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Archives de Catégorie: textes importants

Russie-2024 : Les 7 et 8 décembre 2019, Moscou accueillera la Conférence Russie-2024, tournant à gauche ou catastrophe nationale?

  1. Marianne qui suit ce qui se passe en Russie me parle des réactions dans ce dernier pays, nous nous interrogeons sur ce qui est apparu partout en occident à savoir la reonnaissance par Poutine  de l’autoproclamée bolivienne. Dans la presse pro-poutine, il y a eu un article sur la question et des commentaires embarrassé qui ont tenté de justifier la position de Poutine à partir de l’idée que la Russie ne reconnait pas des régimes mais des nations, ce qu’elle a déjà fait à l’intérieur du BRICS face à Bolsonaro. Mais en dehors de ces remarques lues sur un site pro-Poutine, cela ne correspond pas au fait que dés le début du coup d’Etat, la Russie et la Chine, avaient pris une position forte et se sont opposés à vruc sui d’extrême-droite ont   renversé Evo Morales. Le ministère russe des Affaires étrangères le 11 novembre avait exprimé sa vive préoccupation devant les récents événements en Bolivie, dans lesquels il a été témoin d’éléments d’un « coup d’Etat orchestré ». « ll a dénoncé dans Spoutnik l’évolution dramatique des événements en Bolivie, où une vague de violence déchaînée par l’opposition a empêché l’exercice du mandat présidentiel d’ Evo Morales »,

Est-ce qu’il y a réellement une déclaration de la part de Poutine ou un revirement qui le fait se ranger aux côtés des néo-libéraux de la planète? Est-ce que la Russie en sa personne a changé de position? Nous nous heurtons à une stupéfaction générale.

2. La deuxième question à laquelle il est difficile de répondre est la réaction du KPRF. Face à la Bolivie, les communistes russes sur leur site  se sont jusqu’à présent contentés de reprendre le texte que le KKE leur avait envoyé en russe. Il semble que le secteur international du KPRF soit comme chez nous le ventre mou du parti et ait des réactions plus que lentes. Marianne a téléphoné aux dirigeants de Moscou qui n’étaient même pas au courant de la décision de Poutine de reconnaitre l’autoproclamée et qui ont manifesté leur stupéfaction: « C’est impossible, Poutine ne peut pas approuver c’est un putsch! »

Pourtant, ce sur quoi tout le monde est d’accord c’est la conscience que la guerre est là et que partout l’impérialisme veut la guerre et que seul un changement de cap complet peut l’éviter. De ce point de vue, qu’il s’agisse de la Russie ou de la Chine, il y a une conscience aiguë de la situation très dangereuse parce que le capital en crise est prêt à tout, en Amérique latine mais aussi en Asie et en Europe. C’est dans ce contexte qu’il faut voir l’initiative prise par le KPRF et toutes les autres forces de gauche avec cette conférence. Il est absolument indispensable que le PCF envoie un représentant et si possible quelqu’un qui n’appartienne pas à l’équipe de Pierre Laurent qui non seulement sont des incapables mais ne sont pas en situation de participer à une bataille quelconque. Soit la direction du parti, soit les camarades de Vénissieux peuvent et doivent envisager cette participation urgente? Il faut voir que pour ceux qui connaissent un peu les personnalités, il y a là vraiment tout le monde, enfin toutes les pointures intellectuelles et politiques proches du parti communiste ou progressistes (note de Danielle Bleitrach, traduction de Marianne Dunlop).

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Les 7 et 8 décembre, à Moscou, dans la salle de conférence de l’hôtel Izmailovo (bâtiment Beta), aura lieu une conférence scientifique et pratique à grande échelle des forces patriotiques de gauche «Russie-2024: Tournant à gauche ou catastrophe nationale?». Les participants à la conférence feront un brainstorming dans les sections suivantes:

Comité d’organisation de la conférence

15-11-2019

 

https://kprf.ru/announcements/113832.html

 

– La Russie aujourd’hui: le peuple et le pouvoir, la protestation et les élections.

 

– Société moderne: lutte des classes et forces patriotiques de gauche.

 

– La crise mondiale: guerre et paix. Agenda international actuel.

 

– Un Etat social ou une impasse néolibérale? Le programme économique.

 

– Comment gagner la guerre de l’information? Expérience pratique des médias patriotiques de gauche.

 

– La question nationale et les droits de l’homme.

 

Chaque section comprendra des discours liminaires, ainsi que des remarques et des questions avec interventions libres au micro.

 

Le comité organisateur pour la préparation de la conférence comprend des représentants du parti communiste, du front de gauche, du mouvement « Alternatives », de RUSO [chercheurs pro-socialisme] et d’autres organisations.

 

Des représentants éminents du mouvement russe et patriotique de Russie sont invités à participer à la conférence, en particulier: Gennady Ziouganov, Dmitry Novikov, Youri Afonine, Sergey Oudaltsov, Maxime Chevtchenko, Alexandre Bouzgaline, Konstantin Semine, Alexandre Prokhanov, Sergey Levchenko, Pavel Groudinine, Valery Rory Bondarenko, Alexander Batov, Oleg Shein, Sergey Oboukhov, Nikolay Platochkin, Andrey Foursov, Anatoly Wasserman, Leonid Kalachnikov, Alexey Chakhnin, Boris Kagarlitsky, Vassili Koltashov, Mikhail Delyagin, Youri Boldyrev, Vladislav Joukov, Valentin Katasonov, Vadim Koumine, Andrey Kolganov, Sergey Chargounov, Andrey Rudoy (chaîne télé Vestnik Buri), Alexander Pasechnik (chaîne télé Stalingrad), Evgeny Spitsyn, Andrey Fefelov, Kazbek Taysaev, Leonid Razvozzhaev, Boris Yulin et d’autres, ainsi que des invités étrangers.

 

La liste des conférenciers sera mise à jour, restez à l’écoute pour nos informations!

 

Participation à la conférence par pré-inscription sur le site www.leftforum2019.info

 

Vous trouverez sur ce même site le programme de la conférence.

 

Contacts du comité organisateur: 8-495-692-33-76, 8-968-646-30-36, 8-925-739-28-30

 

 

 

La Chine et la France joignent leurs efforts pour rebâtir Notre Dame de Paris

cet article en anglais provient de la partie chinoise, j’ai cherché vainement en français un article de cette qualité sur l’événement et sur la coopération culturelle franco-chinoise ou pour une fois il n’est pas seulement question de vente et d’achat, mais d’échange de savoir faire dans une contribution commune à la sauvegarde des trésors de l’humanité. (note et traduction de danielle Bleitrach)
De Wang Kaihao | chinadaily.com.cn | Mis à jour le: 2019-11-06 18:06

Les administrations culturelle de la Chine et de la France ont publié conjointement une déclaration mercredi à Beijing pour lancer un programme de coopération bilatérale visant à reconstruire Notre Dame de Paris. [Photo de Ke Dong pour le China Daily]
Lorsque le toit de la cathédrale Notre-Dame à Paris, recouvert de chêne, a brûlé sous les flammes le 15 avril, les gens du monde entier ont pleuré sur le destin du monument emblématique du 12ème siècle.

Pourtant, grâce à un déploiement sans précédent d’une coopération modialisé, la renaissance de ce colosse culturel est maintenant garantie.

Les administrations culturelles de la Chine et de la France ont publié conjointement une déclaration mercredi à Beijing pour lancer un programme de coopération bilatérale visant à reconstruire la célèbre cathédrale.

Avec la présence du président Xi Jinping et de son homologue français Emmanuel Macron lors de la visite d’Etat de ce dernier en Chine mercredi, la déclaration a été signée par Liu Yuzhu, directeur de l’Administration du patrimoine culturel national, et Franck Riester, ministre français de la Culture.

« Une perte de patrimoine culturel signifie la disparition d’une période d’histoire et de culture », a déclaré Liu dans une déclaration écrite. « Cela nous enseigne également une leçon sur la sécurité du patrimoine culturel et nous incite à tracer des lignes rouges qui ne doivent pas être franchies. »

Conformément à la déclaration, une équipe d’experts chinois sur le patrimoine culturel arrivera à Paris en 2020 « au plus tôt » pour travailler sur le site aux côtés de conservateurs français.

Liu révèle que les deux pays sont restés fréquemment en contact depuis l’incendie pour explorer des pistes de coopération.

« Le projet élargira considérablement les horizons de la coopération sino-française en matière de patrimoine culturel », a-t-il déclaré. « Cela donnera le bon exemple au monde. »

La Chine est le premier pays hors de France à conclure un accord intergouvernemental sur la rénovation de Notre Dame.

Macron avait précédemment déclaré que la rénovation de la cathédrale très endommagée serait achevée à temps pour les Jeux olympiques d’été de 2024 à Paris, mais le gouvernement français reste attentif à la planification d’un plan spécifique pour sa rénovation impliquant des partenaires internationaux.

En août, la société d’édition indépendante californienne Go Architect a organisé un concours mondial sur les futurs plans de rénovation du toit détruit. Un projet élaboré par deux architectes chinois vivant aux États-Unis se distinguant sur un total de près de 300 projets les a sélectionné lauréat – mais n’a pas encore été retenu comme projet officiel.

Chai Xiaoming, directeur de l’Académie chinoise du patrimoine culturel, a déclaré que la Chine pouvait non seulement apporter des idées générales, mais aussi des plans techniques détaillés pour la coopération entre la Chine et la France sur la cathédrale Notre-Dame. la rénovation à venir.

« La Chine a beaucoup d’expérience dans la rénovation de bâtiments anciens affectés par le feu, notamment de bâtiments en bois », a déclaré Chai au China Daily. « Cela signifie que nous pourrions faire des suggestions sur la manière de procéder pour la rénovation du toit à charpente en chêne de la cathédrale Notre-Dame. »

Parlant de la conservation des reliques de pierre, Chai a déclaré que son académie avait achevé un projet de recherche sur le decadelong au Chengde Mountain Resort, un ancien lieu de villégiature royal de la dynastie Qing (1644-1911) dans la province du Hebei, et classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. de nombreuses solutions aux pierres endommagées ou affaiblies en utilisant des techniques de l’artisanat traditionnel chinois.

Liu a souligné que la coopération entre la Chine et la France serait bénéfique pour « un apprentissage mutuel ».
La déclaration commune de mercredi a également présenté un projet bilatéral entre la France et la Chine concernant les guerriers en terre cuite âgés de 2 200 ans à Xi’an, dans la province du Shaanxi, au mausolée de Qinshihuang, le premier empereur de Chine.

« Les guerriers en terre cuite et Notre-Dame sont les symboles les plus importants parmi les sites du patrimoine mondial de l’UNESCO en Chine et en France, respectivement », a déclaré Liu. « Cette collaboration montre notre relation établie et met en évidence la confiance mutuelle entre les deux pays. »

Le projet récemment annoncé portera sur les échanges de technologies de conservation, la recherche scientifique commune et les programmes de formation.

Selon Zhao Qiang, directeur de l’Institut pour la préservation du patrimoine culturel du Shaanxi, les études coopératives et la conservation entre la province et la France ont commencé en 2016 pour couvrir la rénovation du Gongshu Hall, un temple de la dynastie Ming (1368-1644), et de la pierre. Sculptures à Maoling, mausolée de l’empereur de la dynastie des Han de l’Ouest (206 av. J.-C. à 24 après JC).

L’Agence française de développement a également octroyé un prêt à faible taux d’intérêt de 60 millions d’euros (66,7 millions de dollars) pour la conservation des sites du patrimoine culturel du comté de Fengxiang, dans le Shaanxi, en octobre 2018

Lors de la dernière visite de Macron en Chine en janvier 2018, un accord intergouvernemental a été signé pour mettre en place un système complet de coopération sur le patrimoine culturel, qui a également été signé en présence des deux chefs d’Etat.

Cet accord définissait des mesures visant à améliorer la gestion des sites du patrimoine mondial de l’UNESCO, l’élaboration des politiques, la protection des vestiges menacés, la coopération en matière d’archéologie subaquatique et la mise en place d’expositions communes. Une campagne visant à lutter contre le commerce illégal de biens culturels a également été dévoilée.

« La Chine participe désormais régulièrement à des projets conjoints d’archéologie et de conservation du patrimoine culturel à l’étranger », a déclaré Chai. « Cela a amélioré notre capacité et profondément renforcé nos efforts en matière de coopération internationale. »

À Angkor Vat, l’ancien complexe de temples cambodgiens et le plus grand monument religieux du monde, des experts de l’Académie chinoise du patrimoine culturel et de l’Ecole française d’Extrême-Orient, une grande institution française dédiée à l’étude des sociétés asiatiques, se partagent ressources pour des programmes de recherche en coopération au cours des trois dernières années.

Un programme de rénovation des ruines du palais royal d’Angkor Thom lancé par le gouvernement cambodgien et dirigé par une équipe de conservateurs de l’académie de Chai travaillant aux côtés d’universitaires français servira également de point de référence important pour les travaux de rénovation à Paris à venir, a ajouté Chai. .

« En tant que pays doté d’une riche expérience dans la protection du patrimoine culturel et d’une longue histoire d’étude d’Angkor Vat, la France nous offre une aide précieuse », a déclaré Chai. « D’autre part, notre processus de coopération a également permis de mieux faire connaître notre état d’esprit et nos pratiques traditionnelles, qui sont différentes de celles de la France. C’est le sens véritable de la communication interculturelle. ».

 

Le processus d’extradition de Julian Assange est « une mascarade » (The Real News)

De l’immense Chine au petit Cuba, en passant par tous ceux qui résistent, les Etats-Unis traquent chacun et menacent nos libertés en bafouant tous les droits qu’ils soient collectifs ou individuels. Julian Assange est désormais, comme Cuba, le symbole de ce refus de se soumettre et d’accepter d’être un supplétif des Etats-Unis dans son pillage de la planète. C’est une autre conception de la nation et de l’individu qui est affirmée et que nous devons défendre (note de Danielle Bleitrach).

John PILGER

Le cinéaste John Pilger a assisté à la dernière audience de Julian Assange et a observé non seulement qu’Assange souffre visiblement de mauvais traitements en prison, mais que sa défense n’a pas eu une chance équitable de faire valoir ses arguments contre son extradition vers les États-Unis.

GREG WILPERT : Bienvenue à Real News Network. Je suis Greg Wilpert, d’Arlington, en Virginie.

Julian Assange s’est récemment vu refuser un report de son audience d’extradition prévu en février 2020. L’audience sur le report a eu lieu le 21 octobre et, selon les observateurs présents, il pouvait à peine parler en phrases cohérentes. Réagissant à l’audience, le Rapporteur des Nations Unies pour les droits de l’homme, Nils Melzer, a averti vendredi dernier qu’Assange continue de présenter des symptômes de torture psychologique. Melzer avait rendu visite à Assange en mai et avait fait procéder à un examen approfondi de son état physique et psychologique. Dans sa déclaration de vendredi, Melzer a déclaré : « Malgré l’urgence médicale de mon premier appel et la gravité des violations alléguées, le Royaume-Uni n’a pris aucune mesure d’enquête, de prévention et de réparation en vertu du droit international. »

En plus des préoccupations concernant le traitement d’Assange à la prison de Belmarsh, à l’extérieur de Londres, beaucoup ont également exprimé des doutes quant à l’impartialité de la procédure engagée contre lui. Assange fut emprisonné en avril dernier lorsque l’ambassade équatorienne, où il avait obtenu l’asile politique, a autorisé la police à l’arrêter. Il fut ensuite condamné à 50 semaines de prison pour avoir violé sa liberté sous caution en 2012. L’administration Trump a depuis lors demandé l’extradition d’Assange pour 17 chefs d’accusation d’espionnage pour lesquels il pouvait être condamné à une peine de 170 ans de prison aux États-Unis.

John Pilger se joint à moi pour discuter des derniers développements dans l’affaire Julian Assange. Il a suivi de très près l’affaire Assange et a assisté à l’audience du 21 octobre. Il est journaliste et documentariste primé. Son film le plus récent est The Coming War on China. Merci de vous joindre à nous, John.

JOHN PILGER : Merci à vous.

GREG WILPERT : Commençons par l’état d’Assange. Comme je l’ai dit, vous étiez présent à la dernière audience. Quelle était votre perception de son état et de son apparence ?

JOHN PILGER : Eh bien, j’étais à la dernière audience, et j’avais vu Julian environ une semaine auparavant, je l’ai donc vu de près à plusieurs reprises récemment. Je suis d’accord avec l’évaluation de Nils Melzer. C’est très difficile à dire. Son état physique a radicalement changé. Il a perdu environ 15 kilos. Le voir au tribunal faire des efforts pour dire son nom et sa date de naissance fut vraiment très émouvant. Je l’ai vu lorsque j’ai rendu visite à Julian à la prison de Belmarsh, il a du mal au début puis arrive à se ressaisir. Je suis toujours impressionné par la résilience de cet homme car, comme le dit Melzer, rien n’a été fait pour changer les conditions imposées par le régime carcéral. Rien n’a été fait par les autorités britanniques.

Cela a été presque souligné par la manière méprisante dont ce juge, ce magistrat, a conduit cette audience. Nous avions tous le sentiment que toute cette mascarade, car cela avait tout l’air d’une mascarade, avait été préprogrammée. Assis devant nous, sur une longue table, se trouvaient quatre Américains de l’ambassade des États-Unis ici à Londres, et l’un des membres de l’équipe du procureur faisait de rapides allers-retours pour recueillir des instructions auprès d’eux. Le juge l’a vu et l’a autorisé. C’était absolument scandaleux.

Lorsque Julian a essayé de parler et de dire qu’on lui refusait les moyens dont il avait besoin pour préparer sa défense, on lui a refusé le droit d’appeler son avocat américain. On lui a refusé le droit d’avoir n’importe quel type de traitement de texte ou d’ordinateur portable. Certains documents lui ont été refusés. Comme il l’a dit, « je suis même privé de mes propres écrits », c’est-à-dire ses propres notes et manuscrits. Cela n’a pas changé du tout, et bien sûr, l’effet sur son moral – c’est le moins qu’on puisse dire – a été très important, et c’était visible au tribunal.

GREG WILPERT : Oui, j’aimerais approfondir un peu la question de l’équité de ce procès. Craig Murray, qui est un blogueur et qui a également participé à la dernière audience, a écrit sur un certain nombre de choses, que vous avez également mentionnées. Il mentionne expressément la juge de district Vanessa Baraitser, et l’une des choses qu’elle a faites a été de rejeter complètement la demande d’Assange de déterminer si la procédure d’extradition était même légale. C’est-à-dire, selon le droit britannique, « l’extradition ne sera pas accordée si l’infraction pour laquelle l’extradition est demandée est une infraction politique ». Que pensez-vous de cette question ? L’infraction commise par Assange est-elle politique, et que pensez-vous de la réaction du juge à cette demande ?

JOHN PILGER : Je connais très bien son avocat, Gareth Peirce, et ce n’est pas quelqu’un qui se met en colère. Mais je l’ai vue avant et après l’audience, et elle était très fâchée du fait que, comme elle l’a dit, « Nous sommes à une audience d’extradition, fondée sur un traité entre les États-Unis et la Grande-Bretagne, et il y a un article dans ce traité qui dit », comme vous venez de le mentionner, « personne ne peut être extradé si », et je paraphrase, si les prétendues infractions sont de quelque manière politiques. Et d’après la loi, ce n’est pas une question d’opinion, elles sont politiques. Toutes les accusations concoctées en Virginie, sauf une, sont fondées sur la loi de 1917 sur l’espionnage, qui était une loi politique utilisée pour poursuivre les objecteurs de conscience pendant la Première Guerre mondiale.

C’est politique. Il n’y a pas d’accusation. Il n’y a aucun fondement pour poursuivre cette procédure d’extradition et, de façon presque perverse, le juge a semblé l’admettre dans son mépris pour la procédure. Chaque fois que Julian Assange parlait, elle feignait un désintérêt, un ennui, et chaque fois que ses avocats parlaient, c’était la même chose. Chaque fois que le procureur parlait, elle était attentive. L’aspect théâtral de cette audience a été tout à fait remarquable. Je n’ai jamais rien vu de tel. Puis, très précipitamment, lorsque l’avocat de Julian Assange a demandé que l’affaire soit reportée – elle a dit : « Nous ne serons pas prêts en février » – la juge a rejeté la demande d’un revers de la main.

Non seulement cela, mais elle a dit que l’affaire d’extradition se déroulerait devant un tribunal qui est en fait adjacent à la prison de Belmarsh. Il fait presque partie de la prison. C’est loin de Londres. Vous avez donc, sinon un procès secret, mais un procès ou une audience d’extradition dans laquelle très peu de places sont disponibles pour le public. C’est un endroit très difficile d’accès. Ainsi, tous les obstacles ont été placés sur la voie d’une audience équitable pour Assange. Et je ne peux que le répéter, il s’agit d’un éditeur et d’un journaliste condamné pour rien, inculpé pour rien en Grande-Bretagne, dont le seul crime est le journalisme. Cela peut sembler être un slogan, mais c’est vrai. Ils veulent le punir pour avoir dénoncé les crimes de guerre scandaleux, l’Irak, l’Afghanistan, ce que les journalistes sont censés faire.

GREG WILPERT : J’aimerais aussi vous poser des questions sur le soutien qu’Assange semble recevoir ou pas. Il semble que les médias qui ont énormément bénéficié du travail d’Assange ne mentionnent guère son cas, et encore moins le soutiennent. De plus, des groupes de défense des droits humains comme Amnesty International ont exhorté le Royaume-Uni à ne pas extrader Julian, mais ne sont pas emparés de son cas. Je viens de vérifier. Ils ne font pas campagne comme ils le font normalement pour les prisonniers politiques. Comment expliquez-vous ce manque d’intérêt des médias et des groupes de défense des droits humains pour la situation d’Assange ?

JOHN PILGER : Parce que de nombreux groupes de défense des droits humains sont profondément politiques, Amnesty International n’a jamais fait de Chelsea Manning une prisonnière d’opinion. C’est vraiment honteux. Chelsea Manning, qui a été torturée en prison, et ils n’ont pas, comme vous le dites, soulevé le cas de Julian. Pourquoi ? Eh bien parce qu’ils sont une extension. L’extension d’une classe dirigeante qui s’attaque maintenant presque systématiquement à toute forme de dissidence réelle. Au cours des cinq ou six dernières années, les dernières brèches, les dernières niches, les derniers espaces dans les médias grand public pour les journalistes, qu’ils soient des journalistes ordinaires ou des journalistes comme Assange, mais pas seulement Assange, aussi pour des gens comme moi et d’autres, ont été fermés.

