (Маrseille)
Docteur en philosophie [sic] Dunlop M. (Аrras)

6) L’énigme d’un parti révolutionnaire
Docteur en sciences politiques Kagarlitski (Moscou)

Discussion sur les rapports présentés

…………………………………………………………………………………..

1 juin 10.00.

1) Aperçu historique : «Terminologie des événements de 1917»
Docteur en histoire Izmozik (St Pétersbourg)

2) Marx’s Dialectics in the Horizon of Post-Metaphysics
Docteur en philosophie  Zhang Jianhua (Тianjin)

3) La catégorie de « Parti de type nouveau » et l’analyse de l’histoire du POSDR
Docteur en histoire Savelev (Moscou)

4) Fichte, Liszt, Witte, Staline : Etat isolé, protectionnisme, accumulation primitive socialiste et « socialisme dans un seul pays »
Docteur en histoire Kolerov (Moscou)

5) La bataille pour l’information: pourquoi la première guerre mondiale se poursuit au XXI s
Docteur en sciences politiques Tsatourian (Moscou)

6) L’importance d’une continuité entre le complexe militaro-industriel de la Russie et de l’URSS
Nersisian (Moscou)

14.00-14.45– Repas

1) Le mouvement anarchiste espagnol comme projet culturel alternatif 1920-1930
Fiodorov (Moscou)

2) Privatization of Awareness? The Kibbutz in the 21th century
Directeur financier du Kibboutz «ZIKIM» Ori Оphir. (Tel Aviv)

3) Les aspects sociaux de l’influence de la Grande Révolution socialiste d’octobre sur la Bulgarie sous le capitalisme et le socialisme
Docteur en philosophie Duranbek (Sofia),
Docteur en philosophie Khitov (Sofia)

4) L’économie de la Bulgarie socialiste dans le contexte des processus d’intégration du Comecon et du reste du monde
Docteur en philosophie Khitov (Sofia)

5) L’expérience de l’Etat soviétique et la Yougoslavie : de l’emprunt à la distanciation
Docteur en histoire Chakhine Youri (Sébastopol)

6) Comment surmonter la crise des mouvements socialistes et communistes
Docteur en sciences techniques Maslov (Nijni-Novgorod)

7) «Théorie synthétique de l’évolution» et problème des alternatives de développement historique
Docteur en philosophie Konachev (St Pétersbourg)

Discussion sur les rapports présentés

Clôture

 
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Publié par le mai 25, 2017 dans Uncategorized

 

Pourquoi la gauche occidentale n’arrive à rien? (Un point de vue russe sur la social-démocratie, NdT) par Pavel Volkov, publiciste

Ce qui rend ce texte encore plus passionnant c’est le fait qu’il n’émane pas d’un communiste… sans doute parce qu’il témoigne de l’empreinte laissée par la Révolution d’octobre sur la conception même de toute issue révolutionnaire sur les Russes et ce qu’ils peuvent de ce fait apporter dans un dialogue renouvelé. Il est de ce fait intéressant de noter son constat d’impuissance de la « gauche » occidentale parce que pour éviter de réclamer l’appropriation de la propriété collective, elle finit par entretenir des ambiguïtés qui la rapprochent souvent des apories du national-socialisme et peinent à convaincre les exploités. Il s’agit essentiellement de la social-démocratie, y compris dans ses formes les plus contestataires de Bernie Sanders à Mélenchon. Mais les partis communistes de l' »eurocommunisme » n’ont-ils pas ouvert la voie? (note de Danielle Bleitrach et traduction de Marianne Dunlop pour histoire et société)

https://vz.ru/opinions/2017/5/4/868866.htm

La crise mondiale économique, idéologique, spirituelle, existentielle, à laquelle la politique libérale ne peut offrir d’issue, fait émerger d’autres forces qui ont leurs propres solutions.

Des noms comme Donald Trump, Viktor Orban, Marine Le Pen, Nigel Farage, se sont durablement installés dans les éditions quotidiennes des médias du monde entier. Ils sont critiqués, haïs, admirés, adulés ou délaissés – selon le choix de chacun.