Les médias grand public, certainement en Grande-Bretagne, avaient toujours maintenu des espaces ouverts. Ils ont été fermés, et je pense qu’il y a généralement, dans tous les médias, une crainte de s’opposer à l’État dans une affaire comme l’affaire Assange. Voyez comment toute cette obsession pour la Russie a consumé les médias avec tant d’histoires absurdes. L’hostilité, l’animosité envers Julian. Ma propre théorie est que son travail a fait honte à tant de journalistes. Il a fait ce que les journalistes auraient dû faire, et ne font plus. Il a fait le boulot de journaliste. C’est la seule explication. Je veux dire, quand vous prenez un journal comme The Guardian, qui a publié à l’origine les révélations de WikiLeaks sur l’Irak et l’Afghanistan, ils se sont retournés contre Julian Assange de la manière la plus féroce qui soit.

Ils l’ont exploité pour une chose. Un certain nombre de leurs journalistes se sont extrêmement bien débrouillés avec leurs livres, leurs scénarios hollywoodiens, et ainsi de suite, mais ils se sont retournés contre lui personnellement. C’est l’un des phénomènes les plus inédits que j’aie jamais observés dans le journalisme. La même chose s’est produite au New York Times. Encore une fois, je ne peux que supposer pourquoi. C’est qu’il leur fait honte. Nous avons un désert journalistique en ce moment. Il y en a quelques uns qui font encore leur travail, qui s’opposent encore au pouvoir en place, qui n’ont toujours pas peur. Mais il y en a si peu maintenant, et Julian Assange n’a peur de rien. Il savait qu’il allait au devant de beaucoup de problèmes avec l’État britannique, l’État américain, mais il a quand même continué. C’est un vrai journaliste.

[…]

Traduction « un procès mascarade pour des médias mascarades » par VD pour le Grand Soir avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles

 

lettre de Lénine le 24 octobre (6 novembre): je me demande si nous aurions un Lénine? Attendre pour agir c’est la mort…

Lettre aux membres du Comité central
Lettre aux membres du Comité central du P.O.S.D.(b)R. fut écrite par Lénine le 24 octobre (6 novembre) au soir.

Camarades,

J’écris ces lignes dans la soirée du 24, la situation est critique au dernier point. Il est clair comme le jour que maintenant retarder l’insurrection, c’est la mort.
Je veux de toutes mes forces convaincre les camarades qu’aujourd’hui tout tient à un cheveu, qu’à l’ordre du jour se posent des questions que ne peuvent trancher ni conférences, ni congrès (quand bien même ce seraient des congrès des Soviets), mais uniquement les peuples, la masse, la lutte des masses en armes.
La poussée bourgeoise des korniloviens, la destitution de Verkhovski [2] montrent qu’il n’est pas possible d’attendre. Il faut à tout prix, ce soir, cette nuit, arrêter le gouvernement, après avoir désarmé les élèves-officiers (après les avoir battus s’ils résistent), etc.
On ne peut pas attendre ! ! On risque de tout perdre ! !
Voici l’effet immédiat de la prise du pouvoir : la défense du peuple (non du congrès, mais du peuple, de l’armée et des paysans au premier chef) contre le gouvernement des korniloviens qui a chassé Verkhovski et qui a monté un second complot Kornilov.
Qui doit prendre le pouvoir ?
Cela importe peu en ce moment : que le Comité révolutionnaire militaire [3] le prenne ou «une autre institution» qui déclarera qu’elle ne remettra le pouvoir qu’aux représentants authentiques des intérêts du peuple, des intérêts de l’armée (proposition immédiate de paix), des intérêts des paysans (il faut prendre la terre sur-le-champ, abolir la propriété privée), des intérêts des affamés.
Il faut que toutes les régions, tous les régiments, toutes les forces se mobilisent sur l’heure et envoient sans attendre des délégations au Comité révolutionnaire militaire, au Comité central bolchévik, et exigent impérieusement qu’en aucun cas le pouvoir ne soit laissé entre les mains de Kérenski et Cie jusqu’au 25, sous aucun prétexte ; il faut à tout prix régler cette affaire ce soir ou cette nuit.
L’histoire ne pardonnera pas l’ajournement aux révolutionnaires qui peuvent vaincre aujourd’hui (et qui vaincront aujourd’hui à coup sûr) ; ils risqueraient de perdre beaucoup demain, ils risqueraient de tout perdre.
En prenant le pouvoir aujourd’hui, nous le faisons non pas contre les Soviets, mais pour eux.
La prise du pouvoir est la tâche de l’insurrection ; son but politique apparaîtra clairement après.
Ce serait notre perte, ce serait du formalisme d’attendre le vote indécis du 25 octobre ; le peuple a le droit et le devoir de trancher de telles questions non pas par des votes, mais par la force ; le peuple a le droit et le devoir, dans les moments critiques de la révolution, de guider ses représentants, même les meilleurs, au lieu de les attendre.
C’est ce qu’a prouvé l’histoire de toutes les révolutions, et ce serait le plus grand des crimes de la part des révolutionnaires de laisser échapper le moment, tout en sachant que le salut de la révolution, la proposition de la paix, le salut de Pétrograd, la délivrance de la famine, la remise de la terre aux paysans dépendent d’eux.
Le gouvernement hésite. Il faut l’achever à tout prix !
Attendre pour agir, c’est la mort.

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Au Brésil, annonce du lancement du livre du président de la Chine, Xi Jinping

J’ai déjà dit aux lecteurs de ce blog, que grâce à Peggy Fuyet qui l’a traduit en français dans l’édition chinoise Marianne et moi avons reçu ce livre, il conviendrait sans doute de procéder au même lancement que celui qui a eu lieu au Brésil, cela ne s’improvise pas et je pense que nous pouvons attendre la fin des municipales pour donner toute son ampleur à cet événement. Mais je vous propose de lire la présentation du lancement par un intellectuel brésilien communiste qui intervient notons-le dans un pays en semi-dictature où Lula a pu être mis en prison pour l’empêcher d’être président, mais un pays où le mouvement social est fort et où des régions entières comme ici Sao Paulo sont aux mains de la gauche. Comme il le dit clairement nul ne peut aujourd’hui se désintéresser de ce qui se passe en Chine et l’erreur que nous commettons trop souvent c’est de ne pas entendre ce que les Chinois disent d’eux-mêmes, ce livre est donc doublement essentiel  (note et traduction de Danielle Bleitrach)

Post Navigation

Il est désormais possible pour le public brésilien d’avoir accès à la pensée qui poursuit le chemin  sûr et victorieux d’un pays qui, en 40 ans de planification audacieuse et persistante, est passé du sous-développement jusqu’au sommet des pays les plus développés du monde. Cette semaine (29) à São Paulo, au palais Bandeirantes, siège du gouvernement de São Paulo, a été présenté le livre de Xi Jinping.

Haroldo Lima, a été invitéà prendre la parole aux côtés d’intellectuels et de représentants diplomatiques chinois, voici ce qu’il a déclaré: cet événement «est le résultat de longues conversations que nous avons eues avec les conseillers ministériels de l’ambassade de Chine à Brasilia, MM. Song Yang et Hu Menglong. Tout au long de ma vie militante pour la défense de la démocratie, de la liberté et du socialisme, Député fédéral dans diverses assemblées législatives et ancien président de l’Agence nationale du pétrole (ANP), j’ai pu suivre et observer l’évolution de cette pensée des Chinois, notamment depuis le début de la politique de réforme et d’ouverture inaugurée par Deng Xiaoping en 1978. Avec le journaliste Pedro de Oliveira nous avons proposé dans ces diverses réunions de publier au Brésil le travail de Xi Jinping  à partir d’une version portugaise de l’éditeur de langue étrangère de Beijing, une idée qui avait également été suggérée par l’intellectuel brésilien Duarte Pacheco Pereira ».

Citoyens chinois et brésiliens présents ici !
Dans le cadre du 70e anniversaire de la proclamation de la République populaire de Chine, qui est en voie d’achèvement, les deux volumes du livre de Xi Jinping intitulé «La gouvernance de la Chine» sont en cours de lancement ici à São Paulo, au palais Bandeirantes. C’est un événement d’une grande importance dans l’univers culturel brésilien.

Dans le monde d’aujourd’hui, il est extrêmement important de comprendre la trajectoire de la Chine au cours de ces 70 années, en particulier à partir de 1978, et de connaître les projets d’avenir qui animent le grand pays asiatique.

Le livre du président Xi Jinping, que nous publions actuellement, traite précisément de ces questions, d’une manière exhaustive  et analytiquement, avec l’autorité d’une personne qui a participé à la plupart de ce processus et qui dirige aujourd’hui avec fermeté, maîtrise et un dévouement attentif  la Chine Populaire*.

Les changements survenus en Chine depuis la proclamation de la République populaire en 1949 à ce jour sont absolument spectaculaires.
La Chine était occupée au début du XXe siècle par des troupes de huit puissances, qui la soumirent à des atrocités et à des humiliations. Auparavant, elle avait été contrainte de signer, après des guerres d’agression, des « traités inégaux » qui pillaient des parties de son territoire.

Depuis la proclamation de la République populaire par le grand dirigeant chinois Mao Zedong, aucun pouvoir n’a osé toucher le sol chinois à la légère. Une Chine libre, indépendante et souveraine s’est fixé des objectifs clairs pour devenir une grande nation.

Une difficulté que rencontrent les analystes occidentaux pour comprendre la Chine est qu’ils ne tiennent pas compte des analyses chinoises elles-mêmes, de leur évolution, de leur cheminement, de ses valeurs, de ses motivations, de son histoire, de sa manière particulière de s’organiser et de ses opinions. Ils choisissent de dépeindre la Chine sans tenir compte de ce que les Chinois disent d’eux-mêmes.

De manière absolument décisive, les dirigeants chinois, il y a sept décennies, ont déclaré qu’ils avaient pour objectif de construire une société socialiste dans leur pays et ils ont suivi des chemins sinueux, jalonnés de succès et erreurs, à la recherche de la manière chinoise de construire cette société. Ceci, essentiel dans tous les écrits des dirigeants et des érudits chinois, en particulier dans les résolutions du Parti communiste chinois, est pratiquement ignoré par la vaste littérature sur la Chine en Occident.

Les directives créatives et hautement qualifiées suivies par la Chine depuis 1978, tirées de la contribution d’un autre grand dirigeant du peuple chinois Deng Xiaoping, sont considérées ici comme un abandon de la voie socialiste, parce qu’ils sont déconnectées des objectifs stratégiques.

Les directives de la Chine au cours des 40 dernières années ont permis à la Chine de suivre la voie révolutionnaire d’un « socialisme avec des particularités chinoises », presque totalement ignorée par la littérature occidentale sur la Chine. Et pourtant, c’est sur ce chemin que la Chine a réalisé des transformations monumentales.

Dans la configuration du «socialisme avec les particularités chinoises», différentes formes de propriété sont admises, entremêlées de formes originales, sous la prédominance de la propriété sociale, en particulier de la propriété de l’État. Les lois du marché sont respectées et les entreprises publiques sont elles-mêmes motivées à participer au marché, à se faire concurrence sur le marché, à s’affirmer sur le marché et à exceller sur le marché. Dès 1987, le 13e Congrès du Parti communiste chinois a déclaré qu’il incombait «à l’État de réglementer le marché et d’orienter les entreprises».

Dans l’histoire de l’humanité, le marché est apparu avant que le capitalisme et que son développement ait créé le marché capitaliste, hégémonique dans le monde actuel. Ce que la Chine fait, avec le plus de succès possible, est de construire des formes socialistes qui se sont développées avec le marché et ont permis de mettre en lumière ce que les communistes chinois appellent « l’économie de marché socialiste ».

Ce changement de paradigmes dans la construction d’une nouvelle société socialiste prospère, avec les particularités chinoises, a permis des réalisations extraordinaires dans l’économie, dans le domaine social, dans la culture, dans la technologie, dans l’aspect militaire, dans la géopolitique économique du monde.

Les données de BBC News, publiées par O Globo le 20 décembre 2018, montrent que le produit intérieur brut (PIB) de la Chine s’élevait à environ 150 milliards de dollars en 1978. En 2018, 40 ans plus tard, il a bondi à 12,2 billions de dollars, une croissance vertigineuse inconnue de la planète Terre.

Pays pauvre où de nombreux Chinois vivent depuis des siècles dans la pauvreté, les données du Bureau national des statistiques de la Chine, incorporées par la même BBC News et reproduites dans le même numéro du journal O Globo, indiquent que la Chine a pu tirer durant  la même période au cours des 40 dernières années environ 740 millions de personnes de la pauvreté, .

Dans le Global Innovation Index de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle, publié par le magazine Exame le 11 juillet 2018, la Chine apparaît comme un « leader en matière de brevets, de publications scientifiques et de travailleurs scientifiques et technologiques ».

Le livre de Xi Jinping regroupe toutes ces réussites, résultat des efforts déployés par tout un peuple pour réaffirmer et poursuivre des objectifs stratégiques à atteindre par de nouveaux moyens, dans une civilisation millénaire et dans un contexte mondial de tensions et de menaces.

Dans la gouvernance de la Chine, Xi Jinping montre que les succès remportés jusqu’à présent sont dus à ce « socialisme singulier chinois » que la Chine a doté de courage, de perspicacité et d’un esprit créatif antidogmatique. Il souligne que cette voie assurera le développement harmonieux de la Chine.

Comme l’a noté l’éditeur de Beijing, «La gouvernance de la Chine» a d’abord été conçu comme un recueil de discours importants de Xi Jinping, couvrant la période allant de la fin du 18ème Congrès du Parti communiste chinois (septembre 2012) à juin 2014. Le livre a très bien été accueilli auprès du public chinois et hors de Chine.

Le président Xi Jinping a ensuite continué à explorer le concept de gouvernance de la Chine à l’ère actuelle, en formulant des idées et des stratégies qui ont innové au fondement théorique du PCC, comme le dit le texte d’introduction de l’éditeur de langue étrangère de Beijing.

Le volume II de l’œuvre de Xi Jinping contient des discours et des articles publiés d’août 2014 à septembre 2017. Dans cette partie, le dirigeant chinois cherche à apporter des réponses à deux questions majeures de cette nouvelle ère. Qu’est-ce qu’un socialisme aux caractéristiques chinoises? Et comment y arriver?

Et c’est en répondant à ces questions que Xi Jinping dévoile l’horizon de ce qu’il appelle le «rêve chinois», l’objectif de la revitalisation nationale, de l’unification complète de tout son territoire et de la réalisation des aspirations des peuples à une vie meilleure, pour une communauté d’avenir partagé avec toute l’humanité pour promouvoir la paix dans le monde et le développement.
Le travail que nous sommes en train de publier est issu de celui qui a été publié par la maison d’édition en langues étrangères de Pékin ; c’est une publication destinée au public brésilien par la société d’édition Rio, qui le placera dans les principales librairies du pays.

Enfin, au nom des communistes du Brésil, je souhaite la bienvenue à tous les membres de la délégation chinoise qui nous rendent visite, ainsi qu’à toutes les personnes présentes.
Merci
Haroldo Lima

 

REVELATIONS AU CHILI ET AILLEURS Les archives déclassées de la CIA montrent la proximité de Piñera avec Pinochet et l’origine de sa fortune

12/13/2017

 

Les archives déclassées de la CIA montrent la proximité de Piñera avec Pinochet et l'origine de sa fortune

Dans les réseaux sociaux, un vieux rapport a commencé à réapparaître  au Chili entre les deux tours de l’élction qui l’a vu l’emporter  aux dépens de son concurrent, Alejandro Guillier.C’était l’histoire secrète de sa fortune, nous reprnons cette description parce qu’elle est éclairante sur qui sont les individus que l’impérialisme a cru pouvoir mettre à la tête de l’Amérique latine pour freiner la vague anti-libérale et si vous suivez bien la démonstration, elle ne concerne pas que l’Amérique latine, la France est-elle à l’abri de tels processus, certainement pas et l’élection de Macron le prouve.. Notez que la droite libérale n’était plus suffisantes, il lui a fallu faire appel à ce que l’article appelle la droite politique, celle qui veut la répression, proche de la dictature ici comme ailleurs, c’est-à-dire non seulement l’armée, mais l’opus dei, sa presse, et l’achat des juges, le même shéma qu’au Brésil.Il faut avoir la patience de suivre les faits révéls pour mesurer l’imbrication entre la CIA, les milieux financiers, la droite conservatrice, le financement de réseaux fascistes armés d’extrême-droite et y compris l’église et la presse jouent à la fois l’enrichissement, l’impunité et le pillage du pays. le tout à partir de la faillite bancaire avec des sociétés fictives écran pratiquant l’évasion fiscale à grande échelle y compris par le Panama.On sait que le Panama papers employait d’anciens nazis et réseaux d’extrême-droite. Ces documents de la CIA, ce travail journalistique est à suivre parce qu’il nous parle aussi de nous français, de nos institutions, du viol de la république pendant qu’on nous amuse avec « le voile ».

Ces documents de la CIA montrent une élite politicienne du monde des affaires qui, montée sur les épaules du général Pinochet, utilisait à son profit le vaste arsenal de ressources qui permettent de contrôler l’appareil de l’État. Il a obtenu de nombreux prébendes, sinecures et positions de prééminence, dont la fortune et la candidature à la présidence de Sebastián Piñera Echenique constituent l’un des exemples les plus illustratifs. Mais fondamentalement, le dossier Piñera dans les archives de la CIA suggère  qu’un personnage dont les services de renseignement de la plus grande puissance du monde possèdent un tel niveau d’information peut arriver à la Présidence de la République, ce qui éclaire  sur le pouvoir de négociation et de pression  que la CIA a désormais sur la dite République. Sommes nous assurés en France, quand l’on considère ceux qui ont fait élire Macron en un tour de main, que ces gens là n’ont pas le même pouvoir sur TOUS nos médias et sur une partie importante de notre appareil d’Etat ? .

C’est pour cela d’ailleurs que rien n’est joué au Chili comme ailleurs si face au peuple ils conservent les finances et les armes. Parce que le refus de leur ordre libéral  par les peuples repart de plus belle aujourd’hui, parce que ces gens tentent d’imposer est réellement insupportable et de surcroit totalement inefficace pour ce qu’ils prétendent à savoir régler les problèmes de chômage, même au prix de conditions de salaire et de travail, sans parler de l’absence de prection social insupportables. la référence de ces gens là est la grande réussite politique de Macron en France. (note et traduction de danielle Bleitrach)


Dans un travail journalistique réalisé par Francisco Herreros, directeur de l’hebdomadaire El Siglo en 2009, intitulé «Le dossier Piñera dans les archives de la CIA», plusieurs documents secrets et déclassifiés de l’agence de renseignement américaine ont été publiés, dans lesquels on voit la proximité du candidat à la présidentielle du Chili Vamos, Sebastián Piñera,par rapport au dictateur disparu, Augusto Pinochet, révélant ainsi l’origine de sa fortune.

En outre, la note montre également le lobby de l’ambassadeur avec le président de la Cour suprême qui a empêché le candidat et futur président de la république actuel d’entrer en prison.

Ensuite, la transcription du rapport complet qui a commencé à apparaître sur les réseaux sociaux:

« Dans une interview accordée au journal espagnol El Mundo, le 1er juillet, le candidat à la présidentielle à droite, Sebastián Piñera Echenique, a déclaré:

«J’ai toujours été un opposant au gouvernement Pinochet, pour deux raisons fondamentales. Premièrement, parce que je n’ai jamais accepté et toujours rejeté les violations systématiques, répétées et graves des droits de l’homme, et deuxièmement, parce que j’ai toujours pensé que le meilleur chemin pour le Chili était la démocratie et que le gouvernement militaire nous avait privés de démocratie pendant 17 ans. années.  »

Quelques jours auparavant, le 26 juin, en réponse aux allusions du candidat à la présidence du Concertación concernant le processus de fraude à la banque de Talca et l’amende pour l’utilisation d’informations privilégiées dans le cas de Lan Chile, Piñera a déclaré: «Frei est mal informé . La Cour suprême a unanimement déclaré ma totale innocence et je n’ai jamais eu de problème avec l’utilisation d’informations privilégiées. ”

Les documents secrets du dossier de la CIA, que nous sommes en mesure de déclassifier, montrent que, comme d’habitude chez lui, Sebastián Piñera ment effrontement.

Concernant la première de ses déclarations, les documents que nous présdentons au public montrent non seulement l’appartenance de Piñera à l’environnement immédiat et le plus proche de Pinochet, mais révèlent également, ou plutôt confirment, la relation directe entre  proximité et l’origine de sa fortune. De plus, ils contribuent à expliquer l’antipathie viscérale ressentie par une certaine droite  économique pour le candidat de la droite politique.

Si pour le premier, le dicton est applicable, « l’oiseau du mauvais augure  est celui qui cache son propre nid », le second censure celui qui mord la main qui le nourrit.

En ce qui concerne la réponse de Piñera à Frei, il n’est pas vrai non plus que la Cour suprême ait décrété son innocence. En réalité, un tribunal de cette cour a été saisi d’un recours en amparo, interrompant ainsi l’enquête sur la participation de Piñera.

Les documents de la CIA montrent non seulement l’énormité de l’influence exercée, y compris un lobbying de l’ambassadeur des États-Unis auprès du président de la Cour suprême, mais également l’opération de renseignement qui l’a fait sortir du pays alors qu’il était en menacé d’arrestation, bien que l’enquête judiciaire ait abouti à la condamnation de deux des personnes impliquées dans l’escroquerie à la banque de Talca, également mentionnée dans les documents, qui ont passé une saison entière derrière les barreaux.

Un clan puissant

Le premier de ces documents est une compilation de fond et une analyse de fond de Miguel Juan Sebastián Piñera Echeñique, commandé par le service de la communication de l’ambassade des États-Unis à Santiago, et portant le numéro WSA / Was / 3215B, enregistre l’entrée de données de 1975, 1984 et 1990, relatives au blanchiment d’argent, à la création de sociétés fictives, à la corruption et à des associations illicites, tous actes liés à l’intervention et à la liquidation de la Banque de Talca en 1982.

Déjà dans le titre, le document offre des surprises, car il indique que le patriarche du clan Piñera, M. José Piñera Carvallo, collaborait avec la CIA depuis 1965 et que José Piñera Echeñique, frère de Sebastian, était ministre des Travail et protection sociale de la dictature, dont il a promu le plan de travail et la réforme provisoire qui a introduit le système de capitalisation individuelle, et en tant que ministre des Mines, où il a effectué la deuxième dénationalisation du cuivre, il a été à la fois collaborateur direct et analyste financier de la famille Pinochet.

Les chiffres 1 et 2 du document font référence à l’arnaque de la Coopérative d’épargne et de crédit La Familia, déjà examinée dans notre édition de 1458. Le document attribue la paternité intellectuelle à Jaime Guzmán Errázuriz et à José Piñera Echenique.

Sebastián Piñera entre dans la danse sous le  chiffre 4, lié à la triangulation des entreprises et au blanchiment d’argent pour 85 millions de dollars, en relation avec la banque de Talca. Un e référence apparaît concernant  l’entreprise de construction Socofer, de Luis Fernández Drey, dont l’insolvabilité a précipité la faillite de La Familia.