Ces politiciens sont étiquetés aujourd’hui populistes de droite, patriotes nationalistes, traditionalistes, peu importe. Mais l’essentiel est qu’ils sont là et qu’ils ont une existence indépendante. Que se passe-t-il sur l’autre flanc de la politique?

Pourquoi la gauche moderne, contrairement à ses prédécesseurs classiques de la première moitié du XX siècle, est-elle tellement passive, ne produisant plus de grands leaders avec des programmes révolutionnaires dans tous les sens du terme? Où sont-ils passés?

En fait, on observe un certain regain sur le flanc gauche, mais ces dirigeants semblent pour une certaine raison ne pas représenter une véritable alternative aux centristes, ni les qualités indispensables pour faire pièce aux populistes de droite.

Qui incarne aujourd’hui le mouvement de gauche dans les principaux pays de l’Occident?

Nous n’irons pas jusqu’à reprendre l’affirmation ridicule que Barack Obama serait à gauche, cependant le sénateur du Parti démocratique Bernie Sanders aux Etats-Unis a une réputation bien établie en tant que socialiste.

En même temps, il ne préconise pas la propriété collective des moyens de production, mais une propriété privée collective sous la forme de coopératives de travailleurs.
Il offre aux Américains une sorte de « socialisme à la suédoise » – un état social, où les travailleurs renonceront à la lutte des classes en échange des fortes garanties sociales qui leur seront fournies. Il ne précise pas où il compte obtenir les fonds pour cette récompense sociale.

Sanders croit que le capitalisme doit être surmonté non par la révolution, mais la réforme et l’évolution. Néanmoins, en bon social-démocrate, il ne dit pas pourquoi les capitalistes accepteraient volontairement les transformations sociales proposées par les classes populaires.

Et, bien sûr, dans la rhétorique de Sanders une place importante est dévolue à la communauté LGBT et à la dépénalisation de la marijuana.

Jean-Luc Mélenchon, politicien « gauche-vert » (comme il s’appelle lui-même), qui a tenté d’opposer quelque chose à Macron et Le Pen aux élections en cours en France, était dans sa jeunesse un trotskyste, passé ensuite à la social-démocratie et à l’écologie.

De plus, Mélenchon, poursuivant la tradition de l’école de Francfort, à l’origine en mai 68 à Paris de la première révolution de couleur au monde, appelle ses partisans à une « révolution citoyenne », dont la locomotive ne sera pas, comme dans le marxisme-léninisme classique, la classe ouvrière, mais d’une manière abstraite « tous les citoyens concernés par leur pays. »

Même en laissant de côté le contenu idéologique de ces théories, il est impossible de ne pas prêter attention à leur éclectisme et leur incohérence. Pour soutenir quelque chose, vous devez d’abord comprendre en quoi consiste ce quelque chose. A en juger par le premier tour des élections, les Français n’ont pas compris précisément ce qu’on leur proposait.

Peut-être, la plus brillante étoile dans le ciel de gauche en Occident est le chef du Parti travailliste britannique Jeremy Corbin.

C’est un antifasciste conséquent, qui a fait campagne pour la mise en jugement de Pinochet, un adversaire de l’OTAN, partisan d’une Irlande unie, qui admirait Hugo Chavez et d’autres héros du panthéon socialiste.

Mais voilà le hic. Corbin participe également à Amnesty International, une organisation fondée par le Labour britannique, qui en son temps était particulièrement engagée dans la lutte contre l’Union soviétique. Non moins étrange pour un politicien de gauche est sa sympathie pour les nationalistes radicaux du groupe Sri lankais actuel « Tigres de libération de l’Eelam Tamoul », que l’UE considère à juste titre comme des terroristes.

N’est-ce pas une étrange dualité? Comment tout cela peut-il tenir ensemble?

Une illustration frappante de la crise qui frappe les idées de gauche est que le Parti communiste de la Grande-Bretagne, un parti marxiste classique, a pour la première fois depuis 1920 renoncé à son autonomie politique et exprimé son soutien lors les élections locales du 4 mai 2017 au candidat du parti travailliste Jeremy Corbyn.
Comment ne pas se souvenir ici du personnage des « Démons » Petr Verhovenski qui trois fois dans un court chapitre répète à Stavroguine: « Je suis un escroc, pas un socialiste ! »
Cette escroquerie, à laquelle, pour des raisons évidentes, le peuple ne se laisse pas tellement prendre, c’est le « socialisme démocratique » ou l’eurocommunisme, une arme utilisée par les Travaillistes et visant à améliorer la vie de la classe ouvrière de son pays grâce au pillage du Tiers-Monde et de l’espace post-soviétique. Cette solution socio-économique a été appelée la « troisième voie ».

Afin de comprendre les processus qui se déroulent aujourd’hui, il faut revenir à l’époque de l’apparition du parti travailliste.

A ses origines étaient des membres de la Fabian Society. Elle a été fondée en 1884, un an après la mort de Karl Marx, par des intellectuels avec le soutien de la bourgeoisie britannique, qui, après avoir étudié les œuvres de Marx, a décidé qu’il était préférable de limiter ses appétits, plutôt que de perdre le pouvoir suite à une révolution socialiste.

Leur idée de base était, à l’aide de programmes gouvernementaux, de transformer une partie du prolétariat en petits propriétaires, afin d’étouffer ainsi les sentiments révolutionnaires.

Fait intéressant, la société a été nommée en l’honneur du général romain Fabius MaximusCunctator, le « Temporisateur ». Il a été élu dictateur au moment où Hannibal était proche de la victoire sur Rome et il a réussi à écraser son adversaire en esquivant constamment le combat.

Autrement dit, au moment où la popularité du marxisme était croissante a été créé un concept extérieurement semblable au socialisme, destiné à « sauver Rome », mais en réalité à détruire le socialisme. Ce n’est pas pour rien si sur le premier emblème de la Fabian Society figurait un loup dans une peau de brebis faisant directement référence à l’Evangile de Matthieu: « Méfiez-vous des faux prophètes, qui viennent à vous en vêtements de brebis, mais au dedans sont des loups ravisseurs. »
Ainsi, la brebis bêlait sur l’amélioration de la vie des travailleurs et « l’édification du socialisme d’une manière évolutive, sans bouleversements révolutionnaires », tandis que le loup grondait sur l’économie contrôlée par l’élite capitaliste.

Parmi les plus célèbres politiciens travaillistes on trouve des fabiens comme Tony Blair, Gordon Brown et Ed Miliband. D’ailleurs, c’est au temps où Blair était Premier ministre, au début des années 90, que le mot « socialisme » a disparu des programmes électoraux du parti, ce qui était tout à fait logique. L’Union soviétique avait disparu, ainsi que la menace communiste, de sorte que le loup n’avait plus aucune raison de continuer à se déguiser en brebis.

La postérité de la Fabian Society ne se limite pas au parti travailliste. Le célèbre dramaturge et fabien Bernard Show, un peu comme Jeremy Corbin avec Chavez et Amnesty International, admiraient simultanément l’Union soviétique (où il s’était même rendu en visite), tout en étant ami de Lord et Lady Astor, des personnages politiques d’ultra-droite, membres du célèbre groupe de Cliveden. Permettez-moi de vous rappeler que cette fameuse clique de Cliveden était un groupe de l’élite britannique favorable à une alliance de la Grande-Bretagne et de l’Allemagne nazie contre l’Union soviétique.

En outre, le socialiste Shaw ainsi que les époux Webb, fondateurs de la Société fabienne et un autre ami de l’Union soviétique HG Wells ont appuyé le « Programme pour la prospérité de la nation » proposé par l’instigateur de la guerre des Boers, Lord Alfred Milner. Le programme portait sur la création d’une « race impériale » face à la domination des Irlandais et des Juifs.