Mais celui qui fait référence à la Blue Foundation, dirigée par Ernesto Silva Baffalluy, alors directeur général de l’ENAP, présente plus d’intérêt. D’après le langage cryptique du document de renseignement, il s’agissait d’un mécanisme permettant de détourner des fonds d’entreprises pour acheter  les médias.

Et comme les références à Joaquín Lavín, Mercury et Petrox apparaissent immédiatement, il n’est pas risqué de conclure que le destinataire des fonds était ce journal. Lavín et Silva Baffalluy appartiennent tous deux à l’Opus Dei et au noyau dur de l’UDI; Ils sont partenaires à l’Universidad del Desarrollo et ont tous deux occupé de hautes fonctions à l’ENAP lorsqu’elle a été scindée en filiales, dont une Petrox, en 1981.

Vous trouverez ci-dessous une liste de sociétés fictives créées pour recevoir des prêts de Banco de Talca et «acheter des actions de la banque elle-même». Le document attribue la paternité intellectuelle de cette association illégale à José Piñera Echeñique, Carlos Massad et Sebastián Piñera Echeñique.

Il ajoute qu’en vertu de cette loi, environ quatre-vingts entreprises fictives ont été créées pour « utiliser les avantages accordés par la Banque centrale du Chili à ses exportateurs ». Parmi les sociétés, il mentionne notamment Infinco, Inversiones Rio Claro, Indac, Inversiones Sevilla, Los Montes, Tamarugal, Laguna Verde, Forestal Los Lirios et Financiera Condell. Parmi les dirigeants et contrôleurs des sociétés de cette association illégale, José Concha, Susana Tonda, Patricio Barros, Antonio Krell, Joaquín Cordua, Eugenio Mandiola, Miguel Calaf, Herman Chadwick Piñera, Emiliano Figueroa, Alberto Danioni, Manuel Cruzat et Fabio Valdés. En ce qui concerne le blanchiment d’argent, Calaf SACI, Lan Chile, Bancard, Fincard et Aerolineas Escandinavas, SAS sont mentionnés.

Liste de Piñera

En pratique, plusieurs des noms mentionnés jusqu’à présent dans le document de la CIA figurent dans les statuts constitutifs de la société d’investissement Infinco Ltda., Publiés au Journal officiel du 28 juillet 1980:

Miguel Juan Sebastián Piñera Echenique, Carlos Alberto Massad Abud, Antonio Krell Rosenfeld, Joaquín Cordua Sommer, Rafael Barahona Soto, Hugo Juan Bautista Zunino Zunino et Patricio Eduardo Barros Fiegehen. En tant qu’administrateur, Eugenio Mandiola apparaît. Une chronique du magazine Que Pasa, datée du 3 décembre 2005, indique que Sebastián Piñera est arrivé à Infinco en remplacement de son frère José, depuis sa nomination au poste de ministre du Travail de Pinochet.

Les sociétés et sociétés suivantes semblent être associées à la Sociedad Promotora de Negocios Ltda. Ce dernier fait toujours partie des sociétés d’investissement de Sebastián Piñera. En fait, Santa Cecilia et Bancard Inversiones Limitada apparaissent comme les sociétés par l’intermédiaire desquelles Piñera détenait 2 064 421 actions de Farmacias Ahumada, ce qui correspond à 1,37% du capital de la société, qu’il a dû vendre précipitamment à son départ. Il y a donc eu  collusion entre les trois principales chaînes de pharmacies pour fixer les prix, en avril dernier.

Rafael Barahona Soto, partenaire d’Infinco, apparaît comme partenaire d’Indac Comercial Ltda., Une autre société mentionnée dans le document de la CIA, aux côtés d’Eugenio Mandiola Juan José Sallato Cáceres et de Juan Jorge García Huerta et de Grupo Gerdau Emprendimientos Ltda. . et Aza Participaciones SA Une chronique du journal La Nación, datée du 19 avril 2009, enregistre la déclaration judiciaire suivante de Sebastán Piñera devant le juge Luis Correa Bulio, dans le cadre de l’enquête en vue de la faillite de la Banque de Talca:  » Quand je travaillais à la Banque de Talca, deux personnes qui travaillaient avec moi chez Infinco, MM. Eugenio Mandiola et Patricio Barros, m’ont invité à souscrire des actions d’Industria del Acero Indac, en acquérant des actions d’un montant proche de 6% ».

Parmi la liste des cadres présentée dans le document, plusieurs d’entre eux entretiennent, ou jusqu’à récemment, des relations avec Sebastián Piñera.

Ainsi, Fabio Valdés Correa est actionnaire de Lan Chile et fait partie du conseil d’administration de Chilevisión. Il était l’un des cadres de confiance de Manuel Cruzat. Susana Tonda a travaillé chez Piñera chez Bancard et a occupé un poste élevé à Lan Chile jusqu’en octobre 2006. José Concha était directeur général de Bancard, société mère de Piñera dans le secteur des cartes de crédit, jusqu’à ce qu’il le vende à 60 millions de dollars à la Banco de Santander en avril 1993. Herman Chadwick Piñera, président actuel de l’Association des concessionnaires de l’infrastructure publique, est le cousin germain des frères Piñera Echenique. Manuel Cruzat, dirigé avec Fernando Larraín, le groupe Cruzat-Larraín, dont la faillite lors de la crise de 1982-1983, ainsi que le groupe Vial et d’autres groupes mineurs, précipité l’une des plus grandes récessions de l’histoire du Chili. Il n’est pas accessoire de dire qu’au même moment, et pour les mêmes raisons, il y avait une faillite de la Banque de Talca, présidée par Carlos Massad et dont Sebastián Piñera était le directeur général.

Miguel Calaf et Alberto Danioni, pièces maîtresses aux côtés de Sebastián Piñera, de l’association illégale de fraude à la banque de Talca, ont été détenus pendant plusieurs mois à Capucins et condamnés à trois ans de prison par le magistrat Correa Bulo, condamné instances supérieures, y compris l’appel.

Le lobby de l’ambassadeur

Le document suivant que nous présentons à l’attention des citoyens, le recueil de documents de renseignement identifié comme Was / WDC / 3215, apparemment le numéro d’identification du dossier Piñera, a le mérite de montrer simultanément que  les deux affirmations de Piñera indiquées au début.sont des mensonges ,  à savoir l’affirmation disant qu’il a toujours été un opposant à la dictature et ensuite  que la Cour suprême a décrété son innocence totale dans l’affaire de la banque de Talca.

Selon le numéro 1 du document, le chef de la CIA à Santiago rend compte de la réunion du ministre-conseiller des affaires latino-américaines, George Jones, avec José Piñera Carvallo, père de Sebastian et son cousin, Herman Chadwick Piñera.

Le numéro 2 indique que lors de ladite réunion une «action de contre-espionnage» a été établie, appelée par euphémisme «neutralisation», consistant à retirer Sebastián Piñera du pays et à son transfert via l’Argentine et le Mexique.

Le document ajoute que cette « collaboration » a été commandée par Aguila 1, code désignant l’ambassadeur des États-Unis à Santiago, poste occupé ensuite par le conservateur James Theberge et par Fernando Quijano. Quijano, de nationalité mexicaine, semble être lié non seulement à des organisations d’extrême droite, mais également à des réseaux neofascites, tels que les comités du Conseil international du travail, le Mouvement de solidarité ibéro-américain, MSIA et l’Union nationale des sinarquistes.

L’article intitulé Anatomie d’une opération de renseignement fasciste, signé par William F. Wertz, publié le 4 février 2005 dans le magazine Schiller Institute, déclare:

«Entre 1985 et 1987, Quijano a commencé à travailler avec Néstor Sánchez. Depuis 1963, Sánchez était impliqué dans le complot de la CIA connu sous le nom d’Opération Mongoose, visant à assassiner Fidel Castro de Cuba. De 1965 à 1967, il dirigeait la station de la CIA au Guatemala, où il collaborait avec des escadrons de la mort. Dans les années 1970, lorsque Pinochet est arrivé au pouvoir et a lancé l’opération Condor du génocide dans le cône sud de l’Amérique du Sud, Sanchez est devenu chef de la division latino-américaine de la Direction des opérations de la CIA, puis dans les années 1980. pendant la guerre contre l’Iran, dans le sous-secrétaire adjoint à la Défense pour les affaires interaméricaines, affecté à l’équipe du Conseil de sécurité nationale.  »

Le numéro 3 du document, informe d’une réunion « avec nos collaborateurs » de la Cour d’appel et de la Cour suprême.

Le numéro 4 révèle une rencontre avec le président de la Cour suprême de l’époque, Rafael Retamal, qui établit l’opération de « neutralisation » et « de soutien d’Uila » avec la collaboration et le soutien logistique de Fernando Quijano, José Piñera Carvallo et Herman Chadwick. Ananas

L’intrigue de la banque de Talca

Pour que le lecteur ne doute pas de la teneur du document, il est écrit que «la neutralisation est établie selon les causes 482-82, 439-82 et 4353-87».

Les numéros de rôles 428-82 et 430-82 correspondent aux appels interjetés par Sebastián Piñera, Carlos Massad et Emiliano Figueroa contre la décision du juge Luis Correa Bulo, qui les a qualifiés de criminels pour le crime de Defaud. Banque de Talca et autres illicites.

Le 8 septembre 1982, la septième chambre de la cour d’appel a rejeté le recours en amparo des ministres Osvaldo Faúndez et Servando Jordán à l’encontre de l’un d’entre eux, du ministre Enrique Zurita.

Le vote majoritaire a établi que «le mérite des voitures en vue, il s’avère que la peine de prison pour les plaignants Sebastián Piñera Echenique, Emiliano Figueroa Sandoval et Carlos Massad Abud, a été rendue dans les cas prévus par la loi et avec des antécédents qui le justifient et en conformité, également, avec les dispositions de l’article 306 du Code de procédure pénale ».

L’origine du complot remonte au 2 novembre 1981, lorsque la Surintendance des banques et des institutions financières est intervenue pour intervenir dans la banque Talca, parce qu’elle était en état de cessation de paiements et qu’elle avait contracté une dette envers la banque centrale voisine. à 40 millions de dollars. L’affaire n ° 99 971-6 du 20 mai 1982 a été ouverte par une plainte déposée par le liquidateur de la banque, Eugenio Silva Risopatrón, contre les associés de contrôle et qui était responsable des actes illicites qui ont précipité l’intervention et la liquidation ultérieure du banque

Le journal La Nación du 19 avril a fourni des informations détaillées sur le processus, qui est d’ailleurs absent des archives judiciaires. Parmi ces antécédents, il convient de mentionner:

«Selon les plaignants, le capital et les réserves de la Banque de Talca atteignaient 40 millions de dollars au moment de leur intervention. L’enquête judiciaire a déterminé que les crédits irrécupérables accordés par l’institution financière s’élevaient à 250 millions de dollars. Dans son portefeuille de prêts, la Banque de Talca a prêté plus de 200 millions de dollars à des sociétés liées, soit cinq fois son capital et ses réserves, alors que la loi ne permettait une limite maximale que de 25%. Les sociétés liées n’avaient pas nécessairement d’existence légale et, selon l’enquête judiciaire, les contrôleurs et les dirigeants de la banque ont octroyé des crédits à ces sociétés fantômes sans aucune garantie. Comme les parties concernées l’ont reconnu, Ces crédits à des sociétés liées étaient destinés à acheter avec cet argent des parts de la banque elle-même. C’était le modèle de capitalisation que Piñera et ses partenaires avaient conçu à partir des bureaux d’Infinco, la société de professionnels constituée pour conseiller la Banque de Talca en mars 1978. Comme le rapportait la presse de l’époque, le groupe constituait 150 entreprises que dans le but de fonctionner de cette manière. Mais ce n’était pas tout non plus. La Banque a également utilisé les avantages que la Banque centrale avait accordés aux exportateurs à l’époque. Il a simulé une série d’exportations, également de papier, via des sociétés de papier chiliennes à des sociétés panaméennes, comme en témoigne le rapport de l’auditeur Iván Goic ».

C’était le modèle de capitalisation que Piñera et ses partenaires avaient conçu à partir des bureaux d’Infinco, la société de professionnels constituée pour conseiller la Banque de Talca en mars 1978. Comme le rapportait la presse de l’époque, le groupe constituait 150 entreprises dans le but de fonctionner de cette manière. Mais ce n’était pas tout non plus. La Banque a également utilisé les avantages que la Banque centrale avait accordés aux exportateurs à l’époque.Elle  a simulé une série d’exportations, égalementficitve, via des sociétés écran chiliennes à des sociétés panaméennes, comme en témoigne le rapport de l’auditeur Iván Goic ». C’était le modèle de capitalisation que Piñera et ses partenaires avaient conçu à partir des bureaux d’Infinco, la société de professionnels constituée pour conseiller la Banque de Talca en mars 1978. Comme le rapportait la presse de l’époque, le groupe constituait 150 entreprises que dans le but de fonctionner de cette manière. Mais ce n’était pas tout non plus. La Banque a également utilisé les avantages que la Banque centrale avait accordés aux exportateurs à l’époque. Il a simulé une série d’exportations, également de papier, via des sociétés de papier chiliennes à des sociétés panaméennes, comme en témoigne le rapport de l’auditeur Iván Goic ».

Un aveu de parties …

Comme vous pouvez le constater, les informations de base fournies par les documents de la CIA coïncident presque de manière millimétrique avec le mérite du processus.

L’enquête judiciaire a établi un prêt de 11,7 millions de dollars consenti par la banque à Rio Claro, l’une des sociétés fictives mentionnées dans le document, et la constitution des sociétés de sérigraphie Los Montes, Tamarugal, Laguna Verde et Forestal. Les lys

Parmi les antécédents en vue de résoudre l’ordonnance de poursuite, le juge d’instruction examina en septembre 1982 les propres déclarations de Piñera:

«Les prêts accordés par la Banque de Talca ont été l’une des nombreuses sources de ressources mises à la disposition de ces sociétés, certaines d’entre elles pouvant avoir été utilisées à des fins autres que la demande de prêt (…). Par conséquent, je ne suis pas au courant que le prêt de 11 millions de dollars et une fraction à la société Rio Claro a été prêté à des tiers pour acheter des actions de la banque, et je ne me souviens pas de cette opération particulière qui a eu lieu plusieurs jours avant mon départ du banque ».

Cependant, Miguel Calaf et Alberto Danioni ont déclaré qu’ils se trouvaient hors du pays au moment où ils ont été interrogés et que l’opération a été effectuée par Sebastián Piñera. Patricio Roa, l’un des constituants, a déclaré:

« Au mois de juin (1980), je ne me souviens plus très bien de quelle date, le directeur général de la banque de Talca de l’époque, Sebastián Piñera, m’a demandé d’être le représentant légal de quatre sociétés créées par nécessité, et dont les propriétaires seraient d’autres sociétés du groupe Calaf-Danioni. Considérant qu’il s’agissait d’un signe de confiance de la part des propriétaires et de la direction générale, j’ai accepté le poste proposé.

Dans sa déclaration judiciaire, Alberto Danioni déclare à son tour: «M. Sebastián Piñera, directeur général de la banque, a ordonné la constitution de ces quatre sociétés agricoles afin de s’acquitter de ses dettes ou de ses dettes envers M. Alejandro Zampighi. et qu’ils étaient réticents à ce que la banque les maintienne aussi expirés, obtenant ainsi un délai plus long pour leur annulation.  »

Sebastián Piñera a déclaré: « Je reconnais avoir conscience que ces sociétés avaient été récemment créées et n’étaient pas soumises à un crédit solvable car elles ne disposaient que de peu de capital, voire d’aucun. »

Talca, Argentine et Mexique

Une fois que le jugement de la première instance a été connu et que l’appel de la seconde instance a été rejeté, l’opération mentionnée aux numéros 1, 3 et 4 du document de la CIA a été précipitée, dans laquelle la « neutralisation » de Sebastián Piñera a été décidée, ce qui devrait être lu comme votre transfert hors du pays via l’Argentine au Mexique, où il serait  resté environ 45 jours, sous la protection de Fernando Quijano.

Dans une plus grande mesure, le numéro 5 du document révèle la réunion tenue comme « réservée » par l’ambassadeur des États-Unis au Chili, James Theberge, et le président de la Cour suprême, Rafael Retamal, à une date qui peut être fixée. entre le 8 et le 19 septembre 1982.

Le 20 de ces mois, une salle de la Cour suprême, présidée par le ministre Rafael Retamal, les ministres Emilio Ulloa et Carlos Letelier, ainsi que les membres des avocats des avocats Enrique Urrutia et Enrique Munita ont été saisis de l’appel d’amparo qui avait laissé Sebastián Piñera en dehors du processus. ce qui ne signifie nullement qu’il ait prouvé son « innocence totale », comme il l’entend.

La décision a établi que «dans l’état actuel de l’enquête, il n’est pas établi que les faits imputés aux parties protégées aient des caractéristiques criminelles, ni qu’il soit maintenant prouvé qu’ils ont bénéficié ou que la banque a subi un préjudice résultant de la performance financière de l’entreprise. récurrent « . La résolution est ouvertement contradictoire avec les faits et avec le développement ultérieur du processus lui-même. Par exemple, le rôle 4353-87 correspond à l’arrêt de la Cour d’appel du 23 décembre 1987, qui a rejeté les recours de Miguel Calaf et Alberto Danioni, poursuivis pour les mêmes crimes que ceux reprochés à Piñera. En fait, ils ont été condamnés à trois ans de prison, ce qui signifie a) que, nécessairement,

La raison de l’implication de l’ambassadeur des États-Unis réside peut-être dans le premier document, selon lequel M. José Piñera Carvallo « collabore à cette agence depuis 0065 ».

Cette condition est corroborée dans un autre document, le rapport Was / WDC 7056, daté du 2 mai 1986, qui révèle «des fonds remis par AMCO à des collaborateurs et à des informateurs conformément à la description des codes d’accès autorisés». Ceux-ci incluent Orlando Sáenz, Pedro Ibáñez, Felipe Amunategui, Jaime Guzmán, Pablo Rodriguez, León Vilarín, Andrés Zaldívar, Juan Hamilton, Enrique Krauss, Rafael Moreno, Juan de Dios Carmona et José Piñera Carvallo, entre autres.

Informations internes

À partir d’un quatrième document, appelé Was / DC / SECRET-2897 / Eyes Only, et qui enregistre les entrées d’informations de 1975, 84, 86, 99 et 2001, nous ne déclassifierons que quelques paragraphes.

Ce qui s’appelle Nexos 10 Sensitive Secret, lié aux triangulations d’actifs liés à El Mercurio, établit qu’entre 1980 et 1984, dans le contexte de la crise économique provoquée par la faillite générale de la banque et la débâcle des principaux groupes L’environnement immédiat du pays, l’environnement immédiat de Pinochet, grâce à une manœuvre attribuée à José Piñera et Jaime Guzmán par le document, a été informé de la hausse du dollar, alors fixé à 39 pesos par le ministre des Finances, Sergio de Castro et que Pinochet, à la télévision, avait juré de maintenir, même sur son corps … Jusqu’en juin 1982, le peso fut dévalué à 46 dollars par dollar et en août, le taux de change fut décrété cela prévaut jusqu’à aujourd’hui.

Le document ajoute que le but de cette information a été fourni au noyau le plus proche de Pinochet pour son unique profit, et qu’à cette fin, et « en mesure de blanchir une somme de près de 120 millions de dollars », des crédits ont été accordés à El Mercurio(journal), via Banque d’Etat

Parmi les collaborateurs directs de Pinochet qui auraient bénéficié des informations, le document mentionne Enrique Montero Marx, Sergio de Castro, Hernán Cubillos, Alfonso Márquez de la Plata, Jovino Novoa, José Piñera Echenique, Alvaro Bardón, Joaquín Lavín, Carlos Cácer Jorge Ballerino, Jaime Lepe, Pablo Longueira, Ambrosio Rodríguez, Jorge Selume et Oscar Aitken, entre autres.

L’exament  de Pinochet a conclu à la réciprocité, dans la mesure où l’enquête sur la banque Riggs a permis de déterminer que le général avait ouvert des comptes à la banque de Talca, sous le pseudonyme de José Ramón Ugarte.

L’Anneau de protection

La section Nexos 15 Sensitive Secret, relative à la triangulation des avoirs et des associations illicites, fournit des informations complémentaires et validantes sur le cas de la banque de Talca.

Soudain, il identifie Augusto Pinochet, José et Sebastián Piñera, Miguel Calaf, Alberto Danioni et Emiliano Figueroa, qui, soit dit en passant, était chef des collections de la Banque d’État jusqu’en juillet 2008.

Ensuite, il établit que, par l’intermédiaire de José Piñera Echenique, plusieurs sociétés fictives ont été créées, telles que Río Claro, Inversiones Sevilla, Los Montes, Forestal Los Lirios, Tamarugal, Laguna Verde et Infinco, dans le but d’obtenir des prêts à la Banque de Talca, opération Le président de la Banque, Carlos Massad, le directeur général, Sebastián Piñera, et les associés de contrôle Miguel Calaf et Alberto Danioni ont assisté à la réunion.

Le document indique que cette association illégale a fraudé la banque à 240 millions de dollars et dans ce domaine est parvenu à un record inconnu. José Piñera, ambassadeur et ministre conseiller de l’ambassade des États-Unis, aurait été à l’origine du lucratif commerce de cartes de crédit, auquel la légende urbaine attribue la genèse de la fortune de Sebastián Piñera.

Ensuite, le document fournit des informations supplémentaires sur les mesures de protection accordées à Sebastián Piñera. Il précise que, sur ordre du directeur des enquêtes de l’époque, Fernando Paredes Pizarro, « un anneau de protection est établi pour cette opération et ses membres », et qu’en réalité, il a été extradé à l’étranger et que ces gens-là ont protégé Sebastián Piñera pendant environ 45 jours. « En évitant  son arrestation et sa détention. »

Cette section du document conclut que l’association illicite comprenait trois phases: le blanchiment d’argent, l’accès aux grandes ressources en dollars et l’appropriation, par le biais de l’ingénierie financière rapportée, du contrôle des stocks de la Banque de Talca, réalisée à 80%.

Conclusions

A titre provisoire, on peut au moins tirer les conclusions suivantes des documents de la CIA déclassifiés à cette occasion.

Premièrement, l’inexactitude des affirmations de Piñera, en ce sens qu’il a toujours été un opposant au régime de Pinochet et que la Cour suprême a établi son « innocence totale ».

Ensuite, la véritable origine de la fortune de Piñera réside non seulement dans la vente de Bancard et de Fincard à la Bank of Santander et à Transbank, qui ont en tout cas rapporté une belle somme de 74 millions de dollars, mais aussi et surtout , dans la fraude de la banque de Talca.