C’est ainsi que le colonialisme a été reconnu comme un outil permettant d’améliorer la vie des travailleurs britanniques sans une révolution socialiste. Cette idée a connu un grand succès.

C’est à la même époque que s’est constitué le club intellectuel « Coefficients », dont les participants réguliers étaient apparemment des gens idéologiquement incompatibles: le raciste Alfred Milner, les fondateurs de la géopolitique, partisans de l’idée de l’espace vital Halford Mackinder et Karl Haushofer, et les socialistes fabiens Sidney et Beatrice Webb ainsi que le socialiste-pacifiste Bertrand Russell.

L’exemple de l’un des poussins de la couvée Milner, le fondateur de l’empire du diamant De Beers, Cecil Rhodes, nous permettra de comprendre ce que faisaient dans un même club britannique des antifascistes socialistes avec des racistes et des impérialistes.

Cecil Rhodes était convaincu que la création d’un empire mondial par les Britanniques « rendrait la guerre impossible et aiderait à mettre en œuvre les meilleures aspirations de l’humanité. » Les contradictions de classe au sein de la société britannique s’effaceraient grâce au rassemblement de la société autour de l’appartenance à une race supérieure de seigneurs. En conséquence, les capitalistes et prolétaires blancs règneraient ensemble sur les indigènes des colonies.

Rhodes a aussi lancé le slogan: « L’Empire est une question d’estomac. Si vous voulez éviter la guerre civile, devenez impérialistes ». Ainsi, il fut proposé au travailleur anglais, pour améliorer son bien-être, de passer de la lutte sociale nationale à l’expansion coloniale et l’exploitation des « races inférieures » d’Asie et d’Afrique, et, comme l’histoire l’a montré, ce fut une grande réussite.

Les guerres se termineront, l’ouvrier anglais cessera de mener une existence misérable (le socialisme exclusivement pour sa propre nation, le national-socialisme) – voilà deux points qui expliquent l’union des fabiens avec les racistes à la Milner.

Au cours des dernières années l’expression paradoxale « fascisme libéral » est devenue assez répandue. Beaucoup en ont entendu parler, mais peu de gens savent qui l’a inventée. C’était en 1932, le socialiste-fabien Herbert Wells, et dans sa bouche cette expression n’avait pas de connotation négative. S’adressant à Oxford à des progressistes libéraux et des socialistes, il a dit: « Je veux voir des fascistes libéraux, des nazis éclairés. » Cette question a été analysée par le célèbre chercheur Manuel Sarkisyants dans son livre « Les racines anglaises du fascisme allemand »: « C’était un « socialisme » comme premier pas vers la démarcation d’une nouvelle race de seigneurs par rapport à la race des bestiaux ».

Par la suite, c’est ce groupe d’intellectuels de droite et de gauche, à travers le premier ministre Lloyd George, qui fit approuver les accords de Munich, point de départ de la Seconde Guerre mondiale.

Un autre disciple de Milner, Lord Halifax, a qualifié ainsi ces accords: « Grâce à l’élimination du communisme dans son pays, le Führer lui a barré le chemin vers l’Europe occidentale, et donc l’Allemagne peut être considérée comme un bastion de l’Occident contre le bolchevisme. » Mais l’antifasciste Churchill a dit à ce sujet une chose tout à fait différente: « Nous avons subi une complète défaite, nullement adoucie. La Grande – Bretagne avait le choix entre la guerre et le déshonneur. Elle a choisi le déshonneur, et elle aura la guerre ». Et aussi Churchill a dit quelque chose sur le cas qui nous intéresse, le fabien George Bernard Shaw: « Il est à la fois un capitaliste avide, et un communiste sincère en une seule personne … Lui-même trouvait cela drôle: il se moquait de toute cause qu’il défendait. Le monde observait longuement et patiemment les facéties et grimaces de cet étonnant caméléon à deux têtes, et lui aurait voulu être pris au sérieux ». Exactement comme Petenka Verkhovensky des « Démons » (« Je suis un escroc, pas un socialiste! »). Mais ce n’est pas un caméléon à deux têtes, mais bien un loup déguisé en mouton comme représenté sur l’emblème de la Fabian Society.
Pour une compréhension complète de ce que sont aujourd’hui les eurocommunistes il reste à faire la touche finale.