Troisièmement, contrairement à la croyance communément admise, Sebastián Piñera n’a pas été l’initiateur du commerce des cartes de crédit au Chili. Le document décrit donne cet honneur douteux à son frère José.

Ensuite, Ces documents de la CIA montrent une élite politicienne du monde des affaires qui, montée sur les épaules du général Pinochet, utilisait à son profit le vaste arsenal de ressources qui permettent de contrôler l’appareil de l’État. Il a obtenu de nombreux prébendes, sinecures et positions de prééminence, dont la fortune et la candidature à la présidence de Sebastián Piñera Echenique constituent l’un des exemples les plus illustratifs. Mais fondamentalement, le dossier Piñera dans les archives de la CIA suggère  qu’un personnage dont les services de renseignement de la plus grande puissance du monde possèdent un tel niveau d’information peut arriver à la Présidence de la République, ce qui éclaire  sur le pouvoir de négociation et de pression  que la CIA a désormais sur la dite République

 

1) (séquence Massad, Piñera, Danioni) Dans cette séquence d’archives du journal La Nación, Carlos Massad, Sebastián Piñera et Alberto Danioni figurent à la date des événements.

2) (Bank of Talca) Les documents de la CIA et l’enquête judiciaire indiquent que la fraude à la banque de Talca a atteint environ 240 millions de dollars.

3) (José Piñera) Selon les documents de la CIA, l’éminence grise derrière l’association illicite qui aurait fraudé la banque Talca aurait été José Piñera Echenique.

4) (James Theberge)

Le clan Piñera est puissant. Il a réalisé le lobby de l’ambassadeur américain, James Theberge, sur la photo avec son épouse Gisela, avec le président de la Cour suprême de l’époque, Rafael Retamal López, qui présidait également la salle qui a sauvé Sebastián Piñera. ________________________________________________________________________ Description / contexte / Analyse du développement / AMCO-CHILI / WSA / WAS / 3215- B / 0075/84/90

Defense Intelligence / Chileto / Collection de fonds de M. Miguel Juan Sebastian Piñera Echenique / Décembre 1949 / Marié à Cecilia Morel M / fils du diplomate / Ambassadeur / José Piñera Carvallo / collaborateur de cette agence / depuis 0065 / Frère / José Piñera Echenique / Ministre du Travail / Sécurité sociale / Ministre des Mines / Collaborateur direct / Analyste financier d’Augusto Pinochet Ugarte et de sa famille / Blanchiment d’argent / Sociétés factices / Blanchiment d’argent / Sociétés factices / Corruption / Association illicite / Partenaires contrôlants / Sociétés liées /

1.- Description et analyse / Association illicite / Propriété intellectuelle

Jaime Jorge Guzmán Errázuriz / FJUN / FNPL / IEG / en collaboration avec José Piñera E. / Coopérative d’épargne et de crédit / Désignation commerciale / La Familia / LF / Crédits et collectés de fonds auprès de citoyens disposant de ressources économiques réduites / générant ainsi un capital suffisant pouvoir réaliser / blanchir des avoirs de manière transparente et légale / puisque l’intérêt moyen offert était beaucoup plus élevé que celui établi / par des entités de recouvrement communes / fin de la traduction / APO

2.- Contrôleurs / Dirigeants / Triangulation de sociétés / Blanchiment d’argent / Association illicite / 6,5 millions de dollars US /

Membres collaborateurs / FJUN / Cristián Larroulet / Andrés Chadwick / Juan Antonio Coloma / Luis Cordero / Sergio Tuteleers / Hernán Larraín / Javier Leturia / Miguel Kast / Alberto Hardessen / Carlos Bombal / Cristian García-Huidobro / Claudio Arteaga / Jovino Novoa / directeurs généraux de la coopérative / Cristian López / Rodrigo Mujica / Avocat-consultant / Miguel Alex Schweitzer / Sergio Fernandez Contador – Contributeur / Jaime Carreflo Barrera / Tomás Irarrázabal / Président du conseil d’administration / LF / Collaborateur et secrétaire adjoint du ministère du Travail / Fin du mandat traduction / APO

4.- Triangulation de sociétés / blanchiment d’argent / 85 millions USD /

Constructora Socofe / Luis Fernández Drey / Utilisé par la DINA / DINE / DIE / collecte de fonds et blanchiment d’argent / avec ces ressources missions financées à l’étranger / Activités de renseignement interne de l’État /

Fundación Azul / de collecte de fonds / auprès de sociétés / médias / Enap / Ernesto Silva Bafalluy /

El Mercurio Weekly / Joaquín Lavín M. / Président Petrox /

Infinco / Inversiones Rio Claro SA / Indac / Inversiones Sevilla / Los Montes / Tamarugal Ltda. / Laguna Verde / Foresterie Los Lirios / Calaf SACI / Société de crédit-bail / entreprise de construction Socofe / financial Condell / society Consultation générale de Construction Projects Ltda./ / fin de traduction

Cette association illicite a été conçue à travers / José Piñera E. / Carlos Massad A. / des crédits ont été accordés à leurs sociétés fictives / ces sommes étaient destinées à acheter des actions de la banque elle-même / environ 80 sociétés fictives ont été créées / elles ont utilisé des avantages accordés par le Banque centrale du Chili, pour ses exportateurs / filiales fictives à l’étranger / Brésil / Argentine / Panama /

Directeur général / Sebastián Pinera / Directeur de l’entité bancaire / Carlos Massad A /

5.- Contrôleurs / Dirigeants / APO / Association Illicite / José Concha / Susana Tonda / Patricio Barros / Antonio Krell / Joa / Manuel Cruzat / Fabio Valdés / Blanchiment d’argent / Calaf SACI / Actions Lan Chile Airlines / Bancard SA / Fincard SA / CMB SA / Scandinavian SAS Company / Fin translation

Décembre / 81/87 / Rapport AMCO-CHILE / Dept. Status / 82-87 / Was / WDC / 3215 / Renseignements de défense / Collection / Historique / Agence / traduction interne / Réunions tenues / Eagle 1 / M. Pínochet / Ministres chiliens / Suprême / Appels / Soutien aux objectifs / Logistique

1.- Chef de département / CÍA / Stgo / Chili / Traduction ordonnée par AMCO / réunion tenue par l’intermédiaire du ministre conseiller pour les affaires latino-américaines, George Jones / entretien avec M. Hernán Chadwick / M. José Pinera C. / Commentaires selon ODIS.-

2.- Action de contre-espionnage / La collaboration est établie par Fernando Quíjano / Neutralisation / Transfert M. Sebastian Piñera / via Árgentina-México / Uila / Cette collaboration est établie par Águila 1 / en fonction du contexte / Mémorandum 034- 82-89 /

3.-Memorandum 82-89 / Rencontre avec nos collaborateurs / Cour / Appels / Suprême /

4.-neutraliser / soutenir l’action Uila / section politique / réunion M. Rafael Retamal I établit la collaboration et la logistique via Fernando Quijano / M. Hernán Chadwick / M. José Pinera C /. Neutralisation selon les causes / 428-82 / 430-82 / 4353-87 / selon Aguila1 / translation /

5.-Le caractère de rapport «réservé» de la section politique concernant la réunion entre le Retamal et Águila 1 est établi / les rapports sont soumis par ordre du ministre conseiller aux affaires latino-américaines / ‘terme de traduction /

AMCO-CHILI / Département Statut / 82-87 / Was / WDC

Nexos 10 Sensitive Secret /

Triangulations patrimoniales / El Mercurio / Il est créé par l’intermédiaire de cette agence qui, au cours des années 0080/0084 / en raison de la crise au Chili / du groupe proche d’Augusto Pinochet / par l’intermédiaire de son ministre du Travail / José Pinera E./Consejero/Jaime Guzmán E. / par des informations confidentielles, ils ont été informés de la montée de la monnaie américaine / depuis le gouvernement militaire,Il a maintenu la monnaie américaine à un taux de change stable / par cette triangulation / bénéficiaire direct d’Augusto Pinochet / à cet effet et pour pouvoir blanchir une somme proche de 120 millions de dollars / il bénéficie de crédits / The Mercury / remis par le Banque du Chili / Il est établi que, par l’intermédiaire du journal El Mercurio, des groupes d’extrême droite et des collaborateurs d’Augusto Pinochet ont été transférés / afin de constituer un bouclier général contre leurs activités illégales / au Chili et à l’étranger / fin de la traduction /

Les groupes proches d’Augusto Pinochet / ont dû développer une stratégie,en raison de la grande dépression économique, favorisant ainsi directement et indirectement les collaborateurs et les informateurs / la transformation du groupe sectoriel / financier et gouvernant les destinées politiques et économiques du Chili / en relation étroite avec Pinochet et ses conseillers / l’illicite est établi par Les collaborateurs suivants / Enrique Montero Marx / ancien ministre de l’Intérieur / Sergio de Castro Spikula / ancien ministre des Finances / Hernán Cubillos Sallato / Ancien ministre des Affaires étrangères / Alfonso Márquez de la Plata / Sous-secrétaire général du gouvernement / Jovino Novoa Vásquez / ministre Gouvernement général / Segegob / Secrétariat national à la condition féminine et à la jeunesse / Contrôle des médias / Nomination de dirigeants et de directeurs sur TVN / José Piñera Echeñique / ancien ministre du Travail / Alvaro Bordón / ancien vice-président de!Banque centrale / Andrés Passicot / ancien ministre de l’Économie / ancien Banco del Estado / Joaquín Lavín Infante / ancien doyen de l’économie à l’Université de Concepción / ancien collaborateur d’Agustín Edwards / Carlos Cáceres / ancien ministre des Finances / Guillermo Garín / Sergio Moreno Saravia / Jorge Ballerino / Guillermo Letelíer Skinner / Juan MacLean / Eduardo Castillo / Gabríel Vergara / Ramón Castro Ivanovich / Jaime Enrique Lepe / Patricio Madaríaga Gutiérrez / Pablo Longueira / conseiller au ministère du Logement et de l’Urbanisme / Ambrosio Rodriguez / Ananías / Jorge Selume / Directeur du budget.

Nexos 15 Sensitive Secret /

Triangulation de biens / Associations illégales / Augusto Pinochet Ugarte / José Piñera Echeñique / Carlos Massad Abud / Sebastián Piñera Echeñique / Miguel Calaf Rocoso / Alberto Danioni Bernasconi / Emiliano Figueroa Sandoval / Il est établi que par l’intermédiaire de José Pinera E. / ancien ministre du Travail / Plusieurs sociétés fictives sont créées / Société immobilière et d’investissement Río Claro SA / Inversiones Sevilla / Los Montes / Forestal Los Lirios / Tamarugal / Laguna Verde / Infinco / en vue de contracter des emprunts auprès de Banco de Talca de Chile / par l’intermédiaire de son frère / Sebastián Piñera / Directeur général / Carlos Massad / Président du conseil d’administration / Miguel Calaf ‘/ Alberto Danioni / contrôleurs de la Banque de Talca /

Par cette association illicite / ils ont fraudé la banque / 240 millions de dollars d’actions de triangulation / elle établit des contacts avec notre ambassadeur et ministre conseiller / par l’intermédiaire de José Piñera / pour e! Entrée au Chili de cartes de crédit / réglementées par des entités américaines / réseaux de protection / U. Augusto Pinochet / Ministres de la Cour suprême / Jordanie / Fernando Paredes P./Police Civil Chilena /

Les mesures de protection mises en place par ce groupe économique sont établies / par le biais d’agences de sécurité de l’État / de transferts à l’étranger / de liaisons dans la police internationale / sur ordre du directeur de la police civile chilienne / établit un anneau de protection pour cette opération et ses membres / À cette fin, Sebastián Pinera est protégé pendant environ 45 jours / éviter l’arrestation et la détention /

Il est établi que cette association illicite était composée de trois phases d’action / Blanchiment d’argent / Accès aux grandes capitales en monnaie américaine / À s’approprier par certains mécanismes financiers / Le contrôle total des opérations de la banque fraudées / qui est restée en possession parmi les partenaires de ces groupes illicites, le groupe Cataf-Danioni a obtenu le contrôle de la Banque de Talca sur 80% de leurs biens / ”

 

Cuba théorie: « Progressisme » (1) à Cuba et Mémoires du sous-développement

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Nous avons beaucoup à apprendre des Cubains en matière de réflexion politique, idéologique. Hier j’ai vu qu’Elsa et ses copines Clémentine Autain, Marie George Buffet, qui à elles trois n’en ratent pas une, nous invitaient au « progressisme », encore une manière pour ces charmantes oiselles d’avoir l’air de penser pour mieux éviter d’être communistes, voilà une analyse que font les Cubains du progressisme tel que la CIA sous ses aspects « suaves » tente de l’implanter dans les esprits snobs et légers de leur île. Gloria González Justo, une camarade et amie française qui vit à Cuba, à ma demande, nous en a fait pour Histoire et société une excellente traduction parce que j’étais bien consciente du caractère défectueux de la mienne. Je vous propose de constituer un dossier de textes théoriques qui seront bien utiles pour que la discussion nécessaire se développe dans le PCF. Qu’il s’agisse des textes sur la Chine, traduits récemment ou d’autres provenant d’autres coins de la planète, il y a là matière à réflexion et à nous mithridatiser (immuniser) contre l’idéologie dominante (note de Danielle Bleitrach, traduction de Gloria González Justo pour Histoire et société).

Karima Oliva etVibani B. Jiménez

La position absurde de l’intellectuel en tant que « conscience critique de la société » – de nouveau l’intellectuel en dehors de la réalité – est une résultante perverse plutôt que d’être la conscience et l’action critique des révolutionnaires sur leur société.

Fernando Martínez Heredia. Le glissement vers le rouge.

 

L’intellectualisme « progressiste » et ses référents

 

La classe qui, dans la société moderne, bourgeoise, donne sa couleur politique au pouvoir est celle-là même qui domine sur le plan matériel, et économique. Et sa domination politique est destinée, en fin de compte, à maintenir et reproduire les conditions générales dans lesquelles s’opère son exploitation économique, à savoir les rapports capitalistes de production.

Adolfo Sánchez Vázquez. Entre réalité et utopie. Essais sur la politique morale et le socialisme.

 

Certains médias numériques « indépendants », de type journalistique ou universitaire, gagnent du terrain à Cuba, notamment parmi certains secteurs parmi les intellectuels cubains, en se présentant comme des plateformes « plurielles » et « alternatives » de réflexion publique sur le présent et l’avenir du pays. Ceux qui publient dans ces espaces construisent un récit « progressiste » qui assume comme fil conducteur un discours de discrédit, et parfois de ressentiment marqué, à l’égard du système politique cubain. En dépit de leur soi-disant« pluralité », il est difficile de trouver des positions qui s’identifient au processus révolutionnaire de ces dernières décennies, pas même dans une perspective critique. Ce sont ces mêmes auteurs qui publient dans l’un ou l’autre de ces médias, se citant entre eux et créant peu à peu un réseau qui vise à se positionner sur la scène médiatique en ce qui concerne Cuba.Ils s’efforcent d’exercer une influence sur l’opinion publique, en accumulant un capital intellectuel qui, dans certains cas, est déjà devenu rentable et un capital politique qui, peut-être, à un moment donné,pourrait le devenir. Ils tentent de socialiser une façon particulière d’interpréter la réalité cubaine, qui devient de plus en plus populaire au sein de leurs réseaux, sans que sa portée effective ne soit clairement définie.

On trouve des nuances dans le discours des auteurs que l’on peut considérer comme faisant partie de ce courant. Certains d’entre eux s’intéressent davantage au développement économique et défendent le libre marché, tandis que d’autres plaident plus fermement en faveur de l’autonomisation de ladite « société civile ». À grands traits, on pourrait dire que l’éventail s’étend de ceux qui aspirent à la libéralisation définitive de l’économie cubaine, en passant pas ceux qui, sans déclarer aucune position idéologique, se présentent comme des défenseurs de la presse indépendante, de la liberté d’expression, d’autres droits civils et de certaines causes sociales, jusqu’à ceux qui s’orientent vers la possibilité d’une inflexion dans l’institutionnalité juridique et politique cubaine vers un « socialisme démocratique », qui serait l’héritier de la plus pure tradition républicaine.

En dépit de cette diversité, on distingue un centre autour de cinq aspects fondamentaux qui marquent les intérêts au sein de ce courant de pensée « progressiste », caractérisé davantage par l’homogénéité que parla pluralité :

Premièrement, la défense de certains droits limités au sein de la société cubaine actuelle, liés à des limitations de la propriété privée et à l’accumulation des richesses, à la liberté d’association, à la manifestation et à l’expression, au pluralisme politique, au vote direct et à la liberté de la presse.

Deuxièmement, les discours se caractérisent par la dénonciation des conditions de vulnérabilité vécues par certaines couches de la population, c’est-à-dire, des situations de pauvreté, d’insalubrité, de violence de genre, entre autres problèmes susceptibles d’être présentés dans les médias comme des « causes sociales »qui soulèvent une grande émotion.

Troisièmement, leur jugement sur le système politique cubain repose sur le fait de le rendre entièrement responsable, aussi bien quant aux limitations en matière de droits qu’en matière de développement économique et conditions de vie des secteurs vulnérables.

Quatrièmement, la discussion sur certains droits a lieu soit en ignorant le caractère socialiste du système, comme par exemple l’intervention nécessaire de l’État dans les processus de répartition des richesses et de la propriété, soit de manière décontextualisée, dans la mesure où elle omet l’influence du blocus économique et du siège politique, militaire et médiatique des États-Unis, qui limite les conditions qui rendraient possibles la réalisation de ces droits et la résolution des difficultés économiques existantes.Par ailleurs, cette discussion semblerait ignorer ou, du moins, considérer comme une évidence, la large plate-forme de droits effectifs dont jouit la population cubaine dans des conditions d’équité, certains d’entre eux,notamment, ayant un caractère universel et inaliénable, une situation qui plaide en faveur d’une volonté politique claire et soutenue du système cubain de donner toute sa dignité à la vie sur l’Île.

Cinquièmement, enfin, bien que ces discours n’utilisent pas le même jargon politique que la droite étasunienne contre Cuba, ils s’appuient sur les mêmes pivots d’ouverture au libre marché, de critique ironique sur l’inefficacité d’une économie socialiste bloquée et de défense de quelques droits spécifiques traditionnellement arborés par les démocraties libérales, ce qui rend ce type d’arguments extrêmement faciles à assimiler ou à coopter par les intérêts extérieurs et leurs salariés sur l’île, ainsi que par le reste de la dissidence cubaine.Quelques intellectuels cubains,qui se définissent comme des représentants de la « gauche », se distinguent dans ce courant de pensée « progressiste ».Ils se prononcent en faveur d’un «  socialisme démocratique », avec la nostalgie de la tradition républicaine présente à d’autres périodes de l’histoire de notre pays et, en général, ils discréditent le processus révolutionnaire socialiste à Cuba. En dépit de leur position, tantôt sceptique, tantôt clairement hostile à l’égard des institutions cubaines actuelles, et même s’ils finissent parfois par adopter des positions alignées ou, du moins, opportunes, pour la droite internationale qui attaque le pays, et ses militants politiques sur l’île, il serait difficile de les identifier comme des membres de la dissidence ouverte. Ce sont des intellectuels formés à Cuba, dotés d’un important bagage culturel, qui semblent sincères lorsqu’ils se déclarent très engagés et soucieux d’un meilleur destin pour leur pays.

Nous ne les verrons jamais se prononcer dans les termes de la droite de Miami, une propagande obsolète dont ils se démarquent : la dimension de leur discours est tout autre ; il s’agit d’un discours, en fait, difficile à calibrer dans une première approche.

Leur rhétorique se révèle attrayante, mais sans affiliation claire à aucun projet, ni à une quelconque déclaration de principes que celle de leur foi dans les idéaux de la pureté républicaine et dans certaines de ses catégories formelles. Pour la plupart de leurs partisans sur les réseaux sociaux, il leur suffit de se sentir identifiés à eux, lorsqu’ils avouent souffrir devant une patrie séparée en raison de la migration ; ils se positionnent comme les martyrs d’un État qui les harcèle ; ils flattent l’abondance de Miami et se plaignent des pénuries à Cuba, ou bien ils se placent provisoirement du côté de certains groupes sociaux pour déplorer ce qu’ils présentent comme leur malheur dans le système. Symboles utilisés de façon très opportune dans des articles d’opinion chargés de ressorts émotionnels, destinés à toucher les fibres du cœur d’une nation qui, même après six décennies de processus révolutionnaire anticolonial le plus important de l’histoire contemporaine, continue à lutter pour résoudre, dans ses façons de se produire subjectivement, sa principale contradiction historique, la même depuis octobre 1868, cette tension entre le désir d’être elle-même ou celle d’être à l’image du maître. Parce qu’il nous faut reconnaître qu’il existe des secteurs importants de la population à Cuba qui s’identifient aux valeurs représentées par le projet socialiste et qui souhaitent réellement sa continuité, mais il y a aussi quelques secteurs qui s’identifient aux valeurs du capitalisme et à son affirmation mensongère d’abondance, de démocratie et de liberté.

En principe, personne ne saurait s’opposer à ce qu’une partie des intellectuels « progressistes » à Cuba souhaite publiquement: une institutionnalité juridique et politique garantissant davantage de libertés, de droits et de possibilités de participation réelle pour le peuple. Cependant, le problème se pose lorsqu’ils proposent, comme voie vers davantage de démocratie et de droits, le sillon tracé par les formules des institutions bourgeoises, à un moment historique où les catégories qu’ils défendent sont désormais devenues des euphémismes notoires qui ne résolvent pas les crises structurelles de droits et de la démocratie dans les sociétés capitalistes.

On peut faire valoir que les principes républicains de plus de droits et plus de libertés ne sont pas nécessairement l’apanage des sociétés bourgeoises ; cela dépendra toujours des référents à partir desquels ils sont construits. À cet égard, bien qu’une partie du « progressisme » à Cuba se déclare liée à la gauche, ses discours et ses référents semblent beaucoup plus proches des social-démocraties.À ce stade de l’histoire, il est bien connu que ladite« troisième voie » n’est pas en guerre précisément contre le capitalisme, mais seulement contre son expression la plus sauvage. C’est-à-dire que cette conception est beaucoup plus adaptée à la tolérance d’un système basé sur des relations d’exploitation, conforme à l’idée naïve ou intéressée qu’il existe un « bon » capitalisme et un « mauvais » capitalisme.Or, il n’y a pas de morale intrinsèque au capitalisme qui pourrait contrôler et corriger volontairement les processus d’exploitation et d’accumulation, afin de créer un modèle qui soit bon pour l’humanité et la nature. Cette notion d’un côté noble du capitalisme omet la lutte de classe en tant qu’élément fondamental à l’intérieur d’un système qui utilise tous les moyens possibles pour se reproduire, et qui, dans sa reproduction illimitée, contient la négation de l’humanité et, en même temps, la nécessité de la rébellion.

L’introduction de freins au capitalisme, à certains moments et dans certains contextes, n’a été que le résultat historique des luttes populaires contre le système. Les concessions, en termes de revendications sociales, que l’on a pu arracher au système, doivent être constamment défendues, au risque d’être effacées de l’Histoire, car elles ne s’inscrivent pas dans la logique de ses processus d’accumulation. Et ceci, parce que les droits sociaux représentent en réalité des éléments perturbateurs qui réduisent les opportunités de profit, de sorte qu’ils peuvent être parfaitement inutiles et sans intérêt pour le fonctionnement « sain » du système économique d’accumulation capitaliste, comme cela a été largement démontré dans les pays dévastés sur le plan social par les intérêts du capital.

Par conséquent, le démantèlement total des droits sociaux dans certains lieux et l’existence de concessions arrachées au système dans certains contextes à coup de luttes et de sacrifices collectifs sont les deux faces de la même médaille : le caractère unique et brutal du système.C’est pour cela que,concernant le socialisme à Cuba, les droits liés à la libre association, à la liberté de la presse et de la manifestation, des concepts tellement défendus par le « progressisme » cubain, pris dans l’abstrait, sans tenir compte des conditions objectives et des réalités concrètes auxquelles l’île est confrontée depuis janvier 1959, risquent d’être cooptés par des groupes de pouvoir économiques externes et internes à l’île pour imposer un programme privé et de privatisation en fonction de leurs intérêts de classe, qui viendrait augmenter les périphéries existantes, et les rendrait incroyablement meurtrières. Cuba n’entrera pas par la grande avenue du modèle démocratique bourgeois défendu par le « progressisme » cubain, sans que ne se fissure sa liberté en tant que nation et le projet d’une société pour les humbles. Le vote direct dans les pays, dont les constitutions sont prises en exemple parle « progressisme », ne garantit pas nécessairement que les intérêts de ceux qui votent soient représentés.L’insistance des « progressistes »sur la « pluralité politique », qui pourrait se traduire par un multipartisme et ouvrir un espace à la présence réelle de courants politiques du « centre » et de « droite », dans le cadre d’un projet social où il ne pourrait y avoir de place que pour l’approfondissement du socialisme, au risque de détruire tout projet autonome en tant que nation, conduirait au repositionnement d’une bourgeoisie au pouvoir, qui n’hésiterait pas et ne tarderait pas à rétablir les mécanismes de domination de classe liés à ses intérêts économiques, ce qui impliquerait la liquidation du socialisme.

Il semblerait que cette conception du « progressisme » cubain, dans la défense des droits et des libertés dans l’abstrait, ne parvient pas à voir que, dans l’espace politique formel des sociétés capitalistes, il n’y a en réalité aucune différence effective entre le « centre » et la « gauche », puisque la politique en place est subordonnée aux intérêts du capital, quel que soit son bord. La vraie gauche se bat régulièrement en dehors et en dessous, en marge et contre toute institutionnalité imposée.Le multipartisme se transforme dans la pratique en groupes de pouvoir économique et politique en lutte pour s’emparer des ressources de leur pays à leur profit, dépouillant ainsi d’opportunités de satisfaire leurs besoins fondamentaux de larges secteurs sociaux.Dans les pays dotés de constitutions reconnaissant la liberté d’expression, les manifestations sociales sont brutalement réprimées lorsqu’elles touchent les intérêts des élites économiques et on assassine des journalistes et des défenseurs des droits de l’homme en toute impunité. En ce sens, l’institutionnalité juridique et politique bourgeoise se caractérise par l’énoncé de droits formels et de libertés relatives subordonnées en dernière instance aux intérêts du capital.Quels droits sont-ils garantis pour les plus pauvres dans de nombreux pays où les constitutions parlent de démocratie, de droits de l’homme et de libertés politiques dans les mêmes termes que le « progressisme » cubain exige qu’ils soient définis dans la constitution à Cuba?

Aucun droit. Parce qu’il ne s’agit pas de concepts formels, il s’agit de créer des conditions de possibilités réelles dans le contexte d’un projet déterminé de société.Par conséquent, nous ne reconnaissons pas l’ordre conceptuel des droits et des libertés proclamé par l’intellectualisme « progressiste » par opposition au socialisme à Cuba (« pluralité politique », « droits de l’homme », « liberté d’expression », « liberté de la presse », « liberté d’association », « liberté de manifestation », « démocratie »),non parce que ce sont en soi des concepts bourgeois, parce qu’en réalité, ils ne doivent pas nécessairement l’être, mais surtout parce qu’ils ne peuvent pas être pleinement réalisées dans les modèles de société capitaliste que le « progressisme » adopte comme référent, c’est-à-dire qu’il existe une contradiction inhérente à ce système entre l’énonciation formelle et rhétorique des droits et des libertés et leur concrétisation réelle et pratique. Et parce que pour les exhiber, les progressistes passent outre l’Histoire de Cuba, même s’ils s’en déclarent les créanciers ; ils passent outre les conditions géopolitiques auxquelles fait face un projet en transition socialiste et ses circonstances économiques ; ils passent outre les acquis importants de la Révolution en matière de droits et de libertés, en dépit du fait que le pays se trouve aux prises avec un siège militaire, économique, politique et médiatique qui dure déjà depuis plus de six décennies.Ils passent outre l’espace où les libertés et les droits se trouvent en conflit, c’est-à-dire la confrontation entre deux modèles de société antagonistes, un modèle basé sur le lucre et le profit, à partir de l’exploitation du travail au service de l’accumulation du capital pour une minorité et un autre basé sur la distribution et l’équité au service de la société tout entière.

Ceci étant, nous critiquons la manière dont ces concepts de libertés et de droits sont utilisés par le « progressisme » cubain, calqué sur la manière dont ils sont utilisés en permanence dans l’ordre discursif imposé par les institutions bourgeoises pour se légitimer, sans qu’ils ne soient nécessairement mis en pratique, car ils sont toujours limités par le cadre étroit des intérêts de classe de l’élite dominante, à savoir, qu’ils finissent toujours par être des droits et des libertés pour une minorité. Leur seule possibilité de réalisation universelle effective se trouve dans une société qui transcende l’ordre établi par le modèle bourgeois et les développe à partir d’un nouveau cadre, en dépassant les limitations imposées par la société capitaliste, en d’autres termes, dans laquelle la liberté n’est pas réduite à des possibilités de profit pour quelques-uns ; la démocratie ne se limite pas à l’impératif des intérêts de ceux qui ont l’argent ; la liberté de la presse ne se réduit pas à l’opinion des propriétaires des médias représentantsles propriétaires du capital ; la liberté d’association n’est pas exclusive des privilégiés et la liberté d’expression ne se réduit pas à ce que les intérêts du marché tolèrent.

L’énonciation en termes abstraits de chacun de ces concepts, utilisant comme référent des modèles de sociétés capitalistes fondées sur des droits formels et des libertés relatives au profit des intérêts d’une minorité, diffère de ce que ces mêmes concepts peuvent effectivement devenir dans un modèle de société socialiste qui aspire à la réalisation effective des droits et libertés pour tous.

En ce sens, tant que les discours « progressistes » à Cuba importeront en tant que référents les concepts de libertés, de droits et de démocratie depuis la dynamique de l’institutionnalité bourgeoise (caractérisée par la régulation des relations d’exploitation en vue de la reproduction d’une société divisée en classes), dans le but de juger un projet en transition socialiste (qui, au contraire, aspire à la suppression des relations d’exploitation et à l’élimination des classes sociales), on peut parler avec raison de l’utilisation de concepts bourgeois ou de l’usage bourgeois des concepts.

Lorsque le discours « progressiste », qui se définit lui-même comme de « gauche », fait appel comme modèle et référent à des éléments de la structure, de l’idéologie et de l’institutionnalité de la société capitaliste qui doivent être dépassés dans le socialisme, on peut clairement l’identifier comme un courant conservateur de la pensée intellectuelle, complètement contraire à une authentique position de gauche. Ce qu’il fait, c’est recréer des hybrides sous-développés de la culture institutionnelle bourgeoise cubaine d’avant la Révolution. Aussi, incombe-t-il à la pensée critique révolutionnaire de démasquer ce type de jeux rhétoriques de la pensée conservatrice déguisés en « progressisme » ou de « gauche ».

S’il est une chose qu’il nous faut combattre dans une Révolution socialiste, c’est aussi l’appropriation bourgeoise des concepts fondamentaux pour le développement de son caractère démocratique ; chacun des concepts et des valeurs qui sert à approfondir la démocratie socialiste doit être socialisé et radicalisé durant le processus.Ce qui permet ainsi l’émergence de nouvelles façons d’être du travail intellectuel, en déplaçant la figure des intellectuels en tant que conscience critique de la société, dont les tendances conservatrices ont tellement tiré profit, et laissant au peuple révolutionnaire le soin d’assumer l’action critique sur sa société (Martínez, 2001).

Pour le reste, le capitalisme et son institutionnalité juridique et politique ont largement démontré leur incapacité à mettre en œuvre ces droits et ces libertés dans le monde entier. Là où le capitalisme a triomphé strictement, son triomphe a représenté pour la plupart des peuples, l’exploitation, la dévastation, le pillage et l’extermination, c’est-à-dire la destruction de cultures et de sociétés entières. Les « progressistes » cubains pourront toujours dire que Cuba n’aura pas nécessairement le même destin que ceux du Sud, et y compris, que tous ceux du Sud ne s’en sont pas sortis aussi mal. Et là, ils se tromperont encore, en pensant que le capitalisme a un « bon » et un « mauvais » côté, en regardant vers l’ouest avec l’espoir que Cuba pourrait s’en sortir aussi bien que les élites des puissances coloniales, alors que le monde entier s’effondre.

Les puissances coloniales historiques sont toujours présentées comme des référents de tout ce que peut avoir de bon le système capitaliste et les démocraties sociales. La pensée libérale, selon laquelle ils s’en sortent bien parce qu’ils ont su développer un capitalisme bienveillant et que le Sud va mal à cause de la grande corruption qui existe, est une pensée largement répandue dans des secteurs importants des sociétés du Sud.Nombre d’intellectuels progressistes en Amérique latine citent comme de bons exemples les progrès sociaux atteints dans certaines de ces sociétés capitalistes économiquement développées. Mais les acquis positifs en termes de droits et de libertés au sein de ces sociétés sont précisément dus aux freins qui, pour des raisons historiques (États providence), ont été imposés au mode d’accumulation capitaliste.Bien qu’il ne soit pas possible d’oublier que pour maintenir leur hégémonie économique, les élites de ces gouvernements appliquent à l’étranger les mêmes modes sauvages d’exploitation et mettent en œuvre les mécanismes caractéristiques de la domination capitaliste sur la politique d’autres pays, en utilisant y compris la violence pour supprimer les droits et libertés d’autres peuples. Le capitalisme est un système mondial dans un monde unipolaire. C’est donc le système responsable de l’ordre des choses dont nous sommes témoins sur notre planète. La richesse des sociétés les plus développées économiquement repose aujourd’hui sur un système qui, pour se reproduire, dévaste la majeure partie de la population et de la nature du monde. Où que nous vivions, nous ne pouvons pas tourner le dos à cette réalité.

Le « progressisme » à Cuba se fait l’écho d’une pensée franchement coloniale ; il oublie de quel côté de l’histoire nous devons nous situer et que, c’est avec les pauvres, parce que c’est ce que nous sommes, que nous devons partager notre sort. Bercés par cette illusion, les annexionnistes cubains éblouis se tournaient vers le Nord,à l’époque où Martí avouait avoir su à quel point celui-ci pouvait être troublé et brutal et combien il nous méprisait, quelques heures avant de mourir, et nous savons désormais comment s’est achevé ce chapitre de l’histoire de Cuba.

Nous savons que le « progressisme » veut maintenant réécrire cette histoire, et prétendre que la république bourgeoise fut tellement bonne, en dépit de ses maux, parce que ce fut une république, mais tout en reconnaissant les avancées relatives qu’elle a représentées, nous ne pourrons jamais oublier que, c’est en luttant contre les formes effectives dans lesquelles cette république s’est consolidée que les jeunes rebelles cubains les plus précieux de l’époque ont perdu la vie.En fin de compte, à leur manière,ils ne font rien d’autre que ce qu’a fait et continue de faire le récit de la droite internationale à l’égard de Cuba : une lecture du socialisme cubain, sous le prisme de l’ordre de la rationalité émanant des démocraties libérales. Bien qu’ils se définissent comme les représentants d’une pensée « de gauche », nous réaffirmons qu’ils représentent une ligne conservatrice au sein de la pensée intellectuelle cubaine contemporaine, en contradiction flagrante avec les nouvelles formes d’organisation de la vie sociale qui sont mises en œuvre à Cuba depuis le triomphe de la Révolution et qui devront continuer à se réinventer, car le socialisme, contrairement au capitalisme dans toutes ses variantes, est un système encore à construire.

Concernant Cuba, il ne s’agit pas de défendre un gouvernement comme une fin en soi, ni les intérêts d’un groupe au pouvoir. Il s’agit de préserver les conditions pour rendre possible un projet de société socialiste garantissant les droits du peuple ou, en d’autres termes, défendre la souveraineté et l’indépendance d’une nation qui, même s’ils veulent l’ignorer, fait face à un siège permanent, précisément pour ne pas s’être rendue et n’avoir pas cédé dans cet effort. La guerre contre la Révolution cubaine a été le prix qu’il a fallu payer pour le simple fait d’être libres et conséquents.Si un groupe devait mettre en péril la souveraineté de la nation, qu’il soit au pouvoir ou non ; si, à un moment donné, les véritables droits dont jouissait le peuple étaient bafoués dans l’intérêt d’une minorité ; si la spoliation, l’exploitation, le mépris de la valeur de la vie humaine, l’humiliation, l’annexionnisme, la subordination au puissant du Nord prétendaient s’imposer comme norme au pouvoir et si la Révolution en venait ainsi à être trahie, il faudra descendre dans la rue, maintenant oui, que la Constitution le permette ou non, pour reprendre le cours de l’histoire, non pas celui de l’histoire de la domination et de la répression qui a commencé en 1901, même s’il y avait une République, mais celui de l’histoire de la souveraineté nationale et de la dignité de la vie humaine qui s’est amorcé en janvier 1959.

Nul doute que le socialisme cubain doit se radicaliser, et le faire en visant l’approfondissement de l’équité sociale et l’amélioration des mécanismes de participation politique, mais il doit créer ses propres formes pour y parvenir. Il est vrai que dans cette tentative, il y a des exemples vers où se tourner, mais ce ne sont pas ceux des démocraties libérales. Les mouvements de gauche anticapitalistes en Amérique latine, par exemple, font beaucoup en ce sens, pourquoi ne pas regarder vers eux, alors qu’eux regardent vers Cuba.

« Progressisme », influenceurs cubains et capital intellectuel rentable

L’impérialisme, qui a été très habile dans ce domaine précis de la culture, a tenté de semer la confusion, de s’approprier la terminologie de la gauche, de faire pression sur les vanités les plus vulnérables et les tempéraments les plus complaisants, d’acheter des comportements avec une autre monnaie (bourses d’étude, voyages, succès, possibilités de publication, etc) qui ne soit pas le dollar sonnant et trébuchant.

Mario Benedetti, Cahier cubain.

Au sein du « progressisme » à Cuba et grâce à sa présence dans les médias numériques et les réseaux sociaux, certaines voix se configurent progressivement comme des « influenceurs ». L’arrivée à Cuba des réseaux sociaux n’a pas seulement permis l’émergence des youtubers cubains, qui gagnent de plus en plus d’abonnés, pour la pluparten donnant des nouvelles, des spécificités et des attraits de l’île, pour un public assez divers, à l’intérieur et à l’extérieur de Cuba. Dans le monde universitaire, certains ont vu également dans le phénomène des réseaux sociaux, comme Facebook, Twitter, les blogues et certains médias numériques, l’occasion de se positionner, de gagner en visibilité et d’accumuler un capital intellectuel rentable. Il n’y aurait rien de négatif si, pour ce faire, ils n’exploitaient pas les problèmes sociaux et les causes sociales comme carte de visite. Ils se comportent comme une sorte d’influenceurs universitaires.

En général, les influenceurs numériques sont un phénomène qui a gagné en présence et en force au cours des dernières décennies en raison de l’irruption de l’Internet en tant que réseau des réseaux dans tous les scénarios de la vie quotidienne et du changement de modèle de consommation des médias vers las appareils mobiles. En général, il s’agit de jeunes qui gagnent en présence et en notoriété sur les réseaux, en abordant un sujet spécifique, jusqu’à devenir une référence, marquer un style et avoir un pouvoir d’influence considérable. Certains influenceurs deviennent des célébrités et ont des millions d’adeptes. Il est clair que d’importants capitaux de pouvoir économique et politique se déplacent derrière ce nouveau scénario d’influence médiatique.

Dans la même optique, les influenceurs universitaires sont ces chercheurs, enseignants ou spécialistes qui gagnent en popularité grâce aux environnements numériques dans lesquels ils transmettent leurs connaissances et leurs points de vue sur certains sujets, en devenant des leaders d’opinion capables d’influencer la façon de penser des secteurs qui les suivent et d’être un support dans la promotion de certains récits. Qu’est-ce qui distingue les influenceurs universitaires cubains.

Premièrement, ils choisissent et se spécialisent dans un sujet qui peut être lié à la vie sociale à Cuba et qui est bien coté dans les médias, à la mode ou facilement vendable. Cet aspect favorise l’application des mêmes critères que ceux utilisés dans d’autres réalités pour juger la société cubaine, d’une manière décontextualisée et en accord avec les récits en vogue.Quels sont ces thèmes ? Des sujets autour desquels les universités, les fondations, les organisations de la société civile, gouvernementales ou les ONG, y compris des groupes de pouvoir politique extérieurs, investissent des capitaux, allouent des ressources, financent des projets, des événements, des congrès, des salaires pour des chercheurs, des conférences, des publications, etc. Un aspect important : ces questions doivent pouvoir être présentées comme des « causes sociales », éveiller une forte émotion chez le grand public et, en même temps, soulever suffisamment de polémiques Les intellectuels qui traitent de ces questions deviennent facilement des défenseurs passionnés de « nobles causes » et sont en contact avec des secteurs de la population cubaine touchés par les problèmes qu’ils abordent. Il s’agit généralement de questions relatives aux droits de l’homme qui figurent à l’ordre du jour de grandes organisations internationales et des centres du pouvoir politique et médiatique.

Deuxièmement, ils sont à la recherche des dernières données, des événements ou des faits les plus récents sur lesquels ils peuvent écrire des articles d’opinion, en faisant appel plutôt qu’à l’analyse critique rigoureuse (c’est-à-dire systémique et structurelle), aux ressorts émotionnels des lecteurs.Se présentant comme des intellectuels critiques ou « de gauche », ils apparaissent auréolés du discours« progressiste » postmoderne. Ils affichent des principes formels qui jouissent de prestige dans les circuits narratifs des démocraties libérales, tels que la société civile, la citoyenneté, les droits de l’homme, la démocratie, etc., de manière abstraite, sans tenir compte des conditions historiques, sociopolitiques et socio-économiques des réalités et des groupes sociaux sur lesquels ils écrivent.

Troisièmement, ils agissent en réseau, c’est-à-dire que leur présence sur les réseaux répond à une stratégie médiatique,à travers laquelle les amis, les collègues et/ou les médias numériques avec lesquels ils collaborent contribuent à en promouvoir une image favorable et à attaquer quiconque émet un jugement critique. Ils justifient le mordant avec lequel ils peuvent s’opposer à des opinions contraires par la gravité des questions qu’ils traitent, sous prétexte de défendre les droits des groupes qu’ils prétendent défendre par leur activité.

En général, ils gèrent les réseaux sociaux de façon professionnelle, afin de gagner en visibilité, de se promouvoir et de se construire un CV virtuel qui pourrait leur permettre d’établir un certain leadership d’opinion. Ils sont même reconnus dans certains contextes comme des voix faisant autorité et des leaders d’opinion sur certaines questions de la réalité cubaine ou comme des « cubanologues ».

Quatrièmement, le capital intellectuel qu’ils accumulent est rentable et c’est pourquoi nous les verrons voyager à travers le monde en tant que porte-parole des« nobles causes », lors de séjours universitaires, des échanges, des collaborations avec des fondations, des universités prestigieuses, notamment dans des pays comme les États-Unis, certains pays d’Amérique latine ou d’Europe ; ils bénéficient de bourses, sont invités dans certains milieux universitaires dotés d’un grand capital intellectuel, culturel, économique et politique.

Cinquièmement, le bénéfice de ces alliances avec certains centres de pouvoir est réciproque.En même temps qu’ils utilisent ces alliances pour s’implanter sur la scène universitaire et médiatique internationale, ce qui peut être interprété comme une accumulation de capital intellectuel et politique très rentable, ces organisations en tirent profit en les utilisant comme carte de présentation de leurs récits et de l’ordre de rationalité hégémonique qu’elles veulent soutenir. Ce  sont leurs « ambassadeurs de bonne volonté ». En définitive, leurs récits sont suffisamment critiques pour être attrayants et suffisamment conservateurs pour ne pas représenter un danger pour le statu quo bourgeois.

C’est ainsi que le « progressisme » cubain enflamme de plus en plus les réseaux, qui deviennent des voix autorisées à parler de Cuba dans le troisième environnement, et tandis qu’ils accumulent des « j’aime », ils finissent par être de plus en plus des influenceurs; ils voyagent de plus en plus vers le Nord, accumulent un précieux capital intellectuel et politique qui,collatéralement, devient rentable, tandis que les causes sociales et un projet de nation dont dépendent des millions de Cubains servent de tremplin à leur gloire

Pensée critique et socialisme à Cuba

Et si la contradiction entre démocratie formelle et démocratie réelle est insurmontable dans le cadre du système social actuel, même si elle être atténuée, il s’agit alors de dépasser le système lui-même, et ce dépassement porte un nom : le socialisme. C’est pourquoi la lutte pour la démocratie, lorsqu’elle est cohérente en tant que processus d’élargissement et d’approfondissement, est indissociable de la lutte pour le socialisme.

 

Adolfo Sánchez Vázquez. Entre la réalité et l’utopie. Essais sur la politique morale et le socialisme.

Le socialisme à Cuba trouve les bases de sa démocratie dans la révolution populaire qui se nourrit de l’une des expressions les plus radicales de la pensée critique de l’Histoire, le marxisme, qui dans son courant transformateur fixe des objectifs beaucoup plus profonds que ceux qui se discutent dans les espaces « alternatifs » du « progressisme » à Cuba, à savoir qu’il va au-delà d’une critique formelle de l’exercice du pouvoir politique dans le cadre des sociétés bourgeoises.