En 1939, après avoir salué l’accord de Munich, le membre du Club raciste gauche-droite «Coefficients », le socialiste Bertrand Russell a assimilé le communisme au fascisme dans son œuvre « Charybde et Scylla, ou le communisme et le fascisme. »

Cela, même un anti-communiste convaincu comme Churchill n’avait pu se le permettre, mais le « socialiste » Russell l’a fait.

La Fabian Society a fondé la London School of Economics (LSE), où plus tard sont venus travailler Karl Popper et Friedrich von Hayek, et où ils ont élaboré, dans le cadre de la guerre froide, la théorie dite des « deux totalitarismes », assimilant, après Russell, le communisme au fascisme.

Cette théorie est devenue une sorte de bélier idéologique contre l’Union soviétique, utilisée d’abord par la propagande antisoviétique, tant des dissidents que de l’Occident, et aujourd’hui recyclée par les satellites est-européens de l’Occident pour la présentation de griefs historiques envers la Russie.

L’idée de piller d’autres pays et de résoudre les conflits sociaux chez soi en cédant une partie du butin aux travailleurs a été transmise par les impérialistes racistes britanniques de la fin du XIXe siècle, en passant par des groupes ouvertement pro-fascistes dans la première moitié du XXe siècle, aux socialistes fabiens anti-marxistes, qui ont créé le Parti travailliste, Popper et la gauche européenne moderne.

Ceux qui aujourd’hui se disent de gauche ne s’engagent pas la plupart du temps sur la lutte de classe du prolétariat, mais les questions de l’homosexualité, l’inégalité entre les sexes, la protection de l’environnement, les droits des minorités, etc, toutes choses qui peuvent être importantes, mais n’en sont pas moins secondaires.

Les grands courants politiques de gauche ne sont pas communistes, à savoir ne se prononcent pas en faveur d’une société sans classes où il n’y a pas d’exploitation de l’homme par l’homme et d’autres types d’exclusion sociale, ce qui ne peut être réalisé que par la socialisation des moyens de production sous la dictature de la classe ouvrière.
Quoi que l’on pense de l’idée elle-même, il est difficile de nier le fait qu’il s’agit de la doctrine la plus cohérente, logique et complète sur le plan théorique parmi l’ensemble du spectre de la gauche. Les tentatives de la désavouer, tout en restant formellement dans l’espace politique du socialisme, conduisent inévitablement à des compromis désastreux pour la gauche.

Par conséquent, ni le gauche-vert Jean-Luc Mélenchon, ni le membre d’Amnesty International Corbin, défaits aux élections, ne peuvent devenir une alternative aux soi-disant libéraux mondialistes : il n’y a rien de réellement alternatif dans leur programme.

Mais ces eurocommunistes ne sont pas non plus des adversaires conséquents pour la nouvelle droite. Qu’ont-ils de différent à proposer? Les uns et les autres ne sont pas contre améliorer les conditions de vie de leurs travailleurs. Et même le moyen qui est proposé pour y parvenir, en fait, est identique. Simplement ceux de droite le disent clairement, et ceux de gauche – non.

Or qui voudrait voter pour une telle confusion?

 
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Publié par le mai 25, 2017 dans Uncategorized

 

Cinq ans après la chute de Kadhafi, la Libye terre de conquête de l’EI

Si nous nous sentons totalement solidaires des habitants de Manchester et du peuple britannique, nous n’oublions pas à quel point Daech est le fruit vénéneux et fasciste des interventions occidentales en Libye comme en Irak. Par parenthèse, il y a des acteurs grotesques et secondaires comme BHL qui non seulement devraient être mis hors d’état de nuire pour leur action passée mais pour leur activité présente, puisque ce sinistre clown qui intervient toujours dans le sillage de la CIA est en train d’en appeler à la scission de la Kabylie en espérant provoquer une autre Syrie en Algérie, ce qui serait un drame pour ce pays mais aussi pour la France (note de Danielle Bleitrach)

la Libye, cinq ans après la chute de Mouammar Kadhafi.