Il propose d’éliminer, comme point de départ pour mettre fin aux formes antidémocratiques de l’exercice du pouvoir politique, les relations sociales d’exploitation qui soutiennent la société capitaliste divisée en classes. C’est l’un des principes les plus radicaux et peut-être contient-il également l’une des critiques les plus virulentes du marxisme à l’égard de la pensée libérale. C’est aussi de là que la Révolution cubaine lance l’un des plus grands défis aux démocraties libérales : la possibilité de construire un véritable pouvoir populaire basé sur un autre type de relations sociales comme fondement d’une véritable démocratie.

Alors que les relations de domination maintenues dans l’exploitation du travail déterminent les relations sociales dans leur ensemble, il n’y a aucune possibilité de consolider une authentique démocratie à partir du pouvoir politique, car elle sera toujours limitée par les intérêts exclusifs de la classe économique dominante, et non par le bien commun comme principe fondamental du peuple devenu pouvoir.

En ce sens, la société cubaine en transition socialiste se situe à l’avant-garde de la construction d’une authentique démocratie, puisqu’elle a d’abord conquis la liberté nécessaire pour construire et, le cas échéant, rectifier, à partir de son expérience historique, ses propres référents qui lui permettront d’améliorer les pratiques démocratiques à partir de l’exercice du pouvoir populaire, toujours susceptible d’être perfectionné, à mesure que le pouvoir politique approfondira sa socialisation dans le processus révolutionnaire. Même si les défis à relever dans ce domaine et les limitations à surmonter restent encore nombreux.

Le démantèlement des relations d’exploitation du travail, ainsi que la socialisation des moyens fondamentaux de production sont un point de départ incontournable pour la construction de la démocratie.Ils représentent, en premier lieu, la possibilité de dépasser une démocratie formelle qui sert une minorité pour permettre l’émergence d’une véritable démocratie au service de la majorité.En ce sens, socialisme et démocratie sont des concepts interdépendants.

Le débat sur la démocratie à Cuba ne saurait être réduit à des termes abstraits tels que le « progressisme » le prétend. Au contraire, il doit prendre pour plate-forme deux questions fondamentales : la continuité du socialisme révolutionnaire cubain, qui est en même temps sa garantie, et les conditions historiques et sociales dans lesquelles il doit se défendre. Ce n’est qu’à la lumière de ces deux questions clés que peuvent aussi être discutés avec rigueur certains droits et libertés, leur viabilité et les conditions de possibilité qui délimiteront les marges de leur réalisation.

Dans la Révolution cubaine, il n’y a pas d’option pour revenir à des étapes précédentes, caractérisées par l’accumulation de richesses entre les mains d’une classe qui utilise le pouvoir politique, comme cela se produit dans la plupart des pays capitalistes du monde.

En ce sens, l’approche du gouvernement révolutionnaire sur le fait qu’il ne peut y avoir de place à Cuba que pour la continuité et l’approfondissement du socialisme dans un processus au caractère irréversible est tout à fait claire.C’est à partir de la cohérence avec les principes solides de la Révolution socialiste cubaine, et non à partir de la pensée libérale bourgeoise, qu’une nouvelle société peut continuer à être créée. C’est à partir de la continuité que la démocratie socialiste peut être approfondie, à partir de la lutte radicale contre les relations d’exploitation, de la lutte sans relâche pour la justice sociale, l’amélioration des mécanismes de participation politique du peuple, le perfectionnement des organisations de formation idéologique et politique de base, le combat contre les écarts sociaux existants dans un contexte économique défavorable, la mise en place des mécanismes nécessaires pour éviter l’accumulation des richesses et garantir une répartition de plus en plus équitable ; la sauvegarde des droits sociaux effectifs ; l’approfondissement du rôle des travailleurs dans l’organisation de l’économie locale et nationale, ainsi que la promotion de nouvelles formes socialistes d’organisation de la production qui élargissent la portée de la participation démocratique dans la prise de décision dans chaque espace de la société, à savoir l’optimisation des différents mécanismes de socialisation du pouvoir politique que la Révolution exige.Toutes ces activités impliquent le rôle et la participation directe du peuple à la vie politique à travers la prise de décision aussi bien au niveau local que national, représentant en même temps la continuité du processus révolutionnaire, l’approfondissement du socialisme et le perfectionnement de sa démocratie. Pour ces tâches, il n’existe pas de formules, la révolution socialiste est une œuvre de création propre et unique qui, dans le contexte mondial actuel, fait face à de multiples obstacles.Elle est aussi l’espoir d’un monde meilleur pour tous, ce qui est déjà, en partie, une réalité à Cuba.

Certains intellectuels cubains « progressistes » prétendent qu’ils sont critiqués à partir de positions extrémistes, radicales et orthodoxes afin de discréditer la dissidence, la diversité et la pluralité. Ils oublient que ce n’est qu’au sein de la Révolution socialiste que la diversité à Cuba a pu s’exprimer véritablement, car les formes de domination qui, dans d’autres parties du monde, suppriment historiquement la dissidence et la différence par la violence ont été surmontées. Et c’est précisément aussi le libre exercice de la pensée critique à partir de la Révolution qui permet de revendiquer le socialisme cubain et de dénoncer la manipulation médiatique des courants intellectuels « progressistes » à Cuba.

Il n’est pas si difficile de démasquer la pensée conservatrice derrière la rhétorique « progressiste ». Il suffit d’identifier l’idéologie derrière le regard. Pour cela, il est important de reconnaître non seulement d’où on regarde, mais aussi vers où on regarde.

Ceux qui regardent vers le haut et surtout vers la droite, comme l’est le spectre étroit de la pensée conservatrice, dans leur recherche fébrile du« progrès » dans les modèles des institutions bourgeoises, avec leurs libertés relatives et leurs droits formels, ne trouveront en réalité que les diktats des puissants du monde qui administrent le système et ne se lassent jamais de tenter d’imposer à Cuba un passé indésirable dans le cauchemar actuel auquel le système capitaliste condamne le monde entier.

Ceux qui regardent vers le bas et vers la gauche verront dans leur vaste spectre l’effort insensé pour créer quelque chose de différent, les rêves des peuples, c’est-à-dire les luttes pour un monde où il y aura de la place pour de nombreux mondes. Ils estimeront la valeur de leurs réussites et de leurs défis, les leçons enseignées par la voie de la résistance ; ils seront capables de reconnaître le défi triomphant que représente la Révolution cubaine face au pouvoir mondial hégémonique, son sens et sa transcendance.Mais, surtout, ils pourront comprendre que la Révolution ne navigue pas seule, qu’elle est accompagnée dans sa volonté de créer de meilleures formes de coexistence dans le monde par l’immense marée de la gauche anticapitaliste mondiale. Ils trouveront aussi solidarité et réciprocité pour tout ce que la Révolution a donné à ces luttes par sa seule existence et sa cohérence ; ils reconnaîtront les colères contre l’injustice,y compris dans les coins les plus reculés du monde, où ils pourront aussi voir la résistance face à la destruction, la rébellion face à la domination et, surtout, la dignité.

Cuba est plus que le long caïman vert des Caraïbes. C’est un point de référence dont l’expérience sera vitale pour les peuples qui luttent, surtout en ces temps d’obscurantisme où l’on vit aujourd’hui et qui se poursuivront encore pendant un certain temps. Contre les agendas et les géographies de la destruction, il y a à Cuba un agenda et une géographie de l’espoir.

 

Sous-commandant Insurgente Marcos, Ni le Centre ni la Périphérie.

 

 

  • Il faut entendre le progressisme à Cuba dans cet essai comme un courant de pensée qui réfléchit sur le présent et sur l’avenir de l’île. Ses représentants se présentent comme une conscience critique de la société cubaine ;ils revendiquent certains droits civils en utilisant comme référent le modèle libéral de l’institutionnalité juridique et politique des sociétés capitalistes, tout en jugeant et en discréditant le socialisme cubain.

Traduction Gloria González Justo

 

 
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Publié par le octobre 30, 2019 dans Cuba, textes importants, THEORIE

 

Il est temps que les communistes du monde s’unissent autour de Xi et du Parti communiste chinois

La proposition peut être discutée, mais le texte lui-même, l’étude de la périodisation est passionnante, c’est exactement celle que je suggère dans mes mémoires en insistant sur ce qui me parait être le problème central du PCF, mais aussi des communistes du monde entier, la recomposition du capital dans les années soixante et dix et l’incapacité stratégique, idéologique d’y faire. Malheureusement aujourd’hui le PCF tel qu’il est (son attitude à la conférence des partis prouve que sa dégénérescence s’est aggravée) paraît incapable d’ouvrir ce dialogue nécessaire. Mais il existe à défaut d’un parti un certain nombre de communistes prêts à entendre un autre raisonnement, c’est à eux que ce texte est destiné et il doit être pris d’abord comme une réflexion (note et traduction de Danielle Bleitrach).

https://qutnyti.wordpress.com/2019/03/25/time-for-global-communists-to-unite-under-xi-and-the-communist-party-of-china/?fbclid=IwAR2YBXBsNGqs9dw9HWIZjlxJhULBj_zOoYWcSBl4j0yM0wgyREQS-7kMK4g

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introduction

Récemment, lors du rassemblement de l’Armée de libération du peuple, le président chinois Xi Jinping a demandé à la Chine de revenir aux racines marxistes. Beaucoup d’étrangers pensaient que la Chine de Mao était marxiste et que, depuis Deng Xiaoping, la Chine est capitaliste. Mais ce n’est pas ce que pense le Parti communiste chinois. Pour le PCC, Mao et Deng ont tous deux enrichi le socialisme chinois dans des conditions objectives différentes. Étant donné que les conditions objectives ont radicalement changé dans les années 1970, Deng a choisi une voie distincte de Mao.

Mais Deng n’a jamais renié le marxisme. Nous expliquerons ici comment la vision du PCC a changé au cours des différentes périodes de l’histoire et pourquoi Xi Jinping confronté à de nouvelles conditions objectives prend une voie distincte de celle de Deng. Mao, Deng et Xi représentent en réalité la réponse des dirigeants chinois à différentes conditions matérielles. Les communistes du monde entier doivent saluer le succès du Parti communiste chinois et s’unir pour devenir une force formidable dans la politique mondiale.

L’Ère de Mao 

Au cours de la première décennie du XXe siècle, le capitalisme industriel colonial était confronté à une crise profonde. L’automatisation a entraîné moins de possibilités d’emploi. La forte centralisation de la production pour exploiter les économies d’échelle a conduit à la création de gros cartels et à la disparition d’entreprises écartées du marché par de plus grosses. Des nouveaux pays industrialisés se développaient et représentaient un défi pour les pays industrialisés plus anciens.

Il y a donc eu un mouvement ouvrier, une crise entre petits propriétaires et pays industrialisés en guerre les uns contre les autres pour le contrôle des matières premières, de la main-d’œuvre bon marché et des colonies. C’est ainsi que la Première Guerre mondiale a éclaté et que Lénine a saisi l’occasion du désarroi social et politique de l’époque et a créé l’Union soviétique en s’emparant du pouvoir étatique au profit de la classe ouvrière avancée. Lénine a voulu l’anéantissement complet du féodalisme et a souligné les effets néfastes d’un processus de production motivé par le profit. Suivant l’idée de Marx-Engels, il a proposé  la propriété publique des moyens de production (terrains, machines et usines) et à l’allocation des ressources par l’Autorité de planification plutôt que sur le marché.

Le marché du travail a été freiné par l’octroi du droit à l’emploi pour tous. Sous Staline, l’Union soviétique a réussi à  accomplir ces choix. L’allocation planifiée des ressources sous contrôle de l’État a aidé l’Union soviétique à réussir dans les industries lourdes et à créer une industrie indépendante de production d’armes. L’Union soviétique a également beaucoup contribué à améliorer l’éducation et la santé. La victoire de l’Union soviétique sur l’Allemagne nazie a fait de l’Union soviétique un modèle pour le monde de l’époque.

La Chine et de nombreux pays d’Europe orientale ont connu une révolution communiste à l’image de l’Union soviétique. Sous la direction de Mao, le PCC s’est prononcé pour l’abolition du féodalisme et l’instauration de l’économie planifiée. Mais après avoir observé le révisionnisme en Union soviétique, Mao a compris qu’il ne suffisait pas d’assurer la propriété de l’État. L’allocation planifiée des ressources et le droit à l’emploi ne suffisaient pas pour progresser vers le communisme. Mao a critiqué le point de vue de Staline selon lequel le socialisme est un système distinct du capitalisme, avec ses propres valeurs sociales et lois économiques.

Au lieu de cela, Mao a défini le socialisme comme une étape entre le capitalisme et le communisme présentant à la fois les caractéristiques du capitalisme et du communisme. Puique la lutte entre le capitalisme et le communisme a eu lieu au XXe siècle, le socialisme devrait avoir davantage de traits capitalistes et moins de communistes. Mao a compris qu’il fallait de nombreuses révolutions culturelles pour que de nouvelles valeurs sociales communistes et de nouvelles lois économiques émergent, ce qui nécessite plusieurs siècles de luttes.

L’Ère de Deng

Dans les années 1970, l’Ouest subit de profonds changements et commença à utiliser la dette pour créer de la demande et commença à nier le rôle de l’État. La participation de l’État est souvent qualifiée d’inefficace et finit par dissuader les gens de travailler dur. S’appuyant sur le canal du crédit en pétrodollars, les États-Unis se sont assurés d’un crédit extérieur illimité, ce qui a gonflé le prix de leurs actifs et leur a permis de réaliser des bénéfices en négociant des actifs. Ainsi, les capitalistes pourraient trouver un profit dans la négociation d’actifs et la crise de surproduction serait temporairement résolue. Peu à peu, les pays occidentaux, en particulier les États-Unis, ont commencé à exporter leur base de fabrication vers les pays du tiers monde afin de réaliser davantage de profits en utilisant la main-d’œuvre bon marché de ces derniers, tandis que leurs propres activités commençaient à générer des bénéfices. Deng a compris l’opportunité d’amener la technologie, les capitaux et le marché occidentaux à industrialiser rapidement la Chine.

Deng a saisi l’occasion. De nombreuses personnes à travers le monde pensaient que Deng se dirigeait vers le capitalisme. Ils n’ont pas réussi à comprendre que Deng réagissait à la modification de l’état matériel. Le capitalisme est passé du capitalisme de production monopoliste au capitalisme financier monopoliste. La dette pour créer la demande est devenue plus importante que la production. Les consommateurs sont devenus plus importants que les ouvriers.

Cela garantit simplement que le capitalisme se transforme en réaction à la crise de surproduction. Et cette transformation a présenté à la Chine une opportunité historique clairement notée par Deng dans sa thèse. M. Deng a également déclaré que la Chine sous la direction communiste et le rôle prépondérant des entreprises d’Etat seraient en mesure d’investir davantage dans les infrastructures et de passer à une production de valeur plus élevée que les démocraties libérales dominées par le secteur privé.

Deng a également clairement compris que dans la chaîne d’approvisionnement mondiale, le capital peut passer d’un pays à salaire élevé à un pays à salaire inférieur, réduisant ainsi considérablement le pouvoir de négociation de la classe ouvrière dans le monde entier. Mais une fois que la Chine aura élevé son revenu par habitant au même niveau que les pays occidentaux impérialistes, d’autres pays du tiers monde commenceront à suivre la Chine.

À mesure que la différence de salaire diminuera entre le tiers monde et l’Ouest impérialiste, le pouvoir de négociation de la classe ouvrière augmentera à nouveau. Ensuite, la classe ouvrière deviendra plus forte que jamais dans le monde entier. Deng a prédit que la Chine réduirait l’écart avec les pays impérialistes en termes de revenu par habitant et de taux de salaire d’ici 2049. Après 2049, la plupart des pays commenceront à suivre le régime socialiste chinois et la classe ouvrière mondiale sera plus forte que jamais.

La Chine a commencé à s’industrialiser à l’aide de capitaux et de technologies provenant des États-Unis, d’Europe et du Japon, tandis que les États-Unis continuent de s’endetter auprès de la Chine et d’autres pays et créent une demande pour des produits fabriqués en Chine. Le processus a commencé dans les années 1980, mais après la crise financière mondiale de 2007-08, il a suscité de sérieux doutes. L’économie chinoise a dépassé celle des États-Unis en termes de parité de pouvoir d’achat. L’économie chinoise devenant trop importante pour dépendre de la dette, la demande de l’économie américaine a été créée. Les États-Unis se sont également endettés auprès de nombreux pays et, alors que son activité de négoce d’actifs était en crise, les gens ont commencé à remettre en question le processus de désindustrialisation qui accompagnait la croissance du négoce d’actifs aux États-Unis. La crise est donc de retour dans le capitalisme occidental.

L’Ère Xi

Xi Jinping est venu diriger la Chine dans cette situation critique. Lui et ses camarades ont compris que l’ancien système de mondialisation ne pouvait pas continuer. Étant donné que les États-Unis ne seront plus en mesure de générer une demande suffisante pour les produits chinois, la malédiction de la surproduction frappe désormais l’économie chinoise. Comment réagir alors?

L’un des moyens consiste à suivre les États-Unis et l’Occident. La Chine peut commencer à répartir la dette pour gonfler les prix des actifs et tirer profit des échanges d’actifs, et d’exporter sa base manufacturière vers d’autres pays moins développés du tiers monde, tels que l’Asie du Sud-Est, l’Inde, le Bangladesh et l’Afrique. En suivant cette étape pour la Chine, un problème important réside dans le fait que la Chine n’a aucun canal de crédit de type pétrodollar et qu’il est impossible pour la Chine de le créer. C’est simplement parce que le pétrodollar reflète trois siècles de domination mondiale anglo-saxonne. La Chine n’a pas d’histoire de domination mondiale et ne cherche pas à en avoir. La Chine ne pourra donc jamais avoir un apport illimité de dette extérieure réelle, contrairement aux États-Unis. Un autre inconvénient de cette mesure est que la Chine sera alors confrontée aux mêmes problèmes de désindustrialisation auxquels les États-Unis sont confrontés aujourd’hui.

Ainsi, sous la direction de Xi, la Chine a eu une idée différente pour contrer la crise de surproduction. La Chine a proposé l’initiative Belt & Road, qui consiste à investir dans des infrastructures telles que des ports, des chemins de fer et des routes à travers le monde et à aider différentes régions pauvres à se développer et à partager la prospérité de la Chine. La Chine a un énorme excédent commercial et continue de développer son infrastructure de financement dans le monde entier. Mais une longue période de gestation, c’est-à-dire une non-rentabilité pendant une longue période, est souvent considérée comme un problème majeur pour Belt Road Initiative. Cela pourrait entraîner l’endettement de nombreux pays vis-à-vis de la Chine. Mais cela posera-t-il un problème réel à la Chine?

Rappelez-vous le discours de Xi: la racine marxiste

La Chine peut opter pour Belt & Road, contrairement au Japon ou à l’Allemagne qui disposent d’un excédent commercial considérable. En effet, la Chine peut supporter une longue période de gestation et des pertes à long terme, contrairement au système occidental. Dans l’économie chinoise, le mode d’appropriation de la plus-value, tout comme le système occidental, est essentiellement de nature capitaliste. Cela signifie une plus-value appropriée du capitaliste créée par le travail salarié grâce à la propriété de machines et d’autres moyens de production. Mais alors que dans l’Ouest, l’utilisation de la plus-value est décidée par les capitalistes privés et les banquiers, elle est également décidée par la direction du parti communiste en Chine.

Ainsi, la direction communiste peut imposer des investissements avec une longue période de gestation, ce qui est fortement évité par la classe capitaliste privée et banquier. Ainsi, alors que le système occidental est plus enclin à rechercher des profits à court terme mais des échanges d’actifs non productifs, la Chine peut opter pour des investissements productifs mais non rentables à longue période de gestation. Cela montre également que la Chine conservera le pouvoir d’allocation des ressources davantage entre les mains de l’État qu’entre les mains de capitalistes privés. La récente répression contre les cadres supérieurs d’Aubang, de Wanda, etc. l’indique clairement. La plupart du projet Belt & Road sera développé par des banques et des entreprises d’infrastructure appartenant à l’État.

De même, les médias occidentaux tentent de montrer que Belt & Road est une cause majeure d’endettement de nombreux pays du tiers monde, comme le Sri Lanka et le Pakistan. Mais le Sri Lanka et le Pakistan n’ont que 12,5% et 10% de leur dette extérieure totale due à la Chine. Ils sont principalement redevables aux institutions financières occidentales, pas à la Chine. La Chine a également renoncé à sa dette vis-à-vis de la Gambie, du Zimbabwe et du Venezuela, tandis que la décision d’investissement au Kenya et en Malaisie a été modifiée, à la demande de leurs gouvernements respectifs. De nombreux pays du tiers monde n’ont toujours pas réussi à anéantir leur féodalisme et leur potentiel de production pour le développement industriel ne peut donc pas encore être libéré. L’initiative «Belt & Road» n’est peut-être pas suffisante pour développer ces pays, mais elle peut certainement servir de stimulant.

Récemment, au cours de la guerre commerciale, les États-Unis ont demandé à plusieurs reprises à la Chine de réduire le rôle des entreprises publiques et d’instaurer des conditions plus équitables pour le secteur privé, alléguant que le secteur privé était plus rentable. La Chine a répété à maintes reprises que la Chine était en droit de suivre sa propre voie de développement et a précisé que les entreprises d’État réalisaient moins de bénéfices car on leur donnait souvent le devoir de créer de la demande en investissant, ce qui aiderait le secteur privé à rester rentable. À mesure que la dépendance de la Chine à l’égard de la demande d’exportation diminuera, la dépendance de la Chine à l’égard des entreprises d’État pour générer la demande augmentera.

Conclusion

Nous pouvons donc en conclure que la Chine n’a jamais réellement quitté l’approche marxiste, mais a changé de cap au fil du temps et des conditions matérielles. Sous Xi, les entreprises d’État feront plus d’investissements dans les infrastructures, entraînant souvent des pertes. En 2035, le Parti communiste chinois a estimé que la Chine allait l’emporter sur les États-Unis non seulement dans la production, mais aussi dans les domaines financier et militaire. C’est alors que le socialisme sera à nouveau populaire dans le monde entier. Après la Chine, alors que différents pays du tiers monde réduiront l’écart de revenu par habitant et l’écart de taux de salaire avec les pays impérialistes, le pouvoir de négociation du capital diminuera et le pouvoir de négociation de la classe ouvrière augmentera considérablement. Ensuite, les révolutions de la classe ouvrière vont à nouveau éclater à travers le monde. L’initiative Belt & Road est un moyen de développer rapidement le tiers monde.

La question de l’autodétermination nationale et des réformes agraires ne se pose toujours pas dans de nombreux pays du tiers monde, ce qui détruit le potentiel de production de ces pays. Un investissement juste sur la route n’est pas suffisant. C’est donc le moment idéal où les communistes mondiaux doivent s’unir sous la direction de Xi et du Parti communiste chinois et commencer à soulever tous les problèmes majeurs qui contribueront à faire de Belt & Road un succès majeur dans le tiers monde en développement. Le développement du tiers monde sera suivi d’un renforcement du pouvoir de la classe ouvrière dans le monde entier. La mondialisation néolibérale est déjà en train de disparaître et il n’y a pas d’idéologie politique forte et suffisamment puissante pour saisir cette opportunité. Les communistes mondiaux doivent saisir l’occasion.

Crédit d’image: BillionBibles

 

Discours du Secrétaire général du Comité central du KKE (parti communiste grec) Dimitris Koutsoumpas

21ème réunion internationale des partis communistes et ouvriers, co-organisée par le TKP et le KKE

Discours du SG du CC du KKE Dimitris Koutsoumpas

Un discours de paix et d’amitié dans une zone déchirée par les antagonismes bourgeois qui ici comme ailleurs vont avec l’aggravation de l’exploitation, le renforcement des problèmes environnementaux et du changement climatique, des réfugiés et de l’immigration, la restriction des droits des personnes et des libertés, la montée de l’anticommunisme, du racisme, du nationalisme. Il est à noter que la question qui est au centre de mes mémoires, celle d’une absence de stratégie des partis communistes, en particulier le parti communiste français est ici abordée franchement et cela me paraît un grand pas qui rend plus nécessaire que jamais une rencontre qui ne soit pas formelle.  Prenez le temps de lire cette importante introduction (note et traduction de Danielle Bleitrach)

IZMIR 18-20 / 10/2019

Chers camarades,

 

Chers représentants des partis communiste et ouvrier,

 

Nous vous souhaitons une chaleureuse bienvenue à la réunion de cette année qui, sur la décision du groupe de travail, est co-organisée par le PC de Turquie et le PC de Grèce, ici sur la côte asiatique mineure, sur la côte égéenne, qui devrait être un océan de paix et de coopération et non d’agression et de provocation, de contestation des droits souverains dans le cadre des antagonismes des classes bourgeoises de la région.

 

La classe ouvrière, notre peuple et plus encore les peuples voisins, les Grecs et les Turcs ont les mêmes intérêts. Nous partageons tous les préoccupations et la volonté de paix, d’amitié, de progrès et de socialisme.

 

Le KKE s’oppose à l’accord de continuation et d’extension des bases américano-OTAN en Grèce. Nous luttons contre l’implication du pays dans les projets impérialistes contre d’autres peuples. Nous luttons pour que le pays quitte les unions impérialistes de l’OTAN et de l’UE.

 

21 PMIPC, discours de D. Koutsoumpas

 

Le KKE dénonce la dernière invasion des troupes turques en Syrie et exprime sa solidarité avec le peuple syrien, qui subit les dures conséquences de la longue guerre impérialiste.

 

Il convient de souligner que la réunion de cette année en particulier se déroule à un moment critique, avec l’intensification des antagonismes et des contradictions impérialistes, la poursuite des guerres et des conflits impérialistes locaux et régionaux, l’intensification de l’exploitation de la classe ouvrière et le mouvement populaire. les couches économiques, les crises économiques capitalistes, l’inquiétude grandissante d’un nouveau danger d’une crise internationale et peut-être plus profonde et synchronisée dans les années à venir, le renforcement des problèmes environnementaux et du changement climatique, des réfugiés et de l’immigration, la restriction des droits des personnes libertés, montée de l’anticommunisme, racisme, nationalisme, etc.

 

Mais c’est aussi une année hautement symbolique pour notre lutte internationaliste et notre solidarité, car cette année marque le centième anniversaire de la fondation de l’Internationale communiste.

 

Le CC du KKE commémore le 100e anniversaire de la fondation de l’Internationale communiste (CI) (2-6 mars 1919).

 

Notre parti a développé une activité sérieuse dans le mouvement international. En outre, cela exprime une nécessité urgente aujourd’hui, après les renversements contre-révolutionnaires de 1991 et également à cause de la crise économique du capitalisme, qui impose une coordination et une organisation encore plus grandes de l’action commune, afin que le CIM puisse prendre des mesures plus rapides dans la direction prévue. de formuler une stratégie unique contre l’agression impérialiste et la guerre impérialiste, pour la paix des peuples, pour le socialisme.

 

Le mouvement ouvrier depuis sa naissance, avec l’apparition même et la diffusion de la vision du monde marxiste et la fondation des premiers partis politiques de la classe ouvrière, a embrassé l’internationalisme. a un intérêt commun à renverser la bourgeoisie.

 

L’analyse léniniste de l’impérialisme, la position sur le développement inégal et le «lien» le plus faible dans un pays ou un groupe de pays et les tâches découlant de cette position pour chaque PC, l’expérience historique du siècle dernier, mènent sans ambiguïté à la conclusion que le champ de lutte national reste dominant, mais cela ne doit pas être interprété en définitive comme une résignation de la nécessité de coordonner et d’élaborer une stratégie et une activité communes des communistes aux quatre coins du monde. Un besoin qui prend encore plus d’importance aujourd’hui, puisque l’internationalisation capitaliste a pris des formes plus élevées, non seulement dans le domaine de l’économie mais aussi dans le domaine politique, parallèlement à la création d’unions transnationales internationales et régionales telles que l’OTAN, l’UE, le FMI etc.

 

Depuis sa fondation, notre parti adhère aux principes de l’internationalisme prolétarien. Pendant 100 ans, il a constamment lutté et n’a pas renoncé à ses principes. En tant que section de l’Internationale communiste (CI), elle a reçu beaucoup de soutien pour être créée en tant que parti d’un nouveau type. Dans le même temps, il a subi les conséquences négatives des problèmes d’immaturité théorique, voire d’opportunisme, apparus au sein de l’ICM, mais n’a jamais rejeté la nécessité d’une stratégie commune du mouvement communiste contre l’impérialisme, pour le socialisme.

 

Cela n’a pas «théorisé» une expérience négative dans une mauvaise direction. Même si les choix et les décisions internationaux nous ont également affectés négativement, nous n’avons jamais commis l’erreur de justifier nos propres erreurs ou nos propres échecs en blâmant quelqu’un d’autre en dehors de nous-mêmes.

 

En particulier, certaines questions liées aux aspects de la stratégie de l’ICM au cours des dernières décennies fournissent des enseignements précieux pour aujourd’hui et doivent être discutées au sein du mouvement communiste, car des conceptions erronées et des constructions idéologiques, qui ont souvent échoué dans la pratique et ont conduit à la défaite et la retraite du mouvement révolutionnaire, atteignant inévitablement leur extrême contre-révolutionnaire, sont exprimées à maintes reprises par différentes parties.

 

Je voudrais aborder cette question un peu plus spécifiquement, de manière codifiée mais non hiérarchique.

 

Un premier problème qui constitue également une conclusion fondamentale dans l’élaboration théorique  du KKE et qui mérite une analyse plus approfondie est l’incapacité de l’ICM d’aboutir à une stratégie révolutionnaire unique, en particulier pendant et juste après la fin de la Seconde Guerre mondiale et les décennies qui ont suivi. . Bien qu’ils aient proclamé la nécessité du socialisme, certains partis communistes, en particulier ceux des pays capitalistes forts, ont défini, tout en formant leur ligne politique, des objectifs qui, quelles que soient leurs intentions, ne servaient pas une stratégie de concentration et de mobilisation des forces le conflit et la rupture totale avec la bourgeoisie. Ainsi, la ligne politique de cette époque ne fonctionnait pas en tant que composante de la stratégie du socialisme. Il est un fait qu’il était impossible d’élaborer une stratégie révolutionnaire pendant et immédiatement après la Seconde Guerre mondiale, car la CI dans son ensemble et la plupart des partis communistes de l’Occident capitaliste n’étaient pas en mesure de définir une stratégie visant à inverser la guerre impérialiste. la guerre de libération contre l’occupation étrangère et le fascisme dans la lutte pour la prise du pouvoir des travailleurs, dans un contexte de vive intensification des contradictions de la classe sociale dans le pays où elles ont agi. Dans le même temps, la classe dirigeante a montré qu’elle était capable de former des alliances pour défendre son pouvoir, mais aussi de réaligner ses alliances internationales et nationales. dans la mesure où la CI dans son ensemble et la plupart des partis communistes de l’Occident capitaliste n’étaient pas en mesure de formuler une stratégie visant à transformer la guerre impérialiste ou la guerre de libération contre l’occupation étrangère et le fascisme en une lutte pour la prise du pouvoir des travailleurs intensification des contradictions entre les classes sociales dans le pays dans lequel elles ont agi. Dans le même temps, la classe dirigeante a montré qu’elle était capable de former des alliances pour défendre son pouvoir, mais aussi de réaligner ses alliances internationales et nationales. dans la mesure où la CI dans son ensemble et la plupart des partis communistes de l’Occident capitaliste n’étaient pas en mesure de formuler une stratégie visant à transformer la guerre impérialiste ou la guerre de libération contre l’occupation étrangère et le fascisme en une lutte pour la prise du pouvoir des travailleurs intensification des contradictions entre les classes sociales dans le pays dans lequel elles ont agi. Dans le même temps, la classe dirigeante a montré qu’elle était capable de former des alliances pour défendre son pouvoir, mais aussi de réaligner ses alliances internationales et nationales.

 

DEUXIÈME PROBLEME  tient au  fait que plusieurs partis avaient pour politique de définir et de définir encore aujourd’hui la formation de «gouvernements démocratiques», sous la forme d’une réforme parlementaire ou d’une étape intermédiaire du processus révolutionnaire, en tant qu’objectif politique dans leur politique. stratégie. Nous insistons sur le fait qu’il convient de mentionner et de réfléchir à la manière dont notre propre parti et presque tous les PC ont soulevé, par exemple, la question de la dépendance de leur pays à l’égard de leurs programmes et la manière dont nous avons lié cela à la possibilité de créer des alliances et des propositions de « démocratie ». dans la  gouvernance ». L’expérience historique pratique ainsi que les élaborations et études théoriques nous prouvent encore qu’il existe tout type de dépendances à multiples facettes (économique – politique, culturelle, etc.) dans le système impérialiste international, entre les différents pays capitalistes, elles sont formées précisément à cause du développement inégal et, bien sûr, ce sont des dépendances qui ne peuvent pas être résolues dans le cadre du capitalisme mais uniquement avec la révolution socialiste, avec le passage au socialisme. Il y a aussi, bien sûr, la question particulière de la dépendance vis-à-vis de l’occupation militaro-politique d’un pays par un autre, qui peut être résolue dans le capitalisme, c’est-à-dire réussir à expulser, par exemple, l’occupant de votre pays, mais système restera une démocratie bourgeoise, le capitalisme. Mais ce problème peut également être résolu différemment, en faisant un pas en avant, en établissant le pouvoir des travailleurs, c’est-à-dire en renversant le capitalisme et en construisant le pouvoir et l’économie du peuple, tâche qui incombe au mouvement communiste révolutionnaire.

 

Un troisième problème important, à notre avis, est que l’expérience historique a montré à quel point l’utopie était et reste de percevoir la transition vers le socialisme à travers la prétendue «expansion progressive de la démocratie bourgeoise». . Ainsi, les conditions préalables à l’émancipation des mouvements ouvriers des peuples ouvriers n’étaient pas formées. C’est un processus qui mûrit et élargit l’initiative révolutionnaire et les liens avec les masses populaires jusqu’à l’apparition de nouvelles conditions, lorsque les crises économiques et politiques prolongées alimenteront objectivement l’action révolutionnaire populaire de masse. En Europe occidentale, principalement sous l’influence de l’Eurocommunisme dans les années 1960, 1970 et 1980, la tactique consistant à former des gouvernements de coalition avec la social-démocratie, c’est-à-dire avec des partis bourgeois,

 

UN QUATRIÈME PROBLEME La renaissance du révisionnisme et de l’opportunisme dans les rangs du mouvement communiste s’est traduite par un repli sur les positions réformistes de la social-démocratie et, dans de nombreux cas, dans l’Ouest capitaliste, a débouché sur un programme de gestion de la coopération avec les forces de la démocratie bourgeoise. , alors que de nombreux partis communistes et ouvriers se sont considérablement transformés ou sont en train de se transformer en partis sociaux-démocrates. Il est évident que l’expérience de la révolution d’Octobre a été complètement ignorée sur cette question particulière. A cette époque, la politique d’alliance entre la social-démocratie et la bourgeoisie était considérée par les bolcheviks comme une trahison de la classe ouvrière. La plupart des partis sociaux-démocrates de l’époque se sont complètement rompus avec le slogan de transformer la guerre impérialiste en lutte pour le pouvoir des travailleurs dans tous les pays. Lénine a ouvert un front contre la social-démocratie au niveau international. Ce front a d’abord été exprimé en Russie, ce qui a abouti à la non-prise au piège des forces révolutionnaires dans les objectifs et les manœuvres de la bourgeoisie nationale, dans les pressions opportunistes et petites-bourgeoises. Par la suite, l’idée que les PC ne seraient pas en mesure de libérer les forces de travail qui suivaient la social-démocratie et qu’ils seraient isolés s’ils ne poursuivaient pas une politique d’alliance avec les partis sociaux-démocrates prévalait, la distinction entre »Et la social-démocratie« de gauche »sont devenues une« doctrine »afin que le mouvement communiste prenne la« gauche »à ses côtés. C’est quelque chose qui n’a jamais été prouvé depuis la plus grande partie de la base populaire des autres partis, depuis des décennies, comme le montre la pratique,

 

Chers camarades,

 

Après la dissolution de l’Internationale communiste et en raison des problèmes stratégiques accumulés dans les partis communistes, il n’a pas été possible de parvenir à la formation d’une nouvelle organisation internationale des Cps.

 

L’ICM a dû surmonter de puissants facteurs négatifs, tels que les nombreux éléments petits-bourgeois et les traditions consolidées du parlementarisme bourgeois. Ces deux facteurs sont devenus un alibi pour de nombreux PC pour mettre en avant les «particularités nationales» sur les lois scientifiques de la révolution socialiste.

 

Les années écoulées depuis la contre-révolution de 1989-1991 sont déjà suffisamment longues. Ils offrent une nouvelle expérience, à la fois positive et négative. Dans une série de pays, les PC ont été regroupés ou créés à partir de zéro. Les réunions internationales des PC ont été systématisées, des réunions régionales et thématiques sont régulièrement organisées et d’autres initiatives sont développées, qui ont plus ou moins réussi à obtenir une certaine unité d’action sur certaines questions. Ce sont des étapes qui doivent être consolidées et multipliées. Cependant, tout cela est radicalement inférieur au rôle que le mouvement communiste doit jouer dans les développements internationaux.

 

Dans le même temps, un certain nombre de problèmes ont persisté ou même empiré. Les efforts de regroupement ont ramené à la surface des problèmes plus anciens, parallèlement aux difficultés résultant de la contre-révolution et de la défaite temporaire du socialisme. Parallèlement, la répression étatique, la criminalisation de l’idéologie et de l’action communistes, la lutte des classes s’intensifient. Les signes apparus ces dernières années, en particulier dans l’UE, constituent des avertissements plus généraux.

 

Tous les électeurs du spectre politique bourgeois au Parlement européen, y compris les libéraux, les sociaux-démocrates, les «néo-gauchistes», les écologistes, les verts, l’extrême droite, les nationalistes et le centre-gauche ont voté en faveur de la récente décision de l’UE. Ils renversent la vérité historique, procèdent à la chasse aux sorcières, assimilant fascisme au communisme, hitlérisme au stalinisme. Des choses similaires se produisent également sur d’autres continents.

 

Notre parti estime que les réunions internationales des partis communistes et ouvriers sont utiles et doivent certainement se poursuivre, dans le cadre de l’échange de vues et d’expériences au sein du mouvement communiste et anti-impérialiste, de l’effort de coordination. Mais, pour une reconstruction significative ou une contre-attaque beaucoup plus réussie de la part de l’ICM, il faut quelque chose de plus. Nous avons besoin d’un effort commun des PC dont les idées idéologiques et politiques sont fondées sur le marxisme-léninisme, qui reconnaissent la tentative historique de construction socialiste au XXe siècle et sa contribution, indépendamment de la fin de celle-ci, ainsi que la nécessité de la lutte pour le socialisme.

Le KKE est maintenant plus mature que jamais pour contribuer à cette direction.

 

Chers camarades,

 

Le KKE est conscient du fait que le processus de reconstruction révolutionnaire sera lent, tortueux et vulnérable. Il reposera sur la capacité des partis communistes à être renforcés de manière multiforme sur les plans idéologique et organisationnel.

 

Il combine action révolutionnaire et théorie révolutionnaire, surmontant les positions erronées qui ont dominé le Mouvement communiste international au cours des dernières décennies et qui sont reproduites sous diverses formes.

 

Chaque parti communiste sera renforcé en jetant des bases solides dans la classe ouvrière, dans des secteurs stratégiques de l’économie, en renforçant sa participation au mouvement des travailleurs et des travailleuses.

 

Les cent ans écoulés depuis la fondation de la CI devraient constituer un nouveau point de départ pour la reconstruction révolutionnaire du mouvement syndical et communiste international, contre l’action contre-révolutionnaire des forces capitalistes dominantes et le retard de nos jours.

 

Le slogan du «Manifeste communiste», «Prolétaires de tous les pays, unissez-vous!», reste d’actualité.

 

18.10.2019

 

 

PENSER LE DEFAUT DE CIVILISATION CAPITALISTE AUJOURD’HUI AVEC GEORGES POLITZER par Hervé Hubert

Effectivement le retour à l’homme concret pourrait déjà nous débarrasser d’un mode de pensée qui joue dans la liquidation du PCF et du marxisme, à savoir des abstractions pseudos humanistes, creuses comme une dent creuse qui ne mordent sur rien, leur rôle est ailleurs, il s’agit de créer un lien avec l’idéologie social démocrate dans laquelle on parle de liberté, de droits de l’homme, mais à la fin cette liberté-là elle n’est pour personne et surtout pas pour les victimes de plus en plus nombreuses du capitalisme. Les communistes français se sont laissés prendre dans ces phrases creuses et abstraites, et ils ont approuvé l’horreur absolue, les expéditions néo-coloniales, ils ont perdu pied dans la classe ouvrière. Il faut relire Politzer et la manière dont il dénonce le galimatias d’un Rosenberg, l’idéologue du nazisme, armé de Marx mais aussi de Diderot, cette revendication à la clarté gauloise qui disait « laissons aux grues le séjour des brouillards ». Donc retour sur Politzer le juif hongrois qui nous aida à être toujours mieux la France, ce pays de la lutte des classes (note de Danielle Bleitrach)

La sortie du livre de Michel Politzer « Les trois morts de Georges Politzer » et une réédition de certains écrits sous le titre « Contre Bergson et quelques autres » aux Editions Flammarion, célèbrent de très belle façon les cent-dix ans de la naissance du héros communiste de la Résistance, Georges Politzer.

Cet évènement provoqué par Michel rend vivant son père, et loin d’en faire une icône, il nous permet de faire retour de façon vivante sur cette force fulgurante et révolutionnaire de la pensée de Georges Politzer.

Force vive et fulgurante de la pensée puisque mort très jeune à l’âge de 39 ans. Résistant de la première heure contre le nazisme, il participera à la création du premier réseau de Résistance universitaire avec Jacques Decour et Jacques Solomon, publiera dans les revues clandestines « L’Université Libre » et « La Pensée Libre ». Sa critique du discours de l’idéologue du Parti Nazi, Alfred Rosenberg, faite dans ce cadre, fera date. Ses actions héroïques lui vaudront d’être fusillé le 23 mai 1942 au Mont-Valérien.

Freud et Marx

Georges Politzer est né à Nagyvarad en Hongrie en 1903. Ainsi que le note Michel Politzer dans la quatrième de couverture de la biographie consacrée à son père, « (…) Georges ce lycéen révolté qui participe à 16 ans le fusil à la main à la Révolution des Conseils hongrois en 1919 (…) » devint « un jeune et brillant agrégé de philosophie propulsé au centre de la vie intellectuelle parisienne quelques années seulement après son départ d’une Hongrie ravagée »

Ce départ a lieu en 1921 après l’obtention du baccalauréat à Budapest. « Sur le chemin vers le Pays de Diderot, avec Jacques Le Fataliste serré contre son cœur », signale Michel Politzer, se trouve Vienne où il séjournera quelques semaines et découvrira Freud.

Cela fera une première Prägung qui fera de lui l’auteur de la première tentative majeure de présentation de l’œuvre de Freud aux lecteurs français ainsi que l’indique la quatrième de couverture de l’édition de poche de son ouvrage célèbre « Critique des fondements de la psychologie », ouvrage paru pour la première fois en 1928.

La seconde Prägung fut celle de Marx vers lequel glissent chacun du groupe de jeunes philosophes fréquenté par Georges Politzer, notamment Paul Nizan, Pierre Morhange, Henri Lefebvre vers 1928. Georges Politzer deviendra membre du Parti Communiste Français en 1930. Il donnera des cours fabuleux sur le matérialisme dialectique à l’Université Ouvrière de Paris, et publiera de nombreux articles sur Descartes, la question de la race, de la nation et du peuple, sur l’abstraction de Bergson, sur la mystification de certaines philosophies et leur obscurantisme, sur l’idéologie nazie, etc…

Quoi de plus exaltant que d’être au cœur intellectuel et militant des deux grandes théories de la libération, celles de Freud et de Marx ?

La richesse de pensée de Georges Politzer ne se résume pas à ces deux empreintes, et il y aurait un travail important à réaliser sur les concepts essentiels de « concret », de « Je » et de « pensée » qui la caractérisent et qui font un pont entre les deux moments forts, celui d’un soutien de sa part à la Révolution produite par Freud, et celui d’un militantisme pratique et théorique orienté par Marx et Lénine, l’engagement pour la Révolution de Marx puis à celle qui s’en inspire, la Révolution d’Octobre et la fondation de l’Union Soviétique.