Cinq ans après la chute de Kadhafi, la Libye terre de conquête de l’EI. La Libye, cinq ans après la chute de Mouammar Kadhafi. (Mehdi Benyezzar – L’Obs)
Profitant du vide politique et sécuritaire depuis la chute de Mouammar Kadhafi, l’Etat islamique s’est installé en Libye et a pris le contrôle total de quelques bouts de territoires.

Mehdi Benyezzar Mehdi BenyezzarPublié le 15 février 2016 à 16h14

Cinq ans après le début de la révolution libyenne, le 17 février 2011, et de l’intervention occidentale qui a conduit à la mort de Mouammar Kadhafi, la Libye a sombré chaque jour un peu plus dans le chaos. Dimanche 14 février, un petit vent d’espoir a soufflé : un gouvernement d’union nationale, souhaitée par la communauté internationale, a enfin été formé, bien que que déjà critiqué. Une maigre avancée face à l’ampleur des dégâts :

Deux autorités se disputaient, jusqu’alors, le pouvoir depuis la prise de Tripoli par des milices en partie islamistes à l’été 2014 : un gouvernement reconnu par la communauté internationale, installé dans l’est, à Tobrouk, près de la frontière égyptienne. Modéré, il compte le soutien des milices de Zintan, un bastion de la révolution, et celui du général Khalifa Haftar. Il a également l’appui de l’Egypte et des Emirats arabes unies.
L’autre gouvernement est basé à Tripoli, et est dominé par les islamistes proche des Frères musulmans. Il est soutenu par les milices de Misrata, autre ville martyre de la révolution. Il peut compter sur l’appui de la Turquie et du Qatar. L’accord conclu restait encore incertain lundi, tant le nouveau gouvernement annoncé et la manière dont il a été organisé ne fait pas tout à fait l’unanimité.
Profitant du chaos politique et sécuritaire, l’Etat islamique (EI) a conforté ses positions dans le pays, notamment à Syrte et ses alentours, ville natale du Mouammar Kadhafi, totalement contrôlée par l’EI depuis près d’un an. Pour les djihadistes, la Libye est le terrain idéal pour développer leur terrible dessein de califat : l’Etat est désintégré, le pays abrite les plus grandes réserves de pétrole du continent et la contrebande y est facile. Et l’anarchie politique qui y règne n’arrange pas les choses. Selon des responsables de l’administration américaine, l’EI compterait 5.000 combattants dans le pays.

 
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Publié par le mai 24, 2017 dans Uncategorized

 

Comment Pékin serait parvenu à démanteler la CIA en Chine, par Anaïs Cherif


| 23/05/2017, 16:12

http://www.latribune.fr/economie/international/comment-pekin-serait-parvenu-a-demanteler-la-cia-en-chine-720936.html?utm_campaign=Echobox&utm_medium=Social&utm_source=Facebook#link_time=1495556344
« L’une des pires brèches dans le travail du renseignement [américain] des dernières décennies », selon des sources anonymes interrogées par le New York Times. (Crédits : Reuters/Kevin Lamarque)
Pékin aurait éliminé « au moins une douzaine d’agents de la CIA » entre 2010 et 2012, selon une enquête du New York Times. Objectif : démanteler systématiquement les effectifs déployés par les services secrets américains.
Une secousse pour Washington. Entre 2010 et 2012, la Chine aurait tué « au moins une douzaine d’agents de la CIA », rapporte une enquête du New York Times publiée ce week-end. L’un d’entre eux aurait été exécuté dans la cour d’un bâtiment gouvernemental pour adresser un message à ses collègues. En parallèle, entre six à huit autres recrues de l’agence de renseignement américain auraient été emprisonnées. Le mot d’ordre donné par Pékin : démanteler sur le sol chinois le réseau des services secrets américains au cours d’une opération de contre-espionnage.