Je voudrais ici donner quelques points de repères de sa pensée dans le but d’éclairer le combat contre le défaut de civilisation capitaliste que nous connaissons actuellement.

l’Homme concret vivant sa vie unique sur le plan humain

Pour aller vite, je signalerai que le terme de concret vient tôt en 1926 dans le cadre de l’étude de la philosophie faite par Georges Politzer « (…) depuis que la philosophie existe, les réflexions sur l’homme concernent le genre « Homme ». C’est dire que ces réflexions se meuvent sur un plan abstrait qu’un abîme sépare de l’Homme concret vivant sa vie unique sur le plan humain. On raisonne, par exemple sur la liberté de l’Homme, mais cette liberté, elle est dite de tout le monde et de personne » [1]

N’est-ce pas un repère important pour travailler le défaut de la civilisation capitaliste d’aujourd’hui ? Parler de l’Homme, concept abstrait, est une opération purement intellectuelle, métaphysique, alors que la formule l’Homme concret vivant sa vie unique sur le plan humain fait tout de suite appel au mouvement, à la vie réelle, la vie transférentielle. Quelles chances sont données aux « hommes concrets vivant leur vie unique sur le plan humain » dans les pays où les besoins premiers de l’alimentation, de l’hébergement, du travail, de la santé, de l’éducation, de la culture ne sont simplement pas assurés pour cause de profits milliardaires faits par quelques-uns ? Qui vit sa vie unique lorsqu’elle est brisée, tuée par les guerres et les bombardements pour une soi-disant défense des Droits de l’Homme organisée et sélectionnée au gré des mêmes profits milliardaires ? Qui vit sa vie unique sur le plan humain lorsqu’elle broyée par les viols, les menaces, les tortures, les meurtres dans des pays où règne la dictature de la Mafia financière ? Psychiatre et psychanalyste, responsable d’un service qui reçoit des réfugiés, je suis confronté dans le concret de ma pratique aux effets du recul de civilisation que nous connaissons aujourd’hui.

Dans l’examen du défaut de civilisation, dans l’examen de la vie contemporaine dans le monde,  c’est à partir du concret de la vie qu’il convient de s’orienter et d’analyser les contradictions humaines et leurs apories. Cela paraît évident et simple mais il y a une tendance humaine à déplacer la problématique concrète de la souffrance, morale notamment, pour aller vers une problématique métaphysique, ce que Marx a si bien formulé dans sa phrase célèbre contenue dans « Critique de la philosophie du Droit de Hegel »: « La misère religieuse est tout à la fois l’expression de la misère réelle et la protestation contre la misère réelle. La religion est le soupir de la créature accablée, l’âme d’un monde sans cœur, de même qu’elle est l’esprit d’un état de choses où il n’est point d’esprit. Elle est l’opium du peuple »

La misère concrète de l’Homme concret vivant sa vie unique sur le plan humain  est la boussole qui explique l’orientation, le déplacement vers une autre misère, la misère religieuse. Cela est un point très important. Il ne s’agit pas de mettre la lutte conte la Religion au-devant de la scène mais de faire l’analyse de la contradiction humaine. La religion est à la fois, l’expression de ce qui renvoie à la déchéance concrète pour un humain et protestation contre cette misère concrète réelle, ce qui n’est pas sans évoquer la formule du psychiatre communiste Lucien Bonnafé pour désigner ce qui est appelé folie :« avatar malheureux d’une juste protestation de l’esprit contre une injuste contrainte »

Le triptyque : récit, drame, signification pour une psychologie concrète

Ce terme de concret, Politzer le choisira aussi pour saluer l’invention freudienne, la psychanalyse, dans son ouvrage publié en 1928 « Critique des fondements de la psychologie » en disant que c’était la première voie vers ce qu’il appelait de ses vœux : la psychologie concrète. Ce texte est à la fois un éloge et une critique de la découverte de Freud qui indique-t-il après être sorti de la psychologie classique y retombe par le biais de l’abstraction transformant ainsi la psychologie concrète en nouvelle métaphysique, la métapsychologie. Là aussi il y a une analyse concrète de la réalité. Il est différent de rencontrer une personne en la prenant pour une abstraction, un  « moi encombré d’un ça et d’un surmoi » ou encore « un sujet aux prises avec un Autre (obscurantiste à souhait) » ou encore « une structure psychopathologique », et de rencontrer une personne qui souffre, qui veut parler de cette souffrance, et de pouvoir l’écouter à partir du magnifique triptyque forgé par Georges Politzer en 1928 : « drame, récit et signification ». Lacan soulignera cette précocité de Politzer à saisir le nerf vivant de la psychanalyse freudienne, le récit. Il s’agit bien dans l’expérience psychanalytique de faire récit d’un drame pour produire des significations nouvelles et aller vers une transformation de la vie dans le concret. Ceci est la base du transfert et du travail de rencontre, loin du préjugé des fameuses structures, étiquettes d’un pseudo-savoir au service d’un maître et des institutions ségrégatives.

Cette notion de drame est importante : une personne vit un drame et c’est à travers le récit de ce drame qu’une signification personnelle va être mise dans un transfert. Il s’agit d’une orientation désaliéniste de la psychologie, de la psychiatrie ou de la psychanalyse qui ne part pas du préjugé du diagnostic mais de la relation humaine.

La critique de Politzer de 1928 est très positive, féconde. Il critique l’inconscient freudien pour lequel tout rêve aurait un contenu latent, et ce contenu latent aurait un sens inconscient. Il souligne que le contenu latent est une traduction toute personnelle de Freud. Il est notable par la suite qu’il sera fait religion de cette traduction originaire et que dans son retour à Freud, Lacan ne validera pas l’inconscient freudien.

Renverser sa condamnation de la psychanalyse d’hier en un apport psychanalytique aujourd’hui

A partir de 1933, la position de Politzer change: face à la montée du racisme et du fascisme, il critique radicalement Freud et la psychanalyse. Il porte ses reproches sur beaucoup de points mais insistons sur deux d’entre eux qui feront polémique et qui concernent la lutte des classes et le nazisme. Il note tout d’abord que la théorie de la libido freudienne renvoie dos à dos le bourgeois et le prolétaire. « Toute l’énergétique libidineuse de la psychanalyse est une invention mythologique »[2] La démonstration est limpide « Le matérialiste marxiste montre derrière la vertu du bourgeois ‘’ la convoitise, l’avarice, la cupidité, la chasse aux profits et les manœuvres à la Bourse ‘’- derrière la philanthropie patronale, les tentatives de corruption. Mais le psychanalyste ramène tout cela à la libido. Et comme il y ramène aussi l’avarice, la cupidité, la chasse aux profits et  les manœuvres à la Bourse, le bourgeois se trouve absous de son humiliation.

Il insiste pour dire encore que “la psychanalyse et les psychanalystes ont fourni pas mal de thèmes aux théoriciens nazis, en premier lieu celui de l’inconscient” ou encore évoquant toujours le nazisme “(…) cela ne l’a jamais empêché ni d’intégrer les psychanalystes parmi le personnel nazi, ni d’emprunter des thèmes à la doctrine freudienne”

Contrairement à l’opinion de beaucoup de psychanalystes ou de philosophes, je pense que Georges Politzer a raison. Freud a critiqué et ironisé parfois sur le communisme et le bolchevisme de l’Union Soviétique, mais n’a jamais fait une critique du capitalisme ou du fascisme. Il y a eu une passivité des psychanalystes lors de la seconde guerre mondiale, et cette passivité, complicité tacite, neutralité bienveillante, s’est renouvelée lors de la dictature en Argentine ou bien aujourd’hui avec la dictature financière en Grèce.

Cet état répété de la neutralité bienveillante de la psychanalyse est  dans ce cadre homologue à la neutralité de l’Etat suisse.

Il convient d’examiner ces questions, les faits historiques et politiques qui les concrétisent, sérieusement. L’institut de psychothérapie Goering a été intégré à l’Association Psychanalyique Internationale avec l’accord tacite de Freud, et Edward Bernays, neveu de Freud a utilisé la psychanalyse de son oncle pour bâtir la propagande de “la religion du désir” de la société de consommation capitaliste que nous subissons toujours au niveau des mentalités. Goebbels se servira de l’ouvrage capitaliste de Bernays “Propaganda” pour  établir sa politique de propagande hitlérienne. Le rôle de Bernays fut donc dans l’ensemble sinistre.

Ce sont des éléments historiques qui sont à prendre en considération, ce que fera d’ailleurs le psychanalyste Jacques Lacan. Dans sa conférence à l’Institut français de Milan le 18 décembre 1967, il dénonce l’assomption mystique d’un sens au-delà de la réalité, d’un quelconque être universel qui s’y manifeste en figures, ou d’expérience intérieure. Il fait contiguïté entre la réalité de la psychanalyse américaine et le nazisme : « (…) si vous entendez parler de la fonction d’un moi autonome, ne vous y trompez pas : il ne s’agit que de celui du genre de psychanalyste qui vous attend 5ème avenue. Il vous adaptera à la réalité de son cabinet.

L’on ne saura jamais vraiment ce que doit Hitler à la psychanalyse, sinon par l’analyste de Goebbels. Mais pour le retour qu’en a reçu la psychanalyse, il est là. »[3]

Lacan sera un élève des écrits de Politzer sur la psychanalyse et le cite, en faisant l’éloge en 1949 : « (…) ne perdons pas de vue, en exigeant après lui qu’une psychologie concrète se constitue en science, que nous n’en sommes encore là qu’aux postulations formelles. Je veux dire que nous n’avons encore pu poser la moindre loi où se règle notre efficience » Lacan reprend donc ce terme de psychologie concrète  et souhaite qu’elle   se constitue en science.

Bien plus tard en 1964 dans son article « position de l’inconscient », il légitimera la suspicion des marxistes envers la psychanalyse et interrogera les psychanalystes sur la part qu’ils ont dans cette suspicion « Nous trouvons donc justifiée la prévention que la psychanalyse rencontre à l’Est. C’était à elle de ne pas la mériter (…) »[4]

Georges Politzer dans cette tragédie de la barbarie nazie[5] qui se profile alors pose les vrais problèmes, et ce sont des problèmes concrets qu’il est important de résoudre pour parer au défaut de civilisation qui s’annonce aujourd’hui.

Il n’y a aucune condamnation ou réserve à faire sur l’analyse de Georges Politzer concernant l’état de la psychanalyse en 1939, bien au contraire et c’est aux psychanalystes de s’emparer de ce qu’il apporte dans sa critique pour travailler l’état actuel de la psychanalyse.

Politzer porte la force d’analyse des contradictions du mouvement historique vivant. Quelle perspective vivante de la psychanalyse nous donne-t-il au contraire ! Il s’agit de prendre en compte  le contenu de ces propos : “ Les faits auxquels la psychanalyse a touché doivent être repris pour être compris correctement. La psychanalyse elle-même a dû son succès non aux nouveaux moyens qu’elle nous a fournis pour connaître un aspect du réel et pour agir sur lui, mais à son adéquation aux préoccupations et à la situation de certains milieux sociaux”[6]

Que dit Georges Politzer ? La psychanalyse a touché des faits de façon spécifique et nous donne des moyens pour connaître un aspect du réel et pour agir sur lui. Voilà le point nouveau et l’apport de la psychanalyse pour la civilisation. Quel est l’obstacle ? Le centrage des psychanalystes sur les problématiques bourgeoises et petite-bourgeoises et la propagande capitaliste qui voyait à l’époque d’un bon œil cette idéologie de la libido et de désir, à la fois dans sa dérive marchande et d’opposition à la lutte des classes. Pour que la pratique psychanalytique soit réellement émancipatrice, individuellement et collectivement, il est nécessaire d’être orienté par la question sociale dans la perspective que Marx développe. Il est primordial de ne pas se satisfaire du rapport social établi par l’exploitation capitaliste et de l’état miséreux de la demande qu’il produit dans un rabaissement de l’humain.

Je reviens à partir de l’état miséreux de la demande sur le propos de Marx concernant l’opium du peuple abordé précédemment. Cela concerne le psychanalyste qui reçoit une demande prise dans une souffrance qui revoie toujours à un état miséreux. Que dit Marx ? Dans la misère humaine concrète réelle, il y a un déplacement vers la misère religieuse et cela concerne le point central de la déchéance humaine. C’est là le nœud où nous pouvons en savoir plus sur la contradiction : « La misère religieuse est tout à la fois l’expression de la misère réelle et la protestation contre la misère réelle » Freud ira vers le primat du déplacement comme concept fondamental de la psychanalyse et ignorant Hegel et Marx placera un tabou sur la contradiction,  « l’inconscient ne connaît pas la contradiction » C’est là dans le rapport à la déchéance que l’apport freudien du déplacement ne suffit plus aboutissant à une mystification, choisissant une métapsychologie, une psychologie de l’au-delà, plutôt qu’une psychologie concrète. Pour le changement véritable dans la pratique de transfert, pour une émancipation, il convient de croiser le concept de déplacement à celui de révolution.

C’est ce que d’une certaine façon Lacan abordera. Introduisant Marx dans le champ de la théorie psychanalytique, il sera extrêmement critique envers le capitalisme. Cela aura pour effet en France mais aussi dans certains pays d’Amérique Latine que nombre de psychanalystes suivant ses propos critiqueront le capitalisme. A cela s’ajoute le fait que beaucoup de psychanalystes exercent dans le secteur public et ont donc une pratique avec une autre classe sociale.

Il y a donc un changement par rapport à la période précédant la seconde guerre mondiale.

Cependant Lacan restera la plupart du temps dans l’abstraction et ce qui se transmettra après sa mort sera imprégné pour les courants qui dominent par les avatars scolastiques, dogmatiques et ségrégatifs.

Pour sortir de l’aporie actuelle de la psychanalyse, il me semble important de saisir ce que j’ai développé comme concept de transfert social dans un article précédent « Hugo Chavez, un transfert historique ! »[7] Le transfert est d’abord social et le transfert psychanalytique est secondaire à celui-ci. La dialectique qui se développe entre les deux est forte d’enseignement.

L’apport lumineux de Georges Politzer dans son étude de l’idéologie nazie

Je reviens sur l’apport de Georges Politzer concernant la question du défaut de civilisation.

Si Politzer a donc pris en aversion, pour reprendre le terme de Lacan employé à son égard, la sociologie freudienne, il va poursuivre de façon lumineuse son travail sur l’idéologie et va étudier l’idéologie nazie dans une publication clandestine de janvier-février 1941 « Révolution et Contre-Révolution au XXème siècle »[8]

Je cite ici des extraits de ma conférence faite à La Fondation Ludwig à La Havane.[9]

 Politzer analyse le discours fait à la Chambre des Députés à Paris en 1940 par Alfred Rosenberg, discours publié sous le titre « Règlements de compte avec les idées de 1789 » Un résumé du discours de Rosenberg, qui est mandataire du Führer a été publié sous le titre Sang et Or, ou L’Or vaincu par le Sang. Politzer, pas à pas, démontre la déformation des faits qui viserait à faire penser que Hitler s’attaquerait à l’Or du capitalisme dans « une lutte pour la hiérarchie des valeurs » Il montre le lien évident entre nazisme et capitalisme : comment cette lutte pour la hiérarchie des valeurs recouvre la lutte pour le partage du monde, comment la propagande nazie a pour paradigme fondateur le discours de la publicité commerciale capitaliste.

A ce propos Georges Politzer note que “ Dans Mein Kampf, M.Hitler établit la comparaison entre la propagande politique et la réclame “Que dirait-on, écrit-il, d’une affiche destinée à vanter un nouveau savon et qui dirait qu’il y a aussi de d’autres bons savons ? On secouerait la tête. Il en est exactement de même en ce qui concerne la réclame politique” M. Hitler montre lui-même qu’il conçoit la propagande politique comme une réclame politique, conduite selon les principes de la publicité commerciale. Il soutient que la propagande vraie est, comme la publicité vraie, celle qui réussit, et que la propagande “ n’a pas à chercher la vérité objective dans la mesure où elle est favorable à d’autres…pour l’exposer ensuite avec sincérité doctrinale aux masses” Politzer conclue que pour Hitler et Rosenberg, pour le nazisme, l’histoire est subordonnée à la propagande, qu’il s’agit d’une propagande qui se conçoit comme une publicité commerciale.  Cela correspond tout à fait à la position d’Edward Bernays, le neveu de Freud.

Notons encore « Cette contre-révolution détruit la démocratie bourgeoise pour instaurer la dictature terroriste. Elle signifie que le capitalisme ne peut plus se maintenir par les anciennes méthodes de domination »[10]

Il indique également que la « lutte des races » vient se substituer comme explication de l’histoire à la « lutte des classes »

C’est sur ce point de la race et du racisme que je m’arrêterai un temps du fait de son actualité en Occident. Étudions avec Politzer le discours d’Alfred Rosenberg concernant la Révolution « La Révolution française était la révolte légitime du peuple français contre l’esprit d’Inquisition cléricale et contre les phénomènes d’abâtardissement de l’époque dynastique »

Le problème n’était pas ce soulèvement légitime mais l’acceptation des idées de 1789, et notamment le renversement de l’époque dynastique. C’est donc le lien de domination, de pouvoir en rapport avec une lignée familiale sur de multiples générations, en rapport avec le sacré, le divin, le pouvoir de l’Au-delà.

Schématiquement, ce que nous découvrons du nazisme avec l’analyse de Politzer peut se résumer ainsi : le nazisme est en lien direct avec le capitalisme, il fonctionne en proposant dans sa propagande une hiérarchie des valeurs soit un axe vertical où fonctionne pour la masse, une valeur et en premier lieu la valeur raciale. Cet axe vertical est aussi celui de la dynastie royale que la Révolution française dans un moment de faiblesse a aboli, produisant un trou dans cet axe vertical. Il s’agit donc de remettre en place le fonctionnement d’une valeur concernant, le Méta grec, μετα   la valeur de l’au-delà. Tout cela est mis en force par la méthode de la publicité commerciale capitaliste. La race vient à la place sur l’axe vertical comme valeur renvoyant au mystère de l’origine. Elle remplace comme puissance captatrice pour les masses l’origine dynastique féodale en lien avec le sacré et le divin qui faisait garantie dans la croyance.

Le transfert comme outil révolutionnaire

Contrairement à Althusser je pense la psychanalyse comme étant une pratique sociale. J’ai théorisé du coup les transferts, social et psychanalytique, comme rapport social en lien avec la production.

Grâce à une rencontre avec Maxime Vivas en septembre 2009 j’ai eu la possibilité de travailler le défaut de civilisation particulier qui concerne l’abord  de la transsexualité avec Mariela Castro[11]

Au-delà de cette expérience qui m’a appris les avancées cubaines sans équivalent dans le domaine, j’ai aussi vécu et vu de façon concrète les effets de ce transfert social en dialectique avec le rapport social cubain et cela m’a beaucoup orienté dans la théorisation de ma pratique psychanalytique.

Le transfert social, le militant révolutionnaire orienté par Marx, s’en inspire forcément de façon concrète sans le savoir parfois, sans le nommer comme tel. Pour Georges Politzer cela est évident et la rencontre prévue avec Michel, son fils, organisée par le TRIP le 8 avril devrait nous éclairer à ce sujet.[12]

Le rapport entre Marx et la psychanalyse a donné parfois beaucoup de confusion ainsi que l’indique Georges Politzer. Un psychanalyste qui s’est inspiré de Georges Politzer, le nommé Jacques Lacan, en a tiré les conséquences. Il met Karl Marx comme responsable de l’invention du symptôme, avant Freud, mais aussi inventeur du fétichisme dans son rapport à la mystification, précurseur du stade du miroir, inventeur de la théorie révolutionnaire de la plus-value sur laquelle Lacan bâtira son concept de plus-de-jouir.

Cela fait beaucoup. Je rajoute : Karl Marx analyste du transfert, et théoricien d’une pratique du dire, la poésie, dans son rapport à la science, économique.

C’est ce que j’ai pu exprimer à la Faculté de psychologie de La Havane en octobre 2012 dans une conférence « Ce que Marx apporte à la pratique psychanalytique » où j’ai signalé qu’à propos de la souffrance psychique Marx lorsqu’il traitait de l’aliénation humaine dans les Manuscrits Parisiens en 1844 écrivait ce propos qui m’oriente dans ma pratique « (…) comprise au sens humain, la souffrance est une jouissance que l’homme a de soi »[13]

J’ai été heureux aussi d’être semble-t-il le premier à découvrir l’utilisation du rapport entre « Psychologie » et  « concrète » chez Marx, toujours dans les Manuscrits Parisiens de 1844. Ces Manuscrits ont été publiés en 1932 en allemand, en 1927 de façon partielle en russe. « On voit comment l’histoire de l’industrie et l’existence objective constituée de l’industrie sont le livre ouvert des forces humaines essentielles, la psychologie de l’homme concrètement présente, que jusqu’à présent on ne concevait pas dans sa connexion avec l’essence de l’homme, mais toujours uniquement du point de vue de quelque relation d’utilité, parce que – comme on se mouvait à l’intérieur de l’aliénation – on ne pouvait concevoir, comme réalité de ses forces essentielles et comme activité générique humaine, que l’existence universelle de l’homme, la religion, ou l’histoire dans son essence abstraite universelle (…) »[14]

Terminons avec Georges Politzer sur le défaut de civilisation capitaliste “ Il devient ainsi clair, non seulement par l’analyse théorique, mais par les faits eux-mêmes que c’est bien le capitalisme qui est responsable du caractère étriqué et de la corruption de la démocratie bourgeoise (…)”[15]

Hervé HUBERT, Psychiatre, Psychanalyste, Chef de Service d’un Centre de Consultations psychanalytiques international à Paris

[1] POLITZER G, Introduction, publiée dans  L’Esprit, premier cahier, 1926 et repris dans « Contre Bergson et quelques autres », Champs essais Flammarion, 2013

[2]  HUBERT H, Entre apport et aporie de la critique marxiste : retour sur la critique de Georges Politzer faite à la psychanalyse. Perspectives actuelles. Congrès Marx International VI, septembre2010, Section Etudes Marxistes 1, site web Actuel Marx

[3] LACAN J,  De la psychanalyse dans ses rapports avec la réalité in Scilicet, Le Seuil, 1968

[4]  LACAN J, Ecrits, Le Seuil, Paris 1966, p. 833, Position de l’inconscient

[5] « Pour tous les hommes civilisés, fascisme est désormais synonyme de barbarie » POLITZER G, Race, Nation, Peuple, publié dans Commune n°70, juin 1939

[6] HUBERT H, opus cité

[7] Le Grand Soir, 28 mars 2013

[8]Publié in POLITZER G, Ecrits I, La Philosophie et les mythes, Editions sociales, Paris, 1973

[9] Conférence « Réflexion psychanalytiques et marxistes sur la conversion d’Hitler à l’anti-communisme et à l’anti-sémitisme », Conférence faite à la Fondation Ludwig à  l’initiative de Mariela Castro, La Havane, octobre 2010

[10]P. 342

[11] Le Grand Soir, Maxime VIVAS, Hervé HUBERT, le 3 mai 2010

[12] Rencontre-Débat avec Michel Politzer autour de son livre « Les trois morts de Georges Politzer » le 8 avril, 92 bis bd du Montparnasse, à 19h voir Agenda Le Grand Soir

[13] K. MARX, Manuscrits de 1844,  p. 91, Editions Sociales, Paris, 1972

[14] K.MARX pp. 94-95

[15]  Révolution et Contre-révolution au  XXème siècle, in POLITZER G, Ecrits 1, La Philosophie et les Mythes, Editions Sociales, Paris, 1973,. 387

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