C’est « l’une des pires brèches dans le travail du renseignement [américain] des dernières décennies », ont confié au quotidien américain d’anciens ou actuels officiers Américains cités par le journal. « Certains étaient persuadés qu’une taupe était à l’œuvre et avaient trahi les Etats-Unis – quand d’autres pensaient à un piratage du système de communication par les sources chinoises. Des années plus tard, le doute n’a toujours pas été levé », affirme le New York Times.

Une « grande victoire » pour la Chine
Selon une enquête du FBI, des informateurs de la CIA auraient été trop imprudents, empruntant toujours les mêmes routes pour rejoindre leurs sources ou fixant des points de rendez-vous identiques… Facilitant ainsi le travail des espions chinois. « Certains officiers rencontraient leurs sources dans un restaurant truffé de micros par des agents chinois. Même les serveurs travaillaient pour l’espionnage chinois », rapporte au journal des anciens agents américains. Alors que le nombre d’informateurs en poste diminuait de fait, l’administration Obama en poste s’inquiétait du manque d’informations en provenance de Pékin.

« Si cet article dit la vérité, nous aimerions applaudir les activités de contre-espionnage de la Chine, s’est félicité mardi un éditorial du Global Times, quotidien nationaliste proche du parti communiste chinois. « Non seulement le réseau d’espions de la CIA a été démantelé, mais Washington n’a aucune idée de ce qui s’est passé. Cela peut être considéré comme une grande victoire. »

 
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Publié par le mai 24, 2017 dans Uncategorized

 

Une erreur aux conséquences durables…

Ceux qui tablent sur un mouvement autour d’un leader, en l’occurrence Mélenchon, et qui à se titre applaudissent à la démolition programmée des partis existants en imaginant que là est l’avenir, se trompent vraiment. Je n’insisterai pas sur l’utilité des partis, leur caractère plus démocratique que ce type de mouvement ce serait peine perdue… Ceux qui s’engouffrent là-dedans font fi de toute expérience, en particulier celle de la Grèce toute récente.

Je voudrais simplement leur faire mesurer à quoi ils s’exposent dans le moyen terme… Il est clair que Mélenchon ne veut pas l’emporter et imposer une « cohabitation », il veut construire son propre parti social-démocrate à la place de celui qui existe et en finir avec le PCF. L’homme a certes tendance à prendre les vessies pour des lanternes et à se croire beaucoup plus fort qu’il ne l’est mais pas au point d’imaginer que son splendide isolement peut avoir une autre issue que de déblayer le terrain devant le dit parti (1). On voit déjà la manière d’occuper les places là où il y a quelques chances de l’emporter qui obéit à cette finalité et pas à celle d’une résistance quelconque aux visées de Macron, flanqué d’une droite plus ou moins forte.

Qu’ils ne nous fassent pas le coup du danger du FN, ce n’est pas leur ennemi principal, loin de là…
Oui mais voilà ce beau projet autour d’un leader talentueux se heurte au fait que Mélenchon sera trop vieux, vu l’air du temps pour se présenter à la présidentielle dans cinq ans et que sans lui son parti ne sera qu’un sac de chats sauvages luttant pour les places entraînant le désenchantement des « insoumis » qui y ont cru.
C’est une histoire pleine de bruit et de fureur qui ne mène nulle part… sinon à désarmer totalement ceux qui vont être conduits à l’abattoir de la « modernité » du capital…

Danielle Bleitrach
(1) Le parti de gauche qui existe toujours et squatte 99% des postes de direction de la FI est toujours adhérent du PGE… Le vrai point commun est la construction dans toute l’Europe de mouvement tel que Syriza, Podemos, Block de gauche… Qui pour l’instant n’ont absolument rien donné a part le gouvernement Tsipras.

 
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Publié par le mai 23, 2017 dans Uncategorized